Archive pour le Tag 'américain'

Engie–gaz de schiste américain : entre pollution et énergie verte

Engie–gaz de schiste américain : entre pollution et énergie verte

 

Le moins que l’on puisse dire ce qu’Engie qui se présente comme le champion de l’environnement fait le grand écart entre pollution et énergie renouvelable. L’entreprise vient d’être rappelée à l’ordre par l’État qui lui demande de décaler sa signature pour un contrat de gaz de schiste aux États-Unis.

“Il a été convenu au cours d’un conseil que ce projet nécessitait des approfondissements. Engie a souhaité se laisser plus de temps pour les mener”, a déclaré le groupe français, dont l’Etat possède 23,6% du capital et 33,96% des droits de vote.

La vérité c’est que le ministère de l’économie a imposé un décalage de signature compte tenu du caractère particulièrement polluant du gaz de schiste américain.

D’ailleurs Engie n’a pas souhaité dire si cette décision était la conséquence d’une intervention de Bercy et n’a pas confirmé le montant du contrat.

NextDecade a fait savoir qu’il ne fournissait aucun détail sur ses relations commerciales et que l’entreprise travaillait à des mesures visant à parvenir à la neutralité carbone à Rio Grande.

NextDecade a reporté à 2021 sa décision finale d’investissement sur Rio Grande initialement prévue cette année, les confinements dus à l’épidémie liée au nouveau coronavirus ayant réduit la demande de gaz naturel.

Le gouvernement français s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Selon la source proche du dossier, le projet “ne correspond pas à notre projet environnemental ni à notre vision environnementale”.

 

 

“Il ne s’agit pas de seulement reporter la décision mais de reconnaître les impacts climatiques et environnementaux de ce contrat, acter le refus de le signer et porter ce message-là en tant qu’actionnaire d’Engie au conseil d’administration”, a dit à Reuters Lorette Philippot, chargée de campagne aux Amis de la Terre.

Déficit américain : 3000 milliards de dollars

Déficit américain : 3000 milliards de dollars  

 

La situation de l’endettement américain ne cesse de se dégrader pour atteindre un record. Bref la dette va atteindre et même dépasser les 100 % du PIB. On objectera que c’est le cas ailleurs notamment en France avec une différence de taille, l’effet sur le système financier est largement différent. En effet le dollar constitue la monnaie interne des États-Unis mais sert  pour les échanges internationaux. Le moment venu le système monétaire pourrait être bousculé dans le monde entier avec la perte de confiance dans la monnaie de référence internationale. Cela pourrait notamment déclencher l’explosion de plusieurs bulles et notamment celle de l’inflation.

 

Le montant annuel des les importations et des exportations internationales étaient de leur de 50 000 milliards dont la plupart en dollars au plan mondial en 2019. L’enjeu de la gestion du dollar relève d’une problématique interne aux États-Unis mais aussi d’une problématique internationale.

 

Le département américain du Trésor a annoncé ce vendredi que le déficit budgétaire 2020 a atteint un niveau record, au-delà des 3.000 milliards de dollars. Ce montant représente plus du double du précédent record, enregistré en 2009. En pleine récession liée à la crise financière, le déficit budgétaire américain avait alors grimpé à 1.400 milliards de dollars.

Dans le détail, le déficit de l’Etat fédéral pour l’exercice clos en septembre est évalué à 3.132 milliards de dollars, contre 984 milliards en 2019. La hausse des dépenses, mais aussi la baisse des recettes, notamment des impôts perçus, l’ont fait bondir de 218 % par rapport à 2019.

Ce chiffre est légèrement inférieur à l’estimation délivrée le mois dernier par le Congressional Budget Office (CBO). Celui-ci avait également déclaré que la dette américaine allait dépasser 100 % de la richesse nationale l’an prochain.(A noter qu’il ne s’agit que du budget fédéral et non de la totalité des budget américains)

 

Trêve douanière US–UE : nouveau chantage américain

Trêve douanière US–UE : nouveau chantage américain

 

Les États-Unis ressortent l’éternel dossier des aides passées des Etats au secteur aéronautique pour lever les sanctions douanières prises vis-à-vis de l’union économique. On sait que le même reproche de soutien illégal est fait par l’union économique à Boeing.

L’OMC a jugé que les allègements fiscaux dont a bénéficié Boeing étaient infondés et que les prêts bonifiés obtenus par Airbus auprès des Etats européens l’étaient également. Airbus comme Boeing disent depuis s’être conformés aux décisions rendues par l’organisation internationale.

Un porte-parole de la Commission a par ailleurs indiqué que l’Union européenne avait adressé en juillet 2019 une première proposition globale aux Etats-Unis qui a été actualisée en septembre. Cette proposition portait sur les problèmes en cours et le soutien futur au secteur aéronautique.

“La première réaction américaine nous est parvenue à la fin de la semaine dernière. C’est la première fois que nous recevons une réponse de la part des Etats-Unis sur des éléments de fond de notre proposition. Nous avons désormais donné notre réponse et nous sommes prêts à poursuivre ces discussions”, a-t-il déclaré.

La proposition américaine a peu de chances d’être acceptée par l’UE qui semble prête à imposer de nouveaux droits de douane à l’issue d’une réunion de l’OMC prévue le 26 octobre.

L’organisation internationale avait rendu en octobre dernier un jugement similaire en faveur des Etats-Unis, les autorisant à appliquer des droits de douane sur 7,5 milliards de dollars d’importations en provenance de l’UE, dont le vin français, le fromage italien et le whisky écossais.

Le litige entre Boeing et Airbus, le plus important jamais traité par l’OMC, remonte à 16 ans plus tôt et pèse sur les relations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis, s’étendant à de multiples secteurs allant du luxe à l’agriculture.

Pour les analystes, chaque camp cherche avec ces propositions à renforcer ses positions avant une éventuelle négociation.

Données numériques : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Données numériques : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Le cloud (computing ) , nuage en français, est la technique informatique qui consiste à permettre  l’accès des informations via Internet. Les principaux services proposés en cloud computing sont le SaaS (Software as a Service), le PaaS (Platform as a Service) et le IaaS (Infrastructure as a Service) ou le MBaaS (Mobile Backend as a Service). Généralement sur trois niveaux, le cloud public — accessible par Internet —, le cloud d’entreprise ou privé — accessible uniquement sur un réseau privé —, le cloud intermédiaire ou hybride — qui est un mix entre le cloud public et le cloud privé. Cela grâce aux   services des géants de l’informatique américains; l’Europe est en quelque sorte en tutelle des grands du numérique qui fournisse ses services du cloud. Claude

« La plupart des données européennes sont stockées hors de l’Europe, ou, si elles sont stockées en Europe, sur des serveurs appartenant à des sociétés non européennes », s’alarmaient à la mi-juillet des experts et responsables de médias, dans un rapport d’une trentaine de pages écrit sous la direction notamment de l’ancien dirigeant du grand éditeur de logiciels allemand SAP, Henning Kagermann.

L’UE est en train de « perdre son influence sur la sphère numérique, à un moment où elle a pris un rôle central dans l’économie du continent », déploraient-ils.

Au début du mois, un haut fonctionnaire français livrait un diagnostic encore plus abrupt, lors d’une réunion de professionnels de l’informatique à laquelle l’AFP assistait sous condition de respecter l’anonymat des interlocuteurs.

 

« On a un énorme sujet de sécurité et de souveraineté autour des clouds », expliquait-il.

« Dans beaucoup de cas, c’est une facilité, voire une trahison » pour des entreprises ou institutions européennes que d’aller « se débarrasser de tout cela » auprès d’acteurs non-européens « parce c’est plus simple », a-t-il dit, sans donner toutefois d’exemple spécifique. « Pourtant nous avons de très bons acteurs dans le cloud et le traitement de données. »

L’une des sources d’inquiétude des Européens vient du « Cloud Act », la législation américaine qui permet aux puissantes agences de sécurité des Etats-Unis d’avoir accès dans certains cas aux données hébergées par les fournisseurs américains, où qu’elles se trouvent sur la planète.

Si en Europe « on est juste capable de produire des données, en ayant besoin d’autres pour parvenir à les exploiter, alors on va être dans la même situation que les pays qui ont des ressources minières mais qui ont donné la capacité à d’autres de s’enrichir avec, avec des retombées extrêmement faibles » pour eux-mêmes, expliquait le haut fonctionnaire français cité plus haut. Bref il s’agit aussi d’un enjeu de souveraineté.

Informatique : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Informatique : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Le cloud (computing ) , nuage en français, est la technique informatique qui consiste à permettre  l’accès des informations via Internet. Les principaux services proposés en cloud computing sont le SaaS (Software as a Service), le PaaS (Platform as a Service) et le IaaS (Infrastructure as a Service) ou le MBaaS (Mobile Backend as a Service). Généralement sur trois niveaux, le cloud public — accessible par Internet —, le cloud d’entreprise ou privé — accessible uniquement sur un réseau privé —, le cloud intermédiaire ou hybride — qui est un mix entre le cloud public et le cloud privé. Cela grâce aux   services des géants de l’informatique américains; l’Europe est en quelque sorte en tutelle des grands du numérique qui fournisse ses services du cloud. Claude

« La plupart des données européennes sont stockées hors de l’Europe, ou, si elles sont stockées en Europe, sur des serveurs appartenant à des sociétés non européennes », s’alarmaient à la mi-juillet des experts et responsables de médias, dans un rapport d’une trentaine de pages écrit sous la direction notamment de l’ancien dirigeant du grand éditeur de logiciels allemand SAP, Henning Kagermann.

L’UE est en train de « perdre son influence sur la sphère numérique, à un moment où elle a pris un rôle central dans l’économie du continent », déploraient-ils.

Au début du mois, un haut fonctionnaire français livrait un diagnostic encore plus abrupt, lors d’une réunion de professionnels de l’informatique à laquelle l’AFP assistait sous condition de respecter l’anonymat des interlocuteurs.

 

« On a un énorme sujet de sécurité et de souveraineté autour des clouds », expliquait-il.

« Dans beaucoup de cas, c’est une facilité, voire une trahison » pour des entreprises ou institutions européennes que d’aller « se débarrasser de tout cela » auprès d’acteurs non-européens « parce c’est plus simple », a-t-il dit, sans donner toutefois d’exemple spécifique. « Pourtant nous avons de très bons acteurs dans le cloud et le traitement de données. »

L’une des sources d’inquiétude des Européens vient du « Cloud Act », la législation américaine qui permet aux puissantes agences de sécurité des Etats-Unis d’avoir accès dans certains cas aux données hébergées par les fournisseurs américains, où qu’elles se trouvent sur la planète.

Si en Europe « on est juste capable de produire des données, en ayant besoin d’autres pour parvenir à les exploiter, alors on va être dans la même situation que les pays qui ont des ressources minières mais qui ont donné la capacité à d’autres de s’enrichir avec, avec des retombées extrêmement faibles » pour eux-mêmes, expliquait le haut fonctionnaire français cité plus haut. Bref il s’agit aussi d’un enjeu de souveraineté.

Coronavirus : Un vaccin américain efficace chez les singes ?

Coronavirus : Un vaccin américain efficace chez les singes ?

Le vaccin développé par la biotech américaine Moderna est comme le vaccin britannique entré en phase trois c’est-à-dire en expérimentation sur une population très large. On ne connaît pas encore les résultats chez l’homme. Par contre il semblerait que le vaccin américain ait déclenché une réponse immunitaire «robuste» et empêché la réplication du virus dans les poumons et les nez des singes, selon des résultats publiés mardi.

Sept des huit singes vaccinés dans cette étude, puis exposés délibérément au coronavirus quatre semaines plus tard, n’avaient plus de virus en réplication détectable dans les poumons deux jours plus tard, et aucun des huit n’avait de virus dans le nez, selon les résultats publiés par la revue médicale New England Journal of Medicine. Les scientifiques avaient auparavant constaté que la vaccination, en deux doses séparées de 28 jours, provoquait non seulement la production d’anticorps contre le coronavirus, mais également de lymphocytes T indispensables à la réponse immunitaire. «C’est la première fois qu’un vaccin expérimental contre le Covid-19 testé sur des primates non-humains démontre sa capacité à produire un contrôle viral rapide dans les voies respiratoires supérieures», se sont félicités les NIH dans un communiqué.

Mais seuls les essais de phase 3, en cours, permettront de vérifier si l’un et/ou l’autre des vaccins protège les humains.

Aérien : trafic sino- américain stoppé

Aérien : trafic  sino-  américain stoppé

Une nouvelle décision qui n’est pas de nature à améliorer les relations diplomatiques et économiques entre les États-Unis et la Chine .  le ministère américain des Transports (DoT) a annoncé mercredi qu’il allait interdire les vols de compagnies aériennes chinoises en provenance et à destination des États-Unis. Une sanction temporaire pour répondre au fait que la Chine n’a toujours pas autorisé les transporteurs américains à reprendre leurs liaisons malgré le déconfinement. Cette interdiction prendra effet le 16 juin, le DoT a précisé que Donald Trump pourrait avancer la date d’entrée en vigueur. La reprise du secteur aérien s’annonce douloureuse

« Les compagnies aériennes américaines ont demandé à reprendre le service (en Chine, NDLR), à partir du 1er juin. La défaillance du gouvernement chinois à approuver leurs demandes est une violation de l’accord » sur le transport aérien, justifie le ministère. Delta Air Lines et United Airlines avaient suspendu en février et en mars leurs liaisons avec la Chine en raison de la pandémie de Covid-19, mais souhaitaient reprendre l’activité dans le pays ce mois-ci.

Pékin a autorisé les compagnies chinoises à opérer un seul vol hebdomadaire vers les pays étrangers, une restriction destinée à contenir la propagation du coronavirus. Quatre compagnies aériennes chinoises exploitent les liaisons entre les États-Unis et la Chine. L’empire du Milieu représente respectivement le sixième et le neuvième marchés pour United et Delta et environ 4% de leurs chiffres d’affaires, selon CNN. Un porte-parole de la diplomatie chinoise s’était plaint lundi de contrôles contraignants exigés par l’Administration américaine aux compagnies chinoises et réfutait toute obstruction de Pékin à l’encontre des transporteurs américains. Ce différend aérien vient s’ajouter aux menaces commerciales proférées par les deux puissances dont la relation se dégrade.

 

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle ( ministre américain de l’Agriculture)

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle  ( ministre américain de l’Agriculture)

Hier ce sont les lobbys agricoles français qui dans une tribune dans l’Opinion ont vanté la promotion de l’innovation-incluant les OGM – confirmant ainsi le caractère toujours plus industriel de l’agriculture. Aujourd’hui ,c’est le ministre américain de l’agriculture qui dans une autre tribune très habile récupère la problématique environnementale, sociale et sociétale pour justifier de cette agriculture intensive qui veut nourrir le monde entier ignorant au passage sans doute volontairement que le localisme peut permettre de suppléer au moins partiellement aux carences graves de notre modèle agricole;  ce qui permettrait aussi  de redonner de l’intérêt et de la compétitivité aux cultures locales y  compris dans les pays en voie de développement.

 

« Il est temps pour l’Amérique et l’Europe de travailler ensemble pour résoudre le prochain grand défi auquel nous sommes confrontés – produire suffisamment de nourriture, avec moins d’intrants, pour nourrir une population mondiale croissante – ce qui signifie mettre l’innovation et les nouvelles technologies au service d’une agriculture sûre et durable. Les Etats-Unis et leurs amis européens partagent une longue histoire de coopération, qui a été riche en partenariats bénéfiques pour tous. Lorsque nous travaillons ensemble pour résoudre les défis économiques et sécuritaires mondiaux, tout le monde en profite.

Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, où l’ouverture des échanges entre les États-Unis et l’Europe a déclenché un boom économique multigénérationnel sans précédent qui a sorti des milliards de personnes de la pauvreté dans le monde entier. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre dans la voie ouverte par notre histoire commune et de travailler ensemble pour réussir ce défi.

D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants. Fournir une alimentation saine à cette population croissante représente littéralement un enjeu de vie ou de mort. Face à cela, les États-Unis ont choisi l’innovation et la technologie. Nous voulons que l’Europe montre l’exemple en adoptant une approche innovante de l’agriculture afin de produire des aliments sûrs, de haute qualité et abordables. Ce n’est qu’en adoptant des technologies transformatrices que nous serons en mesure de produire suffisamment de nourriture, de fibres et de carburant pour l’avenir – et de le faire de manière sûre et durable.

« Faites ce qui est juste et nourrissez tout le monde. » C’est notre devise au département américain de l’Agriculture (USDA), et c’est un thème que j’ai souligné à plusieurs reprises lors de ma visite en Europe le mois dernier. Je suis rentré chez moi plus convaincu que jamais que les agriculteurs et les décideurs des deux côtés de l’Atlantique peuvent – et doivent – s’unir pour atteindre ce noble objectif.

L’agriculture moderne fait partie de la solution, pas du problème. Comme je l’ai dit à mes collègues ministres de l’Agriculture, nous représentons ensemble les agriculteurs les plus productifs de la planète et nous partageons la responsabilité commune de nourrir une population mondiale en croissance. Mais cela ne se produira que si nous augmentons durablement notre productivité et créons un modèle viable pour le reste du monde.

En tant que chefs de file de l’agriculture, nous avons l’obligation morale d’aider les agriculteurs et les producteurs alimentaires de nos pays en reconnaissant et en adoptant les trois dimensions de la durabilité agricole : environnementale, sociale et économique.

La préservation de l’environnement est essentielle si nous voulons maintenir la santé de nos sols, la qualité de notre eau et de notre air, tout en répondant à la demande de nourriture et de fibres. La seule façon de nourrir le monde tout en minimisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement est de produire plus avec moins d’intrants totaux.

Les agriculteurs font partie de nos meilleurs écologistes. Plus que quiconque, ils veulent que la terre soit en bonne santé parce qu’ils en ont besoin. C’est pourquoi ils ont été des chefs de file dans le domaine de la technologie et de l’innovation – ils comprennent que l’utilisation de la technologie leur permettra de faire plus avec moins, de mieux protéger l’environnement et de réduire l’impact de l’agriculture.

Nous avons fait des progrès. Au cours des quatre-vingt-dix dernières années, la production de matières premières aux Etats-Unis a augmenté de 400 %, tandis que la superficie en production a baissé de 9 %. Dans le même ordre d’idées, l’amélioration des plantes et des pratiques de culture aux Etats-Unis a permis d’augmenter l’efficacité d’utilisation de l’eau et des nutriments, ce qui a contribué à limiter les coûts de production et l’impact environnemental de l’agriculture. Et dans le secteur de l’élevage, les gains d’efficacité ont considérablement réduit les émissions de gaz à effet de serre : le troupeau laitier américain produit presque deux fois plus de lait qu’il y a 90 ans alors que le nombre de vaches a été réduit de 60 %.

La durabilité sociale est également essentielle. Lorsque nous augmentons la productivité et l’efficacité, nous contribuons à la sécurité alimentaire en rendant les aliments plus abordables. Nous savons que les nations qui ont atteint la sécurité alimentaire connaissent moins de conflits et de migrations. Améliorer la durabilité environnementale et économique est une bonne chose, mais seulement si les consommateurs ont les moyens de se procurer des aliments sûrs et de qualité. La bonne nouvelle est que l’augmentation de la productivité a contribué à rendre les aliments plus abordables. Depuis 1960, les prix des principaux produits de base ont chuté de moitié, contribuant à rendre le pain, les œufs, la viande et le lait plus abordables pour les consommateurs américains et du monde entier, y compris ceux qui connaissent l’insécurité alimentaire.

Enfin, la durabilité environnementale et sociale ne sera pas atteinte s’il n’y a pas de durabilité économique pour les producteurs. L’agriculture doit être rentable. Si les agriculteurs ne peuvent pas gagner suffisamment pour investir, nous perdrons les fondements de notre économie alimentaire et régresserons vers l’agriculture de subsistance.

Nous devons également attirer la prochaine génération de jeunes agriculteurs dans ce qui n’est pas seulement une profession, mais un mode de vie. L’agriculture est un mode de vie merveilleux, mais elle doit aussi créer des moyens de subsistance. L’augmentation de la productivité est essentielle pour garantir des conditions d’existence décentes aux agriculteurs et aux travailleurs agricoles.

Nous ne pourrons jamais atteindre la durabilité environnementale ou sociale sans durabilité économique. Et nous ne pourrons pas atteindre la durabilité économique si nous privons les agriculteurs et les éleveurs des outils modernes dont ils ont besoin pour être rentables. En fait, l’innovation technologique est fondamentale pour progresser sur les trois piliers de la durabilité. Il était clair pour moi lors de mes réunions et conversations avec mes homologues européens que nous sommes tous unis dans notre désir d’améliorer la durabilité de l’agriculture et de la production alimentaire.

Et il est clair que l’innovation est la clé de tous les aspects de la durabilité agricole. Nous devons redoubler d’efforts pour dédier la meilleure expertise scientifique à cette tâche et pour fournir à nos producteurs les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Sonny Perdue est le secrétaire américain à l’Agriculture.

Facebook doit 9 milliards au fisc américain

Facebook doit 9 milliards au fisc américain

 

Dans une procédure judiciaire en cours le fisc américain réclame 9 milliards à Facebook qui aurait réalisé de pseudos transferts de propriété intellectuelle échappée à la pression fiscale américaine. En 2010, Facebook avait réalisé des transferts de technologies avec l’une de ses filiales européennes en Irlande, connu pour son faible taux d’imposition. Le fisc américain soutient que Facebook a sous-estimé la valeur de ces transactions internes afin de réduire le montant de son impôt dû aux États-Unis. La facture fiscale serait évaluée à 9 milliards de dollars selon l’agence gouvernementale. Facebook soutient à l’inverse que la somme reversée par sa filiale irlandaise était en réalité supérieure à la valeur réelle de ces actifs de l’époque, arguant de ce fait qu’il a été trop lourdement taxé par l’état américain. «Nous avons hâte de présenter nos arguments devant le juge et de mettre un terme à ce contentieux de plusieurs années» commente un porte-parole de Facebook, Bertie Thomson, dans un mail transmis à l’AFP.

Politique: finance, scandale, lobby……la France vers le modèle américain

 

 

Avec retard mais sûrement,  la démocratie en France se dirige vers un modèle démocratique  à l’américaine. Pendant longtemps,  la France avait fait exception. D’abord en refusant de mélanger vie privée et de vie publique. Une exception dont par exemple Mitterrand a largement profité et à juste titre. Ensuite progressivement, les plus hauts responsables ont exhibé leur vie personnelle et familiale afin de satisfaire le voyeurisme des  certains électeurs friands de médias et télés- réalité.  Mais en retour, certains de ces dirigeants ont été victimes de cet exhibitionniste. Le second aspect et pas des moindres, c’est celui de l’importance de la finance dans les principales élections. Avec des campagnes   de plus en plus conçues comme des produits de publicité avec tous les moyens y afférents.

Du coup,  le coût des campagnes est monté de manière vertigineuse. Désormais des dizaines et des dizaines de millions sont nécessaires pour occuper l’espace médiatique, le saturer  même et étouffer ses adversaires avec la communication. Car c’est bien le drame,  la communication a pris le pas sur le fond. Pour preuve les slogans idiots de la plupart des candidats,  sans véritable contenu, comme celui d’un soda ou d’une marque de lessive. Les experts de la com. ont pris le pouvoir dans les équipes de campagnes sur les experts et les politiques. Un exhibitionnisme aussi bien  les campagnes électorales  que pendant un mandat. Ainsi un président de la république comme Macron s’inflige-t-il des représentations thématiques ou géographiques permanentes presque tous les jours pour uniquement les  médias.

Dernier exemple en date quand Macon, pour reverdir sa politique, s’affiche en doudoune Rossignol au Mont-Blanc. Une doudoune aux couleurs nationales. L’ennui c’est que la doudoune a été conçue dans un pays de l’Est à partir de tissus italiens et que la marque Rossignol est maintenant dans les mains d’un fonds scandinave. Ces déplacements et exhibitions désacralisent aussi la fonction d’un président qui doit pourtant prendre de la distance pour orienter le pays et non se mêler de tout sans savoir exactement  ce qu’il fait. La finance dans les campagnes a forcément un rôle essentiel car il n’y a aucun candidat disposant des 30 ou 50 millions nécessaires. Initialement, le total ne doit pas dépasser 10 millions mais les candidats utilisent différents biais pour dépasser et de loin cette limite. Et la commission de contrôle des comptes des candidats, pratiquement sans moyens, ferme les yeux.

Évidemment pour résoudre cette équation financière, les lobbys jouent  un rôle primordial. Des lobbys nationaux internationaux. Aussi des financements douteux venant de l’étranger.  . Pour Macon, c’est clairement le lobby financier et économique dominant qui a financé la campagne.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Il faut ajouter à cela les faciliter accorder par certains lors de la campagne. Une affaire qui a fait l’objet une procédure judiciaire et qui a été récemment enterré. Comme sera sans doute aussi enterrer l’origine des fonds de la campagne de Macon.

La France s’oriente donc bien vers une sorte de modèle américain.  il faut d’abord aligner les dollars, être soutenu par les lobbies et afficher sa vie personnelle à la Une des journaux à scandale dont raffolent certains électeurs qui ne comprennent pas grand-chose aux enjeux politiques mais qui font la différence souvent à partir d’aspects complètement anecdotiques. Une réflexion mériterait d’être engagée sur cette perversion de la démocratie et pas seulement au niveau national également au niveau local où les barons reproduisent à leur niveau le même système.

Extraterritorialité du droit américain : atteinte insoutenable à la souveraineté des Etats (Ludovic Lassauce)

Extraterritorialité du droit américain  : atteinte insoutenable à la souveraineté des Etats (Ludovic Lassauce)

 

L’extra territorialité du droit américain à l’évidence constitue un véritable viol de la souveraineté des Etats et une sorte de nouveau colonialisme économique. En outre si chaque pays entendait agir ainsi le monde serait alors  livrer au chaos le plus total sur le plan juridique. En fait, l’imposition du droit américain à l’extérieur de ses frontières constitue un élément de sa guerre économique. Ce que Ludovic Lassauce, chef d’entreprise démontre dans une interview au Monde

« Selon un rapport parlementaire remis au Premier ministre Edouard Philippe en juin dernier, on constate

 la prolifération de lois à portée extraterritoriale (…) permettant aux autorités de la première puissance mondiale d’enquêter, de poursuivre et de condamner (…) les pratiques commerciales d’entreprises et d’individus du monde entier ». Autant de procédures qui « violent la souveraineté des pays dont ces (acteurs) sont ressortissants », conduisant à des sanctions « disproportionnées » ne poursuivant pour seul but que de les « fragiliser dans la compétition internationale ».

De fait, le tableau de chasse de l’Oncle Sam est « édifiant » et a de quoi donner le tournis. D’innombrables banques – BNP Paribas, Commerzbank, HSBC, Crédit agricole, ING, Bank of Tokyo, etc. -, mais aussi de grands fleurons industriels européens – Siemens, Alstom, Total, Volkswagen, etc. – ont ainsi eu affaire à la justice américaine.

En vingt ans, poursuivent les auteurs du rapport précité, « plusieurs dizaines de milliards de dollars d’amendes ont été réclamés (à des entités étrangères) alors même qu’aucune de (leurs pratiques incriminées) n’avait de lien direct avec le territoire des Etats-Unis ». En 2018, Royal Bank of Scotland s’est ainsi vue infliger une amende de 4,9 milliards de dollars pour ses mauvaises pratiques lors de la dernière crise financière – un comble, cette dernière s’étant principalement déclenchée en raison de l’incurie des banques… américaines. Même le célèbre secret bancaire helvète ne résiste pas à ce racket généralisé, le Crédit Suisse ayant écopé, quatre ans plus tôt, d’une amende de 2,6 milliards de dollars pour avoir aidé plusieurs milliers de ses clients à frauder le fisc américain.

Le concept d’extraterritorialité est d’autant plus insidieux qu’il est large. Il s’applique, par exemple, aux opérations informatiques transitant par des serveurs hébergés aux Etats-Unis, ou encore à toute transaction potentiellement frauduleuse réalisée en dollars. Et les multinationales ne sont pas les seules concernées, loin s’en faut : le glaive américain s’abat aussi, périodiquement, sur des individus que Washington considère comme des adversaires politiques. A l’image de l’homme d’affaires ukrainien Dimitry Firtash, accusé de corruption en dollars et assigné, depuis plusieurs années, à résidence à Vienne, la capitale autrichienne, où il a été arrêté sous mandat américain.

Que lui est-il reproché précisément ? D’avoir corrompu des officiels indiens pour sécuriser l’obtention de mines de titane. Les Etats-Unis, qui n’ignorent pas que Firtash est un proche de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovytch – et donc dans les petits papiers du Kremlin -, tentent obstinément d’arracher son extradition vers leur territoire. Membre de l’équipe de Robert Mueller en charge de faire la lumière sur les possibles ingérences russes dans la dernière campagne présidentielle américaine, Andrew Weissmann aurait proposé à Dimitry Firtash un deal : livrer des informations au sujet du Russiagate en échange de l’abandon des poursuites le concernant. Le refus de l’homme d’affaires ukrainien expliquerait l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet – et les réticences de Vienne, pas dupe des intentions politiques de Washington, à accéder à sa demande d’extradition.

De la même manière, les États-Unis (sous l’impulsion de l’opposition à l’administration Trump), n’ont pas hésité à user d’un droit d’ingérence totalement illégitime et sans fondement sur la situation à Hong Kong, en légiférant sous prétexte de droits de l’Homme. C’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité, quand on voit comment cette même opposition a usé de tant de subterfuges pour déstabiliser l’élection du président Trump. Respect de principes à géométrie variable… Comment peut-on avoir encore confiance en un pays censé représenter la liberté, la justice et porter les valeurs de nos démocraties occidentales avec de telles pratiques ?

En Europe, chaque entreprise, chaque individu ou presque, peut un jour tomber sous le coup de la justice américaine. Nos entreprises sont, de fait, et comme le rappellent les auteurs du dernier rapport parlementaire sur le sujet, « prises en otage par ces procédures américaines, coincées entre le marteau et l’enclume dans un processus de  »négociation » de façade, aggravé par un chantage à l’accès au marché américain ».
Cette guerre juridique est d’autant plus illégitime d’un point de vue du droit international qu’elle est unilatérale. En effet, la réciprocité semble ne pas s’appliquer lorsqu’il s’agit de ressortissants américains soupçonnés de mêmes pratiques de corruption.

Le blog de Charles Gave présente ainsi les dessous plutôt inquiétants de l’affaire ukrainienne où l’ancienne administration américaine n’a pas hésité à fermer les yeux dans l’implication de ses ressortissants. Mais, de la même manière, dans le cadre de l’échange des données fiscales entre banques et pays afin, soi-disant, d’aider à la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment, les États-Unis sont le seul pays n’ayant pas ratifié le traité permettant à d’autres nations de récupérer auprès de banques américaines les informations sur les comptes off-shore de leurs citoyens.

Pour répondre à cette offensive tous azimuts, le député Raphaël Gauvin propose, dans son rapport, de mieux protéger la confidentialité des avis juridiques en entreprise, en créant un statut d’avocat en entreprise, chargé, en quelque sorte, d’utiliser et retourner le droit américain contre lui-même ; de moderniser la loi de 1968, dite « de blocage » ; et d’étendre le RGPD européen aux données des personnes morales, ce qui permettrait de sanctionner les hébergeurs transmettant les données d’entreprises françaises à des autorités étrangères « en dehors des canaux de l’entraide administrative ou judiciaire ». Autant de mesures de bon sens, qu’il convient d’adopter urgemment pour nous prémunir du scandale de l’extraterritorialité du droit américain. »

 

Extraterritorialité du droit américain : un viol de la souveraineté des Etats (Ludovic Lassauce)

Extraterritorialité du droit américain  : un viol de la souveraineté des Etats (Ludovic Lassauce)

D’après   Ludovic Lassauce, chef d’entreprise, dans une interview au Monde

« Selon un rapport parlementaire remis au Premier ministre Edouard Philippe en juin dernier, on constate

 « prolifération de lois à portée extraterritoriale (…) permettant aux autorités de la première puissance mondiale d’enquêter, de poursuivre et de condamner (…) les pratiques commerciales d’entreprises et d’individus du monde entier ». Autant de procédures qui « violent la souveraineté des pays dont ces (acteurs) sont ressortissants », conduisant à des sanctions « disproportionnées » ne poursuivant pour seul but que de les « fragiliser dans la compétition internationale ».

De fait, le tableau de chasse de l’Oncle Sam est « édifiant » et a de quoi donner le tournis. D’innombrables banques – BNP Paribas, Commerzbank, HSBC, Crédit agricole, ING, Bank of Tokyo, etc. -, mais aussi de grands fleurons industriels européens – Siemens, Alstom, Total, Volkswagen, etc. – ont ainsi eu affaire à la justice américaine.

En vingt ans, poursuivent les auteurs du rapport précité, « plusieurs dizaines de milliards de dollars d’amendes ont été réclamés (à des entités étrangères) alors même qu’aucune de (leurs pratiques incriminées) n’avait de lien direct avec le territoire des Etats-Unis ». En 2018, Royal Bank of Scotland s’est ainsi vue infliger une amende de 4,9 milliards de dollars pour ses mauvaises pratiques lors de la dernière crise financière – un comble, cette dernière s’étant principalement déclenchée en raison de l’incurie des banques… américaines. Même le célèbre secret bancaire helvète ne résiste pas à ce racket généralisé, le Crédit Suisse ayant écopé, quatre ans plus tôt, d’une amende de 2,6 milliards de dollars pour avoir aidé plusieurs milliers de ses clients à frauder le fisc américain.

Le concept d’extraterritorialité est d’autant plus insidieux qu’il est large. Il s’applique, par exemple, aux opérations informatiques transitant par des serveurs hébergés aux Etats-Unis, ou encore à toute transaction potentiellement frauduleuse réalisée en dollars. Et les multinationales ne sont pas les seules concernées, loin s’en faut : le glaive américain s’abat aussi, périodiquement, sur des individus que Washington considère comme des adversaires politiques. A l’image de l’homme d’affaires ukrainien Dimitry Firtash, accusé de corruption en dollars et assigné, depuis plusieurs années, à résidence à Vienne, la capitale autrichienne, où il a été arrêté sous mandat américain.

Que lui est-il reproché précisément ? D’avoir corrompu des officiels indiens pour sécuriser l’obtention de mines de titane. Les Etats-Unis, qui n’ignorent pas que Firtash est un proche de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovytch – et donc dans les petits papiers du Kremlin -, tentent obstinément d’arracher son extradition vers leur territoire. Membre de l’équipe de Robert Mueller en charge de faire la lumière sur les possibles ingérences russes dans la dernière campagne présidentielle américaine, Andrew Weissmann aurait proposé à Dimitry Firtash un deal : livrer des informations au sujet du Russiagate en échange de l’abandon des poursuites le concernant. Le refus de l’homme d’affaires ukrainien expliquerait l’acharnement judiciaire dont il fait l’objet – et les réticences de Vienne, pas dupe des intentions politiques de Washington, à accéder à sa demande d’extradition.

De la même manière, les États-Unis (sous l’impulsion de l’opposition à l’administration Trump), n’ont pas hésité à user d’un droit d’ingérence totalement illégitime et sans fondement sur la situation à Hong Kong, en légiférant sous prétexte de droits de l’Homme. C’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité, quand on voit comment cette même opposition a usé de tant de subterfuges pour déstabiliser l’élection du président Trump. Respect de principes à géométrie variable… Comment peut-on avoir encore confiance en un pays censé représenter la liberté, la justice et porter les valeurs de nos démocraties occidentales avec de telles pratiques ?

En Europe, chaque entreprise, chaque individu ou presque, peut un jour tomber sous le coup de la justice américaine. Nos entreprises sont, de fait, et comme le rappellent les auteurs du dernier rapport parlementaire sur le sujet, « prises en otage par ces procédures américaines, coincées entre le marteau et l’enclume dans un processus de  »négociation » de façade, aggravé par un chantage à l’accès au marché américain ».
Cette guerre juridique est d’autant plus illégitime d’un point de vue du droit international qu’elle est unilatérale. En effet, la réciprocité semble ne pas s’appliquer lorsqu’il s’agit de ressortissants américains soupçonnés de mêmes pratiques de corruption.

Le blog de Charles Gave présente ainsi les dessous plutôt inquiétants de l’affaire ukrainienne où l’ancienne administration américaine n’a pas hésité à fermer les yeux dans l’implication de ses ressortissants. Mais, de la même manière, dans le cadre de l’échange des données fiscales entre banques et pays afin, soi-disant, d’aider à la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment, les États-Unis sont le seul pays n’ayant pas ratifié le traité permettant à d’autres nations de récupérer auprès de banques américaines les informations sur les comptes off-shore de leurs citoyens.

Pour répondre à cette offensive tous azimuts, le député Raphaël Gauvin propose, dans son rapport, de mieux protéger la confidentialité des avis juridiques en entreprise, en créant un statut d’avocat en entreprise, chargé, en quelque sorte, d’utiliser et retourner le droit américain contre lui-même ; de moderniser la loi de 1968, dite « de blocage » ; et d’étendre le RGPD européen aux données des personnes morales, ce qui permettrait de sanctionner les hébergeurs transmettant les données d’entreprises françaises à des autorités étrangères « en dehors des canaux de l’entraide administrative ou judiciaire ». Autant de mesures de bon sens, qu’il convient d’adopter urgemment pour nous prémunir du scandale de l’extraterritorialité du droit américain. »

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Brexit-Royaume-Uni : nouvelle colonie ou un État américain

Brexit-Royaume-Uni : nouvelle  colonie ou un État américain

 

Dans le monde démocratique développé, il est rare que les chefs d’État interviennent de manière très explicite dans la politique intérieure des pays voisins ou partenaires surtout lors d’élections. C’est pourtant ce que devient de faire Trump. Trump s’est  déjà prononcé sur le problème du brexit considérant que la Grande-Bretagne avait intérêt à quitter le plus rapidement possible et brutalement l’union européenne, promettant au passage un avenir radieux pour le Royaume-Uni grâce à un accord avec les États-Unis.

Cette fois, le président américain condamne d’une part l’accord passé entre Boris Johnson et l’union européenne tout en soutenant le Premier ministre., D’autre part Trump démolit la candidature du travailliste Jérémy Corbyn. Une nouvelle fois Trump rompt  avec tous les usages diplomatiques et démocratiques considérant sans doute le Royaume-Uni comme un énième État des États-Unis voir une colonie. Trump ne se rend  sans doute pas compte des traditions démocratiques profondément ancrées au Royaume-Uni,  les Britanniques sont particulièrement chatouilleux quant à leur indépendance démocratique. La déclaration surprenante autant que provocatrice de Trump aura sans doute l’effet contraire de ce qu’il recherche. Il faut observer la sémantique particulièrement lamentable de  Trump pour  constater qu’il est bien l’auteur de cette nouvelle diatribe. Le chef de file de l’opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a donc accusé jeudi Donald Trump de chercher à s’ingérer dans le processus électoral au Royaume-Uni pour faire élire “son ami” Boris Johnson.

Le dirigeant du Labour réagissait à des propos tenus un peu plus tôt par le président américain, qui a déclaré que Jeremy Corbyn serait “tellement mauvais” s’il dirigeait le Royaume-Uni, dans une interview accordée à la radio britannique LBC, menée par le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage.

“Corbyn serait tellement mauvais pour votre pays. Il serait si mauvais, il vous dirigerait si mal”, a notamment déclaré Donald Trump, qui a au contraire dit voir en Boris Johnson “un homme fantastique, exactement l’homme qu’il faut en ce moment”.

“Je sais que vous (Nigel Farage) et lui finirez pas faire quelque chose qui pourrait être fantastique. Si vous alliez vos forces, vous serez inarrêtables.” Une formulation qui confirme qu’il y a bien longtemps que les États-Unis ont eu un président aussi idiot et maladroit. Jeremy Corbyn a dénoncé sur son compte Twitter une tentative d’ingérence électorale de la part de Donald Trump, au lendemain de l’accord au Parlement britannique sur la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre.

“Trump essaie de s’immiscer dans les élections au Royaume-Uni pour faire élire son ami Boris Johnson”, a accusé le chef du Labour, dont le parti est nettement devancé dans les sondages par les conservateurs du Premier ministre.

Trump considère le Royaume-Uni comme une colonie ou un État américain

Trump considère le Royaume-Uni comme une colonie ou un État américain

 

 

 

Dans le monde démocratique développé, il est rare que les chefs d’État interviennent de manière très explicite dans la politique intérieure des pays voisins ou partenaires surtout lors d’élections. C’est pourtant ce que devient de faire Trump. Trump s’est  déjà prononcé sur le problème du brexit considérant que la Grande-Bretagne avait intérêt à quitter le plus rapidement possible et brutalement l’union européenne, promettant au passage un avenir radieux pour le Royaume-Uni grâce à un accord avec les États-Unis.

Cette fois, le président américain condamne d’une part l’accord passé entre Boris Johnson et l’union européenne tout en soutenant le Premier ministre., D’autre part Trump démolit la candidature du travailliste Jérémy Korben. Une nouvelle fois Trump rompt  avec tous les usages diplomatiques et démocratiques considérant sans doute le Royaume-Uni comme un énième État des États-Unis voir une colonie. Trump ne se rend  sans doute pas compte des traditions démocratiques profondément ancrées au Royaume-Uni,  les Britanniques sont particulièrement chatouilleux quant à leur indépendance démocratique. La déclaration surprenante autant que provocatrice de Trump aura sans doute l’effet contraire de ce qu’il recherche. Il faut observer la sémantique particulièrement lamentable de  Trump pour  constater qu’il est bien l’auteur de cette nouvelle diatribe. Le chef de file de l’opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a donc accusé jeudi Donald Trump de chercher à s’ingérer dans le processus électoral au Royaume-Uni pour faire élire “son ami” Boris Johnson.

Le dirigeant du Labour réagissait à des propos tenus un peu plus tôt par le président américain, qui a déclaré que Jeremy Corbyn serait “tellement mauvais” s’il dirigeait le Royaume-Uni, dans une interview accordée à la radio britannique LBC, menée par le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage.

“Corbyn serait tellement mauvais pour votre pays. Il serait si mauvais, il vous dirigerait si mal”, a notamment déclaré Donald Trump, qui a au contraire dit voir en Boris Johnson “un homme fantastique, exactement l’homme qu’il faut en ce moment”.

“Je sais que vous (Nigel Farage) et lui finirez pas faire quelque chose qui pourrait être fantastique. Si vous alliez vos forces, vous serez inarrêtables.” Une formulation qui confirme qu’il y a bien longtemps que les États-Unis ont eu un président aussi idiot et maladroit. Jeremy Corbyn a dénoncé sur son compte Twitter une tentative d’ingérence électorale de la part de Donald Trump, au lendemain de l’accord au Parlement britannique sur la tenue d’élections législatives anticipées le 12 décembre.

“Trump essaie de s’immiscer dans les élections au Royaume-Uni pour faire élire son ami Boris Johnson”, a accusé le chef du Labour, dont le parti est nettement devancé dans les sondages par les conservateurs du Premier ministre.

L’ambassadeur américain auprès de l’UE enfonce Trump

L’ambassadeur américain auprès de l’UE enfonce Trump

 

 

 

On comprend mieux pourquoi Trump voulait interdire à l’ambassadeur américain auprès de l’UE de témoigner devant la chambre des représentants à propos de l’affaire Ukrainienne. Une affaire où Trump avait demandé au gouvernement Ukrainien d’enquêter sur son concurrent démocrate Joe Biden avec promesse d’aide des Etats Unis. . Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’Union européenne a clairement indiqué que M. Trump avait lié le déblocage d’une aide à l’Ukraine à l’annonce par Kiev d’une enquête visant le fils de M. Biden, qui fut au conseil d’administration d’une entreprise ukrainienne. M. Sondland «m’a dit (..) que tout était lié à une telle annonce, y compris l’aide économique», raconté un elu democrate qui a auditionné Bill Taylor.

«Ce que j’ai entendu aujourd’hui de la part de Bill Taylor  ancien chargé d’affaires américain auprès de l’Ukraine était très troublant et explosif», a tweeté l’élu démocrate du Congrès Adriano Espaillat. «C’était tout simplement le témoignage le plus accablant que j’ai entendu», a surenchéri l’élue Debbie Wasserman Schultz, également démocrate.

Dans un message daté de début septembre adressé à M. Sondland, M. Taylor s’inquiétait ouvertement des pressions exercées par la Maison Blanche sur la présidence ukrainienne. Je «trouve ça dingue de suspendre l’aide sécuritaire en échange d’un coup de main pour une campagne politique», écrivait-il.

Selon le Washington Post, Bill Taylor, chargé d’affaires américain en Ukraine, a donc renforcé mardi, lors d’un témoignage à huis clos, les soupçons pesant contre le locataire de la Maison Blanche.

Menace de taxe sur le ketchup américain

Menace de taxe sur le ketchup américain

Dommage qu’il ait fallu attendre les menaces économiques de Trump vis-à-vis de l’Europe pour envisager de taxer le ketchup, un produit particulièrement nuisible à la santé dont les jeunes voir les moins  jeunes raffolent. Le ketchup ne sera pas le seul produit qui pourra faire l’objet de mesures fiscales de rétorsion. La Commission européenne a publié, mercredi, une liste de produits américains, représentant 17,7 milliards d’euros d’importations, susceptibles d’être soumis à des droits de douane, en représailles aux subventions de Washington à Boeing. Cette liste est provisoire, et spécialement longue pour permettre un ajustement postérieur. Si l’Union cible des taxes douanières équivalant aux dommages causés à Airbus, elle n’est pas en mesure de donner un chiffre précis. L’estimation de 12 milliards d’euros, datant de 2012, se dessine comme une limite maximale. Bruxelles devra attendre début 2020 pour avoir la décision finale de l’organe d’arbitrage de l’OMC. Ce sera alors le moment d’établir la liste finale. La consultation des acteurs potentiellement affectés, lancée ce mercredi, influencera le choix des produits. En plus des avions, tracteurs et jeux vidéo, l’agroalimentaire (ketchup, fromages, différents fruits et leurs dérivés, vins, chocolat, etc.) est le cœur de cible des contre-mesures. Si certains y voient une tentative de frapper l’électorat du président américain, c’est aussi une réaction à la récente menace de Donald Trump d’imposer des taxes sur 11 milliards de produits européens, en représailles aux subventions européennes à Airbus. Dans la liste américaine, les vins, l’huile d’olive et les fromages européens sont ciblés.

Roundup: jugé coupable (tribunal américain)

Roundup: jugé coupable (tribunal américain)

L’herbicide à base de glyphosate de Monsanto, filiale de Bayer, a été reconnu comme  impliqué dans le déclenchement du cancer d’un résident californien. Un sale coup pour le célèbre désherbant mais pas vraiment une surprise. Ce n’est sans doute pas par hasard si les États-Unis se sont débarrassés du Roundup en prévision des nombreux procès attendus. Bayern qui a racheté à Monsanto le désherbant pour une somme invraisemblable-autour de 60 milliards– n’a sans doute pas fait une bonne affaire. D’autant plus que de nombreuses actions juridiques sont prévues aux États-Unis mais aussi dans d’autres pays. Par ailleurs, la décision unanime des jurés ouvre la voie à une seconde phase du procès intenté par Edwin Hardeman qui portera, à partir de mercredi et devant le même jury, sur la responsabilité de l’entreprise et les dommages et intérêts éventuels. Bayer s’est dit déçu par la décision de ce jury. “Nous sommes certains de pouvoir montrer, lors de la seconde phase, que Monsanto a agi comme il le fallait et qu’il ne doit pas être rendu responsable du cancer de M. Hardeman”, explique le groupe chimique allemand dans un communiqué. Le plaignant a commencé à utiliser du Roundup dans les années 1980 dans sa propriété et a pulvérisé de “grandes quantités” de ce produit pendant de nombreuses années, selon des documents judiciaires. On lui a diagnostiqué un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique, en février 2015 et il a engagé une action en justice un an plus tard. Bayer conteste toutes les allégations selon lesquelles le Roundup ou le glyphosate pourraient causer le cancer, affirmant que pendant des décennies, des études indépendantes ont montré que le désherbant le plus largement utilisé au monde était sans danger pour l’homme. Le groupe allemand, qui a racheté Monsanto pour 62,5 milliards de dollars, note aussi que les régulateurs à travers le monde avaient autorisé le produit. En août dernier, un jury californien avait considéré que le Roundup était à l’origine du cancer qu’a développé Dewayne Johnson et avait condamné la filiale de Bayer à lui verser 289 millions de dollars (253 millions d’euros). Depuis, les dommages-intérêts ont été réduits à 78 millions de dollars. Le Roundup fait l’objet de 11.200 actions en justice aux Etats-Unis. Bayer dément que le Roundup, ou glyphosate, soit cancérigène, mettant en avant des décennies d’études et d’autorisations réglementaires prouvant selon lui l’inocuité du Roundup pour l’humain.

Pologne : l’ argent de l’Europe pour acheter américain !

Pologne : l’  argent de l’Europe pour acheter américain !

La Pologne va acheter à Sikorsky et sans appel d’offre pour éviter l’offre d’Air Bus Helicopters. Le Un gouvernement ultra conservateur qui s’assoit délibérément sur les valeurs de l’Europe mai aussi sur les principes de solidarité. On sait que la Pologne bénéficie très largement des subsides de l’union européenne mais en revanche, elle choisit de privilégier l’achat de ses équipements notamment militaires en dehors de l’Europe. Bref, la Pologne veut le beurre et l’argent du beurre. Non seulement elle refuse toute solidarité pour gérer la difficile question de l’immigration par contre  elle peut disposer de toutes libertés que les Polonais puissent travailler chez les autres européens. Il conviendrait de choisir soit le nationalisme, soit la solidarité et la discipline européenne.  La Pologne préfère uen nouvelle fois acheter américain et ignore  Airbus Helicopters, qui a déjà saisi la justice polonaise, a également informé la commission européenne de la procédure de gré à gré entre la Pologne et Sikorsky jugée inéquitable. Pour sa défense, la Pologne met en avant l’article 67.1 du code des marchés publics selon lequel le donneur d’ordre peut se passer d’un appel d’offres dans le cas où l’achat de services ou de matériels ne peut être fourni que par une seule entreprise pour des raisons notamment techniques. Le constructeur de Marignane estime que si cette procédure est validée, Varsovie en profite pour acheter aux forces armées de nouveaux hélicoptères via l’article 67.1. Une chose est sûre, Airbus Helicopters est bel et bien mis au ban de la Pologne par le gouvernement polonais.

 

« Macron l’Américain »? (Fabrice Pothier)

« Macron l’Américain »? (Fabrice Pothier)

Par Fabrice PothierChercheur associé à l’International Institute of Strategic Studies, ex directeur de la prospective politique à l’Otan

 

« Ce n’est pas un hasard si le Président Macron sera accueilli par son homologue américain à Washington D.C. les 22-23 avril avec une réception d’Etat, le plus haut honneur qu’un Président américain puisse faire à un chef d’Etat étranger, et le premier du genre depuis que le Président Trump occupe la Maison Blanche. Le fruit d’une politique de bras ouverts et de poignées de main viriles, cette visite est en soi un succès pour Macron. De plus, elle intervient quelques semaines après les frappes conjointes en Syrie où, selon ses propres déclarations, le président français a joué un rôle clé pour orienter les choix de son homologue américain.

Pourtant presque tout oppose les deux hommes. Là où Emmanuel Macron s’affirme en président cérébral et centriste, Donald J. Trump se montre impulsif et populiste. Les deux hommes partagent toutefois une même genèse politique. Ils se sont hissés aux plus hautes fonctions de leur pays en 2017 sans avoir jamais été élus auparavant. Ils ont gagné des campagnes électorales contre toute attente et en transgressant les lignes partisanes traditionnelles. La comparaison s’arrête là néanmoins. Si Macron a remporté les élections en forgeant un nouveau centre qui transcende le clivage gauche-droite, Trump a fait exploser ce qui restait d’un centre modéré aux Etats-Unis et a poussé son parti d’adoption à virer encore plus à droite. L’élection de Macron a été accueillie comme le signe de l’endiguement de la vague populiste qui menaçait l’Europe, celle de Trump a été annoncée comme le début de la fin de l’ordre libéral.

La politique de main tendue de Macron a permis de placer le président français comme l’interlocuteur de choix de Trump en Europe. Avec le « coup » de l’invitation au défilé du 14 juillet 2017, Macron a offert à Trump ce qu’il désire par-dessus tout: la reconnaissance internationale. Presque une année plus tard, l’enjeu est maintenant de savoir si l’étreinte macronienne peut corriger les points de tension multiples entre l’administration américaine et l’Europe. En d’autres mots, est-ce qu’une puissance moyenne comme la France peut réussir à canaliser les instincts parfois dangereux de la première puissance mondiale. Et les points de divergence ne manquent pas. Si celui sur la lutte contre le changement climatique avec la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris est maintenant consommé, la menace d’un retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran d’ici le 12 mai est quant à elle préoccupante. Les conséquences pour l’Europe qui s’est engagée en force derrière l’accord et pour la stabilité déjà fragile au Moyen Orient ne peuvent pas être sous-estimées. Le prétendant au trône saoudien a déclaré ouvertement que si l’Iran renouait avec ses projets d’arme nucléaire, l’Arabie Saoudite s’engouffrera dans la brèche. L’art de la conviction du Président Macron se heurtera aux vues très arrêtées de la nouvelle équipe de politique étrangère de Trump avec l’arrivée de Mark Pompeo au département d’Etat et de John Bolton au Conseil de sécurité nationale. Les deux hommes incarnent la ligne dure tenue par Trump qui n’a de cesse de caractériser ledit accord de pire accord dans l’histoire de la diplomatie américaine. Macron essaiera certainement de convaincre le président américain de remettre à plus tard sa décision en échange d’une coopération renforcée pour endiguer la stratégie régionale de sape de Téhéran et son programme d’armes balistiques. Mais la réticence de l’administration Trump à rester engagée au Moyen Orient complique le jeu. Et pourtant la France dépend dans une large mesure de cet engagement, notamment dans la lutte contre les groupements terroristes au Sahel. Mais il y aussi des sujets sur lesquels les deux hommes peuvent trouver un terrain d’entente. Paradoxalement, le commerce international en est un. Ici les trajectoires opposées se rencontrent. Trump a entamé à coup de tweets et d’augmentation de tarifs sur certaines importations une escalade commerciale. En s’en prenant aussi bien à des partenaires comme le Japon et, pendant un temps, à l’Europe, mais aussi à la Chine, le président américain a ouvert une guerre commerciale sur plusieurs fronts. Tout comme les Etats-Unis, mais à une moindre échelle, la France souffre d’un déficit commercial récurrent. C’est en cela que l’appel du président français lors de sa visite en Chine pour une relation commerciale réciproque et équitable n’est pas si éloigné des injonctions que le Président Trump adresse fréquemment à la Chine de cesser d’abuser des règles du commerce international. La question est de savoir si Macron saura diriger l’énergie parfois destructrice de son interlocuteur américain pour forger une nouvelle alliance commerciale afin d’exercer une pression concertée sur la Chine .En fidèle assistant du philosophe français, Paul Ricoeur, Emmanuel Macron a démontré son goût de la dialectique des opposés. Sur le front international, sa politique de rapprochement avec Trump lui a permis de replacer la France en tant que puissance pivot. Mais Macron s’expose aussi au risque d’un président américain fondamentalement transactionnel et qui a prouvé à maintes reprises qu’il n’hésite pas à se retourner contre ceux-là mêmes qui, comme le président français, lui ont tendu la main. Les premiers ministres japonais et canadien en font encore les frais. Si l’on peut apprécier la finesse dialectique de la politique américaine de Macron, il est moins certain que Trump apprécie à sa juste valeur une telle nuance. »

 

Etats- Unis : le ministre du Commerce américain la main dans le sac Russe

Etats- Unis : le ministre du Commerce américain la main dans le sac Russe

 

En choisissant des milliardaires dans son entourage Trump a pris évidemment le risque que leurs pratiques financières soient dévoilées. A l’occasion de enquête « Paradise Papers », on apprend  que le ministre américain du Commerce Wilbur Ross a gardé des participations dans une société de transport maritime ayant des liens d’affaires étroits avec un oligarque russe visé par des sanctions américaines et un gendre de Vladimir Poutine, .  Selon le New York Times, le ministre du Commerce de Donald Trump a réduit sa participation personnelle dans cette société, Navigator Holdings, lors de sa prise de fonctions en février, mais en contrôle toujours, via des entités offshore, 31%. Or l’un des principaux clients de Navigator Holdings est la société russe de gaz et produits pétrochimiques Sibur, qui a contribué à hauteur de 23 millions de dollars à son chiffre d’affaires en 2016, écrit Le Monde. Et parmi les propriétaires de Sibur figurent Guennadi Timtchenko, un oligarque proche du président russe sanctionné par le Trésor américain après l’invasion de la Crimée par Moscou, et Kirill Chamalov, marié à la plus jeune fille de Vladimir Poutine. . Lors de sa nomination au ministère du Commerce, pour mettre en musique le slogan « l’Amérique d’abord » de Donald Trump, Wilbur Ross avait conclu en janvier un accord avec le Bureau fédéral d’éthique du gouvernement énumérant les partenariats commerciaux qu’il entendait conserver, mais pas le détail des participations qu’il a effectivement gardées, affirme le New York Times.

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