Archive pour le Tag 'danger'

En grève de la faim Navalny en danger

En grève de la faim Navalny en danger

Assuré désormais de pouvoir exercer le pouvoir jusqu’à 85 ans, Poutine– qui en a 68– assume désormais totalement la torture qu’il fait subir au principal opposant Navalny. D’abord empoisonné, ce dernier est maintenant emprisonné dans les pires conditions pour avoir manqué un contrôle judiciaire !

 

Jusqu’à maintenant c’est assez mollement que les occidentaux ont réagi notamment l’Allemagne qui au contraire ne cesse de multiplier les occasions de collaborer davantage avec la Russie. Dernier exemple l’insistance de l’Allemagne à vouloir utiliser le vaccin Spoutnik russe.

Navalny, 44 ans, un opposant de premier plan au président russe Vladimir Poutine, a annoncé une grève de la faim la semaine dernière pour protester contre ce qu’il a dit être le refus des autorités pénitentiaires de le traiter correctement pour des douleurs aiguës au dos et aux jambes. Il se remet de ce que les médecins disent être une intoxication aux agents neurotoxiques qui s’est produite avant d’aller en prison en février pour purger deux ans et demi.

Son avocat, Vadim Kobzev, lui a rendu visite mercredi dans la colonie pénitentiaire qui le détenait dans la région de Vladimir à l’est de Moscou et a déclaré que Navalny avait reçu un diagnostic de hernie discale.

«Alexei se promène. Il ressent de la douleur en marchant. Il est très préoccupant que la maladie progresse clairement en termes de perte de sensation dans ses jambes, ses paumes et ses poignets », a tweeté Kobzev.

Dans une publication sur Instagram, Navalny a déclaré que les autorités pénitentiaires tentaient de saper sa grève de la faim en faisant rôtir du poulet près de lui.

Navalny, qui a été transféré dans un service médical de la prison, s’est plaint d’une température élevée et d’une mauvaise toux.

Kobzev a déclaré que sa température oscillait et avait atteint 39 degrés Celsius (102 degrés Fahrenheit) lundi, bien qu’elle soit tombée à 37 degrés Celsius (98,6 degrés Fahrenheit) mercredi.

Navalny s’est plaint de douleurs aiguës au dos et aux jambes et a accusé les autorités de lui avoir refusé l’accès à son médecin choisi et de refuser de lui fournir le bon médicament pour une condition qu’il a plaisantée sombrement pourrait le priver de l’utilisation des deux jambes.

La Maison Blanche a déclaré mercredi que les informations selon lesquelles la santé de Navalny se détériorait étaient inquiétantes et a exhorté les autorités russes à assurer sa sécurité et sa santé.

Le groupe de défense des droits humains Amnesty International a déclaré mercredi plus tôt que Navalny avait été incarcéré dans des conditions qui s’apparentaient à de la torture et pourrait lentement le tuer.

Moscou a jeté le doute sur son empoisonnement et dépeint Navalny comme un fauteur de troubles soutenu par l’Occident déterminé à déstabiliser la Russie.

Société-Écriture inclusive : «danger mortel»

 

Société-Écriture inclusive : «danger  mortel»

 

 

 

Après la féminisation forcenée et souvenait ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

Écriture inclusive : «danger mortel»

Écriture inclusive : «danger  mortel»

 

 

 

Après la féminisation forcenée et souvenait ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

Pandémie: École et surtout lycée en danger

Pandémie:  École et surtout lycée en  danger

3000 écoles ont déjà été fermées pour des raisons pandémie. Dans les autres, l’absentéisme aussi bien des élèves que des enseignants menace l’année scolaire. Surtout ,on s’aperçoit que le virus circule à l’école et en particulier au lycée. Comme le rappelle l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, cette fois dans Le Monde, « les enfants de moins de 10 ans sont 30% à 50% moins susceptibles d’être infectés », ce qui explique l’écart avec le reste de la population. En revanche, les collégiens et les lycéens – qui représentent la majorité des 10-19 ans – sont eux une population à risque. Selon l’étude ComCor menée par l’Institut Pasteur, « avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d’être infecté ».

Le variant britannique, qui se propage depuis décembre et est désormais majoritaire en France, pourrait cependant changer les choses. Comme on peut le voir sur le graphique, l’incidence des 0-9 ans est certes basse mais elle actuellement bien plus haute que lors de la deuxième vague, en novembre. Chez les 10-19 ans, c’est l’écart avec le reste de la population qui interpelle. Lors des précédentes vagues, ils étaient généralement légèrement moins contaminés que les autres classes d’âges.

Ces différences pourraient cependant s’expliquer par la multiplication des tests dans les établissements scolaires. Selon Les Echos, le nombre de tests dans les écoles a été multiplié par 5 en un mois, passant de 50.000 fin février à 250.000 cette semaine. Il est donc logique que le nombre de cas augmente. Comme le remarque Guillaume Rozier, fondateur du site covidtracker.fr, spécialisé dans l’analyse des données liées au Covid-19, le taux de positivité des jeunes est en baisse, contrairement à la plupart des catégories d’âges.

Pandémie: École et surtout lycée en danger

Pandémie:  École et surtout lycée en  danger

3000 écoles ont déjà été fermées pour des raisons pandémie. Dans les autres, l’absentéisme aussi bien des élèves que des enseignants menace l’année scolaire. Surtout ,on s’aperçoit que le virus circule à l’école et en particulier au lycée. Comme le rappelle l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, cette fois dans Le Monde, « les enfants de moins de 10 ans sont 30% à 50% moins susceptibles d’être infectés », ce qui explique l’écart avec le reste de la population. En revanche, les collégiens et les lycéens – qui représentent la majorité des 10-19 ans – sont eux une population à risque. Selon l’étude ComCor menée par l’Institut Pasteur, « avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d’être infecté ».

Le variant britannique, qui se propage depuis décembre et est désormais majoritaire en France, pourrait cependant changer les choses. Comme on peut le voir sur le graphique, l’incidence des 0-9 ans est certes basse mais elle actuellement bien plus haute que lors de la deuxième vague, en novembre. Chez les 10-19 ans, c’est l’écart avec le reste de la population qui interpelle. Lors des précédentes vagues, ils étaient généralement légèrement moins contaminés que les autres classes d’âges.

Ces différences pourraient cependant s’expliquer par la multiplication des tests dans les établissements scolaires. Selon Les Echos, le nombre de tests dans les écoles a été multiplié par 5 en un mois, passant de 50.000 fin février à 250.000 cette semaine. Il est donc logique que le nombre de cas augmente. Comme le remarque Guillaume Rozier, fondateur du site covidtracker.fr, spécialisé dans l’analyse des données liées au Covid-19, le taux de positivité des jeunes est en baisse, contrairement à la plupart des catégories d’âges.

Industrie de défense française : mise en danger par l’Allemagne

Industrie de défense française : mise en danger par l’Allemagne

 

 

 

Spécialiste de géopolitique, auteur de nombreux ouvrages, Aymeric Chauprade a été député européen FN avant de s’en éloigner

Le programme franco-allemand SCAF (Système de combat aérien du futur) résume à lui seul l’histoire étrange d’une grande nation scientifique et industrielle, la France, qui, sous la double emprise de son obsession idéologique et de son complexe d’infériorité, s’apprête à détruire l’un de ses derniers atouts : son industrie de défense.

Entre 2012 et 2017, deux vieilles nations de poids géopolitique comparable, la France et le Royaume-Uni, deux ex-puissances coloniales, lassées de leurs guerres séculaires depuis le Moyen-Âge, alliées des deux grandes guerres du XXe siècle, discutent pour imaginer ensemble l’avion de combat du futur. Paris et Londres ont signé les accords de Lancaster House en 2010, et ont tout intérêt à unir leurs forces. Des démonstrateurs voient le jour, le Dassault Neuron en 2012, le BAE Systems Taranis en 2013. Au sommet franco-britannique d’Amiens, en 2016, les deux pays s’accordent pour réaliser ensemble un démonstrateur. Puis tout s’arrête.

Que s’est-il passé ? Un nouveau président est élu en France, qui, comme ses prédécesseurs, pense que l’habit présidentiel est indissociable du « pas de deux » avec la chancelière allemande, laquelle est trop maligne pour ne pas comprendre que le moment est venu de briser dans son élan la coopération franco-britannique.

Tellement bon. Le 13 juillet 2017, Angela Merkel et Emmanuel Macron annoncent leur intention de développer conjointement plusieurs systèmes d’armes. Les Allemands et les Français feraient ensemble l’avion de combat du futur (un système de combat aérien constitué d’un futur avion habité de nouvelle génération, entouré d’un essaim de drones), le char lourd de combat du futur, le drone européen du futur, le drone maritime du futur…

Même si les Espagnols et les Italiens ne sont pas oubliés, les Français et les Allemands se répartissent les leaderships sur les différents programmes. C’est tellement bon pour un Français de se sentir l’égal d’un Allemand et au-dessus d’un Italien ou d’un Espagnol, et de tous les autres…

Les Français, qui ne croient plus guère aux chars lourds depuis la fin de la Guerre froide, donnent aux Allemands le leadership du MGCS (Main Ground Combat System), mais ils gardent naturellement la main sur le SCAF (Système de combat aérien du futur) pour une raison évidente : dans cet aréopage industriel, Dassault Aviation est le seul industriel à savoir fabriquer un avion de combat.

Dès 2017, les industriels français ne sont pas dupes, mais ils obéissent le petit doigt sur la couture du pantalon à la volonté (idéologique) du Politique, lequel tient entre ses mains les deniers nécessaires pour lancer les études, les démonstrateurs… A Paris, et quels que soient les états-majors politiques, du PS aux LR en passant par LREM, l’idéologie franco-allemande est puissante ; on a le droit de la maudire en privé, mais jamais de la critiquer en public. Tant pis si pour la réalité, « l’avenir est européen donc franco-allemand ». Le Brexit vient d’ailleurs donner encore plus d’eau au moulin des thuriféraires du « moteur franco-allemand ».

Supériorité. 5 février 2021, Sommet franco-allemand, crise majeure sur les programmes communs de défense… Arrive donc ce qui devait arriver : les Allemands reprochent aux Français de ne pas avancer sur le char, tandis que les Français reprochent aux Allemands de ne pas avancer sur l’avion. Les Allemands veulent tout rediscuter : ils exigent davantage sur la propriété intellectuelle ; ce qu’ils veulent en réalité, c’est que les Français transfèrent la technologie qu’ils n’ont pas dans le domaine de l’aviation de combat.

Certains à Paris découvrent « l’eau chaude » : l’Allemagne est en train de se servir de ses alliances pour combler son retard en matière d’industrie de défense. Plus faible économiquement que l’Allemagne, la France est en train d’offrir aux Allemands, sur un plateau, le seul avantage comparatif qu’elle conservait : sa supériorité dans le domaine de la défense !

Une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner.

La crise révèle pourtant bien plus qu’une simple friction d’ego sur un partage de compétences. En vérité, l’Allemagne et la France n’ont pas les mêmes objectifs géopolitiques et leurs besoins militaires sont, fort logiquement, très différents. On peut se rassurer en répétant que bâtir des systèmes d’armes ensemble ne va pas de soi et exige des sacrifices de part et d’autre ; ce serait vrai si le problème n’était pas bien plus profond que cela ! La vérité est qu’une alliance industrielle de défense entre la France et l’Allemagne n’a aucun sens : la première a tout à perdre, la seconde tout à gagner en utilisant l’alliance comme un sas de transfert de technologies.

Certes l’Allemagne dispose aussi de technologies de qualité, sauf que nous n’en avons pas besoin ! Nous savons tout faire seuls, avec nos propres industries : un avion de combat, un moteur ultra-performant, un cloud, des drones, un système de systèmes…

Puissance continentale, l’Allemagne reste profondément attachée à l’OTAN. Son armée est une composante du bloc transatlantique dirigé par Washington, prête à participer à une guerre de haute intensité contre la Russie. Face à la Russie, les Etats-Unis ont besoin de chars lourds prépositionnés en Allemagne, donc de chars allemands. Certes la France a encore des chars lourds (l’excellent char Leclerc) mais elle a abandonné depuis longtemps le modèle de la Guerre froide et n’a projeté ses chars ni en Afghanistan ni en Afrique. L’armée de terre française mise maintenant sur la mobilité des blindés à roue du programme SCORPION (le Griffon et le Jaguar), elle préfère les missiles aux canons des chars lourds.

De temps en temps, pour que l’on ne doute pas trop de notre volonté otanienne, nous mettons à disposition quelques Leclerc pour des manœuvres anti-russes dans les pays Baltes, mais tout cela n’est pas sérieux. Ce qui est sérieux, c’est le Mali (là où meurent nos soldats, ne l’oublions pas), ce sont nos frappes contre l’Etat islamique, c’est la nécessité de devoir naviguer dans toutes les mers et les océans là où le drapeau français flotte, des Caraïbes jusqu’au Pacifique Sud en passant par l’océan Indien.

Besoins opérationnels. L’Allemagne, elle, n’est ni membre du Conseil de sécurité de l’ONU, ni une puissance nucléaire ; elle ne se projette pas en Afrique et n’a pas à protéger un espace maritime comme celui de la France (le deuxième derrière les Etats-Unis). L’Allemagne n’a pas besoin que son chasseur de combat du futur soit capable de se poser sur un porte-avions pour être projeté au Moyen-Orient ou en Afrique, ou qu’il soit prêt à emporter des missiles à tête nucléaire.

Nos besoins opérationnels sont encore ceux d’un pays qui agit de manière souveraine sur des théâtres où il entend garder une influence. Nous voulons dissuader et nous projeter, car nous voulons rester une puissance crédible dans un monde de plus en plus multipolaire et où notre influence dépendra de plus en plus de notre capacité à défendre des gouvernements contre des forces islamistes, et à protéger des espaces maritimes contre les nouvelles poussées impériales, en Méditerranée comme mer de Chine orientale ou dans le canal du Mozambique.

Au-delà de l’incompatibilité des buts géopolitiques entre Paris et Berlin, laquelle fonde une incompatibilité en termes de coopération industrielle de défense, s’ajoutent des divergences graves en matière de règles d’exportation des armes. A quoi bon développer des armes avec un partenaire dont on sait déjà qu’il n’a pas la même philosophie pour les vendre ? Nous avons (finalement, et après, il faut le dire, beaucoup d’obstacles mis sur notre chemin par nos alliés américains) exporté notre Rafale, et nous continuerons à le faire.

Où avons-nous exporté ? Vers des pays qui cherchaient une troisième voie entre les Américains et les Russes. En Inde, en Grèce (car les Américains sont à la fois avec les Grecs et les Turcs), et demain dans tous les pays qui voudront se donner cette marge de manœuvre géopolitique qu’offre l’armement français.

Gauchisme et atlantisme. Compte tenu de la nature du système politique allemand, du poids du Bundestag dans la décision d’exportation allemande, mais aussi du poids de la gauche allemande pacifiste au Bundestag, qui peut imaginer une politique d’exportation cohérente d’éventuels matériels de défense franco-allemand ? Comment une telle politique d’exportation pourrait-elle échapper à la double action du gauchisme et de l’atlantisme, à la fois au Bundestag et au Parlement européen ?

Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs. Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences.

Aujourd’hui, on a certes le droit de critiquer les choix français d’exportation d’armement mais personne ne pourra leur reprocher leur cohérence avec nos choix géopolitiques : nous voulons limiter l’expansionnisme d’Erdogan de la Libye jusqu’à la Méditerranée orientale, et l’influence de ses alliés, les Frères musulmans : il est alors logique de renforcer militairement les Grecs, les Emiratis, les Egyptiens.

Il y a bien plus de symétrie, et donc de synergies potentielles, entre ces deux ex-puissances coloniales, aujourd’hui puissances ultramarines, que sont la France et l’Angleterre, qu’entre la France et l’Allemagne. Qu’est-ce donc qui commande alors ce tropisme fusionnel avec l’Allemagne, au point d’être prêt à livrer à nos amis allemands notre fruit défendu le plus précieux : la BITDF (Base industrielle et technologique de défense française) ?

Irréversible. Dassault sait faire des avions de combat, Safran des moteurs d’avions de combat. Et nous avons, dans notre écosystème de défense, tous les industriels à disposition pour faire des drones, un cloud, un système de systèmes… Nous avons profusion d’industries françaises qui disposent de toutes les compétences. Pour des développements ciblés, nous avons les Britanniques et nous savons que la coopération bilatérale avec eux fonctionnera car ils sont imperméables à l’idéologie et ne s’engagent que s’ils y ont intérêt.

Le Président Macron doit faire un choix : soit il poursuit, comme si de rien était, à l’abri du discours confortable de l’idéologie franco-allemande, et il appuie alors sur le bouton irréversible du transfert de nos avantages aux Allemands, déshabillant ainsi la souveraineté industrielle française avec comme seul résultat l’effacement du retard allemand. Soit il profite du « reset » économique mondial qui se prépare pour relancer une grande politique industrielle de défense française.

Comment ? En annonçant qu’une large coalition d’industriels français va travailler sans frein pour inventer et produire l’avion du futur français, le successeur du Rafale en 2040, lequel sera de facto une réussite européenne et mondiale.

Le danger du retour de l’inflation

  • Le danger  du retour de l’inflation

 

VINCENT CHAILLEY , directeur des investissements de H2O Asset Management évoque dans la tribune le risque d’un retour de l’inflation (interview)

 

Un an après le krach du Covid, les marchés retrouvent leurs niveaux d’avant-crise dans un climat presque euphorique. Quels enseignements tirez-vous de cette année écoulée sur les marchés ?

 

Interview

VINCENT CHAILLEY - La crise sanitaire a confirmé l’extrême volatilité des marchés. Le phénomène avait déjà été identifié, mais cette crise nous en a donné une version survitaminée. Cette volatilité croissante est tout d’abord la conséquence des évolutions réglementaires depuis la crise financière de 2008, qui ont privé le marché d’intervenants porteurs de risque capables d’absorber les chocs. Elle est ensuite le fruit des taux d’intérêt bas qui favorisent la spéculation sur les marchés. Mais personne ne pouvait s’attendre à un choc de cette violence, sur l’ensemble des actifs, en moins de trois semaines. C’est trois fois plus fort et trois fois plus rapide qu’en 2008. Même pour des gestions aussi actives que les nôtres, nous n’avions pas eu le temps de réagir et d’ajuster nos portefeuilles aussi vite que nous le souhaitions, d’autant que la liquidité s’était évaporée. Si les germes de la crise étaient déjà bien présents, c’est sa violence qui est l’élément nouveau. Malheureusement, les causes de la volatilité des marchés sont toujours présentes, sans doute plus qu’hier. Nous avons davantage de liquidités, des taux extrêmement bas et la réglementation reste sévère pour ceux qui souhaitent prendre des risques. Il faut donc s’attendre régulièrement à de nouveaux chocs et s’y préparer.

Proportionnelle: Danger

«

«Prétendre que l’instauration d’un scrutin proportionnel suffirait à dissiper le profond malaise démocratique constitue une approche optimiste et excessivement tronquée du scepticisme qui gagne nos démocraties représentatives» ( Chronique dans l’opinion de Dominique Villemot et Gilles Savary)

 

 

En pleine crise sanitaire, un débat public, décalé des préoccupations essentielles de nos concitoyens, s’est ouvert sur une réforme du mode de scrutin dans la perspective des élections législatives de l’an prochain. Il s’agirait de remplacer le scrutin majoritaire de circonscription par un scrutin proportionnel de liste.

Cette proposition fait écho à une promesse de campagne du candidat Macron en 2017 en réponse à une vieille aspiration de François Bayrou, mais se fait aujourd’hui pressante à seize mois de l’élection présidentielle.

Elle appuie son argumentation sur le constat de la défiance grandissante qui s’est installée depuis plusieurs années entre le peuple et ses représentants, et qui se manifeste par une abstention électorale croissante ainsi qu’une contestation de plus en plus turbulente de l’autorité publique.

Notre pays est en proie à une crise de confiance dans ses institutions, d’autant plus troublante qu’elle ne traduit en rien un désinvestissement politique ou militant de la société civile. Elle présente les caractéristiques d’une crise de régime qui ne distingue pas particulièrement la France de la plupart des grandes démocraties, indépendamment de considérations de mode de scrutin.

Malaise. Prétendre que l’instauration d’un scrutin proportionnel suffirait à dissiper ce profond malaise constitue une approche optimiste et excessivement tronquée du scepticisme qui gagne nos démocraties représentatives.

Les causes en sont multiples et profondes. Elles tiennent certes à l’épuisement du modèle paternaliste d’après-guerre, mais aussi aux formidables changements géopolitiques, sociétaux, technologiques, médiatiques, qui affectent nos vieilles nations occidentales. Il est en revanche exact que le scrutin majoritaire, s’il permet encore de gouverner, est de moins en moins représentatif de l’état de l’opinion et des forces politiques en présence.

Il n’est donc pas illégitime de se poser la question de sa correction afin que l’Assemblée nationale soit plus conforme au paysage politique réel. Il est cependant très rare qu’un changement de mode de scrutin réponde au calcul qui le motive, et avant d’y procéder il serait sage d’envisager la balance des désagréments et des bénéfices qu’il pourrait procurer au pays et à sa gouvernance.

Dans le contexte politique d’aujourd’hui, l’instauration de la proportionnelle déboucherait non pas sur une pacification du débat public, mais sur une balkanisation de l’Assemblée nationale et sur un face-à-face exacerbé entre la rue et le Président, seul élément de stabilité du régime

En 1986, François Mitterrand, à la tête d’une majorité à bout de souffle, avait opté pour la proportionnelle afin de priver la droite de majorité à la faveur d’une entrée massive du FN au Parlement. Il a, contre toute attente, obtenu une majorité absolue de la droite, et l’avènement parlementaire du FN n’a en rien enrayé sa progression électorale ni réconcilié les Français avec leurs représentants. Il s’en est sorti personnellement, puis politiquement par la pirouette de la cohabitation entre gauche et droite de gouvernement.

Mais le contexte politique de 2022 ne sera pas celui de 1986.

Présidentialisation. Une proportionnelle intégrale placerait le RN en position dominante à l’Assemblée face à un échiquier politique profondément fragmenté, impropre à constituer des coalitions de gouvernement cohérentes et durables. Elle consisterait à retourner à l’instabilité chronique de la IVe République, mais avec pour inconvénient supplémentaire sous les institutions de la Ve République, d’accentuer la présidentialisation du régime et l’affaiblissement du Parlement.

Dans le contexte politique d’aujourd’hui, l’instauration de la proportionnelle déboucherait non pas sur une pacification du débat public, mais sur une balkanisation de l’Assemblée nationale et sur un face-à-face exacerbé entre la rue et le Président, seul élément de stabilité du régime. L’introduction partielle de la proportionnelle à travers un mode de scrutin mixte, du type de l’actuel scrutin sénatorial par exemple, pourrait en revanche constituer un compromis acceptable entre une meilleure représentativité des forces politiques en présence et le maintien absolument indispensable d’un ancrage territorial de nos députés.

Mais il ne faut pas en attendre un miraculeux regain de confiance dans nos institutions. La Ve République assortie du quinquennat et de l’inversion du calendrier est fatiguée, et le régime hyperprésidentiel a épuisé ses charmes. Notre pays a impérativement besoin de moderniser sa gouvernance et de régénérer sa démocratie, non pas par d’incessants replâtrages de sa Constitution sous la pression des émotions du moment, mais par une réforme profonde de ses institutions.

Sauf à remettre en cause l’élection du Président de la République au suffrage universel, nous devons évoluer vers un régime présidentiel contrôlé mais assumé, doté d’un Parlement disposant enfin de la plénitude des prérogatives attachées au principe de séparation des pouvoirs ainsi que d’une décentralisation approfondie en pleine responsabilité de compétences et de moyens, et intégrer un « statut » de la participation des citoyens et de la démocratie sociale dans la Constitution.

C’est dans ce cadre d’une réforme d’envergure des institutions de la Ve République, que devrait se poser la question, aujourd’hui prématurée et accessoire, du mode de scrutin.

Gilles Savary est délégué national de Territoires de Progrès. Dominique Villemot est président de Démocratie vivante.

Pays riches : le danger du protectionnisme vaccinal

Pays riches : le danger du protectionnisme vaccinal

Face à ce virus qui expose si durement notre vulnérabilité mais aussi notre interdépendance, jamais la communauté de destins entre l’Afrique et l’Europe ne s’est illustrée de manière aussi limpide, explique un collectif de représentants d’instances internationales, dont le directeur général de l’OMS, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Un an après le début de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 2,4 millions de morts dans le monde, l’humanité a fait face en accomplissant un exploit scientifique historique : des vaccins ont été développés et certifiés en un temps record.

En combinaison avec d’autres outils de santé publique éprouvés que de nombreux pays ont utilisés avec succès pour supprimer la transmission, les vaccins offrent désormais un moyen de sortir de la crise. Le monde d’après peut être autre chose qu’un slogan.

Ce monde d’après justement. Tous s’accordent à dire que la pandémie a mis en exergue l’interconnexion de nos sociétés au Nord comme au Sud, et a permis la prise de conscience des menaces communes. Le concept de One Health, qui montre l’interdépendance de la santé humaine, de la santé animale et de la santé des écosystèmes, est désormais indiscutable. Une évidence s’impose donc : nous devons transformer la crise que nous vivons en une opportunité pour construire un monde plus durable, équitable et solidaire, en particulier dans le domaine de la santé.

Mais ce monde n’est pas encore tout à fait à portée de main : après le choc provoqué par le virus se profile désormais un autre danger, celui d’une fracture entre pays du Nord et pays du Sud dans l’accès au vaccin.

Les conséquences de ces inégalités pourraient bien provoquer une rechute dont nous ne soupçonnons pas encore l’ampleur. Tout protectionnisme vaccinal se retournerait vite contre les pays les plus riches : il accélérerait l’émergence d’une autre menace, celle de la multiplication de la circulation des variants, qui pourrait anéantir leur tentative de se protéger.

Au-delà de l’acte de solidarité et de l’impératif moral qu’elle représente, la vaccination rapide dans les pays du Sud est donc une question de sécurité pour tous. Car l’Afrique ne demande pas la charité, mais simplement l’égalité et l’équité d’accès aux vaccins, au même titre que les pays d’Europe. A ce jour, force est de constater que les pays africains ne peuvent même pas accéder aux vaccins qu’ils sont prêts à payer, car ceux-ci sont déjà précommandés par les pays riches.

Danger de l’islamo- gauchisme : 66 % approuvent la ministre de l’enseignement supérieur

Danger de l’islamo- gauchisme : 66 % approuvent la ministre de l’enseignement supérieur

 

 

Un certain nombre de chercheurs y compris au CNRS ont réfuté la réalité scientifique de l’islamo-gauchisme. Le problème c’est que cette réalité n’est peut-être pas reconnue scientifiquement mais que c’est un fait social. Notons aussi que la vérité scientifique d’un jour n’est pas celle du lendemain sans parler du caractère scientifique discutable pour certaines recherches en sciences sociales.

 

La ministre de l’enseignement supérieur est largement approuvée par l’opinion publique. Un sondage montre que les Français sont à la fois lucide et nuancé pour distinguer ce qui relève des confrontations académiques et de manipulations politiques.

 

Selon un sondage Odoxa-Blackbone Consulting réalisé mardi et mercredi pour Le Figaro et Franceinfo, 66 % d’entre eux approuvent les propos de la ministre. Ce soutien se retrouve essentiellement à droite et au centre de l’échiquier: les sympathisants LREM (79 %), LR (85 %) et RN (79 %) jugent ses propos justifiés. La gauche, en revanche, est fracturée: si 60 % des sympathisants PS soutiennent la ministre, ils sont en revanche minoritaires chez EELV et LFI (47 %).

 

Pour 69 % des sondés, il existe bel et bien un problème d’islamo-gauchisme en France. Là encore, les sympathisants de la droite et du centre se retrouvent sur cette position (80 % à LREM, 83 % à LR, 82 % au RN), et les forces de gauche sont divisées (63 % au PS, 50 % à EELV et 46 % à LFI). La fracture idéologique est aussi générationnelle. Plus les Français sont âgés, plus ils considèrent que l’islamo-gauchisme existe et constitue un problème: 57 % chez les moins de 35 ans, 68 % chez les 35-49 ans, 71 % chez les 50-64 ans et jusqu’à 80 % chez les 65 ans et plus.

La démarche de la ministre de confier au CNRS le soin de réaliser «un bilan de l’ensemble des recherches» qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme, est également soutenue par 65 % des sondés. Les Français sont en revanche majoritaires à estimer que les motivations de l’exécutif sur ce dossier sont avant tout électoralistes: si 44 % des Français pensent le gouvernement cherche à résoudre un problème de société qui le préoccupe réellement, 53 % des sondés estiment que le gouvernement agit avant tout pour «capter ou conserver une partie de l’électorat de droite».

Les Français sondés par Odoxa tiennent aussi à l’indépendance de la recherche: 57 % d’entre eux jugent que les études universitaires menées sur les sujets de la religion, de la race, du genre, ou du post-colonialisme, sont «légitimes» et que les chercheurs doivent s’intéresser aux «rapports de domination dans notre société». Une position largement dominante chez les sympathisants LREM (73 %), EELV (68 %) et PS (65 %).

Pandémie : la démocratie en danger ?

Pandémie : la démocratie en danger ?

Dans ce manifeste auquel sont associés 14 chercheurs, soignants et enseignants, la philosophe Barbara Stiegler   pointe le démantèlement des systèmes de santé comme facteur aggravant d’une pandémie qui menace la culture démocratique.

 

Livre. Attention ! Ce « tract » est quasi un collectif ! Avant même de livrer ce manifeste décapant, la philosophe Barbara Stiegler, qui le signe, nomme les 14 soignants, chercheurs et enseignants qui y sont associés ; et leur domaine de compétence, parfaitement explicite, annonce l’ampleur de la charge.

Tout part de la contestation du mot « pandémie » que Richard Horton, le très raisonnable rédacteur en chef du Lancet, prestigieuse revue internationale de médecine, sans nier le virus comme événement biologique funeste à la propagation universelle, remplace par celui, inédit, de « syndémie ». En clair, il s’agirait d’un phénomène d’une gravité exceptionnelle car, par-delà l’attaque virale, la progression de la maladie serait liée aux inégalités sociales et à la crise écologique. L’augmentation continue des maladies chroniques fragilisant les populations face à des risques sanitaires aggravés.

Un « continent aux contours flous »

Dès lors, point de salut face au Covid-19 sans un radical changement de modèle économique, social et politique. Sous peine de voir ce type d’« accidents sanitaires » se multiplier en échappant à toute parade efficace.

Responsable à l’université Bordeaux-Montaigne du master « soin, éthique et santé », Barbara Stiegler pointe le démantèlement des systèmes de santé comme facteur aggravant de la pandémie qui, pour elle, n’est plus tant le mode de manifestation du virus, ni une propagation mondiale d’une affection nouvelle, qu’un « continent aux contours flous et évolutifs, mais qui risque de durer des années, et pourquoi pas des siècles et des siècles ».

La formule peut effrayer mais l’argumentaire qui suit justifie l’alarme puisque, n’étant plus l’objet de la moindre discussion alors même qu’elle bouleverse les modes de vie et la culture démocratique qu’elle menace, la pandémie met en cause la démocratie même.

Suspension de libertés individuelles essentielles, dogmes d’une discipline décrétée impérative sans consultation ni négociation, la règle du jeu change brutalement alors même que la mutation culturelle se préparerait de longue date, la Chine s’opposant au leader tant économique que despotique. Le vocabulaire en est arbitrairement révisé et la « démocratie sanitaire » comme le « consentement éclairé du patient » tenus pour obsolètes.

Irrationalité et incohérence

Le coup est d’autant plus sévère qu’une stricte observation des actes du drame (confinement, déconfinement, reconfinement) met en lumière l’irrationalité et l’incohérence de certaines décisions sur lesquelles aucune évaluation n’est proposée. La peur comme seul moteur et unique justification des renoncements démocratiques exigés : ainsi se détricote une vie collective dont l’humanisme est retoqué comme un idéal désormais dangereux.

La liberté en danger ? (François de Closets)

La liberté en danger ? (François de Closets)

 

Une tribune de l’opinion François de Closet  s’inquiète des atteintes à la liberté.

 

La France subit une politique liberticide qui, demain, la transformera en dictature. Seuls peuvent l’ignorer ceux qui ne lisent aucun journal, n’écoutent aucune radio, ne regardent aucune télévision. Car nous sommes soumis à une déferlante de protestations, de réquisitions, de pétitions et de répétitions qui, toutes, dénoncent ces intolérables atteintes à notre liberté.

Si nous prenions au sérieux ces sombres prédictions, il nous faudrait lancer sans attendre la désobéissance civile et préparer la révolte insurrectionnelle. Mais on peut aussi tenter de s’interroger, ce qui est toujours difficile car, au pays des droits de l’homme, la liberté est plus affaire d’émotion que de raison. Les dangers qui la menacent s’exercent à la verticale, ils viennent alors de l’autorité réglementaire, ou à l’horizontale en utilisant la voix d’un conformisme plus ou moins obligatoire. Les premières agressions sont les plus visibles, les secondes, moins spectaculaires, peuvent être les plus nuisibles. Surtout par les temps qui courent.

La République macronienne contrôlerait donc la population d’une main de plus en plus lourde. L’exemple le plus frappant, au propre comme au figuré, est celui des « violences policières ». Cette expression est censée traduire l’extrême brutalité dont font preuve les forces de l’ordre. Les Français vivraient dans la crainte de se faire tabasser, emmener et condamner. Le chœur médiatique, par effet de répétition, a fait de cette violence policière une évidence.

Nos libertés doivent être protégées mais ne sont en rien menacées, la preuve en est que leurs défenseurs autoproclamés peuvent parader sans prendre le moindre risque

Autoritarisme. Deuxième point : l’épidémie. Face à l’offensive de la Codiv-19, les autorités ont dû compenser par l’ordre sanitaire l’absence de remèdes et de vaccins. Par décision souveraine du chef de l’Etat, les Français se sont retrouvés emprisonnés chez eux, contraints au port du masque, interdits d’embrassades, privés de restaurant et de théâtre, etc. Cette agression sans précédent a provoqué en un premier temps un effet de sidération, mais elle soulève aujourd’hui un vent de contestation. Le pouvoir ne prendrait-il pas prétexte de cette urgence sanitaire pour imposer son autoritarisme politique ? Dans une commune protestation les plus hauts gradés de France en matière de droit public ont dénoncé dans l’état d’urgence : « Un état vide de droit où s’exercerait seule la violence pure du souverain » (L’urgence des libertés dans Libération du 17 avril 2020). Diable !

Les réformes en cours ne valent pas mieux, elles visent toujours à renforcer le pouvoir de l’Etat au détriment de nos libertés, à accentuer les contrôles sur les individus. Un collectif de 4 600 chercheurs considère la loi de programmation sur l’enseignement supérieur et la recherche comme « une grave atteinte aux principes républicains » et même « une menace sur l’exercice des libertés fondamentales d’expression et de manifestation dans le cadre universitaire » (La loi de programmation de la recherche dégrade l’université française, par un collectif de 4 600 chercheurs dans Le Monde du 26 novembre 2020).

Et comment ne pas voir une atteinte à la liberté d’expression dans le redoutable article 24 de la loi de Sécurité globale sur la diffusion des images de policiers. Au reste, il suffit de lire la presse étrangère pour découvrir que la France se sert de sa bizarre « laïcité » pour retirer aux musulmans le droit au libre exercice de leur religion. Voilà les dernières pages du réquisitoire qui court depuis des années. Nul doute : la République de Monsieur Macron est liberticide. Mais il n’est de réquisitoire qui vaille sans plaidoirie. Ces preuves sont-elles convaincantes ?

Pour preuve de la violence policière, les procureurs présentent les 5 mains arrachées et les 25 personnes éborgnées lors des 60 manifestations de Gilets jaunes. C’est assurément inacceptable mais quelle est la cause première de ces violences ? Faut-il la chercher dans la brutalité des forces de l’ordre se ruant sur des paisibles manifestants ou dans le refus de respecter le droit républicain en défilant paisiblement pour faire entendre ses revendications ?

Dès lors que la colère en Gilets jaunes passait de la manifestation bien encadrée au rassemblement incontrôlé, que les émeutiers pouvaient se mêler aux manifestants pacifiques, elle s’engageait dans une violence dont les téléspectateurs ont été les témoins. Les forces de l’ordre ont dû faire face à une situation inédite qui les a constamment placées en limite de leurs capacités. Les « mauvais gestes » étaient inévitables dans ces mêlées confuses. De part et d’autre. Donner à croire que nos fonctionnaires syndiqués se sont transformés en une milice sans foi ni loi relève de la plaisanterie. Les Français ne s’y laissent pas prendre et voient toujours dans les forces de l’ordre une protection et pas une menace

Ordre sanitaire. Il en va de même pour l’ordre sanitaire qu’il a fallu improviser face à un coronavirus inconnu et, qui plus est, imprévisible. Une honnête comparaison internationale des mesures prises et des erreurs commises, ne laisse aucune place à une dérive autoritaire propre à notre pays. La question se pose même de savoir si le pouvoir n’a pas manqué de fermeté et de détermination pour mobiliser la population contre le virus.

Dans le monde universitaire, la dénonciation des réformes par des syndicats ou collectifs relève du folklore. Il n’en est pas un projet depuis cinquante ans qui n’ait fait l’objet de telles attaques. Notons que la menace sur les libertés fait référence à une interdiction « de faire intrusion dans l’université pour troubler la tranquillité et le bon ordre de l’établissement ». Or la vie universitaire est de plus en plus perturbée par des minorités activistes qui s’opposent à l’expression d’opinions contraires aux leurs. C’est donc l’intrusion et l’action de tels groupes qui nuit à la liberté universitaire. Quant à la dénonciation de l’islamophobie, elle sert de paravent pour faciliter la mainmise des islamistes sur la liberté religieuse de leurs coreligionnaires.

Si Macron était Poutine, il ne se trouverait pas beaucoup de Navalny parmi nos matamores pour le défier. Mais l’absence de toute menace autoritaire ne signifie nullement que notre liberté se porte bien…

Bref, nos libertés doivent être protégées mais ne sont en rien menacées, la preuve en est que leurs défenseurs autoproclamés peuvent parader sans prendre le moindre risque. Si Macron était Poutine, il ne se trouverait pas beaucoup de Navalny parmi nos matamores pour le défier. Mais l’absence de toute menace autoritaire ne signifie nullement que notre liberté se porte bien. Pour s’en rendre compte, il faut passer du regard vertical au regard horizontal.

Notre liberté n’est pas mise à mal par un pouvoir armé de lois scélérates, de censeurs impitoyables, en revanche, elle risque d’être asphyxiée par le conformisme obligatoire qu’imposent les minorités agissantes dans le monde universitaire et, plus généralement, culturel. Il suffit pour être terrifié de voir ce qui se passe en Amérique aujourd’hui et qui arrive déjà en France.

Comme toute idéologie, celle-ci part des plus nobles intentions. En l’occurrence la volonté de corriger les injustices dont souffrent les minorités. Qu’elle se fonde sur un critère ethnique, sexuel, social, linguistique, géographique ou autre, la domination est, dans tous les cas, détestable et la volonté de la réduire toujours bienvenue. Nulle ambiguïté sur ce point. Il est bon que les discriminations soit au cœur des débats, que des mesures soient prises pour les combattre.

Mais nous n’en sommes plus là. Les groupes identitaires qui font la loi sur les campus américains n’entendent plus débattre mais imposer leur ordre. A la base, chaque groupe s’approprie la vérité sur ce qui le concerne et se déclare offensé par tout ce qui ne lui convient pas. Une « offense » qui ne débouche pas sur une discussion mais sur une interdiction. Celui qui ne pense pas comme vous n’a pas le droit de s’exprimer. C’est la « cancel culture ». Dans le meilleur des cas, c’est le propos qui est censuré, dans le pire, c’est le fautif qui est exclu.

Repentance. Etant entendu qu’il suffit d’appartenir à un groupe victimisé et de se déclarer « offensé » pour que l’on fasse l’économie du procès et passe tout de suite à la sentence. A ce jeu, le mâle blanc hétérosexuel devient l’universel accusé et doit en permanence faire acte de repentance faute de quoi il sera éliminé. On voit même réapparaître sur les campus américains l’équivalent de l’autocritique, une horreur que l’on croyait disparue avec le communisme.

Cette culture des minorités a commencé dans les universités, puis a diffusé dans le monde des médias et s’étend désormais dans les entreprises et les administrations. L’immense majorité des Américains, par paresse ou lâcheté, se soumet désormais au rituel du politiquement correct. On voit donc se mettre en place un système totalement oppressif, qui retire toute possibilité de penser par soi-même – chacun est renvoyé à son groupe particulier – mais qui ne s’appuie sur aucun des appareils policiers que mettent en place les régimes totalitaires. Une auto-organisation relayée par les réseaux sociaux n’admet plus la libre-pensée.

Or ce système trouve dans la société française un terrain particulièrement favorable. L’enseignement supérieur est d’ores et déjà bien gangréné. De petits groupes activistes interviennent pour interdire une représentation, empêcher une conférence, chahuter un cours, bref éliminer ce qui déplaît dans le plus pur style de la cancel culture. La grande majorité des professeurs et des étudiants qui est loin d’adhérer à cette déconstruction de la société française, à cette négation de notre démocratie laisse faire sans approuver et sans résister. Il en va de même dans l’enseignement secondaire où de nombreux professeurs s’autocensurent et proposent une culture châtrée par crainte des élèves radicalisés.

Ce courant liberticide est poussé par l’air du temps mais aussi par l’avancée technologique. La censure de Donald Trump par Twitter a choqué. Elle a révélé le contrôle que pourraient exercer les maîtres d’Internet. Or la nouvelle culture pénétrera toujours davantage dans les GAFAM. Amplifiée par l’intelligence artificielle, elle pourra demain éliminer automatiquement tout ce qui paraîtrait non conforme. Dans ce nouvel ordre de la pensée, les gouvernements ne seront plus aux commandes, ils seront au balcon pour regarder dépérir notre liberté.

François de Closets est journaliste et essayiste. Dernier ouvrage paru : Les guerres d’Albert Einstein, tome II (Robinson Editions).

la Ve République en danger

la Ve République en danger

 

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde » s’inquiète d’une forme d’activisme qui menace la Ve République

(Extrait)

 

 

Chronique. En écho aux secousses démocratiques que vivent les Etats-Unis ressurgit en France le débat autour de nos institutions. Jusqu’à la fin du quinquennat, François Bayrou se battra pour tenter d’imposer le scrutin proportionnel aux élections législatives de 2022. Constatant que les « démocraties hypermajoritaires » sont arrivées à un stade où elles créent de l’« affrontement » et de la « violence », le président du MoDem veut que les minorités soient mieux représentées à l’Assemblée nationale. « Comment comprendre que Marine Le Pen fasse 35 % à la présidentielle et 1 % des députés », s’étonnait-il dans L’Opinion, en décembre 2020.

La durée de la crise sanitaire liée au Covid-19, l’ampleur de l’endettement qu’elle fait naître, la profondeur de la crise économique et sociale engendrée par la récession imposent un minimum de cohésion nationale. « La proportionnelle est le seul moyen de former les larges rassemblements dont le pays a besoin », renchérissait le centriste dans Le Monde, le 22 décembre, inspiré par le modèle allemand de la coalition.

 

Sur l’analyse, difficile de lui donner tort et pourtant… comment oublier que la Ve République est née de l’échec de la IVe, de l’incapacité de cette dernière à rendre efficace le régime des partis et à résoudre le problème du moment qu’était la guerre d’Algérie ?

A ce jour, François Bayrou n’a pas remporté la bataille de la proportionnelle. En revanche, le constat qu’il dresse rejoint celui de beaucoup d’autres acteurs publics : « le prix à payer » pour la stabilité des institutions « n’a cessé de croître », déplore le sénateur LR Philippe Bas, dans une tribune au Monde, le 14 janvier. L’ancien secrétaire général de l’Elysée y dénonce la verticalité du pouvoir, le cantonnement du Parlement dans une simple fonction d’approbation, la méfiance de l’exécutif à l’égard du Sénat et la pauvreté du dialogue avec les élus locaux. Autant de maux diagnostiqués depuis longtemps mais qui, à force de s’aggraver, finissent par éroder « la vitalité de la démocratie ».

Procès en impuissance

Longtemps, le passage au quinquennat a fait figure de grand accusé. Tout se serait déréglé après la décision, validée par référendum en l’an 2000, de raccourcir de sept à cinq ans le mandat présidentiel pour l’aligner sur celui des députés. L’obsession, à l’époque, était d’éviter les cohabitations. Personne n’avait cependant anticipé que le scrutin présidentiel, précédant de quelques semaines l’élection des députés, allait tout régenter. Procédant de l’élection d’un homme, les membres de la majorité se trouvèrent ramenés au rôle de godillots, et ceux de l’opposition à celui de figurant.

Coronavirus : l’extrême danger du virus britannique

Coronavirus : l’extrême danger du virus britannique

 

Le Coronavirus a déjà enregistré de nombreuses mutations mais la dernière souche britannique constitue un danger particulier compte tenu de la vitesse de contamination. C’est sans doute ce virus qui contribue à augmenter de façon très significative la contamination dans de nombreux pays. Malheureusement la vitesse de circulation de cette souche ne permet pas d’identifier son ampleur voir ses conséquences.

 

 Cette souche sera sans doute à l’origine de  reconfinements dans plusieurs pays. La France annonce une trentaine de contaminations du type britannique mais il s’agit d’un chiffre tout à fait approximatif, on ne sait pas réellement quelle est l’ampleur du phénomène.

 

«Pour répondre à cette question, il faut connaître deux paramètres, d’une part la prévalence du nouveau variant, c’est-à-dire quel est son niveau de circulation, et d’autre part son effet sur la propagation de la maladie, explique Mircea Sofonea, épidémiologiste et modélisateur à l’université de Montpellier. Les mesures britanniques nous donnent une idée du deuxième paramètre, de l’excès de contagiosité du nouveau variant, mais nous n’avons malheureusement à ce jour aucune donnée fiable « 

Brexit: danger sur les marchés financiers

Brexit: danger sur les marchés financiers

 

Il y a forcément danger pour les marchés financiers en particulier à Londres concernant les actifs, actions et dérivés, libellés en euros . En effet le basculement aura lieu brutalement le 1er janvier. On risque alors pour Londres de se rendre compte de l’intérêt de transfert d’activité vers le marché européen, Francfort ou Paris par exemple.

Si l’accord conclu la semaine dernière par Londres et Bruxelles fixe des règles claires pour des secteurs comme la pêche et l’agriculture, il ne concerne pas le secteur financier britannique, ce qui le prive d’un accès automatiques aux marchés de l’UE dès le 1er janvier. Un accord devrait intervenir le moment venu concernant le marché financier entre le Royaume-Uni et l’union européenne mais pas avant des semaines voire des mois.

“Il s’agit d’un événement de l’ordre du big-bang et c’est un élément que le marché n’a pas encore complètement intégré”, a déclaré à Reuters Alasdair Haynes, directeur général de la plate-forme de transactions Aquis Exchange, basée à Londres.

“Tout va changer en une journée à peine, littéralement, et il faut prier Dieu pour que rien d’extraordinaire ne se produise sur le marché qui générerait des volumes importants.”

Des deux côtés de la Manche, les autorités financières se préparent donc à surveiller attentivement la réouverture des marchés lundi prochain, 4 janvier, à l’affût d’éventuels mouvements désordonnés.

Dès lundi en effet, les banques de l’UE devront traiter les actions libellées en euros au sein de l’Union, ce qui les obligera à transférer vers le continent les opérations réalisées jusqu’à présent sur des plates-formes basées à Londres, qu’elles soient exploitées par CBOE Europe, Aquis Exchange, Turquoise (filiale de London Stock Exchange Group) ou Goldman Sachs.

Ces dernières traitent pour l’instant la majeure partie des transactions transfrontalières sur les actions au sein de l’UE, soit quelque 8,6 milliards d’euros par jour en octobre, un quart environ du montant total des transactions sur actions en Europe selon des données de CBOE.

CBOE espère que sa chambre de compensation basée à Amsterdam récupérera une partie de l’activité réalisée pour l’instant par ses concurrents à Londres. Aquis, de son côté, prévoit de réaliser à terme la moitié de son activité dans l’UE.

Goldman Sachs s’attend à ce que la moitié des échanges d’actions réalisés sur sa plate-forme Sigma-X se déplace de Londres vers son “hub” parisien.

Pour ce qui est des produits dérivés en euros traités pour l’instant à Londres, qui représentent des milliers de milliards d’euros de transactions, la Banque d’Angleterre (BoE) a mis en garde contre de possibles perturbations sur les swaps de taux d’intérêt, qui pourraient conduire la Grande-Bretagne à assouplir ses restrictions en la matière.

Erik-Jan van Dijk, responsable trésorerie et dérivés d’Achmea Investment Management, explique que les autorités concernées ont déjà pris des mesures pour réduire les risques en autorisant les banques de l’UE à poursuivre temporairement la compensation de leurs dérivés à Londres, alors qu’elles devraient en théorie la réaliser dans leur pays d’origine.

Mais le transfert de Londres vers l’UE devra finir par se faire, ce qui pourrait désavantager certaines contreparties britanniques.

“Nous pourrions maintenir certaines positions existantes au Royaume-Uni et nous pourrions choisir de ne pas faire affaire avec ces contreparties britanniques à l’avenir”, explique ainsi Erik-Jan van Dijk.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a déclaré que tout l’arsenal dont dispose la banque centrale serait disponible en cas de besoin, mais les autorités ont jusqu’à présent dit ne s’attendre à aucune menace réelle pour la stabilité financière.

“Ce n’est pas le début de la fin de Londres mais c’est plutôt embarrassant et c’est un enjeu énorme pour la Grande-Bretagne”, estime Alasdair Haynes chez Aquis.

Réseaux de données européens en danger ?

  • Réseaux de données européens en danger ?

Gérard Vespierre, Président de Strategic Conseils , s’inquiète du manque de stratégie protégée les réseaux de données au plan européen dans une chronique à laTribune

 

Chronique

 

Le Portugal a préparé un plan visant à conforter et sécuriser les réseaux de câbles sous-marins reliant l’Europe au reste du monde. Lisbonne peut compter sur le soutien politique de plusieurs pays impliqués dans cette vision, la France devrait y jouer un rôle.

Mais en dehors de son tour de présidence à la tête du Conseil Européen, quelles sont les motivations portugaises à s’impliquer dans ce domaine ?

Tout d’abord, avant l’Histoire, il convient de considérer la géographie. Le positionnement du Portugal place ce pays à un absolu carrefour. Il occupe en effet une position privilégiée vis-à-vis de l’autre côté de la façade atlantique, tant de l’Amérique du nord que de l’Amérique du sud. De plus, il est l’ultime territoire pour les pays du nord de l’Europe, vers le continent africain. Enfin, sans être sur la façade méditerranéenne, il en est néanmoins très proche.

En conséquence, cette position carrefour va très tôt donner au Portugal une place privilégiée dans l’organisation des réseaux de câblage sous-marin. Dès 1870 ce pays a été relié au Royaume-Uni, par un premier câble télégraphique.

L’Histoire et la technologie ont poursuivi leurs chemins, et à ce jour le Portugal dispose de 10 amarres pour des systèmes optiques sous-marins. Il est ainsi le seul pays à disposer de connections directes avec tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

On comprend mieux dès lors les raisons qui motivent le Portugal à s’impliquer dans un tel projet.

Lisbonne considère les réseaux de câbles sous-marins comme le grand absent des préoccupations européennes dans le cadre d’une stratégie numérique globale. Ces réseaux constituent pourtant le lien essentiel des échanges internet dans le monde ! Le Portugal veut donc la mise en place d’un plan d’investissement pan-européen, afin que l’Europe installe ses propres câbles sous-marins, et améliore ses infrastructures numériques continentales.

Cette stratégie aboutirait alors à un vaste plan industriel visant à augmenter les réseaux de connections entre les pays européens, ainsi que les liaisons entre l’Europe et les autres continents. Un tel projet serait, à l’évidence, un accélérateur de croissance pour l’industrie européenne des télécoms.

Un 4ème pilier numérique verrait ainsi le jour, après celui du « Cloud » souverain, contenu dans le plan Gaia-X présenté en début d’année par le ministre allemand de l’Économie, et les 2ème et 3ème pilier que constituent « l’Acte pour les Services Numériques » et « l’Acte pour les Marchés Numériques » présentés par la Commission Européenne, le 15 décembre.

Grâce à l’apport de la vision Portugaise, l’Europe disposerait alors d’un dispositif stratégique global autour du numérique :

  • Sécurisation et développement des réseaux câblés ;
  • Mise en place d’un « Cloud » souverain ;
  • Modération des contenus web, de façon plus efficace ;
  • Freinage de la stratégie hégémonique des grands acteurs d’Outre-Atlantique.

Ces enjeux géopolitiques ont été présentés dans un précédent article.

Ainsi, s’il n’y a pas eu de vision globale au départ, au moins y-aurait-il la mise en place d’une stratégie globale à l’arrivée….

Avant les menaces sur les réseaux, il y a en effet une inconnue à prendre en compte : les conséquences du Brexit. Les volumes de données venant ou se dirigeant vers la Grande-Bretagne, pourraient éventuellement faire l’objet de la part des autorités Britanniques de nouvelles dispositions, à visée juridique ou sécuritaire….

Mais à côté de cette inconnue, il existe de réels risques et considérations stratégiques. Ainsi lors d’une réunion de l’OTAN, réunissant les ministres de la Défense des pays membres, au mois d’octobre, la protection des réseaux de câbles sous-marins a été un des sujets de l’ordre du jour. L’intérêt de la Russie dans le domaine cyber est connu, et ces réseaux représentent des points de passage à potentiel hautement disruptif.

Les Etats-Unis, principal membre de l’OTAN, ont ajouté sous l’autorité du Département d’Etat, les réseaux de câbles sous-marins, à leur liste d’infrastructures stratégiques pouvant être l’objet de visées chinoises… L’Europe doit également intégrer ce risque.

 

Mais pour les autorités européennes, il y a une autre considération, à savoir, la position croissante des géants américains du Web, Facebook, Amazon, dans le développement de leurs propres infrastructures. La maîtrise par l’Europe de ses infrastructures numériques apparaît comme une nécessité de long terme. Ces éléments stratégiques donnent un relief et une importance certaine aux tensions et combats qui se déroulent sur le flanc est de l’Europe, dans le Caucase-sud.

Cela peut sembler lointain, mais nous sommes aux portes de la Turquie, donc très proche de l’Europe. De plus à l’heure des méga-débits, ce ne sont plus les distances qui comptent, mais la connectivité et la vitesse. Une seule société géorgienne, Caucasus Online, détenait depuis 2008, la gestion du réseau de fibre venant d’Europe à travers la Mer Noire.

En 2018, le groupe azerbaïdjanais NEQSOL, établi aux Etats-Unis, en Ukraine, et également en Angleterre, prend la décision d’acquérir Caucasus Online.

Après avoir mené les contacts nécessaires avec les autorités gouvernementales géorgiennes des télécommunications, l’opération est finalisée en 2019. Mais depuis lors, le gouvernement géorgien, via l’autorité de tutelle, le GNCC, tente de revenir sur cette opération de nature privée, et préalablement acceptée. Au nom de quels intérêts… ? Gardons en mémoire que l’objectif de NEQSOL est de bâtir à partir des infrastructures de Caucasus Online un hub de communication vers l’Asie… sans passer par Moscou… !

Afin d’essayer de revenir à la situation antérieure, le gouvernement géorgien, sans base juridique valable, a fait introduire des amendements à la loi sur les Communications. Ces dispositions nouvelles lui ont permis, le 1er octobre, de faire nommer un « Special Manager » aux pleins pouvoirs, chez Caucasus Online. Fort de ses « pouvoirs spéciaux » il a déjà entrepris de s’opposer à la plainte déposée par la société auprès des tribunaux géorgiens… ! Cela s’apparente en réalité à une expropriation, puisque le propriétaire en titre, NEQSOL, ne peut plus exercer son autorité sur une structure lui appartenant juridiquement.

La société NEQSOL s’est donc résolue à porter le litige devant le CIRDI (Centre International pour le Règlement des Différents relatifs aux Investissements) basé à Washington, créé en 1965, et dépendant de la Banque Mondiale.

L’intensité d’un tel litige exprime naturellement la puissance des intérêts en jeu. Cela se passe aux portes de l’Europe. Les réseaux européens sont connectés avec le Caucase. Nous avons ici le signe de l’importance de ces enjeux, et donc l’absolue nécessité pour l’Europe d’établir clairement ses règles, et de mettre en place les moyens de les faire respecter.

Le Portugal a pleinement raison de vouloir faire ajouter un 4ème pilier aux dispositifs européens concernant le numérique et ses réseaux. La Géorgie illustre l’apprêtée des rivalités possibles dans le domaine des réseaux de fibre, internationaux. Le Portugal donne à l’Europe, avec ce projet, une impulsion stratégique de toute première importance pour le futur technologique européen, et sa nécessaire souveraineté.

___

Gérard Vespierre, diplômé de l’ISC Paris, Maîtrise de gestion, DEA de Finances, Paris Dauphine, géo politologue, Fondateur du site : www.le-monde-decrypte.com

Vaccins Coronavirus : « Le danger »

Vaccins Coronavirus : « Le danger »

 

 

 

 

Le Dr Alexandre Bleibtreu est infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Partisan de la vaccination, juge prématuré l’emballement actuel autour des « candidats vaccins » contre le Covid. Tribune dans les Échos

 

 

 « En entendant le battage actuel autour des projets de vaccins contre la Covid-19, je me dis que, collectivement, nous n’avons pas de mémoire. Je comprends l’espoir de la population et des gouvernements de trouver enfin un outil qui nous permette de sortir de cette période infernale. Moi aussi j’espère.

Mais en tant que médecin, je ne dispose d’aucune donnée scientifique qui me permette de conclure si nous sommes ou pas sur la bonne voie. Donc la seule chose que je peux dire aujourd’hui sur les candidats vaccins, c’est « je ne sais pas ».

Vaccin : ce qui se prépare en France

Le vaccin développé par Pfize et BioNTech

Les laboratoires qui travaillent sur ces projets de vaccins n’ont fait que des communiqués, évoquant 90 % d’efficacité sur des analyses intermédiaires, mais aucune publication de données scientifiques fiables qui puissent être soumises à vérification.

Pour faire simple, quand on parle d’efficacité vaccinale c’est comme si on parlait de l’efficacité d’un gilet pare-balles : on ne sait qu’il est efficace qu’une fois que la personne qui le porte s’est fait tirer dessus et en ressort indemne.

L’épreuve des balles

Si vous donnez un gilet à des gens, qu’à la fin de l’étude ils sont tous en vie mais que vous ne savez s’ils ont été exposés ou non à des tirs, c’est plus difficile de conclure à l’efficacité. Or sans publication des données scientifiques complètes (caractéristiques de la population, exposition au virus, nombre d’infectés dans chaque bras) il est impossible de conclure.

Ainsi une des firmes a présenté par un communiqué de presse la comparaison préliminaire des taux de contamination entre 15.000 personnes ayant reçu deux injections de leur vaccin et 15.000 autres à qui on avait injecté un placebo. Le 90 % d’efficacité qu’ils évoquent veut seulement dire que 90 % des gens qui ont contracté le virus appartenaient au groupe placebo. Mais nous ne savons pas pour l’instant si le groupe vacciné a été, dans sa vie quotidienne, plus ou moins exposé au virus que le groupe placebo.

Retour de bâton

Les firmes font du storytelling pour obtenir des précommandes des gouvernements. De leur point de vue, ce n’est pas étonnant car elles ont des recherches et un business à financer. Mais quand on survend les choses, on s’expose à un retour de bâton.

Il y a six mois, nous avons vécu cela avec le Remdesivir , un antiviral présenté comme très encourageant dans le traitement de la Covid-19 par le laboratoire Gilead. Et puis, quand les données scientifiques de la compagnie et des études indépendantes ont été publiées, on s’est rendu compte que ce médicament était inefficace chez les patients atteints d’une forme grave de Covid-19 et présentait un bénéfice très modeste pour les autres.

Cela a été pire avec la propagande autour de l’hydroxychloroquine qui a non seulement divisé le corps médical mais aussi les Français.

Hygiène et vaccination

S’agissant du storytelling sur les candidats vaccins et l’envolée des cours de Bourse des firmes qui les portent, ma crainte est qu’une éventuelle déconvenue d’un des candidats vaccins renforce les discours complotistes et les mouvances antivaccins .

Or les deux interventions humaines qui ont fait significativement baisser la mortalité à partir du XXe siècle sont premièrement l’hygiène et deuxièmement la vaccination. Tout recul sur ces deux points expose la société au retour de nombreuses maladies infectieuses.

Covid : la France parmi les pays les plus stricts pendant le premier confinement

La France figure parmi les pays qui ont adopté les règles les plus dures pour affronter la première vague de l’épidémie, combinant interdiction de sortir de chez soi et fermeture des écoles et commerces non-essentiels, selon une étude de l’OCDE. En revanche, elle n’a pas rendu le masque obligatoire dans les espaces publics lors du déconfinement.

 » Réseaux sociaux: le danger populiste »

 » Réseaux sociaux: le danger populiste »

Grand reporter à la « Folha de Sao Paulo », la journaliste brésilienne Patricia Campos Mello a montré comment la désinformation en ligne a permis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Les « technopopulistes » ne sévissent pas qu’au Brésil,

(Entretien dans le Monde)

A 45 ans, Patricia Campos Mello est l’une des journalistes brésiliennes les plus brillantes de sa génération. Grand reporter à la Folha de Sao Paulo, elle a publié en 2018 une enquête qui a fait sensation, révélant une vaste campagne de désinformation en ligne ayant permis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Dans son dernier ouvrage, A Máquina do Odio (Companhia das Letras, non traduit), sorti en juillet, elle révèle les coulisses de son enquête et dresse un sombre portrait de l’état de la démocratie brésilienne.

 Pourriez-vous nous résumer ce que vous avez découvert lors de l’élection présidentielle de 2018, que vous qualifiez d’« élection de WhatsApp » ?

Patricia Campos Mello : Depuis plusieurs années, on voyait monter partout le débat sur la manipulation des réseaux par les leaders populistes, en Inde, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne… Mon journal m’a demandé d’enquêter sur le cas brésilien. En ligne, pendant la campagne, circulaient en effet une quantité phénoménale d’informations erronées, de messages insultants ou haineux, en particulier via WhatsApp, visant principalement la gauche du Parti des travailleurs (PT), et dont la source demeurait mystérieuse.

Ce que j’ai découvert, c’est que Jair Bolsonaro bénéficiait du soutien de plusieurs chefs d’entreprise, qui ont contacté (sans qu’on sache vraiment s’il leur a demandé ou non) plusieurs agences de marketing et financé de manière illégale cette « machine de la haine » en ligne. Les messages diffusés sur WhatsApp ont eu un fort impact : ils ont été reçus et partagés auprès de millions d’électeurs. Ils ont contribué à tendre un peu plus le débat politique et ont renforcé le rejet du PT, favorisant à l’évidence le candidat populiste : Bolsonaro.

Comment est née et comment fonctionne cette « machine de la haine » ?

PCM : Bolsonaro ne s’est pas réveillé en 2018 en se disant : « Tiens, les réseaux sociaux peuvent me faire gagner les élections. » Cela fait des années que lui et son équipe préparaient le terrain, recrutant des influenceurs en ligne, ouvrant des comptes sur Twitter, Instagram, Facebook… Bolsonaro a compris avant tout le monde le parti qu’il pouvait tirer des réseaux sociaux pour conquérir le pouvoir. En ce sens, il a été visionnaire.

Concrètement, cette « machine » fonctionne aujourd’hui de manière très décentralisée. Il existe un « point focal », le fameux « cabinet de la haine », géré par les assistants en communication de Jair Bolsonaro à Brasilia, ainsi que par ses fils, en particulier Carlos, qui détient les codes du compte Twitter de son père. Ce « cabinet » cible les ennemis à abattre, oriente les attaques.

 

Ondes électromagnétiques 5G : danger ?

Ondes électromagnétiques 5G  : danger ?

France Info révèle que « Complément d’enquête » s’est adressé à une ONG australienne indépendante. Avec son aide, les journalistes ont compilé plus de 2 000 études publiées dans des revues médicales de référence. Résultat : près de 68% de ces travaux concluent à la présence d’effets biologiques (démontrés, mais ne déclenchant pas tous des pathologies graves) en dessous des valeurs limites d’exposition.

Ces valeurs limites protègent-elles vraiment notre santé ? Si l’on en croit trois des auteurs de ces études, « ces limites n’ont rien à voir avec la santé publique »« Il y a neuf effets biologiques qui se produisent en dessous des seuils réglementaires. L’un d’entre eux est le cancer », précise le biochimiste américain Martin Pall. Selon Dariusz Leszczynski, spécialiste de biologie moléculaire, ces valeurs limites auraient  »été adoptées à un niveau très haut, davantage pour aider l’industrie à se développer rapidement et à un meilleur coût que pour protéger la santé des utilisateurs de téléphones portables ».

Par qui sont fixées ces valeurs limites ? Les recommandations que diffuse l’OMS depuis 1998 émanent de l’ICNIRP (en français Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants), créée en 1992 par Mike Repacholi, un biologiste australien… proche de l’industrie des télécoms.

Les scientifiques de l’ICNIRP sont-ils totalement indépendants ? Les journalistes de « Complément d’enquête » ont épluché les CV de ses quatorze experts. Dix d’entre eux seraient exposés à un risque de conflit d’intérêts avec l’industrie des télécoms. Tel l’Italien Guglielmo D’Inzeo, qui a été conseiller scientifique pendant deux ans pour l’opérateur Vodafone. Ou le Suisse Martin Röösli, chercheur dans une fondation financée par des opérateurs de téléphonie mobile.

Quant au vice-président actuel de l’ICNIRP, il est l’ancien numéro 2 d’une association financée en partie par l’industrie des télécoms. Eric van Rongen est également conseiller à l’OMS. es journalistes sont allés l’interroger à Rotterdam…

dans certains domaines scientifiques on retrouve parfois ses conflits d’intérêts, c’est vrai concernant l’influence de nouvelles technologies mais c’est vrai aussi dans certains autres domaines. Le seul moyen de faire face à un tel phénomène consiste à développer des contre-pouvoirs qui associent les différents acteurs dans l’analyse et les orientations.

 

Attentat de Conflans : le danger de visions trop caricaturales

Attentat de Conflans : le danger de visions trop caricaturales

Entre droite et extrême droite, qui voient dans l’islam le terreau de l’islamisme, et gauche qui le considère comme la religion des opprimés, le sociologue François Dubet pointe, dans une tribune au « Monde », le danger de rhétoriques duales trop caricaturales.

Tribune.

 

Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, le piège se referme sur nos débats et nous enfoncera plus encore dans une crise politique et morale. A la suite de l’émotion provoquée par un meurtre atroce, les leaders politiques, les intellectuels et les opinions se déchirent et mobilisent des interprétations toutes faites, réduisant les individus au rôle de pantins dans un scénario connu déjà d’avance et sans issue.

D’un côté, celui de la droite et de l’extrême droite, mais pas seulement, où l’ennemi est tout désigné : l’islam est le terreau, on dit désormais « l’écosystème », de l’islamisme. Dès lors, le soupçon porte sur tous les musulmans, et peu importent la foi personnelle et les déclarations républicaines de nombreux responsables musulmans. Il faut passer à l’offensive. On dénonce le « laxisme » et la « lâcheté » des institutions. Le vocabulaire militaire s’impose puisque, si tous les musulmans ne sont pas terroristes, tous peuvent être soupçonnés d’en être les complices. Il suffirait alors d’un fou pour que cette complaisance cachée engendre le crime. Au fond, les musulmans auraient provoqué ce qui leur arrive.

Chantres d’une laïcité dure

Par un étrange renversement de l’histoire politique de notre pays, les droites et l’extrême droite se font les chantres d’une laïcité dure, bien plus dure qu’elle le fut, dans laquelle le fait de se sentir blessé par un dessin blasphématoire ou de porter un foulard serait un signe de défiance envers la République et un quasi-appel au meurtre. Il va de soi que cette rhétorique et les pratiques qui vont avec renforceront nécessairement le séparatisme qu’elles dénoncent. Ici, tout le mal est dans la religion elle-même.

De l’autre côté, celui de l’extrême gauche, d’une partie de la gauche, mais pas seulement, dans lequel la religion disparaît derrière le social. Puisqu’il est incontestable que les musulmans de France sont plus pauvres, et surtout plus discriminés que les autres citoyens, l’islam est la religion des opprimés et toute critique de l’islam devient une manifestation d’islamophobie, une manifestation de la lutte des classes et une répétition de l’histoire coloniale. Le camp naguère laïque, anticlérical et athée, défend la religion des humiliés, quitte à passer sous silence ses dimensions antidémocratiques, notamment à l’égard des femmes, quitte à ignorer les croyances elles-mêmes en les réduisant à un problème social. La religion reste l’opium du peuple opprimé, mais on devrait défendre cet opium parce qu’il est celui du peuple.

 

12345...7



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol