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Choisir entre déchets nucléaires et réchauffement climatique

Choisir entre déchets nucléaires et  réchauffement climatique

 

Alors que les fortes hausses des tarifs du gaz et de l’électricité préoccupent les Européens, un autre débat, concernant l’orientation du financement de la transition énergétique, monte en puissance, explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».(extrait)

 

Le coût de l’énergie sera l’une des préoccupations majeures des Européens cet hiver. Sur le marché à terme, le prix de l’électricité a quasiment doublé depuis le début de l’année, tandis que les cours du gaz coté à Rotterdam (Pays-Bas) sont en progression de 300 %. Pris de court, les gouvernements tentent d’amortir le choc auprès des consommateurs.

En France, les plus précaires recevront un chèque énergie. En Italie, 3 milliards d’euros viennent d’être débloqués pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. En Espagne, l’Etat a baissé dans l’urgence les taxes sur l’électricité. Quant à la Commission européenne, elle travaille pour définir un cadre dans lequel les Etats membres seront autorisés à subventionner l’énergie sans enfreindre les règles communautaires. Si ce n’est pas encore la panique, l’agitation est forte.

L’histoire est toujours la même. L’énergie ne devient réellement une préoccupation que lorsque son prix explose. Le consommateur prend conscience de l’importance des choix énergétiques à la lecture de sa facture de gaz ou d’électricité, alors que tout doit être pensé dans le long terme : construction des infrastructures, financement et évaluation de l’impact sur l’environnement.

Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur les tarifs, un autre débat énergétique monte en puissance : celui autour de la taxonomie européenne. Dès l’intitulé, on comprend pourquoi le sujet fait moins de bruit dans l’opinion. Il est pourtant fondamental et structurant pour les années à venir sur la façon dont les Vingt-Sept vont orienter leur politique énergétique.

La taxonomie consiste à définir ce qu’est une activité économique durable afin de flécher les financements dans le cadre de la transition écologique. Si une source d’énergie n’entre pas dans cette nomenclature, elle aura toutes les peines du monde à trouver les capitaux nécessaires à son développement et risque de se retrouver rapidement hors jeu.

L’enjeu doit être resitué dans le cadre de l’engagement de l’Union européenne pour réduire ses émissions de CO2, principale cause du réchauffement climatique. L’objectif consiste à atteindre la neutralité carbone à l’échelle du continent d’ici à 2050.

Les investissements nécessaires pour y parvenir ont été évalués par la Commission européenne à 350 milliards d’euros par an. La classification en cours d’élaboration doit permettre d’identifier le chemin de la transition écologique en passant au crible 70 secteurs d’activité représentant 93 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire européen, parmi lesquels la construction, le transport, l’industrie ou encore l’énergie.

Défense: Quelles relations entre la France et l’Europe

Défense: Quelles relations entre la France et l’Europe

 

« Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence » Cédric Perrin, sénateur LR du Territoire de Belfort.(l’Opinion, extrait)

 

La taxonomie européenne est dans l’actualité. Ainsi, la question de l’inclusion ou non de l’énergie d’origine nucléaire parmi les énergies permettant de lutter contre le réchauffement climatique est très fortement débattue à l’Union européenne (UE). Pour la France, l’enjeu est crucial.

Mais la question de la taxonomie ne concerne pas seulement le domaine civil. Elle concerne également notre base industrielle et technologique de défense, dont le renforcement au niveau européen est, rappelons-le, l’une des pierres angulaires de la volonté d’affirmation d’une souveraineté européenne affichée par le Président de la République depuis 2017.

Sur ce dernier aspect, qu’il soit permis de s’attarder sur les projets actuels de taxonomie porté par l’Union européenne (UE). Deux initiatives sont à souligner. D’abord dans la lignée du règlement du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables — usuellement appelé règlement sur la taxonomie — la Commission européenne semble vouloir étendre les critères dits « ESG » à une série de nouveaux critères sociaux, parmi lesquels les droits de l’homme. Ensuite, la Commission travaille à la définition d’un écolabel de la finance durable, qui exclurait les entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d’affaires dans le domaine de la production ou du commerce d’armes conventionnelles et/ou de produits militaires utilisés pour le combat. De telles initiatives, à l’égard desquelles les Etats membres sont largement marginalisés, sont graves, pour au moins deux raisons.

Graves pour l’UE, d’abord. De deux choses l’une. Soit l’UE persévère à méconnaître la dangerosité du monde, se confit dans la facilité d’un parapluie otanien dont elle fait mine de ne pas comprendre le prix, enfin pense que les seuls combats à mener se situent sur le terrain de ce qu’elle appelle les valeurs, sans arriver à créer d’ailleurs de consensus en son sein sur ce qu’elle entend par-là. C’est son droit, et les peuples et les Etats qui la composent sont souverains. Mais, elle sera alors condamnée à être le terrain de jeu de prédateurs qui ont compris que le soft power, pour être crédible, doit être solidement construit sur du hard power. Soit, comme la France y pousse notamment depuis 2017, elle fait de la recherche d’une plus grande autonomie stratégique et donc capacitaire, une priorité. Il y a lieu d’être inquiet quand l’on considère à quel point les projets de taxonomie visés supra paraissent bien constituer le énième avatar d’une litanie de renoncements et de blocages européens (difficultés du SCAF, réduction à la portion congrue du fonds européen de défense, achat systématique par de nombreux États européens de matériel américain etc.).

Graves pour notre pays ensuite, car elles témoignent de la part de nos autorités d’un désintérêt inquiétant. La France, à cet égard, doit faire montre de cohérence. Il ne sert à rien de proposer depuis 2017 quantités d’initiatives toutes plus ou moins rejetées par nos partenaires européens et de n’en tirer aucune conséquence. Il est facile de taper du poing sur la table en fustigeant il y a quelques jours le refus de nos partenaires européens de débattre avec la Russie, et, là encore, de n’en tirer aucune leçon, notamment vis-à-vis de Berlin, qui n’a pas les mêmes intérêts que nous, et s’en cache de moins en moins. Il est plus difficile d’expliquer l’ampleur et la continuité des renoncements des plus hautes autorités françaises dès lors qu’il s’agirait, au nom de nos intérêts, de fâcher Berlin ou Bruxelles.

 

Cedric Perrin est sénateur LR, vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.

Confrontation probable entre l’État islamique et les talibans en Afghanistan

Confrontation probable entre l’État islamique et les talibans en Afghanistan

 

 

Spécialiste du terrorisme, Marc Hecker, directeur de recherche à l’Institut français des relations internationales (Ifri), décrypte pour le JDD les ambitions de l’État islamique au Khorasan, la branche afghane de l’organisation djihadiste, responsable de l’attaque suicide de jeudi à Kaboul qui a fait au moins 85 morts.

 

 Quel message l’État islamique a-t-il voulu faire passer en perpétrant cet attentat-suicide?
Daech a voulu montrer qu’il était un acteur sur lequel il fallait compter dans cet Afghanistan contrôlé par les talibans. Si le groupe a commis moins d’attaques ces derniers mois, il est encore capable de frapper ses cibles de prédilection : les étrangers, les talibans et les civils afghans ayant travaillé avec l’ancien gouvernement ou les Occidentaux. Tous sont vus comme des infidèles ou des apostats.

 

 

De combien d’hommes dispose le groupe?
Un récent rapport de l’ONU évoque entre 1.500 et 2.200 combattants avec deux provinces mises en avant, Nangarhar et Kounar, à l’est du pays. Ce sont des chiffres à considérer avec précaution. On sait en tout cas que Daech n’a pas réussi à contrôler de vastes territoires. Ce n’est pas faute d’avoir essayé : la volonté de Daech central, quand la province du Khorasan a été créée en 2015, était de dupliquer le modèle syro-irakien. Mais cela a échoué.

Pourquoi?
Parce que le groupe s’est heurté à une double opposition : celle du gouvernement afghan soutenu par les Américains qui ne voulaient pas voir émerger, après Al-Qaida, un deuxième groupe prônant le djihad global. Il fallait donc tuer la menace dans l’œuf. Et celle des talibans qui ont vu en Daech un concurrent potentiel.

 

Mais certains combattants de Daech ne sont-ils pas d’anciens talibans?
Au départ, il y a eu des défections des talibans au profit de Daech, d’autant que l’État islamique disposait de moyens financiers importants lui permettant de payer ses combattants. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les talibans ont réagi vigoureusement. Certaines sources laissent entendre que l’émir actuel de l’État islamique au Khorasan, Shahab al-Muhajir, serait un ancien cadre intermédiaire du réseau Haqqani, lié aux talibans.

 

D’où venait cet argent?
Selon le chercheur Antonio Giustozzi, des combattants sont partis de la zone afghano-pakistanaise vers le Levant en 2012-2013 pour faire le djihad contre le régime d’Assad. Certains de ces combattants ont rejoint Daech et ont fini par rentrer en Afghanistan. Al-Baghdadi a soutenu cette dynamique – y compris financièrement. Le groupe aurait aussi bénéficié de dons privés venant du Golfe arabo-persique. D’après Giustozzi, Daech disposait ainsi de dizaines de millions de dollars à son apogée. Mais, depuis l’effondrement du califat syro-irakien, la province du Khorasan est en perte de vitesse.

Quel objectif poursuit l’organisation?
Depuis que sa stratégie de contrôle territorial a échoué, Daech s’en tient à une stratégie de terreur, en pratiquant des attaques et des attentats réguliers. Mais son activité décline : selon l’ONU, entre les printemps 2019 et 2020, 572 attaques ont été menées. Ce chiffre est passé à 115 l’année suivante. Soit une baisse d’environ 80%.

 

Daech ne va-t-il pas profiter de la prise de pouvoir des talibans, en se présentant comme le seul défenseur d’un islam pur?
L’État islamique, partisan du djihad global, essaie de déborder les talibans dans la radicalité. Il les accuse de collaborer avec les Américains. Lorsque les talibans tentent d’améliorer leur image internationale en communiquant sur la place des femmes ou des minorités ethniques, les membres de Daech considèrent que c’est un dévoiement de l’islam. L’État islamique va devenir un défi pour les talibans. Pas seulement sur le plan idéologique mais aussi pratique. S’il multiplie les actes de terreur, ce sera la démonstration que les talibans ne parviennent pas à stabiliser le pays.

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Fed : le cul entre deux chaises

Fed : le cul entre deux chaises

Il est probable que le patron de la Fed qui s’exprimera d’ici quelques jours délivrera un message relativement ambigu. En effet au vu des bons résultats économiques, 13 membres sur 18 du gouvernement de la Fed se sont prononcés fins juillet pour un ralentissement des rachats d’actifs.

Pas vraiment encore une remise en cause de la politique accommodante mais un coup de frein. Le problème c’est que depuis les enquêtes d’opinion américaine, on constate un net affaiblissement de la dynamique économique chez les consommateurs et les producteurs. En cause évidemment cette quatrième vague sanitaire qui affecte l’ensemble du monde. Une vague sanitaire qui pourrait remettre en cause la croissance.

Du coup le président de la Fed devra trouver un équilibre entre l’intention  d’un resserrement mais seulement lorsque l’emploi sera satisfaisant et l’autre promesse du soutien à l’économie avec une politique monétaire très accommodante. En clair notamment on peut penser que le patron de la Fed n’annoncera pas de remise en cause des taux bas avant 2022.

Plan climat de la commission européenne : la confusion entre sobriété et précarité

Plan climat de la commission européenne  : la confusion entre sobriété et précarité 

 

 

Clément Sénéchal, porte-parole « Climat » de l’ONG Greenpeace France considère que le plan européen va surtout frapper les ménages les moins favorisés. (Interview France Info, extrait).

Est-ce que ces douze propositions de la Commission européenne sont à la hauteur de l’enjeu ?

Comme souvent, le diable se cache dans les détails. Déjà, l’objectif nos émissions de 55% d’ici à 2030 est trop faible et surtout, c’est un objectif de baisse nette, c’est-à-dire que ce n’est pas un objectif de baisse réelle ou de baisse brute. En réalité,on compte sur de la compensation carbone. Quand on fait le calcul, il s’agit plutôt d’une baisse de 50% que nous prépare la Commission. Or, l’ONU et le consensus scientifique nous dit qu’il faudrait réduire nos émissions de 7,6 % par an, donc être plutôt à moins 70% en 2030. Ensuite, quand on regarde les différentes réformes législatives mises sur la table, effectivement, elles sont ambitieuses de prime abord, mais beaucoup moins quand on regarde dans le détail.

« Par exemple, la fin des ventes des véhicules thermiques est indispensable mais ça fait des années que les ONG réclament cette mesure. Mais sur une date qui serait de 2030 au plus tard, et non pas 2035 si on veut respecter l’objectif de neutralité carbone en 2050. »

 

Idem pour la taxation du kérosène, donc du carburant pour l’aviation, c’est indispensable également. Mais on nous dit, en fait, que ça ne va concerner que les vols européens et donc la moitié des émissions du secteur, puisqu’on va exempter les vols hors Union européenne, les vols internationaux qui dépassent les frontières. D’autant que cette taxation, ne sera finalisée que dans dix ans, ce qui est complètement aberrant. Pendant ce temps-là, le secteur aérien va bénéficier, comme il en a déjà bénéficié pendant de nombreuses années, de niches fiscales sur le kérosène.

Est-ce que la taxe carbone aux frontières ne peut pas limiter les importations depuis des pays lointains comme la Chine qui font beaucoup de dégâts et polluent énormément ?

Ce n’est pas forcément une mauvaise mesure. Simplement, si en parallèle on ne répare pas le marché carbone existant, ça ne sert à rien. Le marché carbone est un marché sur lequel on s’échange des droits à polluer, qui sont émis initialement par la Commission européenne. C’est une manière parmi d’autres de fixer prix à la tonne de carbone. Aujourd’hui malheureusement, sur le marché carbone européen, il y a un prix de la tonne de carbone qui ne concerne pas l’ensemble des industries, il concerne à peine 6% des émissions industrielles. Parce qu’on a des monceaux de quotas gratuits de droits à polluer qui sont qui sont alloués gratuitement, par exemple au secteur aérien, par la Commission européenne.

Par ailleurs, il faudrait fixer un prix plancher à cette tonne de carbone. Il faudrait que ce prix suive une trajectoire haussière pluriannuelle pour atteindre 180 euros d’ici à la fin de l’année. Il faut aussi réduire drastiquement le nombre de quotas en circulation sur le marché carbone, sans cette réforme du marché carbone, cette taxe aux frontières ne servira à rien.

A côté de ça, vous avez des propositions qui sont dangereuses, comme l’élargissement du marché carbone européen au secteur du bâtiment et du transport routier. Jusqu’à présent il concernait surtout les installations industrielles, il était donc acquitté par les entreprises, par l’appareil productif. Sauf qu’avec cet élargissement, on va surtout frapper les consommations populaires. On va faire monter la facture de carburant et de chauffage et donc on va venir percuter des pratiques qui sont captives, qui sont qui sont incontournables aujourd’hui pour les classes populaires. Donc, on va engendrer de la précarité supplémentaire.

Il y a donc selon vous des risques de surcoût pour de nombreux ménages ou certaines entreprises aussi, on pense aux factures d’eau, de carburant, de fioul ou de gaz ?

Cet élargissement du marché carbone au secteur du bâtiment et au secteur du transport routier va frapper les ménages les plus précaires. D’autant plus brutalement qu’on est sur un marché, et donc, on est sur des mécanismes qui sont spéculatifs et qui entraînent une volatilité des prix extrêmement brutale. La Commission doit changer de matrice idéologique. Aujourd’hui, elle doit changer l’équation sur le partage de l’effort. C’est aux multinationales et aux ménages les plus aisés de faire la grande part de l’effort. Sinon, on confond sobriété et précarité.

Plan climat Union européenne : la confusion entre sobriété et précarité

Plan climat Union européenne : la confusion entre sobriété et précarité 

 

 

Clément Sénéchal, porte-parole « Climat » de l’ONG Greenpeace FranceConsidère que le plan européen va surtout frapper les ménages les moins favorisés. (Interview France Info, extrait).

Est-ce que ces douze propositions de la Commission européenne sont à la hauteur de l’enjeu ?

Comme souvent, le diable se cache dans les détails. Déjà, l’objectif nos émissions de 55% d’ici à 2030 est trop faible et surtout, c’est un objectif de baisse nette, c’est-à-dire que ce n’est pas un objectif de baisse réelle ou de baisse brute. En réalité,on compte sur de la compensation carbone. Quand on fait le calcul, il s’agit plutôt d’une baisse de 50% que nous prépare la Commission. Or, l’ONU et le consensus scientifique nous dit qu’il faudrait réduire nos émissions de 7,6 % par an, donc être plutôt à moins 70% en 2030. Ensuite, quand on regarde les différentes réformes législatives mises sur la table, effectivement, elles sont ambitieuses de prime abord, mais beaucoup moins quand on regarde dans le détail.

« Par exemple, la fin des ventes des véhicules thermiques est indispensable mais ça fait des années que les ONG réclament cette mesure. Mais sur une date qui serait de 2030 au plus tard, et non pas 2035 si on veut respecter l’objectif de neutralité carbone en 2050. »

 

Idem pour la taxation du kérosène, donc du carburant pour l’aviation, c’est indispensable également. Mais on nous dit, en fait, que ça ne va concerner que les vols européens et donc la moitié des émissions du secteur, puisqu’on va exempter les vols hors Union européenne, les vols internationaux qui dépassent les frontières. D’autant que cette taxation, ne sera finalisée que dans dix ans, ce qui est complètement aberrant. Pendant ce temps-là, le secteur aérien va bénéficier, comme il en a déjà bénéficié pendant de nombreuses années, de niches fiscales sur le kérosène.

Est-ce que la taxe carbone aux frontières ne peut pas limiter les importations depuis des pays lointains comme la Chine qui font beaucoup de dégâts et polluent énormément ?

Ce n’est pas forcément une mauvaise mesure. Simplement, si en parallèle on ne répare pas le marché carbone existant, ça ne sert à rien. Le marché carbone est un marché sur lequel on s’échange des droits à polluer, qui sont émis initialement par la Commission européenne. C’est une manière parmi d’autres de fixer prix à la tonne de carbone. Aujourd’hui malheureusement, sur le marché carbone européen, il y a un prix de la tonne de carbone qui ne concerne pas l’ensemble des industries, il concerne à peine 6% des émissions industrielles. Parce qu’on a des monceaux de quotas gratuits de droits à polluer qui sont qui sont alloués gratuitement, par exemple au secteur aérien, par la Commission européenne.

Par ailleurs, il faudrait fixer un prix plancher à cette tonne de carbone. Il faudrait que ce prix suive une trajectoire haussière pluriannuelle pour atteindre 180 euros d’ici à la fin de l’année. Il faut aussi réduire drastiquement le nombre de quotas en circulation sur le marché carbone, sans cette réforme du marché carbone, cette taxe aux frontières ne servira à rien.

A côté de ça, vous avez des propositions qui sont dangereuses, comme l’élargissement du marché carbone européen au secteur du bâtiment et du transport routier. Jusqu’à présent il concernait surtout les installations industrielles, il était donc acquitté par les entreprises, par l’appareil productif. Sauf qu’avec cet élargissement, on va surtout frapper les consommations populaires. On va faire monter la facture de carburant et de chauffage et donc on va venir percuter des pratiques qui sont captives, qui sont qui sont incontournables aujourd’hui pour les classes populaires. Donc, on va engendrer de la précarité supplémentaire.

Il y a donc selon vous des risques de surcoût pour de nombreux ménages ou certaines entreprises aussi, on pense aux factures d’eau, de carburant, de fioul ou de gaz ?

Cet élargissement du marché carbone au secteur du bâtiment et au secteur du transport routier va frapper les ménages les plus précaires. D’autant plus brutalement qu’on est sur un marché, et donc, on est sur des mécanismes qui sont spéculatifs et qui entraînent une volatilité des prix extrêmement brutale. La Commission doit changer de matrice idéologique. Aujourd’hui, elle doit changer l’équation sur le partage de l’effort. C’est aux multinationales et aux ménages les plus aisés de faire la grande part de l’effort. Sinon, on confond sobriété et précarité.

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

par Tim Higgins  Dans le Wall Street Journal

 

Un nouveau choc des titans de la tech se profile, alors qu’Apple et Microsoft sont en train de raviver une querelle qui remonte aux premiers jours de l’ère des ordinateurs personnels.

Les cofondateurs des deux entreprises, Steve Jobs chez Apple et Bill Gates chez Microsoft, se sont affrontés au début de leur histoire, avant d’enterrer la hache de guerre. Ces derniers mois, les deux sociétés ont ressorti les armes, lors d’une escarmouche qui a mis en émoi leurs clients et d’autres entreprises de la tech.

Apple, lors de son conflit juridique avec Epic Games, a accusé Microsoft de tirer les ficelles dans l’affaire impliquant le développeur de jeux vidéo. Epic Games a attaqué le fabricant de l’iPhone pour pratiques anticoncurrentielles, alors que Microsoft reprochait à ce dernier de restreindre ses possibilités d’atteindre des clients via son propre service dédié aux jeux vidéo.

Jeudi, lors du lancement de Windows 11, le président-directeur général de Microsoft, Satya Nadella, a fait ce qui a largement été perçu comme une pique à Apple et au contrôle qu’il exerce sur l’App Store de son iPhone, sans toutefois mentionner directement son rival. Les deux entreprises placent actuellement leurs pions en vue de la bataille imminente qui se prépare sur le marché de la réalité augmentée et virtuelle, considérée comme la prochaine évolution majeure de l’informatique.

« Le monde a besoin d’une plateforme plus ouverte, qui permette aux applications de devenir des plateformes à part entière », a asséné M. Nadella jeudi dernier lors de l’événement qui se tenait sous forme virtuelle.

Apple justifie le contrôle strict qu’il exerce sur son App Store en affirmant qu’il offre à ses utilisateurs une meilleure protection de leur vie privée et une cybersécurité accrue. D’autres entreprises, dont Facebook et Epic Games, affirment que la société exerce de manière inéquitable son pouvoir de contrôle sur un accès à plus d’un milliard d’utilisateurs d’iPhone.

M. Nadella présente Microsoft comme le défenseur des développeurs et un bon partenaire pour eux. La société s’est par exemple associée à Amazon, pour proposer aux utilisateurs de Windows 11 de télécharger les versions Android (le système de Google) des applications du géant du commerce électronique, alors qu’Apple a renforcé le verrouillage de ses appareils et de ses applications.

Il s’agit d’une certaine manière d’une inversion des rôles. Dans le passé, Apple était considéré comme le petit chouchou des créateurs de contenu, qui luttait contre un monopole aux méthodes musclées.

Fondés au milieu des années 1970, Apple et Microsoft sont les plus anciens géants de la tech moderne. Jeunes, MM. Jobs et Gates se sont disputés pendant des années. A une époque, M. Jobs a accusé Microsoft de voler les idées d’Apple et de proposer un produit mal conçu. Ils ont publiquement conclu une trêve aux alentours de 1997, peu après le retour de M. Jobs à la tête de l’entreprise qu’il avait contribué à créer. Cette année-là, M. Gates a investi 150 millions de dollars dans Apple, ce qui a permis d’injecter les liquidités dont M. Jobs avait cruellement besoin pour écrire son deuxième acte à la tête de la société.

Depuis, les passes d’armes entre les deux entreprises se sont, à l’occasion, poursuivies. Apple a par exemple diffusé des spots télévisés se moquant des utilisateurs de PC, ce qui a poussé Microsoft à lancer une contre-campagne.

A un moment, M. Jobs a estimé que cette rivalité était devenue malsaine. « Si le jeu était un jeu à somme nulle, où pour qu’Apple gagne, Microsoft devait perdre, alors Apple allait perdre », analysait-il ainsi au cours d’une interview conjointe avec M. Gates lors d’une conférence du Wall Street Journal en 2009, à une époque où le géant des logiciels était beaucoup plus important. « Nous avons essayé d’arranger les choses », déclarait alors M. Jobs.

Jusqu’à récemment, la nouvelle génération de dirigeants des deux entreprises semblait désireuse de préserver publiquement la paix. Tim Cook a succédé à M. Jobs chez Apple en 2011, et M. Nadella est devenu le PDG de Microsoft en 2014. L’une des premières grandes mesures prises publiquement par M. Nadella a été d’intégrer les applications de bureautique Office développées par son entreprise sur l’iPad, la tablette d’Apple.

« Microsoft et Apple sont souvent passés d’ennemis acharnés à meilleurs ennemis, il y a eu une succession de hauts et de bas », détaille Patrick Moorhead, président de la société technologique Moor Insights & Strategy. « Désormais, ils sont à nouveau ennemis. »

Aujourd’hui, les deux adversaires sont devenus les deux grandes superpuissances du monde des affaires aux Etats-Unis. Elles sont les deux seules sociétés américaines à être évaluées à au moins 2 000 milliards de dollars. Elles emploient toutes deux plus de 140 000 personnes et leur chiffre d’affaires annuel combiné dépasse les 400 milliards de dollars.

Le pouvoir de contrôle qu’Apple exerce sur ce qui est mis sur l’iPhone et par qui est au cœur du conflit actuel. Microsoft n’hésite pas à critiquer ces restrictions, qu’il considère comme un obstacle à la croissance de ses activités dans les jeux vidéo, en plein essor.

Cette année, Microsoft a soutenu le créateur de jeux vidéo Epic Games lorsqu’il a intenté un procès à Apple pour pratiques anticoncurrentielles. Des allégations que la société de Cupertino (Californie) réfute. Apple prélève jusqu’à 30 % sur les transactions réalisées sur les applications lorsqu’elles sont téléchargées via l’App Store.

Epic Games a demandé la comparution de Lori Wright, vice-présidente du développement commercial de Microsoft pour les jeux, les médias et le divertissement, afin qu’elle décrive sa tentative avortée d’introduire sur l’App Store d’Apple un service de streaming comportant un bouquet de jeux vidéo appelé Game Pass Ultimate. Selon elle, Apple a traité ce produit Microsoft différemment des services de streaming fournis par d’autres sociétés, par exemple Netflix.

Dans un mémoire déposé devant les tribunaux, Apple a tenté de discréditer le témoignage de Lori Wright, et de semer le doute sur les motivations d’autres témoins cités par Epic, laissant entendre que Microsoft tirait les ficelles de cette action en justice.

« Un observateur raisonnable pourrait se demander si Epic ne sert pas de cheval de Troie à Microsoft », a ainsi indiqué Apple dans un document transmis au tribunal. « Pourtant, Microsoft s’est protégé de toute exposition significative dans ce litige en n’apparaissant pas comme une partie ou en n’envoyant pas de représentant de l’entreprise pour témoigner. »

Un juge devrait se prononcer sur l’ensemble de l’affaire dans les semaines à venir.

Si Microsoft a indiqué réduire la commission qu’il prélevait sur le contenu vendu sur sa nouvelle boutique d’applications, la société continuera à prendre 30 % sur les jeux achetés sur sa console Xbox.

Apple et Microsoft sont tous deux en conflit avec d’autres entreprises. Apple est en désaccord avec Facebook sur le suivi des données des utilisateurs, tandis que Microsoft est en conflit avec le service cloud d’Amazon et des sociétés telles que Zoom et Slack.

Mais aucun de ces litiges n’a la même résonance historique.

Les choses s’accélèrent également car Apple et Microsoft se préparent à conquérir le marché encore émergent de la réalité augmentée, qui consiste à superposer des informations numériques au monde réel. Microsoft vend déjà son casque HoloLens, et Apple devrait dévoiler son dispositif dès l’année prochaine.

« Nous partons du principe que [ce marché] sera ouvert », déclare Alex Kipman, Microsoft Technical Fellow. « Ce ne sera pas : “vous devez passer par notre magasin d’applications et payer une taxe”, a-t-il affirmé le mois dernier dans le cadre du festival The Future of Everything organisé par The Wall Street Journal.

Les responsables du secteur s’attendent à ce qu’Apple transpose les règles de son App Store dans le monde virtuel. Apple n’a pas fait de commentaires sur ses projets.

« C’est définitivement en train de chauffer », résume Gene Munster, un observateur expérimenté des deux entreprises, qui est directeur associé de Loup Ventures, une société de capital-risque spécialisée dans la recherche technologique. « La réalité augmentée est vraiment importante, et c’est la prochaine opportunité pour Microsoft de repasser en mode croissance… et Apple, lui, veut évidemment défendre son territoire dans le domaine du mobile. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Quel dialogue entre politiques et artistes

 

 

L’acteur et directeur d’un centre dramatique national Robin Renucci s’interroge, dans une tribune pour « le Monde », sur les conditions d’un tel dialogue en précisant n’avoir choisi d’affirmer « aucun engagement public face aux sollicitations ».

 

Tribune. La campagne électorale bat son plein. Chacune et chacun aura bientôt, en conscience, à faire son choix dans les urnes. Il en va de la liberté républicaine et du droit de chaque citoyenne et citoyen de faire savoir, ou pas, s’il entend soutenir publiquement l’un ou l’autre parti.

Réalisateur, directeur d’un centre dramatique national, président d’association, acteur sur scène et à l’écran, à ce titre connu du public, j’ai choisi, pour ma part, de n’affirmer aucun engagement public face aux sollicitations. Je ne souhaite pas participer à cette forme de « pipolisation » de la politique qui consisterait à ce que des personnalités, plus ou moins médiatiques, montrent le chemin à suivre à un peuple égaré, en brandissant l’étendard d’un candidat, d’un parti.


Pour autant, j’ai accepté de dialoguer avec les équipes de plusieurs candidates et candidats sur quelques thèmes pour lesquels, avec d’autres, nous militons depuis des années : les questions de l’art et de la culture dans nos vies, de l’éducation populaire, de la transmission, de la laïcité…

Pour ce faire, j’ai répondu aux invitations qui m’étaient adressées lors de rencontres publiques, en présence de professionnels de l’art, de la culture et des médias, comme j’ai accepté le dialogue dans les colonnes de journaux, ou encore avec de nombreux militants. Les débats peuvent être parfois rugueux et, je l’espère, utiles.

J’en tire au moins quelques réflexions…

Entre le silence prudent – trop prudent – et la libre parole exposée – trop exposée – quelle peut être la place d’un véritable dialogue républicain entre artistes et politiques ? N’aurions-nous, modestes saltimbanques, que le choix de nous cacher (l’artiste silencieux, mystérieux, hors du temps et du conflit politique, neutre dans l’adversité pour préserver la pureté de son art et – surtout – de son image) ou celui de l’allégeance (poser sur la photo, adhérer au comité, ajouter son nom à la liste…) ?

 

Où et comment mener le débat public indispensable entre artistes et politiques sans aussitôt se trouver enrôlé ? Les politiques ont-ils réellement besoin de ce « soutien » des artistes pour consolider leur position électorale ? Est-ce le rôle de l’artiste de contribuer à la vie politique de cette manière, surtout lorsqu’il démontre, au quotidien, combien il est engagé dans l’action citoyenne ? Qui soutient qui, en vérité, dans ce jeu de notoriétés supposées ? Certains journalistes, enfin, ne trouvent-ils pas là un « angle » facile, amalgamant, dans un fourre-tout « people », à la fois des comédiens, des académiciens, des auteurs, des sportifs, des chanteurs, des vedettes de télévision… qu’aucune idée commune sur le monde et sur l’art ne rassemble pourtant ?

Réforme de l’État : rétablir un lien entre acteurs publics et société

Réforme de l’État : rétablir un lien entre acteurs publics et société

 

Supprimer l’ENA et la remplacer par une institution plus adaptée ne peut prendre son sens que dans une transformation globale des relations entre les acteurs publics et la société, estime, dans une tribune au « Monde », Lucile Schmid, énarque et vice-présidente du think tank La Fabrique écologique.

 

Tribune. 

 

Le 8 avril, le président de la République annonçait la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et son remplacement par l’Institut du service public, structure dont le nom sonne plus modestement. Depuis des années, la réforme de l’ENA ou sa suppression ont été invoquées pour conjurer l’entre-soi, la défiance à l’égard des élites publiques, et l’éloignement des citoyens vis-à-vis des institutions.

Fallait-il supprimer le symbole pour faire changer les choses ? Assez paradoxalement, cette disparition n’a guère suscité de débat passionné, que ce soit en pour ou en contre. Car l’essentiel est aujourd’hui ailleurs. Après dix-hui mois de pandémie, l’enjeu est d’abord de donner une perspective forte à l’action publique. Les enjeux de bien commun, d’exemplarité, de vision d’avenir résonnent dans la société. Ces attentes à l’égard de l’action publique sont très sensibles dans les jeunes générations. Mais elles se mêlent à une réelle insatisfaction par rapport aux fonctionnements actuels.

Donner un horizon au « modèle français »

Cette insatisfaction tient au désir d’un Etat qui transforme réellement les choses, d’un Etat actif qui se placerait à l’avant-garde. En 2018, la pétition « L’affaire du siècle », qui enjoignait à l’Etat de changer pour mener la transformation écologique, avait recueilli en quelques semaines plus de deux millions de signatures. Depuis, le mouvement Pour un réveil écologique, porté par des milliers d’étudiants, n’a eu de cesse de questionner la responsabilité de l’Etat et des politiques dans le déficit d’action publique sur ces sujets.

Supprimer l’ENA et la remplacer par une institution plus adaptée ne peut prendre son sens que dans une transformation globale des relations entre les acteurs publics et la société. Il ne s’agit pas seulement d’organiser des programmes d’enseignement, ou une insertion internationale et professionnelle, mais de donner un horizon à ce qu’on a coutume d’appeler « le modèle français ». La création de l’Institut du service public devrait être un big bang. Dans cette perspective, plusieurs éléments sont essentiels. D’abord, une pensée pratique des liens entre Etat et société. L’obsession de rapprocher le fonctionnement de l’Etat de celui des entreprises a aveuglé, laissant en friche le chantier d’un rapprochement entre la société et l’Etat. Le mouvement des « gilets jaunes » en est aussi la conséquence.

Pas de miel entre les bourgeois et les réactionnaires (Montebourg)

Pas de miel entre les bourgeois et les réactionnaires (Montebourg)

 

 

Pour le marchand de miel qu’est devenu Montebourg pas question de préférer la gourmandise bourgeoise à la gourmandise réactionnaire. En vue de l’élection présidentielle de 2022, l’ex-ministre socialiste de l’économie appelle, dans une tribune au « Monde », à une union des forces populaires qui passe selon lui par un programme politique interventionniste, régulationniste, (Le marchand de miel a du mal avec la sémantique et davantage encore avec les concepts),  républicain et laïc, mais aussi par le contrôle de l’immigration et la lutte contre l’islamisme politique.Bref un vrai programme mielleux! 

 

Il y a dix ans, les sociaux-libéraux encourageaient la gauche à persister dans sa dangereuse préférence pour les questions sociétales, les minorités et le goût pour une certaine bourgeoisie libérale s’épanouissant dans l’individualisme et une mondialisation heureuse. Triomphait alors la version française du « clintonisme » qui avait uni dans un même programme politique Wall Street et Hollywood, symbolisant un mépris implicite pour les classes populaires qui se jetaient à l’inverse dans les bras de Trump.

Pour les gauches mondiales, il n’était plus nécessaire de s’attaquer aux excès du système économique néolibéral et mondialisé puisqu’il était prétendument bon pour nos sociétés. Le protectionnisme devait rester l’apanage des supposés populistes alors que chacun comprend l’urgente nécessité de rééquilibrage écologique et social d’une mondialisation sauvage et destructrice de nos sociétés occidentales. La question des salaires et de l’amour du travail était abandonnée au profit de la seule redistribution, par les impôts et le revenu universel, célébrant ainsi curieusement l’union de Bill Gates avec Benoît Hamon.


En acceptant ainsi le monde tel qu’il était devenu, la gauche du quinquennat Hollande fit grossir de 15 points le Front national par sa politique austéritaire, parachevée par le quinquennat Macron, champion du mépris de classe en apportant les 15 points de plus qui manquaient pour atteindre les 50 % du corps électoral. Le résultat de ce choix est maintenant connu : les « gilets jaunes » s’affrontèrent en fracture ouverte avec Macron en défendant désespérément le droit de vivre de leur travail ; aujourd’hui la famille Le Pen est aux portes du pouvoir, plusieurs régions sont sur le point d’être gagnées par le Rassemblement national, et tous les candidats se revendiquant de la gauche (Mélenchon, Jadot, Hidalgo) seraient battus par Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Tout comme Macron qui n’en est plus très loin et devrait entrer dans l’histoire pour avoir minutieusement installé le RN au pouvoir, par incompétence ou cynisme.

François Mitterrand avait exprimé clairement une vérité lors de son célèbre discours d’investiture du 21 mai 1981 : avec la victoire de la gauche, « la majorité sociale a enfin rencontré la majorité politique ». Avec Emmanuel Macron, c’est la minorité sociale d’un bloc bourgeois qui a arraché une majorité politique, gouvernant pour une base étroite avec arrogance. Cette recomposition découle de choix délibérés d’indifférenciation idéologique et de conversion de la gauche à la pensée unique. Depuis si longtemps, gauche et droite se succèdent au pouvoir pour mener les mêmes politiques néolibérales aux dépens des droits économiques et sociaux des classes moyennes et populaires.

Législative partielle à Paris : nouveau schisme entre anciens communistes et néo-communistes insoumis

Législative partielle à Paris : nouveau schisme entre anciens communistes et néo-communistes insoumis

 

Un schisme de plus au sein des communistes mais de dimension très réduite puisque ce suite dans l’espace de la législative partielle à Paris.

L’élection législative partielle dans la 15e circonscription de Paris acte en effet même un peu plus la rupture entre Insoumis et communistes, après la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2022. L’élue La Fance insoumise Danielle Simonnet, arrivée en deuxième position du premier tour de dimanche, cinq points derrière sa rivale socialiste Lamia El Aaaraje, espérait pouvoir compter sur un report des voix des communistes (plus de 10%). Il n’en sera rien.

Dans un communiqué, le PCF appelle « les électeurs à se rassembler pour faire élire les candidats de gauche les mieux placés à l’issue du premier tour ».

Vitry-sur-Seine : règlement de comptes dès 9h00 du matin entre voyous

Vitry-sur-Seine : règlement de comptes dès 9h00 du matin entre voyous

 

Il y a quelques dizaines d’années les règlements de comptes s’effectuaient essentiellement sous le manteau protecteur de la nuit. Désormais les voyous opèrent à toute heure pour régler leurs différends y compris de manière mortelle.

 

Cette fois c’est à neuf heures du matin à Vitry sur Seine que des individus se sont affrontés avec des tirs à bout portant. En cause sans doute comme d’habitude des affrontements résultants de concurrence dans le trafic de drogue. Et pendant ce temps là les sophistes des institutions judiciaires s’affrontent pour savoir s’il faut ou non des politiques davantage punitives !

Pêche: un accord provisoire entre l’Union européenne et le Royaume-Uni

Pêche: un accord provisoire entre l’Union européenne et le Royaume-Uni

L’encre de l’accord sur le brexit  était à peine séchée que déjà Boris Johnson fidèle à ses habitudes s’était assis sur les dispositions relatives à la pêche. Il a fallu attendre le mois de mai pour qu’un accord définisse enfin les droits de pêche des européens dans les eaux britanniques.

 Un accord provisoire toutefois puisqu’il ne couvre que l’année 2021. Un accord qui ne fait pas l’unanimité chez les pêcheurs européens notamment français. D’abord les pêcheurs auront dû abandonner 25 % de leurs captures dans les eaux britanniques. Cela court jusqu’en 2026 ensuite les désaccords seront rediscutés annuellement.

 Un obstacle évidemment aux investissements. Ensuite pour pêcher dans les eaux britanniques les pêcheurs doivent disposer de licences accordées avec parcimonie et bureaucratie par le Royaume-Uni. Les petits pêcheurs étant surtout victimes  de cette procédure bureaucratique. Pour faire pression l’Europe dispose cependant d’une carte fondamentale à savoir les restrictions qu’elle peut apporter aux services financiers britanniques qui veulent intervenir dans l’union européenne.

Le divorce entre les Français et la science

Le divorce entre les Français et la science

« Comment expliquer le divorce entre les Français et la science ? La dérégulation de l’information scientifique permise par les nouveaux médias favorise la confusion entre savoir et croyance » par Olivier Babeau et Jean-Yves Le Déaut* dans l’Opinion

 

Rarement les scientifiques auront eu autant la parole que ces derniers mois, prenant une place de choix dans les débats publics et pesant légitimement dans la stratégie nationale de lutte contre la pandémie. Paradoxalement, la méfiance des Français envers la science et le progrès technique semble croître. Le baromètre « science et société » lancé par l’institut Sapiens et Ipsos en décembre dressait un état des lieux peu réjouissant : 58 % des Français affirment que si les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, c’est parce qu’ils défendent avant tout des intérêts privés et seulement 50 % des Français pensent que grâce à la technologie et la science, les générations futures vivront mieux que celles d’aujourd’hui (contre 62 % en 2013).

C’est le drame du responsable politique que de n’être bien souvent plus capable de mettre en parallèle des bénéfices et des risques

Comment expliquer le divorce entre les Français et la science ? La dérégulation de l’information scientifique permise par les nouveaux médias favorise la confusion entre savoir et croyance. Les mécanismes traditionnels de tri de l’information sont abolis. Dans un monde de disponibilité intégrale des contenus où savoirs validés, hypothèses fantaisistes et opinions sont présentés sans hiérarchie, la prime est donnée à l’information frappante, donc extrême, et séduisante pour l’esprit. Celle qui est exacte et nuancée présente souvent moins de séduction. D’où la prolifération des idéologies, qui se nourrissent d’un mélange d’aveuglement et de connaissances frelatées. Et l’efficacité des propagandes de tous ordres.

Chaos. Lui-même empêtré dans le chaos du débat public qui a quitté le lit des médias traditionnels, le politique ne sait pas comment aborder la science. Il n’est souvent pas capable de défendre ses agences indépendantes contre les gesticulations du premier activiste venus. Alors que sa propre légitimité est affaiblie par une défiance sans précédent vis-à-vis des institutions et de leurs représentants, il ne sent pas la force d’opposer aux discours anti-scientifiques le haussement d’épaules qu’ils méritent. Comme Ponce Pilate, il préfère se laver les mains d’une querelle où il craint d’être pris à partie s’il s’engage. En matière d’innovation, interdire demande infiniment moins de courage que de permettre.

Le feuilleton autour du vaccin AstraZeneca en est la triste illustration. Les risques de thromboses ont provoqué une hésitation catastrophique du politique qui a durablement miné la confiance dans ce vaccin. Pourtant, en pratique, nous avons plus de chance de souffrir d’une thrombose en prenant l’avion ou de mourir dans un accident de voiture que d’avoir une thrombose liée au vaccin…

On pourrait hélas multiplier les exemples de ces sujets scientifiques que le politique n’aborde que d’une main tremblante. La façon dont sont réglementés aujourd’hui les OGM procède d’un choix politique et non scientifique. On peut se féliciter que, malgré les pressions très fortes, les nouvelles techniques de sélection variétale (qui ne sont pas stricto sensu de la modification du génome) n’aient pas été interdites au nom de notre phobie de l’innovation agricole. Elles permettent aux cultures de mieux s’adapter à de nouveaux environnements, d’améliorer les rendements et la qualité des sols.

C’est le drame du responsable politique que de n’être bien souvent plus capable de mettre en parallèle des bénéfices et des risques. C’est pourtant son rôle : face à des scientifiques qui seront toujours dans la nuance et le balancement propre à la progression du savoir scientifique, le politique a pour tâche de décider. Pour trancher, il doit être capable d’assumer des risques afin de permettre des bénéfices. Cela suppose de comprendre la différence essentielle entre le danger (la nocivité d’un produit par exemple) et celle de risque (la probabilité d’exposition au danger, qui fait la nocivité réelle). Une possibilité qui semble désormais hors de portée de dirigeants terrorisés à l’idée du moindre accident immédiatement interprété par l’opinion comme un scandale. Le principe de précaution, initialement conçu comme devant déclencher une saine quête d’information, est ainsi de plus en plus converti en principe d’inaction.

Nous devons réapprendre à nos enfants la confrontation et la hiérarchisation des sources. Plutôt que de leur asséner des certitudes, nous devons leur apprendre le doute méthodique. Au lieu d’un monde manichéen aux certitudes faciles, il faut les initier à l’exigence de la nuance

On peut d’autant plus le déplorer que la science est plus que jamais au cœur des grands enjeux que sont l’augmentation démographique et le réchauffement climatique. Comment va-t-on nourrir demain 10 milliards de personnes sans destruction de la planète ? Peut-on y arriver en revenant seulement à des méthodes anciennes ? Peut-on se passer des nouvelles techniques en complément des techniques éprouvées ? 15 % de la population mondiale souffre de malnutrition sévère tandis que 40 % des adultes des pays développés souffrent d’obésité. On n’arrivera pas par des techniques d’hier à résoudre les défis de demain.

Il est essentiel que politique se saisisse de ces enjeux. Pour retrouver les conditions d’un débat rationnel, tout commence par l’école. La culture scientifique, en chute libre d’après les évaluations, doit être réintroduite en force dans les enseignements, et substituée à un catéchisme écologique trop souvent plus idéologique que scientifique (en particulier en matière d’énergies renouvelables et de vénération inconditionnelle du bio). Nous devons réapprendre à nos enfants la confrontation et la hiérarchisation des sources. Plutôt que de leur asséner des certitudes, nous devons leur apprendre le doute méthodique. Au lieu d’un monde manichéen aux certitudes faciles, il faut les initier à l’exigence de la nuance. Pour éviter ensuite la confusion des sources et la domination des pseudosciences, on pourrait imaginer de créer un organisme international sur le modèle GIEC qui donnerait l’état des savoirs scientifique sur les sujets, en s’appuyant sur une légitimité indiscutable.

* Olivier Babeau est président de l’Institut Sapiens. Jean-Yves Le Déaut est biochimiste et ancien député.

COVID-19 France : UN TAUX D’INCIDENCE entre 50 et 200

COVID-19 France : UN TAUX D’INCIDENCE entre 50 et 200

Ces derniers jours, dans plusieurs départements français, le taux d’incidence est passé sous la barre des 50 cas de Covid-19 par semaine pour 100.000 habitants. La Martinique (27,3), Mayotte (22,9), la Charente-Maritime (39,1), les Alpes-Maritimes (45,1), mais aussi la Corse du Sud (21,5) et la Haute-Corse (37,9) sont ainsi sous ce seuil d’alerte, d’après le dernier bilan de Santé Publique France. Le Gers est lui à 50 pile.

Au niveau national, ce taux a chuté depuis la mi-avril - où il était de plus de 360 – et stagne depuis quelques jours entre 120 et 130. Un niveau qui n’avait pas été obtenu depuis fin décembre.

Le taux d’incidence est ainsi de 210,1 en Seine-Saint-Denis, de 194,1 dans le Val-de-Marne, de 190 dans l’Oise, de 195,1 dans le Val-d’Oise ou encore de 180,6 dans la Sarthe.

 

Entre 30 et 70% de pertes pour des fruits et des légumes

Entre 30 et 70% de pertes pour des fruits et des légumes

Sauf pour ce qui est cultivé en serre ,les conséquences de la vague de froid vont peser lourdement sur la production de fruits et de légumes en France. Des pertes considérables sont à prévoir notamment les fruits dans nombre de régions. Entre 30 et 70 % de perte qui vont influencer de manière négative les prix y compris des productions importées d’autant que le froid ne n’a pas touchées que la France. «

 

On sait qu’avec les pertes les prix seront élevés, même s’il est impossible de donner leur montant exact qui va dépendre de l’offre et de la demande. Il y aura des variations. On le voit actuellement avec les prix qui se pratiquent sur les produits espagnols qui arrivent sur le marché et qui sont chers», analyse la profession. «Il est impossible de chiffrer la hausse car il y a beaucoup d’intermédiaires, corrobore Stéphanie Prat. On espère seulement que la distribution n’appliquera pas des marges trop importantes pour que l’augmentation du prix ne soit pas trop importante pour le consommateur.»

Pour les produits qui atterriront sur les étals, pas d’inquiétude en revanche à avoir au niveau du goût. «Le gel brûle les fleurs mais ce qui fait la qualité des fruits, c’est le soleil», expédie Jérôme Desmettre. Mais, si les produits répondent à une réglementation stricte, leur aspect visuel pourrait être un peu chamboulé. «Quand le noyau a été touché par le gel, cela joue sur la croissance et l’apparence du fruit, explique Raphaël Martinez. On risque par exemple d’avoir beaucoup de noyaux fendus

Acier et l’aluminium : accord fiscal prochain entre les États-Unis et l’union européenne

Acier et l’aluminium : accord fiscal prochain entre les États-Unis et l’union européenne

Outre la Chine, l’administration américaine a taxé depuis 2018 l’acier et l’aluminium en provenance de l’union européenne. En rétorsion Bruxelles a taxé certains produits américains. Mais l’administration Biden semble décidée à faire la paix fiscale avec Bruxelles en supprimant les tarifs douaniers punitifs y compris ceux concernant Airbus et Boeing.

Dans un communiqué, l’UE et les Etats-Unis reconnaissent « la nécessité de trouver des solutions efficaces » pour préserver leurs « industries essentielles » face aux surcapacités mondiales d’acier et d’aluminium, « dues en grande partie à des tiers ».

Ils visent les « pays comme la Chine, qui soutiennent des politiques ayant des effets de distorsion sur le commerce ».

Fin prochaine du conflit commercial entre AIRBUS ET BOEING ?

Fin prochaine du conflit commercial entre AIRBUS ET BOEING ?

L’administration américaine a assuré qu’elle souhaite un accord entre l’Europe et les États-Unis pour mettre fin au conflit entre les deux zones concernant Airbus et Boeing accusés l’un et l’autre de profiter de subventions illégales. Un conflit qui dure depuis des années et arbitré de maintenir très approximative par l’organisation mondiale du commerce qui une fois donne raison à l’Europe, une autre fois aux États-Unis.

 

La représentante américaine au Commerce Katherine Tai a répété lors d’une audition devant la Chambre des représentants que son objectif était de conclure un accord d’ici deux mois conformément à la trêve annoncée début mars sur les tarifs douaniers punitifs.

 

« J’ai beaucoup d’espoir et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que nous atteignons l’objectif au cours de cette période de quatre mois », a-t-elle assuré. Si elle a relevé « le potentiel à réaliser » en terme de coopération économique entre les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne, comme la veille devant le Sénat, elle n’a pas dévoilé où en étaient les négociations, ni les points éventuels d’achoppements. Du côté de Bruxelles, aucune information n’a non plus filtré sur les progrès éventuels pour résoudre ce conflit qui dure depuis 17 ans.

Bruits de bottes entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie

Bruits de bottes entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie

La tension monte autour des frontières de l’Arménie avec des intrusions de l’armée de l’Azerbaïdjan.

La France souhaite qu’une résolution de la situation des tensions dans la région puisse être trouvée par le biais du Conseil de sécurité des Nations unies pour ramener la stabilité et la sécurité dans cette région, est-il ajouté.

Le procureur général d’Arménie a ouvert jeudi une enquête pénale sur une « violation de l’intégrité territoriale » par l’Azerbaïdjan, a déclaré l’agence de presse russe RIA, après que le ministère de la défense arménien a accusé l’Azerbaïdjan de déplacer des forces sur son territoire.

Crise : Les aides diminuées entre juin et août

Crise : Les aides diminuées entre juin et août

Les aides publiques aux entreprises des secteurs les plus affectés par la crise sanitaire seront maintenues mais diminuées entre juin et août, a détaillé Bercy lundi à l’AFP. Le fonds de solidarité, qui indemnise actuellement les entreprises du tourisme, de la culture, du sport, de l’événementiel et des secteurs connexes (listes S1 et S1 bis) à hauteur de 20% de leur chiffre d’affaires réalisé avant la crise, est maintenu pour ces trois mois.

Mais l’indemnisation sera limitée en juin à 40% de la perte de chiffre d’affaires, avec toujours un plafond d’indemnisation de 20% du CA. En juillet, elle sera ensuite limitée à 30% et en août à 20% de la perte de CA, toujours avec le même plafond. Il y aura aussi un seuil minimal de perte de CA pour pouvoir être indemnisé qui devrait être fixé à 10% mais n’a pas encore été définitivement arrêté, a encore indiqué le ministère de l’Économie. Par ailleurs, la prise en charge par l’État de la masse salariale des entreprises de ces secteurs passera de 20% actuellement à 15% pour les mois de juin, juillet et août.

Enfin, le reste à charge des employeurs de ces secteurs pour le chômage partiel sera maintenu à 0% en juin, puis passera à 15% en juillet et à 25% en août. Enfin, avec l’événementiel, des discussions se poursuivent pour compléter ce dispositif dans la mesure où ce secteur connaît une faible activité durant l’été, a-t-on expliqué à Bercy. Un projet de décret qui doit être présenté cette semaine par le gouvernement au Parlement prévoit une allocation supplémentaire de 6,7 milliards au fonds de solidarité, ainsi que 500 millions de plus pour le chômage partiel.

Les quelque 30 milliards d’euros disponibles pour 2021 ne seront donc pas suffisants, surtout pour le fonds de solidarité qui est devenu le dispositif de soutien le plus coûteux.

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