Archive pour le Tag 'aussi'

Manif aussi des chasseurs

Manif aussi des chasseurs

 

Pour défendre les chasses traditionnelles, les  rassemblements ont réuni au total 42.000 personnes, dont 16.000 à Mont-de-Marsan (Landes), 12.000 à Amiens (Somme) et entre 4000 et 5000 à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Caen (Calvados) et Redon (Ille-de-Vilaine).

«On a en face de nous des démagogues. On ne demandera jamais à un vegan de manger de la viande, qu’on nous foute la paix ! Qu’on nous laisse vivre», a lancé à la foule le patron des chasseurs Willy Schraen, appelant à la création d’un grand ministère de la Ruralité, «pour s’y sentir enfin chez nous».

2022 : L’écologiste Antoine Waechter aussi candidat

2022 : L’écologiste Antoine Waechter aussi candidat

Antoine Waechter, candidat en 1988,  se présentera en 2022 à l’élection présidentielle soutenu par leMouvement écologiste indépendant (MEI). Une candidature indépendante qui veut se démarquer d’Europe écologie les Verts très à gauche voire à l’extrême gauche.

«Constatant le caractère utopique de rassembler les écologistes», Antoine Waechter, l’un des fondateurs du mouvement écologiste en France, souhaite par sa candidature «affirmer beaucoup plus fortement ce qui fait l’identité de la pensée écologiste elle-même, au-delà de la droite et de la gauche». «Malgré la poussée de la sensibilité écologiste dans l’opinion, une bonne partie de ce public n’ira pas voter pour un candidat Vert, tout simplement parce qu’un certain nombre d’éléments le bloquent, en particulier cette volonté (d’EELV) de se positionner dans le paysage politique de gauche», estime Antoine Waechter.

Vaccin Covid: En Afrique, des antivax aussi

Vaccin Covid: En Afrique, des antivax aussi

Collectif

Faute de doses en nombre suffisant malgré les promesses des pays riches, le taux de vaccination anti-Covid est très faible en Afrique. Mais c’est aussi à cause des grandes réticences des populations, relèvent, dans une tribune au « Monde », trois sociologues.(extrait)

 

Tribune.

Depuis l’apparition du Covid-19, on observe partout dans le monde des contestations des mesures prises par les autorités gouvernementales. Les antivax du Sud diffèrent-ils de ceux du Nord ? Le taux de vaccination est certes fort contrasté entre le Nord (Europe ou Etats-Unis) au-dessus de 50 %, et l’Afrique en dessous de 10 %. Au Sénégal, il avoisine les 2 % tandis qu’au Cameroun seulement 0,3 % de la population serait complètement vaccinée.

« One World, One Health » (« un monde, une santé »), clame l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : le dispositif Covax qu’elle a mis sur pied promettait un large accès aux vaccins, à moindre prix, et la livraison de quelque 520 millions de doses d’ici à fin 2021. Début août, seulement 15 % ont été envoyées. La Chine a pris le relais, à sa façon : si le Cameroun a reçu 200 000 doses de Sinopharm gratuitement dès avril 2021, le Sénégal en a payé autant au prix fort (20 dollars l’unité, environ 16,85 euros), avant d’en recevoir 300 000 gracieusement… Les Etats-Unis ont commencé à livrer gratuitement cet été divers pays africains, peut-être inspirés par le « soft power » chinois ? « One Health, One Market » (« une santé, un marché »)…

 

Une forte résistance des populations a accru les effets de ce trafic d’influence sur la vaccination. Au Sénégal, les populations, sceptiques quant à l’existence de la maladie, refusèrent les mesures de confinement au début. Puis, leur défiance à l’encontre des autorités a nourri un sentiment collectif d’aversion pour le vaccin.

Malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités politiques et religieuses, des vaccins déjà acheminés dans les établissements publics de santé ont été rendus au ministère faute de preneurs. Les hésitations ont aussi été alimentées par les retours d’expérience des primovaccinés. Les personnes atteintes de céphalées, de lourdeur du bras, de vomissements, de diarrhée, etc. ont investi l’espace public, virtuel et physique, pour témoigner de leurs mésaventures.

Les frais des effets secondaires ne sont pas pris en charge par l’hôpital et les interrogations et inquiétudes soulevées par les antivaccins ne sont que frileusement dissipées par les autorités sanitaires, qui les considèrent comme des rumeurs infondées et préfèrent accentuer leur communication sur les statistiques (nombre de cas et de décès enregistrés, nombre d’admis aux urgences, nombre de vaccinés, etc.).

2022 : Montebourg aussi candidat à la présidentielle

2022 : Montebourg aussi candidat à la présidentielle

 

 

L’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg a officialisé samedi sa candidature à l’élection présidentielle de 2022 en France. L’intéressé ne fait aucune référence au parti socialiste qui de son côté présentera un candidat désigné par les militants.

Pour lui, sa candidature vise à empêcher un « duel mortifère Macron/Le Pen », il faut à la gauche « penser aux classes populaires et moyennes qui ont fait l’élection présidentielle: Chirac avec la « fracture sociale », Sarkozy avec le « travailler plus pour gagner plus », Hollande avec « mon ennemie la finance », Macron avec sa fausse révolution qui s’est transformée en restauration ». À propos de Mélenchon, il déclare

« A force de creuser des tranchées sectaires autour de lui, il ne peut pas rassembler (…). Jean-Luc Mélenchon ne sera pas président de la République, tout le monde le sait »,

Covid Norvège : vaccination aussi pour les enfants de 12- 15 ans

Covid Norvège : vaccination aussi pour les enfants de 12 – 15 ans

 

Comme dans d’autres pays la vaccination des enfants est engagée en Norvège.

La Norvège a de nouveau différé jeudi la levée totale de ses restrictions sanitaires, sur fond de nombre record de nouveaux cas de Covid-19 ces derniers jours, et a étendu l’offre de vaccins aux 12-15 ans.

 

Covid France : stabilisation aussi chez les hospitalisés

Covid France : stabilisation aussi chez les hospitalisés

La pression sur l’hôpital en raison de l’épidémie de Covid-19 n’augmente plus, avec des indicateurs toujours stables depuis plusieurs jours, selon les données sanitaires publiées lundi.

Les unités de soins intensifs, qui accueillent les malades atteints des formes les plus graves du Covid-19, traitent 2290 patients. Cela fait sept jours consécutifs maintenant que ce nombre oscille entre 2200 et 2300, après une hausse entre fin juillet et mi-août correspondant à la «quatrième vague» de l’épidémie en France. Le nombre de patients hospitalisés évolue peu également (11.245 ce lundi contre 11.007 lundi dernier). Mais la situation est toujours délicate en Outremer. Ainsi, sur les 98 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, 14 sont répertoriés en Martinique.

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 48.503.887 personnes ont reçu au moins une injection (soit 71,9% de la population totale) et 43.907.123 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet (soit 65,1% de la population totale). Le seuil des 50 millions de primo-vaccinés devrait être atteint début septembre, quelques jours après l’objectif annoncé du gouvernement.

 

La Chine aussi menacée par une pénurie de main-d’œuvre

La Chine aussi menacée par une pénurie de main-d’œuvre

Un article du Wall Street Journal met l’accent sur la pénurie de main-d’œuvre qui se profile en Chine.

 

 

Une pénurie de main-d’œuvre se profile dans toute la Chine car les jeunes se détournent des emplois industriels et de plus en plus de travailleurs migrants restent chez eux, ce qui laisse présager des difficultés à venir avec la montée du vieillissement et la diminution de la population active.

Les propriétaires d’usines chinoises affirment avoir du mal à trouver des employés dans tous les domaines, que ce soit la fabrication de sacs à main ou celle de cosmétiques, alors que la demande mondiale de produits chinois ne cesse d’augmenter cette année.

Certains travailleurs migrants craignent de contracter le Covid-19 dans les villes ou les usines, malgré le nombre réduit de contaminations en Chine. D’autres jeunes s’orientent vers des emplois du secteur des services, mieux payés ou moins pénibles.

Cette tendance au déséquilibre entre emploi et main-d’œuvre trouve un écho aux Etats-Unis, où certains employeurs ont du mal à recruter suffisamment de salariés, alors que des millions de personnes qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie restent au chômage.

Mais le problème de la Chine reflète aussi des évolutions démographiques de long terme — notamment un réservoir de main-d’œuvre qui s’amenuise —, héritage de la politique de l’enfant unique appliqué pendant des dizaines d’années dans le pays et officiellement abandonnée en 2016.

Ces tendances représentent une menace sérieuse pour les perspectives de croissance à long terme du pays. La Chine n’en aura que plus de mal à fournir des produits manufacturés bon marché au reste du monde, ce qui pourrait ajouter aux pressions inflationnistes mondiales.

« Cela fait bien longtemps que la Chine a épuisé son dividende démographique » expose Shuang Ding, économiste à la Standard Chartered Bank de Hong Kong.

Yan Zhiqiao, qui gère une usine de cosmétiques d’une cinquantaine d’ouvriers à Guangzhou, au sud du pays, n’a pas pu intensifier sa production cette année malgré une augmentation de la demande, principalement parce que son usine a le plus grand mal à recruter et à garder des employés, tout particulièrement lorsqu’ils ont moins de 40 ans.

Son usine propose une rémunération équivalente à 3,90 dollars de l’heure, ce qui est au-dessus du marché, plus les repas et l’hébergement gratuits. Les jeunes recrues ont pourtant été peu nombreuses à se présenter.

Il explique qu’il ne peut se permettre de gonfler les salaires en grande partie car les prix des matières premières ont augmenté cette année. L’autre option consisterait à répercuter cette hausse sur les acheteurs étrangers, s’ils l’acceptaient.

« Par rapport à notre génération, l’attitude des jeunes vis-à-vis du travail a changé. Ils peuvent demander de l’aide à leurs parents et ils n’ont pas beaucoup de pression pour joindre les deux bouts » 

« Par rapport à notre génération, l’attitude des jeunes vis-à-vis du travail a changé. Ils peuvent demander de l’aide à leurs parents et ils n’ont pas beaucoup de pression pour joindre les deux bouts, estime M. Yan, 41 ans. Beaucoup d’entre eux ne sont pas venus à l’usine pour travailler mais pour chercher des petits copains ou des petites copines. »

La pénurie de main-d’œuvre industrielle en Chine intervient au moment même où une autre partie de son économie fait face au problème inverse : il y a trop de main-d’œuvre pour les emplois de cols blancs. Plus de 9 millions d’étudiants chinois, un record, sortent diplômés de l’université cette année, ce qui aggrave le déséquilibre structurel du marché du travail, affirment les économistes.

Tandis que le taux de chômage urbain global en Chine est tombé de 5,7 % en juillet dernier à 5,1 % cette année, au sein de la tranche d’âge des 16-24 ans il s’élevait à 16,2 % le mois dernier, ce qui est néanmoins plus bas que le record absolu de l’année précédente : 16,8 % en juillet 2020.

Les récentes mesures prises à l’encontre du secteur des cours privés, visant à réduire les coûts de l’éducation pour les parents, risquent de faire flamber le taux de chômage des jeunes. Selon MyCOS, cabinet de conseil spécialisé en éducation, en 2019 le secteur a absorbé davantage de diplômés de l’université que tout autre.

Pour les propriétaires d’usines, cependant, ces tendances ne représentent qu’une piètre consolation. Le déclin du nombre d’ouvriers a obligé nombre d’entre eux à offrir des primes ou à donner un coup de pouce aux salaires, érodant d’autant des marges déjà sous pression à cause de l’augmentation des prix des matières premières et du transport.

Foxconn Technology Group, ex-Hon Hai Precision Industry Co. et l’un des plus gros fournisseurs d’Apple, a fait passer les primes des nouvelles recrues d’une de ses usines de Zhengzhou à 9 000 yuans — soit environ 1 388 dollars —, voire davantage, pour ceux qui acceptent de travailler 90 jours consécutifs, à en croire une annonce publiée par un département commercial de Foxconn sur WeChat. Foxconn n’a pas répondu à nos sollicitations.

Le variant delta balayant d’autres pays asiatiques, certaines usines chinoises ont vu leurs carnets de commandes se remplir à grande vitesse à mesure que les acheteurs se détournaient de leurs anciens fournisseurs, raconte David Li, secrétaire général de l’Asia Footwear Association de Dongguan. Ce qui incite certaines entreprises cherchant désespérément de nouveaux salariés à proposer des salaires plus élevés, ajoute-t-il.

« De nombreux propriétaires d’usines sont désormais en plein dilemme. Ils ne savent pas s’ils vont pouvoir faire des bénéfices en acceptant de nouvelles commandes, dit-il. Leur plus gros souci est de trouver des ouvriers. »

La semaine dernière, le Premier Ministre chinois Li Keqiang a annoncé que le pays continuerait de faire face « à une pression relativement importante sur le marché du travail » d’ici à 2025 et s’est engagé à davantage soutenir les secteurs à fort besoin de main-d’œuvre, notamment sous la forme de formations professionnelles supplémentaires.

La population active de la Chine, qui regroupe les individus âgés de 15 à 59 ans, est tombée à 894 millions l’année dernière, ce qui représente 63 % de la population totale. Ce chiffre était de 939 millions en 2010, soit 70 % de la population totale de l’époque, selon les chiffres du recensement national conduit une fois tous les dix ans.

Selon les estimations officielles, la population active chinoise devrait perdre 35 millions de personnes au cours des cinq prochaines années.

Pour les économistes, les récentes incitations du président Xi Jinping visant à revigorer les zones rurales en dirigeant davantage d’investissements vers les provinces de l’intérieur du pays ont pu contribuer aux difficultés des usines en permettant à de nombreux travailleurs qui autrefois parcouraient de grandes distances pour trouver du travail dans les grandes villes de gagner leur vie plus près de chez eux.

En 2020, le nombre de Chinois ruraux classés dans la catégorie des travailleurs migrants a chuté pour la première fois en dix ans, et ce de plus de 5 millions, pour atteindre 285,6 millions de personnes, indiquent les données du bureau chinois des statistiques, car davantage de travailleurs sont restés dans leur ville natale ou ont cherché des emplois à proximité. Beaucoup l’ont fait parce qu’ils avaient peur de contracter le Covid-19 dans les grandes villes et ils n’y sont toujours pas retournés, déplorent les industriels.

A Guangzhou, près d’un tiers de la grosse centaine d’ouvriers de l’usine BSK Fashion Bags n’est pas revenu après le nouvel an chinois, en février dernier, ce qui représente un taux de rotation supérieur aux 20 % habituels, affirme Jeroen Herms, co-fondateur de l’entreprise.

« On ne trouve quasiment pas de travailleurs parce que beaucoup d’entre eux ne partent plus de chez eux. Le Covid a accéléré la tendance », regrette M. Herms, un Néerlandais qui a fondé l’usine de sacs à main en 2011.

« Les jeunes ne veulent plus accepter n’importe quel emploi difficile. Ils attendent beaucoup plus de leur travail  » 

L’âge moyen des salariés est monté à au moins 35 ans, alors qu’il était de 28 ans il y a dix ans, complète-t-il. Pour accroître la production, l’entreprise envisage d’implanter une nouvelle usine dans la province centrale du Henan, grande source de travailleurs migrants. Elle investit également davantage dans l’automatisation.

En 2020, plus de la moitié des travailleurs migrants chinois avaient plus de 41 ans. Le pourcentage de travailleurs migrants de moins de 30 ans a régulièrement décliné, passant de 46 % en 2008 à 23 % en 2020, selon les données de Wind.

De plus en plus de jeunes considérant le travail en usine comme trop pénible, le secteur des services est devenu la source d’emploi la plus populaire auprès des travailleurs migrants en 2018, dépassant les emplois industriels et du bâtiment, révèle une enquête annuelle sur les travailleurs migrants réalisée par le bureau chinois des statistiques.

« Les jeunes ne veulent plus accepter n’importe quel emploi difficile. Ils attendent beaucoup plus de leur travail, et ils peuvent se permettre d’attendre plus longtemps d’en trouver un », relate M. Ding, l’économiste de Standard Chartered.

Pendant six ans, jusqu’à début 2020, Wang Liyou est passé d’un travail en usine à l’autre dans la ville méridionale de Dongguan.

Bien que les salaires aient augmenté et que les propositions d’emploi abondent dans les usines, il n’y est pas retourné après que la pandémie a été maîtrisée l’année dernière.

Au lieu de cela, lui et sa famille se sont installés à Pékin à la recherche d’emplois bien payés dans le secteur des services. Aujourd’hui, il est livreur pour des restaurants, ce qui lui permet de gagner environ 10 % de plus que son salaire mensuel à l’usine, qui atteignait pas loin de 1 000 dollars.

Son objectif est de finir par gagner plus de 1 500 dollars par mois, comme certains de ses amis, livreurs depuis des années.

« Je veux tenter le coup avant d’être trop vieux », explique M. Wang, 33 ans.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérengère Viennot)

François Baroin après avoir dit non à 2022 quitte aussi l’AMF

François Baroin après avoir dit non à 2022 quitte aussi l’AMF

 

Une très mauvaise nouvelle pour la droite qui se prive sans doute de la personnalité la plus compétente est la plus équilibrée. En effet François Baroin a longtemps représenté les espoirs des républicains dans la course aux présidentielles. Mais l’intéressé a plusieurs fois refusée de s’engager dans cette voie et le nonpour 2022 semble vraiment définitif.En outre il vient d’annoncer quitter la présidence de l’association des maires de France (AMF)

 

Contrairement à beaucoup d’autres, François Baroin tient toujours des propos mesurés et pertinents. En outre, il bénéficie d’une sérieuse expérience politique. Sans doute des conditions qui ne correspondent pas tout à fait à la demande politique d’aujourd’hui qui préfère l’aventure et  la démagogie. La discrétion et la compétence ne semble pas des critères déterminants aux yeux des Français qui préfèrent des grandes gueules quitte à se retourner contre elles quand elles accèdent au  pouvoir. C’est de cette manière qu’ont pu être élue par exemple Sarkozy, Chirac ou encore Macron .

 

Finalement peut-être que les Français choisissent un président qui leur ressemble fort en gueule mais faible en détermination et en action.

La monnaie : aussi un enjeu civique

La monnaie : aussi un enjeu civique

 

 

 

Par Patrice Baubeau, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières (*)

Un petit détour par l’histoire permet de replacer dans un cadre plus large la question des trois fonctions de la monnaie identifiées traditionnellement : étalon des valeurs, intermédiaire des échanges et réserve de valeur. Cette mise en perspective révèle ainsi une quatrième fonction fondamentale, l’identification, qui dénote l’origine commune, politique et sociale, du fait monétaire.

Les outils monétaires émergents, cryptomonnaies du type bitcoin, cryptomonnaies d’État, ou encore monnaies virtuelles utilisées dans les jeux vidéo, donnent un poids particulier à cette fonction d’identification et aux conséquences politiques et sociales qui y sont attachées.

La question de l’identification apparaît au côté des analyses de la monnaie par Aristote, dans Le Politique et L’Éthique à Nicomaque, ouvrages qui portent principalement sur la Cité, ses limites, son organisation, sa justice. Il développe ainsi, à la suite de Platon, une réflexion politique et citoyenne qui associe les limites de la Cité avec la naissance de la monnaie, dont l’usage dévoyé peut entrer en conflit avec les règles de la Cité idéale : en faisant primer le gain du commerce extérieur sur la solidarité des échanges intérieurs ; la valeur d’échange sur la valeur d’usage ; l’espace infini des désirs et des spéculations sur le domaine limité des besoins.

Bref une telle monnaie, dégagée de ses enjeux civiques, tend à devenir sa propre fin, alimentant inégalités et discordes au sein de la Cité. C’est pourquoi la monnaie, objet politique, est également un marqueur de citoyenneté : son usage insère l’usager dans une communauté politique, sociale et éthique et l’y identifie.

Cette fonction d’identification de la monnaie n’est pas demeurée l’apanage des Cités grecques : un caractère constant des monnaies est le souci des émetteurs – à moins qu’ils ne soient contrefacteurs – d’identifier leur origine, le plus souvent territoriale ou politique par des marques indiquant le lieu de production, l’émetteur ou la date.

La multiplication, depuis les années 1970, des monnaies sociales et complémentaires correspond d’ailleurs le plus souvent à un projet « territorial » consistant à constituer un espace monétaire solidaire et de petite taille. Ce faisant, l’usage de la monnaie peut devenir non seulement militant (économie durable, alternative, écologique…) mais appuyer ou manifester une identité – c’est notamment le cas de l’eusko basque.

Le cash n’est pas synonyme d’anonymat

Or cette quatrième fonction, cette fonction d’identification, est largement négligée en économie – les historiens et plus spécialement les numismates y sont au contraire très attentifs. Pourtant, sa prise en compte entraîne deux apports importants.

En premier lieu, elle renverse la perspective usuelle sur l’anonymat. L’anonymat n’apparaît plus comme une propriété du cash, mais devient l’une des modalités de l’identification par la monnaie, ce qui permet d’ailleurs une approche beaucoup plus graduée.

En effet, comme nous l’avions écrit dans un article de recherche en 2016, il n’y a pas « un » anonymat : l’anonymat est toujours, en fait, un anonymat à l’égard d’une personne ou d’une institution. Il est donc susceptible de configurations variées, lesquelles s’inscrivent, de ce fait, dans une fonction générale d’identification.

Ainsi, le paiement habituel en espèces auprès d’un commerçant que l’on connaît n’entraîne bien évidemment aucun anonymat du payeur à l’égard dudit commerçant. En revanche, il garantit l’anonymat des clients du commerçant à l’égard de son banquier ou de son percepteur.

De même, l’usage d’une carte de paiement sans contact aboutit à un anonymat presque entier du client envers le commerçant, le reçu de paiement ne comprenant aucun élément d’identité exploitable, mais identifie précisément le client auprès de la banque émettrice de la carte de paiement ou de celle tenant les comptes du commerçant.

De manière générale, un processus de « nationalisation » de la monnaie a fait progressivement coïncider les limites de l’État moderne et celles des espaces monétaires dont ces États sont devenus les maîtres.

Parallèlement, l’État assume une autre fonction cruciale pour le bon fonctionnement de la vie civique et sociale, au-delà des seuls systèmes de paiement : l’identification des personnes. Cette fonction s’est considérablement étoffée depuis le XIXe siècle avec le développement des diverses formes d’état civil et de sécurité sociale ainsi que l’essor du vote personnel.

En conséquence, dans un État de droit, non seulement les individus ont un droit à l’identité que l’État ne peut leur dénier, mais les modalités de l’identification relèvent du domaine de la loi, avec les garanties juridiques qui l’entourent.

Les innovations monétaires changent la donne

Aujourd’hui, les nouveautés monétaires viennent rappeler l’importance de cette quatrième fonction d’identification. Un premier modèle, déjà ancien, a consisté à délimiter des espaces virtuels au sein desquels des formes monétaires spécifiques sont employées : les plates-formes de « jeu » massivement multijoueurs prévoient généralement des techniques d’accumulation de symboles de richesse en vue d’attacher des objets, des services ou des compétences aux avatars.

Déjà, dans ce cas, l’étanchéité entre virtuel et réel est imparfaite, puisque des « fermes » de joueurs se sont développées en vue d’acquérir dans l’univers virtuel des objets ou des capacités ensuite revendues en monnaie réelle aux joueurs désireux de performance. Cela revient en quelque sorte à échanger, via des biens et services virtuels, une monnaie virtuelle contre une monnaie réelle.

Dans ce contexte, l’identification se déroule au sein de l’univers clos de la plate-forme considérée, puisque les « identités » des avatars sont entièrement contrôlées par le prestataire. Celui-ci détermine aussi les conditions d’émission et d’usage de « sa » monnaie. On retrouve, mais limité à un univers fermé et virtuel, le modèle de contrôle de la monnaie et des identités que réalisent les États territoriaux.

Le second modèle, beaucoup plus récent, découle de l’innovation représentée par la blockchain. Cette dernière inclut en son sein un dispositif d’identification qui permet de valider la transaction entre un vendeur et un acheteur et qui met l’enregistrement de cette validation à la disposition des autres participants au système de paiement.

D’un côté, l’identification des transactions rend indispensable l’identification des utilisateurs qui effectuent des échanges. Mais de l’autre, cette identité correspond à celle qui est déclarée au sein de l’espace monétaire virtuel, et non pas à une identité telle qu’elle est reconnue par un État. D’ailleurs, rien n’empêche un agent économique de se créer un avatar différent pour chacune des cryptomonnaies existantes, voire d’y associer des adresses IP (celles qui caractérisent les machines qui accèdent à Internet) différentes. Ce n’est pas un hasard si le bitcoin est rapidement devenu la devise préférée des cybercriminels

C’est ici que le projet de monnaie virtuelle diem (ex-libra) de Facebook prend tout son sens. Les usagers y ont une identité, garantie par la plate-forme et à laquelle, de plus en plus, des droits et des devoirs sont attachés, qui portent sur la liberté d’expression, l’intégrité du « profil », et même le destin post-mortem des comptes.

Facebook est donc en mesure d’identifier, très précisément, ses usagers. C’est d’ailleurs le cœur de son business model : vendre les caractéristiques individuelles de ces profils. Si une monnaie propre, ou presque, telle que le diem, est associée à l’écosystème Facebook, l’entreprise ou, plus sûrement, la constellation d’intérêts lucratifs dont Facebook est le cœur, sera en mesure de gérer simultanément des actifs monétaires propres et les preuves d’identité afférentes à leur usage.

 


La gestion de la monnaie par les États peut également conduire à des catastrophes telles que l’épisode hyperinflationniste allemand au début des années 1920. WikimediaCC BY-SA

Or, laisser la monnaie dans des mains entièrement privées n’est pas toujours une bonne idée, même si la gestion de la monnaie par les États a également abouti à des catastrophes, à l’image des épisodes hyperinflationnistes en Allemagne en 1923, en Hongrie en 1946 ou au Zimbabwe depuis l’an 2000. Laisser l’identification des êtres humains dans les mains privées est encore pire : que devient un être humain dont la seule preuve d’existence est un acte privé, éventuellement cessible et dont les tiers ne peuvent prendre connaissance ?

Ainsi, abandonner au plus offrant ces deux éléments clés de la construction de la Cité antique ou de l’État moderne que sont la monnaie et l’identité annonce le pire des mondes.

Des solutions existent, anciennes ou nouvelles. Les monnaies digitales de banque centrale (CBDC), à l’essai en Asie ou en Europe, en témoignent. Elles limitent le risque d’entraîner la substitution d’une forme lucrative d’identité à la forme civique dont nos droits dépendent, en soumettant le paiement à l’identification plutôt que l’inverse.

Dans un monde où l’émission d’actifs monétaires, la création d’identités et la gestion des profils correspondants ne sont plus du seul ressort des États, il devient en effet urgent de réfléchir à l’articulation de ces différentes dimensions afin de conserver les bénéfices des innovations suscitées par l’essor d’Internet sans y perdre nos droits, nos biens et nos êtres. Et donc de prendre en compte la quatrième fonction de la monnaie : l’identification.

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(*) Par Patrice Baubeau, Maître de conférence HDR, Histoire, histoire économique, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières.

Candidature Présidentielle: Montebourg, le bobo de gauche aussi !

Candidature Présidentielle: Montebourg, le bobo de gauche aussi ! 

 

Montebourg n’a pas peur du ridicule. Il a d’ailleurs montré lorsqu’il était ministre de l’économie, plus généreux en paroles en action. Cette fois le bobo de gauche, archétype du responsable du parti socialiste, se déclare candidat à la présidentielle de 2022. Et pour ajouter un peu plus au ridicule, Montebourg s’affranchit de la consultation socialiste. « L’état de la France, la violence des fractures, les dangers l’ont obligé à sortir de sa réserve. C’est quasiment une question morale pour lui », explique Laurence Rossignol. La sénatrice PS de l’Oise appartient au petit cercle des premiers soutiens d’Arnaud Montebourg. « Ce qui a consolidé sa décision cet été, ajoute-t-elle, c’est que les raisons pour lesquelles il était décidé à y aller sont toujours valides et que rien ni personne n’est parvenu à s’imposer ces derniers mois. » En l’état des sondages pourrait bien faire 2 ou  3 %. De quoi favoriser encore davantage l’éclatement ce qui reste de la gauche. Lors des derniers sondages ont donnait à l’écolo Jadot autour 10% des voix, à Anne Hidalgo 8% et Jean-Luc Mélenchon 7% et à Fabien Roussel du Parti communiste 2,5% à   »un candidat d’extrême gauche » 1,5% des voix.

Covid : tracer mais aussi vacciner

Covid : tracer mais aussi vacciner

Cécile Philippe, Institut économique Molinari estime dans une tribune à l’Opinion (extrait) qu’il faut combiner la stratégie de traçage et de vaccination.

 

Tribune

Face à la Covid-19, de très nombreux pays ont poursuivi une stratégie d’atténuation visant à freiner la circulation du virus pour retarder le moment où elle perturbe les hôpitaux avec un taux de remplissage cessant d’être acceptable. Le problème, c’est que le virus est si dynamique qu’il a tôt fait de bousculer radicalement la vie sociale, obligeant de recourir très régulièrement à des mesures de restriction plus ou moins dures. Il a ainsi fallu recourir à des confinements prolongés, imposer le télétravail, le port du masque à l’intérieur et en extérieur, fermer les bars et les restaurants, fermer les écoles, etc. L’arrivée du vaccin à ARN messager a outillé la stratégie d’un puissant booster permettant de reprendre en partie la main sur un virus qui défie régulièrement nos stratégies d’atténuation. De nouvelles mesures se sont ainsi imposées comme le vaccin obligatoire pour le personnel soignant, l’obligation d’un pass sanitaire ou d’un carnet vaccinal. On réalise néanmoins que cela ne suffira pas à nous éviter une 4e vague en France ou ailleurs. Le vaccin aussi puissant soit-il n’est finalement pas le Graal qu’on voulait qu’il soit. Il est incontournable face au variant Delta, mais il n’est pas suffisant comme le montrent les retours d’expérience israéliens. Il nous faut éliminer le virus à chaque fois qu’il réapparait. Les pays Zéro Covid l’ont compris depuis le début et l’ont fait avec une efficacité qui force l’admiration.

Les pays dits Zéro Covid ne laissent pas circuler la Covid-19. Ils n’ont de cesse d’identifier tous les cas. Chacun d’entre eux est investigué, tracé, isolé, traité, tandis que la vie se poursuit normalement tant que ce processus n’est pas perturbé. Ce sont ainsi 67% des Néozélandais qui disent ne pas avoir vu leur vie modifiée ou très peu par la Covid contre seulement 39% des Français. La stratégie Zéro Covid impose de ne jamais perdre la main sur le nombre de cas, de sorte que le traçage reste possible. Déployée en Australie, en Chine, en Nouvelle-Zélande, au Vietnam, elle s’en rapproche en Corée du Sud, grâce à un déploiement technologique très performant. Les résultats économiques et sanitaires de ces pays sont sans ambigüité. Ils surperforment. Ils font néanmoins face à de puissantes externalités négatives en provenance de nos pays, véritables usines à variants, si bien que la stratégie Zéro Covid est régulièrement mise à mal par l’arrivée de nouveaux cas sur leur territoire. L’Australie fait actuellement face à un confinement long de Sydney à cause de Delta. Ce variant trouve en Australie une population protégée par la stratégie Zéro Covid mais peu immunisée par les vaccins. Les populations Zéro Covid vont avoir besoin des vaccins rapidement pour continuer de bénéficier à plus long terme de leur investissement initial.

Il est indispensable de protéger, à l’inverse, notre investissement vaccinal en l’accompagnant d’une élimination radicale du virus. En joignant la stratégie vaccinale à la stratégie Zéro Covid, nous nous donnerions réellement l’opportunité de mettre fin à cette épidémie meurtrière et liberticide. Cela ne voudra aucunement dire qu’il sera possible de baisser totalement la garde, mais cela signifie que nous pouvons investir dans une stratégie qui est la mieux à même de préserver nos libertés, nos économies et nos populations. Ce couplage Zéro Covid et vaccins est la démarche la plus décente. Elle nous évite de multiplier les situations inacceptables comme celles où nous exposons ou isolons nos aînés, ne protégeons pas bien nos enfants dans les écoles ou mettons à l’index tous ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se faire vacciner.

Covid la Réunion : un confinement aussi

Covid la Réunion : un confinement aussi

Comme dans d’autres régions d’outre-mer le confinement s’installe aussi à la Réunion. »De 5 heures à 18 heures, les déplacements sont limités à un rayon de 10 km autour de son domicile du lundi au samedi » et ce rayon est  »abaissé à 5 km le dimanche », a précisé le préfet lors d’une conférence de presse, soulignant que les Réunionnais pourront uniquement « aller et venir, dans un rayon de 10 km, dans les magasins » où le masque doit être porté en continu. Pour se déplacer,  »il faudra se munir d’un justificatif de domicile et de sa pièce d’identité« . Au-delà de ce rayon, il faudra  »une attestation de motif impérieux ».

« Pendant les 15 prochains jours, seuls les établissements recevant du public dans lesquels le masque ne peut pas être porté en continu seront fermés », a ajouté le préfet, citant les restaurants, les bars, les salles de sport, les lieux couverts d’activité sportive, et ce,  »jusqu’à l’application de la prochaine loi sur le pass sanitaire ». Les regroupements dans l’espace public restent limités à six personnes et les pique-niques seront interdits.

L’abstention aussi aux élections syndicales

L’abstention aussi aux élections syndicales

 

A l’instar des scrutins politiques, ceux professionnels sont touchés par la désertion des urnes, sans que cela soit réellement su et commenté. Pourquoi taire cette désaffection inhérente à la complexité excessive du système électoral et aux changements profonds du syndicalisme ?, s’interrogent, dans une tribune au « Monde », Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, politistes.

 

Tribune.

La chute de la participation aux élections régionales et départementales questionne aussi d’autres procédures électorales, particulièrement les élections professionnelles, censées fonder notre « démocratie sociale ». Là aussi, la désertion des urnes par les électeurs est devenue la caractéristique majeure sans que cela soulève beaucoup d’interrogations.

Depuis une réforme de 2008 – voulue par la CGT, la CFDT, la CPME et le Medef –, la participation des syndicats à de nombreux rouages au sein des entreprises ou d’institutions les plus diverses – Sécurité sociale, caisses de retraite, assurance-chômage, conseils de prud’hommes, conseils économiques, sociaux et environnementaux… – se fonde sur leurs résultats aux élections professionnelles.


Un seuil de 8 % des suffrages exprimés sélectionne les confédérations syndicales qui, avec les organisations d’employeurs, contribuent à l’élaboration des politiques publiques dans le domaine social au sens large et qui sont les interlocutrices régulières des plus hautes instances de l’Etat.

Les élections professionnelles ne sont donc pas moins importantes que les élections politiques. Elles contribuent – au moins en théorie – à la régulation sociale dans bien des secteurs et à la légitimation des acteurs de la démocratie sociale. De leurs résultats dépendent bien des choix collectifs : salaires, allocations-chômage, pensions de retraite, assurance-maladie, règlement de contentieux divers…

Pourtant, les résultats de ces élections ne sont guère commentés ni même connus. Le mode de production de la « mesure d’audience des syndicats » – selon sa dénomination officielle – est des plus étranges. Elle est publiée tous les quatre ans et cumule les résultats de trois types de scrutin, très différents, tant dans leur organisation que dans leurs enjeux.

 

D’abord, les élections désignant les institutions représentatives du personnel dans les entreprises d’au moins 11 salariés. Les syndicats ne présentent pas de candidats dans toutes ces entreprises, de sorte que, contrairement au présupposé de la mesure d’audience et des commentaires auxquels elle donne lieu, la plupart de ces électeurs n’ont pas en main les bulletins de toutes les organisations, et les possibilités de choix varient d’un établissement à l’autre. Seuls 15 % d’entre eux ont le choix entre au moins trois listes.

La mesure d’audience laisse de côté les établissements où le premier tour de scrutin n’a pu se tenir faute de candidats syndiqués. En 2013-2016, cela concernait près de 10 % du corps électoral total. Enfin, le décompte oublie que, lors du premier tour, dans plus de quatre scrutins sur dix, la majorité des inscrits n’ont pas voté. Dès lors, un second tour a été nécessaire dont les résultats ne sont pas pris en compte dans la mesure d’audience.

 

 

RETRAITES: un référendum aussi ?

RETRAITES: un référendum aussi ?

 

 

Finalement on se demande bien à quoi sert le système politique si sur chaque question un peu stratégique le pouvoir dissimule sa peur de débattre et de trancher derrière un référendum. On aura d’ailleurs remarqué que la plupart des organisations politiques proposent un référendum sur tel ou tel sujet histoire sans doute de sacrifier quand même un peu au rituel démocratique.

Le problème c’est que le référendum ne constitue pas un outil démocratique idéal. La première raison c’est souvent que la question est posée de façon simpliste et qu’on ne peut répondre que par oui ou par non. Alors que le problème évoqué est souvent complexe et appelle une réponse un peu plus élaborée. La seconde raison c’est que ce référendum est souvent très politisé et donne l’occasion en fait un corps électoral mécontent du système politique d’exprimer surtout une opposition qui n’a pas forcément à voir avec l’objet de la question posée.

Pour les retraites on voit mal quel type de question pour être posé. Pour ou contre les retraites ? Pour ou contre la réforme des retraites ? Autant de questions un peu ésotériques, en tout cas à côté de la plaque car c’est le contenu importe c’est-à-dire les modalités d’accès à la retraite, son montant et son financement. Des questions qui ne peuvent être résolues seulement par un oui ou par un non.

Bayrou chargé du plan tombe aussi dans simplisme en proposant l’organisation d’un référendum sur le sujet. Or s’il y a bien un lieu où il ne faut pas tomber dans la simplification c’est  dans le cadre du plan dont l’objet est de prendre à la fois de la hauteur et de la distance pour éclairer les politiques. De ce point de vue dans ce cas précis, Bayrou tombe dans le piège de la paresse et de l’hypocrisie du système politique qui recule de plus en plus devant les grands enjeux. Et pourquoi pas aussi une Convention citoyenne des retraites !!!

 

 

Affaire Mila : La conséquence aussi de la bêtise ordinaire

Affaire Mila : La conséquence aussi de la bêtise ordinaire

 

Au fondement de « l’affaire » Mila se trouve le refus de distinguer entre préjudice (direct) et offense (indirecte), mais aussi entre les êtres humains et les figures non humaines, écrit le sociologue Smaïn Laacher dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

On a beaucoup dit, lors du procès des harceleurs de Mila, que nous étions en présence d’un « procès hors norme ». Quantitativement, cela ne fait aucun doute : une vidéo vue environ 35 millions de fois, des centaines de milliers de messages adressés à une seule personne. Et, pour la première fois, dix hommes et trois femmes entre 18 et 28 ans sur le banc des prévenus pour harcèlement et menaces de mort [onze ont été condamnés à des peines allant de quatre à six mois de prison avec sursis mercredi 7 juillet par le tribunal de Paris].

En face, une seule personne, Mila, devenue, malgré elle, une sorte de « chose publique » ; seulement un prénom (même pas un nom de famille) qui suscite exclusivement haine ou soutien, ce dernier se faisant rare publiquement, en particulier venant d’associations féministes et LGBT. Bien entendu, puisqu’il s’agit des réseaux sociaux, dans ce procès comme ailleurs, on s’est empressé d’opérer une distinction entre la « virtualité » et la « réalité », atténuant du même coup le mobile, l’intention et les conséquences. Tous les prévenus ont expliqué leur geste, non à l’aide de ces trois catégories d’intelligibilité, mais par une subite « émotion » leur interdisant tout début de réflexion : « j’ai tweeté à chaud », « j’ai tweeté pour rigoler », « je me suis senti choqué », etc.

 

Le rapport pratique à Twitter des treize prévenus s’inscrit dans une routine, une sorte de préréflexion. La moindre délibération intérieure est inexistante ; leur réaction se réduit à une série de microdécisions sans hésitation ; c’est « liker » ou répondre à la « communauté », comme disent les twittos, ou s’adresser directement à Mila. Comme si le champ de vision se limitait à quelques mots et à un écran, avec un espoir à peine dissimulé d’accès à la lumière et à la célébrité.

 

Ces treize jeunes sont tous issus de milieux populaires, peu ou pas diplômés, certains ayant même été harcelés pendant leur scolarité, faiblement socialisés, majoritairement athées (ou se qualifiant comme tel), et aucun d’entre eux n’est converti à l’islam. Dans ce cas précis, leur « solidarité » avec les musulmans indignés n’est pas une fraternité entre dévots mais le produit d’une affinité sociale avec des jeunes du même âge partageant les mêmes conditions d’existence et le même rapport approximatif à l’islam comme culture et identité. Contrairement à leur affirmation sur la théorie de la « réaction à chaud », ils procédaient, dans une très large mesure, dans une « improvisation réglée » permettant ainsi de faire l’économie, parce que ni possible ni nécessaire, d’une réflexion élémentaire sur leur geste et ses conséquences.

Revitaliser la démocratie mais aussi l’économie des territoires

Revitaliser la démocratie mais aussi l’économie des territoires

 

A l’heure où le « gouffre démocratique » entre citoyens et élus se creuse davantage, l’association d’édiles appelle, dans une tribune au « Monde », à replacer les élus locaux au cœur des prises de décision.

 

Tribune.

 

 Il est des réformes qui peinent à voir le jour. Dans un vieil Etat jacobin comme le nôtre, celles ayant trait à la décentralisation sont généralement de celles-là. C’est donc avec un intérêt du meilleur aloi que nous avons accueilli le projet de loi du gouvernement dit « 3 DS » [anciennement « 4 D »] – pour différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l’action publique locale –, produit de la ténacité, voire de l’obstination, de la ministre chargée de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Une ambition : tirer les leçons de la crise sanitaire en confortant le rôle des élus locaux et en améliorant la collaboration avec les services déconcentrés de l’Etat. Bref, une nouvelle étape de la décentralisation.


Las, il y a loin de la coupe aux lèvres. Certes, nous ne demandions pas un grand soir de la décentralisation – voilà bientôt quarante ans, depuis les lois Defferre, que se multiplient les textes et que se complexifie inéluctablement le trop fameux millefeuille territorial. Non, les collectivités ont besoin de stabilité. Mais si nous ne préconisons pas le grand soir, ce n’est pas pour accepter de nous acheminer à bas bruit vers un petit matin morne, le jaune encore au coin de l’œil.

Alors, que reproche-t-on à ce texte qui vient d’être déposé pour examen au Sénat ? Tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. Ainsi, l’initiative visant à encourager les nouvelles formes de participation à la vie politique locale, grâce à l’abaissement des seuils pour faciliter la saisie directe par les citoyens de la collectivité de toute affaire relevant de sa compétence, est à saluer, dans une période où se fait entendre de plus en plus bruyamment la grève des isoloirs. Certaines compétences des collectivités sont par ailleurs renforcées dans les domaines les plus variés : l’environnement, le logement, ou encore la mobilité.

Mais toutes ces avancées, certes bienvenues, font l’impasse sur les dix-huit derniers mois : dix-huit mois de crise au cours desquels les maires ont été en première ligne ; dix-huit mois qui ont vu les maires déployer des trésors d’ingéniosité et d’inventivité pour relever les défis inédits d’ordre sanitaire, économique ou social qui se présentaient à eux ; dix-huit mois enfin au cours desquels les maires ont dû batailler contre les pesanteurs d’un appareil d’Etat hypercentralisé et bureaucratique, le fonctionnement des agences régionales de santé en étant l’exemple le plus frappant.

Présidentielle 2022 : Delphine Batho aussi candidate

Présidentielle 2022 : Delphine Batho aussi  candidate

 

Et une de plus chez les verts avec Delphine Batho qui sera également candidate à la candidature pour 2022. Celle qui a navigué entre les différents courants écologistes et socialistes s’invite donc à la compétition.

Avec en plus une orientation particulièrement confuse et contradictoire: proposer «une autre écologie»«Il faut que les écologistes soient en capacité de prendre rapidement les responsabilités. À mes yeux, cela implique une autre écologie qui s’adresse à toutes et à tous, qui assume sa dimension régalienne et républicaine, qui assume la décroissance, et qui est indépendante par rapport aux anciens clivages partisans», a soutenu l’ancienne ministre de l’Environnement de François Hollande (2012-2013). Bref une écologie un peu verte, un peu rose, un peu flanc rouge, un peu anar et démago.

«Je m’en fous de savoir le parcours des électeurs et des électrices. S’ils sont pour le climat, s’ils sont pour la biodiversité, s’ils sont contre le consumérisme, contre les pesticides, ils ont vocation à voter pour les écologistes et à être les bienvenus», a-t-elle lancé.

Cinq écologistes sont désormais candidats à la primaire des Verts. En plus de Delphine Batho figurent l’ex-porte-parole d’EELV Sandrine Rousseau, le maire EELV de Grenoble Éric Piolle, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, et le président de Cap Écologie Jean-Marc Governatori.

Culture «woke»Universités: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi aussi toutes les lettres et les sciences

Culture «woke»Universités: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi aussi toutes les lettres et les sciences

 

La culture Woke ou Cancel  culture qui vise à déconstruire ce qui nous a précédé- à la méthode maoïste bien connue -devrait aller beaucoup plus loin que ce qui est envisagé à l’université de Colombia aux États-Unis. En effet dans cette université on propose tout simplement de supprimer l’étude du latin et du grec au motif de leurs dimensions racistes et misogynes.

 

De la même manière , il faudrait évidemment supprimer la totalité de l’histoire et de la géographie qui rendent compte aussi des discriminations sociétales . Les mathématiques elles-aussi ont été mises au service d’inventions scientifiques qui ont participé à des drames dont certaines dimensions sont également sociales et sociétales.

La science en général , globalement neutre évidemment, sert le progrès mais est également utilisée  contre certaines sociétés, certaines catégories, certaines origines. Dès lors,  pourquoi ne pas chasser de l’université la totalité des sciences en France y compris;  alors on pourrait s’adonner exclusivement aux matières islamogauchistes et de contre-culture Woke. Cela n’affecterait pas totalement la qualité des diplômes décernés car nombre de Masters par exemple dans certaines disciplines sont distribués comme des petits pains et servent surtout à nourrir les effectif des futurs fonctionnaires.

Nouvelles technologies-Pour une approche philosophique aussi de l’intelligence artificielle

Nouvelles technologies- Pour une approche philosophique aussi de  l’intelligence artificielle

Le philosophe Martin Gibert considère nécessaire d’insuffler une morale aux robots, chatbots et autres machines. Et suggère d’entraîner leurs algorithmes d’apprentissage à partir des avis et des comportements d’humains vertueux.

 

Martin Gibert est philosophe et chercheur à l’université de Montréal, affilié au Centre de recherche en éthique et à l’Institut de valorisation des données. En 2015, il appliquait les théories morales classiques au véganisme dans Voir son steak comme un animal mort (Lux Editeur). Il vient de faire de même, sur le terrain plus artificiel des robots, machines et autres algorithmes, dans Faire la morale aux robots (Flammarion, 168 p., 17 €).

Pourquoi un philosophe s’occupe-t-il des dispositifs d’intelligence artificielle (IA) tels que les voitures autonomes, les chatbots ou les systèmes de recommandation en ligne ?

Le moment est vraiment passionnant pour un philosophe car nous pouvons nous poser sur ces dispositifs des questions à la fois inédites et très fondamentales. Et, en plus, c’est très concret, avec des applications immédiates et urgentes. Prenons le cas célèbre du dilemme du tramway, posé par Philippa Foot en 1967 : actionne-t-on un aiguillage pour éviter que le véhicule percute cinq travailleurs si, sur l’autre voie, se trouve une seule personne ?

Jusqu’aux avancées récentes de l’IA, il faut bien dire que les philosophes réfléchissaient aux réponses, mais leurs réponses ne prêtaient pas à conséquence. Désormais, leur avis compte. Nous devons dire quelque chose aux programmeurs dont les algorithmes feront le choix fatal ! L’IA nous oblige à prendre des décisions sur ce qui est bien ou mal, et ce n’est plus une simple expérience de pensée.

Pour y voir clair sur ce qu’il s’agit de faire, il faut ordonner un peu différents domaines en éthique appliquée. Par ordre de généralité, on a d’abord l’éthique de la technique, dans laquelle on va mettre aussi bien les tournevis que les centrales nucléaires. A un deuxième niveau, l’éthique de l’IA pose des questions comme l’impact de ces systèmes sur la société ou l’environnement, ou encore sur d’éventuels droits des robots.

L’éthique des algorithmes qui m’intéresse dans le livre se situe à un troisième niveau, plus spécifique. Comment programmer une machine, un algorithme, un agent moral artificiel pour qu’il se comporte « bien » ? Cela oblige à rentrer dans les détails et, bien sûr, cela n’empêche pas de s’interroger sur l’échelon supérieur : collectivement, a-t-on vraiment besoin de tel ou tel robot ?

 

C’est d’autant plus intéressant et nécessaire que les algorithmes ont des effets sur la vie des gens. Dans le cas d’une voiture autonome confrontée au dilemme du tramway, c’est évident, mais ce seront des décisions très rares à prendre. En revanche, un algorithme de recommandations de YouTube ou Facebook peut avoir des conséquences massives sur la circulation des informations. Plus on développe de nouveaux pouvoirs, plus on a de responsabilité morale. Même derrière un chatbot, il y a des enjeux moraux sérieux.

Société -Culture «woke»: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi l’étude des mathématiques, des lettres, de l’histoire, de la géographie et des sciences en général.

Société -Culture «woke»: oui il faut chasser le grec, le latin des universités mais aussi l’étude des mathématiques, des lettres, de l’histoire, de la géographie et des sciences en général.

La culture Woke ou Cancel  culture qui vise à déconstruire ce qui nous a précédé- à la méthode maoïste bien connue -devrait aller beaucoup plus loin que ce qui est envisagé à l’université de Colombia aux États-Unis. En effet dans cette université on propose tout simplement de supprimer l’étude du latin et du grec au motif de leurs dimensions racistes et misogynes.

 

De la même manière , il faudrait évidemment supprimer la totalité de l’histoire et de la géographie qui rendent compte aussi des discriminations sociétales . Les mathématiques elles-aussi ont été mises au service d’inventions scientifiques qui ont participé à des drames dont certaines dimensions sont également sociales et sociétales.

La science en général , globalement neutre évidemment, sert le progrès mais est également utilisée  contre certaines sociétés, certaines catégories, certaines origines. Dès lors,  pourquoi ne pas chasser de l’université la totalité des sciences en France y compris;  alors on pourrait s’adonner exclusivement aux matières islamogauchistes et de contre-culture Woke. Cela n’affecterait pas totalement la qualité des diplômes décernés car nombre de Masters par exemple dans certaines disciplines sont distribués comme des petits pains et servent surtout à nourrir les effectif des futurs fonctionnaires.

 

 

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