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Les énergies renouvelables en 2018 : surtout l’hydraulique

Les énergies renouvelables en 2018 : surtout l’hydraulique

 

 

 

Les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité, biomasse, etc.) ont fourni 22,7% de l’électricité consommée en 2018 en France, une proportion en nette hausse sur un an (+4,1 points) grâce aux barrages qui ont bénéficié de bonnes conditions hydrologiques. Au total, la production d’électricité à partir d’énergies vertes a progressé de 21,9% l’an dernier, selon un bilan réalisé par les gestionnaires de réseaux RTE et Enedis, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l’association des distributeurs d’électricité (Adeef). Ces performances marquent un rebond alors que l’an dernier, les énergies renouvelables n’avaient couvert que 18,4% de la consommation de courant française, un chiffre en net recul par rapport à 2016, en raison de la baisse de la production hydroélectrique. Cette dernière représente en effet toujours la majorité des capacités et de la production d’électricité renouvelable dans le pays. Fin 2018, le parc des énergies renouvelables totalisait une capacité de 51.171 mégawatts (MW), quasiment en ligne avec l’objectif prévu par la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2016-2018 (51.700 MW). Ce sont des capacités totales de 2494 MW qui ont été raccordées durant l’année, soit un peu moins qu’en 2017. Elles sont toujours tirées par l’éolien (1559 MW) et le solaire (873 MW), qui ont couvert respectivement 5% et 2,1% de la consommation nationale de courant. Pour le solaire toutefois, la France n’a rempli que 84% de l’objectif fixé par la précédente PPE (programmation annuelle de l’énergie), note ce « Panorama de l’électricité renouvelable ». De son côté, la filière des bioénergies (bois, méthanisation, etc.) a gagné 74 MW en 2018. La nouvelle PPE couvrant la période 2019-2023, prévoit d’atteindre un parc installé d’énergies renouvelables électriques de 74.000 MW, dont 24.600 MW pour l’éolien terrestre et 20.600 MW pour le solaire.

 

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

L’Ademe commence à s’interroger sur la prise en compte de l’acceptation sociale des énergies renouvelables aussi sur leur rapport à l’environnement concernant le recyclage et l’impact sur la bio diversité. S’y ajoute en plus la préoccupation de privilégier les techniques présentant le meilleur rendement énergétique. Le mouvement des gilets jaunes est passé par là de même que la critique qui monte à peu près partout concernant le développement de l’éolien. Il est clair que jusque-là l’Ademe a surtout répondu aux préoccupations des écolos bobos et n’a pas suffisamment tenu compte des conséquences sociales d’une politique énergétique trop brutale notamment lorsqu’elle entraîne des hausses de fiscalité qui mettent fortement en cause le pouvoir d’achat. Commence à émerger aussi la question du recyclage de certaines énergies renouvelables comme le solaire et encore davantage l’éolien pour lequel aucune disposition n’est encore prévue notamment en termes de responsabilité puisque les exploitants se déchargent sur les propriétaires de terrains pour le démantèlement qui représente quand même de l’ordre  de 500 000 € par éolienne ! En fait il y a de fortes chances que les descendants des propriétaires de terrains renonceront à l’héritage et que c’est la collectivité qui devra en supporter le coût.  La polémique actuelle sur les éoliennes offshore en Allemagne en est un exemple. Autre impact des EnR fréquemment invoqué et sur lequel l’Ademe entend se pencher de près : celui sur la biodiversité, avec « l’apparition de nouveaux enjeux, dont le risque de conflit d’usage des sols avec l’agriculture et l’élevage, et la nécessité de revoir certaines doctrines établies par le passé. »

Les emplois de la transition énergétique sont un autre cheval de bataille pour Arnaud Leroy, qui estime que « l’on paie aujourd’hui le prix de déclarations passées sur le sujet ». En effet pour le solaire comme pour l’éolien par exemple les matériels proviennent majoritairement de l’étranger

 

Des énergies renouvelables pas tellement propres

Des énergies renouvelables pas tellement propres

Expliquent deux spécialistes de l’énergie dur France Info.

Tripler la production du parc éolien, quadrupler celle du solaire. Ce sont les objectifs du gouvernement pour baisser nos émissions de carbone.  Le problème c’est que pour l’instant la plupart de ses ressources renouvelables sont également polluantes « Toute activité est polluante, rien n’est vert », explique même Bernard Multon, spécialiste de la conversion des ressources renouvelables en électricité.

En état de marche, une éolienne ou un panneau photovoltaïque n’émettent pas de carbone, c’est certain. Ces deux solutions sont-elles pour autant« décarbonées » ? Ce n’est pas si simple. 

La ressource, le soleil et le vent, est renouvelable. Mais maintenant, il faut la transformer, et pour ça, il faut entre autres des métaux. Bernard Multon, enseignant-chercheur à l’Ecole normale supérieure de Rennes à franceinfo

Beaucoup de métaux, explique ce spécialiste de la conversion des ressources renouvelables en électricité.  »Pour une même puissance produite, il faut cinq fois plus de matériaux avec l’éolien, par rapport au nucléaire par exemple », avance Jacques Treiner, physicien et membre du Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain.

Un socle d’éolienne en béton, un mât fait de tonnes d’acier, des fils en cuivre, des panneaux solaires fabriqués à partir de silicium… Ces composants, non renouvelables, ont consommé de l’énergie pour être extraits et transformés. « Pour le silicium qu’on trouve dans les panneaux solaires, il faut couper des bouts de roche, ça coûte beaucoup d’énergie« , donne pour exemple Jacques Treiner. Les machines qui tournent pour l’extraction fonctionnent, elles, avec des combustibles fossiles.

Dès la naissance, les panneaux photovoltaïques et les éoliennes ont un lourd passif en termes de CO2.Jacques Treiner, physicien, à franceinfo

En tout, pour 1 kilowattheure produit, une éolienne émet entre 12 et 15 grammes de CO2 et un panneau photovoltaïque, 48 grammes, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (document en PDF). Ce qui place ces filières en dessous du gaz (469), du pétrole (840) et du charbon (1 001) mais au-dessus – en partie – du nucléaire (16 grammes). Les éoliennes et panneaux photovoltaïques nous viennent aujourd’hui souvent d’Asie du Sud.  »La production électrique en Chine vient majoritairement du charbon. L’éolien ne représente que 4% et le solaire, 1,5% », détaille Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil en « énergie et climat ». La fabrication se déroule donc dans un système énergétique très émetteur de gaz à effet de serre.

« A mesure que l’on introduit plus d’énergies renouvelables dans la production électrique, la pollution indirecte s’efface », affirme Cédric Philibert dans l’Obs (article payant). Cet expert de l’Agence internationale de l’énergie insiste : « Une transition [écologique, ici] est par définition… transitoire. » Les défenseurs des énergies renouvelables l’affirment : si les structures et équipements étaient produits en France, leur bilan carbone serait bien meilleur. Mais  »on en est loin », selon Jean-Marc Jancovici. Le coût serait tout d’abord supérieur, et « en France, on n’a plus de gisement de fer, pas de charbon métallurgique, pas de cuivre… » C’est la critique la plus fréquente faite aux énergies renouvelables : elles contiennent parfois des terres rares. Il s’agit d’un groupe de métaux, présents en petite quantité sur Terre. «  « Les terres rares sont si éparpillées que le processus d’extraction est très long et complexe. Il faut utiliser beaucoup d’eau, des produits chimiques, casser la roche… Ça pollue les sols », explique-t-il. Dans le documentaire La Sale Guerre des terres rares, le réalisateur Guillaume Pitron montre justement les conséquences sur l’environnement de leur extraction en Chine, entre sols souillés, air irrespirable et maladies à répétition. « En 2006, des tonnes de produits chimiques ont été déversées dans la rivière Xiang (province du Hunan) par des entreprises de production d’indium, un métal rare qui entre dans la fabrication des panneaux solaires », détaillait par exemple le journaliste auprès de 20 Minutes. Certaines éoliennes sont aussi concernées. « Celles qui utilisent des générateurs à aimant permanent contiennent du néodyme ou du dysprosium », dépeint Bernard Multon. Pour Bernard Multon, cela ne fait aucun doute : dans la fabrication, « c’est le marché qui fait foi »« Les terres rares ne coûtent pas cher. Avant, on ne les utilisait pas, on s’y est mis parce que c’est plus rentable et plus performant. » Les deux spécialistes l’affirment : dans le photovoltaïque comme dans l’éolien, les terres rares ne sont pas indispensables.  L’énergie provenant des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques ne peut suffire. Sinon, « vous ne pourriez appeler que quand il fait soleil, vous ne pourriez prendre l’ascenseur que quand il y a du vent », lance en riant Jean-Marc Jancovici. Ces énergies renouvelables sont en effet intermittentes : leur production d’énergie dépend de la météo. Et  »le soleil brille quand il en a envie. Le vent souffle quand il en a envie. Pas forcément quand on en a besoin », décrit Jacques Treiner, qui parle de  »fluctuations importantes ». Les énergies renouvelables ne fournissent donc pas une puissance garantie, mais plus aléatoire. Ainsi, en décembre 2016, le Danemark avait réussi à assurer 100% de sa consommation électrique grâce à son parc éolien… pendant une seule nuit. Pour compléter, « pour pallier leur manque, il faut un plan complémentaire : du fossile ou du nucléaire », explique le physicien.  Jean-Marc Jancovici cite l’exemple de l’Allemagne :  »Le pays a installé 100 gigawatts de renouvelable. Mais en parallèle, il a dû garder la même puissance de sources pilotables : centrales à charbon et à gaz, barrages, nucléaire. »

Un panneau photovoltaïque ou une éolienne sont donnés pour 20 à 30 ans. A côté de ça, un barrage dure un siècle, une centrale à charbon 40 ans. Le rythme de renouvellement des équipements n’est pas le même.Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil en énergie-climat à franceinfo

Mais le recyclage serait tout à fait possible.  »On ne veut pas recycler car c’est trop cher. Nous sommes dans une logique de course au moindre coût. Et ça coûte moins cher d’aller à la mine que de recycler », déplore Guillaume Pitron. D’après les spécialistes interrogés, nous savons à l’heure actuelle recycler la plupart des composants des deux filières. Mais ce n’est pas rentable. « Voilà les règles du jeu, la loi du marché. Mais il faut recycler ! », défend-il. Bon signe : une première  »unité de recyclage de panneaux photovoltaïques » a ouvert en France, à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, comme le rapporte le journal Les Echos.

 

 

 

Energies renouvelables : l’intox permanente

Energies renouvelables : l’intox permanente

Il est clair qu’il conviendra d’orienter progressivement l’électricité d’origine nucléaire actuel vers d’autres sources notamment vers des énergies renouvelables. Cependant le débat est largement obscurci par le poids des lobbys. D’un côté le lobby du nucléaire actuel et de l’autre les intérêts financiers de groupe dit écolo qui profite de la manne des subventions. Un véritable business avec y compris des sociétés très douteuses voire la mafia. Pas étonnant compte tenu du rachat de l’électricité par exemple des éoliennes au double du prix du marché ; la rentabilité peut atteindre 50 % pour les promoteurs. Malheureusement le rendement énergétique de ces éoliennes est dérisoire et d’un point de vue énergétique et financier cela constitue une véritable escroquerie. Sans parler des atteintes au patrimoine sacrifié pour rien. Une récent étude démontrerait que la production électrique
du renouvelable pourrait atteindre 51 % en 2030. À peu près les mêmes balivernes que celles de Ségolène Royal qui s’était déjà complètement plantée en affirmant que la part du nucléaire serait réduite à 50 % en 2030. Même Hulot a été contraint de reconnaître qu’il s’agissait d’un objectif complètement impossible à atteindre et a repoussé l’échéance en 2050. . En réalité beaucoup plus tard car la modernisation contrainte du parc nucléaire va prolonger la plupart des centrales de 20 ou 30 ans, en gros en moyenne qu’en 2060. Cela pour amortir les 200 milliards consentis pour les différentes mesures de sécurité dont le grand carénage, le démontage des plus vieilles centrales et la gestion des déchets En France, ces nouvelles énergies vertes, hors hydroélectricité, représente environ 10% (31% avec l’hydroélectricité) de l’électricité consommée. Mais une étude commanditée par Energy Union Choices et la Fondation européenne pour le climat en partenariat avec le Cambridge Institute for Sustainable Leadership montre qu’il serait possible d’accélérer fortement le déploiement des énergies renouvelables solaires et éoliennes en visant 90 GW (gigawatt) en 2030. Selon cette même étude, il serait possible de réduire ses capacités nucléaires d’environ un tiers (-20 GW), sans renoncer à fermer ses centrales à charbon. La part des énergies renouvelables dans la production électrique française pourrait ainsi atteindre 51 % en 2030, à comparer avec un objectif actuel de 32%, récemment révisé à 31%. Hormis les spécialistes, personne ne comprend rien car la batille des lobbies fausse toute approche pertinente. Il faudrait en effet expliquer comment on peut passer de 10 à 30% en dix ans pour les renouvelables (hors hydroélectrique). Dommage car une approche réaliste des potentialités des différentes sources permettrait une conversion réelle, pertinente et économiquement raisonnable.

32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030 ?

32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030 ?

Un accord fixant à 32% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici à 2030, avec un objectif d’élimination progressive de biocarburants comme l’huile de palme en Europe.

Les biocarburants dits de première génération, qui reposent sur les cultures vivrières, « ne doivent en aucun cas dépasser 7% de la consommation finale du transport routier et ferroviaire », a précisé le Parlement européen dans un communiqué. Dans cette catégorie de biocarburants, certains comme l’huile de palme « seront progressivement éliminés », prévoit l’accord, en raison notamment de la déforestation provoquée par sa production. « Nous avons découragé les investissements dans la nouvelle production de biocarburants à base de cultures vivrières et nous avons fait pression pour le développement et l’utilisation de biocarburants avancés », s’est réjoui jeudi le rapporteur du texte pour le Parlement, le socialiste José Blanco Lopez. L’eurodéputée française Karima Delli (Verts) a souligné que l’accord avec les Etats membres prévoyait une sortie progressive des agrocarburants de première génération « seulement d’ici 2030″, alors que le Parlement avait demandé « une sortie de l’huile de palme dans les transports à partir de 2021″.

« Malheureusement, derrière la promesse d’énergies renouvelables (…) plane encore trop souvent la menace d’énergies sales et voire encore plus polluantes que le diesel fossile », a-t-elle estimé, faisant allusion aux agrocarburants issus d’huile de palme, de soja ou de colza. Elle a appelé la France à « prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour stopper les importations d’huile de palme et encourager au maximum les agrocarburants issus de déchets et du recyclage ».

 

France : 100% de renouvelables en 2050 ?

France : 100% de renouvelables en 2050 ?

 

Mark Jacobson,  ingénieur de l’université californienne de Stanford défend dans Sciences et avenir  l’idée d’une énergie 100% renouvelable y compris en France. Mark Jacobson  est le développeur en 1994 du premier modèle informatique traitant des relations entre le climat et la pollution de l’air par les gaz et les particules générés par l’activité humaine.

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« La France a les ressources pour atteindre les 100% renouvelables selon Stanford. L’Ademe avait déjà sorti une étude prospective positive pour 2050 mais il ne s’agissait que du secteur électrique. Le travail américain est donc beaucoup plus ambitieux. Le mix énergétique serait ainsi composé de 55% d’éolien offshore et terrestre, d’un peu plus de 35% de solaire sous toutes ses formes (y compris les centrales solaires à concentration), de 5,9% d’hydroélectricité et d’un complément en énergie marine. L’absence de géothermie parait sévère, cette part pouvant être importante s’il y a une volonté politique de l’augmenter. De même, la part des énergies marines parait modeste. La consommation totale d’énergie serait inférieure de 36% à celle d’aujourd’hui du fait de l’absence de conversion. Les panneaux solaires occuperont 0,3% du territoire et les éoliennes 2,43%. Ces estimations corroborent celles de l’Ademe. Cette transition créera près de 700 000 emplois en 40 ans. Le pays économisera 200 milliards d’euros en frais de santé provoqués par la pollution de l’air avec près de 20000 morts évités chaque année. Quant au prix du kilowatt/heure, il sera à peine plus élevé (10,1 centimes) que si aucune transition n’a lieu (9,7 centimes). Là encore, le calcul est similaire à celui de l’Ademe. Un tel scénario 100% énergies renouvelables parait donc réaliste. Il dépend cependant d’un paramètre que les chercheurs de Stanford ne maîtrisent pas: la volonté politique. Or, aujourd’hui, une large partie du spectre politique français croit dans l’avenir de l’énergie nucléaire. La décision de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim est vraisemblablement le début d’un long et douloureux débat sur le choix à opérer entre ces deux sources énergétiques, les énergies fossiles étant de toute façon condamnées par la lutte contre le réchauffement climatique. »

 

Mark Jacobson détaille ses travaux (en anglais)

 

Énergies renouvelables : inefficaces et coûteuses (Cour des comptes)

Énergies renouvelables : inefficaces et coûteuses (Cour des comptes)

La cour des comptes porte un regard très critique sur les énergies renouvelables concernant leur efficacité et leurs couts.  De 9,2% en 2005, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français est passée à 15,7% en 2016. Mais  23% prévus pour 2020 ne seront pas atteints, et il faudrait un sérieux coup d’accélérateur pour respecter les 32% en 2030.

Pourtant le pays a trop et mal dépensé.  Selon la Cour des comptes. Depuis l’instauration des tarifs d’obligation d’achat en 2005, ce sont 5,3 milliards d’euros qui ont été dépensés en 2016, un montant qui passera à 7,5 milliards en 2023 si rien ne change. L’essentiel des dépenses aujourd’hui engagées l’a été avant 2011, date du moratoire imposé aux tarifs de rachat dans le solaire. Depuis, les appels d’offres remplacent peu à peu les tarifs d’achat, et les prix se rapprochent petit à petit des prix de marché.  En plus de résultats globalement insatisfaisants en termes de volumes installés, ces dépenses ont été faites de façon très déséquilibrée. Ainsi, alors qu’elles représentent 60% de la production française, les EnR thermiques n’ont bénéficié que d’un dixième des subventions distribuées, quand l’électricité en mobilisait les neuf-dixièmes. À lui seul, le solaire photovoltaïque devrait absorber 2 milliards d’euros par an d’ici à 2030, alors qu’il ne représente que 0,7% du mix énergétique français. La Cour déplore en outre qu’en dépit des sommes englouties par les énergies vertes, la France ne soit parvenue à faire naître aucun grand champion national dans aucune des technologies explorées. L’éolien offshore est l’archétype de ces dysfonctionnements. Aux tarifs accordés en 2012 et 2014, les six parcs d’ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d’euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique. Alors que les parcs ne verront pas le jour avant 2020 ou 2021, ces tarifs (de 190 euros/MWh en moyenne) apparaissent aujourd’hui exorbitants au regard des prix proposés ces derniers mois par les développeurs de nouveaux projets en mer du Nord. Une partie du surcoût est liée aux exigences des pouvoirs publics en termes de création d’emplois et de valeur sur le sol français. Las ! Depuis, les deux principaux fabricants d’éoliennes ont soit, pour Alstom, été racheté par un groupe étranger (GE, qui en l’espèce honore pour l’heure les engagements pris à l’époque par le français) soit, pour Areva, disparu totalement de cette industrie après son absorption par Gamesa ensuite marié à Siemens. Tout en reconnaissant la nécessité de soutenir les énergies renouvelables, d’autant plus en période baissière sur le pétrole et les énergies fossiles, et en saluant la réforme de la contribution au service public de l’électricité (CSPE) et la création du CAS (compte d’affectation spécial), la Cour des comptes suggère plus de transparence et de coordination sur l’élaboration de la politique énergétique française et de son coût, et notamment d’y associer le Parlement. Il recommande également que soient publiés les coûts et des prix de production de toutes les composantes du mix énergétique ainsi que leur évolution, et insiste pour que les décisions prises soient cohérentes, estimant au passage que tel n’était pas le cas de la baisse du nucléaire à 50% du mix énergétique en 2025.

 

 

Climat : six fois plus vite pour les énergies renouvelables ?

Climat : six fois plus vite pour les énergies renouvelables ?

65% d’énergies renouvelables en 2050 ce devrait être l’objectif pour faire baisser le température de 2 degré, affirme l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena, pour International Renewable Energy Agency) dans son rapport « Global Energy Transformation : a Roadmap to 2050 », Or la part des énergies renouvelables est de 18% ( 2015) dans le monde et il n’en est prévu que 25% en 2050. On voit que le défi est immense voire impossible à réaliser. Pour espérer contenir la hausse des températures sous la barre des 2°C, il faut multiplier ce rythme de développement des renouvelables par six, à la fois directement et via l’électrification des transports et de la chaleur. Solaire thermique, géothermie, bioénergie et carburants alternatifs seront également nécessaires. La réduction de la température sera difficile à réaliser sans le nucléaire notamment en France., la France produit une électricité décarbonnée à près de 95 % en 2014, avec 77 % de nucléaire, 12,6 % d’hydraulique, 3,1 % d’éolien et 1,1 % de photovoltaïque. C’est la raison principale de l’écart considérable des émissions de CO2 dues à l’énergie avec l’Allemagne : 5,52 tonnes par habitant et par an en France, 9,32 en Allemagne, selon des chiffres de 2012 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). D’où proviennent ces émissions ? En 2013, l’Allemagne a importé 76 milliards de mètres cube de gaz, 93 millions de tonnes de pétrole et brûlé 241 millions de tonnes de charbon dont 191 millions produites dans le pays. La même année, la France a importé 43 milliards de mètres cube de gaz, 57 millions de tonnes de pétrole et 19 millions de tonnes de charbon. Hors effet démographie, la différence entre les deux pays tient surtout au charbon et au gaz utilisés pour générer de l’électricité. Pour l’ensemble du monde, L’AIE estime nécessaire de passer d’un  investissement total de 93.000 milliards de dollars prévu aujourd’hui à 120.000 milliards de dollars, dont 18.000 milliards de dollars investis dans les réseaux et les outils de flexibilité. Ainsi, le surcoût annuel représenterait en 2050 quelque 1.700 milliards de dollars. Au-delà des investissements, cette stratégie impliquerait aussi de nouvelles approches en termes de planification, d’organisation des marchés de l’électricité, de régulation et de politiques publiques, mais aussi dans l’invention de nouveaux modèles économiques, où l’innovation est tout aussi nécessaire que dans la technologie. A noter que la m^me  Agence internationale de l’énergie (AIE), tablent sur une hausse de la demande de pétrole qui pourrait passer de 93,9millions de barils par jour (mbj) en 2016 à… 104,9 mbj en 2040 !

Énergies renouvelables : pour un vrai débat scientifique (Stefan Ambec et Claude Crampes)

Énergies renouvelables : pour un vrai débat scientifique (Stefan Ambec et Claude Crampes)

Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics réclame dans la Tribune  un vrai débat scientifique sur les énergies renouvelables qui soit à l’abri des lobbys qui faussent l’analyse et les perspectives.

 

 

« Est-il possible de produire notre électricité exclusivement à partir d’énergies renouvelables ? Cette question fait l’objet de débats plus ou moins policés dans la plupart des pays mais, aux Etats-Unis, elle peut conduire devant les tribunaux. Si c’est ainsi que doivent se conclure les controverses scientifiques dans l’avenir, les cabinets de juristes ont de beaux jours devant eux. Soit un groupe de scientifiques menés par Mark Jacobson, Professeur de sciences de l’ingénieur à l’Université de Stanford, qui considèrent que la production d’une électricité 100% verte est possible techniquement, économiquement viable et socialement désirable à l’horizon 2050. Dans un rapport de l’Académie des Sciences américaine[1], les auteurs imaginent un monde où l’énergie que nous consommons pour ses différents usages (chauffage et transport compris) serait exclusivement de l’électricité produite à partir du vent, de l’eau et du soleil et acheminée par le réseau. Ils se basent sur des données et des estimations de coûts et de disponibilité des trois sources d’énergies primaires dans la partie continentale des Etats-Unis. Aux objections habituelles présentées à l’encontre de l’électricité (non-stockable à grande échelle à un coût raisonnable) et des énergies renouvelables (cyclicité et incertitude), les auteurs répondent en termes de stockage par résilience thermique des matériaux (chauffage et refroidissement), de pompage hydraulique et de transformation en hydrogène. Ils obtiennent ainsi un mix énergétique sans gaz naturel, ni pétrole, ni nucléaire, ni biocarburant, ni batteries. En complétant leur scénario par un comportement vertueux des consommateurs en matière environnementale, ils concluent que leur solution présente des coûts économiques plus que compensés par les gains liés à la réduction de la pollution atmosphérique. Soit maintenant un second groupe de scientifiques, conduits par Christopher Clack de l’Université du Colorado, qui pensent que l’étude de l’équipe Jacobson contient de grossières erreurs de modélisation et d’estimation. Ce second groupe publie dans le même support, un rapport[2] concluant que l’étude sur la performance et le coût d’un système de pénétration à 100% du vent, de l’eau et du soleil pour répondre à l’ensemble des besoins énergétiques n’est pas soutenue par une analyse réaliste et ne fournit pas un guide fiable pour savoir si une telle transition est réalisable ni à quel coût. La suite aurait pu être constituée d’échanges d’arguments, voire d’invectives, dans des revues scientifiques et lors de colloques. Mais Jacobson (sans ses co-auteurs) a préféré porter plainte contre l’Académie des Sciences américaine et contre Clack (mais pas ses coauteurs), demandant 10 millions de dollars en compensation du préjudice subi.[3] Il faut dire que Jacobson est devenu une vedette des medias et qu’il est soutenu par des personnalités politiques et du monde du spectacle, dont Leonardo DiCaprio. [4] La crédibilité de son rapport n’est donc pas seulement un problème de rigueur scientifique. Elle engage aussi en partie une mouvance (et une industrie) pro énergies vertes. Les enjeux financiers sont tels qu’il n’a pas été difficile de trouver des avocats pour lancer la procédure. La suite s’est donc en partie jouée devant les tribunaux. C’est un précédent qui pourrait impacter la manière dont se conduit une recherche scientifique.[5] Pour ce qui est des gains, comme dans la fable, il y a fort à parier que l’huitre n’aurait été gobée par aucun des deux plaideurs. En fait, on apprenait le 22 février 2018 que, suite à une audience tenue à Washington, Jacobson avait retiré sa plainte en diffamation,[6] considérant que le débat public qui en avait découlé lui donnait satisfaction. La raison est aussi, comme il le reconnaît, que les procédures judiciaires bien plus longues et plus coûteuses que les débats académiques risquaient de le marginaliser jusque dans son institution.

Conclusion

Si l’on se concentre sur le fond, quelles leçons tirer de cette polémique sur le 100% d’énergie éolienne, solaire et hydraulique ?

Un premier enseignement est le rappel des coûts spatiaux des énergies naturelles. Les énergies éolienne et solaire ont une densité d’énergie au mètre carré relativement faible. La meilleure estimation actuelle pour l’utilisation des terres par les parcs éoliens on-shore est de 0,33 km2/MW, en incluant l’espacement. D’après Clack, le projet de Jacobson se traduit par un demi-million de kilomètres carrés, soit plus du double de la superficie totale de toutes les zones urbaines aux États-Unis. Il faut y ajouter 100.000 kilomètres carrés de terres pour les centrales solaires photovoltaïques et les centrales solaires à concentration, une superficie équivalente à celle du Kentucky. Pour arriver à la cible de 2050, chaque jour plus de 60 km2 de nouvelles terres devraient être affectés aux installations de production d’énergie. C’est techniquement possible (une grande partie du terrain occupé par les éoliennes peut rester à usage agricole), mais le coût est gigantesque. Plus généralement, on peut reprocher au travail de l’équipe Jacobson d’extrapoler à l’échelle d’un continent les résultats obtenus dans quelques installations de petite taille avec des technologies relativement immatures.

Le  stockage

En deuxième lieu, l’affaire nous rappelle que les technologies de stockage de l’énergie sont aussi importantes que la production des énergies éoliennes ou solaires. En effet, la production d’énergie 100% renouvelable est tributaire des conditions météorologiques. On aura beau multiplier les capacités de production, investir massivement dans les éoliennes et les panneaux solaires, sans une adaptation en temps réel de la consommation, il restera un déficit d’énergie solaire (bien sûr après le coucher du soleil mais aussi par temps couvert), et d’énergie éolienne par temps calme ou très perturbé. A titre d’exemple, le parc éolien français d’une capacité de 13.541 MW n’a produit que 671 MW le 19 février dernier à 11h30, soit moins de 5% de la capacité installée.[7] La consommation était alors de 76.780 MW et donc le vent a fourni moins de 1% de la demande alors que les éoliennes constituent environ 11% de la capacité de production d’électricité. Si on enlève les 14.256 MW d’énergie hydraulique et les 2.347 MW d’énergie solaire produite à ce moment, il reste 63.130 MW à trouver soit 100 fois plus d’énergie éolienne ! Une autre solution est évidemment de puiser dans des réserves d’électricité accumulées à des périodes où la production d’origine renouvelable est excédentaire.

Ce constat plaide pour une réorientation des aides publiques des énergies éoliennes et solaires vers les technologies de stockage de l’énergie. Si les pouvoirs publics veulent de l’électricité exclusivement verte, ils doivent encourager l’innovation et l’investissement dans des équipements de stockage afin d’accompagner la montée en puissance des énergies intermittentes. Les tarifs d’achats subventionnés des énergies éolienne et solaire ont largement contribué à faire baisser les coûts de production des éoliennes et des panneaux solaires, à améliorer leur productivité, et ainsi à accroître la capacité installée. Une évolution similaire est souhaitable pour le stockage de l’énergie.

La réduction des émissions de CO2

La troisième leçon est que l’objectif des 100% d’énergies renouvelables, bien que très accrocheur et particulièrement médiatique, est trompeur. Il suggère que les énergies vertes sont une nécessité sui generis en raison de la rareté des énergies fossiles qui sont, par nature, non-renouvelables et qu’il faudra donc remplacer. En réalité, il apparaît maintenant clairement que nous ne pourrons pas extraire tout le charbon présent dans le sol sans fortement perturber le climat et mettre en péril l’espèce humaine. La contrainte porte en fait sur le stock de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et non sur le stock limité d’énergies fossiles. L’objectif devrait être exprimé en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre plutôt que de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. On ne devrait pas contraindre le choix de technologies aux seules ressources renouvelables mais plutôt utiliser toutes les ressources disponibles pour réduire les émissions à moindre coût. Pourquoi s’interdire d’utiliser des ressources naturelles épuisables pour produire ou stocker l’électricité si le bilan économique et environnemental est meilleur? Idéalement, on devrait prendre en compte tous les coûts environnementaux des différents modes de production d’électricité y compris la pollution atmosphérique (particules fines, oxyde d’azote, dioxyde de soufre), la production de déchets (notamment nucléaire) et le risque de radiation. La constitution du mix énergétique décarboné, stockage compris, devrait être le résultat d’un calcul d’optimisation basé sur le coût des ressources et des émissions polluantes et non sur un a priori technologique. L’abandon de la plainte par Jacobson est une bonne nouvelle pour la recherche. A une époque reculée, c’est l’Inquisition qui aurait tranché la question et, plus récemment, l’affaire aurait pu se conclure par un duel. Le passage devant un juge non ecclésiastique est une forme douce de règlement des conflits. Mais le débat académique reste une meilleure solution. »

[1] http://www.pnas.org/content/112/49/15060

[2] http://www.pnas.org/content/114/26/6722

[3] http://www.sciencemag.org/news/2017/11/10-million-lawsuit-over-disputed-energy-study-sparks-twitter-war

[4] https://cee.stanford.edu/news/what-do-mark-z-jacobson-leonardo-dicaprio-and-united-nations-have-common

[5] Voir cet article du Washington Post : https://www.washingtonpost.com/news/volokh-conspiracy/wp/2017/11/03/when-scientists-sue-scientists/?utm_term=.7343c1d2d8ac

[6] http://web.stanford.edu/group/efmh/jacobson/Articles/I/CombiningRenew/18-02-FAQs.pdf

[7] Source : http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/chiffres-cles#chcleparc

Renouvelables : objectif de 30% pour l’UE d’ici 2030

Renouvelables  : objectif de 30% pour l’UE d’ici 2030

Un objectif qui évidemment correspond à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique mais plus généralement pour limiter la pollution et le gaspillage des ressources naturelles. Un objectif cependant très flou qui ne fait pas de distinction entre les énergies réellement productives et les autres et qui ne tient pas compte des grandes diversités énergétiques en Europe. En 2015, la production primaire d’énergie renouvelable dans l’UE-28 s’élevait à 205 millions de tonnes-équivalent pétrole (tep), soit 26,7 % de la production d’énergie primaire totale, toutes sources confondues. La production d’énergie renouvelable dans l’UE-28 a progressé au total de 71 % entre 2005 et 2015, ce qui équivaut à une augmentation moyenne de 5,5 % par an. La progression rapide observée dans la production primaire d’énergie renouvelable pourrait être opposée à la situation que connaît la production primaire, toutes sources confondues, dans la mesure où la production totale a chuté de 15,2 % (soit une moyenne de 1,6 % par an), ce qui souligne l’importance croissante des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l’UE. Les biocarburants et les déchets renouvelables constituaient en 2015 les sources d’énergie renouvelables les plus importantes de l’UE-28 et représentaient un peu moins des deux tiers (63,5 %) de la production primaire d’énergie renouvelable (voir le tableau 1). En deuxième position, l’énergie hydraulique jouait également un rôle important dans le bouquet des énergies renouvelables (14,3 % du total), suivie par l’énergie éolienne (12,7 %). Bien que leur production soit restée à un niveau relativement bas, les énergies éolienne et solaire ont connu une expansion particulièrement rapide, représentant 6,4 % du total de l’énergie renouvelable produite dans l’UE-28 en 2015 contre 3,2 % du total pour l’énergie géothermique. La production d’énergie hydrocinétique, houlomotrice et marémotrice, qu’on retrouve principalement en France et au Royaume-Uni, est actuellement très limitée. L’Allemagne a été le plus grand producteur d’énergie renouvelable de l’UE-28 en 2015, avec 19 % du total. L’Italie (11,5 %) et la France (10,4 %) étaient les seuls autres États membres de l’UE à enregistrer des pourcentages à deux chiffres, suivis de la Suède (9 %) et de l’Espagne (8,2 %). Entre 2005 et 2015, la production d’énergie renouvelable à Malte a progressé en moyenne de 40,3 % par an, bien que le niveau absolu de production soit resté, de loin, le plus faible de l’UE-28. Au cours de cette même période, des augmentations annuelles moyennes supérieures à 10 % ont été également enregistrées en Belgique et au Royaume-Uni (13 % par an pour les deux pays) ainsi qu’en Hongrie (10,5 %; il convient de noter que les données pour la Hongrie ont fait l’objet d’une profonde révision) et en Irlande (10,4 %); une progression relativement rapide de la production primaire d’énergie renouvelable a été également enregistrée en Bosnie-Herzégovine (14,1 % par an au cours de la période 2005-2014). Le taux de variation pour la production primaire d’énergie renouvelable dans les autres États membres de l’UE et dans les pays tiers était inférieur à 10 % par an, une progression relativement lente ayant été observée dans la production des énergies renouvelables — atteignant une moyenne de moins de 3 % par an — en Croatie, en Lettonie, en Autriche, en Roumanie, en Slovénie, en Finlande et en Suède, ainsi qu’en Albanie, au Monténégro, dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine, en Norvège et en Serbie. Les différences considérables constatées entre les États membres de l’UE dans le bouquet des énergies renouvelables s’expliquent dans une large mesure par leurs dotations en ressources naturelles et les conditions climatiques existantes.  En 2015, les sources d’énergie renouvelables représentaient 13 % de la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE-28 (voir le tableau 2). L’importance des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute était relativement élevée au Danemark (28,4 %), en Autriche (29 %) et en Finlande (31,6 %). Leur part a dépassé un tiers de la consommation intérieure en Lettonie (35,1 %) et en Suède (42,2 %), tout comme en Albanie (34,3 %), en Norvège (44,7 %) et en Islande (84,9 %). L’Union européenne visait jusque là à  porter la part d’énergie produite à partir de sources renouvelables à 20 % de sa consommation finale brute d’énergie à l’horizon 2020.   Les ministres de l‘Environnement et de l‘Energie de l‘Union européenne (UE) se sont fixé lundi pour objectif de parvenir à au moins 27% d’énergie renouvelable en 2030, avant d‘entamer l‘année prochaine des négociations avec le Parlement européen qui voudrait placer la barre plus haut. Le Parlement européen a de son côté défendu en octobre un objectif de 35% en 2030.

Energies renouvelables: la France en retard .

Energies renouvelables: la France en retard

Alors que les énergies renouvelables se développent partout, la France écrasée par sa logique de centrales nucléaires affiche une très forte baisse: -63% en 2015. Paradoxe la responsabilité en incomberait « l’attente du secteur de la loi de transition énergétique » qui a été promulguée en août. C’est pourtant un nouveau record mondial. En 2015, près de 286 milliards de dollars dans le monde ont investi dans les énergies renouvelables selon le rapport du programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) publié jeudi. Près de 286 milliards de dollars qui ont ainsi été utilisés pour de nouvelles installations, de nouvelles technologies mais aussi pour la recherche et le développement. Mais ce montant record cache aussi un retournement de situation: pour la première fois, les investissements ont été plus élevés du côté des pays en développement que du côté des pays développés. Les pays en développement ont en effet investi 156 milliards de dollars, en hausse de 19% par rapport à 2014, quand les investissements ont chuté de 8% dans les pays développés pour s’établir à 130 milliards de dollars: leur plus bas niveau depuis 2009. Loin devant tous les autres pays se trouve d’ailleurs… la Chine. En 2015, le pays a investi 102,9 milliards de dollars dans les énergies renouvelables: c’est plus du tiers de l’ensemble des investissements dans le monde! Surtout, les investissements en Chine ont progressé de manière spectaculaire ces dix dernières années: ils n’étaient que de 3 milliards en 2004. Si les financements chinois sont particulièrement élevés dans le secteur de l’éolien terrestre, 2015 a aussi été une année importante pour l’éolien en mer avec neuf projets financés. Mais la tendance à la hausse dans les pays en développement n’est pas du seul fait de la Chine. Avec 10,2 milliards de dollars d’investissements en 2015, l’Inde enregistre une hausse de 22% et se classe au 5e rang mondial. Et si le Brésil affiche une baisse de 10% de ses investissements, il occupe tout de même la 7e place du classement mondial, avec 7,1 milliards de dollars. Surtout, même en retirant la Chine, l’Inde et le Brésil, les pays en développement ont vu leurs investissements progresser de 30% l’an dernier. L’Afrique du Sud a réintégré le top-10 mondial et le Chili y a fait son apparition. Du côté des pays développés, la situation est plus contrastée. Si les Etats-Unis et le Japon prennent la 2e et la 3e place du classement mondial, avec des investissements en progression pour l’un, stables pour l’autre, l’Europe affiche de son côté une baisse de 21%, avec 48 milliards de dollars investis. Près de la moitié des investissements européens venaient d’ailleurs d’un seul pays: le Royaume-Uni qui a fortement investi dans l’éolien offshore. L’Allemagne, 2e pays européen pour les investissements dans les énergies renouvelables, enregistre pour sa part une chute de 46% avec notamment une forte réduction dans l’éolien terrestre.

Doubler la part des énergies renouvelables pour faire 4000 milliards d’économies

Doubler la part des énergies renouvelables pour faire 4000 milliards d’économies

 

Doubler la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial permettrait de faire de gigantesques économies tout en soignant la planète. Ainsi, faire passer la part des énergies renouvelables de 18% à 36% d’ici 2030, permettrait d’économiser jusqu’à 4.200 milliards de dollars (3.742 milliards d’euros) par an, affirme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Les sources d’énergie renouvelable telles que l’éolien et le solaire représentaient environ 18% de l’énergie consommée dans le monde en 2014. Les politiques actuellement mises en place au niveau national devraient permettre d’atteindre 21% en 2030. D’après l’étude de l’Irena, organisation intergouvernementale, le coût du doublement de la part des énergies renouvelables d’ici 2030 serait de 290 milliards de dollars par an mais le montant des économies annuelles générées en réduisant l’impact de la pollution sur la santé humaine et sur l’agriculture s’élèverait entre 1.200 milliards et 4.200 milliards de dollars par an. «Parvenir à un doublement est non seulement faisable, c’est moins cher que de ne pas le faire», déclare le directeur général de l’Irena, Adnan Amin, dans un communiqué. «Cela créerait plus d’emplois, épargnerait des millions de vies en réduisant la pollution de l’air et ouvrirait la voie à une limitation de la hausse de la température mondiale à 2 degrés comme convenu à Paris», ajoute-t-il. De fait, outre les importantes économies ainsi réalisées, doubler la part actuelle des énergies renouvelables contribuerait à limiter la hausse de la température moyenne mondiale à moins de 2° Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, conformément à l’accord international conclu en décembre lors de la conférence de Paris sur le climat, la COP21. Et le monde est sur la bonne voie pour atteindre cet objectif. De fait, selon une étude de l’Agence Internationale de l’Energie (AEI) publié mercredi, les émissions mondiales de gaz carbonique en provenance du secteur de l’énergie ont stagné l’an passé. Pourtant, la croissance mondiale était positive (+3,1%). Ainsi, pour la deuxième année consécutive, croissance et émissions de CO2 n’évoluent pas dans le même sens. Une décorrelation due au développement des énergies renouvelables. L’électricité produite par les énergies renouvelables a en effet représenté environ 90% de la nouvelle génération d’électricité en 2015, ajoute l’agence. «C’est une bonne nouvelle», se réjouit Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie. «Ce constat dévoilé seulement quelques mois après l’accord historique de la COP21 à Paris, est encore un autre coup de pouce à la lutte mondiale contre le changement climatique», a-t-il ajouté.

 

(AFP)

Énergies renouvelables: la France en retard

Énergies renouvelables la France en retard

 

C’est le paradoxe de la France qui organise la COP 21 et qui milite en faveur de la transition énergétique pour mieux maîtriser le réchauffement climatique. A deux mois de la COP 21, la France est nettement à la traîne avec une part d’énergies renouvelables atteignant à peine les 20% de la consommation d’électricité nationale. L’objectif du 100% pour 2050 est bousculé alors que plusieurs initiatives locales poussent à l’optimisme.  Le président Hollande a placé l’événement en référence de son quinquennat et espère, secrètement, qu’un accord historique entre les 195 dirigeants de la planète pourra être signé. Reste qu’à travers le regard de nos dirigeants, l’horizon français est, lui aussi, empli d’incertitude. Il y a quelques semaines, Pierre Cannet, le responsable du projet climat chez WWF France indiquait au Figaro que «l’urgence c’est maintenant». Dans ce cadre, un cap à 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050 a été fixé. Pour Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, «il n’y a pas d’autres alternatives». Plusieurs pays se sont déjà engagés dans ce sens, certains même comme le Costa Rica ou le Danemark avançant ce seuil minimum à 2035. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé dans son dernier rapport que la part des énergies renouvelables dans le monde serait portée à 25% en 2020 contre 22% en 2013. Vendredi, c’était au tour de l’Inde d’annoncer un cap 40% pour fin 2030. Dans une étude publiée il y a quelques semaines par l’ONG, la France est, elle, dessinée comme très en retard sur la question, le pays développant trois fois moins rapidement les énergies renouvelables que ses voisins européens comme l’Allemagne par exemple. Une tendance qui se calque également sur la part d’emplois créés, relativement minime jusqu’ici. En 2014, la part des renouvelables dans la consommation d’électricité française était estimée à 19,5%. Greenpeace est clair: si la France veut atteindre ses objectifs (un cap de 40% d’ici 2030), le pays doit aller deux fois plus vite.




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