Archive pour le Tag 'droite'

Législatives-Droite et gauche condamnées à s’entendre pour sauver les meubles face au RN

Législatives-Droite et gauche condamnées à s’entendre pour sauver les meubles face au RN

 

 Du côté de la droite les positions ne sont pas très claires. Il faudra pourtant que droite et gauche s’entendent pour sauver les meubles face au RN. Même des « insoumis » auront besoin des voix de la droite et inversement. Cependant pour l’affichage on laisse planer le doute  et le camp Macron est divisé; Bruno Lemaire, Édouard Philippe font la fine bouche. Pourtant sans désistement ce courant de centre-droit risque de disparaître. Du côté du Nouveau Front populaire, les partis ont déjà donné une consigne claire : tout candidat arrivé en troisième position devra se retirer. Mais pour LFI, cela vaudra là où le RN est « arrivé en tête » a précisé Jean-Luc Mélenchon.

En  l’état, les projections des instituts de sondage anticipent une large majorité relative d’au moins 240 sièges pour les troupes de Jordan Bardella, voire une courte majorité absolue jusqu’à 295 sièges.
Emmanuel Macron a exhorté à « un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour ». Sans préciser si LFI entre dans ce périmètre. Le ministre Roland Lescure a lui appelé à « tout faire » pour empêcher une majorité absolue du RN en prônant le désistement de « tous les collègues » de la majorité, arrivés en troisième position.

Des positions à l’opposé de celle de la ministre Aurore Bergé, qui ne « votera jamais pour un LFI », ou de la présidente de l’Assemblée sortante Yaël Braun-Pivet qui « en aucun cas » ne « pourrait appeler » à voter pour « un certain nombre de candidats », qui ne « partagent » pas les valeurs de la majorité.

« Jamais une voix pour la France insoumise. Le combat contre le projet funeste du RN ne peut s’accommoder de la moindre compromission avec l’antisémitisme et la violence », a jugé Benjamin Haddad, en ballottage favorable à Paris.

 

Droite et gauche condamnées à s’entendre pour sauver les meubles face au RN

Droite et gauche condamnées à s’entendre pour sauver les meubles face au RN

 Du côté de la droite les positions ne sont pas très claires. Il faudra pourtant que droite et gauche s’entendent pour sauver les meubles face au RN. Même des « insoumis » auront besoin des voix de la droite et inversement. Cependant pour l’affichage on laisse planer le doute  et le camp Macron est divisé; Bruneau Lemaire Édouard Philippe font la fine bouche. Pourtant sans désistement ce courant de centre-droit risque de disparaître. Du côté du Nouveau Front populaire, les partis ont déjà donné une consigne claire : tout candidat arrivé en troisième position devra se retirer. Mais pour LFI, cela vaudra là où le RN est « arrivé en tête » a précisé Jean-Luc Mélenchon.

En  l’état, les projections des instituts de sondage anticipent une large majorité relative d’au moins 240 sièges pour les troupes de Jordan Bardella, voire une courte majorité absolue jusqu’à 295 sièges.
Emmanuel Macron a exhorté à « un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour ». Sans préciser si LFI entre dans ce périmètre. Le ministre Roland Lescure a lui appelé à « tout faire » pour empêcher une majorité absolue du RN en prônant le désistement de « tous les collègues » de la majorité, arrivés en troisième position.

Des positions à l’opposé de celle de la ministre Aurore Bergé, qui ne « votera jamais pour un LFI », ou de la présidente de l’Assemblée sortante Yaël Braun-Pivet qui « en aucun cas » ne « pourrait appeler » à voter pour « un certain nombre de candidats », qui ne « partagent » pas les valeurs de la majorité.

« Jamais une voix pour la France insoumise. Le combat contre le projet funeste du RN ne peut s’accommoder de la moindre compromission avec l’antisémitisme et la violence », a jugé Benjamin Haddad, en ballottage favorable à Paris.

 

Meilleurs opposants au pouvoir : Bardella à droite et Glucksmann à gauche

Meilleurs opposants au pouvoir : Bardella à droite et Glucksmann à gauche

 

 


D’après IPSOS, La cote de popularité du président de la République enregistre une baisse de 4 points par rapport à mai, pour se situer à 28% d’opinions favorables, contre 68% d’opinions défavorables (+5 points en un mois). Bardella  est le meilleur opposant à droite et Glucksmann le meilleur opposant à gauche.

 

Emmanuel Macron enregistre notamment une baisse importante auprès des sympathisants de la majorité présidentielle : si les ¾ d’entre eux ont toujours une opinion favorable de l’action du chef de l’Etat, cette proportion a baissé de 9 points en un mois, mais aussi auprès de ceux du PS (22%, -12 points) et des Républicains et de l’UDI (31%, -12 points)..

Gabriel Attal, quant à lui, voit sa cote progresser pour se situer à 40% d’opinions favorables (+1 point). Si sa cote d’opinions défavorables progresse aussi (53%, +2 points), on constate que la popularité du premier ministre n’a pas pâti du résultat des élections européennes ni de l’annonce de la dissolution. Contrairement au président de la République, Gabriel Attal voit sa cote progresser auprès des sympathisants de la majorité présidentielle (84%, +7 points).

Parmi les différents ministres du gouvernement, Gérald Darmanin maintient sa position de tête, considéré comme étant le meilleur ministre selon les Français (35%, +1 point), devant Bruno Le Maire (31%, =). Rachida Dati atteint ce mois-ci la 3ème position en grimpant de 5 points (25%), suivie par Éric Dupont-Moretti (2%, -2 points).

 

A gauche, Raphael Glucksmann s’impose désormais comme le meilleur opposant, cité par 27% des Français, soit une progression de 9 points par rapport à mai. Il devance Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin, tous les deux à 20%. Raphael Glucksmann est particulièrement cité par les sympathisants du PS (68%) mais aussi par ceux de la majorité présidentielle (45%).

A droite, Jordan Bardella est désormais cité par 44% des Français comme le meilleur opposant à droite (+5 points), devant Marine Le Pen (36%, +1 point) et loin devant les personnalités des autres partis comme Xavier Bertrand (15%, -1 point). Jordan Bardella est également en tête auprès des sympathisants de son parti (cité par 88% d’entre eux contre 77% pour Marine Le Pen).

L’extrême droite et les nouvelles technologies

 L’extrême droite et les nouvelles technologies 

« Un vertige total » : voilà comment la technopolitiste Asma Mhalla résume l’interprétation cyber-technologique de la dissolution, mais aussi ce que promet la stratégie du Rassemblement National en matière de nouvelles technologies.  ( dans La Tribune)

 

Que sait-on du rapport que le RN entretient aux nouvelles technologies ?

D’un point de vue programmatique, la question est passionnante car elle pointe la fragilité de pensée politique du RN. Les lignes doctrinales du RN sont construites autour des thématiques de la souveraineté (pour ne pas dire de souverainisme), de la priorité nationale, de la fermeture de frontières, d’une méfiance d’intensité variable – car politiquement opportuniste – à l’égard de l’Union Européenne. Naturellement, nous aurions pu croire qu’ils auraient portés un discours anti-GAFAM et anti-UE. Une sorte de « France first ». Or dans leur programme on retrouve des propositions consensuelles et incantatoires sur l’orchestration de grands projets européens autour du cloud ou de l’IA, et surtout un silence assourdissant concernant les BigTech américains ou chinois. Pas grand-chose sur les enjeux des réseaux sociaux ou des écrans par ailleurs. Une inflexion même ultra-libérale hostile à la réglementation semble se dessiner si l’on en croit un excellent papier de la revue Telescope. Au contraire même, le parti semble percevoir la taxe GAFAM comme une aubaine pour financer les services de la poste. La question de la souveraineté technologique est donc portée de façon molle, pour ne pas dire sans grande conviction forte, semblant reprendre le minimum syndical en piochant dans quelques propositions provenant des kilomètres de rapports et de propositions récemment produits par l’Assemblée nationale ou le Sénat. En revanche, au sein de leur parti, l’usage de l’IA et de CHATGPT (IA générative de OpenAI) est fortement encouragée, des formations d’élus sont organisées pour les aider à élaborer leurs campagnes, etc… D’autant que nombre d’élus RN, à commencer par Jordan Bardella, sont de la génération « native digitaux ». Son succès auprès des jeunes sur TikTok est incontestable. Chez eux, l’emploi des réseaux sociaux mais aussi la compréhension des outils technologiques sont inscrits naturellement dans leurs usages.

 

Simpliste, binaire, directe, manipulatoire, décomplexée : la rhétorique de leurs messages programmatiques se prête également à l’usage de ces technologies.

C’est en effet une autoroute qu’il utilisent sans peine malgré les incohérences que je viens de pointer. Notre manque d’autonomie technologique est une autoroute rhétorique aux discours souverainistes, puisque le sujet des nouvelles technologies et de l’IA met en exergue la dépendance de la France et de l’Europe aux géants américains en premier lieu. L’absence, en France, de véritable stratégie scientifique, industrielle, écosystémique et donc le déficit de souveraineté font la part belle aux arguments souverainistes des formations d’extrême droite ; mais comme chez n’importe quel parti, la question technologique est encore secondaire par rapport aux enjeux de pouvoir d’achat et d’immigration. C’est d’ailleurs Marion Maréchal et Reconquête ! qui était alors encore son parti, qui va résoudre l’« équation technopolitique » : l’une de leurs propositions, délirante, est d’augmenter les capacités en IA et robotique pour lutter contre l’immigration. Des robots plutôt que des immigrés : en gros, un grand remplacement mais version technologique ! L’usage de la technologie comme autoroute vers une forme de techno-fascisme… Un vertige total. Sur les questions techno-sécuritaires, il y aurait également matière à craindre des distorsions très graves de l’esprit même de notre Etat de droit, la rhétorique sécuritaire, agrémentée de relents ségrégationniste, étant au cœur de l’ADN. Enfin, en matière industrielle, la principale réponse au déficit français étant l’Europe, et l’Europe étant vouée à être fragilisée si le RN accède au pouvoir, ce n’est pas demain que nous relèverons le niveau de souveraineté nationale ! La réalité des rapports de force dans le monde est l’extrême interdépendance sont, ce n’est pas le fantasme de l’autarcie…

Mais quelle est la logique de souverainisme national quand les nouvelles technologies convoquent des techniques, des acteurs et une articulation espace – temps qui n’ont pas de frontière ?

L’extrême droite n’a absolument pas intégré cette réalité à son discours. Preuve soit qu’elle la méconnait soit qu’elle la manipule. L’extraterritorialité physique est le substrat même des nouvelles technologies, et cela disqualifie donc la promesse de gérer, de contrôler, de maîtriser la recherche et l’industrie des nouvelles technologies à l’intérieur des frontières françaises. Les enjeux de cyber-défense, de cyber-influence, de cyber-espace se traitent-ils au poste frontière ? Le RN pense-t-il que c’est en fermant à double tour les côtes françaises qu’il trouvera la parade aux ingérences étrangères et aux guerres hybrides exercées dans le cyberespace, cinquième domaine de la guerre ? Les nouvelles technologies questionnent en profondeur l’idée d’Etat-nation ; questionner ne signifie pas nécessairement anéantir mais plutôt interroger et remettre à jour les articulations et le fonctionnement de ce que l’on nomme souveraineté, désormais plus liquide, distribuée entre acteurs publics et privés, parfois extracommunautaires comme les géants technologiques. Comment alors repenser le rôle et la place de l’Etat ? C’est une question passionnante mais qui suppose une certaine plasticité de pensée là ou les dogmatismes sont par nature rigides.

Montée de l’extrême droite: la main aussi de Bolloré

Montée de l’extrême droite: la main aussi de Bolloré

 

Pour comprendre la montée de l’extrême droite, qui pour la première fois pourrait devenir majoritaire à l’Assemblée nationale, il faut s’intéresser à la place donnée à cette idéologie dans l’espace public. Une figure française a notamment porté cette dernière par le biais de son empire médiatique : Vincent Bolloré. L’historien des médias Alexis Lévrier revient dans un entretien sur une ascension qui n’a pas vraiment de précédent en France. ( dans The Conversation)


Selon le journal Le Monde, le ralliement du président de LR, Eric Ciotti, au RN a été d’abord le projet d’un homme, Vincent Bolloré, propriétaire, entre autres, de CNews et du JDD, médias catégorisés à l’extrême droite. Comment le milliardaire breton s’est-il retrouvé au cœur de la vie politique ?

Pour cela, il faut revenir à l’ascension de Vincent Bolloré dans le monde des médias. Elle remonte à la création des chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT), au début des années 2000.

Vincent Bolloré a réussi à obtenir gratuitement la fréquence de Direct 8 (en 2002), puis il a racheté Virgin 17, qui devient Direct Star. Ce qui est assez incroyable, c’est le fait d’avoir pu les revendre ensuite à Canal+ en 2012, en faisant une plus-value spectaculaire, qui constitue l’une des plus grosses opérations de spéculation de l’histoire des médias sur un actif appartenant à l’État (465 millions d’euros). Les ferments de son empire ont donc été construits à partir d’une fréquence qui lui a été attribuée gratuitement par la puissance publique. Car c’est en partie cet argent (et surtout les actions négociées au moment de ce rachat) qui lui ont ensuite permis d’acquérir Canal+ en 2015-2016 : après être entré discrètement au capital de Vivendiil a peu à peu grignoté l’ensemble du groupe.

On compare souvent son empire à celui que Robert Hersant avait réussi à construire, mais ce parallèle ne me paraît pas satisfaisant. Hersant a en effet mis son empire au service de la droite libérale et non de l’extrême droite. Il a en outre échoué dans la télévision (comme Lagardère) alors que Bolloré a réussi dans l’audiovisuel avant d’étendre ses possessions à la presse écrite. Il existe en revanche des analogies entre Bolloré et un autre riche homme d’affaires français, le parfumeur François Coty.

Durant l’entre-deux-guerres, Coty est devenu un mécène pour de nombreux médias, transformant des journaux conservateurs, comme Le Figaro ou Le Gaulois, en relais pour ses idées ouvertement ancrées à l’extrême droite.

D’origine corse, cet industriel acquis aux idées de Mussolini puise dans sa fortune personnelle pour créer et financer des journaux comme L’Ami du peuple, un quotidien populaire qui se vend jusqu’à un million d’exemplaires en 1930. Parmi les idées qu’il prône, on retrouve la xénophobie, l’antisémitisme, le renversement de la République… Il contribue aussi – financièrement et intellectuellement – à des titres qui ne lui appartiennent pas comme L’Action Française, lié au mouvement éponyme.

Le public finit par se lasser et déserte peu à peu ces journaux. Coty meurt ruiné en 1934. Mais ses idées demeurent et il a contribué à normaliser un discours d’inspiration fasciste auprès du grand public.

Quelles sont les idées de Bolloré ?

Un siècle après, et même si les époques ne sont évidemment pas les mêmes, Bolloré peut à certains égards être considéré comme l’héritier de Coty : il est lui aussi un industriel qui a décidé de construire un empire médiatique au service d’un projet politique, culturel et civilisationnel. Mais son empire à lui est bien plus cohérent, et il a su le construire avec beaucoup plus d’habileté.

Il s’inscrit assez clairement dans une droite d’inspiration maurassienne, acquise à un catholicisme traditionnel et à une vision de la France comme un pays menacé par la présence en son sein d’étrangers inassimilables.

Une partie des médias de Vincent Bolloré peuvent ainsi être considérés comme le trait d’union entre une extrême droite qui a triomphé entre la Belle Époque et la période collaborationniste, et le retour en force du discours xénophobe aujourd’hui. Le vocabulaire qu’ils utilisent rappelle parfois lui-même l’histoire du journalisme d’extrême droite. Le 15 juin, les intervenants de l’émission L’Heure des pros ont par exemple évoqué le retour d’une « anti-France » qui menacerait le pays. La veille, dans son émission hebdomadaire, Philippe de Villiers avait invité les Français à ne plus écouter « le parti de l’étranger ».

D’une période à l’autre, seule l’identité de l’ennemi de l’intérieur a changé : beaucoup d’éditorialistes de CNews ou du JDD sont obsédés par la défense d’une nation blanche et chrétienne mais, dans leur imaginaire, la haine des musulmans a remplacé la haine des juifs.

Comment la chaîne Canal+ marque-t-elle un basculement ? Quels sont les mécanismes propres à Vincent Bolloré ?

Vincent Bolloré a quelque part réussi là où Coty avait échoué. En achetant le groupe Canal+ en 2016, il s’est d’abord débarrassé des deux éléments qu’il déteste le plus, l’humour corrosif et les enquêtes journalistiques. Les Guignols ont ainsi disparu de l’antenne, de même que le Zapping et les émissions d’investigation.

Bolloré est du reste spécialiste des procédures-bâillon et n’hésite pas à se saisir de la moindre occasion pour les utiliser contre les investigations qui concernent ses sociétés.

Après le rachat de Canal+, c’est au tour d’I-Télé de voir son avenir mis en péril. Après une grève de plus d’un mois et le départ des trois quarts de sa rédaction, la chaîne d’information en continu est rebaptisée CNews et se transforme en média low-cost, qui privilégie les commentaires en plateau (peu coûteux) plutôt que le reportage et le travail de terrain. Mais très vite la ligne éditoriale évolue et la chaîne accueille de manière de plus en plus systématique les idées et éditorialistes d’extrême droite, à l’image d’Eric Zemmour qui obtient une émission quotidienne à partir de 2019. Les audiences, d’abord confidentielles, n’ont cessé d’augmenter à mesure que la ligne éditoriale se radicalisait. En 2024, CNews est même devenue la chaîne d’information la plus regardée, devant BMF-TV.

En quelques années, Bolloré a ainsi réussi à subvertir les valeurs et l’identité du groupe Canal+ dont les chaînes revendiquaient un esprit plutôt contestataire, de gauche, critique.

Il a poursuivi ensuite avec Europe 1 et plus encore avec le Journal du Dimanche (JDD). Pour reprendre cet hebdomadaire, mais aussi Paris Match et les magazines du groupe Prisma, il a su exploiter la crise du Covid qui a entraîné le désengagement de Bertelsmann et considérablement fragilisé un groupe comme Lagardère.

Plus encore que CNews et Europe 1, le JDD représente le modèle presque parfait de la méthode Bolloré : alors qu’il s’agissait d’un titre modéré et réputé proche du pouvoir, l’arrivée de Geoffroy Lejeune a marqué une inversion immédiate de la ligne éditoriale.

Il faut bien mesurer le basculement qui s’est opéré dans l’univers des médias français en moins d’une décennie. Jamais dans notre histoire les thématiques de l’extrême droite n’avaient été portées par des médias si nombreux et si complémentaires, puisque Bolloré est présent dans la presse écrite, dans la radio, dans la télévision, mais aussi dans l’édition, la communication, la musique ou le cinéma.

Quels sont les ressorts pour s’imposer dans l’espace public ?

Vincent Bolloré n’est pas seul à l’origine de ce retour en grâce de l’extrême droite médiatique (qui n’a jamais disparu, mais était tenue aux marges de l’espace public depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale). Dès 2012, le média conservateur qu’était Valeurs actuelles s’est ainsi transformé en vitrine ouvertement xénophobe. À partir de cette date, l’hebdomadaire a commencé à multiplier les unes tapageuses stigmatisant les barbares venus de l’étranger, « le danger de l’islam » ou l’« invasion rom ». Comme au moment de la Belle Époque, c’est ainsi par des unes, des illustrations racistes et des slogans provocateurs qu’un imaginaire xénophobe a pu être diffusé à grande échelle dans l’espace public.

L’exemple le plus connu dans la presse de la fin du XIXe siècle est La libre parole illustrée, supplément hebdomadaire du journal La Libre parole d’Édouard Drumont. Au moment de l’affaire Dreyfus, ses caricatures animalisant les juifs ont contribué à la diffusion à large échelle d’un imaginaire antisémite, qui n’a pas totalement disparu aujourd’hui.

L’illustration continue ainsi de banaliser des préjugés racistes : ces Unes sont visibles même par ceux qui n’adhèrent pas à ces idées ou qui ne veulent pas acheter ce type de publications. C’est un mécanisme similaire que l’on retrouve aujourd’hui : on peut penser au roman-fiction (annoncé en Une) dans lequel Valeurs Actuelles s’était amusé à imaginer la mise en esclavage de la députée Danièle Obono (ce qui a valu au journal une condamnation pour injure raciste).

Il faut de ce point de vue souligner l’importance qu’a eue l’acquisition par Vivendi des magasins Relay, qui constituaient une marque importante du groupe Lagardère et un héritage historique du groupe Hachette : ces magasins, présents massivement dans les gares et les aéroports, vont permettre à Vincent Bolloré d’imposer encore davantage son idéologie dans nos vies quotidiennes.

On compare souvent la trajectoire de Bolloré à Rupert Murdoch, fondateur de la chaîne Fox News : est-ce le même phénomène ?

Oui ce parallèle me semble de loin le plus pertinent : Bolloré rêve d’être un Murdoch français et il a réussi à construire, comme lui, un empire d’une grande diversité, présent dans toutes sortes de médias et désormais dans plusieurs régions du monde. Bolloré est également proche de Murdoch par sa volonté de défendre sa vision du monde sans entrer lui-même en politique, et en cultivant même un goût pour la discrétion et le secret.

Alors que François Coty ou plus récemment Silvio Berlusconi ont mis leurs médias au service de leur ambition politique personnelle, Murdoch a passé sa vie à gagner des élections auxquelles il ne s’était pas présenté.

Le projet de Vinvent Bolloré paraît similaire : comme tend à le confirmer sa rencontre récente avec Eric Ciotti, il cherche visiblement à transformer le monde politique à sa guise en s’appuyant sur des hommes liges, qui dépendront en grande partie de lui et de ses médias pour mener à bien leur propre carrière.

Vincent Bolloré demeure pour le reste en retrait, et il choisit l’esquive ou la dissimulation lors des rares occasions où il doit s’exprimer dans l’espace public, comme l’a raconté son biographe Vincent Beaufils. Lors de ses auditions devant le Sénat (en 2022) puis l’Assemblée nationale (en 2024), il n’a pas hésité par exemple à se présenter comme un démocrate-chrétien modéré n’ayant que très peu d’influence sur les médias qu’il possède.

.

Il y a cependant des limites à ce parallèle, et des raisons de penser que l’empire Bolloré possède quelques fragilités. Contrairement à Murdoch, il ne vient pas en effet de la presse – rappelons que sa fortune familiale provenait de l’industrie du papier à cigarette OCB – et cela a entraîné des erreurs tactiques, comme la brutalisation de certains titres et de leurs lignes. Malgré une grande fidélité à la maquette initiale, le JDD de Geoffroy Lejeune ne cesse par exemple de perdre des lecteurs, qui ne se reconnaissent plus dans la ligne éditoriale de ce journal. Murdoch, lui, avait pris soin de respecter davantage les rédactions d’institutions prestigieuses comme le Times ou le Wall Street Journal au moment de leur rachat.

Il vient également de vendre Paris Match à Bernard Arnault (LVMH), pensant sans doute que ce titre trop léger n’a pas une importance politique cruciale. Sur ce point, je pense au contraire qu’Arnault a raison et que Bolloré a tort. La Ve République est en effet un régime où le pouvoir est centralisé, personnalisé et incarné : hebdomadaire politique à dimension « people », Paris Match est donc un outil à nul autre pareil pour espérer conquérir le pouvoir, comme l’ont compris tous les présidents et presque tous les présidentiables depuis de Gaulle.

Pour compenser la perte de Paris Match, Bolloré va lancer en septembre 2024 un hebdomadaire intitulé JDNews, dont le rédacteur en chef devrait être Louis de Raguenel, ex – de Valeurs actuelles et actuellement chef du service politique d’Europe 1. Stratégiquement cela me semble très risqué car aucun hebdomadaire lancé ces dernières années n’a vraiment réussi à s’imposer sur un marché déjà saturé.

On parle aujourd’hui de « bollorisation » des médias et des esprits : de quoi s’agit-il ?

Ces expressions sont pertinentes, car l’influence idéologique de Vincent Bolloré s’exerce désormais bien au-delà des médias qu’il possède. Beaucoup de journaux qui ne lui appartiennent pas sont ainsi mis en valeur sur les plateaux de CNews et C8 : des titres comme CauseurL’IncorrectBoulevard Voltaire ou Livre Noir, bénéficient d’une exposition immense alors même que leurs audiences sont assez modestes.

.

Cette « bollorisation » passe aussi par un combat culturel, qui est à la fois une bataille lexicale et une bataille des imaginaires. Grâce aux effets de boucle qui se créent au sein des médias de Vincent Bolloré (un même terme pouvant être repris indéfiniment de CNews à Europe 1, ou de TPMP au JDD), le vocabulaire de l’extrême droite se trouve en effet banalisé et normalisé. Le meilleur exemple est sans doute l’expression « Grand remplacement », qui s’est réinstallée dans l’espace médiatique après une invitation de Renaud Camus sur le plateau de CNews, le 31 octobre 2021. Ce concept complotiste était pourtant rejeté par les grands médias ces dernières années, notamment depuis l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, puisque l’un des tueurs avait pris pour référence l’écrivain français. Après le passage de Renaud Camus dans l’émission d’Ivan Rioufol, l’expression a pourtant été utilisée bien au-delà de la sphère des médias d’extrême droite, au point d’être reprise à son compte par Valérie Pécresse elle-même dans l’un des meetings de sa campagne.

La dénomination « extrême droite » elle-même fait d’ailleurs partie intégrante de cette bataille lexicale. L’exemple du passage de Jérôme Béglé à la direction de la rédaction du JDD (entre janvier 2022 et juin 2023) est assez symptomatique à cet égard : selon Libération, il exigeait des journalistes de l’hebdomadaire de ne pas employer l’étiquette « extrême droite » pour désigner le Rassemblement National, l’estimant inappropriée.

Une partie du monde politique porte en outre une responsabilité dans cette bollorisation. Le président lui-même a ainsi beaucoup triangulé avec les médias identitaires, non par adhésion idéologique mais pour installer un face à face avec l’adversaire qu’il s’était choisi. Rappelons par exemple ses deux interventions dans l’émission de Cyril Hanouna en avril et décembre 2017. Rappelons surtout qu’il a accordé une interview-fleuve à Valeurs actuelles en octobre 2019, dans des conditions privilégiées (Louis de Raguenel était seul à ses côtés dans l’Airbus présidentiel, et au départ l’interview ne devait pas être relue). Dans le même temps, il entretient des relations souvent difficiles avec les rédactions censées être proches de lui, et n’a toujours pas accordé d’entretien au Monde depuis 2017.

Dans la période de crise politique que nous vivons depuis la dissolution, cette bollorisation s’intensifie dans des proportions singulières. Des journaux en principe modérés comme Le Figaro semblent ainsi tentés de se rallier à la ligne voulue par le patron de Vivendi. Au lendemain de la rencontre entre Vincent Bolloré et Éric Ciotti, le directeur des rédactions du journal, Alexis Brézet, a même donné l’impression de défendre ce projet d’union des droites dans sa chronique quotidienne pour Europe 1.

La manière dont le groupe Bolloré déteint sur d’autres titres de presse ou sur le monde politique donne le sentiment qu’il façonne l’espace médiatique dans lequel nous nous trouvons. En l’état, il est difficile de savoir s’il s’agit d’un phénomène transitoire ou durable. Mais la crise politique que nous vivons prouve en elle-même la réussite du combat civilisationnel mené par Vincent Bolloré.

Quels sont les leviers permettant de renverser la donne ?

Il demeure heureusement des contre-pouvoirs en France, même si ces derniers font l’objet d’attaques régulières. Pensons à certaines institutions comme le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État ou encore l’Arcom (ex-CSA). Malheureusement, cette dernière, comme d’autres outils de régulation des médias, manque aujourd’hui de moyens humains pour mener à bien sa mission.

Une loi fondatrice, comme celle de 1986 sur le pluralisme des médias, notamment défendue par Christophe Deloire, récemment décédé, a été mise à mal par des sénateurs LR espérant l’affaiblir.

Il reste cependant des espaces de résistance, notamment dans la presse indépendante ou dans des journaux détenus par des magnats qui respectent le travail de leur rédaction. La période que nous traversons est particulièrement inquiétante mais il faut espérer que la presse française saura faire preuve de résilience. Pour peut-être renaître plus forte, comme elle l’a fait en 1944, il y a 80 ans.

 

Europe : la droite radicale aux commandes ?

Europe : la droite radicale aux commandes ?

 

La droite radicale se caractérise par trois éléments : nativisme, autoritarisme et populisme. Elle se distingue de l’extrême droite en ce qu’elle prétend demeurer dans le cadre du régime démocratique parlementaire et de ses institutions. Sa présence au Parlement européen (PE) n’est pas nouvelle, mais son poids a augmenté au fil des dernières législatures. Depuis les élections européennes de 2019, environ un quart des sièges sont occupés par des députés de cette tendance politique. Cette dynamique pourrait encore s’intensifier après les élections européennes de 2024, notamment avec la montée en puissance de partis politiques tels que l’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne et Fratelli d’Italia (Fdl) en Italie. Le poids de la droite radicale et eurosceptique suscite de nombreux débats, notamment en raison de ses rapprochements avec la droite traditionnelle, représentée au PE par le Parti populaire européen (PPE). Des discussions ont récemment eu lieu entre le chef de file du PPE, Manfred Weber, et la dirigeante de la droite radicale italienne, Giorgia Meloni, pour créer une alliance de droite après les élections de 2024. Cette alliance pourrait changer les rapports de force à Bruxelles et avoir un fort impact sur les politiques publiques européennes.

 

par ,Docteur en science politique au Centre d’étude de la vie politique (CEVIPOL), Université Libre de Bruxelles (ULB) et , Associate professor, Université Libre de Bruxelles (ULB) dans The Conversation 

Mais est-ce une piste envisageable ? L’analyse des votes permet d’étudier le niveau de division au sein de la droite radicale, sa stratégie d’opposition, mais aussi les rapprochements en cours avec la droite traditionnelle.

Né d’une scission entre les conservateurs britanniques et la droite traditionnelle (PPE), le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR), avec 68 députés, est le cinquième groupe du Parlement. Il comprend les députés du PiS (Pologne), de Fratelli d’Italia (Italie), de l’ODS (République tchèque), et du parti espagnol Vox. Le groupe ECR était au départ considéré comme « eurosceptique soft », prônant une coopération européenne où les États seraient centraux. Il est aujourd’hui plus radical, suite au départ des Britanniques, de la radicalisation du PiS, et de l’arrivée des Démocrates de Suède et de Vox.

Le groupe Identité et Démocratie (ID), avec 59 membres, est le deuxième plus petit groupe du PE. Il comprend les députés du Rassemblement national (France), de la Ligue du Nord (Italie), et de l’AfD (Allemagne). Sa ligne politique est nationaliste, anti-immigration et ouvertement eurosceptique, bien que depuis le Brexit, la plupart de ses partis aient assoupli leur position sur la sortie de leur pays de l’UE.

L’histoire de la droite radicale au PE est marquée par la division. Contrairement aux groupes traditionnels, qui existent depuis les débuts du PE, la droite radicale et eurosceptique a longtemps eu des difficultés à former un groupe et quand elle y parvenait, le groupe était instable.

Aujourd’hui encore, on observe des divisions au sein de la droite radicale. Pendant la législature actuelle, les groupes ECR et ID ont voté de manière similaire dans 64 % des cas, ce qui est relativement faible. Les deux groupes sont plus proches sur les questions migratoires et environnementales, mais divergent sur les affaires étrangères, l’économie et le marché intérieur. Les positions vis-à-vis de la Russie illustrent ces divisions : le Rassemblement national, membre du groupe ID, est moins critique envers la Russie que son homologue polonais PiS, qui domine le groupe ECR.

Il existe aussi de fortes divisions au sein même des groupes ECR et ID, qui ont les taux de cohésion les plus faibles du PE.

Le cas de ID est particulièrement significatif, avec ses trois principaux partis nationaux (AfD, RN et Ligue du Nord) votant de manière similaire que dans 55 % des cas, et 29 % sur la politique économique et financière. Cette forte division est due aux positions hétéroclites de partis nationaux membres de ID, entre le FPÖ autrichien et le RN français adoptant des positions économiques plus à gauche, et l’AfD qui a une position plutôt pro-marché.

Au Parlement européen, ces divisions sont gérées par les réunions de groupe, qui servent à trouver des compromis entre les délégations nationales. Pour la droite radicale, ce travail est plus difficile en raison des divergences idéologiques entre les différents partis nationaux et de leurs stratégies. En effet, le développement de positions communes n’est pas forcément prioritaire. Le PE est vu davantage comme une arène politique pour diffuser leurs positions eurosceptiques, plutôt que comme un espace d’influence législative qui nécessiterait une plus forte coordination et discipline de vote.

Pendant longtemps, les forces eurosceptiques ont joué un rôle limité au PE en raison de leur faible participation et de leur opposition au projet européen. Elles ont également été exclues du travail parlementaire en raison du « cordon sanitaire », une entente entre les groupes pro-européens visant à limiter l’accès des eurosceptiques aux postes de pouvoir et aux rôles clés dans la prise de décision.

La droite radicale pourrait désormais chercher à se normaliser en s’impliquant davantage dans la prise de décision, comme c’est le cas en France avec le RN à l’Assemblée nationale ou en Italie où la droite radicale fait désormais partie du gouvernement. Au PE, la plupart des textes sont adoptés par une « grande coalition » pro-européenne (PPE, S&D, Renew). On pourrait s’attendre à ce que la droite radicale vote souvent contre cette coalition pour afficher son opposition à la politique européenne. Or, les groupes ID et ECR l’ont soutenu dans respectivement 47 % et 59 % des cas sur les textes législatifs, ce qui est significatif.

Sur le long terme, on observe toutefois une évolution différente entre les groupes ECR et ID. Le groupe ECR, initialement proche de la grande coalition en raison de sa position eurosceptique plus « soft », s’en est progressivement éloigné ces dernières années. Le groupe votait avec la grande coalition dans 80 % des scrutins législatifs pendant la législature précédente, soit 21 poins de plus qu’aujourd’hui. À l’inverse, ID soutient désormais davantage la grande coalition, reflétant une stratégie de respectabilité. Lors de la 8e législature (2014-2019), le groupe ENF (ancien nom d’ID) votait avec la grande coalition dans 38 % des cas, soit 23 points de moins qu’aujourd’hui.

Cette stratégie de respectabilité était évidente pendant la crise sanitaire du Covid-19, où le groupe ID a fréquemment soutenu la grande coalition sur les votes législatifs, montrant sa volonté de participer à la prise de décision concernant les impacts de la crise en Europe.Le soutien des forces eurosceptiques s’est également étendu au-delà des textes liés à la crise sanitaire, comme l’adoption de la législation sur les marchés numériques et de plusieurs textes sur la politique agricole commune.

À quelques mois des élections européennes, plusieurs observateurs notent un rapprochement entre le centre-droit (PPE) et la droite radicale, en particulier le groupe conservateur ECR. Récemment, le PPE s’est tourné vers ECR pour l’adoption de plusieurs textes, notamment en matière environnementale.

Pourtant, d’après nos recherches, il n’y a pas eu de réel rapprochement entre le PPE et ECR pendant la législature actuelle. Le PPE se tourne davantage vers les libéraux de Renew (82 % de proximité) et les socialistes (74 %) pour faire adopter des textes et amendements, plutôt que vers la droite national-conservatrice ECR (63 %). Malgré l’idée d’un rapprochement entre la droite traditionnelle et ECR, la grande coalition pro-européenne continue de dominer la prise de décision, laissant peu d’influence à la droite radicale.

Mais des dynamiques émergent. Si la coalition pro-européenne contrôle le processus législatif, une partie des votes peut être gagnée par des coalitions alternatives, de droite ou de gauche.

En cas de rupture de la grande coalition, le PPE se tourne davantage vers la droite radicale (78 % de proximité avec ECR et 73 % avec ID) que vers les libéraux de Renew (38 % des cas). L’orientation du PPE vers la droite radicale s’est accentuée ces dernières années et pourrait devenir plus fréquente à l’avenir en cas de désaccord au sein de la grande coalition.Les récents exemples en matière de politique environnementale illustrent cette dynamique. Concernant le rapport sur l’usage des pesticides, une majorité d’amendements affaiblissant le texte a été adoptée par une coalition de droite composée du PPE, d’ECR et d’ID. Cette coalition a pu l’emporter grâce à la division du groupe Renew et au soutien de plusieurs de ses députés, notamment les Allemands et Tchèques.

Bien que la grande coalition continue d’être déterminante dans le processus législatif, le renforcement des forces radicales eurosceptiques après les élections de 2024 pourrait changer la donne. Sur certaines questions, notamment environnementales, le PPE pourrait parvenir à former des alliances avec la droite radicale et une partie des députés libéraux (Renew) ayant une approche plus critique des normes environnementales. Cela pourrait entraîner une réduction du nombre ou de l’ambition des textes visant à lutter contre le changement climatique, voire un retour en arrière par rapport au Pacte vert.

Nouveau gouvernement : À droite , en même temps , plus à droite

Nouveau gouvernement : À droite mais en même temps encore plus à droite

Hormis la surprise du Premier ministre et l’étonnement pour Rachida Dati, l’épine dorsale du gouvernement reste à peu près la même. Un gouvernement encore un peu plus à droite. Les principaux détenteurs de portefeuilles restent en place comme pour le ministère de l’économie, le ministère de l’intérieur, le ministère de la justice ou encore le ministère des armées.

Quelques aménagements seulement pour satisfaire aux règles de dosage en matière d’égalité hommes femmes, d’équilibre politique et de pan sur le bec pour les ministres un peu frondeurs.

Jean Garrigues, historien et spécialiste politique, réagit sur Franceinfo du jeudi 11 janvier à l’annonce par l’entourage de Rachida Dati de sa nomination au poste de ministre de la Culture dans le nouveau gouvernement du Premier ministre Gabriel Attal.

« Je ne suis pas sûr que le choix de Rachida Dati apporte quelque chose au projet de réarmement civique », analyse Jean Garrigues. Pour lui, les changements opérés dans le gouvernement sont « cosmétiques » et non pas « significatifs ». Le choix de Rachida Dati apparaît comme « un choix de stratégie politique », et non pas politique « au sens idéologique du terme », estime Jean Garrigues. Avec l’arrivée de Rachida Dati, le gouvernement est droitisé dans sa nouvelle composition. « C’est aussi un problème vis-à-vis de l’aile gauche de la macronie, (…) ça peut affaiblir encore plus le gouvernement de Gabriel Attal », conclut-il.

La liste officielle

Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique : Bruno Le Maire

Ministre de l’Intérieur et des Outre-mer : Gérald Darmanin

Ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités : Catherine Vautrin

Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques : Amélie Oudéa-Castéra

Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire : Marc Fesneau

Ministre de la Culture : Rachida Dati

Ministre des Armées : Sébastien Lecornu

Ministre de la Justice : Éric Dupond-Moretti

Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : Stéphane Séjourné

Ministre de la Transition écologique : Christophe Béchu

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Sylvie Retailleau

Ministre déléguée chargée du renouveau démocratique et Porte-parole du gouvernement : Prisca Thévenot

Ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement : Marie Lebec

Ministre déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations : Aurore Bergé

Nouveau gouvernement : les mêmes mais un peu plus à droite

Nouveau gouvernement : les mêmes mais un peu plus à droite

Hormis la surprise du Premier ministre et l’étonnement pour Rachida Dati, l’épine dorsale du gouvernement reste à peu près la même. Un gouvernement encore un peu plus à droite. Les principaux détenteurs de portefeuilles restent en place comme pour le ministère de l’économie, le ministère de l’intérieur, le ministère de la justice ou encore le ministère des armées.

Quelques aménagements seulement pour satisfaire aux règles de dosage en matière d’égalité hommes femmes, d’équilibre politique et de pan sur le bec pour les ministres un peu frondeurs.

La liste officielle

Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique : Bruno Le Maire

Ministre de l’Intérieur et des Outre-mer : Gérald Darmanin

Ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités : Catherine Vautrin

Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques : Amélie Oudéa-Castéra

Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire : Marc Fesneau

Ministre de la Culture : Rachida Dati

Ministre des Armées : Sébastien Lecornu

Ministre de la Justice : Éric Dupond-Moretti

Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : Stéphane Séjourné

Ministre de la Transition écologique : Christophe Béchu

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Sylvie Retailleau

Ministre déléguée chargée du renouveau démocratique et Porte-parole du gouvernement : Prisca Thévenot

Ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement : Marie Lebec

Ministre déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations : Aurore Bergé

Macron : des explications de gauche pour une loi qui penche à droite

Macron : des explications de gauche pour une loi qui penche à droite


D’après les critères idéologiques classiques, la loi immigration pencherait plutôt à droite du fait qu’elle a notamment été relativement durcie par le camp des « républicains » voire inspirée par le Front National. Mais curieusement le chef de l’État dans une interview sur la 5 a surtout justifié de l’intérêt de cette loi avec des arguments de gauche. Il faut dire que les opposants viennent surtout de la gauche. Et même surtout de ces parties qui ont toujours entretenu un déni de vérité sur la problématique de l’immigration excessive et de ses conséquences économiques, sociales mais surtout sociétales.

Traditionnellement la gauche veut ignorer que les désordres des banlieues dans les quartiers, les menaces sur l’école, le trafic de drogue et les différentes violences qui trouvent principalement leur origine dans le milieu immigré non intégré.

Le chef de l’État s’adresse directement à la gauche y compris à celle de sa majorité quand il affirme «J’assume totalement de dire que nos compatriotes attendaient cette loi et que si on veut que le RN n’arrive pas au pouvoir, il faut traiter des problèmes qui le nourrissent», a-t-il déclaré.

D’une certaine manière, une occasion en heure de critiquer la gauche pour Macron qui cette fois dans son interview à le plus souvent renvoyé au réel indiquant juste titre que lorsqu’on réside dans les beaux quartiers il est difficile de comprendre la problématique de l’immigration. Certes personnellement, il est pas le mieux placé pour utiliser cet argument pourtant imparable auprès de l’opinion. Une opinion qui approuve autour de 70 % cette loi dans son état actuel.

La grande faiblesse du pouvoir vis-à-vis de cette loi et même une grande hypocrisie consiste à prendre de la distance avec certaines mesures très durcies concernant l’immigration et en souhaitant que le conseil constitutionnel veuille bien nettoyer et éliminer les aspects des plus rugueux, c’est-à-dire des aspects anticonstitutionnels et anti conventionnels. Emmanuel Macron a transmis mercredi le texte voté au Conseil constitutionnel, alors qu’Élisabeth Borne a admis que certaines mesures ne passeraient sans doute pas cette haie.

«Je veux bien acter que le président Macron et le gouvernement n’ont pas pris les voix du Front national. Mais ils ont repris ses idées», a déclaré mercredi Toujours aussi maladroit et à contre-courant François Hollande au Monde. Tout en rappelant qu’il avait renoncé en 2016 à la déchéance de la nationalité pour les terroristes binationaux face aux critiques – dont celles de son ministre de l’Économie d’alors, Emmanuel Macron.

La nouvelle loi immigration introduit en effet le principe de déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes et délits

Élections Allemagne :l’extrême droite en hausse

Élections Allemagne :l’extrême droite en hausse

Une grosse défaite par la coalition au pouvoir en Allemagne à l’occasion des élections régionales. Il se confirme que l’extrême droite progresse de manière significative en Allemagne d’ailleurs dans l’ensemble de l’Europe.En cause surtout la détérioration économique et la question de l’immigration.

Les sociaux-démocrates de Scholz, les Verts et les libéraux du FDP sont en recul dans les deux scrutins qui ont eu lieu en Bavière, la plus grande région allemande en superficie, et en Hesse .

Selon ces sondages, les conservateurs remportent, comme attendu, les deux élections et le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) pourrait prendre la seconde place. «Nous sommes sur la bonne voie», a rapidement réagi la co-cheffe de l’AfD Alice Weidel, interprétant les résultats comme «une punition» pour le gouvernement et «un vote pour un changement».

En Hesse, le SPD menée par le ministre de l’Intérieur Nancy Faeser arriverait en quatrième position seulement (15,2%), après l’AfD (16,8%) et les Verts (15,5%), et loin derrière l’Union chrétienne-démocrate (CDU) avec 34,7% en nette hausse comparé à 2018 (27%). À mi-mandat, le gouvernement d’Olaf Scholz est sanctionné dans ces élections où l’inquiétude de la population face à la crise industrielle traversée par la première économie européenne et la résurgence de la question migratoire ont joué un rôle central.

Politique-Politique – Sarkozy, Le parrain de la droite

Politique-Politique – Sarkozy, Le parrain de la droite

Encore un nouveau livre pour Sarkozy autant pour s’adresser des louanges que pour lire dans le marbre de café du futur ou encore Les bons et les mauvais points. Celui qui devait nettoyer les quartiers difficiles au Karcher a sans doute oublié qu’il a sombré lui aussi dans l’immobilisme derrière un discours bavard, démago et creux. Ce qui lui a valu de ne pas avoir été réélu. Bref la politique réduite à la communication et à l’apparat du pouvoir mais sans impact réel sur les réalités concrètes.

Parmi les incongruités de son dernier livre , à noter l’opposition de Sarkozy à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN et de grandes approximations historiques concernant la Crimée. Sarkozy se fait aussi le parrain de Darmanin adoubé en quelque sorte pour les élections présidentielles de 2027. Il y a effectivement une certaine proximité idéologique et de comportement entre les deux hommes. Beaucoup de paroles en particulier concernant la sécurité mais une action à peu près aussi nulle. Peu importe, l’illusion du pouvoir suffit à celui qui comme nombre de ses prédécesseurs se contente des attributs de l’apparence pour masquer leur incompétence et leur manque de courage. Sarkozy aurait évidemment rêvé de revenir en politique même en se limitant à cette illusion du pouvoir. Il se contente maintenant du statut de parrain.

Comme d’habitude Sarkozy évite d’écorcher Macron notamment en raison des gamelles judiciaires qui lui pourrissent toujours la vie notamment le financement de sa campagne par Kadhafi.

Nicolas Sarkozy fait l’éloge du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. « Jusqu’à présent, les faits lui ont largement donné raison. Saura-t-il franchir une autre étape, voire l’étape ultime, celle qui mène à la présidence de la République ? Je le lui souhaite, car il a des qualités évidentes », écrit Nicolas Sarkozy.

JDD: À droite toute, faits divers et médiocrités

JDD: À droite toute, faits divers et médiocrités

La nouvelle rédaction imposée au JDD par Bolloré est à l’image des médias qu’il détient déjà comme C news. On n’y privilégie les faits divers, les scandales et le choc des photos. En vérité très peu de véritables informations mais la reprise des ces événements spectaculaires et souvent dramatiques. Avec en plus comme sur C news, un manque évident de professionnalisme.

À noter cette semaine à la vue une une interview de Mireille Mathieu sur la politique de Macon concernant le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Comme expert, on peut certainement faire mieux mais moins c’est difficile. Un peu dans le style de news dont on se demande où ils ont été cherchés certains chroniqueurs.

Sans doute des intervenants disponibles mais qui visiblement parlent de tout sans vraie compétence et un peu dans le style du bistrot. Sans doute à dessein pour montrer la proximité de la chaîne avec l’idée qu’on se fait du peuple.

Bref , il ne serait pas étonnant que le JDD enregistre une sérieuse chute du lecteur à après le virage à droite journal et sa ligne électorale médiocre.

JDD: Journal bâclé et virage à droite

JDD: Journal bâclé et virage à droite


Le nouveau JDD commence mal avec une ligne éditoriale recentré à droite comme Europe 1, C8 ou CNews, les medias de Bolloré. Bref plus proche de discussion de bistrot que d’un hebdo pertinent.

On objectera sans doute que cette édition d’ailleurs réduite a été réalisée en grande vitesse mais elle témoigne bien de la ligne populiste développée déjà dans les médias de Bolloré avec des propos très orientés, simplistes voire caricaturaux. En plus comme le signale France Info avec une grave erreur d’illustration en page une. La preuve caractéristique du caractère bâclé du nouveau journal

En effet, la photo choisie pour figurer à la une du journal n’est pas la bonne. Celle-ci, en effet, a été prise par Sud Ouest lors d’une marche blanche organisée en mémoire d’un autre adolescent prénommé Enzo. Les proches de cet adolescent, mort à 16 ans après avoir été percuté par une voiture, lui avaient rendu hommage le 21 janvier dernier à Hinx (Landes).

Cette erreur iconographique manifeste a été relevée par plusieurs observateurs, dont le député socialiste Philippe Brun. « J’étais à la marche blanche pour Enzo. La photo ne correspond pas à notre marche blanche, a commenté l’élu. Le JDD s’est trompé d’Enzo et a mis une photo concernant un jeune renversé par une voiture dans les Landes en janvier ! » L’hebdomadaire s’est également trompé en page 3, puisqu’il utilise de nouveau la marche blanche de janvier pour illustrer son sujet.

Ce numéro du Journal du dimanche a été réalisé en toute hâte, essentiellement par des journalistes extérieurs, avec peu de membres de la rédaction sortante impliqués. On y retrouve les signatures de Charlotte d’Ornellas (ancienne de Valeurs actuelles, comme Geoffroy Lejeune), de Pascal Praud, journaliste à Europe 1 et CNews, ou encore de Jacques Vendroux, pour le sport, Bref pas vraiment des fabricant de dentelles.

voir les 231 commentaires

Sondage Européennes 2024 : hausse de la droite

Européennes 2024 : hausse de la droite

Un effet des émeutes- D’après une étude Ifop réalisée pour Sud Radio les 4 et 5 juillet derniers, publiée ce vendredi, le bloc de droite, qui comprend le Rassemblement national, Les Républicains, Reconquête et Debout La France, atteint 48% des intentions de vote. Une véritable poussée de 6 points par rapport à un sondage similaire réalisé il y a deux mois, qui le jaugeait à 42%.

Pour anticiper au mieux les intentions de vote des Français, il faut préciser que l’institut de sondage a testé, auprès de son échantillon, une série de listes électorales incarnées par différentes têtes d’affiche choisies. Dans le détail, la liste RN menée par Jordan Bardella arriverait en tête avec 26% des voix (+1). Celle des Républicains, portée par François-Xavier Bellamy et Michel Barnier, culminerait à 11% (+3) des intentions de vote. Incarnée par Éric Zemmour et Marion Maréchal, la liste Reconquête grimperait à 7% (+1) des voix. Debout La France récolterait 4% des bulletins (+1).

La liste étiquetée Renaissance-Modem-Horizons, menée par Stéphane Séjourné, atteindrait 20% (+1) des intentions de voix. Dans cette tectonique des plaques électorales, c’est la gauche, partant avec le handicap de la division, qui en fait les frais.

En tête de leur camp politique, les deux listes du PS et d’EELV, respectivement incarnées par Raphaël Gluskmann et David Cormand, seraient ex aequo à 9% (-1 chacune) des bulletins. La liste de La France Insoumise, portée par Manon Aubry, chuterait de 10 à 8% (-2) des voix. Le Parti communiste, incarné par Fabien Roussel, lui, ne récolterait que 4% (-1) des suffrages. Les fortes fractures à gauche sur la police et les positions controversées de Jean-Luc Mélenchon sur les émeutes peuvent potentiellement expliquer cette décrue sondagière.

La perspective d’un JDD journal d’extrême droite dénoncée

La perspective d’un JDD journal d’extrême droite dénoncée


Les salariés et des figures du monde politique, économique, social, culturel, associatif ou sportif, parmi lesquelles Elisabeth Badinter, JoeyStarr et Lionel Jospin, se mobilisent contre la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête de l’hebdomadaire. Dans Le Monde.

Acteurs du monde politique, économique, social, culturel, associatif ou sportif, nous ne pouvons nous résoudre à voir ce rendez-vous dominical de référence véhiculer des opinions contraires aux valeurs républicaines qu’il porte depuis soixante-quinze ans. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, qu’on le lise ou qu’on ne le lise pas, le JDD, avec ses qualités et ses défauts, est toujours resté attaché à la diversité des opinions. Il ne peut devenir un journal au service des idées d’extrême droite.

Deux semaines après le feu vert sous conditions de la Commission européenne pour l’offre publique d’achat de Vivendi sur Lagardère, qui s’inscrit dans un mouvement plus vaste de concentration des médias, cette décision radicale laisse augurer une transformation à marche forcée dont l’homme d’affaires Vincent Bolloré est coutumier. Une brutalité dont ont déjà été victimes les rédactions de Canal+, d’i-Télé (devenue CNews), d’Europe 1 et de Prisma Presse.

Remettre en question l’indépendance éditoriale d’un journal quel qu’il soit est une atteinte à l’équilibre démocratique, dont l’un des socles est la liberté de la presse. Inquiets pour les salariés, nous le sommes également pour la pérennité du titre, cette arrivée contestée d’un nouveau directeur de la rédaction étant de nature à repousser lecteurs et annonceurs.

Pour la première fois en France depuis la Libération, un grand média national sera dirigé par une personnalité d’extrême droite. Un dangereux précédent qui nous concerne tous.

12345...12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol