Archive pour le Tag 'droite'

Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes ?

 Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes  ?

Selon la sociologue Anne Muxel, l’extrême droite ne fait plus figure de repoussoir chez les jeunes générations. Marine Le Pen est parvenue à incarner en partie le « vote protestataire ». (Interview le monde)

La sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, revient sur la forte tentation des jeunes pour un vote protestataire, à l’extrême droite mais aussi pour La France insoumise.

Existe-t-il un vote jeune ?

Au fil du temps, les jeunes se sont mis tendanciellement à voter comme le reste de l’électorat, avec cependant quelques inflexions. Ce n’était pas le cas dans les années post-Mai 68, où l’électorat jeune était marqué par un tropisme de gauche – on a pu parler d’une « génération Mitterrand » – qui avait sensiblement contribué à l’arrivée du candidat du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

Ce vote s’est ensuite quelque peu résorbé, notamment avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pour lequel une majorité de jeunes électeurs a voté, participant finalement à un désir d’alternance politique. En 2007, lors de l’élection qui opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, a ressurgi un vote majoritaire pour la gauche, mais, depuis, si l’électorat jeune reste plus à gauche que ses aînés, il est moins à gauche qu’auparavant.

 

Notamment avec le trouble introduit par le vote frontiste, qui a toujours concerné une partie significative de l’électorat jeune, particulièrement dans ses segments les plus populaires, les moins scolarisés, déjà au travail ou en quête de travail, chez qui Jean-Marie Le Pen ou sa fille ont fait des scores tout à fait importants. Beaucoup de jeunes qui votent pour Marine Le Pen se disent d’ailleurs ni de droite ni de gauche ; le clivage a perdu de sa pertinence chez eux. Et ce mouvement ne profite guère à la droite classique, Les Républicains ayant beaucoup de difficultés à attirer l’électorat jeune. Par ailleurs, l’enjeu écologique, devenu premier dans les préoccupations des jeunes, ne se traduit encore que timidement dans le vote écologique.

Y a-t-il eu un tournant dans ce vote pour le RN ?

C’est plutôt très progressif et cela participe des fluctuations, des mouvements, des réalignements qui ont affecté les évolutions de l’ensemble du corps électoral. Sans oublier la persistance de l’abstention, qui ne cesse de croître, mais est nettement plus marquée chez les jeunes. Quel que soit le type de scrutin, il y a toujours dix points d’abstention de plus dans cet électorat.

La dernière présidentielle est intéressante : alors même qu’il s’agissait d’une élection assez politisée, mettant en scène un candidat très jeune avec un discours net de renouveau de la vie politique, cette élection s’est soldée non seulement par un vote très tiède des 18-24 ans pour Emmanuel Macron, mais surtout une abstention forte, puisqu’un tiers des étudiants, a priori ceux qui ont le plus de chance de participer à un scrutin, sont restés en retrait.

 

 

Audrey Pulvar : « les voix destructrices de la droite»

Audrey Pulvar : « les voix destructrices de la droite»

La candidate aux élections régionales en Ile-de-France répond aux commentaires indignés qui, à droite, à l’extrême droite et jusque dans la majorité présidentielle, ont suivi ses propos sur les réunions « non mixtes ». ( le problème c(est que le débat ne concerne pas seulement la droite NDLR)

Tribune. 95 000. C’est le nombre de personnes qui, en cette fin mars, ont perdu la vie, en un an, dans notre pays, victimes du Covid-19. Un terrifiant bilan, hélas provisoire, auquel s’ajoutent le basculement de 1 million de personnes déjà précaires dans la grande pauvreté, les tourments d’une jeunesse sacrifiée, l’angoisse permanente pour des dizaines de milliers de chefs d’entreprises, de petits commerçants et artisans, le casse-tête quotidien de parents, sans recours devant des écoles fermées pour cause de nouveaux cas détectés.

Tandis que monte la troisième vague, soignants, enseignants, personnels qui accueillent des enfants, accompagnants de personnes en grande vulnérabilité, convalescents Covid long se remettant mal ne cessent de nous alerter sur la gravité de la situation et leur propre état d’épuisement physique et mental…


Pourtant, un sujet, un seul, occuperait les esprits depuis 72 heures, si l’on en croit réseaux sociaux, chaînes d’info et comptes propagateurs de haine : les propos que j’aurais tenus, intimant « aux Blancs » le silence, quand il s’agit de parler de racisme. Bigre ! Celles et ceux qui ont pris la peine de m’écouter savent, à condition d’honnêteté, qu’il n’en est rien.

Mais, par un spectaculaire retournement, là où je refusais le principe de réunions totalement fermées – j’ai dit mon opposition aux réunions « interdites à » –, là où j’invitais simplement à écouter, sans l’interrompre, la parole de victimes, qui doivent pouvoir être les premières à s’exprimer, la droite et l’extrême droite, complaisamment relayées, ont fait croire et répété à l’envi que je voulais empêcher la parole.

Jamais je n’ai dit vouloir réduire au silence une partie de la population, pour quelque motif que ce soit, et encore moins pour sa couleur de peau. Jamais je n’ai prononcé ni conçu les mots « les Blancs doivent se taire », phrase pourtant répétée à l’infini par des éditorialistes pressés d’en découdre et des zélotes de la pensée étroite. Une telle phrase ne m’aurait même pas effleuré l’esprit, tant elle est contraire à tout ce que je suis, à tout ce que je porte et tout ce pour quoi je me bats.

Politique : La droite cocufiée par Macron

Politique : La droite cocufiée par Macron

 

 

Il est clair que dans l’affaire Bismuth de Sarkozy, le grand perdant est le parti républicain qui se trouve évidemment affaibli lui aussi par cette sentence très dure mais qui se voit privé d’un éventuel candidat qui aurait pu concurrencer sérieusement Macron.

La droite est cocufiée à plusieurs titres. D’abord parce que l’attitude particulièrement complaisante de Sarkozy vis-à-vis de Macron ces derniers mois la mettait dans une position particulièrement délicate. Cela d’autant plus que certains républicains figurent au sein du gouvernement. Et le jugement très sévère condamnant Sarkozy à des peines de prison constitue la fin des illusions quant à la carrière politique de l’ancien président. Les principaux perdants dans cette affaire sont les républicains et le principal bénéficiaire Macron.

Personne pour l’instant n’ose évoquer l’hypothèse d’une éventuelle intervention du président de la république pour enfoncer Sarkozy. Pourtant il est clair que depuis des semaines et des mois l’entourage de Macron ne cesse de surveiller les intentions de Sarkozy vis-à-vis de 2022. On s’étonnera cependant que ce procès mené finalement assez rondement ait été conduit avec beaucoup plus de célérité que alors d’autres affaires qui concernent aussi bien Macron ( l’origine des financements de sa campagne électorale) que ses collaborateurs et alliés les plus proches comme Ferrand par exemple ou encore comme Bayrou.

Sur le plan strictement politique Macron n’a strictement plus rien à attendre des anciens électeurs socialistes qui avaient voté pour lui. Quelques-uns voteront pour Mélenchon mais la plupart sans doute vont s’abstenir refusant le choix entre Marine Lepen et l’actuel président de la république. Le réservoir électoral de Macron se situe à droite et au centre-droit uniquement. C’est-à-dire exactement les anciens électeurs de Sarkozy.

On sait que chez les hauts fonctionnaires y compris dans la justice on sait faire diligence soit sur pression politique soit pour faire plaisir aux détenteurs du pouvoir du moment . Et Macron est assez machiavélique pour avoir été impliqué dans une opération qui tue un éventuel adversaire tout en lui permettant de récupérer les dépouilles électorales. Macron n’a sans doute pas de grandes convictions philosophiques ou politiques mais il sait manœuvrer à la manière de Machiavel ( thème de sa thèse d’étudiants y compris en assassinant s’il le faut ses amis les plus proches; Macron est en effet dépourvu de tout état d’âme  et même de tout affect d’après celui qui a favorisé son ascension,  Pierre Jouyet lui-même.

La droite cocufiée par Macron

La droite cocufiée par Macron

 

 

Il est clair que dans l’affaire Bismuth de Sarkozy, le grand perdant est le parti républicain qui se trouve évidemment affaibli lui aussi par cette sentence très dure mais qui se voit privé d’un éventuel candidat qui aurait pu concurrencer sérieusement Macron.

La droite est cocufiée à plusieurs titres. D’abord parce que l’attitude particulièrement complaisante de Sarkozy vis-à-vis de Macron ces derniers mois la mettait dans une position particulièrement délicate. Cela d’autant plus que certains républicains figurent au sein du gouvernement. Et le jugement très sévère condamnant Sarkozy à des peines de prison constitue la fin des illusions quant à la carrière politique de l’ancien président. Les principaux perdants dans cette affaire sont les républicains et le principal bénéficiaire Macron.

Personne pour l’instant n’ose évoquer l’hypothèse d’une éventuelle intervention du président de la république pour enfoncer Sarkozy. Pourtant il est clair que depuis des semaines et des mois l’entourage de Macron ne cesse de surveiller les intentions de Sarkozy vis-à-vis de 2022. On s’étonnera cependant que ce procès mené finalement assez rondement ait été conduit avec beaucoup plus de célérité que alors d’autres affaires qui concernent aussi bien Macron ( l’origine des financements de sa campagne électorale) que ses collaborateurs et alliés les plus proches comme Ferrand par exemple ou encore comme Bayrou.

Sur le plan strictement politique Macron n’a strictement plus rien à attendre des anciens électeurs socialistes qui avaient voté pour lui. Quelques-uns voteront pour Mélenchon mais la plupart sans doute vont s’abstenir refusant le choix entre Marine Lepen et l’actuel président de la république. Le réservoir électoral de Macron se situe à droite et au centre-droit uniquement. C’est-à-dire exactement les anciens électeurs de Sarkozy.

On sait que chez les hauts fonctionnaires y compris dans la justice on sait faire diligence soit sur pression politique soit pour faire plaisir aux détenteurs du pouvoir du moment . Et Macron est assez machiavélique pour avoir été impliqué dans une opération qui tue un éventuel adversaire tout en lui permettant de récupérer les dépouilles électorales. Macron n’a sans doute pas de grandes convictions philosophiques ou politiques mais il sait manœuvrer à la manière de Machiavel ( thème de sa thèse d’étudiants y compris en assassinant s’il le faut ses amis les plus proches; Macron est en effet dépourvu de tout état d’âme  et même de tout affect d’après celui qui a favorisé son ascension,  Pierre Jouyet lui-même.

Pour une écologie de droite ?

Pour une écologie de droite ? 

Jean-Louis Thiériot propose une économie de droite dans d’une tribune à l’Opinion.

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La proposition pourrait paraître curieuse dans la mesure où l’écologie ne serait être ni de droite ni de gauche mais seulement pertinente et efficace. Force cependant est de reconnaître que les gauchistes ont mis la main sur la thématique environnementale pour mieux dissimuler leur idéologie post-marxiste voir clairement communiste. Il n’est pas certain que la politisation de l’écologie gagne quelque chose dans l’affaire . Une tribune qui contient des éléments intéressants mais avec un mélange des genres qui affecte l’intérêt de certaines réflexions NDLR

 

tribune

 

L’écologie est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux écologistes. Déterminante pour l’avenir de notre planète et de notre humaine condition, elle a partie liée avec l’universel. Il nous est impossible d’accepter qu’elle demeure l’apanage d’un écologisme politique suivant un agenda caché : au pire, la deep ecology faisant de la nature l’ultime refuge du sacré quitte à sombrer dans l’antihumanisme comme l’a si bien montré Régis Debray dans Le Siècle vert ; au mieux l’idéologie de substitution du vieil anticapitalisme marxiste qui, sous le vocable de décroissance, cherche à régler ses comptes avec un système qui, malgré ses imperfections, a permis à une grande partie de l’humanité de sortir de la grande pauvreté.

En la matière, la droite et le centre ont toute légitimité pour tenir un langage qui porte. C’est sous Georges Pompidou que le premier ministre de l’Environnement fut nommé, en 1971. C’est Olivier Guichard qui mit un terme à la politique des « grands ensembles » pour préserver l’espace, en 1973. C’est Jacques Chirac qui lança à Johannesburg « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », en 2002. C’est Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo qui, avec le Grenelle de l’environnement en 2007, firent plus pour le verdissement de notre économie que des décennies de bavardage.

Pourtant la droite est souvent inaudible, accusée de greenwashing. Rien n’est plus faux. Préférant l’écologie de solution à l’écologie d’injonction, elle n’a jamais pris le temps de poser une doctrine. Je m’y essaye : l’écologie sociale de marché qui doit être au XXIe siècle ce que l’économie sociale de marché a été au XXe, l’écologie stratège et de ménagement du territoire.

. Posons d’abord les trois enjeux qui sont devant nous : la lutte contre le réchauffement climatique d’origine anthropique, la lutte contre l’émission de particules fines et la préservation de la biodiversité. La première exige la production massive d’énergie décarbonée. C’est possible grâce aux technologies d’aujourd’hui : le nucléairel’hydroélectricité et les bioénergies (méthanisation, biocarburants). Via la photosynthèse, elles captent autant de CO2 qu’elles n’en rejettent, à la différence des carburants fossiles.

Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, «cette maladie de l’esprit qui pense à votre place»: pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

La deuxième suppose l’électrification des transports par l’utilisation de batteries ou le développement de piles à hydrogène. Là encore, le salut exige une production massive d’électricité décarbonée, le seul hydrogène propre étant produit par électrolyse. La troisième impose la réduction massive du volume de la consommation de terres agricoles. Dans un monde où la population ne cesse de croître pour atteindre 10 milliards d’habitants en 2050, c’est un objectif qui ne peut être atteint qu’en maintenant les objectifs de production. Notre écologie doit être une écologie de cohérence, de science et libérée de l’idéologie, « cette maladie de l’esprit qui pense à votre place » : pourquoi fermer des centrales nucléaires pour rouvrir des centrales thermiques plus polluantes ?

Ces enjeux posés, les réponses doivent être sociales. La crise des Gilets jaunes largement causée par la taxe sur le gazole montre combien la transition écologique ne peut se faire sur le dos des plus modestes. Rien ne serait pire que transformer l’enjeu environnemental en guerre des classes : aux plus aisés l’alimentation bio de qualité et des voyages hors de prix ; aux plus pauvres l’alimentation importée dont nous ne voulons pas et l’assignation à résidence. L’écologie du XXIe siècle impose de repenser notre dépense publique – la plus élevée d’Europe – afin de dégager des marges de manœuvre pour financer sans fiscalité punitive les adaptations nécessaires.

Enfin la transition doit être de marché. Il faut tordre le cou au sophisme de la décroissance selon lequel la croissance infinie serait incompatible avec un monde fini. L’expérience empirique montre que de nouvelles ressources sont constamment découvertes. L’oil peak prédit par Ehrlich à la fin des années 1960 est constamment reporté. Les prédictions catastrophiques du club de Rome en 1972 ne se sont jamais produites.

Comme l’a bien montré Julian Simon dans Ultimate ressource, l’Homme, grâce à son action créatrice, a toujours résolu les problèmes de la rareté de la ressource. Demain ce sera l’économie circulaire, le recyclage, la recombinaison chimique des molécules. Ce sera un changement dans la chaîne de valeur, mais toujours avec de la valeur ajoutée, de la croissance et de l’emploi. A condition de ne pas brider l’énergie créatrice !

De ce point de vue, le marché est capital. Le pire serait un retour à la planification ! N’oublions pas le rapport Théry de 1994 qui prédisait l’échec d’Internet et l’avenir radieux du minitel. Nul ne sait quelles technologies seront les meilleures ! Aux pouvoirs publics de donner le cap en fixant un prix aux externalités négatives environnementales, éventuellement en rémunérant les externalités positives. Aux pouvoirs publics de soutenir les grandes filières d’avenir en créant un écosystème favorable, en finançant la R&D et en ouvrant des appels à projet. Mais pour le reste, neutralité technologique et confiance dans l’innovation créatrice !

Cette écologie de confiance doit aussi être une écologie stratège. C’est un enjeu géopolitique à l’échelle du monde. Un exemple : la Chine travaille à la création de centrales solaires orbitales à l’horizon 2035. Cette énergie quasi gratuite et infinie sera une source d’influence inouïe. Pour ne pas devenir une colonie énergétique soumise au bon vouloir de producteurs étrangers, l’heure est à une écologie de puissance, arme de la souveraineté européenne. Le combat devra se mener à l’échelle des COP mais aussi de l’Europe. Il est urgent de créer des taxes carbones à l’entrée dans l’Union européenne pour sanctionner les externalités négatives des modes de production de nos compétiteurs chinois et américains. Inversement, il est contre-productif de surtransposer des normes européennes handicapant nos entreprises sans apporter de gain sérieux à l’environnement.

Enfin, l’écologie de droite ne doit pas se tromper de méthode par une analyse erronée de la demande sociétale de nos concitoyens. Les succès des partis écologistes aux municipales sont largement en trompe-l’œil : c’est souvent un vote de substitution au vote socialiste démonétisé. L’épisode marseillais où un socialiste pur sucre succède à une écologiste qui a permis de remporter le scrutin est hautement symbolique. Les Français ne rêvent pas d’un grand soir écologique. C’est aux citoyens eux-mêmes (69 %) et aux collectivités locales (53 %) qu’ils font le plus confiance pour améliorer l’environnement, selon l’Ifop. Pas à l’Etat !

L’écologie de demain doit être centrée sur la qualité de vie – premier critère à associer à l’environnement pour 74 % des sondés. Concrètement, cela signifie la possibilité de vivre et travailler au pays en réduisant le « navettage » grâce aux tiers lieux, la préservation des sites et des paysages, une alimentation de proximité, à terme une relocalisation partielle de l’énergie via des ressources locales biosourcées. La remise en cause des bienfaits de la métropolisation, la redécouverte des villes moyennes, la mise en avant de la diversité des « dynamiques territoriales » définies par le professeur Bouba-Olga incitent à se tourner vers un nouveau paradigme : le « ménagement du territoire ».

Oui aux projets et à l’aménagement, à condition qu’ils soient durables et aient du sens pour mieux répartir les hommes et les espaces tout en préservant les terres agricoles. Créer des espaces commerciaux en périphérie n’a plus de sens. Créer des plateformes logistiques peut en avoir si la logistique du dernier kilomètre, la plus polluante, est améliorée.

Ainsi conçue, l’écologie est une vraie chance pour la droite. Réunissant dans un même combat les millénials technophiles, les entrepreneurs passionnés, les thuriféraires d’un certain art de vivre et les défenseurs de la souveraineté française et européenne, elle est à la confluence des libéraux et conservateurs.

Ce qu’avait prophétisé Wilhelm Röpke dans son maître livre de 1961 Au-delà de l’offre et de la demande où il appelait notre économie à se soucier « du bruit et de la puanteur de cette existence technicisée […], des rivières pestilentielles où l’on ne peut plus se baigner […], des équilibres naturels que nous compromettons et dont nous finirons par amener la destruction ». L’écologie permet de « préserver ce qui vaut et de changer ce qu’il faut ». A notre génération de rendre possible cette ambition nécessaire.

Au passage, le Haut conseil s’inquiète de la «situation intenable» de l’assurance-chômage, dont le déficit (20,5 milliards d’euros) représente un tiers du déficit total, «alors que les dépenses de l’assurance-chômage représentent 8,5% des dépenses» des administrations sociales.

Les régimes complémentaires de retraite passeraient de 3 milliards d’excédents en 2019 à 5,1 milliards de déficit en 2020, plombés par l’Agirc-Arrco (-6,6 milliards). La solution immédiate pour ces régimes a consisté à ponctionner 12,7 milliards d’euros dans leurs réserves financières, dont le niveau a baissé de 8%.

Quant à la Sécurité sociale, le déficit pour 2020 est probablement moins élevé qu’attendu, du fait d’une moindre chute du PIB et de la masse salariale. Mais la perspective pour 2021 s’est assombrie: «L’hypothèse retenue pour la construction de ces prévisions supposait la « fin » de la crise sanitaire au moment de la bascule sur 2021», souligne le Haut conseil, qui pense que «les « bonnes » surprises possibles au titre de l’exercice 2020 pourraient ainsi être partiellement contrebalancées par une dégradation plus importante sur l’exercice 2021».

CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

CNews : une ligne éditoriale de droite proche du bistrot

 

Il est clair que pour tenter de concurrencer BFM par exemple, C News se range dans le camp des protestataires de manière systématique, souvent dans celui des complotistes  et de l’extrême droite. Le tout sur fond de discussion de bistrot et de censure des journalistes contestataires. Une exception culturelle toutefois celle du one-man-show de Zemmour , qui relève évidemment le niveau populiste habituel mais en sacrifiant à la rengaine permanente de l’intéressé sur le bien-fondé du racisme et la critique systématique de l’Europe.

Le patron directeur général de CNews, Serge Nedjar, justifie cette ligne éditoriale.

CNews, qui était en grande difficulté il y a un an, a rebondi en 2020. Quel bilan tirez-vous?
L’année est exceptionnelle! CNews a presque doublé sa part d’audience, avec 1,4% sur les 4 ans et plus. Toutes les émissions ont progressé. Avec L’Heure des pros de Pascal Praud, CNews est première chaîne nationale entre 10 heures et 10h30. Face à l’info, de Christine Kelly, avec Eric Zemmour, bat BFMTV. Nos rendez-vous ont tous progressé, de 50% à 300%, ce qui est unique dans l’audiovisuel sur une période aussi courte. Pour être franc, je ne m’attendais pas à une telle progression. C’en est presque effrayant.

Effrayant?
Oui, parce qu’il nous faut assumer ce nouveau statut. Et rester à la hauteur des engagements envers les téléspectateurs, c’est‑à-dire garantir une qualité d’antenne et de débats. Or la pression est forte : à commencer pour nos 200 collaborateurs, techniciens, journalistes ou non, qui, sept jours sur sept, travaillent comme des malades de 6 heures du matin à point d’heure. Croyez-moi, c’est plus facile d’être challenger.

Vous êtes devant LCI. Votre objectif est-il d’aller concurrencer BFMTV?
D’autres le disent, pas nous. Mais je ne vous dirais pas qu’arriver un jour à atteindre notre principal concurrent n’est pas un objectif.

Selon vous, qu’est-ce qui explique ces résultats?
C’est la suite logique de ce que l’on a décidé il y a quatre ans à la création de CNews, quand il a fallu nous démarquer d’une concurrence extrêmement forte. Notre modèle découlait d’une évidence : face à la transformation des modes de consommation de l’information et à l’explosion des réseaux sociaux, il fallait une nécessaire adaptation. D’où cette ligne radicalement différente, assise sur deux piliers : de l’info en continu ainsi que des plages de décryptage et de débat.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents?
Nous avons été les seuls à aborder, dès le début et sans détour, certains thèmes sensibles, voire explosifs, des faits de société comme la sécurité, l’immigration, l’écologie ou les violences urbaines. Des questions que nos concurrents rechignaient à traiter. De même que nous avons tenu à inviter sur nos plateaux de nombreuses personnalités, y compris celles qui n’étaient pas les bienvenues dans les autres médias. Il est important d’écouter toutes les opinions, même les plus dérangeantes et les plus politiquement incorrectes. Les téléspectateurs y ont d’emblée été sensibles : ils savent que sur CNews la parole est libre et les avis, divers.

On vous reproche une « foxisation » de l’info, allusion à la ligne ultra-conservatrice et populiste de la chaîne américaine Fox News. Qu’en dites-vous?
A force qu’on nous compare à Fox News, j’ai fini par la regarder. CNews n’a absolument rien à voir. Nous ne sommes pas un média militant. Nous ne roulons pour personne et ne sommes l’instrument d’aucun parti, d’aucun groupe de pression. En revanche, c’est une chaîne qui a une audience énorme et d’excellents résultats : deux gros défauts qu’on aimerait bien avoir.

Que répondez-vous à Benoît Hamon qui a qualifié CNews de « chaîne d’extrême droite complotiste  »?
C’est blessant pour l’ensemble de nos collaborateurs. Et d’une grande malhonnêteté. Il se fonde certainement sur ce qu’on raconte dans Face à l’info et il en fait une généralité. Or, Eric Zemmour, c’est trente-trois minutes au cœur d’une grille qui compte dix-neuf heures de direct, dont une vingtaine de journaux. Sait-il que plus de 40% des téléspectateurs de CNews sont sans opinion, que plus de 20% sont de gauche et 20 autres pour cent de droite, quand seulement 9% se disent proches du RN, selon une étude que nous avons réalisée en juillet? Benoît Hamon doit être en campagne.

 

CNews n’est-elle pas « Pascal Praud-dépendante »?
C’est un des piliers de notre antenne. Il est à l’origine de la personnalité et du succès de CNews. Et on ne souhaite pas qu’il parte.

 

Parce qu’il y a un risque?
Après avoir dénigré les hommes et les femmes qui travaillent sur CNews, nos concurrents y font aujourd’hui leur marché. Et Pascal Praud est certainement très sollicité. Mais je sais aussi son attachement à la chaîne et sa fidélité au groupe Canal, si bien qu’il y a peu de risques qu’il s’en aille.

Une parodie du programme de Pascal Praud, mise en ligne par Winamax, a conduit aux licenciements de Sébastien Thoen et Stéphane Guy. Pourquoi ces sanctions?
D’après ce que j’en sais, les décisions qui ont été prises n’ont rien à voir avec cette parodie. Sébastien Thoen s’est associé avec quelqu’un qui dénigrait constamment le service des sports de Canal+ sur d’autres antennes, ce qui était inacceptable. Mais je n’en sais pas plus.

Le limogeage de Stéphane Guy suscite une vague d’émotion et de protestation, y compris au sein du groupe Canal. Les journalistes de CNews ont-ils une totale liberté d’expression?
Totale liberté pour nos journalistes, mais aussi pour les éditorialistes et intervenants extérieurs! La seule obligation est la maîtrise de l’antenne par le présentateur. Pascal Praud, Christine Kelly, Laurence Ferrari ou Sonia Mabrouk ne peuvent pas laisser passer des propos inacceptables, outranciers ou diffamatoires sans réagir.

Peut-on critiquer Pascal Praud au sein de CNews? 
Des discussions, il y en a tous les jours au sein de nos rédactions. Chez CNews comme ailleurs. Que ce soit avec Pascal Praud ou d’autres journalistes. On est d’accord ou pas d’accord sur tel ou tel sujet. C’est ce qui fait la richesse de nos métiers. Mais tout s’exprime à l’intérieur de la chaîne. La loyauté est une des valeurs majeures dans la vie.

Vous parliez de propos « inacceptables, outranciers ou diffamatoires ». Certains penseront à ceux d’Eric Zemmour…
Il y a une énorme injustice à son sujet. Car Face à l’info, le programme dans lequel il intervient et dont l’audience a été multipliée par quatre cette année [avec des pointes jusqu'à 1 million], c’est 240 émissions depuis octobre 2019 ; seules quatre ont fait débat à partir de propos qui ont pu apparaître choquants ou qui l’ont été, mais qui ont été retirés de leur contexte puis montés en épingle par nos adversaires. Une méthode classique pour occulter le reste des propos et, plus grave encore, pour diaboliser le reste de l’antenne.

 

Vous placez TF1, maison mère de LCI, parmi ces adversaires?
Je pense que l’avance que nous avons prise sur LCI n’est pas sans faire réagir ce groupe.

J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir

Votre grille va-t‑elle évoluer cette année?
On ne touche à rien. Mais nous commençons à muscler notre service politique en vue de l’élection présidentielle, avec l’installation dans la dernière ligne droite d’un rendez-vous en fin de journée. Nous allons traiter cette échéance à notre manière, non conventionnelle. Avec des débats et des plateaux où nous inviterons également des politiques. J’espère seulement que ceux qui nous boycottent auront la lucidité et la gentillesse de venir.

A qui faites-vous allusion?
A Olivier Véran, par exemple, qui refuse ostensiblement de venir sur CNews. Qu’un ministre ne veuille pas répondre sur la deuxième chaîne d’info du pays est incompréhensible. Il tourne le dos à des millions de téléspectateurs qui à ses yeux ne méritent sans doute pas d’être informés. Pourtant il est le bienvenu. Liberté de ton, liberté de parole : nous invitons tout le monde quand, sur d’autres médias, des éditorialistes, des écrivains ou des scientifiques sont interdits de passage.

Où ça?
Sur France 2 et France Inter, par exemple, ou dans quelques quotidiens et hebdos. Des médias qui censurent, qui se comportent comme des juges, qui condamnent et absolvent selon que vous êtes ou non dans leur camp. Qui pratiquent l’indignation sélective. Mais le public n’est pas dupe. Il a repéré ces partis pris. Il vient sur CNnews parce que justement nous échappons à ça.

 

Comment se porte CNews sur le plan économique?
Beaucoup mieux, et pour cause. ITélé, mère de CNews, perdait jusqu’à 30 millions d’euros par an. Ce déficit, qui a été ramené à 9 millions d’euros en 2019, devrait être inférieur à 2 millions d’euros en 2021. Pour 2020, l’impact de la crise fausse les chiffres, mais nos recettes ont augmenté de 40% en décembre. Et si le marché publicitaire se redresse, nous devrions parvenir à l’équilibre, pour la première fois de notre histoire, en 2022. C’est dire le chemin parcouru.

Présidentielle: «victoire de l’extrême droite possible»( Michèle Cotta et Robert Namias)

Présidentielle: «victoire de l’extrême droite possible»( Michèle Cotta et Robert Namias)

Michèle Cotta et Robert Namias ont écrit ensemble un polar Le brun et le rouge qui envisage une victoire aux présidentielles de Marion Maréchal.  Une hypothèse douteuse pour certains, pourtant l’hypothèse victoire de l’extrême droite même des 2022 n’est pas à exclure compte tenu du climat actuel. Interview dans l’Opinion

Dans Le Brun et le Rouge, vous racontez l’élection à l’Elysée, en 2025, de la candidate de la France d’abord, une jeune femme Charlotte Despenoux, sous les traits de laquelle on reconnaît aisément Marion Maréchal. Cela signifie-t-il que vous estimez son ascension irrésistible ?

Michèle CottaNous avons fait un roman policier, surtout pas une thèse politique. Cela nous a permis de laisser une totale liberté à notre imagination. Mais nous l’avons écrit dans un certain contexte et en prenant en compte deux éléments. Le premier est qu’aujourd’hui, droite et gauche sont sous le boisseau face à un chef de l’Etat qui n’est ni droite-ni gauche. De la décomposition de ces deux familles historiques peut naître un appétit pour l’extrême droite ou l’extrême gauche. Le deuxième est ce qu’on raconte, y compris au sein du Rassemblement national : Marine Le Pen n’aurait pas de chance d’être élue, car elle se heurterait à un plafond de verre. Charlotte Despenoux, notre personnage, est catholique, libérale. C’est un composite de plusieurs tendances, qui existent au RN, mais aussi à droite.

Robert Namias: Dans notre scénario, la victoire de l’extrême droite à la présidentielle est possible grâce à un électorat composite qu’on appelle communément populiste et qui rassemble de manière assez évidente des électeurs d’extrême droite et des électeurs d’extrême gauche. C’est un cas de figure qui n’est pas nouveau. On l’a vu il y a vingt ans dans ce qu’on appelait le Midi rouge, où une partie des électeurs du PC sont passés au FN. Les projets respectifs de l’extrême droite et de l’extrême gauche peuvent comporter de vraies proximités (le protectionnisme, l’anti-européisme…). Dans une situation de crise, ces accointances idéologiques peuvent provoquer une alliance électorale à la base, plutôt qu’au niveau des états-majors, et la victoire par effraction d’une candidate d’extrême droite à la présidentielle. Aujourd’hui, au regard de la crise que nous traversons, cet improbable est devenu relativement possible.

« L’arrivée à l’Elysée d’un Président de 39 ans a aussi été l’expression d’un besoin de renouvellement de la classe politique »

Ce qui est frappant dans la conquête de Marion Maréchal, euh pardon de Charlotte Despenoux, c’est sa jeunesse, son énergie. C’est aussi un trait de caractère de son entourage. Face à cela, il n’y a plus qu’un système « vieilli, usé, fatigué », comme dirait l’autre…

R.N.: Nous avons écrit notre fiction sur un fond de décor sans précédent : à un an et demi de la présidentielle, aucun parti de gouvernement n’est en mesure de présenter un candidat ayant de vraies chances de gagner. Les deux seules formations politiques qui apparaissent structurées sont aujourd’hui La France insoumise et le Rassemblement national. PS et LR, qui ont été rejetés en 2017, n’ont pas réussi, depuis, à se reconstruire. Au-delà des circonstances politiques, l’arrivée à l’Elysée d’un Président de 39 ans a aussi été un fait générationnel. Cela a été l’expression d’un besoin de renouvellement de la classe politique.

M.C.: Dans nombre de secteurs de la société, comme les banlieues par exemple, on paye la disparition des catholiques et des communistes. Pendant longtemps, la fonction tribunitienne y était occupée par le PC et la fonction humaniste par les catholiques. Aujourd’hui, la fonction tribunitienne est exercée par l’extrême droite et l’extrême gauche. Tout comme par l’islam, qui peut y ajouter une dimension sociale.

La violence est également omniprésente…

R.N.: Les polars sont par nature toujours violents avec leur lot obligé de morts. A cela s’ajoute la violence sociétale qui accompagne l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, même si celle-ci s’est faite, dans notre livre, démocratiquement. L’extrême droite peut arriver au pouvoir par un putsch militaire, comme au Chili ou en Grèce, mais aussi de manière tout à fait légale, à l’issue d’élections, comme on l’a vu en Allemagne, en Italie… Aucune démocratie n’est à l’abri ; c’est ce qu’on a voulu montrer.

M.C. : Il existe aujourd’hui en France un vrai désir d’autorité. Jusqu’où ira ce désir d’ordre ? Mais, il ne faut pas non plus négliger que, parallèlement, l’anarchie demeure un élément constituant de l’âme française. On le voit avec le sentiment anti-jacobin qui demeure toujours aussi fort, comme on peut le constater avec la crise sanitaire.

R.N. : Le peuple français est sans doute bipolaire !

Cette nouvelle Présidente, qui n’a aucune confiance dans le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) s’entoure d’une « garde prétorienne ». C’est une claire allusion à l’affaire Benalla ?

R.N. : Cela a toujours été ainsi. Les présidents de la Ve République ont tous organisé de manière plus ou moins poussée leur propre protection, notamment pour préserver leur vie privée. Souvenez-vous de François Mitterrand !

« Les journalistes de TF1 et France 2 n’avaient plus la cote et leurs noms avaient été relégués au bas de la liste des possibles au profit de leurs confrères des chaînes d’info », écrivez-vous. L’ancien directeur de l’information de TF1 et l’ex-directrice générale de France 2 que vous êtes estiment-ils que la montée en puissance de celles-ci, ces dernières années, a tout changé ?

R.N.: Tout, pas encore. Les journaux de 20 heures de TF1 et de France 2 gardent encore une audience exceptionnelle en Europe, même si elle est deux fois moindre qu’il y a dix ans. Mais c’est vrai qu’un problème est apparu avec la montée en puissance des chaînes d’info continue : celui de la hiérarchie de l’information. Les coups de projecteur sont mis sur une seule information et occultent tout le reste. Ce n’est pas normal.

Un des chapitres du livre est le récit d’un débat d’entre deux tours de la présidentielle. Vous qui en avez organisé ou animé, lequel vous a le plus marqué ?

M.C. : Celui de 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac avec leur fameux affrontement « dans les yeux ». C’était un vrai moment de télé. Le débat reposait, comme il se doit, sur un schéma très structuré que nous avions préparé [Elie Vannier était l’autre arbitre du débat, N.D.L.R.]. Celui-ci s’est échappé car on ne pouvait pas anticiper que les deux hommes s’affronteraient sur le cas du diplomate iranien Wahid Gordji. Quand j’ai entendu Jacques Chirac demander à François Mitterrand s’il pouvait contester sa version des faits « en le regardant dans les yeux », je me suis dit qu’il était bien naïf.

« Je me suis toujours interrogé : Jacques Chirac a-t-il vraiment eu raison de refuser de débattre avec Jean-Marie Le Pen ? »

R.N. : Le débat de 2002, car il n’a pas existé, alors que nous avions fait une proposition pour l’organiser ! Je me suis toujours interrogé : Jacques Chirac a-t-il vraiment eu raison de refuser de débattre avec Jean-Marie Le Pen ? Ce n’est, selon moi, jamais une bonne solution de se dérober face à un adversaire. Il aurait été dans son rôle et eu tout à gagner à montrer aux Français les hérésies que contenait le programme de Jean-Marie Le Pen. De la même manière, son choix de ne pas tenir compte des conditions de son élection en nommant un gouvernement d’union nationale m’a toujours paru une autre erreur.

M.C. : Cela relevait d’un manque de confiance en lui. Quelques années plus tard, j’ai demandé à Jacques Chirac pourquoi il n’avait pas joué l’union nationale. Il m’avait répondu : « Je ne sais pas faire »…

De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas. Votre livre débute en 2025. En 2022, Emmanuel Macron sera-t-il réélu ?

R.N. : C’est impossible de répondre dix-huit mois avant l’échéance à une telle question. L’irruption de l’imprévisible est devenue le quotidien de la politique en France. Cela lui donne un air de démocratie anglo-saxonne. A cela s’ajoute le fait que nous vivons une époque sans précédent. Elle concentre sur un même moment plusieurs évènements que nous avons déjà pu connaître dans le passé mais qui n’étaient pas superposés : une crise économique comme en 1929, une crise sociale comme celle qui précéda 40, une crise sanitaire comme du temps de la grippe espagnole. Les trois en même temps, c’est du jamais vu !

M.C.: J’y ajouterai un autre élément : on retrouve également le sentiment de décomposition politique d’avant la guerre de 40. Le personnel politique est contesté, les ligues font régner leur loi… A l’époque, la guerre était arrivée comme une délivrance. Nous sommes à nouveau dans un creux de la vie politique française. Il y a l’angoisse due au Covid. La démocratie et la nation sont contestées. L’esprit public est abîmé. La gauche et la droite ne se sont pas reconstruites… Tout peut arriver !

Le Brun et le Rouge de Michèle Cotta et Robert Namias, édition Robert Laffont, 390 pages, 20 euros.

 

SÉNATORIALES: la droite renforcée et un groupe écolo

SÉNATORIALES: la droite renforcée et un groupe écolo

La majorité de droite et du centre au Sénat sort renforcée des élections de ce dimanche, marquées globalement par une grande stabilité, et l’annonce par les écologistes de la formation d’un groupe politique.

« Cette élection, dans un contexte sanitaire, économique et social inédit, vient conforter la majorité sénatoriale de la droite et du centre », s’est félicité Gérard Larcher (LR), qui a toutes les chances d’être réélu à la présidence ce jeudi.

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

 

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

SONDAGE Macron . Pour 53 %, il est à droite

SONDAGE Macron . Pour 53 %, il est à droite

 

Dans un sondage IFOP pour le JDD, 53% des Français estiment qu’Emmanuel Macron incarne bien la droite.

. « On a rarement vu le positionnement d’un président autant fluctuer pour les Français », analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP.

Inédit, ce déport à droite est aussi intégré par la propre base électorale d’Emmanuel Macron. 58% de ses électeurs le perçoivent ainsi. Les réformes menées depuis 2017 et le choix de ministres issus des rangs républicains expliquent en partie cette conversion. le Président incarne cependant bien cette tendance pour 53 % des Français (+ 11 points par rapport à mai 2019). 83% de ses sympathisants en sont convaincus. Et même 47% des proches des Républicains.

 

A 18 mois de l’élection présidentielle et malgré quelques succès aux dernières municipales, l’étiquette LR n’est plus porteuse, résume Frédéric Dabi. Après avoir cassé la gauche, Emmanuel Macron compte casser la droite. »

De là à souhaiter un soutien du parti à la candidature de Macron en 2022 comme le propose Christian Estrosi… Seuls 35% des sondés y sont favorables. Mais tout de même 72% des électeurs de Macron. Une droitisation qui épouse celle des Français, 36% se situant personnellement dans ce camp et 33% au centre. Seuls 16% avouent conserver leur coeur à gauche.  Un sondage toutefois discutable dans la mesure où les concepts de droite de gauche et du centre sont largement remis en cause et même considérée comme obsolète

Les Français politiquement vraiment à droite ?

Les Français politiquement vraiment à droite ?

 

Selon un sondage de l’IFOP pour Le Point publiée jeudi, les électeurs sont 13 % à se placer à gauche (note de 0 à 3), 32 % au centre (4 à 6) et 39 % à droite (7 à 10). La société française ne s’est jamais autant positionnée à droite, et aussi peu à gauche.

Fait rare, l’épicentre de l’électorat s’est nettement déplacé en trois ans. Du centre au centre droit.. Ce glissement s’explique par le vieillissement de la population. Des résultats qui ne sont peut-être pas à remettre en cause ( encore qu’il y a quelques contradictions avec le bilan des sélections municipales par exemple). On peut cependant discuter des facteurs explicatifs.

Ce glissement vers la droite n’est peut-être pas du un phénomène d’attraction mais davantage sans doute de répulsion nourrie par une gauche en voie d’extinction comme le parti socialiste en particulier. Le problème de la gauche c’est qu’elle a pu exercer le pouvoir amis  elle était surtout porteur d’espérance dans l’opposition. en situation de gestion bilan n’est guère plus brillant que celui de la droite. La gauche a trahi davantage ses sélecteurs que la droite, elle le paye dans les sondages d’opinion.

Les Français ne sont pas véritablement positionnés à droite mais ce qui apparaît plus certain c’est qu’ils ne se reconnaissent plus du tout dans la gauche. On objectera qu’il y a cependant un réveil écolo gauchiste depuis les municipales. Un réveil qui pourrait sans doute être confirmé lors des prochaines élections régionales et départementales. Mais un réveil davantage alimenté par le rejet de Macon que par une véritable adhésion au pôle écolo socialiste, véritable fourre tout qui éclatera les contradictions de la gestion y compris au plan local.

Les Français politiquement davantage à droite ?

Les Français politiquement davantage à droite

selon un sondage de l’Ifop pour Le Point publiée jeudi, les électeurs sont 13 % à se placer à gauche (note de 0 à 3), 32 % au centre (4 à 6) et 39 % à droite (7 à 10). La société française ne s’est jamais autant positionnée à droite, et aussi peu à gauche.

Fait rare, l’épicentre de l’électorat s’est nettement déplacé en trois ans. Du centre au centre droit.. Ce glissement s’explique par le vieillissement de la population. Des résultats qui ne sont peut-être pas à remettre en cause ( encore qu’il y a quelques contradictions avec le bilan des sélections municipales par exemple). On peut cependant discuter des facteurs explicatifs. Ce glissement vers la droite n’est peut-être pas du un phénomène d’attraction mais davantage sans doute de répulsion nourrie par une gauche en voie d’extinction comme le parti socialiste en particulier. Le problème de la gauche c’est qu’elle a pu exercer le pouvoir amis  elle était surtout porteur d’espérance dans l’opposition. en situation de gestion bilan n’est guère plus brillant que celui de la droite. La gauche a trahi davantage ses sélecteurs que la droite, elle le paye dans les sondages d’opinion. Les Français ne sont pas véritablement positionnés à droite mais ce qui apparaît plus certain c’est qu’ils ne se reconnaissent plus du tout dans la gauche. On objectera qu’il y a cependant un réveil écolo gauchiste depuis les municipales. Un réveil qui pourrait sans doute être confirmé lors des prochaines élections régionales et départementales. Mais un réveil davantage alimenté par le rejet de Macon que par une véritable adhésion au pôle écolo socialiste, véritable fourre tout qui éclatera les contradictions de la gestion y compris au plan local.

Retour du plan : la vieille droite tire à boulets rouges

Retour du plan : la vieille droite tire à boulets rouges

Le retour du plan est envisagé avec Bayrou  à sa tête. Pas vraiment un partisan de la dictature socialiste ou de la planification à la mode soviétique. Pourtant la vieille droite tire à boulets rouges sur l’éventualité d’une renaissance du commissariat au plan. La critique est évidemment ridicule notamment le risque en France d’une planification à la mode soviétique. Sans faire un retour historique approfondi, convenons que le plan en France a toujours tenu une place finalement assez secondaire. Pour apprécier exactement le poids du plan il faudrait comparer par exemple les engagements financiers du plan par rapport aux dépenses budgétaires de l’État, faire une comparaison avec la part du PIB  influencée par le plan ou d’autres indicateurs du même type. On arriverait vite à la conclusion que le plan en France n’a jouée qu’un rôle très partiel même si parfois notamment à la libération il a pu booster certains objectifs stratégiques. Un rappel de la planification de Wikipédia:

 


La planification française du commissariat au Plan, à l’instar de celle mise en place par le régime de Vichy, est indicative et incitative, à la différence de la planification soviétique. Le commissariat général du Plan (CGP) s’appuie sur deux organismes de prévision : l’Insee et la SEEF (Service des Études économiques et financières du ministère des Finances)5.

Plusieurs éléments font de la planification française une expérience originale. Elle constitue l’aspect le plus singulier de l’action de l’État pour domestiquer le marché. Se bornant à donner des objectifs quantitatifs ou qualitatifs définis d’un commun accord entre les partenaires sociaux, le plan tente d’orienter les investissements dans les secteurs prioritaires pour la croissance. À cet égard, on peut le voir comme un « réducteur d’incertitudes » 6 selon la formule de Pierre Massé.


Les positions relatives au 1er plan de modernisation et d’équipement et aux moyens d’en assurer l’exécution sont notamment les suivantes7,8.

Objet et dispositif du Plan

Le plan de modernisation et d’équipement 1947-1950, soumis à l’examen du Conseil, a essentiellement pour objet :

  • d’assurer un relèvement rapide du niveau de vie de la population, et notamment de son alimentation ;
  • de moderniser et d’équiper les activités de base (houillères, électricité, sidérurgie, ciment, machinisme agricole et transports) ;
  • de moderniser l’agriculture ;
  • d’affecter à la reconstruction le maximum de moyens, en tenant compte des besoins des activités de base et en modernisant l’industrie des matériaux de construction et celle du bâtiment et des travaux publics ;
  • de moderniser et de développer les industries d’exportation pour assurer en 1950 l’équilibre de la balance des comptes.

La base de départ sera ainsi créée pour entreprendre, dans une seconde étape, la transformation des conditions de vie et notamment du logement. »

Le premier plan correspondait à un objectif d’aide au redressements du pays. Ensuite son action s’est  notoirement affaiblie pour finalement disparaître. L’idée même d’une résurgence du plan fait monter la vieille droite qui s’exprime en particulier dans le journal l’Opinion et dans le Figaro qui écrit par exemple: Ressusciter un commissariat général au Plan permettrait de réintroduire le sens du temps long dans l’action publique. L’objectif est louable, mais l’instrument, superflu. ». Certains éditorialistes dans l’Opinion estiment que le marché fait office de plan !

Certes l’exercice de prospective n’est pas totalement condamné, cela peut être utile conviennent  les plus tolérants. Mais ce que l’on craint le plus c’est évidemment de partager l’analyse avec les partenaires sociaux et les acteurs économiques ( entreprises, salariés, clients, usagers et citoyens. Car c’est la particularités du plan que de se livrer à un exercice de réflexion sur les enjeux stratégiques de moyen et long terme avec les acteurs. Ce que réfute avec force la vieille droite évidemment au service des intérêts économiques dominants laissant le marché arbitrer entre l’intérêt général et les intérêts particuliers.

Pourtant dans une période caractérisée par une crise systémique aux multiples aspects, économiques, sociaux, technologiques, environnementaux et plus globalement sociétaux la compréhension des phénomènes est un exercice incontournable. Une compréhension qui ne doit pas être réservée à des élites technocratiques ou financières. Bref il s’agit d’envisager une analyse partagée qui débouche sur des hypothèses et des scénarios permettant la meilleure adaptation possible, la meilleure anticipation des grandes évolutions structurelles. Deux exemples simplement, le plus récent celui de la crise sanitaire qui évidemment n’a jamais été envisagée. Autre exemple, celui du développement des plates-formes numériques qui  prennent  en sandwich producteur et consommateur dans une position de plus en plus dominante; or la France comme l’Europe sont complètement hors jeu. Encore une fois la planification française a toujours eu un caractère incitatif, partiel, indicatif et non pas impératif et globalisant.

 

 

Présidentielle 2022 – à droite, un candidat LR pour Noël ?

Présidentielle 2022 – à droite, un candidat  LR pour Noël ?

 

 

Le sondage Elabe diffusé le 1er juillet sur BFMTV, qui crédite François Baroin de 11 à 12% des voix à la présidentielle, loin derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen,  n’est pas très rassurant quant aux chances de succès d’un candidat du parti des républicains aux présidentielles. Du coup l’appareil veut accélérer le rythme. Beaucoup craignent en effet que faute de dynamique et de clarification le candidat naturel du parti républicain s’appelle Édouard Philippe.

L’hypothèse a été mise sur la table par Jean-François Copé. « J’ai dit ce que tout le monde ressent, explique-t-il. Nos électeurs, ce qui les intéresse, c’est d’avoir un nouveau leader et si nous ne sommes pas capables de créer une dynamique d’incarnation politique, ils se tourneront naturellement vers Édouard Philippe. Si Baroin y va, il occupera sans doute l’espace, mais s’il n’y va pas… » Si Jacob l’exclut, cette hypothèse séduit certains. Un responsable LR le rappelle : « 70 % des électeurs de Fillon voulaient que Philippe reste à Matignon. On ne peut pas raisonner uniquement en termes de trahison. »

 

• Macron des mots de plus en plus à gauche !

  • Macron des mots de plus en plus à gauche mais une politique de droite

La  capacité dialectique de Macron est redoutable car il est capable de retourner comme une chaussette n’importe quel concept à son profit en lui faisant dire le contraire de son sens premier. Macron est une sorte de récupérateur de mots, un brocanteur ;plus la campagne électorale de 2022 de s’approche et plus le discours s’oriente à gauche alors que la politique, elle, penche plutôt à droite avec par exemple l’idée aussi farfelue que dangereuse de reprise mots recyclés .  

Encore un peu et Macron parlera comme Mélenchon ou les écolos . Il en est capable tellement l’abondance des mots et leur ivresse rend son discours complètement contradictoire et incompréhensible. Au lendemain de son intervention . Il est clair que les éditorialistes ont  u  du mal à dégager les grandes lignes politiques que Macron s’est efforcé de développer lors  de son allocution.  Bien entendu, l’intention était claire surtout ne pas déplaire à des Français au moment où la cote de popularité du chef de l’Etat ne cesse de s’effriter par rapport à celle du Premier ministre. En ligne de mire évidemment, les perspectives de la campagne électorale de 2002. Donc il fallait rassurer les Français. Ce que Macron a fait en parlant surtout du confinements qui plait à beaucoup notamment à ceux dont l’activité a été paralysées , l’emploi menacé ou les voyages empêchés. Pour le reste, quelques considérations sur les libertés, le rôle de la police. Curieusement aussi la réouverture des écoles le 22 juin alors que la saison scolaire est pratiquement terminée. Pour l’essentiel, c’est-à-dire la nature de la crise, son ampleur, ses conséquences et ses modalités, il faudra encore attendre.  Le président a clairement signifié qu’il entendait s’exprimer à ce sujet au mois de juillet. Évidemment des propos qui risquent d’être moins plaisants car il faudra bien parler un jour ou l’autre de cette facture de 500 milliards qu’il faudra bien rembourser d’une manière ou d’une autre par l’inflation, la dévaluation ou les deux sans parler de la fiscalité. Macron, s’est en fait contenté de reprendre de façon très allusive les sujets de préoccupation des Français qui transparaissaient dans les sondages en évitant surtout de les contrarier cela sans doute pour faire écho à la cote montante  du Premier ministre.

Des  mots vides sans aucun contenu, même pas la moindre orientation qui pourrait être prononcée dans n’importe dans quel bistros mais qui peuvent toujours faire plaisir entendre pour nombre de naïfs

  • Le fameux «monde d’après» se concrétise peu à peu. C’est dans cette logique qu’Emmanuel Macron a dit vouloir «créer les emplois de demain». Il en appelle pour cela à une «industrie verte», «sociale et solidaire» qui permettrait selon lui de «réconcilier production et climat». Attractivité et relocalisation doivent être au cœur de ce nouveau «pacte productif», a-t-il ajouté. Bref l’impression que Macron avec ses conseillers à étudié de très près les thèmes sémantiques qui ressortent des différents sondages et qui nourrissent les préoccupations des Français. Il aura parlé de tout mais surtout de rien de précis ni de concret renvoyant même à plus tard de questions essentielles la relance économique et le financement.
  • Le président l’assure, il souhaite faire de la relance économique une relance «solidaire». Pour cela, il promet aujourd’hui «un investissement massif pour l’instruction, la formation et les emplois de notre jeunesse». «Nous la lui devons», a-t-il ajouté, précisant que les générations futures paieraient la dette écologique de notre pays.
  •  Pas d’annonce ,non plus sur le plan politique tout juste une petite annonce sur ce que pourrait être une nouvelle phase de décentralisation. De quoi peut-être relancer le bâtiment car chaque phase de décentralisation s’est traduite par la construction d’hôtels pour les élus et leurs services sans parler des coûts de fonctionnement. Bref un discours ne pas dire grand-chose.
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Retraites: Macron équilibriste entre marqueurs de droite et concessions sociales ( Jérôme Jaffré)

Retraites: Macron équilibriste entre marqueurs de droite et concessions sociales ( Jérôme Jaffré) 

 

Lors du club de l’économie du Monde , Jérôme Jaffré, directeur du Cecop (Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique) a décrypté la problématique très politique de Macron vis-à-vis des retraites. En effet, il doit en même temps plaire aux électeurs de droite mais aussi ne pas trop déplaire à la gauche qui a contribué à son élection mais qui le lâche aujourd’hui.

 » Il faut s’arrêter sur l’affront fait à la CFDT. Au premier tour de la présidentielle de 2017, 48 % des sympathisants de ce syndicat avaient voté Emmanuel Macron. Aujourd’hui, le président de la République leur tourne le dos en instituant une mesure d’âge qui hérisse Laurent Berger. Pourquoi ? On peut émettre une hypothèse : s’il n’avait proposé qu’une réforme systémique, le président de la République se serait exposé aux vives critiques de l’électorat de droite qui lui aurait reproché de construire une usine à gaz, de distribuer des milliards, de creuser les déficits et de mal gérer le pays. Politiquement, c‘était très dangereux. Le risque était de devoir agir en urgence juste avant la présidentielle de 2022. Tant qu’à avoir un conflit, autant essayer de régler tous les problèmes en même temps.

En adoptant une telle posture, le chef de l’Etat espère conforter son image de réformateur tout en incarnant le retour de l’autorité, axe majeur pour séduire l’électorat de la droite mais il y a trois risques : le pourrissement, l’isolement, le ressentiment.

Le pourrissement fait que les grévistes devront un jour reprendre le travail, mais s’ils le font avec le sentiment qu’il y a eu un minimum de concession, la cohésion sociale du pays sera en souffrance. Or, le président de la République en est le garant.

L’isolement est la marque du macronisme : pas d’allié, pas de soutien. Au-delà des « marcheurs », qui ne sont qu’un club de supporteurs, les soutiens sont faibles dans le pays. Cela peut devenir dangereux en vue d’un éventuel second quinquennat car, si le ressentiment devient trop fort, une partie des électeurs peut considérer que le choix se fait entre la peste et le choléra. Même dans l’hypothèse d’un duel face à Marine Le Pen en 2022, Emmanuel Macron a besoin de récupérer une partie des électeurs de gauche. C’est la raison pour laquelle il a laissé dire qu’il fallait assouplir par rapport à ce que le premier ministre, Edouard Philippe, avait dit. L’assouplissement est une condition absolue pour surmonter le conflit, mais il faut en même temps garder un certain nombre de marqueurs, annoncer qu’on a réussi à mettre fin aux régimes spéciaux, même s’il faut examiner derrière les transitions. Assouplissement et marqueurs : c’est cet équilibre que recherche Emmanuel Macron. »

«Convention de la droite»: discours du philosophe, Raphaël Enthoven

 «Convention de la droite» : discours du philosophe, Raphaël Enthoven 

Invité à la Convention de la droite, le philosophe Raphaël Enthoven publie dans Le Figaro son intervention.  Il détaille les raisons pour lesquelles, selon lui, l’union des droites est vouée à l’échec.


Raphaël Enthoven est philosophe et animateur de radio. Dernier essai paru: Nouvelles morales provisoires (éd. de l’Observatoire, 2019).


Mesdames et Messieurs,

D’abord, je vous remercie de cette invitation.

Même si, à cause de vous, j’ai perdu plein d’amis sans en gagner un seul.

Et même si je suis bien conscient que vous avez tout à gagner à ma présence, alors que moi j’ai tout à perdre à venir chez vous.

Cela dit, ç’aurait pu être pire. J’aurais pu rester chez moi.

J’aurais pu vous attaquer de loin, envoyer des tweets et dormir tranquille.

Mais j’ai préféré essayer quelque chose.

Quelque chose de coûteux pour moi et de déplaisant pour vous.

J’ai préféré, en acceptant cette invitation, rompre avec des habitudes confortables pour vous dire enfin ce qu’ordinairement je dis de vous.

Je suis venu parce qu’il est trop facile d’avoir peur de vous et d’élever des digues à distance en espérant que ça tienne.

Je suis venu parce que la diabolisation a le triple effet de vous rendre service, de vous faire trop d’honneur et de donner bonne conscience à celui qui diabolise. «Nous imaginons parfois, dit Albert Camus dans ses lettres à un ami Allemand, quelque heureuse barbarie, où la vérité serait sans effort.»

C’est exactement cela que font les gens qui vous diabolisent.

Je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre – encore moins pour vous faire la morale – mais, plus modestement, pour vous déconstruire

Et qui, en le faisant, vous permettent de penser que s’ils le font, c’est qu’ils sont incapables de vous réfuter. Or, pardonnez-moi, mais vous êtes aisément réfutables.

D’ailleurs, je ne suis là ni pour cautionner votre démarche ni pour vous convaincre – encore moins pour vous faire la morale – mais, plus modestement, pour vous déconstruire. Et vous dire, en tout cas, les quelques raisons pour lesquelles, à mon avis, ce que vous entreprenez, ce que vous esquissez aujourd’hui, ne marchera pas.

Attention: Je ne parle pas de la tentative d’OPA sur «La Droite». Ça, ça peut marcher.

Les Républicains achèvent de mourir sur les questions sociétales ; quant au Rassemblement National sous la forme qu’on lui connaît, c’est un vieux parti corrompu dont chacun sait que la patronne est une adversaire idéale pour le pouvoir en place… Il n’est donc pas impossible que, faute de concurrents, vous emportiez le morceau. Mais à droite. Et à droite seulement.

Ce qui ne marchera pas en revanche – et j’en prends l’avenir à témoin – c’est la tentative d’arriver au pouvoir et de «construire une alternative au progressisme» (sic) en passant par la droite. Et, qui plus est, la droite dure.

Et c’est à ceux qui pensent qu’une telle chose est possible (et je les sais nombreux dans cette assemblée) que je m’adresse ici, d’abord.

Ce qu’ils espèrent, ce que vous espérez, ne marchera pas.

Pour des raisons à la fois idéologiques, stratégiques et métaphysiques.

La première raison pour laquelle ça ne marchera pas, c’est ce que les pédants appellent la «caducité du paradigme droite-gauche.»

Ceux d’entre vous qui, comme moi, ont vécu (probablement dans le camp d’en face) la campagne de 1992 sur le Traité de Maastricht se souviennent peut-être qu’on a vu surgir à ce moment-là, autour de la question européenne, des couples idéologiques dont on n’avait pas l’habitude: Pasqua et Chevènement du côté du non. Fabius et Juppé du côté du oui, etc.

Je sais qu’il y a des gens dans cette salle pour penser que Pasqua, Juppé, Fabius, Chevènement, tout ça, c’était du pareil au même, c’était «l’UMPS»: le problème de cette analyse simpliste, c’est qu’en amalgamant l’UMP et le PS dans un gloubi-boulga libéralo-mondialisé, l’extrême-droite de l’époque a manqué le sens véritable de ces causes communes entre gens antagonistes. Et la leçon qu’il fallait en tirer.

Quelle était cette leçon?

Que lentement, à pas comptés, après la chute du mur, les démocraties occidentales sont passées du diptyque droite / gauche au diptyque que moi, j’appellerais «libéral contre souverainiste» et que, peut-être, vous préférerez nommer «mondialistes contre patriotes». Peu importe le nom qu’on donne à ce nouveau duo.

Ce qu’il est essentiel de comprendre, c’est que le clivage libéral / souverainiste, apparu en 1992, s’est affermi en 2005, et s’est définitivement installé dans le pays en 2017, avec la victoire d’Emmanuel Macron – qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une victoire du libéralisme.

Pour le dire simplement: la question aujourd’hui – l’alternative – n’est plus «suis-je de gauche ou suis-je de droite?» mais «ai-je intérêt à m’ouvrir au monde ou bien à me replier sur mon pré carré?» (et dans cette nouvelle répartition, on trouve des deux côtés de l’alternative autant de gens de gauche, que de gens de droite).

Vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Dès lors, en vous appelant «La Droite», en essayant de capter les déçus de la droite et en leur laissant entendre qu’avec vous ils ne seront pas déçus et trouveront un «avenir commun», vous vous engouffrez dans une impasse.

C’est une large impasse, trompeuse parce qu’elle est pleine de gens, mais c’est une impasse quand même. Dans la longue liste des scénarios possibles d’ici 2022, voire 2027, il n’y en a aucun où la droite l’emporte par la résurrection de son identité.

En somme, vous avez autant de chance d’arriver au pouvoir en passant par la droite qu’Olivier Faure, en passant par la gauche. Ce qui est peu dire.

Ou bien d’atteindre la Lune en montant sur une échelle.

Je sais bien que certaines d’entre vous, tout en reconnaissant ce nouveau clivage, persistent à le tenir pour «politiquement inopérant». En cela, vous avez exactement le même discours que le PS. A quoi tient cette étrange communauté d’analyse? Comment expliquer que la gauche et la droite pensent toutes les deux que l’affrontement de demain, c’est la gauche contre la droite? Non parce que c’est une analyse (tous les chiffres la démentent et pas seulement les sondages) mais parce que c’est une question de survie. Et une façon de présenter comme un diagnostic la certitude qui vous arrange l’un et l’autre.

En vous agrippant à la droite comme le PS s’agrippe à la gauche, vous vous condamnez au parasitisme politique (et à l’indécision sur la question européenne).

Aussi n’aurai-je qu’un mot à dire à cet égard: ne changez pas d’avis, car vous avez tort.

La deuxième raison pour laquelle, selon moi, «l’alternative au progressisme par la droite» n’a aucune chance de fonctionner, c’est que, à moins d’être en 1815 et de sortir d’une révolution mondiale puis d’un empire géant, la nostalgie ne fait pas un projet.

Le retour en arrière ne fait pas un avenir.

La restauration n’est pas un plat de résistance.

Le sentiment que tout s’est perdu, l’exhumation idéale de valeurs égarées dans le tourbillon de nos mœurs décadentes… Tout cela ne rassemble que des craintifs. Qui sont nombreux. Mais qui le sont de moins en moins. Et qui vieillissent.

La «défense de la vie» ou de «l’ordre naturel» dans un univers d’IVG, de PMA pour toutes, de GPA possible, de mariage gay, de légalisation du cannabis voire de la prostitution (on peut toujours rêver) ne sert qu’à consoler les gens qui ont le sentiment de s’y noyer.

Il ne faut pas s’y tromper: ce que vous êtes en train de construire n’est pas un paquebot. Du tout. C’est le radeau de la méduse! Ou l’arche de Noé si vous voulez, peu importe. Ce que je veux dire, c’est que c’est un bateau sans moteur.

Et que c’est une opération de survie.

Pas une opération de reconquête.

Le désir «d’ancrer dans un avenir commun des gens issus de toutes les sensibilités de la droite» (sic) ne recouvre, en réalité, que des retrouvailles entre militants innombrables qui communient dans la déploration – ce qui est très agréable, mais politiquement stérile.

Vous avez peut-être vocation à représenter la minorité qui ne retrouve plus ses petits dans la France mondialisée du XXI siècle, mais avec un tel cahier des charges, vous n’avez pas vocation à devenir majoritaires. C’est impossible. Arithmétiquement.

(Les personnes – tout à fait aimables – qui m’ont invité à cette convention ont pris soin de préciser que «ce n’était qu’une convention» et «en aucun cas, la naissance d’un mouvement.» Eh bien, on ne saurait mieux dire: il n’y a aucun mouvement dans ce que vous faites. Juste une addition de fixations.)

Bref. Parce que le paradigme a changé, et parce que la nostalgie ne fait pas un projet, vous avez seulement l’avenir politique d’une force d’appoint. Et à ceux d’entre vous qui espèrent davantage, je recommanderais, comme Descartes, de «changer {leurs} désirs plutôt que l’ordre du monde.»

Attention: je ne présume pas de la qualité des valeurs qui sont les vôtres.

Chacun croit ce qu’il veut et il n’est écrit nulle part que je serais plus que vous le détenteur de la morale.

Mais je parle de l’efficacité de vos valeurs dans un pays qui, majoritairement, leur tourne le dos. Car (et c’est la troisième raison pour laquelle, à mon avis, ce que vous faites ne marchera pas) la société elle-même est incurablement libérale.

On ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

Comme elle est majoritairement attachée au droit de disposer de son corps.

Je n’entre pas ici dans le débat sur ces questions. Si vous me réinvitez un jour, on parlera ensemble de la PMA, de la GPA, de la peine de mort, du mariage pour tous, de l’IVG, de l’euthanasie, du porno, du cannabis… De ce que vous voulez.

Mais ça n’est pas mon sujet aujourd’hui.

Ce que je veux vous dire, c’est que ces mouvements-là sont irréversibles.

Pour une raison simple (qui dépasse nos opinions respectives, au-dessus desquelles je vous supplie de vous élever un instant, le temps d’entendre l’évidence transpartisane que je vous donne maintenant): on ne revient pas sur une liberté supplémentaire.

On ne retire pas aux gens le droit de se marier.

On n’empêchera plus jamais, en France, les femmes d’avorter si elles le souhaitent.

Et plus aucun assassin, jamais, n’y sera condamné à mort. «Grâce à vous, dit Robert Badinter, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises…»

A moins d’un changement de régime.

Si demain, les Hongkongais perdent l’ensemble de leurs droits, c’est parce qu’ils auront été mangés par une dictature.

Si demain – ce que je souhaite – après avoir autorisé la PMA pour toutes, la France autorise l’euthanasie, alors on ne reviendra jamais dessus, comme on ne reviendra jamais sur le mariage pour tous, ni sur l’IVG.

Ce qui m’autorise à être si sûr de moi, ce ne sont pas mes convictions. (A titre personnel, vous imaginez bien que je suis favorable à chacun de ses droits. Le «progressisme», c’est ça.) Ce qui me rend si certain de ma prédiction, c’est la nature humaine en personne!

Revenir sur l’IVG ? La PMA ? La GPA (si elle entre dans la loi) ? La peine de mort ? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Ainsi faite que si vous lui donnez une liberté qu’elle n’avait pas auparavant, elle considèrera qu’en la lui retirant, vous l’amputez d’une partie d’elle-même.

C’est la raison pour laquelle on peut parfaitement appliquer la seconde loi de la thermodynamique au cas des libertés supplémentaires: aucun retour en arrière n’est possible!

Vous pouvez le souhaiter tant que vous voulez. Et même vous satisfaire de le souhaiter. Faites-vous plaisir! Mais revenir sur l’IVG? La PMA? La GPA (si elle entre dans la loi)? La peine de mort? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise.

Et pour cette raison, paradoxalement, votre conservatisme est, à mes yeux, une bénédiction… Ne commencez pas à devenir progressistes, s’il vous plaît! Continuez de croire qu’on peut prendre le pouvoir en France au XXI siècle en estimant que les enfants sans père ne devraient pas exister ou (pour certains d’entre vous) que l’IVG est un assassinat. Continuez de penser – si c’est le cas – que le mariage pour tous n’est pas un vrai mariage. Chaque jour, d’honnêtes citoyens (et peut-être parmi vous, je les salue) vous donnent tort. Et s’en trouvent bien heureux.

En vérité, je vous le dis (et je ne vous le dis que parce que je ne crains pas de vous faire changer d’avis en vous le disant): vous êtes beaucoup trop réacs pour gagner quoi que ce soit! Vous préférez le Bien (c’est-à-dire l’idée que vous en avez) à la liberté collective. Et – ce qui est plus grave que tout – vous brandissez des valeurs sans jamais questionner la valeur de ces valeurs.

Par exemple, je sais que beaucoup d’entre vous défendent l’idée d’une famille traditionnelle – comme si c’était un rempart contre le vice. Je sais que beaucoup (souvent les mêmes) considèrent également que la nature commande de faire les enfants et de les élever d’une certaine manière (parce qu’au commencement, c’est plutôt comme ça qu’on faisait).

Or, la nature s’en fout! La nature n’est pas une norme. Son fonctionnement n’est pas une intention. J’en veux pour preuve qu’on trouve la même proportion de crapules, d’incestes et de toxicomanes chez les enfants issus de familles dites «traditionnelles» que chez les enfants de couples homosexuels…

Si la famille traditionnelle protégeait de quoi que ce soit, ce serait parfait. Mais vous n’en faites un rempart que parce que vous en faites une valeur absolue, et qu’à ce titre vous déniez aux autres un mode de vie qui, en lui-même, ne produit pas plus de vices que le vôtre (pas moins non plus).

En un mot, votre conservatisme, si éloigné de ce que le monde est devenu, et tellement inadapté à l’obtention de libertés irréversibles, sera pour vous ce que ses propres atermoiements sur l’Europe ou bien sa nullité en débat ont été pour Marine le Pen. Votre fossoyeur. Alors, encore une fois: ne changez rien! Conservez votre conservatisme. C’est l’assurance-vie du camp d’en face.

Conservez également, s’il vous plaît, la façon que vous avez d’être patriotes. En tout cas pour certaines d’entre vous. Conservez l’illusion qu’on aime son pays quand on veut penser qu’il n’a rien fait de mal. Continuez de voir un exercice de masochisme (et non de lucidité) dans le fait d’assumer les «crimes contre l’humanité» qui ont été commis par la France.

Car en cela, vous donnez à la francité tous les attributs d’un communautarisme.

La façon dont vous êtes fiers d’être Français donne le sentiment qu’être Français est une valeur en soi. Or, l’être-français n’est pas un dispensateur magique de vertu. Et la France, dans l’histoire, s’est souvent conduite comme le féal et le collaborateur de ses conquérants.

Et on en vient à une question fondamentale, et (peut-être) une divergence majeure entre nous.

Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi : « Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur »

Qui aime le mieux son pays?

Celui qui en accepte les zones d’ombre (et les pages sombres) ou celui qui les nie?

Qui, en France, est vraiment patriote?

Celui qui reconnaît que l’État français a profité de l’esclavage et de ses colonies, a organisé des rafles, et ordonné, entre autres, la torture en Algérie? Ou bien celui qui voit dans le rappel de ces faits (tous avérés) les accents de «l’anti-France» et la tyrannie de la pénitence? «Reconnaître les fautes du passé et les fautes commises par l’État, ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité.» disait Jacques Chirac le 16 juillet 1995, dans le discours magnifique où il a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation de juifs.

Mais changeons de pays, un instant:

Qui aime le mieux la Turquie? Celui qui reconnaît le génocide arménien? Ou celui qui brûle des kiosques en France parce qu’il n’aime pas la Une du Point?

Qui aime le mieux la Russie? Celui qui réhabilite le stalinisme ou celui qui en détaille les crimes?

Et la Serbie? Celui qui reconnaît le génocide bosniaque ou celui qui nie l’existence des charniers? Et qui aime le mieux la Syrie? Celui qui reconnaît l’assassinat de sa population par un tyran, ou celui qui se couche devant les Russes?

Vous connaissez peut-être la belle nuance de Romain Gary selon qui le patriotisme est «l’amour des siens» et le nationalisme «la haine des autres.» A cela, j’ajouterais que le patriotisme est un amour exigeant qui regarde en face les crimes de son pays… Alors que le nationalisme – ce communautarisme étendu à la nation dont soudain tout est bien parce que c’est mien – relève, en vérité, de la haine de soi qui, pour ne pas assumer ses crimes, trafique la grande Histoire et jette un voile pudique sur des infamies.

La France n’est pas une vertu en soi.

La France n’est pas seulement un territoire, ou des traditions.

La France n’est pas un ego-trip. Un citoyen n’est pas un supporter.

La France est une histoire tragique et souvent honteuse, mais la France est aussi une ambition qui va plus loin qu’elle-même, ou qui dépérit, à l’inverse, quand elle se cache ses propres crimes et qu’elle cherche dans le confort de son terroir un refuge à sa mauvaise foi.

Dans ses Lettres à un ami Allemand, Camus écrit à un nazi: «Je voudrais pouvoir aimer mon pays tout en aimant la justice. Je ne veux pas pour lui de n’importe quelle grandeur, fût-ce celle du sang ou du mensonge.» Et le nazi lui répond: «allons, vous n’aimez point votre pays.» Mais c’est lui qui se trompe.

L’erreur de l’Allemand (du nazi) est de confondre l’amour de son pays avec l’amour du territoire qu’on nomme ainsi. C’est la même erreur que font tous ceux qui croient défendre la France en se contentant de défendre ses frontières ou d’embellir son histoire. En matière de patriotisme, la vérité qui dérange est de meilleure compagnie que l’omission qui réconforte.

Que les choses soient claires : je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute.

Pour l’anecdote: l’idée qu’un nationalisme étroit n’est en réalité qu’un communautarisme élargi m’est apparue lors du fameux «couscougate» de Florian Philippot. Vous vous souvenez, bien sûr, de cette affaire et de ces militants absurdes qui étaient tombés sur le pauvre Philippot parce qu’il avait organisé une couscous party à Strasbourg…

Que les choses soient claires: je ne vous ferai jamais l’offense de penser que vous approuvez les gens qui considèrent qu’à Strasbourg on doit manger de la choucroute (ou bien du cassoulet dans le Périgord). C’est trop bête.

Mais si je reviens sur cette histoire, c’est parce que les ennemis de Philippot, en la circonstance, sont des caricatures de ce que j’essaie de vous dire.

En dénigrant le couscous non pour son goût mais pour son origine, en réduisant l’identité au respect d’un folklore ou d’un menu obligatoire, et la France à des rites dont le Français devrait être le militant, ces crétins patriotes ont mis le Français sur le même plan que le noir, le juif, l’homosexuel ou le musulman, c’est-à-dire le plan communautaire. En faisant de «l’être-Français» une qualité en soi, on fait des Français eux-mêmes une minorité parmi d’autres: le patriotisme de la bouffe est un communautarisme!

D’ailleurs, comme par hasard, de l’autre coté de l’échiquier, les indigènes de la République se sont eux-mêmes indignés que Philippot mangeât du couscous, mais eux parce qu’ils y voyaient un symbole criant d’ «appropriation culturelle».

J’aimerais tellement trouver les mots pour attirer votre attention sur le fait que, même si le discours de l’extrême-droite et le discours des Indigènes semblent s’opposer frontalement, ils se ressemblent plus qu’ils ne s’opposent.

Quelle différence entre les adversaires de l’appropriation culturelle qui interprètent la consommation d’un couscous par un blanc comme une survivance de l’ère coloniale, et la droite de l’extrême droite qui choisit d’y voir un signe de décadence?

Quelle différence entre le communautarisme qui interdit au Blanc de manger du couscous, et l’identitarisme qui s’en indigne? L’un dénonce l’impérialisme Français, l’autre redoute «le grand remplacement», mais dans un cas comme dans l’autre, on racialise le débat, on communautarise le débat et, de part et d’autre, on vénère des souches. Or, la souche, c’est le prototype d’une fausse valeur! C’est le modèle de tout ce qu’on aime non parce que c’est aimable mais parce que c’est soi-même. Une souche, c’est un arbre sans tête. Comment peut-on se vanter d’être un truc pareil?

Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion

De façon générale, c’est la notion même d’identité qui marche sur la tête.

Et puisque vous avez invité un prof de philo, on va faire un peu de métaphysique pour finir.

A titre individuel comme à l’échelle collective, l’idée d’identité n’a aucun sens.

A titre individuel, ce que nous appelons le «moi» n’est jamais qu’une addition de souvenirs et de qualités que la mémoire et l’ADN ont cousus ensemble pour nous donner l’illusion qu’en amont de toutes ces qualités, il y aurait un sujet. Mais quand on cherche le sujet lui-même, le sujet tout nu, séparément de toutes ses qualités, on ne trouve rien. Le moi, c’est comme le cœur de l’oignon.

A l’échelle collective, ce que nous appelons l’identitarisme (ou la pensée identitaire, qu’on retrouve indifféremment à la droite de la droite et chez les Indigènes de la république) n’est jamais que la sanctification arbitraire de coutumes ou de couleurs de peau dont on a décrété, un jour, qu’elles étaient un but en soi. Ou une valeur en soi.

Seulement, c’est la même erreur.

Qu’on additionne des qualités ou qu’on sacralise les rites d’un terroir, c’est le vide qu’on recouvre dans les deux cas.

Le sentiment d’avoir une identité, et de se distinguer des autres par l’identité qu’on a, est une double illusion:

1) nous n’avons pas d’identité (autre que nos souvenirs, nos habitudes et les particularités d’un ADN) et ce qu’on se représente comme une souche n’est qu’un tas de feuilles mortes.

2) Pour cette raison, la passion de l’identité n’est pas une passion de la singularité, mais au contraire une passion grégaire, une passion du troupeau. Pour croire à la fiction de son identité, il faut être nombreux (de même qu’il suffit à une sottise en ligne d’être likée 10 000 fois pour devenir une «vérité»).

Pour le dire simplement: c’est à l’illusion de se protéger quand il se replie qu’on reconnaît le tempérament de l’esclave. Ou plutôt: c’est au sentiment d’avoir une identité, d’être l’identité qu’il a, et d’avoir à défendre son identité contre d’autres identités que la sienne, qu’on reconnaît le mouton.

Voilà ce que, loyalement, je pouvais vous dire aujourd’hui, dans le temps qu’on m’a donné.

Et je suis heureux que vous l’ayez entendu.

Parce que vos credo sont désuets, parce que votre projet n’est qu’un rejet, parce que votre patriotisme est un communautarisme, que vos principes sont des fictions et parce que vous auriez l’impression de vous perdre si vous changiez d’avis, ce que vous espérez ne marchera pas… Et je suis bien obligé de reconnaître que, contrairement à ce que j’ai dit d’abord pour justifier ma participation à cette convention, votre projet politique ne m’inquiète pas du tout, car il se prive lui-même, tout seul, de l’ensemble des moyens d’action nécessaires à la conquête du pouvoir.

Merci de votre attention.

Montée de l’extrême droite dans l’ex Allemagne de l’Est

Montée de l’extrême droite dans l’ex Allemagne de l’Est

 

La montée des populismes et des partis extrêmes se confirme un peu partout ;  même l’Allemagne pourtant réputée pour sa stabilité politique ne fait pas exception. Plusieurs raisons à cela. La baisse tendancielle des partis conservateurs comme sociaux-démocrates d’abord qu’on rend responsables d’une baisse inquiétante de la croissance. Un phénomène qui n’est pas seulement conjoncturel mais aussi structurel car c’est le modèle allemand qui est en cause. Un modèle trop orienté vers l’industrie et l’exportation alors  que les tensions internationale affectent de manière significative les échanges. La seconde raison est liée à l’usure de l’alliance entre conservateurs et sociaux-démocrates au gouvernement, un phénomène classique. Il y a aussi, comme partout, contestation du système par les populistes. Il faut aussi prendre en compte les réactions à la politique d’immigration menée par Angela Merkel. D’où la montée de l’AFD parti qui  a enregistré dimanche les meilleures performances électorales de son histoire sans parvenir néanmoins à remporter les deux régions de la Saxe et du Brandebourg. Celles-ci faisaient hier l’objet d’un scrutin local lourd de conséquences pour l’avenir politique du pays. Selon les premiers sondages de la première chaîne ARD, cette formation – qui surfe sur le fort sentiment anti-immigrés prévalant dans l’est de l’Allemagne – a respectivement obtenu 27,5 % et 22,8 % des voix, soit des scores en progression respective de 18 et 10 points. Son porte-parole, Alexander Gauland, s’est dit «très heureux» tout en regrettant que son parti ne soit «pas devenu la première force» en ex-RDA.

En Saxe, par rapport au dernier scrutin de 2014, la CDU d’Angela Merkel, qui dirige actuellement le gouvernement régional, conserve sa première place tout en accusant un net recul de 7 points. Dans le Brandebourg, son allié social-démocrate SPD au sein de la coalition fédérale, qui tient les manettes du Land depuis 30 ans, remporte également le scrutin, en baisse pour sa part de 4 points.

Aux côtés de l’AfD, les Verts sont le seul parti à améliorer leur score – d’environ trois points – remportant 9 % et 10 % des voix en Saxe et dans le Brandebourg.

 

 

Italie : passage de l’extrême droite à la gauche en douceur !

Italie : passage de l’extrême droite à la gauche en douceur ! 

 

S’il existe une grande flexibilité politique c’est bien en Italie le jeu des alliances est souvent multiple, fréquent et tout aussi aléatoire. En général l’Italie cependant ne s’en tire pas trop mal au plan du dynamisme économique. Toutefois dans la période, les dangers se multiplient aussi bien sur la croissance aujourd’hui dans le rouge que sur l’endettement. Il faut dire que le récent gouvernement d’ultra droite a multiplié les gestes incohérents et les dépenses. Salvini, le représentant de la ligue, mouvement d’ultra droite, s’est pris pour le chef du gouvernement en multipliant les coups spectaculaires. Cela  lui aura été fatal quand il s’est retiré du gouvernement. Son objectif était de profiter de sa fragile popularité afin de provoquer des élections, d’obtenir une majorité pour gouverner  seul sans le mouvement cinq étoiles son ancien allié. Du coup, le mouvement cinq étoiles a réagi rapidement en trouvant une alliance avec des forces plutôt à gauche. Et l’Italie on passe en douceur sans élection de l’ultra droite à la gauche.

Ennemis jurés d’hier, le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate ont annoncé, mercredi, un accord de gouvernement. Giuseppe Conte, qui a dirigé la coalition entre la Ligue et le M5S, reste président du Conseil.

C’est dans la douleur, à l’issue de tractations ultratendues jusqu’au bout sur l’équilibre du pouvoir, que l’Italie s’apprête à changer de gouvernement par la formation d’une nouvelle alliance entre le Parti démocrate (PD) et le Mouvement 5 étoiles (M5S). Après avoir reçu tous les partis politiques, le président de la République, Sergio Mattarella, intronisera jeudi matin le premier ministre sortant, Giuseppe Conte, nouveau premier ministre. Et l’a chargé, comme le veut la Constitution, de former son équipe d’ici à la semaine prochaine et de définir la politique générale du gouvernement: une «garantie» pour le M5S, a précisé Luigi Di Maio, en critiquant son ex-allié Matteo Salvini pour avoir début août «coupé le courant» de la coalition qu’ils formaient depuis 14 mois et laissé «60 millions d’Italiens sans gouvernement».

Le secrétaire du parti démocrate, Nicola Zingaretti, a annoncé un changement total de politique et a promis «le début d’une nouvelle saison sociale et civique grâce à une politique économique redistributive et verte». Puis, se plaçant sur le thème des valeurs, il a ajouté: «Cela vaut la peine de tenter l’expérience… Nous avons l’intention de mettre fin au temps de la haine, de la rancœur et de la peur.» Voilà «une coalition qui converge sur les idées les plus vieilles de la gauche qui a échoué, une gauche paupériste, étatiste et assistancielle», a tout de suite dénoncé Silvio Berlusconi.

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