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Nucléaire : la girouette Macron !

Nucléaire : la girouette Macron !

La chronique de Philippe Mabille dans la « Tribune »

Moins de deux ans après avoir fermé la centrale de Fessenheim en Alsace (qui marchait très bien), « Atomic Manu » a opéré, à deux mois du premier tour de la présidentielle, un virage à 360 degrés et relancé, à Belfort, en présence de Jean-Pierre Chevènement, un maxi-plan de construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Retour vers le futur: près d’un demi-siècle après le plan Messmer (pour les « non-Boomers », ce Messmer est aussi connu pour avoir inauguré le périphérique parisien en tant que Premier ministre d’un président Pompidou qui disait: « Les Français aiment la bagnole »), l’actuel président Emmanuel Macron fait le choix « culotté » -se vante-t-on à l’Élysée- de planter du nucléaire partout où ce sera possible. Pour citer une autre figure politique du 20e siècle, Edgar Faure, « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »

Avec cette décision majeure, qui succède au compromis européen sur la taxonomie verte qui classe le nucléaire (comme le gaz) parmi les énergies dites « de transition », Macron referme la parenthèse Hollande qui avait signé en 2012 un compromis bancal avec les Verts en promettant de réduire à 50% de la production totale, la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Si Macron est réélu en avril, non seulement  la France va construire 14 EPR de plus, mais elle renoncera à la fermeture des centrales existantes en prolongeant leur durée de vie. Et elle relancera la recherche sur les mini-réacteurs modulables (SMR), un enjeu pour les années 2030… Bref, on n’a pas fini de consommer de l’atome et de maintenir nos soldats au Sahel (pour sécuriser notre approvisionnement en uranium)… Le tout se passe presque sans aucun débat : le Vert Yannick Jadot a beau dénoncer un état « d’ébriété énergétique », les Français ont bien compris qu’ils n’ont pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à disposer d’une électricité abondante à un prix abordable. Votre Tribune a suivi de très près cette semaine atomique. Retrouvez la chronique de ce « quoi qu’il en coûte » énergétique dans notre grand dossier : 

 

Droit dans ses bottes, Emmanuel Macron assume : « Aujourd’hui, la France fait un choix. Celui du progrès, du climat, de l’emploi, du pouvoir d’achat. Celui de son indépendance. » Mais il reste pourtant encore beaucoup de zones d’ombre : combien et quand, par exemple, car le financement du plan Macron n’est pas clair comme de l’eau de roche, fut-elle radio-active…

Nucléaire – l’EPR finlandais : Nouveau retard

Nucléaire - l’EPR finlandais : Nouveau retard

Un nouveau retard sans doute d’un mois pour la production d’électricité de l’EPR finlandais. Un retard finalement négligeable que le programme a déjà été décalé de 12 ans !

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La production d’électricité avait déjà été reportée à fin février, au lieu de janvier comme annoncé précédemment , soit douze ans après la date de mise en service prévue initialement. Une mise en service normale est attendue en juillet 2022.

Au terme de ce chantier lancé en 2005 dans le sud-ouest de la Finlande, devenu pour Areva un chemin de croix miné par les retards et les dérives financières, l’EPR finlandais va devenir le plus puissant réacteur en opération en Europe. Avec une capacité de production de 1.650 mégawatts, il doit fournir environ 15 % de la consommation du pays nordique. Avant Olkiluoto-3, seuls deux réacteurs EPR sont entrés en fonctionnement dans le monde, ceux de la centrale de Taishan en Chine.

Cela traduit à l’évidence une perte de compétence française qui prend sa source dans le fait que la France a laissé en l’état pendant des années et des dizaines d’années son parc nucléaire.

Nucléaire-Le grand flou de la politique énergétique de Macron

Nucléaire-Le grand flou de la politique énergétique de Macron 

 

Le sénateur (LR) Cédric Perrin  dénonce, dans une tribune au « Monde », la trop grande docilité dont fait preuve le président de la République envers la Commission européenne sur les questions énergétiques.

 

Tribune. 

 

 Emmanuel Macron sera jeudi 10 février à Belfort, devant les salariés de General Electric, pour annoncer sans doute la réintégration de la fabrication des turbines Arabelle au sein d’EDF, sur fond de relance du nucléaire.

Ce que le président voit comme une étape de son triomphe jupitérien est plutôt un nouveau pas douloureux vers Canossa, tant sa politique énergétique a été marquée par l’inconstance et les renoncements, sur fond de docilité vis-à-vis de la Commission européenne.

Comme le criminel qui revient sur les lieux de son forfait, Emmanuel Macron sera ainsi, cyniquement, à Belfort face à ce qui était naguère la branche énergie d’Alstom, dont ce même Emmanuel Macron a organisé la vente à General Electric en 2014, alors qu’il était à Bercy.

La braderie de ce qui était un fleuron industriel français à un acteur étranger, qui n’aura au final jamais tenu ses promesses, était dès lors consubstantielle de la volonté de celui qui serait quelques années plus tard élu à la présidence de la République : du passé, semble croire le président, faisons table rase pour précipiter l’avènement de la « start-up nation ». Dans ce contexte, il est évident que les vieilles gloires industrielles, si stratégiques soient-elles, devaient être sacrifiées sur l’autel de l’innovation permanente.

Mais en matière de politique énergétique, il n’en va pas comme dans les services numériques : le temps est un facteur incompressible. L’inertie technologique et économique de la construction des ouvrages infiniment complexes que sont les réseaux électriques ou gaziers, ainsi que les centrales nucléaires, dépasse de loin les quelques mois voire les quelques années. L’horizon d’une telle politique se compte en décennies. Les choix d’aujourd’hui continueront à avoir un écho dans vingt-cinq ans. En matière d’énergie, la constance et la vision sont des éléments essentiels.

Planifier, investir, gérer, contrôler sont ainsi les valeurs cardinales qui ont permis à la France de lancer le programme nucléaire le plus ambitieux du monde dans les années 1970, celui-là même qui permet qu’aujourd’hui la France soit l’un des pays les plus vertueux du monde du point de vue de l’environnement, eu égard à son niveau de développement, avec une électricité parmi les moins chères d’Europe.

Les succès, ces dernières années, des politiques énergétiques des grands Etats du monde, chacune avec ses déterminants propres, reposent sur les quatre piliers précités : Etats-Unis, Russie, Chine, voire Royaume-Uni ont ainsi su les appliquer, au contraire de l’Allemagne qui est pourtant le modèle d’Emmanuel Macron.

 

Electricité nucléaire : Macron décide un programme de 6 EPR….. pour l’instant

Electricité nucléaire : Macron décide un programme de 6 EPR….. pour l’instant

 

D’une certaine manière,  le président a remis en cause l’objectif de limitation de la production électrique nucléaire à 50 % fixés par Hollande. Le président a en effet demandé à EDF la construction de six réacteurs de nouvelle génération EPR2, pour une première mise en service à l’horizon 2035. A cela s’ajoute l’étude pour huit de plus pour la fin de la décennie 2040.

Une décision très importante de maintenir en fonctionnement toute les centrales en état de produire. En clair, cela signifie un prolongement de la durée de vie le temps de faire le lien avec la production des nouveaux EPR attendus d’ici 15 ans.

Parallèlement, Emmanuel Macron a fixé jeudi l’objectif de doter la France d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour « viser 40 gigawatts en service en 2050″, un seuil très ambitieux alors que le tout premier site doit commencer à fonctionner en avril, avec 10 ans de retard.

D’ici 2050, il veut multiplier par près de dix la puissance solaire installée pour dépasser 100 gigawatts, contre 13,2 GW aujourd’hui disponibles.

Un recul net par contre concernant les éoliennes terrestres dont  la capacité sera multiplié par deux en 30 ans et non pas en disant par deux la capacité actuelle en 30 ans, plutôt qu’en 10 ans comme prévu jusqu’à présent.

Ce discours aux allures de programme énergie du futur candidat illustre l’évolution pro-nucléaire d’Emmanuel Macron, lui qui en 2017 insistait surtout sur son engagement de réduire le nucléaire à 50% de la production électrique, hérité de François Hollande. Dans les faits, la production électrique nucléaire va demeurer majoritaire.

C’est aussi un signe pour assurer aux Français que le coût de l’énergie ne dépendra pas des importations, dont la hausse des cours contribue lourdement à peser sur le pouvoir d’achat, autre thème majeur de la campagne.

Construire six réacteurs EPR2, sur des sites existants, coûtera une cinquantaine de milliards d’euros, a déjà prévu EDF.

Le groupe propose de les construire par paires sur trois sites: d’abord à Penly (Seine-Maritime), près de Dieppe, puis à Gravelines (Nord) et enfin à Bugey (Ain) ou bien Tricastin

(Drôme).

À noter que le président l’autorité de régulation, lui, en fonction des besoins s’est prononcé non pas pour 6 EPR mais pour trois fois plus ; donc 18 au lieu des 6 décidés et des 8 à l’ étude.

Nucléaire : quelle transparence et quel financement

Nucléaire : quelle transparence et quel financement 

 

Alors qu’Emmanuel Macron souhaite relancer un ambitieux programme nucléaire civil, des questions, tels la faisabilité technique, la sécurité, les délais ou les coûts, appellent des réponses précises estime papier du Monde.

Après des atermoiements, voire des décisions contradictoires, Emmanuel Macron fixe un nouveau cap à la politique énergétique de la France. A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, alors qu’il n’est pas encore candidat à sa réélection, le chef de l’Etat a donné, jeudi 10 février, son canevas pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, quitte à revenir sur certains objectifs définis dans le cadre de la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), décidée il y a moins de quatre ans.

Le président souhaite relancer un ambitieux programme nucléaire civil, qui comprend la construction de quatorze réacteurs de nouvelle génération et la prolongation de la durée de vie du parc existant au-delà de cinquante ans. Plus aucune fermeture n’est prévue, alors que douze étaient planifiées d’ici à 2035. Parallèlement, Emmanuel Macron dit viser une cinquantaine de parcs éoliens en mer et d’importants investissements dans le solaire.

A l’origine de cette volte-face, l’urgence climatique, qui divise l’opinion autant que les partis. La France doit sortir des énergies fossiles d’ici à trente ans, alors que celles-ci représentent aujourd’hui les deux tiers de notre consommation. Cette dépendance fragilise notre souveraineté, tout en faisant dépendre le pouvoir d’achat des Français des fluctuations des cours mondiaux des hydrocarbures. S’affranchir de cette situation implique de basculer vers une électrification massive des usages, qui doit elle-même entraîner une forte augmentation de la production d’électricité faiblement émettrice de CO2. La plupart des hypothèses publiées en octobre 2021 par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, montrent que cette transition doit reposer sur la sobriété énergétique, les énergies renouvelables et le nucléaire. Le constat fait désormais l’objet d’un large consensus. Emmanuel Macron a choisi le scénario nucléaire le plus ambitieux, aux antipodes des choix défendus par le candidat écologiste, Yannick Jadot. C’est un pari risqué.

La relance du nucléaire est d’abord un défi industriel pour une filière laissée en jachère pendant trop d’années. Faute d’un flux régulier de constructions de nouvelles centrales, les compétences se sont perdues. Les retards et les surcoûts rencontrés pour l’EPR de Flamanville illustrent cette perte de savoir-faire. Le reconstituer demandera du temps, aussi bien pour EDF que pour l’écosystème des sous-traitants.

Ce plan est également un défi financier. Le coût des six premiers EPR est évalué à 52 milliards d’euros. Ce chiffre demande à être confirmé de façon transparente. Surtout, cet investissement ne pourra pas être entièrement assumé par EDF. Fragilisé par l’état du parc de réacteurs, une dette importante et les demandes erratiques de l’Etat actionnaire, le chef de file du secteur doit être épaulé. « L’Etat jouera son rôle », promet l’Elysée. Lequel ? Avec quels moyens ? Enfin, quelles sont les marges de manœuvre vis-à-vis de la Commission européenne ?Quant aux promesses dans les énergies renouvelables, elles paraissent très ambitieuses, alors que la France est, à ce jour, le seul pays de l’Union européenne qui n’a pas tenu ses objectifs.

Faisabilité technique, sécurité, délais, coûts, futur prix de l’énergie : toutes ces questions appellent des réponses précises. Le cadre des échanges est fixé : la campagne présidentielle d’abord, puis la Commission nationale du débat public et enfin le Parlement. Chacune de ces étapes sera nécessaire pour éclairer les enjeux et les conditions d’une décision qui engage l’avenir énergétique du pays jusqu’à la fin du siècle.

Nucléaire :Macron décide un programme de 6 EPR….. pour l’instant

Nucléaire :Macron décide un programme de 6 EPR….. pour l’instant

 

D’une certaine manière,  le président a remis en cause l’objectif de limitation de la production électrique nucléaire à 50 % fixés par Hollande. Le président a en effet demandé à EDF la construction de six réacteurs de nouvelle génération EPR2, pour une première mise en service à l’horizon 2035. A cela s’ajoute l’étude pour huit de plus pour la fin de la décennie 2040.

Une décision très importante de maintenir en fonctionnement toute les centrales en état de produire. En clair cela signifie un prolongement de la durée de vie le temps de faire le lien avec la production des nouveaux EPR attendu d’ici 15 ans.

Parallèlement, Emmanuel Macron a fixé jeudi l’objectif de doter la France d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour « viser 40 gigawatts en service en 2050″, un seuil très ambitieux alors que le tout premier site doit commencer à fonctionner en avril, avec 10 ans de retard.

D’ici 2050, il veut multiplier par près de dix la puissance solaire installée pour dépasser 100 gigawatts, contre 13,2 GW aujourd’hui disponibles.

Un recul net par contre concernant les éoliennes terrestres dont  la capacité sera multiplié par deux en 30 ans et non pas en disant par deux la capacité actuelle en 30 ans, plutôt qu’en 10 ans comme prévu jusqu’à présent. 

Ce discours aux allures de programme énergie du futur candidat illustre l’évolution pro-nucléaire d’Emmanuel Macron, lui qui en 2017 insistait surtout sur son engagement de réduire le nucléaire à 50% de la production électrique, hérité de François Hollande. Dans les faits, la production électrique nucléaire va demeurer majoritaire.

C’est aussi un signe pour assurer aux Français que le coût de l’énergie ne dépendra pas des importations, dont la hausse des cours contribue lourdement à peser sur le pouvoir d’achat, autre thème majeur de la campagne.

Construire six réacteurs EPR2, sur des sites existants, coûtera une cinquantaine de milliards d’euros, a déjà prévu EDF.

Le groupe propose de les construire par paires sur trois sites: d’abord à Penly (Seine-Maritime), près de Dieppe, puis à Gravelines (Nord) et enfin à Bugey (Ain) ou bien Tricastin

(Drôme).

À noter que le président l’autorité de régulation, lui, en fonction des besoins s’est prononcé non pas pour 6 EPR mais pour trois fois plus ; donc 18 au lieu des 6 décidés et des 8 à l’ étude.

Nucléaire et Macron: Le contraire de la sobriété (Jadot)

 Nucléaire et Macron: Le contraire de la sobriété (Jadot)

Dans une tribune au « Monde », le candidat écologiste à la présidentielle réagit sans nuance  aux annonces du 10 février d’Emmanuel Macron sur le nucléaire. Pour lui, la  France doit faire le choix des énergies renouvelables et de la sobriété. Il évoque même le concept « d’ébriété énergétique ».

 

Tribune.  

Le déni dans lequel s’agite Emmanuel Macron montre que le dogmatisme a pris le pas, chez lui, sur le pragmatisme qu’il prétendait incarner. L’écologie devient le seul choix de la raison.

Aucune leçon n’a été tirée du fiasco de Flamanville – qui nous coûte collectivement l’équivalent de deux fois le budget de la justice avec ses dix ans de retard, des incidents de l’EPR de Chine, de l’enlisement financier d’EDF et de Framatome, ou encore des incidents récents à Penly, à Cattenom, à Chooz, à Civaux, à Chinon et au Bugey qui ont obligé la France à importer de l’énergie et contribué à l’explosion des prix de l’électricité. Construire six nouveaux réacteurs de type EPR [comme l’a annoncé le président le 10 février à Belfort], ce serait le budget de l’hôpital public.

Personne au sein du gouvernement n’a eu à rendre de compte du retard dans la rénovation des logements et dans le développement des énergies renouvelables, alors que nous sommes le seul pays de l’Union européenne à ne pas avoir respecté nos engagements en la matière.

Le président de la République outrepasse son mandat en planifiant un vaste projet énergétique sans aucune certitude sur son coût global, sans aucune solution pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes sur la gestion des déchets, sans aucune garantie sur les délais de mise en route alors que l’urgence climatique exige que nous agissions vite. Il fait un pari irrationnel qui nous engage à très long terme.

Toutes ces années de tâtonnement, tous ces milliards dépensés dans une gabegie, pourquoi ne pas les mettre dès aujourd’hui dans des solutions connues, matures, certaines ? Pourquoi s’entêter dans une énergie nucléaire totalement dépendante à l’importation de matières premières, sensible aux stress hydriques, aujourd’hui incapable de répondre aux exigences de sécurité ? Pourquoi s’être mis à dos nos partenaires européens en obtenant que le nucléaire soit reconnu comme une énergie prétendument verte et assurer ainsi son financement ? Pourquoi nier le travail minutieux des experts sur la faisabilité d’un scénario 100 % renouvelable ? Pourquoi prévoir une hausse de 60 % de la production d’électricité quand toutes les lois, les rapports, les scientifiques et les instituts les plus sérieux estiment que, sans sobriété, nous n’arriverons jamais à respecter nos engagements climatiques… si ce n’est par dogmatisme ?

Emmanuel Macron joue à l’illusionniste parce qu’il est en campagne électorale. Plutôt que de parier sur la sobriété et le renouvelable, il condamne la France à l’ébriété énergétique et à la hausse des factures d’énergie.

 

JO de Pékin: une publicité pour le régime autocratique de Xi Jinping

JO de Pékin: une publicité pour le régime autocratique de Xi Jinping

Les Jeux olympiques d’hiver, qui se tiennent en Chine depuis le 4 février, sont une sorte de publicité pour le régime autocratique. Un papier du « Monde » explique qu’en dépit des réserves de certains, les JO de Pékin constituent une formidable plate-forme de promotion pour le régime dictatoriale chinois. Du coup, la participation de la plupart des Etats à cet événement sportif universel permet de jeter un voile pudique sur toute les atteintes aux droits et à la répression. À Pékin la neige est artificielle comme la démocratie !

Rien ne devrait gâcher la fête des médaillés, la joie des descendeurs et de tous les autres, biathlètes, patineurs et « fondus » du bobsleigh. Pourtant, tenus à une centaine de kilomètres de Pékin, les Jeux olympiques d’hiver 2022 porteront pour l’histoire une marque essentiellement politique. La Chine du président Xi Jinping a prouvé qu’elle imposait ses normes en matière de libertés publiques – aux ressortissants chinois et étrangers. Dans la bataille idéologique, l’Occident n’est pas sur le podium. Il s’est soumis.

D’abord, il faut écarter d’un revers de main les angéliques billevesées serinées par le Comité international olympique (CIO). Les Jeux ne seraient pas « politiques ». Ils seraient une parenthèse dans les rapports entre Etats, un moment exclusivement réservé à l’exploit sportif en dehors de toute autre considération. Balivernes.

Les Jeux ont toujours été politiques, exploités à des fins de prestige par les nations, terrain de compétition entre « systèmes » économiques et sociaux différents, vitrine publicitaire à des fins idéologiques ou commerciales. Reconnaître la nature des Jeux n’enlève rien aux performances de ceux qui y participent ni à la beauté du spectacle.

Les JO d’hiver de Pékin ont par ailleurs une particularité intéressante. La « glisse » se fait à cent pour cent sur de la neige et de la glace artificielles. On ne s’étonnera pas que le Mondial de foot 2022 se déroule à la fin de l’année au Qatar dans des stades réfrigérés à l’air conditionné. Dans un cas comme dans l’autre, l’empreinte carbone sera tout sauf neutre. Mais, bien sûr, pas plus que pour le CIO, la Fédération internationale de football (FIFA) ne fonde ses choix sur des considérations matérielles ou politiques !

L’Etat-parti façon Xi Jinping entend montrer l’efficacité de l’autocratie aux caractéristiques chinoises. A un moment où les Occidentaux doutent, s’auto-analysent et s’interrogent sur l’universalité de leurs valeurs, le parti-Etat brave le Covid-19 et l’absence de neige. Il organise et accueille un grand événement international. Et il le fait à ses conditions, sans que le CIO y trouve à redire.

La pandémie justifie bien des choses. On n’assiste aux compétitions que sur invitation. A l’intérieur des « bulles » de protection abritant les jeux, il faut télécharger sur son portable une application chinoise, rapporte le New York Times (4 février), destinée à surveiller la santé d’une personne mais aussi ses déplacements. « A en croire des chercheurs, poursuit le quotidien new-yorkais, le software [de cette application] rend accessible l’ensemble des informations personnelles stockées sur ledit portable. » On imagine volontiers Pékin déployant ici toutes les ressources de l’autocratie numérique mise en place par le président Xi ces dix dernières années.

Décarbonation : Berlin qui combattait le nucléaire voulait des exceptions pour le gaz !

Décarbonation : Berlin qui combattait  le nucléaire voulait des exceptions pour le gaz !

 

Pour schématiser à outrance , l’Allemagne voulait utiliser plus librement le gaz dans le cadre de la lutte pour la décarbonation et voulait mettre des freins au nucléaire français qui lui ne produit pas de carbone ! L’enjeu est d’empêcher la France de devenir une superpuissance en matière d’industrie nucléaire et d’exporter ses technologies. Dans cette guerre,  la question environnementale est secondaire. Finalement un compromis vient d’être passé pour qualifier gaz et nucléaire comme verts pour lutter contre les émissions de carboneUn compromis vraiment politique vient d’être réalisé avec la création dans la taxinomie d’une sous-catégorie dédiée d’énergies « de transition », comme proposé par la Commission dans son avant-projet envoyé aux Etats le 31 décembre, sera bien confirmée ce mercredi. Cette solution de compromis a le soutien d’une large majorité d’Etats et ne devrait pas soulever d’opposition majoritaire au Parlement européen. Mais la bataille a fait rage sur les nombreux garde-fous que veut poser l’exécutif européen. Dans un projet de texte diffusé dimanche en interne à la Commission, qui prévoit une entrée en vigueur le 1er janvier 2023 et dont « Les Echos » ont eu copie, ils obtiennent gain de cause sur un point qui était cher aux industriels allemands : gagner du temps avant de devoir remplacer le gaz naturel par du gaz renouvelable ou de l’hydrogène, une des conditions posées à l’intégration dans la taxonomie.

Dans le nouveau texte, la contrainte est toujours d’avoir complété la transition en 2035, mais les objectifs intermédiaires initialement prévus dès 2026 (au moins 30 % de gaz renouvelable ou peu carboné), puis pour 2030 (au moins 55 %), ont disparu.

Dit autrement, Berlin et l’industrie du gaz verraient s’éloigner les contraintes et concessions les plus immédiates. Les autres points saillants de l’avant-projet pour encadrer le gaz seront toutefois bien maintenus : les nouvelles centrales à gaz devront obtenir leur permis de construire avant 2030, ne pas émettre plus de 270 g de CO2/kWh et venir remplacer des infrastructures existantes plus polluantes (charbon).L es critères imposés au secteur nucléaire pour être éligible ne devraient, eux, pas évoluer.  Et les équilibres penchent contraires en faveur de l’Allemagne et du gaz alors que paradoxalement le nucléaire n’aimait pas de carbone ! Bref davantage une bataille économique environnementale.

Pour être éligibles, les projets devront toujours avoir obtenu un permis de construire avant 2040 pour les modifications d’installations, et avant 2045 pour les nouveaux réacteurs. « Les dates sont trop proches » et « entraveront la prolongation de la durée de vie des réacteurs actuels, pourtant indispensable pour faire face au doublement des besoins en électricité liés à la décarbonation », ont alerté Bernard Accoyer, président de l’association Patrimoine nucléaire et climat, et Louis Gallois, coprésident de La Fabrique de l’industrie, dans une tribune aux « Echos » le 11 janvier.

L’exigence de recourir à partir de 2025 à des combustibles de type ATF (« accident tolerant fuel ») est aussi dénoncée par la Société française de l’énergie nucléaire (Sfen), qui trouve la notion trop floue juridiquement et rappelle que de tels combustibles sont à peine naissants. Les pronucléaires voudraient, à l’instar des progaz, voir eux aussi sauter cette contrainte à court terme. Ils ne vont, selon nos informations, obtenir sur ce point qu’un petit geste, avec une potentielle rediscussion en 2025 si la technologie idoine n’est alors pas prête.

 

Union économique : nucléaire et gaz labellisés verts !

Union économique : nucléaire et gaz labellisés verts !

 

Ce n’est pas tellement sur des critères environnementaux relatifs aux émissions de carbone que le nucléaire et le gaz viennent d’être labellisés verts par les autorités européennes. Il s’agit plutôt d’un compromis qui pour l’instant met fin à la guerre entre la France qui défend le nucléaire et l’Allemagne qui défend le gaz russe.

Du coup il s’agit surtout d’un compromis surtout politique. Notons en effet que le nucléaire ne produit aucune émission de carbone mais que les Allemands ( et d’autres) voulaient exclure le nucléaire de la labellisation verte européenne (taxinomie).  Les commissaires européens ont fini par approuver ce mercredi, via un acte délégué, l’inclusion de l’atome civil et du gaz dans les investissements « verts » de l’Union européenne. Un graal pour les deux filières en question et pour les pays qui les défendent, ceux-ci ayant fait pression pendant de longs mois afin que ces activités intègrent la précieuse liste, aux côtés des énergies renouvelables.

Et pour cause, cette classification ne sera pas que symbolique : concrètement, elle servira à flécher les financements privés vers les activités reconnues « durables », mais aussi, in fine, les futures subventions publiques. Et ce, par la mise en place une grille d’analyse harmonisée à destination des investisseurs européens, de manière à clarifier l’impact des fonds qu’ils placent auprès des entreprises, de plus en plus pris en compte par les agences de notation financière. D’ici à la prochaine décennie, ce sont donc des centaines de milliards d’euros à lever sur les marchés qui sont en jeu.

Pour une relance du nucléaire (Valérie Pécresse)

Pour une relance du nucléaire (Valérie Pécresse)

 

Valérie Pécresse condamne la fermeture de la centrale de Fessenheim et celle normalement programmée de 12 réacteurs supplémentaires d’ici 2035. Elle condamne la politique énergétique de Macron qui d’après elle pratique le zig-zag. En effet  Marcron très écolo du temps de Nicolas Hulot comme ministre de l’écologie est devenu davantage pro nucléaire en annonçant notamment la construction de six EPR en France ( notons qu’il en faudrait une une vingtaine d’après l’agence de l’énergie ). Elle souhaite un « plan de relance gaullien » en matière énergétique. Mme Pécresse a diagnostiqué « une vraie catastrophe énergétique » de la France.

Sans ce « plan de relance du nucléaire », « nous n’atteindrons pas le zéro carbone en 2050″, a affirmé la présidente de la région Ile-de-France, après une visite de la centrale du Bugey, devenue la plus ancienne de France depuis la fermeture de Fessenheim en 2020. Ce programme implique d’ores et déjà « une réflexion » sur la construction de nouveaux EPR, au-delà des six en projet à horizon 2035. »La première chose que je demanderai à mon Premier ministre, c’est d’établir un grand plan de sauvetage d’EDF, cette très grande entreprise » que « le gouvernement a mis à genoux en prélevant les recettes dont elle a besoin pour ses investissements et le renouvellement du parc nucléaire », a encore critiqué Valérie Pécresse.

Alors que la présidence française de l’UE se poursuivra six semaines après son éventuelle élection, la candidate s’est engagée à y « porter l’inscription du nucléaire dans les énergies décarbonnées devant être financées par l’UE ».

Elle s’est montrée réservée sur la « question très sensible » de l’éolien: « Sur certains territoires, nous avons atteint voire dépassé le seuil de tolérance de la population » et les éventuels nouveaux champs « doivent se faire » avec son « accord ».

Le projet énergétique de la candidate LR comprend aussi « bien évidemment les énergies renouvelables », notamment « dans l’approvisionnement local ». En matière de rénovation thermique des logements, elle a enfin proposé la « fusion » du livret A et du livret de développement durable en un « livret vert » permettant à la Caisse des dépôts et consignation de « financer des prêts ».

Électricité nucléaire:il faudrait une vingtaine d’EPR nouveaux et non pas six

Électricité nucléaire : il faudrait une vingtaine d’EPR nouveaux et non pas six

 

 

Compte tenu d’une part de l’évolution de la demande, d’autre part de la durée de vie initialement prévue pour le parc nucléair actuel , ce nest pas  six EPR nouveau qu’il faudrait construire mais une vingtaine d’après le président de la commission de régulation de l’énergie . Une évidence à moins comme c’est aussi probable parallèlement de prolonger de 20 30 ans la durée de vie de nombre de réacteurs actuels.

De toute manière actuellement, ce parc actuel est insuffisant pour satisfaire la demande compte tenu des opérations d’entretien plusieurs réacteurs ; des opérations retardées du fait  de la crise sanitaire.

 

Interrogé sur Cnews, dimanche soir, le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a souligné le rôle important du nucléaire dans les années à venir. Appelant à mener une réflexion «sur la disponibilité de l’électricité», Jean-François Carenco a estimé que l’Hexagone avait un «vrai sujet de disponibilité de l’électricité, si l’hiver dure fortement, longtemps».

 

Pour «augmenter la part d’électricité [dans la production d'énergie], il faut à la fois du nucléaire […] et du renouvelable, et des économies», a déclaré le représentant de la CRE. Alors que les plans d’Emmanuel Macron pour le nucléaire doivent être précisés, Jean-François Carenco a estimé que la construction de six nouveaux EPR (European Pressurized Reactor) était «insuffisante» : «c’est un démarrage, il en faudrait trois fois plus», a-t-il précisé. «Il faut […] arriver à 50% de nucléaire en 2040, 25% en 2060, c’est l’idée de la CRE», a ajouté le haut fonctionnaire.

Nucléaire : il faudrait une vingtaine d’EPR nouveaux et non pas six

Nucléaire : il faudrait une vingtaine d’EPR nouveaux et non pas six

 

 

Compte tenu d’une part de l’évolution de la demande, d’autre part de la durée de vie initialement prévue pour le parc nucléair actuel , ce nest pas  six EPR nouveau qu’il faudrait construire mais une vingtaine d’après le président de la commission de régulation de l’énergie . Une évidence à moins comme c’est aussi probable parallèlement de prolonger de 20 30 ans la durée de vie de nombre de réacteurs actuels.

De toute manière actuellement, ce parc actuel est insuffisant pour satisfaire la demande compte tenu des opérations d’entretien plusieurs réacteurs ; des opérations retardées du fait  de la crise sanitaire.

 

Interrogé sur Cnews, dimanche soir, le président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a souligné le rôle important du nucléaire dans les années à venir. Appelant à mener une réflexion «sur la disponibilité de l’électricité», Jean-François Carenco a estimé que l’Hexagone avait un «vrai sujet de disponibilité de l’électricité, si l’hiver dure fortement, longtemps».

 

Pour «augmenter la part d’électricité [dans la production d'énergie], il faut à la fois du nucléaire […] et du renouvelable, et des économies», a déclaré le représentant de la CRE. Alors que les plans d’Emmanuel Macron pour le nucléaire doivent être précisés, Jean-François Carenco a estimé que la construction de six nouveaux EPR (European Pressurized Reactor) était «insuffisante» : «c’est un démarrage, il en faudrait trois fois plus», a-t-il précisé. «Il faut […] arriver à 50% de nucléaire en 2040, 25% en 2060, c’est l’idée de la CRE», a ajouté le haut fonctionnaire.

Débat sur nucléaire ou sur la politique énergétique ?

Débat sur nucléaire ou sur la politique énergétique ?

 

La décision de construire des installations nucléaires de nouvelle génération doit faire l’objet d’une étude de risques techniques, industriels et financiers, afin d’éclairer les nécessaires débats parlementaire et public, estime Philippe Lorino, ingénieur expert du nucléaire, dans une tribune au « Monde ».

 

Une réflexion intéressante mais qui gagnerait en pertinence en élargissant le champ de réflexion à l’ensemble de la politique énergétique. Une analyse bénéfices risques serait aussi  utile pour l’ensemble des moyens qui participent de la politique de l’énergie. Aucune énergie n’est en effet a priori totalement vertueuse NDLR

 

Tribune. Le président de la République a annoncé le 9 novembre 2021 sa décision, « pour la première fois depuis des décennies, [de] relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». Le fait qu’une personne seule, fût-ce, en l’occurrence, le chef de l’Etat, annonce la décision de lancer un programme de réacteurs EPR comme s’il s’agissait d’une décision personnelle est insolite à un double titre : le respect des valeurs démocratiques et une bonne gestion du risque.

D’un point de vue démocratique, un tel programme engage le pays sur une voie à fort impact macroéconomique, industriel, énergétique, social et de sûreté. A ce titre, ses enjeux méritent d’être analysés et exposés de manière claire, et discutés démocratiquement. Du point de vue de la bonne gestion des risques, il semble nécessaire d’adopter des pratiques canoniques en la matière : revue indépendante de projets, impliquant des évaluateurs extérieurs, identification et analyse contradictoire des principaux risques, définition de plans d’action pour y parer.

Pour clarifier le débat, le propos n’est pas ici de prendre position sur l’opportunité de lancer un nouveau programme nucléaire d’une certaine ampleur (EDF a proposé six réacteurs EPR). Les réactions critiques immédiates ont essentiellement porté, selon les positions politiques des commentateurs, soit sur le manque d’ambition du projet, soit sur la poursuite d’une filière énergétique jugée dangereuse et coûteuse, mais finalement assez peu sur la procédure de décision. Comme s’il était généralement admis que le recours à l’énergie nucléaire était une affaire de croyance, qu’il s’agisse des « pro » ou des « anti », et non une décision prise après débat contradictoire, de manière responsable, collective et fondée sur des éléments factuels.

Identifier les risques de dysfonctionnements

Le réacteur EPR Flamanville 3 constitue un « prototype », une « tête de série », quel que soit le terme retenu. Il s’agit du banc d’essai d’un éventuel programme futur de plusieurs réacteurs EPR. Après les graves difficultés rencontrées par ce projet (au moins onze ans de retard, budget multiplié par trois à cinq, selon les modalités de calcul que l’on adopte), le lancement d’un nouveau programme nucléaire dans la même filière technico-industrielle suppose, tant du point de vue de la clarté démocratique – au vu de l’importance des enjeux pour la collectivité nationale – que du point de vue de la bonne gestion du risque – éclairée par le retour d’expérience du projet prototype (sinon, à quoi sert un prototype ?) –, d’élaborer et soumettre au débat parlementaire et au débat public deux documents. Tout d’abord un rapport circonstancié sur les dysfonctionnements du projet Flamanville 3, leurs causes et les principaux risques ainsi identifiés pour la suite du programme. Ensuite une présentation précise des parades élaborées en réponse à ces risques, de nature à nous en protéger pour l’avenir.

 

Nucléaire : double langage de la commission européenne

Nucléaire : double langage de la commission européenne

 

L’économiste de l’énergie Dominique Finon dénonce, dans une tribune au « Monde », l’attitude contradictoire de Bruxelles, qui, le 31 décembre 2021, incluait le nucléaire dans la « taxonomie » des technologies vertes, mais, dix jours plus tôt, l’excluait des aides et garanties d’Etat.

 

Tribune. 

 

La Commission européenne a publié, le 31 décembre 2021, un document précisant de nouveaux critères de classement des technologies pouvant donner lieu à financement privilégié par les fonds « verts » des banques. Ce classement est connu sous le nom de « taxonomie », dans le jargon bruxellois. Ces nouveaux critères permettent au nucléaire d’y figurer en tant que technologie de transition, au même titre que les centrales électriques à gaz émettrices de dioxyde de carbone.

Ce document, on s’en doute, n’a pas laissé indifférents les pays et les ONG opposés au nucléaire. D’autres y ont vu une concession généreuse de l’Allemagne à la France et à la dizaine d’Etats membres qui veulent continuer à développer le nucléaire. Ils seraient ainsi parvenus à contrer l’influence de Berlin, qui avait réussi à ce que le nucléaire ne figure pas dans la première version de cette fameuse « taxonomie ».

Mais il se trouve que Bruxelles a présenté discrètement, le 21 décembre 2021, de nouvelles « lignes directrices » sur les aides d’Etat aux technologies pouvant contribuer à la transition énergétique. Or, ce nouveau régime, qui vise à atteindre les objectifs climatiques de l’Europe en 2030 et en 2050, exclut quant à lui le nucléaire, et ce sans justification ! Les opposants au nucléaire auraient dû s’en réjouir ! Or, comme beaucoup de monde, ils n’ont pas compris le voisinage entre les enjeux de la réforme du régime des aides d’Etat et ceux de la définition de la taxonomie.

Tandis que l’attention de tous était focalisée sur la taxonomie, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne concoctait seule, sans consultation des gouvernements, la réforme des « lignes directrices », qui jusqu’ici ne couvraient que les énergies renouvelables.

A quoi servent ces « lignes directrices », dans le domaine du climat et de l’énergie ? Pour assurer leur conformité avec les règles de la concurrence, elles codifient les dispositifs de soutien au développement des technologies bas carbone, non seulement pour celles qui sont en phase d’apprentissage, mais aussi pour toutes les technologies bas carbone matures.

Celles-ci nécessitent toutes de gros investissements en capital et sont à long cycle de vie, alors que les revenus qu’il faut anticiper sur leur longue durée de vie pour recouvrer l’investissement viennent de marchés horaires qui, par nature, ne peuvent pas envoyer de bons signaux-prix de long terme. En effet, les prix horaires se forment sur les marchés en s’alignant sur les coûts de combustible et de carbone de la dernière centrale appelée.

Double langage de la commission européenne sur le nucléaire

Double langage de la commission européenne sur le nucléaire

 

L’économiste de l’énergie Dominique Finon dénonce, dans une tribune au « Monde », l’attitude contradictoire de Bruxelles, qui, le 31 décembre 2021, incluait le nucléaire dans la « taxonomie » des technologies vertes, mais, dix jours plus tôt, l’excluait des aides et garanties d’Etat.

 

Tribune.

 

La Commission européenne a publié, le 31 décembre 2021, un document précisant de nouveaux critères de classement des technologies pouvant donner lieu à financement privilégié par les fonds « verts » des banques. Ce classement est connu sous le nom de « taxonomie », dans le jargon bruxellois. Ces nouveaux critères permettent au nucléaire d’y figurer en tant que technologie de transition, au même titre que les centrales électriques à gaz émettrices de dioxyde de carbone.

Ce document, on s’en doute, n’a pas laissé indifférents les pays et les ONG opposés au nucléaire. D’autres y ont vu une concession généreuse de l’Allemagne à la France et à la dizaine d’Etats membres qui veulent continuer à développer le nucléaire. Ils seraient ainsi parvenus à contrer l’influence de Berlin, qui avait réussi à ce que le nucléaire ne figure pas dans la première version de cette fameuse « taxonomie ».

Mais il se trouve que Bruxelles a présenté discrètement, le 21 décembre 2021, de nouvelles « lignes directrices » sur les aides d’Etat aux technologies pouvant contribuer à la transition énergétique. Or, ce nouveau régime, qui vise à atteindre les objectifs climatiques de l’Europe en 2030 et en 2050, exclut quant à lui le nucléaire, et ce sans justification ! Les opposants au nucléaire auraient dû s’en réjouir ! Or, comme beaucoup de monde, ils n’ont pas compris le voisinage entre les enjeux de la réforme du régime des aides d’Etat et ceux de la définition de la taxonomie.

Tandis que l’attention de tous était focalisée sur la taxonomie, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne concoctait seule, sans consultation des gouvernements, la réforme des « lignes directrices », qui jusqu’ici ne couvraient que les énergies renouvelables.

A quoi servent ces « lignes directrices », dans le domaine du climat et de l’énergie ? Pour assurer leur conformité avec les règles de la concurrence, elles codifient les dispositifs de soutien au développement des technologies bas carbone, non seulement pour celles qui sont en phase d’apprentissage, mais aussi pour toutes les technologies bas carbone matures.

Celles-ci nécessitent toutes de gros investissements en capital et sont à long cycle de vie, alors que les revenus qu’il faut anticiper sur leur longue durée de vie pour recouvrer l’investissement viennent de marchés horaires qui, par nature, ne peuvent pas envoyer de bons signaux-prix de long terme. En effet, les prix horaires se forment sur les marchés en s’alignant sur les coûts de combustible et de carbone de la dernière centrale appelée.

UE : report encore sur les investissements « verts » du nucléaire et du gaz

UE : report encore sur les investissements « verts » du nucléaire et du gaz

 

Un nouveau report jusqu’au 21 janvier de la consultation lancée par l’union européenne pour qualifier les investissements verts y compris le nucléaire et le gaz. En fait une prolongation qui correspond à une situation politique pleine de contradictions. Des pays du Nord en effet s’opposent notamment à la reconnaissance du nucléaire pouvant bénéficier du label vert. L’inclusion du nucléaire et du gaz dans la liste des investissements verts découlait en réalité d’un compromis entre la France qui pousse le nucléaire et l’Allemagne qui a un besoin urgent de gaz russe.

Cet accord politique donne lieu à des remous au sein même de l’alliance politique allemande qui comprend des libéraux, des écolos et des sociaux-démocrates. On voit mal cependant comment la France et d’autres favorables au nucléaire pourraient accepter que le gaz russe bénéficie du label vert tandis que le nucléaire serait rejeté. Ce serait une incongruité y compris sur le plan écologique puisque le nucléaire ne rejette pas pratiquement de carbone contrairement au gaz. La Commission européenne a donc annoncé lundi avoir repoussé la date butoir avant laquelle les experts doivent se prononcer sur sa proposition intégrant le gaz naturel et l’énergie nucléaire dans la catégorie des investissements dits « verts ».

Cette classification, ou « taxonomie pour une finance durable », vise à mieux orienter les capitaux vers des activités durables dans l’ensemble de l’Union européenne, afin de contribuer à l’objectif européen d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Bruxelles a déclaré lundi que ses experts auraient jusqu’au 21 janvier pour faire part de leurs observations sur le projet. Ils avaient initialement jusqu’au 12 janvier pour se prononcer.

« Nous avons repoussé la date limite d’une semaine afin de donner un peu plus de temps aux experts pour faire part de leurs observations », a dit Eric Mamer, porte-parole de l’exécutif européen, lors d’une conférence de presse.

Quand les experts auront rendu leur avis, Bruxelles dévoilera son projet définitif, lequel ne devra pas ensuite être bloqué par une majorité qualifiée de pays de l’UE ou par le Parlement européen dans un délai de quatre mois pour entrer en vigueur.

Retour au Nucléaire : de nouveaux réacteurs à partir de 2035

Retour au Nucléaire : de  nouveaux réacteurs à partir de 2035

 

Finies sans doute les élucubrations sur la substitution des énergies alternatives au nucléaire après le passage peu glorieux de Nicolas Hulot au gouvernement. Certes les énergies alternatives prendront leur place dans le mix énergétique mais le nucléaire va demeurer dominant. La secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’écologie, Bérangère Abba, précise les orientations indiquées par le président de la république concernant la construction de nouveaux réacteurs. L’objectif serait de commencer la construction autour de 2025 pour une mise en service une dizaine d’années plus tard. Au total six EPR pourrait être mis en service.

Il s’agirait « à court terme, d’EPR2, un modèle amélioré par rapport au retour d’expérience de construction des EPR précédents », a-t-elle dit à l’occasion d’un débat avec des sénateurs sur la sûreté de l’atome.

« Sans être devins, nous imaginons un calendrier de dépôt des dossiers autour de 2023 pour une mise en service en 2035-2037. Au préalable, EDF a soumis des options de sûreté de l’EPR2 à l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire], qui en a validé les principes. Nous avons donc un cadre et un retour d’expérience sur les premiers EPR », a-t-elle ajouté.

Le premier site concerné pourrait être celui de Penly en Seine-Maritime . Le premier EPR construit en France à Flamanville devrait enfin être mis en service cette année après plusieurs retards.

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

C ‘est au terme d’un accord très politique que Bruxelles s’est enfin mis d’accord pour considérer que le gaz et le nucléaire pourrait bénéficier du label vert européen. On sait évidemment que la France poussait la technique nucléaire qui assure près de 70 % de la fourniture d’électricité en France. Par ailleurs, la France compte sur ses compétences techniques pour développer la filière nucléaire à l’étranger ; une perspective qui ne plaît pas particulièrement à l’Allemagne. À l’inverse l’Allemagne poussait, elle, le gaz qui en fait va  prendre la succession bien sûr des centrales nucléaires mais aussi des centrales à charbon qui leur ont succédé et même des énergies alternatives trop peu performantes.D’un point de vue géopolitique, l’Allemagne se fragilise vis-à-vis la Russie. L’Allemagne avait donc besoin de la bénédiction française vis-à-vis de son foie énergétique. Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité. L’objectif est d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction de CO2. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux Etats membres le 31 décembre, peu avant minuit, d’après plusieurs sources contactées par l’AFP.

La Commission « a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte » permettant d’inclure « certaines activités de gaz et de nucléaire » dans sa taxonomie verte, a confirmé l’exécutif européen dans un communiqué.

 Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité, avec pour objectif d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de Bruxelles, consultée par l’AFP, fixe des conditions à l’inclusion du nucléaire et du gaz, notamment une limitation dans le temps. Pour la construction de nouvelles centrales atomiques, les projets devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045. Concernant les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes, ils devront avoir été autorisés avant 2040.

Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. Concernant le gaz, qualifié de « source d’énergie de transition », les investissements seront reconnus « durables » pour des centrales émettant peu de CO2. La Commission a fixé des seuils drastiques : moins de 100 g de CO2 par kWh, un seuil inatteignable avec les technologies actuelles selon des experts.

Cependant, une période de transition est prévue. Les centrales obtenant leur permis de construire avant le 31 décembre 2030, verront ce seuil relevé à 270 g de CO2 par kWh à condition de remplacer des infrastructures existantes beaucoup plus polluantes et de répondre à une série de critères.

Les Etats membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier.

L’Allemagne ferme son nucléaire pour le gaz russe !

L’Allemagne ferme son nucléaire pour le gaz russe !

 

Officiellement la décision de l’Allemagne de fermer trois de ses six dernières centrales nucléaires correspond à la volonté de recourir de façon presque systématique aux énergies renouvelables.
Le problème est que cette décision n’a pas grand-chose à voir avec l’environnement puisque l’Allemagne va surtout avoir recours au gaz russe, une énergie qui n’est pas totalement neutre ! Sans parler évidemment de la dépendance géostratégique à la Russie.

Notons les contradictions habituelles de l’Allemagne avec un discours très vert et qui avait décidé il y a déjà plusieurs années de fermer ses centrales nucléaires pour les remplacer par des centrales à charbon !

Les six centrales nucléaires ont contribué à environ 12 % de la production d’électricité en Allemagne en 2021, selon les chiffres préliminaires de la BDEW. La part des énergies renouvelables était de près de 41 % dans le pays, le charbon représentant un peu moins de 28 % et le gaz environ 15 %. L’Allemagne souhaite que les énergies renouvelables couvrent 80 % de la demande d’électricité d’ici à 2030, en développant les infrastructures liées aux énergies éolienne et solaire.Le problème c’est que le gaz va prendre une part de plus en plus importante éloignant d’autant plus la perspective d’un recours significatif aux énergies renouvelables.

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