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Twitter : vers un réseau poubelle avec Elon Musk

Twitter : vers un réseau poubelle avec Elon Musk


Elon Musk, au nom de sa philosophie libertarienne, entend faire sauter toute barrière déontologique sur le réseau Twitter dont il est désormais propriétaire. Une orientation qui n’est pas simplement philosophique mais aussi commerciale car le milliardaire souhaite la multiplication d’expression les plus extrêmes et les plus provocantes justement pour faire de l’audience.

Elon Musk s’appuie sur une philosophie à la fois confuse et douteuse de type anarcho- libertarien au service de ses seuls intérêts . Pour lui, la liberté a des limites, celle de ses intérêts financiers. Par exemple, chez tesla toute contestation syndicale est prohibée. L’indépendance éditoriale qu’il prône ne l’empêche pas d’orienter le réseau Twitter vers un soutien assez inconditionnel des » Républicains » et même de Trump.

Le patron de Tesla à payer bien trop cher le réseau Tweeter. Pour preuve, il s’est débarrassé immédiatement de la moitié du personnel. Propriétaire et patron de la plateforme depuis un mois, il prône une vision absolue de la liberté d’expression. Ainsi par exemple les informations les plus fantaisistes concernant le Covid pourront reprendre sur Twitter.

Elon Musk a entrepris de bouleverser la modération des contenus sur Twitter, du rétablissement en masse de comptes bannis à la fin de la lutte contre la désinformation sur le Covid. «À partir du 23 novembre 2022, Twitter n’applique plus le règlement concernant les informations trompeuses sur le Covid-19», indique un très rare, et très bref, communiqué de l’entreprise de San Francisco, qui n’a été relayé que mardi 29 novembre par la presse américaine.

À son arrivée à la tête de Twitter, et entre deux provocations, le multimilliardaire a tenté de rassurer les ONG et annonceurs qui craignaient une flambée de contenus toxiques (discours de haine, désinformation, etc). Il a répété que le règlement de la plateforme n’avait pas changé et que les comptes bannis ne seraient pas rétablis avant la création d’un conseil de modération des contenus. Peine perdue: de nombreuses marques ont fui, et Elon Musk, s’estimant trahi, est passé à l’action. Il a lancé des sondages sur son profil, reflétant selon lui la «voix du peuple», et fait réinstaller le profil de l’ex-président Donald Trump (suspendu en janvier 2021 pour appel à la violence).

D’après la newsletter spécialisée Platformer, le bouillonnant dirigeant a aussi demandé aux ingénieurs encore employés de rétablir quelque 62.000 comptes qui avaient été bannis pour des infractions répétées.

Bref, on s’oriente progressivement vers un réseau poubelle encore pire que précédemment qui pourrait bien bénéficier à des réseaux qui entendent, eux, modérer les contenus

Twitter : vers un réseau poubelle avec Elon Musk

Twitter : vers un réseau poubelle avec Elon Musk


Elon Musk,Au nom de sa philosophie Libertarienne, entend faire sauter toute barrière déontologique sur le réseau Twitter qu’il est désormais propriétaire. Une orientation qui n’est pas simplement philosophique mais aussi commerciale car le milliardaire souhaite la multiplication d’expression les plus extrêmes et les plus provocantes justement pour faire de l’audience.

Elon Musk s’appuie sur une philosophie à la fois confuse et douteuse de type anarcho- libertarien au service de ses seuls intérêts . Pour lui, la liberté a des limites, elle de ses intérêts financiers. Par exemple chez tesla toute contestation syndicale est prohibée. L’indépendance éditoriale qu’il prône ne l’empêche pas d’orienter le réseau Twitter vers un soutien assez inconditionnel des » Républicains » et même de Trump.

Le patron de tesla à payer bien trop cher le réseau. Pour preuve, il s’est débarrassé immédiatement de la moitié du personnel. propriétaire et patron de la plateforme depuis un mois, prône une vision absolue de la liberté d’expression. Ainsi par exemple les informations les plus fantaisistes concernant le vide pourront reprendre sur Twitter.

Elon Musk a entrepris de bouleverser la modération des contenus sur Twitter, du rétablissement en masse de comptes bannis à la fin de la lutte contre la désinformation sur le Covid. «À partir du 23 novembre 2022, Twitter n’applique plus le règlement concernant les informations trompeuses sur le Covid-19», indique un très rare, et très bref, communiqué de l’entreprise de San Francisco, qui n’a été relayé que mardi 29 novembre par la presse américaine.

À son arrivée à la tête de Twitter, et entre deux provocations, le multimilliardaire a tenté de rassurer les ONG et annonceurs qui craignaient une flambée de contenus toxiques (discours de haine, désinformation, etc). Il a répété que le règlement de la plateforme n’avait pas changé et que les comptes bannis ne seraient pas rétablis avant la création d’un conseil de modération des contenus. Peine perdue: de nombreuses marques ont fui, et Elon Musk, s’estimant trahi, est passé à l’action. Il a lancé des sondages sur son profil, reflétant selon lui la «voix du peuple», et fait réinstaller le profil de l’ex-président Donald Trump (suspendu en janvier 2021 pour appel à la violence).

D’après la newsletter spécialisée Platformer, le bouillonnant dirigeant a aussi demandé aux ingénieurs encore employés de rétablir quelque 62.000 comptes qui avaient été bannis pour des infractions répétées.

Bref, on s’oriente progressivement vers un réseau poubelle encore pire que précédemment qui pourrait bien bénéficier à des réseaux qui entendent, eux, modérer les contenus

France: glissement insidieux vers une société de paresse ?

France: glissement insidieux vers une société de paresse ?

Comme d’autres pays , la France connaît une crise du rapport au travail caractérisé notamment par les difficultés de recrutement mais aussi par des comportements qui dénotent une certaine démotivation. En France cependant, la situation apparaît encore plus grave qu’ailleurs depuis les 35 heures et la « culture RTT ». Une enquête de l’IFOP confirme cette tendance observée notamment depuis la crise sanitaire. Mais le processus a débuté bien antérieurement.

On peut faire l’hypothèse assez sérieuse que la situation s’est très fortement détériorée à partir de la fixation du temps de travail à 35 heures. Une chute brutale du travail qui a sans doute aussi contribué à la perte de compétitivité du pays. Le plus grave sans doute, c’est que le rapport au travail a été modifié et que cette valeur travail est tellement dévalorisée que son utilité est même parfois condamnée ( voir les déclarations par exemple de l’ultra écolo Sandrine Rousseau qui condamne le travail au motif qu’il serait de droite).

Certes, la baisse de performance de l’économie française dont témoigne en particulier l’énorme déficit de la balance commerciale est largement imputable à des choix contradictoires des gouvernements notamment depuis Chirac et Mitterand mais aussi imputables à un changement de mentalité où la société de loisirs prend le pas sur d’autres enjeux sociétaux.

En clair, depuis la pandémie, les Français s’avèrent être de plus en plus fainéants, selon une enquête publiée le 11 novembre par l’institut Jean-Jaurès en partenariat avec l’IFOP.
« Depuis la crise sanitaire, 30% des sondés déclarent être moins motivés qu’avant », rapporte le sondage.

Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes adultes, puisque 40% des 25-34 ans se disent moins motivés qu’avant les périodes de confinement, contre 21% des plus de 65 ans.
Les habitants de région parisienne, dont les conditions de vie durant les confinements ont été particulièrement pesantes, se disent également plus affectés. 41% d’entre eux sont moins motivés qu’avant, contre 22% des habitants de zone rurale.

« Il fait froid, ça ne donne pas trop envie de bouger, du coup on a la flemme tout le temps pour tout et pour rien », confie une jeune femme à BFMTV.
« Flemme de faire une machine, flemme de descendre les poubelles », énumère encore une autre. Cette tendance à rester chez soi se confirme en termes d’achats. Le plaid est ainsi particulièrement recherché par les Français.

« Ça se vend extrêmement bien », confirme Morgan Cherki, directeur marketing de la société Toto. « C’est un des indispensables quand on est fatigué ou qu’on a la flemme », estime-t-il avec un sourire.
Les entreprises s’adaptent
Avec ce bouleversement des usages, les entreprises s’adaptent. Une évolution qui va même jusqu’à développer une nouvelle économie.

« La société de consommation a très bien compris cet état de fatigue. Les entreprises se sont beaucoup adaptés à la fois à travers un certain nombre de produits ou la livraison à domicile », confirme à BFMTV Jérémie Peltier, directeur de la fondation Jean-Jaurès.

Le problème est que l’avenir est déjà largement hypothéqué par ce changement de mentalité. Malheureusement, on voit mal un parti politique faire un constat lucide de la situation et encore moins réveiller les Français pour redresser le pays.

Société glissement insidieux vers une société de paresse

Société glissement insidieux vers une société de paresse ?

Comme d’autres pays , la France connaît une crise du rapport au travail caractérisé notamment par les difficultés de recrutement mais aussi par des comportements qui dénotent une certaine démotivation. En France cependant, la situation apparaît encore plus grave qu’ailleurs depuis les 35 heures et la « culture RTT ». Une enquête de l’IFOP confirme cette tendance observée notamment depuis la crise sanitaire. Mais le processus a débuté bien antérieurement.

On peut faire l’hypothèse assez sérieuse que la situation s’est très fortement détériorée à partir de la fixation du temps de travail à 35 heures. Une chute brutale du travail qui a sans doute aussi contribué à la perte de compétitivité du pays. Le plus grave sans doute, c’est que le rapport au travail a été modifié et que cette valeur travail est tellement dévalorisée que son utilité est même parfois condamnée ( voir les déclarations par exemple de l’ultra écolo Sandrine Rousseau qui condamne le travail au motif qu’il serait de droite).

Certes, la baisse de performance de l’économie française dont témoigne en particulier l’énorme déficit de la balance commerciale est largement imputable à des choix contradictoires des gouvernements notamment depuis Chirac et Mitterand mais aussi imputables à un changement de mentalité où la société de loisirs prend le pas sur d’autres enjeux sociétaux.

En clair, depuis la pandémie, les Français s’avèrent être de plus en plus fainéants, selon une enquête publiée le 11 novembre par l’institut Jean-Jaurès en partenariat avec l’IFOP.
« Depuis la crise sanitaire, 30% des sondés déclarent être moins motivés qu’avant », rapporte le sondage.

Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes adultes, puisque 40% des 25-34 ans se disent moins motivés qu’avant les périodes de confinement, contre 21% des plus de 65 ans.
Les habitants de région parisienne, dont les conditions de vie durant les confinements ont été particulièrement pesantes, se disent également plus affectés. 41% d’entre eux sont moins motivés qu’avant, contre 22% des habitants de zone rurale.

« Il fait froid, ça ne donne pas trop envie de bouger, du coup on a la flemme tout le temps pour tout et pour rien », confie une jeune femme à BFMTV.
« Flemme de faire une machine, flemme de descendre les poubelles », énumère encore une autre. Cette tendance à rester chez soi se confirme en termes d’achats. Le plaid est ainsi particulièrement recherché par les Français.

« Ça se vend extrêmement bien », confirme Morgan Cherki, directeur marketing de la société Toto. « C’est un des indispensables quand on est fatigué ou qu’on a la flemme », estime-t-il avec un sourire.
Les entreprises s’adaptent
Avec ce bouleversement des usages, les entreprises s’adaptent. Une évolution qui va même jusqu’à développer une nouvelle économie.

« La société de consommation a très bien compris cet état de fatigue. Les entreprises se sont beaucoup adaptés à la fois à travers un certain nombre de produits ou la livraison à domicile », confirme à BFMTV Jérémie Peltier, directeur de la fondation Jean-Jaurès.

Le problème est que l’avenir est déjà largement hypothéqué par ce changement de mentalité. Malheureusement, on voit mal un parti politique faire un constat lucide de la situation et encore moins réveiller les Français pour redresser le pays.

France: glissement vers une société de paresse ?

France: glissement vers une société de paresse ?

Comme d’autres pays , la France connaît une crise du rapport au travail caractérisé notamment par les difficultés de recrutement mais aussi par des comportements qui dénotent une certaine démotivation. En France cependant, la situation apparaît encore plus grave qu’ailleurs depuis les 35 heures et la « culture RTT ». Une enquête de l’IFOP confirme cette tendance observée notamment depuis la crise sanitaire. Mais le processus a débuté bien antérieurement.

On peut faire l’hypothèse assez sérieuse que la situation s’est très fortement détériorée à partir de la fixation du temps de travail à 35 heures. Une chute brutale du travail qui a sans doute aussi contribué à la perte de compétitivité du pays. Le plus grave sans doute, c’est que le rapport au travail a été modifié et que cette valeur travail est tellement dévalorisée que son utilité est même parfois condamnée ( voir les déclarations par exemple de l’ultra écolo Sandrine Rousseau qui condamne le travail au motif qu’il serait de droite).

Certes, la baisse de performance de l’économie française dont témoigne en particulier l’énorme déficit de la balance commerciale est largement imputable à des choix contradictoires des gouvernements notamment depuis Chirac et Mitterand mais aussi imputables à un changement de mentalité où la société de loisirs prend le pas sur d’autres enjeux sociétaux.

En clair, depuis la pandémie, les Français s’avèrent être de plus en plus fainéants, selon une enquête publiée le 11 novembre par l’institut Jean-Jaurès en partenariat avec l’IFOP.
« Depuis la crise sanitaire, 30% des sondés déclarent être moins motivés qu’avant », rapporte le sondage.

Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes adultes, puisque 40% des 25-34 ans se disent moins motivés qu’avant les périodes de confinement, contre 21% des plus de 65 ans.
Les habitants de région parisienne, dont les conditions de vie durant les confinements ont été particulièrement pesantes, se disent également plus affectés. 41% d’entre eux sont moins motivés qu’avant, contre 22% des habitants de zone rurale.

« Il fait froid, ça ne donne pas trop envie de bouger, du coup on a la flemme tout le temps pour tout et pour rien », confie une jeune femme à BFMTV.
« Flemme de faire une machine, flemme de descendre les poubelles », énumère encore une autre. Cette tendance à rester chez soi se confirme en termes d’achats. Le plaid est ainsi particulièrement recherché par les Français.

« Ça se vend extrêmement bien », confirme Morgan Cherki, directeur marketing de la société Toto. « C’est un des indispensables quand on est fatigué ou qu’on a la flemme », estime-t-il avec un sourire.
Les entreprises s’adaptent
Avec ce bouleversement des usages, les entreprises s’adaptent. Une évolution qui va même jusqu’à développer une nouvelle économie.

« La société de consommation a très bien compris cet état de fatigue. Les entreprises se sont beaucoup adaptés à la fois à travers un certain nombre de produits ou la livraison à domicile », confirme à BFMTV Jérémie Peltier, directeur de la fondation Jean-Jaurès.

Le problème est que l’avenir est déjà largement hypothéqué par ce changement de mentalité. Malheureusement, on voit mal un parti politique faire un constat lucide de la situation et encore moins réveiller les Français pour redresser le pays.

France: vers une société de paresse ?

France: vers une société de paresse ?

Comme d’autres pays , la France connaît une crise du rapport au travail caractérisé notamment par les difficultés de recrutement mais aussi par des comportements qui dénotent une certaine démotivation. En France cependant, la situation apparaît encore plus grave qu’ailleurs depuis les 35 heures et la « culture RTT ». Une enquête de l’IFOP confirme cette tendance observée notamment depuis la crise sanitaire. Mais le processus a débuté bien antérieurement.

On peut faire l’hypothèse assez sérieuse que la situation s’est très fortement détériorée à partir de la fixation du temps de travail à 35 heures. Une chute brutale du travail qui a sans doute aussi contribué à la perte de compétitivité du pays. Le plus grave sans doute, c’est que le rapport au travail a été modifié et que cette valeur travail est tellement dévalorisée que son utilité est même parfois condamnée ( voir les déclarations par exemple de l’ultra écolo Sandrine Rousseau qui condamne le travail au motif qu’il serait de droite).

Certes, la baisse de performance de l’économie française dont témoigne en particulier l’énorme déficit de la balance commerciale est largement imputable à des choix contradictoires des gouvernements notamment depuis Chirac mais aussi imputables à un changement de mentalité où la société de loisirs prend le pas sur d’autres enjeux sociétaux.

En clair, depuis la pandémie, les Français s’avèrent être de plus en plus fainéants, selon une enquête publiée le 11 novembre par l’institut Jean-Jaurès en partenariat avec l’IFOP.
« Depuis la crise sanitaire, 30% des sondés déclarent être moins motivés qu’avant », rapporte le sondage.

Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes adultes, puisque 40% des 25-34 ans se disent moins motivés qu’avant les périodes de confinement, contre 21% des plus de 65 ans.
Les habitants de région parisienne, dont les conditions de vie durant les confinements ont été particulièrement pesantes, se disent également plus affectés. 41% d’entre eux sont moins motivés qu’avant, contre 22% des habitants de zone rurale.

« Il fait froid, ça ne donne pas trop envie de bouger, du coup on a la flemme tout le temps pour tout et pour rien », confie une jeune femme à BFMTV.
« Flemme de faire une machine, flemme de descendre les poubelles », énumère encore une autre. Cette tendance à rester chez soi se confirme en termes d’achats. Le plaid est ainsi particulièrement recherché par les Français.

« Ça se vend extrêmement bien », confirme Morgan Cherki, directeur marketing de la société Toto. « C’est un des indispensables quand on est fatigué ou qu’on a la flemme », estime-t-il avec un sourire.
Les entreprises s’adaptent
Avec ce bouleversement des usages, les entreprises s’adaptent. Une évolution qui va même jusqu’à développer une nouvelle économie.

« La société de consommation a très bien compris cet état de fatigue. Les entreprises se sont beaucoup adaptés à la fois à travers un certain nombre de produits ou la livraison à domicile », confirme à BFMTV Jérémie Peltier, directeur de la fondation Jean-Jaurès.

Le problème est que l’avenir est déjà largement hypothéqué par ce changement de mentalité. Malheureusement, on voit mal un parti politique faire un constat lucide de la situation et encore moins réveiller les Français pour redresser le pays.

France: vers une société de paresse ?

France: vers une société de paresse ?

Comme d’autres pays ,la France connaît une crise du rapport au travail caractérisé notamment par les difficultés de recrutement mais aussi par des comportements qui dénotent une certaine démotivation.En France cependant la situation apparaît encore plus grave qu’ailleurs depuis les 35 heures. Une enquête de l’IFOP confirme cette tendance observée notamment depuis la crise sanitaire. Mais le processus a débuté bien antérieurement.

On peut faire l’hypothèse assez sérieuse que la situation s’est très fortement détériorée à partir de la fixation du temps de travail à 35 heures. Une chute brutale du travail qui a sans doute aussi contribuer à la perte de compétitivité du pays. Le plus grave sans doute c’est que le rapport au travail a été modifié et que cette valeur travail est tellement dévalorisée que son utilité est même parfois condamnée ( voir les déclarations par exemple de l’ultra écolo Sandrine Rousseau qui condamne le travail au motif qu’il serait de droite). Certes, la baisse de performance de l’économie française dont témoigne en particulier l’énorme déficit de la balance commerciale est largement imputable à des choix contradictoires des gouvernements qui se sont succèdés mais aussi imputables à un changement de mentalité où la société de loisirs prend le pas sur d’autres enjeux sociétaux.

En clair, depuis la pandémie, les Français s’avèrent être de plus en plus fainéants, selon une enquête publiée le 11 novembre par l’institut Jean-Jaurès en partenariat avec l’IFOP.
« Depuis la crise sanitaire, 30% des sondés déclarent être moins motivés qu’avant », rapporte le sondage.

Ce chiffre est particulièrement important chez les jeunes adultes, puisque 40% des 25-34 ans se disent moins motivés qu’avant les périodes de confinement, contre 21% des plus de 65 ans.
Les habitants de région parisienne, dont les conditions de vie durant les confinements ont été particulièrement pesantes, se disent également plus affectés. 41% d’entre eux sont moins motivés qu’avant, contre 22% des habitants de zone rurale.

« Il fait froid, ça ne donne pas trop envie de bouger, du coup on a la flemme tout le temps pour tout et pour rien », confie une jeune femme à BFMTV.
« Flemme de faire une machine, flemme de descendre les poubelles », énumère encore une autre. Cette tendance à rester chez soi se confirme en termes d’achats. Le plaid est ainsi particulièrement recherché par les Français.

« Ça se vend extrêmement bien », confirme Morgan Cherki, directeur marketing de la société Toto. « C’est un des indispensables quand on est fatigué ou qu’on a la flemme », estime-t-il avec un sourire.
Les entreprises s’adaptent
Avec ce bouleversement des usages, les entreprises s’adaptent. Une évolution qui va même jusqu’à développer une nouvelle économie.

« La société de consommation a très bien compris cet état de fatigue. Les entreprises se sont beaucoup adaptés à la fois à travers un certain nombre de produits ou la livraison à domicile », confirme à BFMTV Jérémie Peltier, directeur de la fondation Jean-Jaurès.

Le problème est que l’avenir est déjà largement hypothéqué par ce changement de mentalité. Malheureusement, on voit mal un parti politique faire un constat lucide de la situation et encore moins réveiller les Français pour redresser le pays.

Immobilier: chute des ventes sur fond de baisse des prix

Immobilier: Vers la chute des ventes

D’une manière générale, la vente des logements notamment neufs enregistre une nette tendance baissière. En cause, la réduction du pouvoir d’achat qui affecte les capacités de remboursement d’emprunt des acheteurs potentiels. Aussi une hausse assez nette des taux d’intérêt. Enfin des prix qui dans la période se sont un peu trop emballés. Du coup, le conseil des notaires est plutôt d’attendre pour acheter.

Après une période de stabilisation, les acteurs de l’immobilier prédisent une lente érosion des prix des biens. Une baisse qui ne suffira pas à rétablir la capacité d’achat des futurs acquéreurs et qui décourage les vendeurs.

En novembre, le baromètre national de Meilleurs Agents titrait ainsi « la baisse des prix s’installe dans les grandes villes », notant une stagnation de la valeur des biens dans sept des dix plus grandes villes de France. Un ralentissement qui conduit à une inexorable baisse des prix aux dires de plusieurs réseaux d’agences immobilières. Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt, anticipe par exemple une baisse de « 1 à 2 % » en 2023. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) prédit, elle, une chute de 5 %.

Les réservations d’appartements neufs ont chuté de 29,3 % au troisième trimestre de cette année. Si les ventes aux particuliers décrochent, celles aux bailleurs sociaux et aux investisseurs institutionnels sont en chute libre. 2022 s’annonce pire que 2020, marquée par l’épidémie de Covid.

De juillet à septembre 2022, les mises en vente de logements collectifs neufs ont chuté de 12,4 % par rapport à la même période de 2021, à 19.006 unités, indique la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Sur les neuf premiers mois de 2022, la baisse atteint 10,2 %, à 72.670 unités.

Alors que cet été, 61 % des notaires trouvaient que l’environnement était plus propice à la revente d’un bien immobilier, contre 29 % à l’achat, la part des partisans à la vente culmine désormais à 77 %. Le signe d’une inquiétude grandissante sur le devenir du marché immobilier.

« Nous arrivons sur un repli assez net des prix, qui pourrait durer jusqu’au printemps prochain », confirme Christopher Dembik, chargé de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank. « Cette baisse s’explique seulement par une demande de moins en moins solvable. Un ménage classique qui arrivait à emprunter à 1,2 % avant la crise sanitaire va maintenant emprunter jusqu’à près de 3 % », poursuit l’économiste. Une situation qui a fait perdre « 15 % de pouvoir d’achat » depuis la remontée des taux, complète Bernard Cadeau, ancien président d’Orpi et spécialiste du marché.

Cryptomonnaies : vers une déroute financière

Cryptomonnaies : vers une déroute financière

Après la faillite de la principale plateforme d’échange de cryptomonnaie FTX , on craint une déroute financière de cette monnaie virtuelle. FTX est une plateforme qui permet, comme son concurrent Binance, d’échanger des cryptomonnaies contre d’autres monnaies numériques ou traditionnelles.

La déconfiture a débuté le 2 novembre lorsque des informations de presse ont révélé que le fonds Alameda Research, appartenant à Sam Bankman-Fried, investissait dans des cryptoactifs émis par FTX.com dans un montage financier hasardeux porteur de risques de conflits d’intérêt majeurs. Sur la base d’un document interne, le site CoinDesk* s’étonnait que les actifs d’Alameda Research soient en grande partie libellés en FTT, une cryptomonnaie utilisée uniquement sur la plateforme FTX.

Quatre jours plus tard, Binance, concurrent de FTX, annonce son intention de vendre ses jetons FTT « à cause des récentes révélations ». Cette décision provoque l’effondrement du cours de cette cryptomonnaie et de nombreux clients se précipitent pour vendre leurs actifs stockés sur la plateforme FTX. Face à l’afflux, FTX est rapidement incapable de répondre à ces demandes de retrait, faute d’argent.

Dans le monde des cryptomonnaies, certains acteurs n’hésitent pas à comparer le crash de FTX à celui de Lehman Brothers, la banque dont la faillite avait déclenché la crise financière de 2008. Changpeng Zhao, le patron de Binance, a estimé que c’était une « comparaison pertinente »*. « C’est décevant de voir une technologie créée en réaction à la chute de Lehman Brothers en 2008 produire sa propre version de cet événement », a réagi Jeremy Allaire*, PDG de Circle, autre acteur du secteur.

Après cette faillite spectaculaire, le petit monde des cryptomonnaies se prépare également à un tour de vis réglementaire. FTX fait l’objet d’une enquête de la Securities Exchange Commission et du département de la Justice à New York, selon le New York Times* citant des sources proches de l’enquête.

Grande distribution : vers la disparition des grandes marques

Grande distribution : vers la disparition des grandes marques

En raison de l’inflation, la grande distribution recherche les moyens de limiter les conséquences pour le consommateur. Actuellement la mode est aux hard discount partout, soit dans des magasins spécialisés, soit par la croissance des achats de marque de distributeurs.

L’objectif pour la grande distribution est de freiner la baisse de la consommation. Le panier moyen des ménages ayant tendance à baisser en volume. Pour le consommateur, il s’agit de préserver le pouvoir d’achat alors qu’en moyenne les prix ont augmenté de 10 % pour l’INSEE mais en réalité de près de 20 % surtout avec la valse des étiquettes ,des changements de marque et de conditionnement.

L’action des distributeurs visera aussi à réduire parallèlement le nombre de références très nombreuses et forcément très coûteuses à gérer ( autour de 50 000 références).

Par exemple l’enseigne de la grande distribution Carrefour entend tout miser sur les petits prix. Pour cela, Carrefour veut développer rapidement sa marque distributeur, MDD, moins chère que les produits classiques, car exempts de marketing, de publicité, etc.

Aujourd’hui, les produits de la marque Carrefour représentent 30 % des références dans les rayons. Mais, le groupe espère atteindre 40 % d’ici 4 ans. «

Dans sa course au prix bas, le groupe veut aussi s’appuyer sur ses hypermarchés. Il en compte près de 200 dans l’hexagone. Et alors que l’on disait le modèle en perte de vitesse ces dernières années, ces grandes surfaces reprennent de la vigueur avec la crise. Pour payer moins cher, les consommateurs cherchent les promotions et achètent en grande quantité. « L’hyper, c’est un rempart contre l’inflation », a ainsi plaidé Alexandre Bompard, lors de la présentation du plan stratégique.

D’autres marques s’inscrivent dans la même stratégie comme par exemple Leclerc qui a fait du prix bas sa référence publicitaire.

Pétrole: Remonter vers les 100 $

Pétrole: Remonter vers les 100 $

Les prix du pétrole ont progressé de 22% depuis la fin septembre. En cause notamment l’embargo décidé par l’union européenne sur le pétrole russe, aussi la décision de l’Arabie Saoudite de réduire la production avec l’OPEP +.

Reste à savoir si la hausse va continuer car la demande risque d’être fortement affectée par le tassement économique partout dans le monde y compris et peut-être surtout en Chine.

Les pays européens se sont mis d’accord en juin pour interdire tout achat de brut russe à partir du mois prochain (pour les autres produits raffinés, ce sera en février). Mais, entre-temps, sous la pression des Etats-Unis, les pays du G7 ont approuvé une solution alternative, sous la forme de l’imposition d’un prix plafond du brut russe vendu à l’international.
Autre paramètre, celui-ci déjà intégré par les marchés à terme, l’application de la décision de réduire de 2 millions de barils par jour (mb/j) depuis le début du mois de novembre l’offre de l’Opep+ (partenariat entre l’Opep et d’autres pays exportateurs dont la Russie). Ce qui est aussi un facteur de soutien des cours.

L’Arabie saoudite a justifié le choix de réduire de 2 mb/j son offre en raison de la mise sur le marché de barils supplémentaires États-Unis, accusant Washington de manipuler les prix en recourant aux réserves stratégiques.

En définitive, l’évolution des cours du contrôle dépendra beaucoup de l’évolution d’une activité économique qui va s’inscrire dans une tendance nettement baissière.

Vers une chienlit sociale et politique

Vers une chienlit sociale et politique

Jusque-là la France ne s’était pas trop mal sortie d’une part de la crise d’après Covid , de la crise énergétique et de l’inflation. La France a mieux résisté que l’autre tant en matière de croissance que de hausse des prix mêmes si demeure évidemment un problème de perte de pouvoir d’achat pour les salariés et d’une façon plus générale les ménages. L’inflation a en effet augmenté de plus de 6 % tandis que les revenus du travail n’ont progressé en moyenne que de leur de 3 %. La perte est donc considérable surtout si l’on considère que l’inflation mesurée est vraisemblablement assez inférieure à l’inflation réelle notamment concernant l’alimentation et certains services.

De manière légitime, des salariés ont donc entamé des mouvements de grève et les plus significatifs en tout cas les plus visibles ont affecté le secteur du carburant. Le pouvoir a tardé à réagir face à ces perspectives de mouvements sociaux. D’une façon générale, il a mal répondu à la question fondamentale de la perte de pouvoir d’achat notamment en refusant de taxer les superprofits inadmissible quand on demande par ailleurs à tous les Français des sacrifices.

Le problème est donc économique parce que la perte de pouvoir d’achat va maintenant se répercuter sur la consommation et la croissance. En général,sur les questions économiques les français mettent du temps à comprendre mais maintenant du fait de l’augmentation très nette des paniers moyens dans les supermarchés, les ménages sont directement touchés par ce phénomène d’inflation.

La question est aussi politique car le pouvoir du gouvernement du président de la république est largement amputé pour plusieurs raisons ; désormais nombre de responsables politiques dans la majorité prennent du champ par rapport à un président qui ne sera plus faiseur de roi lors des prochaines élections nationales. François Bayrou en particulier a marqué la distance qu’il entend prendre par rapport à Macron. Ainsi le MoDem a-t-il aussi été à l’initiative contre l’avis du gouvernement d’un amendement pour instaurer une taxe des superprofits. Même dans les troupes de Macron appelées « Renaissance » des divergences apparaissent à propos de cette problématique. Évidemment l’opposition politique, elle, profite de ces difficultés pour ajouter encore des bâtons dans les roues du pouvoir.

Au plan social, on assiste à un affrontement entre les syndicats radicaux que sont comme d’habitude la CGT, Sud et les syndicats d’enseignants face aux syndicats réformistes qui refusent le mélange politique et syndicalisme.

À l’intérieur même de la CGT pour la succession de Martinez deux lignes émergent. Une ligne un peu plus réaliste face à une ligne radicale représentée en particulier par la fédération des industries chimiques et la fédération de l’énergie sans parler de la fédération des cheminots toujours prête ajouter sa pierre à la démolition du climat social et dont l’action irresponsable a finalement abouti à la suppression du statut du cheminot.

La question centrale aujourd’hui est celle d’une vision articulant les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et géopolitiques. Or le pouvoir prend des décisions au cas par cas sur chaque dimension avec souvent de nombreuses contradictions. L’autorité publique dans tous les domaines est largement mise en question et ni le président, ni la première ministre et son gouvernement ne font preuve de la pertinence et de l’autorité nécessaire. Bref, le risque est que le pays connaisse la chienlit pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec un mélange politique syndicats et revendications sociales assez confus.

Conflits sociaux: vers la chienlit

Conflits sociaux: vers la chienlit ?

Jusque-là la France ne s’était pas trop mal sortie d’une part de la crise d’après Covid , de la crise énergétique et de l’inflation. La France a mieux résisté que d’autres tant en matière de croissance que de hausse des prix même si demeure évidemment un problème de perte de pouvoir d’achat pour les salariés et d’une façon plus générale les ménages. L’inflation a en effet augmenté de plus de 6 % tandis que les revenus du travail n’ont progressé en moyenne que d’environ de 3 %. La perte est donc considérable surtout si l’on considère que l’inflation mesurée est vraisemblablement assez inférieure à l’inflation réelle notamment concernant l’alimentation et certains services.

De manière légitime, des salariés ont donc entamé des mouvements de grève et les plus significatifs en tout cas les plus visibles ont affecté le secteur du carburant. Le pouvoir a tardé à réagir face à ces perspectives de mouvements sociaux. D’une manière générale, il a mal répondu à la question fondamentale de la perte de pouvoir d’achat notamment en refusant de taxer les superprofits inadmissible quand on demande par ailleurs à tous les Français des sacrifices. Le scandale le plus évident étant le superprofit de 11 milliards sur un semestre de Total résultant surtout de la spéculation et l’augmentation de plus de 50 % du salaire du PDG.

Le problème est donc économique parce que la perte de pouvoir d’achat va maintenant se répercuter sur la consommation et la croissance. En général,sur les questions économiques les français mettent du temps à comprendre mais maintenant du fait de l’augmentation très nette des paniers moyens dans les supermarchés, les ménages sont directement touchés par semaine phénomène d’inflation.

La question est aussi politique car le pouvoir du gouvernement du président de la république est largement amputé pour plusieurs facteurs ; désormais nombre de responsables politiques dans la majorité prenne du champ par rapport à un président qui ne sera plus faiseur de roi lors des prochaines élections nationales. François Bayrou en particulier a marqué la distance qu’il entend prendre par rapport à Macron. Ainsi le MoDem a-t-il aussi été à l’initiative contre l’avis du gouvernement d’un amendement pour instaurer une taxe des superprofits. Même dans les troupes de Macron ( « Renaissance ») des divergences apparaissent à propos de cette problématique. Évidemment l’opposition politique, elle, profite de cdifficultés pour ajouter encore des bâtons dans les roues pouvoir.

Au plan social, on assiste à un affrontement entre les syndicats radicaux que sont comme d’habitude la CGT, Sud et les syndicats d’enseignants face aux syndicats réformistes qui refusent le mélange politique et syndicalisme.

À l’intérieur même de la CGT pour la succession de Martinez deux lignes émergent. Une ligne un peu plus réaliste de la future remplaçante de Martinez face à une ligne radicale représentée en particulier par la fédération des industries chimiques et la fédération de l’énergie sans parler de la fédération des cheminots toujours prête ajouter sa pierre à la démolition du climat social et dans l’action irresponsable qui ont finalement abouti à la suppression du statut du cheminot.

La question centrale aujourd’hui est celle d’une vision articulant les problématiques économiques, sociales, technologiques environnementales et géopolitiques. Or le pouvoir prend des décisions au cas par cas sur chaque dimension avec souvent de nombreuses contradictions. L’autorité publique dans tous les domaines et largement mises en question et ni le président, ni la première ministre et son gouvernement ne font preuve de la pertinence et de l’autorité nécessaire. Bref le risque est que le pays connaisse la chienlit pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec un mélange politique syndicats et revendications sociales assez confus.

Vers une journée de grève générale par la CGT ?

Vers une journée de grève générale par la CGT ?

La CGT a décidé de préparer une journée de grève interprofessionnelle la semaine prochaine pour protester contre les réquisitions lancées par le gouvernement dans les dépôts de carburant. Mots d’ordre: salaires, retraites et libertés syndicales. Le jour sera décidé ce jeudi, après une réunion avec les responsables des unions départementales.

Philippe Martinez, leader de la CGT, a condamné la réquisition annoncé par le gouvernement une « décision scandaleuse » et annoncé le dépôt d’un référé, pour s’y opposer.

La réquisition ne vise pas les opérations de la raffinerie et donc la production de carburant. Elle « va permettre d’assurer l’expédition des produits », « normalement aujourd’hui vers la région parisienne » par oléoduc, a précisé une porte-parole d’Esso France.

Les grévistes du dépôt de Flandres de TotalEnergies, près de Dunkerque, seront les prochains à faire l’objet de réquisitions, selon le porte-parole du gouvernement

Vers une économie de rareté ?

Vers une économie de rareté

par Patrick Artus, conseiller économique de Natixis ( dans la Tribune)

Comme d’habitude un article intéressant de Patrick Artus mais qui ne souligne pas assez les conséquences fondamentales du développement des nouvelles technologies numériques et de l’IA. NDLR

A partir des années 1990, le monde a été marqué par un choc d’offre très positif : l’entrée des pays émergents et de la Chine dans l’économie mondiale. Il est devenu possible de produire en utilisant le travail et les capacités de production disponibles dans ces pays et cela a bien sûr conduit à un supplément de croissance et à une baisse de l’inflation.

Mais on voit apparaître aujourd’hui la situation opposée : un choc d’offre négatif assez global, ce qu’on peut aussi appeler le retour de multiples raretés. Au départ de cette évolution, il y a quatre chocs. D’abord, après la Covid, une forte déformation de la structure de la demande des services vers les biens. Cette déformation est liée à la numérisation de l’économie, au télétravail, à l’intérêt nouveau pour le confort de la maison, qui poussent à la hausse la demande de matériel informatique, d’équipements de la maison.
Le deuxième choc est la guerre en Ukraine, qui conduit à la sortie de la Russie de l’économie mondiale avec les sanctions occidentales. Une partie du monde perd alors l’accès aux matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux, blé…) produites en Russie qui représentent, selon les cas, 8 à 40% de la production mondiale.

Le troisième choc est le changement des attitudes vis-à-vis du travail. Aux États-Unis, au Royaume-Uni, ce changement prend la forme d’un recul de l’offre de travail : la population qui se présente sur le marché du travail pour avoir un emploi diminue. Dans la zone euro, il s’agit du refus d’un certain nombre d’emplois : emplois pénibles, emplois à horaire atypique… Il en résulte de très fortes difficultés de recrutement pour plusieurs secteurs comme l’hôtellerie-restauration, les transports, l’industrie, la construction, la santé.

Le quatrième choc, enfin, est celui de la transition énergétique. Cette dernière déclenche d’abord un recul de l’offre d’énergies fossiles plus rapide que celui de la demande. La pression sociale et celle des épargnants conduisent à une forte baisse de l’investissement dans les énergies fossiles, tandis que peu de mesures sont prises pour faire diminuer la demande. La transition énergétique conduit aussi à une forte hausse du besoin d’investissements (évaluée à 4 points de PIB chaque année pendant 20 ans) dans la décarbonation de l’industrie, la production d’énergies renouvelables, la rénovation thermique des bâtiments.

Au final, ces quatre chocs font apparaître de multiples raretés. Rareté de l’énergie ; rareté des métaux due aux besoins de la transition énergétique (fabrication d’éoliennes, d’électrolyseurs, de batteries électriques, de réseaux électriques…) et aux sanctions à l’encontre de la Russie ; rareté des matières premières agricoles avec les conséquences de la guerre en Ukraine ; rareté du transport (maritime, aérien) avec l’accélération du commerce mondial due à la déformation de la demande vers les biens importés d’Asie (électroménager, équipement de la maison…) ; rareté du travail, avec les attitudes nouvelles des salariés ; rareté (insuffisance) de l’épargne avec la forte hausse du besoin d’investissement.

Dès lors, un nouvel équilibre apparaît. Celui-ci est marqué par la hausse des prix de tout ce qui est rare, par le redressement du pouvoir de négociation des salariés sur le marché du travail, par la remontée des taux d’intérêt réels à cause de l’insuffisance de l’épargne par rapport à l’investissement. Oui, pas de doute, le XXIè siècle s’annonce bien marqué par le retour de la rareté !

Vers un envol des taux d’intérêt ?

Vers un envol des taux d’intérêt ?

 

Il est clair que nombre de facteurs explicatifs militent n faveur d’un relèvement régulier des taux d’intérêt. Le problème est de savoir maintenant si cette hausse ne connaîtra pas un envol brutal.

La perspective de redressement régulier des taux d’intérêt est forcément nourrie par une inflation dont une grande partie se révèle être culturelle donc durable. Parmi les éléments qui l’alimentent, évidemment la crise de l’énergie mais aussi une vague sans doute sans précédent de spéculation car toutes les hausses sont loin d’être justifiées. Dans la théorie monétaire classique, on estime que le relèvement des taux devrait contribuer à tuer une grande partie de l’inflation aujourd’hui en moyenne autour de 10 % en net décalage avec les taux en dépit des relèvements constatés aujourd’hui. On peut quand même se demander si un relèvement trop brutal des taux ne serait pas de nature à la fois à tuer la croissance mais aussi à alimenter l’inflation. Notons que parmi les facteurs explicatifs il y a le rattrapage entre l’énorme masse monétaire répandue par les banques centrales pendant la crise sanitaire et les richesses réellement produites. Et le réajustement se fait aujourd’hui par l’inflation.

Paradoxalement, ces deux Grande Bretagne que son es les récentes inquiétudes. Le rendement des titres anglais à 10 ans a pris 25 points de base (pb), pour atteindre 4,52 %, un plus haut en 14 ans. Et celui des Gilts à 30 ans s’est approché de 5 %, son niveau de 2004. Les obligations britanniques ont entraîné dans leur déroute l’ensemble des dettes des Etats européens. Au lendemain de l’annonce par Bercy d’un plan de financement record de 270 milliards d’euros pour 2023, le 10 ans français a progressé de près de 15 pb, à 2,86 %. Du jamais vu depuis mars 2012.

En cause, l’onde de choc du plan présenté par le ministre britannique des Finances, Kwasi Kwarteng, qui prévoit des baisses d’impôts massives et un recours accru à l’endettement. Cette décision a inquiété jusqu’au président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic, qui a déclaré qu’elle allait ajouter aux incertitudes économiques, et augmenter le risque de récession. « La situation n’est pas tenable, souligne pour sa part Franck Dixmier, responsable mondial de la gestion obligataire chez Allianz GI. D’un côté, le gouvernement britannique prend des mesures qui sont de nature à faire flamber les prix, et de l’autre, la Banque d’Angleterre cherche à mater l’inflation.

En Europe la dérive des déficits budgétaires pourrait aussi précipiter d’autres envols de taux d’intérêt

Royaume-Uni: vers le déclin ?

 Royaume-Uni:  vers le déclin ? 

 

Plus important mouvement de grèves depuis trente ans, économie en récession, nombre record de patients en attente de traitement… certes le pays reste la cinquième puissance économique mondiale, mais les problèmes, et le malaise, sont réels. D’après Éric Albert correspondant du Monde.

 

Les Britanniques n’en finissent pas de payer la facture du Brexit et les fausses illusions de Johnson et des autres. Irréversiblement le Royaume-Uni passe du statut de chef de file d’un empire colonial à celui d’une nation de seconde zone moins puissant notamment que l’Allemagne et la France. NDLR

 

Début août, une journaliste britannique a posé une question simple à Jacob Rees-Mogg, à l’époque ministre des opportunités du Brexit et, aujourd’hui, ministre des affaires économiques et de l’énergie : « Qu’est-ce qui marche bien actuellement au Royaume-Uni ? Pouvez-vous citer un service public qui marche bien ? » Dans une étrange pirouette, celui-ci a répondu du tac au tac : « Nos cricketeurs ont plutôt bien réussi, récemment », l’équipe d’Angleterre de cricket venant effectivement de remporter un match important.

Il s’agissait d’une tentative d’humour, mais l’affaire en dit long. Même un homme qui est ministre depuis trois ans peine à citer quelque chose qui fonctionne bien au Royaume-Uni. Depuis des mois, le pays semble s’enfoncer dans le marasme, les problèmes se succédant à un rythme impressionnant.

Cet été a vu le plus important mouvement de grèves depuis trente ans, avec des débrayages des trains, des postiers, des éboueurs, des avocats ou encore des dockers… Le NHS, le service de santé, compte 6,5 millions de patients en attente de traitement, trois fois plus qu’en 2008. Les compagnies d’eau ont déversé des millions de litres d’eaux usées non traitées directement dans la mer pendant l’été. Le 20 juillet, Londres a frôlé la coupure de courant, devant importer en urgence de l’électricité de Belgique, à cinquante fois le prix normal. L’inflation atteint 10 %. Face au dollar, la livre sterling est tombée lundi 26 septembre au plus bas niveau de son histoire. Le pays est en récession depuis avril, certes de justesse (recul du PIB de 0,1 % à chacun des deuxième et troisième trimestres).

La petite musique de fond monte, toujours plus forte : « Rien ne marche vraiment au Royaume-Uni. » C’est une phrase qu’on se dit entre amis ou entre collègues. Le 11 juin, The Times titrait : « Pourquoi est-ce que rien ne marche dans ce Royaume-Uni cassé ? » Le 5 septembre, Keir Starmer, le leader de l’opposition travailliste, l’a reprise à son compte : « A travers le pays, les gens n’arrivent pas à payer leurs factures, ils s’inquiètent de ne pas pouvoir payer leurs courses de la semaine ou faire le plein de leur voiture. Il y a une impression générale que plus rien ne marche vraiment. »

L’accusation est partiellement injuste, bien sûr. Le Royaume-Uni reste la cinquième puissance économique mondiale. Dans une large partie de Londres ou du sud-est de l’Angleterre, la crise paraît lointaine. Mais le malaise est réel. Il s’explique par la conjonction de deux phénomènes. Le premier est ancien et remonte à la période thatchérienne : le Royaume-Uni est depuis quarante ans le pays le plus inégalitaire d’Europe occidentale. Le second est plus récent : depuis 2008, il connaît une croissance très faible, autour de 1,2 % en moyenne par an. « Mis ensemble, ces deux défis représentent une combinaison toxique », analyse la Resolution Foundation, un groupe de réflexion. Dans un rapport publié en juillet, celui-ci souligne que le Royaume-Uni est progressivement en train de chuter dans les classements : en 2018, le revenu moyen d’un ménage britannique était 16 % en dessous de celui des Allemands et 9 % en dessous de celui des Français, alors qu’il leur était supérieur en 2007.

Covid: vers une huitième vague ?

Covid: vers une huitième vague ?

 

Le nombre de contamination au Covid-19 est en tout cas à nouveau en hausse . Depuis une semaine les contaminations ont progressé d’environ 10 000 par jour.

 

 Après huit semaines de déclin, le nombre de cas positifs au Covid-19 est reparti à la hausse, selon les données de Santé publique France. 33 263 nouveaux cas recensés contre 19 866 une semaine plus tôt, soit un bond de plus de 67 %. Une possible huitième vague stimulée par la rentrée scolaire et qui confirme les pronostics des autorités sanitaires.

Le taux d’incidence est en hausse surtout chez les enfants de moins de 10 ans. Cette hausse a débuté un peu avant la rentrée scolaire et s’est accentuée avec le retour à l’école. Cette augmentation pourrait s’expliquer par le fait que les gestes barrière ont été quelque peu oubliés pendant les vacances, favorisant les contaminations.

Omicron BA5, le variant en circulation actuellement, reste par ailleurs très contagieux même s’il  est moins dangereux que les précédents.

Croissance mondiale : vers une crise comme dans les années 70

Croissance mondiale : vers une crise comme dans  les années 70

 

L’état de l’économie mondiale rappelle celui des années 1970. Sauf que « le contexte actuel est à plusieurs égards potentiellement plus explosif ». C’est le constat dressé par Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences en économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et corédactrice en chef de « L’économie mondiale 2023 », un ouvrage publié chaque année et présenté mercredi par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). ( les Echos)

« Le parallèle avec la stagflation des années 1970 ne pousse pas à l’optimisme », avance Thomas Grjebine, économiste au Cepii. A l’époque, pour casser l’inflation générée par les deux chocs pétroliers et l’indexation des salaires sur l’inflation, les banques centrales avaient fortement relevé les taux d’intérêt. Conséquence : une récession mondiale accompagnée d’une crise des dettes des pays en développement. L’histoire pourrait bien se répéter.

Depuis 2010, l’économie mondiale a connu une vague d’endettement la plus importante, la plus rapide et la plus synchronisée de ces 50 dernières années, observe l’économiste. La hausse des dettes publiques est un réel danger pour les pays qui s’endettent en devises étrangères. « C’est le cas de la zone euro car la devise européenne est comme une monnaie étrangère pour les pays membres qui s’endettent dans une devise qu’ils ne contrôlent pas. Une fragmentation de la zone euro n’est pas à exclure », craint Thomas Grjebine. L’inquiétude concerne avant tout les pays du Sud qui affichent des niveaux très élevés d’endettement public (200 % du PIB en Grèce, 150 % en Italie, 123 % en Espagne).

Les pays émergents et en développement suscitent aussi des craintes puisque leur dette en devise étrangère représente 25 % de leur dette publique contre 15 % en 2009. Que dire de la dette privée dans ces pays qui s’élevait à 142 % du PIB en 2020 contre seulement 32 % à la fin des années 1970 ? Le resserrement monétaire américain qui se profile pourrait générer une nouvelle crise de la dette, comme en 1979 pour les pays d’Amérique latine suivie d’un défaut de paiement du Mexique en 1982 .

Autre similitude pointée par le Cepii, l’évolution des salaires et de l’inflation. Comme à la fin des années 1960, la période actuelle voit émerger des revendications salariales fortes. La crise sociale de Mai 68 avait été le marqueur du refus par les salariés des conditions du partage des revenus qui prévalait à l’époque. « Le pouvoir d’achat du salaire minimum a progressé de 130 % entre 1968 et 1983. Dans le même temps le salaire moyen a progressé d’environ 50 % », constate Thomas Gjrebine. Les tensions sociales nourrissent alors l’inflation qui, en retour, entraîne de nouvelles revendications salariales. Jusqu’à ce que les dirigeants politiques décident de supprimer cette boucle qui se matérialisera notamment par la désindexation des salaires dans les années 1980.

Aujourd’hui, avec le retour de l’inflation et la mondialisation qui se grippe, le compromis implicite qui s’était mis en place dans les années 1980 pourrait bien voler en éclat. Ce compromis reposait sur des hausses modérées de salaires compensées par des gains de pouvoir d’achat liés à la désinflation importée que générait la mondialisation des échanges. Les demandes actuelles de rééquilibrage des salaires que révèlent les tensions aux Etats-Unis depuis la pandémie sous la forme de grèves nombreuses et du phénomène de « grande démission » en témoignent. Ailleurs, la croissance des salaires horaires réels est désormais négative dans la plupart des pays de l’OCDE, affectant pouvoir d’achat et consommation des ménages. Des tensions sociales sont à redouter.

La croissance mondiale devrait s’en ressentir. D’autant plus que le moteur chinois qui, ces vingt dernières années, représentait le quart de la croissance mondiale se grippe. Pas seulement en raison de la politique « zéro Covid » du gouvernement. D’autres facteurs structurels sont à l’oeuvre : « La population en âge de travailler a atteint un pic au début des années 2010 et devrait diminuer la croissance à venir. » Et la croissance de la productivité, comme au Japon et en Corée du Sud au cours des décennies précédentes, ralentit.  L’Europe est encore un peu plus menacée par un choc énergétique d’ampleur. Les effets du conflit en Ukraine pourraient être plus lourds que prévu en raison des interruptions de livraison de gaz russe à l’échelle de toute l’Europe. Selon l’OCDE, il faut s’attendre à une baisse de la production dans les secteurs manufacturiers et les services marchand de près de 3 %.

Ces effets pourraient être sous-estimés notamment si les entreprises arrêtent complètement leur production, craint le Cepii. « De nombreuses industries notamment les plus consommatrices d’énergie comme la métallurgie pourraient être en faillite. Un arrêt total des importations de gaz russe pourrait conduire à une baisse du PIB allemand de 3 à 8 % », redoute Thomas Gjrebine.

Géopolitique-Vers un bouleversement mondial ?

Géopolitique-Vers un bouleversement mondial ?

Dans la tradition des mois d’août agités, celui qui s’achève n’aura pas manqué d’être le théatre d’une séquence diplomatique et militaire d’une incroyable intensité durant la première quinzaine. A tel point, qu’elle pourrait bien mettre au jour un nouvel ordre mondial. Par Jérôme Husson, de  Square Management*. ( la Tribune)

 

Depuis plusieurs mois, les regards sont tournés vers la Chine dont l’appétit historique pour Taïwan se montre grandissant, et que nous savons scruter attentivement le développement du conflit Russo-Ukrainien, en particulier les réactions de soutien de l’Union européenne et plus encore celles des États-Unis.

En posant le pied sur le sol taïwanais le 2 août, la présidente de la chambre des représentants des US, Nancy Pelosi a joué sa partition dans ce qui fut considéré comme une provocation ouverte par la Chine. Les heures qui suivirent furent incertaines, et c’est sans doute dans la réaction des acteurs concernés ainsi que de la communauté internationale que l’esquisse d’un nouvel ordre se précise.

Un bref regard sur les 25 dernières années et un focus particulier sur les 12 derniers mois permettent de relire les événements et de discerner la perte de vitesse des USA sur la scène politique internationale parallèlement au renforcement de régimes qui mettent leur économie au second plan.

Depuis un quart de siècle, les USA ont lancé des actions de suprématie qualifiées de « sanctions économiques ». Pêle-mêle, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et la Russie ont fait l’objet de ces instruments de politique internationale.

Toutefois, le bilan de ces sanctions semble être tout à fait limité. Le programme nucléaire iranien a repris de plus belle ; en Syrie, Bachar El-Assad est resté au pouvoir et s’est même offert le luxe de s’ériger en rempart face à Daesh. En Corée du Nord, le programme nucléaire militaire est en passe d’aboutir. Quant à la Russie, depuis 2014 qu’elle connaît les mesures internationales en représailles de son annexion de la Crimée, elle a aujourd’hui retrouvé une vitalité économique très intéressante. La chute du pétrole orchestrée en 2016 n’aura mis qu’un genou à terre au régime de Moscou qui a appris à vivre avec des ressources limitées. Aujourd’hui, les Européens se trouvent dans une dépendance insoupçonnée aux livraisons de gaz et de pétrole de la Russie, quand l’Afrique ne s’inquiète pas de sa capacité à alimenter sa population en ingrédients de base.

La Chine a donc regardé de près les différentes sanctions infligées par les états occidentaux à la Russie, et plus finement encore, observé les conséquences des réponses de Moscou.

Mais un point crucial a surgi il y a deux ans, et que les occidentaux ont vraisemblablement sous-estimé. La crise du Covid a permis à la Chine de mesurer à quel point le monde est dépendant de ses exportations en tous genres, ce que la Russie n’avait pas été en mesure de faire durant la même époque, et par là, elle a pu mesurer son niveau d’emprise économique réelle.

Dès lors, connaissant son véritable poids dans la mécanique du monde, Pékin peut envisager plus sereinement, quoiqu’à son rythme, de déployer ses prétentions sur sa région d’influence, et exercer en premier lieu sur Taïwan, une forme de réunification. Face à la possibilité de la visite de Mme Pelosi sur place, Pékin avait fait savoir que cela constituerait à ses yeux une provocation insoutenable à laquelle il répondrait. Ladite réponse ne s’est guère fait attendre puisque le surlendemain Pékin lançait des manœuvres militaires aériennes et navales de grande ampleur. La récente mémoire des exercices militaires russes en Biélorussie du 10 au 20 février 2022, soit 4 jours avant l’opération spéciale en Ukraine, laissait présager le pire pour l’île de Taïwan.

Face à la réaction chinoise, les États-Unis sont restés plus que mesurés, participant avec modestie à des exercices militaires taïwanais de défense ; attitude rappelant là encore, l’écart entre les déclarations d’intentions musclées de Joe Biden sur la position russe en février et le concours distant de leurs forces aux côtés des Ukrainiens une fois les troupes russes entrées.

La fermeté de la réponse des Chinois tranche avec la retenue diplomatique habituelle que nous leur connaissons, aussi cela pourrait-il bien être le révélateur d’une forme de prise de conscience ou d’assurance développée par Pékin quant à leurs capacités propres.

En déployant la quasi-totalité de son arsenal de sanctions économiques dans la crise ukrainienne, les Occidentaux ont dévoilé leurs cartes. Et tous ces éléments peuvent nous amener à penser que le régime de Pékin a déjà préparé ses contre-mesures dans la perspective de sa reprise en main de Taïwan et des sanctions que cela appellerait. Ainsi, il ne serait pas étonnant de voir le Dollar US être profondément affecté par une forte libération de monnaies de réserves de la Chine, et moins étonnant encore d’entendre Pékin demander à ce que ses exportations soient réglées en Yuan. Quant à l’accès à la plateforme Swift, gageons que la Chine a déjà développé sa propre plateforme concurrente qu’elle pourrait alors imposer à ses partenaires.

Ces éléments priveraient définitivement les USA de leurs outils d’hégémonie, et la récession faisant son œuvre, un nouvel ordre mondial pourrait émerger, faisant la part belle à des régimes davantage politiques qu’économiques, comme celui de la Russie, et donner une place de leader économique à la Chine dont les relations avec le monde sont d’une tout autre nature que celles du vieux monde.

Une telle évolution serait un véritable bouleversement, tant les grands équilibres s’en trouveraient affectés. Les monnaies de référence, les systèmes d’échanges, les normes du commerce international, l’extraterritorialité des lois et règlements, en bref, tout ce qui constitue notre quotidien et les repères dans lesquels nous vivons pourraient radicalement être renouvelés.

_____

(*) Jérôme Husson est Principal chez Square Management. Il est expert des sujets d’éthique et de gouvernance des organisations, disposant d’une expérience de haut niveau dans le secteur financier et le secteur associatif, en tant qu’administrateur et cadre dirigeant.

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