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Banques :Une crise des actifs pourris ?

Banques :Une crise des actifs pourris ? 

 

 

En autorisant la titrisation des « prêts non performants », ( refinanciarisation des actifs pourris), l’Europe prend le risque de voir une crise financière redoubler les effets de la crise économique due au Covid-19, prévient l’économiste  Jézabel Couppey-Soubeyran  dans sa chronique au « Monde ».

 

Chronique.

 

 En Europe comme ailleurs, les faillites d’entreprises ont été plus faibles qu’attendu en 2020, car les mesures d’aide les ont contenues ou différées. Selon les prévisions, elles devraient augmenter en 2021 et lester les bilans des banques d’une masse de prêts qui ne seront pas remboursés. La Commission européenne a tout prévu : transformer ces « prêts non performants » en produits revendables sur un marché. La foire est ouverte !

Comme l’explique le Fonds monétaire international dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’avril, contrairement à ce qui s’est passé pendant la crise financière ou d’autres récessions, les faillites d’entreprises ont diminué dans les économies avancées pendant la crise sanitaire. Cela est dû notamment aux moratoires sur les remboursements de prêts bancaires. Ce sont les petites entreprises qui en ont particulièrement profité. Les plus grandes ont plutôt accès aux marchés obligataires, où le FMI observe parallèlement, dans son rapport sur la stabilité financière globale, un taux de défaillance des émetteurs de titres mal notés à son plus haut depuis la crise financière.


En substance, le FMI craint qu’une horde d’entreprises « zombies », petites et grandes, maintenues artificiellement en vie par les aides généralisées, vienne plomber la reprise. S’ils veulent moins d’entreprises « zombies », qui feront faillite demain tout en accaparant des ressources qui seraient plus utiles à d’autres, les pouvoirs publics doivent se résoudre à accepter plus de faillites aujourd’hui.

« Bad banks »

Cela rejoint les prévisions des instituts de conjoncture et des professionnels du secteur financier qui s’attendent à une remontée des faillites d’entreprises en 2021, à un niveau qui dépasserait celui de 2019 (l’assureur-crédit Atradius prévoit une augmentation de 26 % dans le monde en 2021, et de 80 % en France). Au bilan des banques de la zone euro, qui sont entrées dans la crise sanitaire mieux capitalisées et plus résistantes qu’elles ne l’étaient avant la crise financière de 2008, le taux de prêts non performants, resté en dessous de 3 % en 2020 (contre 7 % fin 2015), pourrait remonter et causer des pertes. Le préjudice ne sera pas seulement pour la profitabilité des banques mais aussi, suivant leur capacité à absorber les pertes, pour la stabilité globale du secteur. En 2008, la crise financière avait débouché sur la crise économique. En situation de pandémie, la crise bancaire et financière pourrait venir à la suite de la crise économique et en redoubler les effets.

Covid: une immense crise de confiance

Covid: une immense crise de confiance

La stratégie gouvernementale de communication est un échec.considère d’Eric Giuily, expert en communication dans la Tribune.

Si d’après Harris interactiv et Odoxa (sondages du 1er avril), ils sont 7 Français sur 10 à approuver les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 31 mars, plus de la moitié (56 %) les jugent insuffisantes. Pourtant, l’exécutif ne ménage pas sa peine et communique en permanence. Pendant la semaine du 22 mars, le chef de l’Etat est intervenu publiquement trois fois sur le sujet, le Premier ministre, le ministre de la Santé et celui de l’éducation nationale ont multiplié les visites et prises de parole. Les campagnes publicitaires de l’Etat envahissent les ondes et les écrans. Rien n’y fait pour l’instant, ce qui conduit à s’interroger sur les causes de cet échec de la stratégie gouvernementale de communication.

Avant d’analyser celles-ci, il est indispensable de rappeler une vérité d’évidence : l’adhésion des Français serait certainement plus élevée si les résultats obtenus dans la lutte contre le virus étaient meilleurs. S’il est vrai que la communication ne peut régler les crises, dont la solution dépend de la qualité des mesures opérationnelles et de l’efficacité de leur mise en œuvre, elle a pour rôle de les expliquer, de les accompagner, aussi contraignantes soient-elle, et par là-même d’en renforcer l’acceptabilité. Force est de constater que tel n’est pas le cas en l’occurrence. Soucieux du moral et de la santé psychique de la population, le gouvernement a commis, à notre avis, trois séries d’erreurs qui minent fortement la confiance dans sa parole : une répétition rapprochée d’annonces à objectifs sans cesse modifiés, des actions décalées et enfin la persistance de non-dits, le tout éclipsant partiellement la gravité de la situation et par là-même atténuant la mobilisation contre l’épidémie.

Crise : repenser la notion de solidarité internationale (Thomas Piketty)

Crise :  repenser la notion de solidarité internationale  (Thomas Piketty)

 

 En refusant de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, les Occidentaux ont montré leur incapacité à prendre en compte les besoins des pays du Sud, estime l’économiste Thomas PikettyDirecteur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris

 

 

Chronique. 

 

La crise du Covid-19, la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle, oblige à repenser fondamentalement la notion de solidarité internationale. Au-delà du droit à produire des vaccins et du matériel médical, c’est toute la question du droit des pays pauvres à se développer et à percevoir une partie des recettes fiscales des multinationales et des milliardaires de la planète qui doit être posée. Il faut sortir de la notion néocoloniale d’aide internationale, versée au bon vouloir des pays riches, sous leur contrôle, et passer enfin à une logique de droits.

 

Commençons par les vaccins. Certains avancent (imprudemment) que cela ne servirait à rien de lever les droits de propriété sur les brevets, car les pays pauvres seraient incapables de produire les précieuses doses. C’est faux. L’Inde et l’Afrique du Sud ont des capacités importantes de production de vaccins, qui pourraient être étendues, et le matériel médical peut être produit un peu partout. Ce n’est pas pour passer le temps que ces deux pays ont pris la tête d’une coalition d’une centaine de pays pour réclamer à l’OMC [l’Organisation mondiale du commerce] la levée exceptionnelle de ces droits de propriété. En s’y opposant, les pays riches n’ont pas seulement laissé le champ libre à la Chine et à la Russie : ils ont raté une belle occasion de changer d’époque et de montrer que leur conception du multilatéralisme n’allait pas dans un seul sens. Espérons qu’ils fassent très vite machine arrière.

La France et l’Europe complètement dépassées

Mais au-delà de ce droit à produire, c’est l’ensemble du système économique international qui doit être repensé en termes de droits pour les pays pauvres à se développer et à ne plus se laisser piller par les plus riches. En particulier, le débat sur la réforme de la fiscalité internationale ne peut pas se réduire à une discussion entre pays riches visant à se partager les profits actuellement localisés dans les paradis fiscaux. C’est tout le problème des projets discutés à l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques]. On envisage que les multinationales fassent une déclaration unique de leurs profits au niveau mondial, ce qui est en soi est une excellente chose. Mais au moment de répartir cette base fiscale entre pays, on prévoit d’utiliser un mélange de critères (masses salariales et ventes réalisées dans les différents territoires) qui en pratique aboutira à attribuer aux pays riches plus de 95 % des profits réalloués, et à ne laisser que des miettes aux pays pauvres. La seule façon d’éviter ce désastre annoncé est d’inclure enfin les pays pauvres autour de la table et de répartir les profits en question en fonction de la population (au moins en partie).

COVID-19: crise au sommet vers le 20 avril ?

COVID-19: crise au sommet vers le 20 avril ?

Peut-être pour se racheter de la polémique récente avec le gouvernement concernant la situation dramatique des réanimations, l’AP–HP de Martin Hirsch fait le dos rond et rejoint les prévisions du pouvoir sur un pic possible de la crise sanitaire le 20 avril.

En fait, des hypothèses très fragiles si l’on se réfère à tous ceux depuis des semaines voire des mois avait pronostiqué un plateau pour les contaminations et non une troisième vague.

Visiblement Martin Hirsch a voulu se réhabiliter auprès du gouvernement avec des propos relativement rassurants. «L’application de mesures restrictives supplémentaires (…) nous permet, pour la première fois, de projeter un tournant, avec des hypothèses qui restent fragiles», a déclaré le patron d’AP-HP, Martin Hirsch, dans un courriel adressé au personnel.

«L’hypothèse centrale est que la deuxième vague culmine vers le 20 avril, alors qu’en région parisienne, nous aurions un peu moins de 2 000 patients en réanimation», a-t-il déclaré.

En début de mois, juste après que le président Emmanuel Macron a ordonné à la France de procéder à son troisième verrouillage national, le ministre de la Santé Olivier Veran a déclaré que le pic de l’USI, au niveau national, devrait être atteint fin avril.

Les nouvelles infections quotidiennes au COVID-19 en France ont doublé depuis février pour atteindre en moyenne entre 35 000 et 40 000. Le nombre de patients atteints de COVID-19 en soins intensifs atteint un niveau record de 5 705 depuis près d’un an.

Crise monétaire : un débat récurrent

Crise monétaire : un débat récurrent

L’économiste , Pierre Dockès,  retrace, dans une tribune au « Monde », la récurrence historique des débats entre économistes sur les origines, le comportement et les effets de la monnaie.

 

Une approche historique intéressante mais dont les termes contemporains sont largement bouleversés avec la mondialisation puisque le taux d’internationalisation de l’économie ( et donc des transactions financières) tourne aujourd’hui autour de 25 à 30 % selon qu’on comprend le volume ou la valeur des marchandises échangées NDLR ( si on prend en compte les exports et les imports, le taux est de 50% mais le montant du PIB est faussé; on compte en effet deux fois le commerce intrenational)

 

 

Tribune

 

.En 1842, l’homme politique britannique William Gladstone (1809-1898), alors député, observait que « l’amour lui-même n’a pas fait perdre la tête à plus de gens que les ruminations sur l’essence de la monnaie ». Au cours des siècles, les théories de la monnaie sont certes devenues de plus en plus sophistiquées, mais il n’en reste pas moins que les mêmes débats autour de la « bonne » et de la « mauvaise » monnaie, des rôles respectifs de l’Etat ou du marché, de son influence « active », ou au contraire de sa neutralité, sur les prix ou sur l’emploi, reviennent sans cesse.

Dès le XIVe siècle, le philosophe Nicole Oresme (vers 1320-1382) s’élève contre les manipulations des monnaies et affirme la nécessité de la stabilité et de la confiance dans leur valeur. Une thèse reprise au XVIe siècle par Jean Malestroit (1566), qui impute la hausse des prix à ces manipulations, alors que Jean Bodin (vers 1529-1596) lui répond en 1568, dans ce qu’on appellera (déjà !) « la controverse des monnaies », que c’est l’afflux de métaux précieux qui en est responsable, jetant les bases de ce qu’on appellera plus tard la théorie quantitative de la monnaie.

Au siècle suivant triomphent les thèses des mercantilistes, pour lesquels une balance commerciale excédentaire d’un pays, en y accumulant de la monnaie, a des conséquences positives sur l’emploi et sur le faible niveau des taux d’intérêt, qui encourage l’activité. La monnaie aurait donc un rôle « actif », mais il ne le devient que si elle est investie, y compris en étant réexportée pour, par exemple, acquérir des matières premières, et non thésaurisée dans les caisses de l’Etat.

Au XVIIIe siècle, des auteurs comme Richard Cantillon (1680-1734) et David Hume (1711-1776) sont encore partagés entre quantitativisme, expliquant qu’à long terme le doublement de la quantité de monnaie fait doubler les prix, et une vision active de la monnaie encourageant à court terme la croissance et l’emploi.

Mais pour Adam Smith (1723-1790), la monnaie sert avant tout aux échanges, elle est « la grande roue de la circulation » et ne saurait donc être trop abondante : il est favorable à l’essor modéré des billets de banque (banknotes), qui épargnent les monnaies métalliques et favorisent l’expansion, mais craint l’excès d’émission, cause de crises bancaires.

Pendant les guerres de la Révolution française, la suspension de la convertibilité des billets est l’occasion d’une controverse entre les partisans, quantitativistes, du « currency principle » comme David Ricardo (1772-1823) ou Henry Thornton (1760-1815), et ceux du « banking principle » (Thomas Tooke, 1774-1858) pour qui, à la suite d’Adam Smith, il ne saurait y avoir ni inflation ni déflation durables si on laisse le système bancaire s’adapter librement aux « besoins du commerce ».

Crise sanitaire : les critères de dynamique économique remis en cause

Crise sanitaire : les critères de dynamique économique remis en cause

L’économiste Christian Schmidt observe dans une tribune au « Monde » que les plans de relance par la consommation, dans l’incertitude de la pandémie, se heurtent à des phénomènes psychologiques négligés par la science économique classique

Tribune. 

 

La crise sanitaire du Covid semble avoir converti au keynésianisme même les pays européens restés jusque-là les plus réticents, à l’exception peut-être des Pays-Bas. Ainsi l’Allemagne a pour la première fois affiché en 2020 un déficit de 3,2 % de son produit intérieur brut (PIB).

Au total, le déficit public de l’ensemble de l’Union européenne s’est élevé à 5,6 % du PIB européen, bien loin de la règle des 3 %. La France, dont le déficit public a atteint en 2020 un peu plus de 11 % du PIB, a voté un programme de relance économique évalué à 100 milliards d’euros sur deux ans.

Sur quelles hypothèses reposent en définitive toutes ces politiques publiques de relance ? Tout simplement sur ce que Keynes nomme « la propension à consommer », à laquelle il a consacré la totalité du livre 3 de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, [Payot, 2017, 1re éd. 1936].

 

Keynes y prend soin de distinguer ce qu’il appelle les facteurs objectifs, qui correspondent aux relations entre les agrégats macroéconomiques (revenu, consommation, emploi), des facteurs subjectifs, sur lesquels il précise qu’ils ne soulèvent guère de problèmes et auxquels il ne conviendrait donc pas, pour lui, de s’attarder. 

L’influence de la situation pour consommer

Une exception d’importance se trouve pourtant mentionnée par Keynes lui-même au hasard d’un curieux détour dans son analyse des facteurs objectifs qui déterminent cette propension à consommer. Il s’agit « de l’influence profonde qu’exerce, dans certains cas exceptionnels, sur la propension à consommer, le développement d’une incertitude extrême quant à l’avenir et à ce qu’il cache ».

C’est précisément dans ce type de situation que nous nous trouvons aujourd’hui. En pareille circonstance, les liens classiques entre revenu et consommation définis par la macroéconomie se révèlent inopérants. Calculés à partir d’observations statistiques passées, ces liens renvoient à un agent fictif qualifié d’« agent représentatif », pour en tirer une interprétation au niveau microéconomique sur les comportements des agents individuels.

 

Une telle approche n’est cependant plus possible, lorsque l’occurrence d’un événement tout à fait imprévisible bouleverse les prises de décisions des agents. Or, c’est sur la base de ce type de raisonnement macroéconomique que le « plan de relance » est supposé relancer rapidement l’économie, en stimulant la consommation, et en particulier celle des particuliers. 

Crise élevage bovin : un appel de 143 parlementaires français

Crise élevage bovin : un appel de 143 parlementaires français

Dans une tribune, 143 parlementaires de tous bords, du PCF à LR, appellent à soutenir la filière viande de l’élevage bovin français .

 

Tribune

 

« Nous sommes dans une économie de marché. » Voilà la réponse, lapidaire, apportée aux éleveurs de bovins de race à viande français, qui demandent la garantie de prix couvrant leur coût de production.

Depuis des années, les pouvoirs publics ne cessent d’apporter des mots de soutien aux éleveurs. Mais quel secteur économique peut se contenter de mots pour vivre? Trois ans après le lancement des Etats Généraux de l’Alimentation et l’espoir qu’ils ont fait naître, les éleveurs ont perdu 30% de leurs revenus pour se contenter, désormais, de moins de 700 euros par mois. 8.000 euros par an! Voilà ce qu’ils valent dans l’économie de marché.

Conséquence logique de cette situation, la France compte, chaque année, 2.000 éleveurs bovins de moins. Et ce n’est pas seulement un drame humain. La disparition des élevages et de leurs animaux dans nos paysages n’est plus un fantasme. Elle est là, à nos portes, dans le silence général. Avec elle, nous assistons à la disparition d’une part de notre identité culturelle commune fondée sur une agriculture familiale et une alimentation qui font encore la réputation de la France. Pour combien de temps?

Les éleveurs sont les premiers à savoir ce qu’est une économie de marché. Ils y sont plongés chaque jour. En principe, elle répond à des règles simples d’offre et de demande, à des conditions de concurrence loyale et non faussée. C’est ce que disent nos textes de loi. Ainsi doit-elle permettre à la qualité de se démarquer et de trouver la juste rémunération des efforts qu’elle nécessite. Mais ce n’est pas cette économie de marché qui régit le secteur de la viande bovine : c’est une économie de destruction, qui considère qu’un animal nourri à l’herbe dans une exploitation familiale répondant à tous les critères du développement durable dont la France se veut la championne, n’a pas plus de valeur qu’un animal poussé en élevage industriel à grands coups d’antibiotiques à l’international.

Tout se passe comme si personne ne voulait voir l’incompatibilité criante qui existe entre cette fameuse économie de marché et la durabilité aujourd’hui imposée, à raison, aux producteurs.

Car ce n’est pas un modèle d’élevage industrialisé, capable de résister à la concurrence de fermes-usines américaines ou d’autres élevages sans norme environnementale et sanitaire stricte, que les pouvoirs publics ont promu à l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation. Ce n’est pas, non plus, ce modèle que les citoyens plébiscitent.

Nous tous, éleveurs, associations, élus, soutenons ce cap, cette orientation donnée à l’élevage. Mais ce choix français doit être pleinement assumé! Si les Etats généraux de l’Alimentation ont été une bonne initiative, nous constatons que la loi Egalim est impuissante à faire entrer le discours dans la réalité.

Les éleveurs sont les premiers à vouloir mener à bien la « transition agroécologique ». Ils ont tout à gagner à placer l’économie dans ces rails de l’écologie. A l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique, notre modèle d’élevage français permet de privilégier la qualité sur la quantité, de mettre nos prairies au service de la captation du carbone, de la préservation de la biodiversité. Mais ils ne peuvent le faire sans que le pouvoir politique, quel qu’il soit, en tire les conséquences sur les politiques de prix, sur le partage de la valeur ajoutée tout au long de la filière, de la fourche à la fourchette.

Il n’y a pas ici de « en même temps » possible et l’Etat doit permettre aux éleveurs d’obtenir des prix couvrant, au moins, leur coût de production. Sans cela, la France perdra sur tous les plans : celui de sa souveraineté alimentaire, comme de la durabilité. Deux enjeux à concilier dont le Président de la République et le Gouvernement affirment faire leur priorité, sans jamais les concrétiser.

Signataires

  • Bruno DUFAYET, éleveur de bovins de race à viande dans le Cantal, Président de la Fédération Nationale Bovine.
  • Anne-Catherine LOISIER, Sénatrice de la Côte d’Or (Union Centriste)
  • André CHASSAIGNE, Député du Puy-de-Dôme (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Dominique POTIER, Député de la Meurthe-et-Moselle (Socialistes et apparentés)
  • Antoine HERTH, Député du Bas-Rhin (Agir Ensemble)
  • Olivier RIETMANN, Sénateur de la Haute-Saône (Les Républicains)
  • François RUFFIN, Député de la Somme (France Insoumise)
  • Eric ANDRIEU, Député européen (Socialistes et Démocrates)
  • Joël AVIRAGNET, Député de la Haute-Garonne (Socialistes et Apparentés)
  • Jean-Michel ARNAUD, Sénateur des Hautes-Alpes (Union centriste)
  • Serge BABARY, Sénateur d’Indre-et-Loire (Les Républicains)
  • Delphine BATHO, Députée des Deux-Sèvres (Génération Ecologie)
  • Arnaud BAZIN, Sénateur du Val-d’Oise (Les Républicains)
  • Gisèle BIEMOURET, Députée du Gers (Socialistes et apparentés)
  • Catherine BELRHITI, Sénatrice de la Moselle (Les Républicains)
  • Martine BERTHET, Sénatrice de la Savoie (Les Républicains)
  • Annick BILLON, Sénatrice de la Vendée (Union Centriste)
  • Benoît BITEAU, Député européen (Les Verts)
  • Philippe BOLO, Député du Maine et Loire (Modem)
  • Bernard BONNE, Sénateur de la Loire (Les Républicains)
  • Philippe BONNECARRERE, Sénateur du Tarn (Union Centriste)
  • François BONNEAU, Sénateur de la Charente (Union Centriste)
  • Jean-Yves BONY, Député du Cantal (Les Républicains)
  • Jean-Luc BOURGEAUX, Député de l’Ille et Vilaine (Les Républicains)
  • Jean-Marc BOYER, Sénateur du Puy-de-Dôme (Les Républicains)
  • Max BRISSON, Sénateur des Pyrénées-Atlantiques (Les Républicains)
  • Céline BRULIN, Sénatrice de la Seine-Maritime (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Marie-Georges BUFFET, Députée de Seine-Saint-Denis (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Henri CABANEL, Sénateur de l’Hérault (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Emmanuel CAPUS, Sénateur du Maine et Loire (Agir Ensemble)
  • Jean-Noël CARDOUX, Sénateur du Loiret (Les Républicains)
  • Annie CHAPELIER, Députée du Gard (Agir Ensemble)
  • Daniel CHASSEING, Sénateur de la Corrèze (Les Indépendants)
  • Paul CHRISTOPHE, Député du Nord (Agir Ensemble)
  • Olivier CIGOLOTTI, Sénateur de la Haute-Loire (Union Centriste)
  • Cécile CUKIERMAN, Sénatrice de la Loire (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Arnaud DANJEAN, Député européen (Parti Populaire Européen)
  • Mathieu DARNAUD, Sénateur de l’Ardèche (Les Républicains)
  • Marc-Philippe DAUBRESSE, Sénateur du Nord (Les Républicains)
  • Alain DAVID, Député de la Gironde (Socialistes et Apparentés)
  • Jean-Pierre DECOOL, Sénateur du Nord (Les indépendants)
  • Nathalie DELATTRE, Sénatrice de la Gironde (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Sonia DE LA PROVÔTE, Sénatrice du Calvados (Union Centriste)
  • Bernard DELCROS, Sénateur du Cantal (Union Centriste)
  • Patricia DEMAS, Sénatrice des Alpes-Maritimes (Les Républicains)
  • Stéphane DEMILLY, Sénateur de la Somme (Union Centriste)
  • Catherine DEROCHE, Sénatrice du Maine-et-Loire (Les Républicains)
  • Vincent DESCOEUR, Député du Cantal (Les Républicains)
  • Nassimah DINDAR, Sénatrice de La Réunion (Union Centriste)
  • Julien DIVE, Député de l’Aisne (Les Républicains)
  • Élisabeth DOISNEAU, Sénatrice de la Mayenne (Union Centriste)
  • Virginie DUBY-MULLER, Député de la Haute-Savoie (Les Républicains)
  • Alain DUFFOURG, Sénateur du Gers (Union Centriste)
  • Catherine DUMAS, Sénatrice de Paris (Les Républicains)
  • Françoise DUMONT, Sénatrice du Var (Les Républicains)
  • Laurence DUMONT, Députée du Calvados (Socialistes et Apparentés)
  • Jérôme DURAIN, Sénateur de Saône-et-Loire (Socialistes)
  • Jean-Paul DUFREGNE, Député de l’Allier (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Marie EVRARD, Sénatrice de l’Yonne (La République En Marche)
  • Olivier FAURE, Député de la Seine-et-Marne (Premier Secrétaire du Parti Socialiste)
  • Françoise FERAT, Sénatrice de la Marne (Union Centriste)
  • Philippe FOLLIOT, Sénateur du Tarn (La République En Marche)
  • Bernard FOURNIER, Sénateur de la Loire (Les Républicains)
  • Agnès FIRMIN LE BODO, Députée de Seine-Maritime (Agir Ensemble)
  • Guillaume GAROT, Député de la Mayenne (Parti Socialiste)
  • Françoise GATEL, Sénatrice d’Ille-et-Vilaine (Union centriste)
  • Fabien GENET, Sénateur de la Saône-et-Loire (Les Républicains)
  • Éric GOLD, Sénateur du Puy-de-Dôme (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Guillaume GONTARD, Sénateur de l’Isère (Ecologiste, Solidarité et Territoires)
  • Nathalie GOULET, Sénatrice de l’Orne (Union Centriste)
  • Claude GRUFFAT, Député européen (Les Verts)
  • Pascale GRUNY, Sénatrice de l’Aisne (Les Républicains)
  • Jocelyne GUIDEZ, Sénatrice de l’Essonne (Union Centriste)
  • Pierre HENRIET, Député de la Vendée (La République En Marche)
  • Olivier HENNO, Sénateur du Nord (Union Centriste)
  • Loïc HERVE, Sénateur de la Haute-Savoie (Union Centriste)
  • Jean HINGRAY, Sénateur des Vosges (Union Centriste)
  • Alain HOUPERT, Sénateur de la Côte-d’Or (Les Républicains)
  • Philippe HUPPE, Député de l’Hérault (Agir Ensemble)
  • Annick JACQUEMET, Sénatrice du Doubs (Union Centriste)
  • Christian JACOB, Député de Seine-et-Marne (Président des Républicains)
  • Yannick JADOT, Député européen (Les Verts)
  • Patrice JOLY, Sénateur de la Nièvre (Socialistes)
  • Else JOSEPH, Sénatrice des Ardennes (Les Républicains)
  • Chantal JOURDAN, Députée de l’Orne (Parti Socialiste)
  • Sébastien JUMEL, Député de Seine-Maritime (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Marietta KARAMANLI, Députée de la Sarthe (Socialistes et Apparentés)
  • Manuela KECLARD-MONDERSIR, Députée de la Martinique (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Claude KERN, Sénateur du Bas-Rhin (Union centriste)
  • Christian KLINGER, Sénateur du Haut-Rhin (Les Républicains)
  • Gérard LAHELLEC, Sénateur des Côtes d’Armor (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Michel LAUGIER, Sénateur des Yvelines (Union Centriste)
  • Daniel LAURENT, Sénateur de la Charente-Maritime (Les Républicains)
  • Patricia LEMOINE, Députée de Seine-et-Marne (Agir Ensemble)
  • Antoine LEFEVRE, Sénateur de l’Aisne (Les Républicains)
  • Jacques LE NAY, Sénateur du Morbihan (Union Centriste)
  • Gérard LESEUL, Député de Seine Maritime (Socialistes et Apparentés)
  • Pierre-Antoine LEVI, Sénateur du Tarn-et-Garonne (Union Centriste)
  • Jean-François LONGEOT, Sénateur du Doubs (Union Centriste)
  • Vivette LOPEZ, Sénatrice du Gard (Les Républicains)
  • Pierre LOUAULT, Sénateur d’Indre-et-Loire (Union Centriste)
  • Véronique LOUWAGIE, Députée de l’Orne (Les Républicains)
  • Jean-Jacques LOZACH, Sénateur de la Creuse (Socialistes)
  • Lise MAGNIER, Députée de la Marne (Agir Ensemble)
  • Josette MANIN, Députée de la Martinique (Socialistes et Apparentés)
  • Hervé MAUREY, Sénateur de l’Eure (Union centriste)
  • Marie MERCIER, Sénatrice de la Saône-et-Loire (Les Républicains)
  • Sébastien MEURANT, Sénateur du Val-d’Oise (Les Républicains)
  • Jean-Michel MIS, Député de la Loire (LREM)
  • Jean-Marie MIZZON, Sénateur de la Moselle (Union centriste)
  • Jean-Pierre MOGA, Sénateur de Lot-et-Garonne (Union Centriste)
  • Marie-Pierre MONIER, Sénatrice de la Drôme (Socialistes)
  • Catherine MORIN-DESAILLY, Sénatrice de la Seine-Maritime (Union centriste)
  • Philippe MOUILLER, Sénateur des Deux-Sèvres (Les Républicains)
  • Philippe NAILLET, Député de la Réunion (Socialistes et Apparentés)
  • Jérôme NURY, Député de l’Orne (Les Républicains)
  • Matthieu ORPHELIN, Député du Maine-et-Loire (Ecologistes)
  • Cedric PERRIN, Sénateur du Territoire de Belfort (Les Républicains)
  • Stéphane PIEDNOIR, Sénateur du Maine-et-Loire (Les Républicains)
  • Christine PIRES-BEAUNE, Députée du Puy-de-Dôme (Socialistes et Apparentés)
  • Sebastien PLA, Sénateur de l’Aude (Socialistes)
  • Kristina PLUCHET, Sénatrice de l’Eure (Les Républicains)
  • Rémy POINTEREAU, Sénateur du Cher (Les Républicains)
  • Valérie RABAULT, Députée du Tarn-et-Garonne (Socialistes et Apparentés)
  • Richard RAMOS, Député du Loiret (Modem)
  • Rémi REBEYROTTE, Député de Saône-et-Loire (LREM)
  • Vincent ROLLAND, Député de la Savoie (Les Républicains)
  • Claudia ROUAUX, Députée de l’Ille-et-Vilaine (Socialistes et Apparentés)
  • Fabien ROUSSEL, Député du Nord (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Isabelle SANTIAGO, Députée du Val de Marne (Socialistes et Apparentés)
  • Stéphane SAUTAREL, Sénateur du Cantal (Les Républicains)
  • Denise SAINT-PÊ, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques (Union Centriste)
  • Anne SANDER, Députée européenne (Parti Populaire Européen)
  • René-Paul SAVARY, Sénateur de la Marne (Les Républicains)
  • Michel SAVIN, Sénateur de l’Isère (Les Républicains)
  • Bruno SIDO, Sénateur de la Haute-Marne (Les Républicains)
  • Nadia SOLLOGOUB, Sénatrice de la Nièvre (Union Centriste)
  • Laurent SOMON, Sénateur de la Somme (Les Républicains)
  • Sylvie TOLMONT, Députée de la Sarthe (Socialistes et Apparentés)
  • Anne VENTALON, Sénatrice de l’Ardèche (Les Républicains)
  • Sylvie VERMEILLET, Sénatrice du Jura (Union Centriste)
  • Michèle VICTORY, Députée de l’Ardèche (Socialistes et Apparentés)
  • Jean Pierre VOGEL, Sénateur de la Sarthe (Les Républicains)
  • Dany WATTEBLED, Sénateur du Nord (Les Indépendants)

Covid-19 : « la France cumule les morts et la crise »

Covid-19 : « la France cumule les morts et la crise »

Pour Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’université d’Edimbourg, les stratégies du Brésil, de la Suède et de la France face à la pandémie de Covid-19, « si différentes soient-elles, ne sont pas raisonnables ».

A 36 ans, l’Américaine Devi Sridhar occupe la chaire de santé publique de l’université d’Edimbourg. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, elle conseille le gouvernement écossais dans sa politique sanitaire. Grâce à des mesures de restriction plus longues, l’Ecosse est parvenue à « écraser » la courbe des contaminations, explique-t-elle dans un entretien accordé au Monde, jugeant que les options retenues par le Brésil, la Suède ou la France « ne sont pas raisonnables ».

Quelle est la situation en Ecosse actuellement ?

Elle est bonne mais fragile. Au total, 48 % des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin et la campagne accélère. Notre espoir est d’avoir immunisé tous les adultes d’ici à la mi-juillet. Ensuite, nous regarderons ce qu’il en est des enfants, si des vaccins sont disponibles et sûrs. En parallèle, il y a une grande pression pour alléger les restrictions, car tous les indicateurs vont dans le bon sens.

Hier, pour la première fois depuis des mois, nous n’avons enregistré aucun mort. Le secteur économique voudrait tout reprendre normalement. Nous leur demandons d’être patients : nous allons alléger pas à pas les restrictions, d’ici au 26 avril. Nous avons commencé, en vérité. Mais nous ne voulons pas repartir trop vite et subir une troisième vague. C’est un moment de transition délicat mais encourageant.

Le calendrier est-il déjà établi ?

Oui, et annoncé. Fin février, nous avons rouvert les écoles maternelles et élémentaires, début mars l’enseignement secondaire, avec des effectifs réduits de 50 %. Début avril, nous réautoriserons toutes les activités extérieures et, fin avril, ce sera le retour à la normale, y compris les rassemblements intérieurs. Mais nous suivons les chiffres de très près pour nous assurer que ce calendrier est compatible avec l’évolution de l’épidémie. Nous vaccinons, nous testons en masse et nous suivons le virus dans les eaux usées pour confirmer ce recul.

Quelle a été la particularité de l’approche écossaise ?

Elle s’est mise en place en avril 2020. Jusque-là, nous suivions la position anglaise. Mais, quand le gouvernement britannique a indiqué qu’il voulait juste aplatir la courbe, nous avons estimé que nous pouvions faire mieux que ça : l’écraser. Et nous l’avons fait, grâce à des mesures de restriction plus longues. Le virus avait à peu près disparu d’Ecosse l’été dernier. Pendant un mois, plus aucun mort, plus d’hospitalisations. Mais, en août, le tourisme a repris, sans quarantaine. Et la deuxième vague est arrivée. Lentement d’abord. En octobre et novembre, tout était encore ouvert, la situation semblait maîtrisée. Mais, avec le variant B.1.1.7, à la fois plus contagieux et plus sévère, nous avons été contraints de mettre en place un confinement dur.

 

La crise: près de 70 % des cadres en quête de sens

La crise: près de 70 % des cadres en quête de sens

 

 

 

 

68% des cadres souhaitent « changer de poste, de métier, d’entreprise, quitter le statut de salarié et/ou réaliser une mobilité géographique dans les deux ans à venir », révèle une enquête IFOP-freelance.com.

 

40% d’entre eux déclarent avoir déjà « eu envie de démissionner ces derniers mois », selon une enquête IFOP avec la plateforme freelance.com publiée ce mardi.

 

Les préoccupations des cadres sont surtout centrées sur des problèmes de quête de sens et de localisation géographique. Le développement du télétravail a de ce point de vue agit comme une sorte de révélateur des aspirations profondes.

 

78% d’entre eux souhaitent pouvoir travailler à distance « au moins un jour par semaine », note l’étude IFOP-freelance.com.

 

Face à leur quête de « sens », de nombreux experts, comme l’anthropologue David Graeber, affirment que la crise du Covid-19 a mis en lumière les « bullshit jobs », en particulier dans ces professions. « Beaucoup de personnes, notamment chez les cols blancs c’est-à-dire les managers et les cadres du secteur privé comme public, prétendent travailler énormément tout en suspectant leur travail d’être dénué d’une réelle utilité », déclarait-il fin avril 2020 dans une interview à GoodPlanet’Mag.

 

Crise sanitaire : la responsabilité à la place de la contrainte

Crise  sanitaire : la responsabilité à la place de la contrainte

La politique sanitaire mise en place est responsable de dégâts collatéraux inquiétants, soulignent une vingtaine de professionnels de santé, qui plaident pour alléger les contraintes chez l’enfant et le jeune adulte et renforcer la protection des personnes à risque. (Tribune dans le monde)

Tribune.

 

Voilà maintenant un an que la vie des Français a été bouleversée par la crise sanitaire et la mise en place de mesures aussi fortes qu’inédites, toutes prises au nom de la santé de nos concitoyens. Cet anniversaire doit être pour nous l’occasion d’en dresser le bilan.

Au début de l’épidémie, à la lumière des premières données qui laissaient alors craindre une mortalité très élevée, et dans l’attente d’un traitement efficace et de lits d’hospitalisation en nombre suffisant pour soigner les malades, il était alors acceptable pour chacun d’entre nous de se trouver transitoirement confiné puis de se voir imposer un certain nombre de gestes barrières « pour se protéger et protéger les autres ». Or, aujourd’hui, les termes de ce contrat social ont beaucoup évolué.

Après un an de recul, la maladie est mieux connue. Les statistiques de décès montrent qu’elle n’est pas aussi mortelle que ce que l’on avait initialement craint. La population à risque de formes graves est assez clairement identifiée et est principalement constituée des personnes très âgées et/ou atteintes de comorbidités particulières. Par ailleurs, la prise en charge médicale des formes sévères s’est considérablement améliorée et a permis de diminuer notablement la mortalité.

Le caractère transitoire des mesures sanitaires instaurées est par ailleurs remis en question devant l’émergence de multiples variants, car l’infection préalable par le virus semble ne pas protéger de ceux-ci. De ce fait, une sortie de crise à court ou moyen terme par l’immunité collective, passive ou vaccinale, apparaît compromise.

Les contraintes sanitaires ont été présentées à la population, et acceptées par celle-ci, comme une nécessité transitoire dans le but de ne pas déborder la capacité d’accueil hospitalière. Pourtant, après un an, le nombre de lits d’hospitalisation et de réanimation n’a toujours pas été revu à la hausse, ni le nombre de personnels paramédicaux et médicaux spécialisés.

La politique sanitaire mise en place est responsable de dégâts collatéraux inquiétants. Ainsi, la sédentarisation de la population, et notamment celle des enfants (rapport de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, décembre 2020) confrontés au confinement, à la fermeture des salles de sport, aux contraintes sanitaires pesant sur les activités sportives à l’école, entre autres, entraîne une prise de poids d’une partie importante de la population qui risque d’avoir des conséquences sur leur santé à long terme, ainsi qu’une consommation de temps d’écran toujours plus importante, notamment pour ce qui concerne les enfants et adolescents.

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

La crise sanitaire : un coût au doigt mouillé de 160 milliards

Le ministre des comptes publics Olivier Dussopt, dont il faut rappeler qu’il a été élu sur une liste PS et que sitôt élu il a rejoint Macron fait encore dans l’approximation en matière de coût de la crise sanitaire. Jusque-là le chiffre officiel visant à quantifier les conséquences de la crise sanitaire tournait autour de 200 milliards.

Mais sans doute pour montrer que le gouvernement n’oublie pas les impératifs de gestion, le ministre des comptes publics précises que cette somme est ramenée à 160 milliards. Un chiffre tout à fait approximatif en effet car il n’y a pas que les dépenses budgétaires à prendre en compte mais aussi toutes les conséquences sur d’autres comptes sociaux comme par exemple celui de l’indemnisation du chômage, celui de la sécurité sociale ou des retraites complémentaires. Sans parler des dépenses à venir concernant un chômage qui malheureusement n’est pas près de retrouver ses niveaux de fin 2019. Olivier Dussopt  précise toutefois que ce chiffre n’est pas définitif.

En janvier, le ministère de l’Economie avait indiqué que l’Etat avait engagé sur son seul périmètre (hors collectivités et sécurité sociale) près de 42 milliards d’euros de dépenses d’urgence en 2020, dont 17,8 milliards pour le chômage partiel (une partie étant financée par l’Unedic), 12 milliards pour le fonds de solidarité, 4 milliards pour financer les exonérations de cotisations sociales et 8 milliards de soutien aux entreprises publiques. A cela s’ajoute un manque à gagner de 37,1 milliards d’euros de recettes fiscales (TVA, impôt sur les sociétés, etc.) par rapport aux prévisions valables avant la crise.

Dans le champ de la sécurité sociale, il faut compter les dépenses exceptionnelles liées à la pandémie (masques, tests, arrêts de travail) ou encore les pertes de recettes de cotisations sociales par rapport à une situation économique normale.

Notons qu’il n’y a pas si longtemps–sans doute pour améliorer son image d’ancien socialiste–le ministre des comptes publics avait déclaré qu’il faudrait rapidement mettre fin ax quoi qu’il en coûte. Désavoué d’une certaine manière par le gouvernement, il déclare maintenant que compte tenu de la situation sanitaire que «nous ne pouvons pas répondre à cette question de la date de fin du quoi qu’il en coûte». . Dussopt a nettement amendé son propos et indiqué qu’il faudra en sortir progressivement à mesure que la crise s’estompe. Bref un changement de direction qui caractérise ce transfert du parti socialiste

Brésil: nette hausse du taux directeur de la Banque

Crise sanitaire : Macron paralysé

Crise sanitaire : Macron paralysé

De toute évidence, Macron est paralysé par les éventuelles réactions à des mesures restrictives qui vont s’imposer pour les régions les plus contaminées notamment en Île-de-France. Il y a déjà plusieurs semaines que les indicateurs sont dans le rouge. Plus la situation s’aggrave et plus le président de la république se fait discret laissant au premier ministre le soin de parler dans le vide. La vérité sans doute, c’est que Macron est complètement apeuré par une situation un peu dramatique malheureusement le courage n’est pas sa principale qualité.

On sait que l’opinion publique en général est hostile à un recours au  confinement général. Pourtant le pays ne peut pas attendre d’avoir 50 000 contaminés par jour voire davantage pour prendre des mesures à la hauteur de l’enjeu même si ces dernières sont impopulaires. Le pire sans doute c’est qu’on va décider pour la région parisienne notamment une espèce de confinement le week-end. Ce qui permettra à environ 20 % de la population parisienne de partir en week-end et de mieux contaminer toute la province.

Crise sanitaire: trop de sévérité vis-à-vis de l’Europe

Crise sanitaire: trop de sévérité vis-à-vis de l’Europe

Jean-Dominique Giuliani ,  président de la Fondation Robert Schuman considère que les critiques vis-à-vis de l’Europe excessives(dans l’Opinion)

Comment expliquer la débandade actuelle autour du vaccin d’AstraZeneca ?

On se précipite un peu trop pour juger. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui a payé ses vaccins à des prix exorbitants, sont présentés comme des modèles, mais ils ont enregistré à ce jour beaucoup plus de morts que tous les autres. Israël est aussi montré en exemple mais il a accepté de donner toutes les données personnelles de ses habitants à Pfizer. Ce serait impossible chez nous.

Depuis le début de cette crise, l’extrême sensibilité des opinions entraîne celle des gouvernements. Résultat, c’est bretelle, ceinture et parapluie dès qu’il se passe quelque chose. Cette course aux vaccins est suspecte aux yeux de tous les gens un peu sensés. Qu’il y ait une mauvaise surprise avec AstraZeneca – et il n’y en a pas plus qu’avec les autres – fait qu’un mort en Norvège suscite la peur dans toute l’Europe. On n’accepte même pas les risques inhérents à tout vaccin. Quand les gouvernements mis sous pression – quand ils ne sont pas terrorisés par le corps médical qui affiche ses divisions sur la place publique – suspendent les campagnes de vaccination avant de la reprendre bientôt, on est dans le royaume des fous.

Bruxelles n’a-t-il pas failli à cette occasion ?

C’est incontrôlable et ce n’est pas dans ses compétences. On peut le regretter.

« Imaginez qu’on n’ait pas négocié ensemble : les petits pays européens n’auraient pas de vaccins parce qu’ils n’auraient pas été en mesure de négocier avec les grands labos »

On l’accuse d’avoir négocié les prix plutôt que les quantités

D’abord, ce sont des pré-achats, des pré-financements. C’était plutôt intelligent. La réalisation a été un peu gâchée administrativement à Bruxelles, comme elle aurait pu l’être en France ou ailleurs, par un mélange de juridisme et de bureaucratie. Mais d’ici à deux à trois mois, on verra que c’est l’Europe qui fabriquera le plus de vaccins dans le monde. En un an, on a découvert des principes actifs extraordinaires pour lutter contre ce virus, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils soient industrialisés à des milliards de doses en six mois. Imaginez aussi qu’on n’ait pas négocié ensemble : tous les petits pays européens n’auraient pas de vaccins parce qu’ils n’auraient pas été en mesure de négocier avec les grands labos. Ils se seraient fait racketter.

Les autres sont allés très vite, mais regardez les Russes. Ils ont des biologistes d’une très grande qualité – on sait que les poisons sont une spécialité du pays – mais ils sont incapables de vacciner leur population et de produire en grand nombre. C’est un peu comme les Chinois qui se sont targués, l’an dernier, de nous avoir fourni les masques en oubliant qu’au mois de janvier c’était la France qui leur en avait envoyés ! Là, c’est pareil, l’histoire n’est pas finie.

L’Union européenne a-t-elle été naïve ?

Non, elle a été lente, obnubilée par le principe de précaution mais pas plus que l’Allemagne ou la France. Aujourd’hui, la mise en œuvre est compliquée mais les critiques sont un peu excessives. Dans quelques mois, tout cela sera rentré dans l’ordre.

Crise: une opportunité pour changer de vie

 Crise: une opportunité pour changer de vie

 

La crise est peut-être une opportunité pour redonner un sens à la vie estiment  Jean-Christophe Fromantin maire de Neuilly-sur-Seine, délégué général du Forum de l’Universel et Jean-Robert Pitte, géographe, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques dans le journal l’Opinion.

La géographie mérite d’être interrogée à l’aune de la crise du Covid-19. Elle est la science des espaces, des mouvements, de la curiosité et des relations humaines ; l’inverse de ce que nous vivons. Alors que dit-elle quand trois milliards d’individus confinés sont privés de toutes ces dimensions ? Dans ce siècle dont la technologie a accéléré les métamorphoses jusqu’à lui reprocher de dénaturer l’essentiel, quelle lecture pouvons-nous oser ?

Avant tout, relativisons les effets de cette accélération. La pandémie n’est pas la conséquence d’un désordre géographique. La peste, le choléra ou la grippe espagnole, n’ont pas eu besoin de la mondialisation pour se répandre sur plusieurs continents. Ces crises font partie de l’humanité. Le vrai sujet, c’est l’urgence d’une réflexion sur notre destinée sur terre. Pourquoi vivons-nous ? Deux dimensions dont nous avons besoin, font également défaut : celle par laquelle nous ambitionnons de promouvoir la diversité du monde et celle grâce à laquelle se développe notre sens de l’émerveillement.

La géographie s’étudie et prospère grâce à la diversité du monde. Nos villes et nos villages, nos montagnes, nos fleuves et nos océans, fondent cette diversité et la richesse de nos cultures. Ces cultures façonnent nos identités, lesquelles ne vivent que parce qu’elles sont ouvertes et parce qu’elles s’enrichissent de celles des autres. Elles révèlent nos économies dans leurs capacités à se différencier et à jouer un rôle dans le commerce mondial. Sans la diversité du monde, sans les cultures, les économies s’effondrent et l’espérance s’efface. Or, notre développement se construit dans une asymétrie territoriale.

Partout dans le monde, des territoires se vident, quand d’autres débordent. Même si nous payons l’absence de politique d’aménagement du territoire, ce n’est pas une fatalité. La période actuelle montre à quel point la pensée humaine réagit au risque de l’urbanisation. Non pas contre les villes — elles sont de bouillonnants lieux de vie —, mais pour rappeler l’attractivité naturelle des territoires ; pour rappeler également une finalité politique, essentielle, universelle : celle qui permet à chacun de vivre confortablement là où il se trouve. C’est sans doute le premier défi de l’innovation : qu’elle nous rende libre de vivre loin des villes avec les mêmes standards de service, d’éducation ou de santé.

« Si nous faisons de cette crise une conséquence de la mondialisation ou du réchauffement climatique, elle risque de nous conduire dans une impasse »

«Choc d’émerveillement». C’est pourquoi nous défendons « un choc d’émerveillement » pour nous rappeler de ne pas limiter notre horizon à ce que nous croyons connaître, et appeler au contraire à explorer. Même aujourd’hui, contraints de se déplacer dans un rayon d’un kilomètre autour de chez nous, il y a tant à découvrir. Cette quête d’une expérience authentique avait été rappelée par les jeunes mobilisés pour préparer la candidature à l’Exposition universelle de 2025. Ils faisaient remarquer combien hospitalité et diversité étaient liées. Mais aussi combien l’émerveillement conditionnait l’intensité de l’expérience vécue. Apprenons à regarder le monde là où les gens vivent pour ne pas désespérer d’une uniformité de façade. La crise que nous traversons peut nous donner à redécouvrir une altérité sociale et culturelle. Redécouvrons l’importance de l’autre, ses talents et les richesses de notre diversité.

Si nous faisons de cette crise une conséquence de la mondialisation ou du réchauffement climatique, elle risque de nous conduire dans une impasse. Elle doit au contraire nous interpeller sur nos projets de vie. Or, les mondes s’emboitent comme les matriochkas. De la plus petite, là où nous vivons, à la plus grande : à chaque échelle ses enjeux, l’une protège l’autre et les parties sont indissociables du tout. L’unité se façonne dans la diversité comprise et partagée. C’est sans doute cela que nous rappelle inlassablement la géographie.

Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly-sur-Seine, délégué général du Forum de l’Universel et Jean-Robert Pitte, géographe, est secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques.

Crise sanitaire :  » Arrêter la dérive bureaucratique »

Crise sanitaire :  » Arrêter la dérive bureaucratique »

Quelle est la force juridique des protocoles sanitaires que l’Etat impose aux entreprises ? La réponse de Stéphane Bloch, avocat-associé du cabinet Flichy Grangé, membre du bureau d’AvoSial.

 

Stéphane Bloch est avocat-associé au cabinet Flichy Grangé, membre du bureau d’AvoSial.

Le 3 mars, le Conseil d’Etat a suspendu l’interdiction générale et absolue de sortie des résidents des Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Depuis un an, les pouvoirs publics ne cessent d’adresser des recommandations aux entreprises. Quelle est leur valeur juridique ?

Elles ont pris différentes formes, protocoles, questions-réponses, guides de bonnes pratiques. Avec la crise, le droit souple, hérité de la soft law, prend une ampleur particulière. Dans l’esprit de leurs rédacteurs, ces documents doivent être suivis d’effets. Mais la plupart d’entre eux n’ont pas de force directement contraignante. Par exemple, quand un protocole impose le port du masque en entreprise, le ton du texte est impératif, mais il s’agit de la déclinaison concrète de l’article L 4121-1 du code du travail qui pose une obligation de santé et de sécurité des entreprises envers leurs salariés. Le protocole n’est pas réellement impératif en soi, mais il rappelle des règles impératives contraignantes.

Que dit le Conseil d’Etat à ce sujet ?

Il inaugure sa jurisprudence de la crise sanitaire, en droit du travail, par une ordonnance du 29 mai 2020 à propos des fontaines à eau dans les entreprises. Le ministère du Travail avait publié sur son site des fiches conseils recommandant aux entreprises de suspendre leur utilisation. Le Conseil d’Etat, considérant que la publication de ces fiches était purement informative, a estimé qu’elles ne pouvaient faire l’objet d’un recours.

Depuis, il a évolué ?

Disons plutôt que les cas qui lui ont ensuite été soumis étaient un peu différents. Dans deux ordonnances des 19 octobre 2020, sur le port du masque, et 17 décembre 2020, sur le télétravail, il considère que le protocole a des « effets notables » — le mot a son importance — sur la vie des salariés : un ordre est donné aux entreprises. Il s’estime alors compétent pour apprécier la légalité des dispositions contestées.

« Au plan des principes, on peut se demander si le ministère du Travail n’usurpe pas un pouvoir décisionnaire sous l’œil bienveillant du Conseil d’Etat »

Comment interprétez- vous cette évolution ?

Elle fait écho à une décision importante, l’arrêt Gisti,du 12 juin 2020. Rien à voir avec la crise sanitaire, mais le Conseil d’Etat pose la règle que les documents de portée générale peuvent être déférés au juge administratif lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir des « effets notables » sur les droits ou la situation des justiciables. Les décisions relatives au port du masque et au télétravail présentent ces caractéristiques. Il considère cependant, au stade du référé, qu’il n’y a rien dans ces prescriptions d’évidemment contraire à la légalité. Prenons garde aux termes : dire qu’il n’existe aucun doute sérieux sur la légalité ne vaut pas brevet de légalité. Il faudra attendre le jugement au fond pour avoir confirmation ou non de cette analyse.

Pourtant, vous vous interrogez ?

A ce stade, j’identifie en effet une contradiction entre cette décision et l’accord national interprofessionnel entre partenaires sociaux du 26 novembre sur le télétravail : il y est dit que le recours au télétravail relève du pouvoir de direction de l’employeur. Le Conseil d’Etat semble, de son côté, valider l’idée selon laquelle le ministre pourrait imposer le télétravail. Au plan des principes, on peut se demander si le ministère du Travail n’usurpe pas un pouvoir décisionnaire sous l’œil bienveillant du Conseil d’Etat.

Le Conseil d’Etat vient de prendre une nouvelle décision qui va plutôt dans votre sens.

Il était saisi d’une recommandation du ministère de la Santé interdisant les sorties aux résidents des Ehpad. Le 3 mars 2021, il qualifie cette recommandation de prescription. Il juge que cette interdiction, par son caractère général et absolu, porte atteinte à la liberté d’aller et venir. On voit que le Conseil d’Etat semble se montrer plus attentif à cette liberté fondamentale. De mon point de vue, il faut qu’il encadre la multiplication de ces technos-normes, cette dérive normative des administrations.

Quels conseils pratiques donner aux entreprises ?

Prenons, l’exemple des tests : au début, leur usage en entreprise n’est pas autorisé. Pourtant certaines d’entre elles, voulant bien faire, souhaitent les mettre en place. De son côté, le ministère, soucieux des risques, a tendance à interdire, on peut le comprendre. Progressivement, les positions se rapprochent et la pratique des tests est autorisée de façon encadrée. De manière plus générale, je dirais aux entreprises que la norme impérative cardinale, c’est l’obligation de sécurité et de santé de l’employeur. Il est difficile de ne pas se soumettre à une recommandation qui va dans ce sens, quels que soient les débats juridiques. Mais il est légitime de poser la question du respect des libertés publiques dans un Etat de droit.

L’avenir s’annonce… agité. « Avec la raison d’être et le statut d’entreprise à mission, les groupes français font énormément d’efforts sur tout ce qui touche à l’extra-financier, bien davantage que ce que pratiquent les anglo-saxons, poursuit l’expert de Proxinvest. Cela rend la vie du dirigeant beaucoup plus compliquée. Il doit rendre des comptes sur la rentabilité financière et sur tous les critères ESG. Les motifs de reproche ne font qu’augmenter ».

C’est d’ailleurs en critiquant une double faiblesse chez Danone, sa performance boursière et le « G » de sa gouvernance, que le fonds Artisan Partners a construit son opération de déstabilisation d’Emmanuel Faber. « La nomination d’une nouvelle direction et une meilleure gouvernance renforceront l’entreprise pour le bénéfice de toutes les parties prenantes », a salué lundi l’investisseur américain à l’annonce de son remplacement par Gilles Schnepp. La mésaventure de Danone risque de faire une mauvaise pub à la raison d’être et de calmer les ardeurs des aspirants « missionnaires ».

L’intérim en pleine crise

  • L’intérim en pleine crise

 

 

On sait évidemment que l’intérim est la première variable d’ajustement. C’est aussi un indicateur avancé de la conjoncture. Or l’intérim est en pleine dépression. Alexandre Viros, le président du groupe Adecco, revient dans le journal la tribune sur l’état du marché de l’intérim en France et sur les difficiles prévisions des prochains mois.

 

 

Un an après le début du 1er confinement, comment se porte le marché de l’intérim en France ?

ALEXANDRE VIROS - Le secteur du travail intérimaire est le premier à réagir aux mouvements de l’économie en se contractant quand ça va mal et en progressant fortement quand ça reprend. Schématiquement, ce qu’on constate en France c’est que le travail intérimaire a perdu cinq ans en l’espace de douze mois puisque le volume de l’intérim en 2020 équivaut à celui de 2015. Parallèlement, le taux de chômage est celui de 2016. Sur le marché de l’emploi, on peut donc considérer que quatre à cinq ans de progrès se sont évaporés. Pour autant, on n’est pas du tout devant une situation uniforme. Il y a des différences très marquées entre les secteurs d’activité, beaucoup plus que lors de la crise de 2008.

Quelles sont les grandes tendances que vous constatez sur le marché du travail ?

Cette crise est particulièrement hétérogène. Il y a des métiers et secteurs économiques à l’arrêt, très atteint et probablement durablement atteint. C’est le cas du tourisme, de l’évènementiel, des métiers de bouche, des cafés, hôtels et restaurants. C’est aussi le cas de l’aéronautique avec aucune projection de reprise à moyen terme, ce qui implique des changements assez profonds puisqu’on peut, par exemple, se demander si les voyages d’affaires retrouveront un jour leur niveau d’avant la crise.

Covid: une crise qui répand la terreur

 

Covid:  une crise qui répand la terreur

 

Le grand intellectuel Marcel Gauchet  tire un premier bilan des choix faits par les autorités pour faire face à l’épidémie et de la façon dont les Français les ont vécus. Défaut de discussion politique, dysfonctionnements de l’administration sanitaire, affaiblissement des scientifiques auront notamment marqué, à ses yeux, cette année de pandémie.

« Le XXIe siècle ne sera pas une promenade de santé ​», disiez-vous en 2017. Comment va la France, un an après le début de la crise sanitaire ?

Elle est assommée. Elle a connu un choc énorme, elle ne comprend toujours pas très bien ce qui lui arrive, elle ne sait pas trop à quel saint se vouer. Elle ne sent pas une direction claire se dessiner devant elle. Ce n’est pas simplement une question de dirigeants, c’est qu’on a rarement été dans une telle situation d’incertitude. C’est le paradoxe de cette épidémie : ce n’est pas la peste noire, elle n’a pas créé la terreur, mais elle nous laisse dans une profonde inquiétude vis-à-vis de ce qui peut advenir à partir d’une situation à laquelle, globalement, la masse de la population est résignée.

L’inquiétude porte sur « que sera demain ? »

Oui. Ce n’est pas une maladie dramatique, mais on est dans une situation d’incompréhension exacte de ce qui se passe. C’est l’inconnu. Face à une épidémie de choléra, on sait comment faire, on a les instruments. Là, on ne sait pas bien. Et pour l’immense majorité de la population, c’est une maladie abstraite. Certes, elle peut vous tomber dessus, mais la grande masse de la population vit sans même connaître de gens qui ont eu la Covid. C’est lointain et en même temps anxiogène au possible, pas seulement en fonction du risque de tomber malade, mais de ce qu’il peut résulter de la mise à l’arrêt de la vie sociale

Durant la crise, le Parlement est devenu une chambre d’enregistrement, la présidentialisation du régime s’est accrue. La démocratie libérale a-t-elle montré ses limites ?

C’est le choix du Président et je pense que c’est une erreur politique. Il me semble que si les différentes options face à cette maladie (confinement, couvre-feu, démarches diverses) avaient pu être discutées publiquement, dans un contexte où l’opinion était mobilisée, on aurait gagné beaucoup d’apaisement et aussi de sentiment de mieux maîtriser la situation. Il y aurait eu moins de passivité inquiète dans la population. Le traitement politique n’a pas été le bon.

«Il y a eu un déshabillage des autorités en tout genre dans cette crise sanitaire. Les autorités politiques flottaient dans le plus grand flou tout en jouant une autorité surfaite, à la mesure même de leur incertitude»

On a infantilisé les Français?

Oui, de la part de gens qui, en plus, n’ont pas d’autorité pour parler. Il y a eu un déshabillage des autorités en tout genre dans cette crise sanitaire. Les autorités politiques flottaient dans le plus grand flou tout en jouant une autorité surfaite, à la mesure même de leur incertitude. Une vraie discussion publique aurait été salutaire, au risque de perdre un peu de temps, mais on en a perdu beaucoup de toute façon. Ce n’était pas sur les plateaux de télé qu’il fallait discuter, mais au Parlement.

Les scientifiques ont-ils pris le pouvoir pendant cette crise?

Pas vraiment. Les plus naïfs d’entre eux ont tenté le coup d’Etat, dans l’idée qu’on allait enfin confier la décision aux gens qui s’y connaissent, mais cela n’a pas été probant. Je crois que l’autorité de la science, et de la science médicale plus précisément, en a pris un sérieux coup dans l’esprit des populations au cours de cette crise.

Parce qu’ils se contredisaient?

Pas seulement, aussi parce qu’ils étaient démentis par les faits. Il y a deux sortes de science : il y a la science faite, sur laquelle tout le monde est d’accord. Et puis il y a la science à faire face à l’inconnu. Cela nous a valu une leçon d’épistémologie en direct: les gens ont découvert que les scientifiques, face à l’inconnu, pataugeaient autant qu’eux, sauf qu’ils ont eux des moyens d’affronter l’inconnu, que vous ou moi n’avons pas. Du coup, l’effet fâcheux, c’est d’avoir accrédité l’idée que finalement, même sur le connu, ils n’en connaissent pas tant que ça. Je pense qu’il y aura un dégât considérable de l’autorité des scientifiques dans la société.

L’administration a été défaillante à plusieurs reprises, sur les masques, les tests ou la campagne de vaccination. Quelle leçon en tirer ?

Il est acquis que l’administration sanitaire ne coupera pas à un sérieux examen de son organisation, de ses procédures, de sa manière de fonctionner. En revanche, le ministère des Finances a su mettre sur pied en un temps record un dispositif d’indemnisation des entreprises efficace. Le tableau est contrasté : il y a des pans entiers d’administration qui dysfonctionnent, d’autres qui sont performants… C’est d’ailleurs cela qui complique tous les bilans sur la bureaucratie française : cela demande une analyse très fine.

«Ce qui a été vécu par beaucoup comme persécutif, ce sont ces formulaires absurdes. Mais cela ne mettait pas en cause des libertés fondamentales, ça mettait la gestion de ces libertés sous un contrôle pénible»

«​ Les libertés ont été réduites, mais jamais à des niveaux non conformes à nos standards ​», a dit Emmanuel Macron mercredi en Conseil des ministres. Partagez-vous ce constat ?

Globalement, oui. Il ne faut pas confondre liberté et encadrement bureaucratique de cette liberté. Ce qui a été vécu par beaucoup comme persécutif, ce sont ces formulaires absurdes. Mais cela ne mettait pas en cause des libertés fondamentales, ça mettait la gestion de ces libertés sous un contrôle pénible. Une liberté fondamentale nous est restée, et nous en avons fait grand usage : la liberté de parole. Cette crise a été l’occasion d’une grande conversation civique. En général, dans les pays autoritaires, on commence par supprimer la liberté de critiquer le gouvernement, c’est plus sûr. Nous avons eu la possibilité de protester contre les atteintes aux libertés, y compris en exagérant un peu.

La société a tout de même dû accepter, durant le premier confinement, au nom de l’urgence sanitaire, de ne plus rendre visite aux aînés, de ne plus honorer ses morts…

C’était une aberration. Cela fait partie des erreurs d’appréciation qui ont été commises. L’action publique a péché dans ce premier confinement par absence de sens concret de l’humanité. Heureusement, la protestation collective a ramené le gouvernement à de meilleurs sentiments.

«L’illusion serait de penser que le keynésianisme radical a gagné à tout jamais. Je n’en crois rien»

Le « ​quoi qu’il en coûte ​» macronien signe-t-il la fin du néolibéralisme ou s’agit-il d’une parenthèse ?

L’idée que l’époque du « free lunch », comme diraient les économistes, est arrivée, me paraît une fiction totale. C’est une parenthèse, qui ne permet pas de tirer des conclusions pour la suite. Et la suite risque d’être sévère. L’illusion serait de penser que le keynésianisme radical a gagné à tout jamais. Je n’en crois rien.

Les contraintes dans lesquelles nous allons retomber ne vont-elles pas être plus difficiles à accepter, maintenant que l’on a connu « ​l’argent magique ​» ?

Oui et non, car la population ne manque pas de bon sens. L’idée que la création monétaire illimitée est la réponse à tous les maux de l’humanité, que nous aurions trouvé la martingale d’un univers sans contrainte où il suffit d’imprimer de la monnaie, c’est magnifique, mais je doute que ce jour de la fin de l’histoire soit arrivé. Je suis même convaincu du contraire.

On a quand même vu le revenu universel revenir dans le débat…

Evidemment, on a vu toutes les démagogies refleurir ! De l’écologie la plus collapsologique jusqu’aux libertaires radicaux rejetant toutes les contraintes. Pourquoi pas le revenu universel ? Ce que l’on a vécu est d’ailleurs un épisode de revenu universel, d’une certaine manière. Mais que cet état temporaire accrédite l’idée de façon définitive, je ne le crois pas.

«Le refus des aventures constituent un barrage, dont je ne vois pas que l’extrême droite soit capable de le franchir, sauf catastrophe liée à l’issue de la crise»

Le choix d’approvisionnement européen en vaccins est-il un succès ?

Je ne crois pas. Cela n’a fait que montrer ce qu’on sait très bien : l’Union européenne est une machine extrêmement lourde, à laquelle il ne faut pas demander de répondre à des situations d’urgence. Les gens qui plaident pour la subsidiarité ont à mon sens trouvé là un très bon argument empirique.

A qui profiteront tous ces morts ? L’extrême droite est-elle aux portes du pouvoir ?

J’ai peine à le croire. Elle est très haute. Mais ce qu’a montré cette crise sanitaire, c’est que la prudence est profondément ancrée dans les têtes, et c’est ce qui a fait que la population s’est accommodée d’une situation très pénible pour beaucoup. Je crois que cette prudence, ce refus des aventures constituent un barrage, dont je ne vois pas que l’extrême droite soit capable de le franchir, sauf catastrophe liée à l’issue de la crise. Nous sommes dans des pays dont le défaut est l’inertie, mais la vertu est la prudence. Je crois que la peur du saut dans l’inconnu constitue le vrai plafond de verre pour l’extrême droite

Une crise sanitaire sans précédent

Une  crise sanitaire sans précédent

 

La  chronique de t député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe dans l’Opinion

C’était il y a un an, presque jour pour jour, l’Europe se repliait sur elle-même, les Européens étaient priés de rester chez eux et de réorganiser leur vie. Face à ce coronavirus impitoyable et mortel, nos systèmes de santé ont été soumis à très rude épreuve. Et chaque jour depuis un an, s’égrène la funeste liste de ceux et celles qui nous ont quitté. Chaque mort est un drame, chaque décès est un de trop.

Sans attendre, il nous a fallu réagir, individuellement et collectivement. Nous l’avons fait ou tenté de le faire, chacun, renouant aussi avec des gestes de solidarité et d’entraide. Nous avons fait en sorte de concilier des vies personnelle et professionnelle bousculées.

L’Europe et les gouvernements se sont également mobilisés. Comme jamais. Je lis et entends ici et là que l’Europe n’a pas su protéger ses citoyens. Rien n’est plus faux. Certes, on peut regretter de ne pas avoir fait plus, mieux, plus vite. Lors de la crise de l’euro, il a fallu près de deux ans à nos institutions politiques et financières pour réagir. En 2020, c’est en quelques semaines que l’UE et les Etats membres se sont donné les moyens de répondre massivement à la crise économique, sociale et sanitaire.

Nous sommes parvenus, et ce n’est pas le moindre des acquis, à poser les bases d’une ambitieuse Union européenne de la santé

Autonomie stratégique. Les montants engagés sont colossaux, plus de 4,2 trillions d’euros. Nous avons créé de nouveaux instruments, tel que le dispositif SURE pour soutenir le financement du chômage partiel ou encore l’Initiative d’investissement en réaction au coronavirus. En juillet dernier, à l’issue d’une difficile négociation, les Européens ont brisé le tabou d’un endettement commun pour répondre à la crise avec un plan de relance de 750 milliards d’euros. Nous avons progressé sur la nécessité de nous doter enfin d’une véritable politique industrielle européenne et des moyens devant assurer notre autonomie stratégique.

Nous sommes parvenus également, et ce n’est pas le moindre des acquis, à poser les bases d’une ambitieuse Union européenne de la santé. Notre groupe Renew Europe a été en première ligne de cette bataille, avec la contribution déterminante des eurodéputés français de la délégation Renaissance. Les compétences et les moyens de l’Agence européenne du médicament et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies vont être ainsi sensiblement renforcés et une Autorité européenne pour la réaction aux urgences sanitaires verra bientôt le jour. Que de chemin parcouru en un an ! Mais loin de moi l’idée de me réjouir. La stratégie vaccinale décidée par l’Union européenne montre à quel point il est parfois difficile de coordonner nos efforts et nos moyens. Mais ne nous laissons pas distraire par ceux qui souhaiteraient voir l’Union européenne trébucher. Demeurons déterminés, il n’y a d’autre solution qu’européenne à cette crise sanitaire.

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique «Europa» est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE, chaque dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans le journal.

Crise sanitaire : un prochain confinement en région parisienne sévère car trop tardif

Crise sanitaire : un prochain confinement en région parisienne sévère car trop tardif

 

 

Il est clair que le gouvernement a trop tergiversé pour imposer de nouvelles mesures restrictives à la région parisienne contrainte maintenant d’évacuer nombre de malades vers la province. Pourtant tous les indicateurs étaient au rouge en particulier le taux d’incidence au-dessus de 400 quand il était autour de 200 en moyenne ailleurs. On a d’ailleurs imposé un confinement dans le nord de la France alors que la zone était moins touchée que la région parisienne.

En région parisienne les hôpitaux sont complètement saturés et la crise va encore s’intensifier avec le développement des variants qui représentent les deux tiers des infections et bientôt 90 %.

 « Ça monte beaucoup en Île-de-France. Le président ne veut pas reconfiner mais n’aura pas la main qui tremble s’il devait s’y résigner. Si on se prend l’ascenseur, on devra de toute façon fermer le robinet », « Il faut s’attendre à ce que de nouvelles mesures soient prises. » Pense-t-on de plus en plus dans la majorité. La piste d’un confinement est donc sur la table, pour bloquer la prolifération du variant britannique. « On suit avec attention les chiffres. Dans les écoles, les contaminations sont en tout cas contenues, le taux de positivité des tests est inférieur à 1 % », pointe un ministre, alors que des rumeurs sur une éventuelle fermeture des écoles circulent. « On n’en est pas là », nuance-t-on.

« Confiner l’Île-de-France alors qu’on est en plein dans l’anniversaire du premier confinement, le signal politique serait terrible », pensent nombre de membres de la majorité

Sondage gestion de la crise sanitaire: Seulement 38 % font confiance au gouvernement

Selon la dernière enquête Ifop pour le JDD*, seuls 38% des Français font confiance au gouvernement pour faire face à l’épidémie de coronavirus et mener à bien la campagne de vaccination. Un chiffre en légère amélioration par rapport à la fin janvier : les sondés étaient alors 36% à faire confiance au gouvernement pour gérer la crise et 37% pour mener la campagne vaccinale.

« Sur la gestion de la crise sanitaire, la défiance est enkystée », constate Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. Elle est majoritaire dans toutes les catégories de population. Seule exception : les sympathisants de La République en marche (LREM), dont plus des trois quarts affichent une confiance inébranlable dans l’exécutif.

 

 

Enquête IFOP pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 mars 2021, auprès d’un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 

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