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Croissance Italie: un plan de relance non financé

Croissance Italie: un plan de relance non financé  

 Un immense plan de relance de plus de 220 milliards vient d’être décidé par l’Italie pour soutenir la machine économique. Le problème c’est que l’endettement de ce pays atteint déjà 160 % du PIB, record européen.

Ce plan de relance n’est absolument pas financé, il reposera donc sur l’emprunt dont les taux d’intérêt sont très accessibles grâce à la politique accommodante de la banque centrale européenne

Mais cette politique de fuite en avant risque de faire éclater le fragile équilibre politique du gouvernement.

 

Il n’est pas du tout certain par ailleurs que l’union européenne approuve ce plan de relance car l’endettement ainsi accumulé pourrait rapprocher un jour la situation du pays de celle de la Grèce.

 

En effet l’Italie a déjà été bénéficiaire du méga-plan de 750 milliards d’euros adopté à l’été 2020 par les dirigeants européens, l’Italie est très attendue sur ses projets qu’elle doit soumettre à Bruxelles d’ici fin avril, à l’instar des autres pays en attente de fonds. Rome suscite des inquiétudes car le pays a été accusé dans le passé d’utiliser à mauvais escient les fonds européens. «L’Italie aura un rôle déterminant dans le succès ou l’échec» de cette première expérience de dette commune de l’Union européenne, avait prévenu dès le mois d’août le commissaire européen à l’Economie, et ancien chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni.

 

Le plan de relance risque d’alourdir la dette colossale de Rome, qui devrait atteindre 158% du PIB, le deuxième ratio plus élevé dans la zone euro derrière Athènes.

Écosse : Johnson dit non à un référendum sur l’indépendance

Écosse : Johnson dit non à un référendum sur l’indépendance

 

 

Boris Johnson est particulièrement gonflé d’affirmer que les référendums sont à prendre avec des pincettes;  lui qui a semé le trouble dans le pays en se rangeant dans le camp des brexiters  h après y avoir été opposé. Bref quand les référendums l’arrangent, c’est bon pour la Grande-Bretagne mais pour l’Écosse, pas question.

 

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a dit samedi espérer que l’Écosse gagne son indépendance et puisse « rejoindre » l’Union européenne. Mais la décision d’organiser un tel référendum revient au Premier ministre britannique Boris Johnson, qui refuse fermement.

 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réaffirmé dimanche son opposition à la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse, ardemment souhaité par la cheffe du gouvernement écossais, qui souhaite que l’Écosse, une fois indépendante, rejoigne l’Union européenne.

« D’après mon expérience, les référendums dans ce pays ne sont pas des événements particulièrement joyeux », a déclaré Boris Johnson de manière très hypocrite.

 

Chantiers de l’Atlantique : non à Fincantieri !

Chantiers de l’Atlantique : non à Fincantieri !

Des syndicats et des personnalités contestent le projet de rachat des chantiers de l’Atlantique par l’Italien Fincantieri par ailleurs dans une alliance avec les Chinois de CSCC .

 

On insiste sur le fait que les chantiers de l’Atlantique ne connaissent pas de difficultés financières, dispose d’un solide carnet de commandes et surtout d’une technologie précieuse. Le risque c’est évidemment que les chantiers de l’Atlantique soient pillés et un jour abandonnés.

 

Le syndicat se dit notamment « en désaccord avec le contrat […] de transfert de technologie avec le chantier chinois CSCC ». Dans ce contexte, le report accordé par le gouvernement fait encore grimper d’un cran la lassitude des salariés des chantiers. « C’est un feuilleton qui ne va jamais se finir à ce rythme-là », tempête Nathalie Durant-Prinborgne. « Ça va faire trois ans que ça dure. Il est temps, pour les salariés, les sous-traitants et nos clients, que cette histoire prenne fin une bonne fois pour toutes. »

Selon Nathalie Durant-Prinborgne, en creux se dessine l’étiolement de l’activité des chantiers. « Nous avons peur de nous retrouver à ne faire que du paquebot. Et ça, nous savons que ce n’est plus possible pour un chantier comme le nôtre. » La déléguée syndicale anticipe l’absorption totale des chantiers de l’Atlantique par un de ses concurrents directs. « Nous voyons comment ça se passe quand il y a un rapprochement entre deux concurrents. Généralement il y en a toujours un qui écrase l’autre complètement », regrette-t-elle.

Accord brexit : les services financiers non concernés ?

Accord brexit : les services financiers non concernés ?

 

 

Le secteur financier n’est pas traité dans l’accord commercial conclu entre le Royaume-Uni et l’Union économique mais c’est aussi le cas par exemple de la politique de défense.

En vérité, le brexit lui-même apporte un changement assez fondamental puisque à compter du 1er janvier les services financiers installés au Royaume-Uni n’auront plus d’accès automatique au marché unique de l’Union économique.

L’idée de Boris Johnson est de transformer un peu la place de Londres en paradis financier notamment caractérisé par la faiblesse de la pression fiscale. Ce que confirme d’ailleurs d’une certaine manière le ministre des finances britanniques, Rishi Sunak. “Maintenant que nous avons quitté l’Union européenne, nous pouvons faire des choses un peu différemment (dans les services financiers)”, a déclaré Rishi Sunak à la presse.

Le ministre a indiqué que le Royaume-Uni et l’UE allaient continuer de dialoguer étroitement à ce sujet, en particulier sur la question des “équivalences”.

En vertu de ce système des “équivalences”, l’accès aux marchés de l’UE ne sera pas accordé aux banques, aux assureurs et aux autres entreprises financières basées en Grande-Bretagne, sauf si les règlementations britanniques sont jugées “équivalentes” par Bruxelles ou aussi strictes que les réglementations en vigueur dans l’Union.

Un protocole d’accord séparé sur la finance doit être négocié entre Londres et Bruxelles d’ici mars 2021, la City ayant vocation à rester une place financière majeure en dépit du Brexit.

L’exode des cadres londoniens de la finance vers l’Europe, que certains attendaient, ne s’est pas véritablement concrétisé, même si des établissements financiers ont transféré certaines de leurs activités à Francfort, Paris ou Dublin.

Rien ne dit cependant que Londres conservera un rôle prépondérant en matière financière si le pays voit sa monnaie et son économie fortement affectées par le brexit.

Non à l’intimidation des chercheurs par Veolia

Non à l’intimidation des chercheurs par Veolia

 

Valérie Mignon, présidente de l’Association française de sciences économiques, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les tentatives de Veolia d’intimider les chercheurs, mais rappelle l’obligation de transparence sur les conflits d’intérêts

Tribune.

 

La profession des économistes s’est, une nouvelle fois, trouvée mise en cause au sujet de potentiels conflits d’intérêts auprès de grands groupes industriels. L’illustration la plus récente est fournie par la sommation interpellative par huissier subie par un chercheur en économie le 4 décembre. Elie Cohen, spécialiste des opérations industrielles, telles les offres publiques d’achat dont il était ici question, s’était exprimé au sujet de l’absorption de Suez par Veolia.

Cette « affaire » ne constitue pas un cas isolé. En 2012, quasiment jour pour jour, un autre économiste, Bruno Deffains, spécialiste des questions de concurrence, a aussi eu la déconvenue d’une « visite » à son domicile de la part d’huissiers et de policiers. Free, était alors en cause, avec une étude que Bruno Deffains avait réalisée sur l’impact de l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché de la téléphonie mobile.

Si ces deux cas ont été largement relayés auprès des médias, de nombreux autres exemples existent, notamment dans le domaine de la finance où les économistes ont à maintes reprises été accusés de connivences avec des banques ou autres groupes financiers privés. Si les méthodes employées sont à l’évidence choquantes et condamnables, la question de fond, celle de la transparence et de l’indépendance, doit être clairement posée.

De l’utilité de l’expertise des économistes

Quelle doit être la position des économistes lorsqu’ils sont sollicités par les médias ? Doivent-ils se garder d’intervenir et nous priver de leur expertise, pourtant cruciale, sur leurs sujets de spécialité sous peine d’être accusés de connivence et de conflits d’intérêts ? Les économistes, et notamment les universitaires, doivent-ils rester dans leur « tour d’ivoire » – qui n’a d’ivoire que le nom ! – et ne pas intervenir dans le débat public ? Doivent-ils eux-mêmes se mettre à l’écart et s’autobâillonner de peur d’être l’objet de manœuvres d’intimidation ?

Bien entendu, il convient de répondre par la négative à ces questions, tant l’expertise des économistes peut être utile au milieu industriel, au monde politique et, plus largement, pour le « grand public ». La liberté académique et, plus généralement, la liberté d’expression ne doivent en aucun cas être bafouées à partir du moment où le principe fondamental de totale transparence est respecté.

Les économistes ne doivent pas être l’objet de telles intrusions domiciliaires, inacceptables, dès lors qu’ils font pleinement la lumière quant à leurs conflits d’intérêts et aux liens – notamment financiers – qu’ils entretiennent avec le secteur privé et qu’ils déclarent toute activité susceptible de remettre en cause leur subjectivité.

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Brexit: La France dit non un accord au rabais

Brexit: La France dit non un accord au rabais

En  réponse au chantage de Boris Johnson qui menace d’un brexit dur, la France réplique qu’elle n’acceptera pas un accord faisant trop de concessions aux Britanniques. “Il ne s’agit pas de faire un accord au rabais, un mauvais accord, un accord précipité”, a dit Clément Beaune, secrétaire d’État aux affaires européennes à la presse.

“Oui à la négociation, essayons de trouver ce bon accord (…) mais pas d’accord à tout prix, pas d’accord au rabais, c’est clair nous l’avons répété”, a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a déclaré lundi que “des propositions britanniques successives, notamment sur la pêche, (…) ne répond(ai)ent pas aux priorités ni aux exigences européennes” que la France a posée.

Annulation des dettes des Etats : l’Allemagne dit non

Annulation des dettes des Etats : l’Allemagne dit non

 

 

À travers la voix d’Isabel Schnabel, l’une des membres du directoire de l’institution, l’Allemagne demande de cesser les appels à l’annulation des dettes des  Etats. Observons qu’officiellement les membres de la BCE n’ont jamais évoqué jusqu’à maintenant cette hypothèse douteuse. Par contre, il a été suggéré que soit créées des sortes de caisse d’amortissement national de l’endettement généré par la covid. Des sociétés nationales de gestion qui isoleraient cette dette et l’amortiraient progressivement dans le temps. Une piste plus sérieuse que la pure annulation des dettes qui viendraient mettre en cause la fiabilité financière des Etats et leur capacité d’emprunt. Des emprunts incontournables.

“Une annulation des dettes nationales constituerait une violation claire des traités européens”, a dit ‘Isabel Schnabel.

Les appels à la BCE pour qu’elle annule purement et simplement les dettes émises par des Etats de la zone euro qu’elle détient en portefeuille proviennent entre autres d’Italie, l’un des pays les plus endettés de la région par rapport au poids de son économie.

En France, des députés européens de gauche et écologistes ainsi que plusieurs économistes avaient signé en septembre une tribune commune en faveur d’une telle annulation.

« Non à une laïcité soft « 

« Non à une  laïcité soft « 

Pour Françoise Longy, maîtresse de conférences en philosophie à l’Université de Strasbourg, ni la dénonciation d’un éventuel colonialisme culturel français ni l’idée d’une solution morale ne nous font avancer sur la question de savoir s’il y a une façon plus tempérante d’être laïque sans mettre à mal nos libertés, relève la philosophe Françoise Longy.

 

Tribune.

 

De nombreuses voix s’élèvent actuellement pour défendre la tempérance en matière de laïcité : soyons laïques oui, mais raisonnablement, avec modération, afin d’éviter de heurter les sentiments des croyants. Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel se sont joints à ce chœur dans une tribune du Monde du 4 novembre 2020 « Les défenseurs de la caricature à tous vents sont aveugles aux conséquences de la mondialisation ». Or cette tribune, qui séduit beaucoup si j’en juge par le nombre de ceux qui m’en ont recommandé la lecture, mérite d’être analysée car la façon dont ses auteurs argumentent en faveur d’une laïcité soft est à la fois typique et problématique.

La réflexion de Mongin et Schlegel prend appui sur deux considérations. La première, incontestable, est qu’il est dangereux de heurter les sentiments religieux d’une partie des musulmans dans un monde où Internet permet une diffusion immédiate et mondiale de n’importe quel contenu, et où il y a des islamistes prêts à tuer au nom de Dieu.

La deuxième, parfaitement recevable, est qu’il y a des actions ou des demandes, faites au nom de la laïcité, qui sont inutilement provocantes. Ils en donnent trois exemples : la demande de publier sur les murs les caricatures de Charlie Hebdo, leur projection sur les façades de deux hôtels de région et la proposition de les diffuser sous forme de livre dans les lycées.

Au lieu de chercher à définir les contours de la laïcité

Le début de leur réflexion sur les trois exemples augure bien. Ne faut-il pas, se demandent-ils, faire une différence entre ce qui doit pouvoir exister et être visible dans un kiosque ou une librairie et ce que l’on peut imposer à la vue de tous en l’étalant sur de grands panneaux dans l’espace public ou en l’exposant dans ou sur des édifices publics ?

Malheureusement, au lieu de poursuivre dans cette voie en cherchant à définir les contours de cette laïcité qu’ils préconisent et les moyens de lui donner corps, ils préfèrent se lancer dans des considérations générales sur la tendance française à vouloir imposer aux autres ses principes.

Il est vrai que poursuivre cette réflexion les obligerait à affronter des questions difficiles : Comment concevoir une restriction du droit d’exhibition ? De façon purement tactique et circonstancielle, en la limitant à ce qui peut offenser les sentiments religieux des croyants relativement intégristes ? Ou à l’inverse, de façon large, en considérant ce qui peut offenser les sentiments religieux, de décence et d’identité des individus ? Et dans ce cas, quid de la publicité qui aime jouer de la provocation ? Et sous quelle forme faudrait-il établir ces limitations ? Plutôt sous celle d’une directive transmise aux préfets, sous celle d’une loi, ou d’une autre façon encore ?

«Non à une amnésie de la mémoire « 

«Non à une amnésie de la mémoire « 

Dans une tribune à l’opinion, la ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq,  souligne les enjeux du discours mémoriel alors que les derniers grands témoins de la Seconde Guerre mondiale disparaissent

Geneviève Darrieussecq.

 Tribune

Daniel Cordier, Noëlla Rouget, Maurice Cling… En quelques jours à peine, ces grands témoins des événements marquants du siècle dernier nous ont quittés. Avec eux, et tous ceux qui ont disparu ces derniers mois, ce sont les récits vivants de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance, des déportations et de la Shoah qui disparaissent peu à peu. Leurs témoignages sont pourtant notre héritage, un legs pour les générations futures. Pour que la flamme du souvenir ne s’éteigne jamais et que leurs voix continuent de résonner, c’est à nous désormais de poursuivre le relais.

En 2020, la crise sanitaire a bousculé nos habitudes. Le travail de mémoire et les pratiques commémoratives n’y ont pas échappé. Des cérémonies se sont déroulées sans public, sans ancien combattant, sans jeune, en somme sans une part de leur âme ordinaire. Les moments de partages intergénérationnels et de pédagogie mémorielle qui se tiennent régulièrement dans les écoles se sont raréfiés. Inévitablement, le relais mémoriel, pacte entre chaque génération, a été touché.

Webséries et directs. Mais à chaque crise, ses opportunités. Comme dans tant d’autres domaines, le virus nous a poussés à nous adapter, plus que cela même, à innover. Ainsi, ces derniers mois, de nouvelles pratiques mémorielles ont vu le jour. Et souvent avec succès ! Des webséries ont été diffusées sur internet. Des cérémonies telles que celles du Vel d’Hiv ou des commémorations de la guerre de 1870 ont été retransmises en direct sur les réseaux sociaux et ont comptabilisé des dizaines de milliers de vues, un record pour des cérémonies non retransmises à la télévision. Cette année, nous avons pensé la transmission différemment, nous avons, en définitive, commémoré autrement. Cette impulsion, nous devons la poursuivre et l’intensifier. Cet élan, nous devons l’accompagner.

On ne peut commémorer, à l’époque des réseaux sociaux et du numérique omniprésent, de la même manière qu’au temps de l’image sépia ou du tout-papier. Je souhaite que, tout en pérennisant les moments autour de nos monuments et nos lieux de mémoire, nous soyons collectivement capables de renouveler les formes de partage, de susciter une curiosité accrue du grand public et de renouveler l’intérêt des jeunes citoyens. Dans cette perspective, le ministère des Armées apporte désormais un soutien direct aux initiatives mémorielles innovantes, portées par des citoyens engagés, des associations, des artistes ou des entreprises. Un appel à projets lancé début novembre leur est directement adressé.

Chaque famille de notre pays, dans son histoire, détient une part de la mémoire nationale. La ferveur du Centenaire de la Grande Guerre nous a montré, il y a deux ans, combien les initiatives des Français pouvaient être un véritable moteur. Nous devons continuer à les encourager.

Nous devons éviter deux maux: l’amnésie qui sape les bases de notre pacte social et l’hypermnésie qui occulte et pousse à la concurrence des mémoires

Le flambeau de la mémoire doit passer dans les mains de notre jeunesse. Nous œuvrons à redessiner le champ de ces dispositifs pour les rendre toujours plus efficaces et les professeurs jouent en cela un rôle clé.

Parce que le flambeau de la transmission est une œuvre collective, notre responsabilité est d’accompagner sans cesse les volontés et les idées. Parce que la flamme du souvenir éclaire les esprits et cimente la cohésion nationale, il s’agit d’une exigence essentielle pour la continuité même de notre République et de nos valeurs. Ainsi, nous devons éviter deux maux : l’amnésie qui sape les bases de notre pacte social et l’hypermnésie qui occulte et pousse à la concurrence des mémoires. Ceux qui haïssent nos valeurs et notre mode de vie ne s’y trompent pas, ils font d’une mémoire biaisée un outil de dislocation du pays.

La transmission de la mémoire est aussi un enjeu d’actualité, celui de la défense de notre modèle républicain. Nos adversaires construisent un discours mémoriel, certes caricatural et faussé, mais appuyé sur les moyens modernes de communication. Ils le font en instrumentalisant les blessures identitaires, les déchirures de la décolonisation, le ressentiment et les peurs eschatologiques, en usant du complotisme et de la paranoïa. Une pensée repliée sur elle-même, appuyée sur un récit mémoriel manipulé et éloigné des complexités de l’Histoire, représente ce que nous devons combattre. Sans renoncement, jamais !

La République ne transigera pas avec ceux qui veulent la fracturer. Elle ne faiblira pas devant l’abdication de la pensée, ce fléau qui pousse à la haine et à la guerre du tous contre tous. Plus que jamais le travail mémoriel doit se renforcer, il doit opposer à la radicalité un discours mémoriel apaisé et rassembleur, pluriel et de vérité.

Il en va de notre responsabilité citoyenne de se saisir du flambeau, de constamment le raviver, de prendre ensemble le relais.

Geneviève Darrieussecq est ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.

Non à la réécriture de l’article 24 par une commission (Ferrand et Larcher)

Non à la réécriture de l’article 24 par une commission (Ferrand et Larcher)

 

 

Il est clair que le premier ministre autant que le ministre de l’intérieur ont commis une infraction par rapport à la constitution en proposant la création d’une commission chargée de réécrire l’article 24 de la loi sécurité. En effet ,cette loi est en cours de discussion au Parlement et seul le Parlement peut en modifier la rédaction éventuelle. Du coup, Jean Castex, le premier ministre, rétropédale .

Dans un courrier envoyé par la suite à Richard Ferrand, Jean Castex précise que cette instance n’a pas vocation à se substituer au travail parlementaire.

“Il n’entrera pas dans le périmètre de cette commission le soin de proposer une réécriture d’une disposition législative, mission qui ne saurait relever que du Parlement”, peut-on lire dans cette lettre du Premier ministre dont Reuters s’est procuré une copie.

Jean Castex avait annoncé jeudi soir la création de cette instance chargée de se pencher sur le très controversé article 24 de la proposition de loi dans le but affiché de “respecter l’objectif poursuivi tout en dissipant tout doute sur le respect de la liberté d’informer”.

Cet article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité “physique ou psychique”.

Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression. Un nouveau rassemblement contre la proposition de loi est annoncé samedi place de la République à Paris.

L’idée de confier l’article 24 à une commission indépendante, décidée en accord avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a créé des remous chez les députés, en particulier ceux de la majorité qui ont fait part de leur désaccord en interne dès jeudi soir, a-t-on appris de sources parlementaires.

«Le passé colonial : non à une vision binaire»

 «Le passé colonial : non à une vision binaire»

 «La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision» estime dans l’opinion l’historien Pascal Blanchard.

Historien spécialiste du fait colonial, Pascal Blanchard a cosigné avec David Korn-Brzoza le documentaire « Décolonisations. Du sang et des larmes », diffusé sur France 2. Auteur de nombreux films et ouvrages, il a récemment publié avec Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel Décolonisations françaises. La chute d’un Empire (Editions de la Martinière, 2020), avec la participation de l’historien Benjamin Stora et du politologue Achille Mbembe.​

Après plusieurs attentats islamistes, des partis politiques et des universitaires sont accusés d’avoir attisé les rancœurs liées au passé colonial. Pourquoi la France se fracture-t-elle encore sur cette question ?

L’histoire coloniale est le dernier grand « tabou » du récit français et fait toujours débat. Deux thèses s’affrontent autour de cette « mémoire traumatique ». Pour les uns, parler de ce passé complexe et douloureux concourt à radicaliser les esprits et à nourrir une haine de la France, donc à armer les « ennemis de la République ». Ils dénoncent une « repentance », trop de « complaisance », un « discours victimaire », et préfèrent ne pas faire de vagues à un moment où la société est fracturée. Leur position est claire : il faut conserver une version angélique de ce passé et en être « fier », ou du moins être peu critique avec cette histoire, voire en parler le moins possible. Pour les autres, au contraire, plus la République sera volontariste sur son histoire, plus elle sera solide et privera les radicaux des deux bords — nostalgiques et indigénistes — d’armes dirigées contre elle. Qui a raison ? A mes yeux, la République doit être exemplaire et regarder ce passé en face, sinon elle continuera à donner le sentiment qu’elle n’a pas tourné la page coloniale et qu’elle méprise une partie de ceux qui, devenus Français, sont issus des migrations postcoloniales. C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler le président de la République dans son interview sur Al-Jazeera le week-end dernier, en affirmant qu’il fallait regarder « en face » la colonisation et « aller au bout de ce travail de réconciliation par l’histoire, la vérité.»

Pourtant, le Premier ministre Jean Castex a expliqué sur TF1 la montée de l’islam radical par le retour sur un passé qui divise la nation : « Nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore… nous devons être fiers de nos racines, de notre identité »…

Nous devons refuser de réduire le débat sur le passé colonial à une vision binaire du monde. L’extrême droite et une grande partie de la droite sont rejointes par des illuminés qui veulent réduire la lecture de ce passé à une autoflagellation. C’est une totale caricature, qui donne le sentiment d’une nouvelle croisade à engager autour du passé colonial. Face à eux, émerge un discours tout aussi caricatural avec des radicaux identitaires qui refusent désormais que l’histoire coloniale soit écrite par des « Blancs », qui prétendent que la France ne serait que l’héritière de l’idéologie coloniale et que nous serions éternellement « coupables ». Il faut au contraire analyser pleinement le mouvement en marche et, dans ce carcan, le Premier ministre — bien loin du discours d’Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017 et de ce qu’il a déclaré ce week-end — est piégé, avec en toile de fond, l’omniprésence du terrorisme. Une majorité de Français veut aujourd’hui sortir de ces guerres de mémoire sans fin. Si la colonisation est dans nos « racines » et « notre identité », les droits de l’homme le sont tout autant, comme les engagements d’un Aimé Césaire, aujourd’hui au Panthéon, d’un Michel Rocard, auteur d’un rapport sur les camps d’internement en février 1959 en Algérie, ou d’un Pierre Mendès France avec son discours de Carthage au moment des décolonisations. Il est indispensable de sortir des pièges du passé pour mieux intégrer à la nation tous les récits, toutes les mémoires, et pour éviter qu’elles ne se transforment en rancœurs. C’est le refus de voir et comprendre qui fabriquent du ressentiment, pas l’inverse.

Comment la radicalité islamiste joue-t-elle de cette histoire ?

Les islamistes truffent leur logorrhée de références à la colonisation. Daech a joué de ce terreau, comme d’autres groupes terroristes, pour « recruter » des jeunes dans des pays francophones en Europe, au Levant et au Maghreb. Une grande partie de sa propagande traite du passé colonial et le porte-parole de l’Etat islamique, Abou Mouhammad al-Adnani, a fait référence lors de l’instauration du califat, en juin 2014, à la fin de la situation coloniale issue de l’accord Sykes-Picot de 1916, par lequel la France et la Grande-Bretagne se sont partagé l’influence au Moyen-Orient. Cet accord est décrit comme la « trahison de l’Occident » dans la région et l’exemple emblématique des héritages coloniaux. La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision et d’enseigner les faits historiques, en s’appuyant notamment sur les travaux des universitaires et des chercheurs, en engageant un travail en profondeur sur l’amnésie coloniale pour contrer les discours de haine.

La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent

Votre film Décolonisations a été accusé, dans Le Figaro, de fabriquer une « vision culpabilisatrice de notre passé colonial », qui irait jusqu’à favoriser le terrorisme…

La plupart de ces critiques sont purement idéologiques et manichéennes (nous nous en expliquons longuement dans un article publié par Politis), même si le débat doit toujours exister et que la critique est normale dans un espace démocratique. Ce film diffusé sur France 2 a une valeur pédagogique et historique. Nous sommes face à des faits, pas des chimères. Il aborde le FLN, les harkis, la violence des attentats, le traitement des prisonniers français par le Viêt-Minh, les dictatures mises en place avec l’aide de la France en Afrique subsaharienne. Il nous est reproché d’avoir donné la parole à tous, aux anciens colons, aux militaires français, aux militants du Viêt-Minh ou du FLN, dont cette femme qui a posé une bombe dans un café. Mais comment faire de l’histoire si on n’écoute pas tous les récits ? Comment raconter, si on n’entend pas toutes les mémoires ? De l’autre côté du spectre idéologique, quelques radicaux récusent le film parce que les deux réalisateurs seraient des « Blancs ». Certains, des deux côtés du rivage, veulent que l’amnésie se prolonge éternellement. Ces guerres d’hier ne sont plus les nôtres, il est urgent de tourner la page, pour bâtir le présent et préparer l’avenir.

Comment la République peut-elle être plus offensive ?

Certains jeunes issus des immigrations postcoloniales disent : « On n’a pas de place dans l’histoire de France ». Il y a peu de héros de l’ancien empire (ou des actuels outre-mer) et des immigrations dans les manuels scolaires, encore moins dans l’imaginaire collectif, très peu dans nos rues et places. Il y a là un immense travail à faire, comme le suggérait le président de la République le 15 août 2019, en appelant les maires de France à baptiser les rues avec les noms de combattants issus des colonies ayant débarqué en Provence. Plutôt que de déboulonner les statues, il faut expliquer le passé et bâtir de nouvelles références dans l’espace public, d’autant que notre pays n’a toujours pas de musée d’histoire coloniale pour transmettre cette histoire. Il faut parler de ces figures méconnues qui font du récit national un récit commun, de l’aviateur vietnamien Do Huu Vi, du défenseur de Paris Camille Mortenol, du nageur juif d’Algérie Alfred Nakache, du marathonien Ahmed Boughéra El Ouafi ou du premier polytechnicien algérien Chérif Cadi. Ils ont toute leur place dans nos manuels scolaires et sur les plaques des rues. Pour se sentir partie prenante d’une histoire, il faut des images qui vous ressemblent, qui vous parlent, qui vous légitiment. C’est ainsi que l’on peut se dire : c’est mon pays, ma République, mes valeurs.

Faut-il être optimiste ?

Oui, je suis un éternel optimiste. La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent. La première génération était silencieuse en se disant que l’histoire allait être oubliée ; elle misait sur la réussite des enfants. La deuxième génération, celle de la Marche pour l’égalité en 1983, voulait entrer dans la République. Ce fut un échec. La troisième génération veut progresser dans la société et solder le passé. Ils n’ont plus le choix, ils doivent bâtir leur destin ici, et pour cela lutter contre les discriminations. Il faut les entendre, car c’est la meilleure réponse aux extrêmes des deux camps.

Livre : De Trump à Johnson, la mécanique

« Le contresens économique de la fermeture des rayons non-alimentaires »

« Le contresens économique de la fermeture des rayons non-alimentaires »

Philippe Goetzmann , expert économique, considère que la fermeture des rayons de produits non alimentaires dans les supermarchés constitue une véritable contresens économique qui sera défavorable aux productions françaises. (Tribune dans l’Opinion)

 

Philippe Goetzmann a 25 ans d’expérience opérationnelle du retail et de la grande consommation. Administrateur de La Note Globale, membre du think-tank Agroalimentaire Les Echos et élu de la CCI Paris Ile-de-France, il a fondé en 2019 Philippe Goetzmann &, une agence de conseil dédiée au changement de modèle de la consommation et à la relation industrie-commerce.

La décision, étonnante pour le moins, du gouvernement de fermer les rayons non-alimentaires de la grande distribution pourrait sembler circonscrite à ces seuls secteurs. Par ricochet elle est un mauvais coup porté à l’agriculture et à l’agroalimentaire pourtant bien silencieux alors que leurs clients sont chahutés.

Nous sommes début novembre, au moment où la campagne de négociations commerciales annuelles commence. Des initiatives ont été prises : Serge Papin, l’ancien patron de Système U, mandaté par le ministre de l’Agriculture pour « préserver l’esprit des Etats généraux de l’Alimentation », par exemple. Les enjeux sont considérables et alors que la crise fait des ravages, la grande distribution, préservée jusqu’ici dans son chiffre d’affaires, portait quoi qu’on en dise une attention marquée aux sujets agricoles. Certes les distributeurs ne sont pas des anges, les industriels non plus, mais ils ont pris conscience du caractère collectif et systémique des enjeux.

Patatras. En 10 minutes au journal télévisé de TF1, le Premier ministre a pris le risque, en fermant les rayons non-alimentaires des grandes surfaces, de fragiliser le subtil équilibre de la seule — ou presque — filière qui tienne bien. Pourquoi donc cette décision non-alimentaire jouerait-elle sur l’alimentaire ? Trois raisons à cela.

« La grande distribution, qui avait pu passer la crise, se retrouve donc dedans jusqu’au cou. Cette ponction lourde sur les résultats va devoir être récupérée. Où ? Puisqu’il n’y a plus de non-alimentaire, reste… l’alimentaire »

1. Un changement de priorité

Depuis plusieurs années et particulièrement en cette période, les sujets agricoles sont sur le haut de la pile de tous les dirigeants de la grande distribution. Le non-alimentaire vit mal, mais il suit son rythme. L’attention est portée aux négociations, aux relations de filière, au référencement local, comme en atteste encore le communiqué altruiste de Système U de jeudi matin.

D’une phrase, le Premier ministre a créé et mis une pile entière de dossiers non-alimentaires sur la table des patrons du retail, par-dessus ceux de l’agriculture. Un de mes anciens patrons me répétait souvent : « On ne va pas se créer des problèmes qu’on n’a pas ». Avec un certain talent, c’est ce que le gouvernement vient de faire.

Résultat : toute l’attention de la distribution est focalisée depuis une semaine et pour deux mois à gérer les stocks, déplacer les flux, changer les horaires, bouger les implantations, chiffrer les impacts, mettre en place sans doute du chômage partiel et recruter ailleurs, négocier les accords de retour, et surtout gérer les clients. Rappelons que le non-alimentaire se gère avec entre 18 et 9 mois d’anticipation quand le produit frais se gère à court terme. Répondre au fournisseur local ? Référencer ? Se rendre rue de Varenne, au ministère de l’Agriculture ? Intercéder aux demandes des filières en crise ? Pas le temps ! On gère la crise non-alimentaire !

2. La pression de résultat

Le non-alimentaire de la grande distribution est peu rentable. Mais là, il va carrément être dans le rouge vif. Du stock coûteux ! Moins de ventes ! Et surtout des frais considérables pour déplacer les stocks qui sont à cette date largement en magasin alors que la vente en ligne est branchée sur des entrepôts. Ajoutons que le stock du moment sera bien sûr largement obsolète dans sept semaines.

Cette filière, qui avait pu passer la crise, se retrouve donc dedans jusqu’au cou. Cette ponction lourde sur les résultats va devoir être récupérée. Où ? Puisqu’il n’y a plus de non-alimentaire, reste… l’alimentaire. On voit mal comment les services achats de la grande distribution vont pouvoir se montrer magnanimes sur le lait ou la viande dès lors qu’ils ne pourront compter sur leurs amis du jouet, de l’habillement ou de la décoration pour compenser. Si Serge Papin avait raison de dire pendant les EGA que « le coco de Paimpol ne doit pas payer le Coca d’Atlanta », il y a un risque qu’il doive payer la cocotte-minute ou la poupée Corolle invendue, bradée, déplacée inutilement.

« De l’employé au directeur général, du directeur de magasin aux représentants des fédérations, le sentiment est à la trahison. Vrai ou pas, qu’importe. C’est le ressenti »

3. La confiance part au galop et revient à pied

L’apport majeur, historique, de la crise du printemps et du premier confinement a été, dans cette filière, d’établir un dialogue, de resserrer les rangs, donc les liens entre retail, industrie, agriculture et gouvernement. Certes, ce n’était pas parfait, mais quand même une grande avancée. La volonté de collaborer était là. Et les fédérations du secteur, Fédération du commerce et de la distribution (FCD) en tête, n’ont eu de cesse de se féliciter du suivi de Bercy.

Toute la grande distribution, dès jeudi est ressortie de sa tranchée pour nourrir les Français, assurer les débouchés agricoles, tendre la main aux commerçants et producteurs locaux comme elle l’avait fait au printemps.

Et elle a l’impression, désagréable, de s’être fait tirer dans le dos par le gouvernement. De l’employé au directeur général, du directeur de magasin aux représentants des fédérations, le sentiment est à la trahison. Vrai ou pas, qu’importe. C’est le ressenti. Et pour les soutenir, les voix de ceux qu’ils ont aidés au printemps se sont montrées fort discrètes à part la Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France (FEEF) qui, il est vrai, porte aussi la voix des PME non-alimentaires.

Pendant des années la distribution fuyait les demandes de la filière agroalimentaire et des gouvernements. C’était un rapport de force, uniquement. Les dirigeants de la génération actuelle, à la tête des groupes ou de chaque magasin, ont voulu jouer plus collaboratif. S’ils n’ont pas répondu à tout – pression du pouvoir d’achat oblige – ils ont voulu écouter, comprendre et répondre.

Ils se sentent aujourd’hui bien peu payés de retour. Ils vont bien sûr continuer à porter leurs politiques alimentaires, vers le mieux manger, le plus local, le plus frais, pour leurs clients. Il est peu probable, dans les états-majors comme sur le carrelage plus remonté encore, qu’ils aient désormais beaucoup d’écoute pour les discours officiels.

Souhaitons que le ministre de l’Agriculture, tempéré, constructif, à l’écoute, parvienne à rétablir côté pair la confiance perdue côté impair, rue de Varenne, où se trouve Matignon.

 

« Non à une vision binaire du passé colonial « 

« Non à une vision binaire du passé colonial « 

 

 «La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision» d’après l’historien Pascal Blanchard

 

Pascal Blanchard, historien et documentariste.

Après plusieurs attentats islamistes, des partis politiques et des universitaires sont accusés d’avoir attisé les rancœurs liées au passé colonial. Pourquoi la France se fracture-t-elle encore sur cette question ?

L’histoire coloniale est le dernier grand « tabou » du récit français et fait toujours débat. Deux thèses s’affrontent autour de cette « mémoire traumatique ». Pour les uns, parler de ce passé complexe et douloureux concourt à radicaliser les esprits et à nourrir une haine de la France, donc à armer les « ennemis de la République ». Ils dénoncent une « repentance », trop de « complaisance », un « discours victimaire », et préfèrent ne pas faire de vagues à un moment où la société est fracturée. Leur position est claire : il faut conserver une version angélique de ce passé et en être « fier », ou du moins être peu critique avec cette histoire, voire en parler le moins possible. Pour les autres, au contraire, plus la République sera volontariste sur son histoire, plus elle sera solide et privera les radicaux des deux bords — nostalgiques et indigénistes — d’armes dirigées contre elle. Qui a raison ? A mes yeux, la République doit être exemplaire et regarder ce passé en face, sinon elle continuera à donner le sentiment qu’elle n’a pas tourné la page coloniale et qu’elle méprise une partie de ceux qui, devenus Français, sont issus des migrations postcoloniales. C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler le président de la République dans son interview sur Al-Jazeera le week-end dernier, en affirmant qu’il fallait regarder « en face » la colonisation et « aller au bout de ce travail de réconciliation par l’histoire, la vérité.»

Pourtant, le Premier ministre Jean Castex a expliqué sur TF1 la montée de l’islam radical par le retour sur un passé qui divise la nation : « Nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore… nous devons être fiers de nos racines, de notre identité »…

Nous devons refuser de réduire le débat sur le passé colonial à une vision binaire du monde. L’extrême droite et une grande partie de la droite sont rejointes par des illuminés qui veulent réduire la lecture de ce passé à une autoflagellation. C’est une totale caricature, qui donne le sentiment d’une nouvelle croisade à engager autour du passé colonial. Face à eux, émerge un discours tout aussi caricatural avec des radicaux identitaires qui refusent désormais que l’histoire coloniale soit écrite par des « Blancs », qui prétendent que la France ne serait que l’héritière de l’idéologie coloniale et que nous serions éternellement « coupables ». Il faut au contraire analyser pleinement le mouvement en marche et, dans ce carcan, le Premier ministre — bien loin du discours d’Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017 et de ce qu’il a déclaré ce week-end — est piégé, avec en toile de fond, l’omniprésence du terrorisme. Une majorité de Français veut aujourd’hui sortir de ces guerres de mémoire sans fin. Si la colonisation est dans nos « racines » et « notre identité », les droits de l’homme le sont tout autant, comme les engagements d’un Aimé Césaire, aujourd’hui au Panthéon, d’un Michel Rocard, auteur d’un rapport sur les camps d’internement en février 1959 en Algérie, ou d’un Pierre Mendès France avec son discours de Carthage au moment des décolonisations. Il est indispensable de sortir des pièges du passé pour mieux intégrer à la nation tous les récits, toutes les mémoires, et pour éviter qu’elles ne se transforment en rancœurs. C’est le refus de voir et comprendre qui fabriquent du ressentiment, pas l’inverse.

Comment la radicalité islamiste joue-t-elle de cette histoire ?

Les islamistes truffent leur logorrhée de références à la colonisation. Daech a joué de ce terreau, comme d’autres groupes terroristes, pour « recruter » des jeunes dans des pays francophones en Europe, au Levant et au Maghreb. Une grande partie de sa propagande traite du passé colonial et le porte-parole de l’Etat islamique, Abou Mouhammad al-Adnani, a fait référence lors de l’instauration du califat, en juin 2014, à la fin de la situation coloniale issue de l’accord Sykes-Picot de 1916, par lequel la France et la Grande-Bretagne se sont partagé l’influence au Moyen-Orient. Cet accord est décrit comme la « trahison de l’Occident » dans la région et l’exemple emblématique des héritages coloniaux. La haine de l’Occident et la détestation de la France trouvent leur cohérence idéologique dans un va-et-vient constant avec le passé colonial : l’humiliation d’aujourd’hui trouverait son origine dans l’humiliation coloniale. C’est pourquoi il est nécessaire de déconstruire cette vision et d’enseigner les faits historiques, en s’appuyant notamment sur les travaux des universitaires et des chercheurs, en engageant un travail en profondeur sur l’amnésie coloniale pour contrer les discours de haine.

La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent

Votre film Décolonisations a été accusé, dans Le Figaro, de fabriquer une « vision culpabilisatrice de notre passé colonial », qui irait jusqu’à favoriser le terrorisme…

La plupart de ces critiques sont purement idéologiques et manichéennes (nous nous en expliquons longuement dans un article publié par Politis), même si le débat doit toujours exister et que la critique est normale dans un espace démocratique. Ce film diffusé sur France 2 a une valeur pédagogique et historique. Nous sommes face à des faits, pas des chimères. Il aborde le FLN, les harkis, la violence des attentats, le traitement des prisonniers français par le Viêt-Minh, les dictatures mises en place avec l’aide de la France en Afrique subsaharienne. Il nous est reproché d’avoir donné la parole à tous, aux anciens colons, aux militaires français, aux militants du Viêt-Minh ou du FLN, dont cette femme qui a posé une bombe dans un café. Mais comment faire de l’histoire si on n’écoute pas tous les récits ? Comment raconter, si on n’entend pas toutes les mémoires ? De l’autre côté du spectre idéologique, quelques radicaux récusent le film parce que les deux réalisateurs seraient des « Blancs ». Certains, des deux côtés du rivage, veulent que l’amnésie se prolonge éternellement. Ces guerres d’hier ne sont plus les nôtres, il est urgent de tourner la page, pour bâtir le présent et préparer l’avenir.

Comment la République peut-elle être plus offensive ?

Certains jeunes issus des immigrations postcoloniales disent : « On n’a pas de place dans l’histoire de France ». Il y a peu de héros de l’ancien empire (ou des actuels outre-mer) et des immigrations dans les manuels scolaires, encore moins dans l’imaginaire collectif, très peu dans nos rues et places. Il y a là un immense travail à faire, comme le suggérait le président de la République le 15 août 2019, en appelant les maires de France à baptiser les rues avec les noms de combattants issus des colonies ayant débarqué en Provence. Plutôt que de déboulonner les statues, il faut expliquer le passé et bâtir de nouvelles références dans l’espace public, d’autant que notre pays n’a toujours pas de musée d’histoire coloniale pour transmettre cette histoire. Il faut parler de ces figures méconnues qui font du récit national un récit commun, de l’aviateur vietnamien Do Huu Vi, du défenseur de Paris Camille Mortenol, du nageur juif d’Algérie Alfred Nakache, du marathonien Ahmed Boughéra El Ouafi ou du premier polytechnicien algérien Chérif Cadi. Ils ont toute leur place dans nos manuels scolaires et sur les plaques des rues. Pour se sentir partie prenante d’une histoire, il faut des images qui vous ressemblent, qui vous parlent, qui vous légitiment. C’est ainsi que l’on peut se dire : c’est mon pays, ma République, mes valeurs.

Faut-il être optimiste ?

Oui, je suis un éternel optimiste. La troisième génération des immigrations postcoloniales est globalement intégrée, et c’est parce qu’elle est intégrée qu’elle ne veut plus négocier avec le passé colonial et avec la citoyenneté dans le présent. La première génération était silencieuse en se disant que l’histoire allait être oubliée ; elle misait sur la réussite des enfants. La deuxième génération, celle de la Marche pour l’égalité en 1983, voulait entrer dans la République. Ce fut un échec. La troisième génération veut progresser dans la société et solder le passé. Ils n’ont plus le choix, ils doivent bâtir leur destin ici, et pour cela lutter contre les discriminations. Il faut les entendre, car c’est la meilleure réponse aux extrêmes des deux camps.

Produits non essentiels: «C’est le bordel» (Michel-Édouard Leclerc)

Produits non essentiels: «C’est le bordel» (Michel-Édouard Leclerc)

Finalement,  une mesure qui ne satisfait personne. En effet les produits considérés comme non essentiels sont interdits à la vente et les magasins spécialisés sont fermés. Pour tenter de rééquilibrer la situation par rapport aux hypermarchés, le gouvernement a décidé de fermer aussi les rayons correspondants des grandes surfaces au lieu d’autoriser la réouverture des petits commerces.

«C’est le bordel.» A réagi sur Facebook Michel-Édouard Leclerc qui constate la pagaille à propos de l’interdiction de vente des produits non essentiels.

«Le gouvernement a décidé que plutôt que de laisser ouvrir d’autres commerçants, la justice passait par la fermeture de nombreux rayons des hypers !», écrit-il ensuite.

Reconfinement : acheter des biens «non essentiels» seulement par téléphone ou mail

Reconfinement : acheter des biens «non essentiels» seulement par téléphone ou mail

Concernant les magasins actuellement fermés, il reste possible de commander ses produits par téléphone ou par mail avant de venir les chercher «physiquement» devant la boutique (y entrer reste interdit). Certains magasins continuent d’ailleurs de privilégier ce mode de fonctionnement, «à l’ancienne», en affichant leur numéro de téléphone ou leur adresse mail sur leur devanture.

En revanche, comme le confirme le ministère de l’Économie au Figaro, il n’est pas possible de venir «physiquement» acheter un produit devant une boutique sans avoir commandé auparavant (que ce soit par téléphone, par mail ou via le «click and collect»).

 

Reconfinement : produits non essentiels interdis mardi dans les grandes surfaces, encore une grosse connerie !

Reconfinement : produits non essentiels interdis mardi dans les grandes surfaces, encore une grosse connerie !

 

On peut légitimement se demander si ce gouvernement multiplie les erreurs par volonté ou par incompétence. En effet, la décision du Premier ministre d’interdire la vente de produits non essentiels dans les grandes surfaces constitue une belle connerie. Le problème est en effet de ne pas créer de distorsions de concurrence entre les grands magasins et les petits commerces mais aussi de ne pas favoriser par des décisions anachroniques les plates-formes numériques de distribution comme Amazon.

 La solution n’était pas d’interdire la vente de produits non  essentiels mais d’autoriser la réouverture des petits commerces sous réserve bien entendu de mesures barrière effectivement respectées. Notons que dans les grandes surfaces, les clients se côtoient voire se bousculent, tripotent les produits en toute impunité et contre toute logique de protection sanitaire.

Comme précédemment, il aurait été possible d’ouvrir les petits commerces quitte à limiter le nombre de clients présents au même moment dans l’établissement. En même temps,  le Premier ministre offre  un énorme cadeau à des plates-formes comme Amazon qui vont pouvoir commercialiser les produits n’en essentiels désormais interdits dans les supermarchés.

Parmi les incohérences il faudrait aussi ajouter la fermeture des magasins commercialisant des produits culturels ou encore l’interdiction du sport de plein air.

 

Terrorisme : une promesse d’ «actions concrètes» non précisées de Macron

Terrorisme : une promesse d’ «actions concrètes» non précisées de Macron

Le chef de l’État a sans doute compris qu’au-delà des actions manifestants la compassion et la solidarité, il convenait en matière de terrorisme de parler de mesures concrètes et surtout de les appliquer. Message reçu d’après l’Élysée «Le président souhaite également que l’on engage très rapidement des actions concrètes, qui permettront d’entraver les structures ou les personnes qui encouragent, directement ou indirectement, le terrorisme.

Mais rien n’a été indiqué sur la nature et l’ampleur de ces mesures puisque mission a été donnée au ministre de l’intérieur et au ministre de la justice de présenter un plan d’action.

Normalement ,les ministres ont 15 jours pour faire leurs propositions. Le problème c’est qu’ils sont loin d’être sur la même longueur d’onde et que certaines mesures avancées par l’un et par l’autre risquent d’être contradictoires. La seule mesure un peu concrète est l’intention de renforcer la sécurité des enseignants dès la rentrée après les vacances de Toussaint

On pense que le chef de l’État est particulièrement attentif aux problèmes de la haine diffusée sur les réseaux sociaux qu’ils souhaiteraient réguler.

La difficulté sera toutefois d’obtenir la bénédiction du conseil constitutionnel qui s’est justement opposé à des mesures de régulation de ces réseaux sociaux à l’occasion de la loi Avia. Dans une décision rendue publique, les membres du conseil constitutionnel avaient déclaré non-conforme à la Constitution l’article 1er du texte. Celui-ci détaillait la manière dont les plateformes doivent retirer les contenus illégaux  les apologies de terrorisme, et d’autre part les contenus plus largement «à caractère haineux» mis en ligne. Pour chaque catégorie, le Conseil a dénoncé la procédure prévue, infligeant un coup d’arrêt à l’ensemble du texte.

Notons que le conseil constitutionnel avait estimé que la constitution permettait de réprimer les éventuels abus. D’où sans doute cette idée des Républicains de proposer un référendum pour changer la situation et contourner ainsi les réticences du conseil constitutionnel.

Dans l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, «les réseaux sociaux ont une responsabilité, et nous devons arriver à mieux les encadrer», a pointé Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, sur BFMTV.

Jean-Michel Blanquer travaille quant à lui sur la réponse éducative à formuler après ce drame. «Il y aura beaucoup plus qu’une minute de silence, confirme au Figaro le ministre de l’Éducation nationale. Nous allons élaborer avec les syndicats les actes et la méthode d’approche pour organiser le jour de la rentrée scolaire, le 2 novembre, et s’assurer qu’il n’y ait pas d’angle mort de la République.»Un document pédagogique sur la liberté d’expression pourrait être distribué, peut-être sous la forme d’un film à diffuser en classe.

La deuxième vague sera économique et non virale (appel de 250 intellectuels)

La deuxième vague sera économique et non virale  (appel de 250 intellectuels)

 

Dans une tribune à Marianne, 250 universitaires, scientifiques, professionnels de santé et juristes alertent sur les conséquences économiques et psychosociales de la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid. Ils estiment que la prochaine catastrophe ne sera pas virale mais économique et sociale, et qu’elle ne concernera pas les élites privilégiées mais d’autres catégories sociales beaucoup plus vulnérables.

Dans son avis du 22 septembre 2020 sur le « contrôle renforcé de l’épidémie », le Conseil scientifique Covid-19 s’interrogeait sur les mesures politiques à prendre. Il précisait qu’il « aborde ces questionnements en privilégiant un point de vue sanitaire », reconnaissait que « des aspects économiques plus généraux sont signalés en raison de leur importance », mais estimait que cela « ne relève pas de ses compétences » (page 26-27). On se demande alors à quoi servent l’anthropologue et le sociologue qui font partie de ses membres. Quatre jours plus tard, les deux prix Nobel d’économie 2019 Abhijit Banerjee et Esther Duflo appelaient dans le journal Le Monde à un reconfinement général de la population pour « sauver Noël ». Le lendemain (27 septembre), le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, déclarait dans les médias que « il ne faut pas avoir peur du télétravail ». Enfin, certains  journalistes (ici Libération, là L’Express) ont inventé ces derniers jours une nouvelle étiquette à coller sur le tiroir dans lequel ils voudraient enfermer ceux qui ne partagent pas l’opinion qu’ils défendent avec le gouvernement : les « rassuristes », opposés benoitement aux « responsables ».

UN RECUL INÉDIT DEPUIS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Tous ces propos témoignent de la vision du monde des élites françaises, du moins de celles et ceux qui contrôlent la parole publique. Las, pendant ce temps-là, d’autres réalités leur sont invisibles. Au risque de ne pas « rassurer », il faut en effet avertir que la prochaine catastrophe ne sera pas virale mais économique et sociale, et qu’elle ne concernera pas ces élites privilégiées mais d’autres catégories sociales bien plus vulnérables.

Selon les calculs de l’INSEE, la gestion de la pandémie aura fait perdre à la France une dizaine de points de Produit Intérieur Brut (PIB), un recul inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour comparaison, la crise de 2008 avait entrainé l’année suivante un recul de moins de 3% du PIB. Le taux de chômage devrait également dépasser les 10% à la fin de l’année où plus d’un million de chômeurs sont attendus selon le directeur de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE). Ceci implique une hausse globale des inégalités et de la pauvreté, prévient le directeur de l’Observatoire des inégalités, qui note également que « un grand nombre de départements observent fin août une augmentation de l’ordre de 10% des allocataires du RSA par rapport au début de l’année 2020″. Ce n’est pas un hasard si, ce 30 septembre, le Secours populaire alertait sur la forte augmentation des demandes d’aides alimentaires depuis le confinement.

Ce recul historique ne concerne pas toutes les professions ; tandis que certaines n’ont pas senti passer la crise, il touche au contraire massivement les secteurs du commerce et de l’artisanat, des services aux entreprises et aux ménages, ainsi que les artistes. Cibles privilégiées des mesures contraignantes du gouvernement, le secteur événementiel, l’hôtellerie et la restauration payent un lourd tribut, surtout les franges les plus précaires de leurs salariés : intérimaires et saisonniers.

Ce sont les entreprises et les salariés les plus vulnérables qui sont les plus impactées par la gestion de la crise

La France étant le pays le plus touristique du monde, ce secteur représentait en 2018 près de 3 millions d’emplois et environ 7,5% du PIB. Ceci a particulièrement affecté la capitale ainsi que les régions méditerranéennes dépendantes du tourisme estival. Grâce au chômage partiel de leurs employés et aux aides de l’Etat, ces sociétés dépendant du tourisme ont survécu lorsque leur trésorerie leur permettait une année à perte. Les autres (beaucoup de petites entreprises familiales) ont déjà fermé boutique. Et la plupart disparaitront si 2021 ressemble à 2020.

Au final, ce sont les entreprises et les salariés les plus vulnérables qui sont les plus impactées par la gestion de la crise. Ce n’est pas un hasard si l’INSEE comptabilise nettement plus de morts du Covid parmi les étrangers et les immigrés et constate que le département ayant connu la plus forte hausse de mortalité en mars-avril 2020 est la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine. Comme l’écrit la DREES dans son dossier du mois de juillet« le cumul des inégalités face à l’épidémie et face au confinement font ainsi de la crise sanitaire actuelle un fort révélateur d’inégalités sociales ».

LA SANTÉ NE SE RÉDUIT PAS À L’ABSENCE DE MALADIE

Par ailleurs, la combinaison de la détresse économique et sociale objective et de la peur ressentie par les personnes les plus fragiles du fait d’une communication politique et médiatique particulièrement anxiogène a déjà et aura encore longtemps des conséquences sur la santé physique et mentale : augmentation des consommations de tabac, d’alcool et probablement d’autres drogues et médicaments psychotropes, anxiété, insomnie et autres troubles du sommeil, dépression, suicide, syndrome de glissement des personnes âgées, etc.

Sans parler des effets de la peur de la mort, de la culpabilité et des éventuels syndromes post-traumatiques et symptômes obsessionnels chez les personnes infectées et autres « cas positifs » dépistés. Quant aux enfants et aux adolescents, on ignore encore comment ils vivent tout cela et les traces que cela laissera en eux. On n’a pas non plus mesuré précisément l’impact de la fermeture des établissements scolaires au printemps dernier sur le décrochage et l’échec scolaires. Qui ne comprend que tout cela est pourtant extrêmement important ?

Nous réclamons que l’on en finisse avec les décisions prises dans l’entre-soi.

Chacun s’accorde à dire que le premier devoir du gouvernement comme de chaque citoyen est de protéger les personnes « à risque », mais il est temps de considérer que la vulnérabilité est tout autant psychosociale que physiologique. Il est temps de rappeler que l’OMS elle-même, dans le préambule de sa constitution, définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». A négliger les gens fragiles autres que les personnes âgées, on risque fort de provoquer d’autres maladies dont les effets se feront sentir pendant de longues années.

Enfin, c’est à nouveau la constitution de l’OMS qui déclare qu’« une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations ». C’est pourquoi nous réclamons que l’on en finisse avec les décisions prises dans l’entre-soi d’un « Conseil scientifique » ou d’un cabinet ministériel, pour ouvrir en retour un vrai débat démocratique sur la politique sanitaire.

Référendum indépendance Nouvelle-Calédonie: 53,26% pour le non

Référendum indépendance Nouvelle-Calédonie:  53,26% pour le non

 

Les partisans du non l’emportent pour 53,26 % d’entre eux mais le oui progresse par rapport au premier référendum. Notons aussi une forte participation qui progresse de près de 5 points  La Nouvelle-Calédonie a réaffirmé dimanche sa volonté de rester française, par un «non» victorieux (53,26% des voix contre 46,74% pour le «oui») mais en recul par rapport au précédent référendum d’autodétermination de novembre 2018 (56,67%), selon des résultats provisoires annoncés par le Haut-commissariat de la République dans l’archipel.

Un succès aux allures d’avertissement pour les non-indépendantistes, sur fond de hausse de la participation (85,64%, +4,63 points) des quelque 180.000 électeurs appelés aux urnes. Comme le prévoit les accords de Nouméa, un troisième référendum pourra être organisé.

La  province Sud, la plus peuplée, la plus riche et à majorité non-kanake, où se situe la capitale, Nouméa, a amplement voté «non» à l’indépendance (70,86%)  tandis que la province Nord et celle des Îles Loyauté, à majorité kanake, ont largement voté «oui» (respectivement 78,35% et 84,27%).

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

Veolia Suez : non au diktat de Veolia (ministre de l’économie)

 

Il semble bien que le président de Veolia se soit engagé dans une voie dangereuse d’une part en fixant un ultimatum à Engie  pour racheter ses parts dans Suez, d’autre part en refusant la concertation organisée par le gouvernement. Un gouvernement un peu pris au piège dans cette affaire dont il n’a pas tout de suite saisi la problématique. Pour preuve le premier ministre au départ a déclaré que la fusion Veolia Suez « faisait sens « . Une appréciation un peu précipitée et pas forcément très fondée car de toute évidence cette fusion renforcerait la position hégémonique du groupe face à des collectivités locales bien armées  pour négocier avec ces mastodontes.

 

Bilan à terme une nouvelle hausse des prix comme cela a été le cas quand on est passé à la privatisation des réseaux d’eau. En outre et surtout l’existence d’un groupe quasi hégémonique découlant de la fusion Veolia Suez contraindrait les collectivités locales à ouvrir les appels d’offres à des opérateurs étrangers et à retenir en retenir. Le même phénomène pourrait se passer à l’international alors que Veolia et Suez sont actuellement bien placés. Un regroupement fragiliserait leur position.

 

Du coup le gouvernement a pris du champ avec cette question objet de beaucoup de polémiques quant à son intérêt économique. À cette fin,  le gouvernement avait prévu une réunion avec les deux entreprises intéressées mais Veolia a refusé d’y participer. Pire, Veolia a lancé une sorte d’ultimatum au gouvernement en indiquant qu’il exigeait une réponse sa proposition d’achat des actions d’Engie dans Suez . Engie dans l’actionnaire principal est l’Etat. Un ultimatum mal apprécié par le gouvernement .

“L’Etat ne cédera à aucune pression. Et l’Etat ne se fera pas dicter son calendrier”, a dit le ministre de l’Economie à des journalistes, en rappelant que le gouvernement avait des conditions en termes d’emplois, d’empreinte industrielle et de capital majoritairement français avant d’accepter tout rapprochement entre Veolia et Suez.

“Nous prendrons tout le temps nécessaire pour que cette opération se déroule dans les meilleures conditions, se fasse sans brutalité et dans l’intérêt des deux parties prenantes”, a-t-il ajouté.

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