Archive pour le Tag 'entre'

Mondialisation : une nouvelle phase entre autarcie et échanges

Mondialisation : une  nouvelle phase entre autarcie et échanges

Le monde semble être entré, depuis deux ans, dans une ère de grande instabilité, avec des répercussions profondes sur les échanges internationaux. Est-ce la fin du modèle de mondialisation rationalisé sur lequel les sociétés modernes se sont construites ? Par Sébastien Lefebure, Directeur général Europe du Sud de Manhattan Associates ( la Tribune)

 

 

En mars dernier, le patron du plus grand gestionnaire d’actifs du monde – BlackRock – annonçait dans une lettre à ses actionnaires « la fin de la mondialisation que nous avons connue au cours des trois dernières décennies ». En cause, le conflit en Ukraine qui est brutalement venu bouleverser l’ordre mondial qui prédominait depuis les années 1990 et, avec lui, certains liens commerciaux qui existaient entre de nombreuses nations.

Cette annonce de Larry Fink intervenait deux ans, quasiment jour pour jour, après le début d’une autre crise majeure ayant mis le monde à rude épreuve, et ayant elle aussi remis profondément en question le modèle de mondialisation en place.

Le dénominateur commun ? La prise de conscience soudaine du risque inhérent à la dépendance. Dépendance énergétique, dépendance alimentaire, dépendance sanitaire, dépendance économique… Le monde expérimente à ses dépens les failles d’un système qui, bien que vertueux à de multiples égards, repose malgré tout sur un fragile équilibre.

Sécuriser est devenu le mot d’ordre, dans un environnement d’une immense complexité. Si certains plébiscitent, à juste titre, la nécessité de relocaliser et de privilégier les circuits courts, il ne s’agit pas pour autant de passer d’un extrême à l’autre. Le protectionnisme et l’autarcie ne sont probablement pas des réponses viables. C’est un nouvel équilibre qu’il faut mettre en place. Et c’est ce qui est en train de se passer.

En à peine deux ans, c’est-à-dire une milliseconde à l’échelle de l’histoire récente du commerce international, la plupart des entreprises se sont réorganisées pour sécuriser la production, les approvisionnements et, tant bien que mal, les coûts. Un véritable tour de force organisationnel et logistique dont les consommateurs ne mesurent toujours l’intensité.

Plus que la capacité à s’adapter, c’est peut-être la rapidité avec laquelle cette adaptation s’opère qui est une prouesse. Combien d’années, voire de décennies aurait-il fallu aux entreprises de la fin du siècle dernier pour réorganiser leur mode de fonctionnement dans un contexte de crise mondiale similaire ? Cela aurait-il simplement été possible sans les systèmes connectés et la numérisation des processus ?

En tout état de cause, il y a aura un avant et un après 2020. Cette décennie est celle de l’accélération d’un basculement que l’on croyait bien plus long à mettre en œuvre.

Ce serait une erreur de penser que les symptômes actuels (pénuries, inflation, …) sont de simples accidents conjoncturels. La mondialisation des Supply Chains et l’augmentation des risques (politiques, diplomatiques, technologiques, cyber, …) créent une complexité, une fragilité et une incertitude dont ils sont le résultat. Et face auxquelles il est devenu vital de s’adapter extrêmement vite.

La mondialisation rationalisée telle que nous la connaissons, avec des flux bien en place et massifiés, ne fait pas que trembler sur ses bases depuis deux ans. Les crises à répétition sont en train de faire voler ce modèle en éclats. Mais c’est un mal nécessaire dont il faut se saisir pour mettre en place le modèle de demain. Un modèle à la fois plus hybride, plus durable et plus protecteur.

Ce n’est pas la fin d’un modèle, c’est le début d’une nouvelle phase de son évolution.

Elections législatives : entre abstention et vote d’opposition

Elections  législatives : entre abstention et débauchage 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

Elections législatives : entre abstention et recomposition

Elections  législatives : entre abstention et recomposition 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

 

Selon  les sondages, le premier parti politique en France, et de très loin, devrait encore être celui de ceux  qui ne votent  pas. C’est-à-dire ce qui ne se rendent pas aux urnes et ceux qui sont mal inscrits ou pas du tout. Soit 60 à 70 % des Français. Rien d’étonnant à cela car si les Français ne sont pas sans reproche comte  tenu notamment de leurs contradictions, la crise politique est cependant imputable à une offre politique un peu surréaliste.

 

Il s’agit en effet de choisir lors de ces législatives de juin 2022 entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale. Les autres courants de pensée sont complètement marginalisés ou en voie d’extinction.

Il y a d’abord évidemment le courant majoritaire représenté par Macron, c’est-à-dire cette espèce de néo ultralibéralisme qui considère que la régulation du marché peut résoudre seule  l’offre  et la demande non seulement dans le domaine marchand mais aussi dans les champs d’intérêt régalien. Juste une preuve quand on sollicite  de façon aussi massive à des cabinets privés sur la question centrale de l’évaluation et l’orientation  des politiques publiques. En plus avec une dimension quasi évidente de retours financiers pour le parti du président. Et la découverte pour compenser d’un accord de non-imposition du fameux cabinet d’expertise . C’est cette politique ultralibérale qui a rendement favorisé l’affaiblissement de la France concernant sa situation industrielle et la décomposition de l’État. Une décomposition de l’État constaté dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé, la sécurité, la recherche, l’éducation.

En face,  les principales forces d’opposition sont celles d’un Front National toujours aussi caricatural qui n’a jamais sérieusement travaillé son programme. À gauche, on trouve son équivalent avec le projet communiste de Mélenchon. Un projet également caractérisé par une incompétence totale sur le plan économique et de graves incertitudes sur les valeurs républicaines voire démocratiques. Un programme qui connaîtrait le sort de celui de 1981: quelques mois d’existence avant le retour à l’austérité. Notons au moins que ces trois forces ont en commun de préférer Poutine au président d’Ukraine.  Ce qui témoigne à l’évidence d’un amateurisme géostratégique , d’une grande cécité politique autant que d’une irresponsabilité vis-à-vis de l’enjeu majeur de la liberté dans le monde et en Europe en particulier

Finalement une énorme majorité de Français ne se retrouvent pas dans ces principales candidatures .

Enfin comment ces trois courants parviennent-ils à faire autant de promesses dans une conjoncture économique, écologique et géopolitique qui tournent à la catastrophe. Pas un mot ou presque sur ce retournement dramatique de situation qui pourrait nous conduire à la stagflation, à la crise climatique et même à une crise de la faim.

 

Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

 

D’après les sondages, le premier parti politique en France, et de très loin, devrait encore être celui de ceux  qui ne votent  pas. C’est-à-dire ce qui ne se rendent pas aux urnes et ceux qui sont mal inscrits ou pas du tout. Soit 60 à 70 % des Français. Rien d’étonnant à cela car si les Français ne sont pas sans reproche comte  tenu notamment de leurs contradictions, la crise politique est cependant imputable à une offre politique un peu surréaliste.

 

Il s’agit en effet de choisir lors de ces législatives de juin 2022 entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale. Les autres courants de pensée sont complètement marginalisés ou en voie d’extinction.

Il y a d’abord évidemment le courant majoritaire représenté par Macron, c’est-à-dire cette espèce de néo ultralibéralisme qui considère que la régulation du marché peut résoudre seule  l’offre  et la demande non seulement dans le domaine marchand mais aussi dans les champs d’intérêt régalien. Juste une preuve quand on sollicite  de façon aussi massive à des cabinets privés sur la question centrale de l’évaluation et l’orientation  des politiques publiques. En plus avec une dimension quasi évidente de retours financiers pour le parti du président. Et la découverte pour compenser d’un accord de non-imposition du fameux cabinet d’expertise . C’est cette politique ultralibérale qui a rendement favorisé l’affaiblissement de la France concernant sa situation industrielle et la décomposition de l’État. Une décomposition de l’État constaté dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé, la sécurité, la recherche, l’éducation.

En face,  les principales forces d’opposition sont celles d’un Front National toujours aussi caricatural qui n’a jamais sérieusement travaillé son programme. À gauche, on trouve son équivalent avec le projet communiste de Mélenchon. Un projet également caractérisé par une incompétence totale sur le plan économique et de graves incertitudes sur les valeurs républicaines voire démocratiques. Un programme qui connaîtrait le sort de celui de 1981: quelques mois d’existence avant le retour à l’austérité. Notons au moins que ces trois forces ont en commun de préférer Poutine au président d’Ukraine.  Ce qui témoigne à l’évidence d’un amateurisme géostratégique , d’une grande cécité politique autant que d’une irresponsabilité vis-à-vis de l’enjeu majeur de la liberté dans le monde et en Europe en particulier

Finalement une énorme majorité de Français ne se retrouvent pas dans ces principales candidatures .

Enfin comment ces trois courants parviennent-ils à faire autant de promesses dans une conjoncture économique, écologique et géopolitique qui tournent à la catastrophe. Pas un mot ou presque sur ce retournement dramatique de situation qui pourrait nous conduire à la stagflation, à la crise climatique et même à une crise de la faim.

 

 

Agriculture : » La guerre entre « tout bio » et « productivisme » n’est pas réaliste »

Agriculture : »  La guerre entre « tout bio » et « productivisme » n’est pas réaliste »

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’agriculture bio qui, en France, est pour la première fois confrontée à une régression du marché, est aussi questionnée sur sa capacité à nourrir la planète. Yves Le Morvan, responsable « filières et marchés » au think tank Agridées, et auteur d’une étude parue en 2018 sur « La résilience des filières bio », en analyse les forces et les faiblesses.

 

Il faut soutenir l’agriculture bio, mais se donner un objectif chiffré n’a pas de sens, estime Yves Le Morvan. (Interview dans la Tribune)

 Dans le contexte du risque de pénuries alimentaires engendré par la guerre en Ukraine, le patron de l’agro-chimiste suisse Syngenta, lors d’une interview au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung, a récemment pointé du doigt l’agriculture biologique et ses trop faibles rendements. Que pensez-vous de cette prise de position?

YVES LE MORVAN - Je n’ai pas lu cette interview en entier. Mais ses propos, tels que rapportés en France, semblent relever d’une volonté de clivage dans les discours sur l’agriculture et l’alimentation, que je déplore. On oppose un modèle de « tout bio » à une agriculture « productiviste ». Or, cela ne correspond ni à la réalité économique et sociale ni à ce qu’est l’agriculture en Occident. En France, notamment, l’agriculture est très plurielle : derrière ce qu’on appelle « agriculture productiviste » ou « conventionnelle », il y a une richesse de pratiques agricoles assez fantastique.

Les difficultés que traverse l’agriculture bio aujourd’hui viennent d’ailleurs aussi du fait qu’elle a elle-même surfé sur cette rivalité. C’est aussi pour cela que le consommateur aujourd’hui doute parfois des vertus qu’elle a jusqu’à présent mises en avant. Une telle approche peut fonctionner tant qu’on ne représente qu’une niche mais, dès qu’on occupe un vrai segment de marché, elle suscite inévitablement des interrogations. Puisque, à un tel stade, le prix devient essentiel, cela génère de la concurrence, notamment de la part d’autres formes d’agriculture qui répondent à des préoccupations de plus en plus précises des consommateurs (bien-être animal, véganisme, localisme, etc.) et réduisent le clivage par rapport à l’agriculture conventionnelle.

Il est néanmoins vrai que, comme l’affirme le patron de Syngenta, les rendements de l’agriculture bio sont inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Dans le cas du blé tendre, céréale clé en termes de sécurité alimentaire, cet écart peut atteindre 50%. Mais a-t-on demandé à l’agriculture bio de devenir dominante en surfaces et de répondre aux enjeux globaux de sécurité alimentaire? Il y a certes des représentants de la bio qui voudraient que demain l’agriculture soit bio à 100%. Mais cela constitue à mes yeux une profonde erreur économique car, au moment où l’on devient dominant, on perd de la valeur, avec le risque que les agriculteurs bio soient en conséquence mal rémunérés.

L’agriculture bio fait d’ailleurs courir des risques plus importants aux producteurs, puisqu’ils disposent de moyens de défense moins radicaux contre les aléas climatiques et les invasions d’insectes. Elle demande un véritable engagement technique, et non seulement financier. Certes, elle est moins dépendante d’intrants, qui aujourd’hui deviennent très chers, mais cette forme de résilience ne permet pas encore aux agriculteurs de compenser les écarts de rendements et de prix. De tels éléments ne peuvent pas être négligés par rapport aux perspectives de développement de cette agriculture. Donc, il faut soutenir le développement des filières bio.

 

Concrètement, l’objectif que se donne l’Union européenne de 25% d’agriculture biologique en 2030 représente-t-il un danger pour la sécurité alimentaire mondiale?

Je pense que s’imposer un objectif aussi élevé dans un timing aussi court n’est pas utile car on sait qu’il ne pourra pas être atteint. Le Parlement européen d’ailleurs, tout en ayant adopté une résolution favorable à l’agriculture bio, n’a pas repris ce chiffre. Il peut certes représenter une orientation politique, mais il ne correspond pas à la réalité de la production ni du marché. Il y a en outre d’autres formes d’agriculture, telles que celle de conservation des sols ou à haute valeur environnementale, qui méritent d’être développées, en raison de leur qualité environnementale mais aussi de leurs rendements proches de ceux de l’agriculture conventionnelle - c’est d’ailleurs ce que prévoit la future politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne. Comme en matière d’énergie, j’estime qu’il serait préférable de soutenir un bouquet de solutions.

Cependant, aujourd’hui, les céréales, qui constituent le produit essentiel pour la sécurité alimentaire mondiale, ne sont pas destinées seulement à l’alimentation humaine: elles sont aussi utilisées pour l’alimentation animale et pour la fabrication d’agro-carburants. Lorsque la situation sur les marchés devient tendue à cause de prix très élevés, ce ne peut donc pas être qu’à cause de l’agriculture bio. D’autres facteurs entrent d’ailleurs aussi en jeu: les conditions météorologiques, qui affectent certaines productions, et l’augmentation de la consommation liée à la croissance démographique.

Des réductions du gaspillage alimentaire et de la consommation de viande pourraient-elles compenser les rendements plus faibles de l’agriculture bio?

Le problème principal est que l’échelle de temps n’est pas la même. Les rendements de l’agriculture bio sont immédiatement plus faibles, alors que la lutte contre le gaspillage alimentaire relève de politiques publiques à moyen-long terme. L’écueil est le même pour une réduction de la consommation de viande qui, pourtant, représente un véritable gisement potentiel: même si la tendance est là, on ne peut pas l’imposer à la population, cela passe par la pédagogie.

Quant au changement des usages, certains types de céréales ne sont pas toujours substituables. Le maïs par exemple, qui aux Etats-Unis est la céréale reine en termes de surfaces cultivées, est dans la culture occidentale plutôt destinée à l’alimentation animale. Les éventuelles réaffectations dépendent aussi des sols et des conditions climatiques.

Face aux problèmes de sécurité alimentaire – notion mieux définie internationalement et à connotation moins politique voire protectionniste que celle de « souveraineté alimentaire » -, la première question de politique publique qui se pose est plutôt celle de l’absence de stocks de sécurité. Elle est suivie par la question politique de l’utilisation des céréales à des fins énergétiques, aggravée par la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine. Quant au développement de productions locales dans d’autres régions du monde, il serait possible et devrait être soutenu par des formes de transfert de technologies et des financements dédiés. Mais les exportations vers des pays dont les conditions des sols et climatiques ne permettent pas la production suffisante de certaines denrées restent nécessaires.

Quels moyens existent-ils aujourd’hui pour améliorer les rendements de l’agriculture bio? Quel est leur potentiel?

Il faudrait sans doute développer davantage la recherche scientifique autour de la génétique conventionnelle et des variétés végétales. Une voie de recherche importante est aussi celle portant sur l’alliance entre différentes cultures. Cela permettrait probablement d’obtenir de meilleurs rendements. Mais c’est un travail sur le long terme.

Quel avenir imaginez-vous donc pour l’agriculture bio qui, aujourd’hui en France, traverse des difficultés ?

Je pense que le grand enjeu auquel elle doit faire face aujourd’hui, c’est la remise en cause de la réponse globale qu’elle fournissait jusqu’à présent à l’ensemble des préoccupations des consommateurs. Je crois donc que son avenir ne consiste pas tellement dans la massification, qui implique de s’adresser à des consommateurs volatils, mais plutôt dans l’approfondissement de ses valeurs et vertus originales pour garder la confiance des consommateurs plus engagés. Je crois notamment au potentiel de labels bio « régionalisés », prévus dans le nouveau règlement européen. En tout état de cause, il y a un avenir pour les produits bio, par exemple en restauration collective et hors foyer.

 

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

Politique-Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Politique-Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

Société: Le choix entre sobriété choisie et sobriété imposée

Société: Le choix entre sobriété choisie et sobriété imposée  

 

 

Un papier du « Monde » souligne la nécessité de changer nos pratiques, accepter de reconsidérer nos modes de vie individuels et collectifs en faisant par exemple rouler moins de voitures ou en consommant moins de viande. Si la puissance publique ne s’empare pas de ces questions, le risque est grand que la sobriété finisse par s’imposer brutalement au lieu d’être choisie.

 

Nous n’avons pas encore bien mesuré l’ampleur des bouleversements économiques, sociaux et sociétaux qu’implique la lutte contre le réchauffement climatique. Désormais érigé en priorité du nouveau quinquennat, l’objectif d’Emmanuel Macron de faire de la France le premier grand pays du monde à sortir de la dépendance aux énergies fossiles d’ici trente ans n’implique pas seulement de modifier de fond en comble l’offre d’énergie. Il suppose aussi de réduire substantiellement notre consommation. Ces derniers mois, le mot « sobriété » a pris de la consistance dans le débat public. Il suggère la nécessité de baisser fortement la demande générale en énergie. Reste à savoir à quel prix.

 

Dans le discours qu’il a prononcé à Belfort, le 10 février, Emmanuel Macron a choisi de prendre le contre-pied des décroissants en plaidant qu’il est possible de réduire la consommation d’énergie sans renoncer au service rendu, en s’appuyant sur le progrès technique. De fait, une meilleure isolation des bâtiments publics et des logements réduit de facto la consommation d’énergie.

Cependant, de plus en plus de travaux scientifiques montrent que le retard est devenu tel qu’on ne peut plus espérer limiter le dérèglement climatique en misant uniquement sur l’efficacité ou l’innovation technologiques. Il faut changer nos pratiques, accepter de reconsidérer nos modes de vie individuels et collectifs en faisant par exemple rouler moins de voitures, voler moins d’avions ou en mettant moins de viande dans nos assiettes.

Le fait qu’aucun débat serein n’ait pu à ce jour émerger autour du thème de la sobriété est un vrai problème. Très vite, les esprits s’enflamment, les anathèmes fusent, bloquant toute esquisse de projection collective autour d’un nouveau modèle de développement et de nouvelles formes de solidarité à inventer. Il n’est pourtant pas anodin que le dernier grand mouvement social en France ait eu pour origine la taxe carbone, qui avait été conçue pour inciter les Français à réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Socialement mal calibré, le dispositif a montré jusqu’à l’absurde que, pour espérer aboutir, il devait d’abord viser les plus gros pollueurs, c’est-à-dire les ménages les plus riches, et non pas frapper les plus vulnérables.

En France, plus de 5 millions de ménages se trouvent encore en situation de précarité énergétique. Dans le monde entier, plus de 750 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité. Au-delà des foyers et des individus, la question est surtout collective. Systémique. Elle oblige à repenser la société telle qu’elle va, son rapport au travail, à la mobilité, à la consommation, au logement.

 

Comment réduire la consommation générale tout en permettant à chacun de bénéficier d’un accès essentiel à l’énergie ? Est-il possible, voire souhaitable, de consommer moins tout en continuant à produire des richesses, donc à suivre les indicateurs habituels de la croissance ? Ou alors faut-il donner une autre définition, d’autres indicateurs économiques ou sociaux à la croissance ?

Tous ces thèmes doivent être rapidement portés par la puissance publique, qui dispose des instruments de prospection permettant d’éclairer et de soutenir le débat. Si elle ne le fait pas, le risque est grand que la sobriété finisse par s’imposer brutalement au lieu d’être choisie avec tous les risques de tension sociale et de violence que cela entraîne.

En matière d’environnement, il est clair que toute évolution significative devra d’une part s’inscrire dans le temps et que les propositions à effet immédiat relèvent de l’illusion. Une politique écologique par ailleurs pour être efficace devra combiner des mesures de nature étatique, des mesures économiques autant que la prise de conscience et le changement de comportement des ménages et des citoyens NDLR

Choisir entre sobriété choisie et sobriété imposée

Choisir entre sobriété choisie et sobriété imposée  

 

Un papier du « Monde » souligne la nécessité de changer nos pratiques, accepter de reconsidérer nos modes de vie individuels et collectifs en faisant par exemple rouler moins de voitures ou en consommant moins de viande. Si la puissance publique ne s’empare pas de ces questions, le risque est grand que la sobriété finisse par s’imposer brutalement au lieu d’être choisie.

 

Nous n’avons pas encore bien mesuré l’ampleur des bouleversements économiques, sociaux et sociétaux qu’implique la lutte contre le réchauffement climatique. Désormais érigé en priorité du nouveau quinquennat, l’objectif d’Emmanuel Macron de faire de la France le premier grand pays du monde à sortir de la dépendance aux énergies fossiles d’ici trente ans n’implique pas seulement de modifier de fond en comble l’offre d’énergie. Il suppose aussi de réduire substantiellement notre consommation. Ces derniers mois, le mot « sobriété » a pris de la consistance dans le débat public. Il suggère la nécessité de baisser fortement la demande générale en énergie. Reste à savoir à quel prix.

 

Dans le discours qu’il a prononcé à Belfort, le 10 février, Emmanuel Macron a choisi de prendre le contre-pied des décroissants en plaidant qu’il est possible de réduire la consommation d’énergie sans renoncer au service rendu, en s’appuyant sur le progrès technique. De fait, une meilleure isolation des bâtiments publics et des logements réduit de facto la consommation d’énergie.

Cependant, de plus en plus de travaux scientifiques montrent que le retard est devenu tel qu’on ne peut plus espérer limiter le dérèglement climatique en misant uniquement sur l’efficacité ou l’innovation technologiques. Il faut changer nos pratiques, accepter de reconsidérer nos modes de vie individuels et collectifs en faisant par exemple rouler moins de voitures, voler moins d’avions ou en mettant moins de viande dans nos assiettes.

Le fait qu’aucun débat serein n’ait pu à ce jour émerger autour du thème de la sobriété est un vrai problème. Très vite, les esprits s’enflamment, les anathèmes fusent, bloquant toute esquisse de projection collective autour d’un nouveau modèle de développement et de nouvelles formes de solidarité à inventer. Il n’est pourtant pas anodin que le dernier grand mouvement social en France ait eu pour origine la taxe carbone, qui avait été conçue pour inciter les Français à réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Socialement mal calibré, le dispositif a montré jusqu’à l’absurde que, pour espérer aboutir, il devait d’abord viser les plus gros pollueurs, c’est-à-dire les ménages les plus riches, et non pas frapper les plus vulnérables.

En France, plus de 5 millions de ménages se trouvent encore en situation de précarité énergétique. Dans le monde entier, plus de 750 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité. Au-delà des foyers et des individus, la question est surtout collective. Systémique. Elle oblige à repenser la société telle qu’elle va, son rapport au travail, à la mobilité, à la consommation, au logement.

 

Comment réduire la consommation générale tout en permettant à chacun de bénéficier d’un accès essentiel à l’énergie ? Est-il possible, voire souhaitable, de consommer moins tout en continuant à produire des richesses, donc à suivre les indicateurs habituels de la croissance ? Ou alors faut-il donner une autre définition, d’autres indicateurs économiques ou sociaux à la croissance ?

Tous ces thèmes doivent être rapidement portés par la puissance publique, qui dispose des instruments de prospection permettant d’éclairer et de soutenir le débat. Si elle ne le fait pas, le risque est grand que la sobriété finisse par s’imposer brutalement au lieu d’être choisie avec tous les risques de tension sociale et de violence que cela entraîne.

En matière d’environnement, il est clair que toute évolution significative devra d’une part s’inscrire dans le temps et que les propositions à effet immédiat relèvent de l’illusion. Une politique écologique par ailleurs pour être efficace devra combiner des mesures de nature étatique, des mesures économiques autant que la prise de conscience et le changement de comportement des ménages et des citoyens NDLR

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

 

 

Macron doit choisir entre monarchie et démocratie

Le président de la République ne réussira pas à lutter contre le réchauffement climatique, à réformer l’éducation nationale ou à réorganiser l’offre de soins sans remettre les Français dans le jeu, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Pour cela, il doit faire émerger de nouveaux relais, alors que toutes les intermédiations sont en crise. Elle l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme

 

La feuille de route délivrée vendredi 27 mai par Elisabeth Borne aux membres du gouvernement est indexée sur la très forte défiance politique qui paralyse le pays. « Rapidité, efficacité, résultats », a ordonné la première ministre pour tenter de réhabiliter l’action publique alors que de nombreux Français doutent que l’Etat puisse encore quelque chose pour eux. Dans le même temps, le président de la République est à la recherche d’une méthode permettant d’associer les Français aux réformes.


La combinaison de ce double impératif, agir vite tout en prenant le temps de concerter et d’embarquer un maximum d’acteurs, résume la difficulté du quinquennat qui s’ouvre. Des chantiers majeurs doivent être rapidement conduits, comme la transition écologique, le nouveau contrat éducatif, la lutte contre les déserts médicaux, parce que les signaux sont devenus alarmants : la planète se réchauffe à vue d’œil ; l’hôpital craque ; l’éducation nationale traverse une crise de vocation sans précédent.

Tout est à rebâtir ; or personne ne sait très bien par quel bout tous ces chantiers seront pris. La seule réforme qui a été clairement énoncée pendant la campagne présidentielle – repousser à 65 ans l’âge du départ à la retraite – suscite une telle opposition dans l’opinion publique et une telle fronde chez les syndicats qu’on se demande comment elle pourra voir le jour.

Divorce démocratique

Longtemps, le mot réforme a rimé, en France, avec épreuve de force. Certains gouvernements de droite ont même jaugé la profondeur de leur action au nombre de journées de grève que celle-ci déclenchait, y voyant une façon de galvaniser leurs électeurs et le moyen de solidifier leur base électorale. Le mouvement des « gilets jaunes », qui a marqué le précédent quinquennat, a remis les pendules à l’heure. Il a révélé l’effondrement du clivage gauche-droite, la marginalisation des syndicats, l’invisibilité d’une partie de la société et sa tentation de recourir à la violence pour obtenir réparation parce qu’elle se sentait elle-même violentée.

 

Combinée à la montée de l’abstention, cette irruption a mis au jour l’ampleur du divorce démocratique qui mine le pays et rend éminemment difficile l’idée même de réforme : bouger, c’est prendre le risque de la rupture ; rester les bras ballants, c’est accroître aussi sûrement le risque de rupture. La seule voie de passage consiste à retisser le lien entre la base et le sommet, associer les Français au changement, partager les responsabilités.

Dans le nouveau rôle qu’il s’assigne, Emmanuel Macron a beaucoup à se faire pardonner. Il a incarné la verticalité tout au long de son premier mandat, à la fois par penchant naturel et parce qu’il voulait marquer une franche rupture avec l’émollient quinquennat de François Hollande. Ses opposants, issus de la gauche et de la droite de gouvernement, le rendent responsable de la montée des extrêmes et de leur propre affaiblissement, ce qui est beaucoup lui prêter. Au PS comme à LR, le ver était dans le fruit depuis de longues années. Les syndicats, CFDT comprise, lui reprochent d’avoir voulu les marginaliser, ce qui est une façon de nier leurs propres limites liées à l’étroitesse de leur base. L’accumulation du contentieux est telle que le chef de l’Etat ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans les forces politiques et syndicales en présence, au moment où le débat politique a tendance à se polariser et se radicaliser.

La guerre entre les démocraties et les dictatures

La guerre entre les démocraties et les dictatures

 

Michael W. Doyle chercheur américain spécialiste des relations internationales et professeur à l’université Columbia, à New York explique le changement des rapports entre les démocraties et les dictatures ( Le Monde )

Vous êtes notamment connu pour vos travaux sur la « paix démocratique ». Que cette notion recouvre-t-elle exactement ?

La théorie de la « paix démocratique » postule que les démocraties tendent à établir des relations pacifiques stables entre elles, tout en tendant à maintenir des relations de méfiance, et parfois d’hostilité et de guerre envers les régimes non démocratiques. Cette théorie s’appuie sur l’essai fondateur d’Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle (1795). Son raisonnement était le suivant : les républiques libérales sont rompues à la délibération (elles y sont encouragées par la nécessité de convaincre au sein des gouvernements, des assemblées législatives et des tribunaux), et elles sont responsables devant la majorité de leurs électeurs, qui, contrairement aux monarques et aux dictateurs, ne peuvent pas régulièrement reporter le coût de la guerre sur d’autres qu’eux. Si, de surcroît, ces électeurs respectent les valeurs libérales, ils respecteront les droits des peuples libres à faire valoir leurs droits et négocieront plutôt que de se battre pour des divergences d’intérêts.

 

Comment la théorie de la « paix démocratique » peut-elle nous aider à comprendre la situation géopolitique actuelle, avec le retour de la guerre sur le continent ?

L’Union européenne et l’OTAN, des organisations démocratiques, ont pris la défense de l’Ukraine, un Etat démocratique : cette solidarité reflète l’importance pour elles du droit à l’autodétermination. La Russie, un régime autocratique, est soutenue par la Chine, un autre régime autocratique. Mais le monde est plus complexe que cela : bien d’autres Etats, notamment des Etats en voie de développement, aspirent à la neutralité ; ils sont davantage préoccupés par les besoins matériels de leurs populations et inquiets des coûts que pourrait avoir pour eux une intimidation par l’un ou l’autre bloc.


Comment la méfiance, voire l’hostilité, qui règne actuellement entre les régimes démocratiques et la Russie ou la Chine pourrait-elle être dépassée ?

Mon prochain ouvrage, Cold Peace (« la paix froide »), argumente qu’un danger nous guette : celui d’entrer dans une ère qui ressemblerait à une nouvelle guerre froide entre les démocraties et les autocraties. Mais le retour à ce type et ce degré de division et d’hostilité qui caractérisaient la première guerre froide n’est pas inévitable. Si un sens politique remarquable est mobilisé du côté des démocraties, et s’il rencontre une réponse raisonnable de la part de Vladimir Poutine et de Xi Jinping, alors il serait possible de s’accorder sur une série de compromis difficiles, à même de réinstaller une forme de paix en Ukraine, de stabiliser les tensions grandissantes autour de Taïwan et les relations entre la Chine et les pays du Quad [une alliance qui rassemble les Etats-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon] et les Etats-Unis en particulier. Sur le plan intérieur, nous devons améliorer qualitativement nos démocraties, car l’instabilité qui les menace provient de nos échecs internes, et pas seulement de manipulations extérieures. S’atteler à tous ces projets permettra de créer un monde beaucoup plus stable, et beaucoup plus sûr. Ce sera difficile, mais pas impossible.

Arrêter les tueries entre jeunes

Arrêter les tueries entre jeunes

Une tribune signée par 176 élus de tous bords à l’initiative du président du conseil départemental François Durovray dénonce dans « Le Monde » la sous-dotation en effectifs des services publics de l’Etat. En 2020, un quart des rixes recensées en France a eu lieu dans ce département.

 

La violence juvénile se transporte du virtuel à la réalité. Une violence banalisée largement soutenue par des médias se gave de rendre compte de tueries quotidiennes entre bandes de jeunes ou même d’individus souvent pour de la drogue souvent pour rien. Bref une sorte de sauvagerie du Moyen Âge et de pratiques importées de pays arriéréa et plus ou moins totalitaires. NDLR

 

Mercredi 20 avril, deux jeunes âgés de 16 et 20 ans ont été violemment agressés dans l’Essonne, l’un à l’arme blanche à Longjumeau, l’autre percuté par une voiture à Draveil. Une nouvelle agression est survenue le lendemain dans un collège à Mennecy. Et une rixe a encore fait des blessés le surlendemain à Sainte-Geneviève-des-Bois et Brétigny. Ces événements surviennent plus d’un an après la mort tragique dans notre département de deux enfants de 14 ans poignardés à Boussy-Saint-Antoine et à Saint-Chéron et d’un jeune Saint-Michellois de 19 ans tabassé à mort.

La violence juvénile est devenue un phénomène global. Elle touche sans distinction villes, campagnes, quartiers populaires, zones rurales, espaces publics ou établissements scolaires.

La mort est toujours une tragédie, mais elle est insupportable lorsque les victimes sont si jeunes, frappées pour des raisons obscures et souvent futiles. Ces drames bouleversent les familles, les amis, les quartiers, et toute la communauté qui reste abasourdie et choquée par cette violence que rien ne saurait justifier. La violence ne peut pas être une réponse aux difficultés que rencontrent les jeunes. Nous connaissons leurs soucis du quotidien et, dans nos fonctions d’élus, nous œuvrons pour leur donner les moyens de grandir et de s’épanouir en toute sérénité. Ainsi, dans l’Essonne, de nombreux dispositifs sont mis en place, qu’il s’agisse de la protection de l’enfance, des services jeunesse, des missions locales, de la prévention spécialisée, des polices municipales et des centaines d’associations qui travaillent pour les aider à se construire un avenir. Face aux violences, nous devons continuer à réinventer nos politiques locales, comme nous le faisons avec l’expérimentation de la médiation scolaire.

L’Essonne et ses habitants le méritent. C’est un département dynamique qui offre des possibilités de réussites individuelles et collectives. Innovant et souvent à l’avant-garde, il concentre près de 20 % de la recherche française et contribue à dessiner l’avenir de la France. Nous sommes fiers de ce territoire, de ses habitants et de sa diversité. C’est une chance et une responsabilité à la fois.

Macron II» – Vers une archipélisation de la société ?

Macron II» – Vers une archipélisation de la société ?

Par Guillaume Labbez, Président de CommStrat, Enseignant à Sciences Po 

 

 

Emmanuel Macron a été largement réélu, mais avec des messages de l’électorat qu’il doit entendre, s’il veut qu’on se souvienne de ses dix ans de mandat comme un tournant historique, et non comme un moment où la France d’ «archipélisation» de la société, pour reprendre le concept de Jérôme Fourquet.

Avec au premier tour des candidats « anti-système » qui rassemblent 60 % des voix, une hausse de l’abstention et des votes blancs, puis une part substantielle de voix du deuxième tour motivés uniquement par un barrage face à l’extrême-droite, la marge de manœuvre d’Emmanuel Macron peut paraître étroite.

Si la politique menée, notamment depuis 2020, n’a pas été fondamentalement remise en cause par ses concurrents, c’est sur la manière de gouverner qu’Emmanuel Macron est attendu. La promesse d’une «Révolution» et l’espoir de l’entrée dans un nouveau monde, formulée en 2017, a peiné à se concrétiser. Le paysage politique à l’issue de l’élection présidentielle de 2022 est encore plus marqué qu’en 2017, par la montée des extrêmes et la désaffection des citoyens dans le «système».

Il est essentiel de revitaliser les pratiques institutionnelles créatrices de consensus, en associant réellement toutes les forces politiques, mais également la société civile organisée, aux réflexions et aux décisions

Insitutions. Une réforme des institutions peut participer à renouer un lien de confiance. Une conférence nationale, promise pendant la campagne, devrait être lancée dans les prochaines semaines, pour formuler des propositions, si possible faisant consensus.

Cette démarche semble aujourd’hui indispensable pour retrouver une autorité de la décision publique qui a été fortement mise à mal par la montée des complotistes de tous bords, qui remettent en cause, non seulement les institutions, mais également les consensus sur lesquels reposent notre démocratie. Si la verticalité du pouvoir, pratiquée pendant la crise sanitaire, a pu faire preuve d’une certaine efficacité à court terme, elle accroît la défiance politique sur le long terme. Une décision est d’autant mieux acceptée par ceux qui y sont soumis, qu’elle a été coconstruite en amont.

Il est donc essentiel de revitaliser les pratiques institutionnelles créatrices de consensus, en associant réellement toutes les forces politiques, mais également la société civile organisée, aux réflexions et aux décisions. Le nouveau rôle du Conseil économique, social et environnemental peut contribuer à ce travail. Il sera également nécessaire d’inventer des modalités d’association des citoyens à la chose publique, pour élargir la culture civique, et lutter contre le repli sur soi et une «archipélisation» galopante de la société française.

Alors que les gGouvernements semblent réagir naturellement par la centralisation de la décision face à la crise, la succession de crises (crises économiques, politiques, sanitaires, sécuritaires…) rend indispensable le renforcement de la démocratie et de la consultation. Après une pandémie et une guerre à nos frontières qui ont durablement perturbé l’économie mondiale, la France ne peut plus se permettre une nouvelle crise sociale, comme celle des Gilets jaunes.

La manière dont la réforme des retraites sera menée sera décisive et donnera le ton de la capacité du gouvernement et des acteurs économiques et sociaux à travailler, en confiance. L’ambiance de ce second quinquennat d’Emmanuel Macron pourrait se jouer dans les prochaines semaines, sur la façon de faire.

Guillaume Labbez, Président de CommStrat, Enseignant à Sciences Po.

L’alliance entre les républicains et le rassemblements national est contre nature (Philippe Bas )

L’alliance entre les républicains et le rassemblements national est contre nature  (Philippe Bas )

 

Aussi atterré par la politique d’autarcie proposée par Marine Le Pen que par celle, reposant sur la violence d’Etat, d’Eric Zemmour, le sénateur (LR) de la Manche estime, dans une tribune au « Monde », que « toute recherche d’une synthèse avec cette “autre droite” serait contre nature et nécessairement vouée à l’échec ».

 

Tribune.

 

J’ai honte de devoir constater qu’à rebours de toute morale, dans un pays amoureux des libertés, on puisse proposer, sans être immédiatement accusé de fouler aux pieds l’idéal français, une politique reposant sur la violence d’Etat pour renvoyer les étrangers (un million, dit Eric Zemmour). Je suis également atterré qu’on puisse, comme Mme Le Pen, proposer une politique d’autarcie qui aurait tôt fait de nous isoler du reste du monde. Nous offrons face à Emmanuel Macron une tout autre alternative que l’extrême droite.

Il n’y a rien de bien nouveau dans les prétentions idéologiques de M. Zemmour, mais une radicalité que le lepénisme, dans sa variante « marinienne », avait progressivement réussi à rendre bonasse. Le Rassemblement national (RN), premier parti compassionnel de France, est paradoxalement l’héritier du parti communiste d’antan : il parle à tous les malheureux. Tous sont appelés à croire aux turpitudes des puissants et aux solutions-miracles. Les boucs émissaires sont désignés (CAC 40, technocrates, politiciens, Europe, mondialisation, immigration…). L’antisémitisme semble refoulé, mais cela ne suffira jamais à faire du RN un nouveau parti centriste, n’en déplaise à M. Zemmour. C’est avant tout un parti « populiste ».

Notre faiblesse, comme celle de la gauche, a été de lui abandonner le terrain. Mais ce n’est pas en reproduisant son discours qu’on retrouvera l’adhésion des classes moyennes, c’est au contraire en combattant ses chimères, sa brutalité, en lui opposant nos propres solutions …. Car la République n’a pas de meilleur moyen d’assurer durablement sa propre légitimité que de répondre aux attentes du plus grand nombre.

Le RN demeure un grand danger, parce qu’il veut que l’Etat impose une politique intransigeante et sectaire qu’aucun principe fondamental de l’Etat de droit ni aucune réalité internationale, européenne ou économique ne sauraient entraver ou tempérer. Mais nier le droit, n’est-ce pas aussi nier la liberté ? Nier la réalité, n’est-ce pas aussi se condamner à une dictature rampante ? Les riches s’en tireront toujours en plaçant leurs capitaux là où ils prospéreront. Les classes moyennes, elles, n’auront aucun moyen d’échapper aux conséquences dévastatrices de l’isolement de la France, acculée à la récession. La dette publique étranglera notre économie et anéantira l’épargne nationale. Tout est danger, rien n’est crédible dans ce programme, tout autant que dans celui de Jean-Luc Mélenchon, à l’extrême gauche.

Accord entre les négociateurs russes et ukrainiens

Accord entre les négociateurs russes et ukrainiens

 

La guerre continue en Ukraine puisque les négociateurs ukrainiens considèrent que les Russes sont d’accord sur leurs propositions. En réalité toutes les revendications de départ de Poutine seraient acceptées maintenant par l’Ukraine. Le seul problème–c’est de savoir ce qu’il y a réellement dans la tête de Poutine. En fait,  les propositions de départ pourraient bien cacher une volonté d’annexer purement et simplement des territoires et si cela avait été possible d’annexer la totalité de l’Ukraine. La guerre continue aussi pour satisfaire la folie d’un dictateur blessé dans son amour-propre pour avoir raté son opération ukrainienne. Il croyait être accueilli par des cris de joie à Kiev, il est contraint aujourd’hui de partir avec un coup de pied au cul en se repliant à l’est et au sud.

Le négociateur en chef ukrainien dans les pourparlers de paix avec la Russie, David Arakhamia, a confirmé samedi que Moscou avait accepté «oralement» les principales propositions ukrainiennes, ajoutant que Kiev attendait désormais une confirmation écrite.

S’exprimant dans une émission télévisée, David Arakhamia a laissé entendre que les discussions visant à mettre fin aux hostilités avaient considérablement avancé. «La Fédération de Russie a donné une réponse officielle à toutes les positions (ukrainiennes), à savoir qu’elle les accepte, sauf en ce qui concerne la question de la Crimée», annexée par Moscou en 2014, a assuré David Arakhamia.

Le négociateur a également déclaré que si une rencontre entre les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et russe Vladimir Poutine devait finalement avoir lieu, celle-ci se déroulerait «très probablement» en Turquie.

 

Augmentation Smic: entre 2,4 et 2,6%

 

Augmentation Smic: entre 2,4 et 2,6%

 

Alors que l’inflation constatée vendredi atteint autour de 7,5 % dans l’union européenne 5% dans l’Hexagone, la France devrait procéder un léger rajustement du SMIC au 1er mai. Un ajustement très partiel qui en fait se traduit par atteinte pouvoir d’achat. Actuellement de 1 269 euros net par mois, le salaire minimum devrait donc se situer dans une fourchette entre 1 299 et 1 304 euros.

En janvier, le Smic avait augmenté de 0,9% après une hausse exceptionnelle de 2,2% en octobre, déjà due à l’inflation. Actuellement de 1 269 euros net par mois, le smic devrait donc se situer dans une fourchette entre 1 299 et 1 304 euros au 1er mai. Soit une augmentation de 30 à 35 euros.

Notons que la plupart des experts sont d’accord avec cette limitation d’augmentation des salaires de base pour ne pas alimenter encore l’inflation et la course prix salaires. Le problème c’est que cette amputation du pouvoir d’achat va se traduire par un ajustement de la consommation et par conséquence de la croissance économique.

Or cette croissance économique pourrait être rapidement affectée si l’on observe le comportement actuel déménage et surtout un moral qui tend à se dégrader nettement.

Economie-Inflation : la banque centrale (BCE) , le cul entre deux chaises

Economie-Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

 

 

 

Quand les institutions sont  surtout dominées par les incertitudes, leurs dirigeants se réfugient derrière des statuts d’observateur ; c’est ainsi le cas de Christine Lagarde,  la présidente de la banque centrale européenne constate l’inflation grandissante en Europe mais sans changer de politique. Le problème c’ est que la banque centrale devrait normalement commencer à relever les taux d’intérêt pour lutter contre phrase contre une inflation qui atteint maintenant près de 7.5%  dans l’union européenne. Dans le même , la banque centrale craint d’assommer un peu plus les perspectives de croissance qui pourrait être proches de zéro d’ici la fin de l’année.

Après avoir sauvé l’économie de la zone euro pendant la pandémie grâce aux milliers de milliards du «quoi qu’il en coûte», la Banque centrale européenne (BCE) apparaît impuissante face aux maux du moment: une inflation hors de contrôle et le ralentissement de l’économie lié à la guerre en Ukraine. C’est comme si elle réagissait à contretemps. Trop longtemps, elle a rechigné à s’attaquer à l’inflation, jugée simple manifestation transitoire de hoquets de sortie de crise. C’est désormais l’ennemi public numéro un. À 4,5% en France, 7,3% en Allemagne et 9,8% en Espagne en mars, cette hausse des prix grève les budgets des ménages et contraint les entreprises. Le chiffre de la zone euro, annoncé  ce vendredi,  poursuit son ascension à 7,5% après 5,8% en février. Le pic n’est pas attendu avant l’été.

Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

 

 

 

Quand les institutions sont  surtout dominées par les incertitudes, leurs dirigeants se réfugient derrière des statuts d’observateur ; c’est ainsi le cas de Christine Lagarde,  la présidente de la banque centrale européenne constate l’inflation grandissante en Europe mais sans changer de politique. Le problème c’ est que la banque centrale devrait normalement commencer à relever les taux d’intérêt pour lutter contre phrase contre une inflation qui atteint maintenant près de 6 % dans l’union européenne. Dans le même , la banque centrale craint d’assommer un peu plus les perspectives de croissance qui pourrait être proches de zéro d’ici la fin de l’année.

Après avoir sauvé l’économie de la zone euro pendant la pandémie grâce aux milliers de milliards du «quoi qu’il en coûte», la Banque centrale européenne (BCE) apparaît impuissante face aux maux du moment: une inflation hors de contrôle et le ralentissement de l’économie lié à la guerre en Ukraine. C’est comme si elle réagissait à contretemps. Trop longtemps, elle a rechigné à s’attaquer à l’inflation, jugée simple manifestation transitoire de hoquets de sortie de crise. C’est désormais l’ennemi public numéro un. À 4,5% en France, 7,3% en Allemagne et 9,8% en Espagne en mars, cette hausse des prix grève les budgets des ménages et contraint les entreprises. Le chiffre de la zone euro, attendu ce vendredi, devrait poursuivre son ascension après 5,8% en février. Le pic n’est pas attendu avant l’été.

 

L’incompatibilité entre science et démocratie ?

L’incompatibilité entre  science et démocratie ?

 

L’ancien délégué interministériel au ­développement durable Christian Brodhag plaide, dans une tribune au « Monde », en faveur d’institutions associant les citoyens à la construction de politiques basées sur une connaissance scientifique acceptée.

 

Tribune.

 

 L’offre politique et le débat de la campagne présidentielle semblent, pour l’instant, se réduire à un marketing politique qui conduit les candidats à formuler des propositions visant spécifiquement chacun des segments de la population.

Or, la somme des intérêts particuliers n’est pas l’intérêt collectif. Faire société dépasse les échelles catégorielle et individuelle. En société, la liberté individuelle repose aussi sur des règles collectives et des institutions qui organisent les droits et les devoirs des citoyens. Faire société au niveau de la nation repose sur la confiance dans les institutions et sur l’usage de règles collectives acceptées.

Le débat sur les institutions est aujourd’hui dominé, au mieux, par des revendications de participation plus démocratique, au pire par la dévalorisation des élus et de la démocratie représentative elle-même. L’insoumission et la contestation du « système » rallient les électeurs vers les partis extrêmes.

L’économiste et sociologue allemand Max Weber (1864-1920) distinguait, il y a un siècle, trois sources de légitimité : deux modèles archaïques, les pouvoirs traditionnel et charismatique, remplacés historiquement par le modèle rationnel légal, qui appuie l’élaboration du droit sur les institutions sociales et politiques.

Or, les deux modèles archaïques reviennent en force. Le pouvoir traditionnel prend aujourd’hui la forme de revendications religieuses solidement installées dans les Etats religieux. Le pouvoir charismatique prend la forme de leaders tribuniciens en prise directe avec le peuple, via notamment les réseaux sociaux. Les « démocratures » tiennent lieu de modèles alternatifs, au niveau mondial.

En s’incarnant dans la bureaucratie et la technocratie, le modèle « rationnel légal » n’a pas tenu ses promesses. En s’éloignant du peuple, il a perdu sa légitimité. L’Etat n’est plus ce Léviathan qui possède et contrôle toutes les informations. L’information et les connaissances sont désormais partagées. Le numérique et les réseaux sociaux contribuent à la décrédibilisation des institutions, et même de la réalité au profit de vérités alternatives.

Il est donc aujourd’hui nécessaire d’actualiser et de dépasser le modèle rationnel légal, si l’on veut sauver la démocratie. Les transitions écologique et numérique sont des défis nouveaux pour les institutions et les règles sociales, parce qu’elles les transforment en profondeur. En effet, elles ne touchent pas directement les règles elles-mêmes, mais les connaissances qui fondent ces règles, et celles qui orientent les comportements des acteurs et des institutions.

12345...14



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol