Archive pour le Tag 'européen'

Quelle régulation du marché européen de l’électricité ?

 

 

L’Europe connaît une crise énergétique qui s’est traduite notamment par une envolée des prix de l’électricité qui a obligé les gouvernements à prendre des mesures. Cela remet-il en cause la libéralisation du marché de l’électricité qui doit relever deux défis majeurs: la décarbonation accélérée et la guerre en Ukraine? Par Charles Cuvelliez et Patrick Claessens, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles ( dans la Tribune).

 

La libéralisation de l’électricité a-t-elle donc tout faux avec des prix qui augmentaient même avant la guerre en Ukraine, sans compter les craintes de pénurie qui s’annoncent (et qui pèsent pour beaucoup dans les prix qui montent). Alors qu’est-ce que la libéralisation et le couplage des marchés électriques nationaux ou les lois du marché ont apporté (de bien) ? La sûreté de l’approvisionnement, la complémentarité des moyens de production, quand il n’y a pas assez de vent ou de soleil dans un pays (pouvoir alors bénéficier de la capacité de production hydraulique ou du nucléaire des pays voisins), le tout à un prix acceptable puisque l’électricité grâce à ce couplage s’écoule, aux lois de la physique près, des régions où elle est la moins chère vers là où elle est la plus chère. La France bénéficie de cette sécurité malgré la mise à l’arrêt d’une grande partie de son parc nucléaire. La Belgique en a bénéficié quand plusieurs de ses réacteurs étaient aussi à l’arrêt pour examiner les conséquences des défauts de cuve.  Aujourd’hui, deux défis de plus se posent à la libéralisation des marchés qui ne les avait pas prévus : la décarbonation accélérée et la guerre en Ukraine.

La décarbonation mettra plus de sources d’énergie renouvelables et intermittentes dans le marché. Il y aura des acteurs qui sortiront de ce marché parce qu’ils ne peuvent produire de l’électricité à bas carbone tandis que d’autres, actifs dans le renouvelable, vont y entrer. La demande en électricité va aussi changer de profil au fur et à mesure de l’électrification de l’économie pour la décarboner. Des évènements extrêmes comme on le connait aujourd’hui (géopolitique) et connaitra demain (crise économique, épisodes de grand froid, rupture d’approvisionnement) s’inviteront aussi dans l’équation dont le résultat final est une volatilité qui est là pour rester. Que faire pour l’atténuer, la compenser ? Par des sources d’énergie flexibles nouvelles à l’échelle de la seconde, de la journée, de l’année, via du stockage, via d’autres sources d’énergie (batteries, turbines, des stations de pompage hydraulique, des technologies qui renforcent le réseau électrique, meilleur guidage de la demande en électricité). La volatilité des prix actuelle envoie en tout cas aujourd’hui un signal clair d’investissement pour plus de ressources flexibles. Soyons patient. Il ne faudrait pas, dit l’ACER, dans son évaluation de l’efficacité du marché européen de l’électricité, qu’un interventionnisme peut-être nécessaire aujourd’hui mais mal ciblé mette à mal ces signaux.

A court terme, pour éviter que plus d’acteurs encore ne sortent du marché de gros (comme du marché de détail d’ailleurs), ces derniers doivent se prémunir contre cette volatilité qui fera désormais partie de leur modèle d’affaire. C’est déjà le cas via des contrats bilatéraux long terme en dehors des marchés de trading. Mais ces contrats à terme présentent un risque crédit qui exige en retour que ces acteurs apportent des garanties financières (des collatéraux) qui ne sont pas accessibles à tous (tout comme tout le monde n’a pas un bon risque crédit). Les contrats long terme ne sont pas la panacée et n’annihilent pas non plus la volatilité. Dans cette veine, il y a les PPA (Power Purchase Agreements), des achats à long terme d’électricité verte (sur 5 à 20 ans) qui, à cause du risque crédit qu’ils impliquent ne sont offerts qu’à des grands acteurs. Il faut trouver un moyen de les rendre abordables à de plus petits acteurs, jusqu’aux groupements de consommateurs.

Pour plus de décarbonation, faut-il plus d’énergie renouvelable ou faut-il mieux la déployer ? On a surtout favorisé jusqu’ici, dit l’ACER, les capacités de production au point de subventionner les opérateurs ou de leur garantir un revenu mais si, ensuite, on taxe les revenus excessifs des opérateurs, en renouvelable ou pas, c’est reprendre ce qu’on a donné. Il serait plus efficace, dit l’ACER, de se tourner vers des schémas de rémunération orientés sur la mise à disposition de capacité de production plutôt que rémunérer ce qui est produit. D’office, des projets d’investissement iront là où ils sont le plus utiles, là où on manque justement de capacité de production. Les bourses d’électricité devraient aussi prévoir, dit l’ACER, des contrats à long terme à plus de trois ans (uniquement possible en bilatéral), de façon à élargir les moyens de se prémunir contre la volatilité du marché.

Les autres barrières

Il y a aussi, dans les marchés de gros, des barrières à l’entrée qui rendent le marché électrique aujourd’hui inefficace sans que le marché lui-même ne soit en cause : il faut encore améliorer les réseaux électriques, pour y connecter sans souci, des capacités de production renouvelable et des sources d’énergie flexibles à travers des zones géographiques étendues. Il faut mieux développer les instruments pour se prémunir contre les hausses de prix. Des organismes publics pourraient utiliser des instruments financiers pour se protéger contre la volatilité des prix au nom des clients, ce qui remplacerait à la fois le tarif social et le blocage des prix sans en avoir le côté intrusif. Et s’il faut vraiment un blocage des prix, qu’on songe à compenser les producteurs dont le coût de production dépasse le prix imposé.

Que faire dans l’immédiat ?

Ces mesures sont des améliorations structurelles du marché libéralisé tel qu’on le connait, dit l’ACER mais que faire là, maintenant, tout de suite, avec la guerre en Ukraine ? L’ACER a examiné les mesures prises par les États membres et a établi une taxonomie entre les plus interventionnistes (taxer les revenus excessifs des opérateurs ou bloquer les prix) et les moins interventionnistes (support ciblé aux utilisateurs vulnérables). Les mesures les plus interventionnistes sont les plus susceptibles de perturber le marché et d’envoyer de mauvais signaux aux acteurs de marché et aux investisseurs. Ces mesures étant prises, de manière dispersée, pays par pays, comment les transferts d’électricité entre pays vont-ils se réaliser? L’électricité continuera-t-elle bien d’aller des zones où son prix est le moins cher vers celles où il est le plus cher (et diminuer ce dernier au final).

L’ACER distingue, dans sa taxonomie interventionniste, 5 mesures : soutien aux groupes de consommateurs le plus vulnérables avec des chèques énergie, la taxation des profits au-dessus d’un certain niveau et redistribution aux consommateurs, subventionner le coût du gaz consommé par les producteurs pour qu’ils limitent en retour le prix auquel ils proposent leur électricité au marché, bloquer le prix de l’électricité et alors, le pire, segmenter le marché et réguler l’électricité en fonction du marché ou de la technologie, avec des prix et des quotas par filière (nucléaire, gaz…) ? Ceci  aboutirait, dit l’ACER, à une fragmentation qui rendrait la concurrence inefficace avec moins d’acteurs par filière, moins d’équilibrage naturel entre sources de production, en fonction de leur abondance et de leur prix, pour assurer la sécurité d’approvisionnement.

La taxation des profits indus semble le plus juste mais est difficile à mettre en place dit l’ACER. Comment l’évaluer surtout au regard des contrats à long terme d’électricité déjà vendus à des prix plus faibles que ceux du trading ? On va donc taxer des producteurs sur un prix qu’ils n’ont pas pratiqué ? Les subsides, quant à eux, cacheraient les vrais problèmes en ne donnant pas les bons signaux comme la présence de sous-capacités. On ne s’en rendra compte que quand la pénurie se manifeste.

Jouer en amont sur le gaz

Ceci dit, la volatilité des marchés est essentiellement due aujourd’hui à la volatilité du gaz. N’est-ce pas là qu’il faut adresser le problème. On interviendrait ainsi non pas sur les marchés de l’électricité qu’on perturberait moins. Là aussi, des contrats à long terme sécuriseraient l’approvisionnement et rendraient les prix moins volatils. Cela permettrait aussi de sécuriser l’exportation, l’exploitation de nouveaux champs gaziers et la construction d’infrastructures grâce à cet engagement. Le stockage de gaz, bien développé en Europe, est un autre coussin pour la volatilité : on l’a vu avec la Pologne qui ne craint pas la rupture d’approvisionnement en gaz décrété par la Russie.

Plusieurs États membres ont activé le recours au fournisseur de dernier ressort du fait de la sortie du marché d’acteurs alternatifs qui ne pouvaient faire face à la volatilité des marchés. Cela a plutôt bien fonctionné. Aucun consommateur ne s’est retrouvé sur le carreau. Ce qui fonctionne moins bien, c’est l’information au client qui a signé des contrats qui lui ont mis le couteau sur la gorge. Et de citer le cas de contrats qui s’indexe sur les prix de marché J+1. L’ACER évoque l’idée d’une obligation similaire à MiFID pour les clients : c’est une régulation qui impose de n’offrir au client que des produits financiers qu’il est capable de comprendre. Certains contrats d’électricité mériteraient le même traitement. On pourrait même étendre les profils défensif, neutre et agressif pour définir le type de portefeuille boursier aux contrats d’électricité.

Enfin, l’ACER évoque tout ce qu’on peut atteindre en rendant dynamique la demande, qu’elle puisse mieux répondre aux signaux du marché. Las, la faible pénétration des compteurs intelligents rend cette piste encore lointaine mais le temps presse : quand toutes les voitures seront électriques, si tout le monde recharge sa voiture au même moment, il va y avoir un problème. S’il faut agir sur la demande, il faut se tourner vers les gros consommateurs industriels et mieux les rémunérer. Et n’oublions pas que l’économie doit s’électrifier pour se décarboner : la consommation d’un ménage passera de la sorte de 3.500 KWh à 16.000 KWh par an si les transports et le chauffage sont électrifiés. Oui, le temps presse.

Pour l’ACER, rien ne justifie de renverser la table du marché de gros de l’électricité mais on peut l’améliorer. Il ne faut pas avoir honte de l’admettre : l’impact financier de la décarbonation accélérée voulue par l’Europe (et c’est tant mieux) impose d’adapter sa copie.

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Pour en savoir plusACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, April 2022

L’électricité et la régulation du marché européen

L’électricité et la régulation du marché européen 

 

L’Europe connaît une crise énergétique qui s’est traduit notamment par une envolée des prix de l’électricité qui a obligé les gouvernements à prendre des mesures. Cela remet-il en cause la libéralisation du marché de l’électricité qui doit relever deux défis majeurs: la décarbonation accélérée et la guerre en Ukraine? Par Charles Cuvelliez et Patrick Claessens, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles ( dans la Tribune).

 

La libéralisation de l’électricité a-t-elle donc tout faux avec des prix qui augmentaient même avant la guerre en Ukraine, sans compter les craintes de pénurie qui s’annoncent (et qui pèsent pour beaucoup dans les prix qui montent). Alors qu’est-ce que la libéralisation et le couplage des marchés électriques nationaux ou les lois du marché ont apporté (de bien) ? La sûreté de l’approvisionnement, la complémentarité des moyens de production, quand il n’y a pas assez de vent ou de soleil dans un pays (pouvoir alors bénéficier de la capacité de production hydraulique ou du nucléaire des pays voisins), le tout à un prix acceptable puisque l’électricité grâce à ce couplage s’écoule, aux lois de la physique près, des régions où elle est la moins chère vers là où elle est la plus chère. La France bénéficie de cette sécurité malgré la mise à l’arrêt d’une grande partie de son parc nucléaire. La Belgique en a bénéficié quand plusieurs de ses réacteurs étaient aussi à l’arrêt pour examiner les conséquences des défauts de cuve.  Aujourd’hui, deux défis de plus se posent à la libéralisation des marchés qui ne les avait pas prévus : la décarbonation accélérée et la guerre en Ukraine.

La décarbonation mettra plus de sources d’énergie renouvelables et intermittentes dans le marché. Il y aura des acteurs qui sortiront de ce marché parce qu’ils ne peuvent produire de l’électricité à bas carbone tandis que d’autres, actifs dans le renouvelable, vont y entrer. La demande en électricité va aussi changer de profil au fur et à mesure de l’électrification de l’économie pour la décarboner. Des évènements extrêmes comme on le connait aujourd’hui (géopolitique) et connaitra demain (crise économique, épisodes de grand froid, rupture d’approvisionnement) s’inviteront aussi dans l’équation dont le résultat final est une volatilité qui est là pour rester. Que faire pour l’atténuer, la compenser ? Par des sources d’énergie flexibles nouvelles à l’échelle de la seconde, de la journée, de l’année, via du stockage, via d’autres sources d’énergie (batteries, turbines, des stations de pompage hydraulique, des technologies qui renforcent le réseau électrique, meilleur guidage de la demande en électricité). La volatilité des prix actuelle envoie en tout cas aujourd’hui un signal clair d’investissement pour plus de ressources flexibles. Soyons patient. Il ne faudrait pas, dit l’ACER, dans son évaluation de l’efficacité du marché européen de l’électricité, qu’un interventionnisme peut-être nécessaire aujourd’hui mais mal ciblé mette à mal ces signaux.

A court terme, pour éviter que plus d’acteurs encore ne sortent du marché de gros (comme du marché de détail d’ailleurs), ces derniers doivent se prémunir contre cette volatilité qui fera désormais partie de leur modèle d’affaire. C’est déjà le cas via des contrats bilatéraux long terme en dehors des marchés de trading. Mais ces contrats à terme présentent un risque crédit qui exige en retour que ces acteurs apportent des garanties financières (des collatéraux) qui ne sont pas accessibles à tous (tout comme tout le monde n’a pas un bon risque crédit). Les contrats long terme ne sont pas la panacée et n’annihilent pas non plus la volatilité. Dans cette veine, il y a les PPA (Power Purchase Agreements), des achats à long terme d’électricité verte (sur 5 à 20 ans) qui, à cause du risque crédit qu’ils impliquent ne sont offerts qu’à des grands acteurs. Il faut trouver un moyen de les rendre abordables à de plus petits acteurs, jusqu’aux groupements de consommateurs.

Pour plus de décarbonation, faut-il plus d’énergie renouvelable ou faut-il mieux la déployer ? On a surtout favorisé jusqu’ici, dit l’ACER, les capacités de production au point de subventionner les opérateurs ou de leur garantir un revenu mais si, ensuite, on taxe les revenus excessifs des opérateurs, en renouvelable ou pas, c’est reprendre ce qu’on a donné. Il serait plus efficace, dit l’ACER, de se tourner vers des schémas de rémunération orientés sur la mise à disposition de capacité de production plutôt que rémunérer ce qui est produit. D’office, des projets d’investissement iront là où ils sont le plus utiles, là où on manque justement de capacité de production. Les bourses d’électricité devraient aussi prévoir, dit l’ACER, des contrats à long terme à plus de trois ans (uniquement possible en bilatéral), de façon à élargir les moyens de se prémunir contre la volatilité du marché.

Les autres barrières

Il y a aussi, dans les marchés de gros, des barrières à l’entrée qui rendent le marché électrique aujourd’hui inefficace sans que le marché lui-même ne soit en cause : il faut encore améliorer les réseaux électriques, pour y connecter sans souci, des capacités de production renouvelable et des sources d’énergie flexibles à travers des zones géographiques étendues. Il faut mieux développer les instruments pour se prémunir contre les hausses de prix. Des organismes publics pourraient utiliser des instruments financiers pour se protéger contre la volatilité des prix au nom des clients, ce qui remplacerait à la fois le tarif social et le blocage des prix sans en avoir le côté intrusif. Et s’il faut vraiment un blocage des prix, qu’on songe à compenser les producteurs dont le coût de production dépasse le prix imposé.

Que faire dans l’immédiat ?

Ces mesures sont des améliorations structurelles du marché libéralisé tel qu’on le connait, dit l’ACER mais que faire là, maintenant, tout de suite, avec la guerre en Ukraine ? L’ACER a examiné les mesures prises par les États membres et a établi une taxonomie entre les plus interventionnistes (taxer les revenus excessifs des opérateurs ou bloquer les prix) et les moins interventionnistes (support ciblé aux utilisateurs vulnérables). Les mesures les plus interventionnistes sont les plus susceptibles de perturber le marché et d’envoyer de mauvais signaux aux acteurs de marché et aux investisseurs. Ces mesures étant prises, de manière dispersée, pays par pays, comment les transferts d’électricité entre pays vont-ils se réaliser? L’électricité continuera-t-elle bien d’aller des zones où son prix est le moins cher vers celles où il est le plus cher (et diminuer ce dernier au final).

L’ACER distingue, dans sa taxonomie interventionniste, 5 mesures : soutien aux groupes de consommateurs le plus vulnérables avec des chèques énergie, la taxation des profits au-dessus d’un certain niveau et redistribution aux consommateurs, subventionner le coût du gaz consommé par les producteurs pour qu’ils limitent en retour le prix auquel ils proposent leur électricité au marché, bloquer le prix de l’électricité et alors, le pire, segmenter le marché et réguler l’électricité en fonction du marché ou de la technologie, avec des prix et des quotas par filière (nucléaire, gaz…) ? Ceci  aboutirait, dit l’ACER, à une fragmentation qui rendrait la concurrence inefficace avec moins d’acteurs par filière, moins d’équilibrage naturel entre sources de production, en fonction de leur abondance et de leur prix, pour assurer la sécurité d’approvisionnement.

La taxation des profits indus semble le plus juste mais est difficile à mettre en place dit l’ACER. Comment l’évaluer surtout au regard des contrats à long terme d’électricité déjà vendus à des prix plus faibles que ceux du trading ? On va donc taxer des producteurs sur un prix qu’ils n’ont pas pratiqué ? Les subsides, quant à eux, cacheraient les vrais problèmes en ne donnant pas les bons signaux comme la présence de sous-capacités. On ne s’en rendra compte que quand la pénurie se manifeste.

Jouer en amont sur le gaz

Ceci dit, la volatilité des marchés est essentiellement due aujourd’hui à la volatilité du gaz. N’est-ce pas là qu’il faut adresser le problème. On interviendrait ainsi non pas sur les marchés de l’électricité qu’on perturberait moins. Là aussi, des contrats à long terme sécuriseraient l’approvisionnement et rendraient les prix moins volatils. Cela permettrait aussi de sécuriser l’exportation, l’exploitation de nouveaux champs gaziers et la construction d’infrastructures grâce à cet engagement. Le stockage de gaz, bien développé en Europe, est un autre coussin pour la volatilité : on l’a vu avec la Pologne qui ne craint pas la rupture d’approvisionnement en gaz décrété par la Russie.

Plusieurs États membres ont activé le recours au fournisseur de dernier ressort du fait de la sortie du marché d’acteurs alternatifs qui ne pouvaient faire face à la volatilité des marchés. Cela a plutôt bien fonctionné. Aucun consommateur ne s’est retrouvé sur le carreau. Ce qui fonctionne moins bien, c’est l’information au client qui a signé des contrats qui lui ont mis le couteau sur la gorge. Et de citer le cas de contrats qui s’indexe sur les prix de marché J+1. L’ACER évoque l’idée d’une obligation similaire à MiFID pour les clients : c’est une régulation qui impose de n’offrir au client que des produits financiers qu’il est capable de comprendre. Certains contrats d’électricité mériteraient le même traitement. On pourrait même étendre les profils défensif, neutre et agressif pour définir le type de portefeuille boursier aux contrats d’électricité.

Enfin, l’ACER évoque tout ce qu’on peut atteindre en rendant dynamique la demande, qu’elle puisse mieux répondre aux signaux du marché. Las, la faible pénétration des compteurs intelligents rend cette piste encore lointaine mais le temps presse : quand toutes les voitures seront électriques, si tout le monde recharge sa voiture au même moment, il va y avoir un problème. S’il faut agir sur la demande, il faut se tourner vers les gros consommateurs industriels et mieux les rémunérer. Et n’oublions pas que l’économie doit s’électrifier pour se décarboner : la consommation d’un ménage passera de la sorte de 3.500 KWh à 16.000 KWh par an si les transports et le chauffage sont électrifiés. Oui, le temps presse.

Pour l’ACER, rien ne justifie de renverser la table du marché de gros de l’électricité mais on peut l’améliorer. Il ne faut pas avoir honte de l’admettre : l’impact financier de la décarbonation accélérée voulue par l’Europe (et c’est tant mieux) impose d’adapter sa copie.

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Pour en savoir plusACER’s Final Assessment of the EU Wholesale Electricity Market Design, April 2022

« Le courage européen qui manque pour sortir des combustibles fossiles » (Maxence Cordiez)

« Le courage européen qui manque pour sortir des combustibles fossiles » (Maxence Cordiez)

 

Maxence Cordiez publie « Énergies », (éd. Tana) (1), un ouvrage de vulgarisation énergétique basé sur des faits et des données pour fournir une information fiable. Ce jeune ingénieur, spécialiste de la transition énergétique, fait partie de cette nouvelle génération qui entend conjuguer écologie et science, une approche pragmatique qui ne se retrouve pas dans l’écologie politique, en particulier sur la question du nucléaire. L’envolée des prix de l’énergie à la fin de 2021 qui s’est amplifiée avec la guerre en Ukraine a remis en cause la politique européenne dont Maxence Cordiez pointe les faiblesses et propose des moyens pour y remédier.

 

« LA TRIBUNE » - La Russie a décidé de couper mercredi dernier le gaz à la Pologne et à la Bulgarie, car ces deux pays refusent de payer en roubles. Qu’en pensez-vous ? MAXENCE CORDIEZ.

 

La Russie montre ses muscles. Il faudra voir si ces coupures s’étendent à d’autres pays. En attendant, les Etats membres de l’Union européenne devraient davantage tenir compte de cette menace en adoptant rapidement des mesures pour réduire notre consommation de gaz et d’électricité. Cela passe par exemple par des campagnes de sensibilisation de la population à la sobriété. Car l’enjeu est de reconstituer les stocks de gaz en Europe avant l’hiver prochain. Or, depuis le début du conflit en Ukraine, quasiment rien n’a été fait pour économiser le gaz. En réalité, on a déjà perdu deux précieux mois.

 

Dans votre ouvrage, la sobriété est une notion clé. Estimez-vous que les citoyens n’ont pas le bon comportement ?

 

La sobriété ne se réduit pas aux seuls comportements des consommateurs, qui peuvent différer en fonction de la vie et des sensibilités de chacun : baisser le chauffage, covoiturer, réduire l’utilisation de sa voiture, éteindre les appareils électriques… Elle passe aussi par des mesures réglementaires comme la limitation de la consommation des véhicules mis sur le marché ou l’interdiction des frigos sans porte dans les magasins. Le rôle de l’Etat est crucial, et de nombreuses mesures réglementaires pourraient être prises par le gouvernement. Le but n’est pas de contraindre les consommateurs, mais au contraire de préserver au maximum le cœur des services rendus par les combustibles fossiles. Par exemple, il est préférable de faire des concessions aujourd’hui pour éviter de voir la précarité énergétique s’étendre l’hiver prochain. Mais les pays européens ont du mal à sortir de leurs schémas de pensée classiques. Ils essaient bien de diversifier l’approvisionnement en GNL, par exemple en passant un accord avec les Etats-Unis pour augmenter les livraisons de 15 milliards de m3. Mais cela représente à peine 7% des presque 200 milliards de m3 que l’Europe, Turquie incluse, importe par an de la Russie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est penchée sur ce problème. Elle a publié deux notes, l’une sur le gaz et l’autre sur le pétrole, proposant chacune dix mesures pour réaliser rapidement des économies tant du côté de la demande, que de l’offre d’énergies alternatives. Or la plupart de ces recommandations n’ont pas été suivies par les gouvernements. Par exemple, l’AIE suggère de suspendre les fermetures de réacteurs nucléaires. En réponse, la Belgique et l’Allemagne ont réaffirmé leur priorité de sortie du nucléaire… Au-delà des discours, les pays européens, et c’est vrai ailleurs dans le monde, n’ont pas la ferme volonté de sortir des combustibles fossiles. Aujourd’hui, cette dépendance nous éclate à la figure, et on n’en est qu’au début. Depuis 2017, les extractions gazières sont en déclin en Norvège. Ce pays est le deuxième fournisseur de l’UE derrière la Russie. Les pays qui ont fait le choix de recourir au gaz fossile dans la décennie passée – parce qu’il ne coûtait pas cher – ont du mal aujourd’hui à remettre en question cette dépendance. L’Allemagne, qui refuse de rouvrir la question du nucléaire, choisit finalement de recourir – officiellement de façon temporaire, probablement de façon durable – au charbon. Je pense que Berlin se dit que la guerre en Ukraine ne durera pas éternellement, que malgré tout, la Russie restera notre voisin, et qu’un cessez-le-feu permettra de revenir à la situation d’avant. C’est-à-dire que l’Allemagne pourra de nouveau compter sur des importations massives et durables de gaz fossile russe. Sauf qu’on ne sait pas quand interviendra ce cessez-le-feu.

Macron chef de file européen ?

Macron chef de file européen ?

 

Si le président avance en France sur un champ de mines, tout concourt à en faire aujourd’hui le principal chef de file de l’Union européenne, estime, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ».

 

Une affirmation sans doute un peu rapide de la part du « Monde ». On voit mal en effet se dessiner les réformes européennes qui pourraient être imputées à Macron depuis sa présidence de l’union. La vérité sans doute c’est que Macron parle beaucoup, se met en scène mais fait très peu. Témoin l’attitude de l’union européenne par rapport au conflit ukrainien où chaque État se positionne de manière isolée. Et ce ne sont pas les multiples conversations sans résultat entre  Macron et Poutine qui change la donne. Bien au contraire car elles entretiennent toutes les ambiguïtés.

À noter aussi l’absence officielle de l’union européenne, en tout cas le rôle marginal, dans la réunion de 40 pays réunis par les États-Unis en Allemagne à propos de l’Ukraine et du climat de guerre actuel NDLR

 

Le paradoxe est saisissant. Au premier tour de l’élection présidentielle française, dimanche 10 avril, les partisans d’un rejet de l’Union européenne (UE) dans sa forme actuelle avaient obtenu ensemble une majorité absolue de voix. Deux semaines plus tard, Emmanuel Macron s’est pourtant présenté devant ses partisans rassemblés sur l’esplanade du Champ-de-Mars au son de l’hymne européen. La réélection à plus de 58 % d’un président sortant qui a placé la souveraineté européenne au cœur de sa campagne a été immédiatement accueillie par un soulagement non feint à Bruxelles, comme dans la majorité des capitales de l’UE.

Emmanuel Macron avance en France sur un champ de mines, compte tenu de la puissance d’un vote contestataire et des motivations divergentes des électeurs qui lui ont permis de l’emporter, certains voulant avant tout faire barrage au Rassemblement national de Marine Le Pen. Il peut, en revanche, aborder l’avenir de l’Europe avec les coudées franches. Les larges pouvoirs en politique étrangère que lui confère la Constitution le lui permettent.

Tout concourt à faire de lui aujourd’hui le principal chef de file de l’UE : l’expérience acquise au cours de son premier mandat comme la vision d’un meilleur avenir, avancée de longue date. Il avait énoncé, en septembre 2017, les fondations d’une construction européenne renforcée dans un discours prononcé à la Sorbonne et qui s’adressait directement à la chancelière allemande, Angela Merkel. Cette dernière, qui jouait alors le rôle de métronome européen du fait de sa longévité à la tête du géant économique de l’UE, n’y avait jamais vraiment répondu.

Le retour du tragique dans l’histoire, mentionné dans le discours de la victoire, dimanche 24 avril, a donné tout son sens à l’objectif de souveraineté européenne défendu par le président français. La déflagration économique liée à la pandémie de Covid-19, puis le défi sécuritaire lancé aux Européens par l’invasion russe de l’Ukraine ont rendu intelligibles les propositions françaises. La mutualisation des dettes en a été une première application.

Selon Benjamin Haddad, directeur Europe de l’influent cercle de réflexion Atlantic Council, « une fenêtre d’opportunité sans précédent s’ouvre »« Non seulement les idées françaises pour que les Européens pensent en termes de puissance et de rapports de force dans les domaines militaires ou de sécurité énergétique sont au rendez-vous de l’histoire, mais elles peuvent également bénéficier de la transformation en cours en Allemagne », estime cet expert qui compte parmi les partisans du président français. Il fait référence à un réveil stratégique allemand esquissé par le chancelier social-démocrate, Olaf Scholz, arrivé aux affaires à la fin de l’année 2021.

La mise en cause du Green deal européen ? (Pascal Canfin )

La mise en cause du Green deal européen ? (Pascal Canfin )

Tribune

Regardons une carte politique européenne et cherchons les pays dans lesquels un parti conservateur, comme Les Républicains en France ou la CDU en Allemagne, dirige. Résultat : on retrouve cette configuration dans neuf pays : en Autriche, Croatie, Grèce, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et à Chypre. Autrement dit, la droite conservatrice n’est plus au pouvoir dans aucune des grandes capitales européennes. Et au Conseil européen, qui rassemble les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union, les présidents ou premiers ministres de la droite traditionnelle ne pèsent plus que 12% des voix. Cela entraîne plusieurs conséquences.

La première est la radicalisation des partis de droite qui ne se sentent plus liés par les contraintes de l’exercice des responsabilités nationales et européennes. L’arrivée dans les propositions de LR en France de la volonté de remettre en cause le primat du droit européen sur le droit national en est un bon exemple. Cette idée est directement issue du corpus de l’extrême-droite et des partis illibéraux au pouvoir en Pologne et en Hongrie. Elle est à rebours du logiciel pro-européen du centre droit incarné en Allemagne encore récemment par Angela Merkel. Cette proposition revient à déconstruire toute cohérence européenne puisque la France dira que dans tel domaine, par exemple l’immigration, le droit européen ne s’applique pas, quand les Polonais diront qu’il ne s’applique pas en terme de respect du droit des minorités.

Cela signe la fin de la construction européenne qui implique justement que l’on bâtisse ensemble des règles qui nous lient tous. Or, l’Europe s’est construite sur quatre familles politiques – les chrétiens démocrates, les centristes libéraux, les socio-démocrates et, plus récemment, les écologistes. Si les partis de centre droit migrent vers des alliances avec des formations d’extrême droite, cela crée une nouvelle donne politique. La récente alliance dans la plus grande région espagnole, la Castille et Léon, d’une coalition entre le parti populaire conservateur PP et le parti d’extrême-droite Vox en est le dernier exemple en date et permet à Vox d’entrer pour la première fois dans une coalition gouvernementale en Espagne.

La deuxième conséquence est une radicalisation anti-écologique de l’ancienne droite de gouvernement. Mises bout à bout, les prises de position récentes des partis de droite contre des éléments importants du Green deal européenaboutirait à un détricotage de l’ambition climatique du continent : attaques contre les éoliennes de LR en France, remise en cause des objectifs de la transition agricole par le groupe de droite au Parlement européen, volonté de la CDU de faire de son opposition à la fin du moteur thermique en 2035 telle que prévue par la Commission européenne un élément fort de sa reconquête en Allemagne en adoptant un discours proche de celui de l’AFD, le parti d’extrême-droite, etc…

« L’incohérence et l’absence de volonté de la dépasser est bien le signe d’un renoncement à l’esprit de responsabilité européen qui implique justement de soutenir les compromis pour avancer ensemble »

Et sur le sujet emblématique de la taxonomie qui classe les activités économiques au regard de leur intérêt pour la transition écologique, les députés européens LR pourraient voter contre au Parlement car ils trouvent que les règles ne sont pas assez favorables au nucléaire, quand leurs collègues de la CDU pourraient aussi voter contre car ils trouvent que les règles sont… trop favorables au nucléaire. Cette incohérence et l’absence de volonté de la dépasser est bien le signe d’un renoncement à l’esprit de responsabilité européen qui implique justement de soutenir les compromis pour avancer ensemble.

La prédominance en Europe des gouvernements socio-démocrates et centristes, avec la présence croissante de partis écologistes en position de participation minoritaire comme en Allemagne, en Suède, en Irlande ou encore au Luxembourg, montre que ce sont bien les familles politiques qui assument leur position pro-européenne qui l’emportent aujourd’hui. C’est une bonne nouvelle car sur de nombreux sujets, l’Europe est le bon cadre d’action, sur le climat comme pour assurer notre autonomie stratégique face à la Chine ou à la Russie par exemple. Mais c’est aussi un défi identitaire pour les partis de la droite traditionnelle qui sont à l’heure des choix.

Pascal Canfin est député europée (Renew), président de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen.

 

Pétrole et Russie: Suspendre le marché carbone européen idiot

Pétrole et Russie: Suspendre le marché carbone européen idiot

Face à l’impasse politique de la flambée des prix de l’énergie, Thierry Bros estime que l’Allemagne place l’Europe devant un risque systémique. La démonstration sans doute de ce marché carbone idiot qui ne fait que renchérir les prix du carburant et sans impact sur l’environnement. 

 

 

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, ne sont pas parvenus à trouver de consensus sur les différentes solutions évoquées à la flambée des prix de l’énergie. Ils sont seulement convenus de créer une plateforme pour des achats communs de gaz, qui fonctionnera sur la base du volontariat. La Commission européenne devrait faire des propositions concrètes en mai.

Thierry Bros est professeur à Sciences Po et spécialiste de la géopolitique de l’énergie.

Six mois après le début de la flambée des prix du gaz, les Européens ne parviennent toujours pas à s’entendre sur la réponse à y apporter. Comment l’expliquez-vous ?

Les discussions sont bloquées à cause d’une division entre pays du nord et du sud. D’un côté, des Etats comme l’Espagne et la France demandent des réformes, et de l’autre, les Pays-Bas, l’Autriche et surtout l’Allemagne freinent des quatre fers. Cette division est liée à la différence des mix énergétiques, assez carboné avec une forte dépendance au gaz en Allemagne et en Autriche notamment, et au contraire très décarbonés pour ce qui est de la France grâce au nucléaire et de l’Espagne ou du Portugal grâce aux énergies renouvelables. Partant, ces pays voudraient changer la règle dite du « merit order » du marché intégré européen de l’électricité, selon laquelle le prix du dernier électron fait le prix total, et qui revient donc à l’heure actuelle à aligner le prix de l’électricité sur celui du gaz voire du charbon. Ces pays payent l’incohérence de la politique énergétique de l’Allemagne, qui n’a pas fait les efforts de diversification qu’elle leur avait promis.

Activer d’avantage le Fonds de relance européen

Activer d’avantage le Fonds de relance européen

 

Il est clair que la situation de conflit en Ukraine, ajoutée à la montée inquiétante de l’inflation va peser de manière très négative sur la croissance pour le reste de l’année. Une croissance qui pourrait bien être proche de zéro dans l’union européenne. Conscients de la situation et particulièrement touchs par l’inflation, les dirigeants allemands seraient prêts à activer davantage le fond de relance européen. 

Ce fonds de relance avait été adopté pour faire face à la crise du Covid-19. 

Le ministre allemand des Finances s’est dit ouvert à une adaptation, à la lumière de la guerre en Ukraine, des priorités du plan de relance européen adopté par l’Union européenne pour face à la crise du covid-19. «Je suis ouvert à une nouvelle priorisation des fonds disponibles» au sein du plan de relance dans un contexte qui «a changé», déclare Christian Lindner dans une interview à paraître dimanche dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Le ministre rejette a contrario l’idée d’un d’une nouvelle mutualisation des fonds européens pour faire face aux contrecoups économiques de la guerre en Ukraine, mais aussi aux dépenses de défense que la plupart des pays veulent augmenter.

Dans le sillage de la pandémie, les 27 chefs d’État et de gouvernement européens ont adopté en 2020 le plus vaste train de mesures de relance jamais décidé dans l’Union européenne, doté d’un montant total d’environ 800 milliards d’euros pour la reconstruction de l’Europe de l’après-Covid. Ce plan doit être financé grâce à des emprunts mutualisés entre pays européens, une première.

 

Sommet européen pour un « Nouvel ordre économique » de l’UE !

Sommet européen pour un « Nouvel ordre économique » de l’UE !

 

Période électorale sans doute, Macron dans sa dernière allocution n’a pu s’empêcher de satisfaire à l’enflure des mots en annonçant un sommet européen informel sur un nouvel ordre économique  qui se tiendra les 10 et 11 mars à Versailles.

Notons D’abord que cette réunion aura un caractère informel, c’est-à-dire qu’il ne pourra engager formellement les institutions européennes. Cela d’autant plus que cette rencontre n’était pas prévue au calendrier sur ce sujet. Cette rencontre n’aura sans doute pas pour objet d’envisager un nouveau modèle économique mais plus modestement de prévoir un plan d’ajustement en particulier dans le domaine énergétique suite à la guerre en Ukraine par la Russie. Au-delà des aspects énergétiques , Macron en profitera pour enfoncer le clou du concept d’une vraie défense européenne qui institutionnellement n’existe pas.

« L’Europe  doit investir davantage pour moins dépendre des autres continents et pouvoir décider pour elle-même, en d’autres termes devenir une puissance plus indépendante, plus souveraine », a déclaré Emmanuel Macron.

« Puissance de paix, nous ne pouvons pas dépendre des autres pour nous défendre, que ce soit sur terre, sur mer, sous la mer, dans les airs, dans l’espace ou le cyberespace (…). Notre défense européenne doit franchir une nouvelle étape », a-t-il ajouté.

 

« Nous ne pouvons plus dépendre des autres, et notamment du gaz russe, pour nous déplacer, nous chauffer, faire fonctionner nos usines. Voilà pourquoi, après avoir décidé, pour la France, le développement des énergies renouvelables et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, je défendrai une stratégie d’indépendance énergétique européenne », a poursuivi le président français.

Le discours de portée européenne mais qui traduit aussi des préoccupations internes s’inscrivant dans la campagne électorale.

Le grand changement européen est mûr ! (Mélenchon)

Le grand changement européen est mûr !  (Mélenchon)

Le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle a amendé son projet européen. La confrontation avec les institutions communautaires qu’il prônait il y a cinq ans a cédé la place à la désobéissance.Et de fait Mélenchon ne remet plus en cause la monnaie unique principale levier de la politique européenne

Changement de pied pour Jean-Luc Mélenchon. A la veille du discours d’Emmanuel Macron sur la présidence française de l’Union européenne (PFUE), le candidat de La France insoumise (LFI) explique les évolutions de sa position européenne. L’ultimatum de la sortie des traités a vécu. La France, désormais, doit rester dans l’UE, quitte à désobéir. D’autant que, selon lui, les conditions sont propices à une refondation. Opposé à une défense européenne, il prône la sortie de l’OTAN et considère qu’il faut dialoguer avec la Russie.

Interview le Monde

En 2017, vous défendiez l’hypothèse d’une sortie des traités européens si la négociation pour les changer n’aboutissait pas. Aujourd’hui, dans votre programme, vous évoquez une désobéissance au cas par cas. Entre désobéir et sortir des traités, quelle est la différence ?

Je veux éviter les débats abstraits. L’Europe n’est pas un produit fini mais un ensemble qui bouge et qui va encore changer. Je suis méfiant. A deux reprises, une coalition d’Etats européens a fait obstacle à une décision française, avec l’appui de l’Allemagne, sur le glyphosate d’abord, puis sur le budget européen. Ce ne sont pas les seules fois où la faible volonté française a plié devant celle des autres : aujourd’hui, on paie toujours une partie du rabais exigé par les pays frugaux, ces Etats pingres, comme autrefois on payait celui des Britanniques.

Mon sujet, c’est d’abord de rétablir notre souveraineté, à partir de deux clauses essentielles : la non-régression sociale, écologique et démocratique, et l’alignement sur les normes les mieux-disantes. La ligne rouge absolue, c’est l’application dans tous les cas de notre programme. Nous utiliserons donc la clause « opt-out » quand les traités sont contraires aux engagements du programme. Il y a pléthore de précédents. Le Royaume-Uni avait eu ainsi recours à cette clause pour refuser l’encadrement de la durée maximale du temps de travail à quarante-huit heures. De plus, on bloquera aussi tous les accords de libre-échange et tous ceux relatifs à de nouvelles adhésions. L’Europe, ce ne peut pas être tout ou rien pour les seuls Français. A cette heure, je vois que les traités ne fonctionnent pas et qu’ils sont déjà remis en cause des centaines de fois. La sortie des traités actuels n’est plus si loin. Mais je ne vois pas pourquoi on donnerait les clés du camion à l’Allemagne.

La sortie de l’euro n’est-elle plus d’actualité ?

Nous n’avons aucun intérêt au chaos économique et politique qui résulterait d’une position agressive de la France. Je ne vois pas comment on ferait, vu notre déficit du commerce extérieur. Prenons plutôt la question par l’autre bout : le statut de la Banque centrale européenne, la règle des 3 %, la dette. Vous croyez franchement qu’on reviendra au pacte de stabilité ? Non. En tout cas pas avec nous.

Gestion zone euro : des pertes de temps très coûteuses

Gestion zone euro : des pertes de temps très coûteuses 

Georgios Papakonstantinou, ancien ministre grec des finances (2009-2011), revient sur le bilan des vingt ans de la zone euro. Le Monde, extrait.

Pendant des années, Georgios Papakonstantinou a eu besoin de gardes du corps pour se déplacer en Grèce. L’ancien technocrate, qui a longtemps travaillé à l’OCDE, s’est retrouvé propulsé dans l’une des pires crises économiques en devenant ministre des finances de la Grèce entre 2009 et 2011. C’est lui qui a révélé que le déficit budgétaire de son pays avait été maquillé, en octobre 2009. Lui encore qui a dû négocier le premier des trois plans de sauvetage de la Grèce, de 110 milliards d’euros, pour éviter la faillite de son pays. Les conditions imposées par les bailleurs – le Fonds monétaire international et l’Union européenne –, avec une austérité très dure, lui ont valu la rancœur des Grecs.

Vingt ans après le lancement de l’euro comme monnaie fiduciaire – les billets et pièces ont été mis en circulation le 1er janvier 2002 –, celui qui est aujourd’hui professeur à l’Institut universitaire européen tire le bilan de la monnaie unique.

Vingt ans après le lancement des billets et des pièces d’euro, quel bilan en tirez-vous ?

C’est un succès, au sens où on utilise l’euro de plus en plus et où son existence n’est pas mise en doute. Mais la crise de la monnaie unique (2010-2015) a mis en évidence ses défauts de construction. Les économistes en avaient parlé lors de sa création mais on faisait semblant jusqu’alors de les ignorer.

Quand vous révélez que le déficit grec est plus important qu’annoncé dans les statistiques, vous attendez-vous à déclencher une crise majeure ?

Absolument pas. On pensait qu’on allait avoir un ajustement de quelques années seulement. On n’avait pas compris que la crise fiscale cachait une profonde crise des institutions grecques.

La réaction du reste de l’Union européenne n’a-t-elle pas aggravé la crise ?

Il y avait des problèmes structurels en Grèce et une récession était inévitable. Mais on a été très frustrés de voir que les bailleurs ne nous laissaient pas le temps de redresser le pays et qu’ils ne voulaient pas voir la responsabilité de la zone euro. Le programme d’ajustement structurel aurait pu être étalé sur une plus longue période, pour réduire l’austérité. Notre dette aurait pu être restructurée plus rapidement, pour en réduire le coût.

Pendant les six premiers mois de la crise, l’Europe voyait ça uniquement comme un problème grec, pas comme un problème de la zone euro. Les Allemands refusaient de dire qu’ils ne nous laisseraient pas faire faillite alors qu’il aurait au contraire fallu sortir le « bazooka » en garantissant qu’il n’y aurait pas de sortie de la zone euro, afin d’enrayer la contagion de la crise. Baisser les salaires et les retraites en Grèce ne suffisait pas…

 

Finance verte: un accord européen ?

Finance verte: un accord européen ?

Si les discours ne manquent pas en matière de responsabilité environnementale concernant l’économie par contre les orientations et moyens concrets sont encore loin d’être à la hauteur des enjeux. Pour tout dire on en reste au niveau des intentions. Pas étonnant dans la mesure jusque-là l’Union européenne  n’était pas encore  en harmonie avec la définition de ce qui est vert ou pas en matière d’énergie, secteur évidemment stratégique  pour l’évolution climatique. Un article de Romain Segond dans L’Opinion Évoque la problématique du financement vert après le possible accord sur la taxonomie européenne qui définit le label environnemental pour les énergies. La version définitive de « taxonomie européenne » sera arrêtée au cours du mois de janvier 

L’Union européenne s’apprête à montrer la voie en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Du Green Deal à la réforme de la PAC, en passant par le reporting extra-financier ou la réglementation commerciale, de nombreux chantiers ont été ouverts pour permettre à l’Union de renforcer son arsenal climatique. Mais l’une de ces mesures divise le couple franco-allemand : la création d’une taxonomie européenne de la finance verte. Concrètement, il s’agit de classer les filières en fonction de leur niveau d’émissions de CO2 et de leurs conséquences sur l’environnement.

Mais si elle paraît simple dans son principe, cette idée peine à accoucher d’une version définitive. En particulier parce qu’elle touche à des sujets aussi sensibles que la souveraineté et la stratégie énergétique des Etats membres. Au centre de la discorde, la volonté française d’inscrire le nucléaire comme énergie durable, et celle, allemande, de labelliser le gaz comme énergie de transition. Ce compromis semble s’imposer ces dernières semaines, mais continue de diviser à Bruxelles.

Pour bien saisir l’enjeu de ce règlement, l’impact qu’il pourrait avoir sur la réorientation des flux financiers et des intérêts énergétiques nationaux, Les principales questions qui se posent :

Quelle est la philosophie générale qui sous-tend la mise en place de la taxonomie verte en Europe ? Comment est-elle censée fonctionner ? Et où en est-on dans le processus d’adoption ?

Depuis le début, la France pèse de tout son poids pour l’inscription du nucléaire dans cette directive. Au risque d’en venir au clash avec l’Allemagne, son principal partenaire. Pourquoi le gouvernement français se montre-t-il si inflexible au sujet de l’atome ? Qu’est-ce qui justifie ces réticences Outre-Rhin ? Y a-t-il des raisons objectives pour ne pas reconnaître la compatibilité de l’énergie nucléaire avec les objectifs climatiques de l’UE ?

Le gouvernement Allemand, de son côté, est resté longtemps ambigu sur le gaz, auquel il a notamment recours pour soutenir le développement des énergies renouvelables sur son territoire. Le gaz pourrait-il être compatible avec nos objectifs d’émissions ? Connaît-on la position de la nouvelle coalition au pouvoir sur ce dossier ? Serait-il tenable, politiquement, pour l’Allemagne, de troquer l’inclusion du gaz contre celle du nucléaire ?

L’UE rassemble presque autant de pays que de stratégies énergétiques différentes. Autour du couple franco-allemand, quelles sont les alliances qui pourraient faire pencher la décision finale d’un côté plus que de l’autre ? Le projet pourrait-il capoter ? N’est-il pas vain de défendre des intérêts nationaux alors même que le marché de l’énergie est européen ?

Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire

Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire

C ‘est au terme d’un accord très politique que Bruxelles s’est enfin mis d’accord pour considérer que le gaz et le nucléaire pourrait bénéficier du label vert européen. On sait évidemment que la France poussait la technique nucléaire qui assure près de 70 % de la fourniture d’électricité en France. À l’inverse l’Allemagne poussait, elle, le gaz qui en fait va  prendre la succession bien sûr des centrales nucléaires mais aussi des centrales à charbon qui leur ont succédé et même des énergies alternatives trop peu performantes. Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité. L’objectif est d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction de CO2. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux Etats membres le 31 décembre, peu avant minuit, d’après plusieurs sources contactées par l’AFP.

La Commission « a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte » permettant d’inclure « certaines activités de gaz et de nucléaire » dans sa taxonomie verte, a confirmé l’exécutif européen dans un communiqué.

 Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité, avec pour objectif d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de Bruxelles, consultée par l’AFP, fixe des conditions à l’inclusion du nucléaire et du gaz, notamment une limitation dans le temps. Pour la construction de nouvelles centrales atomiques, les projets devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045. Concernant les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes, ils devront avoir été autorisés avant 2040.

Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. Concernant le gaz, qualifié de « source d’énergie de transition », les investissements seront reconnus « durables » pour des centrales émettant peu de CO2. La Commission a fixé des seuils drastiques : moins de 100 g de CO2 par kWh, un seuil inatteignable avec les technologies actuelles selon des experts.

Cependant, une période de transition est prévue. Les centrales obtenant leur permis de construire avant le 31 décembre 2030, verront ce seuil relevé à 270 g de CO2 par kWh à condition de remplacer des infrastructures existantes beaucoup plus polluantes et de répondre à une série de critères.

Les Etats membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier.

Le « Green New Deal» européen : défi irréaliste et coûteux

 

Le « Green New Deal» européen  : défi irréaliste et coûteux

  • par Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne. dans les Echos

Se vantant de sa stratégie énergétique qui doit montrer la voie au monde entier, stimulée par les innombrables ONG vertes, aveuglée par l’autoconviction qui règne au sein des institutions de l’Union européenne, celle-ci s’enfonce dans la crise énergétique. L’UE, face au fiasco de la COP26, au lieu de constater que le reste du monde ne la suit pas, s’entête à promouvoir encore plus les énergies renouvelables pourtant à la base de cette crise.

Les prix du gaz naturel sur le marché spot ont été multipliés par cinq en un an, en raison de la très forte reprise économique en Chine et donc de l’augmentation tout aussi forte de sa consommation d’énergie. Grâce à l’abondance de gaz naturel – l’énergie du futur - , un seul marché devenu fluide existe à présent entre l’UE et l’Asie alors que les Etats-Unis, isolés géographiquement, se réjouissent du prix très bas de leur gaz de schiste.

La Chine préparée

La Chine, qui, elle, n’a pas mis tous ses oeufs dans le même panier, se débrouille en important plus de charbon d’Indonésie, en déchargeant après un an des cargaisons de charbon australien bloquées dans les ports chinois à la suite des sanctions décrétées envers l’Australie, en exploitant à fond ses petits charbonnages qu’elle était pourtant en train de fermer par manque de rentabilité économique.

Elle s’est préparée à la croissance de la demande en construisant des centrales nucléaires – l’électricité de l’avenir. Bref, elle fait le contraire de l’UE, car elle sait qu’il ne peut y avoir de croissance sans énergie abondante et bon marché comme l’avaient dit les pères fondateurs de la Communauté européenne à Messine le 2 juin 1955.

 

 

L’Europe est nue

Il y a quelques semaines, Kristoph Leith, le président d’Eurochambre, la fédération des chambres de commerces de l’UE, en quittant sa fonction a déclaré que les objectifs du Pacte vert de l’UE sont irréalistes. On aurait aimé qu’il ait eu le courage de le dire lorsqu’il était en fonction. Car c’est précisément là la force, et la faiblesse, de la Commission. Tout le monde se tait et elle croit qu’elle est dans le bon, et, pourtant, c’est une grosse déficience, car la situation actuelle est la conséquence de la politique énergétique soumise au dictat de la politique climatique. Comme l’empereur qui croit avoir des habits neufs dans la fable d’Andersen, l’Union européenne est nue face à cette crise qu’elle a contribué à créer.

 

Pour parer au plus pressé, on a vite jeté l’opprobre sur le président Poutine alors que Gazprom respecte les contrats signés en 2005 par Gaz de France et voulus par Jacques Chirac. Ne voulant pas détériorer ses bonnes relations commerciales – l’URSS avait commencé à vendre du gaz dans les années 1970 -, M. Poutine a déclaré que la Russie fournirait autant de gaz que possible. Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, a déclaré : « Changez l’adversaire en partenaire et les choses se résolvent plus facilement. »

En effet, le président Obama porte, lui aussi, sa part de responsabilité en nous ayant entraînés en 2014 dans des sanctions contreproductives. Son pays possède tout le gaz qu’il veut, tandis que l’UE, pour son approvisionnement en gaz, doit compter d’abord sur son voisin russe. On ne peut pas exiger que la Russie danse comme siffle le parlement européen.

Vassalisation envers la Chine

Heureusement que Mme Merkel a tenu tête à la fois à la Commission européenne et à Jo Biden pour assurer l’achèvement du gazoduc Nord Stream 2 , car, bien entendu, les dirigeants allemands ne sont pas dupes : les éoliennes et les panneaux solaires photovoltaïques ne vont pas pouvoir remplacer le nucléaire et le lignite.

Depuis le choc pétrolier de 1973, la Commission, appuyée avec conviction par le Parlement européen, a fait le maximum pour pousser ce qu’on appelait alors les énergies alternatives. Pourtant, l’énergie éolienne et celle solaire représentent, en 2019, 2,9 % de la demande en énergie primaire de l’UE, après avoir dépensé plus de 1.000 milliards d’euros depuis 2000. L’entêtement ne va rien modifier, le caractère variable et intermittent et la très haute occupation au sol ne changeront jamais, quel que soit le nombre de COP et de manifestations des activistes.

L’opiniâtreté de l’UE de saboter son économie au nom d’objectifs climatiques irréalisables restera dans l’histoire comme la cause de la vassalisation envers la Chine et l’Inde du continent qui avait inventé la modernité et la technologie. Il est urgent que l’UE s’arrête dans sa course folle, mais j’ai peu d’espoir que cette décision soit prise. Il nous restera le plaisir dérisoire d’avoir prévenu.

Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne.

Macron et l’UE : un programme européen ou électoral ?

Macron et  l’UE : un programme européen ou électoral ?

Un papier du monde souligne que Macron dans sa conférence de presse de jeudi 9 décembre le président de la république qui va présider l’union économique pendant six mois s’est livré un exercice d’équilibriste en tentant d’européaniser les faiblesses de la France. Ainsi la mise en cause des critères de gestion budgétaire, la politique de défense, la maîtrise des frontières et même le service civil ! NDLR

Editorial du « Monde ».

 

L’exercice auquel s’est livré le président de la République jeudi 9 décembre lors de la deuxième conférence de presse de son quinquennat était particulièrement acrobatique : présenter les grandes orientations de la présidence française de l’Union européenne qui débute le 1er janvier 2022 pour six mois, sans avoir l’air d’interférer dans la campagne présidentielle qui se déroulera au même moment.

Président « jusqu’au bout » mais pas encore candidat déclaré, Emmanuel Macron a évité les escarmouches politiques sans bouder l’occasion d’affirmer son credo européen. Maîtrise des frontières de l’UE, souveraineté stratégique, nouveau modèle de croissance européen, chaque thématique a été l’occasion de vanter l’Europe protectrice dans un monde instable et dangereux.


L’ambition est de faire aboutir trois longues négociations sous présidence française sur le salaire minimum, la taxe carbone aux frontières et la régulation des grandes plates-formes numériques, donnant quelque substance aux propos présidentiels. En revanche, aucune avancée forte n’est perceptible sur le dossier ultrasensible de l’immigration, tant le contrôle des flux migratoires continue de diviser les Vingt-Sept. C’est pourtant ce sujet qui alimente depuis des mois le débat politique français


L’Europe promet d’occuper à nouveau une place importante dans la campagne présidentielle. Depuis le référendum sur Maastricht, il y a près de trente ans, la construction européenne n’a cessé de creuser le fossé entre les pro et les anti, coupant la gauche et la droite en deux et donnant du grain à moudre aux extrêmes. Le débat s’est cependant déplacé. Plus personne en France ne réclame la sortie de l’euro – une large majorité de Français a fini par considérer la monnaie unique comme plus protectrice que le franc. On n’entend plus non plus de candidats promettre le « Frexit », sans doute parce que l’exemple britannique reste, à ce stade, la pire publicité.

Deux formes de contestation, en revanche, progressent : la première consiste à laisser croire que l’on pourrait garder de l’Europe ce qui nous arrange et enlever ce qui nous dérange. Durant la primaire qui a départagé les cinq prétendants Les Républicains, il a été assené que la France devrait retrouver sa souveraineté juridique sur les questions migratoires et se libérer des instances judiciaires européennes. Valérie Pécresse, qui s’affiche pourtant comme une candidate pro-européenne, n’était pas la dernière à le dire.

La seconde façon de contester l’Union européenne est de plaider qu’il n’est pas besoin de la quitter pour la dynamiter, il suffit de trouver des alliés à l’intérieur. Marine Le Pen et Eric Zemmour jouent ouvertement cette carte en affichant leur proximité avec les dirigeants illibéraux d’Europe centrale.


Aux « mi-européens » et aux anti-européens tout court, Emmanuel Macron oppose son engagement total dans la défense du modèle européen, en tentant de mixer des arguments de raison et des éléments de fierté. Il n’en ignore cependant aucune des lacunes et fragilités. Inquiet de la montée des « révisionnismes » , il dit vouloir lancer en juin 2022 « un grand travail sur l’histoire » du Vieux Continent, comme s’il manquait un supplément d’âme à la construction européenne. Même lucidité à propos des failles du modèle social qui alimentent une contestation de plus en plus virulente du système démocratique. Dans son esprit, défendre l’Europe, c’est aussi la changer. L’antienne n’est pas nouvelle. François Mitterrand l’avait, avant lui, beaucoup utilisée.

Société-Un service civique européen de 6 mois ? ( Macron)

Société-Un service civique européen de 6 mois ? ( Macron)

 

Parmi les propositions de Macron concernant la présidence française de l’union économique figure la curieuse proposition de création d’un service civique européen de six mois. En fait, Macron propose à l’Europe ce qu’il n’a pas réussi à faire en France. En effet le fameux service national et universel constitue un véritable fiasco.

Il y avait de fortes chances pour que le service national et universel en France ne soit finalement ni vraiment un service national , ni vraiment universel. En plus une durée d’un mois !  Le gouvernement avait prévu sa généralisation ici 2026. Pour l’instant on n’en est à quelques milliers quand une classe d’âge représente 800 000 personnes. 

La promesse de Macron finit pourtant  en eau de boudin d’abord du fait des réticences des pros de l’armée à participer à une résurgence du service militaire obligatoire. Exit ou presque la dimension militaire. Ensuite parce la France n’a pas les moyens de le financer.

Le dispositif devait initialement être étendu à 40.000 jeunes . Finalement, ils seront « autour de 30.000″, affirme Gabriel Attal, soulignant que « c’est une montée en charge très importante ». « Pour la première fois, tous les départements lanceront le SNU. . Il y aura entre 100 et 500 volontaires, selon les départements », ajoute-t-il.

Après la première phase , durant laquelle les jeunes ont effectué un « séjour de cohésion » en internat, les volontaires doivent désormais accomplir deux semaines de mission d’intérêt général auprès d’une association, d’une collectivité ou d’un corps en uniforme d’ici à juin 2020.

Le seul problème c’est que le contenu et la durée totalement insuffisant et que globalement les jeunes ne se sentent pas concernés par un pseudo service d’un mois pour 30 à 40 000 personnes alors qu’une classe d’âge représentent 800 000 personnes.

« On a un premier bilan et un premier retour sur les effets de ce séjour. Il est positif. On a à la fois des jeunes qui ont le sentiment d’avoir grandi, d’avoir gagné en maturité, d’avoir appris des choses », a fait valoir Gabriel Attal. « Et on voit des effets sur des jeunes qui étaient décrocheurs, qui avaient arrêté l’école pour phobie scolaire ou pour délinquance parfois, et qui ont repris le chemin de l’école parce qu’il y a eu un effet d’entraînement, de modèle, avec d’autres jeunes », a poursuivi le secrétaire d’Etat . Le problème est que le contenu même du service dit universel est très confus et qu’il faudra 20 ou 30 ans pour être soit réellement universel et pour  concerner la totalité d’une classe d’âge. A moins de réduire ce service à une journée au lieu  d’un mois !

 

Macron et Présidence de l’UE : un programme européen ou électoral ?

Macron et Présidence de l’UE : un programme européen ou électoral ?

Un papier du monde souligne que macron dans sa conférence de presse de jeudi 9 décembre le président de la république qui va présider l’union économique pendant six mois s’est livré un exercice d’équilibriste en tentant d’européaniser les faiblesses de la France. Ainsi la mise en cause des critères de gestion budgétaire, la politique de défense, la maîtrise des frontières et même le service civil ! NDLR

Editorial du « Monde ».

 

L’exercice auquel s’est livré le président de la République jeudi 9 décembre lors de la deuxième conférence de presse de son quinquennat était particulièrement acrobatique : présenter les grandes orientations de la présidence française de l’Union européenne qui débute le 1er janvier 2022 pour six mois, sans avoir l’air d’interférer dans la campagne présidentielle qui se déroulera au même moment.

Président « jusqu’au bout » mais pas encore candidat déclaré, Emmanuel Macron a évité les escarmouches politiques sans bouder l’occasion d’affirmer son credo européen. Maîtrise des frontières de l’UE, souveraineté stratégique, nouveau modèle de croissance européen, chaque thématique a été l’occasion de vanter l’Europe protectrice dans un monde instable et dangereux.


L’ambition est de faire aboutir trois longues négociations sous présidence française sur le salaire minimum, la taxe carbone aux frontières et la régulation des grandes plates-formes numériques, donnant quelque substance aux propos présidentiels. En revanche, aucune avancée forte n’est perceptible sur le dossier ultrasensible de l’immigration, tant le contrôle des flux migratoires continue de diviser les Vingt-Sept. C’est pourtant ce sujet qui alimente depuis des mois le débat politique français


L’Europe promet d’occuper à nouveau une place importante dans la campagne présidentielle. Depuis le référendum sur Maastricht, il y a près de trente ans, la construction européenne n’a cessé de creuser le fossé entre les pro et les anti, coupant la gauche et la droite en deux et donnant du grain à moudre aux extrêmes. Le débat s’est cependant déplacé. Plus personne en France ne réclame la sortie de l’euro – une large majorité de Français a fini par considérer la monnaie unique comme plus protectrice que le franc. On n’entend plus non plus de candidats promettre le « Frexit », sans doute parce que l’exemple britannique reste, à ce stade, la pire publicité.

Deux formes de contestation, en revanche, progressent : la première consiste à laisser croire que l’on pourrait garder de l’Europe ce qui nous arrange et enlever ce qui nous dérange. Durant la primaire qui a départagé les cinq prétendants Les Républicains, il a été assené que la France devrait retrouver sa souveraineté juridique sur les questions migratoires et se libérer des instances judiciaires européennes. Valérie Pécresse, qui s’affiche pourtant comme une candidate pro-européenne, n’était pas la dernière à le dire.

La seconde façon de contester l’Union européenne est de plaider qu’il n’est pas besoin de la quitter pour la dynamiter, il suffit de trouver des alliés à l’intérieur. Marine Le Pen et Eric Zemmour jouent ouvertement cette carte en affichant leur proximité avec les dirigeants illibéraux d’Europe centrale.


Aux « mi-européens » et aux anti-européens tout court, Emmanuel Macron oppose son engagement total dans la défense du modèle européen, en tentant de mixer des arguments de raison et des éléments de fierté. Il n’en ignore cependant aucune des lacunes et fragilités. Inquiet de la montée des « révisionnismes » , il dit vouloir lancer en juin 2022 « un grand travail sur l’histoire » du Vieux Continent, comme s’il manquait un supplément d’âme à la construction européenne. Même lucidité à propos des failles du modèle social qui alimentent une contestation de plus en plus virulente du système démocratique. Dans son esprit, défendre l’Europe, c’est aussi la changer. L’antienne n’est pas nouvelle. François Mitterrand l’avait, avant lui, beaucoup utilisée.

Un service civique européen de 6 mois ? ( Macron)

Un service civique européen de 6 mois ? ( Macron)

 

Parmi les propositions de acron concernant la présidence française de l’union économique figure la curieuse proposition de création d’un service civique européen de six mois. En fait, Macron propose à l’Europe ce qu’il n’a pas réussi à faire en France. En effet le fameux service national et universel constitue un véritable fiasco.

Il y avait de fortes chances pour que le service national et universel en France ne soit finalement ni vraiment un service national , ni vraiment universel. En plus une durée d’un mois !  Le gouvernement avait prévu sa généralisation ici 2026. Pour l’instant on n’en est à quelques milliers quand une classe d’âge représente 800 000 personnes. 

La promesse de Macron finit pourtant  en eau de boudin d’abord du fait des réticences des pros de l’armée à participer à une résurgence du service militaire obligatoire. Exit ou presque la dimension militaire. Ensuite parce la France n’a pas les moyens de le financer.

Le dispositif devait initialement être étendu à 40.000 jeunes l’an prochain. Finalement, ils seront « autour de 30.000″, affirme Gabriel Attal, soulignant que « c’est une montée en charge très importante ». « Pour la première fois, tous les départements lanceront le SNU. . Il y aura entre 100 et 500 volontaires, selon les départements », ajoute-t-il.

Après la première phase , durant laquelle les jeunes ont effectué un « séjour de cohésion » en internat, les volontaires doivent désormais accomplir deux semaines de mission d’intérêt général auprès d’une association, d’une collectivité ou d’un corps en uniforme d’ici à juin 2020.

Le seul problème c’est que le contenu et la durée totalement insuffisant et que globalement les jeunes ne se sentent pas concernés par un pseudo service d’un mois pour 30 à 40 000 personnes quand une deux classes d’âge représentent 800 000

« On a un premier bilan et un premier retour sur les effets de ce séjour. Il est positif. On a à la fois des jeunes qui ont le sentiment d’avoir grandi, d’avoir gagné en maturité, d’avoir appris des choses », a fait valoir Gabriel Attal. « Et on voit des effets sur des jeunes qui étaient décrocheurs, qui avaient arrêté l’école pour phobie scolaire ou pour délinquance parfois, et qui ont repris le chemin de l’école parce qu’il y a eu un effet d’entraînement, de modèle, avec d’autres jeunes », a poursuivi le secrétaire d’Etat

. Le problème est que le contenu même du service dit universel est très confus et qu’il faudra 20 ou 30 ans pour être soit réellement universel et pour  concerner la totalité d’une classe d’âge. A moins de réduire ce service à une journée au lieu  d’un mois !

 

 

Le projet européen de Valérie Pécresse

Le projet européen de Valérie Pécresse

Défense des frontières, politique migratoire, Green Deal, création de champions industriels… Alors que la France s’apprête à prendre pour six mois la présidence du Conseil de l’Union européenne, la candidate Les Républicains à la présidentielle détaille, dans une tribune au « Monde », les grandes lignes de son projet.

Tribune

 

Le 1er janvier, la France prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) pour une période de six mois. Emmanuel Macron a refusé de modifier ce calendrier qui télescope la campagne de l’élection présidentielle, au risque d’affaiblir les intérêts de la France. A mon arrivée à l’Elysée, je profiterai de cette présidence pour dessiner avec tous nos partenaires une nouvelle exigence européenne.

Le Brexit a montré que, comme toutes les constructions humaines, l’UE était mortelle et qu’elle pouvait se dissoudre si elle ne savait plus répondre aux aspirations des peuples. La crise liée au Covid-19, la stratégie d’influence des grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie), nous montrent, en parallèle, que sans l’Europe, nous ne parviendrons plus à peser sur les choix stratégiques du monde et que nous serons conduits au mieux à l’effacement, au pire à la domination.

Vingt-sept nations vivant ensemble, en paix. Vingt-sept peuples libres de circuler, vingt-sept jeunesses libres de se rencontrer et de s’aimer, sans barbelés. On ne dira jamais assez que l’Europe est une exception historique qui mérite d’être protégée. Mais une Europe qui ne croirait plus à sa civilisation n’aurait plus de raison d’exister.

Refondre l’accord de Schengen

Face à tous ces défis, j’en appelle à un sursaut européen. Si nous persistons dans l’angélisme, si nous continuons à nous comporter comme le ventre mou de la mondialisation, nous tomberons dans les oubliettes de l’histoire. Il faut sortir de cette « Europe naïveté » pour construire avec nos partenaires une « Europe fierté ».

Cela passe d’abord par une Europe qui sait défendre ses frontières. Je proposerai la refonte de l’accord de Schengen et de la politique migratoire européenne en révisant la directive Retours [qui harmonise, depuis 2008, les règles d’expulsion des sans-papiers dans l’UE], en systématisant le contrôle biométrique de tous ceux qui souhaitent entrer sur notre territoire et en accélérant le recrutement des 10 000 gardes-frontières de Frontex [l’agence de surveillance des frontières de l’UE].

 

Je proposerai également qu’il soit mis fin aux élargissements de l’UE, notamment pour la Turquie, pour laquelle le processus est aujourd’hui uniquement suspendu. Les aides à la pré-adhésion (15 milliards d’euros) pourront ainsi être redéployées sur d’autres priorités européennes.

Enfin, parce qu’avec l’Afrique nos destins sont liés et que le développement économique est un meilleur rempart que les barrières face à la pression migratoire, je proposerai avec l’Allemagne d’amplifier un plan Marshall pour ce continent, adossé notamment aux entreprises européennes.

Covid 19 : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

Covid 19 : le laxisme européen responsable de la pandémie (OMS)

Avec plus de 2,5 millions de cas et près de 30.000 morts enregistrés depuis une semaine, le Vieux Continent est de loin la région du monde la plus touchée par la pandémie, selon les données officielles collectées par l’AFP. Et la tendance reste à la hausse.

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire dans le Vieux continent. L’OMS s’est inquiétée dans un communiqué publié mardi 23 novembre de l’ »emprise » de la pandémie de Covid-19 en Europe, estimant qu’elle pourrait être à l’origine de 700 000 morts de plus dans le continent, d’ici le printemps 2022. Si ce scénario se confirmait, il y porterait le nombre total de décès à 2,2 millions.

« On peut s’attendre à ce que les lits d’hôpitaux soient soumis à une pression élevée ou extrême dans 25 pays et à une pression élevée ou extrême dans les unités de soins intensifs dans 49 des 53 pays d’ici au 1er mars 2022. Les décès cumulés signalés devraient atteindre plus de 2,2 millions d’ici le printemps prochain, sur la base des tendances actuelles », a expliqué l’organisation dans un communiqué.

Actuellement, plus de 1,5 million de personnes sont mortes du Covid-19 dans la région.

Pour l’OMS, l’augmentation des cas s’explique par la combinaison de la prévalence du variant Delta hautement contagieux, d’une couverture vaccinale insuffisante et de l’assouplissement prématuré des mesures anti-Covid-19.

Selon ses données, les décès liés à la pandémie ont plus que doublé depuis fin septembre, passant de 2 100 par jour à près de 4 200 quotidiens.

Un plan européen pour l’autonomie en semi-conducteurs

Un plan européen pour l’autonomie en semi-conducteurs

L’union européenne a décidé de doubler sa production de semi-conducteurs à horizon de 2030.

Ces puces – qui contrôlent le flux de courant dans l’électronique – sont désormais au cœur de la fabrication de nombreux nœuds technologiques essentiels à la production d’une voiture, tant l’informatique embarquée et l’électronique n’ont cessé de s’inviter dans l’habitacle et la motorisation (système d’info-divertissement, sécurité assistée, vitres, sièges électriques).

Or elles sont conçues à partir de métaux stratégiques, notamment le silicium, le germanium, le gallium, l’indium ainsi que d’autres éléments purs.

Aujourd’hui, l’Europe et les Etats-Unis ne représentent plus à eux deux que 18 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre environ 60 % il y a 30 ans. La production étant désormais concentrée en Asie – 50 % de l’offre mondiale pour la seule île de Taïwan – « En contrepartie de ce soutien public, nous instaurerons un mécanisme de préférence européenne en cas de crise ». Les détails de ce mécanisme n’ont pas été dévoilés pour le moment, mais il s’agit vraisemblablement de la possibilité pour l’Europe de limiter les exportations de semi-conducteurs en cas de pénurie pour privilégier l’approvisionnement des industries locales.

Le commissaire européen a ainsi fait le parallèle avec la politique américaine sur les vaccins contre la Covid-19 : « C’est, je le rappelle, ce que les Américains ont fait à propos des vaccins produits sur leur sol. Nous devons retenir la leçon. Les semi-conducteurs sont aussi un enjeu d’équilibre des pouvoirs. Ce n’est pas du protectionnisme mais de la souveraineté géopolitique. »

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