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Le PIB de la France s’ est-il écroulé par rapport à l’Allemagne ?

Le PIB  de la France s’ est-il écroulé par rapport à l’Allemagne ?

 

Lors du débat avec Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour a affirmé que la richesse de la France ( le PIB) s’était écroulé par rapport notamment à l’Allemagne : « En 1980, nous avions un PIB par habitant qui était supérieur à celui des Allemands. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous avons un PIB par habitant inférieur de 15% de celui des Allemands et de 40% de celui des Américains. Donc il y a un appauvrissement relatif. À l’époque en 1980, nous étions en termes de pouvoir d’achat le 4ème ou le 5ème pays au monde. Aujourd’hui nous sommes les 26ème ou le 27ème».

 

D’après les chiffres officiels, en 2019, Français étaient ainsi près de 15 % moins riches que les Allemands, contre 5 % seulement en 2005. La crise pourrait aggraver cette tendance, puisque la chute du PIB en 2020 a été bien plus forte en France (- 8,2 %) qu’aux États-Unis (- 3,5 %) et en Allemagne (- 4,9 %).

 

Effectivement donc la richesse de la France s’est notoirement affaiblie par rapport à l’Allemagne. En cause sans doute un appareil industriel beaucoup plus solide en Allemagne, une plus grande compétitivité et surtout des exportations particulièrement performantes.

Climat : avec le rapport du GIEC, il est impératif d’agir dès maintenant

Climat : avec le rapport du GIEC,  il est impératif d’agir dès maintenant

 

 

Le dernier rapport du GIEC est la plus importante contribution scientifique sur le climat. C’est elle qui sera prise en compte lors du prochain grand sommet réunissant les dirigeants du monde entier. Par Eddy Pérez, Université de Montréal (*)

Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a présenté lundi 9 août le premier des trois rapports attendus d’ici 2022 dans le cadre de son sixième cycle d’évaluation du climat. Ces textes présentent la plus importante contribution sur l’état des connaissances actuelles sur la crise climatique, ses origines, ses causes, ses impacts, et les mesures de réponse à notre disposition.

Il s’agit d’un exercice rigoureux qui se tient à tous les cinq à six ans. Le rapport publié lundi a été approuvé par 234 auteurs et 195 gouvernements. C’est la plus importante contribution scientifique sur le climat et c’est elle qui sera prise en compte lors de la COP26 — ce grand sommet climatique qui aura lieu à Glasgow en novembre 2021. En 2022, le GIEC publiera deux autres rapports qui porteront sur les impacts des changements climatiques et sur les possibilités d’atténuation.

Essentiellement, ce rapport donne raison aux militants et activistes du climat, ainsi qu’à tous ces représentants des pays du Sud qui, en 2015, ont fortement insisté pour que les États membres de la Convention climatique de l’ONU s’engagent à garder la hausse des températures bien en deçà de deux degrés Celsius et, de préférence, à 1,5 degré Celsius, tel que stipulé dans l’Accord de Paris

Je suis directeur de la diplomatie climatique internationale du Réseau action climat Canada. Chargé de cours à l’Université de Montréal, j’enseigne la justice climatique et la coopération internationale. J’analyse et je suis les négociations climatiques internationales, surtout en ce qui concerne les obligations et responsabilités climatiques du Canada à l’échelle internationale, l’implantation des plans climatiques à l’échelle domestique et la finance climatique internationale.

Bien qu’une augmentation de la température de 1,5 °Celsius ait des conséquences bien pires que celles que l’on observe aujourd’hui, une telle hausse serait bien plus désastreuse à 2 °Celsius. Et le scénario deviendrait plus dangereux — et injuste pour les populations du Sud — si la température continuait d’augmenter au-delà des deux degrés Celsius. D’ailleurs, les vagues de chaleur extrêmes que le Canada et l’Amérique du Nord ont vécues cet été sont aujourd’hui 150 fois plus probables que depuis la fin du XIXe siècle.

Les conclusions de ce rapport permettent au GIEC d’être plus clair et plus incisif sur le lien direct entre l’activité humaine et le réchauffement climatique actuel. Le GIEC montre comment l’activité humaine a provoqué l’accélération du rythme du réchauffement au cours des quatre dernières décennies par rapport aux 80 années précédentes.

Image du Sommaire des décideurs (SPM.2) : Contributions évaluées au réchauffement observé en 2010-2019 par rapport à 1850-1900. a) : Réchauffement climatique observé (augmentation de la température de la surface de la planète) et sa plage très probable {3.3.1, encadré 2.3}. b) : Preuves issues des études d’attribution, qui synthétisent les informations provenant des modèles climatiques et des observations. Le panneau montre les changements de température attribués à l’influence humaine, aux changements dans les concentrations de gaz à effet de serre, aux aérosols, à l’ozone et au changement d’affectation des terres, aux facteurs solaires et volcaniques, et à la variabilité climatique interne. c) : Preuve de l’évaluation du forçage radiatif et de la sensibilité du climat. Le panneau montre les changements de température dus aux différentes composantes de l’influence humaine, notamment les émissions de gaz à effet de serre, les aérosols et leurs précurseurs, les changements d’affectation des terres et les traînées de condensation des avions. Les estimations tiennent compte à la fois des émissions directes dans l’atmosphère et de leur effet, le cas échéant, sur d’autres facteurs climatiques. Pour les aérosols, les effets directs (par rayonnement) et indirects (par interaction avec les nuages) sont pris en compte {6.4.2, 7.3}. IPCC (2021) Figure SPM.2

Nous pouvons constater nos empreintes digitales sur le système climatique. La science est en mesure de démontrer comment le réchauffement climatique actuel a rendu plus probables les incendies, inondations, tempêtes et vagues de chaleur que nous ressentons présentement. Nous vivons donc dans une planète avec un système climatique que nous avons altéré et qui est désormais moins stable.

L’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, une grande partie de l’Amérique latine, l’Afrique australe occidentale et orientale, la Sibérie, la Russie et toute l’Asie connaissent déjà des températures extrêmes. L’accélération des changements dans les océans, les glaciers et les niveaux de la mer sont parmi les symptômes les plus visibles et les plus dramatiques de la crise climatique. Cette accélération se poursuivra même si le réchauffement causé par nos activités s’arrête.

Chaque augmentation de température, si petite soit-elle, aura des incidences sur la fréquence et l’intensité des phénomènes extrêmes. Ces derniers sont amplifiés avec chaque augmentation supplémentaire du réchauffement planétaire.

Changements prévus dans l’intensité et la fréquence des températures extrêmes sur terre, des précipitations extrêmes sur terre, et des sécheresses agricoles et écologiques dans les régions sèches. IPCC (2021)

S’il est vrai que certains changements dans le climat sont irréversibles, nous avons toujours le choix de mettre de l’avant des solutions audacieuses et responsables afin de protéger les populations des impacts les plus dévastateurs de cette injuste crise.

C’est d’ailleurs le message principal du Secrétaire général des Nations unies à la suite de la publication du rapport : « La viabilité de nos sociétés dépend des dirigeants des gouvernements, des entreprises et de la société civile qui exigeront des politiques, des actions et des investissements qui limiteront la hausse des températures à 1,5 °Celsius. »

Les différents scénarios

En 2015, les pays membres de la convention climat de l’ONU se sont donnés comme objectif de limiter l’augmentation de la température d’ici la fin du siècle à 2 °Celsius. Ils se sont aussi engagés à faire tout ce qui est possible pour que cette limitation ne dépasse pas la barre du 1,5 °Celsius.

Dans son rapport, le GIEC présente cinq scénarios différents pour illustrer comment les émissions peuvent augmenter pendant le reste du siècle. Dans tous ces scénarios, nous pourrions atteindre 1,5 °Celsius d’ici vingt ans. Cependant, dans les scénarios où les émissions seraient plus élevées, nous dépasserons plus rapidement l’objectif du 1,5 °Celsius au cours du siècle.

Changements prévus dans l’intensité et la fréquence des températures extrêmes sur terre, des précipitations extrêmes sur terre, et des sécheresses agricoles et écologiques dans les régions sèches. IPCC (2021)

En revanche, pour le scénario d’émissions le plus faible, le GIEC suggère que les températures augmenteront d’un peu plus de 1,5 °Celsius, avant de redescendre à la fin du siècle, à mesure que le carbone sera éliminé de l’atmosphère — ce qui est compatible avec l’objectif ultime de l’Accord de Paris.

Atteindre la carboneutralité

Le GIEC a donc confirmé l’importance de réduire rapidement les émissions de CO2, ainsi que celles des autres gaz à effet de serre pendant cette décennie et de paver la voie pour atteindre la carboneutralité vers 2050. Rien ne peut remplacer la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source.

 

S’il est vrai que les puits de carbone naturels — des réservoirs qui captent et stockent le carbone atmosphérique, comme les puits océaniques, la biosphère, les forêts et les tourbières — sont importants pour nous aider à atteindre le reste du chemin vers la carboneutralité, la quantité de carbone pouvant être absorbé par les écosystèmes et les océans est très limitée. Le GIEC émet même des réserves sur l’utilisation des technologies d’élimination de carbone artificielles qui peuvent avoir des incidences négatives importantes sur la qualité et la quantité de l’eau, la production alimentaire et la biodiversité.

Émissions anthropiques cumulées de CO₂ absorbées par les puits terrestres et océaniques d’ici 2100 selon les cinq scénarios illustratifs. IPCC (2021)

Limiter la hausse de température à 1,5 °Celsius ne sera pas facile. Mais, plus nous dépassons ce seuil, plus nous sommes exposés à de futurs risques imprévisibles et graves avec des points de bascule qui peuvent se produire à l’échelle mondiale et régionale. Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré qu’aucune nouvelle centrale au charbon ne doit être construite après 2021. Il va sans dire que devons éliminer progressivement le charbon existant d’ici 2030, et tous les autres pays doivent suivre d’ici 2040 et mettre fin à toute nouvelle prospection et production de combustibles fossiles.

Le rôle du Canada

Le Canada doit réviser son plan climatique afin de s’assurer qu’il soit compatible avec cet objectif de réduction. Le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques sans un engagement clair visant à mettre fin à toute expansion du secteur pétrolier et gazier.

En 2018, le GIEC a d’ailleurs estimé que pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °Celsius, la production pétrolière mondiale devait diminuer d’ici 2030 de 37 % sous les niveaux de 2010 et de 87 % d’ici 2050.

Malgré ces conclusions claires, le Canada prévoit toujours une production de pétrole et de gaz bien plus importante en 2050 qu’en 2019. À lui seul, le secteur pétrolier pourrait émettre jusqu’à 200 Mt de CO2 le jour où il est censé atteindre la carboneutralité.

Le Canada est responsable de 2 % des émissions mondiales en moyenne, mais selon ses projections actuelles, son expansion pétrolière et gazière devrait épuiser jusqu’à 16 % du budget carbone mondial. Tout scénario qui mène donc à l’expansion des énergies fossiles pourrait tout simplement détruire notre planète telle qu’on la connait.

Les données présentées dans ce premier rapport du GIEC sont bouleversantes. Désormais, chaque tonne d’émissions, chaque fraction de degré aura un impact direct sur notre santé et notre sécurité.

Cependant, tant et aussi longtemps qu’il le sera possible, nous devons faire tout ce qui est nécessaire pour nous protéger et protéger les gens qu’on aime des pires impacts des changements climatiques.

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(*) Par Eddy Pérez, Lecturer, certificat en coopération internationale, Université de Montréal

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

Droits de succession : critique du rapport Blanchard – Tyrol

Droits de succession : critique du rapport Blanchard – Tyrol

Pour Jacques-Henry de Bourmont, avocat, les propositions de fiscalité concernant les droits de succession du rapport Blanchard Tyrol sont confiscatoire (dans l’Opinion, extrait)

La première critique concerne la composition de la commission qui n’inclut aucun juriste ou fiscaliste. Conséquence, les propositions du rapport, revenant indirectement à augmenter les droits de donation ou de succession, risquent selon nous d’être irréalisables au plan juridique. Il est très regrettable de ne pas avoir abordé ces questions dans le rapport afin d’avoir des recommandations réalistes et concrètes.

 Les droits de succession viennent taxer un capital accumulé qui a déjà été soumis à l’impôt sur le revenu et à celui sur la fortune immobilière. Pour les hauts patrimoines, on peut prendre comme hypothèse que le taux moyen d’imposition, y compris la CSG/CRDS, est de 50 %. Ceci signifie que les droits de donation qui vont être exigibles lors de la donation ou de la succession vont se cumuler avec l’impôt sur le revenu et l’IFI déjà payé au cours de l’accumulation du capital, ce qui peut conduire à des niveaux de taxation effective de plus de 70 % !

Ainsi, lorsqu’un couple de moins de 80 ans, souhaite transmettre son capital à ses deux enfants majeurs par voie de donation un million d’euros (soit 500 000 euros par enfant), les droits de donation représentent déjà 14 %, soit un taux effectif d’imposition global IR et droits de donation de 54 %. Cela signifie que l’Etat s’arroge 54 % du travail du défunt. Si le capital transmis dans les mêmes conditions s’élève au total à 5 millions, le taux effectif de la donation s’élève à 33 %, ce qui fait un taux effectif d’imposition globale IR et droits de donation de 67 % ! Avec une donation de 20 millions, l’imposition globale s’envole à 71 %…

Ces niveaux de taxation soulèvent des questions réelles de conformité avec la position du Conseil Constitutionnel en matière d’égalité devant les charges publiques qui interdit les niveaux de fiscalité confiscatoire (cf. décision CC n°2012-662 DC du 29 décembre 2012 sur la conformité de l’article 3 de la loi de Finances pour 2013). Ces niveaux soulèvent également des questions juridiques de conformité par rapport à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et au Protocole n°1 de l’article 1 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le respect de la propriété privée.

Egalité des chances. Dans le rapport Blanchard-Tirole, ces problématiques juridiques sont ignorées… pour analyser discrètement un moyen de redistribuer de manière plus large (entendez taxer plus) en mettant le compteur non plus au niveau du donneur mais au niveau du donataire. Ce nouvel alourdissement des droits pourrait être légitimé par la course effrénée à la mise en place du principe d’égalité des chances, mais il se heurterait toujours aux principes juridiques rappelés ci-dessus.

On peut ensuite s’interroger sur la manière d’analyser le principe d’égalité des chances au plan économique et juridique car, avec un Etat dont l’endettement dépasse désormais largement les 100 % du PIB, il faudrait d’abord penser à créer de la richesse plutôt que de se focaliser sur ce principe. Ce type de raisonnement conduira à terme à partager uniquement des dettes.

Dans ce contexte, il vaut mieux s’attacher à regarder comment les droits de donation ou de succession peuvent impulser un effet économique maximum sur la création de la richesse au niveau de l’offre et non de la consommation. Une approche iconoclaste du principe d’égalité des chances conduit donc d’abord à s’interroger sur la manière d’optimiser ces droits pour développer l’entrepreneuriat en France, préalable nécessaire à la création de richesse. Dans cette optique, on peut regretter que le rapport n’envisage aucunement comment donations ou successions pourraient développer le tissu économique français. Il existe pourtant de nombreuses études sur le sujet dont aucune n’est citée dans le rapport Blanchard-Tirole et dont les conclusions sont intéressantes. Un oubli involontaire ?

Il faut très rapidement changer de paradigme pour revoir de notre fiscalité et la mettre entièrement au service de la création de richesse

A titre d’illustration, dans la revue OFCE (2015/3 n°139), André Masson note, en s’appuyant sur les recherches du professeur Philippe Aghion, que la taxation du capital devrait être modérée pour deux raisons : il représente une double taxation (ce que nous avons vu plus haut) et ce type d’impôt constitue un frein à l’épargne, à la prise de risque et à l’investissement dans l’innovation. Il propose un modèle alternatif appelé « Taxfinh » (Tax Family Inheritage) prévoyant une taxation progressive des seuls héritages familiaux et un allègement des transferts inter-vivos et des legs caritatifs. Son intérêt est d’inciter à transmettre plus de capital à des personnes actives qui peuvent facilement devenir entrepreneur. Une transmission tardive du patrimoine enlève en effet une partie des chances de voir les héritiers investir dans des actifs risqués. La compétition pour être le plus riche du cimetière doit avoir un coût réel.

Aux Etats-Unis des études passionnantes ont réalisées sur le lien entre les donations et l’entreprenariat, analyse que nous appelons de nos vœux en France mais qui supposerait de prendre avec courage du recul par rapport au principe d’égalité des chances. L’étude de Leonard E. Burman, Robert Mc Celland et Chenxi Lu réalisée en mars 2018 dans le cadre du Tax Policy Center (« The Effect of Estate and Inheritance Taxes on Entrepreneurship »), montre qu’il existe un lien entre réception d’une donation et d’un héritage et lancement par le bénéficiaire d’une entreprise. Selon les auteurs, la réduction d’un million de dollars du montant d’un héritage (du fait de l’impôt), réduit la probabilité de lancer une entreprise de 1 %. C’est pour cette raison que le régime américain actuel prévoit une exonération de 11,2 millions de dollars par parent au profit de leurs enfants, soit un total exonéré de 22,4 millions. Cette mesure « choc » a pour objectif de pousser les parents à transmettre leur capital très tôt et à inciter les enfants à se lancer dans l’entrepreneuriat. En France, les abattements sont de 100 000 euros tous les 15 ans !

Attractivité. Dans le contexte de mondialisation, il faut penser grand, européen et attractivité du territoire français. Comment dans ces conditions assurer l’attractivité de la France pour les centres de décisions des entreprises ? Comment pouvons-nous imaginer les attirer avec une fiscalité confiscatoire sur les donations et les successions, alors que les droits sont supprimés en Suède, limités à 10 % au Portugal, 8 % en Italie et deux fois moins importants en Allemagne ?

Il faut donc très rapidement changer de paradigme pour revoir de notre fiscalité et la mettre entièrement au service de la création de richesse. C’est de cette manière que l’on arrivera à assurer une meilleure mise en place du principe d’égalité des chances, surtout pour les moins formées. Il faut créer du dynamisme économique pas uniquement pour la French Tech, mais également et surtout pour la Low Tech, c’est-à-dire dans les domaines où il y a le plus de chômage.

Inventer un cadre fiscal très attractif pour ceux qui prennent de risques importants sur leur capital en l’investissant dans des entreprises et dans la création d’emploi est donc une nécessité alors que la période actuelle peut se révéler comme une opportunité pour construire cette nouvelle économie. La réforme des droits de donation et de succession doit s’inscrire dans cette démarche et très rapidement pour éviter le choc qui va arriver dès l’arrêt des aides financières. La course de vitesse est lancée, et pas uniquement avec le virus… Il est temps que la France trouve son vaccin contre le virus de la fiscalité excessive et non compétitive !

Jacques-Henry de Bourmont, avocat à la Cour, Associé Jeantet.

Le système de formation en France trop faible par rapport à l’Allemagne

 

Un papier du Monde souligne la faiblesse de la formation en France qui pèse sur les performances de l’économie

(extrait)

 

C’est une obsession française, frisant parfois l’absurde. C’est plus fort que nous : chaque fois qu’un nouvel indicateur économique est publié, nous comparons presque systématiquement nos performances à celles de nos voisins allemands. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) outre-Rhin a reculé de 1,8 % en raison des restrictions sanitaires prolongées, soit plus que le nôtre (– 0,1 %). En 2021, il devrait enregistrer une croissance plus faible, de 3,3 % contre 5,8 % chez nous, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

A la lecture de ces chiffres, quelques Français peinent à réprouver une once de Schadenfreude, ce mot allemand désignant la joie coupable ressentie devant la mauvaise fortune d’autrui. Paris rebondira plus fort que Berlin ! Ce serait oublier qu’en 2020, la récession a été bien plus violente en France (– 8,2 %, contre – 5,3 % outre-Rhin). Et que nous faisons beaucoup moins bien que l’Allemagne en matière de chômage (7,3 % contre 4,4 % en avril), de déficit (9,2 % du PIB contre 4,2 %), de dette publique (115,7 % contre 69,8 %).

Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête

Surtout, l’économie allemande affiche de bien meilleures performances depuis vingt ans. Un chiffre le résume : en 2000, le PIB par habitant était similaire dans nos deux pays, autour de 28 900 euros. Mais en 2020, il était de 34 110 euros en Allemagne contre 30 690 euros chez nous. Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête.

Cela signifie-t-il que la divergence entre les deux rives du Rhin continuera de se creuser après la crise du Covid-19 ? Rien n’est moins sûr. D’une certaine façon, la pandémie a rebattu les cartes en accélérant les transitions écologique et numérique, tout comme les velléités de relocalisation des usines. Nos deux pays devront fournir un effort d’investissement considérable pour convertir leur appareil de production aux enjeux de demain. Les incertitudes sont nombreuses, et le chemin économique que suivra l’Allemagne pour y parvenir dépendra en partie du résultat des élections fédérales de septembre.

Économie–Blanchard-Tirole: Un rapport convenu !

Économie–Blanchard-Tirole: Un rapport convenu !

 

Rien de très nouveau dans ce rapport qui empile les évidences à savoir la détérioration environnementale, le manque de compétitivité, et la dérive des comptes publics notamment. Pour donner une coloration verte le rapport commence par la question environnementale.

Notons que les intéressés et la plupart des économistes ont pendant longtemps délaissé ce champs de recherche pourtant essentiel comme le rappelait à La Tribune l’enseignant et économiste à Sciences-Po Paris Eloi Laurent dans un entretien en décembre dernier. Face à cette urgence, la commission internationale présidée par Blanchard et Tirole appelle à agir  rapidement et à grande échelle. « Il faut arrêter les subventions aux énergies fossiles, les exemptions, et mettre en place une taxe carbone aux frontières. Il faut allouer une partie des recettes de la taxe carbone aux perdants » a déclaré Jean Tirole lors d’un point presse.

Une sorte de redistribution d’une taxe qui aura de nombreux effets pervers notamment vis-à-vis de la compétitivité et vis-à-vis des plus pauvres.

Ils recommandent également de muscler les efforts financiers en matière de recherche et de développement écologique. Enfin, ils justifient également certaines subventions ciblées, des normes ou des interdictions si la tarification carbone est insuffisante. « Cependant, ce type d’interventions, plus arbitraires que la tarification du carbone, est plus propice aux actions des lobbies, à la captation de la réglementation et à la lourdeur administrative » rappellent-ils. ( Allusion aux conditions de financement du solaire et des éoliennes sans doute).

Pour les économistes, l’une des principales inégalités actuellement en France est l’accès à un emploi de qualité ou « good job » en anglais. «  Notons que l’utilisation expression anglaise un peu cucul n’apporte pas grand-chose au concept !  »Qu’est ce qu’un emploi de bonne qualité ? C’est souvent le niveau de revenu, de salaire qui définit un emploi de bonne qualité. La sécurité de l’emploi, l’équilibre entre la vie pro et la vie perso, le sentiment qu’il peut y avoir une promotion. Un bon emploi nécessite une bonne entreprise » a expliqué l’économiste spécialiste de la mondialisation Dani Rodrik et professeur à Harvard. pas vraiment une découverte !

Les économistes redécouvrent aussi les vertus de la formation professionnelle.

Sur le pilier de l’éducation, il faut orienter davantage de fonds vers les élèves défavorisés. La France dépense une somme importante. Il faut réorienter certains fonds. Les élèves des milieux défavorisés ont beaucoup moins de ressources. Sur le marché du travail, il existe un très fort chômage parmi les jeunes en France. Il faut renforcer l’enseignement et la formation professionnelle. Pour améliorer l’égalité des chances, il faut améliorer l’imposition sur les successions » a ajouté Stefanie Stantcheva, économiste et professeur à Harvard.

La dernière partie de ce document remis entre les mains du chef de l’Etat évoque le chantier de la démographie.  »Les évolutions démographiques en France reflètent l’allongement de l’espérance de vie et moins la baisse de la fertilité. C’est une bonne nouvelle. La hausse de l’espérance de vie en bonne santé est une bonne nouvelle. Cela implique des changements importants dans la société. Comment trouver l’équilibre entre travail et retraite ? Quel impact du vieillissement sur le travail des seniors ? » s’est interrogé Olivier Blanchard. Derrière il y a la proposition d’augmenter l’âge  de la retraite.Le problème c’est que la fiscalité et la réglementation encouragent  les entreprises à se débarrasser des sénoirs  pour alléger la masse salariale!

Parmi les grands défis à relever figure le dossier du vieillissement de la population française dans un marché du travail qui exclut souvent les seniors. Les économistes plaident pour un allongement de la présence des seniors sur le marché de l’emploi.

 

L’objectif n’est pas de présenter des « solutions clés en main », a prévenu Jean Tirole à l’inverse de la commission Attali lancée par Nicolas Sarkozy en 2007. « Nous nous sommes concentrés sur les grands principes et les grandes lignes des réformes ». « On propose une boîte à outils, des idées », et si Emmanuel Macron et d’autres candidats à la présidentielle les adoptent, « c’est génial », a-t-il ajouté.

Génial,?  en vérité rien n’est certain car nombre de problématiques et d’orientations sont largement connues et depuis longtemps. Ce n’est pas la connaissance qui manque mais le courage et la démocratie.

Les auteurs défendent la nécessité d’une réforme globale des retraites sur la base d’un système universel à points, comme celui proposé par le gouvernement en 2019, mais en l’améliorant pour le rendre plus acceptable.

Autre proposition novatrice: une refonte de l’impôt sur les successions, qui se focaliserait sur les héritiers et non sur les donateurs, et cela afin de résorber l’inégalité des chances, criante en France.

Notons passage que ce rapport fait peu de place aux stratégies industrielles se contentant d’une approche un peu trop globale.

Après les récents rapports de la Cour des comptes et de la commission Arthuis sur les finances publiques, les recommandations d’experts en matière de politique économique s’accumulent en tout cas sur la table de l’exécutif, à moins d’un an de la présidentielle.

Par parenthèse ces experts donnent peu de place à la nécessité d’associer les acteurs à cette transformation économique, sociale et sociétale. Bref on tourne en rond dans les cercles d’initiés !

Rapport Blanchard-Tirole : Une vision étroite

Le rapport de la commission internationale présidée par Olivier Blanchard et Jean Tirole entend relever trois grands défis économiques de notre temps : le climat, les inégalités et l’insécurité, et le changement démographique.

Le choix de limiter les questions environnementales au seul climat est problématique, car il conduit à abandonner les autres… Il est en retrait par rapport à la taxonomie européenne qui va organiser la relation entre finance et environnement autour de six objectifs environnementaux : l’atténuation du changement climatique ; l’adaptation au changement climatique ; l’utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et marines ; la transition vers une économie circulaire ; la prévention et la réduction de la pollution ; la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

La forte dimension systémique de ces questions étroitement liées rend nécessaire le déploiement de processus d’évaluation et d’outils politiques diversifiés et complémentaires.

 

Or le rapport présente la tarification du carbone comme l’outil ultime, en focalisant toutes ses critiques sur les défauts des mesures sectorielles : inefficacité économique, effets d’aubaine, fuites… Pour ceux qui ne disposent que d’un marteau tout ressemble à un clou. La rationalité économique vue sous le seul angle de la monétarisation ne s’applique facilement qu’au climat : il est alors tentant pour ses défenseurs de limiter leur champ de considération à la seule question climatique.

La seconde limite du rapport Blanchard-Tirole est la focalisation du rapport sur les technologies et l’innovation à caractère disruptif, en laissant de côté les innovations « low tech » et celles qui concernent l’organisation et les modèles économiques et sociaux.

En fait, le rapport apporte un éclairage scientifiquement établi pour gérer certaines technologies et les échanges internationaux. Il est en effet tout à fait légitime de financer le développement des technologies stratégiques du photovoltaïque, du stockage de l’électricité, du vecteur hydrogène ou de la séquestration du carbone.

Il est de même tout à fait fondé de mettre en place une taxe carbone aux frontières qui puisse contrebalancer les prix du carbone, différents selon les pays. Il est enfin tout aussi nécessaire d’appliquer une évaluation économique attentive des actions climatiques qui peuvent engendrer selon le rapport un coût allant de 5 euros à 1 000 euros par tonne de CO2 non émise.

Économie–Blanchard-Tirole: Et un rapport de plus !

Économie–Blanchard-Tirole: Et un rapport de plus !

 

Rien de très nouveau dans ce rapport qui empile les évidences à savoir la détérioration environnementale, le manque de compétitivité, et la dérive des comptes publics notamment. Pour donner une coloration verte le rapport commence par la question environnementale.

Notons que les intéressés et la plupart des économistes ont pendant longtemps délaissé ce champs de recherche pourtant essentiel comme le rappelait à La Tribune l’enseignant et économiste à Sciences-Po Paris Eloi Laurent dans un entretien en décembre dernier. Face à cette urgence, la commission internationale présidée par Blanchard et Tirole appelle à agir  rapidement et à grande échelle. « Il faut arrêter les subventions aux énergies fossiles, les exemptions, et mettre en place une taxe carbone aux frontières. Il faut allouer une partie des recettes de la taxe carbone aux perdants » a déclaré Jean Tirole lors d’un point presse.

Une sorte de redistribution d’une taxe qui aura de nombreux effets pervers notamment vis-à-vis de la compétitivité et vis-à-vis des plus pauvres.

Ils recommandent également de muscler les efforts financiers en matière de recherche et de développement écologique. Enfin, ils justifient également certaines subventions ciblées, des normes ou des interdictions si la tarification carbone est insuffisante. « Cependant, ce type d’interventions, plus arbitraires que la tarification du carbone, est plus propice aux actions des lobbies, à la captation de la réglementation et à la lourdeur administrative » rappellent-ils. ( Allusion aux conditions de financement du solaire et des éoliennes sans doute).

Pour les économistes, l’une des principales inégalités actuellement en France est l’accès à un emploi de qualité ou « good job » en anglais. «  Notons que l’utilisation expression anglaise un peu cucul n’apporte pas grand-chose au concept !  »Qu’est ce qu’un emploi de bonne qualité ? C’est souvent le niveau de revenu, de salaire qui définit un emploi de bonne qualité. La sécurité de l’emploi, l’équilibre entre la vie pro et la vie perso, le sentiment qu’il peut y avoir une promotion. Un bon emploi nécessite une bonne entreprise » a expliqué l’économiste spécialiste de la mondialisation Dani Rodrik et professeur à Harvard. pas vraiment une découverte !

Les économistes redécouvrent aussi les vertus de la formation professionnelle.

Sur le pilier de l’éducation, il faut orienter davantage de fonds vers les élèves défavorisés. La France dépense une somme importante. Il faut réorienter certains fonds. Les élèves des milieux défavorisés ont beaucoup moins de ressources. Sur le marché du travail, il existe un très fort chômage parmi les jeunes en France. Il faut renforcer l’enseignement et la formation professionnelle. Pour améliorer l’égalité des chances, il faut améliorer l’imposition sur les successions » a ajouté Stefanie Stantcheva, économiste et professeur à Harvard.

La dernière partie de ce document remis entre les mains du chef de l’Etat évoque le chantier de la démographie.  »Les évolutions démographiques en France reflètent l’allongement de l’espérance de vie et moins la baisse de la fertilité. C’est une bonne nouvelle. La hausse de l’espérance de vie en bonne santé est une bonne nouvelle. Cela implique des changements importants dans la société. Comment trouver l’équilibre entre travail et retraite ? Quel impact du vieillissement sur le travail des seniors ? » s’est interrogé Olivier Blanchard. Derrière il y a la proposition d’augmenter l’âge  de la retraite.Le problème c’est que la fiscalité et la réglementation encouragent  les entreprises à se débarrasser des sénoirs  pour alléger la masse salariale!

Parmi les grands défis à relever figure le dossier du vieillissement de la population française dans un marché du travail qui exclut souvent les seniors. Les économistes plaident pour un allongement de la présence des seniors sur le marché de l’emploi.

 

L’objectif n’est pas de présenter des « solutions clés en main », a prévenu Jean Tirole à l’inverse de la commission Attali lancée par Nicolas Sarkozy en 2007. « Nous nous sommes concentrés sur les grands principes et les grandes lignes des réformes ». « On propose une boîte à outils, des idées », et si Emmanuel Macron et d’autres candidats à la présidentielle les adoptent, « c’est génial », a-t-il ajouté.

Génial,?  en vérité rien n’est certain car nombre de problématiques et d’orientations sont largement connues et depuis longtemps. Ce n’est pas la connaissance qui manque mais le courage et la démocratie.

Les auteurs défendent la nécessité d’une réforme globale des retraites sur la base d’un système universel à points, comme celui proposé par le gouvernement en 2019, mais en l’améliorant pour le rendre plus acceptable.

Autre proposition novatrice: une refonte de l’impôt sur les successions, qui se focaliserait sur les héritiers et non sur les donateurs, et cela afin de résorber l’inégalité des chances, criante en France.

Notons passage que ce rapport fait peu de place aux stratégies industrielles se contentant d’une approche un peu trop globale.

Après les récents rapports de la Cour des comptes et de la commission Arthuis sur les finances publiques, les recommandations d’experts en matière de politique économique s’accumulent en tout cas sur la table de l’exécutif, à moins d’un an de la présidentielle.

Par parenthèse ces experts donnent peu de place à la nécessité d’associer les acteurs à cette transformation économique, sociale et sociétale. Bref on tourne en rond dans les cercles d’initiés !

Economie-Blanchard-Tirole: Et un rapport de plus !

Economie-Blanchard-Tirole: Et un rapport de plus !

 

Rien de très nouveau dans ce rapport qui empile les évidences à savoir la détérioration environnementale, le manque de compétitivité, et la dérive des comptes publics notamment. Pour donner une coloration verte le rapport commence par la question environnementale.

Notons que les intéressés et la plupart des économistes ont pendant longtemps délaissé ce champs de recherche pourtant essentiel comme le rappelait à La Tribune l’enseignant et économiste à Sciences-Po Paris Eloi Laurent dans un entretien en décembre dernier. Face à cette urgence, la commission internationale présidée par Blanchard et Tirole appelle à agir  rapidement et à grande échelle. « Il faut arrêter les subventions aux énergies fossiles, les exemptions, et mettre en place une taxe carbone aux frontières. Il faut allouer une partie des recettes de la taxe carbone aux perdants » a déclaré Jean Tirole lors d’un point presse.

Une sorte de redistribution d’une taxe qui aura de nombreux effets pervers notamment vis-à-vis de la compétitivité et vis-à-vis des plus pauvres.

Ils recommandent également de muscler les efforts financiers en matière de recherche et de développement écologique. Enfin, ils justifient également certaines subventions ciblées, des normes ou des interdictions si la tarification carbone est insuffisante. « Cependant, ce type d’interventions, plus arbitraires que la tarification du carbone, est plus propice aux actions des lobbies, à la captation de la réglementation et à la lourdeur administrative » rappellent-ils. ( Allusion aux conditions de financement du solaire et des éoliennes sans doute).

Pour les économistes, l’une des principales inégalités actuellement en France est l’accès à un emploi de qualité ou « good job » en anglais. «  Notons que l’utilisation expression anglaise un peu cucul n’apporte pas grand-chose au concept !  »Qu’est ce qu’un emploi de bonne qualité ? C’est souvent le niveau de revenu, de salaire qui définit un emploi de bonne qualité. La sécurité de l’emploi, l’équilibre entre la vie pro et la vie perso, le sentiment qu’il peut y avoir une promotion. Un bon emploi nécessite une bonne entreprise » a expliqué l’économiste spécialiste de la mondialisation Dani Rodrik et professeur à Harvard. pas vraiment une découverte !

Les économistes redécouvrent aussi les vertus de la formation professionnelle.

Sur le pilier de l’éducation, il faut orienter davantage de fonds vers les élèves défavorisés. La France dépense une somme importante. Il faut réorienter certains fonds. Les élèves des milieux défavorisés ont beaucoup moins de ressources. Sur le marché du travail, il existe un très fort chômage parmi les jeunes en France. Il faut renforcer l’enseignement et la formation professionnelle. Pour améliorer l’égalité des chances, il faut améliorer l’imposition sur les successions » a ajouté Stefanie Stantcheva, économiste et professeur à Harvard.

La dernière partie de ce document remis entre les mains du chef de l’Etat évoque le chantier de la démographie.  »Les évolutions démographiques en France reflètent l’allongement de l’espérance de vie et moins la baisse de la fertilité. C’est une bonne nouvelle. La hausse de l’espérance de vie en bonne santé est une bonne nouvelle. Cela implique des changements importants dans la société. Comment trouver l’équilibre entre travail et retraite ? Quel impact du vieillissement sur le travail des seniors ? » s’est interrogé Olivier Blanchard. Derrière il y a la proposition d’augmenter l’âge  de la retraite.Le problème c’est que la fiscalité et la réglementation encouragent  les entreprises à se débarrasser des sénoirs  pour alléger la masse salariale!

Parmi les grands défis à relever figure le dossier du vieillissement de la population française dans un marché du travail qui exclut souvent les seniors. Les économistes plaident pour un allongement de la présence des seniors sur le marché de l’emploi.

 

L’objectif n’est pas de présenter des « solutions clés en main », a prévenu Jean Tirole à l’inverse de la commission Attali lancée par Nicolas Sarkozy en 2007. « Nous nous sommes concentrés sur les grands principes et les grandes lignes des réformes ». « On propose une boîte à outils, des idées », et si Emmanuel Macron et d’autres candidats à la présidentielle les adoptent, « c’est génial », a-t-il ajouté.

Génial,?  en vérité rien n’est certain car nombre de problématiques et d’orientations sont largement connues et depuis longtemps. Ce n’est pas la connaissance qui manque mais le courage et la démocratie.

Les auteurs défendent la nécessité d’une réforme globale des retraites sur la base d’un système universel à points, comme celui proposé par le gouvernement en 2019, mais en l’améliorant pour le rendre plus acceptable.

Autre proposition novatrice: une refonte de l’impôt sur les successions, qui se focaliserait sur les héritiers et non sur les donateurs, et cela afin de résorber l’inégalité des chances, criante en France.

Notons passage que ce rapport fait peu de place aux stratégies industrielles se contentant d’une approche un peu trop globale.

Après les récents rapports de la Cour des comptes et de la commission Arthuis sur les finances publiques, les recommandations d’experts en matière de politique économique s’accumulent en tout cas sur la table de l’exécutif, à moins d’un an de la présidentielle.

Par parenthèse ces experts donnent peu de place à la nécessité d’associer les acteurs à cette transformation économique, sociale et sociétale. Bref on tourne en rond dans les cercles d’initiés !

Macron fait campagne à l’envers par rapport à 2017

Macron fait campagne à l’envers par rapport à 2017

L’universitaire Alexis Lévrier, spécialiste de l’histoire de la presse, analyse dans l’Opinion  l’usage par le chef de l’Etat des médias, à l’approche de la présidentielle 2022

Maître de conférences à l’université de Reims et chercheur au Celsa, l’historien Alexis Lévrier, spécialiste de la presse, publie Jupiter et Mercure. Le pouvoir présidentiel face à la presse (Les Petits matins, mai 2021, 384 pages, 20 €). Il était précédemment l’auteur de Le Contact et la distance (2016).

Vous retracez l’évolution d’un président qui théorisait la « saine distance » avec les médias à son arrivée à l’Elysée. Emmanuel Macron sera-t-il jupitérien en campagne pour sa réélection ?

Le Président est un « Jupiter masqué ». Il a toujours une pratique de la distance, mais moins visible, moins brutale qu’aux débuts. D’une part, il a compris qu’il avait commis de graves maladresses – choisir les journalistes pour ses déplacements, accuser la presse de ne pas chercher la vérité… Sa volonté de tutelle n’a jamais fonctionné. D’autre part, il doit faire dans cette campagne ce qu’il n’a pas réussi à faire lors de l’« itinérance mémorielle » : effacer sa grande faiblesse, le manque d’enracinement. Dès septembre 2018, il multiplie les interviews à la presse régionale et aux éditions régionales de France 3, dans le but de se réconcilier avec les territoires. Puis il se heurte à la colère du peuple et aux Gilets jaunes. Sans en imaginer la force, il avait pressenti la révolte. Un an avant, il dit dans le Spiegel que les Français sont à la fois monarchistes et régicides. Il savait que jouer le Président-monarque pouvait se retourner contre lui. On a rarement vu un chef d’Etat incarner la filiation avec l’Ancien Régime et les deux Empires comme Emmanuel Macron dans ses entretiens au 1 et à Challenges, même si on sait que de Gaulle a conçu la Ve République comme une monarchie républicaine. Les Gilets jaunes, c’est la pulsion régicide. Son tour de France qui débute à Saint-Cirq-Lapopie rejoue l’itinérance avec l’idée d’affronter, de nouveau, la colère. Il surjoue la proximité, à l’opposé de la présidence verticale. Il fait dire qu’il lit les quotidiens régionaux au réveil, il cultive ce lien avec les médias locaux tout en critiquant la presse parisienne qu’il décrit comme coupée des territoires, hors sol. Il crée des oppositions artificielles et continue à trianguler médiatiquement.

Qu’entendez-vous par triangulation médiatique ?

Il y a une fibre maurrassienne chez Emmanuel Macron. Il avait amorcé sa campagne en 2016 par Le 1, hebdomadaire valorisant la philosophie et la littérature. Il choisit en 2021 la revue Zadig, dont la raison d’être est de parler aux territoires. La France est, dit-il, « une addition de pays qui ont chacun leurs rapports (…) telluriques ». Si on est gentil, on peut dire qu’il fait du Michelet ; si on est méchant, du Maurras. Son interview fleuve dans L’Express, où il critique les élites « nomadisées », préfigure cette ligne. Il ne se « droitiste » pas seulement, il fait campagne contre ce qu’il était en 2017. Le fait de construire, médiatiquement, une réfutation du discours qui l’a porté au pouvoir est unique dans l’histoire de la Ve République. Peut-être parce qu’il a une authentique fascination pour l’extrême droite. Parmi les hommes du Président, la surprise du quinquennat est Bruno Roger-Petit. Les « Mormons » [les fidèles qui ont accompagné son ascension] ont été éjectés de l’Elysée, « BRP » y est encore. Lui que l’on croyait déchu a saisi et influencé la part d’ombre d’Emmanuel Macron.

Est-ce une triangulation extrême ou une propension à changer de visage en fonction des publics ?

Il est vrai que le Président a différents visages médiatiques. Il s’adapte, avec un pragmatisme et une intelligence rares. S’il brutalise la presse, c’est d’abord parce qu’il ne la comprend pas. Il sait virer de bord et mettre en scène l’intime. Comme De Gaulle qui reçoit Paris Match à la Boisserie en 1954, il joue ce jeu médiatique de la personnalisation du pouvoir. Il use des réseaux sociaux à dessein. Il avait déjà utilisé Kombini à deux reprises, fêté ses 40 ans en intervenant dans l’émission de Cyril Hanouna. Il sait se démultiplier. Néanmoins, il joue bien la triangulation sur un mode très mitterrandien. Macron a conservé du conseiller en communication de François Mitterrand, Jacques Pilhan, l’idée de maîtrise des horloges, un certain mépris pour la presse. McFly et Carlito, c’est du Pilhan 2.0. Cela délégitime les journalistes au profit de la communication. Il décrédibilise, par anticipation, l’interview du 14-Juillet puisqu’il accepte le gage de poser leurs grimaces sur le bureau. C’est un quinquennat qui, pour l’heure, est marqué par un long entretien à Valeurs actuelles, dans des conditions privilégiées et dans le secret de l’avion présidentiel, et aucune vraie interview au Monde ni aux journalistes spécialistes des questions européennes. Un phénomène curieux pour un Président qui occupait le créneau européen de centre-gauche. Cette triangulation aboutit à ce que Philippe de Villiers, traité avec égard, appelle à l’insurrection contre le Président en Une de Valeurs actuelles.

«Le Président subit la montée d’une droite réactionnaire et la mutation d’un paysage médiatique qui lui échappent»

Emmanuel Macron risque-t-il un retour de bâton ?

Oui, il joue avec des armes incontrôlables. C’est la limite de la comparaison avec Mitterrand : le monde médiatique a changé. Jacques Pilhan fonde sa théorie sur le « télécentrisme » : si on contrôle la grand-messe du JT de 20 heures, on contrôle l’opinion publique. En 2021, il y a beaucoup plus de chaînes et de canaux de communication. Macron n’est pas Machiavel. Il assiste à la montée en puissance de Cnews. Ce changement rapide d’influence s’exerce jusqu’au cœur du pouvoir, lequel semble chercher une réponse. Stéphane Séjourné propose d’affilier les éditorialistes à un parti politique en ciblant Eric Zemmour. L’idée est absurde mais le fait qu’elle soit lancée par un proche du Président traduit une faiblesse : Macron subit la montée d’une droite réactionnaire et la mutation d’un paysage médiatique qui, par définition, lui échappent.

Votre livre est aussi l’histoire de la perception par la presse d’Emmanuel Macron. Pourquoi le « candidat des médias » est-il un mythe ?

La presse écrite a joué son rôle. Dans les périodes de crise, il y a toujours une injonction à relayer le discours dominant, à épauler l’effort de guerre. Or la presse a enquêté et mis en évidence l’impréparation du pouvoir dans la crise sanitaire, les mensonges sur les masques ou les tests… Cela n’a pas toujours été le cas. La presse de la Troisième République n’a jamais été aussi puissante et libre, avec quatre journaux tirant à au moins un million d’exemplaires chacun en 1880-1914. Dès que la guerre arrive, c’est terminé. Jamais plus elle n’a retrouvé la légitimité qui était la sienne. Sous ce mandat, la presse a joué son rôle au service de la vérité des faits. C’est la raison pour laquelle Jupiter ne peut plus se prétendre comme tel… ou plutôt, selon la formule de Roger-Petit dès 2017, il fallait « que Jupiter meure pour que Jupiter vive ».

Croissance France : encore un recul de 4 % en mai par rapport à 2019

Croissance France : encore un recul de 4 % en mai par rapport à 2019

Le niveau d’activité en France devrait encore être inférieur en mai de 4% par rapport à celui d’avant-crise estime la Banque de France dans son enquête de conjoncture mensuelle. En avril, le niveau s’est établi à 6% en dessous de ce même niveau. Un chiffre revu à la baisse.

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Selon l’enquête réalisée entre le 28 avril et le 5 mai, l’activité a été freinée en avril par le durcissement des mesures sanitaires qui ont affecté les services marchands. Mais ceux-ci devraient rebondir en mai, avec la réouverture programmée des commerces, terrasses de restaurants, musées, cinémas et théâtres à partir du 19.

En avril, les services aux entreprises résistent mieux et «dans le secteur du bâtiment, l’activité est quasi stable, très proche de son niveau d’avant-crise, selon les chefs d’entreprise interrogés», avec des carnets de commandes particulièrement bien remplis qui dépassent leurs niveaux déjà très élevés de 2019, selon l’enquête.

Dans l’industrie, la situation est contrastée selon les secteurs. Le taux d’utilisation des capacités de production progresse légèrement, de 80% à 81% entre mars et avril, mais recule de 81% à 77% dans l’automobile en raison notamment de difficultés d’approvisionnement qui ont frappé ce secteur au niveau mondial.

Automobile :un recul de 25 % par rapport à 2019

Automobile :un recul de 25 % par rapport à 2019

 

140.428 immatriculations de véhicules ont été enregistrées en avril. Un chiffre inférieur de 25,38 % à celui d’avril 2019, avant la pandémie. En cause la réduction de la mobilité globale, le manque aussi de certains composants et les interrogations des acheteurs potentiels sur le type de véhicule à achete ravec la perspective de l’électrique.

 

Sur les quatre premiers mois de l’année, le marché français des voitures particulières a baissé de 21,48 % par rapport à 2019, avec 592.219 nouvelles immatriculations.

Le groupe Stellantis (né de l’union de PSA et Fiat Chrysler) a vendu en avril un total de 50.181 véhicules, et le groupe Renault 29.935 véhicules, des chiffres inférieurs d’environ 30 % à ceux de 2019.

« Changer le rapport au vivant »

« Changer le rapport au vivant »

 

Un collectif, parmi lesquelles Nicolas Hulot, Jane Goodall et Audrey Azoulay, appelle à s’organiser pour que cesse la destruction des conditions d’habitabilité de la planète, notre « maison commune ».

Tribune. 

 

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Ce constat que faisait déjà Victor Hugo en son temps prend aujourd’hui un sens inédit. Alors que la crise due au Covid-19 menace nos vies, nous ne devons en effet pas oublier que nous sommes largement responsables de ce qui nous arrive.

Les crises de plus en plus nombreuses – le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la mauvaise santé des océans, l’épuisement général des ressources – nous montrent que nous ne pouvons plus continuer ainsi.

Ce mode de relation à la nature et au vivant, fondé sur la domination et l’exploitation, a déjà entraîné la destruction de 75 % des écosystèmes terrestres et de 40 % de l’environnement marin. Le rythme des extinctions est déjà de dix à cent fois plus rapide que le rythme moyen des dix derniers millions d’années ; et il s’accélère encore. Des huit millions d’espèces animales et végétales qui peupleraient notre planète, un million sont désormais menacées d’extinction. La situation est maintenant intenable.

C’est à une révolution que nous appelons : une refondation complète de notre rapport à la nature et au vivant. Ce n’est pas un luxe, mais une nécessité pour notre survie à tous, car la santé de l’humanité dépend de celle de notre environnement, comme de celle des espèces avec qui nous cohabitons sur la planète.

Il y a urgence à agir. Et agir, c’est d’abord prendre ensemble l’engagement de ne plus détruire les conditions d’habitabilité de notre maison commune. Pour nos générations actuelles, mais aussi pour les générations futures, car habiter dans de bonnes conditions sur notre planète est un droit fondamental pour l’humanité.

Il nous faut par conséquent consacrer les moyens nécessaires – et surtout avoir cette ambition – pour protéger et restaurer l’ensemble des écosystèmes, qu’ils soient naturels ou gérés. Dans le cadre des négociations de la convention sur la diversité biologique, les Etats travaillent à protéger, d’ici à 2030, 30 % de la surface du globe, surfaces terrestres comme maritimes. Nous ne partons heureusement pas de rien, puisque, avec les 252 sites du Patrimoine mondial naturel, les 714 réserves de biosphères et les 161 géoparcs mondiaux de l’Unesco, 6 % de la surface terrestre est déjà protégée.

« Il est temps que l’humanité comprenne que la Terre ne lui appartient pas : elle en dépend au contraire »

Le rapport de l’OMS sur l’origine de la Covid-19 contesté par les scientifiques

 

Le rapport de l’OMS sur l’origine de la Covid-19 contesté par les scientifiques

Drew Hinshaw et Jeremy Page (Wall Street Journal)

 

 

Dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Washington, la délégation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) partie enquêter en Chine sur les origines de la Covid-19 envisage d’abandonner la publication de son rapport provisoire tandis qu’un groupe de scientifiques internationaux appelle à organiser une nouvelle investigation.

Dans une lettre ouverte publiée le jeudi 4 mars, un collectif composé d’un peu moins d’une trentaine de scientifiques exhorte à l’ouverture d’une nouvelle enquête internationale. Selon ses membres, la délégation de l’OMS revenue le mois dernier de sa mission à Wuhan (la ville chinoise où les premiers cas ont été signalés) n’a pas disposé des moyens nécessaires pour enquêter sur les sources possibles du coronavirus, notamment pour déterminer s’il s’était échappé d’un laboratoire.

Leur appel intervient alors que les Etats-Unis, récemment revenus sur leur décision de quitter l’OMS, appellent à plus de transparence dans le cadre de cette enquête et affirment avoir l’intention d’examiner de près le rapport sur la mission à Wuhan. Ils pressent la Chine de communiquer toutes les données utiles, notamment sur les premières infections confirmées en décembre 2019 et d’autres potentiellement survenues avant cette date.

Pendant ce temps, Pékin demande que soient organisées le même type de missions dirigées par l’OMS dans d’autres pays, y compris les Etats-Unis, afin de déterminer si le virus aurait pu naître ailleurs qu’en Chine et s’être propagé à Wuhan par le biais d’emballages d’aliments surgelés.

Cet ajournement de la publication des découvertes et des recommandations de la délégation envoyée à Wuhan, à laquelle ont participé des scientifiques et des responsables chinois qui devront approuver tout futur rapport, s’inscrit dans un contexte de controverse politique et scientifique incessante autour de la recherche de l’origine de la pandémie

Le 12 février, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a déclaré que la délégation publierait possiblement la semaine suivante un rapport intermédiaire résumant brièvement la mission à Wuhan, et que le rapport complet serait diffusé plusieurs semaines plus tard. Mais ce résumé n’a toujours pas été publié et l’équipe de l’OMS est en train d’en abandonner l’idée, explique Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire à la tête de la délégation. L’équipe de l’OMS envisage de publier un résumé en même temps que le rapport final complet, affirme-t-il. Ce rapport final « sera publié dans les prochaines semaines et comprendra des découvertes majeures », a annoncé un porte-parole de l’OMS.

« Par définition, un rapport résumé ne contient pas tous les détails, a justifié le Dr Ben Embarek. Donc étant donné l’immense intérêt que suscite ce rapport, un simple résumé ne satisferait pas la curiosité des lecteurs. »

Cet ajournement de la publication des découvertes et des recommandations de la délégation envoyée à Wuhan, à laquelle ont participé des scientifiques et des responsables chinois qui devront approuver tout futur rapport, s’inscrit dans un contexte de controverse politique et scientifique incessante autour de la recherche de l’origine de la pandémie.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a accusé la lettre ouverte de vouloir faire « du neuf avec du vieux », de désigner des coupables et de manquer de crédibilité scientifique. Il a également déclaré que la délégation de Wuhan avait conclu qu’il était « extrêmement improbable » que le virus soit sorti d’un laboratoire, hypothèse qu’il ne valait donc plus la peine d’approfondir. Ni le ministère des Affaires étrangères, ni la Commission nationale de la santé chinoise n’ont répondu aux demandes de commentaires sur le rapport de la délégation à Wuhan.

Selon un exemplaire de prépublication de la lettre ouverte, le collectif de 26 scientifiques et autres experts dans des domaines comme la virologie, la zoologie et la microbiologie ont déclaré qu’il avait été « quasiment impossible » à l’équipe de l’OMS de conduire une investigation complète, et que tout rapport était probablement voué à des compromis politiques puisqu’il devait être approuvé par le volet chinois de la délégation.

Une enquête crédible nécessiterait, entre autres choses, des entretiens confidentiels et un accès plus complet aux dossiers médicaux des cas de coronavirus confirmés ou potentiels en Chine datant de fin 2019, lorsque l’épidémie a été identifiée pour la première fois à Wuhan, affirme la lettre signée par des experts de France, des Etats-Unis, d’Inde, d’Australie et d’autres pays.

Les enquêteurs devraient aussi se voir accorder l’accès à des registres concernant l’entretien, le personnel, les élevages d’animaux ainsi que les cahiers de laboratoire de tous les laboratoires travaillant sur le coronavirus, peut-on y lire.

« Nous ne pouvons nous permettre de conduire une enquête sur les origines de la pandémie qui ne soit pas absolument rigoureuse et crédible, poursuit la lettre. A ce jour, les démarches effectuées ne constituent pas une investigation rigoureuse, crédible et transparente. »

Cet appel a peu de chance d’être entendu, puisque toute future enquête nécessiterait la coopération de Pékin. En outre, de nombreux grands spécialistes des maladies infectieuses sont sceptiques face à l’hypothèse d’un accident de laboratoire à l’origine de la pandémie.

« Il est impératif que ce rapport soit indépendant, et que les découvertes des experts soient libres de toute intervention ou modification par les autorités gouvernementales chinoises afin de mieux comprendre cette pandémie et de se préparer pour la prochaine »

Quoi qu’il en soit, il exprime un mécontentement de plus en plus partagé, exprimé par les gouvernements britanniques et américains ainsi que par de nombreux scientifiques du monde entier, face à la pénurie d’informations et de données fournies par la Chine à l’OMS pour aider les chercheurs à déterminer l’origine du virus et la manière dont il a pu contaminer les humains.

« La manière dont les premières découvertes de l’enquête sur la Covid-19 ont été communiquées nous inquiète tout particulièrement et nous nous interrogeons sur les processus sous-jacents utilisés pour les obtenir », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price. « Il est impératif que ce rapport soit indépendant, et que les découvertes des experts soient libres de toute intervention ou modification par les autorités gouvernementales chinoises afin de mieux comprendre cette pandémie et de se préparer pour la prochaine. »

La Chine a assuré à plusieurs reprises de sa totale coopération avec l’OMS et nié les assertions, notamment des responsables de l’administration Trump, que le virus aurait pu provenir d’un centre de recherches de Wuhan, dont au moins un est spécialisé dans les coronavirus des chauves-souris.

Lors de sa mission le mois dernier, la délégation de l’OMS a déclaré que ses membres et leurs homologues chinois analysaient les principales hypothèses afin de déterminer l’orientation des futures recherches. A la fin de la mission, les chefs de la délégation ont annoncé qu’ils prôneraient la conduite d’études sur les manières dont le virus aurait pu se répandre à partir de différents petits mammifères, et ne recommanderaient pas de poursuivre les recherches sur un éventuel accident de laboratoire, théorie qu’ils estimaient « extrêmement improbable. »

Cette conclusion a été saluée par Pékin ainsi que par les scientifiques de plusieurs pays qui considèrent que le virus s’est répandu de façon naturelle — très probablement par le biais de chauves-souris, ensuite possiblement via d’autres animaux jusqu’aux humains — et écarte l’hypothèse du laboratoire, considérée comme une calomnie aux motivations politiques.

Pourtant, depuis leur retour de Chine, certains des enquêteurs de l’OMS ont nuancé leurs conclusions et expliqué ne pas avoir eu le mandat, l’expertise ou les données suffisantes pour avoir pu réaliser un audit de laboratoire exhaustif. Il manquait également à la délégation d’importantes données sur les premiers cas confirmés, ou sur les patients qui avaient été hospitalisés avec le même genre de symptômes auparavant.

La possibilité d’un l’accident de laboratoire « n’est définitivement pas écartée », a affirmé le docteur Ben Embarek au cours d’un séminaire la semaine dernière. Le docteur Tedros avait quant à lui affirmé en février, après le retour de la mission, que « toutes les hypothèses [demeuraient] ouvertes et [demandaient] des analyses plus poussées. »

Les signataires de la lettre ouverte sont principalement des membres d’un groupe plus large, conduit par des scientifiques français, qui partage des articles de recherche et d’autres informations sur la Covid-19 depuis décembre. Aucun n’est associé à l’enquête de l’OMS.

Parmi eux figurent Etienne Decroly et Bruno Canard, virologues moléculaires à l’AFMB, laboratoire sous tutelle d’Aix-Marseille Université (AMU) et du CNRS.

Le docteur Decroly explique s’être impliqué après avoir conclu qu’à partir des données disponibles, il n’était pas possible de déterminer si le SARS-CoV-2 « résultait d’une zoonose issue d’une souche virale sauvage ou une sortie accidentelle de souches expérimentales ».

La lettre a notamment été coordonnée par Gilles Demaneuf, data scientist français basé en Nouvelle-Zélande, et Jamie Metzl, membre du groupe de réflexion Atlantic Council et conseiller de l’OMS sur l’édition du génome humain.

D’éminents détracteurs de l’hypothèse de la fuite de laboratoire ont publié ces dernières semaines de nouvelles recherches sur des coronavirus de chauves-souris découverts en Asie du Sud-est et au Japon, qui selon eux montrent que le SARS-CoV-2 a très probablement évolué de façon naturelle pour infecter les humains.

Robert Garry, virologue à la Tulane University School of Medicine impliqué dans cette recherche, explique que lui et d’autres collègues avaient au départ envisagé la possibilité d’une fuite ou d’un accident de laboratoire, mais qu’ils avaient fini par conclure que c’était « pratiquement impossible. »

L’administration Biden n’a pas répété publiquement les assertions spécifiques de son prédécesseur au sujet des laboratoires de Wuhan.

Les signataires de la lettre ouverte disent ne soutenir aucune hypothèse en particulier mais affirment qu’il est prématuré d’exclure la possibilité d’une fuite ou d’un accident en relation avec un centre de recherches comme le Wuhan Institute of Virology, ou WIV, qui gère des laboratoires de haute sécurité et conduit des recherches approfondies sur les coronavirus des chauves-souris.

Les chercheurs du WIV nient que le virus vienne de chez eux et affirment n’avoir ni stocké de SARS-CoV-2, ni travaillé dessus avant la pandémie. Ils soulignent qu’aucun membre de leur personnel n’a été testé positif au virus.

Les signataires de la lettre ouverte indiquent que les enquêteurs devraient envisager plusieurs scénarios possibles, y compris l’éventuelle contamination d’un employé de laboratoire par un virus évoluant naturellement pendant des prélèvements de chauves-souris dans la nature, au cours du transport d’animaux infectés ou de l’élimination de déchets de laboratoire.

Ils signalent également que les enquêteurs devraient explorer la possibilité que le SARS-CoV-2 puisse être né d’expériences « à gain de fonction », lors desquelles des virus trouvés dans la nature sont manipulés génétiquement pour voir s’ils sont susceptibles de devenir plus contagieux ou mortels pour les humains.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérangère Viennot)

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

La déconnexion des marchés financiers par rapport à l’économie

 

L’économiste Christophe Boucher remarque, dans une tribune au « Monde », que les services – qui représentent la majeure partie de l’économie et des emplois – ont plus souffert que l’industrie, dont la résilience a été saluée par les investisseurs, source traditionnelle de leur financement.

Tribune. Les économies développées ont connu la plus forte contraction de l’activité depuis au moins la seconde guerre mondiale, alors même que les marchés financiers affichaient des performances record (pour les actions) et une quiétude insolente (pour les obligations). Les nouvelles mesures de restriction quelles qu’elles soient, depuis cet automne jusqu’à aujourd’hui, n’ont rien changé : les marchés semblent devenus indolores aux mauvaises nouvelles économiques.

Les marchés financiers sont-ils réellement complètement déconnectés de l’économie réelle ? Seraient-ils devenus un vaste casino animé par des investisseurs insensibles à la mise sous cloche de plusieurs secteurs d’activité (tourisme, hôtellerie, loisirs, spectacles, bars-restaurants, etc.) ? Mais les marchés ne sont pas l’économie, ou plus précisément les marchés financiers ne sont pas un indicateur fiable de la santé économique globale à un instant donné.

D’abord, et c’est bien connu, les marchés ont tendance à être prospectifs. Les investisseurs avaient déjà en partie intégré ce qui allait être une chute cataclysmique de l’activité. La dégradation des conditions de marché a été significative dès février 2020. Mais par la suite, ils ont anticipé une reprise économique relativement rapide post-confinement.

Ensuite, les marchés et l’économie ont été soutenus par l’action inédite des politiques monétaires et budgétaires alors que l’économie mondiale est déjà plus résiliente qu’il y a dix ans (moins d’investissements risqués financés à crédit et de meilleurs bilans grâce à une régulation renforcée). Il s’agit ainsi de la première récession et crise financière où la masse monétaire augmente rapidement sous l’effet des mesures de relance et d’une épargne forcée par une consommation contrainte.

Avec la levée des restrictions durant l’été, l’épargne disponible a permis un rebond de l’activité, manufacturière en particulier, assez fort et beaucoup plus rapide qu’anticipé par les économistes.

Bien entendu, les marchés ont été également tirés par les grands gagnants économiques de cette pandémie : les Big Tech (Apple, Amazon, Facebook, Google, Tencent, Alibaba), et plus généralement, le secteur de la technologie.

La crise a en effet accéléré la numérisation du travail (télétravail, e-commerce) et des loisirs (jeux vidéo, plates-formes de streaming, réseaux sociaux, etc.). Cela explique d’ailleurs pourquoi les marchés boursiers européens, peu dotés en géants technologiques, ont affiché des performances inférieures aux marchés américains et asiatiques.

Coronavirus : le rapport nature-santé humaine en cause

Coronavirus : le rapport nature-santé humaine en cause

Les deux dirigeantes du WWF France, Véronique Andrieux et Isabelle Autissier, soulignent, dans une tribune au « Monde », la relation directe entre la déforestation, le recul de la biodiversité et la pandémie, appelant à un sursaut des dirigeants mondiaux

Tribune. Dans le monde, 43 millions d’hectares de forêts perdus entre 2004 et 2017 ont été perdus, soit l’équivalent de 80 % de la superficie de la France métropolitaine, et ce sur seulement 24 « fronts de déforestation », c’est-à-dire les points les plus chauds de la déforestation mondiale. C’est sur ce constat alarmant que s’ouvre la dernière étude du WWF, qui souligne notamment la responsabilité de l’agriculture commerciale dans la dynamique de la déforestation.

L’humanité paie les conséquences de la surexploitation de la nature. Feux de forêts géants, recul de la biodiversité et pandémie mondiale sont liés : la multiplication des crises doit nous faire prendre conscience de l’urgence de changer notre rapport à la nature. Il y a un an, le monde entier découvrait un virus dont on ignorait encore presque tout. Aujourd’hui, le Covid-19 a emporté sur son passage 1,9 million de vies – l’équivalent en heures de travail de plus d’un milliard d’emplois, selon l’Organisation internationale du travail – et aussi quelques certitudes sur ce qu’est une politique économique raisonnable.

La pandémie a surtout mis en évidence le lien entre destruction de la nature et menace sur la santé humaine. 70 % des maladies émergentes (Zika, Ebola, Nipah, etc.) et presque toutes les pandémies connues (par exemple la grippe, le VIH, le Covid-19) ont pour origine des zoonoses, c’est-à-dire des maladies causées par des infections d’origine animale. C’est le constat que dresse la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l’équivalent du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour la biodiversité.

Une logique d’effet domino

Les scientifiques nous disent ainsi que les causes sous-jacentes aux pandémies comme le Covid-19 sont les mêmes que celles qui ravagent les forêts, détruisent la biodiversité et dérèglent le climat. Déforestation et destruction d’écosystèmes naturels, commerce et consommation d’espèces sauvages, ces destructions et surexploitations générées par nos modes de vie ne sont pas seulement un drame en soi.

Dans une logique d’effet domino, elles conduisent à d’autres catastrophes pour l’humanité : en détruisant les forêts, prairies, savanes, on rapproche la faune sauvage du bétail et des hommes. Ces contacts de plus en plus fréquents permettent aux micro-organismes pathogènes des animaux sauvages de s’adapter et d’infecter les humains.

Numérique : inquiétude par rapport à son empreinte carbone

Numérique : inquiétude par rapport à son empreinte carbone

 

La journaliste de l’opinion Muriel Motte considère qu’il convient de s’inquiéter de l’empreinte carbone du numérique

 

Le président du gendarme des télécoms s’alarme du poids croissant des émissions de gaz à effet de serre du secteur. Le Sénat formule 25 propositions après six mois d’étude sur l’empreinte environnementale du numérique

Dans un rapport publié mercredi, le Sénat prévient que si rien n’est fait, le digital pourrait représenter 7 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France en 2040, contre 2 % actuellement. Cette perspective n’émeut pas seulement les auteurs de cette étude inédite. « Ce qui est inquiétant, c’est la croissance de l’empreinte carbone du numérique ​», a admis jeudi Sébastien Soriano, le patron de l’Arcep, qui commentait son rapport annuel sur l’état d’Internet en France.

Le gendarme des télécoms a lui-même publié une note sur ce sujet environnemental en octobre dernier. A l’échelle mondiale, le numérique compte déjà pour près de 4 % des émissions de GES, soit une empreinte équivalente à celle du transport aérien. La source majeure de cette pollution est le fait de la consommation électrique des réseaux. Outre les émissions de gaz, la production de smartphones et autres terminaux génère une forte consommation en ressources, terres rares et eau notamment.

Explosion des usages, compétition entre équipementiers pour draguer le consommateur ​: tout concourt à faire flamber la facture écologique. Et quand l’environnement sanitaire complète le tableau, le fardeau s’alourdit encore. Le basculement dans la « ​e-société ​» (télétravail, e-learning, streaming, jeux en ligne…) provoqué par le confinement a fait grimper le trafic numérique de 30 % en France, précise l’Arcep. Les réseaux ont globalement tenu le coup, mais les usagers ont pu découvrir toutes les ressources de leur smartphone.

Multiplication des usages. Là est le paradoxe ​: « ​Une évolution technologique qui s’avère permettre une réduction des émissions de GES à usages constants est susceptible de produire en fait un accroissement global des émissions en raison de la multiplication des usages qu’elle permet ​», souligne l’Autorité de régulation. En rappelant au passage que l’énergie monopolisée par le numérique est principalement utilisée par les consommateurs (20 %), la production et l’utilisation des data centers (19 %) et des réseaux (16 %).

Le rapport du Sénat formule une série de propositions, dont l’interdiction des forfaits mobiles illimités, du lancement automatique des vidéos ou du scroll infini, afin d’économiser l’énergie consommée…

Alors, que faire pour limiter l’empreinte du numérique ​? Le rapport du Sénat formule une série de propositions allant dans le sens de la sobriété et de l’économie circulaire ​: lutte contre l’obsolescence programmée des appareils et des logiciels, TVA réduite à 5,5 % sur la réparation des smartphones et l’achat de terminaux remis à neuf, taxe carbone aux frontières européennes pour décourager le renouvellement de terminaux neufs importés, interdiction des forfaits mobiles illimités et de certaines pratiques comme le lancement automatique des vidéos ou le scroll infini, afin d’économiser l’énergie consommée…

« ​Il faut promouvoir l’écoconception de manière à ce que le système fonctionne avec l’empreinte la plus basse possible, estime pour sa part Sébastien Soriano. L’Arcep rêve d’élaborer un « ​baromètre vert du numérique ​», permettant d’informer clairement l’utilisateur final. En revanche « ​sous l’angle environnemental, il n’y a aucune rationalité à repousser le lancement de la 5G, au contraire ​», a-t-il précisé, soulignant que la nouvelle norme va se déployer progressivement ce qui laissera le temps de « ​l’apprentissage ​» pour consommer une 5G plus écologique. Les enchères pour l’attribution des fréquences de la dernière génération mobile ont été reportées au mois de septembre, en vue d’un déploiement à partir de la fin 2020. Les opposants les plus modérés n’en démordent pas : la 5G va nous obliger à renouveler prématurément nos smartphones, et nous inciter à solliciter davantage le réseau mobile.

Les lieux et les conditions de contamination ( rapport Fontanet )

Les lieux et les conditions de contamination ( rapport Fontanet )

 

D’après le rapport Fontanet (membre aussi du conseil scientifique. ) que rapporte Europe 1,  le premier enseignement que l’on peut en tirer, c’est que c’est à la maison que l’on se contamine le plus, en général via notre conjoint ou conjointe. Cela représente deux tiers des contaminations exactement. Ensuite à l’extérieur du foyer, les contaminations sont plus nombreuses lors des contacts avec la famille élargie, les collègues sur le lieu de travail, et enfin les amis. Pourquoi ? Lorsque nous sommes avec des proches, nous portons moins le masque, aussi bien la personne contaminée que celle qui va attraper le virus.

Dans le détail, cette étude, menée auprès de 25.000 personnes, nous montre même quelles sont les situations les plus à risque. C’est avant tout les repas qui jouent un rôle central dans les contaminations hors du foyer, vient ensuite la proximité avec les enfants. Une autre variable est importante : le retard à l’isolement. En effet, 94% des malades se sont isolés mais ils l’ont fait trop tard. Seulement 42% des personnes interrogées se sont isolées dès les premiers symptômes. Pendant les premiers jours de la maladie, il est malheureusement possible de contaminer beaucoup de monde.

Selon cette étude, la fréquentation des bars, des restaurants et des salles de sport multiplient les risques d’infections. Cependant, une partie de l’étude a été menée pendant le confinement, ce qui laisse Arnaud Fontanet supposer, dans son rapport, que « beaucoup de contaminations dans les bars et restaurants sont dues à des événements clandestins ». En revanche, se rendre dans les commerces n’augmenterait pas le risque d’attraper la maladie.

Enfin, les professions les plus touchées par le virus sont les commerciaux, les personnels de santé, les cadres administratifs, les ouvriers et les chauffeurs. Les enseignants à l’école et à l’université ont été plus épargnés par le virus.

75 mesures proposées pour la jeunesse (rapport parlementaire)

75 mesures proposées pour la jeunesse (rapport parlementaire)

Un rapport parlementaire dont rend compte le JDD propose 75 mesures pour la jeunesse particulièrement affectée par les conséquences du Corona virus

  »Mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse. » C’était l’objectif ambitieux assigné à la commission d’enquête présidée par la députée (LREM) Sandrine Mörch. Après quatre mois de travaux et plus de 80 heures d’auditions, cette dernière présentera mercredi, aux côtés de la rapporteure (PCF) Marie-George Buffet, l’ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, les fruits de cette étude : un pavé d’environ 270 pages, avec 75 propositions à la clé.

 

Le rapport ausculte, chiffres à l’appui, toutes sortes de maux : prise de poids (6 kilos en plus en moyenne) ; mal-être (la moitié des étudiants disent avoir souffert de la solitude pendant le premier confinement) ; décrochage (un jeune sur six aurait arrêté ses études) ou encore pauvreté (la moitié des personnes aidées par les Restos du cœur ont désormais moins de 25 ans). « La crise a amplifié les difficultés des jeunes : ils sont plus accros au numérique, plus précaires et plus déprimés, constate Sandrine Mörch. Le gouvernement a déjà débloqué des moyens conséquents, mais la crise agit comme un révélateur des problèmes existants. Elle doit maintenant servir de détonateur pour avancer. »

Elargir la garantie jeune

La députée de Haute-Garonne préconise donc « d’élargir encore la garantie jeune, cette aide financière assortie d’un accompagnement, et d’en allonger la durée ». « Les ­bénéficiaires peuvent actuellement la toucher pendant un an, ajoute-t-elle. Nous pourrions passer à 18, 24, voire 28 mois pour les plus éloignés de l’emploi. » Pour soigner les souffrances psychiques des jeunes, elle invite à « renforcer le nombre d’infirmières, de psychologues et d’assistants sociaux. » La France accuse sur ce point un sérieux retard. A l’université, par exemple, on compte un psychologue pour 30.000 étudiants, un ratio « très éloigné de certaines recommandations internationales ».

Face au cyberharcèlement (en hausse de 30% pendant le premier confinement, selon l’association ­e-enfance), à l’explosion des discours racistes, haineux et complotistes, la députée appelle à renforcer l’éducation aux médias et aux usages du numérique, y compris pour les parents. En ce qui concerne la scolarité, Marie-George Buffet, la rapporteure, aurait jugé plus sage de reporter d’une année la réforme du bac. Le document propose « d’adapter et d’alléger les programmes pour tenir compte des retards d’apprentissage. » Sandrine Mörch, elle, plaide surtout pour le renforcement du binôme associations-Education nationale, la pérennisation des crédits destinés aux colonies de vacances ou la création d’un ­observatoire national du décrochage scolaire.

La commission souligne le sort de populations habituellement peu visibles : enfants des bidonvilles, des hôtels sociaux (pour ces derniers, elle suggère d’établir un cahier des charges et des contrôles réguliers de l’Etat), mineurs étrangers isolés… Elle soutient enfin « le renforcement du pilotage national de la politique de protection de l’enfance » et propose de prévoir une réserve de bénévoles ; mobilisables auprès des établissements de l’Aide sociale à l’enfance. « Il est temps d’entendre les enfants, de mieux porter leur parole et d’arrêter de parler de ‘génération sacrifiée’ », conclut-elle. Pour replacer la jeunesse au cœur des politiques publiques, elle recommande de créer une délégation aux droits des enfants et de la jeunesse à l’Assemblée nationale, ainsi qu’un Observatoire de la jeunesse.

Coronavirus : une gestion de crise catastrophique (rapport parlementaire)

Coronavirus : une gestion de crise catastrophique (rapport parlementaire)

 

Les conclusions de la commission parlementaire sont sévères pour le gouvernement et les autorités sanitaires,

Les députés LR ont pointé parmi leurs conclusions, une situation où la France était « mal préparée », souffrant d’un « pilotage défaillant », de « lourdeurs administratives » alliées à un « manque de décentralisation » des prises de décisions.

 

Damien Abad a dénoncé « un manque d’anticipation, une sous-estimation du risque pandémique dans la hiérarchie des menaces ces dernières années »« Nous constatons aussi dans ce rapport une baisse des stocks stratégiques avec bien sûr les masques, des messages contradictoires sur les masques qui ont considérablement affaibli les capacités de résilience sanitaire, et des manques dans la politique de tests », a-t-il énuméré. Le rapport critique également la mise à l’écart de la médecine de ville dans cette gestion.

 

« Il y a des mesures qui sont imposées de manière bureaucratique et parfois totalitaire, c’est-à-dire avec l’incapacité pour les oppositions, pour les corps intermédiaires, pour les présidents de région d’être entendu et écouté », dénonçait dans ce cadre le député LR Guillaume Peltier, invité mercredi matin de LCI.

 

Le rapport, qui conclue à l’absence d’un pilote unique dans cette crise, propose notamment la suppression des actuelles Agences régionales de santé (ARS) au profit d’agences départementales sous l’autorité des préfets. Il suggère en outre de créer un ministère chargé de « la préparation et l’anticipation des crises » afin de prévenir de nouvelles pandémies.

« Voile intégral : pas une affaire de religion mais de rapport aux hommes » (Agnès De Féo)

« voile intégral : pas une affaire de religion mais  de rapport aux hommes » (Agnès De Féo)

La  sociologue Agnès De Féo s’appuie sur dix ans d’enquête auprès de femmes portant le niqab pour montrer que c’est avant tout le rapport avec le sexe opposé qui détermine leur choix. (Interview dans le monde)

On parle beaucoup d’elles, mais leur voix est rare. La sociologue Agnès De Féo, elle, a interrogé une centaine de femmes portant le niqab (voile intégral) dans une enquête au long cours, commencée en 2009, quelques mois avant la polémique autour du voile intégral qui a abouti à la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. Derrière le niqab. Dix ans d’enquête sur les femmes qui ont porté et enlevé le voile intégral est un livre saisissant, parfois dérangeant, qui permet d’appréhender sous un nouveau jour celles qui ont fait le choix de cacher leur visage.

Vous avez travaillé sur le voile intégral en France dès 2008. Quelles raisons vous ont amenée à vous intéresser à ce sujet, alors absent de l’actualité ?

J’ai commencé à étudier le voilement du visage en 2002 en Asie du Sud-Est. Lorsque je me suis dirigée vers le doctorat en 2008, mon directeur de thèse, le sociologue Michel Wieviorka, m’a poussée à traiter le sujet en France. J’ai d’abord dû digérer ma déception : recentrer mon terrain dans ce pays ne m’excitait pas du tout !

Puis le déclenchement de la polémique en juin 2009 sur le voile intégral, qui a débouché sur la loi d’interdiction en octobre 2010, s’est présenté comme une opportunité. J’ai pu suivre l’évolution des femmes, et surtout assister à une nouvelle tendance : l’adoption du niqab en réaction à la loi. En onze années d’enquête, j’ai rencontré environ 200 femmes « niqabées » et travaillé de façon approfondie avec une centaine. Je suis entrée en contact avec elles en les abordant de manière spontanée.

Le profil des femmes portant le niqab a-t-il évolué au cours de votre décennie d’enquête ?

La loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public a constitué un pivot. Avant, ces femmes étaient dans une dynamique de réislamisation, cherchant à incarner la musulmane parfaite. De la même manière que les hommes salafistes veulent imiter le prophète de l’islam, elles prenaient pour modèle ses épouses qui portaient, selon la tradition, un voile sur le visage. Elles entraient dans le salafisme en couple et connaissaient au début une jubilation dans cette complicité amoureuse.

A partir de juin 2009, le matraquage médiatique qui précède le vote de la loi va faire de la « niqabée » un modèle pour celles qui veulent en découdre avec la société. Ces « néo-niqabées » sont des musulmanes autodidactes, qui se bricolent une religiosité superficielle par Internet. Leur pratique religieuse est souvent laxiste ; la plupart ne s’investissent pas dans l’apprentissage de l’arabe, et l’une d’elles m’avouait ne pas être régulière dans la pratique de ses cinq prières quotidiennes. Elles sont souvent en difficulté sociale, souffrent de solitude et sont en rupture avec leur milieu familial.

 

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