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Post Législatives : les clés d’un nouveau débat

Post Législatives : les clés d’un nouveau débat 

 

Sans majorité à l’Assemblée, une nouvelle façon de gouverner va voir le jour : ni jupitérienne, ni cohabitation, mais citoyenne expose le cercle de réflexion l’Odissée*

 

Une réflexion très intéressante mais qui suppose un changement de culture tout autant qu’ une nette amélioration des connaissances des bouleversements systémiques affectant aussi bien l’économie, la technologie, l’environnement que la société. NDLR

Après les élections présidentielles et législatives 2022, la France n’est pas gouvernable en l’état. Non parce qu’il n’y a plus de parti ni coalition majoritaire, mais surtout parce qu’il n’y a ni pratique ni même de culture de débat. Les résultats électoraux sont le produit du déclassement de la France, des non-dits politiques et sociaux, du rejet des sortants, du hasard des incidents électoraux, des interactions difficiles à la vitesse des médias sociaux et de l’abstention.

 

  • Le déclassement - Francophonie, influence dans le monde, PIB par habitant, chômage, système de santé, Éducation Nationale, dette publique… : le pays est en décrochage depuis des décennies. Au décalage entre l’imaginaire des Français et leur vécu correspond la difficulté de leurs élus à aligner leurs actes sur leurs discours. Certes, les attentes sont telles que qu’il est bien ardu d’y répondre. Ceux qui maîtrisent le verbe, voire la pensée, savent manœuvrer pour obtenir la victoire électorale. Mais la victoire économique et sociale à long terme sur la scène internationale nécessite un tout autre genre de profil et de compétences. Les échecs prévisibles et visibles sur les sujets stratégiques produisent chaque fois un peu plus d’insatisfaction. Et les mécontents sortent à nouveau les sortants.
  • Les non-dits - La logique du front républicain, qui a présidé à plusieurs séquences électorales depuis quarante ans, a remplacé la formulation de diagnostics partagés sur les grands enjeux. Le système public centralisé a réussi à tenir non par son efficacité, mais par sa faculté d’exclusion de certains acteurs et, avec eux, d’informations, analyses et idées dont ils sont porteurs. Mais les faits sont têtus et rattrapent les acteurs : les effets réduits de solutions imparfaites à des problèmes mal posés finissent par se voir. Les citoyens découvrent que l’État et ses représentants sont démunis et leurs masques s’estompent.
  • Le rejet - Rejeter les uns n’est pas adhérer aux autres. Le grand-écart des reports de voix entre les extrêmes entre les deux tours révèle que les électeurs sont loin de tous approuver les idées du candidat de leur second choix. Si le parti majoritaire en 2017 a fait l’objet d’un rejet en 2022, les votes recueillis par ses concurrents ne révèlent pas un accord avec leurs propositions. Dans nombre de territoires, les vainqueurs bénéficient plutôt du licenciement de leurs prédécesseurs et prennent tout simplement sa place devenue vacante.
  • Le hasard - Dans quantité de circonscriptions, le résultat s’est joué à peu de voix. Les derniers événements médiatisés auraient pu être tout autres. Ils auraient alors fait pencher la balance autrement… Et une majorité aurait pu surgir d’un coin ou d’un autre de l’échiquier politique. De plus, l’équation individuelle d’une personnalité dans son terroir joue en sa faveur ou sa défaveur, quelle que soit son orientation politique, parfois elle-même en désaccord partiel avec son parti. Le vent aléatoire qui pousse ici ou là peut changer de cap au moindre incident de dernière minute lors de la prochaine élection.
  • La déconnexion - Les internautes ont pris l’habitude de s’exprimer aisément avec l’outil qu’ils ont dans leur poche : ils ne se contentent plus d’une voix… ils prennent la parole et aspirent désormais à être entendus ! Si l’interaction facile et immédiate devient une norme, elle ne produit cependant pas encore de raisonnement collectif. Convertir des empilements de monologues en dialogue fécond est un défi pour tout décideur. Comme les autres, partis et candidats sont encore loin de répondre à cette exigence.
  • L’abstention - Avec près de 54% d’abstention (environ 57% au sein du corps électoral, non-inscrits inclus), le premier choix du corps électoral est donc : un non-choix ! Quel qu’il soit, l’élu n’obtient que le second score. Une alliance entre tous les candidats n’obtiendrait pas un score supérieur à l’abstention. Aussi, aucune alliance de second plan ne sera assez représentative pour asseoir une légitimité réelle et durable aux yeux de nombreux citoyens.

Nouvelle situation, nouvelle méthode

L’élection ne relève donc que rarement d’un ancrage intellectuel compris et assumé à la fois par l’élu et par ses électeurs. Si la légitimité légale est indéniable, il n’en va donc pas de même pour la légitimité éthique : si le choix des électeurs n’est pas affirmé, le mandat qu’ils confient n’est pas clair non plus. Aussi, un élu se doit de concilier son programme électoral avec la variété des nuances de la diversité des citoyens. Cette ré-conciliation des divergences ne peut s’opérer qu’à travers le débat producteurs d’évolutions perceptibles.

Certes, l’émiettement de l’Assemblée Nationale constitue une occasion d’établir une meilleure qualité de délibération intergroupe. Et donc au sein des groupes et des partis qui devront s’y préparer. Cela pourrait même constituer une bouée de sauvetage pour la Ve République, pour un temps au moins.

Mais le débat entre leurs représentants ne pourrait suffire pour provoquer le réveil de nos concitoyens, pour les extirper de leur rancœur issue de discours infantilisants et des petites phrases simplistes dont ils sont abreuvés depuis des générations. Les parlementaires doivent donc parlementer entre eux, mais aussi parlementer avec les citoyens, et même jouer de médiateur entre citoyens opposés, voire hostiles. Surtout que les contraintes désagréables vont s’enchainer du fait de l’entrée dans la transition globale de la planète (climat, énergie, pollutions, biodiversité, matières premières…). Cela au moment même où l’État n’a bientôt plus de moyens, d’autant que l’inflation qui arrive va augmenter la charge du remboursement de sa dette, alors qu’il reste cependant attendu partout et par tous.

Comment faire passer nos concitoyens de l’état de vassaux qui attendent la protection de l’état-providence centralisé et lointain à celui d’inventeurs proactifs d’une nouvelle société ?  Pour accélérer la qualité du discernement et la créativité collective, puis le repérage et la mise en œuvre des meilleures solutions, encore faut-il activer la responsabilité intellectuelle de chacun vis-à-vis de tout et de tous.

Actionner sans délai toutes les intelligences suppose un réveil citoyen. Or, pour que le citoyen se lève, il faut lui donner une raison, lui démontrer l’importance de ses contributions, lui donner le signal de son utilité dans la société.

Cela passe par l’appel à participer à des débats non partisans. Mais attention, il s’agit de débattre, débattre véritablement : il faut casser les miroirs aux alouettes et les outils de marketing politique. Car, faire croire aux électeurs qu’ils seront entendus alors que l’on a que faire de leurs propos ferait encore le lit de la violence.

L’attractivité du processus dépend de sa faculté à organiser la production de consensus forts car fertiles, innovants et visibles. Pour cela, la méthode de réflexion collective doit garantir la consolidation interactive du raisonnement collectif par l’intégration de la diversité des apports de tous :

  • Informations, analyses, expériences et propositions,
  • Paramètres politiques, économiques et sociaux,
  • Dimensions locales, nationales et internationales,
  • Enjeux personnels, professionnels et sociétaux,
  • Intérêts particuliers, intérêts collectifs et intérêt général,
  • Idéaux, contingences et comportements actuels,
  • Orientations à long terme et objectifs opérationnels à court terme,

Les sujets, y compris les plus stratégiques, doivent être abordés les uns après les autres, selon un calendrier préétabli en accord avec les participants. Tous doivent être retravaillés à fréquence suffisamment élevée pour optimiser leurs interconnections entre eux ainsi que leur ré-adéquation systématique au monde qui bouge.

Dans tous les territoires et à tous les niveaux, les décideurs politiques, économiques et sociaux vont devoir assumer un nouveau rôle d’organisateur de débats responsables et efficaces. Dans tous les partis, syndicats et entreprises, l’enjeu consiste à réinventer le lien dirigeant-dirigé. Il s’agit de placer chacun en situation de contribuer à la réécriture de leurs propres projets. De la faire avec toutes les parties concernées. Et de les inscrire dans un nouveau projet de société forgé peu à peu ensemble. Il revient à chaque décideur de décider de rompre avec la verticalité, d’adapter à la France l’exemple des pays du Nord de l’Europe qui fonctionnent mieux qu’elle.

Alors seulement la France et les Français procéderont à une relecture de leur présent et de leur passé, ainsi qu’à l’articulation d’une vision partagée et enthousiasmante de leur avenir. Chacun pourra s’engager dans l’accomplissement du destin commun défini ensemble et abonder avec ses moyens, ses talents et ses énergies. Sans cet accouchement collectif, quels qu’ils soient, élus et citoyens ne seront pas en mesure de prendre en mains le destin français.

Sans cela, l’inertie sociale fera ressurgir la colère et la violence, encore amplifiées. Ce serait alors la dissolution, une nouvelle roulette électorale sans plus d’assise socio-politique qu’aujourd’hui et, quel que soit le vainqueur, la poursuite de l’affaissement !

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NOTES

(*) Afin d’éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l’Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livrera les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s’appuyant sur des cas pratiques et sur l’actualité.

L’Odissée, l’Organisation du Dialogue et de l’Intelligence Sociale dans la Société Et l’Entreprise, est un organisme bicéphale composé d’un centre de conseil et recherche (l’Odis) et d’une ONG reconnue d’Intérêt général (les Amis de l’Odissée) dont l’objet consiste à « Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde ».

Depuis 1990, l’Odissée conduit l’étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l’Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l’a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d’auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l’intérieur des entreprises.

L’Odissée (*)

 

Un nouveau cadre politique sur leur chemin vers l’Union Européenne ?

Un nouveau cadre politique sur leur chemin vers l’Union Européenne ?

 

Alors que les adhésions de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie à l’UE seront discutées lors du Conseil européen des 23 et 24 juin, le politiste Thierry Chopin et le directeur de l’Institut Jacques-Delors, Sébastien Maillard, définissent, dans une tribune au « Monde », le nouveau cadre à même de favoriser l’intégration politique des futurs candidats.

Les Vingt-Sept s’apprêtent à donner à l’Ukraine et à la Moldavie le statut convoité de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Un pas historique. Ces candidatures n’augurent pas d’un énième élargissement de plus. Elles dessinent l’Europe d’après-guerre. Elles marquent un saut conceptuel dans le projet européen, qui s’était gardé jusqu’ici de trop empiéter sur ce que Moscou considère comme le « monde russe ». Mais l’invasion de l’Ukraine a fait éclater sa prétendue « sphère d’influence », dont veulent s’extraire ce pays, la Moldavie et, dans une autre mesure, la Géorgie. En allant en personne à Kiev soutenir cette candidature, les dirigeants allemand, français et italien ont enfin montré qu’ils s’affranchissaient de prévenance à l’égard des susceptibilités russes qu’une telle perspective d’élargissement ne pourra laisser de marbre.

C’est pourquoi il faut sans attendre compléter ces candidatures d’une « communauté politique européenne »comme y appelle le président Macron, en écho au projet de confédération repris par l’ancien président du conseil italien Enrico Letta. L’expérience montre que l’adhésion est une marche longue, incertaine, qui peut tomber dans l’enlisement (Balkans), voire la paralysie (Turquie), au risque de décourager les aspirants et de lasser les opinions. L’accélération n’est pas une solution. Une entrée à la hâte dans l’Union braderait les légitimes exigences à l’adhésion. La sécurisation des frontières extérieures, la désoligarchisation de l’économie ainsi que la lutte contre la corruption sont autant de défis à relever avant de devenir pleinement Etat membre de l’Union.

La « communauté politique européenne » servirait justement à accompagner ce chemin semé d’embûches, à permettre une entrée graduelle dans l’Union. Elle permettrait de donner à voir aux populations la couleur de l’adhésion par des projets concrets sectoriels (sécurité, énergie, éducation et recherche), que peuvent faciliter, pour certains d’entre eux, les accords d’association de l’UE déjà en vigueur avec ces pays. Elle aurait aussi pour conséquence de sortir le pays négociant son adhésion du seul tête-à-tête avec la Commission européenne, en donnant un cadre multilatéral, où s’opère une acculturation politique approfondie entre dirigeants qui partagent les valeurs communes promues par l’Union.

A cet égard, une ratification de la Charte européenne des droits fondamentaux par les pays candidats leur permettrait de signifier solennellement leur attachement à ce socle d’appartenance. Des sommets réguliers à Bruxelles de la « communauté politique européenne » verraient les dirigeants dans et hors de l’Union s’asseoir à la même table européenne pour donner au respect de l’Etat de droit et à la maturation de la démocratie libérale les impulsions politiques qu’ils méritent, au-delà des procédures institutionnelles dont ils font déjà l’objet. Dans cette nouvelle étape de la construction européenne, il faut empêcher que ne ressurgissent des situations comme celles que nous connaissons aujourd’hui avec la Pologne et la Hongrie, qui violent le contrat sur les valeurs politiques européennes inhérent à l’adhésion ; un contrat politique que mettrait en exergue la communauté éponyme.

Jeunes : un nouveau rapport aux entreprises

Jeunes : un nouveau rapport aux entreprises 

 

Les représentants de la génération Z n’ont pas les mêmes attentes vis-à-vis de leurs employeurs que leurs aînés. En conséquence, les politiques de ressources humaines s’adaptent. Par Elodie Gentina, IÉSEG School of Management; Aurélie Leclercq-Vandelannoitte, IÉSEG School of Management et Véronique Pauwels, IÉSEG School of Management.

 

 

Les jeunes nés après 1995, désignés par le terme « génération Z » et portés par la 4e révolution industrielle, imposent une remise en cause des pratiques de management au sein de l’entreprise. Une des thématiques clés est le rapport à la fidélité. Alors que la fidélité et la loyauté à long terme étaient des principes propres aux générations passées (les baby-boomers et la génération X), les jeunes semblent ne plus sacraliser l’entreprise, et peuvent même la quitter sans état d’âme rapidement après leur embauche.

Un jeune Français sur deux refuse ainsi de s’engager dans l’entreprise à long terme, privilégiant le statut plus souple et flexible d’intérimaire ou de « free-lance ». De plus, si le phénomène de « slashing », qui désigne le fait de cumuler plusieurs activités professionnelles, concerne toutes les générations, il touche particulièrement les jeunes de moins de 30 ans (39 % contre 19 % des plus de 60 ans), maîtrisant parfaitement le digital et vivant dans une culture de l’instantanéité.

Dès lors, comment repenser la question de la fidélité de la jeune génération à l’entreprise ? Pour répondre à cette question, nous avons mené une étude de cas, à paraître dans la Revue de gestion des ressources humaines, auprès d’une grande enseigne française de distribution d’articles de sports réputée par son attractivité auprès des jeunes.

L’étude de cas met en évidence l’émergence d’une nouvelle conception de la fidélité chez les jeunes, qui s’appuie sur des dimensions à la fois émotionnelle, sociale, collaborative, intrapreneuriale et éthique.

Tout d’abord, la dimension émotionnelle transparaît dans la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et de sens, bien plus que dans la recherche d’une sécurité financière. Un manager en témoigne :

« Les jeunes veulent un équilibre, ils ne veulent pas un 9h-18h. Ils veulent leur équilibre de telle façon à se sentir le mieux possible ; il y en a qui travaillent mieux le soir, d’autres mieux le matin ».

La dimension sociale de la fidélité repose sur le besoin d’intégration au groupe et la fierté d’appartenance à l’organisation, comme en atteste un jeune salarié :

« Il faut être surtout disponible pour ton équipe et pas seulement pour ton employeur. La fidélité, je la vois surtout à l’équipe ».

La dimension sociale de la fidélité s’étend à la dimension collaborative, dans le sens où les jeunes attendent de leur entreprise qu’elle leur confie des projets variés dans lesquels ils peuvent prendre des responsabilités ensemble, en équipe. Un manager précise :

« L’atout des jeunes, c’est qu’ils osent prendre des initiatives ensemble, discuter, dire ce qui ne va pas, être beaucoup plus dans le relationnel, en ayant moins peur ».

La dimension intrapreneuriale repose sur la possibilité non seulement de choisir son propre parcours au sein de l’entreprise, mais aussi de pouvoir en être acteur, en participant à la « vision » organisationnelle. Un jeune salarié apprécie ainsi les opportunités offertes par son employeur :

« Il y a cette notion de parcours où tu n’es pas enfermé dans un métier. De plus, les jeunes sont acteurs et peuvent donner leur point de vue ; leurs initiatives servent la vision de l’entreprise ».

Enfin, la dimension éthique de la fidélité est apparue encore plus clairement pendant la crise sanitaire, qui a mis en évidence un besoin très prégnant de sens, d’utilité sociale des jeunes à travers des missions dans lesquelles ils peuvent s’engager pour défendre des causes environnementales et/ou sociales.

Face à ces multiples ressorts de la fidélité observés chez la génération Z, les entreprises travaillent aujourd’hui sur quatre leviers principaux dans leur politique de fidélisation des jeunes : 1) le bien-être, 2) l’authenticité et l’affectivité, 3) la création et l’engagement ainsi que 4) l’utra-connexion et le partage.

Le premier levier, reposant sur le bien-être, peut passer par une meilleure prise en compte des préférences des jeunes en matière d’horaires de travail, en développant des politiques de flexitime par exemple, qui donnent aux employés la possibilité de travailler selon les heures de leur choix. Des sociétés américaines comme Microsoft ou Google sont passées à la semaine de 4 jours en 2021.

Le deuxième levier vise la recherche d’authenticité et d’affectivité. Ce levier repose par exemple sur le développement de la responsabilité sociétale de l’entreprise, et inclut une évolution du rôle du manager, appelé à remplacer les rôles de supervision et de contrôle par ceux d’accompagnement et de coaching, visant à accompagner et à faire « grandir » les jeunes dans l’entreprise. La mobilisation des étudiants d’AgroParisTech appelant à déserter l’agro-industrie en pleine remise de diplôme marque un signal : nombreux sont les jeunes qui refusent de travailler dans des entreprises n’ayant pas mis en place de politique à la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux.

Le troisième levier, à savoir la création et l’engagement, appelle à encourager le sens de la création et de l’engagement des salariés, à travers des méthodes faisant appel à la co-création et à la responsabilisation (empowerment) des salariés, comme en témoigne le développement de l’intrapreneuriat au sein même de l’organisation. Suivant l’exemple bien connu de Google qui a autorisé très tôt ses salariés à consacrer un jour par semaine à un projet autre que celui de leur mission, la banque Société Générale a mis à contribution ses collaborateurs pour inventer « la banque de demain ».

Enfin, le quatrième levier, encourageant l’ultra connexion et le partage, s’appuie sur une adaptation de l’espace de travail à la fois numérique et physique. Certaines pratiques, telles que l’aménagement de l’espace de travail, ou encore la « gamification », sont considérées comme des dispositifs permettant de renforcer la fidélité des jeunes recrues, tout en s’inscrivant dans leurs usages des technologies numériques. Par exemple, l’entreprise Welcome to the Jungle, a créé une monnaie virtuelle le « monkey » afin de valoriser le travail des collaborateurs. Le principe est simple : chaque jour, chaque membre de l’entreprise reçoit 10 monkeys qu’il doit utiliser pour récompenser ses collaborateurs.

Toutes ces pratiques de fidélisation sont appelées à se généraliser, au risque de se couper de la génération Z, ce qui serait d’autant plus problématique qu’elle constitue un élément moteur du renouvellement des compétences et de la transformation digitale des entreprises.

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Par Elodie Gentina, Associate professor, marketing, IÉSEG School of Management ; Aurélie Leclercq-Vandelannoitte, Chercheuse, CNRS, LEM (Lille Economie Management), IÉSEG School of Management et Véronique Pauwels, Associate Professor, IÉSEG School of Management.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Elodie Gentina, Leclercq-Vandelannoitte et Véronique Pauwels

Carburant : à nouveau au-dessus de deux euros

Carburant : à nouveau au-dessus de deux euros

 

 

La hausse du carburant reprend et les perspectives sont mauvaises pour l’avenir. D’après les experts on peut s’attendre au caractère durable de ce véritable choc pétrolier. Le prix du litre de gazole comme celui du litre de sans-plomb 95 E10 ont bondi la semaine dernière, avec une hausse de plus de 13 centimes. Le SP95-E10 repasse la barre des 2 euros le litre en moyenne, malgré la ristourne gouvernementale.

Le prix du litre de gazole, le carburant le plus consommé en France, a bondi de 13,3 centimes la semaine dernière en France, selon les dernières données publiées ce mardi par le ministère de la Transition écologique.

Le litre de sans-plomb 95 E10 grimpe aussi très fortement : +13,7 centimes par litre. Ce qui amène le litre de sans-plomb 95-E10 à repasser la barre symbolique des 2 euros le litre. Et ce, malgré la ristourne de 18 centimes par litre mise en place par le gouvernement.

Le litre de SP95-E10 bat ainsi son record depuis le mois janvier. S’il avait déjà dépassé les 2 euros le 11 mars, à 2,0286 euros le litre, il était resté depuis contenu sous la barre des 2 euros.

Le gouvernement a choisi de maintenir la réduction de 15 à 18 centimes jusqu’à la fin de l’été .

Nouveau Gouvernement Borne : de la tambouille politicienne digne de la IVe République

Nouveau Gouvernement Borne  : de la tambouille politicienne digne de la IVe République

Il est clair que la composition du gouvernement Borne résulte d’une infâme tambouille politicienne d’un autre temps. Pour parler clair, on s’inspire largement des combinaisons de la IVe République avec de savants dosages supposés ménager les différents courants.

 

Ainsi clairement , Marcon a voulu s’afficher à gauche avec la composition de ce gouvernement. L’objectif est évidemment de pomper les voix des couches sociales qui seraient tentées de s’abstenir ou de voter pour Mélenchon et ou Le Pen. À noter d’ailleurs que la première ministre a été choisie par défaut au dernier moment. C’est en effet Catherine Vautrin femme politique de droite qui avait les faveurs du pouvoir. Mais on a choisi à la place Élisabeth Borne  dont on dit qu’elle serait issue de la gauche, mais on se demande bien de quelle gauche il s’agit sinon celle des salons du septième arrondissement. Bref , cette « goche » qui a fait mourir le parti socialiste quand les technocrates ont pris le pouvoir sur les militants.

La contrainte la plus importante était sans doute de limiter le nombre d’hommes pour satisfaire à la parité. Alors Macron souffre cruellement de personnalités à la fois charismatiques et compétentes. Du coup, trouver des femmes responsables était un exercice particulièrement complexe.

Le problème de Macron ce qu’il fait lui en même temps à gauche mais aussi à droite. Il a ainsi réussi à débaucher l’ancien responsable du groupe parlementaire des « républicains » passé du jour au lendemain avec armes et bagages chez l’ennemi sans état d’âme en échange d’un petit Marocain. Le débauchage va évidemment continuer pour dépecer à la fois ce qui reste  du parti socialiste et des républicains

. Finalement , on aboutit ,comme précédemment d’ailleur,s à un gouvernement très conformiste composé pour l’essentiel de professionnels de la politique et dont les valeurs se confondent le plus souvent avec leur intérêt personnel. Bref un personnel politique médiocre et qui va se révéler rapidement incompétent compte tenu de l’aggravation d’une conjoncture de plus en plus complexe voire dramatique.

Dans le dispositif, il est clair qu’Élisabeth Borne ne joue aucun rôle. Elle ne représente d’ailleurs aucun courant politique, aucune tendance. Il s’agit d’une techno pure et dure, par ailleurs psychorigide, qui ne résistera pas au premier vent de tempête. Il est vraisemblable qu’elle n’a pas eu le moindre mot à dire sur le choix de ses ministres voire de leur entourage.

On voit mal l’intéressée en capacité d’affronter les vents mauvais comme par exemple l’inflation qui ronge croissance et pouvoir d’achat, la réforme des retraites, la transformation de l’État, les banlieues, l’endettement, l’insécurité ou encore la question centrale de la crise du système sanitaire.

De toute manière ce gouvernement aura une durée de vie limitée et on assistera vraisemblablement à la mise en place d’un nouveau gouvernement sitôt les législatives passées.

Nouveau gouvernement Borne : de la cuisine politicienne digne de la IVe République

Nouveau gouvernement Borne  : de la cuisine  politicienne digne de la IVe République

Il est clair que la composition du gouvernement Borne résulte d’une infâme tambouille politicienne d’un autre temps. Pour parler clair, on s’inspire largement des combinaisons de la IVe République avec de savants dosages supposés ménager les différents courants.

 

Ainsi clairement , Marcon a voulu s’afficher à gauche avec la composition de ce gouvernement. L’objectif est évidemment de pomper les voix des couches sociales qui seraient tentées de s’abstenir ou de voter pour Mélenchon et ou Le Pen. À noter d’ailleurs que la première ministre a été choisie par défaut au dernier moment. C’est en effet Catherine Vautrin femme politique de droite qui avait les faveurs du pouvoir. Mais on a choisi à la place Élisabeth Borne  dont on dit qu’elle serait issue de la gauche, mais on se demande bien de quelle gauche il s’agit sinon celle des salons du septième arrondissement. Bref , cette « goche » qui a fait mourir le parti socialiste quand les technocrates ont pris le pouvoir sur les militants.

La contrainte la plus importante était sans doute de limiter le nombre d’hommes pour satisfaire à la parité. Alors Macron souffre cruellement de personnalités à la fois charismatiques et compétentes. Du coup, trouver des femmes responsables était un exercice particulièrement complexe.

Le problème de Macron ce qu’il fait lui en même temps à gauche mais aussi à droite. Il a ainsi réussi à débaucher l’ancien responsable du groupe parlementaire des « républicains » passé du jour au lendemain avec armes et bagages chez l’ennemi sans état d’âme en échange d’un petit Marocain. Le débauchage va évidemment continuer pour dépecer à la fois ce qui reste  du parti socialiste et des républicains

. Finalement , on aboutit ,comme précédemment d’ailleur,s à un gouvernement très conformiste composé pour l’essentiel de professionnels de la politique et dont les valeurs se confondent le plus souvent avec leur intérêt personnel. Bref un personnel politique médiocre et qui va se révéler rapidement incompétent compte tenu de l’aggravation d’une conjoncture de plus en plus complexe voire dramatique.

Dans le dispositif, il est clair qu’Élisabeth Borne ne joue aucun rôle. Elle ne représente d’ailleurs aucun courant politique, aucune tendance. Il s’agit d’une techno pure et dure, par ailleurs psychorigide, qui ne résistera pas au premier vent de tempête. Il est vraisemblable qu’elle n’a pas eu le moindre mot à dire sur le choix de ses ministres voire de leur entourage.

On voit mal l’intéressée en capacité d’affronter les vents mauvais comme par exemple l’inflation qui ronge croissance et pouvoir d’achat, la réforme des retraites, la transformation de l’État, les banlieues, l’endettement, l’insécurité ou encore la question centrale de la crise du système sanitaire.

De toute manière ce gouvernement aura une durée de vie limitée et on assistera vraisemblablement à la mise en place d’un nouveau gouvernement sitôt les législatives passées.

La « société écologique », Nouveau modèle culturel et politique ?

La « société écologique », Nouveau modèle culturel et politique ?

Selon les derniers résultats de l’Observatoire des perspectives utopiques, les Français affirment rêver d’une société sobre et respectueuse de l’impératif écologique. Par Philippe Moati, Université Paris Cité

Une tribune qui rappelle la préoccupation écologique mais qui en affaiblit la portée avec une typologie des modes de société un peu simpliste et pour tout dire un peu trop militante*. NDLR

 

Le futur imaginé par Emmanuel Macron lors de la présentation de France 2030 est très technologique, mais pas forcément écologique. (Crédits : Reuters)

Et si le malaise qui saisit les sociétés occidentales avait à voir avec un manque d’idéaux, un déficit d’objectifs collectifs à atteindre, une panne du désir d’avenir ?

L’utopie moderne, du « progrès » par la libération des forces de la raison, a globalement tenu ses promesses et on en perçoit aujourd’hui surtout les limites. Le désintérêt croissant pour la politique n’est-il pas à rapprocher de la difficulté qu’a le personnel politique d’aller au-delà d’un discours technique pour inscrire leur action ou leurs propositions d’action dans une perspective de long terme plus ou moins utopique ?

Mais est-il encore possible, dans des sociétés fragmentées, travaillées par l’hyperindividualisme, d’imaginer un modèle de société idéale qui pourrait constituer un horizon désirable par le plus grand nombre ?

C’est pour tenter d’apporter des éléments de réponse à cette question que nous avons à l’ObSoCo lancé en 2019 un Observatoire des perspectives utopiques. Depuis, nous avons traversé une crise sanitaire qui selon certains devait initier un « monde d’après ».

Qu’en est-il, la sidération passée, des effets de cette crise sur les idéaux des Français ? Une nouvelle vague de l’enquête a été lancée auprès de 4 000 personnes en février 2022 (avant le début de la guerre en Ukraine).

Comme en 2019, trois « systèmes utopiques », trois modèles de société, ont été soumis à l’évaluation d’un échantillon représentatif de Français. Ces trois « sociétés idéales » sont celles que nous avions définies avec nos partenaires (Ademe, BPIFrance, chaire ESCP-E.Leclerc), sur la base ce qui nous semblait être porté par des mouvements sociaux, des leaders d’opinion, voire des courants politiques :

  • L’utopie écologique évoque une organisation de l’économie et de la société tendue vers l’équilibre et la sobriété. Répondant en premier lieu à l’impératif écologique, elle s’accompagne de modes de vie et de consommation que l’on pourrait résumer par la formule « moins, mais mieux ».
  • L’utopie identitaire-sécuritaire campe quant à elle une société nostalgique d’un passé révolu, soucieuse de préserver son identité et sa singularité face aux influences étrangères, qu’elles viennent d’une mondialisation économique ou de l’arrivée de nouvelles populations. Ici, clairement, la difficulté à se projeter dans l’avenir favorise la recherche d’idéaux dans un passé réinventé, un supposé âge d’or qui prend alors les traits d’une utopie.
  • L’utopie techno-libérale enfin qui, s’inscrivant dans une trajectoire hypermoderne, décrit une société dans laquelle priment les valeurs individualistes et la reconnaissance des droits individuels, bénéficiant d’une croissance forte (mais génératrice d’inégalités) grâce à la vigueur d’un progrès technique allant jusqu’au augmenter l’humain, dans une perspective transhumaniste.

Sur la base de 15 propositions

Chacun de ces trois systèmes utopiques, sans être nommé, a été présenté sous la forme d’une quinzaine de propositions qui en décrivaient les différentes facettes (économiques, politiques, relatives aux modes de vie…), en tentant d’équilibrer les points pouvant être perçus comme positifs par des contreparties négatives.

La question était formulée de la manière suivante : « Voici la description d’une société idéale. Veuillez noter de -5 à +5 chacune de ses caractéristiques (les 15 propositions apparaissant une à une à l’écran selon un ordre aléatoire) en fonction de votre degré d’adhésion (-5 = vous rejetez radicalement le point concerné. +5 vous adhérez totalement au point concerné. Les notes intermédiaires vous permettent de nuancer votre jugement (0 = neutre). Attention, il ne s’agit pas de porter un jugement sur la crédibilité des propositions, mais sur la mesure dans laquelle elles correspondent à ce que vous souhaitez pour l’avenir ».

Une nette préférence pour la « société écologique »

C’est clairement la société écologique qui l’emporte. Sur la base de la moyenne des notes données aux 15 propositions décrivant chacune des trois sociétés idéales, elle apparaît comme le modèle de société préféré de 51 % des Français interrogés.

Elle est suivie par l’utopie identitaire-sécuritaire, avec 39 %. Loin derrière, l’utopie techno-libérale ferme la marche avec 11 %.

La comparaison avec les préférences exprimées en 2019 révèle une étonnante stabilité, les variations de ces parts s’inscrivant dans la marge d’erreur statistique. La comparaison de la moyenne des notes données par les répondants à l’issue de la présentation de chacune des sociétés utopiques conduit à la même hiérarchie, l’utopie techno-libérale étant associée à une moyenne négative.

Un large consensus autour des modes de vie

Cette manière de présenter les résultats peut donner le sentiment de préférences tranchées, exclusives, suggérant des oppositions marquées au sein de la population quant aux orientations souhaitables. En réalité, l’observation des résultats détaillés donne une image très différente.

Tout d’abord, peu de partisans des utopies techno-libérale et identitaire-sécuritaire manifestent une franche hostilité à l’égard de l’utopie écologique. Mieux, ils sont nombreux à l’avoir évalué favorablement puisque, au final, 69 % des Français interrogés lui ont donné une note globale positive.

Ensuite, la manière dont les répondants ont évalué les différentes facettes des trois systèmes utopiques révèle une adhésion très générale à plusieurs dimensions de l’utopie écologique, et en particulier celles relatives aux modes de vie et de consommation.

Ainsi, produire et consommer local, consommer moins, mais mieux, faire davantage par soi-même, développer la consommation collaborative (mutualisation d’équipements et de ressources), mais aussi vivre dans des villes petites ou moyennes, réduire sa mobilité et privilégier les mobilités douces… apparaissent comme des dimensions consensuelles de la manière dont chacun imagine sa société idéale.

L’adhésion à l’utopie écologique doit au moins autant à l’attrait exercé par les modes de vie que lui sont associés que la conscience de la gravité de la crise environnementale.

Ordre et sécurité

Autre point marquant : on compte également peu d’adversaires farouches de l’utopie identitaire-sécuritaire (63 % de notes globales positives, dont 32 % de notes supérieures ou égales à +3).

L’examen de détail de l’évaluation de ses différentes dimensions montre qu’elle pâtit de ses orientations xénophobes et homophobes ; ses dimensions sécuritaires font, elles, l’objet d’un relatif consensus.

À croire que les Français aspirent à une société écologique où règnent l’ordre et la sécurité.

L’ancrage dans le local est également une dimension consensuelle, prisée tout à la fois (mais sans doute pour des raisons différentes) par les partisans de l’utopie écologique et ceux de l’utopie identitaire-sécuritaire.

Dans l’ensemble, la comparaison avec les résultats de 2019 semble indiquer le renforcement d’un désir de recentrage, de repli sur soi, de l’échelle nationale (poussée souverainiste) jusqu’au niveau personnel (aspiration au ralentissement, à l’épanouissement personnel).

On ne peut qu’être frappé par l’écart entre l’intensité de l’adhésion à un modèle de société écologique et son écho somme doute modeste dans les orientations politiques des Français. N’oublions pas que l’enquête visait à recueillir des idéaux ; il peut y avoir une importante distance entre l’adhésion à des perspectives lointaines et l’acceptation des conséquences immédiates de leur mise en œuvre.

Peut-être aussi l’écologie politique n’a-t-elle pas encore réussi à associer à son propos la mise en avant de modes de vie désirables.

Divisions dans le « rapport à l’autre »

Les résultats généraux de l’enquête mettent en lumière d’autres éléments de consensus au sein de la population française : l’exigence de liberté, le souci de l’égalité, la tolérance et le respect des droits individuels, la volonté de faire entendre sa voix (dans l’entreprise, dans les décisions politiques) ; mais aussi le rejet de l’augmentation de l’humain par la technologie, l’appétence pour les petites échelles, et, sur un plus personnel, un objectif d’autonomie et de réalisation de soi conjugué au désir de renforcement d’un lien social choisi…

Autant d’éléments dont le niveau d’adhésion a généralement progressé par rapport à 2019.

Les éléments de consensus ne doivent cependant pas masquer d’autres dimensions autour desquelles les Français se divisent, voire s’opposent.

La principale ligne de fracture semble résider dans le rapport à « l’autre », qui s’incarne dans les attitudes à l’égard de la mondialisation économique, mais aussi du cosmopolitisme et de l’« étranger ».

Comme si le pessimisme, largement partagé, s’incarnait chez certains par une volonté d’ouverture et de changement et chez d’autres par une posture nostalgique de repli s’accompagnant d’une attente de sécurité et de protection, voire de la restauration d’un certain ordre moral.

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Par Philippe Moati, Professeur en sciences économiques, Université Paris Cité

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Nouveau gouvernement : attention aux conflits d’intérêts

Nouveau gouvernement : attention aux conflits d’intérêts

 

Dans une tribune au « Monde », le président de Transparency International France, Patrick Lefas,  appelle la nouvelle cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, à mettre en place des mesures de déontologie et de transparence essentielles pour garantir la probité de l’exécutif.

Notons en effet que plusieurs affaires de membres de gouvernement ont été un peu vite enterrées par la justice depuis 2017 NDLR

 

Depuis les lois Confiance dans la vie politique du 15 septembre 2017 qui avaient cherché à traduire dans la loi la promesse forte d’exemplarité du candidat Emmanuel Macron et à tirer les leçons de l’affaire Fillon, le quinquennat qui s’est terminé le 13 mai laisse un goût d’inachevé en matière de transparence et de déontologie au niveau de l’exécutif. Alors que le Parlement s’est efforcé d’assurer un contrôle aussi rigoureux que possible des frais de mandat et s’est attaché à prévenir les risques de conflits d’intérêts, le gouvernement n’a pas suffisamment pris la mesure de l’exigence croissante d’éthique dans l’action et de redevabilité de chacun de ses membres, à l’instar de toutes les démocraties européennes.

La nouvelle première ministre, Elisabeth Borne, a aujourd’hui l’occasion de marquer dans la Constitution et les règles de fonctionnement de son gouvernement que tout manquement à la transparence et à la probité sera immédiatement sanctionné.

En premier lieu, il revient au chef du gouvernement la responsabilité de s’assurer que ses membres s’acquittent avec le plus grand sérieux de leurs obligations déclaratives auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique [HATVP]. En moins de dix années d’existence, celle-ci s’est fait une place de choix dans la vie publique française. Ses vérifications préalables de la situation fiscale des « ministrables », ainsi que ses contrôles postérieurs renforcés des déclarations d’intérêts et de patrimoine garantissent l’exemplarité des ministres.

Pourtant, quelques démissions contraintes du précédent quinquennat, dont l’affaire Delevoye [le haut-commissaire aux retraites avait « omis » de déclarer plusieurs mandats dans sa déclaration d’intérêts à la HATVP et continuait d’occuper des fonctions rémunérées après son entrée au gouvernement], auraient pu facilement être évitées si les principaux intéressés avaient rempli avec sérieux leurs déclarations. Le contrôle de la HATVP, doublé du contrôle citoyen rendu possible par la transparence, permet tôt ou tard de révéler les inexactitudes avec les dégâts d’image que cela implique. La désinvolture vis-à-vis de ses obligations déontologiques n’est donc aujourd’hui plus tolérable et c’est à la première ministre d’énoncer clairement ce principe.

Faire respecter la discipline déontologique au sein du gouvernement, c’est aussi s’assurer qu’une fois que des risques de conflit d’intérêts ont été identifiés, ils soient neutralisés dès que possible par une règle stricte de déport. Si cette obligation légale a été appliquée avec rigueur par la grande majorité des ministres, comme en témoigne le très complet registre de prévention des conflits d’intérêts du gouvernement accessible en ligne, il aura suffi d’un manquement individuel pour aboutir à une mise en examen.

Enjeux numériques pour le nouveau gouvernement

Enjeux numériques pour le nouveau gouvernement

 

Pour le nouveau quinquennat, Gilles Babinet, Digital Champion pour la France auprès de la commission européenne et coprésident du Conseil national du numérique (CNum) estime nécessaire d’appuyer les dynamiques qui font que le numérique sort du sillon technocratique pour devenir un enjeu politique avec des arbitrages et un pilotage interministériel. Ce qui plaide selon lui pour quatre ministères traitant des sujets numériques.(la Tribune)

 

Quel est le bilan de l’action du gouvernement sortant dans le numérique ?

Cédric O s’est surtout attaché à faire décoller l’écosystème des startups. J’entends beaucoup de voix très critiques de son action, qui a surtout consisté à aider à la réalisation de l’objectif fixé par le président d’avoir 25 unicornes en 2025 (elles sont désormais 26). Je pense au contraire que ces entreprises sont nécessaires et que Cedric O a eu un rôle très tangible à cet égard. Qu’on apprécie ce type d’acteurs ou pas, il faut être conscient que ce seront les grandes entreprises de demain. Il y aura des morts, des faillites (comme Sigfox) mais sur le fond une dynamique schumpétérienne est désormais en place.

Il y a également des critiques de son action sur les enjeux de souveraineté. Or, mis à part faire des politiques industrielles très colbertistes et qui ne marchent pas, je ne vois pas ce qu’on peut faire à court terme. Certes on peut réorienter la commande publique – je pense que cela sera fait dans ce nouveau mandat – et surtout accroître la qualité des formations. Ce dernier point est à mon sens l’écueil de ce gouvernement passé. Je ne sais pas qui aura le poste qu’occupe Cédric. mais je pense que ça sera une femme qui a déjà passé beaucoup de temps au contact de l’écosystème des startups ; deux trois noms reviennent beaucoup.

Signataire de la tribune publiée dans La Tribune qui plaide pour l’existence d’un grand ministère du numérique, il me semble surtout nécessaire d’appuyer les dynamiques qui font que le numérique sort du sillon technocratique pour devenir un enjeu politique avec des arbitrages et un pilotage interministériel.

A cet égard, je serais encore plus favorable d’avoir quatre ministères traitant de sujets numériques :

(i) un pour la compétitivité de l’écosystème numérique, Frenchtech… Ce que faisait Cedric O.

(ii) un second pour la transformation de l’Etat, des territoires et de l’expérience utilisateur.

(iii) un troisième pour la réindustrialisation, la décarbonation.

(iv) et un quatrième pour l’éducation, le code, la formation, la littérature numérique, en coordination avec la recherche.

Tous les quatre auraient le terme numérique dans leur titre et auraient des modes de collaborations renforcés. Ça aurait des répercussions très significatives, y compris à l’international.

Le chantier qui me préoccupe le plus va directement à l’enseignement et à la recherche. Nous devrions sérieusement en débattre. Lorsque le ministre Blanquer est arrivé, tout le monde lui a tressé des louanges, sans voir que le projet était très faible et que l’idée de remonter dans les

 

Ces réformes n’existeront que si un consensus se crée sur ce qu’il faut faire. Or, si le système ne sait pas faire le minimum, compter, lire, écrire, il ne faut même pas envisager d’y ajouter des thématiques numériques. Au-delà, nous n’avons pas de stratégie d’attractivité des chercheurs parce que nous savons que l’enseignement supérieur est sous-financé et sous gouverné. Il ne faut pourtant pas rêver : il n’y aura pas de « French Digital Nation » réellement souveraine sans une recherche et un enseignement supérieur de haut niveau. Avec 3,5% d’affectation du PIB français sur ce sujet, on est loin des 6% des meilleurs. Il faut engager les réformes indispensables de financement et de gouvernance des universités et de la recherche, que personne n’a osé toucher depuis les réformes Pécresse de 2007.

Quelle initiative nouvelle pourrait prendre le gouvernement à venir ?

Le sujet de l’inclusion devrait être mis en avant. Egalement celui de la débureaucratisation par le numérique. C’est un gros chantier, mais nécessaire. Je suis convaincu que la complexité administrative et la faible qualité de l’expérience utilisateur des services publics a eu sa part dans des mouvements sociaux comme les gilets jaunes. Ce qui serait également intéressant serait de faire cette nation écologique que vantait le candidat Macron, mais en rupture avec une écologie punitive. Or, l’une des opportunités que permet le numérique c’est de faire plus avec beaucoup moins. Partout autour de nous, nous avons du gâchis d’énergies, de ressources. Je travaille actuellement à l’Institut Montaigne sur un rapport concernant la façon d’accélérer la décarbonisation avec la technologie, nous sommes convaincus qu’il existe un potentiel inexploré.

Concernant le web3, est-ce un domaine où l’Etat devrait être présent ?

Oui et non. D’un coté les acteurs du web3 sont en train de nous faire le même coup que lors de l’émergence de l’internet et du web 2.0 : en substance, « ne nous régulez surtout pas ».   Ça a abouti à des concentrations de pouvoir, à une évasion fiscale de masse et à une déstabilisation de la démocratie à une échelle jamais vue. Il faut donc que l’Etat s’en mêle mais de façon intelligente : pas de politique industrielle comme on l’a trop fait et plutôt un accompagnement pour favoriser les meilleurs usages. Inter-compatibilité entre formats de blockchains et metaverses, ouverture des données d’intérêt général, cadre fiscal ambitieux et fait en comparaison avec ce qui se fait ailleurs… Et à nouveau accélérer sur les sujets d’éducation et de formation. La France pourrait se positionner de façon astucieuse dans de domaine si nos vieux démons ne s’en mêlent pas.

____________________________

Gilles Babinet est un entrepreneur dans le domaine digital. Il est contributeur de l’institut Montaigne sur les questions numériques et travaille actuellement sur les enjeux liés au numérique et aux émissions de CO2.

livre « Refondre les Politiques Publiques avec le Numérique »

Carburant : à nouveau vers les deux euros le litre

Carburant : à nouveau vers les deux euros le litre

Paradoxe apparent, c’est au moment même où les cours du pétrole commencent à baisser du fait  des craintes de récession mondiale que le prix du carburant monte à la pompe pour s’approcher des deux euros le litre. En cause évidemment, le décalage entre la production et la consommation, sans parler de la spéculation.

L’essence a vu son prix bondir sur une semaine, autour de six centimes pour le SP95, le SP95-E10 et le SP98. Ces trois carburants repassent au-dessus de la barre des 1,8 euro, en moyenne, et même des 1,9 euro pour le troisième, atteignant 1,9181 euro le litre. Ils connaissent aussi leur plus forte hausse depuis le 22 avril pour le gazole, et depuis mi-mars pour l’essence.

En trois semaines, de mi-avril au 6 mai, le litre de gazole a donc augmenté de 13 centimes, et celui de SP95-E10 de près de 9 centimes. Dans l’ensemble, les prix à la pompe restent inférieurs au niveau de fin mars, avant l’entrée en vigueur de la remise à la pompe de quinze à dix-huit centimes par litre. Mais l’écart massif observé avant et après le début de cette mesure a été considérablement réduit par les hausses de prix. Au 25 mars, ainsi, un litre de gazole coûtait 2,1165 euros en moyenne, contre 1,8116 euro le 15 avril. Un écart de 30,5 centimes, qui s’est réduit à 17,3 centimes depuis.

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

Guerre en Ukraine : nouveau recul des Russes

 

Sur plusieurs fronts,  la résistance ukrainienne a permis d’obtenir des reculs des Russes. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky confirme la libération d’Irpin, ville située à une vingtaine de kilomètres de la capitale.
« Aujourd’hui, nous avons de bonnes nouvelles. Nos soldats avancent dans la région de Kiev, et reprennent le contrôle du territoire ukrainien. Nous avons libéré Irpin. Bon travail. »

Deux éléments assez fondamentaux permettent de s’interroger sur l’hypothèse d’un futur recul des Russes. L’armée russe a d’abord reconnu qu’elle avait atteint ses objectifs en Ukraine, ensuite qu’elle entendait se redéployer essentiellement sur le Donbass. Une forme de reconnaissance que l’occupation complète de l’Ukraine constitue en faite un échec. L’armée russe a d’ailleurs reconnu de nombreuses pertes y compris si les chiffres sont à relativiser.

On ne peut cependant écarter une autre hypothèse celle qui consisterait pour les Russes à obtenir une certaine pause sur le front guerrier afin de renforcer les troupes assez désorganisées, sans moral et manquant de matériel. La plupart des observateurs constatent  cependant que l’objectif d’une occupation totale et permanente de l’Ukraine s’est heurtée à une très vigoureuse résistance ukrainienne. Le Kremlin et Poutine en particulier ont sous-estimé cette résistance et doivent sans doute se rabattre sur des objectifs plus réduits pour transformer la  défaite en victoire.

Cette guerre a aussi mis en lumière la faiblesse de l’armée russe théoriquement puissante mais en réalité qui ressemble un peu à une armée mexicaine mal équipée. D’où l’utilisation de bombardements à l’aveugle de n’importe quelle cible de la part des Russes pour entretenir l’illusion de la puissance.

Il n’est pas impossible aussi qu’on plan interne la situation économique et sociale russe soit plus dégradée qu’on ne le pensait et que certains entourages de Poutine aient pesé pour  stopper cette aventure irresponsable.

Globalement si ce recul des Russes confirme le bilan aura été catastrophique. Pour l’Ukraine bien sûr mais aussi pour la Russie qui se sera aliénée évidemment les pays de l’OTAN, coupée du commerce international et  qui aura fortement porté atteinte à l’image et à la situation  même de la Russie.

Politique : un nouveau contrat social de la gauche ?

Politique : un nouveau contrat social de la gauche ?

 

Un collectif d’élus, de chercheurs, de militants associatifs, d’entrepreneurs et de décideurs publics, parmi lesquels Manon Aubry, Thomas Piketty, Axelle Lemaire ou Noël Mamère, lance un appel pour que la campagne électorale soit l’occasion de promouvoir un « nouveau contrat social », afin de « reconnecter les institutions publiques » à « la vitalité des acteurs engagés sur le terrain ».(Le Monde)

Un article qui n’est pas sans intérêt quant aux perspectives de reconstruction d’une gauche éclatée aujourd’hui et surtout perdue. Reste que cette réflexion est un peu trop partielle  sans doute pour constituer un corpus idéologique de gauche suffisamment crédible. La gauche devra sans doute prendre le temps pour se reconstruire avant de se précipiter dans des stratégies trop étriquées voire erronées. De ce point de vue , une cure de quelques années dans l’opposition sera sans doute salutaire. NDLR

Tribune.

 

Les défis démocratiques, écologiques et sociaux que notre société doit relever dans les décennies à venir sont colossaux. Les élections, temps fort de notre vie politique, devraient être l’occasion d’une ébullition de propositions enthousiasmantes pour y répondre.

Pourtant, la plupart des candidats nous proposent des solutions technocratiques ou passéistes qui vont, au mieux trop lentement, au pire dans le mauvais sens, sans créer de réel engouement. Depuis plus de trente ans, le débat public tourne en boucle sur les mêmes thèmes – baisse des impôts, réduction des dépenses publiques, insécurité, immigration –, sans chercher à ouvrir l’horizon des possibles.

Quel imaginaire collectif est aujourd’hui capable de répondre aux grands défis écologiques et sociaux ? Quelles transformations profondes de nos institutions envisager afin de soutenir les initiatives citoyennes d’intérêt collectif, comme celles qui ont vu le jour pour autoproduire des masques pendant la crise sanitaire ? Quel récit politique est en mesure de reconnecter les institutions publiques avec la vitalité des acteurs engagés sur le terrain ?

Nous sommes convaincus que la société des communs offre un nouveau récit et un socle programmatique dont la gauche française doit se saisir. La société des communs est structurée autour de communautés ouvertes de citoyens qui s’engagent ensemble pour produire et prendre soin des ressources, biens et services qui contribuent à leur épanouissement. Loin d’être une théorie politique de plus, la société des communs constitue un projet de société vivant, revendiqué par de nombreux mouvements sociaux et matérialisé par des pratiques alternatives qui se développent partout dans le monde.

En France, la coopérative Enercoop développe les énergies renouvelables en regroupant des dizaines de milliers de sociétaires producteurs et consommateurs. Le mouvement Terre de liens rachète des milliers d’hectares de terres agricoles qu’il met en commun pour les préserver de la spéculation foncière et en faciliter l’accès aux paysans pour une agriculture durable.

A l’international, les contributeurs de Wikipédia produisent la plus grande encyclopédie librement accessible jamais écrite par l’humanité. Les chercheurs et les entreprises engagés dans Open Source Drug Discovery collaborent pour produire des médicaments libres d’utilisation, afin de lutter contre des maladies tropicales qui touchent des millions d’individus.

Dans la société des communs, ceux qui produisent et prennent soin de ces ressources, biens et services communs ne s’engagent pas pour répondre aux besoins du capital, mais contribuent volontairement dans une logique de partage. Les décisions ne relèvent pas d’organisations hiérarchiques opaques, mais de formes transparentes d’autogouvernement. Les droits d’accès aux ressources indispensables à l’épanouissement et à l’émancipation ne sont pas déterminés par un propriétaire unique (privé ou public), mais sont garantis à tous, dans une logique de justice sociale et écologique.

 » La société des communs »: le nouveau contrat social de la gauche ?

«  La société des communs »: le nouveau contrat social de la gauche ?

 

Un collectif d’élus, de chercheurs, de militants associatifs, d’entrepreneurs et de décideurs publics, parmi lesquels Manon Aubry, Thomas Piketty, Axelle Lemaire ou Noël Mamère, lance un appel pour que la campagne électorale soit l’occasion de promouvoir un « nouveau contrat social », afin de « reconnecter les institutions publiques » à « la vitalité des acteurs engagés sur le terrain ».(Le Monde)

Un article qui n’est pas sans intérêt quant aux perspectives de reconstruction d’une gauche éclatée aujourd’hui et surtout perdue. Reste que cette réflexion est un peu trop partielle  sans doute pour constituer un corpus idéologique de gauche suffisamment crédible. La gauche devra sans doute prendre le temps pour se reconstruire avant de se précipiter dans des stratégies trop étriquées voire erronées. De ce point de vue , une cure de quelques années dans l’opposition sera sans doute salutaire. NDLR

Tribune.

 

Les défis démocratiques, écologiques et sociaux que notre société doit relever dans les décennies à venir sont colossaux. Les élections, temps fort de notre vie politique, devraient être l’occasion d’une ébullition de propositions enthousiasmantes pour y répondre.

Pourtant, la plupart des candidats nous proposent des solutions technocratiques ou passéistes qui vont, au mieux trop lentement, au pire dans le mauvais sens, sans créer de réel engouement. Depuis plus de trente ans, le débat public tourne en boucle sur les mêmes thèmes – baisse des impôts, réduction des dépenses publiques, insécurité, immigration –, sans chercher à ouvrir l’horizon des possibles.

Quel imaginaire collectif est aujourd’hui capable de répondre aux grands défis écologiques et sociaux ? Quelles transformations profondes de nos institutions envisager afin de soutenir les initiatives citoyennes d’intérêt collectif, comme celles qui ont vu le jour pour autoproduire des masques pendant la crise sanitaire ? Quel récit politique est en mesure de reconnecter les institutions publiques avec la vitalité des acteurs engagés sur le terrain ?

Nous sommes convaincus que la société des communs offre un nouveau récit et un socle programmatique dont la gauche française doit se saisir. La société des communs est structurée autour de communautés ouvertes de citoyens qui s’engagent ensemble pour produire et prendre soin des ressources, biens et services qui contribuent à leur épanouissement. Loin d’être une théorie politique de plus, la société des communs constitue un projet de société vivant, revendiqué par de nombreux mouvements sociaux et matérialisé par des pratiques alternatives qui se développent partout dans le monde.

En France, la coopérative Enercoop développe les énergies renouvelables en regroupant des dizaines de milliers de sociétaires producteurs et consommateurs. Le mouvement Terre de liens rachète des milliers d’hectares de terres agricoles qu’il met en commun pour les préserver de la spéculation foncière et en faciliter l’accès aux paysans pour une agriculture durable.

A l’international, les contributeurs de Wikipédia produisent la plus grande encyclopédie librement accessible jamais écrite par l’humanité. Les chercheurs et les entreprises engagés dans Open Source Drug Discovery collaborent pour produire des médicaments libres d’utilisation, afin de lutter contre des maladies tropicales qui touchent des millions d’individus.

Dans la société des communs, ceux qui produisent et prennent soin de ces ressources, biens et services communs ne s’engagent pas pour répondre aux besoins du capital, mais contribuent volontairement dans une logique de partage. Les décisions ne relèvent pas d’organisations hiérarchiques opaques, mais de formes transparentes d’autogouvernement. Les droits d’accès aux ressources indispensables à l’épanouissement et à l’émancipation ne sont pas déterminés par un propriétaire unique (privé ou public), mais sont garantis à tous, dans une logique de justice sociale et écologique.

 

Corse:  » L’exemple à suivre  » ! (Poutou, Nouveau parti anticapitaliste , NPA)

Corse: «  L’exemple à suivre  » ! (Poutou, Nouveau parti anticapitaliste , NPA)

 

Le candidat communiste -anticapitaliste -( NPA) ne fait pas dans la dentelle comme d’habitude ni dans la nuance. Pour lui, ce qui se passe en Corse est l’exemple à suivre. De quoi vraiment s’interroger sur la légitimité d’une candidature aussi irresponsable. Pas étonnant que le candidat révolutionnaire stagne autour de un pour cent avec un discours aussi simpliste et démago.

« Ce qui se passe en Corse, pour nous, c’est l’exemple à suivre », a déclaré Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle, samedi 19 mars sur franceinfo. « Quand ça pète, c’est comme cela que le gouvernement tremble, et c’est comme cela que le pouvoir se rend compte qu’il est allé trop loin. » La visite du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, pour apaiser les tensions sur l’île, s’est achevée vendredi. Le mot « autonomie » est écrit noir sur blanc dans le compte rendu de ses échanges avec le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni.

« Nous, on est dans la continuité de ce que faisait le camarade Alain Krivine [le fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, ancêtre du NPA, décédé le 12 mars], dans la continuité de ce que fait Olivier Besancenot [ancien candidat du NPA à la présidentielle], on est là et on dit ‘oui, ce monde-là, il faut le combattre’ », a-t-il aussi déclaré.

« Dans une société qui est pourrie comme celle d’aujourd’hui, dans une société où il y a des milliardaires en même temps qu’il y a des gens précaires, dans une société où Macron se permet d’expliquer qu’il va falloir travailler plus longtemps alors que la plupart des gens qui ont 60 ans sont déjà au chômage ou usés par le travail, quand on a un cynisme comme ça, quand on a un discours violent comme ça, on a aucun scrupule à dire, effectivement, que la révolte est légitime », a-t-il insisté. « Si la redistribution ne se fait pas il va falloir l’imposer », a assené Philippe Poutou.

Politique: A nouveau le cirque du grand débat de Macron

Politique: A nouveau le cirque du grand débat de Macron 

 

Macron promet de recommencer son grand cirque du grand débat, opération davantage médiatique que démocratique et de toute façon dont il n’est nullement tenu compte. Notons d’ailleurs qu’il n’a même pas été fait de compte-rendus détaillés des discussions. Bref  Macron veut recommencer son numéro, sorte de one-man-show devant un public bienveillant, complaisant pour ne pas dire complice.

Emmanuel Macron a assuré, samedi 12 mars, qu’il mènerait, en cas de réélection« un nouveau grand débat permanent » avec les Français autour de plusieurs chantiers.  »Je veux que notre projet puisse reposer sur une méthode associant davantage nos compatriotes, dans la durée, y compris le lendemain de l’élection, en leur donnant une place comme véritables acteurs », a plaidé le candidat-président dans une vidéo d’une vingtaine de minutes, qui doit être diffusée dans plusieurs meetings régionaux.

Durant le quinquennat qui s’achève,  »nous avons mis en œuvre des réformes parfois à la cavalcade, à la hussarde », a estimé Emmanuel Macron.  »Et nos compatriotes, même quand ils croyaient, voulaient en être aussi les acteurs, voulaient porter ces réformes. » Evoquant de  »grands chantiers sur l’école, la santé, la réforme institutionnelle », il a promis de  »mener un nouveau grand débat permanent pour agir », s’il est réélu le 24 avril !!!

Macron veut recommencer un nouveau le cirque du grand débat

A nouveau le cirque du grand débat

 

Macron promet de recommencer son grand cirque du grand débat, opération davantage médiatique que démocratique et de toute façon dont il n’est nullement tenu compte. Notons d’ailleurs qu’il n’a même pas été fait de compte-rendus détaillés des discussions. Bref  Macron veut recommencer son numéro, sorte de one-man-show devant un public bienveillant, complaisant pour ne pas dire complice.

Emmanuel Macron a assuré, samedi 12 mars, qu’il mènerait, en cas de réélection« un nouveau grand débat permanent » avec les Français autour de plusieurs chantiers.  »Je veux que notre projet puisse reposer sur une méthode associant davantage nos compatriotes, dans la durée, y compris le lendemain de l’élection, en leur donnant une place comme véritables acteurs », a plaidé le candidat-président dans une vidéo d’une vingtaine de minutes, qui doit être diffusée dans plusieurs meetings régionaux.

Durant le quinquennat qui s’achève,  »nous avons mis en œuvre des réformes parfois à la cavalcade, à la hussarde », a estimé Emmanuel Macron.  »Et nos compatriotes, même quand ils croyaient, voulaient en être aussi les acteurs, voulaient porter ces réformes. » Evoquant de  »grands chantiers sur l’école, la santé, la réforme institutionnelle », il a promis de  »mener un nouveau grand débat permanent pour agir », s’il est réélu le 24 avril !!!

Poutine, nouveau Staline ?

Poutine, nouveau Staline ?

 

 

Pour l’économiste André Grjebine, Vladimir Poutine gouverne dans un monde où le réel doit se plier à sa volonté. De l’époque stalinienne, il aurait retenu comment vaincre ceux qui se mettent en travers de son chemin en Russie et dans le monde. (Tribune dans le Figaro)

 

André Grjebine est économiste, essayiste et ancien directeur de recherche à Sciences Po Paris.


Les dirigeants et les politicologues occidentaux ont tort d’interpréter le comportement du dictateur russe comme s’il se situait dans le même monde qu’eux. Ceux qui vivent dans les démocraties libérales ont du mal à imaginer que le dirigeant d’une grande puissance puisse déclencher une guerre atomique, bombarder une centrale nucléaire ou assiéger Tchernobyl en bloquant sur le site le personnel qui veille à sa sécurité, avant de couper son alimentation en électricité. Vladimir Poutine, lui, vit dans un monde où le réel doit se plier à sa volonté. Ce qui compte pour lui, ce n’est ni le bien-être des habitants de son pays, ni à plus forte raison celui d’autres peuples. Il est tout entier obsédé par la lutte qu’il livre aux démocraties occidentales. Qu’importe alors que ce projet puisse coûter des milliers de vies, voire infiniment plus.

 

Nucléaire – l’EPR finlandais : Nouveau retard

Nucléaire - l’EPR finlandais : Nouveau retard

Un nouveau retard sans doute d’un mois pour la production d’électricité de l’EPR finlandais. Un retard finalement négligeable que le programme a déjà été décalé de 12 ans !

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La production d’électricité avait déjà été reportée à fin février, au lieu de janvier comme annoncé précédemment , soit douze ans après la date de mise en service prévue initialement. Une mise en service normale est attendue en juillet 2022.

Au terme de ce chantier lancé en 2005 dans le sud-ouest de la Finlande, devenu pour Areva un chemin de croix miné par les retards et les dérives financières, l’EPR finlandais va devenir le plus puissant réacteur en opération en Europe. Avec une capacité de production de 1.650 mégawatts, il doit fournir environ 15 % de la consommation du pays nordique. Avant Olkiluoto-3, seuls deux réacteurs EPR sont entrés en fonctionnement dans le monde, ceux de la centrale de Taishan en Chine.

Cela traduit à l’évidence une perte de compétence française qui prend sa source dans le fait que la France a laissé en l’état pendant des années et des dizaines d’années son parc nucléaire.

Covid France : recul du taux d’incidence

Covid France : recul du taux d’incidence

Le taux d’incidence est désormais en recul ,sur une semaine , dans l’ensemble des départements

Si la prudence doit rester de mise en raison d’un nombre de nouveaux cas toujours très élevé, près de 270.000 par jour, ces dernières données confirment la décrue constatée au niveau national depuis le 24 janvier.Le recul est particulièrement notable en outre-mer, en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. En une semaine, l’incidence a même baissé de moitié en Guyane, passant de 796 à 391 cas pour 100.000 habitants en moyenne. En région parisienne, le taux a diminué d’environ un tiers sur la même période.

Néanmoins, le taux d’incidence reste toujours particulièrement élevé dans certains territoires de l’Hexagone. Dans les Pyrénées-Atlantiques, si le nombre de contaminations détectées a diminué de 14% en 7 jours, le département affiche toujours un taux d’incidence supérieur à 4000.

Par ailleurs, à l’hôpital, le pic n’est pas encore atteint, comme le montre notre carte ci-dessous. Ces sept derniers jours, le nombre total de personnes hospitalisés a encore augmenté de près de 5% au niveau national, passant de 31536 patients Covid-19 traités au 30 janvier, à 33027 ce dimanche soir.

Enfin à l’échelle nationale, si le taux d’incidence baisse en général, ce n’est pas le cas chez les plus âgés, a noté Santé publique France dans son dernier bulletin hebdomadaire, daté de jeudi: « Malgré un taux d’incidence en baisse de 8%, cet indicateur continuait néanmoins d’augmenter chez les 70 ans et plus et restait à un niveau très élevé (supérieur à 3.000 cas pour 100.000 habitants) dans la majorité des régions ».

Prix Carburants : nouveau record

Prix Carburants : nouveau record

Comme déjà signalé  ( mais très discrètement dans les grands médias) le prix carburants s’oriente vers les 12 € le litre. Le  litre de gazole a atteint 1,6854 euro, en hausse d’un peu moins de deux centimes en une semaine. Le litre de SP95 coûtait 1,7654 euro en moyenne, quand celui de SP98 s’établissait à 1,8210 euro. Nouveau record..

Les prix ont largement dépassé les niveaux observés lors de la crise des «gilets jaunes», en octobre 2018 : le litre de gazole coûtait alors 1,53 euro, et celui de SP98 1,64 euro. Soit, respectivement, seize et dix-huit centimes de moins.

Les prix sont largement soutenus par la reprise économique enregistrée depuis 2021. En décembre dernier, le baril de Brent s’établissait ainsi à 74,17 dollars en moyenne, l’un des niveaux les plus élevés depuis plusieurs années. Sauf catastrophe aujourd’hui imprévisible on voit mal le prix du baril décembre les 70 $ le baril.

 

Pour l’instant des pouvoirs publics n’ont guère réagi hormis un chèque de 100 €. En effet cette hausse du carburant profite largement aux recettes fiscales de l’État. Car si la hausse actuelle est due aux fluctuations du marché, une part majeure du prix final payé par le consommateur - entre 55% et 60% - vient des taxes sur le plein d’essence. Dont la fameuse «TVA sur la taxe», représentant, par exemple, 12 centimes sur un litre de gazole à 1,69 euro.

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