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Entreprises : de nombreuses créations mais aussi de radiations

Entreprises : de nombreuses créations mais aussi de radiations

On se félicite en général et à juste titre du nombre de créations d’entreprises qui témoignent de la dynamique économique du pays. Le problème c’est qu’on est rarement en perspective le nombre de créations notamment vis-à-vis des entreprises qui disparaissent. Or en 2021 si un très grand nombre d’entreprises ont été créées, autour de 900 000 , dans le même temps 300 000 ont été radiées.

 

.Rien d’étonnant à cela car près de 75 % des nouvelles entreprises sont constituées de micros sociétés très fragiles dont beaucoup ne passent pas les deux ans d’existence. Le  conseil national des tribunaux de commerce a révélé ce vendredi 20 janvier lors d’un point presse que les radiations d’entreprises s’étaient envolées de 30% l’année dernière. Au total, plus de 310.000 entreprises ont été rayées du registre du commerce en 2021, soit 75.000 de plus qu’en 2020. Pour rappel, une entreprise peut être soit radiée « d’office » par le tribunal de commerce, soit à la suite d’une procédure collective ou alors de manière volontaire.

« L’explosion des radiations laisse à penser que les dirigeants ont pris la décision d’arrêter leur activité sans même avoir recours aux procédures de prévention ou de traitement des difficultés des entreprises à leur disposition, nous le regrettons » a déclaré la président du conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, Sophie Jonval dans un communiqué.

Covid Europe: la France figure aussi en tête

Covid Europe: la France figure aussi en tête

  • En Europe, la France domine nettement en matière de contamination avec plus de 300 000 par 24 heures

 

  • Au Royaume-Uni, on compte 0 nouveaux cas en 24h, soit 15.106.910 cas au total depuis le début de l’épidémie. Le pays enregistre, ce vendredi 14 janvier 2022, 0 morts en 24h soit 151.804 morts au total. 99.938.136 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Allemagne, on comptabilise +92.223 nouveaux cas en 24h. Le pays compte, ce mercredi 12 janvier 2022, 7.835.451 cas recensés pour 115.337 décès (+286). 157.883.798 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Italie, on note +192.936 nouveaux cas ces dernières 24h. On compte +308 décès en 24h ce samedi 15 janvier 2022. Le nombre de décès est désormais de 140.856 au total depuis le début de l’épidémie. Le nombre total de cas recensés est de 8.549.450. 119.568.153 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Allemagne, on comptabilise +92.223 nouveaux cas en 24h. Le pays compte, ce mercredi 12 janvier 2022, 7.835.451 cas recensés pour 115.337 décès (+286). 157.883.798 doses de vaccin ont été administrées.
  • Au Danemark, on compte +25.751 nouveaux cas de contamination en 24h ce qui fait un au total de 1.056.389 cas. Le pays comptabilise 3.453 décès dont +20 ces dernières 24h. 12.736.242 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Grèce enregistre +20.409 nouveaux cas en 24h soit 1.612.869 au total depuis le début de la pandémie. Le pays, qui comptabilise 21.732 morts dont +95 ces dernières 24h. 18.262.617 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Suède on compte, ce jeudi 13 janvier 2022, +25.079 nouveaux cas de contamination, soit au total 1.560.363 infectés et 15.482 décès dont 0 depuis le dernier bilan. 18.201.017 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Suisse, on compte +86 nouveaux cas en 24h pour un total de 1.659.306 cas. Le pays comptabilise 12.058 morts, dont 0 depuis la veille. 14.642.489 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Autriche, on compte +16.221 nouveaux cas soit 1.427.505 au total et +4 décès en 24h pour 13.463 décès au total ce vendredi 14 janvier 2022. 17.044.367 doses de vaccin ont été administrées.
  • Aux Pays-Bas on compte +31.853 nouveaux cas en 24h soit 3.532.768 cas au total. Le pays dénombre 21.148 décès dont +6 ces dernières 24h. 31.377.028 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Belgique, on compte +15 nouveaux cas de contamination en 24h ce qui fait un total de 2.410.731 cas ce vendredi 14 janvier 2022. Il y a eu +2 nouveaux décès ces dernières 24h soit désormais 28.589 morts au total. 16.944.977 doses de vaccin ont été administrées.
  • La Pologne compte actuellement 4.281.482 (+16.049) cas de contaminations et 101.841 (+422) morts dues au Covid-19. 49.362.965 doses de vaccin ont été administrées.

Covid: Le port du masque retoqué aussi à Paris

Covid: Le port du masque retoqué aussi à Paris

Cette décision du tribunal administratif de retoquer le port du masque obligatoire à Paris pourrait bien s’étendre à toutes les agglomérations en France.

Il n’est pas certain cependant que la levée du port du masque soit générale, il se pourrait que le masque soit maintenu dans des lieux très fréquentés.

Le tribunal administratif de Paris a donc suspendu jeudi l’arrêté préfectoral qui rend obligatoire le port du masque en extérieur à Paris depuis le 31 décembre, a appris l’AFP auprès de la juridiction. Cette décision intervient au lendemain de celle du tribunal administratif de Versailles, qui avait suspendu un arrêté similaire, une première sur le territoire national, en estimant que la mesure portait «une atteinte excessive, disproportionnée et non appropriée (…) à la liberté individuelle».

L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

 L’Etat doit soutenir aussi la recherche spatiale

Un collectif d’une soixantaine de membres de l’Académie des sciences, parmi lesquels l’astrophysicienne Françoise Combes, le climatologue Jean Jouzel et le Prix Nobel de physique Albert Fert, s’alarme, dans une tribune au « Monde », de la priorité donnée par le ministère de l’économie à la dimension industrielle de la recherche spatiale.

Tribune.

 

A l’été 2020, à l’occasion d’un remaniement ministériel, la tutelle du secteur spatial français est passée du ministère de la recherche et de l’innovation au ministère de l’économie et des finances, pour la première fois depuis soixante ans.

Pour le Centre national d’études spatiales (CNES), ce transfert constitue un changement sans précédent. Chargé de la mise en œuvre des programmes spatiaux publics, contributeur essentiel du développement des lanceurs (Ariane) et de l’innovation, le CNES a toujours été un acteur-clé de la recherche scientifique, visant à comprendre et à protéger notre planète, explorer l’Univers, ou étudier les lois de la nature et le vivant grâce à la micropesanteur. Ainsi, le CNES joue un rôle majeur dans les missions scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) et d’autres partenaires internationaux, comme la NASA [l’agence spatiale américaine].

Pour cela, il s’appuie sur un vaste réseau de laboratoires universitaires – avec le Centre national de recherche scientifique et le Commissariat à l’énergie atomique – et d’entreprises industrielles. Cet écosystème a construit la légende de l’espace français. C’est ce qu’a récemment reconnu le premier ministre, Jean Castex, à l’occasion du soixantième anniversaire du CNES, en affirmant que la collaboration historique « entre laboratoires de recherche et industries reste l’une des grandes originalités du CNES » et « l’une de ses forces principales ».

Applications commerciales

C’est donc au titre de nouveau ministre de tutelle du CNES que, le 6 décembre, Bruno Le Maire a livré un discours précisant sa vision de la stratégie spatiale française. Cette vision semble opposer recherche scientifique spatiale et nouvelles applications commerciales de l’espace. Pour lui, la priorité du programme spatial français doit être à présent l’« aventure industrielle ». Il doit rejoindre le « monde de la compétitivité et du financement ».

Bien sûr, on ne peut que souhaiter que notre économie tire profit du savoir-faire français dans le spatial. La France doit prendre sa place dans le « New Space » [terme qui désigne l’irruption d’acteurs privés spécialisés dans le domaine spatial], en s’appuyant non seulement sur ses opérateurs historiques mais aussi en soutenant les « jeunes pousses » qui pourront, à terme, conquérir les marchés émergents du secteur. A l’avenir, la science et l’exploration pourront d’ailleurs bénéficier de ces nouveaux acteurs.

Cependant, ce projet ne pourra réussir dans la durée si l’Etat se détourne de la recherche spatiale sous prétexte de favoriser l’innovation industrielle. En effet, au-delà des connaissances et des services qu’elle apporte, la recherche a toujours été le principal moteur de l’innovation dans l’espace. Elle est à l’origine de la plupart des applications dont nous bénéficions aujourd’hui : prévisions météorologique et océanographique, systèmes de positionnement, surveillance de la Terre, suivi des ressources, gestion de risques et de la pollution, évolution du climat, etc.

Mali : là aussi, Poutine joue les mouches à merde

Mali : là aussi, Poutine joue les mouches à merde 

Il est clair que la Russie n’est plus la grande puissance que représentait l’union soviétique. Poutine cultive c ependant la nostalgie du passé avec une politique internationale qui multiplie des interventions un peu partout y compris de manière marginale mais toujours nuisible.

 C’est aussi le cas au Sahel ou Poutine est particulièrement heureux d’alimenter l’opinion anti française. Il y a de ce point de vue une grande différence entre la politique chinoise et la politique russe. Les Chinois s’intéressent essentiellement à l’économie et prennent des participations où s’attribunte purement et simplement les richesses de pays en voie de développement alors que les Russes ne sont là que pour ajouter du désordre au désordre sans vraiment de perspectives géostratégiques claires.

Bref le dictateur Poutine joue surtout les mouches à merde un peu partout.

Les mercenaires russes de la sulfureuse société paramilitaire Wagner ont entamé leur déploiement au Mali, avec l’aide de Moscou, dénoncent jeudi 23 décembre une quinzaine de puissances occidentales impliquées dans la lutte antidjihadiste dans ce pays, dans un communiqué commun.

«Nous (…) condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien», soulignent d’une voix ces pays dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada, en dénonçant «l’implication du gouvernement de la Fédération de Russie dans la fourniture d’un soutien matériel au déploiement du groupe Wagner au Mali».

SNCF: Une grève scandaleuse mais aussi suicidaire pour le service public

SNCF: Une grève  scandaleuse mais aussi suicidaire pour le service public

Une grève doublement condamnable d’une part par son caractère scandaleux puisqu’elle empêche les Français de se déplacer pendant une période de pandémie particulièrement contraignante. Une grève également suicidaire car elle sera comme d’habitude suivie de façon très inégale mais va porter un nouveau coup fatal à l’image d’une entreprise déjà dans un état pitoyable.Certes piteusement les syndicats gauchistes ont retiré leur avis de grève mais le mal est fait. En effet la SNCF ne peut plus modifier son plan de transport est il manquera des trains sur la région Sud-Est, la liaison la plus fréquentée en cette période de fin d’année. Un vrai gâchis économique, social et sociétal

Lors d’une conférence improvisée le 15 décembre à la Gare de Lyon, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, et Alain Krakovitch, directeur de Voyages SNCF, ont donc annoncé un  chiffre d’un TGV sur deux sur l’axe Sud-Est vendredi. Cela devrait concerner un peu moins de 100 000 passagers le vendredi sur les 300 000 attendus sur trois jours sur cet axe. Sur l’ensemble du réseau grandes lignes (TGV Inoui, Ouigo et Intercités), la SNCF prévoit un trafic d’un million de voyageurs pour ce premier week-end de grands départs.

Christophe Fanichet n’a pas hésité à qualifier ce mouvement de « véritablement scandaleux.

La lutte syndicale n’est pas seulement sur le plan social mais aussi politique car il s’agit pour le syndicat gauchiste » sud »de prendre le leadership de la gestion des conflits à la SNCF. Du coup les syndicats se marquent à la culotte et jouent la surenchère en matière de radicalité. Bilan, une nouvelle attaque destructrice pour l’avenir de l’entreprise et pour l’avenir des cheminots eux-mêmes. De quoi évidemment encourager les pouvoirs publics à liquider ce réservoir de corporatistes pseudo révolutionnaires  insensibles à toute réalité économique et a tout intérêt général.

Une Grève SNCF scandaleuse mais aussi suicidaire

Une Grève SNCF scandaleuse mais aussi suicidaire

une grève doublement condamnable d’une part par son caractère scandaleux puisqu’elle empêche les Français de se déplacer pendant une période de pandémie particulièrement contraignante. Une grève également suicidaire car elle sera comme d’habitude suivie de façon très inégale mais va porter un nouveau coup fatal à l’image d’une entreprise déjà dans un état pitoyable.

Lors d’une conférence improvisée le 15 décembre à la Gare de Lyon, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, et Alain Krakovitch, directeur de Voyages SNCF, ont donc annoncé un  chiffre d’un TGV sur deux sur l’axe Sud-Est vendredi. Cela devrait concerner un peu moins de 100 000 passagers le vendredi sur les 300 000 attendus sur trois jours sur cet axe. Sur l’ensemble du réseau grandes lignes (TGV Inoui, Ouigo et Intercités), la SNCF prévoit un trafic d’un million de voyageurs pour ce premier week-end de grands départs.

Christophe Fanichet n’a pas hésité à qualifier ce mouvement de « véritablement scandaleux.

La lutte syndicale n’est pas seulement sur le plan social mais aussi politique car il s’agit pour le syndicat gauchiste » sud »de prendre le leadership de la gestion des conflits à la SNCF. Du coup les syndicats se marquent à la culotte et jouent la surenchère en matière de radicalité. Bilan, une nouvelle attaque destructrice pour l’avenir de l’entreprise et pour l’avenir des cheminots eux-mêmes. De quoi évidemment encourager les pouvoirs publics à liquider ce réservoir de corporatistes pseudo révolutionnaires  insensibles à toute réalité économique et a tout intérêt général.

Politique : le non choix est aussi un acte démocratique

Politique : le non choix est aussi un acte démocratique

La députée Paula Forteza, qui a déposé plusieurs propositions de loi contre l’essoufflement démocratique, appelle, dans un entretien au « Monde », à reconstruire la relation au vote et à l’élection pour qu’elle ait du sens pour la société.

 

Députée indépendante des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, anciennement La République en marche, Paula Forteza est spécialiste des questions liées au numérique, à la démocratie et aux nouvelles formes d’engagement citoyen. Le 17 novembre, elle a déposé, avec plusieurs députés, trois propositions de loi, pour environ une trentaine de mesures qui s’attaquent à plusieurs facettes de l’essoufflement démocratique.

Sur quel constat initial s’appuient ces propositions de loi ?

Depuis le début du mandat, nous avons suivi l’évolution de la relation des Français aux élections et au vote : évidemment, l’augmentation de l’abstention, l’apparition de nouvelles formes de mobilisation en dehors des institutions, que ce soit dans la rue ou sur les réseaux sociaux, mais aussi l’émergence d’autres types d’expression démocratique ; et surtout, la place des jeunes générations dans ces nouveaux liens à la politique. Face à ces éléments, il fallait se poser la question suivante : comment reconstruire la relation au vote et à l’élection pour qu’elle ait du sens pour la société ?


Comment redonner envie aux citoyens de s’intéresser au champ politique ?

Le fil conducteur a été de chercher des mesures pour que le vote puisse exprimer davantage ce que les Français ont à dire et qu’il permette une expression beaucoup plus large et beaucoup plus diverse des points de vue des Français. Ainsi, la première proposition que nous mettons en avant est la reconnaissance du vote blanc : le vote doit pouvoir non seulement permettre l’expression d’un choix, mais aussi l’expression d’un non-choix.

Mais toutes les propositions que nous faisons vont dans le même sens : derrière la mise en place d’élections législatives à la proportionnelle intégrale et avec parité réelle, c’est aussi l’idée que les préférences des citoyens se liront plus directement dans le résultat des élections. Autre exemple, l’expérimentation au jugement majoritaire, qui permet de classer les candidats au lieu de devoir choisir une seule candidature, permettra l’expression d’un ordre de préférence.

Nombre de vos propositions s’attachent donc à rendre la démocratie plus représentative…

Nous avons eu dans ce quinquennat des initiatives de démocratie participative ambitieuses dans la méthode, comme le grand débat national ou la convention citoyenne pour le climat. Or, elles se sont avérées souvent décevantes et frustrantes pour les citoyens qui s’y sont impliqués, car la traduction politique qui a été faite de leurs propositions a été à chaque fois en deçà de leurs contributions. L’effet peut être contre-productif : les citoyens, ressentant une forme de trahison, s’éloignent davantage de la politique.

Covid Danemark: record aussi

 Covid Danemark: record aussi

 

 

Plus de 5000 cas enregistrés en 24 heures au Danemark pour à peine 6 millions d’habitants. Mais un record finalement assez proche de celui de la France qui compte 70 millions d’habitants et a enregistré plus de 50 000 cas mercredi 1 er décembre.

Le Danemark a enregistré mercredi un nombre record de nouveaux cas de Covid-19, avec 5120 contaminations lors des dernières 24 heures, quelques jours après l’introduction de nouvelles restrictions visant à juguler la nouvelle vague. Le précédent record quotidien, de 4508 nouveaux cas, avait été enregistré le 18 décembre 2020 dans le royaume nordique de 5,8 millions d’habitants, où 86,7% des plus de 12 ans sont désormais vaccinés. Sur une semaine, le nombre d’infections est à son plus haut, à 30.600 cas, un bond de 8,8% par rapport à la semaine précédente.

Omicron: Alerte aussi du G7

Omicron: Alerte aussi du G7

 

Pour des raisons sanitaires autant que politiques, le Royaume-Uni qui préside le G7 a réuni les ministres de la santé pour examiner la situation après la découverte du nouveau variant omicron.

 

Le nouveau variant Omicron, « hautement transmissible », exige une « action urgente », ont déclaré ce lundi les ministres de la Santé des pays du G7, à l’issue d’une réunion d’urgence convoquée par le gouvernement britannique, en ce moment à la tête de la présidence tournante du G7.

« La communauté internationale est confrontée à la menace d’un nouveau variant hautement transmissible du Covid-19, qui nécessite une action urgente », ont estimé les ministres dans un communiqué commun à l’issue de la réunion.

« Les ministres ont salué le travail exemplaire de l’Afrique du Sud, qui a su détecter le variant et alerter les autres », ajoutent-ils à destination du pays d’Afrique australe, qui a identifié ce nouveau variant, avant de regretter les restrictions le visant décidées par d’autres pays.

Les pays du G7 « ont également reconnu la pertinence stratégique d’assurer l’accès aux vaccins » en « préparant » les pays à recevoir des doses, en fournissant une « assistance opérationnelle, en donnant suite à nos engagements en matière de dons, en luttant contre la désinformation sur les vaccins, ainsi qu’en soutenant la recherche et le développement ».

Les pays du G7 s’engagent en outre « à continuer de travailler en étroite collaboration avec l’OMS et les partenaires internationaux pour partager l’information et surveiller Omicron ». « Les ministres se sont engagés à se réunir à nouveau en décembre », concluent-ils.

Cette déclaration survient alors que le variant Omicron a été détecté dans plusieurs pays et notamment en Europe, avec 14 cas identifiés aux Pays-Bas, et divers cas en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. En France, 8 cas suspects ont été identifiés et sont en cours de vérification en attendant une possible confirmation de leur contamination à la nouvelle souche.

Economie-Inflation : le retour en France aussi ?

Economie-Inflation :  le retour en France aussi ?

 

Comme un peu pour la pandémie Covid, la France croit aussi à l’abri de la hausse de l’inflation. En tout cas jusqu’ici. Concernant les prix, le dernier indice publié par l’INSEE montre une progression de l’inflation qui enregistre une hausse de 2,6 % sur un an. Compte tenu des perspectives de 2022 ,la hausse pourrait dépasser assez nettement les 5 % d’ici la fin d’année prochaine. De ce point de vue le réajustement envisagé des salaires et revenus parait dérisoire. Bref salariés et épargnants pourraient payer les conséquences de la crise sanitaire mais aussi économique et financière.

La hausse des prix repart de façon très nette aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Un phénomène qui, s’il s’inscrit dans la durée, pourrait provoquer une érosion du pouvoir d’achat, et risquerait de casser la croissance.

Pendant des années, la plupart des économies avancées se sont lamentées sur la disparition de l’inflation. Malgré la croissance, une situation de plein-emploi dans la grande majorité d’entre elles et des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, les indices de prix restaient désespérément atones. A ce moment de la crise pandémique, la forte reprise fait enfin sortir l’inflation de sa torpeur. La question est de savoir jusqu’à quel point.

C’est aux Etats-Unis que la tendance est la plus nette. En octobre, les prix se sont envolés de 6,2 % sur un an. Du jamais-vu depuis novembre 1990. En zone euro, le rebond est pour le moment moins spectaculaire, mais la hausse de 4,1 % sur un an enregistrée en octobre constitue un plus haut depuis treize ans.

Pour la France la tendance est aussi nettement à la hausse.

L’inflation bondit en effet à 2,6 % en octobre en France ; La hausse des prix à la consommation a grimpé de 0,4 point ce mois-ci par rapport à septembre, en raison de l’envolée des cours de l’énergie notamment, selon les données publiées par l’Insee ce vendredi.

Dans un premier temps, économistes, banquiers centraux et dirigeants politiques ont affirmé que le phénomène était transitoire. Le rebond spectaculaire enregistré depuis la généralisation de la vaccination contre le Covid-19 a provoqué une désorganisation des circuits d’approvisionnement. L’offre ayant du mal à s’ajuster à la demande, des goulets d’étranglement se forment et tirent les prix à la hausse. Energie, matières premières, biens intermédiaires, difficultés de recrutement : les déséquilibres se multiplient, mais devraient se résorber progressivement, expliquent-ils. Voire !

Depuis le déclenchement de cette crise, rien ne se passe comme prévu. La pandémie devait provoquer une explosion du chômage et une avalanche de faillites. Ni l’une ni l’autre n’ont eu lieu. Sur l’inflation, le ton rassurant d’il y a six mois n’est déjà plus de mise. Les banques centrales admettent désormais que la transition sera plus longue qu’anticipée.

Aux Etats-Unis, les rémunérations sont déjà clairement orientées à la hausse, tandis qu’en Europe la flambée des prix de l’énergie commence à nourrir des revendications dans le même sens. Dans la plupart des pays de l’OCDE, depuis des décennies, les salaires réels progressent moins vite que la productivité, aboutissant à une déformation du partage de la valeur ajoutée au profit du capital. La demande d’un rééquilibrage n’a jamais été aussi forte.

Celle-ci est légitime pourvu que l’on n’assiste pas au même scénario que dans les années 1970, lors du premier choc pétrolier, qui a débouché sur une période de stagflation mêlant ralentissement de la croissance et forte augmentation des prix et des salaires. Certes, celle-ci avait permis à toute une génération d’emprunteurs d’accéder plus facilement à la propriété en allégeant le coût des mensualités de remboursement.

Rien ne dit que les mêmes effets redistributifs se reproduiraient aujourd’hui : les prix de l’immobilier sont beaucoup plus hauts, empêchant quantité d’emprunteurs d’entrer sur le marché. En revanche, l’histoire a montré qu’une inflation durable provoque à la fois une érosion du pouvoir d’achat, dont les premières victimes sont les revenus les plus faibles, et une perte de valeur de la monnaie qui ronge l’épargne.

La ligne de crête est périlleuse. Agir trop tôt pour prévenir les menaces inflationnistes risquerait de casser une croissance chèrement acquise grâce à des politiques budgétaires inédites. Laisser courir la hausse des prix mènerait à un mirage dont les effets pourraient être tout aussi douloureux.

Inflation : le retour en France aussi ?

Inflation :  le retour en France aussi ?

 

Comme un peu pour la pandémie Covid, la France croit aussi à l’abri de la hausse de l’inflation. En tout cas jusqu’ici. Concernant les prix, le dernier indice publié par l’INSEE montre une progression de l’inflation qui enregistre une hausse de 2,6 % sur un an. Compte tenu des perspectives de 2022 ,la hausse pourrait dépasser assez nettement les 5 % d’ici la fin d’année prochaine. De ce point de vue le réajustement envisagé des salaires et revenus parait dérisoire. Bref salariés et épargnants pourraient payer les conséquences de la crise sanitaire mais aussi économique et financière.

  La hausse des prix repart de façon très nette aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Un phénomène qui, s’il s’inscrit dans la durée, pourrait provoquer une érosion du pouvoir d’achat, et risquerait de casser la croissance.

Pendant des années, la plupart des économies avancées se sont lamentées sur la disparition de l’inflation. Malgré la croissance, une situation de plein-emploi dans la grande majorité d’entre elles et des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, les indices de prix restaient désespérément atones. A ce moment de la crise pandémique, la forte reprise fait enfin sortir l’inflation de sa torpeur. La question est de savoir jusqu’à quel point.

C’est aux Etats-Unis que la tendance est la plus nette. En octobre, les prix se sont envolés de 6,2 % sur un an. Du jamais-vu depuis novembre 1990. En zone euro, le rebond est pour le moment moins spectaculaire, mais la hausse de 4,1 % sur un an enregistrée en octobre constitue un plus haut depuis treize ans.

Pour la France la tendance est aussi nettement à la hausse.

L’inflation bondit en effet à 2,6 % en octobre en France ; La hausse des prix à la consommation a grimpé de 0,4 point ce mois-ci par rapport à septembre, en raison de l’envolée des cours de l’énergie notamment, selon les données publiées par l’Insee ce vendredi.

 Dans un premier temps, économistes, banquiers centraux et dirigeants politiques ont affirmé que le phénomène était transitoire. Le rebond spectaculaire enregistré depuis la généralisation de la vaccination contre le Covid-19 a provoqué une désorganisation des circuits d’approvisionnement. L’offre ayant du mal à s’ajuster à la demande, des goulets d’étranglement se forment et tirent les prix à la hausse. Energie, matières premières, biens intermédiaires, difficultés de recrutement : les déséquilibres se multiplient, mais devraient se résorber progressivement, expliquent-ils. Voire !

 Depuis le déclenchement de cette crise, rien ne se passe comme prévu. La pandémie devait provoquer une explosion du chômage et une avalanche de faillites. Ni l’une ni l’autre n’ont eu lieu. Sur l’inflation, le ton rassurant d’il y a six mois n’est déjà plus de mise. Les banques centrales admettent désormais que la transition sera plus longue qu’anticipée.

Aux Etats-Unis, les rémunérations sont déjà clairement orientées à la hausse, tandis qu’en Europe la flambée des prix de l’énergie commence à nourrir des revendications dans le même sens. Dans la plupart des pays de l’OCDE, depuis des décennies, les salaires réels progressent moins vite que la productivité, aboutissant à une déformation du partage de la valeur ajoutée au profit du capital. La demande d’un rééquilibrage n’a jamais été aussi forte.

 Celle-ci est légitime pourvu que l’on n’assiste pas au même scénario que dans les années 1970, lors du premier choc pétrolier, qui a débouché sur une période de stagflation mêlant ralentissement de la croissance et forte augmentation des prix et des salaires. Certes, celle-ci avait permis à toute une génération d’emprunteurs d’accéder plus facilement à la propriété en allégeant le coût des mensualités de remboursement.

Rien ne dit que les mêmes effets redistributifs se reproduiraient aujourd’hui : les prix de l’immobilier sont beaucoup plus hauts, empêchant quantité d’emprunteurs d’entrer sur le marché. En revanche, l’histoire a montré qu’une inflation durable provoque à la fois une érosion du pouvoir d’achat, dont les premières victimes sont les revenus les plus faibles, et une perte de valeur de la monnaie qui ronge l’épargne.

La ligne de crête est périlleuse. Agir trop tôt pour prévenir les menaces inflationnistes risquerait de casser une croissance chèrement acquise grâce à des politiques budgétaires inédites. Laisser courir la hausse des prix mènerait à un mirage dont les effets pourraient être tout aussi douloureux.

Covid: Confinement aussi en Allemagne pour les non vaccinés

Covid: Confinement aussi en Allemagne pour les non vaccinés

 

La pandémie accélère en Europe y comprise en Allemagne qui enregistre plus de 50 000 contaminés ce vendrediA la suite de la décision de l’Autriche de lundi, la chancelière sortante Angela Merkel et les chefs de régions ont donc décidé, à l’issue d’une réunion de crise, d’interdire aux non-vaccinés l’accès à des lieux publics sur l’ensemble du territoire.

La règle dite du « 2G », qui autorise seulement les vaccinés (« geimpfte ») et les guéris (« genesene ») à accéder à des lieux publics comme des restaurants ou salles de concert sera appliquée dès que le seuil d’hospitalisation dépasse 3 malades du Covid pour 100.000 habitants, ce qui est déjà le cas dans 12 des 16 Länder du pays.

Les responsables allemands ont également ouvert la voie à une obligation vaccinale pour les personnels soignants afin d’endiguer l’emballement de la pandémie de Covid-19 dans le pays. Ils ont aussi décidé un retour massif au télétravail partout où cela est possible et une obligation de pass sanitaire dans les transports et sur le lieu de travail.

 

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éd. Les Arènes) (1), Steven Pinker, professeur de linguistique à l’université Harvard, montre combien la démarche rationnelle reste le meilleur moyen pour les êtres humains de faire les moins mauvais choix malgré nos passions et nos biais cognitifs. ( La Tribune)

 

L’être humain est paradoxal. Il bénéficie d’une faculté, la pensée rationnelle, mais préfère souvent suivre ses intuitions et ses passions qui souvent le conduisent à faire de mauvais choix. Pourtant, des outils comme « la logique, la pensée critique, les probabilités, la corrélation et la causalité » à condition de les maîtriser nous permettent de mieux « ajuster nos croyances et de prendre des décisions dans un contexte de données incertaines », affirme le linguiste et cognitiviste Steven Pinker dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éditions Les Arènes) (1).

Loin de réduire la rationalité à une logique instrumentale désincarnée qui bannit les émotions (à l’instar du célèbre Dr Spock de la série culte « Star Trek »), ce professeur à l’université Harvard y voit davantage une « capacité d’utiliser les connaissances pour atteindre des objectifs » pour chacun de nous. Autrement dit, elle nous permet de vivre mieux, non seulement matériellement mais aussi socialement et aussi émotionnellement.

Dès lors, pourquoi ne suivons-nous pas instinctivement ces règles? A cause de nos « biais », héritage de l’évolution humaine. Pinker consacre plusieurs chapitres à explorer cet aspect. S’inscrivant dans les travaux pionniers en psychologie cognitive et en économie comportementale de Daniel Kahneman (en collaboration avec Amos Tversky), qui lui valurent le « prix Nobel » d’économie en 2002 et qu’il a synthétisé pour le grand public dans son célèbre ouvrage « Système 1/Système 2, Pinker explore à son tour longuement les biais et les sophismes auxquels les êtres humains sont sujets dans les jugements qu’ils portent sur le monde qui les entoure et les font agir.

Zone de confort cognitive

Il montre par exemple que nous préférons les informations qui renforcent nos opinions (biais de confirmation), les individus qui nous ressemblent (biais culturel), que nous rejetons les produits artificiels (biais naturaliste), etc. Plutôt que d’élargir nos connaissances par la vérification d’informations, qui remettent en cause nos certitudes (nos biais), nous préférons rester dans notre zone de confort cognitive.

Comme les grands rationalistes classiques, Descartes et Spinoza par exemple, Pinker ne rejette pas les passions, ni les coutumes, les traditions ou encore les interdits, mais il montre qu’en cas de conflit et de dilemme une approche rationnelle est le moyen d’aider à faire un choix quitte à abandonner des certitudes. Ainsi, s’il est impossible de tout vérifier, des méthodes pour faire des choix raisonnables existent comme l’approche bayésienne.

Une telle approche est une critique à peine voilée des croyances religieuses, des approches des pseudo-sciences, des superstitions ainsi que des préjugés, et d’une certaine forme de romantisme, même si sur le plan de la création artistique ce dernier a ses lettres de noblesse. Car malgré cet irrationalisme ambiant, le développement de la rationalité a permis des progrès considérables non seulement en matière de savoir – les sciences – mais aussi dans le domaine de la santé, du droit ou encore de la politique, avec l’extension des régimes démocratiques.

Loin d’être la raison technicienne et scientifique qui dominerait le monde que dénoncent certains critiques, l’adoption d’une démarche rationnelle développe au contraire un attitude d’humilité non seulement épistémique mais aussi éthique. En effet, plus nos connaissances progressent, plus nous prenons conscience de nos ignorances. C’est le contraire de l’effet gourou, dont le professeur Didier Raoult, qui ne manque jamais une occasion d’affirmer que seul lui sait faire face à des journalistes, est un bon exemple.

Les idéologies sont répétitives

Le livre de Pinker s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents best-sellers : « La Part d’Ange en nous », une impressionnante synthèse de données qui établissait contrairement à l’opinion courante que jamais nous n’avons vécu à l’échelle de l’histoire dans un monde où le nombre de victimes tuées par violence est si faible (rapporté à la population), et « Le triomphe des Lumières », publié durant la présidence de Donald Trump, qui a vu la popularisation de la notion de « fakes news ». En élargissant la focale aux domaines de la pauvreté, de l’espérance de vie, la santé, la nourriture, la richesse, les inégalités, l’environnement, la sécurité, la démocratie, la sécurité, le savoir… Pinker y montrait que, au regard de chacun de ces critères, et malgré les guerres mondiales et la colonisation, la situation s’était considérablement améliorée au cours des dernières décennies, et que la tendance se poursuit. En réalité, contrairement aux idéologies, qui sont répétitives, le progrès scientifique est cumulatif et se répand par l’échange, le commerce, l’éducation. Et s’il rend les pays riches plus riches, il rend aussi les pays pauvres moins pauvres.

Ces ouvrages ont fait l’objet de nombreuses critiques, certains lui reprochant au mieux la naïveté de son optimisme béat, au pire d’être un suppôt du capitalisme – Pinker est un libéral qui aux Etats-Unis le situe sur l’échiquier politique avec Barack Obama ou Bill Clinton -, d’autres que son approche était faussée. Il est vrai que le linguiste et cognitiviste pointait les travers de certains intellectuels qui font carrière en passant leur temps à critiquer les progrès matériels dont ils sont les premiers bénéficiaires.

Les thèses de Pinker prennent également à revers tout un discours catastrophiste – la collapsologie est à la mode – qui connaissent un certain succès, ce qui n’est pas nouveau dans l’histoire humaine, le millénarisme en est même une constante. Car Pinker – mais ses critiques l’ont-ils lu in extenso? – n’a jamais nié qu’il y avait des malheurs, des catastrophes, des problèmes graves comme le réchauffement climatique mais il soutient que les êtres humains malgré les vicissitudes essaient de résoudre les problèmes, ce qui ne se fait pas par des discours mais par des actions et des innovations concrètes. Or, nous avons tendance à oublier les progrès réalisés car ils deviennent la norme. Par exemple, la population mondiale est passée en à peine 70 ans de 2,6 milliards d’individus en 1950 à 7,8 milliards aujourd’hui tout en ayant pratiquement réduit les famines qui furent le lieu commun des siècles passés!

Repousser les limites d’un monde que nous voyons fini

Autrement dit, il faut maintenir un niveau minimum de croissance économique – avec l’inévitable utilisation de ressources naturelles qui exerce une pression sur l’environnement  – pour donner à tous des conditions minimales de vie au quotidien. Un tel processus ne va pas sans contradiction mais il voit aussi émerger des solutions rationnelles qui repoussent les limites d’un monde que nous nous représentons fini. Après tout, si l’on avait soutenu devant un théologien du XIIe siècle qu’un jour nous disposerions d’avions, il est fort possible qu’il aurait rejeté une telle idée en nous traitant d’hérétique, car il pensait sincèrement que Dieu a fait le monde tel qu’il est.

Finalement, dans le propos clair et sans jargon de « Rationalité », Pinker ne cherche pas tant à discréditer ses adversaires qu’à nous montrer que notre confiance dans « la nature des rumeurs, la sagesse populaire et la pensée complotiste » doit être interrogée pour permettre de faire « la distinction entre deux modes de croyance : la mentalité réaliste et la mentalité mythologique ». Cela nous permet de « gagner en lucidité face aux vicissitudes et aux tragédies de la vie », et c’est une invitation à « raisonner collectivement pour trouver les croyances les plus défendables ». Face à l’urgence que posent par exemple les conséquences du réchauffement climatique, une telle réflexion est salutaire!

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(1) Steven Pinker « Rationalité », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Peggy Sastre, éditions Les Arènes, 450 pages, 22,90 euros (parution le 4 novembre)

La « Garantie jeunes universelle « aussi !

La « Garantie jeunes universelle « aussi !

 

 

Toujours pour éviter la généralisation du RSA jeune le gouvernement le gouvernement vient de lancer successivement le revenu d’engagement des jeunes

toujours pour éviter la généralisation du RSA jeune, le gouvernement vient de lancer alternativement la garantie jeune universelle et le contrat d’engagement. Le contrat d’engagement viserait 500 à 600 000 jeunes de 16 à 25 ans sans emploi et sans formation. La garantie jeune universelle couvrirait 200 000 jeunes au lieu de 100 000 actuellement.

Lancée en 2013, puis généralisée en 2017 par Myriam El Khomri, la Garantie jeunes assure aux 16/25 ans, ni en emploi, ni en études ni en formation, les fameux «Neet», une allocation mensuelle .

Le projet, objet de très nombreuses concertations , est censé apporter une réponse en mieux aux tenants du RSA jeunes : une allocation allant jusqu’à 500 euros mais pas sans rien, couplée avec la promesse d’un accompagnement par un référent dans une mission locale ou à Pôle emploi.( bref ce qui existe déjà!).

Redevance TV: pourquoi pas aussi une redevance sur la machine à laver ou l’aspirateur !

Redevance TV: pourquoi pas aussi une redevance sur la machine à laver ou l’aspirateur !

 

La redevance télévisée qui continue d’être prélevée en France et dont la gauche avait même envisagé l’extension constitue un curieux objet fiscal non identifié. Certes on pouvait comprendre une telle fiscalité existe pour financer les premières chaînes publiques de la télévision.

Mais en 2021 des centaines et des centaines de chaînes sont accessibles et beaucoup diffusent à peu près les mêmes programmes que les chaînes publiques. Dès lors,  la redevance ne serait justifiée que par la nécessité de disposer encore d’un dispositif d’information plus neutre et où plus objectif. De quoi sourire évidemment quand on sait que globalement France Télévisions est à la botte du pouvoir et que l’indépendance est un mythe qui signifie souvent soutien implicite au pouvoir voire au  mieux neutralité complice.

Certes nombre de chaînes privées sont-elles au service d’intérêts financiers mais du fait de la concurrence les lignes éditoriales se rejoignent souvent dans la médiocrité.

De toute manière la question de la redevance TV va se poser en 2023 avec la suppression totale de la taxe d’habitation. L’hypothèse d’un report de la taxe TV sur l’impôt foncier n’est pas à exclure !

Et pourquoi pas aussi une redevance sur les machines à laver sur les aspirateurs !

Société-L’espèce humaine menacée aussi par la dégradation de la biodiversité

Société-L’espèce humaine menacée aussi par la dégradation de la biodiversité

Un papier de l’Opinion attire l’attention sur les conséquences de la dégradation de la biodiversité sur l’espèce humaine elle-même (synthèse)

 

« Dans toutes les espèces, des individus quittent leur population par erreur et s’installent ailleurs. Avant le changement climatique, si un individu allait accidentellement au-delà de l’endroit où son espèce vivait normalement, il mourait tout simplement. Mais, avec le changement climatique, ces individus peuvent rencontrer de bonnes conditions de vie et de reproduction dans des endroits en dehors de leur aire de répartition historique : ils peuvent survivre et créer une nouvelle population dans des zones situées plus au nord ou à une altitude plus élevée », explique Camille Parmesan, écologue spécialiste des conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité, professeur à la Sete (Station d’écologie théorique et expérimentale).

Mais si, au Nord de l’habitat d’origine, il n’y a qu’une zone non propice à la relocalisation, comme l’immense étendue d’eau du Pacifique, l’aire urbaine de Paris ou une monoculture, alors l’espèce reste sur place, diminue en nombre, dégénère sous l’effet de l’endogamie, disparaît…

« Normalement, chaque million d’années, quelque 20 % des espèces disparaissent et sont remplacées, précise Bruno David, président du MNHN (Muséum national d’histoire naturelle). Mais nous sommes aujourd’hui sur une trajectoire qui, extrapolée sur 1 million d’années, aboutirait au chiffre de 8.000 % pour les mammifères : cela signifie qu’au cours des 40, 50 ou 60 prochaines années 500.000 à 1 million d’espèces animales ou végétales pourraient disparaître. »

Soit 5 à 10 % du nombre estimé d’espèces constituant la vie sur Terre. Ce pourcentage peut paraître faible, mais les scientifiques sont incapables de préciser à partir de quel seuil l’extinction risque éventuellement de s’emballer et de provoquer un effondrement de tout notre écosystème.

Déjà, il semblerait que plusieurs espèces – comme la morue au large de Terre-Neuve – aient dépassé le point de non-retour. « A certains endroits, la chaîne du vivant est en train de s’effondrer : il y a une accélération sans précédent de l’extinction de la biodiversité et celle-ci est d’origine anthropique, insiste Pierre Dubreuil, directeur général de l’OFB (Office français de la biodiversité), le bras armé de l’Etat français pour la préservation de la biodiversité. Si la trajectoire actuelle se poursuit, la Terre survivra, mais peut-être pas l’homme… ».

« Au-delà de 2 °C de réchauffement climatique à la fin du siècle, nous perdrons tous les récifs coralliens, affirme Karl Burkart, l’un des coauteurs de Global Deal for Nature, un plan d’urgence pour sauver la diversité de la vie sur Terre. Il y aura alors un effondrement des ressources halieutiques ; or 3 milliards de personnes dépendent de la pêche pour se nourrir. »

Que faire ? « D’abord, il faut bien comprendre que les sujets ‘lutte contre le réchauffement climatique’ et ‘préservation de la biodiversité’ sont intrinsèquement liés et cela pour plusieurs raisons, prévient Alexandra Deprez, chercheuse sur la gouvernance internationale du climat à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Premièrement, le changement climatique a un impact sur la biodiversité ; ensuite maintenir des écosystèmes – qui, par exemple, stockent du carbone – aide à réguler le climat ; changement climatique et réduction de la biodiversité partagent des causes communes comme la surexploitation des ressources … Et pour résoudre ces deux problèmes, il faut notamment repenser notre modèle de consommation non-durable et accélérer la décarbonation de nos économies. »

Enfin, il faut être conscient que certaines solutions envisagées pour lutter contre le réchauffement, comme les technologies de séquestration du dioxyde de carbone, peuvent mettre à mal la biodiversité et se retourner contre l’homme.

Ainsi, selon les dernières estimations, pour atteindre les objectifs fixés pour la fin de ce siècle lors de la COP de Paris, il faudrait consacrer entre 300 et 700 millions d’hectares de terre à la seule BECSC (Bioénergie avec captage et stockage de dioxyde de carbone : extraire la bioénergie de la biomasse et capturer et stocker le carbone qu’elle contient). Soit la taille de l’Inde ou de l’Australie. Certains scénarios avancent alors un doublement du prix de la nourriture…

Wilfried Thuiller, directeur de recherche CNRS au LECA (Laboratoire d’Ecologie Alpine), à Grenoble, le reconnaît : « C’est vrai, on ne pourra pas tout sauver, on ne pourra pas protéger toute la surface de la planète, mais on peut protéger un maximum d’espèces dans des endroits clés, notamment les espèces qui sont menacées ou endémiques. » Avec sept collègues européens, il a publié une étude intitulée « Equilibrer les priorités de conservation pour la nature et pour les personnes en Europe ». Ses auteurs y affirment que « bien choisir les 5 % de terres supplémentaires à protéger en Europe peut doubler le potentiel de conservation de la biodiversité. »

Aux Etats-Unis, deux chercheurs de l’Université d’Arizona, John J. Wiens et Cristian Román-Palacios ont montré que les espèces vivant sous les tropiques sont les plus menacées : « sous les tropiques, à basse altitude, le climat est chaud tout au long de l’année ; à haute altitude, le climat est frais toute l’année. Alors que dans la zone tempérée, toutes les espèces doivent survivre à une large gamme de températures chaque année. Les espèces tropicales sont, elles, adaptées à une plage de températures plus étroite et pourraient donc ne pas être en mesure de survivre à l’augmentation des températures les plus élevées due au réchauffement climatique », explique John J. Wiens.

 

L’espèce humaine menacée aussi par la dégradation de la biodiversité

L’espèce humaine menacée aussi par la dégradation de la biodiversité

Un papier de l’Opinion attire l’attention sur les conséquences de la dégradation de la biodiversité sur l’espèce humaine elle-même (synthèse)

 

« Dans toutes les espèces, des individus quittent leur population par erreur et s’installent ailleurs. Avant le changement climatique, si un individu allait accidentellement au-delà de l’endroit où son espèce vivait normalement, il mourait tout simplement. Mais, avec le changement climatique, ces individus peuvent rencontrer de bonnes conditions de vie et de reproduction dans des endroits en dehors de leur aire de répartition historique : ils peuvent survivre et créer une nouvelle population dans des zones situées plus au nord ou à une altitude plus élevée », explique Camille Parmesan, écologue spécialiste des conséquences du réchauffement climatique sur la biodiversité, professeur à la Sete (Station d’écologie théorique et expérimentale).

Mais si, au Nord de l’habitat d’origine, il n’y a qu’une zone non propice à la relocalisation, comme l’immense étendue d’eau du Pacifique, l’aire urbaine de Paris ou une monoculture, alors l’espèce reste sur place, diminue en nombre, dégénère sous l’effet de l’endogamie, disparaît…

« Normalement, chaque million d’années, quelque 20 % des espèces disparaissent et sont remplacées, précise Bruno David, président du MNHN (Muséum national d’histoire naturelle). Mais nous sommes aujourd’hui sur une trajectoire qui, extrapolée sur 1 million d’années, aboutirait au chiffre de 8.000 % pour les mammifères : cela signifie qu’au cours des 40, 50 ou 60 prochaines années 500.000 à 1 million d’espèces animales ou végétales pourraient disparaître. »

Soit 5 à 10 % du nombre estimé d’espèces constituant la vie sur Terre. Ce pourcentage peut paraître faible, mais les scientifiques sont incapables de préciser à partir de quel seuil l’extinction risque éventuellement de s’emballer et de provoquer un effondrement de tout notre écosystème.

Déjà, il semblerait que plusieurs espèces – comme la morue au large de Terre-Neuve – aient dépassé le point de non-retour. « A certains endroits, la chaîne du vivant est en train de s’effondrer : il y a une accélération sans précédent de l’extinction de la biodiversité et celle-ci est d’origine anthropique, insiste Pierre Dubreuil, directeur général de l’OFB (Office français de la biodiversité), le bras armé de l’Etat français pour la préservation de la biodiversité. Si la trajectoire actuelle se poursuit, la Terre survivra, mais peut-être pas l’homme… ».

« Au-delà de 2 °C de réchauffement climatique à la fin du siècle, nous perdrons tous les récifs coralliens, affirme Karl Burkart, l’un des coauteurs de Global Deal for Nature, un plan d’urgence pour sauver la diversité de la vie sur Terre. Il y aura alors un effondrement des ressources halieutiques ; or 3 milliards de personnes dépendent de la pêche pour se nourrir. »

Que faire ? « D’abord, il faut bien comprendre que les sujets ‘lutte contre le réchauffement climatique’ et ‘préservation de la biodiversité’ sont intrinsèquement liés et cela pour plusieurs raisons, prévient Alexandra Deprez, chercheuse sur la gouvernance internationale du climat à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Premièrement, le changement climatique a un impact sur la biodiversité ; ensuite maintenir des écosystèmes – qui, par exemple, stockent du carbone – aide à réguler le climat ; changement climatique et réduction de la biodiversité partagent des causes communes comme la surexploitation des ressources … Et pour résoudre ces deux problèmes, il faut notamment repenser notre modèle de consommation non-durable et accélérer la décarbonation de nos économies. »

Enfin, il faut être conscient que certaines solutions envisagées pour lutter contre le réchauffement, comme les technologies de séquestration du dioxyde de carbone, peuvent mettre à mal la biodiversité et se retourner contre l’homme.

Ainsi, selon les dernières estimations, pour atteindre les objectifs fixés pour la fin de ce siècle lors de la COP de Paris, il faudrait consacrer entre 300 et 700 millions d’hectares de terre à la seule BECSC (Bioénergie avec captage et stockage de dioxyde de carbone : extraire la bioénergie de la biomasse et capturer et stocker le carbone qu’elle contient). Soit la taille de l’Inde ou de l’Australie. Certains scénarios avancent alors un doublement du prix de la nourriture…

Wilfried Thuiller, directeur de recherche CNRS au LECA (Laboratoire d’Ecologie Alpine), à Grenoble, le reconnaît : « C’est vrai, on ne pourra pas tout sauver, on ne pourra pas protéger toute la surface de la planète, mais on peut protéger un maximum d’espèces dans des endroits clés, notamment les espèces qui sont menacées ou endémiques. » Avec sept collègues européens, il a publié une étude intitulée « Equilibrer les priorités de conservation pour la nature et pour les personnes en Europe ». Ses auteurs y affirment que « bien choisir les 5 % de terres supplémentaires à protéger en Europe peut doubler le potentiel de conservation de la biodiversité. »

Aux Etats-Unis, deux chercheurs de l’Université d’Arizona, John J. Wiens et Cristian Román-Palacios ont montré que les espèces vivant sous les tropiques sont les plus menacées : « sous les tropiques, à basse altitude, le climat est chaud tout au long de l’année ; à haute altitude, le climat est frais toute l’année. Alors que dans la zone tempérée, toutes les espèces doivent survivre à une large gamme de températures chaque année. Les espèces tropicales sont, elles, adaptées à une plage de températures plus étroite et pourraient donc ne pas être en mesure de survivre à l’augmentation des températures les plus élevées due au réchauffement climatique », explique John J. Wiens.

 

La RSE: Pas seulement des discours, aussi des actes

La RSE: Pas seulement des discours, aussi des actes

 

Les discours mettant en lumière le « vide » des politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE) cachent les véritables avancées qui ont lieu dans les entreprises, estime Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, dans sa chronique au « Monde ».

 

 

Gouvernance. En 2021, la part de la finance spécialisée dans les investissements « verts » dépassera 30 % des encours mondiaux. L’épargne est ainsi dirigée vers les placements ayant un impact sur l’environnement et, plus généralement, vers la transformation écologique, sociale et politique des entreprises.

La réorientation sélective des investissements est un phénomène si massif qu’elle fait craindre la formation d’une bulle spéculative : en effet, les attentes de retours sur ces financements sont survalorisées, et accentuées par une communication excessivement flatteuse sur les engagements des entreprises… par rapport à leurs pratiques réelles.

Sans discuter, ici, du risque de bulle qui menace de manière cyclique un capitalisme devenu structurellement spéculatif, on peut s’arrêter sur la question du blanchiment des résultats (« greenwashing » ou « socialwashing »). Elle est invoquée depuis longtemps pour mettre en doute la sincérité des entreprises qui se livrent à des politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE), et mérite, de ce fait, une attention particulière.

Des collaborateurs engagés, voire militants

Il est certain que toute communication sur la RSE cherche à se faire entendre dans le grand récit écologiste, qui se nourrit, d’une part, de la dégradation objective de l’environnement et du climat due aux activités industrielles et, d’autre part, du besoin de nos sociétés menacées d’implosion de se découvrir un destin collectif dans le salut de la planète. Comme elle est une partie prenante de la société, chaque entreprise cherche à montrer qu’elle alimente ce discours vertueux. De la même manière que la dénonciation du blanchiment des résultats par les activistes qui se donnent la charge de préserver la pureté idéale du récit écologique nourrit celui-ci.

Mais il serait naïf d’en rester là, comme si les promesses des « grands discours » étaient nécessairement des paravents masquant le vide des pratiques. Dans la réalité, la RSE est assumée par des collaborateurs (et, parfois, des dirigeants) engagés, voire militants.

Ils dessinent des trajectoires de rupture, même à des échelles modestes ; ils déploient des tactiques, des savoirs et des savoir-faire soutenus par d’autres acteurs de la RSE ; ils trouvent des ruses pour contourner les contraintes économiques, les résistances aux conservatismes et les discours purement opportunistes. Ils participent donc aussi au grand récit global mais en produisant une activité quotidienne qui, comme l’a montré Michel de Certeau (L’Invention du quotidien, Union générale d’éditions, 1980), est un discours par les actes.

Samuel Patty : une corruption aussi des idées

Samuel Patty : une corruption aussi des idées 

A l’heure des hommages à Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, Dominique Schnapper observe d’un regard aigu et inquiet le monde de l’éducation où les principes républicains reculent. La sociologue, qui s’exprime ici à titre personnel, préside le Conseil des sages de la laïcité, mis en place dès 2018 par Jean-Michel Blanquer.(extrait, l’Opinion)

Un an après l’assassinat de Samuel Paty, rien ne semble avoir vraiment changé dans l’école. Le malaise des enseignants vis-à-vis de la laïcité persiste, tout comme les revendications d’élèves ou de leurs familles. La pression islamiste reste forte ?

L’attentat contre Samuel Paty empêche de prétendre que le problème n’existe pas. Mais la situation de fond n’a pas changé, les islamistes continuent de menacer les démocraties, et la France en particulier, qui comprend les plus importantes communautés musulmanes et juives d’Europe et dont la laïcité est chargée d’histoire et de sens. Dans ces conditions, des enseignants peuvent être soumis à de fortes pressions. Ils n’ont pas été formés à cette situation, ils se sentent désarmés. Il serait trop commode de leur faire la morale. Il faut parfois être un héros pour exercer ce métier dans certains établissements. Or, les héros n’ont jamais été nombreux. Le million de fonctionnaires de l’Education nationale ne peut être formé d’autant de héros.

Est-ce donc la peur qui domine ?

La peur existe et elle est parfois justifiée. Mais le renoncement vient aussi d’une forme de corruption intellectuelle sur ce que sont la laïcité, la défense de la République, ses principes (ou « valeurs ») aujourd’hui attribués à la droite alors qu’ils ont longtemps été portés par la gauche. La gauche est aujourd’hui très divisée entre « républicains » et « identitaristes ». Ces derniers défendent un relativisme absolu expliquant qu’il faut « tout comprendre, tout accepter et que la République est trop dure » Le monde enseignant, traditionnellement de sensibilité de gauche, est traversé par ces courants, d’autant qu’il y a eu une mauvaise transmission de ce qu’est la laïcité aux plus jeunes générations. Le ministre a organisé un vaste programme de formation à la laïcité pour les personnels. Il nous faut aujourd’hui rappeler ce qui, dans les générations précédentes, aurait été perçu comme des platitudes : la laïcité est l’instrument de la liberté, liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, liberté d’exercer son culte, liberté d’expression.

La « corruption intellectuelle » que vous évoquez a-t-elle servi de terreau à l’assassinat de Samuel Paty ?

Remettre en question la liberté d’expression et ne pas prendre de manière radicale la défense de quelqu’un qui est dénoncé sur les réseaux sociaux et directement menacé en est une illustration. Je ne connais pas l’enquête dans le détail, mais il semble, en lisant la presse, qu’un manque de solidarité de certains des collègues de Samuel Paty, la perméabilité au relativisme sur la laïcité et la peur ont effectivement laissé ce cancer se développer. Il y avait en face de ce monde hésitant des mensonges et des démarches fortement organisés.

« A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux »

Plusieurs récentes enquêtes d’opinion montrent une adhésion à la laïcité qui diminue parmi les jeunes générations, a fortiori parmi les populations musulmanes. Quelle est votre analyse ?

Toutes les enquêtes montrent en effet que les jeunes sont plus nombreux à rejeter la laïcité que les générations précédentes et, parmi eux, les jeunes musulmans sont surreprésentés. Des cas particuliers remontent jusqu’au ministère : un père inscrivant sa fille en maternelle qui exige qu’elle ne soit pas assise à côté d’un petit garçon, par exemple. Le refus de la mixité est central dans ces revendications. Il existe aussi un antisémitisme diffus, mais parfois violent, qui rend difficile l’enseignement de la Shoah, ou encore une contestation systématique de la science au nom de la religion. Cette atmosphère conduit des professeurs à s’autocensurer. Mais il faut bien comprendre que, si on cède aux revendications des fondamentalistes, on aura à céder toujours plus. A ceux qui nous demandent de cesser d’être ce que nous sommes, il faut opposer des règles simples et claires. Appliquer la charia à l’école, ce n’est pas possible. A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux. A cet égard, la loi de 2004 (sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école) a été un succès.

La moitié des lycéens sont aujourd’hui hostiles à cette loi, selon un sondage Ifop de mars 2021. Vu l’évolution sociologique que vous décrivez, imaginez-vous qu’elle soit un jour abrogée ?

Ce serait un terrible échec. Je suis d’un tempérament plutôt pessimiste mais qui conduit à l’idée qu’il faut lutter politiquement et intellectuellement. Contre la minorité active et très organisée des fondamentalistes, il faut mener le combat intellectuel et politique. Aux musulmans « républicains », la majorité, qui ont envie de lutter et qui sont les victimes des fondamentalistes, il faut apporter aide et soutien.

Jusqu’à quel point, y a-t-il une prise de conscience que la laïcité est en danger ?

Si Emmanuel Macron a mis un certain temps à prendre une position nette, il l’a fait clairement lors de son discours des Mureaux. Mais le milieu intellectuel et médiatique se montre encore très « compréhensif » au nom du libéralisme culturel, de la « reconnaissance de l’Autre » et d’un « droit à la différence ». L’écrivain Kamel Daoud a bien montré que ce sont des minorités — mais des minorités très actives — qui ont détruit la société algérienne dans la décennie 1990. Quand des gens sont prêts à mourir, il est très difficile de les arrêter. En France, les services de renseignement ont fait des progrès pour déjouer les attentats, mais le poids du soft power islamiste reste inquiétant.

Un soft power qui, insistez-vous, poursuit des visées politiques sous couvert de demandes religieuses.

Si les demandes des musulmans étaient purement religieuses, la loi de 1905, quitte à l’adapter, permettrait d’y répondre. Mais nous sommes face à des demandes politiques qui touchent à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la liberté d’expression et qui ne sont pas compatibles avec la démocratie. Comme disait Paul Ricœur, nous avons droit à la continuité historique. La séparation du politique et du religieux sous la forme de la laïcité dite « à la française », c’est l’héritage que nous avons à défendre.

Quel rôle peut jouer le Conseil des sages de la laïcité ?

Nous donnons aux gens de bonne volonté les instruments intellectuels pour lutter. Nous avons contribué à la publication du Guide républicain, aujourd’hui diffusé dans tous les établissements scolaires, auquel les acteurs de terrain peuvent se référer. Nous travaillons actuellement au vade-mecum de la laïcité dans le milieu sportif.

 

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