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Croissance Europe : l’industrie manufacturière en panne

Croissance Europe : l’industrie manufacturière en panne

 

l’Europe souffre d’une maladie insidieuse à savoir la panne de développement de son industrie manufacturière. Certes,  le phénomène n’est pas nouveau (surtout en France) mais il a longtemps été masqué par la puissance de l’Allemagne dans ce domaine. Notons aussi que la même maladie affecte aussi la Chine. Certains pourront considérer qu’il s’agit là dune évolution structurelle et que le déclin de l’industrie doit être compensé par le développement des services. C’est effectivement le cas mais trop partiellement et du coup les croissances  sont très faibles voire inexistantes. On compte de manière excessive sur la consommation des ménages et les investissements pour pallier au net ralentissement des exportations. Pour l’instant,  ces les investissements sont relativement atones en dépit de la masse de liquidités disponibles dans les entreprises. Quant à la consommation, elle est affectée par l’attentisme des ménages dont certains préfèrent geler leur épargne plutôt que de consommer. L’activité du secteur manufacturier dans la zone euro s’est donc contractée pour le septième mois consécutif selon le dernier indice PMI des directeurs d’achat du cabinet Markit.

 

La panne du moteur industriel se poursuit en Europe. L’indice PMI pour l’industrie manufacturière de la zone euro a légèrement augmenté au mois d’août passant de 46,5 à 47 selon les derniers chiffres du cabinet Markit publiés ce lundi 2 septembre. Bien qu’en hausse, la situation économique des fabricants européens  »est restée fermement ancrée en zone de contraction en août ». Avec de tels résultats, l’industrie de l’union monétaire enregistre son deuxième plus faible niveau depuis avril 2013 et se maintient en seuil négatif pour le septième mois consécutif. Les craintes et inquiétudes se multiplient sur le Vieux continent.

Après avoir connu une récession en fin d’année 2018, l’économie italienne est encore plongée dans l’incertitude, minée par des faibles gains de productivité et une croissance au ralenti. En Allemagne, l’industrie automobile souffre de faibles exportations. Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a progressé de 0,4% au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents mais il s’est contracté de 0,1% au deuxième trimestre en raison d’un coup de frein des exportations.  »Cette nouvelle dégradation de la conjoncture dans le secteur manufacturier de la zone euro devrait peser sur la croissance économique de la région au troisième trimestre », a ajouté Chris Williamson, chef économiste chez Markit.Le moral des chefs d’industrie sur le Vieux continent n’est pas au beau fixe. Les économistes de Markit expliquent ces chiffres décevants par une forte contraction des secteurs de fabrication de biens intermédiaires et de biens d’équipement. À l’opposé, le domaine des biens de consommation a poursuivi sa tendance à la hausse débutée il y a près de six ans avec une forte expansion en août.

Au niveau géographique, les secteurs manufacturiers de plusieurs grandes économies sont encore dans le rouge. C’est le cas de l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande ou l’Autriche. L’économie allemande a connu « une très forte dégradation de sa conjoncture industrielle en août ». Les carnets de commandes dans plusieurs pays ont clairement reculé à cause notamment de la faible demande sur les marchés étrangers. « Les données de l’enquête continuent en effet de signaler un très fort recul des exportations », précise Markit.

Sur le front de l’emploi, les derniers chiffres du cabinet ne sont pas réjouissants. La détérioration des commandes et le ralentissement de la production ont poussé les fabricants à réduire leurs effectifs.  »L’emploi a ainsi reculé pour un quatrième mois consécutif, le taux de suppression de postes restant proche du plus haut de soixante-quatorze mois enregistré en juillet. En Allemagne, les entreprises manufacturières ont signalé les plus fortes baisses d’effectifs depuis un peu plus de huit ans », signalent les économistes. Et si le taux de chômage en Europe est au plus bas, il a tendance à se stabiliser depuis plusieurs mois selon les derniers chiffres d’Eurostat publiés vendredi dernier.

Contrairement à ses principaux voisins, l’économie tricolore résiste. L’activité du secteur manufacturier a enregistré une légère amélioration en plein coeur de l’été. « Les dernières données mettent en évidence une amélioration de la conjoncture dans le secteur manufacturier, les fabricants signalant en effet une reprise de la croissance de la production et des nouvelles commandes en août. Si cette hausse de l’activité n’est que la deuxième enregistrée au cours des six derniers mois, elle témoigne néanmoins d’une certaine robustesse de l’industrie manufacturière française, notamment au regard des faibles performances des fabricants européens », explique l’économiste Eliot Kerr.

La semaine dernière, l’Insee a révisé légèrement à la hausse (0,1 point) son estimation pour la croissance du produit intérieur brut (PIB) du second trimestre à 0,3%.  Concernant les perspectives, les industriels français sont relativement optimistes. Ils fondent leurs projections de croissance sur « des prévisions de raffermissement de la demande extérieure ». Malgré cette situation plus favorable, la perspective d’un Brexit sans accord à la fin du mois d’octobre prochain pourrait à nouveau plonger les industriels français qui échangent avec le Royaume-Uni dans le doute. Au Royaume-Uni, l’indice PMI qui mesure l’activité manufacturière en Grande-Bretagne est tombé au plus bas depuis 7 ans en août, pâtissant du ralentissement économique planétaire.

Chômage Europe au plus bas…. Grâce à la précarité

Chômage Europe au plus bas….  Grâce à la précarité

Avec que 6,3 % de taux de chômage, on atteint le plus bas niveau en Europe depuis 2000. D’une certaine manière, c’est un paradoxe puisque  dans le même temps la croissance de l’union européenne ne cesse de se tasser. Ainsi en zone euro il ne faut guère espérer plus de 1 % d’augmentation du PIB en 2019. Les taux de chômage doivent être cependant relativisés car si effectivement depuis plusieurs années le chômage européen tend à diminuer, c’est au prix d’une certaine précarité des emplois (emplois indépendants, CDD, intérim et petits boulots). précisé Destatis, l’institut fédéral de la statistique.

La multiplication des contrats courts ou des contrats « zéro heures » comme en Allemagne ou au Royaume-Uni favorise la précarisation de l’emploi et la polarisation du marché du travail dans ces pays.

. Selon les derniers chiffres communiqués par le service de statistiques Eurostat ce vendredi 30 août, le taux de chômage sur le Vieux continent s’est établi à 6,3% en moyenne au sens du Bureau international du travail (BIT) en juillet dernier. Il est resté stable par rapport au mois de juin et en diminution par rapport à juillet 2018 (6,8%). C’est le niveau le plus faible enregistré depuis le début de la mise en place de la série sur le chômage en 2000.

Du côté de la zone euro (19 États-membres), le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,5% au même niveau qu’en juin. Les statisticiens de la Commission européenne évaluent que 15,6 millions de personnes étaient au chômage en juillet sur l’ensemble du continent. Malgré le ralentissement de l’économie dans la zone monétaire et la multiplication des craintes de récession des deux côtés de l’Atlantique, le taux de chômage se porte bien. Plusieurs signaux comme la stabilisation de la baisse depuis mai dernier marque néanmoins un coup de frein des créations d’emplois.

Outre le chômage, la Commission européenne a maintenu ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020 à 1,4% et 1,6% mais en net retrait par rapport à 2018 (1,9% et 2%). L’économie allemande s’est contractée au deuxième trimestre en raison d’une chute des exportations, conséquence de la dégradation de la demande étrangère et de la montée des barrières douanières, montrent les statistiques publiées en début de semaine. Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a reculé de 0,1% après une croissance de 0,4% sur les trois premiers mois de l’année, a précisé Destatis, l’institut fédéral de la statistique.

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Sur un an, le chômage a diminué dans une grande majorité de pays (25) alors qu’il a augmenté au Luxembourg (5,6% à 5,7%) en Lituanie (de 6,1% à 6,4%) et en Suède (de 6,3% à 6,8%). L’office de statistiques note que  »les baisses les plus marquées ont été observées en Grèce (de 19,4% à 17,2% entre mai 2018 et mai 2019), en Croatie (de 8,4% à 7,1%), à Chypre (de 8,3% à 7,0%) ».

Europe : Macron a tué l’entente franco allemande

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L’Echec des chefs d’État à trouver les nouveaux responsables de l’union européenne doit beaucoup à Macron. Jusque-là en effet, les principales nominations se préparaient entre les Allemands et les Français. Désormais chacun soutient son candidat. En outre, il n’y a pas d’alliance de substitution compte tenu de l’attitude de Macron fâché avec à peu près les trois quarts de l’Europe. Il y a d’abord évidemment la Grande-Bretagne que la France veut  voir partir le plus vite possible quand les Allemands eux tempèrent. Les relations exécrables avec l’Italie, aussi avec nombre de pays de l’Est. Elles ne sont pas bonnes non plus avec l’Espagne et certains pays nord. En cause, le faite que macro, manifeste la plus grande condescendance voir le mépris à l’égard des opinions qui ne rejoignent pas les siennes. L’axe franco-allemand qui constituait la base de l’union européenne a disparu. Les Allemands sont particulièrement agacés par les propositions de Macron qui en gros vise à dépenser les excédents allemands dans des structures bureaucratiques. Par exemple ce fameux ministère des finances de la zone euro, ce super ministre de l’économie, cette mutualisation des dettes, ces plans d’investissement etc. pour Macron, l’Allemagne manque totalement d’ambition. Pour l’Allemagne et Merkel Macron incapable de gérer son budget (le déficit est reparti) veut solliciter les ressources allemandes pour ses illusoires utopies. La France fournirait la matière grise et notamment celle de son chef qui deviendrait alors le seul leader de l’Europe et l’Allemagne pour fournirait les financements. L’Allemagne ne veut surtout pas de cette vision curieuse sorte de cocktail entre l’ultra libéralisme et un supra étatisme européen. D’une certaine manière, la position de Macron en Europe et dans le monde est assez à l’image de celle qu’il occupe en France. Macon est certes légitime mais il est très minoritaire. Il y a un énorme décalage entre l’ambition de ses discours et finalement sa politique à l’ancienne. Sa posture et son tempérament sont sans doute ses pires ennemis.

Croissance : tassement en Europe aussi en France

Croissance : tassement en Europe aussi en France

 

Tassement inquiétant en Europe mais  aussi en France

La Commission européenne prévoit une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 1,2% en 2019, et 1,5% en 2020, pour l’ensemble des 19 pays de la zone euro, après 1,9% en 2018 La Commission européenne a une nouvelle fois abaissé mardi ses prévisions de croissance  pour la zone euro en 2019 et 2020, dans un contexte d’incertitudes sur le commerce mondial et l’éventualité d’un « Brexit sans accord ».L’exécutif européen table désormais sur une hausse du Produit intérieur brut (PIB) de 1,2 % en 2019, et 1,5 % en 2020, pour l’ensemble des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, après 1,9 % en 2018. De son coté, L’Insee publie ce jeudi sa note de conjoncture sur l’année 2019. L’institut prévoit une progression du PIB de 1,3% en 2019 en France, après 1,7% l’an dernier et 2,4% en 2017. 0,3%: C’est le rythme de croissance de l’économie française sur chaque trimestre jusqu’à la fin de l’année, selon l’Insee. Cela permettra au PIB de progresser de 1,3% en 2019. Cette année, la consommation des ménages en sera le principal moteur. Les ménages accroîtraient leur consommation de 1,3 %, après 0,9 % en 2018. À l’inverse, l’investissement des entreprises ne croîtrait plus que de 3,3 % en 2019. Une évolution certes dynamique, souligne l’Institut de statistique, mais moins importante qu’en 2018 (+3,9 %) et a fortiori qu’en 2017 (+5%).

Europe -Nathalie Loiseau : première grosse connerie

Europe -Nathalie Loiseau : première grosse connerie

 

 

Nathalie Loiseau, la tête de liste de la république en marche s’était déjà signalé par un manque de charisme et de dynamisme lors des élections européennes. Visiblement la république en marche a fait une grosse erreur de casting. Pour preuve encore Nathalie Loiseau vient de faire une énorme bêtise en confiant à des journalistes tout le mal qu’elle pense de certaines personnalités européennes. De ce point de vue Nathalie Loiseau n’a sans doute fait que reprendre les analyses de Macron vis-à-vis du personnel politique européen. (et ce qui lui a valu aussi sa marginalisation au plan de l’Europe). Le problème c’est que Nathalie Loiseau s’en est ouverte aux journalistes qui n’ont pas manqué de diffuser ces états d’âme. Du coup la sanction est immédiatement tombée Nathalie Loiseau a été immédiatement discréditée pour prendre la tête du troisième groupe politique de l’assemblée européenne. On peut imaginer que ce ne sera pas la dernière bourde de Nathalie Loiseau qui, comme la plupart des responsables de la république en marche, manque cruellement d’expérience sociale et politique voire parfois de compétence tout court.

Sondage Europe : 29% y croient encore

Sondage Europe : 29% y croient encore

Un sondage qui devrait inciter à une sérieuse remise en cause de l’Europe, ses champs d’activité et ses liens avec les Etats. Une Europe  qui apparaît relativement technocratique et inefficace sur des sujets fondamentaux comme sur l’emploi, l’immigration, l’environnement ou la fiscalité. En outre, l’élément le plus déterminant pour ce scrutin européen sera la question du pouvoir d’achat. Ce n’est sans doute pas globalement une condamnation de l’Europe mais plutôt une prise de distance avec une institution qui semble lointaine par rapport aux préoccupations concrètes nationales, lointaines politiquement et géographiquement. Il est donc probable qu’on assistera lors des prochaines élections présidentielles à une sorte de renationalisation de l’Europe .L’Europe ne fait donc plus rêver les Français, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 4 avril. Ils sont en effet 29% à estimer que la construction européenne constitue « une source d’espoir ». Ils étaient 61% à penser cela en 2003 lors d’une enquête similaire. Pour autant, l’Europe ne constitue pas non plus une source de crainte, avec 31% des personnes interrogées qui pensent cela (- 4 points par rapport à l’enquête publiée en juin 2016).

Il ressort donc de ce sondage que l’Europe laisse désormais les Français relativement indifférents. Une majorité relative des personnes interrogées, 40%, trouve que l’Europe ne constitue ni une source d’espoir, ni une source de crainte. (+ 7 points par rapport à 2016).

L’Europe est par ailleurs jugée inefficace dans tous les domaines testés dans cette enquête d’opinion. Inefficace dans la lutte contre le terrorisme pour 56% des personnes interrogées, pour l’environnement (71%), pour l’emploi (80%), pour l’immigration (82%) et pour la fiscalité (82%).

D’ailleurs, la construction européenne ne comptera que peu dans le vote du 26 mai prochain. 19% seulement des personnes interrogées en tiendront compte au moment de glisser un bulletin dans l’urne. Sans surprise, c’est le pouvoir d’achat qui est mis en avant avec 36% des sondés qui estiment que ce critère comptera le plus dans leur vote pour les élections européennes. Suivent l’immigration (27%) et la sécurité et la lutte contre le terrorisme (24%). (Les sondés pouvaient donner deux réponses).

En Europe : des inégalités scandaleuses

En Europe : des inégalités scandaleuses

Pour résumer Selon la dernière note du laboratoire sur les inégalités mondiales co-dirigé par le célèbre économiste Thomas Piketty, au cours des dernières décennies les 10 % de la population la plus aisée à énormément profité de la mondialisation et c’est l’inverse pour les moins favorisés. D’où ce sentiment un peu partout en Europe d’injustice sociale et fiscale qui nourrit tous les populismes. À noter que les inégalités peuvent observer entre pays tout autant qu’à l’intérieur de chaque pays. En Europe du Nord, le revenu moyen par adulte s’élevait à 46.000 euros contre 38.500 euros en Europe de l’Ouest, 28.500 euros en Europe du Sud et 19.500 euros en Europe de l’Est. La faute à l’Europe qui s’est tenue à l’écart pour l’essentiel de l’harmonisation sociale et de l’harmonisation fiscale et qui finalement pourraient bien faire les frais de la révolte actuelle avec la remise en cause des attributions de la superstructure européenne L’Europe est loin d’être épargnée par les disparités de revenus entre citoyens. Les trois auteurs à l’origine de l’étude, Thomas Blanchet, Lucas Chancel et Amory Gethin, pointent les risques d’un tel phénomène alors que le Vieux continent est déjà miné par la montée des populismes et des divisions qui remettent en cause la construction européenne à l’oeuvre depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Même si les modèles de protection sociale ont pu jouer un rôle d’amortisseur, des écarts considérables demeurent. Dans une récente interview accordée à La Tribune, l’économiste spécialiste des inégalités, Branko Milanovic, expliquait « qu’il est difficile de nier le rôle des inégalités dans la montée des populismes. En tant qu’économiste, il y a une évidence circonstancielle qui semble suggérer que les classes moyennes ont subi une période néfaste. Cette période a créé un malaise économique dans ces catégories. Au fond de ces problèmes, je pense que, au-delà des inégalités, il y a un manque d’augmentation des revenus de certains groupes tandis que les catégories aisées ont pu bénéficier de la mondialisation. » A l’heure où la crise des ‘gilets jaunes » se poursuit depuis plus de quatre mois et que les nationalistes gagnent du terrain à quelques semaines des élections européennes, l’enjeu des inégalités devient crucial. L’accroissement des inégalités en Europe s’explique en grande partie par l’évolution des inégalités à l’intérieur des pays.  »Entre 1980 et 2017, le revenu des 0.001% d’Européens les plus riches haut a cru cinq fois plus rapidement que celui des 80% du bas depuis 1980″ indiquent les auteurs du document. Les revenus des 1% les plus riches ont bondi « deux fois plus rapidement que la moyenne et ont capté une part de la croissance similaire à celle captée par les 50% du bas ».

Si le tableau de l’Europe dressé par les économistes du laboratoire sur les inégalités mondiales peut paraître sombre, la situation est encore plus défavorable aux Etats-Unis. Ainsi, depuis le début des années 80, le revenu moyen avant impôts des revenus modestes sur le Vieux continent a bondi de 37% alors que celui des 50% les plus modestes a stagné outre-Atlantique. « Aux Etats-Unis, les 1% de citoyens les plus aisés perçoivent 20% du revenu national avant impôts, alors que les 50% les plus modestes n’en reçoivent que 12.5%. C’est l’inverse en Europe, où la part du revenu des 50% du bas atteint 18% alors que celle du centile supérieur ne dépasse pas 11%. » 

L’âge de la retraite en Europe

L’âge de la retraite en Europe

La récente polémique sur la modification de l’âge de la retraite en France donne l’occasion de faire des comparaisons avec d’autres pays. En France l’âge de légal à la retraite est pour l’instant fixé à 62 ans mais dans les faits le départ se situe  vers 63 ans. D’une façon générale en Europe dans la plupart des pays l’âge de la retraite est fixé à 65 ans. (Notons que c’était la en France avant que Mitterrand ne décide de revenir de 65 à 60 ans). D’une façon générale dans la plupart des pays les salariés sont incités à partir tard qu’à la date légale. Deux raisons à cela l’évolution démographique caractérisée par un vieillissement moyen de la population aussi l’allongement de la durée de vie qui fragilise les systèmes de retraite. A l’échelle mondiale, l’Europe est loin d’être le continent où l’ont part le plus tard en retraite.les pays où les hommes travaillent le plus longtemps dans le monde:

  1. Corée du Sud: 72,9 ans
  2. Colombie: 72,5 ans
  3. Mexique: 71,8 ans
  4. Japon: 70,6 ans
  5. Chili: 70,4 ans

Bien que minoritaires dans la population actives, les femmes coréennes travaillent encore plus que les hommes: elles prennent en moyenne leur retraite à 73,1 ans, bien plus tard que les Japonaises (69,3 ans) et les Roumaines (67,4 ans).

Italie : tête de pont de la Chine en Europe ?

Italie : tête de pont de la Chine en Europe ?

L’Italie en difficulté économique semble se laisser séduire, comme d’autres y compris en France, par la venue de capitaux chinois qui s’investissent dans le transport. Ainsi la Chine pourrait participer au redressement de la compagnie aérienne Alitalia en difficulté depuis de très nombreuses années après avoir apporté une contribution majeure aux travaux du port de gênes La Chine pourrait jouer un rôle dans le sauvetage de la compagnie aérienne en difficulté Alitalia, a déclaré jeudi Michele Geraci, secrétaire d’Etat italien à l’Industrie.“Je n’exclus pas que la Chine puisse être impliquée”, a-t-il dit dans un entretien à la chaîne Sky Italia, qui l’interrogeait sur un possible soutien chinois à moins de deux semaines de la date butoir pour la recapitalisation d’Alitalia. Ses propos coïncident avec l’arrivée à Rome du président chinois Xi Jinping pour une visite de trois jours au cours de laquelle il doit signer un accord qui fera de l’Italie un partenaire de son projet de “nouvelles routes de la soie”.L’autre projet de la Chine c’est de s’installer progressivement dans le port de gênes et de participer à la modernisation des infrastructures. Allonger les digues et construire d’ici la fin de l’année un nouveau terminal pour les cargos. C’est l’un des projets pour le port de Gênes (Italie), en pleine reconstruction. Il sera financé par la Chine à 49%. « Ce sera le premier terminal pour cargos entièrement automatisé au nord de la Méditerranée. Et ça va donner aux Chinois une porte d’accès centrale à l’Europe », se félicite Gian Enzo Ducci, président des agents maritimes de Gênes. L’Italie, cheval de Troie de la Chine ? L’Italie deviendrait le pays d’arrivée du projet terrestre et maritime de la Chine dit « Nouvelle route de la soie ». Avec deux portes : Gênes à l’ouest, bien reliée à la France et à l’Espagne, et Trieste de l’autre côté, en communication avec l’Europe centrale. Deux ports italiens, qui ont besoin de modernisation urgente. L’Italie, cheval de Troie de la Chine en Europe, beaucoup s’en inquiètent, mais Luigi Di Maio réfute l’argument. Pour lui, l’Italie veut surtout rééquilibrer une balance commerciale très déficitaire : 50 milliards d’importations l’an dernier contre seulement 13 milliards d’exportations.

 

 

Télécom- Huawei : pour l’Allemagne le business d’abord, l’Europe et les Etats-Unis après !

Télécom- Huawei : pour l’Allemagne  le business d’abord, l’Europe et les Etats-Unis après !

 

L’Allemagne a été mise en garde Washington si Huawei est autorisé à participer au déploiement de la 5G. Allemande. L’enjeu est à la fois politique et économique. Jusqu’à leur l’Allemagne s’est montrée très réticente pour freiner les velléités de déploiement en Allemagne de l’opérateur chinois. En cause le faite que des sociétés allemandes ont déjà passée des accords avec Huawei  qui possède une longueur d’avance concernant la technologie cinq j’ai. Une technologie qui pourrait être utile à l’ l’économie allemande notamment à son secteur automobile. En Europe nombre de pays sont plutôt réticents en raison des risques économiques mais aussi politiques entre parenthèses (enjeux des données et risques d’espionnage). Le gouvernement allemand discute toujours d’une participation ou pas du chinois Huawei au réseau 5G de téléphonie mobile de l’Allemagne, a déclaré mardi le ministre de l’Economie, Peter Altmaier. Prié de commenter un article du Wall Street Journal selon lequel une décision interministérielle préliminaire a été prise autorisant Huawei à participer à la construction de ce réseau de nouvelle génération, le ministre a répondu: « Je ne peux pas confirmer explicitement cette information car nous en sommes toujours au stade des discussions avec d’autres ministères. »Huawei, premier fournisseur mondial d’équipements de télécommunications, est soupçonné de laisser le gouvernement chinois s’adonner à l’espionnage d’autres Etats, ce qu’il dément. Les Etats-Unis ont demandé à leurs alliés de ne pas utiliser les technologies de Huawei.

Reuters a appris mardi d’une source gouvernementale allemande que Berlin ne prendrait sans doute pas sa décision rapidement. La vente aux enchères du réseau mobile 5G devrait commencer après la mi-mars et il apparaît de plus en plus que le gouvernement allemand n’exclura pas complètement Huawei. Peter Altmaier a déclaré à Reuters la semaine dernière que Berlin envisageait de renforcer les exigences de sécurité des entreprises de télécoms qui souhaitent participer à la 5G, rendant ainsi possible une surveillance plus étroite de Huawei. Le patron de Huawei en Allemagne a déclaré au quotidien Handelsblatt que le gouvernement chinois ne s’était pas immiscé dans ses activités et que la société ferait en sorte d’assurer sa transparence.  Mais ce lundi, le Wall Street Journal a indiqué que Washington s’était fendu d’une lettre au gouvernement allemand. Dans cette missive, adressée par l’ambassadeur américain à Berlin Richard Grenell au ministre de l’Economie Peter Altermaier, les Etats-Unis menacent de revoir leur coopération en matière de renseignement si l’Allemagne ne chasse par Huawei des réseaux 5G.pas sûr que l’Allemagne soit sensible aux arguments européens ou américains, car outre Rhihin c’est la logique du business qui l’emporte souvent sur les considérations politiques et diplomatiques.

 

Le 737 MAX interdit en Europe : un sale coup pour Boeing

Le 737 MAX interdit en Europe : un sale coup pour Boeing

 

L’affaire des 737 est évidemment d’abord un drame après les deux catastrophes successives. C’est aussi un sale coup commercial pour l’avionneur américain. Il y a les effefts  immédiats ; à savoir ; la perte boursière de l’ordre  de 12 % soit autour de 25 milliards d’euros. Il y a plus grave à savoir le doute  s’installer dans certaines compagnies quant à la fiabilité de l’appareil. Or le 737 Max est l’avion le plus vendu au monde.(autour de 5000 commandes).  Un avion très récent qui par ailleurs fait l’objet de très nombreuses commandes dont certaines seront nécessairement reportées tant que des clarifications n’auront pas été apportées sur les origines des accidents. Certaines commandes seront décaléeés, , dautres vont se reporter sur Airbus notamment. La décision de l’Europe de suspendre l’exploitation des 737 Max ajouter à celle de l’Inde porte un sérieux coup à l’image de marque de Boeing. La décision des régulateurs européens constitue le revers le plus sérieux pour Boeing après le crash de dimanche et met la pression sur les régulateurs américains, très discrets, cinq mois après la chute d’un autre 737 MAX 8 ayant tué 189 personnes en Indonésie, ne sont pas encore connues.L’enquête sur l’accident du Boeing de Lion Air en octobre dernier n’a pas encore livré ses conclusions mais l’attention s’est portée sur le rôle des systèmes informatiques à bord ainsi que sur la formation des pilotes et la maintenance.Boeing a annoncé son intention d’actualiser ses logiciels dans les prochaines semaines.Rien ne permet à ce stade d’établir un lien entre les deux accidents, même si l’un et l’autre se sont produits peu après le décollage.

Sans faire explicitement référence aux événements, Donald Trump s’est lamenté mardi de la complexité du pilotage des avions modernes. “Je ne sais comment c’est pour vous, mais je ne veux pas d’Albert Einstein comme pilote. Je veux des grands professionnels de l’aviation qui soient capables de prendre facilement et rapidement le contrôle d’un avion !”, a tweeté le président américain de façon peut-être un peu naïve mais avec une certaine pertinence quant à la critique de la complexité des systèmes automatisés de conduite.

Macron et l’Europe : du réchauffé qui a peu de chances d’aboutir

Macron et l’Europe : du réchauffé qui a peu de chances d’aboutir

 

Sentant sans doute que les élections européennes ne lui seraient pas forcément favorables, le président Macron semble avoir écrit en vitesse sur un coin de table ses engagements pour l’Europe. Pendant longtemps en effet les sondages ont donné une avance à la république en marche dont le score tournait autour de 25 % tandis que le rassemblement national se situait en seconde position autour de 20 %. Mais les récents sondages montrent maintenant que la formation en marche et le rassemblement national se tienne dans un mouchoir de poche. En outre ces sondages sont à prendre avec des pincettes dans la mesure où le taux d’abstention pourrait avoisiner les 60 %. Du coup, le président français a utilisé la technique de la lettre parue dans la plupart des grands pays européens. Médiatiquement une technique qui marche mais sans doute dont on aura oublié le contenu d’ici quelques semaines ou quelques mois. En effet Macon sort surtout du réchauffé comme d’abord la préférence européenne. Une préférence européenne qui nécessairement impose des mesures de restriction aux importations hors Europe. Une orientation qui aura des difficultés à être acceptée par l’Allemagne, un des premiers pays exportateurs au monde et qui n’a pas l’intention de se ratatiner à l’intérieur de l’Europe. Témoin par exemple les réticences de l’Allemagne à appliquer une taxe sur les GAFA par crainte de mesure de représailles sur ses exportations automobiles aux États-Unis. Macron aborde  avec aussi l’énorme environnemental, la fiscalité mais précisément l’union économique a passé des traités avec des zones économiques qui dans ces deux domaines affichent de fortes distorsions avec l’Europe.  Parmi les autres mesures, Macron propose d’investir dans les technologies de rupture comme l’intelligence artificielle. Une proposition qui mérite intérêt mais qu’il serait plus efficace si elle était rapidement mise en œuvre par quelque grand pays européen à l’exemple de l’exceptionnel succès d’Airbus. Pour équilibrer ses orientations économiques Macron propose une harmonisation sociale une sorte de bouclier intégrant rémunération et protection dans un objectif social mais aussi l’égalité des conditions de concurrence. Il propose notamment un salaire minimum qui a bien peu de chances d’être retenu. Au total des propositions déjà faites qui sentent le réchauffé et reprises surtout à des fins électorales car elles ont peu de chances d’être soutenues par un nombre suffisant de pays partenaires. Enfin et surtout Macon sera aussi jugé à l’aune de son action actuelle sur l’Europe. Or dans ce domaine, c’est le grand précipice entre des orientations fracassantes et la réalité. Aujourd’hui l’Europe est presque paralysée par les différends dans le couple que constituent la France et l’Allemagne.

 

Europe: Hollande allume Hollande

Europe: Hollande allume Hollande

En matière d’immobilisme et de contradictions, Hollande en connaît un rayon, c’est pourquoi il met en garde Macron contre la faisabilité de certaines de ses gens orientations pour l’Europe. Il reconnaît à juste titre que lui aussi a beaucoup investi dans la parole mais peu obtenu de résultats. D’une certaine manière, c’est d’ailleurs une spécialité française tant en politique intérieure qu’en politique internationale. On se souvient que Sarkozy, comme Hollande, comme Macron qui voulait marcher sur le ventre de Merkel pour finalement lui manger dans la main. En clair les trois derniers présidents se sont couchés devant une Allemagne réticente face à des propositions françaises en pleine contradiction avec les résultats de la politique intérieure française dans tous les domaines (croissance, emploi, dette, équilibres sociaux). Surtout l’Allemagne a toujours résisté à toute forme de mutualisation non seulement des dettes actuelles mais des dettes qui pourraient résulter de dépenses futures mal justifiées. À noter aussi que la spécialité française et toujours d’inventer des sortes de machins administratifs comme par exemple cette banque européenne du climat. Un truc sans doute inventé au dernier moment sur un coin de table par un énarque «  je pense qu’il y en a de bonnes idées, après c’est une question de méthode. On a tellement dit (…) qu’on allait faire avancer l’Europe et rien ne s’est produit -et moi-même j’ai contribué aussi à ce type d’engagements, d’espérances-, et après on s’aperçoit que c’est beaucoup plus difficile parce qu’il y a des pays qui bloquent », a souligné François Hollande. L’ex-président a cité en exemple le « bouclier social », dont certains pays ne voudront pas selon lui. « La méthode est très importante dans cette affaire-là. Il faut savoir avec qui on va le faire », a insisté l’ancien chef de l’Etat, développant à nouveau pour sa part l’idée d’une Europe à deux vitesses, où la France et l’Allemagne, éventuellement rejointes par d’autres pays, iraient plus loin dans le rapprochement de leurs politiques. Le problème c’est que le couple allemand ne fonctionne plus du tout. Cela pour deux raisons d’abord parce que Merkel est grandement fragilisé sur le plan politique et que sa majorité ne tient qu’à un fil. La seconde plus fondamentale c’est que les Allemands sont fatigués des prétentions françaises à vouloir réformer l’Europe alors qu’il se monde incapable de réformer leur propre pays.

Europe : un climat de plus en plus africain

Europe : un climat de plus en plus africain  

 

Record de chaleur pour un mois de février avec même des températures d’été dans certaines zones géographiques.   De plus en plus le climat en France se rapproche de celui de certains pays d’Afrique avec d’une part des périodes de sécheresse plus fortes et plus longues, d’autre part des périodes de pluie plus intenses. Une conséquence notamment du réchauffement climatique qui fait par exemple qu’une ville comme Lyon pourrait connaître le climat de Madrid d’ici une trentaine d’années et celui d’Alger dans moins d’un siècle. « Le réchauffement climatique va avoir lieu. Maintenant, il faut voir comment on peut le limiter ….En 50 ans, la température moyenne annuelle a augmenté de 1,7°C à Lyon. Selon le scénario le plus pessimiste, si la tendance se poursuit, en 2050, le climat de Lyon ressemblera à celui de Madrid aujourd’hui. Et à celui d’Alger dans 85 ans », explique- Bruno Charles, vice-président de la Métropole de Lyon, en charge du développement durable et de l’agriculture A l’horizon 2100, il pourrait donc faire en moyenne 24°C entre Rhône et Saône, avec des périodes estivales comptant 28 jours de canicule (contre 12 en 2003).  Très fortes période de canicules et très fortes période de pluie vont alterner comme en Afrique.  Ces épisodes météorologiques, constatés à l’automne, provoquent souvent de graves inondations dans le sud de la France. Un phénomène qui s’aggrave depuis une cinquantaine d’années. L’Aude a déjà été lourdement touché dans le passé par des inondations provoquées par des «épisodes méditerranéens», un phénomène météorologique aussi appelé «pluies cévenoles». En novembre 1999, 26 disparus ont été à déplorer après les pluies diluviennes qui avaient touché l’Aude et les départements voisins. «Le 12 novembre 1999, la zone la plus sévèrement touchée est la région des Corbières, où il est tombé à Lézignan 620 mm de pluies en trente-six heures, soit plus des deux tiers d’une année habituelle de pluie», rappelle le site de Météo-France.

Europe agricole : le bla-bla de Macron

Europe agricole : le bla-bla  de Macron

 

 

On peut légitimement se demander si le discours de Macron au salon de l’agriculture était destiné aux paysans français ou à la commission européenne et aux autres pays. Une sorte de plaidoyer pour le maintien de l’enveloppe de la PAC contestée par de nombreux pays. Macron critique aussi des accords économiques qui pourraient être passés avec d’autres zones à l’échelle mondiale à leur qu’il y ait font date mentalement favorable on s’est que la commission européenne et nombre d’autres pays souhaiterait un transfert des charges de la PAC sur les budgets nationaux. Ce que refuse la France principale bénéficiaire de la politique agricole commune. L’Europe étant très divisée sur l’avenir de la PAC,  il n’est pas certain que sur ce terrain comme sur bien d’autres Macron réussissent à convaincre une majorité de pays sur ses positions d’autant qu’il est affaibli non seulement au plan national mais au plan international aussi.  “Si nous cédons à l’esprit de division, alors dans cinq, dix, quinze ans, nous ne pourrons plus garantir une alimentation saine, traçable”, a-t-il souligné. “Aucun agriculteur, aucun consommateur ne souhaite être soumis aux diktats des non-européens.” Face aux inquiétudes des agriculteurs français, Emmanuel Macron a martelé que la France, principale bénéficiaire des aides agricoles, n’”accepterait pas” une réduction du budget de la PAC. “La France défend à ce moment à Bruxelles un budget ambitieux, un budget qui doit traduire les conséquences du Brexit, mais pas plus, pas pour un euro de plus”, a-t-il déclaré, sans plus de précisions. “Aucun accord commercial ne saurait autoriser des produits ne respectant pas les standards européens, environnementaux, sanitaires, et sociaux”, a-t-il martelé. “Sinon c’est demander aux producteurs européens de faire des efforts, des évolutions et le jour d’après ouvrir des accords commerciaux avec des pays qui ne respectent aucun des standards que nous sommes en train de définir. C’est absurde.” Un discours finalement assez contradictoire avec les autres positions de Macron et qui ressemble fortement à des propos de campagne électorale.

Gilets jaunes: Ingrid Levavasseur pour l’Europe !

Gilets jaunes: Ingrid Levavasseur pour l’Europe !

 

Brutalement la tête de liste gilets jaunes menées par Ingrid Levasseur se rend compte que l’objet des prochaines élections est de nature européenne. Jusque-là en effet on n’avait pratiquement pas entendu les gilets jaunes parler d’Europe. Il est clair que le fait de présenter une liste aux européennes implique quand même d’évoquer un peu le sujet. Du coup Ingrid Levasseur s’est cru contrainte de répéter quelques banalités dans une interview au Figaro qui vaut le détour tellement les propos sont creux et  évident« Seule, la France ne pourrait pas faire grand chose. C’est un petit pays face à la Chine ou les Etats-Unis. Elle a besoin de l’Europe, de l’Union européenne ». On n’en sera guère davantage sur les intentions européennes de la liste d’Ingrid Levasseur qui constitue un véritable détournement de l’objet initial des gilets jaunes. Une trahison même et une récupération par des leaders aussi opportunistes que ceux du système politique qu’ils dénoncent. Ingrid Levasseur indique seulement que les orientations de sa liste sont proches du mouvement italien cinq étoiles qui précisément défend des positions proches de celles de l’extrême droite et de l’extrême gauche en France. Pour éviter d’avoir à évoquer les orientations européennes de cette liste de gilets jaunes, Ingrid Vavasseur renvoie à une plate-forme en ligne chargée de recueillir les revendications des citoyens, revendications qui constitueront la ligne politique. Comme si un cahier revendicatif pourrait faire office d’orientation dans des domaines aussi complexes que les champs sociaux, économiques, technologiques, diplomatiques ou de défense. On croirait entendre la parole d’un syndicat gauchiste comme Sud. En pleine crise diplomatique entre Rome et Paris, notamment après la rencontre entre Luigi Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles (M5S), et des gilets jaunes français, Ingrid Levavasseur a également jugé cette rencontre « précipitée » mais « légitime ». La plateforme en ligne Noos citoyens lancée par des gilets jaunes s’approchant selon elle « beaucoup de celle mise en place par le M5S italien ».

5G : la mise à écart en Europe du chinois Huawei

5G : la mise à écart en Europe du chinois Huawei

L’union européenne envisage de mettre à l’écart  le chinois Huawei au motif des risques en matière d’espionnage via la 5G. En fait, l’enjeu est double, il y a d’abord une dimension économique très stratégique car la technologie qui sera retenue pour la 5G  sera  situer en position de domination sur nombre d’activités économiques rendues possibles par la nouvelle norme. L’autre dimension est politique et met en cause la capacité à amasser incalculables de données qui pourraient influencer le mode de consommation voir la culture.  Le conflit était déjà ouvert entre la Chine et les États-Unis. Il s’étend désormais à l’Europe La question de la norme 5G est donc entrée dans une phase de véritable guerre entre les Etats Unis et la Chine (l’Europe étant à la traine faute de politique commune). L’enjeu est technologique mais aussi économique et sociétal. En effet,  il ne s’agit pas seulement d’un réseau téléphonique mais d’un système qui interviendra dans de nombreuses fonctions des systèmes de production et de consommation. L’impact économique sera énorme puisque la 5G sera au cœur de la plupart des activités humaines. (Énergie, transports, santé, services, consommation etc.) Enfin et peut-être surtout, ce sera un moyen de recueillir un nombre incalculable de données sur le comportement des ménages et des citoyens voir d’espionner. Sans doute pourquoi les États-Unis et d’autres pays s’opposent à la norme chinoise et en particulier à  Huawei, la plus puissante entreprise. Si pour les réseaux 3G et 4G, la guerre des équipementiers se jouait principalement entre Américains et Européens, pour la 5G, il faudra compter avec les géants chinois, Huawei en tête (Avec un chiffre d’affaires de 93 milliards de dollars (avec 81,7 milliards d’euros) en 2017, Huawei est le premier équipementier télécoms mondial) don la  croissance est encore plus voyante côté réseaux qu’elle ne l’est côté smartphones. De quoi expliquer en partie que la Chine soit le pays qui investit aujourd’hui le plus dans la 5G : Pékin aurait prévu d’investir plus de 400 milliards de dollars dans son déploiement d’ici 2020. Alors certes, l’échelle géographique explique en partie des chiffres qui donnent le tournis, mais pas seulement.

Aux États-Unis, on a décidé de traiter la 5G comme une question stratégique, et pas seulement commerciale. Face à une Chine qui fait donc du nouveau réseau une tête de pont pour pousser ses champions locaux, Donald Trump a confirmé l’interdiction faite aux opérateurs américains de construire leurs réseaux avec des matériels Huawei.  L’année dernière, une étude de la CTIA, le syndicat des industriels du mobile aux États-Unis, avait chiffré l’avantage que le pays avait gagné à se lancer très tôt dans la 4G, avantage estimé à 125 milliards de dollars pour l’économie américaine. En France, la prochaine étape sur la route de la 5G sera la mise aux enchères des fréquences par l’ARCEP, notre gendarme des télécoms, à l’été prochain. Jusque-là l’Europe n’était pas intervenue mais elle semble bien consciente des dangers économiques et politiques d’une domination chinoise sur la technologie 5 G.

 

Fusion Alstom-Siemens : l’Europe se tire une balle dans le pied

Fusion Alstom-Siemens : l’Europe se tire une balle dans le pied

À juste titre le ministre de l’économie français dénonce l’attitude de l’union européenne qui voudrait faire capoter la fusion entre Alstom et Siemens spécialisé dans la construction ferroviaire. L’union européenne considère en effet il y aura un risque de position dominante en Europe. C’est évidemment oublier que le marché est surtout mondial et qu’il est dominé maintenant par les Chinois avec également une présence importante de constructeurs canadiens, américains ou encore japonais. Par ailleurs ce marché est moins porteur qu’il ne l’a été en raison notamment des restrictions budgétaires dans certains pays. D’où la colère de Bruno Lemaire d’autant que la nouvelle société franco-allemande pèserait encore deux fois moins que la concurrence chinoiseCar l’avantage est bel et bien dans le camp chinois, rappelle Bruno Le Maire. « La Chine a un marché de 29.000 kilomètres de lignes à grande vitesse ou très grande vitesse. L’Europe en a 9.000. CRRC fait 200 trains à grande vitesse ou très grande vitesse par an. Alstom et Siemens 35. Le chiffre d’affaires d’Alstom et de Siemens ensemble, c’est la moitié de celui de CRRC », égraine le ministre. Et d’ajouter : « CRRC a pris quasiment tous les appels d’offre aux Etats-Unis sur les trains et les transports publics de voyageurs dans les villes. Qu’est-ce qu’on attend pour se réveiller ? » . La question rhétorique est directement adressée à la Commission européenne. Fin octobre, celle-ci avait dit craindre que cette « concentration » entre Alstom et Siemens « ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation », et n’avait pas donné son feu vert à la fusion. Alstom et Siemens ont concédé une série de mesures compensatoires, et attendent désormais la réponse de Bruxelles d’ici le 19 février.

Automobiles Europe : nouvelle baisse

Automobiles Europe : nouvelle baisse

Moins   8% en novembre, Chez les constructeurs français, PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a moins baissé que la moyenne (-5,8%) et a donc gagné des parts de marché, à l’inverse du groupe Renault (avec Dacia, Lada, Alpine) qui a encore subi un net recul (-16%), d’après les chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) publiés vendredi. En novembre, 1,12 million de voitures particulières neuves ont été mises sur les routes de l’UE, contre 1,22 l’an dernier à la même période. Parmi les cinq plus grands marchés nationaux, les plus fortes baisses ont été enregistrées en Espagne (-12,6%) et en Allemagne (-9,9%). Mais l’Italie (-6,3%), la France (-4,7%) et le Royaume-Uni (-3%) étaient aussi en territoire négatif. Cependant, de janvier à novembre, le marché européen reste en très légère hausse (+0,8%), à 14,16 millions de véhicules. Sur onze mois, l’Espagne (+8%) et la France (+4,7%) progressent nettement, alors que l’Allemagne est quasiment stable (+0,4%). L’Italie (-3,5%) et le Royaume-Uni (-6,9%) sont en recul.

Europe : un échec pour tout le monde

Europe : un échec pour tout le monde

Arnaud Mercier, Université Paris 2 Panthéon-Assas analyse les causes de l’échec de l’Europe  notamment à travers le Brexit.

 

 

« Les lamentos diplomatiques, les cris d’orfraie officiels ou les postures viriles face au Royaume-Uni n’y changeront rien : la première sortie de l’Union européenne (UE) d’un pays est un événement historique (ce qui ne veut pas forcément dire catastrophique) dont le peuple britannique et ses dirigeants ne sont pas les seuls responsables. Tout le monde a sa part de responsabilité dans ce camouflet électoral, sur l’île comme sur le continent, dans la classe ouvrière britannique laissée à l’abandon comme dans les élites politiques des pays de l’union.

Les résultats de ce référendum sont un échec pour tout le monde : pour ceux qui se sont crus malins en l’organisant, pour ceux qui ont soufflé sur les braises du populisme et de la xénophobie pendant toute la campagne, pour ceux qui n’ont rien vu venir et qui croient encore aujourd’hui qu’on pourra continuer comme avant.

Voilà bien longtemps que la cause européenne a été trahie, que l’idéal des pères fondateurs a été foulé aux pieds, les gouvernements britanniques successifs y ayant d’ailleurs joué leur part. Que le divorce vienne d’un peuple parmi les plus réticents à intégrer l’Union n’a rien de totalement surprenant, mais il ne nous informe pas seulement sur la société britannique et l’incroyable médiocrité de sa classe politique, ce résultat en dit long aussi sur ce que ceux qui ont fait vivre le projet européen ont raté, au point de faire détester l’Europe à un nombre croissant de citoyens.

Les craintes exprimées en Grande-Bretagne par ce vote font en effet écho à bien d’autres qui s’expriment depuis plus d’une décennie dans les urnes continentales. Gardons-nous de faire de l’Angleterre le mouton noir de l’Europe pour mieux absoudre nos péchés ! Ces tensions, ces rejets, sont l’expression politique d’un malaise anthropologique et sociologique profond, qui touche au défaut d’articulation entre ce que devrait être la construction européenne et les défis que la mondialisation soulève, singulièrement sur le plan économique.

Revenons donc sur tous ces défis que les bâtisseurs politiques de l’Union ont su si bien rater pour qu’on en arrive là.

Les transformations profondes de nos sociétés contemporaines sont multiples, mais on peut synthétiser certaines des plus importantes autour de cinq notions clés.

  • Une mondialisation industrielle introduisant une concurrence mondiale des coûts salariaux et des productions industrielles qui induit une désindustrialisation durable de nombreux secteurs d’activité en Europe. Les secteurs d’activité de remplacement n’apparaissent pas tous visibles, et les travailleurs ne sont nécessairement tous aptes à entrer en reconversion. Il y a donc, fatalement, des victimes de cette mondialisation poussées à des formes de désespérance, ancrées qu’elles sont dans la certitude que cela ne pourra pas aller mieux ni pour eux, ni même – plus désespérant encore – pour leurs enfants.
  • Une mondialisation culturelle favorisée par la circulation des populations, des programmes audiovisuels et par l’Internet. Celle-ci induit deux mouvements déstabilisateurs en Europe : (a) la difficulté pour certains de bien tolérer, d’accepter la confrontation avec d’autres cultures qui sont des points de frottement obligeant à remettre en cause leurs certitudes, leurs visions du monde ; (b) la nécessité de s’ouvrir au monde pour faire de la mondialisation un atout et non un fardeau (apprentissage des langues étrangères, ouverture culturelle…), défi face auquel tout le monde ne part pas avec des chances égales, en fonction de l’âge, du niveau de diplôme, des ressources financières.
  • Une financiarisation de l’économie suite à toutes les dérégulations et libéralisations initiées dans les années 1980, sur des bases aussi idéologiques que vénales. Le néo-managérialisme nous a inventé tout un discours pour convaincre chaque salarié qu’il devait s’investir pleinement dans son entreprise, que chacun devenait responsable de l’éventuel échec de celle-ci, à chaque niveau de la production et de la relation client. Au même moment, le capitalisme financiarisé a déconnecté la production de richesses du travail, faisant du salarié la première des variables d’ajustement, et pour tout dire, souvent, une quantité négligeable, une matière flexible à qui on demande toujours plus au présent tout en promettant toujours moins d’avenir certain.
  • Une accélération du monde, si bien décrite par le sociologue allemand Hartmut Rosaqui se compose à la fois d’une accélération du rythme des changements sociaux et d’une accélération de nos rythmes de vie – avec les risques du burn out, de la déconnexion aux fondamentaux de l’existence, du sentiment d’être submergé par les sollicitations du monde, obligeant à devenir multitâches ou à connaître la frustration de ne pas faire tout ce qu’on nous enjoint de désirer faire.
  • Une complexification du monde, car les technologies du quotidien obligent à de plus en plus d’agilités numériques. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de changer d’une technique pour une autre et de retrouver une nouvelle zone de confort : nous sommes entrés dans une ère de changements permanents qui remet en cause régulièrement nos certitudes et compétences techniques acquises. La complexification se ressent aussi au niveau des défis éthiques que nos connaissances et que les avancées scientifiques déclenchent. Les manipulations d’embryons pour aller vers le clonage thérapeutique, les nanoparticules, la prise de conscience fine des dégâts pour la santé de multiples produits chimiques, etc. : autant de questions qui entremêlent régulation de la science, intérêts économiques puissants, droit des générations futures, respect de l’intégrité des personnes, morale et spiritualités.

Toutes ces évolutions sont autant de défis propres à créer de la désespérance au sens fort de perdre tout espoir, et donc de se replier sur ce qu’on vit comme des certitudes acquises, donc de se réfugier sur son territoire, son identité. Il n’y a pas de mondialisation et de financiarisation heureuses ! Et s’entendre servir cette fable par des élites économiques et culturelles bardées de diplômes et de langues, quand on manque de tous les capitaux requis pour s’adapter, a de quoi faire enrager.

Enragement redoublé par tout ce que les journalistes nous révèlent des évasions fiscales en tout genre, d’un capitalisme qui trahit les idéaux libéraux qui le portent historiquement, tant il est amoral et cynique. Voir parader les gagnants de cette économie du fric, entre paradis fiscaux, fraudes, et parachutes dorés engendre forcément des frustrations et des indignations viscérales. Il y a forcément des victimes de la mondialisation industrielle, et il appartient aux politiques de ne pas leur donner le sentiment qu’on les oublie, qu’on les abandonne à leur funeste sort, en détournant les yeux avec un brin de compassion dans le meilleur des cas, avec mépris dans le pire.

La mondialisation culturelle et les zones de frottement qu’elle introduit dans toute société – ce qu’avait bien montré l’anthropologue Claude Levi-Strauss dans Race et histoirenotamment – ne se résout ni en faisant l’éloge du multiculturalisme, ni en faisant semblant de ne pas voir des villes ou des quartiers s’enfoncer dans la misère en agrégeant les populations défavorisées françaises et immigrées, avec toutes les tensions qui vont de pair.

L’exaspération sociale et culturelle redouble alors la désespérance. Et même chez ceux qui ne vivent pas une situation économique précaire et difficile, l’identité culturelle peut être vécue comme menacée, du fait des zones de tolérance que la cohabitation culturelle oblige chacun à ouvrir. Traiter tous ces anxieux de la mondialisation culturelle de racistes ne suffit pas à résoudre le problème. Le jugement moral ne remplace pas des actions concrètes. Il aboutit même chez certains au résultat inverse, les renforçant dans leur sensation d’être assiégés dans leur propre pays et ils enragent plus encore.

Enfin, l’accélération et la complexification du monde induisent chez beaucoup, notamment chez les plus âgés, des réflexes de crainte, associés à la sensation de perdre la maîtrise sur l’évolution du monde mais aussi de leur monde quotidien. La perte de repère devient anxiogène, favorisant des recroquevillements sur ses zones de confort et de certitude, voire un repli régressif sur un passé idéalisé, subitement paré de toutes les vertus.

Sociologiquement, anthropologiquement, il est donc très explicable que de nombreux citoyens européens se sentent vulnérables, frustrés, oubliés, méprisés. Et le projet européen n’a pas su leur apporter un réconfort utile pour le faire désirer. Les bâtisseurs contemporains de l’Europe des « 28-1 », n’ont pas su construire l’Europe bouclier. Pire, ils ont généré l’Europe menace.

La volonté des pères fondateurs de l’Europe était de créer des « solidarités de fait » afin de créer chez les peuples, un sentiment d’intérêt partagé à vivre en bonne harmonie et ne plus avoir la tentation de se suicider collectivement par la guerre, comme durant les décennies précédentes.

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait » (Robert Schuman, déclaration du 9 mai 1950).

Mettre en commun les productions du charbon et de l’acier, reconstruire une économie prospère en commençant par l’agriculture pour nourrir tout le monde à sa faim, favoriser la circulation des personnes et des biens, pour faciliter le dynamisme économique de tous et apprendre à se connaître les uns les autres : tels furent les leviers de cette ambition européenne, pour créer une zone de paix et de prospérité économique. 27 s

Pour se perpétuer, il devint évident, à partir des années 1980, qu’il fallait approfondir les liens politiques pour mieux coordonner les politiques de chaque État et devenir une Europe puissance. Pourtant, le choix prioritaire a été, suite à l’effondrement du système communiste à l’Est au début des années 1990, d’élargir, d’élargir encore, au point de ne plus savoir qui était européen ou pas, de diluer nos frontières sans assumer de fixer une identité européenne politique, culturelle ou géographique.

Avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne qui se méfie ancestralement de toute idée de puissance continentale, l’Union européenne s’est donc diluée au fur et à mesure qu’elle s’élargissait, empêchant tout véritable approfondissement de la coordination politique. De projet politique, elle s’est muée en un club économique, où l’initiale libre circulation solidaire des biens et des personnes, est devenue un libre échange concurrentiel. Ce dévoiement porté par les acteurs industriels et financiers a trouvé de nombreux soutiens politiques, grâce aux promesses mirifiques des économies d’échelle, des réductions de dépenses publiques. Notons que la Grande-Bretagne a fortement appuyé cette orientation libre-échangiste concurrentielle.

Au lieu donc de construire une Europe bouclier, qui apporterait aux frontières extérieures des protections que les États-Unis ou la Chine savent si bien construire pour leurs intérêts, les fossoyeurs de l’idéal européen ont abdiqué une large part de la visée politique de ce projet pour faire de l’Union un lieu de réglementations uniformisantes, de dérégulations des spécificités nationales sans apporter de contreparties aux frontières extérieures. L’Europe devenue un théâtre redoublé de la mondialisation – avec dumping social, concurrence fiscale, célébration du libéralisme effréné – a alors généré naturellement des formes croissantes de rejet.

Un triple dévoiement politicien a abouti à ce référendum et à son résultat négatif.

L’Europe s’est construite par les hommes politiques nationaux qui n’ont cessé de considérer la construction européenne selon une logique diplomatique de négociations (pour ne pas dire de marchandages), où chacun jouait en priorité la préservation de ses intérêts nationaux globaux et de ses intérêts politiciens étroits. C’est donc sans grande transparence et sans être porté par une vision de l’Europe (d’autant plus difficile à porter qu’on a élargi à tour de bras !) que les fossoyeurs de l’idéal européen ont accumulé des demi-mesures, des accords bancals, des compromis boiteux, dont le dernier en date : les allègements de contraintes pour la Grande-Bretagne que David Cameron était venu arracher en février dernier, pensant ainsi sceller sa victoire.

Et à leurs faiblesses, ils ont souvent ajouté l’ignominie de ne pas assumer leurs décisions en accusant « Bruxelles », la Commission, et autres institutions européennes d’imposer leurs « diktats ». Là où, le plus souvent, la mesure en cause était votée par le représentant du gouvernement, mais dans un conclave fermé où les votes ne sont pas publics. Entre double discours et lâche défaussement sur les institutions européennes, il ne fallait plus grand-chose pour que « l’Europe », « Bruxelles » deviennent des boucs émissaires commodes, d’autant plus faciles à invoquer que la lisibilité du circuit de décision est opaque, voire franchement illisible, à force d’improbables compromis entre les institutions et les États.

Et, dernier clou dans le cercueil de l’idéal européen, à la désespérance sociale, au repli identitaire, aux sensations d’être dépassé, débordé répondent des leaders politiques aussi populistes que démagogues, flattant les plus bas instincts. Au lieu de trouver un discours pour apaiser les craintes, ils jouent sur les peurs, les exacerbent, et quand cela ne suffit pas ils en créent, grâce à d’invraisemblables bobards, comme l’a si magistralement fait Boris Johnson dont les ambiguïtés ont été démasquées jusque dans son propre camp, qui l’a lâché au moment de recueillir le fruit de ses vilenies, lui interdisant de devenir premier ministre. Mais en Autriche, en France, en Flandre, en Hongrie, ou ailleurs, les mêmes fonds de sauce peu ragoûtants sont servis, véritables tambouilles politiciennes recuites, saupoudrées d’épices vieillies des années 30.

Il ne faut pas sombrer dans la nostalgie des pères fondateurs, au point de croire qu’il suffirait de revenir au message initial. L’histoire a creusé son sillon, les enjeux sont différents, l’élargissement n’est pas forcément une faute en soi, s’il n’avait été fait après un approfondissement préalable, en assumant une logique des cercles concentriques, où tous les pays n’approfondiraient pas leurs relations au même rythme. Mais ce qui fait défaut, c’est un dessein, une vision nouvelle, capable de répondre à trois défis majeurs :

  • faire régresser les discours anti-européens qui se repaissent des errements institutionnels et politiques de la construction européenne, en mettant fin à ces errements et aux excès d’interventionnisme de certains règlements européens au profit d’un « principe de subsidiarité » (cher à Jacques Delors) où ce qui peut rester à l’échelon national pour être mieux gérer, doit y rester ;
  • faire de l’Europe le bouclier économique et social qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, afin de nourrir un sentiment de confiance dans ce projet politique, grâce aux intérêts que chacun en retire ;
  • cesser de se réfugier dans un discours lénifiant du « plus d’Europe », en croyant ainsi répondre aux attaques et au rejet, alors que c’est dans une articulation claire, lisible, entre le national et la supranational que repose la confiance des peuples, dont l’horizon politique reste national. Car il n’existe pas, pour bien des raisons, un espace public européen qui serait un lieu de délibération unifié des peuples qui composent l’Union européenne.

L’avenir de l’Union européenne se trouve donc dans une forme inédite de fédéralisme coordinateur et protecteur, à inventer par des dirigeants qui auraient la trempe d’hommes d’État visionnaires refusant la démagogie et les calculs de petits boutiquiers nationaux.

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Par Arnaud Mercier, Professeur en Information-Communication à l’Institut Français de presse, Université Paris 2 Panthéon-Assas

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