Archive pour le Tag 'pourquoi ?'

Fonction publique : De plus en plus de contractuels pourquoi ?

Fonction  publique : De plus en plus de contractuels pourquoi ?

Le politiste Luc Rouban explicite, dans un entretien au « Monde », les raisons de l’emploi de plus en plus important de contractuels dans la fonction publique.

 

Directeur de recherche au CNRS et membre du laboratoire Cevipof de Sciences Po, Luc Rouban évoque les raisons de l’augmentation de l’emploi de contractuels dans la fonction publique en France.


Le nombre de contractuels augmente inéluctablement dans la fonction publique. Sommes-nous, à bas bruit, en train de changer de modèle ?

Nous sommes dans une situation où cohabitent la logique du statut, qui demeure majoritaire, et une vision managériale de la fonction publique, qui favorise le contrat. C’est un système binaire, dual, qui relève sans doute d’un choix politique, mais ce choix n’est pas explicite. On reste donc dans un modèle confus et antinomique, qui est en tension.

Le cadre uniforme du statut demeure influent. Cela se traduit par une rigidification du recrutement des contractuels, soumis à toujours plus de contrôles. Par ailleurs, les agents sous contrat peuvent être en CDI, dérouler une carrière de plus en plus organisée et conserver leur ancienneté.

Dans le même temps, le fait de recruter des contractuels permet de contourner les rigidités ou les inadaptations du système statutaire. Il peut s’agir d’assurer des remplacements dans l’éducation nationale, par exemple, ou d’attirer des spécialistes dont le recrutement est rendu difficile par l’organisation de l’administration en corps. Dans les règles de droit public que l’on applique aux contractuels, on intègre de plus en plus d’éléments qui relèvent du code du travail, mais sans passer tout à fait dans le droit privé.

Bref, le contrat est de moins en moins dérogatoire et les syndicats se plaignent de voir la logique statutaire de 1946 [qui prévoit que les agents publics de l’Etat soient fonctionnaires] disparaître.

Mais n’est-ce pas l’Union européenne qui impose cette évolution ?

Oui, c’est un alignement européen, en effet, qui entérine le modèle allemand : le statut est réservé aux fonctions régaliennes de l’Etat. Mais la logique managériale que souhaite développer Emmanuel Macron, après Sarkozy et Raffarin, se heurte à la réalité sociale et culturelle de la France.

Contrairement à l’Allemagne, pays fédéral, notre administration est divisée en corps, dont chacun a des fonctionnaires et des règles spécifiques. C’est un système très hiérarchisé. Plus vous montez haut, plus c’est autogéré, plus c’est puissant et moins il y a de monde. Les corps, notamment les plus prestigieux comme le Conseil d’Etat ou l’Inspection générale des finances, ont beaucoup d’influence. On le voit à la difficulté que les politiques ont à réformer l’Etat. La haute fonction publique française considère qu’elle protège autant l’état de droit et les libertés publiques que les élus.

Nouvelle carte d’identité en anglais : bêtise symbolique

Nouvelle carte d’identité en anglais : bêtise symbolique

Le recours à la seule langue anglaise pour traduire les mentions de la future carte d’identité européenne en France relève de « la bêtise symbolique », estiment la philosophe Barbara Cassin et Xavier North, ancien délégué général à la langue française et aux langues de France, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. 

 

Une nouvelle carte d’identité sera obligatoire en France à partir du 2 août. Biométrique, en polycarbonate et inscription laser, de la dimension d’une carte bancaire, elle est sécurisée et permet de mieux lutter contre les fraudes. La directive européenne stipule que la dénomination du document, « Carte d’identité », doit apparaître dans la ou les langues officielles de l’Etat membre de délivrance et dans au moins une autre langue officielle des institutions de l’Union.

« La langue de la République est le français », dit notre Constitution. « La langue de l’Europe, c’est la traduction », disait Umberto Eco. Nous sommes français et européens. Cette directive nous convient !

L’Allemagne et l’Autriche ont choisi, à côté de l’allemand, l’anglais et le français. La Roumanie a choisi à côté du roumain l’anglais et le français. Deux langues plutôt qu’une, et parmi ces langues le français. Et nous ? Quelle langue, quelles langues allons-nous choisir ?


Tout faux ! En décidant de traduire en anglais et en anglais seulement, toutes les mentions de notre nouvelle carte d’identité, nous avons tout faux !

Insultant

S’adresser en anglais à des chefs d’entreprise anglophones pour les inciter à investir en France, c’est intelligent. Traduire sur le document symbolique de la citoyenneté française, outre « carte d’identité » par « identity card », « nationalité » par « nationality », « sexe » par « sex », et « N° du document » par « Document N° », c’est insultant pour le Français comme pour l’Européen.


Se limiter à l’anglais, après le Brexit qui plus est, et non pas pour parcourir le monde comme avec le passeport, mais pour arpenter notre Europe, c’est envoyer trop de mauvais messages. La langue de l’Europe, tout comme la langue du monde, ne serait donc que le globishglobal English, une langue de pure communication ? Inutiles, toutes ces langues de culture qui font la richesse de l’Europe… Quant à la francophonie, pourquoi parlerait-elle encore français puisque le français n’a plus rien d’une langue-monde, et que l’anglais convient à l’identité française ?

Covid: pourquoi le redressement économique dans les pays asiatiques et pas en France

Covid: pourquoi le redressement économique dans les pays asiatiques et pas en France

 

L’économiste Robert Boyer observe, dans une tribune au « Monde », que les pays qui sont parvenus à « tester, tracer, isoler » sont parvenus à éradiquer le virus, contrairement à ceux qui ont choisi d’alterner confinements stricts et allègements des contraintes

Tribune.

 

En mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare l’état de pandémie, les cas de coronavirus explosent en Italie, Espagne puis en France et au Royaume-Uni, mais les autorités chinoises déclarent qu’aucun cas n’est plus observé à Wuhan. Ce télescopage des conjonctures sanitaires devrait être au cœur des analyses et donc des stratégies de lutte contre la pandémie.

Comment expliquer qu’en mars 2021 divers pays de l’Est asiatique soient parvenus à éradiquer le virus et enregistrer un vigoureux rebond de leur économie, alors que la plupart des pays européens peinent encore à stabiliser le taux d’occupation des services de réanimation et n’ont toujours pas redressé l’activité économique ?

L’inégale promptitude des experts et des autorités à percevoir la gravité de la pandémie est à l’origine de cette divergence. En fait, tout retard se traduit par une mortalité plus élevée, ce qui suppose ensuite une plus grande rigueur ou une plus grande durée des restrictions à la mobilité.

D’un côté l’objectif premier est de lutter contre la pandémie, de l’autre de limiter des pertes économiques qui pourraient s’avérer inutiles du fait de mesures sanitaires trop restrictives. Paradoxalement, la primauté accordée à l’économie conduit, le plus souvent, à majorer les pertes en termes de production, car c’est essentiellement la dynamique du virus qui détermine la possibilité du retour à la normale.

Cette évidence tarde à éclairer les décisions des gouvernements. Ainsi, à la lumière de l’année écoulée, deux réponses opposées ont été données à l’impossibilité de concilier sécurité sanitaire, prospérité économique et respect des libertés. D’une part certains gouvernements, finalement peu nombreux, ont visé et atteint l’objectif d’éradication du virus et le marasme économique s’éloigne.

On peut à nouveau parler de projets d’avenir. D’autre part, une majorité de gouvernements a choisi de cheminer sur le chemin de crête, c’est-à-dire d’optimiser en permanence pertes humaines et coût économique des mesures de lutte contre le Covid-19. La conséquence est désormais claire : la répétition de mesures restrictives puis leur relaxation impulsent un « stop and go » qui inhibe l’investissement, réduit la consommation et désespère les citoyens.

Les changements de trajectoires en septembre 2020

En 2020, face à un virus inconnu, donc en l’absence de solutions médicales, et en réponse à des évolutions anticipées comme dramatiques, la plupart des gouvernements ont recouru à une méthode éprouvée dans le passé, la quarantaine. La décision de confinement de Wuhan avait conforté la pertinence de cette option.

Pourquoi l’image de la voie professionnelle est dévalorisée ?

Pourquoi l’image de la voie professionnelle est dévalorisée ?

Pour la sociologue Laure Minassian, les objectifs contradictoires donnés à la voie professionnelle en France expliquent son image dévalorisée. (Interview dans le Monde,Extrait)

Laure Minassian, docteure en sociologie, ingénieure de recherches à l’université de Nantes, rattachée au laboratoire CIRCEFT-EScol de Paris-VIII, signe L’Enseignement professionnel, entre promotion et relégation (éditions Académia – février 2021). Elle revient sur les évolutions historiques, et récentes, de la voie professionnelle en France.

En France, la voie professionnelle souffre souvent d’une image d’enseignement de relégation. Pourquoi ?

Dans son histoire, l’enseignement professionnel n’a pas toujours eu cette image de voie de relégation. Des années 1930 jusqu’aux années 1960, alors que les besoins en main-d’œuvre qualifiée explosent, il jouit d’une très bonne réputation, celle d’un lieu de formation et d’élévation du citoyen par la culture technique. Mais les crises économiques successives vont avoir raison de cette visée émancipatrice de la voie professionnelle.

Dès les années 1970, la prolongation de la scolarité obligatoire et le fort taux de chômage des jeunes réduisent son objectif à l’insertion professionnelle rapide des élèves. Mais son rôle devient aussi progressivement de « délester » l’école des jeunes, souvent issus de milieux défavorisés, qui n’y réussissent pas, ou qui ne répondent pas aux attendus scolaires. L’image de relégation trouve son origine dans cette double injonction et dans le cumul des difficultés et des objectifs parfois contradictoires. Puis le lycée professionnel devient le fer de lance de l’objectif de « 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac » du ministre Jean-Pierre Chevènement, en 1984. Mais on estime que les résultats de la filière professionnelle ne sont pas à la hauteur en termes d’emplois, qu’il faut donc rapprocher la formation des besoins des entreprises, au détriment des enseignements généraux donnés aux élèves. L’image d’une voie « à part » des autres se renforce ainsi, jusqu’à aujourd’hui.

 

Pour la sociologue Laure Minassian, les objectifs contradictoires donnés à la voie professionnelle en France expliquent son image dévalorisée. (Interview dans le Monde)

Laure Minassian, docteure en sociologie, ingénieure de recherches à l’université de Nantes, rattachée au laboratoire CIRCEFT-EScol de Paris-VIII, signe L’Enseignement professionnel, entre promotion et relégation (éditions Académia – février 2021). Elle revient sur les évolutions historiques, et récentes, de la voie professionnelle en France.

En France, la voie professionnelle souffre souvent d’une image d’enseignement de relégation. Pourquoi ?

Dans son histoire, l’enseignement professionnel n’a pas toujours eu cette image de voie de relégation. Des années 1930 jusqu’aux années 1960, alors que les besoins en main-d’œuvre qualifiée explosent, il jouit d’une très bonne réputation, celle d’un lieu de formation et d’élévation du citoyen par la culture technique. Mais les crises économiques successives vont avoir raison de cette visée émancipatrice de la voie professionnelle.

Dès les années 1970, la prolongation de la scolarité obligatoire et le fort taux de chômage des jeunes réduisent son objectif à l’insertion professionnelle rapide des élèves. Mais son rôle devient aussi progressivement de « délester » l’école des jeunes, souvent issus de milieux défavorisés, qui n’y réussissent pas, ou qui ne répondent pas aux attendus scolaires. L’image de relégation trouve son origine dans cette double injonction et dans le cumul des difficultés et des objectifs parfois contradictoires. Puis le lycée professionnel devient le fer de lance de l’objectif de « 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac » du ministre Jean-Pierre Chevènement, en 1984. Mais on estime que les résultats de la filière professionnelle ne sont pas à la hauteur en termes d’emplois, qu’il faut donc rapprocher la formation des besoins des entreprises, au détriment des enseignements généraux donnés aux élèves. L’image d’une voie « à part » des autres se renforce ainsi, jusqu’à aujourd’hui.

Santé-Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran sont-ils prioritaires ?

Santé-Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran  sont-ils prioritaires ?

 

Progressivement on apprend que certaines personnalités sont vaccinées alors que visiblement elles sont loin de faire partie des populations prioritaires. Rappelons que pour l’instant la  priorité concerne les plus de 75 ans et les personnes présentant de très graves pathologies. Si l’on en juge par le reportage complaisant sur Véran  qui montre son torse, on ne peut pas dire que le ministre de la santé soit réellement physiquement déficient. Ni qu’il soit prioritaire en tant que de médecin puisqu’il y a longtemps qu’il n’a pas vu un patient. Il en est de même pour Nicolas Sarkozy qui ,lui, a 66 ans et qui a été vacciné. Pour la justifier l’entourage de Sarkozy précise que c’est sur prescription médicale. En fait la même prescription pour être faite à ces millions de Français qui sont réellement prioritaires et qui attendent en vain une date de vaccination car tous les centres ou presque sont aujourd’hui fermés et où ne répondent plus à aucune sollicitation faute de vaccin.

L’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas précisé les raisons de cette prescription, en soulignant que l’ancien président, « comme tout citoyen, a le droit à une vie privée et au secret médical« . Interrogé jeudi sur cette information à l’occasion de la conférence de presse hebdomadaire sur l’évolution de l’épidémie, le ministre de la Santé Olivier Véran avait invoqué « le secret médical ».

« Il en va de Nicolas Sarkozy comme de n’importe quel Français, il a le droit au secret médical, donc je n’ai pas à en connaître s’il a été vacciné avant l’heure. Nous devons tous respecter les règles, nous avons tous des droits et des devoirs. Ils s’imposent à chacun d’entre nous, y compris celui de bénéficier du secret médical. Pas de commentaire donc », a-t-il déclaré. De son côté, Nicolas Sarkozy s’agacerait des lenteurs de la stratégie vaccinale du gouvernement, jugeant qu’il faut accélérer l’arrivée de vaccins pour mettre en place des « vaccinodromes ».

Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran sont-ils prioritaires ?

Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran  sont-ils prioritaires ?

 

 

Progressivement on apprend que certaines personnalités sont vaccinées alors que visiblement elles sont loin de faire partie des populations prioritaires. Rappelons que pour l’instant la  priorité concerne les plus de 75 ans et les personnes présentant de très graves pathologies. Si l’on en juge par le reportage complaisant sur Véran  qui montre son torse, on ne peut pas dire que le ministre de la santé soit réellement physiquement déficient. Ni qu’il soit prioritaire en tant que de médecin puisqu’il y a longtemps qu’il n’a pas vu un patient. Il en est de même pour Nicolas Sarkozy qui ,lui, a 66 ans et qui a été vacciné. Pour la justifier l’entourage de Sarkozy précise que c’est sur prescription médicale. En fait la même prescription pour être faite à ces millions de Français qui sont réellement prioritaires et qui attendent en vain une date de vaccination car tous les centres ou presque sont aujourd’hui fermés et où ne répondent plus à aucune sollicitation faute de vaccin.

L’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas précisé les raisons de cette prescription, en soulignant que l’ancien président, « comme tout citoyen, a le droit à une vie privée et au secret médical« . Interrogé jeudi sur cette information à l’occasion de la conférence de presse hebdomadaire sur l’évolution de l’épidémie, le ministre de la Santé Olivier Véran avait invoqué « le secret médical ».

« Il en va de Nicolas Sarkozy comme de n’importe quel Français, il a le droit au secret médical, donc je n’ai pas à en connaître s’il a été vacciné avant l’heure. Nous devons tous respecter les règles, nous avons tous des droits et des devoirs. Ils s’imposent à chacun d’entre nous, y compris celui de bénéficier du secret médical. Pas de commentaire donc », a-t-il déclaré. De son côté, Nicolas Sarkozy s’agacerait des lenteurs de la stratégie vaccinale du gouvernement, jugeant qu’il faut accélérer l’arrivée de vaccins pour mettre en place des « vaccinodromes ».

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Mali : pourquoi il ne faut pas partir

Le groupe de réflexions Mars (*)   explique dans le journal la Tribune les enjeux de la présence française au Mali

 

- Situation militaire
La France a perdu à ce jour plus de 50 soldats au Mali depuis huit ans (13 janvier 2013, déclenchement de l’opération Serval). Les buts de guerre initiaux ont été atteints au bout de trois mois d’intervention : reconquête territoriale, neutralisation de l’adversaire, re-légitimation du pouvoir malien. Faute d’avoir défini de nouveaux buts de guerre à l’été 2013, il aurait fallu, sinon se retirer sur cette victoire, du moins réduire considérablement l’empreinte française au Sahel.

Au contraire, une nouvelle opération a été lancée en août 2014 (Barkhane) sur un théâtre élargi à 5 pays sahéliens tout en réduisant les moyens. Résultat : en six ans, l’adversaire (GAT, « groupes armés terroristes ») a considérablement renforcé son emprise en contrôlant de facto de vastes territoires de la région du Liptako-Gourma à cheval sur les « 3 frontières » du Mali, du Niger et du Burkina Faso ; les armées locales sont démoralisées et l’effondrement des institutions maliennes est tel qu’un coup d’état militaire a été considéré comme un moindre mal. Malgré tout, le renforcement de Barkhane en 2020 a permis d’obtenir des succès tactiques affaiblissant les groupes affiliés respectivement à l’EI et AQ.

- Situation politique
Alors que Bamako (capitale située au sud-est du pays) a perdu le contrôle de vastes territoires au centre du Mali, le nord du pays rejette toujours les autorités du sud. Au Burkina, le nord échappe de plus en plus au contrôle de Ouagadougou. Le Niger, où le pouvoir est plus légitime et cohérent, doit faire face à une double menace : à l’ouest avec l’EIGS, au sud avec Boko Haram, tout en limitant la menace des groupes mercenaires qui combattent en Libye. Le Tchad est une dictature militaire confrontée aux massacres intermittents de Boko Haram, en plus de la menace permanente des groupes rebelles réfugiés en Libye et au Soudan.

Seule la Mauritanie, où le pouvoir est aussi détenu par l’armée mais en respectant mieux qu’au Tchad les apparences démocratiques, échappe à la catégorie des États quasi-faillis en parvenant de manière autonome à contrôler son vaste territoire. Le cauchemar des observateurs serait que la Côte d’Ivoire, à la faveur de la crise politique actuelle, ne bascule encore dans la guerre civile, contexte propice à l’implantation des GAT au nord du pays.

- Situation diplomatique
Plus la communauté internationale s’intéresse au Mali, plus la situation devient inextricable. A l’exception de Barkhane, les forces étrangères présentes au Mali au sein de la MINUSMA (ONU), de la FCG5S (G5 Sahel) et d’EUTM (UE) sont totalement inefficaces et aggravent les problèmes au lieu d’y apporter une solution. Les Etats-Unis ont une attitude ambivalente, ne lésinant pas sur l’aide militaire à Barkhane, mais refusant les financements et les mandats permettant de donner aux autres forces étrangères les moyens d’une meilleure efficacité.

De leur côté, les puissances régionales d’autrefois (Algérie, Libye, Nigeria) traversent une crise politique qui les empêche d’agir. La Russie reste en embuscade, espérant récupérer le Mali (longtemps allié de l’URSS) au départ des Français. Au fond, personne n’a de plan pour l’avenir du Mali, alors que les accord d’Alger de 2015, signés par des partenaires de mauvaise foi, ne sont pas mis en œuvre.

2/ Les comparaisons avec la Bosnie ou l’Afghanistan ne sont pas pertinentes

En observant que la France s’est retirée d’ex-Yougoslavie et d’Afghanistan après avoir perdu respectivement 112 et 90 tués (et des centaines de blessés dont on ne parle pas), certains estiment qu’il faut quitter le Mali avant. Mais comparaison n’est pas raison.

- Une histoire et une géographie très différentes
Dans les deux cas, la France a suivi ses alliés dans des guerres qui n’étaient pas les siennes. La partition de la Yougoslavie est un processus voulu notamment par l’Allemagne réunifiée pour accroître son influence en Europe centrale, contre la position de la France (président François Mitterrand), qui intervient dès 1992 en Krajina pour protéger les minorités serbes de Croatie ; l’évolution de la guerre civile et des interventions étrangères contraint ensuite la France à se retourner contre les Serbes de Bosnie à partir de 1995. En 1999, l’OTAN bombarde la Serbie pour l’obliger à abandonner le Kosovo, que les derniers soldats français quittent en 2013, soit une présence de plus de vingt ans sur une zone dépourvue d’intérêt stratégique majeur pour la France.

En Afghanistan, l’alliance atlantique active l’article 5 pour la seule fois de son histoire à la suite des attentats du 11 septembre 2001. La France (président Jacques Chirac) intervient en envoyant des formateurs et des forces spéciales traquer Ben Laden. Le président Nicolas Sarkozy, élu en 2007, décide de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN et envoie pour cela des troupes conventionnelles combattre les insurgés, sans leur donner de moyens suffisants, ce qui conduit à l’embuscade d’Uzbin en août 2008. A force d’attentats meurtriers, les troupes françaises sont progressivement contraintes à l’inaction. Le désengagement français fin 2012 (président François Hollande) après onze ans de présence n’a pas de conséquence opérationnelle.

 

- Des enjeux politico-stratégiques très différents
Au Mali, l’arrière-plan historico-stratégique est totalement différent. Il s’agit d’un pays francophone dont les élites sudistes doivent tout à l’ancien colonisateur, qui a favorisé leur émancipation au détriment des populations nomades du centre (peuls) et du nord (arabes et touaregs), qui les dominaient jusqu’à la conquête française (tardive, 1900). Ces élites, appuyées par le plus grand nombre, refusent que la France les « trahisse » en accédant aux revendications d’autonomie de ces populations nomades, minoritaires mais insoumises. Pourtant, le « centre de gravité » de la guerre au Sahel réside dans l’association au pouvoir, ou non, de ces minorités, qui continueront sinon à fournir toutes les ressources dont les GAT ont besoin pour maintenir leur emprise, voire l’élargir en fonction de la pression qu’ils subissent.

Considérant, non sans raison ni hypocrisie, que cette guerre postcoloniale ne les concerne pas, la plupart des alliés européens, à commencer par l’Allemagne, refusent à la France au Mali ce qu’ils ont accepté au profit de l’OTAN en Afghanistan. Paris peine à faire croire aux autres capitales européennes que leur sécurité dépend de celle de Bamako. Or la guerre de la France au Mali met en lumière les lacunes capacitaires accumulées depuis trente ans de « dividendes de la paix ». La réalité est que la France est incapable d’intervenir seule, sans l’aide de ses alliés, à commencer par les Américains (qui fournissent d’ailleurs un appui opérationnel à titre gratuit).

- Le cas exemplaire de la RCA et de la RCI
La France a décidé en 1997 de quitter la Centrafrique et de ne pas intervenir lors du coup d’état de 2002 en Côte d’Ivoire (président Jacques Chirac, « doctrine Jospin »). Résultat : elle y est toujours et contribue périodiquement à y ramener un semblant d’ordre. En RCA, les Russes proposent de remplacer les Français mais les Centrafricains ont compris que ce n’était pas gratuit.

3/ Les conditions d’un succès au Sahel

- Prendre conscience des enjeux stratégiques
Une fois admis que l’opération Barkhane est un échec, faut-il pour autant se retirer du Mali ? La réponse est non car, contrairement à l’ex-Yougoslavie et l’Afghanistan, le retrait français aurait des conséquences stratégiques majeures, à commencer par le délitement des Etats sahéliens et la création d’un nouveau califat territorial au Liptako-Gourma. Les élections générales de 2022 permettront de redéfinir la stratégie française au Sahel, qui coûte environ un milliard d’euros par an au contribuable, entre le coût des opérations militaires et l’aide au développement. En attendant, il faudra « tenir » sans céder à une opinion publique insuffisamment consciente des risques d’un désengagement trop brutal. Un retrait sous la pression serait assimilé à une défaite stratégique majeure minant à la fois la crédibilité de la politique étrangère de la France et le moral de ses armées.

- Redéfinir les buts de guerre (effet final recherché)
Le chef des armées élu en 2022 s’engagera fermement à maintenir l’engagement militaire français au Sahel « quoi qu’il en coûte » à condition d’obtenir de la communauté internationale (ONU, UE, UA, CEDEAO) qu’elle oblige les autorités locales à transformer leur gouvernance en associant toutes les minorités au pouvoir (mais non les djihadistes) et en instituant un audit permanent de nature à limiter la grande corruption. Cette « mise sous tutelle » s’accompagnerait, dans l’idéal, d’un début de panafricanisme avec la création d’une instance supranationale chargée de contrôler la gouvernance de chaque Etat. Les frontières cesseraient ainsi de faire prospérer les trafics qui alimentent les GAT. Il serait ainsi demandé à la communauté internationale de transformer son intervention militaire inutilement coûteuse en engagement politique audacieux.

- Options tactiques
Il n’y en a que deux : soit un Barkhane++ avec tous les moyens nécessaires à accroître la pression sur les GAT tout en limitant les pertes amies (plus de drones et d’hélicoptères, plus de troupes conventionnelles au sol mieux protégées contre les IED) ; soit un engagement totalement repensé, à base de forces spéciales appuyées par l’aviation pour les « actions cinétiques » (opération Sabre) et de conseillers militaires auprès de troupes locales (Takuba) suffisamment nombreuses, équipées, entraînées et commandées, appuyées également par de l’aviation, afin de reconquérir et tenir le terrain.

Dans la situation actuelle, seule la première option semble crédible à court et moyen terme. En définitive, compte tenu du fait que les GAT restent un adversaire de faible valeur tactique (aucune perte française dans des combat), le succès ne dépend que des moyens à y consentir et de l’effet final recherché (nouvelle gouvernance politique). La vraie question est celle des lacunes capacitaires qui empêchent la France d’avoir les moyens de ses ambitions et de ses responsabilités.

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(*) Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

 

Tresses et boucles d’oreilles autorisées dans l’armée américaine et pourquoi pas aussi le tutu ?

  • Tresses et boucles d’oreilles autorisées dans l’armée américaine et pourquoi pas aussi le tutu ?
  • De toute évidence il y a dans nombre de professions y compris régaliennes des évolutions de mentalités et de comportements dans les pays occidentaux. Ainsi par exemple dans la rigoureuse armée américaine, on autorise désormais des fantaisies d’accoutrement comme par exemple boucles d’oreilles, cheveux tressés ou queue de cheval.
  •  Un phénomène sociétal qui affecte à peu près toutes les armées occidentales qui entretiennent avec la défense des rapports assez nouveaux et parfois ésotériques. En France d’ailleurs pour ne pas déplaire à la jeunesse, on a purement et simplement supprimer le service militaire obligatoire qui faisait un peu la spécificité démocratique et républicaine du pays.
  •  On voit mal la relation qui peut exister entre le respect nécessaire des minorités et le laxisme dans des fonctions régaliennes fondamentales qui n’autorisent pourtant pas p la moindre fantaisie. À quand aussi l’autorisation du tutu ?
  • Les autorités américaines indiquent cependant que boucles d’oreilles sont autorisées mais qu’elles doivent rester discrètes. Elles restent interdites sur les théâtres d’intervention. Le rouge à lèvres est lui aussi autorisé, mais dans des teintes neutres, de même que le vernis à ongles qui est désormais autorisé aux hommes travaillant dans des environnements où leurs mains sont en contact fréquent avec des produits chimiques agressifs. Le vernis de couleur «extrême» (bleu, noir, violet ou fluorescent) reste interdit. Comme la France suit à peu près toutes les modes américaines avec retard, il sera toujours temps de commander des tutus et du rouge à lèvres pour les forces armées françaises !

Pourquoi pas un comité de défense POUR……NEIGE-et VERGLAS

Pourquoi pas un comité de défense POUR……NEIGE-et VERGLAS

 

Il est clair que Macron a trouvé la martingale pour s’affranchir du fonctionnement démocratique habituel grâce à la création des comités de défense. On peut comprendre un comité de défense concernant le terrorisme car il s’agit de la défense du territoire et des Français. Par contre,  la sémantique choisie à propos de la crise sanitaire paraît particulièrement excessive. Pourquoi en effet un comité de défense concernant le Coronavirus. Pourquoi déclarer qu’on est en situation de guerre quand visiblement non seulement la sémantique est mal choisie mais qu’en plus on ne dispose pas des moyens de cette guerre. Pire , la guerre est dirigée par des responsables qui n’ont aucune idée de ce qu’est une guerre et un service militaire.

 

Pas étonnant dans ces conditions qu’on bâtisse des stratégies sans prendre en compte la logistique. Or  la logistique et le support privilégié de l’efficacité d’une armée. À défaut d’action,  le gouvernement se gave de mots et accessoirement met entre parenthèses les institutions démocratiques puisque rien ne doit être mis sur la place publique quant aux discussions et aux décisions des comités de défense.

Pourquoi ne pas prolonger le ridicule en créant aussi un comité de défense neige et verglas pour éviter de nouveaux dérapages des pouvoirs publics. Attention là aussi il faudra penser à la logistique notamment au sel……  et surtout au sable plus respectueux de l’environnement.

« La course au vaccin : pourquoi ? »

« La course au vaccin : pourquoi ? »

 

L’économiste Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris

, montre pourquoi l’industrie pharmaceutique s’est lancée dans la course au vaccin, alors qu’elle n’y avait originellement pas d’intérêt.

Chronique. Quoique sporadiques, plusieurs travaux d’économistes – notamment ceux des Américains Michael Kremer (Nobel 2019) et Christopher Snyder – se sont penchés sur l’économie de la vaccination (« Preventives Versus Treatments », Michael Kremer, Christopher Snyder, The Quarterly Journal of Economics n° 130/3, août 2015). Un des principaux résultats est que l’industrie pharmaceutique préfère investir dans les médicaments – qui permettent de traiter une maladie – plutôt que dans un vaccin – qui permet de l’éviter. Cette préférence découle d’un calcul financier.

Le traitement est en général curatif, alors que le vaccin est essentiellement préventif (le vaccin contre la rage étant un contre-exemple). Une personne déjà malade a besoin d’un traitement ; l’industriel a alors la possibilité de maximiser la capture du surplus de dépense du consommateur ou des acteurs privés et publics qui l’assurent. Pour les maladies au long cours, un traitement curatif garantit en outre une continuité de revenu à l’industrie. Alors que dans le cas d’une maladie transmissible, une vaccination individuelle génère le plus souvent une externalité positive collective en termes de santé publique en réduisant les risques de contamination des tiers : la vaccination, même partielle, peut ainsi totalement épuiser le réservoir de « malades-consommateurs » à traiter.

Ces mécanismes entraîneraient, selon ces économistes, un sous-investissement chronique de l’industrie pharmaceutique dans la recherche sur les vaccins. Même les laboratoires spécialisés dans la production de vaccins seraient peu innovants, se contentant de reproduire des vaccins anciens et de les adapter de manière routinière en cas de mutation, comme pour la grippe saisonnière. D’autant que les fabricants de traitements d’une maladie peuvent utiliser leur capture des régulateurs sanitaires pour allonger les procédures d’homologation et donc le coût de développement d’un vaccin, dissuadant de lancer de tels projets.

Un obstacle demeure : le sous-investissement dans le domaine du vaccin a légué des capacités productives et logistiques limitées

Mais il suffit de briser ces mécaniques en créant les bons schémas incitatifs pour que l’industrie pharmaceutique innove davantage et plus rapidement dans le domaine vaccinal. C’est ce qui s’est passé pour le SARS-Cov2. La découverte en quelques mois de vaccins efficaces ne devrait soulever ni suspicion, ni étonnement, ni admiration car… l’intérêt de l’industrie était cette fois de trouver des vaccins !

 

Vaccin : la France «championne du monde» des « anti », pourquoi ?

Vaccin : la France «championne du monde» des « anti », pourquoi ?

40% seulement des Français accepteraient de se faire vacciner contre le Covid, selon une étude Ipsos Global Advisor en partenariat avec le Forum économique mondial. Un pourcentage en plus en nette diminution par rapport à août près de 60 % se disaient favorable à la vaccination. En cause, les nombreuses interrogations voire les contradictions non seulement des pouvoirs politiques mais aussi des autorités sanitaires depuis le début de la crise.

Plus fondamentalement, c’est la crédibilité des autorités qui est en cause non seulement à propos de la stratégie sanitaire mais dans tous les autres champs de la politique. D’un point de vue global sur toute les questions ou presque,  il y a une opposition de 60 à 70 % des Français au gouvernement. La problématique n’est donc pas seulement sanitaire mais politique.

Les autorités se sont trop contredites, elles se sont en plus noyés dans des bavardages inutiles et incompréhensibles. Le chef de l’État lui-même est tombé dans le piège du verbiage permanent en se transformant en expert médical lui-même. De la même manière qu’il endosse le rôle de premier ministre, de ministre et de directeurs d’administration. Sans parler de ses digressions philosophiques à prétention intellectuelle qui avec ce le fameux en même temps le conduit à dire tout et le contraire par opportunisme politique.

La France n’est pas le seul pays où les intentions vaccinales sont relativement basses. Ainsi, selon l’étude Ipsos Global Advisor, seuls 43% des Russes sont prêts à se faire vacciner, et 53% des Sud-Africains. Arrivent ensuite le Japon (60%), l’Italie et l’Espagne (62%), puis l’Allemagne (65%).

À l’opposé, la Chine est en tête des pays où les personnes interrogées sont les plus enclines à se faire vacciner (80%), devant le Brésil (78%) et le Royaume-Uni (77%), premier à avoir commencé les vaccinations le 8 décembre. Les États-Unis, où une immense campagne de vaccination a également commencé, sont le seul pays où les intentions de vaccination sont en hausse (69% aujourd’hui, 64% en octobre).

Bitcoin : pourquoi ce succès ?

Bitcoin : pourquoi ce succès ?

 

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Christopher Dembick, chef économiste chez Saxo Bank explique sur Europe 1 les raisons du succès tout en invitant à la prudence

INTERVIEW

Le bitcoin a dépassé pour la première fois de son histoire les 20.000 dollars l’unité, triplant sa valeur sur un an. Christopher Dembick, chef économiste chez Saxo Bank, explique au micro d’Europe 1 les raisons qui peuvent expliquer le succès de cette cryptomonnaie. Car au-delà de battre des records, elle intéresse de plus en plus les investisseurs mais aussi les particuliers, et force les gouvernements à la prendre en compte. L’économiste met toutefois en garde contre les possibles « vents contraires » qui rendent ce placement risqué.

Un retour sur investissement sans équivalents

Pour Christopher Dembick, la première explication est conjoncturelle. Avec la pandémie de coronavirus, « les investisseurs ont cherché des alternatives aux investissements classiques que sont la bourse, les actions, les valeurs des entreprises », ce qui les a menés vers le bitcoin. 

Ce phénomène en a entrainé un autre : l’émergence d’investisseurs dit « additionnels ». « Les très grandes entreprises comme les fonds de pension, les sociétés financières américaines comme Blackrock, ont décidé d’investir dans les cryptomonnaies. Elles se disent que cela peut être un investissement intéressant parce qu’il y a eu une hausse phénoménale sur les derniers mois. Quelqu’un qui investissait en France sur le bitcoin en début d’année aurait eu une appréciation de plus de 160 % de son investissement », un retour sur investissement sans équivalent, explique le chef économiste de Saxo Bank. 

Paiements facilités et maitrise de l’inflation

Plus largement, le bitcoin et les cryptomonnaies ont deux intérêts. Le premier à court terme, pour tout le monde, c’est de transférer de l’argent à l’international « dans un laps de temps réduit et pour un coût beaucoup plus faible qu’en recourant à une banque », détaille Christopher Dembick. À long terme, les libertaires considèrent que les devises traditionnelles vont disparaitre et « qu’il faudra utiliser d’autres monnaies ». 

Et face à ces monnaies, le bitcoin dispose d’un autre avantage car « la masse monétaire de bitcoins est limitée. Vous ne pouvez pas avoir une émission de bitcoins à l’infini qui créerait de l’inflation qui pourrait être négative pour le pouvoir d’achat des ménages », relève l’économiste. Ainsi, certains y voient un moyen de maitriser l’inflation. 

La fiabilité du bitcoin en question

Ce qui change dans ce record, c’est qu’il témoigne d’un « phénomène de fond et non d’un épiphénomène où l’intérêt diminue quelques semaines après », considère Christopher Dembick. « De grands acteurs du numérique comme Paypal mais aussi des petites entreprises dans certaines grandes villes acceptent le bitcoin. Les banques centrales s’intéressent aussi aujourd’hui aux monnaies virtuelles. Il y a un consensus sur le fait qu’il faut accepter le bitcoin car c’est un moyen de paiement comme un autre, à l’instar du billet ou de la carte bancaire », estime-t-il.

Pour autant, la fiabilité du bitcoin demeure toujours son principal point faible. « Le problème aujourd’hui c’est que l’évolution du prix est extrêmement importante, il y a une très forte volatilité. On a connu par le passé, après une forte envolée du bitcoin, une très forte baisse. C’est pour cela qu’il faut être extrêmement prudent », met en garde l’économiste. Cette baisse pourrait notamment provenir des gouvernements qui, menacés dans leur souveraineté monétaire par les cryptomonnaies, vont vouloir une « régulation et les encadrer du jour au lendemain ».

Commerce: Pourquoi l’hypermarché a été supplanté par les réseaux de proximité ?

Commerce: Pourquoi l’hypermarché a été supplanté par les réseaux de proximité ?

 

Victor Tanant, consultant chez Square  , explique pourquoi les hypermarchés ont été supplantés par les réseaux de proximité dans une chronique de la tribune

 

 

C’est en 1916 que l’enseigne américaine Piggly Wigly crée le concept de vente en libre-service définissant les bases de la grande distribution actuelle. Il faudra attendre 50 ans de plus afin que le premier supermarché fasse son apparition sur le sol français sous l’enseigne Delhaize Le Lion. La grande distribution est née et transforme la société française en s’appuyant sur le modèle de l’hypermarché érigé en temple de la consommation, des prix bas et de l’avènement de l’automobile. Modèle basé sur la recherche de volumes et d’une gamme de produits élargie au prix le plus bas, il allait être remis en cause par les crises successives et les nouvelles attentes des consommateurs.

La pandémie actuelle de Covid-19 a-t-elle achevé la longue chute des magasins qui ont fait la renommée de la grande distribution pour laisser place à des enseignes de proximité ?

Une transformation sociétale

L’avènement de l’hypermarché dans les années 70 a signé le recul des commerces de proximité par un nombre important de fermetures. Les petits commerces ne pouvant plus lutter dans un écosystème favorable aux prix bas. Ces magasins s’appuyant sur un choix de produits en circuit court et d’adaptabilité aux consommateurs sur une zone restreinte, ont vu leurs clients déserter leurs  allées. Mais depuis une dizaine d’années, une appétence accrue des consommateurs pour les commerces de proximité, à travers la recherche de produits de qualité plus que des bas prix, émerge et remet en cause les acquis des années antérieures.

C’est ce postulat qui remet en cause la guerre des prix entre les grands distributeurs, qui a fait rage au début des années 2000, se basant sur le fait que le critère premier d’acte d’achat était le prix, par la volonté des consommateurs de disposer de produits éco-responsables, de produits respectueux de l’environnement et dont la transparence de production est au centre des attentes.

Cette prise de conscience, s’apparentant à un devoir citoyen, modifie considérablement le paysage de la consommation française à travers la recherche de produits ayant un cycle de production plus court et des vertus bio-écologiques. Ainsi des enseignes comme Intermarché mettent en place des solutions comme le « Transparency one » afin d’assurer une transparence totale de leurs chaînes d’approvisionnement à travers un outil permettant de connaitre l’ensemble des acteurs et des actions sur la chaîne de valeur du produit.

D’autres enseignes comme BioCoop ont axé leur développement sur une expérience client éco responsable. Elle adapte au concept de la grande distribution, une approche éco responsable qui se retrouve tout au long de son parcours dans le magasin, réussissant à attirer une clientèle désireuse  de retrouver ses valeurs dans les produits. D’autres distributeurs ont adopté le modèle tel que Monoprix et Franprix, surfant sur une expérience client de qualité pour mettre en avant leurs produits. Les prix plus élevés sont alliés à des magasins pensés pour les clients avec des gammes de produits sélectionnés sur mesure pour leur clientèle.

Une clientèle issue des zones urbaines qui ont portées le développement de ce type de magasin où les grandes surfaces n’arrivent plus à répondre aux attentes des consommateurs. Le client souhaite dorénavant avoir accès à des gammes de produits d’excellence au plus près de chez lui et avec une prise de décision d’achat réduite. Les gammes de produits responsables, minoritaires par le passé, sont devenus la règle dans ces enseignes tout comme les circuits, en magasin, intuitifs, rapides et permettant de trouver au plus vite le bon produit. Ceci remet en cause les structures de linéaires des hypermarchés jouant sur le  volume et la structure prix plus que sur l’expérience client. Les nouvelles générations de consommateurs souhaitent réaliser leur course plus fréquemment mais avec un panier moyen plus faible, que sur l’ancien postulat de la «course hebdomadaire».

Et c’est bien la dernière crise en date du Covid-19 qui a mis en avant l’appétence des foyers français pour les commerces de proximité. Cette modification des comportements de consommation s’est renforcée dans les zones rurales par l’éloignement géographique des commerces d’hyperconsommation et d’une fréquentation de masse, accentuée par un panier dédié à la consommation alimentaire, en hausse.

 

Si le commerce de proximité prend une place prépondérante dans notre société, l’hypermarché n’est pas pour autant en train de disparaitre totalement.

La fin du confinement français a marqué la reprise des ventes au sein de ces enseignes, ayant atteint des niveaux historiquement faibles. Le modèle qui s’appuie sur une stratégie de volume en touchant des zones géographiques larges n’a pas eu la possibilité d’adapter son modèle. La remise en cause du modèle de l’hypermarché n’a été que mise en lumière par la dernière crise, et des groupes comme Auchan ou Casino avaient déjà commencé à se désengager de cette stratégie de « grand magasin » pour se recentrer sur les enseignes de proximité par des sessions. Mais comment expliquer que d’autres distributeurs comme Intermarché ou Leclerc continuent de miser sur ce modèle ?

Intermarché par son profil de distributeur-producteur arrive à se rapprocher des attentes des consommateurs par des produits de qualité, à bas prix, en réduisant le nombre d’intermédiaires tout  en maitrisant la chaine de production jusqu’au panier du consommateur. L’enseigne possède ainsi une soixantaine de sites de production à travers l’Hexagone et se place comme le premier armateur français de bateaux de pêche. Il n’est pas étonnant que le distributeur soit considéré comme le grand gagnant de cette crise et que son modèle séduise les Français. D’autant plus que le distributeur investit pour développer son offre urbaine éco-responsable, notamment en matière de logistique, traçabilité produits, et de proximité. De même, il sensibilise ses fournisseurs aux notions d’éco responsabilité de leurs produits en les challengeant sur leurs nutriscores et notations Yuka. La profondeur des gammes et le volume d’achat des Hypermarchés permettent au distributeur de construire des partenariats avec ses industriels pour emmener leurs gammes sur des productions locales, utilisant moins d’additifs ou de colorants tout en répondant aux critères de qualité nutritionnelle.

Une stratégie payante, tout comme celle de E.Leclerc qui se place comme le leader français de la distribution avec un modèle reposant essentiellement sur le format de l’hyper. L’entreprise d’origine bretonne allie à merveille prix bas et produits locaux à travers sa marque « Nos régions ont du  talent » et une autonomie pour les adhérents de choisir des produits régionaux, répondant à une logique de circuit court afin de mettre en avant leurs particularités géographiques.

Ces produits de proximité intégrés dans des surfaces de plus de 2500m², donnée qui représente la limite pour considérer un magasin comme Hyper, permettent d’attirer un consommateur toujours plus exigeant ; développant la stratégie des distributeurs de compléter leurs offres par des enseignes de proximités urbaines avec des magasins de petite taille, drive ou centre de retrait urbain.

L’hyper n’est plus le modèle de référence dans la grande distribution, cependant il permet toujours de drainer des volumes conséquents au niveau des centrales d’achat assurant de fait aux enseignes de proximité des prix accessibles.

Les différentes crises et une prise de conscience éco-responsable croissante des consommateurs ont dynamisé le secteur de la vente de proximité. Cette image de produit de qualité, et adapté aux besoins des clients, a transformé le secteur de la grande distribution par une adaptabilité nécessaire. Bien que remis en cause, son modèle se centre désormais autours des enseignes de proximité et du développement des gammes de produits locaux. Cependant, l’hypermarché, ancienne tête de gondole des firmes de distribution, tente de se réadapter par des partenariats innovants comme Casino, remplaçant ses linéaires de produits non-alimentaires par des Corner d’enseignes tels que Hema, Claire’s ou C&A pour continuer à attirer et prouver que l’hypermarché n’est pas mort.

Pourquoi l’hypermarché a été supplanté par les réseaux de proximité ?

Pourquoi l’hypermarché a été supplanté par les réseaux de proximité ?

 

Victor Tanant, consultant chez Square  , explique pourquoi les hypermarchés ont été supplantés par les réseaux de proximité dans une chronique de la tribune

 

 

C’est en 1916 que l’enseigne américaine Piggly Wigly crée le concept de vente en libre-service définissant les bases de la grande distribution actuelle. Il faudra attendre 50 ans de plus afin que le premier supermarché fasse son apparition sur le sol français sous l’enseigne Delhaize Le Lion. La grande distribution est née et transforme la société française en s’appuyant sur le modèle de l’hypermarché érigé en temple de la consommation, des prix bas et de l’avènement de l’automobile. Modèle basé sur la recherche de volumes et d’une gamme de produits élargie au prix le plus bas, il allait être remis en cause par les crises successives et les nouvelles attentes des consommateurs.

La pandémie actuelle de Covid-19 a-t-elle achevé la longue chute des magasins qui ont fait la renommée de la grande distribution pour laisser place à des enseignes de proximité ?

Une transformation sociétale

L’avènement de l’hypermarché dans les années 70 a signé le recul des commerces de proximité par un nombre important de fermetures. Les petits commerces ne pouvant plus lutter dans un écosystème favorable aux prix bas. Ces magasins s’appuyant sur un choix de produits en circuit court et d’adaptabilité aux consommateurs sur une zone restreinte, ont vu leurs clients déserter leurs  allées. Mais depuis une dizaine d’années, une appétence accrue des consommateurs pour les commerces de proximité, à travers la recherche de produits de qualité plus que des bas prix, émerge et remet en cause les acquis des années antérieures.

C’est ce postulat qui remet en cause la guerre des prix entre les grands distributeurs, qui a fait rage au début des années 2000, se basant sur le fait que le critère premier d’acte d’achat était le prix, par la volonté des consommateurs de disposer de produits éco-responsables, de produits respectueux de l’environnement et dont la transparence de production est au centre des attentes.

Cette prise de conscience, s’apparentant à un devoir citoyen, modifie considérablement le paysage de la consommation française à travers la recherche de produits ayant un cycle de production plus court et des vertus bio-écologiques. Ainsi des enseignes comme Intermarché mettent en place des solutions comme le « Transparency one » afin d’assurer une transparence totale de leurs chaînes d’approvisionnement à travers un outil permettant de connaitre l’ensemble des acteurs et des actions sur la chaîne de valeur du produit.

D’autres enseignes comme BioCoop ont axé leur développement sur une expérience client éco responsable. Elle adapte au concept de la grande distribution, une approche éco responsable qui se retrouve tout au long de son parcours dans le magasin, réussissant à attirer une clientèle désireuse  de retrouver ses valeurs dans les produits. D’autres distributeurs ont adopté le modèle tel que Monoprix et Franprix, surfant sur une expérience client de qualité pour mettre en avant leurs produits. Les prix plus élevés sont alliés à des magasins pensés pour les clients avec des gammes de produits sélectionnés sur mesure pour leur clientèle.

Une clientèle issue des zones urbaines qui ont portées le développement de ce type de magasin où les grandes surfaces n’arrivent plus à répondre aux attentes des consommateurs. Le client souhaite dorénavant avoir accès à des gammes de produits d’excellence au plus près de chez lui et avec une prise de décision d’achat réduite. Les gammes de produits responsables, minoritaires par le passé, sont devenus la règle dans ces enseignes tout comme les circuits, en magasin, intuitifs, rapides et permettant de trouver au plus vite le bon produit. Ceci remet en cause les structures de linéaires des hypermarchés jouant sur le  volume et la structure prix plus que sur l’expérience client. Les nouvelles générations de consommateurs souhaitent réaliser leur course plus fréquemment mais avec un panier moyen plus faible, que sur l’ancien postulat de la «course hebdomadaire».

Et c’est bien la dernière crise en date du Covid-19 qui a mis en avant l’appétence des foyers français pour les commerces de proximité. Cette modification des comportements de consommation s’est renforcée dans les zones rurales par l’éloignement géographique des commerces d’hyperconsommation et d’une fréquentation de masse, accentuée par un panier dédié à la consommation alimentaire, en hausse.

 

Si le commerce de proximité prend une place prépondérante dans notre société, l’hypermarché n’est pas pour autant en train de disparaitre totalement.

La fin du confinement français a marqué la reprise des ventes au sein de ces enseignes, ayant atteint des niveaux historiquement faibles. Le modèle qui s’appuie sur une stratégie de volume en touchant des zones géographiques larges n’a pas eu la possibilité d’adapter son modèle. La remise en cause du modèle de l’hypermarché n’a été que mise en lumière par la dernière crise, et des groupes comme Auchan ou Casino avaient déjà commencé à se désengager de cette stratégie de « grand magasin » pour se recentrer sur les enseignes de proximité par des sessions. Mais comment expliquer que d’autres distributeurs comme Intermarché ou Leclerc continuent de miser sur ce modèle ?

Intermarché par son profil de distributeur-producteur arrive à se rapprocher des attentes des consommateurs par des produits de qualité, à bas prix, en réduisant le nombre d’intermédiaires tout  en maitrisant la chaine de production jusqu’au panier du consommateur. L’enseigne possède ainsi une soixantaine de sites de production à travers l’Hexagone et se place comme le premier armateur français de bateaux de pêche. Il n’est pas étonnant que le distributeur soit considéré comme le grand gagnant de cette crise et que son modèle séduise les Français. D’autant plus que le distributeur investit pour développer son offre urbaine éco-responsable, notamment en matière de logistique, traçabilité produits, et de proximité. De même, il sensibilise ses fournisseurs aux notions d’éco responsabilité de leurs produits en les challengeant sur leurs nutriscores et notations Yuka. La profondeur des gammes et le volume d’achat des Hypermarchés permettent au distributeur de construire des partenariats avec ses industriels pour emmener leurs gammes sur des productions locales, utilisant moins d’additifs ou de colorants tout en répondant aux critères de qualité nutritionnelle.

Une stratégie payante, tout comme celle de E.Leclerc qui se place comme le leader français de la distribution avec un modèle reposant essentiellement sur le format de l’hyper. L’entreprise d’origine bretonne allie à merveille prix bas et produits locaux à travers sa marque « Nos régions ont du  talent » et une autonomie pour les adhérents de choisir des produits régionaux, répondant à une logique de circuit court afin de mettre en avant leurs particularités géographiques.

Ces produits de proximité intégrés dans des surfaces de plus de 2500m², donnée qui représente la limite pour considérer un magasin comme Hyper, permettent d’attirer un consommateur toujours plus exigeant ; développant la stratégie des distributeurs de compléter leurs offres par des enseignes de proximités urbaines avec des magasins de petite taille, drive ou centre de retrait urbain.

L’hyper n’est plus le modèle de référence dans la grande distribution, cependant il permet toujours de drainer des volumes conséquents au niveau des centrales d’achat assurant de fait aux enseignes de proximité des prix accessibles.

Les différentes crises et une prise de conscience éco-responsable croissante des consommateurs ont dynamisé le secteur de la vente de proximité. Cette image de produit de qualité, et adapté aux besoins des clients, a transformé le secteur de la grande distribution par une adaptabilité nécessaire. Bien que remis en cause, son modèle se centre désormais autours des enseignes de proximité et du développement des gammes de produits locaux. Cependant, l’hypermarché, ancienne tête de gondole des firmes de distribution, tente de se réadapter par des partenariats innovants comme Casino, remplaçant ses linéaires de produits non-alimentaires par des Corner d’enseignes tels que Hema, Claire’s ou C&A pour continuer à attirer et prouver que l’hypermarché n’est pas mort.

Contre la proposition de loi « Sécurité globale », pourquoi ? (Philippe Latombe)

Contre la proposition de loi « Sécurité globale », pourquoi ? (Philippe Latombe)

Philippe Latombe, député de la Vendée, explique pourquoi dans la Tribune il votera contre la proposition de loi sécurité globale.

 

 

Tribune

Je voterai contre la proposition de loi « Sécurité globale », parce que ce dispositif législatif présente des risques potentiels d’atteintes à la vie privée, aux principes d’égalité devant la loi et de proportionnalité d’individualisation des peines, à la liberté d’informer et peut-être même, cela mérite réflexion, aux normes constitutionnelles concernant les forces de police. Voilà qui fait beaucoup dans un domaine, celui des libertés fondamentales, où le moindre franchissement des lignes pose problème, me pose problème, surtout dans une démocratie censée porter haut l’étendard historique des libertés.

Je regrette que le débat ait été réduit à un manichéisme caricatural, politiquement instrumentalisé, opposant les prétendus défenseurs de l’ordre aux bisounours laxistes, fomenteurs du désordre. La police et la gendarmerie nationales sont des institutions publiques et républicaines à qui tout citoyen doit le respect, c’est incontestable. J’ai toujours clairement affiché mon soutien aux forces de l’ordre.

En contrepartie, cependant, leurs agents doivent pouvoir faire l’objet d’un contrôle public dans l’exercice de leurs fonctions. Or, interdire de les filmer revient à leur assurer l’impunité en cas de dérive. Limiter le débat à cette seule dualité est intellectuellement malhonnête : respect des droits du citoyen et respect des forces de l’ordre ne sont pas, ne peuvent être antithétiques en démocratie. C’est cette position que je défends.

Je ne gloserai pas ad libitum, j’ai envie d’écrire ad nauseam, sur le détail de ces différents motifs de désaccord. D’autres que moi l’ont fait abondamment, sans que cela suscite d’ailleurs de véritable dialogue ou débat constructif au sein de l’Assemblée, entre les promoteurs de cette initiative législative et leurs opposants (je recommande vivement le visionnage des débats en commission des Lois).

Je n’en reprendrai donc que quelques points, emblématiques d’une dérive liberticide : l’éventuelle possibilité de consulter les images des caméras de vidéoprotection, l’exploitation en temps réel des images des caméras-piétons des policiers, la généralisation des drones comme outils de surveillance, l’impossibilité de diffuser des images montrant des forces de l’ordre… La défenseure des Droits, Claire Hédon, s’en est émue, à juste titre, mais aussi les avocats, les associations de défense des droits humains, des représentants de la société civile, les médias, les nombreux citoyens qui nous interpellent chaque jour sur nos messageries parlementaires.

A ceux qui, en face, agitent le foulard rouge de la délinquance et du terrorisme, comme justification de ces nouvelles mesures, devant une population fragilisée par les derniers attentats et par une crise sanitaire inédite qui s’éternise, je me contenterai de citer les propos, ingénus mais ô combien délectables, d’un préfet qui constatait, il y a quelques jours, que les dealers et leurs clients se dispensaient  de l’usage du masque. Qu’attendez-vous, Monsieur le Préfet, pour passer à l’action ? Et, faut-il encore vous le préciser, pas seulement pour verbaliser pour non-respect du port du masque. Et si l’on se préoccupait, avant toute nouvelle initiative législative à haut risque pour nos libertés, d’appliquer l’arsenal répressif existant ?

Qu’on ne se méprenne pas. Il n’y a chez moi aucune hostilité envers des technologies nouvelles, innovantes, grâce auxquelles la France peut espérer occuper une place de choix au sein d’un marché mondial en plein développement, bien au contraire. Mais il est illusoire de penser que notre salut, notamment sécuritaire, passe par une mise en œuvre aveugle des opportunités qu’elles proposent. Il l’est tout autant de rêver à une société où la délinquance aurait totalement disparu, où les comportements délictueux pourraient être anticipés et enrayés avant même le début d’un commencement de passage à l’acte. A ceux qui en doutent, je conseille la lecture de Minority Report, une nouvelle de Philip K Dick écrite en 1956, ou le film éponyme de Stephen Spielberg qui s’en inspire. Y est  brossé le portrait d’une société ainsi mise sous contrôle. Cela ne fait pas vraiment envie.

Le recours à des technologies potentiellement invasives et intrusives ne peut se faire que dans un champ d’application extrêmement borné et circonstancié sur le plan juridique, ce qui n’est absolument pas le cas dans le dispositif proposé. Plus encore, le vide du texte sur la reconnaissance faciale laisse la voie libre à des ordonnances ultérieures qui permettraient l’usage décomplexé d’une telle technologie. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », recommandait Rabelais. Il serait dommage qu’au XXIème siècle, on déroge à un principe qui, depuis bientôt cinq siècles, a éclairé ce que notre société a produit de meilleur.

Mais je voterai aussi contre cette proposition de loi pour une autre raison : je suis député et, en tant que tel, je ne peux accepter les conditions dans lesquelles, sur un sujet aussi grave, s’est déroulé le travail parlementaire. Je laisserai de côté l’argumentation « sommaire » d’un collègue partisan du dispositif, me conseillant en pleine commission des lois, d’aller me faire « déniaiser ». La vulgarité du propos n’a d’égale que l’absence très « globale », effectivement, de considération manifestée à l’égard de la représentation nationale et de son rôle.

Pas d’étude d’impact, pas de saisine de la CNIL, pas d’avis du Conseil d’Etat portant sur l’ensemble du dispositif.  Une simple proposition de loi qui enfle, qui enfle, et devient peu à peu aussi grosse qu’un projet de loi, mélange des genres inadmissible. Pourtant l’idée d’un continuum de sécurité et d’une montée en compétence des polices municipales aurait pu être un beau projet. C’était d’ailleurs celui, strictement, de la proposition de loi initiale, et cela aurait dû s’en tenir à cela.

Elégance encore, dans le dépôt « en force » par le gouvernement de tant d’amendements importants, après la commission des lois, juste avant la séance, comme ceux sur l’article 22, heureusement retirés depuis, qui avaient été déposés sans en avoir prévenu le Conseil d’Etat,  pourtant sollicité en amont sur ce seul article. Elégance toujours, la tentative avortée d’habilitation à légiférer par ordonnance. On parle aussi d’un futur décret en Conseil d’Etat qui annihile le rôle du parlement…

Et comme si cela ne suffisait pas, le futur article 25 du projet de loi séparatisme opportunément dévoilé au tout dernier moment, est infiniment plus large et répressif que l’article 24 de la proposition de loi Sécurité globale et ce, sans que les parlementaires en aient été informés dans des délais suffisants pour leur permettre de déposer des amendements éclairés, une condition pourtant nécessaire pour la clarté et la sincérité des débats parlementaires, un principe constitutionnel, consacré en 2005, et présenté comme une garantie nécessaire pour assurer le respect des règles énoncées à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 (« La loi est l’expression de la volonté générale ») et au premier alinéa de l’article 3 de la Constitution (« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants »).

Mais, alors, à quoi servent les parlementaires ?

Fluctuations cycliques de l’économie pourquoi ?

 Fluctuations cycliques de l’économie pourquoi ?

 

Frédéric Gonand est professeur à l’Université Paris-Dauphine explique les facteurs explicatifs des fluctuations cycliques -notamment psychologiques- de l’économie dans une tribune de l’Opinion.,.

Le tassement des indicateurs d’activité industrielle sur les derniers mois inquiète les opérateurs de marché qui réclament des mesures de relance monétaire – comme s’il n’y en avait déjà pas eu assez dans le passé. En réalité, cette évolution des données de production manufacturière ne fait que prolonger le ralentissement de l’activité mondiale à l’œuvre depuis déjà plusieurs trimestres. La singularité de la situation vient du fait que les marges de manœuvre monétaire et budgétaire sont aujourd’hui très faibles.

Plutôt donc que de réaliser une prévision pour savoir si un cycle se retourne ou pas (il s’est déjà en bonne partie retourné), il peut être plus intéressant et plus fiable de regarder ce que la littérature économique des années 2010 a produit comme réflexions en matière de cycles économiques. La littérature publiée dans les meilleures revues scientifiques internationales délivre deux messages importants : l’importance du crédit hypothécaire dans les cycles (plutôt que le crédit aux entreprises) et l’importance des facteurs psychologiques dans les fluctuations cycliques.

Les facteurs psychologiques chez les agents pourraient expliquer jusqu’à la moitié des fluctuations cycliques de l’économie

Prêts hypothécaires. Des études ont montré que la part des prêts hypothécaires dans les crédits bancaires avait doublé au cours du XXe siècle, de 30 % à environ 60 % aujourd’hui. L’intermédiation entre l’épargne des ménages et l’investissement des entreprises contribue significativement moins au métier des banques qu’auparavant. Surtout, une étude sur trente pays au cours des 50 dernières années montre que l’expansion et la contraction de l’offre de crédit immobilier au ménage a été un facteur important des cycles : ce qui était vrai lors de la précédente récession de 2009 expliquerait aussi la plupart des cycles dans pas mal de pays depuis 50 ans. Il s’agit là d’un résultat nouveau. La littérature antérieure s’intéressait peu à la dette des ménages comme facteur de cycle et beaucoup plus aux chocs de technologie ou de revenu permanent. Aujourd’hui, dans la plupart des pays développés (sauf la France), la dette des ménages reflue et la dette des entreprises (sauf la France) n’est pas à des niveaux très élevés.

Le deuxième sujet évoqué par la littérature académique récente est l’influence croissante sur le cycle économique des anticipations et facteurs psychologiques. Les études montrent que le fonctionnement des médias, qui survalorisent des événements peu communs, peut avoir des effets significatifs sur le cycle économique. De même la recherche économique récente intègre les variables psychologiques pour étudier l’impact d’anticipations pas complètement rationnelles mais plutôt extrapolatives sur les fluctuations de l’économie. Plusieurs articles récents parus dans les meilleures revues internationales suggèrent ainsi que les facteurs psychologiques chez les agents pourraient expliquer jusqu’à la moitié des fluctuations cycliques de l’économie. Voilà qui constitue un résultat important à l’heure ou la politique monétaire joue un rôle plus central que jamais dans l’évolution de l’économie et notamment le façonnement des anticipations des agents.

Frédéric Gonand est professeur à l’Université Paris-Dauphine

Apologie du terrorisme d’une lycéenne, l’ avocat saisit l’ONU , pourquoi pas le pape !

Apologie du terrorisme d’une lycéenne, l’ avocat saisit l’ONU , pourquoi pas le pape !

L’heure de l’hommage en milieu scolaire à Samuel Paty on a constaté pas moins de 400 infractions, sorte de protestation contre cette cérémonie. Un avocat n’a pas trouvé mieux que de saisir l’ONU pour assurer la défense d’une jeune lycéenne qui avait refusé de participer à la cérémonie d’hommage.

De quoi sourire si l’affaire n’était pas aussi grave ou la déviation du système de défense des libertés de ceux  qui contestent  cette liberté avec l’islamisme. Sept heures de garde à vue pour « apologie du terrorisme », et une convocation devant le juge des enfants en vue d’une mise en examen pour une lycéenne, qui apparaissent aux yeux de Me Boudi comme une « dérive », une « réponse pénale inadaptée » quant au traitement pénal des mineurs lorsqu’il s’agit d’anti-terrorisme. On se demande en quoi une mise en examen d’une mineure serait inadaptée à un acte de contestation de l’antiterrorisme islamique.

Et de saisir l’ONU !

 

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard !

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard  !

Il ne s’agit sans doute pas de glorifier la jeunesse comme facteur essentiel de crédibilité et de pertinence politique mais force est de constater que la classe politique française est toujours composée de vieilles barbes qu’on retrouve régulièrement lors des grandes rencontres électorales.

 

Ainsi il est probable 2022 on aura encore Macron, Marine Le Pen , Mélenchon mais peut-être aussi Hollande qui se réveille comme futur sauveur de la gauche socialiste, Sarkozy peut-être quand il sera débarrassé de ses casseroles juridiques et pourquoi pas pendant qu’on y est Giscard d’Estaing ?

 

Encore une fois le propos n’est pas de militer pour un personnage ou un courant politique sorti  de nulle part type Macron ou gilets jaunes mais simplement de constater qu’il y a les pires difficultés à renouveler le tissu politique. Pas étonnant en France en particulier, la fonction d’élu a été appropriée par certaines couches sociologiques, la plupart qui sorte des inutiles instituts de politique, qui s’approprient  le pouvoir dans toutes les organisations de la droite comme de la gauche.

 

La politique est devenue un métier qu’on commence à la sortie des les études universitaires et qu’on continue bien au-delà de la normale de la retraite le plus souvent par une confortable fauteuil  au Sénat avec les avantages matériels y afférant.

 

Cette fois encore en France risque d’être particulièrement ambiguë aux élections présidentielles. Une fois encore la question ne sera pas de voter pour quelqu’un mais contre l’autre, celui qu’on ne veut pas. Du coup, l’élu va croire qu’il est mandaté pour appliquer les orientations qu’il a proposées alors qu’il est vainqueur uniquement sur un refus des propositions adverses.

 

L’exemple typique est évidemment celui de Macon élu avec nombre de voix socialistes et qui pratique une politique opportuniste au service d’un libéralisme mal maîtrisé. Rarement dans la vie politique un président de la république aura été aussi impopulaire. Le résultat d’un bais démocratique qui nourrit une ambiguïté fondamentale quant à la légitimité des orientations.

Baisse des candidats à la fonction publique, pourquoi?

Baisse des candidats à la fonction publique, pourquoi?  

 

Constate une nette baisse pour ne pas dire une chute brutale en une vingtaine d’années des candidats à la fonction publique. En cause, évidemment le salaire souvent dérisoire des fonctionnaires. Pourtant les effectifs de fonctionnaires et assimilés sont les plus importants des pays d’Europe. Le problème c’est qu’on a choisi la quantité et non la qualité. Le problème c’est qu’on n’a pas déterminé quels étaient les champs prioritaires de l’action régalienne.

Du coup, des armées de fonctionnaires se déploient  dans toutes les fonctions y compris celles qui n’ont qu’un lien discutable avec l’intérêt général voire pas du tout. Par exemple les jardiniers municipaux, une véritable armée qui s’est développée depuis 20 ans et bien d’autres encore dans les grandes villes comme dans les plus petits villages.

Comme il y a sans doute le double de fonctionnaires nécessaires globalement- ce qui n’est pas contradictoire avec des tensions parfois dramatiques dans des secteurs peut réellement prioritaires- les salaires sont inférieurs en gros de 50 % par rapport à des pays comparables. Dans la recherche par exemple on ne peut pas conserver des experts de haut niveau avec des salaires de quelques milliers d’euros mensuels quand au Canada ou aux États-Unis voir en Allemagne les intéressés sont payés 10 fois plus voire davantage. On pourrait multiplier les exemples. La question centrale est celle du soir des champs de l’action régalienne et des moyens adaptés. Ce qui nécessiterait aussi des audits réguliers des fonctions publiques et des ressources utilisées. En 20 ans, le nombre de candidats pour les concours de la fonction publique de l’État a chuté, passant de 650.000 postulants en 1997 à seulement 228.000 en 2018.

La différence de salaire entre le domaine public et le domaine privé serait l’une des principales raisons du manque d’attractivité du service public.

Selon une information du Monde, alors que, en 1997, ils étaient environ 650.000 à souhaiter intégrer le corps des fonctionnaires, en 2018, ils ne sont plus de 228.000 à vouloir servir l’État, alors même que le nombre de jeunes diplômés, et donc de candidats potentiels, a augmenté.

Terrorisme: Pourquoi la France est-elle une cible facile ?

Terrorisme: Pourquoi la France est-elle une cible facile ?

 

Il y a sans doute plusieurs facteurs explicatifs pour comprendre pourquoi certains pays islamiques ont pris la France comme cible. Certains expliquent que la France est en pointe en matière de démocratie dans le monde et que cette démocratie vient contrarier l’idéologie autoritaire islamiste en vigueur dans nombre de pays musulmans.

 

D’autres pays ne sont pas moins démocratiques. Si la France constitue une des cibles principales du terrorisme islamiste, c’est surtout en raison du décalage entre son discours et son action. En clair, la France est d’une faiblesse coupable. En effet, Macron,  lui aussi pour redorer son image au plan intérieur, ne cesse d’être en pointe sur les questions internationales sur lesquels en réalité il a peu de prise.

 

Ainsi on voit bien aujourd’hui l’impossible position dans laquelle se trouve la force barkhane  au Mali où le pouvoir militaire actuel négocie avec les terroristes dans le dos de la France. Même faiblesse en Libye, en Syrie ou face aux Turcs. En Libye comme en Syrie,  la France a été mise hors jeu. Au Liban, Macron a voulu imposer son plan de redressement du pays avec la mise à l’écart de la classe politique. Un échec total aussi puisque le nouveau premier ministre est un cheval de retour.

 

En Europe, Macron se considère comme le leader politique mais dans les faits il n’obtient strictement rien car c’est évidemment l’Allemagne et Merkel qui discrètement décident des principales orientations. La France parle mais l’Allemagne agit par exemple à propos du conflit entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée ou encore sur le brexit.  

 

La vérité, c’est que la France est faible, que son président est faible et que la politique française se résume à des bavardages médiatiques sans effet géopolitiques positifs . La politique de sécurité intérieure est indigente ,elle permet en même temps le développement de l’islamisme et de l’économie de drogue.

 

La politique étrangère est tout aussi inconsistante puisqu’on est incapable de fermer les frontières ou d’imposer des sanctions économiques à ceux qui nous attaquent. La responsabilité en incombe à toute une classe politique depuis 30 ou 40 ans mais Macron porte une responsabilité particulière avec son verbe haut que contredit la faiblesse de son action voire sa couardise. Un seul exemple, ce service national qui devait être rétabli qui en définitive n’est pas obligatoire, pas militaire, pas même utile alors qu’il devait concerner une grande partie de la jeunesse justement pour permettre me brassage démocratie et l’appropriation des valeurs républicaines.

 

La mollesse de Macron dans tous les domaines ( économique, social, sécuritaire, sanitaire ou encore environnemental- voir à cet égard la comédie de la convention dite citoyenne)  constitue une véritable catastrophe pour le pays radicaux islamistes  qui se font un plaisir de marcher sur ce ventre mou.

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