Archive pour le Tag 'relocalisation'

Entreprises et Relocalisation  en France: une illusion

Entreprises et Relocalisation  en France: une illusion

D’une certaine manière, la crise du Covid avait fait émerger la problématique de la relocalisation des activités de production mais l’inflation a refroidi les ardeurs dans son domaine compte tenu du renchérissement des coûts de production. 90% des entreprises estiment que «ce n’est pas à l’ordre du jour», selon la troisième édition du baromètre de la souveraineté réalisé par OpinionWay pour la société de conseil en achats, By.O. Group, dévoilé par Les Echos .

 

La confirmation sans doute que la France paye la facture de son manque de productivité, son poids des charges financières et la lourdeur des procédures administratives NDLR

Sur les 506 dirigeants interrogés entre 9 octobre et le 3 novembre derniers, près d’un patron de grand groupe sur deux juge ne pas être «souverain». Un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2022 et 9 points par rapport à 2021. C’est dans le secteur de l’industrie que ce «regain de dépendance à l’égard de l’étranger est le plus fort». «La souveraineté reste une illusion pour les grandes entreprises», abonde Marc Debets, président de By.O. Group.

Si les dirigeants de grands groupes n’envisagent pas de relocaliser leur activité dans l’Hexagone, ils sont toutefois plus ouverts qu’il y a un an pour rapatrier leur activité en Europe. Un peu plus d’un quart d’entre eux (28%) souhaitent revenir sur le Vieux continent, contre 3% en 2022 et 43% réfléchissent à un projet (contre 15% l’an dernier). «La compétitivité prix reste le principal obstacle. Les grandes entreprises qui relocalisent cherchent des coûts de main-d’œuvre bas», souligne Marc Debets.

Relocalisation en France: une illusion

Relocalisation  en France: une illusion

D’une certaine manière, la crise du Covid avait fait émerger la problématique de la relocalisation des activités de production mais l’inflation a refroidi les ardeurs dans son domaine compte tenu du renchérissement des coûts de production. 90% des entreprises estiment que «ce n’est pas à l’ordre du jour», selon la troisième édition du baromètre de la souveraineté réalisé par OpinionWay pour la société de conseil en achats, By.O. Group, dévoilé par Les Echos .

 

La confirmation sans doute que la France paye la facture de son manque de productivité, son poids des charges financières et la lourdeur des procédures administratives NDLR

Sur les 506 dirigeants interrogés entre 9 octobre et le 3 novembre derniers, près d’un patron de grand groupe sur deux juge ne pas être «souverain». Un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2022 et 9 points par rapport à 2021. C’est dans le secteur de l’industrie que ce «regain de dépendance à l’égard de l’étranger est le plus fort». «La souveraineté reste une illusion pour les grandes entreprises», abonde Marc Debets, président de By.O. Group.

Si les dirigeants de grands groupes n’envisagent pas de relocaliser leur activité dans l’Hexagone, ils sont toutefois plus ouverts qu’il y a un an pour rapatrier leur activité en Europe. Un peu plus d’un quart d’entre eux (28%) souhaitent revenir sur le Vieux continent, contre 3% en 2022 et 43% réfléchissent à un projet (contre 15% l’an dernier). «La compétitivité prix reste le principal obstacle. Les grandes entreprises qui relocalisent cherchent des coûts de main-d’œuvre bas», souligne Marc Debets.

Plan Relocalisation sectorielle : saupoudrage sans suivi d’après la Cour des Comptes

Plan « Relocalisation sectorielle » : saupoudrage sans suivi d’après la Cour des Comptes

Sur chaque thème économique malheureusement le pouvoir agit sans vision systémique et traite chaque problème de manière isolée. Cela vaut pour le plan de réindustrialisation, pour le plan intitulé relocalisations sectoriel pour le plan PTI, pour le plan PME.

Du coup, les moyens se réduisent à une sorte de saupoudrage financier qui n’est pas à la hauteur des enjeux et en plus sans évaluation des résultats.

C’est ce que reproche en particulier la Cour des Comptes.

Parmi les nombreuses mesures d’aides aux entreprises financées par le plan France Relance, la Cour des comptes rend ses observations sur le volet «relocalisation sectorielle» qui a coûté 838 millions d’euros en subventions publiques, légèrement en dessous de l’enveloppe de 1 milliard annoncée à l’automne 2020.

Pour rappel, ces fonds avaient pour but d’encourager des projets de relocalisation industrielle en France dans cinq secteurs stratégiques: la santé après les difficultés d’approvisionnement sur les masques et médicaments, mais aussi l’agroalimentaire, l’électronique, les intrants essentiels de l’industrie (chimie, matériaux, matières premières, etc.) et les applications industrielles de la 5G. Mais, Le ciblage est approximatif et en plus la Cour des comptes déplore le manque de suivi des dossiers.

Parmi les nombreuses mesures d’aides aux entreprises financées par le plan France Relance, la Cour des comptes Se montre très critique sur le volet «relocalisation sectorielle» qui a coûté 838 millions d’euros en subventions publiques, légèrement en dessous de l’enveloppe de 1 milliard annoncée à l’automne 2020.

Carlos Tavares dit non à la relocalisation de la Peugeot 208 électrique

Carlos Tavares dit non à la relocalisation de la Peugeot 208 électrique

Pour la relocalisation de la Peugeot 208 électrique« L’équation économique liée à la relocalisation forcée de ce projet ne serait ni dans l’intérêt de l’entreprise, ni celui du pays » aDéclaré Carlos Tavares « D’ailleurs, demande-t-on à Elon Musk (directeur général du californien Tesla) ou (au chinois) BYD de fabriquer des voitures du segment B en France quand on cherche à les y attirer ? », a poursuivi Carlos Tavares. « Quel paradoxe d’applaudir les nouveaux entrants qui n’ont pas d’héritage tout en demandant à ceux qui ont contribué à la richesse collective depuis plus d’un siècle de se livrer à des exercices très périlleux », a-t-il dénoncé.

Rappel. La Peugeot e-208, fabriquée initialement en Slovaquie, a vu sa production transférée en Espagne pour laisser la place à la future Citroën e-C3 électrique. Le directeur général de Stellantis a néanmoins rappelé que l’ex-PSA, aujourd’hui fusionné avec FCA, avait l’intention de produire 12 modèles électriques à forte valeur ajoutée dans l’Hexagone.

« On lira plus tard dans les résultats qui aura eu raison dans le contexte de la concurrence chinoise », a ajouté Carlos Tavares dans Le Figaro, soulignant que les constructeurs de Chine arrivaient en Europe avec des coûts inférieurs de 20 à 25 %. « S’ils le souhaitent, ils peuvent mettre tout le monde dans le rouge », a-t-il prévenu.

Santé- Relocalisation de la production de médicaments: Du pipeau !

santé- Relocalisation de la production de médicaments: Du pipeau !

Une nouvelle fois Macon annonce sa volonté de relocaliser une grande partie en tout cas une partie significative des médicaments. D’une certaine manière, une annonce encore bidon d’une part parce que la production annoncée précédemment n’a pas été tenue par exemple concernant le paracétamol et bien d’autres et surtout parce que pour nombre de médicaments les principes actifs viennent de Chine et continueront de l’être.

L’accent sera mis sur cette cinquantaine de produits dont la production devra donc être «absolument (…) relocalisée» en France. Mais le gouvernement a identifié une liste de 450 médicaments au total qui sont jugés «essentiels» et «sur lesquels on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse». «Dans les mois et les années qui viennent on doit absolument sécuriser les chaînes (de production de ces 450 médicaments essentiels), soit en relocalisant totalement soit en diversifiant et en continuant d’innover», a précisé Emmanuel Macron. La liste exhaustive devait être communiquée mardi après-midi par le ministre de la Santé, François Braun.

Ces annonces interviennent alors que l’année 2022 a été marquée par de nombreux manques, alors que plus de 3500 molécules ont été en rupture de stock ou en risque de rupture l’an dernier. Selon l’étude BVA réalisée pour France Assos Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, souligne ainsi l’Élysée. La situation devrait rester tendue un moment, a prévenu le chef de l’État : «On aura encore des situations d’urgence dans les prochains mois et les prochaines années», a-t-il mis en garde.

Médicaments-Relocalisation de la production : Du pipeau !

Médicaments-Relocalisation de la production : Du pipeau !

Une nouvelle fois Macon annonce sa volonté de relocaliser une grande partie en tout cas une partie significative des médicaments. D’une certaine manière, une annonce encore bidon d’une part parce que la production annoncée précédemment n’a pas été tenue par exemple concernant le paracétamol et bien d’autres et surtout parce que pour nombre de médicaments les principes actifs viennent de Chine et continueront de l’être. Enfin Le montant de l’aide de l’État autour de 150 millions et ridicules face aux enjeux financiers de plusieurs milliards. Bref encore un discours de politique électorale de la part de Macron.

L’accent sera mis sur cette cinquantaine de produits dont la production devra donc être «absolument (…) relocalisée» en France. Mais le gouvernement a identifié une liste de 450 médicaments au total qui sont jugés «essentiels» et «sur lesquels on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse». «Dans les mois et les années qui viennent on doit absolument sécuriser les chaînes (de production de ces 450 médicaments essentiels), soit en relocalisant totalement soit en diversifiant et en continuant d’innover», a précisé Emmanuel Macron. La liste exhaustive devait être communiquée mardi après-midi par le ministre de la Santé, François Braun.

Ces annonces interviennent alors que l’année 2022 a été marquée par de nombreux manques, alors que plus de 3500 molécules ont été en rupture de stock ou en risque de rupture l’an dernier. Selon l’étude BVA réalisée pour France Assos Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, souligne ainsi l’Élysée. La situation devrait rester tendue un moment, a prévenu le chef de l’État : «On aura encore des situations d’urgence dans les prochains mois et les prochaines années», a-t-il mis en garde.

Manque de médicaments : relocalisation très insuffisante

Manque de médicaments : relocalisation très insuffisante

Interrogée par Franceinfo, Nathalie Coutinet, économiste de la santé et autrice de L’économie du médicament (La découverte, 2018), analyse les solutions avancées par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a annoncé la relocalisation de 25 médicaments « dans les prochaines semaines ». Cela permettra-t-il d’éviter de nouvelles pénuries hivernales ?

Nathalie Coutinet : Non, car on a enregistré des pénuries pour environ 3 500 molécules cette année. Mais c’est un premier pas important pour sortir de la situation de pénurie pour un certain nombre de molécules dites « essentielles ». Selon la liste qui doit être dévoilée par le ministère de la Santé, il y a 450 molécules qui posent souci, donc 25 ou 50 molécules relocalisées, c’est insuffisant.

Les médicaments qui sont visés sont ceux qui ont manqué dans la période récente et qui, effectivement, sont importants. Concernant l’amoxicilline, citée par Emmanuel Macron, c’est surtout la version pédiatrique qui a manqué cet hiver, pour des raisons de cartonnage et de flacon. C’est pourquoi, même si relocaliser est essentiel, car le plus important dans la production de médicaments reste son principe actif, cela ne résout pas tout.

Quel regard portez-vous sur l’investissement de « plus de 160 millions d’euros » mis en avant par le chef de l’Etat ?

On ne sait pas de quoi sont composés et comment seront répartis ces 160 millions. De plus, comment sont financées ces relocalisations ? En partie par de l’argent public. Est-ce que les firmes vont mettre la main à la pâte ? Je n’en suis pas sûre.

Dans la liste énumérée par Emmanuel Macron, figurent des entreprises comme Sanofi et GSK. Ces mêmes entreprises ont délocalisé pour accroître leurs profits et les dividendes versés aux actionnaires. Pourquoi l’argent public viendrait financer ces relocalisations ? Néanmoins, si cet argent sert à financer des petits producteurs indépendants, ça pourra être intéressant de les inciter à continuer à produire sur le sol français et à rester sur ce territoire.

Le président de la République appelle aussi à « relancer la relocalisation et le renforcement des capacités de production au niveau européen »…

Le problème, c’est qu’en Europe, nous ne sommes pas autosuffisants en matière d’approvisionnement. De plus, la situation concernant la recherche et le développement se détériore à vue de nez en France et dans l’Union européenne. Le Vieux Continent n’est plus capable de découvrir des médicaments au même rythme que les Etats-Unis. Aujourd’hui, les molécules qui sortent sur le marché viennent principalement d’outre-Atlantique. Cela crée un phénomène de double dépendance.

Il est évident que la France ne peut pas relocaliser seule l’intégralité des 450 médicaments présents sur la liste du gouvernement. Ce ne serait pas intéressant économiquement, car d’autres pays européens disposent également de compétences pharmaceutiques. C’est pourquoi il faut absolument que les pays membres de l’Union européenne s’y mettent de manière coordonnée.

Relocalisation : 4% des industriels français intéressés

Relocalisation : 4% des industriels français intéressés

 

Il est évident que la perspective de relocalisation d’activités existantes relève du fantasme en raison des conditions générales administratives et de compétitivité qui plombent  l’économie française. Au lieu de parler de relocalisation, le terme localisation serait plus approprié. En cas de nouvelle activité, les opérateurs économiques pourront en effet adapter des moyens de production pour compenser ce déficit chronique de manque de compétitivité.

Dévoilé en exclusivité par l’Opinion, le cinquième baromètre de la compétitivité franco-allemande Randstad/Opinionway révèle que seul 1 % des industriels allemands et 4 % des français envisagent de relocaliser une partie de leur production. « Ce n’est pas la priorité des chefs d’entreprise, qui sont très concentrés sur la gestion de la crise pour l’instant », explique le directeur général de Randstad, Gaëtan Deffrennes. « Le rapatriement d’une partie de la production ne se décrète pas du jour au lendemain. Ce sont des décisions lourdes en matière d’investissement avec des débouchés incertains. Est-ce que le consommateur sera prêt à payer plus cher pour ces produits ? Rien n’est moins sûr », ajoute-t-il. Quatre cents entreprises industrielles ont été sondées pour l’étude, 200 en France, 200 en Allemagne. « Nous avons interrogé des entreprises de toute taille, grandes et moins grandes. Les relocalisations concernent surtout les grands groupes », précise Gaëtan Deffrennes.

Cette analyse est partagée par le Gilles de Margerie. « Relocaliser une activité n’est pas toujours facile, et ça ne vaut la peine dans certains cas que s’il y a un enjeu stratégique », indique le commissaire général de France Stratégie. Le centre de réflexion rattaché à Matignon vient justement de remettre aux parlementaires du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques une étude sans concessions sur la politique industrielle en France. Ou plutôt sur ses échecs depuis trente ans. Pour Gilles de Margerie, c’est là que doit se concentrer l’effort du gouvernement.

Le niveau de prélèvements obligatoires est si élevé sur le travail que plus de six salariés sur 10 travaillant pour des groupes industriels français sont aujourd’hui installés à l’étranger

Le constat fait froid dans le dos : depuis la fin des années 1980, la part de l’industrie dans le PIB a reculé de 10 points et l’emploi industriel a été divisé par deux (2,2 millions d’emplois perdus). Il ne représente plus aujourd’hui qu’un emploi sur dix.

 

 

 

Relocalisation ? plutôt la réindustrialisation

Relocalisation ? plutôt  la réindustrialisation »

 

Pour l’économiste du CEPII Vincent Vicard, les délocalisations sont favorisées par la faible présence des salariés dans les conseils d’orientation des entreprises. Autre facteur d’explication: l’éloignement géographique entre les centres de décision (les sièges sociaux) et les unités de production.(Interview de la tribune)

 

Avec la crise, le débat sur la relocalisation de certaines activités en France fait rage alors que l’économie française s’enfonce dans la récession. Cette crise ne risque-t-elle pas plutôt d’accélérer la désindustrialisation du pays ?

VINCENT VICARD - C’est une question posée par le gouvernement dans son plan de relance. La crise actuelle est très différente de celles du passé. C’est d’abord une crise des services (restauration, culture, transport aérien). Contrairement à 2008, l’industrie est moins touchée. Cependant, les restrictions pour le transport de personnes sont amenées à durer. Cela peut poser des questions sur la pérennité de certaines entreprises et sur la viabilité des sous-traitants. L’industrie automobile est bien repartie après le confinement, alors que l’industrie aéronautique connaît bien plus de difficultés. Plutôt que la relocalisation, l’enjeu est sûrement plus celui de la réindustrialisation et de savoir comment accompagner certains secteurs vers plus d’industrie du futur par exemple.

La baisse des impôts de production va-t-elle dans le bon sens pour relancer l’industrie et relocaliser certaines activités ?

Beaucoup de mesures ont été mises en place sur la compétitivité-coût, avec le CICE notamment: les exonérations de cotisations représentent environ 60 milliards d’euros en année…

 

«Relocalisation, mode d’emploi; des éoliennes entièrement étrangères !

 «Relocalisation, mode d’emploi; des éoliennes entièrement étrangères !

On sait que l’industrie française a perdu de l’ordre d’un million d’emplois industriels en 30 à 40 ans. On a même constaté l’incapacité d’un pays aussi développé que la France a fabriquer des objets aussi peu élaborés que des masques de protection. Du coup, la problématique de la relocalisation est posée un peu partout. Il est clair qu’il faudra des périodes de transition car on ne pas change du jour au lendemain les modes de production, de distribution et de consommation. Pour autant pourrait peut-être différer certains investissements qui n’apportent rien économiquement C’est le cas par exemple d’une éolienne actuellement en construction Chigné ( Maine et Loire). Pratiquement cet investissement n’apportera strictement rien au plan économique local   puisque pour l’essentiel les éoliennes sont fabriquées à l’étranger, montées par des entreprises étrangères et des salariés étrangers.  le seul bénéficiaire sera le propriétaire du terrain qui laissera à la collectivité le soin de démolir l’installation devenue une inutile au bout de 20 ans. Car bien évidemment les héritiers refuseront d’investir de l’ordre de 500 000 € dans la démolition de l’éolienne devenue obsolète. Par, parenthèse on se demande avec quel argent sera financé cet investissement énergétiquement, et  économiquement inutile. Avec l’argent d’une part du contribuable, d’autre part  du consommateur d’autre part qui paye l’électricité au moins le double de son prix (surtout en ce moment avec l’effondrement du prix pétrole.)

Plus globalement peut s’interroger sur l’urgence d’installation de ce type au moment où se multiplient les demandes de plans à plusieurs milliards dans  peu près tous les secteurs économiques, sociaux voire sociétaux.

 

 

«Relocalisation: comment ? »

«Relocalisation: comment ? »

 

La chronique de Tanguy Tauzinat et Thomas Duteil dans l’Opinion

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 » De ces semaines de confinement propices à un foisonnement de réflexions sur l’avenir de notre économie, une opinion se dégage qui, si elle n’a rien de nouveau, semble enfin avoir pris la place qui s’impose : il est urgent de reconstituer notre patrimoine industriel alors que nous nous sommes dépouillés année après année de notre souveraineté économique.

Mais la relocalisation, comme la transition écologique, ne se décrète pas. Elle exige un changement de comportement et de priorités. Comme on ne construit pas un château sur du sable, on ne pourra relocaliser une industrie que si ses fondations reposent sur un écosystème solide. Un tissu compétitif et dense de fournisseurs et de sous-traitants, de sociétés de maintenance et de distribution, de bureaux d’études… Ces entreprises ne sont pas des géants. Ce sont des PME beaucoup moins visibles que les start-up qui font la Une avec des millions levés malgré des business models restant souvent à démontrer. Ces PME régionales, souvent premiers employeurs locaux, fournissent pourtant des produits et prestations de première qualité. Même souvent dépourvues d’avance technologique majeure, elles aussi innovent, se réinventent et détiennent des savoirs faire humains concrets.

. Si l’on souhaite réussir la relocalisation, il y a urgence car ces PME sont paradoxalement délaissées. Un constat étonnant à l’heure où les fonds de capital investissement français détiennent des sommes colossales à investir. Mais ces investisseurs n’ont, pour beaucoup d’entre eux, plus aucun désir d’investir dans des PME. Ils réservent aujourd’hui leurs choix à des start-up lancées dans une course folle à la croissance, ou aux sociétés déjà les plus développées, réalisant plus 50 millions de chiffre d’affaires. Pour rappel en France : 5 400 ETI emploient trois millions de personnes alors que 139 000 PME en emploient 3,6 millions. Les chiffres de cette course à la taille sont sans appel : entre le premier semestre 2013 et le premier semestre 2019, la taille de l’investissement moyen des fonds de capital transmission a doublé pour passer de 12,2 à 24,1 millions d’euros, plus vraiment l’échelle d’une PME.

Il y a urgence parce que, pour un grand nombre de PME, cette crise risque d’être la dernière. Pour celles qui s’en sortiront, le remboursement des dettes accumulées pèsera lourdement sur la capacité d’investissement. Ce sera autant en moins pour moderniser les appareils productifs, digitaliser, recruter et assurer le développement. A moins de faire une priorité du renforcement des fonds propres de nos PME, le terreau de notre économie va s’appauvrir définitivement ruinant tout effort de relocalisation.

Les pouvoirs publics ont un rôle majeur à jouer. Il faut d’abord cesser de lire l’avenir de notre économie au prisme du mythe de la licorne. Les mesures présentées dans l’annexe de la loi de Finances 2020 dédiée au financement des PME sont caricaturales : les seules clés de lecture en sont l’innovation et les nouvelles technologies. La seule source de financement en fonds propres mentionnée est le capital-risque. C’est ignorer la réalité d’un grand nombre de PME qui ne sont pas des jeunes pousses du digital. Il suffit de constater qui fait tourner la France en mai 2020 : acteurs de l’agroalimentaire, distributeurs, logisticiens et fabricants de matériel médical.

Soyons clairs : investir dans les technologies de demain est une évidente nécessité, mais si cela se fait au détriment du financement de l’écosystème actuel, ces start-up n’auront plus grand monde à qui vendre leurs services ! Il est ensuite temps d’interroger la pertinence d’un système qui conduit à favoriser l’accroissement de la taille des fonds d’investissement à travers l’action des régulateurs et des grands investisseurs publics qui souhaitent concentrer leur portefeuille : en pénalisant les petits fonds d’investissement, ce sont les financeurs historiques des PME que l’on pénalise.

Notre appel est simple : dans le fléchage des efforts d’investissement à venir, n’oublions pas que tout effort de reconstruction et de relocalisation ne sera viable que s’il se fait sur des bases solides.

Tanguy Tauzinat et Thomas Duteil sont les cofondateurs de la société d’investissement Trajan Capital.

Place de marché numériques au service de la relocalisation ?

Place de marché numériques au service de la relocalisation ?

 

 

Après Nantes et Nice, la capitale de la Touraine se dotera à la rentrée d’une plate-forme digitale de e-commerce de proximité. Développé notamment par Wishibam et Ma ville Mon shopping, ce canal de diffusion pourrait être amené à se développer fortement post-confinement face aux GAFA.

Le plan Etincelle, lancé par le maire de Tours le 28 avril, est bien plus ambitieux que l’aide d’1,5 million d’euros distribuée aux habitants sous forme de bons d’achats dans les commerces de la ville. En partenariat avec la CCI d’Indre et Loire, Christophe Bouchet compte installer en septembre une plate-forme territoriale ouverte aux quelque 2.000 commerçants tourangeaux. A la clé, la possibilité pour le consommateur de commander en ligne, puis de récupérer (Click and collect) ou de se faire envoyer sa commande. « La fermeture des magasins pendant près de deux mois a démontré la nécessité pour les commerçants d’entrer enfin dans l’ère digitale. En ce sens, la crise sanitaire sert à la fois d’avertissement et d’accélérateur, constate Philippe Roussy. Si le commerce de proximité veut continuer à exister, il n’a pas d’autre choix que d’être également présent sur le numérique ».

Sondage relocalisation de l’économie: plus de 90% pour

Sondage relocalisation de l’économie: plus de 90% pour

Selon un sondage Odoxa , , l’exécutif doit garantir « l’autonomie agricole de la France » (93%), prendre des mesures pour « la relocalisation des entreprises industrielles françaises » (92%) et favoriser « la recherche et la production des laboratoires pharmaceutiques français et étrangers dans notre pays » (91%).

Pour 87%, il doit renforcer la politique écologique et pour 76%  »donner une nouvelle impulsion pour que l’UE ait plus de pouvoirs en cas de nouvelle crise ». Enfin, dans leur quasi-totalité (96%), les Français s’attendent à ce que la crise sanitaire ait des conséquences lourdes pour eux-mêmes (37%) ou l’ensemble de la société (59%). Toutefois, si 61% pensent que « nos sociétés ne pourront plus jamais fonctionner comme avant » après la crise, 38% s’attendent à ce qu’elles reprennent « leur fonctionnement exactement comme avant ».

* Enquête réalisée en ligne les 8 e 9 avril auprès de 1 003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthodes des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

«Coronavirus: vers une relocalisation économique en France ?»

«Coronavirus: vers une relocalisation économique en France ?»

Paola Fabiani est présidente-fondatrice de Wisecom et présidente du Comex40 du Medef pense que  la mondialisation telle que nous la connaissons remet en cause les gains générés par une économie globale » (tribune dans le journal l’Opinion)

 

 

En déplacement à Athènes le 25 février dernier, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a déclaré que « l’épidémie du coronavirus est un game changer dans la mondialisation », avant de souligner « la nécessité impérative de relocaliser un certain nombre d’activités ».

La pandémie que nous connaissons est en train de prouver que la mondialisation telle que nous la connaissons remet en cause les gains générés par une économie globale. Si elle a été source de croissance, d’ouverture et de nouvelles opportunités, elle revêt aujourd’hui une part moins radieuse et place les Etats membres de l’Union européenne dans une situation inconfortable quant à la notion de solidarité. L’appel de détresse de l’Italie ou de l’Espagne à la Chine est là pour nous le rappeler.

Jamais la dépendance des sociétés occidentales aux chaînes de valeur délocalisées dans les pays émergents, et notamment en Asie, n’a donc montré de façon si criante la nécessité de changer de paradigme. Le Président de la République lui-même, dans son allocation télévisée du 12 mars, affirmait d’ailleurs qu’« il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Outre le fait de rendre malade une grande partie de la population française, le coronavirus a des impacts immédiats sur notre économie et in fine, sur notre façon d’envisager les rapports commerciaux. Il réactive la figure de l’homo œconomicus en replaçant le consommateur/l’usager comme agent capable de prendre en considération l’ensemble de l’environnement qui l’entoure afin de maximiser sa satisfaction et l’utilité de son action.

Exercice pédagogique. En 2020, le consommateur n’a en effet rien contre le fait de payer plus cher pour avoir un service de qualité à condition que ce surcoût soit accompagné d’une plus grande transparence et d’un exercice pédagogique explicitant les avantages qu’il engendre.

La course aux prix est une logique qui doit aujourd’hui être dépassée afin de laisser place à la qualité et la disponibilité comme facteurs déterminants dans des secteurs très concurrentiels.

Lorsque j’ai fondé Wisecom en 2005, le secteur des centres d’appels était dominé par la pratique de la délocalisation offshore. En installant nos sites de production en plein centre de Paris et en misant sur une offre sur mesure, Wisecom a fait le pari de développer une qualité de service au plus près du besoin de ses clients, garantissant de meilleures performances marketing et financières.

Pour atteindre ces objectifs, notre stratégie s’est accompagnée d’un recrutement de salariés qualifiés, aptes à pouvoir créer un vrai dialogue, interagir et conseiller les consommateurs, porter les messages de la marque mais aussi s’adresser à des fonctions stratégiques au sein de grands comptes. Une politique RH favorisée par l’implantation des locaux à Paris qui permet d’adresser un large bassin d’emplois donc un plus grand choix dans les profils (séniors, multilingues, experts sectoriels…)et un environnement de travail atypique pour une meilleure fidélisation de ses collaborateurs.

En évoquant ces derniers jours une vraie réorientation stratégique afin de limiter la dépendance française et européenne, et en assurant que la souveraineté technologique et industrielle est un prérequis à la souveraineté politique, Bruno Le Maire a fait preuve de pragmatisme et de bon sens

Chaînes de valeur. La localisation des chaînes de valeur permet par ailleurs de posséder une approche sur mesure et des qualités permettant à la fois de connaître le produit et l’environnement du client de manière approfondie. Elle est en outre source de proximité qui permet de bannir toute logique industrielle et de privilégier – dans le cas de Wisecom – la relation client en rendant l’échange plus simple, plus fluide, plus libre.

Que ce soit dans le secteur des centres d’appels ou dans tout autre domaine d’activité, la créativité et l’innovation doivent être continues. Elles commandent une culture de la performance qui doit être l’ADN des entreprises françaises dans la compétition internationale.

De fait, la promotion du Made In France, inusable argument de campagne et véritable succès de communication, ne peut désormais faire l’économie d’un changement de donne face à la crise sanitaire et économique que nous connaissons avec le Coronavirus. En évoquant ces derniers jours une vraie réorientation stratégique afin de limiter la dépendance française et européenne, et en assurant que la souveraineté technologique et industrielle est un prérequis à la souveraineté politique, Bruno Le Maire a fait preuve de pragmatisme et de bon sens.

Si (ré)installer son entreprise en France était jusqu’à présent une stratégie osée au regard des paramètres de compétitivité, la dramatique actualité de ces derniers jours place cette même stratégie comme la plus à même de répondre au « game changer » induit par la transformation de nos sociétés.

Paola Fabiani est présidente-fondatrice de Wisecom et présidente du Comex40 du Medef.

Plan relocalisation Montebourg : 22 commissaires à l’investissement ; on est sauvé !

Plan relocalisation Montebourg : 22 commissaires à l’investissement ; on est sauvé !

Résumons le plan Montebourg à la relocalisation, un petit logiciel de calcul ( des fois que les entreprises ne sauraient pas compter) et 22 fonctionnaires déjà en place dans les préfectures qu’on va pompeusement appeler « Commissaires à l’investissement ». En fait des fonctionnaires dont c’était déjà le travail. Bref du Montebourg pur sucre, c’est-à-dire du vent ; A sa décharge, il n’a aucun moyen et aucune influence sur la politique économique puisqu’il a été placé là pour être cadenassé politiquement. Arnaud Montebourg sera-t-il le ministre des exilés industriels? Le 10 janvier dernier, il annonçait travailler à un « programme de relocalisation ». Dans son viseur, quelque « 300 entreprises » susceptibles d’être rapatriées et un objectif : inverser le courant de la mondialisation en convaincant les patrons français de faire revenir leurs usines en France. Six mois plus tard, le compte n’y est pas, mais le ministre du Redressement productif a enfin sa boîte à outils. Un dispositif dont il exposera les grandes lignes vendredi matin, à Bercy.  Il a convié ses six homologues et compte notamment sur la présence de Fleur Pellerin, ministre des PME et ambassadrice de la campagne « Say oui to France ». Il présentera aussi à cette occasion une trentaine d’entrepreneurs – parmi lesquels les patrons de Meccano, Rossignol, l’Atelier du maroquinier ou encore des filiales d’Arkema, Yamaha ou L’Oréal. Au cours des cinq dernières années tous ont opté pour une relocalisation. Les équipes de Montebourg ont revisité le modèle suédois et surtout l’américain baptisé « The Reshoring Initiative » : « Les Américains intègrent dans leurs calculateurs beaucoup de paramètres liés aux coûts et notamment aux prix de l’énergie, qui ont beaucoup baissé. Nous avons tenu compte de critères plus qualitatifs souvent à l’origine d’un retour en France comme l’envie de monter en gamme », précise un conseiller à Bercy. Le principal outil du dispositif consiste en un calculateur d’un nouveau type qui chiffre les avantages financiers d’une relocalisation. Selon nos informations, ce logiciel sera mis en ligne courant juillet sur le site du ministère du Redressement productif. Cheville ouvrière du plan Montebourg, l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii) offrira gratuitement aux entreprises qui le souhaitent ce nouveau service. « En quarante-cinq minutes, une entreprise pourra être sensibilisée aux avantages cachés du pays. Il lui suffira de répondre à une cinquantaine de questions pour faire son diagnostic », souligne-t-on dans l’entourage du ministre. Cinq facteurs sont susceptibles de favoriser un retour : la relation client, une logique de coûts, un écosystème d’innovation, la recherche d’une optimisation de site et les coûts cachés liés à une délocalisation. Mais tous les paramètres ne sont pas flatteurs pour la France, notamment le coût de la main-d’œuvre (le quatrième plus cher d’Europe), le poids de la fiscalité et des formalités administratives, ou encore le climat des affaires. « Beaucoup d’entreprises hésitent à revenir du fait de la lourdeur de nos processus réglementaires ou administratifs », pointe un proche du dossier. Arnaud Montebourg veut doubler son dispositif d’un outil d’aide à la décision publique, autrement dit apporter aux services de l’État une cartographie fine pour mieux identifier les avantages d’une région et promouvoir un territoire auprès des entreprises. Une base de données permettra aux agences concernées d’identifier les besoins des 320 bassins d’emplois à travers l’Hexagone pour mieux relocaliser. Dernier étage de la fusée : le ministre du Redressement productif demandera aux préfets de région de désigner, d’ici au 15 juin, 22 commissaires à l’investissement choisis dans leurs équipes.

 




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