Archive pour le Tag 'pouvoir'

Une conception plus globale du pouvoir d’achat

Une conception plus globale du pouvoir d’achat

 

L’économiste Gilles Rotillon observe, dans une tribune au « Monde », que la hausse des prix et les modifications de nos comportements et de la structure de notre consommation nous poussent à faire des arbitrages entre biens de consommation et biens communs.

La loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, promulguée le 16 août 2022, ne semble pas, à première vue, poser de problème, mis à part les clivages politiques traditionnels : qui pourrait être contre le fait que l’on puisse maintenir un certain niveau de vie surtout quand on a déjà toutes les difficultés à boucler les fins de mois ?

Mais il faut s’entendre sur ce que l’on entend par « pouvoir d’achat », qui désigne généralement la capacité d’acquérir des biens nécessaires à la vie, à commencer par les plus fondamentaux – un logement, de la nourriture, de l’énergie – et, si possible, d’autres biens qui semblent rendre la vie plus supportable en échappant à la seule quête de la survie quotidienne (qui est quand même la situation de milliards d’habitants sur terre), comme le smartphone ou la télévision.

Autrement dit, ce que ce « pouvoir » permet d’acheter, ce sont des biens privés disponibles par définition sur le marché. Et c’est la grande force de ce dernier que « d’offrir » à tous les biens qu’ils demandent.

Derrière cette évidence, il y a en réalité deux arbitrages.

Le premier, c’est l’arbitrage entre biens privés et biens publics, qui fait que, dans un pays comme la France, la plupart de ses habitants acceptent de payer des impôts pour financer des biens publics que tous jugent indispensables à une vie décente, comme l’éducation, la santé, la sécurité, la mobilité ou la justice.

Cela signifie que l’acceptation de l’impôt est grande parce que chacun sait ce qu’il permet de faire, ce qui revient à accepter de réduire son revenu, donc sa consommation de biens privés, pour augmenter la fourniture de ces biens publics fondamentaux.

Ce ne fut pas le cas pendant tout le XIXe siècle et le début du XXe siècle. L’instauration de l’impôt sur le revenu en 1914 a d’abord été combattue par les conservateurs représentant les agriculteurs et les cadres du commerce et de l’industrie. Il a été aussi vigoureusement combattu par les principaux journaux de l’époque, comme Le TempsLe Matin et Le Figaro. Finalement, il prendra la forme qu’on lui connaît aujourd’hui en 1920 avec l’instauration du taux marginal d’imposition.

Cet arbitrage tend à être remis en question par les politiques néolibérales actuelles qui visent précisément à réduire la qualité de ces biens publics, comme l’illustre tragiquement la fermeture des lits pendant la pandémie ou le manque d’attractivité du métier d’enseignant. Mais le fait que ces politiques rencontrent une vive opposition, non seulement chez les personnels concernés, soignants ou enseignants, mais aussi dans un large public, prouve que l’arbitrage biens privés-biens publics n’est pas remis en cause par la majorité et fait partie du débat public.

Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 

Face à l’embargo russe sur le gaz, l’entreprise doit retrouver son excellence perdue pour construire les nouveaux réacteurs EPR, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

On souhaite bien du courage – sinon du plaisir – au futur directeur général d’Electricité de France (EDF), qui sera sans doute Luc Rémont. Le responsable des activités internationales de Schneider Electric devrait prendre les rênes d’un groupe stratégique dont l’Etat actionnaire à 84 % va reprendre le contrôle total pour lancer la construction de six à quatorze réacteurs EPR. Du courage, oui, car il lui faudra composer avec une tutelle exigeant de lui, entre autres défis, d’exécuter ce programme nucléaire en évitant la ruineuse dérive du calendrier et des coûts constatée à Flamanville (Manche). Et sans regimber, comme son prédécesseur Jean-Bernard Lévy, pour ne pas s’exposer aux foudres jupitériennes d’Emmanuel Macron.

Le nouveau patron l’apprendra vite, s’il ne le sait déjà : EDF n’est pas une entreprise comme les autres. Quelle autre société publique cotée en Bourse le gouvernement aurait-il pu priver de 10 milliards d’euros de résultat d’exploitation pour fiancer le plafonnement à 4 % de la hausse des factures d’électricité des Français, alors qu’elle supporte une dette nette de 43 milliards d’euros et prévoit des dizaines de milliards d’investissements dans un proche avenir ?

M. Lévy a dû s’exécuter. Non sans adresser à l’Etat un recours gracieux pour qu’il revienne sur sa décision ; puis, faute de réponse, de saisir le Conseil d’Etat et réclamer 8,3 milliards d’indemnisation. Sans plus de succès. Sa récente passe d’armes avec M. Macron instruira le nouveau PDG. Un dirigeant d’entreprise publique, c’est comme un ministre, « ça ferme sa gueule ou ça démissionne », selon la formule de Jean-Pierre Chevènement.

Le gouvernement ayant décidé d’avancer son départ de six mois, M. Lévy s’est lâché, fin août, imputant notamment l’arrêt de 30 réacteurs sur 56 au projet de l’Etat de fermer douze « tranches », après les deux de Fessenheim. « On n’a pas embauché des gens pour en construire douze, on en a embauchés pour en fermer douze », a-t-il déploré.

« Absolument inacceptable », a cinglé M. Macron, persuadé d’avoir « redonné de la visibilité à la filière » dès 2018 en repoussant l’arrêt progressif de 2025 à 2035, puis en supprimant cette date butoir. L’exploitation et la maintenance sont du ressort d’EDF, et leur défaillance est à mettre au débit du patron sortant.

Mais la visibilité – et donc la planification de nouvelles centrales nécessaires à une industrie du temps long – est de la responsabilité de l’Etat. Et au plus haut niveau, tant les enjeux de financement, de sécurité d’approvisionnement et de sûreté des réacteurs sont lourds. L’annonce des nouveaux EPR s’est fait attendre jusqu’en février 2022, à la veille du scrutin présidentiel.

Pouvoir d’achat: Premier souci des Français (sondage)

Pouvoir d’achat: Premier souci des Français (sondage)

 

 L’inflation et ses conséquences sur le pouvoir d’achat constituent désormais et très nettement le premier souci des Français. Des Français qui constatent que les experts qui craignaient l’enfer de la boucle salaire-prix sont beaucoup moins nombreux à dénoncer la boucle superprofits-prix qui alimente pour une grande part l’inflation. Selon le baromètre des préoccupations des Français du CSA pour le JDD (chaque sondé retenant deux des 12 items proposés), 48 % des Français désignent le pouvoir d’achat comme la première de leurs inquiétudes. Un phénomène qui ne cesse de s’amplifier depuis le début de l’année 2022, et qui augmente de 2 points par rapport au mois d’avril. 

 

L’environnement arrive en deuxième position, mais loin derrière, avec 27 %. Et avec de fortes disparités selon les générations : si ce thème atteint 36 % chez les 25-34 ans, il chute à 18 % pour les 65 ans et plus. La santé complète le podium même si, alors que le Covid paraît moins menaçant, ce sujet ne cesse de reculer dans la hiérarchie des appréhensions des Français (23 %, contre 57 % en mai 2020).​

Nouveau venu dans ce baromètre : le spectre de pénuries d’énergie, avec 21 %, se hisse directement au quatrième rang des préoccupations. Un sujet brûlant qui touche les Français de façon assez uniforme, tant au niveau des classes d’âge que des catégories socioprofessionnelles.​

 

​La plus grosse chute par rapport à avril concerne la guerre en Ukraine (19 %, 11 points de moins), avec une division davantage générationnelle que partisane : 12 % des moins de 35 ans classent le conflit parmi les sujets qui les inquiètent le plus, contre 34 % pour les 65 ans et plus. L’école (6 %), le logement (5 %) et les inégalités femmes-hommes (3 %) figurent loin derrière.

Les électeurs de droite et d’extrême droite se démarquent de la moyenne de leurs concitoyens, et placent, après le pouvoir d’achat, l’insécurité au deuxième rang de leurs préoccupations (38 %). Pour ceux de gauche, l’environnement et le pouvoir d’achat arrivent à égalité (40 %).

SONDAGE pouvoir d’achat: Premier souci des Français

SONDAGE pouvoir d’achat: Premier souci des Français 

 

 L’inflation et ses conséquences sur le pouvoir d’achat constituent désormais et très nettement le premier souci des Français. Des Français qui constatent que les experts qui craignaient l’enfer de la boucle salaire-prix sont beaucoup moins nombreux à dénoncer la boucle superprofits-prix qui alimente pour une grande part l’inflation. Selon le baromètre des préoccupations des Français du CSA pour le JDD (chaque sondé retenant deux des 12 items proposés), 48 % des Français désignent le pouvoir d’achat comme la première de leurs inquiétudes. Un phénomène qui ne cesse de s’amplifier depuis le début de l’année 2022, et qui augmente de 2 points par rapport au mois d’avril. 

 

L’environnement arrive en deuxième position, mais loin derrière, avec 27 %. Et avec de fortes disparités selon les générations : si ce thème atteint 36 % chez les 25-34 ans, il chute à 18 % pour les 65 ans et plus. La santé complète le podium même si, alors que le Covid paraît moins menaçant, ce sujet ne cesse de reculer dans la hiérarchie des appréhensions des Français (23 %, contre 57 % en mai 2020).​

Nouveau venu dans ce baromètre : le spectre de pénuries d’énergie, avec 21 %, se hisse directement au quatrième rang des préoccupations. Un sujet brûlant qui touche les Français de façon assez uniforme, tant au niveau des classes d’âge que des catégories socioprofessionnelles.​

 

​La plus grosse chute par rapport à avril concerne la guerre en Ukraine (19 %, 11 points de moins), avec une division davantage générationnelle que partisane : 12 % des moins de 35 ans classent le conflit parmi les sujets qui les inquiètent le plus, contre 34 % pour les 65 ans et plus. L’école (6 %), le logement (5 %) et les inégalités femmes-hommes (3 %) figurent loin derrière.

Les électeurs de droite et d’extrême droite se démarquent de la moyenne de leurs concitoyens, et placent, après le pouvoir d’achat, l’insécurité au deuxième rang de leurs préoccupations (38 %). Pour ceux de gauche, l’environnement et le pouvoir d’achat arrivent à égalité (40 %).

Energie – La fermeture de Fessenheim: L’erreur fatale du pouvoir

 Energie – La fermeture de Fessenheim: L’erreur fatale du pouvoir

 

 Aujourd’hui la centrale nucléaire de Fessenheim est bien morte. Et il est trop tard pour le regretter », constate Alain Desgranges dans « Le Monde », relevant que certains responsables politiques actuels se réjouissaient de cette fermeture en 2020, alors même que la crise énergétique contraint aujourd’hui la France à redémarrer une centrale électrique au charbon, bien plus émettrice de CO2.

 

Le redémarrage de la centrale électrique au charbon de Saint-Avold (Moselle) ne peut que remettre en mémoire la faute gravissime qu’a constitué l’arrêt prématuré de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), que rien ne justifiait si ce n’est une promesse électorale d’un autre temps.

Tant pis, le climat attendra ! Car il faut savoir que la centrale de Saint-Avold, dont le redémarrage permettra de limiter la casse ce prochain hiver avec ses 600 mégawatts (MW) de puissance installée, contribuera aussi au réchauffement climatique avec des émissions de 1 000 grammes de CO2 pour chaque kilowattheure (kWh) produit. A comparer avec la centrale de Fessenheim, arrêtée en 2020 pour des raisons politiciennes, qui disposait de 1 800 MW de puissance et n’émettait que 4 g de CO2 par kWh produit.

 

Elle apportait donc trois fois plus de puissance et émettait 250 fois moins de CO2 par kWh que la centrale de Saint-Avold. Fessenheim était en parfait état de marche, reconnue par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour son excellent niveau de sûreté, et n’était pas atteinte par ce phénomène de corrosion qui affecte certains réacteurs plus récents, obligeant à des réparations.

Le pire dans cette histoire lamentable fût la glorification tirée de cet événement par certaines sommités politiques qui crurent bon de signer le 21 février 2020, dans Le Monde, un manifeste intitulé « La fermeture de la centrale de Fessenheim marque une étape historique »On pouvait notamment y lire : « La mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim incarne l’écologie de responsabilité que nous portons. [...] Tenir nos promesses, nous le faisons ce 22 février en arrêtant – comme s’y était engagé le candidat Emmanuel Macron – le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, suivi du second réacteur le 30 juin. C’est un événement historique. »

Parmi les signataires de cette tribune du Monde, totalement déconnectée des réalités physiques et délétère pour le climat et la sécurité d’alimentation du pays, on trouvait notamment : Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, actuellement première ministre, Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen, toujours en poste à Bruxelles et pourfendeur attitré du nucléaire, ou Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, battue aux dernières élections législatives et qui vient, malgré les réticences parlementaires (43 voix pour, 48 voix contre), d’être nommée à la présidence de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Deux années plus tard, confrontés aux conséquences de la pire crise de l’énergie que le monde ait connue, ces arguments, brandis comme un trophée, apparaissent totalement incongrus voire indécents. Un comble d’hypocrisie ! Ce monument d’irresponsabilité n’aura donc pas empêché ces différents protagonistes de poursuivre leur brillante carrière, toute honte bue et non avouée, renvoyant à EDF la charge de cette décision.

On aurait pu espérer un sursaut de ces dirigeants politiques, s’employant à reconnaître l’urgence à lancer la fabrication des six réacteurs annoncée par Emmanuel Macron le 10 février à Belfort. Hélas, le nucléaire attendra, lui aussi, le gouvernement ayant décidé d’une loi sur l’accélération des seules énergies renouvelables, oubliant au passage l’énergie nucléaire dont on connaît le temps nécessaire pour instruire les premières étapes conduisant à la promulgation d’un décret d’autorisation de création.

Pourtant, la crise que subit l’Europe, égarée dans une politique énergétique promue par la Commission européenne sous l’influence dominante des pays antinucléaires et d’une idéologie verte ignorant les lois de la physique, est la preuve évidente de cette urgence. Aujourd’hui la centrale de Fessenheim est bien morte. Et il est trop tard pour le regretter.

Alain Desgranges, Le Bouscat (Gironde)

Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

Pouvoir d’achat-Salaires : hausse de 3 % mais inflation de 6 %

 

Il se confirme que les salariés et plus généralement les ménages vont payer la facture de la crise inflationniste. En effet en moyenne les salaires n’auraient augmenté jusque-là que de 3 % alors que l’inflation atteint déjà 6 %.

Le salaire mensuel de base des salariés du privé a augmenté de 3 % sur un an à fin juin, selon le ministère du Travail, qui a publié un communiqué en ce sens, vendredi 12 août, relaie Les Echos. Ce sont les employés et les ouvriers qui ont connu la plus forte augmentation, avec respectivement + 3,7 et + 3,3 %. Sur un an, le salaire horaire de base de ces deux catégories est en hausse de 3,5 %.

En parallèle, le Smic a connu une hausse de 8 % depuis octobre (1 328 euros mensuels pour un temps plein). 

Officiellement l’INSEE a enregistré une inflation qui dépasse les 6 % en juillet d’après un indicateur largement obsolète du fait d’une part de la modification de structure de la consommation ( avec notamment une hausse de la consommation des services et autres abonnements). Il faudrait aussi prendre en compte la valse des marques dans les magasins qui substituent à d’anciens produits de nouvelles marchandises notoires moi plus chères ( cas de l’huile par exemple donc le prix peut être au moins doublé).  Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois, les prix à la consommation augmenteraient de 6,1 % en juillet 2022, après +5,8 % le mois précédent. Cette hausse de l’inflation serait due à une accélération des prix des services en lien avec la période estivale, de l’alimentation et – dans une moindre mesure – des produits manufacturés. Les prix de l’énergie ralentiraient.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,3 %, après +0,7 % en juin. Les prix de l’énergie se replieraient nettement, du fait des prix des produits pétroliers. La baisse serait également marquée pour les prix des produits manufacturés, notamment ceux de l’habillement et des chaussures en raison des soldes d’été. Les prix des services et de l’alimentation accéléreraient.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 6,8 %, après +6,5 % en juin. Sur un mois, il croîtrait de 0,3 %, après +0,9 % le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation de l’Insee en juin montrait une hausse de 28,5 % sur un an du prix de l’électricité, du gaz et autres combustibles, et une hausse de 6,3 % des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, deux secteurs tirant l’inflation vers le haut. Les pâtes, les viandes surgelées, farines et huiles sont les plus touchées d’après un papier des Echos.

Le pouvoir d’achat repousse la transition énergétique

 

 

Le pouvoir d’achat repousse la transition énergétique

Un papier du monde critique la politique du pouvoir qui , au moins provisoirement, enterre la transition énergétique au profit du pouvoir d’achat. En défendant le pouvoir d’achat sans cibler les ménages les plus modestes, les oppositions mettent en péril le nécessaire désengagement des énergies fossiles et font preuve d’une coupable myopie.

 

L’urgence de la transition énergétique s’est encore manifestée au niveau européen, mardi 26 juillet, avec l’adoption d’un objectif coordonné des Vingt-Sept d’une réduction de 15 % de leur consommation de gaz d’ici à mars 2023. Cet accord vise à répondre à l’imminence d’une coupure des approvisionnements en provenance de Russie. Il s’agit clairement d’un geste de solidarité, alors que tous les pays ne sont pas dépendants au gaz russe dans les mêmes proportions. L’économie allemande fait partie de celles qui seraient les plus vulnérables à des pénuries. Mais, au regard de son poids au sein des échanges de l’UE, son affaiblissement aurait d’importantes répercussions dans les autres pays.

Dès lors, même si la Hongrie n’a pas signé l’accord, le principe d’une coordination des efforts à l’échelle européenne s’imposait, aussi bien sur le plan politique, pour faire bloc face à Vladimir Poutine, que sur le plan économique, pour limiter autant que possible l’impact d’une coupure totale de gaz russe.

La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doit être abordée comme une occasion d’accélérer la transition énergétique, qui, au-delà des impacts géopolitiques du conflit, s’impose à l’UE pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif qui doit maintenant primer. La France semble malheureusement avoir du mal à s’y résoudre. Par crainte de casser une croissance devenue très fragile, son gouvernement s’est tardivement converti à la sobriété, en affichant l’objectif de réduire de 10 % en deux ans sa consommation d’énergie. La première ministre, Elisabeth Borne, vient tout juste d’adresser une circulaire aux administrations pour leur demander de faire preuve d’exemplarité. Mais le gros de la bataille concerne les Français eux-mêmes, et rien, en l’état actuel, ne les prépare à la révolution, nécessairement douloureuse, qu’ils vont devoir accomplir.

Les débats tendus à l’Assemblée nationale autour des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat et à leur financement en sont une flagrante illustration. Pour atténuer l’impact de la flambée du prix du fuel et de l’essence, le gouvernement avait imaginé des dispositifs ciblés sur les ménages les plus modestes. Son but était de limiter le coût des subventions aux énergies fossiles, au moment où toutes les politiques publiques doivent tendre vers les économies et le développement des énergies propres.

Or, la droite a obtenu qu’une ristourne, portée à 30 centimes par litre d’essence, continue de s’appliquer à tous les consommateurs, quels que soient leurs revenus, à la rentrée. Avec l’appui du RN et de la Nupes, elle a également fait voter, contre l’avis du gouvernement, une aide de 230 millions d’euros destinée à aider les foyers à remplir leur cuve de fioul, sans distinction de revenus.

Après une campagne électorale presque exclusivement axée sur le pouvoir d’achat, on peut comprendre que chaque groupe d’opposition soit incité à faire assaut de surenchère sur le sujet. Les difficultés rencontrées par les ruraux sont indéniables, qu’ils soient actifs ou retraités, gros rouleurs ou non. Tout comme celles des bas revenus, qu’il faut aider. Mais la transition écologique est une affaire trop sérieuse pour être à ce point négligée. Plus les aides au pétrole perdureront, plus les habitudes de consommation seront difficiles à changer. Il est regrettable que, pour des raisons purement électoralistes, la représentation nationale ait fait à ce point mine de l’ignorer, ratant l’occasion d’un moment essentiel de pédagogie.

Sénégal :Le pouvoir en place première victime du conflit ukrainien

Sénégal :Le pouvoir en place première victime du conflit ukrainien

 

Macky Sall,  président sénégalais et président en exercice de l’union africaine contesté dans les urnes et sans doute aussi première victime du conflit ukrainien.. En effet, la coalition au pouvoir au Sénégal, Benno Bokk Yakaar (BBY), a perdu la large majorité dont elle disposait au Parlement, obtenant seulement deux sièges de plus que deux coalitions d’opposition à l’issue des élections législatives, a annoncé jeudi la commission électorale.

En 2017, lors des précédentes élections législatives, BBY avait remporté 125 sièges. C’est la conséquence d’une gestion très contestée du pouvoir en place à Dakar mais aussi le premier effet de cette guerre en Ukraine qui risque de créer une crise alimentaire. Le président sénégalais a récemment tenté d’aller quémander auprès de Poutine les tonnes de céréales supposées éteindre l’incendie politique dans son pays.

Pour le président sénégalais l’échec est social, économique mais aussi politique. Sans parler de l’hypothèse d’un troisième mandat pour l’intéressé en violation du droit sénégalais.

 

 

 

 

Le pouvoir d’achat enterre la transition énergétique

Le pouvoir d’achat enterre la transition énergétique

 

Un papier du monde critique la politique du pouvoir qui , au moins provisoirement, enterre la transition énergétique au profit du pouvoir d’achat. En défendant le pouvoir d’achat sans cibler les ménages les plus modestes, les oppositions mettent en péril le nécessaire désengagement des énergies fossiles et font preuve d’une coupable myopie.

 

L’urgence de la transition énergétique s’est encore manifestée au niveau européen, mardi 26 juillet, avec l’adoption d’un objectif coordonné des Vingt-Sept d’une réduction de 15 % de leur consommation de gaz d’ici à mars 2023. Cet accord vise à répondre à l’imminence d’une coupure des approvisionnements en provenance de Russie. Il s’agit clairement d’un geste de solidarité, alors que tous les pays ne sont pas dépendants au gaz russe dans les mêmes proportions. L’économie allemande fait partie de celles qui seraient les plus vulnérables à des pénuries. Mais, au regard de son poids au sein des échanges de l’UE, son affaiblissement aurait d’importantes répercussions dans les autres pays.

Dès lors, même si la Hongrie n’a pas signé l’accord, le principe d’une coordination des efforts à l’échelle européenne s’imposait, aussi bien sur le plan politique, pour faire bloc face à Vladimir Poutine, que sur le plan économique, pour limiter autant que possible l’impact d’une coupure totale de gaz russe.

La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doit être abordée comme une occasion d’accélérer la transition énergétique, qui, au-delà des impacts géopolitiques du conflit, s’impose à l’UE pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif qui doit maintenant primer. La France semble malheureusement avoir du mal à s’y résoudre. Par crainte de casser une croissance devenue très fragile, son gouvernement s’est tardivement converti à la sobriété, en affichant l’objectif de réduire de 10 % en deux ans sa consommation d’énergie. La première ministre, Elisabeth Borne, vient tout juste d’adresser une circulaire aux administrations pour leur demander de faire preuve d’exemplarité. Mais le gros de la bataille concerne les Français eux-mêmes, et rien, en l’état actuel, ne les prépare à la révolution, nécessairement douloureuse, qu’ils vont devoir accomplir.

Les débats tendus à l’Assemblée nationale autour des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat et à leur financement en sont une flagrante illustration. Pour atténuer l’impact de la flambée du prix du fuel et de l’essence, le gouvernement avait imaginé des dispositifs ciblés sur les ménages les plus modestes. Son but était de limiter le coût des subventions aux énergies fossiles, au moment où toutes les politiques publiques doivent tendre vers les économies et le développement des énergies propres.

Or, la droite a obtenu qu’une ristourne, portée à 30 centimes par litre d’essence, continue de s’appliquer à tous les consommateurs, quels que soient leurs revenus, à la rentrée. Avec l’appui du RN et de la Nupes, elle a également fait voter, contre l’avis du gouvernement, une aide de 230 millions d’euros destinée à aider les foyers à remplir leur cuve de fioul, sans distinction de revenus.

Après une campagne électorale presque exclusivement axée sur le pouvoir d’achat, on peut comprendre que chaque groupe d’opposition soit incité à faire assaut de surenchère sur le sujet. Les difficultés rencontrées par les ruraux sont indéniables, qu’ils soient actifs ou retraités, gros rouleurs ou non. Tout comme celles des bas revenus, qu’il faut aider. Mais la transition écologique est une affaire trop sérieuse pour être à ce point négligée. Plus les aides au pétrole perdureront, plus les habitudes de consommation seront difficiles à changer. Il est regrettable que, pour des raisons purement électoralistes, la représentation nationale ait fait à ce point mine de l’ignorer, ratant l’occasion d’un moment essentiel de pédagogie.

Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre une nouvelle loi ?

Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre  une nouvelle loi ?

 

Il est clair que le pouvoir d’achat des salariés va être durement impacté par l’inflation. En moyenne la baisse ce revenu pourrait atteindre de leur de 2000 € sur une année. Le réajustement des salaires s’impose donc. Mais il n’est nul besoin d’attendre une hypothétique loi ( qui ne va prévoir que des primes) pour augmenter dés maintenant des rémunérations du travail, soutient l’entrepreneur Benjamin Suchar, dans une tribune au « Monde ». Il invite les patrons à s’en saisir, sans attendre l’adoption d’une nouvelle loi en la matière.

 

Dire que le pouvoir d’achat des Français est sous pression est un euphémisme : il est attaqué par l’inflation. Quoi de plus frustrant pour les millions de salariés qui font la compétitivité de nos entreprises que de sentir la valeur de leur travail et de leur engagement leur échapper dans des hausses de prix qui touchent tous les moments de la vie – à commencer par leurs déplacements, l’alimentation, le logement.

Les députés ont commencé l’examen en séance publique du projet de loi pour la protection du pouvoir d’achat, très attendu depuis de longues semaines. La plupart des mesures étaient déjà connues : promotion des revenus d’activité et partage de la valeur ajoutée, revalorisation des retraites et des prestations sociales, prolongation du bouclier tarifaire jusqu’à la fin de l’année 2022, un chèque alimentaire pour les foyers les plus modestes versé à la rentrée scolaire, triplement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat accordée par les entreprises, une indemnité carburant pouvant aller jusqu’à 300 euros… Dans une Assemblée nationale aux dynamiques et aux intentions encore incertaines, la majorité multiplie les discussions avec les oppositions, mais arrivera-t-elle à dégager un consensus afin que ce texte soit adopté rapidement ? Risque-t-on l’enlisement ?

Dans ce contexte, il paraît surprenant que les patrons attendent eux aussi l’issue des débats avec tant d’impatience. Ces dernières semaines, ils n’ont cessé de réclamer dans la presse de nouveaux chèques, des aides et des réductions d’impôts, tout en répétant que l’augmentation des salaires nourrit l’inflation.

Pour la génération d’entrepreneurs dont je fais partie, l’inflation galopante était rangée au rayon des livres d’histoire. Aujourd’hui, l’histoire se rappelle à nous avec une force inattendue qui impose d’agir. Dialoguer avec le gouvernement, avec le Parlement, faire des propositions, prendre toute sa part dans le débat, c’est de la responsabilité des entreprises et de leurs représentants, et il n’y a rien à redire à cela. Mais la première des responsabilités pour un chef d’entreprise ne devrait-elle pas être devant ses salariés ?

Pourquoi attendre un texte de loi, qui pourrait faire l’objet de longues tractations ? Pourquoi les mêmes patrons qui savent énergiquement dénoncer une intervention trop forte de l’Etat demandent aujourd’hui de nouveaux dispositifs ?

De nombreuses solutions existent pour défendre le pouvoir d’achat, elles sont à la disposition des entreprises et la réalité est qu’elles sont trop peu utilisées. Méconnues ? Peut-être. Complexes à mettre en place ? Possible. Cependant, face à la crise inédite devant laquelle nous nous trouvons, ces excuses ne peuvent plus faire office de justification à l’inaction. N’ajoutons pas l’inflation législative − spécialité bien française − à l’inflation monétaire. La situation exige de commencer par utiliser les dispositifs existants !

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

Pouvoir d’achat : Plaidoyer contre l’augmentation des salaires !

 

 

OPINION. La vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC. (la Tribune)

 

Une vision classique chez les néolibéraux qui oublient simplement que la baisse du pouvoir d’achat est en train de tuer la consommation et la croissance ( « Accessoirement » de  faire diminuer les recettes publiques et augmenter la dette). Sans parler de l’opposition à engager une enquête sur la spéculation qui ne renforce pas la crédibilité du propos un peu trop teinté idéologiquement;  et que penser de cet appel politique à  la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat !  Par ailleurs la condescendance du discours  ne constitue pas un gage de pertinence NDLR

 

Les politiques de tous bords et les deux assemblées semblent subitement prendre conscience que leur ignorance tant de la macroéconomie que des faits économiques diminuait leur crédibilité et leur capacité d’action face à la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat. Ainsi le groupe CRCE au Sénat a demandé une mission d’information sur les origines de l’inflation. De même, des élus Nupes à l’Assemblée nationale, tant PS que LFI, soutiennent également la création d’une enquête parlementaire sur la hausse des prix.

Voilà une attitude fort louable, la première connaissance devant être celle de son ignorance, si toutefois cette volonté de comprendre ne cache pas des arrière-pensées visant à incriminer le gouvernement, les industriels voire la « Finance internationale ». En effet, la demande d’une commission d’enquête sur les causes de l’inflation ressemble davantage à l’organisation d’un procès et une recherche de coupables bien plus qu’à une étude sur les causes de l’inflation et les actions possibles du gouvernement pour combattre ce phénomène.

En effet, il n’est pas sûr que la réponse la plus raisonnable aux causes de l’inflation soit à leur goût. La cause première de l’inflation est l’écart entre la forte demande dopée par les dépenses publiques et la faiblesse relative de la production fortement dégradée par la gestion de la pandémie et les ruptures logistiques. Or le PS et LFI se sont tous deux distingués avec des programmes de dépenses encore plus gargantuesques que ceux du gouvernement. Ils peuvent donc se compter dans les incendiaires. La loi économique en la matière est aussi simple que fatale. Si les revenus augmentent artificiellement plus vite que la production alors la seule variable d’ajustement est le prix, qui augmente automatiquement pour équilibrer l’offre et la demande. La guerre en Ukraine et le renchérissement des prix de l’énergie et des matières premières n’ont fait qu’aggraver la situation inflationniste en place depuis mars 2022.

Objectivement la politique de relance post-Covid du gouvernement brille par son côté générique et n’est ni pire, ni meilleure que celle des autres pays, pas plus que le lemming lambda ne se distingue du reste de la troupe de lemmings qui galope vers la falaise. La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) d’une part, le gouvernement américain et la Fed d’autre part, portent d’ailleurs une responsabilité bien plus lourde que le gouvernement d’une puissance moyenne et moutonnière comme l’est devenue la France. Certes, le gouvernement s’est ensuite rendu coupable de dépenses « stratégiques », engagées juste avant les élections présidentielles, avec une centaine de milliards d’euros dépensée en blocage des prix de l’énergie et en chèques inflation. Là encore, cette politique brille par son côté standard. Tous les gouvernements font de même avant une élection clef. La période officieuse de deux mois étant passée, le président vient, de la façon la moins surprenante, d’annoncer la fin de cette politique en faveur d’un ciblage, standard lui-aussi, des populations fragiles et des travailleurs et pensionnées de l’État.

La cape rouge vers laquelle le taureau Nupes frotte son sabot sont les industriels profiteurs de guerre tirant avantage de la situation pour augmenter les prix. La preuve ultime de la félonie industrielle se trouverait dans le niveau encore élevé des profits des entreprises. Cette preuve est contestable. Comme ils le trouveraient prescrit dans un cours d’introduction à la comptabilité, en période de forte inflation le résultat d’exploitation n’est plus un bon indicateur de l’état financier de l’entreprise car il n’indique pas les coûts auxquels l’entreprise va continuer son activité, mais les coûts des ressources déjà utilisées. Ainsi, une entreprise peut faire des profits et être en incapacité de se maintenir à flot quasiment en même temps. Il serait bon pour les enquêteurs de la Nupes de se référer aux normes comptables pour les pays à forte inflation.

De leurs côtés, les Républicains (LR) proposent (nous serions tentés de dire, qu’il neige ou qu’il vente, pour la toux ou le mal de ventre) une baisse de la TVA à 5%. Ainsi, LR ou Nupes, chacun avec ses armes usuelles (plus de dépenses pour l’un, moins d’impôts pour l’autre) proposent de continuer à détériorer les comptes publics pour sauvegarder le pouvoir d’achat. Rien de surprenant puisqu’ils savent que le gouvernement ne peut plus dépenser et ils pensent ainsi le mettre en porte-à-faux sur le pouvoir d’achat.  Comportement standard de partis de l’opposition, ni pire, ni meilleur et sans surprise.

Il nous semble que la vraie question n’est pas de savoir quoi faire pour bloquer les prix et sauvegarder le pouvoir d’achat mais plutôt de savoir comment accompagner cette hausse des prix et cette baisse du pouvoir d’achat de façon à ce qu’elle soit la plus brève possible. Pour cela, il est temps de cesser de se voiler la face. L’inflation est là et le pouvoir d’achat va baisser. Cette baisse du pouvoir d’achat est inévitable du fait de l’écart entre offre et demande, conséquence des excès budgétaires au temps de la pandémie, et du fait de la guerre en Ukraine. Il n’est pas raisonnable de faire croire que nous sommes dans un monde où il fait toujours beau avec une mer toujours calme.

Il faut également laisser les prix relatifs s’ajuster. Il faut que le prix de l’énergie augmente, ce qui d’une part créera une incitation nécessaire pour réaliser des économies d’énergie, mais fera aussi baisser d’autres prix. Pour s’ajuster, l’économie a besoin de signaux de prix et pas de la planification en version Nupes. L’accompagnement ne doit cibler que les ménages les plus défavorisés comme indiqué par l’OCDE dans son dernier rapport, et pas l’ensemble des ménages, car le gouvernement doit signaler qu’il maitrise les finances publiques.

La hausse des prix peut suffire pour aligner rapidement l’offre avec la demande excessive à condition que les anticipations d’inflation restent mesurées et que les mécanismes d’auto-alimentation de l’inflation ne se mettent pas en place. Sur ce plan, on pourrait se rassurer en observant que, pour l’instant, la boucle augmentation des prix et des salaires ne s’est pas encore activée en France. Selon nous, le principal risque viendrait plutôt des trillions de monnaie imprimés par la BCE depuis 2012, et dont la croissance s’est accélérée depuis 2020. Il est urgent que la BCE agisse et diminue son bilan. Malheureusement, pour l’heure il n’est question que de commencer à augmenter les taux courts et simplement de ne pas augmenter davantage le bilan. Il est à craindre qu’avec des taux d’intérêt largement inférieurs au taux d’inflation, l’offre de monnaie continue d’augmenter via la production de crédits pour des projets plus ou moins viables.

Ce qui retient le bras de la BCE n’est pas difficile à deviner. La dette des pays du Sud de l’Europe, et singulièrement celle de l’Italie, apparaissent pour ce qu’elles sont, de véritables bombes à retardement pour la zone euro. En effet, la prime de risque sur les obligations italiennes ne cesse pas d’augmenter. L’instabilité du gouvernement Draghi face aux propositions excessives du parti populiste 5-Etoiles alimente encore plus le risque sur la dette italienne. La BCE cherche à mettre en place des mesures qui dégonfleraient un peu ces primes de risques mais, dans le contexte actuel, la faisabilité est plus qu’incertaine. En effet, quand en 2012 Mario Draghi lui-même a mis en place le dispositif de sauvegarde des dettes des Etats fragiles en zone euro (dispositif Opérations Monétaires sur Titres) et coupé court à la défiance des marchés, le taux d’inflation était quasiment zéro. Avec une inflation supérieure à 8% et un euro qui se dégrade de plus en plus, la marge de manœuvre de la BCE pour des nouvelles innovations institutionnelles est proche de zéro.

L’Allemagne qui a garanti les emprunts européens par le passé se dirige maintenant vers une récession en raison de sa dépendance excessive du gaz russe et n’a certainement plus la volonté de jouer ce rôle.

Allons-nous voir nos bons politiciens, quel que soit leur bord politique, appeler la population à se préparer à une baisse du pouvoir d’achat et à réorganiser leurs dépenses pendant une période d’un ou deux ans ? Il est à craindre qu’ils n’aient pas ce courage. Pour la rentrée, préparons-nous à la séquence habituelle de rigueur qui ne dit pas son nom, de grèves pesantes sur les citoyens suivies de capitulations du gouvernement, puis cela passera comme les crises précédentes tout en laissant le pays dans une situation moins favorable pour le rebond à venir.

Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 80 %


Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 80 %

 

.Selon le sondage Elabe, une majorité de personnes interrogées évaluent qu’il faut en priorité qu’exécutif et oppositions s’entendent sur cette thématique du pouvoir d’achat, particulièrement prégnante dans le contexte de forte inflation.

78% des personnes questionnées la citent, ce qui la place très largement en tête devant la santé, citée par 55% des personnes, les retraites (40%) et l’environnement et l’écologie (33%).

92% des Français interrogés se positionnent pour une augmentation de 4% des retraites, 91% pour la hausse des pensions de retraite au niveau du Smic pour une carrière complète et au niveau du seuil de pauvreté pour le minimum vieillesse.

 

90% soutiennent le passage de la TVA de 20% à 5,5% sur les produits énergétiques et 87% le blocage des prix des produits de première nécessité. Sur la ristourne de 18 centimes d’euros par litre à la pompe, 86% sont en faveur de sa prolongation.

78% se déclarent pour un plafonnement de l’augmentation des loyers de 3,5% pendant un an et à la suppression de la redevance audiovisuelle. 71% veuillent l’instauration du Smic à 1500 euros net mensuels.

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

 

Alors qu’une rencontre est prévue lundi au siège de Force ouvrière pour réunir tous les syndicats à propos de la réplique à envisager pour soutenir le pouvoir d’achat, la CGT et Sud par avance décident  seuls d’une journée d’action le 29 novembre.

On voudrait saboter par avance l’unité et le succès de la réplique syndicale qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Il est clair que ces organisations sont depuis longtemps noyautées par les activistes gauchistes dont l’objet n’est pas évidemment la réussite syndicale mais d’engager la lutte politique pour la révolution, contre le capitalisme, contre l’impérialisme.
Bref des organisations qui sont davantage politiques que syndicales et qui ont largement affaibli et discrédité les syndicats au point que leurs  agitations politiciennes ne recueillent plus que le soutien d’une extrême minorité des salariés. (Les syndicats réformistes sont d’ailleurs largement majoritaires)

D’une certaine manière cet extrémisme irresponsable fait de ces organisations radicales les alliés objectifs du pouvoir.

La CGT et Solidaires ont donc appelé ce jeudi 7 juillet à « une journée de grève interprofessionnelle » le jeudi 29 septembre qui sera notamment axée sur les salaires.

Cette journée d’action « doit s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », soulignent les deux syndicats dans un communiqué commun « pour les salaires ».

Ils justifient leur appel « par des mesures gouvernementales annoncées sur le pouvoir d’achat qui sont en dessous de la situation de paupérisation de la population » ou encore « l’annonce d’une poursuite d’une réforme des retraites injuste qui exige de travailler plus ».

Les deux organisations font cette annonce sans attendre la tenue d’une réunion de tous les syndicats sur le thème du pouvoir d’achat prévue lundi au siège de Force ouvrière.

Gouvernement et assemblée nationale : l’incompétence au pouvoir

Gouvernement et assemblée nationale  : l’incompétence au pouvoir

 

Du fait de calculs politiques complexes, la France est parvenue à mettre à plusieurs postes de responsabilité essentielle des incompétents notoires. Contrairement à ce qu’affirme la presse, la Première ministre n’est nullement compétente. Elle est qualifiée de techno mais on serait bien en peine de faire le moindre bilan de son action passée par exemple au ministère de l’écologie ou ailleurs.

Quant à son passé politique, il est complètement inexistant, par ailleurs elle est aussi charismatique qu’une planche à repasser en plus avec un tempérament psychorigide ! Il est clair qu’elle ne tiendra pas des semaines et des semaines face aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et géopolitiques. Elle a surtout été choisie par le président de la république pour son caractère effacé.

Le président monarque ne voulait surtout pas un premier ministre disposant d’une certaine autorité politique.

Autre choix de l’incompétence celui de Corbière  (LFI) qui se retrouve parachuté à la tête de la stratégique  commission des finances de l’Assemblée nationale. L’intéressé n’a évidemment aucune formation, aucune expérience et sans doute même aucune appétence pour cette responsabilité. Le choix d’un révolutionnaire ,  anarcho  communiste, dans un champ de responsabilité stratégique pour le pays démontre à l’évidence la légèreté des partis politiques pour l’intérêt général.

Même choix effectué concernant la présidence de l’Assemblée nationale ou la transparente mais arriviste Yaël Braun-Pivet , ex très discrète ministre de l’outre-mer a été choisie pour sa soumission totale à Macron par exemple en étouffant l’enquête de l’Assemblée nationale concernant Benalla . Pudiquement , Le Monde relève que « son parcours tranche quand l’usage voulait que la fonction soit réservée à des députés expérimentés » et que « la volonté de parité n’est pas étrangère » à son élection ( elle s’est engagée en politique en 2016!). 

Politique-Gouvernement et assemblée nationale : l’incompétence au pouvoir

Politique-Gouvernement et assemblée : l’incompétence au pouvoir

 

Du fait de calculs politiques complexes, la France est parvenue à mettre à plusieurs postes de responsabilité essentielle des incompétents notoires. Contrairement à ce qu’affirme la presse, la Première ministre n’est nullement compétente. Elle est qualifiée de techno mais on serait bien en peine de faire le moindre bilan de son action passée par exemple au ministère de l’écologie ou ailleurs.

Quant à son passé politique, il est complètement inexistant, par ailleurs elle est aussi charismatique qu’une planche à repasser en plus avec un tempérament psychorigide ! Il est clair qu’elle ne tiendra pas des semaines et des semaines face aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et géopolitiques. Elle a surtout été choisie par le président de la république pour son caractère effacé.

Le président monarque ne voulait surtout pas un premier ministre disposant d’une certaine autorité politique.

Autre choix de l’incompétence celui de Corbière  (LFI) qui se retrouve parachuté à la tête de la stratégique  commission des finances de l’Assemblée nationale. L’intéressé n’a évidemment aucune formation, aucune expérience et sans doute même aucune appétence pour cette responsabilité. Le choix d’un révolutionnaire ,  anarcho  communiste, dans un champ de responsabilité stratégique pour le pays démontre à l’évidence la légèreté des partis politiques pour l’intérêt général.

Même choix effectué concernant la présidence de l’Assemblée nationale ou la transparente mais arriviste Yaël Braun-Pivet , ex très discrète ministre de l’outre-mer a été choisie pour sa soumission totale à Macron par exemple en étouffant l’enquête de l’Assemblée nationale concernant Benalla . Pudiquement , Le Monde relève que « son parcours tranche quand l’usage voulait que la fonction soit réservée à des députés expérimentés » et que « la volonté de parité n’est pas étrangère » à son élection ( elle s’est engagée en politique en 2016!). 

Gouvernement et assemblée : l’incompétence au pouvoir

Gouvernement et assemblée : l’incompétence au pouvoir

 

Du fait de calculs politiques complexes, la France est parvenue à mettre à plusieurs postes de responsabilité essentielle des incompétents notoires. Contrairement à ce qu’affirme la presse, la Première ministre n’est nullement compétente. Elle est qualifiée de techno mais on serait bien en peine de faire le moindre bilan de son action passée par exemple au ministère de l’écologie ou ailleurs.

Quant à son passé politique, il est complètement inexistant, par ailleurs elle est aussi charismatique qu’une planche à repasser en plus avec un tempérament psychorigide ! Il est clair qu’elle ne tiendra pas des semaines et des semaines face aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et géopolitiques. Elle a surtout été choisie par le président de la république pour son caractère effacé.

Le président monarque ne voulait surtout pas un premier ministre disposant d’une certaine autorité politique. Autre choix de l’incompétence celui de Corbière  (LFI) qui se retrouve parachuté à la tête de la stratégique  commission des finances de l’Assemblée nationale. L’intéressé n’a évidemment aucune formation, aucune expérience et sans doute même aucune appétence pour cette responsabilité. Le choix d’un révolutionnaire ,  anarcho  communiste, dans un champ de responsabilité stratégique pour le pays démontre à l’évidence la légèreté des partis politiques pour l’intérêt général. Même choix effectué concernant la présidence de l’Assemblée nationale ou la transparente mais arriviste Yaël Braun-Pivet , ex ministre de l’outre-mer a été choisi pour sa soumission totale à Macron par exemple en étouffant l’enquête de l’Assemblée nationale concernant Benalla . Pudiquement , Le Monde relève que « son parcours tranche quand l’usage voulait que la fonction soit réservée à des députés expérimentés » et que « la volonté de parité n’est pas étrangère » à son élection ( elle s’est engagée en politique en 2016!). 

Sondage pouvoir d’achat: Priorité pour 78 %

Sondage pouvoir d’achat

 

.Selon le sondage Elabe, une majorité de personnes interrogées évaluent qu’il faut en priorité qu’exécutif et oppositions s’entendent sur cette thématique du pouvoir d’achat, particulièrement prégnante dans le contexte de forte inflation.

78% des personnes questionnées la citent, ce qui la place très largement en tête devant la santé, citée par 55% des personnes, les retraites (40%) et l’environnement et l’écologie (33%).

92% des Français interrogés se positionnent pour une augmentation de 4% des retraites, 91% pour la hausse des pensions de retraite au niveau du Smic pour une carrière complète et au niveau du seuil de pauvreté pour le minimum vieillesse.

 

90% soutiennent le passage de la TVA de 20% à 5,5% sur les produits énergétiques et 87% le blocage des prix des produits de première nécessité. Sur la ristourne de 18 centimes d’euros par litre à la pompe, 86% sont en faveur de sa prolongation.

78% se déclarent pour un plafonnement de l’augmentation des loyers de 3,5% pendant un an et à la suppression de la redevance audiovisuelle. 71% veuillent l’instauration du Smic à 1500 euros net mensuels.

La gauche radicalisée, un renoncement au pouvoir

La gauche radicalisée, un renoncement au pouvoir

 

En acceptant l’alliance de la Nupes, la gauche sociale-démocrate s’est rangée et dissoute dans la gauche radicale, analyse le journaliste Renaud Dély dans le Figaro. En plus de la faire disparaître, cette ligne contestataire va la tenir éloignée du pouvoir.

Renaud Dély est journaliste et auteur d’Anatomie d’une trahison. La gauche contre le progrès (Éditions de l’Observatoire, 2022).

Jean-Luc Mélenchon a proposé de former un groupe au Parlement, proposition qu’ont déclinée le PS, EELV et le PCF. N’était-ce qu’une alliance de façade ? Va-t-elle perdurer dans l’hémicycle ?

Renaud DÉLY. – En faisant cette proposition, Jean-Luc Mélenchon continue de faire ce qu’il sait très bien faire : de la politique. Je suis assez surpris par la naïveté confondante de ses partenaires socialistes, écologistes et communistes. Ils ont l’air estomaqués et se récrient… Mais dès lors qu’ils ont accepté de se ranger derrière l’accord de la Nupes, c’est-à-dire derrière 650 propositions communes (même s’il y avait des désaccords), derrière des candidatures uniques dans chaque circonscription et surtout, derrière le mot d’ordre de Jean-Luc Mélenchon, «Élisez-moi à Matignon», cette proposition d’absorption était logique et attendue.

Avec cette tentative, Jean-Luc Mélenchon poursuit l’OPA sur l’ensemble de la gauche qu’il a déjà initiée dès le début du mois de mai, lorsqu’il a rassemblé toute la gauche sur son nom, sur son programme, et même derrière 350 de ses candidats. Il n’y a rien de surprenant à ce qu’il fasse cette proposition. C’était d’autant plus prévisible qu’il a perdu les élections, que le résultat est décevant pour lui, et qu’il s’interroge maintenant sur son rôle dans les années qui viennent. En effet, celle qui va réellement incarner le leadership de l’opposition à l’Assemblée nationale, c’est Marine Le Pen, à la tête du groupe RN de 89 députés.

Par ailleurs, il est logique que les écologistes, socialistes et communistes refusent. En effet, il y a des désaccords de fond qui demeurent entre eux: sur des sujets aussi importants que la situation en Ukraine, l’Otan, l’avenir de l’Union européenne mais aussi sur des sujets qui ont trait aux libertés publiques. Peu importe pour Jean-Luc Mélenchon que ses supplétifs s’indignent, le coup est déjà réussi: il a pris à témoin publiquement l’électorat de gauche qui aura du mal à comprendre ce refus de constituer un groupe à l’Assemblée alors que jusque-là tous ses partenaires étaient d’accord sur tout avec l’insoumis jusqu’à clamer « Mélenchon premier ministre ! ».

Les désaccords profonds entre toutes ces formations de gauche n’avaient donc été mis entre parenthèses que pendant quelques semaines de campagne. Ils demeurent donc et heureusement d’ailleurs, que cette alliance n’a pas gagné les élections, elle aurait été bien incapable de diriger le pays au vu de l’ampleur de ses divisions.

On constate que cette alliance n’était bien qu’un cartel électoral, une conjonction d’intérêts électoraux à très court terme et dans laquelle les différences de fond demeurent. Le principal ciment de cette alliance était et demeure, l’antimacronisme.

Quel est le nouvel équilibre des forces entre les différents partis de gauche ?

Cet équilibre repose très clairement sur l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon. Il a construit cette hégémonie avec son score au premier tour de l’élection présidentielle et il l’a confortée avec cette alliance de la Nupes qu’il a réussi à faire avaler, si j’ose dire, et même digérer par tous ses partenaires, de Julien Bayou à Olivier Faure. Ils se sont tous rangés sans ciller derrière Jean-Luc Mélenchon, le programme des Insoumis et le mot d’ordre « Élisez-moi à Matignon ». Seul Fabien Roussel a fait preuve d’un peu de résistance en essayant de conserver un semblant d’autonomie.

Dès lors, le rapport de forces internes à la gauche est extrêmement clair: ce qui reste de la gauche, c’est une gauche mélenchoniste, voire mélenchonisée. Les autres ne sont que des supplétifs. Le risque qu’ils courent, et qu’ils ont accepté de prendre dès lors qu’ils ont conclu cette alliance qui allait à l’encontre de nombre de leurs convictions, en particulier celles des écologistes et des socialistes sur les questions européennes, est celui de devenir les supplétifs, voir les complices de la gauche mélenchoniste et radicale.

Cette union entérine-t-elle un effacement de la gauche sociale-démocrate, initié lors des dernières élections présidentielles (2017 et 2022) ?

C’est le drame qu’entraîne cette union: la gauche sociale-démocrate, la gauche réformiste, celle qui accepte de s’atteler au réel, de le changer, de la réformer et de le corriger, s’est ralliée, rangée et même dissoute dans la gauche radicale. De nombreux responsables du Parti socialiste ont préféré rogner sur une grande partie de leurs convictions pour sauver quelques mandats de députés. Et le résultat accouche finalement d’une grande stabilité pour le PS: c’est le seul partenaire qui n’a pas progressé en nombre de députés. Tout ça pour ça…

Mais ce reniement a de lourdes conséquences. En effet, cette gauche-là a rompu avec la culture de gouvernement pour préférer se réfugier dans l’imprécation, l’indignation, la radicalité. Les réformistes se sont enfermés dans une posture qui les tient durablement éloignés du pouvoir et leur influence s’est de plus en plus marginalisée.

Le problème c’est que cette gauche réformiste s’est engagée dans cet engrenage au risque d’être avalée et détruite par la gauche radicale mélenchoniste. Même si les socialistes reprennent de la distance à l’Assemblée nationale en conservant leur propre groupe, dans l’esprit des électeurs de gauche, ils se sont dissous dans le mélenchonisme. Cette gauche radicale est, à mon sens, durablement minoritaire dans le pays. Elle a avalé et anéanti ce qui restait de la gauche réformiste et ne pourra pas reconquérir le pouvoir avant très longtemps.

131 sièges, c’est le plus bas score de la gauche en nombre de députés aux législatives, à l’exception de 1993 et 2017.

La Nupes a finalement obtenu 131 sièges Doit-on considérer cela comme une victoire ou une défaite de la gauche ?

C’est un échec assez net. 131 sièges, c’est le plus bas score de la gauche en nombre de députés aux législatives, à l’exception de 1993 et 2017. Bien sûr, il y a un progrès par rapport à 2017: le nombre de députés a doublé. Mais Jean-Luc Mélenchon espérait beaucoup mieux et sa défaite est claire. Le nombre de députés de gauche est inférieur à celui qu’elle détenait dans l’Assemblée nationale lors de ses défaites législatives de 2002, après la réélection de Jacques Chirac à l’Élysée, et en 2007, après la victoire de Nicolas Sarkozy. Rappelons qu’en 2002, la gauche était déjà absente du second tour de l’élection présidentielle. Il n’y a que lors des débâcles de 1993 et 2017 que la gauche a eu moins de députés que cette année.

C’est une nette défaite en voix d’abord: il n’y a eu aucune dynamique électorale. L’accord de la Nupes n’a pas rapporté de suffrages à la gauche qui reste au même niveau qu’en 2017. En fait, c’est un succès stratégique certes, car la stratégie d’union a permis à la gauche de limiter les dégâts en nombre d’élus, mais c’est avant tout un échec électoral et politique.

Plus grave, c’est même une défaite idéologique parce que cette gauche s’est rangée sur une ligne radicale, contestataire et protestataire qui va la tenir éloignée du pouvoir. Elle sera représentée à l’Assemblée nationale par une grande partie de députés eux-mêmes essentiellement contestataires et qui n’ont aucune culture de gouvernement et ne veulent pas l’acquérir. Ils se prétendent les porte-parole du « peuple en colère » et ne vont siéger que pour protester et bloquer. Ce n’est pas sur ces bases que la gauche peut essayer de se reconstruire pour essayer de reconquérir le pouvoir demain et se mettre à nouveau à essayer de transformer, changer et améliorer le réel.


À VOIR AUSSI - Législatives: Olivier Faure juge que «c’est une folie» de considérer la gauche comme antirépublicaine

Pouvoir d’achat : l’effet du bouclier tarifaire en France

Pouvoir d’achat : l’effet du bouclier tarifaire en France 

 La mesure, en vigueur depuis octobre 2021, a permis de limiter à 0,6 % au lieu de 2,1 % les pertes des revenus des ménages engendrées par la crise du Covid et la guerre en Ukraine. Par François Langot, Le Mans Université.

 

La forte reprise amorcée à la fin de la crise sanitaire a été stoppée par la guerre en Ukraine. L’arrêt des importations en provenance de Russie et d’Ukraine créée un risque de stagflation, c’est-à-dire un moment de faible de croissance accompagné d’une forte inflation.

Ce contexte nourrit les préoccupations de recul du pouvoir d’achat. Alors que les prix de vente augmentent, une activité au ralenti ne peut générer que de faibles progressions de revenu, rendant donc les fins de mois plus difficiles. Ces problèmes touchant tous les pays du monde, les baisses de pouvoir d’achat seraient alors partagées par tous.

Toutefois, les chiffres montrent que certains pays résistent mieux que d’autres. C’est en particulier de cas de la France.

Avant l’invasion russe de l’Ukraine, les prévisions de croissance française étaient de 4% pour 2022 et 2% pour 2023 ; selon la Banque de France, elles pourraient chuter à 2,8% pour 2022 et 1,3% pour 2023. Du côté de l’inflation, le scénario s’inverse : les prévisions étaient de 1,2% pour 2022 et 2023, elles seraient maintenant de 4% et 2,5% pour 2022 et 2023 (prix à la production mesurés pas le déflateur du PIB). Cette dégradation de la situation en France contraste avec ce que l’on observe ailleurs.

En Allemagne, selon les chiffres de la Banque centrale allemande (Bundesbank), la prévision de croissance pour 2022 passe de 4,9 à 1,9% et celle de l’inflation passerait de 3,6 à 7,1% (indice des prix à la consommation). Aux États-Unis pour l’année 2022, les prévisions de croissance ont été révisées de 3,7 à 2,5%, alors que les dernières prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) feraient passer l’inflation de 4,6 à 5,9%.

 

Le choc économique étant lié à la forte hausse des prix de l’énergie, la meilleure résilience de l’économie française peut s’expliquer, en partie, par le bouclier tarifaire mis en place en octobre 2021 par le gouvernement français.

Ce bouclier tarifaire fige les tarifs réglementés de vente du gaz à leur niveau d’octobre 2021 et limite à 4 % la revalorisation de ceux de l’électricité de février 2022. Ces tarifs réglementés concernent près de 70 % de la consommation d’électricité des ménages et 30 % de celle de gaz. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a calculé que, sans le bouclier tarifaire, les prix auraient progressé de 66,5 % entre octobre 2021 et février 2022. Quant à ceux de l’électricité, ils auraient augmenté de 35,4 % le 1er février 2022.

Face à l’envol des prix de l’énergie, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) indique que l’inflation aurait été de 5,1 % entre février 2021 et février 2022 « sans bouclier tarifaire », alors qu’elle n’a été que de 3,6 % dans les faits, soit 1,5 point d’inflation en moins grâce au bouclier tarifaire. Si le gouvernement, comme il l’a annoncé, étend sur l’année 2022 ce bouclier, alors nous pouvons anticiper, en restant mesurés, une réduction d’un point de l’inflation sur l’année à venir.

 

Pour évaluer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat des Français, nous sommes partis de prévisions de prix du baril de pétrole pour les années 2022 à 2024. Le pétrole est généralement retenu comme indicateur du prix des énergies, les contrats de vente de gaz incluant des clauses d’indexation sur le cours du baril de pétrole, le prix de l’électricité étant quant à lui fortement dépendant de celui du gaz.

Trois scénarios sont comparés afin d’apprécier l’effet de la hausse des prix de l’énergie et d’évaluer l’impact du bouclier tarifaire :

  • le premier retrace l’évolution de l’économie française avec un prix du pétrole se stabilisant 98 % de son prix du quatrième trimestre 2019, qui correspond aux prévisions économiques avant l’invasion russe de l’Ukraine ;
  • le second intègre un doublement du prix du baril à l’horizon du premier trimestre 2024 ;
  • et un troisième où le doublement des prix de l’énergie est partiellement amorti par le bouclier tarifaire. Ce dernier scénario est calibré pour que l’inflation soit réduite de 1 point de pourcentage par rapport au scénario sans bouclier tarifaire.

Bien entendu, face à ces très fortes hausses des prix des produits énergétiques, les entreprises adaptent leurs politiques tarifaires pour ne pas perdre trop de clients. Les baisses de marges estimées sont de 12 points de pourcentage en moyenne entre fin 2021 et début 2024.

Avec ces ajustements de marge, les prédictions d’inflation sont en accord avec celles de la Banque de France jusqu’au premier trimestre 2024, soit 4 % par an en moyenne sur ces deux années à venir, ce qui est beaucoup plus élevé que ce qui était prévu avant l’invasion russe de l’Ukraine (2,5 % par an en moyenne). Sans le bouclier tarifaire, le taux d’inflation aurait été de 5 % par an. À court terme, cette inflation réduit la demande et donc la production.

Nos estimations indiquent que la France perdra chaque trimestre, entre début 2022 et début 2024, une richesse de l’ordre de 1,6 % du PIB par habitant par rapport à fin 2019. Ceci représente une perte de 221 euros par trimestre et par habitant. Sans bouclier tarifaire, les baisses de pouvoir d’achat étant plus importantes, la perte trimestrielle serait de 2,5 %, soit 345 euros par trimestre et par habitant. C’est donc 1 point de PIB par tête qui est gagné grâce au bouclier tarifaire, soit plus de 220 euros par trimestre.

Toutefois, la production totale qui représente l’ensemble des revenus, qu’ils soient issus du travail ou des placements financiers, peut sembler être un mauvais indicateur du pouvoir d’achat, le plus souvent entendu comme une mesure de la capacité de consommation des salariés. Il est alors préférable de mesurer les gains de pouvoir d’achat en se limitant aux variations des revenus du travail.

Sans bouclier tarifaire, la réduction des revenus du travail aurait été de 2,1 % par trimestre par rapport à ceux de fin 2019, soit 148 euros par trimestre et par personne. Le bouclier tarifaire permet de limiter ces pertes à 0,6 %, soit 42 euros par trimestre. Ce sont donc un peu plus de 100 euros par trimestre de pouvoir d’achat qui sont gagnés grâce au bouclier tarifaire.

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Par François Langot, Professeur d’économie, Chercheur à l’Observatoire Macro du CEPREMAP, Le Mans Université.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Législatives Français de l’étranger : alerte pour le pouvoir

Législatives Français de l’étranger : alerte pour le pouvoir

 

La majorité présidentielle est  relativement secouée après les résultats des élections législatives dans les 11 circonscriptions concernées, elle  perd une quinzaine de points même si elle  arrive en première position dans huit des 11 circonscriptions des Français de l’étranger . Des résultats qui pourraient préfigurer peut-être ceux de l’Hexagone. Traditionnellement les Français de l’étranger d’abord votent très peu et se situent plutôt à droite. Ceux qui ont voté ont cependant marqué un rééquilibrage à gauche. À noter évidemment la spectaculaire c laque pour le ténébreux Valls.

 

Les candidats de la macronie, réunis sous l’étiquette Ensemble, sont arrivés majoritairement en tête chez les Français de l’étranger pour ce premier tour. En Amérique du Nord, Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, devance la candidate de la Nupes. Même configuration en Amérique latine et dans les Caraïbes avec Eléonore Caroit ; en Europe du Nord avec Alexandre Holroyd ; au Benelux avec Pieyre-Alexandre Anglade ; en Suisse et au Liechtenstein avec Marc Ferracci ; en Europe centrale avec Frédéric Petit ; au Proche-Orient et en Afrique avec Amélia Lakrafi ; en Europe orientale, en Asie et en Océanie avec Anne Genetet.

Les candidats de la majorité présidentielle se classent en revanche en deuxième position dans 8e circonscription (Italie, Grèce, Turquie et Israël), où Deborah Abisror-de Lieme (LREM) est devancée par le député sortant UDI, Meyer Habib ; ainsi que dans 9e circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest) où Karim Ben Cheikh, le candidat de Génération.s, investi par la Nupes, arrive en tête devant Elisabeth Moreno, ancienne ministre de l’Egalité femmes-hommes, investie par LREM.

Enfin, dans la 5e circonscription (Espagne, Portugal et Monaco), Manuel Valls, officiellement investi par la République en marche, est battu. C’est Renaud Le Berre, candidat de la Nupes, qui est arrivé en tête au premier tour et qui affrontera Stéphane Vojetta, le député sortant et candidat dissident de la majorité présidentielle.

 

Malgré une abstention très forte, les Français de l’étranger – ils sont 1,4 million d’inscrits sur les listes hors du territoire national – semblent s’être davantage mobilisés qu’en 2017, lorsque seuls 19,1% des inscrits s’étaient déplacés, selon des chiffres provisoires.

Plus encore qu’à la présidentielle, l’abstention est attendue à un niveau record pour le premier tour des législatives le 12 juin (52 ou 53% selon les sondages, contre 51,3% en 2017). L’abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s’appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de la Nupes, estiment des spécialistes.

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