Archive pour le Tag 'covid-19'

Covid-19 : Toujours le reflux

Covid-19 : Toujours le reflux

L’épidémie continue sa décrue en France, où 34 personnes sont mortes du Covid-19 ce mercredi, selon Santé publique France. 7038 malades sont actuellement hospitalisés, dont 202 arrivés ces dernières 24 heures. Ils étaient 7096 mardi. 1242 patients sont traités en services de soins intensifs, 40 d’entre eux l’étant depuis la veille. 4946 nouveaux cas ont été détectés.

 

 

 

Covid-19 : Baisse encore du nombre d’hospitalisés

Covid-19 : Baisse  encore du nombre d’hospitalisés

L’épidémie continue sa décrue en France, où 62 personnes sont mortes du Covid-19 ce mardi, selon Santé publique France. 7096 malades sont actuellement hospitalisés, dont 290 arrivés ces dernières 24 heures. Ils étaient 7299 lundi. 1279 patients sont traités en soins critiques, dont 75 depuis la veille. 5558 nouveaux cas ont été détectés.

Covid-19 : un manque de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

Covid-19 : un manque  de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

L ‘Afrique va manquer de presque 500 millions de doses par rapport à l’objectif mondial de 40% de vaccinés à la fin de l’année, a regretté jeudi 16 septembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Manquant de doses, Covax (mécanisme de solidarité inter nationale pour le vaccin) va expédier en Afrique environ 150 millions de vaccins de moins que ce qui était prévu. En prenant en compte ce déficit, 470 millions de doses de vaccins attendues sur le continent permettront de vacciner seulement 17% de la population, a estimé le bureau régional pour l’Afrique de l’OMS. Il en faudrait deux fois plus pour atteindre les 40%.

L’Afrique a franchi cette semaine la barre des huit millions d’infections, souligne l’OMS.

Covid-19 – Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

Covid-19 - Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, juristes, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la fois non compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

Société-Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

Société-Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la fois non compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la foisnon compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

Covid-19 : l’enjeu de la vaccination en Afrique

Covid-19 : l’enjeu de la vaccination en Afrique

Alice Desclaux, anthropologue de la santé (TransVIHMI, Institut de recherche pour le développement), et Khoudia Sow, chercheuse en anthropologie de la santé (CRCF/TransVIHMI, Institut de recherche pour le développement), reviennent sur les enjeux de la vaccination en Afrique. (Dans the conversation)

« L’hésitation vaccinale n’est pas le défi n°1 de l’Afrique. Le vrai problème est plutôt la ‘famine’ de vaccin. De longues files d’attente d’Africains, comme celle sur cette vidéo, dans de nombreux pays de l’Union africaine, attendent d’être vaccinés. » Dans ce tweet du 8 août 2021, le Dr Nkengasong, directeur de l’Africa CDC (Africa Centres for Disease Control and Prevention), rappelle les priorités : en premier lieu, c’est l’accès au vaccin qui est en Afrique l’enjeu clé du contrôle de la pandémie. Mais l’hésitation, si présente sur les autres continents, y est-elle absente? Les opinions vis-à-vis du vaccin y auraient-elles radicalement changé? Dans quel contexte général cette file d’attente doit-elle être située?

Dans les institutions de santé globale, l’accès au vaccin et l’hésitation vaccinale sont abordés indépendamment l’un de l’autre : l’accessibilité est essentiellement considérée comme étant d’ordre économique et politique, quand l’hésitation est perçue comme d’ordre culturel et communicationnel. Or, sur le terrain où nous développons « par le bas » les enquêtes ethnographiques du projet CORAF/ARIACOV, particulièrement au Sénégal, ces deux questions apparaissent étroitement liées – et dépendantes du contexte.

Les pays riches s’approvisionnent les premiers

Au Sénégal, un des premiers pays africains à avoir lancé la vaccination, seul 3,3% des adultes sont complètement vaccinés (et 3,4% partiellement). Ce faible taux reflète d’abord les inégalités structurelles dont est victime le continent africain, dénoncées par le Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie qui a mené une évaluation globale pour l’OMS. Malgré l’objectif commun de « ne laisser personne au bord de la route » pour vaincre la pandémie, les pays les plus riches s’approvisionnent les premiers, et le nationalisme domine toujours les relations internationales pour l’accès aux vaccins.

De plus, l’Afrique subit les contraintes liées à la propriété intellectuelle et à la production, ainsi que les limites du dispositif d’approvisionnement équitable COVAX. L’exportation vers l’Europe de vaccins conditionnés en Afrique du Sud, où moins de 10% de la population est complètement vaccinée, illustre la géopolitique de l’industrie du vaccin. L’absence de production locale a rendu le continent dépendant des fournisseurs tels que le Serum Institute of India – qui a dû rediriger ses livraisons vers la population indienne entre mars et août 2021.

Les limites du système de santé

Les pays africains ont donc eu recours à diverses voies pour obtenir des vaccins, selon des calendriers et avec des volumes dont ils n’avaient pas la maîtrise, leurs choix étant limités par les contraintes de coût et de modalités de conservation des produits. Une fois approvisionnés, ils sont confrontés à des difficultés majeures du fait des limites de leurs systèmes de santé rendues critiques par les contraintes d’approvisionnement, à plusieurs niveaux : gestion des vaccins et des données et logistique.

Les vaccins ne pouvant être utilisés que pendant quelques mois pour des raisons d’abord administratives, les stratégies de dispensation doivent être adaptées. Ainsi, des pays ayant reçu des stocks importants ont dû ouvrir rapidement la vaccination au-delà des groupes prioritaires initialement considérés (professionnels de santé, personnes âgées ou atteintes de comorbidité) sans pouvoir la « refermer » sur ces groupes une fois le stock écoulé.

En Afrique francophone, plusieurs pays ont commencé à vacciner grâce à des dons et achats de vaccins de Chine et de Russie, puis les premiers approvisionnements par COVAX ont été suivis de dons bilatéraux de la part des pays riches (USA, France…), actuellement complétés par l’Initiative AVATT (African Union’s Covid-19 Vaccine Acquisition Task Team, associant Africa CDC, Banque Mondiale et AfreximBank).

La diversité des sources et des modes d’approvisionnement s’est doublée d’une diversification des vaccins aux caractéristiques, performances, indications et schémas de dispensation différents. Au Sénégal par exemple, un total de 1.467.200 doses des vaccins Sinopharm, AstraZeneca et Johnson & Johnson avait été fourni au 5 août 2021 lors de neuf livraisons de cinq fournisseurs non coordonnées, aux volumes compris entre 25.000 et 324.000 doses. Les périodes de rupture de stock induites par l’irrégularité des livraisons ont retardé sur des sites une partie des secondes injections.

Inquiétées par la vague épidémique observée en juillet, des personnes ne pouvant accéder à la seconde dose de leur vaccin initial ont eu recours à des schémas non validés en combinant des vaccins différents.

Ainsi, le manque d’accès aux vaccins ne se traduit pas seulement par des files d’attente (qui révèlent qu’un service de santé dispose de vaccins) mais par des approvisionnements non planifiables et des protections immunitaires individuelles absentes, partielles ou incertaines.

L’acceptabilité des vaccins et de la vaccination

L’acceptabilité du vaccin est souvent abordée sous l’angle de l’hésitation vaccinale, une notion appliquée à des formes diverses de refus ou de report de la vaccination. L’OMS l’associe à l’infodémie et la mésinformation portée par les rumeurs et les fake news, souvent produites par des tendances anti-vaccins ou des groupes conspirationnistes.

Nos premières enquêtes sur le sujet, menées en octobre 2020, avaient montré des réticences vis-à-vis d’un futur vaccin et les logiques sous-jacentes. Lorsque les vaccins sont devenus disponibles mi-février 2021 au Sénégal, les attitudes ont basculé, comme l’ont montré les dashboards de suivi hebdomadaire de l’acceptation. Ces enquêtes sont menées auprès de groupes peu représentatifs de l’ensemble de la population, mais elles décrivent significativement des évolutions. L’augmentation du taux d’acceptabilité passée de 35 à 75% traduit une adhésion pragmatique, influencée par la diffusion de messages officiels en faveur du vaccin et par la médiatisation de la vaccination de personnalités publiques.

Mais en mars, la médiatisation intensive des effets indésirables du vaccin AstraZeneca sur les chaînes internationales d’information continue fait chuter ce taux. L’adhésion va ensuite fluctuer pour des raisons diverses, sur fond d’informations qui dénigrent tous les vaccins anti-covid. Certaines personnes refusent l’AstraZeneca, perçu comme trop risqué, et attendent que le vaccin Sinopharm soit de nouveau disponible ; d’autres devant recevoir leur seconde dose sont confrontées à la rupture de stock en AstraZeneca ; d’autres enfin refusent une première dose de Sinopharm dans l’attente d’un troisième vaccin annoncé.

En juillet, une troisième vague épidémique installée en l’espace de deux semaines va provoquer une forte augmentation de la demande. Les centres de santé n’ont alors pas assez de doses et les files d’attente débutant tôt le matin s’allongent. Cette demande, en l’absence de campagne de vaccination organisée ou de communication intensive, paraît motivée par la prise de conscience du risque infectieux et par l’expérience collective de la maladie : atteinte des proches, augmentation du nombre de décès de personnalités ou d’anonymes après de « courtes maladies », médias relatant les difficultés croissantes d’accès à l’oxygénothérapie pour les cas graves, plaintes récurrentes de professionnels de santé débordés par les patients Covid et crainte du variant Delta.

Les autorités sanitaires gèrent la situation par l’annonce d’arrivages prochains de vaccins, ce qui permet de tempérer une demande dépassant largement les capacités journalières de vaccination.

Le rapport entre accès et acceptation

L’évolution en quatre phases de l’acceptabilité de la vaccination observée au Sénégal apparaît très liée à l’accessibilité des vaccins.

Dans une première phase, les vaccins inaccessibles suscitent la méfiance et le doute en contexte d’infodémie, ainsi que des prises de position ambivalentes et changeantes, ce qui correspond à la définition initiale de « l’hésitation vaccinale ».

La seconde phase, lorsque le vaccin est mis à disposition, matérialisé et socialisé par la vaccination, provoque un engouement même parmi des personnes auparavant réticentes : les termes acceptation ou demande, moins négatifs qu’hésitation, semblent plus appropriés pour qualifier les attitudes.

La demande est inégale lors de la troisième phase, quand les vaccins initiaux ne sont plus disponibles partout et que d’autres vaccins arrivent : les perceptions et attitudes deviennent plus spécifiques de chaque vaccin, alors que des informations contradictoires circulent sur certains. Les représentations intègrent non seulement les qualités du produit, mais aussi les modalités d’approvisionnement. Nos entretiens rapportent que le vaccin AstraZeneca, par exemple, est perçu par des Sénégalais comme élaboré pour les Européens (du fait que ce dernier est recommandé aux plus de 55 ans en France, alors que la population africaine est plus jeune), et donné à l’Afrique parce que les Européens n’en veulent plus à cause de ses effets indésirables.

D’autre part, des personnes retardent leur venue dans un site de vaccination afin d’obtenir un vaccin spécifique qu’elles savent alors en rupture de stock. La demande apparaît comme un compromis entre opportunités (disponibilité, modalités d’accès) et perceptions des vaccins (choisis de manière à éviter des effets négatifs).

L’engouement de la quatrième phase déborde les capacités du programme de vaccination. La demande n’a pourtant pas été soutenue par une campagne de communication, une stratégie communautaire ou des mesures dans les entreprises, mais elle est devenue massive du fait de la prise de conscience du risque. La quête de vaccin s’est individualisée : chacun cherche à compléter son statut vaccinal en naviguant selon les opportunités d’accès, ce qui le conduit parfois loin des schémas recommandés par l’OMS.

De l’hésitation à la demande

Au final, les observations réalisées au Sénégal montrent que les opinions, attitudes et comportements face au vaccin et à la vaccination sont évolutifs, sensibles au contexte. Outre les problèmes théoriques que pose la notion d’hésitation vaccinale, amplifiés par les confusions entre définitions de sens commun et scientifique, cette notion semble trop réductrice, notamment du fait de sa connotation négative.

Des attitudes positives envers le vaccin peuvent émerger jusqu’à dépasser les capacités des systèmes de soin, comme cela a été le cas au Sénégal en juillet. Dans ce pays, l’hésitation a dominé lorsque le vaccin n’était encore qu’un objet idéel soumis à l’influence des médias, mais les expériences ont favorisé son acceptation, devenue demande dans le contexte alarmant de la nouvelle vague épidémique.

L’acceptabilité de la vaccination est devenue indissociable de celle du (des) vaccin(s) lorsque plusieurs d’entre eux ont été disponibles, selon des modalités inégales. Les populations qui « font la queue » pour se vacciner n’ont pas abandonné toute méfiance et pourraient de nouveau déserter les sites de vaccination, ou développer des stratégies individualisées, selon l’évolution du contexte épidémique, de l’approvisionnement, du dispositif et des stratégies de vaccination et de communication.

L’enjeu de l’accès au vaccin en Afrique n’efface pas celui de l’hésitation ou la demande. Un accès limité, contraint, partiel et imprévisible, fragilise aussi l’acceptation du vaccin et l’efficacité de la vaccination.

Cet article est republié à partir de The Conversation

Covid-19 : démarrage de la troisième dose

Covid-19 : démarrage de la troisième dose

 

Les personnes âgées de plus de 65 ans ou atteintes de comorbidités qui ont reçu leur dernière injection il y a minimum six mois sont concernées, soit 18 millions de Français.

Covid-19 : l’enjeu mondial de la vaccination en Afrique

Alice Desclaux, anthropologue de la santé (TransVIHMI, Institut de recherche pour le développement), et Khoudia Sow, chercheuse en anthropologie de la santé (CRCF/TransVIHMI, Institut de recherche pour le développement), reviennent sur les enjeux de la vaccination en Afrique. (Dans the conversation)

« L’hésitation vaccinale n’est pas le défi n°1 de l’Afrique. Le vrai problème est plutôt la ‘famine’ de vaccin. De longues files d’attente d’Africains, comme celle sur cette vidéo, dans de nombreux pays de l’Union africaine, attendent d’être vaccinés. » Dans ce tweet du 8 août 2021, le Dr Nkengasong, directeur de l’Africa CDC (Africa Centres for Disease Control and Prevention), rappelle les priorités : en premier lieu, c’est l’accès au vaccin qui est en Afrique l’enjeu clé du contrôle de la pandémie. Mais l’hésitation, si présente sur les autres continents, y est-elle absente? Les opinions vis-à-vis du vaccin y auraient-elles radicalement changé? Dans quel contexte général cette file d’attente doit-elle être située?

Dans les institutions de santé globale, l’accès au vaccin et l’hésitation vaccinale sont abordés indépendamment l’un de l’autre : l’accessibilité est essentiellement considérée comme étant d’ordre économique et politique, quand l’hésitation est perçue comme d’ordre culturel et communicationnel. Or, sur le terrain où nous développons « par le bas » les enquêtes ethnographiques du projet CORAF/ARIACOV, particulièrement au Sénégal, ces deux questions apparaissent étroitement liées – et dépendantes du contexte.

Les pays riches s’approvisionnent les premiers

Au Sénégal, un des premiers pays africains à avoir lancé la vaccination, seul 3,3% des adultes sont complètement vaccinés (et 3,4% partiellement). Ce faible taux reflète d’abord les inégalités structurelles dont est victime le continent africain, dénoncées par le Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie qui a mené une évaluation globale pour l’OMS. Malgré l’objectif commun de « ne laisser personne au bord de la route » pour vaincre la pandémie, les pays les plus riches s’approvisionnent les premiers, et le nationalisme domine toujours les relations internationales pour l’accès aux vaccins.

De plus, l’Afrique subit les contraintes liées à la propriété intellectuelle et à la production, ainsi que les limites du dispositif d’approvisionnement équitable COVAX. L’exportation vers l’Europe de vaccins conditionnés en Afrique du Sud, où moins de 10% de la population est complètement vaccinée, illustre la géopolitique de l’industrie du vaccin. L’absence de production locale a rendu le continent dépendant des fournisseurs tels que le Serum Institute of India – qui a dû rediriger ses livraisons vers la population indienne entre mars et août 2021.

Les limites du système de santé

Les pays africains ont donc eu recours à diverses voies pour obtenir des vaccins, selon des calendriers et avec des volumes dont ils n’avaient pas la maîtrise, leurs choix étant limités par les contraintes de coût et de modalités de conservation des produits. Une fois approvisionnés, ils sont confrontés à des difficultés majeures du fait des limites de leurs systèmes de santé rendues critiques par les contraintes d’approvisionnement, à plusieurs niveaux : gestion des vaccins et des données et logistique.

Les vaccins ne pouvant être utilisés que pendant quelques mois pour des raisons d’abord administratives, les stratégies de dispensation doivent être adaptées. Ainsi, des pays ayant reçu des stocks importants ont dû ouvrir rapidement la vaccination au-delà des groupes prioritaires initialement considérés (professionnels de santé, personnes âgées ou atteintes de comorbidité) sans pouvoir la « refermer » sur ces groupes une fois le stock écoulé.

En Afrique francophone, plusieurs pays ont commencé à vacciner grâce à des dons et achats de vaccins de Chine et de Russie, puis les premiers approvisionnements par COVAX ont été suivis de dons bilatéraux de la part des pays riches (USA, France…), actuellement complétés par l’Initiative AVATT (African Union’s Covid-19 Vaccine Acquisition Task Team, associant Africa CDC, Banque Mondiale et AfreximBank).

La diversité des sources et des modes d’approvisionnement s’est doublée d’une diversification des vaccins aux caractéristiques, performances, indications et schémas de dispensation différents. Au Sénégal par exemple, un total de 1.467.200 doses des vaccins Sinopharm, AstraZeneca et Johnson & Johnson avait été fourni au 5 août 2021 lors de neuf livraisons de cinq fournisseurs non coordonnées, aux volumes compris entre 25.000 et 324.000 doses. Les périodes de rupture de stock induites par l’irrégularité des livraisons ont retardé sur des sites une partie des secondes injections.

Inquiétées par la vague épidémique observée en juillet, des personnes ne pouvant accéder à la seconde dose de leur vaccin initial ont eu recours à des schémas non validés en combinant des vaccins différents.

Ainsi, le manque d’accès aux vaccins ne se traduit pas seulement par des files d’attente (qui révèlent qu’un service de santé dispose de vaccins) mais par des approvisionnements non planifiables et des protections immunitaires individuelles absentes, partielles ou incertaines.

L’acceptabilité des vaccins et de la vaccination

L’acceptabilité du vaccin est souvent abordée sous l’angle de l’hésitation vaccinale, une notion appliquée à des formes diverses de refus ou de report de la vaccination. L’OMS l’associe à l’infodémie et la mésinformation portée par les rumeurs et les fake news, souvent produites par des tendances anti-vaccins ou des groupes conspirationnistes.

Nos premières enquêtes sur le sujet, menées en octobre 2020, avaient montré des réticences vis-à-vis d’un futur vaccin et les logiques sous-jacentes. Lorsque les vaccins sont devenus disponibles mi-février 2021 au Sénégal, les attitudes ont basculé, comme l’ont montré les dashboards de suivi hebdomadaire de l’acceptation. Ces enquêtes sont menées auprès de groupes peu représentatifs de l’ensemble de la population, mais elles décrivent significativement des évolutions. L’augmentation du taux d’acceptabilité passée de 35 à 75% traduit une adhésion pragmatique, influencée par la diffusion de messages officiels en faveur du vaccin et par la médiatisation de la vaccination de personnalités publiques.

Mais en mars, la médiatisation intensive des effets indésirables du vaccin AstraZeneca sur les chaînes internationales d’information continue fait chuter ce taux. L’adhésion va ensuite fluctuer pour des raisons diverses, sur fond d’informations qui dénigrent tous les vaccins anti-covid. Certaines personnes refusent l’AstraZeneca, perçu comme trop risqué, et attendent que le vaccin Sinopharm soit de nouveau disponible ; d’autres devant recevoir leur seconde dose sont confrontées à la rupture de stock en AstraZeneca ; d’autres enfin refusent une première dose de Sinopharm dans l’attente d’un troisième vaccin annoncé.

En juillet, une troisième vague épidémique installée en l’espace de deux semaines va provoquer une forte augmentation de la demande. Les centres de santé n’ont alors pas assez de doses et les files d’attente débutant tôt le matin s’allongent. Cette demande, en l’absence de campagne de vaccination organisée ou de communication intensive, paraît motivée par la prise de conscience du risque infectieux et par l’expérience collective de la maladie : atteinte des proches, augmentation du nombre de décès de personnalités ou d’anonymes après de « courtes maladies », médias relatant les difficultés croissantes d’accès à l’oxygénothérapie pour les cas graves, plaintes récurrentes de professionnels de santé débordés par les patients Covid et crainte du variant Delta.

Les autorités sanitaires gèrent la situation par l’annonce d’arrivages prochains de vaccins, ce qui permet de tempérer une demande dépassant largement les capacités journalières de vaccination.

Le rapport entre accès et acceptation

L’évolution en quatre phases de l’acceptabilité de la vaccination observée au Sénégal apparaît très liée à l’accessibilité des vaccins.

Dans une première phase, les vaccins inaccessibles suscitent la méfiance et le doute en contexte d’infodémie, ainsi que des prises de position ambivalentes et changeantes, ce qui correspond à la définition initiale de « l’hésitation vaccinale ».

La seconde phase, lorsque le vaccin est mis à disposition, matérialisé et socialisé par la vaccination, provoque un engouement même parmi des personnes auparavant réticentes : les termes acceptation ou demande, moins négatifs qu’hésitation, semblent plus appropriés pour qualifier les attitudes.

La demande est inégale lors de la troisième phase, quand les vaccins initiaux ne sont plus disponibles partout et que d’autres vaccins arrivent : les perceptions et attitudes deviennent plus spécifiques de chaque vaccin, alors que des informations contradictoires circulent sur certains. Les représentations intègrent non seulement les qualités du produit, mais aussi les modalités d’approvisionnement. Nos entretiens rapportent que le vaccin AstraZeneca, par exemple, est perçu par des Sénégalais comme élaboré pour les Européens (du fait que ce dernier est recommandé aux plus de 55 ans en France, alors que la population africaine est plus jeune), et donné à l’Afrique parce que les Européens n’en veulent plus à cause de ses effets indésirables.

D’autre part, des personnes retardent leur venue dans un site de vaccination afin d’obtenir un vaccin spécifique qu’elles savent alors en rupture de stock. La demande apparaît comme un compromis entre opportunités (disponibilité, modalités d’accès) et perceptions des vaccins (choisis de manière à éviter des effets négatifs).

L’engouement de la quatrième phase déborde les capacités du programme de vaccination. La demande n’a pourtant pas été soutenue par une campagne de communication, une stratégie communautaire ou des mesures dans les entreprises, mais elle est devenue massive du fait de la prise de conscience du risque. La quête de vaccin s’est individualisée : chacun cherche à compléter son statut vaccinal en naviguant selon les opportunités d’accès, ce qui le conduit parfois loin des schémas recommandés par l’OMS.

De l’hésitation à la demande

Au final, les observations réalisées au Sénégal montrent que les opinions, attitudes et comportements face au vaccin et à la vaccination sont évolutifs, sensibles au contexte. Outre les problèmes théoriques que pose la notion d’hésitation vaccinale, amplifiés par les confusions entre définitions de sens commun et scientifique, cette notion semble trop réductrice, notamment du fait de sa connotation négative.

Des attitudes positives envers le vaccin peuvent émerger jusqu’à dépasser les capacités des systèmes de soin, comme cela a été le cas au Sénégal en juillet. Dans ce pays, l’hésitation a dominé lorsque le vaccin n’était encore qu’un objet idéel soumis à l’influence des médias, mais les expériences ont favorisé son acceptation, devenue demande dans le contexte alarmant de la nouvelle vague épidémique.

L’acceptabilité de la vaccination est devenue indissociable de celle du (des) vaccin(s) lorsque plusieurs d’entre eux ont été disponibles, selon des modalités inégales. Les populations qui « font la queue » pour se vacciner n’ont pas abandonné toute méfiance et pourraient de nouveau déserter les sites de vaccination, ou développer des stratégies individualisées, selon l’évolution du contexte épidémique, de l’approvisionnement, du dispositif et des stratégies de vaccination et de communication.

L’enjeu de l’accès au vaccin en Afrique n’efface pas celui de l’hésitation ou la demande. Un accès limité, contraint, partiel et imprévisible, fragilise aussi l’acceptation du vaccin et l’efficacité de la vaccination.

Cet article est republié à partir de The Conversation

Sondage vaccination enseignant : COVID-19: 74% pour

Sondage vaccination enseignant : COVID-19: 74% pour

 

Selon un sondage Elabe, 74% sont favorables à ce que la vaccination devienne obligatoire pour les enseignants.

La  majorité des parents (56%) n’est plutôt pas inquiète à l’idée de laisser ses enfants aller à la crèche et dans les établissements scolaires, même si 44% d’entre eux font preuve d’une certaine inquiètude. Les femmes sont d’ailleurs plus inquiètes (50%) que les hommes (38%) sur ce sujet.

Au contraire à la rentrée de septembre 2020, c’était la majorité des parents d’élèves (60%) qui était inquiète, contre 40% de personnes plutôt sereines, selon l’enquête Elabe pour BFMTV qui avait été réalisée les 25 et 26 août 2020.

Une majorité de parents n’est pas inquiète à l’idée de laisser ses enfants aller à la crèche et dans les établissements scolaires . © BFMTV

Cette année, la rentrée scolaire se fera sous le régime du scénario 2 (sur 4) du protocole sanitaire, qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel mais impose le port du masque dès l’entrée en CP, dès 6 ans. Selon ces règles, un cas de Covid-19 dans une classe de primaire entraînera sa fermeture; et en cas de contamination dans une classe de collège ou de lycée, les élèves qui seront cas contacts non-vaccinés devront s’isoler une semaine.

Ce nouveau sondage révèle que plus de 7 Français sur 10 (74%) sont désormais favorables à la vaccination obligatoire des enseignants. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer soulignait d’ailleurs mercredi, dans la perspective de la rentrée, la bonne couverture vaccinale des professeurs des écoles, bien qu’ils ne soient pas soumis au pass sanitaire. Selon une étude Ipsos de jeudi dernier, ils seraient environ 87% à être primo-vaccinés contre le Covid-19.

De la même manière, 75% des personnes sondées adhèrent à la vaccination obligatoire des policiers, et 46% d’entre elles se disent « très favorables » à l’instauration d’une telle mesure pour les fonctionnaires de police.

Par ailleurs, le sondage Elabe révèle que 3 Français sur 4 (78%) sont favorables à la vaccination obligatoire des personnels soignants et non-soignants des hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, et autres établissements pour personnes handicapées, âgées ou fragiles. Plus encore, 55% d’entre eux se disent « très favorables » à ce que ces professionnels soient soumis à l’obligation vaccinale.

La vaccination obligatoire pour tous, elle, partage un peu plus les Français. Notre sondage montre qu’ils sont désormais 67% à y adhérer, dont 35% de personnes « très favorables ». Toutefois, l’idée séduit de plus en plus de Français, puisque la part de personnes convaincues par l’idée a gagné 6 points par rapport à la semaine précédente.

Covid-19 rentrée scolaire : rebond des contaminations en septembre

Covid-19 rentrée scolaire : rebond des contaminations en septembre ?

 

 

Le taux d’incidence des 10-19 ans s’élève  à 260, soit 35% de plus que dans la population générale, selon les données disponibles le 30 août. Les moins de 10 ans affichent un taux plus faible (133), mais qui a tendance à augmenter, contrairement aux autres classes d’âge. Un tel niveau avait d’ailleurs été atteint au printemps dernier et avait entraîné un passage en distanciel et l’avancement des vacances pour freiner la diffusion du virus.

Ces chiffres pourraient d’ailleurs être sous-estimés. L’épidémiologiste Vittoria Colizza rappelle qu’il est « beaucoup plus difficile de détecter un cas de Covid chez les enfants, car ils font davantage de formes asymptomatiques ou avec des symptômes faibles », qui ne font pas l’objet d’un dépistage systématique

A cause de la circulation importante du virus chez les plus jeunes et d’une couverture vaccinale plus faible que chez les adultes, Vittoria Colizza redoute un « effet rentrée »« L’été dernier, la hausse du nombre de cas avait accéléré à la rentrée à cause d’un brassage de population revenant de zones touristiques, où le virus circule beaucoup. » La chercheuse avait d’ailleurs participé au début de l’été à la réalisation de projections avec l’Institut Pasteur, selon lesquelles les mineurs pourraient représenter presque 50% des cas en septembre. Des résultats qui « restent valables », selon elle. Or, « si on laisse le taux d’incidence augmenter chez les enfants, cela va se répercuter dans les autres tranches d’âge ».

Covid-19 : clarifier le principe de liberté

Covid-19 : clarifier le principe de liberté

Jean-Claude Kaufmann,sociologue, directeur de recherche honoraire au CNRS dans une tribune au Monde examine le concept de liberté individuelle par rapport au Covid. .

 

 

Tribune.

Dans de nombreux pays, et particulièrement en France avec les nouvelles manifestations du samedi, des oppositionnels se regroupent autour d’un slogan clair et mobilisateur : la défense de la liberté, supposée menacée par la montée d’un autoritarisme étatique, voire, pour certains, d’une dictature sanitaire. « J’ai le droit de ne pas me faire vacciner, c’est ma liberté ! »

Face à cette importante minorité ancrée dans ses convictions, médecins, scientifiques, journalistes ou politiques, malgré la solidité quasi irréfutable des arguments en faveur du vaccin, non seulement ne parviennent pas à convaincre ceux qui ne veulent rien entendre, mais de plus sont eux-mêmes envahis par un malaise qui rend parfois leurs propos hésitants. Car il n’est jamais aisé de prendre position contre la liberté individuelle dans une société qui l’inscrit comme un principe fondateur.

Il me semble essentiel de dissiper ce malaise, en faisant le clair sur la question des libertés ; nous confondons en effet beaucoup trop le principe et la réalité.

Le principe de la liberté individuelle fonde non seulement la démocratie politique, mais aussi, beaucoup plus largement, le processus de démocratisation individuelle, qui ne cesse de s’élargir : nous décidons de plus en plus par nous-mêmes et pour nous-mêmes, dans les domaines les plus divers, inventant notre propre morale et notre vérité.

Ce nouveau type de société produit à la fois un élargissement des libertés concrètes dans certains domaines et un fractionnement des communautés d’opinion qui implique paradoxalement une inexorable montée des normes et interdits de toutes sortes pour assurer les conditions du vivre-ensemble.

Il faut le dire et le répéter : dans aucune société auparavant, des limitations administratives de la liberté individuelle n’ont été aussi nombreuses qu’aujourd’hui ; qu’il s’agisse des règles d’urbanisme pour construire une maison ou des conseils très appuyés pour bien se nourrir. Et, quand la norme ne s’impose pas, quand le conseil ne se fait pas trop insistant, j’avais repéré, dans plusieurs enquêtes, la quête angoissée de ce qui était « normal » et de ce qui ne l’était pas avant d’adopter son propre comportement.

Nous sommes tellement grisés par notre sentiment d’autonomie individuelle que nous refusons de voir qu’il se déploie à l’intérieur de cadres de plus en plus contraignants, spécialement pour tout ce qui touche à la santé ou en cas de crise (ce que nous sommes en train de vivre résumant les deux). Les mesures disciplinaires actuelles n’ont donc rien de surprenant ; elles s’intègrent dans un irrépressible mouvement historique.

COVID-19: quelle efficacité des vaccins contre le variant delta ?

 

COVID-19: quelle efficacité des vaccins contre le variant delta ?

Il semble bien que des scientifiques éprouvent quelques difficultés à apprécier le taux d’efficacité des vaccins notamment vis-à-vis du variant Delta. De nombreux laboratoires militent déjà depuis plusieurs mois pour une piqûre de rappel. Des politiques se sont engagées avec des promesses de troisième dose.

Comme déjà indiqué, les scientifiques sont plus circonspects. Les laboratoires ont évidemment intérêt à justifier une troisième dose pour assurer leur carnet de commandes et perpétuer leurs énormes profits.

Certains politiques pratiquent la fuite en avant en raison du contexte électoral. D’autres sont tout simplement à la botte de l’industrie pharmaceutique. Reste qu’un vaccin contre le Covid  perd naturellement de son efficacité avec le temps. Une troisième dose sera sans doute nécessaire mais il est difficile de savoir si c’est au bout de six mois, d’un an ou davantage. En outre il faut tenir compte aussi de l’état pathologique de chacun.

« Il faut tenir compte du facteur temps », note aussi Renaud Piarroux, épidémiologiste et chef du service parasitologique de la Pitié Salpêtrière (AP-HP) sur notre plateau mercredi, « parce que cette étude a été réalisée aux États-Unis, sur du personnel médical qui a été vacciné assez tôt. On est maintenant à 6, 7, 8 mois après la vaccination ».

Covid-19 : nouveau vaccin franco-autrichien, Valneva

Covid-19 : nouveau vaccin franco-autrichien, Valneva

Un nouveau vaccin franco autrichien, Valbuena, qui utilise la technique classique du virus inactivé va prochainement être utilisé visé en Europe après les phases de tests en cours. Le laboratoire franco-autrichien, basé à Nantes, a annoncé avoir soumis une demande d’autorisation au Royaume-Uni pour son candidat-vaccin contre le Covid-19. Même s’il est encore en phase de test, ce vaccin, baptisé VLA2001, intéresse fortement le gouvernement britannique, qui a déjà placé une option sur cent millions de doses.

Covid-19 : sixième manif anti passe samedi

Covid-19 : sixième manif anti passe samedi

 

Les manifestations auront lieu dans 600 endroits en France. C’est le sixième épisode de la protestation contre le pass sanitaire. La participation pourrait encore tourner autour de 200 000..

Le ministère de l’Intérieur avait recensé 214.845 manifestants sur l’ensemble du territoire, chiffre vu à la hausse par le collectif militant Le Nombre Jaune, qui comptait de son côté plus de 388.843 manifestants à travers la France. Mais toujours une légère baisse par rapport aux 415.000 comptés par la même organisation le samedi précédent. La question qui se pose surtout ses la pérennité de ce type de protestation qui ressemble de plus en plus au mouvement des gilets jaunes et pourrait prendre une dimension plus politique à partir de septembre.

COVID-19: L’IMMUNITÉ COLLECTIVE IMPOSSIBLE EN 2021

COVID-19: L’IMMUNITÉ COLLECTIVE IMPOSSIBLE EN 2021

Compte tenu de l’arrivée de nouveaux variants, l’ immunité collectives visée par les experts sera sans doute impossible à atteindre la fin de l’année en France. Fixé à 60% à la fin 2020, ce taux a grimpé jusqu’à 80% pour être de nouveau relevé à 90% ces dernières semaines.

Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, qui évoquait début août la possibilité d’atteindre ces fameux 90% d’ici le début de l’automne, ne cache d’ailleurs plus ses doutes quant à notre capacité d’atteindre ce cap:

« La vision que l’on peut avoir de l’immunité de groupe aujourd’hui n’est malheureusement pas celle d’il y a dix-huit ou même six mois » a estimé le « Monsieur Vaccin » du gouvernement dans les colonnes du Journal du dimanche.

Covid-19 : l’échec de Covax responsable de l’émergence du variant Delta

Covid-19 : l’échec de Covax responsable de l’émergence du variant Delta

D ‘une certaine manière, l’échec du dispositif international Covax qui devait distribuer des vaccins au pays pauvres est  responsable de la vigueur du développement du variant Delta. En effet les nouveaux variants se développent  surtout dans les populations nombreuses peu ou  pas vaccinées ( par exemple Afrique du Sud, Inde ou encore Brésil). Et comme ces nouveaux variants non pas de frontières ils contaminent à nouveau les pays développés.

Alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont vacciné complètement environ 50% de leurs populations, les autres régions du monde accusent un retard important. L’Amérique du Sud a seulement dépassé la barre des 20%, l’Asie et l’Océanie celle des 10%, tandis que moins de 2% des Africains ont un schéma vaccinal complet.

Au 5 août, les pays à faible revenu n’avaient administré en moyenne que 1,7 dose de vaccin pour 100 habitants, contre 101 doses pour 100 habitants dans les pays à revenu élevé, selon un décompte de l’AFP. En mai, Tedros Adhanom Ghebreyesus espérait pourtant atteindre d’ici à la fin septembre la barre des 10% de vaccinés dans tous les pays du monde. Un objectif jugé ambitieux par le docteur Bruce Aylward, chargé de Covax au sein de l’OMS, qui a reconnu qu’il ne serait peut-être pas atteint.

COVID-19: LA VACCINATION N’ EMPECHE LA TRANSMISSION VARIANT DELTA

 

 

COVID-19: LA VACCINATION  N’ EMPECHE LA TRANSMISSION VARIANT DELTA

 

Les résultats une étude américaine sont particulièrement alarmants concernant la transmission du variant Delta. Même vacciné, il serait possible de transmettre le virus avec une charge virale importante.

Il s’agit là d’une donnée scientifique fondamentale qui pourrait modifier toute la politique de prévention et par exemple modifier le contenu du pass sanitaire. En fait, le vaccin garantirait seulement d’être largement protégé contre la maladie à 80 ou 90 % mais ne constituerait pas une barrière à la transmission.

Selon les conclusions scientifiques, Le variant Delta plus contagieux que la varicelle, mais aussi plus transmissible que le rhume, le virus Ebola ou encore la grippe.

Ces travaux devraient faire beaucoup de bruit. Dans une note interne des Centres pour le Contrôle et la Prévention des Maladies américains, qui reprend une récente étude qui devrait prochainement être rendue publique, la principale autorité sanitaire des Etats-Unis s’inquiète de la forte transmissibilité du variant Delta, mais aussi de la charge virale importante chez les patients atteints, vaccinés ou non.

« Je crois qu’une personne vaccinée qui pense qu’elle ne peut pas transmettre le virus lorsqu’elle rend visite à ses proches, où à une personne âgée ou immunodépressive, je crois qu’elle a le droit de savoir qu’elle peut transmettre le virus et qu’elle doit se protéger et protéger les autres », expliquait le 27 juillet dernier Rochelle Walensky, directrice des Centres pour le Contrôle et la Prévention des Maladies américains.

« Aux Etats-Unis, où la vaccination a atteint son plafond de verre, il est important maintenant qu’il y ait cette prise de conscience que le variant Delta est sur le territoire américain, et que la encore il va falloir qu’ils reprennent des mesures barrières et reprendre la vaccination pour y faire face », explique à notre antenne Philippe Amouyel, épidémiologiste, professeur de santé au CHU de Lille.

En revanche, quelques point positifs ressortent de ces travaux puisque selon ces derniers, les vaccins seraient à 90% efficaces contre les formes sévères du coronavirus, et jusqu’à 67% contre les infections; Aux Etats-Unis, face à une situation sanitaire qui se dégrade, plusieurs mesures ont été de nouveau adoptées, y compris le retour du port du masque en intérieur, y compris pour les personnes déjà vaccinées.

Covid-19 : Attention aux dérives autoritaires

Covid-19 : Attention aux dérives autoritaires

 

Les restrictions décidées pour combattre la pandémie ont amputé certaines libertés, même si elles étaient nécessaires. Dans une tribune au « Monde », la sénatrice Hélène Conway-Mouret s’inquiète de leur pérennisation et d’un manque de cohérence dans la stratégie de l’exécutif dont les Français de l’étranger sont les premières victimes

 

Tribune. Le 10 décembre 2020, l’Institute for Democracy and Electoral Assistance, think tank basé à Stockholm, publiait son rapport intitulé The Global State of Democracy, dans lequel il constate qu’en 2020, près de la moitié des démocraties au monde ont régressé du point de vue des standards démocratiques et du respect des droits de l’homme.

Selon ce même rapport, 43 % des démocraties ont même adopté des mesures de lutte contre la pandémie soit illégales, soit disproportionnées, soit non nécessaires. Plus récemment, au niveau national cette fois, le professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch a publié un ouvrage au titre fort évocateur, Une démocratie confinée. L’éthique quoi qu’il en coûte (éditions Eres, 2021), dans lequel il se penche sur « la gouvernance solitaire et entre experts » de la crise sanitaire en France.

Confinements à répétition, couvre-feux, rassemblements interdits, état d’urgence sanitaire, parcs surveillés par des drones, traçage des personnes infectées via des applications… Il n’est aujourd’hui plus à démontrer que les mesures de restriction sanitaire ont amputé nos droits et libertés. Ce qui étonne davantage, c’est la douce facilité avec laquelle nous nous en sommes accommodés.

La menace de l’« effet cliquet »

Comme l’explique le philosophe Giorgio Agamben dans un article paru dans la revue Quodlibet, le 26 février 2021, « l’état de peur (…) [engendre] un cercle vicieux pervers : la limitation de la liberté imposée par les gouvernements est acceptée au nom d’un désir de sécurité (…) ». Il pointe le risque d’une « tendance croissante à utiliser l’état d’exception comme un paradigme normal de gouvernement » et c’est bien cela qui inquiète à l’heure où le régime transitoire ayant succédé à l’état d’urgence sanitaire est prolongé jusqu’au 31 décembre, alors qu’il devait initialement prendre fin le 30 septembre.

Mireille Delmas-Marty souligne très justement, dans un article écrit pour la revue Le Grand Continent, en janvier 2021, que nous sommes désormais confrontés à la menace de l’« effet cliquet », déjà observé après les attentats terroristes : il n’est pas exclu que le droit dérogatoire soit incorporé au droit commun, d’autant que les nouvelles technologies numériques, particulièrement utilisées dans la gestion de cette pandémie, façonnent nos comportements et créent chez nous des automatismes. Prenons garde à ne pas nous engager sur cette voie, qui nous éloignerait de ce qui constitue notre identité et nous rapprocherait des modèles autoritaires.

Quatrième vague de Covid-19: Quelle ampleur ?

 

Quatrième vague de Covid-19: Quelle ampleur ?

     

Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, et Jérémie Guedj, chercheur à l’Inserm, passent au crible le variant delta, responsable de la quatrième vague de Covid-19 S’inquiètent de la vitesse de propagation de la quatrième vague Covid ( dans l’Opinion )

 

On compte en moyenne 19 000 cas positifs au Covid-19 chaque jour, en hausse d’environ 90 % sur une semaine. Les admissions en soins critiques augmentent de 73 % par rapport à la semaine dernière.Les experts considèrent à juste titre que la vaccination et les mesures barrières situent les meilleurs moyens de lutter contre le virus.. Reste que cette réflexion demeure pour l’instant pertinente pour les pays développés. En effet, il faudra au moins plusieurs années pour vacciner l’ensemble de la population mondiale. Actuellement seulement 20% de  de la population sont vaccinés dans les pays pauvres. Un temps largement suffisant pour développer de nouveaux variants encore plus contaminants qui viendront y compris y compris dans les pays développés.

 

« Si on continue à se vacciner au rythme où on se vaccine, les simulations et les modélisations de l’institut Pasteur à Paris montrent que finalement, la crainte que l’on avait d’atteindre d’ici trois semaines 4 000 hospitalisations quotidiennes pourrait tomber aux alentours de 2 500 et que si en plus un certain nombre de mesures barrières comme le pass sanitaire sont bien respectées, on pourrait espérer 2 000 », explique à l’Opinion Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille.

Particulièrement forte, la quatrième vague s’explique par la présence du variant delta qui représente désormais 90% des cas, selon le site CovidTracker.

« Il se répand très vite mais il ne semble pas être plus virulent, c’est-à-dire entraîner des formes beaucoup plus graves que ce que l’on connaît jusqu’à présent, analyse Philippe Amouyel. Il entraîne des formes graves, la vaccination protège notamment contre ces formes graves, mais pour l’instant, pas apparemment de différence avec le variant alpha (britannique) si ce n’est cette contamination beaucoup plus grande qui amène bien sûr plus de gens en hospitalisation à un certain moment. »

Selon une étude chinoise publiée sur le site de la revue Nature, les personnes infectées par le variant delta auraient une charge virale jusqu’à 1 260 fois supérieure à celle des personnes infectées par la souche d’origine.

Une donnée reprise par le ministre de la Santé Olivier Véran au Sénat le 22 juillet : « La charge virale, c’est-à-dire la capacité, une fois que vous êtes infecté, à projeter vous même du virus serait 1 000 fois supérieure avec le variant delta qu’avec les variants précédents. »

« Les vaccins ARN (Pfizer, Moderna) en particulier, ont une très bonne efficacité, rappelle Jérémie Guedj de l’Inserm. En premier lieu contre les formes graves, c’est-à-dire l’hospitalisation. Mais ils ont même une efficacité contre les formes juste symptomatiques et ils gardent une efficacité extrêmement importante contre les infections asymptomatiques. Et là, si on revient à nos histoires de charge virale, une des raisons pour lesquelles ils marchent si bien, c’est que même un individu qui est infecté quand il est vacciné, sa charge virale, sa quantité de virus, va être nettement plus faible qu’un individu qui aurait été infecté mais qui ne serait pas vacciné.Et on estime que des individus vaccinés mais infectés vont avoir un risque de transmission qui va diminuer de 50% par rapport à un individu qui serait infecté mais non vacciné. Et donc ça  à avoir une infection moins symptomatique, une infection qui va être plus rapidement éliminée par l’organisme et qui va éviter d’aller vers tout cet emballement du système immunitaire qui peut aboutir, dans ces formes graves, à l’hospitalisation. »

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