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La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE a longtemps a contesté le caractère durable de l’inflation. Devant les réalités, elle consent aujourd’hui à reconnaître un phénomène auquel il faut s’adapter notamment par exemple face  une hausse brutale  du coût de l’argent. De la même manière, la Banque centrale européenne prévoit toujours une croissance en 2023 mais recommande cependant d’étudier le scénario de récession. La BCE invite notamment  les banques de la zone euro à intégrer dans leurs prévisions  un « scénario récessionniste ». La  BCE Évoque également le risque d’une crise du crédit à cause d’une remontée brutale des taux d’intérêt.

La  présidente de la BCE Christine Lagarde disait s’attendre à une croissance de 2,8% en 2022 et 2,1% en 2023. Toutefois, la BCE prend en compte une possible dégradation de l’environnement économique, sur fond d’inflation, de crise énergétique et de guerre en Ukraine.

L’institution basée à Francfort n’exclut pas un arrêt de l’approvisionnement de l’Europe de l’Ouest en gaz russe, sur fond de poursuite voire d’escalade de la guerre en Ukraine. Ce qui mènerait la zone euro à la récession en 2023 dans le plus noir des scénarios. La BCE souhaite que les banques intègrent ces perspectives négatives à leurs prévisions.

Autre grand risque qui plane sur la croissance européenne : la remontée des taux d’intérêt prévue par la BCE,  en théorie bénéfique pour les établissements de crédit, mais qu’une hausse brutale et désordonnée du coût du crédit constituerait un risque potentiel, notamment pour les clients très endettés.

Taux d’intérêt : Le risque d’éclatement au sein de la zone euro

Taux d’intérêt : Le risque d’éclatement au sein de la zone euro

Le resserrement de la politique monétaire de la BCE accroît les déséquilibres économiques entre les pays de l’Union européenne, faisant resurgir le spectre de la crise des dettes souveraines de 2011. Par Valérie Mignon, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières 

 

Dans le sillage de la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) a pris la décision de relever ses taux directeurs de 25 points de base à compter du mois de juillet 2022, une première depuis la crise des dettes souveraines de la zone euro il y a onze ans. Conséquence, les taux d’intérêt des obligations d’État s’envolent et les écarts de taux entre les pays membres de la zone euro se creusent, ravivant les inquiétudes quant à une nouvelle crise de la dette et une entrée en récession.

La reprise forte et rapide de l’activité qui a suivi la mise à l’arrêt de l’économie mondiale lors des périodes de confinement durant la pandémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une très vive hausse de la demande, nettement supérieure à l’offre dans plusieurs secteurs, entraînant d’importantes pénuries. Ce rebond économique s’est traduit, logiquement, par une forte augmentation des prix. Si un tel schéma inflationniste n’est pas surprenant dans un contexte de reprise de la consommation et a tendance à s’estomper rapidement, la situation est tout autre aujourd’hui.

À ce regain de l’activité économique s’ajoute en effet un choc d’ampleur majeure sur les prix des matières premières lié à la guerre en Ukraine. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs et exportateurs de matières premières, les prix de nombreux produits s’envolent, qu’il s’agisse des denrées alimentaires (blé, maïs, orge…), des métaux (nickel, palladium, aluminium, cuivre) ou encore de l’énergie (pétrole, gaz). La forte inflation que subit actuellement la zone euro s’inscrit ainsi dans la durée – du fait du conflit russo-ukrainien – et provient de deux sources : la reprise économique plus forte que prévue, d’une part, et le choc sur les prix des matières premières, d’autre part.

Face à cette situation, les banques centrales ont décidé de relever leurs taux afin d’enrayer l’inflation galopante, pour laquelle les projections de la BCE pour l’année 2022 s’échelonnent entre 5,1 % et 7,1 % selon les scénarios, bien au-delà de la cible des 2 %. La hausse des taux d’intérêt vise à mettre un terme à cette spirale inflationniste en ralentissant la demande et la consommation. En effet, plus les taux accordés aux banques commerciales par la BCE sont élevés, plus ceux octroyés par les banques commerciales aux ménages et aux entreprises le sont aussi. L’accès au crédit devient ainsi plus onéreux pour les ménages, freinant en conséquence leur consommation, mais aussi pour les entreprises et les États pour qui il devient plus coûteux de s’endetter. Le ralentissement désiré de la demande conduit dès lors à la baisse des prix recherchée.

Outre le relèvement des taux, dans sa volonté de lutter contre l’inflation, la BCE a annoncé mettre prochainement fin à son programme d’achats d’actifs classiques (APP, Asset Purchase Programme) destiné à stimuler l’économie. Rappelons que ce programme de politique monétaire non conventionnelle lancé en 2014, dont l’objectif initial était de stimuler l’inflation pour qu’elle atteigne la cible de 2 %, consiste en l’achat d’obligations d’État, c’est-à-dire de titres de dette publique, mais aussi d’obligations issues du secteur privé. Un tel programme ayant pour effet d’accroître l’inflation et de réduire les taux d’intérêt, son arrêt est ainsi programmé pour juillet 2022.

Les effets de ce resserrement de la politique monétaire – hausse des taux et fin du programme APP – ne sont pas homogènes pour tous les pays de la zone euro. Si les taux à 10 ans allemand et français ont respectivement augmenté de 2,3 et 2,7 points entre le 1er janvier 2021 et le 14 juin 2022, les taux italien et grec ont quant à eux crû de 3,7 et 4 points sur la même période, culminant à 4,22 % et 4,66 % le 14 juin 2022 (Graphique 1).

Les écarts de taux (spreads) des pays par rapport à l’Allemagne s’accentuent – 66 points de base pour la France, 248 pour l’Italie et 292 pour la Grèce en date du 14 juin 2022 -, suscitant de vives inquiétudes quant à une fragmentation potentielle de la zone euro (Graphique 2).

Expliquons le mécanisme. Pour le calcul des spreads, le taux d’intérêt à 10 ans allemand est pris comme référence dans la mesure où l’Allemagne – dont le risque de défaut est jugé le plus faible du fait de sa rigueur budgétaire – est le pays qui emprunte au taux le plus bas au sein de la zone euro. Dans un contexte économique fragile comme celui que nous connaissons aujourd’hui, les marchés s’inquiètent de la « santé financière » de certains États fortement endettés et leur imposent des hausses de taux supérieures à celles d’autres pays : les investisseurs qui achètent des obligations souveraines de pays très endettés – donc risqués – réclament une prime de risque très élevée, ce qui accroît les taux desdits pays.

En conséquence, les spreads se creusent, signe d’un accroissement des déséquilibres économiques entre les pays de l’Union faisant resurgir le spectre de la crise des dettes souveraines de 2011. En effet, les coûts d’emprunt des pays du Sud, déjà très fortement endettés, étant plus élevés que ceux du Nord de la zone, la soutenabilité budgétaire des premiers est mise en question : le relèvement des taux alourdit la dette publique et le risque de défaut souverain émerge.

Il convient toutefois de souligner que l’Italie, qui est un des principaux émetteurs de dette en zone euro, a déjà engagé une grande partie de sa dette avec des taux d’intérêt bas. La hausse des taux se répercutera à plus long terme, puisque l’Italie devra emprunter à des taux élevés, accroissant ainsi le coût de sa dette et renforçant son risque de défaut souverain.

Afin d’éviter la fragmentation de la zone euro et voir resurgir les craintes de la crise des dettes souveraines de 2011, la BCE a annoncé qu’elle fera preuve de souplesse dans le réinvestissement des remboursements des titres arrivant à échéance du programme PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) lancé en mars 2020 pour lutter contre la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Elle orientera ainsi les réinvestissements vers les pays les plus endettés, comme l’Italie et la Grèce, afin d’atténuer les effets de la hausse des taux sur ceux-ci en limitant leurs taux d’emprunt et « préserver le fonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire ».

La BCE a également indiqué réfléchir à la mise en place d’un nouvel instrument « anti-fragmentation » afin de lutter contre un creusement structurel des spreads, sans toutefois fournir plus d’informations à ce stade.

Si un resserrement de la politique monétaire est certes à même de limiter la spirale inflationniste via un ralentissement de la consommation, il n’a aucune prise sur l’inflation provenant de la flambée des cours des matières premières ; les prix de l’énergie et des denrées alimentaires étant fortement dépendants de facteurs mondiaux et, désormais, du conflit russo-ukrainien.

Par conséquent, si la hausse des taux ne permet pas de juguler suffisamment et rapidement l’inflation, mais qu’elle réduit significativement la consommation, l’investissement des entreprises et, par ricochet, accroît le chômage, le risque est grand pour les économies européennes d’entrer, à nouveau, en récession. Tout dépendra, outre la durée de la guerre en Ukraine, du niveau et de la pérennité d’une inflation au-delà du seuil de 2 %.

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Par Valérie Mignon, Professeure en économie, Chercheure à EconomiX-CNRS, Conseiller scientifique au CEPII, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Un risque de récession mondiale

Un  risque de récession mondiale

 

Tous les voyants sont désormais au rouge pour l’économie mondiale, entre le ralentissement, l’inflation et les politiques d’austérité.D’aprés Géraldine Sundstrom, Managing director et gestionnaire de portefeuilles au bureau de Londres de Pimco  ( la Tribune)

Quelles sont les principales conclusions du forum séculaire de Pimco, qui dresse les perspectives économiques des cinq années à venir ?

Nous avons maintenu à moyen terme les trois grandes transitions que représentent le vert, le digital et le social. Mais la guerre en Ukraine apporte une nouvelle donne : elle met fin aux goldilocks, les « boucles d’or », qui conjuguaient croissance et inflation à bonne température et des banques centrales et gouvernements avec de larges marges de manœuvre. Nous anticipons un risque élevé de récession à moyen terme et, à un horizon de cinq ans, nous estimons que des cycles économiques plus courts, une volatilité élevée et des réponses de politiques publiques et monétaires diminuées exigeront une recherche de résilience dans les portefeuilles pour obtenir du rendement. Aujourd’hui, c’est un peu l’« anti-goldilocks », avec une faible croissance, une inflation élevée, alimentée par les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et les problèmes sur les chaînes d’approvisionnement, contraignant au durcissement des politiques monétaires, tandis que les Etats sont dans une logique de désendettement, après les excès de précédentes crises. Le niveau élevé d’inflation et d’endettement rend beaucoup plus difficile le soutien des politiques monétaires et budgétaires auquel nous nous étions habitués ces dernières années.

Pensez-vous que le durcissement actuel des politiques monétaires soit adapté ?

Entre la pandémie, la politique zéro Covid en Chine et la guerre en Ukraine, l’incertitude a tellement augmenté qu’il faut faire preuve de la plus grande humilité dans les prévisions, notamment sur le moment où l’inflation atteindra un pic. En attendant, les banques centrales sont obligées d’agir. Leur réaction est unanime et très musclée, avec souvent des hausses de taux de 50, 75 voire 100 points de base. Après, les données seront réétudiées à chaque réunion pour décider de la marche à suivre. Elles seront bien entendu contraintes de tempérer la normalisation monétaire si l’environnement économique se détériorait.

Va-t-on vers une démondialisation et une réindustrialisation des économies développées, qui permettraient à la fois de revenir à plus de souveraineté et de limiter le changement climatique ?

Oui, la guerre en Ukraine a augmenté le désir de « résilience » des chaînes d’approvisionnement, qui est l’un des thèmes centraux des perspectives séculaires de Pimco. Les industries les plus sensibles, comme les semi-conducteurs, les batteries et autres, seront peu à peu rapatriées. Des sondages menés auprès des chefs d’entreprise montrent que la résilience des chaînes d’approvisionnement est l’une de leurs principales préoccupations et un sujet sur lequel ils travaillent activement.

Craignez-vous que l’inflation, malgré tout, ne s’installe durablement ?

Il y aura probablement une phase de transition, avec le rapatriement des sources d’approvisionnement, lors de laquelle les entreprises devront investir et seront moins efficientes, ce qui aura un coût élevé, alimentant l’inflation. Le réchauffement climatique est aussi de nature à alimenter la hausse des prix : par exemple, confronté à la pire sécheresse depuis soixante-dix ans, l’Italie du Nord a perdu près de 40 % de ses récoltes, tandis que la génération d’hydroéléctricité faiblit, et il faut davantage de liquide de refroidissement pour les centrales nucléaires.

A quel pourcentage évaluez-vous le risque de récession aux Etats-Unis et dans le monde à moyen terme ?

Avec le resserrement des conditions financières visibles dans les courbes de taux, la probabilité d’une récession mondiale dans les deux prochaines années est élevée (i.e., supérieure à 50 %). Cette récession sera mondiale car la hausse des prix touche tous les pays, et en particulier les plus défavorisés puisque ce sont surtout les cours des denrées de base qui s’envolent. Alors que les ménages pourront encore dépenser leur épargne accumulée ces dernières années cet été, à très court terme l’hiver risque d’être plus difficile en raison d’une hausse des dépenses d’électricité et des denrées alimentaires, avec l’épuisement des stocks.

Un arrêt probable des importations de gaz russe en Europe, comme le craint l’AIE, peut-il faire basculer l’Europe en récession ?

Oui, absolument, c’est notre scénario dans un tel cas de figure. Comme le craint l’Union européenne, un arrêt total des importations de gaz russe entraînerait des fermetures d’usines et des rationnements d’électricité très néfastes à la croissance. En attendant, c’est la course contre la montre pour diversifier l’approvisionnement et réactiver d’autres sources d’énergie, comme les centrales à charbon en Allemagne. De fait, le ralentissement économique est mondial, mais l’Europe, voisine du conflit, est dépendante au niveau énergétique.

Quelles sont aujourd’hui les innovations disruptives les plus prometteuses pour la croissance à venir ?

Les plus importantes sont les énergies vertes, qui prendront peu à peu le pas sur les énergies fossiles, les véhicules électriques, l’intelligence artificielle et la robotisation. Avec le phénomène de résilience et de réindustrialisation, l‘automatisation et la robotisation des chaînes de production seront cruciales pour amortir le coût de ce transfert. Ils permettront aussi de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

Craignez-vous un enlisement du risque politique en France ?

Aujourd’hui le risque politique est mondial. Les ménages voient leur revenu réel diminuer en raison de l’inflation, ce qui crée partout des tensions sociales. S’ensuivent un environnement politique dégradé, un phénomène de désenchantement et la montée des extrêmes. Pointés du doigt comme coupables principaux, les gouvernements en place vont avec plus ou moins de bonheur tenter de minimiser l’impact de l’inflation. Mais l’hiver sera compliqué.

Quels sont vos conseils aujourd’hui en matière d’allocation d’actifs ?

De nombreux investisseurs avaient jusqu’ici pour réflexe d’acheter dans les creux buy the dip. Mais, cette fois, avec l’absence des soutiens budgétaires et monétaires, nous sommes bien plus prudents sur les actions et les obligations. Sans bouée de secours, il va probablement y avoir plus de faillites, plus de défauts, il va donc falloir être très sélectif. D’autant plus que le risque géopolitique (Etats-Unis/Chine, Russie) crée un risque de pertes. Point positif, les rendements ont repris des couleurs et peuvent désormais jouer un rôle dans les portefeuilles, même en Europe, où les rendements sont repassés en territoire positif. En ce qui concerne les obligations, les marchés anticipent des hausses de taux dont l’ampleur ne verra peut-être pas le jour, étant donné le ralentissement économique et le tassement à venir de l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils tels que l’énergie et l’alimentaire). Dans ce cas, les rendements baisseront, et le prix des obligations, qui évolue en sens inverse des taux, s’apprécieront. Les obligations souveraines sont aussi à privilégier, compte tenu de l’adversité ambiante. Du côté des actions, il faudra privilégier les secteurs qui connaîtront de la croissance, même en récession, comme les éoliennes, les batteries, les panneaux solaires, les robots ou les composants électroniques. S’il n’y a pas de soutien public généralisé, ces activités représentent des enjeux tellement importants que des budgets colossaux y ont été alloués (plan REPowerEU, etc.) et permettront d’y maintenir l’activité à flot.

Risque de manque de gaz

Risque de manque de gaz

Un article de la Tribune souligne le risque demande de gaz en Europe notamment cet hiver (extraits).

Actuellement, les niveaux de stockage « tournent autour des 54% au niveau européen », précise à La Tribune Phuc-Vinh Nguyen, chercheur au sein du Centre Energie de l’Institut Jacques Delors. Un chiffre qui cache néanmoins de grandes disparités, puisqu’il s’élève à près de 98% au Portugal ou en Pologne, par exemple, contre 23% en Suède, selon les données de Gas Infrastructure Europe. Et pour cause, « les Polonais ont énormément anticipé la crise actuelle avec la Russie, et mené depuis dix ans un vaste plan de diversification de leurs approvisionnements, avec un nouveau Gazoduc depuis la Norvège et de nombreuses importations de gaz naturel liquéfié » note Phuc-Vinh Nguyen.

A l’inverse, « l’Allemagne s’est montrée assez naïve », ajoute le chercheur. « Cupide », même, a récemment jugé la Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager. Certes, le gouvernement y a bien décidé, au début de la guerre en Ukraine, de geler le méga projet de gazoduc Nord Stream 2, qui devait permettre dès le mois de mars d’alimenter le Vieux continent en gaz russe, tout en contournant l’Ukraine par la Baltique. Mais le pays dépend toujours largement de son jumeau Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012, malgré un ralentissement des livraisons décidé par Poutine. Et pour cause, avec sa décision de sortir du nucléaire, l’Allemagne reste le pays qui consomme le plus de gaz fossile en Europe, avec presque 1.000 TWh par an. Surtout, contrairement à la France, qui impose depuis quelques années aux fournisseurs un remplissage minimal de 85% au 1er novembre des capacités de stockage qu’ils ont souscrites, Berlin ne dispose d’aucune règle en la matière.

Reste que son niveau de stockage s’avère aujourd’hui légèrement supérieur à la moyenne des dernières années, a rappelé le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, avec pas moins de 139 TWh en réserve souterraine, soit 58% des capacités totales.

….. Le s Européens se ruent tous azimuts sur le gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par navire méthanier des quatre coins du monde plutôt que par pipeline. Ainsi, les approvisionnements en GNL des terminaux vers le système de transport de gaz européen en mai ont atteint un niveau record pour le mois, avec 10,8 milliards de m3, ce qui dépasse le précédent record de 10,27 milliards de m3 de mai 2020. En tout, les livraisons totales de GNL au système de transport de gaz européen ont atteint environ 52,45 milliards de m3 depuis le début de l’année. À titre de comparaison, Gazprom a exporté 61 milliards de m3 de gaz vers des États non membres de la Communauté des États indépendants (y compris la Chine) au cours de la même période. Résultat : les réserves de GNL dans les États membres sont 13 % plus élevées qu’en 2021.

Pour parvenir à cet exploit, les États-Unis ont notamment mis à disposition 15 milliards de m3. Par ailleurs, le terminal Grain LNG au Royaume-Uni, le plus grand d’Europe et le huitième au monde, a enregistré des niveaux d’envoi de gaz record en avril, alors que la forte demande européenne a fait grimper les taux d’utilisation, les méthaniers arrivant de huit nouveaux pays depuis janvier.

Et cette consommation record de GNL de l’Europe ne fera qu’augmenter. À la suite de l’invasion russe, une série de nouvelles infrastructures d’importation de GNL ont en effet été proposées à travers l’Europe, tandis que plusieurs projets autrefois mis en suspens ont été remis sur les rails.

« Le GNL est très soumis à la demande. Or, celle-ci va repartir en Chine, qui va se déconfiner. Les prix vont monter et les stockages se remplir moins vite, et l’objectif de 80% sera difficilement atteignable. On achètera donc forcément du GNL en hiver quand il sera à un prix exorbitant », ajoute Phuc-Vinh Nguyen.

Surtout, si la Russie venait à stopper totalement ses livraisons via le gazoduc Nord Stream 1, « l’Europe manquerait de gaz l’hiver prochain, et un rationnement serait inévitable » peu importe ses efforts en matière de diversification d’approvisionnement et de remplissage des stocks, a récemment alerté le groupe de recherche et de conseil Wood Mackenzie.

Si tel était le cas, les Etats devraient faire face à une destruction de la demande à l’hiver prochain, dont les impacts pourraient être multiples. Ainsi, en Allemagne, le gouvernement ne cache plus la menace d’un rationnement pour les usagers et entreprises, et a évoqué il y a quelques jours l’idée « des mesures d’économie de nature législatives » si les « quantités de stockage » n’augmentaient pas. Le plan d’urgence récemment annoncé entrerait alors dans une seconde phase, qui permettrait aux services publics de répercuter les prix élevés du gaz sur les clients, afin de réduire la demande.

 

La BCE risque de casser la croissance

La BCE risque de casser la croissance

par Emmanuel Sales  président de la Financière de la Cité ( dans l’Opinion)

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que le resserrement monétaire commence à produire ses effets. Les taux d’intérêt remontent, les crédits hypothécaires sont plus chers, les primes de crédit avec l’Italie et l’Espagne frisent des niveaux critiques. Dix ans après la crise de la zone euro, l’Europe avait-elle besoin d’une nouvelle crise auto-infligée ? L’inflation en zone euro est due à la guerre en Ukraine et aux tensions sur les chaînes de production.

Cette « mauvaise inflation » n’a rien à voir avec une « bonne inflation » tirée par la croissance et la hausse des salaires : en zone euro, à la différence des Etats-Unis, l’activité est fragile et nous ne sommes pas en situation de plein-emploi. L’Europe pénalise ainsi sa demande interne et ses investissements au moment même où elle cherche à affirmer sa « souveraineté » face aux grands empires.

Cet engrenage navrant, où des personnalités estimables nous entraînent de bonne foi, s’explique pour trois raisons :la reprise en main de la BCE par l’Allemagne, l’alignement classique de Paris sur Berlin concernant la gestion de l’euro et le poids du conservatisme monétaire.

Comme l’a remarqué récemment l’économiste Nicolas Goetzmann, la décision de la BCE marque d’abord un retournement des équilibres politiques au sein de l’institution. Pendant l’ère Draghi et son « whatever it takes », le directoire avait pris l’ascendant sur les banques centrales nationales. Avec la nomination d’un profil politique comme Christine Lagarde, les Allemands ont souhaité retrouver un fonctionnement « collégial » de la BCE, reflétant l’équilibre effectif des pouvoirs au sein de l’institution où les pays, à la différence de ce qui se passe à la Fed, ont le dessus sur les membres du board. La majorité a ainsi changé de camp.

Classiquement, la France vote dans le sens de l’Allemagne, comme un vieil époux espérant un retour de flamme d’une épouse aigrie

Projet politique. En deuxième lieu, l’euro est un projet politique et non économique. L’union monétaire a été conçue pour éviter que l’Allemagne ne suive un chemin solitaire. Classiquement, la France vote dans le sens de l’Allemagne, comme un vieil époux espérant un retour de flamme d’une épouse aigrie. Cela n’a pas empêché l’Allemagne de privilégier ses intérêts propres au cours des dix dernières années. Mais à Paris, les élites françaises regardent depuis longtemps « la grave Allemagne » avec les yeux de Madame de Staël

Enfin, pour le meilleur et pour le pire,les mânes de Rueffcontinuent d’inspirer la culture monétaire française. Si les manipulations monétaires n’ont jamais fait peur à Berlin, la France, à la différence des Anglo-saxons, s’est toujours refusée à faire de la monnaie une simple variable d’ajustement. Nous avons été les derniers à quitter l’étalon-or dans les années 1930, et avant l’avènement de l’euro, chaque dévaluation était vécue comme une forme de dégradation morale. Cet inconscient monétaire continue d’agir sur le pays.

Pour l’Europe, cela ne promet rien de bon. Il y a dix ans, les politiques de déflation interne imposées à la Grèce et à l’Italie ont permis à la Chine de racheter le Pirée et de prendre pied dans les ports italiens. Que va exiger l’Allemagne cette fois-ci ? Les Iles Eoliennes ? Un grand musée d’art italien à Berlin ? Face au regain des grands empires, l’Europe devrait renforcer ses investissements et son marché intérieur. En cassant délibérément la dynamique de croissance post-Covid, la BCE et ses mandants prennent une responsabilité historique.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

BCE : un risque d’éclatement?

BCE : un risque d’éclatement?

 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran souligne, dans sa chronique au Monde , les  risques pour la BCE :  lutter à la fois contre l’inflation et les écarts de taux entre pays membres.

Les achats de titres de la Banque centrale européenne (BCE) ont surtout servi à maintenir bas et à resserrer les écarts de taux (spreads) auxquels les Etats de la zone euro empruntent sur les marchés financiers. La fin des programmes d’achats, annoncée le 9 juin, signifie que la BCE ne pourra plus contrôler aussi directement les taux souverains. Certes, elle s’est engagée à « contrer la résurgence de risques de fragmentation » à l’issue d’une réunion exceptionnelle, le 15 juin. Il lui sera néanmoins difficile de lever son bouclier contre l’inflation sans abaisser celui avec lequel elle repoussait, jusqu’ici, le risque de crise des dettes souveraines.

Jusqu’au resserrement annoncé de sa politique monétaire, la BCE pouvait discrètement pallier l’une des failles de la zone euro : celle d’être une zone monétaire sans union budgétaire. Les dix-neuf Etats membres ont tous la même monnaie, mais empruntent chacun individuellement.

Même si les marchés sont friands de dette souveraine, perçue comme un actif plus sûr, les conditions de taux sont, en l’absence de dette mutuelle, inégales d’un pays à l’autre : des taux bas pour ceux jugés les plus sûrs, plus hauts pour les autres. Les écarts peuvent devenir explosifs, jusqu’à dégénérer en crise des dettes souveraines. Celle qui avait éclaté en 2010 dans la zone euro menaçait d’être fatale jusqu’à ce que Mario Draghi trouve les mots, le 26 juillet 2012, promettant aux détenteurs de titres souverains que la BCE serait là pour leur racheter leurs titres en tant que de besoin.

Sa promesse avait suffi à resserrer les spreads. Sans regagner le mouchoir de poche dans lequel ils tenaient avant la crise financière, ils ont ensuite continué d’être contenus par les achats de titres que la BCE a commencé à pratiquer de manière effective à partir de 2015. L’écart entre le taux des emprunts souverains de l’Italie et celui de l’Allemagne, par exemple, même pendant la tourmente politique de 2018-2019, n’a guère dépassé les 300 points de base, assez loin du pic des 550 points de base de 2012.

Avec le resserrement de sa politique monétaire, la BCE ne va plus pouvoir faire comme si l’absence d’union budgétaire n’était pas un problème. Le 9 juin, à l’instant même où elle annonçait qu’elle mettrait un terme à ses achats de titres à compter du 1er juillet, le spread italien est passé de 197 à 215 points de base, et augmente depuis (le taux à dix ans des obligations italiennes a franchi les 4 % le 13 juin, pour la première fois depuis 2014). Encore assez loin du pic de 2012 mais assez pour provoquer des dévalorisations substantielles d’actifs : mécaniquement, lorsque les taux des emprunts obligataires montent, la valeur actualisée de ce qu’ils rapporteront dans le futur baisse.

Macron a fait un pari très risqué

Macron a fait un pari très risqué

 

 

Un papier dans l’Opinion souligne le pari très risqué de Marcon qui avait choisi pour les législatives d’anesthésier le débat et qui comptait sur l’abstention pour obtenir sa majorité. Résultat, Macron n’est pas certain d’obtenir la majorité absolue.

 

Ce n’est pas une défaite, mais c’est loin d’être une victoire : pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un Président fraîchement élu ou réélu ne parvient pas à sortir nettement en tête des élections législatives suivantes. La stratégie (et le bluff) de Jean-Luc Mélenchon a fonctionné : la gauche, y compris dans sa version la plus extrémiste, sera bien l’adversaire numéro un d’Emmanuel Macron. Plus grave, elle a de bonnes chances d’empêcher le chef de l’Etat d’obtenir à l’Assemblée nationale la majorité absolue dont il aura besoin pour conduire sa politique pendant cinq ans.

Preuve est donc faite que l’absence de propositions n’est pas une bonne stratégie de campagne. A force de répondre par le silence aux outrances de ses adversaires, et de gauche et de droite, à force de parier sur les effets positifs d’une abstention de masse, la majorité Ensemble! a laissé s’installer chez ses électeurs le doute : avait-elle besoin de leurs voix ? Depuis dimanche soir, la réponse est enfin claire : oui. C’est donc une nouvelle campagne électorale qui commence, une campagne éclair de mobilisation des « forces républicaines », comme l’a dit Elisabeth Borne dans la soirée. Objectif : décrocher au profit de la macronie les voix des électeurs de droite et de gauche qui ne se reconnaissent pas dans l’alternative extrême de la Nupes ou du Rassemblement national. Et compter sur un vote rejet de l’autre.

Voilà qu’apparaît dans toute sa brutalité le risque insensé de ce que devient progressivement la politique en France : une alternance entre un vaste centre attrape-tout et des extrêmes. La progression de Marine Le Pen à la présidentielle s’est, pour la première fois de la longue histoire familiale, largement confirmée aux législatives, et la gauche a retrouvé une dynamique en se radicalisant sans complexe. Que se passera-t-il la fois prochaine ?

Ukraine : le risque de posture munichoise

Ukraine : le risque de posture munichoise

 

On comprend évidemment que le monde entier soit inquiet de cette guerre en Ukraine qui non seulement menace la paix mondiale mais aussi risque de déclencher une famine internationale. Du coup chacun souhaite que soit mis fin à cette guerre destructrice pour l’Ukraine mais aussi à terme pour la Russie et bien au-delà.

Le problème c’est que certains préconisent d’ores et déjà de faire des concessions à Poutine. En clair de donner à la Russie les territoires occupés au Donbass voir au-delà. Cela au motif de ne pas humilier davantage la Russie d’après les propos mêmes de Macron et d’autres en France. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette formule est à la fois ambiguë et inappropriée. Pas étonnant qu’elle ait choqué notamment en Ukraine. Le risque serait de reitérer une forme d’accord honteux comme celui de Munich.
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Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré samedi que la France ferait mieux de « remettre la Russie à sa place » plutôt que de chercher à éviter d’humilier Moscou afin de préserver les canaux diplomatiques.

 

« Les appels à éviter d’humilier la Russie ne peuvent qu’humilier la France ou tout autre pays. Car c’est la Russie qui s’humilie », a réagi sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kouleba

« Nous ferions tous mieux de nous concentrer sur la façon de remettre la Russie à sa place. Cela apportera la paix et sauvera des vies », a ajouté le chef de la diplomatie ukrainienne.

Interrogé sur cette offre de médiation, un conseiller de la présidence ukrainienne a répondu: « Tant que nous n’aurons pas reçu toutes les armes, tant que nous n’aurons pas renforcé nos positions, tant que nous n’aurons pas repoussé (les forces russes, ndlr) le plus loin possible des frontières de l’Ukraine, il n’y aura pas lieu de négocier ».

 

Les accords de Munich sont signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie représentés respectivement par Adolf HitlerÉdouard DaladierNeville Chamberlain et Benito Mussolini (ce dernier s’étant commis en intermédiaire) à l’issue de la conférence de Munich du 29 au 30 septembre 1938. Le président tchécoslovaqueEdvard Beneš, et le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétiqueJoseph Staline, ne sont pas invités.

Ces accords ont pour but de régler la crise des Sudètes mais indirectement scellent la mort de la Tchécoslovaquie en tant qu’État indépendant. Ils permettent à Hitler d’annexer les régions tchécoslovaques peuplées majoritairement d’Allemands. Les accords sont considérés comme ayant mis un terme à la Première République tchécoslovaque, et la « Deuxième République tchécoslovaque » n’existera ensuite que quelques mois avant son démembrement.(Wikipedia)

 

Crises mondiales: risque de contagion ?

Crises mondiales: risque de contagion   ?

 

L’hyper globalisation nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel  estime  Michel Santi, économiste  (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

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Un risque de contagion mondiale des crises ?

Un risque de  contagion mondiale des crises   ?

 

L’hyper globalisation nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel  estime  Michel Santi, économiste  (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
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Conjoncture: Risque de famine et de crise mondiale

Conjoncture: Risque de famine et de crise mondiale

L’hyper globalisation nous a tuer ! Elle nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel. Par Michel Santi, économiste (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
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Ukraine et risque de famine mondiale

Ukraine et risque de famine mondiale

 

La faim guette dans de nombreux endroits du monde dépendant du blé ukrainien avertissent Galia Ackerman et Philippe de Lara, deux spécialistes qui appellent les pays occidentaux à protéger les cargos céréaliers. Au bout de la chaîne ce sont surtout les populations et les pays pauvres qui vont payer la facture des produits qu’elles importent en grande partie.

 

La barbarie destructrice de la Russie tente de rayer l’Ukraine de la carte, mais elle frappe aussi le monde entier. Les pénuries et la récession qui ont commencé ne sont rien à côté des famines à venir : selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le conflit pourrait entraîner un « effondrement du système alimentaire mondial », « un ouragan de famine ».

La guerre empêche en effet l’Ukraine d’exporter les céréales et autres denrées qui débordent dans les silos, tandis que les exportations russes sont entravées par divers problèmes internes et par la volonté de la Russie d’augmenter ses stocks, au détriment de ses voisins du Caucase qu’elle fournissait habituellement et, a fortiori, de tous les pays dépendant de ses exportations. Or, l’Ukraine et la Russie pèsent ensemble 29 % du commerce mondial du blé. L’Ukraine fournit à elle seule près de la moitié de l’approvisionnement en blé du Programme alimentaire mondial. En temps normal, l’Ukraine produit suffisamment pour nourrir 400 millions de personnes dans le monde.

 

L’ONU a supplié la Russie de lever le blocus des ports ukrainiens pour permettre d’acheminer les céréales vers les pays qui en ont un besoin vital. La Russie n’a même pas répondu. Or, le président russe, Vladimir Poutine, sait parfaitement les désastres qui se produiront, dès l’automne et plus encore en 2023, si l’Ukraine ne peut pas exporter ses céréales et semer pour la prochaine récolte. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « de huit à treize millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de sous-nutrition à travers le monde en 2022-2023. La progression de la malnutrition sera particulièrement marquée dans les régions d’Asie-Pacifique et d’Afrique subsaharienne ». Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a ajouté, dans un communiqué, que « l’Egypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Iran, qui sont les plus grands importateurs de blé, achètent plus de 60 % de leur blé à l’Ukraine et à la Russie, et en importent des quantités très importantes. Le Liban, la Tunisie, le Yémen, la Libye et le Pakistan sont eux aussi fortement dépendants de ces deux pays pour leur approvisionnement en blé ».

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Michael Fakhri, a exhorté Moscou à « arrêter immédiatement les attaques militaires contre l’Ukraine, avant qu’il n’y ait de profondes conséquences mondiales et à long terme sur la sécurité alimentaire de chacun ». Il estime que « la nourriture ne devrait jamais être militarisée et aucun pays au monde ne devrait être poussé à la famine et au désespoir » et redoute également que cette guerre ne provoque des taux d’insécurité alimentaire importants en Ukraine, et augmente la sous-nutrition en Russie. « Même si la guerre fait rage, la communauté internationale doit accorder une attention particulière au soutien des exploitations agricoles familiales et des petits agriculteurs en Ukraine, [car] les exploitations familiales et les petits agriculteurs se révèlent être les plus adaptables et les plus résilients en temps de crise. »

Risque de famine mondiale

Risque de famine mondiale

 

La faim guette dans de nombreux endroits du monde dépendant du blé ukrainien avertissent Galia Ackerman et Philippe de Lara, deux spécialistes qui appellent les pays occidentaux à protéger les cargos céréaliers.

 

La barbarie destructrice de la Russie tente de rayer l’Ukraine de la carte, mais elle frappe aussi le monde entier. Les pénuries et la récession qui ont commencé ne sont rien à côté des famines à venir : selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le conflit pourrait entraîner un « effondrement du système alimentaire mondial », « un ouragan de famine ».

La guerre empêche en effet l’Ukraine d’exporter les céréales et autres denrées qui débordent dans les silos, tandis que les exportations russes sont entravées par divers problèmes internes et par la volonté de la Russie d’augmenter ses stocks, au détriment de ses voisins du Caucase qu’elle fournissait habituellement et, a fortiori, de tous les pays dépendant de ses exportations. Or, l’Ukraine et la Russie pèsent ensemble 29 % du commerce mondial du blé. L’Ukraine fournit à elle seule près de la moitié de l’approvisionnement en blé du Programme alimentaire mondial. En temps normal, l’Ukraine produit suffisamment pour nourrir 400 millions de personnes dans le monde.

 

L’ONU a supplié la Russie de lever le blocus des ports ukrainiens pour permettre d’acheminer les céréales vers les pays qui en ont un besoin vital. La Russie n’a même pas répondu. Or, le président russe, Vladimir Poutine, sait parfaitement les désastres qui se produiront, dès l’automne et plus encore en 2023, si l’Ukraine ne peut pas exporter ses céréales et semer pour la prochaine récolte. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « de huit à treize millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de sous-nutrition à travers le monde en 2022-2023. La progression de la malnutrition sera particulièrement marquée dans les régions d’Asie-Pacifique et d’Afrique subsaharienne ». Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a ajouté, dans un communiqué, que « l’Egypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Iran, qui sont les plus grands importateurs de blé, achètent plus de 60 % de leur blé à l’Ukraine et à la Russie, et en importent des quantités très importantes. Le Liban, la Tunisie, le Yémen, la Libye et le Pakistan sont eux aussi fortement dépendants de ces deux pays pour leur approvisionnement en blé ».

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Michael Fakhri, a exhorté Moscou à « arrêter immédiatement les attaques militaires contre l’Ukraine, avant qu’il n’y ait de profondes conséquences mondiales et à long terme sur la sécurité alimentaire de chacun ». Il estime que « la nourriture ne devrait jamais être militarisée et aucun pays au monde ne devrait être poussé à la famine et au désespoir » et redoute également que cette guerre ne provoque des taux d’insécurité alimentaire importants en Ukraine, et augmente la sous-nutrition en Russie. « Même si la guerre fait rage, la communauté internationale doit accorder une attention particulière au soutien des exploitations agricoles familiales et des petits agriculteurs en Ukraine, [car] les exploitations familiales et les petits agriculteurs se révèlent être les plus adaptables et les plus résilients en temps de crise. »

Ukraine : Le risque de la contagion de la guerre

Ukraine : Le risque de la contagion de la guerre

 

 

Hier 26 avril, Moscou a clairement agité la menace d’une guerre nucléaire si les occidentaux s’impliquent par excès dans le conflit ukrainien.Une menace qui fait suite à la rencontre organisée en Allemagne par les États-Unis de 40 pays pour défendre la démocratie et mieux se préparer à l’éventualité de conflits armés.Le plus grand danger sans doute pourrait être la perspective d’une grave défaite de Poutine qui tenterait de sauver sa peau en utilisant le nucléaire .NDLR

La situation en Ukraine peut déboucher sur une catastrophe géopolitique impliquant y compris la France, souligne, dans une tribune au « Monde », l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe.

 

Tribune.

 

 Nous ne sommes pas en guerre militaire contre la Russie, avec un risque pour nos soldats, mais nous sommes en guerre morale, politique, économique contre le pouvoir qui a commis le crime d’agression contre l’Ukraine, le 24 février. Sans être en guerre, nous ne sommes plus dans l’état de paix d’avant. La période électorale en France se retrouve donc en parallèle avec le déroulement de ce désastre aux portes de l’Europe, au rythme des destructions et crimes terribles commis par l’agresseur, et de la formidable résistance ukrainienne qu’il rencontre. Ce conflit gravissime, son ombre portée de menaces inquiétantes sur un avenir collectif qui dépasse la France, suscite des débats géopolitiques multipliés sur les écrans. En France, nous vivons alors dans deux sphères de conflit, simultanées mais étrangères l’une à l’autre, la première consacrée à la politique intérieure, et la seconde à la tragédie internationale en cours.

 

Lorsque nous sommes enfermés dans le débat électoral de politique intérieure, nous revenons au temps de la paix d’avant cette guerre. La paix ! Rêve absolu des populations sous les bombes, et cadre de vie d’une totale platitude lorsqu’elle s’installe dans la durée, donc dans la normalité. La paix comme cadre invisible est associée à tous les éléments du confort physique : eau courante, électricité, ascenseurs, feux rouges consentis, tasse de café, voiture qui démarre au starter, trottoirs balayés, poubelles vidées, tout-à-l’égout, marchés et supermarchés achalandés, toits, portes et fenêtres bien en place… Et aussi, autour du corps humain, en mille bouquets dont les fleurs seraient les écrans, des possibilités de communication inouïes.

Nous n’imaginons plus, en France, à quel point l’état de paix conditionne le silence de la nuit, la qualité du sommeil, le calme intérieur de la pensée et la divagation des rêveries éveillées, cette forme de liberté intime quand le corps se tait, propre et nourri, non terrorisé. L’état de paix est sans récit, il stabilise le paysage urbain où le passant chemine tranquillement, sans avoir à considérer le risque du prochain pas. C’est exactement ce que cette guerre contre les villes et les campagnes d’Ukraine fait exploser et anéantit. Le silence du monde est détruit, tout hurle.

L’œil des drones nous fait voir ce qu’est une ville massacrée. A Marioupol, le sol est hérissé d’échardes d’acier, de débris de béton, de missiles plantés, de verre, de matières ennemies de la peau humaine, de choses bien pires. Les fenêtres sont décentrées, les balcons tordus et les carcasses des grands immeubles éventrés vomissent des peluches enfantines. C’est toute la matière des choses qui devient hostile au corps humain. Dans ce décor sinistre, un siège criminel a coupé l’eau, l’électricité, la nourriture, le chauffage, toute communication entre proches et toutes les nouvelles du monde, ce qui plonge le survivant dans l’abîme d’une perdition particulière, celle de l’absence de tout lien social, puits de solitude et d’angoisse.

Avec Marine Le Pen , Le risque de la dette

Avec Marine Le Pen , Le risque de la dette

 

En prétendant « rendre l’argent aux Français », la candidate du RN va surtout les endetter davantage, réduisant d’autant les marges de manœuvre de la France, à un moment où les besoins d’investissements n’ont jamais été aussi importants, estime dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

 

Un article intéressant de l’éditorialiste du Monde sur les risques de la dette si Marine Le Pen l’emporte. Le seul problème c’est que le risque ,même  moindre, existe aussi avec Macron. Schématiquement le programme de Le Pen entraîne une dépense supplémentaire de 100 milliards par an pour 50 milliards pour Macron. Et des dépenses supplémentaires de l’un comme de l’autre non financées ( sauf par d’illusoires économies de l’État)

 

Chronique.

 

Il y a un an, Marine Le Pen clamait dans une tribune publiée dans le quotidien L’Opinion qu’« une bonne gestion de la dette publique est au cœur de notre souveraineté ». La candidate du Rassemblement national était au début de l’opération de crédibilisation de son projet présidentiel, après les lacunes abyssales dont elle avait fait preuve lors du débat de second tour en 2017 face à Emmanuel Macron.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les risques et les incohérences du programme économique de Marine Le Pen

Le texte se voulait rassurant. « Une dette doit être remboursée », affirmait-elle, tout en prétendant se situer « dans la droite ligne de la théorie monétaire moderne postkeynésienne ». Fichtre ! Marine Le Pen, qui quatre ans auparavant balbutiait son projet de sortie de l’euro et confondait Alstom et SFR, voulait donner l’impression de connaître les arcanes de la Banque centrale européenne et de maîtriser les politiques permettant de rendre la dette soutenable.

Treize mois plus tard, à la veille d’un nouveau débat face à Emmanuel Macron, la lecture attentive de son programme montre que le sérieux revendiqué dans cette tribune est déjà largement démenti par ses propositions. Qu’elle soit persuadée qu’une dette doit être remboursée, ce serait lui faire injure que de ne pas le croire : ses créanciers russes sont là pour le lui rappeler régulièrement. En revanche, concernant « l’équilibre budgétaire » promis par la candidate, on est très loin du compte. Une fois Marine Le Pen au pouvoir, notre souveraineté économique pourrait considérablement se dégrader.

Dépenses sous-évaluées, recettes surévaluées

Pour financer son programme, l’argent magique devra continuer à couler à flots dans des proportions bien plus importantes que sous Emmanuel Macron. L’ensemble des économistes qui se sont penchés sur son programme arrivent aux mêmes conclusions : les dépenses sont systématiquement sous-évaluées et les recettes éhontément surévaluées, rendant l’ensemble « pratiquement irréalisable en l’état », affirme l’Institut Montaigne.

« Le catastrophisme qui consiste à dire [que] si Emmanuel Macron n’est pas réélu, le soleil s’éteindra, la mer se retirera et nous subirons une invasion de grenouilles, cela ne fonctionne plus », répond Marine Le Pen. Laissons donc de côté les dix plaies d’Egypte pour nous concentrer sur les conséquences très concrètes qu’aurait l’élection de la candidate d’extrême droite.

Celle-ci prétend vouloir « rendre l’argent aux Français ». Elle va surtout les endetter davantage. Le fait de leur promettre sans vergogne ce qu’ils ont envie d’entendre va tout simplement se traduire par 4 points de PIB de déficit par an d’ici à 2027, soit une centaine de milliards d’euros. Dans sa tribune de 2021, Marine Le Pen revendiquait « une approche pragmatique sur la dette ». Le terme d’« irresponsable » serait plus approprié.

GUERRE EN UKRAINE: Le risque nucléaire

GUERRE EN UKRAINE: Le risque nucléaire

 

Humilié par ses échecs Poutine pourrait être amené à choisir la politique de la terre brûlée et à utiliser l’arme nucléaire au moins tactique. C’est la conviction de la CIA qui jusqu’alors ne s’est pas trompée dans ses pronostics concernant l’évolution de la guerre en Ukraine.

Le problème c’est que ce recours au nucléaire pourrait  enclencher une dynamique de destruction qui menacerait  une grande partie de la planète.

Pour éviter le pire, certains experts pensent qu’il faut donner quelques satisfactions au taré et mégalo Poutine. Le seul problème est que ce dernier n’a jamais reculé dans un  conflit dans lequel il était impliqué.

Le président ukrainien assure qu’une attaque nucléaire par la Russie est plus que probable dans le futur proche.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a donc  appelé samedi le monde à « se préparer » pour l’éventuelle utilisation par la Russie de ses armes nucléaires, lors d’un entretien avec plusieurs médias ukrainiens.

« Nous ne devrions pas attendre le moment où la Russie décidera d’utiliser ses armes nucléaires. Nous devons nous préparer pour cela », a-t-il déclaré au cours de cette interview retransmise par six sites d’information ukrainiens, ainsi que par la présidence ukrainienne sur Telegram.

Il faut « des médicaments (contre les radiations), des abris antiaériens », a-t-il affirmé. « Il faut leur parler, signer des traités, sévir économiquement. (Les Russes) peuvent utiliser n’importe quelle arme, j’en suis convaincu. »

Vendredi, Volodymyr Zelensky avait déjà jugé que « le monde entier » devrait être « inquiet » du risque que le président russe Vladimir Poutine, acculé par ses revers militaires en Ukraine, ait recours à une arme nucléaire tactique. « Pas seulement moi, je pense que le monde entier, tous les pays doivent être inquiets », avait-il déclaré sur la chaîne américaine CNN.

Il faisait écho aux déclarations en ce sens du patron du renseignement extérieur américain William Burns qui avait estimé la veille qu’il ne fallait pas « prendre à la légère » une telle menace. « Nous n’avons pas vraiment constaté de signes concrets comme des déploiements ou des mesures militaires qui pourraient aggraver nos inquiétudes », avait toutefois nuancé le chef de la CIA.

Après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février, le Kremlin avait brièvement évoqué la mise en alerte de ses forces nucléaires. Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de « menace existentielle » contre la Russie, avait ensuite déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov sur CNN, sans autre précision. Selon le très respecté Bulletin of the Atomic Scientists, la Russie est équipée de « 1588 têtes nucléaires russes déployées », dont 812 sur des missiles installés à terre, 576 sur des sous-marins et 200 sur des bombardiers.

L’humiliation de Poutine et le risque nucléaire

L’humiliation de Poutine et le risque nucléaire

 

 

La CIA qui ne s’est guère trompée jusqu’alors sur l’évolution de la guerre en Ukraine et sur le déterminisme de Poutine avertit qu’une trop forte humiliation de Poutine pourrait être de nature à faire émerger le risque nucléaire.

 

D’une certaine manière,  Poutine joue aussi l’avenir de son régime avec la guerre en Ukraine. Il lui faut en effet absolument une victoire pour ne pas être discrédité dans son propre pays. Jusque-là Poutine a surtout enregistré des déconvenues. La dernière est celle de la destruction du vaisseau amiral abattu par l’Ukraine. E Moskva, vaisseau amiral russe en mer Noire, a coulé lors de son remorquage, jeudi 14 avril, après été considérablement endommagé dans un premier temps. Moscou avait évoqué un incendie accidentel et une explosion de munitions à bord, tandis que Kiev avait affirmé avoir touché le navire avec un missile., il s’agit pour l’armée russe de l’un de ses plus gros revers et d’une humiliation majeure.

 

Dans le Dombass, la bataille risque d’être rude. L’enjeu pour Poutine et d’annexer ces territoires et de couper les accès maritimes de l’Ukraine. En cas de nouvelle défaite, Poutine pourrait alors bien être tenté d’utiliser l’arme nucléaire tactique pour écraser  totalement les zones ukrainiennes visées. La question se poserait alors de l’enchaînement de la terreur car l’OTAN ne pourrait pas rester complètement indifférente à ce massacre et aux autres tentatives désespérées de Poutine.

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La promotion de la problématique environnementale à l’école

 

La campagne présidentielle est passée à côté de la jeunesse et du défi climatique, dont l’urgence exige de revoir complètement la manière dont l’école l’aborde, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités, parmi lesquelles Jean Jouzel, Jean-Louis Etienne, Tristane Banon et Tony Parker, qui proposent un « décloisonnement radical » de l’approche des questions environnementales.

 

Tribune.

 

La campagne présidentielle ne mobilise pas les jeunes, qu’ils soient en âge de voter ou non. Mais a-t-elle vraiment cherché à le faire ? Et comment aurait-elle pu, le cas échéant, y parvenir ? La tâche est complexe, face à une multiplicité de défis interdépendants qu’il incombe à la jeunesse de relever.

L’urgence climatique et environnementale rebat toutes les cartes : les repères de la vie économique et sociale, nationale et internationale, les migrations, les modes de consommation, la citoyenneté, l’alimentation. Elle remet en question la perception du corps, la mobilité, la sexualité, les identités, les relations intergénérationnelles – d’une façon générale, les rapports à soi-même, aux autres, êtres humains comme êtres vivants.

Le défi est, à bien des égards, vertigineux, ce que confirme le plus récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié le 4 avril. Sur une planète Terre, devenue comme menaçante à force de lancer des signaux de détresse, la jeunesse exprime, comme jamais elle ne l’avait fait jusqu’à présent, des inquiétudes collectives profondes, mais aussi une attention renouvelée à l’environnement.

Par où fallait-il commencer ? Comment redonner à notre jeunesse quelques étoiles dans les yeux ? Par l’école. Parce que sans elle on s’épuisera en vain à réguler des secteurs en transition, à la façon de Charlot dans Les Temps modernes, embringué dans une mécanique incontrôlable ; parce que le savoir et la pensée critiques sont les meilleurs guides face à des choix difficiles, pour éviter les fausses routes, les fantasmes, les peurs « collapsistes », les ostracismes et les violences ; parce que, comme la graphie le suggère, « écologie » commence par le mot « école ».

Le changement sera matriciel ou ne sera pas. Il doit être éveillé et naître dans les cerveaux des bâtisseurs de l’avenir, non pas comme une série de données abstraites ou d’actes automatiques, mais comme un mode d’appréhension sensible du monde. Ce n’est là ni plus ni moins que la vocation première de l’école : apporter les bons matériaux pour l’exercice de l’esprit critique et pour l’esprit tout court. Mais appliquée à la construction d’une citoyenneté du XXIe siècle, c’est une révolution copernicienne, parce que l’école ne relie pas spontanément les acquis fondamentaux au défi fondamental.

Nous faisons partie du vivant et, en ce sens, l’école doit enseigner la réalité et la richesse de ses relations symbiotiques. Elle doit permettre à chacun de trouver à s’insérer dans une société ouverte au monde, en dialogue avec lui. Elle doit viser à créer et à stimuler ces liens. Elle est une éducation politique en ce qu’elle est ouverte aux autres êtres vivants : elle doit enseigner et cultiver une politique du vivant !

 

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Élection présidentielle : le risque d’une crise démocratique

Un papier de » l’Opinion » qui attire l’attention sur les risques d’une abstention record combiné à un vote anti système.

 

 

Et si le choc démocratique tant redouté était programmé ? Pas une « surprise » à la manière du 21 avril 2002 mais plutôt la perspective d’une combinaison empoisonnée entre une abstention record et un vote anti-système à un niveau sans précédent. A 21 jours du premier tour de l’élection présidentielle, jamais autant d’électeurs n’avaient envisagé la grève civique, au point d’enfoncer le désintérêt historique de 2002 (28 %). Et jamais les candidats « protestataires » n’avaient franchi aussi largement, tous ensemble, le seuil des 50 %.

S’enracinent ainsi en France deux sentiments, fruits d’une même défiance: l’élection suprême est devenue inutile ou, selon, propice à une déconstruction de la démocratie représentative. Cette vérité est douloureuse, pour les élites et pour les partis de gouvernement traditionnels, disqualifiés : les Français restent un peuple politique, mais désormais majoritaire à considérer que le système politique et les institutions républicaines ne sont plus le lieu des solutions. Entre abstention et révolution, point de salut !Après tout, notre pays pâtit d’une fatigue démocratique commune à tout l’Occident, partout carburant des populismes (langueur que la crise ukrainienne pourrait, qui sait, soigner). Sauf que le débat surréaliste – et unique en Europe – sur l’illégitimité supposée d’un Président mal élu laisse supposer qu’au fond, pour se faire entendre, mieux vaut casser que voter. Sauf que l’absolutisme de notre régime présidentiel empêche de purger cette colère populaire qui finit par paralyser le pouvoir. Avec plus d’adresse qu’un Gérard Larcher, Jean-Luc Mélenchon affirme que « si on ne tranche pas cette fois-ci encore, ce ne sera pas bon pour la stabilité de la France. » Contre la poussée des démagogies, la réforme institutionnelle devient la mère des réformes.

Agriculture : risque de famine mondiale

 

Agriculture : risque de famine mondiale

La réduction de la production suite au conflit entre la Russie et l’Ukraine conjuguée à l’envolée folle des cours va créer une situation de famine dramatique dans nombre de pays peu développés (Afrique notamment).Le prix du blé tendre en particulier à environ doublé en un an passant de 200 € à 400 € la tonne. D’où l’objectif d’augmenter de façon considérable la production en Europe.

 

 

Finalement les objectifs environnementaux de réductions programmées de l’agriculture sont bousculés par la guerre en Ukraine. Continuer de produire le plus possible en Ukraine, mais surtout produire davantage en Europe : tel est le vœu, face à l’impact potentiel de la guerre sur l’alimentation mondiale, des ministres européens de l’Agriculture, qui se sont réunis lundi à Bruxelles. L’objectif était notamment de formuler les demandes des Etats membres à propos des mesures d’urgence de soutien aux agriculteurs que la Commission européenne doit valider mercredi.

Ces mesures sont cruciales au regard du contexte de la guerre en Ukraine, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement européenne et la sécurité alimentaire mondiale. Le conflit pèse en effet sur le transport des marchandises et les productions à venir de l’Ukraine comme celle de la Russie. Ces deux pays sont des exportateurs importants de plusieurs céréales et oléagineux comme d’intrants agricoles.

L’objectif est aussi  que l’Europe puisse jouer un rôle face aux famines redoutées dans les pays important leur nourriture qui, en particulier dans les régions les plus pauvres, risquent de ne plus être en mesure d’en payer le prix.

Les ministres européens soutiennent donc l’abandon, au moins provisoire, des règles européennes sur les terres en jachère, visant à y protéger la biodiversité.

La France a d’ailleurs déjà décidé, dans le cadre de son plan de résilience, « l’adaptation ou le report de mesures réglementaires » susceptibles de limiter la disponibilité d’engrais, telles qu’un règlement sur le stockage contre lequel les producteurs d’engrais ainsi que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (Fnsea) se battent depuis des mois, tout en promettant de développer l’usage d’engrais organiques produits dans l’Hexagone.

Les 27 ont aussi donné le feu vert à l’apport par l’Ue d’une aide en urgence aux agriculteurs ukrainiens,.

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