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Algérie : ne pas oublier la domination militaire ottomane

 

L’un des frères Barberousse, après avoir chassé les Espagnols d’Alger, prit la décision de se déclarer vassal du sultan ottoman en 1520, avec l’accord des oulémas et des notables algérois, précise l’historien Alain Blondy, qui répond à une précédente tribune au « Monde » de l’historien M’hamed Oualdi.

 

Tribune.

 

Il est à craindre que l’historien M’hamed Oualdi soit victime, sans doute sans s’en rendre compte, du discours pseudo-historique que l’Algérie officielle rabâche depuis 1962 à ses étudiants comme à son opinion publique (« Emmanuel Macron se trompe lorsqu’il assimile à une colonisation l’ancienne tutelle ottomane sur l’Algérie », Le Monde du 29 octobre).

Si l’on peut être d’accord avec lui qu’il ne convient pas d’assimiler la République laïque de Turquie, voulue et créée par Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), à l’Empire ottoman, vaste ensemble multiethnique soumis à un grand seigneur issu de la tribu turque des Osmanlis, on ne peut que s’étonner qu’un historien puisse prétendre que les Ottomans sont accourus à l’appel des élites algéroises. C’est aller vite en besogne.

 

Après l’expansion éclair en Syrie puis en Egypte où le sultan du Caire se démit du califat au profit de celui de Constantinople (1517), des marins, principalement grecs convertis à l’islam, se lancèrent dans une seconde expansion, cette fois par mer. Quatre frères, d’une famille originaire de Mytilène, qui passèrent à la postérité sous le nom des frères Barberousse, s’installèrent d’abord à Jijel (1514), puis chassèrent les Espagnols d’Alger (1516).

L’aîné qui s’y était proclamé sultan ayant péri dans un combat avec les troupes de Charles Quint (1518), son frère Kheireddine fut proclamé généralissime (beylerbey) par ses troupes. Il trouva face à lui l’opposition d’une partie des tribus de l’intérieur. Il comprit alors que la menace de l’impérialisme mercantiliste espagnol serait toujours suspendue sur un Maghreb émietté politiquement en tribus, en sultanats expirants ou mort-nés, en confédérations d’oligarchies marchandes se soupçonnant mutuellement.

Il jugea donc que seule une autorité suffisamment constituée pouvait conjurer le péril castillan et la coalition plus ou moins centrifuge des villes et des groupes qui s’étaient soumis temporairement à son frère. Avec l’accord des oulémas et des notables algérois, il prit alors la décision de se déclarer vassal du sultan. Ce fut ainsi qu’Alger devint un eyalet (province) ottoman en 1520.

Pendant trois cent dix ans, le pouvoir appartint à une caste militaire ottomane, celle des janissaires, qui détint autant le pouvoir politique que l’essentiel du pouvoir économique, créant ainsi une tradition très enracinée à Alger. Cette domination aristocratique ne se voulut jamais acculturante, puisque à aucun moment l’élite ottomane n’envisagea de se mêler aux autochtones, Berbères arabisés des campagnes ou Maures des villes issus de multiples croisements ethniques depuis le tréfonds de l’Antiquité.

Sous-marins nucléaires américains. un choix militaire judicieux pour l’Australie

Sous-marins nucléaires américains. un  choix militaire judicieux pour l’Australie

Par John Blaxland, Australian National University (*)

 

Le gouvernement australien a décidé que la meilleure option pour le pays était d’accélérer la production d’une plate-forme de sous-marins à propulsion nucléaire plus performante avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

L’Australie sera ainsi plus étroitement intégrée dans l’orbite américaine. Technologiquement et militairement, cela signifie que si les États-Unis entrent en conflit dans la région indopacifique, il sera beaucoup plus difficile pour les Australiens de ne pas être directement et presque automatiquement impliqués.

C’est aussi un élément positif en termes de dissuasion face à la Chine. Sur les prochaines années, le nouvel accord renforcera le pouvoir de dissuasion qu’a l’Australie face à Pékin.

Les stratèges et les dirigeants chinois devront prendre en compte les risques accrus et seront sans doute moins enclins à décider de se lancer dans des actions hostiles. Les enjeux seraient trop élevés et les perspectives de succès trop faibles.

Ces dernières années, le gouvernement australien et son ministère de la Défense ont davantage mis l’accent sur les capacités militaires à plus longue portée, notamment avec la Defence Strategic Update de 2020.

Ce plan inclut l’acquisition de missiles ainsi que de capacités spatiales et cybernétiques. Les sous-marins à propulsion nucléaire s’inscrivent dans ce cadre, bien au-delà des capacités navales australiennes existantes.

L’avantage des sous-marins nucléaires est qu’ils n’ont pas besoin de remonter à la surface et peuvent rester immergés, donc furtifs, plus longtemps. À l’inverse, les sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique) doivent faire surface régulièrement, s’exposant alors à la détection. Ils disposent donc d’une portée furtive bien moindre.

Le nouvel accord va potentiellement transformer les capacités de la défense australienne, lui permettant de déployer ses sous-marins sur des distances bien plus importantes. Par ailleurs, l’Australie sera bien mieux intégrée avec les forces américaines et britanniques.

C’était évidemment moins le cas concernant l’accord précédent, de 90 milliards de dollars australiens (environ 56 milliards d’euros), signé avec la société française DCNS pour construire jusqu’à douze sous-marins.

L’ironie est que la France disposait de la propulsion nucléaire dans ses sous-marins Barracuda ; et si l’Australie avait opté pour cette option lors de la signature de l’accord en 2016, les Français auraient pu dire : « D’accord, nous allons reproduire notre technologie et vous la donner ». Dans ce cas, l’Australie serait sans doute sur le point de se faire livrer son premier sous-marin nucléaire.

Mais les Australiens ont demandé une propulsion conventionnelle, ce qui a retardé le programme français et donne désormais à la France une bonne raison d’être irritée par ce nouvel accord.

La question est de savoir quand les sous-marins américano-britanniques seront opérationnels, car les sous-marins français étaient loin d’être prêts.

Le nouvel accord permet potentiellement à l’Australie de louer des sous-marins britanniques et/ou américains, de manière temporaire, afin de développer l’expertise australienne en matière de propulsion nucléaire. Au minimum, on peut s’attendre à voir des équipages australiens à bord, aux côtés des Américains ou des Britanniques, pour développer leurs connaissances.

Mais pour le moment, l’Australie n’a pas la capacité d’exploiter et de maintenir des sous-marins nucléaires. Elle ne dispose pas de l’infrastructure nécessaire.

Cela signifie que le pays va soit devoir dépenser d’immenses sommes d’argent pour mettre en place cette infrastructure, soit sous-traiter cette mission au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ce qui le soumettra à leur dynamique politique intérieure et le rendra redevable.

L’Australie a fait des erreurs dans la gestion de sa future capacité sous-marine ces quinze dernières années. Elle aurait dû prendre une décision sur la conception d’un nouveau sous-marin il y a longtemps – avec un programme de développement réaliste – et s’y tenir.

Ainsi, elle a refusé d’autres options, notamment une mise à niveau de son sous-marin actuel de classe Collins, pour une version plus récente, plus élégante et plus performante.

À la place, le pays a opté pour une conception radicalement nouvelle, que même les Français n’avaient jamais construite auparavant. Tout ce qui fait appel à une technologie de pointe est susceptible d’entraîner des retards et des dépassements de coûts. Et c’est exactement ce à quoi l’Australie a été confrontée.

Entre-temps les tensions sont montées dans la région et la nécessité d’acquérir de nouveaux sous-marins performants est devenue d’autant plus pressante et importante.

La combinaison de ces facteurs a conduit à une réévaluation rigoureuse des décisions antérieures jugées un peu trop hâtives en ce qui concerne les besoins australiens futurs en matière de sous-marins.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la décision australienne d’opter pour une plate-forme technologique fiable, connue, mieux intégrée aux systèmes américains et, avec un peu de chance, opérationnelle beaucoup plus rapidement, semble susciter une large approbation au sein des cercles de l’industrie de la défense du pays.

Les détails restent vagues, mais il semble que le plan initial consiste à sous-traiter le développement des sous-marins aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Mais si l’Australie doit être autonome, ce dont le gouvernement semble reconnaître la nécessité, une grande partie de cette technologie devra être transférée sur place – au moins pour permettre la maintenance.

De nombreux aspects de la construction de ces sous-marins ne sont pas directement liés à des connaissances spécifiques des secrets de la propulsion nucléaire. Une partie considérable du travail pourrait donc être effectuée en Australie. Mais cela entraînera des retards et des coûts supplémentaires.

La situation régionale est plus turbulente que jamais et la perspective que l’alliance américaine vienne à la rescousse l’est aussi. L’ironie est que, afin d’être plus autonome, il est nécessaire pour l’Australie de mettre les bouchées doubles pour intégrer la technologie et les compétences américaines. Les Américains sont les leaders mondiaux dans ce domaine et ils ont la capacité industrielle de fournir rapidement les équipements.

Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, est allé à Washington pour persuader les États-Unis de partager leur technologie. L’arrangement AUKUS prévoit de développer une base industrielle technologique et des lignes d’approvisionnement – cela signifie que les États-Unis et le Royaume-Uni semblent convaincus de la capacité de l’Australie à soutenir ces engagements.

Comment la Chine va-t-elle réagir ?

La question est fondamentale : cet accord accroît-il la sécurité de l’Australie ? Il ne fait aucun doute que le pays subira des critiques virulentes et acerbes de Pékin, qui verra les récents développements d’un très mauvais œil.

Mais la rhétorique chinoise ne doit pas être prise au pied de la lettre. Elle est en grande partie tournée vers ses propres citoyens. Il s’agit pour la Chine d’influencer et de façonner l’opinion d’une manière qui soit conforme à ce qu’elle perçoit comme étant ses intérêts.

Ces dernières années, à l’image de son renforcement militaire, la Chine s’est radicalisée dans sa rhétorique mais la plupart des experts en sécurité affirment qu’il s’agit surtout d’intimider des adversaires potentiels afin qu’ils fassent marche arrière.

Alors, une coalition AUKUS plus performante, avec l’Australie au milieu, dissuade-t-elle ou agace-t-elle encore plus la Chine ?

Il y a, en Australie, un consensus croissant sur le fait que le pays doit faire davantage pour dissuader les actions chinoises dans la région. Or, la dissuasion exige des capacités crédibles. Cette nouvelle alliance est cohérente avec ce raisonnement.

Le pays a décidé de mettre ses œufs dans le panier de la sécurité américaine depuis 70 ans – et cette nouvelle coalition va dans ce sens. L’espoir est que la collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis améliorera la capacité de l’Australie à se défendre.

Mais les sous-marins ne sont vraiment utiles que si vous envisagez de devoir les utiliser. Tant que ce n’est pas le cas, une diplomatie habile et un engagement régional sont essentiels. Le Livre blanc de la politique étrangère australienne de 2017 parlait d’investir dans les liens de sécurité régionale. Pour que ce changement de politique améliore la sécurité du pays, il doit être associé à des efforts beaucoup plus importants visant à renforcer la sécurité et la stabilité aux côtés des voisins de l’Australie en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique.

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(*) Par John Blaxland Professor, Strategic and Defence Studies Centre, Australian National University.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Le Mali pourrait demander l’aide militaire russe

Le Mali pourrait demander l’aide militaire russe

 

 

De façon très elliptique, les militaires putschistes indiquent qu’il faudra bien combler les vides laissés par la présence de la force Barkhane et recourir à des forces extérieures, comprendre y compris des mercenaires russes.  »

De sources diplomatiques, Paris craint notamment que l’arrivée de mercenaires russes au Mali déstabilise davantage la région et compromette la lutte antiterroriste au Sahel au moment où la France cherche à transformer l’opération Barkhane en coalition internationale impliquant davantage ses alliés européens.

Barkhane: la mutation du dispositif militaire en dispositif de coopération !

Barkhane: la mutation du dispositif militaire en dispositif de coopération !

Pour masquer l’échec total de l’opération Barkhane qui non seulement n’a pas réussi à contenir le terrorisme mais a plutôt favorisé le sentiment antifrançais ( il est vrai encouragé par des puissances étrangères et des apprentis sorciers locaux), le chef de l’État devrait procéder à la fermeture de plusieurs bases militaires

En gros les effectifs ( Déjà insignifiants) devraient être divisés par deux. On explique ce recul par la conversion du dispositif actuel en dispositif de coopération. De quoi s’interroger car nombre de chefs militaires ne sont pas d’accord avec cette mission de coopération.

Deuxièmement ce ne sont pas les mêmes profils qui peuvent intervenir selon qu’il s’agit d’une action militaire ou d’une action de coopération.

Pour résumer ce serait plutôt un recul en rase campagne de la France pour laisser les pays comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso se dépatouiller avec leurs positions contradictoires sur le terrorisme.

Florence Parly dénonce la nouvelle tribune militaire

Florence Parly dénonce la nouvelle tribune militaire

Une seconde tribune  des militaires est parue dans valeurs actuelles. Elle serait signée, par des militaires « d’active », c’est-à-dire en service, soumis à un strict devoir de réserve. L’objet est comme dans la première tribune de dénoncer le délitement de la France et l’inconsistance de la réponse politique actuelle.. Pour éviter les sanctions, les signataires ont choisi l’anonymat. La ministre des Armées Florence a dénoncé une « grossière machination politique ».

 

«Contre les bombes artisanales, : revoir la stratégie militaire »

«Contre les bombes artisanales, : revoir la stratégie militaire »

 

L’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Denis Mercier sstime que la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED) passe par des solutions numériques et des compétences développées par l’Otan pour l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air ( L’Opinion)

Tribune

 

 

Au Mali, entre le 28 décembre et le 2 janvier, cinq soldats français ont été tués dans l’explosion de leur véhicule blindé léger. Ces deux attaques, dues à engins explosifs improvisés (IED), ont fait passer le cap symbolique des 50 morts depuis le début de l’intervention française dans le pays, en 2013.

Emblématiques des récents conflits, de l’Afghanistan à la guerre d’Irak, du Sahel au Levant, les bombes artisanales sont des armes bon marché, menaçant nos soldats dans des guerres désormais asymétriques. Enfouis dans le sol, les IED se déclenchent au passage des convois et causent de lourdes et tragiques pertes humaines. Ces attaques contraignent la liberté de mouvement et poussent les états-majors à privilégier des déploiements sécurisés derrière les murs d’une emprise fortifiée, et à aller au contact de la population dans des convois fortement blindés.

Comment contrer cette menace à laquelle les armées françaises sont exposées depuis de longues années ? Nos alliés ont été confrontés à ce même défi et ont décidé de traiter cette menace en amont, avec l’aide des nouvelles technologies.

Arme du pauvre. Aucune des armées engagées actuellement dans des missions de maintien de la paix ou de gestion de crise n’est épargnée par cette menace. Fort de ce constat, l’Otan a développé un concept de lutte contre les IED en amont, fondé sur l’analyse de données hétérogènes, le partage d’expériences, les échanges et la coordination de l’information. Ainsi la lutte contre les engins explosifs improvisés agrège des données provenant des réseaux humains, financiers, techniques et logistiques, à l’œuvre dans la production de cette « arme du pauvre ».

Aujourd’hui, les armées françaises ne font pas assez appel aux compétences développées par l’Alliance atlantique et à l’expérience acquise par les alliés au sein d’un centre d’excellence dédié, qui permettraient d’assister la force Barkhane et d’améliorer ses capacités de lutte contre les menaces de type IED.

Les outils numériques demandent un partage de données qui peuvent venir de multiples capteurs déployés au Sahel, mais aussi des armées alliées

Deux grands axes dirigent la lutte contre ces engins : la réponse « sur le terrain » consistant à protéger les convois et à détecter les IED enfouis dans le sol, et celle, plus en amont, permettant de détecter les paramètres dans de nombreux domaines qui, une fois corrélés, identifient les filières de fabrication, de stockage et de mise en œuvre pour mieux les contrer avant qu’ils soient enfouis.

Pour le premier, la capacité à stocker et comparer les très nombreux renseignements sur les voies de communication permettrait d’anticiper le risque, et d’établir les moyens de protection adéquats ou de lancer des missions d’investigation sur les zones suspectes. S’il n’est pas possible d’avoir des hommes et des femmes qui surveillent ces zones H24 ou dissèquent les quantités d’informations disponibles sans aide, les outils numériques démultiplient les capacités d’analyse. Ils demandent un partage d’informations et une architecture numérique autorisant la corrélation de données qui peuvent venir de multiples capteurs déployés au Sahel, mais aussi de toutes les armées alliées qui voudront contribuer à cette mission.

Sur étagère. Sur le deuxième axe, il s’agit d’identifier les réseaux multiples (humains, techniques, logistiques, financiers et bien d’autres) entrant dans la réalisation des IED. Seuls des algorithmes puissants, capables de gérer de grands volumes de données hétérogènes permettront la détection des signaux faibles et leur corrélation pour modéliser les filières et les démanteler en amont.

Sur la base du concept développé par l’Alliance atlantique, et dans l’attente d’une capacité européenne crédible, l’acquisition de solutions numériques sur étagère pouvant être utilisées immédiatement pour organiser et corréler de très grandes quantités de données, comme cela a été le cas pour la lutte menée en France contre le terrorisme par la sécurité intérieure, permettrait une première réponse rapide et efficace. Avec un seul objectif : sauver des vies.

Le général Denis Mercier a été chef d’état-major de l’armée de l’air française, puis commandant suprême allié chargé de la transformation de l’Otan (ACT). Il a rejoint le groupe privé Fives en 2018.

Un encadrement militaire pour les jeunes violents ? Et les autres ?

Un encadrement militaire pour les jeunes violents ? Et les autres

 

 

C’est la proposition du député des républicains Aurélien Pradié. Pas une proposition vraiment nouvelle puisque déjà évoquée quand Villepin était premier ministre. En fait une sorte de service militaire anticipé. Une proposition sans doute incontournable si on veut éviter l’incarcération des jeunes dans les prisons classiques. Se pose cependant le problème de l’encadrement militaire pour toute la jeunesse.

 

De ce point de vue, il serait sans doute urgent de sortir de l’hypocrisie générale qui a consisté à supprimer ce service militaire qui permettait un brassage sociologique mais aussi une appropriation des valeurs de la république. Le service national volontaire qu’il a remplacé est une sorte d’ersatz de l’ancien système qui ressemble davantage à une colonie de vacances. Alors qu’on demandait précédemment aux boomers d’aller éventuellement se faire tuer dans des guerres coloniales, le pouvoir depuis des années n’ose même pas demander à la jeunesse de consacrer obligatoirement quelques mois au service du pays par exemple pour participer à la lutte contre l’insécurité.

On objectera qu’il existait déjà des établissements publics d’insertion de la Défense (Epide), mais qui n n’avait rien rien de militaire et prend grand-chose de professionnel. En plus dans les financements ont été coupé par Taubira.

« Face à des adolescents de plus en plus violents, il nous faut des outils rééducatifs forts », explique le numéro Aurélien pratiqué. « Je ne crois pas au choix de la prison, où les mineurs se mélangent aux délinquants de droit commun et ressortent plus dangereux qu’ils ne sont arrivés, sans aucune perspective de réinsertion ».

Outre les députés de droite, plusieurs responsables politiques avaient déjà défendu la discipline militaire comme moyen favorable pour canaliser les jeunes. Lors des campagnes présidentielles de 2007 puis 2017, Ségolène Royal avait fermement soutenu l’idée, de même que le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer en 2018, en marge du mouvement #pasdevagues, pour insuffler aux mineurs le sens du civisme. Avec la proximité des élections, on peut penser que rien ne sera décidé pour ne pas fâcher la susceptibilité de la jeunesse.

Contre les bandes violentes : le retour du service militaire ?

Contre les bandes violentes : le retour du service militaire ?

Il est clair que le phénomène des bandes violentes est surtout alimenté par le désœuvrement. Nombre de jeunes de plus en plus nombreux de moins de 30 ans sans formation, sans qualification et sans projet ne sont socialisés qu’à travers le phénomène de bandes. Des sortes de hordes sauvages, micro société avec ses repères, ses lois, sa hiérarchie et sa violence comme mode opérationnel. Assez souvent avec des liens consanguins avec la drogue mais pas toujours. Le phénomène s’est largement amplifié depuis la suppression du service militaire qui permettait de couper le jeune de son enracinement sauvageon et de son ghetto culturel. Or les pouvoirs publics ont décidé de supprimer ce service militaire qui permettait de structurer seulement certains jeunes complètement perdus en rupture avec les valeurs républicaines et généralement sociétales. Il est été remplacé par un micro service national volontaire très marginal qui ne correspond à pas grand-chose.

Le sociologue Thomas Sauvadet décrit ce phénomène de bandes dans le JDD. Auteur du Capital guerrier – Concurrence et solidarité entre jeunes de cités (Ed. Armand Colin), cet enseignant-chercheur à l’université Paris-Est Créteil estime que 10% des jeunes des quartiers évoluent dans un groupe violent. Selon lui, « l’élément le plus notable, ce n’est pas le rajeunissement, mais le vieillissement de la violence des bandes ».

 

En quoi le phénomène des bandes a-t-il évolué?
Au Moyen Âge, les bandes de « jeunes à marier » s’affrontaient déjà. Après la Seconde Guerre mondiale, avec l’avènement de la société de consommation, les « blousons noirs » qui refusaient l’usine se bagarraient en attendant le couperet du service militaire. Et dans les années 1980 sont apparues les bandes de « lascars » ou de « cailleras ». Ce ne sont pas des termes péjoratifs, eux-mêmes se définissaient ainsi. Selon mes enquêtes, environ 10% des jeunes de sexe masculin de moins de 30 ans habitant dans un quartier « politique de la ville » (QPV) appartiennent à une bande. C’est une minorité de la jeunesse urbaine : 100 à 150 individus par zone, avec des liens qui se nouent vers 7-10 ans. Avant, ils en partaient à leur majorité pour faire leur service. Aujourd’hui, faute de travail et de logement, ils restent chez leurs parents et se socialisent au travers de la bande. L’élément le plus notable, ce n’est pas le rajeunissement, mais le vieillissement de la violence des bandes.

C’est-à-dire?
Avec la montée en puissance du trafic de stupéfiants, et notamment du cannabis, des « vieux jeunes » deviennent des têtes de réseau qui influencent ceux d’en dessous : les 25-30 ans influent sur les 20-25 ans, les 15-20 ans sur les ados, les 15-13 ans sur les enfants… Ils s’imposent par rapport aux adultes relais, travailleurs sociaux, gardiens. Une cascade de groupes se crée, scellés par une culture de bandes autour de savoir-être et de savoir-faire communs (codes gestuels, argot, violence…), travaillés par les plus âgés. Cette transmission participe au rajeunissement évoqué. Les ados voient des anciens opérer avec professionnalisme, arborer cagoules et gants, régler leurs comptes, gagner de l’argent… Ils veulent en être. Comme des modèles qu’on admire ou déteste, ils les observent, cherchent à les imiter, tout en subissant leur loi et leur maltraitance.

Cette culture des bandes joue-t-elle dans le passage à l’acte?
Cette montée en puissance culturelle est l’une des grandes nouveautés. Aux Etats-Unis, la culture des gangs est devenue mainstream. N’importe quel jeune, quel que soit son milieu social, va vouloir acheter tel type de jean, écouter tel rappeur du ghetto, adopter tels codes gestuels, parce que c’est « street credibility ». Aujourd’hui, poussé par l’industrie du show-business, il se produit le même phénomène en France avec des codes vestimentaires et argotiques qui se diffusent très vite au sein de la société. Dans un lycée de Saint-Germain-des-Prés ou dans un village d’Auvergne, vous trouverez des jeunes qui, à travers leur look, la musique qu’ils écoutent, les jeux vidéo auxquels ils jouent, se réfèrent à cette culture des bandes. Elle est devenue tendance. Les jeunes des bandes sont devenus des influenceurs, ils lancent des chanteurs, des modes, des expressions… Cette culture d’appartenance peut aussi nourrir des pratiques délinquantes, faire que vous vous retrouvez au mauvais endroit au mauvais moment parce que sur une photo, dans un message, vous avez été identifié comme étant proche de telle ou telle bande. Sans en être un « vrai » membre.

Les réseaux sociaux servent-ils de caisse de résonance?
Ils permettent de multiplier les embrouilles virtuelles. Les jeunes étant connectés en permanence grâce à leur smartphone, ils voient tout de suite qui a humilié qui, qui a posté quoi. Non seulement on s’informe sur untel ou untel. Mais on mobilise et organise aussi plus facilement les rixes.

Qu’est-ce qui les soude?
Le sentiment de puissance. C’est ce qui différencie une bande d’un groupe d’amis. Ces jeunes cumulent des difficultés scolaires puis professionnelles, avec des familles souvent dysfonctionnelles. Se regrouper, intimider ensemble, revendiquer la propriété d’un territoire leur donne l’impression de devenir des gens importants. C’est une sorte de shoot narcissique. La religion peut jouer un rôle mais elle se conjugue difficilement avec leur mode de vie constitué de violence et de drogues… Elle justifie parfois certains passages à l’acte, lorsque celui qu’on vole ou tape est un mécréant. Elle joue alors sur l’absence de culpabilité.

Les bandes restent-elles localisées à certains types de territoires?
Elles sont surtout concentrées dans les QPV, les plus dures évoluant dans les grandes métropoles. Les opérations de rénovation urbaine et l’augmentation des prix de l’immobilier ont repoussé de nombreuses familles pauvres en grande banlieue. Or les bandes recrutent beaucoup parmi ces primo-arrivants. Cette culture devenue mainstream influence aussi des jeunes de villes moyennes, voire de villages, des territoires qui cumulent également les difficultés mais dont on parle moins.

Une démocratie de type militaire ?

Une démocratie de type militaire ?

Les politistes Delphine Dulong et Brigitte Gaïti s’inquiètent, dans une tribune au « Monde », du rétrécissement de l’espace de la décision politique autour de la figure présidentielle, au risque d’une perte d’efficacité sur le terrain.

La succession des séquences est désormais bien établie : une réunion du conseil de défense dont on ne sait rien, puis le premier ministre (ou le ministre de la santé), accompagné de ministres concernés, qui vient devant les caméras, s’installe à une tribune, retire son masque et égrène les mesures à prendre (heures de couvre-feu, commerces autorisés à ouvrir, dérogations pour des sorties, etc.).

Le dispositif, inédit, s’est routinisé et dessine un nouvel espace décisionnel. Le conseil des ministres est éclipsé par ce conseil de défense, créé en 1906, activé durant la première guerre mondiale, constitutionnalisé en 1958 et réformé en 2002 puis en 2009, chargé, entre autres, de planifier les « réponses aux crises majeures ».

Autre innovation spectaculaire surgie dans la crise : un conseil scientifique, fort d’une douzaine de membres, très largement composé de médecins hospitaliers, doit outiller la décision politique en statuant sur l’état de la pandémie, les connaissances scientifiques et les mesures propres à y mettre un terme. Le conseil scientifique semble devoir résumer l’expertise scientifique sur le sujet, mettant de côté les compétences d’autres administrations, d’agences et d’établissement sanitaires, de corps formés à l’urgence, au soin ou à la prévention.

La loi d’urgence, votée et prolongée par un Parlement anesthésié qui peine à exister dans ce processus de décision, vient compléter cet assemblage.

Rêve technocratique

Le Covid-19 conduit donc à la fois à une recomposition et à un dépeuplement sévère de l’arène décisionnelle. Le dispositif, conçu sur le mode de l’état-major et inspiré de l’organisation militaire, est réputé permettre le retour d’une capacité d’action efficace et rapide en dérogeant au processus ordinaire, fait de réunions interministérielles, de compromis et marchandages entre les services administratifs des ministères, les agences sanitaires, les corps ou les représentants des professions. Il faut aller vite, plus vite que le virus dont la publication des chiffres de contamination rend visible chaque jour la dangereuse progression.

Le dispositif permet d’émanciper la figure élyséenne ; le conseil de défense se réunit à l’Elysée sous conduite présidentielle, les grandes décisions sont énoncées solennellement par le président de la République dans des retransmissions télévisées touchant un large public, les mesures plus sectorielles sont présentées par les membres du gouvernement. Les hiérarchies politiques sont ainsi mises en scène. Il en ressort une forme d’épuration du niveau décisionnel, rendu stratégique, rationnel, car placé à distance du gouvernement des choses, dégagé des nécessités et des vicissitudes de l’opérationnel ou de la logistique.

 

«La France du XXIe siècle: des chefs de guerres qui n’ont pas fait leur service militaire (Régis Debray)

 «La France du XXIe siècle: des chefs de guerres qui n’ont pas fait leur service militaire (Régis Debray)

 

A juste titre, Régis Debray dénonce les erreurs répétées de ces jeunes managers chefs de gouvernement, aussi chef des armées et qui n’ont jamais fait leur service militaire. Et qui évidemment reproduisent les mêmes erreurs que dans le passé avec d’abord l’éloge de la cause guerrière, l’usure ensuite puis la retraite souvent honteuse.

Exactement ce qu’on risque de rencontrer par exemple au Mali pour la France. Un conflit dont se demande quelle signification il peut avoir tellement il est peu soutenu non seulement par les dirigeants locaux mais aussi par les dirigeants de l’union européenne. Pourtant chacun sait que lâcher le Mali, le Niger ou encore le Burkina risquent de contaminer les autres pays qui touchent le Sahel et l’Afrique occidentale en général.

La France ne peut évidemment partir brutalement de cette contrée mais elle devrait mettre l’union européenne voir la diplomatie internationale tout entière devant ses responsabilités en fixant un délai. Ou bien la France par la communauté internationale en particulier par l’Europe ou bien elle doit partir car elle n’a pas les moyens d’entretenir une armée de 50 000 hommes. C’est tout juste si l’armée française peut entretenir un effectif de 5000 personnes dans un territoire 10 fois grand comme la France. Ce qui représenterait par exemple cinq soldats par département français.

 Une mission évidemment impossible. Et pendant ce temps là, l’Allemagne se vautre dans l’affairisme en signant des accords honteux avec la Chine, avec la Russie, avec tout ceux avec lesquels elle peut faire du business. On ne peut reprocher à l’Allemagne de bénéficier d’une industrie très compétitive et très en pointe. Par contre on peut s’interroger sérieusement sur les valeurs de la diplomatie allemande.

 » Pour une puissance politique et militaire européenne « 

«  Pour une puissance politique et militaire européenne « 

Pour sauver la démocratie, partout menacée, l’heure n’est plus aux batailles fratricides mais à resserrer les rangs entre les Etats-Unis et l’Union européenne, qui doit enfin se doter d’une défense commune, plaident, dans une tribune au « Monde », l’eurodéputé Bernard Guetta et vingt-six autres membres du groupe Renew du Parlement européen.

 

Tribune.

 

 Le temps presse. Les défis que nous avons à relever, nous, démocrates européens et américains, sont immenses car le respect des droits de l’homme et la concertation entre les nations, les valeurs et principes sur lesquels l’ordre international avait été refondé aux lendemains de la défaite nazie sont maintenant contestés par des puissances politiques et des courants intellectuels toujours plus nombreux.

Il y a la Chine, la Turquie, les Philippines ou la Russie, mais les Etats-Unis connaissent, eux, la montée du complotisme, tandis que l’Union européenne doit compter avec des « démocraties illibérales » et l’enracinement d’extrêmes droites nationalistes séduites par les régimes les plus autoritaires. Partout menacée, la démocratie peut perdre la bataille, et cette seule possibilité nous interdit le luxe des querelles secondaires et de la division.

Parce que nous sommes dans la même tranchée, nous ne pouvons plus, nous, démocrates américains et européens, laisser les différends commerciaux des Etats-Unis et de l’Union européenne dégénérer en empoignades fratricides. Entre nous, la règle ne doit plus être la rétorsion mais le compromis. Loin de nous autoriser tous les coups, la compétition entre nos industries doit nous conduire, au contraire, à nous imposer des règles communes en matière d’aides publiques, d’environnement et de fiscalité, afin de pouvoir resserrer nos rangs sur la scène internationale.

Les Etats-Unis n’ont plus d’intérêts à défendre en Europe

C’est la première des révolutions culturelles que nous avons à opérer et, parallèlement, nous ne pouvons plus faire, nous, les Européens, comme si l’élection de Joe Biden nous garantissait la même protection militaire qu’au temps de la guerre froide. Ce ne serait qu’illusion car les Etats-Unis n’ont plus d’intérêts vitaux à défendre en Europe. Ils n’ont même plus d’approvisionnements pétroliers à s’assurer au Proche-Orient, et leurs priorités d’aujourd’hui – ils le disent, nous le savons – sont le Pacifique et l’Asie, la zone où ils doivent relever le défi chinois.

Sauf à nous retrouver nus face aux nostalgies des empires défaits, aux chaos des mondes musulmans, au terrorisme djihadiste et à la poussée de la Chine, nous devons donc nous doter d’une défense commune. Dans aucune des capitales de l’Union, cette perspective n’est plus l’absolu tabou qu’elle avait constitué. Pourtant, nous ne nous hâtons guère de passer aux actes.

Certains d’entre nous craignent de renouer avec la puissance militaire. D’autres ne veulent pas risquer de précipiter un désengagement américain. D’autres encore, souvent les mêmes, ne se résolvent pas à accroître leurs difficultés budgétaires en augmentant leurs dépenses militaires et, sans même se l’avouer, beaucoup des Etats membres persistent à croire que, la parenthèse Trump refermée, le parapluie américain se rouvrira, comme au bon vieux temps.

Le chef militaire d’Al Qaïda tué par la France

Le chef militaire d’Al Qaïda tué par la France

 

Pendant que les militaires maliens engagent des négociations avec certains rebelles présents dans les régions proches de l’Algérie, la France, elle, mène des opérations de grande envergure contre les terroristes. Non seulement la force Barkhane  a tué il y a quelques jours une cinquantaine de djihadistes mais  hier encore une dizaine ;  en plus elle a tué le chef militaire de la branche sahélienne d’Al Qaïda, le Malien Bah ag Moussa, au cours d’une opération aéroportée menée mardi soir dans le nord-est du Mali, annonce vendredi la ministre des Armées, Florence Parly. De quoi contrarier un peu plus les négociations entre le gouvernement militaire du Mali et les terroristes. Des négociations condamnées par la France.

L’ancien officier de l’armée malienne, également connu sous le nom de Bamoussa Diarra, était un lieutenant d’Iyad Ag Ghali, le chef touareg du Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des musulmans (RVIM), lié à Al Qaïda.

“Cadre historique de la mouvance djihadiste au Sahel, Bah ag Moussa est considéré comme responsable de plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales”, dit Florence Parly dans un communiqué qui salue “un succès majeur dans la lutte contre le terrorisme”.

La ministre des Armées précise que “d’importants moyens de renseignement ainsi qu’un dispositif d’interception composé d’hélicoptères et de troupes au sol” ont été mobilisés.

Cette intervention a été lancée alors que vient de s’achever une opération d’envergure de la force Barkhane et ses alliés africains et européens contre les groupes liés à Al Qaïda et à l’Etat islamique dans la zone dite des “trois frontières”, pendant laquelle des dizaines de djihadistes ont été tués.

Bah ag Moussa avait déserté l’armée malienne dès 2012 pour rejoindre la rébellion et fonder avec Iyad ag Ghali le groupe djihadiste Ansar Dine, devenu RVIM (ou GSIM ou JNIM, selon l’acronyme retenu) à la faveur d’une fusion avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d’autres groupes islamistes.

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

Mali: le gouvernement militaire négocie avec les terroristes contre l’avis de la France

 

On peut réellement s’interroger sur ce que fait encore la France au Mali avec la force Barkhane. En effet, le  pouvoir militaire est en train d’entamer des discussions avec des terroristes dans les vastes zones proches de l’Algérie là où se trouve des territoires peuplés de terroristes et considérées comme ingérables. L’objectif serait de faire des concessions aux terroristes en leur accordant un droit de gestion sur ces territoires éloignés qui deviendraient alors une sorte de réservoirs de rebelles que par ailleurs la France devrait combattre avec la force par Barkhane.

Le pouvoir militaire serait même prêt à islamiser d avantage le Mali en reconnaissant l’islam comme religion majeure dans le pays. Autant de concessions que ne peut évidemment accepter la France et qui pourrait remettre en cause la présence même de Barkhane.

Le Premier ministre par intérim du Mali s’est dit lundi ouvert à des discussions avec des rebelles islamistes, dont l’insurrection a rendu de vastes zones du pays ingouvernables, tandis que la France, son ancienne puissance coloniale, a fermement rejeté cette idée.

Le président déchu du Mali, renversé le 18 août par un coup d’Etat militaire, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déclaré plus tôt cette année que son gouvernement était prêt à négocier avec les rebelles liés à Al-Qaïda. Cette stratégie a été confirmée pendant les pourparlers nationaux qui ont suivi le coup d’État.

Les responsables maliens ont fourni peu de détails sur les compromis qui pourraient être faits, mais certains partisans des négociations ont déclaré qu’ils pourraient inclure une plus grande reconnaissance de l’Islam dans la vie publique.

“Les conclusions des pourparlers nationaux (…) ont très clairement indiqué la nécessité d’une offre de dialogue à ces groupes armés”, a déclaré le Premier ministre par intérim Moctar Ouane lors d’une conférence de presse avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en visite pour deux jours à Bamako.

“Nous devons y voir une opportunité d’engager des discussions de grande envergure avec les communautés afin de redéfinir les contours d’une nouvelle gouvernance dans les zones concernées”, a-t-il ajouté.

Biélorussie: intervention militaire russe éventuelle qualifiée de « malvenue » ( Macron)

Biélorussie: intervention militaire russe éventuelle qualifiée de « malvenue » ( Macron)

 

L’intervention militaire éventuelle de la Russie en Biélorussie a été qualifiée de malvenue par macron. Un euphémisme sans doute car cette nouvelle action russe aux portes de l’Europe constituerait une grave atteinte à la paix et à la démocratie

Le choix sémantique de Macron traduit le fait que sur le dossier biélorusse, la diplomatie française et européenne marche sur des œufs. En clair elle ne veut pas trop mécontenter la Russie qui a adopté une posture de protectrice de la dictature biélorusse pour protéger la propre dictature de Poutine. En Biélorussie comme en Russie, on veut en effet tordre les dispositions constitutionnelles pour permettre aux dictateurs de prolonger leur mandat. Poutine qui a déjà 20 années de pouvoir s’apprête à en ajouter encore une vingtaine après un bidouillage constitutionnel. Même chose pour le président biélorusse lui qui compte déjà 26 ans de pouvoir et qui voudrait en ajouter encore une vingtaine.

Le problème de la prudence diplomatique s’explique aussi di fait  que nous avons besoin du soutien en tout cas de la neutralité de la Russie sur nombre de dossiers internationaux délicats en Iran par exemple ou encore Moyen-Orient. Cela d’autant plus que le président américain a choisi l’isolationnisme voire la provocation au plan international.

“Comme j’ai eu l’occasion de le dire au président Poutine, je considère que toute intervention extérieure en Biélorussie, à commencer par une intervention des forces russes (…) conduirait à régionaliser et internationaliser cette question” et “serait malvenue”, a déclaré le chef de l’Etat, qui s’exprimait devant 70 journalistes de l’Association de la presse présidentielle (APP).

“Notre volonté c’est d’engager la Russie dans un dialogue sur la Biélorussie et de nous aider à convaincre le président (biélorusse Alexandre) Loukachenko de la nécessité d’une médiation OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe)”, a ajouté Emmanuel Macron.

Boeing : sauvé par un contrat militaire de 22 milliards de dollars

Boeing : sauvé par un contrat militaire de 22 milliards de dollars

 

Boeing est évidemment mal en point du faite de la crise structurelle provoquée essentiellement par le Corona virus. La plupart des compagnies aériennes sont condamnées à disparaître ou à licencier autour de 20 % en moyenne de leur personnel. Plus question de renouveler les flottes et les commandes d’avions neufs sont annulées ou reportées. En outre Boeing doit affronter une crise particulière relative à la perte de crédibilité technique des 737 ( les nouveaux 737 sont encore en phase de qualification). Normalement ,ces deux phénomènes auraient pu aboutir à la liquidation de Boeing. Une entreprise de construction aérienne le champ civil mais aussi militaire .

 

LePentagone vient de sauver l’entreprise avec un contrat global d’une valeur plafond de 22,89 milliards d’euros pour la livraison de la nouvelle version du F-15, le F-15EX. Dans un premier temps, l’US Air Force a attribué au constructeur américain un premier contrat de près de 1,19 milliard de dollars pour la construction du premier lot de huit avions de chasse avancés F-15EX. la preuve évidente que l’avionneur américain bénéficie d’un soutien qui pourrait s’assimiler à une perfusion financière. L’enjeu est bien entendu de moderniser la flotte militaire tout autant que d’assurer la survie d’un constructeur très menacé par Airbus. D’où c es querelles permanents d’entraves à la libre concurrence de part et d’autre justement au motif que l’un comme l’autre serait soutenu financièrement par les Etats.

L’opération militaire «Résilience»: pour quoi faire ?

L’opération militaire «Résilience»: pour quoi faire ?

 

On se demande exactement quel peut être l’objectif de cette opération militaire nommée résilience par Macon. La mission semble très floue , elle consisterait à «fédérer» et «coordonner»«l’ensemble des actions conduites par les armées en soutien du combat collectif contre l’épidémie», explique le ministère des Armées. Lequel ministère des armées affirme que c’est déjà ce qu’il fait ! «Cette opération sera distincte de l’opération Sentinelle qui continue de se concentrer sur sa mission de lutte contre le terrorisme. Elle sera centrée sur l’aide et le soutien aux populations ainsi que sur l’appui aux services publics pour faire face à l’épidémie de Covid-19, en métropole et en outremer, dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection», lit-on dans le communiqué officiel qui a suivi l’annonce présidentielle. Sans plus de précision. Il y aurait sans doute besoin de davantage de détails par ce qu’on entend par soutien à la population et aux services publics. Il conviendrait sans doute de cibler cette aide car les effectifs des armées ne sont pas extensibles ils sont déjà largement occupés par les opérations extérieures et par l’opération sentinelle. On peut légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’un nouvel effet d’annonce face à la très forte dégradation de la cote de macro et de la critique  de plus en plus forte vis à vis de  la cohérence des mesures du gouvernement.

Les contours de Résilience sont flous. «Le spectre est assez large… Il s’agit de continuer à faire ce que l’on fait», explique-t-on au sein des Armées. «Mais désormais les choses seront plus centralisées et mieux organisées», ajoute-t-on. Résilience met un nom sur l’existant. Cette «nouvelle» opération correspond en réalité à une mise en ordre de marche.

Sahel : un renforcement militaire urgent pas à la hauteur

Sahel : un renforcement militaire urgent pas à la hauteur

Un renforcement est en cours mais il risque de ne pas être à la hauteur de l’enjeu. La France va déployer 600 soldats supplémentaires dans la bande sahélo-saharienne, portant les effectifs de l’opération Barkhane à 5.100 hommes, annonce dimanche la ministre des Armées.

L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des « trois frontières » entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, précise Florence Parly dans un communiqué. Des effectifs nécessaires mais sans doute insuffisant avec une menace d’enlisement de l’armée française comme le craint  Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique dans une interview à France info.

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des jihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

 

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Européenne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

 

Macron, qui n’a pas fait son service militaire, évoque des «scènes de guerre»

Macron, qui n’a pas fait son service militaire, évoque des «scènes de guerre»

Celui qui n’a pas fait son service militaire  hystérise  la sémantique en parlant de scènes de guerre. Dommage,  il ne connaisse rien aux affaires militaires. Les scènes de guerre sont en effet autre chose qu’une manif même qui dérape. On n’y fait pas la guerre avec des jets d’eau, des grenades lacrymogènes ou des grilles de protection d’arbres. Toujours évidemment cette caricature et cette dramatisation ; le gouvernement se ridiculise. Et d’accuser en plus les journalistes et même les élus pour leur complaisance Emmanuel Macron a en effet profité du conseil des ministres pour fustiger «certains élus ou relais d’opinion» qui ont pu «avoir une quelconque complaisance à l’égard de ces casseurs». Les mêmes qui, «en même temps souhaitent attirer des investisseurs étrangers dans leurs territoires», a souligné le chef de l’État, citant notamment «la bataille industrielle en termes d’emploi, la bataille du réinvestissement dans nos territoires, dans nos entreprises». Pour un peu les gilets jaunes seraient responsables de la guerre en Afghanistan, en Syrie ou dans les colonies palestiniennes. Il serait aussi responsable du tassement économique mondial. Benjamin rivaux les a bien accusés d’être une sorte de peste brune, pourquoi pas responsable de la peste tout court voir de la grippe aviaire.

Venezuela : intervention militaire extérieure  » ?

Venezuela : intervention militaire extérieure «  ?

Un pays qui s’enfonce de plus en plus dans le marasme économique, la misère sociale et la dictature avec notamment comme conséquence un exode massif. Au plan international une intervention militaire extérieure est évoquée explicitement. Du Venezuela est tellement dégradé non seulement au plan économique, social et politique que Le dirigeant de l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA), l’Uruguayen Luis Almagro, a déclaré vendredi qu’il ne fallait pas exclure « une intervention militaire » au Venezuela pour « renverser » le gouvernement du socialiste Nicolas Maduro, responsable selon lui de la grave crise économique, humanitaire et migratoire que traverse le pays. « En ce qui concerne une intervention militaire visant à renverser le régime de Nicolas Maduro, je pense que nous ne devons exclure aucune option », a déclaré M. Almagro lors d’une conférence de presse dans la ville colombienne de Cúcuta, principal point d’entrée des Vénézuéliens en Colombie, près de la frontière avec le Venezuela. « Devant la souffrance des gens, devant l’exode qu’il (le gouvernement vénézuélien), a provoqué, des actions diplomatiques doivent tout d’abord être menées, mais nous ne devons exclure aucune (autre) action », a-t-il déclaré. Selon l’ONU, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l’étranger, plus de 1,6 million ont fui depuis 2015.

Onze pays d’Amérique latine, réunis pour la première fois début septembre sur la crise des migrants vénézuéliens, ont appelé Caracas à accepter l’aide humanitaire pour endiguer cet afflux qui déstabilise les capacités d’accueil de la région.

Coopération militaire : l’Allemagne choisit Israël contre la France

Coopération militaire : l’Allemagne choisit Israël contre la France

Pour l’équipement de l l’hélicoptère de combat Tigre l’Allemagne va sans doute choisir le  missile israélien Spike, qui n’équipe même pas les hélicoptères de Tsahal, qui lui préfère le missile américain Hellfire pour ses AH-64 Apache. C’est évidemment un camouflet pour la France et une sérieuse menace sur la coopération militaire franco allemande. La feuille de route franco-allemande arrêtée le 13 juillet 2017 prévoyait l’étude du missile franco-allemand, l’Espagne pouvant ultérieurement se joindre à ce programme. Berlin s’était engagé après avoir pourtant déjà longuement hésité. Ce conseil, qui avait notamment validé le principe de lancer le programme de système de combat aérien du futur (SCAF), avait été qualifié d’historique dans le domaine de la coopération franco-allemande en matière d’armement. La France et l’Allemagne avaient convenu en juillet 2017 « de mettre en place un cadre de coopération pour le prochain standard de l’hélicoptère Tigre, ainsi que pour un programme commun de missiles tactiques air-sol », avait expliqué l’Elysée à l’issue du Conseil franco-allemand. Si Berlin actait le 19 juin son refus de participer à ce programme, ce serait un véritable camouflet pour la France. Si cette décision était confirmée, cette défection mettrait en péril le programme lui-même en réduisant mécaniquement la cible de missiles.

 

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