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Plan de relance européen : au rythme d’escargot

Plan de relance européen : au rythme d’escargot

 

L’avancée du plan de relance européen se fait au rythme d’escargot. La première raison est la nécessité de faire avaliser ce plan par tous les Etats. Ensuite la complexité même des soutiens économiques envisagés enfin évidemment la lourdeur de la bureaucratie européenne. En faite, l’Europe devrait dégager un plan de 800 milliards mais sur cinq ans à comparer bien sûr aux plusieurs milliards mis à disposition de leur économie par les États-Unis. Très récemment  1900 milliards au service du développement socio-économique et de  2000 milliards pour la modernisation des infrastructures.

 

La Commission européenne vient laborieusement de préciser mercredi, les moyens par lesquels elle entendait financer le plan de relance décidé par les chefs d’Etat et de gouvernement au mois de juillet 2020 . Au menu : la levée de 800 milliards d’euros (en valeur actuelle) entre la mi-2021 et la fin 2026.

Un véritable « changement d’échelle sur les marchés de capitaux », a affirmé mercredi le commissaire chargé du Budget, Johannes Hahn, lors d’une conférence de presse. Un changement qui porte en germes, notamment, la création d’un actif sûr européen susceptible de venir concurrencer le roi dollar dans cette catégorie. Et qui pourrait donc appuyer l’objectif des Européens de faire de leur devise un outil de leur autonomie stratégique, via son internationalisation progressive. Une espérance autant qu’une utopie car d’une part les chiffres ne sont pas la hauteur de l’enjeu, la France a d’ailleurs réclamé un second plan, d’autre part l’utilisation majoritaire de l’euro dans les échanges internationaux demeure marginale.

Un appel européen à vaccins de deuxième génération

Un appel européen à vaccins de deuxième génération

La France appelle les Européens à mobiliser «avant l’été» les «milliards d’euros» nécessaires à la mise au point de vaccins anti-Covid de deuxième génération s’ils ne veulent pas se retrouver une nouvelle fois à la traîne sur la scène internationale.

«On serait bien inspiré qu’il y ait dans les semaines qui viennent (…) une forme de conférence européenne où on mette des moyens financiers rapides», a déclaré le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune. «Il me semble qu’avant l’été, il faut qu’on ait pris une initiative de cette nature», a-t-il insisté devant la Commission des Affaires européennes du Sénat.

«Nous devons mettre beaucoup d’argent sur la table pour cette deuxième génération (..) probablement plusieurs milliards d’euros au minimum», a estimé Clément Beaune, en rappelant que les États-Unis avaient dépensé 14 milliards de dollars au niveau fédéral pour la dernière étape de réalisation des vaccins de première génération.

Ceux de deuxième génération visent à faire face à d’autres variants du coronavirus, potentiellement plus contagieux et résistants. L’UE dispose de «quelques poches de financement», a relevé Clément Beaune en citant le «nouveau budget de Santé de cinq milliards d’euros» et un budget de recherche de «près de 100 milliards». Il faut mobiliser aussi les moyens nationaux, a-t-il dit.

L’UE a pâti de ses difficultés à développer et produire la première génération de vaccins, qui ont plombé sa campagne de vaccination, à la différence des États-Unis et du Royaume-Uni.

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Bizarrerie juridique la cour constitutionnelle allemande a toujours le pouvoir de s’opposer à des décisions notamment financières de l’Europe y compris lorsqu’elles sont adoptées par le Parlement d’outre-Rhin.

Il s’agit pour cet organisme très orthodoxe de s’opposer au plan de relance de 750 milliards pourtant adopté par les autorités européennes et allemandes. En fait, il s’agit peut-être non pas d’empêcher un plan de relance qui a reçu la bénédiction de toutes les institutions démocratiques mais peut-être de s’opposer aux velléités dépensières de pays du Sud et de la France. En effet hier macron a lancé l’idée d’un plan supplémentaire pour soutenir l’économie.  

Un appel considéré comme très laxiste par les orthodoxes allemands qui oublient cependant que les liquidités largement distribuées par la banque centrale européenne et par l’union européenne soutiennent la demande des pays européens à l’Allemagne. La cour constitutionnelle allemande critique la globalité du plan de 750 milliards mais surtout la partie qui sera versée sous forme de subventions, à peu près la moitié.

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique européen

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique  européen

 

Il est clair que le plan de relance des États-Unis fait saliver nombre de responsables européens en particulier en France . Récemment Biden a lancé un nouveau plan de près de 3000 milliards pour soutenir l’économie, le pouvoir d’achat des plus pauvres et moderniser les infrastructures. À comparer aux 750 milliards décidés en Europe. Ce n’est d’ailleurs pas le premier plan américain car depuis le début de la crise c’est de l’art de 5000 milliards qui ont été engagés. Et un autre plan est aussi prévu d’ici la fin de l’année aux États-Unis.

 

L’Europe  a évidemment sous-estimé non seulement l’ampleur de la crise sanitaire mais aussi ses conséquences sur l’économie. En fait ,on espérait un taux de croissance de l’ordre de 4 % environ en moyenne pour l’union européenne. Avec la reprise de la pandémie, on aura bien du mal à l’atteindre. En outre on est encore loin d’avoir mesuré tous les dégâts structurels de la crise.

 

D’une certaine manière , Macron prend date et ouvre le débat pour un nouveau soutien à une économie européenne qui flanche par rapport aux États-Unis où on attend 6à 8 % de croissance en 2021 «C’est un des enseignements de la crise pour l’Europe comme pour la France: il nous faut simplifier drastiquement nos réponses. Nous sommes trop lents, nous sommes trop complexes, nous sommes trop engoncés dans nos propres bureaucraties», a ajouté le chef d’Etat devant la presse à l’issue du sommet européen qui s’est tenu en visioconférence.

 

Résumant les discussions entre les 26 autres dirigeants de l’UE, Emmanuel Macron a souligné que la sortie de la crise passait «par un maintien des mesures de soutien budgétaire aussi longtemps que durera la crise sanitaire et la mise en oeuvre rapide du plan de relance européen» de 750 milliards d’euros qui avait été adopté en juillet. Avec cet engagement «extrêmement fort», l’UE «a apporté une réponse à la hauteur» à la suite de la première vague de l’épidémie du printemps 2020. «Mais, suite aux 2ème et 3ème vague (…), il nous faudra sans doute compléter cette réponse», a-t-il ajouté.

Plan européen pour les semi-conducteurs

Plan européen pour les semi-conducteurs

 

La France est pratiquement complètement dépendante de l’étranger en particulier de la Chine et des États-Unis. Plus largement l’Europe également. Du coup, la présidente de la commission lance un plan de développement des semi-conducteurs en Europe. L’Union européenne ambitionne de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle, mais aussi de fabriquer son premier ordinateur quantique d’ici à 2030, selon une feuille de route publiée aujourd’hui.

Le plan vise à renforcer la puissance de l’Europe dans le numérique et à assurer sa souveraineté technologique face à la Chine et aux Etats-Unis.

« La production de semi-conducteurs de pointe et durables en Europe, notamment les processeurs, devrait représenter au moins 20% de la production mondiale en valeur, soit le double de la part de 10% atteinte en 2020″, affirme le document présenté par la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager et le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.

L’UE veut disposer à la fin de la décennie de 20 millions de spécialistes des technologies de l’information, contre 7,8 millions en 2019. Au moins 80% de la population adulte devra en outre avoir des compétences numériques de base. Environ 150 millions d’euros seront consacrés sur trois ans ou semi-conducteurs

RSE: un devoir européen pour les entreprises

RSE: un devoir européen pour les entreprises

 

Le Parlement européen devrait adopter mercredi à une large majorité une résolution demandant la création d’un devoir de vigilance des entreprises européennes concernant les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement. La Commission européenne doit présenter en juin une proposition de directive sur le sujet.

Eurodéputé (groupe Renew, libéral), Pascal Durand est rapporteur fictif d’une résolution parlementaire sur le devoir de vigilance des entreprises européennes.

Pourquoi faudrait-il imposer aux entreprises une obligation de vigilance relative au respect des droits humains et de l’environnement ?

Cette idée se fonde sur un changement de perception global de la société. De plus en plus, les individus veulent trouver une cohérence entre ce qu’ils espèrent pour le monde et ce qu’ils pratiquent eux-mêmes, notamment dans leur manière de consommer. Or, dans une économie mondialisée, on se rend aussi compte qu’on ne plus tout attendre des Etats. La régulation et la diplomatie sont importantes, mais elles ne suffisent pas pour lutter contre des fléaux comme la déforestation, le travail forcé ou le travail des enfants. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur les entreprises.

Est-il vraiment réalisable d’exiger que les entreprises surveillent leurs sous-traitants et leurs fournisseurs sur des chaînes d’approvisionnement qui peuvent compter des milliers de maillons ?

Ce n’est pas ce qu’on leur demande. L’idée est de faire peser sur elles une obligation de moyen : repérer les vulnérabilités sur leurs chaînes d’approvisionnement et présenter des stratégies pour éviter les abus. Cela permettrait notamment de contraindre les Etats étrangers à la transparence, en mettant en balance des parts de marché. Si les abus ont tout de même lieu, les personnes justifiant d’un intérêt à agir, comme les ONG ou syndicats, pourront demander réparation à l’entreprise. Pour cela, elles devront prouver qu’une faute a été commise – par exemple, que la stratégie n’a pas ou a mal été mise en œuvre. Si l’entreprise doit payer une réparation, rien ne l’empêche ensuite de se retourner contre son fournisseur ou sous-traitant.

Comment convaincre les entreprises de s’associer à cette démarche ?

Certaines entreprises sont déjà entrées d’elles-mêmes dans une dynamique vertueuse, comme Nestlé sur l’huile de palme ou Michelin sur le caoutchouc. Ces entreprises demandent à présent une régulation, pour pouvoir lutter à armes égales contre leurs concurrents qui, pour l’heure, ne respectent pas la même éthique et sont donc avantagés. C’est aussi une demande forte du secteur de la finance, qui se rend compte que son image de marque est en jeu.

Notons par ailleurs que la pensée libérale a évolué sur ce sujet, peut-être en partie parce que les entreprises sont désormais demandeuses. Le commissaire à la Justice Didier Reynders appartient à cette famille politique et s’apprête à porter la proposition de la Commission avec beaucoup de conviction.

Enfin, la France a déjà depuis 2017 une législation nationale. Les Pays-Bas ont suivi et l’Allemagne s’apprête à le faire. Trois pays qui comptent parmi les plus gros PIB du continent se mettent donc en synergie, mais en créant des normes différentes, ce qui rend nécessaire une harmonisation européenne. Cette nécessité est en même temps une opportunité : être les premiers à créer des normes cohérentes, pragmatiques, compatibles avec ce que peuvent faire les entreprises, pour ensuite exporter ces normes à l’international. Il y a donc un vrai alignement des planètes.

Le syndicat patronal Business Europe demeure très réticent…

Les institutions représentatives des entreprises sont souvent plus conservatrices que la plupart de leurs membres. Business Europe explique qu’il faudrait arrêter la responsabilité au premier rang de la chaîne d’approvisionnement. Dans ce cas, il suffirait aux entreprises d’ouvrir une filiale à Singapour pour échapper à toute régulation. Autant ne pas faire de texte du tout. Une partie des députés PPE et des libéraux restent malheureusement sensibles à ces arguments timorés. Mais c’est aussi la négociation avec les députés plus conservateurs qui a permis d’en arriver à un texte équilibré, qui devrait être largement soutenu.

Quels peuvent être les autres obstacles politiques à une régulation ambitieuse ?

Il y a un fort soutien de certains Etats membres dont la France, qui a fait du devoir de vigilance une priorité pour sa présidence du Conseil en 2022. Les difficultés pourraient cependant venir des pays européens les moins développés. Ils pourraient dire « vous pouvez vous permettre de vous poser ces questions, mais nous n’avons pas ce luxe ». C’est un argument audible, mais cela n’est pas une raison pour baisser les bras. Il ne s’agit de toute façon pas de passer en force pour déchirer le tissu de PME européennes. On peut prendre le temps de bien calibrer la régulation, de différencier sa mise en œuvre, et de l’étendre progressivement, secteur par secteur.

Le fiasco de l’approvisionnement européen des vaccins (Philippe Juvin)

Le fiasco de l’approvisionnement européen des vaccins (Philippe Juvin)

 

 

La France a mis en garde vendredi certains pays de l’Union européenne contre la tentation de chercher individuellement à se procurer des doses supplémentaires de vaccins contre le Covid-19, notamment auprès de la Chine ou de la Russie. Face aux retards pris en début d’année dans les livraisons de vaccins coordonnées par la Commission européenne, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont déjà approuvé ou envisagent d’approuver le vaccin russe Spoutnik V dont l’Agence européenne des médicaments vient seulement de commencer l’évaluation.

 

Ancien député européen (2009-2019), Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

Quel bilan faites-vous de la stratégie vaccinale de l’Union européenne ?

Le choix d’une centrale d’achat était une bonne idée politique mais dans les faits, la négociation n’a pas été bien menée. Nous sommes en train de payer une série de dysfonctionnements. Le premier a été un retard en matière de commandes et une lenteur des négociations. Le deuxième a été de vouloir discuter le prix des vaccins comme en témoigne cette interview de Clément Beaune, le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, qui a justifié, en décembre, l’intervention coordonnée des Etats membres par le fait que l’on allait finalement acheter moins cher alors que le sujet n’était pas là. On a négocié comme des marchands de tapis. C’est comme si lors de la bataille de la Marne, on avait mégoté sur le prix de l’essence des fameux taxis. Les Israéliens ont payé beaucoup plus cher les vaccins mais ils ont fait le calcul selon lequel tout surcoût représentait deux jours de confinement. Le troisième dysfonctionnement, soulevé par la presse allemande, est lié à l’influence de certains Etats membres – notamment de la France, très attachée à défendre les intérêts de Sanofi – qui ont voulu favoriser certains intérêts nationaux et ont freiné les commandes extérieures.

Qu’aurait-il fallu faire ?

On n’a pas fait l’analyse de qui arriverait en premier en matière de vaccins. Or, on savait que ceux à ARN messager étaient les mieux placés du fait notamment d’une technique extrêmement agile. Moderna est déjà en train de mettre au point un vaccin adapté au variant sud-africain. Au niveau des commandes, il fallait parier sur tous les vaccins en phase 2, au risque qu’il y en ait trop. Il fallait d’autant moins lésiner sur la commande que l’on pourrait être amené à revacciner les gens dans un an et que le monde entier aura besoin de vaccins. Quand la France tance les autres pays européens qui veulent agir de leur côté, elle a un train de retard. Il faut comprendre pourquoi ces pays en sont arrivés là.

Qui est coupable ?

La dysfonction actuelle vient des Etats qui ne jouent pas le jeu et refusent de partager leurs informations. On l’a vu au moment du déclenchement de la pandémie quand Bruxelles a demandé aux vingt-sept – comme je le raconte dans mon livre «  Je ne tromperai jamais leur confiance  » (Gallimard) – s’ils avaient des problèmes d’équipements (masques etc.) et que chacun a assuré que tout était sous contrôle… Mais ce n’est pas là l’exemple le plus frappant.

En 2016, a été créé un outil extrêmement avant-gardiste de coopération européenne avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) comprenant le Wellcome Trust, la fondation Bill-et-Melinda-Gates, la Norvège, le Japon, l’Allemagne, l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Persuadée qu’elle arriverait à faire seule ce que le reste du monde essaye de faire à plusieurs, la France ne s’y est pas associée. Or, dès sa création, le CEPI est convenu qu’il fallait être capable de mettre au point des plateformes pour pouvoir très rapidement passer en phase 2 sur la base de vaccins reposant sur nouvelles technologies à partir d’ADN – que l’on ne développera pas – et d’ARN messager que l’on fera finalement.

Cela pourrait expliquer le scepticisme général des Français à l’égard de la vaccination ?

C’est une chose de se plaindre du vaccino-scepticisme, c’en est une autre d’expliquer pourquoi nous sommes en mars et qu’il n’y a pas eu une seule campagne officielle en faveur de la vaccination. Et je ne parle pas du scepticisme alimenté par Emmanuel Macron quand il dit aux journalistes britanniques que le vaccin d’AstraZeneca ne fonctionne pas chez les sujets âgés. Les autorités ne jouent pas leur rôle en n’expliquant pas pourquoi il faut se faire vacciner. Elles ont failli dans leur devoir d’information.

Un programme européen de recherche contre les variants

Un programme européen de recherche contre les variants

 

Cette fois il semblerait que l’Europe se réveille face à la concurrence des grandes zones économiques comme la Chine ou les États-Unis en matière de développement des variants. Un programme européen soutenu financièrement visera à rechercher les synergies entre tous les acteurs susceptibles de faire progresser la recherche et de débouchés sur une évolution des vaccins. La Commission européenne va do nc  lancer mercredi un programme ayant vocation à étudier les mutations du Covid-19, dévoile la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une interview aux Echos à paraître mardi. Baptisé «Hera incubator», le nouveau programme «réunira les laboratoires, les autorités sanitaires, les scientifiques, et la Commission européenne, avec d’importants fonds dédiés», affirme-t-elle, sans spécifier les montants.

 «Dès à présent, et parallèlement aux efforts sur les vaccins actuels, il faut aider les industriels à développer des capacités de production» des vaccins «de deuxième génération», détaille encore la dirigeante dans cette interview, expliquant que «ces mutations nous inquiètent beaucoup». Bruxelles avait déjà annoncé son intention de lancer une nouvelle agence européenne, la Health Emergency Response Authority (HERA), afin de lutter contre les futures pandémies et de mieux se coordonner entre les Vingt-Sept.

Un député européen LREM : ne votera pas l’accord Europe-Chine

Un député européen LREM : ne votera pas l’accord Europe-Chine

 

Le député européen Stéphane Séjourné (LREM) explique dans une tribune au JDD qu’il ne votera pas l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine . Un accord de principe sur les investissements réciproques entre les deux zones qui pourrait fragiliser un peu plus l’Europe et qui s’assoit aussi sur les libertés démocratiques.

La tribune :

 

« Depuis l’annonce d’un accord d’investissement entre l’Europe et la Chine fin décembre, l’Union européenne a enfin un levier pour agir sur la situation inacceptable des Ouïgours internés de force dans les camps de travail de la province du Xinjiang, en Chine. C’est bien la vie de 1 million de Ouïgours qui pourrait être concrètement améliorée si nous, eurodéputés, refusons de voter cet accord en l’état.

Nous, Européens, nous sommes battus pour nos valeurs et nos principes. Nous devons défendre les droits de l’homme, la dignité de la personne humaine, la lutte contre le travail forcé au-delà de nos frontières car ce sont des valeurs universelles. Nous, Européens, ne sacrifierons pas nos valeurs sur l’autel d’intérêts économiques.

C’est pourquoi je peux dire aujourd’hui que je ne serai pas caution de l’internement forcé des Ouïgours : je ne voterai pas l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine. Je ne le voterai pas tant que ce pays n’aura pas ratifié les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail relatives au travail forcé. C’est une fois ces traités entérinés que nous aurons les moyens de contraindre la Chine à appliquer ses engagements et à mettre un terme à ces exactions.

Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate de ces camps inhumains. Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate de ces violences faites aux enfants ouïgours. Nous, Européens, devons exiger la cessation immédiate des stérilisations et des viols de masse infligés aux femmes ouïgoures.

Mais notre devoir ne s’arrête pas là, ne nous satisfaisons pas de simples déclarations. Se contenter de refuser l’accord nous permet d’affirmer nos valeurs, mais en quoi cela protège-t-il ces femmes, ces enfants et ces hommes internés? Pour obtenir des avancées significatives du pouvoir chinois et changer concrètement les choses, nous devons entretenir un dialogue exigeant et poser des conditions à notre vote.

Les négociateurs européens doivent avoir un mandat pour confronter les autorités chinoises à la situation des Ouïgours. Si la Chine veut de cet accord, elle devra s’engager dans des procédures précises pour éradiquer le travail forcé.

Alors que les Etats-Unis sont entrés dans une rivalité géopolitique avec la Chine et que ses voisins sont historiquement méfiants, l’Europe est la seule à pouvoir maintenir un lien tout en défendant sa vision d’un ‘juste échange’. Le principe qui doit nous guider est simple : l’efficacité de notre action pour sauver cette population martyrisée.

Nous, eurodéputés, avons aujourd’hui un rôle fondamental à jouer. Cet accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine n’est pas une fin, mais un moyen. A nous de nous en saisir pour être à la hauteur de notre Histoire. Avec l’aide de nos armes commerciales, persuadons la Chine de respecter les droits de l’homme. »

Notons que le député européen fait une impasse totale sur les dangers économiques d’un accord très laxiste sur les investissements réciproques entre les deux zones. Peut-être parce que la France n’était pas tellement favorable à un accord surtout poussé par l’Allemagne pour préserver ses parts de marché et les développer en Chine- NDLR

Un plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

Un  plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

 

Le plan européen de recherche est enfin à la hauteur estiment  Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation, à la Recherche, à la Culture, à l’Education et à la Jeunesse, et François-Xavier Bellamy, président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen, et membre de la commission de l’Energie, de l’Industrie et de la Recherche .( Chronique dans la tribune).

 

 

La situation difficile que nos pays traversent actuellement nous rappelle qu’au-delà de leur contribution évidente à la vie de nos sociétés, les efforts de recherche et d’innovation sont essentiels pour faire face aux crises. La recherche a ainsi été l’un des tout premiers domaines sollicités et soutenus au plan européen pour apporter une réponse globale à la crise du coronavirus – un milliard d’euros a été mobilisé pour soutenir le développement de nouvelles méthodes de test, de nouveaux traitements et de nouveaux vaccins… Cette même recherche doit rester une priorité, pour préparer nos pays aux crises qui ne manqueront pas de survenir encore, et dont la nature n’est pas toujours prévisible. Il ne fait aucun doute que, dans les mois et les années à venir, notre réponse commune aux défis sanitaires, sociaux, économiques ou géopolitiques s’appuiera de manière décisive sur les moyens que nous aurons su allouer au monde scientifique aujourd’hui.

C’est cette conviction qui a amené l’Europe à doter Horizon Europe d’un budget de 95,5 milliards d’euros et d’un ensemble d’instruments modernes, faisant de celui-ci le programme de recherche et d’innovation le plus puissant au monde. Ce programme doit apporter jusqu’à 11 euros de gains de PIB pour chaque euro investi et suppose la création jusqu’à 100.000 emplois dans la recherche et l’innovation avant la fin de 2027. Il continuera de soutenir la recherche exploratoire par l’intermédiaire du Conseil européen de la recherche, en plus d’inciter davantage de jeunes à se lancer dans la recherche grâce au programme de subventions « Actions Marie Skłodowska-Curie ». L’objectif est double : investir dans des infrastructures de recherche d’envergure mondiale et attirer les talents du monde entier.

Les six pôles du programme couvrent tous les domaines de recherche fondamentale et d’innovation, ainsi que, pour la première fois, les secteurs de la culture et de la création, et la contribution de ces secteurs à l’innovation européenne. Afin de préserver et de promouvoir la richesse culturelle de l’Europe, la création d’un espace de collaboration numérique en matière de patrimoine culturel est par ailleurs à l’étude. Le programme soutient également l’innovation structurelle nécessaire dans les chaînes de valeur clés, contribuant ainsi à renforcer la souveraineté technologique des pays d’Europe dans des domaines essentiels, de la santé à l’industrie en passant par l’agriculture, la mobilité ou encore la sécurité. Lutte contre le cancer, neutralité-climat dans au moins cent villes européennes, lutte contre la pollution des eaux, des mers et des sols, accroissement des capacités de résiliences de nos régions face aux changements climatiques : une part majeure des objectifs poursuivis vise en outre la préservation de l’environnement, des conditions mêmes de la vie. Dans les domaines stratégiques de l’énergie, des transports, de la biodiversité, de la santé, de l’alimentation ou de l’économie circulaire, les partenariats européens avec les secteurs privé et public seront davantage en phase avec les investissements des États membres et des entreprises.

 

Pour la première fois, le programme comprend un pilier distinct d’actions en faveur des innovations de rupture – le Conseil européen de l’innovation devant être amené à soutenir les innovations les plus avancées et radicales en vue de leur mise sur le marché. Enfin, l’accès à l’Espace européen de la recherche sera élargi pour mieux exploiter le potentiel national au sein de chaque État-membre. Il a été proposé que le programme consacre 3,3 % de son budget global à cet objectif, ce qui représente une augmentation significative par rapport au précédent programme Horizon.

Les défis qui succéderont à la sortie de la crise actuelle seront colossaux, et ne pourront être relevés qu’en alliant, à une saine mobilisation des institutions européennes, les retombées d’avancées scientifiques qu’elles auront contribué à soutenir. Au-delà d’un soutien à un secteur-clé pourvoyeur d’emplois, c’est aussi un service rendu aux pays d’Europe qui, ouverts sur le monde, ont conscience de la nécessité d’assurer leur autonomie stratégique

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

« A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures ​»(Manfred Weber est député allemand). (Papier dans l’Opinion)

 

Il y a un an, les images de la mise sous cloche de la région de Wuhan nous parvenaient de Chine et nous découvrions, dans un mélange de curiosité et de perplexité, cette nouvelle maladie qui nous paraissait bien exotique et bien lointaine.

Rien ne pouvait laisser présager l’ampleur de la crise qui allait arriver. En un an, la pandémie de coronavirus aura profondément endeuillé nos pays, chamboulé nos vies, durement touché nos économies et transformé nos sociétés.

La crise nous aura aussi une nouvelle fois apporté la preuve que dans le monde actuel, l’appartenance à l’Union européenne est notre assurance-vie : en finançant la recherche médicale, l’UE a rendu possible le développement des vaccins contre le coronavirus ; en investissant dans différents vaccins avant même que ceux-ci n’existent, elle a anticipé la course aux vaccins et augmenté les chances pour les Européens d’obtenir des vaccins rapidement ; en privilégiant l’approche collective, elle a pu garantir un approvisionnement en vaccins suffisant pour tous les Européens. Enfin, en décidant d’un plan de relance d’une ampleur inédite, les Vingt-sept ont fait preuve de solidarité pour atténuer les effets de la crise sur l’économie.

Trois volets. A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures et qu’ils s’accordent sur une stratégie commune en trois volets : les restrictions de voyage, le recours systématique aux tests et l’intensification des efforts de vaccination.

Pour les voyages, les gouvernements des Vingt-sept doivent résister à la tentation de fermer complètement leurs frontières intra-européennes. Si les voyages non essentiels doivent être réduits au maximum, les travailleurs essentiels pour le secteur des soins de santé, par exemple, ou encore les transporteurs de marchandises devraient garder la possibilité de circuler. Les contrôles aux frontières doivent en revanche être nettement renforcés. J’appelle donc les Vingt-sept à se mettre d’accord sur un régime de tests standardisés aux frontières.

Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place d’un système européen commun de certificats de vaccination

Nous devons par ailleurs intensifier nos efforts pour vacciner, au plus vite, le plus grand nombre de personnes possible. A ce titre, l’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour rappeler les laboratoires à leurs engagements en matière d’approvisionnement.

Dans le même temps enfin, et même si cette perspective paraît encore lointaine, les Etats européens doivent préparer l’avenir, dès maintenant.

A moyen terme, nous devons ouvrir la possibilité pour les personnes vaccinées de retrouver leur liberté de circulation en Europe. Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un système européen commun de certificats de vaccination qui soient reconnus dans tous les Etats membres et permettent aux personnes vaccinées de voyager. Ainsi nous donnerons aux Européens une perspective et un espoir : celui d’un retour, pas si lointain finalement, à une vie quasi « normale ​».

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique le dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans l’Opinion, en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

Bientôt un «certificat de vaccination» européen

Bientôt un «certificat de vaccination» européen

Ursula von der Leyen, s’est prononcé clairement pour un certificat de vaccination européen

«C’est un impératif médical d’avoir un certificat de vaccination. C’est pour cette raison que je me réjouis de l’initiative du Premier ministre grec (Kyriakos Mitsotakis, ndlr) pour un certificat de vaccination mutuellement reconnu», a-t-elle déclaré.

 

«Si cela donne priorité ou accès à certains biens, c’est une décision politique et juridique qui doit être discutée au niveau européen», a-t-elle ajouté, alors que les Vingt-Sept tiendront jeudi prochain un nouveau sommet sur leur coordination face à la crise sanitaire.

Le chef du gouvernement grec avait appelé mardi l’Union européenne à adopter un certificat «standardisé» de vaccination pour donner un coup de pouce à l’industrie du tourisme, terrassée par la pandémie du coronavirus.

«Il est urgent d’élaborer un accord commun sur la création d’un certificat de vaccination qui sera accepté par tous les pays membres», avait écrit Kyriakos Mitsotakis, soulignant qu’«un certificat standardisé sera la preuve qu’une personne a été vaccinée avec succès».

Un accord d’investissement sino-européen préparé en douce sous l’influence de l’Allemagne

Un accord d’investissement sino-européen préparé en douce sous l’influence de l’Allemagne

 

En vérité , les discussions ont commencé il y a environ cinq ans mais c’est la signature qui paraît un peu précipitée. Une signature qui pourrait intervenir dans les jours à venir sous l’insistance de la Chine bien sûr mais aussi de l’Allemagne qui veut développer ses implantations en Chine considérée comme le marché d’avenir.

Le problème c’est que cette problématique n’a pratiquement pas été abordée publiquement en France ni dans beaucoup d’autres pays européens.

La découverte publique de cette affaire pourrait une nouvelle fois poser la question de la fâcheuse tendance de l’Allemagne a privilégié son seul business. “L’accord pourrait être bouclé dès cette semaine”, a dit la source anonyme à Reuters ( un technocrate de Bruxelles sans doute)

“Notre accès au marché sera bien meilleur, de même que la protection de nos investissements en Chine. Nous travaillons depuis des années à l’amélioration de l’accès au marché et les Chinois ont fait un grand pas en notre direction”, a ajouté la source.

Un nouveau Règlement européen sur les services numériques

Un  nouveau Règlement européen sur les services numériques

Pour éviter des pratiques jugées déloyales et des situations de quasi-monopole, les grands du numérique devront notamment signaler aux autorités tout projet d’acquisition. Des amendes pourront aussi être prononcées jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires. Notons qu’aux États-Unis , les grands réseaux numériques américains sont aussi en cause. L’objectif serait de faire éclater les monopoles de fait.

“De même que nous avons régulé les grandes banques dites ‘systémiques’ après la crise de 2008, nous régulerons désormais les plateformes numériques, avec, comme pour les banques, des obligations graduées suivant leur taille”, souligne Thierry Breton dans une interview au quotidien les Echos, ajoutant espérer que les deux textes entrent en vigueur d’ici 18 mois.

Les grandes plates-formes en ligne, celles comptant plus de 45 millions d’utilisateurs, devront également redoubler d’efforts pour supprimer les contenus jugés illégaux et offensants. Elles devront également faire preuve de davantage de transparence en divulguant notamment l’identité des auteurs des publicités politiques ainsi que les paramètres utilisés par leurs algorithmes pour classer les produits et services.

La rivalité entre les géants de la technologie pourrait cependant les empêcher d’afficher un front uni. Facebook a par exemple demandé à l’UE de réguler Apple.

“Nous espérons que le DMA fixera également des limites pour Apple. Apple contrôle tout un écosystème, des appareils à l’App Store en passant par les applications. Le groupe utilise cette position pour nuire aux développeurs et aux consommateurs, ainsi qu’aux grandes plates-formes comme Facebook”, a déclaré dans un communiqué le premier réseau social au monde.

Plan de relance européen : sans la Pologne et la Hongrie

Plan de relance européen : sans la Pologne et la Hongrie

 

Le plan de relance européen et projet de budget pour la période 2021–2027 pourraient d’après la France être adoptés sans l’avis de la Hongrie et de la Pologne. Ces deux pays s’opposent à la majorité des autres membres de l’union européenne en raison des conditions imposées par l’Europe en matière de respect de l’État de droit.

L’Union européenne mettra en oeuvre son plan de relance à 25 si la Pologne et la Hongrie persistent à refuser de valider ce projet ainsi que le projet de budget pluriannuel, a prévenu dimanche le secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, dans une interview au Journal du Dimanche.

« Le budget pluriannuel commence au 1er janvier. Si la Hongrie et la Pologne se refusent toujours à valider les choses en l’état, alors il faudra en venir à une solution plus radicale qui consiste à mettre en oeuvre le plan de relance européen à 25″, a-t-il dit.

 

« C’est juridiquement lourd mais possible. Notre position est claire : on ne sacrifiera ni la relance, ni l’état de droit. »

 

« Démocratie : Pour un Plan d’action européen « ( Dacian Ciolos)

« Démocratie : Pour un Plan d’action européen « ( Dacian Ciolos)

 

Dacian Ciolos député européen, président du groupe centriste estime dans l’Opinion que la démocratie en Europe est malade.

 

Tribune

 

 

Pour rester en bonne santé, nos démocraties doivent s’adapter : intégrer le numérique sans devenir virtuelles, encourager la participation et l’implication citoyenne sans devenir populiste, défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression sans laisser le chaos prendre le pas sur l’information vérifiée, préserver un débat transparent et respectueux.

L’urgence à rénover nos pratiques démocratiques est pressante pour l’ensemble de nos démocraties, mais elle l’est encore plus pour l’Union européenne. Echelon le plus éloigné de la plupart de nos citoyens, plus que tout autre collectivité, elle doit apporter la preuve permanente de la légitimité de ses décisions, et éclairer le lien entre ses décisions et la vision d’un avenir commun à l’ensemble des Européens.

Quand l’Europe échoue, ses choix sont vite tournés en dérision ou accusés d’être non démocratiques, y compris au terme d’années de débat – parfois difficilement lisibles pour les citoyens

Quand elle échoue, ses choix sont vite tournés en dérision ici et là, ou accusés d’être non démocratiques, y compris au terme d’années de débat certes minutieux et prenant en compte les équilibres complexes d’une Europe diverse, mais aussi parfois opaques et difficilement lisibles pour les citoyens.

Le sursaut de participation aux dernières élections européennes montre l’intérêt grandissant pour l’Europe, en particulier celui de la jeune génération. Il montre à quel point le plan d’action pour la démocratie que vient de présenter la Commission est une opportunité de construire une nouvelle dynamique autour du projet européen, une dynamique alliant une grande démocratie représentative, s’appuyant pleinement sur le Parlement européen, à un engagement citoyen renforcé. C’est d’ailleurs pour cela que nous portons la Conférence sur l’avenir de l’Union européenne. Son succès dépendra de sa capacité à être largement ouverte à la participation citoyenne.

Les chantiers à ouvrir sont multiples. Bien entendu il faut se prémunir face à la Chine, la Russie, la Turquie, et malheureusement aussi à des forces politiques au sein même notre Union qui ont depuis longtemps intégré le potentiel des nouveaux outils du débat public pour affirmer des projets autoritaires. Ils sont passés maîtres dans l’organisation, chez eux, de simulacres de démocratie, et chez nous, maîtres de l’influence et de la manipulation de l’opinion. Le Brexit en est un triste exemple dont l’Europe, y compris le Royaume-Uni, se mordra les doigts encore longtemps.

Mais notre agenda pour la démocratie européenne ne doit pas être seulement défensif. Lutter contre la manipulation de l’information est absolument fondamental, mais se limiter à cela reviendrait à construire une digue fragile face à l’océan et à alimenter la défiance. Il convient au contraire de façon audacieuse d’affirmer dans notre société le rôle et la voix de chaque citoyen. Ne nous limitons pas à lutter contre la propagande, bâtissons aussi la démocratie de demain.

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique «Europa» est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE, chaque dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans le journal.

Un budget européen sans l’accord de la Pologne et de là Hongrie

Un budget européen sans l’accord de la Pologne et de là Hongrie

Le concept de géographie variable pourrait bien être mis en œuvre à l’occasion du budget européen ouvrant 2021–2027. En effet l’union européenne envisage de se passer de l’avis  de la Pologne et de là Hongrie qui s’opposent  en effet aux propositions budgétaires tant qu’on continuera de leur imposer un plus grand respect de l’État de droit.

Bref l’union européenne adopte une sorte de stratégie de contournement mais qui remet quand même en cause les principes de fonctionnement de l’union. La vraie question n’est pas budgétaire, elle est de savoir si la Pologne est là Hongrie remplissent  les critères d’adhésion aux valeurs et aux règles de l’union européenne. La question pourrait aussi se poser pour d’autres pays. Au total, une sorte de remise en cause de cette Europe ingérable qui a voulu absorber des pays aux réalités politiques, sociales, environnementales complètement disparates qui par ailleurs favorisent une distorsion des conditions de concurrence tout autant que des règles démocratiques

Budapest et Varsovie, refusent la clause qui conditionne l’accès à ce fonds au respect de l’état de droit. La Hongrie et la Pologne font toutes deux l’objet de procédures d’infraction pour des atteintes à l’indépendance de la justice ou au droit d’asile.

Si la diplomatie française dit s’efforcer de convaincre les deux pays de lever leur veto, elle n’exclut pas chercher une solution pour contourner l’obstacle.

“Si ceci ne marche pas, et on n’y est pas (…) on sera obligé de trouver d’autres options. La possibilité de recourir à un accord qui ne serait pas un accord à 27, était une des options sur la table.”

Parmi les solutions sur la table, figure celle de la “coopération renforcée”, une procédure grâce à laquelle certains pays européens pourraient mettre en oeuvre eux-mêmes une politique donnée.

Projet de plan européen : comme prévu, bloqué par la Pologne et la Hongrie

Projet de plan  européen : comme prévu, bloqué par la Pologne et la Hongrie

 

 

Il était prévisible que la Pologne et la Hongrie bloquent le plan européen de relance économique subordonné pour leur pays des conditions de respect du droit. Si effectivement l’union économique à une certaine légitimité à reprocher certaines entraves démocratiques aux libertés individuelles et collectives, on comprend mal pourquoi on se saisit de ce plan d’urgence économique pour en faire le reproche aux deux Etats concernés.

La question devrait se poser plus globalement et l’union économique devrait s’interroger sur maintien de ces deux pays dans l’union et non profiter d’un plan d’urgence découlant de la crise sanitaire qui a peu de rapport avec les reproches adressés à la Pologne et à la Hongrie.

Juridiquement la condition imposée par l’union économique à propos du plan de relance est très discutable. Politiquement cela ne grandira pas la commission et l’union économique qui seront nécessairement contraints d’enlever cette conditionnalité pour rendre opérationnel un plan de soutien qui devient de plus en plus urgent eu égard au très net écroulement de l’économie en cette fin 2020.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, est accusé par l’UE et certains pays européens d’atteinte aux principes démocratiques, notamment en matière d’indépendance de la justice et de liberté de la presse. La Pologne est elle aussi visée par des critiques similaires.

Le Conseil européen a décidé au cours de l’été que les futurs versements d’argent issus du prochain budget et du plan de relance économique, qui représentent ensemble environ 1.800 milliards d’euros, seraient liés au respect des normes démocratiques inscrites dans les traités de l’UE.

Ce veto préoccupe les autorités européennes qui ne souhaitent pas retarder leurs prises de décisions alors qu’elles sont déjà confrontées à l’interminable feuilleton du Brexit et aux retombées économiques de la pandémie de coronavirus.

“Je pense qu’il faut de toute façon régler cette question au plus vite”, a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, lors d’une téléconférence.

“En ce qui concerne le lien entre le déblocage des fonds et le respect de l’état de droit, c’est quelque chose auquel la Commission a accordé une grande importance dans sa proposition de départ et qui a été discuté de longue date”, a-t-il ajouté.

L’Espagne, particulièrement malmenée par la crise sanitaire et à ce titre un des principaux bénéficiaires du projet de budget, a elle aussi dit son espoir d’une solution rapide.

Terrorisme : une unité de façade au plan européen

Terrorisme : une unité de façade au plan européen

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la rencontre entre le président français, le chancelier autrichien- en vidéoconférence avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen n’a pas débouché sur grand-chose.

Comme d’habitude, on s’est surtout attaché  à proclamer l’importance des valeurs démocratiques de l’Europe mais le sujet central de la mobilité et du contrôle des frontières n’a pas été traité ni même abordé. Tout au plus Ursula van der Leyen, la présidente de la commission, a-t-elle promis un vague plan pour le 9 décembre.

Parallèlement , Macron s’est exprimé dans les médias en insistant sur la question de la remise en cause de Schengen plus exactement de son aménagement. Un dispositif passoire qui permet à l’immigration illégale de ce déplacer dans n’importe quel pays d’Europe dès lors qu’elle est enregistrée dans le premier pays d’accueil.

Il ne s’agit sans doute pas d’interdire l’immigration mais d’organiser sa régulation à partir notamment de quotas pour des raisons économiques et à partir de vrais critères rigoureux pour les réfugiés politiques.

Macron qui n’a jamais non plus porté beaucoup d’intérêt à cette question depuis son élection est sans doute sensible au fait  qu’un sondage IFOP pour Sud-Radio et la chaîne télé CNews  montre que 80 à 90 % des Français souhaitent l’expulsion des individus étrangers des fichiers S et la déchéance de nationalité pour les délinquants binationaux.

Pour l’instant l’Europe s’en tient à des discours convenus rapportés par les médias officiels:

Lors d’une conférence de presse commune, tous ont souligné l’importance de défendre les valeurs et les libertés fondamentales de l’Europe. Ces attaques “sont contre notre art de vivre, notre liberté, elles sont destinées à semer angoisse et terreur”, a dit la chancelière Angela Merkel. “Il ne s’agit pas d’un combat entre l’islam et la chrétienté. Ce qui est en cause c’est de défendre le modèle de société démocratique”, a-t-elle ajouté.Charles Michel est revenu sur l’importance de “faire reculer l’apologie du terrorisme” via un combat contre les messages de haine en ligne et une meilleure formation des imams en Europe.

Ursula van der Leyen a annoncé pour le 9 décembre un nouveau projet de la commission visant à lutter contre le terrorisme en Europe. Elle a souligné l’importance d’”agir à la racine du mal” en faisant en sorte que “les jeunes aient une vision et une perspective pour l’avenir”.

Terrorisme : l’Autriche pour un plan de lutte européen plus radical

Terrorisme : l’Autriche pour un plan de lutte européen plus radical

 

L’Europe pourrait se réveiller à l’initiative de l’Autriche qui vient de connaître aussi un terrible attentat ayant fait plusieurs victimes. Jusque-là chaque État tentait tant bien que mal de lutter de manière isolée face au terrorisme voir même de courber le dos en espérant ne pas être la cible de l’État islamique.

Le problème c’est que l’union européenne n’a pratiquement jamais eu de politique étrangère commune y compris en matière de sécurité. Or cette sécurité est menacée partout en Europe par l’islamisme soutenu voir financé par des Etats étrangers- Or l’Europe  en l’état de la législation d’une part et des moyens affectés à la lutte contre l’insécurité est une véritable passoire. Notamment l’Italie -qui a été abandonnée par ses partenaires de l’union européenne -où passe une grande partie des terroristes venus de l’étranger et d’une façon plus générale une grande partie de l’immigration illégale.

 

Du fait des dispositions de Schengen, l’ Italie n’a pas d’autres solutions que d’adopter une politique laxiste et d’ouvrir grand les portes vers les autres pays européens. La question est donc double: d’une part modifier la législation qui autorise la mobilité dans toute l’Europe pour des immigrés illégaux enregistrés dans le premier pays d’accueil, d’autre part renforcer  la sécurité des frontières à la fois des Etats mais aussi de l’Europe entière. La France particulièrement visée par le terrorisme pourrait appuyer l’Autriche dans sa demande de plan de réaction contre l’État islamique.

Ces thèmes sont au menu de la rencontre prévue mardi à Paris entre le chancelier autrichien et le président français Emmanuel Macron. Les deux dirigeants doivent ensuite s’entretenir à distance avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission

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