Archive pour le Tag 'nucléaire'

Débat sur nucléaire ou sur la politique énergétique ?

Débat sur nucléaire ou sur la politique énergétique ?

 

La décision de construire des installations nucléaires de nouvelle génération doit faire l’objet d’une étude de risques techniques, industriels et financiers, afin d’éclairer les nécessaires débats parlementaire et public, estime Philippe Lorino, ingénieur expert du nucléaire, dans une tribune au « Monde ».

 

Une réflexion intéressante mais qui gagnerait en pertinence en élargissant le champ de réflexion à l’ensemble de la politique énergétique. Une analyse bénéfices risques serait aussi  utile pour l’ensemble des moyens qui participent de la politique de l’énergie. Aucune énergie n’est en effet a priori totalement vertueuse NDLR

 

Tribune. Le président de la République a annoncé le 9 novembre 2021 sa décision, « pour la première fois depuis des décennies, [de] relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». Le fait qu’une personne seule, fût-ce, en l’occurrence, le chef de l’Etat, annonce la décision de lancer un programme de réacteurs EPR comme s’il s’agissait d’une décision personnelle est insolite à un double titre : le respect des valeurs démocratiques et une bonne gestion du risque.

D’un point de vue démocratique, un tel programme engage le pays sur une voie à fort impact macroéconomique, industriel, énergétique, social et de sûreté. A ce titre, ses enjeux méritent d’être analysés et exposés de manière claire, et discutés démocratiquement. Du point de vue de la bonne gestion des risques, il semble nécessaire d’adopter des pratiques canoniques en la matière : revue indépendante de projets, impliquant des évaluateurs extérieurs, identification et analyse contradictoire des principaux risques, définition de plans d’action pour y parer.

Pour clarifier le débat, le propos n’est pas ici de prendre position sur l’opportunité de lancer un nouveau programme nucléaire d’une certaine ampleur (EDF a proposé six réacteurs EPR). Les réactions critiques immédiates ont essentiellement porté, selon les positions politiques des commentateurs, soit sur le manque d’ambition du projet, soit sur la poursuite d’une filière énergétique jugée dangereuse et coûteuse, mais finalement assez peu sur la procédure de décision. Comme s’il était généralement admis que le recours à l’énergie nucléaire était une affaire de croyance, qu’il s’agisse des « pro » ou des « anti », et non une décision prise après débat contradictoire, de manière responsable, collective et fondée sur des éléments factuels.

Identifier les risques de dysfonctionnements

Le réacteur EPR Flamanville 3 constitue un « prototype », une « tête de série », quel que soit le terme retenu. Il s’agit du banc d’essai d’un éventuel programme futur de plusieurs réacteurs EPR. Après les graves difficultés rencontrées par ce projet (au moins onze ans de retard, budget multiplié par trois à cinq, selon les modalités de calcul que l’on adopte), le lancement d’un nouveau programme nucléaire dans la même filière technico-industrielle suppose, tant du point de vue de la clarté démocratique – au vu de l’importance des enjeux pour la collectivité nationale – que du point de vue de la bonne gestion du risque – éclairée par le retour d’expérience du projet prototype (sinon, à quoi sert un prototype ?) –, d’élaborer et soumettre au débat parlementaire et au débat public deux documents. Tout d’abord un rapport circonstancié sur les dysfonctionnements du projet Flamanville 3, leurs causes et les principaux risques ainsi identifiés pour la suite du programme. Ensuite une présentation précise des parades élaborées en réponse à ces risques, de nature à nous en protéger pour l’avenir.

 

Nucléaire : double langage de la commission européenne

Nucléaire : double langage de la commission européenne

 

L’économiste de l’énergie Dominique Finon dénonce, dans une tribune au « Monde », l’attitude contradictoire de Bruxelles, qui, le 31 décembre 2021, incluait le nucléaire dans la « taxonomie » des technologies vertes, mais, dix jours plus tôt, l’excluait des aides et garanties d’Etat.

 

Tribune. 

 

La Commission européenne a publié, le 31 décembre 2021, un document précisant de nouveaux critères de classement des technologies pouvant donner lieu à financement privilégié par les fonds « verts » des banques. Ce classement est connu sous le nom de « taxonomie », dans le jargon bruxellois. Ces nouveaux critères permettent au nucléaire d’y figurer en tant que technologie de transition, au même titre que les centrales électriques à gaz émettrices de dioxyde de carbone.

Ce document, on s’en doute, n’a pas laissé indifférents les pays et les ONG opposés au nucléaire. D’autres y ont vu une concession généreuse de l’Allemagne à la France et à la dizaine d’Etats membres qui veulent continuer à développer le nucléaire. Ils seraient ainsi parvenus à contrer l’influence de Berlin, qui avait réussi à ce que le nucléaire ne figure pas dans la première version de cette fameuse « taxonomie ».

Mais il se trouve que Bruxelles a présenté discrètement, le 21 décembre 2021, de nouvelles « lignes directrices » sur les aides d’Etat aux technologies pouvant contribuer à la transition énergétique. Or, ce nouveau régime, qui vise à atteindre les objectifs climatiques de l’Europe en 2030 et en 2050, exclut quant à lui le nucléaire, et ce sans justification ! Les opposants au nucléaire auraient dû s’en réjouir ! Or, comme beaucoup de monde, ils n’ont pas compris le voisinage entre les enjeux de la réforme du régime des aides d’Etat et ceux de la définition de la taxonomie.

Tandis que l’attention de tous était focalisée sur la taxonomie, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne concoctait seule, sans consultation des gouvernements, la réforme des « lignes directrices », qui jusqu’ici ne couvraient que les énergies renouvelables.

A quoi servent ces « lignes directrices », dans le domaine du climat et de l’énergie ? Pour assurer leur conformité avec les règles de la concurrence, elles codifient les dispositifs de soutien au développement des technologies bas carbone, non seulement pour celles qui sont en phase d’apprentissage, mais aussi pour toutes les technologies bas carbone matures.

Celles-ci nécessitent toutes de gros investissements en capital et sont à long cycle de vie, alors que les revenus qu’il faut anticiper sur leur longue durée de vie pour recouvrer l’investissement viennent de marchés horaires qui, par nature, ne peuvent pas envoyer de bons signaux-prix de long terme. En effet, les prix horaires se forment sur les marchés en s’alignant sur les coûts de combustible et de carbone de la dernière centrale appelée.

Double langage de la commission européenne sur le nucléaire

Double langage de la commission européenne sur le nucléaire

 

L’économiste de l’énergie Dominique Finon dénonce, dans une tribune au « Monde », l’attitude contradictoire de Bruxelles, qui, le 31 décembre 2021, incluait le nucléaire dans la « taxonomie » des technologies vertes, mais, dix jours plus tôt, l’excluait des aides et garanties d’Etat.

 

Tribune.

 

La Commission européenne a publié, le 31 décembre 2021, un document précisant de nouveaux critères de classement des technologies pouvant donner lieu à financement privilégié par les fonds « verts » des banques. Ce classement est connu sous le nom de « taxonomie », dans le jargon bruxellois. Ces nouveaux critères permettent au nucléaire d’y figurer en tant que technologie de transition, au même titre que les centrales électriques à gaz émettrices de dioxyde de carbone.

Ce document, on s’en doute, n’a pas laissé indifférents les pays et les ONG opposés au nucléaire. D’autres y ont vu une concession généreuse de l’Allemagne à la France et à la dizaine d’Etats membres qui veulent continuer à développer le nucléaire. Ils seraient ainsi parvenus à contrer l’influence de Berlin, qui avait réussi à ce que le nucléaire ne figure pas dans la première version de cette fameuse « taxonomie ».

Mais il se trouve que Bruxelles a présenté discrètement, le 21 décembre 2021, de nouvelles « lignes directrices » sur les aides d’Etat aux technologies pouvant contribuer à la transition énergétique. Or, ce nouveau régime, qui vise à atteindre les objectifs climatiques de l’Europe en 2030 et en 2050, exclut quant à lui le nucléaire, et ce sans justification ! Les opposants au nucléaire auraient dû s’en réjouir ! Or, comme beaucoup de monde, ils n’ont pas compris le voisinage entre les enjeux de la réforme du régime des aides d’Etat et ceux de la définition de la taxonomie.

Tandis que l’attention de tous était focalisée sur la taxonomie, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne concoctait seule, sans consultation des gouvernements, la réforme des « lignes directrices », qui jusqu’ici ne couvraient que les énergies renouvelables.

A quoi servent ces « lignes directrices », dans le domaine du climat et de l’énergie ? Pour assurer leur conformité avec les règles de la concurrence, elles codifient les dispositifs de soutien au développement des technologies bas carbone, non seulement pour celles qui sont en phase d’apprentissage, mais aussi pour toutes les technologies bas carbone matures.

Celles-ci nécessitent toutes de gros investissements en capital et sont à long cycle de vie, alors que les revenus qu’il faut anticiper sur leur longue durée de vie pour recouvrer l’investissement viennent de marchés horaires qui, par nature, ne peuvent pas envoyer de bons signaux-prix de long terme. En effet, les prix horaires se forment sur les marchés en s’alignant sur les coûts de combustible et de carbone de la dernière centrale appelée.

UE : report encore sur les investissements « verts » du nucléaire et du gaz

UE : report encore sur les investissements « verts » du nucléaire et du gaz

 

Un nouveau report jusqu’au 21 janvier de la consultation lancée par l’union européenne pour qualifier les investissements verts y compris le nucléaire et le gaz. En fait une prolongation qui correspond à une situation politique pleine de contradictions. Des pays du Nord en effet s’opposent notamment à la reconnaissance du nucléaire pouvant bénéficier du label vert. L’inclusion du nucléaire et du gaz dans la liste des investissements verts découlait en réalité d’un compromis entre la France qui pousse le nucléaire et l’Allemagne qui a un besoin urgent de gaz russe.

Cet accord politique donne lieu à des remous au sein même de l’alliance politique allemande qui comprend des libéraux, des écolos et des sociaux-démocrates. On voit mal cependant comment la France et d’autres favorables au nucléaire pourraient accepter que le gaz russe bénéficie du label vert tandis que le nucléaire serait rejeté. Ce serait une incongruité y compris sur le plan écologique puisque le nucléaire ne rejette pas pratiquement de carbone contrairement au gaz. La Commission européenne a donc annoncé lundi avoir repoussé la date butoir avant laquelle les experts doivent se prononcer sur sa proposition intégrant le gaz naturel et l’énergie nucléaire dans la catégorie des investissements dits « verts ».

Cette classification, ou « taxonomie pour une finance durable », vise à mieux orienter les capitaux vers des activités durables dans l’ensemble de l’Union européenne, afin de contribuer à l’objectif européen d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Bruxelles a déclaré lundi que ses experts auraient jusqu’au 21 janvier pour faire part de leurs observations sur le projet. Ils avaient initialement jusqu’au 12 janvier pour se prononcer.

« Nous avons repoussé la date limite d’une semaine afin de donner un peu plus de temps aux experts pour faire part de leurs observations », a dit Eric Mamer, porte-parole de l’exécutif européen, lors d’une conférence de presse.

Quand les experts auront rendu leur avis, Bruxelles dévoilera son projet définitif, lequel ne devra pas ensuite être bloqué par une majorité qualifiée de pays de l’UE ou par le Parlement européen dans un délai de quatre mois pour entrer en vigueur.

Retour au Nucléaire : de nouveaux réacteurs à partir de 2035

Retour au Nucléaire : de  nouveaux réacteurs à partir de 2035

 

Finies sans doute les élucubrations sur la substitution des énergies alternatives au nucléaire après le passage peu glorieux de Nicolas Hulot au gouvernement. Certes les énergies alternatives prendront leur place dans le mix énergétique mais le nucléaire va demeurer dominant. La secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’écologie, Bérangère Abba, précise les orientations indiquées par le président de la république concernant la construction de nouveaux réacteurs. L’objectif serait de commencer la construction autour de 2025 pour une mise en service une dizaine d’années plus tard. Au total six EPR pourrait être mis en service.

Il s’agirait « à court terme, d’EPR2, un modèle amélioré par rapport au retour d’expérience de construction des EPR précédents », a-t-elle dit à l’occasion d’un débat avec des sénateurs sur la sûreté de l’atome.

« Sans être devins, nous imaginons un calendrier de dépôt des dossiers autour de 2023 pour une mise en service en 2035-2037. Au préalable, EDF a soumis des options de sûreté de l’EPR2 à l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire], qui en a validé les principes. Nous avons donc un cadre et un retour d’expérience sur les premiers EPR », a-t-elle ajouté.

Le premier site concerné pourrait être celui de Penly en Seine-Maritime . Le premier EPR construit en France à Flamanville devrait enfin être mis en service cette année après plusieurs retards.

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

C ‘est au terme d’un accord très politique que Bruxelles s’est enfin mis d’accord pour considérer que le gaz et le nucléaire pourrait bénéficier du label vert européen. On sait évidemment que la France poussait la technique nucléaire qui assure près de 70 % de la fourniture d’électricité en France. Par ailleurs, la France compte sur ses compétences techniques pour développer la filière nucléaire à l’étranger ; une perspective qui ne plaît pas particulièrement à l’Allemagne. À l’inverse l’Allemagne poussait, elle, le gaz qui en fait va  prendre la succession bien sûr des centrales nucléaires mais aussi des centrales à charbon qui leur ont succédé et même des énergies alternatives trop peu performantes.D’un point de vue géopolitique, l’Allemagne se fragilise vis-à-vis la Russie. L’Allemagne avait donc besoin de la bénédiction française vis-à-vis de son foie énergétique. Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité. L’objectif est d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction de CO2. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux Etats membres le 31 décembre, peu avant minuit, d’après plusieurs sources contactées par l’AFP.

La Commission « a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte » permettant d’inclure « certaines activités de gaz et de nucléaire » dans sa taxonomie verte, a confirmé l’exécutif européen dans un communiqué.

 Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité, avec pour objectif d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de Bruxelles, consultée par l’AFP, fixe des conditions à l’inclusion du nucléaire et du gaz, notamment une limitation dans le temps. Pour la construction de nouvelles centrales atomiques, les projets devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045. Concernant les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes, ils devront avoir été autorisés avant 2040.

Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. Concernant le gaz, qualifié de « source d’énergie de transition », les investissements seront reconnus « durables » pour des centrales émettant peu de CO2. La Commission a fixé des seuils drastiques : moins de 100 g de CO2 par kWh, un seuil inatteignable avec les technologies actuelles selon des experts.

Cependant, une période de transition est prévue. Les centrales obtenant leur permis de construire avant le 31 décembre 2030, verront ce seuil relevé à 270 g de CO2 par kWh à condition de remplacer des infrastructures existantes beaucoup plus polluantes et de répondre à une série de critères.

Les Etats membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier.

L’Allemagne ferme son nucléaire pour le gaz russe !

L’Allemagne ferme son nucléaire pour le gaz russe !

 

Officiellement la décision de l’Allemagne de fermer trois de ses six dernières centrales nucléaires correspond à la volonté de recourir de façon presque systématique aux énergies renouvelables.
Le problème est que cette décision n’a pas grand-chose à voir avec l’environnement puisque l’Allemagne va surtout avoir recours au gaz russe, une énergie qui n’est pas totalement neutre ! Sans parler évidemment de la dépendance géostratégique à la Russie.

Notons les contradictions habituelles de l’Allemagne avec un discours très vert et qui avait décidé il y a déjà plusieurs années de fermer ses centrales nucléaires pour les remplacer par des centrales à charbon !

Les six centrales nucléaires ont contribué à environ 12 % de la production d’électricité en Allemagne en 2021, selon les chiffres préliminaires de la BDEW. La part des énergies renouvelables était de près de 41 % dans le pays, le charbon représentant un peu moins de 28 % et le gaz environ 15 %. L’Allemagne souhaite que les énergies renouvelables couvrent 80 % de la demande d’électricité d’ici à 2030, en développant les infrastructures liées aux énergies éolienne et solaire.Le problème c’est que le gaz va prendre une part de plus en plus importante éloignant d’autant plus la perspective d’un recours significatif aux énergies renouvelables.

Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire

Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire

C ‘est au terme d’un accord très politique que Bruxelles s’est enfin mis d’accord pour considérer que le gaz et le nucléaire pourrait bénéficier du label vert européen. On sait évidemment que la France poussait la technique nucléaire qui assure près de 70 % de la fourniture d’électricité en France. À l’inverse l’Allemagne poussait, elle, le gaz qui en fait va  prendre la succession bien sûr des centrales nucléaires mais aussi des centrales à charbon qui leur ont succédé et même des énergies alternatives trop peu performantes. Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité. L’objectif est d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction de CO2. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux Etats membres le 31 décembre, peu avant minuit, d’après plusieurs sources contactées par l’AFP.

La Commission « a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte » permettant d’inclure « certaines activités de gaz et de nucléaire » dans sa taxonomie verte, a confirmé l’exécutif européen dans un communiqué.

 Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité, avec pour objectif d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de Bruxelles, consultée par l’AFP, fixe des conditions à l’inclusion du nucléaire et du gaz, notamment une limitation dans le temps. Pour la construction de nouvelles centrales atomiques, les projets devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045. Concernant les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes, ils devront avoir été autorisés avant 2040.

Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. Concernant le gaz, qualifié de « source d’énergie de transition », les investissements seront reconnus « durables » pour des centrales émettant peu de CO2. La Commission a fixé des seuils drastiques : moins de 100 g de CO2 par kWh, un seuil inatteignable avec les technologies actuelles selon des experts.

Cependant, une période de transition est prévue. Les centrales obtenant leur permis de construire avant le 31 décembre 2030, verront ce seuil relevé à 270 g de CO2 par kWh à condition de remplacer des infrastructures existantes beaucoup plus polluantes et de répondre à une série de critères.

Les Etats membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier.

Stratégie énergétique Belgique : des bougies pour remplacer le nucléaire ?

Stratégie énergétique Belgique  : des bougies pour remplacer le nucléaire   ?

 

La récente décision de la coalition politique au pouvoir en Belgique laisse songeur concernant la stratégie énergétique. En effet d’un cou,p les pouvoirs publics annoncent l’arrêt dans 4 ans des sept réacteurs nucléaires qui fournissent 40 % de l’électricité. À la place, les autorités belges développeront des petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération  ( SMR de 1 à 300 MW) qui en réalité ne seront pas vraiment avant 10 ou 15 ans. Or l’arrêt des centrales Belges est prévu en 2025.

La vérité c’est qu’il s’agit d’une annonce purement politicienne et que les réacteurs nucléaires seront maintenus pour assurer la fourniture d’électricité en Belgique. L’accord validé hier par les libéraux, les écologistes et les socialistes assure un financement de 100 millions d’euros pour développer les petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, les fameux SMR – pour small modular reactor. A titre de comparaison, la France va injecter 1 milliard d’euros d’ici 2030.

« C’est avec un regard ouvert vers l’innovation et les nouvelles technologies que nous envisageons le futur énergétique », a plaidé M. De Croo, rappelant l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 auquel doivent aussi contribuer les renouvelables (solaire, éolien). Un beau discours qui évidemment sera contredit par les réalités qu’ignorent souvent les alliances politiciennes. À défaut on pourrait suggérer à la Belgique d’envisager le retour de la bougie !

Belgique : des bougies pour remplacer le nucléaire ?

Belgique  : des bougies pour remplacer le nucléaire   ?

 

La récente décision de la coalition politique au pouvoir en Belgique laisse songeur concernant la stratégie énergétique. En effet d’un cou,p les pouvoirs publics annoncent l’arrêt dans 4 ans des sept réacteurs nucléaires qui fournissent 40 % de l’électricité. À la place, les autorités belges développeront des petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération  ( SMR de 1 à 300 MW) qui en réalité ne seront pas vraiment avant 10 ou 15 ans. Or l’arrêt des centrales Belges est prévu en 2025.

La vérité c’est qu’il s’agit d’une annonce purement politicienne et que les réacteurs nucléaires seront maintenus pour assurer la fourniture d’électricité en Belgique. L’accord validé hier par les libéraux, les écologistes et les socialistes assure un financement de 100 millions d’euros pour développer les petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, les fameux SMR – pour small modular reactor. A titre de comparaison, la France va injecter 1 milliard d’euros d’ici 2030.

« C’est avec un regard ouvert vers l’innovation et les nouvelles technologies que nous envisageons le futur énergétique », a plaidé M. De Croo, rappelant l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 auquel doivent aussi contribuer les renouvelables (solaire, éolien). Un beau discours qui évidemment sera contredit par les réalités qu’ignorent souvent les alliances politiciennes. À défaut on pourrait suggérer à la Belgique d’envisager le retour de la bougie !

Energie-! Pompili demande davantage d’électricité nucléaire !

Energie-! Pompili  demande davantage d’électricité nucléaire ! 

C’est évidemment le paradoxe suprême avec cette demande de la ministre écolo Barbara Pompili sillicitant  au maximum la production d’électricité nucléaire pour faire face à l’insuffisance possible au regard notamment des conditions climatiques actuelles. Certes quatre réacteurs sont aujourd’hui à l’arrêt pour des questions d’entretien mais faut-il rappeler qu’on vient de fermer les deux réacteurs de Fessenheim qui aurait pu facilement combler les déficits actuels. Le pire c’est que la France risque d’apporter de l’électricité et de l’électricité pas as forcément très verte.

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili «a donc demandé à EDF de prendre toutes les mesures pertinentes pour renforcer à court terme la sécurité d’approvisionnement, ainsi que de mener un audit indépendant sur la maîtrise industrielle et l’optimisation des arrêts de réacteurs, afin de renforcer la disponibilité du parc nucléaire français à moyen terme», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le gouvernement avait déjà regretté l’arrêt de 30% du parc nucléaire français à fin novembre. La ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher avait suggéré de «relever notre niveau d’exigence pour la disponibilité du parc», estimant que «nous pouvons collectivement faire mieux».

 

Nucléaire : l’EPR finlandais enfin autorisé

Nucléaire : l’EPR finlandais  enfin autorisé

Comme tout projet technique complexe l’EPR  finlandais a pris du retard et dépasséles limites de la facture initiale. Mais l’autorité finlandaise de sûreté vient enfin d’autoriser le démarrage du réacteur nucléaire de l’EPR d’Olkiluoto 3 (OL3), a annoncé jeudi TVO, l’énergéticien en charge de la centrale finlandaise.

Ce chantier titanesque, qui a débuté en 2005, a accumulé près de douze ans de retards sur le calendrier initial qui prévoyait un démarrage en 2009.

En 2021, une étape clé avait été franchie avec l’autorisation de charger le combustible. Mais un nouveau retard survenait au mois d’août suivant, à l’initiative cette fois du consortium Areva-Siemens qui, après l’inspection d’une turbine, décidait  »d’étendre la révision à l’ensemble des trois turbines à basse pression afin d’y réaliser de nouvelles inspections ». Ce qui décalait le démarrage de la production commerciale de mars 2022 à juin 2022.

Avant cela, des tests avaient été menés ces dernières semaines, qui, selon le régulateur nucléaire finlandais, « démontrent que le réacteur fonctionne comme prévu », souligne l’énergéticien.

Le français Areva s’est de son côté réjoui dans un communiqué « du franchissement de cette étape clé ». Techniquement, le démarrage qui a été autorisé « à faible puissance », se déroulera par étapes successives: c’est le régulateur qui autorisera chaque franchissement de seuil, pour passer à 5%, puis à 30%, puis à 60% de la capacité de 1.650 mégawatts du réacteur.

Nucléaire: la Cour des comptes demande d’affiner les comptes

Nucléaire: la Cour des comptes demande d’affiner les comptes

 

Précédemment la Cour des Comptes avait chiffré le coût de construction de six EPR de nouvelle génération (EPR2) à 46 milliards d’euros. Dans son nouveau rapport publié lundi, elle évoque une «fourchette de coût comprise entre 85 et 100 euros/MWh» pour l’électricité qui serait ainsi produite.  Désormais la Cour des Comptes suggère fortement de prendre en compte le coût  de gestion des déchets:  «prévoir et expliciter, pour les scénarios de mix électrique comprenant une hypothèse de renouvellement du parc nucléaire, la prise en compte des investissements associés à l’aval du cycle du combustible» – c’est-à-dire de gestion des déchets, pour certains à très long terme. En effet, de nouveaux réacteurs pourraient nécessiter des investissements supplémentaires aussi bien pour le renouvellement des installations du centre de retraitement de La Hague (Manche) que pour l’accroissement du futur site de stockage de déchets radioactifs de Cigeo à Bure (Meuse), voire la construction d’un autre site supplémentaire de ce type.

D’une manière générale Il faut d’ailleurs souligner que les coûts indirects des différents scénarios énergétiques sont sous-évalués. C’est vrai aussi pour les énergies alternatives concernant les coûts de raccordement au réseau, les coûts relatifs à l’intermittence de production de certaines énergies comme les éoliennes et le coût aussi de la gestion des déchets après arrêt des exploitations.

Climat-UE- marchandage écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

Climat-UE- marchandage écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

 

Comme Il fallait s’y attendre on assiste à un marchandage entre l’Allemagne et la France concernant deux sources d’énergie à la fois stratégique pour l’économie mais aussi pour l’environnement. Ainsi la France a réussi à faire reconnaître de nucléaire comme une énergie verte contre la concession faite à l’Allemagne d’admettre que le gaz pouvait également être labellisé vert. Le président de la république Emmanuel Macron va s’efforcer d’entériner juridiquement ce compromis pendant sa présidence de l’union européenne

 

Car l’enjeu est majeur : il s’agit de déterminer à l’échelle communautaire la liste des activités bénéfiques pour le climat afin de flécher les investissements privés vers celles-ci, mais aussi, in fine, les futures subventions publiques. D’ici à la prochaine décennie, ce sont donc des centaines de milliards d’euros à lever sur les marchés financiers qui sont en jeu.

« La transition énergétique coûtera cher. Et les investisseurs n’auront pas envie de financer une activité qui ne rapportera pas d’augmentation de leur part « verte ». Si l’activité en question n’est pas incluse dans la taxonomie, trouver des financements ce sera plus difficile, et le coût sera donc peut-être plus élevé », explique Eric Duvaud, fondateur et responsable de l’équipe développement durable d’EY.

Alors qu’Emmanuel Macron a récemment affirmé vouloir construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire pour garantir la « souveraineté électrique de la France » et « atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 », l’Hexagone espère ainsi orienter une partie de ces précieux fonds vers son industrie nucléaire.

UE- marchandage Écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

UE- marchandage Écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

 

Comme Il fallait s’y attendre on a assisté à un marchandage entre l’Allemagne et la France concernant deux sources d’énergie à la fois stratégique pour l’économie mais aussi pour l’environnement. Ainsi la France a réussi à faire reconnaître de nucléaire comme une énergie verte contre la concession faite à l’Allemagne d’admettre que le gaz pouvait également être labellisé verts. président de la république Emmanuel Macron va s’efforcer d’entériner juridiquement ce compromis pendant sa présidence de l’union européenne

 

Car l’enjeu est majeur : il s’agit de déterminer à l’échelle communautaire la liste des activités bénéfiques pour le climat afin de flécher les investissements privés vers celles-ci, mais aussi, in fine, les futures subventions publiques. D’ici à la prochaine décennie, ce sont donc des centaines de milliards d’euros à lever sur les marchés financiers qui sont en jeu.

« La transition énergétique coûtera cher. Et les investisseurs n’auront pas envie de financer une activité qui ne rapportera pas d’augmentation de leur part « verte ». Si l’activité en question n’est pas incluse dans la taxonomie, trouver des financements ce sera plus difficile, et le coût sera donc peut-être plus élevé », explique Eric Duvaud, fondateur et responsable de l’équipe développement durable d’EY.

Alors qu’Emmanuel Macron a récemment affirmé vouloir construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire pour garantir la « souveraineté électrique de la France » et « atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 », l’Hexagone espère ainsi orienter une partie de ces précieux fonds vers son industrie nucléaire.

Europe- marchandage Écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

Europe- marchandage Écologique : le nucléaire et le gaz labellisés verts

 

Comme Il fallait s’y attendre on a assisté à un marchandage entre l’Allemagne et la France concernant deux sources d’énergie à la fois stratégique pour l’économie mais aussi pour l’environnement. Ainsi la France a réussi à faire reconnaître de nucléaire comme une énergie verte contre la concession faite à l’Allemagne d’admettre que le gaz pouvait également être labellisé verts. président de la république Emmanuel Macron va s’efforcer d’entériner juridiquement ce compromis pendant sa présidence de l’union européenne

 

Car l’enjeu est majeur : il s’agit de déterminer à l’échelle communautaire la liste des activités bénéfiques pour le climat afin de flécher les investissements privés vers celles-ci, mais aussi, in fine, les futures subventions publiques. D’ici à la prochaine décennie, ce sont donc des centaines de milliards d’euros à lever sur les marchés financiers qui sont en jeu.

« La transition énergétique coûtera cher. Et les investisseurs n’auront pas envie de financer une activité qui ne rapportera pas d’augmentation de leur part « verte ». Si l’activité en question n’est pas incluse dans la taxonomie, trouver des financements ce sera plus difficile, et le coût sera donc peut-être plus élevé », explique Eric Duvaud, fondateur et responsable de l’équipe développement durable d’EY.

Alors qu’Emmanuel Macron a récemment affirmé vouloir construire de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire pour garantir la « souveraineté électrique de la France » et « atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 », l’Hexagone espère ainsi orienter une partie de ces précieux fonds vers son industrie nucléaire.

Nucléaire : une énergie qui n’est pas transitoire

Nucléaire : une énergie qui n’est pas transitoire

Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, une vingtaine de personnalités dont Bernard Accoyer, Jean-Pierre Chevènement, les prix Nobel Claude Cohen-Tannoudji et Jean-Louis Lehn, ainsi que Louis Gallois, Gérard Longuet ou Hubert Védrine, s’inquiètent des conséquences, en l’état, de la taxonomie verte européenne sur l’avenir et le financement de la filière nucléaire.

 

 

Monsieur le Président,

Les discussions concernant la taxonomie semblent proches d’une conclusion, assimilant le gaz et le nucléaire à des « énergies de transition ». De fait, le recours au gaz semble pour un temps indispensable à certains pays qui ont retenu une politique hasardeuse pour leur approvisionnement en électricité, même si les contraintes climatiques exigent son abandon au plus tôt. Ce constat justifie la qualification d’ « énergie de transition ».

Toutefois, on ne peut exclure que le recours à l’énergie nucléaire soit nécessaire pour une période indéterminée. En effet, en l’état actuel des connaissances, en l’absence de moyens de stockage de l’électricité à un coût supportable, sa contribution est nécessaire, à côté des énergies renouvelables, pour atteindre les objectifs nationaux et européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’opinion publique française en a désormais pris conscience. Il serait donc incertain de considérer dès aujourd’hui que le nucléaire n’est qu’une « énergie de transition ». Au niveau européen, douze Etats ont manifesté leur ambition de retenir cette source d’énergie, reconnue pour ses atouts dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Assimiler l’énergie nucléaire à une énergie de transition aurait pour effet de rendre problématique le financement et l’avenir de la filière nucléaire. L’importance des investissements et la durée des amortissements favoriseraient le gaz pour lequel ils sont moindres. De surcroît, les centrales à gaz étant appelées quand les énergies renouvelables sont défaillantes, c’est le prix du gaz qui fixerait le prix du marché, ce qui ne permettrait pas au consommateur français de bénéficier des prix plus faibles et stables du nucléaire national. La réalité est que l’énergie nucléaire, contrairement au gaz naturel, est une énergie décarbonée et d’avenir, efficace pour réduire l’utilisation des énergies fossiles, comme l’affirment le GIEC et l’AIE. La considérer comme une énergie seulement transitoire serait contre-productif.

Reniement. Un compromis classant de la même façon le gaz et le nucléaire comme « énergies de transition » dans la taxonomie, même si nous comprenons qu’à ce stade ce puisse être un objectif diplomatique, serait contraire aux conclusions des trois commissions sollicitées par la Commission européenne qui ont reconnu que le nucléaire est au moins aussi performant sur chaque point étudié que les énergies déjà incluses dans cette taxonomie. Il serait également contraire à l’esprit et à la lettre du Traité Euratom, trop oublié mais toujours en vigueur, qui stipule en son Article 2-c) que la Communauté doit « faciliter les investissements, et assurer, notamment en encourageant les initiatives des entreprises, la réalisation des installations fondamentales nécessaires au développement de l’énergie nucléaire dans la Communauté ». En s’opposant à l’inclusion sans réserve du nucléaire dans la taxonomie, les pays hostiles à cette énergie renieraient leur engagement. Un tel accord serait susceptible de recours.

Il serait donc rationnel que le nucléaire soit inclus sans restriction dans la taxonomie, pour ne pas compromettre la renaissance de la filière industrielle française, la réindustrialisation, l’avenir économique et social ainsi que notre indépendance énergétique, ni les capacités européennes à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, nous nous permettons d’attirer votre attention afin que la voix de la France, que vous portez, s’exprime avec fermeté sur cet enjeu majeur pour notre pays et les douze Etats membres qui partagent notre position sur le nucléaire. Ainsi, par votre action, l’Union européenne pourra-t-elle approcher et, nous l’espérons, respecter, les engagements climatiques audacieux qu’elle s’est fixés.

Monsieur le Président de la République, nous vous remercions pour votre engagement personnel européen et climatique et nous vous prions d’accepter l’expression de notre haute considération.

Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale
Julien Aubert, député, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)
Christian Bataille, ancien vice-président de l’OPECST
Claude Birraux, ancien président de l’OPECST
Yves Bréchet, ancien Haut-commissaire à l’énergie atomique
François-Marie Bréon, physicien et climatologue
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Claude Cohen-Tannoudji, académicien, professeur au Collège de France, physicien, Prix Nobel
Claude Fischer-Herzog, directrice des Entretiens Européens
Marc Fontecave, professeur au Collège de France, membre de l’Académie des Sciences
Louis Gallois, ancien président de la SNCF
Patrick Hetzel, député
Claire Kerboul, physicien nucléaire
Jean-Marie Lehn, professeur à l’IEA Strasbourg, prix Nobel
Gérard Longuet, sénateur, vice-président de l’OPECST
Hervé Machenaud, ancien directeur exécutif du Groupe EDF
Hervé Mariton, ancien ministre
Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier
Stéphane Piednoir, sénateur, membre de l’OPECST
Raphael Schellenberger, député
Hubert Védrine, ancien ministre
Charles de la Verpillière, député

Politique d’énergie en Allemagne : le nucléaire, le chatbon et maintenant le gaz russe !

Politique d’énergie en Allemagne : le nucléaire, le charbon et maintenant le gaz russe  !

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir en Allemagne pour mettre en œuvre une politique énergétique moins productrice de carbone en Allemagne. En effet pour des raisons essentiellement d’alliances politiques avec les écolos l’Allemagne est passée brutalement de l’arrêt du nucléaire,  au développement très polluant des centrales à charbon et maintenant des centrales à gaz russe plus rouge que vert. Le pire c’est que l’Allemagne tente de faire admettre par l’union économique que le gaz russe est plus vert sur le plan du carbone que le nucléaire français qui n’en produit pas du tout.

 

Aujourd’hui, c’est plutôt la dépendance allemande au gaz fossile importé de Russie qui persiste, et qui ne devrait pas faiblir avec la prochaine mise en route du gazoduc géant Nord Stream 2 (même si l’Allemagne a pour l’heure suspendu le processus de certification). Déjà en service depuis plusieurs années, le premier projet Nord Stream 1, qui passe sous la Baltique, assure déjà à lui seul les deux tiers des approvisionnements gaziers outre-Rhin.

Non seulement l’Allemagne n’est pas prête d’atteindre ses propres objectifs climats mais elle s’oppose au développement du nucléaire français pour des raisons commerciales. L’enjeu est en effet d’empêcher la France de devenir une puissance industrielle mondiale et de développer sa technologie et ses échanges.

L’Allemagne va donc continuer d’entretenir sa double dépendance énergétique et politique au gaz russe. Ni très écolo, ni très heureux sur le plan géostratégique.

 

Opposition gaz – nucléaire entre la France et l’Allemagne: Une guerre commerciale

Opposition  gaz – nucléaire entre la France et l’Allemagne: Une guerre commerciale

 

Margot de Kerpoisson, chercheuse en relations internationales à l’Ecole de guerre économique (EGE) (*)    explique dans la Tribune  les raisons de l’affrontement entre la France et l’Allemagne concernant le conflit entre le nucléaire et le gaz. Un conflit écolo mais surtout commercial.

 

L’Allemagne souhaite exclure le nucléaire de la taxonomie européenne, l’outil de financement visant à diriger les investissements publics et privés vers des activités vertes et durables. A contrario, Berlin tente de pousser à l’inclusion du gaz naturel dans la finance verte de l’UE, bien que celui-ci émet 40 fois plus de CO2 que le nucléaire selon le GIEC. Quelles sont les motivations derrière ce choix et surtout quels sont les risques pour la France ?

L’Allemagne a fait le pari des énergies renouvelables (EnR) dans le cadre de sa stratégie énergétique. Elle a également fait le choix de renoncer au nucléaire, source d’énergie pourtant pilotable, compétitive et bas carbone.

Système énergétique allemand défaillant

Plusieurs raisons expliquent la tentative allemande d’affaiblir le nucléaire français au sein de l’UE. Le système énergétique allemand étant défaillant, l’exclusion du nucléaire de la taxonomie européenne permettrait à Berlin de continuer à capter plus de subventions tout en en écartant le nucléaire français. L’Allemagne ne nous demanderait-elle pas de financer exclusivement sa transition énergétique ?

Par ailleurs, les EnR comme l’éolien ou le solaire sont par nature intermittentes : elles ne sont pas capables d’assurer une production constante et stable en électricité. Pour éviter tout risque de black-out (panne d’électricité massive), le modèle allemand nécessite une compensation avec une énergie pilotable comme le gaz. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne pousse à l’inclusion de celui-ci dans l’outil de financement européen.

Gaz russe

Dans un troisième temps, l’arrivée du North Stream II place l’Allemagne au cœur du processus de redistribution du gaz russe. C’est un avantage à la fois économique – car générateur de nombreux revenus – et politique, puisque l’Allemagne devient un acteur central de ce nouveau système énergétique.

Renoncer au nucléaire, c’est abattre le pilier de notre souveraineté énergétique

De Gaulle voyait dans le nucléaire civil, le bastion de notre indépendance et de notre souveraineté énergétique. Une conclusion solide car le nucléaire présente deux avantages de taille. D’abord, l’approvisionnement en uranium étant suffisamment diversifié, le risque de dépendance vis-à-vis d’une puissance étrangère est diminué. Et puisque l’uranium ne représente que 5% des coûts totaux de production de l’électricité nucléaire, il nous préserve des différents aléas liés aux marchés mondiaux de l’énergie. Un intérêt non négligeable quand on constate l’explosion du prix du gaz (+500%) sur cette année de reprise économique ! D’autant que les différentes innovations dans la filière, comme les réacteurs de 4e génération, permettront de réduire drastiquement la demande en uranium en optimisant les ressources par un multi-recyclage avancé du combustible.

Risques de dépendances accrus

Les énergies renouvelables et le gaz seraient-ils en capacité d’assurer un tel niveau d’indépendance ? La Chine est le premier exportateur d’éoliennes et de panneaux solaires. Si ces derniers présentent l’avantage d’être décarbonés, ils ne bénéficient ni à notre indépendance énergétique, économique ou stratégique. Bien au contraire, renoncer au nucléaire au profit d’un modèle fondé uniquement sur les énergies renouvelables associées au gaz entraînerait des risques de dépendance accrus. L’Europe est aujourd’hui tributaire à hauteur de 40% du gaz russe. Une dépendance déjà problématique, qui risquerait encore de s’accentuer avec la fermeture des centrales nucléaires en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Notre souveraineté énergétique doit être au cœur de la campagne présidentielle de 2022. Les différentes options proposées doivent être clairement explicitées. Nous devons être conscients que dans le cas où nous renoncerions au nucléaire, alors nous devrions nous replier sur le gaz ou le charbon car les EnR seules ne pourraient répondre à nos besoins énergétiques. L’Allemagne, qui a fait le choix de fermer ses centrales nucléaires, a dû faire marcher à plein régime son industrie du charbon pour lutter contre les défaillances de son système énergétique.

Selon l’Office fédéral allemand de la statistique Destatis, entre 2020 et 2021, la production électrique des éoliennes a baissé de 21%. Quelles en ont été les conséquences ? L’Allemagne a tout simplement rouvert ses centrales à charbon, source d’électricité 68 fois plus émettrice de CO2 que le nucléaire. Le charbon est ainsi devenu la première source d’électricité en Allemagne au premier semestre 2021. Une décision lourde de conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Alors sommes-nous vraiment disposés à rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Saurons- nous tirer à temps les leçons du cas allemand ?

Tirer à temps les leçons du cas allemand

Renoncer à nos centrales nucléaires (ou ne pas investir dans la filière) c’est également contribuer à accroître durablement l’instabilité de notre réseau, avec des conséquences directes sur notre quotidien. Selon les scénarii de RTE, la consommation d’électricité devrait augmenter d’ici 2050. L’électrification massive des usages dans de nombreux secteurs comme l’industrie ou le transport entraînera une hausse de la demande électrique. Or, si nous faisions le choix du 100% renouvelable comme le préconisent certains candidats à la présidentielle, comment pourrions-nous faire fonctionner nos industries en cas d’intermittence ? Qu’en serait-il de nos voitures électriques ? de nos transports en commun ? Serions-nous prêts à renoncer au chauffage en cas de grand froid ? A nos moyens de communications (smartphone, ordinateurs) ? Finalement, serions-nous prêts à réduire notre consommation d’énergie en cas de risque de panne d’électricité massive ? En ce sens, il est important de rappeler qu’adhérer à de telles propositions politiques, c’est accepter le modèle de décroissance qui en découle.

Pour atteindre notre objectif carbone, consommer différemment et mieux est sans aucun doute la meilleure solution. Mais cela nécessite un véritable consensus et surtout de la transparence : en tant que citoyens français, européens, nous devons être avertis des conséquences de chacune des options proposées. Le choix doit être avant tout démocratique, et pour cela il faut qu’il se fasse en toute connaissance de cause.

Le nucléaire : condition sine qua non de notre réindustrialisation :

Pas de doute, l’heure est à la réindustrialisation. Mais comment pourrions-nous inciter nos industriels à passer le cap du Made in France ? Compte tenu de la lourdeur et de la longueur des cycles d’investissements, les industriels ont besoin de stabilité de visibilité : d’une véritable politique industrielle – grande absente de nos débats depuis trop longtemps. Or, toute réindustrialisation nécessite en premier lieu une politique cohérente en matière énergétique. Et pour cela, le nucléaire, filière d’excellence française, reste à l’heure actuelle notre meilleure alliée. Energie pilotable, compétitive, elle est surtout bas carbone.

Dans une logique industrielle globale, un système basé sur les énergies renouvelables apparait aujourd’hui incohérent, d’abord du fait de leur caractère intermittent, c’est-à-dire de leur incapacité à assurer une production constante et stable en électricité. Devrions nous arrêter les usines en l’absence de vent ou de soleil ? Nos industriels ne sauraient accepter de tels risques dans leur chaine de production. D’un point de vue politique, devrions nous laisser au gaz russe le rôle de garant de la survie de nos industries ? D’un point de vue écologique, devrions-nous rouvrir nos vieilles centrales à charbon ? Et d’un point de vue économique, la flambée historique des prix du gaz ne devrait-elle pas nous interpeller ?

La question est finalement simple : nous, citoyens français, sommes-nous prêts à renoncer à notre indépendance énergétique pour accentuer notre dépendance vis-vis de la Russie, de l’Allemagne ou d’autres puissances étrangères ? Sommes-nous prêts à accepter des coupures de courant à répétition comme ce fut le cas au Texas, des millions de foyers privés d’électricité pendant plusieurs jours ? Sommes-nous prêts à renoncer à notre mode de vie d’une manière aussi radicale ? Enfin, sommes-nous prêts à relever le défi de la réindustrialisation ? Et celui d’une transition écologique rationnelle et pragmatique plutôt qu’une récession déguisée ?

_______

(*) Margot de Kerpoisson a piloté le rapport EGE « J’Attaque! Comment l’Allemagne tente d’affaiblir durablement la France sur la question de l’énergie »

Nucléaire et culture du secret chinois

Nucléaire et culture du secret chinois

 

La fermeture de l’EPR de Taishan, conçu par l’entreprise française, a terni l’image de l’électricien EDF qui « n’a pu se faire respecter par ses cocontractants chinois », décrypte la chercheuse Isabelle Feng.

 

Tribune.

 

Existe-t-il une troisième voie dans un monde dominé par le conflit entre les Etats-Unis et la Chine ? La question se pose autant à l’Union européenne qu’aux multinationales européennes implantées en Chine depuis des décennies, comme EDF.

Si la crise climatique qui hante le Vieux Continent redonne au nucléaire de nouvelles perspectives pour EDF en Europe, le ciel s’assombrit funestement en Chine. En effet, avec le découplage technologique que les Américains ont mis en place avec détermination vis-à-vis de leur rival asiatique, il devient risqué de collaborer avec les mastodontes chinois bannis par Washington, étant donné l’extraterritorialité des sanctions américaines. C’est ce que montre le récent incident intervenu dans la centrale nucléaire de Taishan, à 140 kilomètres de Hongkong, dans le sud de la Chine, qu’EDF exploite avec China General Nuclear Power Corporation (CGN), le plus grand groupe nucléaire du pays. Mis en service en décembre 2018, le réacteur de Taishan 1, premier EPR de conception française opérationnel dans le monde, fournissait l’électricité à 4 millions de foyers chinois.

 

Fin mai, EDF est alertée par « un incident » sur le réacteur et découvre que, à la demande de CGN, la National Nuclear Safety Administration, l’autorité de sureté nucléaire chinoise, avait relevé dės décembre 2020 le seuil autorisé de concentration des gaz rares dans le circuit primaire à 324 gigabecquerels par tonne d’eau (GBt/t) – alors qu’il est de 150 GBt/t en France – pour éviter l’arrêt du réacteur dans une région souffrant d’une pénurie d’électricité depuis plusieurs mois.

Le taux effectif atteignait déjà 290 GBt/t lorsque le Français est prévenu. Or, l’intervention des ingénieurs américains de Framatome, filiale d’EDF, est nécessaire. En effet, la technologie nucléaire française est d’origine américaine : Framatome est l’acronyme de « Franco-américaine de constructions atomiques », dont l’objectif premier fut d’exploiter la licence du géant américain Westinghouse dans le domaine des réacteurs à eau pressurisée.

Mais Framatome ne peut venir au chevet du groupe public chinois qu’avec une dérogation préalable accordée par la Maison Blanche. CGN figure en effet, depuis août 2019, sur la liste noire du président Trump, qui soupçonne l’entreprise d’espionnage militaire et lui interdit l’accès aux technologies américaines.

Le 3 juin, Framatome doit informer le Department of Energy avant de lui demander, le 8 juin, la permission de transférer d’urgence, face à un « risque radiocactif imminent » à Taishan ,des données techniques dont la propriété intellectuelle est héritée de Westinghouse.

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