Archive pour le Tag 'pourquoi ?'

Pourquoi une telle opacité des débats scientifiques ?

Pourquoi une telle opacité des  débats scientifiques ?

Quatre chercheurs, un économiste, un historien, un médecin et un gestionnaire, détaillent, dans une tribune au « Monde », la façon dont la crise du Covid-19 permet de mieux comprendre les principes du travail scientifique.- …….(et parfois permet aussi de complexifier la problématique sous prétexte de méthodologies qui dissimulent les enjeux financiers NDLR°)°.

Tribune. 

 

La crise sanitaire, à travers les débats qu’elle a provoqués sur la connaissance en science médicale représente une opportunité féconde d’initiation citoyenne à l’épistémologie. Comme le définit l’historien des sciences Etienne Klein, l’épistémologie est l’analyse de la validité des connaissances. Les spécialistes historiques de cette discipline, Gaston Bachelard, Karl Popper ou Jean Piaget, ont forgé des principes épistémologiques qui ont pris un relief singulier durant cette crise. Ces principes, accessibles si on les explique, sont importants afin que les citoyens, spectateurs d’un débat scientifique médiatisé, puissent mieux appréhender les connaissances médicales et, au-delà, débusquer d’éventuelles « vérités alternatives » ou « fake news ». Nombre de controverses publiques renvoyaient en effet à des questions épistémologiques sur la qualité des connaissances invoquées, concernant, par exemple, l’efficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid19, le port du masque grand public, la fermeture puis l’ouverture des écoles, la célérité du confinement puis du déconfinement.

Certains scientifiques ont jugé néfastes de livrer au public ces controverses, considérant qu’elles devaient être réservées aux initiés. Pourtant, à l’heure du tout-info, il est vain de rendre opaques des débats scientifiques lorsqu’ils portent sur un sujet universel comme la santé. En outre, dans une optique de science citoyenne, la diffusion de la connaissance vers la société est autant éthique qu’utile, comme facteur de création de connaissance elle-même, si, néanmoins, les principes épistémologiques fondamentaux sont rendus accessibles.

D’autres objectent que la connaissance ne peut être diffusée vers la société que lorsqu’elle est figée, validée, mais pas en pleine élaboration. Certes, mais une connaissance scientifique peut-elle être jamais figée ? Sans doute pas, car une hypothèse ne devient connaissance que lorsqu’elle fait consensus ici et maintenant.

En raison du principe de « falsifiabilité » forgé par les épistémologues, une connaissance acquiert ce statut tant qu’elle reste ouverte aux critiques sur sa valeur. Sinon, c’est un dogme ou une croyance. Ainsi, une connaissance d’aujourd’hui peut retrouver son statut de simple hypothèse demain, voire être complètement abandonnée. Les cimetières scientifiques sont ainsi remplis de connaissances valides hier qui ne le sont plus aujourd’hui, comme celle de mettre les bébés sur le ventre pour dormir afin d’éviter leur mort subite ou bien celle de considérer l’Univers comme statique. »

Politique : pourquoi le système marseillais perdure ?

Politique : pourquoi le système marseillais perdure ?

 

Cesare Mattina, sociologue au Laboratoire méditerranéen de sociologie de l’université Aix-Marseille, revient dans l’Opinion  sur les spécificités du système politique marseillais

 

Gaston Defferre, maire de Marseille de 1953 à 1986.

Martine Vassal a finalement renoncé à être la candidate du parti Les Républicains pour l’élection du maire de Marseille. Elle s’est toutefois accrochée à cette possibilité malgré sa défaite sur l’ensemble de la ville et dans son propre secteur. Qu’est-ce que cela dit de la politique marseillaise ?

Il y a deux explications à cela. C’est d’abord l’histoire de la ville. En 1983, pour la première élection municipale organisée suivant le mode de scrutin dit « Paris-Lyon-Marseille », Gaston Defferre devient maire alors qu’il est minoritaire en voix. L’autre explication tient au fait que Martine Vassal, présidente de la métropole et du conseil départemental, s’imaginait toute puissante en pouvant négocier des dépenses pour tel ou tel territoire. Le retrait de la course de Martine Vassal prouve au moins que le suffrage universel a encore un minimum de poids.

On a tendance à caricaturer Marseille en ville des outrances publiques mais n’est-ce pas plutôt une métropole qui décide de son avenir dans l’ombre des coulisses ?

La personnalité de Gaston Defferre a beaucoup marqué cette ville. Son anticommunisme, dans un contexte de guerre froide, ainsi que son lien personnel avec la bourgeoisie marseillaise – il a épousé la fille d’un armateur, lui a permis de nouer une alliance du socialisme et de la droite libérale et patronale représentée par la famille Rastoin.

Ce système ne s’est pas éteint à la mort de Gaston Defferre en 1986?

Non, Jean-Claude Gaudin a ensuite assuré la continuité de ce « defferisme ». Il a gardé les quartiers nord de la ville hors de la majorité, le centre du pouvoir dans le sud et des alliances de groupes sociaux composites entre entrepreneur, bourgeoisie locale et fonctionnaires municipaux, qui mêlent eux-mêmes classes moyennes et populaires. Pour qu’un tel système s’éteigne, cela prend du temps. D’ailleurs, la droite a bien résisté aux législatives 2017 dans un contexte national de vague LREM.

Et aux municipales cette année ?

La droite a perdu des secteurs mais il faut prendre en compte l’abstention. Avec une participation plus importante des électeurs âgés, elle aurait gagné le 6e secteur. La perte du 4e (dans lequel Martine Vassal s’est présentée, N.D.L.R.) est plus surprenante. C’est un premier élément de rupture intéressant. Le système bat de l’aile mais il n’est pas mort.

Existe-t-il une spécificité marseillaise ?

Tout ne fait pas partie du folklore local. Marseille est une ville très stigmatisée. Cette image de ville maudite biaise beaucoup la perception.

Mais Jean-Claude Gaudin lui-même expliquait qu’on ne pouvait pas comprendre Marseille si l’on n’était pas marseillais…

C’est une image qu’il voulait donner de lui-même à la population. Il dénonçait le « Marseille bashing », les journalistes parisiens qui ne descendent que lorsque se déroulent des fusillades dans les quartiers du nord de la ville. Dans le même temps, il a ouvert grand les portes à Netflix, qui a produit une série bourrée de clichés. Il était complètement dans la contradiction.

Qu’est-ce qui explique alors ce jeu complexe et historique d’alliances et de revirements ?

Ce n’est pas la ville mais le mode de scrutin par arrondissement qui en est à l’origine. La loi « PLM » avec huit secteurs, chacun composé de deux arrondissements, a favorisé les alliances entre des groupes sociaux différents. Finalement, une fois qu’un candidat a réussi à prendre les quartiers bourgeois, il a déjà en main trois secteurs sur huit (le 4e, le 6e et le 5e). Il ne lui en manque plus qu’un pour devenir maire de la ville : le 3e ou le 1er. Les quartiers « nord » restent ainsi à l’opposition. Leur abandon s’explique comme ça. Voilà ce qu’a permis la loi « PLM ».

Cette année, la gauche a repris à la droite les secteurs du centre et du sud. La droite a, elle, remporté le 7e secteur détenu par le Rassemblement national. Ces basculements ne sont pas le signe que la fracture entre le nord et le sud se résorbe ?

Pas du tout. Dans le 7e secteur, la gauche a commis une grosse erreur en se retirant face au RN. Elle aurait dû s’entendre avec Samia Ghali dans le 8e et maintenir sa liste dans le 7e. Ce n’est pas un changement de paysage politique mais une erreur stratégique.

Entre Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin, il y eut Robert Vigouroux, maire de 1986 à 1995. Etait-ce une parenthèse dans la gestion de la ville ?

Il n’était pas dans la continuité de Gaston Defferre. Il a mis en place une politique managériale, recentré toutes les ressources de la technostructure autour du cabinet du maire, fait venir des experts de Paris pour lancer des programmes de métropolisation. Les politiques urbaines ont pris le pas sur la politique. Dès son arrivée en 1995, Jean-Claude Gaudin a dénoncé ce mode de gouvernance. Il a redonné du pouvoir aux conseils municipaux et aux tractations politiques.

Vous dites qu’il va falloir du temps pour que Marseille change de système municipal. Même en cas d’élection d’un maire de gauche ce samedi ?

Les changements sont déjà là. L’effondrement de la rue d’Aubagne, la dégradation des services publics (piscines, écoles, musées), les scandales de gestion dénoncés par la Cour des comptes, ce n’est pas rien. Mais, il va falloir du temps pour que Marseille change, d’autant qu’une maire de gauche sera minoritaire face à la métropole, au département et à la région, tous à droite. Même sur un plan urbanistique, il y a beaucoup à faire. Marseille est une ville très étendue, très composite. Il faudrait beaucoup d’argent pour créer un système de transports efficient. Or, le temps urbanistique est plus long encore que le temps politique.

 

Le gouvernement favorable à la limitation à 110 km/h , pourquoi pas à 25 km/h !

Le gouvernement favorable à la limitation à 110 km/h , pourquoi pas à 25 km/h !

Plusieurs ministres se sont prononcés pour cette mesure «à titre personnel»… Mais aucun n’oublie la très vive polémique liée aux 80km/h sur les départementales en 2018.

Après les 80km/h sur les départementales, les 110km/h sur les autoroutes ? La mesure choc fait partie des 150 propositions soumises au gouvernement par les citoyens tirés au sort qui composent la Convention citoyenne pour le climat. Interrogés ce lundi matin sur cette mesure, les ministres concernés sont presque tous allés dans le sens de cette proposition. Sur BFMTV, Élisabeth Borne s’y est par exemple dite favorable «à titre personnel».

«Si on baisse la vitesse, on réduit de 20% l’émission de gaz à effet de serre, c’est donc une mesure efficace pour le climat», a souligné la ministre de la Transition écologique et solidaire. «Mais moi, je ne prends pas tous les matins ma voiture pour faire trente kilomètres», s’est-elle pressée d’ajouter. «Je pense que c’est important de vérifier qu’il y a une adhésion des Français et de ceux qui sont concernés, ce n’est pas mon cas», a-t-elle rappelé.

 «J’ai entendu ce qu’ont dit les Français sur les 80 km/h», a quant à elle prévenu sur Europe 1 Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie. «D’un point de vue personnel, ça ne me pose pas de problème», a-t-elle abondé, tout en rappelant que ces «150 citoyens ne définissent pas la norme». «Ils font des propositions, puis les renvoient aux responsables politiques», a-t-elle souligné, agitant le spectre de 2018. Et pour cause : à l’époque, la limitation sur les départementales avait suscité une vive polémique, et semé les premières graines du mouvement des «gilets jaunes».

D’où la crainte d’une nouvelle limitation qui pourrait remettre le feu aux poudres… Ce qui serait un comble, sachant que la Convention citoyenne avait justement été créée pour répondre aux «gilets jaunes».

Pour apaiser un débat qui s’annonce déjà explosif, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a vanté sur RTL «un beau sujet politique» qui «n’est pas une mesure administrative»«Cette restriction de vitesse a trait à l’écologie évidemment, à la sécurité routière, au rapport qu’ont les Français vis-à-vis de leur liberté et donc, de ce point de vue là, ce sont des beaux sujets de démocratie», a-t-il sans rire alors que toute la réglementation française dépend de l’administration et du politique.

 

Différence France-Allemagne: pourquoi ?

 Différence France-Allemagne: pourquoi ? 

 

Pourquoi une telle différence entre la France et l’Allemagne s’interroge Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG. Alo . Selon lui, il s’agit des «différences de sévérité dans les mesures de confinement.» Même constat chez Philippe Waechter. «L’Insee a répété que notre économie tournait à 65% de ses capacités. À titre de comparaison, l’Allemagne c’était 80%.»

Selon lui, trois facteurs vont jouer sur la reprise. «La vigueur des politiques économiques mises en place, les éventuels changements de comportement sur l’épargne et la dynamique de faillites des entreprises», détaille-t-il, rappelant que «tous ces éléments créent de l’incertitude sur ce qu’il va se passer». Selon lui, les prochains mois sont «essentiels» pour que la reprise puisse se faire plus rapidement, voire dès 2021. Eric Dor prévient : tous ces chiffres sont à prendre «avec des pincettes». Une deuxième vague qui frapperait nos économies, ou même la Chine, par exemple, viendrait naturellement empirer ces prévisions, du fait de «l’interdépendance des pays entre eux».

Deuxième élément tout aussi impressionnant qu’inquiétant, celui du chômage. Là aussi, les chiffres plongent à des degrés différents. Toujours selon l’OCDE, avec l’hypothèse d’un «choc unique», écartant donc l’éventuelle seconde vague accompagnée d’un reconfinement, la France verra son taux de chômage passer de 7,8% au premier trimestre à 12,3% au quatrième. 8,5% contre 12,4% en Italie, 3,9% contre 9,7% au Royaume-Uni, ou encore 13,9% contre 21,8% en Espagne. Aux États-Unis, les prévisions du chômage de l’OCDE portent sur un passage de 3,8% au premier trimestre de l’année à 10,4% au dernier. En Allemagne, l’explosion du taux de chômage n’est en revanche pas prévue : 3,4% au premier trimestre contre un modeste 5% attendu au quatrième.

Le débat fait rage en France et ailleurs : que faire de nos dettes ?Comment rembourser ces emprunts colossaux des quatre coins du monde ? En France, la dette à la fin de l’année devrait s’élever à 121%du PIB. C’est une vingtaine de points de pourcentage de plus sur un an. Mais la France ne fait pas figure d’exception. +17 points pour l’Allemagne, 19 points pour les États-Unis (prévision au 1er octobre 2020 selon le Committee for a Responsible Federal Budget) ou encore 20 points pour l’Espagne.

À l’échelle des grandes puissances mondiales, les dettes devraient s’accroître de façon assez équivalente. Pour les années à venir, elles dépendront davantage de la reprise économique et pourraient, là, prendre des chemins différents.. En fait tout dépendra du réajustement de la richesse réelle avec sa représentation monétaire et de ce point de vue le montant de la dette exigera des ajustements incontournables via l’inflation ou tes taux d’intérêt par exemple.

Municipales : pourquoi virer Gérard Collomb ? (Bayrou )

Municipales : pourquoi virer Gérard Collomb ?  (Bayrou )

A juste titre le président du Modem François Bayrou s’offusque de l’exclusion de Gérard Collomb du parti de la république en marche. Faut-il d’abord rappeler que la dynamique du succès de Macron est largement due à deux hommes fondamentaux d’abord Gérard Colomb, ancien socialiste, ensuite Bayrou lui-même. Par ailleurs l’étonnement peut se justifier dans la mesure où globalement les candidats de la république en marche ne représentent pas grand-chose sur le plan électoral local ( sans doute en moyenne autour de 15 qu’ils  ne devront leur sauvetage qu’à  des alliances avec surtout le parti républicain. Justement ce que Gérard Colomb a proposé, une alliance avec le parti républicain. Notons que c’est surtout grâce à cette alliance que la pourra sauver quelques postes.

 

On sait que depuis le départ de Collomb du gouvernement les relations entre Macron et le maire de Lyon ne se sont guère améliorées en raison en particulier du peu d’estime que manifeste Macron vis-à-vis de l’édile lyonnais. Il faut dire un édile qui  n’appartient pas à la technocratie habituelle ( professeur de lettres qui n’a pas fait sciences po). François Bayrou juge «brutale» et «infondée» l’exclusion de Gérard Collomb

La tension USA-Chine : pourquoi

La tension USA-Chine : pourquoi

On sait que le président américain a l’art de souffler le chaud et le froid concernant les tensions entre la Chine et les États-Unis. Il y a cependant des éléments objectifs à prendre en compte pour comprendre la position de Trump. La principale est le déséquilibre commercial et la concurrence jugée loyale. La seconde est la tentative de suprématie technologique voire idéologique de la Chine vis-à-vis du reste du monde. Par ailleurs, le président américain est en pleine campagne électorale, il doit donc rassurer ses électeurs et trouver aussi des boucs émissaires. Un phénomène identique qui affecte la Chine dont la croissance s’ est complètement écroulée pour tomber dans le rouge et dont le taux de chômage est plus près de 20 % que des 6 % annoncés. Le retour du nationalisme sert aussi à ressouder les Chinois autour du pouvoir.

Le président américain, Donald Trump, doit donner dans la journée une conférence de presse portant sur la Chine, après l’adoption par le parlement chinois de la nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong. Sans attendre ses annonces, Pékin a menacé Washington de mesures de rétorsion.

Ce regain de tension entre les deux premières économies mondiales fait craindre un nouveau coup de froid sur le commerce international au moment même où la planète est en pleine récession à cause de la pandémie de coronavirus.

“La réaction des Etats-Unis peut prendre de multiples formes et c’est ce qui rend les gens nerveux, d’autant que cela risque de conduire à un nouvel échange de représailles entre les deux pays”, explique Craig Erlam, analyse senior d’Oanda Europe.

À noter qu’aux États-Unis la situation économique à de sérieuses difficultés à redémarrer et que le chiffre de chômeurs ne cesse de progresser.  Aux Etats-Unis, les dépenses de consommation des ménages accusent une chute record de 13,6% en avril selon les chiffres du département du Commerce et leur moral montre une amélioration moins marquée qu’estimée initialement au vu des résultats définitifs de l’enquête mensuelle de l’université du Michigan.

Covid-19 : pourquoi n’avons-nous rien fait ?

Covid-19 : pourquoi n’avons-nous rien fait?

Ancien élève de l’ENA, essayiste et président de MDN Consultants, Francis Massé, analyse dans la tribune les raisons des défaillances de la sphère publique constatée pendant la crise du Covid-19 et apporte des pistes de solutions.

 

 

« Face à la crise du Covid-19 nous avons la stratégie de nos moyens. Rien ne sert de se lamenter, il faut faire face. En revanche il sera nécessaire de faire un retour d’expérience à grande et petite échelle pour analyser les causes de nos défaillances et être mieux préparés pour les prochaines crises. Nous pouvons identifier d’ores et déjà des causes lointaines inhérentes aux disfonctionnements de la sphère publique liés à son organisation à sa gouvernance et à un management lacunaire.

Nous sommes face à une crise, une véritable épreuve, douloureuse pour beaucoup, mais nous pouvons la questionner et la transformer en opportunité. Nous pouvons nous remettre en cause pour réagir en toute connaissance de cause.

Le Livre blanc de la défense et la sécurité nationale de 2008 prémonitoire

Le questionnement qui nous vient à l’esprit : pourquoi n’avons-nous rien fait alors que nous savions ? Pour prendre un seul exemple, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008 soulignait l’occurrence de nouveaux risques naturels et sanitaires. Il exposait clairement ce qui suit.

« Les risques d’origine naturelle ou sanitaire sont devenus des facteurs de déstabilisation massive pour la population et les pouvoirs publics. Les risques sanitaires sont susceptibles d’engendrer une désorganisation des échanges économiques. Ils présentent des coûts de prévention et de protection très importants. La propagation de nouvelles souches virales ou bactériennes ou la réapparition sur le continent européen de souches anciennes résultent de l’ouverture des frontières, de la fluidité des transports et de la rapidité des échanges internationaux. De façon similaire, le territoire et la population sont exposés à la possibilité de catastrophes naturelles dont les effets changent progressivement d’échelle. Les départements et collectivités d’outre-mer sont particulièrement vulnérables à ce type d’événements. Mais le territoire métropolitain n’en est pas exempt, comme le montrent les tempêtes de 1999 ou l’exposition aux risques sismiques de la région méditerranéenne. Les désorganisations sociales majeures que peuvent provoquer les nouveaux types d’épidémies ou les accidents climatiques violents font partie des risques d’ampleur nouvelle qui pèsent sur la collectivité nationale. »

Notre propos n’est pas d’accuser mais de comprendre, d’analyser pourquoi nos dispositifs de pilotage n’ont pas fonctionné. « Comme toujours - écrit Jean Monnet dans ses mémoires à propos de la crise de 1929 -, la sagesse et les réformes n’interviennent qu’au terme de grandes difficultés. Des mesures si simples, prises plus tôt, eussent-elles évité́ la grande crise ? Poser cette question, c’est ignorer que les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité́ et ils ne voient la nécessité́ que dans la crise ».[1]

Par ailleurs les crises pandémiques ne sont pas les seules que notre civilisation court le risque de rencontrer. Le Livre blanc citait une liste considérable de menaces réelles :

- Attentats terroristes (simultanés et/ou majeurs) : probabilité forte, ampleur moyenne à sévère ; risque NRBC réel.

- Attaques informatiques : probabilité forte ; ampleur faible à forte.

- Menace balistique : en provenance de puissances majeures, ou désormais de nouvelles puissances dotées, compte tenu des portées prévisibles des missiles à l’horizon 2025 ; dans ce second cas, probabilité faible à moyenne ; ampleur potentiellement sévère.

- Pandémie : probabilité moyenne ; ampleur moyenne à sévère.

- Catastrophes naturelles (notamment inondations en métropole) ou industrielles : probabilité moyenne à forte ; ampleur moyenne à sévère.

- Criminalité organisée (accroissement des trafics de drogue, de contrefaçons, d’armes, activités de blanchiment) ; probabilité élevée.

- DOM-COM : – zone Caraïbes (séismes et cyclones) : probabilité forte ; – menaces sur Guyane et zone Océanie ; probabilité faible.

Trop de rapports et peu d’effets ?

Par conséquent notre interrogation pour être pertinente n’est pas de rechercher des responsables mais de rechercher les causes racines d’un manque d’anticipation, en particulier dans la sphère publique. Mais le secteur privé ne peut s’exonérer de retour d’expérience.

Nous sommes tout d’abord en profond désaccord dans notre pays sur l’État que nous souhaitons. Nous avons parfois l’impression, justifiée ou non, que nos gouvernants font le constat explicite ou implicite que l’État et son administration sont irréformables. Ils pensent qu’il faut trouver d’autres moyens de mener à bien des actions publiques par ailleurs indispensables.

Dès lors ils souhaitent aller vers une conception d’un État limité à des compétences régaliennes, aux questions d’ordre public, de police, de justice, de défense, voire de régulation économique. D’aucuns s’inscrivent d’ailleurs dans une pensée ultralibérale qui serait le nec plus ultra de la politique et de la civilisation.

A contrario, le tout État n’est pas une option.

Évitons de polémiquer sur ces deux options inefficaces. Trop idéologiques elles occultent des pans entiers de la réalité économique, sociale et environnementale. Celle-ci est un tout. Il est difficile de traiter un sujet indépendamment des autres. Nous aurons autant besoin demain de plus de planification et de pensée à long terme que d’initiatives décentralisées et d’entreprises libres et créatives. Aussi un État, stratège des stratèges (stratèges que sont les autres organisations publiques et privées) sera pour longtemps indispensable pour œuvrer à un plan de transformation.

Mais il faut entendre les doutes et hésitations quant à notre capacité à réformer, voire restructurer en profondeur l’Administration publique à tous les étages. La tâche est immense autant qu’urgente. Notre argument principal, c’est que le coût de sortie d’un système vers un autre est très élevé et que le Big Bang n’est pas crédible à nos yeux. Pour autant, au vu de l’accélération des risques et des menaces nous ne devons pas de nouveau être pris au dépourvu et pouvoir tirer parti de l’expérience actuelle.

Par ailleurs nous sommes un État, membre de l’Union européenne. A ce titre nous ne pouvons que concevoir une réorganisation de la sphère publique que dans une répartition claire entre l’Union et le niveau national.

Enfin, nous sommes un État qui doit co-construire en permanence ses stratégies avec le secteur économique et industriel et les entreprises. Ce ne sont pas, pour illustrer ce propos, les administrations qui fabriquent les tests médicaux ni les masques …[2]

Ces enjeux, ces défis géopolitiques, climatiques, de biodiversité, ces risques de crise économique et financière, de déficit démocratique ou de crise de la démocratie, ces risques de crises alimentaire, pandémique, nécessitent une compréhension ! Com-prendre, c’est prendre ensemble toute la réalité des situations.

La compréhension s’impose ! Puis l’action

Ce qui apparaît le mieux aux yeux des citoyens, c’est notre économie en crise parce que le chômage rompt le lien social. Et aujourd’hui la crise sanitaire. Mais beaucoup d’autres crises émergent aujourd’hui dont la simultanéité laisse deviner leur nature systémique. Nous sommes face aujourd’hui à plusieurs types de crises : les mutations métaphysiques, les crises psychologiques, les crises sociales, les crises économiques, les crises financières, les crises stratégiques, les crises issues de défaillances technologiques majeures ou les ruptures scientifiques, les crises écologiques majeures, les révolutions, les progrès techniques. [3]

Face à elles nous devons avoir la volonté de puiser les informations qui nous sont indispensables dans la réalité, reconnaître l’importance des problèmes concrets posés par notre temps et nous orienter vers des solutions justes. Sans cette attitude, il ne nous sera possible ni de relever les défis ni de résoudre les problèmes. Seule en effet l’intelligence des réalités nous permettra de dégager les bonnes conclusions.

Chaque « type de crise » possède ses caractéristiques propres ; il apparaît clairement, si l’on sait en repérer les signes avant-coureurs, percevoir le surgissement de l’irrégulier, prévoir l’imprévisible, gérer l’ingérable ou maîtriser le chaos, qu’il existe néanmoins, écrit Daniel Parrochia, une logique des crises encore à cerner. En particulier nous avons encore beaucoup à faire pour découvrir les liens entre elles et ensuite pour formaliser une action globale pour les résoudre.

 La lenteur n’est pas la procrastination

Chaque fois que l’action publique, le monde des entreprises et le corps social improviseront, ils aggraveront les crises et freineront les indispensables et profondes transformations. Nous devons prendre le temps disponible pour nous interroger et prendre les bonnes décisions. Nous souhaitons alerter sur le fait que la lenteur à privilégier n’est pas une procrastination ; il ne s’agit pas de prendre son temps face aux urgences innombrables que nous devons traiter. Il est question ici de savoir prendre le temps qu’il faut et qu’il est possible de prendre pour réfléchir avant l’action. [4]

Encore, le Livre blanc disait qu’en « cas de déclenchement de la pandémie, il s’agit d’empêcher que la crise sanitaire ne dégénère en crise humanitaire, économique, sécuritaire, voire institutionnelle ». Alors pourquoi, avant l’épreuve, nous n’avons rien fait ou trop peu ? A notre avis parce que nous n’avons pas eu les moyens ni de comprendre ni d’agir.

Pour établir un système public à la hauteur des enjeux et qui soit prêt à relever les défis, il nous faut tout d’abord comme nous venons de le voir posséder une compréhension complète de ces derniers. Mais beaucoup diront que le Livre blanc était là et bien d’autres rapports. Et alors ? Cela suffit-il ? La preuve que non. Les services compétents se le sont-ils approprié ? En ont-ils tiré des conséquences pratiques chacun pour leur compte ? Ont-ils coopéré pour formuler des stratégies en réponse ? Les finances publiques ont-elles pu être mobilisées ?

Trois raisons principales à ce fait insupportable pour l’esprit. Nos structures et nos organisations sont inadaptées : trop de structures silotées et redondantes. Notre gouvernance publique (et sans doute souvent privée) comme nos modes opératoires sont lacunaires : des processus, des modes opératoires et la gouvernance sont inappropriés. Notre pratique managériale n’est pas de qualité suffisante ; un management impensé ou lacunaire nous entrave

Trois pistes de solutions

Trois pistes de solutions doivent être rapidement trouvées et surtout mises en œuvre à toutes les échelles.

1- Bâtir une nouvelle architecture publique

Zygmunt Bauman a asséné avec pertinence que dans notre monde en globalisation rapide, les organismes ne sont pas à la hauteur des dépendances. [5]Est-il déraisonnable de penser que compte tenu des risques et des menaces précitées nous sommes en bonne situation de les traiter par des organisations qui restent verticales et en silos ? Notre préconisation est de passer progressivement à des structures beaucoup plus larges et horizontales, de type agences publiques, qui s’engagent sur une plus grande opérationnalité et des résultats. Une trop grande spécialisation nuit à la fluidité des coopérations et des échanges d’informations sur des sujets qui sont reliés entre eux.  Qui sait, par exemple, qu’il n’existe que très peu de collaboration entre les ministères de l’écologie et celui de la santé ? Trop de ministères avec leurs services déconcentrés, trop d’établissements publics, le tout parfois en doublons avec des collectivités territoriales elles-mêmes en surnombre. En ce qui concerne le système de santé Pascal Perrineau nous dit qu’en Allemagne ce système est mieux préparé́ qu’en France, du fait l’organisation fédérale, parce qu’elle assure effectivement l’autonomie des territoires, permet même d’adapter les mesures aux réalités locales de la pandémie. « Lorsque le système fédéral bénéficie d’une bonne coordination, il est performant. Et cette réalité́ questionne les limites du schéma administratif français ». [6]

Cela n’empêche pas nos amis allemands de s’interroger eux-mêmes sur les limites de cette organisation. Aussi la question des structures ne suffit pas à tout expliquer ce sont les processus qu’il faut aussi revisiter.

2- Opérer une révolution opérationnelle

Un autre Livre blanc, celui sur l’avenir de la Fonction publique n’affirmait-il pas en évoquant le rôle de référence intellectuelle et morale de l’action publique, que les valeurs du service public sont importantes y compris dans leur dimension opérationnelle, avec une place différente de celles qu’occupent les règles de droit. [7] Il est certain que les réformes de structure ne suffisent pas et qu’a fortiori, celles des processus et modes opératoires sont essentielles. La gouvernance publique doit être profondément rénovée afin de pouvoir organiser et coordonner l’ensemble des transitions indispensables qui seront à mener dans les prochaines années, en particulier dans l’ensemble de la sphère économique, sociale et écologique. Cette dimension professionnelle et opérationnelle devra prévaloir ce qui rejoint la question de l’efficacité publique et de l’efficience. Une véritable « culture du résultat » devra être développée dans toutes les chaînes de création de valeur de l’action publique. C’est une révolution intellectuelle et comportementale, un nouvel état d’esprit à créer mais comment serait-possible de s’en exonérer ? Sur le papier tout le monde semble d’accord. C’est une illusion !

De fait il n’existe pas de consensus au sein de l’État ; sinon l’effectivité de ce nouvel état d’esprit existerait de facto. Il ne sert à rien de nous mentir à nous-mêmes. La dilution des responsabilités, l’absence trop fréquente d’évaluation des résultats, le manque de sanction de l’inertie coûtent à l’efficacité publique. Ce qui entraine que les carences managériales sont également en cause.

3- Instaurer un management public moderne et humain

Il n’est plus possible de continuer à formater des gestionnaires de procédure pour prendre la tête des services publics. Il faut permettre à ces responsables d’être de vrais managers publics.

Car l’une des questions fondamentales nous semble être la désarticulation continue entre le Politique (les gouvernants) et le Technique (l’Administration) depuis deux à trois décennies. La bureaucratie s’est emparée du pouvoir sur des matières de plus en plus complexes tandis que les gouvernants se repliaient dans une autonomisation croissante du Politique, en fait de la politique. « Certes - écrivait Charles de Gaulle-, la conduite de la guerre appartient à l’homme d’État, les opérations sont le fait du militaire. Mais où chacun doit-il s’arrêter ? Dans quelle mesure la stratégie et la politique réagiront-elles l’une sur l’autre ? Laquelle devra s’étendre et laquelle se restreindre ? Cela ne peut être prescrit d’avance, ni même défini. »[8]

Le combler c’est que cette quasi -liberté d’action de l’Administration n’a pas pour autant favorisé sa meilleure gestion. En particulier celle des compétences et des talents. Trop de rapports ont dénoncé les lacunes dans la gestion des ressources humaines dans l’Administration pour qu’il soit nécessaire d’y revenir. Même le dernier rapport en date celui de Frédéric Thiriez a souligné cet indispensable effort d’une GRH professionnelle[9].

Nous devrions agir dans quatre directions. Perfectionner un « écosystème de la connaissance » qui renforce les capacités de l’Administration et de l’État à agir avec intelligence et jugement. L’instauration d’une véritable gestion prévisionnelle des effectifs, des connaissances et des compétences. Un développement effectif des compétences par des formations adaptées aux temps présents. Il est grand temps !

Pour conclure, il y a exactement 50 ans, entre le 11 et 17 avril 1970, l’équipage d’Apollo 13 a dû faire face à un accident menaçant sa survie. Les mesures prises avec les moyens du bord ont permis de ramener sur terre les membres de la mission. L’enquête ultérieure aura permis de remonter la chaine des évènements ayant conduit à l’accident en identifiant les erreurs commises et de les corriger.

Apprendre de nos erreurs permettra de fixer des missions plus claires aux managers publics et les conduiront ainsi à développer de l’intelligence collective, dans leurs équipes, seule issue pour décider dans des situations complexes et agir avec cohérence, dans plusieurs échelles d’espace et de temps à la fois. En deçà des enjeux politiques, les enjeux stratégiques d’une meilleure organisation technique et managériale de notre administration publique sont les plus importants. Nos fonctionnaires ont besoin que nous les aidions à reconstruire des services publics au service du public, au profit de la nation tout entière et de l’Europe. Au-delà des commissions d’enquêtes dont nos politiques seront demandeurs, il est nécessaire que  l’Administration fasse son anorgiamento. Les réformes n’ont que trop tardé. Il faudra tout changer, en bon ordre en dans le temps, et jouer sur les trois leviers à la fois les structures, la gouvernance et le management.

[1] Jean Monnet, Mémoires; Fayard, 1976

[2] A la même époque de la publication du Livre blanc, une enquête de l’Institut Global Scan (mars 2006) sur le système de la libre entreprise et de l’économie de marché est-il le meilleur pour l’avenir ? montrait que la France était le seul pays parmi les 20 interrogés à répondre non à la question.

[3] Daniel ParrochiaLa forme des crises, Logique et épistémologie ; collection milieux Éditions Champ Vallon (2008).

[4] Francis Massé, Urgences et lenteur, préface d’Anne-Marie Idrac, Éditions Fauves, 2017 ; Nouvelle édition 2020.

[5] La société assiégée, Le Rouergue /Chambon, 2005

[6] ITW Pascal Perrineau ; La Tribune Newsletter du 30 mars 2020.

[7] Rapport de Jean Ludovic Silicani : « Les valeurs essentielles incluent, bien évidemment, les valeurs traditionnelles, souvent perdues de vue et qu’il faut revivifier. Ces dernières peuvent cependant avoir, dans un référentiel de valeurs, une signification et une portée différentes de celle que leur attribuent l’histoire administrative et le droit. Les principes juridiques traditionnels dégagés par le droit public constituent naturellement des valeurs, mais inversement toutes les valeurs ne sont pas des principes juridiques. Le rôle de référence intellectuelle et morale de l’action publique qu’elles doivent jouer, mais aussi leur dimension opérationnelle implique de leur donner une place différente de celle qu’occupent les règles de droit. »

[8]Charles de Gaulle, le fil de l’épée.

[9]Mission Haute fonction publique du 30 janvier 2020.

 

 

Risques de scission à LaRem : pourquoi ?

Risques de scission à LaRem : pourquoi ?

 

Les dissensions internes à la république en marche pourraient se traduire par la constitution d’un groupe qui pourrait au départ comprendre 20 à 25 députés voir progressivement 50 à 60. Il y a bien entendu des divergences idéologiques mais aussi la crainte pour nombre de députés de n’être pas réélus en 2022 sous la bannière de la république en marche. Si l’on se fie aux résultats municipaux, 80 % des députés de la   république en marche pourraient bien ne pas être réélus. D’où la nécessité pour certains de prendre du champ avec la bannière officielle du président de la. République .

Le nouveau groupe ne sera pas formellement dans l’opposition, il a un pied dedans, un pied dehors. Ce donnera cependant un espace de liberté démocratique dont il ne dispose pas aujourd’hui puisque la république en marche fonctionne sur le mode de l’armée avec des chefs au sommet mais sans troupes à la base.! D’où cette humiliation subie lors des élections municipales.

Selon des sources parlementaires, ce nouveau groupe d’une vingtaine d’élus devrait voir le jour cette semaine et compter en son sein au moins cinq élus du groupe LaRem, qui compterait alors moins de 289 députés, la limite pour la majorité absolue.

Aurélien Taché, figure de l’aile gauche de LaRem, vient par ailleurs d’annoncer son départ du parti présidentiel, dont le groupe à l’Assemblée nationale a perdu 18 membres depuis le début de la législature il y a trois ans.

“Ce n’est pas le moment de nous diviser. C’est cet appel à la responsabilité que je veux lancer ce matin”, a déclaré Stanislas Guerini sur France 3.

Il a estimé que la création d’un nouveau groupe serait un “contretemps politique” par rapport à la situation sanitaire du pays qui lutte pour enrayer l’épidémie de coronavirus.

“(…) Nous sommes en train de bâtir la ligne politique pour l’après. C’est maintenant qu’il faut se retrousser les manches, travailler ensemble, réfléchir, y compris d’avoir des désaccords (…)”, a-t-il dit.

Aurélien Taché pourrait rejoindre le neuvième groupe de l’Assemblée actuellement en cours de constitution.

Baptisé “Ecologie démocratie solidarité”, le nouveau groupe entend peser sur la fin du quinquennat et la préparation de l’élection présidentielle de 2022.

Covid-19 : « Pourquoi un tel retard dans l’administration de tests ? »

Covid-19 : « Pourquoi  un tel retard dans l’administration de tests ? »

Gilbert J. Fournié, ancien directeur de recherche à l’Inserm, s’étonne dans le Monde que le gouvernement n’ait toujours pas publié une carte des tests. Le dépistage est pourtant l’un des six prérequis définis par le conseil scientifique pour la sortie du confinement.

Tribune.

 

Pourquoi la troisième carte de France promise par le gouvernement, celle des tests, n’a-t-elle pas encore été publiée ? Cette question se fonde sur des faits établis et connus de tous. Certains pays ont mieux géré le problème de l’infection due au coronavirus que d’autres.

La mesure « constante » des pays qui ont le mieux géré l’épidémie est la réalisation à grande échelle des tests de diagnostic de l’infection virale (connus du grand public sous la dénomination de RT-PCR) pour le dépistage des personnes infectées, le traçage des contacts, la recherche de l’infection chez ces contacts et l’isolement de toutes les personnes infectées.

Dans ce contexte, il est intéressant de considérer le point où en est la France. La sortie du confinement est programmée pour le 11 mai, si les six prérequis définis par le conseil scientifique (CS) sont respectés (Avis n° 6 du conseil scientifique Covid-19 – 20 avril 2020). La stratégie que le CS propose en préliminaire de ses recommandations repose en particulier et avant tout sur « l’identification des cas probables… et l’identification des contacts des cas diagnostiqués permettant… un isolement en cas de positivité, y compris pour les personnes asymptomatiques ».

C’est la stratégie suivie dès le début de la pandémie, par les pays qui ont le mieux géré l’épidémie (Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Japon en particulier), c’est-à-dire qui déplorent le moins de morts par million d’habitants (5 décès/million d’habitants pour la Corée du Sud, par exemple). Le confinement, imposé en France par l’évolution de l’épidémie (plus de 300 décès/million d’habitants, saturation des capacités médicales), n’a été dans ces pays asiatiques qu’une mesure appliquée secondairement.

 

Il n’est pas besoin d’être un éminent épidémiologiste des maladies infectieuses pour comprendre l’importance d’une telle stratégie, quelle que soit la situation à laquelle on est confronté à un instant donné en fonction de l’évolution de la situation. C’est le cas de la France à la sortie du confinement et c’est le premier prérequis « imposé » par le conseil scientifique : « Identification et isolement des cas et des contacts : stratégie test et Isolement ». 

A cet égard, à un moment où le gouvernement communique largement sur la marche à suivre, le silence (assourdissant) sur ce sujet dans les médias et la non-parution de la carte des tests pose une question essentielle : ce prérequis sera-t-il rempli ? »

 

Décès Coronavirus : pourquoi une telle différence entre la France et l’Allemagne

Décès Coronavirus : pourquoi une telle différence entre la France et l’Allemagne

Curieusement, on compare surtout les conséquences du Coronavirus entre la France, l’Italie voir l’Espagne en Europe. Par contre, les informations concernant l’Allemagne sont traités à la marge . Pourtant,  la différence entre la France et l’Allemagne, deux pays comparables,  est énorme. Alors  l’Allemagne compte 3000 décès pour 14 000 en France. Au plan mondial, l’Allemagne s’est même exception. En cause,  plusieurs facteurs explicatifs. D’abord sans doute la discipline allemande quand en France le confinement est loin d’être respecté partout . La seconde raison est liée à la qualité du système sanitaire allemand.

 Le pire,  c’est que ce système sanitaire est financièrement équilibré et qu’il permet une offre de soins au moins aussi bonne que le système technocratique français. Pour le Coronavirus, le système allemand  est beaucoup plus performant avec un nombre de lits notoirement supérieur pour  les cas les plus graves. L’Allemagne a aussi procédé un dépistage massif de l’ordre  de 500 000 par semaine quand la France en réalisé seulement 60 000. Sans parler de la lamentable pénurie de masques en France.

Notons aussi  que l’Allemagne dispose d’un plus grand nombre de respirateurs et pour cause puisque la plupart sont fabriqués par une industrie allemande qui ,  elle ,reste puissante quand celle de la France a été délocalisée dans les pays en développement. On peut alors se demander où passe l’argent du système sanitaire français, des sommes énormes avec en plus des déficits tout aussi énormes. Tout simplement dans les superstructures du niveau national jusqu’au plan local où par exemple les directeurs et sous-directeur sont plus nombreux que les chirurgiens. Sans parler d’une organisation logistique et d’un fonctionnement des services complètement inefficaces et archaïques.

Paradoxalement la crise du Coronavirus aura fait éclater les frontières des services qui jusque-là s’ignoraient  presque totalement et fonctionnaient de façon autonome sans aucune synergie. À cela il faut ajouter toute la bureaucratie administrative nationale, régionale et locale.

 

La bonne santé des banques françaises : pourquoi ?

Une analyse Xerfi canal sur les facteurs explicatifs de la bonne santé des banques françaises.

 

Sur le papier, l’année s’annonçait sombre. Les taux à 10 ans sur les obligations d’État se sont affaissés tout au long de l’année. Et dans leur sillage, les taux accordés sur le crédit à l’immobilier ou aux entreprises n’ont pas pu inaugurer le mouvement de normalisation tant espéré par le secteur en 2018. A l’inverse, la BCE a contribué à compliquer l’équation des banques en abaissant encore un peu plus les taux déjà nettement négatifs sur les dépôts bancaires auprès de la banque centrale, de -0,4 à -0,5%.

Sur leur cœur de métier, qui consiste à produire une marge d’intérêt entre ressources liquides et prêts, les banques semblaient donc prises toujours plus en étau. Si l’on ajoute à cela la sortie graduelle et inexorable du stock de prêts ou d’actifs anciens, plus rémunérateurs, on pouvait en effet s’inquiéter de la profitabilité du secteur pour 2019 et 2020. Et faisant écho à cette inquiétude, les acteurs européens phares du secteur ont multiplié les annonces de réduction de leurs effectifs et la fermeture de certaines activités au cours de l’année : Société Générale, BNP Paribas, Barclays, HSBC, Deutsch Bank et Commerzbank, Santander, etc. Indiquant que les conditions financières et de concurrence des fintech mettaient toujours plus sous pression les coûts d’exploitation.

Même s’il est toujours délicat de tenir un propos transversal sur l’ensemble des acteurs bancaires, la clé d’explication de la résilience de la profitabilité bancaire réside 1) dans les volumes et 2) dans la diversification des métiers de la banque. Dans le contexte très particulier des taux zéro, les intermédiaires financiers sont à la recherche de rendements.

Ils les trouvent aujourd’hui : sur les activités de conseil, d’intermédiation, d’exécution concernant les opérations de haut de bilan (émissions de dette, fusions/acquisitions notamment), autrement dit sur leurs activités de banque d’investissement et sur les commissions ayant trait à la gestion de patrimoine.

Cela est manifeste pour les deux premiers groupes bancaires français. Prenons par exemple le cas du groupe Crédit Agricole :

  • La première source de revenus du groupe aujourd’hui, ce sont les activités de gestion de l’épargne et l’assurance. C’est Amundi, le 9e gestionnaire d’actifs au monde, c’est Indosuez Wealth Management, c’est Crédit Agricole Assurances.
  • La seconde source de revenus, c’est ce que la banque dénomme l’activité « grande clientèle », autrement dit de banque d’investissement, banque conseil.
  • Ce sont ensuite les activités de banque stricto sensu en France et à l’international, puis les activités spécialisées de leasing, de financement de la consommation.

Et les principales sources de progression du profit sont sur la composante gestion d’actifs et assurance, la banque d’investissement et les activités spécialisées, notamment le leasing… Bref, la banque vit de commissions, de réalisations de plus-values latentes, de remontées de dividendes de ses activités de marché… Et cela la sauve. Idem pour la BNP qui voit sa performance tirée par sa banque d’investissement en 2019.

Ce constat conforte le modèle français de banque universelle en première analyse. Mais il ne faut pas se leurrer. Faire du volume, créer et susciter des besoins du côté des acteurs privés en matière de gestion d’actifs, en matière d’opérations en capital — notamment d’acquisitions, de levées de dettes, etc. — c’est aussi cela qui crée les déséquilibres et qui transforme les acteurs financiers en pousse-au-crime, au détriment de ceux qui endossent véritablement les risques, c’est-à-dire les ménages et les entreprises.

 

Le retour des nationalisations, pourquoi ?

Le  retour  des nationalisations, pourquoi ?

 

 

 

Le retour des nationalisations est une hypothèse qui a clairement été évoquée par le Premier ministre. Cela au motif qu’il faudrait préserver la capacité productive. La vérité est toute autre car le changement de capital n’affecte pas nécessairement la production. La vérité, c’est que nombreux d’entreprises françaises privées sont aujourd’hui très vulnérables pour  avoir perdu 50 à 70 % de leur valeur en capitalisation. En clair,  elles peuvent être rachetées par des groupes étrangers pour pas grand-chose. Ceci vaut par exemple pour Air France encore pour Renault. Le Premier ministre affirme que l’hypothèse de renationalisation (ou de nationalisation  n’obéit pas un motif idéologique.

Une curieuse contradiction car jusque-là Macon tout autant Édouard Philippe n’ont cessé de vanter les vertus du capitalisme mondial. On a même été jusqu’à vendre des bijoux technologiques. Faut-il rappeler encore l’affaire d’Alstom ou Macron comme conseiller technique de l’Élysée s’est opposé à la renationalisation proposée par Montebourg. Pire, qui a bradé l’entreprise à Général électrice pour la branche turbine nous rendant en plus dépendant des États-Unis pour certaines technologies de défense.

La vérité c’est que ce concept de financiarisation mondiale à outrance est en train de s’écrouler , l’idéologie portée par Macron et Édouard Philippe avec. Certes,  le capitalisme ne va pas disparaître pas davantage que le marché. Désormais cependant on sera attentif aux effets à long terme d’une internationalisation à outrance qui prive les Etats d’outils stratégiques en cas de crise. Exemple, celui de l’industrie pharmaceutique dont  50 à 80 % de la production est délocalisée en Asie et en Chine. Aujourd’hui même l’État est contraint de contingenter le paracétamol fabriqué à 80 % en Chine au moment même où on interdit en même temps- en tout cas on déconseille- fortement l’usage des anti-inflammatoire non stéroïdiens comme par exemple l’ Ibuprofène.

L’Etat pourrait “prendre ses responsabilités” et décider de nationaliser une entreprise mise en grande difficultés par la crise liée au coronavirus, a déclaré mardi le Premier ministre Edouard Philippe.“S’il fallait aller jusque là, dans un cas d’extrême difficulté d’une entreprise, pour préserver la capacité productive, alors nous le ferions”, a-t-il dit dans un entretien sur France 2.

“Non pas par idéologie, non pas pour la volonté de permettre une nationalisation qui durerait jusque l’éternité, mais pour faire en sorte que des entreprises essentielles au tissu économique français ne disparaissent pas à cause de ce trou d’air. Alors dans ce cas là, nous pourrions prendre nos responsabilités”, a-t-il ajouté.

“S’agissant d’Air France, l’Etat a déjà une participation de 14,5% dans l’entreprise. Il faut donc que nous prenions nos responsabilités en bonne intelligence d’ailleurs avec les autres actionnaires, je pense notamment au gouvernement néerlandais”, a-t-il dit en évoquant le cas particulier de la compagnie aérienne. “Nous avons d’ores et déjà pris la décision de supprimer un certains nombres de taxes qui pèsent spécifiquement sur le transport aérien ou sur les compagnies aériennes qui opèrent depuis la France de façon à accompagner les entreprises. C’est de l’ordre de 700 millions d’euros qui sont ici engagés”, a-t-il rappelé.

“Et nous sommes disposés à prendre une responsabilité en tant qu’actionnaire pour veiller à ce que cette compagnie nationale puisse franchir cette crise qui, dans le transport aérien, est absolument considérable et qui n’a pas d’égal avec ce que nous avons pu connaître dans le passé.”

Encore une fois contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre, c’est bien l’idéologie de l’ultralibéralisme qui est en cause. Encore une fois, le capitalisme va continuer d’exister mais on ne va forcément commencer à mieux préserver les intérêts économiques et financiers du pays. Encore une fois, le marché va continuer d’exister mais on ne lui confiera pas le soin de réguler l’ensemble de la vie socio-économique et il conviendra de réguler davantage le fonctionnement en tenant mieux compte de l’intérêt général.

Coronavirus: retour des nationalisations, pourquoi ?

Coronavirus: retour  des nationalisations, pourquoi ?

 

 

 

Le retour des nationalisations est une hypothèse qui a clairement été évoquée par le Premier ministre. Cela au motif qu’il faudrait préserver la capacité productive. La vérité est toute autre car le changement de capital n’affecte pas nécessairement la production. La vérité, c’est que nombreux d’entreprises françaises privées sont aujourd’hui très vulnérables pour  avoir perdu 50 à 70 % de leur valeur en capitalisation. En clair,  elles peuvent être rachetées par des groupes étrangers pour pas grand-chose. Ceci vaut par exemple pour Air France encore pour Renault. Le Premier ministre affirme que l’hypothèse de renationalisation (ou de nationalisation pour des entreprises qui ne l’ont jamais été appropriées par l’État,) n’obéit pas un motif idéologique.

Une curieuse contradiction car jusque-là Macon tout autant Édouard Philippe n’ont cessé de vanter les vertus du capitalisme mondial. On a même été jusqu’à vendre des bijoux technologiques. Faut-il rappeler encore l’affaire d’Alstom ou Macron comme conseiller technique de l’Élysée s’est opposé à la renationalisation proposée par Montebourg. Pire, qui a bradé l’entreprise à générale électrique pour la branche turbine nous rendant en plus dépendant des États-Unis pour certaines technologies de défense.

La vérité c’est que ce concept de financiarisation mondiale à outrance est en train de s’écrouler , l’idéologie portée par Macon Édouard Philippe avec. Certes,  le capitalisme ne va pas disparaître pas davantage que le marché. Désormais cependant on sera attentif aux effets à long terme d’une internationalisation à outrance qui prive les Etats d’outils stratégiques en cas de crise. Exemple celui de l’industrie pharmaceutique dont  50 à 80 % de la production est délocalisée en Asie et en Chine. Aujourd’hui même l’État est contraint de contingenter le paracétamol fabriqué à 80 % en Chine au moment même où on interdit en même temps- en tout cas on déconseille- fortement l’usage des anti-inflammatoire non stéroïdiens comme par exemple l’ ibuprofène.

L’Etat pourrait “prendre ses responsabilités” et décider de nationaliser une entreprise mise en grande difficultés par la crise liée au coronavirus, a déclaré mardi le Premier ministre Edouard Philippe.“S’il fallait aller jusque là, dans un cas d’extrême difficulté d’une entreprise, pour préserver la capacité productive, alors nous le ferions”, a-t-il dit dans un entretien sur France 2.

“Non pas par idéologie, non pas pour la volonté de permettre une nationalisation qui durerait jusque l’éternité, mais pour faire en sorte que des entreprises essentielles au tissu économique français ne disparaissent pas à cause de ce trou d’air. Alors dans ce cas là, nous pourrions prendre nos responsabilités”, a-t-il ajouté.

“S’agissant d’Air France, l’Etat a déjà une participation de 14,5% dans l’entreprise. Il faut donc que nous prenions nos responsabilités en bonne intelligence d’ailleurs avec les autres actionnaires, je pense notamment au gouvernement néerlandais”, a-t-il dit en évoquant le cas particulier de la compagnie aérienne. “Nous avons d’ores et déjà pris la décision de supprimer un certains nombres de taxes qui pèsent spécifiquement sur le transport aérien ou sur les compagnies aériennes qui opèrent depuis la France de façon à accompagner les entreprises. C’est de l’ordre de 700 millions d’euros qui sont ici engagés”, a-t-il rappelé.

“Et nous sommes disposés à prendre une responsabilité en tant qu’actionnaire pour veiller à ce que cette compagnie nationale puisse franchir cette crise qui, dans le transport aérien, est absolument considérable et qui n’a pas d’égal avec ce que nous avons pu connaître dans le passé.”

Encore une fois contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre, c’est bien l’idéologie de l’ultralibéralisme qui est en cause. Encore une fois, le capitalisme va continuer d’exister mais on ne va forcément commencer à mieux préserver les intérêts économiques et financiers du pays. Encore une fois, le marché va continuer d’exister mais on ne lui confiera pas le soin de réguler l’ensemble de la vie socio-économique et il conviendra de réguler davantage le fonctionnement en tenant mieux compte de l’intérêt général.

Coronavirus : pourquoi la BCE n’a pas convaincu ?

Coronavirus : pourquoi la BCE n’a pas convaincu

Par l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores et Alexandre Baradez, analyste chez IG France décrypte la stratégie relativement prudent de la BCE ( interview l a Tribune)

 

D’abord, les annonces faites par Donald Trump mercredi 11 mars, interdisant les vols européens vers les Etats-Unis, ont créé un environnement de stress particulièrement élevé sur les marchés. Ensuite, après que la Fed, puis la Banque d’Angleterre (BoE) aient respectivement abaissé leur principal taux directeur, certains investisseurs s’attendaient à ce que la Banque centrale européenne (BCE) fasse de même en agissant notamment sur son taux de dépôt actuellement à -0,5%. De quoi inciter les banques à prêter davantage aux entreprises et aux ménages pour soutenir l’économie. Or, l’institution de Francfort a décidé de maintenir ses taux inchangés.  »Le fait que la BCE n’abaisse pas son taux de dépôt est une énorme mauvaise nouvelle. C’est ne pas avoir conscience de la réalité du marché et ceci est extrêmement inquiétant », commente l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores.« Le Cac40 n’a jamais perdu autant sur une séance. C’est une chute historique », rappelle-t-elle.

Une absence de baisse de taux était-elle envisageable ?

Le risque pour les grandes banques centrales, dont la marge de manœuvre demeure limitée dans un environnement de taux durablement bas, est d’écouler leurs munitions trop rapidement et se retrouver à court de mesures dans le cas où la crise sanitaire s’installe dans le temps. De nombreux analystes anticipaient donc que la BCE ne cherche pas à « choquer » le marché tout de suite, mais qu’elle privilégie une approche par phases pour garder des mesures en réserve en fonction de la réaction des marchés. « Nous pouvions imaginer une absence de la baisse des taux, à condition que cela soit compensé par des mesures exceptionnelles », souligne Véronique Riches Flores. « Or, l’enveloppe de 120 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre du programme de rachats d’actifs reste négligeable », poursuit l’économiste. « 120 milliards d’euros ce n’est pas énorme », abonde Alexandre Baradez, analyste chez IG France. A titre d’exemple, lorsque cette puissante arme anti-crise avait été déployée entre mars 2015 et fin 2018, 2.600 milliards d’euros avaient été déversés sur les marchés. « On aurait aussi pu imaginer que ces rachats d’actifs soient ciblés vers des secteurs particulièrement exposés, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », ajoute Alexandre Baradez.

Christine Lagarde a largement insisté sur l’importance d’une réponse budgétaire coordonnée et ambitieuse. Pourquoi renvoyer la balle aux Etats ?

« Christine Lagarde a clairement indiqué qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que les banques centrales répondent en premier à cette crise » , souligne Alexandre Baradez.  »Son message consiste à dire : la BCE vous donne un contexte financier favorable, mais désormais c’est à vous de jouer », laissant comprendre que les mesures fiscales et de soutien au chômage seront beaucoup plus efficaces dans l’immédiat. « Christine Lagarde est d’abord une cheffe d’entreprise et une politique. Elle s’est mise volontairement en retrait pour obliger les Etats à agir », poursuit-il. Cette mise en retrait s’est également illustrée sur la forme, la conférence de presse n’ayant pas été marquée par un point d’orgue, comme avait pu le faire son prédécesseur Mario Draghi et son devenu célèbre « whatever it takes » (tout ce qui sera nécessaire). « Le risque c’est que les Etats prennent plusieurs mois à se mettre d’accord pour une réponse coordonnée », redoute toutefois Véronique Riches-Flores.

Peut-on s’attendre à de nouvelles mesures ?

« Vraisemblablement la BCE va attendre que les Etats prennent des mesures. Si cela ne suffit pas à rassurer les marchés, elle risque d’intervenir de nouveau », anticipe Alexandre Baradez. « Contrairement à la Fed, qui a eu une réponse épidermique en baissant son taux par surprise, la BCE va sans doute procéder par étapes », poursuit-il. L’institution européenne pourrait ainsi prendre de véritables mesures de relance lorsque le pic de l’épidémie se profilera. Un programme de rachats d’actifs plus conséquent serait alors envisageable. « Cela aura un effet, à la fois, psychologique et mécanique sur les marchés », assure l’analyste. « Manifestement, la BCE va revenir à la charge », anticipe également Véronique Riches-Flores. D’ici là, la Fed pourrait également annoncer de nouvelles mesures, sans attendre la réunion du 18 mars prévue au calendrier.

 

Coronavirus, la BCE très critiquée, pourquoi ?

Coronavirus, la BCE très critiquée, pourquoi ?

 

la BCE a annoncé jeudi, prêts bancaires ciblée sur les PME fragilisées. qui n’ont guère convaincu.

«Ce qui n’a pas fonctionné, ce n’est pas la composition du paquet de mesures mais quelques messages malencontreux de la présidente Lagarde. C’est une erreur de communication importante», relève auprès de l’AFP Mark Wall, chef économiste de Deutsche Bank.

Mais face à cette épreuve complexe, la Française «a mal vendu les mesures de la BCE et a encore accru l’incertitude sur les marchés», déplore le quotidien allemand Handelsblatt.

Dans le même temps, Un énorme plan de refinancement a été décidé par la Banque fédérale américaine pour faire face à la double crise économique et financière avec une injection de 1500 $ supplémentaires cette semaine. Une intervention assez massive et pourtant qui n’a pas encore complètement convaincu les acteurs économiques. Cette réaction est à mettre en parallèle avec l’immobilisme quasi total de la banque centrale européenne qui n’a pratiquement rien décidé ni en matière d’évolution des taux ou d’injection de liquidités pour sauver notamment les trésoreries. La démonstration sans doute que l’orthodoxie allemande commande encore les orientations de la BCE.

La très prudente Christine Lagarde qui n’a jamais fait preuve d’une grande originalité ni d’une grande détermination s’aligne évidemment derrière cette orthodoxie allemande. Tout ce qu’elle a déclaré jusqu’à maintenant est d’une grande banalité quand elle affirme par exemple que la politique monétaire ne se fera pas suffisante et qu’il faudra l’articuler avec une politique budgétaire. De la même manière quand elle souhaite une réponse coordonnée tant en Europe qu’au plan international. En attendant chaque pays ou chaque zone économique essaye de sauver sa peau pendant que la banque centrale européenne s’enfonce dans ses contradictions.

La Fed, elle,  va offrir ce jeudi 500 milliards de dollars à échéance de trois mois et offrira vendredi 500 milliards à trois mois et 500 milliards à un mois. Elle injectera chaque semaine 500 milliards à trois mois et 500 milliards à un mois jusqu’au 13 avril.

Ces annonces ont permis à la Bourse de New York d’effacer une partie de ses pertes à la mi-séance. Aux alentours de 17H10 GMT, le Dow Jones, qui a chuté de plus de 9% en séance, était en repli de 4,71%, pendant que le Nasdaq, à forte coloration technologique, perdait 4,45%.

La banque centrale continuera par ailleurs à alimenter le marché en liquidités avec, jusqu’au 13 avril, au moins 175 milliards de dollars chaque jour, avec un remboursement le lendemain, et, deux fois par semaine, au moins 45 milliards de dollars à échéance de deux semaines. Cet argent mis à disposition par la Fed permet aux banques et grandes entreprises de se refinancer.

La puissante banque centrale américaine a précisé, dans ce communiqué, que «ces changements doivent permettre de répondre à des perturbations très inhabituelles sur les marchés secondaire des bons du Trésor associées à l’éclosion de coronavirus». La Fed va également acheter différents types de titres à diverses maturités et les achats se poursuivront au deuxième trimestre.

Face à la pandémie du nouveau coronavirus, et à ses effets sur l’économie, la Fed a déjà, à deux reprises cette semaine, augmenté ses injections quotidiennes sur le marché monétaire, les faisant passer de 100 à 175 milliards de dollars.

Coronavirus: rassemblements de plus de 100 personnes , pourquoi 100?

Coronavirus: rassemblements de plus de 100 personnes , pourquoi 100?

Il y a encore quelques jours la consigne était d’interdire les rassemblements de plus de 1000 personnes. Notons cependant qu’on a laissé se dérouler  des rencontres sportives. On a interdit des marchés traditionnels pendant qu’on autorisait la poursuite des activités des supermarchés. Maintenant passer brutalement du chiffre de 1000 personnes à 100. Pourquoi 100 ? Notamment pour permettre à certaines organisations du spectacle de se tenir en particulier dans le cas de cinéma. On va recommander d’espacer les spectateurs d’un mètre.  Comme si le Coronavirus allait obéir un critère de distance aussi ridicule que théorique. Pourquoi avoir autorisé de façon totalement irresponsable de très grande manifestations sportives qui ont réuni des dizaines de milliers de spectateurs il y a encore quelques jours. Pourquoi maintenant autoriser des rassemblements de 100 personnes pour sauver  le cinéma ou le théâtre. “J’ai consulté le Comité scientifique pour prendre des mesures (…) et nous allons faire passer la limite à 100 personnes pour les rassemblements sur tout le territoire national, dès maintenant”, a déclaré le chef du gouvernement.

“Notre objectif n’est pas de créer la psychose. (…) Mais il y aura des conséquences importantes pour les théâtres, les cinémas”, a-t-il ajouté. Le gouvernement avec la complicité de certains scientifiques très complaisants tient une stratégie d’étalement dans le temps de l’épidémie. Le problème c’est qu’il prend des mesures complètement contradictoires et qu’en vérité il navigue complètement à vue. Il y a évidemment longtemps qu’il aurait dû prendre très rapidement des mesures pour réguler de façon drastique la mobilité qui dans nos sociétés modernes constitue le véhicule idéal du virus. Jusque-là aucune mesure n’a été pris dans ce domaine, ni au plan de la, ni au plan de la France. La Chine seule, récemment les États-Unis ont pris des mesures drastiques dans ce domaine.

Les marchés plongent toujours: pourquoi ?

Les marchés plongent toujours: pourquoi ?

 

Au-delà des petits mouvements de yo-yo à la hausse la tendance baissière caractérise l’évolution des marchés financiers. Pour parler clair, la crise est tellement  grave que les valeurs pourraient perdre en quelques semaines la totalité des gains de l’année 2019 voir davantage car désormais l’hypothèse d’un krach financier n’est plus à exclure.

La responsabilité n’incombe pas seulement au virus chinois bien en au contraire, celui-ci a été que le révélateur d’une crise inévitable

 

Il y a longtemps que le virus de la spéculation a contaminé la finance avec des rendements financiers tout à fait irresponsables et complètement déconnectés  à la fois de l’économie et des résultats financiers des entreprises. Ainsi les actions en France  par exemple ont pris 25 % en une seule année. En outre comme d’habitude,  la France a accordé de très larges dividendes  bien supérieurs à ce qui pratique en général ailleurs. Bref, il y a longtemps que tous les experts s’attendaient à une sévère correction de la bourse en général et à des problèmes graves système financier. Un système largement alimenté par l’inondation  de liquidités délivrées par les banques centrales. Ce lundi, la descente aux enfers s’est  accélérée avec une chute de près de 8 % à New York. Depuis des semaines, ce site et bien d’autres indiquent que les indices ne peuvent pas monter au ciel et que la correction sera brutale. Pire, elle pourrait même mettre en difficulté le système financier dont les actifs sont souvent hypothéqués par des fragilités d’entreprises portées à bout de bras par des facilités financières.

En clair, certains établissements financiers notamment des banques pourraient connaître de graves difficultés. Certes, le Coronavirus exerce un rôle vis-à-vis de la détérioration des marchés financiers mais ces derniers étaient largement malades avant et chacun s’attendait un facteur exogène qui provoquerait une grande rectification.

La Bourse de Paris a une nouvelle fois terminé dans le rouge mercredi . Le CAC 40 a cédé 0,57% à 4.610,25 points après avoir longtemps évolué dans le vert. La nervosité reste très forte chez les investisseurs qui attendent toujours une réponse coordonnée des États et des banques centrales pour limiter les retombées économiques de l’épidémie de coronavirus.

La veille, après le krach de lundi, l’indice parisien n’était pas parvenu à se redresser. Il avait terminé en baise de 1,5% après avoir plongé de plus de 8% lundi.

Le marché reste sceptique sur les mesures de soutien annoncées un peu partout dans le monde et notamment sur le plan que compte présenter l’administration Trump pour résister au coronavirus.

Les autres grandes places européennes sont d’ailleurs sur la même ligne que Paris. Francfort par exemple a terminé en baisse de 1,15% et Londres a lâché 1,40%. À Wall Street, le Dow Jones s’est effondré de 5,86%.

Les plupart des banques centrales restent à la manœuvre (bien que la BCE soit aujourd’hui paralysée par l’immobilisme( mais sans parvenir à inverser la vapeur. Une semaine après l’intervention surprise de la Fed américaine, la Banque d’Angleterre (BoE) a annoncé à son tour une baisse de ses taux.

Désormais tous les regards sont tournés vers la Banque centrale européenne qui tient sa réunion mensuelle jeudi et pourrait annoncer un éventail de mesures pour soutenir l’économie du continent.

La guerre du prix du pétrole : pourquoi ?

La guerre du prix du pétrole : pourquoi ?

 

La première raison c’est que l’Arabie Saoudite  veut saturer le marché pour écraser la concurrence et s’accaparer ses parts. Il s’agit essentiellement d’une stratégie commerciale. C’est aussi une stratégie commerciale qui conduit la Russie à refuser de limiter la production. Avec des prix entre 30 et 35 dollars le baril, la Russie met en danger très gravement le pétrole de schiste plus coûteux des États-Unis. L’Arabie saoudite  poursuit aussi des objectifs politiques. En contribuant à faire s’écrouler les prix, elle s’attaque de plein fouet aux ressources déjà très affectées de l’Iran. S’ajoutent quand même à ça évidemment les conséquences du Coronavirus qui fait chuter le niveau de la demande

On assiste donc à une guerre à la fois économique et politique bénéfique  pour le consommateur qui voit le prix à la pompe s’effondrer. Nombreux de petites entreprises pétrolières américaines sont cependant menacées.

On pourrait aussi faire le lien entre moins de pétrole et davantage énergie notamment nucléaire ou alternative. Le problème c’est qu’au contraire avec un pétrole bas, les autres énergies auront  du mal à être compétitive. Une manière aussi pour les producteurs de pétrole de retarder des projets alternatifs. 

Sondage Municipales : l’élu local préféré des Français, pourquoi !!!

Sondage Municipales : l’élu local préféré des Français, pourquoi !!!

Encore un sondage qui montre que l’élu local serait le représentant politique des Français le plus aimé . On peut se demander si l’opinion aiment réellement les maires mais ont moins  en cause que des élus nationaux très critiqués. On voit mal en effet ce qui pourrait justifier cette espèce d’amour de l’élu local. La plupart du temps en effet dans les grandes villes, les plus administrées ignorent à peu près tout de l’action du maire dont la responsabilité est par ailleurs assez limitée dans ses champs d’action. Des maires qui ne sont pas plus préoccupés que cela des questions économiques et de l’emploi et assez souvent développent des projets d’investissement assez irresponsable destiné surtout à marquer l’opinion. En outre, en matière de fonctionnement, rares sont les maires qui ont témoigné de leur compétence de gestion si l’on en juge par la dérive des coûts et des effectifs.

La vérité c’est que les superstructures municipales se reproduisent sans aucun contrôle politique. Il en va différemment dans les agglomérations de plus petite taille et dans les villages. Reste que dans ces zones les élus se comportent aussi parfois comme de petits barons reproduisant à leur échelle les mêmes dérives démocratiques qu’au plan national et confondant parfois intérêt général et intérêt particulier. Il n’y a guère que dans les très petits villages que les maires sont au four et au moulin et directement en contact avec les problèmes sociaux, économiques et culturels.

D’après un sondage OpinionWay-Public Sénat-La Tribune pour l’UNCCAS (*) réalisé auprès de 1.001 personnes. 68% du panel cite en effet le titulaire de l’écharpe tricolore devant le conseiller régional (6%), le parlementaire (député ou sénateur à 6%), le président de la République (5%), le conseiller départemental (5%) ou le député européen (3%).

« Le maire est le dernier élu à « portée d’engueulades », dixit le président du Sénat Gérard Larcher. Il est sur le marché tous les week-ends et se doit de répondre à toutes les sollicitations », explique le directeur général de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS) Benoît Calmels. « On est sorti des relents dégagistes de 2017 et de l’après-gilets jaunes. Il est redevenu la figure de proximité en qui nos compatriotes ont confiance. »

«Budget européen: un échec, pourquoi ?

«Budget européen: un échec, pourquoi ?

 

Un  tribune de Guy Verhofstadt, député européen (Renew Europe), ancien Premier ministre belge.( dans l’Opinion)

 

« C’est le même rituel tous les sept ans au moment de négocier la loi de programmation budgétaire pluriannuelle de l’Union européenne. Les Sommets acrimonieux se succèdent entre chefs d’Etat et de gouvernement et quand on arrive au bord du gouffre financier, un compromis se fait subitement jour dont on aurait pu définir les termes dès le début. Les Etats membres s’entendent sur un 1 % du PIB européen. Le Parlement européen fait alors les gros yeux et dans sa grande générosité, le Conseil européen dégote quelques milliards supplémentaires.

Et c’est ainsi qu’on hérite d’un cadre financier septennal de 1000 milliards et des poussières pour lutter contre le changement climatique, bâtir l’Europe numérique, protéger nos frontières, soutenir des opérations extérieures sous mandat de l’ONU, financer Erasmus et la recherche européenne, sans oublier les grandes politiques traditionnelles agricoles et de cohésion territoriale. Le CFP 2021-2027 échappera-t-il à cette malédiction ?

La réponse dépendra de la capacité des Vingt-Sept à révolutionner leur approche du débat budgétaire. En effet, contrairement à la plupart des budgets, celui de l’UE ne repose pas sur ses propres ressources, mais dépend des contributions des Etats membres. Rien d’étonnant dès lors que cela tourne en marchandage peu ragoûtant entre ceux qui contribuent davantage et ceux qui bénéficient le plus, fait d’arrangements d’arrière-boutique, avec à la fin des ristournes ciblées et autres saupoudrages particuliers pour faire avaler la pilule. Ce système qui fait appel aux contribuables nationaux conduit ainsi à une confrontation permanente où les intérêts domestiques l’emportent en définitive sur l’intérêt européen commun.

 Ce n’était pas le cas il y a soixante ans lorsque la CEE a été fondée. Le budget communautaire était alors financé par des ressources dites propres, adaptées à leur époque, tels des taxes agricoles aux frontières et les droits de douane. Tout a changé au début des années 1980 avec le fameux rabais arraché de haute lutte par Margaret Thatcher à ses partenaires. Il a fallu dès lors calculer précisément qui paye et reçoit quoi au plan national pour déterminer le montant du chèque britannique. Nous étions entrés dans le jeu autodestructeur des « payeurs nets » et des « bénéficiaires nets », la situation que nous vivons toujours aujourd’hui.

Avec le départ du Royaume-Uni, il est temps de revoir de fond en comble nos paramètres budgétaires. Ainsi la proposition de CFP sur la table a été établie sous la précédente législature par l’ancienne Commission et est censée courir au-delà du terme de l’actuelle. Sept ans de programmation, est-ce bien adapté à la réactivité dont les politiques contemporaines ont besoin ? Est-ce bien démocratique aussi ? Il faut réduire à 5 ans la durée du CFP. Autre anomalie : l’unanimité requise qui conduit à s’entendre sur le plus petit commun dénominateur. Enfin, il faut sortir du système vicié des contributions nationales et renouer avec le principe des ressources propres, en phase avec les préoccupations de notre temps, telles une taxe sur les grandes plateformes américaines et asiatiques qui utilisent gratuitement les données européennes ou une taxe carbone.

Sans remise en cause de nos tabous budgétaires, l’impasse nous guette. Il faut changer de cap et trouver les outils et moyens de défendre les intérêts de nos concitoyens dans un monde dont nous devons reprendre la maîtrise du cours. »

Guy Verhofstadt est député européen (Renew Europe), ancien Premier ministre belge.

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