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Le discours hypnotisant de Bruno Lemaire

Le discours hypnotisant de Bruno Lemaire

 

Si de toute évidence Bruno Lemaire ne dispose pas d’un charisme mobilisateur par contre il possède d’énormes qualités d’hypnotiseur qui permettent d’endormir ses interlocuteurs. Ainsi nombre de ses prévisions sont très approximatives sur fond d’optimisme un peu béat. La révolution « anthropologique » qu’il observe n’a sans doute pas encore pénétré le milieu politique qu’il représente. Bref beaucoup de langue de bois, lardée de vérités et d’évidences dans un emballage de promesses douteuses . Bref une interview « somnifèrique ». NDLR

 

Dans un entretien avec le ministre de l’Economie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique, réalisé à Bercy mardi 13 septembre lors du T-Day organisé par EY et La Tribune, Bruno Le Maire décrypte les enjeux de la crise actuelle de la mondialisation. Il reste optimiste sur la croissance française en 2023 malgré les risques de récession. Pour passer l’hiver, il veut réunir à Bercy les dirigeants des plus grandes entreprises françaises pour parler de l’adaptation de la consommation d’énergie. Fermement opposé à une taxe sur les superprofits, il est en revanche favorable à ce que les rentes des énergéticiens qui profitent de la hausse des prix de l’électricité soient redonnés à l’Etat.

A partir du 23 septembre, la Tour Eiffel va s’éteindre plus tôt pour faire des économies. Et à Bercy aussi, on va chasser le gaspi ?

Nous faisons très attention à notre consommation énergétique et nous la diminuons.

La mondialisation est en plein bouleversement. Dans quel monde sommes-nous en train d’entrer ? Est-ce le retour des blocs et de la fermeture ?

Je ne crois pas. Nous sommes effectivement face à un moment de transformation que je qualifierai d’anthropologique. Pas seulement économique, ni financier. Nous avons un nouveau rapport à la mondialisation. Chacun a compris qu’il valait mieux produire les choses chez soi. Tout simplement parce que c’est trop risqué de les produire ailleurs. Ce qui est en train de se passer entre l’Ukraine et la Russie amène chacun à se dire que si demain il se produit la même chose entre la Chine et Taiwan, nous allons nous retrouver coupés de chaînes d’approvisionnement complètes. Il vaut mieux produire nos batteries électriques et nos semi-conducteurs chez nous. Nous le faisons. Il vaut mieux produire tout ce qui est essentiel et stratégique à la vie de la nation sur le territoire, au moins à l’échelle européenne. C’est le premier changement, qui est un changement de rapport au monde.

 

Et il y a aussi un changement de rapport à la nature. La nature, nous l’avons exploitée durant des décennies. Quand on regarde sur le temps long, c’est spectaculaire de voir que l’humanité, jusqu’au début du 19e siècle, a assez peu usé, abusé, utilisé la nature. Puis, comment avec la révolution industrielle, qui se termine maintenant, on a exploité de manière démesurée, irresponsable les ressources de la planète. Et comment la révolution nouvelle qui nous attend, la révolution technologique, doit nous amener à préserver cette ressource et à changer ce rapport au monde. Le monde n’est pas à notre disposition. La nature n’est pas à la disposition de l’Homme. Nous devons la respecter pour vivre, ou survivre. Car si nous nous affranchissons des barrières entre l’humain et l’animal, cela donne le Covid et les épidémies que nous avons connues récemment. C’est un deuxième changement de nature anthropologique. Et nous changeons aussi de rapport à nous-mêmes et aux autres avec la révolution digitale. Vous le voyez avec vos enfants. Nous pensions que le numérique était un facteur d’ouverture, de connexion entre les uns et les autres, c’est aussi un facteur de repli.

Ce sont ces trois révolutions qu’il faut appréhender ensemble. Ce sont des révolutions anthropologiques. Un nouveau rapport au monde, un nouveau rapport à la nature et un nouveau rapport à nous-mêmes. Cela fait beaucoup pour des responsables politiques qui n’arriveront pas à gérer ces révolutions sans l’aide des citoyens.


L’écran fait écran. Les grands patrons de la Silicon Valley ont affirmé ne pas donner d’écrans à leurs enfants. Les nôtres, cela les dérange moins…

Il y a derrière un enjeu social absolument majeur. Il est évident que ce sont ceux qui ont le niveau d’éducation le plus élevé qui sont ceux qui s’affranchissent le plus des écrans, qui savent maîtriser une culture, des liens différents. Moi je pense qu’il y a un enjeu culturel et d’égalité sociale absolument fondamental dans le nouveau rapport que nous entretenons avec nous-mêmes, à travers les écrans et le digital. Et du point de vue de la démocratie, cela pose un problème majeur. Il n’y a pas de démocratie sans vérité, sans diagnostic commun, pas de démocratie possible sans échanges de faits, de réalité.

Mais à partir du moment où tout se vaut, où le mensonge vaut la vérité, où l’approximation vaut la précision, il n’y a plus de démocratie possible. Et on court le risque de voir s’affirmer petit à petit des régimes totalitaires. C’est un des gros enjeux que nous avons devant nous. Les démocraties ne sont plus majoritaires dans le monde. Il faut réaffirmer la valeur, la force des démocraties libérales.

Pour en revenir à la situation économique et aux conséquences que nous allons vivre à court ou moyen terme, vous avez annoncé pour 2023 une prévision de croissance de 1%. C’est un sacré ralentissement, mais pas une récession. Pensez-vous que l’on puisse conjuguer la désinflation et maintenir la croissance ?

Je reste, et je le dis avec beaucoup de force, très confiant et très volontariste pour l’économie française. Je ne crois pas au scénario catastrophe. Peut-être que les faits me donneront tort. Mais je crois, chiffres et statistiques à l’appui, en regardant ce que me disent les chefs d’entreprises, que le pire n’est pas certain et que nous pouvons passer ce cap difficile. Il faut juste prendre un peu de recul.

D’abord, pour l’année 2022, j’avais fait des prévisions de croissance pour la France à 2,5%. Un institut très célèbre m’avait dit : « Ce n’est pas possible. Ce sera 2,3% au mieux ».

Pour d’autres, c’était 2%. Nous ferons mieux que 2,5% en 2022. Il y a eu de la demande, de la consommation, il y a des entrepreneurs qui se sont retroussés les manches. Je constate simplement que la croissance est là, que l’investissement est là et que les créations d’emplois sont là. Il y a un ralentissement, oui, bien sûr. Quand on a la guerre en Ukraine, l’Allemagne qui risque de rentrer en récession, les Etats-Unis qui, techniquement, ont été en récession et un marché chinois fermé, il est normal que cela soit un choc économique sur notre économie qui est intégrée à ces autres grandes économies.

Mais 1% de croissance, cela reste une croissance positive pour 2023. Et j’ai la conviction qu’au-delà, l’économie française va retrouver progressivement des couleurs, car nos fondamentaux ont été assainis par la politique de la majorité et du président de la République. Oui, aujourd’hui c’est intéressant d’investir en France et nous sommes la première destination pour les investissements étrangers en Europe. Oui, il y a des créations d’emplois et des besoins de main-d’œuvre partout sur les territoires français. Oui, nous investissons, nous innovons et nous sommes devenus attractifs du point de vue fiscal. Je crois véritablement que la politique que nous avons mise en œuvre commence à porter ses fruits et nous permettra, dans les années qui viennent, d’atteindre notre objectif : la prospérité pour tous les Français et le plein emploi en 2027. Une situation inédite depuis un demi-siècle.

On n’a jamais vu un ministre de l’Economie annoncer la récession dans son projet de Budget, vous êtes dans votre rôle. Mais il y a de l’inquiétude. On a un problème avec les prix de l’énergie. On avait l’avantage d’avoir une énergie pas chère. On l’a perdu pour des tas de raisons. Est-ce que cela ne remet pas en cause toute la stratégie de réindustrialisation que vous essayez de mettre en œuvre ? Quel est votre diagnostic face à la gravité de la situation et qu’allez-vous faire pour aider les entreprises ?

Je vous rejoins sur le fait que le point de bascule est autour de l’énergie, de sa disponibilité et de son prix. C’est le point de bascule entre une croissance qui va résister, ce que je crois, et une croissance qui pourrait s’effondrer, parce qu’il n’y aurait plus d’énergie ou de l’énergie à des prix stratosphériques pour les entreprises. Pourquoi je crois plus à la première option ? Parce que je crois que nous allons tous être responsables. La meilleure façon de passer l’hiver dans les meilleures conditions, c’est de faire preuve de sobriété énergétique, c’est-à-dire de réduire tout, tout de suite notre consommation d’énergie.

Je réunirai dans les prochaines semaines, à Bercy, tous les dirigeants des plus grandes entreprises françaises, avec les responsables de la production énergétique française. Dès qu’il y aura un signal d’alerte sur un pic de consommation, nous devrons faire en sorte de ralentir notre consommation pour passer collectivement ce moment dans les meilleures conditions. C’est quelque chose de radicalement nouveau, auquel nous ne sommes pas habitués, qui va nous aider l’hiver prochain. Je ne sais pas s’il sera rigoureux ou doux, mais je sais que la première des réponses, rappelée par le Président de la République et la Première ministre, c’est la sobriété. Cela veut dire concrètement que lorsqu’il fera très froid et que la production électrique sera moindre, on saura anticiper la réduction de notre consommation.

La deuxième chose, c’est d’éviter que les prix n’explosent. On a pris des décisions fortes, dont celle prise par le Conseil européen de l’énergie de plafonner les prix pour le lendemain. Aujourd’hui, les marchés peuvent faire exploser la demande pour le lendemain. Le petit kilowattheure dont vous avez besoin peut atteindre un coût exorbitant, des milliers d’euros le mégawattheure. Nous l’avons plafonné. C’est un signal prix très puissant. De même, quand nous disons que nous allons faire des achats en commun sur le gaz, quand nous disons que sommes prêts à plafonner le prix du gaz, c’est un signal prix très puissant. J’ai la conviction qu’avec toutes ces décisions européennes, nous allons avoir des prix énergétiques qui vont être moins délirants, moins spéculatifs, que ce que nous avons connu précédemment.

La troisième condition pour passer cet hiver correctement, c’est évidemment de produire plus. Cela nécessite que nos réacteurs nucléaires, à l’arrêt pour maintenance ou pour des questions de corrosion, redémarrent le plus vite possible. Cela nécessite que la production d’énergie nucléaire retrouve le niveau que, de vous à moi, elle n’aurait jamais dû quitter. Nous y veillons. Avec tout cela, parce que nous ne restons pas les bras croisés et que nous sommes collectivement mobilisés comme nation, comme peuple, je pense que nous pouvons passer l’hiver prochain sans que cela ne se solde par une catastrophe énergétique.

A plus long terme, n’y a-t-il pas matière à s’inquiéter ? On va payer l’énergie beaucoup plus chère que nos concurrents, notamment aux Etats-Unis. Ne risque-t-on pas d’avoir un choc de compétitivité majeur, négatif, avec un euro faible. Ne sommes-nous pas en train de nous appauvrir ? Certains groupes envisagent de délocaliser à cause du prix de l’énergie. Que fait le ministre de la Souveraineté pour affronter cette situation ?

Il y a d’abord les aides immédiates. Nous prenons le problème à bras-le-corps. Pour toutes les PME qui ne peuvent plus payer leurs factures d’électricité ou de gaz, nous avons simplifié le mécanisme de soutien, l’accès aux 2 millions d’euros de subvention. Je leur dis : « vous pouvez utiliser ce mécanisme. Cela va vous aider à passer les semaines qui viennent ». Même chose pour les énergo-intensifs, tous ceux qui ont des consommations importantes. Je le dis devant les chefs d’entreprise : les critères sont trop compliqués. La Commission européenne a mis sur pied un dispositif qui ne fonctionne pas. Je le dis aussi librement que je l’ai dit à la Commission européenne. Cette manie de faire toujours compliqué, toujours trop subtil, toujours trop complexe, en se disant « ça ne marchera pas et ça ne nous coûtera rien », ce n’est pas la bonne réponse à la crise énergétique actuelle. Nous obtiendrons la simplification des aides financières pour les énergo-intensifs dans les semaines ou les mois qui viennent.
Sur le plus long terme, la réponse tient en un seul mot : investir. Et investir plus vite. Investir dans le nucléaire. On va construire 6 nouveaux EPR dans les années qui viennent. Investir dans les énergies renouvelables, en accélérant drastiquement les procédures. On ne peut pas continuer à mettre 11 ans pour mettre sur pied un champ éolien offshore. Ce n’est pas possible. Regardez la manière dont les Allemands ont accéléré les procédures pour réaliser, par exemple, un terminal de GNL en Allemagne. Nous devons être plus rapides dans la réalisation d’infrastructures industrielles et d’infrastructures énergétiques, notamment sur le renouvelable.

Enfin, il y a une promesse particulièrement porteuse d’avenir : c’est l’hydrogène. Nous avons investi plusieurs milliards d’euros là-dessus. Nous y travaillons avec l’Allemagne et je considère que tous les industriels français doivent s’engager dans cette perspective de l’hydrogène. Ce n’est pas la recette miracle, mais c’est un des éléments qui doivent nous permettre de décarboner notre industrie et d’offrir d’autres perspectives du point de vue énergétique. Nous ne sommes pas désarmés. Je considère que tous ceux qui font confiance uniquement aux énergies fossiles pour les années à venir seront pris de court à leur tour dans 5 ans, dans 10 ans, lorsque nous aurons basculé dans un autre mix énergétique. C’est là que la France et l’Europe peuvent jouer leur carte.

Vous avez annoncé 55 milliards de recettes fiscales sur l’impôt sur les sociétés en 2023. Cela n’est-il pas trop optimiste ?

Cela prouve que lorsqu’on baisse le taux de l’impôt sur les sociétés, les recettes augmentent. Nous avons baissé l’impôt sur les sociétés à 25%, moyennant quoi les recettes ont augmenté. Au passage, je veux dire aux chefs d’entreprises inquiets au sujet de la suppression des impôts de production, de la CVAE, qu’ils peuvent s’inquiéter de beaucoup de choses, mais pas des promesses du ministre des Finances. Nous avions promis que nous baisserions les impôts sur les sociétés de 33,3 à 25%, nous avons tenu parole. Nous avions promis que nous baisserions de 10 milliards d’euros les impôts de production, nous avons tenu parole. Quand je dis que nous supprimerons les 8 milliards d’euros de la CVAE, on le fera. Pas en une seule fois, mais en deux ans pour tenir compte des difficultés de finances publiques. Vous pouvez me croire sur parole.

Taxer les superprofits lors du vote du projet de budget 2023, ce serait une ligne rouge pour le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté ?

Je ne suis pas prix Nobel d’économie, mais je les lis. J’ai lu une interview remarquable de Jean Tirole dans Le Point. Il dit que c’est très difficile de savoir ce que sont les superprofits. Il dit la même chose que moi. Je ne sais pas ce que c’est ou, en réalité, je sais que cela veut dire taxer tous les profits de toutes les entreprises. C’est une ligne rouge. En revanche, aller récupérer l’argent des rentes des énergéticiens qui font du renouvelable, à qui on avait dit « Investissez dans le renouvelable, dans les panneaux solaires », à qui l’Etat a garanti un prix d’achat pendant des années car les prix étaient bas, je serai le premier à le faire. Je ne veux pas de rente. Ni rente, ni taxe, mais un mécanisme de marché pour que, dès que le prix dépasse ce qui était garanti pendant des années, les électriciens reversent l’intégralité des recettes supplémentaires à l’Etat, qui en a bien besoin.

Énergie : un discours alarmiste pour justifier une hausse de 15 %

Énergie : un discours alarmiste pour justifier une hausse de 15 %

 

Les différentes institutions et le gouvernement n’ont cessé ces jours derniers d’alimenter le discours alarmiste allant jusqu’à envisager un manque d’énergie en particulier concernant l’électricité. D’ailleurs la plupart des titres des médias sont éloquents en indiquant que la hausse sera « limitée « à 15 % d’après la première ministre. Laquelle d’ajouter que les Français doivent encore être heureux de cette situation :« Aujourd’hui, sans action du gouvernement les tarifs du gaz et de l’électricité seraient multipliés par 2,2 au début de l’année prochaine », a-t-elle ajouté avant d’annoncer le prolongement en 2023 du mécanisme de bouclier tarifaire « pour tous les ménages, copropriétés, logements sociaux, petites entreprises et petites communes ». Cela permettra de « limiter à 15% la hausse du prix du gaz en janvier 2023 et 15% celle du prix de l’électricité en février», « 15% au lieu de 120% »« L’écart ne sera pas reporté sur les factures en 2024 ou plus tard et sera pris en charge par l’Etat », a-t-elle précisé.

Elisabeth Borne, selon qui « ce ne sont pas les Français en situation de précarité énergétique sur lesquels les efforts doivent peser », a également annoncé « un accompagnement spécifique pour aider les plus modestes » sous la forme « de chèques énergie exceptionnels (qui) seront versés d’ici la fin de l’année » à « 12 millions de foyers les plus modestes, soit 4 foyers sur 10 percevant de 100 à 200 euros selon le revenu ».

La Première ministre a également détaillé les actions menées à l’échelle européenne pour tenter de juguler la flambée des prix de l’énergie. « Concernant le gaz, les marchés fixent, en 2023, un prix cinq fois supérieur à celui de 2021 », a-t-elle rappelé, expliquant que si « ces prévisions sont bien supérieures à ce qui se pratique ailleurs dans le monde », cela s’explique par la guerre en Ukraine et la décision de la Russie de couper quasi toutes les exportations de gaz vers l’Europe. « Sur l’électricité, les prix anticipés en 2023 sont 10 fois supérieurs à ceux de 2021 », a-t-elle ajouté.

En conséquence, la France entend, d’une part, « rassurer les marchés sur les risques de pénuries. Ce sont des craintes excessives qui provoquent des prix exagérément hauts ». « Nous agirons contre la spéculation sur les prix de l’énergie », a, en outre, affirmé la Première ministre, rappelant que « la Commission européenne a proposé que chaque pays puisse récupérer les marges réalisées par les entreprises de l’énergie qui font des marges exceptionnelles ».Notons que le gouvernement français jusque-là ne s’est pas engagé dans ce sens !

Inflation : Bruno Le Maire Change encore son discours

Inflation : Bruno Lemaire Change encore son discours

 

Bruno Lemaire, le ministre de l’économie, ne cesse de changer son discours concernant les perspectives de l’inflation. Il y a quelques mois et même quelques semaines il affirmait encore que l’inflation était très conjoncturelle et qu’elle pourrait s’affaiblir à partir de la seconde partie de l’année 2022. Ensuite, très récemment, il a reconnu que cette inflation pourrait se maintenir jusqu’en fin 2022. Et maintenant il repousse l’échéance à la mi 2023.
La vérité évidemment c’est qu’il n’en sait strictement rien car tout dépendra de l’environnement mondial en matière de croissance, d’énergie et de géopolitique. Pour parler clair le ministre des finances navigue à vue. Mais il devrait au moins s’abstenir de faire des pronostics particulièrement hasardeux qui ne font qu’ajouter de l’incertitude au climat actuel

 » N ous sommes aujourd’hui à des niveaux d’inflation élevés. Ça va durer encore plusieurs mois, et je n’anticipe pas de décrue avant les premiers mois de 2023, peut-être la mi-2023»indique Bruno Le Maire.

«L’économie française résiste. Nous ferons mieux en 2022 (…). Nous ferons les 2,5% que nous avons prévus. Peut-être un peu mieux»considère également le patron de Bercy. Avant de prévenir : «Pour 2023, ce sera un plus difficile parce que notre croissance dépend du gaz russe, que le gaz russe risque fortement d’être coupé dans les semaines ou dans les mois qui viennent, et que cela aura un impact sur notre croissance, sur la croissance allemande.» «L’année 2023, du point de vue de la croissance, sera un peu plus difficile mais c’est conjoncturel. Structurellement, l’économie française se porte bien», se réjouit-il. Dans une interview aux Échos publiée ce jeudi, Bruno Le Maire avait expliqué que «si demain la Russie devait couper totalement ses exportations de gaz vers l’Europe, cela se traduirait par un choc de 0,5 point au minimum sur la croissance française.» Jeudi soir, le ministre détermine qu’une telle coupure pourrait coûter «jusqu’à un point de PIB».

Pour mieux préparer les esprits des Français ( aux futures hausses)  et à des mois compliqués sur le plan financier, le membre du gouvernement le martèle sur LCI: «La période difficile, c’est entre maintenant et le printemps prochain. C’est celle où il faut accompagner. C’est bien pour ça qu’on a pris toutes les mesures de protection maintenant. Et ensuite j’espère qu’au printemps 2023, l’inflation aura commencé à reculer et que l’économie française aura bien résisté.» Pour ce faire, le ministre avait annoncé dans Les Échos son ambition de présenter de nouvelles mesures : «Je ferai dans les prochaines semaines des propositions au président de la République et à la première ministre pour réduire les délais d’implantation des usines en France. Ils sont de 17 mois chez nous contre 8 mois en Allemagne. Nous devons nous attaquer à tous les freins qui ralentissent inutilement les procédures.»

Discours de Borne aux patrons: ennuyeux et mollasson

Discours de Borne aux patrons: ennuyeux et mollasson

 

Le discours d’Élisabeth Borne devant le Medef ne marquera sans doute pas l’histoire économique. Pas grand-chose à retenir sinon quelques intentions mais pas de décision encore moins d’enthousiasme pour l’économie. Bref du Macron mais plus plat et plus mou. On retiendra essentiellement la porte ouverte à la taxation des superprofits, la demande de plan de sobriété dans les entreprises et la possibilité de rationnement de l’électricité.

 

« Quand je l’ai entendu, j’ai pensé ‘confinement énergétique’ », déclare ce premier chef d’entreprise au micro d’Europe 1. « Responsabiliser les gens, c’est important. Leur faire peur, c’est parfois gênant », poursuit-il, « et en tout cas, restreindre les libertés des Français, ce n’est pas bon », ajoute le patron.

Présente ce lundi après-midi, une participante reproche le manque d’optimisme d’Élisabeth Borne dans ce discours de rentrée. « Soporifique », lâche-t-elle auprès d’Europe 1. « J’ai trouvé que son discours était particulièrement pessimiste. Nous avons besoin d’optimisme en France, et donc nos dirigeants doivent aussi nous transmettre cette valeur et cette façon de voir les choses », estime la cheffe d’entreprise. Des réactions qui sont donc mitigées pour le discours de rentrée d’Élisabeth Borne.

 

Le discours trouble de la Pologne

Le discours trouble de la Pologne

Largement bénéficiaire de la solidarité européenne, le pays saura-t-il assumer son rôle au sein des institutions communautaires, en commençant par respecter lui-même l’Etat de droit, s’interroge le chercheur Maxime Forest, dans une tribune au « Monde ».

 

Il aura donc fallu presque six mois pour que la Pologne, par la voix de son premier ministre ultraconservateur, Mateusz Morawiecki, s’exprimant dans les colonnes du journal Le Monde mardi 16 août (« La guerre en Ukraine a aussi révélé la vérité sur l’Europe »), tombe le masque et s’efforce de tirer parti de son positionnement parmi les faucons – ou les réalistes –, quant à la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine.

L’opportunité était trop belle de prétendre à un statut européen de premier plan, obsession des élites conservatrices polonaises dont le roman national emprunte volontiers au langage victimaire et eschatologique (celui des fins dernières), ponctué qu’il est en effet de nobles et vains sacrifices.

De prime abord, le pays, en butte à l’impérialisme russe depuis le XVIIIe siècle, victime du funeste pacte germano-soviétique en 1939, du massacre de Katyn et de quarante-quatre ans passés sous la férule de Moscou au XXe siècle, a toute la légitimité pour assumer son rôle de Cassandre, ayant mis en garde de longue date les dirigeants allemands, français et italiens pour leur complaisance – voire dépendance – à l’égard de l’ogre russe.

L’accueil, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), de plus de 5 millions de réfugiés ukrainiens depuis le 24 février grâce à une mobilisation sans faille de la société civile polonaise, ou l’aide militaire massive apportée par le pays à son voisin oriental, surpassée seulement par celle fournie par les Etats-Unis, achèvent d’apporter du crédit à l’intransigeance défendue par la Pologne.

Un mois après l’invasion, et près de trois mois avant la visite à Kyiv [Kiev en ukrainien] de Mario Draghi, Emmanuel Macron et Olaf Scholz, le président Duda, flanqué du premier ministre Morawiecki et de leur éminence grise, le vice-premier ministre Jaroslaw Kaczynski, ne s’était-il pas rendu auprès du président Zelensky assiégé

 

Pourquoi, alors, n’avoir pas plus rapidement tiré les marrons du feu, et laissé les premières ministres estonienne et finlandaise s’imposer comme les hérauts de la ligne dure face à Moscou ? C’est que le gouvernement ultraconservateur au pouvoir depuis 2015 présente un pedigree notoirement plus problématique, émaillé de convergences troublantes avec le narratif déployé par le Kremlin pour justifier l’injustifiable.

Qu’on en juge plutôt : l’Europe ? Un continent en voie de déchristianisation, où les valeurs traditionnelles s’affaissent sous les coups de boutoir de lobbys LGBTQ [lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer] et féministes imposant « par le haut », et avec la complicité des institutions communautaires, des changements sociétaux dont les peuples, seule source de légitimité démocratique, ne veulent pas – Vladimir Poutine n’a pas dit autre chose dans son discours lunaire prononcé le 25 mars.

Discours Macron 14 juillet : préparer les esprits à une très forte augmentation de l’électricité

Discours Macron 14 juillet : préparer les esprits à une très forte augmentation de l’électricité

 

Discours Macron 14 juillet : préparer les esprits à une très forte augmentation de l’électricité

Finalement on ne retiendra sans doute pas grand-chose du discours de Macon du 14 juillet hormis une préparation psychologique de l’opinion à une vaste opération de relèvement des prix de l’électricité. En dehors de cela,  c’est le bla-bla habituel notamment le discours sur le plein-emploi qui ne mange pas de pain mais qui n’apporterien tant qu’on ne définit pas de façon précise ces conditions.

La vérité c’est que EDF est dans une situation financière qui aurait dû conduire à la faillite si l’état ne possédait pas la quasi-totalité du capital. Au bas mot il faut trouver une centaine de milliards. D’abord pour faire face à l’endettement, autour de 45 milliards. Ensuite autant pour financer les six EPR décidés par le gouvernement. Il faudrait ajouter le coût de l’opération en cours concernant le grand carénage qui renforce la sécurité mais aussi le coup de l’enfouissement des déchets. On dépasserait alors largement les 100 milliards.

Bien sûr l’Etat va faire un nouveau geste avec une nouvelle capitalisation mais qui sera très insuffisante pour faire face aux besoins financiers. Pour le gouvernement la solution passe donc par un relèvement très significatif de la tarification justifiée de plusieurs manières. D’abord par la nécessaire sobriété pour des motifs environnementaux et ensuite par la situation géopolitique.

 

 

Pour le président, il faut se préparer à une rupture totale des approvisionnements en gaz. « La Russie nous envoie un message clair. Elle utilisera le gaz comme un élément de cette guerre. Nous sommes dans une guerre hybride », estime Emmanuel Macron. Se voulant rassurant, et justifiant au passage son virage sur l’aile sur le nucléaire, le président a rappelé que le modèle énergétique de la France était peu dépendant du gaz russe. « Mais nous diversifions pour aller chercher du gaz ailleurs et nous sécurisons les apports, notamment de la Norvège, du Qatar, de l’Algérie et des Etats-Unis ». a-t-il précisé.

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Le président a critiqué le fonctionnement du marché européen de l’électricité dans la mesure où actuellement nous importons à leur que logiquement nous devrions être exportateur. Une manière de faire porter le chapeau à l’Europe alors que la France apprête un relèvement significatif des tarifs électriques. « Nous avons besoin d’un marché européen car nous achetons de l’électricité car nous n’en produisons pas assez sur notre sol. Mais le prix de l’électricité est mal fichu en Europe car très dépendant du gaz que nous importons. On va négocier, en européens, un changement du prix de l’électricité », a indiqué le chef de l’État.

Le chef de l’État abordait d’autres sujets mais finalement de manière anecdotique d’autant plus qu’on ne sait pas exactement ce qu’on fera l’assemblée nationale

Le président annonce un texte de loi sur la réforme du travail à la fin de l’été et une série de réformes tout le long du quinquennat autour de trois axes : le lycée professionnel, l’apprentissage et la formation continue. Il compte également aborder le sujet délicat de la réforme du RSA, dont les allocataires « devront s’engager » tout en souhaitant que le pays se mobilise pour aider les bénéficiaires du RSA à s’insérer dans le monde du travail. Il a également annoncé le lancement de son Conseil national de la Refondation dès la fin de l’été qui doit réunir les forces politiques, économiques, sociales, associatives ainsi que des élus des territoires et des citoyens tirés au sort.Bref des orientations aléatoires voir même de type gadget.

 

Environnement : des discours mais peu d’action

Environnement : des discours mais peu d’action

L’historienne Laure Teulières montre, dans une tribune au « Monde », comment les procédés de communication et de marketing « vert » ont créé l’illusion d’une transition écologique sans ruptures

Au vu des bouleversements et des menaces écologiques, certaines questions reviennent sans cesse : « Pourquoi en sommes-nous encore là ?  » et « Que faire ? ». Y répondre demande de déjouer le « greenwashing », c’est-à-dire les effets de communication ou de marketing opérant un verdissement de façade et plus largement les procédés donnant une image trompeuse d’écologisation.

Ces procédés ont eu un rôle certain à la fois dans notre trajectoire socio-environnementale depuis la fin du XXe siècle, et dans l’inertie et les impasses actuelles. Le terme apparaît à la fin des années 1980 quand le « développement durable » s’impose pour prendre en charge les problèmes environnementaux (sommet de la Terre de Rio, 1992) et que de grandes entreprises commencent à s’afficher dans cette voie.

Après les fortes mobilisations des années 1970, où les préoccupations écologiques s’articulaient aux aspects socio-économiques et à la mise en cause des rapports de domination, c’était aussi, de facto, une façon d’évacuer cette dimension critique. Un environnementalisme gestionnaire s’affirme dès lors à travers la promotion d’incitations et d’objectifs, d’écogestes et de chartes écoresponsables, de diagnostics biodiversité ou de services écosystémiques, de politiques publiques… jusqu’à présent largement inefficaces ou biaisées en pratique.

Les dernières décennies ont vu dans le même temps la situation se dégrader de façon alarmante. Il n’y a eu aucune inflexion de la courbe globale d’émission des gaz à effet de serre (la moitié du CO2 émis l’a été ces trente dernières années), ni de réduction plus générale de l’empreinte de nos activités, y compris dans des domaines d’action strictement nationale ‒ comme l’illustre en France le fiasco des décisions visant à enrayer l’augmentation de l’usage des pesticides ou l’artificialisation des terres.

Au fil des ans, le greenwashing s’est ainsi installé comme un fait beaucoup plus vaste et structurel de notre histoire récente : la prolifération de discours et de dispositifs faisant illusion, faute de prendre des orientations à la hauteur de l’enjeu. Certes, des lobbies ont pesé pour défendre âprement leurs intérêts en travestissant l’impact délétère d’activités industrielles ou agro-industrielles, ou de modes de consommation hors-sol.

Des gouvernements ont cyniquement joué d’annonces en faveur de l’environnement, avant de les oublier ou d’adopter des mesures antagonistes. Mais cet échec est surtout le résultat d’un monde social où les prétentions écologiques sont subordonnées à d’autres logiques prédominantes.

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu Élisabeth bornent qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30.

Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » n discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde est rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales. Bref plus de compromis et de dialogue.

Pour le reste concernant les objectifs c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF..

« Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’irait pas de hausse d’impôts. Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.  La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Morne en rappelant le changement de nom de pôle emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine.

Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation.

Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis.

Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Elisabeth Borne: Un discours pâle et sans saveur

Elisabeth Borne:  Un discours pâle  et sans saveur

La Première ministre est à la politique ce que McDo est à la gastronomie, il ne faut donc pas s’attendre un discours goûteux qui marquera l’histoire. Celle que l’on considère comme une techno va se limiter au minimum syndical en égrenant quelques mesures pas trop clivantes. L’idée sera de s’en tenir à des généralités pour ne pas contrarier une assemblée nationale dans laquelle elle n’a pas la majorité. Elle appellera en outre au rassemblement dans une sorte d’homélie du type curé de campagne.

En fait,  elle parlera un peu de tout et de rien mais sans réel approfondissement et orientation précise ( surtout sur les retraites). Une sorte de discours plat avec beaucoup de creux et de banalités enveloppées dans du papier techno plus exactement du papier scientiste.

Difficile pour l’intéressée de tenir des propos à la hauteur de l’enjeu. Elle ne dispose pas en effet de la moindre légitimité politique. Elle a tout juste  été capable de se faire élire difficilement dans une circonscription en béton.

Faible ou ne pas dire insignifiante politiquement,  elle cumule un autre défaut, son manque de charisme auquel elle ajoute en plus un côté psychorigide assez méprisant vis-à-vis de ses interlocuteurs.

D’avance elle a prévenu qu’elle ne solliciterait pas la confiance de l’assemblée nationale. Son objectif sera surtout comme d’habitude de ne pas déplaire au président en reprenant à peu près mot pour mot les propos de Macron mais de façon plus terne. À sa décharge,  une problématique politique particulièrement complexe avec notamment la question de l’inflation qui s’envole, le pouvoir d’achat, la déliquescence de l’hôpital, l’environnement géopolitique dangereux, la crise de l’énergie et en plus maintenant la reprise de la crise sanitaire.

Discours sur la sobriété énergétique : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

Discours sur la sobriété énergétique : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

 

Il est pour le moins curieux que le discours sur la sobriété énergétique ait  d’abord été porté par les trois énergétiques Total, EDF et Engie dont la stratégie a toujours été de vendre plus en encourageant les consommateurs dans ce sens.

Ces trois sociétés ont d’ailleurs toujours tiré profit de la croissance des volumes  autant que de la tendance haussière des prix. Ce discours n’est pas sans arrière-pensée. Certes la sobriété n’est pas à condamner à condition d’en préciser le contenu, les modalités et le calendrier. Rien de tout cela, tout juste une injonction pour faire comprendre que la situation doit changer rapidement sous-entendu les tarifs surtout.

Une politique de sobriété implique l’industrie qui la justifie mais aussi le consommateur quand il a la possibilité de réduire le volume de son utilisation. Une telle politique ne peut s’inscrire que dans la durée. On le voit bien avec la mutation automobile vers électrique qui va utiliser un temps long pour concerner l’ensemble du parc, presque 50 ans !

Pour beaucoup d’autres utilisations,  la mutation sera également longue. À moins évidemment de matraquer par les prix les  utilisateurs, le fameux signal prix cher aux économiste ultralibéraux qui récupèrent la problématique environnementale dans leur champ du marché.

L’objectif des Énergétiques tient et sans doute moins de réduire les volumes que de maintenir par les prix leur situation financière;
en tout cas l’améliorer pour EDF , la conforter pour Engie et se gaver pour Total.

Cet appel des énergéticiens  n’est guère crédible politiquement . C’est un peu comme si l’industrie des cigarettes recommandait la baisse de consommation pour obtenir un relèvement des prix.

Notons par ailleurs que ce discours est renforcé par certains lobbys qui annoncent des limites à l’approvisionnement en gaz, en électricité voire en pétrole.

Cet hommage du vice à la vertu doit pour le moins interroger sur l’objectif final

Macron: un discours vide pour rien

Macron: un discours pour rien

Comme souvent, Macron sait parler pour ne rien dire. En fait, l’essentiel de son propos n’apporte rien de nouveau à savoir qu’après le résultat des élections législatives, faute de majorité absolue, le pouvoir sera contraint de passer des compromis avec les oppositions. Macron qualifie cet exercice de nouvelle manière de gouverner. En fait il s’agit d’un retour à la IVe République.

Macron lui-même n’a pas eu l’air très convaincu de son propre discours- très court- sans doute assommé par sa défaite aux législatives. Il a exclu d’emblée cette idée d’union nationale d’autant plus facilement qu’ aucune formation de l’opposition n’est prête à s’engager dans ce processus. Personne ne veut en effet partager la responsabilité de l’échec de Macron qui le conduira assez rapidement à dissoudre l’Assemblée nationale. Ne reste évidemment que la possibilité de légiférer avec des majorités au cas par cas.

Ce sera sans doute possible mais sur des orientations largement amendées et surtout quantitativement limitées. Un seul exemple la question de la retraite même plus évoquée par le président de la république alors que cela constituait la mesure phare de son programme.

Pour résumer,  Macron n’a pas apporté grand chose de nouveau et a tenté un exercice de renversement du fardeau de la responsabilité sur l’opposition en l’interrogeant pour la mettre éventuellement en contradiction avec l’opinion publique. Bref toujours cette stratégie de Machiavel raté victime de ses propres insuffisances et principale responsable de la montée des extrémismes.

Numérique, pensée et discours

Numérique, pensée et discours 

par David Lacombled est président de la Villa numéris.

 

 

L’oral précède l’écrit. Tel un fleuve, il permet d’irriguer tous les canaux de communication que le numérique a démultiplié. Désormais, les discours se regardent aussi en télévision ou sur des chaînes YouTube, en direct ou en replay. Saucissonnée en punchlines, la parole se retrouve servie à l’envie sur les réseaux sociaux ou les messageries instantanées. Telle une cuisine de restes, rien ne doit se perdre.

Au-delà, la parole agit sans doute comme une des meilleures thérapies de groupe. A condition qu’elle ne soit pas uniquement descendante et que chacun puisse s’exprimer ou pour le moins être représenté. C’était l’intuition du président de la République quand il a initié le Grand débat national pour contribuer à mettre un terme à la crise des Gilets jaunes. Les Français ont besoin de s’exprimer et d’être écoutés. Et cette parole ne saurait être contenue dans le seul geste de déposer un bulletin dans une urne.

Il s’agit d’inventer de nouvelles agoras pour que chacun puisse s’y exprimer selon des méthodes d’intelligence collective qui ont fait leur preuve pour aboutir à des consensus

C’est tout le défi qui se présente aux décideurs publics pour renouer les fils distendus entre les citoyens eux-mêmes, d’une Nation qui ne s’aime plus, pour se parler, s’écouter, s’apprécier. Ce devra être le prélude à l’écriture d’un nouveau destin commun. Dans un monde où globalement tout va mieux, chaque injustice ou déclassement devient insupportable. Les réseaux sociaux en particulier, par leur effet de masse et d’entraînement, par leur réactivité et leur proximité – le téléphone sur le cœur, convoquent les émotions avant la raison. En cela l’esprit critique doit être encouragé. Par chance, la France a hérité de celui des Lumières.

Hâbleurs, aussi parfois, les Français ont besoin de se raconter. Le succès de la série «En thérapie» sur Arte leur offre le miroir d’eux-mêmes en quelque sorte. Ses audiences en témoignent. Plus d’un million de téléspectateurs se rassemblent devant le canapé du Docteur Philippe Dayan, acteur permanent du programme diffusé en linéaire sur la chaîne de télévision le jeudi soir. Les épisodes de la saison 2, intégralement diffusés en ligne, ont déjà été vus plus de 20 millions de fois en un mois. Comme quoi le « binge-watching », qui consiste à avaler les épisodes d’une série sans s’arrêter, n’est pas réservé au seul Netflix. La parole y convoque les faits de société. Exprimée – libérée, pour reprendre un vocable plus militant – elle guérit.

Que les Français donnent de la voix est une bonne nouvelle pour notre avenir. Si le comptoir des cafés a longtemps été le parlement du peuple, pour faire référence à Honoré de Balzac, force est de constater que beaucoup de communes se sont éteintes au fur et à mesure que leurs commerces les plus essentiels disparaissaient et que les liaisons ferroviaires se faisaient plus rares. Il s’agit d’inventer de nouvelles agoras pour que chacun puisse s’y exprimer selon des méthodes d’intelligence collective qui ont fait leur preuve pour aboutir à des consensus. Sans cela, l’opinion, chauffée à blanc par quelques irresponsables, ne pourra qu’être éruptive.

David Lacombled est président de la Villa numéris.

Discours de Macron: un exercice d’autosatisfaction

Discours de Macron: un exercice d’autosatisfaction

 

 Le professeur de communication, Arnaud Benedetti, juge dans le Figaro  que cette allocution visait à dresser un bilan positif de son action en tant que président et lancer sa campagne en vue de sa réélection.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne. Il est rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Il publie Comment sont morts les politiques ?, Le grand malaise du pouvoir (éd. du Cerf, 4 novembre 2021).

Tribune


L’occupation du terrain est un exercice archétypal. Elle constitue, lorsque l’odeur de la poudre se rapproche, une condition de réassurance par rapport à l’adversaire. Ainsi faut-il considérer l’intervention présidentielle de ce mardi 9 Novembre. Le chef de l’État a voulu marquer son territoire et imposer sa définition de la situation. Plus que sur le contenu, c’est bien en fonction de la temporalité qu’il convient de la décrypter. Le message est dans le contexte et non dans le texte, le message est dans l’usage du moment et non dans celui des annonces.

Non que celles-ci n’existent, quoique relativement, mais elles existent d’abord au regard de la conjoncture. Ici l’occasion, le rebond covidien, a fait et autorise la communication, laquelle tient lieu et place de politique. Cette politique est celle de la présence, et dans le fond que voulez Emmanuel Macron, si ce n’est être présent dans une séquence où se précipite retour de la préoccupation sanitaire, mise en orbite progressive d’une candidature LR à venir, commémoration de la disparition du Général de Gaulle, droitisation du pays et poussée zemmourienne.

Emmanuel Macron est l’homme d’un présent perpétuel qui se recombine au gré des circonstances, réinventant ses propres illusions sur la trame d’un réel qu’il entend dompter par l’imposition de son imaginaire.

 

Il fallait donc être là, tout simplement, pour ne pas se faire invisibiliser au moment où se forge une partie de l’histoire à venir. Il fallait être là surtout pour de facto opérer le lancement d’une campagne qui ne se dit pas mais en présente toutes les caractéristiques. Macron a sur-souligné ; il a usé, au risque d’en abuser, de cette fonction de l’emphase pour déployer les enluminures de son mandat, pour l’héroïser comme s’il était sorti triomphant de la boue d’improbables tranchées. Pour ce faire, le sanitaire lui a servi de pente pour magnifier une action dont il s’est efforcé de nous convaincre qu’elle n’avait en fin de compte jamais connu de turbulences et autres trous d’air.

 

«Le discours de Macron est clairement orienté vers le centre droit»

Macron entend fabriquer de l’adhésion en distillant une atmosphère propice à l’amnésie. Il instrumentalise les propriétés constitutives d’un système médiatique où tout défile au rythme de l’immédiateté pour dissoudre les mémoires. Il parie sur l’oubli pour s’assurer de son avenir. Il parie sur la projection constante et tendue de l’après pour occulter l’avant. Il est l’homme d’un présent perpétuel qui se recombine au gré des circonstances, réinventant ses propres illusions sur la trame d’un réel qu’il entend dompter par l’imposition de son imaginaire.

Reste à savoir si la stratégie de l’autosatisfaction, apparemment pleinement assumée, n’arrive pas trop tôt d’une part et si elle peut être investie d’autre part du pouvoir vitaminant d’une heureuse contagiosité…

 

Son discours n’avait d’autre objectif que de suggérer une accélération du temps : faire campagne sans le dire mais comme pour tenter d’enjamber la campagne, la diluer dans une perspective autoréalisatrice, s’en affranchir comme si la reconduction du sortant allait de soi car en soi il n’y aurait pas d’autre alternative. Par petites touches pointillistes, le nudge macroniste vise à imposer l’évidence de son inéluctabilité. Reste à savoir si la stratégie de l’autosatisfaction, apparemment pleinement assumée, n’arrive pas trop tôt d’une part et si elle peut être investie d’autre part du pouvoir vitaminant d’une heureuse contagiosité…

Macron : un discours de campagne

Macron : un discours de campagne

 

Comme c’était prévu ,le discours de Macron était plus proche de celui d’un candidat en campagne électorale que d’un président de la république. Lequel d’ailleurs n’a pas annoncé grand chose sinon le port du masque dans les écoles. Aussi la décision de reprendre le développement du nucléaire déjà annoncé. Pour le reste , surtout des propos électoraux pour faire plaisir et se faire plaisir. Ainsi une très grande partie a été consacrée au bilan positif de Macron qu’on peut résumer comme : « tout va très bien madame la marquise » .

Comme Macron n’a vraiment rien annoncé de nouveau l’opinion publique a plutôt approuvé ce discours électoral sans véritable contenu.

Le président a surtout utilisé la tribune de cette allocution pour vanter son bilan sur tous les fronts, rappelant toutefois que si «les résultats sont là», il demeurait «lucide sur le travail qui reste à faire».

Un bilan qui ne convainc toutefois pas les Français, car 75% d’entre eux ont désormais l’impression que leur pouvoir d’achat se dégrade. Sa posture de presque candidat semble également nuire à la confiance que lui portent les citoyens. Depuis sa dernière allocution en juillet, ils ne sont plus que 45% à estimer qu’il dit la vérité, soit une baisse de huit points, et 41% à l’avoir trouvé convaincant (- 5 points). Plus de la moitié d’entre eux (51%) jugent qu’il ne comprend pas les préoccupations de ses concitoyens.

La RSE: Pas seulement des discours, aussi des actes

La RSE: Pas seulement des discours, aussi des actes

 

Les discours mettant en lumière le « vide » des politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE) cachent les véritables avancées qui ont lieu dans les entreprises, estime Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, dans sa chronique au « Monde ».

 

 

Gouvernance. En 2021, la part de la finance spécialisée dans les investissements « verts » dépassera 30 % des encours mondiaux. L’épargne est ainsi dirigée vers les placements ayant un impact sur l’environnement et, plus généralement, vers la transformation écologique, sociale et politique des entreprises.

La réorientation sélective des investissements est un phénomène si massif qu’elle fait craindre la formation d’une bulle spéculative : en effet, les attentes de retours sur ces financements sont survalorisées, et accentuées par une communication excessivement flatteuse sur les engagements des entreprises… par rapport à leurs pratiques réelles.

Sans discuter, ici, du risque de bulle qui menace de manière cyclique un capitalisme devenu structurellement spéculatif, on peut s’arrêter sur la question du blanchiment des résultats (« greenwashing » ou « socialwashing »). Elle est invoquée depuis longtemps pour mettre en doute la sincérité des entreprises qui se livrent à des politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE), et mérite, de ce fait, une attention particulière.

Des collaborateurs engagés, voire militants

Il est certain que toute communication sur la RSE cherche à se faire entendre dans le grand récit écologiste, qui se nourrit, d’une part, de la dégradation objective de l’environnement et du climat due aux activités industrielles et, d’autre part, du besoin de nos sociétés menacées d’implosion de se découvrir un destin collectif dans le salut de la planète. Comme elle est une partie prenante de la société, chaque entreprise cherche à montrer qu’elle alimente ce discours vertueux. De la même manière que la dénonciation du blanchiment des résultats par les activistes qui se donnent la charge de préserver la pureté idéale du récit écologique nourrit celui-ci.

Mais il serait naïf d’en rester là, comme si les promesses des « grands discours » étaient nécessairement des paravents masquant le vide des pratiques. Dans la réalité, la RSE est assumée par des collaborateurs (et, parfois, des dirigeants) engagés, voire militants.

Ils dessinent des trajectoires de rupture, même à des échelles modestes ; ils déploient des tactiques, des savoirs et des savoir-faire soutenus par d’autres acteurs de la RSE ; ils trouvent des ruses pour contourner les contraintes économiques, les résistances aux conservatismes et les discours purement opportunistes. Ils participent donc aussi au grand récit global mais en produisant une activité quotidienne qui, comme l’a montré Michel de Certeau (L’Invention du quotidien, Union générale d’éditions, 1980), est un discours par les actes.

Temps de travail : un discours dangereux pour Sandrine Rousseau !

Temps de travail : un discours dangereux pour Sandrine Rousseau ! 

Fidèle à sa posture radicale et gauchiste, la candidate malheureuse d’Europe écologie les Verts estime qu’un discours sur le temps de travail est dangereux. Avec des propos que ne renierait pas Martine Aubry  ou les organisations politiques d’extrême gauche qui croient encore qu’on peut partager le travail en même temps que les revenus !

« À chaque qu’on se dit qu’on laisse le temps de travail augmenter, ce qu’il se passe c’est que tout le monde ne travaille pas à temps plein », explique Sandrine Rousseau sur notre antenne, « et qui ne travaille pas à temps plein? Ce sont les salariés précaires et notamment les femmes qui choisissent de diminuer leur temps de travail pour une partie mais pour l’essentiel, les trois quarts subissent le travail à temps partiel »

Une curieuse vision pour une économiste fonctionnaire qui sans doute n’a pas prit conscience qu’on ne peut partager que la croissance et non répartir la misère. De quoi vraiment s’interroger sur les compétences économiques de l’intéressée. La qualité du travail plutôt que la quantité, c’est donc un discours dangereux », estime-t-elle, « on laisse les entreprises et le marché du travail décider de qui aura un emploi à temps plein et qui aura un emploi à temps dégradé. Et Sandrine Rousseau de militer pour les 32 heures!

Afghanistan : un discours « América first » de Biden

Afghanistan : un discours « América first » de Biden

 

Benjamin Haddad, chercheur en relations internationales, directeur « Europe » au think tank Atlantic council de Washington analyse le discours de Biden après le retrait des troupes américaines en Afghanistan, il estime que c’est un discours « que n’aurait pas répudié Donald Trump » car « ici, on était beaucoup plus dans un discours America first ».(

 C’est un discours assez long, près de trente minutes, comment l’analysez-vous ?

Benjamin Haddad : C’est vrai mais c’est un discours assez énergique et offensif. Au-delà de la question de l’Afghanistan, c’était un discours de vision et de doctrine de politique étrangère.

Joe Biden a essayé de remettre sa décision dans le contexte plus large des priorités des Etats-Unis : la compétition stratégique avec la Chine, la Russie, ce qu’il a appelé la défense des intérêts vitaux des Etats-Unis. Il a expliqué que ce type d’opération [en Afghanistan] n’en faisait plus partie.

Puis, il a parlé aussi du Nation building, le fait de construire des États à l’étranger, de transformer des régimes, des sociétés. Cela a été un peu l’une des axes de la politique étrangère américaine, en tout cas depuis les années Bush… Tout ça, c’est fini.

A cet égard, ce qui était frappant, c’est que Donald Trump n’aurait pas répudié ce discours. On est très loin ici des accents America is back : l’Alliance des démocraties, la défense de la démocratie libérale dans le leadership américain qu’on avait entendu lors de la campagne de Joe Biden ou au début de sa présidence. Ici, on était beaucoup plus dans un discours America First : défense des intérêts vitaux des Etats-Unis. C’est un message aussi que les alliés européens, les Allemands ou les Britanniques,feraient bien d’entendre. En particulier ceux qui étaient très impliqués dans l’opération afghane et qui ont été traumatisés par ce retrait précipité.

Est-ce que ça signifie réellement que c’est la fin de toute intervention militaire dans un pays étranger ?

Il faut être effectivement un peu prudent. Ce qui est certain, c’est que c’est son intention. Il l’a dit, il n’est pas le premier à le dire. Au fond, il est dans la continuité de ses deux prédécesseurs. Il avait été le vice-président de Barack Obama et l’un des voix les plus non-interventionnistes dans l’administration de Barack Obama. Mais bien sûr, on voit des continuités avec Donald Trump. Il l’a dit d’ailleurs lui-même il ne fait qu’appliquer l’accord qui avait été trouvé par Donald Trump avec les talibans à Doha en mai 2020.

Mais les guerres éternelles, comme on dit aux Etats-Unis, ont parfois une tendance à se rappeler aux bons souvenirs des Américains. Barack Obama en avait été la victime, évidemment, avec l’émergence de Daech en Irak et en Syrie. L’agression russe contre l’Ukraine aussi. Les combats en Afghanistan sont peut être terminés pour les Américains, mais on voit aujourd’hui les représailles menées par les talibans contre un certain nombre d’Afghans.

Joe Biden a fait allusion aux autres menaces, la cybercriminalité, mais aussi la Chine et la Russie. Qu’est-ce qu’il faut comprendre par là. Qu’est-ce que vous comprenez dans la nouvelle façon de faire de la politique internationale pour les Etats-Unis ?

Ce qui est certain, c’est que Joe Biden, voyait dans cet engagement en Afghanistan coûtent des troupes, de l’énergie, du capital politique et évidemment de l’argent, alors que l’attention devrait être focalisée sur la rivalité stratégique avec la Chine.  C’est l’une des priorités.

La question aujourd’hui est de savoir quelle lecture font les Russes ou les Chinois de ce retrait précipité qui n’a évidemment pas été « un succès extraordinaire », comme l’a dit le président Biden, au contraire. La couverture médiatique mondiale qui en est faite est plutôt celle d’une débâcle. Pour la crédibilité des Américains vis-à-vis de leurs adversaires stratégiques, effectivement, la question se pose.

Climat : le drame de l’Amazonie, continue malgré les discours

Climat : le drame de l’Amazonie, continue malgré les discours

Ce que dénonce sur France Info l’association canopée.

 

À quoi est due cette dégradation continue de l’Amazonie

Sylvain Angerand : La dégradation est liée, par exemple, à l’exploitation du bois. Quand on va sortir des arbres comme les ipés ou les acajous qui servent à faire des terrasses qu’on va trouver dans les magasins français. Mais ça peut être également l’orpaillage, l’ouverture de petites mines artisanales. Tout ça, en fait, ça va créer des trouées dans les forêts. Pas de grandes trouées, pas de grandes images de déforestation. Mais ces trouées vont faire baisser l’humidité, et du coup, la forêt est plus fragile, plus sensible aux incendies, plus sensibles aux sécheresses. »

Est-il compliqué de sensibiliser sur cette dégradation du fait qu’elle ne soit pas spectaculaire ?

Exactement. C’est tout l’enjeu politique qu’il y a aujourd’hui, puisque la France et l’Europe ont mis en place des stratégies pour lutter contre la déforestation importée. Et nous, on défend l’idée qu’il faut aller plus loin que la simple déforestation. Étendre cette question de la dégradation aux autres écosystèmes qu’il y a au Brésil, et notamment le Cerrado, une savane arborée qui est extrêmement importante puisqu’elle joue un peu ce rôle de tampon, de protection de l’Amazonie. Tout est lié.

Fait-on un peu de sensationnalisme en affirmant que l’Amazonie n’est plus le poumon de la planète ?

La forêt amazonienne continue d’absorber du carbone, y compris les grands arbres. C’est surtout le titre de l’étude qui est mal choisi. La façon dont le titre est utilisé, par exemple par la filière bois qui nous explique que cette étude dit qu’il faut couper des arbres, il ne faut pas laisser vieillir la forêt, que l’Amazonie maintenant est trop vieille et qu’elle commence à relarguer du carbone, tout ça, ce n’est pas ce que dit cette étude. Au contraire, on se rend compte qu’une forêt bien portante continue d’absorber du carbone et que l’exploitation du bois, que la dégradation fait plonger le bilan de façon négative. Donc, il faut faire extrêmement attention à ce qu’on dit de cette étude et ne pas sur interpréter.

Dans cette étude, l’actuel président du Brésil Jair Bolsonaro est accusé d’être le principal responsable de cette dégradation. Mais tout cela n’a-t-il pas commencé bien avant lui ?

En 2008, on avait vraiment réussi à baisser de façon assez forte la déforestation en Amazonie. C’est ce qu’avait fait Lula (Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil entre 2003 et 2011, NDLR), avec la mise en place d’une administration très forte, une police, l’Ibama, qui contrôlait et qui évitait les intrusions en forêt et l’exploitation illégale de bois et autres, on a réussi à faire baisser de façon drastique la déforestation et la dégradation. Aujourd’hui c’est une vraie impunité qu’il y a en Amazonie et qui entraîne un relâchement. Il faut une vraie volonté politique et il faut que la France, l’Europe, tapent du poing sur la table et pas seulement dans les discours comme on l’entend.

Quels peuvent être leurs moyens de pression ?

Sur le soja on a un vrai moyen de pression puisque la France s’est engagée. Mais nous, cela fait plus de 8 mois qu’on a remis un rapport à la ministre Bérangère Abba avec des solutions concrètes pour éviter d’importer du soja issu de déforestation. Ce qui bloque aujourd’hui, c’est les grands tradeurs qui refusent d’être transparents, de dire effectivement d’où vient le soja. Sur le cuir, ça revient toujours la même chose. Tant que l’on n’a pas de traçabilité, on ne peut pas responsabiliser les entreprises. Et lorsque l’on amène des preuves sur la table, il faut qu’il y ait une action du gouvernement, de l’Europe de dire maintenant ça suffit. Et tout le drame de l’Amazonie, en fait, c’est que les politiques adorent en parler, mais ne font rien derrière. »

 

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