Archive pour le Tag 'pouvoir'

Poutine : le pouvoir des matraques

Poutine : le pouvoir des matraques

Toujours plus impopulaire, le président russe est prêt à tout pour garder un « pouvoir personnel et éternel », dénonce le philosophe Kirill Martynov, responsable du service politique du journal « Novaïa Gazeta », dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Ceux qui en Russie voient les manifestations actuelles comme la simple poursuite de nos anciennes protestations se trompent lourdement. En décembre 2011, nous marchions fièrement et gaiement sur la place Bolotnaïa ; lors de l’été 2019, nous criions : « Nous sommes le pouvoir. » Les Moscovites protestaient ainsi contre l’interdiction faite aux candidats indépendants de se présenter aux élections locales. Mais, après chaque mobilisation, la vie reprenait son cours.

Cette fois, l’enjeu est bien plus élevé. La fin des manifestations signifiera « un contrat social de type nouveau » imposé par le pouvoir. Désormais, seuls les cercles de l’élite dirigeante pourront jouir d’une vie dans la dignité, une vie où l’on n’a pas peur de dire ce que l’on pense et où l’on ne s’attend pas à l’irruption de la police chez soi au petit matin.

Comment cela s’est-il produit ? Auparavant, les hauts responsables du Kremlin estimaient que l’emprisonnement de Navalny ne serait d’aucune utilité dans leur lutte pour un pouvoir personnel et éternel. Désormais, ils considèrent cette solution comme étant la plus efficace. Même sa tentative assassinat, comme le montrent les événements de 2020, était considéré comme une excellente stratégie.

Qu’est-ce donc qui a changé ? Il n’est pas difficile de trouver une hypothèse plausible : le peuple a cessé d’aimer le président Poutine. On ne l’aime plus car il est impossible de se réjouir, des décennies durant, des « victoires sur les ennemis extérieurs », et que le régime de Poutine ne peut se vanter d’aucune autre réalisation. L’économie russe se contracte depuis sept ans. Pendant la pandémie de Covid-19, l’Etat a décidé de ne pas aider les citoyens, préférant amasser des réserves. Beaucoup de gens considèrent que Poutine n’a pas partagé le sort de son peuple en s’isolant dans sa résidence.

La vie normale en Russie s’est arrêtée vers 2014-2015, lorsque le Kremlin a déclenché une guerre honteuse contre son plus grand voisin slave, l’Ukraine. Une fois que les combats ont cessé, la violence s’est répandue inévitablement dans le reste du pays, un phénomène bien décrit par les historiens. Le meurtre de Boris Nemtsov aurait pu en devenir le déclencheur, mais, à l’époque, le régime n’avait pas besoin de recourir à une violence à grande échelle car le président était plébiscité. Aujourd’hui, entre lui et le peuple, il n’y a plus que les matraques.

A un certain moment, parallèlement à l’effondrement de l’autocratie populiste, le pouvoir dans le pays a été accaparé par un groupe qui représente les « structures de force ». Je n’ai aucune « source » particulière pour affirmer cela, mais il suffit de regarder : entre l’apparition des « éducateurs politiques », qui vont façonner l’« état d’esprit » des enfants dans les écoles – comme en URSS –, la paralysie du système judiciaire et les villes bouclées par la police, tout dénote le style propre aux officiers issus des services secrets soviétiques.

Vaccin : les régions veulent le pouvoir

Vaccin : les régions veulent  le pouvoir

 

«La vie ne doit pas s’arrêter dans ma région, parce que nous avons été incapables de vacciner les Français. Je veux simplement faire en sorte que, dans ma région, celles et ceux qui ne seront pas vaccinés avant des lustres dans le cadre du plan gouvernemental puissent l’être. Je pense notamment aux actifs, aux personnes âgées de 40 à 60 ans, sachant que nous n’avons aucun problème pour bâtir des plans de vaccination en quelques jours et en faisant appel aux professions libérales, retraités, collectivités… Nous n’agirons pas contre l’État. Nous voulons nous inscrire dans le cadre de son protocole sanitaire, même si je constate que celui-ci a explosé puisque la consultation prévaccinale n’existe plus», explique Hervé Morin, rejoint sur ce point par nombre de présidents d’autres régions.

 

 

Comme Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Carole Delga ou Jean Rottner, le président de la région Paca s’est dit prêt lui aussi à se lancer dans l’achat de vaccins. Le message envoyé au pouvoir est clair: «Laissez-nous travailler dans le respect des règles de la vaccination qui ne datent pas d’hier!», insiste Renaud Muselier. Il défend des régions prêtes à «accélérer» la stratégie nationale et à fournir aux professionnels de terrain les moyens de vacciner massivement. « Il ne faut pas empêcher pas empêcher les régions qui le souhaitent d’acheter des vaccins…» déclare ces présidents de région

Iran : la corruption généralisée de la mafia au pouvoir (Hamid Enayat)

Iran : la corruption généralisée de la mafia au pouvoir (Hamid Enayat)

 

La prise de contrôle de l’économie par la mafia au pouvoir a provoqué son effondrement complet. Estime Hamid Enayat, analyste et écrivain iranien dans une chronique à la Tribune.

 

 

Les chiffres n’ont plus la capacité d’exprimer des détournements astronomiques. Des sommes capables d’affecter gravement le budget et les conditions économiques d’un pays ou qui pourraient assurer le financement de centaines voire de milliers d’écoles et d’universités.

La corruption étendue dans les organes gouvernementaux, les banques, le secteur privé, les entreprises publiques, semi-gouvernementales et affiliées, et des dizaines d’autres cas s’est tellement répandue la dernière décennie qu’elle a envahi toute l’économie iranienne : corruption en pétrochimie de 6,656 milliards de dollars en 2019 ; corruption de plus de 694 million dollars en 2011 ; corruption de la Fondation des Martyrs avec au total plus de 2 milliards de dollars en 2013 ; détournement de fonds d’environ 2,5 milliards de dollars au ministère du Pétrole en 2017 ; corruption de plus de 4,15 milliards de dollars en 2013, abus de pouvoir avec détournement de 750 millions de dollars en 2012, disparition de plates-formes pétrolières pour un montant de 124 millions de dollars en 2015, et ce n’est que la pointe de l’iceberg rendue publique.

95 milliards de dollars : le chiffre a de quoi donner le tournis mais, selon l’agence Reuters, l’ayatollah iranien Ali Khamenei règne bien sur un vaste empire économique représentant une somme aussi impressionnante. Cela équivaut à environ 71 milliards d’euros, soit davantage que la valeur actuelle des revenus pétroliers annuels de l’Iran.

Dans l’Iran actuel, la corruption et le pouvoir sont si étroitement liés qu’ils ne forment plus qu’un seul corps. De nombreuses personnes corrompues commettent des détournements de fonds en utilisant leur influence et leurs relations dans les organisations et les ministères. Mehdi Jahanguiri, le frère du premier vice-président, en est un exemple. En réponse à l’arrestation de son frère, le premier vice-président Ishaq Jahangiri a parlé de « corruption organisée » dans le pays.

Auparavant, le 16 juillet 2019, le frère du président Hassan Rohani, Hussein Fereydoun, avait été convoqué par la justice pour un délit financier. Le tribunal avait fixé une caution d’un montant très élevé. Le règlement de cette caution astronomique par le ministre de la Santé de l’époque avait fait la une des journaux.

Farshad Momeni, proche du régime iranien et professeur d’économie à l’Université Allameh Tabataba’i, a déclaré dans une cérémonie de la Journée des étudiants : « L’économie de l’Iran est de plus en plus est dominée par la mafia depuis la fin de la guerre Iran-Irak. » Soulignant que tous les gouvernements des 30 dernières années avaient développé ces relations mafieuses, il a noté que les classes défavorisées et les producteurs étaient les premières victimes de cette politique. Ce sont les sanctions et le Covid 19 qui ont mis à nu la mainmise de la mafia sur l’économie.

Hussein Raghfar, un économiste proche du pouvoir, cible lui aussi cette dérive : « Le principal problème de l’économie est le mensonge manié pour détourner l’opinion publique des réalités amères que le régime a apportées à la population. » Les États-Unis sont toujours cités comme la principale cause des problèmes du pays, alors que ces problèmes sont l’œuvre du pouvoir et n’ont rien à voir avec les sanctions.

Certes, ces dernières affectent l’économie quand elles détruisent la capacité de production nationale. Mais la capacité de production en Iran s’est détériorée à partir du neuvième gouvernement rendant le pays de plus en plus dépendant des importations, qui sont passées en valeur de 16 milliards de dollars en 1984 à 90 milliards de dollars en 1990. C’est de cette manière que les ressources de production ont été détruites jour après jour.

Un membre de la commission de la Santé du Majlis (parlement) a tweeté : L’augmentation des prix des matières premières n’a rien à voir avec les sanctions et le taux des devises. On a entendu dire qu’une cargaison de 81.000 tonnes de maïs a été dédouanée sans l’autorisation du ministère de l’Agriculture, et on ne sait pas à qui est allé le profit de la vente de ce maïs sur le marché noir, qui se monte à plus de 1.600 milliards de tomans.

En 1997 et 1998, selon la Banque centrale, 180 milliards de dollars ont été sortis du pays, mais on ne sait pas à quoi l’argent de ces exportations a été utilisé. Selon certaines études, cette somme aurait permis de fournir des biens et produits de base pendant trois ans à hauteur de 35 milliards de dollars.

Yahya al-Ishaq, un ancien ministre du Commerce qui a lui-même été impliqué dans la corruption institutionnalisée, décrit ainsi l’économie mafieuse : « Dans l’ombre de l’insouciance des responsables dans la guerre économique et avec le manque de courage de fonctionnaires pour prendre des décisions dans des circonstances particulières, on voit apparaitre des Arsène Lupin qui pillent tous les biens du pays sans le moindre souci. » (Agence Fars, 7 décembre 2020)

Les organisations internationales estiment qu’il y a environ 10.000 personnes en Iran qui détiennent et gèrent exclusivement des ressources financières, bancaires, pétrolières et autres. Étonnamment, le secrétaire général de la Société des comptables certifiés d’Iran a abordé les mêmes chiffres d’une autre manière : « Environ 12.000 personnes physiques et morales dans les 13.000 unités économiques du pays ont consommé près de 110 milliards de devises. Elles n’ont fourni de bilan financier vérifié à aucune institution et n’ont pas été contrôlées ni tenues responsables. » (Bazar, 6 décembre 2020)

Au moins 60 % de l’économie iranienne est entre les mains du corps des pasdarans. En détruisant la plupart des productions de produits de base, les pasdarans importent des richesses astronomiques à partir de produits de base de Chine et d’ailleurs et les stocke. Or tous les ports et quais sont entre leurs mains. Ce qu’on appelle la mafia du pouvoir n’est rien d’autre que le corps des pasdarans ou les sociétés géantes affiliées au guide suprême et aux cercles les plus proches du pouvoir, qui sont exonérées de tout audit et de toute taxe.

Plus de 150 milliards de dollars d’argent iranien bloqués ont été débloqués après l’accord nucléaire en 2015, et le régime iranien a vendu au moins deux millions de barils de pétrole par jour jusqu’au retrait américain du JCPOA et la mise en place des sanctions. Cependant, les soulèvements de 2017 et 2019 déclenchés par la pauvreté, l’inflation et le chômage ont secoué toutes les villes d’Iran et ébranlé le pouvoir.

Il est très clair que l’embargo pétrolier vise à exercer une pression sur l’économie iranienne. Mais la cause de la pauvreté de plus de 70% des Iraniens dans l’un des pays les plus riches, ce ne sont pas les sanctions mais la destruction des ressources, la corruption systématique et le pillage opérés par le corps des pasdarans.

Leurs actions destructrices, la répression et les meurtres auxquels ils se livrent ne se limitent pas à l’Iran. C’est pourquoi, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes britannique a exhorté dans son dernier rapport le gouvernement du Royaume Uni à inscrire le corps des pasdarans du régime iranien dans la liste des entités terroristes.

 

Trump évoque l’idée d’une loi martiale et de confier le pouvoir à l’armée !

Trump évoque l’idée d’une loi martiale et de confier le pouvoir à l’armée !

 

L’idée de confier le pouvoir exécutif et judiciaire à l’armée a été évoquée depuis début décembre chez les plus fervents supporters de Donald Trump et permettrait, selon ses partisans, de confier aux militaires l’organisation d’un nouveau scrutin présidentiel.

La loi martiale n’a plus été utilisée par le gouvernement fédéral depuis la Seconde guerre mondiale. Selon une étude du centre de réflexion juridique Brennan Center for Justice, publiée en août, Donald Trump aurait besoin de l’accord du Congrès pour l’instaurer. «Cela n’arrivera pas», a anticipé dimanche, sur la chaîne CNN, le sénateur républicain Mitt Romney, pour qui «tout cela ne va nulle part».

.À part Mitt Romney, aucun élu conservateur d’importance n’a ainsi condamné l’idée de recourir à la loi martiale.

«Tout élu ou candidat républicain qui garde le silence sur ce sujet ne mérite pas de diriger», s’est indigné dimanche Pat Garofalo, élu républicain à la Chambre des représentants du Minnesota.

Trump enfin OK pour une transition du pouvoir

Trump enfin OK pour une transition du pouvoir

 

Il aura fallu attendre plus de deux semaines pour que Trump à demi-mots reconnaissent la victoire de Biden et accepte la transition du pouvoir. En attendant , il s’est enfoncé dans des procédures juridiques pathétiques et a entretenu un climat délétère de division chez les Américains. Il a pris aussi quelques décisions irresponsables tant en matière d’économie qu’en matière de géopolitique.

Bref il a tout fait pour rendre difficile la tâche de Biden. Sous la pression cependant de républicains qui le lâchent les uns après les autres, Donald Trump a fini par ordonner à son administration de commencer la transition avec Joe Biden. Par un message tordu sur son compte Twitter, et sans reconnaître formellement sa défaite, le président américain a « recommandé » à la responsable de l’administration générale des services, Emily Murphy de «faire le nécessaire conformément aux protocoles initiaux», «dans l’intérêt de notre pays ». «J’ai dit à mes équipes de faire de même», a conclu Trump.

Sans élégance ni cérémonie, le président a reconnu dans les faits, à défaut d’y mettre les formes, que son adversaire démocrate pourrait bien être son successeur en janvier prochain. «Notre lutte continue » tout de même écrit Trump, «nous continuons à faire valoir nos droits, et je pense que nous l’emporterons» .

La pression s’était accrue ces derniers jours sur Emily Murphy, un nombre croissant de républicains, d’experts en sécurité nationale et de chefs d’entreprise ayant déclaré qu’il était temps que le processus de transition commence.

Islam : le pouvoir français qualifié de nazi par une ministre pakistanaise sur la France

Islam : le pouvoir français qualifié de nazi par une  ministre pakistanaise sur la France

 

Une nouvelle fois une ministre du Pakistan fait dans l’outrance la plus inacceptable en comparant la France au régime des nazis concernant la situation des musulmans.

 

Le Pakistan utilise la même technique qu’Erdogan en Turquie, il externalisé ses difficultés notamment économiques pour tenter de refaire une unité nationale.

 

Le Pakistan fait en effet actuellement face à une situation économique difficile qui se caractérise par d’importants déficits public (6,4 % en 2017/18 et 6,8% en 2018/19) et de la balance courante (6,3 % du PIB en 2017/18 et 4,6 % en 2018/19). La forte croissance enregistrée aux cours des cinq dernières années s’est ainsi accompagnée d’une hausse considérable de la dette publique (75 % du PIB), d’une baisse des réserves de change (représentant 1,5 mois d’importations) et d’un arrêt des réformes structurelles (fiscalité, environnement des affaires, gestion des entreprises publiques, compétitivité et hypertrophie du secteur informel). La croissance devrait se replier à 2,4 % en 2019/20 selon le FMI et être accompagnée d’une accélération de l’inflation (autour de 13 % après 7,3% en 2018/19 et 3,9% en 2017/18).

 

Sur le réseau social Twitter, la ministre Shireen Mazari, a tiré à boulets rouges sur le chef de l’Etat en déclarant que « Macron fait aux musulmans ce que les nazis infligeaient aux Juifs », en prétendant que  »les enfants musulmans devront avoir un numéro d’identification, comme les Juifs étaient forcés à porter l’étoile jaune sur leurs vêtements pour être identifiés ».

 

Une information formellement démentie par le gouvernement français.

« Un membre du gouvernement pakistanais s’est exprimé aujourd’hui sur les réseaux sociaux dans des termes profondément choquants et injurieux à l’égard du président de la République et de notre pays », s’indigne la diplomatie française.

 

Paris condamne ainsi ces propos qu’elle qualifie de « mensonges éhontés, empreints d’une idéologie de haine et de violence ».

Le Pakistan est le théâtre depuis le mois de septembre de manifestations anti-françaises, souvent houleuses, après la republication des caricatures du prophète Mahomet par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

 

Ce sentiment anti-français est aussi alimenté par le Premier ministre pakistanais, Imran Khan. Ce dernier avait accusé fin octobre Emmanuel Macron d« attaquer l’islam ». Dans la foulée, l’ambassadeur de France au Pakistan avait été convoqué pour dénoncer la « campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d’expression » du président français.

 

Pouvoir d’achat : rien en 2020 et sans doute en 2021

Pouvoir d’achat :  rien en 2020 et sans doute en 2021

 

Si l’on tient compte de l’inflation probable en 2020 envisagées à + 0,5 % , le pouvoir d’achat pourrait être à peu près nul encore s’agit-il d’un calcul sur des revenus théoriques car dans la pratique avec le chômage partiel il y aura  souvent une baisse plus importante d’au moins 5%. Pour l’année 2021, on attend une inflation de 0,7 % et on espère une augmentation du pouvoir d’achat de 1,5 %.  Rien n’est sûr dans ces deux domaines. Il y a d’abord la situation de l’emploi très dégradé qui va peser sur le pouvoir d’achat. Une conséquence d’une croissance qui devrait se redresser à plus 8 % mais encore inférieure au niveau de fin 2009.

 

Avec au moins 1 million de chômeurs en plus il ne faut guère espérer un environnement favorable à la hausse salariale. Au mieux en 2021, la création nette d’emplois atteindra 400 à 500 000 emplois à condition évidemment que la croissance enregistre une progression de 8 %. Reste à savoir aussi si l’inflation sera aussi sage que prévu. Pour l’instant ,rien n’indique une reprise de la hausse des prix, l’Europe  est plutôt sur une tendance déflationniste. On ne peut cependant écarter l’hypothèse d’une crise financière qui ferait flamber l’inflation car le décalage entre l’ampleur de la masse monétaire et la richesse réelle devra un jour se payer par une perte de valeur du pouvoir d’achat. Peut-être pas en 2021, peut-être en 2022 ou plus tard mais l’échéances est incontournable.

Justice : le parquet français trop dépendant du pouvoir ( Cour européenne des droits de l’homme)

Justice : le parquet  français trop dépendant du pouvoir ( Cour européenne des droits de l’homme)

Pour les juges de Strasbourg, les procureurs présentent deux défauts rédhibitoires : leur partialité et leur dépendance envers le pouvoir.

Un article du monde rend compte de la cour européenne des droits de l’homme qui considère que le parquet français est trop dépendant du pouvoir.

 

« La Cour européenne des droits de l’homme ne goûte guère le parquet « à la française ». Alors que la tradition hexagonale célèbre les vertus d’un corps unique rassemblant à la fois les juges du siège et les procureurs de la République, la Cour de Strasbourg insiste sur leurs profondes différences : interrogée sur la possibilité, pour les procureurs, de contrôler la privation de liberté, elle affirme, dans deux arrêts rendus en 2010, qu’ils ne sont ni des juges, ce que chacun savait, ni même des « magistrats habilités par la loi à exercer des fonctions judiciaires », ce qui est un peu vexatoire.

Pour la Cour, le parquet « à la française » présente en effet deux défauts rédhibitoires : sa partialité – il n’est pas un tiers mais une autorité de poursuite – et sa dépendance envers le pouvoir – les procureurs « ont tous un supérieur hiérarchique commun, le garde des sceaux, ministre de la justice, qui est membre du gouvernement, et donc du pouvoir exécutif, constate la Cour. Contrairement aux juges du siège, ils ne sont pas inamovibles en vertu de l’article 64 de la Constitution. Ils sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques au sein du parquet, et sous l’autorité du garde des sceaux, ministre de la justice ».

Ces décisions signent-elles l’arrêt de mort du parquet « à la française » ? « La Cour de Strasbourg ne rejette pas l’institution par principe, analyse Nicolas Hervieu, juriste et enseignant à Sciences Po. Elle se borne à dire que seuls des magistrats indépendants et impartiaux – ce qui n’est pas le cas des membres du parquet – peuvent assumer le rôle de protecteur du droit à la liberté et à la sûreté proclamé par la Convention européenne des droits de l’homme. » Depuis 2010, les responsables politiques ont d’ailleurs privilégié une lecture minimaliste de la jurisprudence européenne : ils se sont contentés de ne plus confier aux procureurs le contrôle de mesures privatives de liberté.

Si le législateur respecte cette ligne de conduite, le parquet « à la française » pourrait survivre aux arrêts de 2010. « Les traditions juridiques des 47 Etats membres sont aussi variées que respectables, poursuit Nicolas Hervieu. La Cour ne cherche pas à imposer un modèle judiciaire unique : elle se contente de veiller au respect effectif des principes posés par la Convention de 1950 – le droit à la vie, à la sûreté, à un procès équitable, au respect de la vie privée et familiale, ainsi que la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’expression, de réunion et d’association. En somme, pour la Cour, peu importe le flacon institutionnel pourvu qu’on ait l’ivresse des droits et libertés ! »

 

Pouvoir d’achat en forte baisse mais épargne en hausse

Pouvoir d’achat en forte baisse mais épargne en hausse

D’après l’INSEE au cours du second trimestre, le revenu disponible des Français a diminué, accusant même la baisse trimestrielle de pouvoir d’achat « la plus forte depuis 1949 » (-2,3 %). « Avec le recours au dispositif d’activité partielle et la baisse de l’emploi, la masse salariale reçue par les ménages diminue très nettement (–10 %, après –2,4 %). Une baisse toutefois amortie par la hausse des aides sociales (+7,9 %), au premier rang desquelles l’activité partielle et l’aide exceptionnelle de solidarité liée à l’urgence sanitaire pour les ménages les plus précaires.

Le paradoxe, c’est qu’en dépit de ce choc inédit depuis plus de soixante-dix ans, les Français qui n’ont rien pu acheter pendant le confinement (-11,5 % de la consommation au deuxième trimestre) ont en réalité épargné. Plus de 100 milliards d’euros en six mois, ce qui a projeté fin juin le taux d’épargne des ménages à un niveau de 27,4 %, contre 14,9 % en moyenne l’année précédente

.Au total environ 450 milliards sur le livret d’épargne et environ autant sur le compte courant puisque les livrets d’épargne ne rapportent plus grand-chose et même sont érodés par l’inflation content tenu de la quasi absence de rémunération.

Cette montée en flèche de l’épargne est sans doute l’indicateur le plus inquiétant. C’est en effet l’instrument qui permet de mesurer le niveau de confiance. Or cette confiance est fortement affectée. Un manque de confiance politique et économique. Ainsi dans un dernier sondage, les Français à 80 % sont tout autant inquiets de la situation sanitaire que de la situation économique. Or la croissance repose essentiellement sur la consommation des ménages. En dépit de l’optimisme de façade affichée par le gouvernement et les institutions, les Français dans leur grande majorité ne croient pas au redressement avant longtemps.

 

Mali : la France donne quelques mois aux militaires pour rendre le pouvoir

Mali : la France donne quelques mois aux militaires pour rendre le pouvoir

Interrogée dimanche dans l’émission « Le Grand Rendez-vous » , le ministre des armées a clairement indiqué que les militaires devraient rendre le pouvoir à une autorité civile d’ici quelques mois. La communauté africaine (CDAO, elle, ) a donné un délai d’un an.Pas question pour le ministre d’attendre les trois ans évoqués par les généraux lors du coup de force.

 

 

Les militaires maliens vont-ils oublier de rendre le pouvoir ?

Les militaires maliens vont-ils oublier de rendre le pouvoir

 

Après le coup d’Etat du 18 août au Mali, l’anthropologue s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur l’avenir du mouvement de contestation populaire qui avait émergé en juin à Bamako et dans les grandes villes du pays.

« Le coup d’Etat militaire qui vient de se produire au Mali laisse planer le doute sur la poursuite du fort mouvement de contestation populaire qui a pris, ces dernières semaines, l’allure d’une véritable révolution. En dépit des déclarations du « Comité national pour le salut du peuple », on peut craindre en effet, comme dans d’autres précédents africains, que ces militaires ne prennent goût au pouvoir et « oublient » de le rendre aux civils. Quoi qu’il en soit, ce coup d’Etat, désavoué par l’ensemble de la « communauté internationale », s’inscrit dans une longue tradition de pessimisme à l’égard du Mali.

Ce pays, en effet, depuis l’indépendance en 1960, ne cesse d’inquiéter les grandes puissances, notamment la France qui a tout fait pour renverser le régime socialiste de Modibo Keïta. Le coup d’Etat du général Moussa Traoré, en 1968, et la mise en place d’un système libéral ont quelque peu atténué ces inquiétudes, en dépit de la corruption qui, à l’époque, prospérait autour de la famille présidentielle et qui favorisa à son tour l’éclosion d’un mouvement social aboutissant à l’avènement de la démocratie, en 1991, et l’arrivée au pouvoir d’Alpha Oumar Konaré.

Autour des années 1990-2000, le Mali devint ainsi un modèle de régime démocratique, surclassant le Sénégal qui jusque-là faisait l’unanimité de la communauté internationale. L’alternance démocratique réussie avec Amadou Toumani Touré, en 2002, a conforté les puissances occidentales dans l’idée que le Mali avait atteint un régime démocratique de croisière, en dépit des rumeurs faisant état de l’implication de la couche dirigeante et des cadres supérieurs de l’armée malienne dans la corruption et le trafic de drogue, et de l’impossibilité pour Amadou Toumani Touré de faire évoluer le code de la famille vers les valeurs occidentales.

Cette situation, jointe à la prise de contrôle du Nord, en 2012, par le Mouvement national de libération de l’Azawad, entraîna le coup d’Etat mené par l’officier Amadou Haya Sanogo, lui-même à la tête d’une coalition hétéroclite de marxistes et de nationalistes s’opposant au démantèlement du pays. Le coup d’Etat ayant échoué, le président provisoire Dioncounda Traoré fit appel à François Hollande pour que l’armée française intervienne au Mali et stoppe l’avancée vers le sud-ouest du regroupement djihadiste.

L’opération Serval aboutit à la restauration d’un pouvoir civil au Mali sur l’ensemble du territoire, à l’élimination temporaire des djihadistes et à l’élection triomphale d’Ibrahim Boubacar Keïta, en 2013, avec l’appui des leaders musulmans. Depuis, le pouvoir du président était en quelque sorte tenu en otage par l’alliance, a priori contre-nature, entre le « wahhabite » Mahmoud Dicko et le « soufi » Bouyé Haïdara qui, après l’avoir soutenu, l’abandonnèrent lors de la campagne présidentielle de 2018. »

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Huawei dit pouvoir fournir la 5G au Royaume-Uni malgré les sanctions US

Huawei dit pouvoir fournir la 5G au Royaume-Uni malgré les sanctions US

Le principal fournisseur chinois d’équipements pour la technologie mobile 5G compte sur le temps pour contourner les sanctions américaines et européennes notamment au Royaume-Uni. On notera que comme en politique diplomatique, la Chine a choisi dans le domaine économique une politique très agressive qui ne cache même pas sa volonté d’hégémonie. D’une certaine manière c’est même un pied de nez aux États-Unis et à l’Europe ( la France a imposé aussi de fortes restrictions vis-à-vis du fournisseur chinois) “Ces restrictions n’ont pour l’instant pas eu d’impact sur la capacité de Huawei à fournir (les équipements) pour le déploiement de la 5G et de la fibre au Royaume-Uni”, a déclaré Victor Zhang, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. “Nous devons discuter de l’impact à long terme et ça prend du temps, ça prend des mois.”

La Grande-Bretagne a accordé un rôle limité à Huawei dans le déploiement de la 5G, mais le gouvernement a depuis fait savoir que cette décision pourrait être revue en fonction des répercussions des nouvelles sanctions américaines, qui pourraient pénaliser sa capacité à fournir des équipements fiables.

Alors que le Premier ministre Boris Johnson devrait trancher sur ce dossier d’ici la fin du mois, Victor Zhang a déclaré que les autorités britanniques devraient y réfléchir à deux fois avant de prendre une décision qu’il juge cruciale à long terme.

“Nous pensons qu’il est important d’attendre que tous les faits et implications soient connus”, a-t-il prévenu. “Ce n’est pas le moment de prendre une décision aussi cruciale concernant Huawei.”

Huawei est depuis longtemps au coeur d’un différend entre les Etats-Unis et la Chine sur le contrôle des hautes technologies. Washington tente de convaincre ses alliés d’exclure le groupe chinois de la 5G en arguant du fait que ses équipements pourraient faciliter les activités d’espionnage chinoises, ce que le groupe chinois conteste.

Affaire Fillon: «aucune instruction du pouvoir exécutif», ( procureure générale de Paris)

Affaire Fillon: «aucune instruction du pouvoir exécutif», ( procureure générale de Paris)

Catherine Champrenault , interrogée tant dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire,sur les informations qu’elle a reçu de la part du parquet national financier, la procureure générale tient à préciser qu’elle n’a reçu « dans l’affaire Fillon comme dans tous les autres dossiers relevant de mon contrôle hiérarchique aucune instruction de la direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) ». Et d’insister : elle n’a reçu « aucune instruction du pouvoir exécutif » et qu’elle n’a « jamais, jamais relayé une demande du garde des Sceaux (…) pour influer sur le traitement des procédures ».

Poutine: un référendum bidon pour se maintenir au pouvoir jusqu’en 2036

Poutine: un référendum bidon pour se maintenir au pouvoir jusqu’en 2036

 

La Russie a adopté mercredi la vaste révision constitutionnelle autorisant Vladimir Poutine à se maintenir au Kremlin jusqu’en 2036, il aura alors 84 ans ! Un référendum qualifié d’«énorme mensonge» par l’opposition qui y voit une manœuvre pour perpétuer sa mainmise sur le pays.

Les Russes ont validé à 77,02% ce bloc d’amendements qui, outre la question des mandats du président en exercice, introduisent aussi ses principes conservateurs dans la Constitution, selon des résultats portant sur près de 61% des bureaux de vote répartis sur l’immense territoire russe et diffusés mercredi par la Commission électorale centrale. La participation tournait, quant à elle, autour de 65%.

Il n’y a jamais eu de doutes quant à l’issue du scrutin : la réforme a été approuvée par le législateur en début d’année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

Vladimir Poutine avait demandé mardi aux Russes de garantir «la stabilité, la sécurité et la prospérité» de la Russie, qu’il se targue d’avoir sorti du chaos post-soviétique. Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a parlé, commentant ces résultats, de «falsification» et d’«énorme mensonge», appelant ses partisans à se mobiliser pour les prochaines élections régionales de septembre. «Poutine a humilié tout le monde (…) Même dans la plupart des pays du Tiers monde, il n’y a pas une telle honte», a-t-il lancé, accusant le président de vouloir «diriger la Russie à vie». Pour Alexeï Navalny, «rien ne sera réglé sans sortir dans la rue». Mais il s’est gardé d’appeler à des manifestations dans l’immédiat.

Le scrutin, prévu à l’origine pour avril, a été repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s’est déroulé sur une semaine et les électeurs devaient se munir de masques de protection et de gants.

Amendement le plus controversé : celui accordant à Vladimir Poutine l’option de deux mandats supplémentaires à l’issue de l’actuel en 2024. Une nécessité selon lui, car la classe politique ne doit pas se perdre dans «une quête de successeurs potentiels».

Cela lui offrira la possibilité de rester au Kremlin jusqu’en 2036, l’année de ses 84 ans. D’autres amendements renforcent certaines prérogatives présidentielles.

Le vote est intervenu sur fond de baisse de la popularité de M. Poutine à cause d’une réforme des retraites décriée et de la crise du Covid-19. De mai 2018 à juin 2020, le taux d’approbation de sa politique mesuré par l’institut indépendant Levada est descendu de 79% à 60%.

Selon les critiques du Kremlin, le pouvoir a multiplié les ruses pour s’assurer un succès retentissant et une participation électorale forte au scrutin, avec par exemple une loterie avec des cadeaux pour les participants et des bons d’achat pour ceux votant en ligne. L’aspect le plus insolite aura été l’installation de lieux de vote de fortune en extérieur, dans les cours ou sur des terrains de jeux, sans grand respect du secret du vote ni surveillance adéquate des urnes.

Le but de la manoeuvre, d’après l’opposition, n’était pas de protéger l’électorat du nouveau coronavirus mais de se fabriquer un résultat sur-mesure. L’armée russe s’est ainsi targuée d’une participation de «99,991%» au sein de son personnel.

L’ONG Golos, spécialisée dans l’observation des élections et honnie des autorités, a pour sa part relevé plus de 2.000 violations des règles électorales telles que des pressions hiérarchiques sur les fonctionnaires et des salariés pour qu’ils aillent voter. La commission électorale n’a constaté pour sa part «aucune infraction sérieuse» pendant le scrutin.

Quel vrai pouvoir économique d’un maire ?

Quel vrai  pouvoir économique d’un maire ?

Fabien Tastet, président de l’Association des hauts fonctionnaires territoriaux (AATF) s’interroge sur le pouvoir économique réel d’un maire mettant notamment en cause les doublons avec les administrations centrales et la superposition des superstructures politiques dernière en date l’intercommunalité qui vide de son contenu une grande partie du rôle des maires . source AFP Le Figaro)   «Quand les citoyens votent pour leur maire, il faut que ces derniers aient le pouvoir d’agir. Or, depuis quelques années, la tendance est à une perte de pouvoir fiscale des élus locaux», défend Fabien Tastet, Sur le volet fiscal, les maires ne décident pas des dépenses de collectivités locales et ne peuvent pas moduler l’assiette d’imposition des entreprises.

Après la taxe professionnelle en 2010, les communes ont perdu, en 2019, 80% de la taxe d’habitation au niveau national. Ces recettes fiscales en baisse ont contribué à réduire leur marge de manœuvre et leur autonomie financière. «Sur les 240 milliards d’euros de budgets locaux, une fois effectuée la réforme de la taxe d’habitation, il ne reste plus qu’environ 40 milliards de «vrais impôts» locaux. C’est-à-dire d’impôts sur lesquels les élus disposent d’un pouvoir de taux», explique Fabien Tastet.

Si ces impôts locaux ont été remplacés par des dotations de l’État, financées donc par des impôts nationaux, le maire de Sceaux Philippe Laurent assure que l’évolution de ces dotations ne suit pas l’évolution qu’aurait pu suivre la fiscalité. «En général, il y a eu des pertes», soutient le maire, qui est également président de la commission des finances de l’Association des maires de France (AMF).

Fraîchement réélu pour un quatrième mandat lors du second tour des élections municipales, le maire de Sceaux affirme que «la compétence de soutien à l’économie au niveau des mairies est finalement relativement faible. Il n’y a plus grand-chose qui se décide à l’échelle de la commune elle-même».

Depuis la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) d’août 2015, les régions se sont vues confier la compétence en matière de développement économique. Ces dernières élaborent désormais le schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Un grand nombre de prérogatives ont également été transférées au niveau intercommunal. À titre d’exemple, les plans locaux d’urbanisme (PLU), votés par les maires, ont été transmis aux intercommunalités par la loi du 24 mars 2014 dite « pour l’accès au logement et un urbanisme rénové ». Les intercommunalités s’occupent également des questions liées à l’implantation de technologie et au bassin d’emploi dans les territoires.

Mais les maires jouissent toutefois d’un rôle essentiel pour façonner l’aménagement de leur territoire et favoriser l’implantation d’infrastructures stratégiques. Outre l’installation et l’accompagnement des entreprises et usines dans leur commune, ils sont surtout chargés de délivrer les précieux permis de construire et de rénovation. En ce qui concerne les équipements collectifs et les travaux publics, un tiers de l’investissement public total en France est réalisé par les communes.

Par ailleurs, sur la question des logements sociaux, les organismes sont dépendants de différentes administrations, dont les mairies. Les décisions relatives aux politiques de rénovations énergétiques sont, quant à elle, généralement le fruit d’une collaboration entre les communes et l’État, où le maire se positionne bien souvent comme animateur des projets auprès des citoyens.

Les maires ont été en première ligne dans la gestion de la crise sanitaire. À l’instar du maire de Sceaux, de nombreux élus ont regretté l’absence «d’outils adaptés» et de «leviers d’actions concrets» pour que les élus puissent répondre de manière plus efficace sur le terrain. Dans les premières semaines de la crise économique, l’association des maires de France avait d’ailleurs proposé que les communes puissent, durant un temps limité, retrouver des capacités d’aides directes aux entreprises. Car c’est la région qui est cheffe de file sur les champs des subventions, et non les collectivités publiques.

«Le gouvernement s’est opposé à notre demande et cela a été dommageable pour les très petits acteurs économiques», explique Philippe Laurent. Pour contourner le fait que les communes n’ont pas le droit de verser des aides directes aux entreprises, les maires ont trouvé des moyens astucieux de soutenir le commerce local en obtenant par exemple auprès de la préfecture que des fonds spéciaux, financés par la ville, puissent être distribués sous forme de bons d’achat.

Par ailleurs, les maires ont conservé le pouvoir d’accorder des exonérations d’impôts aux entreprises et d’implanter diverses mesures de soutien. Dernier exemple en date: l’allongement des terrasses de cafés et restaurants pour relancer l’activité de ces entreprises. Certaines municipalités ont également réallouer l’espace public au profit des circulations douces dans des opérations d’urbanisme jugé tactique.

Enfin, si le maire n’est pas toujours légitimé dans la stratégie économique de la ville, son implication auprès des entreprises locales ne fait pas débat. Au-delà des droits qui lui sont conférés, il reste une figure influente du paysage local, jouant un rôle de fédérateur entre les différents services des départements. Fin connaisseur de son tissu d’entreprises, les maires sont également capables d’exercer une pression sur l’État et de se battre contre les fermetures d’usines.

Ces derniers mois, certains maires ont déploré le manque d’articulation entre les collectivités et l’État, lié notamment à un «fonctionnement bureaucratique des institutions», confie un élu local d’une commune. «Cela nous a empêchés d’agir rapidement à l’aube de la crise. Il aurait fallu responsabiliser tout de suite les acteurs locaux et les laisser s’organiser», affirme-t-il. Autre sujet de perplexité, la redondance des services administratifs freine parfois les prises de décisions des collectivités locales. Outre les services régaliens qui s’occupent de la gestion des risques, «le préfet a également à ses côtés des services administratifs, qui font souvent doublons avec ceux des collectivités locales», explique Fabien Tastet.

Dans un document formulant une vingtaine de propositions pour favoriser la relance, le président de l’AATF préconise de donner plus de libertés aux maires dans le champ économique. L’association, qui assure notamment une fonction de lobbying auprès des pouvoirs publics suggère par exemple que les collectivités locales puissent rentrer temporairement au capital des entreprises. «Cela permettrait de sauver les petites entreprises locales en difficulté à cause de la crise, mais dont le modèle est fiable, tout en ayant la possibilité d’imposer des contreparties si nécessaire».

Municipales : des verts au pouvoir dans de grandes villes

Municipales : des verts  au pouvoir dans de grandes villes

 

● Michèle Rubirola à Marseille

Une alliance inédite pour une victoire inédite. Après 25 ans de règne à Marseille, le maire sortant Jean-Claude Gaudin ne donnera pas les clés de l’Hôtel de ville à sa dauphine désignée Martine Vassal (LR). Selon les premières estimations, l’écologiste Michèle Rubirola, à la tête du cartel des gauches du Printemps Marseillais (PS, PCF, EELV, LFI), l’aurait en effet emporté, avec 39,9% des voix, loin devant la présidente du département et de la métropole, reléguée à 29,8%.

● Grégory Doucet à Lyon

Ce pourrait être l’une des plus grandes conquêtes de ce second tour pour EELV. Selon les premières estimations, l’écologiste Grégory Doucet l’aurait largement emporté à Lyon (50,8%) face au candidat LREM Yann Cucherat (31,4%), et très loin devant le dissident macroniste Georges Képénékian (17,8%).

● Pierre Hurmic à Bordeaux

Le front anti-EELV n’aura pas suffi. Malgré une alliance entre le maire LR sortant Nicolas Florian et son ex-adversaire LREM Thomas Cazenave, la ville de Bordeaux n’a pas résisté à la vague verte. Selon les premières estimations, l’écologiste l’aurait emporté avec 45,6% des voix.

● Éric Piolle à Grenoble

Ce n’est pas vraiment une surprise. Déjà élu maire en 2014, Eric Piolle devrait, selon les premières estimations, être réélu facilement à Grenoble. Il avait recueilli 46,68% des voix dès le premier tour.

● Jeanne Barseghian à Strasbourg

C’était une des grandes villes visée par Europe Écologie-Les Verts. La mission semble très nettement accomplie à Strasbourg, selon les premières estimations. La tête de liste écologiste, Jeanne Barseghian, l’emporterait avec 42,5% des voix, devant Alain Fontanel (34,3%) et Catherine Trautmann (23,2%).

● Léonore Moncond’huy à Poitiers

Le maire sortant socialiste, Alain Claeys, a reconnu sa défaite dès 19 heures. Il était pourtant arrivé en tête au premier tour (28,21%), devant l’écologiste Léonore Moncond’huy (23,89%) et le macroniste Anthony Brottier (18,37%). La candidate EELV est parvenue à inverser la tendance au second tour. Elle met un terme à 43 ans de gestion socialiste – associés aux communistes – sur la capitale poitevine.

● Anne Vignot à Besançon

Les écologistes s’installent à Besançon. En tête au premier tour, Anne Vignot – soutenue par EELV, le PS, et le PCF – l’emporte au second tour, avec 43,9% des voix. Elle est suivie par le candidat Les Républicains, Laurent Fagaut, qui recueille 23,6% des suffrages, et le macroniste Eric Alauzet, avec 18,89%.

● Emmanuel Denis à Tours

Selon les premières estimations, l’écologiste Emmanuel Denis a remporté son duel à Tours. En parvenant à unir largement la gauche – de La France Insoumise au PS – il a réussi à battre le maire sortant, Christophe Bouchet, soutenu par la droite. L’écologiste était déjà arrivé en tête au premier tour avec 35,46% contre 25,62% pour le candidat de droite.

: la république en marche : presque tous battus saufs Édouard Philippe au Havre

  • cinq l’ont l’emporté dès le premier tour : Gérard Darmanin (Action et Comptes publics), seul ministre élu maire de Tourcoing (Nord) ; Franck Riester (Culture) élu conseiller municipal à Coulommiers (Seine-et-Marne) ; Sébastien Lecornu (Collectivités territoriales) à Vernon (Eure) ; Geneviève Darrieussecq (Armées) à Mont-de-Marsan (Landes) ; Marc Fesneau à Marchenoir (Loir-et-Cher) ;
  • un a été battu au premier tour : Jean-Baptiste Djebbari  (Transports) à Limoges (Haute-Vienne)
  • trois ont été battus au second tour : Marlène Schiappa (Égalité entre les femmes et les hommes) à Paris (14e), Agnès Pannier-Runacher (Économie) à Paris (16e), Gabriel Attal (Éducation nationale et Jeunesse) élu conseiller municipal d’opposition à Vanves (Hauts-de-Seine)
  • un a été élu au second tour : Édouard Philippe (premier ministre) au Havre (Seine-Maritime).

Pire, les rangs de l’exécutif n’ont pas comblé le déficit d’implantation du parti macroniste. Emmanuel Macron, qui avait appelé ses ministres à se présenter, ne voit aucun d’entre eux remporter un nouveau siège de conseiller municipal : tous les membres du gouvernement élus ont en fait été reconduits dans leurs fonctions.

Bref une claque historique qui confirme la réalité virtuelle de la république en marche qui est demeurée un club de supporters de Macron sans implantation locale et surtout sans volonté de s’y implanter réellement autrement qu’à travers quelques courtisans.

 

Le vrai parti de Macron désormais depuis que la gauche semble se recentrer autour du pôle socialo-écolo c’est tout simplement les républicains qu’il va s’efforcer de diviser encore davantage. Une tâche qui ne sera d’ailleurs pas facile car le leader naturel des républicains est indiscutablement maintenant Édouard Philippe, Ier ministre qui a su bénéficier des pertes de popularité de Macron lui-même. Le problème c’est que Édouard Philippe pourrait bien apparaître finement comme le leader indiscutable  des républicains et ainsi prendre discrètement la place de Macron.

Poutine au pouvoir depuis 20 ans et jusqu’en 2036

Poutine au pouvoir depuis 20 ans et  jusqu’en 2036

Poutine a de toute évidence une conception très personnelle de la démocratie et de la gestion des affaires d’intérêt général. Ainsi après 20 ans de pouvoir, Poutine en toute discrétion s’apprête à changer les textes institutionnels pour l’autoriser à se maintenir jusqu’en 2036.

Reporté à cause de l’épidémie de Covid-19, le très important vote sur la réforme constitutionnelle, initialement prévu le 22 avril, se tiendra le 1er juillet. C’est cette réforme qui doit permettre à Vladimir Poutine de rester à la présidence au-delà de 2024, après la fin théorique de ses mandats. Fini donc l’époque pseudo démocratique il se partageait alternativement le pouvoir avec un président bidon alors qu’il exerçait parallèlement le principal mandat de chef de gouvernement.

Le président russe en a fait l’annonce lors d’une visioconférence retransmise à la télévision. « La situation est stabilisée, nous revenons à la vie normale », a fait valoir M. Poutine en ouverture de cette réunion.

 

La présidente de la commission électorale a proposé le 1er juillet, en faisant notamment valoir que onze pays, dont la France, ont tenu des scrutins divers et variés au cours de ces derniers mois. Elle a aussi assuré que des « mesures de protection » seraient mises en place pour les électeurs, à commencer par un étalement du vote sur plusieurs jours.

Vladimir Poutine a alors pris son téléphone pour s’assurer auprès du ministre de l’éducation que le choix de cette date n’aurait pas d’incidence sur les épreuves du baccalauréat, prévues les 28 et 29 juin. La réponse du ministre a été coupée, mais considérée comme positive. Le président s’est aussi posé comme garant des règles, en rappelant à un sénateur trop pressé qu’il fallait respecter le délai d’un mois entre l’annonce du vote et le scrutin lui-même.

Cette mise en scène rappelle celle qui avait permis d’introduire dans la réforme constitutionnelle, à la surprise générale, « l’annulation » des mandats présidentiels passés, ouvrant la voie à un maintien au pouvoir de M. Poutine. Alors que les débats évitaient jusque-là soigneusement ce sujet, la députée et ancienne cosmonaute Valentina Terechkova avait avancé cette proposition à la Douma, le 10 mars. « Les gens le veulent et la situation l’exige… », avait-elle fait valoir, dans un discours présenté par les médias comme « spontané ». Vladimir Poutine s’était alors présenté à la tribune du Parlement pour donner son accord !

Les choses étaient ensuite allées très vite : vote de l’amendement en question, adoption de la réforme par les différentes chambres, validation par la Cour constitutionnelle… La consultation populaire du 22 avril devait constituer la dernière étape de ce sprint constitutionnel majeur pour l’avenir de la Russie : Vladimir Poutine, 67 ans, n’a pas nécessairement décidé de rester au pouvoir jusqu’en 2036, comme la réforme le lui permettra, mais celle-ci permet d’écarter, pour un temps au moins, la question toxique de la succession et aussi des éventuelles poursuites des oligarques qui se sont enrichis depuis la fin du régime communiste.

« Un discours du pouvoir pour masquer les lacunes de l’Etat »

 « un discours  du pouvoir pour masquer les lacunes de l’Etat »

Le coronavirus aura donné lieu au retour sur soi de tout un chacun, confronté à la menace. Mais les récits multiples des personnes, observe le philosophe Yves Charles Zarka dans une tribune au « Monde », sont en discontinuité avec les récits du pouvoir, incohérents, contradictoires et inconséquents.

Tribune. La vie a changé dans presque toutes ses dimensions avec le coronavirus, en particulier dans sa dimension biologique, celle qui est directement confrontée au risque imminent de la maladie et de la mort – n’importe comment, n’importe où, n’importe quand ; celle dont nous retrouvons la valeur, parce que sans elle il n’y a rien, est désormais vécue comme en péril.

Ce vécu implique que la vie se sent et se pense elle-même, qu’elle s’auto-affecte, en quoi consiste l’existence même. L’existence se dit, et le dire de l’existence est récit. Les bouleversements de l’existence se retrouvent dans les récits de soi, des autres, de la solitude, de la maladie et du rapport à la mort.

La nature semble retrouver ses droits

Cette dimension universelle du rapport de l’existence au récit trouve des formes diverses, selon les contextes ou les pays. En France en particulier, et de manière que nul ne pouvait attendre, l’épidémie due au coronavirus a sonné le retour du politique, non d’une manière mineure mais sous la forme majeure de l’Etat-providence au sens le plus fort : chômage partiel, lorsque l’Etat se substitue aux entreprises pour payer une large part des salaires afin d’éviter le chômage et les faillites en chaînes, ainsi que la crise sociale gravissime qui ne manquerait pas d’en découler ; aides diverses accordées pour éviter la chute dans la misère ou l’aggravation de celle-ci, etc.

Ce que des décennies de luttes en faveur de l’écologie n’étaient pas parvenues à imposer, le coronavirus l’a fait en quelques semaines

La mondialisation, qui avait privilégié l’économie, devenue la loi inflexible qui soumettait tous les autres ordres, est remise en cause. On ne sait pour combien de temps. Mais il est clair que l’Etat-providence ne pourra assurer longtemps ses fonctions dans un désastre économique. Il faudra donc qu’une révision fondamentale du rapport de l’économique au politique ait lieu. Le coronavirus aura peut-être cet effet malgré tout positif de mettre en scène un monde où l’économie est subordonnée à une autre dimension : celle de la préservation de la vie, de la vie vécue, de l’existence.

En somme, ce que des décennies de luttes en faveur de l’écologie, pour la sauvegarde de la vie en général et de la vie humaine en particulier, contre les dangers d’ailleurs déjà sensibles du réchauffement climatique, n’étaient pas parvenues à imposer, le coronavirus l’a fait en quelques semaines.

Mieux, avec la baisse drastique de l’activité humaine, la nature semble retrouver ses droits (pour combien de temps ?) par le desserrement de l’étau qui avait prise sur elle. Désormais, la vie humaine est tenue pour une valeur essentielle qu’il convient de sauvegarder « quoi qu’il en coûte », pour reprendre une expression du président Emmanuel Macron. Cela veut dire que cette valeur est sans prix, qu’elle ne se mesure pas en termes financiers, parce que là où elle disparaît il n’y a plus rien qui compte.

Coronavirus :  » La science doit servir le pouvoir et non être instrumentalisée »

Coronavirus :  » La science doit servir le pouvoir et non être instrumentalisée »

 

Le professeur de droit public Alexandre Viala analyse, dans une tribune au « Monde », les liens entre scientifiques et politiques .

Tribune. Si la « guerre » sanitaire contre la pandémie de coronavirus met en première ligne le personnel soignant auquel il faut rendre hommage, elle confère également beaucoup de visibilité aux scientifiques, qui occupent soudainement le rôle de conseillers du prince. Depuis le 10 mars, un conseil scientifique installé par le ministre de la santé et présidé par l’immunologue Jean-François Delfraissy éclaire le président de la République pour l’aider à prendre les décisions qui s’imposent au pays afin de lutter contre la propagation du virus.

Le 24 mars, le pouvoir exécutif a décidé de renforcer le dispositif en l’assortissant d’un Comité analyse recherche et expertise (CARE) dirigé par la virologiste Françoise Barré-Sinoussi. Une batterie d’experts issus du monde médical intervient désormais au sein des plus hautes sphères de l’Etat. Est-ce à dire que la science a pris le pouvoir au risque d’infléchir nos institutions démocratiques et de les faire évoluer, à la faveur de cette crise, vers une forme de despotisme éclairé que les Anglo-Saxons appellent l’épistocratie (étymologiquement : « pouvoir des savants ») ?

Depuis quelques jours, la publication des avis du conseil scientifique, qui précèdent les décisions du président de la République sur le déclenchement, la durée et les modalités d’un confinement national lourd de conséquences sur notre vie quotidienne, révèle un processus institutionnel érigeant la science au rang de source normative. Il est vrai que la science n’est pas exclusivement spéculative et peut avoir une portée pragmatique, à l’instar de la médecine dont la fonction est de comprendre le corps humain dans le but de le soigner. Mais le rôle qui lui est assigné à l’heure actuelle contredit ce à quoi elle est habituellement destinée : décrire le monde et non prescrire des normes.

 

Ce cas de figure dans lequel un pouvoir (cratos) serait exercé par les détenteurs du savoir scientifique (épistémè), n’est pas mentionné dans la typologie classique des régimes politiques qui distingue, depuis Montesquieu, la république (démocratique ou aristocratique), la monarchie et le despotisme. Et aucune Constitution, dans le monde, ne confère explicitement le pouvoir à des savants.

 

 

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

Coronavirus :  » Une urgence: soutenir le pouvoir d’achat des ménages » Christophe Blot (OFCE)

L ‘économiste Christophe Blot (OFCE) estime dans une interview à la tribune que « le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises »

 

Quel regard portez-vous sur les mesures annoncées par Christine Lagarde jeudi dernier pour faire face à la crise du coronavirus ?

Les mesures n’ont pas apaisé la crise et l’inquiétude des marchés. Il faut néanmoins tenir compte du contexte dans lequel cette crise intervient en matière de politique monétaire européenne. La BCE a engagé une politique de taux très bas. Le taux principal de refinancement est à zéro depuis 2016 et le taux de facilité de dépôt est déjà négatif. Il y a également des politiques d’achats d’actifs avec des programmes de soutien à l’activité. La politique monétaire est déjà très expansionniste. Dans ce contexte, les marges de manœuvre étaient limitées. La BCE pouvait baisser les taux mais cette baisse aurait eu surtout un effet de signal.

Il y a quand même eu des mesures annoncées de refinancement aux banques en contrepartie des crédits qu’elles vont accorder aux entreprises. Il y a un biais par lequel la banque centrale peut soutenir l’activité de crédit bancaire afin de ne pas pénaliser les entreprises de plus petite taille. Certaines mesures signifient que les banques doivent soutenir l’activité des entreprises pour leur éviter des problèmes de trésorerie. Sur le volet des achats d’actifs, il y a eu également des annonces. Jusqu’à maintenant, la BCE achetait 20 milliards d’euros de titres par mois pour une durée indéterminée. Là, elle a annoncé qu’elle allait racheter 120 milliards sur l’année en se focalisant sur les marchés d’entreprises.

 

Pourquoi les mesures annoncées par Christine Lagarde ont-elles provoqué des déceptions ?

Ce qui a pu provoquer des déceptions est l’absence de mesures relatives aux écarts de taux sur la zone euro. Avant la réunion du 12 mars, le taux italien commençait à remonter et le taux allemand commençait à baisser. Sur les marchés, les investisseurs qui souhaitaient garder des liquidités en euros se désengageaient de la dette italienne pour acheter de la dette allemande. Ce comportement peut se comprendre par le fait que l’Italie est le premier pays de la zone euro à prendre des mesures de confinement. La péninsule devrait donc être le premier pays à subir les conséquences macroéconomiques du coronavirus. L’Italie est un pays dans lequel la dette publique est déjà élevée. Cette situation devrait se traduire par une augmentation de dette italienne. Cette pression-là n’est pas du tout liée aux mesures budgétaires. Elle est liée au fait que l’activité va fortement se contracter au moins à court terme. Cet effondrement devrait avoir une incidence sur la dette. Le gouvernement italien va mettre en place un certain nombre de mesures de soutien à l’activité qui vont contribuer à faire croître la dette publique. Les marchés se disent que les risques sur la dette italienne vont s’accroître. Sur ce point, la BCE aurait pu annoncer une mesure pour que les écarts de taux dans la zone euro restent contenus à un certain niveau. Autrement, si le gouvernement adopte un plan de relance, ces effets peuvent être annihilés par une possible remontée des taux.

En revanche, Christine Lagarde a eu raison de rappeler que la politique monétaire ne peut pas tout faire mais une décision sur les écarts de taux aurait permis une coordination implicite de la politique monétaire et des politiques budgétaires. Elle a appelé les gouvernements à prendre leur responsabilité de coordination à l’échelle européenne. Il faut rappeler qu’il y a beaucoup d’autres annonces qui ont perturbé les marchés comme les annonces de Trump sur la fermeture des frontières américaines pour les Européens par exemple.

Existe-il un risque pour le secteur bancaire en Europe ?

Sur l’ensemble de la zone euro, la profitabilité des banques n’était pas dégradée avant la crise du coronavirus. Les banques ont bénéficié d’un certain nombre de mesures de la Banque centrale européenne qui leur permettent d’avoir des refinancements à très bas coût. Globalement, la situation s’est améliorée depuis la crise financière de 2008. Pour l’Italie, les créances douteuses avaient tendance à diminuer mais il est possible que certains établissements bancaires italiens soient encore dans une situation fragile. Un nouveau choc macroéconomique peut accentuer cette fragilité là. Un certain nombre d’entreprises qui ont une faible rentabilité et un haut niveau d’endettement pourraient subir les dégâts de cette crise.

Comment évaluez-vous l’ampleur de ce choc ?

Le choc actuel sera probablement très fort compte tenu des mesures qui sont prises. Ce choc, lié aux mesures de confinement, d’arrêt de l’activité, pourrait être limité dans le temps. À l’heure actuelle, il est difficile de se prononcer sur la durée de la crise. Cette crise n’est pas comparable à une crise financière. La crise financière va laisser des dégâts importants dans le système financier. Elle va provoquer par la suite un désendettement des agents. Après la crise de 2008 aux Etats-Unis, les ménages se sont fortement désendettés. Cela a pesé sur la consommation. Les banques ont réduit les crédits, compensant ainsi les prises de risque excessives précédentes. Aujourd’hui, la situation n’est pas la même. Ce n’est pas une crise financière. C’est une crise sanitaire qui a des effets économiques.

Une fois que la crise sanitaire s’estompe, le retour à une activité économique devrait se faire plus rapidement que lors d’une crise financière. Certains secteurs vont être plus touchés que d’autres comme le tourisme par exemple. L’effet sur le long terme de la crise du coronavirus devrait être moins fort que celui d’une crise financière. Sur ce point, les mesures temporaires vont permettre de faire du soutien aux revenus des ménages par des mesures de chômage partiel, de garanties de droits au chômage assouplies, des mesures de soutien pour la trésorerie des entreprises qui devraient permettre d’atténuer les liquidations et les faillites et donc éviter in fine de fragiliser le système bancaire.

La Commission européenne a annoncé récemment la mise en place d’un fonds d’investissement en réponse à l’épidémie allant jusqu’à 25 milliards d’euros. Est-ce suffisant ?

Les moyens dont disposent l’Europe en tant qu’institution sont actuellement limités. Le budget européen est très restreint. Il dépend de la contribution des Etats et il s’élève à environ un point de PIB de la zone euro. Ce n’est pas le levier principal par lequel l’Europe peut agir. L’enveloppe de 25 milliards d’euros peut sembler ridicule. Le Royaume-Uni a par exemple annoncé un plan de 30 milliards de livres. En l’absence de budget européen, il ne faut pas s’attendre à de fortes mesures de soutien de l’économie de la part de la Commission au vu de ses moyens. Il reste que la Commission peut jouer un rôle dans sa capacité à inciter les pays Etats membres à prendre les mesures nécessaires. Dit autrement, la Commission doit faire en sorte que les pays agissent de façon coordonnée.

Le deuxième levier est l’assouplissement des règles budgétaires en vigueur pour permettre aux pays d’avoir des actions suffisantes. Le soutien budgétaire viendra principalement des pays européens. Les décisions seront d’abord prises par la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… pour faire face à la crise. Si ces pays sont contraints par les règles budgétaires, ils vont voir leurs marges de manœuvre réduites. Il semble logique de dire que les règles budgétaires ne doivent pas être la priorité. Dans les règles, il y a néanmoins des clauses de sortie prévues qui prévoient un assouplissement des règles en cas de récession. L’un des dangers sera d’éviter de reproduire l’erreur commise en 2011 en demandant aux Etats Membres de respecter les règles alors même que la situation économique n’était pas encore rétablie. Il faut faire en sorte de ne pas casser le rebond au moment de la sortie de crise.

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé lors de son allocution que l’ensemble des gouvernements européens devait prendre les décisions de soutien de l’activité puis de relance quoi qu’il en coûte ». Quel regard portez vous sur cette position ?

Pour l’instant, il n’y a pas eu de mesures coordonnées. Chaque pays prend des mesures de façon indépendante. Comme le levier n’est pas européen, ce sont les Etats membres qui définissent leur programme de relance et le montant de ces programmes. Il faut éviter des phénomènes de « passager clandestin ». Au regard des situations en Italie, en Espagne ou en Allemagne, il est probable que ces pays mettent en place des mesures de relance similaires mais peut-être pas avec la même ampleur.

Quelles sont les mesures prioritaires à mettre en place pour éviter le marasme économique ?

À court terme, il faut absolument soutenir la trésorerie des entreprises en priorité et mettre en place des mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages par des dispositifs de chômage partiel. Il faut également garantir l’accès aux allocations chômage pour les individus qui n’arrivent pas à retrouver rapidement un emploi. Il peut y avoir des mécanismes de soutien à l’emploi. Il faut s’assurer également que le système de santé est capable de tenir le choc. Il faut lui donner tous les moyens nécessaires pour face à la crise sanitaire. À moyen terme, il faut absolument avoir une réflexion sur les moyens alloués à la recherche sur ce type de risque et les vaccins.

 

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