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Sondage plan de relance et Coronavirus : les Français dubitatifs vis-à-vis de l’union européenne

Sondage plan de relance et Coronavirus : les Français dubitatifs vis-à-vis de l’union européenne

Selon un sondage réalisé par Elabe pour « Les Echos », Radio classique et l’institut Montaigne, quatre Français seulement sur dix estiment que « l’emprunt commun des Européens sera efficace face à la crise économique ». Plus précisément 42 % des interrogés pensent qu’il le sera contre 38 % qui pensent le contraire. 20 % ne se prononcent pas, faute sans doute d’avoir bien compris de quoi il retourne.

A la question classique des bénéfices retirés ou non de l’appartenance de la France à l’Union européenne, la balance s’est un peu redressée en faveur de l’Europe. La conviction que l’Union apporte plus d’avantages que d’inconvénients reste largement minoritaire puisqu’elle concerne seulement 27 % des Français mais le chiffre est en hausse de 3 points par rapport à octobre 2018. L’enthousiasme touche surtout les jeunes de moins de 35 ans et les Macronistes. Mais chez les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon, la méfiance vis-à-vis de l’UE recule aussi. D’ailleurs, la proportion de ceux qui considèrent que l’Europe a plus d’inconvénients que d’avantages reste majoritaire à 39 % mais perd 4 points.

Les Français se montrent généralement sévères sur le rôle joué par l’Union européenne dans la gestion de la crise sanitaire et économique provoquée par le coronavirus. Pour 58 % d’entre eux, l’UE n’a pas été à la hauteur. Elle enregistre le pire score loin devant les communes, jugées efficaces à 68 %, les régions, 61 % et l’Etat, 38 %. Au début du mois d’août, date de ce sondage Elabe, l’image de l’Union européenne s’est toutefois améliorée par rapport au 6 mai (précédent sondage) quand le continent subissait de plein fouet le confinement. « Le rôle protecteur de l’Union européenne n’est pas perçu par les Français qui voient davantage l’action des acteurs au niveau local », commente Vincent Thibault, chargé d’études chez Elabe.

« L’Union européenne est devenue un vrai Etat « !!!

« L’Union européenne est devenue un vrai Etat !!!

C’est l’avis de l’historien et géographe Sylvain Kahn qui s’emballe à propos du plan européen de soutien qui d’après lui a transformé  l’union européenne en véritable Etat. Et l’historien de mettre un voile pudique sur les différences et les contradictions de ces Etats avec ce nouveau concept de mutualisation de la souveraineté qu’il confond sans doute avec la dette.

(tribune au « Monde ).

 

Tribune. Le sommet européen le plus long de l’histoire est-il historique ? La réponse est oui. En effet, l’Union européenne (UE) est maintenant un Etat. Non pas un super-Etat se substituant aux vingt-sept Etats-membres qui le composent, mais un Etat qui les inclut. On pourrait dire que l’UE, c’est toujours vingt-huit Etats : les vingt-sept pris séparément et les vingt-sept tous ensemble qui font un. Finalement, l’Etat européen se comprend avec la célèbre maxime des Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas : « Un pour tous, tous pour un. » La nouveauté qui permet de reconnaître l’Europe comme un Etat est que l’UE va émettre des bons du trésor pour financer cette toute nouvelle partie de son budget qu’elle nomme « plan de relance », d’un montant de 750 milliards d’euros.

Cette évolution historique qu’est l’émission d’une dette européenne correspond à une demande sociale dont les signaux faibles existent depuis plusieurs années. Quand bien même le pouvoir européen et ses dirigeants font l’objet de défiance, comme souvent les pouvoirs et les dirigeants nationaux depuis quinze ans, les enquêtes Eurobaromètre indiquent que les Européens souhaitent une solution européenne aux défis économiques et géopolitiques qui nous menacent. Et si l’euro est un objet de débat permanent et légitime, les Européens sont spécifiquement attachés à leur monnaie : en vingt ans seulement, l’euro a acquis la confiance des épargnants comme des investisseurs petits et grands et s’est imposé comme deuxième monnaie de réserve mondiale. De fait, les plans de relance nationaux adoptés face au Covid-19, et dont la somme colossale atteint 2 300 milliards, ne sont possibles qu’en raison de la garantie de la Banque centrale européenne et de sa crédibilité mondiale.

Cet avènement de l’Etat européen s’inscrit dans l’histoire de l’Etat en Europe. Cette histoire est souvent réduite à celle des Etats-nations européens depuis la Révolution française. Or, l’histoire de l’Etat en Europe s’étend sur plus de dix siècles. Elle inclut de nombreuses formes prises par l’Etat, et une pluralité d’Etats dont chacun possède sa propre singularité, aussi spécifiques et différents que, par exemple, le Saint-Empire romain germanique, la République de Venise, le Royaume polono-lituanien, le Portugal ou les Provinces-Unies.

Mutualisation de la souveraineté

On pourrait qualifier d’« Etat baroque » la jeune UE. Le baroque, grand mouvement artistique européen, s’oppose au classicisme par le contournement des règles et la subversion des formes, le mélange des genres et le recours à l’exception. C’est le cas de l’UE, qui échappe à la classification traditionnelle des systèmes politiques comme des entités territoriales étatiques, et se distingue par sa stimulante singularité. A partir de cultures étatiques héritées d’une histoire longue et d’une géographie politique morcelée, les Européens contemporains inventent la mutualisation de la souveraineté.

L’Union européenne : accords aujourd’hui sur le plan de relance ?

L’Union européenne : accords aujourd’hui sur le plan de relance ?

Il faudra que les uns les autres fassent encore des concessions sérieuses pour parvenir aujourd’hui à mettre au point le fameux plan de relance européen. Il s’agit de contribuer à un redressement économique d’une zone menacée de dépression avec une perspective de baisse du PIB de 7 à 8 % en 2020. Une baisse de l’activité qui se traduirait aussi par une grave crise sociale et éventuellement politique dans certains pays.

 

 Il y a encore des divergences à surmonter. En effet les pays dits vertueux du nord  sont toujours très réticents à accorder des subventions et des prêts aux pays considérés comme laxistes, en gros les pays du Sud ,France comprise. Les pays du nord  voudraient réduire l’enveloppe notamment celle des dotations non remboursables et assortir l’ensemble du dispositif d’une contrainte de gestion plus rigoureuse en matière budgétaire.

De toute manière l’Europe est condamné à trouver un accord non seulement au regard de l’enjeu économique mais aussi pour renforcer l’image d’une union menacée politiquement par la montée souverainiste. La dernière en date dont on ne mesure pas bien encore les conséquences étant bien sûr celle du Bexit. Le plan européen serait aussi une manière de répondre aux attaques permanentes des États-Unis qui rêvent d’un éclatement de l’union.( Comme les Chinois d’ailleurs).

 

Transfert de données UE-USA : annulé par la justice européenne

Transfert de données UE-USA : annulé par la justice européenne

 

 

l’accord “Privacy Shield”, qui régulait ces transferts est contraire au  règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’UE, entré en vigueur en mai 2018 a estimé la cour de justice.

“Les limitations de la protection des données à caractère personnel qui découlent de la réglementation interne des Etats-Unis (…) ne sont pas encadrées d’une manière à répondre à des exigences substantiellement équivalentes à celles requises, en droit de l’Union, par le principe de proportionnalité”, écrit la CJUE dans un communiqué. En clair on interdit aux GAFAM dutiliser les données personnelles d’Européens pourrait être détournéeés  à des fins commerciales voire politiques ou autre.

La CJUE souligne que les autorités de protection de la vie privée doivent suspendre ou interdire les transferts hors de l’UE si la protection des données ne peut être assurée.

C’est l’agence irlandaise de protection des données, principale autorité de régulation de Facebook en Europe, qui a porté l’affaire devant la Haute Cour irlandaise, qui a elle-même saisi la CJUE.

Le jugement de la CJUE constitue un nouveau camouflet pour Bruxelles après l’annulation mercredi par le Tribunal de l’Union européenne de la décision de la Commission européenne réclamant à Apple le versement de 13 milliards d’euros d’arriérés d’impôts à l’Irlande.

Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la politique de la concurrence, a concédé jeudi que les deux décisions rendues par la justice européenne constituaient “une défaite”.

“La première chose que l’on fait lorsque l’on reçoit un jugement du tribunal est de le lire très, très attentivement. Et nous sommes toujours en train de le faire. Bien sûr, c’est une défaite, car c’est une annulation par le tribunal”, a-t-elle déclaré.

Union européenne : du mou dans le budget pour plaire aux Etats rigoureux

Union européenne : du mou  dans le budget pour plaire aux Etats rigoureux

 

Le président du Conseil européen Charles Michel a été contraint de se montrer un tout petit peu plus rigoureux dans les prévisions budgétaires européennes. Il a ainsi réduit un peu le montant de l’enveloppe de l’arbre de 1000 milliards sur sept ans auxquels il faut ajouter 750 milliards dont les deux tiers prendront des formes de subventions et un tiers des formes de prêts afin de relancer des économies affectées par la crise sanitaire. Des propositions globales au départ très contestées  par les états rigoureux du nord  qui considérait que l’union européenne est beaucoup trop laxiste d’autant qu’elle n’assortit pas ses subventions et ces prêts de mesures plus rigoureuses de gestion pour les pays bénéficiaires.

Alors que la Commission envisageait fin mai un budget commun de 1.100 milliards d’euros sur sept ans, le président du Conseil européen propose désormais un montant de 1.074 milliards et un fonds de 750 milliards, avec deux tiers de subventions et un tiers de prêts, pour relancer des économies durement touchées par la crise sanitaire.

La révision à la baisse du budget de l’UE vise à convaincre certains Etats du Nord, à commencer par les Pays-Bas, de valider le fonds de relance de 750 milliards d’euros envisagé en supplément pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire.

Ces Etats du Nord, dits “frugaux” par comparaison avec les pays du Sud très endettés, ont défendu l’idée d’un budget réduit et de réformes économiques comme condition d’accès aux fonds du plan de relance.

La proposition budgétaire est connue dans le jargon bruxellois comme la “boîte de négociation”, un ensemble complexe de chiffres couvrant les dépenses dans des domaines allant du soutien à l’agriculture au développement régional, à la recherche et aux bourses scolaires.

Il s’agit du point de départ des négociations auxquelles se livreront les dirigeants de l’UE lors de leur sommet des 17 et 18 juillet.

Union européenne : un plan de relance en juillet ?

Union européenne : un plan de relance en juillet ?

D’après la France, des chances d’un plan de relance de l’union européenne en juillet augmentent , du fait  de positions diplomatiques des pays du nord  moins exigeantes. L’enjeu en effet est de savoir comment répartir les 750 milliards d’emprunts cautionnés directement par l’union économique. En fait,, l’accord pourrait se faire si les pays du Sud acceptent que la partie purement transferts financée ( non remboursable) est assez nettement inférieure à la partie remboursable (prêts). Les pays du Nord souhaitent aussi que ces transferts et prêts soient assortis d’exigences en matière de gestion budgétaire et  y compris dans la répartition. La France serait optimiste après entre le chef de l’Etat français et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, tenant d’une ligne dure sur les dépenses budgétaires, “les choses ont bien avancé”.

“On a identifié les ingrédients d’un accord, il ne faut pas le considérer comme acquis, on n’y est pas encore, il y a encore deux à trois semaines de discussions difficiles, intensives mais c’est tout à fait possible”, a-t-elle ajouté, insistant une nouvelle fois sur l’importance d’obtenir un accord en juillet, avant une rentrée chargée.

L’idée de la rencontre lundi prochain entre Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel au château de Meseberg, dans le nord de Berlin, “est de partager notre plan de bataille pour obtenir un accord au mois de juillet”.

La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez est allée dans le même sens, jugeant qu’une telle perspective était “possible” et “souhaitable”.

“L’Espagne considère qu’un accord sur le fonds de relance et sur le budget européen est possible en juillet, est souhaitable en juillet, et nous allons faire le maximum pour que cela se produise (…)”, a-t-elle déclaré après avoir rencontré son homologue néerlandais, Stef Blok.

Les dirigeants des pays de l’UE ont prévu de se retrouver mi-juillet pour un sommet “physique” afin d’entrer dans le vif des négociations sur le futur budget de l’UE et le plan de relance post-coronavirus.

La Commission européenne a proposé un fonds de relance économique de 750 milliards, mêlant transferts financiers et prêts, qui serait adossé au budget et financé par des emprunts souscrits par la Commission européenne.

Ces mécanismes sont validés par le couple franco-allemand mais suscitent des réticences dans certains pays, dits “frugaux” (Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède) opposés à l’idée de simples transferts budgétaires et qui préfèrent l’option de prêts (remboursables) aux Etats les plus touchés.

Léger optimisme sur l’activité économique européenne ?

Léger optimisme sur l’activité économique européenne ?

La question est de savoir si en se rapprochant de l’indice 50 qui délimite la progression de la régression économique l’indice Markit traduit une certaine reprise de l’activité ou un phénomène de rattrapage après la paralysie d’une grande partie de l’appareil de production L’indice mensuel Markit s’affiche à 47,5 points, contre 31,9 points en mai et 13,6 points en avril, ce qui constituait alors la plus forte contraction de l’activité jamais enregistrée. Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l’activité progresse. Elle diminue s’il est inférieur à ce seuil. La France a pour sa part renoué avec l’expansion pour la première fois depuis quatre mois, tout comme le Royaume-Uni qui a enregistré un net rebond.

L’activité du secteur privé a également connu une nette amélioration en juin au Royaume-Uni, avec un ralentissement beaucoup moins marqué que lors des mois précédents, grâce à un début de déconfinement, d’après l’indice PMI flash composite publié mardi.

L’indice est remonté à 47,6 points (mesure finale), note le cabinet IHS Markit. Si l’activité économique témoigne donc encore d’un ralentissement en juin, il est nettement plus léger que lors des trois mois précédents. Le confinement strict tout le mois d’avril s’est traduit par un effondrement de 20,4% du produit intérieur brut (PIB) britannique, un record historique, après un plongeon du PIB de 5,8% en mars. «L’indice PMI est une preuve de plus que le fond a été touché en avril et que l’activité a commencé à repartir en mai et un peu plus encore en juin», commente la maison de recherche Capital Economics.

Parallèlement et même si dans l’immédiat les marchés se concentrent sur les bons indicateurs , «l’inquiétude grandit sur la remontée du nombre de cas de Covid-19, notamment en Amérique latine, en Chine et aux États-Unis», a nuancé Franklin Pichard, directeur de Kiplink Finance.

La situation sanitaire reste en effet très difficile avec neuf millions de contaminations dans le monde, un seuil des 120.000 morts dépassé aux États-Unis et une pandémie de coronavirus qui «continue de s’accélérer», selon l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

Développement durable: l’union européenne n’est pas un bon élève

 

Sauf exception les pays composant de l’union européenne ne constitue pas des modèles d’amélioration du développement durable. Côté climat, les États membres de l’Union ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre de seulement 2,2 points entre 2013 et 2018. Résultat, depuis 1990, le recul des émissions n’a toujours pas atteint 20 %. Les émissions de CO2 émises par les automobiles neuves font à peine mieux avec un recul de 5,4 % en cinq ans. France se situe parmi les meilleurs élèves de l’UE tandis que l’Allemagne, qui s’appuie sur ses centrales à charbon pour compenser le repli du nucléaire, figure en mauvaise place.

Les efforts de l’Union sont pourtant loin d’être négligeables. Pour la seule année 2017, les dépenses liées au climat atteignent 19,7 milliards d’euros, détaille Eurostat, une performance du en partie à la place du nucléaire en France très peu producteur de Co2 par exemple

« Transformer l’ industrie automobile européenne »

« Transformer l’ industrie automobile européenne »

 

Le cabinet Deloitte vient de publier une note où il recommande aux Etats et à l’Europe de redéfinir une doctrine afin de piloter la transformation de l’industrie automobile européenne. Pour Guillaume Crunelle, associé responsable du secteur automobile du cabinet d’audit, et Jean-Michel Pinto, directeur spécialisé en stratégie industrielle, le contexte de crise du coronavirus doit être une opportunité pour établir des nouvelles règles de gouvernance. Entretien. la Tribune)

 

Vous venez de publier une étude où, dans un contexte de crise et de transformation de l’industrie automobile, vous remettez au centre des enjeux le rôle de la puissance publique…

GUILLAUME CRUNELLE -  Il y a deux phénomènes qui se téléscopent: le premier, c’est un choc économique et industriel majeur induit par la crise du coronavirus; le second, c’est une transformation comportementale et technologique profonde de l’industrie automobile. C’est dans ce contexte que nous avons réfléchi aux pratiques de gouvernance qui vont être amenées à évoluer. Nous avons ainsi émis l’idée que le rapport à la mobilité était devenu majeur au point d’être élevé au rang de droit pour les citoyens. Le phénomène des Gilets Jaunes nous l’a rappelé. Il y a donc véritablement un aspect stratégique, au même titre que pour la Défense, à construire une vision d’avenir avec les pouvoirs publics sur ce que sera la mobilité de demain.

JEAN-MICHEL PINTO - Dans toutes les industries, il y a différentes phases. Dans les phases d’évolution, les États ne sont pas de bons conseillers, ils ne sont pas assez sensibles et réactifs aux microévolutions de la chaîne de valeur. Tandis que, dans les périodes de transformation, l’État peut avoir un rôle de catalyseur qui définit et structure une stratégie. Mais le rôle de l’État ne doit pas être celui qu’on imagine en France. Ici, on pense plutôt à un deus ex machina qui aide la filière à se structurer.

Selon vous, la crise du coronavirus met un point d’arrêt à cette évolution historique de globalisation et de retrait de l’État ?

GUILLAUME CRUNELLE – Il y a une séquence historique qui se clôt. Imaginer un léger retour de balancier de la localisation de la chaîne de valeur pour répondre à une problématique de résilience industrielle, n’est pas choquant. Mais il faut une vision qui doit être portée par le pouvoir public. Toute la difficulté réside dans le fait qu’on ne s’improvise pas industriel. Il faut donc trouver un bon équilibre, avec un degré de liberté suffisant pour les industriels.

JEAN-MICHEL PINTO - Il ne s’agit pas d’élever de nouvelles barrières aux frontières, mais d’établir des conditions en Europe qui favorisent l’innovation et la recherche, à la fois dans les technologies et dans les processus de production, qui sont les vrais leviers de compétitivité de demain.

Services financiers à l’union européenne : Londres veut les avantages les inconvénients

 

Services financiers à l’union européenne : Londres veut les avantages les inconvénients

D’une certaine manière Londres voudrait une sorte d’adhésion à la carte à l’union européenne en particulier pour les services financiers britanniques. Londres voudrait des garanties qui lui assurent une certaine permanence des relations financières pour ne pas être soumis aux règles ordinaires fondées sur le principe dit équivalence  qui s’applique aux Etats-Unis, au Japon ou encore à Singapour, est accordé de manière unilatérale par la Commission européenne à un pays tiers si elle estime que la réglementation de ce pays “produit les mêmes effets que sa propre réglementation (européenne)”.

Mais la Grande-Bretagne veut un traitement particulier pour s’assurer que la City dispose d’un accès plus prévisible au marché européen, son principal client représentant 26 milliards de livres par an (environ 28,75 milliards d’euros).

“Le Royaume-Uni tente d’obtenir une cogestion des décisions d’équivalence financière”, a déclaré mardi un diplomate européen. “Ils veulent un processus de consultation intégré de sorte que révoquer de manière unilatérale un permis (octroyé par l’UE) ne serait pas aussi aisé qu’actuellement avec les pays tiers.”

La Commission européenne, qui négocie au nom des Vingt-Sept, a rejeté cette idée, a-t-il ajouté.

Dans le système de l’équivalence, Bruxelles peut la révoquer avec un préavis de 30 jours; Londres veut une période bien plus longue.

Industrie: Pour une relance européenne

Industrie: Pour une relance européenne

Une relance de l’industrie européenne : c’est possible soutien Frédéric Gonand , professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine-PSL. -( chronique l’Opinion)

 

« A l’heure où l’industrie française souffre de grandes difficultés à surmonter les conséquences d’un confinement généralisé et les nombreux obstacles juridiques qui brident la reprise de son activité, quatre idées peuvent être proposées aux pouvoirs publics européens pour aider durablement l’industrie européenne.

Un dispositif de prime à la casse automobile européenne présenterait plusieurs avantages. Il est efficace à court terme pour prévenir une catastrophe économique dans le secteur automobile. Bien calibré, il est généralement peu coûteux pour les finances publiques. Il gagnerait à inclure une dimension environnementale, notamment au bénéfice des véhicules électriques, voir hybrides, en ciblant sur les petites cylindrées). Enfin, il fournirait un exemple de dispositif européen visible concrètement et positivement pour les ménages.

La création d’un dispositif européen de financement de la sécurité sanitaire des employés dans l’industrie serait pertinente. La crise actuelle va renforcer les coûts de sécurisation sanitaire des conditions de travail bien au-delà de leur niveau actuel. Or les gains de productivité d’une économie sont concentrés dans l’industrie. L’Union européenne a donc intérêt à soutenir son industrie, via un dispositif européen spécifique de soutien au financement de la sécurité sanitaire de ses employés, avec prise en charge d’une partie des coûts selon une grille prédéfinie.

« L’intérêt économique pour l’industrie d’investir dans l’efficacité énergétique a sensiblement diminué avec la crise du coronavirus et la chute du prix de baril de pétrole »

Solidarité. Le mécanisme illustrerait politiquement la solidarité des Etats européens face aux conséquences industrielles d’une pandémie commune. Cela inciterait aussi la Commission à réfléchir quand elle fixe des normes sanitaires pour les entreprises, car dans ce dispositif elle aurait à payer une partie du coût de ce qu’elle décide d’appliquer aux autres.

Il serait aussi utile de créer un dispositif européen cohérent et dédié au soutien au financement des investissements d’efficacité énergétique dans l’industrie. La transition énergétique en général et l’efficacité énergétique en particulier impliquent des investissements importants et en partie imposés. Or l’intérêt économique pour l’industrie d’investir dans l’efficacité énergétique a sensiblement diminué avec la crise du coronavirus et la chute du prix de baril de pétrole qui représente le mètre étalon plus ou moins implicite de valorisation des montants d’énergie économisés. Concrètement, il s’agirait de construire au niveau européen un fonds finançant les investissements éligibles tels qu’ils résultent d’une grille tarifaire comme il en existe dans les pays membres.

Enfin, l’Union Européenne a besoin d’un véritable dispositif défensif contre les prises de contrôle d’entreprises européennes stratégiques par des acteurs non européens. La conjonction entre l’effondrement des marchés d’actions et l’abondance d’épargne chinoise rend nos grandes entreprises européennes à la merci de rachats d’actions et de bloc de contrôle. Le thème de la souveraineté prend du relief dans le contexte actuel et la Commission pourrait avoir intérêt à le récupérer au niveau européen.

Frédéric Gonand est professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine-PSL.

«Crise: Soit une réponse européenne soit la récession »

 «Crise:  Soit une réponse européenne soit la  récession »

 

La confédération syndicale allemande DGB et les cinq centrales françaises CFDT, CFTC, CGT, FO et Unsa appellent, dans une déclaration commune, à une « convergence économique, fiscale et budgétaire des Etats membres de l’Union européenne » et demande une stratégie de relance qui aille « au-delà des 500 milliards d’euros annoncés par la France et l’Allemagne ».

Tribune. Particulièrement touchée, l’Europe doit faire face comme le reste du monde à la pandémie de Covid-19. Les mesures d’arrêt sévères mais nécessaires prises pour enrayer l’épidémie, ont mis nos sociétés et nos économies quasiment à l’arrêt. L’activité économique, la liberté de mouvement et de nombreuses autres activités ont été suspendues pour lutter contre la pandémie, et certains continuent à l’être.

Pour nous, organisations syndicales allemande et françaises, la santé des citoyens et des travailleurs en Europe était notre préoccupation principale lors de la prise de mesures de confinement. Aujourd’hui, alors qu’il s’agit d’assouplir ces mesures pour un retour progressif à l’activité économique, la santé de nos concitoyens et des travailleurs demeure une priorité absolue.

Incidents xénophobes

Les premières réactions lors de l’apparition du virus en Europe ont été surtout nationales. Les organisations syndicales DGB, CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa regrettent le manque de concertation entre les Etats membres au début de la pandémie qui a pu mener à la prise de décisions non coordonnées, voire au détriment les uns des autres.

Nous condamnons fermement les incidents xénophobes qui se sont produits à la frontière franco-allemande et qui nous rappellent avec effroi un des chapitres les plus sombres de notre histoire. Dans les régions frontalières, le sentiment d’incertitude face au coronavirus est particulièrement prononcé. Et pour cause : en temps normal, 40 000 travailleurs transfrontaliers du Grand-Est viennent travailler en Allemagne tous les jours.

Cependant, ni la fermeture des frontières, ni les contrôles aux points de passages ne peuvent contenir la propagation du virus. A l’heure actuelle, nous ne devons pas remettre en cause l’intégration économique et sociale des espaces frontaliers qui s’est créée au cours des dernières décennies.

Les conséquences des mesures prises par les Etats membres pour enrayer cette épidémie, d’une ampleur inédite, nécessitent une réponse sociale de haut niveau. Pour le DGB, la CFDT, la CGT, FO, la CFTC et l’Unsa, seule une réponse européenne ambitieuse pourra nous éviter des années de croissance morne, voire de récession avec une propagation du chômage et de la pauvreté.

 

Merkel d’accord pour aider davantage l’union européenne

Merkel d’accord pour aider davantage l’union européenne

Merkel se montre beaucoup plus ouverte que certaines tendances rétrogrades en Allemagne. Elle est évidemment consciente que l’état économique des autres pays de l’Europe va aussi conditionner la croissance allemande. En , elle va bientôt prendre la présidence de l’Europe et être contrainte sans doute de donner un contenu un peu plus dynamique au plan de relance

La chancelière a convenu avec Ralph Brinkhaus, président du groupe parlementaire conservateur CDU-CSU, que Berlin devait contribuer beaucoup plus largement à la relance européenne, a-t-on précisé de mêmes sources.

Le Bundestag devrait être impliqué dans cette décision.

Tout en reconnaissant la nécessité de l’aide allemande, Ralph Brinkhaus avait jugé nécessaire un peu plus tôt de savoir à quoi seraient employés les fonds alloués aux pays en difficulté.

La Commission européenne doit présenter la semaine prochaine des propositions budgétaires révisées.

Angela Merkel a par ailleurs invité les élus conservateurs à ne pas compter sur une réouverture des frontières à très brève échéance, point qui sera mercredi à l’ordre du jour du conseil des ministres.

Le gouvernement souhaite le retour à la normale dans l’espace Schengen, mais la France n’ouvrira certainement pas ses frontières avant la mi-juin, a-t-elle ajouté, toujours selon les mêmes participants.

La Cour européenne de justice conteste la cour constitutionnelle allemande

La Cour européenne de justice conteste la cour constitutionnelle allemande

En termes diplomatiques, la cour de justice européenne renvoie dans ses baskets la cour constitutionnelle allemande qui voulait s’immiscer dans la gestion de la banque centrale européenne. En cause évidemment comme toujours, une opposition de certains courants en Allemagne concernant les prêts et les rachats d’actifs de la BCE.

 

La Cour ne commente “jamais un arrêt d’une juridiction nationale” mais “d’une manière générale, il est rappelé qu’un arrêt rendu à titre préjudiciel par cette cour lie le juge national pour la solution du litige au principal”, peut-on lire dans un communiqué.

“Des divergences entre les juridictions des États membres quant à la validité de tels actes seraient en effet susceptibles de compromettre l’unité de l’ordre juridique de l’Union et de porter atteinte à la sécurité juridique”, ajoute la Cour, dont le siège est au Luxembourg.

“Tout comme d’autres autorités des États membres, les juridictions nationales sont obligées de garantir le plein effet du droit de l’Union”, peut-on encore lire. “Ce n’est qu’ainsi que l’égalité des États membres dans l’Union créée par eux peut être assurée.”

La cour constitutionnelle de Karlsruhe a estimé mardi que la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande, devrait cesser d’ici trois mois d’acheter des emprunts d’Etats de la zone euro pour le compte de la BCE si cette dernière ne prouvait pas que ces achats sont justifié.

Ce jugement contredit une précédente décision de la Cour de justice de l’UE, en 2018, sur la légalité des achats d’actifs de la BCE.

Union européenne : la France demande un plan de 150-300 milliards par an sur 2021-2023

Union européenne : la France demande un plan de 150-300 milliards par an sur 2021-2023

 

Un plan de 150 à 300 milliards par an pendant trois ans, c’est la demande de Paris aux autorités européennes afin de relancer l’économie. Soit. 1% à 2% du produit national brut (PNB) par an, . Le problème c’est que ce plan entretient encore l’ambiguïté entre les prêts et les subventions. Il n’est pas certain que les pays nordiques notamment l’Allemagne adhèrent  aux aspects de mutualisation des dettes que constituent les subventions.

“Les prêts aux États membres pourraient aider à combler l’écart mais ils doivent rester un complément aux subventions”, précise la proposition française. “Il est également essentiel que ce fonds soit mis en place dès que possible, possiblement avant l’entrée en vigueur du prochain” cadre financier pluriannuel (CFP).

La proposition française survient en plein débat sur la manière de relancer l’économie du bloc, touchée de plein fouet par l’épidémie de coronavirus qui a mis à l’arrêt pendant plusieurs semaines l’activité économique dans la majorité des Etats membres.

La Commission européenne doit proposer la semaine du 18 mai un nouveau budget conjoint pour l’ensemble des 27 États membres pour 2021-2027 et un fonds de relance.

Sur franceinfo mardi, le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a indiqué que la CE travaillait sur un “fonds” de relance “gigantesque” qui “devrait se situer entre 1. 000 et 2.000 milliards d’euros” au total.

Croissance européenne : récession de 7,7% en 2020 ?

Croissance européenne : récession de 7,7% en 2020 ?

 

D’une certaine façon la commission européenne est coincée entre deux impératifs. D’une part entre la volonté d’une certaine transparence sur la réalité économique, d’autre part entre son désir de ne pas désespérer les acteurs économiques. Il lui admettre  que la crise sanitaire aura un très fort impact sur la croissance mais en minimisant un peu l’ampleur et redonner en même temps  le moral à ces  acteurs économiques. En gros la commission affirme que certes la récession pourrait atteindre de l’ordre de 7,7 % en 2020 mais qu’on remontra d’autant en 2021.

Rien n’est sûr évidemment dans ce domaine et personne n’en sait strictement rien. En effet après la crise sanitaire qui s’est traduite au plan économique par une paralysie de l’offre pourrait succéder une crise de la demande de la part aussi bien des ménages que des entreprises. Une crise caractérisée par une diminution quantitative et qualitative. La Commission européenne espère cependant une récession limitée à 7,7% dans la zone euro cette année, accompagnée d’une chute de l’inflation et d’une remontée du chômage, l’économie européenne se retrouvant “en état d’hibernation” en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, montrent ses prévisions de printemps publiées mercredi.

L’exécutif européen prédit cependant un rebond en 2021, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 6,3%. Entre-temps, l’inflation devrait tomber à 0,2% et le chômage grimper à 9,6% de la population active cette année. Si la crise provoquée par le COVID-19 touche tous les pays, son impact et la rapidité du redressement ne seront toutefois pas les mêmes partout, prévient l’exécutif européen, qui prédit par exemple des contractions du PIB de 9,5% et 9,4% respectivement en Italie et en Espagne mais de 5,5% en Autriche.

En France, le PIB devrait chuter de 8,2% cette année puis remonter de 7,4% en 2021. Pour l’Allemagne, la récession devrait être de 6,5% en 2020 avant un rebond de 5,9% l’an prochain.

“De telles divergences constituent une menace pour le marché unique et la zone euro”, a déclaré Paolo Gentiloni, commissaire européen à l’Economie, cité dans un communiqué. “Cependant, elles peuvent être atténuées par une action européenne déterminée et conjointe. Nous devons relever ce défi.”

«Contact tracing: une opportunité européenne »

«Contact tracing: une opportunité européenne »

André Loesekrug-Pietri est entrepreneur, directeur de la Joint European disruptive initiative (JEDI). milite pour une technologie de traçage européenne (à noter cependant que l’Allemagne s’est  retirée du projet). 

 

Loin d’être anecdotiques, les discussions sur l’application de traçage du Covid-19 pourraient bien être le symbole de la capacité des Européens à vraiment innover et penser grand – ou au contraire à rester dans l’inefficacité et le défensif.

Les chercheurs continuent à se diviser. Le protocole Robert, sur lequel s’appuie l’application française, s’inscrit dans la ligne du projet « Pan-European privacy-preserving proximity tracing » (PEPP-PT). Or la stratégie du PEPP-PT repose sur une certaine dose de centralisation : lorsque l’app est téléchargée, le serveur envoie un ID (numéro d’identification) permanent et des ID Bluetooth éphémères. Les ID temporaires sont conservées sur le serveur.

Ce protocole ne stocke aucune information qui permettrait de remonter au téléphone des utilisateurs. En outre, il a une meilleure capacité à empêcher les fuites d’informations statistiques que la solution décentralisée DP-3T, que viennent d’adopter la Suisse et l’Autriche. Cependant, le protocole pourrait présenter des vulnérabilités, par l’analyse à petite échelle des signaux envoyés pour réattribuer une identité avec une forte probabilité. Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, il n’existe pas de technique d’anonymisation 100% fiable aujourd’hui, et Robert ne déroge pas à la règle.

En outre, la centralisation suppose que l’autorité soit digne de confiance. Et que les données recueillies ne soient pas utilisées à d’autres fins. Il faut en effet souligner que, si les gouvernements souhaitaient examiner le graphique social des pseudonymes, non seulement ils pourraient le faire, mais les utilisateurs n’en seraient pas avertis.

Pion. Enfin, la nécessité d’avoir le Bluetooth fonctionnant automatiquement en arrière-plan – dispositif justement supprimé du fait d’abus de traçage ! – nécessite l’accord d’Apple (mais aussi de Google pour Android) et rend, de l’aveu du secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O, le développement de l’application pour l’instant impossible. Il semble bien impuissant face à une société qui, en son temps, avait bravé les pressions du FBI.

Une application européenne ne résoudrait pas tous les problèmes, mais l’UE est moins susceptible de céder à la tentation de garder ces données à la fin de l’épidémie. Et surtout, cela permettrait de mettre réellement en œuvre un marché unique du digital qui n’est aujourd’hui pas beaucoup plus qu’un champ de ruines.

Si l’Union ne veut être rétrogradée au rang de pion, elle doit éviter la fragmentation et a l’opportunité unique de développer dans les prochains jours un standard commun, apte à permettre un immense marché sur lequel des start-up ou des industriels européens pourront s’appuyer pour devenir des acteurs mondiaux. Sinon, l’argent déversé dans les start-up et autres projets de recherche fragmentés ne sera à nouveau que de l’argent à forte connotation de coup politique.

André Loesekrug-Pietri est entrepreneur, directeur de la Joint European disruptive initiative (JEDI).

 

Devant la paralysie de l’union européenne, la BCE prête à acheter des actifs pourris

Devant la paralysie de l’union européenne, la BCE prête à acheter des actifs pourris

 

 

L’union européenne est un nouveau presque paralysée à propos du plan de relance de 1000 milliards € ….mais sur six ans, soit 150 millions d’euros par an. Un montant bien insuffisant par rapport aux enjeux et dont les modalités restent encore à définir car les divergences sont très fortes entre les Etats.

À nouveau la BCE pourrait être amenée à intervenir après avoir déjà dégagé une ligne de 750 milliards de prêts . Elle pourrait cette fois accepter d’acheter des actifs pourris aux Etas et aux banques  particulièrement en grande difficulté comme l’Italie ou l’Espagne. Le problème c’est que la BCE est en train de dépasser les limites de ses compétences mais aussi de faire croître le volume de son bilan mettant à terme en cause la valeur de l’euro.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont certes conclu jeudi un accord de principe sur la création d’un fonds d’urgence de quelque 1.000 milliards d’euros pour soutenir la reprise après la crise du coronavirus mais ils ont repoussé les décisions sur ses modalités et son financement, qui pourraient prendre des mois.

Et la nouvelle enveloppe ne représente que 1% du produit intérieur brut (PIB) des 19 pays de la zone euro, alors que beaucoup d’observateurs s’attendent à une contraction de 5% à 15% du PIB.

La BCE, à la différence des autres grandes banques centrales, doit de plus s’accommoder de l’absence de coordination des politiques budgétaires dans l’UE, ce qui se traduit entre autres par des écarts de rendements (spreads) entre les dettes souveraines des pays membres.

“Faute d’un accord plus ambitieux, la BCE sera probablement la seule solution disponible en ce qui concerne les spreads périphériques”, dit ainsi Frederik Ducrozet, stratège de Pictet Wealth Management, en référence notamment aux rendements des emprunts d’Etat italiens, en nette hausse ces derniers jours.

Pour donner du temps aux Etats, la BCE devra donc très probablement annoncer de nouvelles mesures de soutien, ce qui l’obligera à se rapprocher un peu plus des limites de ses statuts et à fournir des arguments à ses détracteurs.

Surtout, en prenant une nouvelle fois l’initiative, l’institution dirigée par Christine Lagarde enclenchera probablement un mécanisme désormais familier dans lequel les dirigeants politiques, constatant que la BCE est toujours là pour les soutenir, tendent au laisser-aller et accroissent encore la nécessité de nouvelles mesures de politique monétaire.

Ce mécanisme, s’il a montré qu’il fonctionnait, a un gros défaut: il alimente les doutes sur la solidarité entre pays membres de l’UE et sur la détermination de ceux de la zone euro à assurer la pérennité de la monnaie unique.

Aujourd’hui, à peine plus d’un mois après avoir lancé un plan d’achats d’actifs de 750 milliards d’euros, la BCE doit donc envisager de faire encore plus, et peut-être dès sa prochaine réunion, jeudi prochain, selon certains analystes.

Car la situation de l’Italie devient urgente: alors que sa dette publique menace de dépasser 175% du PIB en fin d’année à cause du surcroît de dépenses et de la chute de recettes liés à l’épidémie, la note souveraine de Rome pourrait être bientôt dégradée en catégorie spéculative (“junk”), ce qui rendrait ses emprunts inéligibles aux programmes de rachats de la BCE.

Une telle situation priverait le Trésor italien du principal acheteur de ses obligations sur le marché secondaire et fragiliserait considérablement les banques de la péninsule, dont les titres d’Etat représentent une part importante des avoirs.

Contrairement au Conseil européen, la BCE a déjà fait la preuve ces dernières semaines de sa capacité à adopter vite des mesures fortes, car elle peut décider à la majorité simple des membres de son Conseil des gouverneurs alors que l’UE a besoin de l’unanimité.

Elle a ainsi pu passer outre certaines réticences de l’Allemagne et des Pays-Bas, deux des pays dits “frugaux” qui posent leurs conditions à un partage du fardeau avec les pays périphériques.

Mais la BCE a déjà pris beaucoup de risques en terme de respect de ses propres statuts: elle a commencé à acheter des titres souverains qui ne bénéficient pas d’une note en catégorie d’investissement, elle accepte des titres “junk” en garantie et elle s’autorise à enfreindre la règle selon laquelle elle ne doit pas acheter plus du tiers de la dette publique d’un pays.

La prochaine étape, pour le Conseil des gouverneurs, consistera probablement à augmenter encore les achats de titres sur les marchés, ou à accroître la part des “junk bonds” dans ceux-ci.

Elle pourrait aussi envisager d’acheter des créances douteuses, des obligations émises par les banques voire des actions de banques, et réexaminer le recours au dispositif des “Opérations monétaires sur titres” (OMT), jamais utilisé mais qui lui permettrait d’acheter sans limite des obligations d’Etat italiennes.

“Il est acquis que les OMT seront activées, c’est juste une question de temps”, estime Salman Ahmed, responsable de la stratégie d’investissement de Lombard Odier Investment Managers. “Avec les OMT, la mutualisation des dettes pourra se faire via le bilan de la banque centrale.”

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

L’union européenne semble maintenant admettre le principe d’un plan de relance intégré au budget européen pour la période 2021–2027. Cela pour constituer un fonds d’urgence d’environ 1000 milliards de dollars. Notons cependant que ce montant n’est sans doute pas à la hauteur de l’enjeu puisque cela représente environ 150 milliards par an. Alors que  la perte de croissance pourrait se situer entre 800 et 2500 milliards par an selon les scénarios de baisse du PIB.

En outre, de nombreuses divergences demeurent quant aux manières de l’alimenter et de l’utiliser.

 » Il y a des désaccords qui demeurent sur les mécanismes”, a quant lui observé Emmanuel Macron, évoquant le débat entre les partisans des subventions et ceux des prêts.

“Je le dis sincèrement: si l’Europe contracte des emprunts pour les transférer à d’autres, cela ne sera pas à la hauteur de la réponse dont nous avons besoin”, a estimé le chef de l’Etat français.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a quant à elle déclaré aux “27” que la pandémie pourrait réduire la production européenne de 5% à 15%, selon des diplomates et des responsables européens.

Le PIB de la zone euro devrait se contracter de 5,4% en 2020, ce qui serait sans précédent depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999, selon les analystes interrogés par Reuters. Le Fonds monétaire international table, lui, sur une contraction de 7,5%.

Après des semaines de débats, les chefs d’Etat et de gouvernement ont approuvé un plan de sauvetage de 500 milliards d’euros immédiatement mobilisables pour protéger les emplois, les entreprises et offrir des crédits bon marché aux gouvernements.

L’Italie et l’Espagne ayant été frappées beaucoup plus durement que l’Allemagne, de vieilles rancœurs ont toutefois refait surface. Il y a deux semaines, les ministres des Finances de la zone euro ont eu toutes les peines du monde à s’entendre et les Pays-Bas se sont opposés à la demande italienne de mutualisation de la dette.

Guiseppe Conte a souhaité que le fonds de relance soit porté 1.500 milliards d’euros et qu’il soit assorti de subventions pour éviter l’effondrement des pays les plus affectés, ce qui mettrait le marché intérieur en péril.

“Les subventions sont essentielles”, a-t-il souligne, selon des diplomates ayant assisté à la visioconférence. “L’urgence sanitaire est rapidement devenue une urgence sociale. Mais nous sommes maintenant également confrontés à une urgence politique.”

L’Autriche est prête à faire preuve de solidarité, mais “nous devons le faire par le biais de prêts”, a rétorqué sur Twitter le chancelier Sebastian Kurz.

Vienne consultera les “pays ayant des points de vue similaires”, poursuit-il, évoquant les pays du Nord tels que le Danemark, la Suède, la Finlande et les Pays-Bas, qui ne veulent pas payer pour les pays du Sud jugés moins disciplinés sur le plan budgétaire.

L’Espagne, l’un des pays les plus touchés au monde, milite aux côté l’Italie en faveur des subventions plutôt que des prêts. La France, elle, plaide pour la création d’un fonds qui pourrait d’émettre une dette commune. “Il nous faudra une capacité commune d’endettement pour financer cette réponse”, a estimé Emmanuel Macron.

Angela Merkel s’est voulue conciliante en appelant elle aussi à la constitution d’un fonds de relance majeur après le sommet. “Il était clair pour tout le monde que nous avions besoin d’un tel fonds de relance”, a-t-elle déclaré à la presse.

“Je veux dire très clairement qu’une telle solution commune est dans l’intérêt de l’Allemagne, parce que les choses ne peuvent aller bien pour l’Allemagne que si elles vont bien pour l’Europe”.

“Nous n’étions pas toujours d’accord, par exemple pour déterminer si cela devait se faire sous forme de subventions ou de prêts, ou sur les modalité de mise en œuvre, mais nous avons tous convenu que ce fonds de relance devait être étroitement lié au prochain financement à moyen terme”, a poursuivi la chancelière.

Les 27 ont ainsi chargé la Commission européenne de présenter des propositions détaillées d’ici le 6 mai, selon des diplomates.

Selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, les plans mis en oeuvre par les Etats-membres représentent un montant de 1.800 milliards et le nouveau fonds européen de relance serait de l’ordre de 1.000 milliards.

“Nos estimations actuelles des besoins nous amènent à penser qu’un plafond de ressources propres d’environ 2% du RNB (revenu national brut) pour deux ou trois ans plutôt que de 1,2% sera nécessaire”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, évoquant la part du budget européen géré par la commission.

“Nous nous dirigeons lentement vers une forme de dette commune. Nous ne l’appellerons jamais ‘coronabonds’ ou ‘eurobonds’ et elle sera levée par la Commission plutôt que par les Etats membres ensemble”, avait auparavant prédit un diplomate européen impliqué dans la préparation du sommet.

Union européenne : Macron plaide encore pour la solidarité financière

Union européenne : Macron plaide encore pour la solidarité financière

 

 

Macron rhabille  son idée d’Eurobonds  et de solidarité financière européenne. Il propose à peu près la même chose en demandant des transferts financiers entre pays et en fonction des secteurs. Bref, il demande que les pays riches financent une partie des dépenses des pays en difficulté pour relancer l’économie. Rien de très nouveau schéma sous sans doute que Macon est de plus en plus inquiet pour la France elle-même qui se rapproche dangereusement des pays les plus fragiles  dans du point de vue sanitaire que du point de vue financier.

Il n’est pas sûr que les pays du Nord de l’Europe soient très sensibles à ce discours de solidarité européenne. En effet si la crise sanitaire a  aggravé la situation de nombre de pays, il n’empêche que les pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne aussi la France connaissaient déjà une dérive de leurs grands équilibres avant la venue du Coronavirus. En outre, la manière de présenter et de légitimer la demande de macron n’est pas nécessairement la plus pédagogique. Il y a même un peu de brutalité dans les propositions du président de la république français qui parle non seulement de solidarité européenne, c’est-à-dire de mutualisation en matière de dette mais aussi de transferts financiers non remboursables.

“Il y a un consensus sur la nécessité d’une réponse rapide et forte. C’est une avancée, personne ne conteste qu’on a un besoin de réponse entre 5 et 10 points de notre PIB. Il y a des désaccords qui demeurent sur les mécanismes”, a souligné le chef de l’Etat. “Il nous faudra une capacité commune d’endettement pour financer cette réponse” des Européens sur les phases à venir de “résistance” et de “relance” après la crise sanitaire, a-t-il poursuivi.

Appelant à “un changement complet des capacités budgétaires européennes”, il a rappelé que le budget européen représentait actuellement 1% environ du revenu national brut de l’UE. “Il n’est plus à la bonne taille.”

Le président français, invoquant la solidarité et un risque d’asymétrie entre les Etats-membres qui ne présentent pas tous la même solidité financière sur les marchés, a surtout plaidé pour des “transferts budgétaires, réels, économiques, pas simplement des prêts” vers les régions et les secteurs les plus touchés.

C’est sur cet équilibre entre transferts (ou subventions) et prêts que se focalise le débat.

“Nous avons des désaccords sur la nature des transferts qui seront faits”, a-t-il dit. “Dans le moment que nous vivons, je crois que ces transferts doivent être des transferts par subsides, des vrais transferts budgétaires”.

Insistant sur les “convergences nouvelles” entre les Vingt-Sept, notamment en matière de souveraineté européenne, et sur le “consensus” existant autour de la nécessité d’une réponse rapide et forte, le président français a estimé que l’option des prêts, ne ferait qu’aggraver la situation des pays déjà fragilisés. “Ils auront simplement un prêt de plus, pas avec le marché mais avec l’Europe.”

“Des plans d’urgence ont été mis en œuvre dès le début avec la mobilisation de sommes massives. C’est vrai de la plupart des pays européens. Néanmoins ces réponses sont asymétriques. Cette asymétrie va continuer à s’aggraver si nous ne la corrigerons pas et pourrait mettre à l’épreuve la cohésion de la zone euro et l’unité du marché unique. Il nous faut donc être très vigilant à la solidité, l’unité de l’UE”.

“Ce virus est un choc exceptionnel pour nos sociétés, pour nos pays, il implique donc une réponse exceptionnelle”, a-t-il ajouté lors d’une intervention télévisée.

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