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Discours de Macron: encore du bla-bla

Discours de Macron: encore du bla-bla

il y a pour le moins beaucoup d’activisme en matière de communication au sein du gouvernement. On se souvient que le porte-parole s’est exprimé hier à propos de la situation sanitaire. Dans la même journée, le Premier ministre a pris également la parole concernant les éventuels mesures supplémentaires de protection sanitaire. Macron va sans doute dire à peu près la même chose aujourd’hui. Il va défendre la politique de prévention du gouvernement, noter la décentralisation (bidon) des décisions et annoncer la possibilité de confinements locaux voire de couvre-feux.

En réalité il n’y a aucune décentralisation puisque les décisions finales sont prises par les préfets qui dépendent directement de l’État et non des collectivités locales. Il n’y a non plus rien de vraiment nouveau sinon des mesures très symboliques pour témoigner que le gouvernement s’agite. En fait, les Français révèlent dans les différents sondages que la politique sanitaire est incompréhensible.

 Le véritable problème c’est donc l’adhésion aux orientations du gouvernement. Macron devrait aussi parler des questions de sécurité suite aux différentes attaques récentes qu’ont dû subir les forces de l’ordre. On peut supposer que Macron ne parlera pas phénomène central à savoir ce commerce de drogue qui pourrit environ 1000 quartiers en France et qui facilite la propagation du communautarisme islamique. Un commerce énorme qui constitue aujourd’hui une véritable économie, tellement puissante qu’elle ne tolère plus la moindre présence policière.

Sur ce sujet, on aura sans doute comme d’habitude un discours très ésotérique du président. Un président qui se caractérise surtout par une ambiguïté idéologique et par une paralysie dans l’action.

Policiers : des actes pas des discours

Policiers : des actes pas des discours

Nombres de policiers se sont réunis devant des commissariats pour protester contre les nouvelles agressions contre les forces de l’ordre. En gros, le même message : assez des discours, on veut enfin des actes. Les syndicats réclament des moyens supplémentaires pour la police, une autre considération de leur métier, une politique claire en matière d’insécurité et surtout une justice rapide et efficace qui ne relâche pas les inculpés le lendemain de leur garde à vue.

Le Premier ministre interrogé a souligné les moyens supplémentaires accordés aux forces de l’ordre.

Mais le problème central n’est pas la question des moyens- qu’il convient cependant d’améliorer -mais celui de la volonté politique de rétablir l’ordre républicain dans des quartiers gangrenés par la drogue et l’islamisme.

“J’entends les politiques clamer que l’autorité de l’Etat ne doit pas être piétinée, je suis entièrement d’accord avec cela, j’aimerais qu’on ait des actes pour prouver que cela n’arrivera plus”, a déclaré à Reuters Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière, présent lundi devant le commissariat de Champigny-sur-Marne avec environ 200 de ses collègues.

D’autres policiers se sont aussi regroupés à la mi-journée devant la préfecture de police de Paris ”.

“Il faut que le citoyen sache que le policier, c’est le dernier rempart républicain”, a déclaré sur BFM TV le secrétaire département d’Unité SGP Police, Rocco Contento.

Invité lundi matin sur France Info, le Premier ministre, Jean Castex, a assuré qu’”au-delà de la lutte contre la crise sanitaire et contre la crise économique, la lutte contre l’insécurité fait aussi partie des priorités de (son) gouvernement”.

“Quand on voit un commissariat attaqué comme récemment à Champigny-sur-Marne, quand on voit deux policiers comme dans le Val d’Oise la semaine dernière sauvagement agressés, on se dit que c’est l’Etat et la république qui sont pris pour cible”, a-t-il ajouté, promettant d’être “intraitables”.

Il a évoqué le recrutement, étalé sur le quinquennat, de 10.000 policiers supplémentaires, le renforcement de la réponse pénale avec l’augmentation de 8% du budget de la Justice prévue dans le projet de loi de finances pour l’année prochaine ainsi qu’une réflexion sur les prérogatives des polices municipales en soutien de la police nationale.

Un discours convenu, peu audible et qui a justifié une audience des syndicats de policiers à l’Élysée..

Séparatismes : discours intégral de Macron

Séparatismes : discours intégral de Macron

 

Le discours intégral de Macron du vendredi 2 octobre qui a été publié par le Figaro . Une relecture intéressante car elle montre que Macron cette fois a posé  à peu près convenablement la problématique en dépit de quelques digressions douteuses sur la guerre d’Algérie ou sur le port du voile. Par contre,  les actions proposées ne sont pas à la hauteur et surtout à très long terme comme par exemple l’école obligatoire à trois ans, la formation des imams.  Sans parler de l’hypothétique surveillance des associations islamistes et les questions de laïcité dans les services publics. Bref, globalement des réponses pas à la hauteur de l’enjeu évoqué. Quant au rapport Borloo, balayé en public par Macron, il est évoqué pour la forme.


«Mesdames, messieurs les ministres, mesdames messieurs les parlementaires, monsieur le maire, François, merci beaucoup, monsieur le président du conseil départemental, monsieur le président de la communauté urbaine, monsieur le préfet, monsieur le premier président à la Cour d’appel, monsieur le procureur général, madame la rectrice, mesdames et messieurs en vos grades et qualités, mesdames et messieurs.

Merci Monsieur le Maire de nous accueillir aux Mureaux et aujourd’hui à la fois poser des actes et avoir un échange sur un sujet aussi important pour notre République dans votre ville, dans votre département, n’est pas un hasard. Vous êtes une terre de combat républicain et vous savez les mener, une ville de solutions comme vous avez coutume de le dire et un département terre de contrastes, mais qui a toujours su, par l’école, la formation, le travail, affronter ces défis.

L’objectif de notre rendez-vous d’aujourd’hui est double. D’abord, définir la réalité de nos problèmes sans tabou mais sans facilité non plus. Qu’est-ce qui aujourd’hui, dans notre société, met en danger notre République, notre capacité à vivre ensemble, et vous faire part des décisions prises en conséquence qui sont le fruit d’un travail méthodique conduit depuis près de 3 ans, et que nous avons, ces dernières semaines, finalisé avec le Gouvernement.

Le problème, ce n’est pas la laïcité. Je l’ai plusieurs fois rappelé, la laïcité en République française, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’État et en aucun cas l’effacement des religions dans la société dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie. Si la spiritualité relève du domaine de chacun, la laïcité est notre affaire à tous. Et donc, les républicains sincères ne doivent jamais céder à ceux qui, au nom du principe de laïcité, tentent de susciter des divisions, des confrontations à partir de multiples sujets qui, bien souvent, sont l’essentiel de nos discussions, mais pas l’essentiel du problème. En la matière, nous avons des règles, il nous faut les faire respecter fermement et justement. Partout, sans concession. De la même manière, ne nous laissons pas entraîner dans le piège de l’amalgame tendu par les polémistes et par les extrêmes qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans. Ce piège, c’est celui que nous tendent les ennemis de la République, qui consisterait à faire de chaque citoyen de confession musulmane un allié objectif parce qu’il serait la victime d’un système bien organisé. Trop facile.

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste

Emmanuel Macron

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est un projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, qui se traduit souvent par la constitution d’une contre-société et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées qui sont le prétexte pour l’enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République. C’est l’endoctrinement et par celui-ci, la négation de nos principes, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité humaine.

Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République. Et je l’ai souvent dit, je ne demande à aucun de nos citoyens de croire ou de ne pas croire, de croire un peu ou modérément, ça n’est pas l’affaire de la République, mais je demande à tout citoyen, quelle que soit sa religion ou pas, de respecter absolument toutes les lois de la République. Et il y a dans cet islamisme radical, puisque c’est le cœur du sujet, abordons-le et nommons-le, une volonté revendiquée, affichée, une organisation méthodique pour contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle, ériger d’autres valeurs, développer une autre organisation de la société, séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci. Et c’est ce qui fait qu’on en vient ainsi progressivement à rejeter la liberté d’expression, la liberté de conscience, le droit au blasphème. Qu’insidieusement, on conduit à se radicaliser. Près de 170 personnes, pour ne citer qu’un exemple, sont suivies pour radicalisation violente ici, dans les Yvelines. On vient parfois jusqu’à aller faire le djihad. Nous savons que nous avons 70 jeunes qui sont partis en Syrie, dans le département et qui sont souvent des enfants de la République suivant cette dérive, allant même jusqu’à passer à l’acte en tentant de verser le sang où parfois jusqu’au pire. C’est aussi cette voie dont nous avons encore vu les manifestations vendredi dernier, à proximité des locaux de Charlie Hebdo.

À cet égard, quand j’évoque tout cela, je n’oublie évidemment ni le moment ni le lieu où nous parlons. Le moment, celui du procès des attentats de janvier 2015, et j’ai une pensée émue et fraternelle pour les familles des blessés, les familles de victimes et leurs proches qui ont vécu l’horreur en janvier 2015. Et je veux ici aussi, parce que je n’oublie pas le lieu, rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme et en particulier au commandant de police Jean-Baptiste SALVIN et à sa compagne, Jessica SCHNEIDER, dont le souvenir est encore vivace aux Mureaux.

Mais en disant tout cela, en rappelant chacune de ces étapes si je puis dire, qui n’est pas un chemin univoque ni une fatalité, je veux qu’il n’y ait aucune confusion ni aucun amalgame. Aucune de ces réalités ne doit être écrasée l’une sur l’autre. Mais force est de constater qu’il y a un islamisme radical qui conduit à nier les lois de la République, qui conduit à banaliser la violence et qui a conduit certains de nos citoyens, de nos enfants à choisir le pire ou à considérer que le pire était devenu naturel, et donc à créer des conditions de dérives politiques mais aussi de dérives violentes, celles du terrorisme islamiste. Ce qui est aujourd’hui notre défi c’est de lutter contre la dérive de certains au nom de la religion en veillant à ce que ne soient pas visés ceux qui veulent croire en l’islam et sont pleinement citoyens de notre République. Et au fond depuis des années, nous sommes encombrés par cette réalité.

Voulez-vous dire les choses et considérer que des millions de nos citoyens vivent dans la République comme citoyens pleins et entiers et croient dans l’islam ? On vous dit : vous êtes naïfs, vous les couvrez, vous ne regardez pas le problème en face. Voulons-nous répondre à ces dérives que j’évoque, y compris dans leurs formes les plus radicales, on tombe dans le piège de stigmatiser toute une religion.

L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui, partout dans le monde.

Emmanuel Macron

Le chemin c’est celui que je viens de tracer. Isoler le problème, celui de l’islamisme radical, savoir que chacune de ces étapes peut mécaniquement entretenir l’autre, et donc ne céder à aucune facilité, aucun cynisme, dire les choses et accepter aussi que nous sommes face à un défi qui a mis des décennies à se constituer dans notre pays et que nous ne le terrasserons pas en un jour. Mais c’est ensemble que nous devons dans un réveil républicain nous opposer à ceux qui veulent nous séparer.

Beaucoup de choses ont été écrites, décrites, analysées très profondément sur ce que notre pays vit à cet égard. J’aurai l’humilité de ne pas me prétendre un spécialiste mais en quelques mots, pour partager les choses telles que je les vois. L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui, partout dans le monde. Nous ne le voyons pas que dans notre pays, c’est une crise profonde qui est liée à des tensions entre des fondamentalismes, des projets justement religieux et politiques qui, on le voit dans toutes les régions du monde, conduisent à un durcissement très fort, y compris dans des pays où l’islam est la religion majoritaire. Regardez notre amie, la Tunisie, pour ne citer que cet exemple. Il y a 30 ans, la situation était radicalement différente dans l’application de cette religion, la manière de la vivre et les tensions que nous vivons dans notre société sont présentes dans celle-ci qui est sans doute l’une des plus éduquées, développées de la région. Il y a donc, une crise de l’islam, partout qui est gangrené par ces formes radicales, par ces tentations radicales et par une aspiration à un djihad réinventé, qui est la destruction de l’autre. Le projet de califat territorial contre lequel nous avons lutté au Levant, contre lequel nous luttons au Sahel, mais partout, des formes plus ou moins insidieuses, les plus radicales. Cette crise nous touche par définition aussi.

À cela s’ajoutent les influences extérieures et une organisation méthodique de pouvoirs politiques, d’organisations privées qui ont poussé ces formes les plus radicales. Il faut bien dire que nous avons laissé faire, chez nous comme à l’étranger. Wahhabisme, salafisme, frères musulmans, beaucoup de ces formes étaient au début d’ailleurs pacifique pour certaines. Elles ont progressivement dégénéré dans leur expression. Elles se sont elles-mêmes radicalisées. Elles ont porté des messages de rupture, un projet politique, une radicalité dans la négation par exemple de l’égalité femmes – hommes, et par des financements extérieurs, par un endoctrinement venant de l’extérieur, elles ont atteint notre territoire dans son intimité.

Cette réalité nous touche, nous frappe. Elle a grandi ces dernières années. Il faut la nommer.

À cela s’ajoute le terreau sur lequel tout ce que je viens de décrire s’est établi. Nous avons nous-mêmes construit notre propre séparatisme. C’est celui de nos quartiers, c’est la ghettoïsation que notre République, avec initialement les meilleures intentions du monde, mais a laissé faire, c’est-à-dire que nous avons eu une politique, on a parfois appelé ça une politique de peuplement, mais nous avons construit une concentration de la misère et des difficultés, et nous le savons très bien. Nous avons concentré les populations souvent en fonction de leurs origines, de leurs milieux sociaux. Nous avons concentré les difficultés éducatives et économiques dans certains quartiers de la République. Nous avons… Malgré les efforts des élus, des préfets de la République dont je salue l’engagement, nous n’avons pas pu, à cause justement de cela, recréé suffisamment de mixité, et surtout, nous n’avons pas réussi à aller aussi vite que ce phénomène en termes de mobilité éducative et sociale. Nous avons créé ainsi, des quartiers où la promesse de la République n’a plus été tenue, et donc des quartiers où l’attraction de ces messages, où ces formes les plus radicales qui étaient sources d’espoir, qui apportaient et qui apportent, soyons lucides, des solutions pour éduquer les enfants, apprendre la langue d’origine, s’occuper des personnes âgées, fournir des services, permettre de faire du sport.

Au fond, ce que la République n’a plus apporté parce qu’elle était submergée par ses propres difficultés, parce que parfois, elle avait reculé en termes de services publics, ces organisations, porteurs de cet islam radical, s’y sont méthodiquement substitués. Et donc sur nos reculs, parfois nos lâchetés, ils ont construit leur projet, méthodiquement là aussi. C’est pourquoi les insuffisances de notre politique d’intégration, de nos luttes contre la discrimination, du racisme comme de l’antisémitisme, l’un nourrissant l’autre, ont aussi progressivement favorisé ce développement.

S’ajoute à tout cela le fait que nous sommes un pays qui a un passé colonial et qui a des traumatismes qu’il n’a toujours pas réglé avec des faits qui sont fondateurs dans notre psyché collective, dans notre projet, dans notre manière de nous voir. La guerre d’Algérie en fait partie et au fond tout ce, toute cette période de notre histoire est revue comme à rebours, parce que nous n’avons jamais déplié les choses nous-mêmes. Et donc nous voyons des enfants de la République, parfois d’ailleurs, enfants ou petits-enfants de citoyens aujourd’hui issus de l’immigration et venus du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, revisiter leur identité par un discours post-colonial ou anti-colonial. Nous voyons des enfants dans la République qui n’ont jamais connu la colonisation, dont les parents sont sur notre sol et les grands-parents depuis longtemps, mais qui tombent dans le piège, là aussi méthodique de certains autres qui utilisent ce discours, cette forme de haine de soi que la République devrait nourrir contre elle-même, mais aussi de tabous que nous avons nous-mêmes entretenu et faisant miroiter leurs origines avec notre histoire, nourrissent aussi ce séparatisme. Je distingue chacun de ces éléments méthodiquement, mais ils se mélangent tous dans la réalité de nos vies. Ils se mélangent tous, et se nourrissent les uns des autres. Et le projet politique d’ailleurs, c’est pour cela que je l’ai appelé séparatisme islamiste parce qu’il s’émancipe parfois même de la stricte religion dans un projet conçu – ; eh bien mélange toutes ces réalités, mais elles sont là.

Il nous faut donc affronter avec beaucoup de détermination et de force les formes inacceptables et radicales aujourd’hui, à court terme. Il nous faut reconquérir tout ce que la République a laissé faire et qui a conduit une partie de notre jeunesse ou de nos citoyens à être attirés par cet islam radical. Et il nous faut aussi revenir sur nos propres traumatismes et nos propres insuffisances pour en quelque sorte ouvrir ce livre. Et je le dis parce que c’est tout cela qu’il nous faut tenir ensemble, si nous avons un discours réducteur, nous enverrons un message simple à toute la jeunesse des quartiers : “Nous ne vous aimons pas. Vous n’avez pas de place dans la République. Filer vers chez eux.” Si nous avons un message naïf, nous laisserons aussi filer toute une partie de notre République qui nous dira “Ils ne savent pas s’attaquer aux problèmes de mon quotidien. J’en vis les conséquences : je vois l’école qui ferme à côté de chez moi, les pratiques, l’association, les psalmodieurs.” Il nous faut traiter les deux tout à la fois en dépliant chacun des points que je viens d’évoquer. C’est une action qui commence aujourd’hui et c’est une action tous ensemble que nous devrons mener et qui prendra des années et des années.

Sur ce sujet, nous agissons depuis le premier jour avec beaucoup de force, de détermination sur le terrain, nos fonctionnaires sont à pied d’œuvre. Je ne vais pas ici redire tout ce qui a été fait depuis 3 ans en matière de lutte contre le terrorisme, mais beaucoup a été fait par nos services de renseignement, par nos forces de sécurité intérieure, par nos magistrats. Des lois votées dès le début du quinquennat, une organisation nouvelle, des services de renseignement mieux coordonnés, un parquet spécialisé créé, des moyens accordés, 32 attentats déjoués. Mais les choses se sont aussi transformées accompagnant les mutations que je viens d’évoquer. Nous avions affronté un terrorisme importé. Nous avons ce qu’on appelle un terrorisme endogène dont les formes se sont hybridées et qui est aux confins, pour certains, des dérives qui viennent de l’islam radical, pour d’autres, aux confins de la psychiatrie et de la radicalisation politico-religieuse, avec parfois des individus, on le sait très isolés, qui peuvent en quelques heures se radicaliser. Il nous faut donc continuer avec détermination, force. C’est la mission, l’engagement du ministre de l’Intérieur et à ses côtés, de tous les fonctionnaires auprès de lui, c’est aussi la mission du garde des Sceaux pour continuer à déjouer, à avancer, à reconquérir.

Nous avons aussi, depuis 2017, accru la lutte contre la radicalisation, là aussi avec des actes, clairs, précis, fermes. Dès la fin 2017, des plans de lutte contre la radicalisation impliquant l’ensemble des services de l’État ont été déployés à bas bruit dans 15 quartiers, de manière extrêmement confidentielle, pour avoir des méthodes les plus efficaces avec une coopération de tous les services de l’État, des magistrats sur le terrain, des services de renseignements. 212 débits de boissons, 15 lieux de culte, 4 écoles, 13 établissements associatifs et culturels ont été fermés, des centaines de contrôles réalisés, des millions d’euros saisis dans ces quartiers. Les résultats obtenus nous ont conduit à étendre cette méthode à l’ensemble du territoire. Les résultats, nous les avons, cette méthode a prouvé son efficacité. Nous l’étendons et nous la menons maintenant partout sur le sol français. Dans chaque département, des cellules de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire ont été installées l’hiver dernier. Elles ont déjà permis d’interdire des conférences organisées par des mouvements islamistes radicaux, d’entraver financièrement une association détournant sa raison d’être pour promouvoir l’islam politique. Ailleurs, de fermer une école clandestine, où des jeunes filles de 7 ans portaient le voile intégral, etc., etc. Au total, depuis le 1er janvier 2020, 400 contrôles ont été effectués, 93 fermetures prononcées.

Les actes sont là, je les assume, le Gouvernement avec moi, ils valent souvent mieux que les mots. Nous continuerons sur ce point d’avancée. Et je veux souligner, combien le travail qui est conduit par le Gouvernement en matière de lutte contre les stupéfiants et contre les bandes organisées, est un travail jumeau de celui-ci. Parce que, bien souvent, ces réseaux d’un Islam radical sont financièrement organisés en lien avec les stupéfiants, en lien avec une économie qui les nourrit et organise, si je puis dire, les propres désordres du quartier ou son propre ordre parallèle. Tout ça se tient, et c’est ce plan coordonné, déterminé, que nous continuerons de mener. Nous n’avons jamais fait preuve d’angélisme ou de naïveté. Ces actions n’avaient jamais été mises en œuvre avec un tel esprit systématique et une telle méthode. Il nous faut donc aujourd’hui, non seulement les poursuivre, mais les amplifier.

Notre réponse doit être plus large, puissante, répondre aux problèmes concrets observés sur le terrain. Et la réponse passe par des mesures d’ordre public, elle passe aussi par des mesures de réengagement de la République, et au fond, par une stratégie d’ensemble que je veux ici exposer, et qui, pour moi, tourne autour de cinq piliers principaux.

C’est une mobilisation de toute la nation, ce réveil républicain que j’évoque. Et ce que nous avons ainsi conçu, préparé, mûri, c’est le fruit des observations de terrain de nos fonctionnaires, mais aussi des élus, des associations, parce qu’il nous faudra tous ensemble la bâtir. Au cœur de cette stratégie, il y a la mobilisation de beaucoup d’acteurs, la responsabilisation de certains, il y aura aussi un texte de loi. Le ministre de l’Intérieur et sa ministre déléguée présenteront le 9 décembre prochain en conseil des ministres, un projet de loi qui, 115 ans après l’adoption définitive de la loi de 1905, visera à renforcer la laïcité, à consolider les principes républicains. L’ensemble des ministres, ici présents, ont été fortement contributeurs de ce texte, et je les en remercie, et continueront de l’enrichir dans les jours et semaines qui viennent au fur et à mesure des concertations, et auront à conduire aux côtés du ministre et de la ministre les débats parlementaires.

Le premier axe de ce réveil, de ce patriotisme républicain sur ce sujet que j’appelle de mes vœux, c’est d’abord un ensemble de mesures d’ordre public et de neutralité du service public, qui constituent des réponses immédiates, fermes à des situations constatées, connues, contraires à nos principes. Des élus, parfois sous pression de groupes ou de communautés, ont pu envisager et peuvent envisager d’imposer des menus confessionnels à la cantine. Nous avons sur ce sujet des cas, dans des départements comme la Seine-Saint-Denis, mais aussi en Normandie. D’autres élus excluent ou projettent d’exclure les hommes ou les femmes de certains créneaux d’accès aux piscines. Ce fut, par exemple, le cas dans une commune non loin d’ici, où des femmes ont revendiqué des horaires d’accès distincts des hommes à la piscine. Une fois, la loi votée, le préfet pourra suspendre les actes municipaux correspondant à ces situations en constatant cette carence républicaine. Et si sa décision n’était pas appliquée, se substituer à l’autorité locale avec l’accord du juge. C’est à la fois une mesure de protection de ce qui est la neutralité des services publics, de ce qui est aussi le maintien de l’ordre public. Et c’est ce qui dans certaines situations peut aussi permettre de protéger face à de telles pressions nos élus – parce que je ne sous-estime pas pour certains la pression sur le terrain qui peut exister.

Nous aurons sur beaucoup de sujets relevant du domaine médical, relevant de l’urbanisme des décisions très concrètes qui seront portées par ce texte de loi mais qui correspondent là aussi à des situations observées qui contreviennent qui à l’ordre public, qui à l’égalité femmes hommes et qu’il est important de régler avec beaucoup de calme là aussi, de respect, de pragmatisme.

Au sein de nombreux services publics exercés par des entreprises, en particulier les transports en commun, nous avons aussi vu ces dernières années se multiplier les dérives. Elles choquent et souvent elles sont constatées avec une forme d’impuissance parce qu’il y a un contournement de la loi. Des contrôleurs qui refusent à des femmes l’accès aux bus en raison de leur tenue – pour être très clair parce qu’elles n’ont pas une tenue qu’ils considèrent eux-mêmes comme décente ; des demandes de port de signes ostentatoires d’agents, certes de délégataires privés mais d’agents qui exercent des services délégués par la commune, par le département, par l’Etat ; et donc qui portent ces signes dans le cadre de leurs missions. Des phénomènes de radicalisation poussés qui progressent – nous avons ainsi, ces derniers mois, été amenés à suivre avec beaucoup plus d’attention plus de 80 personnes travaillant dans les services de Roissy Charles de Gaulle.

Tous ces sujets montrent que là où la neutralité du service public était claire et établie quand elle est dans la main des fonctionnaires, dans les lieux maîtrisés, s’étaient installées une série de dérives lorsque le service public était concédé. Ce que ce texte de loi permettra de faire de manière très concrète, c’est que l’obligation de neutralité sera applicable aux agents publics dans le cadre, évidemment, de leur action. Mais surtout, elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires ce qui n’était pas clairement le cas jusqu’alors. Ce qui nous permettra sur chacune des situations inacceptables que j’évoquais d’avoir une réponse claire, ferme, d’éviter ces dérives, parfois ces pressions inadmissibles. Tous ces faits qui ne sont pas conformes à nos principes, il fallait s’y attaquer et nous le faisons avec fermeté et conviction. Contrôler, poursuivre, sanctionner. Mais cela ne suffit pas.

A l’islamisme radical, brandi comme une fierté, nous devons opposer un patriotisme républicain assumé et aller plus loin. Le deuxième axe c’est celui qui concerne les associations. Nos associations sont un pilier de notre pacte républicain ; extrêmement importantes, le ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports le sait ô combien et je crois que tous les élus ici présents et le préfet le savent. Nos associations sont des acteurs, des relais et dans notre histoire elles ont forgé hors du temps, si je puis dire, stricto sensu de la République ou de nos rites républicains ou du temps de l’école ou des temps consacrés, elles forgent un temps de vie où nos valeurs sont en partage. Il est donc assez logique que celles et ceux qui portent ce projet de séparatisme islamiste aient investi le champ associatif parce qu’ils l’ont identifié comme la forme, en tout cas l’espace le plus efficace pour diffuser leurs idées. Rendre des services que des associations laïques ou que d’autres associations respectant la loi de la République ne rendaient plus, parfois que la République elle-même ne rendait plus et, par ce truchement, diffuser de manière subreptice, ou de manière très revendiquée, un message d’islam radical. Ce que nous constatons avec vous, avec les médias, les préfets, avec les universitaires qui travaillent le sujet, c’est que nombre d’associations proposant des activités sportives, culturelles, artistiques, linguistiques ou autres, qui ont pour raison d’être l’accompagnement des plus précaires ou l’aide alimentaire, déploient en réalité des stratégies assumées d’endoctrinement.

Les associations doivent unir la nation et pas la fracturer – et nous ne céderons rien sur ce principe qui est au cœur même de la liberté qui est associée à la protection des associations dans notre pays et au statut si particulier qu’elles occupent dans la République. Les motifs de dissolution des associations en conseil des ministres étaient jusque-là très limités : limités aux faits de terrorisme, de racisme et d’antisémitisme. Ils seront étendus à d’autres motifs comme les faits d’atteinte à la dignité de la personne ou de pressions psychologiques ou physiques.

Nous devons aller jusqu’au bout. Nous allons donc renforcer les contrôles, mettre dans la loi les principes en vertu desquels il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre que ce soit le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent ces messages, qu’elles contreviennent à nos lois et nos principes. Avant la dissolution, il y a le financement. Toute association sollicitant une subvention auprès de l’État ou d’une collectivité territoriale devra signer un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société, pour reprendre la formule du Conseil constitutionnel. Si le contrat est rompu, ses responsables devront rembourser car il est nécessaire que l’argent public ne serve pas à financer les séparatistes ; c’est d’évidence. Beaucoup ont commencé sur cette voie et d’ailleurs dans votre département, je sais que beaucoup d’élus ont commencé à faire signer aux associations sportives ces chartes de laïcité. C’est un contrat renforcé, commun que nous proposerons à l’ensemble des collectivités territoriales comme modèle, que nous appliquerons, et nous avons commencé à le faire. Le ministre l’a fait pour d’ailleurs toutes les associations relevant du ministère de la Ville et nous sommes en train de le déployer pour toutes les associations du ministère des Sports parce que c’est une nécessité. Mais nous souhaitons que partout, États, collectivités, sur tout le territoire, aient la même nature de contrats et d’exigences et les mêmes règles en termes de respect des financements – avec là aussi un contrôle qui sera permis sur cette base et donc un suivi financier et une obligation de remboursement, comme je l’évoquais.

Au total, sur nos associations, la loi ainsi proposée permettra de renforcer les éléments de contrôle, le respect de nos valeurs républicaines, mettra des contraintes supplémentaires en termes de clarté du respect de nos principes sur les financements et permettra des dissolutions, là aussi, lorsque les infractions sont constatées sur les principes que j’évoquais. C’est une nécessité, nous le faisons en respectant la liberté d’association, avec un travail très fin qui a été mené par le garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur, et je les en remercie. Mais je crois aussi que c’est par ce dispositif que nous pourrons, beaucoup plus efficacement, fermer les structures inacceptables et accroître la pression sur les associations qui, subrepticement, dérivent.

Le troisième pilier de notre stratégie, c’est l’école. Celui-ci est ô combien essentiel et vous constatez qu’à mesure que j’avance, je rentre, si je puis dire, dans l’intimité de notre vie républicaine. L’école, c’est le creuset républicain. C’est ce qui fait qu’on protège nos enfants de manière complète par rapport à tout signe religieux, à la religion. C’est vraiment le cœur de l’espace de la laïcité, et c’est ce lieu où nous formons les consciences pour que les enfants deviennent des citoyens libres, rationnels, pouvant choisir leur vie. L’école est donc notre trésor collectif. C’est ce qui permet dans notre société de bâtir ce commun qu’est la République.

Or, là aussi, nous avons vu des dérives, nous voyons des contournements et nous avons un combat à mener. Aujourd’hui, plus de 50 000 enfants suivent l’instruction à domicile, un chiffre qui augmente chaque année. Chaque semaine, directeurs et directrices découvrent des cas d’enfants totalement hors système. Chaque mois, des préfets ferment des écoles, entre guillemets car elles ne sont pas déclarées même comme telles, illégales, souvent administrées par des extrémistes religieux. Partout sur notre territoire, le phénomène que nous voyons est simple, des parents d’élèves qui viennent voir le directeur ou la directrice d’école et qui disent : “le cours de musique, c’est terminé, sinon, il ne reviendra plus. La piscine avec les autres, c’est terminé, sinon, il ne reviendra plus”. Il y a ensuite des certificats pour allergie au chlore qui sont donnés, puis des absences répétées et enfin, la déscolarisation. “Nous allons l’inscrire au CNED. Ce sera très bien fait. C’est plus simple pour nous.” Ces enfants ne vont pas au CNED. Parfois, ils ne reçoivent aucune éducation. Mais ils vont dans des structures qui ne sont nullement déclarées. La semaine dernière, nous en avons encore identifié une en Seine-Saint-Denis. Des structures très simples, des murs, presque pas de fenêtres. Les enfants qui arrivent à 8h chaque jour, qui repartent à 15 heures, des femmes en niqab qui les accueillent. Et lorsqu’on les interroge, des prières, certains cours, voilà leur enseignement. C’est une réalité. Nous devons la regarder, la nommer en face.

Sur ce sujet, face à toutes ces dérives qui excluent des milliers d’enfants de l’éducation à la citoyenneté, de l’accès à la culture, à notre histoire, à nos valeurs, à l’expérience de l’altérité qui est le cœur de l’école républicaine, j’ai pris une décision, sans doute, et je la mesure, et nous en avons beaucoup débattu avec les ministres, sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. Dès la rentrée 2021, l’instruction à l’école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé. Nous changeons donc de paradigme, et c’est une nécessité. Notre école, ensuite, ne peut en aucun cas faire l’objet d’ingérence étrangère.

Nous l’avions constaté, c’est le fameux système des ElCO, des enseignements de langue et culture d’origine, qui conduisait à avoir sur notre sol, dans un cadre contractuel avec les pays d’origine, des enseignants qui ne maîtrisaient parfois pas le français, qui prodiguaient un enseignement dans le cadre de ces ElCO, je rappelle qu’ils faisaient l’objet de contrats avec l’Algérie, le Maroc et la Turquie, des enseignements qui eux-mêmes n’étaient pas conformes aux lois de la République ou aux principes fondamentaux de nos programmes.

Comme je l’avais annoncé à l’hiver dernier à Mulhouse, un travail a été conduit par le ministre de l’Education nationale et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour précisément mettre un terme à ce système et faire en sorte que nous n’ayons qu’un système, celui des EILE, où nous pouvons avoir un enseignement par exemple en langue arabe, une contractualisation avec ces Etats, mais où nous avons un contrôle sur les enseignants, sur le respect de nos valeurs et sur les capacités linguistiques en langue française de ces derniers, c’est-à-dire un vrai contrôle de l’Éducation nationale sur la qualité des enseignants et de l’enseignement. C’est aujourd’hui une réalité. Nous sommes en train de parachever les derniers termes de la négociation. Mais au terme de négociations serrées avec les trois pays que j’évoquais, nous mettons donc bien fin aux ELCO. Ce n’est pas simplement un projet qui avait parfois pu être par le passé agité, discuté ; c’est une réalité.

Ensuite, parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République et non celles d’une religion, former des citoyens non des fidèles, les écoles hors contrat, qui sont davantage contrôlées grâce à la grande avancée que constitue la loi dite Gatel, feront l’objet d’un encadrement encore renforcé.

Je le dis ici très clairement, la liberté d’enseignement est importante dans notre République et il ne s’agit en aucun cas de la remettre en cause, de réveiller des passions que notre pays a pu connaître et qui seraient contre-productives. Et je pense que là aussi, il ne faut avoir aucun amalgame. La liberté d’enseignement, nous savons vivre avec, nous nous sommes organisés et les choses avancent bien. Mais sur le parcours des personnels, le contenu pédagogique des enseignements, l’origine des financements, il est légitime que l’État renforce les contrôles. Nous avons tous été confrontés ces derniers mois à des cas de lycées, de collèges qui parfois étaient financés par l’État, par les régions et sur lesquels nous n’avions pas une visibilité complète parce que la loi ne le permettait pas. On se réveille quand le scandale arrive, ce qui est la pire des choses. Et donc ce qui a été décidé, c’est de doter le ministère, justement, des voies et moyens de contrôler chacun de ces sujets, de pouvoir procéder à des fermetures administratives quand elles s’imposent et il faut les assumer tout en respectant la liberté d’enseignement et sans créer de passions inutiles.

La République s’est construite autour de l’école, qui forme plus que des individus, qui élève des citoyens, qui façonne des esprits libres. C’est pourquoi, j’en suis convaincu, la République résistera par l’école à ceux qui veulent la combattre ou la diviser, et c’est par l’école que nous permettrons à tous nos enfants d’accéder aux savoirs, à la culture, à la civilité républicaine et donc à devenir pleinement citoyens et citoyennes.

Ce projet, vous le constatez, est extrêmement ambitieux. Il a fait l’objet d’un très grand travail et je veux en remercier vraiment les ministres, et il est pour moi un pilier essentiel de cette stratégie, positif mais déterminé.

Le quatrième axe de la stratégie que nous entendons conduire, de ce réveil républicain, il consiste à bâtir enfin un islam en France qui puisse être un islam des Lumières. Je suis toujours prudent sur ces formules, on en a eu beaucoup. On a pu parler d’un islam de France. Je ne veux pas ici rentrer dans des débats sémantiques parce que j’ai constaté que quand je les introduisais, je nourrissais ensuite énormément de commentaires. Donc, je ne pense pas qu’il faille une forme d’islam gallican, non. Mais il nous faut aider cette religion dans notre pays à se structurer pour être un partenaire de la République pour ce qui est des affaires que nous avons en partage. Et c’est normal. Les autres religions se sont ainsi structurées, d’abord parce que c’est leur histoire, parfois, je dirais, leur structure même, et nous avons appris à vivre ensemble. Mais là aussi, nous nous devons la lucidité.

Lorsque la loi de 1905 a été votée, l’islam n’était pas une religion si présente dans notre pays. Et elle s’est beaucoup développée ces dernières années aussi à travers les vagues migratoires qui sont plutôt celles du 20ème siècle. Et donc, nous sommes face à une réalité dont l’organisation ne correspond pas à nos propres méthodes, à nos propres truchements. Nos interlocuteurs, aujourd’hui, n’assument pas une vraie responsabilité cultuelle. Et donc, il est très difficile pour le ministre en charge des cultes, des préfets, des maires, de savoir à qui ils parlent lorsqu’ils veulent pouvoir évoquer les sujets qui relèvent du culte et ont un impact sur notre vie en société et parfois sur l’ordre public. Parce que le culte n’y est pas ainsi organisé.

Ça fait 3 ans qu’on travaille sur ce sujet d’arrache-pied. J’ai discuté avec à peu près tous les spécialistes, acteurs, les différentes équipes de direction du CFCM. J’ai pu à un moment réfléchir à une voie, celle d’une approche concordataire, mais je pense qu’elle était inadaptée au temps que nous vivons. Elle aurait créé des ruptures avec les autres religions, son cadre juridique aurait été très fragile, et je pense qu’elle aurait sans doute d’ailleurs suscité des réflexions contre-productives. Vous allez vous occuper, vous État, d’organiser l’islam, c’est donc vous qui allez financer telle et telle chose avec l’argent du contribuable ? Je vous laisse imaginer ce dans quoi nous serions rentrés, vu la passion des débats d’ordre irrationnel que nous avons parfois.

C’est pourquoi nous avons engagé un travail de structuration et aussi de responsabilités partagées. Il y a maintenant un peu plus de deux ans, le ministère de l’Intérieur a demandé à chaque préfet dans les départements d’identifier les interlocuteurs de l’islam. Ce qui aujourd’hui n’était pas véritablement fait, vous le savez, ce sont plutôt les CRCM qui existent. Ce travail a été fait et a permis d’identifier dans chaque département, ou dans certains territoires de manière interdépartementale, les interlocuteurs, donc de structurer un dialogue. Et nous avons mené un vrai travail, une vraie réflexion avec le Conseil français du culte musulman. Et c’est ce chemin que nous allons ouvrir ensemble. C’est-à-dire, essayer ensemble de bâtir une organisation qui va nous permettre, je l’espère, je le crois, de construire un islam des Lumières dans notre pays. C’est-à-dire un islam qui puisse être en paix avec la République, en respectant toutes les règles de séparation et en permettant d’apaiser toutes les voix. Ce n’est pas le travail de l’État de structurer l’islam. Mais nous devons, nous, permettre, accompagner cette émergence, et c’est ce que ce dialogue, toute cette préparation nous a permis de faire.

D’abord, et c’est le premier point en la matière, en libérant l’islam en France des influences étrangères. Sur ce sujet, nous allons le faire de deux manières, parce qu’il y a deux types d’influences. Il y a une influence qui est visible, qui est assumée, et il y a une influence qui est parfois plus profonde et dangereuse, mais qui est moins visible et moins assumée.

La première influence qu’on a décidée de réduire, en concertation avec les pays, c’est l’organisation même de l’Islam consulaire. Vous le savez, nous sommes un pays où nous organisions la formation des imams dans des pays étrangers, mais aussi celle de psalmodieurs que nous faisions venir de manière régulière. C’est la Turquie, le Maroc et l’Algérie qui fournissaient ces imams et ces psalmodieurs. Nous avons décidé de mettre fin à ce système, de manière totalement apaisée avec les pays d’origines. Et en transition, c’est-à-dire sur 4 ans en moyenne, parce qu’il faut que les choses se fassent progressivement parce que, je vais y revenir, nous allons nous-mêmes former nos imams et nos psalmodieurs, les musulmans en France. Et donc, nous devons détacher ce lien qui est celui qu’on nomme de l’islam consulaire. Parce qu’il nourrit des rivalités, des dysfonctionnements mais surtout, il continue de faire porter ce surmoi post-colonial que j’évoquais par ailleurs, avec énormément d’ambiguïtés et il ne permet pas à la structuration de cette religion dans notre pays d’avancer comme il faut. Et je le dis de manière vraiment très apaisée et en accord à la fois avec le CFCM et les 3 pays que j’évoquais. Et donc, nous mettons fin à ce lien et à cette influence étrangère.

L’autre influence, plus pernicieuse, plus grave, c’est celle du financement. Jusqu’à présent, nous avions une ambiguïté. Beaucoup de structures passaient par la loi de 1901 pour financer des activités cultuelles et avec beaucoup d’opacité. Des structures qu’on voyait arriver, on en a vu arriver tellement sur nos territoires dont nous découvrions qu’elles avaient été financées par telle fondation, parfois tel État étranger, tels intérêts, sans beaucoup de transparence. Les mosquées seront ainsi incitées à sortir de la forme associative pour basculer vers le régime prévu par la loi de 1905, à la fois plus avantageuse fiscalement et davantage contrôlée sur les plans des financements venant de l’étranger. Mais au-delà de cela, tous ceux qui continueraient à choisir la voie de 1901 verraient un contrôle renforcé drastiquement en termes d’origine de financement, du contrôle de cette origine et de transparence sur les fonds.

Qu’est-ce que nous allons faire pour parler en termes simples, pour ceux qui connaissent ces questions ? Nous allons répliquer pour toutes les associations cultuelles qui se sont inscrites dans le cadre de la loi de 1901, les contraintes qui existaient dans le cadre de la loi de 1905, sans les avantages fiscaux de la loi de 1905. Normalement, c’est une incitation plutôt à aller vers 1905. Mais surtout, c’est la fin d’un système d’opacité. Il ne s’agit pas d’interdire les financements venant de l’étranger. Il s’agit simplement de les encadrer, de les rendre transparents, de les maîtriser. C’est un élément essentiel, là aussi, pour libérer l’islam en France des influences étrangères qui sont rarement pour le meilleur et comme nous l’avons constaté, le plus souvent pour le pire. Et il s’agit véritablement de revenir à l’esprit et à la lettre de la loi de 1905, au fond que ces contournements et des décennies de laisser-aller ont édulcoré dans la pratique. Ce que nous allons, de fait, faire pour tous les lieux de culte c’est donc renforcer les contrôles en termes de financement et aussi sur les associations qui les portent, renforcer comme je le disais tout à l’heure dans le deuxième axe, notre contrôle sur la nature de ce qui est dit, les actions qui y sont menées et le respect des valeurs de la République chez toutes celles et ceux qui les portent et les font vivre.

Ensuite, la volonté de protéger les responsables des mosquées des putschs, des prises de contrôle hostiles par des extrémistes, est un élément très important de cette structuration. Aujourd’hui, sur notre territoire, ce que nous voyons et je sais que les élus ici présents l’ont eux-mêmes constaté et parfois vécu, c’est au fond les prises de contrôle hostiles qui existent au niveau des mosquées pour aller justement soudainement changer les dirigeants de l’association cultuelle en quelques jours. Et on se réveille, en quelques jours on voit des islamistes radicaux profiter des faiblesses dans les statuts pour prendre le contrôle de l’association, de tous ses financements et mener la pire des politiques. Cela n’arrivera plus. Ce que nous allons très clairement installer c’est un dispositif anti-putsch, très robuste, dans la loi, qui permettra d’éviter que ces protagonistes qui sont les plus subtils, les plus sophistiqués, n’utilisent les faiblesses de nos propres règles pour venir prendre le contrôle des associations cultuelles et des mosquées pour aller prédiquer le pire, organiser le pire, souvent mener d’ailleurs dans le cadre de l’association cultuelle des activités qui ne le sont pas du tout, qui commencent à devenir politiques, etc. etc.

Enfin l’ambition de former et promouvoir en France une génération d’imams mais aussi d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République est une nécessité. L’islam est une religion qui existe en France. Je sais que beaucoup ne veulent pas le voir et pensent que ce serait une manière efficace de lutter contre l’islam radical. Je pense que c’est une stupidité. D’abord parce que nier le réel n’est jamais une bonne voie et ensuite parce que, comme je vous le disais tout à l’heure, je pense que c’est le plus grand cadeau qu’on pourrait faire à ceux qui veulent basculer la République. Mais il nous faut, comme je le disais, aller au bout de cette structuration.

Et donc ce dont nous sommes convenus avec le Conseil français du culte musulman, c’est que d’ici à 6 mois au plus tard celui-ci allait finaliser un travail largement commencé depuis plusieurs mois et indispensable. Un travail qui consiste premièrement à labeliser des formations d’imam dans notre pays. Deuxièmement, à assumer une responsabilité cultuelle qui sera celle de la certification des imams. Troisièmement, d’écrire une charte dont le non-respect entraînera révocation des imams. La structuration du pèlerinage du hajj apportera des financements nécessaires. Nous avons conduit un très gros travail avec l’Arabie saoudite pour réglementer celui-ci et là aussi un travail a été mené par le CFCM, par la MIF, pour justement bâtir une solution qui permettra d’avoir ainsi des financements et de structurer ces formations.

Ce que je vous décris là, ça n’est pas l’État qui le fera, en vertu même du principe de séparation, ce sera au Conseil français du culte musulman. Mais je lui fais confiance et c’est une responsabilité immense que nous lui confions. Mais en même temps, je leur ai dit avec le ministre il y a deux jours, c’est une pression immense que nous allons exercer sur eux, parce que nous n’avons pas le droit d’échouer. Je pense que c’est aujourd’hui ce dont nous avons besoin.

S’agissant de la dimension intellectuelle, profane, l’État doit lui aussi s’engager. S’engager et soutenir ce qui, dans notre pays, doit nous permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’islam et aussi une meilleure formation intellectuelle, académique qui des religieux, mais tous nos concitoyens qui s’intéressent à cette religion, à cette civilisation pour mieux nous connaître aussi les uns les autres parce que c’est un enjeu pour nous-mêmes. À cette fin, nous soutiendrons à hauteur de 10 millions d’euros les initiatives qui seront prises par la Fondation pour l’islam de France en matière de culture, d’histoire et de science. Je pense en particulier au développement d’études islamiques de haut niveau à l’université. Je décide aussi que nous allons créer un Institut scientifique d’islamologie, et au bénéfice de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, nous créerons des postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur pour, là aussi, continuer le travail, parfois le reprendre, en matière de recherche sur la civilisation musulmane mais aussi sur le Maghreb, le bassin méditerranéen, l’Afrique.

Beaucoup de ces sujets où la France excellait sur le plan académique ont été affaiblis et nous les avons abandonnés. Et ce faisant, nous avons laissé le débat intellectuel à d’autres, à ceux qui sont hors de la République en l’idéologisant, mais parfois à d’autres traditions universitaires. Je pense à la tradition anglo-saxonne qui a une autre histoire et qui n’est pas la nôtre. Et quand je vois aujourd’hui certaines théories en sciences sociales totalement importées des États-Unis d’Amérique avec leurs problèmes, que je respecte et qui existent, mais qui viennent s’ajouter aux nôtres, je me dis que nous sommes déraisonnables à ne pas faire ce choix. Et donc nous devons réinvestir, nous, très clairement, le champ des sciences sociales, de l’histoire, de la connaissance des civilisations, massivement en créant des postes, en développant le dialogue et la controverse académique et scientifique pour ne pas laisser la connaissance, la compréhension de l’islam comme religion, de la civilisation qu’elle porte, de sa contribution aussi à notre pays et notre continent à des débats idéologiques et exclusivement politiques.

Cette tâche, nous la mènerons là aussi avec beaucoup de méthode et de volonté. Je veux que la France devienne ce pays où on puisse enseigner la pensée d’AVERROES, d’IBN KHALDUN, que nous puissions être un pays d’excellence dans l’étude des civilisations musulmanes. Nous nous le devons à nous-mêmes et nous le devons pour cette lutte que j’évoquais. Parce qu’il n’y aura pas de réussite du projet que j’évoquais depuis tout à l’heure si nous ne connaissons pas mieux, si nous ne comprenons pas mieux les civilisations qui de fait cohabitent sur notre sol compte tenu de ce qu’est aujourd’hui le peuple français.

Il nous faut aussi, et le ministre de l’Éducation nationale, à plusieurs reprises, s’est engagé sur ce point, enseigner davantage la langue arabe à l’école ou dans un périscolaire que nous maîtrisons. Car notre jeunesse est aussi riche de cette culture plurielle et il faut sur ce sujet, sortir de l’hypocrisie dans laquelle nous sommes. Quand nous nous ne l’enseignons pas à l’école ou dans un périscolaire qui est compatible avec les lois de la République, nous acceptons qu’il y ait plus de 60 000 jeunes aujourd’hui qui vont l’apprendre dans des associations qui leur proposent pour le pire et qui sont manipulés par ceux que j’évoquais. Et donc l’arabe, mais aussi beaucoup d’autres langues qui sont la richesse même de nos enfants, de leurs familles, nous devons savoir dans notre République à la fois les reconnaître mais les exalter, les faire vivre dans le cadre républicain. De manière extraordinairement décomplexée, simplement de manière encore une fois conforme à nos principes, mais reconnaissant notre richesse. Sortons de l’hypocrisie donc, ne déléguons pas cet enseignement et d’ici à deux ans, notre volonté avec le ministre, c’est d’avoir une vraie politique de connaissance des langues et des civilisations aussi à l’école, avec des enseignants et avec des locuteurs qui sont certifiés au plan linguistique et dont nous savons qu’ils respectent les valeurs de la République.

Enfin, et c’est le cinquième axe sur lequel je voulais insister. S’il faut faire craindre la République en appliquant ses règles sans faiblesse et redonner force à la loi, s’il faut reconquérir sur des axes essentiels que j’ai évoqués, il faut aussi la faire aimer à nouveau en démontrant qu’elle peut permettre à chacun de construire sa vie. Nous avons au fond un devoir d’espoir. Et je le dis très simplement dans le débat qui est le nôtre, parce qu’il y a aussi une forme d’insécurité qui s’est installée, que certains ont qualifié d’insécurité culturelle, je crois à juste titre, parce que notre société est perclus de fractures, de non-dits que nous avons laissé s’installer. On voudrait croire qu’on peut régler tous les problèmes par des décrets et par des lois.

Notre République a réussi quelque chose d’extraordinaire à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, elle a réussi parce qu’elle a conquis, elle a installé un ordre républicain, elle l’a réussi par l’école, elle l’a réussi par ses services publics, par la justice mais elle l’a réussi parce qu’elle a fait aimer la République, parce que pour des tas d’enfants, la République a donné un avenir. Et partout où la République ne donne plus d’avenir, n’attendez pas que ces enfants l’aiment, malheureusement. Et ça ne se décrète pas l’amour. Ça ne se légifère pas l’espoir. Ça se démontre.

Et donc le travail que nous avons commencé avec beaucoup de vigueur, je veux ici lui rendre hommage, c’est celui que nous devons intensifier. Cela implique en effet de refaire entrer la République dans le concret des vies. Et là, on a besoin de le faire avec tous les fonctionnaires, avec tous les élus, avec détermination et je sais que vous êtes ses combattants. Et ce qui est très dur, c’est comme beaucoup parfois de terrain était perdu, tout ce qui se fait ces dernières années qu’on fait tous ensemble, ça ne se voit pas forcément assez, ça a un caractère ingrat, mais je veux ici le redire avec force : le dédoublement des classes pour 300 000 élèves, c’est de la République au concret pour des enfants qui vont pouvoir apprendre à lire, écrire, compter, être éduqués dans les territoires les plus difficiles. C’est une réalité. Les réformes de l’orientation de l’accompagnement, tout ce qu’on a fait sur le temps extra-scolaire, devoir fait, etc., quartiers d’été cet été, avec ce qu’on a appelé l’été apprenant et culturel et sportif.

C’est une reconquête essentielle, c’est du concret pour ces enfants qu’on n’a pas laissé dans la main d’associations qui veulent la fin de la République. Ce travail est essentiel et nous le poursuivrons. L’ouverture de 80 cités éducatives, la labellisation de 530 maisons France Services, dans le secteur culturel, l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques pour plus de 600 communes, la création, comme ici aux Mureaux, de près de 100 Micro-folies. C’est une série d’initiatives, de bataille, de terrain, si je puis dire, qu’on a tous mené ensemble ces dernières années pour aller reconquérir et dire : la République doit revenir. Mais c’est vrai dans toutes les composantes. Lorsqu’on a décidé 10 milliards supplémentaires pour l’ANRU, aller reconquérir, réouvrir des quartiers, redonner des financements aux associations de terrain, décider, comme on l’a fait cette année, de redonner des crédits à la justice pour permettre la justice de proximité dans ces maisons France Services, mais aussi en redonnant des moyens très concrets pour que la réponse de notre justice corresponde aussi aux moyens qu’on met du côté de notre sécurité.

C’est la République qui revient et qui reprend un sens ce qu’on a fait avec les quartiers de reconquête républicaine, avec la police de sécurité du quotidien. Ce que le ministre est en train de déployer, là aussi pour redonner des moyens. Ce qu’on fait lorsqu’on se bat contre l’inégalité femmes-hommes sur le terrain en redonnant des moyens aux associations, mais en permettant là aussi à la République de revenir avec des moyens, des structures. C’est la politique que nous menons. Et donc, tout cela s’est déployé depuis 3 ans avec force détermination, avec beaucoup de propositions qui ont été portées par les ministres qui ont été aussi portés par Jean-Louis BORLOO, dont je veux saluer le travail, l’implication et les idées. Et quand je regarde le rapport qui nous avait été remis, plus de trois quarts ont été mise en œuvre. On peut s’en féliciter. Et je pense que toutes ces énergies, nous en avons besoin.

Et donc, ce qu’il nous faut faire aujourd’hui, c’est d’aller plus loin. Nous le ferons avec le dédoublement des classes actuellement étendues aux élèves de grande section. 40 cités éducatives supplémentaires qui seront créées, 300 maisons France Services supplémentaires qui ouvriront dans les prochaines semaines, un investissement supplémentaire dans l’ANRU. Sur la sécurité et sur la justice, des investissements supplémentaires de concret avec sur le terrain des magistrats, des greffiers, des juges, parfois aussi des volontaires qui viendront aider dans des tâches de proximité, comme vous l’avez développé Monsieur le maire, avec aussi des policiers, des gendarmes sur le terrain et des moyens supplémentaires.

Notre horizon est simple : c’est assurer une présence républicaine au bas de chaque tour, au bas de chaque immeuble. Là où nous avions reculé il faut revenir. Là où la réponse de la République n’était plus intelligible parce qu’on mettait des mois et des mois à répondre aux délits, on doit redonner du sens collectivement en permettant à notre justice de retrouver les moyens de répondre vite, de manière adaptée comme elle le fait pour que tout retrouve un sens, pour la victime comme pour le fauteur de trouble comme pour nos forces de sécurité.

Nous aimons la République au fond tous quand elle tient ses promesses d’émancipation. Tout ce que je viens d’évoquer c’est ce qui garantit cette promesse d’émancipation. La République c’est à la fois un ordre et une promesse. Et donc ce qu’il nous faut faire avec beaucoup de force c’est aller plus loin sur cette voie.

J’ai commencé à égrener des pistes pour l’égalité des chances, nous les poursuivrons en cette matière, dans la lutte contre les discriminations, en matière d’emploi et de logement avec de nouveaux testings qui ont été décidés, dans la systématisation des quartiers d’été que j’évoquais que nous allons pérenniser et pour faire en sorte que chacun, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, sa religion, puisse trouver sa place. Ni le racisme ni l’antisémitisme ne sont compatibles avec la République. C’est pourquoi il nous faut aussi dans le cadre même de cette stratégie avoir l’ambition d’aller beaucoup plus loin que ce que nous avons commencé à faire. Je présenterai au cours de l’automne de nouvelles décisions en la matière et elles seront déclinées là aussi dans chaque département par les préfets en associant tous les élus, mais avec des choses profondes et simples.

En matière de logement, nous devons changer enfin radicalement nos textes. Nous ne pouvons pas continuer d’ajouter la pauvreté à la pauvreté. Tant que nous n’arrêterons pas cela, nous continuerons les difficultés éducatives, de formation et les problèmes que j’évoquais. Ce texte doit porter une réforme profonde de notre organisation en matière de logement, en particulier de logement social. De la même manière, nous devons porter, assumer la part de la relance qui ira à ces quartiers de la République. Il doit y avoir une part de ce plan de relance qui permet l’émancipation culturelle, économique, écologique de nos quartiers.

Arrêtons de traiter une partie de notre jeunesse ou de nos citoyens comme des consommables, ou au fond des simples récipiendaires de politiques publiques. Ils veulent faire. Ils veulent l’excellence. Ils veulent qu’on leur laisse la chance de réussir. Et donc dans ce plan France Relance, il doit y avoir et il y aura, j’aurai l’occasion de les présenter dans les prochaines semaines, là aussi, des changements profonds pour permettre à nos quartiers et à nos quartiers les plus en difficulté de mener les projets éducatifs, culturels, entrepreneuriaux qui sont souhaités et de réussir la transition, à la fois numérique et environnementale. Là aussi, ces transitions doivent être conduites. Là aussi, nous devons aider à réussir.

Mesdames et Messieurs, vous l’aurez compris, à travers ces 5 grands axes que j’ai voulu évoquer ce matin, c’est toute une stratégie de mobilisation de la nation pour un réveil républicain. Alors j’ai conscience que j’ai peut-être déçu ceux qui attendaient des caricatures dans un sens ou dans l’autre. Je l’assume et je continuerai de l’assumer.

Ce réveil républicain, il ne peut pas être le fait de quelques-uns. On n’administre pas des consciences. On gouverne un pays, on engage des citoyens. Et donc ce réveil, c’est celui des responsables politiques que nous sommes, des préfets, des policiers, des gendarmes, des professeurs, des fonctionnaires, des élus, des associations, des magistrats. De toutes celles et ceux qui, au quotidien, ont à faire vivre cette promesse. Ils ne m’ont pas attendus pour faire les constats que j’évoquais, mais nous voulons aujourd’hui leur donner les moyens de faire et un cadre clarifié et aussi des moyens en conséquence pour pouvoir agir.

Ce réveil c’est celui de tous les citoyens, c’est celui d’une France unie autour de ses valeurs. Plus nos ennemis chercheront à nous opposer, plus nous serons rassemblés. Plus ils chercheront à nous détruire, plus nous ferons bloc. Plus ils chercheront à faire vaciller nos valeurs, plus nous serons intransigeants, intransigeants, parce que c’est notre histoire dont il s’agit mais intransigeants parce qu’à cette intransigeance correspond la bienveillance républicaine que j’évoquais. Mais je vous le dis avec beaucoup de conviction, il y a au fond, derrière cette question existentielle pour notre nation, à réapprendre les raisons que nous avons de vivre ensemble.

Chaque jour, chaque jour, les uns et les autres veulent mettre en avant les bonnes raisons de nous diviser. Nous ne sommes pas une société d’individus. Nous sommes une nation de citoyens. Cela change tout. On apprend à être citoyen, on le devient. Ce sont des droits et des devoirs. Mais je ne céderai rien à ceux qui veulent nous diviser dans un sens ou dans l’autre, parce que je crois que notre plus beau trésor, c’est ce bloc que nous formons. Il est un et pluriel, ne l’oublions jamais. C’est ça la force de notre république. Pluriel, ça ne veut pas dire que nous serions un agglomérat de communautés. C’est que nous sommes une communauté nationale. Mais cette communauté nationale a 66 millions d’histoires. Et quelque chose qui est à chaque fois plus grand que chaque individu, ce qui fait qu’un individu devient citoyen. Son adhésion à l’universel républicain, c’est cela qu’il nous faut défendre.

Le Gouvernement prendra ses responsabilités en finissant le travail sur ce texte de loi. Je sais que l’ensemble de celles et ceux qui servent l’État le feront. Je sais que nos élus seront au rendez-vous et je sais que tous nos citoyens prendront cette part.

Vive la République et vive la France !»

 

Séparatisme ! Enfin un discours de Macron mais encore un peu flou

Séparatisme ! Enfin un discours de Macron mais encore un peu flou

Il aura fallu plus de deux ans pour que Macron s’exprime enfin sur la question de l’islamisme. Cette fois, il n’a pas évité le sujet. Même si on peut à juste titre lui reprocher d’avoir employé le terme séparatisme sémantiquement mal adapté pour parler clairement du communautarisme islamiste radical et culturel.

Globalement quand même le chef de l’État a traité du séparatisme islamiste, le vrai sujet. Il a toutefois entretenu certaines confusions et développé des digressions pour atténuer le contenu de son propos: «Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est le cœur du sujet». Et de rappeler que «le but final» de cette «idéologie» était de «prendre le contrôle complet» de la société.

Reste évidemment les suites à donner à cette prise de position. Bien d’autres présidents s’étaient déjà exprimés sur le sujet. La grande insuffisance n’est pas tellement dans l’exposé de la problématique mais dans la mise en œuvre et le contrôle des lois qui l’accompagnent. Or compte tenu des délais, cette loi ne sera sûrement pas applicable dans le temps indiqué par le chef de l’État. Il faudra évidemment qu’elle passe l’obstacle parlementaire, celui de l’opinion bien sûr, celui du conseil d’État et du conseil constitutionnel. Une loi qui ne sera sans doute pas opérationnelle  avant minimum un an. Sur de nombreux aspects par exemple sur la formation des imams la mise en œuvre ne pourra pas s’effectuer en quelques années. Cela d’autant plus qu’il y a encore beaucoup de confusion quant à la responsabilité de l’État vis-à-vis de la formation des responsables du culte.

Parmi les discrétions et les approximations, il faut citer le passage sur le colonialisme et la guerre d’Algérie. D’abord en notant que cette question ne figurait pas dans le propos écrit du chef de l’État. On voit mal ce que vient faire l’histoire de la colonisation 60 ans après l’indépendance alors que les enfants, les parents originaires de ces pays voire les grands-parents vivant en France le plus souvent français n’ont même pas connu la colonisation.

Une autre digression porte sur la question du voile avec une argumentation très alambiquée du chef de l’État qui considère que cet accessoire vestimentaire peut représenter un choix personnel de mode sans implication religieuse, sans implication politique mais aussi l’inverse. Bref le fameux en même temps de Macon qui obscurcit davantage une problématique qu’elle ne l’est l’éclaire. Parmi les orientations un peu concrète du chef de l’État a parlé de la laïcité nécessaire dans les services publics et aussi de l’obligation de l’école publique à partir de trois ans pour les enfants.

 «Au sein de nombreux services publics exercés par des entreprises, en particulier les transports en commun, nous avons vu ces dernières années se multiplier les dérives», a déclaré le chef de l’État. Et souvent, elles sont constatées avec une forme d’impuissance parce qu’il y a un contournement de la loi. Ce texte de loi permettra de faire que l’obligation de neutralité sera applicable aux agents publics mais, surtout, elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires. Ce qui n’était pas clairement le cas jusqu’alors», a annoncé Emmanuel Macron.

Les associations suspectées d’entrisme islamique sont également dans le viseur d’Emmanuel Macron. «Il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent des messages qui contreviennent à nos lois et nos principes, a affirmé le chef de l’État. Les associations doivent tenir la Nation et pas la fracturer, et nous ne céderons rien sur ce principe».

Concernant le financement des associations, le président a indiqué que «toute association sollicitant une subvention auprès de l’État ou d’une collectivité territoriale devra signer un contrat de respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société, pour reprendre la formule du Conseil constitutionnel». «Si le contrat est rompu, ses responsables devront rembourser, car il est nécessaire que l’argent public ne serve pas à financer les séparatistes», a prévenu le chef de l’État.

Au total une intervention relativement appréciée mais qui évidemment dépendra des suites qui sont données non seulement en termes législatifs mais aussi en termes d’applications concrètes.

Politique – Séparatisme et république: un discours très flou

Politique – Séparatisme et  république: un discours très flou

 

Vendredi au Panthéon le président la république a profité des 150 ans de la proclamation de la IIIe République pour s’opposer au tentations séparatistes. En réalité, un discours relativement flou et confus qui d’ailleurs a été très peu repris dans les médias. Comme d’habitude Macon s’en est remis à des formules très générales du type : « La République ne déboulonne pas de statue, ne choisit pas simplement une part de son histoire, car on ne choisit jamais une part de France, on choisit la France ». Un propos très vague ailleurs par ailleurs faux car la France bien entendu à déjà déboulonné des statues celles du maréchal Pétain ou de Napoléon III par exemple.

Pourtant on attendait d’un président de la république qu’il défende en premier les valeurs sur lesquelles elle se fonde. Or précisément la grande insuffisance de Macron se situe dans le champ régalien, c’est à  dire celui de l’intérêt général régulé par le principe républicain. Pour être encore plus cru, convenons que  l’État,  instrument privilégié de l’action, est aujourd’hui en pleine déliquescence. Dans tous les grands domaines régaliens, l’État s’affaiblit au point parfois même de disparaître dans certains quartiers sensibles. Macron de ce point de vue a toujours manifesté le plus grand flou à l’égard des valeurs républicaines notamment en matière de laïcité. En cause,  le fait qu’il ne veut surtout pas s’aliéner les voix de certaines populations concernées ( position également partagée par certains maires de grandes villes).

Le président de la république est nettement plus à l’aise avec les questions économiques ou géo stratégiques. Plus à l’aise ne signifie pas pour autant évidemment efficace comme le démontre l’affaiblissement de l’économie et notamment de l’industrie non seulement depuis la crise sanitaire (l’activité économique a enregistré un recul de 14 % au premier semestre, l’un des plus importants d’Europe) mais depuis aussi l’élection de Macron. On objectera à juste titre que l’écroulement de l’industrie française a commencé bien avant. En cause, une vision de technocrates de salon qui ont encouragé le pays à se transformer en zone de services pour commercialiser des produits délocalisés dans les pays pauvres. Pour preuve, l’écroulement de l’industrie et parallèlement le manque cruel de main-d’œuvre qualifiée non seulement dans l’industrie mais plus largement dans les métiers manuels.

 

Bref le résultat en terme social se traduit par un volant permanent de chômeurs de 5 à 8 millions selon les méthodes d’évaluation. Un véritable boulet d’un cout considérable et qui nourrit en plus le inégalités sociales voire même la misère dans certains cas. Le président de la république a quand même parlé de l’insécurité devenue la seconde préoccupation des Français devant même le chômage et juste après la question de la santé. Le contenu du discours présidentiel est encore apparu une nouvelle fois très ésotérique pour ne pas avoir à traiter l’urgence de la crise générale de l’autorité dans l’Etat et plus généralement dans la société. Macron a surtout évoqué le risque de séparatisme, des principes républicains contestés par des forces obscurantistes. Bref, un bla-bla pseudo intellectuel pour ne pas avoir à affirmer que le rétablissement de l’ordre et de l’autorité constitue aujourd’hui la priorité. Cela impliquerait en effet, une refonte du système pénal aujourd’hui complètement dénaturé par la faiblesse ou l’inexistence des sanctions. Sanctions souvent prononcées deux ou trois ans après les faits !

 

Évidemment ce n’est pas le discours du ministre de la justice complètement à côté de ses sabots qui peut laisser supposer un changement dans le sens évoquer. Faut-il rappeler que le ministre de la justice vient de déclarer qu’il n’y avait pas davantage d’insécurité en France ; pire, que le sentiment d’insécurité relevait du fantasme. De toute évidence, le ministre de la justice et ceux qui pensent la même chose vivent dans un autre monde. Or on attend de Macron qu’il nous parle du monde réel et non d’un monde élitiste à des milliers de kilomètres des réalités économiques et sociales d’une grande partie de la société. C’est-à-dire comment se vivent au quotidien les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité et comment redonner un contenu opérationnel à un Etat déliquescent normalement au service de ses valeurs.

 

Séparatisme et république: un discours très flou

Séparatisme et  république: un discours très flou

 

Vendredi au Panthéon le président la république a profité des 150 ans de la proclamation de la IIIe République pour s’opposer au tentations séparatistes. En réalité un discours relativement flou et confus qui d’ailleurs a été très peu repris dans les médias. Comme d’habitude Macon s’en est remis à des formules très générales du type : « La République ne déboulonne pas de statue, ne choisit pas simplement une part de son histoire, car on ne choisit jamais une part de France, on choisit la France ».

Pourtant on attendait d’un président de la république qu’il défende en premier les valeurs sur lesquelles elle se fonde. Or précisément la grande insuffisance de Macron se situe dans le champ régalien, c’est à  dire celui de l’intérêt général régulé par le principe républicain. Pour être encore plus cru, convenons que  l’État,  instrument privilégié de l’action, est aujourd’hui en pleine déliquescence. Dans tous les grands domaines régaliens, l’État s’affaiblit au point parfois même de disparaître dans certains quartiers sensibles. Macron de ce point de vue a toujours manifesté le plus grand flou à l’égard des valeurs républicaines notamment en matière de laïcité. En cause,  le fait qu’il ne veut surtout pas s’aliéner les voix de certaines populations concernées ( position également partagée par certains maires de grandes villes).

 

Le président de la république est nettement plus à l’aise avec les questions économiques ou géo stratégiques. Plus à l’aise ne signifie pas pour autant évidemment efficace comme le démontre l’affaiblissement de l’économie et notamment de l’industrie non seulement depuis la crise sanitaire (l’activité économique a enregistré un recul de 14 % au premier semestre, l’un des plus importants d’Europe) mais depuis aussi l’élection de Macron. On objectera à juste titre que l’écroulement de l’industrie française a commencé bien avant. En cause, une vision de technocrates de salon qui ont encouragé le pays à se transformer en zone de services pour commercialiser des produits fabriqués dans les pays pauvres. Pour preuve l’écroulement de l’industrie et parallèlement le manque cruel de main-d’œuvre qualifiée non seulement dans l’industrie mais plus largement dans les métiers manuels.

 

Bref le résultat en terme social se traduit par un volant permanent de chômeurs de 5 à 8 millions selon les méthodes d’évaluation. Un véritable boulet d’un cout considérable et qui nourrit en plus le inégalités sociales voire même la misère dans certains cas. Le président de la république a quand même parlé de l’insécurité devenue la seconde préoccupation des Français devant même le chômage et juste après la question de la santé. Le contenu du discours présidentiel est encore apparu une nouvelle fois très ésotérique pour ne pas avoir à traiter l’urgence de la crise générale de l’autorité dans l’Etat et plus généralement dans la société. Macron a surtout évoqué le risque de séparatisme, des principes républicains contestés par des forces obscurantistes. Bref un bla-bla pseudo intellectuel pour ne pas avoir à affirmer que le rétablissement de l’ordre et de l’autorité constitue aujourd’hui la priorité. Cela impliquerait en effet, une refonte du système pénal aujourd’hui complètement dénaturé par la faiblesse ou l’inexistence des sanctions. Sanctions souvent prononcées deux ou trois ans après les faits !

 

Évidemment ce n’est pas le discours du ministre de la justice complètement à côté de ses sabots qui peut laisser supposer un changement dans le sens évoquer. Faut-il rappeler que le ministre de la justice vient de déclarer qu’il n’y avait pas davantage d’insécurité en France ; pire, que le sentiment d’insécurité relevait du fantasme. De toute évidence, le ministre de la justice et ceux qui pensent la même chose vivent dans un autre monde. Or on attend de Macron qu’il nous parle du monde réel et non d’un monde élitiste à des milliers de kilomètres des réalités économiques et sociales d’une grande partie de la société. C’est-à-dire comment se vivent au quotidien les valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité et comment redonner un contenu opérationnel à un état déliquescent normalement au service de ses valeurs.

 

Castex: Séparatisme, relance, industrialisation, territoires, retraite , chômage: le menu gargantuesque et impossible en moins de deux ans !

Castex: Séparatisme, relance, industrialisation, territoires, retraite , chômage: le menu gargantuesque et impossible en moins de deux ans !  

 

Beaucoup d’observateurs sont très  dubitatifs face au menu gargantuesque du premier ministre. Une sorte de retour au réel concernant le constat mais des objectifs si nombreux, si complexes, si contradictoires qu’il paraît difficile d’accorder une grande fiabilité à ce programme indigeste. Pour faire court, Castex veut tout traiter et en peu de temps. En peu de temps, car il lui reste théoriquement 600 jours avant l’élection présidentielle sachant qu’au – moins 6 mois, voire davantage seront complètement neutralisés par la campagne électorale.

La relance économique qui à elle seule suffirait  à occuper un honnête homme nommé premier ministre. C’est le pivots de beaucoup d’autres réformes. De l’état économique du pays dépend la situation sociale et la plupart des grands équilibres ( chômage bien sûr mais aussi retraite, budget, dettes, profondeurs des réformes, les moyens de la décentralisation, la prise en compte réel de la problématique environnementale voire les moyens à mettre en œuvre pour prendre en charge la sécurité et le séparatisme).

Comment même avec un sa bonne volonté apparente, Castex pourrait-il réussir en 18 mois là où Macron a échoué en trois ans avec en plus toutes les conséquences dramatiques d’une crise sanitaire sans précédent. Un programme beaucoup trop ambitieux, trop vague, insuffisamment ciblé pour disposer de moyens à la hauteur de l’ambition affichée

Sans redressement de l’économie, les orientation demeureront théoriques éventuellement confinés dans des lois sans contenu.

 

Dans le détail, les orientations annoncées:

100 milliards pour l’économie

100 milliards d’euros au plan de relance de l’économie qui sera présenté à la rentrée pour créer les “conditions d’une croissance économique plus robuste, plus innovante, plus écologique et plus solidaire”. Notons déjà que la facture des 30 milliards d’euros pour le chômage partiel va dépasser les prévisions en 2020. Par ailleurs les 8 milliards annoncés pour 2021 sont notoirement insuffisants. En cause, le fait qu’on sera loin de retrouver le niveau de chômage de fin 2019 en 2021. Au moins un demi-million de chômeurs supplémentaires  fruits de la crise sanitaire seront indemnisés d’une manière ou d’une autre(par le chômage partiel ou  le chômage classique).

L’annonce d’un commissariat général au plan paraît sympathique mais là aussi l’ambition paraît démesurée. La redécouverte de l’impérative nécessité de la prospective partagée avec les acteurs économiques est sans doute incontournable si on veut éclairer l’avenir. Quant à dire comme l’affirme Castex que c’est  pour « planifier une politique économique de long terme, » c’est évidemment ridicule. La première chose c’est que le plan n’a jamais été l’instrument de planification de toute l’économie ( en dépit des critiques des pisse-froid de l’ultra libéralisme . La seconde chose c’est que l’objectif d’éclairer l’avenir sur les enjeux de long terme avec des scénarios constitue déjà une tâche immense. Mais on est loin d’une planification qui n’a d’ailleurs jamais existé même après 1945.

Le Premier ministre veut mobiliser 1,5 milliard d’euros pour la formation, en plus des 15 milliards du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) qui devaient être répartis sur le quinquennat. Les personnes qui se tourneront vers les métiers en tension verront leur compte personnel de formation (CPF) abondé. Une orientation difficilement critiquable mais qui aurait pu commencer par un audit sérieux des 35 milliards qui sont dépensés annuellement au titre de la formation sans réel contrôle et sans réelle efficacité au regard de l’énorme enveloppe.

Castex annonce 40 milliards d’euros pour renforcer l’industrie française, qui “s’est affaiblie” pendant la crise, alors que certains fleurons français sont passés “sous pavillon étranger, sans que nous puissions, ou souhaitions, réagir”. Un phénomène structurel puisque la France a perdu en une trentaine d’années de l’ordre de 2 millions d’emplois industriels. Une véritable hécatombe. Il ne s’agit pas simplement de renforcer mais de reconstruire

Le premier ministre prend à son compte les mesures présentées mardi par Emmanuel Macron afin d’éviter une flambée du chômage chez les jeunes, Jean Castex a annoncé la création de 300.000 parcours et contrats d’insertion pour les jeunes en situation de décrochage et de 100.000 places en service civique, en plus des 140.000 places déjà existantes. Rien que sur les places relatives aux services civiques il y a lieu de sourire quand on sait ce service n’a pas grand chose de civique et pas grand-chose de formation professionnelle

La veille, Emmanuel Macron avait précisé qu’il serait aussi possible pour les jeunes diplômés d’effectuer un semestre ou une année d’études en plus avec l’ouverture de 200.000 places dans des formations qualifiantes supérieures ( dans des universités dans les effectifs vont déborder de partout ?). Cela afin de retarder leur entrée sur le marché du travail.

Et le premier ministre qui veut décidément faire dans le super concret d’annoncer le prix des repas pour les étudiants boursiers, pourquoi pas aussi le menu ?

L’hymne au territoire

Le premier ministre a dû prononcer au moins 30 ou 40 fois le mot territoire pour marquer sa volonté de décentralisation et de proximité. Et d’annoncer encore une loi, organique celle-là, pour réorganiser en profondeur l’État. Un champ d’action qui a été complètement ignoré par Macon. Et pour illustrer le propos le premier ministre de citer un déploiement du très haut débit qui n’atteindra que le cœur des agglomérations aussi les fuites d’eau ! Et la sauvegarde de lignes ferroviaires fermées déjà depuis des années voire des décennies.

Le premier ministre a aussi abordé l’enveloppe de la recherche et effleurer l’écologie avec des objectifs très généraux, beaucoup trop généraux.

« Le plan de relance proposera de mobiliser plus de 20 milliards d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments, la réduction des émissions des transports et des industries, la production d’une alimentation plus locale et plus durable et le développement des technologies vertes, comme les batteries. » Des propos aussi très généraux concernant la santé plutôt l’absence d’ambition sur la réforme globale système sanitaire.

Dans cet inventaire à la Prévert, ressort tout d’un coup la catastrophique réforme des retraites tellement chère à Macon sera sans doute limitée à la suppression à terme ( clause du grand-père) des régimes spéciaux.

Le premier ministre a eu cependant le mérite de mettre des mots clairs sur un des problèmes essentiels de notre société à savoir les phénomènes de violence, d’insécurité.

Jean Castex entend “lutter contre l’islamisme radical sous toutes ses formes” et les “groupuscules violents” qui perturbent, notamment, les manifestations en France. Il a annoncé pour la rentrée un “projet de loi contre les séparatismes” pour “éviter que certains groupes ne se referment autour d’appartenances ethniques ou religieuses”.

Le Premier ministre a également annoncé la mise en place “de juges de proximité spécialement affectés à la répression des incivilités au quotidien”.

Une très bonne intention compte tenu de la déliquescence de l’État dans nombre de quartiers sensibles où  constate même des actes criminels contre les représentants et acteurs du service public. En conclusion, un menu complètement indigeste parce qu’il est impossible à mettre en œuvre. Castex aurait pu se limiter au redressement de l’économie et à l’insécurité. Le risque est que le gouvernement se disperse et finalement pratique aussi le saupoudrage politique à coup de mesurettes.

Discours de Macron : pas vraiment convaincant

 

 

 

On a évidemment maintenant l’habitude des nombreuses interventions médiatiques du président de la république. On peut même se demander si on ne frôle pas  l’overdose sur le plan quantitatif mais aussi qualitatif. Car le moins qu’on puisse dire, c’est que ce discours du 14 juillet n’a guère été plus  convaincant que ses autres récentes interventions.

Macron a parlé un peu de tout, de lui évidemment mais aussi des retraites dont il veut relancer la réforme de son plan de relance. De la crise sanitaire avec sa timide proposition de n’imposer le port du masque que dans les lieux publics clos ( concept très vague d’ERP). Cela alors que le courage face au développement incontrôlé du virus aurait sans doute imposé le port du masque partout en dehors du domicile. Là aussi, Macron fait du en même temps; même chose concernant la réforme de la retraite dont on ne sait toujours pas si elle a un objet de transformation systémique ou  paramétrique. En clair il s’agit ni d’une réforme pour le long terme ou de boucher le trou de 2020 ( 30 milliards de déficits de plus du fait du Coronavirus). 

Concernant son plan de relance massif d’au moins 100 milliards d’euros, on a un peu de mal à identifier le volume et la nature de chaque enveloppe. Ce serait 100 milliards en plus par rapport aux 450 milliards déjà dépensés (en fait pour l’essentiel des prêts aux entreprises car l’aide au chômage partiel jusqu’ alors  a représenté autour de 30 milliards). Il y a du flou dans cette perspective de relance massive de 100 milliards   » d’investissements pour aider le tissu économique et moderniser la France. On met avec ce plan de relance, en plus des 460 milliards déjà mis, au moins 100 milliards pour faire la relance industrielle, écologique, locale, culturelle et éducative. Je suis convaincu qu’on peut bâtir un pays différent d’ici à dix ans » a justifié le chef de l’Etat.

Macron a aussi évoqué ce plan pour les jeunes avec 300 000 contrats d’insertion, sans doute nécessaires mais bien insuffisants quand on sait que 700 000 jeunes vont venir sur le marché du travail à la rentrée faisant passer l’augmentation du chômage à environ 1,5 millions. Au total une intervention assez confuse, mal structurée et surtout peu convaincante.(ne parlons pas du référendum bidon !).

« Un discours du pouvoir pour masquer les lacunes de l’Etat »

 « un discours  du pouvoir pour masquer les lacunes de l’Etat »

Le coronavirus aura donné lieu au retour sur soi de tout un chacun, confronté à la menace. Mais les récits multiples des personnes, observe le philosophe Yves Charles Zarka dans une tribune au « Monde », sont en discontinuité avec les récits du pouvoir, incohérents, contradictoires et inconséquents.

Tribune. La vie a changé dans presque toutes ses dimensions avec le coronavirus, en particulier dans sa dimension biologique, celle qui est directement confrontée au risque imminent de la maladie et de la mort – n’importe comment, n’importe où, n’importe quand ; celle dont nous retrouvons la valeur, parce que sans elle il n’y a rien, est désormais vécue comme en péril.

Ce vécu implique que la vie se sent et se pense elle-même, qu’elle s’auto-affecte, en quoi consiste l’existence même. L’existence se dit, et le dire de l’existence est récit. Les bouleversements de l’existence se retrouvent dans les récits de soi, des autres, de la solitude, de la maladie et du rapport à la mort.

La nature semble retrouver ses droits

Cette dimension universelle du rapport de l’existence au récit trouve des formes diverses, selon les contextes ou les pays. En France en particulier, et de manière que nul ne pouvait attendre, l’épidémie due au coronavirus a sonné le retour du politique, non d’une manière mineure mais sous la forme majeure de l’Etat-providence au sens le plus fort : chômage partiel, lorsque l’Etat se substitue aux entreprises pour payer une large part des salaires afin d’éviter le chômage et les faillites en chaînes, ainsi que la crise sociale gravissime qui ne manquerait pas d’en découler ; aides diverses accordées pour éviter la chute dans la misère ou l’aggravation de celle-ci, etc.

Ce que des décennies de luttes en faveur de l’écologie n’étaient pas parvenues à imposer, le coronavirus l’a fait en quelques semaines

La mondialisation, qui avait privilégié l’économie, devenue la loi inflexible qui soumettait tous les autres ordres, est remise en cause. On ne sait pour combien de temps. Mais il est clair que l’Etat-providence ne pourra assurer longtemps ses fonctions dans un désastre économique. Il faudra donc qu’une révision fondamentale du rapport de l’économique au politique ait lieu. Le coronavirus aura peut-être cet effet malgré tout positif de mettre en scène un monde où l’économie est subordonnée à une autre dimension : celle de la préservation de la vie, de la vie vécue, de l’existence.

En somme, ce que des décennies de luttes en faveur de l’écologie, pour la sauvegarde de la vie en général et de la vie humaine en particulier, contre les dangers d’ailleurs déjà sensibles du réchauffement climatique, n’étaient pas parvenues à imposer, le coronavirus l’a fait en quelques semaines.

Mieux, avec la baisse drastique de l’activité humaine, la nature semble retrouver ses droits (pour combien de temps ?) par le desserrement de l’étau qui avait prise sur elle. Désormais, la vie humaine est tenue pour une valeur essentielle qu’il convient de sauvegarder « quoi qu’il en coûte », pour reprendre une expression du président Emmanuel Macron. Cela veut dire que cette valeur est sans prix, qu’elle ne se mesure pas en termes financiers, parce que là où elle disparaît il n’y a plus rien qui compte.

Édouard Philippe: un discours de deux heures très flou !

Édouard Philippe: un discours de deux heures très flou !

Un discours interminable du Premier ministre d’environ deux heures pour masquer sans doute la stratégie de pénurie du gouvernement. L’objectif était d’éclairer à propos du dé confinement mais on aura bien peu appris car Édouard Philippe est resté dans le flou le plus total parlant même de déconfinement par moitié pour les écoles et géographiquement.  Pour tout dire,  le Premier ministre  n’a apporté apporter aucune précision. Il a seulement indiqué que le déconfinement  impliquait  le port de masse, le dépistage massif de moyens qui nous manquent cruellement et qui ont sans doute justifié le report au 31 mai du confinement. Pour justifier son flou Édouard Philippe a déclaré:

«Ce n’est pas le moment de présenter le plan complet.» . Le  premier ministre a renvoyé «à la fin du mois d’avril» le détail des règles qui s’appliqueront au déconfinement, avant un débat au Parlement. Pour meubler cette très longue intervention le premier ministre a aligné des banalités. Signalant l’importance du respect des mesures barrière mais indiquant aussi que la situation sanitaire ne pourrait s’améliorer de manière significative que lorsqu’on trouverait le traitement pertinent et un vaccin. Ce que tout le monde sait depuis longtemps.

S ans ce traitement et sans vaccin «Notre vie à partir du 11 mai ne sera pas exactement la vie d’avant le confinement – pas tout de suite et probablement pas avant longtemps», a fait savoir le chef du gouvernement ajoutant une lapalissade de plus. Le ministre de la santé a indiqué que leur nombre de tests va passer de 150.000 à 500.000 par semaine d’ici au début du déconfinement, et seulement pour les personnes qui présentent des symptômes du coronavirus. Notons que depuis longtemps l’Allemagne pratique de l’ordre de 500 000 tests par semaine et n’aura donc pas attendu le 31 mai.

Quand à la perspective de réouverture des écoles, c’est  à la fois ambiguë et ridicule puisqu’il est imaginé ‘une réouverture de l’école par moitié: : «par territoire» en commençant par les zones les moins touchées par le Covid-19 ou bien par «moitié de classe»«Là où c’est possible», les entreprises devront de leur côté maintenir le télétravail au-delà du 11 mai, et, dans le cas contraire, envisager le port du masque. «Il y a tellement de questions qui se posent que certains (salariés) disent aujourd’hui: “si ce n’est pas clair et garanti, je ne retournerai pas travailler”, a admis Philippe. Notre mission est que ce soit clair et garanti.» Et concernant les cérémonies de mariage? Il n’est «pas raisonnable d’imaginer à court terme que cela soit possible», a indiqué l’hôte de Matignon, qui déconseille dans le même temps les «voyages loin, à l’étranger, très vite», éludant la question sur la possibilité ou non de réserver des locations cet été en France.

Une certitude, cependant: dès lundi, les résidents des Ehpad pourront à nouveau recevoir des visites, mais de façon «encadrée»«sans contact physique». Bref un show interminable qui confirme la démarche très approximative du gouvernement et sont peu d’efficacité. Quant au choc économique, le premier ministre s’est contenté de constat en signalant l’importance de la baisse de croissance.

Sortie de crise: encore un discours de Macron !

Sortie de crise: encore un discours de Macron !

 

En peu de temps Macon va encore solliciter les chaînes d’information tentée de persuader l’opinion de la pertinence de sa politique non seulement dans le domaine sanitaire mais aussi économique. Jusque-là en effet, le président de la république n’a guère réussi à convaincre du bien-fondé de ses orientations. Pire,  une grande partie des Français pensent  que les pouvoirs publics ont menti notamment à propos des masques  et en raison en particulier des nombreuses contradictions de la stratégie sanitaire.

Macron après ses déboires concernant les différentes réformes engagées, réformes toute suspendues et sans doute pour la plupart annulées, s’était recentré sur le Coronavirus en espérant un phénomène d’unité nationale. Il escomptait surtout un peu d’oxygène vis-à-vis de sa cote de popularité qui demeure toujours au plus bas. Du coup, il multiplie les interventions. Chaque jour ou presque il prend prétexte d’un déplacement pour convoquer les caméras. Cette fois il s’agira d’une intervention encore plus officielle mais qui à la longue risque de lasser encore un peu plus. La vérité c’est que le président de la république ne peut annoncer de stratégie convaincante  dans la mesure où depuis le début il navigue à vue et ne cesse de se contredire. Pour résumer, on peut s’attendre à ce qu’ils défendent surtout la poursuite du confinement pendant encore des semaines. Des semaines qui pourraient durer des mois. Les milieux scientifiques pensent en effet que la gestion de la crise du virus pourrait désormais s’étaler sur 18 mois voir deux à trois ans. De quoi bouleverser totalement l’économie et entraîner des conséquences sociales redoutables en particulier concernant le niveau du chômage qui  pourrait atteindre 20 % au lieu de 8 % avant la crise. De toute façon les annonces de Macron risquent d’être contredites par les faits dans les semaines et les mois à venir.

«Il va évoquer un peu “l’après” mais il ne veut pas donner le sentiment que nous sommes déjà sortis de la crise, prévient-on dans son entourage.  en réalité Macon va surtout s’expliquer sur ce qui lui est reproché concernant la gestion des masques et des tests. . Emmanuel Macron veut être «très au clair» sur ces deux sujets alors que les polémiques perdurent. Après le manque de masques de protection dénoncé par les opposants du chef de l’État, ce sont les réquisitions de masques qui sont critiquées. Macon va parler du déconfinement mais dans des termes tellement flous et tellement contradictoires qu’on en saura encore moins après son intervention qu’avant.

Confinement « ça durer » ! changement de discours de Philippe

Confinement « ça  durer » ! changement de discours de Philippe

 

 

De manière fort inopportune, le Premier ministre s’était étendu un peu trop longuement sur d’éventuelles conditions de  déconfinement alors que la priorité est toujours au confinement. Résultat ce week-end, certains en ont profité pour prendre des libertés avec les consignes barrière. Des propos inadaptés du Premier ministre qui ont été critiqués par les milieux scientifiques. Du coup aujourd’hui, le Premier ministre revient à la priorité du confinement. Il ajoute avec toujours la même flou : ça va durer !  “Aujourd’hui, l’heure est au confinement” et il “va durer”, a déclaré mardi le Premier ministre français.  

Programmé pour l’instant jusqu’au 15 avril, la période obligeant les Français à rester chez eux pour lutter contre l’épidémie de coronavirus qui a fait près de 9.000 morts dans le pays est entrée dans sa quatrième semaine. Le déconfinement, “ça n’est pas pour demain”, a dit Edouard Philippe lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.“Aujourd’hui, l’impératif c’est de faire en sorte que le confinement fonctionne, que le virus circule suffisamment lentement pour que le nombre de cas sévères qui justifie l’admission dans les services de réanimation ne soit pas supérieur à la capacité globale de notre système hospitalier”, a poursuivi le chef du gouvernement.

“Aujourd’hui, c’est l’heure du confinement et l’heure du confinement va durer et c’est tout à fait difficile à supporter pour beaucoup de Français, j’en ai tout à fait conscience mais c’est indispensable”, a insisté le Premier ministre

Les questions liées au déconfinement “demain ou après-demain sont compliquées, parce que, pour beaucoup d’entre elles, elles tiennent à des éléments, des réponses dont nous ne disposons pas encore”, a-t-il encore expliqué. “C’est la raison pour laquelle nous nous préparons. Se préparer, ça ne veut pas dire que c’est prêt. C’est travailler techniquement, scientifiquement, logistiquement pour être prêt le moment venu.”

Interrogé la semaine dernière dans le cadre d’une mission d’information de l’Assemblée nationale, Edouard Philippe avait dit que la levée des mesures de confinement se ferait sans doute de façon graduelle et pas “en une fois, partout et pour tout le monde.”

Il avait évoqué l’hypothèse d’un déconfinement régionalisé, sujet à une politique de tests, éventuellement en fonction de classes d’âge.

Coronavirus : Le scandaleux discours complaisant de l’OMS

Coronavirus : Le scandaleux discours complaisant de l’OMS

 

Depuis le début de la crise,  l’OMS ne cesse de se montrer particulièrement complaisante vis-à-vis de la Chine et irresponsable vis-à-vis des risques du Coronavirus. Pendant longtemps, elle a repris mot pour mot les propos chinois sur l’ampleur de la crise notamment sur le nombre de victimes qui d’après des scientifiques britanniques seraient 10 foies plus nombreux que ceux annoncés par Pékin. Hier encore, un responsable de l’OMS a lancé un slogan idiot    “Pensez que le virus va apparaître demain”, a conseillé le Dr Bruce Aylward, chef de la mission conjointe OMS-Chine sur l’épidémie, s’adressant à la presse à son retour à Genève, après un séjour de deux semaines à Pékin et dans trois provinces, dont celle du Hubei, principal foyer de l’épidémie.

“Si vous ne pensez pas de cette façon, vous ne serez pas prêt”, a-t-il poursuivi. “Organisez-vous, utilisez correctement le temps que vous essayez de gagner car cela va sauver des vies.”

Et de vanter La “mobilisation extraordinaire” de la Chine a, selon lui montré qu’une politique de santé publique agressive, notamment avec des mises en quarantaine à grande échelle, pouvait enrayer la propagation de la maladie. On sait au contraire que le système de santé chinois est particulièrement défaillant, il est opérant dans certaines grandes villes mais pratiquement inexistant en dehors,  en tout cas pas à la hauteur des enjeux. On comprendra ce discours d’une bienveillance coupable compte tenu du poids économique mais aussi politique que représente désormais la Chine. Une Chine évidemment qui contribue financièrement aussi au fonctionnement de l’OMS

“La Chine sait comment garder les gens en vie”, s’est-il félicité. “C’est stupéfiant. Tous ceux à qui vous parlez ont un sens des responsabilités, ils sont mobilisés comme si c’était une guerre contre ce virus”.

Prié de dire si tous les cas avaient été recensés, l’expert a répondu : “Il ne nous manque probablement pas une énorme quantité (de cas).” Un euphémisme sans doute quand on sait que le nombre est sans doute 10 fois supérieur à celui annoncé par la Chine. On sait dans quelles conditions circulent  les experts et autres personnalités en Chine: complètement encadrées par les responsables politiques du parti communiste et qui ne peuvent évidemment effectuer d’évaluation pertinente des différentes situations.

Interrogé sur les 3.000 infections parmi les membres du personnel soignant, Bruce Aylward a assuré qu’ils ne l’avaient pas été dans leur travail. “Partout où nous sommes allés, c’était une priorité absolue (…).”  “Prennent-ils cela au sérieux? Absolument. Sont-ils bons dans ce domaine? Absolument. Les chiffres sont-ils en train de baisser? Absolument, en termes d’infections du personnel de santé, et c’est une bonne nouvelle”, a-t-il ajouté.

Ces propos sont scandaleux ils témoignent que certaines organisations internationales sont devenues des sortes de courtisans des pouvoirs politiques et économiques.

Agriculture : « un discours d’une incohérence totale »

Agriculture  : « un discours d’une incohérence totale »

 

Dans le Monde, une agricultrice Agricultrice, Anne-Cécile Suzanne pousse un cri de colère sur les incohérences du discours officiel sur l’agriculture. Certes cette  opinion ne permet pas de dégager des orientations mais elle a au moins le mérite d’émaner d’un véritable acteur du secteur et de donner un sentiment assez partagé par nombre d’ exploitants déstabilisés par des discours contradictoires.

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Tribune.

 

« L’usage des pesticides en France et le bien-être animal en élevage sont les deux grands sujets pour lesquels on parle d’agriculture aujourd’hui, et souvent par l’intermédiaire d’un discours à charge. Mais le débat est caricatural, alors que le politique se contente d’évidences et le citoyen de vœux pieux, alors que les importations vont bon train et que l’Union européenne se fixe des normes qu’elle est incapable de faire respecter à ses partenaires commerciaux. On marche sur la tête, et le discours moralisateur adressé aux agriculteurs en devient indigne et d’une incohérence la plus totale.

 

Car oui, on utilise des pesticides en France. Mais les règles encadrant leur utilisation sont une première distorsion de concurrence, à mesure que de nombreuses molécules autorisées chez nos voisins, européens et non européens, ne le sont plus en France. Pour pallier la baisse de la chimie, investir dans l’agroécologie devient la doctrine à la mode. Croyez-nous, nous serions tous très heureux de nous lancer, mais à l’heure où les prix sont internationalisés et où le marché valorise le rendement, s’imposer une durabilité maximale est un acte suicidaire : produire moins et plus cher, en agriculture conventionnelle comme bio, c’est se fermer les marchés à tout jamais. Sur l’élevage, la question est la même. A mesure que l’on se refuse l’industrialisation, c’est la viande étrangère dopée aux farines animales et aux antibiotiques qui s’étale dans les rayons.

Et c’est là que tout bascule. Poussé par des citoyens de plus en plus exigeants pour l’environnement et les animaux, mais honteux de son inaction, notre gouvernement appelle à la montée en gamme de notre agriculture, par toujours plus de réglementations et d’injonctions. «  

 

 

Vœux Macron: un discours de curé de campagne

Vœux Macron: un discours de curé de campagne

 

 

 

Il faut relire les vœux prononcés par Macron l’an passé pour mesurer à quel point le propos est creux et ressemble à celui d’un curé de campagne. Des généralités, des banalités, des satisfécits, une volonté réaffirmée de réformer et en même temps un appel à un dialogue sur lequel le gouvernement s’assoit. Bref, toujours le même discours de nature un peu évangélique qui mélange des bribes d’orientation politique avec quelques considérations philosophiques de bistrot, la citation de quelques concepts modernes et les vieilles recettes des contradictions et de la démagogie. La vérité, c’est que Macron n’a rien à dire mais il le dit tellement bien, c’est tellement enveloppé, tellement masqué aussi tellement tordu en même temps que séduisant sur la forme qu’on a parfois du mal à résister. Personne n’écoute vraiment le fond, il y a cette musique envoûtante du sermon évangéliste qui fait oublier les paroles et le fond. Macron n’a pas fait du théâtre pour rien. Sur le dossier précis de la réforme des retraites, il ne dira forcément rien. Il se tait d’ailleurs depuis des semaines et des semaines sur le sujet laissant son premier ministre patauger dans le marais social . Chacun sait bien qu’il  ne pourra pas le contredire même s’il fait une petite ouverture car l’obsession de Macron c’est surtout de plaire aux républicains qu’il est en train de vider de leur  sang tout simplement pour en prendre la tête. Macron issu de la gauche, élu grâce à elle, est en fait le candidat de droite des républicains. Pour preuve, le Premier  ministre appartient toujours à ce parti pour faire le lien. Un parti dont les leaders sont complètement marginalisés voire discrédités. Pour Macron, la réforme des retraites a peu d’importance, l’essentiel est de montrer sa volonté de réforme, d’afficher sa détermination de pseudo progressisme y compris en reprenant maintenant des thèmes de l’extrême droite comme sur l’immigration. L’acte de contrition à propos de la colonisation constitue pourtant un appel tant au vote des populations d’origine étrangère. C’est le fameux en même temps qui prévaut dans le domaine économique, social et plus globalement sociétal. Macron ne voudra pas trancher ni même donner de vraies orientations concernant le sujet sur lequel il est attendu. Du coup, il va renforcer le caractère évangélique de son sermon dont on retiendra peut-être qu’il appelle à l’apaisement en souhaitant que les Français s’aiment  mieux les uns les autres. Bref un discours de curé de campagne !  

Le discours intégral des vœux de Macron en 2019 …. qu’il pourrait relire cette année !

Le discours intégral des vœux de Macron en 2019 …. qu’il pourrait relire cette année !

La relecture des derniers vœux de macro est intéressante dans la mesure où le texte  du président de la république pourrait être pratiquement intégralement rediffusé à quelques virgules  près pour 2020.

 

« 

31 DÉCEMBRE 2018 -

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de l’Hexagone et des Outre-Mer,

Fidèle à une tradition qui nous est chère, je suis heureux de vous présenter tous mes vœux pour l’année qui s’ouvre.

L’année 2018 ne nous a pas épargnés en émotions intenses de toutes natures. La France a connu de grands moments : des victoires sportives, de grands évènements culturels, la célébration du centenaire de l’Armistice de 1918 et j’ai porté à cette occasion la voix de la France pour la paix.

Le Premier Ministre avec son Gouvernement et le Parlement, en 2018, ont fait beaucoup pour le pays. Je ne vais pas ici tout énumérer mais nombre de transformations qu’on pensait jusqu’alors jugées impossibles comme celle du travail ou des chemins de fer, ont été menées à bien. Ils ont lancé une action forte pour notre école, nos universités, l’apprentissage et l’alternance, l’attractivité de notre pays.

Ils ont posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour améliorer l’organisation de nos hôpitaux, nos cliniques et nos médecins, pour lutter contre le réchauffement climatique, éradiquer la grande pauvreté et permettre à nos concitoyens en situation de handicap de trouver leur place dans la société.

Les résultats ne peuvent pas être immédiats et l’impatience – que je partage – ne saurait justifier aucun renoncement.

Le Gouvernement, dans les prochains mois, devra poursuivre ce travail pour ancrer nombre de ces réformes dans notre quotidien mais aussi pour changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage afin d’inciter davantage à reprendre le travail, l’organisation du secteur public pour le rendre plus efficace et notre système de retraite pour le rendre plus juste. Au fond, pour bâtir les nouvelles sécurités du XXIème siècle.

Mais nous avons aussi vécu de grands déchirements et une colère a éclaté, qui venait de loin ; colère contre les injustices, contre le cours d’une mondialisation parfois incompréhensible ; colère contre un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance ; colère aussi contre des changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens.

Cette colère a dit une chose à mes yeux, quels que soient ses excès et ses débordements : nous ne sommes pas résignés, notre pays veut bâtir un avenir meilleur reposant sur notre capacité à inventer de nouvelles manières de faire et d’être ensemble.

Telle est à mes yeux la leçon de 2018 : nous voulons changer les choses pour vivre mieux, défendre nos idéaux, nous voulons innover sur le plan démocratique, social, politique, économique et environnemental pour cela.

Il serait dangereux que notre situation nous conduise à ignorer le monde qui nous entoure. Bien au contraire, car tout se tient !

Là aussi, de grandes certitudes sont en train d’être mises à mal. L’ordre international bâti en 1945 est remis en cause par de nouvelles puissances et malmené par certains de nos alliés.

Partout en Europe montent les partis extrémistes tandis que les interventions de puissances étrangères étatiques et privées se multiplient.

Les grandes migrations nous inquiètent et sont instrumentalisées par les démagogues alors même qu’il nous faut bâtir de nouvelles réponses à ce phénomène qui ne cessera pas demain, compte tenu de la démographie mondiale.

Les luttes contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité sont plus nécessaires que jamais mais se trouvent entravées. Nous surmonterons ensemble les égoïsmes nationaux, les intérêts particuliers et les obscurantismes.

Le terrorisme islamiste continue aussi de sévir ; il change et sur tous les continents se déploie. Il y a quelques semaines, à Strasbourg, il a encore frappé comme il avait frappé à Trèbes et Paris durant l’année qui s’achève.

Enfin, des changements technologiques profonds, au premier rang desquels l’intelligence artificielle, transforment rapidement notre manière de nous soigner, nous déplacer, nous former, produire… 

Vous le voyez, nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits : le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin ; notre malaise dans la civilisation occidentale et la crise de notre rêve européen sont là.

Alors faut-il s’en désespérer ? Je ne le crois pas. C’est un défi immense et tout cela est évidemment lié avec le malaise que vit notre pays mais précisément, nous avons une place, un rôle à jouer, une vision à proposer. C’est la ligne que je trace depuis le premier jour de mon mandat et que j’entends poursuivre. C’est remettre l’homme au cœur de ce projet contemporain. Cela suppose beaucoup de constance et de détermination. Mais je suis intimement convaincu que nous avons à inventer une réponse, un projet profondément français et européen à ce que nous sommes en train de vivre chez nous comme au-delà de nos frontières.

Il nous faut, là aussi, prendre comme nous l’avons toujours fait, toute notre part à la renaissance de notre monde et de notre quotidien.  C’est pourquoi mes chers compatriotes, cette année 2019 est à mes yeux décisive et je veux former pour nous trois vœux.

D’abord un vœu de vérité. Oui, nous souhaiter en 2019 de ne pas oublier qu’on ne bâtit rien sur des mensonges ou des ambiguïtés. Or, je dois bien dire que depuis des années, nous nous sommes installés dans un déni parfois fragrant de réalité. On ne peut pas travailler moins, gagner plus, baisser nos impôts et accroître nos dépenses, ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur ! Non, il faut tout de même sur ces sujets que nous nous regardions tels que nous sommes et que nous acceptions en face les réalités.

Nous vivons dans l’une des plus grandes économies du monde, nos infrastructures sont parmi les meilleures au monde, on ne paye pas ou presque la scolarité de nos enfants, on se soigne à un coût parmi les plus faibles des pays développés pour avoir accès à des médecins d’excellence, nous dépensons en fonctionnement et en investissement pour notre sphère publique plus de la moitié de ce que nous produisons chaque année. Alors, cessons… cessons de nous déconsidérer ou de faire croire que la France serait un pays où les solidarités n’existent pas et où il faudrait dépenser toujours davantage !

Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux : nous assurer que nos services publics restent présents partout où nous en avons besoin, que les médecins s’installent où il en manque – dans certaines campagnes ou dans des villes ou des quartiers où il n’y en a plus – qu’on puisse avoir le téléphone portable ou internet partout où on vit et travaille. Et, surtout qu’on puisse vivre en sécurité et tranquillité partout. J’y veillerai personnellement et chaque jour.

Le débat national qui s’ouvre, doit nous permettre de parler vrai et je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes. Mais parler vrai, c’est parler de la réalité.

Le vœu de vérité, c’est aussi celui qui doit nous conduire, afin de demeurer une démocratie robuste, à mieux nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications.

On peut débattre de tout, mais débattre du faux peut nous égarer surtout lorsque c’est sous l’impulsion d’intérêts particuliers.

A l’heure des réseaux sociaux, du culte de l’immédiateté et de l’image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l’information reposant sur des règles de transparence et d’éthique.

Ce vœu de vérité, c’est au fond un vœu pour tous d’écoute, de dialogue, d’humilité.

Il n’y a pas une vérité et je crois même que chacun d’entre nous commence à se fourvoyer dans l’erreur quand nous affirmons les choses sans dialoguer, sans les confronter au réel ou aux arguments des autres. Alors débattons, car de là peut naître une action utile et qui nous unit.

Mon deuxième vœu pour 2019 est un vœu de dignité.

Je suis profondément convaincu que chaque citoyen est nécessaire pour le projet de la Nation.

Nombre de nos concitoyens ne se sentent pas respectés, considérés. Ils sentent leur vie comme empêchée. Je pense aux mères de famille élevant seules leurs enfants et ne parvenant pas à finir le mois, je pense à nos agriculteurs qui ne veulent que vivre dignement de leur travail ou à nos retraités modestes qui aident encore leurs enfants et ont à charge leurs parents.

Nous avons commencé à leur apporter des réponses et je sais leur impatience légitime, mais il faudra aller plus loin.

Cela implique de permettre à chacun, quel que soit son quartier et quelle que soit sa famille, de pouvoir accéder à une meilleure éducation, grâce à celle-ci, de pouvoir accéder à un travail pour construire sa vie et celle de sa famille. Cela suppose d’assurer à chacun les droits dans la société et attendre de lui les devoirs qui sont les siens.

Cela, nous avons commencé de le rétablir mais c’est notre responsabilité à tous et cela passe par le respect, le sens de l’effort et du travail.

Cela suppose aussi de lutter contre les intérêts profonds qui parfois bloquent notre société et notre Etat, qui ne reconnaissent pas suffisamment le mérite ou qui enferment trop de nos concitoyens dans des cases.

Notre dignité de citoyen exige que chacun se sente pleinement acteur de la vie de la Nation, de ses grandes décisions, à travers ses représentants ou directement. Nous devons, grâce au débat qui a commencé, redonner toute sa vitalité à notre démocratie. J’aurai sur ce sujet des décisions à prendre car d’évidence, nos institutions doivent continuer à évoluer.

Mais la dignité, mes chers compatriotes, c’est aussi le respect de chacun. Et je dois le dire, j’ai vu ces derniers temps des choses impensables et entendu l’inacceptable. Nous ne vivons libres dans notre pays que parce que des générations qui nous ont précédé, se sont battues pour ne subir ni le despotisme, ni aucune tyrannie. Et cette liberté, elle requiert un ordre républicain ; elle exige le respect de chacun et de toutes les opinions ; que certains prennent pour prétexte de parler au nom du peuple – mais lequel, d’où ? Comment ? Et n’étant en fait que les porte-voix d’une foule haineuse, s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France ! Le peuple est souverain. Il s’exprime lors des élections. Il y choisit des représentants qui font la loi précisément parce que nous sommes un Etat de droit.

L’ordre républicain sera assuré sans complaisance car j’attends de chacun ce respect indispensable à la vie en société.

Je veux avoir un mot pour tous ceux qui, au quotidien, permettent à notre République d’œuvrer à la plus grande dignité de chacun : nos militaires qui ce soir, encore, sont pour nombre d’entre eux, à des milliers de kilomètres de leur famille ;  nos pompiers, nos gendarmes, nos policiers, nos personnels soignants, les élus de la République, les engagés bénévoles des associations, tous ceux qui tissent le lien de la Nation, œuvrent à la fraternité quotidienne et qui ce soir, je le sais, sont aux côtés des plus vulnérables, des plus fragiles auxquels je pense tout particulièrement.

Enfin, je veux former un troisième et dernier vœu. Un vœu d’espoir.

Espoir en nous-mêmes, comme peuple.

Espoir en notre avenir commun.

Espoir en notre Europe.

Je crois que nous avons en nous une énergie salutaire si nous savons retrouver confiance en nous-mêmes et entre nous.

Je crois que la France porte en elle un projet inédit : un projet d’éducation de chacun, une culture forte qui nous unit, un projet de construction d’une écologie industrielle, d’une société aux solidarités nouvelles et au service des personnes.

Et derrière cela, ce que nous voulons profondément, c’est retrouver la maîtrise de notre quotidien et de notre destin. Ne plus subir. C’est cela qui doit guider nos choix pour le pays et les grandes décisions pour l’année à venir. C’est aussi cela qui doit guider le projet européen renouvelé que je vous proposerai dans les prochaines semaines.

Retrouver la maîtrise de notre vie, c’est choisir notre alimentation, c’est assurer la justice fiscale, c’est nous protéger contre nos ennemis, c’est investir pour innover, c’est apporter une réponse commune aux migrations. Je crois très profondément dans cette Europe qui peut mieux protéger les peuples et nous redonner espoir.

Au mois de mai prochain, nous aurons à nous exprimer sur ce choix européen, ô combien important.

Nous voulons en finir avec le sentiment d’impuissance, à tous les niveaux. C’est une tâche d’une ampleur inédite mais elle est à notre portée. Je nous en sais capables. Et c’est là que réside cet espoir pour 2019.

J’ai grandi en province et je connais ces terres qui ont été bousculées durant ces dernières décennies et qui parfois doutent. Et je sais que notre avenir ne se fera pas autrement que par une unité retrouvée et un effort de chacun.

C’est ainsi que chaque citoyen retrouvera un peu de sens et un peu de maîtrise de sa vie en plus. Et je sais que notre avenir dépend de notre capacité précisément à nous aimer et à aimer notre patrie ; de tous les horizons, de toutes les générations, là est l’énergie de la France.

Je suis au travail, fier de notre pays, fier de toutes les Françaises et de tous les Français ; déterminé à mener tous les combats présents et à venir parce que je crois en nous ; je crois dans cet espoir français et européen que nous pouvons porter.

Alors mes chers compatriotes, je vous souhaite une belle année 2019.

Vive la République  et vive la France ! »

 

Le discours macronien: rhétorique sophistique ou diarrhée verbale ?

Le discours macronien: rhétorique sophistique  ou  diarrhée verbale ?

les analystes politiques et les philosophes ont bien du mal à identifier la nature même du discours macronien tellement il cumule les contradictions autant que les approximations. D’un certain point de vue,  Macon se rapproche des sophistes. Ils pratiquent la rhétorique sophistique qui consiste, certes à parler bien, mais à parler surtout pour saouler ou endormir son auditoire. Finalement, une sorte de diarrhée verbale typique d’ailleurs de la dialectique de l’ENA. Une dialectique qui vise précisément à ne pas répondre aux questions posées pour éviter d’avoir à prendre parti. Une vraie école de formation de préfets, sorte de gendarme de la pensée politique. Dans un article récent, nous nous  interrogions sur la consistance idéologique du macronisme. Un courant politique dont on saisit mal  la philosophie exacte et dont l’incarnation se résume à un seul homme. Le macronisme  n’a pas d’autre porte-parole que Macron lui-même et ne réussit pas à pénétrer la culture et le système politique français.

En outre, eu  égard à ses nombreuses contradictions, Macron peine à donner une lecture accessible de son projet politique. Pour schématiser, on  pourrait convenir que le en même temps permet de penser et de dire tout et son contraire. On pourrait multiplier les exemples, comme  la laïcité ou les retraites. Sur la laïcité , Macron a d’abord défendu  une conception assez humaniste pour maintenant hystériser le débat et se rapprocher des thèses de Le Pen. Certains supporters de Macron pourraient le contester en ressortant quelques phrases récentes prouvant le  contraire. En fait souvent des banalités, des évidences pour rééquilibrer une orientation un peu trop droitière. On pourrait prendre un autre exemple celui des retraites.

Le réformisme de Macron s’est d’abord heurté à des difficultés  méthodologiques qu’il a complètement estimées car la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Le régime universel cherche un contenu opérationnel. Pour l’instant, il se résume à  des slogans : un euro versé aura la même valeur ou encore la retraite à points. Une retraite à points n’a guère de sens si on ne connaît pas précisément la valeur de ce point et la date à laquelle on pourra bénéficier de la pension. Pour tenter de la justifier, la majorité a d’abord considéré que c’était l’occasion de supprimer les régimes spéciaux. Or très rapidement ,on s’est aperçu que dans certaines professions ce serait impossible en regard des spécificités ( armées, police, enseignants, certains services publics),  qu’en outre il conviendrait de tenir compte de la pénibilité dans certaines professions. Évidemment, on a aussi intégré les réticences corporatistes et le Premier ministre a pratiquement déclaré qu’il abandonnait le concept d’universalité laissant le temps nécessaire aux régimes spéciaux rejoindre le régime général. Macron lui-même, en contradiction avec Jean-Paul Delevoye,  ancien ministre des retraites, a déclaré qu’il adhérait au principe du droit grand-père. En clair , la réforme ne s’appliquerait qu’aux nouveaux entrants pour les régimes spéciaux. Edouard Philippe a affirmé le contraire sur ce sujet  mais doucement on glisse vers des aménagements proches de la loi du grand père à la SNCF et à la RATP. Du coup, on reporte de 45 ans les effets de cette réforme. Initialement, la réforme devait être mise en application en 2035 mais pour des considérations financières Macron veut anticiper la mise en œuvre en 2025.

Évidemment son contenu dépendra surtout des suites du  mécontentement social et des formes que cela prendra . On peut dire que dans ce domaine comme dans bien d’autres le macronisme se  réduit à un opportunisme politique de nature très électorale. Autre contradiction, celle de l’environnement où le chef de l’État veut apparaître comme l’un des grands leaders mondiaux sur ce terrain de la nouvelle modernité mais à côté des grands discours prononcés dans les cercles internationaux, la pratique ne change guère et la France est toujours accusée par l’Europe de ne pas respecter ses propres objectifs. On pourrait multiplier les exemples. Dès lors,  on peut se demander comment Macron parvient quand même à donner une apparence de cohérence à son projet politique. Tout simplement par le déversement continu d’un verbiage véhiculé par les grands médias.

 

Macron est le seul à pouvoir s’expliquer sur sa philosophie et son projet, il multiplie donc les déplacements, les interventions et les interviews. Mais le fleuve du verbe présidentiel ressemble surtout à une sorte de diarrhée verbale. Des propos souvent contradictoires, des mots, des phrases, des périphrases en forme de torrent qui inonde et saoule l’auditoire. Des exemples, le premier concernant le fameux débat avec les intellectuels qui avaient fini par user les intéresser vers une heure du matin au point que certains dormaient et que d’autres ont  rejoint leur lit avant la fin du monologue. Autre  exemple, l’interview fleuve dans le très droitier magazine valeurs actuelles où finalement Macon ne dit rien clairement ou plus exactement dit tout, son contraire aussi, cela noyé dans des propos d’une grande banalité et des évidences. La vérité c’est que Macron n’a pas vraiment de philosophie ni de projet politique autre que celui de son maintien pouvoir. Il n’y a pas non plus de mouvement, ni même de personnel politique susceptible d’expliquer le macronisme et encore moins de l’incarner. La seule personnalité qui lui ressemble, c’est sans doute la porte parole du gouvernement Sibeth Ndiaye; elle aussi  verse dans une diarrhée verbale impossible à supporter , un flot inarrêtable de mots pour masquer le vide total de la pensée. Macron, lui, a au moins l’avantage de donner une enveloppe pseudo intellectuelle à ses discours sophistes et verbeux.

 

Macron snobe le discours présidentiel de Noël

Macron snobe le discours présidentiel de Noël

 

 

La plupart des chefs de l’État ont adressé à Noël un message de fraternité et de bonheur à leurs concitoyens comme c’est la tradition. Macron, qui décidément se veut disruptif à fait une entorse au rituel. Il faut dire que le chef de l’État n’est pas particulièrement satisfait de la façon dans le pays accueil ses différentes réformes. En outre, il n’a guère apprécié que le Premier ministre vienne perturber sa réforme des retraites avec la bombe du report de l’âge à 64 ans. Bref , aux dires mêmes de son entourage, le chef de l’État est très morose. D’une certaine manière, il considère que le pays ne mérite pas tel président. Aux échecs intérieurs il faut aussi ajouter les couacs à l’international qui l’ont conduit à se fâcher avec nombre de grands dirigeants y compris l’Allemagne. Il en est réduit aujourd’hui à se rabibocher avec Poutine pour donner l’impression de jouer encore un rôle. les chiffres de popularité ne sont guère flatteurs. Macron est encore soutenu par 30 % de l’opinion tandis que 70 % rejettent sa politique économique et sociale. Sa dernière réforme sur les retraites est aussi rejetée par 60 à 70 % des Français. Pire, un majorité des Français soutiennent encore la grève des transports.

 

Si Macron, n’a pas daigné parler pour souhaiter un bon Noël aux Français c’est sans doute qui n’a pas grand-chose à dire en ce moment. En effet visiblement son gouvernement a choisi la stratégie du pourrissement de l’action. Malheureusement , la mobilisation devrait reprendre dés le début de l’année. Il n’y aura  pas eu de trêve en raison notamment de la rigidité du premier ministre, une rigidité de nature  psychique mais aussi politique. En fait,  la concurrence est déjà partie entre Macron et Édouard Philippe. C’est à celui qui montrera la plus grande rigueur. Édouard Philippe joue surtout en prévision de 2027 mais sans éliminer la perspective de 2022 pour le cas où les sondages ce qui est probable serait catastrophique pour Macron. Précisément pour 2022 macros est écartelé entre cette nécessité de plaire aux sélecteurs de droite qui constitue désormais sa vraie base électorale mais sans dédaigner pour autant quelques voix de gauche qui lui sont indispensables pour se qualifier au premier tour des élections présidentielles. Concrètement, cela signifie qu’il ne peut abandonner sa réforme des retraites mais qu’il doit faire des concessions à la gauche quitte à vider cette réforme de son contenu. Un choix cornélien ! Macron qui d’ordinaire parle tous les jours et sur tout cette fois se mure dans le silence. Une sorte de réaction un peu enfantine qui traduit son agacement et sa colère contre des Français qui ne comprennent rien  du caractère historique du réformisme macronien.

 

Politique- Le discours macronien: sophisme et diarrhée verbale

Politique- Le discours macronien: sophisme et diarrhée verbale

Dans un article récent, nous nous  interrogions sur la consistance idéologique du macronisme. Un courant politique dont on saisit mal  la philosophie exacte et dont l’incarnation se résume à un seul homme. Le macronisme  n’a pas d’autre porte-parole que Macron lui-même et ne réussit pas à pénétrer la culture et le système politique français. En outre, eu  égard à ses nombreuses contradictions, Macron peine à donner une lecture accessible de son projet politique. Pour schématiser, on  pourrait convenir que le en même temps permet de penser et de dire tout et son contraire. On pourrait multiplier les exemples, comme  la laïcité ou les retraites. Sur la laïcité , Macron a d’abord défendu  une conception assez humaniste pour maintenant hystériser le débat et se rapprocher des thèses de Le Pen. Certains supporters de Macron pourraient le contester en ressortant quelques phrases récentes prouvant le  contraire. En fait souvent des banalités, des évidences pour rééquilibrer une orientation un peu trop droitière. On pourrait prendre un autre exemple celui des retraites.. Le réformisme de Macron s’est d’abord heurté à des difficultés  méthodologiques qu’il a complètement estimées car la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Le régime universel cherche un contenu opérationnel. Pour l’instant, il se résume à  des slogans : un euro versé aura la même valeur ou encore la retraite à points. Une retraite à points n’a guère de sens si on ne connaît pas précisément la valeur de ce point et la date à laquelle on pourra prétendre à bénéficier de la pension. Pour tenter de la justifier, la majorité a d’abord considéré que c’était l’occasion de supprimer les régimes spéciaux. Or très rapidement ,on s’est aperçu que dans certaines professions ce serait impossible en regard des spécificités ( armées, police, enseignants, certains services publics) qu’en outre il conviendrait de tenir compte de la pénibilité dans certaines professions. Évidemment, on a aussi intégré les réticences corporatistes et le Premier ministre a pratiquement déclaré qu’il abandonnait le concept d’universalité laissant le temps nécessaire aux régimes spéciaux rejoindre le régime général. Macron lui-même, en contradiction avec Jean-Paul Delevoye,  ancien ministre des retraites, a déclaré qu’il adhérait au principe du droit grand-père. En clair ,la réforme ne s’appliquerait qu’aux nouveaux entrants pour les régimes spéciaux. Edouard Philippe a affirmé le contraire sur ce sujet  mais doucement on glisse vers des aménagements proches de la loi du grand père à la SNCF et à la RATP. Du coup, on reporte de 45 ans les effets de cette réforme. Initialement, la réforme devait être mise en application en 2035 mais pour des considérations financières Macron veut anticiper la mise en œuvre en 2025.. Évidemment son contenu dépendra surtout des suites du  mécontentement social et des formes que cela prendra . On peut dire que dans ce domaine comme dans bien d’autres le macronisme se  réduit à un opportunisme politique de nature très électorale. Autre contradiction, celle de l’environnement où le chef de l’État veut apparaître comme l’un des grands leaders mondiaux sur ce terrain de la nouvelle modernité mais à côté des grands discours prononcés dans les cercles internationaux, la pratique ne change guère et la France est toujours accusée par l’Europe de ne pas respecter ses propres objectifs. On pourrait multiplier les exemples. Dès lors,  on peut se demander comment Macron parvient quand même à donner une apparence de cohérence à son projet politique. Tout simplement par le déversement continu d’un verbiage véhiculé par les grands médias.

 

Macron est le seul à pouvoir s’expliquer sur sa philosophie et son projet, il multiplie donc les déplacements, les interventions et les interviews. Mais le fleuve du verbe présidentiel ressemble surtout à une sorte de diarrhée verbale. Des propos souvent contradictoires, des mots, des phrases, des périphrases en forme de torrent qui inonde et saoule l’auditoire. Des exemples, le premier concernant le fameux débat avec les intellectuels qui avaient fini par user les intéresser vers une heure du matin au point que certains dormaient et que d’autres ont  rejoint leur lit avant la fin du monologue. Autre  exemple, l’interview fleuve dans le très droitier magazine valeurs actuelles où finalement Macon ne dit rien clairement ou plus exactement dit tout, son contraire aussi, cela noyé dans des propos d’une grande banalité et des évidences. La vérité c’est que Macron n’a pas vraiment de philosophie ni de projet politique autre que celui de son maintien pouvoir. Il n’y a pas non plus de mouvement, ni même de personnel politique susceptible d’expliquer le macronisme et encore moins de l’incarner. La seule personnalité qui lui ressemble, c’est sans doute la porte parole du gouvernement Sibeth Ndiaye; elle aussi  verse dans une diarrhée verbale impossible à supporter , un flot inarrêtable de mots pour masquer le vide total de la pensée. Macron, lui, a au moins l’avantage de donner une enveloppe pseudo intellectuelle à ses discours sophistes et verbeux.

Retraites -Sondage discours É. Philippe : 61% des Français pas convaincus

Retraites -Sondage discours   É.  Philippe : 61% des Français pas convaincus

 

Selon un sondage de l’institut Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info.  près  de deux tiers des Français (61 %) ayant suivi l’intervention du Premier ministre n’ont pas été «convaincus» par ses explications sur la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement.

Une très large majorité (70 %) des Français n’a pas été «rassurée» par les annonces du premier ministre. Pire, et alors que le gouvernement tenait à faire entrer dans les têtes l’idée d’une réforme de justice sociale, 60 % des Français estiment que sa réforme ne mettra pas en place un système de retraite «juste» et «durable». Salariés du public, salariés du privé, régimes spéciaux, femmes, tous s’estiment perdants. Selon un sondage Elabe pour BFM 54% sont contre le principe de l’âge de la retraite à 64 ans.

Les seules catégories perçues comme «gagnantes» dans cette réforme sont les retraités touchant de petites pensions – moins de 1000 euros par mois.

Pour beaucoup finalement, les grands perdants sont les jeunes générations. Une disposition qui alimente au sein de la population la défiance à l’égard du gouvernement et la suspicion quant à une réalité qu’on chercherait à lui cacher. Le soutien à la mobilisation est d’ailleurs maximal (76 %) auprès des 18-44 ans, directement concernés par cette mesure. Et comme la semaine dernière à la veille de la première journée de mobilisation, 68 % des Français continuent d’estimer que le mouvement de grève contre la réforme des retraites est «justifié». Une très large majorité qui ne faiblit pas malgré les perturbations occasionnées dans les transports depuis une semaine. Pour le moment, la stratégie du gouvernement n’est pas parvenue à retourner l’opinion publique à l’égard du mouvement de grève.

 

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