Archive pour le Tag 'aussi'

Le manque d’eau menace aussi l’économie

 

Le manque d’eau menace aussi l’économie

 

Spécialiste des enjeux de sécurité liés à l’eau, le chercheur Franck Galland met en évidence, dans une tribune au « Monde », l’impact de la raréfaction de l’eau sur le secteur technologique, une industrie qui consomme beaucoup de ressources hydriques.

 

Alors qu’un épisode de sécheresse historique touche la France, ayant d’importantes conséquences pour le secteur agricole, et, dans certaines communes, pour l’eau à vocation domestique, fort heureusement l’Hexagone ne connaît pas l’impact du stress hydrique sur ses entreprises high-tech et industrielles. Ailleurs dans le monde, la situation est cependant tout autre.

Des hubs technologiques névralgiques sont dorénavant menacés par le manque d’eau. La ville de Monterrey (Mexique), qui jouxte le Texas, connaît ainsi depuis quelques semaines pénurie et rationnement avec un impact fort sur ses 5,3 millions d’habitants, mais également sur les entreprises industrielles et technologiques qui s’y trouvent, manquant d’eau pour leur process de fabrication. La situation est devenue tellement sensible que le gouvernement mexicain a annoncé que le manque de pluie à Monterrey posait un problème de sécurité nationale.

Cette situation n’est pas sans rappeler le manque d’eau chronique qui touche dorénavant Bangalore, la Silicon Valley indienne. De même, Taïwan, qui concentre la production mondiale de puces, essentielles au fonctionnement des téléphones cellulaires, des voitures et des matériels militaires, connaît un manque inquiétant de pluviométrie l’été lors de la saison des typhons, qui lui fournit pourtant normalement la majeure partie de ses réserves en eau. Sur l’île, la raréfaction de l’eau devient ainsi un problème structurant occasionné par le changement climatique, risquant de provoquer une baisse des capacités de production de cette activité stratégique, incarnée par Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), qui détient 92 % du marché mondial.

Fabriquer des puces nécessite en effet l’utilisation d’une eau ultrapure, produite généralement à partir d’un réseau public d’approvisionnement. Pour fournir 1 mètre cube d’eau 1 000 fois plus pure que l’eau du robinet, il est ainsi besoin de 1,4 à 1,6 mètre cube d’eau. Par ailleurs, l’eau distribuée en usine est également utilisée pour le refroidissement des équipements et des centres serveurs, qui permettent de graver des puces de 2 nanomètres, faisant la richesse et la spécificité de cette activité de très haute technologie.

 

Incendies: L’urbanisation anarchique aussi responsable

Incendies: L’urbanisation anarchique aussi responsable

par Christine Bouisset, Maître de conférences en géographie, membre du laboratoire TREE – Transitions Energétiques et Environnementales, UMR 6031 CNRS, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)Si la sécheresse et la chaleur exceptionnelles que connaît la France cet été sont l’élément déclencheur des grands incendies toujours en cours dans le massif des Landes de Gascogne, le drame prend aussi sa source dans les tendances lourdes de la démographie et les lacunes de l’aménagement du territoire.

Cet épisode met en évidence les limites d’une gestion du risque principalement réactive, fondée sur la réponse rapide et massive aux départs d’incendie.

En effet, la stratégie de lutte contre les incendies de forêts repose actuellement sur deux piliers complémentaires : l’aménagement forestier et la lutte contre les feux déclarés. La doctrine en vigueur mise sur la surveillance des forêts et l’intervention la plus rapide possible des secours sur les feux naissants par des moyens terrestres et aériens. Cette stratégie est rendue possible par l’aménagement des massifs forestiers pour créer des accès, des points d’eau, etc. Dans le massif landais, le dispositif de défense contre l’incendie (DFCI) permettant ces aménagements a été mis en place à la suite des grands incendies de la décennie 1940. La DFCI est financée pour partie par les propriétaires forestiers et fonctionne largement grâce à leur participation.

Cette organisation basée sur la complémentarité forestiers – pompiers, modernisée au fil du temps, s’est avérée particulièrement efficace en éteignant très rapidement la plupart des incendies et en limitant les superficies brûlées malgré un nombre important de départs de feu. Mais ce système, bien adapté au contexte d’un massif forestier exploité de façon intensive et d’une région rurale peu densément peuplée, se trouve aujourd’hui mis en échec par le changement climatique et l’urbanisatio

 

L’augmentation des températures et la plus grande fréquence des épisodes caniculaires sont sans conteste à l’origine d’une aggravation du risque d’incendie. Moins médiatisées mais tout aussi importantes, l’urbanisation et l’attractivité de la région depuis une cinquantaine d’années (notamment du littoral et de la Gironde), contribuent elles aussi à une aggravation graduelle du risque. D’abord en générant davantage d’activités sources d’incendies dans ou à proximité des forêts : barbecues mal éteints, feux de chantiers de BTP, mégots jetés en bord de route… Rappelons que près de 95 % des causes sont humaines et qu’en France, 80 % des incendies se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations.

Dans le même temps, l’urbanisation dans les zones à risque signifie aussi mécaniquement l’augmentation des victimes et des dégâts potentiels, surtout lorsque cette urbanisation se fait sous forme de prolifération anarchique au contact de la forêt : en Nouvelle Aquitaine un habitant sur deux vit dans une zone peu dense et, selon l’Insee ce sont ces zones qui connaissent la plus forte croissance démographique. L’urbanisation s’est étalée autour des bourgs, dans des hameaux isolés, le long des voies de communication et génère la multiplication des zones de contact entre habitat et forê

 

Les incendies actuels montrent à quel point cette urbanisation complique le travail des secours face à un incendie de grande ampleur. La présence de nombreux quartiers et hameaux éparpillés contraint les secours à gérer la mise en sécurité de milliers de personnes et les oblige à disperser leurs moyens pour protéger les maisons dans une logique défensive, au détriment d’une stratégie offensive permettant de maîtriser plus rapidement la progression du feu.

Pire encore, les secours ne peuvent pas toujours intervenir à temps. L’exemple de l’incendie qui, en 2018, a fait 85 morts dans la petite ville de Paradise en Californie, l’illustre de façon dramatique : l’avancée rapide du feu, démarré aux environs de 6 heures du matin, a pris la population et les autorités par surprise et n’a pas laissé le temps d’évacuer, piégeant de nombreux habitants dans leur maison ou leur voiture.

Dans ce contexte, la gestion des incendies telle que mise en place jusqu’à présent dans le massif landais, présente plusieurs défauts. Le premier est de s’attaquer principalement aux symptômes et de ne s’attaquer que marginalement à la source du problème. Pourtant la litanie des incendies de l’été en France offre une bonne vision de la diversité des causes humaines d’incendies : déséquilibré pyromane, panne d’un véhicule, braises échappées d’un camion pizza, étincelles au passage d’un train, travaux en forêt, feu d’artifice, jet de mégot, etc.

Une action plus efficace sur ces sources de départ de feu supposerait la remise en cause de certaines activités, des changements de pratiques individuels et collectifs, plus de sensibilisation, des contrôles, etc. Or dans ce domaine, l’efficacité de la lutte contre les feux déclarés constatée jusqu’à présent s’est finalement avérée contre-productive et a alimenté une forme de déni face aux alertes sur l’aggravation des risques.

Nos enquêtes auprès d’habitants et d’élus locaux dans le massif landais ont ainsi montré que beaucoup considéraient le problème des incendies comme bien maîtrisé : plus le dispositif réduisait les surfaces brûlées plus le risque était invisibilisé et moins il paraissait inquiétant.

Or, le deuxième défaut du dispositif qui rejoint le premier, est son coût croissant, non seulement pour les propriétaires forestiers mais également pour l’État et surtout les collectivités qui, au niveau national, financent les services d’incendie et de secours pour un montant supérieur à 5 milliards d’euros en 2020.

En France, la politique d’extinction absorbe les 2/3 des financements consacrés aux incendies. Mais là encore, plus le dispositif est efficace, plus son financement est difficile à justifier dans un contexte de budgets contraints : à quoi bon consacrer davantage de moyens à un problème qui occasionne peu de dégâts ?

La confiance excessive dans l’efficacité du dispositif de gestion des incendies explique aussi que les outils disponibles en matière d’aménagement du territoire sont peu ou mal mobilisés dans le massif landais. Seules 13 communes sont dotées de Plans de prévention du risque incendie de forêt (PPRIF).

Établis sur prescription du préfet, ils peuvent interdire les constructions nouvelles dans les zones les plus à risque, les subordonner au respect de certaines mesures de sécurité et même imposer des travaux de sécurisation des constructions existantes. Mais beaucoup d’acteurs du massif landais, à commencer par de nombreux maires, ont jusqu’à présent considéré l’outil comme trop contraignant car contrariant de façon excessive les projets d’urbanisation. Sans que l’État fasse preuve non plus d’une grande volonté à les voir se généraliser.

 

dans The Conversation 

 

 

 

 

De la même façon, la réglementation impose aux propriétaires de débroussailler un périmètre de 50 mètres autour de leur maison. En évitant que les bâtiments soient au contact direct de la végétation, cette mesure permet de mieux les protéger et de faciliter l’action des secours. Or malgré des campagnes de sensibilisation nombreux sont les résidents de communes forestières qui ne respectent pas pleinement ces consignes, voire les ignorent.

De leur côté, communes et services de l’État montrent souvent peu d’empressement à faire appliquer rigoureusement cette réglementation contraignante. Or cette négligence accroît la vulnérabilité des populations et

des constructions, tout en compliquant l’intervention des secours.

A l’heure du changement climatique : anticiper les risques

Les leçons tirées de ce qui se passe ailleurs dans le monde indiquent qu’il est illusoire de croire que le simple renforcement des dispositifs actuels de gestion des incendies par toujours plus de moyens d’extinction, suffira à affronter le double défi du changement climatique et de l’urbanisation.

Sans action sur les causes, sans intégration du risque dans la prise de décision en matière d’aménagement du territoire et sans prise de conscience des populations et des pouvoirs publics locaux, le coût de la lutte deviendra exorbitant et sa capacité à assurer la protection des populations et celle des forêts de plus en plus incertaine au fur et à mesure que le changement climatique s’intensifiera. Car les techniques de lutte sont largement impuissantes face aux grands incendies.

Alors que la gestion actuelle mise surtout sur la réactivité face à l’événement, il est indispensable de penser davantage dans une logique anticipatrice, à long terme.

Profit des grandes sociétés : ça baigne aussi pour BNP

Profit des grandes sociétés : ça baigne aussi pour BNP

 

 

On assiste actuellement à la publication des résultats concernant les deux premiers trimestres de l’année. En général pour les très grandes sociétés, le bilan financier est particulièrement juteux. Après Total, après bien d’autres c’est BNP qui annonce un résultat de plus de 3 milliards pour le seul second trimestre. À se demander si les très grandes multinationales ne profitent pas de la situation inflationniste pour se gaver aussi.

Dans le détail, ce sont les bonnes performances trimestrielles du pôle de banque de détail et services financiers spécialisés qui se distinguent, avec une progression de 11% des revenus à 7,2 milliards d’euros. A noter, notamment, la forte progression des encours de crédits (+7%) et des dépôts (+7,5%). L’activité d’Arval et le Leasing Solutions réalise un bond de 33% et son résultat avant impôts de 72% à 545 millions d’euros. Comme au premier trimestre, les activités de la BFI soutiennent globalement le groupe, avec des revenus en hausse de 10,6% à 4,1 milliards d’euros.


Dans un contexte de marché pourtant difficile, la banque s’est appuyée sur ses points forts, comme les produits de taux et de change, et les matières premières. Les dérivés actions ont également été soutenus alors que les Bourses ont connu un semestre calamiteux. Les opérations de financements aux grandes entreprises sont en revanche en baisse, ces dernières ayant levé le pied sur le refinancement, compte tenu de la montée des taux. Autre fait saillant, le coût du risque reste faible, à 33 points de base, malgré de nouvelles dotations aux provisions ex ante, c’est-à-dire, sur des risques non avérés.

 

Empreinte carbone Europe: Les importations aussi largement responsables

Empreinte carbone Europe. Les importations aussi responsables

 

Un nouveau rapport de l’Insee pointe que les Européens émettent 1,5 fois plus de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne mondiale indique le Figaro. 

Une part importante des gaz à effet de serre émis pour la consommation des Européens est émise sur d’autres continents. D’après la dernière étude de l’Insee sur le sujet, un tiers de l’empreinte carbone de l’Union européenne est dû à ses importations.

L’empreinte carbone a pour objectif de mesurer la quantité de gaz à effet de serre émise pour répondre à la consommation des habitants en additionnant, par pays, les émissions liées à la production intérieure, les émissions directes des ménages mais aussi celles liées aux importations. Un calcul qui permet de ne pas se focaliser seulement sur la production sur le territoire national.

En 2018, cette empreinte carbone européenne a atteint 4095 millions de tonnes équivalent CO2, ce qui équivaut 11 tonnes par Européen, contre 21 aux États-Unis et 8 tonnes en Chine. C’est plus d’une fois et demi la moyenne mondiale. Cependant, «rapportées à leur PIB, leurs émissions de GES européennes sont inférieures à la moyenne mondiale», nuance l’Insee. Le poids économique de l’Union européenne sur la scène mondiale, en parité de pouvoir d’achat, est de l’ordre de 16% alors que son empreinte carbone représente 10,5% des émissions mondiales.

La France se caractérise, elle«par un mix énergétique, et, par ricochet, une production dans son ensemble mois carbonée que ses partenaires, notamment l’Allemagne », précise l’Insee. Cependant, malgré cette particularité, pour atteindre la neutralité carbone en 2050 avec une réduction de ses gaz à effet de serre de 55% en 2030, une baisse de ses émissions de 5,5% sera nécessaire chaque année de 2031 à 2050. «La marche est haute», prévient le rapport en précisant que le rythme de baisse a été de 1,7% entre 2005 et 2021.

De manière générale, l’Insee rappelle qu’au niveau mondial, les émissions de gaz à effets de serre ont augmenté de moitié (+49%) entre 2000 et 2018. Mais cette hausse est inégalement répartie puisqu’elles ont diminué de 6% sur le territoire européen tandis qu’elles ont triplé en Chine. Un fort écart qui s’explique notamment par le fait que les pays occidentaux sont davantage tournés vers une économie de service, moins émettrice de gaz à effet de serre.

Crise de recrutement : la grande démission en France aussi, pourquoi ?

Crise de recrutement : la grande démission en France aussi, pourquoi ?

 

Le phénomène de grande démission qui a débuté aux États-Unis s’étend dans beaucoup de pays développés notamment en France. Comme souvent, plusieurs facteurs explicatifs complexes interagissent de manière systémique.

Force est de constater que si la France compte environ 3 millions de chômeurs, le nombre d’emplois non pourvus est aussi égal à 3 millions. On ne peut évidemment envisager un équilibre mécanique entre ces deux types de données. Des questions de compétence, de formation, de proximité, de rémunération notamment sont en cause.

La grande démission en France s’explique en partie par le faite que certains s’interrogent sur l’intérêt de travailler quand des aides  sociales  permettent de vivre sans travail. Ce qui au passage permet d’économiser sur les frais de transport et de restauration notamment. Cela pose soit la question d’un meilleur ciblage des aides sociales, soit la question à une revalorisation significative des salaires. ( Ou les deux)

Bien entendu, une augmentation significative des salaires soulèverait le problème de la productivité. De ce point de vue ,la productivité globale des actifs en France ( à distinguer de celle des seuls salariés) est notoirement insuffisante au regard de pays concurrents équivalents.

Se pose également de plus en plus fortement la question du sens du travail. C’est-à-dire de l’intérêt personnel du salarié et de l’objet même de la société . Des préoccupations environnementales et sociétales émergent de plus en plus.

Il y a enfin la question de l’insertion sociale dans l’entreprise. Dans beaucoup trop de cas, le salarié est considéré comme un simple moyen de production. Il peut être éventuellement intéressé aux résultats mais la démocratie participative est relativement insignifiante en France comparée par exemple à l’Allemagne.

Cet aspect n’est pratiquement pas abordé dans le monde économique et politique. Coté politique, cette vision sociale démocrate et évidemment contestée par les extrémistes. Mais elle n’est pas prise en compte non plus par les parties de gouvernement dont les propositions se limitent éventuellement à l’intéressement financier.

Plus généralement , le pays -comme d’autres pays développés- connait une perte de la valeur travail. De ce point de vue les responsabilités multiples. Elles incombent à l’école, à la famille, à l’Etat et à la société tout entière. Le manque de lucidité et de courage sur cette question hypothèque gravement la compétitivité du pays et la richesse nationale. Et la conséquence est une dette qui grimpe de manière exponentielle pour financer le manque de travail.

La grande démission en France aussi, pourquoi ?

La grande démission en France aussi, pourquoi ?

 

Le phénomène de grande démission qui a débuté aux États-Unis s’étend dans beaucoup de pays développés notamment en France. Comme souvent, plusieurs facteurs explicatifs complexes interagissent de manière systémique.

Force est de constater que si la France compte environ 3 millions de chômeurs, le nombre d’emplois non pourvus est aussi égal à 3 millions. On ne peut évidemment envisager un équilibre mécanique entre ces deux types de données. Des questions de compétence, de formation, de proximité, de rémunération notamment sont en cause.

La grande démission en France s’explique en partie par le faite que certains s’interrogent sur l’intérêt de travailler quand des aides  sociales  permettent de vivre sans travail. Ce qui au passage permet d’économiser sur les frais de transport et de restauration notamment. Cela pose soit la question d’un meilleur ciblage des aides sociales, soit la question à une revalorisation significative des salaires. ( Ou les deux)

Bien entendu, une augmentation significative des salaires soulèverait le problème de la productivité. De ce point de vue ,la productivité globale des actifs en France ( à distinguer de celle des seuls salariés) est notoirement insuffisante au regard de pays concurrents équivalents.

Se pose également de plus en plus fortement la question du sens du travail. C’est-à-dire de l’intérêt personnel du salarié et de l’objet même de la société . Des préoccupations environnementales et sociétales émergent de plus en plus.

Il y a enfin la question de l’insertion sociale dans l’entreprise. Dans beaucoup trop de cas, le salarié est considéré comme un simple moyen de production. Il peut être éventuellement intéressé aux résultats mais la démocratie participative est relativement insignifiante en France comparée par exemple à l’Allemagne.

Cet aspect n’est pratiquement pas abordé dans le monde économique et politique. Coté politique, cette vision sociale démocrate et évidemment contestée par les extrémistes. Mais elle n’est pas prise en compte non plus par les parties de gouvernement dont les propositions se limitent éventuellement à l’intéressement financier.

Plus généralement , le pays -comme d’autres pays développés- connait une perte de la valeur travail. De ce point de vue les responsabilités multiples. Elles incombent à l’école, à la famille, à l’Etat et à la société tout entière. Le manque de lucidité et de courage sur cette question hypothèque gravement la compétitivité du pays et la richesse nationale. Et la conséquence est une dette qui grimpe de manière exponentielle pour financer le manque de travail.

« Sobriété « : les distributeurs de gaz préparent aussi une nouvelle forte hausse de prix

« Sobriété « : les distributeurs de gaz préparent aussi  une nouvelle forte  hausse de prix

Après l’appel assez douteux à la sobriété de la part de Total Energies, Engie et EDF,  c’est au tour des distributeurs de gaz  Antargaz, de Butagaz et de Primagaz de se lancer dans la morale et énergétique

Il est pour le moins curieux que les énergéticiens  se lancent désormais dans la morale énergétique afin d’inviter les Français à la sobriété. Comme s’ils n’étaient pas aussi responsables de la diffusion de masse des énergies polluantes importées . De toute évidence, on instrumentalise le thème de la sobriété pour préparer une nouvelle étape de la hausse des prix.

 

Dans un texte fort ambigu, Antargaz, de Butagaz et de Primagaz estiment  prendre leurs responsabilités en agissant sur l’offre et, en regard, ont appelé les Français à « une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun (…) change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers ».

En écho, nous, fournisseurs des gaz liquides, affirmons qu’allier toutes les énergies est la seule condition pour garantir la cohésion sociale du pays, faire des économies d’énergie tout en poursuivant la décarbonation, sans risque de pénurie et sans aggraver les tensions immédiates sur le système énergétique français.

Aujourd’hui, en France, 20 millions d’utilisateurs de gaz liquides éloignés du gaz de ville ou localisés en bout des réseaux électriques atténuent – sans doute sans en avoir conscience – les tensions qui pèsent sur notre système énergétique.

Énergétiquement responsable et solidaire, la filière des gaz liquides, 3e énergie des Français, est en mesure de doubler son soutien au réseau électrique et de gaz naturel grâce à ses bouteilles et ses citernes de butane, propane et GPL.

Compter sur toutes les énergies peu émettrices pour minimiser les risques, l’est tout autant alors que la fiabilité et la souveraineté de notre système énergétique sont en jeu.

Nous, fournisseurs de gaz liquides, prenons l’engagement de répondre présents chaque hiver pour accompagner les Français dans leurs efforts d’efficacité énergétique.

Les gaz liquides utilisés au quotidien en bouteille ou en citerne sont produits à hauteur de 30% en France par le raffinage de pétrole, ainsi qu’à partir d’huiles végétales et de déchets industriels (biogaz). Les 70% restants, ne sont pas importés de Russie mais d’Algérie et d’Europe de l’Ouest, exclusivement par voie maritime.

Dans cette crise où les énergéticiens appellent à une sobriété d’urgence, les Français peuvent compter sur les gaz liquides comme l’une des réponses aux problèmes de pénuries hivernales de gaz naturel et d’électricité susceptibles de se produire.

 

Canicule : aussi une responsabilité humaine

Canicule : aussi une responsabilité humaine

 

« Il y a une composante humaine » dans un phénomène de canicule, explique le dynamicien du climat Yves Tourre, dimanche 10 juillet sur franceinfo, alors que Météo France prévoit une vague de chaleur de plus en plus intense au fil des jours cette semaine, et parle d’un risque de canicule d’ici le week-end prochain.

 Pouvez-vous-nous rappeler la différence entre vague de chaleur et canicule ?

Yves Tourre : Une vague de chaleur, c’est du rayonnement solaire dû à un champ de pression bien précis avec, la nuit, un rafraîchissement classique des masses d’air au-dessus des continents et des villes. La canicule, c’est une augmentation de la température qui va être supérieure, qui va atteindre 40 ou 45 degrés, qui va durer au moins trois jours. Et c’est dû à une position spécifique des champs des anticyclones qui font que la nuit la température ne baisse pas en dessous de 25 degrés. Et comme la canicule est essentiellement causée par la position d’un anticyclone, c’est quelque chose de très difficile à prévoir, donc c’est pour cela que c’est un peu tôt pour parler de canicule. Mais des canicules, il y en a eu en 2003, 2007, 2015, 2017, 2018 et 2020. Donc, il y a une fréquence de 2 à 3 ans.

On peut voir qu’elles sont de plus en plus fréquentes, est-ce que tout cela est lié au réchauffement climatique ?

Les effets de la pollution et donc des gaz à effet de serre qui sont relâchés dans l’atmosphère font que la nuit le réchauffement terrestre est bloqué par ces gaz, empêchant le rafraîchissement des couches basses de l’atmosphère. Donc il y a une composante humaine. Ce qu’il faudrait pour répondre d’une manière intelligente à votre question, c’est qu’on arrive à quantifier cet apport humain. Moi, je l’estime entre 10 et 15%.

Vous parlez des effets de la pollution. C’est d’ailleurs pour ça que les chaleurs sont encore plus étouffantes dans les villes où la densité humaine est plus importante.

C’est parce que dans les villes, il y a des îlots de chaleur qui se créent. Et ça, c’est dû à l’augmentation de la population, à l’augmentation des constructions et du minéral par rapport au végétal. Et donc là, ça va contribuer, surtout au niveau des villes, à amplifier l’effet de la chaleur et de la canicule. Et une des conséquences c’est que cela va augmenter les quantités d’ozone au niveau des villes. Cet ozone va ensuite irriter les muqueuses et cela risque de favoriser la diffusion du Covid.

Chine: L’inflation menace aussi

Chine: L’inflation menace aussi

 

 

Mouvements contradictoires en Chine comme ailleurs avec une inflation importante des prix de la consommation quand ceux des matières premières et de la production tendent à se tasser du fait du ralentissement constaté de la demande internationale.

En juin, l’indice CPI (« Consumer Price Index ») – mesurant l’inflation dans le commerce de détail – a ainsi augmenté de 2,5% en glissement annuel, conformément aux attentes des analystes. Il a baissé de 0,2 % par rapport à mai en raison d’une baisse des prix de la plupart des aliments, à l’exception du porc.

Si les prix des fruits et légumes frais, des œufs et des fruits de mer ont diminué, grâce à « une offre accrue et à l’amélioration de la logistique« , selon le Bureau national des statistiques, « les prix du porc ont continué à augmenter de 2,9% » en raison de « la stabilisation de la pandémie et de l’augmentation de la demande des consommateurs« .

L’inquiétude est telle que les autorités chinoises envisagent de puiser dans les réserves nationales de porc pour stabiliser les prix, qui ont bondi le mois dernier de plus de 30% sur un an.

Néanmoins, l’augmentation des prix à la production a globalement ralenti le mois dernier à son rythme le plus faible en 15 mois, alors que les restrictions liées à l’épidémie de coronavirus ont pesé sur la demande et que les ventes de métaux ferreux ont pâti des craintes d’une récession mondiale.

En effet, l’indice PPI des prix à la production – mesurant le coût des marchandises sorties d’usine – a augmenté de 6,1 % par rapport à l’année précédente, un peu moins que les chiffres de mai (6,4%). Mais davantage toutefois que les prévisions des analystes, qui tablait sur une hausse de 6 %. Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 2,5% sur un an en juin, contre une hausse de 2,1% en mai. Le consensus ressortait à +2,4%.

Les variations des cours internationaux du brut « ont entraîné une hausse des prix dans les industries nationales connexes« , explique-t-on au Bureau national des statistiques. Parmi lesquelles les industries d’extraction et de traitement des combustibles fossiles. Cependant, les prix ont chuté dans les secteurs de l’acier, du ciment en raison de la baisse de la demande et du « ralentissement de la croissance des investissements« .

 

Appel à la sobriété : les distributeurs de gaz préparent aussi une nouvelle forte hausse de prix

Appel à la sobriété : les distributeurs de gaz préparent aussi  une nouvelle forte  hausse de prix

Après l’appel assez douteux à la sobriété de la part de Total Energies, Engie et EDF,  c’est autour des distributeurs de gaz  Antargaz, de Butagaz et de Primagaz de se lancer dans la morale et énergétique

Il est pour le moins curieux que les énergéticiens tient se lancent désormais dans la morale énergétique afin d’inviter les Français à la sobriété. Comme s’ils n’étaient pas aussi responsables de la diffusion de masse des énergies polluantes importées . De toute évidence, on instrumentalise le thème de la sobriété pour préparer une nouvelle étape de la hausse des prix.

 

Dans un texte fort ambigu, Antargaz, de Butagaz et de Primagaz estiment  prendre leurs responsabilités en agissant sur l’offre et, en regard, ont appelé les Français à « une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun (…) change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers ».

En écho, nous, fournisseurs des gaz liquides, affirmons qu’allier toutes les énergies est la seule condition pour garantir la cohésion sociale du pays, faire des économies d’énergie tout en poursuivant la décarbonation, sans risque de pénurie et sans aggraver les tensions immédiates sur le système énergétique français.

Aujourd’hui, en France, 20 millions d’utilisateurs de gaz liquides éloignés du gaz de ville ou localisés en bout des réseaux électriques atténuent – sans doute sans en avoir conscience – les tensions qui pèsent sur notre système énergétique.

Énergétiquement responsable et solidaire, la filière des gaz liquides, 3e énergie des Français, est en mesure de doubler son soutien au réseau électrique et de gaz naturel grâce à ses bouteilles et ses citernes de butane, propane et GPL.

Compter sur toutes les énergies peu émettrices pour minimiser les risques, l’est tout autant alors que la fiabilité et la souveraineté de notre système énergétique sont en jeu.

Nous, fournisseurs de gaz liquides, prenons l’engagement de répondre présents chaque hiver pour accompagner les Français dans leurs efforts d’efficacité énergétique.

Les gaz liquides utilisés au quotidien en bouteille ou en citerne sont produits à hauteur de 30% en France par le raffinage de pétrole, ainsi qu’à partir d’huiles végétales et de déchets industriels (biogaz). Les 70% restants, ne sont pas importés de Russie mais d’Algérie et d’Europe de l’Ouest, exclusivement par voie maritime.

Dans cette crise où les énergéticiens appellent à une sobriété d’urgence, les Français peuvent compter sur les gaz liquides comme l’une des réponses aux problèmes de pénuries hivernales de gaz naturel et d’électricité susceptibles de se produire.

 

Discours sur la sobriété énergétique : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

Discours sur la sobriété énergétique : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

 

Il est pour le moins curieux que le discours sur la sobriété énergétique ait  d’abord été porté par les trois énergétiques Total, EDF et Engie dont la stratégie a toujours été de vendre plus en encourageant les consommateurs dans ce sens.

Ces trois sociétés ont d’ailleurs toujours tiré profit de la croissance des volumes  autant que de la tendance haussière des prix. Ce discours n’est pas sans arrière-pensée. Certes la sobriété n’est pas à condamner à condition d’en préciser le contenu, les modalités et le calendrier. Rien de tout cela, tout juste une injonction pour faire comprendre que la situation doit changer rapidement sous-entendu les tarifs surtout.

Une politique de sobriété implique l’industrie qui la justifie mais aussi le consommateur quand il a la possibilité de réduire le volume de son utilisation. Une telle politique ne peut s’inscrire que dans la durée. On le voit bien avec la mutation automobile vers électrique qui va utiliser un temps long pour concerner l’ensemble du parc, presque 50 ans !

Pour beaucoup d’autres utilisations,  la mutation sera également longue. À moins évidemment de matraquer par les prix les  utilisateurs, le fameux signal prix cher aux économiste ultralibéraux qui récupèrent la problématique environnementale dans leur champ du marché.

L’objectif des Énergétiques tient et sans doute moins de réduire les volumes que de maintenir par les prix leur situation financière;
en tout cas l’améliorer pour EDF , la conforter pour Engie et se gaver pour Total.

Cet appel des énergéticiens  n’est guère crédible politiquement . C’est un peu comme si l’industrie des cigarettes recommandait la baisse de consommation pour obtenir un relèvement des prix.

Notons par ailleurs que ce discours est renforcé par certains lobbys qui annoncent des limites à l’approvisionnement en gaz, en électricité voire en pétrole.

Cet hommage du vice à la vertu doit pour le moins interroger sur l’objectif final

La philanthropie doit aussi être enseignée à l’école

La philanthropie doit aussi être enseignée à l’école

 

Alors que la crise sanitaire ou la guerre en Ukraine ont heurté les plus jeunes, il y a urgence à développer une citoyenneté éclairée, en cultivant les valeurs liées à l’intérêt général et à l’altruisme, défendent, dans une tribune au « Monde », à l’initiative du collectif L’Ecole de la philanthropie, de nombreux acteurs de la solidarité et enseignants.( Le Monde )

Un appel à prendre en compte les valeurs cardinales de la république comme la fraternité à côté de la liberté et l’égalité. Une fraternité souvent marginalisée. Bref le souhait de voir les regards quitter le Smartphone pour l’autre ! NDLR

 

 

Développer l’empathie, la solidarité et la philanthropie chez les enfants, c’est possible. Et c’est même un impératif ! Parce qu’il faut comprendre quels sont les besoins de l’autre pour donner de façon juste – avec justice et justesse ; l’empathie et la philanthropie sont fondamentalement liées.

Les enfants naissent tous empathiques. C’est une qualité naturelle, présente dès les premiers mois de vie, mais qui demande à être développée. L’empathie, telle qu’on la connaît chez l’adulte, émerge à partir des 6 ans de l’enfant. Elle lui permet de se mettre à la place de l’autre en dépassant une dimension strictement émotionnelle pour apporter une aide adaptée aux besoins d’autrui. Mais cette disposition a besoin d’être soutenue, encouragée, voire cultivée. En effet, pour de multiples raisons, à la fois biologiques, affectives et sociales, à l’approche de l’adolescence, les comportements prosociaux diminuent drastiquement.

Aussi, dès le plus jeune âge, là où se posent les fondamentaux et où se joue la lutte contre les inégalités, l’éducation à l’empathie et à la philanthropie doit trouver toute sa place à l’école. Elle a pour vocation de sensibiliser les enfants à l’empathie, à l’altruisme et aux grands enjeux de notre monde, ainsi que de susciter chez eux un engagement citoyen en faveur de l’intérêt général.

Par la mise en œuvre de projets solidaires, elle permet de révéler le potentiel de chacun en prenant en compte toutes les dimensions de la personne : intellectuelles, psycho-émotionnelles, culturelles… En donnant également aux enfants – et notamment aux plus fragiles – l’opportunité de trouver leur place à l’école et de développer une nouvelle appétence pour apprendre, elle contribue à la lutte contre le décrochage scolaire.

S’appuyer sur l’éducation à et par la philanthropie, c’est aussi défendre une certaine vision de la citoyenneté et un projet de société. Encourager l’exercice de la solidarité et de la générosité au service de l’intérêt général, c’est combattre le repli sur soi et le communautarisme, réduire les fractures sociales en apprenant aux enfants à tisser des liens altruistes et solidaires pour mieux vivre ensemble.

L’école, loin d’être le sanctuaire que l’on a souvent idéalisé, est éminemment perméable aux enjeux de notre société. Face à la pandémie de Covid-19, la communauté éducative a été mise à rude épreuve. Mais, dès le début de la crise sanitaire, elle a su se mobiliser en faveur des hôpitaux, des Ehpad, des plus démunis… Les enfants ont dû faire face aux défis causés par la distanciation physique et l’isolement social. Leur regard sur le monde, sur les autres, a été bousculé.

Ukraine : Aussi un enjeu énergétique

 Ukraine : Aussi un enjeu énergétique

Alors que la guerre fait rage entre l’Ukraine et la Russie, les démocraties occidentales continuent de financer l’effusion de sang en maintenant leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Par Zion Lights, activiste écologiste, communicante scientifique britannique et ancienne porte-parole du mouvement Extinction­Rébellion.(la Tribune)

 

 

Emmanuel Macron, Olaf Scholz et Mario Draghi sont à Kiev ce jeudi pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, les pays de l’Union européenne ont versé jusqu’à aujourd’hui plus de 61 milliards d’euros à la Russie pour l’achat de pétrole, de gaz naturel et de charbon, selon le décompte du site CREA. (Crédits : Reuters)

Nous savons depuis longtemps temps que les combustibles fossiles ne sont ni sûrs ni propres. On peut rajouter un nouveau reproche à la liste : au cours des seuls deux premiers mois de l’invasion russe en Ukraine, l’Allemagne a versé environ 8,3 milliards d’euros à la Russie pour sa facture énergétique, somme largement employée par Moscou pour acheter des armes. Dans le même temps, les pays de l’UE auraient payé un total de 39 milliards d’euros pour acheter de l’énergie russe, soit plus du double du montant de l’aide qu’ils ont accordée à l’Ukraine pour se défendre.

L’énergie n’est jamais neutre. Depuis des années, la Russie tente de réduire l’indépendance énergétique des nations européennes. Aussi, ce n’est pas une surprise lorsqu’un scientifique français a révélé que le géant pétrolier russe Gazprom avait financé des ONG environnementales qui prônent l’abandon du nucléaire.

Tinne Van der Straeten, membre du Parti vert, ministre belge de l’Energie et critique virulent du nucléaire, a pour sa part un temps travaillé pour le cabinet d’avocats du géant gazier russe Gazprom. Il a mis le pays sur la voie d’un mix énergétique 100 %, renouvelables, en omettant le fait qu’il restera dépendant des couteuses importations de gaz russe. L’ancien chancelier Gerhard Schroeder, qui est à l’origine de la politique allemande de sortie du nucléaire, a ensuite rejoint le conseil d’administration de Gazprom. Juste avant que le conflit n’éclate, M. Schroeder a accusé l’Ukraine, et son attitude « belliqueuse », d’être responsable des tensions régionales plutôt que la Russie.

De même, le lobby pétrolier a fait barrage au nucléaire pendant des années. L’American Petroleum Institute a été reconnu responsable du financement de groupes d’action climatique inventés de toutes pièces, appelés Citizens Against Nuclear Bailouts, dans 16 États américains en 2017. Ces derniers ont méticuleusement ciblé des groupes d’Américains avec des tracts, des appels téléphoniques et des publicités sur Facebook, les appelant à demander la fermeture des centrales nucléaires.

En France, la plupart des journalistes s’acharnent aujourd’hui contre la solution à ce dilemme énergétique : le nucléaire – rempart qui a protégé le pays de la flambée massive des prix de l’électricité. Et ce alors même que la France continue de payer les fluctuations énergétiques des pays européens plus dépendants des énergies fossiles.

Un argument que nous avons beaucoup entendu ces derniers temps est que l’énergie nucléaire est mauvaise pour l’environnement. C’est tout simplement faux. Non seulement l’énergie nucléaire a une très faible empreinte carbone, mais pour la même quantité d’électricité produite, par rapports aux autres sources d’énergie, le nucléaire a également l’impact le plus faible sur les écosystèmes sur tout un cycle de vie. Un résultat qui s’appuie sur l’indice comparatif de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU) qui intègre les impacts suivants sur les écosystèmes : écotoxicité terrestre, transformation des zones naturelles, écotoxicité marine, eutrophisation, écotoxicité en eau douce, occupation des terres agricoles et acidification terrestre.

Un autre mythe concerne la fermeture estivale des centrales nucléaires pour des raisons de sécurité. Cette idée a fait la « une » de la presse française ces derniers temps. Il est vrai que pendant les périodes prolongées de sécheresse ou de canicule, le niveau des rivières est généralement plus bas et leur température plus élevée. Les centrales nucléaires doivent donc prendre des mesures (par exemple, réduire la puissance de leurs réacteurs) afin de ne pas rejeter trop d’eau chaude qui pourrait avoir un impact sur l’environnement. Cette mesure est prise pour préserver la biodiversité des rivières.

Cette procédure est toutefois prévue et anticipée, si bien qu’elle ne pèse que très peu sur la production d’énergie. D’après le Réseau de transport d’électricité (RTE), les pertes de production nucléaire dues aux contraintes climatiques ne sont que de 0,37% en moyenne en France. Plus de 98% de l’eau utilisée pour la production nucléaire est restituée à l’environnement sans dégradation de sa qualité, et entre 2000 et 2017 en France, les pertes de production liées aux contraintes climatiques n’ont représenté que 0,18% en moyenne de la production d’électricité d’origine nucléaire.

L’indignation suscitée par ces problèmes mineurs et maitrisés est inexplicable. Des pays comme l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, qui ont choisi d’arrêter progressivement leurs centrales nucléaires, sont devenus dépendants des importations russes en retour – et pénalisent en conséquence les prix de l’énergie en Europe ainsi que son indépendance géopolitique. S’ils n’avaient pas mis hors service leurs propres réacteurs, ils seraient beaucoup moins dépendants de la Russie pour les exportations de combustibles fossiles.

Malgré les appels répétés à la réouverture de ses centrales nucléaires, l’Allemagne a déclaré qu’il n’en serait rien. Non seulement le gouvernement actuel n’est pas pressé de se libérer de sa dépendance à l’égard du pétrole et du gaz russes, mais, malheureusement, il a récemment changé d’avis et s’oppose à l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte de l’UE – une position qui rendra la tâche plus difficile à tout autre pays européen décidant d’adopter un mix énergétique plus rationnel.

La Finlande – un pays qui ne sait que trop bien ce que signifie être voisin de l’ours russe – a lui choisi une approche beaucoup plus réaliste. Lors de sa conférence, le parti vert du pays (Vihreät De Gröna) s’est prononcé à une large majorité en faveur du nucléaire, qu’il qualifie sans hésiter d’« énergie durable ». Il appelle au développement de petits réacteurs modulaires (SMR) ainsi qu’à la prolongation des licences des réacteurs nucléaires existants. D’après les écologistes finlandais, le pays a besoin « d’un approvisionnement suffisant en énergie peu émettrice de CO2 et à l’empreinte environnementale minimale (…) pour construire un avenir durable ».

Ce cas n’est pas isolé. Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a déclaré : « L’énergie nucléaire a un rôle intégral à jouer si nous voulons sérieusement relever le défi climatique… Nous devons multiplier par cinq le rythme des nouvelles constructions de centrales nucléaires. »

S’opposer aux solutions énergétiques propres en temps de guerre revient à se ranger du côté d’un dictateur. Si le changement climatique s’aggrave, il en sera de même pour les conflits mondiaux. Les gouvernements occidentaux doivent intensifier leurs programmes d’énergie nucléaire et les journalistes doivent cesser de diffuser des informations erronées sur cette source d’énergie vitale. Rappelons que l’inconvénient de parler trop vite, c’est qu’après avoir dit des bêtises, on se met dans l’embarras de devoir les penser.

L’ inflation vient aussi du tape-à-l’œil

L’ inflation vient aussi  du tape-à-l’œil

Ce qui se passe avec les cryptos ou les NFT vaut pour la consommation en général : des produits complètement inutiles qui ne provoquent que de fausses satisfactions estime un papier de l’Opinion

La grande différence avec les années 1970 est qu’il n’y a pas aujourd’hui une inflation mais deux. La première est la hausse des prix traditionnelle. Les entreprises font grimper les étiquettes pour rattraper leurs coûts qui augmentent. L’énergie en est la cause première, comme il y a un demi-siècle, et d’une façon générale les matières premières. Il est une autre cause aujourd’hui à cette traditionnelle inflation : l’excès de monnaie qui provient des politiques « accommodantes » des banques centrales depuis la crise Internet de 2000. L’argent trop abondant a provoqué des bulles, dans la Bourse ou l’immobilier par exemple, et a poussé les investisseurs dans des projets parfaitement inutiles comme les cryptomonnaies.

Le risque de cette hausse des prix est, lui aussi, traditionnel : les salariés réclament des compensations de rémunération qui font encore monter les coûts, ce qui déclenche la fameuse « spirale », qui est à proprement parler « l’inflation ». Les manières de s’y opposer sont, elles aussi, éprouvées : une hausse des taux d’intérêt pour étouffer le feu, une politique budgétaire « restrictive » et le maintien d’un « retard » des salaires, ce qui a pour effet de faire payer la crise aux salariés et aux retraités.

Mais nous vivons une autre inflation, inédite : les produits plus chers. Normalement, les économistes évaluent à 2% l’an l’amélioration des biens et des services, le progrès technique si l’on veut. D’où la non moins fameuse norme des banques centrales – viser une inflation de 2%. Mais ce qui se passe en ce moment est un bouleversement bien supérieur, provoqué par plusieurs causes : l’écologie, la modification de la concurrence et ce qu’on peut nommer la société du tape-à-l’œil.

Il faut inventer un mélange inédit de technologie et de marketing de la sobriété. Quand on parle de réindustrialisation, c’est de cela qu’il devrait s’agir. La France pourrait devenir le pays qui refait du simple, utile et beau

L’écologie, tout monde l’a vu. Une pomme bio coûte nettement plus cher puisque l’éleveur renonce à des traitements chimiques qui avaient élevé ses rendements. L’agriculture « durable » prétend lutter contre le « productivisme » mais tant qu’elle n’a pas trouvé comment remonter sa productivité, elle sera nettement plus chère. La voiture électrique est 50% plus coûteuse qu’une voiture à essence, affirme Carlos Tavares, patron de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler…). On ajoutera que les constructeurs se sont engagés simultanément dans un autre renchérissement des voitures, avec le digital. Ils veulent vendre des salons vidéo sur roues, bourrés d’écrans, qui se conduisent plus ou moins tout seuls.

L’électrique et l’autonomie sont les deux moteurs qui font partir les prix comme des fusées. On observe la même évolution avec les produits électroniques comme les téléphones : ils devraient baisser de prix au fur et à mesure que les puces deviennent plus puissantes (loi de Moore) mais c’est le contraire qui se passe. Pour augmenter les tarifs, les fabricants les complexifient à loisir afin de nous donner plusieurs caméras et des millions de possibilités dont l’utilisateur normal ne maîtrise qu’un centième, non sans s’en agacer.

La deuxième cause est la concurrence qui a disparu ou s’est affaiblie dans beaucoup de secteurs, selon les économistes comme Thomas Philippon. Les grands groupes qui tiennent serrés leurs marchés sont des « price makers » inflationnistes. Mais pas seulement. La mondialisation a poussé tous les producteurs des pays développés confrontés aux pays à bas coûts de main-d’œuvre vers le haut de gamme où les marges sont considérablement meilleures. C’est ce qui explique que les voitures, les réfrigérateurs, les téléviseurs et même les poêles deviennent de plus en plus complexes.

La troisième est la place qu’occupe le clinquant dans nos sociétés et nos publicités. En 1970, la ménagère de moins de 50 ans était la cible, la classe moyenne accédait à la société de consommation. Aujourd’hui, c’est fait. Il faut l’attirer vers le plus et le plus cher, la publicité vante les stars du foot et du rap, et des influenceuses font mousser le luxe tapageur de Dubaï. Ce qui se passe avec les cryptos ou les NFT vaut pour la consommation en général : des produits complètement inutiles qui ne provoquent que de fausses satisfactions.

Comment lutter contre cette inflation-là ? C’est plus difficile que de relever les taux d’intérêt. Il faut inventer un mélange inédit de technologie et de marketing de la sobriété. Quand on parle de réindustrialisation, c’est de cela qu’il devrait s’agir. La France pourrait devenir le pays qui refait du simple, utile et beau, selon le modèle du britannique Terence Conran, fondateur d’Habitat.

Un service humain personnalisé constituera le véritable haut de gamme de demain. Avoir quelqu’un de disponible et compétent au bout de la ligne pour soi-même réparer ses outils donnera le luxe de la liberté. L’anti-tape-à-l’œil et l’anti-sourde oreille du call center sont l’avenir du marketing

Simple : Henry Ford a fait passer le prix d’une voiture de 27 000 dollars à 5 000 avec la Ford T, devenue accessible à ses propres ouvriers. Le chemin inverse de celui des constructeurs d’aujourd’hui. La technologie devrait faire demi-tour et redécouvrir le goût du pas cher et du véritablement utile. Simple : on devrait redonner aux utilisateurs du réparable les plaisirs du Solex. Simple : on devrait cesser de tout confier aux machines, son chemin au GPS, ses vacances à des algorithmes.

Il n’y a pas que l’automobile concernée. L’habitat, le principal facteur de perte de pouvoir d’achat des populations, l’est aussi. Se loger coûte cinq à dix fois plus cher du fait de la spéculation mais aussi de la complexification des normes. Le bâtiment a besoin d’une révolution du simple et beau. Le ciment émet du CO2, il faut industrialiser les nouvelles maisons en bois préfabriquées en usines. L’Etat devrait inverser sa logique « écologique » du plus compliqué et plus cher, pour promouvoir un urbanisme utile et beau et lui-même se simplifier, comme le demande si justement Gaspard Koenig. Si l’on produit des voitures propres et des maisons vertes, pas chères, les gens seront contents.

Ces gens y sont-ils prêts ? Sûrement, si l’on casse la logique du toujours plus cher pour accompagner les produits simples par un service humain personnalisé, qui constituera le véritable haut de gamme de demain. Inversion du regard sur la consommation : avoir quelqu’un de disponible et compétent au bout de la ligne pour soi-même réparer ses outils donnera le luxe de la liberté. L’anti-tape-à-l’œil et l’anti-sourde oreille du call center sont l’avenir du marketing.

Redonner du pouvoir d’achat en luttant contre l’inflation des produits inutiles et retrouver le pouvoir du bon achat : la politique économique des années qui viennent ne consistera pas à imposer de l’austérité traditionnelle mais devra construire la sobriété technique et sensée. Et cette désinflation-là sera salutaire pour les salariés.

Déficit du commerce extérieur : Le résultat aussi des doctrines économiques françaises

Déficit du commerce extérieur : Le résultat aussi des doctrines économiques françaises

 

Les économistes André et Thomas Grjebine considèrent, dans une tribune au « Monde », que le déficit commercial français s’explique par la divergence des stratégies et des doctrines économiques au sein de la zone euro – exportations en Allemagne, soutien de la demande en France.

 

Une zone monétaire comme la zone euro est condamnée à la crise si les priorités économiques des pays qui la composent sont fondamentalement différentes. Or, depuis 1945, l’Allemagne pratique une politique néomercantiliste, et la France une politique de soutien de la demande, avec, par intervalles, des politiques plus restrictives quand la contrainte extérieure devient trop forte.

Ces stratégies opposées, à la source de nos déficits extérieurs persistants et des excédents allemands, ont des fondements théoriques divergents. Du XVIe à la première moitié du XVIIIe siècle, le mercantilisme a accompagné les débuts de l’industrie française. Il s’agissait à la fois d’organiser une politique industrielle tournée vers la production de biens destinés à l’exportation et de décourager les importations de produits finis, via des mesures protectionnistes. L’Allemagne s’inspire de cette doctrine depuis des décennies, sinon depuis Bismarck (1815-1898). Son mercantilisme ne s’exprime pas tant par des mesures protectionnistes que par une politique de l’offre s’appuyant sur une compression de la demande, qui vise à la fois à assurer la compétitivité des entreprises (avec notamment des longues phases de modération salariale) et à limiter les importations. Le consensus social permet d’appliquer cette stratégie avec l’accord des syndicats, soucieux de préserver la compétitivité de l’industrie allemande.

Si l’équilibre extérieur est une priorité pour l’Allemagne, c’est, pour la France, davantage une variable d’ajustement. On peut y voir l’influence des théories classiques du commerce international, qui a toujours été très forte auprès des économistes français. Les théories de « l’avantage absolu » d’Adam Smith (1723-1790) et plus encore de « l’avantage comparatif » de David Ricardo (1772-1823) ont été construites en réaction aux théories mercantilistes en vogue à l’époque : il s’agissait de passer d’un monde où chacun essaie de maximiser ses surplus commerciaux à un monde où chacun a intérêt à l’échange. Peu importe ce que l’on produit, la division du travail doit permettre à chaque pays de s’enrichir, chacun se spécialisant dans les productions pour lesquelles il dispose d’un avantage comparatif. Dans un monde où chacun a intérêt à l’échange, les déficits commerciaux ne sont plus un problème : ils sont mêmes avantageux, car ils permettent de « vivre au-dessus de ses moyens », c’est-à-dire de pouvoir consommer plus que ce qui est produit.

En réalité, ces mécanismes n’ont jamais fonctionné comme Ricardo et ses successeurs les ont décrits. La nature des produits qu’un pays exporte est loin d’être indifférente, et, en pratique, la plupart des pays se sont développés via une stratégie de montée en gamme dans les exportations. Par ailleurs, ces approches néoclassiques négligent les effets dynamiques des déficits commerciaux sur les structures de production, et en particulier le fait que les déficits extérieurs et la désindustrialisation sont intimement liés.

Ukraine: Premier terrain aussi de guerre climatique

Ukraine: Premier terrain aussi de guerre climatique

 

L’Ukraine, premier théâtre du nouveau conflit mondial climatique impliqué de renoncer  renoncer plus rapidement et durablement aux énergies fossiles, en basculant vers le tout électrique dopé au nucléaire et aux énergies renouvelables. Par Alexis Normand, cofondateur de Greenly

« Mission impossible ? » Pas sans un électrochoc dont la guerre en Ukraine est déjà l’avant-signe manifeste, et le symbole plus profond d’une fracturation pérenne entre démocraties pro-transition énergétique et pétro-dictatures. La survie même de ces kleptocraties dépend de la perpétuation d’une économie extractive. Les démocraties n’en sont pas moins menacées, car l’afflux de réfugiés climatiques poussera chaque nation à se barricader, établissant une distinction entre apatrides et citoyens poussés vers les extrêmes. Cette fracture marquerait la fin de l’égalisation progressive des conditions, identifiée par Tocqueville  comme un mouvement irrépressible de l’Histoire. En fait, le réchauffement climatique, couplé à une moindre capacité de redistribuer les ressources dans un monde contraint par ses limitations physiques, mettrait fin brutalement à la dynamique de l’Occident.

Vladimir Poutine ne s’y est pas trompé en élevant la portée symbolique du conflit à une guerre mondiale contre « l’Ouest décadent », hypocrite donneur de leçons, car incapable de défendre son modèle matérialiste face aux montées des extrêmes. La crise des gilets jaunes a montré le caractère explosif d’une transition désordonnée, qui ferait porter son coût sur les plus vulnérables, avec la tentation d’amalgamer insécurité économique et identitaire. Pour les émules de Poutine, comme Mme Le Pen et consort, la défense de l’identité nationale et celle du prix à la pompe sont un seul et même combat.

L’Europe libérale a une occasion historique unique de tout changer pour continuer à prospérer. Elle s’apprête à déclarer un embargo sur le pétrole russe, au risque d’exacerber ses tensions internes, puisqu’elle n’a pas encore déployé à l’échelle du continent les technologies de demain. Le mix énergétique composé du nucléaire, de l’hydrogène et des renouvelables existe déjà mais doit gagner le combat idéologique de l’opinion publique.

Cette guerre, accélérateur de l’Histoire, se gagnera sur le terrain économique, en œuvrant à marche forcée au découplage, anti-historique mais inévitable, entre croissance et augmentation de nos budgets carbone .

Poutine, tenant d’une Realpolitik réactualisée, a fait le pari que la transition énergétique était impossible. Il pensait avoir les mains libres pour s’approprier les ressources ukrainiennes, comptant sur le soutien « sans limite » de la Chine, et gardant l’Europe sous la dépendance de son gaz. Pour gagner la guerre, cette dernière devra retrouver sa souveraineté énergétique. Dans un monde où les énergies fossiles conditionneraient la vraie puissance, la puissance du bloc sino-russe se trouverait renforcée par cette nouvelle fracture, en augmentant la part des ressources sous contrôle. La bataille de l’Ukraine serait le premier conflit d’une guerre plus longue dont l’enjeu s’étend aux autres ressources stratégiques, en particulier les terres rares, essentielles à la production de batteries et à l’électrification du monde.

A court terme, la substitution du gaz russe par du charbon, en Allemagne ou en Pologne, repousse d’autant leurs ambitions de décarbonation. La conversion de l’Europe entière au nucléaire est improbable à court terme vue l’hostilité des opinions publiques. Le renouvelable ne suffit pas encore aux besoins, ni en Europe, ni en Chine. Une impasse, et autant de certitudes bousculées par les combats en Ukraine.

Techniquement, le dernier rapport du GIEC montre que c’est possible en opérant une bascule massive et coordonnée vers les énergies décarbonées, doublée d’un effort d’électrification de l’ensemble des secteurs, dans les transports, l’industrie, le logement, l’agriculture… Politiquement, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où le capital politique en faveur d’un effort de guerre comparable au Victory Program grandit de jour en jour.

Sommes-nous préparés aux conflits engendrés par la transition et la dépendance toujours plus persistante aux énergies fossiles ? Il faudra compter sur l’hostilité croissante de la Chine avec l’extension de la taxe carbone aux frontières, si elle ne renonce pas plus vite au charbon. Privées de leur principale ressource, les pétro-monarchies du Golfe pourraient s’effondrer en entraînant avec elles l’Egypte et le Levant. Aux Etats-Unis et en Europe, les coûts de la transition font déjà monter les extrêmes.

L’acte I est en train de se jouer devant des spectateurs impuissants tandis que les rebondissements et les dialogues de sourds minent la scène internationale. Les démocraties comprennent pourtant que l’immense défi technologique de la transition est aussi une nécessité politique. C’est toute l’urgence de la planification écologique que le nouveau gouvernement français devra mettre en œuvre, en invoquant les mânes de Jean Monnet, premier Commissaire au Plan, et père fondateur de l’Europe. La France dispose d’atouts importants, un parc nucléaire certes vieillissant, mais consistant, une population éduquée, une croyance dans l’innovation et la rupture… Elle peut s’engager davantage dans le mix énergétique, accélérer dans le développement de la filière batterie ou hydrogène. En redonnant du sens à l’économie, la France retrouve son identité universaliste. Avec l’Europe comme caisse de résonance, elle doit oser une diplomatie planétaire porteuse d’une nouvelle valeur partagée, la Responsabilité. Finalement, le pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde n’est peut-être pas qu’un mythe gaullien. Quel dénouement pour l’acte II ?

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Dans son livre « Un autre monde. L’ère des dictateurs », Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », reprend une centaine de ses textes de référence sur la politique internationale et développe une réflexion éclairante sur la montée en puissance de Pékin ces dernières années. Extraits.

 

 

A Pékin, comme ailleurs, on gamberge sur la lente décadence de l’Occident ; on spécule avec gourmandise sur la sinisation à grands pas du monde globalisé. Le discours officiel célèbre le retour du pays à son rang traditionnel de grande puissance. L’émergence économique répare les humiliations qu’Américains, Européens et Japonais ont infligées aux Chinois de 1850 à 1949.

Ce « siècle de malheurs » ne se reproduira pas : la puissance militaire retrouvée est là pour le garantir. C’est parce qu’elle était faible à l’intérieur, politiquement divisée, misérable et mal gouvernée que la Chine a ouvert la voie aux exploiteurs étrangers – ces barbares. Catéchisme historique imposé à des centaines de millions de jeunes Chinois : le PCC [Parti communiste chinois] a sauvé la Chine de la désunion et de l’aliénation.

Grâce à la domination qu’il veut acquérir dans les secteurs-clés des hautes technologies, le pays ralliera deux objectifs : devenir une économie de relative opulence ; être indépendant dans la maîtrise du high-tech, l’instrument de la puissance de demain. Le gigantisme de son marché intérieur et les performances de son tissu industriel lui permettront de continuer à séduire consommateurs et investisseurs étrangers.

Interprétation optimiste de ces ambitions : l’empire du Milieu veut, sur la scène internationale, disposer d’une capacité d’influence à la hauteur de son poids économique. Rien d’extraordinaire. En somme, une grande puissance entend légitimement prendre la place qui lui revient. Mais à quelle fin ? Eliminer tout ce que les Chinois perçoivent comme un obstacle à leur montée en puissance ? Dominer le monde comme les Etats-Unis d’après 1945, en devenant à leur tour le grand prescripteur de normes ? Aller jusqu’au bout du déplacement de pouvoir en cours pour priver l’Amérique du leadership mondial qu’elle exerce, de bon ou de mauvais gré, depuis soixante-dix ans ?

 

[Le sinologue] François Godement esquisse une réponse : « Le débat demeure ouvert sur le fait de savoir si la Chine veut être au premier rang du monde pour diriger celui-ci ou pour laisser les autres se débrouiller, y compris sur bien des aspects de l’ordre international. Il ne me paraît pas évident que la Chine veuille se charger du fardeau de l’empire, pour paraphraser Kipling et son “fardeau de l’homme blanc”. »

L’un des spécialistes de la Chine parmi les plus écoutés aux Etats-Unis, Rush Doshi, répond différemment. « Nous avons affaire à un pays qui est peut-être moins intéressé par une forme de coexistence avec nous et plus par une forme de domination sur nous », dit-il. En 2021, Doshi publie un livre au titre sans ambiguïté : The Long Game : China’s Grand Strategy to Displace American Order (« la stratégie de la Chine pour évincer l’ordre américain », OUP USA, non traduit).

Russie et l’Ukraine: Une guerre aussi de générations

 Russie et l’Ukraine:  Une guerre aussi de générations

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, a 44 ans ; Vladimir Poutine, son homologue russe, en a 69. Le conflit entre les deux pays n’oppose pas seulement deux Etats, mais aussi deux générations, avec des modes de fonctionnement et des visions du monde profondément divergents.(le monde)

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine : 44 ans. Denys Chmyhal, son premier ministre : 46 ans. Dmytro Kouleba et Denys Monastyrsky, respectivement ministres des affaires étrangères et de l’intérieur : 41 ans. Chef des services secrets, conseillers du président, procureure générale : tous nés dans les années 1970. La liste pourrait encore s’allonger, et il ne s’agit pas seulement de Kiev. Au fil des avancées (et des reculs) de l’armée russe, on a pu découvrir, dans les régions, des maires ou des gouverneurs intrépides et ayant le sens de l’initiative – à MykolaïvDnipro ou dans les banlieues nord de Kiev… La plupart sont des quadragénaires ou des trentenaires.

Le contraste est saisissant avec l’équipe au pouvoir à Moscou. Vladimir Poutine a 69 ans. La moyenne d’âge de son conseil de sécurité, organe qui joue un rôle central dans le dossier ukrainien, s’établit à 62 ans. L’administration présidentielle, qui détient l’essentiel du pouvoir et qui avait été présentée comme fortement renouvelée, a une moyenne d’âge de 59 ans. Vladimir Poutine en est bien conscient, qui n’a dû cesser depuis son retour au pouvoir en 2012 de reculer ou d’abolir les limites d’âge légales pour les hautes fonctions administratives.

L’âge ne dit pas tout – celui de l’équipe dirigeante américaine rivalise d’ailleurs avec les moyennes russes –, et l’on pourrait surtout remarquer la faible proportion de femmes (plus élevée côté ukrainien). Mais cet élément est tout sauf anodin : le conflit entre l’Ukraine et la Russie n’oppose pas seulement deux pays, mais aussi deux générations, avec des modes de fonctionnement et des visions du monde profondément divergents.

Fin 2021, les chercheurs Maria Snegovaya et Kirill Petrov avaient étudié les parcours professionnels et familiaux du « top 100 » de l’élite russe, pour en conclure que, trente ans après la fin de l’URSS, 60 % de ses membres étaient encore issus de la Nomenklatura soviétique (qui représentait de 1 % à 3 % de la population soviétique).

A cela, il faut ajouter la surreprésentation des siloviki, les « hommes à épaulettes », eux-mêmes héritiers du KGB et des autres organes de sécurité soviétiques, qui constituent un tiers de ce top 100. Le renouvellement existe, mais de manière faussée : les portes sont ouvertes avant tout aux propres enfants de l’élite, même si des technocrates compétents sont parfois promus, notamment aux postes de gouverneurs.

La nostalgie affichée pour l’ère communiste n’est pas uniquement de façade – drapeaux rouges et portraits de Staline. Le vocabulaire, les références de l’URSS abreuvent la classe dirigeante russe. Le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, 66 ans, l’homme qui a bâti l’armée « moderne » déployée en Ukraine, défendait encore, fin 2021, un plan aux accents soviétiques : la construction de cinq métropoles d’un million d’habitants en Sibérie…

 

 

Envol de l’inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

Envol de l’inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

 

Parmi les facteurs explicatifs de l’envolée de l’inflation on trouve évidemment des éléments objectifs comme l’augmentation de certaines matières premières industrielles ou  alimentaires par exemple. Les conséquences aussi des dysfonctionnements logistiques liés en particulier à des relocalisations et des retards de production. Enfin il y a l’envol des prix de l’énergie. Mais beaucoup en profitent pour ajouter de l’inflation à l’inflation. C’est le cas des producteurs qui rationnent leur livraison sans autre motif que de faire monter les prix. Même chose pour des intermédiaires et sans parler du caractère irresponsable de nombre de consommateurs qui se sont précipités sur certains produits comme l(huile et la moutarde et de la farine. On objectera que la météo va sans doute aussi prochainement contribuer à des réductions de certaines productions. Tout cela ne justifie pas des rétentions spéculatives et des stockages inutiles.

 

En avril, l’inflation a atteint 4,8 %, un plus haut depuis novembre 1985, a confirmé l’Insee ce vendredi. L’énergie, qui s’envole de 27 % depuis un an, demeure le principal moteur des hausses, mais plus le seul. Les prix de l’alimentation (+ 3,8 %) et des services (+ 3 %) sont en effet à leur tour contaminés par le mouvement. À ce stade où l’inflation tend à se généraliser à l’ensemble du panier de consommation, un changement de psychologie s’observe. Les économistes parlent de régime d’inflation pour caractériser ce climat dangereux où les anticipations des acteurs - consommateurs comme producteurs - viennent autogénérer les hausses de prix.L’exemple de l’huile de tournesol, un des produits dont l’augmentation en rayon depuis six mois est la plus frappante, est symptomatique de ce nouvel équilibre. Les hausses actuelles de prix s’expliquent essentiellement par les anticipations tout au long de la chaîne de production de futures pénuries.

Inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

Inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

 

Parmi les facteurs explicatifs de l’envolée de l’inflation on trouve évidemment des éléments objectifs comme l’augmentation de certaines matières premières industrielles ou  alimentaires par exemple. Les conséquences aussi des dysfonctionnements logistiques liés en particulier à des relocalisations et des retards de production. Enfin il y a l’envol des prix de l’énergie. Mais beaucoup en profitent pour ajouter de l’inflation à l’inflation. C’est le cas des producteurs qui rationnent leur livraison sans autre motif que de faire monter les prix. Même chose pour des intermédiaires et sans parler du caractère irresponsable de nombre de consommateurs qui se sont précipités sur certains produits comme l(huile et la moutarde et de la farine. On objectera que la météo va sans doute aussi prochainement contribuer à des réductions de certaines productions. Tout cela ne justifie pas des rétentions spéculatives et des stockages inutiles.

 

En avril, l’inflation a atteint 4,8 %, un plus haut depuis novembre 1985, a confirmé l’Insee ce vendredi. L’énergie, qui s’envole de 27 % depuis un an, demeure le principal moteur des hausses, mais plus le seul. Les prix de l’alimentation (+ 3,8 %) et des services (+ 3 %) sont en effet à leur tour contaminés par le mouvement. À ce stade où l’inflation tend à se généraliser à l’ensemble du panier de consommation, un changement de psychologie s’observe. Les économistes parlent de régime d’inflation pour caractériser ce climat dangereux où les anticipations des acteurs - consommateurs comme producteurs - viennent autogénérer les hausses de prix.L’exemple de l’huile de tournesol, un des produits dont l’augmentation en rayon depuis six mois est la plus frappante, est symptomatique de ce nouvel équilibre. Les hausses actuelles de prix s’expliquent essentiellement par les anticipations tout au long de la chaîne de production de futures pénuries.

12345...19



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol