Archive pour le Tag 'd’un'

Crise alimentaire , la faute d’un système industrialisé et de la spéculation

 Crise alimentaire , la faute  d’un système industrialisé et de la spéculation

 

Le chercheur en agronomie Nicolas Bricas estime, dans une tribune au « Monde » ,que le G7 peut contribuer à éviter des famines, en obtenant plus de transparence sur les stocks alimentaires et en réprimant la spéculation excessive sur les marchés à terme.

 

La fulgurante ascension des prix du blé et du maïs depuis un an sur les marchés internationaux provoque une nouvelle crise alimentaire. Les premières victimes : les ménages pauvres des pays où ces céréales sont la base de leur alimentation et qui les importent massivement du marché international. Ils sont déjà fragilisés par les conséquences de la crise du Covid-19 et par la hausse des prix de l’énergie.

La hausse des prix en 2008 et 2011 avait déjà révélé la fragilité des systèmes alimentaires. Mais ces sonnettes d’alarme n’ont pas déclenché la prise de mesures pour éviter de nouvelles crises. Le G7, qui se réunissait du 26 au 28 juin, prendra-t-il cette fois ses responsabilités ? Car, comme l’a montré un récent rapport d’IPES-Food, l’origine de cette crise n’est pas la guerre en Ukraine, mais bien la fragilité d’un système alimentaire industrialisé lancé et promu par les entreprises et les pays du G7.

Depuis des décennies, les politiques agricoles avaient pour objectif de nourrir la population au moindre coût, à l’aide de monocultures et d’élevages à échelle industrielle. Le blé, le maïs et le riz ont été particulièrement choisis pour assurer cette production, et ils fournissent aujourd’hui plus de 40 % des calories consommées dans le monde. Les semences sont sélectionnées pour bien répondre aux engrais chimiques, fortement dépendants du gaz et des ressources minières en phosphate. Les cultures et leurs systèmes d’irrigation sont ultra-mécanisés, et donc très dépendants du pétrole. Une poignée de puissantes entreprises ont aujourd’hui la main sur ce paquet technique. La performance productive a encouragé quelques pays dotés d’« avantages comparatifs » à se spécialiser dans ces productions pour le marché international – notamment l’Ukraine et la Russie. La production agricole mondiale a augmenté plus vite que la population et, depuis la fin du XXsiècle, la planète produit nettement plus que ses besoins caloriques.

Et pourtant, depuis cinq ans, la courbe montrant la lente réduction du nombre de personnes en insécurité alimentaire dans le monde, que l’on observait depuis les années 1960, s’est inversée. Et ce sont les ruraux et les agriculteurs en particulier qui restent les premières victimes de la faim.

Ce constat est connu, rabâché depuis des années dans toutes les institutions politiques. L’enjeu n’est pas tant de produire encore et toujours plus, mais bien de réduire les inégalités. Pourtant, certains acteurs et certains pays qui ont tiré leur richesse et leur puissance de ce modèle agricole et alimentaire proposent d’accélérer encore cette fuite en avant. Au prétexte que les prix montent, il faudrait produire plus, cela semble de bon sens. Sauf que l’on peut faire baisser les prix autrement, que l’on peut rendre les pays vulnérables plus résilients, et que l’on peut construire de nouveaux modèles agricoles et alimentaires moins fragiles. Et la crise peut être l’occasion de changer de trajectoire.

Post Législatives : les clés d’un nouveau débat

Post Législatives : les clés d’un nouveau débat 

 

Sans majorité à l’Assemblée, une nouvelle façon de gouverner va voir le jour : ni jupitérienne, ni cohabitation, mais citoyenne expose le cercle de réflexion l’Odissée*

 

Une réflexion très intéressante mais qui suppose un changement de culture tout autant qu’ une nette amélioration des connaissances des bouleversements systémiques affectant aussi bien l’économie, la technologie, l’environnement que la société. NDLR

Après les élections présidentielles et législatives 2022, la France n’est pas gouvernable en l’état. Non parce qu’il n’y a plus de parti ni coalition majoritaire, mais surtout parce qu’il n’y a ni pratique ni même de culture de débat. Les résultats électoraux sont le produit du déclassement de la France, des non-dits politiques et sociaux, du rejet des sortants, du hasard des incidents électoraux, des interactions difficiles à la vitesse des médias sociaux et de l’abstention.

 

  • Le déclassement - Francophonie, influence dans le monde, PIB par habitant, chômage, système de santé, Éducation Nationale, dette publique… : le pays est en décrochage depuis des décennies. Au décalage entre l’imaginaire des Français et leur vécu correspond la difficulté de leurs élus à aligner leurs actes sur leurs discours. Certes, les attentes sont telles que qu’il est bien ardu d’y répondre. Ceux qui maîtrisent le verbe, voire la pensée, savent manœuvrer pour obtenir la victoire électorale. Mais la victoire économique et sociale à long terme sur la scène internationale nécessite un tout autre genre de profil et de compétences. Les échecs prévisibles et visibles sur les sujets stratégiques produisent chaque fois un peu plus d’insatisfaction. Et les mécontents sortent à nouveau les sortants.
  • Les non-dits - La logique du front républicain, qui a présidé à plusieurs séquences électorales depuis quarante ans, a remplacé la formulation de diagnostics partagés sur les grands enjeux. Le système public centralisé a réussi à tenir non par son efficacité, mais par sa faculté d’exclusion de certains acteurs et, avec eux, d’informations, analyses et idées dont ils sont porteurs. Mais les faits sont têtus et rattrapent les acteurs : les effets réduits de solutions imparfaites à des problèmes mal posés finissent par se voir. Les citoyens découvrent que l’État et ses représentants sont démunis et leurs masques s’estompent.
  • Le rejet - Rejeter les uns n’est pas adhérer aux autres. Le grand-écart des reports de voix entre les extrêmes entre les deux tours révèle que les électeurs sont loin de tous approuver les idées du candidat de leur second choix. Si le parti majoritaire en 2017 a fait l’objet d’un rejet en 2022, les votes recueillis par ses concurrents ne révèlent pas un accord avec leurs propositions. Dans nombre de territoires, les vainqueurs bénéficient plutôt du licenciement de leurs prédécesseurs et prennent tout simplement sa place devenue vacante.
  • Le hasard - Dans quantité de circonscriptions, le résultat s’est joué à peu de voix. Les derniers événements médiatisés auraient pu être tout autres. Ils auraient alors fait pencher la balance autrement… Et une majorité aurait pu surgir d’un coin ou d’un autre de l’échiquier politique. De plus, l’équation individuelle d’une personnalité dans son terroir joue en sa faveur ou sa défaveur, quelle que soit son orientation politique, parfois elle-même en désaccord partiel avec son parti. Le vent aléatoire qui pousse ici ou là peut changer de cap au moindre incident de dernière minute lors de la prochaine élection.
  • La déconnexion - Les internautes ont pris l’habitude de s’exprimer aisément avec l’outil qu’ils ont dans leur poche : ils ne se contentent plus d’une voix… ils prennent la parole et aspirent désormais à être entendus ! Si l’interaction facile et immédiate devient une norme, elle ne produit cependant pas encore de raisonnement collectif. Convertir des empilements de monologues en dialogue fécond est un défi pour tout décideur. Comme les autres, partis et candidats sont encore loin de répondre à cette exigence.
  • L’abstention - Avec près de 54% d’abstention (environ 57% au sein du corps électoral, non-inscrits inclus), le premier choix du corps électoral est donc : un non-choix ! Quel qu’il soit, l’élu n’obtient que le second score. Une alliance entre tous les candidats n’obtiendrait pas un score supérieur à l’abstention. Aussi, aucune alliance de second plan ne sera assez représentative pour asseoir une légitimité réelle et durable aux yeux de nombreux citoyens.

Nouvelle situation, nouvelle méthode

L’élection ne relève donc que rarement d’un ancrage intellectuel compris et assumé à la fois par l’élu et par ses électeurs. Si la légitimité légale est indéniable, il n’en va donc pas de même pour la légitimité éthique : si le choix des électeurs n’est pas affirmé, le mandat qu’ils confient n’est pas clair non plus. Aussi, un élu se doit de concilier son programme électoral avec la variété des nuances de la diversité des citoyens. Cette ré-conciliation des divergences ne peut s’opérer qu’à travers le débat producteurs d’évolutions perceptibles.

Certes, l’émiettement de l’Assemblée Nationale constitue une occasion d’établir une meilleure qualité de délibération intergroupe. Et donc au sein des groupes et des partis qui devront s’y préparer. Cela pourrait même constituer une bouée de sauvetage pour la Ve République, pour un temps au moins.

Mais le débat entre leurs représentants ne pourrait suffire pour provoquer le réveil de nos concitoyens, pour les extirper de leur rancœur issue de discours infantilisants et des petites phrases simplistes dont ils sont abreuvés depuis des générations. Les parlementaires doivent donc parlementer entre eux, mais aussi parlementer avec les citoyens, et même jouer de médiateur entre citoyens opposés, voire hostiles. Surtout que les contraintes désagréables vont s’enchainer du fait de l’entrée dans la transition globale de la planète (climat, énergie, pollutions, biodiversité, matières premières…). Cela au moment même où l’État n’a bientôt plus de moyens, d’autant que l’inflation qui arrive va augmenter la charge du remboursement de sa dette, alors qu’il reste cependant attendu partout et par tous.

Comment faire passer nos concitoyens de l’état de vassaux qui attendent la protection de l’état-providence centralisé et lointain à celui d’inventeurs proactifs d’une nouvelle société ?  Pour accélérer la qualité du discernement et la créativité collective, puis le repérage et la mise en œuvre des meilleures solutions, encore faut-il activer la responsabilité intellectuelle de chacun vis-à-vis de tout et de tous.

Actionner sans délai toutes les intelligences suppose un réveil citoyen. Or, pour que le citoyen se lève, il faut lui donner une raison, lui démontrer l’importance de ses contributions, lui donner le signal de son utilité dans la société.

Cela passe par l’appel à participer à des débats non partisans. Mais attention, il s’agit de débattre, débattre véritablement : il faut casser les miroirs aux alouettes et les outils de marketing politique. Car, faire croire aux électeurs qu’ils seront entendus alors que l’on a que faire de leurs propos ferait encore le lit de la violence.

L’attractivité du processus dépend de sa faculté à organiser la production de consensus forts car fertiles, innovants et visibles. Pour cela, la méthode de réflexion collective doit garantir la consolidation interactive du raisonnement collectif par l’intégration de la diversité des apports de tous :

  • Informations, analyses, expériences et propositions,
  • Paramètres politiques, économiques et sociaux,
  • Dimensions locales, nationales et internationales,
  • Enjeux personnels, professionnels et sociétaux,
  • Intérêts particuliers, intérêts collectifs et intérêt général,
  • Idéaux, contingences et comportements actuels,
  • Orientations à long terme et objectifs opérationnels à court terme,

Les sujets, y compris les plus stratégiques, doivent être abordés les uns après les autres, selon un calendrier préétabli en accord avec les participants. Tous doivent être retravaillés à fréquence suffisamment élevée pour optimiser leurs interconnections entre eux ainsi que leur ré-adéquation systématique au monde qui bouge.

Dans tous les territoires et à tous les niveaux, les décideurs politiques, économiques et sociaux vont devoir assumer un nouveau rôle d’organisateur de débats responsables et efficaces. Dans tous les partis, syndicats et entreprises, l’enjeu consiste à réinventer le lien dirigeant-dirigé. Il s’agit de placer chacun en situation de contribuer à la réécriture de leurs propres projets. De la faire avec toutes les parties concernées. Et de les inscrire dans un nouveau projet de société forgé peu à peu ensemble. Il revient à chaque décideur de décider de rompre avec la verticalité, d’adapter à la France l’exemple des pays du Nord de l’Europe qui fonctionnent mieux qu’elle.

Alors seulement la France et les Français procéderont à une relecture de leur présent et de leur passé, ainsi qu’à l’articulation d’une vision partagée et enthousiasmante de leur avenir. Chacun pourra s’engager dans l’accomplissement du destin commun défini ensemble et abonder avec ses moyens, ses talents et ses énergies. Sans cet accouchement collectif, quels qu’ils soient, élus et citoyens ne seront pas en mesure de prendre en mains le destin français.

Sans cela, l’inertie sociale fera ressurgir la colère et la violence, encore amplifiées. Ce serait alors la dissolution, une nouvelle roulette électorale sans plus d’assise socio-politique qu’aujourd’hui et, quel que soit le vainqueur, la poursuite de l’affaissement !

________

NOTES

(*) Afin d’éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l’Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livrera les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s’appuyant sur des cas pratiques et sur l’actualité.

L’Odissée, l’Organisation du Dialogue et de l’Intelligence Sociale dans la Société Et l’Entreprise, est un organisme bicéphale composé d’un centre de conseil et recherche (l’Odis) et d’une ONG reconnue d’Intérêt général (les Amis de l’Odissée) dont l’objet consiste à « Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde ».

Depuis 1990, l’Odissée conduit l’étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l’Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l’a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d’auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l’intérieur des entreprises.

L’Odissée (*)

 

Affaire Alstom-GE-EDF: Réémergence d’un dossier sulfureux

Affaire Alstom-GE-EDF: Réémergence d’un dossier sulfureux 

 

 

Compte tenu des risques qui pèsent sur le carnet de commandes de turbines Arabelle, constitué aux deux tiers de commandes du géant russe Rosatom, EDF veut réviser la valorisation de cette acquisition. À la suite de l’invasion russe en Ukraine, la Finlande a rompu son contrat avec Rosatom pour la livraison d’une nouvelle centrale nucléaire.

L’ affaire des achats ventes et revente des ex turbine Alstom risque de revenir à la surface de l’actualité. On se souvient que Macron avait en quelque sorte imposé avec les Américains la vente des turbines d’Alstom à General Electric  dans des conditions plus que troubles. Conditions sans doute également liées au financement de la campagne de Macron ( affaire enterrée par la justice).

Aujourd’hui c’est EDF qui s’interroge. EDF qui déjà est dans une situation financière particulièrement délicate et qui a du obéir à la demande de Macron  de racheter les fameuses turbines vendues précédemment par Alstom à GE.

Et l ‘offensive russe en Ukraine relance l’affaire des ex-turbines Alstom. Près de quatre mois après s’être félicité à Belfort du retour sous le pavillon français des célèbres turbines Arabelle, cédées il y a sept ans de façon très controversée à General Electric, EDF est sur le point  de rouvrir la boîte de Pandore. En cause : le prix jugé aujourd’hui surévalué face aux risques de désistement de grands clients qui ont signé la construction de centrales avec le principal client de ces turbines, le géant du nucléaire russe Rosatom.

La Finlande a donné le signal. Le 2 mai, le consortium à majorité finlandaise, Fennovoima, a annoncé annuler son contrat avec le russe Rosatom pour construire le réacteur Hanhikivi-1, dans le nord du pays. Il invoque des risques « aggravants provoqués par la guerre en Ukraine », en plus des retards significatifs et de l’incapacité de Rosatom à délivrer la centrale.

 

Vente de la branche énergie à General Electric (Wikipedia )

Le 23 avril 2014, alors que Patrick Kron et Jeffrey Immelt, PDG de General Electric, discutent confidentiellement aux États-Unis les derniers détails de la vente de la branche énergie du groupe, l’agence Bloomberg publie une dépêche révélant les négociations entre les deux PDG.

Le rachat partiel d’Alstom par General Electric, est proposé pour un montant de 13 milliards de dollars.

Le 27 avril, une offre alternative est faite par Siemens, par laquelle ce dernier exprime son souhait d’acquérir les activités énergétiques d’Alstom, contre une partie des activités ferroviaires de Siemens.

Patrick Kron doit accepter l’offre de rachat de la branche énergie d’Alstom par le groupe américain General Electric (GE) face aux pressions du gouvernement américain (cf. infra) et à l’emprisonnement abusif d’employés stratégiques d’Alstom comme Frédéric Pierucci . La branche restante d’Alstom, c’est-à-dire les activités de transport qui ne représentent alors qu’un tiers du chiffre d’affaires du groupe, serait chargée du paiement de l’amende liée à un procès de corruption intenté aux États-Unis sur une base d’extraterritorialité des lois anticorruption .

Le 30 avril, le conseil d’administration d’Alstom accepte l’offre de 12,35 milliards d’euros de General Electric, pour ses activités énergétiques. Les actionnaires approuvent cette offre à 99,2 %. General Electric confirme son offre de 16,9 milliards de dollars.

Le 5 mai 2014, General Electric annonce son souhait d’acquérir 25 % de la filiale énergétique indienne d’Alstom pour environ 389 millions de dollars, si son offre globale réussit.

Le même jour, le gouvernement français s’oppose à l’offre de General Electric, s’inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire, des emplois et du futur de ses activités ferroviaires, invitant General Electric à regrouper ses activités ferroviaires avec celles d’Alstom.

L’état tente de renforcer son poids dans la négociation. Le 16 mai, Il promulgue le décret no 2014-479 qui étend à de nouveaux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique les pouvoirs du décret no 2005-1739, qui portent sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques.

Le 16 juin, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries émettent une nouvelle offre commune alternative à celle de General Electric. Siemens souhaite acquérir les activités d’Alstom dans les turbines à gaz pour 3,9 milliards de dollars et Mitsubishi Heavy Industries formerait des co-entreprises avec Alstom sur ses activités du nucléaire, de la distribution électrique et de l’hydroélectricité, pour 3,1 milliards de dollars5.

Le 19 juin 2014, General Electric annonce une variation de son offre initiale, sur la même valeur, mais avec davantage d’échanges d’actifs par la création d’une co-entreprise sur les activités électriques renouvelables, sur les réseaux de distributions d’énergies, sur les activités de turbines à vapeur et sur les activités nucléaires. General Electric s’engage également à vendre son activité dans la signalisation ferroviaire à Alstom5

Le 20 juin 2014, Siemens et Mitsubishi Heavy Industries modifient leur offre regroupant les co-entreprises proposées en une seule entre Alstom et Mitsubishi et augmentent la partie de l’offre en liquide de Siemens de 400 millions d’euros à 4,3 milliards d’euros.

Le même jour, le gouvernement français annonce soutenir dorénavant l’alliance entre Alstom et General Electricet vouloir prendre 20 % des actions d’Alstom (rachetés à Bouygues). Mais les tractations entre Bouygues et l’État semblent difficiles, les parties prenantes du dossier ne s’entendant pas sur le prix.

Le 4 novembre 2014, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d’Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom.

 

L’urgence d’un système de paiement international fiable

L’urgence  d’un système de paiement international  fiable 

 

L’économiste David Bounie appelle, dans une tribune au « Monde », à lutter contre la « fragmentation » du système monétaire international, miné par les conflits géopolitiques et les cryptomonnaies.

 

L’appel de Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), à moderniser le système de paiement transfrontalier en utilisant les plates-formes numériques, lors d’une conférence à Zurich le 10 mai, manifeste un début de prise de conscience des autorités financières.

Notre système monétaire, hérité de Bretton Woods, du nom de la conférence internationale qui, en 1944, a organisé le système monétaire mondial autour du dollar américain, est à bout de souffle. Et plus encore alors qu’il représente aujourd’hui un risque d’appauvrissement et de déstabilisation majeur pour nos économies.

La fragmentation de l’économie mondiale est en effet en marche, et elle est attisée par celle de nos systèmes de paiement. La numérisation des paiements et de la monnaie encourage en effet les initiatives publiques et privées, mais aussi l’utilisation de la monnaie, redoutable arme de guerre économique, dans les rapports de force internationaux.

La cryptomonnaie est un leurre

La guerre en Ukraine accélère ce processus de balkanisation monétaire. En interdisant l’accès de certaines banques russes au système international d’échanges financiers Swift, les Etats-Unis et leurs alliés ont contribué à cette prise en otage des systèmes de paiement à des fins politiques, alors que ceux-ci devraient tout au contraire être un bien collectif, non un outil d’exclusion.

Cette mainmise de la diplomatie encourage la construction de systèmes de paiement parallèles ou l’adoption de systèmes fermés et risqués, qui ont pour objectif de s’émanciper des sanctions politiques et du dollar américain. Après le Salvador et la République centrafricaine qui ont lancé le mouvement, de plus en plus nombreux sont les pays qui, coupés des systèmes de paiement traditionnels, pourraient recourir de plus en plus à des cryptomonnaies, même si l’instabilité de ces actifs est aujourd’hui avérée.

Ces pays d’Afrique et d’Amérique centrale notamment, qui ne disposent pas de systèmes de paiement efficients, se sont convertis aux cryptoactifs dans l’espoir qu’ils allaient faciliter leurs échanges, en particulier internationaux. Cette « démocratisation » brandie en étendard par ces Etats est un leurre, étant donné les risques de volatilité et de déstabilisation des économies que l’on observe aujourd’hui.

Les cryptomonnaies trouvent déjà leurs limites, alors que les économies les plus avancées du monde s’interrogent aujourd’hui sur la régulation de ces innovations monétaires et la meilleure façon d’organiser leur expansion. Les ministres des finances et les représentants des banques centrales du G7 ont une nouvelle fois appelé le 19 mai, à l’occasion de leur réunion en Allemagne, à la mise en place rapide d’une réglementation complète des cryptoactifs à la suite du krach de la cryptomonnaie UST.

Guerre Ukraine : les russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

Guerre Ukraine : les russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

 

 

Poutine accumule les échecs. D’abord il n’a pas réussi son pari de s’emparer en quelques jours de la totalité de l’Ukraine. Pire aujourd’hui les forces russes ont plutôt tendance à reculer sous la pression ukrainienne. Le risque évidemment c’est un geste désespéré de Poutine pour sauver sa place et son régime. Politiquement son opération constitue un échec retentissant puisque non seulement il n’a pas soumis la totalité de l’Ukraine mais qu’en plus il y a désormais un renforcement et une recomposition de l’OTAN avec les prochaines adhésions de la Finlande et de la Suède. Sans parler de la misère sociale qui s’installe en Russie où on commence à manquer de tout et avec une inflation de 20 à 30 %.. Or, depuis le début de la guerre, les forces militaires russesse réduisent comme une peau de chagrin. En quatre-vingt jours, elles sont d’abord passées de 600 km à un peu moins de 200 pour atteindre aujourd’hui à peine 30, autour de la ville de Sievierodonetsk.

On voit mal comment pourrait se terminer cette guerre dans le cadre d’un compromis. Politiquement, Poutine ne peut pas se permettre une défaite ; inversement les ukrainiens n’accepteront pas facilement de lâcher certaines provinces russophones de l’Est. On risque de s’installer dans une situation de longue guerre notamment près du Dombass avec aussi des manœuvres russes pour déstabiliser dans le monde certain pays en mal de démocratie notamment en Afrique voire au Moyen -orient.  Mais on ne peut non plus exclure le pire avec la menace nucléaire.

 

Guerre Ukraine : la crainte d’un geste désespéré de Poutine

Guerre Ukraine :  la crainte d’un geste désespéré de Poutine

 

 

Poutine accumule les échecs. D’abord il n’a pas réussi son pari de s’emparer en quelques jours de la totalité de l’Ukraine. Pire aujourd’hui les forces russes ont plutôt tendance à reculer sous la pression ukrainienne. Le risque évidemment c’est un geste désespéré de Poutine pour sauver sa place et son régime. Politiquement son opération constitue un échec retentissant puisque non seulement il n’a pas soumis la totalité de l’Ukraine mais qu’en plus il y a désormais un renforcement et une recomposition de l’OTAN avec les prochaines adhésions de la Finlande et de la Suède. Sans parler de la misère sociale qui s’installe en Russie où on commence à manquer de tout et avec une inflation de 20 à 30 %.. Or, depuis le début de la guerre, les forces militaires russes se réduisent comme une peau de chagrin. En quatre-vingt jours, elles sont d’abord passées de 600 km à un peu moins de 200 pour atteindre aujourd’hui à peine 30, autour de la ville de Sievierodonetsk.

On voit mal comment pourrait se terminer cette guerre dans le cadre d’un compromis. Politiquement, Poutine ne peut pas se permettre une défaite ; inversement les ukrainiens n’accepteront pas facilement de lâcher certaines provinces russophones de l’Est. On risque de s’installer dans une situation de longue guerre notamment près du Dombass avec aussi des manœuvres russes pour déstabiliser dans le monde certain pays en mal de démocratie notamment en Afrique voire au Moyen -orient.  Mais on ne peut non plus exclure le pire avec la menace nucléaire.

 

Retour d’un climat de guerre ?

 

 

Un monde se disloque et le nouveau tarde à naître. Comprendre ces crises multiples – économiques, sanitaires, climatiques – et le retour de la guerre implique de penser l’interrègne, expliquent Gilles Gressani et Mathéo Malik, le directeur et le rédacteur en chef de la revue « Le Grand Continent ».

 

L’actualité qui traverse nos écrans est faite d’images monstrueuses, étrangement familières. Il y a un mois : un chat sale rôde dans les rues du charnier à ciel ouvert de Boutcha, en Ukraine. Il y a deux mois : le patriarche de Moscou et de toutes les Russies engage une puissance nucléaire dans une guerre sainte – il n’y a pas de pardon pour ceux qui organisent des Gay Prides [le 6 mars, le patriarche Kirill a situé le conflit ukrainien au cœur d’une guerre civilisationnelle dont l’homosexualité serait un enjeu]. Il y a neuf mois : des corps agrippés à un avion qui décolle s’écrasent sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan. Il y a deux ans : au pic de la pandémie, le président des Etats-Unis annonce que la Bourse vient d’atteindre son record historique. Cette semaine : il fait plus de 50 °C au Pakistan.

Ces nouvelles sont trop fréquentes pour être emblématiques, trop puissantes pour ne pas laisser de trace. Elles impriment chez nous une impression profonde : nous vivons dans une crise qui a des formes innombrables et qui semble inévitable. Nous agitons beaucoup de mots pour la décrire : la fin, le désordre, l’effondrement, le chaos parasitent notre vision. Le temps, on le sait – c’est même sûr – est sorti de ses gonds.

Ces impressions sont justifiées car nous traversons des « crises-mondes » : tout bascule à cause de l’économie, du terrorisme, de la pandémie, de la guerre – tout est en train de basculer dans l’urgence climatique. Chacune différente de l’autre, de rupture en rupture, ces transformations soudaines nous étourdissent. Sur les plateaux de télévision, dans les grands journaux, les économistes avaient été remplacés par des épidémiologistes. Aujourd’hui, l’invasion de l’Ukraine les remplace par des généraux. Comment avoir prise dans ce vertige ?

Depuis presque trois mois, la guerre a provoqué un nouveau séisme. Elle a ranimé des spectres, elle a brutalement redéployé des coordonnées qui nous avaient fait vivre dans l’illusion que nous étions en train de tourner la page et de trouver un équilibre postpandémique. Dans cette accélération de l’histoire, fait-on du surplace ou sommes-nous en train de tomber ?

 

Pour prendre du recul, une nouvelle méthode s’impose : nous faisons face aux symptômes d’un phénomène plus profond. Ces secousses impressionnantes, ces changements telluriques sont l’effet de la dislocation d’un monde. Nous vivons un moment de profonde transition car nous sommes collectivement, de manière désordonnée et conflictuelle, à la recherche d’un nouveau point d’équilibre. A toutes les échelles géographiques, de l’espace de la métropole unique à celui des grands continents, des forces politiques anciennes affrontent de nouvelles technologies et industries. Les Etats s’entrechoquent pour trouver leur place. Dans nos années 2020, nous vivons le retour d’un entre-deux-guerres. Marchons-nous vers le précipice d’une deuxième guerre froide ou d’une troisième guerre mondiale ?

 

CONTENUS SPONSORISÉS PAR

OUTBRAIN

PUBLICITÉVESPAFinancez votre Vespa à taux 0% sur 36 mois sans apport.

Ukraine : les forces russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

Ukraine : les forces russes en recul mais la crainte d’un geste désespéré de Poutine

 

 

Poutine accumule les échecs. D’abord il n’a pas réussi son pari de s’emparer en quelques jours de la totalité de l’Ukraine. Pire aujourd’hui les forces russes ont plutôt tendance à reculer sous la pression ukrainienne. Le risque évidemment c’est un geste désespéré de Poutine pour sauver sa place et son régime. Politiquement son opération constitue un échec retentissant puisque non seulement il n’a pas soumis la totalité de l’Ukraine mais qu’en plus il y a désormais un renforcement et une recomposition de l’OTAN avec les prochaines adhésions de la Finlande et de la Suède. Sans parler de la misère sociale qui s’installe en Russie où on commence à manquer de tout et avec une inflation de 20 à 30 %.. Or, depuis le début de la guerre, les forces militaires russesse réduisent comme une peau de chagrin. En quatre-vingt jours, elles sont d’abord passées de 600 km à un peu moins de 200 pour atteindre aujourd’hui à peine 30, autour de la ville de Sievierodonetsk.

On voit mal comment pourrait se terminer cette guerre dans le cadre d’un compromis. Politiquement, Poutine ne peut pas se permettre une défaite ; inversement les ukrainiens n’accepteront pas facilement de lâcher certaines provinces russophones de l’Est. On risque de s’installer dans une situation de longue guerre notamment près du Dombass avec aussi des manœuvres russes pour déstabiliser dans le monde certain pays en mal de démocratie notamment en Afrique voire au Moyen -orient.  Mais on ne peut non plus exclure le pire avec la menace nucléaire.

 

 

Guerre en Ukraine : L’occasion d’un renforcement des dictatures Pékin Moscou

Guerre en Ukraine : L’occasion d’un renforcement des dictatures Pékin Moscou

 

L’amitié sino-russe est une donnée contemporaine dont il faut tenir compte pour comprendre les nouveaux enjeux géopolitiques et économiques à l’échelle internationale créés par la décision de Moscou d’envahir l’Ukraine. Par Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School, et Charaf Louhmadi, ingénieur économètre chez Natixis, auteur de « Fragments d’histoire des crises financières » et « Voyage au pays des nombres premiers ».( dans la « Tribune »)

La Chine et la Russie sont deux puissances mondiales. L’une représente le pays le plus peuplé du monde : 1,374 milliard d’habitants. L’autre est le plus grand en termes de superficie : 17 millions de km2. Une frontière commune de 4.200 km les relie. Les deux pays siègent au conseil permanent de l’ONU, tandis que les relations sino-russes sont excellentes depuis quelques années. Aux jeux olympiques de Pékin, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont volontairement affiché aux yeux du monde entier l’amitié de leurs deux nations. A ce titre, le chef de la diplomatie chinoise Wang YI évoque « une amitié sino-russe solide comme un rock ». Il est évident que cette alliance, de plus en plus renforcée, constitue une menace pour le monde occidental.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine tisse en effet depuis des années un partenariat énergétique stratégique avec son voisin russe, particulièrement riche en gaz et en pétrole. Rappelons cependant que la Russie n’est que la 12e puissance économique mondiale au début de la guerre en Ukraine. Son PIB était en deçà de celui des pays du Benelux (Pays-Bas, Belgique et Luxembourg). Autrement dit, la puissance de la Russie paraissait d’abord d’ordre militaire.

Les relations économiques bilatérales entre les deux pays ont débuté dès la fin des années 1980. La Russie a alors tiré profit de l’embargo occidental suite aux événements tragiques de la place Tian’anmen pour vendre des armes à son nouveau partenaire. De surcroit, les deux pays ont procédé à des manœuvres militaires communes en 2005 avant de célébrer en grande pompe en juin 2019 le 70e anniversaire de leurs relations diplomatiques. A cette occasion, ils ont utilisé des moyens spectaculaires pour mettre en scène, devant les caméras du monde entier, la complicité et l’amitié qui les relient.

Pékin multiplie par ailleurs ses adhésions stratégiques aux organisations mondiales. Ainsi l’empire du Milieu fait-il partie des pays membres du FMI, des organisations mondiales de la santé (OMS) et du commerce (OMC) et, nous l’avons vu, de l’ONU. La Chine y dirige d’ailleurs quatre de ses quinze agences à savoir la FAO chargée de l’agriculture, l’ITU en charge des télécoms, l’ICAO spécialisée dans le domaine de l’aviation et enfin l’UNIDO pour le développement industriel.

Parallèlement, la Chine participe activement à l’élaboration et le développement de sa propre agence de coopération : l’Organisation de Coopération de Shanghai dite « OCS ». Fondée en 2001 et siégeant à Pékin, elle correspond à une alliance intergouvernementale de partenariats économiques. Mais son rôle essentiel porte sur le maintien de la stabilité et de la sécurité régionale. Au côté de la Chine donc, la… Russie faisait partie des six États fondateurs avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Inde et le Pakistan ont rejoint l’organisation en 2017. En outre, on dénombre quatre États observateurs (la Biélorussie, la Mongolie, l’Iran et l’Afghanistan) et six partenaires de discussion : La Turquie, l’Azerbaïdjan, le Népal, le Cambodge, l’Arménie et le Sri Lanka. Les deux langues officielles de travail sont le chinois et le… russe.

Chaque année, a lieu un sommet au cours duquel les dirigeants des États membres et observateurs définissent les grandes lignes des politiques de partenariats et d’alliances sectorielles portant sur la défense, l’éducation, la justice et le tourisme. Actuellement, l’Ouzbek Vladimir Norov en assure le secrétariat général qui doit s’assurer d’une bonne coordination entre les Etats.

En 2018, le PIB total de cet ensemble était valorisé à hauteur de 18.500 milliards de dollars, soit 21,6% du PIB mondial. Il détient plus du quart des terres émergées à l’échelle de la planète et plus de 40% de la population mondiale. D’un point de vue énergétique, les pays de l’OCS concentrent plus de la moitié des réserves mondiales connues de gaz et d’uranium, le quart de celles en pétrole et 35% du charbon. Au total, l’existence de cette organisation rend compte d’un déplacement progressif de l’axe du monde vers l’Asie.

L’OCS veille également au maintien de la non-ingérence des pays occidentaux et particulièrement des Etats-Unis dans les affaires de ses adhérents. Mais, n’étant pas une sorte d’OTAN oriental, elle ne dispose pas d’équivalent de l’article 5 de la charte de l’Alliance atlantique, qui stipule qu’une attaque militaire contre un pays membre donne systématiquement lieu à une riposte militaire collective de l’ensemble de ses pays membres. Non content de leur vendre des armes, le Kremlin a pourtant installé des bases militaires au sein de pays membres de l’OCS pour accroitre son influence en Asie.

Notons toutefois que l’Organisation de Coopération de Shanghai sert d’abord les intérêts chinois, à travers l’ambitieux projet mondial des « routes de la soie » qui touche notamment aux secteurs des hautes technologies, des transports, des énergies et de l’agriculture. L’OCS a par ailleurs participé au financement de la plus grande autoroute européenne reliant Ridder au Kazakhstan à la ville française de Calais, avec un objectif précis : faciliter l’écoulement des marchandises chinoises en Europe. La Chine a toujours veillé sur ses intérêts économiques et géostratégiques. Ne créait-elle pas, dès 1996, l’ancêtre de l’OCS, « Shanghai five » afin de traiter les problèmes de délimitations des frontières après la dislocation de l’URSS !

Il existe toutefois des tensions régionales, voire des escalades entre les pays membres de l’OCS. Prenons l’exemple du Cachemire qui est revendiqué à la fois par l’Inde et le Pakistan. La Chine n’est pas non plus étrangère à ce conflit. Cette région constitue en effet l’un des axes des routes de la soie chinoise, ce qui tend les relations diplomatiques entre l’Inde et la Chine. Ces deux derniers sont également en conflit au Ladakh dans l’Himalaya. L’Inde accusant la Chine de coloniser des territoires nationaux, des affrontements ont eu lieu en mai 2020 à plus de 5.000 mètres d’altitude et ont coûté la vie à plusieurs soldats : 20 Indiens et 4 Chinois.

Il existe enfin une certaine rivalité économique entre la Russie et la Chine, au sujet du libre-échange monétaire. Cela s’illustre par l’action portée par Moscou au sein des pays membres de l’OCS afin de protéger le rouble d’une prépondérance de la monnaie chinoise. En outre, Pékin convoite l’Union économique eurasiatique et l’organisation du traité de sécurité collective, deux zones de libre-échange au sein desquelles le rouble est traité à grands volumes.

De ces tensions à la fois géopolitiques et financières ressortent une réelle complexité de l’OCS car elle affiche par ailleurs une réelle volonté unitaire de contrer l’influence occidentale. Ainsi les deux puissances sino-russes entretiennent-elles des relations certes cordiales (car basées sur des partenariats solides et croissants) mais non dénuées d’une mutuelle méfiance. Depuis le début de la guerre en Ukraine, que la Chine observe dans la perspective d’un possible conflit avec l’île de Taïwan, les exportations et les importations ont tout de même bondi entre les deux pays. Les volumes d’exportations de la Chine vers la Russie ont cru de 45% au mois de février dernier, selon Oddo BHF, versus une augmentation mondiale de 16%. En même temps, Pékin profite des barils russes bon marché pour booster ses importations énergétiques.

C’est dire que la position ambiguë de l’État chinois qui n’a pas condamné l’invasion de l’Ukraine inquiète particulièrement les pays occidentaux. Reste que, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Europe ainsi que les Etats-Unis dépassant largement les volumes sino-russes, la Chine doit veiller à trouver un juste équilibre dans les relations bilatérales complexes qu’elle entretient avec Moscou. C’est pourquoi l’hypothèse d’un double discours couplé d’un rôle délicat d’équilibriste de Pékin prend sa source dans le fait que la Russie n’a pas été exclue de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Cette neutralité, pour ne pas dire connivence, peut s’expliquer par une volonté commune de redessiner l’ordre mondial, aux antipodes des valeurs démocratiques et universelles de l’ouest. Un point commun relie également ces deux puissances, la volonté de contrer l’influence des Etats-Unis à l’échelle mondiale.

La Russie s’appuie désormais sur ses alliés pour limiter les impacts significatifs des sanctions internationales et éviter le défaut. Les réserves de change en euros ou en dollars de la banque centrale russe ont été gelées au sein des pays occidentaux. Sur 600 milliards de dollars, il ne resterait que 150 milliards mais essentiellement en yuans, roupies et en or. L’institution centrale russe n’a donc plus accès à l’essentiel de ses réserves internationales en euros et en dollars. Pendant ce temps, Pékin aurait procédé à l’entrée dans des capitaux d’entreprises russes en difficulté. L’Etat chinois profite ainsi de la conjoncture actuelle, pour s’implanter dans une Russie fragilisée. Les deux parties savent donc identifier les domaines d’intérêt commun pour lesquels s’impose la coopération, notamment dans le domaine spatial. Un accord prévoit ainsi la construction conjointe d’une future station lunaireAutre manière d’entrer en compétition directe avec les États-Unis.

C’est pourquoi l’attitude douteuse de Pékin vis-à-vis de la guerre en Ukraine a fait réagir Washington. Janet Yellen, la secrétaire du Trésor américain, a mis en garde la Chine en la menaçant de sanctions économiques qui toucheraient ses exportations vers l’Occident.

L’ascension économique de la Chine est la conséquence de son inclusion au sein de l’économie mondiale. Son intégration à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 a permis son essor économique et une croissance accrue lors des deux dernières décennies. L’empire du Milieu accroît constamment son influence économique internationale. C’est ainsi que la Chine a réussi à négocier le paiement en yuan du pétrole saoudien. Selon les données de l’Administration générale des douanes de Chine, les exportations de pétrole du royaume vers la Chine s’accélèrent depuis 30 ans. L’Arabie saoudite était l’an dernier le premier fournisseur de brut de la Chine, suivie de la Russie avec 1,6 million de barils par jour.

En imposant sa monnaie, Pékin souhaitait aussi prouver que celle-ci pouvait être une monnaie d’échange parfaitement crédible à l’échelle mondiale. L’usine du monde, premier partenaire économique des Etats-Unis et dont le PIB est six fois supérieur à celui de la Russie, rayonne par ses partenariats économiques et commerciaux mondiaux. Le maintien de sa croissance, qui montre par ailleurs des signes d’essoufflement ces dernières années, passe d’abord par l’écoulement de ses marchandises en Europe et aux Etats-Unis, d’où la nécessité de ne pas essuyer des sanctions internationales. Mais, inversement, appliquer des sanctions à Pékin priverait l’Europe, les Etats-Unis et le monde de nombreuses marchandises et biens importés de Chine. Ainsi le rôle d’équilibriste revient-il aussi à l’Occident.

Mariem Brahim et Charaf Louhmadi

Politique: Les risques d’un quinquennat de chaos

Politique: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Politique-Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos

Politique-Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme, démocratie et technocratie.

Politique- risques d’un quinquennat de chaos

Politiquerisques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos

Macron II: Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme, démocratie et technocratie.

Les risques d’un quinquennat de chaos

Les risques d’un quinquennat de chaos          

 

Rarement sans doute une élection aura aussi peu intéressé les Français qui a près de 70 % n’attendent  pas grand-chose de cette échéance. D’une certaine manière, ils ont raison. Pire, ce quinquennat pourrait être celui du chaos tellement de problèmes restent  en suspens.

Les principaux concernent le manque de compétitivité de l’économie, la bureaucratie étatique, le poids de la fiscalité sans parler des problèmes sociétaux de démocratie, de drogue, d’insécurité voire de terrorisme.

Sur l’ensemble de ces questions Macron a  joué au président caméléon : un coup à gauche, un coup à droite et retour à la case immobilisme.

Ce nouveau quinquennat comporte  le risque d’additionner les crises.

La première crise concernera sans doute le domaine démocratique ;  le président élu comme d’ailleurs les députés ne seront représentatifs que d’une faible majorité. En gros , les trois quarts des Français ne se reconnaîtront pas dans ces élus.

La seconde crise pourrait découler de la question socio économique très impactée par l’inflation. Une inflation en train discrètement mais sûrement de grignoter le pouvoir d’achat des ménages , donc de la consommation et de la croissance. Et plus loin derrière de l’emploi. En gros, en moyenne les Français vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 2 à 3 % qu’en inflation aura atteints cette année autour de 6 %.

La question économique centrale concerne le manque de compétitivité de la France qui en moyenne par an accuse toujours autour de 70 milliards de déficits quand les Allemands dégagent un bénéfice de près de 200 milliards. En cause, un ultralibéralisme qui  a tué notamment l’industrie et favorisé les délocalisations.

En cause, le poids de la fiscalité qui pèse sur les coûts de production. En cause aussi,  un problème tabou : le manque de productivité des actifs. Un manque de productivité qui a reçu le coup de grâce avec les 35 heures de la gauche irresponsable et incompétente. Les Français potentiellement actifs sont ceux parmi les pays développés qui travaillent le moins au cours de leur vie. Cette question va rapidement resurgir à l’occasion de la réforme des retraites sera forcément contestée.

Au-delà de la question économique se pose tout autant- et en interconnexion- la question financière avec l’accumulation d’une dette qui prouve que la France ne peut maintenir son train de vie qu’à crédit. Une dette qu’il faudra bien rembourser à terme   d’une manière ou d’une autre par la fiscalité ou l’inflation.

En matière sociétale, les questions de la sécurité et de la drogue devront être prises autrement en compte car elles gangrènent  progressivement non seulement certaines banlieues mais la plupart des villes mêmes les plus petites avec des contagions jusque dans la ruralité.

Évidemment d’autres problèmes non évoqués ici viendront aussi marquer ce quinquennat. Un quinquennat qui pourrait surtout être celui du chaos avec soit une présidente complètement incompétente, soit un président caméléon immature  qui confond bavardage et progressisme.

Environnement et présidentielle : l’impression d’un désintérêt

Environnement et présidentielle : l’impression d’un désintérêt 

L’impression de désintérêt des candidats pour les questions environnementales se justifie par des propositions trop souvent floues ou consensuelles à rebours des préconisations des scientifiques. Par Simon Persico, Université Grenoble Alpes (UGA) et Esther Hathaway, Université Grenoble Alpes (UGA)

Marches pour le climat le 12 mars en référence au film à succès « Look Up », rassemblements prévus le 9 avril à la veille du premier tour : les activistes du mouvement climat n’ont cessé de relancer la mobilisation depuis les premières grèves en 2018.

Elles et ils partagent l’impression d’un désintérêt des candidats et des médias lors de cette campagne présidentielle, dont témoigne, par exemple, le fait que moins de 5 % du contenu des journaux télévisés soit consacré à la crise climatique, selon les données mises en avant par le collectif Media Climat. Dernier exemple de cette déconnexion : le climat était presque absent de l’émission « Élysée 2022 » du 31 mars sur France 2, chaîne du service public.

Et ce en dépit de l’aggravation des problèmes liés au climat ou à la biodiversité, comme en attestent les rapports du GIEC qui se font de plus en plus précis et pessimistes sur l’ampleur des bouleversements à venir.

Qu’en est-il réellement ? L’environnement est-il absent de la campagne ? Et comment les différents candidates et candidats prennent-ils position sur ces enjeux ?

Cet article montre en réalité que les enjeux d’environnement et d’énergie bénéficient d’une attention moyenne élevée et inédite, dans les médias comme dans les programmes présidentiels. L’impression de désintérêt se justifie toutefois par le fait qu’une majorité des candidats, et les favoris du second tour en premier lieu – Emmanuel Macron (LREM) et Marine Le Pen (RN) – rejouent la stratégie d’accommodement qui a longtemps mené les partis à formuler des propositions générales, floues et souvent consensuelles, loin des attentes de plus en plus claires formulées par les scientifiques.

Cette impression se justifie aussi par la division et l’absence de perspective de victoire des deux candidats qui portent le plus fortement ces enjeux – Yannick Jadot (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Les années 2018-2019 ont vu un mouvement significatif de l’opinion publique française en matière d’écologie. Si celui-ci s’est légèrement tassé, comme on l’observe dans la Figure 1, alors que les enjeux sanitaires et, plus récemment, le pouvoir d’achat, se sont invités au sommet des priorités citoyennes, une part importante des personnes interrogées – une personne sur 4 environ – considère que l’environnement fait partie des enjeux les plus importants.

Le souci de l’environnement fait partie du quatuor de tête des enjeux les plus importants depuis quatre ans. Selon l’enquête Fractures françaises de 2021, le constat selon lequel le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine et largement partagé (68 % des personnes interrogées). Quatre personnes interrogées sur cinq désirent que le gouvernement « prenne des mesures rapides et énergiques pour faire face à l’urgence environnementale », même si ces mesures exigeraient des modifications dans les modes de vie des citoyens.

À cette prise de conscience dans l’opinion publique correspond une augmentation de la visibilité des enjeux environnementaux dans les médias, dont témoigne la Figure 2 ci-dessous, qui représente l’évolution de l’attention accordée à l’écologie dans la presse écrite lors des 6 mois précédent le dernier mandat.

Cette hausse d’attention reste limitée (+3 points environ par rapport aux campagnes de 2007, 2012 et 2017) et le traitement médiatique de ces enjeux reste principalement marqué par une approche consensuelle et dépolitisée, comme l’avait montré Jean-Baptiste Comby en 2015. Par ailleurs, tout indique que les médias ne connectent pas forcément ces enjeux environnementaux à la campagne en train de se dérouler. Pour de nombreux citoyens soucieux de l’avenir de la planète (et de l’humanité), cela demeure insuffisant.

En réponse, aucun candidat ne se montre muet sur les questions environnementales – cela avait pu être le cas par le passé.

La Figure 3, ci-dessous, qui représente la part des enjeux d’environnement et d’énergie dans les programmes présidentiels de tous les candidats depuis 1995, est explicite : 2022 est marquée par une visibilité inédite dans l’ensemble des programmes.

Tous soulignent la nécessité de l’action gouvernementale ; aucun – à l’exception de quelques sorties d’Éric Zemmour en début de campagne - n’adopte de positions explicitement climatosceptiques ou remettant en doute la nécessité d’agir.

 

On note que Valérie Pécresse (LR) (11%), Anne Hidalgo (PS) (12%), Jean-Luc Mélenchon (14%) et surtout Yannick Jadot (22%) montrent un intérêt plus prononcé que les autres. Cette hiérarchie correspond d’ailleurs peu ou prou aux différentes évaluations des programmes réalisées par différentes organisations environnementales, comme le Réseau Action Climat ou le Shift Project, qui évoluent plutôt favorablement les programmes des candidats insoumis et écologiste.

Si l’on s’intéresse aux positions prises dans ces programmes, on constate que trois thèmes dominent : on retrouve ici la logique du tunnel de l’attention – le fait que les débats nationaux se concentrent sur un ensemble limité d’enjeux.

Nous présentons ces thèmes par ordre croissant d’attention en finissant par la question de l’origine de la production électrique, la plus visible et sur laquelle l’affrontement est le plus explicite entre les candidats.

D’abord, à l’exception de celui de Marine Le Pen, tous les programmes évoquent la protection de la nature, que ce soit dans le cadre du combat pour le « vivant », chez Yannick Jadot, ou dans le but patriotique de protéger « la beauté de nos paysages » chez Éric Zemmour.

A. Hidalgo et Y. Jadot souhaitent promulguer une loi contre l’écocide, et Y. Jadot, J.-L. Mélenchon, F. Roussel et V. Pécresse souhaitent protéger la biodiversité marine. Tous les candidats de gauche expriment leur souhait d’accompagner des agriculteurs vers la transition écologique. Même E. Zemmour promeut l’agriculture biologique et souhaite interdire certains pesticides. Seule la chasse suscite des positions antagonistes. Y. Jadot souhaite interdire la chasse les week-ends et lors des vacances scolaires et J.-L. Mélenchon interdire les méthodes de chasse cruelles, mais les autres candidats, muets sur cette question dans les programmes, tendent à défendre le statu quo dans la campagne.

Un autre enjeu présent dans les programmes est celui de la décarbonation de l’économie française. Tous les candidats reconnaissent le besoin de sortir des énergies fossiles, et ils ont tous une solution à soumettre – que ce soit via le nucléaire, les énergies renouvelables, la mobilité douce ou des formes de taxe carbone. Les propositions en la matière sont souvent floues et générales, marquant une volonté de brouiller les pistes ou de ne prendre aucun risque.

Plusieurs candidats se réfèrent à l’objectif fixé par la loi énergie-climat, qui vise à atteindre zéro émission nette à l’horizon 2050, mais les engagements ne sont ni précis, ni crédibles, comme l’ont indiqué les organisations environnementales qui ont évalué les programmes ou les réponses des candidats.

La question de la production électrique est celle qui domine l’ensemble des programmes. Et c’est aussi celle qui suscite le plus clair désaccord. D’un côté, A. Hidalgo, Y. Jadot et J.-L Mélenchon insistent sur la possibilité de s’engager vers 100% d’énergies renouvelables, incluant la biomasse et le photovoltaïque (Jadot) ou bien la géothermie et les énergies maritimes (Mélenchon).

Ces candidats prônent également l’installation de nombreuses éoliennes. À l’inverse, leurs concurrents de droite et d’extrême droite dénoncent le développement de ces énergies intermittentes accusées d’abîmer les paysages, alors même que l’énergie éolienne constitue une part importante de tous les scénarios visant la neutralité carbone en 2050, qu’ils soient produits par RTE ou l’ADEME. Emmanuel Macron se prononce en faveur de l’énergie éolienne.

Et en même temps, il est favorable à la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires.

De fait, le nucléaire civil est présent dans cette campagne comme jamais auparavant. La majorité des candidats s’engagent ainsi à une relance du programme de construction de nouveaux réacteurs. Pour E. Macron, il s’agit d’un revirement par rapport à 2017, annoncé dès 2021. Pour la droite et l’extrême droite, il y a moins de surprise : elles prolongent ce qui a toujours été leur position.

Du côté de la gauche et des écologistes, il n’y a pas de consensus autour de cette technologie. Le Parti communiste, qui avait entamé une évolution sur la question, retrouve, à travers le programme de Fabien Roussel, une position très favorable à l’atome. Pour Anne Hidalgo, le nucléaire doit servir d’« énergie de transition », avec une sortie progressive après 2050. Yannick Jadot se place dans la continuité de sa famille politique, qui s’est construite, comme la plupart des partis verts en Europe, sur l’opposition à cette énergie.

Jean-Luc Mélenchon se prononce lui aussi pour une sortie du nucléaire, même s’il s’est déclaré ouvert à l’idée d’un référendum sur le sujet au cours de la campagne, retrouvant ainsi la position qui était la sienne lors des derniers scrutins.

Si les phrases emphatiques et générales pour souligner l’urgence écologique ne manquent pas, il reste que les programmes omettent de nombreuses questions. Certaines émissions de gaz à effet de serre n’attirent pas l’attention des candidats : il s’agit des émissions importées, dues à la production et au transport des biens importés ou des émissions de méthane, le deuxième gaz à effet de serre après le carbone.

De même, alors que l’adaptation au réchauffement climatique est un axe majeur souligné par le dernier rapport du GIEC, et que la majorité des Français sont déjà touchés par les conséquences des évènements naturels dus au changement climatique, les programmes se concentrent exclusivement sur la mitigation.

Par ailleurs, à l’exception des programmes de Y. Jadot et J-.L. Mélenchon, les liens entre la crise écologique et les inégalités sociales, très présents lors des marches pour le climat et dans le dernier rapport du GIEC ne sont presque jamais développés, tout comme la question des migrations climatiques.

Enfin, les programmes sont peu diserts sur les alliances internationales qu’il conviendrait de bâtir pour accélérer la transition écologique. Mais les proximités affichées par certains candidats, d’extrême droite notamment, avec des dirigeants que l’on peut sans risque qualifier d’écocidaires, comme Jair Bolsonaro laissent peu de doutes sur la réalité de leurs engagements par ailleurs. Du point de vue des relations internationales, M. Le Pen et E. Zemmour se situent dans le camp anti-environnemental.

Dans l’ensemble, l’impression laissée à la lecture des programmes est celle d’une grande confiance dans les innovations et la croissance économique pour régler le défi écologique, ainsi que la volonté de ne pas agir trop prestement sur la question environnementale.

La plupart des promesses se situent dans la continuité des actions déjà mises en place par l’UE ou par le gouvernement français. Cette continuité peut être rassurante : il n’est ni efficace ni dans l’intérêt national de bouleverser les politiques environnementales tous les cinq ans, surtout quand la majorité de la population française se méfie de la compétence du gouvernement pour gérer la question environnementale. Connaissant la gravité de la crise en cours et à venir, cette inertie des institutions et de la vie politique française peut susciter quelque inquiétude.

Quinze ans après le Grenelle de l’environnement, la visibilité des questions écologiques s’est accrue, mais le niveau de généralité et de wishful thinking est resté étonnamment stable. Les rares candidats, à gauche de l’échiquier politique qui marquent leur volonté de rompre avec le productivisme n’ont pas réussi à imposer ce conflit ou des propositions environnementales marquantes dans le débat public, pour des raisons liées à leur division qui a entraîné l’éparpillement des citoyens les plus soucieux du climat. Il y avait pourtant urgence.

________

Par Simon Persico, Professeur des Universités en science politique, Université Grenoble Alpes (UGA) et Esther Hathaway, Doctorante, laboratoire Pactte, Université Grenoble Alpes (UGA).

Esther Hatawhay est doctorante en science politique, Pacte, Sciences Po Grenoble sous la direction de Simon Persico. Cet article a été co-publié dans le cadre du partenariat avec Poliverse créé par une équipe de chercheurs et qui propose des éclairages sur le fonctionnement et le déroulement de la présidentielle.

L’insuffisance d’un débat politique sur l’environnement

L’insuffisance d’un débat politique sur l’environnement 

 

 

Pourtant considérée comme une priorité par les Français, l’écologie a été presque absente des débats de la campagne présidentielle qui s’achève. La réticence médiatique à considérer l’urgence climatique comme un sujet politique majeur est l’une des explications à ce paradoxe, estime Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

 

Chronique.

 

 Il suffisait de consacrer quelques minutes quotidiennes à l’écoute de la radio ou de la télévision au cours de la campagne présidentielle pour entendre cette question : « Comment expliquez-vous que l’environnement et le climat n’aient pas percé dans le débat ? »

Dans la bouche des intervieweurs politiques, la question n’est pas sans évoquer une fausse candeur de pyromane s’étonnant de la recrudescence des incendies. Comme l’ont relevé à plusieurs reprises les organisations non gouvernementales (ONG) réunies dans « L’affaire du siècle », les questions posées aux différents candidats ou à leurs représentants n’ont que très peu abordé l’enjeu climatique. La question de l’effondrement de la biodiversité a, elle, été complètement ignorée.

Selon les estimations de « L’affaire du siècle », le climat n’aura occupé qu’environ 5 % du temps des débats animés par les grands médias audiovisuels, au cours de la campagne qui s’achève. Cette quasi-absence a des effets majeurs sur notre perception collective des risques réels du dérèglement climatique en cours.

L’interview politique est de fait performative : les questions qui ne sont pas posées disparaissent de la conversation publique, et perdent leur importance dans toutes les strates de la société. Ce dont on ne parle pas ne saurait être important.

L’habitabilité de la planète, à échéance de quelques décennies ? Une question de second ordre. Organiser l’adaptation et la résilience de la société et des économies face à ce qui est déjà inéluctable ? Un non-sujet. En termes de tactique politique, il y a peu d’intérêt pour les candidats à travailler une matière réduite à la portion congrue lors des débats. Peu suspect de menées écologistes, le think tank The Shift Project n’a ainsi classé que deux des douze projets initialement en lice comme « proches » des objectifs climatiques de la France, ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Yannick Jadot.

D’où ce paradoxe : alors que les enquêtes d’opinion consacrent l’environnement comme une préoccupation majeure des Français – souvent en deuxième ou troisième position –, les trois quarts des suffrages sont allés, le 10 avril, à des programmes dépourvus de toute ambition en la matière.

Ce n’est pas si étonnant. La formation intellectuelle et la culture professionnelle du journalisme politique conduisent depuis des décennies à privilégier les questions économiques, l’immigration, l’insécurité, sans oublier les stratégies discursives des uns et des autres, les affrontements d’ego et les tactiques d’appareil. Les questions environnementales, techniques et rébarbatives, ne sont jamais qu’effleurées.

Euro : La crainte d’un manque d’argent liquide ?

 Euro   : La crainte d’un manque d’argent liquide ?

Dans plusieurs pays européens, on observe depuis quelques semaines une forte augmentation des retraits dans les distributeurs de billets, de 20 à 30% en moyenne. Dans le contexte de la crise ukrainienne, ce comportement inhabituel est révélateur des craintes des populations face à l’incertitude et de l’adoption d’une certaine forme de résilience anticipée. Par Michel Tresch, Président d’USP Valeurs dans la Tribune.

La guerre déclenchée en Ukraine a plongé le monde dans une nouvelle crise majeure, aux conséquences humaines et humanitaires dramatiques. A cette tragédie s’ajoutent de nombreuses menaces – notamment énergétiques et alimentaires – qui entrainent d’ores et déjà une inflation galopante et qui pourraient créer, à plus ou moins court terme, des pénuries.

Le conflit qui se déroule aux portes de l’Europe réveille également certains risques majeurs, parmi lesquels ceux liés à la potentialité de cyberattaques visant des systèmes financiers (paiements électroniques) ou des systèmes informatiques sans lesquels il n’est plus possible d’accéder à certaines ressources (distribution de carburant, distribution de cash, communications, …).

Quel que soit son fondement, la perception de ces risques par les populations peut impacter profondément leurs comportements. Lorsqu’ils anticipent des pénuries, les individus ont tendance à stocker pour ne pas se retrouver démunis. Et en cas de crise, ils stockent ce qu’ils considèrent comme les ressources les plus importantes et les plus fiables. En d’autres termes : ce qui assurera leur résilience.

Est-ce ce que l’on est en train d’observer avec l’argent liquide ? L’ESTA (European Security Transport Association), qui représente les acteurs du secteur européen du cash, a publié début mars un rapport faisant état d’une augmentation significative des retraits dans les distributeurs automatiques de billets dans de nombreux pays – particulièrement ceux étant géographiquement proches du conflit. De l’ordre de 20% en Finlande, en Norvège ou en République Tchèque, et jusqu’à 30% en Suède ou en Slovaquie.

Ce comportement est d’autant plus frappant dans un pays comme la Suède, qui a été l’un des premiers pays européens à se lancer dans le paiement 100% numérique et un modèle de société sans cash (avant de faire machine arrière il y a deux ans avec le vote d’une loi obligeant les banques à fournir des services en liquide, afin de redonner la liberté de choix des moyens de paiement aux citoyens).

On peut certes s’interroger sur la rationalité de ce type de comportements. Mais on peut aussi se demander de quoi ils sont révélateurs, en ne perdant pas de vue que certains réflexes humains sont simplement des réflexes sains de survie et d’adaptation.

En l’occurrence, l’augmentation de la demande d’argent liquide que l’on observe en Europe semble davantage guidée par la thésaurisation et la prudence, car aucune différence significative n’est constatée sur les transactions en espèces. Cette attitude pourrait donc révéler non pas une irrationalité, mais une décision réfléchie, voire de bon sens : face à la vulnérabilité potentielle des systèmes de paiement numériques, les individus préfèrent ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, et font davantage confiance aux moyens de paiement qu’ils jugent les plus tangibles et résilients.

On peut même dire que cette vulnérabilité est avérée. Dans le contexte des sanctions internationales en réaction à l’invasion en Ukraine, les trois principaux opérateurs mondiaux de cartes bancaires ont décidé de suspendre leurs opérations en Russie, rendant soudainement le paiement par carte quasiment impossible. Il faut ici suspendre momentanément son jugement et ne considérer que les faits : des firmes étrangères ont le pouvoir de rendre inopérant un système de paiement électronique domestique. Dans une telle situation, le cash reste le seul instrument permettant de maintenir la souveraineté de paiement à l’échelle des individus.

Au-delà des drames humains qui prévalent sur tout le reste, les crises majeures que traverse le monde depuis deux ans (le Covid, et aujourd’hui les menaces énergétiques et alimentaires qui pèsent avec la guerre en Ukraine) ont ceci de commun qu’elles montrent l’importance vitale de l’équilibre entre souveraineté et risques.

Qu’il s’agisse des masques, des respirateurs, du gaz ou du blé, le fait de dépendre d’un seul système – qui plus est lorsqu’on ne le pilote pas soi-même – représente une vulnérabilité beaucoup trop importante. Il ne s’agit pas de cesser d’importer telle ou telle ressource ; il ne s’agit pas de s’en remettre exclusivement à l’énergie nucléaire ; il ne s’agit pas non plus de dénigrer les paiements électroniques. Il s’agit de s’appuyer sur des systèmes dont la résilience repose précisément sur la diversité équilibrée des sources et des ressources. Afin que, lorsque l’une fait défaut, l’autre prenne le relai – et réciproquement.

Mélenchon : faiseur de rois d’un jour ?

Mélenchon : faiseur de rois d’un jour ?

 

En mal sans doute d’analyse structurelle de la société, un article de Françoise Fressoz du « Monde » transforme Mélenchon en nouveau pôle d’équilibre de la politique française.Un article un peu superficiel qui oublie de prendre en compte le décalage immense qu’il y a entre les leaders politiques et leurs électeurs. Il n’y a pas de doute que ses électeurs de Mélenchon  vont peser de manière significative sur le résultat de la présidentielle. Mais pas de la manière dont Mélenchon l’envisage. Ce dernier a en effet déclaré qu’il ne fallait pas une seule voix à Marine Le Pen. Or en gros d’après les sondages d’opinion les sélecteurs de Mélenchon vont se diviser en trois groupes à peu près équivalent : ceux qui s’abstiennent , ceux qui vont se reporter sur Le Pen ceux qui vont se reporter sur Macron. Sitôt l’élection passée, Mélenchon va retourner dans le rang d’autant que les législatives lui seront moins favorables.La recomposition politique évoquée par l’article du « Monde » fait l’impasse désormais la porosité des votes politiques tout autant que de la fragilité des convictions. Un seul exemple la rapidité avec laquelle les électeurs communistes sont passés chez Le Pen

 

Chronique. 

Si le communiste Fabien Roussel ne s’était pas présenté à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon aurait réalisé le rêve de sa vie : il serait parvenu, dimanche 10 avril, à se qualifier pour le second tour et, ce faisant, à détrôner Marine Le Pen au terme d’un long parcours politique qui l’aura mené de l’extrême gauche à L’Union populaire, en passant par le Parti socialiste (PS), puis par le Parti de gauche.

Le cactus Roussel n’est pas un accident. Il est le fruit des relations conflictuelles que le leader des « insoumis » entretient avec le reste de la gauche, y compris avec celle dont il est supposé être le plus proche : les communistes, qui avaient, au début, misé sur lui pour tenter d’enrayer leur inexorable déclin, se sont sentis entraînés dans une aventure personnelle qui menaçait leurs alliances électorales. Ils ont rompu. Les comptes finissent toujours par se solder.

Au soir du premier tour, le seul gain apparent pour Jean-Luc Mélenchon est d’être monté d’une marche. De la quatrième place en 2012 et 2017, il s’est hissé à la troisième en 2022, grâce à une constante progression de ses voix : il avait enregistré 11,1 % des suffrages exprimés il y a dix ans, était passé à 19,6 % il y a cinq ans et grimpe cette fois à près de 22 %. Au vu de cette dynamique, il suffirait presque qu’il se montre patient pour 2027 si l’âge aidant – 70 ans –, le candidat ne se voyait désormais davantage en passeur qu’en conquérant.

La place de troisième homme n’est pas la plus confortable dans le système électoral français qui, de la présidentielle aux législatives, vise à favoriser la bipolarisation de la vie politique. François Fillon qui l’avait occupée en 2017 a disparu des radars ; François Bayrou, qui s’y était élevé en 2007, n’a pu accomplir son projet qu’en se ralliant à Emmanuel Macron dix ans plus tard. Cette fois, pourtant, Jean-Luc Mélenchon peut espérer compter bien davantage que tous ses prédécesseurs.

Le premier effet de ses 22 % est en effet de dynamiter la représentation symbolique de la recomposition politique voulue par les deux finalistes. Depuis 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’accordent à dire que le clivage gauche-droite est désormais supplanté par la fracture entre progressistes et nationalistes, organisée autour d’une vision antagonique de la construction européenne. La dynamique Mélenchon perturbe le récit : elle comporte certes une composante eurosceptique importante, mais elle se nourrit surtout du refus du match annoncé Macron-Le Pen, de la préoccupation écologique, très prégnante chez les jeunes et d’un antilibéralisme qui a toujours été vigoureux dans la gauche française.

 

Recontaminations Covid: au bout d’un mois ? (biologistes)

 Recontaminations Covid:  au bout d’un mois ?   (biologistes)

 

On observe des recontaminations au Covid-19 au bout « d’un mois ou un mois et demi », a expliqué sur franceinfo lundi 28 mars François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes, alors que selon Philippe Besset, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, « un test sur trois est positif ». Santé publique France a recensé en moyenne 130 000 cas de Covid-19 par jour la semaine dernière.

franceinfo : Faites-vous, vous aussi, le constat qu’un test sur trois est positif ?

François Blanchecotte : Absolument. On est quasiment à un test sur trois de positif, avec 3 millions de PCR faits sur la dernière semaine. On a donc de forts taux de contamination et de positivité. On est dans des phases qui correspondent à la quatrième vague où nous avions des tests positifs régulièrement. Il s’agit de gens symptomatiques. Ce sont des recontaminations, des gens qui ont fait des vagues Omicron et qui aujourd’hui se contaminent avec le [variant] BA.2.

Quel est le délai entre les recontaminations ?

Il y a des gens qui ont été contaminés il y a un mois ou un mois et demi et qui sont recontaminés. C’est souvent avec les enfants, la famille et dans les Ehpad. Les clusters que l’on découvre sont à 57% dans les Ehpad et les établissements médiaux avec des personnes handicapées à 14%. Dans les entreprises, on est à 8% et dans les crèches à 10%.

Les symptômes ont-ils évolué ?

Beaucoup de gens nous rapportent des maux de tête assez longs, très violents, qui les immobilisent pendant plusieurs jours. C’est pour ça qu’il y a des arrêts d’un certain nombre de personnels, qui ne sont pas faciles à maîtriser. C’est difficile d’avoir des recrutements et on a des effectifs qui nous manquent.

Quel est le profil des personnes qui viennent dans les laboratoires ?

Nous avons des gens entre 10 et 49 ans. C’est la grande majorité des recontaminations. Le taux de dépistage pour 100 000 habitants dans certaines catégories dépasse les 3 000.

Société: fin du monde ou d’un monde ?

Société: fin du monde ou d’un monde ?

 

 

Philippe Mabille dans un édito de la « Tribune » évoque la problématique politique et énergétique mondiale (extrait)


Notre cécité collective devant le réchauffement de la planète vient cruellement rencontrer les deux actualités dramatiques qui se percutent en ce tragique hiver 2022 : l’invasion de l’Ukraine, à laquelle l’Occident a refusé de croire jusqu’à la dernière minute de ce jeudi 24 février au matin où l’armée russe a franchi sous nos yeux incrédules le Rubicon au Donbass pour envahir totalement son voisin ; et la publication passée hélas inaperçue cette semaine du nouveau rapport du GIEC sur l’adaptation au changement climatique qui annonce des conséquences dramatiques à l’échelle des prochaines décennies pour au moins 3,3 milliards d’hommes et de femmes. Dans le même temps, Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères ont déjà menacé à quatre reprises l’Occident de représailles nucléaires en cas d’intervention militaire de l’OTAN dans le conflit en Ukraine.

Entre la fin du monde tout de suite et la fin du monde plus tard, vous êtes priés de choisir… Comme l’a dit Albert Einstein : « Je ne sais pas comment on fera la troisième guerre mondiale, mais il ne restera pas grand monde pour faire la quatrième ou alors avec des pierres et des bâtons ».

De quelle cécité avons-nous fait preuve pour ne pas voir que Vladimir Poutine finirait par mettre ses menaces impériales à exécution ? Il avait pourtant tout annoncé et les tensions croissantes, l’état de quasi-guerre dans le Donbass depuis la révolution de 2014, laissait présager du pire. Nous voilà donc revenus 40 ans en arrière, à l’époque où François Mitterrand déclarait au Bundestag, à Bonn, le 20 janvier 1983 (six ans avant la chute du Mur de Berlin) : « les pacifistes sont à l’Ouest et les missiles sont à l’Est », au plus fort de la crise née de l’installation des SS-20. Une époque où le slogan « faites l’amour, pas la guerre » était concurrencé par « mieux vaut un Pershing dans son jardin qu’un Russe dans son lit »… (du nom du missile américain installé en face de la RDA – NDLR).

Par sa « stratégie du fou », Poutine a éclipsé d’un coup d’un seul et le Covid et le climat. Pendant que nous pouvons, enfin, en France, retirer nos masques et abandonner le pass vaccinal, le peuple ukrainien martyr sous les bombes a déjà mis plus d’1 million de réfugiés sur les routes de ses frontières bafouées. Et Poutine promet le pire, avec la prise de contrôle brutale des centrales nucléaires russes, pour contrôler l’électricité en Ukraine. Au risque de créer un Tchernobyl puissance 10, raconte Marine Godelier.

Une course de vitesse s’est engagée entre l’efficacité des sanctions, les plus dures jamais infligées à un pays, plus encore que l’Iran, et celle de l’armée russe. Comment arrêter Poutine ? Telle est LA question que se posent les dirigeants occidentaux qui tentent une désescalade diplomatique tout en mettant une pression maximale sur le régime. La tension est forte sur les oligarques proches du pouvoir, dont les biens sont gelés partout mais dont la saisie se heurte au respect du droit de propriété. Bercy a quand même lancé la difficile traque des milliardaires russes, raconte Grégoire Normand. Mais que pèse la saisie d’un ou de quelques yachts quand tous les équilibres du monde tremblent sur leurs bases…

Le danger  est connu et si nous ne sommes pas en guerre, nous allons souffrir, durablement et fortement, en France comme dans tous les pays développés, du fait de notre dépendance, directe et indirecte, au gaz, au pétrole et à certaines matières premières stratégiques russes. Le plongeon des marchés financiers qui ont vécu leur pire semaine depuis le confinement de mars 2020 montre que l’indice de la peur, le VIX, a monté de plusieurs crans. La crainte d’une récession voire pire encore d’une stagflation tétanise les investisseurs. En chute de 10% en cinq séances, le CAC 40 a vécu sa pire semaine depuis le confinement de mars 2020, le premier confinement.

Régional, le conflit se mondialise du fait de l’impact des sanctions. La Russie, presque totalement isolée économiquement et financièrement, a vu s’effondrer le rouble et tente de se tourner vers les cryptomonnaies. Au bord de la banqueroute, la Russie a vu sa dette dégradée en catégorie spéculative, proche du défaut de paiement. Le fonds souverain norvégien a frappé les esprits en comptabilisant à zéro tous ses actifs russes, raconte Eric Benhamou.

La Russie a riposté en annonçant un arsenal de mesures pour éviter l’asphyxie mais on est loin du « quoi qu’il en coûte » de Macron pendant le Covid. En France, des plans de résilience sont à l’étude pour aider les secteurs économiques impactés. Agriculture, automobile, aéronautique, tourisme, les effets seront sensibles. Outre l’impact sur la production industrielle, le pouvoir d’achat va en prendre un coup. Le bouclier tarifaire sur le gaz a été prolongé de six mois et on parle de nouveau blocage des prix et aides à l’achat des carburants pour les professions les plus exposées. De très nombreuses entreprises françaises se retrouvent prises en étau et des questions cruciales de logistique et d’approvisionnement critique se posent.

Ce n’est pas encore la fin du monde mais la fin d’un monde. Celui que nous avons connu depuis 30 ans. Un rideau de fer économique et financier s’est abattu brutalement sur le monde. Dans le numérique, alors que Sylvain Rolland craint la multiplication des cyberattaques, on craint la balkanisation du net avec une rupture entre l’internet russe et l’internet mondial.

La question clef est de savoir si la Chine soutiendra la Russie. Prudente, elle reste neutre, s’est abstenue lors du vote à l’ONU demandant la fin de l’invasion et semble partagée entre ses clients qui sont à l’Occident, et son fournisseur russe de pétrole et de gaz…

La guerre en Ukraine menace donc à court terme la transition écologique de l’Europe qui envisage de rouvrir des centrales au charbon en cas de rupture du gaz russe. Un comble, qui n’a provoqué aucune réaction côté Greta Thunberg. Mais même si se passer du gaz et du pétrole russe est une gageure, apprendre à le faire sera peut-être l’ultime réponse à l’agression irraisonnée de Poutine. L’Agence internationale de l’énergie a publié un plan en 10 mesures pour ne plus dépendre à l’avenir du gaz russe.

Paradoxalement, le coup de force de Poutine pourrait bien avoir pour effet d’accélérer la prise de conscience mondiale de l’urgence de la transition énergétique. En Allemagne, qui s’est mis d’elle-même dans les mains de l’ogre russe en renonçant au nucléaire (même Poutine s’en est moqué), on est à l’heure des grandes remises en cause : le tabou de la prolongation des centrales qui devaient fermer cette année en Allemagne est en train de sauter.

Heureusement pour l’Europe, pour l’instant, l’hiver n’est pas trop froid. Et Poutine a eu la bonne idée d’attendre presque le printemps pour lancer sa sale guerre. Le réchauffement climatique nous offre ainsi un peu de temps, celui de retrouver le chemin de la diplomatie et de la raison ? Et celui de nous interroger sur notre propre responsabilité, celui d’une économie plus sobre en carbone. Le choc énergétique que nous subissons n’appelle qu’une seule réponse, innover pour dépenser moins d’énergie.

D’un mal peut-il donc sortir un bien ? En huit jours, Poutine a certes ramené son pays 30 ans en arrière et en a fait le paria du monde, mais l’Europe vient de faire un bond de 30 ans dans l’autre sens en sortant enfin de sa léthargie stratégique. Emmanuel Macron, président en exercice de l’Union européenne a convoqué un Sommet à Versailles pour relancer l’Europe de la défense et parler de la souveraineté économique du continent appelé à s’unir face au retour des empires. Même le Royaume-Uni commence à regretter son Brexit et regarde de nouveau de l’autre côté de la Manche, conscient du danger à être isolé dans un monde redevenant dangereux.

L’OTAN, en « état de mort cérébrale » selon Emmanuel Macron, retrouve avec cette crise et sa raison d’être et son attractivité, celle d’offrir un parapluie à tous ses membres selon la célèbre formule du « Un pour tous, tous pour un ». L’Ukraine, qui résiste à l’envahisseur, a gagné au travers cette crise ses galons de nation souveraine et revendique son appartenance à l’Europe. L’Europe, cet anti-empire détesté par Poutine qui attire par son modèle de liberté et auquel il ne peut opposer que la force…

 

12345...11



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol