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Sondage Présidentielle : la primaire de la droite est facteur de division

Sondage Présidentielle : la primaire de la droite est facteur de division

Selon un sondage Odoxa Backbone-Consulting réalisé pour Le Figaro, 53% des Français sont contre le système de primaires envisagées par le parti républicain. Les  Français considèrent que la primaire est surtout une opération de communication est l’occasion d’une perte de temps .

Beaucoup craignent que la primaire soit vecteur de divisions (70% ; 72%). D’autres encore voient dans cette démarche une pure opération de communication (62% ; 55%), voire même «une perte de temps» (53% ; 48%).

Dans ce contexte, la posture de Xavier Bertrand est saluée. À plusieurs reprises, le président ex-LR des Hauts-de-France et candidat à la présidentielle a refusé de prendre part au processus de départage. «La primaire (…) a été source de divisions, et la fois dernière, tous ceux qui sont passés par une primaire ont été éliminés lors du premier tour de l’élection», a-t-il encore déclaré mardi soir sur le plateau de TF1. Sa position est récompensée, puisque l’élu bénéficie du soutien d’un Français sur deux. 54% des sympathisants de la droite et du centre, dont 56% des LR, sont du même avis.

 

Présidentielle: à droite Bertrand progresse

Présidentielle: à droite Bertrand progresse

Le président des Hauts-de-France qui, dans la foulée de sa réélection lors des régionales, enregistre une progression de 3 points de son score de premier tour à 18 %, selon une enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI.

Derrière, la présidente de l’Île-de-France progresse de 4 points, à 14 %, et celui de l’Auvergne-Rhône Alpes de 5, points à 13 %. «À dix mois du scrutin, Xavier Bertrand se positionne comme le troisième homme, mais il ne tue pas le match à droite», résume Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop. Et ce, même si Bertrand reste la personnalité préférée des sympathisants et électeurs de droite pour les représenter en 2022, avec 40 %, contre 23 % pour Valérie Pécresse et 17 % pour Laurent

Présidentielle: une primaire ouverte à droite pour Bertrand et Pécresse

Présidentielle: une primaire ouverte à droite pour Bertrand et Pécresse

 

À l’évidence le responsable du mode de désignation du parti républicain, Léoneti,  souhaite que la primaire soit le plus ouvert possible pour ne pas éliminer les candidats qui ont les plus grandes chances de l’emporter éventuellement aux présidentielles. «si nous décidions d’interroger nos seuls militants LR, comment pourrions-nous demander à Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou nos amis centristes d’y participer?», a-t-il ajouté

Selon un sondage Ifop publié par le JDD, 46% des sondés estiment que Xavier Bertrand «ferait un bon candidat» de la droite pour 2022, suivi de Valérie Pécresse (42%), François Baroin (38%), Laurent Wauquiez (35%) et Michel Barnier (32%). Bruno Retailleau est à 18%.

Régionales : une victoire de la droite avec 38 %

Régionales : une victoire de la droite avec 38 %

 

 

Même si indéniablement le vainqueur des élections régionales est l’abstention, autour de 66 % autant qu’au premier tour, le parti public et ses alliés ressort également gagnant avec 38 % des voix.- Les perdants dans l’ordre sont la démocratie puisque nombreux d’élus n’auront recueilli que de l’ordre de 10 % des inscrits (sans parler des non inscrits), le Front National qui recule enfin la république en marche qui connaît une véritable débâcle et montre sa quasi inexistence sur le plan local. Bref une élection qui d’une certaine manière bat aussi les cartes des rapports de force entre les différents courants politiques en France et permet même d’envisager beaucoup d’hypothèses pour 2022.

Europe 1: grève contre le virage à droite

Europe 1: grève contre le virage à droite

Encore un licenciement et surtout la menace d’un net virage à droite avec le rapprochement avec les chaînes et radios de Bolloré.  À l’issue d’une assemblée générale, les salariés ont menacé de se mettre en grève si la direction ne revient pas sur une procédure de sanction disciplinaire visant un journaliste. Point une action sur fond de départs volontaires engagés au printemps concernant une quarantaine de postes. Les journalistes sont particulièrement inquiets de la droitisation de la radio.

Dans une tribune publiée jeudi sur le site du Monde, la société des rédacteurs d’Europe 1 et l’intersyndicale ont exprimé leurs inquiétudes, refusant «de devenir un média d’opinion» à «l’aube d’une année électorale»«En liant son sort à une chaîne qui s’illustre à longueur de journée par un activisme politique fortement ancré à droite, voire parfois à l’extrême droite, Europe 1 va perdre ce qui lui reste de plus précieux: son capital de crédibilité auprès des auditeurs», estiment-ils.

Il y avait déjà «une dérive sur le fond, avec la très forte droitisation de la ligne éditoriale qui se profile», «Cela ressemble aux méthodes qu’on a vues à l’oeuvre dernièrement au service des sports de Canal+», où une vingtaine de personnes ont été poussées vers la sortie, abonde Olivier Samain.

Immigration : un coup à droite pour Macron

Immigration : un coup à droite pour Macron

Pour favoriser sa réélection, le président de la république semble prêt à sacrifier la plupart de ses convictions. Jusque-là les convictions de Macron laissaient une large place à une gestion très laxiste de l’immigration. Une sorte de vision internationaliste de la mobilité des individus. Or le président de la république vient de réunir une sorte de conseil restreint avec Jean Castex, Jean-Yves Le Drian, Gérald Darmanin et la directrice de cabinet d’Eric Dupont Moretti. Matignon, les Affaires étrangères, l’Intérieur et la Justice pour se pencher sur la question sensible de l’immigration. Une réponse directe évidemment à la principale concurrente de Macron aux élections présidentielles de 2022.

«Pendant la crise sanitaire, les flux migratoires se sont considérablement réduits, observe-t-on à l’Élysée. Mais à la sortie, nous nous attendons à une reprise de la pression migratoire pour l’ensemble des pays européens». Dont la France donc, alors que le pays entre dans une année présidentielle. Or «le taux d’acceptabilité de l’immigration dans notre pays, et dans les autres pays européens, est de plus en plus bas», souligne-t-on à l’Élysée.

Deux mesures sont envisagées mais assez symboliques par rapport à la problématique globale de l’immigration. On envisage l’éloignement des étrangers en situation irrégulière fichés pour terrorisme ou radicalisation. Sur les 1115 noms du fichier, 514 sont encore présents sur le territoire (dont «une bonne partie sont incarcérés») et 601 ont déjà été expulsés. Deuxième levier : l’expulsion des étrangers ayant commis des crimes ou des délits. Des procédures d’expulsion seront engagées, même pour ceux qui purgent une peine de prison.

Au bout du compte, il s’agit bien d’accélérer sur les obligations de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et condamnés. «

En clair on va sans doute expulser quelques dizaines de délinquants étrangers . Or 900 000 étrangers seraient présents illégalement sur le territoire national, avec une tendance observable à l’accroissement de leur nombre

par définition ce phénomène se soustrait aux régulations législatives et réglementaires comme aux recensements officiels.

En se fondant sur diverses sources (notamment administratives), l’ancien secrétaire général du Ministère de l’Immigration Patrick Stefanini estime néanmoins qu’environ 900 000 étrangers seraient présents illégalement

Par ailleurs, un indicateur efficace permet de déterminer la dynamique nettement haussière dans laquelle ces chiffres s’inscrivent : le nombre des bénéficiaires de l’aide médicale d’État (AME), dispositif assurant aux étrangers en situation irrégulière un accès gratuit aux soins. Depuis la création de l’AME en 2001, le volume de ses bénéficiaires a augmenté à un rythme de 6% par an en moyenne : ils étaient 139 000 durant sa première année d’existence, contre 311 000 en 2018[6] - soit une hausse de 128%. Cet instrument de mesure tend néanmoins à sous-estimer fortement le nombre de clandestins présents sur le territoire, dans la mesure où tous n’utilisent pas ce droit qui leur est ouvert. Pour rappel, la loi de finances 2020 prévoit d’affecter 934,4 millions d’euros de crédits à l’AME.

Du coup les mesures envisagées par le président de la république paraissent anecdotiques.

SONDAGE PRÉSIDENTIELLE: BERTRAND en tête à droite et possible vainqueur au second tour

SONDAGE  PRÉSIDENTIELLE: BERTRAND en tête à droite et possible vainqueur au second tour

Xavier Bertrand obtiendrait le meilleur score au premier tour de la prochaine présidentielle parmi les candidats potentiels de la droite, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron, selon un sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Le Figaro ce lundi. Selon cette enquête, le premier tour serait nettement dominé par Marine Le Pen (27 à 30%) et Emmanuel Macron (25 à 28%) dans chacun des cinq scénarios testés par l’institut.

Pour le premier tour, Ifop-Fiducial évalue d’abord les intentions de vote de quatre candidats possibles pour la droite. Le président de la région Hauts de France Xavier Bertrand (15%) serait le candidat qui prendrait le plus de voix à Emmanuel Macron (25%) comme à Marine Le Pen (27%), devant la présidente de l’Île-de-France Valérie Pécresse (10%), celui d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et l’ancien négociateur européen du Brexit Michel Barnier qui remporteraient tous les deux 8% des suffrages, et enfin le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau (6%).

Au deuxième tour, le duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron serait remporté, selon ce sondage, par le président sortant à 54% des voix contre 46% pour la président du RN, comme lors du sondage précédent de l’Ifop, réalisé en avril.

Dans l’hypothèse d’un second tour face à Emmanuel Macron, Xavier Bertrand obtiendrait 49% contre 51% pour le président sortant. Mais, dans l’hypothèse d’un second tour face à Marine Le Pen, le meilleur score serait réalisé par Xavier Bertrand qui obtiendrait 60% contre 40% pour la présidente du Rassemblement national.

Enquête menée suivant la méthode des quotas auprès d’un échantillon de 1.363 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1.529 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1%.

Télé-CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

Télé-CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

 

Il est clair que pour tenter de concurrencer BFM par exemple, C News se range dans le camp des protestataires de manière systématique, souvent dans celui des complotistes  et de l’extrême droite. Le tout sur fond de discussion de bistrot et de censure des journalistes contestataires. Une exception culturelle toutefois celle du one-man-show de Zemmour , qui relève évidemment le niveau populiste habituel mais en sacrifiant à la rengaine permanente de l’intéressé sur le bien-fondé du racisme et la critique systématique de l’Europe.

Le patron directeur général de CNews, Serge Nedjar, justifie cette ligne éditoriale.

CNews, qui était en grande difficulté il y a un an, a rebondi en 2020. Quel bilan tirez-vous?
L’année est exceptionnelle! CNews a presque doublé sa part d’audience, avec 1,4% sur les 4 ans et plus. Toutes les émissions ont progressé. Avec L’Heure des pros de Pascal Praud, CNews est première chaîne nationale entre 10 heures et 10h30. Face à l’info, de Christine Kelly, avec Eric Zemmour, bat BFMTV. Nos rendez-vous ont tous progressé, de 50% à 300%, ce qui est unique dans l’audiovisuel sur une période aussi courte. Pour être franc, je ne m’attendais pas à une telle progression. C’en est presque effrayant.

Effrayant?
Oui, parce qu’il nous faut assumer ce nouveau statut. Et rester à la hauteur des engagements envers les téléspectateurs, c’est‑à-dire garantir une qualité d’antenne et de débats. Or la pression est forte : à commencer pour nos 200 collaborateurs, techniciens, journalistes ou non, qui, sept jours sur sept, travaillent comme des malades de 6 heures du matin à point d’heure. Croyez-moi, c’est plus facile d’être challenger.

Vous êtes devant LCI. Votre objectif est-il d’aller concurrencer BFMTV?
D’autres le disent, pas nous. Mais je ne vous dirais pas qu’arriver un jour à atteindre notre principal concurrent n’est pas un objectif.

Selon vous, qu’est-ce qui explique ces résultats?
C’est la suite logique de ce que l’on a décidé il y a quatre ans à la création de CNews, quand il a fallu nous démarquer d’une concurrence extrêmement forte. Notre modèle découlait d’une évidence : face à la transformation des modes de consommation de l’information et à l’explosion des réseaux sociaux, il fallait une nécessaire adaptation. D’où cette ligne radicalement différente, assise sur deux piliers : de l’info en continu ainsi que des plages de décryptage et de débat.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents?
Nous avons été les seuls à aborder, dès le début et sans détour, certains thèmes sensibles, voire explosifs, des faits de société comme la sécurité, l’immigration, l’écologie ou les violences urbaines. Des questions que nos concurrents rechignaient à traiter. De même que nous avons tenu à inviter sur nos plateaux de nombreuses personnalités, y compris celles qui n’étaient pas les bienvenues dans les autres médias. Il est important d’écouter toutes les opinions, même les plus dérangeantes et les plus politiquement incorrectes. Les téléspectateurs y ont d’emblée été sensibles : ils savent que sur CNews la parole est libre et les avis, divers.

On vous reproche une « foxisation » de l’info, allusion à la ligne ultra-conservatrice et populiste de la chaîne américaine Fox News. Qu’en dites-vous?
A force qu’on nous compare à Fox News, j’ai fini par la regarder. CNews n’a absolument rien à voir. Nous ne sommes pas un média militant. Nous ne roulons pour personne et ne sommes l’instrument d’aucun parti, d’aucun groupe de pression. En revanche, c’est une chaîne qui a une audience énorme et d’excellents résultats : deux gros défauts qu’on aimerait bien avoir.

Que répondez-vous à Benoît Hamon qui a qualifié CNews de « chaîne d’extrême droite complotiste  »?
C’est blessant pour l’ensemble de nos collaborateurs. Et d’une grande malhonnêteté. Il se fonde certainement sur ce qu’on raconte dans Face à l’info et il en fait une généralité. Or, Eric Zemmour, c’est trente-trois minutes au cœur d’une grille qui compte dix-neuf heures de direct, dont une vingtaine de journaux. Sait-il que plus de 40% des téléspectateurs de CNews sont sans opinion, que plus de 20% sont de gauche et 20 autres pour cent de droite, quand seulement 9% se disent proches du RN, selon une étude que nous avons réalisée en juillet? Benoît Hamon doit être en campagne.

 

CNews n’est-elle pas « Pascal Praud-dépendante »?
C’est un des piliers de notre antenne. Il est à l’origine de la personnalité et du succès de CNews. Et on ne souhaite pas qu’il parte.

 

Parce qu’il y a un risque?
Après avoir dénigré les hommes et les femmes qui travaillent sur CNews, nos concurrents y font aujourd’hui leur marché. Et Pascal Praud est certainement très sollicité. Mais je sais aussi son attachement à la chaîne et sa fidélité au groupe Canal, si bien qu’il y a peu de risques qu’il s’en aille.

Une parodie du programme de Pascal Praud, mise en ligne par Winamax, a conduit aux licenciements de Sébastien Thoen et Stéphane Guy. Pourquoi ces sanctions?
D’après ce que j’en sais, les décisions qui ont été prises n’ont rien à voir avec cette parodie. Sébastien Thoen s’est associé avec quelqu’un qui dénigrait constamment le service des sports de Canal+ sur d’autres antennes, ce qui était inacceptable. Mais je n’en sais pas plus.

Le limogeage de Stéphane Guy suscite une vague d’émotion et de protestation, y compris au sein du groupe Canal. Les journalistes de CNews ont-ils une totale liberté d’expression?
Totale liberté pour nos journalistes, mais aussi pour les éditorialistes et intervenants extérieurs! La seule obligation est la maîtrise de l’antenne par le présentateur. Pascal Praud, Christine Kelly, Laurence Ferrari ou Sonia Mabrouk ne peuvent pas laisser passer des propos inacceptables, outranciers ou diffamatoires sans réagir.

Peut-on critiquer Pascal Praud au sein de CNews? 
Des discussions, il y en a tous les jours au sein de nos rédactions. Chez CNews comme ailleurs. Que ce soit avec Pascal Praud ou d’autres journalistes. On est d’accord ou pas d’accord sur tel ou tel sujet. C’est ce qui fait la richesse de nos métiers. Mais tout s’exprime à l’intérieur de la chaîne. La loyauté est une des valeurs majeures dans la vie.

Vous parliez de propos « inacceptables, outranciers ou diffamatoires ». Certains penseront à ceux d’Eric Zemmour…
Il y a une énorme injustice à son sujet. Car Face à l’info, le programme dans lequel il intervient et dont l’audience a été multipliée par quatre cette année [avec des pointes jusqu'à 1 million], c’est 240 émissions depuis octobre 2019 ; seules quatre ont fait débat à partir de propos qui ont pu apparaître choquants ou qui l’ont été, mais qui ont été retirés de leur contexte puis montés en épingle par nos adversaires. Une méthode classique pour occulter le reste des propos et, plus grave encore, pour diaboliser le reste de l’antenne.

 

Vous placez TF1, maison mère de LCI, parmi ces adversaires?
Je pense que l’avance que nous avons prise sur LCI n’est pas sans faire réagir ce groupe.

J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir

Votre grille va-t‑elle évoluer cette année?
On ne touche à rien. Mais nous commençons à muscler notre service politique en vue de l’élection présidentielle, avec l’installation dans la dernière ligne droite d’un rendez-vous en fin de journée. Nous allons traiter cette échéance à notre manière, non conventionnelle. Avec des débats et des plateaux où nous inviterons également des politiques. J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir.

A qui faites-vous allusion?
A Olivier Véran, par exemple, qui refuse ostensiblement de venir sur CNews. Qu’un ministre ne veuille pas répondre sur la deuxième chaîne d’info du pays est incompréhensible. Il tourne le dos à des millions de téléspectateurs qui à ses yeux ne méritent sans doute pas d’être informés. Pourtant il est le bienvenu. Liberté de ton, liberté de parole : nous invitons tout le monde quand, sur d’autres médias, des éditorialistes, des écrivains ou des scientifiques sont interdits de passage.

Où ça?
Sur France 2 et France Inter, par exemple, ou dans quelques quotidiens et hebdos. Des médias qui censurent, qui se comportent comme des juges, qui condamnent et absolvent selon que vous êtes ou non dans leur camp. Qui pratiquent l’indignation sélective. Mais le public n’est pas dupe. Il a repéré ces partis pris. Il vient sur CNnews parce que justement nous échappons à ça.

 

Comment se porte CNews sur le plan économique?
Beaucoup mieux, et pour cause. ITélé, mère de CNews, perdait jusqu’à 30 millions d’euros par an. Ce déficit, qui a été ramené à 9 millions d’euros en 2019, devrait être inférieur à 2 millions d’euros en 2021. Pour 2020, l’impact de la crise fausse les chiffres, mais nos recettes ont augmenté de 40% en décembre. Et si le marché publicitaire se redresse, nous devrions parvenir à l’équilibre, pour la première fois de notre histoire, en 2022. C’est dire le chemin parcouru.

CNews: la chaîne de l’extrême droite

CNews: la chaîne de l’extrême droite

Avec sa parole prétendument décomplexée, ses clashs et ses commentaires à l’emporte-pièce, la chaîne de Vincent Bolloré ne cesse de gagner des parts d’audience.

Par Sandrine Cassini dans le Monde

 

 

 

« Comment faire reculer la haine anti-policiers qui s’enracine. Une haine qui alimente la crainte d’une guerre civile ? » Lundi 10 mai, la journaliste Sonia Mabrouk, sur CNews, n’a pas hésité à voir, dans le meurtre d’Eric Masson, tué le 5 mai à Avignon lors d’un contrôle anti-drogue, une nouvelle preuve accréditant les thèses affirmées par des militaires, qui ont dénoncé, dans une tribune anonyme publiée sur le site de Valeurs actuelles, « le communautarisme »« la violence » et « la haine de la France »« Depuis plusieurs semaines, il y a un lien qui est fait à juste titre entre certaines immigrations et la montée de l’ensauvagement dans la société française », a abondé Jean Messiha. L’ancien membre du bureau national du Rassemblement national a son rond de serviette chez CNews. Avec sa parole prétendument décomplexée, ses clashs et ses commentaires à l’emporte-pièce, CNews ne cesse de gagner du terrain. Entre le 3 et le 12 mai, elle a dépassé l’audience de BFM à quatre reprises. Un couronnement pour la chaîne de Vivendi, et son principal actionnaire, Vincent Bolloré.

Sa trajectoire rappelle celle de Fox News aux Etats-Unis. Quand il crée sa chaîne en 1996, Rupert Murdoch a l’ambition d’en faire un CNN de droite, un créneau laissé en jachère par les chaînes de télévision. Cinq ans après sa naissance, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le nouveau canal d’informations dépasse CNN.

« Les conservateurs, qui se sentaient opprimés sous Bill Clinton, ont trouvé dans Fox News un repaire où amplifier leur colère », analyse Alexis Pichard, auteur de Trump et les médias. L’illusion d’une guerre ? (VA Press, 2020). Pour lui, la chaîne a servi à « mettre en culture l’électorat de Donald Trump », élu en 2016.

Polémiste réactionnaire

Insécurité, délinquance, islam, identité et faits divers scabreux, les thématiques de prédilection de l’extrême droite tournent en boucle sur CNews.

« C’est de moins en moins une chaîne d’information », analyse Philippe Riutort, sociologue, spécialisé en communication politique. L’antenne a exploité ad nauseam la deuxième tribune anonyme supposément signée par les militaires d’active, alors même que Le Figaro, quotidien classé à droite, n’y consacrait qu’un bas de page tout en distance, pointant un « malaise au sein des armées »« J’y reconnais des propos que, moi, je tiens. Il y a des phrases fantastiques ! », s’est réjoui, lundi 10 mai au soir, Eric Zemmour, polémiste réactionnaire, et phare de l’antenne.

Chili: la droite battue

Chili: la droite battue

La droite a seulement obtenu t 21 % aux élections destinées à réécrire la constitution Les partis de gauche désireux de réécrire en profondeur la constitution chilienne héritée de la dictature Pinochet (1973-1990) devancent dimanche 16 mai au soir ceux de la droite conservatrice, mais les partis indépendants arrivent en tête du scrutin pour désigner les rédacteurs de la nouvelle loi fondamentale.

 

Les partis de gauche recueillent 33% des votes, et ceux de droite 21%, alors que les candidats indépendants recueillent le reste des suffrages, sur plus de la moitié des bulletins dépouillés (53%). La droite au pouvoir n’aura pas la capacité de contrôler les décisions de l’Assemblée constituante, composée de 155 membres élus sur une base paritaire, dont 17 sièges sont réservés aux 10 peuples autochtones. Le taux de participation est de 37%.

Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes ?

 Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes  ?

Selon la sociologue Anne Muxel, l’extrême droite ne fait plus figure de repoussoir chez les jeunes générations. Marine Le Pen est parvenue à incarner en partie le « vote protestataire ». (Interview le monde)

La sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, revient sur la forte tentation des jeunes pour un vote protestataire, à l’extrême droite mais aussi pour La France insoumise.

Existe-t-il un vote jeune ?

Au fil du temps, les jeunes se sont mis tendanciellement à voter comme le reste de l’électorat, avec cependant quelques inflexions. Ce n’était pas le cas dans les années post-Mai 68, où l’électorat jeune était marqué par un tropisme de gauche – on a pu parler d’une « génération Mitterrand » – qui avait sensiblement contribué à l’arrivée du candidat du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

Ce vote s’est ensuite quelque peu résorbé, notamment avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pour lequel une majorité de jeunes électeurs a voté, participant finalement à un désir d’alternance politique. En 2007, lors de l’élection qui opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, a ressurgi un vote majoritaire pour la gauche, mais, depuis, si l’électorat jeune reste plus à gauche que ses aînés, il est moins à gauche qu’auparavant.

 

Notamment avec le trouble introduit par le vote frontiste, qui a toujours concerné une partie significative de l’électorat jeune, particulièrement dans ses segments les plus populaires, les moins scolarisés, déjà au travail ou en quête de travail, chez qui Jean-Marie Le Pen ou sa fille ont fait des scores tout à fait importants. Beaucoup de jeunes qui votent pour Marine Le Pen se disent d’ailleurs ni de droite ni de gauche ; le clivage a perdu de sa pertinence chez eux. Et ce mouvement ne profite guère à la droite classique, Les Républicains ayant beaucoup de difficultés à attirer l’électorat jeune. Par ailleurs, l’enjeu écologique, devenu premier dans les préoccupations des jeunes, ne se traduit encore que timidement dans le vote écologique.

Y a-t-il eu un tournant dans ce vote pour le RN ?

C’est plutôt très progressif et cela participe des fluctuations, des mouvements, des réalignements qui ont affecté les évolutions de l’ensemble du corps électoral. Sans oublier la persistance de l’abstention, qui ne cesse de croître, mais est nettement plus marquée chez les jeunes. Quel que soit le type de scrutin, il y a toujours dix points d’abstention de plus dans cet électorat.

La dernière présidentielle est intéressante : alors même qu’il s’agissait d’une élection assez politisée, mettant en scène un candidat très jeune avec un discours net de renouveau de la vie politique, cette élection s’est soldée non seulement par un vote très tiède des 18-24 ans pour Emmanuel Macron, mais surtout une abstention forte, puisqu’un tiers des étudiants, a priori ceux qui ont le plus de chance de participer à un scrutin, sont restés en retrait.

 

 

Audrey Pulvar : « les voix destructrices de la droite»

Audrey Pulvar : « les voix destructrices de la droite»

La candidate aux élections régionales en Ile-de-France répond aux commentaires indignés qui, à droite, à l’extrême droite et jusque dans la majorité présidentielle, ont suivi ses propos sur les réunions « non mixtes ». ( le problème c(est que le débat ne concerne pas seulement la droite NDLR)

Tribune. 95 000. C’est le nombre de personnes qui, en cette fin mars, ont perdu la vie, en un an, dans notre pays, victimes du Covid-19. Un terrifiant bilan, hélas provisoire, auquel s’ajoutent le basculement de 1 million de personnes déjà précaires dans la grande pauvreté, les tourments d’une jeunesse sacrifiée, l’angoisse permanente pour des dizaines de milliers de chefs d’entreprises, de petits commerçants et artisans, le casse-tête quotidien de parents, sans recours devant des écoles fermées pour cause de nouveaux cas détectés.

Tandis que monte la troisième vague, soignants, enseignants, personnels qui accueillent des enfants, accompagnants de personnes en grande vulnérabilité, convalescents Covid long se remettant mal ne cessent de nous alerter sur la gravité de la situation et leur propre état d’épuisement physique et mental…


Pourtant, un sujet, un seul, occuperait les esprits depuis 72 heures, si l’on en croit réseaux sociaux, chaînes d’info et comptes propagateurs de haine : les propos que j’aurais tenus, intimant « aux Blancs » le silence, quand il s’agit de parler de racisme. Bigre ! Celles et ceux qui ont pris la peine de m’écouter savent, à condition d’honnêteté, qu’il n’en est rien.

Mais, par un spectaculaire retournement, là où je refusais le principe de réunions totalement fermées – j’ai dit mon opposition aux réunions « interdites à » –, là où j’invitais simplement à écouter, sans l’interrompre, la parole de victimes, qui doivent pouvoir être les premières à s’exprimer, la droite et l’extrême droite, complaisamment relayées, ont fait croire et répété à l’envi que je voulais empêcher la parole.

Jamais je n’ai dit vouloir réduire au silence une partie de la population, pour quelque motif que ce soit, et encore moins pour sa couleur de peau. Jamais je n’ai prononcé ni conçu les mots « les Blancs doivent se taire », phrase pourtant répétée à l’infini par des éditorialistes pressés d’en découdre et des zélotes de la pensée étroite. Une telle phrase ne m’aurait même pas effleuré l’esprit, tant elle est contraire à tout ce que je suis, à tout ce que je porte et tout ce pour quoi je me bats.

Politique : La droite cocufiée par Macron

Politique : La droite cocufiée par Macron

 

 

Il est clair que dans l’affaire Bismuth de Sarkozy, le grand perdant est le parti républicain qui se trouve évidemment affaibli lui aussi par cette sentence très dure mais qui se voit privé d’un éventuel candidat qui aurait pu concurrencer sérieusement Macron.

La droite est cocufiée à plusieurs titres. D’abord parce que l’attitude particulièrement complaisante de Sarkozy vis-à-vis de Macron ces derniers mois la mettait dans une position particulièrement délicate. Cela d’autant plus que certains républicains figurent au sein du gouvernement. Et le jugement très sévère condamnant Sarkozy à des peines de prison constitue la fin des illusions quant à la carrière politique de l’ancien président. Les principaux perdants dans cette affaire sont les républicains et le principal bénéficiaire Macron.

Personne pour l’instant n’ose évoquer l’hypothèse d’une éventuelle intervention du président de la république pour enfoncer Sarkozy. Pourtant il est clair que depuis des semaines et des mois l’entourage de Macron ne cesse de surveiller les intentions de Sarkozy vis-à-vis de 2022. On s’étonnera cependant que ce procès mené finalement assez rondement ait été conduit avec beaucoup plus de célérité que alors d’autres affaires qui concernent aussi bien Macron ( l’origine des financements de sa campagne électorale) que ses collaborateurs et alliés les plus proches comme Ferrand par exemple ou encore comme Bayrou.

Sur le plan strictement politique Macron n’a strictement plus rien à attendre des anciens électeurs socialistes qui avaient voté pour lui. Quelques-uns voteront pour Mélenchon mais la plupart sans doute vont s’abstenir refusant le choix entre Marine Lepen et l’actuel président de la république. Le réservoir électoral de Macron se situe à droite et au centre-droit uniquement. C’est-à-dire exactement les anciens électeurs de Sarkozy.

On sait que chez les hauts fonctionnaires y compris dans la justice on sait faire diligence soit sur pression politique soit pour faire plaisir aux détenteurs du pouvoir du moment . Et Macron est assez machiavélique pour avoir été impliqué dans une opération qui tue un éventuel adversaire tout en lui permettant de récupérer les dépouilles électorales. Macron n’a sans doute pas de grandes convictions philosophiques ou politiques mais il sait manœuvrer à la manière de Machiavel ( thème de sa thèse d’étudiants y compris en assassinant s’il le faut ses amis les plus proches; Macron est en effet dépourvu de tout état d’âme  et même de tout affect d’après celui qui a favorisé son ascension,  Pierre Jouyet lui-même.

La droite cocufiée par Macron

La droite cocufiée par Macron

 

 

Il est clair que dans l’affaire Bismuth de Sarkozy, le grand perdant est le parti républicain qui se trouve évidemment affaibli lui aussi par cette sentence très dure mais qui se voit privé d’un éventuel candidat qui aurait pu concurrencer sérieusement Macron.

La droite est cocufiée à plusieurs titres. D’abord parce que l’attitude particulièrement complaisante de Sarkozy vis-à-vis de Macron ces derniers mois la mettait dans une position particulièrement délicate. Cela d’autant plus que certains républicains figurent au sein du gouvernement. Et le jugement très sévère condamnant Sarkozy à des peines de prison constitue la fin des illusions quant à la carrière politique de l’ancien président. Les principaux perdants dans cette affaire sont les républicains et le principal bénéficiaire Macron.

Personne pour l’instant n’ose évoquer l’hypothèse d’une éventuelle intervention du président de la république pour enfoncer Sarkozy. Pourtant il est clair que depuis des semaines et des mois l’entourage de Macron ne cesse de surveiller les intentions de Sarkozy vis-à-vis de 2022. On s’étonnera cependant que ce procès mené finalement assez rondement ait été conduit avec beaucoup plus de célérité que alors d’autres affaires qui concernent aussi bien Macron ( l’origine des financements de sa campagne électorale) que ses collaborateurs et alliés les plus proches comme Ferrand par exemple ou encore comme Bayrou.

Sur le plan strictement politique Macron n’a strictement plus rien à attendre des anciens électeurs socialistes qui avaient voté pour lui. Quelques-uns voteront pour Mélenchon mais la plupart sans doute vont s’abstenir refusant le choix entre Marine Lepen et l’actuel président de la république. Le réservoir électoral de Macron se situe à droite et au centre-droit uniquement. C’est-à-dire exactement les anciens électeurs de Sarkozy.

On sait que chez les hauts fonctionnaires y compris dans la justice on sait faire diligence soit sur pression politique soit pour faire plaisir aux détenteurs du pouvoir du moment . Et Macron est assez machiavélique pour avoir été impliqué dans une opération qui tue un éventuel adversaire tout en lui permettant de récupérer les dépouilles électorales. Macron n’a sans doute pas de grandes convictions philosophiques ou politiques mais il sait manœuvrer à la manière de Machiavel ( thème de sa thèse d’étudiants y compris en assassinant s’il le faut ses amis les plus proches; Macron est en effet dépourvu de tout état d’âme  et même de tout affect d’après celui qui a favorisé son ascension,  Pierre Jouyet lui-même.

Pour une écologie de droite ?

Pour une écologie de droite ? 

Jean-Louis Thiériot propose une économie de droite dans d’une tribune à l’Opinion.

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La proposition pourrait paraître curieuse dans la mesure où l’écologie ne serait être ni de droite ni de gauche mais seulement pertinente et efficace. Force cependant est de reconnaître que les gauchistes ont mis la main sur la thématique environnementale pour mieux dissimuler leur idéologie post-marxiste voir clairement communiste. Il n’est pas certain que la politisation de l’écologie gagne quelque chose dans l’affaire . Une tribune qui contient des éléments intéressants mais avec un mélange des genres qui affecte l’intérêt de certaines réflexions NDLR

 

tribune

 

L’écologie est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux écologistes. Déterminante pour l’avenir de notre planète et de notre humaine condition, elle a partie liée avec l’universel. Il nous est impossible d’accepter qu’elle demeure l’apanage d’un écologisme politique suivant un agenda caché : au pire, la deep ecology faisant de la nature l’ultime refuge du sacré quitte à sombrer dans l’antihumanisme comme l’a si bien montré Régis Debray dans Le Siècle vert ; au mieux l’idéologie de substitution du vieil anticapitalisme marxiste qui, sous le vocable de décroissance, cherche à régler ses comptes avec un système qui, malgré ses imperfections, a permis à une grande partie de l’humanité de sortir de la grande pauvreté.

En la matière, la droite et le centre ont toute légitimité pour tenir un langage qui porte. C’est sous Georges Pompidou que le premier ministre de l’Environnement fut nommé, en 1971. C’est Olivier Guichard qui mit un terme à la politique des « grands ensembles » pour préserver l’espace, en 1973. C’est Jacques Chirac qui lança à Johannesburg « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », en 2002. C’est Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo qui, avec le Grenelle de l’environnement en 2007, firent plus pour le verdissement de notre économie que des décennies de bavardage.

Pourtant la droite est souvent inaudible, accusée de greenwashing. Rien n’est plus faux. Préférant l’écologie de solution à l’écologie d’injonction, elle n’a jamais pris le temps de poser une doctrine. Je m’y essaye : l’écologie sociale de marché qui doit être au XXIe siècle ce que l’économie sociale de marché a été au XXe, l’écologie stratège et de ménagement du territoire.

. Posons d’abord les trois enjeux qui sont devant nous : la lutte contre le réchauffement climatique d’origine anthropique, la lutte contre l’émission de particules fines et la préservation de la biodiversité. La première exige la production massive d’énergie décarbonée. C’est possible grâce aux technologies d’aujourd’hui : le nucléairel’hydroélectricité et les bioénergies (méthanisation, biocarburants). Via la photosynthèse, elles captent autant de CO2 qu’elles n’en rejettent, à la différence des carburants fossiles.

Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, «cette maladie de l’esprit qui pense à votre place»: pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

La deuxième suppose l’électrification des transports par l’utilisation de batteries ou le développement de piles à hydrogène. Là encore, le salut exige une production massive d’électricité décarbonée, le seul hydrogène propre étant produit par électrolyse. La troisième impose la réduction massive du volume de la consommation de terres agricoles. Dans un monde où la population ne cesse de croître pour atteindre 10 milliards d’habitants en 2050, c’est un objectif qui ne peut être atteint qu’en maintenant les objectifs de production. Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, « cette maladie de l’esprit qui pense à votre place » : pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

Ces enjeux posés, les réponses doivent être sociales. La crise des Gilets jaunes largement causée par la taxe sur le gazole montre combien la transition écologique ne peut se faire sur le dos des plus modestes. Rien ne serait pire que transformer l’enjeu environnemental en guerre des classes : aux plus aisés l’alimentation bio de qualité et des voyages hors de prix ; aux plus pauvres l’alimentation importée dont nous ne voulons pas et l’assignation à résidence. L’écologie du XXIe siècle impose de repenser notre dépense publique – la plus élevée d’Europe – afin de dégager des marges de manœuvre pour financer sans fiscalité punitive les adaptations nécessaires.

Enfin la transition doit être de marché. Il faut tordre le cou au sophisme de la décroissance selon lequel la croissance infinie serait incompatible avec un monde fini. L’expérience empirique montre que de nouvelles ressources sont constamment découvertes. L’oil peak prédit par Ehrlich à la fin des années 1960 est constamment reporté. Les prédictions catastrophiques du club de Rome en 1972 ne se sont jamais produites.

Comme l’a bien montré Julian Simon dans Ultimate ressource, l’Homme, grâce à son action créatrice, a toujours résolu les problèmes de la rareté de la ressource. Demain ce sera l’économie circulaire, le recyclage, la recombinaison chimique des molécules. Ce sera un changement dans la chaîne de valeur, mais toujours avec de la valeur ajoutée, de la croissance et de l’emploi. A condition de ne pas brider l’énergie créatrice !

De ce point de vue, le marché est capital. Le pire serait un retour à la planification ! N’oublions pas le rapport Théry de 1994 qui prédisait l’échec d’Internet et l’avenir radieux du minitel. Nul ne sait quelles technologies seront les meilleures ! Aux pouvoirs publics de donner le cap en fixant un prix aux externalités négatives environnementales, éventuellement en rémunérant les externalités positives. Aux pouvoirs publics de soutenir les grandes filières d’avenir en créant un écosystème favorable, en finançant la R&D et en ouvrant des appels à projet. Mais pour le reste, neutralité technologique et confiance dans l’innovation créatrice !

Cette écologie de confiance doit aussi être une écologie stratège. C’est un enjeu géopolitique à l’échelle du monde. Un exemple : la Chine travaille à la création de centrales solaires orbitales à l’horizon 2035. Cette énergie quasi gratuite et infinie sera une source d’influence inouïe. Pour ne pas devenir une colonie énergétique soumise au bon vouloir de producteurs étrangers, l’heure est à une écologie de puissance, arme de la souveraineté européenne. Le combat devra se mener à l’échelle des COP mais aussi de l’Europe. Il est urgent de créer des taxes carbones à l’entrée dans l’Union européenne pour sanctionner les externalités négatives des modes de production de nos compétiteurs chinois et américains. Inversement, il est contre-productif de surtransposer des normes européennes handicapant nos entreprises sans apporter de gain sérieux à l’environnement.

Enfin, l’écologie de droite ne doit pas se tromper de méthode par une analyse erronée de la demande sociétale de nos concitoyens. Les succès des partis écologistes aux municipales sont largement en trompe-l’œil : c’est souvent un vote de substitution au vote socialiste démonétisé. L’épisode marseillais où un socialiste pur sucre succède à une écologiste qui a permis de remporter le scrutin est hautement symbolique. Les Français ne rêvent pas d’un grand soir écologique. C’est aux citoyens eux-mêmes (69 %) et aux collectivités locales (53 %) qu’ils font le plus confiance pour améliorer l’environnement, selon l’Ifop. Pas à l’Etat !

L’écologie de demain doit être centrée sur la qualité de vie – premier critère à associer à l’environnement pour 74 % des sondés. Concrètement, cela signifie la possibilité de vivre et travailler au pays en réduisant le « navettage » grâce aux tiers lieux, la préservation des sites et des paysages, une alimentation de proximité, à terme une relocalisation partielle de l’énergie via des ressources locales biosourcées. La remise en cause des bienfaits de la métropolisation, la redécouverte des villes moyennes, la mise en avant de la diversité des « dynamiques territoriales » définies par le professeur Bouba-Olga incitent à se tourner vers un nouveau paradigme : le « ménagement du territoire ».

Oui aux projets et à l’aménagement, à condition qu’ils soient durables et aient du sens pour mieux répartir les hommes et les espaces tout en préservant les terres agricoles. Créer des espaces commerciaux en périphérie n’a plus de sens. Créer des plateformes logistiques peut en avoir si la logistique du dernier kilomètre, la plus polluante, est améliorée.

Ainsi conçue, l’écologie est une vraie chance pour la droite. Réunissant dans un même combat les millénials technophiles, les entrepreneurs passionnés, les thuriféraires d’un certain art de vivre et les défenseurs de la souveraineté française et européenne, elle est à la confluence des libéraux et conservateurs.

Ce qu’avait prophétisé Wilhelm Röpke dans son maître livre de 1961 Au-delà de l’offre et de la demande où il appelait notre économie à se soucier « du bruit et de la puanteur de cette existence technicisée […], des rivières pestilentielles où l’on ne peut plus se baigner […], des équilibres naturels que nous compromettons et dont nous finirons par amener la destruction ». L’écologie permet de « préserver ce qui vaut et de changer ce qu’il faut ». A notre génération de rendre possible cette ambition nécessaire.

Au passage, le Haut conseil s’inquiète de la «situation intenable» de l’assurance-chômage, dont le déficit (20,5 milliards d’euros) représente un tiers du déficit total, «alors que les dépenses de l’assurance-chômage représentent 8,5% des dépenses» des administrations sociales.

Les régimes complémentaires de retraite passeraient de 3 milliards d’excédents en 2019 à 5,1 milliards de déficit en 2020, plombés par l’Agirc-Arrco (-6,6 milliards). La solution immédiate pour ces régimes a consisté à ponctionner 12,7 milliards d’euros dans leurs réserves financières, dont le niveau a baissé de 8%.

Quant à la Sécurité sociale, le déficit pour 2020 est probablement moins élevé qu’attendu, du fait d’une moindre chute du PIB et de la masse salariale. Mais la perspective pour 2021 s’est assombrie: «L’hypothèse retenue pour la construction de ces prévisions supposait la « fin » de la crise sanitaire au moment de la bascule sur 2021», souligne le Haut conseil, qui pense que «les « bonnes » surprises possibles au titre de l’exercice 2020 pourraient ainsi être partiellement contrebalancées par une dégradation plus importante sur l’exercice 2021».

CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

 

Il est clair que pour tenter de concurrencer BFM par exemple, C News se range dans le camp des protestataires de manière systématique, souvent dans celui des complotistes  et de l’extrême droite. Le tout sur fond de discussion de bistrot et de censure des journalistes contestataires. Une exception culturelle toutefois celle du one-man-show de Zemmour , qui relève évidemment le niveau populiste habituel mais en sacrifiant à la rengaine permanente de l’intéressé sur le bien-fondé du racisme et la critique systématique de l’Europe.

Le patron directeur général de CNews, Serge Nedjar, justifie cette ligne éditoriale.

CNews, qui était en grande difficulté il y a un an, a rebondi en 2020. Quel bilan tirez-vous?
L’année est exceptionnelle! CNews a presque doublé sa part d’audience, avec 1,4% sur les 4 ans et plus. Toutes les émissions ont progressé. Avec L’Heure des pros de Pascal Praud, CNews est première chaîne nationale entre 10 heures et 10h30. Face à l’info, de Christine Kelly, avec Eric Zemmour, bat BFMTV. Nos rendez-vous ont tous progressé, de 50% à 300%, ce qui est unique dans l’audiovisuel sur une période aussi courte. Pour être franc, je ne m’attendais pas à une telle progression. C’en est presque effrayant.

Effrayant?
Oui, parce qu’il nous faut assumer ce nouveau statut. Et rester à la hauteur des engagements envers les téléspectateurs, c’est‑à-dire garantir une qualité d’antenne et de débats. Or la pression est forte : à commencer pour nos 200 collaborateurs, techniciens, journalistes ou non, qui, sept jours sur sept, travaillent comme des malades de 6 heures du matin à point d’heure. Croyez-moi, c’est plus facile d’être challenger.

Vous êtes devant LCI. Votre objectif est-il d’aller concurrencer BFMTV?
D’autres le disent, pas nous. Mais je ne vous dirais pas qu’arriver un jour à atteindre notre principal concurrent n’est pas un objectif.

Selon vous, qu’est-ce qui explique ces résultats?
C’est la suite logique de ce que l’on a décidé il y a quatre ans à la création de CNews, quand il a fallu nous démarquer d’une concurrence extrêmement forte. Notre modèle découlait d’une évidence : face à la transformation des modes de consommation de l’information et à l’explosion des réseaux sociaux, il fallait une nécessaire adaptation. D’où cette ligne radicalement différente, assise sur deux piliers : de l’info en continu ainsi que des plages de décryptage et de débat.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents?
Nous avons été les seuls à aborder, dès le début et sans détour, certains thèmes sensibles, voire explosifs, des faits de société comme la sécurité, l’immigration, l’écologie ou les violences urbaines. Des questions que nos concurrents rechignaient à traiter. De même que nous avons tenu à inviter sur nos plateaux de nombreuses personnalités, y compris celles qui n’étaient pas les bienvenues dans les autres médias. Il est important d’écouter toutes les opinions, même les plus dérangeantes et les plus politiquement incorrectes. Les téléspectateurs y ont d’emblée été sensibles : ils savent que sur CNews la parole est libre et les avis, divers.

On vous reproche une « foxisation » de l’info, allusion à la ligne ultra-conservatrice et populiste de la chaîne américaine Fox News. Qu’en dites-vous?
A force qu’on nous compare à Fox News, j’ai fini par la regarder. CNews n’a absolument rien à voir. Nous ne sommes pas un média militant. Nous ne roulons pour personne et ne sommes l’instrument d’aucun parti, d’aucun groupe de pression. En revanche, c’est une chaîne qui a une audience énorme et d’excellents résultats : deux gros défauts qu’on aimerait bien avoir.

Que répondez-vous à Benoît Hamon qui a qualifié CNews de « chaîne d’extrême droite complotiste  »?
C’est blessant pour l’ensemble de nos collaborateurs. Et d’une grande malhonnêteté. Il se fonde certainement sur ce qu’on raconte dans Face à l’info et il en fait une généralité. Or, Eric Zemmour, c’est trente-trois minutes au cœur d’une grille qui compte dix-neuf heures de direct, dont une vingtaine de journaux. Sait-il que plus de 40% des téléspectateurs de CNews sont sans opinion, que plus de 20% sont de gauche et 20 autres pour cent de droite, quand seulement 9% se disent proches du RN, selon une étude que nous avons réalisée en juillet? Benoît Hamon doit être en campagne.

 

CNews n’est-elle pas « Pascal Praud-dépendante »?
C’est un des piliers de notre antenne. Il est à l’origine de la personnalité et du succès de CNews. Et on ne souhaite pas qu’il parte.

 

Parce qu’il y a un risque?
Après avoir dénigré les hommes et les femmes qui travaillent sur CNews, nos concurrents y font aujourd’hui leur marché. Et Pascal Praud est certainement très sollicité. Mais je sais aussi son attachement à la chaîne et sa fidélité au groupe Canal, si bien qu’il y a peu de risques qu’il s’en aille.

Une parodie du programme de Pascal Praud, mise en ligne par Winamax, a conduit aux licenciements de Sébastien Thoen et Stéphane Guy. Pourquoi ces sanctions?
D’après ce que j’en sais, les décisions qui ont été prises n’ont rien à voir avec cette parodie. Sébastien Thoen s’est associé avec quelqu’un qui dénigrait constamment le service des sports de Canal+ sur d’autres antennes, ce qui était inacceptable. Mais je n’en sais pas plus.

Le limogeage de Stéphane Guy suscite une vague d’émotion et de protestation, y compris au sein du groupe Canal. Les journalistes de CNews ont-ils une totale liberté d’expression?
Totale liberté pour nos journalistes, mais aussi pour les éditorialistes et intervenants extérieurs! La seule obligation est la maîtrise de l’antenne par le présentateur. Pascal Praud, Christine Kelly, Laurence Ferrari ou Sonia Mabrouk ne peuvent pas laisser passer des propos inacceptables, outranciers ou diffamatoires sans réagir.

Peut-on critiquer Pascal Praud au sein de CNews? 
Des discussions, il y en a tous les jours au sein de nos rédactions. Chez CNews comme ailleurs. Que ce soit avec Pascal Praud ou d’autres journalistes. On est d’accord ou pas d’accord sur tel ou tel sujet. C’est ce qui fait la richesse de nos métiers. Mais tout s’exprime à l’intérieur de la chaîne. La loyauté est une des valeurs majeures dans la vie.

Vous parliez de propos « inacceptables, outranciers ou diffamatoires ». Certains penseront à ceux d’Eric Zemmour…
Il y a une énorme injustice à son sujet. Car Face à l’info, le programme dans lequel il intervient et dont l’audience a été multipliée par quatre cette année [avec des pointes jusqu'à 1 million], c’est 240 émissions depuis octobre 2019 ; seules quatre ont fait débat à partir de propos qui ont pu apparaître choquants ou qui l’ont été, mais qui ont été retirés de leur contexte puis montés en épingle par nos adversaires. Une méthode classique pour occulter le reste des propos et, plus grave encore, pour diaboliser le reste de l’antenne.

 

Vous placez TF1, maison mère de LCI, parmi ces adversaires?
Je pense que l’avance que nous avons prise sur LCI n’est pas sans faire réagir ce groupe.

J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir

Votre grille va-t‑elle évoluer cette année?
On ne touche à rien. Mais nous commençons à muscler notre service politique en vue de l’élection présidentielle, avec l’installation dans la dernière ligne droite d’un rendez-vous en fin de journée. Nous allons traiter cette échéance à notre manière, non conventionnelle. Avec des débats et des plateaux où nous inviterons également des politiques. J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir.

A qui faites-vous allusion?
A Olivier Véran, par exemple, qui refuse ostensiblement de venir sur CNews. Qu’un ministre ne veuille pas répondre sur la deuxième chaîne d’info du pays est incompréhensible. Il tourne le dos à des millions de téléspectateurs qui à ses yeux ne méritent sans doute pas d’être informés. Pourtant il est le bienvenu. Liberté de ton, liberté de parole : nous invitons tout le monde quand, sur d’autres médias, des éditorialistes, des écrivains ou des scientifiques sont interdits de passage.

Où ça?
Sur France 2 et France Inter, par exemple, ou dans quelques quotidiens et hebdos. Des médias qui censurent, qui se comportent comme des juges, qui condamnent et absolvent selon que vous êtes ou non dans leur camp. Qui pratiquent l’indignation sélective. Mais le public n’est pas dupe. Il a repéré ces partis pris. Il vient sur CNnews parce que justement nous échappons à ça.

 

Comment se porte CNews sur le plan économique?
Beaucoup mieux, et pour cause. ITélé, mère de CNews, perdait jusqu’à 30 millions d’euros par an. Ce déficit, qui a été ramené à 9 millions d’euros en 2019, devrait être inférieur à 2 millions d’euros en 2021. Pour 2020, l’impact de la crise fausse les chiffres, mais nos recettes ont augmenté de 40% en décembre. Et si le marché publicitaire se redresse, nous devrions parvenir à l’équilibre, pour la première fois de notre histoire, en 2022. C’est dire le chemin parcouru.

Présidentielle: «victoire de l’extrême droite possible»( Michèle Cotta et Robert Namias)

Présidentielle: «victoire de l’extrême droite possible»( Michèle Cotta et Robert Namias)

Michèle Cotta et Robert Namias ont écrit ensemble un polar Le brun et le rouge qui envisage une victoire aux présidentielles de Marion Maréchal.  Une hypothèse douteuse pour certains, pourtant l’hypothèse victoire de l’extrême droite même des 2022 n’est pas à exclure compte tenu du climat actuel. Interview dans l’Opinion

Dans Le Brun et le Rouge, vous racontez l’élection à l’Elysée, en 2025, de la candidate de la France d’abord, une jeune femme Charlotte Despenoux, sous les traits de laquelle on reconnaît aisément Marion Maréchal. Cela signifie-t-il que vous estimez son ascension irrésistible ?

Michèle CottaNous avons fait un roman policier, surtout pas une thèse politique. Cela nous a permis de laisser une totale liberté à notre imagination. Mais nous l’avons écrit dans un certain contexte et en prenant en compte deux éléments. Le premier est qu’aujourd’hui, droite et gauche sont sous le boisseau face à un chef de l’Etat qui n’est ni droite-ni gauche. De la décomposition de ces deux familles historiques peut naître un appétit pour l’extrême droite ou l’extrême gauche. Le deuxième est ce qu’on raconte, y compris au sein du Rassemblement national : Marine Le Pen n’aurait pas de chance d’être élue, car elle se heurterait à un plafond de verre. Charlotte Despenoux, notre personnage, est catholique, libérale. C’est un composite de plusieurs tendances, qui existent au RN, mais aussi à droite.

Robert Namias: Dans notre scénario, la victoire de l’extrême droite à la présidentielle est possible grâce à un électorat composite qu’on appelle communément populiste et qui rassemble de manière assez évidente des électeurs d’extrême droite et des électeurs d’extrême gauche. C’est un cas de figure qui n’est pas nouveau. On l’a vu il y a vingt ans dans ce qu’on appelait le Midi rouge, où une partie des électeurs du PC sont passés au FN. Les projets respectifs de l’extrême droite et de l’extrême gauche peuvent comporter de vraies proximités (le protectionnisme, l’anti-européisme…). Dans une situation de crise, ces accointances idéologiques peuvent provoquer une alliance électorale à la base, plutôt qu’au niveau des états-majors, et la victoire par effraction d’une candidate d’extrême droite à la présidentielle. Aujourd’hui, au regard de la crise que nous traversons, cet improbable est devenu relativement possible.

« L’arrivée à l’Elysée d’un Président de 39 ans a aussi été l’expression d’un besoin de renouvellement de la classe politique »

Ce qui est frappant dans la conquête de Marion Maréchal, euh pardon de Charlotte Despenoux, c’est sa jeunesse, son énergie. C’est aussi un trait de caractère de son entourage. Face à cela, il n’y a plus qu’un système « vieilli, usé, fatigué », comme dirait l’autre…

R.N.: Nous avons écrit notre fiction sur un fond de décor sans précédent : à un an et demi de la présidentielle, aucun parti de gouvernement n’est en mesure de présenter un candidat ayant de vraies chances de gagner. Les deux seules formations politiques qui apparaissent structurées sont aujourd’hui La France insoumise et le Rassemblement national. PS et LR, qui ont été rejetés en 2017, n’ont pas réussi, depuis, à se reconstruire. Au-delà des circonstances politiques, l’arrivée à l’Elysée d’un Président de 39 ans a aussi été un fait générationnel. Cela a été l’expression d’un besoin de renouvellement de la classe politique.

M.C.: Dans nombre de secteurs de la société, comme les banlieues par exemple, on paye la disparition des catholiques et des communistes. Pendant longtemps, la fonction tribunitienne y était occupée par le PC et la fonction humaniste par les catholiques. Aujourd’hui, la fonction tribunitienne est exercée par l’extrême droite et l’extrême gauche. Tout comme par l’islam, qui peut y ajouter une dimension sociale.

La violence est également omniprésente…

R.N.: Les polars sont par nature toujours violents avec leur lot obligé de morts. A cela s’ajoute la violence sociétale qui accompagne l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, même si celle-ci s’est faite, dans notre livre, démocratiquement. L’extrême droite peut arriver au pouvoir par un putsch militaire, comme au Chili ou en Grèce, mais aussi de manière tout à fait légale, à l’issue d’élections, comme on l’a vu en Allemagne, en Italie… Aucune démocratie n’est à l’abri ; c’est ce qu’on a voulu montrer.

M.C. : Il existe aujourd’hui en France un vrai désir d’autorité. Jusqu’où ira ce désir d’ordre ? Mais, il ne faut pas non plus négliger que, parallèlement, l’anarchie demeure un élément constituant de l’âme française. On le voit avec le sentiment anti-jacobin qui demeure toujours aussi fort, comme on peut le constater avec la crise sanitaire.

R.N. : Le peuple français est sans doute bipolaire !

Cette nouvelle Présidente, qui n’a aucune confiance dans le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) s’entoure d’une « garde prétorienne ». C’est une claire allusion à l’affaire Benalla ?

R.N. : Cela a toujours été ainsi. Les présidents de la Ve République ont tous organisé de manière plus ou moins poussée leur propre protection, notamment pour préserver leur vie privée. Souvenez-vous de François Mitterrand !

« Les journalistes de TF1 et France 2 n’avaient plus la cote et leurs noms avaient été relégués au bas de la liste des possibles au profit de leurs confrères des chaînes d’info », écrivez-vous. L’ancien directeur de l’information de TF1 et l’ex-directrice générale de France 2 que vous êtes estiment-ils que la montée en puissance de celles-ci, ces dernières années, a tout changé ?

R.N.: Tout, pas encore. Les journaux de 20 heures de TF1 et de France 2 gardent encore une audience exceptionnelle en Europe, même si elle est deux fois moindre qu’il y a dix ans. Mais c’est vrai qu’un problème est apparu avec la montée en puissance des chaînes d’info continue : celui de la hiérarchie de l’information. Les coups de projecteur sont mis sur une seule information et occultent tout le reste. Ce n’est pas normal.

Un des chapitres du livre est le récit d’un débat d’entre deux tours de la présidentielle. Vous qui en avez organisé ou animé, lequel vous a le plus marqué ?

M.C. : Celui de 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac avec leur fameux affrontement « dans les yeux ». C’était un vrai moment de télé. Le débat reposait, comme il se doit, sur un schéma très structuré que nous avions préparé [Elie Vannier était l’autre arbitre du débat, N.D.L.R.]. Celui-ci s’est échappé car on ne pouvait pas anticiper que les deux hommes s’affronteraient sur le cas du diplomate iranien Wahid Gordji. Quand j’ai entendu Jacques Chirac demander à François Mitterrand s’il pouvait contester sa version des faits « en le regardant dans les yeux », je me suis dit qu’il était bien naïf.

« Je me suis toujours interrogé : Jacques Chirac a-t-il vraiment eu raison de refuser de débattre avec Jean-Marie Le Pen ? »

R.N. : Le débat de 2002, car il n’a pas existé, alors que nous avions fait une proposition pour l’organiser ! Je me suis toujours interrogé : Jacques Chirac a-t-il vraiment eu raison de refuser de débattre avec Jean-Marie Le Pen ? Ce n’est, selon moi, jamais une bonne solution de se dérober face à un adversaire. Il aurait été dans son rôle et eu tout à gagner à montrer aux Français les hérésies que contenait le programme de Jean-Marie Le Pen. De la même manière, son choix de ne pas tenir compte des conditions de son élection en nommant un gouvernement d’union nationale m’a toujours paru une autre erreur.

M.C. : Cela relevait d’un manque de confiance en lui. Quelques années plus tard, j’ai demandé à Jacques Chirac pourquoi il n’avait pas joué l’union nationale. Il m’avait répondu : « Je ne sais pas faire »…

De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas. Votre livre débute en 2025. En 2022, Emmanuel Macron sera-t-il réélu ?

R.N. : C’est impossible de répondre dix-huit mois avant l’échéance à une telle question. L’irruption de l’imprévisible est devenue le quotidien de la politique en France. Cela lui donne un air de démocratie anglo-saxonne. A cela s’ajoute le fait que nous vivons une époque sans précédent. Elle concentre sur un même moment plusieurs évènements que nous avons déjà pu connaître dans le passé mais qui n’étaient pas superposés : une crise économique comme en 1929, une crise sociale comme celle qui précéda 40, une crise sanitaire comme du temps de la grippe espagnole. Les trois en même temps, c’est du jamais vu !

M.C.: J’y ajouterai un autre élément : on retrouve également le sentiment de décomposition politique d’avant la guerre de 40. Le personnel politique est contesté, les ligues font régner leur loi… A l’époque, la guerre était arrivée comme une délivrance. Nous sommes à nouveau dans un creux de la vie politique française. Il y a l’angoisse due au Covid. La démocratie et la nation sont contestées. L’esprit public est abîmé. La gauche et la droite ne se sont pas reconstruites… Tout peut arriver !

Le Brun et le Rouge de Michèle Cotta et Robert Namias, édition Robert Laffont, 390 pages, 20 euros.

 

SÉNATORIALES: la droite renforcée et un groupe écolo

SÉNATORIALES: la droite renforcée et un groupe écolo

La majorité de droite et du centre au Sénat sort renforcée des élections de ce dimanche, marquées globalement par une grande stabilité, et l’annonce par les écologistes de la formation d’un groupe politique.

« Cette élection, dans un contexte sanitaire, économique et social inédit, vient conforter la majorité sénatoriale de la droite et du centre », s’est félicité Gérard Larcher (LR), qui a toutes les chances d’être réélu à la présidence ce jeudi.

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

 

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

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