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Le plan de relance européen : Enjeu

Le plan de relance européen : Enjeu

Pour dépasser les débats stériles entre comptables souverainistes et prophètes macronistes, Yves Bertoncini, spécialiste des questions européennes explique, dans une tribune au « Monde », qu’il faut tenir compte des dimensions économiques, financières et fiscales du plan de relance européen pour en saisir la portée et les enjeux politiques.

 

Tribune. 

Le plan de relance pour l’Europe (baptisé « Next Generation EU ») a pu être adopté en juillet 2021, fût-ce dans la douleur, car les vingt-sept Etats-membres de l’Union européenne (UE) ont tous considéré qu’il était dans leur intérêt que des aides financées par un emprunt commun puissent être versées afin d’endiguer la crise liée au coronavirus.

Il s’est agi alors d’envoyer un signal macroéconomique aux Etats, à travers une contribution exceptionnelle équivalant à environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) de l’UE sur trois ans, et qui complète les interventions de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres subsides communautaires et nationaux. Tout comme il s’est agi d’adresser un signal de solidarité politique aux citoyens et aux investisseurs, faisant écho à la volonté des Européens de préserver la cohésion de l’UE, le « marché intérieur », en prenant à nouveau acte de leur interdépendance économique.

Cette interdépendance explique pourquoi les bénéfices du plan de relance européen doivent être évalués sur une base transnationale, et pas seulement au regard de l’aide obtenue par tel ou tel pays (40 milliards d’euros pour la France). Si des partenaires aussi importants que l’Italie et l’Espagne n’avaient pas eu l’assurance de recevoir une aide massive de l’UE, leur déconfiture économique et financière aurait en effet eu des conséquences très négatives en France, au-delà des considérations purement comptables et boutiquières.

Il est loisible de souligner que la France aurait pu s’endetter seule, sans doute à un coût un peu inférieur – même si cela aurait pesé sur son endettement public, qui se rapproche désormais des 120 % du PIB… Mais on ne saurait oublier que notre voisin italien, encore plus lourdement endetté, aurait eu bien d’avantage de difficultés à se financer sur les marchés – d’où l’apport précieux de « Next Generation EU » au-delà des Alpes et, par ricochet, de ce côté-ci aussi.

La solidarité financière incarnée par « Next Generation EU » a aussi une dimension temporelle : si l’ensemble des subventions et des prêts prévus (qui pourront aller jusqu’à 750 milliards d’euros) ont vocation à être décaissés pour accompagner la sortie de crise, entre 2021 et 2023, leur remboursement sera lui étalé sur une trentaine d’années, jusqu’en… 2058.

Ce décalage temporel est lui aussi constitutif d’un apport financier immédiat et bienvenu, en une période particulièrement critique : la France recevra ainsi 40 milliards en trois ans, alors qu’elle n’aura à contribuer qu’à moyen et long terme au remboursement de l’emprunt ayant permis le lancement du plan de relance de l’UE.

 

Tech : le retard européen

Tech : le retard européen

 

Mikko Hyppönen, spécialiste en cybersécurité, explique, dans une tribune au « Monde », que, face à la domination des technologies américaines et asiatiques, il est urgent que l’Europe trouve les moyens de mieux défendre sa souveraineté numérique.(Extrait)

 

Tribune.

La pandémie de Covid-19 a conduit à une transformation numérique massive, la valeur des entreprises américaines de la tech a dépassé celle de l’ensemble du marché boursier européen. Révélation frappante, certes, mais pas surprenante. Pendant plusieurs années, l’Europe a pris du retard sur la création de nouveaux services et les rares succès sont immédiatement vendus à la concurrence états-unienne ou asiatique.

Bien que le Web ait été conçu en Europe, sa croissance, elle, a été alimentée par des innovations américaines et asiatiques. Pourquoi ?

Plusieurs aspects sont en jeu, la fragmentation des marchés et la multiplicité des langues représentent un désavantage pour nous ! Deux avantages de poids côté américain : les grands investisseurs et l’absence de réglementation.

Dans le secteur de la cybersécurité, les entreprises américaines ont l’avantage de pouvoir compter sur un premier client de taille, aux poches profondes et féru de technologies défensives de pointe : la branche défense du gouvernement fédéral. Cette dernière acquiert régulièrement de nouvelles innovations alors qu’elles ne sont encore que des idées sur PowerPoint.

En s’appuyant sur ce client de la première heure, elles peuvent faire passer leurs idées de l’état de promesse à celui de produit réel. A l’inverse, les unités de défense et les centres de cybersécurité européens sont de tailles plus réduites. Plutôt que d’investir dans des idées, ces entités préfèrent payer pour des solutions testées et éprouvées.

Il en va de même dans le secteur technologique au sens large. Les jeunes entreprises américaines ont accès à un secteur de capital-risque florissant, qui éclipse celui de l’Europe. Aux Etats-Unis, lorsque des fondateurs de start-up cherchent des fonds, ils trouvent face à eux des investisseurs américains impatients de mettre la main sur la prochaine grande idée à soutenir.

En tant qu’Européens, nous avons quelque chose à apprendre de nos amis américains. Si nous voulons progresser dans le secteur des technologies, nous devons prendre conscience du fait que, pour innover, l’entrepreneur a besoin de se sentir en confiance lorsqu’il investit dans son idée de produit.

Sur le marché technologique, nos concurrents américains et asiatiques profitent aussi d’une législation plus souple en matière de protection de la vie privée. Imaginez que Facebook ou Alexa [assistant vocal d’Amazon] aient été lancés par une entreprise européenne : les régulateurs auraient probablement inspecté ces idées de fond en comble, jusqu’à les tuer dans l’œuf.

Quel financement du plan européen de relance

  • Quel financement du plan européen de relance
  • «Les recettes générées par l’accord sur la fiscalité internationale pourraient en partie irriguer le budget européen» selon Eulalia Rubio, chercheuse ( L’Opinion, extrait)
  • Comment comprendre la décision de la Commission de reporter à octobre les propositions pour créer de nouvelles ressources propres ?
  • La conjoncture politique a évolué depuis l’accord interinstitutionnel sur la création de nouvelles ressources propres, trouvé en décembre 2020. Le projet de taxe numérique a été remis à plus tard dans le contexte des négociations à l’OCDE sur la fiscalité internationale, sous la pression des Etats-Unis qui craignaient que ce projet dissuade le Congrès d’adopter l’accord, espéré en octobre. La Commission a donc fait le choix de le laisser de côté, ce qui paraît logique politiquement, vu l’importance de garantir l’adoption de l’accord global – essentiel pour mettre un frein à la course au moins-disant fiscal – et vu la faiblesse du mécanisme qu’elle s’apprêtait à proposer, qui n’aurait pas rapporté beaucoup au budget européen.
  • En quoi consistait ce mécanisme ?
  • Selon la dernière fuite en date, la Commission planchait sur une taxe de 0,3 % sur les bénéfices des entreprises du secteur du numérique avec un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros, ce qui aurait rapporté moins de 2 milliards d’euros par an, bien loin de l’ambition de sa première proposition.
  • Quelles étaient les autres propositions potentielles de ressources propres ?
  • Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui a, lui aussi, subi des perturbations, entre la nécessité de sa compatibilité avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la question des quotas gratuits pour l’industrie et les réticences internationales. La Commission n’envisage sa mise en place qu’en 2026 pour des recettes qui devraient être modestes. Enfin, la réforme du marché carbone (ETS) proposée ce mois-ci, avec notamment son extension au transport routier et au bâtiment, pourrait rapporter beaucoup, mais elle est controversée politiquement et une partie des recettes additionnelles sera utilisée comme compensation pour les ménages les plus vulnérables via un nouveau fonds social pour le climat. Tout cela mis bout à bout montre pourquoi la Commission, qui doit trouver 15 milliards par an à partir de 2028 pour rembourser la dette Covid, a préféré remettre à plus tard sa proposition.
  • « Si l’accord sur la taxation minimale à 15 % des multinationales est validé, les Etats européens mettront la main sur environ 50 milliards de recettes supplémentaires par an, ce qui est considérable »
  • Est-ce à dire que la promesse de nouvelles ressources propres pour rembourser l’emprunt lié au fonds de relance ne sera pas tenue ?
  • Pour l’instant, 2028 paraît bien loin pour les responsables politiques. Mais plus on s’en approchera, plus les Etats membres vont commencer à réfléchir autrement, en voyant les estimations d’augmentation de leurs contributions nationales, faute de nouvelles ressources propres. Pour l’heure, on ne peut nier qu’il reste beaucoup d’obstacles, mais il faut aussi noter que la Commission a raison de se concentrer sur la grande bataille de la fiscalité internationale. Si l’accord sur la taxation minimale à 15 % des multinationales est validé, les Etats européens mettront la main sur environ 50 milliards de recettes supplémentaires par an, ce qui est considérable. De là à penser qu’une partie de ces dernières pourrait irriguer le budget européen, il n’y a qu’un pas, que la Commission a déjà préparé en planifiant pour 2023 une proposition sur un cadre commun européen pour la fiscalité des entreprises qui s’annonce ambitieuse. Mais, avant, la Commission doit convaincre l’Irlande, la Hongrie et l’Estonie, qui font partie des neuf pays récalcitrants, de s’engager dans l’accord à l’OCDE. C’est d’autant plus important qu’une fois l’accord trouvé, il faudra l’unanimité au niveau européen pour le mettre en œuvre.
  • Le Parlement européen est-il fondé à contester devant la Cour de justice le report de la proposition de nouvelles ressources propres ?
  • Juridiquement sans doute, car la feuille de route fait partie de l’accord interinstitutionnel sur le budget, un texte juridiquement contraignant. Politiquement par contre, j’ai des doutes. A mon sens, il ne faut pas faire de la feuille de route un totem, mais plutôt voir comment atteindre son objectif final : avoir des ressources propres supplémentaires en 2028 afin de rembourser la dette européenne. De ce point de vue, la Commission a raison de se concentrer sur l’accord à l’OCDE, sur lequel on pourrait éventuellement bâtir une nouvelle ressource propre. Cela n’implique pas abandonner la proposition de taxe digitale, mais il me paraît politiquement plus judicieux de l’utiliser comme une menace pour favoriser l’accord plutôt que de la mettre en place préventivement comme le voudrait le Parlement.

Carbone :un second marché européen pour le transport routier et le chauffage (Ursula von der Leyen)

 Carbone :un second marché européen pour le transport routier et le chauffage (Ursula von der Leyen)

Dans un entretien au « Monde » et à quatre autres journaux européens du réseau Europa, la présidente de la Commission européenne dévoile les grands principes du paquet de mesures pour le climat qui sera présenté, mercredi, par Bruxelles. (Des grands principes mais avec des orientations très vagues car elles pourraient coûter cher aux utilisateurs et aux consommateurs)

 

L’industrie estime que vous lui en demandez trop, les ONG affirment que les ambitions européennes ne sont pas suffisantes pour respecter l’accord de Paris. Que leur répondez-vous ?

Le Green Deal, cela veut dire développer une nouvelle stratégie de croissance qui nous emmène vers une économie décarbonée. C’est possible : la croissance et les émissions de CO2 ne sont pas obligatoirement liées. Depuis 1990, les émissions ont reculé de 25 %, quand le produit intérieur brut [PIB] a progressé de plus de 60 %.

La Commission propose de renforcer le marché carbone qui existe pour l’industrie. Elle envisage, par ailleurs, d’en créer un autre, pour le transport routier et le chauffage des bâtiments. Avez-vous pris une décision ?

Le transport et l’énergie doivent être abordables pour tous. Mais le transport routier est le seul secteur dont les émissions de CO2 ont augmenté ces dernières années. Il faut inverser cette tendance.

Le marché carbone a fait ses preuves : ceux qui émettent du CO2 payent des droits à polluer, et cela les incite à innover et à investir dans des technologies propres. Aujourd’hui, l’Europe l’utilise pour l’industrie et la production d’électricité. Nous allons mettre en place un second marché carbone pour le transport routier et les systèmes de chauffage.

Économie : les États-Unis souhaitent faire sauter le pacte de stabilité européen

Économie : les États-Unis souhaitent faire sauter le pacte de stabilité européen

les États-Unis viennent de soutenir la nouvelle réforme fiscale concernant les multinationales. Une réforme qui globalement devrait se traduire par un renchérissement du prix des biens et des services. Du coup, les États-Unis demandent un moratoire sur les autres réformes envisagées à savoir la taxe spécifique sur les grands du numérique ou la taxe sur les transactions financières.

 

Les États-Unis en profitent pour conseiller à l’Europe de mettre un peu la pédale douce sur les nouvelles fiscalités et au contraire d’ encourager des politiques budgétaires encore plus accommodantes. La secrétaire au Trésor des États-Unis « invite(les pays à accepter de démanteler les taxes numériques existantes que les États-Unis considèrent comme discriminatoires et à s’abstenir d’instaurer des mesures similaires à l’avenir », .

 « Nous avons décidé de mettre en attente notre travail sur notre nouvelle taxe numérique en tant que nouvelle ressource de l’UE », a dit Daniel Ferrie, porte-parole de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Exit donc la taxe notamment sur les transactions financières proposées par la France.

La secrétaire au Trésor américain conseil à l’Europe d’être beaucoup plus ambitieuse en matière de dépenses budgétaires. Rappelons que les États-Unis ont prévu un plan de soutien de leur de 3000 milliards quand l’Europe s’est contentée de 750 milliards.

Les Etats-Unis recommandent donc de modifier le pacte de stabilité

Janet Yellen va même plus loin lundi. Elle a demandé à l’UE d’envisager « des mesures budgétaires supplémentaires », notamment un assouplissement de ses règles de déficit qui permette plus d’investissements, pour consolider la reprise économique mondiale après la pandémie.

Pour l’heure, alors que les règles ont été exceptionnellement suspendues jusqu’en 2023, les Etats membres rendent des comptes au Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Il est censé limiter les déficits excessifs des Etats (3% du PIB par an) et de la dette publique (60% du PIB).

« Il est important que les États membres envisagent sérieusement des mesures budgétaires supplémentaires pour assurer une reprise robuste au niveau national et mondial », a déclaré Mme Yellen à l’Eurogroupe.

Une position d’ailleurs également soutenue par Christine Lagarde à la tête de la BCE.

 

Plan de relance européen: Trop peu trop tard

Plan de relance européen: Trop peu trop tard 

Selon Mathieu Plane, économiste, Ce plan est intéressant mais c’est trop peu et sans doute aussi trop tard car c’est maintenant que l’économie a besoin de relance et non dans 5 ou 10 ans

Interview dans France Info

 

Pourquoi la validation de ce plan de relance a-t-elle pris autant de temps ?

Mathieu Plane : C’est sûr que l’argent promis arrive après la bataille, car les Etats membres en auraient eu besoin immédiatement après le début de la crise sanitaire. Mais pour pouvoir verser cet argent, il a fallu que le plan soit accepté à l’unanimité par les pays et les divergences étaient nombreuses.

La particularité de ce plan réside dans le fait que les Etats ne vont pas recevoir des sommes proportionnelles au montant de leur produit intérieur brut (PIB), mais proportionnelles à leurs besoins. Par exemple, l’Espagne va percevoir plus d’argent que l’Allemagne. L’Allemagne a une situation économique qui lui permet très bien de faire ses investissements sans l’Europe, ce qui n’est pas le cas de l’Espagne et de l’Italie, pays pour lesquels il est plus compliqué de contracter une dette. En somme, ce plan de relance est un transfert d’argent des pays du Nord vers les pays du Sud.

Les pays frugaux ont été très réticents à aller plus loin, parce qu’ils versent une large contribution au plan de relance et accusent les pays du Sud de ne pas respecter les normes européennes en termes de dette et de déficit.

De plus, il y a de l’euroscepticisme dans plusieurs pays, ce qui pousse certains à s’opposer à toute solidarité avec les membres les plus en difficulté. Il n’y a pas d’Europe politique sur la question budgétaire, tout est une affaire de consensus. Etonnamment, l’Allemagne, qui est plutôt le pays tenant de l’orthodoxie budgétaire, a été leader dans les négociations.

Que va-t-il se passer, maintenant que le plan de relance est validé ?

La totalité de la somme promise aux Etats de l’UE, soit 750 milliards d’euros, va être débloquée progressivement pour financer les budgets nationaux. Un premier volet va être versé le mois prochain et les financements vont monter en charge progressivement, sur plusieurs années.

Pour pouvoir toucher cet argent, chaque Etat membre de l’UE devait rendre un rapport à la Commission européenne, pour expliquer comment ce budget serait dépensé. Celle-ci devait ensuite le valider. Le dossier de la France contenait pas moins de 800 pages. En contrepartie, chacun reçoit un financement direct, qui vient compléter les budgets nationaux alloués à la relance.

Comment le plan de relance va-t-il se traduire concrètement ?

Pour le moment, on voit les effets du plan de relance français, mais pas celui du plan de relance européen. Car dans l’enveloppe de 100 milliards d’euros que la France a dédiée à la relance économique, l’Union européenne va contribuer à hauteur de 40 milliards d’euros. Les 60 milliards restants sont financés par le budget français.

Le gouvernement a déjà commencé à dépenser cette somme, principalement pour trois mesures : la baisse des impôts de production qui a été décidée dès le début d’année, le soutien à l’activité partielle de longue durée et l’aide à l’embauche des jeunes.

Pour ce qui est de la partie financée par le plan de relance européen, l’exigence est de dépenser cet argent dans la transition climatique et la transition numérique. Cela demande une transformation de l’économie en profondeur. Rénovation thermique des bâtiments, construction d’une filière industrielle dans l’hydrogène… Tout cela va nécessiter du temps, déjà d’un point de vue administratif, car il faut lancer des appels d’offres. Une fois cette étape passée, le déclenchement des travaux va créer de l’emploi et donc de l’activité économique à moyen terme.

Ce plan sera-t-il suffisant pour soutenir les Etats membres ?

Il faut souligner que ce plan est une bonne nouvelle, car il crée une solidarité européenne, mais on aurait pu aller beaucoup plus loin. Si l’on compare le plan de relance de l’Union européenne à celui des Etats-Unis, on voit qu’on n’y consacre que deux points de PIB européen, contre huit points aux Etats-Unis. Pourtant, la taille de l’UE est comparable à celle de ce pays.

Même en Chine, les montants investis dans le secteur de l’énergie sont astronomiques. Nous aussi, on aurait pu aller plus loin pour construire un leadership économique dans ce domaine et garantir la souveraineté énergétique des pays.

Ce plan européen révèle aussi les failles de l’Europe sur le plan fiscal, car on a réussi à avancer l’argent, mais les conditions de financement et de remboursement restent encore vagues. Ce n’est pas un problème pour le moment, mais en toute logique, il faudrait créer une taxation européenne pour le faire

Défense : un accord du futur avion de chasse européen ?

Défense : un accord du futur avion de chasse européen ?

Officiellement, un accord est intervenu entre la France l’Allemagne et l’Espagne pour le lancement en 2027 d’un, un prototype du Système de combat aérien du futur (SCAF). Mais il reste encore nombre d’ambiguïtés en particulier sur la question stratégique de propriété intellectuelle. En clair depuis le début, les Allemands voudraient bien s’approprier la technologie française qui domine nettement en Europe mais aussi dans le monde.

Le nouvel appareil devrait remplacer à partir de 2040 des avions Rafale en France et des Eurofighters en Allemagne et en Espagne.

Les négociations se sont accélérées ces derniers temps pour permettre Parlement allemand de valider cet accord car trop d’incertitudes pèsent sur les élections d’outre-Rhin qui vont se dérouler le 23 juin.

 

Un socle européen de droits sociaux ?

  • Un  socle européen de droits sociaux ?

 

Il ne s’agit pas véritablement d’une politique sociale commune mais de minima, sur des objectifs très généraux relatifs à l’emploi, à la formation, au système éducatif, et aux inégalités. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, réunis en sommet informel à Porto, ont adopté samedi une déclaration proclamant leur détermination à mettre en œuvre un socle européen des droits sociaux, dont l’importance a été à leurs yeux renforcée par la crise provoquée par l’épidémie. Notons cependant que certains chefs d’État n’étaient même pas présents à cette réunion !

Pour prévenir les critiques sur la faiblesse des intentions sociales, Macron a affirmé, lors d’une conférence de presse, que cette déclaration n’était pas qu’un chapelet de bonnes intentions en soulignant que ces différents thèmes seraient désormais à l’ordre du jour des « rendez-vous européens chaque semestre ». Derrière cette déclaration, « nous entrons vraiment dans les procédures européennes ».

« L’avancée sur les salaires minimaux, l’égalité femmes-hommes, le droit individuel de formation, le droit des travailleurs de plateformes sont autant de sujets que nous inclus dans le processus de travail économique et social de l’Union européenne », a jouté le président français.

Reste que les divergences sociales sont énormes à l’intérieur même de l’union européenne et les philosophies sont aussi différentes. En l’état de la situation et des discussions, il est vraisemblable qu’on ne pourra se mettre d’accord que sur des minima très bas.

 

Allemagne : rejet d’un recours contre le plan de relance européen

Allemagne : rejet d’un  recours contre le plan de relance européen

 

La Cour constitutionnelle allemande a rejeté, mercredi 21 avril, un recours en référé qui visait à bloquer la ratification du plan de relance européen et contestait notamment le mécanisme inédit de dette commune. « Un examen sommaire ne révèle pas une forte probabilité de violation » de la loi fondamentale, explique sur son site Internet la plus haute juridiction du pays.

Elle poursuivra son examen sur le fond mais rejette la demande de suspension en urgence, estimant que « les inconvénients » d’un retard de ratification l’emportent sur tout autre considération. Un retard de l’entrée en vigueur « compromettrait l’objectif de politique économique » et « les inconvénients pourraient s’avérer irréversibles » étant donné l’urgence de la relance face à la pandémie de Covid-19, détaillent les magistrats.

Le Tribunal constitutionnel allemand avait suspendu le processus de ratification le 26 mars alors que les deux chambres du Parlement venaient d’approuver le texte de loi. Celui-ci devait encore être paraphé par le chef de l’Etat allemand, Frank-Walter Steinmeier, pour pouvoir être pleinement ratifié.

Plan de relance européen : au rythme d’escargot

Plan de relance européen : au rythme d’escargot

 

L’avancée du plan de relance européen se fait au rythme d’escargot. La première raison est la nécessité de faire avaliser ce plan par tous les Etats. Ensuite la complexité même des soutiens économiques envisagés enfin évidemment la lourdeur de la bureaucratie européenne. En faite, l’Europe devrait dégager un plan de 800 milliards mais sur cinq ans à comparer bien sûr aux plusieurs milliards mis à disposition de leur économie par les États-Unis. Très récemment  1900 milliards au service du développement socio-économique et de  2000 milliards pour la modernisation des infrastructures.

 

La Commission européenne vient laborieusement de préciser mercredi, les moyens par lesquels elle entendait financer le plan de relance décidé par les chefs d’Etat et de gouvernement au mois de juillet 2020 . Au menu : la levée de 800 milliards d’euros (en valeur actuelle) entre la mi-2021 et la fin 2026.

Un véritable « changement d’échelle sur les marchés de capitaux », a affirmé mercredi le commissaire chargé du Budget, Johannes Hahn, lors d’une conférence de presse. Un changement qui porte en germes, notamment, la création d’un actif sûr européen susceptible de venir concurrencer le roi dollar dans cette catégorie. Et qui pourrait donc appuyer l’objectif des Européens de faire de leur devise un outil de leur autonomie stratégique, via son internationalisation progressive. Une espérance autant qu’une utopie car d’une part les chiffres ne sont pas la hauteur de l’enjeu, la France a d’ailleurs réclamé un second plan, d’autre part l’utilisation majoritaire de l’euro dans les échanges internationaux demeure marginale.

Un appel européen à vaccins de deuxième génération

Un appel européen à vaccins de deuxième génération

La France appelle les Européens à mobiliser «avant l’été» les «milliards d’euros» nécessaires à la mise au point de vaccins anti-Covid de deuxième génération s’ils ne veulent pas se retrouver une nouvelle fois à la traîne sur la scène internationale.

«On serait bien inspiré qu’il y ait dans les semaines qui viennent (…) une forme de conférence européenne où on mette des moyens financiers rapides», a déclaré le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune. «Il me semble qu’avant l’été, il faut qu’on ait pris une initiative de cette nature», a-t-il insisté devant la Commission des Affaires européennes du Sénat.

«Nous devons mettre beaucoup d’argent sur la table pour cette deuxième génération (..) probablement plusieurs milliards d’euros au minimum», a estimé Clément Beaune, en rappelant que les États-Unis avaient dépensé 14 milliards de dollars au niveau fédéral pour la dernière étape de réalisation des vaccins de première génération.

Ceux de deuxième génération visent à faire face à d’autres variants du coronavirus, potentiellement plus contagieux et résistants. L’UE dispose de «quelques poches de financement», a relevé Clément Beaune en citant le «nouveau budget de Santé de cinq milliards d’euros» et un budget de recherche de «près de 100 milliards». Il faut mobiliser aussi les moyens nationaux, a-t-il dit.

L’UE a pâti de ses difficultés à développer et produire la première génération de vaccins, qui ont plombé sa campagne de vaccination, à la différence des États-Unis et du Royaume-Uni.

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Bizarrerie juridique la cour constitutionnelle allemande a toujours le pouvoir de s’opposer à des décisions notamment financières de l’Europe y compris lorsqu’elles sont adoptées par le Parlement d’outre-Rhin.

Il s’agit pour cet organisme très orthodoxe de s’opposer au plan de relance de 750 milliards pourtant adopté par les autorités européennes et allemandes. En fait, il s’agit peut-être non pas d’empêcher un plan de relance qui a reçu la bénédiction de toutes les institutions démocratiques mais peut-être de s’opposer aux velléités dépensières de pays du Sud et de la France. En effet hier macron a lancé l’idée d’un plan supplémentaire pour soutenir l’économie.  

Un appel considéré comme très laxiste par les orthodoxes allemands qui oublient cependant que les liquidités largement distribuées par la banque centrale européenne et par l’union européenne soutiennent la demande des pays européens à l’Allemagne. La cour constitutionnelle allemande critique la globalité du plan de 750 milliards mais surtout la partie qui sera versée sous forme de subventions, à peu près la moitié.

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique européen

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique  européen

 

Il est clair que le plan de relance des États-Unis fait saliver nombre de responsables européens en particulier en France . Récemment Biden a lancé un nouveau plan de près de 3000 milliards pour soutenir l’économie, le pouvoir d’achat des plus pauvres et moderniser les infrastructures. À comparer aux 750 milliards décidés en Europe. Ce n’est d’ailleurs pas le premier plan américain car depuis le début de la crise c’est de l’art de 5000 milliards qui ont été engagés. Et un autre plan est aussi prévu d’ici la fin de l’année aux États-Unis.

 

L’Europe  a évidemment sous-estimé non seulement l’ampleur de la crise sanitaire mais aussi ses conséquences sur l’économie. En fait ,on espérait un taux de croissance de l’ordre de 4 % environ en moyenne pour l’union européenne. Avec la reprise de la pandémie, on aura bien du mal à l’atteindre. En outre on est encore loin d’avoir mesuré tous les dégâts structurels de la crise.

 

D’une certaine manière , Macron prend date et ouvre le débat pour un nouveau soutien à une économie européenne qui flanche par rapport aux États-Unis où on attend 6à 8 % de croissance en 2021 «C’est un des enseignements de la crise pour l’Europe comme pour la France: il nous faut simplifier drastiquement nos réponses. Nous sommes trop lents, nous sommes trop complexes, nous sommes trop engoncés dans nos propres bureaucraties», a ajouté le chef d’Etat devant la presse à l’issue du sommet européen qui s’est tenu en visioconférence.

 

Résumant les discussions entre les 26 autres dirigeants de l’UE, Emmanuel Macron a souligné que la sortie de la crise passait «par un maintien des mesures de soutien budgétaire aussi longtemps que durera la crise sanitaire et la mise en oeuvre rapide du plan de relance européen» de 750 milliards d’euros qui avait été adopté en juillet. Avec cet engagement «extrêmement fort», l’UE «a apporté une réponse à la hauteur» à la suite de la première vague de l’épidémie du printemps 2020. «Mais, suite aux 2ème et 3ème vague (…), il nous faudra sans doute compléter cette réponse», a-t-il ajouté.

Plan européen pour les semi-conducteurs

Plan européen pour les semi-conducteurs

 

La France est pratiquement complètement dépendante de l’étranger en particulier de la Chine et des États-Unis. Plus largement l’Europe également. Du coup, la présidente de la commission lance un plan de développement des semi-conducteurs en Europe. L’Union européenne ambitionne de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle, mais aussi de fabriquer son premier ordinateur quantique d’ici à 2030, selon une feuille de route publiée aujourd’hui.

Le plan vise à renforcer la puissance de l’Europe dans le numérique et à assurer sa souveraineté technologique face à la Chine et aux Etats-Unis.

« La production de semi-conducteurs de pointe et durables en Europe, notamment les processeurs, devrait représenter au moins 20% de la production mondiale en valeur, soit le double de la part de 10% atteinte en 2020″, affirme le document présenté par la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager et le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.

L’UE veut disposer à la fin de la décennie de 20 millions de spécialistes des technologies de l’information, contre 7,8 millions en 2019. Au moins 80% de la population adulte devra en outre avoir des compétences numériques de base. Environ 150 millions d’euros seront consacrés sur trois ans ou semi-conducteurs

RSE: un devoir européen pour les entreprises

RSE: un devoir européen pour les entreprises

 

Le Parlement européen devrait adopter mercredi à une large majorité une résolution demandant la création d’un devoir de vigilance des entreprises européennes concernant les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement. La Commission européenne doit présenter en juin une proposition de directive sur le sujet.

Eurodéputé (groupe Renew, libéral), Pascal Durand est rapporteur fictif d’une résolution parlementaire sur le devoir de vigilance des entreprises européennes.

Pourquoi faudrait-il imposer aux entreprises une obligation de vigilance relative au respect des droits humains et de l’environnement ?

Cette idée se fonde sur un changement de perception global de la société. De plus en plus, les individus veulent trouver une cohérence entre ce qu’ils espèrent pour le monde et ce qu’ils pratiquent eux-mêmes, notamment dans leur manière de consommer. Or, dans une économie mondialisée, on se rend aussi compte qu’on ne plus tout attendre des Etats. La régulation et la diplomatie sont importantes, mais elles ne suffisent pas pour lutter contre des fléaux comme la déforestation, le travail forcé ou le travail des enfants. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur les entreprises.

Est-il vraiment réalisable d’exiger que les entreprises surveillent leurs sous-traitants et leurs fournisseurs sur des chaînes d’approvisionnement qui peuvent compter des milliers de maillons ?

Ce n’est pas ce qu’on leur demande. L’idée est de faire peser sur elles une obligation de moyen : repérer les vulnérabilités sur leurs chaînes d’approvisionnement et présenter des stratégies pour éviter les abus. Cela permettrait notamment de contraindre les Etats étrangers à la transparence, en mettant en balance des parts de marché. Si les abus ont tout de même lieu, les personnes justifiant d’un intérêt à agir, comme les ONG ou syndicats, pourront demander réparation à l’entreprise. Pour cela, elles devront prouver qu’une faute a été commise – par exemple, que la stratégie n’a pas ou a mal été mise en œuvre. Si l’entreprise doit payer une réparation, rien ne l’empêche ensuite de se retourner contre son fournisseur ou sous-traitant.

Comment convaincre les entreprises de s’associer à cette démarche ?

Certaines entreprises sont déjà entrées d’elles-mêmes dans une dynamique vertueuse, comme Nestlé sur l’huile de palme ou Michelin sur le caoutchouc. Ces entreprises demandent à présent une régulation, pour pouvoir lutter à armes égales contre leurs concurrents qui, pour l’heure, ne respectent pas la même éthique et sont donc avantagés. C’est aussi une demande forte du secteur de la finance, qui se rend compte que son image de marque est en jeu.

Notons par ailleurs que la pensée libérale a évolué sur ce sujet, peut-être en partie parce que les entreprises sont désormais demandeuses. Le commissaire à la Justice Didier Reynders appartient à cette famille politique et s’apprête à porter la proposition de la Commission avec beaucoup de conviction.

Enfin, la France a déjà depuis 2017 une législation nationale. Les Pays-Bas ont suivi et l’Allemagne s’apprête à le faire. Trois pays qui comptent parmi les plus gros PIB du continent se mettent donc en synergie, mais en créant des normes différentes, ce qui rend nécessaire une harmonisation européenne. Cette nécessité est en même temps une opportunité : être les premiers à créer des normes cohérentes, pragmatiques, compatibles avec ce que peuvent faire les entreprises, pour ensuite exporter ces normes à l’international. Il y a donc un vrai alignement des planètes.

Le syndicat patronal Business Europe demeure très réticent…

Les institutions représentatives des entreprises sont souvent plus conservatrices que la plupart de leurs membres. Business Europe explique qu’il faudrait arrêter la responsabilité au premier rang de la chaîne d’approvisionnement. Dans ce cas, il suffirait aux entreprises d’ouvrir une filiale à Singapour pour échapper à toute régulation. Autant ne pas faire de texte du tout. Une partie des députés PPE et des libéraux restent malheureusement sensibles à ces arguments timorés. Mais c’est aussi la négociation avec les députés plus conservateurs qui a permis d’en arriver à un texte équilibré, qui devrait être largement soutenu.

Quels peuvent être les autres obstacles politiques à une régulation ambitieuse ?

Il y a un fort soutien de certains Etats membres dont la France, qui a fait du devoir de vigilance une priorité pour sa présidence du Conseil en 2022. Les difficultés pourraient cependant venir des pays européens les moins développés. Ils pourraient dire « vous pouvez vous permettre de vous poser ces questions, mais nous n’avons pas ce luxe ». C’est un argument audible, mais cela n’est pas une raison pour baisser les bras. Il ne s’agit de toute façon pas de passer en force pour déchirer le tissu de PME européennes. On peut prendre le temps de bien calibrer la régulation, de différencier sa mise en œuvre, et de l’étendre progressivement, secteur par secteur.

Le fiasco de l’approvisionnement européen des vaccins (Philippe Juvin)

Le fiasco de l’approvisionnement européen des vaccins (Philippe Juvin)

 

 

La France a mis en garde vendredi certains pays de l’Union européenne contre la tentation de chercher individuellement à se procurer des doses supplémentaires de vaccins contre le Covid-19, notamment auprès de la Chine ou de la Russie. Face aux retards pris en début d’année dans les livraisons de vaccins coordonnées par la Commission européenne, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont déjà approuvé ou envisagent d’approuver le vaccin russe Spoutnik V dont l’Agence européenne des médicaments vient seulement de commencer l’évaluation.

 

Ancien député européen (2009-2019), Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

Quel bilan faites-vous de la stratégie vaccinale de l’Union européenne ?

Le choix d’une centrale d’achat était une bonne idée politique mais dans les faits, la négociation n’a pas été bien menée. Nous sommes en train de payer une série de dysfonctionnements. Le premier a été un retard en matière de commandes et une lenteur des négociations. Le deuxième a été de vouloir discuter le prix des vaccins comme en témoigne cette interview de Clément Beaune, le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, qui a justifié, en décembre, l’intervention coordonnée des Etats membres par le fait que l’on allait finalement acheter moins cher alors que le sujet n’était pas là. On a négocié comme des marchands de tapis. C’est comme si lors de la bataille de la Marne, on avait mégoté sur le prix de l’essence des fameux taxis. Les Israéliens ont payé beaucoup plus cher les vaccins mais ils ont fait le calcul selon lequel tout surcoût représentait deux jours de confinement. Le troisième dysfonctionnement, soulevé par la presse allemande, est lié à l’influence de certains Etats membres – notamment de la France, très attachée à défendre les intérêts de Sanofi – qui ont voulu favoriser certains intérêts nationaux et ont freiné les commandes extérieures.

Qu’aurait-il fallu faire ?

On n’a pas fait l’analyse de qui arriverait en premier en matière de vaccins. Or, on savait que ceux à ARN messager étaient les mieux placés du fait notamment d’une technique extrêmement agile. Moderna est déjà en train de mettre au point un vaccin adapté au variant sud-africain. Au niveau des commandes, il fallait parier sur tous les vaccins en phase 2, au risque qu’il y en ait trop. Il fallait d’autant moins lésiner sur la commande que l’on pourrait être amené à revacciner les gens dans un an et que le monde entier aura besoin de vaccins. Quand la France tance les autres pays européens qui veulent agir de leur côté, elle a un train de retard. Il faut comprendre pourquoi ces pays en sont arrivés là.

Qui est coupable ?

La dysfonction actuelle vient des Etats qui ne jouent pas le jeu et refusent de partager leurs informations. On l’a vu au moment du déclenchement de la pandémie quand Bruxelles a demandé aux vingt-sept – comme je le raconte dans mon livre «  Je ne tromperai jamais leur confiance  » (Gallimard) – s’ils avaient des problèmes d’équipements (masques etc.) et que chacun a assuré que tout était sous contrôle… Mais ce n’est pas là l’exemple le plus frappant.

En 2016, a été créé un outil extrêmement avant-gardiste de coopération européenne avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) comprenant le Wellcome Trust, la fondation Bill-et-Melinda-Gates, la Norvège, le Japon, l’Allemagne, l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Persuadée qu’elle arriverait à faire seule ce que le reste du monde essaye de faire à plusieurs, la France ne s’y est pas associée. Or, dès sa création, le CEPI est convenu qu’il fallait être capable de mettre au point des plateformes pour pouvoir très rapidement passer en phase 2 sur la base de vaccins reposant sur nouvelles technologies à partir d’ADN – que l’on ne développera pas – et d’ARN messager que l’on fera finalement.

Cela pourrait expliquer le scepticisme général des Français à l’égard de la vaccination ?

C’est une chose de se plaindre du vaccino-scepticisme, c’en est une autre d’expliquer pourquoi nous sommes en mars et qu’il n’y a pas eu une seule campagne officielle en faveur de la vaccination. Et je ne parle pas du scepticisme alimenté par Emmanuel Macron quand il dit aux journalistes britanniques que le vaccin d’AstraZeneca ne fonctionne pas chez les sujets âgés. Les autorités ne jouent pas leur rôle en n’expliquant pas pourquoi il faut se faire vacciner. Elles ont failli dans leur devoir d’information.

Un programme européen de recherche contre les variants

Un programme européen de recherche contre les variants

 

Cette fois il semblerait que l’Europe se réveille face à la concurrence des grandes zones économiques comme la Chine ou les États-Unis en matière de développement des variants. Un programme européen soutenu financièrement visera à rechercher les synergies entre tous les acteurs susceptibles de faire progresser la recherche et de débouchés sur une évolution des vaccins. La Commission européenne va do nc  lancer mercredi un programme ayant vocation à étudier les mutations du Covid-19, dévoile la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une interview aux Echos à paraître mardi. Baptisé «Hera incubator», le nouveau programme «réunira les laboratoires, les autorités sanitaires, les scientifiques, et la Commission européenne, avec d’importants fonds dédiés», affirme-t-elle, sans spécifier les montants.

 «Dès à présent, et parallèlement aux efforts sur les vaccins actuels, il faut aider les industriels à développer des capacités de production» des vaccins «de deuxième génération», détaille encore la dirigeante dans cette interview, expliquant que «ces mutations nous inquiètent beaucoup». Bruxelles avait déjà annoncé son intention de lancer une nouvelle agence européenne, la Health Emergency Response Authority (HERA), afin de lutter contre les futures pandémies et de mieux se coordonner entre les Vingt-Sept.

Un député européen LREM : ne votera pas l’accord Europe-Chine

Un député européen LREM : ne votera pas l’accord Europe-Chine

 

Le député européen Stéphane Séjourné (LREM) explique dans une tribune au JDD qu’il ne votera pas l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine . Un accord de principe sur les investissements réciproques entre les deux zones qui pourrait fragiliser un peu plus l’Europe et qui s’assoit aussi sur les libertés démocratiques.

La tribune :

 

« Depuis l’annonce d’un accord d’investissement entre l’Europe et la Chine fin décembre, l’Union européenne a enfin un levier pour agir sur la situation inacceptable des Ouïgours internés de force dans les camps de travail de la province du Xinjiang, en Chine. C’est bien la vie de 1 million de Ouïgours qui pourrait être concrètement améliorée si nous, eurodéputés, refusons de voter cet accord en l’état.

Nous, Européens, nous sommes battus pour nos valeurs et nos principes. Nous devons défendre les droits de l’homme, la dignité de la personne humaine, la lutte contre le travail forcé au-delà de nos frontières car ce sont des valeurs universelles. Nous, Européens, ne sacrifierons pas nos valeurs sur l’autel d’intérêts économiques.

C’est pourquoi je peux dire aujourd’hui que je ne serai pas caution de l’internement forcé des Ouïgours : je ne voterai pas l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine. Je ne le voterai pas tant que ce pays n’aura pas ratifié les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail relatives au travail forcé. C’est une fois ces traités entérinés que nous aurons les moyens de contraindre la Chine à appliquer ses engagements et à mettre un terme à ces exactions.

Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate de ces camps inhumains. Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate de ces violences faites aux enfants ouïgours. Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate des stérilisations et des viols de masse infligés aux femmes ouïgoures.

Mais notre devoir ne s’arrête pas là, ne nous satisfaisons pas de simples déclarations. Se contenter de refuser l’accord nous permet d’affirmer nos valeurs, mais en quoi cela protège-t-il ces femmes, ces enfants et ces hommes internés? Pour obtenir des avancées significatives du pouvoir chinois et changer concrètement les choses, nous devons entretenir un dialogue exigeant et poser des conditions à notre vote.

Les négociateurs européens doivent avoir un mandat pour confronter les autorités chinoises à la situation des Ouïgours. Si la Chine veut de cet accord, elle devra s’engager dans des procédures précises pour éradiquer le travail forcé.

Alors que les Etats-Unis sont entrés dans une rivalité géopolitique avec la Chine et que ses voisins sont historiquement méfiants, l’Europe est la seule à pouvoir maintenir un lien tout en défendant sa vision d’un ‘juste échange’. Le principe qui doit nous guider est simple : l’efficacité de notre action pour sauver cette population martyrisée.

Nous, eurodéputés, avons aujourd’hui un rôle fondamental à jouer. Cet accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine n’est pas une fin, mais un moyen. A nous de nous en saisir pour être à la hauteur de notre Histoire. Avec l’aide de nos armes commerciales, persuadons la Chine de respecter les droits de l’homme. »

Notons que le député européen fait une impasse totale sur les dangers économiques d’un accord très laxiste sur les investissements réciproques entre les deux zones. Peut-être parce que la France n’était pas tellement favorable à un accord surtout poussé par l’Allemagne pour préserver ses parts de marché et les développer en Chine- NDLR

Un plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

Un  plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

 

Le plan européen de recherche est enfin à la hauteur estiment  Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation, à la Recherche, à la Culture, à l’Education et à la Jeunesse, et François-Xavier Bellamy, président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen, et membre de la commission de l’Energie, de l’Industrie et de la Recherche .( Chronique dans la tribune).

 

 

La situation difficile que nos pays traversent actuellement nous rappelle qu’au-delà de leur contribution évidente à la vie de nos sociétés, les efforts de recherche et d’innovation sont essentiels pour faire face aux crises. La recherche a ainsi été l’un des tout premiers domaines sollicités et soutenus au plan européen pour apporter une réponse globale à la crise du coronavirus – un milliard d’euros a été mobilisé pour soutenir le développement de nouvelles méthodes de test, de nouveaux traitements et de nouveaux vaccins… Cette même recherche doit rester une priorité, pour préparer nos pays aux crises qui ne manqueront pas de survenir encore, et dont la nature n’est pas toujours prévisible. Il ne fait aucun doute que, dans les mois et les années à venir, notre réponse commune aux défis sanitaires, sociaux, économiques ou géopolitiques s’appuiera de manière décisive sur les moyens que nous aurons su allouer au monde scientifique aujourd’hui.

C’est cette conviction qui a amené l’Europe à doter Horizon Europe d’un budget de 95,5 milliards d’euros et d’un ensemble d’instruments modernes, faisant de celui-ci le programme de recherche et d’innovation le plus puissant au monde. Ce programme doit apporter jusqu’à 11 euros de gains de PIB pour chaque euro investi et suppose la création jusqu’à 100.000 emplois dans la recherche et l’innovation avant la fin de 2027. Il continuera de soutenir la recherche exploratoire par l’intermédiaire du Conseil européen de la recherche, en plus d’inciter davantage de jeunes à se lancer dans la recherche grâce au programme de subventions « Actions Marie Skłodowska-Curie ». L’objectif est double : investir dans des infrastructures de recherche d’envergure mondiale et attirer les talents du monde entier.

Les six pôles du programme couvrent tous les domaines de recherche fondamentale et d’innovation, ainsi que, pour la première fois, les secteurs de la culture et de la création, et la contribution de ces secteurs à l’innovation européenne. Afin de préserver et de promouvoir la richesse culturelle de l’Europe, la création d’un espace de collaboration numérique en matière de patrimoine culturel est par ailleurs à l’étude. Le programme soutient également l’innovation structurelle nécessaire dans les chaînes de valeur clés, contribuant ainsi à renforcer la souveraineté technologique des pays d’Europe dans des domaines essentiels, de la santé à l’industrie en passant par l’agriculture, la mobilité ou encore la sécurité. Lutte contre le cancer, neutralité-climat dans au moins cent villes européennes, lutte contre la pollution des eaux, des mers et des sols, accroissement des capacités de résiliences de nos régions face aux changements climatiques : une part majeure des objectifs poursuivis vise en outre la préservation de l’environnement, des conditions mêmes de la vie. Dans les domaines stratégiques de l’énergie, des transports, de la biodiversité, de la santé, de l’alimentation ou de l’économie circulaire, les partenariats européens avec les secteurs privé et public seront davantage en phase avec les investissements des États membres et des entreprises.

 

Pour la première fois, le programme comprend un pilier distinct d’actions en faveur des innovations de rupture – le Conseil européen de l’innovation devant être amené à soutenir les innovations les plus avancées et radicales en vue de leur mise sur le marché. Enfin, l’accès à l’Espace européen de la recherche sera élargi pour mieux exploiter le potentiel national au sein de chaque État-membre. Il a été proposé que le programme consacre 3,3 % de son budget global à cet objectif, ce qui représente une augmentation significative par rapport au précédent programme Horizon.

Les défis qui succéderont à la sortie de la crise actuelle seront colossaux, et ne pourront être relevés qu’en alliant, à une saine mobilisation des institutions européennes, les retombées d’avancées scientifiques qu’elles auront contribué à soutenir. Au-delà d’un soutien à un secteur-clé pourvoyeur d’emplois, c’est aussi un service rendu aux pays d’Europe qui, ouverts sur le monde, ont conscience de la nécessité d’assurer leur autonomie stratégique

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

« A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures ​»(Manfred Weber est député allemand). (Papier dans l’Opinion)

 

Il y a un an, les images de la mise sous cloche de la région de Wuhan nous parvenaient de Chine et nous découvrions, dans un mélange de curiosité et de perplexité, cette nouvelle maladie qui nous paraissait bien exotique et bien lointaine.

Rien ne pouvait laisser présager l’ampleur de la crise qui allait arriver. En un an, la pandémie de coronavirus aura profondément endeuillé nos pays, chamboulé nos vies, durement touché nos économies et transformé nos sociétés.

La crise nous aura aussi une nouvelle fois apporté la preuve que dans le monde actuel, l’appartenance à l’Union européenne est notre assurance-vie : en finançant la recherche médicale, l’UE a rendu possible le développement des vaccins contre le coronavirus ; en investissant dans différents vaccins avant même que ceux-ci n’existent, elle a anticipé la course aux vaccins et augmenté les chances pour les Européens d’obtenir des vaccins rapidement ; en privilégiant l’approche collective, elle a pu garantir un approvisionnement en vaccins suffisant pour tous les Européens. Enfin, en décidant d’un plan de relance d’une ampleur inédite, les Vingt-sept ont fait preuve de solidarité pour atténuer les effets de la crise sur l’économie.

Trois volets. A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures et qu’ils s’accordent sur une stratégie commune en trois volets : les restrictions de voyage, le recours systématique aux tests et l’intensification des efforts de vaccination.

Pour les voyages, les gouvernements des Vingt-sept doivent résister à la tentation de fermer complètement leurs frontières intra-européennes. Si les voyages non essentiels doivent être réduits au maximum, les travailleurs essentiels pour le secteur des soins de santé, par exemple, ou encore les transporteurs de marchandises devraient garder la possibilité de circuler. Les contrôles aux frontières doivent en revanche être nettement renforcés. J’appelle donc les Vingt-sept à se mettre d’accord sur un régime de tests standardisés aux frontières.

Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place d’un système européen commun de certificats de vaccination

Nous devons par ailleurs intensifier nos efforts pour vacciner, au plus vite, le plus grand nombre de personnes possible. A ce titre, l’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour rappeler les laboratoires à leurs engagements en matière d’approvisionnement.

Dans le même temps enfin, et même si cette perspective paraît encore lointaine, les Etats européens doivent préparer l’avenir, dès maintenant.

A moyen terme, nous devons ouvrir la possibilité pour les personnes vaccinées de retrouver leur liberté de circulation en Europe. Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un système européen commun de certificats de vaccination qui soient reconnus dans tous les Etats membres et permettent aux personnes vaccinées de voyager. Ainsi nous donnerons aux Européens une perspective et un espoir : celui d’un retour, pas si lointain finalement, à une vie quasi « normale ​».

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique le dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans l’Opinion, en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

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