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Covid: Nouvelle vague en Afrique du Sud

Covid: Nouvelle vague en Afrique du Sud

 

 

Les contaminations au Covid-19 repartent à la hausse en Afrique du Sud. Une reprise épidémique due à des sous-variants d’Omicron nommé BA4 et BA5, c’est donc la cinquième vague.

Pour l’heure, il n’y a pas de risque que l’épidémie reprennent en France à cause des variants BA4 et BA5, pour plusieurs raisons. D’abord, ces sous-variants d’Omicron sont présents dans le pays depuis fin décembre et n’ont pas pris le dessus sur BA2. Selon les autorités, deux contaminations à BA4 et BA5 ont été recensées.

Cependant les  scientifiques n’écartent pas une reprise épidémique, avec des sous-variants d’Omicron ou avec un nouveau variant, probablement à

Nouvelle vague Covid en Afrique du Sud

Nouvelle vague Covid  en Afrique du Sud

Les contaminations au Covid-19 repartent à la hausse en Afrique du Sud. Une reprise épidémique due à des sous-variants d’Omicron nommé BA4 et BA5, c’est donc la cinquième vague.

Pour l’heure, il n’y a pas de risque que l’épidémie reprennent en France à cause des variants BA4 et BA5, pour plusieurs raisons. D’abord, ces sous-variants d’Omicron sont présents dans le pays depuis fin décembre et n’ont pas pris le dessus sur BA2. Selon les autorités, deux contaminations à BA4 et BA5 ont été recensées.

Cependant les  scientifiques n’écartent pas une reprise épidémique, avec des sous-variants d’Omicron ou avec un nouveau variant, probablement à l’automne prochain.

Faire face aux crises alimentaires en Afrique

Faire face aux  crises alimentaires  en Afrique

Pour la Djiboutienne Ayan Mahamoud, coordinatrice des programmes de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), des solutions existent pour faire face à la sécheresse qui touche notamment la région.

interview dans le » Monde « 

 

Le spectre de 2011, lorsque la famine avait entraîné la mort de près de 260 000 Somaliens, plane sur la Corne de l’Afrique. Alors que les précipitations ont été plus faibles que prévu trois saisons des pluies d’affilée, la partie orientale du continent connaît la pire sécheresse depuis quarante ans. Des invasions de criquets ont par ailleurs ravagé les cultures à plusieurs reprises ces dernières années.

La Somalie, l’Ethiopie et le Kenya sont particulièrement touchés par les pénuries d’eau, de fourrage et de denrées alimentaires. Dans ces trois pays, plus de 14 millions de personnes sont aujourd’hui en insécurité alimentaire aiguë, selon les Nations unies ; 1 million d’habitants ont été contraints de quitter leur foyer par manque de vivres et plus de 3 millions de têtes de bétail ont déjà péri. Cette nouvelle crise humanitaire intervient dans un contexte sécuritaire toujours dégradé, avec la persistance d’attaques du groupe terroriste somalien des Chabab et, en Ethiopie, l’éclatement d’une guerre civile au Tigré.


La Djiboutienne Ayan Mahamoud coordonne les programmes de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui regroupe Djibouti, l’Ethiopie, la Somalie, l’Erythrée, le Kenya, le Soudan, le Soudan du Sud et l’Ouganda. Elle décrypte pour Le Monde les liens entre climat, sécurité et développement et explique comment les crises alimentaires pourraient être évitées .

En quoi la sécheresse qui touche actuellement la Corne de l’Afrique est-elle particulièrement alarmante ?

Les niveaux d’insécurité alimentaire atteints sont très préoccupants et la situation est intenable dans certaines zones. Le manque de pluie sur plusieurs saisons a tari les nappes phréatiques et fait obstacle au renouvellement des ressources naturelles en eau et en végétation. Les précipitations qui étaient attendues en mars ne sont arrivées que mi-avril et elles n’ont pas atteint les volumes espérés, alors qu’elles doivent s’arrêter fin mai. Nous pensons que cette demi-saison [des pluies] ne sera pas suffisante pour compenser les dommages subis. Il est clair qu’il faut nous adapter à cette réalité, car nous sommes désormais sûrs que les phénomènes de sécheresse vont être plus fréquents et plus intenses avec le dérèglement climatique.

« La culture de la patate douce est très prometteuse, car c’est un aliment résistant à la sécheresse et nutritif pour les populations »

Est-il possible d’adapter l’agriculture à cette instabilité climatique ?

Il existe des microclimats dans la région, où pourrait s’organiser un pastoralisme semi-sédentaire qui consisterait à développer l’activité agricole en complément de l’élevage. Cela est évident sur les hauts plateaux éthiopiens, mais il est aussi possible de faire pousser des espèces demandant moins d’eau dans les zones arides et semi-arides des plaines. La culture de la patate douce a par exemple été testée dans le triangle de Mandera, entre le Kenya, la Somalie et l’Ethiopie, et est très prometteuse. Elle pourrait être répliquée dans d’autres zones. C’est un aliment à la fois résistant à la sécheresse, nutritif pour les populations et dont les feuilles peuvent nourrir le bétail.

 

Ces choix innovants peuvent être couplés à des solutions technologiques. La capture de l’humidité de l’air pour la transformer en eau a ainsi été testée et représente une alternative sérieuse à la pluie pour le nord du Kenya, l’Ethiopie et la Somalie. Donc en gérant mieux le potentiel agricole de ces trois pays, les crises alimentaires pourraient être évitées. Si la fragilité des systèmes de gouvernance dans la région et les violences extrêmes freinent encore ces perspectives, on pourrait en revanche dès maintenant s’appuyer davantage sur les pays limitrophes pour lutter contre l’insécurité alimentaire.

Concrètement, quels rôles peuvent-ils jouer ?

En Afrique de l’Est, il existe des greniers agricoles, comme l’Ouganda, et des zones très productives. Nous en avons déjà identifié dans plusieurs régions d’Ethiopie et nous continuons de collecter des données en Somalie, au Kenya, au Soudan et en Ouganda. Nous essayons de mettre en place un système pour que les surplus de céréales ou de fourrage d’une zone soient envoyés à d’autres en déficit au lieu d’être jetés, comme c’est encore le cas actuellement. Cela demande une importante coordination. Le système n’est pas encore opérationnel. Il faudra beaucoup d’efforts, mais un énorme potentiel a été identifié.

 

Le climat n’est pas seul en cause…

Le problème est bien plus complexe que le seul manque de pluie. Il est aussi dû à la fragilité des systèmes de gouvernance et aux conflits qui secouent la zone, auxquels s’ajoutent les problèmes de disponibilité des terres. La privatisation de grandes étendues pour l’industrie minière ou leur utilisation pour des projets gouvernementaux agricoles complique l’accès des populations aux ressources naturelles et accroît les risques de déplacement, par exemple au Kenya et en Ethiopie. Les zones pastorales ont par ailleurs été négligées en termes de développement (électricité, infrastructures, éducation…).

Crise démocratique française : La même qu’en Afrique ?

 Crise démocratique française : La même qu’en Afrique ?

Pour le journaliste béninois Francis Laloupo, « nous sommes entrés dans le cycle des revanches ».( « Le Monde »)

L’euphorie qui a accompagné les transitions démocratiques en Afrique a vécu. La mauvaise gouvernance, les crises économiques, les coups d’Etat militaires et constitutionnels ont mis à mal les fragiles édifices politiques nés il y a trente ans dans la foulée des conférences nationales. Sur le continent comme en Occident, les populismes prospèrent.

Mais, souligne Francis Laloupo, journaliste béninois, enseignant et auteur de Blues démocratique, Afrique 1990-2020 (éd. Karthala), ce malaise se nourrit aussi des crises qui touchent les vieilles démocraties. Un phénomène d’autant plus prégnant que les autocraties russes et chinoises ont, dans leurs échanges avec l’Afrique, également exporté leur modèle politique.

Pour la troisième fois en vingt ans, l’extrême droite se retrouve au second tour de l’élection présidentielle en France. Comment cette montée en puissance est-elle perçue en Afrique francophone ?

Francis Laloupo Les démocraties africaines émergentes ne peuvent que constater la fragilité des démocraties anciennes. La prise du Capitole par les partisans de Donald Trump en a été un bon exemple. La présence de Marine Le Pen au deuxième tour en est un autre. Mais, si le processus n’est jamais complètement achevé, la démocratie a montré qu’elle était aussi un système capable de dépasser les épreuves. Aux Etats-Unis comme en Europe, elle tient malgré les assauts des partis d’extrême droite. Les gens continuent de voter même si l’abstention reste forte.

Néanmoins, cette flambée populiste qui balaie le monde, des Etats-Unis au Brésil en passant par l’Europe, résonne aussi en Afrique. On s’inquiète pour les diasporas confrontées aux discours racistes, en France notamment. Mais il y a aussi, sur le continent, une fascination trouble à l’égard des discours d’extrême droite qui a tendance à renforcer les populismes émergents. On peut se dire que, puisque les Français se défendent contre l’étranger, nous, Africains, sommes également fondés à le faire, en particulier contre la France. Nous sommes entrés dans le cycle des revanches. Le repli sur soi que promeuvent les lepénistes et des zemmouriens légitiment le positionnement nationaliste des autorités maliennes actuelles et leur discours anti-français.

La malédiction des ressources naturelles en Afrique

La  malédiction des ressources naturelles en Afrique

 

Les pays d’Afrique dont le sous-sol est riche en matières premières ne sont pas forcément ceux dont la population en profite le plus. Ils sont, bien souvent, victimes de la « malédiction des ressources naturelles », raconte Marie de Vergès, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

 

Chronique.

Le Nigeria a vécu, mi-février 2022, une mésaventure que l’on pourrait trouver cocasse si elle n’était pas désolante. Le premier producteur d’or noir en Afrique a été confronté toute une semaine à une pénurie de carburant, provoquant de monstrueux embouteillages dans les stations-service du pays. A l’origine de ce dysfonctionnement, l’importation accidentelle d’une grosse quantité d’essence frelatée. Car là est le nœud du problème : le Nigeria achète à l’étranger l’essentiel de son carburant, faute de raffiner lui-même les centaines de milliers de barils extraits chaque jour de son sous-sol.

L’incident a causé un « choc inutile » à l’économie, selon le Bureau national des statistiques. Dans l’immédiat, on s’attend à un nouveau pic d’inflation alors que près d’un Nigérian sur deux vit avec moins de 1,90 dollar par jour. A plus long terme, cet incident vient confirmer ce que l’on savait déjà : les incroyables richesses pétrolières du géant d’Afrique de l’Ouest ne profitent guère à sa population.

 

En jargon économique, on appelle ceci la « malédiction des ressources naturelles ». Ou comment, trop souvent, l’exploitation rentière des matières premières déstabilise l’activité économique, nourrit la corruption, ralentit l’industrialisation et aggrave la pauvreté. Au Nigeria, l’argent du pétrole a été dilapidé pendant des décennies. Et la première économie africaine en termes de PIB est, à de nombreux égards (mortalité infantile, violence, déscolarisation…), un Etat en déliquescence.

Or, comme le Nigeria, de nombreux pays africains dépendent encore à l’excès de leurs ressources naturelles. Pour certains, il peut s’agir de thé, de coton ou de cacao, mais il est plus souvent question de produits miniers ou pétroliers. En Angola, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) ou encore au Soudan du Sud, les exportations sont composées à plus de 90 % de ressources extractives.

Est-ce forcément problématique ? L’Economie africaine 2022 (La Découverte, 126 pages, 10 euros), tout juste publié par l’Agence française de développement (AFD), nous livre des éléments d’appréciation factuels mais éclairants sur « l’inertie » de ces économies tributaires de leur sous-sol. On y apprend qu’elles ont enregistré des taux de croissance plus faibles depuis 2015 que les pays plus diversifiés. Et qu’elles ne sont pas parvenues, dans l’ensemble, à renouer avec leur niveau d’activité d’avant la crise du coronavirus.

La croissance y est volatile, soumise aux aléas des cours mondiaux. Quand les prix sont fortement à la hausse, les caisses de l’Etat se remplissent mais l’afflux de capitaux renchérit la monnaie, ce qui handicape la compétitivité et décourage l’industrialisation. Quand ils s’effondrent, les recettes publiques s’évaporent et les déficits se creusent.

Politique-Europe -Afrique : relation rénovée ?

Politique-Europe -Afrique : relation rénovée ?

 

Il y a comme une sorte de contradiction entre la situation concrète en Afrique et les déclarations faites lors  du sixième sommet entre l’Union européenne et l’Union qui vient de se dérouler notamment parce que le concept de codéveloppement demeure relativement virtuel

Ce sommet était l’objet de nombreuses orientations mais s’est d’abord centrée sur la question de la vaccination covid. Rappelons que seulement autour de 10 % des Africains ont été vaccinés.

L’UE va ainsi mobiliser 300 millions de doses en faveur de l’Afrique d’ici cet été pour porter ses dons à 450 millions de doses au total. Mais l’objectif principal est de faire fabriquer le vaccin en Afrique en tout cas à terme.

L’OMS a désigné ce vendredi les six premiers pays bénéficiaires d’un programme mondial de fabrication de vaccins à ARN messager. Il s’agit de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal et de la Tunisie. L’objectif : qu’en 2040 l’Afrique puisse fabriquer elle-même 60 % des vaccins dont elle a besoin – aujourd’hui, c’est seulement 1%.Pas question cependant pour les Européens d’opérer un transfert de technologie et de libérer les brevets..

La question de l’aide au développement est forcément revenue sur le tapis avec les promesses non tenues mais cependant une nouvelle intention de consacrer au total 150 milliards d’euros (dons, prêts, garanties publiques, investissements privés suscités par ces incitations publiques) à l’Afrique sur la période 2021-2027, soit la moitié de son initiative géopolitique Global Gateway qui vise à contrer les nouvelles routes de la soie chinoises et la diplomatie agressive de la Russie dans la région, notamment au Sahel.

 

Reste à savoir si cette nouvelle intention sera totalement suivie d’effet et surtout quelles seront les retombées concrètes sur le terrain. La question du codéveloppement ne peut en effet seulement se résumer à des questions d’enveloppe , elle doit être remise à plat sur les conditions de mise en œuvre et de suivi effectif pour que cette aide ne soit pas détournée.  De ce point de vue, les outils de gestion de l’aide au développement comme les outils d’évaluation méritent d’être totalement remis en cause.

Afrique et co-développement : des projets rentables

Afrique et co-développement : des projets rentables

 

 

 

Un article intéressant de Charles-Henri Malécot est ancien directeur général de Stoa dans l’Opinion sur la possibilité de participer au co-développement en Afrique il y a des projets rentables financés par des fonds privés. Reste que l’analyse est très discrète pour ne pas dire très allusive pour dénoncer l’un des principaux maux de l’Afrique : la corruption. NDLR

 

«Des fonds d’investissement français spécialisés dans les infrastructures comme Meridiam et Stoa permettent de financer, sans accroître l’endettement, des projets rentables à fort impact sur le développement et le réchauffement climatique»

J’étais présent à Ouagadougou le 28 novembre 2017 lorsque le président de la République, Emmanuel Macron, a prononcé un remarquable discours destiné à la jeunesse africaine. Il a alors énuméré les grands défis auxquels elle est confrontée : extrémisme religieux et terrorisme, réchauffement climatique, explosion démographique et place des femmes, éducation, développement économique, urbanisation, démocratie… Et tout cela en même temps…

Quatre années et demie plus tard, force est de constater que ces défis demeurent et que leur résolution n’a pas beaucoup avancé. On a même l’impression que dans certains domaines la situation s’est aggravée. Certes la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses, mais elle n’explique pas tout. Elle n’explique pas la dégradation de la situation dans un certain nombre de domaines et de pays. Elle n’explique notamment pas le fait que la situation de la démocratie et de l’Etat de droit ait reculé dans un certain nombre de pays, il suffit de constater la série de coups d’Etat qui viennent de se produire — et ce n’est pas fini —, et la liste des pays en guerre civile.

Peu de pays africains connaissent une situation stable, démocratique, où les principes de l’Etat de droit sont respectés et permettent d’envisager un développement économique conséquent seul capable de résoudre les problèmes évoqués par le président de la République.

Et pourtant, pendant la période récente, des milliards d’euros et de dollars ont été déversés sur l’Afrique par les institutions internationales, et par les Etats occidentaux, dont la France. Et l’Afrique est redevenue surendettée, avec un ratio dette publique/PIB supérieur à 65 %, en grande partie à cause de la Chine qui détient plus de 60 % de la dette extérieure bilatérale de l’Afrique subsaharienne.

Selon les statistiques de l’OCDE, l’aide totale bilatérale et multilatérale destinée à l’Afrique s’est élevée à environ 60 milliards de dollars en 2020. Pour ce qui concerne la France uniquement, l’aide publique au développement bilatérale destinée à l’Afrique s’élève à plus de 3 milliards d’euros par an (3,6 milliards en 2020), soit sous forme de dons, soit sous forme de prêts de l’Agence française de développement.

« L’argent de l’aide publique au développement, celui des organisations multilatérales appuyées par les Etats occidentaux, doit servir à financer la consolidation de la démocratie, à financer l’éducation, la mise en place de législations solides et le renforcement des systèmes judiciaires »

Ces montants considérables, ce « pognon de dingue », n’ont pas permis de résoudre les défis du sous-développement africain, et ont été déversés en vain, même s’ils n’ont pas été perdus pour tout le monde… Et cela fait soixante ans que cela dure… Il faut donc changer de méthode !

L’urgence absolue est de renforcer les Etats et de les transformer en Etats de droit. L’argent de l’aide publique au développement, celui des organisations multilatérales appuyées par les Etats occidentaux, doit servir à financer la consolidation de la démocratie, à financer l’éducation, la mise en place de législations solides et le renforcement des systèmes judiciaires, de la police aux services de la justice, et de l’armée pour combattre le terrorisme.

Parallèlement les infrastructures de base doivent être consolidées, souvent même créées. Les besoins sont énormes, la Banque africaine de développement les estime à 170 milliards de dollars par an, et les financements publics ne suffiront pas.Les fonds privés doivent utilement les compléter. Des fonds d’investissement spécialisés dans les infrastructures en Afrique existent. Certains sont français, Meridiam, Stoa. Ils permettent de financer, sans accroître l’endettement des Etats, des projets rentables à fort impact sur le développement et le réchauffement climatique, avec des effets de levier très importants : un euro investi par ces fonds permet de financer environ 15 euros d’infrastructures, car ils attirent d’autres fonds propres et les SPV (special purpose vehicules) créés pour financer et gérés ces projets.

D’autre part, ces fonds s’engagent dans la gestion et l’entretien sur le long terme de ces infrastructures à travers ces SPV, évitant ainsi les « éléphants blancs » trop souvent financés par l’aide internationale non intéressée aux résultats financiers de ces infrastructures. Ainsi Stoa participe-t-il au capital de la SPV qui construit et va gérer le barrage hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun aux côtés d’EDF et de l’IFC (International finance corporation). Cette SPV a levé de la dette auprès d’une quinzaine d’établissements financiers locaux et internationaux pour compléter le financement de ce barrage de 420 mégawatts qui va fournir plus de 30 % des besoins d’électricité du Cameroun à un prix inférieur au prix actuel de l’électricité dans le pays.

« La France devrait encourager le développement de ces fonds d’investissement, sans pour autant y consacrer d’argent public. Ce n’est pas l’argent privé qui manque »

C’est donc un projet à fort impact pour le développement du pays, qui va lui fournir de l’énergie totalement décarbonée à un prix compétitif, et qui sera également rentable pour les investisseurs sous réserve qu’ils arrivent à contrôler la construction et l’exploitation pendant la durée de vie de cet équipement. Les dividendes, qui seront perçus si tout va bien par les investisseurs, ne sont pas de l’argent soustrait au Cameroun, mais bien au contraire une juste rémunération du risque pris et du service rendu, qui va permettre de réinvestir dans de nouveaux projets à fort impact. Un cercle vertueux s’installe !

La France devrait encourager le développement de ces fonds d’investissement, sans pour autant y consacrer d’argent public. Ce n’est pas l’argent privé qui manque. Les grandes compagnies d’assurances, les familly offices, recherchent des placements rentables à impacts. Un fonds de deux milliards d’euros pourrait financer environ trente milliards d’euros d’infrastructures, routes, ports, barrages, solaire, éolien, etc.

Voilà ce dont a besoin l’Afrique. Le cercle vertueux du développement économique peut résoudre les immenses défis de ce continent si nous osons aborder de face les causes premières du sous-développement, la corruption et l’absence d’Etat de droit.

Charles-Henri Malécot est ancien directeur général de Stoa et a été expert pour la Banque mondiale.

Europe -Afrique : relation rénovée ?

Europe -Afrique : relation rénovée ?

 

Il y a comme une sorte de contradiction entre la situation concrète en Afrique et les déclarations faites lors  du sixième sommet entre l’Union européenne et l’Union qui vient de se dérouler notamment parce que le concept de codéveloppement demeure relativement virtuel

Ce sommet était l’objet de nombreuses orientations mais s’est d’abord centrée sur la question de la vaccination covid. Rappelons que seulement autour de 10 % des Africains ont été vaccinés.

L’UE va ainsi mobiliser 300 millions de doses en faveur de l’Afrique d’ici cet été pour porter ses dons à 450 millions de doses au total. Mais l’objectif principal est de faire fabriquer le vaccin en Afrique en tout cas à terme.

L’OMS a désigné ce vendredi les six premiers pays bénéficiaires d’un programme mondial de fabrication de vaccins à ARN messager. Il s’agit de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal et de la Tunisie. L’objectif : qu’en 2040 l’Afrique puisse fabriquer elle-même 60 % des vaccins dont elle a besoin – aujourd’hui, c’est seulement 1%.Pas question cependant pour les Européens d’opérer un transfert de technologie et de libérer les brevets..

La question de l’aide au développement est forcément revenue sur le tapis avec les promesses non tenues mais cependant une nouvelle intention de consacrer au total 150 milliards d’euros (dons, prêts, garanties publiques, investissements privés suscités par ces incitations publiques) à l’Afrique sur la période 2021-2027, soit la moitié de son initiative géopolitique Global Gateway qui vise à contrer les nouvelles routes de la soie chinoises et la diplomatie agressive de la Russie dans la région, notamment au Sahel.

 

Reste à savoir si cette nouvelle intention sera totalement suivie d’effet et surtout quelles seront les retombées concrètes sur le terrain. La question du codéveloppement ne peut en effet seulement se résumer à des questions d’enveloppe , elle doit être remise à plat sur les conditions de mise en œuvre et de suivi effectif pour que cette aide ne soit pas détournée.  De ce point de vue, les outils de gestion de l’aide au développement comme les outils d’évaluation méritent être remis en cause.

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

Le Mali traduit l’impuissance française en Afrique

La succession d’échecs militaires et diplomatiques dans la région devrait conduire à un retrait des troupes françaises du Mali. Ce pourrait être, selon le politiste Marc-Antoine Pérouse de Montclos, l’occasion de relancer une relation avec le continent sur des bases plus saines.(Le Monde)

 

Tribune.

Rien ne va plus au Sahel. Entre deux coups d’Etat et attaques djihadistes, les jeux semblent faits, et l’Elysée pourrait bientôt annoncer son désengagement militaire du Mali ( c’est fait depuis hier NDLR) d’où l’ambassadeur de France vient d’être expulsé sans ménagement. A sa manière, le Sahel s’est ainsi imposé dans la campagne présidentielle en mettant en évidence toute l’impuissance de l’ancienne puissance coloniale en Afrique.

Au départ, pourtant, le président François Hollande avait vu dans la crise malienne un moyen d’affirmer le rôle de la France à l’international en y intervenant en janvier 2013. A l’époque, les soldats de l’opération « Serval » étaient, en effet, partis « sauver le monde » de la barbarie djihadiste et rassurer les partenaires européens qui s’inquiétaient de la pression migratoire contre les rivages de la Méditerranée. Pour une fois, le déploiement de l’armée française avait aussi l’assentiment des Etats africains, car il semblait rompre avec la logique des précédentes interventions visant à soutenir des régimes alliés et autoritaires, telle l’opération « Epervier », au Tchad, de 1986 à 2014.

Après un bref moment d’hésitation, le président Emmanuel Macron s’est vite résolu à poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. L’opération « Barkhane », qui avait pris le relais de « Serval » en 2014, devait à son tour lui servir à conforter son statut de chef d’Etat à l’international. De l’aveu même d’une note de son équipe de campagne datant de 2017, diffusée par Wikileaks et rapportée par le chercheur Florent Pouponneau [dans la revue Culture et Conflits n° 118, « Les Territoires du secret », L’Harmattan, 2021], l’idée était notamment d’utiliser l’engagement au Sahel pour développer les capacités de combat de l’armée française : « Une source de prestige par rapport à ses homologues occidentales. »

Mais la dure réalité du terrain est bientôt venue contrecarrer les ambitions de l’ancienne puissance coloniale. Les échecs se sont multipliés, tant au niveau militaire que diplomatique et politique. Dans la zone dite « des trois frontières » [entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger], d’abord, les soldats de l’opération « Barkhane » ne sont pas parvenus à endiguer l’extension des violences vers le sud, en direction de la Côte d’Ivoire, où les intérêts économiques de la France sont autrement plus importants.

L’ancienne puissance coloniale, qui plus est, a beaucoup perdu en influence. Après s’être vantée d’avoir restauré une démocratie parlementaire au Mali en 2013, elle n’a pas réussi à empêcher des coups d’Etat à répétition… tout en étant toujours accusée par les Sahéliens de faire et défaire les gouvernements de la région.

 

Covid: Il faut multiplier par six le nombre de vaccins en Afrique

 

Covid: Il faut multiplier par six le nombre de vaccins en Afrique

Pour éviter d’être affronté à un nouveau variant et protéger aussi la population locale, l’organisation mondiale de la santé considère qu’il faudrait multiplier par six le nombre de vaccinations en Afrique. cela pour atteindre l’objectif de 70% de couverture vaccinale fixé pour la fin du premier semestre 2022, a estimé jeudi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L’Afrique a reçu «plus de 587 millions de doses de vaccins», mais elle «peine encore à étendre le déploiement de la vaccination, avec seulement 11% de la population entièrement vaccinée», a expliqué le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

«Le monde a enfin entendu nos appels. L’Afrique a désormais accès aux vaccins qu’elle réclamait depuis trop longtemps. C’est un signe d’espoir pour cette année», a déclaré Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Un vaccin à ARN produit en Afrique

Un  vaccin à ARN produit en Afrique

Une première, la production prochaine en Afrique d’un vaccin à à RN par la société Afrigen Biologics and Vaccines est basée au Cap, en Afrique du Sud, et dirige le projet pilote, soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’initiative Covax.

«À l’échelle du laboratoire, nous disposons d’un vaccin que nous devons maintenant tester», a déclaré à l’AFP la directrice générale d’Afrigen, Petro Terblanche. Les tests sur les animaux commenceront le mois prochain «mais les études sur les humains ne débuteront que vers novembre 2022», a-t-elle précisé après avoir rencontré un groupe de sponsors du projet

Afrique–Burkina Faso : une dictature pour un moment !

Afrique–Burkina Faso : une dictature pour un moment !

 

Comme au Mali il ne faut guère espérer que le coup d’État du Burkina Faso aboutisse rapidement au rétablissement des libertés démocratiques. Et comme d’habitude ,les nouveaux dictateurs ont annoncé d’élection pour le moment venu ! Le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, , a déclaré que le rétablissement de la sécurité serait sa priorité dans un pays où se multiplient les attaques de groupes armés, notamment djihadistes.

Le  chef de la junte est en revanche resté très évasif sur un calendrier de restitution du pouvoir aux civils. »Lorsque les conditions seront réunies ».

Notons que le Burkina a la particularité d’avoir été longtemps de fête dirigé suite à des dictatures. Une longue tradition depuis l’indépendance qui démontre aussi que trop souvent en Afrique les forces militaires sont beaucoup plus efficaces pour effectuer des coups d’Etat que pour établir l’ordre et encore moins pour lutter contre les terroristes.

Le bilan est connu : le Burkina Faso va encore reculer d’une dizaine d’années sur le plan économique et nombre de candidats au départ vont rejoindre l ‘étranger en particulier la Côte d’Ivoire

Afrique : la nouvelle colonisation par la Chine

Afrique : la nouvelle colonisation par la Chine

L’AFRIQUE EN 2022. Pékin s’efforce de rallier le continent à sa cause en cultivant une élite africaine sinophile, par le biais de bourses d’études et des relations de parti à parti, estime, dans un entretien au « Monde », le sinologue Jean-Pierre Cabestan.

Pour rallier à leur cause l’élite africaine les Chinois utilisent nombre de procédés y compris la méthode « poche à poche »véritable cauchemar africain. Un seul exemple personnel : une petite fille que j’ai eue en tutelle aujourd’hui âgée d’une vingtaine d’années m’informe qu’elle ne peut pas réussir son examen d’entrée dans l’administration si elle ne donne pas la somme  de 1 200 000 CFA. Et pour un poste relativement modeste .NDLR 

Jean-Pierre Cabestan est sinologue, directeur de recherche au CNRS et chercheur associé à l’Asia Centre à Paris. Auteur d’une douzaine d’ouvrages sur la Chine, dont le plus récent est Demain la Chine : guerre ou paix ? (Gallimard, 2020), il s’est spécialisé depuis une dizaine d’années sur l’essor de la présence chinoise en Afrique.

Le dernier Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), qui s’est tenu à Dakar fin novembre, semble avoir marqué une inflexion de la relation sino-africaine avec un engagement financier plus prudent de la part de Pékin. Est-on passé à une nouvelle phase de la Chine-Afrique ?

Il y a beaucoup d’éléments de continuité avec les deux précédents sommets, notamment l’accent mis sur la coopération éducationnelle, culturelle et sécuritaire. Mais il est vrai qu’il y a un ajustement. Tout le monde a noté la réduction de l’enveloppe financière, liée à une prise de conscience de la question de la dette de plus en plus importante des pays africains à l’égard de la Chine. C’est une manière, pour Pékin, de réagir aux critiques formulées par les Africains et les membres du G-20 qui sont en train de rééchelonner les dettes des pays en développement. Mais cet ajustement s’inscrit également, d’une manière plus générale, dans la révision à la baisse des fonds alloués aux « routes de la soie ».

Covid Afrique du Sud : reflux de la pandémie

Covid Afrique du Sud : reflux de la pandémie

 

En Afrique du Sud, le gouvernement vient de lever le couvre-feu après avoir constaté un reflux de l’épidémie.

« Tous les indicateurs suggèrent que le pays pourrait avoir surmonté le pic de la quatrième vague au niveau national », est-il écrit dans un communiqué publié plus tôt dans la journée à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire.

Le niveau d’alerte sanitaire dans le pays a été abaissé au seuil le plus bas.

D’après les données du ministère de la Santé, la moyenne hebdomadaire du nombre de contaminations au coronavirus a reculé de 29,7% lors de la semaine se terminant le 25 décembre.

 

UE: Comment contrer les Russes en Afrique

UE: Comment contrer les Russes en Afrique

 

L’union européenne se réveille enfin face aux menaces que constituent les mercenaires Wagner de Poutine qui viennent déstabiliser les régimes africains parfois avec la complicité des chefs d’État locaux comme au Mali ou en Centrafrique. Présent au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, le 6 et 7 décembre, le président du Conseil européen, Charles Michel, a développé l’offre de Bruxelles en matière de réponse aux crises sécuritaires et sanitaires en Afrique. L’Union européenne s’est dotée récemment de nouveaux outils pour contrecarrer l’offensive des sociétés militaires privées comme Wagner.

Traumatisée par l’arrivée des mercenaires de Wagner en Centrafrique, l’Union européenne réadapte sa stratégie de soutien aux armées africaines, jouant du bâton et de la carotte. Elle réduit actuellement drastiquement sa coopération sécuritaire avec le pays. « Nous ne pouvons pas former des militaires centrafricains qui vont ensuite être affectés dans des unités dirigées par des mercenaires russes et se rendre coupables d’exactions, justifie une source bruxelloise. Nous continuons seulement à conseiller le gouvernement pour la réforme du secteur de la sécurité et à former des sous-officiers et officiers ».

Bruxelles souhaite ainsi mettre le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, devant ses responsabilités alors que ce dernier préfère toujours avoir recours à la Russie et aux mercenaires de Wagner pour la protection de son régime.

L’image de la France en cause en Afrique

L’image de la France en cause en Afrique ?

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre la dégradation de l’image de la France en Afrique. Il y a d’abord la perte relative de poids économique du pays dans le monde. La France est désormais renvoyée au rang de puissance moyenne face aux grands que son les États-Unis, la Chine, l’Inde ou la Russie.
Économiquement la France pèse de moins en moins en Afrique y compris dans les anciennes colonies. Politiquement, le poids de la France c’est aussi amoindri dans la mesure où le pays n’a plus les moyens d’assurer le rôle de gendarme du continent. L’exemple  des faiblesses de la force barkhane en témoigne. Comment pourrait-on assurer la sécurité dans une zone 10 fois grande comme la France avec seulement 5000 hommes ? Comment assurer non seulement la sécurité mais aussi un minimum de développement économique ? Ajoutons que nombre de pays comme la Chine ou la Russie contribue au pourrissement de l’image de la France en soutenant notamment financièrement les oppositions y compris terroristes. Il est clair que la France n’a plus les moyens de gérer les contradictions africaines d’autant qu’elle a choisi une armée de métiers très performante sur des objectifs isolés mais incapables d’assurer une présence significative sur le terrain

Thomas Borrel, porte-parole de l’association Survie et coauteur de l’ouvrage L’Empire qui ne veut pas mourir (Seuil, 1 008 pages, 25 euros), et Antoine Glaser, coauteur du Piège africain de Macron (Fayard, 272 pages, 19 euros), analysent, avec des regards très différents, les raisons des difficultés de la France à renouveler sa politique et son image en Afrique.

Pourquoi l’image de la France continue-t-elle de se dégrader dans ses anciennes colonies ?

Thomas Borrel : Lors du discours de Ouagadougou, Emmanuel Macron était allé jusqu’à affirmer qu’il n’y avait plus de politique africaine de la France. Il y a eu des annonces symboliques, propres à créer une bulle de communication, comme avec la restitution des œuvres d’art, mais leur portée reste limitée. Face à la contestation contre le franc CFA ou contre le dispositif militaire au Sahel, il y a de petits aménagements qui ne changent rien en profondeur. Il ne faut donc pas s’étonner que Paris soit de plus en plus impopulaire auprès de la jeunesse africaine.

Antoine Glaser : Selon moi, le fil rouge de la « Françafrique » et donc de cette impopularité, c’est le maintien de l’armée française sur le continent. Il sert de cache-misère à une présence globalement en déshérence. Dans l’imaginaire des Africains, ces militaires sont l’incarnation de la « Françafrique » à l’ancienne. On l’a vu au Tchad après la mort d’Idriss Déby [le 20 avril 2021] : le fils s’est fait adouber par la France car il n’y avait pas de plan B. Mais cette présence est aussi ce qui donne l’impression aux autres Européens que, après avoir été le gendarme de l’Afrique contre l’Union soviétique, l’armée française est le gendarme contre l’islamisme.

Covid: « Omicron » , nouveau virus encore plus contaminant en Afrique du Sud

 

Covid: « Omicron » , nouveau virus encore plus contaminant en Afrique du Sud

 

Un nouveau virus encore plus contaminant que le variant Delta fait des  ravages en Afrique du Sud. Ce variant, nom de code B.1.1.529, enregistre une croissance exponentielle y compris chez les jeunes a indiqué Joe Phaahla, le ministre de la Santé sud-africain, lors d’une conférence de presse. «Plus de 80 % des 1200 nouvelles infections quotidiennes enregistrées le 23 novembre proviennent de la région de Gauteng», il s’agit de la partie la plus peuplée du pays, avec notamment les villes de Pretoria et de Johannesburg.

Le nouveau variant B.1.1.529 du Covid, détecté pour la première fois en Afrique australe, a été classé vendredi «préoccupant» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et baptisé «Omicron». «Le variant B.1.1.529 a été signalé pour la première fois à l’OMS par l’Afrique du Sud le 24 novembre 2021 (…). Ce variant présente un grand nombre de mutations, dont certaines sont préoccupantes», a indiqué le groupe d’experts chargé par l’OMS de suivre l’évolution du Covid-19.

Un cas du nouveau variant du Covid-19, d’abord détecté en Afrique du Sud et absent d’Europe jusqu’ici, a été identifié en Belgique chez une personne qui revenait d’un voyage en Égypte via la Turquie, a appris l’AFP vendredi de source officielle.

Covid: nouveau virus encore plus contaminant en Afrique du Sud

Covid: nouveau virus encore plus contaminant en Afrique du Sud

 

Un nouveau virus encore plus contaminant que le variant Delta fait des  ravages en Afrique du Sud. Ce variant, nom de code B.1.1.529, enregistre une croissance exponentielle y compris chez les jeunes a indiqué Joe Phaahla, le ministre de la Santé sud-africain, lors d’une conférence de presse. «Plus de 80 % des 1200 nouvelles infections quotidiennes enregistrées le 23 novembre proviennent de la région de Gauteng», il s’agit de la partie la plus peuplée du pays, avec notamment les villes de Pretoria et de Johannesburg.

Une attente de France en Afrique de l’Est ?

Une attente de France en Afrique de l’Est ?

 

Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité affirme qu’il y a une attente de France en Afrique de l’Est. Intenter peut-être un mot fort en tout cas il y a des potentialités d’investissement. Le problème est que déjà en Afrique de l’Ouest historiquement lié à la France, notre pays ne cesse de perdre des parts de marché notamment au profit des Chinois mais pas seulement. Peut-être que l’objectif serait d’abord de conforter des zones de notre champ d’influence.

 

En moins de deux semaines, Franck Riester, le ministre délégué français en charge du Commerce extérieur, s’est rendu en Tanzanie, en Ouganda, au Rwanda et au Kenya. Il fait le point pour l’Opinion sur les opportunités de marché pour les entreprises française dans cette région.

Quel est le potentiel de cette région pour les entreprises françaises ?

Avec un marché de 180 millions d’habitants, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) représente un potentiel important où l’offre de nos entreprises peut pleinement se positionner dans l’agriculture et l’agroalimentaire, la ville durable et les télécommunications, la santé, l’industrie, le tourisme, les nouvelles technologies. Elle offre aussi de bons débouchés dans le domaine de l’économie bleue où le savoir-faire français est en pointe, tant sur l’industrie de la pêche et la transformation des produits issus de la mer que sur les aspects de surveillance des côtés et de sécurité maritime. Ces pays dégagent une importante énergie créative et portent de nombreux projets entrepreneuriaux.

Quelle est la part de marché des groupes français dans cette région ?

Il y a une attente de France. Nous accompagnons les entreprises à s’y déployer. Les parts de marché sont à développer. La France n’est que le 21e fournisseur et 24e client des pays de l’EAC. Nos investissements directs étrangers (IDE) s’y élèvent à 841 millions d’euros dont 79 % au Kenya et 11 % en Tanzanie. Ils sont inférieurs à ce que nous faisons au Nigeria et dans les pays francophones de cette région,…

Afrique : Les vents défavorables de la démocratie

Afrique : Les vents défavorables de la démocratie( Bakary Sambe)

Bakary Sambe analyse les vents défavorables de la démocratie en Afrique

Bakary Sambe est directeur du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis- UFR CRAC (Sénégal). ( L’Opinion, extrait)

 

Les nombreux coups d’Etat relevant des « nouvelles pathologies de la démocratie » en Afrique avec la violation des constitutions pour des troisièmes mandats, ne peuvent plus être analysés du seul point de vue local, sous le seul angle de la nature des régimes. Au niveau global, Larry Diamond évoquait, déjà, la combinaison entre « la colère russe », « l’insouciance américaine » et « l’ambition chinoise » comme la nouvelle donne à l’origine de ces « vents défavorables à la démocratie ». Il aurait dû ajouter un phénomène non moins déterminant : le pragmatisme diplomatique, comme pratique globalisée et dont la logique est, pour les grandes puissances la défense de leurs intérêts stratégiques.

C’est sur cet autel des intérêts stratégiques immédiats que sont souvent sacrifiés les principes sacro-saints évoqués lors des entreprises de démocratisation durant les années 1990. De l’eau a coulé sous les ponts depuis la conférence de La Baule convoquée par François Mitterrand. Le temps où les puissances occidentales s’érigeaient en défenseurs des valeurs démocratiques.

Ces « vents défavorables à la démocratie » ne sont plus le seul fait d’un climat tropical qui serait « naturellement » hostile à l’Etat de droit. Ils profitent aussi des inconséquences des puissances occidentales qui semblent pousser le réalisme diplomatique à un niveau jamais observé durant ces dernières décennies. Les instances régionales africaines ne font pas mieux, victimes du discrédit du leadership politique mais aussi d’une image de « syndicats de chefs d’Etat » que leur collent les populations. Elles voient en eux les symboles même de la gouvernance anti-démocratique se pressant de condamner les coups de force militaires, mais ne se gênant point à opérer des « coups d’Etat constitutionnels » pour perdurer au pouvoir.

En observant la scène politique ouest-africaine, les coups d’Etat sont, toujours, immédiatement condamnés puis, progressivement, admis et finalement validés pour une durée à laquelle il suffit de coller l’appellation de « transition ». Le lifting démocratique est ainsi réussi et l’opération de normalisation des régimes issus de coups d’Etats se poursuit sans entraves. Même la durée des transitions est déterminée par la capacité des juntes militaires à manœuvrer avec le système démocratique qu’ils ont désormais appris à torpiller de l’intérieur.

 

 Ce recul est dû à des causes internes qui n’ont même plus besoin d’être explicitées avec une littérature devenue surabondante. Mais il faudrait aussi les lire sous l’angle des contradictions et des inconséquences aussi bien des organisations régionales africaines que de la communauté internationale.

Il y a d’abord les effets de la désillusion démocratique. Suivant le mouvement global de la « fin de l’Histoire » chère à Fukuyama, la conférence de La Baule sonna le processus de démocratisation avec ses conférences nationales aboutissant au multipartisme dans les pays africains. La promesse leur avait été faite d’un développement économique qui suivrait — dans l’idéal — le respect strict des orientations des politiques d’ajustement structurel et la privatisation de l’économie indispensable aux investissements étrangers. On connaît la suite.

Entre-temps, le multipartisme qui devait achever le processus démocratique réveilla le spectre de l’ethnicisme et du régionalisme, allumant le feu des conflits intercommunautaires dont on n’est toujours pas sorti. Aujourd’hui, ces conflits sont ravivés par les effets du terrorisme et du radicalisme religieux au Sahel.

Finalement, après des décennies, ni la démocratie, ni la paix durable ne furent au rendez-vous en Afrique de l’Ouest. Les organisations régionales ou sous-régionales sont-elles victimes de l’image des leaders politiques qui les incarnent où sont-elles aussi tombées dans le piège de leurs partenaires du Nord qui ne jurent que par la stabilité au prix même d’énormes concessions à des régimes anti-démocratiques ou à des juntes militaires ?

« Dans les années 1980-1990, lorsqu’un régime de n’importe quel pays africain enfreignait aux règles du jeu démocratique, il s’exposait aux sanctions financières des partenaires internationaux, notamment occidentaux. Cette crainte est aujourd’hui complètement dissipée par la disponibilité de fonds alternatifs »

. Ces dernières années, aucune élection présidentielle contestée n’a été invalidée ni par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ni par l’Union Africaine, ni par les organisations internationales qui finissent toujours par constater stoïquement le statu quo « malgré les incidents mineurs constatés çà et là qui, toutefois, ne portent pas atteinte à la sincérité du scrutin ». Cette expression est désormais consacrée pour fleurir les rapports des observateurs internationaux devenus impuissants devant les réalités « politico-diplomatiques ».

Avec une telle situation, on dirait que, paradoxalement, l’épée de Damoclès militaire s’est progressivement substituée à la hantise des sanctions occidentales, du FMI ou de la Banque mondiale.

D’ailleurs, ces sanctions n’ont plus leur effet dans un contexte fortement marqué par un multilatéralisme déréglé. Dans les années 1980-1990, lorsqu’un régime de n’importe quel pays africain enfreignait aux règles du jeu démocratique, il s’exposait aux sanctions financières des partenaires internationaux, notamment occidentaux. Cette crainte est aujourd’hui complètement dissipée par la disponibilité de fonds alternatifs parfois beaucoup plus importants de la part de pays moins regardant sur la transparence ou le respect des droits humains.

C’est un soulagement pour tous les régimes, mais un supplice pour les sociétés civiles africaines. Elles sont non seulement devenues orphelines de partenaires internationaux avec lesquels elles partageaient les mêmes valeurs démocratiques, mais aussi de plus en plus bousculées par des mouvements religieux ou populistes se saisissant de la fibre nationaliste, célébrant même des coups d’Etat : un autre vent défavorable à la démocratie.

L’avenir de la démocratie paraît sombre sous nos tropiques où les anciens régimes vieillissent mal tandis, qu’à l’horizon, pointent de nouveaux mouvements populistes se nourrissant, au besoin, de la manipulation des symboles religieux. Pour se donner une légitimité qu’ils ont depuis longtemps perdue dans le politique, les Etats qui ne sont plus pourvoyeurs de citoyenneté et de sécurité les concurrencent dans cette course folle. Les acteurs politiques, eux aussi, sans perspectives à offrir à une jeunesse désemparée, se jettent dans les bras de religieux qui ont le vent en poupe au Sahel, à contre-courant de l’édification de sociétés véritablement démocratiques.

Bakary Sambe est directeur du Timbuktu Institute et enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis- UFR CRAC (Sénégal).

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