Archive pour le Tag 'relance'

Économie : un plan de relance de 100 milliards inefficace

Économie : un plan de relance de 100 milliards inefficace

Le comité d’évaluation du plan de relance de 100 milliards, qui travaille dans le cadre de France Stratégie, a affiché son scepticisme sur l’efficacité de la mesure.

D’un point de vue macroéconomique, selon l’OFCE, en 2022, le plan a contribué à hauteur de 1,4 point de produit intérieur brut (PIB). Après le choc de l’arrêt de l’activité en 2020, les dispositifs devaient permettre à la France de retrouver à l’été 2022 le niveau de produit intérieur brut (PIB) d’avant-crise. L’objectif a été atteint, en avance sur le calendrier. « La France a été l’une des premières grandes économies à retrouver son niveau d’activité avant-crise», a appuyé Sylvie Montout, rapporteure. La contribution du plan dans ce rebond apparaît toutefois minoritaire. À moyen terme, son effet semble aussi s’estomper. «Au troisième trimestre 2023, le PIB français s’établit à 1,8% au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2019, contre 2,3 % pour la zone euro», appuie ainsi le comité d’évaluation.

Plus préoccupant, selon les dernières données, le plan, malgré ses incontestables réussites, n’a pas su contrer la grande faiblesse de l’économie française : la chute de sa productivité. «On ne sait pas encore la part tendancielle de cette évolution, mais les mesures de soutien à l’investissement et à la compétitivité du plan France relance ne semblent pas être en mesure, à elles seules, de la contrer», avance le rapport. Parmi les «points de vigilance» mis en avant, le comité d’évaluation souligne en effet que «les dispositifs de modernisation de l’industrie n’ont pas été utilisés pour des investissements dans des technologies les plus récentes».

Nucléaire : relance aussi en Suède

Nucléaire : relance aussi en Suède


Un tournant sans doute en Europe avec la décision en Suède, l’un des pays les plus écolos, de relancer l’énergie nucléaire afin d’assurer son autonomie. C’est un revirement européen mais aussi mondial. De ce point de vue , c’est aussi une sérieuse claque vis-à-vis de la politique ambiguë de l’Allemagne qui d’un côté combattait le nucléaire mais qui d’un autre avait fondé son développement sur le gaz russe. Une Allemagne aujourd’hui obligée de recourir au charbon pour ses centrales et qui accepte enfin que le nucléaire puisse participer à la décarbonatation. Mais la véritable opposition de l’Allemagne visait surtout à empêcher la France de disposer d’une énergie abondante et bon marché et d’une capacité d’exportation des centrales nucléaires dans le monde entier.

Dès le 1er janvier 2024, le Code de l’environnement suedois sera donc amendé, pour permettre à la Suède d’ériger des installations nucléaires ailleurs que dans les centrales déjà existantes de Forsmark, Ringhals et Oskarshamn – une possibilité écartée par la loi depuis 1980 en raison d’une politique de désinvestissement progressive de cette source d’énergie. « Ces limitations font obstacle à une vision moderne de l’énergie nucléaire », avait affirmé en août la ministre de l’Environnement Romina Pourmokhtari (Libéraux). Aujourd’hui, le pays compte six réacteurs en service, construits au cours de la décennie 1975-1985.

L’objectif est ainsi de disposer au plus tard en 2035 d’une production d’énergie nucléaire équivalente à deux réacteurs supplémentaires, avant de monter à dix réacteurs d’ici à 2045.

« Dans les 25 ans, nous devons doubler la production d’électricité en Suède », avait déclaré mi-novembre déclaré la ministre de l’Energie, Ebba Busch (Chrétiens-Démocrates), expliquant que la Suède avait pour ambition de « redevenir une nation nucléaire forte ».

Au global, les projets de relance du nucléaire fleurissent d’ailleurs aux quatre coins du globe. L’atome n’est plus « tabou » en particulier dans l’arène des négociations climatiques, a déclaré mardi Rafael Grossi, le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« Avant, jamais les pays qui recourent à l’énergie nucléaire n’auraient été prêts à le dire. C’était un tabou aux COP, le nucléaire n’était pas considéré comme faisant partie de la solution. Et cette fois, tous les pays qui utilisent le nucléaire vont fièrement s’unir et dire à la COP que pour eux le nucléaire fait partie de la solution » face au réchauffement climatique, a indiqué Rafael Grossi.

La relance des liaisons aérienne avec la Province ?

La relance des liaisons aérienne avec la Province ?

Plusieurs villes de province se pose la question du rétablissement de liaison aérienne avec la capitale au motif que la desserte ferroviaire voir routière serait insuffisante. On voilà évidemment tous les inconvénients et les contradictions d’une approche par mode de la politique des transports.

D’une manière purement théorique, les pouvoirs publics ne cessent de clamer leur attachement à la problématique environnementale et à la nécessité de rationaliser l’utilisation des différents modes de transport. Dans la pratique, on laisse en faite chaque mode ceux développés de manière indépendante et souvent incohérente.

Pour les desserts terriennes, l’expérience a démontré depuis longtemps que la plupart des dessertes avec Paris était largement déficitaires . Le problème c’est qu’elles sont soutenues par des lobbys locaux et financer par les chambres de commerce autant dire par l’impôt. Elles ne sont en réalité fréquentée essentiellement que par des cadres et chefs d’entreprise. C’est notamment le cas de la liaison aérienne entre Clermont-Ferrand et Paris qui avait été supprimée faute de rentabilité à l’automne 2021.Faut-il relancer la liaison aérienne entre Clermont-Ferrand et l’aéroport d’Orly ?
Dans un récent sondage lancé par l’association Objectif Capitales, 250 chefs d’entreprise de l’agglomération de Clermont-Ferrand et du Puy-de-Dôme jugent à 67% que le rétablissement de cette desserte est importante voire capitale.

L’association Objectif Capitales, regroupant le milieu économique et les décideurs publics clermontois, milite pour une reprise de la ligne entre Clermont-Ferrand et Paris Orly, à l’arrêt depuis 2021. La balance des coûts, économiques, en temps et en carbone, pose question.
L’association Objectif Capitales, regroupant le milieu économique et les décideurs publics clermontois, milite pour une reprise de la ligne entre Clermont-Ferrand et Paris Orly, à l’arrêt depuis 2021. La balance des coûts, économiques, en temps et en carbone, pose question. (Crédits : Laurent Cipriani.)
Elle permettrait de rejoindre le centre de Paris depuis Clermont-Ferrand en 1h30. La ligne aérienne entre la capitale auvergnate et Orly refait parler d’elle. Certes, il existe déjà une liaison entre Clermont-Ferrand et Roissy, l’aéroport situé au nord de Paris, mais elle ne permet pas, ou difficilement, de faire un aller-retour dans la journée.

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Alors l’association Objectif Capitales, qui mobilise les décideurs publics et privés autour de la question de l’enclavement du territoire et des transports, travaille sur ce projet de desserte depuis un an pour permettre au territoire d’être mieux connecté. Elle vient d’interroger dans un sondage 250 chefs d’entreprise, des dirigeants de TPE, PME et ETI, afin de mesurer leur intérêt pour une telle ligne et s’assurer de l’existence d’un marché potentiel. Elle avait déjà réalisé cet exercice, avant l’été, auprès des cinq plus grandes entreprises du Puy-de-Dôme : Michelin (9.000 salariés à Clermont-Ferrand), le semencier Limagrain (1.600 salariés en Auvergne), la laboratoire pharmaceutique Théa (1.800 salariés), le fabricant de câbles Omerin (1.700 salariés) et le groupe d’ingénierie et de Conseil Ingérop

Japon: Un plan de relance de plus de 100 milliards

Japon: Un plan de relance de plus de 100 milliards

La croissance au Japon est également assez faiblarde et les perspectives ne sont guère encourageantes. En cause, notamment une consommation assez atone et des exportations qui flanchent à cause de la Chine. C’est pourquoi Le premier ministre Fumio Kishida annonce un nouveau plan massif de relance pour soutenir La consommation est l’économie.

Il faut s’attendre à un net ralentissement de la croissance japonaise au cours des prochains trimestres, à commencer par le T3 (+0,1% t/t) et le T4 (+0,3% t/t). En moyenne annuelle, la croissance devrait s’établir à 2,0% en 2023 grâce aux acquis de croissance favorables enregistrés au premier semestre.

Les pénuries de main d’œuvre sur le marché du travail japonais et les difficultés de recrutement des entreprises (notables dans l’enquête du Tankan), ne suffisent pas à alimenter une croissance des salaires suffisante pour soutenir la consommation. Les salaires nominaux enregistraient une progression de 1,1% a/a au mois de juillet après des hausses supérieures à 2% aux mois de mai et juin (ministère du Travail), soit un rythme inférieur à l’inflation ; les salaires réels n’ont, par conséquent, pas connu de croissance positive en glissement annuel depuis début 2022. L’appel répété de Kazuo Ueda, le gouverneur de la Banque du Japon, pour que les entreprises accordent des hausses de salaires plus importantes est surtout un cheval de bataille pour Fumio Kishida. Le Premier ministre japonaisA donc annoncé un nouveau plan de soutien à l’économie

Un plan de relance d’un montant de 17.000 milliards de yens (106 milliards d’euros).

«Les hausses de salaires ne suivent pas celles des prix», a-t-il déploré lors d’une conférence de presse. Juste diagnostic: le salarié nippon constate l’envol des étiquettes tandis que sa feuille de paie, elle, augmente trop peu. En août (dernier chiffre connu), l’indice des prix à la consommation a grimpé de 2,8% mais le prix des denrées hors produits frais a bondi de 8,8%. Les médias regorgent désormais d’histoires de jeunes Japonais désargentés partis avec bonheur chercher des rémunérations convenables aux États-Unis, en Australie ou en Corée du Sud.

Une politique en tout cas qui va à l’encontre de ce qui se pratique dans nombre d’autres pays développés qui choisissent contraires la rigueur budgétaire et la fin du quoi qu’il en coûte pour réduire à la fois les déficits et l’inflation.

Épargne et relance : pour un livret A industrie durable

Épargne et relance : pour un livret A industrie durable

Trois députés – Thomas Gassilloud (Renaissance), Christophe Plassard (Horizon) et Jean-Louis Thiériot (Les Républicains) – ont à nouveau déposé un amendement qui propose d’assigner « l’épargne des Livrets A et de développement durable et solidaire aux entreprises, notamment petites et moyennes sur les technologies de défense. Mais le problème se pose pour l’ensemble de l’industrie

Pour des questions constitutionnelles plus ou moins artificielles, la proposition déjà déposée précédemment avait été rejetée par le gouvernement car considérée comme irrecevable vis-à-vis de la constitution.

Le problème du financement de l’industrie dépasse celui du seul secteur de la défense. Par ailleurs se pose la question de l’utilisation effective des livrets d’épargne réglementée. Or sur cette question,, c’est le grand flou. Théoriquement l’essentiel des livrets d’épargne devrait être laissé vers le logement. Dans la pratique, c’est loin d’être le cas compte tenu de l’opacité sur ce sujet des banques qui collectent une grande partie des ressources

Par ailleurs, les travaux du rapporteur spécial des programmes 144 et 146 pour ce projet de loi de finances ont démontré que, depuis 2008, les banques contournent l’obligation qui est la leur de rendre public annuellement un rapport présentant l’emploi des ressources collectées au titre de ces deux livrets et non centralisées, en faisant figurer dans ce rapport l’ensemble de leurs fonds investis, et pas seulement les ressources collectées dans les livrets réglementés.

L’amendement propose donc « de préciser, clairement, que cette obligation faite aux établissements bancaires ne concerne que ces ressources collectées au titre des livrets, et pas les autres ».

Il serait temps et même urgent de créer un livret d’épargne a dessiné à l’industrie durable dans le cadre de la réindustrialisation du pays.

Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 

Face à l’embargo russe sur le gaz, l’entreprise doit retrouver son excellence perdue pour construire les nouveaux réacteurs EPR, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

On souhaite bien du courage – sinon du plaisir – au futur directeur général d’Electricité de France (EDF), qui sera sans doute Luc Rémont. Le responsable des activités internationales de Schneider Electric devrait prendre les rênes d’un groupe stratégique dont l’Etat actionnaire à 84 % va reprendre le contrôle total pour lancer la construction de six à quatorze réacteurs EPR. Du courage, oui, car il lui faudra composer avec une tutelle exigeant de lui, entre autres défis, d’exécuter ce programme nucléaire en évitant la ruineuse dérive du calendrier et des coûts constatée à Flamanville (Manche). Et sans regimber, comme son prédécesseur Jean-Bernard Lévy, pour ne pas s’exposer aux foudres jupitériennes d’Emmanuel Macron.

Le nouveau patron l’apprendra vite, s’il ne le sait déjà : EDF n’est pas une entreprise comme les autres. Quelle autre société publique cotée en Bourse le gouvernement aurait-il pu priver de 10 milliards d’euros de résultat d’exploitation pour fiancer le plafonnement à 4 % de la hausse des factures d’électricité des Français, alors qu’elle supporte une dette nette de 43 milliards d’euros et prévoit des dizaines de milliards d’investissements dans un proche avenir ?

M. Lévy a dû s’exécuter. Non sans adresser à l’Etat un recours gracieux pour qu’il revienne sur sa décision ; puis, faute de réponse, de saisir le Conseil d’Etat et réclamer 8,3 milliards d’indemnisation. Sans plus de succès. Sa récente passe d’armes avec M. Macron instruira le nouveau PDG. Un dirigeant d’entreprise publique, c’est comme un ministre, « ça ferme sa gueule ou ça démissionne », selon la formule de Jean-Pierre Chevènement.

Le gouvernement ayant décidé d’avancer son départ de six mois, M. Lévy s’est lâché, fin août, imputant notamment l’arrêt de 30 réacteurs sur 56 au projet de l’Etat de fermer douze « tranches », après les deux de Fessenheim. « On n’a pas embauché des gens pour en construire douze, on en a embauchés pour en fermer douze », a-t-il déploré.

« Absolument inacceptable », a cinglé M. Macron, persuadé d’avoir « redonné de la visibilité à la filière » dès 2018 en repoussant l’arrêt progressif de 2025 à 2035, puis en supprimant cette date butoir. L’exploitation et la maintenance sont du ressort d’EDF, et leur défaillance est à mettre au débit du patron sortant.

Mais la visibilité – et donc la planification de nouvelles centrales nécessaires à une industrie du temps long – est de la responsabilité de l’Etat. Et au plus haut niveau, tant les enjeux de financement, de sécurité d’approvisionnement et de sûreté des réacteurs sont lourds. L’annonce des nouveaux EPR s’est fait attendre jusqu’en février 2022, à la veille du scrutin présidentiel.

Plan de relance français : Trop flou pour la Cour des comptes européenne

Plan de relance français : Trop flou pour la Cour des comptes européenne 

Après le Sénat et la Cour des comptes tricolore, c’est au tour des magistrats européens de tacler la mise en œuvre des fonds par l’Etat français. Dans un rapport de 80 pages dévoilé ce jeudi 8 septembre, l’institution basée au Luxembourg livre un bilan contrasté sur l’application en Europe de cette enveloppe* de 750 milliards d’euros constituée à la fois de prêts et de subventions. (.( la Tribune)

« La Commission européenne a fait un bon travail de manière globale [...]. Il est crucial de pouvoir disposer rapidement de ce soutien, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la bonne gestion financière. Il faut une transparence totale et des contrôles efficaces pour garantir que les fonds de l’UE soient utilisés à bon escient et produisent l’effet escompté », a déclaré Ivana Maletić, membre de la Cour responsable de l’audit lors d’un point presse

En France, le plan de relance doté d’une enveloppe de 100 milliards d’euros, dont 39 milliards d’euros viennent de l’Europe, avait été présenté par l’ancien Premier ministre Jean Castex en septembre 2020, quelques mois après le premier confinement strict lié à la pandémie de Covid-19. Peu de temps après son arrivée à Matignon, le chef du gouvernement avait tracé la feuille de route de ce dispositif : relancer l’activité et l’emploi à court terme et préparer la France de 2030 autour de trois piliers, la compétitivité, l’écologie et la cohésion sociale.

Après avoir mené leurs investigations, les juristes ont dressé un tableau accablant en matière d’énergie. D’après les lacunes recensées par la juridiction européenne, le plan de relance tricolore « ne comprend aucune mesure de soutien direct pour accroître la production d’énergies renouvelables ».

Ce constat est loin d’être une surprise. A l’échelle européenne, la France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas tenir ses objectifs en matière d’énergies renouvelables selon l’Agence internationale de l’Energie (AIE) alors que l’accélération du réchauffement climatique accroît la pression sur l’Hexagone pour que l’Etat respecte ses engagements internationauxL’autre faille, soulignée par la Cour des comptes européenne, concerne le réseau électrique. Le plan de relance « ne comprend aucune initiative dans le domaine des interconnexions électriques transfrontalières », ont relevé les auteurs à l’issue de leur enquête.

Ces failles sont d’autant plus accablantes que l’économie européenne est actuellement frappée de plein fouet par les effets dévastateurs de la guerre en Ukraine. Le scénario noir d’une coupure totale de gaz russe tant redouté depuis des mois se précise. Il y a quelques jours, le géant Gazprom a informé qu’il arrêtait ses livraisons de gaz au français Engie. A cela s’ajoutent tous les déboires du parc nucléaire tricolore dont une grande partie est mise à l’arrêt.

Le versement des fonds européens est également conditionné à la présentation de réformes. Sur ce point, la Cour des comptes a tancé la France sur le sujet épineux des retraites. Mis sur pause depuis le printemps 2020 en pleine pandémie, cette réforme est revenue sur le devant de la scène il y a quelques semaines. Dans leur audit, les experts européens expliquent que « la réforme du système de retraite est abordée dans le plan de relance, mais elle ne donne lieu à aucune mesure et n’est donc associée à aucun jalon ni à aucune cible ».

Dernièrement, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a expliqué que cette réforme devait entrer en vigueur à l’été 2023 mais le gouvernement risque une nouvelle fois de devoir affronter des tirs de barrage à l’Assemblée nationale. En effet, les élections législatives de juin dernier ont complètement rebattu les cartes dans l’hémicycle. Désormais, l’exécutif va devoir composer avec des oppositions bien plus fortes que lors du précédent quinquennat même s’il a brandit la menace du 49-3 pour faire passer certains textes.

De nombreux flous sur le coûts des mesures

Sur les 39 milliards d’euros alloués à la France par l’Europe, il semble que de nombreuses mesures n’ont pas fait l’objet d’un coût précis. Sans entrer dans le détail des dispositifs, les magistrats soulignent les « lacunes dans la description des coûts pour certaines mesures, par exemple le fait que la description et la justification des coûts ne couvrent pas toutes les sous-mesures et qu’aucun calcul ne soit donné pour l’obtention du coût total ; ou l’absence dans certains cas de pièces justificatives lorsqu’il est fait référence à certains documents, par exemple des études ou des projets ».

Outre ces tours de passe-passe, la Cour des comptes européenne regrette que « la France n’ai pas fourni de validation indépendante pour aucune des mesures ». Enfin, pour plusieurs dispositifs, « il manquait des explications claires sur la manière dont les projets antérieurement présentés ou les études réalisées comme base des estimations avaient été utilisés ou ajustés pour parvenir aux estimations de coûts présentées », indiquent les rapporteurs.

L’Hexagone n’est pas le seul pays dans le viseur des juges européens. Le plan de l’Allemagne est également pointé dans le domaine du numérique. « Le plan de relance ne comprend aucune mesure visant à soutenir le déploiement du haut débit à très haute capacité », pointe le rapport.

Du côté de l’Espagne, la Cour des comptes souligne les manquements en matière de soutien à la recherche et à l’innovation ou de soins de santé. « Le plan de relance présente des plans de déploiement de la réforme des soins de santé primaires, mais il ne propose aucun investissement à cet égard », poursuivent les juristes. Après deux longues années de pandémie, certains Etats n’ont pas encore tiré toutes les leçons de cette catastrophe sanitaire.

(*) Après d’âpres négociations, les 27 pays de l’Union européenne ont adopté en juillet 2020 un instrument de financement intitulé « Next generation EU » représentant 750 milliards d’euros, soit 5% du produit intérieur brut européen. Cet instrument permet à la Commission européenne de lever des fonds pour soutenir les Etats sous la forme de prêts (385 milliards d’euros) ou de subventions (338 milliards d’euros).

L’Allemagne relance son nucléaire ?

L’Allemagne relance son nucléaire ?

Paradoxe, alors que la France a fermé Fessenheim et qu’elle est contrainte d’importer de l’électricité d’Allemagne produite le plus souvent dans des centrales à charbon, le ministre allemand de l’économie décide de réactiver le moment venu de centrales nucléaires qui devaient être fermées.. Ce lundi, le ministre de l’Economie et du Climat, Robert Habeck, a annoncé que le pays va finalement laisser deux centrales nucléaires en veille jusqu’à mi-avril 2023 pour faire face à d’éventuelles pénuries d’électricité. À la suite d’un nouveau test de résistance du réseau, deux des trois centrales restantes « resteront disponibles jusqu’à la mi-avril 2023 en cas de besoin », a-t-il déclaré à Berlin.

Cette éventualité était connue. Fin juillet, le gouvernement allemand avait, en effet, indiqué qu’il réfléchissait à une prolongation des dernières centrales nucléaires, censées s’arrêter en fin d’année. Quelques jours plus tard, le chancelier Olaf Scholz, avait estimé que cela « peut faire sens » de prolonger la durée d’exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité en Allemagne même si elles « ne sont pertinentes que pour la production d’électricité et seulement pour une petite partie de celle-ci ». Il avait, en outre, justifié les réflexions en cours par le fait que le développement des énergies renouvelables, censées remplacer l’énergie nucléaire et le charbon, est plus lent que prévu !

 

 

Pour un nouveau plan de relance européen ?

Pour un nouveau plan de relance européen ?

 

Les économistes Jérôme Creel et Gonçalo Pina proposent dans une tribune au « Monde » de baptiser « This Generation EU » un programme d’aide contre les chocs énergétique et migratoire, financé par une contribution de chaque Etat membre basée sur sa croissance future.

 

L’Europe se dirige doucement mais sûrement vers la stagflation du fait notamment de sa dépendance énergétique, des conséquences de la guerre en Ukraine et de l’inflation générale qui va tuer la consommation et la croissance. D’où la nécessité d’un plan de relance plus solidaire à la hauteur des enjeux posés par les auteurs de la tribune NDLR

Alors que la plupart des pays européens se remettent encore du choc économique de la pandémie, l’invasion russe en Ukraine a accéléré la hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires, plus particulièrement dans les pays très dépendants des produits énergétiques russes. La solidarité européenne a un nouveau rôle à jouer. Deux options sont envisageables.

Une première option serait de s’appuyer sur le programme NextGenerationEU et de le transformer en une capacité budgétaire permanente. Les coûts économiques et sociaux découlant de la pandémie ont poussé les Etats membres et les institutions de l’Union européenne (UE) à consacrer 800 milliards d’euros sur six ans à la reprise et à la résilience de l’économie des Etats membres grâce à une allocation de fonds spécifique à chaque pays.

 

La pandémie a ainsi montré qu’il est possible de développer une réponse intégrée et coordonnée de l’UE à une crise profonde, y compris des mesures sans précédent comme l’émission d’une dette européenne pour financer un plan de relance doté d’objectifs à long terme comme la transition écologique.

Il reste que le déroulement du programme n’est que très progressif et qu’il repose sur un mélange de subventions et de prêts, ces derniers ayant été boudés jusque-là par les Etats membres. A la fin de 2021, soit plus d’un an après le début de la pandémie, seuls 100 milliards d’euros avaient été mobilisés. Par conséquent, l’impact du programme reste inconnu à ce jour. Il semble difficile de plaider en faveur d’un passage immédiat à un mécanisme permanent.

L’autre option serait de créer un nouveau programme temporaire, comme le programme REPowerEU, annoncé en mai par la Commission européenne, mais avec deux grandes différences : l’objectif du programme irait au-delà de la question énergétique et le programme serait doté de nouveaux fonds, et non des prêts non réclamés de NextGenerationEU.

Ce nouveau programme, que l’on pourrait baptiser « This Generation EU », serait ciblé sur ceux qui vivent actuellement dans l’UE et sont confrontés à de nouveaux risques pour leur sécurité, leur pouvoir d’achat et leur capacité à offrir leur solidarité aux nouveaux migrants. L’incertitude des approvisionnements en pétrole et en gaz et la hausse des prix de l’énergie exigent une accélération de la substitution des intrants énergétiques par les énergies renouvelables.

Pour atteindre l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici à 2050, il faut donc investir au-delà des montants auxquels contribue NextGenerationEU. Par ailleurs, la hausse des prix de l’énergie a des effets inégaux entre les Etats membres. Dans certains d’entre eux, les pertes de pouvoir d’achat sont plus aiguës car la marge de manœuvre budgétaire nationale y est limitée.

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Un contexte favorable à une relance de l’Europe

Pour l’Union européenne, la pandémie et la guerre en Ukraine actent un changement d’époque qui pourrait la transformer. Un changement qui est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse. Par Simon-Pierre Sohier et Victor Warhem, Centre de Politique Européenne (cep) Paris (1).( La Tribune)

 

« L’Union européenne, au même titre que l’Allemagne, vit un changement d’époque. C’est pourquoi nous allons la réformer », assurait Olaf Scholz, le 15 mai 2022, devant le Bundestag.

Pour l’Union, la pandémie et, plus encore, la guerre en Ukraine actent une « Zeitenwende » – un changement d’époque – qui pourrait la changer de fond en comble. Ce changement est le fruit d’un contexte politique européen propice aux réformes et de l’apparition de nombreux défis géopolitiques et macroéconomiques auxquels l’Europe est la mieux à même d’apporter une réponse.

Politiquement, l’année 2022 offre une constellation réformiste inédite, avec des gouvernements favorables à une réforme de l’Union dans ses pays les plus puissants : l’Allemagne, l’Italie et la France.

Cette constellation s’appuie tout d’abord sur la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne, regroupant socio-démocrates, verts et libéraux, et dont le « Koalitionsvertrag » (contrat de coalition) de novembre 2021 s’intitule « Mehr Fortschritt wagen » (Oser plus de progrès), un contraste saisissant après 16 ans de politiques à dominante conservatrice. Dans ce programme, il est fait état du souhait de la coalition de soutenir une fédéralisation européenne accrue, pour faire de l’Union une entité « stratégiquement » plus souveraine, et dont les missions premières seraient la digitalisation, la transition écologique, et la préservation de la démocratie.

La coalition réformiste européenne s’appuie également sur le maintien de Mario Draghi au poste de Premier ministre, alors qu’il fut un temps pressenti pour devenir président de la République italienne en début d’année. Son rôle international s’est affirmé ces derniers mois, s’agissant tant des réponses à apporter à l’invasion russe en Ukraine – il a été l’instigateur du gel des avoirs européens et américains de la banque centrale russe – que celles à apporter au projet européen, avec notamment un soutien aux proposition de réformes de l’Union ainsi qu’un soutien à la candidature ukrainienne.

Enfin, la coalition réformiste peut exister dans la durée grâce à la réélection du Président Emmanuel Macron, dont l’agenda européen, axé sur l’idée de « souveraineté » depuis ses débuts avec le discours de la Sorbonne de 2017, devrait être au cœur de son deuxième mandat, comme il l’a précisé le 9 mai dernier au Parlement européen de Strasbourg dans ce qu’il a lui-même appelé le « Serment de Strasbourg ». Au cours de ce discours, il a fait deux annonces importances : il a tout d’abord soutenu la création d’un nouvel échelon d’intégration moins exigeant que l’Union elle-même, qu’il a voulu nommer « Communauté politique européenne ». Cette communauté permettrait aux futurs prétendants de se préparer à l’adhésion à l’Union (Ukraine, Géorgie, Moldavie, etc.) mais aussi aux sortants de maintenir des liens forts avec elle (Royaume-Uni, Groenland). Cette proposition rejoint le souhait de la coalition allemande de protéger les démocraties européennes face aux autoritarismes, notamment russe et chinois. Deuxièmement, le Président Macron a aussi défendu la tenue d’une nouvelle convention européenne afin de négocier une réforme des traités européens et ainsi accroitre la flexibilité des institutions. Néanmoins, la défense de ce programme sur la scène européenne tient à l’obtention d’une majorité en sa faveur à l’Assemblée nationale le 19 juin prochain, ce qui pour l’heure est plus que jamais incertain.

Dans quel contexte économique cette constellation politique s’installe-t-elle ? Compte tenu de l’inflation persistante du prix des matières premières, ainsi que des effets récessifs des sanctions contre la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a réduit ses prévisions de croissance de 4 % à 2,7 % pour 2022. Cet affaiblissement de l’économie européenne, associé à un resserrement attendu de la politique de la Banque centrale européenne (BCE), pourrait créer de nouvelles tensions sur les taux souverains, et donc sur la soutenabilité des dettes publiques, du sud de la zone euro – en plus d’engendrer de nouvelles difficultés pour les États membres qui doivent se détourner de l’approvisionnement énergétique russe.

Dès lors, où ce « moment européen » peut-il nous mener ? Après deux années de pandémie, qui ont entraîné une forte augmentation des ratios d’endettement public européens, alors que la croissance économique semble encore s’éloigner en 2022, et que la guerre en Ukraine se poursuit, le moment est venu de réfléchir à une nouvelle « consolidation » européenne, notamment en termes fiscaux, énergétiques et militaires.

Une consolidation fiscale européenne pourrait prendre corps dans la création d’une nouvelle Agence européenne de la dette – instrument proposé par les experts chargés de réfléchir à la réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance pour les gouvernements italiens et français -, qui gérerait notamment celle contractée par les États membres pendant la pandémie et la grande crise financière. Elle pourrait également correspondre à l’adoption de ressources fiscales supplémentaires, comme un fonds de relance « NGEU 2.0 » – faisant suite à celui négocié dans le cadre du covid-19 -, financé par les États-Membres, de nouvelles ressources propres européennes, et de la dette commune. Dans les deux cas, il s’agit d’accroitre la mutualisation des ressources fiscales, rapprochant l’Union du « moment hamiltonien », saut fédéral fiscal qui équivaudrait à faire de l’Union un véritable État fédéral, comme pour les États-Unis en 1789.

S’agissant de la consolidation énergétique, la Commission appelle aujourd’hui les États membres à puiser dans les fonds obtenus via le NGEU pour mettre en œuvre leur plan d’indépendance vis-à-vis de l’énergie russe, REPowerEU. Néanmoins, pour accélérer la transition énergétique et participer à la mise sur pied d’une véritable résilience énergétique européenne, la Commission espère de nouveaux investissements publics – c’est-à-dire de nouvelles ressources qu’il reste à négocier – et privés. Pour éviter d’alourdir encore le fardeau de la dette qui pèse sur les États membres, un NGEU 2.0 pourrait se charger de réduire les coûts en mutualisant certaines ressources destinées à ces investissements. Il convient de penser en parallèle une nouvelle organisation européenne de production et d’approvisionnement énergétique, alors que la guerre en Ukraine a montré que cela été possible. La Commission, chargée de négocier les contrats d’approvisionnement en gaz pour les 27 – elle a déjà négocié un accord avec les États-Unis pour des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) et continue ses négociations avec les fournisseurs de gaz moyen-orientaux -, pourrait en parallèle instaurer une institution dont l’objectif serait de maximiser l’interopérabilité des systèmes énergétiques européens.

S’agissant de la consolidation sur le volet militaire, elle est plus que jamais possible, compte tenu tout d’abord de l’engagement pris par le Chancelier allemand Olaf Scholz à élever à 2% du PIB durablement les dépenses de défense, mais aussi de la révocation de l’exemption danoise de participation aux politiques de défense européennes suite au référendum sur le sujet (66,9% des voix en faveur de la révocation), et de la volonté finnoise et suédoise de finalement rejoindre l’Otan. En parallèle du respect de la cible otanienne des 2% du PIB, les 27 devraient saisir cette conjonction pour approfondir leurs programmes industriels militaires communs, alors qu’une réélection de Donald Trump en 2024 pourrait de nouveau affaiblir le lien transatlantique. Lors de son « Serment de Strasbourg », le président Macron a aussi affirmé défendre un rapprochement des politiques de défense nationale dans l’Union, en concordance avec les objectifs de l’OTAN, mais dans un cadre différent.

Néanmoins, si ces sujets sont prioritaires, il ne faut pas oublier que de nombreux autres domaines d’intégration européenne sont largement ouverts à approfondissement : établissement d’un « modèle de croissance européen » fondé sur des champions industriels communs, une croissance du marché intérieur à l’heure où le monde se fragmente, et une orientation des investissements vers la transition écologique et le digital ; approfondissement de l’Union européenne de la santé avec l’établissement d’une plateforme d’échange de données de santé entre les États membres ; réforme de l’espace Schengen ; finalisation de l’Union bancaire et des marchés de capitaux ; etc.

Après le 19 juin, si le gouvernement français obtient une majorité de plus de 289 sièges à l’Assemblée nationale, nous pourrons pleinement prendre la mesure du moment européen. L’été sera à la réflexion, mais l’automne sera très certainement à l’action. L’Union pourrait accélérer, et s’affirmer de plus en plus comme puissance dans un monde dominé par la confrontation entre les États-Unis et la Chine.

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Le Centre for European Policy Network, basé à Berlin, Fribourg, Paris et Rome, participe aux débats européens.

Simon-Pierre Sohier, Victor Warhem et Marc Uzan

Relance en Chine

Relance en Chine

La croissance en Chine est d’une part affectée par la baisse du commerce international mais aussi par un tassement interne découlant notamment d’une crise sanitaire mal gérée. Du coup, le pouvoir a décidé un plan de redressement évité que la croissance ne tombe sous le seuil de 5 %. Par ailleurs la Chine comme l’ensemble du monde est évidemment concernée par la hausse des matières premières qu’elle importe en masse. Des mesures seront également prises pour stabiliser les approvisionnements aussi bien industriels qu’alimentaires.  La Chine a annoncé 33 mesures, ce mardi 31 mai, dans les domaines fiscal, financier, industriel et de l’investissement. Pékin semble ainsi s’orienter vers une politique de relance après les mesures de contrôle liées à la pandémie qui ont freiné l’économie et menacent à présent l’objectif de croissance de 5,5 % fixé par les autorités chinoises pour 2022.

Selon le Conseil d’État, la Chine va promouvoir un développement « sain » des sociétés plateforme et encourager les investissements privés. Mais elle va également accélérer les programmes de construction d’infrastructures et stimuler les achats de voitures et d’appareils ménagers. En ce qui concerne les politiques monétaires et financières, la Chine va favoriser l’introduction en Bourse d’entreprises nationales à Hong Kong et encourager des plateformes à briguer une cotation en Bourse à l’étranger.

 

Activer d’avantage le Fonds de relance européen

Activer d’avantage le Fonds de relance européen

 

Il est clair que la situation de conflit en Ukraine, ajoutée à la montée inquiétante de l’inflation va peser de manière très négative sur la croissance pour le reste de l’année. Une croissance qui pourrait bien être proche de zéro dans l’union européenne. Conscients de la situation et particulièrement touchs par l’inflation, les dirigeants allemands seraient prêts à activer davantage le fond de relance européen. 

Ce fonds de relance avait été adopté pour faire face à la crise du Covid-19. 

Le ministre allemand des Finances s’est dit ouvert à une adaptation, à la lumière de la guerre en Ukraine, des priorités du plan de relance européen adopté par l’Union européenne pour face à la crise du covid-19. «Je suis ouvert à une nouvelle priorisation des fonds disponibles» au sein du plan de relance dans un contexte qui «a changé», déclare Christian Lindner dans une interview à paraître dimanche dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Le ministre rejette a contrario l’idée d’un d’une nouvelle mutualisation des fonds européens pour faire face aux contrecoups économiques de la guerre en Ukraine, mais aussi aux dépenses de défense que la plupart des pays veulent augmenter.

Dans le sillage de la pandémie, les 27 chefs d’État et de gouvernement européens ont adopté en 2020 le plus vaste train de mesures de relance jamais décidé dans l’Union européenne, doté d’un montant total d’environ 800 milliards d’euros pour la reconstruction de l’Europe de l’après-Covid. Ce plan doit être financé grâce à des emprunts mutualisés entre pays européens, une première.

 

Pour une relance du nucléaire (Valérie Pécresse)

Pour une relance du nucléaire (Valérie Pécresse)

 

Valérie Pécresse condamne la fermeture de la centrale de Fessenheim et celle normalement programmée de 12 réacteurs supplémentaires d’ici 2035. Elle condamne la politique énergétique de Macron qui d’après elle pratique le zig-zag. En effet  Marcron très écolo du temps de Nicolas Hulot comme ministre de l’écologie est devenu davantage pro nucléaire en annonçant notamment la construction de six EPR en France ( notons qu’il en faudrait une une vingtaine d’après l’agence de l’énergie ). Elle souhaite un « plan de relance gaullien » en matière énergétique. Mme Pécresse a diagnostiqué « une vraie catastrophe énergétique » de la France.

Sans ce « plan de relance du nucléaire », « nous n’atteindrons pas le zéro carbone en 2050″, a affirmé la présidente de la région Ile-de-France, après une visite de la centrale du Bugey, devenue la plus ancienne de France depuis la fermeture de Fessenheim en 2020. Ce programme implique d’ores et déjà « une réflexion » sur la construction de nouveaux EPR, au-delà des six en projet à horizon 2035. »La première chose que je demanderai à mon Premier ministre, c’est d’établir un grand plan de sauvetage d’EDF, cette très grande entreprise » que « le gouvernement a mis à genoux en prélevant les recettes dont elle a besoin pour ses investissements et le renouvellement du parc nucléaire », a encore critiqué Valérie Pécresse.

Alors que la présidence française de l’UE se poursuivra six semaines après son éventuelle élection, la candidate s’est engagée à y « porter l’inscription du nucléaire dans les énergies décarbonnées devant être financées par l’UE ».

Elle s’est montrée réservée sur la « question très sensible » de l’éolien: « Sur certains territoires, nous avons atteint voire dépassé le seuil de tolérance de la population » et les éventuels nouveaux champs « doivent se faire » avec son « accord ».

Le projet énergétique de la candidate LR comprend aussi « bien évidemment les énergies renouvelables », notamment « dans l’approvisionnement local ». En matière de rénovation thermique des logements, elle a enfin proposé la « fusion » du livret A et du livret de développement durable en un « livret vert » permettant à la Caisse des dépôts et consignation de « financer des prêts ».

Relance du logement : obligation morale (Jean-Philippe Dugoin-Clément )

Relance du logement : obligation morale (Jean-Philippe Dugoin-Clément )

Pour l’élu francilien, «la relance du logement est une obligation morale et sociale pour permettre aux Français de vivre dignement et une réponse aux craintes qu’ils ont pour leur niveau de vie» ( tribune dans l’Opinion) 

Depuis vingt ans, les prix du logement ont augmenté beaucoup plus vite que les revenus. Une réalité qui frappe de plein fouet les classes moyennes et populaires, pour lesquelles il s’agit du premier poste de dépense. Nous devons donc faire du logement l’une des priorités de nos politiques publiques. Après le Grenelle de l’environnement, initié par Jean-Louis Borloo, pourquoi ne pas imaginer le Grenelle du logement et de l’habitat ? Et parce qu’il y a urgence, agissons aussi dès maintenant avec pragmatisme.

La crise du logement est encore trop peu prise au sérieux par nos grands élus et ceux qui ont les moyens d’agir au plus haut sommet de l’Etat. Comme vice-président de région en charge du logement et maire d’une petite commune de grande couronne, je mesure chaque jour les défis à relever pour offrir un logement décent, en particulier à ceux qui ont le moins de moyens. La relance du logement est une obligation morale et sociale pour permettre aux Français de vivre dignement et une réponse aux craintes qu’ils ont pour leur niveau de vie.

Rétablir un lien dynamique et pérenne entre recettes des communes et évolutions de population

Historiquement, le moteur de la construction de logements reposait sur la taxe d’habitation. Sa suppression et l’absence de visibilité sur sa compensation ont grippé la machine. En tant que maire, je le vis au quotidien : sans nouvelles ressources, comment financer les écoles, les crèches, les centres de loisirs, les équipements sportifs, sociaux et culturels nécessaires à une bonne qualité de vie ?

Les primes aux maires bâtisseurs sont de simples effets d’aubaines pour des projets qui se seraient faits de toute façon. Personne n’aura le courage politique de revenir sur la suppression de la taxe d’habitation. Nous devons donc relancer la construction au niveau local en récréant un lien dans le temps entre les recettes des communes et l’évolution de leurs populations.

Confier aux maires la gestion des attributions de logements sociaux

Les attributions de logements sociaux sont confiées aux communes pour 20 % d’entre eux, à l’Etat pour 30 %, les 50 % restants étant répartis entreAction logement, les bailleurs sociaux, les départements et les régions. Or la gestion des contingents Etat/Action logement se fait sans territorialisation des demandes. Les maires se retrouvent alors confrontés à l’incompréhension des foyers en attente d’un logement et qui ne peuvent bénéficier de nouvelles constructions dans leur commune.

Il n’est plus possible d’accepter le double discours de certains élus, notamment à Paris, qui plaident pour du logement accessible à tous, contre l’extension urbaine et l’artificialisation des sols mais, au niveau local, s’opposent à toute construction de logement

Le gouvernement a levé partiellement ce tabou en confiant la première attribution de ses contingents aux maires dans les quartiers des gares du Grand Paris. Allons plus loin en déléguant l’attribution des contingents Etat et Action logement aux communes. Cela ne coûtera rien à l’Etat tout permettant des économies de personnel et le portage par les élus locaux de la construction de logements sociaux.

Plafonner le prix du foncier en zone tendue

Dans les zones tendues, le prix de sortie d’un bien est essentiellement déterminé par le coût du foncier. Les gains sur les process de construction sont marginaux. Ils vont encore se réduire au fur et à mesure des nouvelles réglementations thermiques et énergétiques.

Il est donc impératif de maîtriser le coût du foncier. Certains opérateurs (Grand Paris aménagement et la Société du Grand Paris) ont commencé à le faire. Je propose de systématiser les ventes à prix fixe des terrains du secteur public pour mettre un terme au dumping financier qui se répercute sur les prix de vente à la hausse, et la qualité du bâti à la baisse.

Sécuriser les propriétaires et rendre fiscalement la location pour habiter plus intéressante que la location touristique

Nous manquons de logements et pourtant certains restent inoccupés car, grâce aux garanties offertes par les plateformes de location en ligne, il est parfois plus rentable et plus sûr pour les propriétaires de louer temporairement leur bien plutôt que d’y installer durablement un locataire.

Utilisons le levier de la fiscalité pour créer un cercle vertueux entre propriétaires et occupants en faveur de la location « durable ». Mécanisme à coupler avec un système de garantie automatique des loyers impayés pour les propriétaires s’engageant sur une mise en location accompagnée d’un loyer plafond, à l’identique de ce que proposent les plateformes de location du type Airbnb.

Lutter contre le malthusianisme et l’égoïsme paré de vert

Il n’est plus possible d’accepter le double discours de certains élus, notamment à Paris, qui plaident pour du logement accessible à tous, contre l’extension urbaine et l’artificialisation des sols mais, au niveau local, s’opposent à toute construction de logement et surfent sur les peurs pour s’opposer à la densification des territoires déjà urbanisés.

La population augmente, la cellule familiale s’est fragmentée et la durée de vie s’est allongée. Refuser de construire, c’est contribuer à l’explosion du coût du logement et condamner les plus fragiles à cohabiter dans des conditions indignes. L’égoïsme et le repli sur soi ne peuvent pas être les moteurs d’un pays qui s’est toujours voulu généreux avec ses enfants.

La crise sanitaire nous le démontre chaque jour avec force.

Jean-Philippe Dugoin-Clément est vice-président (UDI) de la région Ile-de-France en charge du logement, de l’aménagement durable des territoires et du SDRIF environnemental, président de Grand Paris Aménagement et de l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France, maire de Mennecy (91). Il est soutien de Valérie Pécresse.

Relance de Fessenheim ?

Relance de Fessenheim ?

 

Des élus locaux alsaciens se réjouissent de la nouvelle orientation énergétique de la France en faveur du nucléaire. Ils en profitent pour lancer l’idée d’une relance de la centrale de Fessenheim récemment fermée essentiellement pour des motifs politiques. C’était en effet le prix à payer par Macron pour satisfaire Nicolas Hulot. C’est pour des raisons politiques identiques que Mitterrand avait abandonné le projet de centrale de Tricastin. Un petit cadeau d’une dizaine de milliards quand on sait que la centrale aurait pu encore durer 20 ou 30 ans après les travaux de grand carénage effectué sur toutes les centrales françaises. « 

 

 

Déconnectés du réseau depuis le 30 juin 2020, le deux réacteurs de Fessenheim, la plus ancienne centrale française, sont devenus le symbole d’un territoire en quête de revitalisation. Eloigné des centres urbains et déjà en perte de dynamisme, Fessenheim (2.300 habitants) et son bassin d’emploi (32.000 habitants pour la Communauté de communes du Pays Rhin-Brisach) n’ont pas encore trouvé le chemin de la relance. Avec 2.000 emplois directs et indirects, la centrale était devenue depuis les années 1980 le moteur de l’économie locale.

« La fermeture de Fessenheim engendre une situation dramatique pour l’Alsace et le bassin économique du Rhin Supérieur, qui vont se retrouver désarmés du point de vue énergétique », analyse Raphaël Schellenberger, député (LR) du Haut-Rhin. « Nous avons besoin de nouvelles capacités de production. L’éolien ne fonctionne pas parce que nous manquons de vent. Il n’y a plus de capacités hydrauliques parce que tout a déjà été aménagé. Le photovoltaïque est contraint par le foncier et nous ne sommes pas une région très ensoleillée. Par élimination logique, il reste seulement le nucléaire », explique-t-il.

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