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54 % des électeurs « insoumis « ont voté Macron

54 % des électeurs « insoumis « ont voté Macron

Selon de premières estimations de l’institut OpinionWay pour CNews et Europe 1, 54 % des électeurs insoumis de Mélenchon  se sont tournés vers le président sortant au second tour. Près d’un quart (24 %) ont voté pour Marine Le Pen et 22 % se sont abstenus ou ont glissé un bulletin blanc ou nul. Au total, 57 % des votants ont pris leur décision après le premier tour, selon OpinionWay. Ils sont même 18 % à s’être décidés « il y a quelques jours » et 12 % « aujourd’hui même ».

Emmanuel Macron: en « vert » de terre

 Emmanuel Macron: en « vert » de terre

 

Dans son discours à Marseille, samedi, le président candidat s’est fixé pour cap de faire de la France « une grande nation écologique ». Cette « ambition » n’est pas étrangère au score enregistré par La France insoumise. Reste un défi : repenser la manière dont l’action publique doit s’engager dans cette voie.

Une sorte de conversion  en vert de terre pour séduire à la fois les écolos verts rouges et les insoumis rouges verts. Plutôt une transformation en ver de terre qui a pour propriété  tout digérer. Ou l’appétit insatiable de Macron pour tout ce qui passe. Encore heureux qu’il n’y ait pas de courants politiques bouddhistes en France car Macron marcherait les pieds nus.

Editorial du « Monde ».

 

Depuis le début de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait le plus grand mal à expliquer aux Français pourquoi il sollicitait un second mandat. Samedi 16 avril, à Marseille, il a trouvé un but, exposé une vision, lancé un défi. Confessant des manquements, des retards, des faux pas, il s’est fixé pour horizon de faire de la France une « grande nation écologique »« la première à sortir du gaz, du pétrole et du charbon ». Dans la foulée, il a promis « d’aller deux fois plus vite dans la réduction des gaz à effet de serre », alors que son mandat reste marqué par l’abandon de la taxe carbone, consécutive au mouvement des « gilets jaunes ».

Cette « nouvelle ambition » portée par un président de la République qui a été, tout au long de son quinquennat, accusé par les organisations environnementales de ne pas agir suffisamment contre le réchauffement climatique peut prêter à caution. D’autant qu’elle n’est pas intervenue spontanément. Elle résulte de la pression exercée par le bon score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle. Devenu le héraut de la planification écologique, l’« insoumis » a récolté 22 % des suffrages exprimés le 10 avril et réalisé des scores importants chez les moins de 35 ans. La façon dont ses électeurs vont se reporter au second tour est devenue déterminante, alors que la seule consigne qu’ils ont reçue est de ne pas donner leur voix à Marine Le Pen.

Pour ne pas se couper d’une jeunesse qui, face au dérèglement climatique et à la dégradation de la biodiversité, rêve d’un autre monde en s’exaspérant que rien ne bouge assez vite, Emmanuel Macron se devait d’envoyer des signaux forts. Il a repris à son compte les notions de « planification écologique » et d’« avenir en commun » développées par Jean-Luc Mélenchon. Il a fait siens plusieurs engagements contenus dans le projet du candidat, comme la rénovation thermique de 700 000 logements par an sur toute la durée du quinquennat. Il a en revanche assumé deux désaccords de fond, l’un sur le nucléaire, l’autre sur la décroissance.

La partie la plus intéressante du discours de Marseille a porté sur la façon dont, concrètement, le président sortant s’y prendrait, s’il était réélu, pour tenir son ambition. La démission de Nicolas Hulot, qu’il avait nommé en 2017 ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, avec rang de numéro trois du gouvernement, reste un échec cuisant. En quittant son ministère, le militant écologiste avait déploré son extrême solitude au milieu de structures gouvernementales et administratives qui continuaient de penser et de fonctionner comme avant.

uel Macron tire les leçons de ces blocages. Dans le schéma qu’il défend, c’est le premier ministre, chargé de l’interministériel, qui piloterait la planification écologique, épaulé par deux ministres « forts », l’un responsable de la « planification énergétique », l’autre de la « planification écologique territoriale » en lien avec les élus locaux.

Tout dans le détail reste encore à inventer, mais l’intention est enfin assumée : l’action publique, dans son ensemble, doit être repensée à l’aune de la transition écologique. Parallèlement, une nouvelle approche, moins verticale, plus participative, plus décentralisée se dessine, pour tenter de donner corps à cette révolution présentée comme l’ambition de toute une nation. On peut déplorer que la mue s’opère si tardivement, mais on peut aussi se réjouir qu’elle soit enfin affirmée.

 

Ukraine: La politique de la terre brûlée de Poutine

Ukraine: La politique de la terre brûlée de  Poutine


Confronté à une résistance inattendue autant qu’héroïque des Ukrainiens, le président russe semble prêt à utiliser tous les moyens pour arriver à ses fins (papier de l’Opinion)

 

Prévue pour s’étendre sur quelques petits jours, « l’opération militaire spéciale » lancée par la Russie en vue de « démilitariser et dénazifier » l’Ukraine dure bientôt depuis un mois. Et cette guerre que Vladimir Poutine refuse d’appeler de son vrai nom prend un tour de plus en plus dramatique alors que les troupes russes semblent s’enliser dans leurs attaques. Villes assiégées, bombardements contre des immeubles d’habitation, des hôpitaux, des crèches, des écoles… rien n’échappe à la colère du maître du Kremlin qui semble peu se soucier des sanctions économiques prises contre son pays, pas plus que des accusations de crime contre l’humanité lancées contre lui. Si ce n’est pour y trouver une raison de menacer de rompre les relations diplomatiques avec les Etats-Unis dont le président a été l’un des premiers à le traiter de criminel de guerre.

Confronté à une résistance inattendue autant qu’héroïque des Ukrainiens, le président russe semble prêt à utiliser tous les moyens pour arriver à ses fins. Certains le voient même recourir en dernier ressort à l’arme chimique, voire nucléaire, si Kiev continue à refuser de plier sous son joug. L’escalade n’est sans doute pas finie et, avec elle, son lot de drames humains. Déjà, l’Ukraine compte près de 7 millions de déplacés et 3,4 millions deréfugiés, selon les estimations des Nations unies. Berlin estime que ce dernier chiffre pourrait atteindre les 8 à 10 millions dans les semaines qui viennent. Au « mieux », l’Europe doit se préparer à un conflit long avec la Russie qui promet de mettre à l’épreuve son sens de la solidarité, qu’elle soit intra-européenne ou à l’égard de Kiev. Il aura fallu moins d’un mois pour mettre fin aux espoirs de cohabitation pacifique nés il y a trente ans avec l’éclatement de l’Union soviétique. Car, rien ne sera plus comme avant.

Politique de la terre brûlée pour Poutine

Politique de la terre brûlée pour Poutine

Vladimir Poutine est-il en train de perdre sa guerre en Ukraine ? Après trois semaines de combats, « les objectifs russes de départ sont devenus illusoires », analyse Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire. Pertes nombreuses, fatigue physique et morale des soldats, forte résistance ukrainienne, problèmes logistiques, erreurs stratégiques… Les raisons de cette stagnation de l’armée russe sont nombreuses. Et après ? « Le problème pour Poutine est que plus la guerre dure, plus il est fragilisé », poursuit-il. En conséquence, « le plus probable est qu’il y ait une escalade du conflit », avec notamment une barbarisation de ce conflit. (JDD)

La Russie est-elle en train de perdre sa guerre en Ukraine ?

C’est tout à fait possible. J’avais écrit dès le début de l’invasion que, même si l’issue militaire du conflit semblait favorable aux Russes, Vladimir Poutine avait déjà perdu la guerre pour d’autres raisons (politiques, économiques). Mais là, après trois semaines de combats, il n’est même plus sûr que la Russie puisse remporter une victoire militaire. L’armée russe n’avance plus sur le terrain ou extrêmement lentement et la résistance ukrainienne est de plus en plus forte. Les objectifs russes de départ sont devenus illusoires. Prendre de grandes villes comme Kiev ou Odessa prendrait des mois et il faut tenir compte de la fatigue de l’armée russe qui est aussi morale. En fait, elle risque tout simplement de s’effondrer, que ce soit par la base ou par la tête, par ces soldats et officiers qui n’ont pas voulu de cette guerre. Ce n’est pas la leur, c’est celle de Poutine. D’où l’appel du Kremlin à des combattants tchétchènes ou syriens qui ont a priori moins de scrupules. Les soldats qui sont déployés aujourd’hui en Ukraine participaient à des exercices militaires lorsqu’on leur a fait traverser la frontière du jour au lendemain sans leur expliquer pourquoi. Il ont des problèmes logistiques importants, de très nombreuses pertes et aucune victoire majeure. Plusieurs indices témoignent d’une motivation chancelante. D’autant que ceux d’entre eux qui parviennent à contourner la censure peuvent aussi prendre conscience que cette guerre ne détruit pas que l’Ukraine mais aussi l’avenir de leur pays, la Russie.

La stagnation de l’armée russe est-elle due à un problème d’effectifs, d’équipement, de logistique ? Souffre-t-elle des trois à la fois ?
Oui, les trois. D’abord, elle est sous-dimensionnée. La première erreur stratégique est venue du renseignement. Pendant des années, les services de renseignement russe qui travaillaient en Ukraine ont menti au Kremlin, pour lui plaire, avec des rapports qui enjolivaient la réalité sur le terrain. C’est un biais qu’on retrouve dans tous les régimes autoritaires car il y a des conséquences fâcheuses quand on déplait. Les informations transmises ont donc fait croire à Moscou que le sentiment pro-russe dans certaines régions de l’est et du sud était beaucoup plus fort qu’en réalité et, sur la base de ce biais cognitif, Poutine s’est construit sa propre réalité de l’Ukraine et en a déduit que cette opération militaire devait être rapide et populaire. Il avait même imaginé qu’une partie de l’armée ukrainienne se retournerait contre le président Zelenski. C’est le contraire qui s’est passé : il y a eu un phénomène de « ralliement autour du drapeau » et la guerre a unifié la nation ukrainienne contre l’agresseur russe. Depuis, Poutine a puni les responsables des services qui l’avaient mal informé.

Il y a eu d’autres erreurs stratégiques, dont le choix d’une période de l’année où le froid et le dégel donc la boue causent toutes sortes de difficultés (un grand nombre de véhicules se sont tout simplement embourbés).
Il y a aussi des problèmes de ressources humaines : en Ukraine, c’est essentiellement l’armée de terre russe qui est à la manœuvre (il y a une sous-utilisation de l’arme aérienne et de la marine). Or, c’est celle qui a le moins bénéficié de la réforme des forces armées russes depuis 2008, et c’est celle qui a le plus de conscrits, qui par définition ne sont pas les soldats les plus professionnels. À cela s’ajoutent des problèmes d’équipement (des communications non cryptées donc interceptables, certains armements anciens) et des difficultés logistiques (manque de carburant et de rations notamment) renforcées par l’éclatement de l’offensive sur quatre fronts qui est aussi un éclatement des chaînes logistiques.

Cela signifie-t-il que Poutine doit redimensionner en volume cette opération pour reprendre le contrôle de cette guerre ?
Pour l’instant il ne semble pas avoir renoncé à l’approche quantitative puisqu’il continue de faire venir sur le théâtre des équipements, notamment des chars, et qu’il demande des renforts humains (combattants étrangers). Il essaye même de convaincre les Biélorusses de rentrer dans le conflit en les provoquant militairement par de fausses actions ukrainiennes. Son seul avantage, à ce stade, est encore le nombre. Mais comme on le disait tout à l’heure ça ne suffira pas pour prendre Kiev rapidement. Et à Odessa, un débarquement par la mer serait risqué car les assaillants sont très exposés. Le problème pour Poutine est que plus la guerre dure, plus il est fragilisé car le risque de contestation au sein des forces armées et/ou en Russie, y compris dans son premier cercle, augmente. Donc il doit changer la dynamique rapidement, dans les prochaines semaines. Son objectif minimal est d’obtenir quelques gains, comme la prise de Marioupol, pour être en position de négocier. Mais ça risque de ne pas être suffisant car si finalement il ne récupère que le Donbass plus ou moins redécoupé, son peuple pourrait avoir du mal à être convaincu qu’il s’agit d’une victoire, surtout au prix qu’ils vont payer. Donc, malheureusement, le plus probable est qu’il y ait une escalade du conflit – verticale par la barbarisation, ou horizontale par l’extension géographique. Parce que Poutine s’est mis dans une situation où la seule manière, pour lui, de s’en sortir par le haut, c’est-à-dire de dissimuler sa défaite, est d’escalader.

L’escalade verticale n’est-elle faite que de bombardements des zones d’habitation, comme en Syrie ?
C’est d’abord ça, en effet, et cette phase a déjà commencé. Partout dans le pays les Russes visent délibérément des habitations et des infrastructures comme des écoles et des hôpitaux, en violation flagrante du droit international humanitaire. Il ne fait a priori aucun doute que des crimes de guerre sont commis, peut-être même des crimes contre l’humanité s’il est établi que les attaques sont généralisées et systématiques – ce sera à la justice pénale internationale de le dire. Certaines villes sont particulièrement visées, dont Marioupol qui est un objectif prioritaire et dont les images ressemblent de plus en plus à celles d’Alep qui avait été complètement détruite par les Russes en 2016. Ils commencent à appliquer la même méthode. Raser une ville n’est pas la prendre : c’est ce que les criminels font lorsqu’ils ne parviennent pas à prendre la ville. C’est une logique de vengeance, de punition, pour pousser les habitants à se rendre, voire à se retourner contre leurs propres forces. C’est cela la barbarisation de la guerre. Et dans ce registre aussi l’escalade est possible, puisque les Russes peuvent utiliser des armes non conventionnelles comme l’arme chimique (dans une opération « sous faux drapeau » faisant croire à une responsabilité ukrainienne), une bombe « sale » (radiologique) ou même, ultimement, une frappe nucléaire tactique. Cette dernière hypothèse est improbable mais pas impossible.

Peut-on même imaginer une contre-offensive ukrainienne qui repousse les forces russes ?
Oui, mais pour cela il faut intensifier notre soutien aux forces ukrainiennes, c’est-à-dire leur livrer davantage d’armes, prioritairement des armes anti-aériennes, anti-char et des drones armés. C’est ce qui leur permet non seulement de se protéger contre les attaques de leurs villes et de leur population mais aussi de harceler les envahisseurs, de les ralentir et à certains endroits de les immobiliser. Cela étant dit, pour que les Ukrainiens puissent mener de véritables contre-offensives, il faudrait qu’ils soient dégagés de certains fronts. Une hypothèse est qu’à certains endroits, notamment autour de Kiev, l’objectif des Russes n’est pas tant de prendre la ville que de « fixer » les troupes ukrainiennes pour les empêcher de se redéployer ailleurs et de mener des contre-offensives là où ce serait possible.

Pourquoi l’armée russe ne se déploie pas à la frontière polonaise pour empêcher cette aide militaire occidentale à l’Ukraine ?
Parce que cela prendrait beaucoup de temps et mobiliserait énormément d’effectifs afin de rendre cette frontière hermétique et que, les ressources étant limitées, ce redéploiement allégerait peut-être le siège de Kiev ce qui permettrait aux Ukrainiens eux-mêmes de se redéployer pour mener des contre-offensives. Le plus probable, plutôt qu’une occupation terrestre tout au long de la frontière, sont des frappes de missiles, dont certaines ont déjà visé Lviv et une base près de la frontière. Le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, a dit qu’il n’excluait pas de s’en prendre aux convois d’armes, sans préciser de quel côté de la frontière la Russie pourrait frapper. Ce genre de déclaration ambiguë – qui signifie en réalité que la Russie pourrait frapper en Pologne, par exemple, et donc déclencher une confrontation directe, potentiellement escalatoire, avec l’OTAN – est fait pour nous diviser, nous dissuader de poursuivre et intensifier les livraisons d’armes. Comme l’intimidation nucléaire : l’objectif est de nous faire peur, pour que nous réduisions le soutien aux Ukrainiens. Il ne faut pas céder au chantage.

Le président Zelenski ne se sent-il pas de son côté de plus en plus fort ?
Naturellement et cela ne le pousse pas à faire des concessions puisqu’il est désormais en position de force et qu’il ne croit plus en la capacité de la Russie d’écraser l’Ukraine. Il a galvanisé son peuple et même l’opinion occidentale : il a déjà gagné la bataille de la communication qui est primordiale pour le moral des troupes. Il se dit qu’à force de tenir bon, l’ennemi va s’effondrer d’une manière ou d’une autre.

Vous évoquez un risque d’escalade horizontale par Poutine. De quoi parle-t-on ?
C’est l’exportation du conflit. Par exemple en frappant des territoires frontaliers non-membres de l’Otan comme la Suède, la Finlande ou la Géorgie. Mais il peut aussi déstabiliser les Balkans en aidant les Serbes de Bosnie à faire sécession. Il peut aussi détruire un satellite espion dans l’espace au prétexte qu’il aidait l’Ukraine. Ce serait du jamais vu mais les Russes ont déjà démontré cette capacité. La flotte russe peut également sectionner des câbles sous-marins vitaux pour nos communications internet, comme il semble qu’elle l’ait également testé il y a quelques mois au large de la Norvège. Escalader horizontalement, c’est déplacer le conflit, c’est-à-dire l’attention internationale, pour diluer donc dissimuler ses difficultés ukrainiennes. Et il y a de nombreuses manières de le faire, les plus intéressantes pour Poutine étant celles auxquelles on s’attend le moins…

Environnement : Le rôle central des vers de terre dans les sols

Environnement : Le rôle central des vers de terre dans les sols

 

Si l’Etat a reconnu le rôle essentiel de ces animaux dans la fertilité et la durabilité des sols, il faut désormais aller plus loin. Notre alimentation de demain est en jeu estime, dans une tribune au « Monde », Christophe Gatineau, agronome.

 

Tribune.

 

Je concède que la cause peut paraître dérisoire, face aux multiples tourments qui ravagent notre planète, face notamment au pouvoir d’achat, à l’emploi ou à la sécurité, ou à la pandémie en cours, mais sans sols nourriciers, sans sols pour le nourrir, quand l’homme a faim, exprime-t-il dans ces moments-là sa plus belle humanité ?

Le temps presse, les vers de terre et les sols battent de l’aile, et le climat n’aide pas. Pour résumer, les vers de terre nourrissent les sols qui nourrissent les plantes qui nous nourrissent ; ou nourrissent les animaux que nous mangeons. L’affaire est donc très (très) sérieuse, puisqu’elle concerne l’alimentation de demain : notre souveraineté alimentaire.

 

Auteur de deux ouvrages sur les vers de terre, je ne vais pas ici vous vanter tous les bienfaits de leur avenir sur notre futur. Unanimement reconnus par la communauté scientifique, ils ne sont pas devenus l’un des premiers marqueurs de la biodiversité tout à fait par hasard. Et nous savons tous qu’un sol, riche en vers, est fertile, solide et vivant.

Du coup, les sols vivants sont les seuls à être autonomes et en capacité de résister au changement climatique ; les autres n’étant que des candidats à l’érosion. Et beaucoup sont déjà sur la ligne de départ. En effet, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en 2019 : « 60 % des sols mondiaux étaient dégradés à des degrés divers. » On parle bien des sols agricoles, ceux qui nous nourrissent. 25 % des sols européens sont déjà partis sur les chemins de l’érosion.

Or un sol érodé perd de sa capacité à nourrir. Moins autonome, il est plus dépendant aux soupes chimiques. La situation paraît désastreuse. Et elle l’est à une heure où la pression sur les sols est historique. A cause de la population mondiale qui atteint des sommets jamais égalés ; à cause de notre alimentation qui dépend de 95 à 100 % des sols avec nos régimes alimentaires !

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont prévu une importante baisse des rendements agricoles dans leur dernier rapport. Une baisse engendrée par le changement climatique et l’intensification des cycles de l’eau et du carbone, ce qui va encore affaiblir la capacité des sols à nourrir. Rappelons-nous : la terre qui nourrit est une denrée rare et non renouvelable, il faut au moins cent cinquante ans pour en refaire un seul petit centimètre !

 

Les vers  enrichissent la terre en matière organique, source première de leur alimentation, la rendant plus fertile. Cette matière organique prélevée en surface, mélangée par moyens et gros vers à de la terre, va être broyée au cours du transit et dégradée partiellement. Matières organiques et particules de terre vont commencer à se lier les unes aux autres. Au sortir du tube digestif le mélange est devenu bien plus riche que la terre d’origine, devenant selon l’élément minéral considéré (azote, phosphore, potassium, calcium…) de 2 à 7 fois plus concentré qu’au départ.On voit parfois ces excréments sous la forme de mini-terrils, les turricules, à la surface du gazon ou du potager. En creusant leurs galeries horizontales et verticales, les vers de terre agissent bien mieux que le jardinier et sa bêche. Les milliers de kilomètres creusés à l’hectare, essentiellement dans les 30 premiers cm du sol, sont autant de petits tunnels qui permettent l’aération du sol, sans quoi les racines et la faune du sol périraient rapidement. Ces galeries sont la voie royale souvent empruntée par les racines des plantes qui s’y développent sans avoir à forcer: la route est déjà creusée! cette aubaine est triple car la racine y trouve aussi davantage d’azote et d’oxygène que dans le reste du sol. Enfin, en cas d’excès de pluie, les galeries absorbent l’eau et permettent son évacuation par drainage, bien plus facilement qu’en sol compact, non colonisé par les vers.

La France: Terre d’un islam rétrograde ?

  • «La France: Terre d’un islam rétrograde ?
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  • Pour les intellectuels Jean-François Colosimo et Didier Leschi :« Il manque au sein de l’islam de France des clercs inspirés par les Lumières ou des Bernanos »
    • La laïcité est devenue un « mot-valise » pour Jean-François Colosimo tant extrême gauche et extrême droite entretiennent la confusion sur sa signification. L’histoire prouve combien les conflits nés du religieux peuvent avoir des dynamiques violentes, rappelle Didier Leschi. Huit mois après l’assassinat de Samuel Paty, les deux intellectuels s’interrogent : face aux actes de barbarie qui frappent la France, où en est la République ?
    • Le modèle singulier de la laïcité reste largement incompris. Les réactions liées à l’assassinat de Samuel Paty l’ont montré. Cette « religion française » est-elle en voie d’extinction ?
    • Jean-François Colosimo. Au sein de l’Europe dite sécularisée, six pays gardent une religion d’Etat (dont le Danemark, la Finlande, la Grèce ou la Grande Bretagne désormais hors de l’UE). Ils sont une dizaine à présenter une religion préférentielle et une quinzaine à disposer d’un concordat avec le Saint-Siège. La France tranche donc radicalement. Toutefois, si on veut faire de la laïcité une idéologie de combat contre le fait religieux, on se trompe lourdement. En 1905, un divorce à l’amiable a été prononcé. L’Eglise a cessé de vouloir dominer l’Etat et l’Etat, de se substituer à l’Eglise. Aujourd’hui, les extrêmes entretiennent une grave confusion sur la laïcité : l’extrême gauche en fait un synonyme du communautarisme et l’extrême droite de la xénophobie.
    • Didier Leschi. Cette séparation ne s’est pas faite totalement « à l’amiable », même si une fois bien comprise elle a permis de pacifier les rapports entre l’Eglise et l’Etat. Il a fallu convaincre, parfois par la force, ceux qui souhaitaient que l’Eglise garde une place singulière au sein de la société. Car au-delà du juridique, la laïcité a été l’inverse de la catholicité d’Ancien régime qui voulait imposer sa doxa dans la vie sociale de chacun. La loi de 1905 est l’aboutissement d’un long mouvement en particulier dans le monde enseignant. C’est pour cela aussi que l’assassinat de Samuel Paty est un traumatisme particulier.
    • Cette laïcité est doublement attaquée aujourd’hui : par l’islam et par le modèle communautariste anglo-saxon. Peut-elle y résister ?
    • D.L. : Il faut l’espérer car les conflits à partir du religieux peuvent avoir des dynamiques violentes. C’est ce que nous enseigne notre histoire, des guerres de Religion à l’écroulement de la République sous Vichy. Or, une des dimensions de l’islamisme c’est l’antisémitisme autant que le séparatisme. Cela va au-delà du communautarisme qui ne porte pas nécessairement le refus de l’altérité. Le fait que l’islam du « juste milieu » comme il se définit n’arrive pas à résister à sa prise en otage islamiste motive les craintes. La France, après avoir lutté pour ne plus être la fille aînée de l’Eglise, craint de devenir la fille cadette d’un islam qui serait une régression sociétale.
    • J.-F.C. : La Ligue islamique mondiale dépeint la France en parangon de l’athéisme militant et en ennemie du sacré. Les Etats-Unis relaient l’idée d’un pays liberticide. Cette alliance objective nous prend violemment en étau. Les Américains eux aussi distillent leur bonne parole communautariste dans nos banlieues. Les mouvements évangéliques y sont très actifs. Toutes sortes de formes religieuses importées — charismatiques, loubavitchs, salafistes — exercent leur influence et heurtent le logiciel millénaire de la France.« La bataille n’est pas seulement de l’ordre du droit, elle est aussi intellectuelle, théologique. Elle n’est pas uniquement du ressort de l’Etat. Elle se joue aussi dans les lieux de savoir et de débats
    • Quel rôle l’Etat doit-il jouer ?
    • J.-F.C. : En Grande-Bretagne, l’unité transcendante, c’est la reine. Aux Etats-Unis, c’est la constitution. En France, c’est l’Etat. Hier omnipotent, omniscient, providentiel, il est aujourd’hui hypertrophié et n’accomplit plus sa tâche de neutraliser l’absolutisme inhérent aux religions. La laïcité revient en effet à créer un no man’s land démilitarisé dans l’espace public. L’Etat est le videur du bar qui demande que l’on dépose son arme à l’entrée. Il l’a fait avec les protestants, les juifs, les catholiques afin d’empêcher la formation d’Etats dans l’Etat ou de ghettos confessionnels. La laïcité oppose la citoyenneté immédiate, universelle, égalitaire à l’identité définie par une croyance, une idéologie voire une ethnie, une sexualité.
    • D.L. : Notre régime de laïcité publique a fait sur la longue durée la démonstration que notre droit des cultes garantit pour chacun la liberté de croire ou ne pas croire. Cette liberté, l’Etat doit la protéger contre des individus ou des groupes voulant imposer à d’autres de manger de telle manière, de s’habiller de telle autre etc.. Il s’agit d’empêcher que l’espace public, l’entreprise ou encore l’école ne se transforment en lieu de pression des uns sur les autres. C’est ce que Jean-François Colosimo appelle « pacifier la religion ». Il est certain qu’il y a pu y avoir un effet retard, dans la réaction de l’Etat et des laïques. On se souvient de la difficulté à mettre en place la loi prohibant les signes ostensibles. Mais la bataille n’est pas seulement de l’ordre du droit, elle est aussi intellectuelle, théologique. Elle n’est pas uniquement du ressort de l’Etat. Elle se joue aussi dans les lieux de savoir et de débats, à l’université par exemple. Hélas, il manque au sein de l’islam de France des clercs inspirés par les Lumières ou des Bernanos. Fait défaut un discours combattant l’idée que la foi ne justifie jamais de décider de la mort violente de son prochain.
    • Dans un récent sondage Ifop, les lycéens se déclarent majoritairement défavorables à l’interdiction des signes religieux à l’école, au droit de critiquer la religion…
    • J.-F.C. : L’école n’enseigne plus ni la laïcité, ni la citoyenneté mais un vague « vivre ensemble ». Or, le communautarisme revient à exclure l’altérité. A diviser la nation en communautés qui, au mieux, cohabitent, on admet symboliquement la possibilité de la guerre civile.
    • D.L. : Il y a dans la jeunesse une dépolitisation qui n’aide pas à être citoyen. Aux identités laïques se sont substituées de manière exacerbée, dans les cours d’école, les identités religieuses. La guerre civile n’est pas que symbolique, des personnes malheureusement passent à l’acte. Et l’affaire Mila souligne qu’on peut passer de la symbolique à la volonté de terroriser, et même plus.
    • « L’Etat a imposé son diktat hygiéniste mais personne n’accompagnait les mourants et ne pouvait rendre hommage aux morts alors que, si le religieux recule, les rites funéraires restent observés en France »
    • La loi confortant les principes républicains va-t-elle changer la donne ?
    • J.-F.C. : Elle rompt l’équilibre de 1905, le Conseil d’Etat l’a relevé. Elle rate sa cible en créant un monstre bureaucratique nuisible pour les cultes normalisés et inefficace à l’égard des « séparatistes ». Le droit d’association devient dérogatoire, le contrôle a posteriori se transforme en autorisation a priori. Le tout sans effet sur l’hostilité combattante de l’islamisme envers la République. A tout prendre, deux lois distinctes auraient été préférables : l’une condamnant les pratiques coutumières, comme l’excision, contraires à notre conception des droits humains ; l’autre encadrant par un régime concordataire transitoire l’islam de France.
    • D.L. : Cela fait partie du débat entre nous. Devant un paysage cultuel plus divers qu’en 1905, on peut comprendre que le gouvernement n’ait pas voulu donner le sentiment de privilégier un culte. Mais les principales mesures concernent bien l’islam. Peut-être que les inconvénients réels, soulignés par Jean-François Colosimo, sont une manière œcuménique de partager les contraintes imposées par la nécessité de contrôler le nouvel arrivant pas totalement acculturé à nos équilibres entre foi collective et liberté individuelle.
    • Quelle trace laissera la crise de la Covid sur le spirituel ?
    • J.-F.C. : L’Etat a imposé son diktat hygiéniste annulant l’accompagnement des mourants et l’hommage aux morts. Or, si la pratique religieuse recule en France, les rites funéraires restent observés. L’Etat a cru pouvoir réguler les croyances à coups de circulaires administratives. De surcroît, le culte, comme le travail, a été dématérialisé. Or, il ne saurait être virtuel car il comporte une part fondamentale de matérialité corporative. On assiste depuis à un décrochage confessionnel. Les religions sortent essorées de la pandémie.
    • D.L. : Elle conforte aussi l’idée que la science des hommes est quand même le moyen le plus sûr pour protéger leur vie. Mais il est vrai que la difficulté qu’il y a eue à accompagner ses morts est sans doute ce qui nous rapprochait le plus sûrement de l’idée que nous étions en guerre, une guerre où l’ennemi n’est pas directement saisissable mais qui fait beaucoup de dégâts.

Sport: « Le genou à terre » est un geste étranger Rachel Khan

Sport: « Le genou à terre » est un geste étranger Rachel Khan

 

 

Rachel Khan , l’essayiste, auteur de Racée (Éditions de l’Observatoire), juge que notre pays n’a pas de leçon ni d’ordre à recevoir des États-Unis en la matière. ( Notons que les footballeurs français n’ont pas voulu se plier à cet exercice avant le match Allemagne France)

 

Tribune dans le Figaro

 

 Jamais le body langage, langage du corps en anglais, n’aura fait autant parler de lui. L’annonce que l’équipe de France avait décidé de mettre un genou à terre sur la pelouse de Munich lors du match d’ouverture de l’Euro face à l’Allemagne, pour afficher son opposition au racisme et aux discriminations, a suscité de nombreuses tensions.

 

Il ne s’agit ici pas de remettre en cause l’existence du racisme et de l’antisémitisme. Il faudrait vivre dans un monde parallèle pour ne pas voir à quel point les identitaires de tous bords et de toutes origines cristallisent le sujet de la «race» et par là même nourrissent intolérances, actes de violences racistes et s’autoalimentent dans les sondages et autre fanbase.

Amazon : terre anti-syndicale

Amazon : terre anti-syndicale 

 

Le chercheur en sciences sociales Emilien Julliard analyse dans me Monde  l’échec de la syndicalisation des employés d’Amazon aux Etats-Unis 

Tribune. 

 

Des deux côtés de l’Atlantique, le vote des 5 805 employés de l’entrepôt Amazon de Bessemer, dans l’Alabama, à propos de leur syndicalisation a suscité une importante couverture médiatique. Il faut dire que ce conflit du travail cristallisait des enjeux importants. Celui des conditions de travail des employés d’Amazon en pleine crise sanitaire : avec pas ou peu de contreparties, ces ouvriers des entrepôts ont été mis à rude épreuve avec l’explosion des commandes, tandis que le patron de l’entreprise, Jeff Bezos, s’est considérablement enrichi.

Celui aussi d’une mobilisation concernant surtout des travailleurs noirs dans un Etat du Sud, s’inscrivant dans le sillage du mouvement Black Lives Matter. L’enjeu, enfin, de la panoplie bien rodée de tactiques antisyndicales portées par des cadres et des consultants spécialisés : jouer sur le périmètre des employés concernés par le scrutin, user d’une communication quotidienne au travail à propos des syndicats le plus souvent erronée, réprimer voire licencier illégalement des militants.

Modes d’action des associations et des ONG

C’est pourquoi cette tentative d’implantation syndicale a reçu de nombreux soutiens, dont en premier chef celle, historique, du président Joe Biden. Mais pour le moment, Amazon reste, à l’instar de Walmart, une entreprise sans présence syndicale, « union free ».


L’échec de la syndicalisation de ces employés d’Amazon est également révélateur des dilemmes stratégiques et organisationnels auxquels font face les syndicalistes étatsuniens. A bien des égards, ce qui s’est joué à Bessemer illustre les difficultés des syndicalistes à s’émanciper du carcan des relations professionnelles nord-américaines et d’un droit du travail défavorable aux actions collectives des travailleurs, comme en témoigne un taux de syndicalisation très bas à 10,8 % (6,3 % dans le privé).

Pourtant, les syndicalistes n’ont eu de cesse de renouveler leur répertoire d’actions depuis la fin des années 1970. Ils empruntent ainsi, de plus en plus, les modes d’action des associations et des organisations non gouvernementales (ONG) relevant du plaidoyer (sensibilisation des investisseurs des entreprises et campagnes de relations publiques), voire mènent des luttes communes avec ces organisations.

En mobilisant des soutiens extérieurs, mais aussi en mobilisant souvent à distance des lieux de travail et des travailleurs eux-mêmes, il s’agit de nuire à la réputation des entreprises pour que leurs dirigeants accordent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail aux employés, qu’ils soient syndiqués ou non.

Strasbourg : un tremblement de terre condamne le projet géothermique

Strasbourg : un tremblement de terre condamne le projet géothermique

 

Deux  nouveaux séismes se sont produits dans la région strasbourgeoise, il condamne définitivement le projet géothermique situé à quelques kilomètres du tremblement. L’épicentre du premier a été localisé à 5 kilomètres de profondeur, à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg, près de la commune de la Wantzenau, selon le Réseau, qui a classé ce séisme comme «induit», c’est-à-dire provoqué par l’activité humaine. Le second, également «induit», a été localisé par le Rénass à 1 kilomètre de La Wantzenau, aussi à 5 kilomètres de profondeur.

 

Ils se sont produits à quelques kilomètres d’un site accueillant un projet de centrale géothermique conduit par l’entreprise Fonroche au nord de Strasbourg, sur les communes de Vendenheim et Reichstett et dont la préfecture du Bas-Rhin a annoncé le 7 décembre l’arrêt définitif, après plusieurs autres séismes «induits» plus ou moins intenses (dont un de magnitude 3,5) survenus ces derniers mois.

Les  trois projets de géothermie développés dans l’agglomération strasbourgeoise avaient également été suspendus.

Trump choisit la politique de la terre brûlée

Trump choisit la politique de la terre brûlée

 

Bien avant l’échéance électorale, Trump  avait annoncé sa politique de la terre brûlée. Il avait en effet déclaré qu’il n’accepterait pas le résultat du vote d’après lui truqué par avance notamment par les bulletins adressés par correspondance. Ensuite, il avait suggéré qu’il solliciterait toutes les arcanes juridiques. Et ce n’est sans doute pas par hasard s’il a renforcé à deux reprises sa majorité à la cour suprême qui pourrait être sollicitée à propos de certaines modalités électorales. Parallèlement, Trump  n’a cessé de mobiliser la folie des supporters les plus fervents mais aussi souvent armés pour se préparer à nettoyer les foyers anarchistes et communistes. En clair, surtout à nettoyer les noirs et les métis. Il n’est qu’à voir ces grassouillets rebelles de 30 à 50 ans armés jusqu’aux dents qui se préparent au combat avec force alcool et de généreux barbecues en jouant à la guerre à balles réelles  contre des arbres innocents. De quoi sourire mais plutôt pleurer quand on voit ces soldats obèses qui pour la plupart ne seraient pas capables de courir 1 km mais pourrait cependant utiliser leurs armes contre des opposants politiques.

Pour mobiliser ses fervents supporters les plus actifs et les plus ridicules le président américain a par avance accusée les démocrates de fraude massive. Et pour créer un climat délétère il a déclaré avant même la fin du scrutin sa fausse victoire. En clair trame crée un climat de guerre civile. «Un tel vote, un tel succès, les citoyens ont voté de façon record pour nous soutenir. Nous avons remporté des états que nous n’étions même pas supposés gagner: la Floride, l’Ohio…Ils ne pouvaient pas nous rattraper… Nous avions une si belle soirée. Et tout d’un coup, tout s’est arrêté…. C’est une fraude massive, c’est une honte pour notre pays. Nous étions sur le point de remporter cette élection», a continué le président. «Nous allons aller devant la Cour Suprême pour que tout s’arrête. Nous ne voulons pas qu’ils ajoutent des bulletins à la dernière minute. C’est un moment très triste. En ce qui me concerne, nous avons gagné». Il faut espérer ,ce qui est probable, que le président américain sera lâché par d’une part les républicains qui ne pourront pas le suivre dans son opération de terre brûlée et qu’il ne sera pas suivi non plus par la cour suprême qui du coup se discréditerait  très immédiatement alors qu’elle est déjà contestée dans sa composition

La stratégie incendiaire de Trump a fait grincer des dents plusieurs ténors au sein du parti républicain du président. Ainsi, Chris Christie, ancien gouverneur du New Jersey et proche de Trump, a jugé que c’est «une mauvaise décision stratégique, une mauvaise décision politique». «Ce n’est pas le genre de décision que l’on attendait ce soir de la part de quelqu’un dans sa position». «J’ai été affligé parce que je viens d’entendre dire le président», a tancé Rick Santorum, autre figure du GOP.

80% des jardins menacés par le ver de terre argentin

80% des jardins menacés par le ver de terre argentin

 

Obama nungara, ver de terre argentin,  comme les autres Plathelminthes terrestres, est un prédateur. L’espèce mange des animaux du sol : vers de terre, escargots et autres. Un sol est un milieu complexe, avec des centaines d’espèces qui interagissent entre elles. Avec Obama nungara, on a introduit le loup dans la bergerie. Obama nungara mange toutes les proies qu’elle rencontre, se reproduit à toute vitesse, et recommence. Savons-nous quel est l’impact de la présence d’Obama nungara dans nos jardins ? Pas encore. Combien de proies un Obama nungara mange, et lesquelles ? Nous ne le savons pas. Ce que nous savons, par contre, c’est que l’espèce prolifère et donc très certainement consomme beaucoup d’animaux du sol. Des comptages nous ont permis d’estimer la production d’individus, par reproduction, à mille vers par hectare et par jour… à la fin de l’année, cela fait beaucoup de Plathelminthes, qui vont encore manger d’autres animaux.

L’introduction d’espèces exotiques est une des conséquences de la mondialisation. Dans certains cas, ces espèces introduites prolifèrent et deviennent envahissantes. En France, les invasions les plus remarquées ces dernières années ont été la punaise diabolique et le frelon asiatique. Ces insectes sont généralement bien visibles, parce qu’ils volent, le jour. Les Plathelminthes terrestres (des vers plats), collés au sol, souvent nocturnes, sont plus discrets, et leur invasion n’en est que plus insidieuse.Plusieurs espèces de Plathelminthes terrestres ont envahi la France et l’Europe depuis quelques décennies. Les plus spectaculaires sont les bipaliinés ou « vers à tête en marteau » qui peuvent atteindre 1 mètre de long ; en France, ils ont surtout envahi les départements les plus au Sud.Mais d’autres espèces sont arrivées, et représentent probablement une menace plus importante.

Notre équipe vient de publier les résultats de 7 ans de travail basé sur la science participative. Les scientifiques ne peuvent pas visiter chaque jardin, mais les citoyens ont contribué de manière extraordinaire en envoyant plus de mille signalements. Et sur ceux-ci, notre résultat le plus frappant est que plus de la moitié des signalements, 530 exactement, concernaient une seule des espèces.

Cette espèce qui domine les autres par son abondance, c’est Obama nungara. Au début de notre étude, elle n’avait pas de nom… parce qu’elle n’avait jamais été décrite par des scientifiques. En 2016, des chercheurs du Brésil et d’Espagne lui ont donné son nom completObama nungara. Le nom du genre, Obamaavait été inventé quelques années avant ; les auteurs ont prétendu qu’il s’agissait de deux mots d’une langue indigène du Brésil signifiant « plat comme une feuille ». En principe, aucune allusion au nom d’un Président américain – à vous de juger.

Une réponse simple, malheureusement : presque partout. L’espèce est présente dans les trois-quarts des départements français, 72 exactement. Avec cette abondance de signalements grâce à la science participative, nous avons des cartes précises. Les départements les plus envahis sont ceux de la bordure atlantique. Les régions où Obama nungara est plus rare sont surtout le quart nord-est de la France, et les régions montagneuses. Pourquoi ? Probablement parce que les deux ennemis principaux des Plathelminthes terrestres sont la sécheresse en été et les grands froids en hiver – le climat de la côte atlantique élimine les deux problèmes.Dans un premier temps, puisque l’espèce avait été d’abord trouvée au Brésil, les scientifiques ont pensé qu’elle venait de ce pays. Le travail a ensuite été affiné. Grâce à des marqueurs moléculaires (le fameux « barcode » renseignant sur le patrimoine génétique) on peut déterminer l’origine géographique d’une espèce envahissante. Et là, nos résultats sont clairs : la population qui a envahi la France, et les autres pays d’Europe, provient d’Argentine, pas du Brésil. La population d’Obama nungara du Brésil n’a pas quitté son pays.

Les Plathelminthes terrestres sont des animaux plutôt fragiles, au corps mou, et bien incapables de voler. Mais la civilisation humaine leur a donné un moyen formidable de voyager dans toute la planète : les plantes en pots. Et justement, Obama nungara adore proliférer dans les jardineries : il n’y fait jamais trop chaud ni trop sec, et les pots de fleurs fournissent des cachettes et des cavités pour se cacher la journée. Très probablement, quelques Obama nungara ont voyagé, comme passagers clandestins, depuis une jardinerie en Argentine, dans des pots de fleurs partant en bateau vers un port en Europe. Cela nous rappelle la fameuse fourmi d’Argentine, qui a envahi les régions méditerranéennes d’Europe, mais quelques dizaines d’années plus tôt.

L’espèce est bien implantée dans plusieurs pays, comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Belgique, et le Royaume-Uni ; mais il n’y a qu’en France qu’une étude détaillée de l’invasion a été faite. Comment cet animal qui ne vole pas et se déplace lentement a-t-il envahi tous ces pays ? Encore une fois grâce aux plantes en pot ! Et notre civilisation mécanisée a transporté ces plantes de pays en pays, puis de ville en ville, dans tous les magasins qui vendent des plantes en pot. Une fois arrivé dans un jardin, l’animal prolifère, et, même sans être très rapide, passe dans les jardins voisins.

 Les scientifiques admettent une règle générale pour les invasions : une espèce importée sur dix s’introduit, une espèce introduite sur dix s’établit, et une espèce établie sur dix devient invasive. Obama nungara fait partie des élues et est donc bien une espèce exotique envahissante (EEE). L’espèce est bien équipée pour ne pas se faire remarquer, elle est marron, pas très grande, et sort surtout la nuit. Elle se reproduit très vite, et fabrique des « cocons de ponte » qui sont des petites boules noires, résistantes, encore plus difficiles à voir – et chaque cocon contient jusqu’à douze embryons. Et surtout, Obama nungara n’a pas d’ennemis naturels en Europe. Les Plathelminthe terrestres paraissent bien fragiles, avec leur corps mou, mais ils sont protégés par un petit arsenal chimique qui leur donne un goût exécrable qui décourage les prédateurs.

 

 

 

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Cet article du site theconversation  est publié en collaboration avec les chercheurs de l’ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, Sorbonne Universités). Ils proposent chaque mois une chronique scientifique de la biodiversité, « En direct des espèces ». Objectif : comprendre l’intérêt de décrire de nouvelles espèces et de cataloguer le vivant.

Disparition des insectes : la fin de la vie sur terre

Disparition  des insectes : la fin de la vie sur terre

 

Les insectes pourraient disparaître d’ici Ia fin du  siècle. Et la vie devenir insupportable pour les humains à cette échéance ce que pense Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).(Interview France Info)

 

Que faut-il retenir de l’étude publiée par Biological Conservation 

 

Henri-Pierre Aberlenc : Il y a deux ans, des articles faisaient déjà état de la disparition des insectes, il y avait déjà eu beaucoup d’agitation de la part des médias. Mais, depuis, on n’en parle plus. Le principal mérite de ce rapport est d’enfoncer le clou et de relancer le débat sur le sujet.

En revanche, il y a un oubli très net de certains paramètres importants qui sont à l’origine de leur disparition, comme la pollution lumineuse, très néfaste notamment pour les insectes nocturnes. Les chercheurs ne citent que la pollution chimique par différents poisons.

Un autre paramètre qui a été minoré dans cette étude, c’est la déforestation des forêts primaires tropicales – c’est-à-dire des forêts telle que la nature les a faites, sans intervention de l’homme. Les forêts qui peuvent pousser à la place d’une forêt primaire ne recèlent qu’un pourcentage infime de la biodiversité présente dans les forêts primaires. La déforestation a un rôle important dans la disparition des insectes, voire même plus que les pesticides et l’agriculture intensive. 

Les forêts primaires détiennent l’essentiel de la biodiversité des insectes de la planète. En les détruisant, on fait disparaître des millions d’insectes.Henri-Pierre Aberlenc, entomologisteà franceinfo

La forêt joue un grand rôle contre les sécheresses. Les forêts ont besoin de population équilibrée d’insectes, qui soient en interaction avec les arbres et les plantes. C’est un ensemble qui s’autorégule. Donc, pas de forêt sans insectes.

Enfin, un dernier paramètre a été fortement oublié dans cette étude, c’est la circulation automobile, qui est aussi un facteur de destruction considérable de la faune.

Avez-vous des chiffres qui permettent de démontrer la disparition des insectes ? 

 

Personnellement, mes recherches ne se sont jamais basées sur des chiffres, mais sur mon expérience en tant que naturaliste. Sur le terrain, j’ai constaté un déclin flagrant. Par exemple, il y a une trentaine d’années, lorsque je ramassais des bousiers dans le Midi de la France, je pouvais voir des Copris, qui sont de beaux scarabées coprophages [qui se nourrit d'excréments]. En une heure d’exploration sur le terrain, je pouvais en trouver plusieurs dizaines. Or, il y a cinq ans, j’ai envoyé une étudiante au même endroit pour qu’elle fasse des recherches sur les mêmes bousiers. En trois mois de terrain, elle a vu un seul individu.

Cette disparition est très nette au niveau de l’apiculture avec le déclin des abeilles. Beaucoup d’apiculteurs ont perdu 100% de leurs abeilles et ont dû arrêter leur activité. La disparition des abeilles et les problèmes que rencontrent les apiculteurs sont un exemple particulier de la manière dont cela nous porte préjudice. On sait que l’on commence à avoir des déficits de pollinisation dans les champs cultivés du fait de la baisse des abeilles et des insectes sauvages.

En quoi le déclin de ces insectes est-il une mauvaise nouvelle ? 

Si l’on garde l’exemple des bousiers, ils ont pour fonction d’enterrer les excréments des animaux. Quand ils les enterrent, ils transforment ces excréments en engrais.  Si les bousiers disparaissent, les excréments deviennent un polluant qui ne fertilise plus le sol, ce qui est fâcheux pour les équilibres généraux de la nature.

Un autre exemple concerne le déficit de pollinisation. Les insectes jouent un rôle-clé dans l’équilibre des écosystèmes. Quand il est rompu, la vie ne peut plus fonctionner correctement. Certaines espèces vont continuer de proliférer alors que les autres disparaissent. On le voit notamment avec la pyrale du buis [introduite accidentellement en Europe dans les années 2000]. Cette chenille détruit les buis, car elle n’a pas d’ennemi naturel chez nous qui pourrait la manger ou la parasiter. Elle a été importée sans les espèces régulatrices.

Le rôle d’une partie des insectes est de réguler la biodiversité, comme tous les parasites et les prédateurs. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Les insectes jouent le rôle de régulateur et de nettoyeur, mais aussi de nourriture pour les poissons et les oiseaux. Si on a hérité d’une belle planète, c’est dû à la présence des insectes et des oiseaux. Sans eux, la planète est inhabitable. Une agriculture biologique ne peut se faire sans insectes, et il ne peut y avoir de gestion forestière ou des plantes sans eux.

Si on supprime les insectes, on supprime aussi des quantités d’oiseaux et de chauve-souris, ainsi que de différents vertébrés.

Cette disparition est-elle inéluctable ? 

C’est inéluctable s’il n’y a pas un changement radical du système économique actuellement en vigueur. Or, pour l’instant, ce système a peu de raisons de changer radicalement, parce que cela dérangerait trop de personnes. Je pense que malheureusement, c’est inévitable et que nous allons à une catastrophe.

Il sera trop tard quand on s’apercevra que l’on aurait dû faire quelque chose. Je ne suis pas très optimiste, mais je ne vois pas comment on peut modifier la façon dont fonctionne actuellement l’économie mondiale.

C’est la modernisation de l’économie qui détruit la biodiversité. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Pour sauver les insectes, il faut offrir des services pour une agriculture durable, c’est-à-dire raisonnée et biologique. Mais il faudrait aussi renoncer à la mythologie de la croissance dans les pays développés. C’est-à-dire prôner la frugalité et une austérité généralisée, mais qui ne seraient tolérables que par des politiques égalitaires.

Disparition des insectes : la fin de la vie sur terre

Disparition  des insectes : la fin de la vie sur terre

 

Les insectes pourraient disparaître d’ici I siècle. Et la vie devenir insupportable pour les humains à cette échéance ce que pense Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).(Interview France Info)

 

Que faut-il retenir de l’étude publiée par Biological Conservation 

Henri-Pierre Aberlenc : Il y a deux ans, des articles faisaient déjà état de la disparition des insectes, il y avait déjà eu beaucoup d’agitation de la part des médias. Mais, depuis, on n’en parle plus. Le principal mérite de ce rapport est d’enfoncer le clou et de relancer le débat sur le sujet.

En revanche, il y a un oubli très net de certains paramètres importants qui sont à l’origine de leur disparition, comme la pollution lumineuse, très néfaste notamment pour les insectes nocturnes. Les chercheurs ne citent que la pollution chimique par différents poisons.

Un autre paramètre qui a été minoré dans cette étude, c’est la déforestation des forêts primaires tropicales – c’est-à-dire des forêts telle que la nature les a faites, sans intervention de l’homme. Les forêts qui peuvent pousser à la place d’une forêt primaire ne recèlent qu’un pourcentage infime de la biodiversité présente dans les forêts primaires. La déforestation a un rôle important dans la disparition des insectes, voire même plus que les pesticides et l’agriculture intensive. 

Les forêts primaires détiennent l’essentiel de la biodiversité des insectes de la planète. En les détruisant, on fait disparaître des millions d’insectes.Henri-Pierre Aberlenc, entomologisteà franceinfo

La forêt joue un grand rôle contre les sécheresses. Les forêts ont besoin de population équilibrée d’insectes, qui soient en interaction avec les arbres et les plantes. C’est un ensemble qui s’autorégule. Donc, pas de forêt sans insectes.

Enfin, un dernier paramètre a été fortement oublié dans cette étude, c’est la circulation automobile, qui est aussi un facteur de destruction considérable de la faune.

Avez-vous des chiffres qui permettent de démontrer la disparition des insectes ? 

Personnellement, mes recherches ne se sont jamais basées sur des chiffres, mais sur mon expérience en tant que naturaliste. Sur le terrain, j’ai constaté un déclin flagrant. Par exemple, il y a une trentaine d’années, lorsque je ramassais des bousiers dans le Midi de la France, je pouvais voir des Copris, qui sont de beaux scarabées coprophages [qui se nourrit d'excréments]. En une heure d’exploration sur le terrain, je pouvais en trouver plusieurs dizaines. Or, il y a cinq ans, j’ai envoyé une étudiante au même endroit pour qu’elle fasse des recherches sur les mêmes bousiers. En trois mois de terrain, elle a vu un seul individu.

Cette disparition est très nette au niveau de l’apiculture avec le déclin des abeilles. Beaucoup d’apiculteurs ont perdu 100% de leurs abeilles et ont dû arrêter leur activité. La disparition des abeilles et les problèmes que rencontrent les apiculteurs sont un exemple particulier de la manière dont cela nous porte préjudice. On sait que l’on commence à avoir des déficits de pollinisation dans les champs cultivés du fait de la baisse des abeilles et des insectes sauvages.

En quoi le déclin de ces insectes est-il une mauvaise nouvelle ? 

Si l’on garde l’exemple des bousiers, ils ont pour fonction d’enterrer les excréments des animaux. Quand ils les enterrent, ils transforment ces excréments en engrais.  Si les bousiers disparaissent, les excréments deviennent un polluant qui ne fertilise plus le sol, ce qui est fâcheux pour les équilibres généraux de la nature.

Un autre exemple concerne le déficit de pollinisation. Les insectes jouent un rôle-clé dans l’équilibre des écosystèmes. Quand il est rompu, la vie ne peut plus fonctionner correctement. Certaines espèces vont continuer de proliférer alors que les autres disparaissent. On le voit notamment avec la pyrale du buis [introduite accidentellement en Europe dans les années 2000]. Cette chenille détruit les buis, car elle n’a pas d’ennemi naturel chez nous qui pourrait la manger ou la parasiter. Elle a été importée sans les espèces régulatrices.

Le rôle d’une partie des insectes est de réguler la biodiversité, comme tous les parasites et les prédateurs. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Les insectes jouent le rôle de régulateur et de nettoyeur, mais aussi de nourriture pour les poissons et les oiseaux. Si on a hérité d’une belle planète, c’est dû à la présence des insectes et des oiseaux. Sans eux, la planète est inhabitable. Une agriculture biologique ne peut se faire sans insectes, et il ne peut y avoir de gestion forestière ou des plantes sans eux.

Si on supprime les insectes, on supprime aussi des quantités d’oiseaux et de chauve-souris, ainsi que de différents vertébrés.

Cette disparition est-elle inéluctable ? 

C’est inéluctable s’il n’y a pas un changement radical du système économique actuellement en vigueur. Or, pour l’instant, ce système a peu de raisons de changer radicalement, parce que cela dérangerait trop de personnes. Je pense que malheureusement, c’est inévitable et que nous allons à une catastrophe.

Il sera trop tard quand on s’apercevra que l’on aurait dû faire quelque chose. Je ne suis pas très optimiste, mais je ne vois pas comment on peut modifier la façon dont fonctionne actuellement l’économie mondiale.

C’est la modernisation de l’économie qui détruit la biodiversité. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Pour sauver les insectes, il faut offrir des services pour une agriculture durable, c’est-à-dire raisonnée et biologique. Mais il faudrait aussi renoncer à la mythologie de la croissance dans les pays développés. C’est-à-dire prôner la frugalité et une austérité généralisée, mais qui ne seraient tolérables que par des politiques égalitaires.

Agriculture : « sauver le ver de terre »


Agriculture : « sauver le ver de terre »

C’est le cri de  Christophe Gatineau, cultivateur et agronome, dans une tribune au « Monde » à l’adresse du président de la République. Pesticides et engrais utilisés l’excès ont rendu les terres mortes. Du coup, il faut augmenter encore les doses d’engrais et de pesticides. Or ce sont surtout les vers qui transforment les petit végétaux en véritable or pour l’agriculture du fait de leur capacité à en décomposer la matière organique. Des vers de terre qui représente entre 1 à 5 tonnes par hectares et parfois seulement 50 kgs dans les terres mortes.

«  Monsieur le président, le temps presse, les vers de terre disparaissent et, avec eux, les sols nourriciers. Pour résumer la situation : les vers de terre nourrissent les sols, et les sols nourrissent les plantes qui nous nourrissent ; ou nourrissent les animaux que nous mangeons. A l’image du cycle de l’eau, c’est un cercle vertueux, un échange de bons procédés où chacun nourrit l’autre. Raison pour laquelle le ver de terre a toujours été le partenaire ancestral de l’agriculteur, son abondance signant la fertilité et la bonne santé des sols. Et plus une terre est fertile, plus elle est productive, plus notre nourriture est saine et riche. Sans l’ombre d’un doute, le fond de ma lettre concerne donc l’alimentation de demain. Et si les rayons des supermarchés ne dépendaient pas de la bonne santé des sols, ma requête n’aurait aucun sens puisque, pour l’instant, leurs étals regorgent de nourriture comme jamais. Or, le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, pas connu pour être un catastrophiste, et encore moins un fantaisiste, déclarait en mai sur le plateau d’« Envoyé spécial » : « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces. » Pourquoi a-t-il mis en perspective le ver de terre avec le bouleversement climatique ? Question de bon sens puisque les sols et les glaces fondent comme neige au soleil : un quart des sols européens étant aujourd’hui usés. En langage scientifique, on dit victime d’érosion. Autrement dit, quand les sols sont lessivés de toute vie, usés, ils migrent vers les mers et les océans, via les sources et les rivières, laissant place à des champs de cailloux. Pourquoi ? Quand, il y a cinquante ans, nous avons décidé de ne plus nourrir les vers de terre et toute la diversité biologique, nous avons brisé le cycle. En effet, dans un système de cause à effet, où chacun nourrit ou se nourrit de l’autre, en cessant de nourrir les vers de terre, les sols ont cessé de nourrir les plantes… Alors pourquoi les vers de terre sont-ils si importants en agriculture ? Parce qu’ils peuvent représenter jusqu’à 80 % de la masse des êtres vivants qui fabriquent la nourriture des plantes. Et en cessant de les nourrir, c’est bien l’ensemble d’un agrosystème qui s’est effondré, mort de faim ou empoisonné. Et pour revenir à l’érosion, parce qu’il ne faut jamais se tromper de sens, c’est bien l’extinction du ver de terre qui cause l’érosion des sols, comme le réchauffement climatique cause l’érosion des pôles. »

Macron : sacré de «champion de la Terre»……. Mais pas en France

Macron : sacré de «champion de la Terre»……. Mais pas en France

Il y a évidemment de quoi sourire avec ce titre de champion de la terre décernée à Macron lors de la deuxième édition du « One Planet Summit », un titre international mais en contradiction avec la politique menée sur le territoire national. De ce point de vue, il y a une grande confusion. Macron n’est pas le champion de la terre, il est le champion des discours sur la terre et sur le climat. Par contre sa politique environnementale est indigente voir en contradiction totale avec son discours. Pour s’en persuader, il suffit par exemple de constater la très mauvaise position de la France concernant la qualité de l’air même si on n’en registre une toute petite amélioration. La politique environnementale est un tissu de contradictions. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le médiatique Nicolas Hulot a démissionné avec fracas. Il y a bien ici ou là quelques mesures qui ont été prises mais elles sont loin d’être à la hauteur des enjeux concernant par exemple la politique énergétique, la politique des transports, la prise en compte de la biodiversité ou encore l’aménagement du territoire. L’annonce de la remise de ce prix a donc suscité ironie et perplexité en France, moins d’un mois après la démission du ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot et à l’heure où le bilan du chef de l’État sur la question climatique reste contrasté.  « On vit une situation ubuesque », a indiqué  Jean-François Juillard, directeur général de Greenpeace France, sur Europe 1. « On s’est dit que cela tenait plus de la blague que de la récompense sérieuse, quand on sait à quel point les actions sont loin des promesses faites par Emmanuel Macron. » Interrogé dimanche sur le titre décerné à son successeur, François Hollande, qui était au pouvoir lors de l’adoption de l’accord de Paris en 2015, a lui de son côté estimé qu’il y avait « les Champions de la Terre et ceux que l’Histoire retiendra ».

 

 

Sauver la terre : appel de 200 personnalités

Sauver la terre : appel de 200 personnalités

200 personnalités du cinéma, de la musique et de la science ont lancé un appel dans le Monde afin de réagir face au cataclysme planétaire.

 

 

« Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants, poursuivent-ils. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique ». Parmi les signataires, on retrouve des acteurs comme Alain Delon ou Marion Cotillard, des astrophysiciens comme Aurélien Barrau, des musiciens comme Benjamin Biolay, le climatologue Jean Jouzel ou des artistes comme Anish Kapoor. Des stars internationales, comme Kristen Stewart ou Bradley Cooper, figurent également parmi les signataires, qui avertissent : « Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux. »

 

 

La terre future étuve », selon une étude

La terre future étuve », selon une étude

Dans le Figaro, on évoque le risque de voir la terre transformée en étuve. Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d’être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va franchir un point de rupture. Un basculement qui pourrait intervenir « dans quelques décennies seulement », ont prévenu des scientifiques dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Passer ce seuil signifie, selon eux,  »une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu’à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres plus haut qu’aujourd’hui. »

« Une Terre étuve est probablement incontrôlable et dangereuse pour beaucoup », selon les conclusions de scientifiques de l’université de Copenhague, de l’Université nationale australienne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

Les rivières déborderaient, les ouragans feraient des ravages sur les côtes et les récifs de corail disparaîtraient, le tout avant la fin de ce siècle, voire plus tôt. La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse très importante du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes. « Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la ‘Terre étuve’ devient une réalité », met en garde Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience Centre.

Disparition des vers de terre : une catastrophe environnementale mondiale

Disparition  des vers de terre : une catastrophe environnementale mondiale

Pour le  célèbre astrophysicien Hubert Reeves , la disparition des vers de terre est « un bon exemple du fait qu’une toute petite chose à peine visible peut prendre une importance majeure ». Les tunnels qu’ils creusent permettent en effet de garder la terre fertile en l’aérant et en la drainant. « On les a éliminés jusqu’à 70%, voire 90%, on sait très bien que cela stérilise les sols, et on est prêts à vivre avec ça… »  Les vers de terre de substituent guère que dans les jardins particuliers et les exploitations écolos.  Lorsqu’il se déplace, le ver créé d’innombrables galeries, de petits souterrains de taille miniature. Toutes ces cavités laissées par son passage présentent de nombreux atouts pour le sol et son équilibre. Selon Marcel Bouché, grand spécialiste français des lombriciens dont nous aurons bien sur l’occasion de reparler, que pour un peuplement moyen de vers à l’hectare en prairie, sous 6 cm de profondeur, notre sol serait composé de 400 kilomètres de galeries de vers par hectare soit 400 mètre par m2. Les galeries verticales entres autres permettent à l’eau lorsqu’il pleut par exemple de pénétrer les sols plus facilement et favorisent nettement le drainage des sols. Cela a d’autant plus d’importance lorsque le sol est lourd et meuble et que les eaux ont beaucoup de mal s’y infiltrer après une averse importante ou une longue journée de pluie. . Un article tiré du site du CNRS nous apprend met en évidence le rôle de premier ordre que jouent le vers, les stars du sol, en ce qui concerne le développement des végétaux. La star du sol Les vers ameublissent le sol. Celui-ci moins ferme permet un développement des racines plus facile, leur progression et leur croissance étant favorisée. L’apport en oxygène est également un atout pour elles. Celui de l’azote que rejette le ver dans ses excréments est lui aussi d’une importance essentielle. Marcel Bouché parle alors de lombrimixage et ses avantages pour la croissance des végétaux en commençant par leur racine. Les vers se nourrissent et rejettent une quantité non négligeable d’excréments dans le sol. Ces excrétions se nomment les turricules. Ces déjections sont particulièrement riches en matières organiques et favorisent grandement l’enrichissement du sol. Les crottes de terre se trouvent généralement à la sortie des galeries des lombriciens. Celles-ci forment de véritables édifices pouvant atteindre 3 ou 4 cms. Le lombric joue un rôle important en ce qui concerne le cycle de l’azote et celui du développement des bactéries lors de ce transit quand le ver ingère la terre puis produit excréments. Les bactéries se développent dans l’intestin des vers et favorisent l’enrichissement de la terre ingérée. Concrètement cela représente pas moins de 100 tonnes par an à l’hectare. Les turricules présentent alors de nombreux avantages et sont d’une aide conséquente contribuant à la fertilisation du sol. Elles sont très riches en éléments minéraux et à titre d’exemple possède 5 fois plus d’azote assimilables par les racines de végétaux présentes sur le milieu. Les galeries de manière analogique au gaz permettent et facilitent une remontée des éléments minéraux.

 

Terre : un réchauffement sous-estimé par le GIEC

Terre : un réchauffement sous-estimé par le GIEC

Patrick Brown et Ken Caldeira, climatologues à l’Institut Carnegie de l’université de Stanford en Californie, estiment que « le réchauffement climatique sera probablement plus important » que les pires modèles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Les deux climatologues de l’université de Stanford notent que les modèles les plus pessimistes, qui supposent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre tout au long du siècle, ont des projections floues. Ils tablent sur une augmentation des températures entre 3,2 et 5,9 degrés d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle. Afin de réduire cette fourchette, l’étude introduit dans les modèles des données liées à l’observation par satellite de l’énergie solaire absorbée ou renvoyée par la Terre. En se fondant sur ces observations, elle « élimine la partie basse » de ces estimations, concluant que « le réchauffement le plus probable est d’environ 0,5°C plus important que ce que suggère le modèle brut » du Giec concerné, résume le communiqué de Carnegie. L’Accord de Paris de 2015 prévoit de limiter en deçà de +2°C la hausse moyenne de la température mondiale par rapport aux niveaux d’avant la Révolution industrielle, voire 1,5°C. Mais pour les climatologues Patrick Brown et Ken Caldeira, il va falloir multiplier les efforts pour y parvenir. Nos résultats indiquent que parvenir à n’importe quel objectif de stabilisation de la température mondiale nécessitera des réductions plus importantes des émissions de gaz à effet de serre que celles précédemment calculées. A ce stade, le monde a gagné près de 1°C par rapport à la période préindustrielle, selon les scientifiques. Cela a suffi à provoquer davantage de précipitations, un rétrécissement de la banquise, une acidification des océans et augmentation de leur niveau moyen.

La Chine investit dans la terre en France et ailleurs

La Chine investit dans la terre en France et ailleurs

Nouvelle acquisition des chinois de  900 hectares de terres à blé et à maïs dans l’Allier. Une acquisition réalisée par le même groupe qui avait acheté 1700 ha dans l’Indre. Les Chinois investissent donc non seulement dans le domaine viticole mais aussi dans les terres à céréales. Un processus qui ne concerne pas seulement la France mais le monde entier comme par exemple encore le Canada et surtout l’Afrique. Là-bas ce sont des milliers et des milliers d’hectares qui sont rachetés pour une poignée de dollars avec la complicité rémunérée des responsables politiques locaux. La France s’occupe de politique et démocratie en Afrique et pendant ce temps là la Chine fait du commerce ; La colonisation du continent  par les chinois est largement entamée avec le pillage de ressources, elle est  facilitée par la corruption de responsables africains. Les Chinois se désintéressent de la politique, de la démocratie ou du développement, ils font du.  commerce, le plus souvent en n’employant aucun africain sur place mais avec des « condamnés chinois ». Les ambassades françaises elles délaissent l’aspect économique » le commerce, c’est sale » pour nos diplomates modèle 1900 modifié 1930.  Une colonisation rampante qui laisse indifférente la communauté internationale».  En France pour le dernier achat de 900 hectares de terres agricoles produisant du blé et du maïs,  les  terrains ont été achetés par le groupe China Hongyang, spécialisé dans la fabrication et la commercialisation d’équipements pour les stations service et l’industrie pétrolière. C’est ce même groupe qui avait suscité la polémique en achetant début 2016, quelque 1.700 hectares de terres agricoles dans l’Indre. Cette nouvelle acquisition de terres en France pose toutefois le problème de la régulation de ces transactions foncières, effectuées en toute légalité. Ces rachats suscitent des inquiétudes en raison de l’opacité qui les entoure et du profil de l’investisseur chinois en cause, dont le champ d’activité n’a rien à voir avec l’agroalimentaire. Le président de la Fédération nationale des Safer (FnSafer), Emmanuel Hyest note que ce sont « les mêmes investisseurs chinois, avec les mêmes pratiques contournant le droit de préemption des Safer » qui  »ont acquis 98% des parts sociales » des sociétés propriétaires des terres. Ce montage financier permet d’éviter que les Safer, sociétés chargées de veiller à l’aménagement rural et foncier, qui disposent d’un droit de préemption lors de la cession d’une exploitation agricole, puissent s’opposer à la vente.  « L’un des problèmes est que ces terres sont achetées à un prix élevé, ce qui peut créer une pression sur les prix. Il reste à savoir ce que la Chine veut faire de ces terres, de l’impact potentiel sur l’environnement, sur l’emploi… », conclut l’un économiste interrogée par La Montagne. Ces dernières années, l’intérêt que portent les investisseurs venus de Chine aux terres agricoles françaises, s’est surtout focalisé sur les vignobles et les châteaux, dont 150 sont déjà passés sous pavillon chinois.

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