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Croissance et progrès technique ne vont pas forcément de pair

Croissance et progrès technique ne vont pas forcément de pair

 

L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur rappelle, dans sa chronique au Monde , que la quête du profit a mené, dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, le premier exploitant de la machine à vapeur à la faillite.

 

Chronique. 

 

La COP26 a certes échoué à définir les modalités partagées d’une révolution énergétique, mais celle-ci se dessine néanmoins pour les prochaines décennies : les énergies carbonées, qui ont permis la croissance des âges industriel et postindustriel, vont céder le pas. De multiples innovations ont déjà réduit massivement les coûts des énergies renouvelables (éolien et solaire). Les investissements suivront tout seuls, disent les optimistes. Pourtant, ni les choix politiques ni les investissements privés ne dépendent des seules réductions de coûts, comme le rappellent les premiers pas de la machine à vapeur, symbole de la révolution industrielle anglaise.

 

L’extraction massive du charbon permit à l’Angleterre de surmonter la pénurie d’énergie qui la guettait à la fin du XVIIIe siècle, quand les cours d’eau étaient saturés de moulins et les forêts surexploitées. Outre le chauffage et bientôt le transport, elle permit de produire une énergie mécanique en quantité très supérieure, et moins contraignante à localiser. La machine à vapeur de l’inventeur Watt et de l’entrepreneur Boulton reste ainsi le symbole des « lumières industrielles » britanniques.

Dans un travail récemment présenté à l’Ecole d’économie de Paris, Mary O’Sullivan, professeure à l’université de Genève, explique les conditions de l’adoption et de la diffusion de ces machines dans les mines de Cournouailles à partir de 1776.

Obsession pour le profit

L’industrie du cuivre est l’un des secteurs les plus dynamiques de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, mais son développement se heurte au coût prohibitif du pompage de l’eau dans les mines. La machine de Boulton et Watt permet de réaliser ce pompage à bien moindre coût que celle de Newcomen qu’elle remplace : la réduction de coût (en charbon) est d’au moins 65 %, un vrai saut qualitatif. Après le brevet pris en 1769 et sa prolongation jusqu’à 1800, des perspectives radieuses s’offrent : la demande en cuivre est en hausse grâce aux exportations et, surtout, aux besoins de l’industrie navale qui commence à gainer de cuivre les coques de bois des navires, que les mers chaudes détériorent vite. La Royal Navy, qui règne sur toutes les mers du globe, la Compagnie des Indes et les navires négriers s’équipent rapidement après 1775. En 1779, le gouvernement décide d’en doter toute la Navy – la guerre d’indépendance américaine se joue aussi sur les mers.

 

Pourtant, malgré ce brillant saut technologique et ces perspectives favorables, les mines de Cornouailles vont faire faillite en quelques années. Certes, l’émergence des mines concurrentes d’Anglesey (Pays de Galles) y est pour quelque chose, car le cuivre y est extrait à ciel ouvert à moindre coût. Mais l’obsession de Boulton et Watt pour le profit y est pour davantage. En effet, leur brevet leur permet d’imposer des contrats léonins aux entreprises minières, qui de ce fait ont le plus grand mal à réaliser des profits et doivent fermer certains sites pour éviter de tourner à perte. Obsédés par l’extraction maximale de leur rente, Boulton et Watt négligent les autres débouchés pour leur machine. Ils en retardent notamment l’adaptation à l’industrie textile, bien plus importante mais très concurrentielle. Toujours à la recherche de profit, Boulton cherche, au contraire, à coaliser les entreprises minières dans une fusion puis un cartel qui leur permettrait de contrôler le marché et d’augmenter les prix. Mais les stocks s’accumulent et l’entreprise fait faillite.

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Humanité : pas de progrès sans prise en compte aussi de la rationalité

Dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éd. Les Arènes) (1), Steven Pinker, professeur de linguistique à l’université Harvard, montre combien la démarche rationnelle reste le meilleur moyen pour les êtres humains de faire les moins mauvais choix malgré nos passions et nos biais cognitifs. ( La Tribune)

 

L’être humain est paradoxal. Il bénéficie d’une faculté, la pensée rationnelle, mais préfère souvent suivre ses intuitions et ses passions qui souvent le conduisent à faire de mauvais choix. Pourtant, des outils comme « la logique, la pensée critique, les probabilités, la corrélation et la causalité » à condition de les maîtriser nous permettent de mieux « ajuster nos croyances et de prendre des décisions dans un contexte de données incertaines », affirme le linguiste et cognitiviste Steven Pinker dans son nouvel ouvrage « Rationalité » (éditions Les Arènes) (1).

Loin de réduire la rationalité à une logique instrumentale désincarnée qui bannit les émotions (à l’instar du célèbre Dr Spock de la série culte « Star Trek »), ce professeur à l’université Harvard y voit davantage une « capacité d’utiliser les connaissances pour atteindre des objectifs » pour chacun de nous. Autrement dit, elle nous permet de vivre mieux, non seulement matériellement mais aussi socialement et aussi émotionnellement.

Dès lors, pourquoi ne suivons-nous pas instinctivement ces règles? A cause de nos « biais », héritage de l’évolution humaine. Pinker consacre plusieurs chapitres à explorer cet aspect. S’inscrivant dans les travaux pionniers en psychologie cognitive et en économie comportementale de Daniel Kahneman (en collaboration avec Amos Tversky), qui lui valurent le « prix Nobel » d’économie en 2002 et qu’il a synthétisé pour le grand public dans son célèbre ouvrage « Système 1/Système 2, Pinker explore à son tour longuement les biais et les sophismes auxquels les êtres humains sont sujets dans les jugements qu’ils portent sur le monde qui les entoure et les font agir.

Zone de confort cognitive

Il montre par exemple que nous préférons les informations qui renforcent nos opinions (biais de confirmation), les individus qui nous ressemblent (biais culturel), que nous rejetons les produits artificiels (biais naturaliste), etc. Plutôt que d’élargir nos connaissances par la vérification d’informations, qui remettent en cause nos certitudes (nos biais), nous préférons rester dans notre zone de confort cognitive.

Comme les grands rationalistes classiques, Descartes et Spinoza par exemple, Pinker ne rejette pas les passions, ni les coutumes, les traditions ou encore les interdits, mais il montre qu’en cas de conflit et de dilemme une approche rationnelle est le moyen d’aider à faire un choix quitte à abandonner des certitudes. Ainsi, s’il est impossible de tout vérifier, des méthodes pour faire des choix raisonnables existent comme l’approche bayésienne.

Une telle approche est une critique à peine voilée des croyances religieuses, des approches des pseudo-sciences, des superstitions ainsi que des préjugés, et d’une certaine forme de romantisme, même si sur le plan de la création artistique ce dernier a ses lettres de noblesse. Car malgré cet irrationalisme ambiant, le développement de la rationalité a permis des progrès considérables non seulement en matière de savoir – les sciences – mais aussi dans le domaine de la santé, du droit ou encore de la politique, avec l’extension des régimes démocratiques.

Loin d’être la raison technicienne et scientifique qui dominerait le monde que dénoncent certains critiques, l’adoption d’une démarche rationnelle développe au contraire un attitude d’humilité non seulement épistémique mais aussi éthique. En effet, plus nos connaissances progressent, plus nous prenons conscience de nos ignorances. C’est le contraire de l’effet gourou, dont le professeur Didier Raoult, qui ne manque jamais une occasion d’affirmer que seul lui sait faire face à des journalistes, est un bon exemple.

Les idéologies sont répétitives

Le livre de Pinker s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents best-sellers : « La Part d’Ange en nous », une impressionnante synthèse de données qui établissait contrairement à l’opinion courante que jamais nous n’avons vécu à l’échelle de l’histoire dans un monde où le nombre de victimes tuées par violence est si faible (rapporté à la population), et « Le triomphe des Lumières », publié durant la présidence de Donald Trump, qui a vu la popularisation de la notion de « fakes news ». En élargissant la focale aux domaines de la pauvreté, de l’espérance de vie, la santé, la nourriture, la richesse, les inégalités, l’environnement, la sécurité, la démocratie, la sécurité, le savoir… Pinker y montrait que, au regard de chacun de ces critères, et malgré les guerres mondiales et la colonisation, la situation s’était considérablement améliorée au cours des dernières décennies, et que la tendance se poursuit. En réalité, contrairement aux idéologies, qui sont répétitives, le progrès scientifique est cumulatif et se répand par l’échange, le commerce, l’éducation. Et s’il rend les pays riches plus riches, il rend aussi les pays pauvres moins pauvres.

Ces ouvrages ont fait l’objet de nombreuses critiques, certains lui reprochant au mieux la naïveté de son optimisme béat, au pire d’être un suppôt du capitalisme – Pinker est un libéral qui aux Etats-Unis le situe sur l’échiquier politique avec Barack Obama ou Bill Clinton -, d’autres que son approche était faussée. Il est vrai que le linguiste et cognitiviste pointait les travers de certains intellectuels qui font carrière en passant leur temps à critiquer les progrès matériels dont ils sont les premiers bénéficiaires.

Les thèses de Pinker prennent également à revers tout un discours catastrophiste – la collapsologie est à la mode – qui connaissent un certain succès, ce qui n’est pas nouveau dans l’histoire humaine, le millénarisme en est même une constante. Car Pinker – mais ses critiques l’ont-ils lu in extenso? – n’a jamais nié qu’il y avait des malheurs, des catastrophes, des problèmes graves comme le réchauffement climatique mais il soutient que les êtres humains malgré les vicissitudes essaient de résoudre les problèmes, ce qui ne se fait pas par des discours mais par des actions et des innovations concrètes. Or, nous avons tendance à oublier les progrès réalisés car ils deviennent la norme. Par exemple, la population mondiale est passée en à peine 70 ans de 2,6 milliards d’individus en 1950 à 7,8 milliards aujourd’hui tout en ayant pratiquement réduit les famines qui furent le lieu commun des siècles passés!

Repousser les limites d’un monde que nous voyons fini

Autrement dit, il faut maintenir un niveau minimum de croissance économique – avec l’inévitable utilisation de ressources naturelles qui exerce une pression sur l’environnement  – pour donner à tous des conditions minimales de vie au quotidien. Un tel processus ne va pas sans contradiction mais il voit aussi émerger des solutions rationnelles qui repoussent les limites d’un monde que nous nous représentons fini. Après tout, si l’on avait soutenu devant un théologien du XIIe siècle qu’un jour nous disposerions d’avions, il est fort possible qu’il aurait rejeté une telle idée en nous traitant d’hérétique, car il pensait sincèrement que Dieu a fait le monde tel qu’il est.

Finalement, dans le propos clair et sans jargon de « Rationalité », Pinker ne cherche pas tant à discréditer ses adversaires qu’à nous montrer que notre confiance dans « la nature des rumeurs, la sagesse populaire et la pensée complotiste » doit être interrogée pour permettre de faire « la distinction entre deux modes de croyance : la mentalité réaliste et la mentalité mythologique ». Cela nous permet de « gagner en lucidité face aux vicissitudes et aux tragédies de la vie », et c’est une invitation à « raisonner collectivement pour trouver les croyances les plus défendables ». Face à l’urgence que posent par exemple les conséquences du réchauffement climatique, une telle réflexion est salutaire!

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(1) Steven Pinker « Rationalité », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Peggy Sastre, éditions Les Arènes, 450 pages, 22,90 euros (parution le 4 novembre)

La concurrence mondiale est vecteur de progrès pour l’OCDE

 La concurrence mondiale est vecteur de progrès pour l’OCDE

Mathias Cormann, nouveau secrétaire général de l’OCDE, évoque les ambitions pour l’organisation internationale dont il a pris la tête le 1er juin dernier.

On connaît mal votre parcours en France, qui est pourtant franchement atypique. Vous êtes le seul Belge à avoir été (temporairement) Premier ministre de l’Australie !

J’ai effectivement grandi dans la partie germanophone de la Belgique. J’ai ensuite effectué mon lycée et mes deux premières années de droits en français puis j’ai passé mon diplôme en flamand, à la KU Leuven. Au cours de ma dernière année, j’ai participé à un programme d’échange Erasmus au Royaume-Uni pour apprendre l’anglais, ce qui m’a conduit en Australie. Mon diplôme n’y étant pas immédiatement transférable, j’ai d’abord été jardinier deux mois dans une école. Mon premier vrai job a été chargé de recherche auprès d’un membre du Parlement australien. C’est comme cela que j’ai commencé à m’intéresser à la politique australienne. L’Australie est une nation de migrants qui offre de nombreuses opportunités.

Pourquoi avoir brigué l’OCDE ?

Parce que l’OCDE est une organisation importante, à un moment important de l’histoire. Et parce qu’il y a beaucoup à faire. J’ai été ministre des Finances d’une économie du G20 pendant plus de sept ans, j’ai participé à de nombreux forums internationaux, j’ai acquis une grande expérience en matière de pilotage économique, fiscal et politique. Je pense que ma formation européenne combinée à mon expérience et à mes réseaux en Asie-Pacifique pourront être bénéfiques aux membres de l’OCDE. Je suis très heureux que la majorité des membres ait accepté ma nomination.

Au-delà de la crise de la Covid, quels sont les principaux challenges de l’organisation pour les années à venir ?

La coopération internationale et un multilatéralisme efficace seront plus importants que jamais à l’avenir. Pour soutenir la reprise économique, mais aussi pour mener une action ambitieuse et efficace contre le changement climatique et parvenir à une neutralité carbone qui soit économiquement responsable, qui soit soutenue par les pouvoirs publics et qui ne laisse personne sur le bord du chemin. Nous devons également finaliser la réforme de la fiscalité internationale pour s’assurer que les accords internationaux soient efficaces et équitables dans un monde globalisé et de plus en plus numérisé. Par ailleurs, il nous faut mieux gérer les risques et les défis liés à la transformation numérique de nos économies, mais aussi savoir en saisir les opportunités. Enfin, je souhaite renforcer l’engagement de l’OCDE en Asie et dans la région Indo-Pacifique, ainsi qu’en Afrique.

« On peut se protéger de la concurrence et de l’innovation, mais on n’empêchera jamais ces innovations de se produire ailleurs. Ceux qui se retranchent derrière le protectionnisme prendront de plus en plus de retard »

Vous êtes un libéral convaincu. Comment faire vivre le libéralisme face au grand retour des Etats depuis la crise de 2008 et encore plus aujourd’hui après la crise de la Covid ?

Je crois que les principes économiques basés sur le marché fonctionnent. Je crois au pouvoir positif des marchés ouverts et du libre-échange. Comme je l’ai dit dans mon premier discours à l’OCDE, l’optimisation de la concurrence mondiale est un puissant moteur de progrès, d’innovation et d’amélioration du niveau de vie. Mais en tant que décideurs politiques, nous devons également veiller à ce que les marchés et les échanges fonctionnent pour les gens partout dans le monde. Car la concurrence mondiale, en particulier maintenant combinée à la transformation numérique rapide de nos économies, provoque également des perturbations sociales que nous devons mieux gérer.

Comment ?

Nous avons besoin de règles efficaces pour protéger nos valeurs et de garantir les conditions d’une concurrence équitable. Nous devons par exemple garantir l’accès à une éducation de haute qualité, à la formation supérieure et à la requalification pour que chacun puisse participer et bénéficier des opportunités économiques créées par la mondialisation et la numérisation. Les aides sociales sont nécessaires pour ceux qui éprouvent des difficultés. Nous devons veiller à ce que les marchés fonctionnent durablement sur le plan environnemental. Mais en fin de compte, même si c’est parfois inconfortable, la concurrence mondiale est – et doit rester – incontournable. On peut se protéger de la concurrence et de l’innovation, mais on n’empêchera jamais ces innovations de se produire ailleurs. Au fil du temps, ceux qui se retranchent derrière le protectionnisme prendront de plus en plus de retard. C’est une leçon essentielle de l’histoire. Et ce n’est pas ce que nous souhaitons pour les populations de l’OCDE et d’ailleurs.

Le multilatéralisme se porte-t-il mieux depuis le départ de Donald Trump ?

Il ne fait aucun doute qu’avec l’administration Biden, les Etats-Unis se sont réengagés dans un multilatéralisme axé sur des solutions positives. Le fait d’être parvenu à un consensus sur la réforme fiscale internationale au G7 puis au G20 et avec 132 des 139 pays du Cadre inclusif de l’OCDE est une première démonstration de ce qui peut être réalisé lorsque les Etats-Unis s’engagent de manière positive. J’espère que nous pourrons conserver cette dynamique sur les questions de changement climatique ou de commerce par exemple.

Sur le changement climatique, justement. Plus d’une vingtaine d’ONG ont dénoncé votre candidature à la tête de l’OCDE après que vous avez fait part de votre scepticisme sur l’objectif de neutralité carbone en 2050. Que leur répondez-vous ?

Il est inexact de me qualifier de sceptique. Je n’ai jamais été un climatosceptique. Ce que j’ai dit il y a quelque temps, c’est que poursuivre des mesures au niveau national qui, au lieu de réduire les émissions mondiales, ne font que déplacer l’activité économique, les emplois et les émissions vers d’autres parties du monde où, pour le même niveau de production économique, les émissions seraient plus élevées, n’a aucun sens. Prendre des mesures au niveau national qui nuisent à la fois à l’économie locale et à l’environnement mondial n’a aucun sens. Je soutiens depuis longtemps que, pour être vraiment efficace, l’action contre le changement climatique doit être à la fois ambitieuse, mais aussi, et c’est important, correctement coordonnée au niveau mondial. Et qu’en fin de compte, ce sont les résultats vérifiables qui comptent, davantage que les promesses.

Vous soutenez donc l’objectif de neutralité carbone en 2050 ?

Bien sûr. De plus en plus de pays s’engagent dans cette mission et c’est formidable. Le défi consiste maintenant à transformer ces engagements en résultats et à gérer la transition vers la neutralité carbone d’une manière efficace sur le plan environnemental, responsable sur le plan économique, et que cette transition soit soutenue par les pouvoirs publics et soit inclusive. Nous devons tous poursuivre ce même objectif. Pour cela, nous avons besoin d’une véritable coopération mondiale, qui soit ouverte d’esprit. Nous devons intégrer le fait que différents pays, différentes régions du monde, peuvent avoir des positions de départ et des circonstances différentes. Des pays ou des régions qui ont aussi des opportunités différentes d’apporter leur meilleure contribution possible à notre mission de réduction des émissions mondiales. L’essentiel est que chacun apporte une contribution proportionnée, authentique et vérifiable à l’objectif global. Pour cela, il est essentiel de mieux suivre les résultats, et pas seulement les engagements. C’est pourquoi l’OCDE vient de créer le Programme international pour l’action sur le climat, un outil permettant de suivre les performances des politiques climatiques, avec des données objectives et comparables dans différentes juridictions, y compris sur la tarification implicite du carbone.

Une tarification qui ne fait pas consensus pour l’instant…

En l’absence d’un accord mondial complet et approprié sur le prix des émissions, les pays peuvent et doivent utiliser tous les autres outils politiques disponibles pour maximiser les résultats de la réduction des émissions : incitations à l’investissement, à la production et à la consommation. Qu’il s’agisse d’investissements publics directs par le biais de programmes de subventions concurrentiels, de subventions, de soutien direct à l’innovation technologique ou de normes réglementaires ; tous doivent continuer à jouer leur rôle pour accélérer la transition vers la neutralité carbone. L’OCDE peut également jouer un rôle dans l’établissement de normes et de standards internationaux pour ses membres et au-delà – comme nous l’avons fait pour BEPS [érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices, N.D.L.R.].

Que change l’accord signé en juillet par le G20 prévoyant la mise en place d’une taxation exceptionnelle des 100 plus grandes entreprises du monde ?

C’est une réalisation multilatérale majeure, la plus importante mise à jour des règles fiscales internationales depuis très longtemps. Cette réforme rendra nos accords fiscaux internationaux plus sûrs, plus stables, plus efficaces et plus équitables. Elle se traduira également par une augmentation des recettes pour les gouvernements en France et dans le monde entier, les multinationales payant leur juste part d’impôt dans les pays où elles génèrent des bénéfices pertinents. Cent trente-trois pays et juridictions représentant plus de 90 % du PIB mondial soutiennent cette réforme. Elle doit maintenant être traduite en législation nationale dans les pays du monde entier pour entrer en vigueur. Je suis raisonnablement optimiste. Nous finirons par y arriver.

« Toutes les juridictions des Caraïbes ont adhéré à notre accord. Cela montre qu’elles comprennent parfaitement que l’environnement international a changé et qu’elles doivent s’adapter »

Que va changer l’introduction d’un impôt minimum mondial sur les sociétés ? Est-ce la fin des paradis fiscaux ?

L’accord fiscal mondial garantira que les entreprises paient au moins 15 % d’impôt effectif sur les sociétés. En d’autres termes, toute entreprise cherchant à minimiser ou à réduire à zéro sa dette fiscale en dehors de sa juridiction d’origine sera tenue de payer au moins 15 % d’impôt effectif sur les sociétés dans sa juridiction d’origine. Il est donc clair que cette mesure aura un impact sur les entreprises qui utilisent les paradis fiscaux pour minimiser l’impôt. Par contre, elle n’aura pas d’impact sur les entreprises motivées par des raisons non fiscales pour se baser dans ces juridictions. Toutes les juridictions des Caraïbes ont adhéré à notre accord. Cela montre qu’elles comprennent parfaitement que l’environnement international a changé et qu’elles doivent s’adapter.

La fin de la concurrence fiscale entre les Etats est-elle une bonne nouvelle ?

Ce n’est pas la fin de la concurrence fiscale. Le but de l’accord n’est pas d’éliminer la concurrence mais de la limiter sur la base d’un accord multilatéral qui tient compte des divers intérêts en présence, y compris ceux des petites économies et des juridictions en développement. L’objectif, c’est de faire en sorte que les multinationales paient des impôts là où elles opèrent et réalisent des bénéfices, dans un cadre juridique stable et sécurisé, ce dont le système fiscal international a tant besoin. Les juridictions ont encore la possibilité de se concurrencer sur le plan fiscal en s’appuyant sur une meilleure discipline fiscale ou sur des choix différents en matière de combinaison d’impôts directs et indirects.

Après BEPS, quel sera le prochain sujet « chaud » pour l’OCDE ?

Le prochain domaine dans lequel l’OCDE pourrait jouer un rôle important sera le rapprochement des pays du monde entier en vue d’une approche plus cohérente de la tarification du carbone. Cela pourra commencer par mesurer et déclarer correctement la tarification explicite et implicite du carbone. C’est un domaine auquel nous réfléchissons beaucoup en ce moment.

Fusion nucléaire : un progrès américain qui pourrait être significatif

Fusion nucléaire : un progrès américain qui pourrait être significatif

Un  laboratoire californien, rattaché au département de l’Énergie des États-Unis, s’est félicité d’avoir produit davantage d’énergie que jamais auparavant grâce à la fusion nucléaire (aujourd’hui la totalité du parc nucléaire mondial utilise la technique de la fission ). L’expérience, qui s’est déroulée le 8 août dernier, « a été permise par la concentration de la lumière de lasers », pas moins de 192,  »sur une cible de la taille d’un plomb » de chasse, expliquent les chercheurs dans un communiqué de presse.

Cela a eu pour effet de « produire un point chaud du diamètre d’un cheveu, générant plus de 10 quadrillions de watts par la fusion, pendant 100 trillionièmes de secondes. » C’est huit fois plus d’énergie que lors des expériences menées au printemps dernier. Surtout, ce résultat placerait les chercheurs proches du seuil d’ignition, c’est-à-dire du moment où l’énergie produite dépasse celle utilisée pour provoquer la réaction.

. Mené dans le sud de la France le projet international ITER  vise également à maîtriser la production d’énergie à partir de la fusion de l’hydrogène. L’assemblage du réacteur a commencé il y a un an dans les Bouches-du-Rhône et la fin des travaux est fixée à décembre 2025. Iter ne produira jamais d’électricité. Ce projet, à plus de 20 milliards de dollars, vise simplement à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion. Une première expérimentation à pleine puissance est espérée en 2035 et l’exploitation commerciale de la technologie n’est pas attendue avant 2055, voire 2060. Outre l’avantage énergétique la technique de la fusion permet d’éliminer à peu près tous les déchets nucléaires.

Nucléaire Iran : la France constate des progrès dans les discussions

Nucléaire Iran : la France constate des progrès dans les discussions

 

« Les discussions qui ont repris le 7 mai à Vienne ont conduit à quelques premiers progrès sur la question nucléaire », a déclaré à la presse la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnes von der Muhll, sans donner plus de détails.

« Néanmoins, des désaccords majeurs subsistent sur certains points clés à aplanir afin de parvenir à un accord prévoyant le retour de l’Iran et des États-Unis et leur pleine mise en œuvre du JCPoA. Il reste encore beaucoup à faire, dans un délai très serré.  »

Le nœud de l’accord était que l’Iran s’était engagé à freiner son programme nucléaire afin de rendre plus difficile l’obtention de la matière fissile pour une arme nucléaire en échange d’un allégement des sanctions américaines, européennes et onusiennes.

Les responsables ont déclaré qu’ils espéraient parvenir à un accord d’ici le 21 mai, date à laquelle un accord entre Téhéran et l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU sur la surveillance continue de certaines activités nucléaires iraniennes devait expirer.

Les diplomates ont déclaré qu’ils pensaient qu’il y avait eu des progrès suffisants dans les pourparlers de Vienne qu’une prolongation de l’accord de suivi entre Téhéran et l’agence des Nations Unies était probable même si les modalités devaient encore être élaborées.

« Si un accord sur la reprise par l’Iran de ses engagements n’est pas conclu avant l’expiration de l’accord technique bilatéral entre l’Iran et l’Agence, ils devront s’entendre sur sa prolongation », a déclaré Von der Muhll.

« Pour un progrès durable et partagé» – par Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet

 « Pour un progrès durable et partagé» – par Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet

 

Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet propose dans l’Opinion une stratégie de progrès durable et partagé.

 

 

Dominique Villemot est président de Démocratie vivante, think tank de gauche. Jacky Bontems et Aude de Castet sont vice-présidents.

 

Aude de Castet et Jacky Bontems.

Chronique

 

En 2020, nous avons beaucoup souffert et nous avons dû nous remettre en question, apprendre l’humilité. Nous avons compris que l’humanité ne maîtrisait pas tout, en particulier la nature. Le coronavirus nous a tous désemparés. Nous avons dû nous confiner et ralentir l’activité économique. Or depuis le XVIIIe siècle, du moins en Occident, nous sommes entrés dans la civilisation du travail, avec la foi dans le progrès scientifique et économique. L’être humain est devenu un homo economicus.

Avec le réchauffement climatique et la pollution des océans, nous avons compris que notre civilisation pouvait mettre en danger la planète. Mais, plus ou moins consciemment, nous espérions qu’en adaptant à la marge notre modèle de société nous arriverions à limiter les dégâts causés à notre environnement. Aujourd’hui, nous comprenons qu’il faut changer de paradigme.

Et si nous ne connaissons pas exactement l’origine de cette pandémie, nous pressentons qu’elle peut être la conséquence d’un dérèglement de la nature par l’activité humaine.

Notre foi dans le progrès a été ébranlée et l’espoir s’est envolé.

Terre abîmée. La pauvreté a augmenté de manière significative, touchant en priorité les plus précaires, les jeunes, les femmes seules. C’est terrible pour notre jeunesse, qui a dû renoncer à la convivialité, qui se trouve confrontée au chômage et à la pauvreté. Cette jeunesse percutée de plein fouet par la crise pense que nous lui léguons une Terre abîmée…

Pire, notre démocratie a été mise en cause. En attente du vaccin, la seule arme contre la pandémie a été l’isolement, le confinement, ce qui a impliqué une restriction de nos libertés. La liberté, notre valeur fondamentale républicaine, a été mise à mal, attaquée sur un autre flanc par les attentats terroristes subis cette année encore.

Mais 2 020 a aussi eu des côtés positifs : notre modèle social a montré son efficacité. Grâce notamment à la prise en charge par l’Etat du chômage partiel la plus généreuse de l’OCDE, l’impact social de la crise, même s’il est loin d’être négligeable, a pu être contenu.

Nous n’avons pas hésité à nous porter au chevet de notre économie en ouvrant les vannes de la dépense publique. C’est le « Quoiqu’il en coûte » d’Emmanuel Macron.

Nous avons aussi pris du recul et remis l’échelle des valeurs à l’endroit. Nous avons pris conscience de l’importance des métiers indispensables : infirmières, caissières, éboueurs… Le recours massif au télétravail nous a aussi amenés à repenser notre rapport au travail.

2020 a aussi montré combien l’Europe nous est utile, voire indispensable, avec la politique de soutien des Etats de la zone euro par la BCE et un plan de relance historique mutualisé entre les Etats. Et si la crise sanitaire nous alerte plus encore sur notre dépendance envers la Chine, l’Europe doit également nous aider à nous réarmer sur le plan commercial et industriel pour contrer la menace chinoise.

Seule la croissance permettra de rembourser la dette et de financer nos retraites

Nous souhaitons qu’en 2021 nous renouions avec le progrès car c’est le seul moyen pour retrouver espoir en l’avenir, avec la perspective que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, que nos enfants vivront mieux que nous.

Mais nous souhaitons que le progrès futur soit différent de celui des dernières années. Il ne faudra pas reprendre une politique d’austérité comme celle de 2011 à 2016 pour réduire le déficit public, ce qui s’est fait au détriment de nos hôpitaux et, plus généralement, de la croissance.

Seule en effet la croissance permettra de rembourser la dette et de financer nos retraites. Nous souhaitons que cette croissance soit une croissance véritablement verte, que l’environnement soit érigé en priorité comme le plan de relance s’y est engagé. Mais il faut aller plus loin.

Nouvel humanisme. Au nom de la justice sociale, nous souhaitons que la lutte contre la pauvreté devienne l’autre priorité absolue. Nous comptons près de 12 millions de pauvres dans notre pays, dont beaucoup d’enfants ; c’est inacceptable !

Redonnons aussi aux Françaises et Français confiance en notre démocratie en la rendant réellement vivante, en développant la démocratie participative, sur le modèle du Grand débat et de la Convention citoyenne sur le climat. Renforçons notre démocratie sociale en reconnaissant le rôle fondamental des partenaires sociaux dans l’élaboration de notre droit social.

Mais pour autant, il ne s’agit pas de faire preuve d’angélisme. Ainsi nous devons être fermes face aux menaces contre notre pays. Nous devons combattre sans hésitation l’islamisme radical.

En 2021, nous appelons de nos vœux un nouvel humanisme avec, comme socle, la primauté de la solidarité entre les générations. Prenons soin de nous, prenons soin les uns des autres.

Seul un autre progrès peut nous redonner espoir en l’avenir, un progrès durable et un progrès partagé. C’est notre souhait pour 2021.

Dominique Villemot est président de Démocratie vivante, think tank de gauche. Jacky Bontems et Aude de Castet sont vice-présidents.

Coronavirus France : pas de progrès, encore 14.000 cas en 24 heures

Coronavirus France : pas de progrès, encore 14.000 cas en 24 heures

L’agence Santé publique France a fait état samedi de 13.947 nouvelles contaminations dues au coronavirus en 24 heures, soit 541 de moins que la veille (13.406).

Le nombre de patients hospitalisés au cours des sept derniers jours s’élève selon elle à 8.527 et, parmi eux, 1.144 ont été admis en réanimation. Le taux de positivité des tests reste de 6,3%.

Cent quatre-vingt dix-neuf décès supplémentaires ont été recensés, ajoute Santé publique France, ce qui porte le bilan français à 57.761 morts depuis le début de l’épidémie.

«La gauche en déficit de progrès et de responsabilité…» (Dominique Reynié)

«La gauche en déficit de progrès et de  responsabilité…» (Dominique Reynié)

 

 

Dominique Reynié ,professeur des universités à Sciences Po, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, analyse les grandes faiblesses de la gauche en matière de progrès et de responsabilité. Une réflexion assez pertinente qui met en évidence que la gauche a délaissée le progrès, les évolutions technologiques tout autant que la responsabilité vis-à-vis des valeurs mais aussi des devoirs de la république.

Tribune

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Valeurs, rôle de l’Etat, poids du secteur public, politiques sociales, libertés, fiscalité… L’Opinion publie la cinquième édition de son sondage exclusif sur les Français et le libéralisme. Des personnalités le commentent.

Comme la droite, si la gauche est confrontée au risque de disparaître, c’est parce qu’elle ne comprend plus le monde tel qu’il va. Elle n’a donc plus ni doctrine, ni projet, même si elle demeure capable de produire des programmes. Cette enquête Ifop pour l’Opinion offre des pistes que la gauche devrait méditer. Ainsi, le patriotisme demeure la valeur primordiale, puissamment partagée (92 %) tandis qu’il est devenu si difficile de le revendiquer, et tout particulièrement à cause de la gauche elle-même. Paradoxalement, la gauche a délaissé la fierté patriotique au moment où les Français éprouvaient davantage ce besoin d’appartenance parce qu’ils entraient dans la globalisation.

 

De même, au fil du temps, quand les Français appellent le progrès (90 %), dans une époque où, de nouveau, la connaissance détermine une vaste redistribution de la puissance et de la prospérité, la gauche semble avoir troqué son enthousiasme historique pour la science et l’innovation contre une vision saturée de prudence, de précaution, de protection, donnant à penser qu’elle renonçait au futur, qu’il ne s’agissait plus désormais de bâtir l’avenir mais de le contenir, de le récuser.

D’autant plus que la gauche s’est enfermée dans la figure de l’Etat providence, devenu son totem depuis le milieu des années 1970. Certes, la protection est plébiscitée (91 %), mais le soutien à l’Etat providence frappe par sa faiblesse (36 %) tandis que la crise sanitaire aurait pu en assurer le triomphe. A rebours, les Français se rangent derrière des valeurs qui reposent sur la vitalité de la société plus que sur l’incessant déploiement de la bureaucratie : l’initiative (92 %), la responsabilité (92 %), le mérite (91 %), le travail (89 %), l’effort (89 %), la modernité (89 %), l’entreprise (83 %), l’auto-entrepreneuriat (79 %), les start-up (66 %), et même la concurrence (61 %) ou l’économie de marché (56 %).

Tradition mutualiste. La gauche devrait revisiter son histoire, notamment la période antérieure à 1914, elle y retrouvera plusieurs des valeurs plébiscitées ici, ce dont témoigne la tradition mutualiste. A distance d’une gauche étatisée depuis lors, les Français approuvent l’économie de marché (56 %), mais pas le capitalisme (28 %), l’Europe (66 %) mais pas la globalisation (34 %). Les préférences collectives donnent l’avantage au libéralisme (55 %) sur le socialisme (43 %) et ils ne sont qu’un quart à estimer que la gauche devrait se définir comme socialiste (26 %), moins nombreux encore à répondre social-démocrate (18 %), sociale-libérale (12 %), écologiste (10 %) ou communiste (8 %). Serait-ce les signes d’un penchant pour l’économie sociale de marché chère aux ordo-libéraux ?

Enfin, la gauche ne devrait pas manquer de relever que la sécurité des personnes et des biens est jugée insuffisamment garantie (60 %) et, comme toujours, que les milieux les moins dotés sont les plus sensibles à ce thème : les ouvriers (60 %), les employés (65 %) ou ceux qui ont un niveau d’études inférieur au bac (67 %). Il serait faux de dire que la gauche ne le sait pas, mais elle doit parcourir encore un long chemin pour refaire le terrain perdu et pouvoir, ensuite, renouer avec les forces de l’histoire : le progrès scientifique et technique, l’innovation, l’entreprise, la responsabilité, l’effort, la croissance.

Dominique Reynié est professeur des universités à Sciences Po, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.

«Corruption: des progrès à faire»

«Corruption: des progrès à faire»

Pour Marine Gourlet , avocate en droit pénal, il y a encore des progrès à faire en matière de corruption (tribune dans l’Opinion)

L’Agence française anticorruption (AFA) a publié le 21 septembre un premier diagnostic des dispositifs de lutte contre la corruption mis en place par les entreprises françaises depuis l’adoption de la loi Sapin II. Celui-ci révèle une prise de conscience croissante du risque de corruption, dont la prise en charge demeure néanmoins insuffisante.

Premier constat, les sociétés françaises estiment être suffisamment informées des risques liés à la corruption et dotées de mécanismes de prévention efficaces : 94% des entreprises interrogées disent bien connaître les différentes infractions à la probité sanctionnées en droit français, et 70% avoir mis en place un dispositif de lutte contre la corruption qu’elles jugent satisfaisant. Réalisme ou excès de confiance ? Le reste du rapport laisse en tout cas une grande marge d’amélioration pour toutes les entreprises concernées…

Second constat, elles n’ont pas attendu l’entrée en vigueur de la loi Sapin II pour déployer des mécanismes de lutte contre la corruption. Près de la moitié des entreprises dotées d’un tel dispositif agissaient avant 2016. Cette proactivité peut notamment s’expliquer par la crainte des entreprises évoluant dans un contexte international d’être soumises aux législations anti-corruption étrangères préexistantes (notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni), dont le champ d’application excède souvent les frontières de ces Etats.

Avantage compétitif. Ces chiffres révèlent par ailleurs un changement de mentalité : être compliant devient aujourd’hui un avantage compétitif. Parmi les motifs avancés par les entreprises françaises pour justifier la mise en place de dispositifs anticorruption, la volonté de se mettre en accord avec les valeurs de l’organisation arrive au même niveau que la simple nécessité de se mettre en règle avec les textes.

Au-delà de ces constats encourageants, le diagnostic de l’AFA livre de nombreuses pistes d’amélioration.

Premier signal d’alarme : 5% des entreprises assujetties aux dispositions de la loi Sapin II ne sont toujours pas dotées d’un dispositif de lutte contre la corruption. Elles restent donc vulnérables et s’exposent à des sanctions administratives et des condamnations pénales. Pourtant, ce risque n’est pas anodin : environ une entreprise sur cinq déclare avoir déjà été confrontée au moins une fois à un cas de corruption au cours des cinq dernières années.

S’agissant des sociétés déjà équipées de dispositifs de lutte contre la corruption, la plupart semblent se satisfaire du système qu’elles ont mis en place. Celui-ci reste pourtant lacunaire à plusieurs égards. Plusieurs mesures imposées par l’article 17 de la loi Sapin sont souvent absentes des dispositifs mis en place : la cartographie des risques n’existe que dans 53% des cas, 39% seulement des entreprises disposent de procédures d’évaluation des tiers, 56% dispensent des formations, 61% ont d’un dispositif d’alerte interne et 56% un mécanisme de contrôle interne.

Dissuasion. Les mécanismes de sanctions disciplinaires ne sont pas dissuasifs : seule la moitié des entreprises ayant connu des cas avérés de corruption a engagé des procédures disciplinaires à l’égard des salariés concernés. Quant au nombre de condamnations pénales, celui-ci est de l’ordre de 1% seulement pour toutes les entreprises ayant rencontré des cas de corruption.

Le rôle de la fonction conformité est sous-estimé : à peine 48% des entreprises ont nommé un responsable de la conformité qui, dans la moitié des cas, n’est pas entièrement dédié et doit cumuler d’autres fonctions au sein de l’entreprise (directeur juridique, directeur de l’audit interne, etc.) et, en outre, ne dispose en pratique d’aucune influence sur les décisions stratégiques.

Le diagnostic de l’AFA est bien plus sévère encore à l’égard des PME et petites ETI. L’intérêt pour elles de déployer un dispositif est pourtant réel, autant pour satisfaire aux exigences de leurs partenaires commerciaux assujettis à la loi Sapin II, que pour se prémunir contre tout risque de condamnation pénale.

Diagnostic mitigé mais utile : face au risque omniprésent de corruption, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent rester vigilantes et être capables de remettre en question la pertinence de leurs dispositifs actuels pour garantir une protection efficace de la personne morale et de ses instances dirigeantes contre tous les risques liés à la corruption (financier, réputationnel, etc.). »

Marine Gourlet est avocate en droit pénal chez Allen & Overy Paris.

 

Brexit: des progrès ?

Brexit: des  progrès ?

 

On a l’habitude sur le dossier du brexit  de jeter alternativement le chaud et le froid surtout avec un Boris Johnson très versatile et capable de défendre avec le même enthousiasme le contraire de ce qu’il disait la veille. Faut-il rappeler encore que Boris Johnson était au départ contre le brexit et qu’il n’a changé de position que pour mettre en difficulté les Premiers ministres et prendre leur place. Officiellement, Boris Johnson est toujours sur la ligne dure du no deal.

Sur le fond l’union européenne a aussi défini les lignes rouges mais sur la forme entretient toujours le suspens. Ces derniers jours l’union européenne aurait même constaté des progrès dans la négociation même s’il reste encore de nombreux dossiers complexes relatifs en particulier aux droits de pêche, à la concurrence et à la gestion de cet accord éventuel. Ce qui est sûr c’est que l’union européenne ne veut pas porter la responsabilité d’une possible rupture. L’union européenne veut donc se montrer optimiste

Le dernier cycle de négociations sur les futures relations commerciales entre Londres et l’UE, qui s’est déroulé la semaine dernière, a été “l’un des plus positifs à ce jour”, selon des négociateurs. Bruxelles s’attend désormais à négocier, non plus jusqu’à la fin octobre, mais jusqu’à la mi-novembre pour éviter un “no deal”, a-t-on précisé de mêmes sources.

Les discussions doivent reprendre mercredi à Londres. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réuniront les 15 et 16 octobre pour en évaluer les progrès. S’ils estiment qu’un accord est possible, ils donneront leur feu vert à un dernier “tunnel” de négociations. C’est-à-dire des négociations non stop.

Le coronavirus : conséquences néfastes sur le progrès médical

Le coronavirus : conséquences néfastes sur le progrès médical

 

 

L’attention  majeure concentrée sur le Coronavirus se fait au détriment du traitement d’autres maladies affirme l’organisation mondiale de la santé. En cause, le fait que certaines pathologies lourdes sont décalées dans leur traitement voir ignorées D’après une enquête mondiale de l’OMS,  parmi les services les plus touchés figurent les vaccinations de routine (70%), le planning familial (68%) et le diagnostic et le traitement du cancer (55%), tandis que les services d’urgence ont été perturbés dans près d’un quart des pays ayant répondu.

La région de Méditerranée orientale, qui s’étend jusqu’à l’Afghanistan, la Syrie et le Yémen, a été la plus touchée, suivie par l’Afrique et l’Asie du Sud-Est, selon le rapport. Le continent américain ne fait pas partie de l’enquête.

Depuis que les cas de COVID-19 ont été identifiés pour la première fois en décembre, le SARS-CoV-2 a entraîné la mort de près de 850.000 personnes dans le monde, selon le dernier décompte de Reuters.

Les chercheurs estiment que les décès non liés au coronavirus ont également augmenté à certains endroits, en partie à cause des perturbations des services de santé, bien que celles-ci soient plus difficiles à calculer.

Il est “raisonnable de prévoir qu’une perturbation même modeste des services de santé essentiels pourrait entraîner une augmentation de la morbidité et de la mortalité due à des causes autres que le COVID-19 à court, moyen et long terme”, dit le rapport.

L’impact pourrait perdurer bien après la pandémie, met en garde l’OMS, car en essayant de rattraper le retard dans les services, les pays peuvent se retrouver dépassés par le manque de ressources.

Réguler le capitalisme vers davantage de progrès social

 Réguler le capitalisme vers davantage de progrès social

Dans un entretien au « Monde », c’est le propos de l’économiste Anton Brender estime qu’il est possible de revenir à une stratégie sociale-démocrate afin de renouer avec l’idée de progrès social .

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Anton Brender est économiste dans une société privée de gestion d’actifs. Professeur associé honoraire de l’université Paris-Dauphine, il a publié plusieurs ouvrages de macroéconomie sur les crises et les déséquilibres financiers, dont certains en collaboration avec Florence Pisani. Son dernier essai, Capitalisme et progrès social (La Découverte, 128 pages, 10 euros), propose une lecture de l’histoire du capitalisme et une réhabilitation du projet social-démocrate pour guider son futur.

Pourquoi les mécanismes qui étaient hier à l’origine d’avancées sociales sont aujourd’hui enrayés ?

On a trop longtemps oublié que les progrès observés dans les sociétés occidentales depuis que le capitalisme y a pris son essor ne peuvent être attribués au capitalisme laissé à lui-même. Au contraire, on les doit aux contraintes et aux régulations que nos sociétés lui ont peu à peu imposées : le capitalisme est devenu un moteur du progrès social parce que, loin de le laisser faire, nos sociétés se sont opposées à lui. Ce faisant, elles l’ont forcé à aller dans une direction qu’il n’aurait jamais empruntée de lui-même.

Le profit est en effet la seule boussole du capitalisme. Elle le conduit à accumuler toujours plus de capital et le pousse à acheter le moins cher possible le travail dont il a besoin pour valoriser ce capital. Elle le mène ainsi vers un problème : comment valoriser un capital qui ne cesserait de croître ? En s’opposant à lui, nos sociétés ont aidé le capitalisme à trouver la solution. Les luttes sociales, comme les combats politiques qui ont poussé à l’augmentation des salaires et à la réduction du temps du travail, ont permis à la consommation de progresser et ont permis une croissance continue de la demande.

Cette évolution a été lente et heurtée. Elle a abouti à un moment très particulier où, plein- emploi aidant, salaires et productivité ont été en hausse constante et la croissance économique, soutenue et presque régulière. Ces quelques décennies – on parle en France des « trente glorieuses » – ont été marquées par l’avènement de la « société de consommation » et, avec elle, de la consommation de masse. Le progrès social qui l’a accompagnée est difficile à nier. Le confort de la vie quotidienne s’est accru, non plus seulement pour une minorité, mais bien pour la grande majorité de la population. En même temps, des ressources toujours plus importantes ont pu être consacrées au développement d’infrastructures sociales – les systèmes de santé et d’éducation, les systèmes de retraites et de protection sociale… – qui, là aussi, ont amélioré les conditions de vie non plus seulement d’une minorité, mais bien de tous.

Transition énergétique : des discours mais pas de progrès

Transition énergétique : des discours mais pas de  progrès

Le forum économique mondial constate une stagnation  en matière d’émissions polluantes pour l’énergie au plan mondial. Pour l’énergie, c’est sur le plan environnemental que les choses ont le moins progressé. Ces piètres performances, associées à des niveaux de prix de moins en moins abordables, nuisent à la note globale de performance du système énergétique qui, en progrès constant depuis 2014, a stagné l’année dernière, en dépit des progrès réalisés en matière d’accès à l’énergie. Pour l’avenir, à l’exception du Royaume-Uni, seul pays du G7 à obtenir l’un des meilleurs scores en termes de préparation, ce sont les petits pays qui sont le mieux notés. Résultat : les 10 meilleures performances ne représentent que 2,6% des émissions mondiales, ce qui constitue un défi de taille pour la communauté internationale et une preuve de la nécessité de changer de braquet. Singapour est le seul de ce groupe situé en dehors de l’Europe de l’Ouest. Sur l’indice de transition énergétique global, la France se classe au 8e rang mondial sur l’indice de transition, affichant une 4e place en matière de « performance du système ». Grâce à son système énergétique décarboné (beaucoup de nucléaire, très peu de charbon et un peu de renouvelables), la France se situe bien au-dessus de la moyenne des économies avancées sur le plan de la « durabilité environnementale ». Elle offre aux industriels des prix compétitifs et dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel solide. Les résultats contrastés affichés par certains grands pays peuvent aussi donner quelques raisons d’espérer. Ainsi, les deux pays les plus peuplés au monde, à savoir l’Inde et la Chine, affichent de piètres résultats pour ce qui concerne la performance de leur système actuel, mais bien meilleur en matière de préparation à la transition. Autrement dit, si leurs systèmes existants ne sont pas adaptés à la transition, l’environnement favorable dont ils bénéficient devrait leur permettre d’évoluer rapidement. Ainsi, la Chine (classée au 97e rang pour ce qui est de la performance de son système actuel) progresse au 45e rang, et même au 7e si l’on s’en tient à la réglementation et à la volonté politique.

Le progrès de l’espérance de vie des Français se tasse

Le progrès de  l’espérance de vie des Français se tasse

La croissance de l’espérance de vie se tasse depuis quelque temps mais avec des inégalités. Depuis le milieu du 19ème siècle, l’espérance de vie à la naissance progressait de 3 mois par an en moyenne. Depuis 5 ans, elle ne progresse plus que d’un mois et demi par an pour les hommes et un mois seulement pour les femmes. Résultat : elle atteint, en 2018, 79,5 ans pour les hommes et 85,4 en pour les femmes. En cause les effets de la grippe chez les personnes très âgées, d’autres maladies comme le cancer. À cela s’ajoute les effets des maladies neuro-dégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. Mais les inégalités sont criantes selon les situations sociales D’après l’Insee, l’écart  d’espérance de vie est de 13 ans  entre  5 % d’hommes les plus riches des 5 % les plus pauvres. Pour un niveau de vie moyen de 5 800 euros par mois, un homme peut espérer s’éteindre à 84 ans et quelques. Un seuil qui tombe à moins de 72 ans dès 470 euros par mois. Aux alentours de 1 000 euros, 100 euros supplémentaires représentent un gain de 0,9 anL’écart est moins important pour les femmes, mais ne disparaît pas pour autant. L’espérance de vie des plus modestes s’élève à 80 ans, contre un peu plus de 88 ans pour les mieux loties. Il est toutefois intéressant de noter qu’à partir de 1 300 euros mensuels, les femmes dépassent les hommes, même les plus aisés. Cela tient, selon l’Insee, à « des comportements plus favorables à une bonne santé »« un meilleur suivi médical, en particulier pendant la vie féconde », et « une durée de travail plus faible ». En moyenne, les disparités entre les sexes tendent néanmoins à se réduire. . « Le niveau de vie en lui-même, en facilitant la prévention et l’accès aux soins, peut être la cause directe d’une bonne santé », note l’Insee. D’après une enquête de 2014, un adulte sur dix, parmi les 20 % les plus pauvres, avait renoncé à consulter un médecin pour des raisons financières. Mais causes et conséquences s’entremêlent souvent : une mauvaise santé peut aussi entraîner un faible niveau de vie en pesant sur les études et l’emploi. Pour finir, l’espérance de vie varie assez nettement d’une région à l’autre. Toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire en tenant compte du sexe, de l’âge, du niveau de vie et de la catégorie sociale, l’Occitanie et les Pays de la Loire se situent en tête du classement. Ce sont les Hauts-de-France qui finissent en queue de peloton.

 

Des progrès rapides sur le commerce entre les Etats-Unis et l’UE

Des progrès rapides sur le commerce entre les Etats-Unis et  l’UE

 

Les États-Unis qui semblent sur le point de conclure un nouvel accord commercial avec le Mexique (ensuite avec le Canada) qui se substituera à l’ancien Alena veulent aussi avancer dans un nouvel accord commercial avec l’union économique. Cet accord fait suite a à la rencontre entre Trump et Juncker  qui avaient pour objet de mettre entre parenthèses la menace de droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens en attendant de nouvelles négociations. Reste que le contenu même des principes retenus par le président américain et par le président de la commission européenne demeurent relativement flous et qu’il n’est pas certain qu’uen conclusion soit rapidement possible. En cause,  notamment la position de la France qui souhaite exclure de cet accord l’activité agricole. L’Allemagne de son côté serait beaucoup plus favorable à un nouveau traité avec l’États-Unis pour ménager son industrie notamment automobile. Pour l’instant la position de la France est de refuser tout traité avec les États-Unis.  ce que craint la France c’est notamment qu’un éventuel accord sur l’agriculture toute contrainte en matière de normes environnementales ou de santé Un dossier supplémentaire qui risque d’empoisonner les relations entre l’Allemagne et la France. Les Etats-Unis pressent  cependant l’Union européenne d’accélérer les négociations commerciales initiées le mois dernier par le sommet entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker à Washington, ont déclaré samedi deux responsables allemands. Les Etats-Unis pressent l’Union européenne d’accélérer les négociations commerciales initiées le mois dernier par le sommet entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker à Washington, ont déclaré samedi deux responsables allemands.

Réformes de Macron : encore des progrès à réaliser (FMI)

Réformes de Macron : encore des progrès à réaliser (FMI)

 

Il est clair que Macron et Lagarde la directrice du Fmi se tiennent  par la barbichette. Macron a besoin  d’une certaine tolérance du FMI vis-à-vis de la situation française. Cela d’autant plus qu’en réalité rien n’a encore été entrepris pour réduite les dépenses publiques ; Le rééquilibrage du budget  découle entièrement de la croissance. Inversement Lagarde a également besoin du soutien de Macron au FMI compte tenu notamment de son implication dans l’affaire tapie où pour l’instant elle a été seulement grondée pour avoir accordé 400 millions à l’ancien propriétaire d’Adidas ; Une affaire qui traine d’autant plus que l’autre acteur impliqué à savoir Richard, ancien directeur de cabinet de Lagarde est patron de la très stratégique entreprise Orange. Pour résumer,  le FMI félicite la France pour les réformes engagées, en encourage d’autres et souhaitent surtout qu’on s’attaque aux déficits structurels lié à l’armée mexicaine que représente le système administratif Dans les conclusions préliminaires de sa revue annuelle de l’économie française, publiées lundi, le FMI souligne que la France est devenue “un chef de file” des réformes en Europe et invite les autorités à poursuivre plus avant “pour s’attaquer aux problèmes structurels qui subsistent et accroître la résilience aux chocs”.

Intelligence artificielle : gadgets ou progrès (Charles Edouard Bouée)

Intelligence artificielle : gadgets ou progrès (Charles Edouard Bouée) 

Dans uen tribune des Échos, Charles Edouard Bouée,  président de Roland Berger, fait la part de ce qui relève réellement des avancés en matière d’intelligence artificielle et ce qui relève des gadgets.

«  La septicémie, qui représente une des premières causes de mortalité en milieu hospitalier, pourrait bientôt appartenir au passé. Comment ? Grâce à un algorithme d’intelligence artificielle capable de détecter, une demi-heure avant qu’elle ne survienne, une chute brutale de la pression artérielle très souvent indicatrice d’une infection du sang. Trente minutes suffisent à l’équipe soignante pour intervenir, sauver ainsi des milliers de vies et économiser des milliards de dollars. Une telle avancée est le fruit de la collaboration entre l’expert en intelligence artificielle Antoine Blondeau, fondateur de  Sentient Technologies, et les chercheurs du MIT .  On est bien loin du buzz que des entreprises peu scrupuleuses font parfois, en estampillant « IA » des solutions technologiques qui pour certaines n’ont rien à voir avec l’intelligence artificielle, pour attirer les investisseurs et les clients. Après le « green washing », consistant à donner un vernis durable à des produits et des services qui ne le sont pas, l’« AI washing » nous promet monts et merveilles avec des solutions qui ne sont que des gadgets. C’est que derrière le succès actuel du terme « intelligence artificielle » – d’ailleurs choisi un peu par hasard en 1956 par John McCarthy, se cachent des technologies complexes : le « deep learning », qui permet la reconnaissance des objets et des mots, associé au « machine reasoning », qui permet d’élaborer des modèles prédictifs, les deux étant complétés par des algorithmes génétiques et des codes écrits par la machine elle-même. Si bien que le grand public a parfois du mal à comprendre les tenants et les aboutissants. D’où la difficulté à savoir ce qui relève vraiment de l’IA : de nombreux produits ou services qui disent reposer sur de l’intelligence artificielle, ne mobilisent en réalité que des logiciels d’automatisation basiques. Un autre mirage consiste à faire croire, en particulier aux chefs d’entreprises, que l’intelligence artificielle est toujours la réponse la plus adaptée pour accroître l’efficacité d’un processus. C’est loin d’être systématiquement le cas. Ainsi, lorsqu’on cherche une réponse à une question précise, les outils analytiques de Business Intelligence sont souvent plus pertinents. Mais label « IA » attire le chaland… et certains en abusent. Si, comme tous les eldorados, l’intelligence artificielle a ses charlatans, elle a aussi ses magiciens. Antoine Blondeau, Chris Boos, fondateur de la société Arago , Tomaso Poggio du MIT , Yann Le Cun de Facebook AI Research, Sean Tang, fondateur de SenseTime , Jürgen Schmidhuber du laboratoire suisse Idsia, Demis Hassabis de Deepmind … venus de tous les continents, ils travaillent ensemble autant dans les laboratoires, les universités que les entreprises. Ils forment une communauté d’experts capables de faire émerger un nouveau monde, sans bruit, loin des médias. On sait que l’intelligence artificielle sera la rupture technologique, sociale et économique des décennies à venir. Et il est certain que les prochaines licornes seront des entreprises d’intelligence artificielle. Mais la bataille ne se joue pas toujours où on le croit. Ni chez ceux qui en parlent beaucoup, ni forcément chez les GAFA ou leurs cousins chinois, les BAT. Les innovations véritables sont le fait de scientifiques et de techniciens qui n’aiment pas la lumière. Quant à ceux qui bluffent, en prétendant développer des solutions d’IA quand ce n’est pas le cas, ils pourraient bien être pris à leur propre piège. Car après DeepBlue aux échecs et Alphago au jeu de Go, le programme Libratus a envoyé au tapis, en janvier 2017, quatre joueurs de poker professionnels . En nous laissant face à ce constat vertigineux : l’intelligence artificielle sait donc bluffer, et intégrer le bluff des autres à sa propre stratégie ! Il ne lui reste plus qu’à apprendre à démasquer les bluffeurs. ».

Les progrès réels pour toute l’humanité (Johan Norberg)

Les progrès réels pour toute l’humanité  (Johan Norberg)

« Contrairement à ce qu’on croit, le monde ne s’est jamais aussi bien porté » Dans une  Interview sur BFM  Johan Norberg affirme que les progrès ont profité à toute l’humanité. Voir son livre  « Non ce n’était pas mieux avant » (Ed. Plon)

Selon la Banque mondiale, entre 1981 et 2015, la part de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour (en tenant compte de l’inflation) est passée de 44,3% à 9,6%.  L’auteur suédois, membre du think tank américain Cato Institute et auteur de nombreux documentaires dans le monde, a décidé voilà quelques années de s’attaquer au pessimisme ambiant.  Interview BFM :

 

BFM Business: Comment va le monde?

Johan Norberg: C’est une question difficile. Il y a dans le monde plein de problèmes à plein d’endroits. Mais il y a toujours eu plein de problèmes à plein d’endroits. La nouveauté c’est qu’il y en a en fait de moins en moins. Lorsqu’on regarde les données et les faits, que ce soit au niveau de la richesse, de la santé, de l’espérance de vie et même de la sécurité, le monde ne s’est jamais au total aussi bien porté. Je me suis attelé à ce livre car je trouvais que notre perception était complètement faussée.

 

BFM Business: Quand vous étiez étudiant, vous faisiez partie d’un front anarchiste. Comment voyiez-vous le monde à l’époque? Et qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

J.N.: Je pensais comme beaucoup de gens que le monde allait de mal en pis. Qu’il y avait de plus en plus de misère, que les États et les entreprises étaient en train de ravager la planète… Et puis j’ai commencé à étudier l’Histoire. Et je me suis aperçu en lisant notamment des auteurs comme Fernand Braudel que le bon vieux temps était un mythe. Les famines atroces où les gens étaient obligés de manger des écorces d’arbres, les épidémies qui tuaient des millions de gens, les enfants qui mouraient massivement en bas âge (30 à 40% des enfants suédois n’atteignaient pas leur cinquième anniversaire au XIXème siècle, 15% au début du XXème, 0,3% aujourd’hui), voire plus récemment les nuages de pollution comme le smog londonien qui tuaient des milliers de gens chaque année. C’était ça le bon vieux temps…

BFM Business: Pourquoi n’avons-nous pas conscience de cette réalité?

J.N.: Parce qu’il y a un décalage énorme entre la perception et les faits. Nous avons tendance à juger l’état du monde à travers les événements terribles et dramatiques. Du fait des médias bien sûr mais aussi parce que nous avons tendance à retenir ce qui nous marque. Or, ce sont les événements négatifs dont on se souvient le plus. Un sentiment qui s’est renforcé avec internet et les réseaux sociaux. Avant les gens devaient allumer la télé pour accéder à ces nouvelles, aujourd’hui nous sommes en permanence en contact avec elle. On a tendance en plus à ne partager que les mauvaises nouvelles sur Twitter. Nous sommes au courant de choses qu’on ignorait auparavant. De plus, aujourd’hui, tout le monde produit de l’information. On partage tous des images choquantes mais sans le travail de remise en contexte et en perspective.

BFM Business: Sur la pauvreté par exemple, vous dites qu’elle n’a cessé de reculer ces 200 dernières années. Comment l’expliquez-vous?

J.N.: Il faut savoir que la pauvreté est l’état naturel de l’humanité. C’est la richesse qui est l’exception. Pendant des millénaires, les Hommes ont été pauvres et la production mondiale n’a pas quasiment pas évolué. Et puis elle s’est subitement envolée au début du XIXème siècle. Elle est partie d’Europe où le savoir et la technologie ont permis la révolution industrielle. Entre 1820 et 1850, la population anglaise a augmenté d’un tiers et le revenu réel des travailleurs de 100%. Si la tendance antérieure s’était maintenue, il aurait fallu 2000 ans aux Anglais pour accomplir une telle performance. Et depuis quelques décennies maintenant, c’est la mondialisation qui permet aux économies émergentes de suivre le même chemin. A une différence près, la mondialisation est encore plus puissante que la révolution industrielle pour lutter contre la pauvreté. Avec la révolution industrielle, ce sont 200 millions de personnes qui ont doublé leur revenu en 50 ans. La mondialisation a elle permis à 2 milliards d’individus de doubler leur revenu en 10 ans. On peut donc dire que la mondialisation est 50 fois plus efficace!

BFM Business: Mais on a pourtant l’impression que la mondialisation ne profite qu’à quelques pays comme la Chine ou l’Inde.

J.N.: C’est parce que nos raisonnements sont faussés. Nous pensons que si quelqu’un gagne, l’autre doit perdre. Avant c’était les pays occidentaux qui gagnaient, maintenant ce sont eux qui perdent. Mais tout ceci est faux. Aujourd’hui 40 à 50% des richesses en occident proviennent du commerce mondial et de la mondialisation. Le problème c’est que ce n’est pas visible. Nous avons tendance à ne regarder seulement que ce qu’il y a dans notre porte-monnaie et pas ce que l’on peut acheter avec. Or aujourd’hui quantité de produits et de services sont de plus en plus accessibles. Le commerce mondial permet au plus grand nombre d’accéder aux technologies par exemple. On n’invente pas internet et un vaccin tous les jours. En revanche, une fois qu’il a été inventé il se diffuse partout dans le monde.

BFM Business: Il y a pourtant des inégalités de revenus et même de patrimoine comme l’a montré Thomas Piketty qui exaspèrent les gens. N’est-ce pas une conséquence de la mondialisation?

J.N.: Oui c’est lié en partie à ça. Beaucoup de gens encore aujourd’hui ont une formation limitée. Sauf que maintenant ils sont en compétition avec 2 milliards de gens de plus. Dans le même temps, des gens formés aux nouvelles technologies sont de plus en plus recherchés par les entreprises. Et comme ils ne sont pas assez nombreux, les salaires ont tendance à fortement monter. Ce qui explique ces inégalités.  Mais encore une fois, on se focalise trop sur ce qu’on a dans le porte-monnaie. Moi personnellement, si je me compare à Bill Gates, l’inégalité sera colossale en terme monétaire. Mais si on compare nos standards de vie, ce sera déjà moins le cas. Certes il voyage en jet privé, mais moi je peux aujourd’hui me payer un billet d’avion pour pas grand chose. Bill Gates utilise un smartphone comme le mien et a accès à la même quantité d’informations que moi. Ce qui est une première dans l’Histoire de l’humanité où l’accès à l’information a toujours été réservé à une élite. Et encore quand celle-ci savait lire. Pareil sur la santé. Si mes enfants sont malades ils auront accès aux mêmes technologies de soin que ceux de Bill Gates. Bref, qu’il y ait des super-riches de plus en plus riche n’ôte rien à mon standard de vie. Et si on raisonne au niveau mondial, les inégalités n’ont jamais été aussi faibles entre les nations et on voit dans de nombreux pays, notamment en Asie, l’émergence d’une classe moyenne qui n’avait jamais existé. Alors certes au sein de la Chine il y avait moins inégalités, moins de super-riches il y a 30 ans mais plus de la moitié de la population vivait dans une extrême pauvreté contre 13% aujourd’hui. Qu’est-ce qui est le mieux?

BFM Business: Il y a tout de même des pays qui n’ont pas pu enrayer la pauvreté et qui sont même davantage pauvres qu’il y a 50 ans.

J.N.: Effectivement, plus de 700 millions d’individus vivent encore dans une extrême pauvreté mais je vous rappelle qu’ils étaient 2 milliards au début des années 1980. Mais oui il y a encore 26 pays dans le monde où le taux d’extrême pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) est supérieur à 40%. Mais à part le Bangladesh et Haïti, tous se situent en Afrique subsaharienne. Ces pays ne sont pas victimes de la mondialisation, ils sont au contraire victimes de ne pas en être. En Afrique, de nombreux nouveaux États ont utilisé les structures et les modèles de la colonisation (en gros le commerce de matières premières) plutôt que de développer leur économie. Résultat, ils ne se sont pas enrichis. Il y a 50 ans par exemple, la Zambie et la Corée du Sud étaient aussi pauvres. Aujourd’hui la Corée est 40 fois plus riche.

BFM Business: Dans votre livre vous répertoriez de nombreux progrès réalisés sur plein de thématiques différentes. Lequel vous a le plus surpris?

J.N.: Le plus spectaculaire c’est peut-être l’évolution de l’espérance de vie qui a progressé jusqu’à plus de 70 ans dans le monde. Il y a 200 ans aucun pays au monde -même les plus riches- n’avait une espérance de vie supérieure à 40 ans. Aujourd’hui, aucun pays n’a une espérance de vie inférieure à 40 ans, même les plus pauvres. C’est sans doute ça le plus incroyable. Et c’est principalement dû à la chute de la mortalité infantile du fait des meilleures conditions d’hygiène, des progrès réalisés par la médecine, d’une meilleure nutrition…

Confiance ménages: léger progrès ?

 Confiance  ménages: léger progrès ? 

Du mieux mais les Français estiment qu’il est préférable d’épargner. La confiance des ménages a légèrement progressé en janvier , les Français étant plus optimistes sur l’évolution de leur situation financière et moins pessimistes sur le chômage, selon des données publiées vendredi par l’Insee. L’indicateur synthétisant cette confiance s’inscrit à 100 pour janvier, un niveau conforme aux attentes des économistes (100) interrogés par Reuters et en hausse d’un point par rapport à décembre. Il revient ainsi sur le niveau de sa moyenne de longue période, qu’il n’avait pas atteint depuis octobre 2007. Il avait plongé entre temps jusqu’à 80 au printemps 2013. L’enquête de janvier fait apparaître une nette amélioration de l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle future, qui retrouve elle aussi le niveau de sa moyenne de longue période pour la première fois depuis septembre 2007. Leurs craintes sur le chômage reculent de trois points et accentuent le repli marqué constaté depuis novembre, se situant à un plus bas depuis juin 2008. Malgré cette embellie, les ménages sont plus nombreux qu’en décembre à estimer qu’il est opportun d’épargner et la proportion de ceux qui estiment qu’il est opportun de faire des achats importants est quasi stable pour le cinquième mois consécutif.

Des fermes verticales : on n’arrête pas le progrès !

Des fermes verticales : on n’arrête pas le progrès

 

Il fallait y penser et ils l’ont fait à Singapour ; faute d’espace il faut créer des fermes verticales. Terme élégant pour parler d’élevage dans des tours. Sorte de nouvelles usines qui précisément pourrait se trouver à proximité du consommateur. ; On pourrait commencer par une douzaine d’étages mais comme pour les hommes , élevés eux-aussi en batterie en zone urbaine, le fermes pourraient atteindre une centaine de mètres de haut. L’idée d’une ferme verticale a une quinzaine d’années. Elle a été développée par Dickson Despommier : professeur de l’université Columbia à New York. La première ferme verticale (Sky Green) a ouvert à l’automne 2012 à Singapour. Il est clair  qu’on n’a plus besoin de terre pour faire pousser des légumes (engrais, eau et pesticides suffisent), pourquoi donc mobiliser des terrains pour élever des animaux, là aussi i faut rationaliser. Au fait, la campagne, on en faiat quoi ? Rien justement, retour à la forêt pour absorber les gaz carbonique des villes ou hommes et animaux sont trop concentrés. Finalemenet un vrai projet écologique !




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