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Vers une crise financière ?

Vers une crise financière ?

 

 

La remontée des taux d’intérêt – et la fuite de capitaux qui en découle – associée à la sous-estimation par le système financier des risques climatique, « cyber » et géopolitique fait peser de graves menaces sur l’économie mondiale, alerte, dans une tribune au « Monde », l’économiste Hélène Rey.

Au moment où presque toutes les banques centrales retirent des liquidités de l’économie pour combattre l’inflation, la crainte de crises financières ressurgit avec force. Dans un environnement où les Etats et les secteurs privés sont très endettés et où les prix des actifs sont souvent surévalués, le retournement du cycle financier global est à craindre. Car, plus le resserrement des politiques monétaires est important, plus la création de crédit ralentit, et plus les flux de capitaux se tarissent et les primes de risque augmentent, parfois de façon excessive. La Réserve fédérale américaine joue un rôle particulièrement important pour le cycle financier mondial et donne le ton sur les marchés financiers internationaux : lorsqu’elle coupe les liquidités, l’aversion au risque augmente et la valeur des actifs risqués (bitcoin, actions, etc.) chute.

La situation actuelle rappelle dans une certaine mesure la période précédant la crise de la dette de l’Amérique latine des années 1980, soulignait Richard Portes, professeur à la London Business School et fondateur du Centre for Economic Policy Research (CEPR), lors du premier symposium du CEPR à Paris, le 2 juin, où ce réseau européen de 1 600 chercheurs vient d’installer son siège, auparavant situé à Londres. La montée des taux et l’augmentation des primes de risque pourraient déstabiliser les pays émergents en raison des fuites de capitaux et des crises de change. On peut ajouter que les restructurations de dette qui seront probablement nécessaires seront bien plus difficiles à gérer dans un monde où le multilatéralisme est moribond et où la Chine est un créditeur important mais n’est pas membre du Club de Paris, l’institution réunissant les créanciers publics où se négocient lesdites restructurations.

Au-delà des pays émergents, certaines économies avancées seront aussi sous pression : les risques de fragmentation de la zone euro apparaissent à nouveau avec le retrait de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE). Il est important que des écarts de taux entre pays de la zone existent, car ils reflètent des risques de crédit hétérogènes, mais la BCE ne peut les laisser diverger car cela signalerait un risque d’éclatement de la zone euro.

A ces risques traditionnels de premier ordre se greffe une série de facteurs d’apparition de nouvelles crises. Quand les perceptions des acteurs financiers sur l’activité économique future deviennent plus pessimistes, les actifs préalablement étiquetés comme sûrs et utilisés comme garantie auprès des débiteurs deviennent soudainement douteux, rappelait dans ce même symposium du CEPR Stephen Cecchetti, ancien conseiller économique de la Banque des règlements internationaux (BRI). Leurs prix peuvent alors chuter et entraîner avec eux une partie du système financier.

Un nouveau cadre politique sur leur chemin vers l’Union Européenne ?

Un nouveau cadre politique sur leur chemin vers l’Union Européenne ?

 

Alors que les adhésions de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie à l’UE seront discutées lors du Conseil européen des 23 et 24 juin, le politiste Thierry Chopin et le directeur de l’Institut Jacques-Delors, Sébastien Maillard, définissent, dans une tribune au « Monde », le nouveau cadre à même de favoriser l’intégration politique des futurs candidats.

Les Vingt-Sept s’apprêtent à donner à l’Ukraine et à la Moldavie le statut convoité de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Un pas historique. Ces candidatures n’augurent pas d’un énième élargissement de plus. Elles dessinent l’Europe d’après-guerre. Elles marquent un saut conceptuel dans le projet européen, qui s’était gardé jusqu’ici de trop empiéter sur ce que Moscou considère comme le « monde russe ». Mais l’invasion de l’Ukraine a fait éclater sa prétendue « sphère d’influence », dont veulent s’extraire ce pays, la Moldavie et, dans une autre mesure, la Géorgie. En allant en personne à Kiev soutenir cette candidature, les dirigeants allemand, français et italien ont enfin montré qu’ils s’affranchissaient de prévenance à l’égard des susceptibilités russes qu’une telle perspective d’élargissement ne pourra laisser de marbre.

C’est pourquoi il faut sans attendre compléter ces candidatures d’une « communauté politique européenne »comme y appelle le président Macron, en écho au projet de confédération repris par l’ancien président du conseil italien Enrico Letta. L’expérience montre que l’adhésion est une marche longue, incertaine, qui peut tomber dans l’enlisement (Balkans), voire la paralysie (Turquie), au risque de décourager les aspirants et de lasser les opinions. L’accélération n’est pas une solution. Une entrée à la hâte dans l’Union braderait les légitimes exigences à l’adhésion. La sécurisation des frontières extérieures, la désoligarchisation de l’économie ainsi que la lutte contre la corruption sont autant de défis à relever avant de devenir pleinement Etat membre de l’Union.

La « communauté politique européenne » servirait justement à accompagner ce chemin semé d’embûches, à permettre une entrée graduelle dans l’Union. Elle permettrait de donner à voir aux populations la couleur de l’adhésion par des projets concrets sectoriels (sécurité, énergie, éducation et recherche), que peuvent faciliter, pour certains d’entre eux, les accords d’association de l’UE déjà en vigueur avec ces pays. Elle aurait aussi pour conséquence de sortir le pays négociant son adhésion du seul tête-à-tête avec la Commission européenne, en donnant un cadre multilatéral, où s’opère une acculturation politique approfondie entre dirigeants qui partagent les valeurs communes promues par l’Union.

A cet égard, une ratification de la Charte européenne des droits fondamentaux par les pays candidats leur permettrait de signifier solennellement leur attachement à ce socle d’appartenance. Des sommets réguliers à Bruxelles de la « communauté politique européenne » verraient les dirigeants dans et hors de l’Union s’asseoir à la même table européenne pour donner au respect de l’Etat de droit et à la maturation de la démocratie libérale les impulsions politiques qu’ils méritent, au-delà des procédures institutionnelles dont ils font déjà l’objet. Dans cette nouvelle étape de la construction européenne, il faut empêcher que ne ressurgissent des situations comme celles que nous connaissons aujourd’hui avec la Pologne et la Hongrie, qui violent le contrat sur les valeurs politiques européennes inhérent à l’adhésion ; un contrat politique que mettrait en exergue la communauté éponyme.

Croissance : vers la récession en 2023

Croissance : vers la récession en 2023

Encore une révision en baisse par la Banque de France. La Banque de France passe son temps à réviser à la baisse les perspectives de croissance. Pourquoi des révisions aussi régulières ? Sans doute pour ne pas affoler l’opinion publique sur la gravité de la crise qui se caractérise par une marche vers la déflation (inflation mais sans croissance); Aussi pour éviter la spirale prix salaires . En fait on se dirige tout droit vers une croissance zéro et une inflation de l’ordre de 10 %.  Bref, un vrai scénario catastrophe qui va bousculer la situation économique et sociale

 

La croissance du produit intérieur brut (PIB) augmenterait de 2,3% selon les dernières prévisions de la Banque de France dévoilées ce mardi 21 juin contre 2,7% en mars dernier dans leur scénario central.Une croissance qui provient essentiellement de l’acquis de l’année précédente.

Pour l’année 2023, cet acquis sera assez marginal et le risque de récession n’est pas écarté

Par ailleurs l’explosion de l’inflation portera un coup sévère au pouvoir d’achat que la Banque de France évalue 1 % pour les ménages. Ce qui est notoirement en dessous de la réalité si l’on considère que chaque ménage perdra rien que pour le chauffage et de carburant autour de 1500 € par an.

La Banque de France chiffre l’inflation désormais à 5,6 % en moyenne mais le pouvoir d’achat pour l’instant n’a pas progressé plus de 2 %. La perte sera donc entre 2 et 3 %. Et non pas de 1 % . D’après les modèles de la Banque de France, l’inflation pourrait grimper à 5,6% en moyenne en 2022 et 3,4% en 2023 selon l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Cet indicateur est notamment utilisé par Eurostat et les économistes de la BCE pour faire des comparaisons internationales.

Quant à l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors énergie et alimentation, elle serait tout de même de 3,3% en 2022 et 3% en 2023. Cela signifie que même si les prix de l’énergie et de l’alimentation marquent le pas, l’inflation resterait supérieure à l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE) fixé désormais à 2% à moyen terme.

Le salaire moyen par tête réel pourrait augmenter de seulement 1,8% en 2022, soit un niveau bien inférieur à l’inflation selon les calculs de la banque centrale. Quant au revenu disponible brut réel des ménages, il serait en berne à 0,8% cette année tout comme le pouvoir d’achat (-1%) un chiffre sans doute après une redistribution évaluée de manière très approximative.

Par ailleurs, après de fortes créations d’emplois en 2021 (507.000) et en 2022 (356.000), l’économie française pourrait à nouveau détruire des postes à partie de l’année prochaine (-78.000) et en 2024 (-25.000).

 

Politique- Macron vers la démission ?

Politique- Macron à la  la démission ?

 

Un slogan sans doute prématuré mais qui risque de monter avec le temps. En effet on voit  mal le chef de l’État changer  de pratique et de posture monarchique. Il n’acceptera jamais par exemple de s’entourer de responsables disposant d’une légitimité politique et d’une autorité naturelle ( Pour nommer le gouvernement et le Premier ministre en particulier) . Il va continuer à s’entourer de seconds couteaux qui ne lui font pas concurrence. Il acceptera encore une majorité élargie qui ne soit pas à sa botte.

Conclusion, le pays va s’engager dans un processus de chienlit  pendant des mois et des mois. En commençant d’abord par une obstruction totale à l’Assemblée nationale forcément suivie d’ici six mois ou un an d’une dissolution. Une dissolution qui sera suivie d’une élection reproduisant à peu près la même représentation à l’assemblée et les mêmes blocages.

Se posera alors  à  la question de la démission de Macron qui constitue en fait un obstacle majeur à la mise en place d’une politique suffisamment partagée par l’opinion publique. Non seulement les orientations de l’intéressé au demeurant très floues et très évolutives sont  critiquées mais sa personnalité ne passe plus. La détestation du personnage est immense en raison du fait qu’il a trop confondue régime démocratique et régime monarchique. En outre l’intéressé n’a pas de légitimité politique. Certes juridiquement il a été élu, c’est un fait incontestable. Mais politiquement l’élection de Macron constitue une escroquerie soutenue par un groupe de financiers. L’intéressé par ailleurs complètement immature et sans expérience politique est parvenu ainsi à la plus haute fonction par une porte dérobée et grâce aussi à l’insignifiance de François Hollande.

Encore une fois la démission de Macron n’est pas à l’ordre  du jour mais avec le temps et la décomposition politique interne elle s’imposera le moment venu

Vers un haut niveau de sécurité concernant l’identité numérique

Vers un haut niveau de sécurité concernant l’identité numérique

Les deux spécialistes du numérique Rayissa Armata et Marc Norlain expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi la certification française en matière d’identité numérique est très attendue par les pays européens, en vue d’une possible harmonisation.

 

L’année 2022 marque une étape importante pour la vérification d’identité à distance. La France se dote en effet d’une nouvelle certification « prestataire de vérification d’identité à distance » (PVID), capable de garantir l’équivalence d’un face-à-face aux citoyens lorsqu’ils prouvent leur identité sur Internet.

La vérification d’identité à distance consiste à s’assurer qu’une personne est bien en possession d’un titre d’identité authentique et que ce titre lui appartient avec le même niveau de précision et de sécurité qu’une vérification en présentiel. Cette vérification intervient dans de nombreuses situations de nos vies quotidiennes : ouvrir un compte en banque, réserver une chambre d’hôtel, jouer à des jeux d’argent, louer un véhicule, se connecter à des services administratifs étatiques.

En pratique, la solution numérique demande à l’utilisateur de prendre une photo de son document d’identité puis une photo ou vidéo portrait, et enfin procède aux comparaisons nécessaires des données pour fournir un verdict. Grâce à un appareil connecté, la vérification se fait quasiment n’importe où, en un temps record (de quelques secondes) sur smartphone, ordinateur ou même en point de vente physique.

Comme dans tous les secteurs nécessitant du partage de données numériques, on observe une multitude de risques dans une identification à distance. Les fraudeurs tentent leur chance et l’usurpation d’identité demeure le risque principal. L’usurpation d’identité représente le fait de collecter les informations personnelles d’un individu et de les utiliser pour effectuer des actes, plus ou moins criminels, en simulant son identité.

Plusieurs types de fraude existent tant les fraudeurs ne manquent pas d’ingéniosité : falsification documentaire, achat de « vrais » faux documents sur le dark Web, rejeu

Il devient essentiel de redoubler de vigilance et d’engager l’ensemble des secteurs à opérer une vérification d’identité à distance encadrée avant une entrée en relation, c’est l’une des clés de voûte des législations nationales et européennes en vigueur et de la lutte contre la fraude en général mais aussi dans la lutte contre le blanchiment d’argent.

Pour y faire face et tenter de les déjouer, la France a engagé une réflexion sur l’importance de garantir le plus haut niveau de sécurité aux citoyens dans la vérification de leur identité à distance et à terme de leur identité numérique. Développée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), cette certification PVID imposée aux prestataires de solutions de vérifications pourrait devenir la pierre angulaire dans la construction de l’harmonisation réglementaire de la preuve d’identité à distance et est d’ailleurs suivie de près par l’ensemble des pays membres.

Vers la fin de la Ve République ?

Vers la fin de la Ve République ?

 

Après les législatives la France est menacée de paralysie politique estime un papier de la Tribune qui pose aussi la question de la fin possible de la Ve République

Le second tour a amplifié, tout en la confirmant, la déconfiture électorale de la majorité présidentielle. Ensemble n’obtient qu’une majorité toute relative et face à la poussée de la Nupes et du RN, va devoir s’allier pour gouverner. Avec la droite républicaine ou avec la gauche de gouvernement ? Ou les deux selon les circonstances, comme Rocard entre 1988 et 1991 ? De la réponse dépendra le sort du gouvernement d’Elisabeth Borne, réélue dans le Calvados. Face au risque d’un blocage du pays, Emmanuel Macron entame son second mandat par un désaveu qui rend la situation politique très instable dans un moment où l’économie le sera tout autant.

Au terme de deux interminables campagnes électorales, présidentielle et législatives, c’est un échiquier politique inattendu et totalement inédit qui sort des urnes en ce début d’été 2022 avec une Assemblée nationale qui reflète les divisions et les fractures apparues au cours du premier mandat d’Emmanuel Macron. Le président de la République réélu en avril va devoir affronter dans les prochains mois une situation très instable avec une absence de majorité absolue, pour la première fois depuis Mitterrand en 1988 ou les débuts de la Vème République.

Le fait majoritaire, qui servait d’ancre au fonctionnement des institutions depuis soixante ans, a volé en éclat lors du second tour des législatives et c’est un revers majeur pour la macronie qui, tout en arrivant en tête, tremble sur ses bases. Avec des personnalités emblématiques comme le président de l’Assemblée sortante, Richard Ferrand, battu par la Nupes, tout comme l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, mais aussi la ministre de la planification écologique Amélie de Montchalin, La République en Marche a été sanctionnée durement. « Donnez moi une majorité pour agir » avait demandé Emmanuel Macron avant de se rendre à Kiev en milieu de semaine : les Français dans leur majorité, ont choisi de le sanctionner en envoyant à l’Assemblée une majorité introuvable.

Ce séisme politique est d’autant plus spectaculaire qu’il s’accompagne de changements tectoniques dans le rapport des forces. Pour la première fois, et c’est la grande surprise de ce second tour des législatives, le Rassemblement national remporterait entre 80 et 95 sièges, soit plus que la droite républicaine, ce qui constitue une victoire incontestable pour la finaliste de la présidentielle, Marine le Pen, largement réélue dans le Nord.

Quant à la poussée de la Nupes, elle ne permet pas à Jean-Luc Mélenchon, qui ne se représentait pas à Marseille, de réussir son pari : se faire « élire Premier ministre » en imposant une cohabitation. Le coup marketing est réel, avec une alliance des gauches hier irréconciliables, mais son appel à la jeunesse n’a pas été entendu, 78% des 18-24 ans s’étant abstenus à nouveau au second tour. Il reste aussi à voir si la Nupes restera unie alors que les députés siégeront dans leurs groupes respectifs (France Insoumise, PC, PS, EELV).

S’il n’y a donc pas de majorité alternative au bloc central Ensemble !, qui reste la première force politique du pays, Emmanuel Macron devra tendre la main pour gouverner, ce qui n’est pas son tempérament. Une alliance naturelle semble possible avec la droite républicaine même si celle-ci n’obtient qu’une soixantaine de députés. Mais ce serait aussi la fin du « en même temps », du « et de droite et de gauche », l’ambiguïté originelle du macronisme. A moins que le chef de l’Etat tente de louvoyer en draguant entre la gauche et la droite de gouvernement en fonction des projets de loi, ce qui ne sera pas aisé et expose le pays à un risque réel de paralysie sur les choix essentiels.

Devenu un « président minoritaire », comme l’a qualifié dimanche Marine le Pen, le chef de l’Etat sera en permanence pris en étau entre deux oppositions de force presque égale : la Nupes et son programme de gauche radicale et écologique ne le ménagera pas sur les retraites ou la nécessaire rigueur budgétaire que va imposer la remontée des taux d’intérêt. Et le RN sera tout aussi virulent sur le pouvoir d’achat ou sur les questions de sécurité ou d’immigration.

D’une certaine façon, nous avons donc peut-être assisté ce dimanche 19 mai à la fin de la Vème République telle que nous l’avons connue. Le régime, bousculé par la révolte des Gilets Jaunes au cours du premier quinquennat, bascule dans un parlementarisme qui reste à inventer dans un pays longtemps résigné à une pratique proche de la monarchie présidentielle. C’est à coup sûr la fin de l’hyper-présidence, l’exécutif étant contraint à une culture du compromis politique, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour répondre à la crise démocratique.

Pour Emmanuel Macron, le changement, c’est donc maintenant. Après une telle claque électorale, le président de la République va devoir prendre des décisions rapides : comme l’a dit Bruno Le Maire, « gouverner ne va pas être simple, il va falloir faire preuve de beaucoup d’imagination ». Macron pourra-t-il maintenir à Matignon Elisabeth Borne, certes réélue dans le Calvados, mais très fragilisée par la défaite de la majorité qu’elle était censée conduire à la victoire ? Elle a appelé dimanche soir à construire « une majorité d’action », un concept bien flou… Quel sera le sort de la réforme emblématique des retraites ? La droite se laissera-t-elle tentée comme le maire de Meaux Jean-François Copé par un « pacte de gouvernement » avec Ensemble ? Sur quelles bases ? Quel est enfin le risque de blocage du pays sous la pression d’un quatrième tour social dans la rue et d’un parlement rendu incandescent par la poussée de la Nupes ?

Une chose est sûre, la stratégie d’ouverture à gauche en nommant Elisabeth Borne est un échec patent dont le président, qui a longtemps hésité à nommer Catherine Vautrin pour faire campagne à droite, devra tirer toutes les conclusions politiques. Quant à la possibilité d’une dissolution, le chef de l’Etat ne pourra pas en user avant dans un an, ce qui nous promet douze mois agités dans un contexte économique et géopolitique particulièrement incertain.

Vers un système de santé à deux vitesses

Vers un système de santé à deux vitesses

 

 

Si la centralisation par les réseaux des groupements hospitaliers de territoires peut permettre de mieux aiguiller les patients et de mutualiser des moyens, elle risque d’accentuer les inégalités d’accès aux soins, analyse Carine Milcent, économiste spécialiste des systèmes de santé, dans une tribune au « Monde ».

 

Les structures hospitalières s’éloignent des zones rurales. Les hôpitaux se regroupent en réseaux et sont en train de changer notre paysage hospitalier, de modifier notre accès aux soins et de territorialiser l’offre. En quoi ces réseaux de groupements hospitaliers de territoires (GHT) répondent-ils aux besoins de soins de la population, de la qualité attendue au service d’urgence ?

Depuis 2016, les établissements du secteur public ont l’obligation de se regrouper. Au sein de ces réseaux, les structures doivent coopérer et se coordonner autour de la prise en charge du patient et de son accompagnement. Le patient n’est plus aujourd’hui pris en charge par un établissement, mais par l’un des 135 réseaux d’établissements découpant le territoire français. Il s’agit de désenclaver le patient grâce à une offre de proximité. Quelle que soit la porte d’entrée dans le GHT, le patient est aiguillé vers l’établissement le plus adapté pour sa prise en charge. Cela peut également conduire à une diminution des délais d’attente. Les patients sont orientés, limitant ainsi les inadéquations de prise en charge.

Dans le même temps, la concentration des plateaux techniques, des équipements de haute technologie en un nombre limité d’établissements permet une amélioration de la qualité grâce à l’apprentissage par la pratique. L’innovation devient alors accessible à tous en fonction des besoins.

La convergence des systèmes d’information et de son partage est un avantage certain des GHT. Piloter des soins implique de pouvoir transmettre en temps réel l’ensemble de l’information nécessaire à chacun des acteurs concernés. On pourrait même envisager que cette convergence des systèmes d’information s’étende à l’ensemble des professionnels soignants, donc à la médecine de ville. L’inclusion de la santé numérique en serait facilitée. Un système d’information performant permettrait partiellement de répondre au vieillissement de la démographie médicale et aux déserts médicaux.

Cette centralisation suppose néanmoins des contreparties. La mise en réseau des établissements alourdit les prises de décision, notamment logistiques comme les achats de matériels. La mise en place des pôles, si celle-ci est bien pensée, peut atténuer ces difficultés de fonctionnement.

Ce système vertueux implique un certain nombre de prérequis. Le premier est de repenser l’attribution des budgets hospitaliers. Le financement actuel (T2A) se fait par établissement hospitalier, ce qui a pour conséquence de les mettre en concurrence les uns avec les autres pour la prise en charge du patient : un système contradictoire avec la volonté affichée de faire coopérer les établissements entre eux. Plus encore, ces derniers peuvent être incités à garder le patient inutilement longtemps dans leur service pour optimiser leur budget. Ainsi, le parcours du patient ne serait pas forcément coordonné par les besoins de soins de ce dernier, mais afin de maximiser le budget de chacune des structures du GHT. Ce comportement conduirait à une multiplication artificielle des séjours à des fins d’optimisation budgétaire. Ce n’est pas la T2A qui est pointée ici, mais son mode d’attribution.

Assemblée : vers une meilleure représentation sociologique, enfin !

Assemblée : vers une meilleure représentation sociologique, enfin !

 

L’arrivée à l’Assemblée nationale de quelques dizaines deux députés issus des couches moyennes constituent évidemment une innovation démocratique. Jusque-là en effet est depuis longtemps, la politique est appropriée surtout par les professionnels, les fonctionnaires et professions supérieures. Bref tout cela aboutit à une représentation complètement déformée sociologiquement et donc en décalage avec les réalités sociaux économiques. Le pire dans ce domaine a sans doute été réalisé par le parti socialiste qui pratiquement depuis son origine n’a jamais compté réellement de représentants des couches moyennes et défavorisées. Essentiellement des fonctionnaires, des politicards et des cadres.

Évidemment une grande différence avec les partis sociaux-démocrates des pays européens qui eux ont toujours su intégrer une grande partie de ceux qu’ils sont supposés représenter. Résultat , le parti socialiste est mort pour avoir ignoré ses mandants. L’affaire n’est pas nouvelle. Le déclin a été celui d’abord de la SFIO pour les mêmes raisons.

Certes une meilleure représentation sociologique est indispensable même si elle ne garantit pas forcément à elle seule l’efficacité et la cohérence. Et il y a encore un énorme chemin à parcourir

On peut s’étonner que la gauche en France (PC excepté) compte aussi peu de responsables issus des organisations syndicales ou associatives engagées.

La vérité c’est que la gauche -comme la droite- est complètement noyautée par les professions supérieures et par les anciens élèves des instituts politiques qui commencent comme conseiller d’un élu avant de devenir eux-mêmes représentants du peuple.

L’élection d’une femme comme  Rachel Keke,  femme de ménage élue dans la 7e circonscription du Val-de-Marne, face à l’ex-ministre des Sports Roxana Maracineanu constitue un événement significatif, d’autres nouveaux députés exercent des métiers que l’on n’a pas l’habitude de croiser au Palais-Bourbon. Car du point de vue des catégories socio-professionnelles représentées parmi les élus, ce sont les cadres de la fonction publique (75 députés), devant les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise (66) et les professions libérales (58), qui restent les plus représentés.

Rachel kéké ne sort pas d’un institut politique mais elle a suffisamment d’expérience personnelle et syndicale plus que compenser ce « manque » après avoir mené un combat de plus de 22 mois pour faire valoir les droits des femmes de ménage d’un hôtel où elle travaillait.

 

Rachel Kéké ( Wikipedia)

Rachel Keke est née en 1974 dans la commune d’Abobo, au nord d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, d’une mère vendeuse de vêtements et d’un père conducteur d’autobus. Son grand-père combat avec les forces françaises pendant la Seconde Guerre mondiale4. Elle perd sa mère à l’âge de 12 ans et commence à travailler à 16 ans comme coiffeuse. Elle travaille également ensuite comme caissière et comme aide à domicile pour personnes âgées. À la suite du coup d’état de décembre 1999 en Côte d’Ivoire, elle arrive en France à 26 ans7 et y exerce son métier dans le salon de coiffure de son oncle8Naturalisée française en 2015, elle a cinq enfants et s’est remariée en 2016 à un chanteur de zouglou, une musique urbaine ivoirienne.

Elle commence à travailler comme femme de chambre à l’hôtel Ibis Batignolles en avril 2003, employée par les sous-traitants successifs. Longtemps à temps partiel, ses demandes pour passer à plein temps n’aboutissent qu’en 2017. Elle devient gouvernante en 2019. Ses conditions de travail ont des effets sur sa santé et elle est en arrêt maladie en février 2019. Son salaire mensuel net passe de 1 300 à 1 700 euros grâce au succès de la mobilisation de 2019 – 202. Elle indique au sujet de ce métier qu’il « détruit le corps. Il y a des syndromes du canal carpien, des tendinites, des maux de dos… »4. Dans le cadre de ce travail, elle est également confrontée au racisme et à des tentatives d’agressions sexuelles.

Le 17 juillet 2019, vingt-huit femmes de chambres de l’hôtel Ibis Batignolles majoritairement africaines, dont Rachel Keke, se mettent en grève pour une durée illimitée. Elles dénoncent alors leurs conditions de travail et leur sous-rémunération auprès de leurs employeurs le groupe hôtelier Accor et son sous-traitant STN15.

Accompagnée de ses collègues, et notamment de la porte-parole Sylvie Kimissa8,16, elles subsistent grâce aux caisses de soutien et cagnottes en ligne mises en place par les syndicats et donateurs anonymes.

Le combat des femmes de chambre prend fin en mai 2021 par un accord où elles obtiennent une revalorisation des qualifications et des salaires, la prise en compte des heures supplémentaires et une prime de repas. Par contre, elles n’obtiennent pas la fin de la sous-traitance et l’intégration chez Accor.

 

Marchés financiers : vers un cycle baissier ou un krach

Marchés financiers : vers un cycle baissier ou un krach

 

Un très gros coup de mou lundi sur les marchés financiers qui confirme non seulement la tendance baissière depuis des semaines mais qui fait émerger l’hypothèse d’un krach au cours de l’été avec l’écroulement de la croissance et l’envolée de l’inflation. Finalement rien de surprenant, en effet on est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

L’année en cours sera encore positive du faite notamment des effets mécaniques des hausses d’activités en 2021. Par contre 2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach au cours de l’été. À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier.Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

La banque centrale américaine (Fed)  vient de décider dune  hausse de 75 points de base des taux directeurs, au lieu des 50 points de base initialement prévus, ce qui commence à inquiéter  les marchés. Un « pas » de plus dans la hausse des taux inégalée depuis 1994. Désormais, les marchés intègrent une hausse de 175 points de base des taux d’ici la fin septembre, sans compter les deux hausses de 50 points de base déjà réalisées.

La Banque centrale européenne préfère de son côté la politique des « petits pas » – 25 points de base prévus en juillet et 50 points de base anticipés en septembre – mais les anticipations misent sur une troisième hausse de 50 points de base en octobre.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

Bourses mondiales : vers un cycle baissier ou un krach

Bourses mondiales : vers un cycle baissier ou un krach

 

On est passé brutalement de taux de croissance très élevée provenant essentiellement de la période post sanitaire a maintenant un risque de croissance zéro et même de récession.

L’année en cours sera encore positive du faite notamment des effets mécaniques des hausses d’activités en 2021. Par contre 2023 risque d’être catastrophique pour plusieurs raisons. Le risque de famine qui fait monter les prix et encourage l’inflation des matières premières industrielles ou non. La situation géopolitique particulièrement dangereuse et qui pèse aussi sur l’activité. Enfin un phénomène plus ancien de hausse qui a nourri en premier l’inflation. Le pire c’est effectivement cette perspective maintenant de stagflation voire de récession. Du coup, les marchés financiers plongent anticipent cette sombre perspective de 2023. Certains prévoient même un Krach au cours de l’été. À tout le moins les marchés s’inscrivent dans un cycle baissier.Cela d’autant plus que les Banques centrales sont maintenant engagées dans un resserrement monétaire se caractérisant notamment par le relèvement des taux d’intérêt.

Les investisseurs anticipent un sérieux tour de vis de la banque centrale américaine (Fed) qui doit réunir, mercredi et jeudi, son comité de politique monétaire (FOMC), au risque de provoquer une récession. Le scénario d’une prochaine hausse de 75 points de base des taux directeurs, au lieu des 50 points de base initialement prévus, commence à s’imposer sur le marché. Un « pas » de plus dans la hausse des taux inégalée depuis 1994. Désormais, les marchés intègrent une hausse de 175 points de base des taux d’ici la fin septembre, sans compter les deux hausses de 50 points de base déjà réalisées.

La Banque centrale européenne préfère de son côté la politique des « petits pas » – 25 points de base prévus en juillet et 50 points de base anticipés en septembre – mais les anticipations misent sur une troisième hausse de 50 points de base en octobre.

Peu de secteurs échappent à la correction en cours. Même les banques, qui profitent pourtant mécaniquement de la hausse des taux, dévissent sur des anticipations de dégradation de la conjoncture économique génératrice de faillites et de provisions dans les bilans bancaires. Pourtant, la BCE estime que la zone euro devrait échapper à une récession cette année. Mais pour l’année 2023 rien n’est écrit en dépit des déclarations du ministre des finances de la France qui déclare que le pic d’inflation a été atteint.

 

Législatives : vers une abstention massive

Législatives : vers une abstention massive

 

 

En raison du caractère insipide de la campagne électorale, le risque est grand de tenir une assemblée non représentative après le vote des législatives d’avril 2022.

Une double explication sans doute ; d’une part la grande fatigue démocratique après cette interminable campagne électorale depuis les présidentielles d’autre part le fait assez surréaliste que les principales forces ignorent complètement une conjoncture économique, sgéopolitique et climatique qui risque de devenir dramatiques.

Le taux d’abstention pourrait être proche d’environ 50 %; il conviendrait par ailleurs d’y ajouter les 10 à 20 % de non-inscrits ou mal inscrits.

Le niveau de participation est estimé dans les dernières enquêtes entre 45 et 49 %. Cela signifie que le record de la Ve République, atteint en 2017 (48,7 %), pourrait de nouveau être battu.

Dans le détail, si l’on prend l’ultime enquête de chaque institut parue cette semaine, le taux de participation est estimé entre 45 et 49 % par Ipsos et Elabe, et à 46 % par l’Ifop et Odoxa. Fait important à signaler : le désir de se mobiliser n’a pas connu de sursaut ces derniers jours. L’Ifop, par exemple, mesurait ce taux à 48 % à la fin du mois de mai, deux points de plus que le niveau désormais constaté.

Des élections qui peuvent se jouer à des centaines de voix

Par ailleurs, la faible participation attendue jouera directement sur le seuil de qualification. Il faut en effet obtenir 12,5 % des suffrages parmi les électeurs inscrits, et non les voix exprimées, pour accéder au second tour, faute de quoi celui-ci ne sera disputé qu’entre les deux candidats sortis en tête du premier tour (dans l’hypothèse ou le premier ne franchit pas la barre des 50 % des suffrages). Plus la participation sera basse, plus les chances de se qualifier seront donc faibles. A

Fin des moteurs thermiques en 2035: le saut vers l’inconnu ?

Fin des moteurs thermiques en 2035: le saut vers l’inconnu ?

« Je ne sais pas si nous aurons les clients pour ces voitures électriques qui coûtent 50 % plus cher », a précisé Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, sur BFM Business. « Je ne sais pas non plus si on aura l’électricité décarbonée pour faire tout ça », a-t-il ajouté ( dans l’OPINION)

 

 

Bruxelles pèche-t-elle par un trop-plein de zèle écologique ? C’est du moins le narratif déroulé par la Plateforme automobile (PFA), qui regroupe la filière. Son président, Luc Chatel, ancien ministre de l’Education, s’est inquiété de l’approbation historique du Parlement européen, mercredi 8 juin, afin d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. « L’interdiction du thermique, c’est un grand saut dans le vide, et un sabordage industriel », a-t-il fustigé sur BFM Business, jeudi 9 juin.

Mais encore ? « Je ne sais pas si nous aurons les clients pour ces voitures électriques, qui coûtent 50 % plus cher que les thermiques. On a déjà du mal à vendre des voitures aujourd’hui », a rappelé Luc Chatel dans son interview. Au-delà du marché des consommateurs, les conditions physiques interrogent. « Il y a 60 000 bornes de recharge aujourd’hui. Pour la montée en puissance prévue d’ici 2030, il en faudrait environ un million, rien que pour la France », a relèvé le représentant de la filière.Surtout, et c’est là où l’inquiétude est la plus saillante, quid de la production décarbonée d’électricité ? « Je ne sais pas non plus si on aura l’électricité décarbonée pour faire tout ça. On n’aura pas les nouveaux EPR », a détaillé Luc Chatel. La question de la production pilotable d’électricité reste structurelle.

Enfin, fort de lever l’angoisse à l’horizon, le président de la PFA a mis en garde contre les enjeux de souveraineté, y voyant « un boulevard pour l’industrie chinoise ». « Les Chinois, qui n’ont pas d’interdiction, vont continuer à faire de nouvelles voitures pendant 12 ans, beaucoup moins chères », a-t-il précisé.

Législatives : vers une abstention record ?

 

Législatives : vers une abstention record ?

 

D’une manière générale , la plupart des Français sont assez indifférents à l’égard de la campagne électorale des législatives. Pire ils sont assez désabusés , plus de 60 % ne croient ps à une perspective de changement. Du coup,  les législatives prochaines pourraient enregistrer  un nouveau record d’abstention. C’est abstention pourrait peser lourdement sur les résultats et notamment menacer sérieusement la majorité absolue qu’espère Macron.Selon la dernière enquête d’Ipsos Sopra-Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde publiée mercredi, l’abstention pourrait atteindre dimanche entre 52% et 56%, avec un point moyen à 54%, très au-delà des 51,3% du 11 juin 2017, précédent record pour un premier tour de législatives.

Une estimation convergente avec celle des autres instituts de sondage et qui confirme que, malgré les appels aux urnes des politiques, cette élection peine à intéresser les Français. Selon l’étude d’Ipsos, cet intérêt a même baissé de quatre points en trois semaines (70% contre 74%).

, Bernard Sananès, président de l’institut de sondage Elabe, confirme que « cette campagne ne passionne pas les Français » puisque « selon un sondage récent 4 personnes sur 10 qui disaient suivre cette campagne et 1 sur 2 qui déclaraient s’intéresser vraiment aux législatives. »

Selon lui, ce désamour peut s’expliquer plusieurs points: « la désaffection pour la politique que l’on enregistre maintenant à tous les scrutins », la date du scrutin, « les législatives suivent les présidentielles, les électeurs ont le sentiment que tout est joué », mais aussi « le fait que dans les grandes circonscriptions, on ne connaît pas son député. »

 

Une avancée majeure vers l’internet quantique

Une avancée majeure vers l’internet quantique

 

Des chercheurs ont réussi à allonger la portée d’une communication quantique en utilisant une sorte de relais.( Sciences et avenir)

Un internet quantique – qui ne devrait pas voir le jour avant une dizaine d’années – sera un réseau à grande échelle connectant les utilisateurs via des applications inédites et « impossibles à réaliser avec le web classique« , explique à l’AFP Ronald Hanson de l’Université de Delft (Pays-Bas), co-auteur de ces travaux parus dans la revue Nature. L’échange d’informations s’y fera non sous la forme de bits classiques – les 0 et 1 à la base de l’informatique – mais de bits quantiques (qubits).

Ces qubits exploitent les lois de la physique quantique, qui régit le monde à l’échelle de l’infiniment petit. L’une de ces propriétés est l’intrication, aussi appelée enchevêtrement, un étrange phénomène par lequel deux particules enchevêtrées se comportent de manière identique quelle que soit la distance les séparant : comme reliées par un fil invisible, elles partagent un même état.

L’état d’un qubit enchevêtré est ainsi partagé avec l’autre, et leur coordination est si parfaite qu’on parle de téléportation : en théorie, toute modification des propriétés de l’un modifie instantanément celles de l’autre, même à l’autre bout de la Terre. Les bits quantiques peuvent actuellement se transmettre par l’intermédiaire de fibres optiques, mais la téléportation reste limitée : au-delà d’une centaine de kilomètres, le signal s’atténue voire se perd. Si on veut maintenir l’intrication de bout en bout, il faut que les qubits soient directement reliés par une « chaîne » quantique.

C’est l’exploit décrit dans l’étude de Nature, par lequel les scientifiques ont introduit un relais, afin d’allonger la portée de la communication. La communication quantique, qui se limitait à deux acteurs communément appelés Alice et Bob, peut désormais compter sur un troisième personnage, Charlie. L’expérience s’est déroulée dans deux laboratoires de QuTech, une collaboration entre l’Université de technologie de Delft et l’Organisme néerlandais des sciences appliquées TNO.

Des qubits à base de diamant ont été placés sur un circuit comprenant trois interconnexions appelées « nœuds quantiques ». Les nœuds Alice et Bob se trouvent dans deux laboratoires distants de plusieurs mètres, et reliés par fibre optique, et pareillement Bob est directement relié à Charlie. Alice et Charlie ne peuvent pour l’instant pas se parler. Les chercheurs ont d’abord intriqué les nœuds physiquement reliés (le couple Alice-Bob et le couple Bob-Charlie). Puis utilisé Bob comme intermédiaire, et par un procédé d’échange d’intrication, réussi à enchevêtrer Alice et Charlie.

Bien que non reliés physiquement, ces deux derniers ont ainsi pu se transmettre directement un message. Le signal était de surcroît d’excellente qualité, sans aucune déperdition – une gageure au regard de l’extrême instabilité d’un bit quantique. Et cette transmission a pu se faire dans le plus grand secret, comme le veulent les lois quantiques : avec l’intrication, toute tentative d’interception ou d’espionnage du message change automatiquement les qubits, détruisant le message lui-même.

Ce premier réseau embryonnaire de téléportation quantique ouvre la voie à des connexions à grande échelle : il prouve à l’échelle du laboratoire le principe d’un répéteur quantique fiable – le fameux Bob – que l’on pourrait placer entre deux nœuds éloignés de plus de 100 km, et augmenter ainsi la puissance du signal. L’innovation décrite dans Nature représente « une victoire pour la science fondamentale » et une « solution dans le monde réel pour faire franchir une étape à la physique quantique appliquée« , se félicitent des scientifiques dans un commentaire « News & Views«  publié en marge de l’étude dans Nature.

 Quand il évoque l’internet quantique, le physicien Ronald Hanson décrit un univers où les communications seraient « ultra-sécurisées« , et l’ordinateur quantique accessible dans le cloud avec « une confidentialité de nos données garantie par les lois ‘naturelles’ de la physique, un réseau de capteurs hyper sensibles…« . Trouver des applications au web quantique est « un champ de recherche en soi« , ajoute le chercheur qui espère voir ce nouveau monde naître « dans moins de 20 ans« .

École : Rééquilibrer les priorités vers les élèves pauvres

École : Rééquilibrer les priorités vers les élèves pauvres

 

Quand cessera-t-on de « faire des économies » sur les crédits destinés aux élèves pauvres ?, s’interroge, dans une tribune au « Monde », Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire. La priorité, pour le prochain gouvernement, sera de renforcer en urgence l’accompagnement sanitaire et social des élèves.

 

 

 

En France, 20 % des élèves des écoles, collèges et lycées vivent dans des familles pauvres. L’école n’est certes pas responsable de toutes les inégalités à l’œuvre dans une société qui continue à produire de la précarité, du chômage, de l’exclusion, des ghettos urbains, de la grande pauvreté.

Si les pauvres étaient moins pauvres, évidemment, leurs enfants viendraient à l’école avec une plus grande égalité de droits. Comment, en effet, entrer sereinement dans les apprentissages quand on rencontre des difficultés pour se loger, pour s’habiller, pour se nourrir, pour participer à une sortie scolaire, pour se cultiver, pour acheter les fournitures, pour se soigner ?

 

 Mais l’école n’est pas sans possibilité d’action. Or, il faut reconnaître qu’on est loin du compte pour la partie de l’action sanitaire et sociale qui est de la responsabilité de l’éducation nationale.

Il faut en particulier que le prochain gouvernement, quel qu’il soit, renforce en urgence l’accompagnement sanitaire et social des élèves. En nombre insuffisant, les assistants et assistantes des services sociaux s’épuisent dans l’accompagnement des élèves et des familles. Dans un rapport de décembre 2021, la Cour des comptes signale les effets de la pénurie de médecins et d’infirmiers scolaires : en 2018-2019, 58 % des enfants de 6 ans n’ont été vus par aucun professionnel de santé de l’éducation nationale (ils n’étaient « que » 26 % en 2013-2014).

Il faut aussi augmenter le montant des bourses qui ne sont pas aujourd’hui au niveau qu’il faudrait : par exemple, malgré la revalorisation effectuée en 2016, le montant maximal d’une bourse de collège n’est que de 459 € par an, soit 2,50 euros par jour de classe, c’est-à-dire même pas le prix d’un repas à la cantine scolaire. Il faut aussi mieux accompagner les familles pour réduire le taux de non-recours aux bourses, car la numérisation récente de la procédure d’accès à ce droit entraîne de lourdes difficultés. La « start up nation » oublie que les pauvres sont aussi des pauvres en numérique.

 

Enfin, les crédits consacrés aux fonds sociaux des établissements du second degré (pour permettre l’achat d’une tenue de sport, l’accès à la cantine scolaire, le paiement de la sortie scolaire…) doivent cesser d’être des variables d’ajustement budgétaire et être augmentés de façon significative. Rappelons que ces fonds ont été divisés par 2,3 entre 2001 (73 millions d’euros) et 2012 (32 millions d’euros). Après une augmentation de 2013 à 2017 (59 millions d’euros), ils ont à nouveau été divisés par 2 en 2020, avant d’être portés à 49,6 millions d’euros en 2022, soit encore 16 % de moins qu’en 2017. Quand cessera-t-on de faire des économies sur les crédits destinés aux élèves pauvres ?

Finances–vers une inflation encore plus forte

Finances--vers une inflation encore plus forte

 

 

Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, les Banques Centrales sont sur le point d’accélérer leur mouvement de normalisation. Pourtant, nous pensons que le pic inflationniste est proche d’être atteint. Par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé d’Amplegest.

 

Le consensus table désormais sur la mise en œuvre de l’une des hausses à hauteur de 250 points de base pour les taux courts américains d’ici à la fin de l’année, ce qui implique une nette augmentation du rythme des relèvements. En Europe, la BCE qui ne devait pas agir avant 2023 pourrait désormais procéder à sa première hausse aux alentours de septembre 2022. Le contexte inflationniste justifie cet ajustement rapide, avec des rythmes de hausse des prix très supérieurs aux objectifs des Banques Centrales. L’institution monétaire chinoise qui avait déjà remonté ses taux, peut désormais se consacrer à la préservation de la croissance domestique, menacée à court terme par la résurgence de la pandémie.

Les deux incertitudes liées à la durée de la guerre en Ukraine et à l’importance de la vague de Covid en Chine rendent l’analyse aléatoire à court terme. Dans les deux cas, une amélioration rapide aurait des effets désinflationnistes immédiats (via les matières premières pour l’Ukraine et le rétablissement de la chaîne d’approvisionnement pour la Chine). Un prolongement de ces deux aléas ne ferait qu’arrimer l’inflation à des hauts niveaux.

Pourtant, il semblerait qu’un pic soit proche pour l’inflation mondiale. Tout d’abord, on remarque une augmentation récente de la production de pétrole dans le monde (notamment aux Etats-Unis avec la réouverture de puits exploitant le pétrole de schiste). Dans le même temps la demande stagne voire décroit légèrement. Un éventuel boycott du pétrole russe pourrait contrer cette tendance mais on constate que le monde finit toujours par s’adapter aux évènements, fussent-ils une guerre. Une baisse ou même une stagnation du prix des matières premières, compte tenu des effets de base, provoquerait une décrue de la partie conjoncturelle de l’inflation. C’est une hypothèse crédible à l’horizon du second semestre 2022.

La partie plus structurelle de l’inflation liée aux salaires, aux loyers ou au sous-investissement des entreprises touche surtout les Etats-Unis, même si en Europe la perception de l’inflation par les ménages provoque davantage de revendications salariales. On constate toutefois un ralentissement de la progression du salaire horaire américain, qui reste autour de +6%. Les loyers américains sont tirés par la pénurie de logements, qui mettra du temps à se résorber. L’inflation structurelle aux Etats-Unis est bien installée mais ne devrait pas s’accélérer à court-terme.

 

L’activité économique, qui était jugée trop forte par les Banques Centrales, va ralentir sous l’effet conjugué des politiques monétaires et des évènements internationaux. Mais la croissance mondiale reste solide. La valeur du PIB américain au premier trimestre (-1,4%) ne doit pas être surinterprétée car largement dépendante d’un effet commerce extérieur (-3,2%) et stocks (-0,8%). Les composantes internes de l’activité sont toujours fortes : la consommation tient à des hauts niveaux, aidée par une épargne abondante et l’investissement des entreprises accélère pour faire face au déficit d’offre par rapport à la demande. En Europe la croissance est également en léger repli mais les dernières statistiques de la consommation, des commandes de biens d’équipement ainsi que du niveau d’emploi laissent augurer d’une activité toujours solide. Une aggravation ou une extension du conflit ukrainien serait en revanche un facteur de faiblesse de l’activité.

Le contexte de hausse des taux et les évènements internationaux ont provoqué une baisse de l’ensemble des actifs risqués : les obligations ont subi des replis significatifs en avril alors que les marchés actions ont poursuivi leur déclin. La période reste compliquée et nous incite à une certaine prudence à court terme. Pourtant, la publication des bénéfices pour le premier trimestre 2022 est globalement rassurante et nous conforte dans notre volonté de conserver à moyen terme nos positions sur de belles sociétés à forte visibilité. Ces périodes de volatilité sont propices à quelques mouvements opportunistes sur les portefeuilles risqués pour tenir compte des exagérations constatées, tout en restant focalisés sur les actifs de qualité.

Emmanuel Auboyneau

Economie-vers une inflation encore plus forte

Economie-vers une inflation encore plus forte

 

 

Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, les Banques Centrales sont sur le point d’accélérer leur mouvement de normalisation. Pourtant, nous pensons que le pic inflationniste est proche d’être atteint. Par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé d’Amplegest.

 

Le consensus table désormais sur la mise en œuvre de l’une des hausses à hauteur de 250 points de base pour les taux courts américains d’ici à la fin de l’année, ce qui implique une nette augmentation du rythme des relèvements. En Europe, la BCE qui ne devait pas agir avant 2023 pourrait désormais procéder à sa première hausse aux alentours de septembre 2022. Le contexte inflationniste justifie cet ajustement rapide, avec des rythmes de hausse des prix très supérieurs aux objectifs des Banques Centrales. L’institution monétaire chinoise qui avait déjà remonté ses taux, peut désormais se consacrer à la préservation de la croissance domestique, menacée à court terme par la résurgence de la pandémie.

Les deux incertitudes liées à la durée de la guerre en Ukraine et à l’importance de la vague de Covid en Chine rendent l’analyse aléatoire à court terme. Dans les deux cas, une amélioration rapide aurait des effets désinflationnistes immédiats (via les matières premières pour l’Ukraine et le rétablissement de la chaîne d’approvisionnement pour la Chine). Un prolongement de ces deux aléas ne ferait qu’arrimer l’inflation à des hauts niveaux.

Pourtant, il semblerait qu’un pic soit proche pour l’inflation mondiale. Tout d’abord, on remarque une augmentation récente de la production de pétrole dans le monde (notamment aux Etats-Unis avec la réouverture de puits exploitant le pétrole de schiste). Dans le même temps la demande stagne voire décroit légèrement. Un éventuel boycott du pétrole russe pourrait contrer cette tendance mais on constate que le monde finit toujours par s’adapter aux évènements, fussent-ils une guerre. Une baisse ou même une stagnation du prix des matières premières, compte tenu des effets de base, provoquerait une décrue de la partie conjoncturelle de l’inflation. C’est une hypothèse crédible à l’horizon du second semestre 2022.

La partie plus structurelle de l’inflation liée aux salaires, aux loyers ou au sous-investissement des entreprises touche surtout les Etats-Unis, même si en Europe la perception de l’inflation par les ménages provoque davantage de revendications salariales. On constate toutefois un ralentissement de la progression du salaire horaire américain, qui reste autour de +6%. Les loyers américains sont tirés par la pénurie de logements, qui mettra du temps à se résorber. L’inflation structurelle aux Etats-Unis est bien installée mais ne devrait pas s’accélérer à court-terme.

 

L’activité économique, qui était jugée trop forte par les Banques Centrales, va ralentir sous l’effet conjugué des politiques monétaires et des évènements internationaux. Mais la croissance mondiale reste solide. La valeur du PIB américain au premier trimestre (-1,4%) ne doit pas être surinterprétée car largement dépendante d’un effet commerce extérieur (-3,2%) et stocks (-0,8%). Les composantes internes de l’activité sont toujours fortes : la consommation tient à des hauts niveaux, aidée par une épargne abondante et l’investissement des entreprises accélère pour faire face au déficit d’offre par rapport à la demande. En Europe la croissance est également en léger repli mais les dernières statistiques de la consommation, des commandes de biens d’équipement ainsi que du niveau d’emploi laissent augurer d’une activité toujours solide. Une aggravation ou une extension du conflit ukrainien serait en revanche un facteur de faiblesse de l’activité.

Le contexte de hausse des taux et les évènements internationaux ont provoqué une baisse de l’ensemble des actifs risqués : les obligations ont subi des replis significatifs en avril alors que les marchés actions ont poursuivi leur déclin. La période reste compliquée et nous incite à une certaine prudence à court terme. Pourtant, la publication des bénéfices pour le premier trimestre 2022 est globalement rassurante et nous conforte dans notre volonté de conserver à moyen terme nos positions sur de belles sociétés à forte visibilité. Ces périodes de volatilité sont propices à quelques mouvements opportunistes sur les portefeuilles risqués pour tenir compte des exagérations constatées, tout en restant focalisés sur les actifs de qualité.

Emmanuel Auboyneau

Vers une inflation encore plus forte

Vers une inflation encore plus forte

 

Economie: S’attendre à une inflation encore plus forte

Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, les Banques Centrales sont sur le point d’accélérer leur mouvement de normalisation. Pourtant, nous pensons que le pic inflationniste est proche d’être atteint. Par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé d’Amplegest.

 

Le consensus table désormais sur la mise en œuvre de l’une des hausses à hauteur de 250 points de base pour les taux courts américains d’ici à la fin de l’année, ce qui implique une nette augmentation du rythme des relèvements. En Europe, la BCE qui ne devait pas agir avant 2023 pourrait désormais procéder à sa première hausse aux alentours de septembre 2022. Le contexte inflationniste justifie cet ajustement rapide, avec des rythmes de hausse des prix très supérieurs aux objectifs des Banques Centrales. L’institution monétaire chinoise qui avait déjà remonté ses taux, peut désormais se consacrer à la préservation de la croissance domestique, menacée à court terme par la résurgence de la pandémie.

Les deux incertitudes liées à la durée de la guerre en Ukraine et à l’importance de la vague de Covid en Chine rendent l’analyse aléatoire à court terme. Dans les deux cas, une amélioration rapide aurait des effets désinflationnistes immédiats (via les matières premières pour l’Ukraine et le rétablissement de la chaîne d’approvisionnement pour la Chine). Un prolongement de ces deux aléas ne ferait qu’arrimer l’inflation à des hauts niveaux.

Pourtant, il semblerait qu’un pic soit proche pour l’inflation mondiale. Tout d’abord, on remarque une augmentation récente de la production de pétrole dans le monde (notamment aux Etats-Unis avec la réouverture de puits exploitant le pétrole de schiste). Dans le même temps la demande stagne voire décroit légèrement. Un éventuel boycott du pétrole russe pourrait contrer cette tendance mais on constate que le monde finit toujours par s’adapter aux évènements, fussent-ils une guerre. Une baisse ou même une stagnation du prix des matières premières, compte tenu des effets de base, provoquerait une décrue de la partie conjoncturelle de l’inflation. C’est une hypothèse crédible à l’horizon du second semestre 2022.

La partie plus structurelle de l’inflation liée aux salaires, aux loyers ou au sous-investissement des entreprises touche surtout les Etats-Unis, même si en Europe la perception de l’inflation par les ménages provoque davantage de revendications salariales. On constate toutefois un ralentissement de la progression du salaire horaire américain, qui reste autour de +6%. Les loyers américains sont tirés par la pénurie de logements, qui mettra du temps à se résorber. L’inflation structurelle aux Etats-Unis est bien installée mais ne devrait pas s’accélérer à court-terme.

 

L’activité économique, qui était jugée trop forte par les Banques Centrales, va ralentir sous l’effet conjugué des politiques monétaires et des évènements internationaux. Mais la croissance mondiale reste solide. La valeur du PIB américain au premier trimestre (-1,4%) ne doit pas être surinterprétée car largement dépendante d’un effet commerce extérieur (-3,2%) et stocks (-0,8%). Les composantes internes de l’activité sont toujours fortes : la consommation tient à des hauts niveaux, aidée par une épargne abondante et l’investissement des entreprises accélère pour faire face au déficit d’offre par rapport à la demande. En Europe la croissance est également en léger repli mais les dernières statistiques de la consommation, des commandes de biens d’équipement ainsi que du niveau d’emploi laissent augurer d’une activité toujours solide. Une aggravation ou une extension du conflit ukrainien serait en revanche un facteur de faiblesse de l’activité.

Le contexte de hausse des taux et les évènements internationaux ont provoqué une baisse de l’ensemble des actifs risqués : les obligations ont subi des replis significatifs en avril alors que les marchés actions ont poursuivi leur déclin. La période reste compliquée et nous incite à une certaine prudence à court terme. Pourtant, la publication des bénéfices pour le premier trimestre 2022 est globalement rassurante et nous conforte dans notre volonté de conserver à moyen terme nos positions sur de belles sociétés à forte visibilité. Ces périodes de volatilité sont propices à quelques mouvements opportunistes sur les portefeuilles risqués pour tenir compte des exagérations constatées, tout en restant focalisés sur les actifs de qualité.

Emmanuel Auboyneau

Carburant : à nouveau vers les deux euros le litre

Carburant : à nouveau vers les deux euros le litre

Paradoxe apparent, c’est au moment même où les cours du pétrole commencent à baisser du fait  des craintes de récession mondiale que le prix du carburant monte à la pompe pour s’approcher des deux euros le litre. En cause évidemment, le décalage entre la production et la consommation, sans parler de la spéculation.

L’essence a vu son prix bondir sur une semaine, autour de six centimes pour le SP95, le SP95-E10 et le SP98. Ces trois carburants repassent au-dessus de la barre des 1,8 euro, en moyenne, et même des 1,9 euro pour le troisième, atteignant 1,9181 euro le litre. Ils connaissent aussi leur plus forte hausse depuis le 22 avril pour le gazole, et depuis mi-mars pour l’essence.

En trois semaines, de mi-avril au 6 mai, le litre de gazole a donc augmenté de 13 centimes, et celui de SP95-E10 de près de 9 centimes. Dans l’ensemble, les prix à la pompe restent inférieurs au niveau de fin mars, avant l’entrée en vigueur de la remise à la pompe de quinze à dix-huit centimes par litre. Mais l’écart massif observé avant et après le début de cette mesure a été considérablement réduit par les hausses de prix. Au 25 mars, ainsi, un litre de gazole coûtait 2,1165 euros en moyenne, contre 1,8116 euro le 15 avril. Un écart de 30,5 centimes, qui s’est réduit à 17,3 centimes depuis.

Vers la suppression des mots de passe ?

Vers la suppression des mots de passe ?

Enfin ? Apple, Google et Microsoft ont annoncé leur intention d’étendre aux particuliers la prise en charge d’une norme de connexion sans mot de passe. En clair, il s’agit de simplifier la vie de milliards d’internautes (5,3 milliards) et de sécuriser leurs usages des innombrables plateformes en ligne, devenues incontournables avec la dématérialisation des services. En effet, les internautes utilisent trop souvent des mots de passe très faciles à deviner voire toujours le même pour se simplifier la vie… mais aussi celle de tous les aigrefins.

 Grahame Williams, directeur de la gestion des identités et des accès chez Thales, lors de la Journée mondiale du mot de passe a par ailleurs déclaré que les mots de passe « devenaient de plus en plus dangereux » parce qu’ils étaient « facilement piratés »:

« Des recherches récentes montrent que nombre de PDG utilisent encore « 12356″ comme mot de passe. »

En effet, l’autre gros problème, c’est celui de la sécurité, le danger de se faire pirater son compte – voire tous ses comptes – et de ne plus pouvoir accéder à ses données, ou alors contre rançon.

Selon une ancienne étude (2016) de Skyhigh Networks analysant 11 millions de mots de passe mis en vente sur le Darknet, 10,3% des internautes utilisent l’un des 20 mots de passe les plus populaires d’internet. Ce qui revient à dire qu’en moins de 20 essais, n’importe qui pourrait pirater près d’un compte sur dix.

 Le communiqué publié depuis Mountain View, le fief de Google, annonce que les trois géants vont s’allier pour construire un système permettant de s’authentifier sans avoir à mémoriser des séries de signes cabalistiques.

 

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