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« Afrique: démocratie ou développement » (Thierry Amougou)

« Afrique: démocratie ou développement » (Thierry Amougou)

 

L’économiste Thierry Amougou à partir de l’exemple du Rwanda ( avec ses limites) s’interroge sur l’efficacité  de la démocratie en tant que moyen privilégié du développement en Afrique. Pas vraiment un plaidoyer pour le despotisme éclairé mais pas loin quand même. (tribune au « Monde »)

 

Tribune.

 

«  L’image que renvoie le Rwanda de nos jours est celle d’une Afrique qui gagne. Elle est de moins en moins celle, lugubre, d’amas de crânes témoins d’une humanité en mode off, mais plutôt celle, rayonnante, des inaugurations en cascade d’écoles à la pointe du numérique, d’une filiale de Volkswagen ou du lancement du premier smartphone complètement « made in Africa ». Quelles sont les principales caractéristiques du modèle rwandais de développement ? Quelles sont ses limites ? Que peut-on en dire concernant l’Afrique et la pensée sur le développement au XXIe siècle ?

Généralement, ce qu’on entend par « nation » évoque des groupements humains qui partagent le même destin et la même volonté de poursuivre un pari sur l’avenir au sens de « projet de vie ». Ce qui est très souvent moins souligné, c’est le fait que faire nation, du moins en avoir la dynamique, n’est pas seulement le fruit du partage d’une mythologie, d’une histoire, d’ancêtres et de terres aussi glorieux que les futurs caressés, mais aussi le surgissement d’un assentiment collectif dont la fondation peut être un grand malheur commun.

Un traumatisme commun, réel ou onirique, peut faire naître un sentiment national et fonder une nation au point d’en devenir « the glue that links us together » (la colle qui nous unit). L’exode réel ou mythologique du peuple juif joue ce rôle pour la nation juive, autant que le génocide de 1994 donne au Rwanda un dénominateur commun qui, quoique tragique, est un « input » dont les effets sont difficiles à évaluer par la fonction de production économique. En fait, un bonheur commun ou un malheur commun est une ressource politique, culturelle et anthropologique en soutien à un projet de développement, au sens où il mobilise tout le monde, discipline les populations et donne des arguments pour le respect et la poursuite d’un cap censé perpétuer le bonheur passé ou sortir du grand malheur commun.

 

Le rôle d’une conjoncture historique favorisant l’émergence d’un leader politique est donc crucial. Oui, il faut le dire, un leader est très souvent quelqu’un qui, malgré ses qualités intrinsèques, est servi par une conjoncture historique qui lui permet de devenir la locomotive d’un peuple en mettant ainsi ses qualités de leadership en évidence. Autant le général de Gaulle devint un leader pour la France grâce ou à cause de l’occupation de l’Hexagone par le régime nazi, autant Paul Kagame est devenu l’homme fort du Rwanda grâce ou à cause du génocide de 1994, articulation décisive dans le processus de consolidation nationale et d’obtention gracieuse de quelques dividendes budgétaires sur le plan international. 

Cela ne suffit cependant pas, car un leader doit avoir une vision au service d’un projet. Celui du Rwanda semble s’articuler sur plusieurs éléments.

Premièrement, une volonté de moderniser le pays et l’acceptation d’appliquer rigoureusement les modèles de modernisation des institutions financières internationales. Kigali, la capitale rwandaise, ressemble de moins en moins à une ville subsaharienne, suite à une fonctionnalisation moderne de l’espace, de l’habitat et des comportements calqués sur l’urbanisme et les civilités modernes. La modernisation du secteur agricole par spécialisation culturale, remembrement des terres paysannes et regroupement des paysans en coopératives par le biais d’un renouveau de la révolution verte, est un autre marqueur de cette volonté de moderniser le Rwanda.

Deuxièmement, la promotion, en l’absence d’une révolution industrielle africaine, d’une économie de services haut de gamme comme le tourisme, l’informatique et la sous-traitance automobile, comme en témoigne la récente joint-venture avec Volkswagen.

 

Troisièmement, une dimension écologique liée à l’interdiction drastique de toute production et importation de sacs en polyéthylène (plastique) depuis 2004 et à la sauvegarde des gorilles, principales ressources touristiques du pays. 

Quatrièmement, la promotion du capital humain diasporique, en chassant et en recrutant des têtes rwandaises et africaines bien faites en Occident et en promouvant l’émancipation de la femme rwandaise par son intégration au pouvoir décisionnel. Les femmes détiennent 40 % des portefeuilles ministériels et représentent plus de 60 % des députés en 2019. Cette réforme qui corrige des inégalités de genre est une innovation qui compte en matière de développement, dans une Afrique où les femmes sont très souvent invisibles des lieux de décision politique, alors que leur apport est inestimable dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Le basculement de l’expression officielle du pays en anglais, langue de l’économie mondialisée, est aussi une innovation dans ce modèle rwandais. L’anglais est censé assurer à moyen et long termes la réduction des coûts de communication, de transactions, de diffusion des savoirs technologiques et de contractualisation.

Derrière la lumineuse, la disciplinée, la coquette et l’ordonnée Kigali, l’outrage ? Oui, répondent de nombreux observateurs et travaux sur le Rwanda.

De nombreux auteurs pointent en effet le fait que Kigali est une vitrine moderne, une carte postale qui cache des paysans rwandais connaissant des disettes chroniques à quelques kilomètres des lumières de la capitale. Paysans obligés d’abandonner la polyculture traditionnelle grâce à laquelle ils s’assuraient une autosuffisance alimentaire, pour appliquer une spécialisation culturale qui fait dépendre l’accès aux denrées alimentaires d’un pouvoir d’achat qui leur fait défaut, dans la mesure où leur richesse, qui ne consistait qu’en terres, n’est plus entre leurs mains mais dans celles des coopératives et de l’agro-industrie.

Il s’ensuit que la réussite rwandaise est limitée au bien-être d’un petit groupe au pouvoir, une élite politique qui a pris le pouvoir depuis l’extérieur et se montre insensible aux souffrances des paysanneries, dont le sort fait peu de cas dans les décisions d’une politique de révolution verte axées sur la répression de la polyculture traditionnelle, la spécialisation à outrance, le remembrement des terres paysannes pour l’agro-industrie, le mode coopératif et l’interdiction des méthodes et techniques de l’habitat traditionnel.

 

La transformation de Kigali en ville moderne a également entraîné une gentrification qui a repoussé les pauvres à la périphérie d’une ville désormais élitiste et chère. A cela s’ajoute la répression de l’opposition politique interne et externe, la modification constitutionnelle pour un troisième mandat de Kagame et sa réélection par un score stalinien (98 %). 

Autant de paramètres qui font du modèle rwandais une modernisation cosmétique et autoritaire axée sur la politique des « premiers de cordées » à préserver et sur la croyance au « trickle-down effect », c’est-à-dire au ruissellement de la richesse de la minorité urbaine vers les majorités rurale et populaire. Le plan d’émergence du Rwanda, en 2020, semble donc consubstantiel d’une violence sociale dont d’autres éléments non négligeables sont la répression des moyens de l’habitat populaire, des sanctions infligées aux démunis qui n’arrivent pas à se payer la sécurité sociale et l’imposition impérative de l’anglais comme lingua franca porteuse de modernité dans toute l’étendue du territoire.

En Afrique subsaharienne, les politiques d’ajustement structurel ont, depuis 1980, mis fin au modèle de modernisation autoritaire basé depuis 1960 sur un Etat dirigé par un homme fort sans légitimité démocratique. C’est le marché qui doit désormais assurer le développement économique, et la démocratie le développement politique. Le consensus de Washington, corpus théorico-politique commun imposé à tous les pays africains, a montré de si grandes limites qu’on y a ajouté des aspects institutionnels afin de signaler l’importance des institutions inclusives dans le développement.

Les résultats sont très peu réjouissants aujourd’hui en Afrique, où la pauvreté augmente autant que l’endettement international consécutif aux prêts chinois. A côté de cette morosité généralisée (en dehors de la Côte d’Ivoire et du Ghana), le Rwanda, quoique petite économie dont le modèle ne peut être extrapolé à toute l’Afrique, rayonne avec une économie à la pointe et un environnement national attractif pour l’investissement international.

 

Du coup, si nous prenons en compte l’exemple de la Chine qui se développe sans démocratie, on assiste au renouveau d’un questionnement en Afrique subsaharienne par rapport aux ingrédients du développement : une dictature éclairée qui construit des routes, assainit des villes, ouvre des écoles, donne de l’eau potable, offre du travail, construit des hôpitaux, soigne et loge les populations, n’est-elle pas plus utile aux Africains qu’une démocratie libérale postcommuniste qui, en s’accommodant avec les inégalités, la pauvreté, la dictature des marchés et l’impérialisme, se confond de plus en plus avec un capitalisme enrobé de considérations politiques ? 

La légitimité d’un dirigeant africain doit-elle être davantage basée sur ses résultats concrets de développement que sur le principe électif ? Si la légitimité démocratique vient à faire défaut, comme cela est majoritairement le cas en Afrique, la légitimité fondée sur des résultats n’est-elle pas plus réaliste pour satisfaire les besoins fondamentaux ?

Ce sont ces grandes questions que remet en lumière le modèle rwandais, rejoignant ainsi de nombreux économistes qui, d’une part, pensent que la démocratie est un bien de luxe très coûteux pour des pays au revenu par tête très faible et, d’autre part, estiment que des institutions inclusives se mettent en place de façon volontariste, comme le fait Paul Kagame avec l’inclusion politique des femmes rwandaises.

In fine, un drame, une nation, un leadership et une vision n’ont pas suffi pour l’érection d’un modèle rwandais de développement. Il a fallu aussi créer un avenir désirable et lui donner forme. De là le fait que le plus grand mérite de Paul Kagame est d’avoir assuré la renaissance du Rwanda en créant un désir d’avenir malgré les limites ci-dessus évoquées. Une vision ne doit pas seulement exister. Elle doit être désirable via certains de ses résultats concrets. Cet espoir suscité est basé moins sur des innovations éculées du passé des pays industrialisés que sur une habileté et une capacité intrinsèque qu’il a de donner forme à l’avenir.

 

C’est ce qu’Aline Frankfort et Jean-Louis Baudoin appellent le « shapership », c’est-à-dire la capacité qu’a un leader de donner des formes à l’avenir d’une entreprise, d’une organisation ou d’un pays. D’une société qui devait être malade et paralysée par son génocide, Paul Kagame a fait une société certes avec encore beaucoup de problèmes à résoudre, mais désormais capable de se regarder dans le miroir sans se désoler de l’image que lui renvoie celui-ci.

C’est la preuve qu’en plus du marché et de l’Etat, assurer le développement a besoin d’un écosystème du développement où leadership, « success stories », capital humain, réseaux internationaux, culture nationale, institutions inclusives et « shaperschip » sont des paramètres d’une importance capitale. La démocratie réelle apparaît alors comme une norme qualitative qui rend un écosystème du développement plus attentif aux questions sociales, populaires et des droits humains. »

 

Thierry Amougou, économiste et professeur à l’Université catholique de Louvain, est l’auteur de L’Esprit du capitalisme ultime. Démocratie, marché et développement en mode kit (PUL, 2018). 

Afrique : la corruption responsable du surendettement

« Afrique : la corruption responsable du  surendettement»

 

Face à une dette qui a pratiquement doublé en 10 ans pour atteindre maintenant 7000 milliards d’euros dans les pays pauvres notamment d’Afrique, Uzziel Ndagijimana, ministre rwandais de la planification économique et des finances pointe la  corruption comme un des responsables de l’endettement. Il signale notamment que la fuite illégale de capitaux est même supérieure à l’aide au développement.. (Interview dans le Monde)

Les pays à bas revenus sont-ils menacés par une crise de la dette ?

Les pays à faibles revenus n’ont plus les ressources pour financer le développement ; la dette sert maintenant à rembourser la dette. Son poids s’est alourdi avec la chute du prix des matières premières et la baisse de la croissance en Afrique. Les dons et l’aide publique au développement ont diminué, alors que nos besoins en financement augmentent pour construire des infrastructures, nous adapter au réchauffement climatique et atteindre les objectifs de développement durable. Les prêts à taux préférentiels délivrés par les banques multilatérales comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement sont insuffisants. Les pays doivent donc chercher des financements ailleurs, sur les marchés financiers.

Les pays à bas revenus profitent-ils d’une baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains ?

C’est la question que je me pose moi-même, car l’argent qu’on emprunte via ces obligations ne va pas forcément dans les secteurs où on en a le plus besoin, comme l’éducation ou la santé. Ces obligations ne peuvent financer que des projets qui ont un rendement élevé à court ou moyen terme. Dans le cas du Rwanda, nous avons émis en 2013 des obligations libellées en devises étrangères pour construire un centre de congrès et développer le secteur du tourisme. Nous ne pourrions pas en faire usage dans le domaine de l’éducation ou de la santé, par exemple. Et malgré la baisse des taux d’intérêts sur les marchés européens et américains, les obligations libellées en devises étrangères nous coûtent cher.

Les pays les plus pauvres étant plus risqués, le coût de l’emprunt y est plus élevé que dans les économies développées. Cela une incidence non seulement sur le volume de la dette, mais aussi sur sa qualité. Si elle est constituée de prêts concessionnels de long terme, c’est-à-dire avec des conditions favorables et des périodes de grâce, alors elle est saine. Si le poids des emprunts à court terme augmente, alors elle est plus fragile. Le problème, c’est que dans les pays pauvres, la qualité de la dette se dégrade, elle est davantage soumise à la volatilité des flux financiers.

La dette ne peut être transparente que si elle est contractée auprès des marchés financiers ou des bailleurs de fonds internationaux. Lorsqu’elle est négociée en bilatéral, de pays à pays, il est difficile de dévoiler les conditions de l’emprunt. Ce qui importe surtout dans la gestion de la dette, c’est la visibilité à long terme ; et nous devons surtout surveiller le risque de dette cachée.

Le moyen le plus efficace, c’est d’attirer les investissements étrangers. Et il faut pour cela améliorer la gouvernance, faciliter les démarches des entreprises, simplifier l’acquisition des terres, améliorer la transparence, raccourcir les procédures. Et si les investissements augmentent, alors les recettes fiscales aussi, et le poids de la dette diminuera.

 

Les pays pauvres doivent aussi combattre la corruption. Ils souffrent de surendettement parce que les capitaux qui arrivent chez eux sont détournés par la corruption et fuient vers les pays riches. En Afrique, les fuites illégales de capitaux dépassent la totalité de l’aide publique au développement qu’elle reçoit. Il faut aussi améliorer le système de collecte des impôts, ce qui demande de la volonté politique mais aussi l’aide et l’expertise d’institutions comme la Banque mondiale et le FMI. 

L’origine de l’homme, Homo sapiens sapiens, confirmée en Afrique

L’origine de l’homme, Homo sapiens sapiens, confirmée en Afrique

La région initiale de l’homme moderne, homo sapiens sapiens, serait localisée dans l’actuel Botswana.  Il s’agit d’une région d’Afrique australe, dans le nord de l’actuel Botswana, où notre ancêtre commun a vécu il y a 200.000 ans avant de migrer 70.000 ans plus tard, selon une étude internationale publiée lundi dans la prestigieuse revue Nature et reprise par France Info.

« Remontant aux racines de notre arbre génétique, l’étude affirme avoir localisé pour la première fois la « patrie ancestrale » de l’homme moderne, Homo sapiens sapiens. « Nous savons depuis longtemps que l’homme moderne était apparu en Afrique il y a environ 200.000 ans. Mais nous ignorions jusqu’ici où se situait précisément cette patrie« , a déclaré l’Australienne Vanessa Hayes, auteure principale, lors d’une conférence de presse.

L’équipe de chercheurs a fondé ses travaux sur la généalogie génétique, qui permet de tracer des modèles de migrations. Elle a analysé 200 génomes mitochondriaux, marqueurs génétiques de la généalogie maternelle, prélevés sur des populations vivant actuellement en Namibie et en Afrique du Sud, une région d’Afrique depuis longtemps considérée comme étant l’un des berceaux de l’homme moderne.

Les tests ADN ont révélé la présence rare du plus ancien lignage génétique maternel, appelé « L0″, encore porté par ces populations. « En observant ce lignage, nous nous sommes demandés d’où venaient ces personnes, où vivaient-elles? Nous avons donc étudié la dispersion géographique de ce lignage« , explique Vanessa Hayes. « Nous avons fait des analyses spatiales pour remonter le temps, car à chaque fois qu’une migration intervient, c’est enregistré dans notre ADN, qui change. Il est comme une horloge de notre histoire« , poursuit la généticienne.

En comparant les génomes, les chercheurs ont réussi à isoler un ancêtre commun qui était un ancien Khoïsan, peuple de chasseur-cueilleurs vivant toujours aujourd’hui. Selon l’étude, tous les hommes vivant actuellement en Afrique et hors d’Afrique, partagent ce même ancêtre.

« Je crois que nous étions tous des Khoïsans à un moment donné« , affirme Vanessa Hayes. Ces Khoïsans, première communauté humaine moderne, auraient vécu dans la même région pendant 70.000 ans, sans en bouger. Comme le sait-on ? Parce que le génome est resté identique, sans diverger, de -200.000 ans à -130.000 ans environ.

La communauté aurait prospéré dans cette région (grande comme la Nouvelle-Zélande), située au sud du fleuve Zambèze, qui part de l’actuelle Namibie, traverse le nord du Botswana et va jusqu’au Zimbabwe.  Aujourd’hui désertique – appelée le Kalahari – elle était à l’époque humide, verdoyante et luxuriante. Des analyses géologiques combinées à des modèles climatiques ont montré qu’elle abritait un immense lac, deux fois grand comme le lac Victoria, appelé Makgadikgadi, disparu depuis.

Le climat a ensuite commencé à changer, à la faveur d’une « modification de l’orbite terrestre« , détaille Axel Timmermann, océanographe, co-auteur de l’étude. Le lac s’est disloqué, la région s’est peu à peu asséchée, et les populations ont commencé à migrer via des « corridors verts« , en direction du nord-est, puis du sud-ouest.

Ces premiers départs ont ouvert la voie à la future migration des hommes modernes hors d’Afrique. Mais certains sont restés, s’adaptant à la sécheresse. Leurs descendants y vivent toujours, et sont restés chasseurs-cueilleurs. Du fait de ce mode de vie ancestral, Vanessa Hayes se doutait que ces Khoïsans portaient en eux cet ancien lignage.

Autre signe: ils parlent un langage « à clic« , qui fait claquer certaines consonnes avec la langue. « Or nous avons que le langage à clic est le plus ancien« , souligne la chercheuse. « Les Khoïsans qui vivent ici n’ont jamais quitté la patrie ancestrale. Eux savent qu’ils ont toujours été ici, ils se le racontent de génération en génération. Moi, je devais le prouver scientifiquement au reste du monde« , se réjouit Vanessa Hayes, qui a mis dix ans à mettre au jour cette généalogie génétique. « C’est comme si on regardait un grand arbre, dont les Européens et les Asiatiques seraient des toutes petites branches au sommet« , conclut-elle. »

Climat : des conséquences surtout pour l’Afrique et l’Asie

Climat : des conséquences surtout pour  l’Afrique et l’Asie

 

La hausse des températures aura des conséquences encore plus dramatiques pour l’Afrique et l’Asie. Point en cause le fait que la température y est déjà générale très forte et que quelques degrés élémentaires rendront la situation finement tenable. S’y ajoute aussi le faite que les pays occidentaux ont largement externalisé leur industrie dans ces zones surtout en Asie mais maintenant en Afrique. Une externalisation de la production et en même temps des émissions polluantes. Les économies des pays développés occidentaux sont davantage dans un environnement hématique déjà plus tempéré Une perte de 78 milliards de dollars pour l’Asie du Sud-EstL’étude d’un  cabinet britannique montre ainsi que 10,8% de la valeur des exportations de l’Afrique de l’Ouest sont menacés par la hausse des températures d’ici à 2050, 7,9% en Afrique sub-saharienne, 6,1% au Moyen-Orient, et 5,2% en Asie du Sud et Asie du Sud Est. Les pays africains représentent la moitié des 48 pays notés en « risque extrême » dans l’indice de stress chaleur élaboré par Verisk Maplecroft. Sur la base des valeurs actuelles, cela correspond à une perte annuelle de 78 milliards de dollars par an pour l’Asie du Sud Est et près de 10 milliards pour l’Afrique. Sans surprise, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Finlande et la Scandinavie sont parmi les moins exposés. À titre de comparaison, 3,9% de l’économie sud-américaine et seulement 1% de l’économie américaine et 0,1% de l’économie européenne sont menacées.

Armées : réorientation vers l’Afrique (Macron)

Armées : réorientation vers l’Afrique (Macron)  

Macron a promis de tendre vers les 2 % de dépenses fixés par l’OTAN pour les dépenses militaires. Ce que réclamait aussi Trump qui a même fortement souhaité  4%. En il y aura un redéploiement vers l’Afrique notamment dans les pays du Sahel actuellement relativement instables et menacés par le terrorisme. De fait aujourd’hui la France ne peut assurer la sécurité sur ces territoires avec 7500 hommes sur un territoire grand comme 10 fois la France. Des zones caractérisés par ailleurs par des gouvernances faibles et une armée sous équipée et mal formée.  “L’année qui vient, nous allons mettre en œuvre, décliner, sans cesser d’ajuster et de réorienter pour être au rendez-vous des attentes de nos compatriotes” déclaré Macron.  Le chef de l’Etat a ainsi confirmé la pérennité de l’engagement des forces françaises face à “l’hydre islamiste” en Syrie et en Irak, mais aussi au Sahel où la France “continuera à agir par la diplomatie, la Défense et le développement». Saluant les opérations “exemplaires” de la coalition arabo-occidentale contre le groupe Etat islamique, Emmanuel Macron a affirmé qu’à la faveur de “derniers combats”, l’EI n’aurait “bientôt” plus “d’empreinte territoriale». Quand bien même, a-t-il ajouté, “la Syrie (…) restera une source majeure de déstabilisation régionale et les forces de Daech comme d’autres forces qui leur sont proches continuent d’agir en Irak en Afghanistan et d’irriguer ce terrorisme”. “La coalition contre Daech doit rester mobilisée et notre engagement militaire perdurera même s’il évoluera». Au Mali, les récentes attaques contre le PC de la force conjointe du G5 Sahel à Sévaré et contre une patrouille de Barkhane à Gao “renforcent notre détermination à combattre les terroristes, à accompagner les armées du Sahel”, a-t-il dit. “L’action que nous conduisons et que nous continuerons à conduire (…) va nous amener à totalement sécuriser dans les mois et années qui viennent cette région” en coopération avec le force du G5 Sahel, a affirmé le chef de l’Etat. “Les armées du Sahel prendront le dessus sur les terroristes”, a-t-il assuré.

Afrique : débrouillez-vous ! (Macron)

Afrique : débrouillez-vous ! (Macron)

 

C’est en substance ce qu’a déclaré Macron en visite notamment au Nigéria avec une  belle dose d’hypocrisie, de démagogie aussi en flattant le dynamisme africain. Des propos creux pour faire plaisir mais à coté de la plaque face au problème de l’immigration.  L’Afrique et les Africains doivent réussir “sans complexe” et sans jamais écouter ceux qui recommandent d’attendre, a déclaré mercredi Emmanuel Macron à des entrepreneurs, au second jour de sa visite au Nigeria, prenant son propre cas en exemple. “Personne n’a à décider de notre futur”, a dit le président français lors d’un échange avec ces entrepreneurs, à Lagos. “C’est à l’Afrique de décider pour l’Afrique, d’expliquer l’Afrique et de créer son propre modèle d’entrepreneuriat.” “C’est votre responsabilité” et ce succès sera bon pour l’Afrique comme pour une Europe secouée de crises politiques liées au phénomène migratoire, a ajouté le président français. “Si l’Afrique ne réussit pas, la France et l’Europe ne réussiront jamais sur le long terme”, a-t-il poursuivi. “Car l’Europe n’est pas une île et toute cette crise migratoire est due au fait que nous avons un destin commun.” L’objectif est que des entrepreneurs africains créent des entreprises de taille mondiale, ce qui contribuera à doper l’économie du continent, et la France doit les aider, a-t-il dit, rappelant l’engagement de créer un fonds d’un milliard d’euros pour contribuer au développement des PME africaines. Pour encourager ces entrepreneurs, dont un grand nombre de jeunes, Emmanuel Macron a souligné qu’il ne serait pas président s’il avait suivi les conseils de ceux qui lui disaient d’attendre avant de briguer l’Elysée. Il a juste oublié que sans la courte échelle de François Hollande ( et des financiers), il serait un total inconnu.

Migrations : et le développement en Afrique ?

Migrations : et le développement en Afrique ?

 

A  juste titre le député LR Vincent Ledoux revient  dans le Uffpost sur la question fondamentale du développement en Afrique.

«  La question migratoire interroge aujourd’hui l’Europe. Sur son mode de fonctionnement, ses valeurs fondatrices mais aussi son avenir. Sur ce sujet, comme dans d’autres domaines relevant du champ de ses compétences, ma conviction est qu’il nous faut non pas moins d’Europe mais mieux d’Europe!

Comment la France ou tout autre pays européen, pourrait-elle seule, ou à la faveur d’accords bilatéraux, résoudre la question que nous pose la démographie à l’horizon 2050 quand 650 millions d’Européens vieillissants feront face à 2,4 milliards d’Africains, jeunes, très jeunes? Comment pourrait-elle définir le meilleur point d’équilibre entre devoir d’accueil et acceptabilité des peuples, sans un minimum d’accord continental? Car la migration est une question mondiale qui doit se traiter assurément à une échelle plus élevée que le pays.

Il faut d’abord créer les conditions d’un débat intellectuellement honnête et donc d’une décision politique prise à partir d’éléments fiables. Ne rejouons pas le Brexit! La décision politique doit s’appuyer sur des études académiques, qu’il serait d’ailleurs intéressant de confier à un observatoire institutionnel européen. Car les solutions durables ne peuvent se prendre qu’à partir d’informations fiables, et ce n’est pas toujours le cas en la matière.

Ainsi, la migration des pays sous-développés vers des pays développés représente une infime proportion de l’ensemble des migrations internationales. En 2015, sur 100 migrants africains, seuls 27 se trouvaient dispersés dans toute l’Europe. Les conflits, la malnutrition et le dérèglement climatique poussent les populations à se déplacer, certes, mais ni leur condition financière ni leur condition physique ne leur permet de parcourir d’aussi longues distances. Ces migrations sont donc en très grande majorité régionales, se limitant aux pays frontaliers du pays de départ. Les migrations d’urgence restent des migrations de proximité.

Entreprendre un périple de plusieurs milliers de kilomètres demande des moyens financiers conséquents et reste donc réservé à une faible partie de ces populations, qui sont en général en bonne santé, les mieux loties dans leur pays de départ, et présentant un niveau de diplôme élevé.

S’il est d’ailleurs bon de faire appel au cœur, l’écueil dans cette affaire serait de ne nous laisser conduire que par les seuls impératifs moraux! La question des migrations porte des considérations éthiques mais pas seulement.

Un État doit se montrer hospitalier et accueillant mais doit aussi maintenir des équilibres d’acceptabilité sociale! Maîtrise et Régulation ne sont pas des gros mots dans un État de droit.

L’Europe n’est située qu’à 14 kilomètres de l’Afrique à travers le détroit de Gibraltar. La verticale Europe-Afrique est donc à structurer. Mais, pour ce faire, il faut doter l’Europe d’une compétence qu’elle n’a pas aujourd’hui. Il est facile de crier à l’impuissance de l’Europe sur les questions migratoires quand celle-ci n’est en réalité aucunement compétente. Elle est pour autant le lieu et le miroir de l’impuissance des pays membres à s’entendre sur un sujet devenu au fil du temps le thermomètre des fièvres nationalistes.

Je suis favorable à la création d’une agence européenne de la migration dotée de moyens d’action concrets et pragmatiques. Il faudra fournir un gros effort financier pour soutenir grandes et petites actions.

Ainsi, comment aider efficacement ces jeunes Français d’origine africaine, talentueux et entreprenants, qui sont nombreux à vouloir créer leur entreprise dans le pays de leurs parents? J’en ai rencontrés beaucoup, au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Mais pour passer de l’idée à l’entreprise et à la création d’emplois, il y a un fossé que la puissance publique alliée à l’initiative privée peut franchir avec le jeune.

Pour répondre à un besoin en électrification des classes d’un village dans la région de Kayes au Mali, j’ai modestement interconnecté un Rotary parisien avec des jeunes start-upers franco-maliens porteurs d’une technologie adaptée. Les diasporas africaines peuvent être aussi des leviers financiers utiles dans l’arrimage des deux continents. De même, j’ai pu observer à Dakar les efforts fructueux de l’OFII à travers un travail d’accompagnement sur-mesure des REPATS. Une initiative à modéliser au niveau européen.

La France aurait aussi tout à gagner à encourager ses petites et moyennes entreprises, ses grandes collectivités territoriales et ses universités à aller davantage sur les marchés économiques africains. Il y a du business à faire dans un rapport gagnant-gagnant. Mais il y a un travail de communication à faire tant l’imagerie africaine de l’européen reste au mieux arrêtée à l’artisanat d’art et au tam-tam, au pire à celle de l’insécurité et du retard.

La meilleure solution au défi migratoire qui se profile de part et d’autre de la Méditerranée réside dans le dialogue perpétuel, ouvert et exigeant, entre deux ensembles géographiques mieux intégrés, portant clairement la politique migratoire de ses mandants et dotés d’outils financiers et économiques dédiés.

C’est l’Europe et toutes formes d’unions panafricaines dans une relation gagnant-gagnant. C’est l’organisation d’une régionalisation de la mondialisation. Sans cela, tout le reste ne sera que bricolage et effets de manches. Sans cela la belle idée de l’Union Européenne se brisera sur l’autel des populismes »

Macron et l’Afrique : des discours mais peu d’investissements

Macron et l’Afrique : des discours mais peu d’investissements

C’est ce que constate dans le JDD Stephen Smith, professeur d’études africaines à l’université Duke (Caroline du Nord) ; Des investissements français plus faibles que ceux du Maroc, une aide en dessous  des objectifs et une influence grandissante d’autres pays en particulier de la Chine.

 

« L’Afrique, selon Emmanuel Macron, est le continent de la jeunesse mondiale. D’ores et déjà, un tiers des jeunes de la planète vit en Afrique. En 2050, quand la population africaine aura presque doublé en passant de 1,3 à 2,5 milliards, ce sera la moitié. D’où la vision d’un président de la République élu à 39 ans : « Le basculement du monde se jouera largement en Afrique où se télescopent tous les défis contemporains, le terrorisme, le changement climatique, la démographie. » Les mots-clés dans cette phrase, prononcée en novembre à Abidjan, ne sont pas forcément ceux qui font peur. Le premier d’entre eux est le défi, à la fois problème et opportunité. Les jeunes Africains – c’est presque un pléonasme quand deux tiers de la population ont moins de 30 ans – seront des bâtisseurs ou des casseurs. La question est : dans quelle proportion? Combien vont construire l’avenir chez eux, combien partiront chercher leur « part de chance » ailleurs, le plus souvent en Europe ? Au-delà de l’enjeu migratoire se pose aussi la question du développement de la partie la plus pauvre du monde, de sa capacité institutionnelle et de sa stabilité. Si le défi est relevé et si l’actuelle classe moyenne (150 à 200 millions de consommateurs) quadruple dans les trente ans à venir, il n’y aura pas que la Chine, le Brésil ou la Turquie pour se ruer vers l’Afrique. Si la France veut compter et ne pas être « ce pays postcolonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine », comme il l’a déclaré en août dans son discours devant les ambassadeurs, elle devra revenir dans la course. Or, en 2015-2016, ses investissements directs en Afrique étaient moins importants que ceux du Maroc.

Macron insiste sur la démographie, dénominateur commun de ses prises de position. En 2050, l’Afrique représentera un quart des musulmans du monde et quatre chrétiens sur dix. Dans un monde polarisé, elle sera une terre de tolérance ou bien d’affrontement. Sur une planète en péril, elle sera également en première ligne. Autour du lac Tchad ou le long de la conurbation côtière ouest-africaine en voie de regrouper 50 millions d’habitants, de Lagos à Abidjan, elle donnera sens au terme, pour l’instant vague, de « réfugié écologique ».

Voulant regarder l’Afrique « en face », Emmanuel Macron dit, au G20 d’Hambourg, en juillet ce qui devrait être banal : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider de dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. » On peut alors se demander pourquoi la France court toujours après l’objectif des 0,7% du PIB (fixé par l’ONU en… 1970) à consacrer à l’aide publique au développement. Le Royaume-Uni et l’Allemagne, eux, ont touché au but – respectivement en 2013 et en 2016. A la fin de son quinquennat, Macron veut avoir atteint 0,55%. Ce n’est pas une grande ambition, et à peine un grain de sable pour enrayer la croissance démographique en éduquant « les jeunes filles, tout particulièrement au Sahel ». Le deuxième mot clé est « contemporain ». Pour lui, l’Afrique fait pleinement partie du monde, sans restriction mentale ni circonstances atténuantes. C’est un tournant qui, s’il s’inscrit dans les faits, mettra hors jeu tous les « messieurs Afrique », les exégètes attitrés de « l’Afrique ambiguë » autant que « certains réseaux de connivence franco-­africains », comme il l’a déclaré en avril 2017 à Jeune Afrique. En attendant, il explique pourquoi Emmanuel Macron accepte de rendre « à l’Afrique » – pas forcément « en Afrique » – ses œuvres d’art emportées et, à rebours du partage du continent issu de la conférence de Berlin, à la fin du XIXe siècle, il enjambe la balkanisation linguistique. L’Afrique non francophone, du Ghana à l’Ethiopie en passant par le Liberia, l’Angola et l’Afrique du Sud, doit permettre d’arrondir la fin du « pré carré », la zone d’influence traditionnelle de la France. «

Par Stephen Smith, professeur d’études africaines à l’université Duke (Caroline du Nord), auteur de La Ruée vers l’Europe – La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent, Grasset, 2018.

 

Afrique : Bolloré s’explique ….mal

Afrique : Bolloré  s’explique ….mal

Bolloré tente de s’expliquer dans le JDD après sa mise en examen pour corruption en Afrique. Mais il s’explique mal puisqu’il nie  même  toute existence de corruption dans un continent qui pourtant souffre de cette tare majeure encouragée en plus par les entreprises étrangères comme celles de Bolloré. Chacun sait pourtant que les sommes détournées par les responsables africains et placées aux Etats Unis ou en Europe représentent à peu près l’équivalent de la dette africaine. Rares sont les anciens chefs d’Etat africain qui ne sont pas concernés par des enquêtes pour détournement de fonds publics ; Une situation que nie

 l’industriel breton qui  dénonce en premier lieu la suspicion portée sur cette « terre de non-gouvernance, voire de corruption » : « On y imagine des chefs d’États décidant seuls d’accorder des contrats mirobolants à des financiers peu scrupuleux… » Après deux jours de garde à vue, Vincent Bolloré a été mis en examen, jeudi, pour « corruption d’agent public étranger », « complicité d’abus de confiance » et « complicité de faux » dans l’enquête sur les conditions d’attributions de ses concessions portuaires en Afrique de l’Ouest. Les juges Serge Tournaire et Aude Buresi soupçonnent le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de Havas, filiale du groupe, afin de décrocher la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV. Celui qui s’apprête à passer la main à son fils Yannick à la tête du conseil de surveillance de Vivendi défend dans sa tribune au JDD les réalisations de son groupe en dépit d’un climat proche de la « chasse aux sorcières » en Afrique.

« Le développement de salles de cinéma que réalise Vivendi dans des pays qui n’en avaient plus depuis trente ans, le développement d’expériences d’électrification grâce aux technologies exceptionnelles de nos batteries, vont-ils être considérés comme des cadeaux ayant une finalité corruptrice? Toute embauche peut-elle être requalifiée comme un service rendu? » Dans sa tribune, Vincent Bolloré s’interroge surtout sur l’avenir de son groupe : « Faut-il abandonner l’Afrique? ». Vincent Bolloré dresse malgré tout le portrait élogieux d’un continent tourné vers l’avenir : « Loin des clichés d’une Afrique misérabiliste, je vois les buildings, les réseaux informatiques se créer, le souhait d’une vigoureuse jeunesse pour dessiner un futur démocratique et serein. »Un constat réel mais qui oublie l’autre coté du miroir avec la pauvreté et la maladie.

Bolloré mis en examen pour ses activités en Afrique

Bolloré mis en examen pour ses activités en Afrique

Mise en examen de celui qui se caractérise par des méthodes à la fois douteuses et brutales. Là,  il agit de corruption en Afrique qui a permis au groupe Bolloré de se développer et de faire l’essentiel de ses profits.  Le milliardaire breton et les trois autres responsables étaient auditionnés depuis mardi matin à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). La justice soupçonne des dirigeants de Bolloré d’avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors filiale du groupe, pour faciliter l’accession au pouvoir de dirigeants africains et obtenir en contrepartie des concessions portuaires. Les juges s’intéressent en particulier aux conditions de reprise par le groupe Bolloré de la concession du port de Conakry, en Guinée, et de la gestion d’un terminal de conteneurs du port de Lomé, au Togo. Bolloré ne s’est jamais embarrassé pas de procédures pour satisfaire son appétit de tout bouffer et d’imposer sa loi. La méthode : le coup de pied au cul ou la corruption.  A Canal, il a simplement viré l’émission phare les Guignols. Il avait aussi  pris la plus grosse part du capital d’Ubisoft en oubliant d’en parler à son propriétaire ; Yves Guillemot, le cofondateur de l’éditeur français de jeu vidéo Ubisoft, avait  fustigé l’attitude de son dirigeant Vincent Bolloré, dans un entretien au quotidien Les Echos.   »Nous avons le sentiment d’avoir vécu une agression. J’ai reçu un appel de Vincent Bolloré deux heures avant l’annonce de son entrée dans le capital d’Ubisoft. Il ne m’en a même pas parlé ! », a déploré l’entrepreneur.   » Prendre un pourcentage dans notre société sans discuter avec nous au préalable, ce sont des méthodes d’un autre temps. On n’entre pas dans une société en cassant la porte ! », avait-t-il encore dénoncé, fustigeant des méthodes « d’activiste ». Autre brutalité, Bolloré, le propriétaire de Canal, a considéré qu’il y a trop de dérision sur Canal et qu’il fallait supprimer «  les guignols ». Pas étonnant Bolloré n’apprécie pas la critique permanente du fric roi, de l’exploitation, de la domination, de l’aliénation par les multinationales dont il faut partie. Alors il a changé les équipes, orienté  vers des programmes lisses et nuls comme ceux de TF1. L’idéal sans doute pour Bolloré serait une chaine diffusant uniquement les pubs des multinationales  avec de temps en temps (une minute par heure) la lecture d’une dépêche officielle de l’AFP. Bref l’info comme les aiment les grands « capitaines d’industrie » : bâillonnée. En Afrique, on utilise à la fois la brutalité (voir émission Envoyé spécial) et les dessous de table dans des pays ou l’intérêt personnel se confond trop souvent avec l’intérêt collectif. La mise en examen de Bolloré n’est pas uen surprise pour ceux qui connaissent un peu l’Afrique même si n’est pas le seul à procéder ainsi. L’enquête  fait suite à une plainte déposée par un ancien collaborateur du groupe, porte sur des faits qui remontent à 2009 et 2010.

Bolloré : soupçons de corruption en Afrique ? Non !

Bolloré : soupçons de corruption en Afrique ? Non !

 

La dilection de Bolloré et le patron lui-même sont soupçonnés de corruption en Afrique en particulier en Guinée et au Togo. Il faut vraiment que les juges qui enquêtent  aient l’esprit mal placé pour imaginer des possibilités de corruption en Afrique où Bolloré réalise depuis des années l’essentiel de se bénfices. Certes les compétences techniques de Bolloré ne sont pas en cause particulièrement concernant le transport en Afrique mais il est évident que l’activité de Bolloré s’effectue dans l’environnement local où certains intérêts personnels se confondent avec l’intérêt collectif. Bref laisser entendre qu’il y a peut-être corruption en Afrique est une litote. Le groupe contrôlé par la famille Bolloré joue un rôle de premier plan en Afrique où il est présent dans 46 pays, exploite 16 terminaux à conteneurs ainsi que trois concessions ferroviaires et emploie 25.000 personnes. Le milliardaire breton est auditionné à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), a-t-on précisé de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. La justice soupçonne des dirigeants de Bolloré d’avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors une filiale du groupe, pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains afin d’obtenir en contrepartie des concessions portuaires. La justice s’intéresse en particulier aux conditions de reprise par le groupe Bolloré de la concession du port de Conakry, en Guinée, et de la gestion d’un terminal à conteneurs du port de Lomé, au Togo. Outre Vincent Bolloré, Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, et Philippe Dorent, responsable du pôle international de Havas Paris, sont également entendus, a-t-on précisé de source judiciaire.

Démographie en Afrique : l’aide au développement favorise le mouvement migratoire (Stephen Smith)

Démographie en Afrique : l’aide au développement favorise le mouvement migratoire (Stephen Smith)

Interview sur Europe  1

 

Point de vue intéressant mais qui fait l’impasse sur le développement conjoint de l’éducation et de l’économie locale, hypothèse envisageable avec la stabilité démocratique et la fin de la corruption

«  L’Europe sort à peine la tête de la crise migratoire qui l’a frappé en 2015, qu’elle pourrait très vite avoir un autre défi de taille à relever. Pour Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, l’explosion démographique du continent ne pourra pas être contenue par son développement économique, trop lent, et dans les prochaines décennies, un flux migratoire sans précédent pourrait déferler vers l’Europe. En effet, le rapport démographique entre l’Europe et l’Afrique sera dans trente ans de un à cinq, soit 450 millions d’Européens pour 2,5 milliards d’Africains. « C’est une fatalité, l’Afrique suit la courbe de toutes les autres régions. Quand je suis né [en 1956, ndlr], il y avait 180.000 habitants à Abidjan, aujourd’hui il y en a 4 millions. Il y avait 300 millions d’Africains au sud du Sahara, aujourd’hui ils sont 1,3 milliards, il y en aura 2,5 milliards en 2050″, souligne l’universitaire, invité mercredi de la matinale d’Europe 1, et qui publie chez Grasset, La Ruée vers l’Europe.

Une jeunesse qui regarde ailleurs. Stephen Smith insiste également sur la grande jeunesse du continent. « C’est une pyramide de l’âge qui fait que 40% de la population a moins de quinze ans ». Ainsi, jamais dans l’histoire les habitants d’une partie du monde n’ont été aussi jeunes que les africains sub-sahariens. Une jeunesse poussée à partir, notamment lorsqu’elle a pu avoir accès à une éducation. « La pression migratoire ne peut aller qu’en s’accroissant », explique le spécialiste, mais le phénomène des départs ne concerne « pas les gens les plus pauvres ». « Ce sont ceux qui sortent la tête de l’eau, qui ont une vue du monde, qui savent où aller, qui sont sur Facebook, qui ont un téléphone portable et les 2.000 ou 3.000 euros nécessaires pour se lancer dans le voyage », détaille-t-il. Selon une étude de 2016 réalisée par l’institut Gallup, 42% des jeunes africains (de 15 à 24 ans) et 32 % des diplômés du supérieur déclarent vouloir émigrer.  »Ils sont partis du village pour aller en ville, à la capitale, et maintenant c’est le débordement. Les gens vont partir à l’extérieur, pas forcément en Europe mais essentiellement en Europe ». De quoi constituer un véritable « défi » pour le vieux continent.

Les effets pervers de l’aide au développement ? Paradoxalement, c’est le co-développement, visant notamment à maintenir dans leur pays les populations défavorisées en leur donnant sur place accès à une éducation, qui favoriserait les phénomènes de déracinement, selon Stephen Smith. « C’est un paradoxe terrible », pointe-t-il. « Pendant trente ans le gens vont migrer, par la suite le pays va aussi atteindre un seuil où il sera plus intéressent, également pour des raisons affectives, de rentrer ou de rester chez soi, mais d’ici là il y a une période ou l’aide ou développement favorise l’immigration », estime l’enseignant.  »L’aide au développement, on l’essaye depuis près de 60 ans. Est-ce qu’il y a des succès ? Les partis du monde qui s’en sont sorties ne sont pas les parties les plus aidées », assure encore Stephen Smith qui cite en exemple l’essor économique de l’Asie. »

Investissement Afrique: la France recule

Investissement Afrique: la France recule

 

Selon  le dernier rapport publié par l’OCDE sur les apports financiers extérieurs en Afrique sur  la période 2015-2016, les investissements chinois sont exponentiels et atteignent 38,4 milliards  « Les investissements chinois en Afrique entre janvier et novembre 2016 ont augmenté de 1.400 % par rapport à 2015 », insistent les auteurs du rapport. Loin derrière, les Emirats Arabes Unis, second au palmarès, se sont contentés d’un montant de 15 milliards de dollars. L’écart entre les différentes enveloppes se réduit ensuite puisque l’Italie, dernier pays du podium, a cumulé 11,6 milliards de dollars d’investissement publics et privés entre 2015 et 2016.  L’Hexagone, qui reste un partenaire historique de l’Afrique, n’est en réalité arrivé qu’en sixième position l’année dernière, selon le document, avec 7,7 milliards de dollars investis. Aux quatrièmes et cinquièmes places apparaissent les Etats-Unis (10,4 milliards de dollars) et le Maroc (8,1 milliards de dollars), premier pays investisseur intra-africain. Les investissements chinois  se répartissent entre le pétrole, les transports, la construction et l’habillement. Mais si l’année dernière les milliards chinois à destination de l’Afrique se sont comptés par dizaine, c’est d’abord grâce à l’accord de 20 milliards de dollars signé entre l’Egypte et la China Fortune Land Development Co en octobre 2016.  Le projet : l’aménagement et la gestion de 5.700 hectares à l’Est de la ville du Caire pour abriter la nouvelle capitale administrative du pays. D’après l’OCDE, les firmes chinoises auraient créé pas moins de 38.000 emplois pour un total de 64 projets, un nombre inédit, annoncés en l’espace de dix mois à peine. Dix pays captent à eux seuls 92 % des investissements étrangers annoncés pour le continent en 2016. En premier figure l’Egypte, suivie du Maroc, de l’Angola, du Ghana, du Mozambique, de l’Ethiopie, de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de la Tanzanie et du Kenya. Au total, 495 entreprises ont investi en Afrique sur la période. D’après l’OCDE, les investissements des entreprises ont pour principale motivation « des considérations de localisation ». En effet, plus de 50 % des projets avaient pour objet l’accès aux marchés intérieurs.

 

L’Afrique du sud s’enfonce (S.P)

L’Afrique du sud s’enfonce (S&P)

 

Croissance en berne, déficit, inflation et corruption caractérise le gouvernement Zuma. Du coup,   l’agence de notation S&P Global Ratings sanctionne en  a abaissant  vendredi encore davantage la note de l’Afrique du sud en territoire spéculatif, estimant que les finances publiques s’étaient encore dégradées du fait de la faible croissance. La note est passée à « BB » après avoir déjà été abaissée à « BB+ » en avril dernier. « La faible croissance du produit intérieur brut a entrainé une nouvelle détérioration des finances publiques, allant au-delà de ce que nous prévoyions auparavant », a indiqué l’agence. « Nous pensons que le gouvernement va tenter d’introduire des mesures pour améliorer la situation budgétaire mais celles-ci pourraient ne pas être suffisantes pour stabiliser les finances publiques et pourraient affaiblir encore davantage la croissance à court terme », ajoute-t-on de même source. »A notre avis, les décisions économiques de ces dernières années se sont largement concentrées sur la redistribution plutôt que sur la croissance du revenu national. En conséquence, l’économie sud-africaine a stagné érodant la compétitivité internationale », assène encore l’agence. La perspective attribuée à la note est toutefois stable, ce qui implique que S&P Global Ratings ne devrait pas à nouveau l’abaisser prochainement. Sur fond de tensions politiques au sein du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), les piètres statistiques récurrentes de l’économie sud-africaine ont récemment fait chuter la confiance des patrons à son plus bas depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994. Le ministre des Finances Malusi Gigaba a revu à la baisse fin octobre les prévisions de croissance du produit intérieur brut pour 2017 à 0,7% contre 1,3% initialement. Il a aussi annoncé que 15% des revenus de l’Etat seraient engloutis dans le paiement de la dette. Les mauvais résultats de l’économie sud-africaine, tout juste sortie de la récession cette année, sont largement imputés au président Jacob Zuma, accusé d’enrichir une élite corrompue plutôt que de prendre le parti d’une majorité noire en difficulté. Cette nouvelle baisse de la note fait craindre un exode des investissements étrangers, des coûts d’emprunt toujours plus élevés et une hausse de l’inflation.

 

L’Afrique a toujours financé la droite (Robert Bourgi)

L’Afrique a toujours  financé la droite (Robert Bourgi)

 

D’après Robert Bourgi, la Françafrique a toujours financé la droite de l’UDR à l ‘UMP en passant le RPR.  et sans doute les Républicains aussi puisque Bourgi est cet ami généreux  a réglé la facture des costumes de Fillon. Des dizaines de millions sont passés dans des valises grâce à ses intermédiaires et par son prédécesseur Jacques Foccart. L’avocat Robert Bourgi révèle, dans une interview au JDD,  vingt-cinq ans de ces pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

 

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu… 
J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?
En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais Foccart.

C’est-à-dire?
Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd? » demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de Villepinte », c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?
En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…
Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?
Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains… 
C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, « connaissant Villepin comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! »

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…
Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…
Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?
Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?
Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. « C’est lourd », disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…
Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?
J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose. » Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

 

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…
Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas. » Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée. » Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne », me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours! » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi?
Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs. » Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé?
Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va? », avant de m’expliquer : « L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir. » Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?
Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura. » Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

 

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…
Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…
Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle. » Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé…
Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

 

Obiang-Guinée-Corruption Afrique : le culot de la justice française

Obiang -Guinée-Corruption Afrique : le culot de la justice française

 

Il faut bien convenir que la France fait preuve d’une sacrée dose de culot en voulant juger les biens mal acquis de responsables africains. Témoin évidemment le procès en cours  de l’ex-ministre de l’Agriculture et des Forêts, désormais vice-président de Guinée équatoriale mais aussi des  enquêtes  sur des biens acquis par les familles d’Ali Bongo (Gabon) et de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), qui possèdent respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe, et environ 200 comptes bancaires au total, d’après la police. Il n’est évidemment pas question de nier les détournements de fonds ou la corruption qui gangrène l’économie africaine. Un phénomène général qui concerne les responsables mais d’une façon plus globale les gouvernements et les administrations  du sommet jusqu’à la base. Cette corruption est un véritable cancer pour le développement des pays considérés. La question est de savoir pourquoi la France entend viser uniquement certains pays d’Afrique. Tout simplement parce que politiquement ces pays ne représentent pas grand-chose sur le plan géopolitique international. D’autres pays notamment les pays du golfe investissent bien davantage que des Africains dans des biens français et grâce évidemment à la rente détournée de matières premières et notamment du pétrole. C’est le cas de l’Arabie saoudite, du Qatar autres émirats dont les familles se sont appropriées les richesses des pays considérés. En la circonstance des investissements sont autrement plus importants que ceux du fils du chef d’État de Guinée équatoriale. Il s’agit non pas 25 millions mais de dizaines de  milliards. Il est clair que la France ne va pas se livrer à des enquêtes pour aller renifler l’origine de ces fonds d’autant que les montages juridiques qui permettent ces appropriations sont difficilement attaquables. D’une certaine façon,  la grande faiblesse des responsables africains qui détournent des fonds publics c’est justement leurs insuffisances en matière d’ingénierie financière pour donner une légitimité à leur corruption. Pour parler clair il tape directement dans la caisse alors qu’il conviendrait d’utiliser des méthodes frauduleuses beaucoup plus élaborées. Notons aussi que cette corruption qui accompagne d’ailleurs nombre de transactions internationales nécessitant les interventions de l’État est largement alimentée par les sociétés occidentales dont la France qui exploite les matières premières des pays visés. L’affaire Elf avait notamment démontré les sulfureux circuits financiers qui permettaient de détourner une partie des fonds au profit des responsables gabonais lesquels ensuite arrosaient les partis politiques français. De telles pratiques perdurent mais les procédures ont été sophistiquées pour être juridiquement inattaquables. Dernière preuve du culot français son incapacité à juger les détournements internes au pays. L’exemple le plus significatif étend cette affaire Tapie où la ministre des finances de l’époque Christine Lagarde a autorisé le versement indu de 400 millions dont 45 millions pour préjudice moral, un record du monde !  Or ce délit a été jugé devant une cour d’exception spécialement composée pour permettre à Christine Lagarde reconnue responsable de négligence de bénéficier d’une exemption de sanction en « raison de sa stature internationale ». D’autres collusions entre le monde politique et le monde des affaires justifierait sans doute une autre attention de la justice française. Encore une fois il ne s’agit pas de dédouaner la responsabilité de certains responsables africains dont on estime que la richesse personnelle équivaut à peu près l’endettement total de l’Afrique mais plutôt souligner  cette condescendance judiciaire française qui sait taper  sur les petits pays mais sait tout autant ignorer les délits d’autres pays ou même ceux commis à l’intérieur de ses frontières.

Des kits individuels d’énergie solaire en Afrique

Des kits individuels  d’énergie  solaire en Afrique

 

Ce sera possible avec l’offre qui sera d’abord faite en Côte d’ivoire par EDF et la start-up californienne Off Grid Electric.  Les deux entreprises ont précisé qu’elles comptaient étendre leur partenariat à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, avec pour objectif d’alimenter 3 millions de personnes en électricité à l’horizon 2020, dont 1,5 million en Côte d’Ivoire. Les kits vendus par Zeci, leur coentreprise, comprennent des panneaux solaires couplés à des batteries, mais aussi des appareils basse consommation tels que des téléviseurs, des radios ou des ampoules. Les offres de Zeci, payables par téléphone portable et qui ciblent les foyers ruraux et périurbains, proposent aux clients de payer entre 5.000 et 15.000 francs CFA par mois (entre 7,60 et 22,90 euros environ), selon les options, pour devenir propriétaires des équipements au bout de trois ans. EDF, qui n’a pas communiqué le montant de son investissement dans Zeci, estime avoir déjà alimenté plus de 500.000 personnes en électricité en Afrique depuis 2001 grâce à des systèmes solaires décentralisés. L’électricien public français souhaite désormais « passer d’une dimension artisanale à une dimension industrielle », a indiqué Valérie Levkov, responsable de la zone Afrique et Moyen Orient du groupe, lors d’une rencontre avec la presse. « La Côte d’Ivoire est la première pierre de notre édifice », a-t-elle ajouté, sans préciser quels seraient les prochains pays ciblés. La société Off Grid Electric, dont SolarCity est le premier actionnaire et qui compte aussi des fonds d’investissements d’EDF et de Total à son tour de table, est pour sa part déjà présente en Tanzanie et au Rwanda. Le développement d’EDF sur le continent africain s’inscrit dans le cadre du plan « Cap 2030″ de son PDG, Jean-Bernard Lévy, visant notamment à faire passer de 5% à 15% la part de l’activité du groupe sur des marchés en croissance. « Environ 640 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité et beaucoup ont accès à une électricité peu fiable, très chère ou intermittente, donc on a globalement un vrai marché de centaines de millions de personnes qui attendent des offres abordables, disponibles et propres », a dit Valérie Levkov. Simone Rossi, directeur exécutif d’EDF en charge de la direction internationale, a en outre indiqué que le groupe était « prêt » à participer à un appel d’offres pour des centrales nucléaires en Afrique du Sud, attendu de longue date, dont il a toutefois admis ne pas pouvoir préciser le calendrier et la taille.(Reuters)

Voile islamique intégral : interdit en Afrique ?

Voile islamique intégral : interdit en Afrique ?

Paradoxe il n’y aura peut-être que l’Europe et la France en particulier à autoriser le voile intégral. Un voile qui s’est développé comme un phénomène de mode dans certaines banlieues notamment françaises. Par un retour curieux de l’histoire c’est l’Afrique de l’Ouest qui vient de recommander l’interdiction du voile islamique intégral face à la multiplication des attaques de femmes kamikazes.  C’est une mesure sans précédent dans une région qui compte de nombreux pays à majorité musulmane. En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays pensent avoir trouvé la parade  contre les attentats suicides du groupe Boko Haram. Ils se sont mis d’accord jeudi pour interdire le voile islamique intégral. Une mesure envisagée  après plusieurs attaques commises par des femmes qui portaient des ceintures d’explosifs sous leur burqa. Les chefs d’Etat doivent « prendre des mesures » pour « interdire » « tous les vêtements qui rendent impossible l’identification d’une personne« , a déclaré le président de la Commission de la CDEAO Kadré Desiré Ouédraogo, à l’issue d’un sommet de deux jours de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest.     Le Congo-Brazzaville a été le premier pays à interdire le port du voile intégral début mai. Un mois plus tard, le Tchad décidait à son tour d’imposer cette mesure sur l’ensemble de son territoire. Le Cameroun et le Niger ont pris des mesures similaires en juillet, dans certaines de leurs régions frappées par des attaques terroristes kamikazes.

COP 21 : Hollande achète les votes de l’Afrique

COP 21 : Hollande achète les votes de l’Afrique

Pour obtenir le soutien des pays d’Afrique Hollande a sorti le carnet de chèques. Du coup la plupart des pays africains devraien t apporter leur soutien au projet final de Cop 21. Le président français a promis à l’Afrique une part importante de l’enveloppe prévue pour permettre la transition énergétique. Cette enveloppe globale devrait être de l’ordre de 100 milliards par an mais pour l’instant seulement 75 milliards ont été réunis ;  par ailleurs,  la répartition est encore assez aléatoire et fera l’objet d’äpres discussions. Hollande a promis à l’Afrique 1 milliard d’euros d’aide française jusqu’en 2020. En réalité ces crédits étaient déjà prévus mais Hollande les prolonge au-delà de son mandat actuel en hypothéquant les décisions du président qui sera élu en 2017. Les revendications de l’Afrique sont largement légitimes puisque les émissions polluantes des pays développés participent du processus de désertification de certains territoires en particulier dans la zone du Sahel. L’Afrique recevra donc   »une part très substantielle » de l’effort financier global consenti par la France pour lutter contre le réchauffement climatique, qui doit être lui-même porté de 3 à 5 milliards d’euros par an d’ici à 2020, a promis  François Hollande. L’Afrique subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique alors qu’elle n’est responsable que de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont les pays riches sont historiquement responsables. Il existe « une dette écologique que le monde doit régler à l’égard du continent africain », a estimé François Hollande. A l’unisson, les dirigeants africains ont lancé un cri d’alarme. « Il faut faire beaucoup plus », a exhorté la présidente de la commission de l’Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, alors que l’Afrique subit « une sécheresse sans précédent depuis des décennies ». A titre d’exemple, a-t-elle souligné, le lac Tchad a vu sa superficie fondre de 25.000 km2 dans les années 60 à 2.500 aujourd’hui. Plaidant pour un « accord ambitieux » à l’issue de la COP21, la présidente de l’UA a appelé à reconnaître une « responsabilité différenciée qui tienne compte des capacités de chacun », pays développés et émergents.

Afrique : la dette menace à nouveau

Afrique : la dette menace à nouveau

L’Afrique renoue avec une dette très menaçante pour son économie. Il y a 10 ans, les pays développés avaient décidé d’effacer la plus grande partie de la dette africaine, autour de 100 milliards de dollars. Or aujourd’hui l’endettement de l’Afrique retrouve son niveau de 2005, soit autour de 300 milliards de dollars. En cause notamment des taux d’intérêt très bas qui ont encouragé des pays à emprunter de manière excessive. Mais deux éléments fragilisent grandement les capacités de remboursement. Il y a d’abord la baisse des prix des matières premières qui handicape lourdement les ressources des pays producteurs. En outre les investisseurs exigent des taux de retour usuraire de leurs capitaux : de l’ordre  10 % alors qu’ils empruntent à1 ou 2 %. Des taux de rentabilité qui saignent l’Afrique. Si l’on ajoute à cela des choix d’investissement hasardeux et la corruption on aura compris que la bulle de la dette de l’Afrique risque à nouveau d’éclater sans mesure d’effacement de la part de la communauté internationale. . selon des données du cabinet de données financières Dealogic, certains états ont voulu profiter de conditions de financement favorables pour s’endetter massivement. Parmi eux, le Ghana, qui grâce au programme de 2005 a vu son ratio dette/PIB revenir de 48,6% à 26,2%, un chiffre très favorable même à l’échelle mondiale. Depuis il est remonté à 72,8%. Le Cameroun avait vu ce même ratio revenir de 40,7% à 24%, Depuis il est remonté à 36%. Et c’est l’ensemble des états africains qui se refinancent sur les marchés faisant décoller les dettes. Le continent africain a ainsi levé 36 milliards de dollars en dix ans. Mais il y a pire: non seulement les états retrouvent des niveaux d’endettement qui justifiaient aux yeux de la communauté internationale une aide substantielle, mais les conditions de financement ont empiré. Face à de très faibles taux d’intérêt sur les émissions de longue durée dans la majorité des pays développés (la France est à 0,8% sur 10 ans, et même en négatif sur 5 ans…) les investisseurs se tournent vers l’Afrique, qu’ils perçoivent comme ayant un fort potentiel de croissance, en exigeant des rendements à deux chiffres. La dernière levée de fonds ghanéenne s’est ainsi négociée à un taux sur 15 ans de… 11%.Une situation potentiellement explosive, bien plus qu’il y a dix ans, si ces pays, qui encaissent en plus le choc de la baisse des matières premières, ne peuvent assurer leurs traites.

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