Archive pour le Tag 'futur'

Futur- automobile « Le logiciel va tout changer » !!! (Roland Berger)

Futur-  automobile « Le logiciel va tout changer » !!!  (Roland Berger)

Éric Kirstetter, associé senior chez Roland Berger et spécialiste de l’automobile explique que le logiciel va tout changer dans la voiture du futur. Une stratégie qui peut largement se discuter dans la mesure où l’automobile se bourre  surtout d’informatique pour justifier le maintien de prix à un très haut niveau. En effet ,nombre de ces éléments de l’architecture logicielle sont inutiles et poseront de graves difficultés d’entretien au garagiste du coin. D’où aussi l’accroissement des dépenses d’entretien.En outre l’objectif devrait être de déshabiller l’automobile de tous les gadgets inutiles qui alourdit son poids et son prix et contribuent un bilan carbone encore plus négatif.

 

Extrait de l’interview d’Éric Kirstetter à la Tribune

 

Depuis plusieurs mois, l’actualité automobile est émaillée d’annonces autour des logiciels. En début d’année, Volkswagen a annoncé un plan d’envergure pour reprendre la main sur cette technologie. On a du mal à imaginer l’ampleur de la thématique…

ÉRIC KIRSTETTER - Ce qui est en jeu, c’est l’architecture logicielle de la voiture du futur. C’est une fusée à quatre étages. Le premier étage, c’est ce qu’on appelle le hardware, également appelés les calculateurs. Ce sont eux qui font fonctionner les équipements de la voiture. Le deuxième étage, c’est le middleware, autrement intitulé operating system [le système d'exploitation, Ndlr]. Si on devait comparer une voiture à un ordinateur, c’est ce qui équivaudrait à Windows. Il est nécessaire pour faire fonctionner tous les équipements d’une voiture, du moteur au châssis, en passant par la partie digitale des commandes de bord, ou le GPS. Le troisième étage, ce sont les applications. Elles gèrent tous les équipements de la voiture pour la faire fonctionner et créer « l’expérience utilisateur » (donner une expérience de conduite propre à la marque, proposer une interface utilisateur intuitive et agréable à utiliser…). Enfin, le quatrième étage, c’est le cloud. Cette technologie va s’imposer demain lorsque tous les véhicules seront connectés.

Le cloud est une technologie récente. Que va-t-il changer dans le modèle de l’architecture logicielle d’un véhicule ?

Il va tout changer. Demain, les voitures connectées auront accès à des données qui seront extérieures à la voiture, laquelle pourra consolider ces données pour définir des fonctionnalités spécifiques, en fonction du profil du conducteur, ou des réglages particuliers d’un véhicule. Typiquement, si vous entrez l’adresse d’un restaurant sur votre GPS, la voiture sera capable de vérifier si le temps de trajet, mis à jour en temps réel via les données livrées par le cloud, vous permettra d’arriver à l’heure avant la fermeture du restaurant; dans le cas contraire, le système pourra alors vous proposer des solutions alternatives. L’autre rupture que va apporter le cloud, c’est qu’il va permettre d’externaliser la puissance de calcul nécessaire au fonctionnement de la voiture. Cela va totalement changer la place des calculateurs présents dans une voiture. Aujourd’hui, on compte, en fonction des modèles, entre 50 et 70 calculateurs. Chaque fonction est réalisée avec un calculateur spécifique, celui-ci est vendu par un tier-one [le plus souvent un équipementier, Ndlr] avec des capteurs et des actionneurs. Demain, les calculs seront davantage centralisés dans de plus gros calculateurs de plus haute performance, qui couvriront plusieurs fonctions. Ces calculateurs vont se répartir aux quatre coins de la voiture pour centraliser les fonctionnalités et réduire le câblage des voitures.

Tout sera donc géré de l’extérieur ?

Non. Le middleware restera un élément stratégique majeur pour l’automobile de demain. Là aussi, le secteur s’apprête à basculer dans une nouvelle ère. Pour schématiser le monde d’avant: il y avait autant d’operating system que de modèles disponibles sur le marché. Ainsi, un constructeur devait reconstruire un système d’exploitation depuis le début à chaque fois qu’il mettait sur le marché un nouveau modèle. Mais avec le cockpit de plus en plus digital, le cloud, les assistants de conduite de plus en plus gourmands en données, ces systèmes d’exploitation s’avèrent de plus en plus complexes et coûteux à mettre en œuvre, et il est très difficile de réutiliser les applications déjà développées pour la version antérieure du véhicule. La voie générale que semblent suivre les constructeurs, c’est donc de créer un système d’exploitation en propre qui va pouvoir être réutilisé d’un véhicule à l’autre et qui va permettre de réutiliser et d’améliorer facilement les applications qui avaient été développées pour le véhicule précédent. Si on veut une comparaison, on peut dire que les constructeurs développent leur propre système Windows qui leur permet d’améliorer facilement Word et Excel entre chaque véhicule.

Futur énergétique 2050 : renouvelables et surtout nucléaire

Futur énergétique 2050 :  renouvelables et surtout nucléaire

 

RTE a publié ce 25 octobre les principaux enseignements de son étude prospective intitulée « Futurs énergétiques 2050″ lancée en 2019, à la demande du gouvernement. Cet exercice, d’une ampleur inédite en France et en Europe, donne lieu à un épais rapport dont les chapitres seront mis en ligne progressivement sur le site du gestionnaire du réseau électrique
Il propose plusieurs scénarios pour la production et l’évolution de la consommation d’électricité. Pour cette dernière, RTE retient le scénario de référence d’un niveau de 645 térawattheures (TWh) en 2050, soit une hausse de quelque 35% par rapport à l’époque actuelle. Cette augmentation de la consommation suppose une électrification « progressive » des usages et une ambition forte sur l’efficacité énergétique. Mais RTE imagine aussi une trajectoire axée sur la « sobriété », où la consommation n’atteindrait que 555 TWh. Elle suppose une évolution des habitudes de vie : davantage de télétravail, moindre consommation de biens et moins de déplacements individuels au profit des mobilités douces et des transports en commun. À l’inverse, une forte réindustrialisation de la France et un développement accéléré de la production d’hydrogène pourraient se traduire par une consommation électrique encore plus importante (752 TWh), selon RTE.

Quoi qu’il en soit, être neutre en carbone en 2050 se traduira par une électrification massive des usages – transport, chauffage ou industrie – au détriment du pétrole et du gaz naturel. Même si la consommation totale d’énergie doit baisser, la France consommera donc plus d’électricité en 2050 qu’aujourd’hui, y compris dans le scénario le plus « sobre ».
« La France doit simultanément faire face à deux défis : d’une part, produire plus d’électricité en remplacement du pétrole et du gaz fossile et, d’autre part, renouveler les moyens de production nucléaire qui vont progressivement atteindre leur limite d’exploitation d’ici 2060″, résume Xavier Piechaczyk, président de RTE. Le parc nucléaire français, construit dans les années 1970 à 1990, vieillit en effet et deviendra progressivement obsolète dans les décennies à venir.

Six scénarios de production

Pour « éclairer le débat public », RTE présente six scénarios de production possibles, allant de 100% renouvelables en 2050 à un développement « volontariste » du nucléaire avec la construction de 14 EPR ainsi que des petits réacteurs. « Tous ces chemins sont possibles même si certains sont plus difficiles ou incertains », juge Xavier Piechaczyk.
Ces scénarios prennent en compte les dimensions économique, environnementale et sociétale des choix à faire. RTE ne prend pas partie pour une option plutôt qu’une autre mais présente « leurs avantages, leurs inconvénients, leurs impacts et leurs conséquences », souligne son président. « C’est au personnel politique élu démocratiquement de choisir les orientations pour le pays » et il y a « urgence » à prendre des décisions, a-t-il souligné lors d’une conférence.
« Atteindre la neutralité carbone est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, même le scénario de développement le plus massif du nucléaire ne pourra pas se faire sans un essor important des renouvelables, avec une capacité solaire multipliée par 7 et l’éolien terrestre multiplié par 2,5.

Compétitivité du nucléaire

Mais du point de vue économique, nouveauté du rapport, « construire de nouveaux réacteurs nucléaires est pertinent ». En effet, même si les coûts des renouvelables ont fortement baissé, le solaire ou l’éolien nécessitent des investissements plus importants pour les réseaux électriques (car ils sont plus éparpillés) et pour la flexibilité (car ils ne produisent pas en permanence), avec le besoin par exemple de plus de stockage et de centrales thermiques d’appoint à hydrogène ou biométhane. Donc, « les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs ».
L’écart est de l’ordre de 10 milliards d’euros par an entre un scénario avec de nouveaux réacteurs nucléaires (14 EPR) et un autre sans, s’appuyant sur le développement de grands parcs renouvelables. Le fossé se creuse même à quelque 20 milliards annuels dans certains scénarios.
En plein débat sur le pouvoir d’achat, RTE conclut également que « le système électrique de la neutralité carbone peut être atteint à un coût maîtrisable ». Il se traduirait en effet par une augmentation des coûts de l’électricité (de l’ordre de 15%) mais avec en contrepartie la fin des dépenses en énergies fossiles pour faire le plein de la voiture ou remplir la cuve à fioul.

 
Le rapport de RTE estime que le développement des énergies renouvelables soulève un enjeu d’occupation de l’espace et de limitation des usages. Ce développement « peut s’intensifier sans exercer de pression excessive sur l’artificialisation des sols, mais doit se poursuivre dans chaque territoire en s’attachant à la préservation du cadre de vie ». Les analyses des « Futurs énergétiques 2050″ confirment une plus grande visibilité des infrastructures : les éoliennes pourraient représenter entre 14.000 et 35.000 mâts, et les panneaux solaires entre 0,1% et 0,3% du territoire. Les scénarios avec construction de nouveaux réacteurs nucléaires conduisent à une moindre occupation de l’espace puisque les nouveaux réacteurs seraient a priori construits sur ou à proximité des sites existants. « Ces constats de moindre occupation spatiale par le nucléaire ne doivent toutefois pas occulter les débats d’acceptabilité que ces nouvelles installations ne manqueront pas de provoquer, doublés d’une mise en avant du risque d’accident », nuance toutefois le rapport. 
Plus le scénario comporte d’énergies renouvelables, plus la surface du territoire utilisée par des infrastructures énergétiques augmente. « Néanmoins, les surfaces imperméabilisées et artificialisées, qui cristallisent les inquiétudes pour la biodiversité, restent très faibles à l’échelle du territoire, relativisent les auteurs du rapport. À l’horizon 2050, les surfaces artificialisées dédiées au système électrique représenteront de l’ordre de 20.000 à 30.000 hectares contre plus d’un million pour le seul réseau routier français. Même dans les scénarios générant le plus d’artificialisation, les surfaces en question restent faibles par rapport au flux correspondant à l’habitat, aux zones commerciales ou aux routes (1 à 3%), notent les experts qui soulignent aussi que toute action permettant de limiter l’artificialisation liées aux infrastructures électriques (réutilisation de friches délaissées) contribuera à l’atteinte de l’objectif de « zéro artificialisation nette ».

Pologne : futur « polexit » après le brexit

Pologne : futur « polexit » après le brexit

En considérant la suprématie du droit polonais sur le droit communautaire, la cour constitutionnelle polonaise met les pieds dans le plat de la hiérarchie juridique.

.

En considérant que certains articles du traité de l’UE sont «incompatibles» avec la Constitution polonaise et en appelant les institutions européennes à ne pas agir «au-delà de leurs compétences», la plus haute juridiction polonaise foule aux pieds les principes juridiques européens.

La réplique européenne pourrait être juridique avec la saisine des autorités appelées à juger des différends entre les pays et l’union. Elle pourrait aussi être surtout financière avec la retenue par l’union européenne des  23 milliards d’euros de subventions et les 34 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels prévus pour la Pologne dans le plan européen adopté en 2020 .

Ce différend après l’affaire du brexit  concernant les Britanniques, pose la question de l’appartenance de la Pologne à l’UE. Ceci étant justement compte tenu de cette rupture encore récente du Royaume-Uni avec l’union européenne et quel accord est loin d’avoir totalement réglé (voir par exemple les questions de droits de pêche refusée par les Britanniques aux pêcheurs français ou encore les oppositions réciproques quant à la situation douanière de l’Irlande du Nord), il est peu vraisemblable que l’union européenne s’engage dans un bras de fer qui pourrait porter une nouvelle atteinte à l’union.

Si on examine ce conflit de manière positive, on observe que dans nombre de pays l’hégémonie juridique européenne sur tous les sujets est mise  en question. L’Europe de ce point de vue afin de voulu en faire trop sur des champs politiques qui n’étaient pas forcément prioritaires alors que par exemple l’Europe manifeste tous les jours sa grande impuissance en matière de politique diplomatique et de défense, de thèmes nécessitant  d’être associés pour peser un peu face aux grandes puissances notamment la Chine les et les États-Unis.

Un recadrage juridique de l’Europe ne serait pas inutile pour limiter l’influence européenne dans des domaines qui ne sont pas nécessairement stratégiques.

SCAF (avion de combat du futur) : un apport de 8 milliards par Berlin, Madrid et Paris

SCAF  (avion de combat du futur) : un apport de 8 milliards par Berlin, Madrid et Paris

L’Allemagne, l’Espagne et la France ont signé lundi soir à Paris l’accord intergouvernemental pour la poursuite du programme SCAF (Système de combat aérien futur) jusqu’au premier vol du démonstrateur en 2027 (phases 1B et 2) avec un apport financier de 8 milliards. Cet accord, qui est un prérequis à la signature des contrats entre les industriels concernés et la Direction générale de l’armement (DGA), prévoit les modalités et les financements nécessaires aux études devant mener à un démonstrateur en vol du SCAF. Au cabinet de Florence Parly, on attend la signature des contrats entre la DGA et les industriels dans « les prochaines semaines ».

Fusion Faurecia–Ella : un futur géant mondial de l’équipement automobile

Fusion Faurecia–Ella  :  un futur géant mondial de l’équipement automobile

 

L’équipementier français a finalisé l’acquisition d’une participation majoritaire (60%) dans le capital de l’un de ses concurrents, l’allemand Hella qui fabrique notamment des phares et des composants électroniques pour les véhicules. Avec cette acquisition, un nouveau géant va naître, capable de réaliser un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros en 2021, soit « le 7ème fournisseur automobile mondial », indique Faurecia.

Basée à Lippstadt (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), Hella a obtenu des garanties de la part de son acquéreur.  En plus de maintenir l’intérêt des 36.000 employés de son concurrent, il a notamment promis de maintenir les activités du siège dans la ville.

Au premier semestre 2021, le groupe français s’est montré solide lors de la reprise. En croissance organique, ses ventes avait progressé de plus de 12%, à 4 milliards d’euros de janvier à mars, soit 8,9% de plus qu’au premier trimestre 2020.

A l’inverse, dans ses résultats annuels sur la période 2019-2020, Hella a été frappée de plein fouet par la crise Covid-19, accusant d’un recul de ses ventes de -14,3% « sur un marché déjà en déclin », précisait-elle. Son chiffre d’affaires (Ebit) ressortait alors à -343 millions d’euros.

Malgré la pénurie de semi-conducteurs, Faurecia vise aussi une marge opérationnelle d’environ 7% de ses ventes qui se rapprocherait ainsi de ses niveaux d’avant la crise sanitaire.

Pour doper ses ventes, il compte enfin sur « la mobilité durable » et les nouveaux systèmes basés sur l’hydrogène pour continuer à fournir les constructeurs automobiles engagés dans la transformation de leur modèle. Selon le groupe, l’hydrogène sera abordable et produit en grande quantité d’ici 2030 – date à laquelle Faurecia prévoit d’être neutre en carbone – et il représentera un cinquième de la demande d’énergie mondiale à l’horizon 2050.

Record de CO2 à prévoir pour le futur (AIE)

Record de CO2 à prévoir pour le futur (AIE)

 

 

 

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE)  les  émissions mondiales de CO2, source première du réchauffement, devraient atteindre un niveau jamais vu d’ici 2023. Elles devraient également continuer à croître par la suite, au vu de la trop faible part que les plans de relance liés au Covid consacrent aux énergies propres, a mis en garde l’agence ce mardi.

Les États ont débloqué des sommes sans précédent pour affronter la pandémie, mais à peine 2% sont allées à ce jour à la transition en faveur des énergies propres, a calculé l’AIE dans une analyse des plans de relance et de leur impact énergétique.

L’agence internationale de l’énergie qui surveille aussi les émissions de gaz à effet de serre issues de l’énergie (soit la majorité des émissions totales), rappelle qu( il faut abandonner tout nouveau projet d’exploration de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon).

Défense : un accord du futur avion de chasse européen ?

Défense : un accord du futur avion de chasse européen ?

Officiellement, un accord est intervenu entre la France l’Allemagne et l’Espagne pour le lancement en 2027 d’un, un prototype du Système de combat aérien du futur (SCAF). Mais il reste encore nombre d’ambiguïtés en particulier sur la question stratégique de propriété intellectuelle. En clair depuis le début, les Allemands voudraient bien s’approprier la technologie française qui domine nettement en Europe mais aussi dans le monde.

Le nouvel appareil devrait remplacer à partir de 2040 des avions Rafale en France et des Eurofighters en Allemagne et en Espagne.

Les négociations se sont accélérées ces derniers temps pour permettre Parlement allemand de valider cet accord car trop d’incertitudes pèsent sur les élections d’outre-Rhin qui vont se dérouler le 23 juin.

 

Un futur accord commercial entre l’Union européenne et l’Inde ?

Un futur accord commercial entre l’Union européenne et l’Inde ?

Un projet d’accord commercial entre l’Union européenne et l’Inde pourrait bien prendre la place de celui qui était envisagé avec la Chine. En effet,  les relations entre l’Europe et la Chine ne cessent  de ce détériorer ces temps-ci. À tel point que le projet d’accord commercial sur des investissements réciproques a été gelé par les autorités européennes. En fait, l’Inde est aussi inquiète que l’Europe de la montée en puissance de la Chine non seulement sur le plan économique mais aussi sur le plan politique.

L’accord conclu samedi à l’issue d’un sommet en visio-conférence avec le Premier ministre indien Narendra Modi permet de reprendre la négociation qui avait été lancée en 2007 sur un accord de libre-échange, puis suspendue en 2013.

« Nous sommes convenus de reprendre les négociations en vue de la conclusion d’un accord commercial équilibré, ambitieux, global et mutuellement bénéfique, qui répondrait aux défis actuels », affirme la déclaration conjointe adoptée lors du sommet. « Il est impératif de trouver des solutions aux problèmes d’accès aux marchés qui se posent depuis longtemps », précise la déclaration, qui annonce aussi le « lancement de négociations sur un accord autonome de protection des investissements ».

Economie–Industrie du futur : le retard français

Economie–Industrie du futur : le retard français

Un  article intéressant du journaliste Pierrick Merlet dans la Tribune qui explique comment le gouvernement pourrait éventuellement parvenir à combler le retard de la France en matière d’industrie du futur.

 

 

Dans l’espoir de revenir au niveau des autres pays européens, le gouvernement français a décidé l’an dernier d’allouer, dans son plan France Relance doté de 100 milliards d’euros, une enveloppe spécifique à l’industrie du futur d’un montant de 280 millions jusqu’en 2022. Les PME et ETI peuvent en bénéficier grâce à un guichet dématérialisé géré l’Agence de services et de paiement (ASP). Ouvert du 27 octobre au 31 décembre 2020 dans un premier temps, le mécanisme offrant un co-financement public de 10 à 20% – voire 40% dans certains cas – n’a pas manqué de séduire les industriels, au point de consommer potentiellement tout le budget prévu sur trois ans initialement.

« L’initiative a rencontré un franc succès aussi bien qualitatif que quantitatif. Nous avons reçu 7.750 demandes portant sur des investissements de plus de 2,7 milliards d’euros (chiffres arrêtés au 9 avril, ndlr). Près de 900 décisions positives ont déjà été envoyées représentant 104 millions d’euros d’aides, pour 289 millions d’euros d’investissements industriels », se félicite le cabinet de la ministre déléguée chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher.

Pour être éligible à de ce guichet « Industrie du futur », les entreprise doivent répondre à deux critères principaux. Le projet doit tout d’abord porter sur une activité de production industrielle et l’investissement doit faire partie d’une liste de huit types d’équipements arrêtée par un décret du 23 octobre dernier. Sont ainsi concernées les dépenses liées aux équipements robotiques ou à la fabrication additive; les logiciels pour la conception, la fabrication ou la maintenance ; les capteurs physiques collectant des données ; les machines intégrées destinés au calcul intensif ; les machines de production à commande programmable ou numérique ; les équipements de réalité augmentée ou virtuelle ;  et les logiciels ou équipements qui recourt à de l’intelligence artificielle.

Selon un premier bilan portant sur le fond des demandes de subventions, la moitié des dossiers concerne des investissements pour des machines à commande numérique, et 17% pour des logiciels et 16% pour des robots/cobots. « Ces investissements correspondent à un rattrapage technologique réalisé par les entreprises françaises et constituent également le premier échelon vers l’industrie du futur« , commente l’équipe de la ministre.

Face à un tel engouement, le gouvernement vient d’annoncer (comme prévu) la réouverture dès le 3 mai de ce guichet dédié à l’industrie 4.0, dont 95% des bénéficiaires sont des PME. En revanche, la nouvelle enveloppe de 175 millions d’euros associée est une nouveauté. « C’est de l’argent nouveau qui n’était pas prévu au départ et tous les secteurs industriels peuvent en bénéficier, comme l’automobile et l’aéronautique (qui ont déjà des fonds spécifiques, ndlr)« , tient à souligner Bercy.

Quitte à mettre de l’argent frais sur la table, la France souhaite que cette rallonge bénéficie dans les deux sens, c’est-à-dire aussi bien à « ses » entreprises clientes qu’à « ses » entreprises vendeuses. Le gouvernement veut donc à la fois structurer l’offre de solutions françaises en matière d’industrie du futur et sa filière. En ce sens, il vient de lancer une plateforme numérique (« Solutionsindustriedufutur« ) pour débuter ce travail de vitrine du savoir-faire français en la matière.

« Notre intention est de rassembler la filière, se doter d’une feuille de route stratégique et faire aller dans le même sens tous ses acteurs au sein d’un tissu déjà dense. L’objectif est d’offrir une meilleure visibilité aux offreurs de solutions français afin de favoriser le lien entre l’offre et la demande. Par ailleurs, l’idée est de travailler sur des projets importants d’industrie du futur qui pourraient avoir un impact sur d’autres filières comme la gestion des déchets par exemple », indique-t-on dans l’entourage d’Agnès Pannier-Runacher.

 

Par conséquent, à l’occasion d’une réunion de son comité exécutif présidée par le Premier ministre vendredi 9 avril, le Conseil national de l’industrie (CNI) a annoncé la labellisation de la filière « Solutions pour l’industrie du futur ». Ce qui en fait le 19ème comité stratégique de filière française, qui aura pour vocation d’agir « dans la continuité de l’action de l’Alliance pour l’industrie du futur« , précise Bercy.

Pour mémoire, cette structure a été créée en 2015 par François Hollande, sous l’impulsion de son ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron. Sans surprise donc, c’est Frédéric Sanchez, le président du directoire de Fives Group et président de l’Alliance pour l’industrie du futur, qui a été désigné par le gouvernement pour piloter ce comité stratégique de filière. « Il devra proposer à la ministre Agnès Pannier-Runacher d’ici l’été une méthode de gouvernance et un bureau composé d’industriels« , annonce le cabinet de la membre du gouvernement.

Rappel des objectifs par exeisconseil

 

Cette 4ème révolution ne résulte pas seulement de la digitalisation de l’information avec le développement de technologies comme les objets connectés (IoT), la réalité virtuelle ou augmentée, le cloud computing et le Big data. Elle répond avant tout aux enjeux du monde VUCA (Volatil, Uncertain, Complex and Ambiguous) et aux changements de comportements des consommateurs :

 

Adaptabilité de la production par rapport à la demande : les moyens de production doivent s’adapter à une demande variable tant en quantité qu’en évolution de produit. Les moyens de production et l’ensemble de la supply chain doivent acquérir de l’agilité pour être en mesure de réagir rapidement aux évolutions du marché.

 

Personnalisation des productions : les grandes séries se raréfient et les industriels doivent gérer un portefeuille de produits de plus en plus complexe avec des délais/budget d’industrialisation de plus en plus courts. Ceci nécessite un outil de production plus efficace (efficience, moins de défauts, moins de pannes) avec un apprentissage accéléré. Le partage de l’information avec les machines via la digitalisation des données est un levier d’action.

 

Flexibilité (agilité) des processus : les processus internes de l’entreprise doivent pouvoir rapidement faire face aux changements (Cycle de vie de l’article, supply chain, sous-traitance et partenariat, processus collaboratif). Le système d’information doit pouvoir s’adapter pour faciliter et porter ces changements.

 

Traçabilité : elle représente un enjeu majeur, que ce soit pour des raisons de qualité, de réglementation, de service client ou de protection du marché. Nous pouvons la segmenter en 2 types de traçabilité : Track and Trace

 

  • Tracking (traçabilité logistique) : Correspond à un suivi quantitatif. Il permet de localiser les produits, déterminer les destinations et les origines.
  • Tracing (Traçabilité produit) : Permet de reconstituer qualitativement le parcours des produits. On l’utilise pour rechercher les causes d’un problème qualité.

 

Culture d’entreprise et management : la culture d’entreprise est à l’origine de la mise en œuvre d’une démarche « Industrie 4.0 » et doit en être considérée comme la pierre angulaire. Elle consiste à réorienter l’ensemble de l’entreprise autour du client, passant ainsi d’une logique « d’Offre » à une orientation sur « la Demande ». Elle se manifeste par plus transversalité, de collaboration et d’agilité en brisant les « Silos » de l’entreprise. Les impacts sur l’organisation du travail, les hommes et leurs compétences sont nombreux (ex : Décentralisation des décisions, Environnement de travail modifié et développement de nouvelles compétences numériques, capitalisation et partage des connaissances…)

 

Monnaie gratuite: pas automatiquement un futur krach !

Monnaie gratuite:  pas automatiquement un futur krach !

  

S’appuyant sur l’exemple des assignats émis pendant la Révolution française, deux économistes, Laure Desprès et André Tiran, et un ingénieur, Serge Aberdam estiment, dans une tribune au « Monde », qu’un pouvoir politique peut réguler une économie d’émission afin de compenser les effets néfastes de l’émission sur l’appareil productif et sur la répartition des richesses et des revenus.

 

Tribune. 
Le débat actuel sur la question du financement monétaire de la dette publique renvoie à diverses expériences passées, notamment celle des assignats émis en 1789 et devenus monnaie en 1791. L’actuelle doxa veut que cette émission ait été désastreuse alors que jusqu’au milieu du XIXe siècle, un grand nombre de républicains continuèrent à soutenir l’expérience des assignats et émirent un jugement moins critique. 

D’ailleurs en 1919, dans Le Papier-monnaie dans la Révolution française, un économiste russe Semion Anissimovitch Fal’kner (1890-1938) a soutenu l’émission des assignats :

– D’un point de vue politique : sans eux, la Révolution française n’aurait pas été en mesure de résister à la coalition des monarchies européennes et de financer l’effort de guerre.

– D’un point de vue monétaire : une émission monétaire débridée dans une période de crise majeure ne débouche pas automatiquement sur un krach.

– D’un point de vue social et économique : l’émission monétaire n’engendre pas inévitablement un effondrement de la production et un appauvrissement généralisé.

Une théorie originale

Semion Anissimovitch Fal’kner a entrepris son étude en 1916, au moment où le gouvernement tsariste a choisi de financer l’effort de guerre par émission monétaire. Elle fut publiée en pleine tourmente révolutionnaire, alors que la guerre civile et l’hyperinflation battaient leur plein. L’ouvrage n’a jamais été traduit, sauf très partiellement en allemand. Une traduction en français (Classique Garnier, 536 pages, 49 euros, janvier 2021), vient enfin combler cette absence.

Fal’kner a élaboré une synthèse des recherches historiques de son temps sur les assignats, ainsi qu’une théorie originale de ce qu’il appelle une économie d’émission. Pour lui, le financement monétaire des déficits publics, dans une période de crise aiguë, impacte l’économie réelle et la répartition des richesses entre les groupes sociaux, créant un système sui generis, qui fonctionne selon ses propres lois socio-économiques.

 

L’Ancien Régime avait laissé une très lourde dette publique, et la capacité d’emprunter du nouveau pouvoir révolutionnaire était quasi inexistante, les impôts rentrant très mal. Dans une situation de crise extrême, les bourgeois révolutionnaires n’hésitèrent pas à opérer une redistribution radicale des richesses en nationalisant les biens de l’Eglise, consolidant ainsi leurs propres créances sur l’Etat. 

Fondamentalement, Fal’kner considère l’émission de papier-monnaie comme une forme d’imposition, la plus puissante qui soit, à la disposition des Etats affaiblis. Chacun va chercher, en se débarrassant au plus vite de ses billets, à transférer le poids de cet impôt sur quelqu’un d’autre. Finalement, l’impôt d’émission pèse sur les plus pauvres.

Numérique : L’Inde, futur grand mondial

Numérique : L’Inde, futur grand mondial

Ancien cadre supérieur dans une entreprise française de high-tech en Inde, Antoine Imbert rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’Inde est, en 2021, à côté des Etats-Unis et de la Chine, un autre géant ignoré du numérique.

Tribune.

 

Ils sont trois et règnent sur une capitalisation boursière supérieure à celle du PIB de leur pays d’origine. Satya Nadella (Microsoft), Sundar Pichai (Alphabet) et Arvind Krishna (IBM) dirigent des entreprises dont la valeur cumulée dépasse les 3 000 milliards d’euros. Formés en Inde puis aux Etats-Unis, ayant gravi un à un les échelons de leurs entreprises, ils témoignent à leur manière de la formidable ascension numérique débutée il y a une vingtaine d’années par l’Inde et ses ingénieurs.

A cette époque, la peur du « bug de l’an 2000 » nécessite la mise à jour de millions de lignes de codes pour éviter des perturbations dans les systèmes bancaires, de transport ou d’énergie. Le temps est compté et les ressources insuffisantes : l’Inde s’impose alors comme un partenaire incontournable, disposant des milliers d’informaticiens qualifiés et anglophones alors nécessaires. L’an 2000 passera finalement sans encombre, et les ingénieurs en question démarrent leur ascension.

Alors que les regards sont tournés vers la Silicon Valley, l’Inde affirme sa spécificité comme véritable « usine logicielle » du monde, développant et maintenant les systèmes informatiques qui sous-tendent l’économie mondiale. Les services informatiques ont été le fer de lance de cette transformation, démarrée sous le sceau de la sous-traitance, et qui a vu le secteur passer de 0 % à 8 % du PIB indien en 2020.

Pourtant, dans le monde numérique, l’Inde demeure assez largement dans l’ombre, éclipsée par la puissance américaine et l’ascension chinoise. Les entreprises françaises et européennes, à quelques exceptions près, comprennent mal ce marché et tardent à l’investir. A tort, car la puissance numérique indienne s’articule désormais autour d’un vivier de talents unique au monde de 4,5 millions de développeurs, de multinationales, de centres de recherche et d’un écosystème important de start-up.

Longtemps attirés par les Etats-Unis, les jeunes surdoués issus des Indian Institutes of Technology sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à créer leur entreprise en Inde et à vouloir contribuer directement au développement du pays. Surtout, le marché intérieur est en pleine expansion. Comme toujours avec l’Inde, les chiffres donnent le tournis : avec 600 millions d’utilisateurs Internet disposant du réseau mobile le moins cher du monde, la numérisation touche une très large part de la population et transforme à grande vitesse les usages, dans les paiements mobiles par exemple.

Janet Yellen, futur secrétaire d’État au Trésor veut une politique encore plus accommodante

Janet Yellen, futur secrétaire d’État au Trésor veut une politique encore plus accommodante

 

Janet Yellen, la candidate au trésor américain, veut encore i davantage de liquidités pour les États-Unis non seulement pour lutter contre la pandémie mais aussi pour soutenir l’économie et la transition écologique. Elle a aussi évoqué la lutte contre la concurrence déloyale de la Chine. Janet Yellen a donc exhorté les législateurs mardi à «agir gros» sur les dépenses de secours contre les coronavirus, arguant que les avantages économiques l’emportent de loin sur les risques d’un endettement plus lourd.

Les impôts sur les entreprises et les riches devront éventuellement augmenter pour aider à financer les plans ambitieux de Biden d’investissement dans les infrastructures, la recherche et le développement et pour la formation des travailleurs afin d’améliorer la compétitivité de l’économie américaine, a-t-elle déclaré aux membres du Comité sénatorial des finances.

Mais cela ne viendrait qu’après avoir freiné la pandémie de coronavirus, qui a tué plus de 400000 personnes aux États-Unis, et la dévastation économique qu’elle a provoquée.

Yellen, qui a parlé par liaison vidéo, a déclaré que sa tâche en tant que chef du Trésor sera d’aider les Américains à endurer les derniers mois de la pandémie alors que la population est vaccinée, et de reconstruire l’économie pour la rendre plus compétitive et créer plus de prospérité et plus d’emplois.

«Sans autre action, nous risquons une récession plus longue et plus douloureuse maintenant et des cicatrices à long terme de l’économie plus tard», a-t-elle déclaré.

Yellen a déclaré que l’allégement de la pandémie aurait la priorité sur les augmentations d’impôts, mais les entreprises et les riches, qui ont tous deux bénéficié des réductions d’impôts républicaines de 2017, «doivent payer leur juste part».

Autriche : un futur délit «d’islam politique»

Autriche : un futur délit «d’islam politique»

D’après une information de l’opinion suite aux attentats islamistes, l’Autriche envisage l’introduction d’une infraction pénale pour «  islam politique  ». Un délit qui viserait ceux qui favorisent l’islamisme sans être pour autant des terroristes

Il reviendrait au juriste de  définir des «  critères clairs  » afin d’établir l’appartenance à une organisation relevant de «  l’islam politique : «  une idéologie autoritaire qui veut transformer la société selon des valeurs considérées comme islamiques par ses sympathisants mais qui sont en contradiction avec l’ordre démocratique.  »

D’après le pouvoir, les Frères musulmans, visés par de multiples perquisitions la semaine dernière, constituent l’exemple parfait des organisations dans le collimateur de Vienne. «  Les Frères musulmans se distancient en Europe de la violence afin d’obtenir plus d’espace dans la société pour agir. Ce n’est qu’une stratégie. Pour se distancier de la violence en tant que Frère musulman, il faut rompre avec toute l’idéologie de la confrérie, avec ses pères fondateurs, avec sa symbolique

Sebastian Kurz, le président autrichien, se positionne stratégiquement depuis longtemps contre «  l’islam politique  ». Pour les responsables de la communauté musulmane, il reprend sous un terme plus policé l’islamophobie de l’extrême droite, avec qui il a gouverné de 2018 à 2019. L’écho au sein de la population est garanti : 70 % des Autrichiens considèrent que l’islam n’est pas compatible avec le monde occidental.

«5G et fibre support de l’industrie du futur. »

«5G et fibre support de l’industrie du futur. »

« Le déploiement des réseaux très haut débit est une condition sine qua non de l’essor de l’économie numérique », écrit dans l’Opinion  le président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication Laurent Tardif.

 

« J’ai bien conscience des débats autour de la technologie 5G, qui cristallise les tensions politiques autour des questions sanitaires et environnementales. Toute innovation majeure apporte son lot d’inquiétudes, qui relèvent aussi parfois d’un registre plus émotionnel que rationnel. Mais là n’est pas mon propos. D’un point de vue industriel, il s’agit d’un véritable outil de performance au service de la modernisation de notre appareil productif.

Avec la multiplication du trafic global de données mobiles par plus de six entre 2017 et 2022, en particulier avec l’essor des objets connectés, seul un déploiement soutenu des infrastructures très haut débit permettra de maintenir l’avance technologique de nos industries. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la technologie 5G ne se résume pas aux derniers mètres de l’infrastructure d’accès vers les smartphones ni aux seuls usages récréatifs d’internet. Elle représente tout un écosystème qui constituera le système nerveux de l’industrie et des services en France pour les 15 prochaines années.

Les infrastructures numériques sont plus que jamais clés dans la transformation numérique de notre économie et de notre société. Elles rendent possible le développement de réseaux de qualité, pérennes et sûrs pour répondre aux besoins croissants des populations, des entreprises et des administrations.

Mais plus encore, la 5G ne se résume pas à une simple évolution des débits de la 4G, permettant au grand public de consommer toujours plus de vidéos sur les smartphones. C’est avant tout une nouvelle architecture réseau, dont les capacités sont démultipliées par la virtualisation. Il s’agit d’une véritable rupture dans l’approche des fonctionnalités permises par les réseaux mobiles.

Connectée à une infrastructure très haut débit, la 5G est un formidable accélérateur de modernisation pour l’industrie et les services. Les sauts de performance représentés par cette technologie serviront de nombreux secteurs et permettront à de nouveaux usages d’émerger, dans l’industrie notamment.

Avec des connexions plus rapides, des capacités de transferts de données plus élevées et un nombre important de connexions simultanées, son employabilité promet d’être très étendue. Parmi les nouveaux usages industriels, je pense à l’optimisation des opérations de production, à la maintenance prédictive, aux usines reconfigurables, à l’amélioration de la chaîne logistique, à la réalité augmentée ou encore à une connectivité généralisée qui contribueront à rendre l’outil de production plus efficace, facile d’usage et sûr.

Ce haut niveau de performance des réseaux soutiendra également l’essor de secteurs innovants comme l’e-santé et la télémédecine, les nouvelles mobilités avec les véhicules connectés et autonomes ou encore les villes intelligentes. Et avec cela de nouveaux services pour une meilleure gestion du trafic urbain, de l’air intérieur, des déchets, des émissions de CO2 ou encore de l’efficacité énergétique.

Bien évidemment, ce déploiement doit s’opérer dans des conditions qui permettent de conjuguer la capacité d’innovation des entreprises et la confiance numérique. Mais ne l’oublions pas, la France dispose aussi sur son territoire d’une filière industrielle numérique d’excellence sur laquelle le développement de la 5G peut s’appuyer : composants, sous-systèmes et systèmes électroniques, équipementiers, fabricants de biens numériques et d’infrastructures, éditeurs de logiciels.

A l’heure où le numérique est au cœur de la relance, le déploiement de cette technologie garantit la compétitivité de nos entreprises, en évitant le risque d’un décrochage technologique. Compte tenu des besoins, qui s’inscrivent dans un cadre concurrentiel global, il est absolument vital de favoriser son déploiement en France et en Europe pour conserver notre souveraineté numérique.

Le potentiel de cette technologie pour l’industrie est immense. Et l’enjeu suffisamment stratégique pour ne pas laisser d’autres pays prendre une avance difficile à rattraper !

Laurent Tardif est président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec) et PDG Europe du Sud du Groupe Prysmian.

Édouard Philippe futur patron d’Atos ?

Édouard Philippe futur patron d’Atos ?

On peut se demander quelle est la signification de la nomination d’Édouard Philippe comme administrateur d’Atos. Cette grande entreprise de services informatiques a été présidée jusqu’à récemment par Thierry Breton devenu commissaire européen. Ce pourrait être le moment venu l’occasion pour Édouard Philippe d’une reconversion. Ce ne serait pas la première fois qu’un technocrate a un pied dans la politique et un pied dans le business. Une forme de pantouflage un peu traditionnel en France. Édouard Philippe est sans doute conscient que son avenir politique est relativement bouché pendant encore sept ans c’est-à-dire tant que Macron risque de rester pouvoir. Les activités à la mairie du Havre ne lui suffisent  sans doute pas. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui a quitté ses fonctions début juillet, devrait donc rejoindre cet automne le conseil d’administration de la société de services informatiques Atos, rapporte mardi Les Echos.

Le groupe proposera à ses actionnaires qu’il rejoigne son conseil d’administration comme administrateur indépendant lors de sa prochaine assemblée générale du 27 octobre, précise le journal.

« C’est pour moi une manière de travailler à nouveau pour l’industrie française et pour un champion européen », déclare Édouard Philippe, qui a travaillé plusieurs années pour le groupe nucléaire Areva, cité par le quotidien.

« Atos a des compétences clefs pour notre pays, au coeur des enjeux digitaux et d’indépendance technologique. Je suis très heureux de pouvoir apporter à l’entreprise et à son conseil d’administration mon expérience », ajoute l’ancien chef de l’exécutif, qui est redevenu maire du Havre depuis son départ de Matignon.

 

«Le blé français : un enjeu pour le futur».

«Le blé français : un enjeu pour le futur».

 

Sébastien Abis,  directeur du Club Déméter et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), développe l’enjeu de la production de blé français dans l’Opinion. Sébastien Abis est aussi codirecteur de l’ouvrage annuel Le Déméter, qui explore les grandes thématiques agroalimentaires mondiales

 

 

En raison d’un excès de pluie à l’automne 2019, au moment des semis, et d’un printemps 2020 trop sec qui ont impacté les rendements, la dernière moisson en blé de la France n’est pas très élevée : 29,2 millions de tonnes (Mt). C’est la seconde moins bonne depuis le début du XXIe siècle ; la moyenne annuelle des vingt dernières années se situant à 35,6 Mt. Pour autant, trois considérations doivent être faites pour contrer certains discours négatifs qui circulent actuellement à propos de la filière blé, qui reste l’un des fleurons de l’agriculture française.

Le premier rappel insiste sur le contexte global. En 2020, sur la planète, ce sont 760 Mt qui sont produites. Un chiffre record, à comparer avec les 600 Mt de la production mondiale au début des années 2000. Si la Chine et l’Inde sont les deux premiers pays producteurs, avec 135 et 105 Mt respectivement, c’est ensuite la Russie, avec 80 Mt qui occupe la troisième marche du podium. Dans le cadre de son réarmement agricole, Moscou a pleinement misé sur son potentiel céréalier. Le pays produit deux fois plus de blé aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

Il ne faut pas oublier les États-Unis, avec 50 Mt, puis le Canada à 30 Mt et l’Ukraine à 27 Mt. Surtout, il convient de préciser que dix pays réalisent à eux seuls 80% de la production mondiale de blé, alors que ce produit est consommé sur tous les continents, quotidiennement et plusieurs fois par jour. Ces chiffres permettent donc de situer la place de la France à l’échelle globale. Notre pays est le 5e ou 6e producteur selon les années, mais figure bien dans cette catégorie de nations céréalières privilégiées.

Nous ne saurions être complets si nous ne mentionnons pas le fait que l’Union européenne constitue la première puissance en blé de la planète, avec une récolte qui oscille entre 130 et 150 Mt par an. C’est le résultat d’une Union à 27 Etats membres : libre à chacun d’interpréter ce que cela confère en avantage stratégique dans le monde contemporain.

Surplus. Mais revenons au cas de la France, pour ajouter son rang à l’export. Les deux géants chinois et indien produisent du blé pour nourrir une population colossale. Ce ne sont pas des exportateurs de blé, à la différence de la France, qui peut consacrer en moyenne la moitié de sa récolte au commerce vers les pays européens ou plus lointains. Avec des besoins domestiques de 20 Mt environ, la France dispose de surplus mobilisables à l’export conséquents chaque année, la positionnant au 4e ou 5e rang mondial ces dernières années, derrière la Russie, les États-Unis, le Canada et parfois l’Ukraine. En outre, la qualité des blés confère à la France une notoriété réelle sur les marchés internationaux, tout comme elle satisfait aux attentes des consommateurs d’ici et d’ailleurs.

Le second rappel concerne le temps long. D’abord, la France n’a pas toujours été autosuffisante en céréales. Elle importait massivement du blé depuis l’étranger jusque dans les années 1960, en particulier des anciennes colonies nord-africaines. Sa production n’était que de 10 Mt. C’est l’ambition d’indépendance alimentaire alors fixée à l’époque, tant dans l’Hexagone qu’au niveau européen, qui offre un cadre politique aux agriculteurs prévisible et stimulant. La hausse des rendements développe la performance céréalière de la France, qui devient le premier producteur européen et ne quitte plus depuis ce rang. Ensuite, sur le temps long, nous pouvons dépasser les chiffres des moissons estivales ou des moyennes annuelles.

Petit pays. Raisonnons un instant en dynamiques. La France a produit 750 Mt de blé au XXIe siècle, soit l’équivalent de la récolte mondiale 2020. Pas mal pour un si petit pays, où les surfaces dédiées au blé s’avèrent dix fois inférieures à celles de Russie qui s’est réarmée depuis deux décennies en matière agricole et céréalière. Mais, avec 1 170 Mt produites depuis vingt ans, la Russie n’écrase pas radicalement la France si l’on prend soin de regarder les choses sur la durée. La réalité, c’est que l’écart se creuse entre les deux pays depuis le début des années 2010. La Russie a produit 300 Mt de blé de plus que la France, là où le différentiel n’était que de 100 Mt au cours de la décennie 2000.

Les changements climatiques et réglementaires, le poids de la fiscalité et un soutien des pouvoirs publics sans doute moindre que par le passé fragilisent les performances céréalières ces dernières années en France. Là où la Russie investit et accélère, la France a plutôt eu tendance à hésiter et à stagner. C’est la photographie des dix dernières années, mais dont l’impression est bien moindre si l’on regarde la dynamique sur vingt ans.

Et comme en géopolitique le temps long compte énormément, il convient de ne pas démultiplier les messages négatifs sur la France du blé car dans la durée, c’est avec du positif que nous devons l’évaluer. Les chiffres de production et à l’export ont un sens. Quand on parle de blé, la taille de la France grossit considérablement sur un planisphère. Au moment où nous prétendons être une puissance repère dans le monde, il est sans aucun doute opportun de pouvoir nommer des domaines dans lesquels la France représente concrètement un point de repère.

Le troisième rappel porte sur le rôle de la géographie. Alors que le débat est vif sur la mondialisation et l’étirement parfois excessif des flux de marchandises, il faut valoriser la régionalisation du commerce céréalier de la France. Celle-ci est premièrement européenne, puisque ce sont en moyenne 6 à 8 Mt qui sont exportées chaque année dans les pays communautaires depuis le début du siècle. Mais la régionalisation est également méditerranéenne, puisque cet espace représente un marché comparable à celui de l’UE. A l’échelle du globe, la France du blé pratique donc plutôt le circuit court !

Cela ne l’empêche pas de vendre des quantités en Afrique de l’Ouest et parfois à la Chine mais, là encore, les statistiques sur deux décennies sont implacables : la France a exporté 335 Mt de blé au total, 155 Mt vers les pays européens, 125 Mt vers le Sud et l’Est du bassin méditerranéen. Et soyons plus précis vis-à-vis de ces voisins méridionaux. Quatre pays (Algérie, Égypte, Maroc et Tunisie) ont importé 110 Mt de blé français en 20 ans, dont 60 Mt pour la seule Algérie. L’Afrique du Nord, c’est donc en moyenne 35% à 40% des exportations totales de la France chaque année.

Pour le dire autrement, un hectare de blé sur cinq récolté en France se retrouve consommé de l’autre côté de la Méditerranée. Cette mer apparaît souvent comme une zone de fractures. Elle est aussi un espace de coopérations et de solidarités dans des secteurs indispensables à la vie des populations.

D’ailleurs la France, malgré la crise de la Covid-19 et les contraintes inévitables que cela a posées en termes de logistique, a su être au rendez-vous de ces engagements et des besoins des pays méditerranéens. Notre pays ne s’est pas replié sur lui-même et n’a pas suspendu le commerce de produits de première nécessité. L’exportation de blé sur la campagne 2019-2020 qui vient de s’achever a été record vers les pays tiers : 13,5 Mt, dont 8,5 vers les quatre pays nord-africains. Entre les hinterlands céréaliers, les opérateurs de la filière et les principaux terminaux portuaires (Rouen, Dunkerque, La Pallice), les activités furent intenses pour rapprocher la terre et la mer, et donc l’offre hexagonale de la demande européenne, méditerranéenne, voire asiatique (1,6 Mt vers la Chine). En somme, le blé français n’a pas vécu de confinement.

A ces éléments géographiques depuis deux décennies feront écho de probables variables déterminantes à l’avenir. Pour lutter contre les émissions de CO2, la vitesse des navires devrait se réduire. Or les frais de transport entrent pleinement dans la composition du prix des approvisionnements de matière première comme le blé. La proximité géographique pourrait donc jouer un rôle accru.

De même, la France ne peut ignorer que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la région la plus fortement dépendante des marchés internationaux pour se nourrir. Les besoins céréaliers s’accroissent. Les importations de blé y sont passées de 30 à 60 Mt par an au cours des deux dernières décennies. En raison des chocs météorologiques, des stress hydrique et foncier, et sans parler de potentiels nouveaux soubresauts politiques, ces pays du sud et de l’est de la Méditerranée compteront sur les rares nations produisant et exportant du blé. C’est l’histoire au futur. Reste à voir si la France veut ou non en écrire encore quelques pages.

Un dernier rappel mérite aussi d’être fait : les Français ne manqueront pas de blé cette année. Même avec une récolte dégradée en dessous des 30 Mt, c’est largement suffisant pour couvrir tous les besoins du marché national. Le prix du pain n’augmentera pas, la farine sera présente dans les commerces et la sécurité alimentaire de base sera garantie dans notre pays. Il est parfois utile que cela soit dit. Mais cela ne doit pas non plus masquer la situation difficile dans laquelle se trouvent certains agriculteurs céréaliers, dont la moitié pourrait ne pas dégager de revenus en 2020.

Et cela aussi, il faut le souligner : la France ne saurait durablement rester une grande nation céréalière sans agriculteurs à même de nourrir sa puissance. A ce titre, précisons que l’objectif de souveraineté alimentaire fixé dans le plan de relance passe, certes, par la réduction de dépendances envers l’extérieur, mais aussi et surtout par de la constance dans les domaines où la France agricole s’avère indépendante et sait rayonner à l’international.

 

Accord entre La France et l’Allemagne sur le char européen du futur (MGCS)

Accord entre La France et l’Allemagne sur  le char européen du futur (MGCS)

alors que l’accord sur l’avion chasseur du futur traîne encore dans les cartons du fait de l’opposition de l’Allemagne, un accord est en bonne voie le futur char européen futur. Un accord-cadre (framework agreement) puis un accord de mise en œuvre (implementing agreement), qui permet de passer un contrat pour une étude de définition de l’architecture du futur système.

Cette commande est un préalable au développement de démonstrateurs technologiques, qui serviront à évaluer le MGCS, selon les besoins et exigences allemandes et françaises, a expliqué le ministère de la Défense allemand. La commission budgétaire du Bundestag a autorisé le lancement de cette étude d’une durée de deux ans.

« Le projet MGCS mené sous leadership allemand vise à remplacer à partir de 2035 les Leopard 2 et les Leclerc. Avec la signature de ces deux accords, l’Allemagne et la France envoient un signal important pour la coopération européenne de défense », a souligné le ministère de la Défense allemand.

 

 

Retraites: une «règle d’or» financière pour le futur système

Retraites: une «règle d’or» financière pour le futur système

 

Finalement , on a adopté une règle d’or pour les retraites très comparable aux critères européens pour la gestion des budgets généraux. Le déficit ne devra pas dépasser 3 % des recettes. Notons que cette règle qui doit structurer la politique budgétaire n’est pas particulièrement respectée en France puisque en 2020, on dépassera  assez sensiblement 3% ! Comme d’habitude en France, il s’agit d’une déclaration d’intention et il faudra se méfier de la gestion désormais complètement étatique des retraites. De toute manière, la question dépend largement de l’environnement économique, surtout de la croissance ;réforme ou pas, il faudra comme d’habitude tous les cinq ans remettre l’ouvrage sur la table. Cela d’autant plus que les nombreuses exceptions et transitions risquent d’alourdir sérieusement la facture pendant encore assez longtemps. Voté à 77 voix contre 21, l’article 1 de ce projet de loi organique vise à fixer une trajectoire pluriannuelle d’équilibre financier par tranches de cinq ans. «C’est un gage de stabilité mais aussi de prévision et de pérennité», a affirmé la députée LREM Perrine Goulet dans l’hémicycle. Un déficit pourra être toléré sur un, deux ou trois ans, mais devra être lissé afin d’assurer un équilibre sur cinq années. En cumulé, il ne pourra être supérieur à 3% du montant des recettes.

Ce pourcentage n’est pas un «chiffre au doigt mouillé», mais le «taux d’endettement le plus important qu’on ait eu au moment de la crise de 2008», de «10 milliards d’euros», pour la caisse nationale d’assurance maladie, précise une élue LREM.

À gauche, communistes et insoumis ont dénoncé une «règle de plomb» et une mesure «austéritaire», de nature à faire baisser les pensions selon eux.

La règle d’or, c’est «la règle pour les petits, l’or pour les autres», a lancé le communiste Sébastien Jumel. Le socialiste Boris Vallaud a reproché à la majorité de «donner des leçons de vertu budgétaire à travers cette règle d’or alors que la réforme n’est pas financée» et «que la conférence de financement est en cours».

À droite, Eric Woerth (LR) juge que les «règles d’or n’engagent que ceux qui y croient» et son collègue Marc Le Fur a réclamé des «garanties supplémentaires». 

À l’inverse, la marcheuse Marie-Christine Verdier-Jouclas considère que la règle d’or relève «du bon sens», pour «contrecarrer les craintes». Un équilibre tous les cinq ans permettra de «tenir compte des aléas économiques», souligne-t-elle. Ce qui confirme que finalement cette réforme des retraites sera bien réexaminée comme dans le passé et aussi régulièrement.

Comme dans le volet ordinaire, ce projet de loi organique indique que la valeur du point – unité de compte fondamentale du futur système – ne «baissera pas» et sera «a minima indexée sur l’inflation» avant de tendre vers le nouvel indicateur de «revenu d’activité par tête», a assuré la rapporteure LREM Cendra Motin. Une sorte là de  tour de passe-passe pour indiquer que les retraites seront revalorisées en fonction de l’évolution des prix dans un premier temps puis vers ce fumeux indicateur revenu d’activité par tête qui mécaniquement fera baisser les pensions.

François Baroin: futur adversaire de Macron ?

François Baroin: futur adversaire de Macron ?

Alors que les Français prévoient mais aussi redoutent  un nouveau duel Macron –Le Pen, un troisième larron pourrait bien apparaître à savoir le très discret maire de Troyes, François Baroin. D’une certaine manière, François-Baroin offre un contraste de saisissant par rapport à Macron. D’abord, son expression est toujours mesurée et rare, il ne se multiplie pas dans les médias bien au contraire. Depuis plusieurs années, il se consacre  essentiellement au problème des territoires et à la gestion de l’association des maires de France. Au sein même de son parti, les républicains, il a évité de ne pas  se mêler aux guerres paysannes et mortifères. Contrairement à Macron, Baroin n’est pas dans une posture jupitérienne. Ce qui le caractérise c’est son sens de l’équilibre et de la mesure. Le contraire d’un Macron qui se noie chaque jour un peu plus dans une sorte de diarrhée verbale qui montre toute ses contradictions et sa personnalité immature. Alors que François Baroin ne s’est  même pas déclaré 2022 et qu’il manifeste une grande réserve par rapport à cette échéance, un sondage montre qu’il est déjà largement préféré  à Macron Le maire de Troyes (Aube), de retour depuis octobre dans les instances dirigeantes renouvelées du parti, est jugé plus «compétent» qu’Emmanuel Macron par une majorité (55 %) de Français, selon un sondage de l’institut Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info.

Face au chef de l’État, il est aussi largement considéré (70 %) comme plus «proche des gens». Une dimension que le président de l’Association des maires de France (AMF) a pris soin de cultiver, en particulier cette semaine lors du Congrès annuel de l’AMF à Paris, contre un président et un premier ministre décrits comme «sourds» à la «détresse des humbles» dans son dernier livre, Une histoire sentimentale (Albin Michel).

Trois autres qualités sont davantage attribuées au maire de Troyes, passé par «l’école Chirac»: le charisme (49 %), la «confiance» suscitée (59 %) et la capacité de rassemblement (60 %). En revanche, l’autorité (38 %), la stature d’homme d’État (44 %) – caractéristiques principalement liées à la fonction présidentielle – et le dynamisme (48 %) sont prêtées en premier lieu à Emmanuel Macron.

Ces résultats devraient ravir une partie des dirigeants de LR, qui perçoivent en François Baroin un «recours» en vue de l’élection présidentielle de 2022. Et rêvent de voir le chiraquien installer un duel avec le chef de l’État, en substitution au «piège» du «face-à-face Macron-Le Pen» qu’ils ne cessent de dénoncer.

 

Futur : ultralibéral et ultrasocial ! (Alexandre Mars, Epic)

Futur : ultralibéral et  ultrasocial !  (Alexandre Mars, Epic)

Pour un Futur : ultralibéral et  ultrasocial, Une espérance pour Alexandre Marsqui  a fondé Epic, une startup à but non lucratif qui promeut le partage et la transparence  à l’aide du numérique. Peut-être cependant que cette démarche philanthropie ne suffira pas pour rééquilibrer social et économique et qu’il faudra surtout d’autres relations entre entreprises, producteurs, distributeurs et consommateurs !

 

LA TRIBUNE – Selon vous, peut-on imaginer un capitalisme plus responsable ?

ALEXANDRE MARS - Il n’y a pas d’alternative. Le monde dans lequel nous vivons est ultralibéral, c’est un fait. Par conséquent il devra être ultrasocial. On ne peut plus choisir entre soit faire du bien soit faire de l’argent, parce que ne survivront que ceux qui feront les deux, en même temps. Et aujourd’hui, il existe des solutions innovantes et simples, il suffit de les mettre en oeuvre.

En quoi l’engagement des entreprises devient-il une nécessité ?

Les entreprises sont entrées dans une ère nouvelle et ce, sous l’influence principalement de la génération Y, mais pas seulement. Aujourd’hui, une grande majorité des salariés accordent une importance au sens dans le travail. Plus de

60 % des jeunes souhaitent que leurs employeurs soutiennent une cause sociale. Les attentes vis-à-vis du monde du travail, de la consommation et des loisirs sont fondées sur certaines valeurs positives. Une entreprise portant des valeurs marque des points vis-à-vis de ses salariés comme de ses partenaires extérieurs. Quand on doit choisir entre deux entreprises dont les propositions se valent sur le terrain économique, c’est l’aspect social qui peut contribuer à faire la différence.

En quoi la philanthropie fait-elle bouger les lignes en matière de solidarité ?

Pour moi, la générosité ne doit pas se calculer en « ou » mais en « et ». En effet, elle n’est pas l’affaire de la seule philanthropie ou de l’État, ou de la religion. Elle est l’affaire de tous. Aussi, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui les richesses sont majoritairement entre les mains des entreprises. Et la philanthropie peut apporter des solutions pour mieux donner. C’est ce que nous faisons à Epic.

Dans votre livre, La Révolution du partage, vous évoquez « le manque de confiance dans les entreprises : à l’ère de l’ultralibéralisme, nous n’avons pas toujours tort de les soupçonner de greenwashing quand elles mettent en avant leurs initiatives en faveur du bien social ». Est-ce un blocage culturel selon vous ?

Il s’agit davantage d’une question de confiance. En effet, de manière générale, nous avons tous beaucoup de raisons de manquer de confiance. Pas assez confiance dans les gouvernements, les ONG, les entreprises… Bref, nous nous méfions de tout, même de ce que nous avons dans notre assiette. Or, la confiance est un élément indispensable qui permet d’avancer dans la vie, même si elle porte un risque en elle. En tout cas, c’est sur la confiance que j’ai personnellement bâti mon existence.

Comment réconcilier la société avec l’entreprise ? Pensez-vous que la transparence pourrait lever cette défiance ?

Au-delà de la question de la transparence qui me paraît évidemment indispensable, les entreprises ne doivent plus se contenter de définir une politique de responsabilité sociale. Il faut la vivre. Aujourd’hui, On ne peut plus choisir entre soit faire du bien soit faire de l’argent.  Les consommateurs ne se contentent plus de deux paragraphes dans un rapport que l’entreprise rend public, ils exigent une présence continue, quasiment quotidienne, du bien social au sein et en dehors de l’entreprise. La bonne nouvelle, c’est que des solutions simples, innovantes et indolores existent.

À Epic, nous appliquons les principes et les méthodes du business au monde philanthropique. En créant cette startup à but non lucratif il y a quatre ans, j’ai eu la même approche qu’en créant chacune de mes précédentes entreprises : mener une étude de marché pour identifier les besoins du secteur et développer des solutions innovantes pour y répondre. Nous avons tout d’abord identifié les principaux freins au don : le manque de temps, de connaissance dans la sélection des organisations sociales à qui donner et de confiance dans le suivi des dons. Pour répondre à ces problématiques, Epic sélectionne des organisations sociales exceptionnelles et à fort impact au travers d’une méthodologie sophistiqué et selon 45 critères de sélection. À ce jour, nous avons retenu dans notre portefeuille 30 organisations sociales dans 12 pays à travers le monde.

Par ailleurs, nous avons réinventé l’expérience du don grâce aux nouvelles technologies. Nous avons créé une application mobile permettant aux donateurs de rester informés en temps réel des dernières actualités des organisations qu’ils soutiennent. Nous avons également réalisé une série de films en réalité virtuelle qui transportent instantanément les donateurs sur le terrain afin d’avoir une meilleure perception de l’impact de leur don. Une façon de vivre sa philanthropie de façon inégalée. Enfin, nous proposons d’autres solutions qui s’adaptent aux profils économiques des donateurs comme l’arrondi sur salaire, le don sur les transactions ou encore la promesse du partage, « Epic Sharing Pledge », qui permet aux entrepreneurs de s’engager à donner un pourcentage de la vente future de leur startup, ou aux sociétés de private equity de donner un pourcentage de leurs frais de gestion et/ou de leurs plus-values.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol