Archive pour le Tag 'risque'

Régionales : maintien en juin à haut risque pour le pouvoir

Régionales : maintien en juin à haut risque pour le pouvoir

 

Le maintien en juin des élections départementales et régionales constitue un danger à haut risque pour le pouvoir. De toute manière, il était difficile de reporter encore la date de cette échéance électorale ne serait-ce que pour des raisons juridiques. Surtout il paraissait difficile d’affirmer d’une part la fin des mesures restrictives pour fin mai et en même temps de justifier de la situation sanitaire pour annuler les élections régionales.

 

Sur le plan politique le pouvoir à pesé le pour et le contre. Il est clair que de toute façon la majorité actuelle s’attend à une défaite cinglante celle des dernières municipales. Cela notamment en raison de l’inexistence de l’implantation du parti la république en marche sur le terrain. La plupart des responsables de la république en marche sont à peu près inconnus et c’est d’ailleurs un peu par hasard que certains ont été élus députés puisque recrutés par Internet ! Ensuite Macton n’a jamais voulu que le parti fonctionne craignant un contre-pouvoir qui aurait porté atteinte à son autorité jupitérienne.

 

Puisqu’il y aura défaite, autant l’enregistrer le plus tôt possible assez loin des élections présidentielles. En effet un rapport de six mois voire davantage, très près des élections présidentielles aurait pu constituer un signe évocateur d’une éventuelle défaite aux présidentielles.

 

Le pouvoir central espère donc que l’opinion publique oubliera les désastreux résultats des élections municipales comme des régionales. Reste à savoir quelle sera la participation à des élections qui d’une manière générale intéressent peu  l’opinion. La plupart des électeurs ignore d’ailleurs quels sont exactement les responsables dans la région que des départements. Autant de structures qui se superposent et constituent surtout pour le personnel politique une occasion de se professionnaliser politiquement. Avec le cumul , nombre de responsables locaux exercent un mandat politique à plein temps et sont même parfois assez bien rémunérés ( exemple autour de 3000 € pour la seule fonction de vice-président d’une communauté de communes qui compte  au moins une vingtaine de vice-président!)

 

56% des maires de France se sont donc prononcés en faveur du maintien des élections régionales les 20 et 27 juin prochains, 40% ont répondu «non», et 4% n’ont pas répondu à la question posée. Quant à la participation, elle s’est élevée à 69% (soit 24 257 maires). Déjà repoussé de mars à juin en raison de la crise sanitaire, le scrutin semble donc, cette fois, en bonne voie pour avoir lieu au début de l’été.

Le risque chinois sous-estimé

Le risque chinois sous-estimé

 

Si elle reconnaît que le nouveau président a maintenu les sanctions économiques de son prédécesseur, la juriste Isabelle Feng met en garde, dans une tribune au « Monde », contre la naïveté d’une stratégie multilatérale dont Pékin pourrait être le principal bénéficiaire.

Tribune.

 

 Le jour même où Joe Biden s’est installé à la Maison Blanche, le 20 janvier, les trois géants chinois de télécoms – China Mobile, China Telecom et China Unicom –, fraîchement exclus de la Bourse de New York parce qu’accusés d’être liés à l’armée chinoise, ont demandé au nouveau président de revenir sur cette décision, dictée par un décret signé par Donald Trump. D’autres sociétés chinoises, comme Huawei, Wechat ou Tiktok, également dans le collimateur de Washington, nourrissaient le même espoir, à savoir que l’administration Biden « ferait preuve de rationalité et de bon sens », selon les termes de l’agence Xinhua, la voix officielle de Pékin.

Deux mois plus tard, tout indique que Joe Biden, l’anti-Trump déclaré, suit fidèlement les lignes tracées par son prédécesseur dans les relations avec le régime communiste de Pékin. Non seulement le réchauffement de la relation bilatérale n’a pas eu lieu, mais elle est même sur le point de chuter à une température aussi glaciale que l’hiver d’Alaska où, lors de la première rencontre sino-américaine de l’ère Biden, le 18 mars, les deux pays ont pris le monde entier à témoin de leur profonde hostilité réciproque.

Certes, le 26 janvier, M. Biden avait retiré discrètement le règlement proposé par M. Trump qui imposait aux universités de divulguer les liens financiers avec les Instituts Confucius, équivalents chinois des Alliances françaises, et dont la mission est d’accroître l’influence de Pékin à travers le monde. Mais un sondage du Pew Research Center montre que l’image de la Chine, gravement abîmée par la pandémie, est plus négative que jamais.

Certes, le 11 février, veille du Nouvel An lunaire, M. Biden a ravi les deux plates-formes chinoises TikTok et WeChat en ordonnant la suspension des actions en justice engagées par l’administration Trump, qui les soupçonnaient d’espionnage. Mais, quatre jours plus tôt, le 7 février, le nouveau chef d’Etat américain avait affirmé que son homologue chinois « n’a pas une once de démocratie en lui ».

Certes, le 12 mars, un juge fédéral américain a donné raison à Xiaomi, fabricant chinois de smartphones, en le retirant temporairement de la liste noire des « entreprises militaires communistes chinoises » édictée dans les dernières heures du mandat de M. Trump. Mais ce même jour, le géant équipementier des télécoms Huawei s’est vu confirmé comme « menace pour la sécurité nationale » par le Federal Communication Commission, ce qui revient à l’exclure du marché américain.

Le risque chinois sous-estimé

Le risque chinois sous-estimé

 

Si elle reconnaît que le nouveau président a maintenu les sanctions économiques de son prédécesseur, la juriste Isabelle Feng met en garde, dans une tribune au « Monde », contre la naïveté d’une stratégie multilatérale dont Pékin pourrait être le principal bénéficiaire.

Tribune.

 

 Le jour même où Joe Biden s’est installé à la Maison Blanche, le 20 janvier, les trois géants chinois de télécoms – China Mobile, China Telecom et China Unicom –, fraîchement exclus de la Bourse de New York parce qu’accusés d’être liés à l’armée chinoise, ont demandé au nouveau président de revenir sur cette décision, dictée par un décret signé par Donald Trump. D’autres sociétés chinoises, comme Huawei, Wechat ou Tiktok, également dans le collimateur de Washington, nourrissaient le même espoir, à savoir que l’administration Biden « ferait preuve de rationalité et de bon sens », selon les termes de l’agence Xinhua, la voix officielle de Pékin.

Deux mois plus tard, tout indique que Joe Biden, l’anti-Trump déclaré, suit fidèlement les lignes tracées par son prédécesseur dans les relations avec le régime communiste de Pékin. Non seulement le réchauffement de la relation bilatérale n’a pas eu lieu, mais elle est même sur le point de chuter à une température aussi glaciale que l’hiver d’Alaska où, lors de la première rencontre sino-américaine de l’ère Biden, le 18 mars, les deux pays ont pris le monde entier à témoin de leur profonde hostilité réciproque.

Certes, le 26 janvier, M. Biden avait retiré discrètement le règlement proposé par M. Trump qui imposait aux universités de divulguer les liens financiers avec les Instituts Confucius, équivalents chinois des Alliances françaises, et dont la mission est d’accroître l’influence de Pékin à travers le monde. Mais un sondage du Pew Research Center montre que l’image de la Chine, gravement abîmée par la pandémie, est plus négative que jamais.

Certes, le 11 février, veille du Nouvel An lunaire, M. Biden a ravi les deux plates-formes chinoises TikTok et WeChat en ordonnant la suspension des actions en justice engagées par l’administration Trump, qui les soupçonnaient d’espionnage. Mais, quatre jours plus tôt, le 7 février, le nouveau chef d’Etat américain avait affirmé que son homologue chinois « n’a pas une once de démocratie en lui ».

Certes, le 12 mars, un juge fédéral américain a donné raison à Xiaomi, fabricant chinois de smartphones, en le retirant temporairement de la liste noire des « entreprises militaires communistes chinoises » édictée dans les dernières heures du mandat de M. Trump. Mais ce même jour, le géant équipementier des télécoms Huawei s’est vu confirmé comme « menace pour la sécurité nationale » par le Federal Communication Commission, ce qui revient à l’exclure du marché américain.

Le risque chinois sous-estimé

Le risque chinois sous-estimé

 

Si elle reconnaît que le nouveau président a maintenu les sanctions économiques de son prédécesseur, la juriste Isabelle Feng met en garde, dans une tribune au « Monde », contre la naïveté d’une stratégie multilatérale dont Pékin pourrait être le principal bénéficiaire.

Tribune.

 

 Le jour même où Joe Biden s’est installé à la Maison Blanche, le 20 janvier, les trois géants chinois de télécoms – China Mobile, China Telecom et China Unicom –, fraîchement exclus de la Bourse de New York parce qu’accusés d’être liés à l’armée chinoise, ont demandé au nouveau président de revenir sur cette décision, dictée par un décret signé par Donald Trump. D’autres sociétés chinoises, comme Huawei, Wechat ou Tiktok, également dans le collimateur de Washington, nourrissaient le même espoir, à savoir que l’administration Biden « ferait preuve de rationalité et de bon sens », selon les termes de l’agence Xinhua, la voix officielle de Pékin.

Deux mois plus tard, tout indique que Joe Biden, l’anti-Trump déclaré, suit fidèlement les lignes tracées par son prédécesseur dans les relations avec le régime communiste de Pékin. Non seulement le réchauffement de la relation bilatérale n’a pas eu lieu, mais elle est même sur le point de chuter à une température aussi glaciale que l’hiver d’Alaska où, lors de la première rencontre sino-américaine de l’ère Biden, le 18 mars, les deux pays ont pris le monde entier à témoin de leur profonde hostilité réciproque.

Certes, le 26 janvier, M. Biden avait retiré discrètement le règlement proposé par M. Trump qui imposait aux universités de divulguer les liens financiers avec les Instituts Confucius, équivalents chinois des Alliances françaises, et dont la mission est d’accroître l’influence de Pékin à travers le monde. Mais un sondage du Pew Research Center montre que l’image de la Chine, gravement abîmée par la pandémie, est plus négative que jamais.

Certes, le 11 février, veille du Nouvel An lunaire, M. Biden a ravi les deux plates-formes chinoises TikTok et WeChat en ordonnant la suspension des actions en justice engagées par l’administration Trump, qui les soupçonnaient d’espionnage. Mais, quatre jours plus tôt, le 7 février, le nouveau chef d’Etat américain avait affirmé que son homologue chinois « n’a pas une once de démocratie en lui ».

Certes, le 12 mars, un juge fédéral américain a donné raison à Xiaomi, fabricant chinois de smartphones, en le retirant temporairement de la liste noire des « entreprises militaires communistes chinoises » édictée dans les dernières heures du mandat de M. Trump. Mais ce même jour, le géant équipementier des télécoms Huawei s’est vu confirmé comme « menace pour la sécurité nationale » par le Federal Communication Commission, ce qui revient à l’exclure du marché américain.

Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

 

En raison de la fermeture de Fessenheim, des travaux d’entretien sur les réacteurs et des retards de Flamanville, la France pourrait friser le risque de pénurie d’électricité pendant plusieurs années au moins jusqu’en 2024. Tout dépendra en fait  de la rigueur des prochains hivers. Du coup, la fermeture de deux nouveaux réacteurs en 2025 et 2026 pourrait être décalée. À noter aussi que les énergies alternatives sont loin de compenser le vide laissé par le nucléaire. « Le système électrique ne disposera que de marges très faibles sur la période 2021-24 et l’hiver prochain présente un risque plus élevé qu’un hiver normal« , a expliqué Xavier Piechaczyk, président du gestionnaire du réseau haute tension, lors d’une conférence de presse.

 

RTE publiait mercredi son « bilan prévisionnel », un épais document qui étudie les perspectives du système français à l’horizon 2030.RTE avait déjà exprimé sa « vigilance » pour l’hiver 2020-2021, qui s’est finalement passé sans encombre grâce à une météo clémente et à une baisse de la consommation électrique avec la crise.

Pour l’avenir, la situation doit s’améliorer en 2024-2026 avec la mise en route attendue de l’EPR et de six parcs éoliens en mer, notamment. L’amélioration est plus nette encore en 2026-2030.

Pour 2030, RTE prévoit par ailleurs une hausse modérée de la consommation d’électricité, de l’ordre de 5% par rapport à 2019. Elle sera notamment tirée par le développement des véhicules électriques mais aussi la production d’hydrogène.

La fameuse « pointe » de consommation de 19 heures en hiver devrait cependant diminuer grâce aux mesures d’efficacité et à de nouveaux usages qui ne seront pas concentrés sur cet horaire. Les voitures électriques devraient par exemple se charger au creux de la nuit, à l’exemple des chauffe-eaux actuellement.

Concernant les émissions de CO2, RTE calcule qu’elles devraient diminuer de 30 à 40 millions de tonnes par an.

C’est en partie le fait de l’évolution du système électrique lui-même mais surtout grâce aux transferts d’usage vers l’électricité (mobilité, production d’hydrogène, procédés industriels, chauffage ou cuisson…) qui limiteront le recours aux énergies fossiles.

 » Le risque de la bulle des crypto-actifs « 

  » Le risque de la bulle des crypto-actifs « 

 

Dans une interview à la Tribune l’ancien gouverneur de la Banque de France donne son sentiment sur les perspectives économiques en général et s’inquiète en particulier du risque d’éclatement de la bulle des cryptomonnaies dans la Tribune:

 

Un an après le début de la crise sanitaire et alors que le plan de relance veut inscrire la France dans la reprise de l’activité économique, les perspectives de croissance sont positives, l’OCDE tablant sur une hausse de 5,6% du PIB mondial, Bercy envisageant plutôt une croissance de 6%. A-t-on raison d’être optimiste ?

JEAN-CLAUDE TRICHET - Je ne suis pas, pour le moment, très optimiste sur la croissance à moyen-long terme, compte tenu du fait qu’elle dépend essentiellement des progrès de productivité et que ceux-ci sont médiocres depuis maintenant très longtemps. On peut documenter la baisse des progrès de productivité dans l’ensemble des pays avancés et en France en particulier, des années 2005-2006. Mais à court terme, je prévois évidemment un rebond de la croissance, largement due à vrai dire, au rattrapage de ce qui a été observé négativement depuis le Covid. Donc à court terme, oui, progrès relativement significatif de la croissance, à moyen-long terme, pour l’ensemble des pays avancés, il faut que nous travaillions beaucoup plus sur les réformes structurelles et sur l’ensemble des éléments qui sont les déterminants de la croissance réelle.

Le plan Biden, doté de 1 900 milliards de dollars, peut-il aussi bénéficier à l’Europe ?

A court terme, évidemment, si les Etats-Unis mettent dans la marmite américaine 1,9 trillion de dollars, ça ne peut pas ne pas avoir d’impact plutôt positif sur l’ensemble des pays du monde, pas seulement les pays avancés, et donc par voie de conséquence, pour l’Europe. Mais, pour autant, je ne considère pas comme étant raisonnable un plan de relance de 1,9 trillion de dollars et je crois qu’il est essentiellement motivé par des considérations politiques qui sont nécessairement des considérations de court terme. Donc je suis du sentiment exprimé par Larry Summers (économiste américain, ancien chef du Conseil…

 

Risque de bulle financière sur les actions et l’immobilier (Patrick Artus)

Risque de bulle financière sur les actions et l’immobilier  (Patrick Artus)

Pour Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, la reprise ne fait aucun doute mais les jeunes paieront le plus lourd de la facture de la crise avec la flambée du prix des actifs et un sous-emploi massif. Les politiques monétaires resteront expansionnistes longtemps car un retour en arrière pourrait s’avérer trop dangereux. L’économiste ne croit pas au retour de l’inflation ( de ce point de vue il a sans doute tort si l’on se fie à l’évolution des prix de l’essence, des prix agricoles, de ce des matières premières et des services NDLR, ) interview dans la Tribune.

 

 

- Quelles sont les principales leçons que nous pouvons tirer de cette crise sanitaire ?

PATRICK ARTUS - Cette crise a tout d’abord révélé un problème de couverture de la protection sociale en France. Toute une partie de la population – les jeunes, les intérimaires et les contrats précaires, les artisans et les indépendants – est beaucoup moins protégée que d’autres catégories. Des programmes d’urgence ont été mis en place. Mais, faut-il les pérenniser et étendre la protection sociale des salariés en CDI à l’ensemble de ces populations qui ont été fragilisées ? La seconde question que pose cette crise est le déclassement de la recherche en France, et pas seulement médicale. Il est indispensable d’inverser la tendance au risque d’accumuler un lourd handicap dans la compétition mondiale. Il existe clairement une insuffisance de moyens, une mauvaise articulation entre les laboratoires de recherche et le secteur privé et, enfin, un rejet presque culturel, de la prise de risque.

Quels seront les impact sur l’économie ?

Plusieurs questions font actuellement débat. Il existe un consensus chez les économistes sur la destruction de croissance à long terme d’une telle crise. Les entreprises ont sous-investi et toute une génération de jeunes semble sacrifiée, à la fois en termes de formation et d’emplois. Les chefs d’entreprises ne partagent pas cette vision et tablent sur une reprise forte, un retour « aux années folles », avec une consommation débridée et des nouvelles technologies. Certes, il y aura une envie de consommer mais ce phénomène risque d’être transitoire car nous avons détruit beaucoup de capital, notamment du capital humain.

Le risque de l’entre soi à RMC

Le risque de l’entre soi à RMC

 

Il est clair que Jean-Jacques Bourdin écarté de son interview traditionnelle sur RMC va faire tourner une page à la radio avec son remplacement par Apolline de Malherbe. On passe brutalement de la provocation un peu populiste aux mondanités du 16e arrondissement. Ce que pense en tout cas Jean-Jacques Bourdin avec un peu d’amertume.

En juillet dernier, vous abandonniez la matinale de RMC, dont vous étiez l’animateur incontesté. Beaucoup y ont vu une sanction, un désaveu. Et vous?
Je n’ai vécu cela ni comme une sanction ni comme un désaveu. Mais j’en ai été profondément ­affecté dans la mesure où je pense avoir très largement contribué non seulement au succès de RMC, mais également à celui de chaînes de télévision qui m’ont emboîté le pas. J’ai trouvé ce moment particulièrement injuste.

Que vous ont dit les dirigeants de RMC pour justifier cette décision?
Ils ne m’ont jamais véritablement expliqué les raisons profondes de cette décision.

La matinale aujourd’hui animée par Apolline de Malherbe voit son audience décliner. Comment ­réagissez-vous ?
Loin de moi l’idée d’accabler celle qui m’a succédé. Ce ne serait pas très sportif et ce n’est pas mon genre de dire publiquement ce que je ressens. Je remarque simplement que RMC a toujours été une radio populaire, proche de l’auditeur, loin de l’entre-soi parisien. Et je ne souhaite pas qu’elle s’égare dans une autre direction. Cet éloignement explique sans doute les chiffres actuels. Mais nous ne sommes pas les seuls à souffrir, regardez… S’il ne se réforme pas, le modèle des radios généralistes va souffrir plus encore. Il faut leur donner une identité forte.

C’est-à-dire?
Prenons France Inter : on sait ce que l’on cherche et ce qu’on trouve. Chez nous, on ne sait malheureusement plus. À part peut-être le ­rendez-vous des Grandes Gueules, qui ont su garder une vraie identité avec des personnalités fortes. On s’est peu à peu éloignés du concept très clair d’origine de RMC avec ses trois piliers : information, débat et sport. Ce qui a conduit à une forme de banalisation de la station. Elle doit revenir à ses fondamentaux, notamment la proximité.

C’est quoi le style Bourdin, s’il en est un?
Je ne sais s’il en existe un. ­J’essaie d’être à la radio ce que je suis dans mon quotidien. Quelqu’un qui ne fréquente jamais l’entre-soi parisien. Ni les politiques ni les journalistes…

Votre ton vous a été reproché lors de votre interview ­d’Emmanuel Macron en avril 2018, en binôme avec Edwy Plenel…
J’ai mal vécu les reproches faits à l’époque… mais cette interview est restée dans les esprits, parce qu’elle était différente de toutes les précédentes : nous avons bousculé le chef de l’État. À mon corps ­défendant, je n’avais jamais pratiqué auparavant d’interview à deux. J’ai toujours refusé, mais c’est l’Élysée qui l’a imposée.

Interroge-t-on le chef de l’État comme les autres?
Sur les questions, c’est la même chose. Il est vrai que j’ai appelé le Président « Emmanuel Macron », parce que j’ai toujours questionné mes invités par leurs prénom et nom. Peut-être procéderais-je ­différemment aujourd’hui, mais cela ne changerait en rien le ton et la forme des questions.

On vous a également reproché le caractère « populiste » de votre matinale : une critique qui vous atteint?
J’avais aussi fait l’objet des mêmes critiques à RTL quand j’animais Les auditeurs ont la ­parole. Ces accusations se sont effacées au fil du temps et, ­aujourd’hui, nombre de chaînes font la même chose.

Que corrigeriez-vous si vous repreniez une matinale?
Je ne reprendrai pas le matin. C’est fini.

Pourquoi?
Parce qu’il y a eu une cassure en juillet. Je n’ai plus envie de revenir sur ce passé.

Parce que la blessure est trop profonde?
Oui, et que la page est tournée. J’ai donné quarante-quatre ans de ma vie à ce sacerdoce. C’est beaucoup.

Et si RTL ou Europe 1 faisaient appel à vous?
Je n’irai pas. Même si RTL a représenté vingt-cinq ans de ma vie.

Auriez-vous cette carrière sans cette voix singulière?
Non, jamais. Elle m’a beaucoup aidé. Cet outil ne trompe pas. On peut tout faire passer par elle. Un timbre naturel que je n’ai jamais travaillé.

BFMTV a annoncé le départ de Ruth Elkrief : veut-on, là aussi, tirer un trait sur le passé?
Je ne partage pas ce sentiment, même si je regrette son départ. BFMTV doit rester fidèle à ce qu’elle est depuis sa création, c’est-à-dire privilégier les faits d’abord, les explications ensuite et les commentaires enfin. Je ne voudrais pas que le rythme de l’information soit dicté par les réseaux sociaux. Et que nous nous contentions de débats. C’est un discours que je défends ardemment auprès des dirigeants de la chaîne : ils l’ont compris.

Auprès de son directeur, Marc-Olivier Fogiel, notamment?
Pas seulement. J’ai toujours été ardemment indépendant. Indépendant de toutes les directions, ici et ailleurs… Ce qui fait partie de mon originalité, mais également de mon image : celle d’un franc-tireur au mauvais caractère.

Où serez-vous en septembre?
Sur BFMTV, bien sûr. Sans la moindre hésitation. Une interview d’autant plus stimulante alors qu’approche la présidentielle.

Malgré les sollicitations dont vous devez faire l’objet depuis votre retrait de RMC?
Je suis en effet régulièrement consulté…

Par qui?
Je n’en dirai pas plus.

Et vous le serez dans les ­semaines à venir lors du mercato audiovisuel.
Sans doute, mais je serai sur BFMTV à la rentrée. Sans le moindre doute.

Covid-19 : le risque d’une reprise à l’automne

Covid-19 : le risque d’une reprise à l’automne

La période de très faible transmission qui suit la mise en place d’une vaccination de masse est appelée « lune de miel ». Dans le cas du Covid-19, celle-ci risque d’être brève, avertissent, dans une tribune au « Monde », Renaud Piarroux, épidémiologiste, et Bruno Riou, directeur du centre de crise de l’AP-HP.

Devant une épidémie de Covid-19 non contrôlée faute de mesures suffisamment efficaces, la France fait face depuis mi-décembre 2020 à une longue période dite « stable » – caractérisée en réalité par une morbidité et une mortalité intolérables –, avant de subir un nouveau rebond épidémique dans plusieurs régions que seule la méthode Coué permet d’imaginer qu’il ne s’étendra pas.

L’arrivée des variants « anglais », « sud-africain », « brésilien » du SARS-Cov-2 accélère le rythme de l’épidémie. Plus qu’une nouvelle vague, nous faisons face à une marée montante sur une mer déjà haute. Le nombre de malades en réanimation s’élève, plus lentement que lors des deux premières vagues, mais inexorablement. Environ 60 % de la capacité habituelle en lits de réanimation est déjà occupée par des malades du Covid-19 et le reste des lits ne suffit plus pour prendre en charge les autres pathologies.

Il aurait été plus raisonnable de faire comme l’Allemagne ou le Danemark, qui ont réagi fortement à l’arrivée des variants. Même si, chez eux, le nombre de cas a tendance à remonter de nouveau, cette hausse modérée survient alors qu’il a été divisé par trois depuis le début de l’année.

Les hôpitaux de ces pays gardent donc des marges de manœuvre, contrairement à la France, où des déprogrammations hospitalières importantes ont déjà lieu. La situation est d’autant plus préoccupante que seulement 2,7 millions de Français (4 %) ont reçu au moins une dose de vaccin, et moins de la moitié d’entre eux, deux doses.

A n’en pas douter, mars et avril seront très éprouvants, mais qu’adviendra-t-il après ? On peut espérer que la campagne de vaccination s’intensifiera avec un effet d’autant plus spectaculaire qu’une grande partie de la population sera aussi immunisée du fait de la très forte circulation virale depuis octobre. On peut aussi espérer que l’effet saisonnier participe à la décrue.

La potentialisation de l’effet de la vaccination là où un agent pathogène a circulé activement a déjà été observée dans le cas de la rougeole et de la coqueluche. La période de très faible transmission qui suit la mise en place d’une vaccination de masse est appelée « lune de miel ». Elle n’est cependant pas pérenne puisque, avec le temps, l’effet immunisant lié à la circulation du pathogène s’estompe. Dans le cas du Covid-19, la lune de miel risque d’être brève, car l’immunité ne semble pas suffisamment durable. Si la couverture vaccinale est insuffisante, une reprise épidémique est à craindre dès l’automne prochain.

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

États-Unis : le risque d’un retour d’inflation

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique.

Chronique.

 

Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

Industrie de défense française : le risque d’une appropriation par l’Allemagne

Industrie de défense française : le risque d’une appropriation par l’Allemagne

Par  d’Aymeric Chauprade,  spécialiste de géopolitique, auteur de nombreux ouvrages, Aymeric Chauprade a été député européen FN avant de s’en éloigner ( tribune dans l’Opinion)

 

 

Le programme franco-allemand SCAF (Système de combat aérien du futur) résume à lui seul l’histoire étrange d’une grande nation scientifique et industrielle, la France, qui, sous la double emprise de son obsession idéologique et de son complexe d’infériorité, s’apprête à détruire l’un de ses derniers atouts : son industrie de défense.

Entre 2012 et 2017, deux vieilles nations de poids géopolitique comparable, la France et le Royaume-Uni, deux ex-puissances coloniales, lassées de leurs guerres séculaires depuis le Moyen-Âge, alliées des deux grandes guerres du XXe siècle, discutent pour imaginer ensemble l’avion de combat du futur. Paris et Londres ont signé les accords de Lancaster House en 2010, et ont tout intérêt à unir leurs forces. Des démonstrateurs voient le jour, le Dassault Neuron en 2012, le BAE Systems Taranis en 2013. Au sommet franco-britannique d’Amiens, en 2016, les deux pays s’accordent pour réaliser ensemble un démonstrateur. Puis tout s’arrête.

Que s’est-il passé ? Un nouveau président est élu en France, qui, comme ses prédécesseurs, pense que l’habit présidentiel est indissociable du « pas de deux » avec la chancelière allemande, laquelle est trop maligne pour ne pas comprendre que le moment est venu de briser dans son élan la coopération franco-britannique.

Tellement bon. Le 13 juillet 2017, Angela Merkel et Emmanuel Macron annoncent leur intention de développer conjointement plusieurs systèmes d’armes. Les Allemands et les Français feraient ensemble l’avion de combat du futur (un système de combat aérien constitué d’un futur avion habité de nouvelle génération, entouré d’un essaim de drones), le char lourd de combat du futur, le drone européen du futur, le drone maritime du futur…

Même si les Espagnols et les Italiens ne sont pas oubliés, les Français et les Allemands se répartissent les leaderships sur les différents programmes. C’est tellement bon pour un Français de se sentir l’égal d’un Allemand et au-dessus d’un Italien ou d’un Espagnol, et de tous les autres…

Les Français, qui ne croient plus guère aux chars lourds depuis la fin de la Guerre froide, donnent aux Allemands le leadership du MGCS (Main Ground Combat System), mais ils gardent naturellement la main sur le SCAF (Système de combat aérien du futur) pour une raison évidente : dans cet aréopage industriel, Dassault Aviation est le seul industriel à savoir fabriquer un avion de combat.

Dès 2017, les industriels français ne sont pas dupes, mais ils obéissent le petit doigt sur la couture du pantalon à la volonté (idéologique) du Politique, lequel tient entre ses mains les deniers nécessaires pour lancer les études, les démonstrateurs… A Paris, et quels que soient les états-majors politiques, du PS aux LR en passant par LREM, l’idéologie franco-allemande est puissante ; on a le droit de la maudire en privé, mais jamais de la critiquer en public. Tant pis si pour la réalité, « l’avenir est européen donc franco-allemand ». Le Brexit vient d’ailleurs donner encore plus d’eau au moulin des thuriféraires du « moteur franco-allemand ».

Supériorité. 5 février 2021, Sommet franco-allemand, crise majeure sur les programmes communs de défense… Arrive donc ce qui devait arriver : les Allemands reprochent aux Français de ne pas avancer sur le char, tandis que les Français reprochent aux Allemands de ne pas avancer sur l’avion. Les Allemands veulent tout rediscuter : ils exigent davantage sur la propriété intellectuelle ; ce qu’ils veulent en réalité, c’est que les Français transfèrent la technologie qu’ils n’ont pas dans le domaine de l’aviation de combat.

Certains à Paris découvrent « l’eau chaude » : l’Allemagne est en train de se servir de ses alliances pour combler son retard en matière d’industrie de défense. Plus faible économiquement que l’Allemagne, la France est en train d’offrir aux Allemands, sur un plateau, le seul avantage comparatif qu’elle conservait : sa supériorité dans le domaine de la défense !

Une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner.

La crise révèle pourtant bien plus qu’une simple friction d’ego sur un partage de compétences. En vérité, l’Allemagne et la France n’ont pas les mêmes objectifs géopolitiques et leurs besoins militaires sont, fort logiquement, très différents. On peut se rassurer en répétant que bâtir des systèmes d’armes ensemble ne va pas de soi et exige des sacrifices de part et d’autre ; ce serait vrai si le problème n’était pas bien plus profond que cela ! La vérité est qu’une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner en utilisant l’alliance comme un sas de transfert de technologies.

Certes l’Allemagne dispose aussi de technologies de qualité, sauf que nous n’en avons pas besoin ! Nous savons tout faire seuls, avec nos propres industries : un avion de combat, un moteur ultra-performant, un cloud, des drones, un système de systèmes…

Puissance continentale, l’Allemagne reste profondément attachée à l’OTAN. Son armée est une composante du bloc transatlantique dirigé par Washington, prête à participer à une guerre de haute intensité contre la Russie. Face à la Russie, les Etats-Unis ont besoin de chars lourds prépositionnés en Allemagne, donc de chars allemands. Certes la France a encore des chars lourds (l’excellent char Leclerc) mais elle a abandonné depuis longtemps le modèle de la Guerre froide et n’a projeté ses chars ni en Afghanistan ni en Afrique. L’armée de terre française mise maintenant sur la mobilité des blindés à roue du programme SCORPION (le Griffon et le Jaguar), elle préfère les missiles aux canons des chars lourds.

De temps en temps, pour que l’on ne doute pas trop de notre volonté otanienne, nous mettons à disposition quelques Leclerc pour des manœuvres anti-russes dans les pays Baltes, mais tout cela n’est pas sérieux. Ce qui est sérieux, c’est le Mali (là où meurent nos soldats, ne l’oublions pas), ce sont nos frappes contre l’Etat islamique, c’est la nécessité de devoir naviguer dans toutes les mers et les océans là où le drapeau français flotte, des Caraïbes jusqu’au Pacifique Sud en passant par l’océan Indien.

Besoins opérationnels. L’Allemagne, elle, n’est ni membre du Conseil de sécurité de l’ONU, ni une puissance nucléaire ; elle ne se projette pas en Afrique et n’a pas à protéger un espace maritime comme celui de la France (le deuxième derrière les Etats-Unis). L’Allemagne n’a pas besoin que son chasseur de combat du futur soit capable de se poser sur un porte-avions pour être projeté au Moyen-Orient ou en Afrique, ou qu’il soit prêt à emporter des missiles à tête nucléaire.

Nos besoins opérationnels sont encore ceux d’un pays qui agit de manière souveraine sur des théâtres où il entend garder une influence. Nous voulons dissuader et nous projeter, car nous voulons rester une puissance crédible dans un monde de plus en plus multipolaire et où notre influence dépendra de plus en plus de notre capacité à défendre des gouvernements contre des forces islamistes, et à protéger des espaces maritimes contre les nouvelles poussées impériales, en Méditerranée comme mer de Chine orientale ou dans le canal du Mozambique.

Au-delà de l’incompatibilité des buts géopolitiques entre Paris et Berlin, laquelle fonde une incompatibilité en termes de coopération industrielle de défense, s’ajoutent des divergences graves en matière de règles d’exportation des armes. A quoi bon développer des armes avec un partenaire dont on sait déjà qu’il n’a pas la même philosophie pour les vendre ? Nous avons (finalement, et après, il faut le dire, beaucoup d’obstacles mis sur notre chemin par nos alliés américains) exporté notre Rafale, et nous continuerons à le faire.

Où avons-nous exporté ? Vers des pays qui cherchaient une troisième voie entre les Américains et les Russes. En Inde, en Grèce (car les Américains sont à la fois avec les Grecs et les Turcs), et demain dans tous les pays qui voudront se donner cette marge de manœuvre géopolitique qu’offre l’armement français.

Gauchisme et atlantisme. Compte tenu de la nature du système politique allemand, du poids du Bundestag dans la décision d’exportation allemande, mais aussi du poids de la gauche allemande pacifiste au Bundestag, qui peut imaginer une politique d’exportation cohérente d’éventuels matériels de défense franco-allemand ? Comment une telle politique d’exportation pourrait-elle échapper à la double action du gauchisme et de l’atlantisme, à la fois au Bundestag et au Parlement européen ?

Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs. Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences.

Aujourd’hui, on a certes le droit de critiquer les choix français d’exportation d’armement mais personne ne pourra leur reprocher leur cohérence avec nos choix géopolitiques : nous voulons limiter l’expansionnisme d’Erdogan de la Libye jusqu’à la Méditerranée orientale, et l’influence de ses alliés, les Frères musulmans : il est alors logique de renforcer militairement les Grecs, les Emiratis, les Egyptiens.

Il y a bien plus de symétrie, et donc de synergies potentielles, entre ces deux ex-puissances coloniales, aujourd’hui puissances ultramarines, que sont la France et l’Angleterre, qu’entre la France et l’Allemagne. Qu’est-ce donc qui commande alors ce tropisme fusionnel avec l’Allemagne, au point d’être prêt à livrer à nos amis allemands notre fruit défendu le plus précieux : la BITDF (Base industrielle et technologique de défense française) ?

Irréversible. Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs d’avions de combat. Et nous avons, dans notre écosystème de défense, tous les industriels à disposition pour faire des drones, un cloud, un système de systèmes… Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences. Pour des développements ciblés, nous avons les Britanniques et nous savons que la coopération bilatérale avec eux fonctionnera car ils sont imperméables à l’idéologie et ne s’engagent que s’ils y ont intérêt.

Le Président Macron doit faire un choix : soit il poursuit, comme si de rien était, à l’abri du discours confortable de l’idéologie franco-allemande, et il appuie alors sur le bouton irréversible du transfert de nos avantages aux Allemands, déshabillant ainsi la souveraineté industrielle française avec comme seul résultat l’effacement du retard allemand. Soit il profite du « reset » économique mondial qui se prépare pour relancer une grande politique industrielle de défense française.

Comment ? En annonçant qu’une large coalition d’industriels français va travailler sans frein pour inventer et produire l’avion du futur français, le successeur du Rafale en 2040, lequel sera de facto une réussite européenne et mondiale.

Annulation Dette de la BCE : le risque d’une explosion

Annulation Dette de la BCE : le risque d’une explosion

 

L’ancien banquier Jean-Michel Naulot exprime la crainte, dans une tribune au « Monde », que l’idée d’une annulation de la dette de la Banque centrale européenne sape la confiance dans cette institution.

Tribune. Le débat sur l’annulation des dettes publiques prend de l’ampleur. Une centaine d’économistes, animés par une juste cause, l’écologie et la justice sociale, proposent d’effacer 2 500 milliards d’euros de dettes détenues par la Banque centrale européenne (BCE) et d’investir ce montant dans une relance vertueuse. Leur projet est de restaurer des marges de manœuvre pour investir. Comment une telle proposition ne retiendrait-elle pas l’attention ?

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, y a répondu de manière très claire : « Ce serait une violation du traité européen qui interdit strictement le financement monétaire des Etats. Cette règle constitue l’un des piliers fondamentaux de l’euro » (JDD, 7 février 2021). Cependant, venant d’une dirigeante qui expliquait au moment de la crise de 2010 que « nous avons violé toutes les règles [de l’Union européenne] parce que nous voulions serrer les rangs et sauver réellement la zone euro » (Wall Street Journal, 18 décembre 2010), la réponse risque d’être un peu courte pour dissuader les avocats de l’annulation. Le débat autour de l’annulation de dette va bien au-delà de la problématique des traités.

Pour la BCE, renoncer au remboursement d’une dette dans le cadre d’un accord avec les Etats, ce serait enregistrer une lourde perte, comme n’importe quelle banque qui aurait prêté à un client défaillant. Ce serait faire apparaître au bilan des fonds propres négatifs de plus de 2 000 milliards d’euros, un montant qui ne serait pas vraiment de l’épaisseur du trait – de l’ordre du produit intérieur brut (PIB) de la France.

Quelles en seraient les conséquences ? Personne, absolument personne, ne peut répondre à cette question. Pourquoi ? Parce que cette expérience serait inédite et qu’elle toucherait à l’essentiel, la solidité de l’institution monétaire, donc à la confiance qu’elle inspire. Or, sans la confiance, c’est tout le système économique qui risque de s’effondrer.

 

Contrairement à une idée répandue, l’autorité d’une banque centrale est fragile. Elle ne dispose d’aucun pouvoir relevant de la magie. Elle n’a pas le pouvoir de distribuer de la monnaie comme on distribue des cadeaux. Elle crée de la monnaie comme n’importe quelle banque commerciale. Jusqu’à la crise de 2008, c’étaient même les banques commerciales qui créaient, de très loin, l’essentiel de la monnaie. 

Point absolument capital, la création monétaire, quelle que soit son origine, est toujours effectuée contre une reconnaissance de dette et celle-ci doit être honorée. Lorsque survient une crise, la Banque centrale joue le rôle de prêteur en dernier ressort : elle irrigue le système bancaire en prêtant des liquidités, certes sans limite, mais elle ne fait que prêter.

Réforme de la formation des enseignants : un risque de dévalorisation

Réforme de la formation des enseignants : un risque de dévalorisation

La réforme du concours de recrutement des professeurs diminue « l’évaluation des connaissances scientifiques du candidat par rapport aux exercices de pratiques professionnelles » estime, dans une tribune au « Monde », le professeur d’histoire en lycée Thibaut Poirot

L’arrêté précisant les futures modalités de recrutement des enseignants était attendu depuis plus d’un an. Il est tombé vendredi 29 janvier alors que l’éducation nationale est l’arme au pied face à la pandémie, et que l’enseignement supérieur ne sait pas comment faire revenir des étudiants touchés de plein fouet par la crise. Le 29 janvier, l’éducation nationale a sabordé son principal outil de recrutement : le capes, concours de recrutement des professeurs de collège et de lycée.

Lire aussi : Grenelle de l’éducation : « Une réforme nécessaire mais périlleuse des concours enseignant »

Pourquoi ce sabordage ? Parce que cet arrêté diminue profondément, entre autres par le jeu des coefficients de chaque épreuve du concours, l’évaluation des connaissances scientifiques du candidat par rapport aux exercices de pratiques professionnelles. Pour le cas de l’histoire-géographie par exemple, la part stricte du « disciplinaire » ne tient plus qu’en une seule épreuve à l’écrit. Autrement dit : le candidat ne sera pas pleinement évalué sur ses capacités scientifiques en géographie quand une dissertation d’histoire tombera. La « leçon » donnée par le candidat pour être admis à l’oral évaluera par ailleurs beaucoup moins ses connaissances scientifiques que la conception d’un cours. Peut-on cependant savoir faire cours devant un jury quand on n’a jamais exercé ?

« Vieille lune ! », « position conservatrice ! », « combat d’arrière-garde ! » va-t-on me répondre. Pourquoi donc faudrait-il connaître sa discipline ? Parce qu’un pédagogue ne se construit qu’à partir de sa capacité à analyser ses pratiques au regard du savoir qu’il transmet. Non, un professeur n’est pas qu’un transmetteur de compétences ou de « valeurs ». Il est aussi et surtout un concepteur de son métier, un artisan d’un savoir en train d’évoluer.

Un enseignement borné

Ce sont les réflexes de recherche, les bonnes habitudes des concours, à manier des supports multiples, à croiser des sources diverses qui font le professeur. Un professeur peu solide sur ses compétences disciplinaires en entrant dans le métier ne fera que répéter des vulgates, et souvent des vulgates fausses. Combien de mauvais manuels dans différentes disciplines, en lettres, en histoire-géographie, en mathématiques, contiennent des erreurs grossières ? Croire qu’il suffirait de potasser un manuel pour délivrer un savoir disciplinaire, c’est méconnaître la part importante du métier : faire son propre chemin, adapter son savoir à une situation d’enseignement. Croire qu’on peut susciter la curiosité des élèves sans culture disciplinaire étendue, sans rebondir sur leurs interrogations, c’est offrir un enseignement borné.

Le risque d’une cyber pandémie

Le risque d’une cyber pandémie

 

Le Cigref, représentante des grandes entreprises et administrations s’explique sur le risques  numériques (papier dans l’Opinion)

 

 

 

Depuis le printemps dernier, le microcosme parisien des experts de la cyberdéfense est accaparé par une attaque majeure détectée aux Etats-Unis. Un « cheval de Troie » informatique introduit dans les logiciels de la société SolarWinds, fournisseur d’administrations sensibles et de labels mondiaux de la Tech. Sont affectés le Pentagone, la NSA, Cisco, Microsoft, Intel. Sa trace a été repérée sur les cinq continents. La Russie est soupçonnée d’être à l’origine de cette cyber attaque sophistiquée, qui illustre la puissance de ce nouveau type d’arme de destruction massive.

Le « fléau » des économies du XXIe siècle, insiste Guillaume Poupard, le patron de l’Agence nationale de surveillance systèmes d’information (ANSSI). Le 5 février 2020, Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne, alertait le monde de la finance sur le risque d’une « cyber pandémie ». Elle pourrait être la cause de la prochaine crise financière mondiale, prévenait la Française en se basant sur les travaux du Conseil européen des risques systémiques. Ça, c’était avant la crise. Depuis, les attaques ont littéralement « explosé », révèle Vincent Desroches, chef de la division management de la sécurité à la sous-direction de la stratégie de l’ANSSI.

Entre 2019 et 2020, le phénomène a quadruplé en France. A 192 reprises l’année dernière (contre 54 précédemment), ses limiers se sont déplacés au chevet de victimes de rançongiciels, le principal mode des attaques ; un virus introduit subrepticement dans un ordinateur crypte ses données et le pirate exige une rançon pour les rendre à nouveau accessibles. Le 13 novembre, le Cigref, qui porte la voix des grandes entreprises et administrations sur les enjeux numériques, alertait officiellement le Premier ministre sur cette « menace croissante pour l’économie ».

Attaques tous azimuts. Les premières victimes sont les collectivités territoriales. Une commune est attaquée chaque semaine. « Elles sont visibles, gèrent de la donnée critique et ne disposent pas toujours des ressources en interne pour se protéger », analyse Nicolas Arpagian, directeur de la stratégie d’Orange Cyberdéfense. Dans le secteur privé, les pirates ont redoublé d’efforts contre les secteurs les plus chahutés par le confinement : l’industrie, les télécoms, l’éducation, les jeux vidéo, la santé.

La désorganisation de systèmes d’information des entreprises et l’explosion des connexions à distance suite au recours massif au télétravail ont multiplié les failles, explique Maxime Cartan, le PDG de Citalid, une start-up spécialisée dans l’analyse et la prévention du risque cyber. Malins, les pirates ont mieux « contextualisé » leurs pièges, de faux liens de visioconférence ou de faux SMS à en-tête de réseaux de surveillance de la Covid-19. Ils ont privilégié les cibles juteuses et publié des données capturées pour les inciter à payer. Orange Business Service, Ubisoft, Crytek, Elior, les assureurs MMA ou Chubb en ont fait les frais ; d’autres, comme Sopra Steria, M. Bricolage ou CMA-CGM y ont échappé.

Les criminels sont « montés en puissance », avertit Vincent Desroches. Ils se sont « structurés, regroupés en franchise, avec des modèles d’affaires copiés sur les géants de la Tech », détaille Maxime Cartan. Derrière les « Sodinokibi », « Maze » ou « Ryuk », têtes de gondole du rançongiciel sans frontière, se cachent des réseaux dont les profits pèsent aujourd’hui trois fois ceux des barons de la drogue.

Pression des investisseurs. Le principal souci des autorités, reprend Vincent Desroches, est « que tous les acteurs du pays progressent en défense à peu près au même rythme pour ne pas créer de failles dans la cuirasse ». Partout, les entreprises réévaluent le risque cyber. Un mouvement largement initié par les sociétés cotées. Les investisseurs leur mettent la pression : une attaque peut mettre à mal leurs actifs. En 2019, pour la première fois aux Etats-Unis, Equifax, une société qui gère les données de santé de 145 millions d’Américains, a vu sa notation financière dégradée après une cyber attaque. Désormais, l’investissement dans la confiance numérique a des incidences sur le cours du titre, l’accès aux marchés financiers et la réputation de l’entreprise.

Les grands comptes réagissent en musclant leurs équipes, qui obtiennent d’excellents résultats en se mettant dans la peau des attaquants. Elles obligent leurs partenaires à élever leurs propres standards. Les entreprises moyennes et petites font plutôt appel à des consultants pour sécuriser les équipements et éduquer les comportements. Les assurances se multiplient, mais leurs conditions se sont récemment durcies. « Avec un encours de 70 millions d’euros de primes pour 2020, la capacité des assureurs à rembourser les sinistres est très faible », souligne Emmanuel Gély, le patron de Polyexpert, spécialiste de l’expertise des sinistres. D’autant que les pirates se sont vite adaptés. Ils ont ciblé de préférence les sociétés assurées et fixé le montant des rançons au maximum de la couverture des polices. Un bon moyen pour être payés rapidement. Au jeu de l’épée et du bouclier numérique, les hackers font la course en tête.

 

NON-RECONFINEMENT: un risque énorme

NON-RECONFINEMENT: un risque énorme

 

La décision de non confinement par le chef de l’État qui était pourtant attendu a surpris beaucoup d’observateurs. Cela d’autant plus que les établissements hospitaliers sont à la limite de la saturation avec l’augmentation croissante du nombre de personnes soignées. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Cette décision de non confinement sera forcément contredite d’ici la fin du mois et le président de la république devra s’y résoudre car le risque est énorme. En clair on perd un temps précieux. « C’est un gros risque », commente le professeur Éric Caumes, invité ce lundi matin de RMC et BFMTV.

 

« C’est très difficile de s’exprimer pour toute la France », prévient-il d’emblée, « parce qu’on a tous une approche biaisée par là où on exerce, la situation n’est pas du tout la même dans l’Ouest de la France, qu’elle l’est dans l’Est de la France, dans le Sud ou dans le Nord ».

En ce qui le concerne, le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris ne cache pas ses inquiétudes quant à la situation dans la capitale. « On voit la courbe monter, donc on est très inquiets. » Il développe:

« On est déjà presque à un seuil de saturation des réanimations, on est en train de déprogrammer pour pouvoir accueillir plus de patients, donc oui, on est dans une phase ascendante de l’épidémie. »

En choisissant cette option, l’exécutif a estimé qu’il avait encore un peu de temps devant lui avant d’user de la plus restrictive des solutions, et ainsi préserver les Français de l’impact économique et psychique que susciterait une nouvelle mise sous cloche. « On a encore la possibilité d’éviter un reconfinement » a ainsi défendu très laborieusement Gabriel Attal dimanche, le porte-parole du gouvernement assurant désormais que « le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu’on peut éviter aux Français, il faut qu’on le prenne ». Et si le président avait décidé du confinement il expliquerait sans doute que le moindre jour de confinement permet d’éviter des catastrophes sanitaires ! Ce qu’il fera sans doute d’ici fin février quand Macron se sera décidé à reconfiner.

Le risque d’une démocratie par les plateformes

Le risque d’une démocratie par les plateformes

Le bannissement de Donald Trump de Twitter est un événement historique, estime André Loesekrug-Pietri. Il consacre la toute-puissance des plateformes Internet pourtant dénuées de toute légitimité démocratique. Les démocraties doivent reprendre l’initiative en se montrant plus agiles.

 

Par André Loesekrug-Pietri (directeur de la Joint European Disruptive Initiative) pose la problématique du rapport entre la démocratie et les plates-formes des réseaux dits sociaux dans le journal les Échos.

Il  faut évidemment se réjouir que le réseau social ait enfin décidé de supprimer cette partie quasi intégrante de Donald Trump, que le monde entier consultait chaque matin pour connaître l’humeur du locataire de la Maison-Blanche, relayer ou s’effrayer de ses tweets. Twitter était un outil capital qui lui servait de porte-voix sans filtre à des messages haineux, clivants et mensongers.

Un événement historique

Cette suppression est un véritable événement historique, car les plateformes Internet montrent ainsi un pouvoir extraordinaire, celui de pouvoir détruire de manière instantanée la présence digitale d’une personne. Une « licence to kill » sans aucun contre-pouvoir ni légitimité démocratique, reposant sur les seules conditions générales d’utilisation et la volonté du patron de Twitter - heureusement démocrate convaincu, Jack Dorsey.

C’est également historique car cela consacre le rôle absolument majeur des géants de l’Internet dans les déstabilisations actuelles et futures des démocraties - déstabilisations qui sont et seront permises par ces plateformes dont les algorithmes créent des bulles fermées, accentuant la fracturation de la société et la possibilité pour des menteurs effrontés comme Trump de répandre leur poison et d’attiser la frustration de millions de personnes. Au-delà de la désinformation et de la manipulation à grande échelle, ces plateformes permettent à des mouvements violents de s’organiser - preuve en est l’utilisation active des nouveaux réseaux Gab, Parler et DLive dans l’attaque du Capitole le 6 janvier dernier.

Opinion | La régulation des réseaux sociaux, miroir aux alouettes ?

Quel contraste avec la lenteur des procédures démocratiques - même si celles-ci se sont prodigieusement accélérées du fait de cet événement saisissant qu’est la prise du Capitole américain, un événement qui a choqué le monde et ne s’était produit depuis plus de deux cents ans. La procédure d’impeachment est lancée en quelques jours, sans avoir toutefois quasiment aucune chance d’aboutir du fait du peu de temps restant : en effet, seul un procès est à même de pouvoir destituer le président et d’avoir des conséquences notables pour la suite, notamment son inéligibilité future.

Reprendre l’initiative

L’Europe a bien compris le rôle croissant des plateformes dans la diffusion de la haine en ligne, comme en témoigne le Digital Services Act présenté le 15 décembre dernier par Thierry Breton, visant notamment à contenir la haine en ligne. Mais là aussi, on est parti pour six mois d’approbation au Parlement européen puis au bas mot dix-huit mois pour la mise en oeuvre dans les Etats membres. Prendre du temps pour le débat démocratique et prendre les bonnes décisions, oui ! Utiliser toute la créativité et la diversité européenne pour développer les stratégies les plus innovantes et les plus solides, oui ! Mais ici ce sont beaucoup les méandres administratifs qui sont responsables de cette lenteur.

La pandémie l’a montré : au-delà de la qualité des décisions politiques - on pourrait presque dire en forçant le trait : quelles que soient les décisions prises -, c’est la vitesse et la capacité d’anticipation qui est le défi majeur de nos sociétés en cette période d’accélération prodigieuse. Non, on ne peut se résoudre à ce que les démocraties soient plus lentes - il faut tordre le cou à l’idée que la lenteur favoriserait le consensus - sauf à prendre le risque de voir le pouvoir démocratique, son efficacité, et donc sa légitimité, contestés par des acteurs non démocratiques. Et on ne peut non plus se résoudre à simplement saluer les actions des plateformes comme celle de Twitter à l’encontre de Trump, ou à leur déléguer des pouvoirs exorbitants de garants des faits et de la bonne tenue du débat public - sauf à revenir à l’effrayant spectre du ministère de la Vérité décrit par Orwell. Les démocraties doivent reprendre l’initiative, et combiner débat démocratique et agilité - ce qui passera forcément par un immense travail, sans cesse renouvelé, d’anticipation. C’est l’impératif démocratique de ce siècle, et les Européens doivent s’en emparer sans attendre.

André Loesekrug-Pietri est président de la Joint European Disruptive Initiative (Jedi), la Darpa européenne.

André 

Le risque d’un conflit ethno racial (Thomas Piketty, Economiste)

   Le risque d’un conflit ethno racial (Thomas Piketty, Economiste)

 

 

Pour, Thomas Piketty,Economiste,les événements du 6 janvier à Washington montrent qu’un « conflit ethno-racial sans issue » menace les Etats-Unis.

 

Après l’invasion du Capitole, le monde éberlué se demande comment le pays qui s’est longtemps présenté comme le leader du monde « libre » a pu tomber aussi bas. Pour comprendre ce qui s’est passé, il est urgent de sortir des mythes et de l’idolâtrie, et de revenir à l’histoire. En réalité, la République étatsunienne est traversée depuis ses débuts par des fragilités, des violences et des inégalités considérables.

Emblème du Sud esclavagiste pendant la guerre civile de 1861-1865, le drapeau confédéré brandi il y a quelques jours par les émeutiers au cœur du Parlement fédéral n’était pas là par hasard. Il renvoie à des conflits très lourds qui doivent être regardés en face.

Le système esclavagiste a joué un rôle central dans le développement des Etats-Unis, comme d’ailleurs du capitalisme industriel occidental dans son ensemble. Sur les quinze présidents qui se sont succédé jusqu’à l’élection de Lincoln en 1860, pas moins de onze étaient propriétaires d’esclaves, dont Washington et Jefferson, tous deux natifs de Virginie, qui en 1790 compte 750 000 habitants (dont 40 % d’esclaves), soit l’équivalent de la population cumulée des deux Etats nordistes les plus peuplés (la Pennsylvanie et le Massachusetts).

Après la révolte de 1791 à Saint-Domingue (joyau colonial français et première concentration d’esclaves du monde atlantique de l’époque), le Sud états-unien devient le cœur mondial de l’économie de plantation et connaît une expansion accélérée. Le nombre d’esclaves quadruple entre 1800 et 1860 ; la production de coton décuple et alimente l’industrie textile européenne. Mais le Nord-Est et surtout le Midwest (dont est originaire Lincoln) se développent encore plus rapidement. Ces deux ensembles s’appuient sur un autre modèle économique, fondé sur la colonisation des terres de l’Ouest et le travail libre, et veulent bloquer l’expansion de l’esclavage dans les nouveaux territoires.

Électricité : risque de coupure vendredi

Électricité : risque de coupure vendredi

 

EDF est au taquet en matière de production d’électricité du fait des retards pris pour l’entretien de plusieurs centrales nucléaires. Évidemment, ce ne sont pas les illusoires éoliennes qui peuvent combler le déficit puisque une éolienne en moyenne à une capacité de production de 2 MW à comparer à un réacteur classique de 900 MW et 2660 MW pour un EPR. Selon RTE, la consommation atteindra vendredi un haut niveau, à quelque 88.000 MW. Si la production «sera suffisante, à 88.200 MW, pour couvrir tous les besoins», assure RTE, la situation mérite la plus grande vigilance.

 

En témoigne la carte de France présentée tout en rouge sur le site, monécowatt.fr, réalisé par RTE en partenariat avec l’agence de transition écologique (ADEME). «Nous devons réduire notre consommation pour éviter tout risque de coupure», explique-t-on. En effet, «dans les cas rares où tous les besoins en électricité ne pourraient pas être couverts, des coupures locales, maîtrisées et d’une durée maximale de 2h pourraient être organisées. Le site Ecowatt donnera alors à chaque Français toutes les informations en temps réel pour faire face à la situation».  C’est aussi la conséquence de la fermeture de la centrale de Fessenheim, la France pourrait en effet être contrainte d’importer de l’électricité ; Sans doute d’Allemagne et produite avec des centrales à charbon !

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

 

Aujourd’hui Tesla apparaît comme la vedette des valeurs boursières; le problème est que cette entreprise est particulièrement surcotée. Il n’y a en réalité aucune cohérence entre la valeur boursière de Tesla et la valeur de l’entreprise. De nombreux analystes financiers considèrent que la cotation de Tesla relève du casino.

 

Chris Harvey, responsable de la gestion actions du géant bancaire américain Wells Fargo, a souligné dans l’émission Fast Money de CNBC combien les circonstances de l’ascension d’AOL rappellent celle de Tesla. »AOL à la fin des années 1990, à l’image de Tesla aujourd’hui, avait la main sur une technologie qui changeait la donne, affichait une performance boursière formidable et entrait tardivement dans l’indice après une envolée extraordinaire » (traduit par nous), a indiqué le stratégiste.

 

Globalement, le spécialiste s’attend à ce que les gagnants de 2021 en Bourse soient très différents de ceux de 2020. Selon lui, les investisseurs commencent à perdre l’appétit pour les valeurs de croissance (privilégiées cette année comme elles l’avaient été lors des récessions de 2003 et 2009), tandis que les titres cycliques -c’est-à-dire les sociétés dont la santé est fortement liée à la conjoncture générale- commencent à profit d’un regain attendu de croissance économique.

Allemagne : risque de récession avec le reconfinement

Allemagne : risque de récession avec le reconfinement

Les experts notamment les économistes de Commerzbank, Berenberg, Deutsche Bank et ING estiment que le reconfinement récemment décidé entraînera bel et bien l’économie dans une deuxième récession en Allemagne .

Le premier confinement, au printemps, avait provoqué la pire récession de l’histoire récente de l’économie allemande, avec une chute du produit intérieur brut (PIB) de 1,7% au premier trimestre et de 9,8%, un record, au deuxième.

Ce choc a été suivi d’un rebond de 8,5% du PIB au troisième trimestre, tiré par la consommation des ménages et les exportations.

Commerzbank estime ainsi désormais que le PIB allemand se contractera d’au moins 1% sur les trois derniers mois de l’année et de 0,5% sur les trois premiers de l’an prochain.

Holger Schmieding, économiste de Berenberg, table quant à lui sur une baisse de 1,8% du PIB sur octobre-décembre (contre -1% auparavant), même s’il précise que cette baisse d’activité devrait être compensée dès le deuxième trimestre 2021.

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