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EDF : 10 milliards pour les actionnaires minoritaires, pour quoi faire ?

EDF : 10 milliards pour les actionnaires minoritaires, pour quoi faire ?

Dans le cadre du projet de restructuration d’EDF l’État prévoit de racheter la totalité des actions détenues par les actionnaires minoritaires, soit un coût d’environ 10 milliards d’euros. Ainsi EDF redeviendra publique à 100 %. Parallèlement ,il est prévu par contre que la distribution soit libéralisée et ouverte à la concurrence. Pour résumer,  le rôle d’EDF sera concentré sur la production et la distribution sera confiée à  des sociétés au statut privé. L’État fait un joli cadeau aux actionnaires minoritaires puisque actuellement les 16 % d’action EDF détenue par des particuliers institutions représentent de l’ordre de 6 milliards.(Il faut dire que ces actionnaires ont perdu beaucoup d’argent avec l’écroulement des cours d’EDF).  Pour les inciter à vendre il y aura donc un bonus de 4 milliards.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du projet dit Hercule qui vise donc à restructurer les activités d’EDF.

Le projet Hercule a été conçu par le gouvernement français comme un moyen d’assurer l’avenir de la branche nucléaire endettée et avide de capitaux de l’entreprise, tout en permettant à des parties plus lucratives de l’entreprise de s’épanouir sans les passifs du groupe plus large.

Le plan est de nationaliser une société holding qui comprendra les actifs nucléaires. Une entité distincte, contrôlée par la société holding, sera créée pour héberger les entreprises les plus lucratives.

Une curieuse opération car la société holding sera ouverte aux capitaux privés. Pourquoi racheter aujourd’hui les actions de l’actuelle EDFsi c’est  pour demain remettre sur le marché les actions de la société holding. De toute manière comme pour les télécoms  , il n’existera qu’une  infrastructure de production et la concurrence sera assez marginale d’autant que les prix de l’électricité en France ne sont pas à la hauteur des couts.

Politique sanitaire : faire un choix clair

Politique sanitaire : faire un choix clair

 

 Matthias Fekl avocat, ancien ministre estime que l’absence de choix clair participe à la croissance de la pandémie ( dans l’Opinion)

 

Un an après la mise en place du premier confinement, une forme de lassitude a gagné les citoyens, malgré la patience remarquable dont font globalement preuve nos sociétés. Si la pandémie a frappé le monde entier, elle a aussi évolué à des rythmes parfois divergents entre les pays, si bien que chacun d’entre eux a pu être pris, à certains stades, comme modèle, avant d’être ensuite décrié pour son inefficacité dans tel ou tel aspect de la gestion de crise.

Pour ce premier « anniversaire », France et Allemagne se retrouvent étrangement synchronisées sur un point précis et central de la gestion de crise : le choix à opérer entre une approche restrictive et autoritaire, d’une part, et une approche plus libérale, fondée sur un appel à la responsabilité individuelle et collective, d’autre part. Ces deux approches sont, en réalité, inconciliables. C’est ce qu’illustre, en France, l’incompréhension suscitée par la « troisième voie » souhaitée par le président de la République et, en Allemagne, la polémique autour du tour de vis initialement prévu pour le week-end pascal, suivi des spectaculaires excuses de la chancelière.

Les deux pays gèrent la pandémie avec des processus de prise de décision fort différents. En France, tout semble se décider en Conseil de défense voire, pour les décisions les plus stratégiques, dans le seul bureau présidentiel. Matignon met loyalement en œuvre les décisions, et la nomination comme Premier ministre d’un haut fonctionnaire consensuel, auparavant chargé de la coordination administrative et logistique du déconfinement, prend valeur de symbole. La fonction a changé et le changement est assumé comme tel ; le poste n’est plus occupé par une personnalité politique mais par un administrateur. Le contrôle parlementaire est résiduel et les concertations avec les élus locaux consistent, au mieux, en des réunions d’information immédiatement en amont de l’annonce publique de décisions déjà actées.

En Allemagne, du fait de la nature fédérale de l’Etat, les échelons locaux ont des compétences qui les rendent incontournables dans la gestion de la crise. Avant chaque changement important, tous les présidents des Länder sont réunis autour de la chancelière pour parvenir à un diagnostic partagé et à des décisions aussi coordonnées que possible. La dernière de ces réunions a duré pas moins de quinze heures (!) : si c’est excessif, c’est aussi la preuve d’authentiques débats et prises de décision en commun.

Nostalgie. Les régimes de restriction mis en place ont, eux aussi, fortement différé entre la France et l’Allemagne. Celle-ci n’a pas connu de mesures d’interdiction générale applicables sur l’ensemble du territoire, mais a d’emblée préféré une adaptation aux spécificités locales. Elle a fermé les écoles face aux nouvelles vagues de Covid. En France, le premier confinement a été, tout le monde s’en souvient sans nostalgie, hyper-restrictif. L’impact sur les libertés comme sur l’économie a été considérable. Le confinement suivant a été plus souple avec un recours facilité aux dérogations via des attestations que le monde entier regarde avec étonnement – et qui introduisent cette pratique étrange : une norme générale édictée par l’Etat fixe des interdictions strictes, mais chacun peut ensuite y déroger assez tranquillement en s’autodélivrant des justificatifs dont personne ne peut, in fine, réellement contrôler la véracité.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique: confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences: des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus

Désormais, les deux pays connaissent une confusion et des polémiques similaires : en Allemagne a été envisagé un « lockdown renforcé » pour le week-end de Pâques, qui peut s’analyser comme un tour de vis assez puissant et restrictif. En France, le gouvernement a annoncé de nouvelles restrictions dans de nombreux départements au vu de leur situation sanitaire, en mettant en place une nouvelle attestation, complexe et aussitôt supprimée, tout en se refusant à décréter en tant que tel un nouveau confinement.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique : confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences : des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus.

Mélange. Il ne s’agit pas de donner des leçons faciles : la pandémie est inédite, sa gestion est infiniment complexe, et chacun fait au mieux. La période la plus récente permet en revanche de tirer collectivement au moins une leçon : confiner ou responsabiliser, il faut choisir. Le désordre et la confusion actuels résultent pour l’essentiel du mélange hasardeux de deux approches différentes. D’un côté, une approche restrictive et même autoritaire, en partie dérisoire d’ailleurs du fait d’auto-attestations invérifiables. De l’autre côté, une approche plus libérale, reposant sur des appels à la responsabilité citoyenne.

Malgré le côté un peu ridicule et infantilisant des campagnes de communication, le fond des messages portés est tout sauf absurde : appeler à la prudence, souligner l’importance des gestes barrière, rappeler la dangerosité du virus reste nécessaire en l’absence déplorable de doses suffisantes pour vacciner à grande échelle. Chacune de ces approches a sa cohérence et sa légitimité. Mais en ayant simultanément recours aux deux, des messages contradictoires se percutent pour finalement s’annuler et être privés d’effet.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables

Pour résumer grossièrement, 1 la population, à force de petits indices distillés ici et là, s’attend à des interdictions absolues (ambiance générale avant la conférence de presse française la semaine dernière ; interdictions prévues en Allemagne pour le week-end de Pâques – exercice en soi périlleux pour la chancelière dirigeant un Etat non laïc, et appartenant à un parti chrétien), 2) elle est ensuite soulagée de voir que les régimes mis en place sont plus cléments que prévus (refus de reconfiner en France, annulation des interdictions en Allemagne) et ce soulagement est ô combien légitime après une année d’efforts et de difficultés, 3) du coup, les appels par ailleurs sages et raisonnables à la responsabilité deviennent inaudibles : puisqu’on a le droit de sortir, sortons, puisqu’on a le droit de voir des amis, voyons des amis.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte, et que seul le retour à des confinements stricts permettra – en attendant les vaccins – d’endiguer la pandémie. C’est malheureusement ce qui risque de nous arriver sous peu. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables.

L’année écoulée a révélé un esprit de responsabilité largement partagé. Les abus ont existé, mais ils n’ont pas été majoritaires. Ils doivent légitimement être réprimés, ce qui est possible sans en faire porter le poids à l’ensemble de la population, durement éprouvée et désormais bien fatiguée. Ce chemin est aussi un test pour chacun d’entre nous, tant il repose sur le civisme et l’esprit de responsabilité.

Matthias Fekl est avocat, ancien ministre.

Comment faire face à l’agressivité de la Chine et de la Russie

Comment faire face à l’agressivité de la Chine et de la Russie

Quelle stratégie l’UE, peu habituée aux retours de bâton, va-t-elle suivre pour faire face à l’agressivité de Pékin, en plus de celle de Moscou, s’interroge Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Chronique.

 

L’Europe est au pied du mur et, si la position est inconfortable pour tout le monde, elle l’est particulièrement pour les Vingt-Sept, peu rompus aux épreuves de force. Il s’agit, après tout, d’un groupe que son haut représentant pour la politique extérieure, Josep Borrell, supplie régulièrement de se mettre à « apprendre le langage de la puissance ». Et visiblement, l’apprentissage prend du temps.

Non pas que l’Union européenne (UE) ne sache pas manier les sanctions : au contraire, elle en use volontiers, à l’égard de la Russie, de la Biélorussie ou encore récemment des militaires putschistes de la Birmanie, et maintenant de la Chine.

Mais elle n’est pas habituée au retour de bâton en pleine figure. A la limite, elle sait s’accommoder de la pratique du tit for tat qui est l’usage avec Moscou. Œil pour œil, dent pour dent, trois diplomates expulsés d’un côté, trois diplomates de l’autre – avec les Russes, on sait à quoi s’attendre.

Bruxelles découvre qu’avec les Chinois c’est autre chose. Eux ne font pas dans l’équivalence, mais dans la surenchère. L’UE déclare persona non grata quatre responsables chinois du Xinjiang impliqués dans la répression massive des musulmans ouïgours, et une institution locale, le bureau de la sécurité publique. Pékin riposte en doublant, voire en triplant la mise : ce sera dix Européens sanctionnés et quatre institutions.

Un chercheur d’une fondation française critique avec insistance le régime chinois sur Twitter ? L’ambassade de Chine passe aux insultes et puise dans la richesse du vocabulaire français, puis dans la zoologie, pour le traiter de « petite frappe » et de « hyène folle ».

Le chef de la diplomatie française convoque l’ambassadeur de Chine pendant les heures de bureau pour lui rappeler les règles diplomatiques ? Non seulement le diplomate chinois prétend avoir des problèmes d’agenda pour reporter le rendez-vous, mais l’ambassadeur de l’UE à Pékin est convoqué, lui, en pleine nuit.

« L’Europe n’est pas un paillasson », pas plus que la France, a affirmé Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, mardi 23 mars, sur Franceinfo. « Le Parlement et les institutions de l’UE ne se laisseront pas intimider », a juré le président du Parlement européen, David Sassoli. L’indignation est bienvenue ; maintenant, il va falloir le prouver.

Et c’est là que les choses se compliquent pour l’UE. Car, pas plus tard que le 30 décembre 2020, l’UE, alors présidée par l’Allemagne, brandissait comme un trophée diplomatique la conclusion avec Pékin d’un accord global sur les investissements, visant à ouvrir un peu plus le marché chinois aux entreprises européennes.

Afrique : faire face à l’exode et au manque de capitaux

Afrique : faire face à l’exode et au manque de capitaux

Hippolyte Fofack ,économiste en chef de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) évoque le difficile problème du manque de capitaux en Afrique.

 

Le sommet a donné au président Biden l’occasion de renouer avec l’Afrique — alors que les perspectives de croissance et d’investissement de la région s’améliorent — et l’occasion de réaffirmer l’engagement de Washington en faveur d’un ordre international régi par des règles. L’Afrique deviendra le principal moteur de la croissance mondiale au cours des prochaines décennies, stimulée par la main-d’œuvre la plus jeune du monde, ainsi que par la hausse de la compétitivité et de la productivité résultant des vastes économies d’échelle rendues possibles par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Si Joe Biden souhaite que les Etats-Unis conservent leur statut de leader mondial, il aura besoin de l’Afrique à ses côtés. Compte tenu de sa grande expérience dans la région et du fait qu’il a plaidé en faveur de la fin de l’apartheid il y a plusieurs décennies, il est bien placé pour y parvenir.

Joe Biden a souligné que la lutte contre la Covid-19 était l’un des plus grands défis auxquels le continent était confronté. Bien que les ravages causés en Afrique par le virus aient été moins graves que dans d’autres parties du monde – l’Afrique du Sud, durement touchée, étant la principale exception –, les fragiles systèmes de santé de la région sont au point de rupture. La crise menace d’anéantir les progrès réalisés au cours des dernières décennies.

« La Banque mondiale prévoit une diminution de 20 % des envois de fonds vers les pays à faible et moyen revenu, et une baisse encore plus marquée pour l’Afrique, atteignant plus de 100 milliards de dollars »

Exode de capitaux. En l’absence de mesures de protection sociale, les confinements et fermetures de frontières ont fait chuter les flux de revenus et accru les taux de pauvreté dans une région qui dépend fortement de l’économie informelle. Selon les Nations unies, la pauvreté mondiale devrait augmenter pour la première fois depuis des décennies. L’Afrique, qui compte la plus grande part de pauvres dans le monde, devrait être la plus touchée.

Plusieurs facteurs ont contribué à accroître la pression sur la balance des paiements et les contraintes de liquidité en Afrique, notamment le double choc mondial tant du côté de l’offre que de la demande, la chute brutale des prix des produits de base, l’effondrement des recettes du tourisme et des transferts de fonds, ainsi que l’exode de capitaux. La Banque mondiale prévoit une diminution de 20 % des envois de fonds vers les pays à faible et moyen revenu, et une baisse encore plus marquée pour l’Afrique, atteignant plus de 100 milliards de dollars. Selon les prévisions de l’Institut de la finance internationale, les flux de capitaux — qui se sont taris au plus fort de la pandémie — ne retrouveront pas leur niveau antérieur à la crise avant 2022.

De nombreux pays continuent de souffrir de graves pénuries de liquidité, en particulier les économies dépendantes du tourisme et les Etats à faible revenu qui n’ont pas accès aux marchés des capitaux. L’absence de soutien efficace et rapide pourrait intensifier l’ampleur des problèmes de financement des pays, les crises de liquidité pouvant se transformer en crises de solvabilité et déclencher une cascade de faillites menaçant la stabilité financière mondiale.

Après le début de la pandémie de Covid-19, les experts ont préconisé l’émission de droits de tirage spéciaux (DTS) supplémentaires, l’unité monétaire composite du Fonds monétaire international (FMI) basée sur un panier de devises. Ce mécanisme constituerait la réponse la plus rentable, anticyclique, à faible risque et sans conditions au ralentissement économique. Il permettrait d’injecter des liquidités sans discrimination dans l’économie mondiale et d’alléger la pression sur la balance des paiements. Près d’un an après le début de la crise, l’émission de nouveaux DTS reste essentielle pour la reprise de l’économie mondiale, qui pourrait être retardée soit par le « nationalisme vaccinal », soit par les contraintes de liquidité qui empêchent les pays à faible revenu de se procurer des vaccins.

« Des éléments montrent que les effets marginaux d’une telle mesure seraient particulièrement importants pour les économies en développement, non seulement en matière d’atténuation des risques, mais aussi du point de vue de la gestion macroéconomique et de la croissance »

Droit de veto. L’émission de nouveaux DTS a été approuvée par la plupart des pays, mais bloquée par les Etats-Unis, qui disposent d’un droit de veto au FMI. L’appui de l’administration Biden ouvrirait certainement la voie à une augmentation instantanée du niveau des réserves de change de tous les pays membres du FMI. En outre, il déclencherait le regain de confiance nécessaire pour une reprise mondiale synchronisée qui profiterait aux économies développées comme aux économies en développement. Les premiers pourraient utiliser leurs DTS pour alléger les pressions budgétaires nationales et leur laisser davantage de ressources pour l’aide internationale. Les seconds pourraient tirer parti d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire et du pouvoir d’achat associé à l’augmentation des réserves de change pour favoriser la reprise.

Des éléments montrent que les effets marginaux d’une telle mesure seraient particulièrement importants pour les économies en développement, non seulement en matière d’atténuation des risques, mais aussi du point de vue de la gestion macroéconomique et de la croissance. Avec l’émission de 653 milliards de dollars de nouveaux DTS — le seuil maximum qui ne nécessite pas l’approbation officielle du Congrès —, les pays africains recevraient collectivement environ 46 milliards de dollars.

Cette allocation représenterait une hausse de 13 % de leurs réserves internationales totales. Pour les pays africains à faible revenu, l’augmentation serait d’environ 21 %, en partie parce que les quotas du FMI sont orientés vers les pays à revenu faible et intermédiaire par rapport à leur part du PIB mondial. Cela permettrait d’élargir la marge de manœuvre budgétaire des pays et de renforcer leur capacité à faire face aux besoins immédiats et à long terme résultant de l’épidémie de Covid-19. Ils pourraient notamment acheter des doses de vaccin, stimuler la relance par des mesures d’aide budgétaire anticycliques ou honorer leurs engagements extérieurs afin de renforcer la stabilité financière mondiale.

En outre, les DTS apporteraient un complément important à l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) du G20. Cette initiative offre un allègement du service de la dette bilatérale officielle à 73 pays à faible revenu, dont 37 pays africains, bien que tous les pays éligibles n’y participent pas. Elle a été qualifiée d’insuffisante compte tenu de l’ampleur du déficit des transactions courantes créé par la récession due à la pandémie. Cela est doublement vrai pour l’Afrique, étant donné que les moyens de subsistance économiques dans la région dépendent fortement du commerce, tant formel qu’informel. Pour sa part, l’émission de nouveaux DTS agirait comme un multiplicateur financier, en augmentant la marge de manœuvre budgétaire à court terme et en renforçant les perspectives de solidité financière et de stabilité mondiale à moyen et à long terme.

L’émission de DTS réduirait l’exposition des pays à la volatilité des taux de change et aux contraintes de liquidité associées à la forte pression sur la balance des paiements. En plus d’empêcher les crises de liquidité de se transformer en crises de solvabilité, le déploiement de DTS supplémentaires permettrait de restaurer la confiance des investisseurs et de stimuler la reprise économique en Afrique.

« Ils permettraient d’accroître les investissements dans les infrastructures, notamment les infrastructures énergétiques résistantes au changement climatique et dans le haut débit »

Risques majeurs. D’autre part, l’impact sur le développement d’une telle mesure serait large et durable. Il bénéficierait aux pays africains à faible revenu éligibles à l’initiative DSSI ainsi qu’aux grands pays, comme le Nigeria et le Kenya. Ces derniers ont choisi de ne pas participer à l’initiative du G20 pour préserver l’accès aux marchés internationaux des capitaux ; ils joueront un rôle clé dans la reprise de la région en tant que principaux moteurs du commerce intra-africain.

Ces pays, ainsi que d’autres grandes économies africaines, notamment l’Egypte et l’Afrique du Sud, n’ont pas accès à l’ensemble des instruments déployés pour accroître les liquidités mondiales et renforcer la stabilité financière pendant les périodes de forte tension sur les marchés mondiaux du financement en dollars. Il s’agit notamment des accords de swap étendus par la Réserve fédérale à certains pays et de la facilité de pension livrée (ou « repo ») temporaire pour les autorités monétaires étrangères et internationales.

Les risques majeurs auxquels l’Afrique et le reste du monde sont confrontés rendent l’émission de DTS supplémentaires encore plus urgente. En plus de donner un coup de pouce à la reprise naissante de l’économie mondiale, les nouveaux DTS contribueraient également à faire avancer la mise en œuvre de la ZLECAf. Ils permettraient d’accroître les investissements dans les infrastructures, notamment les infrastructures énergétiques résistantes au changement climatique et dans le haut débit, afin d’aider l’Afrique à tirer parti des technologies numériques pour augmenter la productivité et participer, de manière proactive, à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales après la Covid-19.

L’émission de nouveaux DTS est un élément crucial du puzzle de la reprise mondiale. Elle marquerait également, parallèlement à l’élection de Ngozi Okonjo-Iweala au poste de directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, un retour au multilatéralisme coopératif.

La reprise robuste et synchronisée nécessaire pour que le monde retrouve les niveaux de PIB antérieurs à la pandémie ne pourra se concrétiser en l’absence d’une action internationale forte et bien coordonnée. L’Afrique et le monde entier attendent à présent du président Biden qu’il autorise l’émission de DTS et renforce les bases de la coopération transfrontalière.

Hippolyte Fofack est économiste en chef de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).

La Commission européenne veut faire éclater EDF

La Commission européenne veut faire éclater EDF

 

 

Pour résumer il y a deux plans qui s’affrontent, celui de la France et celui de la commission européenne. Pour la France, le projet hercule vise à séparer la fonction de production de la fonction de distribution mais en gardant une certaine cohérence globale. Pour la commission, il s’agit de faire éclater complètement EDF en confinant l’entreprise sur la seule production et le reste serait livré à la concurrence.

Notons que la commission n’est pas sans arrière-pensée économique dans la mesure où le nucléaire constitue un atout technologique et économique fondamental pour la France. Un atout contesté par d’autres pays qui instrumentalisent l’argument écologique pour affaiblir le nucléaire français. En réponse à la direction EDF insiste pour que le nucléaire soit reconnu comme une arme privilégiée contre le réchauffement climatique et le carbone

. « Si ce dossier devait ne pas se concrétiser, je présenterais de nouvelles perspectives stratégiques et financières, qui hélas ne seraient pas à la hauteur des enjeux », ajoute-t-il.

« L’enjeu pour EDF est que l’atome soit reconnu comme une filière contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique, ce qui sécuriserait le financement des projets de centrale. Là encore, les choses semblent coincer… », dit Jean-Bernard Lévy à L’Express.

Le président français Emmanuel Macron et EDF ont fait du maintien de l’intégrité du groupe – avec en particulier une stratégie et une direction uniques – une condition sine qua non à sa réorganisation.

 

Politique- Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

Politique -Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

 

 

Il est clair que la proposition soudaine du gouvernement d’envisager le vote anticipé pose de nombreuses questions quant à ses objectifs et ses conséquences. En fait,  il s’agirait d’une copie du modèle américain qui ne constitue pas en soi le modèle démocratique idéal si l’on tient compte des milliards qui sont nécessaires aux futurs candidats américains pour exister politiquement (1,3 milliards pour Trump et autant pour Biden à comparer aux 15 millions « officiels » pour la campagne de Macron. ).

 

Cette proposition subite du gouvernement témoigne d’une certaine fébrilité d’ autant que les élections départementales et régionales devraient confirmer la débâcle de la république en marche. Sur le plan politique , on voit mal en quoi un vote anticipé serait de nature à redynamiser la démocratie. La proposition est d’autant plus curieuse qu’on se refuse pour l’instant au vote électronique qui simplifierait la tâche de tout le monde, surtout de nombre d’abstentionnistes.

 

Le problème du vote anticipé pose la question calendaire. À partir de combien de jours avant le scrutin officiel : 15 jours, un mois, deux mois. En outre, pourraient parallèlement se développer des sondages plus ou moins officiels rendant compte des résultats de ces votes anticipés qui fausseraient alors l’environnement électoral. Par ailleurs, des événements majeurs peuvent se produire entre la date du vote par anticipation et la date officielle. Une situation qui pourrait alors changer la donne quand on sait que les élections peuvent se jouer à quelques pour cent.

 

De toute manière sur le plan du droit cette proposition serait considérée comme certainement anticonstitutionnelle.

 

Jean-Philippe Derosier, interrogé par Franceinfo, « il y a clairement une rupture d’égalité des électeurs face au scrutin » qui en viendrait à déclarer l’insincérité du scrutin.

Le système électoral aux Etats-Unis permet d’illustrer ce risque de rupture d’égalité. Le spécialiste américain de l’éthique politique Dennis F. Thompson a analysé le problème à travers deux articles parus en 2004 et 2008. Selon lui, le simple fait que des électeurs votent avant le jour J, en personne ou par correspondance, diminue la valeur démocratique de l’élection.

Selon Jean-Philippe Derosier, le vote par anticipation « est diffus dans le temps », les électeurs ne sont donc pas « confrontés au même instant électoral, au même instant politique et ne votent pas avec les mêmes éléments d’information ». « Si une partie des Français vote huit jours avant, vous imaginez les fuites sur le sens du vote de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin? C’est lunaire surréaliste et pas souhaitable », résumait mardi Sébastien Jumel.

 

Covid 19 : faire le bon choix des indicateurs d’alerte

Covid 19 : faire le bon choix des indicateurs d’alerte

 

Seuls les indicateurs d’aval doivent être considérés pour anticiper l’évolution et éviter prévisions et commentaires hasardeux, mettent en garde les professeurs Fanchon Bourasset, Bruno Mégarbane et Jean-Michel Scherrmann dans une tribune au « Monde ». Le choix de ne pas confiner dans l’immédiat reste une décision politique.

Tribune. 

 

La diversité des marqueurs caractérisant l’évolution du Covid-19 entraîne des confusions dans l’interprétation de leur évolution, tant au niveau des spécialistes que des médias et du grand public. Ces marqueurs peuvent se classer en deux groupes dont la temporalité est bien différente.

En amont, nous pouvons regrouper les marqueurs les plus précoces avec la détection virale dans les eaux usées et le nombre de cas détectés positifs qui sont publiés tous les jours.

En aval, les indicateurs concernent la situation hospitalière, comme les nombres de patients hospitalisés et ceux admis en réanimation. Enfin, la publication du nombre de décès constitue l’ultime marqueur clinique du suivi de l’épidémie.

Si l’on se place début février 2021, les nombres de patients admis à l’hôpital, de patients hospitalisés en réanimation et de patients décédés expriment l’activité épidémique des semaines antérieures. Il est donc normal que l’augmentation du nombre de cas moyens hebdomadaires de contaminations d’environ 10 000 à 25 000 observés entre fin novembre et actuellement se traduise par une hausse du nombre de patients admis à l’hôpital et des décès que nous observons depuis la mi-janvier.

Ces indicateurs, dits « d’aval », nous informent sur l’évolution clinique des patients atteints par les formes graves de la maladie mais ne peuvent pas servir de sources prédictives quant à l’évolution de l’épidémie dans les prochains jours et les prochaines semaines. Bien entendu, ils ont une valeur incontournable sur la gestion de la pression qui se manifeste sur la capacité d’accueil hospitalier.

En revanche, les marqueurs, dits « d’amont », expriment l’état de la progression épidémique le jour même et sont les plus appropriés pour estimer l’évolution de l’épidémie.

Le suivi de l’évolution du nombre de cas détectés positifs peut être analysé de deux façons : par le nombre lui-même et par la vitesse à laquelle ce nombre évolue. L’évolution quotidienne de ce nombre est largement privilégiée par les observateurs. Son analyse peut prêter à discussion en raison de l’irrégularité des données liée à l’effet « week-end » où le nombre de tests chute et de sa dépendance au nombre de tests réalisés.

Pour limiter ces effets, nous recommandons de mesurer à partir des nombres de cas de contamination cumulés leur vitesse de progression quotidienne et d’en établir une moyenne hebdomadaire. Cette dimension de vitesse nous a récemment permis d’analyser l’efficacité du confinement lors de la première vague pandémique de l’hiver 2020.

Les prix des matières premières pourraient faire repartir l’inflation

Les prix des matières premières  pourraient faire repartir l’inflation

Le retour de l’inflation est pourrait être favorisé par la hausse des cours des matières premières, notamment celle des métaux estime Didier Julienne, Président de Commodities & Resources » (*). (Chronique dans la Tribune)

 

 

Les bruits d’inflation surgissent de partout. Espérée ici, crainte là, des spécialistes garantissent qu’elle arrive en grand, d’autres qu’elle sera à 2 % et les derniers qu’elle sera bien inférieure, négligeable, voire négative. Une chose est certaine l’un de ces avis pourrait être le bon, bien que les prévisions sur l’inflation de la part des économistes sont le plus souvent erronées depuis 50 ans.

Leurs modèles de pensées sont-ils encore marqués par les chocs des crises pétrolières passés, par les dévaluations liées à la fin de Bretton Woods, par le chômage, les relances fiscales et Keynes… ; ou bien comptabilisent-ils l’automatisation, la digitalisation, la disparition de petits commerces, le chômage de longue durée et le travail en plate-forme numérique pauvrement rémunéré, mais également l’inflation qui diminue la charge de la dette et la rémunération de l’épargne d’une population vieillissante, alors qu’elle sera appelé aux urnes en 2021 et 2022, lorsque la croissance sera en mode rattrapage de la Covid-19 à des niveaux espérés supérieurs à 5 % ?

Un fait ne demande cependant pas de prévision. Le blé, le maïs, le soja, le riz, le marché de la viande, le cuivre, l’aluminium, le zinc, le nickel, l’étain, le fer, l’acier, le molybdène, le lithium, le cobalt, les platinoïdes, l’argent métal, le pétrole, le gaz naturel… connaissent tous une inflation de leurs les prix. À l’exception des hydrocarbures, ils sont supérieurs aux niveaux d’avant crise de 2008, et parfois plus élevés que les récents pics de 2011. C’est l’œuvre du supercycle des matières premières qui dure depuis déjà 50 ans et correspond au rééquilibrage industriel en faveur de la Chine.

Celui-ci a connu plusieurs à-coups avec des accélérations et décélérations des prix des métaux, des énergies et des denrées agricoles. Ces mouvements sont plus apparents depuis le début du siècle, depuis que Pékin domine ces marchés. De 2000 à l’été 2008, les courbes de prix s’envolèrent jusqu’à s’effondrer au deuxième semestre 2008, avant de reprendre de plus belle leurs trajectoires initiales pour culminer début 2011. Puis, durant dix ans, les prix de chaque ressource naturelle évoluèrent en fonction de l’idiosyncrasie de leurs fondamentaux — offre, demande, stocks, coûts de production — et parfois aussi sous l’influence d’épiphénomènes, tels que les relations politico-économiques entre la Chine et les États-Unis. Mais, depuis mars 2020, date de la fin officielle de la crise sanitaire en Chine, le premier consommateur mondial de produits de base, ils connaissent une nouvelle hausse anticipant l’accélération de la digitalisation et de la décarbonation de l’économie chinoise. Ces variations amorties par les filières industrielles n’ont toutefois pas engendré une croissance notable des prix à la consommation.

Sur le temps long, les périodes d’hyperinflation sont le résultat de guerres. Elles détruisent de gigantesques moyens de production, mais la demande ne diminuant pas, les déséquilibres sont inflationnistes. La paix retrouvée connait parfois une inflation hors de contrôle si la reconstruction d’infrastructures, de villes et des vies s’opèrent avec les mêmes instabilités.

La crise de 2008 n’a pas eu les effets d’une guerre car depuis plus de dix ans l’inflation est restée cantonnée au capital, alors qu’une déflation frappait le travail. De même, en 2020, la crise de la Covid n’a pas non plus l’effet d’une guerre. Nul n’a noté de hausse de prix à la consommation démesurée. Au contraire, malgré le fort soutien fiscal, loin d’être en déséquilibre, l’offre et la demande se sont contractées simultanément et les prix sont restés stables. Il n’est envisagé qu’une hausse de de 2% au maximum, et pour quelques mois. À croire que la relation entre croissance de la monnaie et inflation, si chère à Milton Friedman, s’est évanouie.

Toutefois, puisque la gestion de la crise de la Covid-19 en Europe nous impose des confinements plus longs, elle accélère la digitalisation de nos vies connectées, la construction de villes intelligentes, l’ascendance de l’électrique dans nos voitures et nos transports. Mais elle ne provoque pas une « déglobalisation » massive de nos sociétés si l’on juge l’avance de l’Asie dans les batteries ou l’électronique, ni une réelle accélération de la transition énergétique qui est déjà bien lancée.

 

L’ensemble – le rattrapage chinois et la digitalisation occidentale – accélère cependant nos nouvelles dépendances électriques envers les métaux, ceux-là mêmes qui s’emparent de l’ancien rôle joué par les hydrocarbures. Quelle meilleure illustration de cette évolution que la pétrolière Total qui devient Total Énergies, avec un regret toutefois : ne pas avoir remplacé ses champs de pétrole et de gaz par des mines.

Les métaux sont en effet indispensables à la digitalisation et la décarbonation de l’économie et un métal est emblématique de cette nécessité. Sa consommation par habitant ne cesse d’augmenter, il est partout essentiel à la production, la transmission, le stockage et la consommation de l’électricité à partir des énergies renouvelables et de l’hydrogène jusqu’aux voitures électriques, les maisons connectées, l’électronique nomade… Plus que d’autres, l’augmentation de son offre annuelle est critique, car ric-rac par rapport à l’augmentation continue de sa demande. Plus que d’autres, l’équilibre entre sa production et sa consommation est à la merci du moindre incident.

Ce métal, l’un des meilleurs baromètres de la santé industrielle mondiale, est le cuivre. Avant même que le plan de relance étatsunien ne prenne la suite du supercycle chinois, son prix à déjà rejoint ses plus hauts historiques de 10 .000 dollar/tonne, c’est-à-dire presque deux fois plus que ses points bas de 2016.

Si l’on souhaite se faire peur, ce facteur 2 sur le prix du cuivre est à mettre en perspective avec la multiplication des cours du rhodium par 10 qui accélère la transition de la voiture thermique vers la voiture électrique. C’est pourquoi, si la dépendance vis-à-vis des métaux n’est pas mieux gérée avec des outils de souveraineté, il devient possible de craindre l’effet que pourraient provoquer les futurs prix de ces métaux sur les prix à la consommation.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

 

Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

 

 

Il est clair que la proposition soudaine du gouvernement d’envisager le vote anticipé pose de nombreuses questions quant à ses objectifs et ses conséquences. En fait,  il s’agirait d’une copie du modèle américain qui ne constitue pas en soi le modèle démocratique idéal si l’on tient compte des milliards qui sont nécessaires aux futurs candidats américains pour exister politiquement (1,3 milliards pour Trump et autant pour Biden à comparer aux 15 millions « officiels » pour la campagne de Macron. ).

 

Cette proposition subite du gouvernement témoigne d’une certaine fébrilité d’ autant que les élections départementales et régionales devraient confirmer la débâcle de la république en marche. Sur le plan politique ,on voit mal en quoi un vote anticipé serait de nature à redynamiser la démocratie. La proposition est d’autant plus curieuse qu’on se refuse pour l’instant au vote électronique qui simplifierait la tâche de tout le monde, surtout de nombre d’abstentionnistes.

 

Le problème du vote anticipé pose la question calendaire. À partir de combien de jours avant le scrutin officiel : 15 jours, un mois, deux mois. En outre , pourraient parallèlement se développer des sondages plus ou moins officiels rendant compte des résultats de ces votes anticipés qui fausseraient alors l’environnement électoral. Par ailleurs, des événements majeurs peuvent se produire entre la date du vote par anticipation et la date officielle. Une situation qui pourrait alors changer la donne quand on sait que les élections peuvent se jouer à quelques pour cent.

 

De toute manière sur le plan du droit cette proposition serait considérée comme certainement anticonstitutionnelle.

 

Jean-Philippe Derosier, interrogé par Franceinfo, « il y a clairement une rupture d’égalité des électeurs face au scrutin » qui en viendrait à déclarer l’insincérité du scrutin.

Le système électoral aux Etats-Unis permet d’illustrer ce risque de rupture d’égalité. Le spécialiste américain de l’éthique politique Dennis F. Thompson a analysé le problème à travers deux articles parus en 2004 et 2008. Selon lui, le simple fait que des électeurs votent avant le jour J, en personne ou par correspondance, diminue la valeur démocratique de l’élection.

Selon Jean-Philippe Derosier, le vote par anticipation « est diffus dans le temps », les électeurs ne sont donc pas « confrontés au même instant électoral, au même instant politique et ne votent pas avec les mêmes éléments d’information ». « Si une partie des Français vote huit jours avant, vous imaginez les fuites sur le sens du vote de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin? C’est lunaire surréaliste et pas souhaitable », résumait mardi Sébastien Jumel.

Les États-Unis veulent renforcer l’alliance avec l’Australie, l’Inde et le Japon pour faire face à la Chine

Les États-Unis veulent renforcer l’alliance avec l’Australie, l’Inde et le Japon pour faire face à la Chine

 

 

Si comme prévu la tonalité à changer dans les rapports entre la Chine et les États-Unis, sur le fond on peut s’attendre à des divergences stratégiques presque identiques entre ces deux pays. Les États-Unis veut en effet renforcer l’alliance stratégique baptisée «Quad»,. Une alliance clairement pour faire face au danger chinois. Le département d’État américain a indiqué que le secrétaire d’État Antony Blinken allait s’entretenir avec ses homologues de chacun des trois pays. Au programme: la pandémie de Covid-19 et le changement climatique. «Ces discussions avec les ministres des Affaires étrangères du Quad sont essentielles pour faire avancer nos objectifs communs d’une région indo-Pacifique libre et ouverte et pour être à la hauteur des défis de notre temps», a dit le porte-parole du département d’État, Ned Price, mercredi à la presse.

La formation du Quad, groupement stratégique informel initié en 2007, avait été fortement encouragée par l’ex-Premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui voulait un contrepoids à une Chine de plus en plus puissante et ambitieuse. En novembre, les pays du Quad ont mené d’importantes manœuvres navales communes dans le golfe du Bengale.

Le journal chinois Global Times a récemment averti Joe Biden que renouveler l’alliance du Quad serait «une sérieuse bourde stratégique», et qu’il risquait une «sérieuse confrontation stratégique» avec Pékin en essayant de limiter son influence.

BNP Paribas : de bons résultats financiers mais aussi la promesse de faire payer les conseils des agences !

BNP Paribas : de bons résultats financiers mais aussi la promesse de faire payer les conseils des agences !

On peut évidemment se féliciter des résultats relativement solides de la BNP pour une année aussi perturbée que 2020. Par contre,  on peut être davantage inquiet sur la stratégie de la banque qui vise à faire payer les conseils des agences aux clients.

 

Une innovation un peu curieuse. Ce serait sans doute l’un des rares secteurs économiques ou un client serait contraint de payer pour le seul fait d’être en relation son fournisseur . Observons d’abord que cette demande de renseignements et de conseils s’est considérablement affaiblie avec l’usage du numérique de plus en plus important de la part des clients.

La demande de renseignements des clients correspond soit à des questions assez banales qui ne justifient pas une rémunération de la banque, soit au contraire à des renseignements très pointus par exemple sur des placements financiers sur lesquels déjà la banque prélève largement sa commission.

Dernier élément, les résultats actuels de la banque ne nécessitent nullement de ponctionner davantage le client. Par exemplen un montant annuel de 200 € pour esprit libre ( qui permet de dépasser le crédit disponible) y compris quand le client n’y a jamais recours !

BNP est en bonne santé et c’est heureux. Pour preuve 2021 marquera également le retour aux dividendes, dans les limites des recommandations du régulateur européen. La banque annonce ainsi le versement d’un dividende, à hauteur de 21% de son résultat 2020, soit 1,11 euro par action, et une « restitution complémentaire » au second semestre, à hauteur de 29% du résultat, soit sous la forme d’un rachat d’actions ou de distribution de réserves.

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

 

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a ainsi fustigé l’attitude « égoïste » des pays riches. Il a vivement critiqué les fabricants de vaccins qui recherchent l’approbation réglementaire dans les États riches plutôt que de soumettre leurs données à l’OMS pour obtenir un feu vert à l’échelle mondiale pour l’utilisation du vaccin.

Des mécanismes de solidarité internationale avaient pourtant été prévus. Dès l’automne 2020, l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) ont mis en place Covax, un mécanisme financé par les pays développés ainsi que la Fondation Gates, notamment, pour distribuer des vaccins contre le Covid-19 aux pays défavorisés. C’était la réponse directe à l’ambition de « bien public mondial ». Dans ce pot commun, l’Union européenne a déjà versé plus de 850 millions d’euros. L’objectif de ce mécanisme était de rendre disponible, partout, suffisamment de doses pour vacciner 20% de la population de chaque pays.

Mais le mécanisme n’a pas montré son efficacité, voire frôle l’échec, estime Nathalie Ernoult, de Médecins sans frontières. « 

Si la pandémie continue de se propager dans les pays les plus pauvres, tandis que les pays à hauts revenus sont protégés, le virus peut continuer à muter et à se répandre, et il est possible qu’on se retrouve avec une souche que les vaccins actuels ne couvrent pas.

Faire durer la crise sanitaire pour la macronie

Faire durer la crise sanitaire pour la macronie

 

 

 

Il est de plus en plus évident que la macronie  est totalement inaudible sur la quasi-totalité terrains économiques et politiques. Plus aucune réforme n’est d’ailleurs envisagée avant 2022.

Pour l’instant la macronie  résiste surtout à la persistance  d’une crise sanitaire finalement entretenue et qui permet entre autres au président de la république d’améliorer sa popularité. À supposer que la crise sanitaire soit maîtrisée d’ici quelques mois reviendrait à la Une  de manière prioritaire la question économique et sociale.

Une problématique particulièrement complexe où le pouvoir s’est montré encore plus insuffisant que vis-à-vis de la pandémie. En effet la France aura été parmi les pays qui ont été les plus affectés par l’écroulement de la croissance.

La France connaîtra une baisse du prix de près de 10 % en 2020. En 2021, on ne prévoit que 6 % d’augmentation de l’activité. Il faudra sans doute attendre 2023 ou 2024 pour retrouver le niveau de 2019. Parallèlement ,les finances publiques seront considérablement dégradées avec en particulier une dette qui va passer de 100 % du PIB fin de 2019 à 120 % 2020. Même s’il demeure de fortes critiques en matière sanitaire, mieux vaut rester sur ce terrain que d’aborder la problématique économique et sociale. Les résultats dans ce domaine sont en effet catastrophiques comparés notamment à ceux d’autres pays.

Volkswagen : vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

Volkswagen :  vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

La direction de Volkswagen annonce la vente au public de véhicules autonomes dans les 5 à 10 ans. La question est pour quoi faire ? Sans doute d’abord pour montrer que le premier constructeur mondial est toujours en pointe en matière de technologie et pour servir ainsi son image de marque. Par contre, on peut s’interroger sur le caractère opérationnel des véhicules autonomes dans un délai aussi court.

Certes les véhicules seront au point, le seul problème c’est que les infrastructures, elles, ne le sont pas du tout. Le véhicule autonome ne peut en effet être utilisé qu’en en site propre c’est-à-dire protégé de tout autre utilisation que la voiture. Or  les  infrastructures accueillent le plus souvent  des usages très différents. La voiture bien sûr mais aussi un tas de moyens  de transport très divers et des piétons.

Le problème majeur avec des véhicules autonomes dans l’espace viaire banalisé sera la gestion des risques, la responsabilité en cas d’accident et la couverture de ces risques. Le vrai véhicule autonome existe, c’est la navette sur site entièrement protégé, le métro et le train.

Selon Herbert Diess, l’amélioration des performances des puces informatiques nécessaires au fonctionnement des voitures autonomes, ainsi que les progrès en matière d’intelligence artificielle, accélèrent le processus.

“Il est prévisible que les systèmes seront bientôt capables de maîtriser même les situations complexes de la conduite autonome”, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Wirtschaftswoche. La prévision semble un peu hypothétique surtout dans un délai de 5 à 10 ans !

Comment faire de la France un grand du numérique

Comment faire de la France un grand du numérique

 

Par Laurent Gerin, Président des opérations de CGI pour l’Europe de l’Ouest et du Sud qui explique ses espoirs pour faire de la France un grand du numérique dans le journal la Tribune

Qui aurait pu par exemple imaginer avant cette crise que des millions de salariés – un sur cinq précisément en France et plus de deux sur cinq en Ile-de-France – puissent être mis en télétravail du jour au lendemain, permettant ainsi aux entreprises de maintenir leur activité et préserver des milliers d’emplois ? Comment aurions-nous pu permettre aux consommateurs de s’approvisionner pendant le confinement avec les contraintes sanitaires que nous connaissons, sans le e-commerce ? Et comment les administrations et les services de l’Etat auraient-ils pu continuer de fonctionner, assurant ainsi la continuité de leur mission de service public et d’éducation sans la technologie ? La France vient de vivre le plus grand moment de transformation numérique de son histoire et les usages numériques développés pendant la période de confinement viennent, hélas, confirmer la supériorité de solutions extra-européennes.

C’est un fait, le numérique va être un facteur déterminant pour assurer le rebond de notre économie et permettre, ensuite, sa reconstruction. Pourtant, notre pays n’a pas encore pris toute la mesure de cette nouvelle donne. Certes, le numérique est désormais enseigné – un peu – à l’école. Certes, le secteur a obtenu un plan de relance de sept milliards d’euros, et nous nous en réjouissons. Certes, le monde entier nous envie nos licornes, start-up, et nos talents – entrepreneurs, chercheurs, développeurs – sont recrutés par les géants du numérique mondial, GAFAM en tête. Même si les progrès sont réels, il va nous falloir faire beaucoup plus pour inciter, éduquer, former. Inciter nos entrepreneurs, nos collectivités et nos concitoyens à croire dans le potentiel du numérique et investir massivement dans ce secteur. Éduquer nos jeunes, filles et garçons, et les intéresser aux métiers de cette filière. Former les exclus du marché du travail, tels que les chômeurs ou encore les travailleurs en situation de handicap, en privilégiant la reconversion vers les métiers du digital.

Pour soutenir une politique ambitieuse en matière d’innovation et de digitalisation, il sera aussi indispensable de déployer une politique de démystification, pour en finir avec le vieux paradigme d’une « informatique destructrice d’emplois » et enfin envisager le numérique comme un moteur de l’évolution des métiers. L’histoire du 19ème siècle et sa révolution industrielle nous l’a déjà prouvé dans le secteur de l’agriculture. Des milliers d’emplois ont certes été détruits par l’industrialisation, mais cela ne nous a pas empêchés d’avoir aujourd’hui une des agricultures les plus performantes au monde. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies rendront probablement certains métiers obsolètes mais de nouveaux besoins en compétences émergeront rapidement. Charge à nous d’éduquer les jeunes générations et former aux emplois de demain.

 

En ce qui concerne l’éducation justement, le renforcement du programme d’éducation au numérique dès la maternelle ou la création d’un baccalauréat général « Humanités & Numérique » pourraient être des pistes intéressantes à explorer. En matière d’emploi, on pourrait imaginer le développement des filières de reconversion vers les métiers du numérique pour les demandeurs d’emploi ainsi que la création d’un bureau de prospective des métiers et des compétences du numérique avec pour mission de gérer cette tâche de reconversion et de réinsertion. Enfin, le développement d’outils numériques pour permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder à l’emploi dans des conditions optimales, la défiscalisation des coûts liés à l’adaptation du poste de travail et la mise en place d’outils collaboratifs permettant le télétravail pourraient être des pistes pour améliorer l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

Il est temps que les entreprises, l’Etat, les collectivités territoriales et le monde éducatif s’unissent pour enfin changer de paradigme en lançant un véritable « Grenelle du Numérique » pour la France. Il est temps d’investir massivement pour doter notre économie des talents dont elle a besoin. Ils contribueront à faire de notre pays une grande Nation du numérique.

A l’heure où le monde s’interroge sur l’évolution du virus et sur l’hypothèse de futures vagues, il nous faut agir et vite. Nous avons l’immense chance d’avoir en France une économie solide et résiliente et de pouvoir compter sur les salariés et entrepreneurs parmi les plus engagés et talentueux au monde. L’innovation et notre capacité à nous adapter seront les clés qui nous permettront de trouver les alternatives, les solutions et les opportunités dont nous avons collectivement besoin pour surmonter les impacts de cette crise sans précédent. La France sait mobiliser ses forces vives pour atteindre les objectifs qu’elle se fixe. Elle l’a prouvé à de très nombreuses reprises dans sa longue histoire. Il nous faut retrouver non pas les mêmes méthodes – les temps ont changé – mais ces ingrédients indispensables à toute aventure humaine collective : l’ambition, la solidarité et l’enthousiasme. Nous pourrons alors aborder le monde d’après sereinement.

BCE: une inflation pour quoi faire ?

BCE: une inflation pour quoi faire ?

Il est pour le moins curieux qu’un des membres du conseil des gouverneurs de la BCE, Olli Rehn, propose que la Banque centrale européenne laisse filer l’inflation comme l’envisage la Fed. Il conviendrait pour le moins d’expliquer cette stratégie, ce qu’ évite de faire cet responsable politique qui a occupé à peu près tous les postes en Finlande et en Europe.

L’inflation peut en effet être spontanée et découler tout simplement d’un déséquilibre de l’offre par rapport à la demande. Aujourd’hui inflation est proche de zéro alors que l’objectif de la banque centrale européenne vise toujours 2 %. Pour inverser la tendance, il faudrait déverser des milliards supplémentaires, sans doute des centaines voire des milliers, ce qui inévitablement provoquerait une dévalorisation de la monnaie est une réaction en hausse des prix. Ce qui se produira sans doute naturellement un jour quand l’économie repartira.

Il n’y aura pas d’autres manières de faire face à l’énorme montagne de dettes. Les victimes seront évidemment les épargnants et les consommateurs. On voit que le brillant économiste n’a exercé ses fonctions que dans l’université et la politique car il mesure mal les bulles que cela pourrait faire éclater.

Ce que propose intéressé, c’est un processus de dévalorisation de la monnaie en accroissant encore l’écart entre la masse monétaire et la richesse réelle. Bref, créer un choc monétaire pour amortir la dette quitte à menacer le système financier.

Des propos qui caractérisent le trouble de certains responsables au plus haut niveau qui semblent vraiment désarmés devant la nature et l’ampleur de la crise.

La Fed a dévoilé fin août une nouvelle stratégie visant à autoriser l’inflation à dépasser par périodes son objectif de 2% afin de soutenir l’emploi, en particulier celui des salariés aux revenus les plus faibles.

Les réalités économiques qui ont guidé la Fed s’appliquent également à l’Europe et le fait qu’un chômage bas ne s’accompagne plus d’une accélération de l’inflation devrait inciter la BCE à imiter la banque centrale américaine, selon Olli Rehn.

“Si tel est le cas, du point de vue du bien-être économique et social, cela fait du sens d’accepter une certaine période (d’inflation) au-dessus de la cible en prenant en compte l’historique en dessous de la cible”, a dit le gouverneur de la Banque de Finlande.

Olli Rehn est l’un des premiers responsables de la BCE à évoquer aussi clairement les implications sociales de la politique de l’institution, dont le mandat se borne à assurer la stabilité des prix tandis que celui de la Fed inclut également un objectif de plein emploi.

Il s’éloigne ainsi de l’un des principes guidant la politique monétaire moderne selon lequel l’inflation accélère quand le chômage chute et les banques centrales doivent éviter toute surchauffe du marché de l’emploi.

Ce principe est désormais remis en cause, notamment dans la zone euro, qui a créé environ 10 millions d’emplois dans les sept années précédant la crise du coronavirus, ce qui n’a pas empêché l’inflation de rester largement en dessous de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% par an, en dépit de mesures de stimulation massives.

La BCE devrait étudier les mérites d’une compensation des périodes d’inflation inférieure à l’objectif par des périodes de surinflation, autrement dit d’un objectif d’inflation moyenne, à l’image de ce que vient de décider la Fed, a précisé Olli Rehn. Il y a cependant une différence de taille entre le dollar et l’euro à savoir que la monnaie américaine est aussi la monnaie d’échange international de référence, ce que n’est pas l’euro beaucoup plus sensible aux évolutions conjoncturelles, bref plus fragile.

“Viser un objectif de prix comme le suggère Ben Bernanke (un ancien président de la Fed, ndlr) ou viser une inflation moyenne est sujet à la critique du point de vue de la communication mais mérite d’être exploré en profondeur dans ce contexte”, a-t-il dit.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie qu’elle est en train d’élaborer, la BCE devrait se fixer un objectif d’inflation fixe qui pourrait être dépassé temporairement et renoncer à la formule actuelle qui définit comme objectif une inflation “inférieure à mais proche de” 2% sur un an, a-t-il ajouté.

La BCE s’est engagée, sous la présidence de Christine Lagarde, dans une revue de sa stratégie qui pourrait conduire à une reformulation de ses objectifs à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine

COVID-19: LA FRANCE N’A PAS LES FORCES DE POLICE POUR FAIRE RESPECTER UN COUVRE-FEU

COVID-19: LA FRANCE N’A PAS LES FORCES DE POLICE POUR FAIRE RESPECTER UN COUVRE-FEU

 

Dans la perspective d’un couvre-feu dans les zones les plus touchées par la crise sanitaire, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI interrogé sur BFMTV a estimé que cette mesure de restriction n’est pas réaliste, car les municipalités n’auront pas « les moyens de l’appliquer ».

« On peut annoncer un couvre-feu, mais il n’aura jamais lieu, personne ne le contrôlera jamais », a assuré le député de Seine-Saint-Denis sur notre antenne. Selon lui, « c’est du bidon ».

Annoncer un couvre-feu pour endiguer l’épidémie, « pourquoi pas? Mais qui va le faire respecter? », s’interroge l’élu. « Nous n’avons pas les forces de police pour le faire respecter. J’habite une ville que j’ai dirigée pendant 17 ans, la ville de Drancy, 70.000 habitants. Ce (mardi) soir, à l’heure où je vous parle, il y a une une voiture de police avec trois personnes dedans pour 70.000 habitants ».

«Corruption: des progrès à faire»

«Corruption: des progrès à faire»

Pour Marine Gourlet , avocate en droit pénal, il y a encore des progrès à faire en matière de corruption (tribune dans l’Opinion)

L’Agence française anticorruption (AFA) a publié le 21 septembre un premier diagnostic des dispositifs de lutte contre la corruption mis en place par les entreprises françaises depuis l’adoption de la loi Sapin II. Celui-ci révèle une prise de conscience croissante du risque de corruption, dont la prise en charge demeure néanmoins insuffisante.

Premier constat, les sociétés françaises estiment être suffisamment informées des risques liés à la corruption et dotées de mécanismes de prévention efficaces : 94% des entreprises interrogées disent bien connaître les différentes infractions à la probité sanctionnées en droit français, et 70% avoir mis en place un dispositif de lutte contre la corruption qu’elles jugent satisfaisant. Réalisme ou excès de confiance ? Le reste du rapport laisse en tout cas une grande marge d’amélioration pour toutes les entreprises concernées…

Second constat, elles n’ont pas attendu l’entrée en vigueur de la loi Sapin II pour déployer des mécanismes de lutte contre la corruption. Près de la moitié des entreprises dotées d’un tel dispositif agissaient avant 2016. Cette proactivité peut notamment s’expliquer par la crainte des entreprises évoluant dans un contexte international d’être soumises aux législations anti-corruption étrangères préexistantes (notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni), dont le champ d’application excède souvent les frontières de ces Etats.

Avantage compétitif. Ces chiffres révèlent par ailleurs un changement de mentalité : être compliant devient aujourd’hui un avantage compétitif. Parmi les motifs avancés par les entreprises françaises pour justifier la mise en place de dispositifs anticorruption, la volonté de se mettre en accord avec les valeurs de l’organisation arrive au même niveau que la simple nécessité de se mettre en règle avec les textes.

Au-delà de ces constats encourageants, le diagnostic de l’AFA livre de nombreuses pistes d’amélioration.

Premier signal d’alarme : 5% des entreprises assujetties aux dispositions de la loi Sapin II ne sont toujours pas dotées d’un dispositif de lutte contre la corruption. Elles restent donc vulnérables et s’exposent à des sanctions administratives et des condamnations pénales. Pourtant, ce risque n’est pas anodin : environ une entreprise sur cinq déclare avoir déjà été confrontée au moins une fois à un cas de corruption au cours des cinq dernières années.

S’agissant des sociétés déjà équipées de dispositifs de lutte contre la corruption, la plupart semblent se satisfaire du système qu’elles ont mis en place. Celui-ci reste pourtant lacunaire à plusieurs égards. Plusieurs mesures imposées par l’article 17 de la loi Sapin sont souvent absentes des dispositifs mis en place : la cartographie des risques n’existe que dans 53% des cas, 39% seulement des entreprises disposent de procédures d’évaluation des tiers, 56% dispensent des formations, 61% ont d’un dispositif d’alerte interne et 56% un mécanisme de contrôle interne.

Dissuasion. Les mécanismes de sanctions disciplinaires ne sont pas dissuasifs : seule la moitié des entreprises ayant connu des cas avérés de corruption a engagé des procédures disciplinaires à l’égard des salariés concernés. Quant au nombre de condamnations pénales, celui-ci est de l’ordre de 1% seulement pour toutes les entreprises ayant rencontré des cas de corruption.

Le rôle de la fonction conformité est sous-estimé : à peine 48% des entreprises ont nommé un responsable de la conformité qui, dans la moitié des cas, n’est pas entièrement dédié et doit cumuler d’autres fonctions au sein de l’entreprise (directeur juridique, directeur de l’audit interne, etc.) et, en outre, ne dispose en pratique d’aucune influence sur les décisions stratégiques.

Le diagnostic de l’AFA est bien plus sévère encore à l’égard des PME et petites ETI. L’intérêt pour elles de déployer un dispositif est pourtant réel, autant pour satisfaire aux exigences de leurs partenaires commerciaux assujettis à la loi Sapin II, que pour se prémunir contre tout risque de condamnation pénale.

Diagnostic mitigé mais utile : face au risque omniprésent de corruption, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent rester vigilantes et être capables de remettre en question la pertinence de leurs dispositifs actuels pour garantir une protection efficace de la personne morale et de ses instances dirigeantes contre tous les risques liés à la corruption (financier, réputationnel, etc.). »

Marine Gourlet est avocate en droit pénal chez Allen & Overy Paris.

 

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

 

Dans son dernier ouvrage, l’économiste Joëlle Toledano, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, prône un « changement d’approche » de la régulation européenne, pour « enfin faire respecter l’état de droit » aux géants du Net américains. Entretien dans la Tribune.

 

 

Votre dernier livre décortique comment les Gafa [Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr] ont tissé leur toile jusqu’à étouffer la concurrence dans leurs secteurs respectifs. Pendant des années, ils ont échappé aux filets des régulateurs, notamment en Europe, qui est devenue une colonie numérique des Etats-Unis. Pourquoi la régulation ne fonctionne-t-elle pas avec eux ?

 

JOËLLE TOLEDANO - Mon livre dresse effectivement un constat d’échec de la régulation jusqu’à présent, qui n’agit qu’a posteriori une fois les dérives identifiées. Contrairement aux autres plateformes numériques, chacun de ces empires a réussi à sa façon à étendre ses activités de façon à créer de puissants écosystèmes qui sont devenus des places fortes. Les pratiques abusives de chacun des quatre Gafa sont largement connues et documentées, sans même parler de leur expertise pour l’optimisation fiscale, de l’impact d’Amazon sur le commerce et les emplois, ou encore des énormes défis démocratiques posés par les contenus haineux et les fake news sur les réseaux sociaux.

Je pense que le problème des régulateurs du XXè siècle est qu’ils arrivent toujours un peu après la bataille, à moins que les Gafa, qui sont des entreprises visionnaires, aient toujours un temps d’avance sur tout le monde. Pourquoi les autorités de la concurrence ont-elles autorisé Facebook à acquérir Instagram et WhatsApp, ce qui a offert à Mark Zuckerberg un quasi-monopole sur les réseaux sociaux ? Parce que les règles que devaient appliquer les autorités de concurrence pour évaluer et éventuellement refuser de telles acquisitions étaient beaucoup trop strictes. Nos outils de régulation sont inadaptés car ils n’empêchent pas ces acteurs non seulement de façonner des empires économiques et financiers d’une puissance inédite, mais aussi d’abuser de leurs positions et d’étouffer la concurrence.

L’enseignement que j’en tire est que pour réguler efficacement les Gafa, il faut monter en compétence et se donner les moyens de comprendre comment ils fonctionnent. Pour cela, il faut d’abord aller au cœur de leur modèle économique, c’est-à-dire inspecter sous le capot des algorithmes, s’attaquer à l’opacité qui entoure les relations économiques à l’intérieur des écosystèmes, et comprendre la façon dont s’effectue le partage de la valeur dans la publicité ou sur les places de marché. Ensuite, il faut identifier et interdire un certain nombre de pratiques qui nuisent à la concurrence. Enfin, il faut, entreprise par entreprise, prendre des mesures pour rendre possible à nouveau la concurrence.

Le constat que je dresse est donc sévère mais je ne suis pas fataliste pour autant. Je pense que réguler les Gafa est possible, mais seulement si on s’en donne les moyens intellectuels et politiques. Par contre, cela nécessite de changer profondément d’approche, et de se retrousser sérieusement les manches.

Sauf que la puissance des Gafa ne cesse de se renforcer. Même la crise du Covid-19 ne les fragilise pas. Comment résoudre l’équation entre la nécessité de repenser en profondeur leur régulation et celle d’aller vite ?

Se donner les moyens, c’est d’abord constituer une équipe compétente. Il manque, à mon avis, un organe de régulation au niveau européen complété par des équipes nationales, dédié aux Gafa, avec des experts compétents.

 

Engie : Catherine McGregor, directrice générale, pour faire le ménage

Engie : Catherine McGregor, directrice générale, pour faire le ménage

 

La nomination de la nouvelle directric McGregor , qui a une très forte expérience industrielle, a constitué une certaine surprise. En fait elle aura surtout pour mission de recadrer une activité d’Engie très disparate. Officiellement une entreprise recentrée sur l’environnement mais qui en réalité exploite aussi des centrales nucléaires et nombre de services. En clair, l’axe stratégique d’Engie  manque sérieusement de lisibilité. Pour l’instant,  la solution semble consister à se séparer de certains actifs pour rétablir des comptes qui ne sont pas merveilleux. Ce qui explique largement la volonté de l’entreprise de se débarrasser des actions qu’elle possède dans Suez.

Pour tout dire Engie,   c’est un peu l’auberge espagnole . Y compris dans le domaine de l’environnement nombre d’investissements peuvent paraître douteux comme ceux par exemple des fameuses éoliennes contresens économiques et énergétiques qui du jour au lendemain pourront s’écouler si l’État décide de ne plus porter à bout de bras cette activité. Ce que l’État d’ailleurs vient  de faire vis-à-vis du phot voltaïque en révisant encore nettement à la baisse les tarifs. Pour peu, ce qui est vraisemblable, que l’hydrogène constitue une perspective crédible d’avenir, Engie risque de passer à côté de la révolution énergétique. Pas sûr que son désengagement des services soit aussi une mesure très pertinente.

Bref énergie est un peu partout mais en même temps et nul part, en tout cas pas suffisamment pour prendre une part significative. La nouvelle directrice a devancé trois autres candidats: Gwenaelle Avice-Huet, directrice générale adjointe d’Engie, Catherine Guillouard, PDG de la RATP, et Laurent Guillot, directeur général adjoint de Saint-Gobain.

«C’est une dirigeante à l’aise avec la raison d’être d’Engie, d’être une entreprise de la transition énergétique, a commenté le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu. Elle a l’obsession de l’exécution, de la transformation d’une stratégie en actes.» Comme si l’actuel président voulait rappeler que c’est lui le patron et non la nouvelle directrice ! ( pas vraiment bien commencer une cohabitation)

Le choix de Catherine MacGregor n’est pas sans rappeler les nominations de Ben Smith chez Air France KLM ou de Luca de Meo chez Renault: ces entreprises, dont l’État est un actionnaire majeur, ont rompu avec les habitudes et sont allées chercher leur nouveau patron hors du sérail parisien, chez les professionnels de leur industrie. Mais, contrairement à ces deux dirigeants étrangers, cette fille de professeurs est française.

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