Archive pour le Tag 'faire ?'

BCE: une inflation pour quoi faire ?

BCE: une inflation pour quoi faire ?

Il est pour le moins curieux qu’un des membres du conseil des gouverneurs de la BCE, Olli Rehn, propose que la Banque centrale européenne laisse filer l’inflation comme l’envisage la Fed. Il conviendrait pour le moins d’expliquer cette stratégie, ce qu’ évite de faire cet responsable politique qui a occupé à peu près tous les postes en Finlande et en Europe.

L’inflation peut en effet être spontanée et découler tout simplement d’un déséquilibre de l’offre par rapport à la demande. Aujourd’hui inflation est proche de zéro alors que l’objectif de la banque centrale européenne vise toujours 2 %. Pour inverser la tendance, il faudrait déverser des milliards supplémentaires, sans doute des centaines voire des milliers, ce qui inévitablement provoquerait une dévalorisation de la monnaie est une réaction en hausse des prix. Ce qui se produira sans doute naturellement un jour quand l’économie repartira.

Il n’y aura pas d’autres manières de faire face à l’énorme montagne de dettes. Les victimes seront évidemment les épargnants et les consommateurs. On voit que le brillant économiste n’a exercé ses fonctions que dans l’université et la politique car il mesure mal les bulles que cela pourrait faire éclater.

Ce que propose intéressé, c’est un processus de dévalorisation de la monnaie en accroissant encore l’écart entre la masse monétaire et la richesse réelle. Bref, créer un choc monétaire pour amortir la dette quitte à menacer le système financier.

Des propos qui caractérisent le trouble de certains responsables au plus haut niveau qui semblent vraiment désarmés devant la nature et l’ampleur de la crise.

La Fed a dévoilé fin août une nouvelle stratégie visant à autoriser l’inflation à dépasser par périodes son objectif de 2% afin de soutenir l’emploi, en particulier celui des salariés aux revenus les plus faibles.

Les réalités économiques qui ont guidé la Fed s’appliquent également à l’Europe et le fait qu’un chômage bas ne s’accompagne plus d’une accélération de l’inflation devrait inciter la BCE à imiter la banque centrale américaine, selon Olli Rehn.

“Si tel est le cas, du point de vue du bien-être économique et social, cela fait du sens d’accepter une certaine période (d’inflation) au-dessus de la cible en prenant en compte l’historique en dessous de la cible”, a dit le gouverneur de la Banque de Finlande.

Olli Rehn est l’un des premiers responsables de la BCE à évoquer aussi clairement les implications sociales de la politique de l’institution, dont le mandat se borne à assurer la stabilité des prix tandis que celui de la Fed inclut également un objectif de plein emploi.

Il s’éloigne ainsi de l’un des principes guidant la politique monétaire moderne selon lequel l’inflation accélère quand le chômage chute et les banques centrales doivent éviter toute surchauffe du marché de l’emploi.

Ce principe est désormais remis en cause, notamment dans la zone euro, qui a créé environ 10 millions d’emplois dans les sept années précédant la crise du coronavirus, ce qui n’a pas empêché l’inflation de rester largement en dessous de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% par an, en dépit de mesures de stimulation massives.

La BCE devrait étudier les mérites d’une compensation des périodes d’inflation inférieure à l’objectif par des périodes de surinflation, autrement dit d’un objectif d’inflation moyenne, à l’image de ce que vient de décider la Fed, a précisé Olli Rehn. Il y a cependant une différence de taille entre le dollar et l’euro à savoir que la monnaie américaine est aussi la monnaie d’échange international de référence, ce que n’est pas l’euro beaucoup plus sensible aux évolutions conjoncturelles, bref plus fragile.

“Viser un objectif de prix comme le suggère Ben Bernanke (un ancien président de la Fed, ndlr) ou viser une inflation moyenne est sujet à la critique du point de vue de la communication mais mérite d’être exploré en profondeur dans ce contexte”, a-t-il dit.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie qu’elle est en train d’élaborer, la BCE devrait se fixer un objectif d’inflation fixe qui pourrait être dépassé temporairement et renoncer à la formule actuelle qui définit comme objectif une inflation “inférieure à mais proche de” 2% sur un an, a-t-il ajouté.

La BCE s’est engagée, sous la présidence de Christine Lagarde, dans une revue de sa stratégie qui pourrait conduire à une reformulation de ses objectifs à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine

COVID-19: LA FRANCE N’A PAS LES FORCES DE POLICE POUR FAIRE RESPECTER UN COUVRE-FEU

COVID-19: LA FRANCE N’A PAS LES FORCES DE POLICE POUR FAIRE RESPECTER UN COUVRE-FEU

 

Dans la perspective d’un couvre-feu dans les zones les plus touchées par la crise sanitaire, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI interrogé sur BFMTV a estimé que cette mesure de restriction n’est pas réaliste, car les municipalités n’auront pas « les moyens de l’appliquer ».

« On peut annoncer un couvre-feu, mais il n’aura jamais lieu, personne ne le contrôlera jamais », a assuré le député de Seine-Saint-Denis sur notre antenne. Selon lui, « c’est du bidon ».

Annoncer un couvre-feu pour endiguer l’épidémie, « pourquoi pas? Mais qui va le faire respecter? », s’interroge l’élu. « Nous n’avons pas les forces de police pour le faire respecter. J’habite une ville que j’ai dirigée pendant 17 ans, la ville de Drancy, 70.000 habitants. Ce (mardi) soir, à l’heure où je vous parle, il y a une une voiture de police avec trois personnes dedans pour 70.000 habitants ».

«Corruption: des progrès à faire»

«Corruption: des progrès à faire»

Pour Marine Gourlet , avocate en droit pénal, il y a encore des progrès à faire en matière de corruption (tribune dans l’Opinion)

L’Agence française anticorruption (AFA) a publié le 21 septembre un premier diagnostic des dispositifs de lutte contre la corruption mis en place par les entreprises françaises depuis l’adoption de la loi Sapin II. Celui-ci révèle une prise de conscience croissante du risque de corruption, dont la prise en charge demeure néanmoins insuffisante.

Premier constat, les sociétés françaises estiment être suffisamment informées des risques liés à la corruption et dotées de mécanismes de prévention efficaces : 94% des entreprises interrogées disent bien connaître les différentes infractions à la probité sanctionnées en droit français, et 70% avoir mis en place un dispositif de lutte contre la corruption qu’elles jugent satisfaisant. Réalisme ou excès de confiance ? Le reste du rapport laisse en tout cas une grande marge d’amélioration pour toutes les entreprises concernées…

Second constat, elles n’ont pas attendu l’entrée en vigueur de la loi Sapin II pour déployer des mécanismes de lutte contre la corruption. Près de la moitié des entreprises dotées d’un tel dispositif agissaient avant 2016. Cette proactivité peut notamment s’expliquer par la crainte des entreprises évoluant dans un contexte international d’être soumises aux législations anti-corruption étrangères préexistantes (notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni), dont le champ d’application excède souvent les frontières de ces Etats.

Avantage compétitif. Ces chiffres révèlent par ailleurs un changement de mentalité : être compliant devient aujourd’hui un avantage compétitif. Parmi les motifs avancés par les entreprises françaises pour justifier la mise en place de dispositifs anticorruption, la volonté de se mettre en accord avec les valeurs de l’organisation arrive au même niveau que la simple nécessité de se mettre en règle avec les textes.

Au-delà de ces constats encourageants, le diagnostic de l’AFA livre de nombreuses pistes d’amélioration.

Premier signal d’alarme : 5% des entreprises assujetties aux dispositions de la loi Sapin II ne sont toujours pas dotées d’un dispositif de lutte contre la corruption. Elles restent donc vulnérables et s’exposent à des sanctions administratives et des condamnations pénales. Pourtant, ce risque n’est pas anodin : environ une entreprise sur cinq déclare avoir déjà été confrontée au moins une fois à un cas de corruption au cours des cinq dernières années.

S’agissant des sociétés déjà équipées de dispositifs de lutte contre la corruption, la plupart semblent se satisfaire du système qu’elles ont mis en place. Celui-ci reste pourtant lacunaire à plusieurs égards. Plusieurs mesures imposées par l’article 17 de la loi Sapin sont souvent absentes des dispositifs mis en place : la cartographie des risques n’existe que dans 53% des cas, 39% seulement des entreprises disposent de procédures d’évaluation des tiers, 56% dispensent des formations, 61% ont d’un dispositif d’alerte interne et 56% un mécanisme de contrôle interne.

Dissuasion. Les mécanismes de sanctions disciplinaires ne sont pas dissuasifs : seule la moitié des entreprises ayant connu des cas avérés de corruption a engagé des procédures disciplinaires à l’égard des salariés concernés. Quant au nombre de condamnations pénales, celui-ci est de l’ordre de 1% seulement pour toutes les entreprises ayant rencontré des cas de corruption.

Le rôle de la fonction conformité est sous-estimé : à peine 48% des entreprises ont nommé un responsable de la conformité qui, dans la moitié des cas, n’est pas entièrement dédié et doit cumuler d’autres fonctions au sein de l’entreprise (directeur juridique, directeur de l’audit interne, etc.) et, en outre, ne dispose en pratique d’aucune influence sur les décisions stratégiques.

Le diagnostic de l’AFA est bien plus sévère encore à l’égard des PME et petites ETI. L’intérêt pour elles de déployer un dispositif est pourtant réel, autant pour satisfaire aux exigences de leurs partenaires commerciaux assujettis à la loi Sapin II, que pour se prémunir contre tout risque de condamnation pénale.

Diagnostic mitigé mais utile : face au risque omniprésent de corruption, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent rester vigilantes et être capables de remettre en question la pertinence de leurs dispositifs actuels pour garantir une protection efficace de la personne morale et de ses instances dirigeantes contre tous les risques liés à la corruption (financier, réputationnel, etc.). »

Marine Gourlet est avocate en droit pénal chez Allen & Overy Paris.

 

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

« Faire respecter l’État de droit aux géants du numérique » (Joëlle Toledano, économiste)

 

Dans son dernier ouvrage, l’économiste Joëlle Toledano, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, prône un « changement d’approche » de la régulation européenne, pour « enfin faire respecter l’état de droit » aux géants du Net américains. Entretien dans la Tribune.

 

 

Votre dernier livre décortique comment les Gafa [Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr] ont tissé leur toile jusqu’à étouffer la concurrence dans leurs secteurs respectifs. Pendant des années, ils ont échappé aux filets des régulateurs, notamment en Europe, qui est devenue une colonie numérique des Etats-Unis. Pourquoi la régulation ne fonctionne-t-elle pas avec eux ?

 

JOËLLE TOLEDANO - Mon livre dresse effectivement un constat d’échec de la régulation jusqu’à présent, qui n’agit qu’a posteriori une fois les dérives identifiées. Contrairement aux autres plateformes numériques, chacun de ces empires a réussi à sa façon à étendre ses activités de façon à créer de puissants écosystèmes qui sont devenus des places fortes. Les pratiques abusives de chacun des quatre Gafa sont largement connues et documentées, sans même parler de leur expertise pour l’optimisation fiscale, de l’impact d’Amazon sur le commerce et les emplois, ou encore des énormes défis démocratiques posés par les contenus haineux et les fake news sur les réseaux sociaux.

Je pense que le problème des régulateurs du XXè siècle est qu’ils arrivent toujours un peu après la bataille, à moins que les Gafa, qui sont des entreprises visionnaires, aient toujours un temps d’avance sur tout le monde. Pourquoi les autorités de la concurrence ont-elles autorisé Facebook à acquérir Instagram et WhatsApp, ce qui a offert à Mark Zuckerberg un quasi-monopole sur les réseaux sociaux ? Parce que les règles que devaient appliquer les autorités de concurrence pour évaluer et éventuellement refuser de telles acquisitions étaient beaucoup trop strictes. Nos outils de régulation sont inadaptés car ils n’empêchent pas ces acteurs non seulement de façonner des empires économiques et financiers d’une puissance inédite, mais aussi d’abuser de leurs positions et d’étouffer la concurrence.

L’enseignement que j’en tire est que pour réguler efficacement les Gafa, il faut monter en compétence et se donner les moyens de comprendre comment ils fonctionnent. Pour cela, il faut d’abord aller au cœur de leur modèle économique, c’est-à-dire inspecter sous le capot des algorithmes, s’attaquer à l’opacité qui entoure les relations économiques à l’intérieur des écosystèmes, et comprendre la façon dont s’effectue le partage de la valeur dans la publicité ou sur les places de marché. Ensuite, il faut identifier et interdire un certain nombre de pratiques qui nuisent à la concurrence. Enfin, il faut, entreprise par entreprise, prendre des mesures pour rendre possible à nouveau la concurrence.

Le constat que je dresse est donc sévère mais je ne suis pas fataliste pour autant. Je pense que réguler les Gafa est possible, mais seulement si on s’en donne les moyens intellectuels et politiques. Par contre, cela nécessite de changer profondément d’approche, et de se retrousser sérieusement les manches.

Sauf que la puissance des Gafa ne cesse de se renforcer. Même la crise du Covid-19 ne les fragilise pas. Comment résoudre l’équation entre la nécessité de repenser en profondeur leur régulation et celle d’aller vite ?

Se donner les moyens, c’est d’abord constituer une équipe compétente. Il manque, à mon avis, un organe de régulation au niveau européen complété par des équipes nationales, dédié aux Gafa, avec des experts compétents.

 

Engie : Catherine McGregor, directrice générale, pour faire le ménage

Engie : Catherine McGregor, directrice générale, pour faire le ménage

 

La nomination de la nouvelle directric McGregor , qui a une très forte expérience industrielle, a constitué une certaine surprise. En fait elle aura surtout pour mission de recadrer une activité d’Engie très disparate. Officiellement une entreprise recentrée sur l’environnement mais qui en réalité exploite aussi des centrales nucléaires et nombre de services. En clair, l’axe stratégique d’Engie  manque sérieusement de lisibilité. Pour l’instant,  la solution semble consister à se séparer de certains actifs pour rétablir des comptes qui ne sont pas merveilleux. Ce qui explique largement la volonté de l’entreprise de se débarrasser des actions qu’elle possède dans Suez.

Pour tout dire Engie,   c’est un peu l’auberge espagnole . Y compris dans le domaine de l’environnement nombre d’investissements peuvent paraître douteux comme ceux par exemple des fameuses éoliennes contresens économiques et énergétiques qui du jour au lendemain pourront s’écouler si l’État décide de ne plus porter à bout de bras cette activité. Ce que l’État d’ailleurs vient  de faire vis-à-vis du phot voltaïque en révisant encore nettement à la baisse les tarifs. Pour peu, ce qui est vraisemblable, que l’hydrogène constitue une perspective crédible d’avenir, Engie risque de passer à côté de la révolution énergétique. Pas sûr que son désengagement des services soit aussi une mesure très pertinente.

Bref énergie est un peu partout mais en même temps et nul part, en tout cas pas suffisamment pour prendre une part significative. La nouvelle directrice a devancé trois autres candidats: Gwenaelle Avice-Huet, directrice générale adjointe d’Engie, Catherine Guillouard, PDG de la RATP, et Laurent Guillot, directeur général adjoint de Saint-Gobain.

«C’est une dirigeante à l’aise avec la raison d’être d’Engie, d’être une entreprise de la transition énergétique, a commenté le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu. Elle a l’obsession de l’exécution, de la transformation d’une stratégie en actes.» Comme si l’actuel président voulait rappeler que c’est lui le patron et non la nouvelle directrice ! ( pas vraiment bien commencer une cohabitation)

Le choix de Catherine MacGregor n’est pas sans rappeler les nominations de Ben Smith chez Air France KLM ou de Luca de Meo chez Renault: ces entreprises, dont l’État est un actionnaire majeur, ont rompu avec les habitudes et sont allées chercher leur nouveau patron hors du sérail parisien, chez les professionnels de leur industrie. Mais, contrairement à ces deux dirigeants étrangers, cette fille de professeurs est française.

«Des écolos qui considère que nous devons faire pénitence»

 «Des écolos qui considère que nous devons faire pénitence»

Jérôme Fourquet est le directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop, et l’auteur de L’Archipel françaisNaissance d’une nation multiple et divisée (Seuil), prix du livre politique 2019. Il revient sur la polémique des verres vis-à-vis du tour de France et des sapins de Noël.

Sur le Tour de France, la cérémonie du Vœu des échevins ou encore les sapins de Noël, les propos de certains maires écologistes ont fait récemment le buzz. Est-ce une stratégie politique?

Jérôme FOURQUET. - Il s’agit de marquer les esprits et de montrer qu’une ère nouvelle est en train de s’ouvrir dans une partie des municipalités du pays: les villes conquises ont vocation à être des vitrines de ce qu’est une gestion locale écologiste. Avec en ligne de mire les futures échéances locales puis nationales: les Verts espèrent sans doute remporter quelques régions, qui gèrent d’importants budgets et leur permettraient de changer d’échelle politique.

Veolia-Suez : une opération pour faire exploser le prix de l ‘eau

Veolia-Suez  : une opération pour faire exploser le prix de l ‘eau

L’offre d’achat faite par Veolia sur Suez est à la fois hostile et déstabilisante. Une sorte de d’attaque capitalistique brutale type Bolloré. L’objectif est de renforcer la position de quasi-monopole de Veolia et de faire flamber les prix donc aussi les profits. Le prix de l’eau peut en épée variée du simple au double. Ils se sont envolés dans les sociétés privées se sont substitués aux anciennes régies. Le problème OPA c’est que dans une conjoncture relativement difficile la clientèle risque d’être dubitative, surtout la clientèle étrangère. Il est clair que Veolia a compris depuis longtemps que la clientèle contrainte des collectivités constituait le portefeuille le plus juteux financièrement. Avec le regroupement entre Veolia et Suez, il y aurait de fait  constitution d’un monopole face à des collectivités déjà techniquement bien peu armées pour contrôler la nature et le prix des services.

 

Trois entreprises se partagent le marché

Veolia Water (ex-Générale des eaux) 56 % 51 % + 5 % (part de l’entreprise dans les filiales communes)
Suez Lyonnaise des eaux 29 % 24 % + 5 % (part de l’entreprise dans les filiales communes
SAUR 13 %
Une dizaine d’entreprises locales 2 %

2 autres lignes

 

La  démarche d’ Antoine Frérot, le PDG de Veolia est clairement agressive. D’après le journal la tribune, « Face aux résistances de Suez et de son actionnaire de référence, il n’a pas exclu pas de transformer son « offre amicale » en OPA si l’offre faite à Engie n’aboutissait pas. S’exprimant sur BFM Business, il a expliqué que le prix proposé était un « un très bon prix« , « un prix fair« , et a tendu la main au directeur général de Suez, Bertrand Camus, pour discuter de ce projet qui vise à « créer un super champion des services à l’environnement« . Il convient sans doute de se méfier de ces évolutions capitalistiques à marche forcée et disons-le avec une grande brutalité qui peuvent aussi avoir un autre objectif faire remonter la valeur capitalistique des sociétés attaquantes.

« Je réitère mon invitation à Bertrand Camus de venir discuter avec moi de ce magnifique projet », a déclaré Antoine Frérot, en précisant avoir appelé son homologue de Suez début août, au moment où Veolia commençait à mûrir son dessein.

Il ajoutait, à propos des réticences de Suez :

« Bertrand Camus a souhaité essayer de continuer sa route seul, ce que je comprends aussi. Je lui réitère aujourd’hui mon invitation à construire ensemble ce projet. Il y a une place pour tout le monde dans ce projet, pour tous les salariés, tous les managers, tout le top management de Suez », a assuré le patron du numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets.

Or, Bertrand Camus n’a pas changé d’avis. Au contraire. Dans une lettre adressée mercredi aux 90.000 salariés du groupe, il a qualifié l’offre de « particulièrement hostile ».

« L’offre que notre concurrent historique a soumise à Engie dimanche soir est particulièrement hostile », assure Bertrand Camus dans ce courrier.

« L’émotion est d’autant plus forte que les activités de l’eau en France, qui occupent une place particulière au cœur du groupe, de son histoire, de son expertise, seraient vendues à un fonds d’investissement », écrit  Bertrand Camus, relevant que Suez est « le premier opérateur mondial privé de distribution d’eau, en population desservie ».

 

Des mots bien plus forts que ceux employés par le conseil d’administration de Suez, lequel faisait valoir que « la stratégie proposée (par Veolia) engendrerait des disynergies et des pertes d’opportunité en France et à l’international » et que « la complexité du processus retenu conduirait à deux années de perturbations opérationnelles, au moment où, dans le contexte post-Covid, les équipes sont focalisées sur la mise en œuvre de leur plan stratégique ».

Les chevauchements d’activités sont toutefois nombreux en France, un point qui avait fait achopper de précédentes discussions informelles menées sur un rapprochement en 2012 et qui pousse l’État français, détenteur de 23,6% du capital d’Engie, à se montrer « vigilant » sur les conséquences de l’opération, notamment en terme d’emplois. L’opération pourrait bien en effet se traduire par une sorte de boucherie sociale d’après les syndicats qui craignent la suppression de plusieurs milliers d’emplois.

(avec Reuters, AFP et la Tribune)

Entreprise: comment la faire durer

Entreprise:  comment la faire durer

Directeur du programme Entrepreneurs à HEC et professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), Alain Bloch est l’auteur de deux études qui interrogent la pérennité des organisations : La Stratégie du propriétaire : enquête sur la résilience des entreprises familiales face à la crise​ (PLUS, 2012), et Les secrets de la résilience des entreprises centenaires (Harvard Business Review, 2015). (Interview l’Opinion

Comment expliquer la longévité d’entreprises parfois plus que centenaires ?

En moyenne, une entreprise vit quarante ans. La résilience des entreprises centenaires peut paraître spectaculaire, mais elle est en fait très pragmatique. Déjà, elles dépensent mieux. Un des dirigeants d’Air liquide expliquait qu’il voyageait toujours en classe éco pour des vols de moins de quatre heures. En plus de cette frugalité, elles sont capables d’innover tout en exploitant leurs compétences actuelles. Deux concepts habituellement antagonistes. Elles privilégient aussi la reconnaissance et le droit à l’erreur de leurs collaborateurs, et leurs dirigeants sont particulièrement stables. Nous avons montré, dans nos travaux, que ces entreprises, tout comme les entreprises familiales, performent davantage en période de crise. Mais ce n’est pas en traversant les crises que l’on devient pérenne. La pérennité va au-delà de la résilience. Il faut y ajouter la transmission d’une tradition, de valeurs, d’une culture. Ces éléments qui transcendent les générations et se transmettent de l’une à l’autre donnent sa substance aux organisations.

Quelle est la place des patrons dans ces entreprises qui leur survivent ?

Les dirigeants des entreprises centenaires sont de vrais meneurs d’hommes. Mais cette question en soulève une autre : quand une entreprise vit aussi longtemps, reste-elle la même, ou bien n’est-ce qu’une succession d’entreprises différentes ? Ma réponse est qu’elle reste la même, notamment grâce au chef d’entreprise. La résilience se construit à travers la narrative de l’entrepreneur. Son travail n’est pas tant d’exploiter un marché que de construire et donner du sens. L’entreprise finit par dépasser le dirigeant puisqu’il la bâtit pour qu’elle lui survive. Cette vision est faussée par les dérives de la « start-up nation » où le seul but est de construire pour revendre au plus offrant. La pérennité doit être l’objectif affiché et privilégié des organisations. La première mission d’une entreprise, son devoir, c’est de durer. Non de faire de la performance à court terme.

Le court terme reste cependant nécessaire pour réagir aux crises…

Oui. Il ne faut pas opposer les deux, mais les hiérarchiser, trouver un équilibre. Peugeot, entreprise centenaire et familiale a par exemple toujours priorisé la pérennité et une vision de long terme, en oubliant les facteurs de performance. Quitte parfois à en subir les conséquences à certains moments, quand certains concurrents avaient beaucoup délocalisé pour réduire leurs coûts. Quant aux entreprises cotées en Bourse, on le sait, c’est la dictature du court terme qui domine. D’ailleurs, le discours que certains groupes tiennent autour de la « raison d’être » n’a aucune valeur si on ne sort pas de cette logique court-termiste. La loi Pacte, plutôt que de se centrer sur l’objet social, aurait dû privilégier la pérennité. J’ai milité, aux côtés de Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, pour que cette notion soit inscrite dans la loi. Cela aurait corrigé les dégâts engendrés par le prix Nobel Milton Friedman lorsqu’il assénait que la seule responsabilité de l’entreprise était celle d’assurer le profit.

Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

Faire du cas par cas pour le soutien à l’emploi (OCDE)

 

Pour l’économiste, les gouvernements des économies avancées comme la France doivent relancer leurs économies avec la menace du virus toujours présente, et modifier leurs aides publiques pour faire du cas par cas (interview dans l’Opinion)

 

Laurence Boone est chef économiste de l’OCDE.

 

Laurence Boone est la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Qu’est-ce qui pourrait limiter l’impact des plans de relance des économies avancées ?

C’est très bien et important de faire ces plans de relance qui sont nécessaires, et doivent être bien ciblés. On va devoir vivre avec la menace du coronavirus tant qu’il n’y aura pas de vaccin ou de traitement efficace, et il faut que les personnes comme les entreprises puissent reprendre une vie aussi normale que possible. Pour cela, je vois deux défis principaux. D’abord, il faut que les personnes consomment et que les entreprises investissent, et donc qu’elles aient confiance dans la capacité collective à gérer la vie avec le virus. Il faut que les citoyens respectent les mesures d’hygiène, de port du masque et de distanciation physique, mais aussi que les gouvernements aient des stratégies de test, traçage et isolement des malades pour contenir les éventuelles remontées du virus, et des confinements plus locaux si nécessaires.

Et le second défi ?

Il est d’arriver à protéger les personnes les plus vulnérables tout en faisant en sorte que celles travaillant dans les secteurs durablement impactés par le virus puissent retrouver un emploi, et que les capitaux des entreprises de ces secteurs soient réalloués à des domaines plus en croissance. C’est un équilibre difficile à trouver : si on protège trop, on risque de maintenir en vie des entreprises qui ne survivraient pas sans les aides publiques, mais si on ne protège pas assez, on risque de mettre beaucoup de personnes dans une situation précaire. Il faudrait en particulier regarder comment adapter les dispositifs de soutien à l’emploi suivant l’impact de la Covid et l’évolution de la reprise dans chaque secteur. Pour aider à la réallocation de l’emploi, il faut mettre des incitations en place et si nécessaire, prendre les gens par la main pour les aider à trouver un nouveau travail, changer de secteur, recevoir des qualifications et des formations dans le numérique ou la transition énergétique par exemple. Ce n’est pas souhaitable de geler des pans entiers de l’économie pendant un à quatre ans, il faut plutôt aider les personnes et les entreprises à se réinventer ailleurs.

Les échanges commerciaux internationaux sont en baisse. Est-ce que ce sera un frein au rebond des économies ?

Les échanges commerciaux ralentissaient déjà structurellement, avant la crise du coronavirus, à cause des tensions commerciales et de facteurs plus structurels. Mais ce qui a été peut-être plus surprenant avec cette crise, c’est que l’on a vu une grande résilience des chaînes de valeur et de production mondialisées. Elles n’ont pas été si perturbées, ce qui est plutôt rassurant. Il y a très peu d’endroits totalement fermés, où l’approvisionnement n’a pas pu se faire ailleurs. Les pénuries de masques ou de médicaments n’étaient pas dues à un problème de chaîne de production, mais au fait que la demande était massivement supérieure à l’offre, l’épidémie heurtant tout le monde à peu près en même temps. Si désormais les confinements sont plus localisés et moins concomitants, on pourra veiller à ne pas bloquer des nœuds cruciaux des chaînes de production. Il faudrait diversifier les sources d’approvisionnement et, pourquoi pas, développer certaines productions essentielles que l’on n’avait pas.

Les plans de relance des différents pays doivent-ils être synchronisés pour être efficaces ?

A l’OCDE, nous avons toujours plaidé pour la coordination, car il y a de tels effets d’entraînement d’un pays sur l’autre, tellement d’intégration, que si la demande ralentit dans un pays, les effets sur les pays avec lequel celui-ci échange sont importants. C’est particulièrement le cas en Europe : par exemple, un ralentissement en Allemagne a un effet sur les exportations françaises et italiennes, et vice-versa. Plus on s’accorde, mieux c’est calibré, et plus l’impact est important. Quand il y a un effort de coordination des pays du G20, comme à Londres durant la crise financière, cela dope la confiance des entreprises et des personnes, et cela contribue à la vigueur de la reprise. Le plan de relance européen est très positif pour cette raison. Au G20, il y a aujourd’hui un très fort appétit pour bénéficier des expériences des autres et que tout le monde accélère sa reprise en même temps. En outre, il y a eu la décision de reporter le service de la dette des pays pauvres, ce qui revient à une aide fiscale. Ce n’est pas la coordination de la crise financière, mais elle est là néanmoins, et c’est important.

 

Néonicotinoïdes : la ministre écolo condamnée à faire la girouette

Néonicotinoïdes : la ministre écolo condamnée à faire la girouette

 

 

Le ministère de l’écologie ne sert à peu près à rien, ce n’est pas une grande découverte. La plupart des ministres n’ont jamais pu impulser la moindre politique environnementale un peu cohérente qui permette notamment de préserver l’environnement tout en assurant la transition pour ne pas casser l’économie. Du coup, le ministère est condamné à faire la girouette en prenant des mesures précipitées quitte à revenir dessus compte tenu de leur incohérence. C’est le cas avec cette décision de revenir sur l’interdiction  des néonicotinoïdes .

La filière sucrière alerte depuis quelques semaines le gouvernement sur les pucerons verts qui envahissent leurs plantations. Ces insectes piqueurs-suceurs sont vecteurs de la jaunisse, un virus qui s’attaque aux betteraves. Elle entraîne une perte de rendements allant de 30% à 50%. Un communiqué du ministère de l’agriculture publié jeudi 6 août qualifie cette crise de la jaunisse d’« inédite ». Elle  »fragilise l’ensemble du secteur sucrier et crée le risque d’un abandon massif de la betterave en 2021″.

 

Le communiqué souligne que cette crise serait due à l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018, puisque les alternatives utilisées contre les pucerons « se sont révélées inefficaces ». Selon le syndicat CGB, affilié à la FNSEA, la France va ainsi produire « 600 000 à 800 000 tonnes de sucre » en moins cette année.

Pour ne pas perdre la place de premier producteur européen de sucre et soutenir la filière, le gouvernement fait volte-face. Dès 2021, il veut à nouveau autoriser les agriculteurs à utiliser, sous « conditions strictes », des semences de betteraves enrobées de néonicotinoïdes. Le ministère de l’Agriculture souhaite obtenir cet automne une « modification législative » permettant de déroger à l’interdiction de 2018 jusqu’en 2023 au plus tard. Il sera interdit de pulvériser les pesticides dans l’air, ni de planter sur la même parcelle des cultures susceptibles d’attirer les pollinisateurs pour ne pas les exposer « aux résidus éventuels ».

 

. Les néonicotinoïdes regroupent sept molécules dérivées de la nicotine. Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des insectes ou de leurs larves, particulièrement des pucerons et des chenilles.

La persistance du produit dans la terre fragilise l’écosystème, selon une étude menée par Greenpeace  en touchant les insectes comme les papillons et les fourmis, mais aussi les invertébrés, comme les vers de terre, et jusqu’à la faune des cours d’eau, notamment les batraciens.

 

Interrogé par France 3 Hauts-de-France, Dominique Fiévez, qui cultive des betteraves dans la Somme, assure que « les pollinisateurs comme les abeilles ne viennent pratiquement pas sur les betteraves, car les betteraves ne développent pas de fleurs. » Selon lui, l’interdiction des néonicotinoïdes pour ces plantations  »n’avait pas de sens ! Mieux vaut enrober les semences avec cet insecticide, que de pulvériser un aérosol ensuite. »

Pourtant, du côté des associations de défense de l’environnement et des apiculteurs, le retour aux néonicotinoïdes est une immense déception. L’ancienne ministre de l’Environnement et avocate Corinne Lepage dénonce  »une faute sanitaire et politique ».

Des secrétaires d’État pour quoi faire ?

Des secrétaires d’État pour quoi faire ?

En arrivant à l’Élysée Macron avait promis un gouvernement resserré afin d’être plus opérationnel. Finalement,  il s’est couché devant les pressions de toutes sortes, collectives et individuelles, pour recomposer encore un gouvernement pléthorique. Macron a encore reconduit son mode de sélection de responsables avec des méthodes de l’entreprise. Ce qu’il avait fait déjà avec les députés recrutés sur dossier présenté sur Internet. Les secrétaires d’État sont supposés être choisis sur des critères de compétence et de résultats. Beaucoup sont inconnus. L’expérience a pourtant  démontré que le premier gouvernement de Macron a surtout été caractérisé par l’impuissance de ses ministres et leur inadaptation à la tâche. Le seul homme politique qui ait résisté à la grande lessiveuse de l’exercice ministériel est sans doute le ministre de l’éducation dont cependant l’étoile a un peu pâli ces derniers temps. La plupart des autres dits de la société civile se sont discrédités et sont partis, ils ont surtout échoué. Peu importe finalement car la nomination de secrétaires d’État -ou de haut-commissaire bientôt -correspond aussi à un exercice d’équilibre politique qui n’a pas grand-chose à voir avec l’objectif du portefeuille.

 

La liste des néo sous ministres , secrétaires d’État dont beaucoup sont inconnus :

● Mme Sophie Cluzel, chargée des Personnes handicapées, auprès du premier ministre ;

● M. Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ;

● M. Clément Beaune, chargé des Affaires européennes, auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ;

● Mme Bérangère Abba, chargée de la Biodiversité auprès de la ministre de la Transition écologique ;

● Mme Nathalie Elimas, chargée de l’Éducation prioritaire, auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports ;

● Mme Sarah El Haïry, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports ;

● M. Cédric O, chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, et de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales ;

● Mme Olivia Grégoire, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance ;

● M. Laurent Pietraszewski, chargé des Retraites et de la Santé au travail, auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion ;

● M. Joël Giraud, chargé de la Ruralité, auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales ;

● M. Adrien Taquet, chargé de l’Enfance et des Familles, auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.


«La RSE: faire mieux avec moins». ( Jean Vasseur)

«La RSE: faire mieux avec moins». ( Jean Vasseur)

 

 

Jean Vasseur dirige Histoire de Comprendre, qui anime et accompagne des démarches RSE estime dans le journal l’opinion que grâce à la RSE on peut faire mieux avec moins.( l’Opinion)

 

 »

« La nouvelle donne économique va s’accompagner pour les professionnels de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) d’une cure d’austérité. Après avoir longtemps professé qu’il fallait, dans un monde fini, faire moins avec mieux, il va falloir appliquer à nos métiers cette saine résolution. Et c’est une bonne nouvelle !

Au temps d’avant (il y a 90 jours), la RSE multipliait à l’infini les référentiels. Des cartographies dignes du maître de l’art abstrait Kandinsky et un jargon fort créatif rendaient la discipline aussi impénétrable que la mécanique quantique. Le monde d’opulence et de sophistication qui était le nôtre favorisait cette tendance.

Désormais, nous allons devoir, à notre tour, faire mieux avec moins. Faire mieux, c’est-à-dire aller à l’essentiel pour prouver notre utilité sociale, en produisant des démarches à forte valeur ajoutée. Avec moins, c’est-à-dire dans le cadre de budgets réduits. C’est une bonne nouvelle ! Pour le dire rapidement, « aller à l’essentiel » est précisément le propre d’une démarche RSE vertueuse, une démarche qui traite efficacement les vrais sujets (*) sans toutefois nier leur complexité. Concrètement, le temps des Rapports RSE de plus de 200 pages comportant parfois près de 300 indicateurs qui laissaient le lecteur de bonne volonté « lost in data » est derrière nous.

Paradoxalement, cette obligation de « sobriété/simplicité », ce « redimensionnement » peut libérer le potentiel d’enthousiasme que recèle le sujet qui est souvent « brimé » par une vision trop bureaucratique ou trop quantitative.

Mais surtout, cette simplification va constituer une limite au greenwashing et nous inciter à revenir à l’essence de la RSE : être le témoin crédible, fidèle et lisible du comportement responsable de l’entreprise et l’accélérateur de ses progrès.

(*) Dans son ouvrage fondateur « Social Responsibilities of the Businessman » paru en 1953, Howard Bowen père de la discipline insistait déjà sur les difficultés que représente la mise en œuvre du concept pour qu’il soit le reflet fidèle des véritables enjeux.

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde (BCE)

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde  (BCE)

 

C’est bien mais on peut faire mieux a déclaré Christine Lagarde la présidente de la banque centrale européenne à propos du plan européen de relance- Au terme d’un sommet exceptionnel de plus de quatre jours, les dirigeants de l’Union européenne ont validé mardi un fonds de relance massif de 750 milliards d’euros réparti entre 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts.

Une réaction qui peut surprendre. Christine Lagarde estime que l’Europe a quand même fait preuve d’ambition mais elle semble regretter qu’on n’ait  pas osé aller plus loin. Sans doute pour rappeler que la BCE, elle, ne mesure pas ses efforts. surtout à travers le rachat d’obligations, d’autre part à travers l’offre de prêt sans intérêt aux banques. Très grossièrement les rachats d’obligations pourraient atteindre pour 1000 milliards d’euros après les différentes phases LTRO. Quant à l’offre de prêt aux banques l’enveloppe pourrait situer entre 1000 et 500 milliards d’euros. Christine Lagarde sans doute veut démontrer l’action réactive et d’ampleur de la banque centrale qui n’a pas commencé hier mais s’est nettement amplifiée depuis la crise unitaire. Christine Lagarde estime que le plan européen aurait pu être plus généreux en manière de subventions par rapport à l’enveloppe de prêts.

En creux cela peut peut-être signifier que la BCE aurait pu être impliquée davantage et peut-être directement concernant les prêts et que l’union européenne devrait se concentrer sur les vrais dépenses de soutien assurées d’être financées par les subventions. Le vrai  soutien de l’union européenne c’est celui de l’enveloppe de 390 milliards de subventions. Un effort budgétaire peut-être pas tout à fait à la hauteur des enjeux une fois répartie dans l’ensemble des états constituant l’union européenne ( en moyenne une dizaine de milliards par pays avec évidemment des écarts autour de cette moyenne.

Macron : mea culpa ou l’art de faire parler deux fois de lui

Macron : mea culpa ou l’art de faire parler deux fois de lui

 

 

Macron fait une sorte de mea culpa en reconnaissant ce phénomène de détestation de ce président. Et de faire le lien avec les principes républicains qui pourtant n’ont pas grand-chose à voir avec la baisse de Macron dans l’opinion publique. Cela donne plutôt l’occasion à Macron de faire parler deux fois de lui. Le chef de l’État regrette notamment de n’avoir «pas assez montré» le «chemin de justice» qu’il souhaitait tracer, pour permettre à chacun d’atteindre «l’excellence» républicaine. Et ce «quel que soit son prénom, quelle que soit la famille où on est né, sa religion, sa couleur de peau». Emmanuel Macron considère que c’est à cause de cet échec que «les gens se sont mis à détester ce président», qui a donné l’impression de ne s’adresser qu’aux «meilleurs». 

«Cette détestation a pu être alimentée» selon lui par les «maladresses» et les «petites phrases». Pour autant, le chef de l’État a affirmé que «la haine n’est pas acceptable en démocratie».

À dessein, le président fait un amalgame douteux entre le rejet qu’il inspire et la haine à caractère anti républicaine. Une dialectique, comme souvent chez Macron, tout autant douteuse qu’ésotérique. Le sommet de cet ésotérisme étant atteint avec son expression : « « j’ai franchi l’émistiche ». Visiblement Macron a de la difficulté à sortir de la dialectique pseudo intellectuelle  des salons parisiens même quand il s’adresse à des millions de Français. De toute façon, Macron ne peut faire que du Macron. Il s’est donc auto félicité de l’action de son ancien gouvernement, de sa décision de nommer une nouvelle équipe qui serait aussi justifiée par un dépassement des clivages alors que pour l’essentiel il va chercher ses responsables dans le parti républicain. La seule nouveauté dans ce discours, c’est la bien timide décision de faire sans doute porter le masque à partir du 1er août dans les ERP(. Comprendre établissement recevant du public,)  dont la définition est particulièrement confuse notamment pour les acteurs économiques mais d’une façon plus générale pour les citoyens.

Un manque de courage évident car il est clair que la montée mondiale de la pandémie va contraindre rapidement à rendre obligatoire le masque partout en dehors du domicile. Et pourquoi encore attendre 15 jours ? Ou alors il se pourrait bien que les stocks soient bien insuffisants pour couvrir les besoins qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions par jour. Dernière filouterie de l’intéressé,  celle faite de manière allusive à la condamnation de la chloroquine »qu’il n’utiliserait pas personnellement » alors que dernièrement il est encore rendu visite au laboratoire du professeur de Marseille Raoult. Encore une occasion de se taire! On sait pourtant que la question est très controversée et qu’aucune molécule n’a pour l’instant fait la démonstration indiscutable comme traitement unique du Coronavirus.

 

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

 

Nicolas Mazzucchi, chercheur, milite pour des choix fondés sur la pertinence notamment la performance.( l’Opinion)

Dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement, deux philosophies opposées s’affrontent. D’un côté les chantres de la décroissance qui voudraient que la seule solution soit dans le moins (moins de déplacements, de consommation, de confort, etc.). Cette philosophie de la frugalité pose le principe que les activités humaines sont dans le fond délétère et cache mal un nouveau malthusianisme sur fond de multiplication des interdictions. Face à elle, de manière bien plus réaliste, se pose la volonté de penser l’avenir de l’Homme sur un autre mode, celui du mieux.

Des transitions réalistes ne peuvent être en l’état – où que ce soit sur la planète d’ailleurs – que des transitions liées à l’efficience et à la performance. La crise des Gilets jaunes, entre autres, nous a montré que la population est tout à fait disposée à faire des efforts et à modifier ses modes de consommation, à la condition expresse de conserver son niveau de confort. Cette demande qui est tout à fait normale, ne pourra être satisfaite que si dès maintenant les politiques et les stratégies sont orientées vers des transitions liées justement à l’efficience et à la performance. Pour arriver à ce résultat, il n’y a qu’une seule voie qui puisse fonctionner : celle de l’investissement.

Que ce soit dans le changement dans la promotion de nouvelles technologies, dans le changement des systèmes productifs, dans la mise en place de nouvelles filières, seuls des investissements pérennes, ciblés et efficients pourront permettre d’aboutir à l’harmonie recherchée entre l’Homme et son environnement.

Trop souvent par ailleurs, ces investissements ont été saupoudrés et mal orientés. Il s’agit maintenant de faire un état des lieux clair et sans concessions qui soit à même d’identifier les leviers de croissance réels sur lesquels la France et l’Europe peuvent s’appuyer. S’agissant de notre pays, deux secteurs industriels sont depuis longtemps des pôles d’excellence qu’il convient de mieux structurer et accompagner, au risque de perdre les quelques avantages compétitifs restants et, avec eux, des emplois par milliers.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre

Energie. Le premier d’entre eux est l’énergie. Le secteur qui est le premier contributeur aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde, est aussi le plus prometteur en termes d’innovations. Toutefois il ne faut pas se tromper de combat. Les Britanniques qui ont dès 2009 fait le choix d’une transition qui soit à la fois sur le nucléaire et l’éolien offshore – pour des raisons géographiques – nous démontrent, au contraire des Allemands qu’une transition réussie est une transition réaliste.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Identiquement la course aux batteries lithium-ion est d’ores et déjà perdue et il appartient de se focaliser sur d’autres technologies de stockage. Au sein de celles-ci l’hydrogène apparaît comme le nouveau pilier des transitions un peu partout dans le monde. Là aussi il s’agit de ne pas se tromper de combat et d’arrêter de promouvoir tout un panel de solutions contradictoires entre elles pour faire le choix de technologies compatibles avec le savoir-faire et les ambitions de la France.

Vient ensuite le secteur eau-environnement qui est, depuis de nombreuses décennies un pôle où la France excelle. Les deux plus grandes entreprises mondiales du domaine sont françaises (Suez et Veolia) or elles peinent à se faire une place dans un paysage industriel national fragmenté. Pourtant ce secteur est porteur lui aussi de nombreuses potentialités dans le cadre des transitions. Sur l’eau tout d’abord, il est évident que la rationalisation de certains aspects du secteur est possible que ce soit sur la mise en place de réseaux intelligents mais également d’une amélioration de la réutilisation des eaux usées. Dans la vision d’une économie la plus circulaire possible, la mise en place d’une filière de valorisation à grande échelle des boues d’épuration serait idéale pour le développement du biogaz et de la filière biomasse dans son ensemble.

Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France

Valorisation des échets. Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France. S’agissant des déchets organiques – ménagers ou non – plusieurs débouchés sont envisageables : biogaz (pour le transport, le chauffage, la production d’hydrogène), biocarburants, etc. En outre le recyclage doit également être fortement promu s’agissant des déchets industriels, en particulier pour la récupération et la valorisation des métaux stratégiques. Au-delà de l’amélioration des processus de fabrication, la séparation des composants électroniques et leur valorisation – dans la vision de la « mine urbaine » – est un axe fondamental de la réduction de la dépendance stratégique de la France à des fournisseurs extérieurs, tout autant que dans la préservation de l’environnement en limitant les nouvelles mines.

Le point commun de toutes ces solutions technologiques, c’est leur besoin d’investissements. Celui-ci se conçoit à la fois dans la nécessité de financer la recherche et l’industrialisation, mais également d’être le premier à proposer des solutions commercialement viables, pour ne pas être le perdant systématique de la compétition internationale. Les transitions demandent principalement une orientation et une focalisation des investissements ; en un mot une stratégie.

Dr Nicolas Mazzucchi, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique – Auteur de Énergie, ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, 2017.

Un nouveau DG d’Engie : pour quoi faire ?

Un  nouveau DG d’Engie : pour quoi faire ?

Il faut évidemment  un  nouveau directeur général d’Engie, en remplacement d’Isabelle Kocher partie en février, il sera choisi en septembre, selon Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration de l’énergéticien français. La question de la personnalité de ce nouveau directeur général n’est pas indifférent et il est sans doute tout aussi important de savoir quelle est l’orientation stratégique d’Engie qui flotte entre un positionnement de concurrence vis-à-vis d’EDF, de support aux énergies nouvelles, de  gestion de l’eau et de la propreté en même temps que d’entreprise énergétique très classique. L’État aurait sûrement son mot à dire dans la mesure où il conserve encore à peu près un quart capital de ce regroupement assez hybride de l’ancien Suez et de l’ancien . GDF. C’est précisément pour des ambiguïtés de stratégie notamment celles évoquées ci-dessus qu’on a demandée à l’ancienne directrice générale Isabelle Kocher de partir

“Nous souhaitons que le poste soit pourvu d’ici à la fin de l’année, ce qui suppose de choisir le bon candidat en septembre. Et je ne sens pas d’impatience particulière de nos actionnaires”, déclare-t-il dans un entretien accordé au Journal du dimanche aux côtés de Claire Waysand, directrice générale d’Engie par intérim.

“L’enjeu, c’est de trouver le meilleur manager possible pour continuer la transformation d’un groupe qui a bien sûr de nombreux défis à relever. Nous regardons donc toutes les candidatures, internes comme externes”, ajoute Jean-Pierre Clamadieu.

La science économique: une grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf

La science économique: une grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf

 

 

Il est indéniable que la science économique est indispensable à la compréhension puis à l’évolution de nos sociétés. Ceci étant  vouloir en faire une discipline quasi universelle qui couvre pratiquement toutes les autres relève d’une prétention un peu ridicule et d’une approche assez corporatiste. Témoin cette tribune -intéressante mais très corpo dans l’Opinion de Bertrand Jacquillat , vice-président du Cercle des économistes. Il est sans doute un peu prétentieux de considérer que la formation économique d’aujourd’hui est susceptible d’embrasser les dimensions non seulement économiques bien sûr mais notamment aussi sociales, environnementales, sociétales voire politiques. Et c’est bien de drame et les limites de l’analyse de trop d’études économiques. Une défense un peu corporatiste de l’expertise économique ne confère aucune légitimité et pertinence à cette discipline nécessaire mais souvent trop réductrice ( que l’approche soit théorique ou empirique). Ce qui est e cause, c’est sans doute la formation ( et l’expérience) des économistes.

 

  »…… Cette discipline ( économie)  est la seule à avoir fait le lien entre les sciences dites « dures » et les sciences sociales. L’approche que constituent l’expérimentation, l’analyse d’expériences, l’étude en laboratoire, la modélisation relève des sciences physiques, mais le but ultime de l’économie est de mieux comprendre les interactions sociales. D’aucuns disent d’elle que sa grille de lecture est trop simpliste ou trop réductrice. Mais c’est la réduire à la seule macroéconomie et aux quelques variables macroéconomiques connues du grand public.

Elle couvre en réalité bien des sujets et renoue avec la sociologie, la psychologie, la géographie ou l’histoire dans la lignée d’un Gary Becker ou d’un Daniel Kahneman, auxquels fut décerné le prix Nobel pour leurs travaux qui débordaient le champ de l’économie stricto sensu. Ce qui fait dire à l’un des auteurs, en conclusion de sa contribution, que l’avenir de l’économie se situait en dehors de l’économie… Une évolution salutaire qui lui permet de dépasser le simple Homo economicus abstrait de la théorie traditionnelle.

Loin de se montrer impérialiste, l’économie témoigne d’une certaine humilité en étant aujourd’hui au plus près des faits et des individus, avec une dimension empirique croissante. Sur la quantité de recherches publiées il y a une trentaine d’années, le ratio entre la théorie et l’empirique était de 50/50. Il est devenu aujourd’hui de 20/80. Une fois le cadre théorique défini, l’abondance toujours plus grande de données très granulaires, aussi fines que désagrégées et souvent à haute fréquence, permet d’observer, comme le ferait un biologiste avec son microscope, le comportement des individus et des organisations, en matière de production, d’achat, etc.

« Certains chercheurs s’attellent à refonder la macroéconomie à partir de la microéconomie, ce dont ont rêvé les générations d’économistes qui les ont précédées sans même tenter de s’y coller, tant la tâche leur semblait impossible »

Facilitateurs « d’honnêteté ». Cela ne veut pas dire pour autant que toute formalisation mathématique est abandonnée. Car comme le rappelle l’un des contributeurs, si la mathématisation et l’analyse statistique rigoureuse sont parfois perçues de l’extérieur comme artificielles, comme une manière de se retrouver entre experts, elles sont avant tout des facilitateurs « d’honnêteté » selon sa jolie formule. Elles obligent le chercheur à s’exposer à la contradiction, à aller au-delà de la simple intuition, à ne pas tomber dans les sophismes ou les incantations, nombreux sur les questions de société.

Même s’ils font preuve d’humilité, ces chercheurs n’en sont pas moins ambitieux. Certains d’entre eux s’attellent à refonder la macroéconomie à partir de la microéconomie, ce dont ont rêvé les générations d’économistes qui les ont précédées sans même tenter de s’y coller, tant la tâche leur semblait impossible. C’est devenu aujourd’hui envisageable pour la raison évoquée plus haut, le cloud ; les données microéconomiques qui faisaient cruellement défaut pour effectuer en pratique cette grande agrégation sont désormais disponibles.

L’un de ses promoteurs illustre comment la microéconomie peut « informer » la macroéconomie. Au cours des dernières années on observe, surtout aux Etats-Unis, une concentration accrue dans tous les secteurs qui s’accompagne d’une augmentation des profits agrégés, ce qui fait craindre l’émergence de nouveaux monopoles. Mais cette augmentation des profits agrégés ne résulte pas de la hausse des profits des entreprises individuelles, mais de l’augmentation de la taille des entreprises les plus rentables. Il s’agit d’un simple effet de pondération, qui conduirait à la mise en œuvre d’une politique industrielle et de la concurrence autre que celle qui serait entreprise sur la base de l’observation des seules données macroéconomiques.

Par la diversité des thèmes qu’ils abordent, le pragmatisme et la diversité de leurs approches, sans pour autant sacrifier à la rigueur, ces économistes français, devenus par ailleurs très influents dans leur milieu naturel universitaire, ouvrent la voie au retour de l’expertise économique dans le débat public. »

Bertrand Jacquillat est vice-président du Cercle des économistes et senior advisor de J. de Demandolx Gestion.

Première visite de Jean Castex : pour quoi faire

Première visite de Jean Castex : pour quoi faire

On peut légitimement se demander quelle est la signification politique de la première visite du nouveau Premier ministre a une usine de semi-conducteurs. On sait évidemment que ce secteur présent une grande sensibilité stratégique mais une visite n’a vraiment d’intérêt que si elle s’accompagne d’un sur les perspectives de développement et plus globalement la politique dans laquelle elle va s’insérer. Finalement le premier ministre a surtout fait comme d’autres ou comme Macron il s’est limité à des banalités

Jean Castex a expliqué qu’il voulait, pour sa première visite, «une entreprise, de l’innovation, de l’industrie, avec de la difficulté à la fois conjoncturelle» en raison du Covid et de la crise, «et structurelle» en raison de la concurrence internationale. «C’est un bon exemple de ce qui est devant nous», a ajouté le Premier ministre, qui prépare le plan de relance voulu par Emmanuel Macron. X-Fab se présente comme un des leaders mondiaux des semi-conducteurs, spécialisée « dans les technologies des semi-conducteurs à signaux analogiques/mixtes ». Le site est situé sur trois communes: Corbeil-Essonnes, Le Coudray-Monceaux et Ormoy. Ses clients relèvent du secteur automobile, de l’industrie, de la médecine et de la communication mobile. Elle avait racheté fin 2016 le fabricant français de semi-conducteurs en difficulté Altis Semiconductor.

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Remaniement : pour quoi faire ?

Remaniement : pour quoi faire ?

 

Ce qui est certain c’est que Macron  doit changer;  le problème étant de savoir quoi ,comment et avec qui. Or c’est là que le flou apparaît dans les propos très généraux du président. Sans doute pour faire plaisir aux élus locaux Macron a annoncé : l’organisation d’une conférence territoriale dès cet été et le maintien probable des élections régionales et départementales l’année prochaine. Des perspectives auxquelles sont sans doute sensible les élus et futurs candidats mais qui sont peu en lien avec les priorités économiques,  sociales et sanitaires. Macron veut reprendre la réforme des retraites et impute une partie de l’échec à son premier ministre dont d’une certaine façon est critique la trop grande raideur ( sur l’âge pivot par exemple) et le manque de méthodes.

 «Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur (…) associant les partenaires sociaux dès l’été», élude le chef de l’État.

Au sein de l’exécutif, on vise la date du 8 juillet pour le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, avec un discours de politique générale dans la foulée. Mais Emmanuel Macron aime prendre son temps. Et surtout ne pas céder aux pressions. Encore moins à celles des ministres qui se sont déployées dans la presse ces derniers jours pour assurer qu’ils se verraient bien conserver leur poste ou en occuper un autre. «C’est mal connaître Emmanuel Macron que de penser qu’il peut se laisser influencer par des déclarations dans la presse ou des coups de pression par dépêche interposée. Avec lui, tout cela est totalement contre-productif», assure un compagnon de route des premières heures.

Les sondages en revanche, c’est autre chose. Surtout lorsqu’ils concernent un premier ministre dont le sort est en suspens. Depuis le confinement, la popularité d’Édouard Philippe ne cesse de progresser, notamment auprès de l’électorat de droite modérée. Cette poussée sondagière a trouvé sa traduction dans les urnes du Havre, où Édouard Philippe s’est fait largement réélire maire. Difficile dans ces conditions de s’en séparer. «Nous avons une relation de confiance qui, je crois, est historique», souligne Emmanuel Macron qui refuse de renvoyer son premier ministre au passé: «Au contraire (…) Ce que nous avons réussi à faire pendant trois ans est inédit, avec beaucoup de confiance et de coordination, contrairement à ce qui a été écrit». De là à prolonger son bail à Matignon… «Le nouveau chemin, ce sont (…) de nouvelles méthodes. Derrière, il y aura une nouvelle équipe». Jeudi soir, les deux hommes devaient s’entretenir en tête-à-tête lors d’un dîner. L’occasion de mettre en branle la grande machine du remaniement, en prolongeant l’existant sans doute tout en donnant l’impression d’une grande évolution !

Incantations morale ne suffisent pas pour faire évoluer les comportements .

Incantation et  morale ne suffisent pas pour faire évoluer les comportements 

 

Anthony Hussenot

 

Le professeur de gestion Anthony Hussenot souligne, dans une tribune au « Monde », que la construction d’un système économique durable ne dépend pas que de la bonne volonté des entreprises, mais de l’interaction entre producteurs et consommateurs

 

Tribune Depuis plusieurs semaines, les débats sur le « monde d’après » mettent en évidence les problèmes liés à nos modes de consommation dans cette crise sanitaire. Paradoxalement, c’est aussi la consommation qui nous aidera en partie à sortir de la crise économique. La question des choix des modes de consommation est donc centrale.

Des évolutions notables ont été observées ces dernières années, mais il semblerait qu’elles soient trop lentes pour avoir un impact significatif sur la société et éviter d’autres crises. Les discours incantatoires et les leçons de morale à ce sujet ne suffisent pas non plus à faire évoluer rapidement les comportements et, pire, ils créent parfois un phénomène de rejet auprès des consommateurs qui n’ont pas envie de se faire dicter leurs choix.

 

En réduisant notre consommation et en mettant à l’arrêt certains secteurs, le modèle économique a laissé entrevoir les interrelations entre les différents acteurs. Il est ainsi facile de comprendre comment la diminution de notre consommation d’essence a non seulement un effet direct sur les prix à la pompe, mais entraîne également des désordres économiques et logistiques divers pour les pays producteurs et importateurs.

Les consommateurs ne sont pas que des spectateurs

Dans une économie réduite à peau de chagrin, jamais la consommation ne nous est-elle apparue pour ce qu’elle est : un acte d’organisation, qui participe à mettre le monde en ordre d’une certaine façon. Les produits et les services consommés ne sont pas seulement des échanges économiques, ou des formes de vote politique comme on l’entend parfois, ce sont des actions concrètes et nécessaires au développement ou au maintien de certains modes de production, de distribution et de création des richesses.

Consommer, c’est donc jouer sa partition aux côtés des producteurs, distributeurs et pouvoirs publics. Par exemple, les modes de production des agriculteurs dépendent en partie de nos modes de consommation. Rares sont les entreprises qui peuvent prendre le risque de s’affranchir de cette relation. En somme, consommer n’est pas seulement une façon d’adouber un système, c’est y participer en s’inscrivant dans des relations d’interdépendance souvent complexes.

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Contrairement à ce que laissent encore penser de nombreux discours, les consommateurs ne sont pas que des spectateurs. Par exemple, le récit du procès Amazon faisait apparaître Jeff Bezos, son PDG, comme le seul et unique responsable, qui mettait en danger ses salariés en livrant des produits non essentiels alors que le pays faisait face à la crise sanitaire. Il ne s’agit pas ici de dédouaner Amazon et son PDG, car certaines pratiques sont inadmissibles.

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