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Missiles de la Corée du Nord : Nouvelle mise en danger de la région

 Missiles de la Corée du Nord : Nouvelle mise en danger de la région

 

Le régime de Kim Jong-un a effectué avec succès des tirs d’essai d’un nouveau « missile de croisière longue portée » durant le week-end, ses premiers tirs depuis mars, a annoncé l’agence officielle KCNA ce lundi.

Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), enseignant à Sciences-Po Paris, et spécialiste notamment de la Corée du Nord s’inquiète lundi 13 septembre sur franceinfo, après des tirs d’essai d’un nouveau missile de croisière longue portée par la Corée du Nord.

: Le Japon a-t-il raison d’évoquer l’existence d’une menace réelle et sérieuse pour la paix et la sécurité du pays ?

Antoine Bondaz : C’est le cas pour l’ensemble des pays de la région : la Corée du Sud, le Japon, mais aussi les États-Unis qui ont une présence militaire très forte dans ces deux pays. Ils ont des raisons de s’inquiéter parce que cela démontre que la Corée du Nord depuis ces dernières années poursuit son programme de développement, qu’il soit balistique en tant que tel ou pour l’ensemble de ces missiles. Ce sont des missiles de croisière à longue portée qui pourraient frapper notamment des intérêts japonais dans l’archipel. La Corée du Nord continue d’améliorer et de développer tous ses systèmes d’armes. C’est dans un contexte d’accroissement des capacités de l’ensemble des acteurs [Etats-Unis, Corée du Sud, Japon] que la Corée du Nord a testé ces deux missiles.

Et le développement de ces types d’armes, qu’est-ce que ça change ?

Ces deux dernières années, la Corée du Nord a multiplié les essais balistiques à courte portée. Ce qui diffère avec le double essai de ce week-end, c’est que c’est un missile de croisière qui voyage à une altitude beaucoup plus faible. Ce qui rend son interception par certains systèmes de défense plus complexe. C’est un message envoyé à la Corée du Sud et au Japon pour dire que la défense anti-missile de ces pays, mais aussi celle des États-Unis qui y est déployée ne sera pas suffisante en cas de conflit, pour éviter des frappes nord-coréennes. Pour l’instant ce sont des provocations auxquelles la communauté internationale peut avoir beaucoup de mal à répondre, car ce ne sont pas des tirs balistiques à longue portée comme en 2016 et 2017 qui avaient enclenché des sanctions de la part du Conseil de sécurité des Nations unies. Et puis les résolutions ne mentionnent pas explicitement les missiles de croisière comme étant interdits. C’est donc plus difficile pour les membres du Conseil de sécurité de l’Onu de se coordonner, de se mettre d’accord.

« Les Américains ont une nouvelle stratégie qui est assez floue. »

 

Kim Jong-Un, le chef d’État nord-coréen n’a pas assisté à ces lancements. Comment l’interprétez-vous ?

Ce n’est pas en soi fondamentalement une information importante. Ce qui est important, c’est qu’en janvier lors du 8e congrès du Parti du travail de Corée du Nord, Kim Jong-Un avait annoncé que le pays continuerait de développer son programme nucléaire et notamment ses armes tactiques. Ce qui se passe ce week-end n’est que la réalisation de choses qui ont été annoncées. Entre-temps, les discussions entre Américains et Nord-coréens n’avancent plus du tout. Il n’y a pas d’avancée tant les Etats-Unis que la Corée du Nord ne semblent pas prêts pour l’instant à faire les concessions que l’un et l’autre attendent.

Le danger des cryptomonnaies

Le danger des cryptomonnaies   

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des  cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Le danger des cryptomonnaies pour les banques

Le danger des cryptomonnaies   pour les banques

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des des cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Géopolitique– Le danger chinois

Géopolitique– Le danger chinois 

Comment faire face à l’irrédentisme chinois ? Si la nouvelle administration américaine assume le défi, Paris et Berlin veulent éviter la confrontation et restent dans le déni, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », le sinologue Jean-Yves Heurtebise.

 

Le premier dirigeant étranger invité par Joe Biden à la Maison Blanche après son élection fut le premier ministre japonais, Yoshihide Suga ; le second fut le président sud-coréen, Moon Jae-in. En juin, Joe Biden rencontra les dirigeants du G7 mais aussi ceux du D10 (G7 plus Australie, Corée du Sud, Inde), puis ceux des 30 pays membres de l’OTAN. Toute cette activité diplomatique tourna autour d’une question centrale : « Comment faire face à la Chine ? ».

Plus exactement, comment faire face à cette Chine dirigée par ce Parti communiste qui vient de fêter en grande pompe ses 100 ans d’existence en promettant de « fracasser la tête et répandre le sang » (selon les termes fleuris de Xi Jinping) de tous ceux qui voudraient « l’intimider » ? Comment faire face à cette puissance économique, premier émetteur de COau monde (27 % des émissions pour 18 % de la population), dont les pressions irrédentistes, sur terre ou en mer, inquiètent les pays riverains (Inde, Vietnam, Indonésie, etc.) et dont le modèle sociopolitique se dit seul aller dans le sens de l’histoire face à un « Occident en déclin » ?


Quand les Etats-Unis et le Japon d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre conduisent des exercices militaires communs dans l’Indo-Pacifique, l’Europe de la chancelière Angela Merkel veut, fin décembre 2020, ratifier un accord d’investissement avec la Chine, sans inviter ni l’Italie ni l’Espagne, et envisage, fin juin 2021, une rencontre avec Poutine, irritant pays baltes, Suède et Pays-Bas. On pourrait se demander si l’Allemagne, avec sa dépendance au gaz russe renforcée par la fermeture de ses centrales nucléaires et l’inféodation de son industrie automobile au marché chinois, n’est pas l’homme diplomatique malade de l’Europe.

La Chine, une menace pour l’OTAN ?

Quant à la France, elle reçoit les félicitations de Pékin pour sa quête d’une « indépendance stratégique » et répond à l’appel de Biden par le mantra : « Surtout pas de confrontation. » A la volonté de l’OTAN de qualifier la Chine de menace pour l’Organisation, le président Emmanuel Macron rétorque en soulignant que celle-ci est loin de l’Atlantique Nord. Cette position interroge : Vladivostok est bien plus à l’est que Shanghaï ; quant à la cyberguerre, elle ne connaît pas de frontières. De fait, la participation de sous-marins français à des exercices de liberté de navigation loin des côtes nationales, en mer de Chine du Sud, souligne la projection stratégique nécessaire.

Chine, Japon, Corée : le danger démographique

Chine, Japon, Corée : le danger démographique

Les trois pays d’Asie du Nord-Est doivent adapter d’urgence leur modèle économique et social au vieillissement rapide de leur population, prévient le politiste Yves Tiberghien dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Le triangle Japon-Corée-Chine est au cœur du modèle asiatique de croissance à haute vitesse qui a tant inspiré le reste du monde. Sur le plan démographique, ces trois pays ont tiré parti d’une vaste population jeune et bien formée entrant sur le marché du travail. Mais ces temps sont révolus. Tous font face à une chute brutale de la natalité, au vieillissement rapide leurs populations et à une urgence d’adaptation de leur modèle économique et social.


Au Japon, le taux de fécondité par femme oscille entre 1,3 et 1,4 depuis 1995 ; la population, estimée à 125,7 millions de personnes en 2021, a une moyenne d’âge de 49 ans et a déjà chuté de 3 millions d’habitants depuis son maximum atteint en 2011. La population de la Corée du Sud n’a pas encore décru, mais le taux de fécondité est tombé depuis 2018 à 0,9, le plus bas niveau mondial ! Quant à la Chine, elle a déjà rejoint ce club du fait de sa politique de l’enfant unique (1979 – 2016) : la fécondité a chuté à 1,3 en 2020. Sa population est proche de son maximum à 1,415 milliard et va bientôt diminuer, mais la moyenne d’âge, 38 ans, est encore basse. Ces taux de fécondité contrastent avec ceux, encore élevés, dans le reste de l’Asie, notamment en Inde (2,2 en 2018) et Asie du Sud-Est (Indonésie à 2,3).

 

La population vieillit très rapidement dans les trois pays. Les plus de 65 ans représentent 28 % des Japonais en 2018 (le taux le plus élevé du monde), 14 % des Coréens et 11 % des Chinois. Pour comparaison, ce taux est de 20 % en Union européenne et en France. Cela génère un ratio de « dépendance » (entre population âgée et population active) de 50 % au Japon en 2019 ; il devrait attendre 80 % en 2060. La Corée du Sud part de plus bas (20 % en 2019), mais elle se dirige vers le plus haut ratio du monde en 2060 (85 %). La Chine est actuellement à 15 %, mais la montée sera rapide dans les années qui viennent, bien qu’elle ait abandonné la politique de l’enfant unique, autorisant deux enfants en 2016, puis trois en 2021. Mais l’effet de ce changement tardif sera très limité du fait des coûts de vie exorbitants dans les villes et de la modernisation des modes de vie. Comment les pays d’Asie du Nord-Est réagissent-ils à cette transformation radicale ?

 

Premièrement, pour des raisons culturelles et politiques, Japon, Corée du Sud et Chine feront très peu appel à la migration, malgré les demandes de leurs entreprises. Japon et Corée ont entrouvert la porte à des populations limitées pour des durées limitées et répondant à des critères économiques et culturels précis (avec un maximum de 400 000 personnes dans le cas du Japon), mais ces petits pas n’auront pas d’impact réel.

Amazon et livraison en un jour : Danger pour les petites entreprises

Amazon et livraison en un jour : Danger pour les petites entreprises

Christopher Mims é voqueDans le Wall Street Journal les conséquences néfastes du raccourcissement des délais de livraison exigé notamment par les grands du numérique comme Amazon .( Notons aussi que ces délais conduisent à une fragmentation des envois qui constituent une véritable catastrophe environnementale NDLR)

Les affaires marchaient bien pour Charleston Gourmet Burger, une petite entreprise familiale basée en Caroline du Sud. Fondée par le couple Chevalo et Monique Wilsondebriano en 2012, elle vendait ses sauces et marinades pour hamburgers dans des milliers de magasins à travers les Etats-Unis, sur la chaîne de téléachat QVC et directement aux clients via son site web. Mais juste avant que la pandémie n’entraîne des confinements en mars, le couple a pris la décision fatidique d’arrêter de vendre en magasins et de se concentrer sur le e-commerce.

Cela a failli être une erreur fatale pour la petite entreprise, seule source de revenus de la famille qui emploie les quatre enfants adolescents et adultes du couple, ainsi que la sœur et la mère de Mme Wilsondebriano.

A l’ère d’Amazon, vendre en ligne est une chose, mais livrer les produits aux clients assez rapidement pour les satisfaire en est une autre. Et les choses deviennent particulièrement difficiles si, comme les Wilsondebriano, le commerçant ne vend pas ses produits par l’intermédiaire d’Amazon, mais se sent quand même obligé de s’aligner sur les promesses de livraison gratuite et rapide du géant du e-commerce.

Le chiffre d’affaires de Charleston Gourmet Burger a alors chuté, passant de plus de 20 000 dollars par mois à seulement 3 000 dollars, selon Mme Wilsondebriano. La famille n’a eu d’autre choix que d’emballer et d’expédier elle-même les commandes, car elle n’avait plus les moyens de payer l’expéditeur tiers qu’elle utilisait jusqu’alors.

Les petites et moyennes entreprises américaines de commerce en ligne se divisent entre gagnants et perdants en fonction de leur capacité à s’adapter aux bouleversements logistiques largement dictés par Amazon et d’autres grands distributeurs

Pourtant, de nombreux acheteurs potentiels se sont plaints des frais de port — environ 8 dollars pour une commande de 40 dollars — et du fait que les sauces et les marinades mettaient trop de temps à arriver, poursuit Mme Wilsondebriano.

« C’est un combat quotidien que d’essayer de suivre le rythme d’Amazon, et ce n’est pas une partie de plaisir », constate-t-elle.

Charleston Gourmet Burger, qui a quitté Amazon il y a deux ans parce que les commissions étaient trop élevées, envisage aujourd’hui d’y retourner.

Les petites et moyennes entreprises américaines de commerce en ligne se divisent entre gagnants et perdants en fonction de leur capacité à s’adapter aux bouleversements logistiques largement dictés par Amazon et d’autres grands distributeurs. Les embauches massives et la construction ininterrompue d’entrepôts par le géant du e-commerce facilitent une livraison toujours plus rapide, qui plus est gratuite avec l’offre Prime.

En conséquence, même les commerçants qui ne vendent pas sur Amazon s’efforcent d’expédier leurs produits aussi vite que possible, soit en supportant un coût supplémentaire, soit en augmentant les prix — au risque de subir une baisse de leurs chiffres d’affaires —, tout en faisant face à des goulets d’étranglement dans la chaîne logistique.

Pour les Wilsondebriano, cela se traduit par un rituel quotidien impliquant toute la famille.

Toutes les deux semaines, des palettes de marchandises — de 1 500 à 3 000 bouteilles — quittent l’usine pour être déposées dans un atelier attenant à leur garage, qui sert d’entrepôt de fortune. En plus de gérer les campagnes publicitaires en ligne qu’ils utilisent pour stimuler leurs ventes, Mme Wilsondebriano et son mari doivent traiter chaque commande reçue sur leur site web.

A leurs moments perdus, entre les cours à distance dispensés sur Zoom, leurs filles de 15 et 16 ans aident à l’emballage et écrivent des messages personnalisés pour remercier les clients. Leur fils de 25 ans, leur fille aînée et la mère de Mme Wilsondebriano donnent aussi un coup de main quand ils sont disponibles.

Une fois les étiquettes apposées sur les colis, le couple les charge dans un SUV et les amène au bureau de poste local.

« C’est comme une chaîne de production », résume Mme Wilsondebriano.

Mais ce n’en est pas une, et encore moins un entrepôt rempli d’humains et de robots, fonctionnant selon un workflow optimisé par des logiciels et destiné à réduire le coût de chaque achat en ligne.

Amazon a été l’une des premières entreprises de e-commerce à faire de sa chaîne logistique un avantage concurrentiel, note Matt Crawford, directeur général des expéditions chez BigCommerce, qui aide les commerçants à créer et à gérer des boutiques en ligne. Lorsque le géant a eu créé sa marketplace — où tout le monde peut vendre des marchandises — et Expedié par Amazon — son service logistique pour l’entreposage et l’expédition des articles que ces entreprises vendent sur la plateforme —, cet avantage s’est étendu à tous les vendeurs prêts à payer pour ces services.

Depuis, Amazon n’a cessé d’accélérer la vitesse à laquelle la plupart des produits vendus sur son site arrivent sur le pas de la porte des acheteurs, en proposant d’abord la livraison sous deux jours, puis le lendemain, et maintenant fréquemment le jour même, grâce à la mise en place du service Prime Now sur son site principal et son application.

« Vous allez assister à une disparition progressive des commerçants qui ne peuvent pas résoudre leur problème de chaîne logistique [pour leurs ventes en ligne] ». Les frais de port des commerçants, via des transporteurs comme UPS, des services postaux américains et FedEx, vont augmenter de 5 à 7 % cette année, en raison de l’explosion de la demande

Selon Steve Denton, directeur général de Ware2Go, une filiale d’UPS qui met en relation des PME de commerce en ligne avec des entrepôts depuis lesquels ils peuvent distribuer leurs marchandises, les vendeurs qui souhaitent bénéficier du très convoité badge Prime d’Amazon — qui garantit une livraison rapide et permet d’augmenter considérablement les ventes — sont confrontés à un choix difficile.

Deux options s’offrent désormais à eux, dit-il. Soit ils paient des commissions de plus en plus élevées à Amazon pour stocker et expédier leurs marchandises à partir des installations de la société, soit ils expédient leurs produits à partir d’entrepôts autres que ceux d’Amazon, mais qui répondent aux exigences strictes du programme Seller Fulfilled Prime de l’entreprise — notamment bénéficier d’une disponibilité au niveau national et d’une expédition rapide. Certains marchands, en particulier ceux qui proposent des articles volumineux ou des produits qui ne se vendent en général pas vite, trouvent cette option plus abordable.

« Vous allez assister à une disparition progressive des commerçants qui ne peuvent pas résoudre leur problème de chaîne logistique [pour leurs ventes en ligne] », assure M. Crawford. Les frais de port des commerçants, via des transporteurs comme UPS, des services postaux américains et FedEx, vont augmenter de 5 à 7 % cette année, en raison de l’explosion de la demande. Et depuis que la Covid a perturbé la logistique dans le monde entier, les commerçants doivent payer plus cher pour stocker davantage de marchandises. Parallèlement, la demande d’expédition plus rapide oblige les distributeurs à déterminer avec précision le nombre d’articles à stocker dans les différents entrepôts d’un réseau qui s’étend sur tout le pays, ajoute-t-il. (Les commissions d’Amazon dissuadent les détaillants de garder longtemps des articles dans ses entrepôts).

La généralisation du modèle de marketplace et la façon dont Amazon façonne les attentes des clients signifient que les exigences croissantes que la société impose aux vendeurs Prime se répercutent sur l’ensemble du secteur du e-commerce

Pour intégrer le programme Seller Fulfilled Prime (SFP), les vendeurs doivent stocker des marchandises dans des entrepôts à partir desquels les clients peuvent être livrés en un ou deux jours, afin de maximiser le nombre de vues sur le site et l’appli d’Amazon.

Le succès d’Amazon avec sa marketplace a engendré de nombreuses copies. Les articles que vous achetez sur les sites de Walmart, Target, Wayfair et de dizaines d’autres grands distributeurs peuvent être vendus et expédiés non par ces entreprises, mais par de plus petites qui versent à ces géants de la distribution une partie de revenus tirés de ces ventes et paient éventuellement d’autres frais en échange de leur référencement.

La généralisation du modèle de marketplace et la façon dont Amazon façonne les attentes des clients signifient que les exigences croissantes que la société impose aux vendeurs Prime se répercutent sur l’ensemble du secteur du e-commerce, explique M. Denton. Les autres marketplaces modifient en effet continuellement leurs propres exigences en matière de livraison pour les vendeurs en s’inspirant largement des standards en vigueur chez Amazon.

Le géant de Seattle dit avoir « apporté des changements à Seller Fulfilled Prime, afin que les clients bénéficient d’une expérience de livraison Prime cohérente, quelle que soit la méthode de traitement de commandes. Amazon prospère quand les vendeurs ont du succès, et ces changements permettent de s’assurer que les vendeurs SFP continuent à satisfaire les clients Prime en leur offrant l’expérience d’achat qu’ils attendent. »

Pour les commerçants en ligne de petite ou moyenne taille, répondre aux dernières exigences de Prime nécessite de prendre des mesures qui, jusqu’à récemment, étaient considérées comme exceptionnelles. Cela signifie qu’il faut faire fonctionner les entrepôts au moins six jours par semaine, et parfois recourir à des envois coûteux à J+1 ou la nuit.

Certains vendeurs prospèrent toutefois dans ce nouveau monde. Au début des années 2000, Lee Siegel a fondé ECR4Kids, un fabricant de meubles et d’équipements de jeux pour enfants en kit. L’entreprise commercialisait alors ses produits auprès d’acheteurs traditionnels — revendeurs et districts scolaires ainsi qu’aux grandes surfaces et même à Amazon — mais uniquement en tant que grossiste et marchand. Fin 2018, pour augmenter ses ventes, M. Siegel a référencé certains de ses produits directement sur la marketplace d’Amazon.

Lorsque la pandémie a frappé, M. Siegel pensait que son chiffre d’affaires allait s’effondrer, mais il a, au contraire, explosé, car les parents d’élèves suivant leurs cours à distance se sont précipités pour acheter des articles comme des bureaux, des chaises et des casiers pour enfant.

A peu près au même moment où il a commencé à vendre sur la marketplace d’Amazon, ECR4Kids a cessé de gérer de ses propres entrepôts pour confier la logistique de ses commandes à des tiers, dont Ware2Go.

Auparavant, déclare M. Siegel, les services de traitement de commandes pouvaient être fournis par n’importe qui disposant « d’un chariot élévateur, d’un quai de chargement et d’un grand entrepôt vide avec des étagères. Mais pour survivre face à Walmart, Costco, Amazon et Wayfair, il faut une approche complètement différente de la satisfaction client et de la rapidité d’expédition. »

Certains se tournent vers des entreprises telles que Productiv, qui exploite six entrepôts de distribution. Alors qu’Amazon a sa propre armée de robots de mise en rayon et de tri des colis, des entreprises comme Productiv testent des systèmes avec des robots d’appui qui suivent les employés de l’entrepôt lorsqu’ils se déplacent dans les rangées d’étagères, puis acheminent vers des convoyeurs tous les articles prélevés sur ces rayonnages.

Comme dans de nombreux autres secteurs, cette automatisation répond en partie à la hausse des salaires et à la rareté de la main-d’œuvre. La demande en matière d’entreposage et de traitement des commandes bat des records chaque mois, ce qui entraîne à la fois une concurrence accrue entre ces services et une plus grande variété d’offres en la matière.

Chez Charleston Gourmet Burger, les choses se sont beaucoup améliorées. Les températures ont grimpé et des millions d’Américains vaccinés se réunissent à nouveau avec leurs amis et leur famille — et sortent leur barbecue. Le chiffre d’affaires mensuel a rebondi à près de 14 000 dollars en mai, et Mme Wilsondebriano prévoit un mois de juin encore meilleur.

En outre, la famille va commencer à essayer de passer par Amazon à la fois pour vendre ses produits et traiter ses commandes. Le géant du e-commerce est, en effet, en train de lancer un programme pilote visant à fournir une assistance supplémentaire aux entrepreneurs noirs comme les Wilsondebriano. Celle-ci comprend notamment la gratuité de publicités, du stockage et du traitement des retours et des services de conseils ainsi que la suppression de certaines commissions. Au cours des deux prochaines semaines, environ 90 % des commandes passées sur le site web de la famille seront traitées par Amazon, et leurs produits apparaîtront sur sa marketplace.

« Etre exonéré d’autant de frais semble être une solution gagnante pour tout le monde, reconnaît Mme Wilsondebriano. Mais je ne sais pas ce que ça va donner concrètement. »

Filière photovoltaïque En danger?

 Filière photovoltaïque En danger?

 

 

Environ 120 acteurs de la filière photovoltaïque considère que la filière française pourrait être en danger. Il s’agit notamment d’une réaction à la proposition à l’étude de modification assez substantielle des aides publiques à cette filière. (Tribune dans l’Opinion).

La pandémie l’a confirmé : la transition énergétique n’est plus un horizon, elle est une nécessité vitale, une demande des citoyens pour l’avenir de nos économies, de nos sociétés et de notre planète. Mobilisés pour réussir une relance économique qui capitalise sur cet objectif et sur la richesse du potentiel de croissance qu’il représente, nous, les entrepreneurs de la filière photovoltaïque française, aux côtés de l’ensemble des acteurs de la transition, entendons y prendre toute notre part et permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Pourtant, il semble que le gouvernement n’ait pas pris toute la mesure des conséquences de la révision unilatérale des contrats d’achat d’électricité photovoltaïque qu’il a enclenchée. Au moment où la production tricolore d’énergie solaire se structure, accélère en vue d’atteindre les objectifs fixés de production énergétique décarbonnée, et peut prétendre à porter haut les couleurs de l’industrie photovoltaïque française face à une concurrence internationale féroce, ce double discours est périlleux. Et pour cause, les projets de décret mettront en péril des centaines d’installations photovoltaïques et généreront un chômage massif chez nos sous-traitants, petites entreprises des territoires, déjà fragilisées par la Covid.

Nous sommes des milliers d’actrices et d’acteurs de nos territoires qui œuvrent chaque jour à en faire un levier puissant de la croissance durable et responsable. Celle que les Français appellent de leurs vœux.

Comme tous les citoyens, nous souhaitons faire de la transition énergétique une réalité. Mais pour cela, il convient de sortir d’une vision caricaturale niant la réalité économique de nos entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices dans l’économie réelle et visant à revenir sur des tarifs fixés il y a quinze ans, dont la suppression mettrait en péril la rentabilité de tous les projets qui en sont nés –au premier rang desquelles ceux des exploitations agricoles.

Ecosystème. Entrepreneurs et industriels de l’énergie solaire dans tous les territoires, nous nous exprimons au nom de ces agricultrices et agriculteurs engagés dans la transition écologique et énergétique, de ces communes qui ont fait le choix de proposer une électricité plus verte à leurs citoyens, de celles et ceux qui ont pris le risque de se lancer pour développer les énergies du futur : il n’est pas seulement question de chiffres ou de nombre de contrats, mais de la défaillance de tout un écosystème qui pourrait se jouer dans l’indifférence la plus complète.

Ouverts au dialogue, pouvons-nous accepter cependant que ce débat se résume à une bataille de chiffres abstraits et à une liste de calculs déconnectés de la réalité humaine et économique que nous vivons ? Au-delà de l’énergie solaire, l’insécurité juridique et les mesures absconses sont des travers historiques de l’administration française contre lesquels l’Etat se doit de lutter activement. Là encore, trouvons ensemble les solutions pour une conduite du changement adaptée aux enjeux et à même de favoriser la confiance des investisseurs qui sont appelés, aux côtés de l’Etat, à financer et développer les énergies du présent et du futur.

Seul cet équilibre, ce partenariat entre acteurs privés, investisseurs et pouvoirs publics peut garantir la réussite de la transition énergétique, dont dépend l’avenir de l’industrie entière : le verdissement de la production est l’indispensable socle d’une économie verte, solidaire et responsable.

Le danger de l’accord d’investissement avec la Chine

Le danger de l’accord d’investissement avec la Chine

L’économiste Francisco Juan Gomez Martos livre, dans une tribune au « Monde », une analyse politique de l’accord d’investissement entre l’Union européenne et la Chine et estime que l’aversion de la Chine pour le principe de la transparence et son refus d’une société civile indépendante constituent des obstacles majeurs.

 

Tribune.

 

L’annonce, le 30 décembre 2020, de l’accord d’investissement avec la Chine (ACI) a été présentée par la Commission européenne comme un grand succès, visant à renforcer le multilatéralisme en déclin et l’« autonomie stratégique » de l’Union européenne (UE) en tant qu’acteur mondial.

Cet accord a pourtant une portée qui va bien au-delà des aspects concernant la libéralisation des prestations de services et des investissements étrangers directs. Il est éminemment politique et mérite donc un débat approfondi sur les conséquences prévisibles de sa mise en œuvre.

Ce débat doit prendre en compte l’expérience des relations avec la Chine acquise dans plusieurs secteurs.

Du point de vue géostratégique, non seulement cet accord ne répond pas à l’autonomie stratégique de l’Union européenne, mais montre, au contraire, la subordination naïve de l’UE aux intérêts stratégiques de Pékin, qui a voulu éviter la formation d’une alliance entre les Etats-Unis, l’UE et le Japon, regroupant toutes les démocraties libérales du monde prônant l’économie de marché et défendant les règles du multilatéralisme.

 

Du point de vue économique, si le marché intérieur européen est le principal atout de l’UE et du bien-être de ses citoyens, de récentes recherches montrent que l’intégration commerciale européenne perd de son élan. Cette détérioration est imputable en grande partie au rôle de la Chine puisque les Etats membres de l’UE sont de plus en plus intégrés dans la chaîne de valeur chinoise.

Du point de vue commercial, l’accord naît dans le cadre d’un déficit commercial permanent de l’UE à l’égard de la Chine, ce qui paradoxalement n’est pas abordé par l’accord. Depuis le début de ce siècle, l’UE a enregistré des déficits commerciaux importants avec la Chine qui augmentent régulièrement et qui ont toujours été sous-estimés.

Une dépendance structurelle accrue par rapport à la Chine

L’excédent cumulé chinois dans ses relations commerciales avec l’UE a atteint 1 800 milliards d’euros au cours des douze dernières années, l’équivalent du PIB de l’Italie en 2019. Dans ce contexte, la première priorité des négociations de l’UE avec la Chine aurait dû viser à faire pression pour qu’elle améliore l’accès à son marché et augmente ses importations de produits européens, créant ainsi des emplois en Europe en cette période particulièrement délicate

Du point de vue industriel : l’accord ouvre la voie à une dépendance structurelle accrue par rapport à la Chine dans les secteurs-clés. La crise a montré la vulnérabilité et la dépendance de l’industrie européenne vis-à-vis de la Chine dans l’approvisionnement en masques, équipements de protection individuels, tests et autres denrées de première nécessité pour lutter contre le virus.

Sécurité routière: le Smartphone premier danger des parcours professionnels

Sécurité routière: le Smartphone premier danger des parcours professionnels

D’après une enquête réalisée auprès des patrons par l’assureur MMA, pour les patrons l’alcool au volant reste le premier enjeu de sécurité identifié (58 %) mais ils sont de plus en plus nombreux à citer les «distracteurs de conduite» (53%), à commencer par le smartphone. De fait, 70 % des conducteurs disent passer des appels au volant. Un tiers indique consulter au moins occasionnellement une application ou un site (11 points de plus qu’en 2015) et un quart les réseaux sociaux (+9 points). Une manière générale le danger que représente l’utilisation du Smartphone pendant les trajets professionnels est largement sous-estimé. Les conséquences également.

La crise sanitaire, qui a favorisé le télétravail, a-t-elle changé les comportements routiers des salariés? Oui, mais pas dans le bon sens. «Avec une circulation moins importante et des autoroutes moins encombrées, les comportements à risque se sont développés», souligne-t-on chez MMA. La vigilance a diminué avec la crise: la vitesse moyenne a augmenté, tout comme la consommation d’alcool et l’utilisation du téléphone.

 

D’une manière générale d’après une étude réalisée par la sécurité routière un Français sur deux utilise son Smartphone en conduisant parcours privé et professionnel confondus.

 

 

* Étude réalisée en avril 2021 par l’Ifop pour MMA auprès de 511 personnes effectuant des déplacements professionnels au moins une fois par mois et 251 entreprises de moins de 50 salariés.

Faillites et restructurations : le danger surtout pour fin 2021 et en 2022

Faillites et restructurations : le danger surtout pour fin 2021 et en 2022

Le pronostic de Philippe Grabli  qui dirige Oneida Associé (groupe Oasys & Cie) et participe au Comité Interministériel de Restructuration Industrielle). (Interview à la Tribune)

 

En quoi consistent ces missions d’accompagnement lancées par l’Etat et quelles entreprises visent-elles ?

PHILIPPE GRABLI - Bercy a voulu réunir un pool d’équipes spécialisées dans la restructuration, la fiscalité, la renégociation des dettes ou la recherche de repreneurs, catégorie pour laquelle nous avons été sélectionnés. En effet, il y a une montée en puissance de ce genre de situations, surtout en région.

Là-bas, c’est le commissaire au redressement productif qui, localement, fait remonter les sujets ou les demandes d’exonérations fiscales. Mais les PME ou les ETI, ces entreprises de taille moyenne qui réalisent un chiffre d’affaires de 5 à 40 millions d’euros, n’ont pas toujours le réflexe de demander de l’aide pour renouveler leur actionnariat. Pourtant ces entreprises sont jugées importantes par l’Etat pour le tissu local et pour leur technologie.

Il s’agit d’un processus préventif pour que l’on sache agir face à une série de dossiers socialement sensibles. C’est la première fois que Bercy prend en main et finance ces sujets.

Ces entreprises feront l’objet de « restructurations et/ou de transformations ». Que pensez-vous de la place accordée à la réindustrialisation dans le plan de relance ?

L’industrie a longtemps été le parent pauvre de la politique économique, en tout cas au niveau des ETI. En Allemagne, des efforts ont été faits par l’Etat, les partenaires sociaux, les actionnaires. Mais en France il y a un décrochage : le tissu industriel est parfois très faible alors qu’il irrigue une grosse partie de l’économie, avec les sous-traitants, le transport, l’hôtellerie, les services…

Le plan de relance remet davantage l’industrie au cœur de l’économie, mais c’est peut-être trop tard pour certaines entreprises. L’Europe est confrontée à une pression très forte avec la flambée des matières premières : seront-elles capables d’y faire face ? Elles sont un peu insuffisantes au niveau technologique : il faut les faire monter en puissance. Sur le plan de la robotisation aussi, la France est en retard : il faut mettre plus de compétitivité et de technologie dans les produits. Cela fait partie de la relance.

Quelle place ont les régions dans la relance ?

Bercy n’a pas pour objectif de mener une nationalisation rampante mais plutôt d’accompagner des industriels privés dont l’activité est sous-performante, en identifiant des solutions d’adossement qui permettent de les pérenniser. Le ministère et les acteurs locaux, notamment les régions, peuvent donc aider à la recherche de repreneurs mais les entreprises restent les mieux placées pour réfléchir aux stratégies d’entreprise.

Une fois le projet de reprise identifié et bouclé, beaucoup de ces entreprises continuent à avoir du mal à recruter ou à garder des effectifs qui doivent être formés. Jusqu’à maintenant, elles n’ont pas beaucoup souscrit à l’APLD (activité partielle de longue durée, Ndlr) qui implique des contreparties jugées trop contraignantes. Peut-être qu’avec une meilleure visibilité économique qui pourrait se dégager, elles la privilégieront davantage, ainsi que le dispositif TRANSCO (Transitions collectives, Ndlr), qui permet aux salariés de se reconvertir en quittant des secteurs sinistrés actuellement, comme l’aéronautique. En effet, certaines compétences sont difficiles à trouver en régions et tous les bassins d’emploi ne sont pas égaux.

Bercy a annoncé la fin progressive des aides. Comment préparer les plans sociaux qui accompagneront la sortie de crise ?

Les plans sociaux cibleront en priorité le transport, la distribution non alimentaire, l’hôtellerie ou l’événementiel. En plus, la crise sanitaire va sans-doute impacter les entreprises qui voudront être plus agiles ou réduire leurs niveaux hiérarchiques : je m’attends à une hémorragie dans les fonctions de management intermédiaire, dans tous les secteurs.

Mais au-delà des aides publiques, il faut se poser la question de la demande. Si la distribution alimentaire ou le e-commerce sont revenus à des niveaux d’activité supérieurs à ceux de 2019, il y a un vrai sujet dans l’aéronautique ou l’automobile. Les petits sous-traitants risquent de souffrir : avec la fin des aides, on voit arriver les plans de départ volontaires, les licenciements collectifs, les ruptures conventionnelles et la hausse du chômage. C’est fin 2021 et en 2022 que le poids de la crise va vraiment se sentir. Par ailleurs, le rapport au travail s’est modifié pour de nombreux salariés : il va y avoir à la fois beaucoup de suppressions de postes et aussi beaucoup des postes difficiles à promouvoir.

Crytomonnaie: Ethereum, nouvelle coqueluche, nouveau danger

Crytomonnaie: Ethereum, nouvelle coqueluche, nouveau danger

(Un article du Wall Street Journal)

 

L’ethereum est la deuxième cryptomonnaie en termes de valorisation après le bitcoin.

 

 

L’engouement pour les NFT (jetons non fongibles) a remis Ethereum — le réseau informatique reposant sur la blockchain sur lequel il s’appuie — sur le devant de la scène, mais il paie déjà la rançon de son succès.

Le prix de l’ether, la monnaie interne du réseau, a franchi pour la première fois la barre des 3 000 dollars dimanche et a grimpé jusqu’à 3 340 dollars lundi après-midi, porté par le boom des NFT et d’un autre marché appelé DeFi, l’abréviation de « decentralized finance ». Il y a un an, il s’échangeait à seulement 210 dollars.

La progression de l’ether, deuxième cryptomonnaie en termes de valorisation derrière le bitcoin, s’accélère au moment où la dynamique du bitcoin ralentit. L’ether a ainsi gagné plus de 40 % en avril, alors que, dans le même temps, le bitcoin a chuté d’environ 2,4 %.

Lancé en 2015 en se basant sur les mêmes concepts que le bitcoin, Ethereum est une plateforme permettant aux développeurs de créer et de faire fonctionner des applications, un peu comme Android ou iOS. Mais contrairement à ces systèmes d’exploitation, qui respectivement appartiennent et sont contrôlés par Alphabet et Apple, Ethereum est un projet de logiciel libre, ce qui signifie qu’aucune entité centralisée n’a la main dessus.

Le rallye sur l’ether est lié à la récente explosion de l’activité sur le réseau. Environ sept millions de nouvelles adresses Ethereum — ou comptes susceptibles de stocker de l’ether — ont été créées au cours des quatre premiers mois de 2021, portant le total à plus de 55 millions, selon la société d’analyse IntoTheBlock. Et la valeur des transactions sur la plateforme a atteint 1 500 milliards de dollars au premier trimestre, selon le cabinet d’études Messari, soit plus qu’au cours des sept trimestres précédents réunis.

La plateforme a également bénéficié d’une autre marque de reconnaissance. La Banque européenne d’investissement, un bailleur de fonds détenu par les Etats membres de l’Union européenne, a émis la semaine dernière 120 millions de dollars d’obligations à deux ans sur le réseau Ethereum, une première pour une opération d’une telle ampleur.

« Aujourd’hui, la valeur et le recours à Ethereum ont été validés », note Danny Kim, responsable des activités de courtage en cryptomonnaies chez SFOX.cryptomonnaie

Ce succès a toutefois entraîné une saturation du réseau et une hausse des frais de transaction qui ont incité des concurrents à entrer sur le marché. Il soulève également des inquiétudes croissantes concernant l’impact environnemental des cryptomonnaies.

Au cours de la majeure partie de son existence, Ethereum a été plus prometteur que rentable. La donne a changé au cours de l’année dernière grâce aux NFT et à la DeFi. Les NFT sont des actifs comparables au bitcoin, avec une particularité : un seul token est créé à la fois et ils ne sont pas interchangeables, contrairement à ceux des s. Le NFT est lié à une œuvre d’art numérique ou à un objet physique qui est vendu en tant que bien digital unique.

Depuis le lancement des cartes à collectionner « Top Shot » de la National Basketball Association [ligue américaine de basketball, NBA], il y a six mois, les NFT sont devenus un phénomène culturel. Le groupe de musique Kings of Leon a, par exemple, vendu des NFT liés à la sortie d’un album, et le directeur général de Twitter, Jack Dorsey, a mis aux enchères un NFT de son tout premier tweet. Mais le sommet a été atteint lorsque l’artiste numérique Beeple a vendu une œuvre d’art NFT chez Christie’s pour un montant record de 69 millions de dollars.

La valeur totale des ventes de NFT sur le réseau Ethereum a bondi à deux milliards de dollars au premier trimestre, contre 94 millions de dollars au quatrième de 2020, selon le site de suivi des données NonFungible.

Le marché de la DeFi, quant à lui, regroupe un large éventail de services financiers qui permettent aux détenteurs de cryptomonnaies d’emprunter en fonction de leurs actifs ou d’en prêter. L’arrivée d’un nombre plus important d’investisseurs institutionnels sur les marchés des cryptomonnaies, qui a alimenté le rallye du bitcoin et la croissance des transactions sur les produits dérivés, a suscité une demande analogue d’emprunt d’actifs cryptographiques.

Le montant total des cryptomonnaies placées dans les protocoles DeFi sur Ethereum — un chiffre appelé « valeur totale bloquée » — a grimpé en flèche pour atteindre 68 milliards de dollars, selon le site Web DeFi Pulse, contre environ 900 millions de dollars il y a un an.

L’essor des NFT et de la DeFi coïncide avec une envolée des marchés, qui touche aussi bien les actions que les matériaux de construction, et a ravivé les craintes d’une bulle au niveau mondial. De nombreux investisseurs pensent toutefois que ces derniers n’ont pas encore fini leur ascension, en raison des mesures de relance énergiques de la Réserve fédérale, qui s’est engagée à maintenir des taux d’intérêt près de zéro dans un avenir proche.

La croissance de marchés comme les NFT et la DeFi a été « époustouflante », observe Jean-Marie Mognetti, le directeur général du gestionnaire d’actifs CoinShares, qui précise : « En tant que réseau, Ethereum représente ce qui rend tout cela possible. »

Malgré tout le battage médiatique récent, Ethereum est un projet logiciel encore en cours de développement, et les obstacles auxquels il est confronté sont significatifs.

Le bond de son activité soulève notamment des questions sur sa consommation d’énergie — des préoccupations similaires à celles liées au réseau Bitcoin —, bien que la quantité d’énergie qu’il nécessite soit bien moindre que celle indispensable à son rival.

La plateforme Ethereum consomme environ 568 terahashes par seconde — une mesure de la puissance de calcul totale du réseau — selon le fournisseur de données YCharts. Le bitcoin en consomme, lui, environ 143 millions par seconde. De plus, Ethereum est en pleine mise à jour. Une fois ce processus achevé, il passera à un système encore moins énergivore.

Reste son plus grand défi, qui est le même depuis son lancement : sa scalabilité. Le réseau a pour ambition de devenir un « ordinateur mondial », gérant le trafic de centaines de millions de personnes sur la planète. Mais l’augmentation récente de son activité a entraîné une saturation importante, ce qui a ralenti les délais de règlement et entraîné une forte hausse des frais de transaction.

Ces commissions correspondent grosso modo à des péages à l’accès, dont les montants augmentent ou diminuent en fonction du trafic. Selon le site de statistiques BitInfoCharts, les frais moyens ont atteint le prix record de 38 dollars en février, avant de reculer puis de remonter à 30 dollars le 20 avril, ce qui les rend particulièrement peu attractifs pour les petites transactions.

« Plus vous ajoutez d’utilisateurs sur la plateforme et générez de l’activité, plus les frais augmentent, précise Wilson Withiam, analyste au sein du cabinet de recherche Messari. Au fur et à mesure que vous essayez de vous développer, l’expérience utilisateur devient moins conviviale. »

C’est pour ces raisons que Top Shot, le NFT le plus populaire, ne fonctionne pas sur Ethereum. Dapper Labs, une start-up basée à Vancouver qui a créé et gère le programme avec la NBA et les joueurs, a conçu sa propre plateforme, baptisée Flow.

Les problèmes de scalabilité d’Ethereum l’ont rendu difficilement exploitable pour Dapper Labs, ce dont la société s’est rendu compte en 2017 lors du lancement de CryptoKitties, un jeu qui permet aux utilisateurs de créer et d’échanger des chatons virtuels uniques. Il s’agissait en fait du premier NFT et de la première application à succès à fonctionner sur Ethereum. Et dès son lancement, cela a failli paralyser le réseau.

« Vingt-quatre heures après notre lancement, le réseau [Ethereum] tournait au maximum de sa capacité, se souvient Roham Gharegozlou, directeur général de Dapper Labs. Et cela n’a jamais cessé depuis. »

Alors que Dapper Labs ne cherche pas particulièrement à ce que Flow remplace Ethereum, il existe une série d’autres projets de concurrents qui cherchent, eux, à profiter des problèmes d’Ethereum. La Bourse de cryptomonnaies Binance a créé sa propre version d’Ethereum, appelée Binance Smartchain. Parmi ses autres rivaux figurent Solana, Cardano, Cosmos et Polkadot. Tous semblent prometteurs pour le moment, reconnaît M. Withiam, mais à mesure de leur développement, ils sont susceptibles de rencontrer les mêmes problèmes de scalabilité qu’Ethereum. « Ce sera un problème difficile à résoudre », conclut-il.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Écriture inclusive : «danger mortel»

Écriture inclusive : «danger  mortel»

 

 

 

Après la féminisation forcenée et souvenait ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin.

Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

Moral des patrons : au plus bas en avril, selon l’Insee. Et croissance en danger

Moral des patrons : au plus bas en avril, selon l’Insee. Et croissance en danger 

Le moral des patrons est au plus bas historique et les perspectives de croissance largement menacées compte  tenu de la persistance de la crise sanitaire et surtout compte tenu du manque de visibilité quant à une reprise normale des activités et de la mobilité.

.L’enquête sur le climat des affaires menée mensuellement par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) accuse une chute inédite pour le mois d’avril. Leur opinion sur les perspectives d’activité atteint « des points bas jamais explorés jusqu’alors par les enquêtes de conjoncture », précise l’Institut dans sa note publiée jeudi 23 avril.

Cet indicateur, en effet, perd 32 points en avril, après avoir déjà baissé de 11 points en mars, et tombe à 62 points. « L’ampleur de cette chute sur un mois est également inédite : en octobre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, l’indicateur n’avait diminué que de 9 points », ajoute l’Insee.

La dégradation survenue en avril est particulièrement nette dans les services (– 37 points) et le commerce de détail (– 23 points). Dans l’industrie, avec une chute brutale et inédite de 16 points, l’indicateur atteint un point bas qui n’a été dépassé qu’à deux périodes : pendant toute l’année 1993, puis de fin 2008 à août 2009.

L’Insee confirme par ailleurs l’impact du confinement sur l’activité économique, de l’ordre de 3 points de produit intérieur brut (PIB) annuel par mois de confinement. « L’impact global du confinement sera certainement supérieur, car la reprise ne sera a priori pas immédiate et sera probablement d’autant plus lente que la durée du confinement aura été importante », ajoutent les experts. Et ce malgré le très léger regain d’activité constaté ces dernières semaines, « en particulier dans l’industrie et le bâtiment, où certaines entreprises auparavant à l’arrêt ont, sans doute, pu reprendre une partie de leur activité après avoir mis en place 

En grève de la faim Navalny en danger

En grève de la faim Navalny en danger

Assuré désormais de pouvoir exercer le pouvoir jusqu’à 85 ans, Poutine– qui en a 68– assume désormais totalement la torture qu’il fait subir au principal opposant Navalny. D’abord empoisonné, ce dernier est maintenant emprisonné dans les pires conditions pour avoir manqué un contrôle judiciaire !

 

Jusqu’à maintenant c’est assez mollement que les occidentaux ont réagi notamment l’Allemagne qui au contraire ne cesse de multiplier les occasions de collaborer davantage avec la Russie. Dernier exemple l’insistance de l’Allemagne à vouloir utiliser le vaccin Spoutnik russe.

Navalny, 44 ans, un opposant de premier plan au président russe Vladimir Poutine, a annoncé une grève de la faim la semaine dernière pour protester contre ce qu’il a dit être le refus des autorités pénitentiaires de le traiter correctement pour des douleurs aiguës au dos et aux jambes. Il se remet de ce que les médecins disent être une intoxication aux agents neurotoxiques qui s’est produite avant d’aller en prison en février pour purger deux ans et demi.

Son avocat, Vadim Kobzev, lui a rendu visite mercredi dans la colonie pénitentiaire qui le détenait dans la région de Vladimir à l’est de Moscou et a déclaré que Navalny avait reçu un diagnostic de hernie discale.

«Alexei se promène. Il ressent de la douleur en marchant. Il est très préoccupant que la maladie progresse clairement en termes de perte de sensation dans ses jambes, ses paumes et ses poignets », a tweeté Kobzev.

Dans une publication sur Instagram, Navalny a déclaré que les autorités pénitentiaires tentaient de saper sa grève de la faim en faisant rôtir du poulet près de lui.

Navalny, qui a été transféré dans un service médical de la prison, s’est plaint d’une température élevée et d’une mauvaise toux.

Kobzev a déclaré que sa température oscillait et avait atteint 39 degrés Celsius (102 degrés Fahrenheit) lundi, bien qu’elle soit tombée à 37 degrés Celsius (98,6 degrés Fahrenheit) mercredi.

Navalny s’est plaint de douleurs aiguës au dos et aux jambes et a accusé les autorités de lui avoir refusé l’accès à son médecin choisi et de refuser de lui fournir le bon médicament pour une condition qu’il a plaisantée sombrement pourrait le priver de l’utilisation des deux jambes.

La Maison Blanche a déclaré mercredi que les informations selon lesquelles la santé de Navalny se détériorait étaient inquiétantes et a exhorté les autorités russes à assurer sa sécurité et sa santé.

Le groupe de défense des droits humains Amnesty International a déclaré mercredi plus tôt que Navalny avait été incarcéré dans des conditions qui s’apparentaient à de la torture et pourrait lentement le tuer.

Moscou a jeté le doute sur son empoisonnement et dépeint Navalny comme un fauteur de troubles soutenu par l’Occident déterminé à déstabiliser la Russie.

Société-Écriture inclusive : «danger mortel»

 

Société-Écriture inclusive : «danger  mortel»

 

 

 

Après la féminisation forcenée et souvenait ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

Écriture inclusive : «danger mortel»

Écriture inclusive : «danger  mortel»

 

 

 

Après la féminisation forcenée et souvenait ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

Pandémie: École et surtout lycée en danger

Pandémie:  École et surtout lycée en  danger

3000 écoles ont déjà été fermées pour des raisons pandémie. Dans les autres, l’absentéisme aussi bien des élèves que des enseignants menace l’année scolaire. Surtout ,on s’aperçoit que le virus circule à l’école et en particulier au lycée. Comme le rappelle l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, cette fois dans Le Monde, « les enfants de moins de 10 ans sont 30% à 50% moins susceptibles d’être infectés », ce qui explique l’écart avec le reste de la population. En revanche, les collégiens et les lycéens – qui représentent la majorité des 10-19 ans – sont eux une population à risque. Selon l’étude ComCor menée par l’Institut Pasteur, « avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d’être infecté ».

Le variant britannique, qui se propage depuis décembre et est désormais majoritaire en France, pourrait cependant changer les choses. Comme on peut le voir sur le graphique, l’incidence des 0-9 ans est certes basse mais elle actuellement bien plus haute que lors de la deuxième vague, en novembre. Chez les 10-19 ans, c’est l’écart avec le reste de la population qui interpelle. Lors des précédentes vagues, ils étaient généralement légèrement moins contaminés que les autres classes d’âges.

Ces différences pourraient cependant s’expliquer par la multiplication des tests dans les établissements scolaires. Selon Les Echos, le nombre de tests dans les écoles a été multiplié par 5 en un mois, passant de 50.000 fin février à 250.000 cette semaine. Il est donc logique que le nombre de cas augmente. Comme le remarque Guillaume Rozier, fondateur du site covidtracker.fr, spécialisé dans l’analyse des données liées au Covid-19, le taux de positivité des jeunes est en baisse, contrairement à la plupart des catégories d’âges.

Pandémie: École et surtout lycée en danger

Pandémie:  École et surtout lycée en  danger

3000 écoles ont déjà été fermées pour des raisons pandémie. Dans les autres, l’absentéisme aussi bien des élèves que des enseignants menace l’année scolaire. Surtout ,on s’aperçoit que le virus circule à l’école et en particulier au lycée. Comme le rappelle l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, cette fois dans Le Monde, « les enfants de moins de 10 ans sont 30% à 50% moins susceptibles d’être infectés », ce qui explique l’écart avec le reste de la population. En revanche, les collégiens et les lycéens – qui représentent la majorité des 10-19 ans – sont eux une population à risque. Selon l’étude ComCor menée par l’Institut Pasteur, « avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d’être infecté ».

Le variant britannique, qui se propage depuis décembre et est désormais majoritaire en France, pourrait cependant changer les choses. Comme on peut le voir sur le graphique, l’incidence des 0-9 ans est certes basse mais elle actuellement bien plus haute que lors de la deuxième vague, en novembre. Chez les 10-19 ans, c’est l’écart avec le reste de la population qui interpelle. Lors des précédentes vagues, ils étaient généralement légèrement moins contaminés que les autres classes d’âges.

Ces différences pourraient cependant s’expliquer par la multiplication des tests dans les établissements scolaires. Selon Les Echos, le nombre de tests dans les écoles a été multiplié par 5 en un mois, passant de 50.000 fin février à 250.000 cette semaine. Il est donc logique que le nombre de cas augmente. Comme le remarque Guillaume Rozier, fondateur du site covidtracker.fr, spécialisé dans l’analyse des données liées au Covid-19, le taux de positivité des jeunes est en baisse, contrairement à la plupart des catégories d’âges.

Industrie de défense française : mise en danger par l’Allemagne

Industrie de défense française : mise en danger par l’Allemagne

 

 

 

Spécialiste de géopolitique, auteur de nombreux ouvrages, Aymeric Chauprade a été député européen FN avant de s’en éloigner

Le programme franco-allemand SCAF (Système de combat aérien du futur) résume à lui seul l’histoire étrange d’une grande nation scientifique et industrielle, la France, qui, sous la double emprise de son obsession idéologique et de son complexe d’infériorité, s’apprête à détruire l’un de ses derniers atouts : son industrie de défense.

Entre 2012 et 2017, deux vieilles nations de poids géopolitique comparable, la France et le Royaume-Uni, deux ex-puissances coloniales, lassées de leurs guerres séculaires depuis le Moyen-Âge, alliées des deux grandes guerres du XXe siècle, discutent pour imaginer ensemble l’avion de combat du futur. Paris et Londres ont signé les accords de Lancaster House en 2010, et ont tout intérêt à unir leurs forces. Des démonstrateurs voient le jour, le Dassault Neuron en 2012, le BAE Systems Taranis en 2013. Au sommet franco-britannique d’Amiens, en 2016, les deux pays s’accordent pour réaliser ensemble un démonstrateur. Puis tout s’arrête.

Que s’est-il passé ? Un nouveau président est élu en France, qui, comme ses prédécesseurs, pense que l’habit présidentiel est indissociable du « pas de deux » avec la chancelière allemande, laquelle est trop maligne pour ne pas comprendre que le moment est venu de briser dans son élan la coopération franco-britannique.

Tellement bon. Le 13 juillet 2017, Angela Merkel et Emmanuel Macron annoncent leur intention de développer conjointement plusieurs systèmes d’armes. Les Allemands et les Français feraient ensemble l’avion de combat du futur (un système de combat aérien constitué d’un futur avion habité de nouvelle génération, entouré d’un essaim de drones), le char lourd de combat du futur, le drone européen du futur, le drone maritime du futur…

Même si les Espagnols et les Italiens ne sont pas oubliés, les Français et les Allemands se répartissent les leaderships sur les différents programmes. C’est tellement bon pour un Français de se sentir l’égal d’un Allemand et au-dessus d’un Italien ou d’un Espagnol, et de tous les autres…

Les Français, qui ne croient plus guère aux chars lourds depuis la fin de la Guerre froide, donnent aux Allemands le leadership du MGCS (Main Ground Combat System), mais ils gardent naturellement la main sur le SCAF (Système de combat aérien du futur) pour une raison évidente : dans cet aréopage industriel, Dassault Aviation est le seul industriel à savoir fabriquer un avion de combat.

Dès 2017, les industriels français ne sont pas dupes, mais ils obéissent le petit doigt sur la couture du pantalon à la volonté (idéologique) du Politique, lequel tient entre ses mains les deniers nécessaires pour lancer les études, les démonstrateurs… A Paris, et quels que soient les états-majors politiques, du PS aux LR en passant par LREM, l’idéologie franco-allemande est puissante ; on a le droit de la maudire en privé, mais jamais de la critiquer en public. Tant pis si pour la réalité, « l’avenir est européen donc franco-allemand ». Le Brexit vient d’ailleurs donner encore plus d’eau au moulin des thuriféraires du « moteur franco-allemand ».

Supériorité. 5 février 2021, Sommet franco-allemand, crise majeure sur les programmes communs de défense… Arrive donc ce qui devait arriver : les Allemands reprochent aux Français de ne pas avancer sur le char, tandis que les Français reprochent aux Allemands de ne pas avancer sur l’avion. Les Allemands veulent tout rediscuter : ils exigent davantage sur la propriété intellectuelle ; ce qu’ils veulent en réalité, c’est que les Français transfèrent la technologie qu’ils n’ont pas dans le domaine de l’aviation de combat.

Certains à Paris découvrent « l’eau chaude » : l’Allemagne est en train de se servir de ses alliances pour combler son retard en matière d’industrie de défense. Plus faible économiquement que l’Allemagne, la France est en train d’offrir aux Allemands, sur un plateau, le seul avantage comparatif qu’elle conservait : sa supériorité dans le domaine de la défense !

Une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner.

La crise révèle pourtant bien plus qu’une simple friction d’ego sur un partage de compétences. En vérité, l’Allemagne et la France n’ont pas les mêmes objectifs géopolitiques et leurs besoins militaires sont, fort logiquement, très différents. On peut se rassurer en répétant que bâtir des systèmes d’armes ensemble ne va pas de soi et exige des sacrifices de part et d’autre ; ce serait vrai si le problème n’était pas bien plus profond que cela ! La vérité est qu’une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner en utilisant l’alliance comme un sas de transfert de technologies.

Certes l’Allemagne dispose aussi de technologies de qualité, sauf que nous n’en avons pas besoin ! Nous savons tout faire seuls, avec nos propres industries : un avion de combat, un moteur ultra-performant, un cloud, des drones, un système de systèmes…

Puissance continentale, l’Allemagne reste profondément attachée à l’OTAN. Son armée est une composante du bloc transatlantique dirigé par Washington, prête à participer à une guerre de haute intensité contre la Russie. Face à la Russie, les Etats-Unis ont besoin de chars lourds prépositionnés en Allemagne, donc de chars allemands. Certes la France a encore des chars lourds (l’excellent char Leclerc) mais elle a abandonné depuis longtemps le modèle de la Guerre froide et n’a projeté ses chars ni en Afghanistan ni en Afrique. L’armée de terre française mise maintenant sur la mobilité des blindés à roue du programme SCORPION (le Griffon et le Jaguar), elle préfère les missiles aux canons des chars lourds.

De temps en temps, pour que l’on ne doute pas trop de notre volonté otanienne, nous mettons à disposition quelques Leclerc pour des manœuvres anti-russes dans les pays Baltes, mais tout cela n’est pas sérieux. Ce qui est sérieux, c’est le Mali (là où meurent nos soldats, ne l’oublions pas), ce sont nos frappes contre l’Etat islamique, c’est la nécessité de devoir naviguer dans toutes les mers et les océans là où le drapeau français flotte, des Caraïbes jusqu’au Pacifique Sud en passant par l’océan Indien.

Besoins opérationnels. L’Allemagne, elle, n’est ni membre du Conseil de sécurité de l’ONU, ni une puissance nucléaire ; elle ne se projette pas en Afrique et n’a pas à protéger un espace maritime comme celui de la France (le deuxième derrière les Etats-Unis). L’Allemagne n’a pas besoin que son chasseur de combat du futur soit capable de se poser sur un porte-avions pour être projeté au Moyen-Orient ou en Afrique, ou qu’il soit prêt à emporter des missiles à tête nucléaire.

Nos besoins opérationnels sont encore ceux d’un pays qui agit de manière souveraine sur des théâtres où il entend garder une influence. Nous voulons dissuader et nous projeter, car nous voulons rester une puissance crédible dans un monde de plus en plus multipolaire et où notre influence dépendra de plus en plus de notre capacité à défendre des gouvernements contre des forces islamistes, et à protéger des espaces maritimes contre les nouvelles poussées impériales, en Méditerranée comme mer de Chine orientale ou dans le canal du Mozambique.

Au-delà de l’incompatibilité des buts géopolitiques entre Paris et Berlin, laquelle fonde une incompatibilité en termes de coopération industrielle de défense, s’ajoutent des divergences graves en matière de règles d’exportation des armes. A quoi bon développer des armes avec un partenaire dont on sait déjà qu’il n’a pas la même philosophie pour les vendre ? Nous avons (finalement, et après, il faut le dire, beaucoup d’obstacles mis sur notre chemin par nos alliés américains) exporté notre Rafale, et nous continuerons à le faire.

Où avons-nous exporté ? Vers des pays qui cherchaient une troisième voie entre les Américains et les Russes. En Inde, en Grèce (car les Américains sont à la fois avec les Grecs et les Turcs), et demain dans tous les pays qui voudront se donner cette marge de manœuvre géopolitique qu’offre l’armement français.

Gauchisme et atlantisme. Compte tenu de la nature du système politique allemand, du poids du Bundestag dans la décision d’exportation allemande, mais aussi du poids de la gauche allemande pacifiste au Bundestag, qui peut imaginer une politique d’exportation cohérente d’éventuels matériels de défense franco-allemand ? Comment une telle politique d’exportation pourrait-elle échapper à la double action du gauchisme et de l’atlantisme, à la fois au Bundestag et au Parlement européen ?

Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs. Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences.

Aujourd’hui, on a certes le droit de critiquer les choix français d’exportation d’armement mais personne ne pourra leur reprocher leur cohérence avec nos choix géopolitiques : nous voulons limiter l’expansionnisme d’Erdogan de la Libye jusqu’à la Méditerranée orientale, et l’influence de ses alliés, les Frères musulmans : il est alors logique de renforcer militairement les Grecs, les Emiratis, les Egyptiens.

Il y a bien plus de symétrie, et donc de synergies potentielles, entre ces deux ex-puissances coloniales, aujourd’hui puissances ultramarines, que sont la France et l’Angleterre, qu’entre la France et l’Allemagne. Qu’est-ce donc qui commande alors ce tropisme fusionnel avec l’Allemagne, au point d’être prêt à livrer à nos amis allemands notre fruit défendu le plus précieux : la BITDF (Base industrielle et technologique de défense française) ?

Irréversible. Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs d’avions de combat. Et nous avons, dans notre écosystème de défense, tous les industriels à disposition pour faire des drones, un cloud, un système de systèmes… Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences. Pour des développements ciblés, nous avons les Britanniques et nous savons que la coopération bilatérale avec eux fonctionnera car ils sont imperméables à l’idéologie et ne s’engagent que s’ils y ont intérêt.

Le Président Macron doit faire un choix : soit il poursuit, comme si de rien était, à l’abri du discours confortable de l’idéologie franco-allemande, et il appuie alors sur le bouton irréversible du transfert de nos avantages aux Allemands, déshabillant ainsi la souveraineté industrielle française avec comme seul résultat l’effacement du retard allemand. Soit il profite du « reset » économique mondial qui se prépare pour relancer une grande politique industrielle de défense française.

Comment ? En annonçant qu’une large coalition d’industriels français va travailler sans frein pour inventer et produire l’avion du futur français, le successeur du Rafale en 2040, lequel sera de facto une réussite européenne et mondiale.

Le danger du retour de l’inflation

  • Le danger  du retour de l’inflation

 

VINCENT CHAILLEY , directeur des investissements de H2O Asset Management évoque dans la tribune le risque d’un retour de l’inflation (interview)

 

Un an après le krach du Covid, les marchés retrouvent leurs niveaux d’avant-crise dans un climat presque euphorique. Quels enseignements tirez-vous de cette année écoulée sur les marchés ?

 

Interview

VINCENT CHAILLEY - La crise sanitaire a confirmé l’extrême volatilité des marchés. Le phénomène avait déjà été identifié, mais cette crise nous en a donné une version survitaminée. Cette volatilité croissante est tout d’abord la conséquence des évolutions réglementaires depuis la crise financière de 2008, qui ont privé le marché d’intervenants porteurs de risque capables d’absorber les chocs. Elle est ensuite le fruit des taux d’intérêt bas qui favorisent la spéculation sur les marchés. Mais personne ne pouvait s’attendre à un choc de cette violence, sur l’ensemble des actifs, en moins de trois semaines. C’est trois fois plus fort et trois fois plus rapide qu’en 2008. Même pour des gestions aussi actives que les nôtres, nous n’avions pas eu le temps de réagir et d’ajuster nos portefeuilles aussi vite que nous le souhaitions, d’autant que la liquidité s’était évaporée. Si les germes de la crise étaient déjà bien présents, c’est sa violence qui est l’élément nouveau. Malheureusement, les causes de la volatilité des marchés sont toujours présentes, sans doute plus qu’hier. Nous avons davantage de liquidités, des taux extrêmement bas et la réglementation reste sévère pour ceux qui souhaitent prendre des risques. Il faut donc s’attendre régulièrement à de nouveaux chocs et s’y préparer.

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