Archive pour le Tag 'Retraite'

Retraite à 65 ans : la CFDT dit non

Retraite à 65 ans : la CFDT dit non

La CFDT ne boycottera pas les concertations qui vont démarrer mais est opposé à un recul de l’âge de départ en retraite. Il souhaite réfléchir avec les autres syndicats à des actions communes. (dans le JDD, extrait). Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger , n’est plus aussi coopératif qu’en 2018 quand il s’agissait de discuter d’une réforme systémique des retraites. « Les 65 ans, on va les combattre », assène le leader du premier syndicat français. Et d’ajouter : « C’est une mesure qui pénalise surtout ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui ont des carrières hachées et pénibles, les femmes. »

Le gouvernement a décidé de laisser du temps au temps sur la réforme des retraites. Vous êtes satisfait ?
On a évité le passage en force qu’aurait constitué un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour reculer l’âge légal de départ en retraite. Nous avons tout fait pour combattre un tel scénario. Mais la CFDT ne discutera pas avec un sablier sur la table, dans l’urgence. Pourquoi le gouvernement veut-il cette réforme ? Pour réduire le déficit qui n’est pas hors de contrôle ou financer autre chose ? Pour améliorer le système et le rendre plus juste ? Il faut être clair avec les salariés. Sur l’emploi des seniors, la pénibilité, la retraite progressive, les parcours des femmes, la CFDT a des propositions. Mais on est opposés au recul de l’âge de départ à 65 ans. C’est une mesure qui pénalise surtout ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui ont des carrières hachées et pénibles, les femmes.

Soixante-cinq ans, c’est niet ? Même avec des mesures de compensation ?
C’est niet. Aujourd’hui, le facteur âge n’a plus grand sens : les salariés partent en moyenne à 63,1 ans. Reculer à 65 ans, c’est une mesure brutale. Pas question de discuter avec un pistolet sur la tempe du genre « c’est ça ou rien ». Le gouvernement a troublé le jeu en parlant de financement de la santé, de l’écologie, de l’éducation. Mais ça n’est pas aux actifs de payer les politiques publiques ! Il ne faut pas mélanger les comptes sociaux et ceux de la nation. Notre système des retraites est solide mais injuste. C’est cela qu’il faut corriger.
Lundi, vous vous retrouvez avec les autres syndicats. Allez-vous participer aux concertations ?
Depuis l’été, on se voit régulièrement avec les autres organisations syndicales. Notre objectif est d’établir des propositions communes et d’envisager des actions ensemble. Il ne s’agit pas pour la CFDT de boycotter les concertations avec le gouvernement. Mais il faudra que le dialogue soit ouvert et loyal. Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous avons des propositions telles que le minimum contributif, la pénibilité, l’emploi des seniors… Mais les 65 ans, on va les combattre. Vous savez, quand j’échange avec le gouvernement, je n’ai pas le syndrome de Stockholm, je n’épouse pas leurs thèses pour autant.

En 2018, vous étiez plus ouvert au dialogue…
J’entends dire que la CFDT n’assumerait pas ses responsabilités. C’est faux et nous n’avons de leçons à recevoir de personne. Certains commentateurs et acteurs politiques ont la mémoire courte. Nous avons toujours joué le jeu de la négociation. Mais la situation du régime n’a rien à voir avec celle de 2003, de 2010 ou 2013. À ceux qui disent qu’il faut remettre la France au travail, je réponds qu’il n’y a jamais eu autant de travailleurs, 800 000 emplois ont été créés depuis le Covid. Un élu a même affirmé que rien n’avait été fait depuis trente-cinq ans. Et la réforme Balladur de 1993 ? Le passage à quarante ans de cotisations en 2003 ? Le recul à 62 ans de l’âge de départ en 2010 ? Et la réforme Touraine de 2013 ? Arrêtons de prendre les Français pour des idiots. Le risque de déséquilibre budgétaire lié au baby-boom a été maîtrisé. Quand le gouvernement se met dans un corner en refusant de parler du partage de la richesse et de la taxation du capital, on finit par faire croire aux Français que la seule façon de financer les politiques publiques, c’est de travailler plus longtemps. Il y a d’autres leviers, en particulier la fiscalité.
Lire aussi – PLFSS, PLFRSS ou projet de loi adhoc, on vous explique ce que ça change pour la réforme des retraites

Irez-vous aux prochaines réunions du Conseil national de la refondation ?
La force de la CFDT, c’est sa cohérence. J’avais dit que si le gouvernement passait en force, on n’irait plus. Ça n’est pas le cas, on continuera donc d’y participer. Car nous voulons parler transition écologique, santé, éducation, évolutions du travail. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans lien avec les retraites.
Organiserez-vous des manifestations en cas de passage à 65 ans ?
Des mobilisations sont organisées dans de nombreuses entreprises pour obtenir de meilleurs salaires. Et elles font bouger les lignes. Sans vouloir préempter la réunion de lundi, je souhaite qu’on puisse construire des expressions en commun et ça ne passe pas seulement par des manifestations. Dans cette période délicate, le syndicalisme doit agir de concert. De notre côté, il n’y aura pas de jeu de dupes.


Faut-il taxer les entreprises qui n’embauchent pas de seniors ?

Le taux d’emploi des seniors atteint 33 % en France contre 70 % en Suède. On ne va pas pouvoir discuter de l’allongement de la durée de carrière si on ne résout pas le sort de tous ceux qui sont mis dehors avant la retraite ! Le patronat a une responsabilité. Il faut obliger les entreprises à garder et embaucher des seniors alors même qu’elles disent peiner à recruter. La contrainte ne peut pas reposer uniquement sur les travailleurs. Mais aussi sur les employeurs. Qu’est-ce qu’a révélé la pandémie ? Que notre pays ne tenait pas sans un certain nombre d’agents publics et de travailleurs de seconde ligne. On ne va donc pas laisser passer une réforme qui les pénaliserait en premier.
Sur la réforme de l’assurance chômage, allez-vous vous engager dans des concertations alors que vous refusez une modulation des règles en fonction de la conjoncture ?
La contracyclicité, on n’en veut pas. C’est un piège. La concertation est donc toute faite. Tant qu’on n’aura pas compris que le problème du chômage est avant tout lié à une absence de formation pour 30 % des emplois vacants, d’attractivité et de mobilité, de logement et de garde d’enfants, on fera des mesures qui tombent à côté de la plaque. Il faut investir dans une logique d’accompagnement global, au plus près du terrain.

Emmanuel Macron a-t-il changé de méthode ?
Il a lancé le CNR, il a écarté un coup de force sur les retraites. Nous jugerons aux actes.
Irez-vous à la marche contre la vie chère organisée le 16 octobre par les Insoumis ?
Non, comme tous les autres syndicats. Il ne faut pas confondre démarche politique et action syndicale. Chacun doit être dans son rôle. Personne ne représentera les travailleurs à la place des syndicats.

Retraite: La réforme est devenue un piège pour Macron

Retraite: La réforme est devenue un piège pour Macron

 

Comme d’habitude chez Macron des grandes déclarations, de grands projets comme sur la r traite. Il avait promis une retraite universelle et tout cela va se finir peut-être par un léger recul de l’âge de la retraite….. déjà en cours du fait des réformes précédentes ( (le  départ en retraite est en effet de 63,5 ans en moyenne et la proposition de Macron pourrait se limiter un allongement de six mois). Le dossier est l’emblème des déceptions suscitées à gauche par le macronisme et le symbole des contradictions politiques dans lesquelles se trouve le président de la République, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

Est-ce parce qu’Emmanuel Macron a tant de mal à envisager la sienne que le dossier des retraites est en traiLa réforme est devenue un piège pour Macron de virer au psychodrame ? Sur le papier, pourtant, rien ne paraît insurmontable : si l’on se réfère aux dernières prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR) , le système, excédentaire en 2021 et 2022, va renouer avec les déficits dès l’an prochain pour rester durablement déséquilibré. Le rapport évoque une fourchette de déficit comprise entre 7,5 milliards et 10 milliards d’euros en 2027. Le besoin de financement se situerait ensuite entre 12,5 milliards et 20 milliards à l’horizon 2032.

Il faut donc agir sans tarder en choisissant la solution la moins mauvaise dans un panel bien connu des gouvernements précédents puisque tous se sont heurtés à la même réalité démographique : la France vieillit et le rapport entre actifs et retraités se dégrade. Pour assurer la pérennité du régime par répartition, il faut soit baisser le niveau des pensions versées aux retraités, ce qui est socialement inacceptable, soit augmenter la charge financière sur les actifs, ce qui est particulièrement délicat en période d’inflation, soit allonger la durée de la vie active.

Ce qui ne devrait être qu’une discussion de bon sens, certes difficile, est en train de virer à l’épreuve de force politique parce que, lundi 12 septembre, devant l’Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron a évoqué l’hypothèse d’agir par une mesure d’âge dès la discussion, cet automne, du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Aussitôt, son allié du MoDem François Bayrou s’est dressé contre l’absence de concertation tandis que Laurent Berger y a vu un casus belli. Sur France Inter, dimanche 18 septembre, le secrétaire général de la CFDT a prévenu qu’en cas d’action immédiate ses troupes seraient dans la rue et que son syndicat boycotterait le conseil national de la refondation qui a difficilement démarré le 8 septembre. Toute la tonalité du quinquennat se trouve désormais suspendue à la décision que doit prendre dans les prochains jours la première ministre, Elisabeth Borne.

Si un tel point de crispation a été atteint aussi rapidement, c’est que le dossier des retraites n’est pas que financier. D’un quinquennat à l’autre, il s’est transformé en boulet politique, à la fois emblème des déceptions suscitées à gauche par le macronisme et symbole des contradictions politiques dans lesquelles se trouve empêtré le président de la République.

La déception, à gauche, vient de l’échec du premier projet, celui de 2017, que Laurent Berger avait, au départ, soutenu parce que l’objectif n’était pas de rééquilibrer le système mais d’en corriger les plus criantes inégalités. La retraite par points faisait miroiter à chacun la possibilité de gérer sa vie active comme il l’entend.

Système de retraite : provisoirement dans le vert

Système de retraite : provisoirement dans le vert

D’après le conseil d’orientation des retraites, le système a dégagé Près de 900 millions d’euros en plus en 2021, et plus de 3,2 milliards en 2022. 

Ces bons résultats s’expliquent en grande partie par la reprise économique, la baisse du chômage, grâce à des créations d’emplois, qui ont permis au régime d’engranger des recettes ces deux dernières années. Et le montant est conséquent, notamment en 2022 : 3,2 milliards d’euros représentent 0,1% de PIB.

En revanche, les prévisions avancées par le Conseil d’orientation des retraites ne sont pas très optimistes. L’accalmie devrait être de courte durée, puisque dès la fin de cette année, et jusqu’en 2032, la situation du régime devrait se dégrader. Le déficit pourrait aller de -0,5 de PIB à -0,8 point, en fonction de la convention retraite retenue. Soit entre 7,5 et 10 milliards d’euros de déficit en 2027, selon les options retenues – en fonction notamment des scénarios d’évolution du taux de chômage et de la productivité.

Et l’organisme table en moyenne sur un système déficitaire, quel que soit le scénario pour les 25 prochaines années.

Mais à plus long terme, de 2032 à 2070, malgré un vieillissement progressif de la population, la part des dépenses de retraites dans la richesse nationale serait stable ou en diminution, note le COR.

L’institution souligne aussi « les fortes incertitudes qui entourent ses travaux, l’évolution du contexte économique des prochaines années dépendant de la situation internationale ainsi que de la situation sanitaire « .

Si l’organisme est aussi prudent, c’est parce que, par le passé, il a souvent été montré du doigt pour ses projections beaucoup trop optimistes, notamment en matière de baisse du chômage. Il n’empêche, malgré ses précautions, ces conclusions ne manqueront pas de donner du grain à moudre au débat politique, dans un contexte où le chef de l’Etat souhaite mener sans attendre, une réforme des retraites, et où pendant la campagne, il a avancé comme objectif un passage de l’âge légal de 62 à 64 ans. Dans le Point, Olivier Dussopt, le ministre du travail et du plein emploi, en charge du dossier, assure que « le système des retraites est structurellement en déficit. »

De leurs côtés, les syndicats sont nombreux à freiner des quatre fers, jugeant que cette réforme n’est ni « urgente, ni essentielle ». Reçus ce lundi par Olivier Dussopt, ils ont réaffirmé leur opposition à ce chantier. Ils craignent que des mesures figurent dans le futur budget de la sécu, le PLFSS, qui sera discuté cet automne au Parlement.

Assurance-chômage et retraite : passage en force ?

Assurance-chômage et retraite : passage en force ?

 

Le gouvernement s’apprêterait à passer en force à la fois sur la réforme de l’assurance chômage mais aussi sur les retraites considérant que la situation économique est encore favorable. L’objectif est de faire travailler plus les Français.

Le seul problème c’est que les partenaires sociaux syndicats de salariés mais aussi syndicats patronaux ne sont pas très chauds et même pour  certains opposés engagés des discussions sur des sujets qui risquent de mettre le feu aux poudres un moment justement où la croissance, elle, sera alors proche de zéro mais l’inflation au zénith

En matière d’assurance-chômage, il s’agit de moduler la durée des indemnités – pas forcément le montant – en fonction de la conjoncture économique. Plus la situation économique est mauvaise, et moins le régime d’indemnisation sera généreux. Et inversement. L’objectif étant d’inciter les demandeurs d’emploi à reprendre un travail au plus vite. Surtout quand il y a des pénuries de main-d’œuvre.

Concernant la retraite, il s’agit là aussi de pousser les actifs à rester plus longtemps en poste. Emmanuel Macron, pendant la campagne, avait évoqué un report de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans voire 65. Si depuis, il a assuré que « l’âge n’était pas un totem », il souhaite au moins accélérer le calendrier de la réforme Touraine de 2014, pour allonger la durée de cotisations et maintenir dans le marché du travail plus longtemps les Français.

Sur l’assurance chômage, Olivier Dussopt le ministre du Travail a déjà prévenu : il s’en tiendra à une concertation avec les partenaires sociaux. Exit la négociation.

Quant au calendrier, il n’est pas défini, mais dans les grandes lignes, les discussions devraient débuter très rapidement pour se tenir jusqu’à la fin de l’année. Le gouvernement prendrait en compte la période des élections professionnelles – chère aux syndicats – entre novembre et décembre 2022, pour ne rien présenter.

Mais selon nos informations, dès le début de l’année, un projet de loi pourrait être soumis au Parlement. Sans majorité absolue, l’exécutif espère obtenir les voix des Républicains pour faire voter un texte qui fera de la « valeur travail » sa priorité.

Pour la réforme des retraites, le gouvernement a l’été prochain en ligne de mire. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire le répète : « La réforme des retraites doit entrer en vigueur - de façon progressive – dès l’été 2023 ». L’idée est de concerter avec les parties prenantes en début d’année, jusqu’au printemps pour vote d’un texte avant l’été.

 

L’usure au travail, motif de retraite ?

L’usure au travail, motif de retraite ?

 

 

Le politiste Bruno Palier, Directeur de recherche au CNRS  souligne dans une tribune au « Monde » que l’attachement des Français à prendre leur retraite le plus tôt possible a été étudié en détail par la recherche. C’est la poursuite par les entreprises d’une productivité toujours plus grande qui explique le plus souvent le désir des seniors d’arrêter de travailler.

Un article intéressant qui distingue les  catégories socioprofessionnelles et conditions sociales de travail dans le débat sur la retraite. NDLR

 

Malgré l’allongement de la durée de vie, de plus trois mois chaque année jusqu’à récemment, la plupart des Français ne souhaitent pas travailler plus longtemps. Quand l’occasion se présente, ils partent en retraite le plus tôt possible. Différentes enquêtes analysent les motivations de ces départs à la retraite. Celle menée par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV) en 2008, confirmée par de nombreuses enquêtes dirigées depuis par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des affaires sociales, souligne que ceux qui veulent bien travailler plus longtemps sont ceux qui associent travail et « réalisation de soi, épanouissement personnel, valorisation et expression de soi, utilité sociale, bien-être et lien social ». Il s’agit le plus souvent de cadres, de professions intellectuelles, de diplômés du supérieur.

En revanche, ceux, beaucoup plus nombreux, qui souhaitent partir le plus tôt possible associent travail et « fatigue au travail (physique et morale), contraintes (horaires, rythme de vie), obligations, usure, stress, pression, dégradation de l’ambiance au travail et du statut personnel ». Les enquêtes menées depuis confirment que l’usure au travail constitue une motivation forte au départ.

De nombreux travaux de sociologues montrent depuis longtemps les dégradations des situations de travail et du rapport au travail en France. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent une très forte majorité des maladies professionnelles et augmentent depuis dix ans (35 000 nouveaux cas par an). Tous ces indices soulignent le rythme toujours plus soutenu de l’organisation du travail, les contraintes organisationnelles accrues et le stress au travail.

Il s’agit là des conséquences concrètes des stratégies retenues par la plupart des entreprises françaises. Pour rester compétitives dans une économie mondialisée, les entreprises ont choisi de ne garder que les salariés les plus productifs, et de leur demander de travailler toujours plus intensément. Si l’on regarde les taux d’emploi en France, en particulier ceux des seniors, on s’aperçoit qu’ils sont plus faibles que dans beaucoup de pays européens : 53,3 % des personnes de 55-65 ans sont en emploi en 2018, tandis que la moyenne européenne est de 58,7 % (71,4 % en Allemagne ou 77,9 % en Suède), ce qui a fait dire au candidat Macron que l’on travaillait moins en France qu’ailleurs.

Certes, moins de gens travaillent que dans d’autres pays, en particulier parmi les seniors, mais ceux qui travaillent le font de manière de plus en plus soutenue. La France combine un taux d’emploi faible des seniors et des jeunes avec une productivité horaire du travail parmi les plus élevées d’Europe (117 pour la France pour une base 100 correspondant à la moyenne européenne, données Eurostat pour 2019). Comme le mentionne l’étude de la CNAV de 2008, « les assurés de moins de 60 ans ont souvent insisté sur la détérioration du climat professionnel, dénonçant la quête de productivité et la course au rendement. Il semble que ces nouvelles valeurs managériales aient conduit à la perte d’une ambiance sereine et conviviale que certains assurés ont connue en début de carrière, ambiance pâtissant désormais de comportements plus individualistes. Elles ont aussi amené des restrictions de personnel et ainsi contribué à l’accroissement des charges de travail » (Aouici et al., 2008, page 23). Si les nombreux suicides chez les constructeurs automobiles ou bien à France Télécom ont illustré à l’extrême les impasses de cette stratégie d’hyperproductivité, d’une façon générale, celle-ci explique en grande partie pourquoi ceux qui travaillent ne souhaitent pas le faire plus longtemps. Quant à ceux qui n’ont pas accès à l’emploi, ils ne comprennent pas qu’on demande de travailler plus longtemps alors qu’ils n’en ont même pas la possibilité.

Réforme des pensions : Macron et Le Pen battent en retraite

Réforme des pensions : Macron et Le Pen battent  en retraite

 

Sur cette question centrale qui pourrait contribuer à désigner le vainqueur du deuxième tour des présidentielles, les candidats révisent à la baisse les critères de révision de leur réforme. En clair,  on adoucit nettement les positions avec Macron qui recule maintenant à 64 ans l’âge minimal mais avec des aménagements pour tenir compte des situations personnelles. Et Le Pen de son côté lâche aussi sur la perspective de 62 ans avec une possibilité à 60 ans pour certains.Bref Macron et Le Pen battent en retraite ! Et ce n’est sans doute pas fini.

Marine Le Pen, elle, dénonce « la manoeuvre » de Macron . Et de fustiger le changement de pied de son compétiteur sur le sujet : « entre 64 et 65 ans, c’est tout aussi terrible, c’est tout aussi injuste« , a-t-elle commenté ce matin. « En réalité, la retraite à 65 ans, il ira au bout car c’est son obsession ».

Après avoir proposé une réforme à 60 ans pour tous, la candidate du Rassemblement national a, elle, aussi revu sa copie, en février dernier. Pour être plus réaliste face aux contraintes budgétaires, elle a finalement opté pour un système progressif, en fonction de l’âge d’entrée sur le marché du travail. Autrement dit, ne bénéficieront d’un départ à 60 ans que les Français qui ont commencé à travailler tôt, avant 20 ans. Les autres partiront plus tard.

Aujourd’hui, le système général des retraites est loin d’être à l’équilibre. Après un déficit de 13 milliards d’euros en 2020 à cause de la pandémie, les comptes se sont un peu améliorés avec la reprise – meilleure que prévue -, mais le déficit reste au moins à 2,5 milliards d’euros.

Tout dépendra aussi des prochaines estimations du Conseil d’orientation des retraites, le COR, publiées jeudi. Selon le Figaro, qui a eu accès aux documents de travail en amont, le déficit des retraites devrait continuer à se creuser pour les années à venir. Dans le pire des cas, jusqu’à 0,8% du PIB d’ici 50 ans. Ce qui signifie devoir trouver entre 30 et 40 milliards d’euros.

 

Retraite à 65 ans : prise en compte de critères individuels

Retraite à 65 ans : prise en compte de critères individuels

 

 

Après avoir abandonné sa fameuse réforme universelle des retraites, Macron précise sa nouvelle ligne politique dans ce domaine. Il semble bien que Macron ait pris en compte notamment la durée de cotisation mais aussi la pénibilité.

 

Des objectifs en particulier soutenu par la CFDT qui ne s’oppose pas à une réforme globale mais qui souhaite qu’elle soit adaptée aux réalités des conditions de travail et des profils des futurs retraités en particulier ceux ayant une carrière longue.

 

Macron déclare donc qu’il entend désormais tenir compte «des carrières longues» ainsi que «des métiers fatigants, physiquement ou nerveusement», citant les travailleurs des abattoirs et les enseignants, pour qui «il est parfois dur dans certaines classes d’aller jusqu’à 65 ans». Pour tous ces cas, «on va adapter les fins de carrière par la négociation», a-t-il assuré sur France 3.

Retraite à 65 ans: La fuite en avant des Français

Retraite à 65 ans: La fuite en avant des Français

 

 

Un papier de l’ »Opinion » souligne les contradictions et la fuite en avant des Français en matière de certaines dépenses concernant notamment les retraites. Notons que le gouvernement encourage aussi la confusion en ne précisant pas clairement la nécessité de tenir compte de la pénibilité pour l’âge de la retraite.

 

L’institut Elabe a soumis à un échantillon de Français, pour BFMTV et L’Express, 15 propositions piochées dans l’épais catalogue du candidat Macron. Quatre n’ont pas d’effet évident sur les finances publiques (transformer Pôle emploi en France travail, donner plus d’autonomie aux écoles, conditionner l’augmentation des enseignants à des missions supplémentaires, lier le RSA à des heures d’activité et un meilleur accompagnement). Dix se traduiront par des dépenses supplémentaires ou de moindres recettes (recruter 50 000 infirmiers, relever le minimum retraite, supprimer la redevance, gonfler le budget de la défense, verser les aides sociales automatiquement…). Une constitue une source claire d’économies : le recul à 65 ans de l’âge légal de la retraite. La seule qui soit majoritairement rejetée par les sondés (69 % d’avis défavorables).

Comment s’en étonner, dès lors que le président Macron distribue littéralement les milliards chaque semaine, à coups de hausse générale des fonctionnaires, de chèque inflation et autre ristourne sur le prix de l’essence ? Comment imaginer que les Français préfèrent la discipline à la facilité budgétaire, quand le « quoi qu’il en coûte », justifié par la mise à l’arrêt de l’économie face à la pandémie mais intervenant après quarante-cinq ans d’empilement des déficits, est en train d’être transformé en « aussi longtemps que vous voudrez » ?

Ce laisser-aller n’est pourtant pas tenable éternellement. Non seulement il met la France à la merci de la remontée des taux d’intérêt, mais il est contradictoire avec l’ambition proclamée partout de retrouver une souveraineté économique. « Faire de notre pays une Nation plus indépendante » était le premier axe défendu par le même candidat Macron lors de sa conférence de presse, jeudi. Or la moitié de notre montagne de dette est détenue par des étrangers.

Maisons de retraite : après Orpea , Korian dans la tourmente ?

Maisons de retraite : après Orpea , Korian dans la tourmente ?

D’après une enquête du journal la Tribune , Korian le plus grand groupe de maisons de retraite pourrait rapidement se retrouver en pleine tourmente de la même manière qu’Orpea en raison d’une politique excessive de rentabilité qui nuit à la qualité de l’accueil et des soins aux résidents. Notons que le tarif moyen pour un EHPAD et de l’ordre de 2000 € par mois mais qu’il peut atteindre 5000 € et même davantage dans des établissements privés

 

Pour comprendre la crise, la tribune indique qu’il il faut revenir au « business model » de ces établissements privés pour personnes dépendantes à but évidemment lucratif. Le taux d’occupation (TO) – lit occupé par établissement – constitue l’indicateur clé pour monitorer le chiffre d’affaires et définir les budgets de ces unités. De celui-ci dépend le montant des financements publics. Ces dotations sont accordées par les départements et l’agence régionale de santé (ARS) au titre de la prise en charge « soin » et « dépendance » du résident. Un niveau d’occupation des lits élevés couplé à un nombre de personnes âgée très dépendantes font gonfler l’enveloppe publique et… le chiffre d’affaires.

Par ailleurs, le taux d’occupation permet de suivre l’activité la plus lucrative du groupe : l’hôtellerie-restauration, dont les tarifs sont libres. En 2019, elle représentait 59,9% des 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires de l’activité, contre 10,19% pour la dépendance et 18,1% pour les soins, selon la répartition des revenus figurant dans un document interne que La Tribune a pu consulter. Et confirmé par plusieurs budgets d’établissement analysés.

E

Politique- Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

Politique-Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

 

 

 

On ne peut sans doute pas reprocher à Macron d’avoir tenté de rapprocher les points de vue en Ukraine mais force est de  constater qu’il a complètement échoué. Par compte il est fortement critiquable pour avoir instrumentalisé son interversion en déclarant qu’il avait obtenu une rencontre entre Biden et Poutine. Les faits tragiques ont démenti cette réalité. En la circonstance, Macron s’est servi de la conjoncture internationale pour valoriser sa candidature à la présidentielle.

 

Il est évident que Poutine considère Macron comme quantité négligeable. Son partenaire est essentiellement Biden. Pour lui , l’Europe ne compte pas diplomatiquement et encore moins militairement. Quant à la France, comme d’habitude elle parle dans tous les sens mais agit peut.

 

Le second échec militaire et diplomatique est encore davantage imputable à Macron au Mali. En effet la force Barkhane est contrainte de se replier sur l’insistance de la junte désormais manipulée par la Russie et la Chine.

 

La situation était pourtant prévisible depuis longtemps dans la mesure où les moyens donnés à l’opération Barkhane  étaient particulièrement sous-estimés. Comment en effet maintenir l’ordre avec 5000 militaires dans un espace aussi grand que celui de l’Europe. Au bas mot, il aurait fallu 50 000 militaires. Un chiffre impossible à atteindre depuis la professionnalisation de l’armée qui compte uniquement sur les technologies.

 

En outre la stratégie de Barkhane n’a pas suffisamment intégré la nécessité du codéveloppement pour rétablir un minimum de progrès économique et de fonctions étatiques.

 

Bref le bilan international de Macron est assez médiocre. Certes il parle, il parle mais la profusion de ses discours ne renforce pas sa crédibilité au plan international.

Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

Macron : après la retraite de Russie, la retraite du Mali

 

 

 

On ne peut sans doute pas reprocher à Macron d’avoir tenté de rapprocher les points de vue en Ukraine mais force est constatée qu’il a complètement échoué. Par compte il est fortement critiquable pour avoir instrumentalisé son interversion en déclarant qu’il avait obtenu une rencontre entre Biden et Poutine. Les faits tragiques ont démenti cette réalité. En la circonstance, Macron s’est servi de la conjoncture internationale pour valoriser sa candidature à la présidentielle.

 

Il est évident que Poutine considère Macron comme quantité négligeable. Son partenaire est essentiellement Biden. Pour lui , l’Europe ne compte pas diplomatiquement et encore moins militairement. Quant à la France, comme d’habitude elle parle dans tous les sens mais agit peut.

 

Le second échec militaire et diplomatique est encore davantage imputable à Macron au Mali. En effet la force Barkhane est contrainte de se replier sur l’insistance de la junte désormais manipulée par la Russie et la Chine.

 

La situation était pourtant prévisible depuis longtemps dans la mesure où les moyens donnés à l’opération Barkhane  étaient particulièrement sous-estimés. Comment en effet maintenir l’ordre avec 5000 militaires dans un espace aussi grand que celui de l’Europe. Au bas mot, il aurait fallu 50 000 militaires. Un chiffre impossible à atteindre depuis la professionnalisation de l’armée qui compte uniquement sur les technologies.

 

En outre la stratégie de Barkhane n’a pas suffisamment intégré la nécessité du codéveloppement pour rétablir un minimum de progrès économique et de fonctions étatiques.

 

Bref le bilan international de Macron est assez médiocre. Certes il parle, il parle mais la profusion de ses discours ne renforce pas sa crédibilité au plan international.

Retraite des conjoints d’agriculteurs en hausse

Retraite des conjoints d’agriculteurs en hausse

Après le relèvement du montant des pensions des chefs d’exploitation ( à 1035 €) c’est au tour des conjoints d’agriculteurs de voir leur retraite augmenter.

Plus de 200 000 retraités – conjoints, aides familiaux et surtout conjointes d’exploitants agricoles – bénéficient à compter de mercredi 9 février d’une revalorisation de leur pension de retraite, a annoncé l’exécutif. « Les femmes en sont les principales bénéficiaires : elles seront plus de 120 000 à voir leur pension augmenter d’en moyenne 70 euros par mois ; 30% d’entre elles bénéficieront d’une hausse de pension supérieure à 100 euros par mois », a précisé le gouvernement dans un communiqué. 

Les  »conjoints collaborateurs » d’exploitants agricoles percevaient jusque-là une retraite de 604 euros par mois en moyenne, quand ils ont validé 150 trimestres, et 307 euros dans les autres cas. 

« Les Fossoyeurs »: un livre qui critique la gestion des maisons de retraite

« Les Fossoyeurs »:  un livre qui critique la gestion des maisons de retraite

Le journaliste indépendant Victor Castanet décrit dans une enquête très fouillée, publié chez Fayard mercredi 26 janvier, les dérives lucratives de certains Ehpad du secteur privé. Son travail nourrit une nécessaire réflexion sur les modalités de prise en charge de la dépendance. (critique du Monde)

Autant le dire d’emblée : il serait injuste de réduire Les Fossoyeurs (Fayard, 388 pages, 22,90 euros) à la virulence de son titre et de n’y voir qu’un brûlot sans profondeur. L’enquête du journaliste indépendant Victor Castanet sur le « business » des maisons de retraite privées mérite au contraire d’être portée et débattue en place publique. A l’approche de l’élection présidentielle, elle vient nourrir de façon dérangeante – parfois même révoltante – le débat sur ce sujet majeur.

Le but de l’auteur n’est pas de prétendre que tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du pays sont des mouroirs où les « aînés » sont maltraités. Jamais il ne tombe dans la généralisation. Les « fossoyeurs » qu’il présente ne sont pas les « petites mains » de ce monde si particulier (auxiliaires de vie, employés, soignants…) mais plutôt certains décideurs pour lesquels la vieillesse est devenue, d’après lui, un filon lucratif. Un groupe privé français au succès éclatant concentre l’essentiel de ses attaques : Orpéa, le numéro un mondial du secteur des Ehpad et des cliniques. Un mastodonte : 65 000 collaborateurs dans 1 100 établissements à travers la planète ; 220 Ehpad rien qu’en France.

En s’intéressant d’abord aux dérives signalées dans l’un d’eux, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), l’auteur n’imaginait pas qu’il plongerait à ce point au cœur de ce qu’il appelle le « système Orpéa ». Sous sa plume, les révélations pleuvent. A l’en croire, l’obsession de la rentabilité aurait poussé les dirigeants historiques du groupe – à commencer par son fondateur, le docteur Jean-Claude Marian, aujourd’hui richissime président d’honneur –, à imposer des méthodes managériales contestables, à rogner sur les dépenses, à s’arranger pour profiter au mieux de l’argent public, à jongler sans cesse avec les contrats de vacataires. Sans oublier les liens financiers avec des fournisseurs et des apporteurs d’affaires, ou encore une troublante proximité avec des hauts fonctionnaires et des élus. Le tout au nom d’une phrase érigée en dogme dans les réunions d’état-major : « Il faut que ça crache ! »

L’auteur décrypte ce mécanisme qui explique selon lui les dysfonctionnements constatés dans certains Ehpad Orpéa. Le groupe, sollicité à plusieurs reprises, n’a pas souhaité répondre à ses questions, tout comme M. Marian et ses deux plus proches collaborateurs, personnages centraux de ce récit d’une richesse factuelle bluffante.

Victor Castanet, soutenu par son éditeur (Fayard), assure détenir les preuves de ce qu’il avance pour dénoncer la « gestion exclusivement comptable de la prise en charge d’êtres humains vulnérables ». En près de trois ans d’enquête, il a rencontré 250 personnes, enregistré plus de 200 témoignages, déniché des rapports confidentiels et des courriels internes, obtenu l’appui de témoins prêts à l’accompagner en justice si nécessaire. Parmi eux, des proches de résidents mais aussi d’anciens cadres d’Orpéa, et même une juriste employée aux ressources humaines du groupe, Camille Lamarche. Cette jeune femme, qui se perçoit comme une lanceuse d’alerte, a joué un rôle actif dans cette investigation dont le journaliste sort avec deux certitudes : les autorités de contrôle (inspection du travail, Assurance-maladie, agences régionales de santé…) ne sont pas de taille à lutter face à un groupe si puissant, et il est urgent, pour l’Etat, de se pencher sur le sujet.

Réforme de la retraite à points enterrée par Élisabeth Borne

Réforme de la  retraite à points enterrée par Élisabeth Borne

Il ’y aura pas pas de réforme des retraites durant ce mandat présidentiel mais en plus la philosophie même de la transformation envisagée pourrait être assez fondamentalement modifiée. En clair on devrait simplement simplifier le système centré sur l’unification des régimes et un minimum de pension.

Il faut dire que la retraite à points paraissait particulièrement complexe et que tout dépendait au-delà du critère retenu surtout de la valeur du point et de sa traduction dans le niveau des retraites.

Au cours de sa dernière télévisée le président la république a considéré que des conditions n’étaient pas réunies pour réaliser maintenant la réforme repoussée donc après les élections présidentielles de 2022. À l’occasion de cette allocution, Emmanuel Macron n’a pas évoqué la possibilité d’une réforme par points, qui constituait le thème clé de son projet de réforme de 2017. A ses yeux, il s’agit désormais de « repousser l’âge légal »« supprimer les régimes spéciaux en harmonisant les règles entre public et privé »« d’encourager le travail au-delà de l’âge légal » et de « faire en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1.000 euros ». Pour parvenir à la prise en compte de l’ensemble d’une durée d’activité, « il y a d’autres façons de le faire (que le système par points) et peut-être que c’est préférable », juge Elisabeth Borne.

 

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

 

Sébastien d’Ornano , président de Yomoni, une société de gestion de type robo-advisor estime dans l’Opinion  que les coûts du plan d’épargne retraitent sont trop élevés du fait en particulier du manque de concurrence

 

Le Plan d’épargne retraite vient de fêter son deuxième anniversaire. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire s’est félicité du grand succès remporté par cette enveloppe, l’objectif de 3 millions de plans ouverts en 2022 étant déjà largement dépassé, avec 3,8 millions de détenteurs !

Mais quelques semaines après la remise d’un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) ,qu’il avait lui-même commandité, le ministre n’a pas pu ignorer ce qui vient quelque peu gâcher la fête, l’éléphant au milieu du couloir : le niveau trop élevé des frais.

Au-delà de la critique objective d’une pratique commerciale excessive, il faut surtout craindre la désillusion de ces premiers volontaires qui acceptent de prendre en main une partie de leur retraite à venir.

Un avantage considérable pour les distributeurs au détriment des épargnants

Certes, Bruno Le Maire a reconnu l’importance du sujet en déclarant récemment qu’il allait « prendre les mesures nécessaires pour que les frais soient moins élevés ». Mais la voie qu’il envisage pour trouver une solution laisse perplexe : « un travail de place avec les banques et les assurances », autrement dit avec les responsables directs de ces frais trop élevés.

Le rapport du CCSF, très pédagogique, est pourtant édifiant. Si le CCSF a trouvé sur le marché 34 PER assurantiels, il n’en a déniché que deux au format compte-titres. Et pourtant, 12 des PER assurantiels analysés émanent de banques à réseaux, qui auraient pu choisir l’autre formule… mais ces banques ont elles aussi des activités d’assurance et ont préféré cette enveloppe bien mieux margée pour promouvoir leur solution.

C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique

Les frais sur versements ressurgissent également de plus belle sur les PER. C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique.

D’autres acteurs existent

Monsieur le ministre, le rapport du CCSF vous apporte tous les éléments d’appréciation pour faire bouger les lignes. En réunissant banquiers et assureurs autour d’une table, vous n’aurez en fait que des acteurs très similaires, qui auront bien du mal à promouvoir des solutions innovantes et performantes.

Pourquoi ne pas mettre tout simplement en avant des acteurs déjà existants, sachant parler à une clientèle de particuliers, et qui ont démontré sur le marché leur capacité à faire la chasse aux frais ?

Le rapport met clairement en évidence que les PER proposés par des courtiers en ligne affichent systématiquement une gratuité des frais sur versements et qu’ils sont aussi les mieux placés en matière de frais de gestion des contrats sur la partie “unités de compte”.

C’est tout sauf une surprise : cela fait maintenant près de vingt ans que le monde de la distribution en ligne est l’aiguillon concurrentiel qui fait chuter les coûts d’accès à l’épargne du plus grand nombre.

La seule solution pour faire baisser les frais : favoriser une concurrence saine

La Loi Pacte a créé le PER “compte-titre” pour favoriser la création de PER par les sociétés de gestion et impliquer ainsi ces acteurs spécialistes de la gestion de l’épargne directement dans la problématique des retraites. Là encore, beaucoup de chemin reste à faire puisque, deux ans après, un seul PER émanant d’une société de gestion a vu le jour.

Il est temps de tirer les leçons de cette réalité. Les assureurs ont beau jeu de mettre en avant l’avantage de leurs produits en matière de droits successoraux par rapport aux PER bancaires. On s’étonne ici que le législateur ait omis d’aligner parfaitement les règles du jeu entre des produits reposant sur des enveloppes différentes, mais ayant le même nom. Remédier à cette incohérence est un premier pas si l’on veut voir le potentiel du PER compte-titres se matérialiser pleinement.

Saluons l’initiative récente des sénateurs pragmatiques Albéric de Montgolfier et Jean-François Husson qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes en élargissant à l’assurance-vie en général le sujet du coût de la gestion de l’épargne avec 17 propositions concrètes.

Pour faire baisser les frais sur les produits d’épargne vie ou retraite, il n’y a qu’une seule solution : favoriser une saine et dynamique concurrence. Il convient de ne pas céder au mirage d’un accord de place qui se négocierait au sein d’un oligopole de banquiers et d’assureurs. C’est bien l’ensemble de la chaîne de valeur autour de l’épargne des Français qu’il faut convier à la table des négociations. Cela inclut à la fois les sociétés de gestion, cœur du réacteur en matière d’épargne, et les acteurs de la distribution numérique, qui ont prouvé leur capacité à faire bouger les lignes et tomber les prix.

Sébastien d’Ornano est président de la société Yomoni.

JOSPIN 2022 ou 2027 ? La gauche recrute dans les maisons de retraite !

JOSPIN 2022 ou 2027? La gauche recrute dans les maisons de retraite !

Le  looser François Hollande qui en connaît un rayon en matière d’échec  présidentiel estime que les candidats de la gauche sont tous des lilliputiens. Sans doute pour tenter encore et encore un éventuel retour et incarner cette introuvable union de la gauche. Force est de constater avec Hollande que le casting de la gauche n’a guère changé.

En tête on trouve toujours l’éternel grognon Mélenchon, les mêmes candidats de l’extrême-gauche, et les fantaisistes Montebourg, égérie du slip français ou encore Anne Hidalgo qui veut en même temps doubler le salaire des fonctionnaires et réduire le temps de travail.

Résultat cette gauche-là est complètement discréditée et elle n’atteindra toutes forces comprises que de l’ordre de 25 %. Certains reviennent même à envisager de solliciter Jospin, pourtant pas un exemple de réussite politique, pour l’élection de 2022 vous-même 2027 où les chances de la gauche paraissent plus sérieuses. Bref à gauche, on va bientôt recruter des candidats à la présidentielle dans les maisons de retraite.

À 84 ans Lionel Jospin est encore vert ou plutôt rosé . En 2022, il sera âgé de seulement 85 ans. Et en 2027 de 90 ans. Peut-être l’âge de la nouvelle maturité politique pour un pays fortement déçu d’avoir misé sur la jeunesse d’un Macron qui a perdu la boussole en même temps que la raison à force de se laisser entraîner par la dictature médiatique de la mode du moment.

Près de vingt ans après la présidentielle de 2002, un groupe de trois amis va se lancer dans un périple de quelques jours à travers la France dans les pas de Lionel Jospin, dans l’espoir de le convaincre de se présenter au prochain scrutin  d’après BFM;. 

Age de la retraite : La question française

 

« Beaucoup reste à faire pour nous rapprocher de nos voisins : nous passons cinq années de plus qu’eux à la retraite et avons l’un des taux d’activité des 60-64 ans les plus faibles de l’OCDE : 31 % à comparer à 51,4 % pour la moyenne en 2018 »

Un papier de Denis Kleiber et Régis de Laroullière (co-animateurs des Forums Mac Mahon.)  dans l’Opinion (extrait)

 

 

Depuis le livre blanc sur les retraites préfacé par Michel Rocard, alors Premier ministre (1991), le « problème » du déséquilibre des régimes de retraite est sur la table. A une époque où l’espérance de vie s’allonge continûment, beaucoup proposent de reculer l’âge de la retraite pour régler le problème. C’est ce qui a été fait à plusieurs reprises déjà, mais insuffisamment, car c’est toujours un choix politique difficile. Le problème demeure : il s’invite à nouveau dans le débat des prochaines élections présidentielles.

En abordant le sujet de l’âge de la retraite dans ce sens, c’est à cause du déficit qu’il faut travailler plus longtemps. La perspective est désagréable car chacun pense qu’il va travailler plus pour réduire la dette ou pour payer la retraite des autres. L’adhésion n’est pas au rendez-vous, et il faut recourir à la contrainte : retarder l’âge du départ en retraite par la loi, sans bénéfice individuel ressenti.

Pourtant, ce sujet de l’âge du départ en retraite a un autre aspect : tous les travailleurs qui travailleront plus longtemps viendront augmenter la production de biens et services en France. Avec deux conséquences immédiates positives dans le contexte actuel :

– d’une part l’augmentation de la production viendra augmenter le PIB et le niveau de vie des Français. On sait combien ce dernier est largement ressenti comme insuffisant ;

– d’autre part, dans le contexte de la relance, ce travail additionnel contribuera à desserrer les goulots d’étranglement liés à l’insuffisance de main-d’œuvre dès à présent constatés dans de nombreux secteurs. Il augmentera la quantité de biens et services mis à la disposition de nos concitoyens. Ceci permettra de répondre rapidement à leur demande, qui sera elle-même amplifiée par le déstockage à venir de l’épargne forcée Covid.

Au lieu de relever d’abord l’âge de départ en retraite puis de voir comment rendre concrètement supportable la montée en puissance de cette réforme, rendons le travail des seniors plus attractif et incitons fortement les travailleurs à travailler plus longtemps

Encore faut-il que les travailleurs en aient envie si ce n’est pas obligatoire. Deux leviers peuvent être rapidement actionnés :

– d’une part, rendre le marché du travail plus inclusif pour les seniors. Il y a là un vaste espace pour les entreprises et les partenaires sociaux, portant notamment sur la formation, les conditions de travail, et la retraite progressive. Et pour l’ensemble de notre société un véritable enjeu culturel pour ce qui concerne le respect et la considération, si ce n’est la reconnaissance, à accorder aux travailleurs seniors. Beaucoup reste à faire pour nous rapprocher de nos voisins : nous passons cinq années de plus qu’eux à la retraite et avons l’un des taux d’activité des 60-64 ans les plus faibles de l’OCDE : 31 % à comparer à 51,4 % pour la moyenne en 2018.

– d’autre part et comme les Forums Mac Mahon l’ont déjà proposé par ailleurs, leur donner le plein retour de leur travail supplémentaire au-delà du seuil légal de la retraite. En travaillant jusqu’au seuil légal, ils ont acquitté leur juste part de contribution aux transferts sociaux et aux charges publiques. La rémunération de leur travail supplémentaire pourrait être intégralement exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.

Une telle approche permet de plus de contourner l’échéance électorale en inversant l’ordre des facteurs : au lieu de relever d’abord l’âge de départ en retraite puis de voir comment rendre concrètement supportable la montée en puissance de cette réforme, rendons le travail des seniors plus attractif et incitons fortement les travailleurs à travailler plus longtemps.

Nous ne relèverions l’âge légal que dans un deuxième temps et si nécessaire, après l’échéance électorale. Cette approche permet également de répondre rapidement aux ouvertures faites par certaines organisations syndicales sur le thème du travail.

En abordant l’âge de la retraite dans ce sens, c’est-à-dire en partant de son impact sur la production, il est urgent et devient possible d’engager sans délai une réforme privilégiant les incitations et la pédagogie sur la contrainte. Ceci permettra de contribuer rapidement à desserrer les goulots d’étranglement sur le marché du travail en période de relance, et d’améliorer durablement notre niveau de vie. Le rétablissement des équilibres financiers en sera une heureuse conséquence.

Denis Kleiber et Régis de Laroullière sont co-animateurs des Forums Mac Mahon.

Sondage : En France, les moins de 35 ans veulent partir en retraite à 55 ans !

Sondage : En France, les moins de 35 ans veulent partir en retraite à 55 ans !

 

D’après l’étude réalisée par SD Worx auprès de 5000 salariés européens  de grandes disparités apparaissent entre les desiderata des différentes générations. Si les salariés français de plus de 55 ans aimeraient prendre leur retraite à 62 ans, leurs collègues entre 18 et 34 ans se verraient bien partir à… 55 ans, et même 52 ans pour les indépendants de la même tranche d’âge. Pour cette dernière catégorie professionnelle, les jeunes Allemands sont ceux qui se voient raccrocher le plus tôt, à 40 ans, alors que la moyenne européenne se situe à 47 ans.

Des souhaits qui s’ils étaient pris en compte feraient exploser tous les systèmes de retraite.

Société– Retraite : Les fonctionnaires vivent plus longtemps !

Société– Retraite : Les fonctionnaires vivent plus longtemps !

 

D’après le ministère de la Santé, l’espérance de vie à 60 ans était de 27,8 ans pour les femmes et 23,4 ans pour les hommes avant la crise du Covid.

 

La durée de la retraite  des fonctionnaires  est plus longue que celle des salariés du secteur privé, plus particulièrement pour les employés hommes et pour les femmes en général, ce qui résulte d’un âge de liquidation des droits plus précoce et d’une espérance de vie un peu plus longue ». Les  fonctionnaires, qui prennent leur retraite avant les autres, en profitent plus longtemps (23,1 ans contre 19,3 pour les employés hommes, et 29,1 ans contre 25,8 pour les femmes), et vivent donc plus vieux. Pour résumer les fonctionnaires partant retraite plutôt que les autres, ont des pensions supérieures et vivent plus longtemps. Bref la solidarité mais à l’envers !

Retraite : Les fonctionnaires vivent plus longtemps

Retraite : Les fonctionnaires vivent plus longtemps

 

D’après le ministère de la Santé, l’espérance de vie à 60 ans était de 27,8 ans pour les femmes et 23,4 ans pour les hommes avant la crise du Covid.

 

La durée de la retraite  des fonctionnaires  est plus longue que celle des salariés du secteur privé, plus particulièrement pour les employés hommes et pour les femmes en général, ce qui résulte d’un âge de liquidation des droits plus précoce et d’une espérance de vie un peu plus longue ». Les  fonctionnaires, qui prennent leur retraite avant les autres, en profitent plus longtemps (23,1 ans contre 19,3 pour les employés hommes, et 29,1 ans contre 25,8 pour les femmes), et vivent donc plus vieux. Pour résumer les fonctionnaires partant retraite plutôt que les autres, ont des pensions supérieures et vivent plus longtemps. Bref la solidarité mais à l’envers !

12345...8



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol