Archive pour le Tag 'pourquoi ?'

Baisse de Macron, pourquoi ? il parle trop

Baisse de Macron, pourquoi ? il parle trop

 

Macon baisse dangereusement dans les sondages, il maintient toutefois un taux de popularité encore satisfaisant comparer à celui de ses prédécesseurs à la même période du mandat. Globalement, Macon a perdu 20 points e popularité depuis son élection. Ce n’est pas encore catastrophique mais s’il devait chuter encore alors sa capacité d’action pourrait être gravement entravée par les réticences de l’opinion publique. En cause, plusieurs facteurs explicatifs. Sans doute le contenu de sa politique économique qui a choisi délibérément de prioriser les entreprises et les plus favorisés en espérant que la théorie du ruissellement profitera ensuite aux classes moyennes et aux pauvres. Ces derniers globalement ont payé la facture et une étude démontre qu’il y a eu perte de pouvoir d’achat depuis 2017 une parties étant imputable à François Hollande. De fait,  le pouvoir d’achat est bloqué si on tient compte de l’augmentation réelle des prix et cela depuis des années. Certes les prix stagnent voire diminuent pour les biens dont l’achat peut être ajusté ; par contre, l’augmentation est régulière pour les dépenses contraintes composées notamment des services, du chauffage,  des transports ou encore des assurances. Peut-être Macron a  commis de  graves erreurs en refusant la relance de la consommation par le pouvoir d’achat. La politique de l’offre a été privilégiée au détriment de la demande qui soutient pourtant l’essentiel de la croissance surtout avec le tassement international qui va caractériser la seconde partie de l’année (du fait notamment de la guerre commerciale internationale et des tensions géopolitiques). Bien sûr nombre de réformes nécessitent d’être entreprisse pour rendre le pays plus compétitif mais aussi plus égalitaire. Par la politique de Macron et surtout caractérisé par un net déséquilibre social. De ce point de vue,  il a déçu nombreux d’électeurs qui n’ont pas voté pour la mise en place uniquement d’une politique libérale pure et dure. Autre élément d’explication : l’omniprésence de Macron dans les médias. Macon avait promis de rendre rare  la parole présidentielle à afin de redonner sa dignité à la fonction. En fait progressivement, il est tombé dans le bavardage quotidien avec une communication et une mise en scène de sa gestion monarchique quasiment hystérique. Il parle de tout, instrumentalise le moindre fait divers et s’exprime sans arrêt. Aucun président de la république même François Hollande n’a sans doute réduit la politique à la com. De  tous les instants. Les propos de Macron ne sont pas rééquilibrés par les expressions d’autres leaders de la majorité réduits au silence par Macon au rôle de courtisan chargé de promouvoir la parole présidentielle. De ce point de vue, autour de Macon aucun leader n’émerge réellement. Et pour cause Macon ne supporte pas ni la concurrence, ni la contradiction. Par exemple il faut noter la gifle qu’il a adressée à Borloo, rival éventuel potentiel à propos d’un rapport sur les banlieues. Borloo qui avait beaucoup travaillé avec les acteurs sur  un rapport contenant un plan sans doute critiquable sur certains points mais un plan d’une certaine cohérence quand même. Hors dans la présentation de mesures pour les banlieues,  Macron a commencé son introduction en déclarant : surtout pas de nouveau plan ! Comme Macon refuse toute émergence de responsables politiques de haut niveau au gouvernement, au Parlement ou dans son pseudo parti en marche, doit combler le vide. Bref Macron parle trop et il commence à saouler un peu tout le monde surtout avec une  tonalité  un peu trop monarchique.

Les chauffeurs de bus RATP en bermuda, pourquoi pas en string ?

Les chauffeurs de bus RATP en bermuda, pourquoi pas en string ?

En ces périodes de fortes chaleurs, la température est difficilement supportable pour certains travailleurs. A la RATP on pourra travailler en bermuda. Pourquoi pas aussi en string ? bien d’autres catégories de salariés qui ne sont pas en contact avec le public souffre tout autant sinon davantage, les couvreurs ou certains salariés du BTP par exemple. Le pire n’est jamais certain mais on pourrait voir émerger des revendications pour porter le string lors de météos tropicales voit même des adaptes du nudisme revendiquer le droit de travailler fesses à l’air. Selon une information de France Bleu, l’administration de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) a en effet donné son feu vert pour que ces derniers puissent porter un bermuda durant leur service.  Depuis le 15 juin, les chauffeurs peuvent en effet s’équiper d’un pantalon vert jade équipé d’une fermeture située au dessus du genou. Par l’activation de cette dernière, l’habit traditionnel se transforme ainsi en un short, bien plus adéquat en cette saison. En revanche, et bien que 500 employés aient déjà commandé ce nouvel équipement, la RATP précise qu’il ne s’agit pour le moment que d’une expérimentation.

Portables à l’école : pourquoi une loi ?

Portables à l’école : pourquoi une loi ?

 

Il e st clair que l’usage permet des portables y compris à l’école ne constitue pas nécessairement une source d’émancipation mais plutôt de dépendance. Dans le milieu scolaire, la présence de portable est forcément nuisible à l’attention que requiert l’acquisition de connaissances. Notons que les meilleurs écoles américaines fréquentées par les cadres des GAFA les portables sont interdits !  La question qui se pose est  de savoir sil fallait vraiment uen loi. Pourquoi pas aussi une loi sur les strings qui dépasse des jeans !  De toute manière cette interdiction figure déjà dans les règlements intérieurs. Le problème n’est pas l’insuffisance juridique mais la capacité à faire appliquer ces règlements. C’est « un signal à la société française sur cet enjeu de société » qui « répond à des enjeux éducatifs clés ». C’est ainsi que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a défendu sa mesure jeudi à l’Assemblée nationale : l’interdiction du téléphone portable dans les écoles primaires et dans les collèges.

Cent mesures pour les startups, pourquoi seulement les startups

Cent  mesures pour les startups, pourquoi seulement les startups

Curieux alors qu’on vient apprendre que la loi Pacte qui devait notamment muscler les PME pour en faire des sortes  d’ETI à allemande va accoucher d’une souris, le secrétaire chargé du numérique –qui fait son travail- annonce une série de mesures très incitatives pour développer les startups. Pourquoi seulement les startups ? A moins de considérer que le seul avenir de l’économie est dans le soft du numérique. (Le numérique concerne évidemment l’ensemble l’économie).

La reforme dite PACTE  très ambitieuse au départ s’est réduite comme peau de chagrin en oubliant surtout l’allégement de la fiscalité quand les grands entreprises, elles, réussissent par l’optimisation fiscale (en fait l’évasion) à échapper à une bonne partie de l’impôt. Il ya aura cependant des changements pour les seuils  de salariés. Concernant les seuils, le franchissement de 19 à 20 salariés qui impose à toutes les entreprises de nouvelles obligations sociales et fiscales sera supprimé (excepté en matière de handicap) et relevé à 50 personnes. Il n’existera donc plus que trois seuils fixés à 11, 50 et 250 salariés. Le second axe vise le fonds d’innovation normalement financés par la vente d’actions que détient l’Etat. Enfin on va enrichir l’objet social des entreprises avec une définition sociale et environnementale.  Bref certaines mesures qui ne sont pas inutiles mais la question centrale  de l’allègement global de la fiscalité et de la simplification des procédures a été grandement survolée. A noter aussi une procédure d’opposition administrative au brevet sera instaurée, afin de permettre aux petites entreprises de se défendre plus facilement et d’éviter les procédures lourdes en justice. De la même façon, la durée de protection du certificat d’invention sera étendue à dix ans. Par ailleurs certains éléments d’ordre fiscal -comme le pacte Dutreil relatif à la transmission d’entreprise et dont les obligations seront simplifiées- ne figureront pas dans la loi mais dans le PLF 2019. Pourquoi seulement dans une loi annuelle ? Rien ou pas grand-chose sur les synergies entre les grands groupes et les entreprises de taille moyenne pour faciliter l’accès aux marchés extérieurs comme cela se pratique notamment en Allemagne. Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, lui a annoncé pour les startups  quatre grands thèmes d’actions: la simplification, le financement pour accompagner la croissance, l’aide au recrutement des talents et enfin, un accompagnement à l’international pour les start-up les plus matures.

Mounir Mahjoubi a choisi de mettre en avant dix mesures phares ;

1. Le droit à l’expérimentation avec la relance du dispositif «France expérimentation», qui va encore être renforcé. Toute start-up peut demander à tout moment le droit de déroger à un règlement ou une loi en place pour déployer un business model. Le gouvernement se donne quelques mois pour donner une réponse, ce qui ne signifie pas qu’elle sera positive.

2. Il y aura un correspondant start-up dans tous les ministères, dont le rôle sera de répondre aux start-up et d’animer l’écosystème de son secteur. Les premiers ont déjà été nommés et ils ont un accès direct à leur ministre de tutelle.

3. Les seuils sociaux vont être révisés, par le truchement de l’introduction d’une notion de durée. Dans le cadre du projet de loi PACTE, les seuils de onze, vingt et cinquante salariés seront considérés comme effectivement franchis quand ils auront été atteints ou dépassés pendant cinq années civiles consécutives. «Il faut permettre de geler ces effets de seuil et accompagner les entreprises dans la croissance» insiste Mounir Mahjoubi.

4. Mise en place d’un outil technique de financement, avec Bpifrance: les «venture loans», il s’agit de mettre en place des prêts à long terme pour amplifier les levées de fonds. Le montant de ces prêts pourra varier entre 20 et 100 millions d’euros.

5. Convaincu des atouts de la blockchain, le ministre veut mettre en place un système de labels avec les banques pour inciter les investisseurs à avoir confiance dans les cryptomonnaies. L’objectif est permettre de lever des fonds sur la blockchain.

6. Mounir Mahjoubi a aussi annoncé le relèvement de seuil appel d’offres publiques passant de 25.000 euros, 100.000 euros, pour une durée de trois ans. L’idée étant de faciliter l’adoption de projets innovants proposés par des start-up. Ce relèvement de seuil doit aussi permettre de les tester plus facilement.

7. Une mission sur la résolution des tensions durables sur les métiers du numérique va être mise en place, visant à mettre en adéquation les besoins des entreprises et les formations. De nouvelles filières pourraient être créées.

8. Les conditions utilisations du French Tech Visa vont être assouplies pour permettre aux start-up d’embaucher plus facilement des spécialistes étrangers. Elles doivent parfois faire appel à des ingénieurs avec des compétences très rares; «parfois, le nom des métiers est tellement complexe ou inconnu qu’il est refusé à la préfecture», plaisant Mounir Mahjoubi.

9. Un nouvel indice va être créé, le Next 40, pour mettre en avant quarante start-up. Cette liste sera revue périodiquement, la fréquence n’a pas encore été déterminée. Les représentants du gouvernement, du président aux ministres, pourront ainsi mieux valoriser ces entreprises à l’étranger.

10. Enfin, le gouvernement lance les «scale up tour», des tournées à l’étranger dédiées aux entreprises qui ont déjà connu une forte croissance sur le plan national et qui veulent s’internationaliser. Pascal Cagny en sera l’ambassadeur.

 

Italie : la victoire du populisme, pourquoi ? (Marc Lazar)

Italie : la victoire du populisme, pourquoi ? (Marc Lazar)

Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po  explique les enjeux du populisme en Italie dans une interview au Figaro (extraits)

Pourquoi les populismes italiens rencontrent-ils un tel succès ?

Les populismes sont multiples en Italie. Il y a par exemple le populisme de l’entrepreneur Silvio Berlusconi, qui toutefois ne se résume pas à cette seule caractéristique. Le populisme de droite extrême de la Ligue du Nord et des Frères d’Italie. Le populisme inclassable, attrape-tout, mêlant l’horizontalité de la toile à la verticalité des chefs, du Mouvement 5 étoiles. Les populismes prospèrent sur la profonde crise de défiance envers la politique, l’euroscepticisme croissant et la situation sociale, un chômage élevé, des inégalités de toute nature qui se creusent, la pauvreté qui s’étend et l’immense inquiétude des Italiens, leurs peurs, leurs angoisses face à l’immigration et les arrivées de flux de migrants. Non seulement les populistes exploitent ces motifs d’exaspération mais, délibérément, ils ne cessent de les amplifier car ils savent que cela leur profite.

Quel est le bilan de la précédente législature sur le plan politique et économique ?

Trois gouvernements se sont succédés grâce à une alliance parlementaire associant le centre gauche et quelques regroupements d’élus centristes. Celui d’Enrico Letta (avril 2013-février 2014), celui de Matteo Renzi (février 2014-décembre 2016) et celui de Paolo Gentiloni (commencé en décembre 2016 et toujours en activité actuellement quand bien même le Président du Conseil et nombre de ses ministres sont candidats pour ce scrutin). Cette législature a été active. Ces exécutifs ont agi sur de nombreux sujets. Par exemple, ils ont aboli le financement public des partis politiques, adopté une loi condamnant fermement les auteurs de violences au sein des familles et contre les femmes, réformé le marché du travail et l’école, instauré la reconnaissance juridique des couples du même sexe, accordé 80 euros à 11 millions d’Italiens gagnant moins de 1.500 euros par mois, donné 500 euros à tout jeune le jour de ses 18 ans afin qu’il les utilise pour des dépenses culturelles, alloué près de 20 milliards d’euros pour sauver les banques italiennes, pris des mesures pour tenter de réguler les flux de migrants et agi en faveur de l’industrie et du développement du numérique.
Toutes ces dispositions n’ont pas toujours obtenu un large consensus. Au contraire, celle dite du « Jobs act » et celle concernant l’école publique, toutes les deux promulguées par Matteo Renzi, ont provoqué des manifestations de protestation d’une partie des forces syndicales. Le même Matteo Renzi a subi une défaite cinglante avec son référendum sur la réforme constitutionnelle du 4 décembre 2016 qui visait à sortir du bicaméralisme intégral en réduisant les pouvoirs du Sénat, en changeant son mode de désignation et en modifiant sa composition : 59% d’Italiens ont voté non, entraînant la démission de son initiateur de la présidence du Conseil et de celle de son poste de secrétaire du PD qu’il a néanmoins reconquis à la faveur d’une primaire en juin 2017. Néanmoins, sur le plan économique, la croissance italienne est en train de repartir. Le FMI prévoit un taux de croissance de 1,5%, le déficit public reste inférieur à 3% du PIB, la balance commerciale est excédentaire et la confiance revient chez les chefs d’entreprises. Il reste parmi eux de nombreux points noirs, la colossale dette publique italienne, 131,6% du PIB.

Pourquoi ces élections représentent-elles un enjeu important à l’échelle européenne ?

L’Italie a longtemps été un pays europhile. Elle est devenue un pays eurosceptique. Les Italiens sont désormais plus eurosceptiques que les Français. Et des partis ont fait de l’euroscepticisme l’une de leurs grandes ressources politiques : la Ligue du Nord, Frères d’Italie, le Mouvement 5 étoile et une partie de la petite coalition de la gauche de la gauche, qui s’appelle Libres et égaux. Aux lendemains du 5 mars, ces eurosceptiques pèseront lourd dans le Parlement italien. Et si le centre droit obtient une majorité de sièges, le gouvernement qu’il composera oscillera entre des positions souverainistes et des positions pro-européennes au sein de Forza Italia. Cela nuirait à la crédibilité de l’Italie au sein de l’Union européenne. En fait, la question est de savoir si l’Italie restera ce grand pays qui a toujours joué un rôle important en Europe ou si elle prendra un peu de distance par rapport au projet européen.

Pourquoi ces élections représentent-elles un enjeu pour la France à la fois sur le plan économique et sur le plan politique ?

Sur le plan économique, le résultat de ces élections n’aura guère d’impact pour la France, 2ème partenaire commercial de l’Italie, comme l’Italie est notre deuxième partenaire commercial. Business is business. Sauf évidemment, si l’Italie en venait à avoir un gouvernement composé du Mouvement 5 étoiles, de la Ligue du Nord, d’une partie de la gauche de la gauche qui penserait à une sortie de l’euro. Mais c’est quasiment impossible. Peut-être, également, un gouvernement de centre droit protesterait contre la trop grande présence française en Italie, selon lui. Mais sans conséquence grave. En revanche, si l’Italie a un gouvernement de centre droit, ou pire un gouvernement avec le Mouvement 5 étoiles, les projets d’Emmanuel Macron pour  relancer l’Union européenne, en s’appuyant d’abord et avant tout sur l’Allemagne mais aussi sur l’Italie, seraient entravés du côté de Rome.

Pourquoi Marion Maréchal cache aussi le nom Le Pen

Pourquoi Marion Maréchal cache aussi le nom Le Pen

Curieux mais le nom de le Pen semble moins apprécié que la fortune de la famille par ses propres membres. Ainsi Marine Le Pen a-t-elle mené une campagne sous le seul nom de Marine, (ses collaborateurs préfèrent aussi l’appeler marine plutôt que Le Pen) ;  Jean Marie Le Pen avait alors interpellé sa fille en lui demandant si elle avait oubliait qu’elle s’appelait Le Pen.  Un nom trop hypothéqué de manière négative  par Jean Marie. Un moment on a cru que le front national s’intitulerait « Marine ». La nièce suit le chemin de sa tante et se débarrasse d’un nom encombrant.  . Marion Maréchal-Le Pen a en effet effacé sur ses comptes Facebook et Twitter le nom Le Pen, une façon de se distancier de son grand-père et d’aborder son avenir indépendamment de sa tante. L’ancienne députée doit s’exprimer le 31 mai à Paris à la soirée destinée à « débrancher Mai-68″, organisée par ses proches. Elle y sera présentée comme « Marion Maréchal ». Une décision qui a fait réagir son grand-père, Jean-Marie Le Pen : « Marion pense peut-être que mon nom est trop lourd à porter », a-t-il déclaré à l’AFP. « J’ai l’habitude d’être abandonné », a aussi dit celui qui conteste le changement de nom du FN – pour Rassemblement national – proposé par sa fille. Pour le politologue Jean-Yves Camus, cité par l’AFP, « c’est l’acquisition d’une identité claire qui la prépare pour l’avenir ». Marion Maréchal a « doublement intérêt à effacer le nom Le Pen. Pour ne pas apparaître comme la concurrente de sa tante. Et ne plus porter l’héritage de son grand-père ». Mais « cela ne change rien au fait qu’elle est en concurrence avec sa tante et qu’à ce jour, elle est toujours en bons termes avec son grand-père », précise ce spécialiste de l’extrême droite. Jean-Marie Le Pen a encore reçu Marion Maréchal-Le Pen jeudi, avec son arrière petite-fille Olympe, pour « deviser » avec elle, y compris de son projet d’école politique des droites qu’elle doit inaugurer à Lyon fin juin. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on rappelle que Marion Maréchal avait rajouté le nom Le Pen « pour faire de la politique ». « Elle le retire pour faire des affaires. Elle doit donc considérer que dans ce domaine c’est un obstacle ».

La France championne du monde des grèves ? Pourquoi ?

La France championne du monde des grèves ?  Pourquoi ?

 

 

 

Xerfi Canal diffuse dans la Tribune son analyse de la  culture sociale française:

« La France est le pays de la grève. C’est sa réputation à l’étranger et c’est celle que nous entretenons en interne. Quelques chiffres corroborent ce sentiment. Ceux qui ont défrayé le plus récemment la chronique venaient de la fondation allemande Hans Böckler. Sur la période 2005-2014, la France était championne du monde et coiffait d’une courte tête le Danemark et le Canada. Championne du monde sur un tout petit échantillon de 17 pays néanmoins. Ces classements sont en fait très contestés. Ils sont très variables d’une source à l’autre, d’une période à l’autre, personne ne décomptant les conflits sur les mêmes périmètres. Si l’on se réfère à d’autres sources, notamment les données recensées par le BIT, ou l’OCDE, il est clair que la France est un pays de paix sociale comparée aux pays d’Amérique Latine, notamment l’Argentine ou le Mexique. Admettons néanmoins si l’on raisonne par faisceau d’indices convergents, qu’elle figure parmi les pays développés les plus turbulents,  avec le Canada,  la Finlande, l’Italie, le Danemark, la Grèce, et l’Espagne, même si la conflictualité de ce dernier pays a beaucoup diminué ces dernières années. La tradition de lutte a laissé plus de traces qu’ailleurs. Et il est clair que les syndicats ont un vrai pouvoir de blocage, et de dissuasion qu’ils n’ont pas dans d’autres pays. Avec quelques bastions névralgiques, même s’ils sont de moins en moins nombreux : la SNCF, Air France, Les dockers, la fonction publique (santé et éducation nationale, notamment). Quelques grandes lois emblématiques mises en échec. Des psychodrames autour des délocalisations ou des fermetures de sites, comme Whirpool, Florange, Moulinex etc. qui ont laissé des traces dans les mémoires. Le taux de syndicalisation est faible, on le sait en France. Précisément parce qu’il est resserré sur la frange la plus revendicative du salariat. Il tire sa force des bras de fer ciblé, partant de quelques grandes entreprises emblématiques et de la menace récurrente de coupler le mouvement avec la contestation étudiante. Tout cela crée un vrai pouvoir de dissuasion, bien intériorisé par le politique…. Trop bien intériorisé dirons certain.  Avec le reste des salariés qui vivent souvent la grève par procuration et la soutiennent passivement, notamment du côté des petites entreprises sous-syndiquées. Les syndicats français sont attachés à cette division des tâches. Ils renâclent, à l’exception de la CFDT au discours raisonnable qui appelle à une normalisation, à un élargissement de la base, à une germanisation… la fameuse culture du consensus et du dialogue qui redonne la voie aux salariés plus modérés et dilue les revendications. C’est la permanence de cela qui se joue dans le bras de fer entre la SNCF et le gouvernement. Tout cela fait partie du puzzle de réformes voulues par Emmanuel Macron, pour rapprocher un peu plus le modèle français de celui de la flexisécurité. Avec les ordonnances travail pour  instiller de la souplesse. La réforme de l’assurance chômage et de la formation, pour sécuriser les parcours de plus en plus hachés. La concentration des incitations fiscales pour encourager l’épargne financière au détriment de la pierre…. Premier pas pour développer une culture de la capitalisation. Le projet de retraites à points etc. Et, ce qui se joue maintenant, la mise en échec du syndicalisme de lutte, pour faire entrer de plain-pied la France dans la culture du dialogue social pacifié. Sur le papier c’est beau et cohérent. Sauf qu’il y a la théorie et la pratique. Que ironie, c’est au Danemark, temple de la flexisécurité que l’on trouve un des plus forts niveaux de conflictualité. Sauf aussi, que c’est le printemps, que l’économie se porte un peu mieux, que les 50 ans de mai 68 approchent… Tout cela crée un cocktail  bien détonnant. Qui pourrait confirmer ce que l’on sait déjà… les lois, ça se change, mais une culture ça ne s’importe pas. »

La difficulté des réformes, pourquoi ? (Gilbert Cette)

La difficulté des réformes, pourquoi ? (Gilbert Cette)

Un article intéressant de Gilbert Cette, professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille qui analyse les facteurs de résistance aux changements en France. Mais cet économiste qui a soutenu Macron en 2017 fait comme le président de la république l’impasse total su rôles facteurs explicatifs de  la médiocrité des relations sociales en France. De ce point de vue « la lutte des classes » évoquée par l’intéressé est largemenet entretenue par le gouvernement, les patrons et le tecnos.  L’impasse sur les raisons de cette médiocrité  du dialogue avec les acteurs  affecte la pertinence de l’analyse.

 

 


 

 

« De nombreuses analyses et expériences étrangères montrent que des réformes structurelles pertinentes peuvent avoir des effets économiques très favorables. Pourtant, l’engagement de telles réformes se heurte souvent à de grandes difficultés, comme en témoigne les conflits en cours en France. Une illustration de ces difficultés est fournie par les professions réglementées. Une multitude de rapports a préconisé la réforme des professions réglementées. Le plus ancien est le rapport Armand-Rueff publié en 1960, qui fut réalisé à la demande du Premier ministre Michel Debré. Il préconise d’abaisser les régulations anticoncurrentielles dont les barrières à l’entrée pour de nombreuses professions, dont les professions juridiques. D’autres rapports et travaux ont abouti aux mêmes préconisations. Entre autres, citons par exemple le rapport de Cahuc et Kramarz (2004) réalisé à la demande des ministres de l’Economie (Sarkozy) et de l’Emploi (Borloo), le rapport Camdessus (2004) réalisé simultanément à la demande du ministre de l’Economie (Sarkozy), les rapports de la commission Attali (2008, 2010) constituée en 2007 à la demande du président de la République (Sarkozy) et du Premier ministre (Fillon), le rapport Darrois (2009) réalisé à la demande du président de la République (Sarkozy), ainsi que d’autres rapports et analyses, comme ceux de Aghion et al. (2007, 2011, 2014) ou de Delpla et Wyplosz (2007)… Préconisée dans ces nombreux rapports officiels et analyses, la réforme des professions réglementées demeure d’actualité plus d’un demi-siècle après la réalisation de l’ambitieux rapport Armand-Rueff. La loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances  » du 6 août 2015 (ou « loi Macron ») introduit des éléments de réformes appréciables, mais il ne s’agit encore que d’un premier pas. Elle « constitue une avancée remarquable en introduisant des changements significatifs concernant certaines réglementations protectrices pour les professions du droit. Pour autant, sur certains aspects comme le périmètre d’activités réservées ou l’ouverture du capital, ces changements sont bien en-deçà des préconisations de plusieurs rapports et de la situation d’une grande majorité des autres pays développés » (Cette, 2015). Ce domaine des professions réglementées témoigne ainsi des difficultés à réformer qui existent aussi dans d’autres domaines (le marché du travail par exemple). Nous évoquons ici les difficultés qui nous paraissent les plus importantes.

 

Une première difficulté concerne les réformes qui visent à réduire les régulations abaissant la concurrence dans certaines professions (activités juridiques, certaines activités médicales…). Ces régulations permettent aux professions concernées de bénéficier de rentes, via des prix plus élevés, au détriment des utilisateurs qui peuvent être les consommateurs ou d’autres entreprises. Ces professions ne veulent pas de réformes qui leur feraient perdre des rentes. On retrouve ici la situation habituelle d’insiders défendant leurs intérêts spécifiques, même si ces derniers sont préjudiciables aux outsiders et plus largement à la collectivité dans son ensemble. Souvent, ces rentes anticompétitives bénéficient à peu de personnes, mais sont payées au contraire par un grand nombre d’utilisateurs. En conséquence, les réformes structurelles reçoivent un faible soutien de ceux qui en bénéficieraient, car ce bénéfice potentiel est dispersé et donc faible pour chacun, et une opposition forte et déterminée des professions concernées. Le rapport Camdessus (2004) évoque ce problème en remarquant que « la difficulté de la remise en cause de ces réglementations réside dans le fait que la disparition de l’une d’entre elles produira des effets certes favorables, mais dilués et peu perceptibles dans toute l’économie, alors que leurs bénéficiaires actuels sont eux bien au fait de la rente qu’elles rapportent ».

Une deuxième difficulté vient des modalités mêmes de l’opposition des professions réglementées aux réformes réduisant par exemple les barrières à l’entrée. Cette opposition, généralement farouche, se manifeste par la mise en œuvre d’un pouvoir de nuisance (par exemple le blocage de villes dans le cas de la profession de taxis) ou par un lobbying intensif auprès des pouvoirs publics et bien sûr des membres du Parlement, dans lequel ces professions sont d’ailleurs souvent sur-représentées (ces aspects sont détaillés par Jamet et Piccino, 2009) et y bénéficient d’oreilles attentives et bienveillantes. Les professions les plus riches interviennent même parfois dans les médias pour prendre à partie l’opinion publique (ce fut ainsi le cas durant les débats sur la loi Macron pour les professions du droit).  Ainsi, sont invoqués dans le débat, par les partisans des réformes, leurs effets sur la croissance et l’emploi ou des considérations d’égalité ou bien encore les effets sur le pouvoir d’achat des utilisateurs des services concernés, et par les opposants la qualité et la spécificité des services ou l’inspiration supposée libérale de ces réformes. Ces fortes oppositions amènent souvent un affaiblissement des réformes envisagées (ce fut le cas concernant la loi Macron en 2015). Mais dans certains rares cas, elles ont pu être contournées. Ce fut le cas par l’émergence encadrée des VTC, en France comme dans de nombreux autres pays, comme réponse à l’opposition des taxis à la réforme de leur profession.

Une troisième difficulté est liée à la progressivité des effets favorables de nombreuses réformes structurelles, qui renforce sur le court-moyen terme le coût électoral de leur mise en œuvre. L’Allemagne illustre bien ce risque politique : des réformes ambitieuses du marché du travail, les « réformes Hartz » du nom de leur concepteur qui fut précédemment directeur des relations humaines du groupe Volkswagen, y ont été engagées par le gouvernement de Gerhard Schröder au début des années 2000. Mais ce dernier en a payé le coût politique par la perte des élections de 2005. Angela Merkel a tiré ensuite le plein bénéfice de ces réformes qu’elle n’a pas remises en cause. Aucun chef de l’exécutif dans un pays ne veut reproduire l’expérience de Gerhard Schröder. C’est pourquoi il est utile d’engager les réformes en tout début de mandat politique, afin d’en tirer le plus grand bénéfice avant le terme du mandat électoral.

Les trois difficultés qui viennent d’être évoquées concernent, certes à des degrés divers, tous les pays. Les deux suivantes concernent plus particulièrement, au sein des pays les plus développés, ceux de l’Europe du sud dont la France.

Une quatrième difficulté vient de certaines représentations erronées de l’économie et de son fonctionnement. Ces représentations supposent par exemple que les régulations et plus globalement l’intervention publique sont a priori protectrices pour les travailleurs et bénéfiques pour une croissance inclusive. Elles se manifestent dans de nombreux domaines dont nous ne donnons ici que quelques illustrations :

1) l’augmentation des dépenses publiques est un moyen toujours efficace pour abaisser le chômage, y compris dans un pays comme la France où, exprimée en pourcentage du PIB, ces dépenses sont déjà les plus élevées de tous les pays de l’OCDE ce qui n’y empêche pas l’existence d’un chômage massif ;

2) la progressivité de l’impôt est le moyen le plus efficace pour réduire les inégalités, sans prendre en compte l’effet de l’impôt sur les innovations et la croissance et en ignorant la dimension la plus détestable des inégalités en France : une faible mobilité sociale ;

3) le relèvement du salaire minimum contribue à réduire les inégalités, alors que de nombreuses études ont montré l’inefficacité d’un tel choix en ce domaine ;

4) un code du travail plus épais est nécessairement plus protecteur pour les travailleurs, alors que de nombreux travaux ont montré que cela peut induire un renchérissement du risque qui inhibe l’initiative économique et donc la croissance et l’emploi ;

5) la gratuité et l’absence de sélection à l’université favorisent la mobilité sociale alors qu’il a été montré que la France pâtit d’une faible mobilité sociale du fait des déficiences de son système éducatif et de la dualité (université et grandes écoles) de l’enseignement supérieur…

Les illustrations de telles représentations ignorant les apports de nombreuses analyses pourraient être multipliées, comme l’ont montré Aghion, Cette et Cohen (2014). Ces représentations aboutissent à une opposition forte aux réformes structurelles.

Une cinquième difficulté est liée à l’existence d’une « culture de lutte de classes » plus particulièrement développée dans certains pays. Elle postule que si les entreprises trouvent avantage à un changement, les travailleurs y perdent nécessairement (et vice-versa). Cette culture s’oppose à celle du compromis et de la réforme, ainsi qu’à l’idée de possibles gains réciproques via la négociation collective. Dans cette logique, les réformes structurelles sont perçues comme des changements favorables aux seules entreprises et défavorables aux salariés.

 

Un premier symptôme est le résultat d’enquêtes réalisées par le World Economic Forum auprès de dirigeants de grandes entreprises internationales concernant la qualité coopérative des relations entre employeurs et salariés. Le rang des pays concernant cette qualité perçue par des dirigeants d’entreprises internationales fournit une indication de la culture coopérative ou conflictuelle des relations entre salariés et employeurs. Sans surprise, les pays d’Europe du sud (France, Italie et Espagne) apparaissent très mal classés, ce qui témoigne d’une forte prégnance d’une culture de lutte de classes. À l’inverse, les pays nordiques et scandinaves (Danemark, Norvège, Suède et Finlande) ainsi que, en Europe, la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne et hors de l’Europe Singapour, le Japon et les pays anglo-saxons (Canada, Royaume-Uni et États-Unis) sont bien classés.

 

Un autre symptôme de cette culture de lutte de classes est fourni par les jours de travail perdus du fait de grèves et d’arrêts de travail. Les données rassemblées par le Bureau international du travail indiquent que sur l’année 2015 (dernière année informée, la hiérarchie des pays étant très proche pour d’autres années antérieures), ce nombre de jours perdus pour 1 000 salariés dépasse les 50 en France et en Italie, quand il est inférieur à 20 aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et bien sûr en Suisse, en Suède et aux Pays-Bas. Il connaît une position intermédiaire, entre 20 et 50 jours, en Espagne.

Les effets favorables de réformes structurelles peuvent être importants, mais le coût politique de leur mise en œuvre bride souvent les énergies réformatrices. L’analyse des trajectoires d’autres pays est en ce domaine un apport essentiel pour apprécier les effets des réformes et pour développer une pédagogie visant à émousser les résistances à la mise en œuvre de celles qui paraissent les plus porteuses. Au-delà, la nécessité d’une évaluation approfondie ex ante (avant leur mise en œuvre) et ex post (après cette mise en œuvre) s’impose. Cette évaluation ne peut prétendre empêcher les oppositions de la part de ceux qui pensent être les « perdants » des réformes. Mais elle peut éclairer les choix retenus et renforcer au moins le soutien des « gagnants », généralement majoritaires.

De plus en plus d’allergies, pourquoi ?

De plus en plus d’allergies, pourquoi ?

 

Les facteurs explicatifs sont nombreux et parfois controversés. Toujours est-il que les allergies se multiplient notamment vis à vis des pollens. En cause d’abord, les conditions de vie qui ont beaucoup évolué en 50 ans, on vit dans des atmosphères de plus en plus confinées et ou de plus en plus polluées. En outre, le système immunitaire est affaibli du fait de l’absorbtion de quantités de produits chimiques y compris de médicaments ; Enfin i y a le bricolage transgénique ; Dans la flore les espèces étaient précédemment relativement fixées et le système immunitaire était capable de lutter contre les pollens en se construisant dès l’enfance. Depuis 50 ans, nombre d’espèce nouvelles et ou bricolées génétiquement ont été implantées et le corps n’est pas immunisé contre ces pollens. D’autres éléments sont aussi à prendre en compte. Reste que de personnes de 60 ans et  plus qui n’avaient jamais été atteintes  par des allergies le sont maintenant et qu’aucune génération n’est  l’abri. Selon la dernière carte de vigilance du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) qui est valable jusqu’au vendredi 27 avril, la quasi-totalité du territoire est touchée par le risque d’allergie.  Ces derniers jours, les concentrations de pollens de bouleaux ont battu des records, essentiellement dans le nord de la France. L’Est est surtout touché par les pollens de frênes et de charmes. Le Sud est, lui, concerné par les pollens de platanes et de chênes. Quant à Paris, la concentration de pollens de bouleaux a déjà battu le record de 1993… alors que la saison n’est pas terminée.  Les pollens de graminées font également leurs premières apparitions en France, ce qui pourrait gêner les personnes allergiques. 

 

Pourquoi la montée du populisme (Errejón)

Pourquoi la montée du populisme (Errejón)

Iñigo Errejón est le cofondateur et le stratège de Podemos, parti espagnol d’opposition fondé en janvier 2014. Explique les raisons de la montée du populisme en Europe. Interview Le figaro

 

Vous êtes l’un des théoriciens du populisme, à l’origine de la stratégie de Podemos. La qualification de «populiste» sert souvent à rassembler l’extrême-droite et l’extrême-gauche.

Qu’est-ce qui différencie ces populismes?

 

 

Iñigo ERREJÓN.- C’est tout un ensemble de phénomènes nationaux qui est à l’œuvre aujourd’hui en Europe. Il faut bien saisir cela pour comprendre ce qui est en train de se passer: partout sur le continent, particulièrement en Europe du Sud, on vit un «moment populiste». Celui-ci est une réaction au fait que les acteurs politiques et économiques traditionnels cessent d’intégrer ou d’incarner les besoins de la plus grande partie de la population pour préserver ceux d’un système. Aujourd’hui, bien que la majeure partie des pays européens ont maintenu leurs gouvernements en place, on assiste clairement à une profonde «crise d’horizons». Celle-ci se manifeste essentiellement à travers le sentiment éprouvé par de nombreux Européens d’être abandonnés et laissés sans protection. Le projet européen tel que nous le connaissons a échoué, car il n’est pas parvenu à susciter la tranquillité, la confiance et l’adhésion chez la majeure partie des populations européennes.

 

Nous vivons partout en Europe un «moment populiste».

De toutes parts, face à la politique de dérégulation à laquelle se livre une élite cosmopolite – une véritable loi de la jungle consistant à dire aux privilégiés qu’ils peuvent faire et gagner toujours plus d’argent -, des voix se font entendre pour réclamer que l’État redevienne responsable vis-à-vis des citoyens. Des personnes exigent que soit renforcée l’idée de communauté et d’appartenance, et que cela se traduise par un rééquilibrage des droits et obligations qui régissent la société. Or ce contrat, le pacte social issu de la Seconde Guerre mondiale, est aujourd’hui rompu. Les minorités privilégiées, en se situant au-delà de tout contrôle démocratique, ont contribué à cette rupture. Voilà ce qui caractérise le moment populiste que traverse aujourd’hui l’Europe. J’ajouterais que Dani Rodrik, un économiste progressiste, a récemment rappelé dans le New York Times à quel point le New Deal, aux États-Unis, fut à l’époque perçu comme un mouvement ou même une «pulsion» populiste. On a de plus en plus l’impression qu’il y a un divorce entre le «pays réel» et le «pays officiel». Ce pays réel réclame que les institutions redeviennent à son service, et repassent sous son contrôle. Il exige des politiques adéquates pour l’ensemble de la population, et par conséquent que soit recréé un lien national – lâche mais très étendu – qui supplante les appartenances de classe. Ce pays réel rassemble l’immense majorité des perdants des politiques menées toutes ces dernières années, qui restent unis tant qu’ils appartiennent à une communauté nationale. Le populisme en tant que forme politique dépend de la généalogie d’un peuple, de la définition que l’on en donne. Dans les populismes identifiés comme démocratiques ou progressistes, le peuple n’est pas une communauté par essence, prisonnière de l’histoire, mais repose sur une adhésion civique renouvelée de manière permanente. Nous sommes espagnols, français, italiens, etc. parce que nous décidons de l’être. Nous reconnaissons que nous partageons un passé commun, mais par-dessus tout, que nous avons un futur à partager. Appartenir au peuple relève d’une décision civique sans cesse renouvelée. Ce n’est pas fermé, cela ne dépend pas de la race, du nom, du lieu de naissance. À l’inverse, les constructions populaires ou populistes réactionnaires se réfèrent à une forme d’identité essentielle et figée dans l’histoire. Dans ce cas, le peuple est fermé, il est déjà constitué pour tous, qu’on le veuille ou non.

Dans le premier cas, le peuple est une chose qui se conçoit sur l’idée républicaine de construire une communauté de transcendance, de gens qui appartiennent à autre chose qu’à leur propre individualité. Comme le peuple n’existe pas, sa construction est une bataille culturelle et politique permanente, inséparable du pluralisme politique et de l’équilibre institutionnel républicain. Dans le second cas, tout ce qui relève du pluralisme politique et des contre-pouvoirs peut quasiment devenir une gêne. C’est la différence fondamentale qui sépare en deux aujourd’hui la pulsion populiste qui traverse l’Europe. Aujourd’hui en Europe, la grande question est: vers quel populisme les pays pencheront-ils? Un populisme démocratique, soucieux de l’amélioration de la gouvernance et respectueux des institutions républicaines, ou un populisme réactionnaire consistant à monter les perdants de la crise contre ceux qui sont encore plus perdants? Voilà la bataille politique de notre époque.

 

Les dernières élections italiennes ont vu triompher deux forces: les populistes du Mouvement cinq étoiles et la Ligue du Nord. Comment analysez-vous la politique italienne et le succès de ces deux mouvements?

À mon sens, le premier enseignement se trouve dans la déroute des formations politiques soumises au diktat de Bruxelles, ce pouvoir qui n’est qu’indirectement démocratique. En second lieu, c’est une réactualisation de l’idée selon laquelle les personnes «normales» ne sont plus protégées et qu’elles sont mises de côté par les élites économiques et politiques traditionnelles. Cette idée a acquis une composante clairement conservatrice et réactionnaire dans le vote en faveur de Matteo Salvini, qui est très préoccupante. À côté, le Mouvement cinq étoiles a su jouer sur différents tableaux. Son programme contient des propositions progressistes en termes sociaux, et dans le même temps des propositions clairement régressives en matière de droit pénal ou d’immigration.

Il se dessine en Italie un scénario de transition: le système actuel ne va pas durer. Ce qui se passe actuellement est le résultat de la disparition des grands partis politiques italiens et nous allons assister à la lente formation d’un autre système. La question fondamentale est d’identifier qui saura vraiment se préoccuper de cette sensation qu’ont les Italiens et les Italiennes d’être abandonnés ou maltraités par le système politique traditionnel. Mais cette question n’est pas seulement italienne, elle est présente partout en Europe, et – j’insiste – tout particulièrement dans les pays du Sud, sur les épaules desquels pèse la charge d’une ligne politico-économique très austéritaire et absolument insensée.

 

Les révolutions sont toujours une négociation avec le passé.

Vous défendez régulièrement l’idée que les révolutions sont aussi des moments conservateurs. Qu’est-ce que vous entendez par là?

 

Que contrairement à une idée d’origine libérale, très courante également à gauche, selon laquelle l’histoire est linéaire et va toujours de l’avant, vers plus de progrès, les grandes mobilisations ont davantage vocation à défendre des acquis, des institutions ou des droits qui préexistaient, plutôt qu’à en conquérir de nouveaux. Il en existe bien sûr pour acquérir de nouveaux droits, mais je pense que pour la plupart, les mobilisations qui ont le plus réussi sont celles où une rupture s’est faite entre ce que l’on obtient vraiment et ce à quoi on considérait avoir droit. C’est-à-dire une rupture entre ce qu’on espérait et ce qui se produit concrètement. Cela apparaît d’autant plus crûment lorsque ceux qui tiennent les rênes du pays se montrent incapables de satisfaire les espoirs qu’ils ont eux-mêmes fait naître.

Cela signifie qu’en politique, il est toujours plus facile de défendre qu’attaquer. Je parle de défendre des institutions, des droits, des ensembles juridiques dont la population se sent le digne légataire parce qu’elle en a déjà évalué le bénéfice, plutôt que de se battre pour des choses nouvelles. Même les utopies les plus avancées en termes de répartition de la richesse et du pouvoir politique, d’inclusion, se sont toujours appuyées sur des mythes ou des confessions qui préexistaient dans l’imaginaire et la culture populaire. J’en veux pour exemple la ressemblance entre certaines métaphores ouvrières ou socialistes et des idées profondément enracinées dans la pensée chrétienne. Une certaine pensée libérale s’est trop autorisée à croire que le progrès devait être linéaire, sans lien avec le passé. Or dès lors que l’on fait appel à des sentiments, des idées, des préjugés, des mythes qui sont déjà présents dans l’imaginaire collectif, alors même les révolutions les plus abruptes deviennent possibles. Les révolutions sont toujours une négociation avec le passé, même lorsqu’elles prétendent faire table rase de ce qui a précédé.

 

Pourquoi est-ce que les forces progressistes devraient s’emparer des aspirations conservatrices?

 

Je ne crois pas qu’il y ait de dichotomie entre progressisme et conservatisme. Le néolibéralisme a impliqué de toutes parts une désorganisation massive des modes de vie, des projets de vie des gens. Les jeunes peinent à planifier leur avenir ou à fonder une famille parce que s’est effondrée la vieille idée de la méritocratie. Le déséquilibre est tel qu’aujourd’hui, bien plus qu’à l’époque de nos parents, être privilégié dès le berceau assure de manière quasi certaine un avenir confortable, tandis que naître dans un milieu modeste prédestine à un avenir du même acabit. Le néolibéralisme a provoqué une désorganisation massive de nos pays à tous les niveaux. Les gens ne peuvent plus se projeter et sont dépossédés de toute identité solide pourvoyeuse de certitudes, de ce sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. Nos appartenances sociales sont fragmentées. Face à cette désorganisation qui ne profite qu’à une infime minorité, la plus grande réforme qui soit est celle de l’ordre. Mettre de l’ordre, cela implique de retrouver nos anciennes certitudes, celles sur lesquelles nos pères et nos mères se sont construits. Ce qui n’empêche pas de remettre en cause la forme patriarcale de la société qui, elle, est contestable. Mais en même temps, personne ne peut s’imaginer un retour pur et simple au temps de l’État providence, car les politiques déjà expérimentées ne fonctionneraient plus. Aujourd’hui la recherche de notre bien-être ne peut reposer uniquement sur notre relation au travail salarié. Elle doit passer par des mécanismes de redistribution d’une partie de la richesse produite avec toujours moins de travail, ce en raison de la digitalisation et de la robotisation. Il nous faut des politiques publiques différentes, avec le même objectif: retrouver une capacité d’ordre et de stabilité pour les gens «normaux». Les privilégiés ont des relations, de l’argent et la capacité d’exercer une violence. Personne n’a autant besoin de l’ordre, de la loi et des institutions que les personnes modestes.

 

Vous revendiquez d’incarner l’ordre face au «désordre néolibéral». La notion d’ordre est pourtant marquée à droite. Vous faites de même avec les drapeaux et les symboles nationaux. Pourquoi aller sur le terrain de votre adversaire?

C’est une erreur de la part des forces progressistes que d’avoir laissé aux conservateurs le monopole de l’idée d’ordre, de stabilité sociale et de continuité. Car selon moi, cet ordre est inséparable de la lutte contre les inégalités sociales.

Les sociétés les plus inégalitaires sont des sociétés économiquement moins efficaces, moins productives en termes de créativité sociale et plus conflictuelles au plan démocratique. Cela signifie que les sociétés les plus ordonnées sont celles dans lesquelles prévaut un idéal qui ressemble très fortement à l’idéal républicain français. C’est l’ordre entendu au sens de communauté. Une communauté spirituelle de destin, de citoyens qui savent qu’ils appartiennent à quelque chose de plus grand et de plus ancien qu’eux-mêmes, et qu’ils souhaitent conserver. Grâce à cette volonté, naissent des institutions qui permettent d’élaborer une communauté d’hommes libres et égaux, de garantir la bonne organisation du territoire, l’école publique assurant l’égalité des chances, la santé publique, des accords sociaux dans le cadre du travail… Un État responsable et entreprenant, qui assume la mission de développer l’ensemble de la force productive du pays. Le libéralisme a tissé des mensonges qui ont été particulièrement dommageables. On nous a raconté que tout projet collectif est une utopie systématiquement vouée à se transformer en totalitarisme. C’est un mensonge. La Constitution des États-Unis commence par «Wé, the people», elle ne dit pas «nous, individus». Elle énonce un horizon, une communauté d’appartenance transcendantale. Car sans transcendance, il n’y a pas de société. On nous a aussi raconté qu’il fallait d’abord penser à soi pour réussir dans la vie, en laissant de côté toute solidarité civique, cohésion et coopération. Cela a détruit et appauvri notre société. Il faut retrouver cette notion d’appartenance et de communauté au travers des institutions démocratiques et de la souveraineté populaire.

Quant aux symboles nationaux, il m’apparaît évident qu’il ne faut pas en faire la chasse gardée des forces réactionnaires, en grande partie parce que les nations se sont formées comme des ensembles démocratiques face aux défenseurs des privilèges. Au cœur de la nation se trouve une volonté démocratique. Par le fait de naître ici et de vivre ensemble, nous sommes égaux en droits. A une époque où les lieux de travail ne sont plus pourvoyeurs d’identité et où la somme un peu folle d’identités morcelées fournies par les réseaux sociaux et la société de consommation a montré ses limites, les gens éprouvent un besoin d’appartenance. Ils ont besoin que cette identité retrouvée s’intègre dans une société qui se soucie de ses membres, dans les bons comme dans les mauvais moments. Sans une idée forte de bien commun, c’est la pulvérisation et l’atomisation assurées.

Il y a quelque chose de potentiellement populaire et démocratique dans la réunification des appartenances nationales, mais à deux nuances près:

1) Le peuple n’est pas une communauté d’essence mais un projet en construction perpétuelle tourné vers l’avenir, civique et non pas romantique

2) Il faut des institutions pour conserver, protéger et maintenir le pluralisme politique. Dans ces conditions, on peut faire le pari de la rénovation européenne et d’un «New Deal» vert, car la transition écologique et énergétique de nos économies est elle-aussi nécessaire. Mais cette Europe-là ne pourra se construire qu’à partir d’un retour à la souveraineté populaire.

Déficit public 2017 : dans les clous, pourquoi ?

Déficit public 2017 : dans les clous, pourquoi ?

 

D’une certaine manière et pour un grande partie la réduction du déficit public découle de l’évolution de la croissance ;

 

 

Le déficit :

2009 : 7.2 du PIB

2010 : 6.9

2011 :5.5

2012 :5

2013 : 4.1

2014 : 3.9

2015 : 3.6

2016 :3.4

2017 :2.6

 

Evolution du PIB

Année

Prix Courants
Milliards €

Prix Chaines
Milliards €

Croissance
PIB en %

PIB/Hab
Milliers €

2016

2223

2118

1.1%

33.3

2015

2181

2095

1.3%

32.8

2014

2140

2069

0.6%

32.3

2013

2115

2056

0.6%

32.1

2012

2087

2044

0.2%

31.8

2011

2059

2040

2.1%

31.5

2010

1998

1998

2%

30.8

2009

1939

1960

-2.9%

30

 

Il est clair qu’avec la croissance les rentrées fiscales augmentent et que toutes choses étant égales par ailleurs les dépenses sociales sont mieux maitrisées (chômage, préretraites, maladie etc.). Pour 2017 la France  passe sous la barre fatidique des 3% de déficit (règle européenne), elle le doit à la reprise de l’activité et peu à la maitrise des dépenses budgétaires. Selon l’institut de statistiques, le retour dans le vert des comptes publics français a été permis principalement par le budget de l’État, qui s’est réduit de 1,3 milliard d’euros l’an dernier, dans un contexte de forte croissance (2%) synonyme de hausse des rentrées fiscales. Le solde des comptes des collectivités locales s’est quant à lui dégradé de 2,2 milliards d’euros, du fait de la hausse de l’investissement (+2,9 milliards) après trois années consécutives de baisse. Mais ce mauvais résultat a été compensé par les comptes de la Sécurité sociale, dont le déficit est passé de 7,8 milliards d’euros en 2016 à 5,1 milliards l’an dernier, soit le niveau le « plus faible » enregistré « sur les 15 dernières années« , selon le ministère des Finances. Bercy avait déjà vu se lever, début mars, le dernier obstacle empêchant un retour du déficit sous la barre des 3%, avec le feu vert d’Eurostat à un remboursement en deux temps des 10 milliards d’euros liés à l’invalidation de la taxe sur les dividendes. Mais le résultat s’est avéré meilleur que prévu, pour une raison notamment comptable, l’Insee n’ayant choisi dans son traitement comptable de n’intégrer que partiellement le coût de la recapitalisation d’Areva (5 milliards) dans le déficit public. Par ailleurs, l’annonce d’une telle performance doit permettre à la France de sortir du processus de déficit excessif relatif aux traités européens, en attendant les chiffres définitifs. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir le Commissaire européen pour les affaires économiques et financières Pierre Moscovici : « C’est une bonne nouvelle pour la France et la zone euro. Ces bons chiffres sont le résultat des efforts consentis par les Français ces dernières années. Une étape importante est franchie vers la sortie de la France de la procédure de déficit excessif. La Commission prendra sa décision en mai prochain, sur la base des chiffres 2017 et des prévisions pour 2018 et 2019. »

 

 

 

Grèves : La France, championne du monde, pourquoi ?

Grèves : La France, championne du monde pourquoi ?

 

Dans un contexte de mobilisation socaile renaissante, le Figaro ressort uen statistique connue à savoir le fort taux de conflictualité en France qui permet à la France d’occuper le titre peu enviable de premier pays mondial des grèves. Notons cependant que depuis maintenant 2010 le nombre de grèves a considérablement diminué.

La question est de savoir si les Français sont des irresponsables, ou des extrémistes. En fait cela traduit bien l’état des relations sociales en France. Contrairement à un pays comme l’Allemagne, la tradition de ces relations en France est caractérisée par la confrontation quand dans d’autres pays c’est la culture de la négociation et du compromis qui domine. Il faut ajouter à cela, la nette tendance au centralisme qui éloigne souvent les lieux de décision. Quand on met en avant le haut niveau de conflictualité, c’est évidemment pour discréditer les salariés et leurs organisations syndicales. Plus rarement les patrons. Pourtant dans la plupart des PME et même certaines grandes entreprises la problématique sociale et syndicale a été intégrée. Les syndicats, leurs représentant ou même directement les salariés sont associés aux évolutions. En France dans des entreprises trop souvent dirigés par des technocrates,  on néglige la nécessité d’associer les salariés aux décisions et on perd en même temps en qualité et en compétitivité. Mieux vaut des acteurs conscients et actifs que des travailleurs ignorants et passifs.   D’après  la fondation Hans Böckler, une institution en Allemagne, créée et financée par les organisations syndicales.  . En moyenne, de 2005 à 2015 on compte ainsi en France 132 jours de grève pour 1000 salariés… hors fonction publique. Du côté des pays, où les grèves sont les plus rares, c’est la Suisse qui déteint le titre de championne du monde. On y recense 132 fois moins de grève qu’en France. Mais il est vrai que les Suisses ont une conception très démocratique des décisions politiques et sociales qu’ils doivent prendre.

 

Popularité, Macron au plus bas dans les sondages, pourquoi ?

Popularité, Macron au plus bas dans les sondages, pourquoi ?

57% des français  ont  une mauvaise opinion du président de la République, soit 4 points de plus qu’en février soit le  score le plus bas  depuis son arrivée à l’Elysée (Enquête exclusive BVA-La Tribune-Orange-RTL) (*).Personne ne peut juridiquement contester la légitimité de Macron.  il faut mettre au crédit de Macron sa volonté de réforme, son dynamisme qui rompt avec le passé, sa détermination surtout dans le domaine économique. Alors pourquoi cette baisse ? Tout simplement parce que cela ne suffit pas et que qu’ président de la république ne peut se comporter comme le parton d’une Start-up qui décide tout et tout seul.  La nette baisse de popularité de Macron justifie qu’on s’interroge sur ses faiblesses. Indéniablement, ce président rompt avec les postures politiques précédentes en refusant notamment le clivage artificiel droit gauche. Son principal atout est sa jeunesse, sa compréhension du monde moderne et sa volonté réformatrice. Pour autant l’intéressé ne manque pas d’insuffisances.

 

1-Une vision trop centraliste

 

Bien que libéral, Macron ne peut se débarrasser de sa vision d’énarque. Du coup,  tout procède de Paris, doit être décidé à Paris et la loi est l’outil suprême de modernisation. Une vision finalement très jacobine.  Macron a notamment raté la décentralisation de la négociation au niveau de l’entreprise que réclamait la CFDT il a aussi manqué la régionalisation car les nouveaux espaces territoriaux sont surtout administrés par les préfets).

 

2-Une vision trop techno

Macron connait la problématique économique et financière. Mais une vision macro économique qui n’est pas articulée avec une approche micro. Ces réformes globales souffrent d’un manque d’adaptation aux réalités économiques et sociales notamment des PME

 

3-un président des riches.

 C’est l’image qui lui colle à la peau du fait qu’il n’a pas su équilibrer les mesures prises en faveur des catégories aisées et des mesures destinées aux moins favorisés. Le dernier exemple en date est évidemment celui de retraité avec les ponctions fiscales de la CSG qui atteignent bien au-delà des catégories aisées.-

 

 

 

4-Un président méprisant  la concertation.

 

Le président a largement affaibli toute opposition politique ; dans ce domaine pour l’instant, l’horizon est complètement dégagé. Par contre dans les champs sociaux et sociétaux, Macron utilisent la même stratégie du bulldozer en marchant sur le ventre des corps intermédiaires y compris du Parlement. D’ailleurs le gouvernement ne parle pas de négociation mais de concertation à chaque réforme. En gros, les interlocuteurs convoqués ne sont pas là pour modifier une orientation mais pour être informé éventuellement faire part de contre propositions  mais dont il ne sera pas tenu compte.

 

5-Un président des villes, pas des champs

 

Elevé  au lait  anglo-saxon (avec des expressions anglaises en toutes circonstances pour manifester cette modernité), pétri de technologie d’information et nourri de cultures hyper urbaines,  Macron ne  voit le développement de la France qu’à travers les grandes métropoles. Cela accentue la désertification du  territoire. La crise de l’agriculture, la suppression des bureaux de poste, des petits hôpitaux, des lignes SNCF, la limitation de vitesse idiote à 80 km/h partout et surtout l’objectif général de super Métropolisation font émerger un mécontentement grandissant dans les petites villes et les zones rurales

 

6- Un président politiquement hors-sol

 

Dernière faiblesse celle qui consiste pour Macron à adopter davantage une posture de monarque républicain que d’un président  d’Etat démocratique. Macron décide seul et de tout. Il ne tolère aucune contestation au sein du gouvernement ou au sein de la majorité parlementaire. Son parti en marche est une illusion. Ce parti n’a aucun rôle, aucune structure, aucune fonction de proposition. De ce fait,  le pouvoir central manque de retour de l’opinion locale, d’où des  orientations  trop technocratiques. Macron et son gouvernement doivent  non seulement entendre mais écouter les critiques, les sujétions, les propositions sinon il court le risque de retomber lourdement et aussi vite qu’il est monté au zénith.

 

7- un président condescendant

 

Le président est sans doute un bon technicien de l’économie mais sa dimension sociétale et affective manque d’épaisseur. Le président n’est pas un praticien de l’introspection. Bref, il est un peu trop sûr de lui d’autant qu’il s’enivre un peu de son propre parfum. Il a tendance à prendre le français moyen avec une certaine condescendance  et il adopte un profil donneur de leçons un peu limite. Un défaut général chez les techno d’en Marche qui ont un peu tendance à considérer qu’ils ont  seuls raison et que les autres ne comprennent rien.

 

La réussite de Macron et de son gouvernement est un impératif sinon il est vraisemblable que la France sera livrée en cas d’échec aux extrémistes et autres populistes. C’est rendre service à Macron et à la France que de souhaiter que son gouvernement reprenne contact avec la terre. La baisse de popularité et les résultats d’élections partielles constituent un rappel à l’ordre de la réalité.

 

 

Pourquoi La popularité de Macron et Philippe chute encore

Pourquoi La popularité de Macron et Philippe chute encore

Selon un sondage du JDD réalisée du 9 au 17 mars, 57% des personnes interrogées se disent mécontentes de l’action du président, contre 55% il y a un mois, et 54% portent le même jugement sur son Premier ministre (50% en février).  C’est le troisième mois consécutif de baisse de popularité pour les deux têtes de l’exécutif. La chute de popularité tient beaucoup à l’empilement de réformes certes nécessaires mais  dont certaines menées un peu à la va-vite et surtout sans concertation suffisante avec les acteurs. S’y ajoutent quelques maladresses de présentation de la part du gouvernement. Enfin le fait de passer par-dessus le Parlement ne renforce pas le caractère démocratique de ces orientations. Certes des réformes structurelles sont indispensables en France pour renforcer la compétitivité, développer la croissance et réduire de manière significative le chômage qui constitue la pire inégalité sociale. Mais la plupart de ces réformes doivent  pour être efficaces recueillir le soutien actif des acteurs économiques et sociaux. Or le rythme des réformes ne permet pas d’organiser la concertation  qui devient souvent formel. L’incompréhension vient aussi du fait que ces réformes ne sont pas mises en  perspective par rapport au   projet global. La chute régulière t assez spectaculaire de la popularité  amènera sans doute le gouvernement à remettre en cause le rythme des réformes, à approfondir le contenu et à mieux associer les catégories sociales concernées mais aussi l’opinion publique en général. Il conviendra également d’éviter certaines maladresses qui veulent démontrer un grand volontarisme mais qui favorise la division entre les Français. Ainsi la réforme des retraités par exemple a été justifiée pour permettre une redistribution en faveur des actifs. Une position entre catégories car la même orientation aurait pu être justifiée  par la nécessité de financer l’allongement les conséquences de l’allongement de la durée de vie ; par exemple ; les soins à domicile, le séjour dans les hôpitaux et autres EHPAD. De la même manière, la réforme SNCF centrée essentiellement sur le statut est très réductrice voir caricaturale vis-à-vis des réformes à entreprendre pour moderniser le rail en France. Contrairement idées reçues les cheminots ne bénéficient pas davantage scandaleux par rapport aux autres catégories de salariés hormis sur les retraites où la comme les fonctionnaires on calcule les pensions sur les six derniers mois d’activité quand dans le privé on les calcule sur les 25 sur 25 ans. Mais cette question des retraites est pour l’instant hors sujet puisqu’elle doit faire l’objet d’une réforme concernant tous les salariés. cette réforme qui devait être examinée en 2018 à été reportée en 2019.

Harcèlement à l’école : pourquoi le rôle de Brigitte Macron ?

Harcèlement à l’école : pourquoi le rôle de Brigitte Macron ?

De l’avis des experts,   le harcèlement à l’école devient une discipline qui se banalise surtout dans des quartiers difficiles. C’est un véritable fléau que reconnait même le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer qui  afin de montrer son engagement contre le harcèlement scolaire déclare   »On a fait des questionnaires anonymes. 80% quasiment des élèves qui ont répondu avaient été harcelés d’une manière ou d’une autre. Et maintenant, il y a une continuité. Ça se perpétue avec les réseaux, c’est effarant », a ainsi déclaré devant les caméras cette ancienne professeure de français. « Avant, ça se terminait à 17 heures. Maintenant, il n’y a pas de fin.  Brigitte Macron a décidé de s’engager pour lutter contre ce phénomène. Pourquoi pas. Mais la question se pose de savoir si compte tenu d’ampleur d’un phénomène, ce ne serait pas plutôt de la responsabilité du gouvernemenet. Notons que ce gouvernemenet va légiférer pour interdire les portables à l’école mais n’envisage rien sur le plan législatif pour mettre fin au harcèlement qui constitue pourtant un délit d’importance. Le lien que fait le ministre entre harcèlement et la fin portable (pourtant indispensable) parait bien insuffisant.  Au côté de Brigitte Macron, Jean-Michel Blanquer était venu évoquer sa « stratégie de lutte contre le harcèlement » scolaire. Il a notamment confirmé que dans ce cadre, les téléphones portables seront interdits au collège l’an prochain et que cette mesure sera l’objet d’un article législatif « au cours des prochaines semaines ». Brigitte Macron, elle, avait prévenu dès l’été 2017 qu’elle s’engagerait contre « les exclusions », « notamment ce qui touche au handicap, à l’éducation et à la maladie ». En juillet, elle avait notamment assisté au lancement du plan autisme.

Engie : pourquoi en plus du DG un président ? Pour placer un copain ?

Engie : pourquoi en plus du DG un président ? Pour placer un copain ?

L’étatisme a la vie dure en France. Pour preuve le ministre de l’économie s’est encore mêlé de la gouvernance d’Engie. Le ministre de l’économie a estimé qu’il convenait de maintenir  en place une direction bicéphale à la tête de l’entreprise avec un président et une directrice générale. Évidemment le conseil d’administration s’est couché devant la volonté gouvernementale. Pas étonnant, le conseil d’administration est pour l’essentiel de fonctionnaires et d’anciens fonctionnaires.  Pourquoi une direction bicéphale alors que la plupart des entreprises privées ou publiques la direction est assurée par une même personne. Ceci pour une question de cohérence et d’efficacité. Pourquoi en serait-il différemment pour Engie. À moins que l’on ait  un petit copain de l’ENA ou du corps des mines à placer. De toute manière, le gouvernement ne devrait pas s’exprimer sur la gouvernance interne d’une entreprise mais se limiter à lui fixer des objectifs quand l’État détient des participations financières. Les désignations dans les entreprises qui dépendent totalement ou pour partie de l’État devraient être confiées à la responsabilité d’un organisme –vraiment-indépendant.  La direction d‘Engie restera donc bicéphale après le départ de son président Gérard Mestrallet au mois de mai, a  donc officiellement annoncé le conseil d‘administration du groupe énergétique, indiquant que la succession était ouverte. PDG d‘Engie pendant huit ans, Gérard Mestrallet a cédé la direction générale du groupe en 2016 à Isabelle Kocher car il avait atteint la limite d’âge, tout en restant pour deux ans président du conseil d‘administration. “La présidence de Gérard Mestrallet prendra fin lors de l’assemblée générale du 18 mai 2018 au cours de laquelle sera soumise aux actionnaires la désignation d’un nouvel administrateur indépendant en vue de sa nomination à la présidence du groupe”, écrit le conseil d‘Engie. Depuis son arrivée à la tête d‘Engie, Isabelle Kocher, seule femme directrice générale d‘une entreprise du CAC 40, a axé la stratégie du groupe sur les énergies renouvelables, le réseau et les services, et vendu près de 15 milliards d‘euros d‘activités liées aux énergies fossiles.

Pourquoi la question constitutionnelle reste ouverte avec la seule Corse

Pourquoi la  question constitutionnelle reste ouverte avec la seule  Corse

 

Le gouvernement reste ouvert sur la question constitutionnelle corse. On se demande bien pourquoi il faudrait une référence à la Corse dans la constitution d’autant que précisément l’objectif de certains indépendantistes comme Talamoni est  de quitter la France et sa constitution. Si l’on devait modifier la constitution, on voit mal pourquoi il ne serait pas fait allusion aux autres régions. En effet ce qui ce pose en Corse, c’est-à-dire une plus grande autonomie, que pose tout autant sinon davantage les autres régions françaises. La France est un des rares pays hyper centralisé ;  tout dépend de l’Etat même si une certaine décentralisation s’est réalisée mais une décentralisation qui n’a fait que rajouter des couches au millefeuille administratif et politique sans donner de vrais pouvoirs territoriaux. D’une certaine manière en France,  la totalité des collectivités locales sont sous tutelle des préfets et de leurs services même la plus petite des communes. Les administrations centrales présentes localement font d’ailleurs double emploi avec les administrations territoriales qui ont augmenté leurs effectifs d’environ 50 % en une vingtaine d’années. Il n’y a toujours pas de véritable politique économique régionale. La meilleure preuve c’est que l’État tout dernièrement  envisage m^me de rapatrier au niveau national la question de l’apprentissage. Le poids de l’État est encore essentiel dans nombre de champs économiques et sociaux. Ce pose la problématique d’un État fédéral en France comme il en existe ailleurs notamment en Allemagne ou en Espagne. C’est le rapport de l’État aux régions, la reconnaissance des régions qui peuvent figurer dans la constitution et non seulement la Corse.  En charge du dossier Corse, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, n’a pas exclu jeudi 11 janvier qu’il y ait une référence explicite à la Corse dans le cadre d’une réforme de la Constitution, lors de l’émission Questions d’info LCP-Franceinfo-Le Monde-AFP. À la question : « Symboliquement, est-ce que vous accepteriez qu’il y ait une référence à la Corse dans la Constitution ? », Jacqueline Gourault a répondu : « On verra ! ». « Il faut discuter sur les souhaits de ceux qui sont en face de nous et voir quelles sont leur volonté de dialogue, leur volonté d’être reconnus par la Constitution », a poursuivi l’ancienne vice-présidente du Sénat. La ministre a ajouté : « Ce que l’on veut, le droit à la différenciation, c’est, au fond, reconnaître la spécificité des territoires et être capables d’admettre que l’on applique de façon différente les règlements d’une loi qui a été votée » pour tous, a précisé la ministre auprès de Gérard Collomb. La France « reste une et indivisible, mais sa richesse c’est sa diversité », a martelé cette proche de François Bayrou. ont estimé lundi les dirigeants corses à l‘issue d‘une réunion

Les chaînes d’info ne décollent pas, pourquoi ?

Les chaînes d’info ne décollent pas, pourquoi ?

Les chaînes télé d’info peinent à trouver leur modèle économique et surtout leur public. Chaque chaîne recueille entre 1 et 3 %, parfois moins. En cause d’abord,  le nombre de chaînes : Cnews, BFM, France Info, LCI et I 24 notamment. C’est au moins le double de ce qui serait nécessaire compte tenu de la demande actuelle. En outre compte de tenu de la fragilité de l’équilibre financier de ces chaîne, s la vision se résume le plus souvent à des tables rondes et à des bulletins d’informations rabâché toute la journée. . Le travail d’investigation est très rare car trop coûteux. Finalement ces chaînes n’apportent guère plus de contenu que les chaînes généralistes. Elle se contente le plus souvent d’étirer les thématiques au point parfois et même souvent de tomber dans le bardage répétitif. Les tables rondes pourraient constituer un apport informatif bénéfique car inversement les chaînes généralistes se contentent trop souvent de survoler les sujets. Malheureusement,  trop d’expertise tue l’expertise. En fait,  les vrais experts sont rares. Les tables rondes sont souvent composées de journalistes politiques, d’experts retraités, de spécialistes auto proclamés sans parler de l’insupportable présence des représentants politiques qui ne savent procéder que par caricature. À noter que ces chaines  ont bien du mal à recruter chaque jour les dizaines d’experts nécessaires et qu’on retrouve toujours, en tout cas trop souvent, les mêmes personnalités, les mêmes discours les mêmes sensibilités. Il faut vraiment être un accroc de l’info pour suivre de manière assez continue et régulière des chaînes qui récitent leur bréviaire informatif. Il ne manque sans doute pas d’experts en France pour éclairer les problématiques complexes de façon autrement plus pertinente et plus innovante encore faudrait-il que les chaînes de télé se donnent un peu de mal pour renouveler leur carnet d’adresses. Le pire exemple est sans doute celui de LCI avec le «« débat » interminable de Pujadas. De ce point de vue BFM est autrement plus innovant, plus pertinent aussi, ce  qui explique sans doute sa place de numaro1 des chaines info en continu.

Pourquoi pas une bombe nucléaire sur Notre-Dame des Landes

Pourquoi pas  une  bombe nucléaire sur Notre-Dame des Landes

 

Il fallait entendre mercredi soir les élus, les lobbys, l’intelligentsia exprimer leur mécontentement voir leur haine de ses dangereux zadistes qui ont eu la peau de l’aéroport de Notre-Dame. Inadmissible, déni de démocratie ou encore remise en cause de l’État de droit. À se demander si la ZAD n’était pas occupée par les terroristes djihadistes et s’il ne fallait pas pour venger l’affront balancer une bombe nucléaire sur la zone. Car d’après les légitimistes, il y aurait urgence comme si la zone présentait un caractère stratégique essentiel pour la défense ou pour l’économie. La vérité c’est que cette zone va forcément retourner à sa vocation première à savoir l’agriculture.  à terme il ne restera pas grand monde des 200 à 300 zadistes qui trouveront d’autres lieux de contestation (à Bure par exmple)  Le temps se chargera de sélectionner paysans et partisans du retour à la terre. Il se chargera de réguler ce qui restera des utopies. Pourquoi dès lors réclamer l’intervention de l’armée ? Taper sur les écolos gauchos afin de  faire semblant de croire à l’autorité d’un État qui a renoncé à faire appliquer la loi dans 500 zones de non-droit de banlieue autrement plus dangereux avec des morts chaque semaine. 

Consommation : pourquoi les Français boudent les vêtements

Consommation : pourquoi les Français boudent les vêtements

Depuis une dizaine d’années le marché des vêtements ne cesse de se tasser. En cause, de raisons principales d’abord l’effet crise  mais aussi un autre rapport à la mode. À noter cependant une croissance constante des produits dits de beauté notamment chez les hommes. Selon l’Insee, on constate une nette baisse de la croissance des achats de vêtements. Entre 1960 et 2000, les volumes de vêtements et chaussures achetés par les ménages ont continué d’augmenter, mais deux fois moins vite que ceux des autres postes de consommation. D’autant que, dans le même temps, il y a eu une limitation de l’évolution des prix, notamment avec les importations en provenance d’Asie. «Avec l’élévation générale du niveau de vie en France, la part budgétaire consacrée aux dépenses de première nécessité diminue: à mesure que leur revenu croît, les ménages n’augmentent pas, à due proportion, leurs achats en articles d’habillement et de chaussures», détaille l’Insee. Du coup pour forcer un peu la vente tente d’accélérer le renouvellement des collections. Le problème aujourd’hui c’est qu’aucune tendance de mode ne s’impose réellement. Plus que le renouvellement de gamme c’est le prix qui semble un élément attractif chez le consommateur qui saisit le plus souvent l’opportunité des promotions sont réalisés 30 à 40 % du chiffre d’affaires des commerçants.

 

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