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Carlos Ghosn : interdit de mandat pendant 10 ans par les États-Unis

Carlos Ghosn : interdit de mandat pendant 10 ans par les États-Unis

 

 

Il est clair que Carlos Ghosn, dirigeant très efficace de Renault a un peu trop confondu les finances des entreprises qu’il manageait  avec son propre porte-monnaie. Il a d’ailleurs pu bénéficier de complicités de certains responsables de Nissan qui l’ont ensuite dénoncé et qui comme l’ex directeur général se trouve maintenant aussi impliqué. L’affaire est loin d’être terminée en France et surtout au Japon où Carlos Ghosn pourrait bien finir en prison. Il est actuellement en liberté très surveillée. Par contre l’ancien patron du groupe Renault et de Nissan est libéré de ses infractions constatées aux États-Unis pour dissimulation d’une partie de sa rémunération. Pour se défaire  de cette contrainte, un accord a été conclu qui lui coûtera 1 million à titre personnel et 15 millions à Nissan. L’autorité des marchés américains reprend en effet à son compte l’analyse faite à la fois par Nissan contre son ancien patron et par le bureau des procureurs de Tokyo, qui le poursuit sur ce volet et pour abus de confiance aggravé. La SEC estime à 140 millions de dollars au total les rémunérations que Carlos Ghosn s’était promis à lui-même sans les révéler ni au marché ni aux investisseurs. Ghosn n’a pas perçu cet argent, qui ne lui serait revenu qu’une fois acté son départ en retraite de Nissan.

Pour la SEC comme pour l’accusation japonaise, Carlos Ghosn a cherché à compenser la perte de revenu qu’il a subie chez Nissan à partir de 2009, date à laquelle le groupe japonais a dû se plier aux nouvelles règles de transparence des salaires des dirigeants d’entreprises cotées. L’ancien PDG aurait accumulé l’équivalent de 90 millions de rémunérations non versées, ainsi que 50 millions au titre d’une allocation retraite.

 

L’avocat de Carlos Ghosn juge illégalles les conditions de détention

L’avocat de Carlos Ghosn juge illégalles  les conditions de détention

 

À juste titre, l’avocat de Carlos Ghosn  dénonce les violations des droits de l’homme dont est victime l’ancien PDG de Renault Nissan. Le problème c’est que ces violations sont légales au Japon qui pratique une justice très archaïque en contradiction avec tous les principes internationaux. Par rapport à ces principes de justice au Japon,  l’ancien président de Renault aurait même dû être maintenu en prison. En effet,  la procédure japonaise est ainsi faite que les accusés doivent être mis en prison et juger qu’une fois qu’ils ont avouée leurs crimes. Sinon ils peuvent rester des années incarcérés.  Ce qu’il faut donc dénoncer ce n’est pas seulement la situation particulière du patron de Renault mais les principes mêmes d’une justice d’un autre temps qui s’inscrivent d’ailleurs dans un retour à des concepts nationalistes inquiétants.

« Il est temps de dénoncer les violations des droits de l’homme dont le procureur de Tokyo s’est rendu coupable», assure Me François Zimeray qui évoque de «graves manquements au devoir d’impartialité comme sa collusion aveuglante avec Nissan et les autorités politiques du pays». «Tout semble permis au procureur japonais pour qui l’enjeu est autant de ne pas perdre la face que de dynamiter la tutelle française sur Nissan en protégeant ses actuels dirigeants avec qui a été passé un accord secret», dénonce-t-il.

Me Zimeray estime ainsi que «tout a été fait pour enraciner, avant son procès, l’idée de la culpabilité de Carlos Ghosn, notamment la distillation dans la presse de +confidences+ systématiquement à charge et ne laissant aucun doute possible sur leur origine: le procureur de Tokyo».

«Comment une démocratie peut-elle accepter qu’un couple soit privé de tout contact depuis 150 jours par vengeance sur l’épouse qui a eu raison de dénoncer les dérives d’un système, le procureur osant l’argument : + Elle a alerté les chefs d’État et l’opinion publique… Il n’y a pas moyen de la faire taire+», s’interroge l’avocat, alors que M. Ghosn et son épouse Carole ont l’interdiction de se parler. Me Zimeray affirme que «le traitement réservé à notre compatriote est discriminatoire», et que «cet acharnement d’exception compromet la possibilité d’un procès équitable».

L’avocat de M. Ghosn ajoute en outre qu’en France, «les grands principes n’ont pas résisté longtemps à la quête de bonne conscience, primant celle de la vérité», expliquant que le conseil d’administration de Renault a privé son ancien dirigeant de ses droits à rémunération et retraite «sans attendre d’y voir clair», et que des extraits d’un audit «ont été répandus avant même que le principal intéressé n’ait été appelé à se justifier».

Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018, à son atterrissage à Tokyo. Le dirigeant franco-libano-brésilien de 65 ans est soupçonné d’avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015. Libéré sous caution en avril, il attend aujourd’hui au Japon son procès.

Carlos Ghosn effectivement sorti de prison

Carlos Ghosn effectivement sorti de prison

 

 

 

Sans doute une conséquence de la rencontre entre Macron et le premier ministre japonais d’il y a deux jours. Officiellement la question de Carlos Ghosn avait été évoquée. Sans  doute que le problème d’une nouvelle répartition capitalistique entre Nissan et Renault a aussi été l’objet d’une discussion. Cela d’autant plus que Nissan vient de refuser une plus forte intégration dans l’alliance Renault. Il est possible que le gouvernement français ait un peu adouci sa position à propos de cette question des équilibres à trouver entre Nissan et l’alliance Renault. En effet les divergences récurrentes entre les deux sociétés portent un préjudice à l’ensemble de l’alliance et à ses composantes surtout dans une période de tassement de la demande. Ceci étant Carlos Ghosn  devrait rendre des comptes mais la dureté des sanctions juridiques pourrait aussi dépendre de l’évolution des relations franco-japonaises sur le dossier Nissan. Carlos Ghosn dernier avait une nouvelle fois été arrêté le 4 avril en raison de soupçons d’enrichissement personnel au détriment de Nissan. Carlos Ghosn avait auparavant versé une caution de 500 millions de yens (4 millions d’euros environ), selon le tribunal de Tokyo. L’appel du parquet contre la décision de le libérer a été rejeté plus tôt dans la journée. Carlos Ghosn a été inculpé lundi d’un chef d’accusation supplémentaire d’abus de confiance aggravé par le parquet de Tokyo, sa quatrième inculpation depuis le début des procédures judiciaires engagées à son encontre au Japon.

Carlos Ghosn : libéré sous caution ?

Carlos Ghosn : libéré sous caution ?

 

 

L’affaire est encore loin d’être faite car si Le tribunal de Tokyo a annoncé jeudi avoir approuvé la libération sous caution de Carlos Ghosn, qui était retourné en prison début avril après une ré-arrestation surprise, le parquet peut toujours s’opposer à cette décision. En outre il pourrait toujours trouver une nouvelle inculpation qui justifierait l’incarcération. Encore une fois Carlos Ghosn n’est sans doute pas complètement blanc dans cette affaire mais le traitement qu’il subit va à l’encontre du droit international. Ainsi si le Japon le veut, Carlos Ghosn pourrait rester des mois en prison avant son jugement et évidemment ensuite des mois voire des années après la diffusion du tribunal. Sans doute est-ce là surtout un moyen pour le Japon de tenter de faire pression sur la France à fin d’obtenir un rééquilibrage capitalistique au sein de l’alliance Nissan Renault. Un enjeu qui n’exonère pas Carlos Ghosn de responsabilité mais qui constitue une entrave évidente au droit de la défense. En effet,  Le parquet va probablement faire appel, mais si ce recours est rejeté, le magnat de l’automobile déchu pourra retrouver rapidement la liberté, peut-être même dès ce jeudi, moyennant le paiement d’une caution de 500 millions de yens (4 millions d’euros).

 

La liberté Carlos Ghosn contre un rééquilibrage capitalistique au profit du Japon ?

La liberté Carlos Ghosn contre un rééquilibrage capitalistique au profit du Japon ?

Le 23 avril, Emmanuel Macron à rencontré le Premier ministre japonais et il a notamment été question de la situation de Carlos Ghosn maintenu en prison avec une quatrième inculpation qui pourrait rester  en détention pendant des mois et des années. Il est clair que le Japon utilise Carlos Ghosn comme un atout pour négocier le rééquilibrage capitalistique dans l’alliance Renault. Le Japon souhaite soit une part plus importante du capital de Nissan et/ou  une part plus importante avec droit de vote dans Renault. Le problème c’est que Macron n’est peut-être pas très sensible à la situation de Carlos Ghosn avec lequel il a toujours entretenu des relations détestables. Le Japon de son côté n’est pas mécontent de montrer que certaines dérives de Carlos Ghosn témoignent du type de gestion imposée à Nissan par la France. La vérité c’est que dans la dernière période, Nissan a été mal gérée par les Japonais eux-mêmes avec une nette diminution de l’activité et des résultats financiers. Ce n’est sans doute pas la situation de la situation de l’ancien président de Nissan et Renault qui fera fléchir Emmanuel Macron mais d’autres éléments pouvant perpétuer une alliance qui a permis à l’alliance Renault de devenir le premier constructeur mondial. Officiellement les propos tenus entre le premier ministre japonais et le président français ont été très « diplomatiques »“Nous respectons la souveraineté et l’indépendance de la justice du Japon, qui est un partenaire diplomatique de premier plan et un Etat démocratique”, a indiqué la présidence dans un communiqué. “Nous sommes néanmoins très vigilants concernant le respect des droits et de l’intégrité de M. Ghosn en tant que citoyen français.” “Il a été rappelé que Carlos Ghosn a droit au respect de la présomption d’innocence et à la protection consulaire, comme tous les ressortissants français”, a ajouté l’Elysée à l’issue de l’entretien entre les deux dirigeants. Ce qu’on appelle une défense a minima et qui n’hypothèque en rien l’évolution capitalistique au sein de l’alliance Renault

Nissan : Carlos Ghosn révoqué par le conseil d’administration

Nissan : Carlos Ghosn révoqué par le conseil d’administration

 

 

Juridiquement les actionnaires de Nissan ont soldé l’affaire Carlos Ghosn en mettant fin à  son mandat. Fort logiquement le patron de Renault Jean Dominique Senna a intégré le conseil d’administration. Reste que les problèmes de Nissan sont loin d’être réglés. D’abord ce conseil d’administration a été très houleux quant à la manière dont la direction de Nissan avait géré la communication sur ce point. En clair la gestion de l’affaire Carlos Ghosn est apparue comme une sorte de règlement de comptes entre le directeur général de Nissan est le président. Reste aussi maintenant à désigner un président. Or Renault est toujours l’actionnaire de référence et voudra sans doute nommé un président proche des intérêts du groupe et non un président susceptible de rejoindre les thèses visant à rejaponiser Nissan comme le souhaite le gouvernement japonais et certains haut cadres de Nissan dont le directeur général : par ailleurs : sera sans doute intégré dans ce processus de désignation des futurs responsables de Nissan le fait que l’entreprise a affiché de très piètres résultats. En attendant, Les actionnaires de Nissan, réunis lundi à Tokyo, ont voté la révocation du mandat d’administrateur de Carlos Ghosn, déjà limogé de la présidence après son arrestation initiale en novembre. L’assemblée générale a par ailleurs entériné l’élection comme membre du conseil d’administration du président de Renault, Jean-Dominique Senard, qui s’est dit « très honoré ».

Carole Ghosn : « ils ont tous lâché Carlos » (Carole Ghosn)

Carole Ghosn : « ils ont tous   lâché Carlos » (Carole Ghosn)

 

 

L’épouse de Carlos Ghosn résume assez bien l’affaire dans une interview au JDD entre parenthèse extrait)

 

« : Il s’agit d’un coup monté par Nissan et tout le monde en France a laissé tomber Carlos Ghosn Je me suis sentie en danger. J’ai attendu de savoir si Carlos allait rester en prison ou s’il pouvait sortir vite. Quand j’ai compris et que les avocats m’ont dit que je ne pourrais plus communiquer avec lui pendant des jours, j’ai pris ma décision. Jeudi soir, j’ai dormi chez des voisins, sur un sofa. La police japonaise m’avait pris mon passeport libanais mais il me restait mon passeport américain. Vendredi soir, l’ambassadeur de France m’a accompagnée à l’aéroport, il ne m’a pas lâchée jusque dans l’avion. J’ai cru revivre la scène du film Argo, jusqu’à la dernière seconde je ne savais pas si on me laisserait décoller. C’était irréel.

Comment a réagi Carlos Ghosn?
Il est resté fier, la tête haute, digne et calme. Mais je voyais de la peine dans ses yeux. Il s’inquiétait pour moi plus que pour lui. Il est d’une force incroyable. Au moment de partir, il a voulu emporter un livre, ils ont dit non ; il a essayé de prendre du chocolat, ils ont dit non. Moi j’étais indignée, je demandais pourquoi. Ils répondaient : « This is Japan, this is our law [nous sommes au Japon, c’est la loi]. » Il m’a embrassée, il m’a dit « je t’aime » et ils l’ont emmené. Moi, j’étais paniquée, j’arrivais à peine à respirer.

Vous sentez-vous soutenue par la France?
Non. Je ne veux pas que mon mari soit au-dessus des lois mais qu’il soit jugé de façon équitable. Je sais qu’il est innocent. Je demande solennellement qu’on lui laisse la présomption d’innocence comme à tout citoyen français et j’en appelle au président de la République. Dans les médias, Carlos est déjà coupable. On oublie ce qu’il a fait pour Renault et Nissan ; il a redressé ces entreprises, sauvé des emplois, contribué à la grandeur de la France. Tout ça, on l’oublie. On ne parle plus que de son salaire, on le décrit comme un homme assoiffé d’argent. Au Liban, où je suis née, on admire les hommes d’exception. Carlos est parti de rien, sa famille n’était pas riche. Je suis choquée par les réactions en France. Tout le monde l’a laissé tomber, par lâcheté, y compris les patrons. Ça me dégoûte. »

 

 

Un « petit » geste de Paris pour Carlos Ghosn

Un petit geste de Paris pour Carlos  Ghosn

Dans l’affaire Carlos Ghosn, il est clair que le gouvernement a fait preuve d’une grande lâcheté. En effet si l’intéressé n’est pas exempt de critiques et qu’il a pu comme nombre d’autres grands patrons confondre la caisse de l’entreprise avec son propre portefeuille, il n’empêche que le traitement dont est victime au Japon constitue un scandale au regard des critères normaux de la justice. Sans doute faut-il voir la le résultat de relations qui ont toujours été exécrables entre Carlos Ghosn et Macon. Cependant l’enjeu n’est pas la. En effet pour le Japon il ne s’agit d’une entreprise d’une opération pour japonais et Nissan dont Renault et l’actionnaire principal. Devant cette attitude assez indigne du gouvernement français, le ministre des affaires étrangères vient de faire le minimum syndical ou plutôt en l’occurrence le minimum diplomatique en rappelant à son collègue japonais que la France était attachée au respect de la présomption d’innocence. On ne pouvait évidemment faire moins. “J’ai évidemment évoqué le cas de M. Carlos Ghosn avec mon collègue Taro Kono”, a-t-il dit lors de la conférence de presse de clôture de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Dinard (Ille-et-Vilaine).“Je lui ai dit deux choses : d’abord que la France respectait totalement la souveraineté et l’indépendance de la justice japonaise et j’ai rappelé aussi notre attachement au respect de la présomption et à la pleine application de la protection consulaire”, a-t-il ajouté. Quelques heures avant son arrestation, Carlos Ghosn a demandé l’aide du gouvernement français lors d’une interview à TF1 et LCI. Le patron déchu, qui clame son innocence, avait été remis en liberté le 6 mars contre le versement d’une caution de neuf millions de dollars après 108 jours passés en détention. Les procureurs japonais soupçonnent l’ex-dirigeant franco-libano-brésilien d’avoir violé ses obligations professionnelles et d’avoir causé à Nissan des pertes financières de cinq millions de dollars (4,45 millions d’euros) entre décembre 2015 et juillet 2018.

L’affaire Carlos Ghosn : une manipulation du patron de Nissan

L’affaire Carlos Ghosn : une manipulation du patron de Nissan

 

La presse révèle aujourd’hui ce dont on pouvait se douter à savoir que l’arrestation de Carlos Ghosn visait surtout à empêcher l’intégration totale de Nissan dans le groupe Renault. Certes comme on l’a souvent répété ici le patron de Renault n’est pas sans reproche. Comme beaucoup de patrons, il a un peu confondu son portefeuille avec la caisse de son groupe. Il a sollicité tous les moyens pour augmenter ses revenus et ses rémunérations accessoires. Une attitude qui a d’ailleurs créé un conflit entre le pouvoir politique et l’intéressé. Observons toutefois que Carlos Ghosn a aussi été sollicité par Ford qui lui proposait le double de la rémunération de Renault. Sans doute peut-on considérer à juste titre ces revenus comme tout à fait excessifs et insupportables mais c’est le lot dans la plupart des pays. Carlos Ghosn est loin d’être le seul responsable de cette situation qui est surtout liée au fait  que les patrons d’entreprises souvent plus proches des intérêts des actionnaires de leurs salariés voir de leur entreprise. Lors d’une rencontre avec  un patron de Renault,  le directeur général de Nissan a avoué qu’il avait bien mis en place une machination en transmettant des preuves contre son propre patron au gouvernement japonais afin  d’empêcher l’absorption de Nissan (actuellement Renault est seulement majoritaire dans le capital de Nissan) dans le groupe Renault. Dommage que l’État français ait  lâché lamentablement Carlos Ghosn en raison des différents déjà évoqués. Carlos Ghosn et Renault ne méritaient pas une telle humiliation. Faut-il rappeler que Carlos Ghosn a d’abord redressé Renault puis Nissan enfin constitué le premier groupe constructeur d’automobiles. Pour le moins dans cette affaire le gouvernement français a fait preuve d’une grande

Automobile : « L’amateurisme est du côté de Carlos Tavares, PSA », (Karima Delli)

Automobile : « L’amateurisme est du côté de Carlos Tavares, PSA », (Karima Delli)

 

La députée européenne écolo (EELV) répond vertement-(Forcément !) à Carlos Tavares ,  Pdg de PSA qui  a fustigé dans le Figaro la décision, votée en octobre 2018 par le Parlement de Strasbourg, de réduire de 40% les émissions de CO2.  (La Tribune)

 

- Quelle a été votre réaction après les propos de Carlos Tavares sur les réglementations de l’Union européenne en matière d’émissions de CO2 ?

KARIMA DELLI (*) - Je suis en colère parce que M. Tavares ose utiliser le mot « amateurisme » en pointant les législateurs que nous sommes. Or c’est bien du sien dont il est question dans cette affaire des émissions de CO2. Il n’a pas été capable d’investir dans des moteurs propres et basses émissions plus tôt, alors que les technologies existent depuis longtemps.

En outre, nous avons parfaitement compris que la décision de baisser de 40% les émissions de CO2 en 2030 aura des conséquences sur l’emploi. C’est pour cette raison que nous légiférons aujourd’hui pour 2030, et pas pour demain matin ! C’est aussi ce qui m’amène depuis des mois à réclamer un sommet européen de la reconversion du secteur automobile : on sait bien que la fabrication des véhicules électriques et basses émissions nécessitera moins de main d’oeuvre. Je n’accepte pas que M. Tavares fasse du chantage à l’emploi parce que les constructeurs automobiles ont été arrosés de subventions pour développer de nouvelles technologies. Si les emplois sont enfermés dans de vieilles technologies polluantes, c’est un arbitrage industriel qu’il a pris lui-même. Cet argument est donc inacceptable.

Carlos Tavares, qui s’est également exprimé au titre de président de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), chiffre à 13 millions le nombre d’emplois dans l’industrie automobile. Affirmer que des réglementations contraignantes auront un fort impact sur l’emploi relève-t-il nécessairement du fantasme ou de l’exagération ?

C’est bien pour cela qu’il fallait anticiper. Les politiques de réduction d’émissions ne datent pas de 2019, elles existent depuis très longtemps. Et heureusement ! Mais regardez les normes d’émissions concernant le diesel : les constructeurs ont fait reculer de 10 ans les premiers objectifs. La réalité, c’est que les constructeurs n’ont pas fait ce qu’il fallait. Au contraire, ils ont même triché pour se soustraire aux objectifs fixés par le législateur européen.

Justement, est-ce que les constructeurs ne paient pas cette affaire du dieselgate qui les ont rendus, d’après Carlos Tavares, complètement inaudibles, y compris auprès des législateurs ?

Les constructeurs automobiles sont des interlocuteurs privilégiés de la Commission européenne. C’est « open-bar » pour eux et pour Carlos Tavares plus que d’autres, en vertu de son titre de patron de l’ACEA. De plus, les décisions de la Commission européenne ne sont pas prises seules, elles prennent en compte l’intervention des chefs d’État et de gouvernement, qui sont souvent les premiers défenseurs des constructeurs.

Vous aviez vous-même milité pour une réduction plus ambitieuse que les 40% retenus pour 2030…

Si je regarde les objectifs de l’accord de Paris, il aurait fallu porter cette baisse à 70% en 2030. Après, si les accords de Paris ne lui plaisent pas, il n’a qu’à dire à tous les chefs d’État qui les ont négociés à quel point ils sont amateurs et irresponsables, eux aussi ! Moi j’invite M. Tavares à débattre devant le Parlement européen. Il ne faut pas avoir peur de parler de tous les sujets. Y compris celui du cycle de vie de la voiture électrique.

Carlos Tavares a toujours demandé la neutralité technologique. Or, les gouvernements ont clairement fait le choix de la voiture électrique qui reste cher, tout en récusant le diesel qui permet de baisser les émissions de CO2…

On ne choisit pas entre la peste et le choléra, entre le climat et la santé… C’est les deux qu’il faut traiter en même temps. Il faut accepter qu’il y a une urgence climatique à traiter et que l’automobile est au cœur de ce sujet. Parce qu’un jour, les petits-enfants de Carlos Tavares lui poseront la question suivante : « Papi, qu’as-tu fait contre le réchauffement climatique ? ». Avec cet accord, pour la première fois, nous allons soumettre le transport routier à des objectifs d’émissions. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent. M. Tavares et ses confrères ont 11 ans devant eux… Si on ne le fait pas, c’est la Chine qui le fera et son industrie sera alors plus forte que la nôtre. Est-ce qu’on veut une industrie européenne moins compétitive ? C’est le message que je vais porter pour la prochaine mandature européenne. Nous organiserons un sommet de la reconversion de l’industrie automobile européenne.

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(*) Karima Delli est députée européenne étiquetée Europe Ecologie Les Verts, et elle est également présidente de la commission Transport du Parlement européen.

Affaire Carlos Ghosn: l’attitude lamentable de la France

Affaire Carlos Ghosn: l’attitude lamentable de la France

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’attitude de la France s’est caractérisée par une grande lâcheté vis-à-vis de l’affaire Carlos Ghosn. Bien entendu,  n’était pas question de déclarer la guerre au Japon ni même de créer un incident diplomatique grave. (Ce qu’on a fait pour une affaire moins sérieuse avec l’Italie à propos des gilets jaunes). Il ne s’agit sans doute pas de dédouaner Carlos Ghosn qui comme de nombreux patrons à sans doute confondu un peu trop la caisse de ces entreprises est son propre portefeuille. Mais s’il fallait mettre en prison tous les grands patrons coupables de dérive financière ou fiscale, il faudrait alors construire des les établissements pénitentiaires supplémentaires ! Reste que Carlos Ghosn est un exceptionnel patron qui d’abord a su redresser Renault qui aurait pu disparaître du champ automobile. Il a su ensuite assurer aussi le redressement de Nissan. Enfin il a constitué le premier groupe industriel automobile mondial. Les conditions de son arrestation savamment médiatisée à son arrivée par avion, ensuite les conditions de détention sont inadmissibles au regard du droit international des pays développés. Or le Japon se veut un pays développé. Il est effectivement mais malheureusement entretient encore des archaïsmes populistes et ou nationaux inadmissibles quand on pense à son système judiciaire ou encore à son attitude vis-à-vis de la chasse à la baleine. Le Japon s’est caractérisé par la puissance de ces échanges internationaux. Ce pays doit donc se conformer aux règles de droit qui régisse les pays avec lesquels il commerce. Il y a sans doute des raisons au silence et à l’extrême discrétion de la France dans cette affaire. L’une d’entre elles tient sans doute aux relations exécrables entre macro et Carlos Ghosn. Mais se venger en abandonnant ainsi un grand patron montre à quel point macro peut-être minable à certains moments. On imagine qu’elle aurait été la réaction de la France si par exemple ce grand patron ou un autre avait été traité de la même manière au Venezuela, en Chine ou en Russie. On aurait alors sans doute crié, hurlé même pour cette atteinte aux droits de l’homme dans des pays de dictature. Dans cette affaire la France a offert le triste spectacle de sa lamentable diplomatie.  Le pire c’est que Carlos Ghosn qui n’a pas un tempérament à se coucher pourrait bien d’ici quelques temps une fois l’affaire réglée prendre la direction d’un groupe automobile concurrent de Renault et mettre en difficulté son ancienne entreprise.

Carlos Ghosn : libération acceptée ?

Carlos Ghosn : libération acceptée ?

Il était temps que le Japon accède à la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn  à moins de passer pour l’un des pays les plus archaïques du monde. Cependant l’affaire n’est pas encore faite car le procureur peut faire appel. Il faut dire que le Japon se laisse porter par une vague nationaliste inquiétante et sur des valeurs douteuses. La dernière initiative en date du chef de l’État japonais ayant été de proposer la candidature de Donald 30 pour le prix Nobel de la paix. Une proposition tellement ridicule que le chef d’État japonais n’assume même pas sa proposition. Cette décision s’ajoute aussi au retrait scandaleux du Japon de l’accord sur la chasse à la baleine et à quelques autres positions nationalistes et populistes de même teneur. Comment un pays comme le Japon qui a fondé tout son développement sur les échanges avec le monde entier peut-il s’affranchir des règles de base qui régule la société notamment dans le domaine de la justice. Certes Carlos Ghosn n’est sans doute pas un saint. Comme beaucoup de patrons, il a  eu tendance à confondre son portefeuille avec celui de son entreprise. Force cependant est de constater que le manager a pu redresser Renault qui aurait pu disparaître, ensuite redresser Nissan puis a constitué le groupe de constructeurs le plus puissant du monde. Le pire c’est que Carlos Ghosn a été victime d’un complot de la direction de Nissan au moment même où la gestion de l’entreprise a été particulièrement décevante. Dans cette affaire, l’attitude du gouvernement japonais au service des plus bas instincts nationalistes s’est révélée particulièrement lamentable même si effectivement Carlos Ghosn doit être jugé pour ses dérives financières et fiscales. D’après la chaîne de télévision publique NHK, la libération sous caution de Ghosn a été fixée à un milliard de yens (7,9 millions d’euros environ) et pourrait être effective dès ce mardi à condition que le procureur ne s’y oppose pas.  Il s’agit de la troisième demande de mise en liberté sous caution effectuée par Ghosn, qui a changé d’avocats le mois dernier et s’était dit prêt par la voix de son conseil à se soumettre à de sévères restrictions, dont la vidéosurveillance et la surveillance de ses communications.

Le japon est intervenu directement dans l’affaire Carlos Ghosn

Le japon est intervenu directement dans l’affaire Carlos Ghosn  

 

 

De jour en jour, il se confirme que derrière l’affaire Carlos Ghosn   ce dissimule une position entre la France et le Japon concernant une nouvelle phase du rapprochement entre Nissan et Renault. Certes Carlos  Ghosn n’est pas un saint, comme nombre d’autres patrons il est victime de sa cupidité mais cela ne saurait remettre en cause ses grandes qualités qui ont permis de redresser d’abord Renault puis Nissan pour en faire le premier groupe de constructeurs au monde. L’éventualité d’un rapprochement et d’une éventuelle fusion entre les deux constructeurs a été clairement combattue par les dirigeants de Nissan par ailleurs en position délicate par rapport à leur gestion comme en témoigne les mauvais résultats financiers récents. L’État japonais est aussi intervenu car il ne supporte plus la tutelle de Renaud sur Nissan. Un état japonais qui ce caractérise par une posture très nationaliste aussi bien sur ce dossier que sur d’autres comme par exemple la pêche à la baleine. D’après le  Wall Street Journal plusieurs mois avant l’arrestation de Carlos Ghosn, le gouvernement japonais est intervenu dans les discussions entre Renault et Nissan en vue d’une éventuelle fusion entre les deux constructeurs

Les dirigeants de Nissan ont d’abord demandé au ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI) de l’aider à repousser un projet de fusion sur lequel Carlos Ghosn travaillait, ajoute le WSJ citant une source.

Mais cette demande a failli se retourner contre les dirigeants de Nissan, le METI ayant entrepris d’élaborer un projet en vue de superviser les discussions entre les deux constructeurs, une présence que le groupe japonais jugeait finalement encombrante, poursuit le journal.

L’implication directe du gouvernement japonais dans les discussions sur l’avenir de l’alliance n’avait jusqu’ici jamais évoquée, souligne le quotidien américain.

Dans sa première interview depuis son arrestation au Japon le 19 novembre, publiée le 30 janvier, Carlos Ghosn a dit avoir discuté en septembre avec le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, d’un projet d’intégration des entreprises membres de l’alliance.

L’artisan du redressement de Nissan travaillait sur un renforcement des liens avec Renault, avec la possibilité d’une fusion parmi les options sur la table, afin de pérenniser l’édifice.

Mais selon lui, des dirigeants de Nissan ont utilisé “le complot et la trahison” pour casser ces plans. Le projet de fusion a toujours suscité d’importantes réserves dans le camp japonais, où le poids de Renault, qui détient 43,4% de Nissan, est déjà considéré comme un facteur de déséquilibre.

Carlos Ghosn dénonce le complot de certains dirigeants de Nissan

Carlos Ghosn dénonce le complot de certains dirigeants de Nissan

 

 

 

 

 

Finalement Carlos confirme ce que nombreux experts pensent, à savoir : qu’il est tombé dans un piège tendu par certains dirigeants de Nissan soutenu par le gouvernement japonais. L’objectif de ces dirigeants était à travers la mise en cause du président Carlos Ghosn (qui n’est pas un saint pour autant)  de déstabiliser l’alliance en vue de rejaponiser Nissan. Accessoirement les dirigeants de Nissan en profitaient pour dissimuler une gestion assez chaotique ces derniers temps. Pour parler clair, le Japon s’oppose au projet d’intégration de Renault, Nissan et Mitsubishi qui avait été envisagé. De fait,  Nissan qui a été sauvée par Renault et Carlos Ghosn est aujourd’hui plus puissant que Renault. Nissan produit davantage de véhicules que Renault et affiche une capitalisation boursière qui représente deux fois celle de Renault. Nissan et le gouvernement japonais s’opposait donc à une plus forte intégration dans l’alliance.  «J’avais dit à Hiroto Saikawa [le directeur général de Nissan] que si je décidais de faire un autre mandat à la tête de l’Alliance, nous allions devoir travailler beaucoup plus sur l’intégration. (…) L’objectif était clair, mais il y avait des résistances dès le départ», explique-t-il.

Concrètement, le projet de Carlos Ghosn visait à «garantir la stabilité de l’Alliance» en créant «un holding qui aurait contrôlé les trois entités et possédé la totalité des actions des groupes», détaille le dirigeant. «Mais ce système devait être basé sur les performances solides de chaque entreprise». Or Nissan n’était pas au mieux de sa forme. «La performance de Nissan a baissé durant les deux dernières années. Si vous regardez les résultats et les forces de Nissan, Mitsubishi et Renault, vous voyez bien qu’il y a un problème», ajoute-t-il. De là à inciter Hiroto Saikawa à le faire chuter? «Il n’y a aucun doute là-dessus. C’est une affaire de trahison», affirme Carlos Ghosn, comme il l’avait déjà fait dans un entretien au journal japonais Nikkei , la veille.

Revenant sur les accusations dont il fait l’objet, l’ex-dirigeant nie toujours en bloc. «On m’accuse de ne pas avoir déclaré des revenus que je n’ai jamais reçus», ironise-t-il.

Carlos Ghosn déplore le fait d’être puni avant d’être déclaré coupable. Il estime ne pas pouvoir mener sa défense dans de bonnes conditions. «Chez Nissan, il y a plusieurs centaines de personnes dédiées à l’affaire. Au bureau du procureur, ils sont 70 à travailler sur le cas. Moi, je suis en prison depuis 70 jours sans avoir accès à un téléphone ou à un ordinateur», critique-t-il, écorchant au passage le système judiciaire japonais.

 

 

Japon-Carlos Ghosn : en appel à Human Rights Watch

Japon-Carlos Ghosn : en appel à Human Rights Watch

Il est clair que le Japon se comporte comme un État voyou en maintenant en détention Carlos Ghosn   qui n’a aucune possibilité de se défendre et qui restera en prison sauf s’il avoue. C’est la procédure habituelle dans un pays qui s’assoit complètement sur les règles de droit de la défense. S’il est clair que Carlos Ghosn  accusé de malversations financières doit être jugé, il est tout aussi évident qu’il doit l’être en respectant les règles de droit international. En fait le Japon  vise derrière  Carlos Ghosn  aussi Renault afin de rejaponiser  Nissan. La complicité entre les dirigeants japonais de Nissan et du gouvernement est évidente. Pour preuve Nissan refuse même de réunir l’assemblée générale seule susceptible de désigner ou de démettre les dirigeants de l’entreprise ou Renault possèdent la majorité du capital ! La rigueur japonaise est une illusion, elle sert uniquement des intérêts nationalistes. Pour preuve le président du comité olympique japonais vient d’être accusé de corruption du fait des pots-de-vin distribués pour obtenir les JO de 2020. Autre exemple quand le Japon décide de reprendre la chasse à la baleine en contradiction avec le droit international. L’épouse de Carlos Ghosn  à donc demande à l’ONG Human Rights Watch (HRW), dans une lettre que Reuters a pu consulter dimanche, de se pencher sur le cas de son mari en raison du “traitement sévère” qui serait le sien au Japon, où il est incarcéré depuis le 19 novembre pour des soupçons de malversations financières à la tête de Nissan <7201.T.L’ancien président de Nissan a été inculpé vendredi de deux chefs d’accusation supplémentaires. Et selon le journal Les Echos, le parquet japonais envisage de nouvelles accusations de malversations contre Carlos Ghosn, liées à sa rémunération à hauteur de sept millions d’euros par une structure conjointe à Nissan et Mitsubishi aux Pays-Bas.Dans une lettre de neuf pages adressée à Kanae Doi, directrice de HRW pour le Japon, Carole Ghosn demande à l’organisation de “mettre en lumière le traitement dur infligé à mon mari et les iniquités qu’il subit, sur le plan des droits de l’homme, de la part du système judiciaire japonais”.“Durant des heures, chaque jour, les procureurs l’interrogent, le brusquent, le chapitrent et le tancent, sans la présence de ses avocats, pour tenter d’obtenir de lui des aveux”, écrit Carole Ghosn, qui indique que son époux a perdu sept kilos depuis le début de sa détention et ne mange que du riz et de l’orge.“Nul ne devrait être contraint à subir ce que mon mari subit chaque jour, notamment dans un pays développé comme le Japon, la troisième économie au monde”, ajoute-t-elle.Carlos Ghosn encourt une peine maximale de 15 ans de prison, selon le parquet de Tokyo. Toujours PDG de Renault et de l’alliance Renault-Nissan, il a déjà été inculpé une première fois, le 10 décembre, pour n’avoir déclaré que la moitié de sa rémunération de 2010 à 2015. Carlos Ghosn rejette ces accusations. Il a clamé son innocence et déclaré avoir été injustement placé en détention, lors d’une audience mardi dernier devant le tribunal du district de Tokyo, sa première apparition publique depuis son arrestation.

Carlos Ghosn : victime du Japon……. et de Macron

Carlos Ghosn : victime du Japon……. et de Macron

 

Ghosn n’est pas un saint, c’est évident mais c’est un remarquable dirigeant qui a d’abord sauvé du naufrage Renault, ensuite qui a sauvé Nissan puis constitué le premier groupe automobile mondial. Certes comme nombre de patrons Carlos Ghosn c’est un peu trop servi dans les caisses de l’entreprise pour autant les détentions prolongées de Carlos Ghosn constituent un scandale diplomatique et économique. Diplomatique parce que le Japon se sert de Carlos Ghosn pour imposer au gouvernement français une autre répartition des responsabilités dans l’Alliance et les entreprises qui en font partie. Économique, parce que l’attaque du Japon sur l’Alliance porte un énorme préjudice à Renault. Après un mois passé en prison le Japon, Carlos Ghosn  voit encore sa détention prolongée de 10 jours. Le problème c’est qu’il n’est guère soutenu non plus par la France et par Macron en particulier. Macron qui n’a guère apprécié la forte personnalité du patron de Renault qui a refusé sans doute à juste titre la fusion juridique totale des entreprises de l’alliance contre l’avis de Macron. Une fusion qui aurait évidemment été refusée par le Japon. Les motifs d’inculpation dissimulent mal la volonté politique du Japon de rejaponiser Nissan. En clair d’affaiblir Renault. Certes comme de nombreux patrons Carlos Ghosn ne s’est doute pas privé de confondre son portefeuille avec la caisse des entreprises qu’il préside. Mais on l’a surtout accusait au départ de dissimulation n’ont pas une dissimulation fiscale mais une dissimulation dans les rapports officiels concernant Nissan. En fait, il s’agit d’une bataille économique mais aussi politique entre la France et le Japon. L’enjeu est de savoir qui doit diriger Nissan, mais aussi les entreprises dépendantes de l’Alliance, Renault compris. Le Japon est un pays champion du capitalisme mais un capitalisme à caractère très nationaliste pour ne pas dire davantage. On se souvient en effet que pendant longtemps le Japon a occupé le hit Paris parade des pays exportateurs. Il a surtout fondé son développement sur les échanges extérieurs. Aussi sur sa capacité à copier les technologies étrangères américaines européennes (le relais étant pris désormais par la Chine !) Mais le Japon milite pour un libéralisme très ouvert quand cela sert ses intérêts mais très fermé quand il s’agit de capitaux extérieurs. L’exemple plus significatif étend celui du conflit actuel entre Renault et Nissan. Nissan sauvé par Renault mais qui veut aujourd’hui reprendre son indépendance contre toutes les règles capitalistes en vigueur voir même prendre le contrôle de Renault. L’affaire Carlos Ghosn n’est qu’un prétexte pour remettre en cause le poids de Renault chez Nissan et dans l’alliance entre parenthèses mêmes si évidemment Carlos Ghosn est loin d’être dans). Ces deux dossiers ne sont pas évidemment de même nature et de même ampleur. On fait semblant de croire qu’il s’agit d’une affaire personnelle entre les autorités fiscales et Carlos Ghosn alors qu’il s’agit d’une bataille de pouvoir pour savoir qui de la France ou du Japon va maîtriser l’Alliance et les entreprises qui la composent. Ce qui est engagé c’est la déstabilisation de cette alliance est même de Renault par le gouvernement japonais qui a montré une grand rigueur judiciaire à l’égard d’un patron français mais qui a épargné tous les responsables japonais de la catastrophe de Fukushima.  Les pouvoirs publics français seraient bien naïfs de croire que l’affaire Carlos Ghosn se limite à une fausse déclaration de revenus voir à quelques détournements de fonds. En effet il est vraisemblable qu’en prison depuis le 19 novembre, il  va rester pour de nombreuses semaines voir de nombreux mois en tout cas jusqu’à ce qu’il n’ait plus aucune responsabilité dans l’Alliance et les entreprises qui en font partie.  Et surtout  tant qu’un accord n’aura pas été trouvé concernant le pilotage de l’alliance Renault Nissan. Pour résumer Nissan a été sauvé par Renault ne supporte plus d’être sous la coupe du constructeur français et réclame la direction de l’alliance ou bien son indépendance. Sans parler de la possibilité pour Nissan de racheter aussi Renault. Certes Carlos Ghosn n’est pas complètement blanc et  comme de nombreux patrons de multinationales il a eu une certaine tendance à confondre la caisse de l’entreprise avec son portefeuille (de manière officielle  ou officieuse)   Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare si ce n’est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d’emblée lâché son ancien mentor. Les procureurs ont pour l’instant communiqué à minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s’est pas publiquement exprimé. Tout juste sait-on que « le suspect Ghosn », comme l’a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. « Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif », souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris, malgré les conditions spartiates de l’établissement où le Franco-libano-brésilien est détenu. Il s’occupe à lire livres et magazines quand il n’est pas interrogé par les enquêteurs. Chez Nissan, la mise à l’écart de Ghosn a comme libéré la parole et les frustrations ont éclaté au grand jour, transpirant dans les médias japonais où « M. Ghosn et l’Etat français (actionnaire de Renault) sont le diable », résume un analyste du secteur, Takaki Nakanishi. On voit là, dit-il, l’opportunité de « re-japoniser » le groupe et de revoir les termes du partenariat. Le dossier juridique est accessoire, ce n’est qu’un prétexte. En effet on ne peut justifier  le maintien prolongé de Carlos Ghosn en prison par la sévérité de la justice japonaise. Rappelons par exemple que dans l’affaire du scandale de Fukushima, aucun responsable japonais climat aucun n’a été inquiété ! en un mois, Renault et l’État français n’ont fait que constater les velléités d’émancipation de Nissan. Le groupe automobile japonais n’a cessé de multiplier les déclarations et les allusions promettant un rééquilibrage de l’Alliance Renault-Nissan. Renault a cependant décidé de ne pas rester les bras ballants en faisant capoter la tentative de nomination d’un successeur à Carlos Ghosn à la tête du conseil d’administration de Nissan. Alors que Nissan a constitué une commission de trois personnes pour trouver un successeur, celle-ci a échoué, sous la pression de Renault. Le groupe automobile français exige désormais une assemblée générale des actionnaires (AG). Selon Thierry Bolloré, auteur d’une lettre adressée à Hiroto Saikawa et divulguée par le Wall Street Journal, cette AG permettrait de remettre sur la table des sujets comme celui de la gouvernance et les nominations au conseil d’administration. De son côté, Hiroto Saikawa, la gouvernance doit être prioritaire, tandis que l’AG peut attendre. En réalité, Renault est coincé puisqu’en l’absence de Carlos Ghosn, il perd une voix au conseil d’administration. D’où la nécessité d’une AG afin de récupérer cette troisième voix qui compte tant, sur un conseil composé de 8 personnes seulement. Et la comédie continue puisque  le PDG de Renault et de l’alliance Renault-Nissan a été de nouveau placé en état d’arrestation vendredi sur la base de nouvelles accusations selon lesquelles il aurait fait passer dans les comptes du constructeur japonais des pertes de 1,85 milliard de yens (14,5 millions d’euros) sur des investissements personnels.

Carlos Ghosn libéré aujourd’hui !

Carlos Ghosn libéré aujourd’hui !

Le refus du- tribunal de district de Tokyo ide prolonger la détention de Carlos Ghosn devrait aboutir à la libération rapide de l’intéressé, peut-être aujourd’hui même. Il faut dire que les motifs d’inculpation dissimulaient mal la volonté politique du Japon de rejaponiser Nissan. En clair d’affaiblir Renault. Certes comme de nombreux patrons Carlos Ghosn ne s’est doute pas privé de confondre son portefeuille avec la caisse des entreprises qu’il préside. Mais on l’a surtout accusait au départ de dissimulation n’ont pas une dissimulation fiscale mais une dissimulation dans les rapports officiels concernant Nissan. En fait, il s’agit d’une bataille économique mais aussi politique entre la France et le Japon. L’enjeu est de savoir qui doit diriger Nissan, mais aussi les entreprises dépendantes de l’Alliance, Renault compris. Le Japon est un pays champion du capitalisme mais un capitalisme à caractère très nationaliste pour ne pas dire davantage. On se souvient en effet que pendant longtemps le Japon a occupé le hit Paris parade des pays exportateurs. Il a surtout fondé son développement sur les échanges extérieurs. Aussi sur sa capacité à copier les technologies étrangères américaines européennes (le relais étant pris désormais par la Chine !) Mais le Japon milite pour un libéralisme très ouvert quand cela sert ses intérêts mais très fermé quand il s’agit de capitaux extérieurs. L’exemple plus significatif étend celui du conflit actuel entre Renault et Nissan. Nissan sauvé par Renault mais qui veut aujourd’hui reprendre son indépendance contre toutes les règles capitalistes en vigueur voir même prendre le contrôle de Renault. L’affaire Carlos Ghosn n’est qu’un prétexte pour remettre en cause le poids de Renault chez Nissan et dans l’alliance entre parenthèses mêmes si évidemment Carlos Ghosn est loin d’être dans). Ces deux dossiers ne sont pas évidemment de même nature et de même ampleur. On fait semblant de croire qu’il s’agit d’une affaire personnelle entre les autorités fiscales et Carlos Ghosn alors qu’il s’agit d’une bataille de pouvoir pour savoir qui de la France ou du Japon va maîtriser l’Alliance et les entreprises qui la composent. Ce qui est engagé c’est la déstabilisation de cette alliance est même de Renault par le gouvernement japonais qui a montré une grand rigueur judiciaire à l’égard d’un patron français mais qui a épargné tous les responsables japonais de la catastrophe de Fukushima.  Les pouvoirs publics français seraient bien naïfs de croire que l’affaire Carlos Ghosn se limite à une fausse déclaration de revenus voir à quelques détournements de fonds. En effet il est vraisemblable qu’en prison depuis le 19 novembre, il  va rester pour de nombreuses semaines voir de nombreux mois en tout cas jusqu’à ce qu’il n’ait plus aucune responsabilité dans l’Alliance et les entreprises qui en font partie.  Et surtout  tant qu’un accord n’aura pas été trouvé concernant le pilotage de l’alliance Renault Nissan. Pour résumer Nissan a été sauvé par Renault ne supporte plus d’être sous la coupe du constructeur français et réclame la direction de l’alliance ou bien son indépendance. Sans parler de la possibilité pour Nissan de racheter aussi Renault. Certes Carlos Ghosn n’est pas complètement blanc et  comme de nombreux patrons de multinationales il a eu une certaine tendance à confondre la caisse de l’entreprise avec son portefeuille (de manière officielle  ou officieuse)  Lundi, il sera soumis à une nouvelle épreuve : le bureau des procureurs doit choisir de l’inculper ou non, mais selon le quotidien économique Nikkei et d’autres grands médias japonais, la décision ne fait guère de doute. Carlos Ghosn, affirment-ils, va être poursuivi pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, devrait aussi être inculpé. Nissan ne sera pas épargné, le parquet jugeant que la responsabilité de l’entreprise est également engagée, car elle est l’entité ayant remis les rapports incriminés aux autorités boursières. Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare si ce n’est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d’emblée lâché son ancien mentor. Les procureurs ont pour l’instant communiqué à minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s’est pas publiquement exprimé. Tout juste sait-on que « le suspect Ghosn », comme l’a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. « Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif », souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris, malgré les conditions spartiates de l’établissement où le Franco-libano-brésilien est détenu. Il s’occupe à lire livres et magazines quand il n’est pas interrogé par les enquêteurs. Chez Nissan, la mise à l’écart de Ghosn a comme libéré la parole et les frustrations ont éclaté au grand jour, transpirant dans les médias japonais où « M. Ghosn et l’Etat français (actionnaire de Renault) sont le diable », résume un analyste du secteur, Takaki Nakanishi. On voit là, dit-il, l’opportunité de « re-japoniser » le groupe et de revoir les termes du partenariat. Le dossier juridique est accessoire, ce n’est qu’un prétexte. En effet on ne peut justifier  le maintien prolongé de Carlos Ghosn en prison par la sévérité de la justice japonaise. Rappelons par exemple que dans l’affaire du scandale de Fukushima, aucun responsable japonais climat aucun n’a été inquiété ! en un mois, Renault et l’État français n’ont fait que constater les velléités d’émancipation de Nissan. Le groupe automobile japonais n’a cessé de multiplier les déclarations et les allusions promettant un rééquilibrage de l’Alliance Renault-Nissan. Ce lundi 17 décembre toutefois, Renault a décidé de ne pas rester les bras ballants en faisant capoter la tentative de nomination d’un successeur à Carlos Ghosn à la tête du conseil d’administration de Nissan. Alors que Nissan a constitué une commission de trois personnes pour trouver un successeur, celle-ci a échoué, sous la pression de Renault. Le groupe automobile français exige désormais une assemblée générale des actionnaires (AG). Selon Thierry Bolloré, auteur d’une lettre adressée à Hiroto Saikawa et divulguée par le Wall Street Journal, cette AG permettrait de remettre sur la table des sujets comme celui de la gouvernance et les nominations au conseil d’administration. De son côté, Hiroto Saikawa, la gouvernance doit être prioritaire, tandis que l’AG peut attendre. En réalité, Renault est coincé puisqu’en l’absence de Carlos Ghosn, il perd une voix au conseil d’administration. D’où la nécessité d’une AG afin de récupérer cette troisième voix qui compte tant, sur un conseil composé de 8 personnes seulement.

Carlos Ghosn en prison : la naïveté du gouvernement

Carlos Ghosn en prison : la naïveté du gouvernement

Dans l’affaire Ford Aquitaine comme dans l’affaire Carlos Ghosn, le pouvoir politique montre son impuissance. Ces deux dossiers ne sont pas évidemment de même nature et de même ampleur. Pour Ford Aquitaine, le ministre de l’économie et même Macron hier se contentent de dénoncer l’attitude de la direction de Ford. Mais Ford tient bon, ne veut pas de reprise de son entreprise et a engagé un plan social. Pour Renault l’attitude française est encore plus pathétique. On fait semblant de croire qu’il s’agit d’une affaire personnelle entre les autorités fiscales et Carlos Ghosn alors qu’il s’agit d’une bataille de pouvoir pour savoir qui de la France ou du Japon va maîtriser l’alliance et les entreprises qui la composent. Ce qui est engagé c’est la déstabilisation de cette alliance est même de Renault par le gouvernement japonais qui a montré une grand rigueur judiciaire à l’égard d’un patron français mais qui a épargné tous les responsables japonais de la catastrophe de Fukushima.  Les pouvoirs publics français seraient bien naïfs de croire que l’affaire Carlos Ghosn se limite à une fausse déclaration de revenus voir à quelques détournements de fonds. En effet il est vraisemblable qu’en prison depuis le 19 novembre, il  va rester pour de nombreuses semaines voir de nombreux mois et cela tant qu’un accord n’aura pas été trouvé concernant le pilotage de l’alliance Renault Nissan. Pour résumer Nissan a été sauvé par Renault ne supporte plus d’être sous la coupe du constructeur français et réclame la direction de l’alliance ou bien son indépendance. Sans parler de la possibilité pour Nissan de racheter aussi Renault. Certes Carlos Ghosn n’est pas complètement blanc et  comme de nombreux patrons de multinationales il a eu une certaine tendance à confondre la caisse de l’entreprise avec son portefeuille (de manière officielle  ou officieuse)  Lundi, il sera soumis à une nouvelle épreuve : le bureau des procureurs doit choisir de l’inculper ou non, mais selon le quotidien économique Nikkei et d’autres grands médias japonais, la décision ne fait guère de doute. Carlos Ghosn, affirment-ils, va être poursuivi pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, devrait aussi être inculpé. Nissan ne sera pas épargné, le parquet jugeant que la responsabilité de l’entreprise est également engagée, car elle est l’entité ayant remis les rapports incriminés aux autorités boursières. Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare si ce n’est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d’emblée lâché son ancien mentor.Les procureurs ont pour l’instant communiqué à minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s’est pas publiquement exprimé. Tout juste sait-on que « le suspect Ghosn », comme l’a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. « Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif », souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris, malgré les conditions spartiates de l’établissement où le Franco-libano-brésilien est détenu. Il s’occupe à lire livres et magazines quand il n’est pas interrogé par les enquêteurs. Chez Nissan, la mise à l’écart de Ghosn a comme libéré la parole et les frustrations ont éclaté au grand jour, transpirant dans les médias japonais où « M. Ghosn et l’Etat français (actionnaire de Renault) sont le diable », résume un analyste du secteur, Takaki Nakanishi. On voit là, dit-il, l’opportunité de « re-japoniser » le groupe et de revoir les termes du partenariat. Le dossier juridique est accessoire, ce n’est qu’un prétexte. En effet on ne peut justifier  le maintien prolongé de Carlos Ghosn en prison par la sévérité de la justice japonaise. Rappelons par exemple que dans l’affaire du scandale de Fukushima, aucun responsable japonais climat aucun n’a été inquiété !

Carlos Ghosn : en prison jusqu’à un accord sur l’Alliance Renault-Nissan

Carlos Ghosn : en prison jusqu’à un accord sur l’Alliance Renault-Nissan

Les pouvoirs publics français seraient bien naïfs de croire que l’affaire Carlos Ghosn se limite à une fausse déclaration de revenus voir à quelques détournements de fonds. En effet il est vraisemblable qu’en prison depuis le 19 novembre, il  va rester pour de nombreuses semaines voir de nombreux mois et cela tant qu’un accord n’aura pas été trouvé concernant le pilotage de l’alliance Renault Nissan. Pour résumer Nissan a été sauvé par Renault ne supporte plus d’être sous la coupe du constructeur français et réclame la direction de l’alliance ou bien son indépendance. Sans parler de la possibilité pour Nissan de racheter aussi Renault. Certes Carlos Ghosn n’est pas complètement blanc et  comme de nombreux patrons de multinationales il a eu une certaine tendance à confondre la caisse de l’entreprise avec son portefeuille (de manière officielle  ou officieuse)  Lundi, il sera soumis à une nouvelle épreuve : le bureau des procureurs doit choisir de l’inculper ou non, mais selon le quotidien économique Nikkei et d’autres grands médias japonais, la décision ne fait guère de doute. Carlos Ghosn, affirment-ils, va être poursuivi pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, devrait aussi être inculpé. Nissan ne sera pas épargné, le parquet jugeant que la responsabilité de l’entreprise est également engagée, car elle est l’entité ayant remis les rapports incriminés aux autorités boursières. Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare si ce n’est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d’emblée lâché son ancien mentor.

Les procureurs ont pour l’instant communiqué à minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s’est pas publiquement exprimé. Tout juste sait-on que « le suspect Ghosn », comme l’a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. « Il est dans un état d’esprit vaillant et combatif », souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris, malgré les conditions spartiates de l’établissement où le Franco-libano-brésilien est détenu. Il s’occupe à lire livres et magazines quand il n’est pas interrogé par les enquêteurs.

Chez Nissan, la mise à l’écart de Ghosn a comme libéré la parole et les frustrations ont éclaté au grand jour, transpirant dans les médias japonais où « M. Ghosn et l’Etat français (actionnaire de Renault) sont le diable », résume un analyste du secteur, Takaki Nakanishi. On voit là, dit-il, l’opportunité de « re-japoniser » le groupe et de revoir les termes du partenariat. Le dossier juridique est accessoire, ce n’est qu’un prétexte. En effet on ne peut justifier  le maintien prolongé de Carlos Ghosn en prison par la sévérité de la justice japonaise. Rappelons par exemple que dans l’affaire du scandale de Fukushima, aucun responsable japonais climat aucun n’a été inquiété !

Carlos Ghosn, en prison pour des mois ?

Carlos Ghosn, en prison pour des mois ?

Ce qui pourrait arriver tant que la France et le Japon ne se seront pas  d’accord sur la répartition des pouvoirs au sein de Renault, Nissan et Mitsubishi. Carlos Ghosn a sans doute commis quelques infractions mais le véritable enjeu c’est lutte de pouvoir des deux Etats pour contrôler l’alliance et ses composantes. Du coup Nissan n’est pas parvenu mardi à désigner un candidat à la présidence de son conseil d’administration pour remplacer Carlos Ghosn, arrêté le 19 novembre au Japon pour malversations financières présumées, a-t-on appris de source proche du dossier. Carlos Ghosn pourrait rester en détention jusqu’à la fin de l’année car le parquet de Tokyo a l’intention de formuler une nouvelle accusation contre l’ancien président de Nissan concernant la sous-évaluation présumée de ses revenus, a rapporté le quotidien Sankei. Le quotidien Sankei, sans identifier ses sources, a rapporté mardi que le parquet avait l’intention de procéder le 10 décembre à une nouvelle mise en détention de Carlos Ghosn – et de Greg Kelly – pour avoir minimisé d’environ quatre milliards de yens sa rémunération entre 2015 et 2017. Si la justice autorise une détention sans inculpation d’une durée maximale dans ce deuxième volet, Carlos Ghosn et Greg Kelly resteraient incarcérés jusqu’au 30 décembre. Au Japon, un suspect peut être maintenu en détention pendant 10 jours, période qui peut être renouvelée pour 10 jours supplémentaires si un juge l’autorise à la demande du parquet. A l’issue de cette période, le parquet doit inculper formellement le suspect ou le libérer. Celui-ci peut cependant faire l’objet d’une nouvelle arrestation dans la foulée, ce qui a pour effet d’ouvrir une nouvelle procédure de maintien en détention. Le processus peut être répété et des suspects se trouvent ainsi parfois derrière les barreaux pendant des mois sans être inculpé et sans possibilité de libération sous caution.

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