Archive pour le Tag 'écologique'

Environnement– L’eau, «problème écologique le plus concret»

Environnement– L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

L’eau, «problème écologique le plus concret»

L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

L’eau, «problème écologique le plus concret»

L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

 

Total ou Boeing annonce la venue du bio kérosène, un vrai contresens énergétique et environnemental. La réalité, c’est que les avions se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique écologique.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant ou pour recycler des vieilles huiles  comme l’une des frites par exemple !

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.Les annonces de Total dans ce domaine sont tout aussi illusoires. Notons que sur le strict plan énergétique pour produire 1 l de carburant il faut aussi entre . 0,3 et 0,6 l de pétrole (il faut un litre  de pétrole pour fabriquer 1 kg d’engrais azotés par exemple)

Un nouveau concept : la république écologique de Barbara Pompili !

Un nouveau concept : la république écologique de Barbara Pompili !

 

 

 

 

Une mini loi mais un méga discours de Pompili. Un discours en décalage avec la modestie du texte qui en fait n’a pas retenu grand chose de la convention citoyenne qui finalement s’est retournée contre Macron. Du coup, Pompili a eu la lourde tâche de présenter son projet ratatiné en le survendant avec l’excès habituel des écolos ; Pour preuve du peu d’intérêt des députés, la très maigre audience. Pourtant Pompili n’ pas hésité à employer le terme de république écologique qui doit sans doute se substituer à république française.

 

Un concept creux qui ne veut rien dire. On pourrait aussi bien affubler la république de qualificatif de démocratique, sociale, sociétale, économique, technologique, sanitaire, égalitaire etc . Le terme écologique n’apporte rien et la république qui doit évidemment prendre en compte aussi la dimension environnementale ne peut être réduite à la seule dimension écolo.

 

Barbara Pompili a défendu les contours de la «République écologique» qui doit prendre forme à travers les 69 articles du projet de loi, l’un des plus gros du quinquennat, qui sera examiné pendant trois semaines par les députés. L’ancienne députée EELV veut «une véritable bascule culturelle globale qui fera de l’écologie une réalité du quotidien».  Une expression plus adaptée que la république écologique !

 

Métaux rares : une ruée bien peu écologique

Métaux rares : une ruée bien peu écologique

 

 

C’est un peu la contradiction du système de production mondiale face à la problématique environnementale. En effet les nouvelles technologies aussi bien concernant les télécommunications que la mobilité exigent  l’utilisation de plus en plus important de métaux terre très rares. Ainsi  cuivre, Nickel, lithium, cobalt aussil sélénium, gallium, ou indium.

 Or la plupart de ces métaux se trouve dans des pays en développement et surtout en Chine. La vérité est cependant plus complexe car ces terres rares existent aussi dans les pays développés en France compris. Le problème c’est que les conditions d’exploitation de ces matières premières sont très polluantes et que les pays développés préfèrent externaliser les contraintes environnementales ailleurs.

 Bref une posture environnementale à bon compte. L’exemple plus significatif étend sans doute celui de la voiture électrique dont le bilan écologique est très discutable; il faut au moins 100 000 km pour  que le rapport bénéfice risque devienne favorable à l’électrique. Reste aussi le redoutable problème du traitement des batteries usées.

 De la même manière on ne veut pas retraiter les métaux rares des téléphones portables dans les pays développés car le coût financier est trop important. Bref il faut y regarder à deux fois avant de considérer telle ou telle technologie plus soucieuse de l’environnement que l’autre. En attendant le prix des terres rares s’envole. . Il en va ainsi du lithium, dont le cours, à plus de 12.000 dollars la tonne, a doublé depuis novembre. Ou du cobalt – plus de 52.000 dollars la tonne -, qui a pris 50%.

Dans les pays développés par exemple pourra se vanter de circuler. Mais nombre de pays en développement auront leurs sols, leur eau voir l’air pollués pour des dizaines et des dizaines d’années

Plaidoyer pour un e-commerce plus écologique

Plaidoyer pour un e-commerce plus écologique

Marc Lolivier, délégué de la Fevad, dans une tribune aux « Echos » que le choix à faire est d’acheter responsable. Peu importe le canal.

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont provoqué des bouleversements profonds. L’e-commerce en est une vibrante illustration, apportant une réponse, autant aux consommateurs qu’aux entreprises, mais suscitant parfois des a priori et des raccourcis, souvent fallacieux. Certains dénoncent par exemple un bilan carbone prétendument désastreux en oubliant que sur 10 personnes livrées en France, 7 d’entre elles déclarent qu’elles auraient pris un véhicule motorisé si elles avaient dû se rendre en magasin ! Pour autant, l’heure est au changement de nos habitudes. Saisissons l’opportunité que présente la vente en ligne afin de créer un modèle français d’e-commerce plus écologique et responsable.

Cette (r)évolution est l’affaire de tous : des entreprises, en renforçant les initiatives responsables en matière de production et de logistique ; des pouvoirs publics, en soutenant le secteur du commerce ; et de chacun d’entre nous en participant à la prise de conscience collective.

Notons qu’Anne-Marie Idrac, ancienne ministre et chargé d’une mission à propos des critères RSE du commerce via les plates-formes numériques.

La transition écologique en panne ?

La transition écologique en panne ?

 

Patrick Criqui, directeur de recherche émérite au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes, et Carine Sebi, professeure associée et coordinatrice de la Chaire « Energy for Society » à la Grenoble École de Management (GEM), font le point sur la transition écologique en France.( the conversation)

 

Alors que le tribunal administratif de Paris vient de reconnaître dans le cadre de « l’Affaire du siècle«  une « carence fautive » de l’État face au changement climatique, la transition énergétique est aujourd’hui présentée comme « en panne ». En tous cas, insuffisante par rapport aux engagements pris, notamment avec l’Accord de Paris. Et pourtant la France a beaucoup œuvré pour la conclusion de cet accord. Et elle dispose d’une feuille de route détaillée pour la décarbonation de son économie : la stratégie nationale bas carbone. Suite à la publication en 2018 du rapport 1,5 °C du GIEC, cette stratégie a été revue pour marquer l’adoption de l’objectif plus ambitieux de « neutralité carbone » en 2050. Pour atteindre cette neutralité, la France devra diviser par 6 ses émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990).

Comment expliquer cet écart à la fois entre les intentions et les actes et entre les actes et les résultats concrets? Est-ce par manque de vision, de volonté politique, de moyens, ou d’adhésion des citoyens? Est-ce encore parce que, comme l’avancent certains, les lobbys industriels feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner cette transition qui menacerait leurs modèles d’activité et leurs profits? La réalité est, comme toujours, plus complexe!

Les « quatre piliers » de la transition

Toutes les explications déjà avancées ont sans doute une part de vérité. Mais ce serait facilité, ou paresse, que de s’arrêter là et de ne pas examiner avec plus de soin les leviers de la transition, mais aussi les difficultés rencontrées et les défis à relever.

Pour les difficultés, on pourrait les résumer en reprenant le titre de l’ouvrage du sociologue Michel Crozier paru en 1979 : on ne change pas la société par décret. Pour les solutions, il y a tout lieu de penser qu’il n’y a aucune formule miracle, ni du côté des options à mettre en œuvre, ni de celui des moyens à mobiliser par les politiques publiques.

Il faut cesser par exemple d’opposer solutions technologiques et solutions comportementales : le débat entre « technophiles » et « comportementalistes » est certainement plus paralysant qu’utile. Le défi climatique est tellement difficile à relever qu’il demandera ET des changements de comportement ET des innovations technologiques ET des améliorations des institutions pour la gouvernance de la transition.

Exclure une de ces options serait le plus sûr moyen de rater la cible.

Toutes les études de prospective explorant les voies de la « décarbonation profonde » des économies concourent pour identifier quatre leviers principaux : la sobriété, l’efficacité, la décarbonation de l’énergie et, enfin, les « transferts d’usage » – soit le remplacement des équipements alimentés aux énergies fossiles par ceux utilisant de l’électricité ou des gaz décarbonés.

Pilier 1 : la sobriété, nécessaire, mais non suffisante

C’est pour faire face aux chocs pétroliers que les premières mesures de sobriété énergétique ont été avancées dans les années 70. Les citoyens étaient incités – voire contraints – à réduire leurs consommations via des changements de comportement.

C’était l’époque de la « chasse au gaspi » et des campagnes de l’Agence française de la maîtrise de l’énergie (Ademe) demandant aux automobilistes de réduire l’allure et aux habitants de mettre un pull ! Plus tard dans les années 2000, avec la conscience grandissante de la nécessité de réduire la consommation d’énergie pour lutter contre le réchauffement climatique, la sobriété énergétique gagne de l’importance. En France, c’est notamment l’association NegaWatt qui popularise ce concept.

La sobriété énergétique regroupe à la fois des comportements individuels (porter un pull plutôt que surchauffer en hiver son logement à 21 ou 22 degrés) et collectifs (aménagement des territoires en faveur des mobilités douces). Elle concerne tous les secteurs, peut s’appliquer par différents moyens avec plus ou moins d’intensité. Elle suppose un effort d’information et d’éducation important, permettant de limiter les gaspillages et de réaliser, au passage, des économies financières.

La généralisation de ces comportements n’est toutefois pas sans poser problème : tout le monde ne souhaite pas ou ne peut pas être sobre par un simple effort de volonté.

Il y a ceux qui sont dans une situation de précarité. Dans les situations les plus extrêmes, certains ménages sont contraints à sous-chauffer leur logement ou à limiter leurs déplacements. Il y a aussi ceux qui n’ont pas les moyens techniques de devenir plus sobres en énergie. Pensons à la dépendance à l’automobile de beaucoup des gilets jaunes. Enfin une partie de la population ne souhaite pas faire ces efforts et préfère le confort du statu quo.

Pilier 2 : l’efficacité à la rescousse!

Si la sobriété énergétique permet de réduire les consommations énergétiques par des changements de comportements, l’efficacité énergétique y parvient grâce à des améliorations technologiques, à niveau de confort inchangé. Tout comme la sobriété, elle concerne tous les secteurs.

Pour reprendre l’exemple précédent du chauffage, l’installation d’une chaudière performante, permettra, moyennant investissement, de réduire les consommations sans pour autant modifier la température de chauffe du logement. Les scénarios de l’Ademe indiquent que si « partout et toujours » les équipements les plus efficaces étaient employés, alors nous obtiendrions une très forte réduction des consommations énergétiques.

Mais les potentiels mobilisables ne sont pas toujours les potentiels théoriques et l’efficacité énergétique rencontre aussi des difficultés d’application et de résultats.

L’isolation des parois peut par exemple représenter un investissement très important avec, parfois, un faible retour sur investissement, ce qui limite son application.

Plus important peut-être : lorsque les mesures sont appliquées, les gains énergétiques sont souvent compensés par des gains dits de confort : « Le logement est mieux isolé et, à facture égale, il y fait plus chaud… on va enfin pouvoir se chauffer correctement! »

Il faut alors parvenir à combiner les actions de sobriété et d’efficacité énergétique pour obtenir des résultats significatifs. Et reconnaître l’importance d’une offre énergétique décarbonée…

Pilier 3 : « en même temps », décarboner les énergies

Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C comme le préconisent les experts du GIEC dans leur rapport de 2018, il faut viser la neutralité carbone mondiale, soit l’équilibre entre les émissions résiduelles et les absorptions de carbone induites par l’homme dans les forêts, les sols ou des réservoirs souterrains. Et cela peu après le milieu du siècle.

La France et l’Europe ont fixé cet objectif dès 2050. Il impose clairement de changer du tout au tout nos sources d’énergie en remplaçant quasi totalement les énergies fossiles par des énergies non carbonées.

Parmi ces dernières, les énergies éolienne et solaire ont aujourd’hui « le vent en poupe ». Elles sont abondantes, mais présentent l’inconvénient d’être intermittentes. Cette variabilité naturelle, pour des énergies transformées en électricité, pose le problème de l’adéquation en permanence entre l’offre et la demande sur le réseau.

Il existe d’autres sources renouvelables « pilotables » (c’est-à-dire produisant « à la demande »), comme l’hydraulique et la biomasse. Elles sont utiles, mais présentent des limites en matière de capacités : le potentiel hydraulique est largement équipé en France, la production des bioénergies entre en compétition avec l’agriculture pour l’utilisation des sols ou le maintien des forêts.

Il faut donc explorer de nouveaux systèmes technologiques qui permettront de stocker, en grande quantité et de manière intersaisonnière, voire interannuelle, les “énergies renouvelables variables” lorsqu’elles sont en excédent. Et elles seront d’autant plus souvent excédentaires que les capacités installées seront importantes. Les stations de pompage, les batteries (y compris celles des véhicules électriques), l’hydrogène et le méthane de synthèse constituent les principales « briques technologiques » à explorer.

Ces systèmes énergétiques du futur constituent un élément central dans le débat entre les tenants d’un futur 100% renouvelables et ceux qui maintiennent que le nucléaire constitue un atout maître pour la décarbonation à long terme des systèmes énergétiques. Cela parce que c’est une source d’énergie bas carbone, dense et pilotable.

Mais pour ce faire, le nucléaire devra retrouver des conditions de compétitivité économique qui ont été perdues avec les premiers réacteurs de troisième génération. Ceux-ci pourront-ils être optimisés ou l’avenir viendra-t-il de l’innovation et des nouveaux concepts – les petits réacteurs modulaires ou encore la « quatrième génération » avec les réacteurs à sels fondus?

Le débat sur l’équilibre à trouver entre renouvelables et nucléaire s’inscrit dans de multiples dimensions : le rapport des potentiels renouvelables à la demande totale ; les coûts des différentes options de production, et de plus en plus des dispositifs associés (stockage, électrolyseurs pour produire de l’hydrogène, usines de gaz de synthèse) ; la question de la sûreté des installations et des déchets. Enfin, dans une perspective internationale, on ne peut ignorer les enjeux industriels de la maîtrise des différentes technologies.

Pilier 4 : s’assurer que les usages sont adaptés aux énergies de demain

Dans tous les cas, les équipements chez l’utilisateur devront être adaptés pour consommer principalement de l’électricité et du gaz décarboné.

C’est particulièrement le cas du transport terrestre qui représente aujourd’hui en France le premier secteur pour les émissions de CO2. Pour les véhicules légers utilisés principalement pour de courts trajets quotidiens et qui restent de nombreuses heures à l’arrêt, la conversion du parc de véhicules thermiques vers l’électrique a commencé, et elle devra s’accélérer. Elle permettra par ailleurs de stocker, via les batteries des véhicules, de l’énergie renouvelable intermittente.

Concernant les trajets de plus longue distance et/ou pour des véhicules plus lourds, la conversion du parc vers des véhicules à « hydrogène » équipés de piles à combustible, constitue une solution… à condition évidemment que l’hydrogène soit produit à partir d’une électricité elle-même décarbonée.

La difficulté est ici de savoir comment synchroniser le développement de ces nouvelles solutions énergétiques, d’une part avec le déploiement des énergies renouvelables, d’autre part avec le développement des infrastructures de recharge ou, pour l’hydrogène, de transport-distribution.

Le timing des différents investissements doit absolument être maîtrisé, au risque de perdre des technologies dans la « vallée de la mort des innovations ».

Dans le cas de la mobilité hydrogène, le projet Zero Emission Valley en Auvergne Rhône-Alpes fait précisément le pari du développement en phase de la production d’hydrogène vert et du déploiement des bornes de recharge pour les véhicules compatibles.

« Que fleurissent les cent fleurs! » (Mao Tse Toung)

S’il est clair que la transition passe par le désinvestissement des énergies fossiles, qui permettra de dégager d’énormes potentiels de financement, l’investissement dans les solutions décarbonées doit aujourd’hui rester diversifié.

Car aucun des quatre piliers ne constitue en lui-même une « balle en argent » qui permettrait de terrasser les énergies fossiles! Répétons-le : aucune technologie n’apporte de solution miracle, car chacune se heurte à des contraintes d’acceptabilité, de potentiel, d’économie, de fiabilité ou de sécurité.

Les quatre piliers ne peuvent donc constituer que des éléments complémentaires dans un « bouquet » de solutions.

C’est bien de ce point de vue qu’il faut se garder de l’opposition entre les tenants de « la sobriété au-dessus de tout » (les comportementalistes) et les tenants de « la technologie avant tout » (les technophiles). Devant l’urgence qui augmente et les difficultés rencontrées, seules des stratégies mobilisant tous les moyens, dans un équilibre efficace, mais adaptatif, peuvent conduire à un (relatif) succès.

La nouvelle religion du puritanisme écologique

La nouvelle religion du puritanisme écologique

 

Le champ environnemental est désormais largement envahi par une sorte de puritanisme marqué autant par une rigueur excessive que par les contradictions. Ainsi nombre de bobos écologistes donnent -t-il des leçons de vertu pour sauver la planète Terre alors qu’ils entretiennent que des relations théoriques voire ésotériques avec cette même terre. Combien en effet de ces leaders écolos savent-ils ce qu’est tout simplement un jardin, plus largement la nature et son environnement. La plupart sont en effet des urbains, fruits de la métropolisation,  qui pourtant nourrissent l’ambition d’imposer une sorte de morale écologique sur le reste du territoire voire à la terre entière.

Exemples, celui des boues urbaines ou encore de ces fameuses éoliennes qu’on refuse ostensiblement près de chez soi mais qu’on veut  exporter  dans les territoires perdus de la ruralité contre une petite prime aux élus quand ce n’est pas des cadeaux personnels. Ainsi à Grenoble ,ville environnementale supposée modèle,  via la société d’énergie grenobloise (contrôlée  par l’agglomération) demande que soit abandonnée la qualification d’espaces boisés dans le plan local d’urbanisme de Saumur Val de Loire.

Clairement Grenoble demande que le plan local d’urbanisme soit modifié pour satisfaire aux exigences des éoliennes. Une manière élégante d’externaliser des contraintes négatives sur des territoires pauvres. Une pratique bien connue des pays développés par exemple pour externaliser dans les pays pauvres  l’extraction des métaux rares où la fabrication de produits dangereux. On imagine évidemment ce que serait la réaction de la métropole de Grenoble si des territoires perdus comme ceux  la région Saumur Val de Loire intervenaient dans pour modifier les outils de planification de la région grenobloise.

Notons que cette affaire pose également le champ géographique des compétences d’une collectivité  qui sans doute aurait mieux à faire en s’occupant par exemple des questions sécuritaires plutôt que de détériorer le cadre de vie et les conditions économiques et sociales des régions pauvres. On pourrait multiplier les exemples quand par exemple les écolos bobos  veulent imposer de manière brutale des normes de gestion des milieux agricoles et forestiers ,au milieu ruraux et aux pays en voie de développement dont ils ignorent tout. Nombre de recommandations écologiques pures et dures opèrent  en fait des transferts d’externalités négatives sur les pays et régions pauvres y compris en France. Une sorte de religion du puritanisme écologique à bon compte.

Thomas Piketty pour une relance sociale et écologique

Thomas Piketty pour une relance sociale et écologique

 

Pour l’économiste Thomas Piketty,Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, la première priorité devrait être la relance sociale, salariale et écologique. Pour la financer, et réduire l’endettement public, il faudra mettre à contribution les plus hautes fortunes privées.’ Le Monde)

Alors que la crise pandémique nourrit plus que jamais la demande de justice sociale, une nouvelle enquête menée par un consortium de médias internationaux (dont Le Monde) vient de révéler les turpitudes financières du Luxembourg, un paradis fiscal niché au cœur de l’Europe. Il est urgent de sortir de ces contradictions et de lancer une transformation profonde du système économique dans le sens de la justice et de la redistribution.

Commençons par le plus immédiat. La première priorité devrait être la relance sociale, salariale et écologique. La crise du Covid a mis au grand jour les faibles rémunérations pratiquées dans nombre de secteurs essentiels. La CFDT, syndicat pourtant réputé centriste  (!), a demandé en janvier la hausse immédiate de 15 % de tous les bas et moyens salaires dans le secteur médico-social. Il faudrait faire de même dans l’éducation, la santé et l’ensemble des secteurs à bas salaire.

Un effort accru de transparence financière

C’est également le moment d’accélérer radicalement le rythme des rénovations thermiques des bâtiments, de créer massivement des emplois dans l’environnement et les énergies renouvelables, d’étendre les systèmes de revenu minimum aux jeunes et aux étudiants. Où faut-il s’arrêter dans la relance publique ? La réponse est simple : tant que l’inflation est quasi nulle et les taux d’intérêt à zéro, il faut continuer. Si et quand l’inflation retrouvera durablement un niveau significatif (mettons, 3 % à 4 % par an pendant deux années consécutives), alors il sera temps de lever le pied.

La seconde étape est qu’il faudra naturellement mettre à contribution les plus hautes fortunes privées, à un moment ou à un autre, afin de financer la relance sociale et de réduire l’endettement public. Cela exigera un effort accru de transparence financière. L’enquête OpenLux l’a démontré : le registre des bénéficiaires effectifs des entreprises (c’est-à-dire des propriétaires véritables, au-delà, en principe, des sociétés-écrans) rendu public par le Luxembourg à la suite d’une obligation européenne, et dont on attend d’ailleurs toujours qu’il soit mis en ligne par la France, comporte malheureusement de nombreuses failles. Il en va de même du système d’échange automatique d’informations bancaires mis en place par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

De façon générale, toutes ces nouvelles informations sont utiles, mais à la condition qu’elles soient réellement utilisées par les administrations fiscales pour mettre à contribution les personnes fortunées qui, jusqu’ici, échappaient à l’impôt. Surtout, il est essentiel que les gouvernements fournissent des indicateurs permettant à tout un chacun de vérifier dans quelle mesure tout cela permet d’avancer vers un système fiscal plus juste.

Environnement–transport aérien: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

Environnement–transport aérien: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

 

L’annonce de Boeing semble de nature purement commerciale après des problèmes que la société rencontre notamment dans le domaine des avions avec les déboires du 437 MAX en particulier. Boeing annonce en effet que ces avions pourront voler sans pétrole 2030. La réalité, c’est que les avions Boeing se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique environnementale.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant.

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.

Environnement–Boeing: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

Environnement–Boeing: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

 

L’annonce de Boeing semble de nature purement commerciale après des problèmes que la société rencontre notamment dans le domaine des avions avec les déboires du 437 MAX en particulier. Boeing annonce en effet que ces avions pourront voler sans pétrole 2030. La réalité, c’est que les avions Boeing se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique environnementale.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant.

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.

Boeing: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

Boeing: des avions sans pétrole ici 2030 ? Un contresens écologique !

 

L’annonce de Boeing semble de nature purement commerciale après des problèmes que la société rencontre notamment dans le domaine des avions avec les déboires du 437 MAX en particulier. Boeing annonce en effet que ces avions pourront voler sans pétrole 2030. La réalité, c’est que les avions Boeing se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique environnementale.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant.

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.

Les sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Les  sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Dans cet ouvrage publié chez Odile Jacob, une trentaine de scientifiques, membres de la Fondation Nicolas Hulot, mettent en garde contre les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques pour servir des intérêts économiques.( Le Monde)

Livre.

 

 Jamais la science n’a été aussi présente dans l’espace public, son capital symbolique capté de toutes parts, sa prestigieuse caution âprement revendiquée par les responsables politiques, les capitaines d’industrie, les lobbyistes ou les organisations militantes. Et pour cause : l’activité scientifique nourrit autant l’innovation technique et la croissance qu’elle permet d’évaluer l’impact – bénéfique ou délétère – de tout l’éventail des activités humaines sur la santé ou l’environnement. On le voit avec la crise due au Covid-19 : la science a pris tant de place qu’elle se confond parfois avec le politique, semblant indiquer au pouvoir la seule ligne de crête praticable pour affronter une menace.

 « La » science ? Le conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) a judicieusement préféré parler « des » sciences, au pluriel. Pour ses vingt ans d’existence, cet aréopage d’une trentaine de scientifiques engagés signe un ouvrage qui interroge la place des sciences dans une société supposée entamer une transition écologique.

Diversité de disciplines

Au reste, le conseil scientifique de la FNH n’aurait guère pu parler de « la » science, sans se trouver légèrement à contre-emploi. Parmi les membres du conseil, on trouve en effet des philosophes, des économistes, des climatologues, des historiens, des écologues, des mathématiciens ou encore des juristes. Et même un astrophysicien. Cette diversité de disciplines et donc de sensibilités scientifiques donne à l’ouvrage son originalité, et toute la profondeur de son analyse.

Y sont explorés, dans six chapitres largement autonomes, les rôles que peuvent jouer l’acquisition et la transmission du savoir dans la transition écologique – bien que celle-ci, omniprésente dans les discours, demeure encore largement absente des politiques publiques.

Le premier de ces rôles est bien sûr celui de l’expertise et de la consolidation des connaissances acquises. Avec, comme exemple majeur, celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le célèbre panel de scientifiques qui, depuis la fin des années 1980, rassemble et synthétise l’ensemble du savoir disponible sur le changement climatique. Et fixe le consensus scientifique sur lequel l’action politique peut – ou pourrait – s’appuyer.

Mais les auteurs n’en restent pas à cet exemple qui, à lui seul, donnerait de l’activité scientifique une image par trop idéale, comme si la connaissance nécessaire à l’action faisait toujours l’objet de consensus apaisés, projetant sur la société une rationalité bienfaisante. Au contraire : le conseil de la FNH met aussi en garde sur les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques, notamment par le détournement du doute méthodique par des intérêts économiques contrariés. Car le doute, disent en substance les auteurs, s’il est l’un des moteurs de la démarche scientifique, peut aussi s’avérer un frein puissant et entraver la prise de décision, en instrumentalisant les incertitudes inhérentes à l’acquisition de toute connaissance.

Nucléaire États-Unis : le renouveau au nom de la cause écologique

Nucléaire États-Unis : le renouveau au nom de la cause écologique

Biden veut faire de la lutte contre le changement climatique l’un des piliers de son administration et a soutenu la recherche et le développement de technologies nucléaires avancées.

Les réacteurs nucléaires génèrent une électricité pratiquement sans émissions, ce qui signifie qu’ils peuvent contribuer à atteindre des émissions nettes nulles issues de la production d’électricité dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Les États-Unis ont environ 94 réacteurs traditionnels, sur les 440 dans le monde, mais la hausse des coûts a contraint de nombreuses usines à fermer et cinq autres devraient fermer cette année dans l’Illinois et à New York. L’énergie nucléaire fait face à la concurrence des centrales électriques qui brûlent du gaz naturel bon marché et abondant et des énergies renouvelables, notamment éolienne et solaire.

Le secteur de l’électricité aux États-Unis se caractérise par une large prédominance des combustibles fossiles : leur part dans la production d’électricité atteint 62,1 % en 2019, dont 23,3 % pour le charbon et 38,4 % pour le gaz ; la part du nucléaire est de 19,5 % et celle des énergies renouvelables de 18,1 % (hydroélectricité : 6,5 %, éolien : 7,2 %, solaire : 2,6 %, etc.).

Par comparaison en France ,à ce jour, il y a 19 centrales nucléaires et 58 réacteurs répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain. Placée au 2e rang mondial en matière de production d’énergie nucléaire, la France est fortement dépendante de ses centrales. En effet, dans le mix énergétique français, le nucléaire est la première ressource servant à produire de l’électricité. Selon RTE, en 2017, 71,6 % de la production totale d’électricité en France provenait des centrales nucléaires. Le point sur les centrales nucléaires en France.

En outre, dans le monde entier, les centrales nucléaires sont confrontées à des coûts de maintenance et de sécurité croissants, notamment la protection contre les attaques de militants ou les réponses réglementaires à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.

Cinq nouveaux réacteurs nucléaires ont été mis en service l’année dernière en Chine, en Russie, en Biélorussie et aux Émirats arabes unis, selon Sama Bilbao y Leon, le directeur général du groupe industriel, l’Association nucléaire mondiale.

« Comment réussir la transition écologique »

« Comment réussir la transition écologique »

 «  La politique n’est pas qu’une affaire de plomberie, c’est aussi une affaire de poésie  », clame la députée du Nord, Valérie Petit, qui appelle dans le journal l’opinion à convoquer les sentiments des Français pour réussir la transition écologique.

 

 

 

Chronique dans le Monde

 

Ce n’est ni une preuve scientifique, ni un discours politique qui ont fait de moi une écologiste convaincue, c’est une émotion, celle que nous ressentons face au spectacle grandiose et vibrant de la nature. Celle que narrent les astronautes qui ont contemplé la planète bleue depuis l’espace, celle que nous éprouvons sous un ciel étoilé, face à l’océan, dans les profondeurs de la forêt ou dans le regard d’un animal aimé. Une émotion presque magique, pour ne pas dire mystique, qui nous fait nous sentir tout petits mais connectés à quelque chose d’immense. Elle nous procure joie, gratitude, mais aussi le sens de nous-même et de notre responsabilité dans le « miracle » du vivant, ce « grand tout » que forment ensemble l’humain et la nature.

Adolescente née dans une cité bétonnée, je rêvais de fuir dans la forêt : quand enfin, j’emménageais près d’un petit bois, j’y passais des heures, seule ou avec mes camarades, dans une petite cabane faite de branchages. Le bruissement des arbres, le chant des oiseaux, le frémissement du vivant tout autour, me procuraient un sentiment d’émerveillement, presqu’une transcendance. J’en ressortais invariablement avec un sentiment de liberté et de plénitude personnelle, en même temps que de responsabilité immense vis-à-vis de ce cadeau qu’est, non pas seulement la nature, mais notre connexion avec elle.

De la forêt noire de Baden-Baden à la forêt magique de Paimpont, des châtaigniers majestueux de Virginie aux pins sacrés du mont Hua shan : depuis cette époque, je n’ai cessé de répondre à l’appel de la forêt, de la wilderness (nature sauvage) comme l’appellent les Américains. Plus tard, pour soutenir mon engagement politique et garder la trace de cette émotion, j’ai fait tatouer sur mon avant-bras, le symbole d’Artémis, déesse du monde sauvage, assorti de cette citation de l’écologiste libertaire H. D. Thoreau : « Toutes les bonnes choses sont libres et sauvages ».

« Pour changer sa manière de vivre, il faut bien plus que de bonnes raisons, il faut de bonnes émotions. Le cœur a des raisons que la raison politique ne peut plus ignorer, au risque d’échouer. »

Car l’émotion, dont l’étymologie signifie « se mettre en mouvement », est un puissant moteur de l’action. Cette émotion aussi puissante que singulière, que nous éprouvons au contact de la nature, les chercheurs l’appellent awe (la révérence). Les travaux récents de la psychologie positive montrent qu’elle n’est pas seulement source de bien-être physique et de joie : elle donne également du sens à nos vies et contribue à notre épanouissement individuel. Plus étonnant, elle nous pousse également à des comportements plus altruistes et plus responsables, notamment à l’endroit de l’environnement et du vivant.

« Libre et sauvage ». Dès lors, l’awe apparaît comme la réponse émotionnelle à cette question politique décisive : « Pourquoi, alors même que nous avons tous conscience de l’urgence climatique, ne sommes-nous pas capables collectivement d’accepter de changer nos modes de vie ? » Tout simplement, parce que les émotions négatives ou la contrainte imposée de l’extérieur ne suffisent pas pour lever les freins au changement comme le peut une émotion forte et positive qui meut chacun de l’intérieur.

Pour changer sa manière de vivre, il faut bien plus que de bonnes raisons, il faut de bonnes émotions. Le cœur a des raisons que la raison politique ne peut plus ignorer, au risque d’échouer. Si nous voulons que chaque citoyen, soit un acteur actif, libre et responsable de la transition écologique, nous devons aussi réensauvager les cœurs.

Osons dès lors un discours à contre-courant de l’époque, si prompt à craindre les émotions presque autant que la liberté de les exprimer : pour embarquer librement les Français dans la transition écologique, et faire de celle-ci une aventure personnelle aussi bien qu’une réussite collective, nous devrions aussi susciter une adhésion « libre et sauvage » à l’écologie, faire de celle-ci une émotion politique positive fondée sur la reconnexion avec la nature et le sauvage au quotidien.

Hausse des ambitions de l’Accord de Paris, loi Climat, Green Deal européen, One Planet Summit, COP15 sur la biodiversité, COP26 sur le climat : l’année 2021 sera la chance, enfin donnée, à une transformation écologique de notre économie et de notre société. Nous ne convaincrons pas les Français avec un discours politique nourrit uniquement de technique et de science. Car, comme le soulignent les scientifiques de l’émotion, il faut du plaisir, du sens et de la liberté pour persévérer. Et pour cela nous avons besoin d’émotions fortes et positives.

Il se trouve que la nature, qui n’en finit plus d’être généreuse avec l’homme, est aussi pourvoyeuse de ressources émotionnelles. Car la nature et la planète ne gisent pas mortes à nos pieds. Le vivant n’a pas dit son dernier mot. Nous ne devons pas « réparer la planète » comme des mécaniciens dépourvus d’âmes. Nous devons, avec force d’émotion, nous « unir au vivant » et coopérer pour organiser la résilience, localement et globalement.

Le travail entamé par l’Union internationale pour la conservation de la nature sur le développement des solutions basées sur la nature est exemplaire de ce nouveau paradigme : la biodiversité n’est pas un trésor perdu qu’il faut protéger, c’est un allié, avec qui il nous faut travailler en confiance et en intelligence pour notre bénéfice mutuel.

«Gandhi disait, à propos du changement, que l’on commence par se changer soi, puis autour de vous les gens changent et à la fin c’est le monde qui est transformé. Cessons donc, d’infantiliser les Français, et de leur dire quoi faire pour cocher la bonne case de l’écologie»

Il ne s’agit pas de dire à chacun de retourner vivre dans les bois ! Il ne s’agit pas non plus de tenir un discours romantique déconnecté du réel. Il s’agit d’abord de reconnaître, la place de l’émotion et du sens, dans l’engagement des individus au quotidien ; de faire de l’écologie une émotion politique nationale, positive, et qui résonne chez chacun.

Empreinte émotionnelle. Il s’agit ensuite de faire de cette émotion et de la reconnexion quotidienne à la nature, une grande cause nationale et un objectif pour tous les acteurs publics pourvoyeurs d’expériences et d’engagements au quotidien. La psychologue de l’environnement Lisa Garnier propose ainsi de permettre à chacun de nous de devenir un « pisteur » de la nature sauvage au quotidien. Et ce, afin de multiplier la force de ce lien émotionnel qui, en même temps qu’il nous lie à la nature, nous relie à nous-mêmes et aux autres.

Il s’agit enfin, de rappeler que cette émotion ne peut donner son plein potentiel de mise en mouvement que si elle s’accompagne de liberté individuelle : liberté de ressentir, liberté de s’exprimer, liberté d’imaginer, liberté de s’associer et liberté pour chacun de fabriquer sa propre transition. Gandhi disait, à propos du changement, que l’on commence par se changer soi, puis autour de vous les gens changent et à la fin c’est le monde qui est transformé. Cessons donc d’infantiliser les Français et de leur dire quoi faire pour cocher la bonne case de l’écologie. Donnons plutôt la capacité et la liberté de cultiver son jardin.

Ainsi, si le Président veut réussir le tournant écologique en s’appuyant sur les citoyens, son seul rôle, à présent, devrait être de narrer le récit de l’aventure à venir, et de faire de l’écologie et de la nature une grande émotion politique. Car c’est aussi de l’empreinte émotionnelle que nous saurons imprimer dans le cœur des Français que dépendra l’avenir de notre empreinte carbone ! La politique n’est pas qu’une affaire de plomberie, c’est aussi une affaire de poésie.

Valérie Petit est députée (Agir) du Nord.

BNP : se centrer sur la transition écologique

BNP : se centrer sur la transition écologique

Le banquier Jean-Laurent Bonnafé, président d’Entreprise de BNP Paribas estime que les entreprises et les banques ont un rôle central dans la transition écologique (interview dans la Tribune)

 

Jean-Laurent Bonnafé, en tant que président d’Entreprise pour l’Environnement, cinq ans après l’accord de Paris, quel bilan tirez-vous de l’action des entreprises à l’égard de la question climatique ?

Clairement, au risque de surprendre certains, ce sont les entreprises qui ont fait le plus de chemin depuis 2015 sur la voie de l’objectif zéro carbone en 2050. Leur accélération vers la transition énergétique a caractérisé ces cinq dernières années. Dans tous les secteurs, par vagues successives, pas de façon linéaire, les entreprises se sont engagées. Des bascules s’organisent, secteur par secteur, sujet par sujet. Et si elles n’étaient pas au centre des engagements à l’origine, elles sont aujourd’hui au centre des réalisations.

Délivrer la transition énergétique, cela passe par des offres de services, de techniques, de technologies que seules les entreprises peuvent concevoir. C’est le propre des entreprises de se donner des jalons et de s’y tenir. C’est dans la génétique des entreprises. Cela peut parfois sembler imparfait ou insuffisamment rapide, mais le résultat est qu’il y a de réelles avancées. Aux Etats-Unis, si Tesla émerge, c’est que des investisseurs se disent qu’on a besoin de financer cette voiture électrique. Sinon ils ne l’auraient pas soutenu à bout de bras en prenant autant de risques. L’innovation est un fait d’entreprises et d’entrepreneurs de capitaux privés.

Les parties prenantes des entreprises, notamment les salariés contribuent activement à ces changements. Dans un monde, où les espaces privés et professionnels sont de plus en plus entremêlés, plus personne n’envisage de travailler dans une entreprise qui agirait de façon contraire à ses valeurs personnelles.

Ceux qui sont en retard, ce sont les Etats. Ils ont conscience qu’il faut agir, mais cela nécessite des décisions politiques impopulaires…

Les Etats portent ou conduisent des politiques publiques qui peuvent reposer sur des incitations d’ordre financière, fiscale ou de règlementation sectorielle. Ils peuvent aussi mobiliser des leviers comme l’éducation du plus jeune âge jusqu’aux filières spécialisées, ou encore le soutien à la recherche publique ou l’innovation. Il faut aussi souligner l’engagement parfois déterminant des collectivités territoriales, notamment les villes et les agglomérations.

La COP21 a vu la défection de certains pays, comme les Etats-Unis d’Amérique. Vous croyez en leur retour dans l’accord de Paris ?

Oui, c’est ce qui semble se confirmer et c’est une excellente nouvelle.

« Une servitude écologique insupportable » ?

« Une servitude écologique insupportable » ?

Face à l’impossibilité matérielle d’atteindre l’objectif de réduction rapide des émissions fixé par les institutions européennes, on peut s’attendre à des « conséquences sociales et industrielles désastreuses », selon Dominique Finon, spécialiste de l’énergie et du climat.Une opinion qui pourra être contestée mais qui mérite d’être lue.

Tribune. 

 

Dans l’atmosphère particulière créée par la crise sanitaire qui justifie toutes les mobilisations, notamment économique, l’enjeu climatique s’est glissé subrepticement. Alors que l’objectif de réduction des émissions de carbone à 2030 par rapport à 1990 n’était encore que de 40 % en 2019, le Conseil européen du 17 septembre l’a poussé à 55 % et le Parlement européen a voté le 7 octobre une résolution visant à le porter à 60 %… Le tout légitimé par l’objectif de « neutralité carbone » en 2050 adopté fin 2018, qui prête lieu à tous les excès quand il est pris au pied de la lettre.

On comprend l’intérêt de définir un tel objectif symbolique pour se donner un cap, montrer un engagement climatique fort et affirmer la volonté de prendre le leadership mondial dans la lutte contre le réchauffement. Mais il ne s’agit pas que de symboles, car la Commission l’a inscrit dans la législation européenne comme objectif contraignant, le transformant en levier de toutes les surenchères politiques et technologiques possibles sur le moyen terme.

Déni des réalités

Or l’objectif de 40 % était déjà difficile à atteindre, car il impose de réduire en dix ans les émissions de 24 % environ, soit l’équivalent de la réduction de 23 % obtenue… en trente ans entre 1990 et 2020 à la faveur de l’effondrement des infrastructures industrielles très émettrices des ex-pays communistes d’Europe centrale ! La Commission et la classe politique européenne, dans le déni des réalités technologiques, économiques et sociales, veulent donc obliger les Etats membres à se lancer dans la décarbonation à marche forcée dans une course improbable, sous la pression d’un objectif juridiquement contraignant : il s’agit de réduire.

Les réalités ne pèsent pas lourd pour les politiciens verts et de gauche, pour lesquels il ne s’agit que de jouer avec des chiffres, mais aussi, ce qui est plus problématique, pour la très technocratique Commission européenne. Il est symptomatique qu’aucune analyse réaliste n’ait été débattue sur les moyens d’accélérer cette réduction des émissions.

« Un objectif de réduction rapide et trop ambitieux légitime le recours sans frein et coûteux aux réglementations, aux normes et aux subventions »

En admettant une seconde que ce soit faisable, de nombreux travaux d’économistes montrent déjà que les dépenses sont beaucoup plus importantes pour atteindre un objectif de réduction à une échéance rapprochée (d’ici à dix ans) qu’à plus long terme. Une trajectoire plus douce permet de donner plus de temps pour l’apprentissage des nouvelles techniques, pour accompagner leur changement d’échelle et pour remplacer les infrastructures technologiques et de transport. Un objectif de réduction rapide et trop ambitieux légitime le recours sans frein et coûteux aux réglementations, aux normes et aux subventions, avec le risque permanent de manipulation par divers lobbies, voire par certains Etats membres influents, comme c’est le cas actuellement avec les gaz verts et les plans hydrogène, « poudre aux yeux » figurant en bonne place dans les plans de relance. A ceci s’ajoute l’affectation de très importants investissements à des opportunités peu rentables en termes de coût par tonne de carbone évitée.

EDF demande des moyens supplémentaires pour la transition écologique

 EDF demande des moyens supplémentaires pour la transition écologique

le PDG d’EDF , Jean-Bernard Lévy , considère que l’Europe-France y compris-  n’a rien fait de significatif en matière de politique énergétique pour aller dans le sens de l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique. Il remet en cause le système actuel de régulation et demande des moyens supplémentaires.

 

« Nous n’avons pas assez de moyens, même en multipliant les investissements dans la transition énergétique, nous aimerions bien faire beaucoup mieux, faire beaucoup plus, aller beaucoup plus vite », a-t-il dit lors d’un événement sur le thème de l’innovation organisé par EDF.

« Nous sommes assez bloqués dans cette démarche par le système dans lequel nous sommes aujourd’hui, un système de régulation qui a été mis en place il y a une bonne dizaine d’années (…) sans tenir compte, en aucune façon, du fait que nous produisons de l’électricité décarbonée », a-t-il ajouté en évoquant la subsistance de formes de subventions aux énergies fossiles dans de nombreux pays d’Europe.

Le PDG d’EDF a estimé que les objectifs d’efficacité énergétique devaient s’accompagner d’une prise en compte des objectifs de décarbonation et a redit son souhait que des taxes carbone efficaces soient enfin décidées au niveau de l’Union européenne ou de ses Etats-membres, cinq ans après l’accord de Paris sur le climat et le réchauffement climatique.

« Qu’a-t-on fait ces cinq dernières années dans les instances communautaires pour mettre en place des actions concrètes allant dans le sens des accords de Paris ? Il me semble qu’on vient de perdre cinq ans. »

Jean-Bernard Lévy a également estimé que le financement de la transition énergétique n’imposait pas des hausses de prix pour les consommateurs.

« Il faut modifier le prix relatif des énergies entre elles (…), il faut que la politique de la fiscalité évolue – peut-être pas trop brutalement, parce que l’épisode des Gilets jaunes aura laissé des traces – de façon à organiser les choses en fonction d’un objectif climatique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, ce n’est pas le cas en France et ce n’est pas le cas en Europe (…) »

Le projet de réorganisation d’EDF, nommé Hercule, doit lui permettre d’améliorer ses capacités d’investissement et de financement à travers notamment une sanctuarisation de son parc nucléaire français et une ouverture du capital de ses activités dans les renouvelables.

Les syndicats s’y opposent toutefois fermement en faisant valoir qu’il constituerait un premier pas vers un démantèlement et une privatisation d’EDF, avec des menaces pour l’emploi.

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

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