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Une trêve entre L’Armenie et l’Azebaïdjan

Une trêve entre L’Armenie et l’Azebaïdjan

«La République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan sont convenues d’une trêve humanitaire à partir du 18 octobre à 00H00 heure locale», a déclaré le ministère arménien des Affaires étrangères, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères confirmant dans une déclaration identique.

Dans la soirée, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu au téléphone avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et insisté sur «la nécessité d’un respect strict» du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l’Azerbaïdjan. L’Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

Choisir entre l’écroulement de l’économie et l’endettement excessif

 

Si le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé par l’Etat pour faire face aux conséquences de la pandémie est bien calibré, il reflète néanmoins un pari sur l’avenir, prévient dans sa chronique au Monde l’économiste Jean Pisani-Ferry

 

Chronique. Personne n’imaginait il y a six mois que l’Etat puisse engager 100 milliards dans un programme de relance. De l’annonce qui vient d’être faite, c’est d’abord cet effort massif qu’il faut retenir : de l’ordre de quatre points de PIB, en principe sur deux ans. Le plan est à la mesure de la commotion subie par l’économie. Il est, aussi, crédible, parce qu’il s’agit essentiellement de dépenses publiques et de baisses d’impôts pérennes, financées les unes et les autres par endettement, et non pas d’un de ces affichages associant recyclage de lignes budgétaires existantes et enveloppe de prêts à des conditions voisines de celles du marché. Comme au printemps, avec la réponse économique d’urgence au choc sanitaire, le calibrage est bon.

Ce plan reflète néanmoins des choix, et ceux-ci méritent discussion. Le plus saillant est à l’évidence celui de l’investissement. Sur les 100 milliards, quelque 55 milliards lui sont directement consacrés, auxquels il faut ajouter les 20 milliards de baisse des impôts de production et les 3 milliards pour les fonds propres des entreprises, dont la finalité est la même. A l’évidence, l’exécutif est habité par une double conviction : cette crise doit être l’occasion d’engager le pays dans la transition écologique ; il faut immédiatement contrer la menace d’un affaissement économique et industriel persistant. Ces deux priorités se conjuguent d’ailleurs l’une avec l’autre à travers le choix de soutenir la décarbonisation des sites industriels et le développement des technologies vertes.

Sur ces deux points, le gouvernement a raison. En France comme ailleurs, l’irruption de la pandémie a été un révélateur des vulnérabilités de l’anthropocène. Elle a précipité la prise de conscience de ce que l’urgence climatique appelle un changement de trajectoire. Parallèlement, le choc a mis au jour la fragilité d’une économie nationale en voie de marginalisation sur ses points forts d’hier, comme l’automobile ou la pharmacie, et brutalement privée de perspectives dans des domaines d’excellence comme l’aéronautique ou le tourisme. Le risque d’une contraction de notre potentiel économique l’emporte sur celui d’un endettement public excessif.

A certains égards, le plan de relance apparaît d’ailleurs court. Trois milliards pour renforcer les fonds propres des PME, c’est peu, car les entreprises ont subi un choc très violent : selon l’Insee, leurs profits (l’excédent brut d’exploitation) ont chuté de 43 milliards au deuxième trimestre et, en dépit de coupes claires dans les investissements, leur besoin de financement a augmenté de 27 milliards. Bien sûr, elles ont largement fait usage des prêts garantis par l’Etat, ce qui leur a permis d’améliorer leur trésorerie. Mais, si les problèmes de liquidités ont été ainsi traités, les problèmes de solvabilité demeurent. Une litanie de faillites va émailler les mois à venir, avec une amplification probable au printemps, à l’échéance du prêt garanti. Pour indemniser les PME des coûts fixes encourus pendant le confinement, l’Allemagne a prévu 25 milliards. Certes, il est possible de faire à moins, en faisant participer les créanciers bancaires au sauvetage des entreprises viables, mais l’ampleur du sujet ne doit pas être sous-estimée.

Réactiver le lien entre banque centrale et Trésor public

Réactiver le lien entre banque centrale et Trésor public 

Les économistes Jean-Michel Servet et André Tiran plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’application de la « théorie monétaire moderne » pour sortir du dilemme de la dette, et dont les propositions apparaissent comme les seules qui offrent une véritable issue à la crise.

Tribune. La plupart des contributions sur la crise économique actuelle et ses issues portent sur l’affectation des moyens à tel type de dépenses et d’investissements, en particulier pour répondre à la double contrainte de permettre la transition écologique et d’assurer la survie des activités, des entreprises et de la population qui subissent de fortes pertes de revenu.

Le financement par endettement à moyen et long termes implique un pari : celui que l’injection monétaire impulsera un rebond économique qui dégagera des ressources nouvelles et, par conséquent, des capacités de prélèvements fiscaux additionnels permettant de rembourser les échéances de la dette.

Mais on peut en douter : une large partie des dépenses financées a pour but, a priori louable, de couvrir des déficits publics et privés et de réparer des dégâts environnementaux, en résumé de maintenir les capacités de croissance potentielle, mais pas de les augmenter. Pas de surcroît de recettes fiscales en vue, donc.

Par ailleurs, ce déficit financier accru n’est supportable que si les taux d’intérêt demeurent faibles, voire négatifs, et parce que de nouvelles dettes semblent pouvoir remplacer indéfiniment les anciennes. Les plus lucides des observateurs, comprenant les risques de cette situation et l’impossibilité de s’en extraire, proposent alors que les banques centrales annulent les dettes qu’elles détiennent par les avances qu’elles ont faites aux Etats ; des dettes qui ne rapportent rien pour la plupart.

 

Cette annulation affecterait le bilan des banques centrales, mais pas leurs revenus. Toute annulation de dettes détenues par un acteur public augmente la capacité du débiteur à rembourser ses dettes, et agit donc de fait dans l’intérêt d’acteurs privés. 

Les partisans de cette annulation l’assimilent à la supposée générosité d’un « don ». Ils se réfèrent même à l’anthropologue Marcel Mauss (1872-1950), mais oublient une leçon essentielle de son Essai sur le don (1923-1924). Tout don appelle sous une forme ou une autre un contre-don et, pour l’illustrer, Mauss cite un proverbe inuit selon lequel « les dons font les esclaves comme les fouets font les chiens ».

On peut imaginer les négociations qui entoureraient ces annulations, et les contreparties en termes de politique sociale, économique, commerciale, monétaire et financière qui pourraient alors être exigées dans la gestion publique : le prix risquerait d’en être une régression sociale durable suivie de troubles politiques internes et extérieurs profonds.

Turquie : pour une alliance stratégique étroite entre la Grèce et la France

Turquie : pour une  alliance stratégique étroite entre la Grèce et la France

Notis Marias, professeur des Institutions de l’Union européenne, Université de Crète-Grèce, ex-député au Parlement Européen (2014-2019) et ex-député au Parlement Grec (2012-2014) souhaite une alliance entre la Grèce et la France contre la Turquie dans la Tribune.

 

 

« Le président de la République française, Emmanuel Macron, a avec courage réitéré, lors de sa récente rencontre avec Angela Merkel à Brégançon, l’engagement de la France aux côtés des forces de la paix et de la stabilité dans la Méditerrané orientale. La Grèce et Chypre comme aussi la Libye sont des victimes du révisionnisme de l’Histoire que le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan essaie d’imposer par le chantage, la force ou la « négociation forcée ». La doctrine de M. Erdogan se base sur la révision du traité de Lausanne de 1923, proposition publiquement avancée déjà par lui-même en décembre 2017.

La France et la Grèce sont des alliées historiques dont les intérêts en termes de sécurité régionale convergent tout autant plus dans la conjoncture actuelle. Le nouveau « pivot asiatique » des Etats-Unis a créé un vide géopolitique dans la région du Proche-Orient. Un vide que des forces comme la Turquie essayent de combler. Néanmoins, la Méditerranée est un espace stratégique pour l’Europe et M. Erdogan est bien au courant de cela. Des forces comme la France et la Grèce avec leurs actions protègent les intérêts de toute l’Europe dans la région. »

Ecolos: le retour des querelles internes entre vert et rouge

Ecolos: le retour des querelles internes entre vert  et rouge

 

Le match pour les présidentielles de 2022 semble engagé chez les écolos entre Éric Piolle maire de Grenoble et le député européen Yannick Jadot. Un match entre deux conceptions de l’écologie. Celle de Jadot qui s’accommode du capitalisme, une sorte de vert peine rosé et celle de Piolle  plutôt vert rouge. Une guerre aussi comme dans tous les autres partis entre personnalités avec un Yannick Jadot qui sacrifie au marketing politique y compris en exhibant sa famille dans les médias. À l’inverse  Éric Piolle davantage écolo puriste et radical. Preuve que tout  n’est pas rose même teinté de vert chez  les écolos. Yannick Jadot propose de s’affranchir d’une primaire et souhaite un vote des écolos sur sa seule candidature. Évidemment pas la position des écolos traditionalistes en matière de démocratie.

«L’enjeu du moment, c’est le projet. Le choix du ou de la candidate viendra plus tard», ne cesse de tempérer Julien Bayou, le secrétaire national du parti. Pas de quoi arrêter les discussions de couloir aux journées d’été des Verts à Pantin. D’autant que Yannick Jadot a jeté un pavé dans la mare en proposant jeudi dans un entretien à Libération d’accélérer le calendrier de désignation du candidat, tout cela pour éviter une primaire.

 

Mali : la France le cul entre deux chaises !

Mali : la France le cul entre deux chaises ! 

 

Il y a quelque chose d’un peu ubuesque dans la situation du Mali. LA FRANCE a empêché que les islamistes prennent le pouvoir et à installé en 2013 l’opération barkhane  de lutte permanente contre les terroristes, l’armée malienne étant dans l’incapacité de s’opposer aux islamistes. La France a sauvé la souveraineté malienne. Faute de pouvoir faire face à la menace islamiste, des militaires par contre mènent  la guerre contre leur propre gouvernement et ont pris le pouvoir. La France au nom de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut évidemment s’opposer frontalement à ce putsch. La France est en quelque sorte coincée entre les terroristes et les putschistes.

Lors d’une conférence de presse au côté de la chancelière allemande Angela Merkel au Fort de Brégançon, le président français a rappelé que l’armée française et ses partenaires n’étaient engagés au Sahel qu’à la demande des pays de la région.

“Rien ne doit nous divertir de la lutte contre les djihadistes”, a insisté Macron pris en quelque sorte à revers par une armée malienne portée à bout de bras par la France.

Transfert illégal de données personnelles entre les États-Unis et l’Europe

Transfert illégal de données personnelles entre les États-Unis et l’Europe

Charles Cuvelliez, de l’université de Bruxelles, et de Jean-Jacques Quisquater, de l’université de Louvain tire les conséquences de l’illégalité du transfert de données personnelles entre l’Europe et les États-Unis dans une chronique de la Tribune

 

 

« Il y a quinze jours, la Cour européenne de justice a fait souffler un vent glacial sur le business transatlantique en annulant (encore !)  le cadre qui règle les transferts de données entre les États-Unis et l’Europe, la décision dite « Privacy Shield », après « Safe Harbour ». Dans les deux cas, on retrouve le même plaignant, M. Schrems, un citoyen autrichien, qui en fait un vrai business (d’activiste).

Ses données personnelles hébergées par Facebook, s’était-il plaint, n’ont pas une protection digne du RGPD, le Règlement général de protection des données, sur le territoire américain en dépit des garanties obtenues par la Commission auprès des autorités américaines. La Cour l’a suivi (1) et ne laisse même pas de période de grâce : sa décision s’applique tout de suite ! Si des données personnelles de vos clients ont le malheur de faire un aller-retour par les États-Unis pour mille raisons, vous êtes depuis mi-juillet dans l’illégalité.

Si vous avez de la chance, votre fournisseur américain avait déjà prévu le coup et fait en sorte que vos données ne transitent jamais par les USA. C’est le cas des fournisseurs  de clouds qui s’arrangent pour ne jamais faire sortir les données de leurs centres de données européens. Mais gare à tous les autres cas de figure. Le forum des autorités de protection des données des 27 États membres et des 3 Etats de l’Espace Economique Européen, dont la Cnil (l’EDPB ou European Data Protection Board) a publié des conseils pour guider les sociétés et leurs fournisseurs américains désorientés (2).

Il faut revoir les contrats, expliquent ces autorités. Un contrat est compatible avec le RGPD s’il contient des clauses standards dites « SCC » (Standard Contractual Clauses) dont le modèle a été approuvé par la Commission. La Cour européenne de justice, dans son arrêt invalidant le Privacy Shield, ne remet pas en cause leur validité mais, en l’espèce, elles sont inutiles dit-elle, puisque la loi américaine rend ces SCC inopérants. Il faut, dit l’EDPB, des mesures supplémentaires de protection des données.

C’est la même conclusion pour les BCR, les Binding Corporate Rules, un concept plus fort que les SCC. Elles lient personnellement les entreprises qui y  souscrivent lorsque l’une d’elles est hors Europe : elles s’engagent à compenser le manque de protection des données personnelles. Ces BCR doivent même être approuvées par les autorités de protection des données des États membres d’origine de ces entreprises. Ces BCR se font au cas par cas et Privacy Shield ambitionnait justement de l’éviter. Les entreprises américaines pouvaient obtenir une certification Privacy Shield à la place.

Mais ces BCR ne compensent que l’absence de lois de protection des données.  Or, les États-Unis n’ont pas une législation incomplète, dit la Cour. Elles ont carrément une législation qui s’oppose à la protection des données, puisque les autorités américaines peuvent les consulter grâce à leur propre cadre juridique. Les BCR aussi seraient inopérantes. Là aussi il faut des mesures de protection supplémentaires.

 

La nature de ces mesures supplémentaires reste peu claire. L’EDPB explique qu’elle viendra en son temps avec des explications sur leur nature. Mais n’attendez pas, dit-elle. Renégociez vos contrats et montrez que vous tentez de prendre des mesures de protection, techniques, organisationnelles ou légales, contre lesquelles même les USA ne peuvent rien faire.

Tant qu’à faire, l’EDPB propose de suivre la même approche pour tous les pays tiers qui n’ont pas de législation de protection des données personnelles ad hoc. Là aussi, les BCR qui lient les entreprises de ces pays et celles de l’Europe doivent être « augmentées » de mesures supplémentaires. C’est du bon sens quand on sait que les Américains n’ont rien à envier aux Chinois ou aux Russes qui ne s’encombrent sûrement pas d’une législation pour fouiner dans les données en provenance d’Europe (heureusement, les occasions sont moins nombreuses !).

Quant aux exceptions de l’article 49 du RGPD qui permettent exceptionnellement de transférer des données hors Europe (pour la bonne exécution d’un contrat, quand le citoyen y consent ou quand il s’agit d’une question d’intérêt public couvert par une loi de l’État membre concerné), elles ne peuvent jamais devenir la règle. Facebook ne peut se retrancher derrière ses conditions générales pour faire comme avant.

Mais la garantie de n’avoir aucune de ses données sur le territoire américain n’offre pas la protection tant « désirée »  par M. Schrems. Les USA peuvent invoquer le Cloud Act pour inspecter des données en Europe. Devrons-nous, dans le futur, créer et utiliser des logiciels vantards qui donnent vie à des centaines d’avatars pour protéger notre vie privée ? Tout le contraire d’être identifié sur internet. »

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

De toute évidence, la posture d’équilibriste du gouvernement entre les préoccupations économiques et sanitaires demeure très fragile. Sur le plan économique, les scénarios s’obscurcissent avec la remontée des contaminations. On espérait une croissance en baisse de 11 % en 2020 mais la remontées du virus fait craindre maintenant une croissance en diminution de 14 % d’après les institutions d’études économiques. Le gouvernement a donc décidé très récemment de renforcer encore les mesures de prévention sanitaire mais dans le même temps ne peut pas tuer complètement économie.

En même temps, le gouvernement est bien contraint de prendre en compte la remontée significative de la vague virale. Les hésitations du gouvernement se vérifient  par exemple à travers ses positions très hésitantes quant à la généralisation du port du masque à l’extérieur. Le problème c’est qu’en sectorisation et en décentralisant les règles sanitaires, le pouvoir risque d’alimenter les incohérences et les contradictions.

 Attendues ce mardi, les propositions du gouvernement pour renforcer les règles sanitaires suscitent déjà les réserves du patronat. Prévue dans deux semaines, la rentrée scolaire provoque de son côté l’appréhension chez les enseignants et les parents d’élève. Ancien « Monsieur Déconfinement », Jean Castex connaît là sa première épreuve de vérité, un mois et demi après son arrivée à Matignon .

La semaine dernière, un Conseil de défense s’est tenu sur la question du rebond de l’épidémie. Depuis, les données ne se sont pas améliorées et l’exécutif adopte un ton de plus en plus ferme pour faire respecter les gestes barrière. Mardi dernier à Montpellier, Jean Castex a appelé à une réaction vigoureuse des Français. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a enchaîné sur le même ton le lendemain sur France 2.

 

Pour une fin de la guerre entre Airbus et Boeing (Bruno Lemaire)

Pour une fin de la guerre entre Airbus et Boeing (Bruno Lemaire)

 

Bruno Lemaire, ministre de l’économie, s’est dit satisfait que les États-Unis n’envisagent pas de nouveaux tarifs douaniers suite au litige sur les conditions de concurrence entre Airbus et Boeing. Un conflit qui dure depuis une bonne quinzaine d’années. Chacun considère que les conditions de concurrence sont faussées du fait du soutien implicite des Etats  au constructeur . Un soutien technique, économique et financier.

Ainsi dernièrement les États-Unis ont passé des dizaines de milliards de commandes militaires à Boeing pour compenser la baisse du carnet de commandes notamment des 737. De son côté, Airbus essaie aussi de se repositionner sur le matériel militaire. Le ministre français de l’Economie et des Finances espère cependant un règlement définitif sur ce dossier avec les États-Unis.  Plusieurs productions françaises ont subi la hausse de fiscalité imposée par les États-Unis notamment le vin.

Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 12 août, la levée de taxes imposées sur des produits importés de Grèce et du Royaume-Uni dans le cadre du litige sur les subventions à Airbus et Boeing. Ces modifications entreront en vigueur le 1er septembre, a déclaré le bureau du Représentant au Commerce, Robert Lighthizer, tout en annonçant sa volonté d’entamer une nouvelle procédure diplomatique avec l’UE pour parvenir à une solution. En juillet, en guise de signe d’apaisement, Airbus a accepté un relèvement des taux d’intérêt sur des prêts obtenus auprès de la France et de l’Espagne.

Washington avait reçu en octobre dernier le feu vert de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour appliquer des taxes douanières sur 7,5 milliards de dollars d’importations de l’UE dans le cadre de cette querelle sur l’aéronautique qui dure depuis plus de 15 ans.

 

Le niveau des taxes américaines est de 15% pour l’aéronautique et de 25% pour tous les autres produits.

 

Surmonter la contradiction entre logique de groupe et logique républicaine

Surmonter la contradiction entre logique de groupe et logique républicaine

Pour sortir du conflit qui les oppose, le camp antiraciste doit accepter qu’il agit au nom de valeurs universelles et le camp républicain reconnaître l’existence d’appartenances culturelles vitales pour la construction de l’individu, estime Aymeric Patricot, essayiste et romancier, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Deux camps s’affrontent aujourd’hui sur le thème des discriminations : certains dénoncent la persistance de dérives au sein du monde occidental, allant parfois jusqu’à pointer du doigt l’existence d’un système raciste ; d’autres, qui se réclament du républicanisme, persistent à considérer qu’il ne faut pas « racialiser les rapports sociaux » et qu’il existe des valeurs universelles.

Le problème est que ces républicains doivent se sentir bien seuls en ce moment. La lame de fond de l’affaire Floyd, réveillant un antiracisme légitime, n’est pas seule en cause : elle ne fait que mettre un point d’orgue à l’incroyable pression contre l’idée même de droits individuels. Ces derniers fondent la notion de mérite, mais on les accuse de masquer des phénomènes délétères plus profonds.

La première de ces pressions, celle qu’on dénonce le plus volontiers, est exercée par la culture (musique, cinéma…), dont le tropisme est flagrant : les plates-formes sont américaines, la force des images est américaine. Or, cette culture est marquée par la question raciale. C’est de cette culture qu’émanent les slogans nous familiarisant avec l’idée que les logiques de groupes sont décisives. En somme, l’actualité force le peuple français à ouvrir les yeux sur les réalités raciales, lui dont le surmoi républicain exige pourtant qu’il reste « color blind ».

La deuxième pression se fait plus discrète, mais pas moins efficace : elle vient du monde économique dont la grande éthique, outre l’écologie, se rapporte à la fameuse diversité, dont la logique vient concurrencer celle du mérite. Qu’on ne s’y trompe pas : les entreprises ne peuvent pas être foncièrement morales. Si elles singent les principes du moment, c’est avant tout parce qu’il leur est nécessaire de s’adapter au contexte. On sait que le libéralisme s’accommode très bien des valeurs multiculturelles et transnationales.

La troisième, c’est le monde politique, tout d’abord en France, en partie désireux de s’inscrire dans la tendance de l’époque. Soulignons que la fracture ne partage pas la droite et la gauche, mais traverse chacun des partis, de même qu’elle recoupe souvent un fossé générationnel, comme en témoigne la récente anicroche entre Marion Maréchal et Marine Le Pen.

 

« Entreprise: partager les dividendes entre actionnaires et salariés »

Entreprise:  partager les dividendes entre actionnaires et salariés

Le capitalisme du « monde d’après » doit réconcilier actionnariat et salariat dans une démarche de convergence, estiment, dans une tribune au « Monde », Eric Campos, directeur de la Fondation Grameen Crédit agricole et Bagoré Bathily, chef d’entreprise franco sénégalais.

Tribune.

 

Le choc planétaire de la pandémie du Covid-19 de 2020 montre l’absolue nécessité de repenser notre système économique. Les urgences sanitaires et climatiques ne laissent plus le choix. Sans changement structurant, les risques de tensions sociales, politiques ou environnementales deviendront chaque jour plus importants.

Nous soumettons au débat collectif l’idée d’un modèle d’entreprise socialement différent : l’entreprise à capital coopératif, une entreprise dont la rémunération du capital se partage entre l’actionnariat et le salariat grâce à un montage permettant aux salariés de percevoir directement une partie des dividendes, en cas de distribution. La détention du capital est un facteur d’exclusion des populations, notamment vis-à-vis des jeunes générations, force de travail. Si l’on souhaite construire un avenir durable et harmonieux, il est crucial de résoudre la question d’une redistribution équitable de la valeur créée par la croissance et donc par l’entreprise.

Aujourd’hui, l’actionnariat possède la propriété du capital, le salariat en fournit l’exploitation. Leurs destins sont intimement corrélés, pourtant aucun lien direct n’existe vraiment entre eux. Nous pensons possible de les réunir en instaurant une convergence de leurs intérêts, grâce à des règles nouvelles où les salariés deviennent usufruitiers d’une partie du capital de l’entreprise. Les actionnaires apportent les fonds, les travailleurs délivrent la valeur ajoutée. Et finalement, chacun mérite sa part.

L’idée est là, elle peut paraître iconoclaste mais elle est au fond réaliste : celle d’une entreprise dont les dividendes sont désormais partagés entre actionnaires et salariés de manière fondamentale par l’attribution aux salariés d’une part d’usage du capital. C’est ce que nous appelons l’entreprise à capital coopératif. Pour le devenir, l’entreprise intègre dans ses statuts une disposition particulière qui permet aux salariés de percevoir une part sur les bénéfices en cas de déclenchement de dividendes.

L’entreprise leur accorde ainsi une place d’actionnaire usufruitier. Quant à eux, les actionnaires restent porteurs des capitaux et sont propriétaires des titres, à la différence près qu’ils décident de se placer en nu-propriétaire pour une partie spécifique du capital dont ils cèdent la valeur de rendement au collectif salarial. Pour ce faire, ils acceptent une diminution de la valeur nominale de leur part – par exemple par l’effet d’une augmentation de capital en émission de titres – et en cèdent la différence à ceux qui « fabriquent la croissance », les salariés. Idéaliste ? Etonnant ? Bizarre ? Non, loin de là.

 

Taxe Gafa: ping-pong entre la France et les États-Unis

Taxe Gafa: ping-pong entre la France et les États-Unis

la France a été parmi l’un des premiers pays à mettre en place une taxe sur les grands du numérique. Au plan international , comme on craignait  doute une trop grande dispersion des politiques dans ce domaine il a été décidé de rechercher un accord international sous la tutelle de l’OCDE. La France en attendant cet éventuel accord a suspendu la taxe qu’elle envisageait. Le problème c’est que les États-Unis viennent de se retirer de la discussion internationale engagée alors  qu’un accord se précisait. En clair les États-Unis refusent législation internationale sur le sujet. Pour punir la France, les États-Unis ont décidé d’une stratégie de ping-pong et  envisage des sanctions contre la France et comme la France suspend son application pour l’instant. Une vraie partie de ping-pong diplomatique mais surtout économique et fiscal .

“Nous allons annoncer que nous allons prendre certaines sanctions contre la France et les suspendre comme ils ont suspendu la perception des taxes”, a déclaré jeudi le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer.

 » Pas de contradiction entre la démocratisation de la gouvernance et la rentabilité d’une entreprise » (Virgile Chassagnon, économiste )

 » Pas de contradiction entre la démocratisation de la gouvernance et la rentabilité d’une entreprise » (Virgile Chassagnon, économiste )

 

.Il faut accroître la participation des travailleurs et faire reconnaître le rôle sociétal joué par les grandes entreprises :Virgile Chassagnon, économiste dans une interview à la Tribune. :

 

: Pourquoi avoir choisi de travailler spécifiquement sur les entreprises ?

Virgile Chassagnon : Mon projet de faire de la recherche m’est venu, d’abord au collège où je pensais devenir chercheur en biologie, puis au lycée, quand j’ai découvert les sciences économiques et sociales. Ce qui me plaisait était d’avoir une discipline en lien direct avec la société et de faire quelque chose d’utile. Je suis arrivé à l’Université Grenoble Alpes (UGA) après mon agrégation en 2014, séduit par le projet académique de l’établissement et notamment son programme en économie des organisations.

J’étais d’abord parti pour faire de la recherche en macro-économie, en m’intéressant par exemple au calcul de l’impact des taux de prélèvements obligatoires sur le chômage. Je me suis penché sur la question des alliances stratégiques dans le domaine de l’automobile.

C’est ainsi que je suis remonté à la notion même d’entreprise et constaté qu’il existait beaucoup de débats au niveau international afin de définir ce qu’est une entreprise et à quoi elle sert. Mon idée était donc de proposer une nouvelle théorie afin de définir son rôle sociétal.

Dans vos travaux, vous évoquez la théorie de l’entreprise comme « une entité fondée sur le pouvoir » ?

L’objectif de cette thèse était avant tout de composer une théorie et de l’appliquer aux enjeux modernes de la gouvernance. Je voulais montrer une entreprise n’est pas uniquement le résultat du fonctionnement de son dirigeant, mais de l’ensemble des personnes qui contribuent à sa réussite. L’entreprise est en réalité un bien commun privé, au service de la société et de l’intérêt général. Pour cela, il a fallu passer par une approche pluridisciplinaire avec d’autres matières telles que les relations de pouvoir qui ont toujours été l’un des grands bannis des sciences économiques. Car en intégrant la question du pouvoir, les modèles mathématiques ne tiennent plus.

Le prix que vous venez de recevoir récompense le caractère appliqué des travaux soumis. Vous avez vous-même proposé vos travaux comme support à certaines réflexions politiques ?

La théorie a été utile pour comprendre ce que l’on essaye de réguler depuis huit ans, et m’a même permis d’avoir l’occasion d’appliquer ensuite cette recherche au sein de la société en éclairant les politiques, et notamment le contenu de certaines lois.

Échanges internationaux : chute de 18,5% entre avril et juin

Échanges internationaux : chute de 18,5% entre avril et juin

Le choc a été moins fort que prévu, grâce aux réactions rapides des gouvernements, affirme l’OMC.  l’hypothèse d’un écroulement de près de 30 % du commerce international semble s’éloigner avec une chute nettement moins importante des échanges internationaux entre avril et juin. L’organisation mondiale du commerce imagine même maintenant une perspective plus optimiste avec un recul de seulement 13 % en 2020. Reste qu’il convient sans doute d’être prudent car les chiffres moins catastrophiques attendus entre avril et juin correspondent pour une part  à un phénomène de rattrapage. Un signe positif toutefois : après une baisse record en avril, les nouvelles commandes à l’exportation ont aussi commencé à se redresser en mai. Mais là aussi cela pourrait inclure certains phénomènes de rattrapage

Pour les perspectives en 2021, la prudence est de rigueur. L’OMC comme les autres organisations internationales met en avant la très grande incertitude face au risque de deuxième vague de l’épidémie, d’une reprise économique moins forte que prévu ou d’un recours plus marqué aux restrictions commerciales. «Pour assurer une forte reprise de la production et du commerce en 2021, il faudra que les politiques budgétaires, monétaires et commerciales aillent toutes dans le même sens», insiste Roberto Azevêdode l’OMC. Tout dépendra aussi de l’évolution des discussions commerciales toujours très tendues entre la Chine et les États-Unis sans parler même des difficultés entre les États-Unis et l’Europe.

Coronavirus: Accord entre Axa et un restaurateur

Coronavirus: Accord entre Axa et un restaurateur

 

Un accord trouvé entre un restaurateur parisien et Axa sur les conditions d’indemnisation suite à la crise sanitaire interdisant d’exploiter pourrait faire en quelque sorte l’objet sorte de jurisprudence. En tout cas servir,  d’exemple pour les litiges du même type qui sont couverts par des assurances. Le problème c’est que ce type de risque est rarement couvert. Moins de 10 % des restaurateurs seraient couverts par ce type d’assurance;  en outre cette couverture de risque donnent lieu à interprétation.

Selon Axa, il y a actuellement en France environ 1.700 contrats d’assurance présentant des “clauses ambiguës” comme celui signé par Stéphane Manigold. L’assureur discute actuellement avec quelque 600 restaurateurs en vue d’une indemnisation.

“Au départ, ce que je regrette, c’est qu’il n’y avait pas de dialogue (…) On a pu échanger argument contre argument depuis”, a déclaré Stéphane Manigold, se réjouissant que d’autres restaurateurs puissent désormais bénéficier des mêmes dispositions que lui. En dépit des sommes importantes pour le restaurateur l’éventualité d’une indemnisation ne mettra pas en péril les équilibres financiers des assureurs et en particulier d’Axa compte tenu des volumes en jeu.

« La commission Blanchard-Tirole: l’ entre-soi »

« La commission Blanchard-Tirole: l’ entre-soi »

 

Florence Jany-Catrice

Dans un article précédent nous avions déjà souligné le caractère relativement homogène de la sociologie des experts retenus par  pour définir la nouvelle politique économique ( celle de 2022p et après sans doute. Tous avaient à peu près le même profil d’économistes relativement orthodoxes assez éloignés des problématiques aussi bien environnementales, sanitaires que sociales. L’économiste Florence Jany-Catrice regrette, dans une tribune au « Monde », que la composition de la commission Blanchard-Tirole « sur les grands défis économiques » ne reflète que la vision libérale et productiviste de la science économique « mainstream »

Tribune. L’essoufflement évident et l’effondrement en cours de notre modèle économique libéral financiarisé suscitent de plus en plus angoisse et sidération. La crise sanitaire récente jette une lumière crue sur son incroyable fragilité : il aura suffi d’un virus pour précipiter les économies européennes dans les affres d’un arrêt productif sans aucun précédent historique.

Cette chute extrêmement brutale dit énormément de notre monde et de la manière dont nous l’habitons intellectuellement. En premier lieu, le sacrifice des services publics, en particulier de santé, aux impératifs productifs marchands et industriels d’un autre âge se paie cash : on en connaissait le coût social, on en connaît maintenant le coût économique. Combien de vies et combien de milliards nous aura finalement coûté la volonté drastique de réduire la prévention en matière de santé, l’obsession de la tarification à l’acte et l’idéologie du zéro stock ?

Mais on doit aussi en second lieu mesurer l’effet « révélateur » du confinement : la redécouverte de la joie d’être ensemble, d’un autre rapport au monde, au temps, à la qualité de nos vies. Comme si brutalement le décor de théâtre du « toujours plus et plus vite », qui nous épuise et tue notre environnement naturel, avait glissé au pied de l’estrade. Chute effrayante, puisqu’elle s’accompagne, évidemment, en troisième lieu, d’un effondrement productif qui menace de manière violente les plus exposés d’entre nous, qui risquent désormais de rejoindre la cohorte grandissante des exclus.

Ce triple choc interroge notre dépendance intellectuelle aux logiques libérales et productivistes. Il suppose réflexion. « Rien ne sera plus comme avant », nous a dit, de manière extrêmement solennelle, notre président. Las, son premier acte a été de réunir un comité d’experts pour penser le monde d’après, une commission « d’experts sur les grands défis économiques » – dite commission « Blanchard-Tirole » –, qui doit proposer des politiques économiques efficaces face à trois défis mondiaux dans le contexte post-Covid-19, à savoir les inégalités, le climat et la démographie.

La manière dont ce premier acte a été posé dit tout de la cécité des classes dirigeantes. Est-il bien sérieux, dans ce « monde d’après »de n’avoir réuni dans ce cercle de réflexion que des économistes ? Le monde dans lequel s’est déployée la crise n’est-il pas précisément un monde qui souffre de la domination sans partage de l’économisme ? Ne souffrons-nous pas tous de voir l’économie mise toujours et encore au-devant du vivre-ensemble ?

Mais pour macron quoi de mieux que de choisir des personnalités qui pour l’essentiel pensent comme lui ? Ne serait-ce que pour donner un vernis scientifique à son projet (NDLR)

La différence entre la France et l’Allemagne

 

 

Pourquoi une telle différence entre la France et l’Allemagne s’interroge Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG. Alo . Selon lui, il s’agit des «différences de sévérité dans les mesures de confinement.» Même constat chez Philippe Waechter. «L’Insee a répété que notre économie tournait à 65% de ses capacités. À titre de comparaison, l’Allemagne c’était 80%.»

Selon lui, trois facteurs vont jouer sur la reprise. «La vigueur des politiques économiques mises en place, les éventuels changements de comportement sur l’épargne et la dynamique de faillites des entreprises», détaille-t-il, rappelant que «tous ces éléments créent de l’incertitude sur ce qu’il va se passer». Selon lui, les prochains mois sont «essentiels» pour que la reprise puisse se faire plus rapidement, voire dès 2021. Eric Dor prévient : tous ces chiffres sont à prendre «avec des pincettes». Une deuxième vague qui frapperait nos économies, ou même la Chine, par exemple, viendrait naturellement empirer ces prévisions, du fait de «l’interdépendance des pays entre eux».

Deuxième élément tout aussi impressionnant qu’inquiétant, celui du chômage. Là aussi, les chiffres plongent à des degrés différents. Toujours selon l’OCDE, avec l’hypothèse d’un «choc unique», écartant donc l’éventuelle seconde vague accompagnée d’un reconfinement, la France verra son taux de chômage passer de 7,8% au premier trimestre à 12,3% au quatrième. 8,5% contre 12,4% en Italie, 3,9% contre 9,7% au Royaume-Uni, ou encore 13,9% contre 21,8% en Espagne. Aux États-Unis, les prévisions du chômage de l’OCDE portent sur un passage de 3,8% au premier trimestre de l’année à 10,4% au dernier. En Allemagne, l’explosion du taux de chômage n’est en revanche pas prévue : 3,4% au premier trimestre contre un modeste 5% attendu au quatrième.

Le débat fait rage en France et ailleurs : que faire de nos dettes ?Comment rembourser ces emprunts colossaux des quatre coins du monde ? En France, la dette à la fin de l’année devrait s’élever à 121%du PIB. C’est une vingtaine de points de pourcentage de plus sur un an. Mais la France ne fait pas figure d’exception. +17 points pour l’Allemagne, 19 points pour les États-Unis (prévision au 1er octobre 2020 selon le Committee for a Responsible Federal Budget) ou encore 20 points pour l’Espagne.

À l’échelle des grandes puissances mondiales, les dettes devraient s’accroître de façon assez équivalente. Pour les années à venir, elles dépendront davantage de la reprise économique et pourraient, là, prendre des chemins différents.. En fait tout dépendra du réajustement de la richesse réelle avec sa représentation monétaire et de ce point de vue le montant de la dette exigera des ajustements incontournables via l’inflation ou tes taux d’intérêt par exemple.

Un accord entre Orange et le réseau d’Open Fiber en Italie

Un accord entre Orange et le réseau d’Open Fiber en Italie

il ne s’agit pas d’une offre de services aux particuliers mais aux entreprises et l’accord  entre orange et l’opérateur italien pourrait constituer un avantage stratégique important dans ce domaine. Orange est sur le point de signer un contrat d’utilisation du réseau à haut début d’Open Fiber, contrôlé par le groupe d’électricité Enel et l’établissement financier public CDP, pour son offre de services aux entreprises en Italie, a-t-on appris de source proche du dossier mercredi.

Coronavirus : pourquoi ces différences entre la France et l’Allemagne

Coronavirus : pourquoi ces différences entre la France et l’Allemagne

  • Michel Deshaies, professeur de géographie à l’Université de Lorraine, a souligné à plusieurs reprises les différences de diffusion  entre la France et l’Allemagne. Le géographe Michel Deshaies analyse la propagation spatiale de la pandémie de Covid-19 en France et en Allemagne et en tire les premiers enseignements.

 

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« La pandémie de Covid-19 qui s’est propagée depuis la Chine au reste du monde au cours de l’hiver 2020 a particulièrement touché l’Europe occidentale qui, le 21 mai 2020, concentrait plus d’un million de cas (1.320.000), soit 26% des cas recensés dans le monde. Le plus frappant peut-être est l’importance de la mortalité en Europe occidentale, puisque ces pays déploraient le 21 mai plus de 157.000 décès, soit 48% du total mondial. Si la France et l’Allemagne affichaient à peu près le même nombre de cas (environ 180.000), elles se différenciaient fortement par la mortalité : 28.135 décès liés au Covid-19, soit 431 par million d’habitants en France, contre 8.144 décès, soit 97 par million d’habitants en Allemagne.

Un tel contraste peut paraître paradoxal dans la mesure où, dans les deux pays, on a constaté une multiplication simultanée des cas au cours du mois de février. Il apparaît aujourd’hui clairement que les dirigeants allemands avaient bien anticipé la crise, ce qui n’a pas été le cas en France où l’évolution de la pandémie a rapidement saturé un système hospitalier profondément affaibli depuis des années. Cette situation a été aggravée par le fait que la pandémie s’est concentrée dans certaines régions.

En Allemagne comme en France, on observe de grands contrastes géographiques dans la densité des cas attestés. Mais ces inégalités correspondent à des schémas d’organisation spatiale très différents dans les deux pays. Il est trop tôt pour pouvoir comprendre les mécanismes par lesquels ces schémas ont favorisé, ou entravé, la propagation du virus. L’étude de la répartition spatiale des densités de cas et de mortalité peut contribuer à les éclairer.

 

La répartition spatiale de la pandémie de Covid-19 en France et en Allemagne peut être étudiée à travers les statistiques fournies par Santé publique France et par l’Institut Robert Koch. La cartographie présentée ici repose sur un certain nombre de choix qui ont pu être validés par la comparaison des régions frontalières, Sarre et Moselle d’une part, Alsace et Breisgau d’autre part, où les densités de cas sont proches ; ce qui semble montrer que les échanges transfrontaliers ont joué ici un rôle dans la propagation du virus. Ces régions frontalières illustrent aussi les contrastes de mortalité : alors que la Moselle et la Sarre comptent chacune 1 million d’habitants, on dénombrait le 21 mai, 786 décès en Moselle contre 157 en Sarre.

Tandis qu’en France, ce sont les régions de l’Est et du Nord, ainsi que la région parisienne qui concentrent les deux tiers des cas, en Allemagne les régions les plus frappées sont les deux Länder du sud, Bavière et Bade-Wurtemberg, ainsi que la Rhénanie-du-Nord Westphalie.

Quelles zones sont le plus durement frappées dans les deux pays?

La cartographie montre deux France, de part et d’autre d’une diagonale nord-ouest/sud-est passant approximativement par Le Havre, Lyon et Marseille. Au nord de cette ligne, presque tous les départements ont une densité de cas supérieure à 100 pour 100.000 habitants. Au sud, au contraire, seuls quelques départements dépassent le seuil des 100 cas pour 100.000 habitants, le long du Val de Loire. Toute la façade atlantique, ainsi que l’essentiel de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Occitanie se caractérisent par une densité de cas faible à très faible.

Dans la France du Nord, les deux foyers principaux de la pandémie sont l’Alsace-Moselle et l’Ile-de-France qui, à elle seule, représente 38% des cas, soit deux fois plus que sa part dans la population française. Entre le foyer du nord-est et l’Ile-de-France, tous les départements de l’est et du centre-est sont également très affectés. La Picardie et la région lyonnaise apparaissent comme des foyers secondaires. En revanche, les Alpes, tout comme le Nord et le Pas-de-Calais, sont les régions les moins affectées dans cette partie de la France. Cela est surprenant quand on songe que ces régions sont frontalières de deux pays où l’épidémie est la plus intense au monde, la Belgique et l’Italie. Les circulations transfrontalières ne semblent pas avoir eu les mêmes effets qu’entre l’Allemagne et la France.

En Allemagne, il existe aussi de forts contrastes. L’ensemble du sud du pays est très affecté par l’épidémie, le principal foyer étant le piémont des Alpes bavaroises jusqu’à Munich. La partie ouest est moins affectée, avec cependant de forts contrastes entre des régions à faible densité de cas et des foyers assez actifs, dans les régions d’Aix-la-Chapelle et de Münster. Ces deux foyers sont séparés par la région urbaine de la Ruhr, où la densité de cas est relativement faible.

Enfin, tout le nord et l’est du pays (les nouveaux Länder) se caractérise par une très faible densité de cas. C’est particulièrement vrai des régions littorales de la mer du Nord et de la Baltique, ainsi que des régions rurales de l’est. Par contre, les deux villes principales, Berlin et Hambourg, sont des foyers secondaires.

Quelques éléments d’explication

Comment interpréter ces différences spatiales? En Allemagne, beaucoup de cas attestés correspondent à des retours de voyages en Italie du Nord, ou de stations de sports d’hiver italiennes ou autrichiennes, où les cas sont nombreux ; ce qui pourrait expliquer pourquoi ce sont les régions du sud les plus affectées, en particulier le débouché de la voie de passage principale vers l’Autriche et l’Italie.

On note aussi une composante socio-économique, dans la mesure où ce sont essentiellement des régions riches qui ont été affectées, alors que le cœur des villes pauvres de la Ruhr, ainsi que les régions les moins prospères du nord et de l’est, sont largement épargnées par la pandémie.

En France, si le foyer de l’est correspond à un schéma en lien avec la circulation de la dorsale rhénane, le foyer parisien semble répondre à une autre logique spatiale, peut-être en lien avec des contaminations en provenance de l’international. Il est aussi frappant de constater que le couloir de circulation principal du pays, l’axe Paris-Lyon-Marseille, est jalonné par une forte densité de cas. Loin d’être accidentelle, la répartition spatiale de l »épidémie de Covid-19 est ainsi révélatrice des structures géographiques des deux pays.

Cet article est republié à partir de The Conversation 

 

Coronavirus :  » Arbitrage entre bénéfices et coûts trop flou

Coronavirus : «  Arbitrage entre  bénéfices et coûts trop flou  

l’économiste Bruno Deffains et le juriste Thomas Perroud observent, dans une tribune au « Monde », que l’intérêt général a été relégué derrière un impératif médical, faute d’un processus clair et transparent de la prise de décision politique publique.

Tribune. La crise sanitaire actuelle révèle de façon quasiment paroxystique le problème de la décision politique en période de crise. Comment concevoir une décision politique qui intègre l’ensemble des conséquences éthiques et économiques qu’elle emporte ?

Deux canaux peuvent permettre d’élaborer une telle décision : un canal démocratique et/ou un canal scientifique.

En France, le canal démocratique a été fragilisé par la déclaration d’état d’urgence. Cette déclaration a transféré la compétence principale de la prise de décision vers l’exécutif.

Le second canal est l’expertise. Or, celle-ci a tardé à s’établir et, surtout, elle ne reflète qu’un seul élément de l’analyse : le suivi de l’épidémie et la préconisation de mesures pour ralentir son expansion.

Qu’en est-il des autres questions que soulèvent ces décisions ? Comment sont-elles prises en compte ? Au Royaume-Uni, l’initiative prise par l’opposition travailliste d’instaurer une commission scientifique « d’opposition » permet de combiner les deux approches.

Quelques spécialités médicales

Mais notre culture politique est plutôt réfractaire aux contre-pouvoirs, notamment scientifiques, ce qui se traduit par une difficulté à poser comme préalable à la décision une véritable analyse coût-bénéfice des décisions de confinement, préférant ne pas se confronter à la question éthique et sociale de l’évaluation du coût des vies sauvées.

La domination de la décision publique jusqu’à présent par des scientifiques issus majoritairement du monde de quelques spécialités médicales (au sein du comité scientifique Covid-19) a ainsi occulté du débat les autres dimensions de l’intérêt général.

Cette domination était sans doute légitime en début d’épidémie, mais arrive le moment où les conséquences de chaque décision sur la société doivent imposer de contrebalancer ces avis par d’autres. Or, l’action publique qui organise le déconfinement donne l’impression d’être guidée, non par la poursuite de l’intérêt général, mais par un objectif uniquement médical.

Dans cette crise, à chaque stade de la prise de décision, l’arbitrage entre les bénéfices et les coûts semble avoir été omis ou à tout le moins n’a pas été rendu public. Autrement dit, toute décision de l’exécutif aurait dû mettre en balance l’avis du comité scientifique Covid-19 par un comité représentant l’intérêt global de la société, y compris de médecins qui nous alertent sur les effets délétères du confinement prolongé sur la santé physique et mentale, en particulier des enfants et adolescents. »

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