Archive pour le Tag 'européenne'

Union européenne désaccord aussi sur le prix du gaz

L’Union européenne ne parvient toujours pas à un accord sur un plafonnement des prix du gaz

En matière de politique d’énergie l’Union européenne pratique la balkanisation en fonction des intérêts de chaque pays. Résultat, l’énergie qui globalement flambe toujours alimente une inflation record à 10 %. Nouveau désaccord en effet des ministres européens de l’Energie, réunis mardi 13 décembre à Bruxelles sur un plafonnement des prix du gaz à l’échelle de l’Union européenne (UE).

En réponse aux demandes répétées de certains pays membres de l’UE, la Commission européenne a proposé le mois dernier un plafonnement des prix du gaz dans l’espoir de contrer l’impact de la réduction des livraisons de gaz naturel russe cette année et la flambée des prix de l’énergie. Mais de profondes divisions demeurent au sein de l’UE sur les modalités d’une telle mesure, et la réunion de mardi n’a pas permis d’aboutir à une décision finale.

La Grèce et d’autres pays comme la Belgique, la Pologne et l’Italie affirment qu’un plafond est nécessaire pour protéger leurs économies des prix élevés de l’énergie, tandis que l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche craignent que les producteurs livrent ailleurs qu’en UE.

À la recherche d’un compromis, la République tchèque – qui assure la présidence tournante de l’UE – a abaissé une précédente proposition de plafonnement dans une fourchette de 200 à 220 euros par mégawattheure sur une période de trois à cinq jours sur le contrat à un mois sur la plate-forme néerlandaise TTF (Title Transfer Facility), et si les prix sont supérieurs de 35 euros à un prix de référence pour le gaz naturel liquéfié (GNL).

Le projet de proposition précédent prévoyait le déclenchement du plafonnement si les prix dépassent 220 euros par mégawattheure pendant cinq jours. La position française pourrait être décisive dans ce dossier. Initialement favorable à un plafonnement des prix, elle a exprimé la semaine dernière son inquiétude quant aux retombées potentielles sur les marchés financiers, selon trois diplomates de pays de l’UE.

Finances- Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Finances- Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Le rêve pour les brexiteurs de faire de Londres « Singapour sur Tamise » s’écroule; pire, la bourse de Paris dépasse maintenant en volume de capitalisation la bourse de Londres. Une réalité financière mais surtout aussi un symbole politique .

Les partisans du Brexit avaient pourtant entretenu l’illusion qu’au contraire Londres pourrait devenir encore davantage la bourse de référence de l’Europe en se séparant des contraintes de l’Union européenne. Le problème heureusement, c’est que tout n’est pas que spéculation et qu’il y a des réalités économiques qu’il faut prendre aussi en compte. Or dans la crise actuelle l’Europe parvient à s’en sortir nettement mieux que la Grande-Bretagne qui se retrouve isolée et dont les fondamentaux sont plus mauvais que ceux de l’Europe continentale aussi bien en termes d’inflation, de croissance ou de progression des inégalités.

La Bourse de Paris affiche très précisément une capitalisation de 2.823 milliards de dollars, contre 2.821 milliards pour celle de Londres.

Certaines entreprises ont tout simplement fait leurs adieux à la Bourse de Londres ces dernières années, à l’instar de Ryanair . La compagnie aérienne a préféré protéger sa licence européenne plutôt que ses actionnaires britanniques. Elle a renoncé à sa cotation londonienne au profit de Dublin, toujours dans l’Union européenne. Le groupe minier BHP, l’un des géants du secteur, a, de son côté, mis fin à sa cotation à Londres pour aller se coter en Australie.

La morosité économique du Royaume-Uni a également pesé sur sa devise, un facteur essentiel lorsqu’il s’agit de comparer la Bourse de Londres, où les sociétés sont cotées en livres sterling, et celle de Paris, où règne l’euro. Là aussi, le match est sans appel : la valeur de la devise britannique a plongé de 16 % face à l’euro depuis début 2016, l’année du vote du Brexit, dont une baisse de 4,6 % cette année.

Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Une réalité financière mais surtout aussi un symbole politique le fait que la Bourse de Paris soit passée devant la Bourse de Londres.

Les partisans du Brexit avaient pourtant entretenu l’illusion qu’au contraire Londres pourrait devenir encore davantage la bourse de référence de l’Europe en se séparant des contraintes de l’Union européenne. Le problème heureusement, c’est que tout n’est pas que spéculation et qu’il y a des réalités économiques qu’il faut prendre aussi en compte. Or dans la crise actuelle l’Europe parvient à s’en sortir nettement mieux que la Grande-Bretagne qui se retrouve isolée et dont les fondamentaux sont plus mauvais que ceux de l’Europe continentale aussi bien en termes d’inflation, de croissance ou de progression des inégalités.

La Bourse de Paris affiche très précisément une capitalisation de 2.823 milliards de dollars, contre 2.821 milliards pour celle de Londres.

Certaines entreprises ont tout simplement fait leurs adieux à la Bourse de Londres ces dernières années, à l’instar de Ryanair . La compagnie aérienne a préféré protéger sa licence européenne plutôt que ses actionnaires britanniques. Elle a renoncé à sa cotation londonienne au profit de Dublin, toujours dans l’Union européenne. Le groupe minier BHP, l’un des géants du secteur, a, de son côté, mis fin à sa cotation à Londres pour aller se coter en Australie.

La morosité économique du Royaume-Uni a également pesé sur sa devise, un facteur essentiel lorsqu’il s’agit de comparer la Bourse de Londres, où les sociétés sont cotées en livres sterling, et celle de Paris, où règne l’euro. Là aussi, le match est sans appel : la valeur de la devise britannique a plongé de 16 % face à l’euro depuis début 2016, l’année du vote du Brexit, dont une baisse de 4,6 % cette année.

Croissance Union européenne: Récession annoncée

Croissance Union européenne: Récession annoncée

La récession à partir de la fin de l’année qui était une hypothèse devient une certitude pour la commission européenne. En cause la guerre en Ukraine et notamment ses conséquences sur l’énergie et l’inflation.

D’après la commission européenne, il faut s’attendre à une récession généralisée sur le dernier trimestre de cette année et le premier de 2023, dans « la plupart des Etats membres » .

En conséquence, la progression du PIB l’an prochain a été fortement revue à la baisse, à seulement 0,3% pour les pays partageant la monnaie unique, contre 1,4% attendu jusqu’ici, même si un retour de

L’Europe est particulièrement touchée par les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Elle « fait partie des économies avancées les plus touchées, en raison de sa proximité géographique avec la zone de guerre et de sa forte dépendance aux importations de gaz en provenance de Russie », a souligné la Commission dans un communiqué.

« L’inflation continue de dépasser los prévisions, la forte érosion du pouvoir d’achat a fait chuter la confiance des consommateurs, comme celle des entreprises qui sont confrontées à des coûts de production élevés, des difficultés persistantes d’approvisionnement et un resserrement des conditions de financement ».

Bruxelles a revu en forte hausse sa prévision d’inflation dans la zone euro pour 2023, à 6,1%, contre seulement 4% jusqu’ici. Elle s’attend toutefois à ce que la hausse des prix commence à reculer après un point haut attendu fin 2022.

Croissance Union européenne: Récession en fin d’année ( commission européenne)

Croissance union européenne: Récession en fin d’année ( commission européenne)

La récession à partir de la fin de l’année qui était une hypothèse devient une certitude pour la commission européenne. En cause la guerre en Ukraine et notamment ses conséquences sur l’énergie et l’inflation.

D’après la commission européenne, il faut s’attendre à une récession généralisée sur le dernier trimestre de cette année et le premier de 2023, dans « la plupart des Etats membres » .

En conséquence, la progression du PIB l’an prochain a été fortement revue à la baisse, à seulement 0,3% pour les pays partageant la monnaie unique, contre 1,4% attendu jusqu’ici, même si un retour de

L’Europe est particulièrement touchée par les conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Elle « fait partie des économies avancées les plus touchées, en raison de sa proximité géographique avec la zone de guerre et de sa forte dépendance aux importations de gaz en provenance de Russie », a souligné la Commission dans un communiqué.

« L’inflation continue de dépasser los prévisions, la forte érosion du pouvoir d’achat a fait chuter la confiance des consommateurs, comme celle des entreprises qui sont confrontées à des coûts de production élevés, des difficultés persistantes d’approvisionnement et un resserrement des conditions de financement ».

Bruxelles a revu en forte hausse sa prévision d’inflation dans la zone euro pour 2023, à 6,1%, contre seulement 4% jusqu’ici. Elle s’attend toutefois à ce que la hausse des prix commence à reculer après un point haut attendu fin 2022.

Sur l’ensemble de l’année 2022, Bruxelles table désormais sur une inflation plus forte que prévu à 8,5%, contre 7,6% précédemment.

L’Allemagne, première économie européenne, devrait enregistrer l’an prochain la plus faible performance des pays de l’UE, avec un recul de 0,6% de son PIB, contre une croissance de 0,4% en France, de 1% en Espagne et de 0,3% en Italie.

Union européenne : Double punition avec inflation et récession en 2023

Union européenne : Double punition avec inflation et récession en 2023

Alors que certains s’interrogent encore sur le choix stratégique à faire entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance, la zone euro pourrait bien connaître à la fois la poursuite de la hausse des prix et la réduction de l’activité économique. C’est donc le double handicap pour la zone euro. Elle voit son inflation s’accélérer à 10,7% sur un an en octobre et sa croissance économique ralentir fortement à +0,2% laissant planer le spectre d’une récession.

L’inflation s’accélère encore en Europe avec +10,7% en octobre sur un an contre 9,9% en septembre (chiffre révisé) dans la zone euro (les 19 pays ayant adopté la monnaie unique), selon les chiffres annoncés, ce lundi, par Eurostat.

Sur le front de la croissance économique, les perspectives sont également peu encourageantes Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période juillet-septembre par rapport au trimestre précédent, après avoir déjà mieux résisté que prévu au 2e trimestre (+0,8%).

En France et en Espagne, le PIB a progressé de 0,2% au 3e trimestre, après une hausse respectivement de 0,5% et 1,5% au trimestre précédent, selon des chiffres déjà rendus publics vendredi. En Allemagne, où un recul du PIB était attendu, l’activité de la première économie européenne a en fait progressé de 0,3%, alors que le pays est l’un des plus touchés par la crise énergétique et l’inflation. Quant à l’Italie, le pays a enregistré une croissance de 0,5%, alors que l’ancien gouvernement, dirigé par Mario Draghi, prévoyait un « léger recul » du PIB. De bons résultats qui s’expliquent notamment par la consommation des ménages restée solide cet été en période de vacances et par les mesures de soutien des gouvernements à la demande.
La perspective d’une récession qui inquiète l’Europe depuis plusieurs mois. D’autant que la stratégie de la BCE, pour lutter contre l’inflation en resserrant sa politique monétaire, a pour conséquence de pénaliser la croissance de la zone euro, faisant planer le risque d’une récession.

Une récession cet hiver en zone euro est imminente », ont prévenu les analystes du cabinet Oxford Economics. Le 14 octobre dernier, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, alertait, lui aussi, sur ce risque. Si la croissance du PIB est encore attendue à 3,1% en 2022 en zone euro par l’institution monétaire, la fin de l’année et le début de la suivante offrent « une combinaison très difficile de faible croissance économique, y compris la possibilité d’une récession technique, et d’inflation élevée », avait-il déclaré.

Prévisions économiques Union européenne : inflation forte…. et récession

Prévisions économiques Union européenne : inflation forte…. et récession

Alors que certains s’interrogent encore sur le choix stratégique à faire entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance, la zone euro pourrait bien connaître à la fois la poursuite de la hausse des prix et la réduction de l’activité économique. C’est donc le double handicap pour la zone euro. Elle voit son inflation s’accélérer à 10,7% sur un an en octobre et sa croissance économique ralentir fortement à +0,2% laissant planer le spectre d’une récession.

L’inflation s’accélère encore en Europe avec +10,7% en octobre sur un an contre 9,9% en septembre (chiffre révisé) dans la zone euro (les 19 pays ayant adopté la monnaie unique), selon les chiffres annoncés, ce lundi, par Eurostat.

Sur le front de la croissance économique, les perspectives sont également peu encourageantes Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période juillet-septembre par rapport au trimestre précédent, après avoir déjà mieux résisté que prévu au 2e trimestre (+0,8%).

En France et en Espagne, le PIB a progressé de 0,2% au 3e trimestre, après une hausse respectivement de 0,5% et 1,5% au trimestre précédent, selon des chiffres déjà rendus publics vendredi. En Allemagne, où un recul du PIB était attendu, l’activité de la première économie européenne a en fait progressé de 0,3%, alors que le pays est l’un des plus touchés par la crise énergétique et l’inflation. Quant à l’Italie, le pays a enregistré une croissance de 0,5%, alors que l’ancien gouvernement, dirigé par Mario Draghi, prévoyait un « léger recul » du PIB. De bons résultats qui s’expliquent notamment par la consommation des ménages restée solide cet été en période de vacances et par les mesures de soutien des gouvernements à la demande.
La perspective d’une récession qui inquiète l’Europe depuis plusieurs mois. D’autant que la stratégie de la BCE, pour lutter contre l’inflation en resserrant sa politique monétaire, a pour conséquence de pénaliser la croissance de la zone euro, faisant planer le risque d’une récession.

Une récession cet hiver en zone euro est imminente », ont prévenu les analystes du cabinet Oxford Economics. Le 14 octobre dernier, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, alertait, lui aussi, sur ce risque. Si la croissance du PIB est encore attendue à 3,1% en 2022 en zone euro par l’institution monétaire, la fin de l’année et le début de la suivante offrent « une combinaison très difficile de faible croissance économique, y compris la possibilité d’une récession technique, et d’inflation élevée », avait-il déclaré.

Perspectives Union européenne : inflation forte…. et récession

Perspectives Union européenne : inflation forte…. et récession

Alors que certains s’interrogent encore sur le choix stratégique à faire entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance, la zone euro pourrait bien connaître à la fois la poursuite de la hausse des prix et la réduction de l’activité économique.
C’est donc le double handicap pour la zone euro. Elle voit son inflation s’accélérer à 10,7% sur un an en octobre et sa croissance économique ralentir fortement à +0,2% laissant planer le spectre d’une récession.

L’inflation s’accélère encore en Europe avec +10,7% en octobre sur un an contre 9,9% en septembre (chiffre révisé) dans la zone euro (les 19 pays ayant adopté la monnaie unique), selon les chiffres annoncés, ce lundi, par Eurostat.

Sur le front de la croissance économique, les perspectives sont également peu encourageantes Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période juillet-septembre par rapport au trimestre précédent, après avoir déjà mieux résisté que prévu au 2e trimestre (+0,8%).

En France et en Espagne, le PIB a progressé de 0,2% au 3e trimestre, après une hausse respectivement de 0,5% et 1,5% au trimestre précédent, selon des chiffres déjà rendus publics vendredi. En Allemagne, où un recul du PIB était attendu, l’activité de la première économie européenne a en fait progressé de 0,3%, alors que le pays est l’un des plus touchés par la crise énergétique et l’inflation. Quant à l’Italie, le pays a enregistré une croissance de 0,5%, alors que l’ancien gouvernement, dirigé par Mario Draghi, prévoyait un « léger recul » du PIB. De bons résultats qui s’expliquent notamment par la consommation des ménages restée solide cet été en période de vacances et par les mesures de soutien des gouvernements à la demande.
La perspective d’une récession qui inquiète l’Europe depuis plusieurs mois. D’autant que la stratégie de la BCE, pour lutter contre l’inflation en resserrant sa politique monétaire, a pour conséquence de pénaliser la croissance de la zone euro, faisant planer le risque d’une récession.

Une récession cet hiver en zone euro est imminente », ont prévenu les analystes du cabinet Oxford Economics. Le 14 octobre dernier, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, alertait, lui aussi, sur ce risque. Si la croissance du PIB est encore attendue à 3,1% en 2022 en zone euro par l’institution monétaire, la fin de l’année et le début de la suivante offrent « une combinaison très difficile de faible croissance économique, y compris la possibilité d’une récession technique, et d’inflation élevée », avait-il déclaré.

Le danger économique d’un manque d’unité dans l’Union européenne (FMI)

Le danger économique d’un manque d’unité dans l’Union européenne (FMI)

Kristalina Georgieva, Patronne du FMI, souligne les risques d’un manque d’unité de l’union européenne face à la crise dans le JDD. Exemple concernant la question du bouclier tarifaire de l’énergie. Une critique indirecte de la France en conflit avec l’Allemagne sur ce point. La patronne du FMI prévoit que la moitié des pays de l’union européenne seront en récession en 2023. Selon elle, « L’Europe se trouve actuellement dans la position la plus difficile, sous la pression des tensions commerciales causées par l’augmentation des prix de l’énergie et de l’alimentation ». « L’Europe est plus vulnérable, notamment à cause de la dépréciation monétaire », estime-t-elle.

Quels sont les principaux facteurs qui pourraient causer une récession ?
Les chocs successifs : la pandémie, suivie par la guerre en Ukraine, qui a amplifié l’inflation et l’a installée dans la durée. La hausse des prix devient de ce fait bien plus difficile à endiguer. C’est un risque majeur pour l’économie mondiale pour deux raisons essentielles : l’inflation frappe plus durement les plus précaires. Et sape la confiance des investisseurs comme des consommateurs.

Toutes les économies connaissent-elles un ralentissement ?
Les trois grands moteurs mondiaux de la croissance – l’Union européenne, la Chine et les États-Unis – freinent simultanément. L’Europe se trouve actuellement dans la position la plus difficile, sous la pression des tensions commerciales causées par l’augmentation des prix de l’énergie et de l’alimentation. En Chine, selon nos prévisions, la croissance faiblit en partie en raison de la politique zéro Covid menée par les pouvoirs publics, ainsi que des difficultés dans le secteur immobilier. Les États-Unis se montrent plus résilients pour l’instant, même si le rythme de la croissance décélère. Les conséquences des hausses des taux d’intérêt ne se sont pas encore réellement fait sentir, mais l’accès au crédit se tend, comme le démontre le tassement du marché des emprunts immobiliers. L’année 2023 y sera également difficile.

Nos prévisions situent la moitié des économies de la zone euro en récession technique, soit deux trimestres consécutifs de croissance négative. Et même trois trimestres pour l’Italie et l’Allemagne. Face à une chute globale de l’activité – que nous estimons potentiellement en deçà de 2,7 % dans le monde en 2023 –, l’Europe est plus vulnérable, notamment à cause de la dépréciation monétaire. Mais l’UE a démontré pendant la crise sanitaire une remarquable capacité d’unité avec le déploiement de mesures efficaces. Elle peut en faire autant face à la crise énergétique en harmonisant les mesures prises pour lutter contre ses conséquences. L’autre élément positif, c’est qu’une tragédie – une guerre sur le sol européen – a néanmoins donné un élan nécessaire à la transition énergétique. Il n’a jamais été plus urgent de s’affranchir de la dépendance aux énergies fossiles. Il y va de la survie de l’humanité.

L’Europe peine actuellement à élaborer une stratégie commune. Est-ce inquiétant ?
Après sept ans à Bruxelles et de nombreuses nuits blanches à travailler à l’élaboration de consensus, je suis convaincue que l’Europe saura se ressaisir pour défendre son économie et ses citoyens. Il s’agit d’un moment très difficile, nous devons le reconnaître. Davantage encore que pendant la pandémie, où il s’agissait d’une crise de l’offre. La riposte consistait en des politiques monétaire et budgétaire adaptées et complémentaires. La période actuelle est bien plus complexe.

Pourquoi ?

Parce que les réactions nécessaires semblent contradictoires. Il faut à la fois une politique monétaire plus restrictive pour lutter contre l’inflation, mais aussi une politique budgétaire qui doit protéger les personnes et les entreprises les plus vulnérables, sans pour autant alimenter l’inflation. Dans un contexte de souffrance généralisée, il devient beaucoup plus difficile de rester discipliné en matière de politique budgétaire. Voilà pourquoi certains pays européens pensent qu’il devrait y avoir davantage de liberté pour mettre en place des dispositifs différents. Alors que l’Europe a besoin d’adopter, pour le maintien de sa compétitivité et de son marché, des mesures communes.

Vous avez exprimé des réserves sur le plafonnement des prix de l’énergie. Pourquoi ?
Il doit être défini avec d’extrêmes précautions. Vouloir protéger la consommation d’énergie pour préserver l’activité économique se justifie, mais il faut prendre garde à ne pas atténuer la perception des « vrais » tarifs par les ménages et les entreprises. Car connaître le niveau réel des coûts de l’énergie est indispensable pour stimuler les efforts d’innovation en matière de transition écologique. Plafonner globalement les prix présente aussi l’inconvénient d’en faire bénéficier ceux qui en ont moins ou pas besoin.

Les politiques monétaires menées par les banques centrales, la Fed et la BCE, sont-elles adaptées ?
Il faut d’abord souligner que les conditions aux États-Unis et en Europe sont différentes. Aux États-Unis, les prix de l’énergie n’ont pas connu les mêmes augmentations puisque le pays est autosuffisant dans ce domaine. L’inflation y reflète une expansion de la demande. Alors qu’en Europe la pression sur les prix provient de la guerre en Ukraine. Les États-Unis souhaitent donc augmenter les taux d’intérêt plus rapidement, ce qui est pertinent de leur point de vue. Mais cette décision entraîne des conséquences sur le taux de change, avec la dépréciation de l’euro et de nombreuses autres devises.

L’Europe a-t-elle trop tardé à lutter contre l’inflation ?
Disons que les pays qui ont réagi très tôt, dont le Brésil, le Mexique ou le Pérou, bénéficient aujourd’hui d’une plus grande stabilité de leur monnaie par ¬rapport au dollar. Et leurs ¬économies, en termes relatifs, s’en sortent mieux. Il est indéniable qu’une action précoce face à l’inflation est bénéfique. La BCE continue à calibrer soigneusement la manière dont la ¬normalisation de la politique monétaire se déroulera en Europe, compte tenu des conséquences du conflit en Ukraine.

Comment peut agir le FMI face à la récession ?
Notre rôle est toujours plus important en temps de crise. Nous sommes au cœur du filet de sécurité financière planétaire – une sorte de médecin de famille de l’économie mondiale. Notre première mission consiste à diagnostiquer correctement les problèmes. Il est clair que la politique énergétique est devenue un élément central de la politique économique. Nous travaillons donc sur des actions de politique énergétique à court et à plus long terme, comme en témoigne notre étude récente sur la transition écologique. Là encore, agir plus tôt coûte moins cher. D’où l’importance de définir les mesures efficaces pour promouvoir une transition accélérée vers une énergie à faibles émissions de carbone et des économies à faibles émissions de carbone en général. Notre deuxième mission s’articule autour du soutien financier à ceux qui en ont besoin, comme pendant la pandémie, à 96 pays – un record dans l’histoire du FMI. Le Fonds a versé près de 258 milliards de dollars depuis le début de la crise sanitaire, dont des bouées de sauvetage financières à 16 pays, pour environ 90 milliards de dollars depuis le début de la guerre.
Nous restons vigilants concernant le ralentissement brutal du crédit à la suite du resserrement des taux d’intérêt

Qu’en est-il en Ukraine ?
Nous avons fourni 2,7 milliards de dollars en financement d’urgence et ouvert un compte administré par lequel nous avons mobilisé 2,2 milliards de dollars. Le plus important est la création d’un cadre macroéconomique permettant aux donateurs de soutenir l’Ukraine, en vérifiant l’utilisation des aides. La communauté internationale a engagé un montant record de 35 milliards de dollars pour soutenir l’Ukraine cette année.

Pensez-vous qu’une crise financière pourrait s’ajouter à la crise économique ?

La crise de 2008 a permis de renforcer la régulation du secteur bancaire. Il est aujourd’hui solide aux États-Unis, ainsi que dans les économies avancées. Les inquiétudes se situeraient du côté des institutions financières non bancaires. Nous restons vigilants concernant le ralentissement brutal du crédit à la suite du resserrement des taux d’intérêt. Et nous surveillons de près la dette. Celle des marchés émergents et des économies en développement en particulier.

Les crises imposent de moderniser le budget de l’Union européenne

Les crises imposent de  moderniser le budget de l’Union européenne 

 

A quelques jours du discours annuel d’Ursula von der Leyen sur l’état de l’Union, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola,  appelle, dans une tribune au « Monde », la Commission à se montrer à la hauteur des défis croissants qui se présentent à elle.

 

L’histoire de l’Europe s’est construite au fil des crises. A chaque moment de vérité de son histoire contemporaine, nous avons réagi en coopérant plus étroitement. Par cette doctrine, nous avons su résister au plus fort de la tourmente. Et nous avons permis à nos institutions de répondre aux préoccupations des citoyens en changeant concrètement leurs vies. La doctrine européenne favorise systématiquement la coopération et non les rivalités. Elle a permis de créer de la prospérité, d’établir des démocraties solides et d’instaurer une protection robuste des libertés individuelles. Ces dernières années, nous avons déjà été éprouvés par l’effondrement du secteur bancaire, la crise des dettes souveraines, les pressions migratoires, ainsi que par une pandémie mondiale d’une ampleur inédite. Toutes ces crises nous ont rapprochés au sein de l’Europe et nous en sommes sortis renforcés.

Mais cette unité est de nouveau mise à rude épreuve par une véritable tempête où se mêlent la guerre à nos portes, une inflation sans précédent, la hausse des prix de l’électricité et de l’énergie, une catastrophe climatique responsable de l’assèchement de nos rivières et de l’embrasement de nos forêts, l’insécurité alimentaire et l’émergence rapide d’une crise du coût de la vie.

Une fois de plus, l’Europe doit réagir. Une fois de plus, nous devons travailler ensemble. Et une fois de plus, le Parlement européen sera au rendez-vous de ses responsabilités.

Il va être de plus en plus difficile de chauffer nos logements, d’approvisionner nos usines en énergie et de faire le plein de nos véhicules. Avec l’inflation, les prix s’envolent. Mais c’est précisément lorsque nous sommes soumis à la pression la plus forte que nous devons nous mobiliser et nous montrer plus déterminés que jamais. C’est alors que l’Europe des grandes idées et l’action doivent converger, avec rapidité, agilité et courage. L’Europe doit se montrer à la hauteur du défi. L’unité est la seule voie à suivre.

L’Europe doit s’engager davantage. Tel était, en mai 2022, l’appel lancé au Parlement européen par les citoyens lors de la conclusion de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Le 14 septembre, la présidente de la Commission européenne présentera des propositions au cours de son discours annuel sur l’état de l’Union.

Le Parlement est convaincu que les questions essentielles soulevées par les citoyens doivent être au cœur de ces propositions.

Nous devons tout d’abord parvenir à une union globale en matière de sécurité et de défense, et améliorer impérativement nos équipements et infrastructures. L’invasion brutale, illégale et injustifiée de l’Ukraine nous a montré à quel point le monde a changé depuis février. Il convient de faire un meilleur usage de nos dépenses de défense et éviter les doubles emplois au sein d’une capacité de défense paneuropéenne, en partenariat et non en concurrence avec l’OTAN.

Plan de relance français : Trop flou pour la Cour des comptes européenne

Plan de relance français : Trop flou pour la Cour des comptes européenne 

Après le Sénat et la Cour des comptes tricolore, c’est au tour des magistrats européens de tacler la mise en œuvre des fonds par l’Etat français. Dans un rapport de 80 pages dévoilé ce jeudi 8 septembre, l’institution basée au Luxembourg livre un bilan contrasté sur l’application en Europe de cette enveloppe* de 750 milliards d’euros constituée à la fois de prêts et de subventions. (.( la Tribune)

« La Commission européenne a fait un bon travail de manière globale [...]. Il est crucial de pouvoir disposer rapidement de ce soutien, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la bonne gestion financière. Il faut une transparence totale et des contrôles efficaces pour garantir que les fonds de l’UE soient utilisés à bon escient et produisent l’effet escompté », a déclaré Ivana Maletić, membre de la Cour responsable de l’audit lors d’un point presse

En France, le plan de relance doté d’une enveloppe de 100 milliards d’euros, dont 39 milliards d’euros viennent de l’Europe, avait été présenté par l’ancien Premier ministre Jean Castex en septembre 2020, quelques mois après le premier confinement strict lié à la pandémie de Covid-19. Peu de temps après son arrivée à Matignon, le chef du gouvernement avait tracé la feuille de route de ce dispositif : relancer l’activité et l’emploi à court terme et préparer la France de 2030 autour de trois piliers, la compétitivité, l’écologie et la cohésion sociale.

Après avoir mené leurs investigations, les juristes ont dressé un tableau accablant en matière d’énergie. D’après les lacunes recensées par la juridiction européenne, le plan de relance tricolore « ne comprend aucune mesure de soutien direct pour accroître la production d’énergies renouvelables ».

Ce constat est loin d’être une surprise. A l’échelle européenne, la France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas tenir ses objectifs en matière d’énergies renouvelables selon l’Agence internationale de l’Energie (AIE) alors que l’accélération du réchauffement climatique accroît la pression sur l’Hexagone pour que l’Etat respecte ses engagements internationauxL’autre faille, soulignée par la Cour des comptes européenne, concerne le réseau électrique. Le plan de relance « ne comprend aucune initiative dans le domaine des interconnexions électriques transfrontalières », ont relevé les auteurs à l’issue de leur enquête.

Ces failles sont d’autant plus accablantes que l’économie européenne est actuellement frappée de plein fouet par les effets dévastateurs de la guerre en Ukraine. Le scénario noir d’une coupure totale de gaz russe tant redouté depuis des mois se précise. Il y a quelques jours, le géant Gazprom a informé qu’il arrêtait ses livraisons de gaz au français Engie. A cela s’ajoutent tous les déboires du parc nucléaire tricolore dont une grande partie est mise à l’arrêt.

Le versement des fonds européens est également conditionné à la présentation de réformes. Sur ce point, la Cour des comptes a tancé la France sur le sujet épineux des retraites. Mis sur pause depuis le printemps 2020 en pleine pandémie, cette réforme est revenue sur le devant de la scène il y a quelques semaines. Dans leur audit, les experts européens expliquent que « la réforme du système de retraite est abordée dans le plan de relance, mais elle ne donne lieu à aucune mesure et n’est donc associée à aucun jalon ni à aucune cible ».

Dernièrement, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a expliqué que cette réforme devait entrer en vigueur à l’été 2023 mais le gouvernement risque une nouvelle fois de devoir affronter des tirs de barrage à l’Assemblée nationale. En effet, les élections législatives de juin dernier ont complètement rebattu les cartes dans l’hémicycle. Désormais, l’exécutif va devoir composer avec des oppositions bien plus fortes que lors du précédent quinquennat même s’il a brandit la menace du 49-3 pour faire passer certains textes.

De nombreux flous sur le coûts des mesures

Sur les 39 milliards d’euros alloués à la France par l’Europe, il semble que de nombreuses mesures n’ont pas fait l’objet d’un coût précis. Sans entrer dans le détail des dispositifs, les magistrats soulignent les « lacunes dans la description des coûts pour certaines mesures, par exemple le fait que la description et la justification des coûts ne couvrent pas toutes les sous-mesures et qu’aucun calcul ne soit donné pour l’obtention du coût total ; ou l’absence dans certains cas de pièces justificatives lorsqu’il est fait référence à certains documents, par exemple des études ou des projets ».

Outre ces tours de passe-passe, la Cour des comptes européenne regrette que « la France n’ai pas fourni de validation indépendante pour aucune des mesures ». Enfin, pour plusieurs dispositifs, « il manquait des explications claires sur la manière dont les projets antérieurement présentés ou les études réalisées comme base des estimations avaient été utilisés ou ajustés pour parvenir aux estimations de coûts présentées », indiquent les rapporteurs.

L’Hexagone n’est pas le seul pays dans le viseur des juges européens. Le plan de l’Allemagne est également pointé dans le domaine du numérique. « Le plan de relance ne comprend aucune mesure visant à soutenir le déploiement du haut débit à très haute capacité », pointe le rapport.

Du côté de l’Espagne, la Cour des comptes souligne les manquements en matière de soutien à la recherche et à l’innovation ou de soins de santé. « Le plan de relance présente des plans de déploiement de la réforme des soins de santé primaires, mais il ne propose aucun investissement à cet égard », poursuivent les juristes. Après deux longues années de pandémie, certains Etats n’ont pas encore tiré toutes les leçons de cette catastrophe sanitaire.

(*) Après d’âpres négociations, les 27 pays de l’Union européenne ont adopté en juillet 2020 un instrument de financement intitulé « Next generation EU » représentant 750 milliards d’euros, soit 5% du produit intérieur brut européen. Cet instrument permet à la Commission européenne de lever des fonds pour soutenir les Etats sous la forme de prêts (385 milliards d’euros) ou de subventions (338 milliards d’euros).

Allemagne : une politique de défense pas très européenne

Allemagne : une politique de défense pas très européenne

A contre-courant des analyses françaises sur le fonds spécial allemand de 100 milliard d’euros, le groupe Vauban estime que ce fonds temporaire n’est qu’un miroir aux alouettes. Son montant sera essentiellement investi dans des plateformes de remplacement, principalement américaines. Loin, très loin de la stratégie cohérente de la France en matière de défense. Par le groupe Vauban. (La tribune)

« Au bilan, le fonds spécial est un miroir aux alouettes : son montant colossal sera investi dans des plateformes de remplacement, principalement américaines, et ne sauvegardera au fond que les coopérations européennes qui comptent pour l’Allemagne : la Norvège et les Pays-Bas ». (Vauban) (Crédits : Reuters)

Après l’annonce le 27 février dernier d’un grand emprunt de 100 milliards d’euros pour réarmer la Bundeswehr, la réaction de la plupart des experts français a été de s’en alarmer : la France qui ne pèse déjà plus grand-chose sur la scène européenne, aura-t-elle perdu au profit de l’Allemagne son leadership militaire ? L’analyse minutieuse des documents allemands démontre que ces inquiétudes sont vaines et posent surtout le problème sous un mauvais angle.

La première réaction constatée en France aura été la stupeur devant le chiffre de 100 milliards. Ce chiffre à lui seul a provoqué parmi les experts de la défense un effroi totalement incompréhensible. En effet, ce fonds est un emprunt : à ce titre, il donne lieu à un paiement d’intérêts de l’ordre de 3 milliards, soit autant de moins pour la défense. A titre d’exemple, pour l’année 2023, sur les 8,18 milliards d’euros issus du fonds spécial, qui vont abonder le budget ordinaire de la défense, 308 millions d’euros iront payer les intérêts et il en sera de même chaque année jusqu’en 2027.

Ensuite, ce fonds n’est pas récurrent au contraire des lois de programmation militaire (LPM) françaises. Il n’a été voté que pour la durée du mandat d’Olaf Scholz : la CDU/CSU durant les débats parlementaires et l’Institut der deutschen Wirtschaft (IW) de Cologne dans une récente étude confidentielle lue par les auteurs de ces lignes, ont bien raison de souligner qu’après, rien n’est prévu pour garantir que le budget de la défense allemand se conformera à la trajectoire de l’OTAN des fameux 2% du PIB. Or, un effort de défense se construit dans la durée, ce que ce Fonds ne permet pas. En ce sens, il est un effort de rattrapage, courageux (pour la majorité de gauche qui l’a voté) mais temporaire et à ce titre, dangereux pour les soubresauts qu’il peut provoquer.

L’analyse du projet de budget qui sera débattu le 7 septembre prochain au Bundestag, montre combien ce fonds était nécessaire pour financer ce qui ne l’était pas : frégates F-126, sous-marins U-212 C/D, missiles, munitions et équipements du fantassin. Précision importante et totalement oublié dans les commentaires français : le budget ordinaire de la défense lui stagnera à 50 milliards d’euros sur la période du fonds et le budget d’équipement lui baissera régulièrement, compensée il est vrai par l’augmentation des décaissements du fonds spécial : de 2022 à 2023, le budget ordinaire d’équipement aura perdu 1,8 milliard d’euros (de 20,4 à 18,6).

Après 2027, que se passera-t-il ? Le budget stagnera-t-il à ce niveau, élevé certes, mais insuffisant pour les besoins durables des armées ? Le budget d’équipement continuera-t-il à baisser ? Comment prétendre dans ces conditions d’incertitude budgétaire à un leadership militaire ? On est ainsi, au bout du compte, très loin du réarmement annoncé par les Cassandre françaises mal informées (lisent-ils seulement l’allemand ?), et très loin du sursaut espéré par les industriels de l’armement allemands, sans ne rien dire que les forces armées avaient chiffré leurs besoins à 300 milliards sur dix ans !

Enfin, ce fonds ira essentiellement financer des commandes étrangères. C’est le trait le plus intéressant de ce fonds, dont l’aspect très politique aura été, au final, peu souligné. Pour assurer son ancrage dans l’OTAN, conserver sa relation transatlantique et aller vite dans la passation des marchés, le Chancelier Scholz a fait le choix de commandes sur étagères, donc étrangères. A part le développement de l’Eurofighter dans sa version de guerre électronique et la poursuite des commandes corvettes K130 (3ème lot), la décision a été prise de favoriser les achats étrangers : certes, pour palier les carences criantes d’une armée qui manque de tout et ne fait jamais la guerre.

La commande sur étagères est la solution la plus facile, comme l’est également la poursuite de séries déjà engagées ou de contrats déjà signés mais sans financement (cas des corvettes, du missile NSM germano-norvégien), mais l’essentiel des commandes partira aux Etats-Unis (modernisation des Patriot, 35 F-35, 60 CH-53 et 5 voire 8 P-8 Poseidon), un peu en Israël (radars, missiles anti-chars et armement des drones Heron TP) et en Norvège (coopération sur le sous-marin U-212 C/D et le missile NSM), voire en Finlande (remplacement probable du Fuchs par un véhicule de Patria), les commandes allemandes étant beaucoup moins nombreuses qu’attendu.

Entre besoins urgents de remplacement et politique industrielle, le gouvernement fédéral a fait le choix du court terme sur le long terme, de l’achat extra-européen sur l’achat européen. C’est là un choix politique assumé qui désespère l’industrie allemande d’armement et les autres partenaires européens de l’Allemagne, mais c’est bien mal connaître la politique de défense allemande que d’avoir pu imaginer le contraire.

Au bilan, le fonds spécial est un miroir aux alouettes : son montant colossal sera investi dans des plateformes de remplacement, principalement américaines, et ne sauvegardera au fond que les coopérations européennes qui comptent pour l’Allemagne : la Norvège et les Pays-Bas. Que se passera-t-il après l’épuisement du fonds ? L’actuelle coalition s’en lave les mains. Or, le stop-and-go dans l’armement ne produit que deux choses : le gonflement des devis industriels et la déstabilisation d’un système qui, après avoir grossi démesurément, sera mis à la diète. C’est la voie britannique dont on ne peut dire qu’il soit un modèle d’efficacité.

Comparaison n’est pas raison, mais le débat provoqué par le fonds allemand aura fait l’impasse sur trois vérités pourtant très tangibles.

Première vérité : un budget de défense ne fait pas la capacité opérationnelle des armées. En dépit des régulations des années Sarkozy et Hollande, l’armée française n’a rien perdu de ses capacités opérationnelles. Si les opérations en Libye, en Afghanistan et au Sahel ont été des désastres politiques, ils ont été cependant l’occasion de démontrer que les armées françaises se battaient bien et, comme ses ainées en Indochine et en Algérie, elles avaient remporté de brillants succès tactiques à qui il manquait une solution politique, laquelle n’a jamais été de leur ressort. Ces opérations extérieures (OPEX) auront aguerri toute une génération de militaires français qui, désormais, est aux commandes à tous les échelons de l’armée.

Que pèse un fonds temporaire de 100 milliards d’euros au regard de ce capital-là qui est inestimable et rare dans les armées occidentales ? Là où la Bundeswehr aura mené une morne Sitzkrieg, avec des matériels déficients, l’armée française aura conduit une Blitzkrieg efficace sous les théâtres de ses interventions, même avec des solutions d’urgence bricolées.

Deuxième vérité : le plus sûr moyen de financer un système de défense (comme d’ailleurs tout effort d’investissement durable) est la planification pluriannuelle des crédits, ce que la LPM garantit, bon gré, mal gré. Cet outil est le meilleur d’Europe, voire du monde occidental : la Corée du Sud et la Turquie l’ont imité et l’on en voit les résultats tant au niveau des produits que de l’exportation d’armement. Si les auteurs de ces lignes ne sont pas macroniens, loin s’en faut, ils reconnaissent au président (et à lui seul) le courage d’avoir remonté sans faille les crédits de défense, à un niveau encore insuffisant, mais avec une exécution parfaite.

Si cet appareil de défense a su remonter la pente des années Sarkozy et Hollande – années de désarmement alors même que les forces armées étaient toujours plus sollicitées -, c’est parce qu’il est structuré autour de la Direction générale de l’armement (DGA), dont l’expérience dans la conduite des programmes d’armement est sans égale en Europe, voire dans le monde occidental, et de maîtres d’œuvre industriels capables de concevoir, produire et exporter des matériels de rang mondial.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder le chaos et le gâchis américain, canadien, australien, britannique et désormais allemand. Le BAAiNBw de Coblence aura beau être inondé de commandes, il ne produira que peu de choses à part la gestion bureaucratique de contrats FMS ou la poursuite de séries déjà engagées et problématiques (F-126, K130, PUMA) sans rien corriger de son défaut majeur : un manque cruel d’ingénieurs de l’armement, c’est-à-dire de compétences techniques.

Troisième vérité : la LPM française 19-25 prévoit 172,8 milliards d’euros pour l’équipement des forces françaises (dont 112,5 sur la période 19-23). Cet effort de défense, comparable au fonds spécial, n’est ni temporaire ni brutal : il s’inscrit au contraire dans la durée pour arriver à un modèle d’armée cohérent, autonome et complet, décliné en capacités opérationnelles. Le fonds spécial de la Bundeswehr ajoute des commandes aux besoins mais nulle part l’on voit l’émergence d’un modèle d’armée structuré : pour cause, l’armée allemande, parlementaire, est grabataire, puisque le pacifisme de sa population et le carcan de son Parlement l’empêchent de mener des opérations de combat.

Les débats relatifs à la dissuasion qui se sont tenues en 2014 à la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale ont bien rappelé combien la force de frappe française était l’aiguillon qui tirait les exigences technologiques, opérationnelles et industrielles vers le haut. Rien de tel n’existe en Allemagne, à part tenir le créneau imparti par l’OTAN en Europe. Là où l’armée française défend une ambition diplomatique de rang mondial, l’armée allemande est au fond un prestataire de services régional pour l’Alliance parmi d’autres.

Deux questions-clés

Ce triple constat posé et rappelé, DEUX questions-clés se posent au système de défense français dans les cinq années à venir.

Premièrement, combien de temps, l’effort de défense actuel peut-il durer compte tenu de la dérive des finances publiques ? La question, déjà soulevée par la Cour des Comptes, semble éludée par le gouvernement mais pourtant elle se pose bel et bien, puisque d’ores et déjà, en dehors mêmes des besoins nouveaux, le modèle d’armée 2030 souffre de sous-financement de sous-formatage criants. Même après cinq années de remontée des budgets, l’armée demeure « échantillonaire » et lacunaire dans de nombreux domaines majeurs, de haute ou basse intensité.

Il ne s’agit nullement dans notre esprit de financer démesurément le budget de défense, comme on l’a entendu dans la campagne présidentielle mais de le faire raisonnablement avec une croissance régulière, permettant à tous les échelons de s’adapter au changement de rythme progressif et durable. Le recrutement des hommes, l’entraînement des équipages et des unités et le cadencement des productions exigent du temps que seule une volonté politique durable partagée par l’ensemble de la classe politique permettra de réaliser.

Deuxièmement, combien de temps pourra se maintenir la contradiction entre le financement d’une armée nationale, structurée autour de sa dissuasion indépendante et de ses forces conventionnelles autonomes, et l’orientation pro-européenne et pro-otanienne du gouvernement, c’est-à-dire supranationale ? Éludée, là aussi, par le gouvernement et des États-majors accaparés, on le comprend, par le colmatage quotidien des lacunes capacitaires, elle deviendra rapidement explosive compte tenu de la fédéralisation à marches forcées de l’Europe de la défense et du renforcement démesuré du rôle de l’OTAN à la faveur de la guerre en Ukraine.

Cette dernière question n’est pas nouvelle : le 3 novembre 1959, le général de Gaulle y avait répondu : « Il faut que la défense de la France soit française. C’est une nécessité qui n’a pas toujours été très familière au cours de ces dernières années. Je le sais. Il est indispensable qu’elle le redevienne. Un pays comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre. Il faut que son effort soit son effort. S’il en était autrement, notre pays serait en contradiction avec tout ce qu’il est depuis ses origines, avec son rôle, avec l’estime qu’il a de lui-même, avec son âme. Naturellement, la défense française serait, le cas échéant, conjuguée avec celle d’autres pays. Cela est dans la nature des choses. Mais il est indispensable qu’elle nous soit propre, que la France se défende par elle-même, pour elle-même et à sa façon. S’il devait en être autrement, si on admettait pour longtemps que la défense de la France cessât d’être dans le cadre national et qu’elle se confondît, ou fondît, avec autre chose, il ne serait pas possible de maintenir chez nous un État. Le gouvernement a pour raison d’être, à toute époque, la défense de l’indépendance et de l’intégrité du territoire ».

Un effort de défense s’inscrit d’abord dans une vision nationale : si l’Allemagne n’aspire, avec son Fonds spécial, qu’à devenir le brillant second de l’OTAN et le prestataire de services des Etats-Unis, c’est son choix que l’Histoire explique très bien, mais est-ce ce modèle là que la LPM future financera ? Le débat provoqué par le pseudo-réarmement allemand a le mérite de reposer la seule question qui vaille : est-ce la Nation que l’on protège ou ne finance-t-on qu’une décision venue de Bruxelles et de Washington ?

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(1) Le groupe Vauban regroupe une vingtaine de spécialistes en activité des questions de Défense.

Seule une force européenne pourrait s’opposer à la Russie

 Seule une force européenne pourrait s’opposer à la Russie

 

La guerre en Ukraine oblige les pays européens à regarder la réalité militaire : ils ne disposent plus d’armées puissantes, pas même des armes ou des munitions qui permettraient de se battre contre l’invasion russe, explique l’ancien lieutenant-colonel Guillaume Ancel dans une tribune au « Monde ».

 

De 1985 à 1989, ma promotion d’officiers a été formée à Saint-Cyr puis dans les écoles d’arme, comme Draguignan pour l’artillerie ou Saumur pour la cavalerie. Nous avons constitué la dernière génération à se préparer au « combat blindé » contre une armée soviétique sous domination russe.

Lorsque nous sommes arrivés en régiment, cette situation a implosé sous nos yeux : le mur de Berlin s’est effondré, puis le pacte de Varsovie et la toute-puissante URSS ont disparu, du moins nous l’avons cru.

Nous avons alors restructuré l’armée française, pour mener pendant plus de trente années des opérations qu’il ne fallait pas appeler « guerres » mais « interventions extérieures », et dont la forme évoluait sans cesse, nous surprenant à chaque nouvel engagement. Sans l’ombre d’un débat, l’armée française s’est radicalement transformée.

Son effort a été colossal : sa taille a diminué de plus de la moitié. L’armée s’est intégralement professionnalisée et équipée avec une génération de matériels beaucoup plus légers et sophistiqués, aérotransportables et adaptés à des engagements rapides et courts en intensité. Exit les chars lourds et les capacités massives de bombardement, les stocks d’armements et de munitions. Bienvenue aux « frappes chirurgicales » et aux opérations spéciales menées avec des armes légères en comparaison des précédentes, produites en petite série, comme de l’orfèvrerie.

Le Caesar en est l’illustration, ce canon d’artillerie sur camion, deux fois plus léger que son prédécesseur monté sur un char lourd (155 AuF1), constitue aujourd’hui une arme « moderne », précise et fragile.

En parallèle, notre démocratie se défaisait des sujets militaires. Alors que depuis 1962, la France a participé à trente-deux guerres sans jamais reconnaître une seule fois « être en guerre », notre société s’éloignait inexorablement du fait militaire. La société n’y portait quasiment plus aucun intérêt, leur pilotage était discrètement monopolisé par l’Elysée et les militaires priés de se taire. Ainsi, cette évolution structurante de l’armée française s’est faite sans l’ombre d’un débat.

Ma promotion d’officiers formée à Saint-Cyr, puis dans les écoles d’arme, constitue la dernière génération à s’être préparée au « combat blindé » contre une armée soviétique sous domination russe

L’agression militaire de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine n’en finit pas de déstabiliser cette conviction patiemment acquise de vivre dans une Europe qui ne serait plus concernée par le phénomène le plus destructeur de notre humanité, la guerre.

Economie -Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

Economie -Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

 

 

La Commission européenne vient de réviser sévèrement ses prévisions de croissance à 2,6% en 2022 et 1,4% en 2023, et n’exclut pas une nouvelle dégradation en fonction de la situation géostratégiques . En clair on pourrait connaître une situation de stagflation.

 

Par ailleurs  , les prévisions d’inflation ont été relevées à 7,6% en 2022 et à 4% en 2023. L’inflation touche bien sûr l’énergie mais aussi les produits alimentaires de base.

Cette dégradation de la conjoncture s’accompagne d’une chute de l’euro avec une parité eurodollar au plus bas depuis vingt ans. Et la Banque centrale européenne pourrait poursuivre son resserrement monétaire plus rapidement que prévu.

 

La France apparaît mieux lotie que l’Allemagne, avec une croissance de 2,4% en 2022 et de 1,4 % l’an prochain contre respectivement 1,4% et 1,3% pour la première économie européenne. Mais, une nouvelle fois, de nouvelles augmentations du prix de l’énergie pourraient étouffer la croissance, sans faire réellement baisser les prix. Chacun redoute en effet de nouvelles hausses de taux d’intérêt, avec des risques accrus sur les marchés financiers.

Une hypothèse de récession mondiale

L’hypothèse d’une récession mondiale est de moins en moins exclue par les institutions internationales pour 2023. Ces perspectives s’appuient sur la tendance nettement baissière de la croissance actuelle plombée par l’inflation. C’est évidemment la même problématique en France où  officiellement l’inflation mesurée serait de l’ordre de 6 % au moins en 2022 alors que les revenus et ménages n’augmenteraient que d’environ 3 %.

« Les perspectives depuis notre dernière mise à jour en avril se sont nettement assombries », a dit Kristalina Georgieva, la patronne du FMI,, citant la propagation de l’inflation à travers le monde, la hausse des taux d’intérêt, le ralentissement de la croissance économique de la Chine et les sanctions successives prises contre la Russie pour l’offensive en Ukraine.

« Nous sommes dans des eaux très agitées », a-t-elle ajouté. Interrogée sur l’hypothèse d’une récession mondiale, elle a répondu que « le risque s’est accru, donc nous ne pouvons pas l’écarter ».

Des données économiques récentes montrent que plusieurs économies importantes, dont celles de la Chine et de la Russie, se sont contractées au deuxième trimestre, a déclaré la cheffe du FMI, notant que les risques seraient encore plus élevés l’an prochain.

« Cela va être une année 2022 compliquée, mais peut-être encore plus compliquée en 2023″, selon Kristalina Georgieva. « Les risques de récession sont accrus en 2023″, a-t-elle dit, ajoutant qu’il était crucial de contrôler la flambée actuelle des prix.

 

Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

 

 

La Commission européenne vient de réviser sévèrement ses prévisions de croissance à 2,6% en 2022 et 1,4% en 2023, et n’exclut pas une nouvelle dégradation en fonction de la situation géostratégiques . En clair on pourrait connaître une situation de stagflation.

 

Par ailleurs  , les prévisions d’inflation ont été relevées à 7,6% en 2022 et à 4% en 2023. L’inflation touche bien sûr l’énergie mais aussi les produits alimentaires de base.

Cette dégradation de la conjoncture s’accompagne d’une chute de l’euro avec une parité eurodollar au plus bas depuis vingt ans. Et la Banque centrale européenne pourrait poursuivre son resserrement monétaire plus rapidement que prévu.

 

La France apparaît mieux lotie que l’Allemagne, avec une croissance de 2,4% en 2022 et de 1,4 % l’an prochain contre respectivement 1,4% et 1,3% pour la première économie européenne. Mais, une nouvelle fois, de nouvelles augmentations du prix de l’énergie pourraient étouffer la croissance, sans faire réellement baisser les prix. Chacun redoute en effet de nouvelles hausses de taux d’intérêt, avec des risques accrus sur les marchés financiers.

 

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