Archive pour le Tag 'coût'

Climat : « le coût social d’une économie sobre en carbone »

Climat : « le coût social d’une économie sobre en carbone » 

L’économiste Aurélie Méjean considère, dans une tribune au « Monde », qu’il convient de compenser les effets négatifs d’une taxation des émissions de CO2 sur les faibles revenus.

Tribune. Depuis la fin des années 1980, les inégalités mondiales décroissent. Cette tendance est cependant susceptible d’être inversée si l’objectif fixé par l’Accord de Paris d’une limitation du réchauffement en deçà de 2 °C par rapport au niveau préindustriel n’est pas tenu. La faute aux dommages liés au changement climatique, qui creusent les inégalités entre les pays et en leur sein. La mise en place de politiques de réduction des émissions est donc indispensable pour limiter l’effet amplificateur d’inégalité du changement climatique.

Deux politiques-clés pour amorcer la transition vers une économie sobre en carbone sont la suppression des subventions à la production et à l’utilisation d’énergie fossile, et la mise en place d’une tarification du carbone. Ces politiques dirigent les choix de consommation vers les produits et services les moins polluants. Mais en l’absence d’alternatives propres, elles ont pour effet d’augmenter le prix des services énergétiques (transport, chauffage) et des denrées alimentaires (par l’effet de la compétition dans l’usage des terres pour la production de bioénergie en particulier), ce qui touche de façon disproportionnée les ménages modestes, qui consacrent une grande part de leur revenu précisément à ces dépenses.

L’action climatique aggraverait donc, elle aussi, les inégalités car elle pénaliserait les plus pauvres. Comment affronter ce paradoxe ?

Tout d’abord, pour être socialement acceptables et acceptées, les politiques doivent être graduelles, afin de permettre une adaptation des modes de consommation et de production au nouveau jeu de prix relatifs. Dans les pays à faible revenu, par exemple, l’un des grands enjeux de développement est la limitation de la pollution de l’air intérieure, due à la combustion de biomasse traditionnelle dans les habitations. Un renchérissement des énergies fossiles via une suppression de subventions ou une tarification du carbone freinerait l’adoption de modes de cuisson non polluants, car les combustibles de transition sont, dans ce cas, fossiles (gaz de pétrole liquéfié, gaz naturel). Les réformes devront être ciblées et échelonnées : il s’agira de maintenir temporairement les subventions accordées aux combustibles de transition, tout en incitant l’adoption de technologies à partir d’électricité renouvelable, par des subventions, notamment.

Ensuite, l’impact des politiques sur les inégalités dépendra de l’usage qui est fait des revenus associés, c’est-à-dire de l’allocation du budget libéré par la suppression des subventions aux énergies fossiles, et de l’arbitrage sur l’usage des recettes perçues par l’Etat dans le cas d’une taxation du carbone. Les transferts directs, monétaires ou en nature (aide alimentaire notamment), ont démontré leur efficacité pour assurer aux plus pauvres la satisfaction de leurs besoins de consommation de base dans le cas d’une suppression des subventions aux énergies fossiles, par exemple en Indonésie. »

 

StopCovid a prévenu 14 personnes pour un coût de 200.000 euros par mois

StopCovid a prévenu 14 personnes pour un coût de 200.000 euros par mois

Mais depuis son lancement le 2 juin, StopCovid a été téléchargée 1,9 million de fois, pour 1,8 million d’installations effectives, soit 2,5% de la population française. Mais 460.000 personnes ont aussi déjà désinstallé l’application… ce qui signifie que StopCovid n’est effective que sur 1,4 million de smartphones. « Le rythme des désinstallations augmente nettement ces derniers jours« , a admis Cédric O. « Je pense que c’est parce que l’épidémie ne fait plus aussi peur, ce qui est dommage car les craintes d’une deuxième vague à l’automne sont à prendre au sérieux« , a-t-il commenté.

Avec un si faible taux d’installation -largement inférieur à l’Allemagne et à l’Italie par exemple-, l’appli se révèle très peu pertinente dans la lutte contre le Covid-19. En trois semaines, 68 personnes se sont déclarées positives au coronavirus sur StopCovid. En conséquence, 205 identifiants cryptés correspondant à des contacts croisés…

 

Le confinement : un coût 3 milliards pour la SNCF

Le confinement : un coût  3 milliards pour la SNCF

La facture du confinement s’allonge. Après Air France, Renault, la RATP, c’est la SNCF y annonce un coup de 3 milliards. La liste est loin d’être terminée pour les grandes entreprises quant au PME la crise se traduira par tsunami  des défaillances. Pour simplifier, la crise va priver l’État de recettes fiscales de l’ordre de 100 milliards mais à augmenter les dépenses de plus 100 milliards pour soutenir les entreprises, les ménages et le système sanitaire .

Pour la SNCF, Le manque à gagner de la crise sanitaire en France devrait rapidement atteindre les 3 milliards d’euros pour l’entreprise publique, selon nos informations, sans parler de l’après-déconfinement.

 

“Il faudra un refinancement. Des discussions ont commencé avec l’Etat sur l’effet des pertes”, déclare une source citée par Les Echos, qui rappelle que l’Etat a déjà repris en janvier dernier 25 milliards d’euros de dette de l’entreprise ferroviaire.

Coronavirus: un coût de la crise à 110 milliards d’euros très sous-estimé

Coronavirus: un coût de la crise à 110 milliards d’euros très sous-estimé

Une nouvelle fois le gouvernement français revoit le montant de la facture du Coronavirus. Il y a encore quelques jours, le ministère des finances annonçait un cout de 50 milliards aujourd’hui réévalué à 110 milliards. Un calcul tout à fait approximatif sans doute davantage fait pour rassurer la commission européenne que pour tenir compte des réalités. En effet parallèlement , le gouvernement revoit aussi sa perspective de croissance avec une diminution de 8 % du PIB. En se fondant sur cette hypothèse( la vérité c’est que la baisse du PIB sera plus proche de 15 %) la perte de richesse nationale sera déjà de près de 200 milliards. Comme le taux de prélèvements obligatoires est d’environ 50 % en France, la perte de fiscalité sera de 100 milliards

Mais il faudra aussi compter  les dépenses supplémentaires. Celles destinées au soutien des entreprises, ou soutien du pouvoir d’achat des ménages et aux financements sanitaires. Un enjeu de plusieurs centaines de milliards. Les calculs: du gouvernement et de Bercy ne paraissent pas très sérieux. Certes des incertitudes pèsent mais en se rapprochant de la vérité on part d’un constat objectif qui permet d’envisager des orientations adaptées. Alors qu’au contraire les projections fantaisistes débouchent nécessairement sur des orientations mal adaptées aux enjeux. Difficile de savoir à quel jeu joue  exactement le gouvernement et en particulier le ministre du budget. D’une certaine façon le ministre du budget, Gérald Darmanin  avoue qu’il est un peu dans le brouillard :

“On en est à environ 110 milliards”, a dit une source au ministère des Finances. Une deuxième source a confirmé ce montant, de même que Gérald Darmanin dans une interview publiée sur son site par le quotidien La Croix.

“Pour la suite, personne ne peut dire avec certitude si ces 110 milliards suffiront”, souligne le ministre de l’Action et des Comptes publics. “Le gouvernement n’est pas dans l’idéologie, il est prêt à s’adapter et à aller plus loin si cela s’avérait nécessaire.”

Les pertes de recettes fiscales seraient seulement  désormais estimées à 43 milliards d’euros, soit six milliards de plus que jeudi, et le mécanisme public d’indemnisation du chômage partiel devrait coûter 24 milliards, soit quatre milliards de plus que prévu la semaine dernière. Un chiffre global évidemment totalement ridicule. En effet Mardi, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé que la contraction de l’économie française cette année devrait atteindre 8% contre 6% estimé auparavant.

Coronavirus : « limiter le coût économique et social »

Coronavirus : « limiter le coût économique et social »

Fabien tripier, économiste, essaye de tirer enseignement de ces deux siècles derniers dans une tribune au Monde

«  La plupart des pays ont mis en suspens leur économie pour protéger leurs populations de la pandémie du Covid-19. L’économie mondiale est de ce fait déjà entrée en récession. L’ampleur et la durée de la récession sont en revanche encore inconnues. Revivrons-nous la grande récession de 2008-2009 avec, pour la première fois depuis 1945, des taux de croissance négatifs de 5 % en Europe et aux Etats-Unis ? Ou, pire, retournerons-nous à l’époque de la grande dépression de 1929-1933 avec des taux de croissance négatifs à deux chiffres entre - 10 % et - 20 % ?

La publication des premiers indicateurs suggère, malheureusement, que la situation à venir sera pire qu’en 2008-2009. Selon l’enquête de conjoncture de l’Insee pour le mois de mars, chaque mois de confinement coûtera trois points de PIB. L’économie mondiale se prépare donc à affronter un désastre économique et comme le dit le proverbe : « Pour vaincre ton ennemi, apprends à le connaître ». Il est donc utile de se tourner vers les enseignements de l’économie des désastres.

L’analyse économique des désastres s’est fortement développée au cours des deux dernières décennies et apporte plusieurs éclairages précieux. Un désastre est par nature un phénomène rare. Il faut donc se tourner vers le passé pour rassembler un nombre suffisant d’observations de désastres permettant de caractériser ce phénomène. C’est ce qu’a fait Robert J. Barro en mobilisant des données macroéconomiques et financières remontant au XIXe siècle pour une quarantaine d’économies. Il a ainsi constitué une base de données de près de deux cents désastres économiques, c’est-à-dire de récessions durant lesquelles la chute de la production a été d’au moins 10 %.

L’analyse de cette base de données fournit plusieurs enseignements.

Premièrement, l’origine des désastres est très variée. Un désastre économique peut être la conséquence de phénomènes purement économiques (comme la grande dépression), mais également politiques (comme les deux guerres mondiales), naturels (comme les tremblements de terre et les tsunamis) ou encore sanitaires (comme la grippe espagnole).

Deuxièmement, la chute de la production observée durant les désastres économiques est en moyenne de 20 % et peut dépasser 60 % durant les périodes de guerre.

Troisièmement, le risque de désastre économique se situe autour de 3 %, ce qui signifie qu’une économie connaît en moyenne trois désastres par siècle. Il y a donc 3 % de chance chaque année que nous connaissions une chute de l’ordre de 20 % de la production à la suite d’un évènement économique, politique, naturelle ou sanitaire. »

Coronavirus: coût largement sous-estimé » (Sénat)

Coronavirus: coût largement sous-estimé » (Sénat)

Dans une note, le président Vincent Eblé (groupe socialiste et républicain) et le rapporteur général Albéric de Montgolfier (LR) pointent notamment un « coût plus important qu’estimé des mesures de soutien », comme le dispositif de chômage partiel, mais aussi des « pertes de recettes fiscales probablement très supérieures aux estimations du gouvernement » dans le budget rectificatif adopté mi-mars.

Les deux sénateurs s’inquiètent particulièrement « de la situation financière des collectivités territoriales, d’ores et déjà confrontées à d’importantes pertes de ressources » via les moindres rentrées fiscales, et appellent le gouvernement « à des mesures de soutien spécifique ».

Parmi les coûts sous-estimés, la note cite notamment la baisse des recettes d’impôt sur les sociétés, attendues en repli brut de 3,3 milliards d’euros par rapport au budget initial pour 2020. Selon le Sénat, il est « probable » que cette baisse soit « bien plus importante ».

Selon ses calculs, un recul du PIB de 6%, qui correspondrait à deux mois de confinement selon l’Insee, aboutirait à un manque à gagner de 13,4 milliards d’euros.

De même, les recettes de TVA, attendues par le gouvernement en baisse de 3 milliards d’euros, seraient dans ce scénario amputées d’environ 11,2 milliards d’euros.

Par ailleurs, les sénateurs relèvent que l’Etat actionnaire devrait toucher moins de dividendes, suspendus par de nombreuses entreprises. La perte de ceux du groupe Engie va ainsi représenter « une perte de recettes de 450 millions d’euros en 2020″.

Et la chute des marchés financiers menace « de fragiliser fortement plusieurs entreprises détenues partiellement par l’État, à l’instar d’Air France ou de Renault », craignent les sénateurs. Ils ont toutefois évalué que l’Etat pouvait mobiliser rapidement 5,8 milliards d’euros pour soutenir ses entreprises via des opérations en capital.

Malgré cette probable hausse de la dépense publique, les sénateurs regrettent que le plan du gouvernement repose « très majoritairement sur des mesures de trésorerie et de garantie des prêts, plutôt que sur des outils d’absorption immédiate des pertes ou de recapitalisation du secteur privé par la puissance publique ».

Ils comparent notamment le choix du gouvernement à celui de l’Allemagne, qui a débloqué 50 milliards d’euros dans un fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, contre 1,7 milliard à ce jour en France.

 

Coronavirus : quel coût pour l’État

Coronavirus : quel coût pour l’État

Il est évidemment bien trop tôt pour mesurer  le coût pour l’État de la pandémie. Le principal coût sera représenté par une perte de recettes du fait de la baisse du PIB qui pourrait diminuer jusqu’à 20 % si la crise dure jusqu’à l’été. La perte  pourrait donc atteindre jusqu’à 50 milliards de recettes. Notons que parallèlement les dépenses, elles, vont augmenter. Une dépense de 20 à 30 milliards. Deux milliards d’euros pour  la crise sanitaire à l’hôpital, via le financement des arrêts maladie, l’achat de masques et la rémunération des personnels soignants plus une dotation « exceptionnelle » de 4 milliards d’euros à Santé publique France pour financer des commandes « en médicaments, respirateurs et marques », qui viennent s’ajouter aux 2 milliards déjà annoncés. Il faudra compter au moins 10 milliards aussi concernant le chômage partiel mis en place pour les salariés des entreprises à l’arrêt ou au ralenti du fait du confinement. Le gouvernement avait prévu d’engager 8,5 milliards d’euros sur deux mois (dont 3 milliards pour l’Unedic), via la prise en charge d’une partie du salaire des salariés concernés, mais avec plus de 2 millions de personnes déjà entrées dans le dispositif, ce montant va être dépassé, selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Autre dépense directe : le fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, initialement évalué à 1,2 milliard d’euros pour le seul mois de mars, via le versement de jusqu’à 1.500 euros aux entreprises concernées. Mardi, Bruno Le Maire a indiqué qu’il coûterait finalement 1,7 milliard d’euros, le gouvernement ayant abaissé le seuil d’éligibilité à une perte de 50% de chiffre d’affaires sur le mois, contre 70% initialement. Et il sera prolongé au-delà du seul mois de mars.

Certaines aides mobilisées par le gouvernement n’entraînent pas de dépenses immédiates mais un simple décalage dans le temps de la perception de certaines recettes. Le report du paiement des charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté représente ainsi un manque à gagner d’environ 32 milliards d’euros sur le seul mois de mars, selon la prévision du gouvernement.

507.000 entreprises de moins de 50 salariés ont déjà demandé à en bénéficier, représentant 3,8 milliards d’euros, a indiqué lundi le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Les demandes des entreprises de plus de 50 salariés seront connues début avril. Le gouvernement a aussi enregistré à ce jour environ 3 milliards d’euros de décalage d’impôts.

Si l’Etat devrait pouvoir engranger ces différents impôts et charges une fois la crise finie, des annulations pures et simples ne sont pas à écarter pour les entreprises dont la survie en dépendrait, a toutefois reconnu le gouvernement.

L’Etat s’est engagé à garantir jusqu’à 300 milliards d’euros de prêts accordés par les banques aux entreprises pour soutenir leur trésorerie. A ce jour, 3,8 milliards d’euros de crédits garantis ont été demandés aux banques, a indiqué mardi Bruno Le Maire.

De même, le gouvernement a activé une réassurance publique sur les encours d’assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d’euros et une réassurance des crédits-exports de court terme à hauteur de 2 milliards d’euros. Ces montants ne sont pas des dépenses certaines, puisque l’Etat n’aura à débourser le moindre euro que si les entreprises ne peuvent rembourser les crédits souscrits. Déjà on peut prévoir un déficit de l’ordre de 5% du PIB, soit environ 120 milliards.

Coronavirus: quel coût socio économique ?

Coronavirus: quel coût socio économique ?

 

 

 

 

Il est évident qu’il est particulièrement prématuré et complexe de procéder à une évaluation du coût socio économique du Coronavirus. D’ailleurs le ministre de l’économie lui-même a parlé de plusieurs dizaines de milliards. De ce point de vue il n’a pas totalement heure. Le premier essai du Coronavirus sera de peser sur la croissance qui était attendue à plus 1,3 % en 2019.

Autant dès à présent faire une croix totale cette prévision de croissance soit une perte d’activité du PIB représentant déjà une trentaine de milliards. Il faudra prendre en compte bien entendu de façon plus détaillée les pertes des différents secteurs notamment des plus sensibles à la réduction de la mobilité dans le tourisme, le transport, la restauration etc. Certains secteurs de production seront aussi perturbés par les ruptures  dans les processus de production et de distribution. Dès le mois d’avril, certaines productions seront en rupture évidemment en premier celles qui viennent de l’Asie:  des produits finis, des produits semi-finis et des pièces indispensables à la production. Tout dépendra aussi de la durée de la crise sanitaire tant en Europe qu’ailleurs et en particulier en Asie compte tenu de la complexification des processus de production.

Si la crise devait durer , on pourrait craindre à la non seulement la stagnation mais une régression. Un point de croissance encore moins c’est encore environ 30 milliards de PIB  en moins. Par ailleurs les recettes budgétaires vont mécaniquement diminuer, par contre les dépenses vont augmenter. D’une part ,parce qu’il va falloir soutenir les secteurs et entreprises en difficultés mais aussi les ménages notamment ceux qui pourraient être totalement ou partiellement privés d’emploi pendant une période.

Évidemment ce sont pas les deux à 3 milliards qu’annonce la BPI ou les 25 milliards de l’Europe qui sont susceptibles de soutenir la machine économique. L’enjeu financier est d’une autre ampleur, sans doute un minimum de 30 milliards est peut-être autour de 100 milliards. Pour l’instant trois mesures sont prévues : report du paiement des charges et des impôts (hormis la TVA) sur le mois de mars. Elles les paieront plus tard. Mise en place d’une indemnité journalière pour les parents seuls qui n’ont pas de solution de garde obligé de prendre un congé sans solde. Et enfin réforme du chômage partiel, ce qui sera d’ailleurs la mesure la plus coûteuse.

L’Etat va donc prendre à sa charge l’intégralité des sommes versées au salarié en chômage partiel. Au chômage partiel, un salarié touche 84% de son salaire net (70% de son brut). Auparavant l’Etat en prenait une partie à sa charge (l’équivalent d’un Smic), désormais il prendra l’intégralité.

Et ces premières mesures d’urgence difficilement chiffrables du fait de l’incertitude liée à la durée de la crise ne seront pas les seules. Il faudra dans un second temps relancer l’économie. Plusieurs pistes sont sur la table, assure-t-on du côté de Bercy: remboursement plus rapide des crédits d’impôt, accélération de la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, soutien à des entreprises ou des secteurs durement touchés… Dans un dernier temps enfin, la France compte rapatrier des activités stratégiques pour ne plus dépendre à 70-80% de l’étranger sur certains produits. Une grande politique industrielle en d’autres termes.

Au total Jean Pisani-Ferry, l’ancien conseiller économique d’Emmanuel Macron estime dans Le Monde que l’ensemble de ces mesures pourraient coûter une trentaine de milliards d’euros. Cela représenterait près de deux fois plus que les « mesures gilets jaunes » de 2019 qui avaient coûté 17 milliards d’euros à l’Etat. De nouveaux emprunts seront envisagés. Et le retour à l’équilibre budgétaire en 2022 très certainement compromis. Mais l’économiste  se situe sans doute dans un scénario le moins pessimiste possible quant à l’évolution de la croissance avec seulement une stagnation.

Nucléaire: un coût prohibitif de près de 50 milliards pour le démantèlement dont Fessenheim ( Cour des Comptes)

Nucléaire: un coût prohibitif de près de 50 milliards pour le démantèlement dont Fessenheim ( Cour des Comptes)

  • Finalement le démantèlement très politique de la centrale de Fessenheim pourrait coûter une fortune. Il faudra en effet accorder des indemnités de près de 500 millions aux opérateurs dont EDF sans parler des sommes qui seront nécessaires pour reconvertir l’économie du secteur. La Cour des Comptes considère à juste titre que ces fermetures relèvent de la politique de gribouille. En effet, chacun sait qu’il s’agit  d’une fermeture très symbolique pour maintenir  le développement nucléaire ailleurs y compris le développement de six EPR qui vont plus que compenser la fermeture de Fessenheim à terme.
  • À moins de fermer les 14 réacteurs théoriquement prévus mais pas avant 2028 d’après la dernière programmation énergétique (PPE) autant dire presque aux calendes grecques, en tout cas après le deuxième possible mandat d’Emmanuel Macron. Une fermeture de centrales qui pourraient coûter près de 50 milliards alors que leur durée de vie pourrait sans dommage être prolongés de 10 à 20 ans comme d’ailleurs aux États-Unis par exemple. On se souvient que Mitterrand avait abandonné le projet de Tricastin, victime expiatoire d’une politique nucléaire non  n’avouée. Hollande et Macron, pour les mêmes raisons sacrifient Fessenheim sur l’autel du populisme écolo.
  • Et pour faire semblant, on inonde la France de moulins à vent complètement inutiles et ruineux : les fameuses éoliennes dont se gavent certains grâce aux subventions de l’État. Près de huit ans après la promesse de François Hollande, la fermeture cette année de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), « caractérisée par un processus de décision chaotique »« risque d’être coûteuse pour l’État », insiste un rapport de la Cour des comptes publié ce mercredi. Le protocole signé entre les pouvoirs publics et EDF comporte le versement à l’entreprise d’une indemnité initiale pour anticipation des dépenses liées à la fermeture (entre 370 et 443 millions d’euros en fonction des dates de versement), ainsi qu’une indemnité pour bénéfice manqué. « Ce protocole présente sur de nombreux points des risques de divergence d’appréciation, et donc un risque financier pour l’État », relèvent les Sages.
  • Les montants liés au futur manque à gagner restent « très incertains », car ils dépendent notamment de la régulation à venir des prix de l’électricité nucléaire.La fermeture de l’usine alsacienne est la première d’une longue série à laquelle il convient de se préparer « pour se prémunir de risques futurs d’indemnisation », poursuit le rapport. Les arrêts parmi les 58 réacteurs de « deuxième génération » du parc actuel d’EDF (en comptant ceux de Fessenheim) vont se multiplier à moyen terme (principalement dans les décennies 2030-2050), compte tenu de leur vieillissement et de l’objectif de réduire la part du nucléaire dans la production française d’électricité de 72 % en 2018 à 50 % en 2035.
  • La Cour estime qu’il serait souhaitable que le pays se prononce sur l’évolution à plus long terme du mix énergétique. Une meilleure visibilité est d’autant plus nécessaire que les démantèlements en cours de 36 installations de « première génération », déjà arrêtées par EDF, le CEA et ­Orano, « sont soumis à de fortes contraintes techniques et financières, et connaissent d’importantes dérives de coûts prévisionnels ». Pour l’heure, le montant total des charges futures de démantèlement évalué par les trois exploitants s’élevait, à fin 2018, à 46,4 milliards sur près d’un siècle, précise la Cour, pour qui ce calcul peut « encore gagner en exhaustivité et en prudence ».

Crise climatique : un coût 15.000 milliards de dollars d’ici 2050

Crise climatique : un coût  15.000 milliards de dollars d’ici 2050

D’après  étude  de WWF, d’ici 2050,si  rien n’est fait pour endiguer le déclin de la nature, la crise  pourrait se chiffrer à au moins 479 milliards de dollars par an en termes de PIB mondial, soit près de 15. 000 milliards d’ici à 2050. C’est ce que révèle cette étude menée dans 140 pays en collaboration avec les experts des universités américaines de Purdue et du Minnesota. Un travail de deux ans de recherche et de développement grâce à la contribution inédite de scientifiques, économistes et experts politiques du monde entier.

En revanche, des efforts ambitieux pour protéger et restaurer la nature amélioreront considérablement les résultats économiques. Il est encore possible d’inverser la tendance, avec une meilleure utilisation des terres et en préservant mieux les écosystèmes et la biodiversité», stipule le rapport. Les experts évaluent une augmentation du PIB mondial à 490 milliards de dollars par an si les États se tournent vers ces systèmes plus durables et conservent «les services écosystémiques des milieux naturels».

Les plus importantes pertes économiques – 327 milliards de dollars par an – seraient dues à l’érosion des côtes..

Les autres services fournis par la nature seront également durement impactés si rien n’est fait. Le rapport chiffre les pertes inhérentes à la déforestation à 128 milliards de dollars: avec des forêts réduites à peau de chagrin, c’est tout autant d’arbres qui n’aspirent pas de CO2 et ne joueront donc plus leur rôle naturel de réducteur de carbone. Les secteurs alimentaires et agricoles pourraient eux, connaître «des hausses de prix pour des produits comme le bois (+8%), le coton (6%), les graines oléagineuses (+4%) ou encore les fruits et les légumes (+3%)». Une montée des prix vertigineuse qui s’explique par la raréfaction de l’eau (quatre personnes sur dix en souffrent déjà dans le monde selon l’ONU), et la disparition des insectes pollinisateurs.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

 

 

Certains s’interrogent enfin sur le coût de la réforme en cours des retraites. Une réforme qui ne cesse de dériver de son objectif d’universalité. Il n’y aura plus de régimes spéciaux; par contre, on maintiendra nombre de régimes particuliers et des transitions très coûteuses. Parmi celles-ci il faut citer l’armée, la police, les pompiers, les marins, les routiers, les douaniers, les aiguilleurs du ciel, les pilotes, les stewards, d’autres encore, les enseignants, la SNCF et la RATP pour les transitions. Rien que pour les enseignants, le coût sera énorme puisqu’en moyenne il faudra augmenter les rémunérations d’environ  25 % pour maintenir à leur niveau actuel les pensions. Un coup d’environ 10 milliards par an (800 € d’augmentation mensuelle moyenne 1 × 1 000 000 de fonctionnaires de l’enseignement).  En moyenne pour la vingtaine de secteurs concernés par des exceptions, le coût pourrait être de leurs deux 500 millions par an, soit 10 milliards qui s’ajouteront à ceux  de l’enseignement. Au total, une réforme démentielle d’un montant de 20 milliards par an bien au-delà des chiffres très approximatifs du COR (organisme très courtisan au service des pouvoirs qui avaient prévu l’équilibre sous Hollande et qui maintenant prévoit des déficits abyssaux) . La vérité,  c’est qu’il n’y avait pas besoin de réformes nouvelles;  celle de Marisol Touraine suffisait puisqu’elle prévoit de glisser tout doucement vers les 43 ans de cotisation ce qui en moyenne conduit un à âge de départs de 66 ans mais progressivement .  Pour les régimes spéciaux, la même méthode d’augmentation très progressive pouvait être adoptée. Le pire c’est que c’est surtout le secteur privé qui va payer pour le gâchis de cette réforme. En outre, on n’aura pas atteint l’objectif d’universalité qui aurait dû prendre en compte uniquement la pénibilité et non le raisonnement par statut, entreprise ou secteur. Bref un véritable gâchis économique et sociale. Et on vient tout juste de se rendre compte de l’intérêt de faire une analyse un peu sérieuse de la situation financière des retraites, cela à la demande de la CFDT.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

 

 

Certains grands médias s’interrogent enfin sur le coût de la réforme en cours des retraites. Une réforme qui ne cesse de dériver de son objectif de d’universalité. Il n’y aura plus de régimes spéciaux; par contre, on maintiendra nombre de régimes particuliers et des transitions très coûteuses. Parmi celles-ci il faut citer l’armée, la police, les pompiers, les marins, les routiers, les douaniers, les aiguilleurs du ciel, les pilotes, les stewards, d’autres encore, les enseignants, la SNCF et la RATP pour les transitions.

Rien que pour les enseignants le coût sera énorme puisqu’en moyenne il faudra augmenter les rémunérations d’environ  25 % pour maintenir à leur niveau actuel les pensions. Un coup d’environ 10 milliards par an (800 € d’augmentation mensuelle moyenne 1 × 1 000 000 de fonctionnaires de l’enseignement).  En moyenne pour la vingtaine de secteurs concernés par des exceptions, le coût pourrait être de l’ordre de  500 millions par an, soit 10 milliards qui s’ajouteront à ceux  de l’enseignement. Au total, une réforme démentielle d’un montant de 20 milliards par an bien au-delà des chiffres très approximatifs du COR (organisme très courtisan au service des pouvoirs qui avait prévu l’équilibre sous Hollande et qui maintenant prévoit des déficits abyssaux) . La vérité,  c’est qu’il n’y avait pas besoin de réformes nouvelles;  celle de Marisol Touraine suffisait puisqu’elle prévoit de glisser tout doucement vers les 43 ans de cotisation ce qui en moyenne conduit un à âge de départs de 66 ans ! Pour les régimes spéciaux, la même méthode d’augmentation très progressive pouvait être adoptée. Le pire, c’est que c’est surtout le secteur privé qui va payer pour le gâchis de cette réforme. En outre , on n’aura pas atteint l’objectif d’universalité qui aurait dû prendre en compte uniquement la pénibilité et non le raisonnement par statut, entreprise ou secteur. Bref un véritable gâchis économique et sociale. Et on vient tout juste de se rendre compte de l’intérêt de faire une analyse un peu sérieuse de la situation financière des retraites, cela à la demande de la CFDT.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

Réforme des retraites : un coût démentiel de l’ordre de 20 milliards par an.

 

 

Certains grands médias s’interrogent enfin sur le coût de la réforme en cours des retraites. Une réforme qui ne cesse de dériver de son objectif de d’universalité. Il n’y aura plus de régimes spéciaux par contre on maintiendra nombre de régimes particuliers et des transitions très coûteuses. Parmi celles-ci il faut citer l’armée, la police, les pompiers, les marins, les routiers, les douaniers, les aiguilleurs du ciel, les pilotes, les stewards, d’autres encore, les enseignants, la SNCF et la RATP pour les transitions. Rien que pour les enseignants le coût sera énorme puisqu’en moyenne il faudra augmenter les rémunérations d’environ  25 % pour maintenir à leur niveau actuel les pensions. Un coup d’environ 10 milliards par an (800 € d’augmentation mensuelle moyenne 1 × 1 000 000 de fonctionnaires de l’enseignement).  En moyenne pour la vingtaine de secteurs concernés par des exceptions, le coût pourrait être de leurs deux 500 millions par an, soit 10 milliards qui s’ajouteront à ceux  de l’enseignement. Au total, une réforme démentielle d’un montant de 20 milliards par an bien au-delà des chiffres très approximatifs du COR (organisme très courtisan au service des pouvoirs qui avaient prévu l’équilibre sous Hollande et qui maintenant prévoient des déficits abyssaux) . La vérité,  c’est qu’il n’y avait pas besoin de réformes nouvelles;  celle de Marisol Touraine suffisait puisqu’elle prévoit de glisser tout doucement vers les 43 ans de cotisation ce qui en moyenne conduit un à âge de départs de 66 ans ! Pour les régimes spéciaux la même méthode d’augmentation très progressive pouvait être adoptée. Le pire c’est que c’est surtout le secteur privé qui va payer pour le gâchis de cette réforme. En outre on n’aura pas atteint l’objectif d’universalité qui aurait dû prendre en compte uniquement la pénibilité et non le raisonnement par statut, entreprise ou secteur. Bref un véritable gâchis économique et sociale. Et on vient tout juste de se rendre compte de l’intérêt de faire une analyse un peu sérieuse de la situation financière des retraites, cela à la demande de la CFDT.

 

Quel coût de la grève sur la croissance ?

Quel coût de la grève sur la croissance ?

 

 

La grève pourrait coûter jusqu’à  1 % de croissance si elle s’éternise comme le mouvement des gilets jaunes; 1%,  c’est-à-dire ce qui est prévu comme augmentation du PIB en 2020 . Le PIB tourne autour de 2500 milliards par an , la perte causée par le mouvement social serait de 1 milliards par jour soit 2,5 milliards à peu près sur un mois . Le montant de la facture dépendra évidemment de la durée du mouvement. En l’état de l’hystérisation de la question, on voit mal les syndicats radicaux capituler avant des semaines d’autant que le gouvernement ne manifeste pas de vrais signes d’ouverture sur la logique de la réforme même s’il négocie discrètement avec différentes catégories susceptibles de contribuer à une plus grande mobilisation  sociale ( police, armée, pompiers, routiers, pilotes, aiguilleurs du ciel, voire les salariés  SNCF et RATP. ) Certes certaines activités annulées en décembre pourront être reportées début de l’année prochaine.

 

Cela d’autant plus facilement que déjà l’économie tourne au ralenti pendant la période des confiseurs. Mais d’autres sont durement impactées notamment dans le commerce ou le tourisme. Si le conflit devait s’étaler encore sur janvier voir au-delà, cela pourrait tout simplement annuler toute perspective de croissance en 2020. Or ses perspectives sont déjà particulièrement modestes puisque on ne prévoit pas une augmentation de l’activité de plus de 1 % en 2020. Le pire sans doute, c’est que ce mouvement social risque d’installer sur les acteurs économiques un climat d’incertitude supplémentaire.

 

Témoin d’ailleurs la baisse du moral des chefs d’entreprise. Il est vrai que certaines avancées accordées aux  gilets jaunes ont plutôt permis de soutenir la dynamique de la demande. Un effet direct de la quinzaine de milliards qui est venu abonder le pouvoir d’achat. Un phénomène qu’on ne peut exclure si le pouvoir à l’occasion de la grève actuelle  satisfaits certain nombre de revendications sociales et pas seulement sur les retraites.

 

Et les effets d’un mouvement peuvent donc être contradictoires. Certains pourront considérer que la perte de 0,1 % de croissance par mois en moyenne n’est pas catastrophique sauf que le ralentissement économique mondial est général et qu’il ne faut pas espérer trouver des ressorts d’activité en dehors de nos frontières. Nombre de pays vont d’ailleurs tutoyer la récession à commencer par l’Allemagne, notre principal partenaire commercial. Encore une fois le pire ce n’est sans doute pas la perte de d’activité immédiatement identifiable mais le climat détestable qui risque de refroidir à la fois les investisseurs et les ménages.

 

Le cout de six nouveaux EPR : 46 milliards d’euros, au pif ?

Le  cout de six nouveaux EPR :  46 milliards d’euros, au pif  ?

On peut légitimement s’interroger sur la pertinence du chiffrage EDF concernant le coût d’un EPR . On sait que les pouvoirs publics sont très agacés par la dérive des coûts de l’EPR de Flamanville, initialement fixée à 3 4 milliards et qui a atteint maintenant 12,4 MM. Le ministre de l’économie a d’ailleurs demandé à EDF un plan du nucléaire. Dans le délai exigé , l’entreprise n’était pas trop en capacité de définir avec précision le prix de ce que pourrait être un EPR une fois maîtrisés les problèmes techniques liés à tout nouveau projet. Curieusement, on aboutit à un chiffre de 7,5 milliards, c’est-à-dire exactement la moyenne entre le prix initial de l’EPR de Flamanville et son coût actuel. Un chiffrage sans doute effectué au doigt mouillé tant que le projet de Flamanville ne sera pas complètement terminé. On peut comprendre les dérapages liés à une nouvelle technologie mais il semble bien que l’entreprise EDF est un peu de mal en matière de gestion financière.

 

La construction de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR en France couterait donc au moins 46 milliards d’euros, d’après les calculs d’EDF,; en octobre qu’Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, ministres de la Transition écologique et de l’Economie, avaient transmis une feuille de route précise à EDF en vue de la construction de six réacteurs nucléaires EPR sur les quinze prochaines années.

« Dans cette présentation, EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d’environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d’euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d’euros par réacteur, selon ses estimations. Un montant nettement moins élevé que l’EPR de Flamanville (Manche), chiffré aujourd’hui à 12,4 milliards d’euros, mais beaucoup plus important que le coût d’origine de l’EPR (3,3 milliards d’euros) », écrit Le Monde, dans son article mis en ligne samedi hier.

En vertu de la loi énergie-climat, votée en septembre par le Parlement, la filière nucléaire devra représenter 50% de la production électrique française en 2035, alors qu’elle en fourni actuellement 75%.

TER : un coût de 8,5 milliards ( Cour des comptes)

TER : un  coût de 8,5 milliards ( Cour des comptes)

 

Le problème du droit de retrait des cheminots concernant les  trains régionaux équipés d’un seul agent  ne peut être étudié sans sa dimension économique. Or dans les conditions précédentes d’exploitation ( trains régionaux notamment équipés de deux agents)  la facture est montée à 8,5 milliards d’euros en 2017, cela représente un coût moyen par voyageur au kilomètre de 61 centimes d’euros. Seuls les taxis sont plus chers, note la Cour des comptes. Ce coût n’est pas compatible avec les moyens fiers financiers des régions qui portent à bout de bras ses dessertes. Des desserts pourraient être menacés par le recours à des opérateurs privés nettement moins chers et dans les trains ne comporterait évidemment qu’un conducteur ou alors route voir purement et simplement supprimés.  Les TER transportent chaque jour environ 900 000 voyageurs dans 7 000 trains et 1 300 cars. Le problème, selon la Cour des comptes, c’est que ces coûts sont couverts à 88% par des subventions publiques que règlent les régions. Or, dans le même temps, la fréquentation est en baisse, les infrastructures sont en mauvais état, ce qui provoque des retards et suppressions de trains. Concernant les petites lignes, la Cour a dénombré 285 gares qui accueillent moins de 3 voyageurs par jour.

Le rapport préconise alors de faire des économies, par exemple, de « limiter les coûts d’exploitation, notamment en ajustant le niveau de présence d’agents en gare et à bord des trains au strict nécessaire ». La Cour demande que les régions aient les coudées franches, pour décider de maintenir ou non les lignes les moins fréquentées. Elle réclame également que les clients paient en fonction des coûts du TER et de la qualité du service rendu.

Le rapport de la Cour des comptes dénonce aussi « des relations entre les régions et la SNCF qui sont par nature déséquilibrées du fait de la situation de monopole de la SNCF ». L’activité TER (transport express régional), est un service fourni « à un coût très élevé, notamment à cause d’une organisation de travail peu efficace, d’une trop faible polyvalence des agents et d’une augmentation trop automatique des salaires ». Et pourtant, semble s’étonner la Cour des comptes, la SNCF dégage « une marge opérationnelle élevée, en 2017 à 231 millions d’euros, soit 5,6% de son chiffre d’affaires et génère une trésorerie en forte croissance, 808 millions d’euros au 31 décembre 2017″. Mais faut-il le préciser le fer est globalement financé à hauteur de 50 %  ( chiffre d’affaires global de plus de 30 milliards) et ce résultat financier est très relatif.

 

Calcul du pouvoir d’achat : une mesure faussée de l’évolution du coût de la vie

Calcul du pouvoir d’achat : une mesure faussée de l’évolution du coût de la vie 

C’est ‘interrogation  l’économiste Philippe Moati dans une tribune au « Monde » qui aussi pose la question de la pertinence de l’indice des prix (extraits)

« Le mouvement des « gilets jaunes » a fait ressurgir la question du décalage entre la mesure de l’évolution du pouvoir d’achat et sa perception par les Français. Elle s’était déjà imposée avec force au milieu des années 2000, amenant le gouvernement à saisir le Conseil d’analyse économique (Mesurer le pouvoir d’achat, Philippe Moati et Robert Rochefort, Rapport du CAE n° 73, La Documentation française, 2008) et à former une commission (la commission Quinet) chargée de proposer de nouveaux indicateurs.

Depuis, l’Insee livre régulièrement une mesure de la dynamique du pouvoir d’achat qui tient compte de la croissance démographique (la croissance du pouvoir d’achat par unité de consommation) et produit des séries sur l’évolution du niveau de vie selon différentes caractéristiques des ménages à partir de données individuelles. L’institut tient également une comptabilité du poids des dépenses « pré-engagées » (loyer, énergie, assurances, etc.).

Même en comblant ainsi une partie du fossé qui sépare l’approche macroéconomique du pouvoir d’achat – celle de la comptabilité nationale – et le point de vue nécessairement microéconomique des ménages, l’écart subsiste. Selon une enquête de l’Obsoco [Observatoire société et consommation] conduite en janvier 2019, à la question « par rapport à il y a cinq ans, comment estimez-vous que votre niveau de vie a évolué », 54 % des Français répondent qu’il a diminué, dont 29 % « beaucoup ».

Ils ne sont que moins de 1 sur 4 à estimer qu’il a progressé. Et pourtant, selon l’Insee, après le violent trou d’air de 2013, le pouvoir d’achat est en croissance continue, même rapporté au nombre d’unités de consommation. En 2018, il a cru de 0,4 %, après 0,7 % en 2017. Sur cinq ans, il a progressé de plus de 3 %.

Les causes de l’écart entre la mesure et le ressenti sont multiples. Il y a bien sûr des facteurs psychologiques et des « biais de perception » qui affectent le ressenti. Mais il y a également un important travers dans la mesure : le calcul de la croissance du pouvoir d’achat ne tient pas compte de l’évolution de norme de consommation et mesure bien mal l’évolution du « coût de la vie ».

Rappelons que la croissance du pouvoir d’achat est mesurée par le rapport entre la croissance nominale du revenu disponible brut des ménages et l’indice des prix à la consommation. La méthodologie de l’indice des prix a été élaborée de manière à apprécier le niveau de l’inflation, c’est-à-dire le rythme d’érosion de la valeur de la monnaie. Il ne constitue donc pas à proprement parler un indice du coût de la vie. »

Coût du service public : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

  • Coût du service public : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

La question posée dans le cadre du grand débat était : « Comment faire évoluer le lien entre impôts, dépenses et services publics pour mieux répondre aux besoins des Français ? »

De fait, dans certaines parties du territoire, ce lien paraît de plus en plus ténu voire inexistant, en tout cas très de plus en plus éloigné. Dans nombre de villages, il y a déjà longtemps qu’il n’existe pratiquement plus de services publics et le dernier qui semblait devoir résister, à savoir la Poste, disparaît aussi. En cause évidemment,  un  aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres et qui conduit le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois et en services. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040-2050,  certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si localement on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être). . Parallèlement on doit aussi s’interroger sur le concept même de service public, son coût, son fonctionnement et son financement ; en effet, si le rythme de suppression des  services s’accélère, c’est notamment pour des raisons socio-économiques évoquées précédemment mais aussi à cause d’un coût que la collectivité a du mal à assumer. Ce coût explique largement que le pays détienne le double record du monde de prélèvement obligatoire et de dépenses publiques par rapport au PIB. Un record qui porte atteinte à la compétitivité donc aussi à l’emploi. Dans son acception un peu générale, la tendance est forte d’assimiler service public, secteur  public voire statut des personnels. Trois notions pourtant à distinguer. La première découle du champ régalien de l’État (ou plus généralement des collectivités)  lequel mériterait sans doute d’être mieux défini, sans doute plus restreint et en même temps mieux assumé.  Certaines tâches doivent être toujours être assumés par l’État directement mais sans nécessairement gérer directement la logistique. La deuxième confusion concernant le service public vise le statut des personnels. Si on peut comprendre par exemple  que les infirmières ou ASH soient fonctionnaires, c’est plus discutable pour les jardiniers, les menuisiers, et autres comptables. Le problème c’est qu’on résume souvent la problématique des conditions de travail par exemple du personnel des hôpitaux à celle des infirmières. La troisième dimension du service public est liée à la structure juridique qui l’effectue. Or rien n’indique que l’intérêt général doive être exclusivement assumé par le secteur public. De nombreuses fonctions d’intérêt général sont en effet exercées notamment  par voie de délégation à des organisations parapubliques ou privées (santé, transport, formation etc.) Du coup, l’amalgame des trois définitions conduit souvent en fait à masquer une défense corporatiste et coûteuse du service public qui au total porte atteinte à la qualité, à l’accessibilité et à la compétitivité de ce service. Faute de cela non seulement tout service public disparaîtra des petites communes mais nombre de fonctions d’intérêt général vont aussi s’étioler dans les petites et moyennes villes (les hôpitaux par exemple).  La problématique n’est pas simple, le service public pour certaines de ses activités constitue un atout indiscutable pour le progrès social mais aussi économique, il n’en demeure pas un  boulet financier qui hypothèque son avenir. Avant d’envisager cette réforme du service public, il sera nécessaire au préalable de procéder à une évaluation qualitative et quantitative des contenus, du fonctionnement et du coût. L’évaluation qualitative est indispensable car ce n’est par la même chose par exemple en terme d’accessibilité d’avoir la possibilité d’obtenir un rendez vous au bout de 15  jours ou au bout de 5 mois chez un cardiologue ou un ophtalmologue. Autre exemple, Ce n’est pas non plu la même chose de disposer en permanence de la 4G en téléphonie mobile et de recevoir des SMS le lendemain de leur émission dans le zones blanches ou mal couvertes. Enfin, le traitement est différent quand il suffit de  faire 500 m pour retirer 100 euros à la Poste ou faire 40 kms.

 

Grand débat Service public : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

  • Grand débat Service public : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

La question posée dans le cadre du grand débat voulu par le président de la république n’est pas forcément d’une grande clarté et paraît surtout avoir été dictée par le mécontentement d’une partie de la population représentée par les gilets jaunes. Des gilets jaunes qui contestent l’augmentation de la fiscalité qui finance des services publics plutôt en régression dans les zones périphériques. D’où la question officielle posée par le gouvernement : « Comment faire évoluer le lien entre impôts, dépenses et services publics pour mieux répondre aux besoins des Français ? »

De fait, dans certaines parties du territoire, ce lien paraît de plus en plus ténu voire inexistant, en tout cas très de plus en plus éloigné. Dans nombre de villages, il y a déjà longtemps qu’il n’existe pratiquement plus de services publics et le dernier qui semblait devoir résister, à savoir la poste, disparaît aussi. En cause évidemment,  un  aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres et qui conduit le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois et en services. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040-2050,  certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si localement on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être. Parallèlement on doit aussi s’interroger sur le concept même de service public, son coût, son fonctionnement et son financement ; en effet, si le rythme de suppression des  services s’accélère, c’est notamment pour des raisons socio-économiques évoquées précédemment mais aussi à cause d’un coût que la collectivité a du mal à assumer. Ce coût explique largement que le pays détienne le double record du monde de prélèvement obligatoire et de dépenses publiques par rapport au PIB. Un record qui porte atteinte à la compétitivité donc aussi à l’emploi. Dans son acception un peu générale, la tendance est forte d’assimiler service public, secteur  public voire statut des personnels. Trois notions pourtant à distinguer. La première découle du champ régalien de l’État (ou plus généralement des collectivités)  lequel mériterait sans doute d’être mieux défini, sans doute plus restreint et en même temps mieux assumé.  Certaines tâches doivent être toujours être assumés par l’État directement mais sans nécessairement gérer directement la logistique. La deuxième confusion concernant le service public vise le statut des personnels. Si on peut comprendre par exemple  que les infirmières ou ASH soient fonctionnaires, c’est plus discutable pour les jardiniers, les menuisiers, et autres comptables. Le problème c’est qu’on résume souvent la problématique des conditions de travail par exemple du personnel des hôpitaux à celle des infirmières. La troisième dimension du service public est liée à la structure juridique qui l’effectue. Or rien n’indique que l’intérêt général doive être exclusivement assumé par le secteur public. De nombreuses fonctions d’intérêt général sont en effet exercées notamment  par voie de délégation à des organisations parapubliques ou privées (santé, transport, formation etc.) Du coup, l’amalgame des trois définitions conduit souvent en fait à masquer une défense corporatiste et coûteuse du service public qui au total porte atteint à la qualité, à l’accessibilité et à la compétitivité de ce service. Faute de cela non seulement tout service public disparaîtra des petites communes mais nombre de fonctions d’intérêt général vont aussi s’étioler dans les petites et moyennes villes (les hôpitaux par exemple).  La problématique n’est pas simple, le service public pour certaines de ses activités constitue un atout indiscutable pour le progrès social mais aussi économique, il n’en demeure pas un  boulet financier qui hypothèque son avenir. Avant d’envisager cette réforme du service public, il sera nécessaire au préalable de procéder à une évaluation qualitative et quantitative des contenus, du fonctionnement et du coût. L’évaluation qualitative est indispensable car ce n’est par la même chose par exemple en terme d’accessibilité d’avoir la possibilité d’obtenir un rendez vous au bout de 15  jours ou au bout de 5 mois chez un cardiologue ou un ophtalmologue. Autre exemple, Ce n’est pas non plu la même chose de disposer en permanence de la 4G en téléphonie mobile et de recevoir des SMS le lendemain de leur émission dans le zones blanches ou mal couvertes. Enfin, le traitement est différent quand il suffit de  faire 500 m pour retirer 100 euros à la poste ou faire 40 kms.

 

Services publics : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

  •  Services publics : comment trouver un meilleur équilibre entre accessibilité, efficacité et coût

La question posée dans le cadre du grand débat voulu par le président de la république n’est pas forcément d’une grande clarté et paraît surtout avoir été dictée par le mécontentement d’une partie de la population représentée par les gilets jaunes. Des gilets jaunes qui contestent l’augmentation de la fiscalité qui finance des services publics plutôt en régression dans les zones périphériques. D’où la question officielle posée par le gouvernement : « Comment faire évoluer le lien entre impôts, dépenses et services publics pour mieux répondre aux besoins des Français ? »

De fait, dans certaines parties du territoire, ce lien paraît de plus en plus ténu voire inexistant, en tout cas très de plus en plus éloigné. Dans nombre de villages, il y a déjà longtemps qu’il n’existe pratiquement plus de services publics et le dernier qui semblait devoir résister, à savoir la poste, disparaît aussi. En cause évidemment,  un  aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres et qui conduit le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois et en services. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040-2050,  certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si localement on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être. Parallèlement on doit aussi s’interroger sur le concept même de service public, son coût, son fonctionnement et son financement ; en effet, si le rythme de suppression des  services s’accélère, c’est notamment pour des raisons socio-économiques évoquées précédemment mais aussi à cause d’un coût que la collectivité a du mal à assumer. Ce coût explique largement que le pays détienne le double record du monde de prélèvement obligatoire et de dépenses publiques par rapport au PIB. Un record qui porte atteinte à la compétitivité donc aussi à l’emploi. Dans son acception un peu générale, la tendance est forte d’assimiler service public, secteur  public voire statut des personnels. Trois notions pourtant à distinguer. La première découle du champ régalien de l’État (ou plus généralement des collectivités)  lequel mériterait sans doute d’être mieux défini, sans doute plus restreint et en même temps mieux assumé.  Certaines tâches doivent être toujours être assumés par l’État directement mais sans nécessairement gérer directement la logistique. La deuxième confusion concernant le service public vise le statut des personnels. Si on peut comprendre par exemple  que les infirmières ou ASH soient fonctionnaires, c’est plus discutable pour les jardiniers, les menuisiers, et autres comptables. Le problème c’est qu’on résume souvent la problématique des conditions de travail par exemple du personnel des hôpitaux à celle des infirmières. La troisième dimension du service public est liée à la structure juridique qui l’effectue. Or rien n’indique que l’intérêt général doive être exclusivement assumé par le secteur public. De nombreuses fonctions d’intérêt général sont en effet exercées notamment  par voie de délégation à des organisations parapubliques ou privées (santé, transport, formation etc.) Du coup, l’amalgame des trois définitions conduit souvent en fait à masquer une défense corporatiste et coûteuse du service public qui au total porte atteint à la qualité, à l’accessibilité et à la compétitivité de ce service. Faute de cela non seulement tout service public disparaîtra des petites communes mais nombre de fonctions d’intérêt général vont aussi s’étioler dans les petites et moyennes villes (les hôpitaux par exemple).  La problématique n’est pas simple, le service public pour certaines de ses activités constitue un atout indiscutable pour le progrès social mais aussi économique, il n’en demeure pas un  boulet financier qui hypothèque son avenir. Avant d’envisager cette réforme du service public, il sera nécessaire au préalable de procéder à une évaluation qualitative et quantitative des contenus, du fonctionnement et du coût. L’évaluation qualitative est indispensable car ce n’est par la même chose par exemple en terme d’accessibilité d’avoir la possibilité d’obtenir un rendez vous au bout de 15  jours ou au bout de 5 mois chez un cardiologue ou un ophtalmologue. Autre exemple, Ce n’est pas non plu la même chose de disposer en permanence de la 4G en téléphonie mobile et de recevoir des SMS le lendemain de leur émission dans le zones blanches ou mal couvertes.

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