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Alimentation : les ruptures d’approvisionnement ont un coût

Alimentation : les ruptures d’approvisionnement ont un coût

Les ventes manquées ont un coût dans la distribution et en amont dans la production. Pour nombre de produits,  il n’y aura pas de rattrapage. Mais il y a aussi un coût nettement sous-estimé pour les clients qui reportent en partie leur demande sur des marques plus  chères. ( Un papier de la Tribune fait le point sur les pertes imputables rupture d’approvisionnement).

 

Plus de 60% des pertes dues à des ventes manquées sont imputables aux produits frais et d’épicerie. Entre mi-mars et mi-juin, les farines ont notamment subi un manque à gagner hebdomadaire de 480.000 euros.

 Huiles, farines, moutardes… depuis le début de l’année, plusieurs produits de grande consommation se raréfient dans les rayons des magasins français. Un phénomène qui ne correspond pas à de véritables pénuries, mais à des ruptures d’approvisionnement, dues à l’inflation ou aux perturbations des chaînes logistiques de certaines matières premières voire d’emballages.

Si les conséquences sur les consommateurs restent très contenues, leur coût en termes de ventes manquées est déjà très important: le 19 juin, le manque à gagner brut s’élevait déjà à 1,9 milliard d’euros, selon une étude publiée le 13 juillet par le cabinet Nielsen IQ. La durée moyenne de ces ruptures était de 4,1 jours.

 En valeur, 33% des pertes sont imputables aux produits d’épicerie, et 29% aux produits frais. Entre mi-mars et mi-juin, les farines ont notamment subi un manque à gagner hebdomadaire de 480.000 euros. Depuis la mi-mai, leur disponibilité augmente lentement. Fin juin, la famille de produits la plus touchée par les ruptures était toutefois celle des moutardes, dont la disponibilité a dégringolé tout au long de l’année et n’a recommencé à s’améliorer que mi-juin.

L’étude de Nielsen IQ montre également qu’en France la disponibilité d’un produit a pu varier significativement selon les régions et les distributeurs. Ainsi, entre mi-mars et mi-juin, le taux de disponibilité des farines dépassait à peine 80% en Ile-de-France, alors qu’il était supérieur à 82% dans le Nord. Sur la même période, entre le meilleur et le moins bon distributeur, le taux de disponibilité a pu s’écarter de 14 points (de 93,2% à 79,2%).

D’importantes différences émergent en outre entre la situation en France et celle à l’étranger.  »La baisse de la disponibilité des farines en France ne s’est pas retrouvée en Amérique du Nord et Grande-Bretagne », note NielsenIQ.

« Concernant les produits à base de blé, nous avons observé une très légère baisse de la disponibilité des pâtes et farines au Royaume-Uni à partir du mois de février, mais la disponibilité y est restée tout de même très robuste, contrairement à la France, touchée par de fortes chutes. Alors que la disponibilité était sensiblement équivalente dans les deux pays en début d’année, fin avril, la disponibilité des pâtes en France était ainsi inférieure de 5,9 points à celle observée en Grande-Bretagne, et de 14,4 points sur les farines », précise Renaud Chanat, Consultant International Senior du cabinet.

Sur la toute dernière période étudiée, Nielsen IQ note aussi  »une baisse de la disponibilité en France, contrairement à ce que l’on observe » au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou au Canada.

Adaptation au climat :Un cout de 2,3 milliards d’euros par an

Adaptation au climat :Un cout de 2,3 milliards d’euros par an 

 

Le retard de la France en matière d’adaptation au changement climatique est à nouveau pointé par l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE). Dans un rapport publié jeudi 23 juin, cette ONG de référence estime qu’il faudrait investir au minimum 2,3 milliards d’euros par an pour lancer l’adaptation du pays aux inondations, aux canicules, ou aux incendies.

I4CE s’est donné pour objectif de chiffrer les coûts de l’adaptation au changement climatique. Dans cette première publication, l’institut a dressé une liste de 18 décisions budgétaires qui peuvent être  »prises dès à présent » pour anticiper les effets négatifs du changement climatique et prévenir ou minimiser les dommages que ces effets peuvent causer. Par exemple, « augmenter et maintenir dans la durée les moyens dont disposent les agences de l’eau pour leur action en faveur du grand cycle de l’eau et de la biodiversité », pour un montant de 300 millions par an ; « pérenniser une enveloppe annuelle de soutien à l’extension des bonnes pratiques d’adaptation en ville », pour 500 millions d’euros ; « prendre en charge le surcoût pour renforcer les exigences en matière de constructions durables et adaptés aux chaleurs futures dans la construction des bâtiments d’enseignement et de recherche », pour 500 millions.

Selon I4CE, la politique d’adaptation en France est encore trop timide. « On ne part pas de rien. Des actions sont engagées, mais qui restent largement insuffisantes face à l’ampleur des enjeux.

 

 

 

Coût de l’inflation: Une perte d’environ 1300 € pour les ménages

Coût de

Coût de l’inflation: Une perte d’environ 1300 € pour les ménages 

D’après les calculs d’Allianz. Résultat,  l’inflation devrait coûter nviron 2300 € cette année pour les ménages.

Une évaluation vraisemblable puisque chaque ménage dépense environ 3000 € par an pour le transport et le chauffage dont le cout  a augmenté de 50 % . Ces différentes hausses pourrait être compensées par des augmentations de revenus. Or par exemple les salaires n’ont pas augmenté de plus de 3 % alors que sur l’année l’inflation pourrait atteindre 5 %.La dégradation objective de la situation provoque aussi un écroulement de la confiance des ménages qui contribue à dégrader l’environnement.

L’éclatement de la guerre en Ukraine à la fin du mois de février a précipité la confiance des ménages et des entreprises vers le bas en seulement quelques jours. La plupart des récentes enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent qu’après avoir atteint un pic à l’été 2021, le moral des ménages est en chute libre pour retrouver le niveau de novembre 2018 en pleine crise des « gilets jaunes ».

cette ‘inflation devrait d’abord toucher les ménages les plus modestes alors que ceux sont eux qui ont la plus forte propension à consommer.

Après un fort rebond économique post-pandémie en 2021 (6,8%), l’économie française est plongée dans un épais brouillard depuis l’invasion de la Russie en Ukraine. Le recul brutal de la consommation au premier trimestre a plombé la croissance laissant planer un risque de récession au cours du second trimestre. Malgré ces craintes, la Banque de France a écarté cette perspective dans ses dernières prévisions dévoilées ce mardi 14 juin avec une croissance fébrile de 0,25 % en glissement trimestriel.

Ukraine et guerre: Un coût écologique exorbitant

Ukraine et guerre: Un coût écologique exorbitant

 

Par Claire Legros dans le Monde

 

Une nouvelle génération d’historiens éclaire le rôle décisif des conflits dans la crise environnementale globale que l’on connaît aujourd’hui. A l’heure de l’insécurité climatique, les Etats peuvent-ils concilier guerres et écologie ?

Dans le fracas des bombardements sur les populations civiles, l’appel est passé inaperçu. « La nature n’a pas de frontières, et elle est aussi violée et torturée par l’invasion russe », alertait le 22 avril, à l’occasion de la Journée de la Terre, Iryna Stavchuk, vice-ministre ukrainienne de l’environnement et des ressources naturelles. A l’horreur des massacres humains de la guerre en Ukraine vient s’ajouter une catastrophe écologique dont on peine à mesurer l’ampleur.

Dans un pays fortement industrialisé et doté du deuxième parc nucléaire d’Europe, héritage de l’ère soviétique, les risques de pollution des sols et des nappes phréatiques sont multiples. « Des usines chimiques ont été bombardées dans un pays particulièrement vulnérable. L’Ukraine couvre 6 % du territoire européen, mais on y recense 35 % de sa biodiversité avec quelque cent cinquante espèces protégées et de nombreuses zones humides, reconnues d’importance internationale par la convention de Ramsar en 1971. Mais aussi une industrie vieillissante », constate Marie-Ange Schellekens, chercheuse en droit de l’environnement à l’université de La Rochelle, qui travaille sur la prévention des conflits et la sécurité environnementale.

Tour à tour enjeu stratégique, arme de guerre ou victime collatérale, l’environnement n’a jamais été épargné dans la longue histoire des peuples et de leurs affrontements. Des batailles menées par Darius contre les Scythes en – 513 av. J.-C. jusqu’aux puits de pétrole incendiés au Koweït par l’armée de Saddam Hussein en 1990, la stratégie de la terre brûlée et l’empoisonnement des sources se sont de tout temps révélés des armes redoutables. « Une large majorité des conflits ont une dimension environnementale si on y inclut la question des ressources », note Marie-Ange Schellekens.

Dans cette histoire de feu et de sang, les conflits de masse du XXe siècle ont franchi un palier. Les guerres industrielles, capables d’anéantir les populations, dévastent aussi durablement les écosystèmes. Un siècle après l’armistice de 1918, les dizaines de tonnes d’obus abandonnés par les belligérants continuent de libérer leurs composés chimiques dans les sous-sols de la Somme et de la Meuse. Des millions de mines disséminées en Afghanistan ou au Nigeria polluent durablement des terres agricoles, condamnant la population à la peur et au dénuement. Sans compter l’arsenal atomique qui fait peser une menace écologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. « L’arme nucléaire marque une rupture, par sa puissance de destruction totale sur les humains et les autres vivants, explique le politiste Bruno Villalba, auteur de L’Ecologie politique en France (La Découverte, 127 p., 10 euros), et aussi parce que ses ruines irréversibles, y compris la gestion des déchets nucléaires, s’inscrivent dans le temps long, ce que le philosophe Günther Anders appelle “la permanence du globicide”. »

Le coût écologique exorbitant des guerres

Le coût écologique exorbitant des guerres

Par Claire Legros dans le Monde

 

Une nouvelle génération d’historiens éclaire le rôle décisif des conflits dans la crise environnementale globale que l’on connaît aujourd’hui. A l’heure de l’insécurité climatique, les Etats peuvent-ils concilier guerres et écologie ?

Dans le fracas des bombardements sur les populations civiles, l’appel est passé inaperçu. « La nature n’a pas de frontières, et elle est aussi violée et torturée par l’invasion russe », alertait le 22 avril, à l’occasion de la Journée de la Terre, Iryna Stavchuk, vice-ministre ukrainienne de l’environnement et des ressources naturelles. A l’horreur des massacres humains de la guerre en Ukraine vient s’ajouter une catastrophe écologique dont on peine à mesurer l’ampleur.

Dans un pays fortement industrialisé et doté du deuxième parc nucléaire d’Europe, héritage de l’ère soviétique, les risques de pollution des sols et des nappes phréatiques sont multiples. « Des usines chimiques ont été bombardées dans un pays particulièrement vulnérable. L’Ukraine couvre 6 % du territoire européen, mais on y recense 35 % de sa biodiversité avec quelque cent cinquante espèces protégées et de nombreuses zones humides, reconnues d’importance internationale par la convention de Ramsar en 1971. Mais aussi une industrie vieillissante », constate Marie-Ange Schellekens, chercheuse en droit de l’environnement à l’université de La Rochelle, qui travaille sur la prévention des conflits et la sécurité environnementale.

Tour à tour enjeu stratégique, arme de guerre ou victime collatérale, l’environnement n’a jamais été épargné dans la longue histoire des peuples et de leurs affrontements. Des batailles menées par Darius contre les Scythes en – 513 av. J.-C. jusqu’aux puits de pétrole incendiés au Koweït par l’armée de Saddam Hussein en 1990, la stratégie de la terre brûlée et l’empoisonnement des sources se sont de tout temps révélés des armes redoutables. « Une large majorité des conflits ont une dimension environnementale si on y inclut la question des ressources », note Marie-Ange Schellekens.

Dans cette histoire de feu et de sang, les conflits de masse du XXe siècle ont franchi un palier. Les guerres industrielles, capables d’anéantir les populations, dévastent aussi durablement les écosystèmes. Un siècle après l’armistice de 1918, les dizaines de tonnes d’obus abandonnés par les belligérants continuent de libérer leurs composés chimiques dans les sous-sols de la Somme et de la Meuse. Des millions de mines disséminées en Afghanistan ou au Nigeria polluent durablement des terres agricoles, condamnant la population à la peur et au dénuement. Sans compter l’arsenal atomique qui fait peser une menace écologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. « L’arme nucléaire marque une rupture, par sa puissance de destruction totale sur les humains et les autres vivants, explique le politiste Bruno Villalba, auteur de L’Ecologie politique en France (La Découverte, 127 p., 10 euros), et aussi parce que ses ruines irréversibles, y compris la gestion des déchets nucléaires, s’inscrivent dans le temps long, ce que le philosophe Günther Anders appelle “la permanence du globicide”. »

Coût de l’inflation: Un surcoût de 1000 € par ménage ?

Coût de l’inflation: Un surcoût de 1000 € par ménage ?

 

 

 

 

Le surcoût lié à l’inflation sans réévaluation des revenus devrait générer une perte d’environ 1000 € sur l’année. Un calcul qui paraît peut-être un peu approximatif mais qui donne un ordre de grandeur. En effet le revenu médian se situe autour de 1800 €, ce qui avec une inflation de 5 % effectivement à une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 90 € par mois.

Deux observations il s’agit d’abord des moyennes qui ne rendent pas compte de l’impact de l’inflation sur chaque catégorie sociale. Deuxième observation, la hausse mesurée par l’INSEE est à prendre avec des pincettes que par exemple le coût de l’acquisition d’un logement n’est pas intégré dans l’indice.

L’Observatoire de l’inflation du magazine 60 millions de consommateurs estime qu’il faudra débourser «en moyenne 90 euros de plus» chaque mois pour «absorber la hausse générale des prix». Ce chiffre a été établi à partir du poids réel des dépenses en carburants, en énergie et en produits de grande consommation dans le budget des ménages, précise le magazine sur son site internet mercredi. «Avec 20% de hausses, les carburants contraignent déjà à acquitter en moyenne 27 euros de plus par mois», tandis que les factures d’énergie, en hausse de 25%, «provoquent des prélèvements supplémentaires d’un montant moyen de 32 euros par mois».

 

Enfin, la «hausse générale de 7% des produits de consommation courante, attendue cet été, entraînera une dépense supplémentaire de 30 euros par ménage chaque mois». Ce dernier poste de dépense varie forcément en fonction de la composition du foyer, une famille payant en moyenne 38 euros de plus chaque mois, contre 21 euros pour un couple sans enfant, détaille le magazine. L’inflation a connu une nouvelle accélération en France au mois de mai, à 5,2% sur un an, dépassant la barre des 5% pour la première fois depuis septembre 1985, selon une première estimation publiée mardi par l’Insee. La hausse des prix sur un an s’était établie à 4,8% en avril, atteignant déjà un plus haut en près de 37 ans.

Guerre en Ukraine: Assumer le coût

Guerre en Ukraine: Assumer le coût

Inévitable, le coût économique et social du soutien à l’Ukraine ne sera assumé durablement par les Français que s’il est justement réparti, faute de quoi le régime russe exploiterait nos divisions, souligne, dans une tribune au « Monde », Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

 

 

Après trois mois de conflit, il est temps de l’assumer : nous allons aider la résistance ukrainienne dans la durée, parce que c’est aussi notre liberté qu’elle défend, et cela ne sera pas sans conséquences pour les Françaises et les Français. C’est bien la démocratie qui est en jeu. Vladimir Poutine l’a érigée en ennemie. Plutôt que l’expression démocratique du peuple, il ne connaît que la force et son usage le plus brutal, en Ukraine comme en Tchétchénie et en Syrie. Accepter qu’elle l’emporte à nouveau, c’est soumettre nos libertés à tous les diktats. 

Ce sont les Ukrainiennes et les Ukrainiens – sans oublier les opposants russes – qui en paient le prix le plus fort par les dévastations, la peur, les viols, les tortures, la mort, l’exil. Mais ne prétendons pas que ce sera sans douleur pour nous. Disons-le clairement : ce combat commun a et aura aussi un coût pour les Françaises et les Français.

Les sanctions imposées à la Russie s’ajoutent aux désordres provoqués par le conflit, relayés par la spéculation, pour amplifier la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation. Ils pèsent sur le pouvoir d’achat des Français, sur la croissance et l’emploi. Ce coût grandira lorsque les Européens décideront enfin un embargo total sur le gaz et le pétrole russes.

Aucune alternative

Le régime russe sait combien la dépendance énergétique et alimentaire, pesant sur les conditions de vie des Européens, affaiblit leur esprit de résistance et peut fracturer l’Union européenne. Il suffit d’entendre celles et ceux qui n’ont jamais rien trouvé à redire à la brutalité de Poutine, évoquer les conséquences de l’appui à l’Ukraine pour tenter de l’amenuiser. De plus, l’attitude de Vladimir Poutine n’offre pour l’heure aucune alternative au renforcement constant de l’aide militaire pour seconder l’héroïsme des Ukrainiens.

En réponse, il sait jouer de nos peurs. C’est la vocation de ses gesticulations nucléaires face auxquelles il revient aux Européens et à leurs alliés de conserver détermination, cohésion et sang-froid. L’objectif demeure un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes sur les lignes du 24 février 2022, l’ouverture de négociations bilatérales puis multilatérales pour garantir la liberté et la sécurité de tous – y compris de la Russie. Mais tant que l’Ukraine ne sera pas en situation de discuter autrement qu’en position d’agressée, il ne peut y avoir de désescalade à l’initiative des Européens. Ce serait accepter la primauté du recours à la force.

Ne faisons pas à Vladimir Poutine le cadeau de nos faiblesses. Il ne peut pas l’emporter. Son seul atout réside dans la peur qu’il suscite et dans l’instrumentalisation du désordre économique et social provoqué par le conflit qu’il a déclenché, dans une Europe déjà socialement et culturellement fragilisée, où de plus en plus de citoyens semblent tentés – lassitude, découragement, colère ou oubli – par des formes de relativisation du caractère sacré de la démocratie.

 

Gaz russe : un coût de 54 € par an ?

Gaz russe : un coût de 54 € par an ?

 

 

Deux économistes, François Langot et Fabien Tripier, calculent dans une tribune au « Monde » la perte de pouvoir d’achat que représenterait pour chaque citoyen européen un embargo total sur les importations de gaz, de pétrole et de charbon russe.

Il s’agit d’une évaluation qui pourrait bien être très approximative car personne ne connaît aujourd’hui quelle sera l’évolution des cours au moment de la reprise de la demande NDLR

Tribune

 

 Face à l’arbitraire d’une guerre déclenchée par un dictateur, les premières sanctions financières ont été une réaction forte, qui paraissait alors adéquate. Mais l’évolution du conflit montre qu’elles ne sont pas suffisantes. Le moment est venu d’aller plus loin, en envisageant un embargo total sur les importations d’énergie (gaz, pétrole et charbon) de Russie.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déjà franchi le pas sans être encore suivis par l’Union européenne, qui a montré ses divergences lors du conseil de ses ministres des affaires étrangères du 21 mars. Les arguments freinant cette proposition évoquent la perte de pouvoir d’achat que ces sanctions induiraient. Mais quelle serait vraiment l’ampleur de cette perte de pouvoir d’achat ?

Pour une mise en œuvre coordonnée de cet embargo, il est crucial de disposer d’une évaluation de son coût économique pour chacun des Etats qui y participeraient. La difficulté de cette évaluation est qu’un arrêt des importations d’énergie de Russie bouleverse toute l’économie mondiale avec des effets en cascade sur la chaîne de production, constituée de différents secteurs d’activité, tous interdépendants via le commerce international.

Les économistes David Baqaee et Emmanuel Farhi ont développé une méthodologie permettant de quantifier la contribution du commerce international à l’évolution du pouvoir d’achat des citoyens de chaque pays de la planète. Cette méthode tient compte de l’ensemble des liens sectoriels et commerciaux que constitue la chaîne mondiale de production (« Networks, Barriers, and Trade », « NBER Working Paper » n° 26108, 2021).

Cette méthodologie a été utilisée par un groupe d’économistes pour évaluer le coût pour l’Allemagne, que l’on sait particulièrement dépendante du gaz, du pétrole et du charbon russe (« What If ? The Economic Effects for Germany of a Stop of Energy Imports from Russia », Rüdiger Bachmann, David Baqaee, Christian Bayer, Moritz Kuhn, Andreas Löschel, Benjamin Moll, Andreas Peichl, Karen Pittel et Moritz Schularick, ECONtribute, « Policy Brief » n° 28, 2021). Cette très belle initiative de nos collègues est motivée par le refus du gouvernement allemand « d’aller trop loin » dans les sanctions à l’encontre de la Russie.

Mais leur analyse doit aussi être appliquée à d’autres pays : partager une évaluation qui porterait sur l’ensemble des pays européens est essentiel dans la perspective de promouvoir une décision commune sur cet embargo. Cette évaluation doit être interprétée avec prudence, compte tenu de la plus ou moins grande facilité avec laquelle les acteurs économiques peuvent substituer les sources d’énergie importées de Russie par une autre.

Le coût du retrait de l’économie française en Russie

Le coût du retrait de l’économie française en Russie

 

La France est le troisième investisseur étranger en Russie, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, rappelle le consultant en stratégie-finance Michel Noiry dans une tribune au « Monde ». Il estime qu’un départ ne pourrait se faire qu’au prix d’une « casse monumentale ».

 

 

Tribune. 

 

 

Depuis la disparition de l’Union soviétique, même si le cadre juridique est instable, la Russie présente les caractéristiques d’une économie libérale, plutôt ouverte aux investissements étrangers. Telle que définie par les lois de 1999 et de 2008, la liberté d’établissement est, en règle générale, garantie. La prise de participation majoritaire au capital d’une entreprise locale est autorisée.

Seules demeurent des obligations de déclaration auprès de la Banque de Russie, ainsi que des demandes d’autorisation spécifiques auprès de la commission de contrôle des investissements étrangers, nécessaires pour les investissements étrangers dans certains secteurs stratégiques comme les ressources naturelles, l’énergie, les transports, les communications et l’industrie de défense.

 

Par ailleurs, une loi de 2015 limite la propriété étrangère des médias russes à 20 %. Les flux d’investissements étrangers en Russie sont très significatifs. Ils ont atteint un sommet de 68 milliards d’euros en 2008 pour se stabiliser autour de 30 milliards d’euros par an (par comparaison, la France attire en moyenne environ 25 milliards d’euros par an). Plombés par la crise sanitaire, ils ont chuté de 95 % en 2020, à 1,4 milliard d’euros, contre 29 milliards d’euros en 2019.

Le stock d’investissements étrangers en Russie était de 441 milliards d’euros en 2017. A cette époque, la France était le troisième investisseur étranger, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. A noter que les positions s’équilibrent presque si l’on considère que, pour sa part, la Russie investit également à l’étranger (36,8 milliards d’euros en 2017) et détient un stock d’investissements de l’ordre de 380 milliards d’euros (valeur 2017).

Selon le ministère de l’économie, plus de 500 entreprises françaises (dont 35 groupes du CAC 40) opèrent en Russie. En 2020, malgré le COVID, les exportations françaises vers la Russie ont atteint 5,2 milliards d’euros, faisant de la Russie le septième marché extérieur de la France, hors Union européenne.

 

Parmi les grands noms de l’économie française présents en Russie, on note des sociétés comme Auchan (39 000 employés, 277 magasins), Leroy Merlin (35 000 employés, 107 magasins, 1,3 milliard d’euros d’investissements), Danone (9 000 employés, 15 usines, 2,5 milliards d’euros d’investissements), Saint-Gobain (2 000 employés, 9 sites de production, 0,5 milliard d’euros d’investissement), LVMH (4 000 employés, 140 magasins), Société générale (2,1 milliards d’euros d’investissement, une filiale, Rosbank, dont les activités représentent, en 2021, 2,8 % du produit net bancaire et 2,7 % du résultat net de la banque), Schneider Electric (8 000 employés, 5 usines, 1 milliard d’euros d’investissements) et Total (9 milliards d’euros d’investissements, 1 usine de production et plusieurs participations dans des grands projets d’infrastructure).

Catastrophes climatiques : en hausse et un coût annuel de 170 milliards

Catastrophes climatiques : en hausse et un coût annuel de 170 milliards

L’an dernier, le montant des dommages économiques des 10 événements météo les plus coûteux avait été calculé à près de 150 milliards de dollars (environ 132,5 milliards d’euros) par l’ONG britannique Christian Aid , qui souligne que la plupart des évaluations «sont basées uniquement sur les dommages assurés, ce qui laisse supposer des coûts réels encore plus élevés».

En 2021 le cout se monterait à 150 milliards de dollars.

La catastrophe la plus coûteuse a été la tempête Ida (fin août/début septembre), qui avait notamment entraîné des inondations à New York, avec 65 milliards de dollars (57,43 milliards d’euros) de coûts économiques estimés.

Viennent ensuite les inondations de juillet en Allemagne, en Belgique et dans les pays voisins, avec 43 milliards de dollars (38 milliards d’euros) de pertes, puis la tempête hivernale Uri aux Etats-Unis, avec une vague de froid jusqu’au Texas, qui a notamment touché le réseau électrique et fait 23 milliards (20,32 milliards d’euros) de dégâts.

Une quatrième catastrophe dépasse les 10 milliards de dollars de dommages, les inondations dans la province du Henan en Chine en juillet, pour un coût de 17,6 milliards.

Suivent les inondations en Colombie-Britannique au Canada (novembre, 7,5 milliards), la vague de froid tardive d’avril en France (5,6 milliards), qui a ravagé de prestigieux vignobles, le cyclone Yaas en Inde et au Bangladesh (mai, 3 milliards), le typhon In-Fa en Chine (juillet, 2 milliards), les inondations en Australie (mars 2,1 milliards) et le cyclone Tauktae en Inde et au Sri Lanka (mai, 1,5 milliard).

Mi-décembre, le réassureur Swiss Re avait publié une estimation globale du coût des catastrophes naturelles en 2021 dans le monde, évalué à quelque 250 milliards de dollars (220,8 milliards d’euros), en hausse de 24% par rapport à 2020.

Chômage : un cout de plus de 30 milliards pour l’État

Chômage : un cout  de plus de 30 milliards pour l’État

 

Un collectif d’acteurs de l’économie sociale et solidaire, d’élus locaux et d’acteurs de terrain plaide, dans une tribune au « Monde », pour la création d’un million d’emplois d’utilité sociale et territoriale, ce qui ferait reculer le chômage de longue durée.

 

Tribune.

Non, le chômage de longue durée n’est pas une fatalité, il ne repose pas sur un manque de volonté des personnes éloignées de l’emploi, comme nous l’entendons malheureusement si souvent ! Nos 2,5 millions de concitoyens qui sont au chômage de longue durée ne sont pas responsables de cette situation.

Non, nous n’avons pas tout essayé ! Le chômage de longue durée repose sur l’inadéquation entre les offres d’emploi et les compétences des personnes, sur un manque d’« employeurabilité » des entreprises, sur la dévalorisation des métiers et sur un sous-investissement de l’Etat dans la création nette d’emplois.

Pour nous, acteurs de l’économie sociale et solidaire, élus locaux engagés, acteurs de terrain implantés dans les territoires, la lutte contre le chômage de longue durée passera par la création d’emplois d’utilité sociale et territoriale portés et conçus au plus près des territoires pour garantir un emploi pour tous, valorisant et redonnant une citoyenneté sociale et économique aux personnes tout en accompagnant leur montée en compétences vers des filières d’avenir.

Le « droit à l’emploi » dans les obligations de l’Etat

Contrairement aux idées reçues et agitées par les politiques, selon Pôle emploi, neuf offres d’emploi sur dix sont pourvues et il y a aujourd’hui un poste vacant pour treize chômeurs. En élargissant aux demandeurs d’emploi au sens plus large, on arrive à un poste pour vingt-deux demandeurs d’emploi. Ces chiffres remettent très largement en cause la tentation de faire peser la responsabilité du chômage de masse sur les chômeurs eux-mêmes, comme l’a fait dans son allocution du 9 novembre Emmanuel Macron, annonçant un renforcement du contrôle des personnes chercheuses d’emploi.

En outre, les politiques publiques de l’emploi justifient une part importante du chômage par le manque de diplôme des chercheurs d’emploi. Or, les entreprises et leur mode de recrutement ont également leur part de responsabilité. L’ensemble des entreprises recrute en usant de prérequis fondés sur la croyance que seul un diplôme permet de valider les compétences d’un salarié.

Enfin, malgré les réticences des pouvoirs publics à le reconnaître, deux obligations pèsent sur l’Etat : celle de garantir à chaque individu le « droit à l’emploi », droit constitutionnel inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, et celle de réduire les dépenses budgétaires engendrées par les coûts du chômage. Car, rappelons-le, la privation d’emploi a un coût : plus de 30 milliards d’euros par an !

Transition écologique : un cout financier ou au contraire une opportunité ?

Transition écologique : un cout financier ou au contraire une opportunité ?

 

Bertrand Piccard conteste la peur que font naître les énormes financements de la transition écologique qui pour lui n’est pas un cout financier mais une opportunité

 

Bertrand Piccard, président de la Fondation Solar Impulse, psychiatre et explorateur, auteur du premier tour du monde en ballon (1999) puis en avion solaire (2015-2016), tiendra durant cette quinzaine une chronique quotidienne des succès et des déceptions de ce rendez-vous crucial pour l’avenir de notre planète. Une exclusivité pour La Tribune et le quotidien suisse Le Temps.

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On a parlé gros sous à Glasgow hier. Avec des chiffres à donner le vertige: la secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Janet Yellen, a ainsi estimé que la transition mondiale vers la neutralité carbone coûterait entre 100 et 150 mille milliards de dollars («150 trillions» en anglais, soit un nombre à 15 chiffres). On a par ailleurs évoqué à longueur de sessions le «Green Premium» c’est-à-dire le différentiel de prix entre solutions propres et techniques polluantes actuelles . On présente ainsi la transition vers un monde durable comme compliquée, coûteuse et financièrement risquée.

Je vois les choses de manière diamétralement opposée.

Il existe actuellement sur le marché des solutions pour développer l’efficience, valoriser les déchets ou produire de l’énergie verte, qui sont déjà rentables et compétitives. Il est donc absurde de parler de risque économique et de «Green Premium». Tout comme il est absurde de répéter que la transition énergétique représente un coût (autrement dit de l’argent que l’on perd) alors qu’il s’agit d’un investissement (de l’argent qui rapporte).

 

D’ailleurs, d’autres acteurs du marché l’ont très bien compris, et le monde financier commence à se passionner pour cette transition écologique, comme en témoigne la multitude de colloques organisés sur ce thème à Glasgow. Lorsque l’on évoque des trillions comme s’il s’agissait de vider les caisses, on se trompe. Car les trillions sont déjà là, disponibles sur les marchés, notamment investis dans les énergies fossiles. Il s’agit seulement de les sortir des industries qui n’ont aucun avenir pour les réorienter vers des opportunités plus prometteuses et durables.

«La plus grande opportunité économique de notre époque»

Cela ne concerne pas seulement l’argent des banques et des investisseurs privés. Au lieu d’investir dans l’immobilier – et d’en faire grimper sans cesse les prix au risque d’alimenter une bulle spéculative – , ou de se rabattre sur des obligations au rendement décevant, les caisses de pension auront tout avantage à investir dans le futur énergétique. Prétendre que ces investissements sont risqués est une mauvaise excuse. Il y a certes un risque à investir dans la capture du carbone ou la fusion nucléaire, qui ne sont pas encore des techniques abouties, mais il n’y en a aucun avec la production d’énergies renouvelables, l’efficience énergétique et la valorisation des déchets, qui sont déjà des secteurs rentables aujourd’hui.

D’ailleurs, plus loin dans son propos sur les trillions de dollars de la transition, la Secrétaire au Trésor a quand même reconnu que la lutte contre le changement climatique est «la plus grande opportunité économique de notre époque». Voilà selon moi la partie qu’il faut retenir de son discours, pour créer une émulation encourageante et réaliste.

Coût de transport : une hausse de 5 à 6 %

Coût de transport : une hausse de 5 à 6 %

FedEx et UPS annoncent des hausses de 5à 6 % suite en particulier à l’augmentation du carburant. Des hausses qui seront sûrement suivies par d’autres transporteurs.

C’est la conséquence du Covid qui a permis à la vente sur Internet de s’envoler en même temps que les frais de transport. S’y ajoute la désorganisation des chaînes logistiques et surtout l’augmentation du carburant.

Inévitablement, les coûts à la production se transmettent progressivement à la consommation. Et l’inflation considérée comme provisoire par certains économistes risque de durer longtemps.

Catastrophes climatiques : un coût multiplié par 8 en 50 ans

Catastrophes climatiques : un coût multiplié par 8 en 50 ans

Selon l’Atlas de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui répertorie le nombre de morts et les pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes, ces catastrophes ont été multipliées par cinq au cours des 50 dernières années et leur coût multiplié par huit.

Plus inquiétant encore, cette flambée des phénomènes extrêmes va se poursuivre dans les années à venir sous l’effet du changement climatique, comme le soulignait récemment le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec),

« Le nombre de phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes augmente. Ils deviendront plus fréquents et plus graves dans de nombreuses régions du monde sous l’effet du changement climatique », a prévenu Petteri Taalas, le secrétaire général de l’organisation onusienne, cité dans un communiqué de presse.

Un coût de 240 milliards pour le «quoi qu’il en coûte» ( Le Maire)

Un coût  de 240 milliards pour le «quoi qu’il en coûte» ( Le Maire)

D’après le ministre de l’économie, la facture s’élèverait à 240 milliards pour le » quoi qu’il en coûte »  dont «80 milliards d’euros de subventions», sous la forme de chômage partiel, d’exonérations de charge, et de fonds de solidarité et «160 milliards d’euros de prêts».

Un nouveau dispositif intervenant au cas par cas devrait être mis en place après avec les possessions notamment avec les secteurs de l’hôtellerie, les cafés, la restauration, ainsi que les discothèques, ou le tourisme. «.

JO Paris 2024 : un coût jusqu’à 24 milliards !

JO Paris 2024 : un coût jusqu’à 24 milliards !

 

Il n’est pas étonnant que des pays soient de moins en moins chauds pour organiser les JO dont le coût devient démentiel. Surtout avec la crise sanitaire qui va imposer des mesures supplémentaires. Ainsi d’après les calculs d’experts, les JO de Tokyo pourraient coûter presque 30 milliards. Une facture dont Paris devrait tenir compte au lieu de se réjouir un peu naïvement de l’organisation de cette épreuve sportive où en plus en l’état des performances actuelles, la France n’est pas certaine de faire beaucoup mieux qu’à Tokyo.

La facture pour Tokyo pourrait  atteindre 28 milliards de dollars selon une étude dévoilée par MoneyTransfers.com s’appuyant sur des données de Statista et de la Banque Mondiale. Une estimation confirmée par le magazine Forbes , qui obtient un montant identique en se reposant notamment sur les données de deux quotidiens japonais, Nikkei et Asahi. L’évaluation de l’université d’Oxford est moins élevée mais atteint tout de même 20 milliards d’euros, soit quasiment trois fois plus que les plans de départ.

La dette en hausse mais coût plus bas

La dette en hausse mais coût plus bas

Anthony Requin de l’Agence France Trésor (AFT) explique que le montant de la dette qui ne cesse de monter n’est pas trop inquiétant car son coût est plus bas .(Ceci étant  il faudra quand même la rembourser y compris quand les taux seront plus élevés NDLR)

 

Interview dans la Tribune

 

LA TRIBUNE – Vingt ans après la création de l’Agence France Trésor, comment ses missions ont-elles évolué ?

ANTHONY REQUIN - Elles sont intactes. Le cœur de mission de l’agence n’a pas évolué. La gestion de la dette et de la trésorerie de l’État sont restées les principales missions de l’AFT. En 2017, il y a un eu un rapprochement avec la CADES, la caisse d’amortissement de la dette sociale, en charge de financer et d’amortir la dette sociale en France, l’AFT étant désormais chargée de conduire les opérations de marché pour le compte de la CADES. Ce qui a plus évolué en revanche est la taille des encours de dette sous gestion, la taille et celle des montants à financer chaque année.

Comment les effectifs de l’AFT ont-ils évolué depuis une vingtaine d’années ?

Nous sommes actuellement 47, en comptant les effectifs de la CADES mis à disposition de l’AFT. Sur le périmètre pré-rapprochement CADES, l’Agence France Trésor en tant que telle emploie environ 40 personnes, soit 5 de plus qu’il y a 10 ans du fait du renforcement de certaines fonctions support (dans le juridique, l’informatique, le contrôle interne ou la stratégie).

Justement, vous manipulez des milliards avec une relative petite équipe ?

L’Agence France Trésor améliore et modernise continuellement sa structure, ses outils de travail, notamment informatiques, et ses procédures aux évolutions des pratiques de marché, ce qui lui a permis de faire des économies d’échelle considérables.

Comment les besoins de financement de l’Etat ont-ils évolué sur les deux dernières décennies ?

Avant la grande crise financière de 2008, les programmes de financement de l’État étaient – autour de – mais légèrement inférieurs à 100 milliards d’euros par an. Il y a eu un changement de palier par la suite, avec une fourchette d’émission de titres à moyen long terme comprise entre 170 et 190 milliards d’euros au cours de la période 2009-2017. En 2019, on atteignait les 200 milliards d’euros et avec la crise Covid, on a atteint les 260 milliards d’euros.

La signature de la dette française semble avoir la confiance des investisseurs malgré la crise.

La France reste bien notée par les agences de notation. Le choc causé par la Covid-19 a touché l’ensemble des pays et pas seulement la France. Donc du point de vue des agences de notation, la France ne subit pas un choc spécifique, même si c’est un choc qui a affecté particulièrement le modèle productif français, au vu de sa spécialisation sectorielle (aéronautique, automobile, tourisme). Mais le risque est tout autant dans la sévérité du choc initial que dans les modalités de la sortie du choc.

Il faudra attendre un peu que la poussière retombe pour voir si la France s’avère plus ou moins touchée que d’autres pays. Tout va dépendre de la capacité du modèle productif français à se relever rapidement et à pouvoir fonctionner à nouveau à plein régime. Le gouvernement s’y emploie avec les plans de relance français et européen. Il y des motifs d’espérance. Ainsi les données économiques du troisième trimestre 2020 ont montré une forte capacité de rebond de l’économie française.

Les agences de notation et les investisseurs, au-delà de l’impact de la crise sur les ratios de dette, tiennent aussi compte de ses conditions de financement. De ce point de vue, la BCE a joué un rôle important en abaissant le coût de la dette. La dette est certes beaucoup plus élevée mais elle coûte beaucoup moins cher qu’au début des années 2000. Du point de vue des agences de notation, la France est entrée dans la crise avec une situation des finances publiques pas encore complètement rétablies mais elle bénéficie d’une flexibilité financière importante en témoigne sa capacité d’accès aux marchés de capitaux, à des taux d’intérêt très faibles et elle bénéficie d’une maturité moyenne de sa dette plutôt élevée. Lors de cette crise, la France a pu bénéficier de taux beaucoup plus attractifs que lors du choc de 2008-2009 où les taux étaient entre 3% et 4%. La France traverse cette crise avec des conditions d’emprunt bien plus faibles et une maturité d’émissions pour les opérations de l’année bien plus élevée. Tous ces éléments constituent des coussins de protection pour l’avenir.

La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a beaucoup changé sur la dernière décennie. Estimez-vous que la Banque centrale sort de son rôle ?

Non, il y a assez de gardiens du temple institutionnellement dans le système pour assurer qu’elle ne sorte pas de son rôle. La Banque centrale européenne nous apporte beaucoup de sécurité par son action dans l’exécution des ces programmes de financement à des conditions de taux extraordinairement faibles. Nous avons confiance en cette institution qui a montré ses capacités à pouvoir s’adapter à différentes crises et à apporter à chaque fois la bonne réponse. Cette politique monétaire apporte de la confiance aux différents acteurs de marché.

Etes-vous inquiet de la fin programmée du PEPP ?

Je ne doute pas de la capacité de la BCE à gérer adroitement le prochain virage qui sera celui de la normalisation monétaire. Les gouverneurs de la banque centrale l’ont déjà montré par le passé. Entre 2018 et 2019, le PSPP (the Public Sector Purchase Programme) était progressivement passé d’un rythme d’achats de titres de dette de 80 milliards d’euros à zéro et cela s’était bien passé sans choc abrupt sur les marchés. Les taux avaient même continué à baisser.

Comment expliquez-vous la baisse tendancielle des taux ?

Les économistes ont beaucoup étudié cette question et c’est encore un objet de débat académique, mais beaucoup y voient la manifestation de tendances structurelles qui ont conduit à l’affaiblissement à la fois de la composante des tendances inflationniste et de la composante réelle des taux. Parmi les facteurs structurels les plus fréquemment cités, on peut mentionner dans les économies développées la baisse des gains de productivité tendanciels qui a affaibli le taux de croissance, l’insertion progressive dans le commerce international de grandes économies disposant d’une main d’œuvre abondante qui exerce une pression à la baisse sur les prix, de même que l’exacerbation de la concurrence sous l’effet de ruptures technologiques, de l’action des régulateurs sectoriels et de la baisse des barrières douanières, ou encore les changements affectant les modes de fixation des salaires, l’érosion du pouvoir de négociation des salariés dans certaines économies. Enfin, le vieillissement démographique et l’accentuation des inégalités dans certains pays qui peuvent être à l’origine d’un surcroît d’épargne.

S’agissant des évolutions futures, il n’est pas évident de déterminer avec certitude l’évolution des taux nominaux à long terme. Actuellement, sous l’effet de la réouverture des économies post-pandémie et des stimuli budgétaires et monétaires actuels, on constate une légère remontée des taux d’intérêt, alimentée par la hausse de la composante réelle et la révision à la hausse des anticipations d’inflation. À moyen terme, d’autres facteurs comme la nouvelle donne démographique à l’œuvre au sein de certaines grandes économies qui conduit à la baisse de leur population active pourraient également jouer un rôle, de même que la relocalisation de certaines chaînes de valeurs si ce mouvement venait à se confirmer. La question demeure de savoir si ces évolutions seront suffisantes pour contrer les facteur structurels évoqués précédemment qui avaient conduit à une baisse continue des taux et de l’inflation ces quarante dernières années.

Il faudra également qu’intervienne une normalisation de politique monétaire, à rebours des politiques menées depuis 2008, et pour certaines économies menées depuis le début des années 2000. Or, à ce jour, nous n’avons pas d’exemple abouti de normalisation complète de politique monétaire. Le processus de normalisation qui avait été engagé par la Réserve Fédérale américaine fin 2017 a été interrompu avec la crise sanitaire, et  cette interruption avait de facto commencé dès l’automne 2019 du fait des perturbations sur le processus de formation de certains taux d’intérêt intervenus concomitamment à la réduction de la taille de bilan de la Fed.

En ce moment, les débats sur les risques d’inflation font rage. Ces poussées inflationnistes représentent-elles un risque pour vous ?

Elles représentent aussi pour nous en tant qu’agence d’émission une opportunité. Ces poussées relancent ainsi l’intérêt pour les émissions de titres indexés sur l’inflation. Pendant les phases de récession, ces titres suscitent plutôt un moindre intérêt des investisseurs. C’est un marché assez procyclique dans son fonctionnement. Quand les tensions inflationnistes surgissent, davantage d’investisseurs souhaitent se protéger contre le risque inflationniste et cela suscite un regain d’intérêt et d’appétit pour des titres indexés sur l’inflation, qui sont dès lors mieux valorisés. La demande pour ces produits est en train de renaître. La manifestation de cette demande nous a ainsi conduit à lancer jeudi 20 mai une nouvelle OAT à 10 ans indexée sur l’inflation française.

Par qui sont détenus les titres de la dette française ?

La Banque centrale européenne détient environ 30% du stock des titres émis par l’État. Pour le reste, plusieurs enquêtes permettent d’avoir des informations. S’agissant des détenteurs résidents, qui représentent 50% du total, nous avons une image assez précise grâce à une enquête régulièrement menée par la Banque de France. Il s’agit d’établissements de crédits, des assureurs, des gestionnaires d’actifs, des banques commerciales et des institutions publiques comme la Banque de France au titre des actions de politique d’achat d’actifs menées par la BCE déjà mentionnée. Pour les non-résidents, nous nous basons essentiellement sur une enquête du FMI. Pour schématiser, on estime à environ 25% la quotité de détenteurs en zone euro et 25% hors zone euro sur le stock.

Comment l’agence s’est-elle adaptée aux OAT vertes ?

Ce lancement a été un vrai défi. La France ambitionne d’être à l’avant-garde des politiques de transition énergétique. Ces politiques vont mobiliser énormément d’investissements et de capitaux. Les marchés financiers doivent accompagner ce mouvement. L’argent public ne suffira pas. Il faut que ce soit un mouvement global. L’intuition politique est de montrer que les États peuvent financer leur transition énergétique à travers les marchés de capitaux. Les États précurseurs qui vont s’engager vont pouvoir structurer la gestion d’actifs verts. L’approche de la France a ensuite été suivie par la Belgique, l’Irlande, les Pays-Bas ou encore le Chili, plus récemment par l’Allemagne en attendant l’Espagne et le Royaume-Uni.

Propos recueillis par Grégoire Normand

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

Le ministre des comptes publics Olivier Dussopt, dont il faut rappeler qu’il a été élu sur une liste PS et que sitôt élu il a rejoint Macron fait encore dans l’approximation en matière de coût de la crise sanitaire. Jusque-là le chiffre officiel visant à quantifier les conséquences de la crise sanitaire tournait autour de 200 milliards.

Mais sans doute pour montrer que le gouvernement n’oublie pas les impératifs de gestion, le ministre des comptes publics précises que cette somme est ramenée à 160 milliards. Un chiffre tout à fait approximatif en effet car il n’y a pas que les dépenses budgétaires à prendre en compte mais aussi toutes les conséquences sur d’autres comptes sociaux comme par exemple celui de l’indemnisation du chômage, celui de la sécurité sociale ou des retraites complémentaires. Sans parler des dépenses à venir concernant un chômage qui malheureusement n’est pas près de retrouver ses niveaux de fin 2019. Olivier Dussopt  précise toutefois que ce chiffre n’est pas définitif.

En janvier, le ministère de l’Economie avait indiqué que l’Etat avait engagé sur son seul périmètre (hors collectivités et sécurité sociale) près de 42 milliards d’euros de dépenses d’urgence en 2020, dont 17,8 milliards pour le chômage partiel (une partie étant financée par l’Unedic), 12 milliards pour le fonds de solidarité, 4 milliards pour financer les exonérations de cotisations sociales et 8 milliards de soutien aux entreprises publiques. A cela s’ajoute un manque à gagner de 37,1 milliards d’euros de recettes fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, etc.) par rapport aux prévisions valables avant la crise.

Dans le champ de la sécurité sociale, il faut compter les dépenses exceptionnelles liées à la pandémie (masques, tests, arrêts de travail) ou encore les pertes de recettes de cotisations sociales par rapport à une situation économique normale.

Notons qu’il n’y a pas si longtemps–sans doute pour améliorer son image d’ancien socialiste–le ministre des comptes publics avait déclaré qu’il faudrait rapidement mettre fin ax quoi qu’il en coûte. Désavoué d’une certaine manière par le gouvernement, il déclare maintenant que compte tenu de la situation sanitaire que «nous ne pouvons pas répondre à cette question de la date de fin du quoi qu’il en coûte». . Dussopt a nettement amendé son propos et indiqué qu’il faudra en sortir progressivement à mesure que la crise s’estompe. Bref un changement de direction qui caractérise ce transfert du parti socialiste

Brésil: nette hausse du taux directeur de la Banque

Vaccination: un retard d’un coût de près de 100 milliards

Vaccination: un retard d’un coût de près de 100 milliards

Les retards de vaccination une fortune sur le plan économique. Des retards qui ne sont pas près d’être comblés en particulier en France car il faudrait les multiplier par 6 ou 10 ( selon les pays) si l’on veut que toute la population soit vaccinée d’ici la fin de l’été .

D’après une étude de l’assureur Allianz les retards de vaccination en Europe auront coûté autour de 100 milliards jusqu’à maintenant ( 90 milliards mais l’évaluation est forcément approximative).  C’est le prix pour l’économie de la prolongation des mesures de restriction à la mobilité (fermeture de restaurants, stations de ski, etc.) évalué à 0,4 point de PIB par semaine supplémentaire. Ce montant de 90 milliards est supérieur à celui des versements attendus du fonds de relance européen cette année.

L’Union européenne a pris l’engagement, relayé par le gouvernement français, de vacciner 70 % de la population d’ici à l’été. Pour y parvenir, il faudrait multiplier par six le rythme actuel de vaccination. Si ce n’était pas le cas, l’immunité collective ne serait pas atteinte avant… fin 2022.

Plan de relance Biden : soutien mais aussi interrogations sur le coût et l’inflation

Plan de relance Biden : soutien mais aussi interrogations sur le coût et l’inflation

Beaucoup à Wall Street se félicitent  de ce plan de relance mais certains s’inquiètent déjà de son coût  et de ses conséquences sur l’inflation sitôt que l’économie reprendra.

«À l’heure actuelle, les marchés célèbrent le stimulus supplémentaire et le considèrent comme un pont plus solide vers une économie entièrement rouverte», a déclaré Jeff Buchbinder, stratège en actions pour LPL Financial.

«De l’autre côté, il y a la possibilité que les marchés devront payer pour cela sous la forme de taux d’intérêt nettement plus élevés ou de hausses d’impôts qui pourraient plafonner les évaluations des actions», a-t-il déclaré.

Les valorisations boursières inquiètent déjà certains investisseurs, qui craignent que les bénéfices devront être exceptionnellement solides dans l’année à venir pour justifier les multiples élevés. Le S&P 500 se négocie à 22,3 fois les estimations de bénéfices prévisionnels, près de son sommet historique de 24,4 depuis mars 2000, selon FactSet.

Le S&P 500 a chuté de près de 0,4% jeudi et est en hausse d’environ 1,1% depuis début janvier. Le rallye de l’année a été mené en grande partie par les valeurs cycliques qui bénéficient d’un plan de relance, y compris les banques, qui sont en hausse de plus de 10% depuis le début de l’année.

Pendant ce temps, les lauréats de l’année dernière, comme le secteur de la technologie, ont baissé de près de 1% au cours de la même période. La hausse des rendements menace de peser sur les entreprises dont les flux de trésorerie sont de plus longue durée tels que les actions technologiques et de croissance.

Le plan de Biden pour stimuler l’économie grâce à un plan de sauvetage intervient à un moment où une flambée des cas de coronavirus oblige les entreprises et les investisseurs à réduire leurs estimations de la fin de la pandémie.

Les demandes de chômage initiales ont atteint 965 000 la semaine dernière, a déclaré jeudi le ministère du Travail, leur plus haut niveau depuis août et bien au-dessus des 795 000 anticipés par les économistes interrogés par Reuters. Dans l’ensemble, les pertes d’emplois en décembre ont diminué pour la première fois en huit mois.

La hausse des rendements obligataires, quant à elle, fait craindre une inflation imminente une fois que l’économie commencera à se redresser. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré dans un discours jeudi qu’il ne s’attendait pas à ce que la banque centrale commence à réduire ses achats mensuels d’obligations «trop tôt».

« Ce n’est pas le moment de parler de sortie », a-t-il déclaré.

a été plus lent que prévu à peu près partout», a-t-il déclaré.

Esty Dwek, responsable de la stratégie de marché mondial chez Natixis Investment Managers, a déclaré qu’elle s’attend à ce que le marché boursier trébuche plus tard cette année alors que les investisseurs commencent à évaluer la possibilité d’une hausse des taux d’imposition des sociétés et des particuliers que la nouvelle administration pourrait imposer.

«Il y a une nécessité aujourd’hui qui l’emporte sur la préoccupation à long terme», a-t-elle déclaré. «Il y a un souci d’inflation à venir, mais je ne vois pas cela se produire bientôt.»

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