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« Afrique: démocratie ou développement » (Thierry Amougou)

« Afrique: démocratie ou développement » (Thierry Amougou)

 

L’économiste Thierry Amougou à partir de l’exemple du Rwanda ( avec ses limites) s’interroge sur l’efficacité  de la démocratie en tant que moyen privilégié du développement en Afrique. Pas vraiment un plaidoyer pour le despotisme éclairé mais pas loin quand même. (tribune au « Monde »)

 

Tribune.

 

«  L’image que renvoie le Rwanda de nos jours est celle d’une Afrique qui gagne. Elle est de moins en moins celle, lugubre, d’amas de crânes témoins d’une humanité en mode off, mais plutôt celle, rayonnante, des inaugurations en cascade d’écoles à la pointe du numérique, d’une filiale de Volkswagen ou du lancement du premier smartphone complètement « made in Africa ». Quelles sont les principales caractéristiques du modèle rwandais de développement ? Quelles sont ses limites ? Que peut-on en dire concernant l’Afrique et la pensée sur le développement au XXIe siècle ?

Généralement, ce qu’on entend par « nation » évoque des groupements humains qui partagent le même destin et la même volonté de poursuivre un pari sur l’avenir au sens de « projet de vie ». Ce qui est très souvent moins souligné, c’est le fait que faire nation, du moins en avoir la dynamique, n’est pas seulement le fruit du partage d’une mythologie, d’une histoire, d’ancêtres et de terres aussi glorieux que les futurs caressés, mais aussi le surgissement d’un assentiment collectif dont la fondation peut être un grand malheur commun.

Un traumatisme commun, réel ou onirique, peut faire naître un sentiment national et fonder une nation au point d’en devenir « the glue that links us together » (la colle qui nous unit). L’exode réel ou mythologique du peuple juif joue ce rôle pour la nation juive, autant que le génocide de 1994 donne au Rwanda un dénominateur commun qui, quoique tragique, est un « input » dont les effets sont difficiles à évaluer par la fonction de production économique. En fait, un bonheur commun ou un malheur commun est une ressource politique, culturelle et anthropologique en soutien à un projet de développement, au sens où il mobilise tout le monde, discipline les populations et donne des arguments pour le respect et la poursuite d’un cap censé perpétuer le bonheur passé ou sortir du grand malheur commun.

 

Le rôle d’une conjoncture historique favorisant l’émergence d’un leader politique est donc crucial. Oui, il faut le dire, un leader est très souvent quelqu’un qui, malgré ses qualités intrinsèques, est servi par une conjoncture historique qui lui permet de devenir la locomotive d’un peuple en mettant ainsi ses qualités de leadership en évidence. Autant le général de Gaulle devint un leader pour la France grâce ou à cause de l’occupation de l’Hexagone par le régime nazi, autant Paul Kagame est devenu l’homme fort du Rwanda grâce ou à cause du génocide de 1994, articulation décisive dans le processus de consolidation nationale et d’obtention gracieuse de quelques dividendes budgétaires sur le plan international. 

Cela ne suffit cependant pas, car un leader doit avoir une vision au service d’un projet. Celui du Rwanda semble s’articuler sur plusieurs éléments.

Premièrement, une volonté de moderniser le pays et l’acceptation d’appliquer rigoureusement les modèles de modernisation des institutions financières internationales. Kigali, la capitale rwandaise, ressemble de moins en moins à une ville subsaharienne, suite à une fonctionnalisation moderne de l’espace, de l’habitat et des comportements calqués sur l’urbanisme et les civilités modernes. La modernisation du secteur agricole par spécialisation culturale, remembrement des terres paysannes et regroupement des paysans en coopératives par le biais d’un renouveau de la révolution verte, est un autre marqueur de cette volonté de moderniser le Rwanda.

Deuxièmement, la promotion, en l’absence d’une révolution industrielle africaine, d’une économie de services haut de gamme comme le tourisme, l’informatique et la sous-traitance automobile, comme en témoigne la récente joint-venture avec Volkswagen.

 

Troisièmement, une dimension écologique liée à l’interdiction drastique de toute production et importation de sacs en polyéthylène (plastique) depuis 2004 et à la sauvegarde des gorilles, principales ressources touristiques du pays. 

Quatrièmement, la promotion du capital humain diasporique, en chassant et en recrutant des têtes rwandaises et africaines bien faites en Occident et en promouvant l’émancipation de la femme rwandaise par son intégration au pouvoir décisionnel. Les femmes détiennent 40 % des portefeuilles ministériels et représentent plus de 60 % des députés en 2019. Cette réforme qui corrige des inégalités de genre est une innovation qui compte en matière de développement, dans une Afrique où les femmes sont très souvent invisibles des lieux de décision politique, alors que leur apport est inestimable dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Le basculement de l’expression officielle du pays en anglais, langue de l’économie mondialisée, est aussi une innovation dans ce modèle rwandais. L’anglais est censé assurer à moyen et long termes la réduction des coûts de communication, de transactions, de diffusion des savoirs technologiques et de contractualisation.

Derrière la lumineuse, la disciplinée, la coquette et l’ordonnée Kigali, l’outrage ? Oui, répondent de nombreux observateurs et travaux sur le Rwanda.

De nombreux auteurs pointent en effet le fait que Kigali est une vitrine moderne, une carte postale qui cache des paysans rwandais connaissant des disettes chroniques à quelques kilomètres des lumières de la capitale. Paysans obligés d’abandonner la polyculture traditionnelle grâce à laquelle ils s’assuraient une autosuffisance alimentaire, pour appliquer une spécialisation culturale qui fait dépendre l’accès aux denrées alimentaires d’un pouvoir d’achat qui leur fait défaut, dans la mesure où leur richesse, qui ne consistait qu’en terres, n’est plus entre leurs mains mais dans celles des coopératives et de l’agro-industrie.

Il s’ensuit que la réussite rwandaise est limitée au bien-être d’un petit groupe au pouvoir, une élite politique qui a pris le pouvoir depuis l’extérieur et se montre insensible aux souffrances des paysanneries, dont le sort fait peu de cas dans les décisions d’une politique de révolution verte axées sur la répression de la polyculture traditionnelle, la spécialisation à outrance, le remembrement des terres paysannes pour l’agro-industrie, le mode coopératif et l’interdiction des méthodes et techniques de l’habitat traditionnel.

 

La transformation de Kigali en ville moderne a également entraîné une gentrification qui a repoussé les pauvres à la périphérie d’une ville désormais élitiste et chère. A cela s’ajoute la répression de l’opposition politique interne et externe, la modification constitutionnelle pour un troisième mandat de Kagame et sa réélection par un score stalinien (98 %). 

Autant de paramètres qui font du modèle rwandais une modernisation cosmétique et autoritaire axée sur la politique des « premiers de cordées » à préserver et sur la croyance au « trickle-down effect », c’est-à-dire au ruissellement de la richesse de la minorité urbaine vers les majorités rurale et populaire. Le plan d’émergence du Rwanda, en 2020, semble donc consubstantiel d’une violence sociale dont d’autres éléments non négligeables sont la répression des moyens de l’habitat populaire, des sanctions infligées aux démunis qui n’arrivent pas à se payer la sécurité sociale et l’imposition impérative de l’anglais comme lingua franca porteuse de modernité dans toute l’étendue du territoire.

En Afrique subsaharienne, les politiques d’ajustement structurel ont, depuis 1980, mis fin au modèle de modernisation autoritaire basé depuis 1960 sur un Etat dirigé par un homme fort sans légitimité démocratique. C’est le marché qui doit désormais assurer le développement économique, et la démocratie le développement politique. Le consensus de Washington, corpus théorico-politique commun imposé à tous les pays africains, a montré de si grandes limites qu’on y a ajouté des aspects institutionnels afin de signaler l’importance des institutions inclusives dans le développement.

Les résultats sont très peu réjouissants aujourd’hui en Afrique, où la pauvreté augmente autant que l’endettement international consécutif aux prêts chinois. A côté de cette morosité généralisée (en dehors de la Côte d’Ivoire et du Ghana), le Rwanda, quoique petite économie dont le modèle ne peut être extrapolé à toute l’Afrique, rayonne avec une économie à la pointe et un environnement national attractif pour l’investissement international.

 

Du coup, si nous prenons en compte l’exemple de la Chine qui se développe sans démocratie, on assiste au renouveau d’un questionnement en Afrique subsaharienne par rapport aux ingrédients du développement : une dictature éclairée qui construit des routes, assainit des villes, ouvre des écoles, donne de l’eau potable, offre du travail, construit des hôpitaux, soigne et loge les populations, n’est-elle pas plus utile aux Africains qu’une démocratie libérale postcommuniste qui, en s’accommodant avec les inégalités, la pauvreté, la dictature des marchés et l’impérialisme, se confond de plus en plus avec un capitalisme enrobé de considérations politiques ? 

La légitimité d’un dirigeant africain doit-elle être davantage basée sur ses résultats concrets de développement que sur le principe électif ? Si la légitimité démocratique vient à faire défaut, comme cela est majoritairement le cas en Afrique, la légitimité fondée sur des résultats n’est-elle pas plus réaliste pour satisfaire les besoins fondamentaux ?

Ce sont ces grandes questions que remet en lumière le modèle rwandais, rejoignant ainsi de nombreux économistes qui, d’une part, pensent que la démocratie est un bien de luxe très coûteux pour des pays au revenu par tête très faible et, d’autre part, estiment que des institutions inclusives se mettent en place de façon volontariste, comme le fait Paul Kagame avec l’inclusion politique des femmes rwandaises.

In fine, un drame, une nation, un leadership et une vision n’ont pas suffi pour l’érection d’un modèle rwandais de développement. Il a fallu aussi créer un avenir désirable et lui donner forme. De là le fait que le plus grand mérite de Paul Kagame est d’avoir assuré la renaissance du Rwanda en créant un désir d’avenir malgré les limites ci-dessus évoquées. Une vision ne doit pas seulement exister. Elle doit être désirable via certains de ses résultats concrets. Cet espoir suscité est basé moins sur des innovations éculées du passé des pays industrialisés que sur une habileté et une capacité intrinsèque qu’il a de donner forme à l’avenir.

 

C’est ce qu’Aline Frankfort et Jean-Louis Baudoin appellent le « shapership », c’est-à-dire la capacité qu’a un leader de donner des formes à l’avenir d’une entreprise, d’une organisation ou d’un pays. D’une société qui devait être malade et paralysée par son génocide, Paul Kagame a fait une société certes avec encore beaucoup de problèmes à résoudre, mais désormais capable de se regarder dans le miroir sans se désoler de l’image que lui renvoie celui-ci.

C’est la preuve qu’en plus du marché et de l’Etat, assurer le développement a besoin d’un écosystème du développement où leadership, « success stories », capital humain, réseaux internationaux, culture nationale, institutions inclusives et « shaperschip » sont des paramètres d’une importance capitale. La démocratie réelle apparaît alors comme une norme qualitative qui rend un écosystème du développement plus attentif aux questions sociales, populaires et des droits humains. »

 

Thierry Amougou, économiste et professeur à l’Université catholique de Louvain, est l’auteur de L’Esprit du capitalisme ultime. Démocratie, marché et développement en mode kit (PUL, 2018). 

Développement de l’intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

Développement de l’intelligence artificielle: la démocratisation par l’auto apprentissage ?

La spécialiste en intelligence artificielle Nozha Boujemaa décrit l’émergence de l’apprentissage machine automatisé, qui va modifier les métiers liés à l’IA dans une tribune au Monde. Un vision toutefois peut-être un peu rapide, en tout cas qui peut être discutée sur ce qu’on entend vraiment par Intelligence artificielle.

« Le développement de l’intelligence artificielle (IA) est assez ironique : il faut beaucoup d’efforts manuels et parfois ad hoc pour la construction de modèles prédictifs précis. Une technologie qui se veut entièrement dans l’automatisation de tâches humaines implique en effet plusieurs étapes fastidieuses : annotation et étiquetage des données d’apprentissage, qui nécessitent parfois un travail humain colossal ; exploration et sélection de données représentatives ; sélection de modèles ; réglages des paramètres du modèle en plus des phases de tests et de généralisation. Le cheminement à travers toute la chaîne de développement est complexe, même pour les spécialistes et les experts en sciences des données. Dans de nombreux contextes industriels, la mise sur le marché d’une solution fondée sur des modèles prédictifs est assez longue.

Cette impasse est en train de disparaître avec l’émergence de l’auto-apprentissage (AutoML, ou Automated Machine Learning), qui consiste à automatiser la recherche de l’architecture optimale d’un réseau de neurones. La maturité technologique de l’IA permet aujourd’hui de mettre au point des architectures de réseaux de neurones profonds plus efficacement que ne le feraient les experts humains, par exemple en reconnaissance d’objets et en vision par ordinateur.

Double ironie : on va pouvoir se passer en partie de certaines expertises en sciences des données et les automatiser. Dans le contexte d’AutoML, les ingénieurs vont pouvoir se consacrer à des phases plus critiques qui ont davantage besoin de l’intelligence humaine, comme l’analyse de situations de métiers complexes et les questions commerciales, au lieu de se perdre dans le processus fastidieux de construction de la solution. En réalité, cette démarche va aider les développeurs non spécialistes des données à réaliser des solutions d’IA plus facilement. Les scientifiques spécialisés vont, eux, pouvoir effectuer un travail complexe plus rapidement, grâce à la technologie AutoML, qui pourrait bien placer l’IA au cœur de l’essor des entreprises.

AutoML est une tendance qui va fondamentalement changer le paysage des solutions fondées sur l’apprentissage par machine. Elle se concentre sur deux aspects : l’acquisition de données et la prédiction. Toutes les étapes qui se déroulent entre ces deux phases seront prises en charge par les processus d’AutoML. Les utilisateurs apportent leur propre jeu de données, identifient les catégories et appuient sur un bouton pour générer un modèle parfaitement entraîné et optimisé, prêt à prédire. Ces approches d’AutoML vont faciliter la démocratisation de l’IA au service du plus grand nombre.

 

Développement du Nucléaire : c’est reparti en Iran

Développement du Nucléaire : c’est reparti en Iran

 

Comme c’était prévisible, les Européens ne sont pas parvenus à modifier  leur posture particulière de ni pour ni contre. Ils ont en effet toujours le cul entre deux chaises entre leur volonté de ménager leurs échanges avec l’Iran mais aussi leur souci de ne pas fâcher le président des États-Unis qui pourrait prendre des mesures de rétorsion vis-à-vis de l’Europe. Bref,  les déclarations de l’union européenne et en particulier de Macron quant à la possibilité de trouver un accord avec l’Iran ont fait pschitt !  C’est une manifestation supplémentaire de l’inconsistance politique et diplomatique de l’Europe. Comme chez Macron, de grands discours,  de grandes intentions mais concrètement rien ou pas grand-chose sur toutes les grandes questions internationales « L’organisation de l’énergie atomique iranienne reçoit l’ordre de prendre toute mesure nécessaire en matière de recherche et de développement et d’abandonner tous les engagements en place dans ce domaine », a déclaré Hassan Rohani sur la télévision d’Etat, présentant la « troisième phase » du plan de réduction des engagements iraniens en matière nucléaire.

Cette mesure est prise car « nous ne sommes pas parvenus au résultat que nous désirions » dans le cadre de la récente tentative diplomatique emmenée par la France pour tenter d’éviter que l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 à Vienne ne vole en éclats, a dit Hassan Rohani.

Le président iranien a tenu ces propos peu après que l’émissaire américain pour l’Iran Brian Hook, a exclu toute « dérogation » aux sanctions des Etats-Unis contre l’Iran pour faciliter l’octroi d’une ligne de crédit à Téhéran dans le cadre de cette médiation française. Ceci étend, il faut relativiser la radicalité de l’Iran qui subit à l’initiative des États-Unis un véritable étranglement économique qui n’est pas sans conséquences graves sur le niveau de vies des Iraniens. Pour preuve Hassan Rohani a accordé  mercredi « à l’Europe » un « nouveau délai de 60 jours » pour répondre aux exigences de Téhéran faute de quoi l’Iran se déliera encore un peu plus de ses engagements pris à Vienne.  »A tout moment, si les Européens reviennent à leurs engagements, nous aussi, reviendrons aux nôtres », a-t-il dit.

Développement de l’Afrique : surtout avec les femmes

Développement de l’Afrique : surtout avec  les femmes

Rima Le Coguic, directrice Afrique de l’Agence française de développement fort courageusement mais le doigt sur la question centrale des femmes dans le développement de l’Afrique (tribune du Monde). Un papier intéressant et très lucide  qui pourrait être encore plus radical dans la mesure où bien souvent malheureusement dans les familles c’est souvent la seule femme qui travaille et  subvient aux besoins de la famille. D’où sans doute aussi une capacité de gestion financière des femmes bien supérieure à celle des hommes. Mais il s’agit là d’une sorte de tabou, dommage car c’est sans doute une des conditions centrales du développement. Le problème c’est que la plupart des plans de développement sont essentiellement discuté avec des hommes !

 

 

« Aujourd’hui, l’Afrique est le continent où les femmes sont les plus actives sur le plan économique. C’est le continent où la participation des femmes au marché du travail est la plus élevée (plus de 60%, supérieure aux taux des pays européens et occidentaux) et où l’entrepreneuriat féminin est le plus développé (24% d’entre elles ont créé leur entreprise, contre 6% en Asie et 12% en Amérique). Porteuses d’un véritable dynamisme économique, elles sont en particulier présentes dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation, et se tournent davantage vers les nouvelles technologies et le digital.

Cette réalité parfois méconnue n’empêche pas que les femmes en Afrique font face à des obstacles encore plus grands qu’ailleurs. Elles ont un accès plus limité que les hommes au crédit bancaire et autres outils de financement. Selon la Banque africaine de Développement (BAD), elles sont propriétaires de 48% des entreprises en Afrique mais elles ne représentent que 20% de la population ayant accès à un compte bancaire. En définitive, l’organisation estime que les besoins en financement non couverts pour les femmes entrepreneures s’élèvent à 42 milliards de dollars.

Par ailleurs, les conditions de travail des femmes, notamment dans le secteur informel, sont moins bonnes que pour les hommes. Ainsi, les femmes en Afrique perçoivent des revenus inférieurs à celui des hommes -jusqu’à 30% de moins dans le seul secteur agricole où elles sont très présentes. À ces activités économiques nécessaires à leur autonomie financière et pour subvenir aux besoins de leur famille, s’ajoute la lourde charge des tâches domestiques qu’elles assurent en grande partie. Ainsi, l’Afrique est le continent où les femmes passent le plus de temps à s’occuper de tâches domestiques non rémunérées. Un écart constaté dès leur plus jeune âge et qui alimente largement le décrochage scolaire.

Le président Emmanuel Macron l’a clairement exprimé dans son discours à Ouagadougou en novembre 2017 et l’a réaffirmé lors de la conférence G7 Développement & Éducation en juillet dernier : l’égalité femmes-hommes est la grande cause de son quinquennat, en France et à l’international.

L’Agence française de développement (AFD) s’engage ainsi sur le terrain pour améliorer le quotidien des femmes entrepreneures en finançant des lignes de crédit à des institutions locales, comme l’Agence de Développement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MSMEDA) en Egypte ou l’Industrial Development Corporation(IDC) en Afrique du Sud.

Dans les deux cas, l’objectif est le même : encourager les institutions locales à proposer davantage de financements aux femmes entrepreneures tout en les accompagnant dans leurs démarches de financements.

L’accompagnement des femmes issues des quartiers défavorisés est un autre levier pour les aider dans leurs projets. Au Tchad, 350 porteuses de projets sont déjà accompagnées par l’AFD. En Egypte, un nouveau projet vise à amener 1.500 femmes de Louxor et du Grand Caire vers l’emploi salarié ou entrepreneurial, alors que l’Afrique du Nord se distingue du reste du continent en matière d’accès à l’emploi des femmes.

La réduction des inégalités de genre est ainsi un enjeu prioritaire dans l’objectif d’éradiquer la pauvreté et de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Selon l’OIT, réduire les inégalités de genre permettrait d’augmenter le PIB du continent de plus de 4% d’ici 2025. C’est aussi un enjeu social majeur car les femmes utilisent la quasi-totalité de leurs revenus pour leurs enfants, soutenant ainsi le développement des communautés. Convaincue qu’il est vain de penser le développement sur le continent sans miser sur les femmes, l’AFD prévoit que 50% de ses engagements annuels soient dédiés à des projets liés aux questions de genre d’ici 2022 en Afrique.

En s’affirmant comme des agents du développement économique et social à part entière, les femmes africaines travaillent autant à leur autonomisation qu’elles contribuent au développement inclusif de l’Afrique. »

Développement Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs

Développement  Technologie 5G : une norme pour la ville, une autre pour les ploucs  

Y aura-t-il une technologie 5G  pour les villes et une autre pour les ploucs ? C’est la question qu’on peut se poser en raison du passé mais aussi du futur. Pour le passé, on sait que nombre de zones ne sont pas encore couvertes par la 3G, la 4G ou  ne sont pas couvertes du tout ou alors de temps en temps. Pour le futur, il n’est pas certain que la 5G couvre  rapidement l’ensemble du territoire. On pourrait se contenter pour certaines zones de la 4G améliorée. De toute manière la 5G à très, très  haut débit, celle des 26 GHz, sera réservé aux villes L’attribution va concerner la bande de fréquences des 3,4 à 3,6 GHz. qui permet d’offrir un bon débit couplé à une portée correcte pour couvrir le pays. Mais  autre bande, celle des 26 GHz, sera plus tard attribuée aux opérateurs. Ces fréquences seront essentiellement utilisées dans les villes, car si elles permettent des débits très puissants, leur portée, elle, s’avère faible. Lors de l’attribution de cette bande « cœur », 310 MHz seront proposés aux opérateurs. Une quantité jugée « significative » par l’Arcep.  Pour cette attribution, l’Arcep propose une procédure en deux temps. Le premier permettra aux quatre opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free) d’acquérir chacun un bloc d’une taille de 40 à 60 MHz, à prix fixe, lequel sera déterminé par le gouvernement. Des engagements spécifiques seront liés à ces blocs. Les opérateurs devront notamment répondre aux demandes jugées « raisonnables » des industriels désireux de bénéficier de la 5G à certains endroits. Ou encore lancer des offres 5G à usage fixe dans certains territoires peu peuplés. Dans un second temps, les fréquences restantes seront mises aux enchères. Les opérateurs pourront cette fois acquérir plusieurs blocs de 10 MHz, avec un prix de réserve fixé ici aussi par le gouvernement. Tous les opérateurs qui remporteront des fréquences seront soumis à des obligations. Chacun devra notamment déployer 12.000 sites en 5G d’ici à la fin 2025 – ce qui correspond, selon l’Arcep, à une couverture des deux tiers de la population. Pour ne pas réserver la 5G aux grandes villes et éviter une nouvelle fracture numérique, des obligations concernent les territoires ruraux. Ainsi, en 2025, 90% des sites mobiles d’un opérateur devront proposer un débit au moins égal à 240 mégabits par seconde – lequel pourra être atteint soit via la 5G, soit par le biais d’une 4G boostée.  Il faudra au final attendre 2030 pour que tous les sites mobiles des opérateurs proposent a minima un débit de 240 mégabits par seconde.

 

Développement durable : un slogan

Développement durable : un slogan

 

Le relatif immobilisme de la France en matière de climat a été dénoncé par le Haut comité mis en place par Macron lui-même. Du coup peut-être que pour redorer l’image du pays en matière de développement durable peut-être est-il sortir quelques chiffres qui rendent les résultats du pays un peu plus présentables. Ce que vient de faire la docile INSEE qui curieusement sort de  curieux indicateurs de développement durable qui se fonde sur des critères sociaux, sur l’espérance de vie sur l’insertion professionnelle ou encore l’accès aux transports publics. Autant d’éléments qui peuvent être liés effectivement avec la prise en compte d’une politique durable. Mais des indicateurs beaucoup trop partiels pour constituer un thermomètre de la prise en compte par le pays du développement durable. Pour tout dire ces chiffres représentent un peu n’importe quoi et ont sans doute été ramassés à la va-vite pour contrebalancer les critiques dont a été victime Macron quant au décalage entre ses discours sur le climat et son action réelle. Notons que la justice française vient même de condamner l’État pour son inaction concernant la qualité de l’air à Paris. Bien sûr certains indicateurs avancés par l’INSEE peuvent être intégrés ; il y a effectivement des interactions entre des aspects environnementaux, sociaux, sanitaires et sociétaux. Mais à trop vouloir prouver, on ne prouve rien du tout surtout quand ces chiffres et cette analyse sorte que tout droit d’un institut aussi peu indépendant que l’INSEE qui est à la botte du gouvernement. L’INSEE et surtout d’autres organismes plus indépendants auraient intérêt à travailler sur de  véritables indicateurs rendant compte effectivement des avancées et des reculs en matière de développement durable. Les chiffres et les analyses de l’INSEE constituent une vaste rigolade pour traiter sérieusement de l’évolution de la problématique en cause. Extrait :

« D’une façon générale, la France est en position moyenne au sein de l’UE », selon l’Institut national des statistiques. Par rapport au reste de l’Union « la pauvreté et les inégalités y sont relativement contenues » en 2017, avec 17,1% de personnes « en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale » contre 22,4% en moyenne dans l’Europe des 28.

Avec 82,7 ans d’espérance de vie à la naissance, la France se situe au-dessus de la moyenne qui est 80,9 ans, au troisième rang derrière l’Espagne (83,4 ans) et l’Italie (83,1 ans). Mais la part de ceux qui se perçoivent comme étant en bonne santé n’est que de 67,4% chez les Français, contre 69,7% en moyenne européenne. La France se classe mal pour le nombre de tués sur la route avec 5,2 personnes sur 100.000 en 2016 contre 5,0 dans l’UE ainsi que pour les accidents du travail, avec 2,7 tués sur 100.000 contre 1,7 dans l’UE.

Pour l’éducation et l’insertion professionnelle, les résultats hexagonaux ne sont guère brillants: le taux d’emploi des diplômés récents est de 74,4% contre 80,2% en moyenne, tandis que la part de jeunes de 15 ans ayant une maîtrise insuffisante en lecture, mathématiques et sciences est aussi supérieure à la moyenne.

La part des jeunes âgés de 15 à 29 ans qui ne travaillent pas et ne suivent aucune formation s’élève à 13,9% en France, contre 13,4% dans l’UE. Sur ce critère, la France est plus proche de la médiane des pays d’Europe de l’Est et du Sud que de celle des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest, qu’elle rejoint sur la plupart des autres critères. Les résultats sont meilleurs en 2016 pour les progrès accomplis en matière de consommation d’énergie, l’hexagone faisant  »partie des pays émettant le moins de gaz à effet de serre par habitant » grâce à la part du nucléaire dans la production d’électricité, relève l’Insee. L’accès aux transports publics est plutôt bon avec seulement un Français sur huit qui éprouve des difficultés en la matière. Mais la part du train et des voies d’eau navigables dans le transport de fret est très inférieure à la moyenne européenne, avec 13,7% contre 23,6% du total. »

Des millions de l’Europe destinés développement rural perdus: pourquoi ?

Des millions de l’Europe destinés  développement rural perdus: pourquoi ?

Un récent article du Figaro indique que des centaines de millions pourraient être perdus en provenance de l’Europe. La France est dotée par l’Europe de 700 millions d’euros pour le développement rural sur une durée de cinq ans. Le plan va bientôt se terminer mais pour l’instant 28 millions seulement ont été consommés. Une situation paradoxale alors que les élus locaux ne cessent de se plaindre du manque de moyens financiers. Les aides financières européennes doivent contribuer à soutenir des initiatives de développement local des territoires ruraux. Il s’agit de contribuer financièrement à la mise en œuvre de projets économiques et sociaux au sens large susceptibles de redynamiser des zones caractérisées par une certaine faiblesse économique et démographique. Le problème c’est que si les élus en général sont surtout sensibilisés au financement des grands projets notamment d’infrastructures telles que les routes, les ronds-points, les salles polyvalentes, les équipements sportifs et autres. Bref tout ce qui peut s’afficher électoralement même si le lien avec le développement économique est approximatif voire complètement absent. Dans la plupart des territoires ruraux, l’idée même de développement économique et la grande absente des orientations. On s’intéresse en fait surtout au domaine administratif en tout cas à des champs d’activité relevant de la responsabilité des administrations ou des entreprises. Pour parler clair, les collectivités locales se sont transformées en administrations au lieu de se consacrer à l’animation et la mise en valeur des forces économiques sociales et culturelles. Pour simplifier à l’extrême, ce qui intéresse surtout les collectivités locales c’est le hard, le béton, le goudron le bâtiment et les normes administratives. Une grande confusion des rôles car les administrations et les entreprises concernées sont beaucoup plus compétentes que les élus locaux pour gérer les normes des différents domaines d’intérêt général. Enfin les élus locaux des milieux ruraux ont souvent des difficultés à intégrer les rigueurs méthodologiques pour l’évaluation des projets. La culture générale est de se répartir de façon officieuse les moyens financiers entre les différentes collectivités sans grande rigueur scientifique. Notons enfin l’ambiguïté d’une décentralisation encore virtuelle puisque l’État conserve encore des responsabilités qui complexifient les processus pour l’attribution de ces financements européens comme l’indique le Figaro : »Depuis 2014, la gestion des fonds européens dans la sélection des projets et la mise en place de leurs phases administratives et juridiques, a été confiée aux régions. Mais c’est l’État qui conserve l’autorité de paiement, bien que les régions aient à l’époque réclamé la régionalisation du paiement des aides européennes. «Tant que l’État n’a pas reçu d’ordre, l’argent ne peut pas être versé», précise le président de Leader France..«C’est la raison pour laquelle, pour la future PAC (Politique agricole commune), il faut absolument un décroisement des aides total, une simplification, une clarification. Parce que si nous continuons comme cela, les mêmes causes produiront les mêmes effets et les projets ne seront pas payés», a indiqué Didier Guillaume ce jeudi.

 

Des millions du Fonds européens du développement rural perdus: pourquoi ?

Des millions du Fonds européens du développement rural perdus: pourquoi ?

Un récent article du Figaro indique que des centaines de millions pourraient être perdus en provenance de l’Europe. La France est dotée par l’Europe de 700 millions d’euros pour le développement rural sur une durée de cinq ans. Le plan va bientôt se terminer mais pour l’instant 28 millions seulement ont été consommés. Une situation paradoxale alors que les élus locaux ne cessent de se plaindre du manque de moyens financiers. Les aides financières européennes doivent contribuer à soutenir des initiatives de développement local des rires territoire ruraux. Il s’agit de contribuer financièrement à la mise en œuvre de projets économiques et sociaux au sens large susceptibles de redynamiser des zones caractérisées par une certaine désertification économique et démographique. Le problème c’est que si les élus en général sont surtout sensibilisés au financement des grands projets notamment d’infrastructures telles que les routes, les ronds-points, les salles polyvalentes, les équipements sportifs et autres. Bref tout ce qui peut s’afficher électoralement même si le lien avec le développement économique est approximatif voire complètement absent. Dans la plupart des territoires ruraux, l’idée même de développement économique et la grande absente des gens orientations. On s’intéresse en faite surtout au domaine administratif en tout cas à des champs d’activité relevant de la responsabilité des administrations ou des entreprises. Pour parler clair, les collectivités locales se sont transformées en administrations au lieu de se consacrer à l’animation et la mise en valeur des forces économiques sociales et culturelles. Pour simplifier à l’extrême ce qui intéresse surtout les collectivités locales c’est le hard, le béton, le goudron le bâtiment et les normes administratives. Une grande confusion des rôles car les administrations et les entreprises concernées sont beaucoup plus compétentes que les élus locaux pour gérer les normes des différents domaines d’intérêt général. Enfin les élus locaux des milieux ruraux ont souvent des difficultés à intégrer les rigueurs méthodologiques pour l’évaluation des projets. La culture générale et de se répartir de façon officieuse les moyens financiers entre les différentes collectivités sans grande rigueur scientifique. Notons enfin l’ambiguïté d’une décentralisation encore virtuelle puisque l’État conserve encore des responsabilités qui complexifient les processus pour l’attribution de ces financements européens comme l’indique le Figaro : »Depuis 2014, la gestion des fonds européens dans la sélection des projets et la mise en place de leurs phases administratives et juridiques, a été confiée aux régions. Mais c’est l’État qui conserve l’autorité de paiement, bien que les régions aient à l’époque réclamé la régionalisation du paiement des aides européennes. «Tant que l’État n’a pas reçu d’ordre, l’argent ne peut pas être versé», précise le président de Leader France..«C’est la raison pour laquelle, pour la future PAC (Politique agricole commune), il faut absolument un décroisement des aides total, une simplification, une clarification. Parce que si nous continuons comme cela, les mêmes causes produiront les mêmes effets et les projets ne seront pas payés», a indiqué Didier Guillaume ce jeudi.

L’État et les pétroliers ont poussé au développement du diesel

L’État et les pétroliers ont poussé au développement du diesel

La France fait figure d’exception dans le monde avec un très haut niveau de diésélisation  du parc automobile. Presque les trois quarts des voitures circulant effectivement tournent au gasoil. La tendance va évidemment s’inverser avec la fiscalité nouvelle. Déjà les ventes de voitures à essence commencent à supplanter les voitures au gasoil. Mais il faudra du temps pour transformer significativement le parc, sans doute au moins une vingtaine d’années. Paradoxalement, si l’état a encouragé le développement du diesel c’est sur incitation de Bercy et des pétroliers. En effet avec le développement du nucléaire en France, il fallait reconvertir le pétrole utilisé dans les centrales vers d’autres filières. Sur instigation d’Elf notamment, Bercy a donc adapté sa fiscalité pour favoriser le diesel. Maintenant on inverse la tendance fiscale et de manière brutale alors qu’il faut 20 à 30 ans pour opérer une vraie transition énergétique dans ce domaine. Bref, une politique contradictoire, machiavélique et injuste de la part de technocrates en réalité au service des grands intérêts. Aujourd’hui,  si on pousse tellement vers l’utilisation de véhicules à essence voire électrique, c’est aussi pour soutenir une industrie automobile dont l’activité tend à se tasser un peu partout en Europe. Pour habiller ce revirement de politique, ont repeint d’un coup de peinture verte la fiscalité en sollicitant de manière abusive la problématique écologique.  De même que les autres systèmes de motorisation, le moteur Diesel a connu des améliorations au cours des dernières décennies. L’avantage principal de ce type de moteur est de produire à consommation égale, du fait de son rendement supérieur, des émissions de CO2 de l’ordre de 10 % plus faibles que son équivalent essence2. Il engendre également moins de monoxyde de carbone (qui s’oxyde rapidement en dioxyde de carbone dans l’atmosphère) et d’hydrocarbures imbrûlés que les moteurs à essence. L’arrivée progressive des filtres à particules et des systèmes SCR et EGR a contribué en outre à limiter les émissions de NOx et de particules fines, même si celles-ci restent beaucoup plus élevées que sur les moteurs à essence.. L’État encourageait à rouler en diesel… et dix ans plus tard, il augmente la taxe sur les prix de tous les carburants pour les mêmes raisons. Pour autant, les recettes de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), bien qu’elle comporte une composante carbone réglée en fonction des émissions de CO2, ne sert pas uniquement à financer la « transition énergétique ». En effet, d’après les calculs du rapporteur général du Budget au Sénat, seuls 7,2 milliards d’euros iront directement à la transition énergétique, sur les 34,8 que devraient rapporter la TICPE l’an prochain.  Par ailleurs, il semblerait que cette hausse soit moins liée au réchauffement climatique… qu’à la taxe d’habitation. François Carlier, délégué général de l’association de défense des consommateurs CLCV, est revenu sur un rendez-vous de septembre de son organisation à Matignon« Clairement, à Matignon ils nous ont dit : « Pour supprimer la taxe d’habitation pour 80% des Français, on a besoin d’augmenter de beaucoup les taxes sur les carburants. » »

Migrations : et le développement en Afrique ?

Migrations : et le développement en Afrique ?

 

A  juste titre le député LR Vincent Ledoux revient  dans le Uffpost sur la question fondamentale du développement en Afrique.

«  La question migratoire interroge aujourd’hui l’Europe. Sur son mode de fonctionnement, ses valeurs fondatrices mais aussi son avenir. Sur ce sujet, comme dans d’autres domaines relevant du champ de ses compétences, ma conviction est qu’il nous faut non pas moins d’Europe mais mieux d’Europe!

Comment la France ou tout autre pays européen, pourrait-elle seule, ou à la faveur d’accords bilatéraux, résoudre la question que nous pose la démographie à l’horizon 2050 quand 650 millions d’Européens vieillissants feront face à 2,4 milliards d’Africains, jeunes, très jeunes? Comment pourrait-elle définir le meilleur point d’équilibre entre devoir d’accueil et acceptabilité des peuples, sans un minimum d’accord continental? Car la migration est une question mondiale qui doit se traiter assurément à une échelle plus élevée que le pays.

Il faut d’abord créer les conditions d’un débat intellectuellement honnête et donc d’une décision politique prise à partir d’éléments fiables. Ne rejouons pas le Brexit! La décision politique doit s’appuyer sur des études académiques, qu’il serait d’ailleurs intéressant de confier à un observatoire institutionnel européen. Car les solutions durables ne peuvent se prendre qu’à partir d’informations fiables, et ce n’est pas toujours le cas en la matière.

Ainsi, la migration des pays sous-développés vers des pays développés représente une infime proportion de l’ensemble des migrations internationales. En 2015, sur 100 migrants africains, seuls 27 se trouvaient dispersés dans toute l’Europe. Les conflits, la malnutrition et le dérèglement climatique poussent les populations à se déplacer, certes, mais ni leur condition financière ni leur condition physique ne leur permet de parcourir d’aussi longues distances. Ces migrations sont donc en très grande majorité régionales, se limitant aux pays frontaliers du pays de départ. Les migrations d’urgence restent des migrations de proximité.

Entreprendre un périple de plusieurs milliers de kilomètres demande des moyens financiers conséquents et reste donc réservé à une faible partie de ces populations, qui sont en général en bonne santé, les mieux loties dans leur pays de départ, et présentant un niveau de diplôme élevé.

S’il est d’ailleurs bon de faire appel au cœur, l’écueil dans cette affaire serait de ne nous laisser conduire que par les seuls impératifs moraux! La question des migrations porte des considérations éthiques mais pas seulement.

Un État doit se montrer hospitalier et accueillant mais doit aussi maintenir des équilibres d’acceptabilité sociale! Maîtrise et Régulation ne sont pas des gros mots dans un État de droit.

L’Europe n’est située qu’à 14 kilomètres de l’Afrique à travers le détroit de Gibraltar. La verticale Europe-Afrique est donc à structurer. Mais, pour ce faire, il faut doter l’Europe d’une compétence qu’elle n’a pas aujourd’hui. Il est facile de crier à l’impuissance de l’Europe sur les questions migratoires quand celle-ci n’est en réalité aucunement compétente. Elle est pour autant le lieu et le miroir de l’impuissance des pays membres à s’entendre sur un sujet devenu au fil du temps le thermomètre des fièvres nationalistes.

Je suis favorable à la création d’une agence européenne de la migration dotée de moyens d’action concrets et pragmatiques. Il faudra fournir un gros effort financier pour soutenir grandes et petites actions.

Ainsi, comment aider efficacement ces jeunes Français d’origine africaine, talentueux et entreprenants, qui sont nombreux à vouloir créer leur entreprise dans le pays de leurs parents? J’en ai rencontrés beaucoup, au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Mais pour passer de l’idée à l’entreprise et à la création d’emplois, il y a un fossé que la puissance publique alliée à l’initiative privée peut franchir avec le jeune.

Pour répondre à un besoin en électrification des classes d’un village dans la région de Kayes au Mali, j’ai modestement interconnecté un Rotary parisien avec des jeunes start-upers franco-maliens porteurs d’une technologie adaptée. Les diasporas africaines peuvent être aussi des leviers financiers utiles dans l’arrimage des deux continents. De même, j’ai pu observer à Dakar les efforts fructueux de l’OFII à travers un travail d’accompagnement sur-mesure des REPATS. Une initiative à modéliser au niveau européen.

La France aurait aussi tout à gagner à encourager ses petites et moyennes entreprises, ses grandes collectivités territoriales et ses universités à aller davantage sur les marchés économiques africains. Il y a du business à faire dans un rapport gagnant-gagnant. Mais il y a un travail de communication à faire tant l’imagerie africaine de l’européen reste au mieux arrêtée à l’artisanat d’art et au tam-tam, au pire à celle de l’insécurité et du retard.

La meilleure solution au défi migratoire qui se profile de part et d’autre de la Méditerranée réside dans le dialogue perpétuel, ouvert et exigeant, entre deux ensembles géographiques mieux intégrés, portant clairement la politique migratoire de ses mandants et dotés d’outils financiers et économiques dédiés.

C’est l’Europe et toutes formes d’unions panafricaines dans une relation gagnant-gagnant. C’est l’organisation d’une régionalisation de la mondialisation. Sans cela, tout le reste ne sera que bricolage et effets de manches. Sans cela la belle idée de l’Union Européenne se brisera sur l’autel des populismes »

L’huile de palme : Hulot autorise son développement

L’huile de palme : Hulot autorise son développement  

 

L’huile de palme nettement plus rentable que les autres huiles végétales, Total a obtenu de Hulot que son usine de la Mède intègre de l’huile de palme et de  traiter aussi bien des huiles végétales de toutes sortes, que des huiles résiduelles usagées.  Parmi les huiles végétales, l’huile de palme dont les  rendements très nettement supérieurs à ceux du colza ou du soja et qui est  infiniment plus rentable. Total avait d’ailleurs annoncé lors d’une conférence de presse en juin dernier qu’elle pourrait représenter l’intégralité des volumes d’huiles végétales transformés à La Mède, à moins de mesures venant rétablir la compétitivité du colza produit en France.  L’huile de palme est la bête noire des ONG en raison des ravages qu’elle provoque en termes de déforestation. C’est pour cette raison que le projet de la bio raffinerie avait été critiqué par les Amis de la Terre lors de l’enquête publique menée en 2017. Aux côtés de Greenpeace, ils avaient révélé en avril dernier (sur la base d’un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône) que le site consommait 550.000 tonnes d’huile de palme par an, faisant ainsi bondir de 64% les importations françaises d’une huile dont la production se fait en Malaisie et en Indonésie. Au-delà des ONG, ce sont les députés européens qui en janvier dernier se sont majoritairement déclarés pour « l’élimination progressive » de cet usage sur le territoire de l’Union d’ici à 2021. Ce vote se heurte jusqu’à présent au refus des Etats membres, notamment de la France !

 

ONG Oxfam : nouvel exemple de dérapage d’institutions de développement

ONG Oxfam : nouvel  exemple de dérapage d’institutions de développement 

 

 

Nouvelle affaire pour l’ONG Oxfam, qui lutte contre la pauvreté et qui serait impliquée dans une affaire de prostituées à Haïti  mais aussi dans d’autres affaires au  Tchad, au Soudan du Sud et au Liberia. Le fonctionnement même de l’ONG est mis en cause. Helen Evans, une ancienne directrice de la prévention interne, parle même d’une «culture d’abus sexuels dans certains bureaux». Au-delà de cette affaire, cela souligne certaines dérives de grandes organisations humanitaires dont certaines confondent aide au développement et tourisme. Le problème est classique ; lorsque certaines organisations accèdent à une certaine taille, elles s’engluent  dans les superstructures et perdent  un peu de vue leur objet social. Le reproche peut-être fait à l’ensemble de la politique mise au service du développement dont une partie  finit  précisément dans des superstructures  voire dans la poche d’intermédiaires locaux. Dun certaines manière,  il y parfois même une certaine complicité plus ou moins tacites  entre institutions de développement et pouvoirs locaux. Les institutions de développement sont tolérées sous réserve d’une certaine discrétion et  d’une efficacité modérée ; bien sûr médiatiquement, on met en avant certaines actions spectaculaires pour pérenniser les ressources reçues mais des actions peu représentatives de l’action générale rarement évaluée sur des critères objectifs. .  Il ne faut pas généraliser, certaines organisations mettent en place des procédures d’évaluation et de contrôle strict mais d’autres se transforment en cathédrales administratives. À cet égard nombre d’organisations moyennes et petites montrent  une plus grande efficacité et un autre rapport avec les vrais acteurs locaux. Il y aurait sans doute urgence à procéder à un audit généralisé des interventions relatives au développement qu’il  s’agisse des interventions des Etats ,  des organismes internationaux  et des O.N.G. financées par des fonds public ou des fonds privés.

Démographie en Afrique : l’aide au développement favorise le mouvement migratoire (Stephen Smith)

Démographie en Afrique : l’aide au développement favorise le mouvement migratoire (Stephen Smith)

Interview sur Europe  1

 

Point de vue intéressant mais qui fait l’impasse sur le développement conjoint de l’éducation et de l’économie locale, hypothèse envisageable avec la stabilité démocratique et la fin de la corruption

«  L’Europe sort à peine la tête de la crise migratoire qui l’a frappé en 2015, qu’elle pourrait très vite avoir un autre défi de taille à relever. Pour Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, l’explosion démographique du continent ne pourra pas être contenue par son développement économique, trop lent, et dans les prochaines décennies, un flux migratoire sans précédent pourrait déferler vers l’Europe. En effet, le rapport démographique entre l’Europe et l’Afrique sera dans trente ans de un à cinq, soit 450 millions d’Européens pour 2,5 milliards d’Africains. « C’est une fatalité, l’Afrique suit la courbe de toutes les autres régions. Quand je suis né [en 1956, ndlr], il y avait 180.000 habitants à Abidjan, aujourd’hui il y en a 4 millions. Il y avait 300 millions d’Africains au sud du Sahara, aujourd’hui ils sont 1,3 milliards, il y en aura 2,5 milliards en 2050″, souligne l’universitaire, invité mercredi de la matinale d’Europe 1, et qui publie chez Grasset, La Ruée vers l’Europe.

Une jeunesse qui regarde ailleurs. Stephen Smith insiste également sur la grande jeunesse du continent. « C’est une pyramide de l’âge qui fait que 40% de la population a moins de quinze ans ». Ainsi, jamais dans l’histoire les habitants d’une partie du monde n’ont été aussi jeunes que les africains sub-sahariens. Une jeunesse poussée à partir, notamment lorsqu’elle a pu avoir accès à une éducation. « La pression migratoire ne peut aller qu’en s’accroissant », explique le spécialiste, mais le phénomène des départs ne concerne « pas les gens les plus pauvres ». « Ce sont ceux qui sortent la tête de l’eau, qui ont une vue du monde, qui savent où aller, qui sont sur Facebook, qui ont un téléphone portable et les 2.000 ou 3.000 euros nécessaires pour se lancer dans le voyage », détaille-t-il. Selon une étude de 2016 réalisée par l’institut Gallup, 42% des jeunes africains (de 15 à 24 ans) et 32 % des diplômés du supérieur déclarent vouloir émigrer.  »Ils sont partis du village pour aller en ville, à la capitale, et maintenant c’est le débordement. Les gens vont partir à l’extérieur, pas forcément en Europe mais essentiellement en Europe ». De quoi constituer un véritable « défi » pour le vieux continent.

Les effets pervers de l’aide au développement ? Paradoxalement, c’est le co-développement, visant notamment à maintenir dans leur pays les populations défavorisées en leur donnant sur place accès à une éducation, qui favoriserait les phénomènes de déracinement, selon Stephen Smith. « C’est un paradoxe terrible », pointe-t-il. « Pendant trente ans le gens vont migrer, par la suite le pays va aussi atteindre un seuil où il sera plus intéressent, également pour des raisons affectives, de rentrer ou de rester chez soi, mais d’ici là il y a une période ou l’aide ou développement favorise l’immigration », estime l’enseignant.  »L’aide au développement, on l’essaye depuis près de 60 ans. Est-ce qu’il y a des succès ? Les partis du monde qui s’en sont sorties ne sont pas les parties les plus aidées », assure encore Stephen Smith qui cite en exemple l’essor économique de l’Asie. »

Recherche et développement : retards en Europe

Recherche et développement : retards en Europe

2.03% du PIB en moyenne pour l’union européenne (2.22 pour la France) avec des disparités et surtout des retards par rapport à d’autres zones mondiales.  Avec 2,22 % du PIB consacré à la recherche, la France est en deçà de l’objectif de 3 % fixé par l’UE dans le cadre de la stratégie Europe 2020.  La France se situe dans la moyenne), derrière  la Suède (3,25% du PIB) et l’Autriche (3,09% du PIB) suivies de l’Allemagne (2,94% du PIB). A l’inverse, la Lettonie (0,44%), la Roumanie (0,48%), et Chypre (0,50%) se placent en bas de tableau. Pour la France, Eurostat indique que les dépenses ont représenté 2,22% du PIB selon des données pour 2015 encore provisoires. (Les données pour 2016) n’étaient pas disponibles. La moyenne européenne se situe à 2,03%. Sur la dernière décennie, l’intensité de R&D (*) a progressé dans 22 États membres, les plus fortes hausses étant relevées en Autriche (de 2,36% en 2006 à 3,09% en 2016, soit +0,73 point de pourcentage – pp) et en Belgique (+0,68 pp). En revanche, l’intensité de R&D a diminué dans 6 États membres et plus particulièrement en Finlande (de 3,34% en 2006 à 2,75% en 2016, soit -0,59 pp) et au Luxembourg (-0,43 pp). L’un des indicateurs régulièrement évoqué correspond à l’objectif de 3% à atteindre pour l’intensité de recherche dans l’Union d’ici à 2020. Mais au regard des chiffres précités, seulement 2 pays sur 28 ont atteint cet objectif et il est peu probable que la majorité des Etats atteignent cette cible d’ici à 2020. Par ailleurs, cet objectif des 3% avait déjà été fixé au sommet de Lisbonne en 2000 pour être atteint…en 2010. Avec ce retard pris, la place de l’Europe dans la course à la recherche et à l’innovation pourrait se détériorer sur la scène internationale. En effet, l’intensité de R&D dans l’UE était beaucoup plus faible qu’en Corée du Sud (4,23% en 2015), qu’au Japon (3,29% en 2015) et qu’aux États-Unis (2,79% en 2015), tandis qu’elle se situait à peu près au même niveau qu’en Chine (2,07% en 2015). Ce retard pourrait avoir un impact important en termes de compétitivité pour les entreprises du continent européen notamment.

L’évasion fiscale des pays en développement

L’évasion fiscale des pays en développement

Selon l’OCDE, l’Afrique reçoit 27 milliards d’aides au développement parents mais perd 90 milliards du fat de l’évasion fiscale ou de mouvements financiers illicites notamment  liés à la corruption « Chaque année les pays en développement accusent un manque à gagner d’environ 1 % de leur PIB à cause de l’évasion fiscale », a rappelé Anne-Marie Geourjon de la Fondation pour les Études et Recherches sur le Développement International (Ferdi). Au total, l’aide au développement représente 130 milliards de dollars par an dans le monde. Si le seul continent africain perd 90 milliards de dollars en évasion fiscale, le montant total perdu dépasse largement les fonds transférés vers les pays du Sud. La majorité des grands pays donateurs, comme les États-Unis, la France ou le Japon se situent aujourd’hui bien en dessous de leur engagement de consacrer 0,7 % de leur RNB à l’aide au développement. En moyenne, les pays membres du comité pour l’aide au développement de l’OCDE, qui représentent les principaux donateurs, ne dépensent en moyenne que 0,32 % de leur revenu national brut. La perte de revenus dans les pays en développement liés à l’évasion fiscale, et plus largement aux flux financiers illicites, entrave le développement de ces derniers. Une situation qui touche encore plus durement les pays les moins avancés (PMA), qui ne disposent pas d’une cadre juridique et fiscal adapté ni de ressources suffisantes pour lutter efficacement contre ces pratiques. Par ailleurs, la concurrence fiscale demeure pour un certain nombre de pays une arme permettant d’attirer les investisseurs étrangers. « Dans un certain nombre de pays d’Afrique, il y a beaucoup d’incitations fiscales qui sont décidées pour attirer les entreprises étrangères, sans que soient réalisées de véritables études d’impact », souligne Julien Jarrige, du centre d’administration fiscale de l’OCDE. Dans la pratique, ces exonérations, mais aussi la faible capacité à collecter l’impôt de certains pays en développement entame fortement le montant des ressources propres que ces pays peuvent consacrer à leur propre développement. « Dans les pays en développement ; les recettes fiscales représentent environ 20 % du PIB en recette, ce qui est très inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE », explique Anne-Marie Geourjon.

Un pacte national pour le développement des métropoles ou la confirmation de la désertification du territoire

 

Le  gouvernement a annoncé lors du Conseil des ministres du 24 mars qu’il allait engager des discussions avec toutes les métropoles françaises afin d’aboutir à un pacte national d’ici juin 2016 visant à accélérer leur développement. Inversement la désertification du reste du territoire va évidemment s’accélérer ; mais la mode est à la concentration quitte à s’émouvoir ensuite de ses conséquences sociétales et environnementales sans parler du coût de l’immobilier qui ruine les acquéreurs et les locataires.  Dune certaine manière la mode mondiale de la métropolisation qui entasse de plus en plus de monde dans un espace restreint constitue une folie économique, humaine et environnementale. D’ici 30 à 40 ans, en fonction  des tendances lourdes -amplifiées par les restructurations économiques provoquées  depuis 2008- , le territoire sera organisé  autour d’une  quinzaine de 15 villes d’un millions habitants et plus, de PMV (petites et moyennes villes)   et d’immenses territoires dépeuplés ( le grand arc ouest sud ouest) ; Si on tente de faire une typologie des zones de résidence de la population, le  territoire pourrait  être structuré de la manière suivante :

-Environ  15  métropoles de plus d’un million d’habitants

-de villes moyennes de l’ordre de 300 000 habitants

-de petites villes

-de zones rurales en développement dans l’attraction des grandes agglomérations

-de zones rurales en voie de régression voire de disparition

Dans une  économie de plus en plus flexible, évolutive et de réseaux, la logique de localisations des sociétés renforce le processus de métropolisation. Mais si la concentration a des effets bénéfiques (productivité, main d’œuvre qualifiée, synergies enseignement supérieur-entreprise,  accès aux marchés etc.) la concentration a aussi des effets négatifs : les problèmes d’engorgement,  de congestion, de pollution  se traduisent par des surcoûts pour les entreprises et surtout  pour la collectivité. Des villes moyennes éprouvent elles de plus en plus de difficultés à conserver un tissu industriel (voire de services),  les  villes plus éloignées de grandes métropoles auront du mal à fixer emplois et résidents.  Ce sera le cas pour certaines petites villes du grand sud ouest et de l’ouest.  Depuis 1990, en France, c’est dans les communes périurbaines que la croissance de l’emploi total a été, et de loin, la plus élevée (+ 16 % contre + 3,5 % au niveau national). L’emploi total a aussi progressé dans l’espace à dominante rurale, même si cette progression est modeste (d’à peine 1 %, alors qu’elle est de l’ordre de 8 % hors emploi agricole). Ceci est dû en partie à une déconcentration significative d’emplois industriels vers les communes périurbaines ou sous faible influence urbaine, les seules dans lesquelles l’emploi industriel manufacturier a progressé. Par contre dans  les zones rurales qui ne bénéficient   pas de l’attractivité urbaine  les  emplois  sont rares et la population régresse.  Aujourd’hui, « l’agricole ne fait plus le rural », l’emploi agricole ne représentant guère plus de 10 % de l’emploi rural (14 % dans l’espace à dominante rurale). Certes, l’agriculture occupe toujours le territoire, son emprise s’étant en définitive peu relâchée (elle utilise près de 30 millions d’ha sur les 55 millions du territoire national, soit un recul de 5 % sur les vingt dernières années). D’ici 2040, il est à prévoir que la population aura considérablement diminué dans les zones défavorisées en raison de l’insuffisance d’  équipements publics et d’activité  économique. Nombre d’habitants de ces communes sont contraints de rechercher ailleurs un emploi, à 20, 30, parfois 50kms. Ces habitants sont tentés de se rapprocher de leurs lieux de travail (surtout si les deux époux travaillent). Cela d’autant plus que souvent les moyens de transport collectifs sont à peu près  inexistants et/ou ne permettent d’assurer  les déplacements domicile travail.  Du coup d’immenses  territoires de l’arc ouest sud ouest sont en voie de désertification.

EDF : les capacités de développement limitées par la situation financière

 

 

 

Une critique presque pudique de la Cour des Comptes à l’égard des capacités de développement d’EDF à l’international avec notamment en point de mire le projet de centrale EPR en Grande-Bretagne de le coup, le délai et la rentabilité des rampes. En réalité la capacité de développement en France est tout aussi limitée car la situation financière de l’électricien et catastrophique. Au point que cela a conduit le directeur financier du groupe, Thomas Piquemal, a démissionné. Témoin De la situation catastrophique d’EDF, la baisse de l’action en bourse. Une action qui lors  de son introduction en bourse en 2005 valait 32 € et qui est passée sous la barre des 10 € ;  en cause, la baisse mondiale du prix de l’électricité et la sous-estimation de nombre de dépenses par l’électricien.-Cette dégringolade s’explique notamment par la défiance des investisseurs vis-à-vis des capacités de l’électricien à résister à un contexte de baisse des prix du marché d’une part et à faire face aux investissements colossaux qui l’attendent d’autre part. « La visibilité est tellement faible sur le montant total des coûts et des investissements à supporter dans les années à venir, dans un contexte de baisse des prix de gros de l’électricité, qu’il est impossible d’avoir une vue précise de la faculté de résistance du bilan de l’électricien », écrit dans une note le courtier Aurel BGC. Face à la crise financière dramatique d’EDF n’a donc pas d’autre solution que le prolongement des centrales actuelles ;  ce que viendrait de décider, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal qui « accèderait » à la demande d’EDF visant à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises de 40 à 50 ans. Cette annonce fixée par un décret pluriannuel de l’énergie serait quasiment rédigée.   Du côté d’EDF, cette mesure était attendue alors que la société s’apprête à lancer un grand carénage. Cette opération devrait représenter un coût de 50 milliards d’euros sur dix ans selon EDF. La Cour des Comptes tablerait plutôt sur un coût de 100 milliards d’euros sur 15 ans. De toute manière la situation financière d’EDF est dramatique.  Récemment le patron d’EDF à ouvert la porte à de nouvelles modalités de financement du nucléaire. Et pour cause !  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. Discrètement mais sûrement le patron d’EDF ouvre le débat pour un changement des modalités de financement des centrales nucléaires. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. En clair EDF ne pourra  affronter  seule  ces défis même avec une augmentation régulière du prix de l’électricité  (il est prévu une augmentation moyenne de 2,5 % par an  pendant plusieurs années) ou par des seules suppressions d’effectifs. Ce que confirmait le patron d’EDF dans une interview du JDD.  « . En France, nos parts de marché reculent, donc on ne doit pas prendre de retard. Notre dette est élevée et nous devons faire des arbitrages sur nos activités futures. Nous n’avons plus les moyens de tout garder à l’étranger, ou de tout construire seuls ».

FMI : une réforme au profit des pays en développement

FMI : une reforme au profit des pays en développement

La réforme du FMI à laquelle s’est longtemps opposé le congrès américain se traduit d’une part par une modification de la répartition du capital et surtout par une nouvelle répartition du poids politique respectif de chaque pays concerné au sein de l’institution. Ainsi La République populaire voit presque son poids doubler. Elle devient numéro trois, avec plus de 6% du capital de l’institution, devant l’Allemagne et la France. Les droits de vote de l’Inde passent de 2,3% à 2,6%, ceux du Brésil d’1,7% à 2,2%, ceux de la Russie de 2,3% à 2,6%. Le plus important du point de vue de Washington reste que les États-Unis conservent de fait leur droit de véto sur les décisions les plus importantes du FMI. Pour autant le retard du Congrès a fait des dégâts.  La crédibilité des États-Unis dans les questions de gouvernance du fonds a été mise à mal. Les tergiversations du Congrès ont en outre incité les pays émergents les plus riches, sous l’égide de la Chine, à créer leur propre institution multilatérale, baptisée «Banque asiatique d’investissement d’infrastructure». Même si son importance restera modeste à moyen terme, les Américains n’auront guère de poids dans cette nouvelle «multilatérale». Il reste que la Chine peut pavoiser. En quelques jours, le FMI a non seulement intégré le yuan dans le panier des grandes devises mondiales, mais, de plus, quasiment doublé sa part de son capital.

 

BRICS : création d’une banque de développement

BRICS : création d’une  banque de développement

Sous représentés au FMI et à la banque mondiale, les Brics ont décidé de créer leur propre banque de développement. (En attendant peut-être un fonds monétaire). Ce mardi 15 juillet, les grands pays émergents, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont annoncé la création d’une banque de développement. Cette banque sera dotée d’un capital initial de 50 milliards de dollars, capital qui pourra être ensuite porté à 100 milliards de dollars. Il sera abondé à parts égales par le Brésil, l’Inde, la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud. Le premier président de cette « Nouvelle Banque de Développement », qui sera basée à Shanghai, sera issu d’Inde, selon la déclaration finale du 6e sommet des BRICS, organisé à Fortaleza au Brésil.  En complément de cette banque, les cinq pays ont également acté la création d’un fonds de réserves de 100 milliards de dollars. Ce fonds doit leur permettre d’éviter « les pressions à court terme sur les liquidités », « promouvoir une plus grande coopération » au sein des Brics et « renforcer la sécurité financière globale », selon la déclaration. Les pays émergents des BRICS, qui représentent 40% de la population et un cinquième du PIB de la planète, discutaient depuis plusieurs années de ce double projet visant à faire contrepoids à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI), où ils s’estiment mal représentés.

 

Chine : l’environnement une priorité avant le développement économique

Chine : l’environnement une priorité avant le développement économique

La révision de la loi de 1989 sur la protection de l’environnement, dont les derniers détails sont en cours de discussion, fera passer l’environnement avant le développement économique, a-t-il dit. « Le fait d’ériger la protection de l’environnement au rang de principe fondamental est un changement considérable qui montre que l’environnement est une priorité », a dit Cao Mingde, un professeur de droit qui a participé à la rédaction du texte. La nouvelle loi permettra aux autorités de Pékin de mener avec davantage d’efficacité la « guerre » contre la pollution qu’elles ont décrétée après des décennies de négligence au profit d’une croissance économique échevelée. Elle les autorisera notamment à fermer des usines et à les confisquer alors qu’elles ne pouvaient jusqu’à présent imposer que des amendes, a précisé Cao Mingde. L’éventail des sanctions sera élargi grâce à l’abandon du système « d’amende maximale » qui permettait aux usines de continuer à polluer en s’acquittant d’une somme nettement inférieure au coût d’une mise aux normes. Selon Cao Mingde, la loi devrait fixer une « ligne rouge écologique » qui permettra d’interdire l’implantation d’industries polluantes à proximité des zones protégées et généraliser les nouvelles règles de transparence qui imposent aux entreprises de fournir des chiffres d’émissions de polluants atmosphériques en temps réel. Le projet de loi fait l’objet d’intenses débats depuis plus de deux ans. Un des articles les plus contestés de sa première mouture était l’interdiction faite aux organisations non gouvernementales d’attaquer les pollueurs en justice, un droit réservé à une agence gouvernementale. Ce droit a depuis été étendu aux ONG environnementales enregistrées depuis au moins cinq ans en dépit, selon Cao Mingde, qui a participé à de nombreuses discussions sur le sujet, des pressions des industries polluantes sur les responsables gouvernementaux.

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