Archive pour le Tag 'retraités'

La CFDT contre la réforme des retraites ?

La CFDT contre la réforme des retraites ?

 

Dans un article des Échos, on note le net raidissement de la CFDT vis-à-vis du gouvernement en particulier sur les retraites suite à son congrès de juin 2022 à Lyon (papier des Echos)

La CFDT n’a pas tourné le dos au réformisme à Lyon ( lors de son congrès en juin). Un amendement du Sgen Nord-Pas-de-Calais critiquant « la politique systématique de déficits publics depuis près de quarante ans, génératrice d’une dette trop importante » a par exemple été adopté par 76,12 % des voix. Elle a aussi continué à travailler sur des projets concrets, comme cette banque des temps et son Compte-épargne temps universel, repris par le gouvernement.

Mais la confédération a clairement durci ses positions, la construction d’un « rapport de force » étant promue au rang de priorité syndicale. Cela s’est traduit sur les retraites. 2022 aura été l’exact opposé de 2010 qui avait vu la centrale valider une hausse de la durée de cotisation en lien avec celle de l’espérance de vie par 59 % des voix. Fruit de l’exaspération des cédétistes et de leur absence de confiance dans Emmanuel Macron, sa suppression a été validée par 67,5 % des mandats .

« Prudents et échaudés, les militants ont verrouillé la position de la CFDT », résume un ancien dirigeant confédéral. Il ne s’agit pas d’une remise en cause de la direction cédétiste . Laurent Berger ne sort pas affaibli en interne de son congrès, il a même été mieux élu qu’en 2018. Mais ce verrouillage pourrait réduire son pouvoir d’influence face à un exécutif pas forcément enclin à composer.

Il va aussi compliquer la tâche du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron a promis un changement de méthode fondé sur le dialogue. Avec sa fin de non-recevoir cédétiste, la piste d’une accélération de l’allongement de la durée de cotisation de la loi Touraine, privilégiée par l’aile gauche de la majorité présidentielle, a du plomb dans l’aile. Cela pourrait conforter les tenants du passage de l’âge légal à 65 ans au sein de l’exécutif, qui considéreront qu’il n’y a donc rien à négocier et qu’il n’y a pas forcément lieu d’attendre.

De quoi justifier un retour au calendrier initial qui prévoyait d’ouvrir le dossier dès maintenant après l’annonce d’un report du débat à la rentrée ? En tout cas, les propos de la Première ministre sur France 2 le 15 juin interrogent. Elisabeth Borne a en effet affirmé à la veille du vote des cédétistes que « les discussions s’ouvriront cet été ».

Retraites : L’avenir financier est-il vraiment question ?

Retraites : L’avenir financier est-il vraiment question ?

Le projet d’Emmanuel Macron de repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans se fonde en partie sur la volonté de résorber le déficit du système, mais ses détracteurs s’appuient sur le fait que le dispositif actuel reste sur une « trajectoire maîtrisée ». Par Bertrand Bissuel dans le Monde. 

 

Les régimes de retraites font-ils face à des difficultés budgétaires qui nécessitent des mesures correctrices ? Cette question, en apparence simple, n’a pas reçu de réponse évidente depuis qu’Emmanuel Macron l’a relancée en proposant de repousser à 65 ans l’âge d’ouverture des droits à une pension. Son initiative a été à l’origine d’un débat qui a très vite tourné à la foire d’empoigne, rendant encore plus obscur un dossier déjà ardu à appréhender.

Le fait qu’il y ait une controverse est logique compte tenu de l’objet de la réforme. Le chef de l’Etat considère qu’il faut « travailler plus longtemps », ce qui implique des efforts supplémentaires largement désapprouvés. Mais l’un des aspects intrigants de la polémique tient à l’impossibilité de parvenir à une expression commune sur l’état du système, alors même que les protagonistes se fondent sur les mêmes données : en particulier celles fournies par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Associant parlementaires, responsables syndicaux et patronaux, personnalités qualifiées et représentants de l’administration, cette instance, créée en 2000, livre « les éléments d’un diagnostic partagé », dans un rapport réalisé, chaque année, par un groupe permanent d’experts, auquel elle donne son imprimatur après discussions.

Si les « éléments » en question font globalement consensus, leur interprétation, elle, diverge. Durant le débat de l’entre-deux-tours, M. Macron a déclaré, le 20 avril, que le système sera déficitaire durant un peu plus de dix ans, en citant les projections de « l’organisme indépendant qui s’appelle le COR ». Quelques jours auparavant, Anne Hidalgo, sa rivale socialiste en lice dans la course à l’Elysée, s’était également prévalue des travaux de cet organe, mais pour développer une thèse diamétralement opposée : « Il n’y a pas de problème de financement », avait-elle assuré.

Ni l’un ni l’autre ne peuvent être accusés de manipuler ce qu’écrit le COR. Celui-ci explique, dans son dernier rapport, qu’il y avait un « trou » de 13 milliards d’euros en 2020 dans les caisses de retraite. D’après lui, le retour à l’équilibre n’interviendrait pas avant la première moitié des années 2030, dans le scénario le plus favorable. C’est sur la base de ces pronostics que le président de la République juge indispensable d’agir et de faire des économies, en repoussant l’âge légal de départ à la retraite.

Les contradicteurs du chef de l’Etat plaident pour une approche différente justifiée, selon eux, par le COR lui-même. Ce dernier explique, en effet, que pour procéder à « une lecture économique de la situation financière des retraites » il vaut mieux regarder non pas le solde entre dépenses et recettes, mais un autre indicateur : la part des pensions dans la richesse nationale. Après avoir culminé à 14,7 % du PIB en 2020, ce ratio devrait refluer, pour osciller entre 11,3 % et 13 % « à l’horizon 2070 », selon les hypothèses retenues. Le COR en conclut que le dispositif resterait « sur une trajectoire maîtrisée ». Une appréciation sur laquelle s’appuie Anne Hidalgo, pour prétendre – avec d’autres (syndicats, économistes…) – qu’il n’y a pas péril en la demeure.

Social-Une réforme des retraites inutile financièrement ?

Social-Une réforme des retraites inutile financièrement ?

Une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans permettrait « d’équilibrer les comptes » du système de retraites d’ici 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, selon une étude d’économistes publiée jeudi. Pour le gouvernement, la réforme des retraites va au-delà du seul équilibre comptable mais vise à financer d’autres chantiers sociaux. Elle est « indispensable » et « nous la ferons parce qu’il nous faut financer de grandes priorités », « notamment la question de l’autonomie, de la dépendance », a affirmé mercredi la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. ( article de la Tribune)

« C’est une réforme que nous faisons pour dégager des marges de manoeuvre pour financer le progrès social dans notre pays et un meilleur accompagnement de nos concitoyens », a insisté Olivia Grégoire.

« L’objectif de la réforme des retraites dépasse le seul sujet des retraites , il y a derrière la volonté de ce gouvernement de financer les réformes à venir du prochain quinquennat (…), parmi lesquels la réforme de la dépendance, mais plus largement la réforme de la santé, et d’autres à venir », a poursuivi la porte-parole.  « Nous refusons de (les) financer par une augmentation d’impôts et nous refusons de (les) financer en laissant la dette aux générations à venir », a-t-elle ajouté.

« Ces choix se traduiront dans la réforme des retraites avec le double objectif, qui est fixé par le président de la République au gouvernement, à la fois la poursuite de l’objectif du plein emploi et en même temps la nécessité pour nous tous de travailler un petit peu plus longtemps de façon progressive », a précisé la porte-parole.

Augmenter le taux d’emploi des séniors

Ce rappel de l’objectif de la réforme intervient alors que de nombreuses études estiment que la réforme n’est pas nécessaire pour le seul financement du système des retraites. Pas plus tard que mercredi, une étude de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi et de sa chaire « Transition démographiques, transition économique », rattachée à Sciences Po, assure que l’ équilibre les comptes » du système de retraites d’ici à 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, serait possible avec une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans.

65 ans avec Macron ou 60 ans avec Mélenchon? Ce débat « n’a pas lieu d’être », affirment-ils.

D’après leurs calculs, « l’équilibre pourrait être atteint » en conservant « les mesures d’âge actuelles » – âge légal de départ à 62 ans et durée de cotisation portée à 43 ans d’ici 2035. Pour combler un déficit estimé à 5 milliards d’euros en 2032, mais aussi et surtout les 30 milliards payés par l’Etat pour les régimes spéciaux et les retraites des fonctionnaires, il suffirait d’augmenter le taux d’emploi des seniors « de dix points », de 56% à 66%.

Augmenter les dépenses de formation professionnelle

Ce qui supposerait d’une part de réduire de moitié le chômage des 55-64 ans, soit 325.000 emplois supplémentaires, notamment en « doublant les dépenses de formation professionnelle » pour cette tranche d’âge.

Il faudrait d’autre part en inciter 500.000 autres à reporter leur départ en retraite, là aussi en doublant la surcote existante (de 1,25% à 2,5% par trimestre au-delà d’une carrière complète), « tout en maintenant le système de décote actuel » (1,25% par trimestre manquant). Le gain financier serait même suffisant pour « rétablir les critères de pénibilité supprimés en 2017″ et offrir un départ anticipé à 60 ans aux salariés ayant porté des charges lourdes, subi des postures pénibles, des vibrations mécaniques ou exposés à des produits chimiques.

Il resterait même assez de marge pour « augmenter la pension minimale à 1.100 euros pour une carrière complète ».

Social: Une réforme des retraites inutile financièrement

Une réforme des retraites inutile financièrement

Une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans permettrait « d’équilibrer les comptes » du système de retraites d’ici 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, selon une étude d’économistes publiée jeudi. Pour le gouvernement, la réforme des retraites va au-delà du seul équilibre comptable mais vise à financer d’autres chantiers sociaux. Elle est « indispensable » et « nous la ferons parce qu’il nous faut financer de grandes priorités », « notamment la question de l’autonomie, de la dépendance », a affirmé mercredi la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. ( article de la Tribune)

« C’est une réforme que nous faisons pour dégager des marges de manoeuvre pour financer le progrès social dans notre pays et un meilleur accompagnement de nos concitoyens », a insisté Olivia Grégoire.

« L’objectif de la réforme des retraites dépasse le seul sujet des retraites , il y a derrière la volonté de ce gouvernement de financer les réformes à venir du prochain quinquennat (…), parmi lesquels la réforme de la dépendance, mais plus largement la réforme de la santé, et d’autres à venir », a poursuivi la porte-parole.  « Nous refusons de (les) financer par une augmentation d’impôts et nous refusons de (les) financer en laissant la dette aux générations à venir », a-t-elle ajouté.

« Ces choix se traduiront dans la réforme des retraites avec le double objectif, qui est fixé par le président de la République au gouvernement, à la fois la poursuite de l’objectif du plein emploi et en même temps la nécessité pour nous tous de travailler un petit peu plus longtemps de façon progressive », a précisé la porte-parole.

Augmenter le taux d’emploi des séniors

Ce rappel de l’objectif de la réforme intervient alors que de nombreuses études estiment que la réforme n’est pas nécessaire pour le seul financement du système des retraites. Pas plus tard que mercredi, une étude de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi et de sa chaire « Transition démographiques, transition économique », rattachée à Sciences Po, assure que l’ équilibre les comptes » du système de retraites d’ici à 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, serait possible avec une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans.

65 ans avec Macron ou 60 ans avec Mélenchon? Ce débat « n’a pas lieu d’être », affirment-ils.

D’après leurs calculs, « l’équilibre pourrait être atteint » en conservant « les mesures d’âge actuelles » – âge légal de départ à 62 ans et durée de cotisation portée à 43 ans d’ici 2035. Pour combler un déficit estimé à 5 milliards d’euros en 2032, mais aussi et surtout les 30 milliards payés par l’Etat pour les régimes spéciaux et les retraites des fonctionnaires, il suffirait d’augmenter le taux d’emploi des seniors « de dix points », de 56% à 66%.

Augmenter les dépenses de formation professionnelle

Ce qui supposerait d’une part de réduire de moitié le chômage des 55-64 ans, soit 325.000 emplois supplémentaires, notamment en « doublant les dépenses de formation professionnelle » pour cette tranche d’âge.

Il faudrait d’autre part en inciter 500.000 autres à reporter leur départ en retraite, là aussi en doublant la surcote existante (de 1,25% à 2,5% par trimestre au-delà d’une carrière complète), « tout en maintenant le système de décote actuel » (1,25% par trimestre manquant). Le gain financier serait même suffisant pour « rétablir les critères de pénibilité supprimés en 2017″ et offrir un départ anticipé à 60 ans aux salariés ayant porté des charges lourdes, subi des postures pénibles, des vibrations mécaniques ou exposés à des produits chimiques.

Il resterait même assez de marge pour « augmenter la pension minimale à 1.100 euros pour une carrière complète ».

Une réforme des retraites inutile financièrement

Une réforme des retraites inutile financièrement

Une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans permettrait « d’équilibrer les comptes » du système de retraites d’ici 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, selon une étude d’économistes publiée jeudi. Pour le gouvernement, la réforme des retraites va au-delà du seul équilibre comptable mais vise à financer d’autres chantiers sociaux. Elle est « indispensable » et « nous la ferons parce qu’il nous faut financer de grandes priorités », « notamment la question de l’autonomie, de la dépendance », a affirmé mercredi la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. ( article de la Tribune)

« C’est une réforme que nous faisons pour dégager des marges de manoeuvre pour financer le progrès social dans notre pays et un meilleur accompagnement de nos concitoyens », a insisté Olivia Grégoire.

« L’objectif de la réforme des retraites dépasse le seul sujet des retraites , il y a derrière la volonté de ce gouvernement de financer les réformes à venir du prochain quinquennat (…), parmi lesquels la réforme de la dépendance, mais plus largement la réforme de la santé, et d’autres à venir », a poursuivi la porte-parole.  « Nous refusons de (les) financer par une augmentation d’impôts et nous refusons de (les) financer en laissant la dette aux générations à venir », a-t-elle ajouté.

« Ces choix se traduiront dans la réforme des retraites avec le double objectif, qui est fixé par le président de la République au gouvernement, à la fois la poursuite de l’objectif du plein emploi et en même temps la nécessité pour nous tous de travailler un petit peu plus longtemps de façon progressive », a précisé la porte-parole.

Augmenter le taux d’emploi des séniors

Ce rappel de l’objectif de la réforme intervient alors que de nombreuses études estiment que la réforme n’est pas nécessaire pour le seul financement du système des retraites. Pas plus tard que mercredi, une étude de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi et de sa chaire « Transition démographiques, transition économique », rattachée à Sciences Po, assure que l’ équilibre les comptes » du système de retraites d’ici à 2032, sans toucher à l’âge légal ni à la durée de cotisation, serait possible avec une hausse de dix points du taux d’emploi des 55-64 ans.

65 ans avec Macron ou 60 ans avec Mélenchon? Ce débat « n’a pas lieu d’être », affirment-ils.

D’après leurs calculs, « l’équilibre pourrait être atteint » en conservant « les mesures d’âge actuelles » – âge légal de départ à 62 ans et durée de cotisation portée à 43 ans d’ici 2035. Pour combler un déficit estimé à 5 milliards d’euros en 2032, mais aussi et surtout les 30 milliards payés par l’Etat pour les régimes spéciaux et les retraites des fonctionnaires, il suffirait d’augmenter le taux d’emploi des seniors « de dix points », de 56% à 66%.

Augmenter les dépenses de formation professionnelle

Ce qui supposerait d’une part de réduire de moitié le chômage des 55-64 ans, soit 325.000 emplois supplémentaires, notamment en « doublant les dépenses de formation professionnelle » pour cette tranche d’âge.

Il faudrait d’autre part en inciter 500.000 autres à reporter leur départ en retraite, là aussi en doublant la surcote existante (de 1,25% à 2,5% par trimestre au-delà d’une carrière complète), « tout en maintenant le système de décote actuel » (1,25% par trimestre manquant). Le gain financier serait même suffisant pour « rétablir les critères de pénibilité supprimés en 2017″ et offrir un départ anticipé à 60 ans aux salariés ayant porté des charges lourdes, subi des postures pénibles, des vibrations mécaniques ou exposés à des produits chimiques.

Il resterait même assez de marge pour « augmenter la pension minimale à 1.100 euros pour une carrière complète ».

Réforme des retraites : maintenant Macron hésite

Réforme des retraites : maintenant Macron hésite

Selon un papier du Monde si la réforme est toujours jugée « indispensable », selon les mots de la porte-parole du gouvernement, le chef de l’Etat et les ministres habilités à évoquer ce sujet explosif s’ingénient à déconstruire ce qui a été énoncé. Macron lui-même s’interroge sérieusement en raison d’une part de la chute de popularité de l’exécutif, aussi des perspectives de perte de la majorité à l’Assemblée nationale .

 

Bien malin qui peut dire à quoi ressemblera la réforme des retraites lorsque le gouvernement, confirmé ou remanié au lendemain des élections législatives des 12 et 19 juin, entrera dans le vif du sujet. En deux mois, le projet d’Emmanuel Macron de repousser « progressivement et par étapes » l’age de départ à 65 ans a perdu de sa consistance. Jour après jour, le chef de l’Etat et les ministres habilités à évoquer ce sujet explosif s’ingénient à déconstruire ce qui a été énoncé, au point que le projet d’origine apparaît mort-né.

Certes, la réforme est toujours jugée « indispensable », selon les mots d’Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement. Cependant, le report de l’âge légal à 65 ans « n’est pas un totem », a fait valoir la première ministre, Elisabeth Borne, laissant entendre que d’autres pistes, comme l’allongement de la durée de cotisation, pouvaient être explorées. Jugé au départ urgent, au point de nécessiter la présentation d’un projet de loi devant le Parlement dès l’été, le chantier ne démarrera réellement qu’« en septembre ou octobre » a, par ailleurs, précisé le ministre du travail, Olivier Dussopt.

Les atermoiements autour du report de l’âge de la retraite, considéré comme « la mère des réformes » par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sont à l’image de cette drôle de campagne des élections législatives où rien n’accroche parce que l’exécutif s’ingénie à noyer le poisson plutôt que de préciser ses projets. Electoralement parlant, Emmanuel Macron a quelques bonnes raisons de pratiquer ce jeu d’évitement. Les Français sont majoritairement hostiles à l’idée de travailler plus longtemps ; les syndicats sont unanimement opposés à la retraite à 65 ans, au point qu’Yves Veyrier, le secrétaire général de FO sur le départ, a donné pour mission à son successeur de mener prioritairement le combat contre cette réforme.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a coalisé la gauche anti-Macron autour d’un projet qui prône notamment le retour à la retraite à 60 ans, quel qu’en soit le coût (évalué à 100 milliards d’euros par l’Institut Montaigne). Devant le risque de voir la campagne des élections législatives se transformer en un dangereux référendum pour ou contre la retraite à 65 ans, Emmanuel Macron a préféré pratiquer le déminage.

La rançon est double. En premier lieu, le chef de l’Etat donne l’impression d’être sur la défensive sur un dossier qui, jusqu’à présent, ne lui a guère réussi : le projet de retraite par points qu’il portait durant le premier quinquennat n’a pas abouti, si bien qu’il est à ce jour, à la différence de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, un président de la République qui n’est pas parvenu à conduire une réforme des retraites. Ses opposants le savent. Ils feront tout pour qu’il reste dans cette situation.

Plus fondamentalement, aucune pédagogie n’est faite autour de la question de travailler plus longtemps, non seulement pour assurer l’équilibre du système de retraite par répartition, mais plus largement pour garantir le financement du modèle social. Or, c’est bien sur ce postulat qu’Emmanuel Macron a construit son nouveau mandat.

Le chef de l’Etat entend à la fois poursuivre la baisse des impôts et commencer à rembourser l’impressionnante dette française, à partir de 2026. Dans une conjoncture de plus en plus maussade, il ne peut espérer y parvenir qu’en augmentant substantiellement la quantité de travail pour doper la croissance. Plus il donne l’impression de louvoyer sur ce sujet, plus il compromet la réalisation de ses objectifs.

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme 

 

Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, explique, dans sa chronique, que pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur la génération des 25-54 ans ( dans le Monde).

 

 

Le nouveau quinquennat promet une réforme de l’âge de départ à la retraite. Le bon sens affirme que si la durée de vie a fortement augmenté, il est naturel que l’âge légal de départ soit retardé d’autant, par exemple jusqu’à 65 ans. Une telle approche néglige néanmoins que l’enjeu véritable est de replacer la retraite dans la manière globale de considérer le travail dans notre société. Prenons trois illustrations.

Les statisticiens Olivier Marchand et Claude Minni ont montré que, depuis des années, la France a fait un choix à l’égard du travail en concentrant l’activité économique sur une génération, celle des 25-54 ans (« Economie et statistique », 2019). La durée de carrière professionnelle a été écourtée non seulement par un âge légal de départ à la retraite plus précoce que dans d’autres pays, mais aussi par une entrée plus tardive des jeunes du fait de l’allongement des études.

Cette dernière évolution est à mettre en relation avec la dégradation de l’image des métiers manuels et de l’apprentissage dans notre pays. Pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra donc s’interroger sur les deux bouts de la chaîne et se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur trente années.

Le choix français a conduit à une intensification du travail sur la tranche 25-54 ans pour obtenir une productivité relativement forte si on compare à d’autres pays développés. Il en a résulté une culture du jeunisme dans les entreprises, considérant qu’au-delà d’un certain âge un collaborateur est à la fois trop coûteux et trop peu adaptable. En 2020, la moitié des plus de 60 ans ne sont pas en activité mais pris en charge soit par l’assurance-chômage, soit par l’Assurance-maladie.

L’allongement de l’âge de départ à la retraite obligera à revoir cette conception de la performance individuelle : d’une part, les entreprises devront maintenir et créer de nouveaux emplois pour les seniors ; d’autre part, il faudra reconsidérer les postes et les rythmes de travail pour les adapter à une population de collaborateurs plus âgés ; enfin, il faudra accepter que les évolutions de carrière soient plus lentes, les plus anciens quittant plus tard l’entreprise. Un changement radical du logiciel managérial va s’imposer.

Si on considère le rôle économique que jouent les retraités dans la société, on doit aussi anticiper ce que modifiera un décalage de l’âge de départ.

Retraites: abandonner l’âge légal ?

Retraites: abandonner l’âge légal ? 

L’économiste Frédéric Bizard énonce, dans une tribune au « Monde », quatre raisons qui plaident en faveur de l’abandon du système de l’âge légal de la retraite en France.

 

Le démographe Alfred Sauvy (1898-1990) écrivait : « Si fondamentaux sont les problèmes de populations qu’ils prennent de terribles revanches sur ceux qui les ignorent. » Cela fait trente ans que la France connaît avec précision l’impact démographique du vieillissement sur nos systèmes sociaux. Si les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs, la série d’ajustements paramétriques de nos retraites (et de notre santé) depuis les années 1990 a toujours reporté l’ajustement structurel.

Cette politique court-termiste des petits pas a miné la confiance de la population dans notre système de retraites (77 % sont inquiets sur leur avenir). Une majorité des Français attendent une réforme de fond, dont 85 % des 18-24 ans. Le report de l’âge légal de la retraite à 65 ans est la mesure jugée la plus négativement par les Français (69 % y sont opposés). Le rejet de cette mesure rejoint une volonté de solutions structurelles de long terme, pas uniquement comptables, et cohérentes avec l’évolution de la société.

La première raison est que l’âge effectif de départ à la retraite sera de plus en plus déconnecté de l’âge légal à législation inchangée. De 62,2 ans aujourd’hui, cet âge effectif sera proche de 64 ans dès 2035. Le critère d’âge légal est secondaire dans la décision de prendre sa retraite par rapport à la durée de cotisations pour disposer d’une retraite d’un montant suffisant.

La deuxième raison est liée à l’entrée de plus en plus tardive des générations actuelles sur le marché du travail qui va creuser l’écart de l’âge effectif de la retraite entre les assurés.

 

L’allongement de la durée moyenne des études supérieures (de seize mois en 1985 à plus de trente-cinq mois aujourd’hui) va, de fait, retarder l’âge de départ à la retraite de nombreux citoyens. Sachant qu’il existe une causalité entre la durée des études et le niveau de vie des personnes, il est juste que le critère principal soit la durée de cotisations et non l’âge légal. La retraite à 60 ans pour ceux qui ont démarré à travailler à 17 ans doit être possible sans dérogation.

La troisième raison est l’évolution des principes fondamentaux à instaurer dans notre modèle social du XXIe siècle. Ce dernier considère l’individu comme un être singulier, unique et non plus anonyme, abstrait. Cet individu a des capacités et aspirations individuelles qui doivent s’intégrer dans la gestion de ses risques sociaux.

L’autonomie et la liberté sont au cœur du nouveau modèle et viennent compléter les principes de l’universalité des droits, de la solidarité, de la démocratie sociale et de l’équité intergénérationnelle. Pour répondre à cette évolution, seul un système de retraite choisie, qui privilégie la durée de cotisations à celui de l’âge légal, répond à ce nouvel horizon.

Indexation des retraites : oui mais de combien

Indexation des retraites : oui mais de combien

Une indexation devrait intervenir début août mais la question est son montant car pratiquement le niveau des pensions n’a pas bougé depuis 10 ans. Si cette indexation se limite à 2 ou 3 %, l’inflation réduira à presque rien la revalorisation.Le ministre du Travail et du Plein emploi Olivier Dussopt a déclaré au micro de RTL ce mardi 24 mai que l’exécutif avait pour objectif d’indexer les pensions de retraite sur l’inflation dès le mois de juillet pour un versement au début du mois d’août.

L’ancien ministre des Comptes publics en charge d’une réforme particulièrement explosive reprend ainsi une mesure défendue par Emmanuel Macron lors de sa brève campagne. Olivier Dussopt a d’ailleurs prévu de recevoir les syndicats ce mercredi après-midi pour évoquer notamment le pouvoir d’achat des actifs, mais aussi celui des retraités.

À la veille de cette réunion, Michel Beaugas, secrétaire confédéral chez Force ouvrière interrogé par La Tribune tient à rappeler que « l’indexation des retraites n’est pas une nouveauté. Cet outil est inscrit dans le code de la sécurité sociale [...] En réalité, c’est l’inflation du mois d’avril de 4,8% qui devrait être prise en compte pour les fonctionnaires et les pensionnés du régime général, ajoute-t-il. C’est pourquoi nous réclamons une indexation à minima de 4,8% au gouvernement. Surtout que cela fait 10 ans que les retraites sont sous indexées ».

Dans la pratique il se pourrait bien que le gouvernement se limite des augmentations autour de 2 % avec promesse de réévaluation nouvelle pour plus tard.

Retraites : un réforme politique inutile

Retraites : un réforme politique inutile 

 A peine Emmanuel Macron réélu, les ministres de la majorité insistent sur la nécessité d’une réforme des retraites. Par Bernard Laurent, EM Lyon.

 

Dès le lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, des ministres de la majorité comme Bruno Le Maire et Élisabeth Borne ont insisté sur la nécessité de la réforme des retraites. Pendant sa campagne, le président candidat avait fait du recul de l’âge légal de départ à 65 ans une mesure phare de son programme économique, même s’il a affirmé pendant l’entre-deux-tours que cette option ne constituait « pas un dogme » et que l’organisation d’un référendum était envisageable.

Lundi 25 avril, la ministre du Travail, tout en assurant que la réforme était « nécessaire », a précisé sur RTL qu’il y avait de la «place pour la concertation ». Sur France Info, le ministre de l’Économie abondait dans le même sens, estimant que la réforme devait « faire l’objet, le plus possible, de discussion et de dialogue, avec l’espoir de parvenir à un compromis ».

Les contours de ce compromis reste à définir et ne seront pas faciles à trouver : l’ensemble des centrales syndicales s’opposent aujourd’hui à la réforme proposée par Emmanuel Macron, tout comme les oppositions politiques qui ont fait du blocage du projet l’un des sujets de la campagne des législatives. Cependant, la majorité semble bien déterminée à aller au bout, lors du second quinquennat Macron, d’une réforme abandonnée au printemps 2020.

La réforme des retraites fut en effet l’un des grands points de discussion de cet entre-deux tours de l’élection présidentielle 2022. Nous pourrions le résumé en une affaire de plagiat généralisé : Macron 2022 plagiait Pécresse, comme la candidate des Républicains le dénonça durant la campagne, tandis que Le Pen plagiait, en partie, Macron 2017.

Le candidat de l’époque annonçait, à raison, le dossier des retraites réglés à la suite de la réforme Fillon si bien qu’il promettait d’engager un vaste chantier d’unification de l’ensemble des 42 régimes d’une part et l’adoption pour le régime général d’un système à point sur le modèle des retraites complémentaires. Les spécialistes qualifièrent de systémiques ces chantiers à engager.

Jean-Paul Delevoye fut nommé, en 2017, haut-commissaire à la réforme des retraites. Il ne ménagea pas sa peine pour consulter les partenaires sociaux et menaça de démissionner lorsque certains députés LREM évoquèrent la nécessité de repousser l’âge légal au-delà de 62 ans. En outre, il n’hésita pas à parler, comme le fit avant lui Alain Juppé, de la nécessité de recourir à l’immigration pour régler cette question de l’équilibre des régimes de retraite, tout en prenant soin de placer ce débat migratoire sur le plan européen. Pour autant, il fut confirmé dans son poste.

Un problème d’ores et déjà réglé

Des problèmes d’atteinte à la déontologie l’ont conduit à démissionner fin 2019. Le départ d’une figure emblématique du dialogue social, puis la crise du Covid, eurent raison de la réforme systémique voulue par le président Macron. En 2020, le gouvernement d’Édouard Philippe avait proposé une réforme qui conduisit à plusieurs semaines de grèves et de manifestations.

Le texte maintenait l’idée de la généralisation d’une retraite par points et l’unification des régimes, mais il s’avéra confus en imaginant un report progressif de l’âge légal à 64 ans tout en maintenant l’idée d’un départ possible dès 62 ans, sans annoncer précisément les décotes liées à un départ précoce ni la liste précise des exceptions au départ à 64 ans pour les métiers difficiles.

En 2022, le candidat Macron a repris ce dernier projet en abandonnant toutefois son idée initiale de système par points pour s’en tenir au report de l’âge légal cette fois-ci à 65 ans, plagiant ainsi les réformes proposées par les politiques les plus libéraux, Valérie Pécresse en l’occurrence dans la campagne de premier tour.

Cependant, un examen sérieux du dossier nous permet d’affirmer que la question de l’équilibre des régimes de retraite, qu’il s’agisse du régime général ou celui des retraites complémentaires, est d’ores et déjà réglée.

En effet, les effets de la réforme Fillon-Woerth (2010) complétée par la réforme Touraine (2014) avec le recul de l’âge légal à 62 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 42 ans (génération née en 1961,62,63) puis à 43 ans (personnes nées à partir de 1973), pour pouvoir prétendre toucher la retraite du régime général à taux plein, ainsi que la réforme des retraites complémentaires négociée entre les partenaires sociaux (2015) qui augmente la durée du travail d’une année pour éviter l’application d’une décote de 10 % pendant 3 ans sur le montant des retraites complémentaires, ont conduit à une augmentation spectaculaire ces 5 dernières années du taux d’emploi des 55-64 ans (40 % en 2010, 46 % en 2012 et 56,2 % en 2020).

Si nous ne regardons que les 60-64 ans, il passe de 20 % en 2010 à 33 % en 2020. Tout naturellement l’âge moyen de départ à la retraite (femme-homme) ne cesse d’augmenter (60,5 en 2010 à 61,4 et à 62,2 en 2019).

Ces données montrent que la question de l’âge légal n’est pas pertinente pour aborder la question des retraites. C’est bien la durée de cotisation qui est la mesure la plus appropriée. À cet égard, la France dispose de l’un des régimes de répartition les plus durs. La comparaison des systèmes nationaux se fait de façon trop superficielle pour livrer des enseignements intéressants. Ainsi lorsque les commentateurs avancent la durée de cotisation fixée à 45 ans en Allemagne pour stigmatiser les mesures françaises qui seraient insuffisantes, ils se gardent de préciser que les années d’apprentissage entrent dans le calcul des années cotisées dans un pays où la moitié d’une classe d’âge suit ce type de formation.

De même les prévisions de déficit annoncées par le Conseil d’orientation des retraites (COR) pour les années à venir reposent-elles sur d’insupportables hypothèses malthusiennes s’agissant de la quantification de la population active. Certes, la démographie l’explique mais le Conseil élude la réponse migratoire possible.

Dans son dernier rapport de 2021, il retient pour l’avenir les tendances migratoires de la dernière décennie, marquée par des politiques restrictives, nettement inférieures aux évolutions des années antérieures à 2010. Aux 80 000 entrées retenues, il suffirait de compter sur l’apport de 50 000 personnes supplémentaires. Nous voilà bien loin des prévisions migratoires apocalyptiques.

Nous pouvons ainsi suspecter le président candidat, rallié aux thèses les plus libérales sur ce dossier alors que sa position de 2017 le classait au centre gauche, de vouloir financer la dépendance à l’aide des cotisations retraites.

La jeune génération appréciera d’être à nouveau l’otage des « boomers » dont la grande majorité est loin du besoin. Bénéficiaires patrimonialement de la hausse ahurissante des prix de l’immobilier, empêchant les jeunes de se loger décemment dans les grands centres urbains, les voilà demandant aux actifs de les aider pour leurs vieux jours. En plagiant le programme libéral, le président candidat semble avant tout chercher à capter l’électorat fillonniste de 2017.

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Par Bernard Laurent, Professeur, EM Lyon.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Retraites: une réforme impossible ?

 

Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ainsi que l’économiste Patrick Artus et le politologue Jérôme Fourquet ont confronté leurs points de vue dans « le Monde », alors que la bataille contre la réforme voulue par Emmanuel Macron est déjà engagée.

 

Geoffroy Roux de Bézieux : Le président de la République a eu raison d’annoncer la couleur pendant la campagne présidentielle : il va falloir travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans ou 65 ans. J’ai toujours pensé que la réforme précédente avait échoué parce qu’elle n’avait pas été détaillée pendant la campagne de 2007. Là, les choses sont dites : le président de la République a, selon moi, la légitimité pour faire aboutir ce chantier.

Jérôme Fourquet : Je serais moins affirmatif que Geoffroy Roux de Bézieux. Depuis vingt ans, les Français sont très réticents à l’idée d’allonger la durée de la vie active. La seule catégorie de la population massivement acquise au report de l’âge du départ à la retraite, ce sont les retraités, qui traditionnellement votent à droite. Le basculement d’une partie de l’électorat de droite vers Emmanuel Macron est vraisemblablement lié à son annonce sur les retraites. Mais ce sera très compliqué de faire passer la pilule auprès du reste des électeurs, même si le sujet du financement de la dépendance engendre une réelle angoisse.

Pascale Coton : La façon dont le sujet est posé est très irritante. A chaque fois qu’un problème budgétaire se présente, on nous explique qu’il va falloir travailler plus longtemps. Les salariés ne veulent plus entendre cela. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ils veulent également que les inégalités existantes soient corrigées. Par exemple, est-il normal que les femmes à bas salaires doivent travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier d’une retraite complète ? Une réforme des retraites digne de ce nom doit prendre en compte tous ces aspects.

G.R.B : Un pays qui dépense beaucoup a besoin de beaucoup de travail pour financer son modèle. L’idéal serait d’augmenter notre taux d’emploi pour nous rapprocher de celui de l’Allemagne, mais cela prendra du temps. En attendant, le plus efficace est d’allonger la durée de la vie active.

Patrick Artus : Aucune économie n’est possible en France, sauf sur les retraites. Quand on compare l’écart de la dépense publique avec l’Allemagne, on trouve ceci : 1,5 point de produit intérieur brut (PIB) au titre des d’aides de l’Etat aux entreprises, 1 point de PIB pour financer la politique familiale, 1 point de PIB pour les dépenses militaires, 0,5 point de PIB pour la culture. Tous ces postes sont intouchables. Il reste quatre points de PIB sur les retraites, qui constituent la seule marge de manœuvre.

J.F. : Un leitmotiv revient dans toutes les enquêtes que nous menons : qu’est-ce qui garantit que l’employeur gardera les salariés jusqu’à 63 ou 64 ans, étant donné que c’est souvent la chasse aux seniors et la placardisation dans les entreprises ?

G.R.B. : Il faut regarder ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord, qui ont mis en place des systèmes de retraite progressive. Il faut que les salariés acceptent de se dire que les deux dernières années seront moins bien payées, avec moins de responsabilités qu’en pleine carrière.

P.C. : Après trente ans de travail dans une entreprise, si on demande à un salarié de régresser de cadre à salarié moyen, ce n’est pas très sympathique. C’est très déstabilisant !

G.R.B. : Du point de vue managérial, je ne vois pas comment on peut garder des gens plus longtemps aux mêmes fonctions et responsabilités. Le salaire est un autre sujet. Une partie peut être prise en charge par le système de retraite. Je parle de l’aspect hiérarchique et du management des postes. Si tout le monde reste à son poste éternellement, il y a un problème.

Réforme des retraites : la CFDT contre

Réforme des retraites : la CFDT contre

Sur  franceinfo, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a exprimé son désaccord sur la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron. Selon lui, le système est « quasiment à l’équilibre ».

« Je ne comprends pas le point de départ, l’objectif, de cette réforme », a indiqué Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, vendredi 29 avril sur franceinfo, concernant la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron avec le recul de l’âge légal à 65 ans.  »Si l’objectif de cette réforme c’est l’équilibre des comptes des retraites, il n’y a pas besoin d’aller sur un report de l’âge légal », a-t-il estimé.

S’il s’agit de financer la dépendance sans augmenter les impôts, « je suis en désaccord », a poursuivi Laurent Berger. « Financer la perte d’autonomie est un sujet très important, a précisé le patron de la CFDT, mais il y a d’autres possibilités pour le faire ». Il a ainsi proposé de mettre en place  »une taxation sur la transmission de patrimoine », autrement dit taxer les successions.  »C’est l’une des inégalités les plus fortes dans notre pays », a-t-il assuré, soulignant que « 10% de la population détient 50% du patrimoine ».

La CFDT s’est dite  »opposée au report de l’âge légal » de départ à la retraite, convaincue qu’il faut « rester à 62 ans ». Laurent Berger a par ailleurs réagi à la proposition de Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux de La France insoumise à la présidentielle, de fixer l’âge de départ à 60 ans.  »Soyons sérieux, s’il a trouvé la recette magique pour financer la retraite à 60 ans, et pourquoi pas à 45 ans tant qu’on y est, tant mieux », a-t-il raillé.

Il a également plaidé en faveur « d’un système de retraite plus juste« . « Notre richesse, c’est notre système de retraite par répartition, il est quasiment à l’équilibre, son problème c’est son injustice intrinsèque », a-t-il expliqué, pointant du doigt le cas des femmes qui ont  »en moyenne autour de 20 à 30% de retraite en moins que les hommes ». Il a par ailleurs défendu une retraite minimale  »équivalente au Smic », pour  »ceux qui ont travaillé toute leur vie », soit « 1 300 euros net », là où Emmanuel Macron propose 1 100 euros.

Retraites : la réforme impossible ?

Retraites : la réforme impossible ?

Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ainsi que l’économiste Patrick Artus et le politologue Jérôme Fourquet ont confronté leurs points de vue dans « le Monde », alors que la bataille contre la réforme voulue par Emmanuel Macron est déjà engagée.

 

 

Geoffroy Roux de Bézieux : Le président de la République a eu raison d’annoncer la couleur pendant la campagne présidentielle : il va falloir travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans ou 65 ans. J’ai toujours pensé que la réforme précédente avait échoué parce qu’elle n’avait pas été détaillée pendant la campagne de 2007. Là, les choses sont dites : le président de la République a, selon moi, la légitimité pour faire aboutir ce chantier.

Jérôme Fourquet : Je serais moins affirmatif que Geoffroy Roux de Bézieux. Depuis vingt ans, les Français sont très réticents à l’idée d’allonger la durée de la vie active. La seule catégorie de la population massivement acquise au report de l’âge du départ à la retraite, ce sont les retraités, qui traditionnellement votent à droite. Le basculement d’une partie de l’électorat de droite vers Emmanuel Macron est vraisemblablement lié à son annonce sur les retraites. Mais ce sera très compliqué de faire passer la pilule auprès du reste des électeurs, même si le sujet du financement de la dépendance engendre une réelle angoisse.

Pascale Coton : La façon dont le sujet est posé est très irritante. A chaque fois qu’un problème budgétaire se présente, on nous explique qu’il va falloir travailler plus longtemps. Les salariés ne veulent plus entendre cela. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ils veulent également que les inégalités existantes soient corrigées. Par exemple, est-il normal que les femmes à bas salaires doivent travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier d’une retraite complète ? Une réforme des retraites digne de ce nom doit prendre en compte tous ces aspects.

G.R.B : Un pays qui dépense beaucoup a besoin de beaucoup de travail pour financer son modèle. L’idéal serait d’augmenter notre taux d’emploi pour nous rapprocher de celui de l’Allemagne, mais cela prendra du temps. En attendant, le plus efficace est d’allonger la durée de la vie active.

Patrick Artus : Aucune économie n’est possible en France, sauf sur les retraites. Quand on compare l’écart de la dépense publique avec l’Allemagne, on trouve ceci : 1,5 point de produit intérieur brut (PIB) au titre des d’aides de l’Etat aux entreprises, 1 point de PIB pour financer la politique familiale, 1 point de PIB pour les dépenses militaires, 0,5 point de PIB pour la culture. Tous ces postes sont intouchables. Il reste quatre points de PIB sur les retraites, qui constituent la seule marge de manœuvre.

J.F. : Un leitmotiv revient dans toutes les enquêtes que nous menons : qu’est-ce qui garantit que l’employeur gardera les salariés jusqu’à 63 ou 64 ans, étant donné que c’est souvent la chasse aux seniors et la placardisation dans les entreprises ?

G.R.B. : Il faut regarder ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord, qui ont mis en place des systèmes de retraite progressive. Il faut que les salariés acceptent de se dire que les deux dernières années seront moins bien payées, avec moins de responsabilités qu’en pleine carrière.

P.C. : Après trente ans de travail dans une entreprise, si on demande à un salarié de régresser de cadre à salarié moyen, ce n’est pas très sympathique. C’est très déstabilisant !

G.R.B. : Du point de vue managérial, je ne vois pas comment on peut garder des gens plus longtemps aux mêmes fonctions et responsabilités. Le salaire est un autre sujet. Une partie peut être prise en charge par le système de retraite. Je parle de l’aspect hiérarchique et du management des postes. Si tout le monde reste à son poste éternellement, il y a un problème.

Plaidoyer contre la réforme des retraites

Plaidoyer contre la réforme des retraites

 

 S’il est réélu, le président sortant envisage de repousser progressivement l’âge légal de départ à 65 ans. Cette mesure nie la loi biologique du vieillissement et augmenterait le chômage, selon Laurent Izard, agrégé en économie et gestion dans le Figaro.

 

Une tribune avec des arguments pertinents mais avec le défaut principal de parler d’âge de la retraite en général sans tenir compte des conditions de pénibilité et des spécificités des métiers. Bref le défaut habituel des approches françaises notamment de gauche. Qui peut prétendre que la pénibilité est la même pour un couvreur par exemple par rapport à un professeur d’université ? NDLR

Laurent Izard est normalien et agrégé de l’Université en économie et gestion. Il est l’auteur de nombreux manuels d’enseignement supérieur en économie et gestion. Il a notamment publié A la sueur de ton front (L’Artilleur) en 2021.


Le débat semble clos avant d’avoir réellement commencé: face aux déséquilibres structurels de notre régime de retraite et compte tenu du vieillissement de la population, il serait impératif de repousser à 64 ans ou plus l’âge légal de départ à la retraite. On nous explique qu’il n’existe pas de solution alternative, et que nous sommes en retrait sur ce sujet par rapport à nos voisins: En Allemagne, on travaille jusqu’à 65 ans et 8 mois (pour les assurés nés en 1954). On part à la retraite à 67 ans en Italie, à 65 ans en Espagne, et à 66 ans au Royaume-Uni…

Mais l’on «oublie» souvent de préciser qu’en Chine l’âge légal (et obligatoire) de départ à la retraite est de 60 ans pour les hommes et de 50 ans pour les femmes (sauf fonctionnaires). Dans les pays nordiques, cet âge légal est de 61 ans en Suède, 62 ans en Norvège et 63 ans en Finlande. Et en allant plus loin, l’âge légal de départ à la retraite reste fixé aux alentours de 60 ans en Algérie, en Biélorussie, en Ukraine, au Pakistan, au Vietnam, en Inde ou en Russie…

S’appuyer sur les régimes de retraite en vigueur dans les autres pays pour décider de notre avenir est révélateur de notre renonciation à défendre une certaine indépendance et un modèle social français spécifique.

Ce que l’on oublie également, c’est que l’âge légal ne constitue qu’une pièce du puzzle: il convient aussi de s’intéresser à l’âge moyen réel de départ à la retraite dans les différents pays, qui peut s’éloigner sensiblement de l’âge légal: par exemple, en Italie, l’âge moyen de départ à la retraite est inférieur à 62 ans, soit plus de 5 années avant l’âge légal… Tout dépend en fait des modalités de décote des départs anticipés, du montant des pensions et des multiples dérogations à l’âge légal qui existent dans de nombreux pays.

On le voit, les comparaisons internationales sont en fait plus complexes qu’il n’y paraît au premier abord. Et s’appuyer sur les régimes de retraite en vigueur dans les autres pays pour décider de notre avenir est révélateur de notre renonciation à défendre une certaine indépendance et un modèle social français spécifique.

Autre question centrale: on le sait, le taux d’emploi des séniors est nettement plus faible que celui de l’ensemble de la population active: à peine plus de 30% des 60-64 ans occupent un emploi. On peut facilement expliquer ce décalage par le fait que les séniors, plus difficilement employables, sont davantage découragés et ne s’inscrivent donc plus à Pôle emploi.

Et pourtant, tout ou presque a été fait pour inciter les séniors à travailler plus longtemps: suppression des dispositifs de préretraite, report de l’âge légal de 60 à 62 ans en 2010, projets de réforme des retraites incitant à travailler plus longtemps, etcLa dispense de recherche d’emploi dont bénéficiaient certains séniors au chômage, âgés de 57 ans et plus, a été supprimée le 1er janvier 2012 conformément à l’objectif gouvernemental de « mettre un terme aux dispositifs participant à écarter les salariés séniors du marché du travail ».

Et pour favoriser le retour à l’emploi des plus de 50 ans, le gouvernement Valls a lancé le «Plan senior», dévoilé à l’occasion de la grande conférence sociale de juillet 2014, qui vise en particulier à lutter contre les freins au recrutement et au maintien en emploi des seniors. De fait, les Français sont censés rester plus longtemps en activité.

En accentuant ce processus, une éventuelle mise en œuvre de la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron risquerait de contrarier un peu plus une loi biologique incontournable: avec le temps, le corps comme le cerveau vieillissent et il est donc déraisonnable d’imposer un «âge de départ à la retraite pour tous» trop tardif. Qui accepterait de se faire opérer par un chirurgien dont les mains tremblent et dont la vue baisse, mais qui doit continuer à pratiquer pour atteindre le nombre de trimestres de travail requis (la future loi «santé» envisage pour eux un âge limite à 72 ans avec de possibles prolongations d’activité !) ? Jusqu’à quel âge un enseignant dispose-t-il de suffisamment d’énergie pour affronter une classe de 35 élèves turbulents (une note de la Région académique Île-de-France diffusée en juin 2021 envisage l’hypothèse d’une prolongation d’activité au-delà de 72 ans…)? Est-il raisonnable d’exercer un métier physique (couvreur, pompier…) passé un certain âge ? On le voit, le projet de réforme pose de façon aiguë la question d’un âge légal unique de départ à la retraite. Cette question reste taboue en France, notamment en raison du fort attachement à ce principe d’une majorité de syndicats.

Et pour celles et ceux qui quittent tardivement leur emploi, volontairement ou non, la probabilité d’en retrouver un autre s’avère particulièrement faible. Ainsi, même si cela n’est pas toujours visible dans les statistiques officielles, un cadre (ou un ouvrier) de plus de 50 ans à la recherche d’un emploi part avec un sérieux handicap et le recul programmé de l’âge de la retraite ne va pas améliorer sa situation. Le premier effet mécanique de la réforme envisagée sera de transformer des dizaines de milliers de potentiels retraités en vrais chômeurs…

Autre élément du débat trop souvent occulté: les jeunes constituent les premières victimes du chômage qui altère leur entrée sur le marché du travail, mais également leurs rémunérations et perspectives de carrière. Le taux de chômage des jeunes actifs est deux fois supérieur à celui de l’ensemble de la population française (selon l’Insee, il stagne depuis des années entre 20 et 25%). En fait, la tranche d’âge des 16-25 ans constitue une variable d’ajustement en cas de crise ou de choc externe. Elle subit prioritairement tous les aléas de l’activité économique et l’analyse empirique montre effectivement que le chômage des jeunes explose après chaque crise internationale. La crise sanitaire de 2020 en a apporté une nouvelle illustration: stages annulés ou introuvables, offres d’emploi en chute libre, contrats courts non renouvelés, débuts de carrière amputés, salaires d’embauche révisés à la baisse, etc.

Et lorsqu’un jeune obtient un emploi, il y a une forte probabilité que ce soit un contrat à durée déterminée: selon le ministère du Travail, la part des CDD dans les flux d’embauches est passée de 76% en 1993 à 87% en 2017. Et 30% de ces CDD ne durent qu’une seule journée ! Pour le Céreq, «cette nouvelle « norme » de recrutement n’est pas sans effets sur les possibilités effectives de stabilisation à moyen terme des jeunes dans l’emploi. Elle peut constituer pour certain·es un tremplin vers une carrière, mais pour d’autres une trappe à précarité».

Dans une étude publiée le 7 février 2020, la Dares admet qu’en 2018, 963 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans n’étaient ni en études, ni en emploi, ni en formation – Not in Education, Employment or Training (NEET) –, selon la définition d’Eurostat. Or cette définition conduit à minorer l’ampleur du phénomène. Car en y incluant les jeunes jusqu’à 29 ans, le nombre de NEETS en France avoisine plutôt les 1,7 million de personnes !

Résumons : d’un côté, une majorité de séniors qui désirent partir plus tôt à la retraite, l’âge idéal souhaité selon un récent sondage se situant autour de 58 ans. De l’autre une multitude de jeunes qui peinent à entrer sur le marché du travail. Même s’il n’existe pas de relation mécaniste entre les deux phénomènes, le simple bon sens ne serait-il pas de permettre aux seniors qui le souhaitent de «libérer» un emploi qui pourrait être occupé par un jeune ?

Ainsi, quand bien même il serait indispensable de «travailler davantage», cela n’implique pas nécessairement que les Français déjà en activité doivent travailler plus longtemps: comme le remarque fort justement l’OCDE, «les Français qui travaillent le font autant que dans les autres pays de l’OCDE, mais ils sont moins souvent employés et travaillent aussi moins longtemps sur la durée de leur vie ce qui nuit à leur pouvoir d’achat pendant leur vie professionnelle comme au moment de leur retraite».

Mais ce qui pose réellement problème, outre l’entrée tardive des jeunes dans le monde du travail, c’est avant tout le taux d’emploi total des Français. Ce ratio s’élevait à 65,5% fin 2019, inférieur de trois points à la moyenne des pays de l’OCDE. Autrement dit, si nous parvenions à réduire significativement le chômage, et en particulier le chômage des jeunes, il ne serait plus nécessaire d’augmenter l’âge de départ à la retraite.

 

Autre aspect de la question, malgré la persistance du chômage de masse, nous améliorons chaque année notre productivité du travail. Selon les scénarios les plus pessimistes, la productivité horaire du travail dans notre pays pourrait désormais tourner autour de 1 % par an, ce qui est beaucoup plus rapide que l’évolution de l’espérance de vie. Bref, la croissance de notre productivité ne pourrait-elle pas compenser l’allongement de l’espérance de vie ? On le voit, reculer l’âge de la retraite résulte d’un choix politique plus que d’une obligation comptable ou financière. Un constat partagé par le Conseil d’orientation des retraites (COR) qui écrit dans son dernier rapport que malgré le vieillissement de la population française, et sans réforme d’envergure, «les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070».

Dans l’idéal, chaque individu devrait pouvoir choisir ses temps de travail et la date de son départ à la retraite (avec un système de décote soutenable), compte tenu de sa situation personnelle, de son appétence professionnelle et de ses besoins financiers. Et, a minima, chaque nation devrait pouvoir déterminer démocratiquement la durée du travail souhaitée en arbitrant entre le temps de travail (création de richesses) et le temps libre disponible (loisirs, repos, famille, culture…). Il s’agit d’un enjeu politique et d’un choix de société qui devrait donner lieu à de vrais débats et à des décisions souveraines.

La mondialisation nous l’interdit. En effet, dans une économie ouverte, sans mécanismes d’ajustement, il convient de rester en permanence compétitifs et de nous aligner peu ou prou sur la durée du travail pratiquée dans les pays concurrents. Des écarts sont évidemment possibles, mais le prix à payer peut être élevé (perte de compétitivité, chômage…). Le différentiel de coût du travail constitue un obstacle difficilement surmontable, et à moins de bouleverser nos relations économiques avec le reste du monde, nous sommes contraints de suivre les pratiques des économies dominantes : États-Unis, Chine ou Japon… pour lesquelles un équilibre harmonieux entre-temps de travail et temps libre ne constitue pas une priorité… ni même un objectif de second rang.

La contrainte internationale ne doit toutefois pas conduire à occulter le débat sur l’avenir de notre système de retraite, bien au contraire… Car repousser de trois années l’âge légal de départ à la retraite revient à contraindre de nombreux Français à vivre les trois années les plus difficiles de leur vie professionnelle et à se priver des trois plus belles années de leur retraite.

Réforme des retraites dès janvier (Macron) : du pipeau

 

 

Une nouvelle fois Macr on aurait bien dû se taire à propos du calendrier de la réforme des retraites dont il pense qu’elle sera en application des janvier 2023. Notons qu’il n’a pas été capable de la mettre en œuvre en cinq ans et qu’il lui faudra sans doute davantage que quelques mois pour la réaliser. Cela d’autant plus qu’il lui faudra cette fois organiser  une concertation autrement plus réelle et plus profonde. Sans parler des résistances corporatistes qu’il va rencontrer sur le terrain et qui pourrait même donner le signal du troisième tour social en France. Les difficultés seront d’autant plus grandes que pour faire passer sa réforme qu’ il lui faudra aussi attaquer les régimes spéciaux

C’est la mesure la plus clivante de son programme. Depuis qu’il s’est lancé dans la course à sa succession début mars, Emmanuel Macron n’a cessé de le marteler. Réélu, il engagera la réforme qu’il n’a pas pu mettre en œuvre dans le quinquennat qui s’achève : celle des retraites, frappée de plein fouet par la crise sanitaire en mars 2020. Invité du 20h de France 2 jeudi soir, le président-candidat a pour la première fois donné un début de calendrier. «L’idée, c’est quand même que cela (les négociations, LDLR) puisse durer quelques mois et donc qu’on puisse essayer de viser janvier prochain», annonce le sortant, qui a rappelé son souhait de repousser progressivement l’âge légal de départ à 65 ans et de rehausser le minimum retraite à 1100 euros.

Emmanuel Macron vise à reporter ce seuil à 64 ans d’ici 2028 et à 65 ans d’ici 2031. Et donc «de décaler de quatre mois par an l’âge légal» pour «financer notre modèle social.»

Retraités: soudain Une augmentation de 4 % en juillet !

Retraités: soudain Une augmentation de 4 % en juillet !

 

Alors que pratiquement les retraites sont bloquées depuis des années par les différents gouvernements( une toute petite exception toutefois avec Hollande), d’un coup du fait du miracle de la campagne électorale, le président candidat annonce l’indexation des retraites sur l’évolution des prix avec une augmentation de 4 % en juillet. Dommage que les élections présidentielles n’aient pas lieu tous les ans !

 

Pour tenter de convaincre les électeurs retraités d’ici le 24 avril, date du second tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a fait une promesse : augmenter les retraites de 4% en juillet s’il est réélu, et ce, en les indexant sur l’inflation.

 

Macron pense aussi à ceux qui seront retraités assez prochainement. En conséquence il assouplit ses propositions à propos de la date butoir de 65 ans il fait passer à 64 et annonces il allongera l’âge légal de quatre mois par an. En faite la philosophie qui était en cours.

 

Les retraités actuels et futurs peuvent dans pour partie se dire satisfaits de cette campagne électorale qui les aura fait sortir de l’anonymat des rémunérations.

Indexation des Retraites: soudain plus 4 % en juillet !

Indexation des Retraites: soudain plus 4 % en juillet !

 

Alors que pratiquement les retraites sont bloquées depuis des années par les différents gouvernements( une toute petite exception toutefois avec Hollande), d’un coup du fait du miracle de la campagne électorale, le président candidat annonce l’indexation des retraites sur l’évolution des prix avec une augmentation de 4 % en juillet. Dommage que les élections présidentielles n’aient pas lieu tous les ans !

 

Pour tenter de convaincre les électeurs retraités d’ici le 24 avril, date du second tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a fait une promesse : augmenter les retraites de 4% en juillet s’il est réélu, et ce, en les indexant sur l’inflation.

 

Macron pense aussi à ceux qui seront retraités assez prochainement. En conséquence il assouplit ses propositions à propos de la date butoir de 65 ans il fait passer à 64 et annonces il allongera l’âge légal de quatre mois par an. En faite la philosophie qui était en cours.

 

Les retraités actuels et futurs peuvent dans pour partie se dire satisfaits de cette campagne électorale qui les aura fait sortir de l’anonymat des rémunérations.

Réforme des retraites : uniquement pour les générations futures !

Réforme des retraites : uniquement pour les générations futures !

 

Progressivement le projet de réforme des retraites du  président  de la république est raboté. Ainsi Macron reconnaît que les 65 ans ne constituent plus le repère symbolique et qu’on pourrait abaisser un peu l’âge de départ par exemple à 64 ans. Surtout Macron envisage une mesure significative d’abandon puisque la réforme ne serait applicable qu’aux générations futures. En clair dans 30 ou 40 ans. Un délai suffisant pour que tout soit remis en cause en fonction de l’évolution structurelle et conjoncturelle. Bref une réforme qui deviendrait assez théorique.

 

Suspendue en mars 2020 pour cause de confinement, la réforme des retraites est défendue comme nécessité financière par le président-candidat afin de combler le déficit du système. Cette nouvelle version sera toutefois «différente de celle de 2017 parce que les conditions macroéconomiques ne sont pas les mêmes», a-t-il promis début avril. Emmanuel Macron souhaite mettre en oeuvre «un régime universel plus simple» mais, cette fois «seulement pour les générations futures», qui inclurait la suppression des principaux régimes spéciaux et la prise en compte des carrières longues et de la pénibilité des métiers. «Les personnes aux métiers les plus durs doivent partir plus tôt», a-t-il confirmé ce lundi. Il a ainsi proposé, comme en 2019, un système «individualisé» avec une analyse de la pénibilité des tâches que chacun a accompli pendant sa carrière. Il a suggéré des bilans de santé gratuits de la Sécurité sociale à 40 et 65 ans pour l’évaluer.

Retraites: une approche comptable erronée

Retraites:  une approche comptable erronée 

 

L’économiste et syndicaliste Bernard Laurent critique, dans une tribune au « Monde », les postulats émis par Emmanuel Macron sur le dossier des retraites, pour justifier sa proposition de passer l’âge légal à 65 ans.

 

Tribune.

Le président Macron a annoncé dans son programme présenté jeudi 17 mars le recul de l’âge légal de la retraite à 65 ans. Pourtant il y a cinq ans il estimait régler le problème des retraites ce qui l’avait conduit à demander à Jean-Paul Delevoye d’organiser l’unification de l’ensemble des régimes et l’extension du système par points en vigueur pour les retraites complémentaires au régime général de base (appelée réforme systémique).

La contestation forte des bénéficiaires de régimes spécifiques (les indépendants comme les médecins, les avocats, les dentistes…) ou des régimes spéciaux (SNCF, RATP…) ont eu raison de la volonté de réforme. Avant la crise du Covid, avait été évoquée une réforme moins ambitieuse proposant le recul progressif de l’âge légal à 64 ans (réforme paramétrique).

Le très important déficit du système des retraites en 2020 (− 18 milliards d’euros) a relancé la question de l’équilibre du régime général de retraite par répartition et fait ressurgir la question du report de l’âge légal. Un examen attentif du dossier devrait nous inciter à être beaucoup moins péremptoires dans l’appel à la réforme d’un système prétendument en perdition.

Recensons quelques contrevérités. Le déficit de 2021 comme expression d’un système à bout de souffle : dans son rapport de juin 2021 le Conseil d’orientation des retraites (COR) convient lui-même d’une part que le déficit est nettement inférieur aux premières estimations – 18 milliards contre 23,5 prévus en novembre 2020 –, d’autre part que l’ampleur du déficit est due à la baisse des recettes liées à l’effondrement de la croissance (− 8 %) – à cause de la crise du Covid. En période de conjoncture habituelle, le régime sera équilibré.

L’âge légal n’est pas tenable : là encore c’est une contrevérité parce que raisonner en prenant cet élément comme variable essentielle, autour de laquelle le système doit être structuré, n’a pas de sens. Les réformes antérieures, qui lui ont substitué l’idée de durée de cotisations pour pouvoir prétendre liquider les droits d’un bénéficiaire sans pénalités, portent leur fruit.

Nous sommes passés de 37,5 années de cotisations en 1992 à 43 ans aujourd’hui, si bien que, pour les générations nées après 1975, l’équilibre du régime est assuré. Peu d’entre eux entrent sur le marché du travail avant 22 ans ce qui les conduira à travailler jusqu’à 65 ans au moins ! Reste à régler l’équilibre du système pour les générations nées avant 1980. Le paragraphe suivant donnera la réponse.

Manif des retraités pour le pouvoir d’achat

Manif des retraités pour le pouvoir d’achat
La conjoncture géostratégique écrase évidemment les problématiques intérieures y compris la principale question du pouvoir d’achat en France. Pour résumer concernant les retraités, les organisations ne peuvent se satisfaire d’une augmentation de 1 % environ au 1er janvier alors que la perspective d’inflation sera supérieure à 5 % en 2022. Mais une problématique qui concerne aussi les salariés.Une  large union de syndicats de retraités a appellé à une mobilisation nationale pour le pouvoir d’achat et les droits des retraités ce jeudi 24 mars. Des rassemblements ont lieu ou sont attendus dans une vingtaine de villes françaises, dont Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux. Le groupement intersyndical appelant à la mobilisation comprend neuf membres : la CGT, l’Union confédérale des retraités FO, la CFTC, la CFE-CGC, FSU, Solidaires, Retraités de la fonction publique, LSR et Ensemble & Solidaires.

L’intersyndicale réclame l’indexation des retraites sur les salaires.

Les représentants des syndicats alertent sur l’inflation des prix qui provoque une hausse du coût de la vie pour les retraités et réclament l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

«Nous ne voulons pas de prime, mais une véritable augmentation des pensions de retraite», a déclaré plus tôt cette semaine Marc Bastide, secrétaire général de l’UCR-CGT. La revalorisation des retraites au 1er janvier 2022 n’a pas satisfait les représentants syndicaux. «Les pensions ont augmenté en début d’année de 1,1%, alors que l’inflation est à 4%», constate Marylène Cahouet, responsable de la section retraités de la FSU.

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