Archive pour le Tag 'Médicaments'

Santé-Franchise à 1euro pour les médicaments

Santé-Franchise à 1euro pour les médicaments

 

Les franchises vont atteindre 1 euro sur les boîtes de médicaments et les actes paramédicaux. La participation forfaitaire s’élèvera désormais à 2 euros pour les actes et les consultations des médecins, les examens et les analyses de biologie médicale, et elle est portée à 4 euros pour les transports sanitaires. « Ces montants n’avaient pas été revalorisés depuis leur création, en 2008 et 2004 », précisent les ministères.

Le  plafond annuel fixé à 50 euros pour les personnes affectées par une pathologie lourde, il est maintenu.

La mesure devrait rapporter 800 millions d’euros sur un an, selon des estimations du gouvernement.

Santé-Médicaments : pénurie en France ?

Santé-Médicaments : pénurie en France ?

Des médicaments aussi classiques que les antibiotiques ou le paracétamol risquent de manquer cet hiver. En cause, les guerres qui perturbent l’approvisionnement mondial et le fait que la plupart des traitements sont produits en Asie notamment Chine. Évidemment, malgré la prise de conscience, la réindustrialisation de la filière pharmaceutique en Europe est encore loin d’être réalisée.

Plus de 3 700 médicaments ont connu des pénuries ou des tensions d’approvisionnement en 2022 en France et le chiffre risque d’augmenter en 2023, avec 3 500 déclarations de rupture ou risque de rupture à la fin du mois d’août, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). A la date du 18 octobre, les pharmacies étaient déjà à flux tendus sur plusieurs médicaments majeurs de l’hiver, selon un recensement de l’ANSM. Les stocks de certaines formes d’amoxicilline, de paracétamol, de prednisolone ou de fluticasone étaient ainsi inférieurs à sept jours, voire à trois jours, contre un stock de plus de sept jours dans une situation considérée comme normale.

Aurélien Rousseau a rappelé sur France Inter que le gouvernement s’attaquait aux problèmes des pénuries en « relocalisant en France la production de 25 médicaments stratégiques » et en travaillant à la meilleure disponibilité de « 450 médicaments essentiels ».

L’Union européenne s’est aussi saisie du sujet. La Commission a dévoilé, fin octobre, son plan pour remédier aux pénuries, annonçant notamment le lancement d’un mécanisme européen de solidarité volontaire en matière de médicaments, dès octobre.

Parmi les autres mesures dévoilées, on trouve aussi l’autorisation de dérogations réglementaires à partir de 2024, par exemple en prolongeant la durée de conservation de certaines molécules ou l’acquisition de stocks conjoints à l’UE pour l’hiver prochain.

« Difficile de savoir si ces mesures seront suffisantes pour passer l’hiver, car on n’a pas encore assez de recul. » pour Bruno Maleine, représentant des officines à l’Ordre national des pharmaciens

Parmi les pistes encore à creuser, il estime, comme de nombreux observateurs, qu’il « faut s’interroger sur la rentabilité » des médicaments pour les industriels… c’est-à-dire leur prix.

Le pharmacien pointe par ailleurs que la vente à l’unité n’est pour l’instant pas « adaptée » à la façon dont sont conçus les médicaments.

Médicaments : une pénurie en France ?

Médicaments : une pénurie en France ?

Des médicaments aussi classiques que les antibiotiques ou le paracétamol risquent de manquer cet hiver. En cause, les guerres qui perturbent l’approvisionnement mondial et le fait que la plupart des traitements sont produits en Asie notamment Chine. Évidemment, malgré la prise de conscience, la réindustrialisation de la filière pharmaceutique en Europe est encore loin d’être réalisée.

Plus de 3 700 médicaments ont connu des pénuries ou des tensions d’approvisionnement en 2022 en France et le chiffre risque d’augmenter en 2023, avec 3 500 déclarations de rupture ou risque de rupture à la fin du mois d’août, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). A la date du 18 octobre, les pharmacies étaient déjà à flux tendus sur plusieurs médicaments majeurs de l’hiver, selon un recensement de l’ANSM. Les stocks de certaines formes d’amoxicilline, de paracétamol, de prednisolone ou de fluticasone étaient ainsi inférieurs à sept jours, voire à trois jours, contre un stock de plus de sept jours dans une situation considérée comme normale.

Aurélien Rousseau a rappelé sur France Inter que le gouvernement s’attaquait aux problèmes des pénuries en « relocalisant en France la production de 25 médicaments stratégiques » et en travaillant à la meilleure disponibilité de « 450 médicaments essentiels ».

L’Union européenne s’est aussi saisie du sujet. La Commission a dévoilé, fin octobre, son plan pour remédier aux pénuries, annonçant notamment le lancement d’un mécanisme européen de solidarité volontaire en matière de médicaments, dès octobre.

Parmi les autres mesures dévoilées, on trouve aussi l’autorisation de dérogations réglementaires à partir de 2024, par exemple en prolongeant la durée de conservation de certaines molécules ou l’acquisition de stocks conjoints à l’UE pour l’hiver prochain.

« Difficile de savoir si ces mesures seront suffisantes pour passer l’hiver, car on n’a pas encore assez de recul. » pour Bruno Maleine, représentant des officines à l’Ordre national des pharmaciens

Parmi les pistes encore à creuser, il estime, comme de nombreux observateurs, qu’il « faut s’interroger sur la rentabilité » des médicaments pour les industriels… c’est-à-dire leur prix.

Le pharmacien pointe par ailleurs que la vente à l’unité n’est pour l’instant pas « adaptée » à la façon dont sont conçus les médicaments.

Médicaments : moins remboursés à l’avenir ?

Médicaments : moins remboursés à l’avenir ?

Pour le gouvernement, il faut enrayer rapidement le plongeon du déficit de la Sécu, qui tombe plus bas que prévu. L’objectif est de le limiter à 11,2 milliards d’euros l’an prochain (contre 8,8 milliards cette année).

En cause, notamment les arrêts maladie (+ 8 % en 2022), un phénomène que les experts ne parviennent pas à expliquer totalement. Mais aussi les médicaments, les actes de biologie, etc. Les caisses se vident d’autant plus vite qu’en France le reste à charge (la somme non remboursée par l’Assurance maladie et les mutuelles) est le plus faible du monde, représentant 14 % de la facture.

Le projet de loi de finances 2024 de la Sécurité sociale prévoit déjà 1 milliard d’euros d’économies sur les prix des médicaments, un déremboursement des frais dentaires pour un demi-milliard d’euros, une ponction de 1,6 milliard d’euros sur les profits de l’industrie pharmaceutique…

La solution évoquée au sein de l’exécutif consiste à pousser les médecins à prescrire, rapidement, moins de médicaments et d’arrêts maladie. Une négociation avec leurs syndicats va s’engager en novembre, son ordre du jour s’est étoffé.

Cette semaine, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a envoyé une lettre de cadrage au directeur de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, pour fixer les objectifs. Notamment freiner les indemnités journalières, le transport médical, les antibiotiques… Il s’agirait d’obtenir un engagement de modération des praticiens en contrepartie d’une nouvelle augmentation de leurs honoraires. Le tarif de la consultation (en secteur 1) passera déjà en novembre de 25 euros à 26,50 euros. Le climat semble plus propice au dialogue qu’avant l’été.

Médicaments : vente à l’unité ou l’art d’organiser la pagaille dans les pharmacies

Médicaments : vente à l’unité ou l’art d’organiser la pagaille dans les pharmacies

L’exécutif va rendre obligatoire la vente à l’unité de certains antibiotiques. Le seul problème c’est que le conditionnement actuel des médicaments n’est guère prévu pour cette vente à l’unité. Il faudrait revoir pour cela la politique industrielle, les modes de conditionnement et la politique logistique voire d’organisation interne des pharmacies et autres distributeurs. Sans parler des questions de sécurité sanitaire. En vérité, ce qui est en cause c’est l’abandon de l’industrie pharmaceutique par les autorités politiques, aussi la très mauvaise gestions de la Sécurité sociale et notre dépendance vis-à-vis de l’étranger ( la Chine en particulier).

««Découper les blisters (coques d’emballage, NDLR), ce n’est pas la bonne réponse. En termes de traçabilité en numéro de lot, c’est une vraie galère», estimait récemment le président de l’union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo). «Il n’y a pas de consensus sur la délivrance à l’unité d’un point de vue industriel», souligne le lobby des laboratoires pharmaceutiques (Leem).

Contacté, le ministère de la Santé n’a pas fourni plus de détails sur cette annonce. Mais celle-ci permet notamment à Emmanuel Macron de respecter une promesse de campagne, évoquée en janvier 2017. «Je m’engage à la généralisation de la vente à l’unité du médicament», avait-il alors annoncé, sans se douter que les pénuries de médicaments se multiplieraient au fil des ans.

Santé- La lumière pour réguler l’effet des médicaments ?

santé- La lumière pour réguler l’effet des médicaments ?

L’idée de soigner le corps humain par la lumière ne date pas d’hier. Hérodote d’Halicarnasse affirmait que la lumière du soleil est indispensable à notre santé, et il tentait déjà de restaurer cette dernière par l’emploi de « l’héliothérapie » au temps de la Grèce antique. De nos jours, la lumière est reconnue comme essentielle à la production de vitamine D (pour la prévention de l’ostéoporose) et de mélanine (un pigment protecteur de la peau), et elle est encore utilisée pour traiter quelques pathologies, comme certaines formes de jaunisse du nouveau-né. Mais si nous savons que la lumière peut interagir avec des éléments du corps, peut-on pour autant l’utiliser pour agir sur les médicaments que l’on consomme ? Certaines molécules peuvent en effet changer de conformation (leur forme en trois dimensions) en présence de lumière. Dans le cas où seule l’une des formes possède une activité biologique, on peut ainsi envisager d’activer ou de désactiver l’effet du médicament à la demande par irradiation lumineuse. De plus, certaines lumières (rouge et infrarouge notamment) peuvent traverser la peau et les tissus, et permettent de cibler avec une grande précision l’organe atteint, tout en étant peu invasives et facilement applicables.

par
Romain Haudecoeur
Chercheur en chimie–biologie, Université Grenoble Alpes (UGA)

Letícia da Mata Lazinski
Doctorante en chimie, Université Grenoble Alpes (UGA)

Morane Beaumet
Chercheuse en chimie, Université Grenoble Alpes (UGA)
dans The Conversation

Cette idée présente un intérêt considérable : elle permettrait, pour prendre seulement deux exemples de problématiques de santé mondiale, d’éviter l’émergence de résistances bactériennes dues à la dissémination incontrôlée d’antibiotiques, ou de réduire les effets secondaires liés à la toxicité de la chimiothérapie.

Comme souvent à l’interface chimie – biologie, elle repose sur l’observation d’un phénomène naturel : le mécanisme permettant la vision animale au cours duquel intervient une molécule : le rétinal (un dérivé de la vitamine A, elle-même produite par le corps à partir des β-carotènes, d’où l’idée, partiellement vraie, selon laquelle manger des carottes serait bon pour la vue). Dans l’obscurité, le rétinal est liée à une protéine, nommée opsine, sous une forme coudée. Mais quand les yeux sont exposés à la lumière, il adopte subitement une forme linéaire, qui provoque son détachement de l’opsine. Ce phénomène engendre une série de réactions et mène finalement à la réception d’un signal électrique par le cerveau, qui le traduit par une image visuelle.

Le rétinal est donc ce qu’on appelle un « photoswitch », une molécule photosensible capable de changer de forme sous l’effet de la lumière : en fonction de celle-ci, il interagit ou non avec une protéine.

Et si ce concept pouvait être étendu à certains médicaments, qui, selon leur forme, pourraient délivrer leur action ou non ? En effet, après son administration, un médicament classique diffuse dans le corps et agit certes sur sa cible, mais souvent sur d’autres parties du corps également, ce qui produit des effets secondaires. Dans le cas d’un médicament « photoswitch », celui-ci est administré sous une forme inactive, et c’est uniquement lorsqu’il est exposé à la lumière qu’il change de forme et exerce son action. Son impact est donc réduit à la zone irradiée, pendant un temps déterminé, et le reste du corps et de l’environnement peut plus facilement être épargné. On parle de photopharmacologie, par opposition à la pharmacologie classique.

Cette discipline est encore émergente, et les « photoswitchs » viennent seulement d’atteindre les premiers tests cliniques de phase 1, comme la molécule « KIO-301 » de la société Kiora Pharmaceuticals développée pour le traitement de la rétinite pigmentaire, une maladie génétique grave qui entraîne progressivement la perte de la vision.

Mais depuis une dizaine d’années, plusieurs équipes de recherche travaillent sur le développement d’applications de ce concept, principalement en introduisant un motif azobenzène sur des molécules bioactives existantes. L’azobenzène fait partie des structures chimiques capables de changer de forme sous l’effet de la lumière, il est notamment employé dans la fabrication de colorants et pigments azoïques utilisés traditionnellement en teinture et peinture, pour obtenir des nuanciers du jaune au rouge.

La modification chimique d’antibiotiques comme la ciprofloxacine, pour les rendre réactifs à la lumière, est un exemple emblématique décrit par l’équipe du prix Nobel de chimie Ben L. Feringa. Inactives ou peu actives contre les bactéries sous leur forme d’origine, ces molécules acquièrent sous irradiation de lumière UV des propriétés antibiotiques. Ainsi, l’action du médicament peut être contrôlée dans le temps et dans l’espace, et la courte durée de vie de la forme irradiée (quelques heures, après quoi la molécule retrouve spontanément sa forme d’origine) permet d’éviter toute persistance d’une activité antibiotique dans l’environnement.

Dans le même esprit, la modification de la structure du méthotrexate, un médicament largement utilisé en thérapie anticancéreuse mais aux effets secondaires sévères (dépression, cirrhose hépatique, pneumonie, etc.), a permis la découverte du phototrexate, sa version « photoswitch ».

Si la forme d’origine du phototrexate n’a pas d’effet, son exposition aux UV lui fait adopter une autre forme, dont la toxicité est proche de celle du méthotrexate. Des expériences in vivo réalisées par les équipes de Soler et Gorostiza sur des embryons de poisson-zèbre traités cinq jours avec le phototrexate ont permis de montrer que si les embryons maintenus dans le noir ont mené à une faible mortalité au bout de cinq jours, d’autres individus irradiés par des UV deux fois par jour ont subi une augmentation du taux de mortalité d’un facteur huit, signe de l’activation du médicament sous l’effet de la lumière (la lumière seule n’ayant pas d’effet significatif sur cinq jours). Des molécules comme le phototrexate pourraient permettre de délivrer une action cytotoxique en irradiant spécifiquement une tumeur, sans altérer les autres parties du corps qui ne recevraient que la forme inactive du médicament.

D’autres domaines bénéficieraient de la possibilité de contrôler précisément l’effet d’un médicament. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer par exemple, la quantité d’acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué dans le processus de mémoire, est réduite, ce qui déclenche des problèmes de mémoire. Une solution consiste alors à inhiber l’action des cholinestérases, des enzymes qui dégradent l’acétylcholine (c’est l’effet du donépézil par exemple, l’un des rares traitements commercialisés de la maladie), mais un contrôle précis de leur activité est difficile à atteindre avec des thérapies classiques. Récemment, une équipe est parvenue à élaborer une molécule de type « photoswitch » capable d’inhiber l’action de la butyrylcholinestérase sous l’effet de la lumière UV. Cette molécule apparaît comme dix fois plus active sous sa forme irradiée que sous sa forme d’origine lors des tests sur l’enzyme isolée, mais elle produit un effet de type « tout ou rien » sur des modèles de souris présentant les caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. En effet, si lors de l’injection du produit non irradié, aucune amélioration notable de la mémoire des souris déficientes n’est remarquée, le traitement avec la forme irradiée permet un retour complet au comportement normal, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour ajuster plus finement l’équilibre chimique du cerveau des patients atteints.

Ces différentes études ont permis de valider des preuves de concept décisives en ce qui concerne l’efficacité de traitements photopharmacologiques in vitro et in vivo. Néanmoins, la transposition de ces résultats vers l’utilisation clinique représente un enjeu et un défi de taille. En effet, l’utilisation systématique du motif azobenzène dans les « photoswitchs » actuels s’accompagne de certains défauts potentiellement rédhibitoires dans un contexte thérapeutique, comme l’utilisation de lumière UV, qui pénètre mal dans l’organisme et peut s’avérer nocive.

Avec d’autres équipes de chimistes, nous tentons de développer des structures alternatives pour surmonter ces difficultés, comme les hémiindigoïdes ou les phénylazothiazoles, activables et désactivables par la lumière visible. Les molécules visées doivent idéalement répondre à trois critères aussi cruciaux que difficiles à atteindre. Elles doivent pouvoir changer de forme efficacement dans l’eau et/ou dans un milieu biologique ; ce changement de forme doit intervenir sous irradiation d’une lumière visible située le plus possible du côté rouge de l’arc-en-ciel, afin de pénétrer profondément dans l’organisme pour toucher par exemple des organes internes ; et la forme irradiée doit mener à une forte augmentation de l’activité biologique par rapport à la forme initiale. Ce subtil équilibre entre les différentes propriétés souhaitées pour un médicament photopharmacologique optimal constitue l’un des principaux défis dans le domaine, et relève d’une véritable orfèvrerie moléculaire.

Santé- Relocaliser la production de médicaments

Santé- Relocaliser la production de médicaments

par Zeliha Chaffin dans Le Monde

Une stratégie européenne est nécessaire afin de remédier à la régression de l’industrie française, amorcée au tournant des années 1990 et récemment mise en lumière par la pénurie et la crise due au Covid-19.
Après un hiver de pénuries de médicaments, le printemps n’aura guère apporté de soulagement aux 21 000 officines de l’Hexagone. Ni d’ailleurs aux hôpitaux. Certes, le paracétamol et l’amoxicilline ont peu à peu fait leur retour sur les étagères, mais ils ne constituent qu’un mince aperçu de l’ampleur des difficultés observées sur le terrain. En 2022, plus de 3 500 signalements de ruptures de stocks et de tensions d’approvisionnement ont été enregistrés auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Un chiffre vertigineux comparé aux 1 500 déclarations recensées trois ans plus tôt, et qui, déjà à l’époque, affolait les professionnels de santé. Leurs cris d’alarme n’avaient toutefois guère trouvé d’écho auprès des pouvoirs publics.

Depuis, le Covid-19 est passé par là. Les Français ont compris à quel point le pays avait perdu la main sur sa production. Champion européen il y a encore quinze ans, l’Hexagone n’occupe désormais que le cinquième rang des fabricants de produits de santé, derrière la Suisse, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le constat est amer. Car le recul français s’inscrit dans celui, plus large, du continent dans son ensemble. En effet, 40 % des médicaments commercialisés dans l’Union européenne proviennent aujourd’hui de pays situés en dehors du continent, tandis que 60 % à 80 % des principes actifs pharmaceutiques sont produits en Chine et en Inde.

Pour appréhender l’étendue de cette régression, un bref retour en arrière s’impose. Au tournant des années 1990, l’Europe est alors la pharmacie du monde. Mais elle se voit peu à peu concurrencée par la Chine et l’Inde, qui profitent de l’essor des médicaments génériques pour développer leurs industries de chimie fine. Avec leurs coûts de production imbattables grâce à une main-d’œuvre abondante et peu chère, auxquels s’ajoute l’absence de contraintes réglementaires environnementales, les deux pays attirent les laboratoires pharmaceutiques, qui y voient un bon moyen de produire à moindres frais de vieux médicaments dont les marges s’étiolent. Dans les années 2000, le mouvement de délocalisation s’accélère. La France laisse filer ses usines à l’étranger sans que l’Etat s’en émeuve. En quête d’économies pour combler le déficit de la Sécurité sociale, les pouvoirs publics voient même ces départs comme une occasion de baisser encore les prix de vente.

La volte-face opérée depuis la crise due au Covid-19 est spectaculaire. Du moins dans les intentions. En Ardèche, Emmanuel Macron a déroulé sa feuille de route, le 13 juin, pour accélérer cette stratégie de « reconquête sanitaire » et déjouer la « fatalité » de la désindustrialisation du pays. Dans sa besace, la relocalisation d’une cinquantaine de médicaments – identifiés au sein d’une liste plus large de 450 médicaments estampillés « essentiels » – jugés particulièrement vulnérables sur le plan industriel, qui sera pour la moitié lancée « dans les prochaines semaines ».

Santé : trop de médicaments qui ne servent pas à grand-chose

Santé : trop de médicaments qui ne servent pas à grand-chose

Il n’est plus acceptable de proposer une offre de soins excessive et énergivore, affirme, dans une tribune au « Monde », le médecin hospitalier Pierre-Vladimir Ennezat, qui dresse une liste de médicaments aux profits discutables ou sans aucune donnée solide disponible.

Le ministère de la santé a communiqué en juin la liste des médicaments essentiels, après de longues années de pénuries dont les origines sont variées. La globalisation des affaires a conduit à la délocalisation de la production des trois quarts des principes actifs en Inde et en Chine. La relocalisation de l’industrie pharmaceutique permettra de préserver la sécurité de nos approvisionnements en médicaments pour nos concitoyens, dont les contributions obligatoires financent notre santé.

Définir le caractère essentiel d’une thérapeutique est un exercice acrobatique et périlleux. Améliorer la qualité de vie, les symptômes, soulager toujours et le plus souvent possible, accroître la quantité de vie sont des objectifs essentiels des professionnels de santé. Par exemple, les traitements anticonvulsivants, antituberculeux et antiviraux, antibiotiques, anticancéreux, anticoagulants, de l’asthme, l’insulinothérapie, les corticoïdes, l’utilisation des solutions antiseptiques atteignent sans ambiguïté ces objectifs. De même, analgésiques, anesthésiques, médicaments cardiotoniques et vasopresseurs, antidotes sont les incontournables de la médecine intensive.

Cependant, à l’aune de la dérive et des aléas climatiques, du déficit hydrique croissant et des pollutions diverses de l’air, des sols et des nappes phréatiques, il n’est plus acceptable de proposer une offre de soins excessive et énergivore. La sécheresse historique qui a sévi en Chine en 2022 a d’ailleurs pu contribuer au ralentissement des productions industrielles.

Cette liste essentielle devrait donc éliminer de facto les thérapeutiques ayant des bénéfices douteux ainsi que les médicaments dits « moi aussi » (me-too drugs), qui sont essentiellement des copies de molécules originales ; la principale motivation des firmes pour développer de tels médicaments sans originalité étant marketing.

On peut donc s’interroger sur la pertinence de proposer cinq inhibiteurs de la pompe à protons pour le traitement de l’ulcère gastro-duodénal et du reflux gastro-œsophagien, sachant par exemple que la commercialisation de l’ésoméprazole (laboratoire AstraZeneca), molécule isomère S de l’oméprazole (laboratoire Astra), a généré par le passé une dépense exorbitante et inutile pour la Sécurité sociale.

Santé et médicaments – Relocalisation de la production: Du pipeau !

Santé et médicaments – Relocalisation de la production: Du pipeau !

Une nouvelle fois Macon annonce sa volonté de relocaliser une grande partie en tout cas une partie significative des médicaments. D’une certaine manière, une annonce encore bidon d’une part parce que la production annoncée précédemment n’a pas été tenue par exemple concernant le paracétamol et bien d’autres et surtout parce que pour nombre de médicaments les principes actifs viennent de Chine et continueront de l’être. Pour inverser la tendance il faudrait investir des milliards et non pas quelques dizaines de millions.

L’accent sera mis sur cette cinquantaine de produits dont la production devra donc être «absolument (…) relocalisée» en France. Mais le gouvernement a identifié une liste de 450 médicaments au total qui sont jugés «essentiels» et «sur lesquels on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse». «Dans les mois et les années qui viennent on doit absolument sécuriser les chaînes (de production de ces 450 médicaments essentiels), soit en relocalisant totalement soit en diversifiant et en continuant d’innover», a précisé Emmanuel Macron. La liste exhaustive devait être communiquée mardi après-midi par le ministre de la Santé, François Braun.

Ces annonces interviennent alors que l’année 2022 a été marquée par de nombreux manques, alors que plus de 3500 molécules ont été en rupture de stock ou en risque de rupture l’an dernier. Selon l’étude BVA réalisée pour France Assos Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, souligne ainsi l’Élysée. La situation devrait rester tendue un moment, a prévenu le chef de l’État : «On aura encore des situations d’urgence dans les prochains mois et les prochaines années», a-t-il mis en garde.

Santé- Relocalisation de la production de médicaments: Du pipeau !

santé- Relocalisation de la production de médicaments: Du pipeau !

Une nouvelle fois Macon annonce sa volonté de relocaliser une grande partie en tout cas une partie significative des médicaments. D’une certaine manière, une annonce encore bidon d’une part parce que la production annoncée précédemment n’a pas été tenue par exemple concernant le paracétamol et bien d’autres et surtout parce que pour nombre de médicaments les principes actifs viennent de Chine et continueront de l’être.

L’accent sera mis sur cette cinquantaine de produits dont la production devra donc être «absolument (…) relocalisée» en France. Mais le gouvernement a identifié une liste de 450 médicaments au total qui sont jugés «essentiels» et «sur lesquels on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse». «Dans les mois et les années qui viennent on doit absolument sécuriser les chaînes (de production de ces 450 médicaments essentiels), soit en relocalisant totalement soit en diversifiant et en continuant d’innover», a précisé Emmanuel Macron. La liste exhaustive devait être communiquée mardi après-midi par le ministre de la Santé, François Braun.

Ces annonces interviennent alors que l’année 2022 a été marquée par de nombreux manques, alors que plus de 3500 molécules ont été en rupture de stock ou en risque de rupture l’an dernier. Selon l’étude BVA réalisée pour France Assos Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, souligne ainsi l’Élysée. La situation devrait rester tendue un moment, a prévenu le chef de l’État : «On aura encore des situations d’urgence dans les prochains mois et les prochaines années», a-t-il mis en garde.

Médicaments-Relocalisation de la production : Du pipeau !

Médicaments-Relocalisation de la production : Du pipeau !

Une nouvelle fois Macon annonce sa volonté de relocaliser une grande partie en tout cas une partie significative des médicaments. D’une certaine manière, une annonce encore bidon d’une part parce que la production annoncée précédemment n’a pas été tenue par exemple concernant le paracétamol et bien d’autres et surtout parce que pour nombre de médicaments les principes actifs viennent de Chine et continueront de l’être. Enfin Le montant de l’aide de l’État autour de 150 millions et ridicules face aux enjeux financiers de plusieurs milliards. Bref encore un discours de politique électorale de la part de Macron.

L’accent sera mis sur cette cinquantaine de produits dont la production devra donc être «absolument (…) relocalisée» en France. Mais le gouvernement a identifié une liste de 450 médicaments au total qui sont jugés «essentiels» et «sur lesquels on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse». «Dans les mois et les années qui viennent on doit absolument sécuriser les chaînes (de production de ces 450 médicaments essentiels), soit en relocalisant totalement soit en diversifiant et en continuant d’innover», a précisé Emmanuel Macron. La liste exhaustive devait être communiquée mardi après-midi par le ministre de la Santé, François Braun.

Ces annonces interviennent alors que l’année 2022 a été marquée par de nombreux manques, alors que plus de 3500 molécules ont été en rupture de stock ou en risque de rupture l’an dernier. Selon l’étude BVA réalisée pour France Assos Santé en mars 2023, 37% des Français ont été confrontés à des pénuries en pharmacie, souligne ainsi l’Élysée. La situation devrait rester tendue un moment, a prévenu le chef de l’État : «On aura encore des situations d’urgence dans les prochains mois et les prochaines années», a-t-il mis en garde.

Manque de médicaments : relocalisation très insuffisante

Manque de médicaments : relocalisation très insuffisante

Interrogée par Franceinfo, Nathalie Coutinet, économiste de la santé et autrice de L’économie du médicament (La découverte, 2018), analyse les solutions avancées par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a annoncé la relocalisation de 25 médicaments « dans les prochaines semaines ». Cela permettra-t-il d’éviter de nouvelles pénuries hivernales ?

Nathalie Coutinet : Non, car on a enregistré des pénuries pour environ 3 500 molécules cette année. Mais c’est un premier pas important pour sortir de la situation de pénurie pour un certain nombre de molécules dites « essentielles ». Selon la liste qui doit être dévoilée par le ministère de la Santé, il y a 450 molécules qui posent souci, donc 25 ou 50 molécules relocalisées, c’est insuffisant.

Les médicaments qui sont visés sont ceux qui ont manqué dans la période récente et qui, effectivement, sont importants. Concernant l’amoxicilline, citée par Emmanuel Macron, c’est surtout la version pédiatrique qui a manqué cet hiver, pour des raisons de cartonnage et de flacon. C’est pourquoi, même si relocaliser est essentiel, car le plus important dans la production de médicaments reste son principe actif, cela ne résout pas tout.

Quel regard portez-vous sur l’investissement de « plus de 160 millions d’euros » mis en avant par le chef de l’Etat ?

On ne sait pas de quoi sont composés et comment seront répartis ces 160 millions. De plus, comment sont financées ces relocalisations ? En partie par de l’argent public. Est-ce que les firmes vont mettre la main à la pâte ? Je n’en suis pas sûre.

Dans la liste énumérée par Emmanuel Macron, figurent des entreprises comme Sanofi et GSK. Ces mêmes entreprises ont délocalisé pour accroître leurs profits et les dividendes versés aux actionnaires. Pourquoi l’argent public viendrait financer ces relocalisations ? Néanmoins, si cet argent sert à financer des petits producteurs indépendants, ça pourra être intéressant de les inciter à continuer à produire sur le sol français et à rester sur ce territoire.

Le président de la République appelle aussi à « relancer la relocalisation et le renforcement des capacités de production au niveau européen »…

Le problème, c’est qu’en Europe, nous ne sommes pas autosuffisants en matière d’approvisionnement. De plus, la situation concernant la recherche et le développement se détériore à vue de nez en France et dans l’Union européenne. Le Vieux Continent n’est plus capable de découvrir des médicaments au même rythme que les Etats-Unis. Aujourd’hui, les molécules qui sortent sur le marché viennent principalement d’outre-Atlantique. Cela crée un phénomène de double dépendance.

Il est évident que la France ne peut pas relocaliser seule l’intégralité des 450 médicaments présents sur la liste du gouvernement. Ce ne serait pas intéressant économiquement, car d’autres pays européens disposent également de compétences pharmaceutiques. C’est pourquoi il faut absolument que les pays membres de l’Union européenne s’y mettent de manière coordonnée.

Pour des médicaments plus accessibles ?

Pour  des médicaments plus accessibles ?

 

Pierre Dubois et Stéphane Straub, professeurs d’économie à TSE, suggèrent  dans la Tribune que l’achat centralisé par le secteur public et l’augmentation de la concurrence peuvent réduire considérablement les prix des produits pharmaceutiques pour ceux qui en ont besoin.

 

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, les prix des médicaments essentiels, tels que les traitements contre le cancer, les antirétroviraux et les antibiotiques, varient considérablement, les prix locaux étant parfois plusieurs fois supérieurs au niveau de référence international le plus bas pour les équivalents génériques. Par exemple, parmi un groupe de neuf molécules communes achetées par les pays inclus dans notre analyse, le prix moyen entre les pays varie d’un facteur 16. Même au sein des pays, les données montrent des variations allant jusqu’à 300 % selon les canaux d’approvisionnement. Les prix élevés épuisent les budgets de santé publique et génèrent des lacunes en matière d’accès, en particulier pour les plus démunis.

La question des brevets

Les achats groupés – par lesquels plusieurs acheteurs, qu’il s’agisse d’institutions d’un seul pays ou d’agences sanitaires de plusieurs pays, regroupent leurs achats – sont un mécanisme clé pour réduire les prix. Cependant, la recherche économique sur la question de l’accès abordable aux médicaments s’est surtout concentrée sur la question des brevets sur laquelle se focalise également le débat public. Mais les brevets n’expliquent pas les fortes majorations pratiquées, étant donné que la plupart des médicaments achetés dans les pays en développement sont génériques, c’est-à-dire qu’ils ne sont plus protégés par des brevets.

Notre étude suggère que d’autres facteurs – tels que le pouvoir de marché des fournisseurs et la taille des acheteurs, ainsi que le type de mécanisme d’approvisionnement – jouent un rôle crucial dans la détermination des prix locaux, en particulier pour les médicaments non brevetés. Nous avons analysé les données de sept pays en développement de 2015 à 2017 : Afrique du Sud, Inde, Philippines, Sénégal, Serbie, Tunisie et Zambie. Nous avons étudié les quantités vendues et les dépenses pour un éventail très large de médicaments, notamment les antibiotiques, les antihypertenseurs et les contraceptifs.

Notre principale conclusion est que la centralisation des achats permet aux acheteurs publics d’obtenir des prix plus bas. Nous constatons également que la réduction est plus faible lorsque les fournisseurs ont plus de pouvoir de marché. En effet, cette réduction disparaît lorsque le secteur public est confronté à une forte concentration de fournisseurs pour un produit donné.

Nous suggérons que la concentration de la demande peut renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs publics, leur permettant d’obtenir des prix plus compétitifs. En outre, les acheteurs centralisés sont susceptibles d’acheter de plus grandes quantités, ce qui leur permet d’obtenir des réductions de prix sur les commandes plus importantes. Ces deux mécanismes sont difficiles à démêler, dans la mesure où ils interviennent simultanément. Nos résultats ont également des implications concernant les politiques publiques favorisant l’augmentation de la concurrence du côté de l’offre. De telles politiques pourraient générer une baisse importante des prix des médicaments dans les pays qui les mettent en place.

Les rivières aussi polluées les médicaments

Les rivières aussi polluées les médicaments

 Une étude publiée lundi 14 février dans la revue de l’Académie des sciences américaine ( PNAS ), permet de prendre conscience de l’ ampleur du phénomène. Selon elle, l’écrasante majorité des rivières étudiées sont contaminées par des résidus médicamenteux , et un quart des sites échantillonnés présentent même des niveaux de pollution supérieurs à ceux considérés comme sans danger pour les humains et les organismes aquatiques.

L’analyse des échantillons a porté sur 61 substances médicamenteuses parmi les plus couramment utilisées : antibiotiques , analgésiques, anti-inflammatoires, antihistaminiques, antidiabétiques, antidépresseurs, stimulants (comme la caféine). Et ces médicaments, consommés à travers le globe, ont pollué les rivières du monde entier, représentant « une menace mondiale pour l’environnement et la santé humaine », selon les auteurs de l’étude.

Troisième dose vaccin : l’agence européenne des médicaments contredit Macron

Troisième dose vaccin : l’agence européenne des médicaments contredit Macron

 

Macron à la recherche un peu désespérée de soutien populaire a fait de la crise sanitaire l’essentiel de son champ d’intervention. Ainsi il se répand sur les réseaux sociaux et annonce notamment une troisième vaccination pour les personnes âgées fragiles. Une annonce sans doute un peu prématurée car contestée par l’agence européenne des médicaments.

. Selon l’agence, à date, les données ne sont pas suffisantes pour recommander l’administration d’une troisième dose de vaccin contre le Covid-19, a-t-elle déclaré vendredi, après que plusieurs pays de l’UE ont annoncé le déploiement d’une campagne de rappels pour les plus vulnérables dès septembre.

« Nous nous préparons, comme les autres pays européens, à faire cette troisième dose pour les personnes qui sont les plus âgées et les plus fragiles. Et nous le ferons à partir de la rentrée », a pourtant annoncé début août le chef de l’Etat dans une vidéo Instagram.

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