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Coronavirus : vers le port systématique du masque à l’extérieur

Coronavirus : vers le port systématique du masque à l’extérieur

 

Alors que les contaminations ne cessent de progresser dans le pays et que l’hypothèse d’une vraie deuxième vague se profile à partir de l’hiver voire de l’automne par petites touches, le gouvernement s’oriente vers le port systématique du masque à l’extérieur.

“Depuis deux semaines environ, la situation épidémiologique, que nous surveillons de très près, évolue en effet dans le mauvais sens”, a dit le chef du gouvernement, évoquant lors d’une visite au centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier (Hérault) l’augmentation du nombre de cas et mettant en avant les hospitalisations et admissions dans les services de réanimation qui ont tendance à repartir à la hausse.

Près de 1.400 contaminations supplémentaires au coronavirus ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, pour un total de 204.172 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, selon les chiffres communiqués en fin d’après-midi par l’agence Santé publique France, tandis que la circulation du virus s’intensifie, notamment chez les jeunes.

Le gouvernement a donc décidé d’une nouvelle série de mesures pour éviter que cet “été pas comme les autres” ne conduise à une dégradation trop marquée de la situation sanitaire.

En premier lieu, a expliqué le chef du gouvernement, il est demandé aux préfets et aux élus locaux d’”étendre le plus possible l’obligation du port du masque dans les espaces publics”.

“Nous allons également intensifier nos actions dans la vingtaine des plus grandes métropoles nationales, où se concentrent des populations nombreuses et des grands rassemblements”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a par ailleurs décidé de prolonger de deux mois, jusqu’au 30 octobre, l’interdiction des événements rassemblant plus de 5.000 personnes, tout en maintenant la possibilité de dérogations préfectorales en fonction des protocoles sanitaires mis en place.

Parallèlement, l’exécutif entend renforcer la politique de dépistage en améliorant l’accès aux tests pour les personnes présentant des symptômes de la maladie, via des circuits dédiés, afin de disposer de résultats rapides.

“Il nous faudra également renforcer les mesures visant à assurer l’effectivité de ce qu’on appelle la quatorzaine ou l’isolement”, a poursuivi Jean Castex, qui a également annoncé une intensification des actions de contrôle et de verbalisation des manquements quand ils seront constatés.

“Eviter par dessus tout un retour en arrière, un reconfinement important, c’est indispensable et c’est à notre portée”, a ajouté le Premier ministre.

Le chef du gouvernement, qui poursuivait dans la station balnéaire de La Grande-Motte son déplacement dans l’Hérault, a indiqué qu’une réflexion était par ailleurs engagée pour “voir comment on peut au maximum généraliser sur le lieu de travail le port du masque”.

“Il n’y pas deux lieux de travail qui se ressemblent et c’est pourquoi l’application de mesures absolument systématiques est parfois contraire à l’effet recherché”, a-t-il cependant noté.

Vers le tout-numérique?

 Vers le tout-numérique?

Dans une tribune au « Monde », le spécialiste du management Jean-Philippe Bootz estime que la crise sanitaire n’a été qu’un accélérateur de tendances vers le tout numérique

Tribune.

 

Au moment où Airbus supprime quelque 15 000 postes, où l’automobile est à la peine, où la pharmacie et les télécoms annoncent des plans sociaux, quel avenir en France pour les emplois industriels ?

Notre étude, lancée avant la crise sanitaire, dans le cadre du nouvel Observatoire des futurs de Strasbourg, a permis de construire plusieurs scénarios possibles à l’horizon 2030, tenant compte tout à la fois des progrès technologiques, des risques associés, mais aussi des choix politiques effectués. Une étude prospective éclairante dans les temps d’incertitude actuels.

Premier constat : la pandémie a bon dos et ne constitue qu’un accélérateur de tendances.

En l’absence d’intervention politique volontariste, le scénario qui apparaît comme le plus probable est celui d’une désindustrialisation continue, avec à la clé un chômage de masse. Seules des usines hyperrobotisées demeurent sur le territoire français en 2030, avec un petit nombre de salariés de haut niveau assurant la maintenance et la recherche et développement… en attendant que l’intelligence artificielle (IA) prenne le relais.

Les plates-formes sont les maîtres du jeu économique. Elles s’approvisionnent partout dans le monde et monopolisent les ventes de services (qui se sont substituées à la vente de biens), avec des techniques de tracking des consommateurs de plus en plus efficaces et des livraisons toujours plus rapides. Les consommateurs hyperconnectés, autant que précarisés, louent et échangent en continu les dernières nouveautés en s’appuyant sur les recommandations de leurs communautés de marque.

Cette perspective d’un passage au « tout-numérique » s’est très probablement rapprochée avec le confinement que nous venons de vivre. Achats en ligne, téléchargements de films, télétravail et téléenseignement… les consommateurs et les entreprises sont plus connectés qu’ils ne l’ont jamais été.

Ce qui augmente aussi le risque que survienne notre second scénario, celui d’un monde en proie à une cybercriminalité de grande envergure, avec une multiplication des piratages informatiques, des vols de données personnelles et stratégiques, un écroulement de la valeur des cryptomonnaies.

Dans ce scénario noir, beaucoup d’épargnants qui en 2030 utilisaient ces nouvelles monnaies au quotidien se retrouvent ruinés. La pauvreté augmente en flèche. Dans un contexte de crise économique majeure et de repli identitaire, l’Union européenne se désagrège et les Etats prennent le relais en tentant de sauver les emplois.

 

Bureau de tabac : reconversion vers des activités multiservices y compris publiques ?

Bureau de tabac : reconversion vers des activités multiservices y compris publiques ?

 

C’est le paradoxe apparent alors que les services publics tendent de plus en plus à se réduire surtout dans les zones peu denses (comme les bureaux de poste ou les banques par exemple). À l’inverse les bureaux de poste offrent de plus en plus de prestations y compris de services publics. On peut maintenant évidemment ouvrir un compte bancaire, des prestations pour les services téléphoniques, des prestations de transport etc. en plus évidemment des anciennes activités.

S’y ajouteront désormais la possibilité de payer des factures de la vie quotidienne relevant de la fiscalité, du paiement de la cantine, de la crèche etc. Bref un ensemble croissant de prestations qui transforment le bureau de poste de plus en plus en lieu de services mixtes. Une aubaine évidemment pour les bureaux de tabac dans la vente de cigarettes ne cesse de diminuer.

En même temps l’occasion pour certains services publics de l’État d’accélérer la raréfaction. Pour les usagers, c’est l’assurance de trouver sur place les services minimums indispensables sans être obligé de faire parfois des dizaines de kilomètres.. En effet, dès ce mardi 28 juillet, les Français peuvent payer un certain nombre de services publics et certains de leurs impôts en se rendant chez un buraliste à côté de chez eux. Un nouvel usage rendu possible grâce à la généralisation du dispositif de « paiement de proximité », testé dans un premier temps dans une dizaine de départements en France.

Vers un reconfinement ?

Vers un reconfinement ?

La question se pose de plus en plus du fait de la propagation du virus dans le monde entier, aux frontières de la France et même à l’intérieur du pays. Certes il n’est pas question d’un reconfinement total comme la première fois mais plutôt d’une perspective de reconfinement dit ciblé.  Il paraît en effet difficile de reproduire un plan de concombre confinement généralisé pour des raisons économiques et sans doute aussi politiques. On ne veut pas à nouveau arrêter toute l’ économie, provoquer une crise sociale encore plus importante que celle qui vient, sans parler des risques politiques et démocratiques maintenant évoqués dans les pays très fragiles mais aussi dans des pays développés. En clair des risques de rebellions voire de révolution pour protester contre la misère en même temps que contre la crise sanitaire.

Depuis plusieurs jours, la cellule interministérielle de crise travaille sur le sujet. « C’est quasi terminé, assurait vendredi soir une source informée du dossier. Un plan interministériel, constitué d’un document général et de quatre scénarios types, est en voie de finalisation. Ça a été long car, pour donner de la cohérence, il a fallu tout passer en revue : l’école, la vie quotidienne, etc. »

Parmi les points à trancher : le seuil à partir duquel les déplacements pourraient être restreints ; les critères déterminant le périmètre du confinement (quartier ou ville) et ses modalités (sorties autorisées ou strict cantonnement à domicile) ; l’accès ou non aux transports publics ; et la pertinence d’un dépistage de toutes les personnes résidant à l’intérieur du cordon sanitaire. La législation actuelle sans état d’urgence permet en effet aux pouvoirs publics de limiter immédiatement les déplacements et de fermer les magasins.

Vers un génocide des Ouïghours en Chine ?

 

 

Cette minorité ethnique musulmane vit un véritable cauchemar. La dictature chinoise a décidé de l’éliminer progressivement. Entre 1,5 et 3 millions d’entre eux sont emprisonnés dans des « camps de rééducation », selon des ONG. L’existence de camps de travail forcés, de prélèvement d’organes et de politiques coercitives de contrôle des naissances est également dénoncée par des chercheurs et militants associatifs. Malheureusement les grandes puissances sont bien peu nombreuses à dénoncer ce qui ressemble de plus en plus un génocide. La Chine nie en bloc les accusations et explique lutter contre le terrorisme sur son sol. Et la cause des Ouïghours trouve bien peu d’écho au sein de la communauté internationale. La puissance économique chinoise paralyse en effet toute opposition politique et seuls les Etats-Unis se dressent à leur encontre, s’emparant de la question ouïghoure dans leur bras de fer commercial avec la Chine.

 

Selon l’ONG Chinese Human Rights Defenders, les arrestations dans cette population ont explosé pour atteindre « 21% de toutes les arrestations en Chine en 2017, bien que la population du Xinjiang ne représente environ que 1,5% du total de la population chinoise ».

Visibles par satellite, les camps de concentration apparus à travers le Xinjiang depuis 2017 restent impénétrables. Quelques personnes ont pu les quitter, après avoir purgé leur peine, et en livrent des témoignages édifiants : apprentissage forcé du mandarin, actes de torture, agressions sexuelles, injections forcées de substances médicamenteuses…

Les dernières révélations, faisant état d’actes de stérilisation forcée, permettent de parler de génocide, selon les militants ouïghours, car il y a une volonté de réduire démographiquement la population en question.

« Vers des démocraties de l’abstention »

« Vers des démocraties de l’abstention »

La chute du taux de participation enregistrée les 15 mars et 28 juin s’explique autant par la peur du virus que par l’absence de campagne électorale « de forte intensité », analyse la politiste Céline Braconnier dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. Alors que la pratique électorale intermittente est devenue la norme, les élections municipales se sont longtemps distinguées par leur capacité à faire venir aux urnes une partie des citoyens qui ont basculé dans l’abstention aux régionales, aux européennes et aux législatives. L’attachement à la figure du maire, la perception de certains enjeux touchant le quotidien étant au nombre des facteurs explicatifs de cette exceptionnalité municipale jusque-là préservée.

La chute subite du taux de participation enregistrée les 15 mars et 28 juin, d’une ampleur spectaculaire – de l’ordre de 20 points –, semble donc marquer un nouveau cap dans le basculement de la France du côté des démocraties de l’abstention. Car, cette fois-ci, seuls quatre inscrits sur dix ont fait entendre leur voix, avec pour effet, notamment dans les grandes villes en situation de triangulaire, de consacrer des élus locaux soutenus par une infime proportion d’inscrits : 10 à 15 %, rarement plus. Si l’on tient compte des 11 % de non-inscrits, on mesure toute la distance creusée année après année entre les citoyens et l’institution électorale.

Le contexte sanitaire a bien évidemment joué sur l’ampleur de cette abstention. Il en a aussi modifié la sociologie, puisque les populations les plus exposées au risque de la contamination (les plus de 60 ans), dont la participation atteignait 75 % en 2014, n’ont été cette fois-ci que 43 % à se déplacer. Cependant, il n’a pas neutralisé les inégalités structurelles de participation électorale.

Lors du second tour, comme habituellement, on a beaucoup plus voté dans les petites communes de Lozère ou des Pyrénées-Orientales que dans les grandes villes. Et l’on a moins voté en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs en France. 13 à 15 points de participation séparent les 4e et 8e arrondissements de Lyon comme les 5e et 19e arrondissements de Paris, à la sociologie beaucoup plus populaire.

A l’instar des scrutins de 2008 et 2014, ce sont aussi et surtout les jeunes qui se sont le moins rendus aux urnes (72 % d’abstention chez les 18-34 ans), dans des proportions inquiétantes identiques à celles enregistrées lors des scrutins qui se sont succédé depuis les législatives de 2017.

Les concernant, c’est moins la peur liée au virus qui explique une participation inhabituellement basse pour une municipale que l’absence de campagne électorale de forte intensité, utile pour neutraliser, quelques jours avant un scrutin, l’éloignement du monde institutionnel et aider à faire le lien entre vécu, programmes et politiques publiques. Du fait d’une campagne tronquée, nombre de jeunes rencontrés dimanche aux abords des bureaux de vote ne savaient pas qu’un scrutin se tenait ou étaient tellement peu informés des programmes et des enjeux qu’ils ne souhaitaient pas se rendre aux urnes. »

Bordeaux : « vers une interdiction » de la voiture

Bordeaux : « vers une interdiction » de la voiture

 

« On va y aller calmement. » L’écologiste Pierre Hurmic, élu nouveau maire de Bordeaux (Gironde) dimanche 28 juin, assure dans une interview à 20 Minutes qu’il pense « à terme », aller vers  »une interdiction de la voiture », mais prévoit plusieurs mesures désincitatives dans l’intervalleExemple : mettre  »tout le secteur intra-boulevard en ‘zone 20′, [où] le piéton et les cyclistes sont prioritaires » afin de  »dégoûter progressivement l’automobiliste d’emprunter ces chaussées ».

Je ne veux pas interdire la voiture (…) même si à terme je pense qu’on ira vers une interdiction. Pierre Hurmic, le nouveau maire de Bordeaux 20 Minutes

En cause, selon l’élu Europe Ecologie – Les Verts (EELV) : la nécessité de « rééquilibrer les choses »« Dans les aménagements urbains, 70% de la voirie est consacrée à la voiture, or elle représente 29% des déplacements dans Bordeaux », détaille-t-il au quotidien. Parmi ses autres propositions relatives aux transports, le nouvel édile promet d’« augmenter » le nombre de pistes cyclables, en conservant celles créées en raison de l’épidémie de Covid-19« Sur les boulevards, je propose une piste sur toute la longueur, pas par petits bouts. Il faut des pistes continues et sécurisées », assure-t-il.

Brexit : vers un « no deal » pour Merkel

Brexit : vers  un « no deal » pour Merkel

Devant les députés allemands ,  Merkel qui va bientôt prendre la présidence de l’union européenne a clairement évoqué l’hypothèse no deal  avec le Royaume Uni « Je continuerai à préconiser une bonne solution, mais nous, dans l’UE, devons et devrions nous préparer pour le cas où un accord ne serait pas conclu » a indiqué la chancelière allemande.

 

Outre-manche, les banques britanniques ont déjà été mises en garde sur l’éventualité d’une sortie sans accord. Début juin, la Banque d’Angleterre avertissait dans un communiqué que cette sortie était « l’une des nombreuses possibilités à laquelle les banques britanniques doivent se préparer« .

Le Royaume-Uni devra « assumer les conséquences » d’une relation économique moins forte avec l’UE à l’issue du processus du Brexit, a averti, dès samedi 27 juin, la chancelière allemande dans plusieurs médias européens.

« Si le Royaume-Uni ne veut pas de réglementation comparable à celle de l’Europe en matière d’environnement, de marché du travail ou de normes sociales, nos relations perdront en intensité », a-t-elle notamment prévenu.

Pour éviter ce « no-deal », le Royaume-Uni et l’Union européenne ont entamé lundi 29 juin cinq semaines d’intenses tractations sur leur relation post-Brexit. L’objectif est de donner « un nouvel élan » aux discussions, après quatre cycles de négociations troublés par le coronavirus et sans avancées majeures.

Brexit :vers un brexit dur ?

Brexit :vers  un brexit dur ?

Une fois de plus, «il n’y a pas eu cette semaine de progrès significatif», a tranché le Français Barnier négociateur de l’UE . «Les progrès restent limités mais nos discussions ont été positives dans le ton, a de son côté nuancé le négociateur britannique, David Frost. Les négociations vont continuer et nous restons engagés pour aboutir à un succès».

A l’exception d’un sujet – la coopération policière et judiciaire future – où quelques timides ouvertures ont été possibles, le constat de Michel Barnier est sans appel : «nous ne pourrons pas continuer éternellement comme ça». Aucun des sujets centraux de la négociation n’avance. La grande question est celle de l’accès des Britanniques aux marchés financiers européens qui souhaitent sans contrainte.

À l’inverse Michel Barnier veut s’assurer que le Royaume-Uni, dès lors qu’il aura un accès sans restriction au marché européen, ne divergera pas de ses pratiques en matière sociale, environnementale ou d’aides d’Etat, son homologue, David Frost , lui objecte qu’il est impératif qu’il soit souverain dans la définition de ses normes.

Le même dialogue de sourds est à l’oeuvre au sujet de la pêche. La lueur d’espoir qui commençait à poindre est oubliée, Londres refusant de suivre Bruxelles sur le chemin d’une définition des futurs quotas de pêche via un mécanisme « multi-critères ». Ce dossier bute, lui aussi, sur des logiques opposées : Londres, en récupérant la souveraineté sur ses eaux, entend bien monnayer chèrement leur accès, crucial pour les pêcheurs européens . Tout en sachant que les pêcheurs britanniques ont impérativement besoin, eux, du débouché du marché européen…

Surtout, Michel Barnier considère que Londres ne tient pas ses engagements. Brandissant la déclaration politique déjà signée avec le Royaume-Uni pour en citer 4 paragraphes portant sur la coopération nucléaire civile, le blanchiment d’argent, la concurrence loyale et le cadre institutionnel de la future relation, il a explicitement accusé le Royaume uni de «faire marche arrière  par rapport aux engagements qu’il a pris».

 

Vers l’agroécologie ?

Vers l’agroécologie

Par Chantal et Patrick Ochs, *.

En 1921, Frank Knight, économiste et fondateur de l’école de Chicago, distinguait le risque de l’incertitude. « Dans les situations incertaines, l’avenir n’est pas connu et ne peut l’être », soulignait-il. Lorsque les routines éclairent les expériences passées, lorsque les territoires explorés sont bien connus, que les marchés sont bien identifiés, que les concurrents sont bien évalués, l’entreprise dépasse bien souvent ses objectifs. L’entreprise probabilise alors ses risques. Mais lorsque brutalement un virus crée le chaos, que l’environnement change, comment alors appréhender l’incertitude?

La nature est, à bien des égards, imprévisible: dans les terres, rien ne se reproduit jamais de la même manière. En 1878 le mildiou frappe la vigne, en 1956 le gel dissémine les oliviers du bassin méditerranéen, en 2013 la bactérie Xylella Fastidiosa anéantit plus d’un million d’oliviers en Italie. Des évènements imprévisibles, de véritables catastrophes naturelles qui sont similaires à la pandémie de 2020.

« On ne triomphe de la nature qu’en lui obéissant » soulignait Francis Bacon en 1620 dans son traité philosophique le Novum Organum.

Or, des visions différentes s’affrontent dans une agriculture à deux vitesses car toutes les exploitations agricoles ne fonctionnent pas de la même manière. Certaines  gèrent leurs récoltes de façon intensive sous contrainte d’investissements matériels conséquents. Elles sont résolument orientées vers le toujours plus. Bien éloignées du consommateur, elles s’adaptent au marché, acceptent que leurs prix de vente soient imposés comme par exemple ceux du melon ou du raisin qui sont fixés par les coopératives et ceux du blé par le marché.

D’autres exploitations agricoles, parfois de plus petite taille, centrées sur l’agroécologie, s’orientent vers le toujours mieux. Elles appréhendent quant à elles l’incertitude au quotidien. Agriculture durable rime alors avec biodiversité et équilibre économique à long terme. Bien souvent adepte des circuits courts, proche des consommateurs, cet agriculteur crée son offre, fixe son prix de vente, accueille à la ferme ou sur son site Internet. Lorsque l’eau se raréfie, que certaines variétés de blé résistent mal à l’excès de chaleur, lorsque de nouveaux fléaux apparaissent, cet agriculteur explore alors des territoires inconnus. Il réinvente des nouveaux outils agricoles, il imagine d’autres manières de faire.

En acceptant une sorte d’idéalisation, la tentation est forte de rapprocher la manière d’être et les pratiques agroécologiques de celles de l’entreprise, de l’organisation humaine. Ainsi, l’entreprise confrontée à une situation de crise se transforme, modifie ses territoires. Comment l’entreprise, l’organisation humaine, sous contrainte économique pourra-t-elle appréhender l’incertitude? Envisagera-t-elle de passer du plus au mieux?

Un adage paysan soulignait si justement que pour « gérer l’incertain il était préférable d’avoir un tiers de la récolte au grenier, un tiers de la récolte dans les champs et un tiers de la récolte à la banque ». Cette règle de gestion prudente prend tout son sens lorsque des phénomènes incontrôlables apparaissent et que les organisations humaines petites ou grandes, sont confrontées à l’incertitude. Faire mieux avec moins, comme dans le domaine de la permaculture par exemple, cette « culture de ce qui est permanent, viable et durable », revient alors à mieux gérer, dans l’entreprise, des territoires plus petits, différents.

Ainsi ces entreprises, ces organisations, vont probablement gérer autrement les relations humaines en reconfigurant de petits territoires ouverts au sein d’une organisation plus vaste. Ces nouveaux territoires ouverts et repensés en permanence vont faire émerger une autre forme d’intelligence collective. L’écoute attentive des uns et des autres militera en faveur de liens protecteurs, de liens solidaires. Les liens sensibles vont favoriser un enrichissement mutuel.

Certains agriculteurs en viennent à parler à leurs oliviers, les arbres communiquent entre eux et deviennent « avertisseurs de dangers ». Les plus forts aident alors les plus faibles à mieux résister aux maladies, aux parasites. L’écoute de la nature rend sensible l’agriculteur aux liens qui se tissent avec les végétaux. Produire nécessite de mobiliser les fonctions naturelles du sol.

 

Ces liens sensibles, ces liens durables, ces liens de confiance qui se tissent dans
la nature peuvent-ils également se tisser dans ces organisations? Est-il possible d’imaginer, dans des entreprises, un « rhizome », cette racine multiple d’une plante, cette ramification qui évolue en permanence de manière horizontale? Comme le soulignait Gilles Deleuze en 1980, « (…) le rhizome constitue des multiplicités, des directions mouvantes, dénuées de niveaux… »

Face à l’incertitude les liens humains qui vont se tisser dans ces organisations seraient probablement différents, à l’image du rhizome. Dénuées de subordination, ces relations horizontales permettraient de faire cohabiter les plus forts avec les plus faibles, de façon organique, flexible, dans un système ouvert. Les liens entre les uns et les autres seraient alors fonctionnels et sensibles, rationnels et émotionnels. Des réseaux humains bienveillants existeraient dans et hors les murs de l’entreprise.

Cet agriculteur vertueux qui conduit ses terres en milieu incertain est bien souvent accompagné par des auxiliaires de culture. Ces insectes antagonistes aux organismes nuisibles sont de véritables complices de l’agriculteur. L’oliveron en symbiose avec ses oliviers va utiliser ces auxiliaires de culture pour lutter contre les parasites: des nichoirs à mésanges dans les vergers d’oliviers vont conjuguer l’aide précieuse des oiseaux pour lutter contre un fléau ravageur, la mouche de l’olive. Avec le lombricompost, l’agriculteur associe des vers de terre à l’évolution et à la vie de son sol. Ces auxiliaires aident à mieux gérer les terres de façon organique. Solidaires entre eux, ces agriculteurs partagent leurs connaissances, leurs pratiques, leurs échecs. Ces manières d’être « à plusieurs » permettent de mieux appréhender l’incertitude.

Dans l’entreprise, appréhender l’incertitude revient aussi à partager des avis, à prendre des décisions collectives, à gérer à plusieurs, à réapprendre ensemble, en acceptant de prendre en compte les fonctions auxiliaires, des fonctions sensibles. Ces auxiliaires, en situation de chaos, ont bien souvent montré leur engagement humain sans réserve. Elles sont caissières, infirmières, ils sont livreurs, ambulanciers. Difficile d’imaginer, avant d’être confronté à l’incertain, que ces fonctions pourraient devenir essentielles. Et il y a aussi les accompagnants: ce philosophe qui interpelle dans un quotidien, cet artiste qui mobilise, cet anthropologue qui livre ses observations, ce médecin qui rassure en visio-consultation, ce commerçant qui téléphone à ses clientes…Chacun, à sa manière, accompagne les uns et les autres pour mieux appréhender l’incertain.

Lorsque l’incertitude perturbe l’ordre établi, les organisations humaines, qu’elles soient petites ou grandes, sont désemparées. Les leçons de l’agroécologie sont, à bien des égards, éclairantes. Un agriculteur en quête d’une agriculture durable, confronté en permanence à l’incertitude, tire ses enseignements de pratiques culturales sans cesse repensées.

L’entreprise va, elle aussi, s’enrichir de ces pratiques agroécologiques et gérer ses ressources humaines « autrement », dans une optique du chacun pour tous sans distinction entre les fonctions principales et les fonctions auxiliaires. Les structures existantes vont se transformer en petits territoires vivants recomposés en permanence pour mobiliser les fonctions naturelles des uns et des autres et mélanger les plus faibles et les plus forts. D’autres ramifications vont s’établir entre des structures nomades et sédentaires afin de favoriser de nouvelles ressources collectives où chacun deviendra protecteur de l’autre.

L’agriculteur pourra à son tour se nourrir de ces nouvelles richesses humaines que
l’entreprise lui fera découvrir pour mieux encore gérer l’incertitude.

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* Chantal et Patrick Ochs vivent au cœur de leur exploitation oléicole depuis plus de 20 ans: ils sont oliverons. Ils étaient conseils de petites et moyennes entreprises et de
grands groupes internationaux pendant pendant plus de 25 ans. Patrick Ochs, docteur ès sciences de gestion, a publié plusieurs ouvrages et articles scientifiques sur l’investissement immatériel.

 

Vers la fin de Hong Kong

Vers la fin de Hong Kong

 

 

Devant les mesures de répression relative aux libertés et à la répression décidées par le pouvoir central chinois , les États-Unis en d’ores et déjà considéré Hong Kong comme un territoire purement chinois ne bénéficiant plus d’exception en matière d’échange notamment financier. La nouvelle loi chinoise concernant la sécurité constitue évidemment un instrument pour renforcer le pouvoir central et éteindre toutes velléités de réaction protestataire. Un changement fondamental pour les défenseurs de la démocratie à Hong Kong

 

Qu’est-ce que cette nouvelle loi sur la sécurité nationale va changer pour vous?
Elle va tout simplement tuer l’avenir de la démocratie à Hongkong. Afin de la faire appliquer, Pékin va mettre en place une nouvelle police secrète qui aura le pouvoir de chapeauter le gouvernement et les forces de police de Hongkong. Ça permettra l’arrestation de tout activiste, comme en Chine lorsqu’ils ont arrêté Liu Xiaobo [Prix Nobel de la paix 2010, décédé en 2017] ou encore l’éditeur Gui Minhai. En d’autres termes, ce sera la nouvelle arme parfaite pour détruire toutes les aspirations démocratiques des Hongkongais.

Peut-on s’attendre à davantage de manifestations?
Oui. Les Hongkongais ont participé à de nombreuses et immenses manifestations depuis 2003 afin de bloquer la première tentative de cette législation sur la sécurité nationale. Aujourd’hui, la volonté de Pékin est de nous faire avaler cette loi des plus controversées. Il est normal d’envisager que les Hongkongais soient prêts à se battre afin de protéger leurs libertés confisquées. J’appelle d’ailleurs tous les habitants de Hongkong à descendre manifester dans les rues. C’est un moment très critique, le début de la fin pour tous les habitants de Hongkong.

De quelle manière la suspicion de collusion étrangère va-t‑elle affecter le soutien à votre cause venu de l’extérieur?
Cette interprétation de la loi va incontestablement conduire à une persécution politique de plus en plus arbitraire dans la mesure où elle ne sera plus à l’initiative des tribunaux locaux mais de la police. C’est exactement ce qui se passe en Chine. Le régime de Pékin est connu pour arrêter arbitrairement ceux qu’il considère comme dissidents ou même des étrangers, au nom de la cohésion nationale ou sous prétexte d’une ingérence étrangère. Cette prétendue interférence étrangère n’est qu’une excuse pour anéantir les forces démocratiques.

Selon vous, que devrait faire la communauté internationale?
Afin de maintenir l’autonomie de la ville et protéger ses libertés, j’appelle une nouvelle fois le monde entier à soutenir les habitants de Hongkong, à s’opposer à cette loi draconienne, et à rappeler à la Chine d’honorer son engagement de respecter la formule « un pays, deux systèmes ».

Comment peut-elle s’y prendre?
La nouvelle loi de sécurité contient des changements considérables pour les expatriés et les investisseurs travaillant et vivant à Hongkong. Elle va changer les standards des droits de l’homme et le cadre juridique de cette plaque tournante du business international que représente Hongkong. Ce qui ne manquera pas d’impacter le monde des affaires européen. C’est la raison pour laquelle je supplie les Américains, les Européens et les leaders asiatiques de réévaluer le statut spécial de Hongkong en matière de commerce si cette loi sur la sécurité est appliquée et nous fait passer sous le contrôle du régime autoritaire chinois.

Que peuvent faire les entreprises étrangères?
Par le passé, Hongkong a servi de rempart à l’influence politique de la Chine. Les compagnies étrangères ont ainsi pu investir. Cette nouvelle loi va profondément fragiliser ce pare-feu. En particulier quand la branche de la police secrète de Pékin sera mise en place et deviendra l’outil d’un interventionnisme encore plus fort. Afin de protéger les intérêts des entreprises établies à Hongkong, il est crucial que nous nous opposions à cette loi. Maintenir notre statut d’autonomie est la seule façon de protéger les intérêts du secteur économique et financier.

Est-ce que l’Union européenne, en tant qu’institution politique et économique, peut tenir la Chine à distance de Hongkong?
Dans la mesure où l’UE est un partenaire majeur de la Chine, j’espère qu’elle pourra utiliser ses leviers économiques.

Qu’attendez-vous en particulier du Royaume-Uni?
Ce pays étant membre signataire de l’accord de rétrocession de Hongkong à la Chine, je conjure le gouvernement britannique de se tenir fermement à nos côtés.

 

«Avec Covid-19!, vers le paiement numérique

«Avec Covid-19!, vers le paiement numérique

La pandémie pourrait être un véritable tournant vers les paiements numériques, estime Marion Labouré, stratégiste chez Deutsche Bank ( L’opinion)

 

Marion Labouré.

La pandémie de Covid-19 pourrait bien être le catalyseur tant attendu propulsant les paiements numériques vers un usage généralisé. En effet, de nombreux experts considèrent que l’argent liquide est un vecteur de transmission du virus et la pandémie actuelle force les pays à repenser l’utilisation du cash. Dans le but de restaurer la confiance, certaines banques centrales ont déployé des efforts de communication pour dire que les risques de contamination étaient faibles. Alors que d’autres sont allées jusqu’à la mise en quarantaine, la désinfection et l’isolement de billets afin d’endiguer la propagation du virus. Il ne fait aucun doute que l’épidémie incitera les gouvernements, les banques centrales et les entreprises à accélérer la transition vers les paiements numériques.

Les paiements physiques : un vecteur de transmission de pathogènes

Le nettoyage de l’argent liquide est justifié par l’avis unanime des experts qui jugent que la monnaie peut être un vecteur pour le pathogène, comme le moustique peut l’être pour le paludisme par exemple. Les études ont montré que les billets et les cartes bancaires, comme toute surface touchée par un grand nombre de personnes, peuvent abriter des bactéries ou des virus.

Une étude récente a suggéré que le coronavirus « pourrait persister sur une surface inanimée comme du métal, du verre ou du plastique jusqu’à neuf jours mais pourrait être efficacement inactivé par des procédures rigoureuses de désinfection ». Une autre étude a montré que le virus pourrait survivre sur du plastique ou de l’acier jusqu’à trois jours après la contamination de la surface, et sur du carton ou du cuivre pendant un jour entier.

Les usagers peuvent facilement désinfecter leurs Smartphones et cartes bancaires, cela permettrait de prévenir la diffusion du virus

Les Smartphones ne sont pas nécessairement une meilleure option pour éviter la transmission du pathogène. En effet, les premières études montrent que le coronavirus pourrait survivre jusqu’à une semaine sur un écran de smartphone. Les chercheurs ont montré que 92 % des Smartphones et 82 % des mains de leurs usagers présentent des bactéries sur leur surface. Evidemment, les usagers peuvent facilement désinfecter leurs Smartphones et cartes bancaires, cela permettrait de prévenir la diffusion du virus. La désinfection du cash est, quant à elle, une affaire bien plus complexe.

Les banques centrales ne réagissent pas toutes de la même façon

Ces dernières semaines, le nombre de recherches internet comportant les termes « cash virus » ont atteint des sommets. Ce phénomène a été constaté dans des territoires aussi différents que l’Australie, le Canada, la France, l’Irlande, Singapour, la Suisse, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Les banques centrales ont répondu aux questions soulevées par la population de trois manières distinctes. Premièrement, plusieurs banques centrales (notamment la Banque d’Angleterre, la Banque Fédérale d’Allemagne, la Banque Nationale du Canada et la Banque Centrale Sud-Africaine) ont activement communiqué sur le fait que les risques de contamination étaient minimes.

Ensuite, d’autres banques centrales ont pris des mesures de précaution : la Banque de Chine a été la pionnière, puis les banques centrales de Corée du Sud, Hongrie et du Koweït ont commencé à désinfecter et même détruire les billets afin de lutter contre la diffusion du virus. Enfin, par peur d’importer de la monnaie contaminée d’Asie, la Réserve Fédérale Américaine a proclamé une mesure d’isolement pour les billets provenant de cette région du monde. Plusieurs autres gouvernements et banques centrales (notamment d’Inde, Indonésie et Géorgie) ont quant à eux explicitement encouragé les paiements numériques.

Durant les dernières semaines, plus de la moitié des paiements par carte bancaire ont été réalisés sans contact, contre un tiers en décembre en Allemagne

Le Covid-19 alimente la transition vers les paiements numériques

A court terme, la pandémie pourrait contribuer à accélérer la transition, déjà initiée, vers les paiements numériques. En effet, l’impact sur les systèmes de paiement en Asie pourrait se ressentir plus précocement qu’en Europe ou aux États-Unis, compte tenu de l’engouement pour les paiements digitaux en Orient.

A la fin de l’année 2018, environ 73 % des internautes chinois utilisaient un système de paiement en ligne (alors qu’ils étaient 18 % en 2008). Une des principales explications à cette dichotomie avec l’Europe et les États-Unis est la part plus importante de jeunes dans la population et leur plus grande disposition à adopter les nouvelles technologies.

Cependant, la pandémie pourrait être un véritable tournant sachant que les personnes les plus âgées sont également les plus vulnérables au virus. Elles sont par ailleurs les plus ferventes adeptes du cash et les moins enclines à modifier leurs habitudes pour embrasser les paiements digitalisés.

Les habitudes enracinées dans un système ancien sont les plus difficiles à déloger. Cela pourrait être un problème conséquent, en termes de contrôle de la maladie, particulièrement dans les sociétés où le cash est très important et dont les populations sont vieillissantes, comme aux Etats-Unis ou en Allemagne. Pour diminuer les contacts physiques et les queues aux caisses, la limite des paiements sans contact est passée de 30 à 50 euros dans la plupart des pays européens.

Mais l’évolution se fait déjà ressentir : durant les dernières semaines, plus de la moitié des paiements par carte bancaire ont été réalisés sans contact, contre un tiers en décembre en Allemagne. La digitalisation des paiements en Europe pourrait avoir un impact non négligeable car il n’y a à ce jour, aucune entreprise européenne leader des paiements numériques, contrairement à la Chine. Ainsi, l’engouement des Européens pour les paiements digitaux pourrait être une aubaine pour les entreprises américaines de paiement en ligne. De plus, la plupart des sondés ont reconnu prévoir d’utiliser un portefeuille électronique plus fréquemment dans les six prochains mois. Ils pensent également que le portefeuille électronique remplacera son équivalent traditionnel dans les cinq prochaines années. En attendant 2025, nous nous attendons à ce que les e-portefeuilles deviennent la seconde méthode de paiement favorite après la carte bancaire, et la préférée chez les millénnials.

A moyen et long terme, ces considérations contribueront à pousser les banques centrales à développer leur propre monnaie digitale (CBDC, pour Central Bank Digital Currency). En réalité, les banques centrales ont déjà commencé à mettre en place des initiatives concernant leur propre monnaie digitalisée. Aujourd’hui 80 % d’entre elles développent une CBDC et 10 % sont déjà en train de lancer un projet pilote.

La Suède, où la circulation d’argent liquide représente seulement 1 % du PIB, pourrait devenir la première nation cashless au monde d’ici mars 2023

Des pays, représentant un cinquième de la population mondiale, sont susceptibles de proposer leur monnaie digitale dans les trois prochaines années. Ce processus est déjà en cours. L’ancien président de la Banque Centrale de Chine, Li Lihui, a déclaré qu’une monnaie digitale serait pratique, efficace et intéressante financièrement, et qu’elle serait particulièrement appréciée pendant une épidémie. Des rapports indiquent que la Banque Populaire de Chine, en collaboration avec des entreprises privées a déjà développé une monnaie numérique qui posséderait des fonctions basiques.

Au cours des dernières semaines, sans passer par une annonce formelle, la Chine a esquissé les essais de sa nouvelle monnaie digitale dans quatre métropoles, avec Starbucks et McDonald’s comme partenaires. En février 2020, la Suède, où la circulation d’argent liquide représente seulement 1 % du PIB, a révélé réaliser ses premiers essais sur le e-krona et pourrait devenir la première nation « cashless » au monde d’ici mars 2023.

Aux Etats-Unis, le plan de relance lié au Covid-19 incluait initialement de soutenir l’économie grâce à une monnaie digitale, mais ce projet a finalement été abandonné. La Réserve Fédérale américaine aurait donc pu utiliser un « dollar digital » et des portefeuilles virtuels pour effectuer des paiements aux individus et aux entreprises.

Ainsi, bien que le coronavirus puisse être « un pathogène qui n’apparaît qu’une fois par siècle » d’après les mots de Bill Gates, une solution tout aussi exceptionnelle pourrait permettre de répondre efficacement à cette situation (au moins du point de vue des paiements). Le virus a déjà poussé les pays à désinfecter, détruire et réimprimer leurs devises. En comparaison de cet effort conséquent, un système de paiement numérique peut apparaître comme une solution bien plus simple et efficace.

Marion Labouré est stratégiste chez Deutsche Bank

Plan de relance: vers une intégration

Plan de relance:   vers une  intégration  

 

Chronique de Gilles  Savary dans l’Opinion « Avec le plan de la Commission Van der Leyen, l’Europe s’est dotée de son “plan Marshall” de l’aprés-pandémie, mais cette fois en toute indépendance »

 

« L’accord Merkel-Macron sur un plan de relance européen financé par un emprunt mutualisé constitue un événement de portée historique. Il ne s’agit plus d’émettre des coronabonds, mais leur parfaite réincarnation. C’est un incontestable succès de l’opiniâtreté française.

Pour la première fois depuis le traité de Maastricht en 1992, après une longue intransigeance de l’Allemagne et des Etats du nord arc-boutés sur les critères contraignants du Pacte de stabilité, Angela Merkel entrouvre la porte d’une politique budgétaire commune à l’échelle des 27 Etats-membres de l’UE.

Si la crise sanitaire du Covid décevra sans doute bien des rêves et des aspirations de lendemains meilleurs, elle aura au moins concrétisé une solidarité financière européenne que l’on croyait de plus en plus compromise par l’air du temps national populiste… Il faudra bien sûr attendre les modalités de mise en œuvre de cet accord pour en apprécier toute la portée politique, mais comment ne pas se réjouir que l’Europe se soit cette fois montrée à la hauteur des événements ?

C’est le tabou de l’emprunt communautaire qui vient de tomber. Avec le plan de la Commission Van der Leyen, l’Europe s’est dotée de son « plan Marshall » de l’aprés-pandémie, mais cette fois en toute indépendance.

Il s’agit d’un acte majeur de « souveraineté » et de cohésion européenne.

Souverainetés. La réussite de ce plan de relance constitue donc un enjeu considérable pour la suite de la construction européenne et pour notre indépendance, tellement nos souverainetés cocardières sont devenues illusoires face aux GAFAM, à la Chine et aux désordres du monde.

Il serait illusoire de penser que la solidarité « intéressée » à laquelle consentent aujourd’hui les Allemands pourrait devenir un droit de tirage permanent sur leur prospérité

L’enjeu pour la France est désormais, non seulement d’en saisir l’opportunité pour relancer son économie, mais aussi d’en tirer profit pour stopper sa dérive industrielle et financière par rapport à l’Allemagne.

C’est en effet la solidité économique et financière de l’Allemagne, et accessoirement celle de quelques-uns de ses voisins, qui gage l’essentiel de ce plan, que ce soit en matière de garantie de l’emprunt communautaire annoncé, mais aussi d’émission monétaire sans dommages pour la compétitivité commerciale de la zone.

Angela Merkel n’est ni éternelle, ni exempte d’adversités vigilantes, qui seront scrupuleusement comptables de la « solidarité » qu’elle vient de consentir aux Européens, même si l’industrie allemande a un intérêt primordial à une reprise rapide du marché intérieur européen.

Les Allemands restent majoritairement réticents à communautariser les dérives budgétaires de leurs partenaires, et si la Chancelière a fait peu de cas du juridisme étriqué de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe, son pays, comme la France, est exposé à la pression de mouvements national populistes inquiétants et peu enclins à partager le fardeau européen.

C’est dire que le plan de relance Macron-Merkel revêt non seulement une dimension politique européenne, mais constitue aussi un enjeu redoutable de politique intérieure allemande.

Il serait illusoire de penser que la solidarité « intéressée » à laquelle consentent aujourd’hui les Allemands pourrait devenir un droit de tirage permanent sur leur prospérité, et que l’avenir de la construction européenne pourrait s’accommoder d’un décalage économique et financier croissant au sein du couple franco allemand.

Notre premier rendez-vous de l’après Covid, c’est de réussir notre relance économique et sociale. »

 

«Vers un Pacte vert européen» ?

«Vers un Pacte vert européen» ?

 

 

Christian de Boissieu, Michel Derdevet, Jacques Percebois 

militent pour un pacte vert européen ( chronique dans l’Opinion)

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« Le « new deal » de Roosevelt qui a permis de sortir de la crise de 1929 et la politique de reconstruction adoptée en France à la Libération ont un point commun : l’investissement massif dans des infrastructures, notamment énergétiques. D’où la Tennessee Valley Authority pour la production d’électricité aux Etats-Unis et le plan d’équipement dans de grands barrages et dans le développement du réseau en haute tension en France.

Après l’imparable et profonde récession de 2020, on peut espérer un rebond de la consommation et de l’investissement privés, même si le rattrapage ne sera que partiel. Cela ne suffira pas, car beaucoup de ménages et d’entreprises vont se trouver en situation de précarité et de difficultés financières. Quant aux Etats, ils seront mobilisés par le sauvetage immédiat de pans entiers de leur secteur industriel.

Parallèlement, la transition énergétique engagée dans le cadre du Pacte vert (« Green Deal ») de la Commission européenne exigera à l’évidence un financement dédié, et des réseaux modernisés et digitalisés. Rien qu’en France, le chiffrage des opérateurs de réseaux électriques, avant la crise, était de 100 milliards d’euros d’ici 2035. On voit donc qu’an plan européen, les besoins seront massifs.

Investir dans le renforcement des réseaux européens de transport et de distribution d’électricité, dans les interconnexions électriques européennes, mais aussi dans la transformation des infrastructures de distribution en « smart grids », permettrait d’améliorer le service public de l’énergie en France et de relancer la solidarité énergétique européenne, en augmentant les échanges aux frontières. Cela irait dans le sens du « Green Deal ». Car ces réseaux participent de la collecte des énergies renouvelables, diffuses et territorialisées, qui constitueront à l’horizon 2050 une part essentielle de l’Europe décarbonée en perspective, comme souligné dans le récent rapport Les réseaux électriques, vecteurs du nouveau modèle européen décarboné, publié par Synopia.

Mobilité verte. On pourrait y associer un plan massif de développement des recharges électriques afin de relancer la mobilité verte, ce qui indirectement pourrait aider le secteur automobile et favoriser la mobilité durable au sein de l’Union.

Une partie de l’épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de «networks bonds»

Bien sûr, d’autres secteurs seront également demandeurs comme ceux de la santé et des réseaux numériques, qui ont montré à quel point ils étaient incontournables. Mais il faut raisonner en termes de complémentarité et non de substituabilité des efforts.

Les réseaux énergétiques sont au cœur de la solidarité territoriale, et ce sont des investissements qui génèrent des emplois à court terme et des recettes sur longue période, puisqu’ils profitent aussi bien aux générations futures qu’à la génération présente. De plus ce sont des actifs et des activités non délocalisables, ce qui est essentiel pour que la relance européenne profite aux Européens. Leur rémunération est stable sur longue période, entre 5 et 6 % en moyenne, puisqu’elle est régulée, ce qui n’est pas le cas des investissements dans la production beaucoup plus sensibles aux aléas du marché. On peut le faire aussi dans l’efficacité énergétique des bâtiments, mais un investissement public massif est ici, sans doute, plus efficace.

Si l’on veut éviter un financement monétaire des investissements dans les infrastructures, qui serait incohérent avec leur nature même, il faut pouvoir drainer l’épargne de précaution, considérable, qui s’est accumulée ces derniers mois. Une partie de cette épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de « networks bonds », un système d’ailleurs souhaité par plusieurs pays européens, malgré les réticences allemandes ou hollandaises.

Pour le citoyen français, ce serait un placement garanti, surtout si ces « obligations réseaux » sont mutualisées sur plusieurs Etats européens. On pourrait également envisager la création d’un livret d’épargne européen affecté au financement des infrastructures, pour ceux qui préféreraient une épargne plus facilement mobilisable que les obligations.

Quel que soit le véhicule choisi, une chose est certaine : connecter la relance économique et la transition écologique est une ardente obligation. Cela passe par beaucoup d’imagination… et un peu d’audace et de courage ! »

Christian de Boissieu, Vice-Président du Cercle des Economistes, Michel Derdevet, Vice-Président de la Maison de l’Europe de Paris, Jacques Percebois, Professeur émérite à l’Université de Montpellier.

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Vers un Brexit dur

Vers un  Brexit dur

On sait que le Premier ministre britannique a été handicapée personnellement par le Coron virus. Mais le problème est beaucoup plus grave car en fait Boris Johnson ne s’est jamais impliqué dans la négociation comme si en fait il recherchait une rupture brutale et totale avec l’union européenne. Les conséquences ne seront pas négligeables pour  l’union européenne mais elles risquent d’être beaucoup plus graves pour le Royaume-Uni dans le pouvoir d’achat a déjà diminué avec la baisse de la livre mais aussi avec les dégâts économiques très importants d’un Coronavirus dont l’enjeu au départ a été très sous-estimé par Boris Johnson.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a donc déclaré samedi dans une interview au journal Augsburger Allgemeine qu’il y avait un risque croissant de Brexit dur au coeur de la crise sanitaire du coronavirus, les négociations entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur les futures relations commerciales n’ayant guère progressé.

“Il est inquiétant que la Grande-Bretagne s’écarte de nos déclarations communes sur des point clés des négociations”, a déclaré Maas.

“Ce n’est tout simplement pas possible, car les négociations constituent un ensemble complet tel qu’il a été présenté dans la déclaration”, a-t-il ajouté.

Maas a déclaré qu’il n’y avait actuellement aucun terrain d’entente sur la manière de concevoir un accord commercial global ni sur la question de savoir s’il fallait prolonger la période de négociation au-delà de la fin de l’année.

“Le gouvernement britannique refuse toujours de prolonger le délai”, a-t-il dit. “Si cela continue, nous devrons faire face au Brexit en plus du coronavirus à la fin de l’année”.

Vers un éclatement de la majorité ?

Vers  un éclatement de la majorité ?

Un groupe autonome de  la majorité pourrait se constituer à l’assemblée nationale. Une situation qui ferait perdre la majorité absolue au parti la république en marche. En cause évidemment des sensibilités assez différents dans le parti hétéroclite de la république en marche avec des ultralibéraux, des sociaux-démocrates, des anciens socialistes aussi beaucoup d’opportunistes. Justement beaucoup de députés commencent à s’interroger sur leurs chances de réélection s’ils continuent leur mandat sous  la bannière officielle de la république en marche. Les élections municipales ont démontré que la plupart des responsables de la république en marche n’avaient pas d’ancrage local. Le temps est sans doute venu d’afficher une différence qui permettrait lors  des élections parlementaires à venir de prendre du champ avec un courant politique présidentiel en nette perte de crédibilité dans l’opinion. La création d’un tel groupe, imminent selon Les Echos, constituerait un tournant dans le turbulent quinquennat d’Emmanuel Macron, où tous les textes ont jusqu’ici été votés grâce à une majorité qui s’est effritée au fil du temps.

Le départ, cette semaine, de la députée Martine Wonner, qui n’avait pas voté en faveur du plan de déconfinement, a porté à 296 le nombre d’élus LaRem et apparentés à l’Assemblée (ils étaient 314 en juin 2017), alors que la majorité absolue est fixée à 289.

Le camp présidentiel peut compter sur les 46 députés du groupe MoDem, dont certains pourraient toutefois être eux aussi tentés par l’aventure d’un nouveau groupe.

Selon Les Echos, qui cite sa profession de foi, le groupe “Ecologie démocratie solidarité” pourrait compter 58 membres venant d’horizons divers, animés par le désir de “répondre à l’urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales”.

Les députés de l’aile gauche de LaRem Aurélien Taché et Guillaume Chiche pourraient en faire partie, de même que les anciens députés LaRem Matthieu Orphelin et Cédric Villani, candidat dissident à la mairie de Paris, ou encore l’ex-ministre socialiste Delphine Batho, présidente de Génération Ecologie.

Reuters a eu accès au message envoyé ce vendredi aux députés LaRem par Gilles Le Gendre, alors que la rumeur de la formation de ce nouveau groupe, qui couve depuis des mois, se fait plus pressante.

UE : Vers un échec des négociations avec Londres ?

UE : Vers un échec des négociations avec Londres ?

 

Le commissaire européen au commerce s’interroge sur la volonté réelle de Londres de parvenir à un accord suite au brexit.  Rien n’indique que le gouvernement britannique ait réellement l’intention de s’entendre avec l’Union européenne sur le cadre de leurs futures relations commerciales et il semble qu’il soit décidé à imputer un éventuel échec des discussions à la crise du coronavirus, a estimé jeudi le commissaire européen au Commerce.

“Malgré l’urgence et l’énormité du défi que représentent les négociations, je crains que nous ne progressions que très lentement (…) Rien n’indique vraiment que nos amis britanniques abordent les discussions avec l’intention d’aboutir. J’espère me tromper, mais je ne le pense pas”, a déclaré Phil Hogan à la radiotélévision irlandaise (RTE).

“Je pense que les responsables politiques et le gouvernement du Royaume-Uni ont décidé que le COVID serait tenu responsable de tous les échecs du Brexit et j’ai le sentiment qu’ils ne veulent pas que les négociations durent jusqu’en 2021, parce qu’ils peuvent effectivement tout imputer au COVID”, a-t-il ajouté.

Air France : vers une nationalisation temporaire

Air France : vers une nationalisation temporaire

Il est clair que Air France ne pourra pas rembourser avant sans doute 10 ou 20 ans le prêt de 7 milliards qu’elle a sollicités. Du coup, la seule solution pour l’État qui garantit en dernier ressort ces prêts sera de les transformer en participations. Évidemment pour l’instant cela heurte  la doctrine libérale qui dans son projet initial avant la crise du Coron virus était plutôt de s’engager dans la vente des bijoux de famille. Le remboursement par Air France sera d’autant plus difficile que déjà structurellement avant la crise sanitaire la compagnie était déjà en situation très délicate sur le plan financier.

Avec l’apport de 4 milliards d’euros de prêts bancaires garantis à 90% par l’Etat français et un prêt de ce dernier de 3 milliards d’euros à Air France-KLM, sa maison-mère, Air France a désormais les liquidités suffisantes pour passer la crise du Covid-19, affronter la reprise et financer sa restructuration. Comme l’ont indiqué vendredi Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, et Ben Smith, le directeur général d’Air France-KLM, ces prêts devront être remboursés.

« Ce n’est pas un chèque en blanc », ont-ils insisté vendredi, le premier au « 20 heures » de TF1, le second dans un message vidéo adressé aux salariés.

 

Ces prêts pourront-ils vraiment être remboursés ? La compagnie aérienne aura-t-elle les capacités de rembourser une dette qui va exploser à un niveau inédit, au moment où l’activité n’aura probablement pas retrouvé son niveau d’avant crise ? La question se pose. La maturité du prêt bancaire de 4 milliards d’euros est de 12 mois avec deux options d’extension d’un an consécutives. Des délais ridicules pour que Air France se faire face à ses obligations de remboursement ou alors la compagnie devra supporter des charges financières qui vont plomber pendant des années ses résultats

Vacances d’été : vers la suppression? (Djebbari)

Vacances d’été : vers la suppression? (Djebbari)

 

Le gouvernement n’ose encore pas dire que la crise économique provoquée par le confinement pourrait aboutir à la quasi suppression des congés d’été. En effet, si le confinement devait durer jusqu’en mai, l’activité pourrait avoir un effet de réduction de l’ordre de 15 % du PIB annuel. Du coup, on voit mal comment le pays pourrait se payer des vacances après avoir été  mis en grande partie au chômage partiel. Aujourd’hui un quart de la population est en chômage partiel et l’économie est paralysée à hauteur de 50 %.

Du coup, il y aura nécessairement un effet de rattrapage lorsque le des confinements sera autorisé. Un des confinements précisément qui pourraient intervenir de manière significative qu’à partir de l’été. Déjà des accords d’entreprise prévoient de convertir des jours de chômage partiel congés. « Trop tôt pour se projeter dans les vacances d’été. Il faut attendre avant de réserver ». C’est ce qu’a indiqué ce mardi sur France Info le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari en conseillant aux Français d’ »attendre » avant de réserver pour les vacances d’été, la situation liée à l’épidémie de Covid-19 étant « encore trop incertaine ».

« Il y aura un après-coronavirus. Mais pour l’instant (…) je conseille aux Français la plus grande prudence sur la préparation de leurs voyages car la situation aujourd’hui est encore trop incertaine », a indiqué Jean-Baptiste Djebbari sur Franceinfo. « Je leur dis d’attendre. »

« Bien malin celui qui sait décrire demain l’offre de transport et qui sait décrire exactement le moment où nous allons commencer à déconfiner », a-t-il expliqué, alors que le trafic ferroviaire et aérien est pour l’instant très fortement réduit.

« Nous travaillons, notamment au ministère des Transports, sur différents scénarios pour préparer la reprise de l’activité » à la fin du confinement de la population, a-t-il dit.

Mais « je rappelle que la priorité absolue du moment c’est l’effort collectif que nous faisons de rester chez nous pour empêcher la propagation de ce virus », a insisté Jean-Baptiste Djebbari.

Notons aussi que le besoin de mobilité sera affecté par la crainte persistance du virus ou le maintien de certaines restrictions aux voyages dans certains pays, mais aussi par la baisse du pouvoir d’achat liée au chômage partiel et aux licenciements et, d’une manière générale, au sentiment d’insécurité économique dans un monde en récession.

Coronavirus : vers un contrôle numérique des déplacements

Coronavirus : vers  un contrôle numérique des déplacements 

Pour sortir du confinement, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, préconise, dans une tribune au « Monde », de suivre l’exemple de Singapour et de recourir au traitement de données individualisées de géolocalisation, avec le consentement de l’usager, et ce, dans le cadre protecteur du RGPD européen.

Tribune. Comment sortir du confinement ? Une fois le pic épidémique passé, comme nombre de pays asiatiques avant nous, l’Europe sera confrontée à ce défi redoutable : comment permettre à chacun de retrouver une vie normale, et à nos économies, profondément bouleversées, de redémarrer rapidement, tout en évitant une reprise de l’épidémie ?

La première réponse sera évidemment sanitaire. Plus que jamais, nous aurons besoin de nos personnels soignants dont l’engagement et la mobilisation depuis le début de cette crise forcent le respect. Nous devrons aussi maintenir dans la durée les « gestes barrières », auxquels nous sommes désormais habitués, et poursuivre à grande échelle les tests de dépistage pour qu’aucune braise ne rallume l’incendie.

Mais la deuxième réponse, c’est de plus en plus évident, sera technologique. Je suis convaincu en effet que la technologie et une utilisation intelligente et raisonnée des data seront le complément indispensable à l’action sanitaire.

Le sujet est sensible, épidermique même. Il est aussi complexe, tant sur le plan juridique que technique. Le but de cette tribune est d’apporter un éclairage aussi factuel que possible dans un débat trop souvent passionnel et sans nuance.

Disons-le tout de suite : il ne s’agit en rien d’imposer, comme à Taïwan, un contrôle numérique intensif des déplacements ou, comme en Israël, de donner aux forces de l’ordre la possibilité de géolocaliser les personnes contaminées via leur téléphone pour garantir le respect de la quarantaine.

Ma position est simple. Nous avons la chance dans l’Union européenne d’avoir un cadre réglementaire protecteur : le règlement général sur la protection des données (RGPD). Sachons l’utiliser dans toutes ses dispositions !

Le RGPD permet, en premier, lieu de traiter des données anonymisées de géolocalisation, c’est-à-dire suffisamment agrégées pour ne pas permettre d’identifier un individu particulier. Orange a ainsi développé un outil de modélisation des flux de population à partir de données de géolocalisation anonymisées que nous mettons à disposition de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

 

 

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