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UE Accord du 21 juillet : quel esprit européen ?

UE Accord du 21 juillet : quel esprit européen ?

 

Dans une tribune au « Monde », L’économiste Bruno Alomar donne une lecture profondément pessimiste du plan de relance européen du 21 juillet qui ne résout rien aux problèmes fondamentaux de la construction européenne .

Tribune.

 

La cause est entendue : l’accord trouvé de haute lutte par les chefs d’Etat et de gouvernement européens le 21 juillet a sauvé l’Union européenne (UE). Face à une crise économique d’une ampleur inédite en temps de paix, les gouvernants européens ont consolidé le projet européen en posant une pierre d’angle à la constitution d’une Europe fédérale : le principe d’émission d’une dette en commun.

A l’issue d’un sommet à propos duquel certains ont parlé de « moment hamiltonien », en référence à l’étape essentielle que la République des Etats-Unis d’Amérique a connu sous l’influence d’Hamilton à la fin du XVIIIe siècle [Alexander Hamilton (1757-1804), premier secrétaire au Trésor des Etats-Unis], conscients et heureux du travail accompli, tous les participants sont retournés dans leur pays avec le « V » de la victoire : la France et l’Allemagne, qui ont sauvé le couple franco-allemand et l’UE dans un même geste ; les pays « frugaux », qui estiment avoir obtenu les garanties de conditionnalité suffisante de la part des pays dispendieux du Sud ; les pays de l’est européen, notamment la Hongrie, qui estiment que l’accord n’empiétera pas sur leur système politique ; les pays du Sud, exsangues, qui pensent avoir sauvé et leur économie et leur honneur, pour des raisons strictement inverses à celles que les « frugaux » ont en tête. Que dire de plus ?

Bien sûr, tout ceci pourrait être regardé avec ironie. Certains esprits chagrins souligneraient qu’en fait de « nouveau monde », rien de plus éculé – et inquiétant pour ceux qui aiment l’Europe – qu’un sommet à l’issue duquel tout le monde se félicite.

Un solde de tout compte

D’autres esprits chagrins rappelleraient qu’en fait d’« esprit européen », l’une des plaies de l’UE, c’est-à-dire l’existence du « rabais » britannique, a survécu au Brexit et que le relais a été passé aux « frugaux », pérennisant une pratique contraire à l’esprit européen.

Tout indique que le schisme Nord-Sud né avec la crise de la dette souveraine du début des années 2010, est une fracture puissante, pérenne, au même titre que le schisme Est-Ouest sur les questions migratoire et de société

D’autres encore insisteraient sur la réduction du budget 2021-2027 qui a été nécessaire, dont les victimes essentielles auront été, triste paradoxe, en pleine crise du Covid-19 et alors que le thème de la souveraineté fait florès, les questions de santé et de défense.

 

Sondage confiance de Macron: hausse près l’accord européen

Sondage confiance de Macron: hausse près l’accord européen

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Le sondage Harris interactive accorde une hausse de 6 points de confiance à Macron après l’accord de relance européen. Ce sondage  été réalisé du 21 au 23 juillet dans la foulée du sommet européen au terme duquel les dirigeants européens ont approuvé un plan de relance de 750 milliards d’euros que le président français a qualifié d’historique et qui permettra à la France de récupérer 40 milliards d’euros de subventions européennes.( Mais d’en payer entre 70 et 90 milliards puisque aucun financement spécifique n’a été prévu hormis quelques taxes complètement hypothétiques et symboliques NDLR).

Le nouveau Premier ministre Jean Castex est quant à lui crédité d’une cote de confiance de 56%, un niveau supérieur aux 51% dont jouissait son prédécesseur Edouard Philippe quand il a quitté Matignon.

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Les négociations particulièrement difficiles relatives au plan de soutien de l’économie européenne récemment décidé par les chefs d’État n’a été accepté qu’au prix d’une certaine diminution du budget habituel de l’Europe ( pour la période de 2021 à 2027). Du coup, le Parlement se fâche et menace même de ne pas voter. Quelques agitations de députés sont sans doute à prévoir, elles seront cependant surmontées après quelques concessions plus ou moins réelles  et le projet de budget européen sera adopté.

 Dans une résolution adoptée jeudi, le Parlement européen prévient qu’il « n’accepte pas en l’état » le futur budget communautaire, revu à la baisse sur l’autel du plan de relance. Ursula von der Leyen a reconnu que les coupes concédées sont « une pilule dure à avaler », manière d’appeler, elle aussi, les Etats membres à un effort supplémentaire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné, jeudi à Bruxelles devant le Parlement européen, ses propres regrets face à la faiblesse du budget européen prévu pour la période 2021-2027.

Charles Michel, président du Conseil européen, s’est avant tout félicité d’« un signal de confiance, de robustesse » permettant aux Européens de « renouveler pour 30 ans leurs voeux de mariage » (la durée du futur emprunt qui financera la relance). Mais Charles Michel, présidente de la Commission européenne, n’a pas caché que les coupes consenties dans le budget européen (et dans les pans du plan de relance devant le compléter) constituent « une pilule dure à avaler, et je sais que cette assemblée ressent la même chose »« Nous ne l’avalerons pas », a de suite prévenu Manfred Weber, le patron du PPE (droite), le premier groupe du Parlement.

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde (BCE)

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde  (BCE)

 

C’est bien mais on peut faire mieux a déclaré Christine Lagarde la présidente de la banque centrale européenne à propos du plan européen de relance- Au terme d’un sommet exceptionnel de plus de quatre jours, les dirigeants de l’Union européenne ont validé mardi un fonds de relance massif de 750 milliards d’euros réparti entre 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts.

Une réaction qui peut surprendre. Christine Lagarde estime que l’Europe a quand même fait preuve d’ambition mais elle semble regretter qu’on n’ait  pas osé aller plus loin. Sans doute pour rappeler que la BCE, elle, ne mesure pas ses efforts. surtout à travers le rachat d’obligations, d’autre part à travers l’offre de prêt sans intérêt aux banques. Très grossièrement les rachats d’obligations pourraient atteindre pour 1000 milliards d’euros après les différentes phases LTRO. Quant à l’offre de prêt aux banques l’enveloppe pourrait situer entre 1000 et 500 milliards d’euros. Christine Lagarde sans doute veut démontrer l’action réactive et d’ampleur de la banque centrale qui n’a pas commencé hier mais s’est nettement amplifiée depuis la crise unitaire. Christine Lagarde estime que le plan européen aurait pu être plus généreux en manière de subventions par rapport à l’enveloppe de prêts.

En creux cela peut peut-être signifier que la BCE aurait pu être impliquée davantage et peut-être directement concernant les prêts et que l’union européenne devrait se concentrer sur les vrais dépenses de soutien assurées d’être financées par les subventions. Le vrai  soutien de l’union européenne c’est celui de l’enveloppe de 390 milliards de subventions. Un effort budgétaire peut-être pas tout à fait à la hauteur des enjeux une fois répartie dans l’ensemble des états constituant l’union européenne ( en moyenne une dizaine de milliards par pays avec évidemment des écarts autour de cette moyenne.

Plan européen:  » le contribuable français ne paiera rien « !!! ( Macron)

Plan européen:   » le contribuable français ne paiera rien « !!! ( Macron)

 

Le contribuable français ne paiera rien du  plan de relance de l’Union européenne de 750 milliards d’euros.

Sans doute de plus gros mensonges de l’histoire économique française. En effet, si l’Union économique a effectivement décidé d’un plan de soutien, par contre elle n’a prévu aucune modalité de financement crédible. Pourtant Macron affirme que le plan sera financé par des recettes fiscales propres à l’UE, notamment des taxes imposées sur de « grands acteurs internationaux » comme les géants du numérique  ou encore par la taxe carbone aux frontières.

Une véritable  illusion car la taxe sur les grands acteurs du numérique n’est pas pour demain. Pour preuve le tribunal de l’Europe vient d’annuler il y a quelques jours la facture fiscale de 13 milliards réclamés par la commission européenne à Apple. 13 milliards d’arriérés fiscaux normalement dus à l’Irlande ( qui s’est mis du côté d’Apple pour ne pas recevoir cet arriéré!). On sait évidemment que parallèlement sous l’autorité de l’OCDE s’est mise en place une discussion sur la future taxation des grands du numérique comme Apple. Mais les États-Unis viennent de quitter cette négociation pour s’opposer au principe de cette taxation. Nombre de pays européens ne veulent pas non plus de cette fiscalité puisque la sous imposition constitue pour un argument d’attraction (Irlande bien sûr mais aussi d’autres comme dans les pays de l’Est ou même les Pays-Bas).

La deuxième source de financement évoquée est tout aussi hypothétique, elle repose sur la proposition d’une taxe carbone aux frontières. En gros,  une taxe supplémentaire sur toutes les importations (que paiera finalement le consommateur). Une taxe, un jour ou l’autre, se mettra sans doute en place mais très très progressivement et qui va entraîner des mesures de rétorsion équivalente au moins de la part des pays exportateurs comme les États-Unis ou la Chine par exemple. Là aussi ce n’est pas pour demain.

En fait on a bien décidé de dépenses mais rien concernant les recettes. En clair,  ce plan de 750 milliards sera financé par les Européens eux-mêmes dans le cadre du budget. Un budget financé à hauteur de 30% environ à l’Allemagne, de 22 % par la France. Or la France comme l’Allemagne est un contributeur net. En clair davantage que ce qu’elle reçoit. Exemple, en 2020 la France aura versé 24 milliards et reçu 13,5 milliards de subventions. Reste à charge de la France 11 milliards.

Pour faire passer la pilule du non financement du plan de relance de l’union européenne Macon et le gouvernement français défendent  l’idée que la France pourra recevoir 40 milliards de ce plan ( qui viendra alimenter le plan de soutien purement français). Le problème c’est que faute de financement du plan européen dans les conditions actuelles,  la France devra payer environ 90 milliards des seuls 390 milliards de subventions non remboursables. Là aussi comme pour le budget habituel, la France sera donc un contributeur net et c’est un mensonge d’affirmer que le contribuable français ne paiera rien.

Ce plan était cependant sans doute nécessaire ( encore qu’on aurait pu simplifier sa construction en passant directement par la banque centrale européenne) . Il va contribuer à soutenir une économie grandement affectée par la crise sanitaire; et qui va notamment se traduire aussi par une très grave dépression économique (7 à  10 % en moins de richesse nationale produite en 2020) entraînant mécaniquement une énorme vague de chômage( taux de plus de  10 % par exemple en France en 2020). Cette nécessité de sauver en quelque sorte ce qui est possible de l’économie ne doit pas masquer le fait cependant que ce plan de relance ne repose sur aucun autre financement que celui du contribuable notamment français.

 

Pourquoi un plan de relance européen ?

Pourquoi un plan de relance européen ?

Les enjeux d’un plan de relance européen d’après l’économiste Nicolas Goetzmann. (Interview le Figaro)

- Les dissensions qui se sont violemment exprimées dimanche soir lors du sommet européen, opposant notamment la France et l’Allemagne aux pays «frugaux» d’Europe du Nord, étaient-elles prévisibles?

Nicolas GOETZMANN.- La date de ce sommet est connue depuis plusieurs semaines et les positions des uns et des autres sont sur la table depuis près de deux mois. La difficulté à trouver un accord au cours de ces quatre derniers jours révèle un évident manque de préparation, même si des négociations ont évidemment eu lieu en amont. Or, ce manque de préparation est entré en collision avec une volonté d’obtenir un accord rapide, notamment du côté d’Emmanuel Macron, ce qui a conduit à de nombreuses concessions de la part d’un camp pourtant très largement majoritaire. Cette impatience profite – pour le moment – aux pays frugaux qui imposent leur tempo à la majorité. Il faut préciser qu’Angela Merkel ne semble pas s’être impliquée outre mesure dans cette voie de la précipitation. Dans la matinée du 19, Angela Merkel a indiqué qu’il était possible de ne pas trouver d’accord «il est aussi possible qu’aucun résultat ne soit obtenu aujourd’hui», tandis qu’Emmanuel Macron a préféré donner un horizon plus positif en indiquant: «Nous sommes prêts au compromis sans renoncer à l’ambition», ce qui a renforcé la main des «frugaux».

Emmanuel Macron semble avoir pris la tête de la négociation à marche forcée, ce qui conduit à l’affaissement progressif des ambitions initiales du plan de relance européen.

Le détricotage du plan initial s’est prolongé à un point tel que Christine Lagarde a jugé nécessaire d’intervenir le 19 au soir au travers d’une interview donnée à Reuters. La présidente la BCE déclare: «de mon point de vue, il serait préférable de s’accorder sur un plan ambitieux (c’est à dire correspondant au plan initial de la Commission) même si cela met plus de temps. J’espère que les dirigeants vont s’accorder sur quelque chose d’ambitieux plutôt que de rapide». Mais apparemment le message n’est pas passé, et Emmanuel Macron semble avoir pris la tête de la négociation à marche forcée, ce qui conduit à l’affaissement progressif des ambitions initiales du plan de relance européen.

Comprenez-vous les réticences des «radins» (pour reprendre le titre en Une de «Libération» ce lundi matin)?

Il y a deux façons de voir les choses. La première est de considérer que les «frugaux» gèrent bien leurs finances publiques et qu’ils ne veulent pas payer pour des pays dépensiers et «irresponsables». C’est une vision essentiellement morale qui est utilisée politiquement par ces pays auprès de leurs électeurs. Ce qui serait dans la droite lignée de la sortie de Jeroen Dijsselbloem (ancien patron néerlandais de l’Eurogroup) en 2017, qui avait indiqué: «en tant que social-démocrate, j’attribue une importance exceptionnelle à la solidarité. Mais il y a aussi des obligations. Vous ne pouvez pas tout dépenser en alcool et en femmes avant de demander de l’aide». Pourtant, et même si cela peut paraître contre-intuitif, l’Italie a été plus rigoureuse que les Pays-Bas dans la tenue de son budget au cours de ces 20 dernières années, cet argument ne tient donc pas la route. Ces dirigeants des pays frugaux ne cherchent qu’à flatter les a priori de leurs électeurs.

La solidarité budgétaire européenne est exclue du Traité par l’article 125.

La seconde approche est de considérer que ce plan européen contourne l’esprit des Traités. Cela est une réalité. La solidarité budgétaire européenne est exclue du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne par l’article 125 qui peut être résumé par une formule: «un État membre ne répond pas des engagements d’un autre État membre». Or, si le mécanisme envisagé permet d’éviter au mieux cet écueil, c’est bien l’esprit du Traité qui est violé. Dans ces conditions, le seul moyen de mettre sur pieds un plan de relance qui ressemble à un véritable plan de relance serait une révision des Traités. On peut le regretter, mais cet argument est pertinent ; ce qui est réalisé aujourd’hui ne correspond pas à ce qui a été signé par les États.

Aurait-il été préférable d’éviter de mettre en scène des négociations si musclées, en optant pour des solutions de relance orchestrées au plan national et soutenues par la politique monétaire européenne?

Le 18 mars dernier, la Banque centrale européenne a mis sur place un plan spécifiquement dédié à la crise du Covid-19. Ce plan prévoyait le rachat de dettes de la zone euro pour un montant de 750 milliards d’euros, qui a été augmenté quelques semaines plus tard pour un total de 1500 milliards d’euros. Ce plan permet aux États de s’endetter directement tout en ayant l’assurance de voir la BCE racheter une large part de la dette émise. C’est ce plan qui a permis de voir la situation des marchés financiers se stabiliser. Une relance au niveau des États aurait pu être très rapide, ciblée et efficace.

L’absolue volonté de se servir de la crise du Covid-19 pour s’engouffrer dans une logique fédéraliste a été contreproductive.

Mais les Européens ont préféré passer à l’échelon supérieur en essayant d’apporter une solution commune. Sans surprise, ce choix a conduit à la lenteur, et à une ambition d’efficacité économique toute relative. L’absolue volonté de se servir de la crise du Covid-19 pour s’engouffrer dans une logique fédéraliste a été totalement contreproductive sur le terrain de l’efficacité économique. Le Congrès des États-Unis a mis deux semaines à se mettre d’accord pour un plan de 2900 milliards de dollars, qui est devenu loi le 27 mars dernier. L’Europe met plusieurs mois pour un plan pluriannuel de moins de 400 milliards d’euros assorti de nombreuses conditionnalités.

Que cherche Emmanuel Macron en voulant à tout prix remporter son bras de fer sur le plan de relance européen?

Une amorce fédéraliste. Même si ce plan de relance ne correspond pas à une logique d’eurobonds, puisque c’est la Commission européenne qui emprunte et que chaque État n’est responsable qu’à la hauteur de sa participation dans le budget de la commission, il constitue un précédent pour une ambition fédéraliste européenne. La question est savoir si cette ambition correspond à la nécessité du moment et à la volonté des électeurs.

En fin de compte, dans cette crise, l’Europe est-elle davantage le problème ou la solution?

Malgré sa lenteur initiale, la BCE a jusqu’à maintenant rempli son rôle. Son action est encore loin d’être optimale mais ce qui a été fait est à des années lumières de ce qui avait été fait en 2008. De ce point de vue, l’Europe a plus été une solution. Mais du point de vue du Conseil européen, cela est beaucoup plus mitigé, parce que les priorités semblent avoir été bien plus politiques qu’économiques.

Mais cette négociation aura permis de montrer au public la réalité du contenu du plan de relance. Depuis le début, le montant annoncé est de 750 milliards d’euros, mais on se rend compte que les États ne négocient que pour un montant voisin de 400 milliards. Le différentiel n’est composé que de prêts qui ne servent finalement qu’à gonfler artificiellement le montant auprès du public. Le «vrai argent» pour reprendre les termes d’Emmanuel Macron, est de 400 milliards, soit 2.6 points de PIB de l’UE.

 

Plan de relance européen: toujours l’impasse

Plan de relance européen: toujours l’impasse

 

Les discussions continuent depuis plusieurs jours, elles n’ont pas abouti jusque-là, elles reprendront lundi après-midi car les divergences sont encore très importantes. Les discussions butent notamment sur la répartition des fonds entre subventions (que les bénéficiaires n’auraient pas besoin de rembourser) et prêts.

Dans le projet initial, les dons devaient s’élever à 500 milliards d’euros. Mais il a été proposé de les réduire à 400 milliards, ce qui se situe à la limite de ce que Paris et Berlin sont prêts à accepter.

Les prêts du plan de relance seraient eux portés à 350 milliards d’euros, contre 250 milliards au départ, selon cette nouvelle répartition.

Ce geste en faveur des frugaux, qui préfèrent les prêts aux dons, a cependant été rejeté par les intéressés, pas disposés à aller au-delà de 350 milliards de subventions.

Face à ce blocage, M. Macron a tancé « leurs incohérences » lors du dîner dimanche soir, selon un membre de la délégation française

Il a affirmé, d’après une source européenne, que c’était la France et l’Allemagne qui allaient « payer ce plan », dans « l’intérêt de l’Europe, quand les frugaux sont égoïstes et ne font aucune concession ».

Il a fustigé le comportement du chancelier autrichien Sebastian Kurz, lorsque ce dernier a subitement quitté la table pour prendre un appel téléphonique.

Le Français a aussi comparé le positionnement du Néerlandais Mark Rutte a celui de l’ex-Premier ministre britannique David Cameron, qui a souvent adopté une ligne dure lors des sommets européens, mais a fini par perdre le référendum sur le Brexit.

Auparavant, le président du Conseil européen, Charles Michel, avait exhorté les 27 à ne pas présenter le « visage d’une Europe faible, minée par la défiance », réclamant un sursaut pour éviter un échec.

L’unanimité nécessaire des 27 Etats membres rend un accord particulièrement difficile. D’autant plus, qu’il existe d’autres points de blocage.

Parmi eux figure en bonne place le lien entre le versement des aides et le respect de l’Etat de droit, une idée particulièrement soutenue par La Haye, mais qui hérisse Budapest et Varsovie, actuellement dans le collimateur de l’UE.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est vivement opposé à une telle mesure dimanche, accusant son homologue néerlandais de vouloir le « punir financièrement » et de le « détester » lui et la Hongrie.

Au cours du sommet, M. Michel a multiplié les gages en faveur des frugaux, par exemple en augmentant les « rabais » dont ils bénéficient en tant que pays qui versent davantage d’argent au budget de l’UE qu’ils n’en reçoivent.

Il a aussi tenter d’amadouer le Néerlandais Mark Rutte, qui réclame que les plans de relance nationaux présentés par chaque pays en contrepartie des aides du plan de relance soient validés à l’unanimité des 27.

Une telle configuration, qui équivaudrait de facto à un droit de veto pour chaque capitale, inquiète Rome et Madrid, qui craignent d’être soumis à un programme de réformes (marché du travail, retraites…) imposé.

Le Belge a présenté un mécanisme plus nuancé, permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan d’un autre Etat d’ouvrir un débat à 27.

 

Plan de relance européen: bataille de chiffonniers

Plan de relance européen: bataille de chiffonniers

 

Rarement dans une instance internationale comme celle qui a réuni les Européens sur le projet du plan de relance aura ressemblé autant à une bataille de chiffonniers. Il y a le clivage principal bien connu des Etats dits  frugaux (rigoureux) qui veulent réduire l’enveloppe de ce plan et surtout l’accompagner  de mesures d’évaluation et de contraintes de gestion budgétaire aussi bien pour les dotations que pour les prêts. Un groupe mené par les Pays-Bas et l’Autriche notamment, plus généralement par les pays du Nord.

Mais il y a aussi des clivages avec certains pays de l’Est qui prennent des libertés avec les principes et les valeurs républicaines européennes. Au nom du souverainisme, ces pays veulent bien toucher la manne européenne mais refusent la leçon de démocratie. D’autres pays moins idéologues bataillent surtout pour récupérer le maximum de ce qu’ils peuvent dans l’enveloppe européenne

. La négociation qui dure depuis maintenant plusieurs jours a donné lieu à des échanges très peu courtois. Le Hongrois Viktor Orban accusant publiquement son homologue néerlandais, Mark Rutte, de le détester. Le tandem Macron-Merkel menaçant de quitter le sommet. L’Italien Giuseppe Conte prenant la parole sur Facebook pour égratigner les dirigeants des pays «frugaux». Les leaders de l’UE auront donné un bien piètre spectacle ce week-end. Réunis à Bruxelles depuis vendredi matin, ils tentaient encore dimanche soir, au cours d’un dîner tendu, de se mettre d’accord sur le prochain budget de l’UE et, surtout, sur le plan de relance à 750 milliards d’euros – 500 milliards de subventions et 250 milliards de prêts – destiné à faire repartir les économies du bloc. «Soit il y a un atterrissage possible et on reste toute la nuit pour arriver avec un accord demain matin. Soit ce n’est pas possible et alors on se retrouve en août», confiait un diplomate. En fait il y aura une prolongation lundi après-midi.

Plan de relance européen : échec

Plan de relance européen : échec

 

Pour minimiser sans doute l’ampleur des divergences, la plupart des médias rapportent  que la discussion le plan de relance européen risque de prendre encore quelques temps. La vérité, c’est que ce plan ne peut voir le jour en l’état. Ce qu’on reproche à ce plan c’est surtout son  laxisme et son absence de contrainte pour une meilleure gestion budgétaire. On sait que ce plan a surtout été poussé par la France qui a réussi à obtenir le soutien de Merkel. Un soutien qui a permis d’étouffer les critiques des orthodoxes allemands qui n’en pensent pas moins.

 Or il se trouve que l’initiateur de ce plan à savoir Macron va être aussi bénéficiaire. Il n’est donc pas le mieux placé pour persuader les réticents de la pertinence de l’aide aux pays en difficulté dont  la France fait partie. Pour résumer, il y a une totale opposition pour l’instant des pays rigoureux du nord  ( les frugaux) vis à vis de  la distribution de dotations non remboursables de 500 milliards auxquels il faut ajouter une enveloppe de prêts de 250 milliards. Ces pays estiment qu’on met sous perfusion financière sans condition et peut-être pour longtemps.

 

Le chancelier autrichien s’est par exemple dit hostile au projet tel qu’il est aujourd’hui. “Notre exigence centrale la plus importante est qu’il n’y ait pas de mutualisation de la dette à long terme (…), mais que ce qui est décidé ici reste ponctuel”, a déclaré Sebastian Kurz au micro de la chaîne publique autrichienne, après s’être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. “Il y aura de nouvelles propositions dans la nuit. Il y a une dynamique en notre faveur”, a-t-il ajouté.

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on parle d’un “moment difficile de la négociation avec un blocage sur la question de la gouvernance du plan de relance”.

“Nous attendons de savoir s’il y a une voie de passage. Le Président et la Chancelière continuent de travailler de manière coordonnée”, ajoute-t-on.

Dans la journée, Angela Merkel avait dit s’attendre à des négociations “très, très difficiles” en raison des divergences persistantes.

“Ce qui est en jeu, ce sont les principes d’unité et de solidarité européens”, a résumé le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. “Des compromis seront peut-être nécessaires mais nous devons être certains de parvenir à une solution ambitieuse.”

Les conditions posées par les Pays-Bas et la menace d’un veto hongrois pèsent sur les chances de parvenir à un accord sur un fonds de relance doté de 750 milliards d’euros (composé de 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions), en complément du budget pluriannuel commun qui serait porté à 1.100 milliards d’euros sur sept ans (2021-27).

D’après l’Elysée, la France pourrait obtenir une subvention européenne de près de 40 milliards d’euros qui permettrait de financer son propre plan de relance national de 100 milliards.

Le silence européen sur Hongkong

Le silence européen sur  Hongkong

un éditorial du Monde souligne le trop grand silence et la tolérance européenne vis-à-vis de l’agressivité chinoise non seulement à Hong Kong ni ailleurs.

 

« Pékin bafoue ses engagements internationaux en enterrant le principe « un pays, deux systèmes », qui garantissait aux habitants de Hongkong la liberté d’expression et un système judiciaire indépendant jusqu’à 2047. Pour l’Europe, dont le chef de la diplomatie, Josep Borrell, affirme régulièrement qu’elle doit « apprendre à parler le langage de la puissance » pour défendre « ses valeurs et ses intérêts », c’est un véritable défi : ce sont bien ces mêmes valeurs qui sont ici piétinées.

Mais, au lieu de la fermeté qui s’impose, c’est la faiblesse de la réaction de Bruxelles qui frappe. Washington s’est dit prêt à s’opposer à l’exportation d’armes et de technologies sensibles vers Hongkong et à révoquer le statut commercial spécial du territoire. Le Canada a suspendu son traité d’extradition. Le Royaume-Uni a promis d’ouvrir la voie à la citoyenneté britannique à près de trois millions de Hongkongais. Pris au piège de leur interdépendance asymétrique avec la Chine sur le plan économique, les Vingt-Sept condamnent, eux, l’initiative de Pékin du bout des lèvres.

Certains Etats membres ont, ces dernières années, cédé aux sirènes de Pékin en acceptant des partenariats économiques. Moins vulnérable, l’Allemagne, qui a pris le 1er juillet la présidence tournante de l’UE, peine pourtant à dépasser une relation économique patiemment tissée avec la Chine depuis quinze ans, qui permet à Berlin d’échanger plus de 200 milliards d’euros de biens et de services par an. La chancelière Angela Merkel, qui sait que le socle de l’économie allemande repose sur l’excédent de sa balance commerciale, brille par son silence sur Hongkong – comme l’Elysée, d’ailleurs –, craignant d’altérer sa relation avec Pékin au moment où il faut relancer la machine en sortant de la pandémie.

La Chine de Xi Jinping s’est désinhibée

Il ne s’agit pas pour l’UE d’entrer dans une confrontation avec la Chine, ni de faire cause commune avec les Etats-Unis dans leur volonté de régler leur différend avec Pékin par un unilatéralisme qui s’est révélé jusqu’à présent peu efficace. Mais, si les Vingt-Sept savent à peu près ce qu’ils ne sont pas prêts à faire, ils doivent s’accorder sur ce qu’ils veulent réellement entreprendre pour se faire entendre.

L’illusion selon laquelle la Chine resterait une puissance du statu quo a fait long feu. Avec la pandémie, les masques sont tombés. La Chine de Xi Jinping s’est désinhibée, multipliant les démonstrations de force tous azimuts, usant d’une rhétorique agressive pour appuyer sa politique et discréditer le modèle européen, justifiant la définition de « rivale systémique » adoptée par Bruxelles en 2019.

La brutalité de la mainmise de Pékin sur Hongkong constitue un crash test pour la « Commission géopolitique » chère à sa présidente, Ursula von der Leyen. L’Europe pourrait au minimum proposer d’accueillir les Hongkongais désireux de fuir le régime autoritaire de Pékin. Si elle veut être un acteur mondial et se faire respecter, l’UE n’a d’autre choix que celui d’élever la voix face à la Chine et de se mettre d’accord sur une série de mesures communes et crédibles.

 

Une carte bancaire et un système de paiement européen pour 2022

Une carte bancaire et un système de paiement européen pour 2022

 

Pour faciliter les transactions dont beaucoup ont encore recours aux espèces 16 banques européennes ont décidé d’envisager de créer un nouveau système européen de paiement avec notamment une carte bancaire permettant les achats, les transferts et les retraits d’espèces. Une initiative en fait  pour se libérer aussi de la concurrence de Visa ou de MasterCard. Une sorte de nouveau système de paiement numérique valable dans toute l’Europe au moins. Un groupe de seize banques de cinq pays de la zone euro a annoncé jeudi avoir entamé un processus visant à créer un “nouveau système de paiement européen unifié” (EPI) appelé à voir le jour en 2022 dans une région du globe où la moitié des paiements de détail s’effectuent encore en espèces.

“L’ambition d’EPI est de créer une solution de paiement paneuropéenne unifiée s’appuyant sur les paiements instantanés/SEPA Instant Credit Transfer (SCT Inst), proposant une carte bancaire aux consommateurs et commerçants à travers l’Europe, un portefeuille numérique et des solutions de paiement ‘peer-to-peer’”, disent ces seize banques dans un communiqué.

Parmi ces banques, figurent les établissements français BNP Paribas, Crédit agricole, la Société générale, les groupes Crédit mutuel et BPCE ainsi que la Banque Postale.

Le dispositif que ces groupes ambitionnent de créer correspond à une volonté exprimée par l’Europe de voir se développer sur son sol des concurrents aux américains Visa et MasterCard.

“La solution vise à devenir un nouveau standard de paiement pour les consommateurs et les commerçants européens pour tous les types de transactions, y compris en magasin, en ligne, pour les retraits d’espèces et le ‘peer-to-peer’ en plus des solutions des schémas de paiement internationaux”, soulignent les seize banques associées.

Le début de la phase de mise en oeuvre va se concrétiser dans les prochaines semaines par la création d’une société intérimaire établie à Bruxelles.

D’autres sociétés de services de paiement sont invitées à rejoindre cette initiative.

L’objectif est de proposer une solution de paiement numérique utilisable partout en Europe et “ainsi redessiner le paysage fragmenté actuel” poursuit le communiqué.

Outre les six établissements français, on retrouve aussi BBVA, la Commerzbank, la Deutsche Bank, Santander, ING, UniCredit, la CaixaBank, KBC, la DZ Bank et la Stadtsparkasse de Munich.

Un plan de relance européen suspendu à un grand marchandage

Un plan de relance européen suspendu à un grand marchandage

Le plan européen se résume à un budget de 750 milliards sur fond d’un plan pluriannuel de 1000 milliards ( plus les mesure de la BCE)  gérés directement par l’union économique qui en assumera la responsabilité donc aussi la solidarité. Les discussions risquent d’être difficiles notamment de la part de certains pays nord  qui vont se battre pour limiter la part de s non remboursables par rapport à la part de prêts qui elles sera remboursable voir assortie de critères de gestion budgétaire. Le second sujet de marchandage va concerner les compensations que en obtenir les pays les plus opposés à ce plan considéré comme trop généreux vis-à-vis des états dits laxistes. L’affaire est encore loin d’être bouclée car dans ce domaine il faut l’unanimité des pays de l’union européenne. Les discussions vont durer tout l’été et les décisions finales ne pourront pas intervenir avant fin 2020. Il y a aussi une dimension politique car ce plan de soutien économique directement géré et assumé par l’union économique constitue un acte d’intégration indiscutable qui va ouvrir des discussions notamment de la part de tendances politiques souverainistes.

L’accord est encore loin d’être acquis même s’il constitue déjà un signe positif vis-à-vis des acteurs économiques et les marchés .  Paris et Berlin ont pris là un risque majeur puisque au travers de ce plan et des suites qu’il aura, c’est aussi la puissance du moteur franco-allemand qui sera jaugée. Alors qu’Emmanuel Macron a appelé mercredi les États membres à aller «vite», Angela Merkel a admis que la tâche ne serait pas simple. «Il est clair que les négociations, qui sont difficiles, ne seront pas conclues lors du prochain Conseil de l’UE» du 18 et 19 juin, a estimé la chancelière allemande, ajoutant que «l’objectif devait être de trouver suffisamment de temps à l’automne pour que les Parlements nationaux et le Parlement européen puissent discuter».

Les capitales ont commencé mercredi à prendre connaissance de ce plan de relance et du budget. Et il leur faudra plusieurs jours pour le digérer et comprendre le sort qui est réservé à chacun. Mais, alors que Paris affirme qu’il n’est pas question de remettre en cause les 500 milliards de subventions, plusieurs États membres ont d’ores et déjà manifesté une forme de retrait vis-à-vis des propositions de la Commission. Parmi eux, les pays dits «frugaux» (les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark) qui sont opposés au principe des subventions mais veillent à observer des positions mesurées. Les leaders de ces quatre pays se sont d’ailleurs coordonnés mercredi après-midi au cours d’une réunion commune.

Pour le chancelier autrichien Sebastian Kurz, le plan imaginé par la Commission est «une base de négociations» où «la part entre prêts et subventions» doit être discutée. «Au nom de notre responsabilité vis-à-vis de nos contribuables, nous nous positionnons clairement en faveur de prêts», a-t-il réaffirmé. Les Pays-Bas ont fait aussi profil bas tout en restant fermes sur le fond. «Nos positions sont très éloignées et il s’agit d’un dossier d’unanimité ; les négociations prendront donc du temps. Il est difficile d’imaginer que cette proposition sera l’état final de ces négociations», indique un diplomate néerlandais

 

 

 

 

 

 

«Vers un Pacte vert européen» ?

«Vers un Pacte vert européen» ?

 

 

Christian de Boissieu, Michel Derdevet, Jacques Percebois 

militent pour un pacte vert européen ( chronique dans l’Opinion)

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« Le « new deal » de Roosevelt qui a permis de sortir de la crise de 1929 et la politique de reconstruction adoptée en France à la Libération ont un point commun : l’investissement massif dans des infrastructures, notamment énergétiques. D’où la Tennessee Valley Authority pour la production d’électricité aux Etats-Unis et le plan d’équipement dans de grands barrages et dans le développement du réseau en haute tension en France.

Après l’imparable et profonde récession de 2020, on peut espérer un rebond de la consommation et de l’investissement privés, même si le rattrapage ne sera que partiel. Cela ne suffira pas, car beaucoup de ménages et d’entreprises vont se trouver en situation de précarité et de difficultés financières. Quant aux Etats, ils seront mobilisés par le sauvetage immédiat de pans entiers de leur secteur industriel.

Parallèlement, la transition énergétique engagée dans le cadre du Pacte vert (« Green Deal ») de la Commission européenne exigera à l’évidence un financement dédié, et des réseaux modernisés et digitalisés. Rien qu’en France, le chiffrage des opérateurs de réseaux électriques, avant la crise, était de 100 milliards d’euros d’ici 2035. On voit donc qu’an plan européen, les besoins seront massifs.

Investir dans le renforcement des réseaux européens de transport et de distribution d’électricité, dans les interconnexions électriques européennes, mais aussi dans la transformation des infrastructures de distribution en « smart grids », permettrait d’améliorer le service public de l’énergie en France et de relancer la solidarité énergétique européenne, en augmentant les échanges aux frontières. Cela irait dans le sens du « Green Deal ». Car ces réseaux participent de la collecte des énergies renouvelables, diffuses et territorialisées, qui constitueront à l’horizon 2050 une part essentielle de l’Europe décarbonée en perspective, comme souligné dans le récent rapport Les réseaux électriques, vecteurs du nouveau modèle européen décarboné, publié par Synopia.

Mobilité verte. On pourrait y associer un plan massif de développement des recharges électriques afin de relancer la mobilité verte, ce qui indirectement pourrait aider le secteur automobile et favoriser la mobilité durable au sein de l’Union.

Une partie de l’épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de «networks bonds»

Bien sûr, d’autres secteurs seront également demandeurs comme ceux de la santé et des réseaux numériques, qui ont montré à quel point ils étaient incontournables. Mais il faut raisonner en termes de complémentarité et non de substituabilité des efforts.

Les réseaux énergétiques sont au cœur de la solidarité territoriale, et ce sont des investissements qui génèrent des emplois à court terme et des recettes sur longue période, puisqu’ils profitent aussi bien aux générations futures qu’à la génération présente. De plus ce sont des actifs et des activités non délocalisables, ce qui est essentiel pour que la relance européenne profite aux Européens. Leur rémunération est stable sur longue période, entre 5 et 6 % en moyenne, puisqu’elle est régulée, ce qui n’est pas le cas des investissements dans la production beaucoup plus sensibles aux aléas du marché. On peut le faire aussi dans l’efficacité énergétique des bâtiments, mais un investissement public massif est ici, sans doute, plus efficace.

Si l’on veut éviter un financement monétaire des investissements dans les infrastructures, qui serait incohérent avec leur nature même, il faut pouvoir drainer l’épargne de précaution, considérable, qui s’est accumulée ces derniers mois. Une partie de cette épargne restera liquide, compte tenu des incertitudes, mais le reste pourrait être mobilisé par l’intermédiaire de l’émission de « networks bonds », un système d’ailleurs souhaité par plusieurs pays européens, malgré les réticences allemandes ou hollandaises.

Pour le citoyen français, ce serait un placement garanti, surtout si ces « obligations réseaux » sont mutualisées sur plusieurs Etats européens. On pourrait également envisager la création d’un livret d’épargne européen affecté au financement des infrastructures, pour ceux qui préféreraient une épargne plus facilement mobilisable que les obligations.

Quel que soit le véhicule choisi, une chose est certaine : connecter la relance économique et la transition écologique est une ardente obligation. Cela passe par beaucoup d’imagination… et un peu d’audace et de courage ! »

Christian de Boissieu, Vice-Président du Cercle des Economistes, Michel Derdevet, Vice-Président de la Maison de l’Europe de Paris, Jacques Percebois, Professeur émérite à l’Université de Montpellier.

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Accord entre La France et l’Allemagne sur le char européen du futur (MGCS)

Accord entre La France et l’Allemagne sur  le char européen du futur (MGCS)

alors que l’accord sur l’avion chasseur du futur traîne encore dans les cartons du fait de l’opposition de l’Allemagne, un accord est en bonne voie le futur char européen futur. Un accord-cadre (framework agreement) puis un accord de mise en œuvre (implementing agreement), qui permet de passer un contrat pour une étude de définition de l’architecture du futur système.

Cette commande est un préalable au développement de démonstrateurs technologiques, qui serviront à évaluer le MGCS, selon les besoins et exigences allemandes et françaises, a expliqué le ministère de la Défense allemand. La commission budgétaire du Bundestag a autorisé le lancement de cette étude d’une durée de deux ans.

« Le projet MGCS mené sous leadership allemand vise à remplacer à partir de 2035 les Leopard 2 et les Leclerc. Avec la signature de ces deux accords, l’Allemagne et la France envoient un signal important pour la coopération européenne de défense », a souligné le ministère de la Défense allemand.

 

 

« Un plan de redressement économique via un Green Deal européen». ( François Brottes )

« Un plan de redressement économique via  un Green Deal européen». ( François Brottes )

François Brottes président du directoire de RTE, gestionnaire du réseau de transport de l’électricité n’est pas forcément le mieux placé pour parler de Green deal européen afin de relancer l’économie. En outre sa chronique-un peu courte sur l’environnemenet- a des parfum de lobby de l’électricité. Pour autant son papier mérite la lecture .

« La crise sanitaire que nous traversons est inédite et bouleverse l’ensemble de notre société. Les incertitudes sur sa durée et ses conséquences sont immenses, les inquiétudes naturellement considérables.

L’électricité est, dans ce contexte, plus que jamais indispensable pour permettre aux services de santé de fonctionner, aux services essentiels à la Nation de remplir leur mission. Elle est également essentielle aux Français et à l’ensemble des Européens, confinés, afin qu’ils puissent continuer de bénéficier d’un minimum de confort.

Dans les dispatchings, les postes électriques, au sommet des pylônes, au sein des cellules de crise nationales ou depuis chez eux, en télétravail, tous nos salariés sont au rendez-vous des attentes de nos concitoyens et leur garantissent, en permanence, une alimentation en électricité.

Depuis près de 70 ans, l’Europe de l’énergie a été l’un des moteurs de la construction et de la fraternité européenne. Aujourd’hui, c’est une réalité incontournable. Plus de 400 interconnexions nous relient les uns aux autres, assurant une véritable solidarité électrique entre les différents pays de l’Europe continentale.

Les gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens et leurs équipes sont plus que jamais mobilisés durant cette période afin d’assurer la sécurité et l’équilibre permanent du réseau électrique.

Pour cela, malgré la crise, nous continuons d’intervenir sur notre réseau, en urgence, lorsque nos réseaux rencontrent des avaries, ou afin d’effectuer les activités de maintenance essentielles à sa sécurité dans la durée. Nous préparons également nos réseaux à la reprise de l’activité. Cette mission nous la remplissons avec, pour priorité absolue, le maintien en bonne santé de notre personnel.

La modernisation des systèmes électriques et la décarbonation du secteur électrique sont un programme de croissance qui préserve et qui est créateur d’emplois

Ce bon fonctionnement est également possible grâce au concours du régulateur, des pouvoirs publics, de tous les acteurs du secteur – producteurs, gestionnaires des réseaux de transport, fournisseurs, distributeurs – et au maintien des marchés de l’électricité. ENTSO-E, l’association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité, joue un rôle primordial de coordination entre nos différents pays durant cette période.

Cette crise aura souligné la nécessité de renforcer, au niveau européen, les filières industrielles indispensables aux infrastructures stratégiques. C’est un enjeu de souveraineté. Soutenir le maintien et le développement en Europe de prestataires et fabricants, spécialistes de technologies clés pour nos réseaux électriques, nous permettra d’affermir notre indépendance énergétique, technologique et industrielle. Cela contribuera également activement à la reconstruction économique.

Le Green Deal européen devra être la pierre angulaire de cette relance. Nous l’appelons de nos vœux. La modernisation des systèmes électriques et la décarbonation du secteur électrique, au travers notamment du développement des énergies renouvelables, sont un programme de croissance qui préserve et qui est créateur d’emplois.

François Brottes est président du directoire de RTE.

 

Stop Covid: l’Allemagne lâche le projet européen pour vendre des voitures aux États-Unis

Stop Covid: l’Allemagne lâche le projet européen pour vendre des voitures aux États-Unis

 

L’Allemagne a évidemment bien des vertus pour sa capacité à se mobiliser derrière des objectifs nationaux, à respecter les orientations et finalement à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée . Par contre, il y a un côté mercantile particulièrement détestable chez les Allemands qui font souvent passer le business avant tout. Ainsi par exemple Allemagne vient-elle de lâcher le projet européen stop covid pour évidemment ne pas fâcher les États-Unis et notamment Apple et Google qui sont à la manœuvre pour récupérer les précieuses informations sanitaires. On aura noté la même hypocrisie de l’Allemagne concernant les ventes d’armes qui sera derrière une certain pacifisme veut faire de son industrie militaire un champion mondial en vendant en sous-main des armements qu’elle refuse officiellement de livrer à des pays en guerre.

Dimanche, les Allemands ont annoncé qu’ils quittaient le consortium européen qui travaille sur StopCovid. Ce revirement, après le départ des Suisses, met en péril la future solution européenne.

Officiellement c’est sur  pression des scientifiques que l’Allemagne s’apprêterait à se mettre sous le parapluie numérique gueule et d’Apple.. Le Conseil scientifique français avait  prévenu : attention à ne pas laisser des intérêts privés commerciaux se saisir de la crise pour pénétrer et percuter durablement le système de santé publique et ses valeurs de solidarité et d’universalité. Le consortium européen – réunissant désormais Français, Italiens et Espagnols – qui travaille sur StopCovid élabore un protocole sans se soucier de celui d’Apple et Google. C’est un choix politique : des Etats souverains veulent pouvoir développer leur propre solution sanitaire et technologique sous contrôle démocratique. L’enjeu est énorme pour les États-Unis car la récupération des données sanitaires va constituer une très riche source de données pour les futurs débouchés de l’industrie pharmaceutique. De ce point de vue l’Allemagne se montre assez lamentable.

Hongrie : premier gouvernement européen de dictature

Hongrie : premier gouvernement européen de dictature

Pouvoirs illimités et pour une durée illimitée pour Viktor Orban  au nom de la lutte contre le Covid-19. La Hongrie abolit indéfiniment des pans entiers du contrôle démocratique, dénoncent dans une tribune au « Monde » Philippe Dam et Bénédicte Jeannerod, d’Human Rights Watch.

Tribune.

 

 Sous prétexte de répondre à l’urgence sanitaire liée au Covid-19, le Parlement hongrois a donné, le 31 mars, son feu vert au gouvernement de Viktor Orban pour s’attribuer des pouvoirs illimités pour une durée indéterminée. Le gouvernement hongrois peut désormais suspendre toute loi existante et en appliquer d’autres par décret, sans contrôle parlementaire ni judiciaire. Les élections ont été suspendues.

La loi prévoit aussi de nouvelles sanctions pénales de cinq ans de prison pour la publication de faits dits « faux » ou « déformés », un nouveau coup porté à la liberté des médias déjà sévèrement mise à mal dans le pays. Avec cette loi, la Hongrie devient le premier pays de l’Union européenne (UE) à abolir indéfiniment des pans entiers du contrôle démocratique, en violation flagrante des principes fondateurs et des règles de l’UE.

Ces dix dernières années, le gouvernement Orban a affaibli la justice, restreint les activités de la société civile et renforcé son contrôle sur les médias sans que cela ne provoque de réactions à la hauteur de la gravité de la situation de la part des institutions européennes. Ne pas répondre vite et fort à la nouvelle dérive autoritaire du gouvernement de Viktor Orban serait, pour ces mêmes institutions, commettre la même erreur.

 

A Budapest, on crie déjà à la surréaction et les partenaires européens sont priés d’attendre de voir comment les choses évolueront avant de protester. Mais regardons les choses en face : le caractère illimité de la loi d’urgence, l’abolition de fait de tout contrôle parlementaire et les attaques contre les médias créent un cadre incompatible avec les principes démocratiques. L’Union européenne et ses Etats membres ne doivent pas attendre des décrets encore plus problématiques et liberticides pour réagir. Ne pas le faire maintenant et vigoureusement reviendrait à accepter que ce nouvel ordre autoritaire soit acceptable au sein de l’Union européenne. 

Même depuis que le Parlement européen a déclenché, en septembre 2018, la procédure de l’article 7 du traité de l’Union européenne donnant à cette dernière la possibilité de sanctionner ses membres qui ne respectent pas les valeurs de l’Union, les Etats membres ont traîné les pieds au lieu d’intensifier la pression. Le problème n’est pas la faiblesse souvent reprochée à l’article 7, mais le fait que les Etats de l’UE et la Commission européenne n’ont pas mis tout leur poids dans cette procédure.

La Commission devrait soutenir pleinement la procédure de l’article 7. Les dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, devraient mobiliser leurs partenaires sans attendre la fin de la crise sanitaire causée par le coronavirus pour la faire avancer. La prochaine étape nécessite un vote aux quatre cinquièmes au sein du Conseil européen, ce qui, moyennant une forte mobilisation, n’est pas inaccessible.

Coronavirus : la France pour un fonds européen financé par la dette !

Coronavirus : la France pour un fonds  européen financé par la dette !

 

L’ingénierie budgétaire française continue de fonctionner avec une nouvelle proposition pour mutualiser la dette au plan européen. On sait que les pays du nord  et l’Allemagne en particulier refusent le concept de mutualisation d’emprunts  communs Eurobonds). Du coup, le ministre de l’économie française propose la création d’un fonds commun européen lui aussi mutualisé et financé…. par la dette ! une manière détournée de faire payer aux  pays rigoureux la dette de pays à la gestion plus laxiste comme l’Italie, l’Espagne, la France ou la Grèce.. Comme si la dette pouvait constituer un moyen sérieux de financement. Il est clair que la France va dépasser et de loin le déficit prévu initialement à 2,2 % pour 2020.

Avec moins de rentrées fiscales et davantage de dépenses, le dérapage budgétaire de la France pourrait atteindre 7 % du PIB. Pour l’empêcher Bruno le maire propose donc une solution qui permettrait de faire supporter une partie de cette dette par toute l’Europe. Dans une interview accordée au Financial Times, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a donc  indiqué que la France allait proposer le lancement d’un fonds de sauvetage européen, qui serait financé par de la dette commune pour une durée limitée à cinq ou dix ans.

« Nous réfléchissons à un fonds qui serait limité dans le temps avec une possibilité d’endettement comme réponse de long terme à la crise », a déclaré le ministre français au quotidien économique. « Une solution pourrait être d’avoir un fonds pour disons cinq ou dix ans – limité dans le temps – avec la possibilité d’avoir de la dette commune mais seulement dans le cadre de ce fonds. Ce pourrait être plus acceptable pour d’autres pays », a-t-il ajouté.

 

Ses propos ont été confirmés par Bercy. La semaine dernière, neuf pays européens, dont la France et l’Italie, avaient appelé à lancer des obligations communes à toute l’Union européenne pour faire face au coronavirus. Un outil surnommé « Coronabonds ». Le principal avantage d’un tel instrument financier est de mutualiser la dette et d’empêcher la spéculation sur les Etats en difficulté, dont les taux d’intérêts des obligations sont beaucoup plus élevés.

 

Cette proposition a mis une pression sur l’Allemagne, qui refuse toute mutualisation des dettes dans la zone euro, mais s’est déclarée « prête » à « faire jouer la solidarité européenne ».  M. Le Maire a précisé au Financial Times que « s’il était difficile pour de nombreux Etats membres d’envisager de faire un emprunt commun » dans le cadre du budget pluriannuel de l’UE, il fallait le faire en dehors de ce cadre et pour une période limitée dans le temps. Selon un responsable français cité par le quotidien, le fonds proposé par la France pourrait « compléter » le budget de l’UE et serait géré comme lui par la Commission européenne et non par le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Ce dernier est doté d’une force de frappe de 410 milliards d’euros et peut fournir des prêts à taux bonifiés aux Etats dans le besoin, mais ils ont jusqu’ici toujours été assortis de conditions précises, comme d’entreprendre des réformes du marché du travail, ou d’objectifs budgétaires.

«Budget européen: un échec, pourquoi ?

«Budget européen: un échec, pourquoi ?

 

Un  tribune de Guy Verhofstadt, député européen (Renew Europe), ancien Premier ministre belge.( dans l’Opinion)

 

« C’est le même rituel tous les sept ans au moment de négocier la loi de programmation budgétaire pluriannuelle de l’Union européenne. Les Sommets acrimonieux se succèdent entre chefs d’Etat et de gouvernement et quand on arrive au bord du gouffre financier, un compromis se fait subitement jour dont on aurait pu définir les termes dès le début. Les Etats membres s’entendent sur un 1 % du PIB européen. Le Parlement européen fait alors les gros yeux et dans sa grande générosité, le Conseil européen dégote quelques milliards supplémentaires.

Et c’est ainsi qu’on hérite d’un cadre financier septennal de 1000 milliards et des poussières pour lutter contre le changement climatique, bâtir l’Europe numérique, protéger nos frontières, soutenir des opérations extérieures sous mandat de l’ONU, financer Erasmus et la recherche européenne, sans oublier les grandes politiques traditionnelles agricoles et de cohésion territoriale. Le CFP 2021-2027 échappera-t-il à cette malédiction ?

La réponse dépendra de la capacité des Vingt-Sept à révolutionner leur approche du débat budgétaire. En effet, contrairement à la plupart des budgets, celui de l’UE ne repose pas sur ses propres ressources, mais dépend des contributions des Etats membres. Rien d’étonnant dès lors que cela tourne en marchandage peu ragoûtant entre ceux qui contribuent davantage et ceux qui bénéficient le plus, fait d’arrangements d’arrière-boutique, avec à la fin des ristournes ciblées et autres saupoudrages particuliers pour faire avaler la pilule. Ce système qui fait appel aux contribuables nationaux conduit ainsi à une confrontation permanente où les intérêts domestiques l’emportent en définitive sur l’intérêt européen commun.

 Ce n’était pas le cas il y a soixante ans lorsque la CEE a été fondée. Le budget communautaire était alors financé par des ressources dites propres, adaptées à leur époque, tels des taxes agricoles aux frontières et les droits de douane. Tout a changé au début des années 1980 avec le fameux rabais arraché de haute lutte par Margaret Thatcher à ses partenaires. Il a fallu dès lors calculer précisément qui paye et reçoit quoi au plan national pour déterminer le montant du chèque britannique. Nous étions entrés dans le jeu autodestructeur des « payeurs nets » et des « bénéficiaires nets », la situation que nous vivons toujours aujourd’hui.

Avec le départ du Royaume-Uni, il est temps de revoir de fond en comble nos paramètres budgétaires. Ainsi la proposition de CFP sur la table a été établie sous la précédente législature par l’ancienne Commission et est censée courir au-delà du terme de l’actuelle. Sept ans de programmation, est-ce bien adapté à la réactivité dont les politiques contemporaines ont besoin ? Est-ce bien démocratique aussi ? Il faut réduire à 5 ans la durée du CFP. Autre anomalie : l’unanimité requise qui conduit à s’entendre sur le plus petit commun dénominateur. Enfin, il faut sortir du système vicié des contributions nationales et renouer avec le principe des ressources propres, en phase avec les préoccupations de notre temps, telles une taxe sur les grandes plateformes américaines et asiatiques qui utilisent gratuitement les données européennes ou une taxe carbone.

Sans remise en cause de nos tabous budgétaires, l’impasse nous guette. Il faut changer de cap et trouver les outils et moyens de défendre les intérêts de nos concitoyens dans un monde dont nous devons reprendre la maîtrise du cours. »

Guy Verhofstadt est député européen (Renew Europe), ancien Premier ministre belge.

Green Deal : « protéger le modèle européen»

Green Deal : « protéger le  modèle européen»

Le juriste Bertrand de Kermel et le syndicaliste Christophe Quarez (CFDT)  expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il faut taxer au niveau du marché du carbone européen les produits importés, rendus compétitifs par le dumping, qu’il soit social, fiscal ou environnemental. Le produit de cette taxe doit être affecté à la transition énergétique et écologique.

Tribune. 

 

« Premier chantier lancé par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dix jours seulement après sa prise de fonctions [le 1er décembre 2019], le Green Deal européen repose sur trois piliers : d’abord un pilier environnemental, avec la révision des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (de 40 % à 50 % d’ici à 2030) et la neutralité carbone en 2050 pour répondre à l’urgence climatique ; ensuite un pilier social, qui passe par le soutien financier et l’accompagnement des régions de l’Union européenne (UE) encore fortement dépendantes d’activités minières dans leur transition pour qu’elle soit socialement juste ; enfin un pilier économique, avec la mise en place de politiques et d’instruments financiers pour financer la transition énergétique des différents secteurs d’activité.

Mais la politique commerciale européenne est-elle à la hauteur des enjeux affichés ? A l’Organisation des Nations unies (ONU), en septembre 2019, le président de la République Emmanuel Macron déclarait : « Notre jeunesse, parfois nous-mêmes [les chefs d’Etat], ne comprenons plus rien au fonctionnement de ce monde. On veut collectivement reprendre le contrôle. On veut retrouver à la fois de la souveraineté au niveau régional, du contrôle de soi et du sens. Et donc on ne peut plus avoir un agenda commercial qui soit contraire à notre agenda climatique. »

Cette déclaration signifie que nous avons perdu des pans de souveraineté au profit du monde marchand, que la mondialisation n’est plus sous contrôle, qu’elle n’a pas de sens au plan humain, et qu’elle n’est pas cohérente avec l’urgence climatique.

Depuis la crise du multilatéralisme et la paralysie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les accords commerciaux bilatéraux et régionaux se développent. Ces nouveaux accords ne se limitent plus à la simple réduction des droits de douane, mais ont vocation à créer des normes communes au nom de la convergence réglementaire, avec le risque d’un moins-disant social, environnemental ou phytosanitaire.

C’est ce risque, réel et sérieux, qui a suscité les mobilisations lors de la discussion du projet de partenariat transatlantique de commerce et d’investissement [PTCI, accord de libre-échange également connu sous l’acronyme anglais TAFTA], et finalement son abandon.

Comment la BCE peut financer la transition verte

Car l’UE a trop souvent fait preuve de naïveté en matière commerciale, faisant de l’Europe le marché le plus ouvert du monde. Réciprocité et promotion des normes sociales et environnementales doivent guider les négociations des accords de libre-échange. »

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