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Sarkozy responsable de la crise des Républicains (Gilles Richard, historien)

Sarkozy responsable de la crise des Républicains (Gilles Richard, historien) 

 

 

 L’historien Gilles Richard attribue A Sarkozy la responsabilité de l’affaiblissement des Républicains dans une interview  au JDD.

 

Est-on en train d’assister à droite à une recomposition politique?
Nous sommes en train d’assister à une recomposition partisane. Mais la recomposition politique, elle, est déjà bien avancée. Le clivage droites/gauches tel que nous le connaissions remonte à la Révolution : si on était pour la République laïque, on était de gauche ; si on était contre, on était de droite. Puis la France est devenue républicaine et la question sociale s’est alors imposée comme question centrale. Cela permettait encore de classer les familles ­politiques à gauche ou à droite. Mais la crise profonde dans laquelle sont entrées les gauches depuis 1984 – avec le renoncement du PS à l’essentiel de son ­programme, la liquéfaction du PCF et la désyndicalisation – a permis l’émergence d’un nouveau clivage politique : la question nationale s’est substituée à la question sociale. Le clivage essentiel du débat politique oppose aujourd’hui les néolibéraux et les nationalistes. Pour les premiers – héritiers des orléanistes, chers à René Rémond, et des ­républicains modérés –, les règles du capitalisme sont la base de l’organisation de la société. S’y ajoute, depuis les années 1950, la défense d’une Europe conçue comme un vaste ensemble néolibéral. Pour les nationalistes, ce qui prime, c’est l’existence des nations, enracinées, éternelles. La France, grande nation, doit le rester en étant unie, en refusant la lutte des classes ainsi que la dissolution de son identité dans une Europe néolibérale sans âme ni frontières. C’est à partir de ce clivage qu’on peut comprendre la recomposition qui est en cours.

Ce clivage ne recouvre pas les frontières partisanes actuelles.
Non. On l’a bien vu lors du référendum européen de 2005 : le PS comme le RPR étaient coupés en deux. Ce nouveau clivage oblige donc peu à peu les partis à se ­réorganiser.

Dans ce contexte, qu’incarne Emmanuel Macron?
Emmanuel Macron est celui qui veut permettre aux néolibéraux de se réorganiser durablement en réunissant ceux venus du PS – Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Pascal Lamy, Pierre Moscovici ou Michel Sapin se situent clairement dans cette famille – et ceux venus de l’UDI ou des Républicains. Cette recomposition partisane se fait aujourd’hui autour de lui, mais elle aurait aussi bien pu se faire autour d’Alain Juppé, néolibéral convaincu qui défendait lors de la primaire de droite l’ »identité heureuse ».

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Quel est l’avenir des Républicains dans ce paysage?
Les Républicains paient ­aujourd’hui les dégâts du ­sarkozysme. En 2002, avec sa « maison bleue », Alain Juppé voulait créer un grand parti néolibéral européiste qui aurait rassemblé ­démocrates-chrétiens, radicaux et libéraux, capable d’attirer ­ensuite des socialistes type DSK. Mais c’est Nicolas Sarkozy qui a pris la main sur l’UMP. Lui aussi est néolibéral mais il a fait alors le choix tactique d’ajouter un discours identitaire pour ­capter l’électorat du Front national sans passer ­d’alliance avec lui. Cela lui a ­permis d’être élu en 2007, même s’il a perdu ensuite toutes les élections. Mais il a ainsi remodelé l’UMP rebaptisée LR sur une autre base militante, en partie ­nationaliste celle-là. ­Laurent Wauquiez tente aujourd’hui de faire du Sarkozy : néolibéral européiste de formation (il a été formé par Jacques Barrot), il tient un ­discours identitaire pour ­récupérer les ­électeurs du FN. Mais cela ne marchera pas : on ne peut pas être des deux côtés à la fois, ­attirer les électeurs nationalistes dans un parti ­favorable au ­maintien de la France dans une Europe néolibérale.

 

Y a-t-il un espace, dès lors, pour les Constructifs ou les juppéistes?
Non. Ils seront dans le pôle En marche. Si La République en marche parvient à se structurer en parti qui fonctionne (pour l’instant, cela patine encore un peu), elle pourra constituer une grande fédération néolibérale satellisant le MoDem, l’UDI et les Constructifs.

 

Où se situe Jean-Luc Mélenchon dans ce paysage, selon vous?
Jean-Luc Mélenchon est justement celui qui démontre que le clivage central est bien la question nationale. Il a accepté d’entrer – au moins partiellement – dans ce clivage avec son discours « jacobino-patriotique », d’où son succès, alors qu’un Benoît Hamon n’a obtenu qu’un score très faible à la présidentielle. C’est la première fois que le paysage politique se recompose ainsi autour d’une question centrale qui a été imposée par les nationalistes (le Front national, en l’occurrence), donc par une famille de droite. Jusque-là – que ce soit la République contre le pouvoir personnel au XIXe siècle ou la République sociale au XXe siècle –, c’est la gauche qui avait toujours imposé le clivage.

 

Quid de la « question sociale »? Elle n’a pas disparu…
Une question centrale ne résume pas toute la vie politique, bien sûr. Il y a toujours des luttes sociales aujourd’hui, mais il n’y a plus de force politique capable de porter cela et d’en faire le sujet central du débat politique. Il y a ­toujours des gens de gauche, mais les gauches sont en miettes.

 

* Professeur à l’université de Rennes 2, auteur d’ »Histoire des droites en France — De 1815 à nos jours », 592 p., Perrin, 2017.

Risque de nouvelle crise financière mondiale ?

Risque de nouvelle crise financière mondiale ?

L’endettement fait craindre   un risque de crise mondiale. Selon une étude de l’Institute of International Finance (IIF), publiée ce mercredi, l’ensemble des dettes accumulées à travers la planète représente désormais 226.000 milliards de dollars (192.000 milliards d’euros). Les risques d’une nouvelle bulle financière sont importants et leurs conséquences pourraient être encore plus néfastes que lors de la dernière crise. Les bulles sont nombreuses, elles affectent  le marché des actions dont les hausses sont complètement déconnectées des réalités économiques. Il y a aussi les bulles obligataires du fait  des rachats massifs des banques centrales et qui faussent les prix. Ce déversement massif de liquidités encourage toutes les spéculations et nourrit l’endettement. En raison  de taux insignifiants voir négatifs de nombreuses institutions financières d’assurance présentent des risques de faillite. Il suffirait du défaut d’un ou deux très gros établissement pour qu’une crise systémique s’enclenche. Le problème, c’est que d’une certaine manière les banques centrales sont solidaires dans leur fuite en avant de l’argent facile. La banque fédérale américaine a pris les devants et a entraîné dans son sillage les autres banques centrales, la banque centrale européenne et la banque centrale chinoise notamment. Il y a plusieurs années que la Fed doit remonter ses taux mais elles ne le fait que de manière homéopathique pour ne pas provoquer un choc fatal tant à la sphère financière qu’à la sphère économique. La banque centrale européenne suit la même trajectoire. En Chine, le risque concerne surtout l’endettement privé qui atteint 200 % du PIB. Enfin un peu partout dans le monde toujours une bulle spéculative immobilière dans les zones très denses tandis qu’au contraire dans les zones rurales les prix continue de s’écrouler. Le marché immobilier n’est plus destiné à réguler l’offre et la demande mais est devenu un enjeu spéculatif avec des prix complètement démentiels inaccessibles à la plupart des candidats au logement et transformé en hôtel pour touristes. les inquiétudes montent chez les analystes alors que les valorisations des marchés boursiers américains (exubérante pour certaines valeurs, tel Apple, à 800 milliards de dollars) atteignent des sommets inégalés, que les marchés européens marchent sur leurs pas, que l’indice britannique a atteint son plus haut historique cet été, et qu’en Chine, dans un marché très opaque, les montant des dettes privées atteint 200% du PIB. Et il n’est pas certain que le système financier mondial soit vraiment  sain dans son ensemble. Chaque fois que les cours de bourse ont atteint des niveaux équivalents à ce qu’ils connaissent aujourd’hui, on a connu des krachs majeurs, comme en 1929 ou en 2000 avec l’explosion de la bulle internet, rappellent les observateurs. En attendant des annonces des banquiers centraux, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’IIF, la dette mondiale représente 324 % de la production économique annuelle. Un niveau jugé inquiétant, d’autant plus que 1.700 milliards de dollars (1.440 milliards d’euros) de dettes devront être remboursées ou refinancées dans les pays en développement d’ici la fin 2018, sans que ceux-ci soient assurés de bénéficier de conditions de crédit bon marché.

Risque d’une nouvelle crise financière mondiale (Schäuble)

Risque d’une nouvelle crise financière  mondiale (Schäuble)

Le très orthodoxe ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble lance un nouvel appel à la prudence financière dans un entretien avec le « Financial Times » et craint même une nouvelle crise financière mondiale.  Ce que reproche surtout Wolfgang Schäuble  c’est le déversement incontrôlé de liquidités par les grandes banques centrales, des liquidités qui faussent le cours des marchés et encouragent  l’endettement mondial. Pour lui, les risques d’une nouvelle bulle financière sont importants et leurs conséquences pourraient être encore plus néfastes que lors de la dernière crise. Un avertissement sur une la possibilité d’une nouvelle crise financière internationale -  Le jour même de son dernier Eurogroupe, ce lundi à Luxembourg, l’inflexible ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble lance dans un entretien avec le « Financial Times » une alerte sur une la possibilité d’une nouvelle crise financière internationale. Les bulles sont nombreuses, elles affectent  le marché des actions dont les hausses sont complètement déconnectées des réalités économiques. Il y a aussi les bulles obligataires du fait  des rachats massifs des banques centrales et qui faussent les prix. Ce déversement massif de liquidités encourage toutes les spéculations et nourrit l’endettement. En raison  de taux insignifiants voir négatifs de nombreuses institutions financières d’assurance présentent des risques de faillite. Il suffirait du défaut d’un ou deux très gros établissement pour qu’une crise systémique s’enclenche. Le problème, c’est que d’une certaine manière les banques centrales sont solidaires dans leur fuite en avant de l’argent facile. La banque fédérale américaine a pris les devants et a entraîné dans son sillage les autres banques centrales, la banque centrale européenne et la banque centrale chinoise notamment. Il y a plusieurs années que la Fed doit remonter ses taux mais elles ne le fait que de manière homéopathique pour ne pas provoquer un choc fatal tant à la sphère financière qu’à la sphère économique. La banque centrale européenne suit la même trajectoire. En Chine, le risque concerne surtout l’endettement privé qui atteint 200 % du PIB. Enfin un peu partout dans le monde toujours une bulle spéculative immobilière dans les zones très denses tandis qu’au contraire dans les zones rurales les prix continuent de s’écrouler. Le marché immobilier n’est plus destiné à réguler l’offre et la demande mais est devenu un enjeu spéculatif avec des prix complètement démentiels inaccessibles à la plupart des candidats au logement et transformé en hôtel pour touristes. Même si Janet Yellen, la présidente de la Fed, affirmait en juin dernier, qu’elle n’imaginait « pas de nouvelle crise financière de notre vivant », les inquiétudes montent chez les analystes alors que les valorisations des marchés boursiers américains (exubérante pour certaines valeurs, tel Apple, à 800 milliards de dollars) atteignent des sommets inégalés, que les marchés européens marchent sur leurs pas, que l’indice britannique a atteint son plus haut historique cet été, et qu’en Chine, dans un marché très opaque, les montant des dettes privées atteint 200% du PIB. Et il n’est pas certain que le système financier mondial soit vraiment  sain dans son ensemble. Chaque fois que les cours de bourse ont atteint des niveaux équivalents à ce qu’ils connaissent aujourd’hui, on a connu des krachs majeurs, comme en 1929 ou en 2000 avec l’explosion de la bulle internet, rappellent les observateurs.

Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

 

 


Dans une interview au Figaro, Marie Duru-Bellat  explique certains éléments de la crise de l’université notamment le dualisme grandes écoles et université mais aussi la mode de la « diplomite » en France et indirectement le manque de sélection dans l’université.  Marie Duru-Bellat est sociologue, spécialiste des inégalités au sein de l’éducation. Elle a récemment participé à l’ouvrage collectif Altergouvernement (Le Muscadier, 2012).


Au-delà des problèmes de coûts de la scolarité, la vrai inégalité ne se situe-elle pas entre université et grandes écoles?

 

Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs La France a un système unique au monde. D’un côté les Grandes Écoles, qui paraissent plus attractives pour les jeunes, et de l’autre l’Université, qui est actuellement un second choix pour de nombreux étudiants. Notre faiblesse internationale en matière de recherche s’explique sans doute en partie par cette dichotomie: les meilleurs étudiants français vont dans les Grandes Écoles, et délaissent l’Université. Les premières ont donc le plus de moyens – rappelons qu’elles sont extrêmement favorisées par l’Etat -, les meilleures étudiants, et siphonnent la force vive de la recherche universitaire. Le problème vient, de plus, des lobbys qui défendent les Grandes Ecoles, extrêmement valorisées par nos décisionnaires politiques: il est probable que la majorité des parlementaires ont un enfant dans ces écoles, et il est donc impossible de mettre fin à cette dichotomie structurelle! De nombreuses tentatives avaient déjà été mises en œuvre pour réformer ce système, mais elles ont toutes échoué. Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs, qui sont pourtant les fonctionnaires les mieux payés aujourd’hui! Les lobbys sont donc organisés pour lutter contre toute modification du système.

 

Vous avez écrit un livre intitulé «l’inflation scolaire»: les soucis d’égalité s’est-il transformé en égalitarisme, finalement contre-productif? Faut-il introduire une forme de sélection à l’université?

 

De très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. En réalité, l’ouverture de l’enseignement supérieur est due aux injonctions européennes, pour que les jeunes européens soient le mieux armé possible face à la compétition internationale. Cette thèse a surtout été très défendue dans les années 2000. Aujourd’hui, cependant, on revient quelque peu sur cette politique, car multiplier les diplômes ne suffit pas pour faire baisser le chômage des jeunes, pour créer des emplois qualifiés. On arrive donc à un déclassement, où de très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. Ce problème est en réalité mondial, on le retrouve aux Etats-Unis ou à Cuba… On croit au pouvoir magique de l’instruction. Cela explique le désenchantement actuel. Les jeunes sont, pour beaucoup, trop qualifiés, trop diplômés par rapport au marché du travail. L’Union Européenne et l’OCDE mettent donc aujourd’hui l’accent sur la formation tout au long de la vie, plutôt que l’accumulation de diplômes et les études très longues.

 

Venezuela: crise politique sur fond de crise économique

Venezuela: crise politique sur fond de crise économique

 

Ecroulement de la croissance, hyperinflation,  risque de défaut de paiement, glissement vers la dictature, la crise du Venezuela s’amplifie. La compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA a annoncé samedi que son chiffre d’affaires avait fondu d’un tiers (-33,5%) en 2016, en raison de la chute des cours du brut, alors que le pays traverse sa pire crise politique depuis des décennies. Le pétrole est la principale richesse du Venezuela, qui dispose des réserves les plus importantes au monde et en tire 96% de ses devises. Selon PDVSA, le chiffre d’affaires a atteint 48 milliards de dollars en 2016, contre 72,17 milliards un an plus tôt. Le prix moyen du brut vénézuélien était de 35,15 dollars le baril en 2016, contre 44,65 dollars en 2015, soit une chute de 21%. L’agence de notation SP Global Ratings avait mis en garde contre ce danger en juillet, en raison de la détérioration de la situation économique du pays et de la hausse des tensions politiques, avec des manifestations hostiles au président Nicolas Maduro qui ont fait 125 morts depuis début avril.  La situation pourrait encore empirer alors que se profile le spectre d’un défaut de paiement. Dans un tel scénario, l’accès aux marchés de capitaux se fermerait immédiatement pour ce pays riche en ressources pétrolières, mais pauvre en liquidités. Ses créanciers pourraient alors saisir les actifs de la compagnie pétrolière d’Etat, PDVSA (pétroliers, raffineries, comptes bancaires…). De quoi aggraver la crise humanitaire. Quelle est la probabilité que le Venezuela fasse défaut sur sa dette, estimée à plus de 100 milliards de dollars ? Jusqu’à présent, le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro fait tout pour l’éviter, payant en priorité ses échéances de dette plutôt que d’importer nourriture et médicaments, pourtant si nécessaires. Mais la production et les recettes pétrolières baissent. Ses réserves de devises sont désormais de seulement 10 milliards de dollars, la plupart sous forme de lingots d’or gardés en sécurité à Caracas. Octobre et novembre seront une échéance cruciale: le Venezuela et PDVSA doivent rembourser une tranche de 3,8 milliards de dollars. « C’est un défi, mais le gouvernement va probablement payer », estime Andrés Abadia, économiste chargé de l’Amérique latine au cabinet Pantheon Macroeconomist, dans une récente note. Il note toutefois que le Venezuela manque de liquidités et « nous nous attendons à ce que la situation devienne bien pire ». « Il est de plus en plus probable qu’une détérioration du contexte économique, mêlant récession et quasi-hyperinflation, et de la crise politique provoquent un changement de gouvernement », prédit-il. Les Chinois lui ont donné une période de grâce en raison des prix bas du pétrole », explique-t-il à l’AFP. La Russie de son côté prête à Caracas depuis 2011, d’abord avec un crédit de 2,8 milliards de dollars pour lui permettre d’acheter des systèmes anti-aériens et d’autres armes, puis apparemment, depuis 2014, à travers sa compagnie pétrolière Rosneft, pour au moins 6 milliards supplémentaires. Tout comme avec la Chine, une partie de la dette doit être remboursée en pétrole. Mais la production vénézuélienne n’a cessé de décliner ces deux dernières années, le nombre de ses plateformes pétrolières en activité chutant de 75 à 49, selon Pantheon Macroeconomics. Et 40% de cette production va directement aux Etats-Unis, son premier client. Dans ces conditions, difficile pour Caracas de respecter ses engagements.

 

 

Crise du lait : toujours le prix

Crise du lait : toujours le prix

 

 

De nouvelles manifestations ont été organisées par les producteurs de lait notamment dans l’ouest. En cause des prix réels très inférieurs aux coûts de production des prix qui devraient tourner autour de 340 € pour 1000 l quand ils sont payés autour de 300  soit 30 centimes le litre quand la grande distribution vend le litre autour de 1 euro en moyenne et après écrémage. « Cela fait deux ans que nous sommes en crise. Aujourd’hui les laiteries font de la marge et ne redistribuent pas aux producteurs, on vient demander des explications », a déclaré à Reuters Régis Louazon, producteur d’Ille et Vilaine, venu avec une quarantaine d’autres éleveurs bloquer le site industriel de la coopérative Agrial, à Cesson-Sévigné, près de Rennes. Alors que le prix du beurre est en très forte hausse, les éleveurs, qui vendent en moyenne les mille litre de lait entre 300 et 310 euros, réclament une revalorisation de 20 à 30 euros afin de couvrir leurs prix de revient et de dégager une rémunération minimale. Le ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard, a défendu mardi la « légitimité » de la demande des éleveurs lors d’une rencontre avec la Fédération Nationale des Producteurs de Lait, selon un communiqué publié par son ministère. « Le ministre va faire appel au médiateur des relations agricoles pour prendre contact avec chacune des enseignes de la grande distribution pour les inciter à tenir compte de l’évolution de la conjoncture dans les négociations en cours », peut-on lire dans ce communiqué. Selon les représentants de la FDSEA, plusieurs facteurs sont invoqués par les transformateurs pour justifier l’absence de répercussion du prix du beurre sur celui du lait. « Le lait est un produit qui se divise principalement en matière grasse et en matière protéique que l’on retrouve sous forme de poudre de lait et les industriels mettent en avant les difficultés sur ce marché pour justifier le maintien de prix bas », déplore Frédéric David, président de la section lait de la FDSEA d’Ille et Vilaine. Autre argument avancé par les coopératives : la nécessaire consolidation de leurs résultats, qui ont été affectés par la crise du secteur laitier en 2016. « Nous sommes également confrontés au refus de la grande distribution de renégocier des contrats qui ont été conclus en début d’année », souligne Frédéric David, qui réclame également des incitations à produire un lait plus riche en matière grasse pour répondre à la demande.

Le programme du FN mènerait à une grave crise (Paul Krugman)

Le programme du FN mènerait à une grave crise (Paul Krugman)

 

D’une manière générale le programme économique du Front National est condamné par la quasi totalité des économistes qui estiment que cela conduirait le pays à la ruine. Il faut dire que les dirigeants du Front National entretiennent des liens assez approximatifs avec l’économie dont il pense d’ailleurs qu’elle doit se soumettre à la politique (un point de vue que partage Marine Le Pen avec Mélenchon). Le prix Nobel d’économie Paul Krugman, pourtant critique vis-à-vis de l’euro, dans le  New York Times estime toutefois que «rien de ce que propose le FN ne conduirait la France dans la bonne direction». Avant d’ajouter: «Les politiques dont parle le FN – sortie unilatérale non seulement de l’euro, mais aussi de l’UE – nuiraient à l’économie française». Selon Paul Krugman, «le coût de la sortie de l’euro et de la réintroduction d’une monnaie nationale serait immense». L’économiste évoque une fuite massive des capitaux qui provoquerait une crise bancaire, un contrôle des mouvements de capitaux et des fermetures temporaires de banques. «Des problèmes de valorisation des contrats créeraient un bourbier juridique, les entreprises seraient perturbées pendant une longue période de confusion et d’incertitude», poursuit-il. Si l’économiste américain considère que l’euro est un «projet imparfait», il juge cependant qu’il y a une énorme différence entre le fait de ne pas adhérer à la monnaie unique – comme ce fut par exemple le cas de la Suède, du Royaume-Uni ou de l’Islande qu’il cite – et d’en partir après y avoir adhéré. Paul Krugman estime aussi qu’une sortie de l’euro aurait pu être profitable à la Grèce mais pas à la France qui n’est, selon lui, absolument pas dans la même situation économique. «Pour la France, sortir de l’euro entraînerait tous les coûts que la Grèce aurait eu à supporter sans aucun des bénéfices», écrit-il. Quant à la sortie de l’Union européenne, il explique: «Désolé, mais la France n’est pas assez grande pour prospérer avec des politiques économiques centrées sur elle-même, nationalistes». «Le fait que Le Pen et des économistes comme moi soient critiques envers la politique européenne ne signifie pourtant pas que nous avons quelque chose en commun», conclut Paul Krugman, comme pour se démarquer. Il est vrai que le Front National cite régulièrement le nom de l’économiste américain pour justifier la sortie de l’euro. Ainsi, en juillet 2015, Florian Philippot (vice-président du Front National) déclarait dans les colonnes des Echos: «La sortie de l’euro est très majoritaire chez les sympathisants FN et chez un tiers de l’ensemble des français [...] Les économistes très critiques vis-à-vis de l’Euro, comme les prix Nobel Paul Krugman ou Joseph Stiglitz, ne sont pas beaucoup entendus sur les plateaux comparés à ce que j’appelle les économistes de banque».

 

Elevage et Agriculture : crise et malbouffe

Agriculture : crise et malbouffe

 

 

C’est la crise pour les producteurs dont 10% sont menacés de faillite. En même temps c’est la malbouffe pour les consommateurs. Une agriculture industrialisée gavée d’endettement, d’engrais, d’OGM (le soja du Brésil par exemple qui nourrit les animaux), de pesticides et autres produits chimiques ; un secteur qui parvient plus à vivre confrontée à une  concurrence sauvage sur les prix. La crise du productivisme et d’une  concurrence complètement dérégulée. Avec en plus des intermédiaires qui se gavent (la grande distribution, les industriels,  les traders, les banques qui spéculent sur les denrées alimentaires, les transformateurs). Et dans l’assiette du consommateur des cotes de porcs caoutchoutées qui « moussent », du poulet spongieux ou du steak semelle, des céréales gonflées à l’azote et aux herbicides. Le secteur de l’agriculture ne se porte pas mieux. D’après  Stéphane Le Foll « 22.000 et 25.000″ exploitations d’élevage, soit 10% du total, « sont cet été au bord du dépôt de bilan.  Le ministre insiste sur « l’urgence » à traiter « trois crises, bovine, porcine et laitière, (qui) se conjuguent » avec au moins 40.000 emplois directs concernés »Dans la crise actuelle, chacun est responsable, du consommateur à l’élu local, qui doit privilégier les produits français dans la restauration collective », déclare Stéphane Le Foll et de rappeler aussi qu’en juin, « tous les acteurs se sont engagés à augmenter les tarifs et à répercuter cette hausse sur les producteurs ». » Il convient également de « réorganiser l’offre française en valorisant le logo Viande de France, » En effet « viande de France » ne signifie rien sil s’agit d’élevage industriel de bêtes nourries par exemple avec du soja aux OGM importé du Brésil ou des Etats-Unis, de bêtes bourrées d’antibiotiques et autres cocktails vétérinaires. . Mais, à part accroître (encore) la pression sur la grande distribution et les industriels des abattoirs, les marges de manœuvre sont limitées dans un pays où l’Etat ne fixe plus les prix depuis belle lurette. Et le gouvernement ne se hasarde pas non plus à poser les questions qui fâchent : face à la concurrence internationale, faut-il concentrer les exploitations dans des fermes-usines, à l’allemande ? Pousser la taille des exploitations vers 1000 hectares en moyenne (au lieu de 60 actuellement) ? Enfoncer un peu les exploitants dans l’endettement pour faire racheter un jour les terres par des fonds d’investissement ? Ce qui signifierait la fin de l’agriculture à la française Ou alors réguler pour  privilégier vraiment la qualité. Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

Crise agricole : la faute à la monoproduction

Crise agricole : la faute à la monoproduction

 

Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

D’une manière générale, l’agriculture productiviste est monoculturale. Le modèle de monoculture pendant très longtemps, en France, par exemple, était celui que les céréaliers mettaient en œuvre sur les grandes plaines de Beauce, de Brie, de Champagne, de Picardie, du Poitou, etc. Les céréales proprement dites (blé, orge, avoine) y étaient mises en rotation avec des cultures fourragères (luzerne) et vivrières (betterave à sucre). Dans les années 1950, le maïs faisait son entrée dans ces rotations, au point d’ailleurs qu’à grands renforts d’herbicides et d’amendements, les rotations étaient définitivement oubliées.
La monoculture s’opposait alors à la polyculture. Celle-ci était pratiquée dans les régions bocagères, principalement. La plupart des cultures pratiquées étaient destinées pour partie à l’alimentation humaine (blé, pomme de terre, haricots, carottes, etc.), pour partie à l’alimentation animale (autres céréales, betterave fourragère) et pour partie pour l’amélioration des sols (plantes couvre-sol, moutarde, colza, etc.). Les autres surfaces agricoles étaient dédiées aux animaux domestiques (herbages, prairies), sinon sauvages (près de fonds, ceintures marécageuses, écotones forestiers, bois, etc.).
Mais même dans les régions bocagères, la monoculture a fait son entrée en force, vers 1960. Deux faits marquent cette époque : l’arasement systématique des haies en pays bocager (modernité oblige… curieusement cet alibi reste d’actualité pour l’acceptation de l’inacceptable !) et l’arrivée du maïs.
On connaît les conséquences : maïsiculture intensive, utilisation massive des herbicides, élevage intensif hors-sol, rejet de nitrates, pollution des eaux, etc.
On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d’inondation accrus, etc. et dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes, etc.
On n’oubliera pas non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours !  On peut admettre qu’à la fin de la guerre de 1939 – 1945, l’accession, en Europe, d’une autonomie alimentaire ait été une priorité. Le paradoxe actuel est que l’Europe croule sous ses stocks alimentaires, que le gaspillage énergétique est fabuleux, que les atteintes environnementales sont colossales, que les destructions des ressources sont importantes… et que l’autonomie alimentaire n’est pas pour autant assurée, par exemple, pour les plus démunis. Remarquablement, les plus démunis se comptent aussi aujourd’hui chez des gens qui ont un travail. Le seuil de pauvreté, au moins celui de précarité qui mène à l’endettement a beaucoup cru ces dernières années.»

Source : écosystème

Le danger de la dérégulation financière de Trump : une nouvelle crise financière

Le danger de la dérégulation financière de Trump : une nouvelle crise financière

À juste titre, Mario Draghi, président de la BCE dénonce le projet de dérégulation financière du nouveau président des États-Unis. « L’idée de retrouver les conditions qui étaient en place avant la crise est préoccupante », a-t-il dit, soulignant le rôle positif joué selon lui par l’environnement prudentiel créé depuis la crise financière de 2008. Par  décret, le président américain met la pression sur Janet Yellen, l’homologue de Mario Draghi à la tête de la Réserve fédérale américaine, priée de prendre ses distances avec les efforts internationaux en matière de réglementation. Pour Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank, assouplir la régulation bancaire serait une « grave erreur » qui augmenterait le risque d’une nouvelle crise financière. « C’est pourquoi je considère d’un oeil critique l’éventuel relâchement de la régulation aux Etats-Unis qui est en cours de discussion », a dit le banquier central allemand qui siège par ailleurs au comité de Bâle chargé de définir les règles prudentielles.  Les financiers de Wall Street se réjouissent de cette orientation qui pourrait produire à court terme des effets bénéfiques sur la rentabilité de l’activité mais qui pourrait mettre en danger à plus long terme l’ensemble du système. Dans un communiqué, la sénatrice Elizabeth Warren, du Parti démocrate qui avait fortement milité pour que la loi Dodd-Frank crée le CFPB, une agence fédérale de protection des consommateurs dans le domaine de la finance, a accusé Trump d’avoir cédé à Wall Street. « Les banquiers et les lobbyistes de Wall Street dont la cupidité et l’inconscience ont failli détruire notre pays doivent trinquer au champagne, mais le peuple américain n’a pas oublié la crise financière de 2008 et il n’oubliera pas ce qui s’est produit aujourd’hui », écrit-elle. De toute manière le décret de trame ne change rien dans l’immédiat car seul le congrès pourra décider d’une nouvelle régulation.  L’ordre exécutif signé par le nouveau président américain donne 120 jours au secrétaire au Trésor pour préparer ses recommandations en vue d’une réforme, a-t-on appris de source proche de la présidence. Même si ce nouvel « executive order » comporte peu de détails précis, il a été salué par les marchés financiers. « C’est du tout bon pour le marché financier parce que cette réglementation a provoqué une forte hausse des charges des grandes banques et sociétés de courtage », a commenté Robert Pavlik, de la firme Boston Private Wealth. Promulguée en 2010 par Barack Obama dans la foulée de la crise financière, la loi Dodd-Frank qui encadre le secteur bancaire a notamment relevé les exigences en fonds propres des banques et mis en place des tests de résistance annuels. Donald Trump avait exprimé son intention de « démanteler » un texte qu’il juge pénalisant pour l’économie, lui reprochant de restreindre la capacité des banques à faire crédit aux entreprises et aux ménages, et de la remplacer par une législation soutenant la croissance. Charles Evans, le président de la Réserve fédérale de Chicago, a pris la défense de ces régulations, estimant lors d’un déplacement à Olympia Fields, dans l’Illinois, qu’elles avaient « largement contribué » à la stabilisation du secteur financier. L’ancien élu démocrate Barney Frank, co-auteur de la loi de 2010, a rappelé que Trump « ne peut pas apporter de changement de fond à la loi de réforme financière sans le Congrès ». « La formulation de ce décret n’y fait rien. Il demande seulement au secrétaire au Trésor de leur donner quelque chose à lire. Mais le ton vise à affaiblir cette loi », a-t-il dit à Reuters. Le risque évidemment c’est de recréer les conditions d’une crise du type de celle de 2008.

 

Crise humanitaire : « Je suis ruiné » (Tapie )

Crise humanitaire : « Je suis ruiné » Tapie   »

 

Une nouvelle fois Tapie crie sa détresse et affirme qu’il est ruiné dans une interview au JDD. Celui qui ne peut s’empêcher d’ouvrir sa grande bouche a en plus l’outrecuidance de demander à être présent lors du procès de Christine Lagarde, ancienne ministre des finances largement impliquée dans cette affaire. Tapie l’affirme  « il est ruiné, ruiné de chez ruiné » bref une vraie crise humanitaire. 

Interview :

 

Christine Lagarde comparaît devant la Cour de justice de la République dans un dossier qu’on a coutume d’appeler l’affaire Tapie. Vous allez suivre les débats?
J’aurais bien aimé être appelé à témoigner mais personne – ni l’accusation ni la défense – ne m’a fait citer. Je suis frustré… Peut-être que personne n’a envie d’entendre ce que j’ai à dire. Tant pis, je trouverai d’autres occasions. Il y en aura!

[…]

« Je veux qu’on arrête de dire que j’ai floué le contribuable »

Vous vous posez en victime?
Je veux qu’on arrête de dire que j’ai floué le contribuable. Ce que j’ai perçu par cet arbitrage a servi, pour la plus grande partie, à rembourser mes créanciers (notamment le fisc). Et le Crédit lyonnais a fait une plus-value fantastique sur la revente d’Adidas – pas loin d’un milliard d’euros au bas mot. Cet argent a atterri dans les caisses de l’État.

[…]

Vous aviez déclaré : « Je suis ruiné de chez ruiné. » Vous l’êtes vraiment?
On a ordonné des saisies sur tous mes biens. On me réclame plus d’argent que je n’en ai reçu de l’arbitrage. Mon groupe est sous procédure de sauvegarde, sous le contrôle du tribunal de commerce. Le parquet général a fait appel une dixième fois cette semaine pour obtenir ma mise en liquidation. S’il l’avait obtenu, 1.500 salariés auraient été au chômage, on aurait revendu mes biens à la moitié de leur valeur, ce qui n’est pas l’intérêt du contribuable… Heureusement, la cour d’appel a refusé. Ça prouve qu’il y a encore des magistrats pour considérer que l’État n’a pas tous les droits. Vous voyez, j’y crois encore!

Risque de crise bancaire : le gouverneur de la Banque de France veut rassurer

Risque de crise bancaire : le gouverneur de la Banque de France veut rassurer

face aux risques de crise bancaire Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a récusé samedi tout problème de solvabilité des banques européennes, malgré les inquiétudes sur Deutsche Bank et les mises en garde du FMI. « La priorité n’est pas aujourd’hui d’augmenter la solvabilité ou le capital des banques européennes de manière injustifiée », a déclaré le gouverneur lors d’une conférence de presse à Washington, au terme de la réunion d’automne du FMI et de la Banque mondiale (BM). Au milieu des inquiétudes sur la situation de Deutsche Bank, les participants à cette réunion du gotha financier mondial ont transmis un message de tranquillité : « un chiffre est revenu souvent, le ratio de solvabilité des banques européennes qui est passé de 9% en 2012 à 13% aujourd’hui, soit une amélioration de 1% par an », a-t-il souligné. « Le sujet est plutôt celui de leur rentabilité », a expliqué M. Villeroy de Galhau, pointant des difficultés dues à « la prolongation des taux bas » ou encore à la « question des créances douteuses qui pèsent sur la rentabilité des banques ».  « Je relève au passage que les banques françaises le traitent plutôt mieux que la moyenne des banques européennes », a-t-il assuré. « Elles sont aujourd’hui dans une situation de profitabilité plus favorable et elles montrent leur capacité d’adaptation », a-t-il ajouté. Mercredi, le FMI avait exprimé des inquiétudes sur l’état de santé des banques européennes.

 

(Agences)

En cas de Crise, travailler plus : les Français partagés

En cas de Crise, travailler plus : les Français partagés

 

 

Un journal économique titre que les Français seraient prêts à travailler temporairement davantage encore de prise en cas de crise dans leur entreprise. Une interprétation un peu excessive d’une enquête  de Randstad qui montre qu’en fait 51,7 % des Français sont contre. Seulement 48,3% des Français seraient prêts à augmenter temporairement leur temps de travail sans hausse de salaire si leur entreprise était en difficulté, selon cette enquête de Randstad. Des résultats qui démontrent en tout cas qui ne se dégage pas une vraie majorité et qui témoigne aussi combien les Français sont partagés entre la valeur travail et la civilisation des loisirs. La preuve, les Français sont ceux qui travaillent le moins en Europe. Les Français travaillent désormais moins que les Finlandais ! Ceux qui sont à temps complet ont travaillé 1646 heures en 2015. Soit 199 heures de moins que les Allemands et 130 heures de moins que les Italiens. Les non-salariés, en revanche, travaillent relativement beaucoup. Notons que l’enquête ne porte pas sur une augmentation générale du temps de travail mais seulement sur la possibilité d’accepter un accroissement de ce temps de travail en cas de difficultés passagères de l’entreprise. Dès leur il ne faut pas s’étonner que la croissance soit aussi molle et que le chômage soit aussi massif. La compétitivité française et bien évidemment plombée par la fiscalité, la bureaucratie mais c’est également par un manque de productivité. Une productivité qu’on a notamment assommée avec les 35 heures. Les accords de sauvegarde d’entreprise sont pourtant au cœur de l’actualité. Une partie de la loi El Khomri vise en effet à permettre de déroger à la durée légale du travail via des accords d’entreprises, notamment dans le cas où la société connaîtrait des difficultés passagères. L’étude du cabinet d’intérim démontre que la durée légale du temps de travail à 35 heures reste très théorique. En effet, selon son enquête, seulement 54,1% des Français travaillent 35 heures selon leur contrat de travail. Un tiers effectuent un temps de travail compris entre 36 et 39h. Et 13,5% dépassent les 39h. En comptant les heures supplémentaires, la proportion de Français travaillant 35h devient même minoritaire avec 28,4% soit presque autant que ceux effectuant entre 36 et 39h (28%). Les Français avec une semaine de travail de plus de 40 heures sont alors les plus nombreux (43,6%).

(Avec Le Figaro éco)

En cas de crise, travailler plus : les Français partagés

En cas de Crise, travailler plus : les Français partagés

 

 

 

Une des raisons de la crise. Un journal économique titre que les Français seraient prêts à travailler temporairement davantage encore en cas de crise dans leur entreprise. Une interprétation un peu excessive d’une enquête de Randstad. Laquelle montre qu’en fait 51,7 % des Français sont contre Seulement 48,3% des Français seraient prêts à augmenter temporairement leur temps de travail sans hausse de salaire si leur entreprise était en difficulté, selon cette enquête de Randstad. Des résultats qui démontrent en tout cas qui ne se dégage pas une vraie majorité et qui témoigne aussi combien les Français  sont partagés entre la valeur et la civilisation des loisirs. La preuve,  les Français sont ceux qui travaillent le moins en Europe. Les Français travaillent désormais moins que les Finlandais ! Ceux qui sont à temps complet ont travaillé 1646 heures en 2015. Soit 199 heures de moins que les Allemands et 130 heures de moins que les Italiens. Les non-salariés, en revanche, travaillent relativement beaucoup. Notons que l’enquête ne porte pas sur une augmentation générale du temps de travail mais seulement sur la possibilité d’accepter un accroissement de ce temps de travail en cas de difficultés passagères de l’entreprise. Dès leur il ne faut pas s’étonner que la croissance soit aussi molle et que le chômage soit aussi massif. La compétitivité française est bien évidemment plombée par la fiscalité, la bureaucratie mais  également par un manque de productivité. Une productivité qu’on a notamment assommée avec les 35 heures. Les accords de sauvegarde d’entreprise sont pourtant au cœur de l’actualité. Une partie de la loi El Khomri vise en effet à permettre de déroger à la durée légale du travail via des accords d’entreprises, notamment dans le cas où la société connaîtrait des difficultés passagères. L’étude du cabinet d’intérim démontre que la durée légale du temps de travail à 35 heures reste très théorique. En effet, selon son enquête, seulement 54,1% des Français travaillent 35 heures selon leur contrat de travail. Un tiers effectuent un temps de travail compris entre 36 et 39h. Et 13,5% dépassent les 39h. En comptant les heures supplémentaires, la proportion de Français travaillant 35h devient même minoritaire avec 28,4% soit presque autant que ceux effectuant entre 36 et 39h (28%). Les Français avec une semaine de travail de plus de 40 heures sont alors les plus nombreux (43,6%). 

(Avec Le Figaro éco)

Crise du lait : la faute uniquement au marché ?

  • Crise du lait : la faute uniquement au marché ?

 

 

Comme souvent lors des crises on attribue au marché la responsabilité première des dysfonctionnements. Ce n’est ce pas faux mais encore faudrait-il approfondir les facteurs explicatifs. D’abord ce fameux marché a longtemps profité à la France qui a largement exportée ses  excédents dans le monde entier notamment en Russie et en Chine, marchés aujourd’hui partiellement totalement fermés. Second facteur explicatif, la suppression des quotas décidés par l’Europe ce qui a emballé l’offre (seulement plus 5 % en France mais 25 % par exemple en Irlande). Autre élément d’explication la trop grande spécialisation de certains producteurs dépendants uniquement du lait. Des producteurs par ailleurs lourdement endettés par l’énorme coût des investissements. Les différences de conditions de production et de coût conduisent  à des prix de vente du lait mondiaux qui varient du simple au triple par exemple autour de 0,10 € en Ukraine par litre alors  qu’il faudrait vendre le litre en France autour de 0,35 € pour permettre aux producteurs de dégager un revenu correct. Dans le même temps le consommateur, lui, est condamné à boire du lait industrialisé dans le goût est proche de l’eau. En conclusion, sans modification du rapport prix qualité et réforme des circuits de distribution, là filière française de les suivra sans doute le sort  de l’acier. Du coup, des producteurs de lait de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire ont manifesté ce lundi devant le siège de Lactalis, à Laval. Ils reprochent au groupe laitier de ne pas les rémunérer suffisamment. Le porte-parole de la société, Michel Nalet, ne ferme pas la porte à des discussions sur les tarifs, mais il appelle les producteurs à prendre en compte la réalité du marché européen. Actuellement, les exploitants sont payés 256 euros les 1.000 litres de lait. Ils réclament 100 euros de plus. La Fédération nationale des producteurs de lait appelle les exploitants à manifester devant le siège de l’entreprise Lactalis à Laval, en Mayenne,  pour dénoncer des prix qui ne leur permet pas de vivre de leur production. « Ce prix est un prix qui a été décidé uniquement sur cette période estivale », a expliqué Michel Nalet, porte-parole de Lactalis. « Le prix du lait ne s’apprécie pas sur deux mois mais sur une année et rien ne dit que ce prix va rester sur ce niveau-là » a-t-il ajouté. La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDESA) de la Mayenne promet une action dans la durée si les négociations ne sont pas rouvertes. « Nous n’avons jamais eu l’idée de bloquer toute discussion. Mais on ne peut pas à la fois guerroyer et demander une rencontre. Que les choses se passent raisonnablement. Nous sommes prêts à discuter avec les organisations de producteurs » a prévenu Michel Nalet. Le porte-parole de Lactalis alerte les producteurs sur la réalité du marché. « Aujourd’hui, nous avons aussi à faire face à une crise de surproduction, un environnement économique très concurrentiel » explique Michel Nalet. Le prix d’achat du lait varie d’un industriel à l’autre et Lactalis fait partie de ceux qui achètent au plus bas. Le porte-parole de Lactalis s’en est expliqué. « Notre groupe a proportionnellement beaucoup plus d’excédents à traiter. Ils sont commercialisés sur des bases de prix du lait autour de 220 euros les 1.000 litres, alors que nous sommes sur des prix d’achat aux producteurs à 260. Pratiquement 50% de nos volumes sont soumis à cette concurrence européenne internationale. Notre groupe est très affecté par des prix concurrentiels. »

(avec AFP)

 

Crise du lait : vers la faillite du secteur agricole

  • Crise du lait : vers la faillite  du secteur agricole

 

 

 

Une crise qui s’ajoute aux autres viande, blé etc. La crise du lait mène le secteur vers la faillite. 26 euros le litre à peine quand il faudrait 30 centime pour équilibrer et 35 centimes   pour dégager un revenu. Une crise qui n’est pas réellement nouvelle puisqu’elle découle directement de la surproduction organisée par l’Europe depuis la suppression des quotas laitiers en mars 2015. À cela il faut ajouter les restrictions des importations chinoises et russes. Nombre de pays en ont profité cependant pour augmenter leur production et les prix se sont écoulés. Selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, au moment où la production laitière avait progressé de 2,2 % en 2015, elle a bondi de 5,6 % les trois premiers mois de 2016. La palme du débit est décrochée par l’Irlande, avec un flux en hausse de 32 %, suivie de la Belgique (+ 21 %) et des Pays Bas (+ 15 %), alors que la France se limitait à + 0,5 %. Pour résumer les prix étaient de l’ordre de 400 euros pour 1000 l de lait en 2014 ce qui permettait de couvrir les coûts or en 2016 les prix pourraient tourner en moyenne autour de 250 €. En France les critiques des éleveurs visent surtout Lactalis premier producteur du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe cristallise ainsi les critiques des agriculteurs de la filière laitière, toujours sous tension. Lactalis, numéro un du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a insisté début juillet, face à la multiplication des critiques, sur la mise en place d’un «soutien financier allant au-delà des conditions contractuelles» et représentant «un complément de prix de 30 euros/1000 litres sur le prix de base» pour le mois de juillet. Pas suffisant, ont estimé les fédérations agricoles. À noter aussi que cette crise se superpose à celle du blé secteur ou du fait des conditions climatiques  la production a baissé de l’ordre de 40 %.

Nouvelle crise du lait

  • Nouvelle crise du lait

 

 

Une crise qui n’est pas réellement nouvelle puisqu’elle découle directement de la surproduction organisée par l’Europe depuis la suppression des quotas laitiers en mars 2015. À cela il faut ajouter les restrictions des importations chinoises et russes. Nombre de pays en ont profité cependant pour augmenter leur production et les prix se sont écoulés. Selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, au moment où la production laitière avait progressé de 2,2 % en 2015, elle a bondi de 5,6 % les trois premiers mois de 2016. La palme du débit est décrochée par l’Irlande, avec un flux en hausse de 32 %, suivie de la Belgique (+ 21 %) et des Pays Bas (+ 15 %), alors que la France se limitait à + 0,5 %. Pour résumer les prix étaient de l’ordre de 400 euros pour 1000 l de lait en 2014 ce qui permettait de couvrir les coûts or en 2016 les prix pourraient tourner en moyenne autour de 250 €. En France les critiques des éleveurs visent surtout Lactalis premier producteur du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe cristallise ainsi les critiques des agriculteurs de la filière laitière, toujours sous tension. Lactalis, numéro un du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a insisté début juillet, face à la multiplication des critiques, sur la mise en place d’un «soutien financier allant au-delà des conditions contractuelles» et représentant «un complément de prix de 30 euros/1000 litres sur le prix de base» pour le mois de juillet. Pas suffisant, ont estimé les fédérations agricoles. À noter aussi que cette crise ce superpose à celle du blé secteur ou du fait des conditions climatiques  la production a baissé de l’ordre de 50 %.

 

 

Crise européenne : »Si j’étais président» ! , (Sarkozy)

Crise européenne : »Si j’étais président» ! , (Sarkozy)

Face à la crise que connaît l’Europe depuis Brexit, crise  qui pourrait se contaminer à d’autres pays, Sarkozy avance dans une interview au JDD des solutions pour réformer l’union économique. Si j’étais président dit Sarkozy qui avance une série de propositions. Des propositions dont beaucoup sont pertinentes mais qui malheureusement n’ont jamais été mis en œuvre lorsque Sarkozy était président. En effet les maux  dont souffre l’Europe ne sont pas nouveaux, ni Sarkozy, ni Hollande n’ont été capables d’imposer leur vision notamment à Merkel. Du coup les propositions en cinq points de  Sarkozy souffrent d’un sérieux manque de crédibilité quant à la capacité de la France à les faire prendre en compte partout en Europe et notamment en Allemagne. Si j’étais président dit Sarkozy ! Le problème c’est qu’il a déjà été.  Curieux comme les politiques peuvent être claires et ambitieux quand ils sont dans l’opposition et combien ils peuvent être ambigus et frileux quand ils sont au pouvoir. Extrait de l’interview de Sarkozy au JDD :

 

Quelle a été votre première réaction en apprenant le vote des Britanniques?
Je m’attendais à ce résultat compte tenu de la constance qu’ont mis ces dernières années les dirigeants européens à refuser de traiter les problèmes qui se posent : pas de stratégie commune pour la croissance et l’emploi, aucune réforme de Schengen, aucune réponse sur la politique d’immigration, sentiment d’impuissance face à la crise des réfugiés et impression que l’identité et la civilisation européenne ne sont pas défendues. Ce vote, c’est un choc qui ouvre une crise historique. Une crise qui n’est pas due au seul choix des Britanniques. La crise, c’est cette évidence : ce qu’ont fait les Britanniques, d’autres peuples en Europe auraient pu le faire, ou pourraient y songer demain. La question qui est posée aujourd’hui n’est pas seulement celle des rapports des Vingt-Sept avec la Grande-Bretagne mais, bien plus profondément, celle des choix que vont faire – ou ne pas faire – les 27 pays européens pour l’avenir de l’Europe.

[...]

Si j’étais en situation, je proposerais que la France et l’Allemagne mettent sur la table des chefs d’État et de gouvernement un projet en cinq points en interdisant à la technocratie bruxelloise de le transformer en monstre juridique. Pour cela, je proposerais de réunir durant trois jours les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept avec l’objectif d’élaborer ensemble un projet simple, clair, et politique. Premier point : la mise en place d’un gouvernement euro-Schengen II réunissant les ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept et élisant à leur tête l’un d’entre eux. Avec une évidence : l’Europe a des frontières, elle doit enfin les faire respecter. Le mot frontière n’est pas un gros mot. Concernant la politique migratoire, l’objectif est d’harmoniser les aides sociales pour les étrangers, avec la nécessité de cinq ans de présence préalable pour y avoir droit et naturellement aucune prestation pour ceux en situation illégale. Deuxième point : je n’accepte pas de voir l’Europe à genoux devant les États-Unis. Ils sont nos alliés et nos partenaires. Mais il n’y a aucune raison que le FMI se mêle des affaires de l’Europe. Je souhaite donc un Fonds monétaire européen en même temps qu’une présidence stable de l’Eurogroupe, qui devrait revenir soit à un Français soit à un Allemand. Troisième point : dans le nouveau traité, il sera établi que les compétences de l’Europe sont limitées à dix priorités stratégiques au maximum. Il n’y aura donc plus de compétence générale pour l’Europe. Quatrième point : il faut profondément modifier les règles de fonctionnement de la Commission, qui ne doit plus pouvoir demain adopter un seul texte sans que les Parlement nationaux aient auparavant donné un avis décisif. Cinquième point : il faut clairement dire que l’élargissement de l’Europe, c’est terminé, donc sortir de l’hypocrisie qui prévaut aujourd’hui dans nos rapports avec la Turquie, qui n’a pas vocation à intégrer l’Europe.

Crise : quelle régulation ? Une réponse à Madame Lagarde

 

Crise : quelle régulation ?  Une réponse à Madame Lagarde

 

 

 

Une interview d’Hubert Rodarie, DGD de SMA est co-animateur du programme «Normes de la Finance» à la Chaire éthique et finance de la MSH dans le Figaro qui pose la question de l’évolution des normes suite à la déclaration de Christine Lagarde sur l’Etat de l’économie mondiale. Un propos qu’on peut contester mais qui mérite d’être entendu notamment par rapport au transfert de la valeur ajoutée vers le trou de la dette. :

 

 

« Dans une interview au Figaro, le 19 avril dernier, Christine Lagarde dresse constate que «les cicatrices de la crise de 2008-2009 n’ont pas été toujours bien traitées». Que veut-elle dire? La directrice générale du FMI cite les créances douteuses des banques, le manque de réformes structurelles des États et des législations sociales et la politique budgétaire. Seraient-ce les vraies raisons «du manque de croissance de l’économie mondiale?» La réponse est non. Huit ans après, ce sont, hélas, les raisons toujours agissantes de la crise de 2008 qui expliquent la stagnation actuelle ; et non l’absence de traitement des conséquences.

 

Voici quelques années, nous pointions comme «macro-cause» des divers dérèglements l’implantation répétée dans l’économie mondiale d’un dispositif économique global que l’on peut qualifier de ricardien, car on invoque souvent David Ricardo (1772-1823) pour le justifier. Pour stimuler les échanges on organise des déséquilibres durables de coûts de production entre deux zones économiques et monétaires. Pour cela, on empêche ou freine le mécanisme des changes de faire son travail d’équilibrage.

Depuis soixante ans, cette construction politico-économique a été implantée plusieurs fois. Depuis 1998, la Chine en bénéficie. Mais ce système produit des effets néfastes qui ne sont ni maîtrisés, ni maîtrisables. Les crises récurrentes le prouvent. Ainsi, l’accumulation de dettes de toutes natures s’est révélée comme l’effet néfaste majeur de ce système. En 2008, ce phénomène a été démontré ; en 2015 il persiste toujours comme le montrent plusieurs études. Il faut donc conclure que ce processus d’endettement, sans frein ni fin, constitue le marqueur des effets néfastes du dispositif actuel et que la dette globale devient le trou noir de l’économie mondiale dans lequel bascule peu à peu la valeur ajoutée créée dans le monde.

Mais la dynamique impulsée à l’activité mondiale depuis 1998 par la stimulation des échanges avec la Chine s’étouffe aujourd’hui sous le poids de ses conséquences non voulues. Les politiques monétaires, comme les autres mesures, ne sont que des actions de retardement de cette asphyxie programmée. La loi dite de modération universelle s’impose inexorablement:

Depuis 2008, rien n’a vraiment changé. Il n’y a aucune remise en cause des paradigmes qui justifient les organisations actuelles. Tous les maux subis sont attribués, comme le fait Mme Lagarde, à des fautes ou à des erreurs politiques. Puisqu’on ne veut tarir la source des dettes, il est décrété que pour en éliminer les risques, il convient d’édicter plus de normes et de règles. On nous dit que le danger réside dans la transgression de la norme, l’absence de régulation, ou l’échec des contrôles. Le système se referme sur lui-même. Cette vision du risque est un appauvrissement intellectuel. Elle réduit le risque en confondant fraude et accident, faute et danger. Cette vision du risque écarte l’incertitude, nie le temps et ce qu’il apporte en changements de contexte et en surprises. Elle est erronée. Surtout, chacun voit que l’ordre s’est en réalité inversé: la norme n’est plus un outil au service des acteurs économiques, mais une matière en soi qui structure et modèle l’activité économique. Ce qui oblige à poser la question de la responsabilité même des modèles d’activité et des régulations globales dans l’arrivée des crises économiques. Question à poser à Mme Lagarde, au FMI et aux autres régulateurs du système financier et économique. Pour retrouver la croissance, ne faut-il pas rompre avec les dispositifs ricardiens? Ne faudrait-il pas enfin quitter cette mentalité marquée par l’impératif de la reconstruction des années 1950 qui les justifiait? Maintenant que les grands pays communistes ont rejoint les autres, et l’arrivée de la Chine et du yuan au cœur du FMI en sont le symbole, ne serait-ce pas le moment de reconstruire un ordre économique et monétaire international qui favorise des échanges équilibrés? Un ordre et une régulation pour des temps de la maturité. »

Hollande sur France 2 : crise de la télé ou du système politique ?

Hollande sur France 2 : crise de la télé ou du système politique ?

 

 

Finalement l’émission de François Hollande sur France 2 n’a rassemblé que de l’ordre de 13 % des téléspectateurs soit à peu près le même chiffre que la popularité du président de la république. En cause peut-être le formatage d’une émission dans le principe est peut-être usé jusqu’à la corde. En réalité le fait de faire participer trois ou quatre Français « de base » n’ajoute pas grand-chose et surtout ne contribue pas à l’élévation de la réflexion. Les propos du téléspectateur lambda sont certes concrets, voire pertinents mais trop partiels ; ils  contribuent à la désacralisation de la fonction et tire la discussion vers le bas. Mais au-delà du caractère un peu obsolète de ce type d’émission se pose surtout la question de la perte totale de crédibilité du système politique et de ceux qui le représentent. Le téléspectateur moyen ne supporte plus l’overdose de discours formaté, répétitif à caractère scientiste. Bref le bla-bla habituel des responsables qui parlent tous de changement sans connaître la nature de l’objet à moderniser. Du coup faute de réflexion vraiment nouvelle on l’alibi de la présence de quelques citoyens pour donner un vernis de nouveauté sur la forme comme sur le fond. Une vision évidemment de communicants qui pensent que l’enjeu électoral se joure essentiellement dans l’espace médiatique alors qu’en réalité les citoyens forment le jugement à partir des résultats économiques et sociaux concrets. La petite fenêtre télévisuelle ne formate pas l’opinion elle ne fait que la refléter. François Hollande a bien essayé de se montrer pédagogue, une partie des téléspectateurs a déserté. Jeudi soir, l’émission politique Dialogues Citoyens a réalisé un score d’audience moyen, pour ne pas dire médiocre, lors d’un rendez-vous qui se voulait important dans la reconquête de l’opinion par un président de la République chahuté dans les sondages. Avec seulement 3.474.000 Français sur France 2, la rencontre avec quatre Français n’a pas trouvé son public.

 

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