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Relations entre Macron et Affaire McKinsey : Une enquête de la justice

Relations entre Macron et Affaire McKinsey : Une enquête de la justice


La justice à travers le parquet national financier confirme qu’il y aura bien une enquête sur les liens entre le cabinet de conseil McKinsey et les campagnes électorales de Macron de 2017 et 2022. »Suite à plusieurs signalements et plaintes d’élus et de particuliers, une information judiciaire a été ouverte le 20 octobre 2022, notamment des chefs de tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne, portant sur les conditions d’intervention de cabinets de conseils dans les campagnes électorales de 2017 et 2022″, explique entre autres le parquet national financier ce jeudi soir.

La justice a déjà enquêté dans les locaux de McKinsey et plus spécifiquement sur l’aspect fiscal du dossier.

Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait le rapport du sénat.

Une affaire qui dégage un certain parfum de scandale .Pour justifier les contrat passés par l’Etat de plus d’un milliard d’euros avec McKinsey, il faudrait que l’État ait mobilisé des milliers et des milliers de consultants puisque l’essentiel des prestations relève du soft et non de la fourniture d’investissements matériels.

Dans leur rapport explosif sur l’influence croissante des cabinets de conseil dans l’Hexagone, publié en pleine campagne présidentielle, les sénateurs Éliane Assasi et Arnaud Bazin (CRCE et LR) affirmaient que le cabinet américain échappait à l’impôt sur les sociétés (IS) en France. S’il y était théoriquement bien assujetti, «ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans», concluait la commission, décrivant la situation comme un «exemple caricatural d’optimisation fiscale». Or, ce constat était contraire aux propos «tenus sous serment» par le directeur associé du cabinet, Karim Tadjeddine : mi-janvier, celui-ci assurait «nous payons l’impôt sur les sociétés en France et l’ensemble des salaires sont dans une société de droit français qui paie ses impôts en France».

Fin mars, quelques semaines après la publication du rapport, la commission d’enquête avait donc annoncé saisir la justice pour, précisément, «faux témoignage devant la commission d’enquête», de la part du directeur associé du cabinet. De son côté, l’entreprise a toujours réfuté ces accusations, assurant payer l’impôt dû.

Plus largement, au-delà du simple volet fiscal qui ne concerne que McKinsey, le Sénat compte bien s’occuper du sujet de fond du recours aux cabinets de conseil par l’État. . En attendant, le parquet national financier (PNF) poursuit son enquête visant le «statut fiscal» de McKinsey en France, ouverte fin mars.

Economie: un choix entre la récession ou l’inflation ?

Economie: un choix entre la récession ou l’inflation ?

Nombre d’experts patentés surtout néolibéraux considèrent que le choix du ralentissement de l’économie voire de la récession est préférable au maintien de l’inflation.

Ce qu’oublient cependant ces experts distingués c’est qu’aujourd’hui il n’y a pas le choix entre récession et inflation mais qu’on risque de subir les deux phénomènes en même temps.

Il est de bon ton d’affirmer que l’inflation est intenable et que pour la contenir il faut sérieusement affaiblir la croissance, développer le chômage et empêcher la spirale salaire prix.

On oublie que la science économique est une science molle en tout cas qui ne peut prétendre à l’exactitude scientifique, elle est soumise à des réactions des acteurs économiques le plus souvent insuffisamment prises en compte. Ainsi par exemple face au phénomène de l’inflation, les ménages ont déjà réagi en réduisant le coût moyen du panier concernant l’alimentation. Le résultat sera une baisse de la consommation et derrière de la croissance.

Une partie de l’inflation sera combattue de cette manière mais l’inflation contrairement encore aux dires des mêmes experts n’est nullement uniquement conjoncturelle, elle est aussi structurelle et va donc s’installer dans le temps. En cause ,la moindre dépendance vis-à-vis de la Chine qui renchérit les coûts de production, le réajustement des monnaies ( notamment la baisse de l’euro), les préoccupations environnementales et l’augmentation générale des matières premières et de l’énergie.

Il n’y aura donc pas à choisir entre récession et inflation. L’économie européenne ( et la moitié environ du monde d’après le FMI) va cumuler les deux. L’inflation en 2023 par exemple sera au moins du même ordre qu’en 2022 voire davantage en fonction de l’évolution de l’environnement géopolitique toujours très instable.

Ceux qui proposent la récession pour lutter contre l’inflation ont en fait un autre objectif : limiter à tout prix l’augmentation du pouvoir d’achat. Or il n’est pas démontré qu’une certaine inflation soit forcément contradictoire avec un développement économique de l’activité. Par contre, une fois la tendance baissière de la croissance installée personne ne sait quand le PIB peut se redresser. La crise peut alors durer plusieurs années .

Brefs certains économistes ont encore besoin de réviser leurs théories.

Le choix entre la récession ou l’inflation ?

Le choix entre la récession ou l’inflation ?

Nombre d’experts patentés surtout néolibéraux considèrent que le choix du ralentissement de l’économie voire de la récession est préférable au maintien de l’inflation.

Ce qu’oublient cependant ses experts distingués c’est qu’aujourd’hui il n’y a pas le choix entre récession et inflation mais qu’on risque de subir les deux phénomènes en même temps.

Il est de bon ton d’affirmer que l’inflation est intenable et que pour la contenir il faut sérieusement affaiblir la croissance, développer le chômage et empêcher la spirale salaire prix.

On oublie que la science économique est une science molle en tout cas qui ne peut prétendre à l’exactitude scientifique, elle est soumise à des réactions des acteurs économiques le plus souvent insuffisamment prises en compte. Ainsi par exemple face au phénomène de l’inflation, les ménages ont déjà réagi en réduisant le coût moyen du panier concernant l’alimentation. Le résultat sera une baisse de la consommation et derrière de la croissance.

Une partie de l’inflation sera combattue de cette manière mais l’inflation contrairement encore aux dires des mêmes experts n’est nullement uniquement conjoncturelle, elle est aussi structurelle et va donc s’installer dans le temps. En cause la moindre dépendance vis-à-vis de la Chine qui renchérit les coûts de production, le réajustement des monnaies ( notamment la baisse de l’euro), les préoccupations environnementales et l’augmentation générale des matières premières et de l’énergie.

Il n’y aura donc pas à choisir entre récession et inflation. L’économie européenne ( et la moitié environ du monde d’après le FMI) va cumuler les deux. L’inflation en 2023 par exemple sera au moins du même ordre qu’en 2022 voire davantage en fonction de l’évolution de l’environnement géopolitique toujours très instable.

Ceux qui proposent la récession pour lutter contre l’inflation ont en fait un autre objectif : limiter à tout prix l’augmentation du pouvoir d’achat. Or il n’est pas démontré qu’une certaine inflation soit forcément contradictoire avec un développement économique de l’activité. Par contre une fois la tendance baissière de la croissance installée personne ne sait quand le pub peut se redresser. La crise peut alors durer plusieurs années .

Brefs certains économistes ont encore besoin de réviser leurs théories.

Justice : La confusion entre État de droit et propagande

Justice : La confusion entre État de droit et propagande

Ghislain Benhessa avocat et docteur en droit dénonce la confusion entreÉtat de droit et propagande après que le Conseil d’État ait validé une circulaire permettant aux enfants transgenres d’utiliser leur nom d’usage à l’école. ( dans le Figaro, extrait)

Le Conseil d’État a validé la circulaire de Jean-Michel Blanquer . Résultat: les enfants transgenres ont désormais le droit d’utiliser leur prénom d’usage – c’est-à-dire de leur choix – au cours de leur vie scolaire. La plus haute juridiction de l’ordre administratif français sacralise ainsi l’inclusivité de l’école de la République «nouveau genre» – sans mauvais jeu de mots. De l’autre, la presse s’indigne de voir la Cour suprême des États-Unis détruire nombre d’acquis sociaux et «sociétaux» – pour reprendre le lexique en vogue.

En juin dernier, c’était l’avortement que les juges américains auraient décidé d’abolir, en même temps qu’ils homologuaient le droit de porter une arme hors de chez soi. Aujourd’hui, via des questions constitutionnelles relatives à l’organisation des élections et aux convictions religieuses, seraient à leur menu les droits des Afro-américains et des homosexuels, victimes toutes désignées de leur jurisprudence rétrograde. Vu de haut, le clivage saute aux yeux. Chez nous, des magistrats progressistes prompts à corriger toutes les discriminations. Outre-Atlantique, des juges au conservatisme suspect, voire scandaleux. Pour certains nommés – comme par hasard – par ce diable de Donald Trump.

Par-delà les distinctions de nature entre ces deux juridictions – la Cour suprême se rapproche davantage de notre Conseil constitutionnel –, et par-delà les critiques qui pleuvent à l’encontre de la composition de la plus haute juridiction des États-Unis, une telle lecture procède d’une erreur fondamentale: l’oubli de ce que signifie l’État de droit. De nos jours, il est courant d’assimiler l’État de droit à l’abolition des discriminations, à la reconnaissance des singularités de chacun, à la sanctification des doléances – individuelles ou communautaires. Changer de sexe à l’état civil sans opération chirurgicale préalable? Un droit au nom du respect de sa vie privée, dixit la Cour européenne des droits de l’Homme, suivie par la Cour de cassation. Porter le voile islamique en toutes circonstances? Une «liberté» promue par la «diversité», pour reprendre le lexique du Conseil de l’Europe.

Que le Parlement européen a d’ailleurs fait sien, rejetant l’amendement de François-Xavier Bellamy qui voulait que les institutions de Bruxelles cessent de financer les campagnes de promotion du hijab. Changer de prénom à l’école – c’est-à-dire dès l’enfance – au nom de sa transidentité? La marque d’une «scolarisation inclusive» de tous les élèves et le désir d’assurer le «bien-être des jeunes concernés», selon le Conseil d’État. La trame est claire, l’objectif affiché: biffer les différences de traitement, satisfaire les désirs, permettre à chacun d’être qui il veut, comme il l’entend, quand il le souhaite. L’État de droit mué en caisse enregistreuse des revendications, en somme. Et grand ordonnateur de l’éventail des droits brandi à tout bout de champ.
À lire aussiL’ancien juge de la Cour suprême Stephen Breyer: «La Constitution sert à maintenir l’unité des États-Unis»

La prudence du juge est la démonstration de sa sagesse. L’antidote au militantisme. Et le signe qu’il ne tente pas de s’improviser législateur occulte.
Aujourd’hui, au nom des « valeurs » de l’État de droit inscrites au frontispice des traités européens et balancées au visage des mauvais élèves comme la Pologne et la Hongrie, le juge est le bras armé de la déconstruction.

Cette leçon, plus personne ne la comprend. En confondant État de droit et propagande, acte de juger et béatification du progressisme, droit et moraline, le juge se mue chaque jour davantage en suppôt de l’air du temps. Il n’est plus l’exégète consciencieux des textes qui lui préexistent, le gardien des principes dont il a la charge discrète, mais le promoteur d’une révolution des consciences. Jadis, le juge devait être «la bouche de la loi», selon la vieille formule de Montesquieu. Le subordonné du législateur. Aujourd’hui, au nom des «valeurs» de l’État de droit – dont la sacro-sainte protection des minorités – inscrites au frontispice des traités européens et balancées au visage des mauvais élèves comme la Pologne et la Hongrie, il est le bras armé de la déconstruction favorisée par le «wokisme». Plutôt que d’importer ce courant mortifère, qui fissure la cohésion nationale, méditons la position de la Cour suprême. Essayons, pour une fois, de tirer des États-Unis le meilleur. Le mauvais juge n’est pas forcément celui qu’on croit.

CARBURANT: Entre Total et la CGT, l’affrontement de deux idéologies

CARBURANT: Entre Total et la CGT, l’affrontement de deux idéologies

Il paraît peu probable que la situation s’améliore rapidement concernant le carburant. En effet pour l’essentiel on assiste à un affrontement de deux idéologies entre Total et la CGT.

Total incarne en effet ce capitalisme international sans état d’âme qui exploite sans vergogne toutes les occasions de profits ( de l’exploitation souvent discutable des ressources pétrolières jusqu’à la vente de carburant ); par exemple Total profite de la hausse des cours du pétrole pour chaque fois – comme toutes les autres pétroliers-engrangèrent encore davantage de bénéfices. Le groupe français a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,7 milliards de dollars, contre 2,2 milliards au même trimestre de 2021.Sur l’ensemble premier semestre dégagé un bénéfice de plus de 10 milliards. Des profits qui ne sont pas corrélés à une augmentation de l’activité mais qui découle directement de la spéculation résultant d’une part de la hausse des cours du pétrole, d’autre part de l’inflation.

Total est l’exemple même de ce capitalisme international qui accroît ses profits sur le dos des consommateurs et plus généralement des populations et en plus qui exhibe sans vergogne ses succès financiers.

Face à total et à des entreprises de même taille, le gouvernement ne pèse pas lourd. Ainsi face aux superprofits, le gouvernement a renoncé à une fiscalité spécifique. Le problème c’est que dans le même temps il n’a pas non plus incité les entreprises à engager rapidement des négociations pour un meilleur partage des profits entre actionnaires, salariés et investissements.

Face à des profits aussi importants, face à l’inflation qui affecte le pouvoir d’achat, il était assez prévisible que les salariés de certains secteurs dégageant de superprofits fasse valoir leurs revendications.

Le problème c’est que le conflit actuel se déroule dans un secteur où la CGT compte des forces les plus radicales. En effet la CGT dans le pétrole dépend de la fédération CGT des industries chimiques, une fédération particulièrement radicale beaucoup plus que la confédération et qui a même été très proche pendant longtemps du parti communiste.

On est donc en face de deux idéologies complètement différentes. Deux postures d’affrontement. La direction de Total déclare vouloir négocier mais avec un préalable la reprise du travail. À l’inverse la CGT veut d’abord négocier avant d’envisager la fin du conflit.

Cette guerre va durer un moment. Il est probable qu’ils n’ayez pas de généralisation conflictuelle dans le pays mais plutôt une sorte de radicalisation chez certains pétroliers comme Total.

Les grévistes ont refusé mercredi soir une proposition de la direction pour lever les blocages de dépôts de carburants, quelques heures après une première réquisition lancée par le gouvernement chez Esso-ExxonMobil afin de ravitailler les stations-services franciliennes à sec.
Au terme d’une nouvelle réunion au siège de TotalEnergies à la Défense, les grévistes ont refusé fermement une proposition de débloquer les livraisons tôt jeudi matin, comme condition à l’ouverture dans la foulée de négociations salariales.
Plus tôt dans la journée, la direction avait pourtant accepté pour la première fois de recevoir la CGT mercredi. Jusqu’à présent, elle exigeait comme préalable la levée des blocages pour voir le deuxième syndicat du groupe.Mais pour l’instant c’est plutôt le dialogue de sourds qui persistent avec des risques sérieux de radicalisation.

Réforme des retraites : opposition entre les anciens et les modernes dans le parti des « Républicain

Réforme des retraites : opposition entre les anciens et les modernes dans le parti des « Républicains »

Entre les anciens et les modernes chez les républicains. Beaucoup par idéologie, les anciens réclament d’urgence la réforme des retraites avec comme point central le report symbolique à 65 ans. Certains vont d’ailleurs plus loin avec le report à 67 ans comme Édouard Philippe, filiale à la fois du parti de Macron et des Républicains mais qui roule surtout pour lui en 2027.

Officiellement il s’agit de justifier cette mesure par la nécessité d’un équilibre des régimes. Mais ces propositions ont surtout un contenu fortement politique pour bien marquer la différence entre les vrais réformateurs que seraient les républicains et les réformistes hésitants que seraient les soutiens de Macron. Le problème c’est que cette orientation m’a encore un peu plus le caractère conservateur voire réactionnaire des Républicains et surtout que cet posture sur la mesure d’âge ne tient pas compte ni des réalités ( dans l’économie française les seigneurs sont très tôt marginalisés, encore moins des inégalités sociales

Parmi les députés, la jeune génération, Aurélien Pradié en tête, remet en cause le principe du report de l’âge légal. les Républicains sont en train de se diviser sur la réforme des retraites, sur laquelle jusqu’à présent ils étaient tous d’accord.

La fracture est venue de la jeune garde, en l’occurrence d’Aurélien Pradié, le député du Lot. Candidat à la présidence du parti, en décembre, il en a fait un marqueur de sa campagne. « Je propose une réforme des retraites qui se fonde sur le nombre d’années travaillées et non plus l’âge de départ légal. Ce que demande notamment la CFDT. Le problème c’est que les anciens « Républicains » toujours été un peu allergique aux syndicats.

Divorce entre Renault et Nissan ?

Divorce entre Renault et Nissan ?

Un divorce à l’amiable qui ressemble à une sorte de fuite de Renault imposée par le gouvernement japonais. Officiellement, ce serait pour permettre indique les « Échos » de rééquilibrer les pouvoirs et de faciliter la coopération.

En réalité l’affaire Ghosn n’était que l’expression d’une volonté délibérée du pouvoir japonais de s’emparer de l’entreprise Nissan redressée par Renault.Et le gouvernement français est d’ailleurs tombé dans le panneau en enfonçant le PDG du groupe Renault.

C’est évidemment une nouvelle preuve du nationalisme exacerbé du Japon qui a surtout misé sur le succès de ses exportations mais qui tolère difficilement la présence de pouvoirs étrangers sur son territoire. Bref la mondialisation mais seulement dans un sens.

On peut penser que le gouvernement français acceptera de brader Nissan, dont il détient l’essentiel du capital à savoir 44 %.Ce serait dans la continuité du grand abandon de l’industrie française. Le projet serait de ramener cette participation à 15 %. Autant dire qu’on abandonne Nissan aux mains des japonais. Un scénario déjà vu pour une très grande partie de l’industrie française.

D’après Les « Echos », Renault serait prêt à réduire sa participation à 15% du capital de Nissan, ce qui constituerait une rupture historique depuis la signature de l’Alliance en 1999. Nul chez Renault ou chez son principal actionnaire, l’Etat français avec 44% du capital, n’avait jusqu’ici accepté le principe d’une baisse de cette participation de quasi-contrôle.

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Hausse des taux d’intérêt: Opposition entre l’ONU et le FMI

Le différend entre l’ONUet le FMI porte sur l’objectif de politique monétaire. L’ONU défend l’idée qu’il ne faut pas de hausse excessive des taux d’intérêt qui vont tuer la croissance alors que le fonds monétaire international fait de la lutte contre l’inflation le premier objectif quitte à asphyxier la croissance.

Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) met en garde sur le risque de récession mondiale si la hausse des taux se poursuit dans les pays riches à un rythme soutenu. Déjà, celle-ci fragilise encore davantage les économies émergentes. A contrario, la directrice du FMI soutient, elle, que la lutte contre l’inflation est nécessaire car elle touche les ménages les plus faibles, à condition que les gouvernements mènent une politique budgétaire cohérente avec ces resserrements monétaires.

La hausse des taux d’intérêt par les banques centrales des pays riches est trop rapide estime la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) dans son rapport annuel publié lundi. L’agence onusienne pointe le risque de récession et de stagnation pour les économies développées et la plongée dans la pauvreté pour les économies émergentes. « Croire qu’elles pourront faire baisser les prix en s’appuyant sur des taux d’intérêt plus élevés sans provoquer de récession est un pari imprudent », avertit la Cnuced.

La Cnuced a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale en 2022, à 2,5% contre 2,6% en mars. Pour 2023, elle prévoit une croissance de 2,2%.

L’agence estime qu’une hausse d’un point de pourcentage du taux directeur de la Fed réduirait la production économique des autres pays riches de 0,5 % et la production économique des pays pauvres de 0,8 % au cours des trois années suivantes.Il faut aussi observer qu’un relèvement rapide des taux déterrés par la Fed est particulièrement bénéfique à la valorisation du dollar qui aussi renchéri les importations de nombre de pays notamment les plus pauvres

D’ores et déjà, ces hausses des taux vont réduire les revenus des pays émergents (hors Chine) de 360 milliards de dollars dans les trois prochaines années, a calculé la Cnuced. Elle estime également que ces pays ont déjà dépensé environ 379 milliards de dollars de réserves pour défendre leur monnaie cette année, en raison de la forte appréciation du dollar qui fragilise les pays endettés en billets verts. « Quelque 90 pays en développement ont vu leur monnaie s’affaiblir face au dollar cette année – plus d’un tiers d’entre eux de plus de 10% », estime le rapport.

Cette vision n’est pas partagée par Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) FMI plus proche des intérêts des grandes puissances.

Hausse des taux : Opposition entre l’ONU et le FMI

Hausse des taux : Opposition entre l’ONU et le FMI

Le différend entre l’ONUet le FMI porte sur l’objectif de politique monétaire. L’ONU défend l’idée qu’il ne faut pas de hausse excessive des taux d’intérêt qui vont tuer la croissance alors que le fonds monétaire international fait de la lutte contre l’inflation le premier objectif quitte à asphyxier la croissance.

Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) met en garde sur le risque de récession mondiale si la hausse des taux se poursuit dans les pays riches à un rythme soutenu. Déjà, celle-ci fragilise encore davantage les économies émergentes. A contrario, la directrice du FMI soutient, elle, que la lutte contre l’inflation est nécessaire car elle touche les ménages les plus faibles, à condition que les gouvernements mènent une politique budgétaire cohérente avec ces resserrements monétaires.

La hausse des taux d’intérêt par les banques centrales des pays riches est trop rapide estime la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced) dans son rapport annuel publié lundi. L’agence onusienne pointe le risque de récession et de stagnation pour les économies développées et la plongée dans la pauvreté pour les économies émergentes. « Croire qu’elles pourront faire baisser les prix en s’appuyant sur des taux d’intérêt plus élevés sans provoquer de récession est un pari imprudent », avertit la Cnuced.

La Cnuced a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale en 2022, à 2,5% contre 2,6% en mars. Pour 2023, elle prévoit une croissance de 2,2%.

L’agence estime qu’une hausse d’un point de pourcentage du taux directeur de la Fed réduirait la production économique des autres pays riches de 0,5 % et la production économique des pays pauvres de 0,8 % au cours des trois années suivantes.Il faut aussi observer qu’un relèvement rapide des taux déterrés par la Fed est particulièrement bénéfique à la valorisation du dollar qui aussi renchéri les importations de nombre de pays notamment les plus pauvres

D’ores et déjà, ces hausses des taux vont réduire les revenus des pays émergents (hors Chine) de 360 milliards de dollars dans les trois prochaines années, a calculé la Cnuced. Elle estime également que ces pays ont déjà dépensé environ 379 milliards de dollars de réserves pour défendre leur monnaie cette année, en raison de la forte appréciation du dollar qui fragilise les pays endettés en billets verts. « Quelque 90 pays en développement ont vu leur monnaie s’affaiblir face au dollar cette année – plus d’un tiers d’entre eux de plus de 10% », estime le rapport.

Cette vision n’est pas partagée par Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) FMI plus proche des intérêts des grandes puissances.

Compatibilité entre progrès technique et progrès écologique ?

Compatibilité entre progrès technique et progrès écologique ?

Le think tank Open Diplomacy et CentraleSupélec ont co-organisé à Metz les rencontres du Développement Durable. Thomas Friang, le directeur du think tank et créateur des rencontres, livre son éditorial pour le JDD.

Lorsque le GIEC a publié son 6e rapport d’évaluation, le débat public s’est focalisé sur un élément très fort : nous devons, à l’échelle planétaire, atteindre le pic d’émissions de gaz à effet de serre avant 2025 si nous voulons réellement atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, c’est-à-dire limiter le réchauffement planétaire à +2°C d’ici la fin du siècle. De ce fait, le 6e rapport du GIEC avait fait l’objet d’un rapport de force entre dirigeants politiques et responsables scientifiques plus fort que d’habitude encore.
Et pour cause, l’urgence climatique, que nous constatons par épisodes catastrophiques, est une tendance longue qui structure nos vies depuis déjà bien longtemps. Ce n’est pas une série d’épisodes plus ou moins dramatiques, plus ou moins proches de nous, tantôt un typhon hyper-violent, tantôt un méga-feu inarrêtable, tantôt une sécheresse insupportable.
Innover pour « shifter »

Alors que le temps presse, il faut s’emparer rapidement et profondément de chacune des conclusions que le GIEC a rassemblées en passant en revue des milliers de publications scientifiques pour constituer son 6e rapport d’évaluation, et notamment le chapitre consacré à l’atténuation des dérèglements climatiques.
Lire aussi – Thomas Friang, le créateur des Rencontres du développement durable : « Faire face à la polycrise »
Celui-ci affirmait – entre autres données d’utilité publique – que « dans tous les secteurs, nous disposons de solutions pour réduire au moins de moitié les émissions d’ici à 2030 ». Quelles sont ces solutions ? Quelles sont les innovations à faire mûrir rapidement pour que nous puissions relever le défi ? Quels mécanismes de contrôle mettre en œuvre pour éviter que la promesse d’une greentech se transforme en une impasse de greenwashing ?
En somme, comment « innover pour shifter » ? C’était le thème de la première étape régionale des Rencontres du Développement Durable co-organisée à Metz par CentraleSupélec et l’Institut Open Diplomacy, en partenariat avec le JDD. Au fil de cette journée, plusieurs éléments de réponse ont émergé sur la manière de mettre la politique de recherche et d’innovation au service de la transition.

Des objectifs clairs pour piloter l’innovation au service de la transition
Le premier enjeu est celui de fixer des objectifs politiques clairs : tant pour piloter la politique de recherche et l’axer vers la transition que pour évaluer les projets de recherche eux-mêmes et leur contribution à celle-ci. Les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, fournissant un système complet pour prendre en compte les aspects environnementaux, économiques et sociaux de la transition, se sont imposés comme le meilleur référentiel dans les débats.
Ce consensus s’est dégagé d’autant plus naturellement qu’il a été remarqué, par les scientifiques, élus nationaux et locaux, comme par les entreprises, que les ODD sont une référence commune à tous les acteurs qui peuvent former ensemble des écosystèmes de recherche. Or, il a été rappelé à quel point cette notion d’écosystème, tantôt appelé clusters, historiquement appelé technopôles en France, est essentielle pour faire émerger des projets de recherche à fort potentiel, en assurer le bon fonctionnement et les débouchés les plus rapides possibles vers des solutions appliquées, y compris quand on part d’une recherche plutôt exploratoire.

Penser à l’échelle d’un écosystème de recherche et d’innovation favorise également un meilleur pilotage politique de l’innovation au service de la transition. Cela crée une interface efficace (souvent locale, parfois nationale) entre politiques et scientifiques pour que la recherche soit la plus possible en phase avec les besoins de l’époque.
Cela permet des interactions entre le secteur public et les partenaires privés plus intégrées pour catalyser l’avancement des projets de recherche menés. Cela encourage, enfin, les connexions inter-disciplinaires qui sont le cœur de l’innovation au service de la transition.
Avec des objectifs clairs, une logique d’écosystèmes et des interfaces intelligentes, la promesse du progrès technique peut rimer avec le désir de progrès écologique. Mais ce n’est pas tout, car il y a encore bien des critères de succès pour aligner innovation et transition.
Appel à la mobilisation politique
Les nouveaux modèles économiques à la fois créateurs de richesse et prometteurs pour la transition et les solutions technologiques qui peuvent catalyser cette grande transformation ont pour témoins des entrepreneurs et des inventeurs qui ont un message en commun : il n’y a rien de plus fort que le signal législatif pour faire bouger les lignes et potentialiser le décollage économique d’une innovation écologique.
Un simple « projet de loi », même pas encore voté, peut débloquer des investissements importants pour accompagner l’émergence d’une solution technologique qui aurait un grand potentiel écologique.
Le courage du législateur précède l’existence des entrepreneurs… car il bouscule l’ordre établi, certaines rentes économiques qui sont des remparts anti-écologiques.
Plaidoyer pour des pratiques scientifiques nouvelles
Le pilotage politique de la recherche par les appels à projets est une méthode connue et éprouvée. L’approche européenne des appels à projet a été vivement critiquée par tous les experts présents à Metz : ces projets sont souvent le fruit de grands consortiums d’acteurs qui coopèrent de façon plutôt factice au prix de coûts de coordination qui consomment une grande partie du budget de la recherche.
La logique des appels à projet est plébiscitée quand elle encourage réellement la créativité, fondée sur des approches interdisciplinaires, partenariales, parfois exploratoires, et qu’elle n’est pas employée pour répliquer les généalogies scientifiques.
Cela nécessite parfois de la part des jurys de savoir rapprocher des projets entre eux, souvent complémentaires, plutôt que de les opposer via l’appel à projets.
La Nature, meilleure muse de la transition
Les débats auraient pu paraître fâcheusement anthropocentrés si les experts présents n’avaient pas rappelé, collectivement, que la plus grande source d’inspiration au service de la transition est la nature elle-même.
Les solutions les plus efficaces, les plus justes et les moins chères pour atténuer et nous adapter aux dérèglements climatiques se trouvent autour de nous. Si la photonique et la science des matériaux, si l’électronique ou la mécanique quantique sont des aires de progrès majeurs, y compris pour la transition écologique, n’oublions pas l’essentiel : la compréhension des écosystèmes naturels, aux fins de leur protection, leur gestion durable et leur restauration est la clé des solutions basées sur la nature qui sont nos meilleures alliées face aux dangers environnementaux que nous avons nous-mêmes créés.
Corollaire : les sciences comportementales, et plus généralement les sciences sociales, sont une nécessité absolue pour comprendre comment notre espèce – aussi avancée sur le plan technologique soit-elle – peut s’élancer aussi vite vers son autodestruction.
L’anthropocène n’est donc pas la fin du progrès technique, mais le début d’une éthique écologique des révolutions industrielles. Serait-ce la meilleure définition de la sobriété ?

Macron coincé entre immobilisme et autoritarisme

 Macron coincé entre immobilisme et autoritarisme

 

En 2008, Nicolas Sarkozy a voulu limiter à deux le nombre de mandats présidentiels. Sur le coup, l’intention a paru de bon aloi. Mise en application, la réforme se révèle délétère pour l’autorité présidentielle, analyse dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

Et si le second mandat d’Emmanuel Macron ne démarrait jamais ? Depuis sa réélection, en avril, le président de la République se heurte à une conjonction inédite d’obstacles qui l’empêchent, depuis cinq mois, de reprendre la main.

Le dossier des retraites est emblématique. Il révèle l’extrême difficulté qu’éprouve le chef de l’Etat à concrétiser une réforme dont il avait pourtant explicité les termes durant la campagne présidentielle et qu’il estime validée par les urnes. En réalité, la mesure d’âge qu’il préconise pour tenter de rééquilibrer les comptes et financer une partie des dépenses de son quinquennat semble n’avoir d’évidence que pour un cercle restreint de fidèles. Une forte majorité de Français la contestent ; les syndicats y sont tous hostiles ; le patronat juge le moment inopportun ; les oppositions les plus radicales menacent de se retrouver autour d’une motion de censure ; la droite gouvernementale, pourtant partisane de la retraite à 65 ans, refuse de servir de caution. Au sein même de la majorité, une partie des troupes menace de faire sécession en cas de passage en force.

Isolé, Emmanuel Macron doit naviguer entre l’écueil de l’empêchement et la tentation de l’autoritarisme, alors que le cadrage financier du début de son quinquennat ne s’annonce guère plus facile à faire valider. Avant même l’ouverture de la discussion du projet de budget pour 2023 à l’Assemblée nationale, Gabriel Attal, le ministre chargé des comptes publics, semble se résoudre à devoir utiliser l’arme du 49-3. La procédure permet de faire adopter un texte sans vote pourvu que la motion de censure déclenchée par l’engagement de responsabilité du gouvernement soit rejetée.

Pas de distinction entre gauche du travail et gauche des allocations !

Pas de distinction entre gauche du travail et gauche des allocations !

En opposant « la gauche du travail » et celle des « allocations [et] des minima sociaux », le secrétaire national du PCF occulte un phénomène majeur : la porosité croissante entre ces deux mondes, explique le sociologue Nicolas Duvoux.

Encore une analyse de salon d’un sociologue pour contester le fait indiscutable qu’un fossé se creuse entre le monde du travail et le monde des allocataires. Nombre de salariés surtout justement les moins favorisés regrettent effectivement que certains vivent exclusivement d’allocations en évitant les contraintes du travail. En plus le sociologue aurait pu éviter une insulte à Fabien Roussel considérant qu’il est inspiré par Sarkozy et Wauquiez. NDLR

 

Le discours fracassant de Fabien Roussel opposant, lors de la Fête de L’Humanité« la gauche du travail » à « la gauche des allocations » a créé une intense polémique. Inspirées par la rhétorique conservatrice de la critique du « cancer de l’assistanat » (Laurent Wauquiez) ou de la valorisation, symétrique et inverse, de « la France qui se lève tôt » (Nicolas Sarkozy), ces déclarations sont destinées à réarmer moralement des classes populaires laborieuses et menacées. Elles ont cependant le tort d’être fondées sur une idée fausse : contrairement à ce qu’affirme le dirigeant communiste, il n’y a plus de séparation claire entre le monde du travail et celui des prestations sociales.

En opposant « la gauche du travail » à « la gauche des allocations [et] des minima sociaux », Fabien Roussel occulte en effet un phénomène majeur : la porosité croissante entre le monde du travail et celui de l’assistance. Masquée par les positionnements volontairement clivants et binaires des discours politiques, cette réalité est aujourd’hui l’un des traits saillants de notre organisation sociale.

Depuis le début des années 2000, la dichotomie entre ce qui relève de l’assistance et ce qui relève du soutien au travail – notamment au travail précaire et mal rémunéré – ne tient plus. Avec la création de la prime pour l’emploi, en 2001, l’Etat a pris acte du fait que nombre de travailleurs et surtout de travailleuses modestes ne parvenaient plus à joindre les deux bouts malgré les salaires qui leur étaient versés par leurs employeurs privés ou publics : ils avaient du mal à acquitter ce que l’on appelle aujourd’hui leurs dépenses contraintes – le logement ou la facture d’électricité, par exemple.

Pour pallier cette difficulté, l’une des lignes directrices de la politique sociale française a consisté à soutenir le revenu des travailleurs modestes – ce qui a eu pour conséquence d’entremêler le monde du travail et celui des allocations. En faisant de la prestation sociale un complément de salaire pour les salariés rémunérés jusqu’à un smic et demi, cette politique a peu à peu effacé la frontière entre ce qui tient du travail salarié et ce qui relève des prestations sociales. Créé en 2008, le revenu de solidarité active (RSA), qui a pérennisé les possibilités de cumul de revenus d’activité et de solidarité, et qui les a étendues à des emplois à temps très partiel, a renforcé ce phénomène.

En apportant un complément de revenu aux salariés modestes, la prime d’activité instaurée huit ans plus tard, en 2016, a contribué, elle aussi, à nourrir ce rapprochement entre le monde du travail et celui de l’assistance. Si elle a permis de soutenir des personnes en difficulté, elle a, en concentrant l’effort de redistribution sur les moins pauvres d’entre les pauvres, institutionnalisé une perméabilité grandissante entre l’univers des salariés et celui des allocataires des prestations.

Affrontement entre les démocraties et les autocraties ?

Affrontement  entre les démocraties et les autocraties  ? 

Inspiré par Kant, l’universitaire américain et spécialiste des relations internationales Michael W. Doyle estime que les démocraties établissent généralement des relations pacifiques entre elles, tout en maintenant des relations plus hostiles avec les régimes d’autre nature.

 

 

Michael W. Doyle est un chercheur américain spécialiste des relations internationales et professeur à l’université Columbia, à New York. Il est notamment l’auteur de Liberal Peace. Selected Essays (Routledge, 2011) et de The Question of Intervention. John Stuart Mill and the Responsibility to Protect (Yale University Press, 2015), ainsi que d’un ouvrage à paraître en octobre aux éditions W.W. Norton, intitulé Cold Peace. ( Le Monde)

Vous êtes notamment connu pour vos travaux sur la « paix démocratique ». Que cette notion recouvre-t-elle exactement ?

La théorie de la « paix démocratique » postule que les démocraties tendent à établir des relations pacifiques stables entre elles, tout en tendant à maintenir des relations de méfiance, et parfois d’hostilité et de guerre envers les régimes non démocratiques. Cette théorie s’appuie sur l’essai fondateur d’Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle (1795). Son raisonnement était le suivant : les républiques libérales sont rompues à la délibération (elles y sont encouragées par la nécessité de convaincre au sein des gouvernements, des assemblées législatives et des tribunaux), et elles sont responsables devant la majorité de leurs électeurs, qui, contrairement aux monarques et aux dictateurs, ne peuvent pas régulièrement reporter le coût de la guerre sur d’autres qu’eux. Si, de surcroît, ces électeurs respectent les valeurs libérales, ils respecteront les droits des peuples libres à faire valoir leurs droits et négocieront plutôt que de se battre pour des divergences d’intérêts.

Comment la théorie de la « paix démocratique » peut-elle nous aider à comprendre la situation géopolitique actuelle, avec le retour de la guerre sur le continent ?

L’Union européenne et l’OTAN, des organisations démocratiques, ont pris la défense de l’Ukraine, un Etat démocratique : cette solidarité reflète l’importance pour elles du droit à l’autodétermination. La Russie, un régime autocratique, est soutenue par la Chine, un autre régime autocratique. Mais le monde est plus complexe que cela : bien d’autres Etats, notamment des Etats en voie de développement, aspirent à la neutralité ; ils sont davantage préoccupés par les besoins matériels de leurs populations et inquiets des coûts que pourrait avoir pour eux une intimidation par l’un ou l’autre bloc.

 

Comment la méfiance, voire l’hostilité, qui règne actuellement entre les régimes démocratiques et la Russie ou la Chine pourrait-elle être dépassée ?

Mon prochain ouvrage, Cold Peace (« la paix froide »), argumente qu’un danger nous guette : celui d’entrer dans une ère qui ressemblerait à une nouvelle guerre froide entre les démocraties et les autocraties. Mais le retour à ce type et ce degré de division et d’hostilité qui caractérisaient la première guerre froide n’est pas inévitable. Si un sens politique remarquable est mobilisé du côté des démocraties, et s’il rencontre une réponse raisonnable de la part de Vladimir Poutine et de Xi Jinping, alors il serait possible de s’accorder sur une série de compromis difficiles, à même de réinstaller une forme de paix en Ukraine, de stabiliser les tensions grandissantes autour de Taïwan et les relations entre la Chine et les pays du Quad [une alliance qui rassemble les Etats-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon] et les Etats-Unis en particulier. Sur le plan intérieur, nous devons améliorer qualitativement nos démocraties, car l’instabilité qui les menace provient de nos échecs internes, et pas seulement de manipulations extérieures. S’atteler à tous ces projets permettra de créer un monde beaucoup plus stable, et beaucoup plus sûr. Ce sera difficile, mais pas impossible.

Affrontement entre les démocraties et les autocraties ?

Affrontement  entre les démocraties et les autocraties  ? 

Inspiré par Kant, l’universitaire américain et spécialiste des relations internationales Michael W. Doyle estime que les démocraties établissent généralement des relations pacifiques entre elles, tout en maintenant des relations plus hostiles avec les régimes d’autre nature.

 

 

Michael W. Doyle est un chercheur américain spécialiste des relations internationales et professeur à l’université Columbia, à New York. Il est notamment l’auteur de Liberal Peace. Selected Essays (Routledge, 2011) et de The Question of Intervention. John Stuart Mill and the Responsibility to Protect (Yale University Press, 2015), ainsi que d’un ouvrage à paraître en octobre aux éditions W.W. Norton, intitulé Cold Peace. ( Le Monde)

Vous êtes notamment connu pour vos travaux sur la « paix démocratique ». Que cette notion recouvre-t-elle exactement ?

La théorie de la « paix démocratique » postule que les démocraties tendent à établir des relations pacifiques stables entre elles, tout en tendant à maintenir des relations de méfiance, et parfois d’hostilité et de guerre envers les régimes non démocratiques. Cette théorie s’appuie sur l’essai fondateur d’Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle (1795). Son raisonnement était le suivant : les républiques libérales sont rompues à la délibération (elles y sont encouragées par la nécessité de convaincre au sein des gouvernements, des assemblées législatives et des tribunaux), et elles sont responsables devant la majorité de leurs électeurs, qui, contrairement aux monarques et aux dictateurs, ne peuvent pas régulièrement reporter le coût de la guerre sur d’autres qu’eux. Si, de surcroît, ces électeurs respectent les valeurs libérales, ils respecteront les droits des peuples libres à faire valoir leurs droits et négocieront plutôt que de se battre pour des divergences d’intérêts.

Comment la théorie de la « paix démocratique » peut-elle nous aider à comprendre la situation géopolitique actuelle, avec le retour de la guerre sur le continent ?

L’Union européenne et l’OTAN, des organisations démocratiques, ont pris la défense de l’Ukraine, un Etat démocratique : cette solidarité reflète l’importance pour elles du droit à l’autodétermination. La Russie, un régime autocratique, est soutenue par la Chine, un autre régime autocratique. Mais le monde est plus complexe que cela : bien d’autres Etats, notamment des Etats en voie de développement, aspirent à la neutralité ; ils sont davantage préoccupés par les besoins matériels de leurs populations et inquiets des coûts que pourrait avoir pour eux une intimidation par l’un ou l’autre bloc.

 

Comment la méfiance, voire l’hostilité, qui règne actuellement entre les régimes démocratiques et la Russie ou la Chine pourrait-elle être dépassée ?

Mon prochain ouvrage, Cold Peace (« la paix froide »), argumente qu’un danger nous guette : celui d’entrer dans une ère qui ressemblerait à une nouvelle guerre froide entre les démocraties et les autocraties. Mais le retour à ce type et ce degré de division et d’hostilité qui caractérisaient la première guerre froide n’est pas inévitable. Si un sens politique remarquable est mobilisé du côté des démocraties, et s’il rencontre une réponse raisonnable de la part de Vladimir Poutine et de Xi Jinping, alors il serait possible de s’accorder sur une série de compromis difficiles, à même de réinstaller une forme de paix en Ukraine, de stabiliser les tensions grandissantes autour de Taïwan et les relations entre la Chine et les pays du Quad [une alliance qui rassemble les Etats-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon] et les Etats-Unis en particulier. Sur le plan intérieur, nous devons améliorer qualitativement nos démocraties, car l’instabilité qui les menace provient de nos échecs internes, et pas seulement de manipulations extérieures. S’atteler à tous ces projets permettra de créer un monde beaucoup plus stable, et beaucoup plus sûr. Ce sera difficile, mais pas impossible.

Démocratie : trouver l’équilibre entre l’élite et la plèbe

Démocratie : trouver l’équilibre entre l’élite et la « plèbe »

 La massification des études et les inégalités de niveau scolaire peuvent aussi expliquer les fractures politiques et démocratiques en France. Par Vincent Tournier, Université Grenoble Alpes (UGA)

 

Plusieurs indices attestent qu’il existe une profonde insatisfaction à l’égard de la démocratie en France : hausse de l’abstention, défiance envers les élites, renforcement des partis dits populistes, hausse de l’engagement protestataire, succès du complotisme.

Signe supplémentaire : depuis quelques années, des appels sont lancés en faveur d’une démocratie plus directe, que ce soit sous la forme de conférences de citoyens ou sous la forme de référendums d’initiative populaire, deux dispositifs pourtant très différents.

Comment expliquer cette situation ? Sans prétendre résoudre une question complexe, nous voudrions insister sur un facteur à la fois important et sous-estimé : le niveau d’éducation.

Le niveau d’éducation en France, comme dans beaucoup de pays, a fortement augmenté depuis 1945. Alors que seulement 5 % d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat en 1950, on est aujourd’hui aux alentours de 80 %, dont la moitié pour le bac général.

Une mutation d’une telle ampleur, que des observateurs comme Jean Fourastié ou Ronald Inglehart ont qualifié de « révolution silencieuse », est généralement perçue comme positive – et elle l’est dans une large mesure car une société éduquée est une société plus prospère.

De plus, l’éducation fait l’objet d’une forte valorisation, surtout en France où elle est considérée comme un legs glorieux de la Révolution et de la République.

L’éducation n’a-t-elle cependant que des effets positifs ? Se pourrait-il que la massification des études et la diversification des niveaux scolaires soient aussi un facteur de fracturation ?

Il faut rendre hommage à la sociologie de Pierre Bourdieu qui a bien vu que le niveau d’éducation redessinait la nature des classes sociales sous l’influence du capital culturel.

Par la suite, de nombreuses études sont venues confirmer que le niveau d’éducation exerce un fort impact sur la politisation, les connaissances politiques ou le sentiment de compétence politique. La participation électorale est également très influencée par le niveau d’éducation.

Les données de l’enquête européenne sur les valeurs (EVS) permettent de corroborer et d’approfondir ces constats sur l’impact politique de l’éducation.

Elles montrent en effet que l’attachement aux principes démocratiques augmente très sensiblement avec le niveau de diplôme (graphique 1). Moins on est diplômé, plus on accepte l’idée que le pays soit dirigé par un homme fort ou par l’armée (graphique 1). On note aussi que les droits individuels, qui ont pris beaucoup d’importance dans la définition de la démocratie, trouvent davantage de supporters dans les milieux diplômés que dans les milieux moins diplômés.

Si l’enquête ne fournit pas d’indicateurs directs sur la démocratie participative, elle inclut plusieurs questions sur l’engagement associatif ou sur la mobilisation protestataire qui renseignent par défaut sur le potentiel participatif des Français .

Là encore, le niveau d’éducation apparaît comme un facteur très discriminant, y compris pour la mobilisation protestataire dont on pouvait penser qu’elle serait plus élevée là où les besoins matériels sont plus importants.

Précisons que cet impact du niveau d’éducation se maintient lorsqu’on contrôle le diplôme par d’autres variables (sexe, âge, revenus ou échelle gauche-droite). De surcroît, les corrélations avec le niveau d’études ont tendance à augmenter au cours du temps, signe que le clivage s’accentue.

Comment expliquer de telles différences ? On peut faire une hypothèse : si les diplômés soutiennent la démocratie, c’est tout simplement parce qu’ils y trouvent leur compte.

Les diplômés présentent en effet des intérêts particuliers. La réussite scolaire favorise une bonne estime de soi et le sentiment de maîtriser sa vie. Ayant confiance dans leurs capacités, les diplômés sont portés à revendiquer davantage de libertés dans leur choix de vie. Ils portent donc un regard positif sur les droits individuels, surtout lorsque ceux-ci leur permettent de renforcer leur autonomie. Ils voient la mobilité comme un idéal de vie, comme le montrent les études auprès des étudiants, tout en étant préoccupés par la qualité de leur cadre de vie.

Ils ont aussi tendance à cultiver les valeurs que Ronald Inglehart qualifie de post-matérialistes : le féminisme, le multiculturalisme, l’environnementalisme, l’antiracisme ou le post-nationalisme.

Le contexte post-Guerre froide a amplifié les choses. La mondialisation et la technologie ont offert des possibilités inédites de circuler et d’échanger. Le développement de l’enseignement supérieur, poussé par la compétition entre les États, a permis aux idéaux post-modernes de mieux se réaliser, amplifiant la polarisation entre les winners et les losers de la globalisation ou entre les everywhere et les somewhere. Tous ces éléments sont confirmés par l’enquête sur les valeurs. Plus le diplôme augmente, plus on est favorable à l’égalité entre les sexes, à l’homosexualité, aux drogues douces, à une politique pénale moins sévère et à la préservation de l’environnement .

 

Diverses opinions sociétales en fonction du niveau d’études (EVS 2017). Par exemple, 20 % des diplômés de primaires disent que « l’avortement est toujours justifié » contre 60 % des diplomés de master. V. Tournier, Fourni par l’auteur

De même, les diplômés sont nettement plus réticents à l’idée de se dire fiers d’être Français . Ils sont plus facilement concernés par le sort des Européens et des immigrés, et ils critiquent plus souvent la conception généalogique de la nation (avoir des ancêtres français), ce qui explique le discrédit qui frappe l’expression « Français de souche ».

Or, avec la massification de l’enseignement supérieur, couplée à la place croissante du diplôme dans la stratification sociale, les diplômés se retrouvent en position de force pour défendre leurs intérêts. Ils parviennent d’autant mieux à faire valoir leurs préférences qu’ils sont bien représentés parmi les élites politiques), notamment dans le cas des élèves des grandes écoles.

Forts de leur capacité de mobilisation, les diplômés approuvent les dispositifs de type démocratie participative dans lesquels ils savent pouvoir se faire entendre, tout en étant plus réticents à l’égard des référendums qui ont l’inconvénient de niveler les électeurs.

On observe ainsi que les référendums comme celui de 2005 sur l’Europe ou celui de 2016 sur le Brexit ont suscité des critiques de type élitiste. Du reste, aucun des trois derniers présidents de la République n’a eu recours au référendum. Le référendum d’initiative citoyenne (RIC) a même été explicitement rejeté par le parti présidentiel.

Inversement, les milieux peu diplômés souffrent d’un déficit de relais et de ressources politiques. Ayant l’impression que la démocratie leur échappe au profit d’une oligarchie, ils éprouvent un sentiment d’impuissance et de dépossession qui les fait douter du suffrage universel : à quoi bon voter si les élites parviennent de toute façon à imposer leurs vues et leurs intérêts ?

Contrairement aux diplômés, ils sont nettement moins présents dans les dispositifs de démocratie participative, dont ils ne maîtrisent pas les codes. Plus portés à préférer les référendums, ils attendent surtout du pouvoir qu’il soit efficace. L’appel à un pouvoir fort de type bonapartiste, qui saura court-circuiter les pratiques oligarchiques et confiscatoires des élites, est une option acceptable, surtout en période d’insécurité.

Comme l’ont souligné les philosophes depuis l’antiquité, un régime politique court toujours le risque de voir une élite aristocratique confisquer le pouvoir au profit de ses seuls intérêts, ce qui génère un mécontentement populaire.

Ne sommes-nous pas actuellement dans un cycle de ce type ? Le phénomène Trump peut être vu comme un cas d’école, avec d’un côté l’attitude hautaine d’Hillary Clinton, qui voit les électeurs de Trump comme un « panier des déplorables » et les rejette en tant que « racistes, sexistes, homophobes, islamophobes » ; et de l’autre le refus de l’alternance électorale avec une tentative de déstabilisation des institutions en janvier 2021, à laquelle vient s’ajouter le revirement récent de la Cour suprême sur l’avortement.

En France, les élections du printemps 2022 ont confirmé qu’il existe un important clivage sociologique entre le parti présidentiel, très soutenu par les diplômés, et le Rassemblement national, bien implanté dans les milieux populaires, la Nupes étant dans une position intermédiaire en raison d’un socle électoral bâti conjointement sur les centres-villes et les banlieues.

L’erreur serait d’opposer une élite éclairée, porteuse de l’idéal démocratique, à un peuple arriéré n’aspirant qu’à la tyrannie. D’une part la démocratie participative peut être vue comme une forme d’anti-parlementarisme savant ; d’autre part les milieux populaires peuvent avoir de bonnes raisons de ne pas souscrire aux grands principes prônés par les élites.

Par exemple, toujours d’après l’EVS, 54 % des personnes peu diplômées disent qu’elles ne peuvent pas faire davantage pour l’environnement, contre 22 % pour les plus diplômées. De même, 35 % des peu diplômées considèrent que les immigrés prennent les emplois des nationaux, contre 10 % pour les diplômés, ce qui rappelle que les opinions dépendent en grande partie de la situation sociale.

Dans une société fragmentée, la difficulté est évidemment de trouver des réponses satisfaisantes pour tout le monde, en luttant tout particulièrement contre une possible dé-consolidation démocratique.

Un contre-exemple est sans doute la Conférence citoyenne sur le climat lancée par Emmanuel Macron. Cette opération peut être vue comme une tentative pour répondre aux attentes des élites diplômées, à la fois sur le fond (l’environnement) et sur la forme (la démocratie participative). Mais la plupart des propositions finales ont été abandonnées souvent par crainte d’impopularité.

Finalement, le défi actuel n’est pas très différent de celui qui a été identifié par les philosophes classiques, à savoir trouver un équilibre entre la plèbe et l’aristocratie, seule manière d’éviter les dérives aussi bien populistes qu’élitistes.

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Par Vincent Tournier, Maître de conférence de science politique, Sciences Po Grenoble, Université Grenoble Alpes (UGA).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Salman Rushdie: Le résultat de la confrontation entre chiites et sunnites

Salman Rushdie: Le résultat de la confrontation entre chiites et sunnites

 

La fatwa émise en 1989 par l’ayatollah Khomeyni visait à affirmer sa prééminence en matière d’islamisme révolutionnaire face aux groupes radicaux sunnites. Dans une tribune au « Monde », le politologue Gilles Kepel   analyse cette longue rivalité, jusqu’à l’agression contre l’écrivain commise par un jeune chiite d’origine libanaise.

Le 14 février 1989, à la veille du retrait de l’Armée rouge d’Afghanistan, l’ayatollah Khomeyni, Guide suprême de la République islamique d’Iran, émit la fatwa condamnant à mort Salman Rushdie, au motif que son roman Les Versets sataniques [1988, Viking] aurait blasphémé le Prophète. La date choisie par le dirigeant chiite avait pour objet d’obnubiler aux yeux du monde musulman la victoire attendue de ses rivaux sunnites, soutenus par la CIA et financés par l’Arabie saoudite et les pétromonarchies, qui allaient bouter hors de la terre d’islam afghane les forces de l’athéisme communiste qui l’avaient envahie une décennie plus tôt.

Dans l’immédiat, le scandale mondial déclenché par la fatwa – un ayatollah iranien condamnant à mort un citoyen britannique sur le sol même du Royaume-Uni, du jamais-vu à l’époque – eut l’effet escompté : Khomeyni avait tiré le tapis sous les pieds de l’islamisme sunnite qui escomptait se prévaloir de la défaite soviétique pour apparaître comme le héraut et le héros des musulmans « humiliés et offensés » à travers la planète. Pas grand monde ne remarqua sur l’instant la défaite soviétique, qui aurait des conséquences géopolitiques décisives – entraînant, le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin et la mort du communisme.

 

L’ayatollah avait remporté la guerre médiatique, et ce fut pour reprendre la main face à cette rivalité dans l’hégémonie sur l’islamisme révolutionnaire qu’Ayman Al-Zawahiri (qui a été tué fin juillet par un missile américain à Kaboul, où les talibans ont fait leur retour après le retrait des Etats-Unis, cette fois, il y a un an) avait théorisé, dans son manifeste de 1996, Cavaliers sous la bannière du Prophète, la nécessité de frapper le grand coup du djihadisme sunnite que serait « la double razzia bénie » du 11 septembre 2001. Laquelle permettrait à Al-Qaida de monopoliser l’actualité au détriment des rivaux de Téhéran en semant la mort en Occident, à Washington et New York.

Pourtant, la fatwa poursuivit ses effets ravageurs après le décès de Khomeyni, survenu en juin 1989 : elle serait même reprise et prolongée par ses rivaux sunnites, avec leur condamnation à mort des caricaturistes danois qui publièrent des dessins jugés blasphématoires du Prophète dans un quotidien, en septembre 2005, repris ultérieurement par Charlie Hebdo, ce qui aboutirait au massacre du 7 janvier 2015 perpétré par les frères Kouachi, pierre angulaire de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] en Europe et début du mouvement de départ de milliers de jeunes musulmans français pour le Cham – l’appellation islamique du Levant.

« Uber » : Un scandale qui montre la collusion entre un lobby et la politique

« Uber » : Un scandale qui montre la collusion entre un lobby et la politique

 

L’enquête sur les méthodes utilisées par Uber met en lumière une évidence : la nécessité de mieux protéger par une transparence accrue les élus et les gouvernements contre les pressions d’acteurs puissants. La santé de notre démocratie est en jeu.( Le Monde)

 

La publication dans Le Monde des « Uber Files », des documents internes révélant les méthodes de la plate-forme américaine Uber pour se développer à l’étranger, a mis en évidence des moyens plus que détestables. De ces documents confiés par l’ancien lobbyiste Mark MacGann au quotidien britannique The Guardian et aux membres du Consortium international des journalistes d’investigation, dont Le Monde est partie prenante, se dégage un lourd parfum de scandale.

« Uber Files » est une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber adressés par une source anonyme au quotidien britannique The Guardian, et transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et à 42 médias partenaires, dont Le Monde.

Courriels, présentations, comptes rendus de réunion… Ces 124 000 documents, datés de 2013 à 2017, offrent une plongée rare dans les arcanes d’une start-up qui cherchait alors à s’implanter dans les métropoles du monde entier malgré un contexte réglementaire défavorable. Ils détaillent la manière dont Uber a utilisé, en France comme ailleurs, toutes les ficelles du lobbying pour tenter de faire évoluer la loi à son avantage.

Les « Uber Files » révèlent aussi comment le groupe californien, déterminé à s’imposer par le fait accompli et, au besoin, en opérant dans l’illégalité, a mis en œuvre des pratiques jouant volontairement avec les limites de la loi, ou pouvant s’apparenter à de l’obstruction judiciaire face aux enquêtes dont il faisait l’objet.

Le lecteur abasourdi prend connaissance des méthodes de voyous utilisées par les responsables de l’entreprise pour parvenir à leurs fins : contournement des règles de droit, appel à la désobéissance civile, fomentation de coups de force avec, en parallèle, une puissante action de lobbying auprès des économistes et des hommes politiques ouverts à leur cause.

Enivrée par les milliards de dollars levés au début des années 2010, auto-investie de la mission messianique de changer le monde du travail par la numérisation, la start-up s’est crue au-dessus des lois, des Etats et des réglementations. Un accès d’hubris que Travis Kalanick, l’entrepreneur toxique qui était à sa tête, avait fini par payer. Il avait dû quitter la direction de l’entreprise, en 2017.

Ces révélations ont alimenté en France la polémique. La Nupes a vivement mis en cause Emmanuel Macron, qui était alors ministre de l’économie de François Hollande et avait, à ce titre, favorisé l’implantation de l’entreprise en France. La France insoumise a invoqué un « scandale d’Etat » et réclamé la convocation, peu probable, d’une commission d’enquête parlementaireEn retour, le chef de l’Etat s’est dit « extrêmement fier » d’avoir « bousculé l’ordre établi » pour créer des emplois, et il a accusé la gauche d’avoir « perdu la boussole ».

Le fait qu’Emmanuel Macron a aidé l’entreprise à s’implanter lorsqu’il était ministre de l’économie ne peut surprendre personne. Le monopole des taxis était depuis longtemps dans sa ligne de mire. Il en avait étudié les effets pervers dans le cadre de la commission pour la libération de la croissance française, confiée à Jacques Attali en 2008, et dont il avait été le rapporteur général adjoint. Le service au client laissait de plus en plus à désirer et la pénurie organisée de taxis empêchait les créations d’emplois, alors même que des besoins manifestes existaient. Il n’était d’ailleurs pas le premier ministre de l’économie à vouloir en finir avec cette situation, encore fallait-il oser. Il avait trouvé avec Uber un allié, mais un allié sans foi ni loi.

Aujourd’hui, ce dernier est encore à la recherche d’un modèle économique satisfaisant. Ses chauffeurs restent trop souvent sous-payés, mal protégés, mais des emplois ont été créés, notamment dans les banlieues, et les compagnies de taxis ont sensiblement amélioré leur service à la clientèle. Le bilan de cette installation à la hussarde est donc suffisamment nuancé pour disqualifier les procès à l’emporte-pièce.

En revanche, les « Uber Files » mettent en lumière de manière indiscutable une évidence : la nécessité d’un meilleur encadrement des activités de lobbying. Il est essentiel de protéger par une transparence accrue les élus et les gouvernements contre les pressions d’acteurs puissants. La santé de notre démocratie est en jeu. Le dernier rapport de la Commission européenne sur l’Etat de droit, qui invite vivement la France à faire beaucoup mieux en la matière, ne dit pas autre chose.

 

Le deal secret entre Macron et Uber

Le scandale Uber-Macron

 

La presse révèle un nouveau scandale relatif aux relations secrètes entre Macron et Uber pour imposer le développement de l’entreprise de taxi américaine en France. Un scandale assez proche de celui concernant la vente des turbines d’Alstom à General Electric (rachetées depuis par EDF sur ordre de l’Élysée !)

S’appuyant sur différents témoignages et documents, dont de nombreux échanges de SMS, Le Monde conclut à l’existence d’un «deal» secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy. Le quotidien fait état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d’Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers. Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l’entreprise de présenter des amendements «clés en main» à des députés.

Sollicitée par l’AFP, la société Uber France a confirmé la tenue de réunions avec Emmanuel Macron: des rencontres qui «relevaient de ses responsabilités en tant que ministre de l’Économie et du Numérique supervisant le secteur des VTC». L’Elysée a indiqué à l’AFP qu’Emmanuel Macron, comme ministre de l’Economie, était «naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires».

Mais la patronne des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé sur Twitter un «pillage du pays», Emmanuel Macron ayant été à la fois «conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour multinationale états-unienne visant à déréguler durablement le droit du travail».

Le numéro un du PCF Fabien Roussel a relayé des «révélations accablantes sur le rôle actif joué par Emmanuel Macron, alors ministre, pour faciliter le développement d’Uber en France», «contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs».«Uber mériterait bien une petite commission d’enquête» parlementaire, selon le député communiste Pierre Dharréville.

Selon Le Monde, au moins 17 échanges « significatifs » ont eu lieu entre Emmanuel Macron ou ses proches conseillers et les équipes d’Uber, « soit un échange par mois en moyenne. » « Plus qu’un soutien, Emmanuel Macron a été quasiment un partenaire », écrit le quotidien. Et pour cause, des amendements rédigés par Uber auraient été transmis « clés en main » à des députés lors de l’examen de la Loi Macron, en janvier 2015. Retirés ou rejetés, l’esprit de ces amendements sera repris dans un décret: les 250 heures de formation nécessaires pour devenir chauffeur que prévoyait la loi Thévenoud sont supprimées. Une seule journée de formation est désormais nécessaire pour obtenir une licence VTC.

 

Mondialisation : une nouvelle phase entre autarcie et échanges

Mondialisation : une  nouvelle phase entre autarcie et échanges

Le monde semble être entré, depuis deux ans, dans une ère de grande instabilité, avec des répercussions profondes sur les échanges internationaux. Est-ce la fin du modèle de mondialisation rationalisé sur lequel les sociétés modernes se sont construites ? Par Sébastien Lefebure, Directeur général Europe du Sud de Manhattan Associates ( la Tribune)

 

 

En mars dernier, le patron du plus grand gestionnaire d’actifs du monde – BlackRock – annonçait dans une lettre à ses actionnaires « la fin de la mondialisation que nous avons connue au cours des trois dernières décennies ». En cause, le conflit en Ukraine qui est brutalement venu bouleverser l’ordre mondial qui prédominait depuis les années 1990 et, avec lui, certains liens commerciaux qui existaient entre de nombreuses nations.

Cette annonce de Larry Fink intervenait deux ans, quasiment jour pour jour, après le début d’une autre crise majeure ayant mis le monde à rude épreuve, et ayant elle aussi remis profondément en question le modèle de mondialisation en place.

Le dénominateur commun ? La prise de conscience soudaine du risque inhérent à la dépendance. Dépendance énergétique, dépendance alimentaire, dépendance sanitaire, dépendance économique… Le monde expérimente à ses dépens les failles d’un système qui, bien que vertueux à de multiples égards, repose malgré tout sur un fragile équilibre.

Sécuriser est devenu le mot d’ordre, dans un environnement d’une immense complexité. Si certains plébiscitent, à juste titre, la nécessité de relocaliser et de privilégier les circuits courts, il ne s’agit pas pour autant de passer d’un extrême à l’autre. Le protectionnisme et l’autarcie ne sont probablement pas des réponses viables. C’est un nouvel équilibre qu’il faut mettre en place. Et c’est ce qui est en train de se passer.

En à peine deux ans, c’est-à-dire une milliseconde à l’échelle de l’histoire récente du commerce international, la plupart des entreprises se sont réorganisées pour sécuriser la production, les approvisionnements et, tant bien que mal, les coûts. Un véritable tour de force organisationnel et logistique dont les consommateurs ne mesurent toujours l’intensité.

Plus que la capacité à s’adapter, c’est peut-être la rapidité avec laquelle cette adaptation s’opère qui est une prouesse. Combien d’années, voire de décennies aurait-il fallu aux entreprises de la fin du siècle dernier pour réorganiser leur mode de fonctionnement dans un contexte de crise mondiale similaire ? Cela aurait-il simplement été possible sans les systèmes connectés et la numérisation des processus ?

En tout état de cause, il y a aura un avant et un après 2020. Cette décennie est celle de l’accélération d’un basculement que l’on croyait bien plus long à mettre en œuvre.

Ce serait une erreur de penser que les symptômes actuels (pénuries, inflation, …) sont de simples accidents conjoncturels. La mondialisation des Supply Chains et l’augmentation des risques (politiques, diplomatiques, technologiques, cyber, …) créent une complexité, une fragilité et une incertitude dont ils sont le résultat. Et face auxquelles il est devenu vital de s’adapter extrêmement vite.

La mondialisation rationalisée telle que nous la connaissons, avec des flux bien en place et massifiés, ne fait pas que trembler sur ses bases depuis deux ans. Les crises à répétition sont en train de faire voler ce modèle en éclats. Mais c’est un mal nécessaire dont il faut se saisir pour mettre en place le modèle de demain. Un modèle à la fois plus hybride, plus durable et plus protecteur.

Ce n’est pas la fin d’un modèle, c’est le début d’une nouvelle phase de son évolution.

Elections législatives : entre abstention et vote d’opposition

Elections  législatives : entre abstention et débauchage 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

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