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Un risque de tsunami financier avant 2020″ (Georges Ugeux)

Un risque de  tsunami financier avant 2020″ (Georges Ugeux)

Georges Ugeux, ancien banquier, ex vice-président du New York Stock Exchange évoque le risque d’une  nouvelle crise au plus tard en 2020,  qu’il qualifie de « tsunami » car elle sera bien plus sévère que celle de 2008. (Extraites de l’interview la Tribune)

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Vous prévoyez une nouvelle crise financière au plus tard en 2020, plus sévère encore que celle de 2008. Sur quoi repose votre diagnostic ?

GEORGES UGEUX - En 2008, les banques centrales et les gouvernements avaient été en mesure d’intervenir pour empêcher une crise bancaire qui aurait déstabilisé le système, parce que le problème était circonscrit aux banques et à une compagnie d’assurances américaine, AIG. Aujourd’hui, le phénomène est différent, c’est pour cela que je parle d’un « tsunami ». En effet, durant les dix dernières années, les gouvernements occidentaux ont augmenté leur endettement jusqu’à pratiquement le doubler. Ils ont pu le faire, parce que les banques centrales, qui étaient venues au secours des banques, ont adopté une politique monétaire de taux bas et de rachat d’actifs qui a fait quintupler leurs bilans. Concrètement, l’endettement cumulé de l’Europe, du Japon et des États-Unis, s’élève à 40.000 milliards de dollars, et le montant du bilan des banques centrales atteint 15.000 milliards de dollars. Or, avec le début de la normalisation de la politique monétaire, le risque d’une crise systémique d’une ampleur colossale devient de plus en plus élevé, car elle ne touchera pas seulement le secteur bancaire comme en 2008 mais l’ensemble du secteur public, des entreprises et des banques centrales.

Pourtant, le président de la BCE, Mario Draghi, n’a cessé de marteler que sa politique monétaire n’avait de sens que si les gouvernements menaient des réformes structurelles pour sortir de la spirale de l’endettement…

C’est exact, mais le problème est que l’effet positif de cette politique monétaire accommodante sur l’économie, la croissance et l’investissement s’est émoussé depuis plusieurs années. Si Mario Draghi a raison de dire que les réformes que doivent mener les gouvernements sont vitales, il n’en reste pas moins qu’il a été leur allié objectif en rendant attractifs leurs emprunts grâce à la baisse des taux d’intérêt. Or, cela ne peut pas durer éternellement. Les derniers chiffres du déficit budgétaire américain portant sur le dernier trimestre [aux États-Unis, le trimestre couvre la période du 1er novembre au 31 janvier, Ndlr] font apparaître une hausse de 77% sur un an ! Une telle ampleur nécessite de parler sans compromis car il y a urgence. Depuis 2017, je répète que nous subirons ce tsunami au plus tard en 2020. À l’époque, il était encore possible d’éviter le pire. Aujourd’hui, je constate que non seulement rien n’a été fait, mais qu’au contraire le phénomène s’accélère au regard des chiffres américains.

Comment voyez-vous cette future crise ?

Elle sera violente si un certain nombre de mesures ne sont pas prises. Mais auparavant il faut avoir le courage d’établir un diagnostic. Je peux témoigner qu’il est déjà fait au sein de nombreux gouvernements qui savent à quoi sans tenir sur les dégâts que causera la crise. Le problème est qu’il n’y a pas de consensus sur les thérapies à adopter. En attendant, je serais partisan de forcer les gouvernants à dire la vérité au public en reconnaissant leur responsabilité. Cette démarche permettrait d’annoncer, même dans un contexte difficile, une série de mesures structurelles qui puissent éviter que l’anticipation des marchés se transforme en explosion. Mais, pour le moment, je ne vois personne ayant le courage politique de tenir un tel discours.

Quelles mesures préconisez-vous pour éviter le pire ?

La première, c’est de vendre des actifs. La France peut le faire mais pas tous les pays. La deuxième, c’est de générer des recettes. Là, mon discours est très clair : les entreprises doivent davantage contribuer au budget de l’État. Aujourd’hui, elles ne le font qu’à moins de 10 %, d’autant qu’elles reçoivent sous une forme ou une autre des subsides. Selon moi, leur contribution est nulle, voire négative. Sur le plan de l’équité, c’est inacceptable. Cette situation est liée à la concurrence fiscale extrêmement dommageable qui a cours en Europe. Il est donc temps que les responsables européens se mettent autour d’une table pour réaliser une harmonisation de la fiscalité qui soit tenable à long terme.

Quelques efforts ont déjà été faits…

Oui, les déficits budgétaires ont été réduits de manière substantielle mais pour que cela dure, il faut que chacun contribue. C’est une question d’éthique, la taxation doit être perçue comme équitable par l’ensemble de la population. L’ISF était un mauvais impôt car il taxait le stock. Il faut donc trouver un autre dispositif qui cible les revenus supérieurs à 1 million d’euros par an. On pourrait aussi diminuer les charges sociales, ce qui permettrait d’augmenter l’emploi. Voilà pour les recettes.

Quand aux dépenses publiques, qui représentent 56 % du PIB, un record en Europe, ce n’est pas soutenable. Aujourd’hui, pour des raisons historiques, l’État français détient une centaine de milliards d’euros d’actifs sous forme de participations, qui sont financés par la dette. Or l’État n’a pas besoin d’être actionnaire pour contrôler l’économie et conduire sa politique économique. En France, il y a cette idée qu’un État actionnaire est une protection. Or la plupart des autres États contrôlent leur économie sans être actionnaires. Donc on peut procéder rapidement à une cession d’actifs combinée à une diminution des dépenses. Cela ne peut pas se faire en un jour mais si la tendance est donnée, il sera possible d’éviter une réaction de panique face à une dette dont les montants sont 100 fois ceux de 2008.

Comment jugez-vous l’action d’Emmanuel Macron ? Il a été plutôt timide en matière de réduction des dépenses publiques ?

Une partie de sa timidité repose sur l’assurance que les taux ne vont pas remonter et qu’on peut donc continuer à dépenser 50 milliards d’euros en taux d’intérêt. C’est un mauvais jugement, car les dettes doivent être remboursées et les taux d’intérêt ne resteront pas éternellement négatifs. Lorsqu’ils remonteront, cela fera très mal puisque le stock sera plus élevé. Cela va mettre un ou deux ans, mais n’oubliez pas que les marchés anticipent.

Par ailleurs, cette politique décourage l’épargne et booste les valorisations des marchés actions. Or, contrairement à une idée reçue, l’économie financière et l’économie réelle sont étroitement liées…

Évidemment. Je constate qu’il y a une dichotomie entre les économistes qui parlent de l’économie réelle et les financiers qui parlent de la finance. Or, même si nous avons une croissance soutenue, elle peut entrer en dépression du jour au lendemain en cas de bourrasque financière. On l’a bien vu en 2008, alors que le risque était plus faible contrairement au cocktail potentiellement explosif que nous avons devant nous. Les foyers sont nombreux : l’Italie, les États-Unis, le Japon, la Chine. Mais cela peut aussi venir d’un grain de sable extérieur. Dans la crise de 2008, c’était le crédit hypothécaire dont on avait sous-estimé le risque qu’avait représenté sa titrisation. Un grain de sable qui, en temps normal, serait contrôlable peut donc par contagion déstabiliser la planète financière.

Quel pourrait être ce grain de sable ?

La dette des étudiants aux États-Unis, celle des entreprises d’État en Chine, la stagnation économique au Japon, la récession en Italie. Une Europe déstabilisée par l’Italie se transformera en crise mondiale, parce que l’Asie elle-même sera fragilisée. Il ne faut pas oublier que la crise de 2008 a été une crise transatlantique.

Vous évoquez les États, mais il y a aussi les entreprises…

Elles ont aussi emprunté à bon marché, mais elles ne l’ont pas fait de manière constructive. Si elles ont procédé à de la consolidation, en réduisant le coût de leur dette, en revanche, elles n’ont pas investi et n’ont pas créé d’emplois. Dès lors, à quoi a servi cet endettement ? La majeure partie est due aux rachats d’actions et aux méga acquisitions. Par exemple, AB InBev a dû emprunter 50 milliards de dollars pour l’acquisition de SABMiller qui lui a coûté 107 milliards de dollars. Or maintenant, les entreprises doivent diminuer leurs actifs pour honorer leur dette, à l’exemple de General Electric qui a racheté ses actions mais n’a pratiquement plus de fonds propres et supporte une dette de 100 milliards de dollars. Quant aux pays émergents, si les gouvernements sont restés modérés avec une dette représentant 40 % de leur PIB, en revanche, leurs entreprises internationales – qui ont emprunté en devises – courent un risque de change important en cas de dépréciation de leur devise nationale, avec à la clé un risque de faillite et de contagion à l’ensemble de l’économie.

Et le risque du côté des États-Unis ?

Donald Trump a mené une politique de relance sur une économie qui était en plein emploi, provoquant une surchauffe. La baisse des impôts n’a eu aucun effet sur la croissance, mais a propulsé les marchés actions au plus haut. Cette politique a finalement eu pour résultat une augmentation de l’endettement, un accroissement du déficit budgétaire et une balance commerciale déficitaire. En outre, les États-Unis ayant des taux supérieurs à ceux de l’Europe, avec un taux à 10 ans à 3 %, contre 0,5 % pour le dix allemand, c’est une distorsion considérable qui pose un problème.

Pourquoi ?

Le taux à 10 ans vous indique le coût d’un investissement, d’une acquisition. C’est aussi l’horizon de référence pour les compagnies d’assurances, les fonds de pension, etc.

Il y a aussi une différence majeure entre le dollar et l’euro, le billet vert reste la monnaie de référence dans le monde ce qui lui donne un avantage comparatif…

Absolument. Sans cela, les États-Unis seraient dans une situation difficile. Et ils continuent d’en profiter. Néanmoins, avec leurs mesures restrictives, leur indiscipline économique, leur protectionnisme, ils sont en train de créer une forte incitation à emprunter en euros plutôt qu’en dollars. En ce moment, le dollar voit son statut de monnaie de référence s’effriter.

D’ailleurs votre livre est un plaidoyer en faveur de l’euro…

Tout à fait, l’euro permet à un marché de 500 millions de personnes et une part de 80 % de PNB européen de travailler avec une monnaie commune. Cela diminue les frais de change, crée une dynamique de croissance à l’intérieur d’une vaste économie. Imaginez la crise, si chaque pays avait gardé sa devise.

La Grèce serait tombée en faillite, l’Italie le serait, l’Espagne aurait trébuché sur sa peseta. Bref, nous serions dans une instabilité financière considérable. L’euro est donc un facteur de croissance et de stabilité. Et c’est une réussite, puisqu’il représente aujourd’hui 30 % des réserves mondiales. Les banques centrales doivent détenir des euros pour faciliter leurs financements. Et ce qui se passe aux États-Unis est une opportunité pour l’Europe qui a fait preuve de courage et d’unité dans le dossier du Brexit, ou dans l’affaire des sanctions à l’égard de l’Iran. Malgré les difficultés, une nouvelle dynamique européenne se développe, même si l’Europe est une symphonie inachevée. Il est nécessaire d’adopter une politique budgétaire commune et une harmonisation fiscale. C’est un chantier compliqué mais l’UE restera inachevée tant que chaque pays choisira sa fiscalité et son taux d’intérêt.

Emmanuel Macron et ses prédécesseurs l’ont proposé, mais ils ont essuyé le refus de l’Allemagne. Comment faire accepter de telles mesures?

Prenons l’image d’un train. Malgré tous les reproches qu’on lui adresse, l’Allemagne est la locomotive qui nous a permis de tenir le cap dans les difficultés et d’éviter le pire en dépit de taux de croissance faibles. Quant à la France, son rôle est essentiel pour indiquer la direction vers laquelle doit aller le train. Et il est important qu’Emmanuel Macron ait fourni une feuille de route pour l’Europe sur laquelle les pays membres peuvent s’accorder. Pour autant, on ne peut pas demander à l’Allemagne de faire des compromis qui remettent en cause sa croissance et sa force économique. Aucun pays n’accepterait cela. Et puis, on omet souvent de dire que les autres membres de l’UE profitent la locomotive allemande.

En quoi, par exemple ?

En matière de stabilité. Grâce à l’Allemagne, notamment ses entreprises, l’Europe s’est considérablement développée en Asie, alors que la France accuse un retard considérable. Aujourd’hui, si j’étais chef d’entreprise, je ne chercherais pas à augmenter mon poids aux États-Unis, voire je le diminuerais, mais j’irais tous azimuts en Asie où vit plus de la moitié de la population mondiale et se réalise la croissance économique mondiale. Ainsi, l’Inde, pays sur lequel je travaille, connaît la plus forte croissance du continent, et je peux témoigner que l’Europe y est mieux reçue que les États-Unis, car elle est considérée comme moins impérialiste. C’est un avantage considérable car tous ces pays asiatiques sont, à différents degrés, nationalistes.

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Les critiques sur l’Allemagne portent sur ses excédents, on lui demande d’investir par exemple dans ses infrastructures…

Les infrastructures en Allemagne ne sont pas moins bonnes qu’en France. En réalité, le rôle que devrait jouer l’Allemagne est celui d’entraîner les entreprises de toute l’Europe. L’excédent de la balance des paiements de la zone euro et même de l’Union européenne par rapport au reste du monde est essentiellement américain, mais certains pays, dont la France, sont déficitaires. Mais cela pose la question sur la façon dont est gérée l’économie française.

Que reprochez-vous?

Il y a d’abord un problème de culture. Étant souvent aux États-Unis, je suis frappé de voir sur TV5 Monde nombre d’émissions qui sont à la gloire du passé, de la royauté, des grands châteaux, des beaux paysages, etc. Il y a une grande complaisance en France quant à son image de grandeur qui ne correspond pas à sa place réelle dans le monde. Cela crée des comportements arrogants qui, quelquefois, compliquent l’obtention du consensus européen.

Le deuxième problème, fondamental, est celui du système d’éducation. Il n’est pas adapté au monde moderne. A la sortie du lycée, les étudiants devraient maîtriser des connaissances en finance, en politique, en géopolitique, sur le climat… Bref, des sujets qui comptent davantage que le passé et permettent d’avoir un meilleur jugement sur le monde. Par exemple, la France n’est pas bilingue. Or, tous les moyens mis pour promouvoir la francophonie ne réussiront jamais à faire du français une langue internationale. C’est bien de connaître l’espagnol et l’allemand, mais l’allemand ne se parle pratiquement nulle part hors du pays, alors que l’anglais vous permet de circuler et de travailler à travers le monde.

Enfin, ce qui me frappe en France, c’est la méfiance à l’égard de la technologie, contrairement à d’autres pays européens, comme l’illustre la faiblesse des réseaux pour accéder à internet.

N’est-ce pas lié à une culture intellectuelle très critique envers la technologie, vue comme une forme d’aliénation…

Je suis moi-même critique à l’égard de certains développements technologiques, mais ce n’est pas une raison pour ne pas disposer des techniques. Il est pénalisant de ne pas en avoir et de ne pas les maîtriser.

Cette critique n’est pas sans révéler une sorte de schizophrénie. On entend un discours alarmiste s’agissant de la lutte contre le réchauffement climatique, mais il n’est pas question pour autant de renoncer à l’usage de la voiture.

Je suis d’accord. Le meilleur exemple en est la COP 21 qui s’est tenue à Paris: la France se veut un modèle, mais elle est en retard par rapport à ce qu’elle doit faire. En ce sens, les Chinois sont plus crédibles que les Français.

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(*) « La Descente aux enfers de la finance », par Georges Ugeux, préface de Jean-Claude Trichet, Éditions Odile Jacob (mars 2019), 336 pages, 23,90 euros.

Croissance menacée par le risque de récession ?

Croissance menacée par le risque de récession ?

 

 

Sur les marchés mondiaux, les bourses font du yo-yo partagées entre l’espérance d’une reprise des échanges internationaux notamment entre les États-Unis et la Chine et la crainte d’une récession du fait d’indicateurs très maussades. Les craintes pour la croissance mondiale ont été alimentées par des indices d’activité peu reluisants aux Etats-Unis mais aussi en Europe. L’activité des entreprises de la zone euro a ainsi été bien plus mauvaise qu’attendu en mars avec une contraction de celle du secteur manufacturier sans précédent depuis près de six ans, conséquence d’une forte baisse de la demande. En Allemagne, le secteur manufacturier s’est encore contracté en mars, alimentant les craintes d’un net ralentissement de la première économie européenne. Ce vif regain de l’aversion pour le risque résulte de l’annonce d’une nouvelle contraction de l’activité dans le secteur privé en mars en Allemagne comme en France; l’indice PMI “flash” manufacturier pour la zone euro, à 47,6, est tombé au plus bas depuis avril 2013.“Les risques baissiers sont principalement extérieurs: les tensions commerciales et le ralentissement mondial impulsé par la Chine par exemple”, ont commenté dans une note les économistes de Barclays, qui ajoutent que les difficultés de l’Italie et du Brexit demeurent non négligeables. La publication, peu après l’ouverture de Wall Street, d’un indice d’activité PMI Markit inférieur aux attentes aux Etats-Unis n’a fait qu’accentuer cette tendance baissière. “Aux Etats-Unis, le PMI a été inférieur aux attentes, ce qui a renforcé un momentum déjà baissier sur les taux avec les annonces très accommodantes de la Fed. Simultanément, il n’y aucun risque d’inflation”, a déclaré à Reuters Florence Barjou, responsable adjointe des investissements de Lyxor AM.L’enquête auprès des directeurs d’achat a fait ressortir une estimation flash du PMI à 54,8 dans les services, contre une prévision à 56,0, et à 52,5 dans le secteur manufacturier, contre 53,6 attendu. Les craintes sur la croissance mondiale pénalisent les cours du brut

Le Brent tourne autour de 67 dollars. Et les taux s’affaiblissent nettement.

Croissance mondiale : Retour du risque de récession ?

Croissance mondiale : Retour du risque de récession ?

 

 

Sur les marchés mondiaux, les bourses font du yo-yo partagées entre l’espérance d’une reprise des échanges internationaux notamment entre les États-Unis et la Chine et la crainte d’une récession du fait d’indicateurs très maussades . Les craintes pour la croissance mondiale ont été alimentées par des indices d’activité peu reluisants aux Etats-Unis mais aussi en Europe. L’activité des entreprises de la zone euro a ainsi été bien plus mauvaise qu’attendu en mars avec une contraction de celle du secteur manufacturier sans précédent depuis près de six ans, conséquence d’une forte baisse de la demande.

En Allemagne, le secteur manufacturier s’est encore contracté en mars, alimentant les craintes d’un net ralentissement de la première économie européenne. Ce vif regain de l’aversion pour le risque résulte de l’annonce d’une nouvelle contraction de l’activité dans le secteur privé en mars en Allemagne comme en France; l’indice PMI “flash” manufacturier pour la zone euro, à 47,6, est tombé au plus bas depuis avril 2013.“Les risques baissiers sont principalement extérieurs: les tensions commerciales et le ralentissement mondial impulsé par la Chine par exemple”, ont commenté dans une note les économistes de Barclays, qui ajoutent que les difficultés de l’Italie et du Brexit demeurent non négligeables. La publication, peu après l’ouverture de Wall Street, d’un indice d’activité PMI Markit inférieur aux attentes aux Etats-Unis n’a fait qu’accentuer cette tendance baissière. “Aux Etats-Unis, le PMI a été inférieur aux attentes, ce qui a renforcé un momentum déjà baissier sur les taux avec les annonces très accommodantes de la Fed. Simultanément, il n’y aucun risque d’inflation”, a déclaré à Reuters Florence Barjou, responsable adjointe des investissements de Lyxor AM.L’enquête auprès des directeurs d’achat a fait ressortir une estimation flash du PMI à 54,8 dans les services, contre une prévision à 56,0, et à 52,5 dans le secteur manufacturier, contre 53,6 attendu. Les craintes sur la croissance mondiale pénalisent les cours du brut qui s’éloignent de leurs plus hauts de l’année touchés la veille. Le Brent perd 1,97% sous 67 dollars le baril, contre un pic à 68,69 dollars jeudi et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) chute de 2,32% pour tomber sous 59 dollars après un plus haut à 60,39 dollars jeudi.

Grand débat: le risque de boomerang

Grand débat: le risque de boomerang

 

 

Il est clair que le grand débat  été lancé par le pouvoir pour servir d’amortisseur au mécontentement. Le problème c’est que rien n’a été prévu de significatif pour sortir positivement de ce grand débat. Une consultation qui par ailleurs n’a pas affaibli la volonté de certains gilets jaunes qui ont manifesté pour la 18e semaine consécutive ce week-end dernier. L’atterrissage risque d’être difficile pour le pouvoir qui a surtout décidé de ce grand débat pour gagner du temps mais qui en fait pourrait bien en avoir perdu. En effet faute de décisions significatives, la désillusion vis-à-vis du pouvoir risque encore d’être plus grande.  Un « atterrissage » qui risque d’apporter son lot de déceptions, de l’aveu même du Premier ministre Edouard Philippe, d’après des propos rapportés. Ce dernier, devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), a prévenu qu’il n’y aurait pas d’annonces immédiates. « Imaginer qu’il serait possible de sortir du grand débat national par une série d’annonces, de vérités révélées – ou révélées après avoir écouté le grand débat – c’est se tromper sur la nature même de l’exercice et sur la volonté même de ceux qui y ont participé », a-t-il déclaré. De ce point de vue le premier ministre ne se gêne pas pour poser une hypothèque sur la volonté des participants au grand débat. Pas tellement étonnant si 70 % des Français considèrent que ces discussions n’apporteront pas de solution à la crise actuelle. Il ne faut sans doute pas attendre  grand-chose de nouveau de la part des fameuses conférences citoyennes régionales dont les participants seront choisis au hasard sur le bottin ! Des conférences– pas des débats– qui n’ont sans doute d’autres objets que de faire durer un peu le plaisir avant la discussion prévue au Parlement début avril. La vérité, c’est que le pouvoir n’a rien prévu de précis quant à la suite du grand débat et qu’il existe même de ce point de vue des différences entre ce que pense Macron et le Premier ministre concernant par exemple des mesures sociales, économiques voire politiques pouvant faire l’objet d’une disposition législative, d’un référendum ou d’un Grenelle social.

Grève du 5 février : le risque d’un échec grave

Grève du 5 février : le risque d’un échec grave

 

On sait que les gilets jaunes tout au moins les plus radicaux se sont ralliés à l’idée d’une convergence des luttes organisées par la CGT est appuyée par les organisations gauchistes. Des organisations gauchistes qui par ailleurs ont réussi à faire prendre en compte par les gilets jaunes les plus radicaux le concept de grève générale reconductible. Encore faudrait-il pour cela un niveau satisfaisant de mobilisation. Ce qui au demeurant nets pas certains du tout dans la mesure où hormis la CGT la plupart des organisations syndicales ne sont pas parties prenantes de ce mouvement et même s’en méfient.   Le risque, c’est que le taux de grévistes soit relativement insignifiant et que les manifestations ne soient pas supérieures à celles des gilets jaunes qui se déroulent chaque week-end. La CGT, réticente au départ vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes a dû radicaliser sa ligne sous la pression de militants aussi dans la perspective de son prochain congrès confédéral. Cette  perspective de convergence des luttes paraît assez illusoire dans la mesure où la CGT a décidé seul de son principe ce que n’ont guère apprécié les autres organisations syndicales. Des organisations syndicales qui se montrent très prudentes dans leur rapport aux gilets jaunes en raison notamment du cocktail assez sulfureux qu’il représente sur le plan idéologique (extrême droites et extrême-gauche compris). Dernier élément ces organisations syndicales n’ont pas non plus apprécié d’être mises dans le même sac que les partis politiques l par les gilets jaunes. Des gilets jaunes qui se déclarent apolitiques et asyndicales mais dont certains présente des listes aux élections et qui interviennent maintenant dans le champ syndicale. Le monde syndical est donc encore divisé sur la question des rapports avec les gilets jaunes. “Ce qu’on attend c’est des résultats”, a dit le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur France 2. “Et pour ces résultats, il y a parfois la nécessité de faire grève ou manifester et parfois il faut faire des propositions concrètes, c’est ce que fait la CFDT”.

Gilets jaunes : risque de pourrissement et de division

 Gilets jaunes : risque de pourrissement et de division

 

 

 

Si l’on se réfère au comptage du ministère de l’intérieur la tendance est à l’affaiblissement de la participation. Des chiffres évidemment tendancieux puisque Castaner a pour objectif de discréditer le mouvement. Ceci étant,  d’après les comptages des gilets jaunes eux-mêmes qui en général affichent une participation double de celle du ministère de l’intérieur, la tendance est également à la baisse. En cause évidemment, un phénomène d’usure classique dans tous les mouvements sociaux. D’une certaine manière une usure normale compte tenu de l’exceptionnelle longueur du mouvement qui a atteint sa 12e semaine le week-end dernier. Le problème c’est que plus la participation se réduit et plus le mouvement ce radicalise. Un phénomène également bien connu pour tous les mouvements sociaux. Ne demeurent  en dernier ressort que les plus radicaux mais dont les positions font peur aux plus modérés ce qui affaiblit la participation. Dernier élément, la division. La première division est en quelque sorte entre ceux qui veulent transformer le mouvement en organisation politique. En outre, on risque de compter quatre à cinq listes de gilets jaunes. De quoi discréditer encore un peu plus la transformation du mouvement en parti politique. Mais la division existe aussi chez ceux qui pour l’instant refusent l’entrée en politique. Il y a clairement des modérés complètement apolitiques et qui refusent toute violence. Mais aussi des leaders assez sulfureux pour ne pas dire dangereux sur des positions à narco gauchiste ou  sur des positions d’extrême droite. En outre le phénomène médiatique enivre certains leaders davantage préoccupés de leur ego que de l’efficacité et de l’unité du mouvement. La dernière faiblesse est liée à l’insuffisance de maîtrise de la plupart des responsables des gilets jaunes de la problématique socio économiques du fait de leur manque d’expérience sociale et politique. Autant d’éléments à prendre en compte par les gilets jaunes s’ils ne veulent pas que ce mouvement historiquement assez exceptionnel ne se termine pas par un pourrissement

Risque de stagnation Weidmann (BCE)

Risque de stagnation  Weidmann (BCE)

Le très orthodoxe Jens Weidmann, président de la Bundesbank., Membre également de la BCE et successeur possible de Draghi s’enfonce en faite dans ses contradictions en suggérant de normaliser la politique monétaire. En clair de remonter les taux d’intérêt même si la conjoncture économique actuelle est médiocre. Cela précisément, indique l’intéressé, pour se redonner des marges de manœuvre et faire face à une situation européenne où la croissance frôlerait la stagnation. En fait le président de la Bundesbank est partagé entre son orthodoxie et son souci de soutenir une Allemagne dont la croissance s’écroule. Pourtant, la faiblesse inattendue de la croissance en Allemagne pourrait, selon de nombreux économistes, conduire la BCE à renoncer pour l’instant à la poursuite de la normalisation de sa politique, voire à annoncer de nouvelles mesures de soutien ans les prochains mois. “Contrairement à notre prévision de décembre, la baisse de la croissance devrait se prolonger cette année”, a dit Jens Weidmann dans un discours prononcé à Mannheim. En fait, l’Allemagne prévoit tout juste 1 % de croissance en 2019, après avoir été pendant plusieurs années le principal moteur économique de la zone euro. Concernant l’ensemble de la zone euro, Jens Weidmann a estimé que la prévision d’inflation pour cette année devrait être revue à la baisse. “Du point de vue d’aujourd’hui, la baisse des cours du pétrole en particulier se traduira par une inflation probablement nettement inférieure cette année à celle prévue en décembre”, a-t-il dit. Il a néanmoins jugé que la banque centrale ne devait pas perdre inutilement du temps avant de normaliser sa politique monétaire, afin de se redonner les moyens nécessaires pour combattre une éventuelle crise à l’avenir. Cette perspective de normalisation risque cependant d’être remise en cause par la conjoncture très déprimée de la zone euro. “Après tout, la politique monétaire a de nouveau besoin de marges de manoeuvre pour réagir à une crise économique inattendue à l’avenir”, a-t-il dit. Finalement un discours assez flou et même contradictoire du président de la banque centrale allemande.

Risque de dépression économique ?

Risque de dépression économique ?

 

Si le début de l’année 2018 était marqué par une certaine euphorie en Europe, il n’en est pas de même un an plus tard. On ne connaît pas encore les résultats économiques de décembre mais ils devraient se révéler assez catastrophiques. Il se pourrait bien que la zone euro s’approche de la stagnation en ce début d’année 2019. De ce point de vue, les mouvements boursiers ne font sans doute qu’anticiper la tendance nettement baissière de l’activité.  Preuve du net ralentissement économique mondial, l’activité recule aussi en Chine concernant les exportations et le secteur manufacturier. À l’inverse, les services rebondissent mais pas autant sans doute pour compenser les reculs ailleurs L’activité dans le secteur manufacturier chinois s’est en effet contractée en décembre pour la première fois depuis plus de deux ans, du fait d’un ralentissement de la demande qui souligne les difficultés que rencontre l’économie chinoise dans le contexte de guerre commerciale avec les États-Unis. L’indice PMI manufacturier officiel, élaboré par la société d’information économique IHS Markit (*), est tombé à 49,4 en décembre, sous le seuil qui sépare contraction et expansion de l’activité, montrent les résultats publiés lundi des enquêtes réalisées par les pouvoirs publics chinois auprès des directeurs d’achats. Il s’agit de sa première contraction depuis juillet 2016 et le PMI le plus faible depuis février 2016 (49). Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une contraction mais attendaient un indice PMI de 49,9. D’après les données du Bureau national chinois de la statistique, l’indice des commandes à l’exportation a été ramené à 46,6 contre 47,0 en novembre, reflétant une baisse de la demande extérieure pour le septième mois consécutif.  En Europe, l’évolution est conforme à la baisse tendancielle du moral des entreprises mais aussi des ménages En  zone euro, l’indice Markit PMI manufacturier a reculé en décembre pour le cinquième mois consécutif, à 51,4 contre 51,8 en novembre, un chiffre conforme à l’estimation « flash » publiée le 14 décembre et tout juste supérieur au niveau de 50 qui marque la frontière entre croissance et contraction. Les enquêtes montrent que l’Italie est restée en zone de contraction où elle a été rejointe par la France. En Allemagne comme en Espagne, la croissance du secteur manufacturier a ralenti. En Allemagne, l’’indice PMI pour le secteur manufacturier, est tombé à un plus bas de 33 mois, à 51,5 le mois dernier contre 51,8 en novembre, se rapprochant du seuil des 50 qui sépare une contraction d’une croissance de l’activité. En France en décembre pour la première fois depuis septembre 2016, on constate une  forte baisse de la production selon la version définitive de l’enquête d’IHS Markit publiée mercredi. Globalement en zone euro,  les entrées de commandes ont baissé en décembre à un rythme sans précédent depuis quatre ans, les commandes en souffrance ont reculé pour le quatrième mois d’affilée et les embauches ont été modestes. Dans ce contexte, le degré d’optimisme des entreprises est tombé à son plus bas niveau depuis six ans.

Intelligence artificielle : le risque des technoprophètes » (Alexandre Templier)

 Intelligence artificielle : le risque des technoprophètes » (Alexandre Templier)

Débarrasser l’intelligence artificielle de tous ses oripeaux mystico-religieux pour une approche  au service de l’humain, recommande  l’expert en IA, Alexandre Templier, dans une tribune au « Monde ». Extrait :

« . Qui eût cru, qu’un jour, la technologie se parerait des atours de la religion ? Une parure sémantique et symbolique qui suscite l’étonnement et mérite l’examen. Par exemple, lorsqu’il cofonda la Singularity University en 2008, Ray Kurzweil, le pape de l’intelligence artificielle (IA), a établi une charte d’engagement dont certains termes semblent sortis tout droit d’un livre religieux. On y parle de « communauté », de « chapitre », un rassemblement de religieux, ou encore de « credo », une formule contenant les articles fondamentaux d’une foi religieuse. Il y a quelques mois, Anthony Lewandoski, ex-ingénieur chez Google et Uber, fondait « The way of the future ». Une organisation religieuse dont le but est, selon son fondateur, « de développer et promouvoir la prise de conscience d’une divinité basée sur l’intelligence artificielle pour améliorer la société ». S’il est pour le moment difficile d’identifier les intentions réelles – ironie ou buzz – de l’ex-ingénieur en chef de Google, cette initiative ajoute du concret aux appropriations évoquées précédemment. Toutefois, pour devenir une « religion », l’intelligence artificielle présente deux lacunes de taille : l’absence de transcendance et le manque d’une perspective claire. S’il fallait trouver un équivalent au mot transcendance dans notre société matérialiste, le terme d’autorité régulatrice conviendrait parfaitement. Dans le monde religieux, la divinité dit le Ciel et la Terre, dans celui de l’intelligence artificielle il en va autrement. Aucune autorité n’est parvenue à en définir le périmètre. Conscients de son potentiel, les Etats commencent à forger des plans pour en favoriser le développement, à défaut de la réguler. …. cette notion d’encadrement semble loin dans l’agenda. »

Risque d’éclatement de la bulle de l’endettement (FMI, BRI)

Risque d’éclatement de la bulle de l’endettement (FMI, BRI)

 

On avait noté que le fonds monétaire international n’avait guère traité  de risque de l’éclatement de la bulle financière du fait de la remontée de l’inflation et du tassement de l’activité. Dans son rapport récent,  le FMI se concentrait surtout sur le tassement économique pour l’année 2018, 2019 et 2020.  le vide a été comblé par le fonds monétaire international avec son rapport mercredi sur la situation financière. Cette fois, le FMI rejoint les inquiétudes de la BRI (banque des banques) sur le cercle non vertueux que représente la montée de l’inflation alors  que l’activité ne progresse pas autant que prévu et que l’endettement a rarement atteint un tel niveau. Si le constat de la BRI est juste par compte des propositions peuvent justifier une certaine contestation La BRI invite à réduire l’endettement partout : des Etats, des banques, des particuliers et les banques centrales ; Oui mais comment faire ? La banque des règlements internationaux parle d’or : trop d’endettement partout : banques centrales, Etats, entreprises et particuliers. Elle n’a pas totalement tort mais ne dit pas comment faire ; elle aussi atteint les limite de sa pertinence. Sur le constat,  on peut difficilement être en désaccord mais dire qu’il faut des réformes structurelles est un peu vague. Autant dire clairement qu’il faut engager un politique d’austérité partout. Avec le risque de tuer la consommation, les échanges extérieurs, les investissements et finalement la croissance. On aurait évidemment que la BRI (ou le FMI)  fasse des propositions pour mieux réguler le système financier mais là il ya peut-être des limites à ne pas franchir. Les banques centrales ont été poussées à leurs limites par la crise économique et ne peuvent pas se substituer aux gouvernements qui doivent accélérer le rythme des réformes budgétaires et structurelles, a pourtant averti dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI). « Cinq années après le début de la crise financière, l’économie mondiale est loin d’avoir atteint les objectifs d’une croissance équilibrée », a estimé Stephen Cecchetti, responsable de la division économique et monétaire de la BRI, la banque centrale des banques centrales.  Au lieu d’une consolidation, l’institut d’émission de Bâle (nord de la Suisse) a identifié un certain nombre de « faiblesses structurelles » qui empêchent la mise en œuvre de réformes, a-t-il averti lors d’une conférence de presse téléphonique.  Face aux problèmes générés par la crise financière, qui a provoqué en 2008 l’effondrement de la banque américaine Lehmann Brothers, et la crise des dettes publiques qui secoue depuis plus de deux ans la zone euro, les banques centrales ont joué le rôle de pompier, mais leurs capacités à secourir les Etats arrivent à bout, a averti M. Cecchetti.  Il y des limites bien définies à ce que les banques centrales peuvent faire. Elles ne peuvent pas réparer les bilans, elles ne peuvent pas augmenter la productivité et elles ne peuvent pas placer la politique sur la voie de la pérennité », a insisté le spécialiste.  Dans son rapport annuel, la BRI, qui regroupe une soixantaine de banques centrales, explique que les instituts d’émission ont considérablement gonflé leurs bilans en rachetant notamment des obligations d’Etat.  L’ensemble des banques centrales ont ainsi vu leurs actifs bondir à 18.000 milliards de dollars (14.356 milliards d’euros), soit environ 30% du produit intérieur brut mondial (PIB), deux fois plus qu’il y a dix ans.  L’établissement bâlois, dirigé par l’Espagnol Jaime Caruana, ne mâche pas ses mots à l’encontre des gouvernements, trop lents, selon lui, à résorber l’endettement public et à s’attaquer aux problèmes structurels.  La période de taux d’intérêts historiquement bas « est en grande partie le résultat de l’action insuffisante des gouvernements face aux problèmes structurels » de l’endettement, de la faible croissance et du chômage, a ainsi estimé la BRI.  Selon cette dernière, « les banques centrales sont obligées de prolonger le stimulus monétaire, alors que les gouvernements traînent des pieds et que les ajustements (nécessaires) sont retardés ».  Les banques centrales ont injecté des milliards de liquidités pour empêcher le système financier de s’écrouler et ont fortement réduit leurs taux directeurs pour soutenir l’économie.  Mais la crise des dettes publiques ne touche pas seulement les pays occidentaux, où la dette publique est passée depuis 2007 de 75% du PIB à plus de 110%. Dans les pays émergents, l’envolée des crédits et des prix a masqué des « faiblesses structurelles » dans les comptes publics.  Le secteur public n’est pas le seul en cause, mais également les banques qui tardent à se recapitaliser, a souligné la BRI, alors que l’agence de notation Moody’s a dégradé 15 grandes banques occidentales pour mieux refléter la volatilité et le risque de pertes importantes liés à leurs activités mondiales.   »Malgré leurs efforts de recapitalisation, de nombreuses banques demeurent fortement endettées, notamment celles qui apparaissent bien capitalisées mais qui en fait sont excessivement endettées », a estimé le rapport.  Face à ces difficultés, la BRI a appelé à « briser le cercle vicieux », demandant aux banques à se recapitaliser, aux gouvernements à équilibrer leurs comptes publics et aux entreprises et aux ménages à réduire leur endettement.

Europe : risque de récession (Moody’s)

Europe : risque de récession (Moody’s)

La première raison mais pas la plus importante la montée des dettes publiques qui entraînent globalement un resserrement budgétaire qui risque d’affecter le niveau de l’activité générale. La seconde est liée à l’endettement du secteur privé encouragé par la politique monétaire accommodante. Le danger pourrait venir d’un relèvement des taux qui viendrait à alourdir encore la dette. L’agence de notation pense  que les outils d’intervention, en dépit de quelques progrès se sont affaiblis et que les marges de la politique monétaire se réduisent à peu de choses. Le risque le plus important concerne la dette du secteur privé est restée à des niveaux « historiquement élevés » au cours de la dernière décennie, entraînant une augmentation des risques pour de nombreux émetteurs en cas de forte remontée des taux d’intérêt, selon l’agence de notation. La hausse de l’endettement se voit également à travers la forte progression du marché des entreprises européennes notées en catégorie « high yield » (haut rendement et haut risque, en dessous de la catégorie dite d’investissement : notes B et en deçà) : leur nombre a triplé depuis 2009 et atteint un niveau record. En conséquence, la qualité des actifs au portefeuille des grands assureurs s’est détériorée, avec une plus grande part d’obligations moins bien notées. Parallèlement les marges d’intervention de la banque centrale européenne se sont réduites. L’agence de notation tient compte évidemment de la situation italienne mais sans le dire explicitement aussi de la situation française caractérisée par une dérive de ses équilibres alors  que la croissance se tasse.

Le réchauffement climatique : risque de bouleversement de l’environnement

Le réchauffement climatique :  risque de bouleversement de l’environnement

 

A cause  du changement climatique, une majorité d’écosystèmes vont subir « une transformation majeure » au cours du prochain siècle. C’est le nouvel avertissement lancé par une équipe de scientifiques dans la revue Science.

D’ailleurs, certaines modifications ont déjà été enclenchées dans le sud-ouest des Etats-Unis, où des milliers d’hectares de forêts ont  été ravagés par des incendies cet été. Selon les chercheurs, dans les 100 à 150 prochaines années, ces changements, déjà visibles sur les forêts, vont probablement s’étendre aux savanes et aux déserts, bouleversant les écosystèmes et menaçant la faune et la flore. En ce, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis. « Si nous laissons le changement climatique hors de contrôle, l’apparence de la végétation de cette planète va être totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui et cela représente un risque énorme pour la biodiversité », avertit Jonathan Overpeck, doyen de la School for Environment and Sustainability, à l’université du Michigan. L’étude s’appuie sur des observations de fossiles et de relevés de température remontant à 21.000 ans, lorsque la dernière période glaciaire s’est achevée et que la température planétaire a augmenté de 4 à 7 degrés Celsius. Et pourtant à l’époque, le réchauffement provoqué par des variations naturelles s’est déroulé sur une période beaucoup plus longue. « Le changement va être le même, mais au lieu de s’étaler sur 10 à 20.000 ans, il va être compacté sur un siècle ou deux », souligne Stephen Jackson, directeur du Southwest Climate Adaptation Center de l’institut américain de géologie. « Les écosystèmes vont devoir se hâter pour s’adapter ».Les scientifiques estiment que leurs travaux, effectués à partir de données provenant de près de 600 sites, sont les plus complets à ce jour en la matière. Chaque continent, à l’exception de l’Antarctique, est représenté. Les modifications les plus marquantes ont été constatées dans les latitudes moyennes à hautes de l’Amérique du Nord et de l’Europe, et dans le sud de l’Amérique du Sud. Selon les scientifiques, si les émissions de gaz à effet de serre sont plafonnées aux objectifs  fixés par l’Accord de Paris de 2015, « la probabilité d’une modification à grande échelle de la végétation est inférieure à 45 % ». Mais si rien n’est fait, cette probabilité est « supérieure à 60 % ».

Une telle modification n’affectera pas seulement les forêts, mais aussi l’eau potable et le cycle de formation de l’eau.

Canicule : risque de saturation des urgences

Canicule : risque de saturation des urgences

 

Le président de l’association des médecins urgentistes s’inquiète du risque de saturation des urgences en raison de la prolongation de la canicule. Le problème est connu. Il y a bien un plan canicule depuis 2003 mais les effectifs médicaux ne sont pas à la hauteur des risques sans parler des hôpitaux publics toujours aussi mal organisés avec des sous-effectifs dans certains secteurs et l’inverse dans d’autres. Pourtant la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn a estimé sur France Inter que le pays était “bien mieux armé” que lors de la canicule de 2003, qui avait entraîné une surmortalité de l’ordre de 20.000 décès. “Il y a maintenant un plan national canicule qui s’active dans tous les départements touchés”, a rappelé la ministre. “Aujourd’hui, 70 départements français vont être touchés par la canicule, les préfets activent ce plan”, a-t-elle ajouté. Les établissements ont par ailleurs adapté leurs effectifs, notamment dans les zones touristiques, car pour Agnès Buzyn, “en période de vacances, ce qui compte c’est surtout que les hôpitaux s’adaptent à leur bassin de vie”. Mais pour Patrick Pelloux, président des urgentistes, s’il y a effectivement une “mobilisation générale”, notamment en termes de prévention “il y a un problème: on n’a pas de moyens” pour assurer par exemple la mise en place d’un “plan blanc” s’il venait à être déclenché.

 

Canicule : un risque majoré dans les villes

Canicule : un  risque majoré dans les villes

Selon certains scientifiques les grandes villes sont beaucoup plus exposées au risque de canicule et cela dans le monde entier. En effet ces villes  constituent  d’énormes accumulateurs de chaleur réexpédiée la nuit dans l’atmosphère alors que dans les petites villes et les zones rurales, la fraîcheur de la nuit rééquilibre un peu les excès de température. Pire pour se protéger,  les villes utilisent la climatisation, dont les rejets d’air chaud et, surtout, la forte consommation énergétique, génèrent un cercle vicieux. Le phénomène n’est pas près de s’atténuer car la mode de l’urbanisme est à la  surconcentration urbaine avec des métropoles et des grandes villes de plus en plus démentielles  tandis qu’inversement dans nombre de pays et en France en particulier on assiste parallèlement à une désertification des territoires. En raison de la présence massive de ciment, de bitume et de ferraille dans le béton armé, les villes constituent une sorte d’énorme radiateur qui accumule la chaleur du jour et la restitue la nuit. La conséquence d’une folie urbanistique qui concentre les populations dans des espaces de plus en plus réduits. Selon le City risk index du Llyod’s, 279 villes dans le monde et  de nombreuses villes européennes sont exposées à des risques climatiques).  Abritant plus de 50% de la population mondiale aujourd’hui et 75% en 2050, responsables de 70% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les villes ont un poids significatif dans le changement climatique.

 

Croissance France: risque de tassement

Croissance France: risque de tassement

 

 

Après la quasi surprise de 2017 qui avait vu la croissance atteindre 2,3 %, l’activité pourrait sérieusement se tasser des 2018 pour atteindre au mieux 1.7%. En cause, les mauvais résultats du premier  semestre. On a même constaté des reculs de la production manufacturière est une quasi stagnation de la consommation des ménages certains mois. Cette consommation des ménages pourrait bien être affectée par la remontée significative du prix du pétrole avec ses incidences sur le carburant et sur le fioul de chauffage. On assiste en ce moment à un mauvais effet de ciseau. En effet en 2017 on a bénéficié d’un certain dynamisme de la consommation et de la croissance avec une grande sagesse des prix. À l’inverse en 2018 l’activité se tasse tandis que l’inflation s’envole pour atteindre sans doute au moins 2 % au cours de cette année.  D’une certaine manière ces résultats pourraient entretenir des doutes sur la politique économique du gouvernement qui a largement privilégié l’offre par rapport à la demande. Une erreur sans doute ou alors un manque d’équilibre car la consommation des ménages reste le principal ressort de la croissance puisque malheureusement la balance commerciale continue de se détériorer. Par ailleurs l’environnement international se tasse également. La croissance mondiale devrait être légèrement inférieure à 4 %. Ces perspective ne sont pas réjouissantes comptes tenu de la mise en place de mesures protectionnistes notamment par les États-Unis et la Chine ; un protectionnisme qui va affecter la compétitivité mais surtout nourrir les incertitudes chez les investisseurs et les entreprises.

Pétrole : risque de hausse

  • Pétrole : risque de hausse

Le pétrole n’en finit pas de monter en particulier depuis le mi juin. Le Brent tutoie désormais les 80 dollars. En cause, la croissance mondiale même si sa vigueur s’est un peu tassée au cours du premier semestre. Les incertitudes concernant les cours seraient aussi alimentées par ampleur de la guerre commerciale dont nous enregistrons maintenant les prémices. L’autre facteur susceptible, lui, de nourrir la hausse des cours est l’assèchement des approvisionnements en provenance d’Iran et d’Uruguay. Pour tenter de les combler Trump assure avait obtenu de l’Arabie saoudite une augmentation de la production. Le problème est que l’Arabie saoudite s’accommode bien de ce niveau des cours compte tenu de ses énormes  besoins de financement.   En attendant, Les raffineurs européens réduisent leurs achats de pétrole brut iranien plus vite que prévu, laissant penser que les sanctions que les Etats-Unis veulent imposer à nouveau à l’Iran risquent d’avoir un impact bien plus marqué que celles de 2012, même si l’Union européenne (UE) cette fois-ci ne participe pas. Washington a fait savoir que les compagnies pétrolières devaient progressivement cesser leurs activités avec l’Iran d’ici au 4 novembre au risque d’être exclues du système financier américain. L’Europe avait imposé son propre embargo sur le pétrole iranien après les sanctions américaines imposées par Barack Obama en 2012. Cette fois-ci, les lignes de crédit sont coupées et même si les Européens s’en tiennent à l’accord sur le programme nucléaire iranien de juillet 2015, qui a entraîné la levée des sanctions contre Téhéran, les achats européens sont près de cesser purement et simplement.

 

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Borloo veut faire bonne mine mais la vérité c’est qu’à l’Elysée on veut procéder à l’enterrement de son rapport trop ambitieux. Et Borloo d’avertir  sur son plan banlieues : « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas » Borloo, qui croyait inspirer le gouvernement, a vu ses espoirs rétrécir.  Son plan sera « un élément parmi d’autres », relativise l’Élysée. « Cela fait un peu ‘on va dans les banlieues et on fout un coup de peinture’ », tacle un proche du gouvernement. Que retiendra au final le chef de l’État? Borloo confie qu’on est « dans le très haut de la fourchette » et que deux tiers de ses propositions feraient l’objet d’un « consensus ministériel », selon la terminologie officielle. Mais dans l’entourage de l’ancien ministre, que l’on sent plus inquiet qu’en colère, on décrit des troupes élyséennes divisées en deux camps, l’un s’activant à faire échouer son plan. « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas », estime Borloo.

« On ne va pas faire un catalogue de mesures, même s’il y aura des annonces très concrètes, dit-on à l’Élysée. On va éviter de faire des plans avec plusieurs milliards sur dix ou quinze ans. »En calait on va enterrer le rapport Borloo.

Endettement risqué des entreprises: tour de vis

Endettement risqué des entreprises: tour de vis

 

C’est évidemment un tour de vis jugé nécessaire par le HCSF (Le Haut Conseil de stabilité financière) dans la perspective d’uen remontée des taux. Les 6 grandes banques systémiques (celle qui peuvent entrainer uen crise générale) devront limiter leurs prêts aux grandes entreprises endettées à 5% de leurs fonds propres. En cause, le fait que les entreprises françaises déjà endettées ont continué de manière inconsidérée au regard de leurs résultats et de leur capacité à rembourser.   La mesure, qui concerne BNP Paribas, BPCE, Banque postale, Crédit agricole, Crédit mutuel et Société générale, entrera en vigueur le 1er juillet 2018 pour une durée de deux ans et pourra être prolongée d’un an, fait savoir dans un communiqué le HCSF. Elle ne vise que les grandes entreprises résidant en France et ne s’applique qu’aux expositions de plus de 300 millions d’euros. “Le Haut conseil souhaite préserver la résilience des banques face à un risque de défaut des entreprises les plus endettées”, souligne le superviseur du secteur financier français. “Il souhaite renforcer la discipline de marché en sensibilisant à la bonne appréciation des risques découlant d’une dynamique excessive de l’endettement de ces grandes entreprises notamment au regard de la perspective d’une remontée des taux”, poursuit l’instance présidée par le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire.

France : « Risque pour la croissance future « ( Christopher Dembik.)

France : « Risque pour la croissance future « ( Christopher Dembik.)

L’économiste de la Saxo Banque Christopher Dembik indique dans la Tribune que la France a bénéficié d’une conjoncture plus favorable depuis l’arrivée de Macron mais cette croissance due à des facteurs exogènes pourrait bien se tasser à l’avenir. (Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque et récipiendaire du prix du meilleur prévisionniste pour la France en 2015).

 

 

 Comment expliquez-vous les bonnes performances économiques de la France en 2017 ?

CHRISTOPHER DEMBIK - La dynamique de croissance en 2017 a peu à voir avec Emmanuel Macron. En réalité, au cours des dernières années, l’économie française a bénéficié d’une conjonction de facteurs favorables : une baisse concomitante de l’euro, des prix du pétrole et des taux d’intérêt, et une amélioration marquée de la croissance du crédit français (particulièrement des flux de nouveaux crédits qui servent d’indicateur avancé à la croissance du PIB). Le bond du crédit a précédé l’élection présidentielle de 2017 et provient directement de la politique monétaire accommodante de la BCE, mais aussi des réformes en faveur des entreprises mises en œuvre à partir de 2014 par François Hollande comme le Pacte de responsabilité et de solidarité de 2014 et les crédits à l’embauche qui ont soutenu l’investissement, donc favorisé le recours au crédit.

Y-a-t-il eu un « effet Macron » comme beaucoup de commentaires pourraient-le laisser penser ?

Il est objectivement beaucoup trop tôt pour évaluer les conséquences économiques et financières exactes des réformes prometteuses qui ont été engagées par le Président Macron. Si l’on considère le marché obligataire, un indicateur fiable du sentiment des investisseurs, l’effet Macron n’a donné aucun élan. De novembre 2016 au printemps 2017, les investisseurs japonais évitaient la France et privilégiaient les obligations allemandes en raison des incertitudes liées à l’élection présidentielle. Peu après, la situation est revenue à la normale. Les achats mensuels nets japonais (Allemagne moins France) sont même inférieurs à leur niveau sous la présidence de François Hollande. Aucun effet Macron n’est perceptible sur le marché obligataire.
Jusqu’à présent, ce que nous appelons « l’effet Macron » est surtout un très gros regain de confiance, particulièrement visible au niveau du moral des chefs d’entreprise, et une campagne de communication très bien menée pour attirer les investisseurs. Autant que je me souvienne, c’est la première fois que la France adhère officiellement et sans ambiguïté au capitalisme et à la mondialisation. Concrètement, des opportunités émergentes se présentent aux investisseurs étrangers : non seulement ce qu’on appelle la « FrenchTech », mais, avant tout, une vague de privatisations qui va toucher des entreprises à forte valeur ajoutée dans différents secteurs (aéroports, constructeurs automobiles, jeux de hasard, etc.) et l’introduction d’une fiscalité plus favorable aux investisseurs.

Quelles sont vos prévisions pour 2018 et 2019 en termes de croissance ?

Nous considérons que le pic d’accélération de la croissance a été atteint fin 2017-début 2018. On devrait à court terme encore évoluer proche de 2% mais le risque est élevé que la croissance française déçoive à l’avenir. D’après nos prévisions, « l’effet Macron » tant attendu risque d’être contrebalancé par des facteurs conjoncturels et structurels défavorables, notamment la normalisation de la politique monétaire des deux côtés de l’Atlantique, le ralentissement économique chinois qui est certainement plus prononcé que les chiffres officiels ne le laissent croire et surtout un niveau de croissance potentiel du PIB très faible, qui a été revu à la baisse par le Trésor à 1,25%.

La multiplication des mouvements sociaux (grèves à la SNCF et chez Air France) pourrait-t-elle vraiment peser sur l’économie française ?

Les grèves vont avoir un impact sur l’activité, en grignotant quelques dizaines de points de hausse du PIB, mais l’effet négatif pourrait être atténué si ces mouvements sociaux s’atténuent rapidement, ce qui semble être le cas. La bonne nouvelle, c’est que la France se réforme, avec notamment la présentation du projet de loi Pacte dans les prochaines semaines au conseil des ministres, et qui va redonner une bouffée d’air frais à l’économie française. Dans le même temps, les corps intermédiaires peinent à mobiliser, ce qui semble indiquer qu’une majorité silencieuse est plutôt prompte à laisser sa chance au gouvernement.

 

Air France : risque de disparition ?

Air France : risque de disparition

 

Les syndicats de pilotes d’Air France sont sans doute convaincus que leur entreprise ne peut mourir. C’est pourtant ce qui est arrivé à nombre de société depuis la grande libéralisation mondiale y compris aux Etats-Unis. Nul n‘ignore que comparée aux autres compagnies Air France souffre un manque de compétitivité chronique. Un manque de compétitivité longtemps masqué par le fait que l’Etat portait à bout de bras sa compagnie nationale en particulier concernant l’attribution de créneaux horaires et de dessertes. Globalement les couts d’Air France sont supérieurs d’environ 20% pour le personnel navigants. Il en va différemment pour le personnel au sol qui compte de nombreux bas salaires. Depuis toujours, les pilotes d’Air Franc sont parmi les mieux payés au monde. Ils ont certes fait des efforts mais on est encore loin de ce qui a été réalisé dans la concurrence.  En cause, le fait que les pilotes ont en fait cogéré l’entreprise mais de manière très corporatiste. Pour le ministre de l’Économie, invité de BFM Politique, Air France est menacée de disparition si elle ne se met pas au niveau de compétitivité de ses rivales en Europe et dans le monde. Il appelle au retour du dialogue social, en jugeant injustifiées les prétentions salariales des pilotes.  Bruno Le Maire en appelle « à la raison » et « au sens des responsabilités de chacun, des personnels navigants, des personnels au sol, des pilotes. » Enfonçant le clou, le ministre a ajouté: »Quand on a le niveau de rémunération des pilotes d’Air France, que l’on sait que l’entreprise est en danger, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées que celles qui sont sur la table ». En plus de la revendication salariale unitaire, les pilotes de la compagnie ont des demandes qui leur sont propres. Ils réclament, plus spécifiquement, une hausse de 4,7 % en plus des 6 % de « rattrapage » des salaires exigés par l’intersyndicale. Pour Bruno Le Maire, « L’État n’est pas là pour éponger les dettes »

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