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Jean-Paul Delevoye: pris la main dans le sac ….des assurances

Jean-Paul Delevoye: pris la main dans le sac ….des assurances  

 

 

Décidément il semble qu’il y ait une sorte de malédiction autour des proches de Macron puisque le Haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, aujourd’hui ministre, vient d’être à deux reprises pris la main dans le sac des conflits d’intérêts. D’une part avec un organisme sans but lucratif mais une sorte de lobby des assurances, d’autre part dans un organisme, également lobby des assurances, ou là il touchait  une rémunération de plus de 5368,38 par mois. Une affaire qui vient compléter la longue liste de l’entourage de Macon impliqué dans des affaires douteuses ( le directeur de cabinet de Macron, le président de l’assemblée nationale, Benalla, Macon lui-même avec les conditions de financement de sa campagne, plusieurs autres ministres qui ont dû démissionner et notamment François de Rugy). En cause, évidemment la proximité du personnel politique de la majorité avec les intérêts financiers qui ont soutenu et porté Macron au pouvoir. On a évidemment un peu de mal à croire que Delevoye avait considéré certaines  activités comme accessoires. En général, le français moyen n’oublie pas un accessoire de rémunération de5368,38 euros mensuels !  Fragilisé après les révélations de ses liens avec le monde de l’assurance, Jean-Paul Delevoye a décidé mardi de quitter ses fonctions au sein du groupe de formation IGS. Il s’est engagé à rembourser les «sommes perçues» si elles étaient jugées «incompatibles» avec sa fonction de haut-commissaire aux retraites, a-t-il indiqué à l’AFP.

«À ce jour, compte tenu des suspicions que certains n’ont cessé d’alimenter, j’ai mis un terme à toutes mes activités et je suis au clair par rapport à cela», a déclaré sans plus de détail Jean-Paul Delevoye devant l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député LFI Adrien Quatennens. Et d’ajouter : «Tout mon parcours prouve mon souci de transparence et de respect des lois.» Jean-Paul Delevoye «a procédé ce matin à un réexamen de sa situation personnelle et a choisi de quitter ses fonctions au sein du groupe IGS (fédération d’associations indépendantes à but non-lucratif, ndlr)» avait annoncé son entourage mardi, peu avant son intervention.

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Cela met fin à sa présidence du think thank  »Parallaxe » de HEP Éducation. Un poste qu’il occupait depuis 2017, et pour lequel il a perçu une gratification en 2018 et 2019 à hauteur de 5368,38 euros mensuels. Total par an : 64.420 euros net, selon sa déclaration d’intérêts mise en ligne sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Si cette instance «estime que mes activités à l’IGS étaient incompatibles avec l’exercice de mes fonctions je procéderai au remboursement des sommes perçues», a assuré le haut-commissaire à l’AFP en fin d’après-midi.

Selon l’article 23 de la Constitution, «les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle». Pour rappel, Jean-Paul Delevoye est entré au gouvernement en septembre.

 

Accusé de conflit d’intérêts avec le milieu des assurances, Jean-Paul Delevoye avait déjà quitté ses fonctions d’administrateur bénévole d’un institut de formation du secteur, l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance), qu’il occupait depuis 2016. L’homme aux manettes de la réforme des retraites s’était défendu auprès du Parisien, qui avait révélé l’affaire lundi 9 décembre, en affirmant qu’il s’agissait d’une «omission par oubli». Dans un communiqué, le chiraquien avait précisé avoir été «nommé administrateur de l’Ifpass (…) par le conseil d’administration de l’IGS» et n’avoir assisté «qu’à trois conseils d’administration» depuis sa nomination comme haut-commissaire à la réforme des retraites en octobre 2017, la dernière fois «en décembre 2018».

Pas de quoi apaiser l’opposition. «M. Delevoye déclare jusqu’à la plus insignifiante de ses fonctions bénévoles» comme la présidence de la Chartreuse de Neuville, une association des orchestres nationaux, «mais oublie de déclarer ses liens avec le monde de l’assurance», s’est indigné Adrien Quatennens à l’Assemblée. «Vous voulez faire avaler au pays une réforme au service des assureurs des banques et des fonds de pension», a-t-il ajouté.

Dans sa déclaration d’intérêts, Jean-Paul Delevoye mentionne en revanche sa fonction de président de Parallaxe. Y figure aussi, concernant ses activités passées, entre 2016 et 2017, une fonction de conseiller du délégué général d’IGS (25.000 euros net en 2016 et 40.000 euros net en 2017).

Retraites : Jean-Paul Delevoye seulement commissaire pourquoi pas ministre ?

Retraites : Jean-Paul Delevoye  seulement commissaire pourquoi pas ministre ?

 

Une bizarrerie  juridique cette entrée au gouvernement de Jean-Paul Delevoye  avec seulement le titre Haut commissaire chargé de la réforme des retraites. En plus,  il sera sous l’autorité de la très transparente ministre Agnès Buzyn, Peu de grands médias remarquent  la curieuse nature de cette nomination. Pourquoi en effet Jean-Paul Delevoye  n’est-il pas nommé ministre de plein exercice. La réponse est simple, Macron ne veut pas au sein du gouvernement de personnalités susceptibles de lui faire de l’ombre. Or précisément Jean-Paul Delevoye à cette expérience politique, cette compétence et ce sens de la négociation qui font tellement défaut à la plupart des autres ministres. Delevoye  pourrait sans problème être Premier ministre voire pourquoi pas un jour se présenter comme candidat à l’Élysée. Or la stratégie de Macron est  claire,  il ne veut autour de lui que des seconds couteaux. On fait donc entrer Jean-Paul Delevoye, une des rares personnalités capables de négocier ce dossier des retraites particulièrement délicats, par la petite porte.

 

« Le réaménagement du gouvernement se fera dans l’environnement du séminaire » gouvernemental de mercredi, avait indiqué la présidence dimanche soir. M. Delevoye a devancé l’annonce officielle, en saluant dans un entretien publié ce mardi par La Voix du Nord « la confiance que (lui) montre le président par (sa) nomination« , précisant qu’il conservera le titre de haut-commissaire à la réforme des retraites, qu’il occupe depuis septembre 2017 auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Son entrée au gouvernement, dans l’air depuis des semaines, lui permettra de rester « l’interlocuteur privilégié des partenaires et (d’)écrire la future loi » réformant les régimes de retraites, puis de la présenter en Conseil des ministres et enfin de la défendre devant le Parlement. L’ancien ministre chiraquien, passé par le RPR et l’UMP, âgé de 72 ans, avait remis mi-juillet au Premier ministre le rapport qui lui avait été commandé. Il y préconise l’instauration d’un « système universel » par points remplaçant les 42 régimes actuels et un âge de 64 ans pour une retraite à taux plein.

Sa nomination au gouvernement doit intervenir alors que les partenaires sociaux sont attendus jeudi et vendredi à Matignon pour un nouveau round de concertation sur la réforme des retraites.

« Nous sommes dans le même couloir, son bureau est à côté du mien, nous nous voyons tous les jours », avait souligné Mme Buzyn fin août, estimant qu’il n’y aurait « pas de changement » à ce fonctionnement si M. Delevoye entrait au gouvernement.

Âgé de 37 ans, Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur de la réforme de la SNCF en 2018, devrait lui être nommé aux Transports pour épauler la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne. Sans sur suggestion du lobby aérien auquel il appartient pour préserver le secteur des velléités des écolos !

 

Retraites : Jean-Paul Delevoye confirme l’âge légal de départ à 62 ans.

Retraites : Jean-Paul Delevoye confirme  l’âge légal de départ  à 62 ans.

Pris à contre-pied par des déclarations un peu irresponsable de certains membres du gouvernement, « le Haut Commissaire à la réforme des retraitesJean-Paul Delevoye, a réaffirmé dimanche que l’âge légal de départ serait toujours, fixé à 62 ans. Pour lui, c’est « très clair » :  »Les engagements pris devant les partenaires sociaux en octobre dernier maintiennent la possibilité de partir à la retraite à partir de 62 ans dans le nouveau système universel », a-t-il assuré dans un entretien au quotidien Midi libre. Une position qui évidemment ne répond pas à la question qui est celle de l’âge effectif de départ en retraite. Aujourd’hui l’âge légal est de 62 ans mais en réalité les retraités partent déjà à près de 63 ans. Pour l’avenir compte tenu de l’allongement de la vie, il sera forcément nécessaire de prendre de nouvelles mesures pour assurer l’équilibre financier. Sauf évidemment pour ceux  qui ont été soumis à des conditions de travail difficiles (notons que l’espérance de vie entre les plus favorisés et ceux qui le sont moins est de l’ordre  de 10 ans !). Pour assurer l’équilibre financier des retraites différentes solutions sont envisagées : en augmentant les cotisations, en diminuant le montant des pensions comme en ce moment avec la désindexation et la CSG et où en décalant dans le temps la réelle date  de départ en retraite (ou la combinaison des trois). Dans les faits,  il paraît vraisemblable qu’on ne fera pas à l’âge légal mais celui qui partira en retraite à 62 ans ne touchera qu’une retraite partielle. Cette question des retraites s’inscrit donc dans un véritable débat de faux-culs avec des arguments type éléments de langage politique pour masquer le flou des mesures qui vont forcément affecter le pouvoir d’achat des retraités . Pour Sibeth Ndiaye : «Rien n’est arbitré» sur les retraites ». Compte tenu des divergences aussi des maladresses de certains membres du gouvernement, la porte-parole du gouvernement s’est réfugié dans la langue de bois. Le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, a réalisé «un travail considérable» a déclaré la porte-parole du gouvernement, mais «ce travail doit encore se poursuivre», a-t-elle ajouté. «On n’est pas au bout de la discussion sur le contenu de cette réforme. La cohérence de cette réforme veut qu’il n’y ait pas forcément de nécessité à allonger la durée de cotisation. «C’est une chose», a-t-elle dit, mais, a-t-elle nuancé, il faut aussi se poser la question du financement des conditions de vie des personnes âgées dépendantes dont le nombre devrait augmenter. Notons que les questions peuvent être liées mais qu’il s’agit quand même de deux aspects différents. En effet il y a la retraite en tant que tel qui n’est pas toujours liée à des questions de dépendance, d’autre part la dépendance qui peut affecter une partie des retraités. Le mélange des genres ne clarifie pas l’analyse et les solutions d’autant que les sources de financement peuvent être différentes. Par exemple la dépendance pourrait être financée par la CRDS dont le rendement fiscal est de l’ordre de 10 milliards par an et qui théoriquement devrait être supprimé en 2024. Ces recettes de la  CRDS étaient destinées à la caisse d’amortissement de la dette sociale qui devrait être apurée en 2024.

 

 

Retraite :  » 62 ans, pas le sujet », (Jean-Paul Delevoye )

Retraite :  » 62 ans, pas le sujet », (Jean-Paul Delevoye )

Ex-médiateur de la République et proche d’Emmanuel Macron, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, revient sur l’âge légal de départ à la retraite dans le JDD en réaffirmant que ce principe ne sera pas remis en cause en dépit des couacs de membres du gouvernement et notamment de la ministre de la santé. Ce rappel à la légalité n’éclaire pas pour autant l’avenir des retraites vis-à-vis du départ réel, aussi vis-à-vis des régimes spéciaux. De toute évidence les salariés seront invités par différents moyens à prendre un départ effectif autour de 65 ans (au lieu de 63 ans en moyenne aujourd’hui. Extrait de l’interview du JDD : Pourquoi ce couac du gouvernement sur l’âge de départ à la retraite?
Les propos de Mme Buzyn, avec qui j’échange régulièrement, ont été mal interprétés. Le rapport de Dominique Libault [président du Haut conseil du financement de la sécurité sociale] sur la dépendance sera rendu jeudi et c’est au financement de ce défi sociétal que la ministre de la Santé faisait référence, tout comme le Premier ministre et Gérald ­Darmanin. Le grand débat est un moment où toutes les questions doivent pouvoir être posées sans tabou. Je suis peu sensible aux orages médiatiques. À partir du moment où j’ai un chemin, j’attends que la poussière retombe et je reste fixé sur les engagements pris. Et ils sont très clairs! Nous n’avançons pas masqués, il n’y a pas de loup.

Vous ne reviendrez donc pas sur ce curseur des 62 ans?
Les 62 ans, ce n’est pas le sujet, c’est un débat trop restreint. Dans un régime par points, on passe de droits dépendant en grande partie d’une durée d’assurance à des points accumulés à chaque période travaillée. Plus on souhaite en avoir, plus on poursuit sa carrière. C’est ça, le libre choix. Et c’est une aspiration forte de nos concitoyens. (Pas sûr cependant qu’il s’agisse vraiment d’un libre choix !  NDLR)

Mercato politique : Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud transférés au Rassemblement national pour un poste de député

Mercato politique : Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud transférés au Rassemblement national pour un poste de député

C’est un peu comme pour le mercato sportif, la période des transferts est ouverte en vue des élections européennes. Dans ce cadre, Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud vont annoncer qu’ils quittent les Républicains et se rallient au Rassemblement national (RN, ex-FN). Finalement ce n’est pas une surprise totale dans la mesure où Thierry Mariani s’était signalé ces dernières années et surtout ces derniers mois par des propositions très voisines de celles du rassemblement national. Faut-il aussi préciser que l’intéressé n’a pas été réélu comme député et que son ralliement va constituer une opportunité puisque vraisemblablement il va figurer sur la liste des candidats du rassemblement national pour les européennes. De toute manière le parti des républicains ne sera sans doute pas mécontent de se séparer d’un responsable particulièrement clivant sur les questions sociétales. Pour le  rassemblement national, il s’agit d’une prise politique relativement peu coûteuse puisque l’intéressé se rapproche de la fin de vie politique.

«Le danger de l’inflation non vertueuses » (Jean-Paul Betbèze)

«Le danger de l’inflation non vertueuses »  (Jean-Paul Betbèze)

 

L’économiste attire l’attention sur BFM  sur les dangers d’une inflation qui reprend tandis que la croissance, elle se tasse°

« Nous voici, en France, avec plus d’inflation pour moins de croissance ! Nous avons 2,3 % d’inflation en juillet en France et allons vers 1,7 % de croissance. L’an dernier à pareille époque, l’inflation était de 0,7 % et la croissance allait dépasser 2 %. Comment expliquer ce croisement ?

En France, les prix de l’énergie ont explosé, +14 % en un an (pour un poids dans la consommation des ménages de 8 %), puis ceux du tabac (+16,8 % sur un an, pour un poids de 2 %). Les prix de l’alimentation ont accéléré à 2 % sur un an et ceux des services à 1,3 %. L’accélération de l’inflation est donc pétrolière et tabagique en France. En même temps, la croissance a décéléré : ces hausses ont pesé sur la demande des ménages, d’autant plus que l’augmentation de la CSG sur les retraités fait baisser leur revenu. Mais la France n’est pas isolée. L’inflation en zone euro atteint 2,1 % avec une décélération de la croissance à 0,3 % au deuxième trimestre. Alors, mauvaise passe ou changement ?

Mario Draghi ne dit pas tout : monter les taux d’intérêt plus lentement que l’inflation entretient des taux réels négatifs, donc une perte sur l’épargne accumulée, et pousse à consommer

Mauvaise passe, sauf si nous nous trompons ! Car cette accélération de l’inflation est l’inverse de ce que veut Mario Draghi : plus d’inflation mais pour plus de croissance, graduellement, et surtout à sa manière. Son rêve est une inflation vers 2 %, pour monter avec retard ses taux d’intérêt, les hausses de salaires suivant ensuite. Cette inflation est importée, avec un pétrole plus cher et un euro plus faible. Ceci permet plus de croissance par l’export, en attendant que la demande interne prenne le relais. La BCE pourra alors en profiter pour se montrer sous son bon jour : plus d’inflation par plus de salaire !

Euthanasie des rentiers. Mais Mario Draghi ne dit pas tout. Premier secret : monter les taux d’intérêt plus lentement que l’inflation entretient des taux réels négatifs, donc une perte sur l’épargne accumulée, et pousse à consommer. Deuxième secret : monter lentement les taux déprécie l’euro par rapport au dollar. Troisième secret : si les salaires réels baissent, ceci permet de demander sans peine qu’ils augmentent à terme, en échange de plus de réformes pour les flexibiliser !

Autrement, quand ils monteront ici, ce qui commence, il sera très compliqué de les freiner. C’est le secret américain : croissance à 4,1 %, chômage à 4 %, inflation à 2,9 % et salaires à 3 % ! Justement, maintenant que l’inflation se réveille, Mario Draghi répète qu’il veut monter ses taux le plus tard possible, et essaie d’y contraindre son successeur. En France, peut-on profiter de cette montée de l’inflation ? Oui, en expliquant d’où elle vient : pétrole et tabac. Ce n’est donc pas une raison pour monter les salaires et renouer avec une politique d’indexation, même si des tensions apparaissent dans quelques PME, en quête de profils spécialisés. Nous avons un taux de chômage de 8,9 %, avec 1,1 million de personnes en recherche depuis plus d’un an. Pour les chômeurs, c’est de formation supplémentaire qu’il s’agit, et pour les salariés, de primes et d’intéressement, avec la montée des résultats. La solution Draghi, « plus d’inflation pour plus de croissance », doit donc être définie, Mario est malin ! Il s’agit d’une inflation importée, donc d’une euthanasie des rentiers couplée à une baisse des salaires réels. Horreur ! Mais elle a marché aux États-Unis. Laissons passer cette inflation temporaire et monter le dollar, formons et réformons surtout. Autrement la croissance, ici, faiblira de nouveau. »

Jean-Paul Betbeze est économiste, président de Betbeze conseil

Uber : « L’indépendance fiction» » (Jean-Paul Teissonnière)

Uber : « L’indépendance fiction» » (Jean-Paul Teissonnière)

Jean-Paul Teissonnière, expert, estime à juste titre que l’indépendance des chauffeurs  est une fiction dans une interview à Challenges. De fait,  les chauffeurs d’uber sont économiquement complètement dépendants de la société. Par ailleurs les chiffres évoqués par uber concernant la rémunération des chauffeurs qui tournerait autour de 1500 à 2000 € et complètement fantaisiste. En effet les chauffeurs doivent supporter le coût des charges sociales, des assurances, de la fiscalité en général aussi de l’amortissement de véhicules coûteux. En moyenne, les revenus ce situe à moins de 1000 € notamment depuis le relèvement de la commission d’uber.

 

Pourquoi considérez-vous que les chauffeurs de VTC travaillant pour Uber ne sont pas indépendants?

Cette indépendance est en effet une fiction absolue. Plusieurs faits montrent qu’ils sont au contraire dans une situation d’hyper dépendance. Ils ignorent tout de leurs passagers dont ils n’ont pas accès aux coordonnées qui sont gérées par la plateforme. Ils ne connaissent pas non plus le montant de la course ni les conditions dans lesquelles ils l’ont acceptée. Tous ces paramètres sont entre les mains d’Uber qui a un contrat avec le passager.

N’y-a-t-il pas également une situation de dépendance économique?

En effet et cela ne fait que renforcer cette notion de dépendance: les chauffeurs sont obligés pour la plupart de travailler 70 heures par semaine pour gagner un peu moins que le Smic. Ceux qui disent qu’ils gagnent 2.000 euros par mois, oublient qu’il faut encore déduire la TVA et les cotisations sociales obligatoires.

Pourquoi les chauffeurs n’ont-ils pas fait valoir cet argument auparavant?

C’est compliqué de mener un bras de fer avec un employeur si puissant. Par exemple, j’entends des chauffeurs me dire qu’ils sont immédiatement déconnectés de la plateforme s’ils sont repérés par la société en train de manifester. Cette notion de déconnexion sans recours possible est d’ailleurs un critère supplémentaire qui plaide en faveur de la requalification des contrats.

Quelle est votre action exactement?

C’est Sayah Baaroun, secrétaire général de l’Unsa-SCP-VTC qui nous a sollicités pour mener une action devant les tribunaux. Nous devrions saisir de manière collective les prud’hommes d’ici la fin de la semaine, début de semaine prochaine sur la question de la requalification des contrats de chauffeurs. Nous voulons également déposer une plainte au pénal dans le cadre de « travail dissimulé » qui rejoint l’action menée par l’Urssaf Ile-de-France en 2015.




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