Archive pour le Tag 'Thierry'

Mercato politique : Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud transférés au Rassemblement national pour un poste de député

Mercato politique : Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud transférés au Rassemblement national pour un poste de député

C’est un peu comme pour le mercato sportif, la période des transferts est ouverte en vue des élections européennes. Dans ce cadre, Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud vont annoncer qu’ils quittent les Républicains et se rallient au Rassemblement national (RN, ex-FN). Finalement ce n’est pas une surprise totale dans la mesure où Thierry Mariani s’était signalé ces dernières années et surtout ces derniers mois par des propositions très voisines de celles du rassemblement national. Faut-il aussi préciser que l’intéressé n’a pas été réélu comme député et que son ralliement va constituer une opportunité puisque vraisemblablement il va figurer sur la liste des candidats du rassemblement national pour les européennes. De toute manière le parti des républicains ne sera sans doute pas mécontent de se séparer d’un responsable particulièrement clivant sur les questions sociétales. Pour le  rassemblement national, il s’agit d’une prise politique relativement peu coûteuse puisque l’intéressé se rapproche de la fin de vie politique.

Encore un député LaREM Thierry Solère, inquiété par la justice pour magouilles financières

Encore un  député LaREM Thierry Solère, inquiété par la justice pour magouilles financières

 

 

Finalement les députés de LREM ne sont guère différents des autres quant à leurs relations avec l’argent. Deux personnages de première importance ont notamment été inquiétés. D’abord Richard Ferrand qui a profité de sa situation pour enrichir à bon compte sa compagne (la procédure est en train de s’enliser complètement, comme d’ailleurs d’autres affaires). Du coup,  l’intéressé avait dû quitter son poste de ministre mais il a récupéré le poste de président du groupe parlementaire de l’assemblée. Pas Vraiment un modèle d’intégrité ! Macron le soutient car c’est l’un des premiers responsables PS s’étant associé à la campagne électorale présidentielle. Même soutien de Macron aussi à Thierry Solère qui lui aussi est pris dans les mailles de la justice pour magouilles financière. Solère est aussi un personnage clé pour Macron, c’est lui qui a fait éclater Les Républicains avant de rejoindre LREM. Il est probable que son affaire va aussi s’enliser dans les méandres procéduriers. L’ancien cadre des Républicains fait l’objet depuis 2016 d’une enquête préliminaire ouverte sur des soupçons de fraude fiscale suite à une plainte de Bercy pour des faits remontant à 2010-2013. Comme le révélait le quotidien Le Monde il y a deux semaines, celle-ci a depuis été élargie à des chefs de «trafic d’influence, corruption, abus de biens sociaux et financement illicite de dépenses électorales». Le transfuge de LR est également accusé d’avoir manqué «aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)». Ce placement en garde à vue survient six jours seulement après la levée de son immunité parlementaire par le bureau de l’Assemblée Nationale. Une décision à l’unanimité qui fait suite à la demande du procureur général auprès de la Cour d’appel de Versailles d’autoriser son placement en garde à vue. Dans un courrier adressé au président de l’Assemblée Nationale, Thierry Solère avait lui-même appuyé cette requête. «Je ne souhaite pas m’abriter derrière cette immunité», avait-il écrit. Cerise sur le gâteau, Jean-Jacques Urvoas, »l’irréprochable et très compétent » ministre de la justice, a refilé des infos à Solère sur son dossier juridique.  . Soupçonné d’avoir transmis des éléments de l’enquête au député LaREM, l’ancien Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a été mis en examen en juin dernier par la Cour de justice de la République pour «violation du secret professionnel». Des accusations que celui-ci a toujours contestées «avec détermination».

 

Thierry Mariani (LR)° au FN pour retrouver un siège de parlementaire

 Thierry Mariani (LR)° au FN pour retrouver un siège de parlementaire

On ait que Mariani prône depuis un moment un rapprochement avec le FN. De ce point de vue,  il dit peut-être tout haut ce que certains à LR pensent tout bas. Il faut reconnaitre à Marinai d’avoir toujours défendu des thèses très réactionnaires voisines de celles de Marine Le Pen. Mais la vraie raion, c’est que le temps politique est inexorable et que Mariani battu lors des dernières élections a besoin de retrouver un poste de parlementaire. Il n’est pas certain de figurer en bonne place sur la liste LR car les places seront chères pour être élu avec le discrédit de Vauquiez. Du coup en 3è position sur la liste FN, Mariani serait assuré de ne pas se retrouver au chômage ! le responsable LR devra assumer publiquement son changement de cap, lui qui expliquait au JDD en 2013 que Marine Le Pen n’avait « aucune chance d’arriver au pouvoir » et qu’elle ne racontait « que des bêtises ». En 2015, il assurait encore que le FN avait « des positions de gauche archaïque sur le social ». Dans son interview du mois dernier, il notait plus sobrement des divergences de fond, « essentiellement le programme économique ». I ne serait pas le premier homme politique à vendre ses convictions pour un poste. Mariani et Le Pen se sont donc bien  rencontrés « 1h30″ fin février, précisait Le Parisien. Soit quelques jours avant le congrès de Lille du Front  et la diffusion de l’interview de l’élu de droite dans nos colonnes. « Pourquoi ne pourrait-on pas avoir au moins des discussions? », interrogeait-il. A Lille, un haut responsable du FN précisait déjà au JDD que ce dialogue avait commencé. Mais lundi, l’intéressé mettait en garde sur Twitter contre tout « emballement »… Sans démentir toutefois : « Tout est possible, rien n’est sûr… », glisse-t-il au Dauphiné.

 

 

Intelligence artificielle : risque de manipulations  » ( Thierry Berthier et Nicolas Miailhe)

Intelligence artificielle : risque de manipulations   » ( Thierry Berthier et Nicolas Miailhe)  

 

De manipulations économiques et politique aussi une possible remise en cause de la  liberté, de la sécurité, du développement de  la durabilité, des  intérêts collectifs, et de  la dignité de la personne humaine par exemple.

 

Nicolas Miailhe est cofondateur et président de The Future Society, un incubateur d’idées et de projets lancé à la Harvard Kennedy School of Government en 2014 et dédié aux questions d’impact et de gouvernance de l’accélération et de la convergence des progrès technologiques. Dans ce cadre, Nicolas a lancé « The AI Initiative », qui pilote actuellement, entre autres activités, un débat participatif mondial multilingue sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Lorsque l’on évoque la diaspora française des experts impliqués dans l’IA mondialisée, on pense immédiatement à Yann Le Cun, Directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook (FAIR) ou à Emmanuel Mogenet, directeur de l’ingénierie de Google Research Europe.

D’autres voix françaises ont su se faire entendre dans un écosystème mondial très concurrentiel, en particulier celle de Nicolas Miailhe sur le segment des implications sociétales et géopolitiques de l’intelligence artificielle.

The AI Initiative, quels objectifs ?

NICOLAS MIAILHE – « The AI Initiative » a été lancée en 2015 dans le cadre de « The Future Society » pour se concentrer sur les questions d’impact et de gouvernance de la montée en puissance de l’Intelligence artificielle. Notre objectif est de favoriser l’émergence de cadres de gouvernance globaux permettant de tirer le meilleur parti de la révolution de l’IA en maximisant les bénéfices et en minimisant les risques.

Nous sommes convaincus que la révolution de l’IA est globale et qu’elle appelle donc une meilleure coordination internationale, mais aussi transnationale, car le monopole des États est remis en cause par la puissance des géants du numérique. Faire émerger un cadre de gouvernance adapté va prendre du temps. Cela implique de nourrir un dialogue transdisciplinaire et ouvert sur la société civile au-delà des experts et des praticiens.

Pourquoi est-ce nécessaire d’ouvrir sur la société au-delà des experts ?

Les changements vont affecter tout le monde et les questions éthiques à trancher aussi. Vu les dilemmes et les tensions entre des valeurs fondatrices de nos modèles sociaux comme la liberté, la sécurité, le développement, la durabilité, les intérêts collectifs, et la dignité de la personne humaine par exemple, un dialogue est indispensable pour harmoniser nos systèmes de valeurs. C’est une tâche difficile et très politique au fond, mais indispensable si nous voulons apprendre à vivre en harmonie à 7 puis 8 et 10 milliards d’êtres humains à l’heure de l’IA. Les travaux de recherche, les outils cognitifs et les évènements que nous organisons avec The AI Initiative sont tournés vers ce but.

Quelles sont les différences entre populations américaine et française ?

Les Américains sont généralement plus technophiles et confiants dans l’avenir que les Français. Ils ont aussi un goût pour le risque plus développé. C’est lié à leur histoire et à l’esprit de conquête (notamment sur la nature) qui l’irrigue.

Cet esprit, on le retrouve dans la métaphore de la « nouvelle frontière » qui continue de jouer un rôle central dans le projet de construction national américain : depuis la conquête de l’Ouest au XIXe siècle, jusqu’à celle de l’espace et de la lune au XXe siècle ; et à présent du corps et du cerveau humain. Le goût pour le risque, on le retrouve jusqu’à aujourd’hui par exemple au travers du droit à porter les armes… qui nous fait bondir en France !

Des craintes également aux États-Unis ?

Le leadership technoscientifique et industriel américain en matière de numérique, de data et donc d’IA est un facteur très rassurant à l’heure actuelle s’agissant de leur capacité à façonner l’agenda mondial de l’IA en équilibrant les bienfaits avec les risques.

Notre approche est ancrée dans la crainte… et la réalité du décrochage industriel et scientifique. Nous percevons la révolution de l’IA comme une vague, un tsunami qui nous arrive dessus et qui menace notre modèle de société contre lequel il faut se protéger. Nous avons perdu notre esprit de conquête qu’il faut absolument retrouver et traduire dans un modèle industriel crédible.

Comme nous percevons la révolution de l’IA comme largement « étrangère », nous Français cherchons malheureusement à la réguler (contraindre) plus qu’à gouverner (accompagner). Notre ambition universaliste est bien là, mais elle est quelque part plus conservatrice qu’elle n’est progressiste à l’heure où beaucoup de choses changent avec des opportunités à saisir dans tous les domaines : médical, transport, finance, sécurité, industrie, etc.

Notre ambition universaliste se traduit par la recherche d’un modèle européen de l’IA qui articule recherche de la puissance avec respect de la personne humaine. La péréquation entre les deux ne va pas être simple, car en régulant à partir d’une position d’extrême faiblesse industrielle par rapport aux Américains ou aux Chinois, nous risquons d’entraver notre propre montée en puissance. C’est un peu le risque que le GDPR (Règlement général sur la protection des données) fait planer sur les ambitions de puissance de la France et de l’Europe si nous ne savons pas en faire un atout.

Le solutionnisme béat de la Silicon Valley est-il inquiétant ?

Au-delà des bonnes intentions, qui sont sincères chez la plupart des transhumanistes, le solutionnisme technologique est un poison dangereux ; par manque de réflexivité. C’est à croire que nous n’avons rien appris des horreurs du XXe siècle.

La simplification à outrance des débats à laquelle on assiste parfois dans la Silicon Valley relève d’une certaine forme de naïveté, voire de fondamentalisme. Or, le recours à la science et à la technologie pour résoudre des problèmes (développement, maladie, sécurité, relations entre les individus) n’est jamais neutre. Il intègre des transferts de pouvoir importants. La montée en puissance des géants du numérique aux États-Unis ou en Chine s’accompagne d’un transfert de richesse et de pouvoir très important et qui n’est pas encore équilibré. Avec le basculement dans une économie de l’attention et du virtuel qui comportent des risques de manipulations importants.

Quelle est la vision du côté de Harvard et de The Future Society ?

Nous avons souhaité lancer The Future Society à Harvard, la plus vieille, mais aussi la plus puissante des universités américaines, aussi pour bénéficier d’un enracinement et d’une réflexion plus profonde qui caractérise la côte Est des États-Unis par rapport à la côte ouest. Il y a un côté plus mesuré ; une prudence ; un respect par rapport aux usages et aux traditions. Et pour autant un dynamisme technoscientifique ainsi qu’un brassage de cultures et d’intelligences qu’on retrouve dans très peu d’écosystèmes à travers le monde.

Il s’agit donc d’un choix réfléchi qui vise quelque part à proposer un modèle alternatif à celui de la Silicon Valley ; empreint de plus d’humilité et peut-être de sagesse, au travers d’une conscience des enjeux du temps long et des forces profondes qui animent la trajectoire d’évolution de la vie intelligente dans l’univers. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais il y a plus de cinq siècles déjà. Nous avons fait notre cette belle maxime.

Cultiver une réflexion profonde à l’heure de la révolution NBIC qui remet en cause de façon rapide certains des grands équilibres qui ont régit nos modèles sociaux pendant des millénaires nous semble plus important que jamais. Avec la révolution de l’IA et des neurotechnologies, des choix d’une importance capitale -quasi existentiels- vont se présenter à nous. Il faut se donner les moyens de les instruire correctement.

Comment est perçu le transhumanisme aux États-Unis ? et en Europe ?

Notre position, si je peux parler ainsi, car The Future Society cultive la diversité, est qu’il est indispensable d’inviter les sociétés à créer les conditions d’un débat sur ces questions ; et que ce débat doit être transcivilisationnel. Permettre une politisation saine, sage et courageuse de ces enjeux, et quelque part de l’opposition croissante entre « transhumanistes libertariens », « techno-progressistes » et « bioconservateurs » de droite et de gauche nous semble crucial.

Cela n’est pas facile à faire, car les questions sont complexes, mais elles renvoient en fait à des interrogations philosophiques assez basiques, donc à la portée de l’immense majorité des gens, pourvu que le processus de politisation soit bien orchestré. Les experts dont nous faisons partie doivent de ce point de vue se mettre au service de la société, et faire preuve de pédagogie pour permettre aux citoyens de jouer leur rôle dans le débat. Définir la trajectoire d’évolution de l’Humanité au XXIe siècle à l’heure de l’accélération technologique implique rien de moins que cela ! C’est aussi ça l’éducation civique de notre époque.

Et les Français s’intéressent finalement beaucoup à ces questions par rapport à d’autres cultures, comme en témoigne le nombre important d’ouvrages, d’articles et de documentaires qui paraissent régulièrement sur la question depuis 2010. Vous savez, nous avions reçu Zoltan Itsvan (le candidat transhumaniste-libertarien à la présidence des États-Unis, Ndlr) à la Kennedy School en avril 2016 pendant la campagne des présidentielles américaines pour un débat politique inédit avec James Hugues (son opposant techno-progressiste, Ndlr). Discussion assez fascinante qui a entre autres montré que le transhumanisme n’est pas un bloc monolithique, mais plutôt un courant en évolution permanente et recomposition, ce qui est plutôt sain. La discussion a également montré en quoi le leadership techno-industriel vaut de plus en plus leadership politique. L’émergence d’un Marc Zuckerberg comme leader possible du parti démocrate le prouve bien aujourd’hui.

Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle ! C’est aussi pour cela que la France et l’Europe doivent prendre des risques et se réveiller sur le plan industriel si nous voulons être en capacité de faire entendre notre voix dans ce débat stratégique. Il ne s’agit rien de moins que de l’avenir de la condition humaine et des grands équilibres qui la régissent. Mais ce que je voulais vous dire en parlant de la visite de Zoltan Itsvan à Harvard… C’est qu’il était suivi par une équipe de télévision française qui faisait un reportage sur lui ! Cela montre à quel point les Français sont fascinés par ces enjeux ! Et de mon point de vue c’est plutôt rassurant.

Le spectre politique est en train d’évoluer profondément sous nos yeux : d’une seule dimension à plusieurs dimensions. Si bien qu’on doit plutôt penser en termes de « prisme ». Il y a un deuxième et un troisième axe au-delà du spectre « droite-gauche » : démocratie directe vs indirecte ; et local vs global. J’en rajoute même un quatrième, de plus en plus pertinent : bioconservateur vs transhumaniste. Et un cinquième, très ancien, mais qui resurgit : matérialistes vs transcendantalistes.

Existe-t-il une doctrine américaine de l’IA au plan économique, géopolitique, militaire ?

Dans la compétition stratégique croissante entre les États-Unis et la Chine, il y a indéniablement une course à l’IA. Commerciale, mais aussi militaire. Il faut arrêter de se voiler la face. Les enjeux sont trop importants et le paradigme du « winner-takes-all » de l’économie des plateformes est en train de donner un tour explosif à la course. La Russie semble en retrait, car très affaiblie sur le plan économique. En effet, la géopolitique de l’IA est avant tout une géo économie !

Et les deux mastodontes de l’économie numérique globale que sont la Chine et les États-Unis s’efforcent de s’appuyer sur la taille critique de leurs énormes marchés domestiques, et sur leurs alliances, pour devenir les leaders mondiaux de l’IA. Du côté des GAFAMI, comme des BATX, les capitaines d’industrie ont tous fait de l’IA le cœur de leur stratégie. Idem concernant les gouvernements : l’Administration Obama a mené tout un travail dans sa dernière année d’exercice en 2016 qui a débouché sur la publication d’une stratégie et d’une roadmap technologique, y compris sur le plan militaire avec la publication de sa stratégie du « third offset ».

Sans parler de cyber sécurité bien sûr dans laquelle l’IA est appelée à jouer un rôle croissant. A l’été 2017, les plus hautes autorités chinoises ont alors annoncé un plan stratégique de grande ampleur sur l’IA qui doit lui permettre de ravir le leadership technologique aux Américains en IA d’ici 2025. L’administration Trump ne s’est pas vraiment approprié le sujet, même si elle apporte un soutien indéfectible aux militaires et son grand plan de baisse des impôts devraient favoriser les géants du net. Même si la question d’une course à l’armement n’est pas clairement évoquée, elle est bien posée. Car d’un côté comme de l’autre on a un a une perception assez limpide de la dualité de ces technologies. Et dans les deux cas, le gouvernement a et va continuer à jouer un rôle critique pour soutenir les progrès technologiques. Regardez le rôle qu’a joué la DARPA aux États-Unis par exemple dans la révolution numérique. Aujourd’hui IA et robotique, mais avant cela, Internet, GPS. Le système chinois est un capitalisme d’État qui est encore plus clair et quelque part efficace. En tout cas le rattrapage numérique que les Chinois ont réussi à produire est assez incroyable et inquiète de plus en plus les Américains. C’est quelque chose dont on parle beaucoup à Harvard.

Eric Schmidt, le PDG d’Alphabet a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence en novembre 2017 en affirmant que « la suprématie technologique sans égard dont les États-Unis ont bénéficié depuis la chute de l’Union Soviétique est terminée ». L’Europe, mais surtout l’Afrique sera demain un terrain d’affrontement entre ces deux modèles aux antipodes l’un de l’autre.

Quelles pistes pour la France ?

La période actuelle est un tournant indéniable. Nous avons la chance d’avoir un Président brillant qui est parfaitement conscient des enjeux de son temps, y compris sur le plan numérique. D’où également l’attachement viscéral du Président Macron à l’Europe. Car dans le monde qui vient, plus que jamais l’union fera la force.

Dans cette période charnière, il ne faut surtout pas que la France rate la mise en place des conditions de son leadership numérique en Europe et dans le monde. De ce point de vue, l’implosion récente du Conseil national du numérique (CNNum) n’est pas une bonne nouvelle, car elle nous prive d’un véhicule d’échange et de dialogue indispensable entre le gouvernement et la société civile. Il faut impérativement que l’on réussisse à sortir par le haut de la crise actuelle. Peut-être en repensant au passage les missions du CNNum et certains des grands principes qui régissent son fonctionnement comme son indépendance par exemple… Et son articulation avec le Conseil Economique Sociale et Environnemental ?

Réussir 2018 pour la France sur les plans du numérique et de l’IA implique de présenter une stratégie française en matière d’IA qui soit ambitieuse en matière industrielle. C’est ce à quoi s’attèle avec talent et détermination Cédric Villani qui rendra son rapport dans quelques semaines. Il reviendra alors à Mounir Mahjoubi, le ministre en charge du numérique, de traduire les axes proposés en une stratégie et l’exécuter.

Notre stratégie en matière d’IA doit aussi chercher à influencer la stratégie européenne que la Commission publiera à la mi-année. Quelques points à regarder avec attention de ce point de vue : l’articulation d’une stratégie industrielle en matière de data avec le cadre régulatoire du Règlement général de protection des données (RGPD) qui s’appliquera à partir de mai 2018 à travers toute l’Europe. Il est impératif de réussir à faire de ce cadre une chance pour la France et l’Europe permettant de faire émerger des leaders industriels de la data et de l’IA. Et cela ne va pas être facile, car les risques et les entraves pour les entrepreneurs sont importants.

Faire de l’Europe le champion de l’éthique sans masse critique des usages est dangereux. Surtout quand on connaît la propension des consommateurs à sacrifier vie privée contre gratuité et confort d’usage. Il faut que cela change, mais le dosage doit être équilibré, car nous vivons dans un marché globalisé. Si nous savons trouver la bonne mesure, le RGPD offre des atouts donc il faut se saisir, comme le droit à la portabilité des données qui peut être un avantage comparatif majeur pour le marché unique et les acteurs européens. Il faut que les gouvernements développent une politique industrielle solide permettant de faire émerger des plateformes européennes nourries à la portabilité. C’est un changement de paradigme qui ne va pas se faire tout seul.

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Par Thierry Berthier, Maitre de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense, chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, Université de Limoges et Nicolas Miailhe, Senior Visiting Research Fellow, Harvard University

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Thierry Solère la Girouette pour une rencontre Sarkozy- Juppé-Fillon

Thierry Solère la Girouette pour une  rencontre Sarkozy- Juppé-Fillon

 

De toute évidence face au risque de défaite aux présidentielles, les responsables des Républicains s’agitent dans tous les sens. Il y a aujourd’hui une réunion du bureau politique des Républicains, aussi l’appel d’Estrosi pour une rencontre de plusieurs présidents de région et dernièrement la proposition de Thierry Solère pour une discussion directe entre Sarkozy, Juppé et Fillon. On se souvient que Thierry Soler avait présidé l’organisation des primaires, qu’il s’était félicité de son succès et avait ensuite milité pendant longtemps en faveur du vainqueur avant de le trahir alors qu’il était son porte-parole. Aujourd’hui, il propose de revenir aux vieilles méthodes manœuvrières dans les coulisses pour substituer aux primaires un arrangement entre Sarkozy Juppé et Fillon. L’ancien communicant ne manque pas de bagout pour  justifier  ses revirements de girouette. Au micro de RTL, le député des Hauts-de-Seine demande maintenant à Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon de se rencontrer physiquement pour « trouver une porte de sortie » à ce dilemme politique. « Ce sont trois hommes d’État. Je sais qu’ils se parlent mais pas tous les trois ensemble. Il n’est imaginable que, dans la crise que nous vivons aujourd’hui, ces trois personnes ne se voient pas. Il est impératif qu’ils se voient et trouvent la solution à cette crise que nous connaissons », affirme-t-il, soulignant que les trois hommes ont réuni « 90% des voix de la primaire ».

2017 : le juppeiste Thierry Benoît, demande à Fillon de renoncer

 

2017 : le juppeiste Thierry Benoît, demande à Fillon de renoncer

Les fissures à l’intérieur du camp des républicains ne cessent de se développer. Certes officiellement l’appareil soutient encore Fillon mais de plus en plus de parlementaires doutent de la crédibilité de l’ancien Premier ministre. Pour parler clair, il envisage sérieusement un plan B.  Hier c’était le sarkozyste Georges Fenech qui considérait que les primaires de la droite et du centre étaient devenues caduques. Aujourd’hui, c’est le juppéiste Thierry Benoît  député UDI d’Ille-et-Vilaine qui revendique la place de candidat pour le maire de Bordeaux. La guerre de succession est engager et chaque camp avance ses pions.  « Lorsqu’on parle d’une échéance présidentielle, les enjeux sont trop importants pour avoir une campagne qui soit parasitée par une affaire qui prend chaque jour un petit peu plus de consistance, un petit peu plus d’épaisseur », a insisté Thierry Benoit. Lors de primaire, Thierry Benoît était l’un des soutiens d’Alain Juppé. Il demande donc à François Fillon de renoncer à se présenter à la présidentielle au profit du maire de Bordeaux. « À partir du moment où le vainqueur est empêché, c’est à celui arrivé second de se présenter, c’est-à-dire Alain Juppé », estime-t-il. Selon lui, vu qu’il y a « deux finalistes, à partir du moment où le premier est empêché, il faut porter le regard vers l’autre finaliste de la primaire c’est-à-dire M. Juppé ».

Télé : « Salut les Terriens », l’émission de Thierry Ardisson de Canal+ à D8 !!

Télé : « Salut les Terriens »,  l’émission de Thierry Ardisson de Canal+ à D8 !!

 

Le grand ménage continue dans les chaînes détenues par Vivendi. Après avoir viré plus de 20 dirigeants sur 25 à Canal, d  nombreux d’animateurs,  Bolloré veut définitivement tuer ce qui est resté de l’esprit Canal+ considéré comme trop critique, trop branché et surtout trop à gauche. Du coup la plupart des tranches en clair de Canal+ seront supprimée s. À la place de l’esprit canal + traditionnel devra  pénétrer l’esprit Hanouna, l’insupportable animateur de D8, qui aura son émission sur Canal+. Dernière décision en date« Salut les Terriens »,  l’émission de Thierry Ardisson de Canal+ passe à D8 C’est l’animateur en personne qui a évoqué ce changement dans l’émission (de Canal+) consacrée aux médias « Le Tube ». « ‘Salut les Terriens’ sera sur Canal 8 – enfin j’espère qu’elle s’appellera Canal 8, ex-D8 – de 19 heures à 21 heures et pas jusqu’à 20h30 » comme actuellement. « Et je pense comme Cyril Hanouna je déborderai d’un quart d’heure de temps en temps », a déclaré Thierry Ardisson. L’objectif de Bolloré c’est de mettre en veilleuse Canal+ (menacé de disparition un moment) et de valoriser au contraire D8 la télé beauf de Vivendi destinée à faire de l’audience et du fric. Reste à savoir quel peut-être l’avenir de Canal+ qui n’est plus assurée d’avoir l’exclusivité de la diffusion des grands événements sportifs depuis que l’autorité de régulation de la télévision à refuser catégoriquement l’accord d’exclusivité entre Canal+ et beIN.

« C’est aux entreprises d’avoir une vision stratégique »( Thierry Breton)

« C’est aux entreprises d’avoir une vision stratégique »( Thierry Breton)

 

Dans une interview au JDD l’ancien ministre des finances, Thierry Breton conteste le concept d’État stratège et considère que c’est aux entreprises qu’il appartient de définir une vision stratégique. Un point de vue qui mérite intérêt mais cependant très contestable quand on connaît la situation particulièrement dramatique sur le plan financier par exemple  d’EDF ou de la SNCF. L’État s’est en la circonstance simplement aligné sur la stratégie des entreprises. En outre certains projets stratégiques très techniques ou très coûteux imposent une vision à long terme alors que la mode est actuellement dans  nombre d’entreprises aux stratégies à court terme pour rémunérer les actionnaires.

 

Thierry Breton

 

EDF et la SNCF fonctionnent dans un environnement concurrentiel régulé depuis Bruxelles. Areva a lourdement failli du mauvais management de ses dirigeants. Mais c’est aux entreprises d’avoir une vision et au conseil d’administration, dont l’État s’il y siège, d’en valider la pertinence et non l’inverse. L’État stratège, je ne sais pas ce que c’est, sinon un émetteur de règles à faire respecter par les autorités de régulation et qui a la nécessité d’œuvrer à l’intérêt général.

 

Le gouvernement soutient la participation d’EDF au projet de Hinkley Point. Est-ce raisonnable?
Je n’ai pas à juger de la pertinence d’une telle décision. Cet investissement de 15 milliards sur dix ans représente une diversification stratégique en Europe. Le groupe a fait approuver un plan décennal d’investissement de 110 milliards. Consacrer 15% de l’enveloppe aux EPR britanniques me semble à portée de main.

 

L’État n’envoie-t-il pas des signaux contradictoires quand il réclame des dividendes et refuse des hausses de tarifs?
Les injonctions contradictoires sont le lot quotidien des chefs d’entreprise, a fortiori à la tête des groupes publics. C’est extrêmement complexe pour un dirigeant car l’État, qui est votre actionnaire, agit aussi en prescripteur de missions de service public et en régulateur. Il est plusieurs parties prenantes à lui seul. Mais en acceptant ses fonctions, le chef d’une entreprise publique connaît parfaitement la règle du jeu.

L’État n’est-il pas acculé aujourd’hui à ne jouer que les pompiers, comme chez Vallourec et Areva?
Non. L’État doit faire tourner ses participations au mieux de ses intérêts patrimoniaux. Je déplore qu’il n’ait pas su le faire entre 2007 et 2012, période durant laquelle il n’a rien vendu. Aujourd’hui, nous pouvons profiter d’une abondance de liquidités à taux zéro, voire négatifs. Cela crée une opportunité exceptionnelle pour les investissements de long terme. Pour financer des projets de modernisation de pans entiers de notre économie en matière de transport, de transition énergétique, de réseau haut débit en créant des fonds d’infrastructure. C’est l’idée que je défends à travers la création d’un fonds européen de sécurité et de défense.

« Sarkozy, la pire gestion financière de 2007 à 2012 » (Thierry Breton)

« Sarkozy, la pire gestion financière de 2007 à 2012 » (Thierry Breton)

Thierry Breton l’ancien ministre de l’économie de Sarkozy fusille la gestion financière de l’ancien président de la république pendant la période de 2007 à 2012. Encore un proche de Sarkozy qui s’éloigne mais cette fois qui condamne la politique laxiste de l’ancien chef d’État. Pour résumer Thierry Breton constate que la France a pratiquement doublé son endettement en 10 ans  pour atteindre à peu près 100 % du PIB soit environ 2000 milliards. En cinq ans Sarkozy a fait grossir cette date de 600 milliards hypothéquant encore pendant longtemps la solvabilité de la France liée main et pallier les points liés aux marchés financiers. « On a eu une gestion de la crise entre 2007 et 2012 qui a été l’une des plus mauvaise de tous les pays européens. On a augmenté la dette de la France de 600 milliards d’euros. On a décroché totalement par rapport à l’Allemagne », a lancé l’ancien président du conseil d’administration d’Orange   »C’est la Cour des comptes qui le dit. Sur les 600 milliards de dettes supplémentaires qui ont été créés, 200 milliards sont dus à la crise, 400 milliards par une très mauvaise gestion », a enfoncé Thierry Breton. Un argument déjà développé par les journalistes du Point et de Marianne Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy dans leur livre Un quinquennat à 500 milliards. Ces derniers estimaient que la part de la crise dans le dérapage des finances publiques de la France était réduite, et que c’est bien le manque de rigueur économique de Nicolas Sarkozy qui avait fait s’envoler la dette publique. Thierry Breton a regretté l’absence de réaction de Nicolas Sarkozy à l’époque face à l’envolée des dépenses publiques.  »Je l’ai dit tout de suite. Je l’ai dit en permanence, je l’ai dit immédiatement parce que j’ai vu à ce moment là ce décrochage par rapport à l’Allemagne qui, aujourd’hui, est tragique », a-t-il indiqué.

CGT : Thierry Lepaon discrédité une seconde fois

CGT : Thierry Lepaon discrédité une seconde fois

 

Normalement le successeur de Thierry Lepaon devait être désigné mais son élection n’a pas été possible du fait du rejet des proches de Thiery Lepaon dans la liste des membres du bureau. EN clair, Martinez sera sans doute élu – en février- mais à condition que ces proches de Thierry Lepaon soit éliminés du bureau. Une semaine après la démission de Thierry Lepaon, le « parlement » de la CGT a donc rejeté la liste de direction proposée par Philippe Martinez. L’ancien leader de la Fédération des métaux est pressenti pour prendre la tête du syndicat. Il doit revoir sa copie.  La crise n’en finit pas, à la CGT. Une semaine après la démission de son ancien secrétaire général, Thierry Lepaon, le « parlement » du syndicat a rejeté mardi soir la liste de direction proposée par un des prétendants au trône : Philippe Martinez. Cette liste propose une composition : neuf noms pour les neuf postes du bureau de la CGT. Mais elle a sans doute été jugée comme étant trop tournée vers le passée : il y avait surtout des proches de Thierry Lepaon. La CGT veut oublier la période Lepaon, oublier les scandales liés aux frais de rénovation de son appartement et de son logement de fonction. Résultat : le « parlement » a approuvé cette liste à « seulement » 57 %, alors qu’il fallait une majorité des deux tiers. Philippe Martinez doit donc revoir sa copie, proposer une nouvelle composition, s’il souhaite prendre la tête de la CGT. D’autant que dans un communiqué, la CGT admet que Philippe Martinez est « pressenti pour être le futur secrétaire général ». Mais le prochain vote n’aura pas lieu avant début février. Le feuilleton durera donc encore trois semaines.

CGT : Philippe Martinez pour remplacer Thierry Lepaon

CGT : Philippe Martinez pour remplacer Thierry Lepaon

Compte tenu des événements dramatiques de ces derniers jours, l’affaire de la démission de Thierry Lepaon a té relativement marginalisée  dans les médias. Il sera vraisemblablement remplacé par Philippe Martinez, responsable de la puissante fédération des métaux ; Une afffaire moins médiatisée et qui permettra peut-êter à la CGT de s’en sortir en limitant des dégâts. La candidature de Philippe Martinez a été approuvée par la direction de la CGT, et sera soumise au choix du « parlement » du syndicat mardi. Il veut ainsi succéder à Thierry Lepaon. L’ancien secrétaire général  de la CGT a démissionné la semaine dernière suite aux révélations successives de ces dernières semaines sur son train de vie.  La CGT veut rebondir, après les scandales dans lesquels son ancien directeur, Thierry Lepaon était empêtré. Pour incarner ce rebond : Philippe Martinez. La direction de la CGT a accepté lundi sa candidature à la tête du syndicat, à 28 voix pour, 19 contre et 6 abstentions. Une courte majorité. Philippe Martinez, la cinquantaine, a mis un pied dans le syndicalisme à Renault. Il était délégué-syndical CGT à l’usine de Boulogne-Billancourt. En 2008, deuxième pied dans le syndicalisme : il prend la tête de la Fédération des métaux. Prochaine étape pour sa candidature : le vote du « parlement » du syndicat mardi, qui doit confirmer (ou non) ce choix, à une majorité des deux tiers. Sachant que huit autres membres veulent figurer sur la liste du futur bureau.

 

 

« Démission de Thierry Lepaon » (Louis Vianney)

Démission de Thierry Lepaon (Louis Vianney)

La démission de Thierry Lepaon, c’est ce que demande l’ancien secrétaire général de la CGT, Louis Vianney. .  « Des fautes ont été commises, et elles impliquent Thierry Lepaon », lance Louis Viannet, l’ancien secrétaire général de la CGT (de 1992 à 1999) lundi dans un entretien au journal Le Monde. A la veille d’une nouvelle réunion des dirigeants du syndicat, Louis Viannet appelle à la démission de l’actuel secrétaire général de la CGT.  En cause : les affaires dans lesquelles Thierry Lepaon est empêtré. Notamment la rénovation de son bureau de 50 mètres carrés (62.000 euros) et de son logement de fonction de 79 mètres carrés à Vincennes (105.000 euros), aux frais de la CGT. Mais aussi le versement d’une prime de 26.650 euros lors de son accession à la tête du syndicat. Pour Louis Viannet, « la crédibilité du secrétaire général » est perdue, « à l’intérieur comme à l’extérieur ».  Louis Viannet dit ne pas comprendre la volonté de Thierry Lepaon de « rester coûte que coûte » aux responsabilités. « Il tend à confondre détermination et entêtement », ajoute-t-il. Démissionner, serait, pour Thierry Lepaon, « la seule façon de participer positivement à l’écriture des pages à venir de l’histoire de la CGT ».

CGT : Thierry Lepaon s’accroche

CGT : Thierry Lepaon s’accroche

 

 

Comme Lepaon s’accroche, l’affaire s’enlise et l’image de la CGT et du syndicalisme en général n’en sort pas grandie. Il y a  les faits qui lui sont reprochés mais L paon est surtout  victime d’une erreur de casting. Il a d’ailleurs bien du mal à prononcer  une phrase un peu construite. Il n’a jamais réussi à s’imposer  sur le plan médiatique.  Il a été élu par défaut et de toute évidence n’a pas l’étoffe pour conduire une organisation comme la CGT. Le numéro un Thierry Lepaon a exprimé jeudi sa détermination à garder son fauteuil et à « faire front », quitte à rendre responsable de la crise une partie de la direction confédérale. Épinglé pour des dérives financières liées à son train de vie, le secrétaire général n’a pas présenté sa démission mardi devant la Commission exécutive (direction élargie de 56 membres). « Ma décision est de faire front » et « je ne serai pas le rat qui quitte le navire », a-t-il martelé jeudi soir sur France 3 Basse-Normandie, une de ses rares interventions depuis la crise. Mais, a-t-il assuré, « notre navire est aujourd’hui en difficulté » et « si les équipes décident qu’il est temps de changer de secrétaire général j’écouterai et je pendrai mes responsabilités ». Le numéro un de la CGT, élu en mars 2013, a redit que sa « seule ambition est de rassembler la CGT. C’est mon obsession, si demain je sens que je ne suis plus celui qui peut rassembler les organisations de la CGT je partirai ». M. Lepaon a un délai de « réflexion » jusqu’à la prochaine réunion de la commission exécutive les 6 et 7 janvier.  Sa réflexion semble s’orienter vers des initiatives lui permettant de préserver son fauteuil en incriminant d’autres membres du bureau confédéral qu’il verrait bien prendre la porte. Ainsi, une note adressée à toute la CGT mercredi relève « un problème de cohésion au sein du bureau confédéral qui nécessite des modifications » et estime nécessaire « des propositions d’évolution totale ou partielle de la composition » de ce bureau. Au sein de ce bureau de dix membres (dont le secrétaire général et le trésorier qui a déjà rendu son tablier) plusieurs, notamment Eric Aubin -ancien candidat à la succession en 2012- se sont opposés à la gestion de la crise depuis septembre par le numéro un. Au départ larvée, la bataille est désormais ouverte, dans une ambiance délétère. Thierry Lepaon dénonce ceux qui à l’intérieur de la CGT l’ont « jeté en pâture aux médias » et pour « faire mal au secrétaire général de la CGT ». Allusion aux révélations de presse sur les dépenses coûteuses dans son appartement de fonction et son bureau et le montant de ses indemnités, à l’origine de la crise. Selon Les Échos, cette tactique de « table rase » ne sera pas d’un grand secours à M. Lepaon et finira par préparer le terrain pour Philippe Martinez, numéro un de la fédération de la métallurgie.  Mais le métallurgiste -à supposer qu’il soit intéressé- devra encore recueillir une majorité, ce qui tient de la gageure. Le dernier mot revient le 13 janvier au Comité confédéral national (CCN, « parlement » de la CGT), seule instance habilitée à révoquer le numéro un et le bureau et à nommer une nouvelle direction.

 




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