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Croissance Chine : près de 5 % au 3e trimestre, mieux que le reste du monde

Croissance Chine : près de 5 % au 3e trimestre, mieux que le reste du monde

Un chiffre officiel d’augmentation de la croissance de 4,9 % pour le troisième trimestre en Chine. Un chiffre comme d’habitude qui peut susciter des interrogation tellement les statistiques chinoises présentent un caractère politique. Cette croissance tranche avec la chute du premier trimestre de près de 7 %.

L’économie chinoise avait enregistré un taux de croissance de 3,2% au deuxième trimestre de 2020.

D’après ‘OCDE. Le PIB mondial devrait flancher de 4,5%, alors qu’en juin un recul de 6% était annoncé. Sur les économies passées en revue, toutes restent dans le rouge (la France est en chute de 9,5%, à l’exception de la Chine. Le pays d’où est partie l’épidémie devrait enregistrer cette année une croissance de 1,8%, suivi d’un rebond de 8% en 2021, deux fois plus qu’aux Etats-Unis.

 

Mais la Chine ne sera pas le moteur de la reprise mondiale: « Son modèle est désormais davantage tiré par la consommation intérieure que par les exportations » explique Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE, qui  a assorti ses prévisions de nombreux bémols, en insistant sur leur « degré d’incertitude extrêmement élevé » lié à la propagation du virus et ses conséquences. Elle insiste par ailleurs, sur la variation importante des chiffres d’un pays à l’autre, en prenant comme exemple l’Inde, économie voisine de la Chine, qui, elle, s’effondre de plus de 10% cette année.

 

Que faisait le meurtrier en France ?

Que faisait le meurtrier en France ?

Au-delà de la condamnation de ce crime abominable,  la question qui se pose est de savoir ce que faisait ce meurtrier en France. Concrètement sans doute rien à part des actes de petite délinquance. Il faut donc recentrer sa personnalité dans le cadre  de sa famille et de son entourage. D’après France Info,  il était âgé de 18 ans, le meurtrier présumé, lui-même abattu par la police après son acte, était un ressortissant russe né à Moscou de parents tchétchènes, a déclaré samedi le procureur de la République antiterroriste.

Bénéficiant du statut de réfugié, Abdoulakh A. avait un titre de séjour délivré en mars dernier et valable jusqu’en 2030, a ajouté Jean-François Ricard pendant une conférence de presse.

Le meurtrier présumé vivait avec sa famille à Evreux, dans l’Eure, à près d’une centaine de kilomètres du lieu de l’attaque. Il ne connaissait manifestement pas sa victime puisque, selon les premiers témoignages cités par le procureur, il a demandé à des élèves devant le collège de la lui désigner.

Il n’était pas suivi par les services de renseignement et n’avait jamais été condamné par la justice. Il était toutefois connu de la police pour des faits de dégradation de biens publics et de violence en réunion quand il était mineur.

Ses parents, son petit frère et un de ses grands-parents ont été interpellés vendredi soir. Les enquêteurs veulent savoir s’ils étaient au courant de son projet et s’il avait des complices.

Cinq autres personnes ont été placées en garde à vue, dont le père d’une élève du collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine, qui avait pris à partie le professeur d’histoire-géographie ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Une demi-soeur de ce parent d’élève a rejoint le groupe Etat islamique en Syrie en 2014 et fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt, a indiqué Jean-François Ricard.

Les enquêteurs ont établi qu’Abdoulakh A. était bien le propriétaire du compte Twitter sur lequel a été publiée quelques minutes après les faits une photo du professeur décapité, accompagnée d’un message dans lequel il présentait sa victime, Samuel Paty, comme celui qui a “osé rabaisser (le prophète) Muhammad” et dans lequel il menaçait le président Emmanuel Macron, “dirigeant des infidèles”.

D’après le politologue Asiem El Difraoui, spécialiste du djihadisme. “Il y a toujours derrière ces attaques une forme de terreau. Il peut être purement virtuel, alimenté par l’idée d’une conspiration contre l’islam, mais c’est plutôt rare. La plupart du temps, les assaillants sont entourés de gens qui partagent leur vision très violente inspirée au moins en partie de l’idéologie djihadiste. Ce genre d’attaques se produit sur un terrain où il y a eu un vrai travail d’endoctrinement.”

Hydroélectricité : EDF souhaite les mêmes avantages que pour les éoliennes et le photovoltaïque

Hydroélectricité : EDF souhaite les mêmes avantages que pour les éoliennes et le photovoltaïque

 

EDF serait prêt à développer l’ Hydroélectricité en France au-delà même des objectifs prévus dans la programmation énergétique dite PPE. Pour cela elle souhaite que cet objectif soit intégré dans le plan de relance économique. En outre EDF voudrait une clarification des conditions de régulation c’est-à-dire savoir si se mettra en place une concurrence qui risque de déstabiliser le marché. Enfin EDF voudrait bénéficier des mêmes avantages que les éoliennes et le photovoltaïque portés bout de bras par l’État et financés par tous les usagers de l’électricité.

EDF a envisagé ces dernières années de construire des installations pouvant représenter jusqu’à un gigawatt de puissance supplémentaire et un milliard d’euros d’investissements dans la vallée de la Truyère (Massif central) dans le cadre d’une prolongation de concession. Mais la commission européenne ne s’est pas encore prononcée et semble vouloir installer une concurrence déstabilisatrice pour EDF. L’entreprise serait prête à isoler l’activité hydroélectrique dans une structure propre qui pourrait s’intituler EDF Azur ( il y aurait aussi une entité propre pour la production nucléaire et une autre entité pour la distribution laquelle serait soumise à concurrence).

La question est évidemment stratégique car la production littéraire électrique est loin d’être marginale, et l’ hydroélectricité est dominante en matière d’énergies renouvelables.

La part des énergies renouvelables dans la production nette d’électricité atteignait 20,3 % en 2019 (hydroélectricité : 10,3 %, éolien : 6,3 %, solaire : 2,2 %, bioénergies : 1,4 %.

Le groupe EDF est le premier exploitant du parc hydroélectrique français avec environ 80% des capacités de production – soit quelque 21 gigawatts répartis entre 500 centrales et près de 300 concessions -, loin devant Engie, numéro deux du secteur à travers sa participation dans la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et sa filiale SHEM (Société hydroélectrique du Midi).

A fin 2020, 16 concessions d’EDF représentant 2,5 GW seront échues et dans l’attente d’une décision européenne.

La mise en concurrence du parc hydraulique français est un serpent de mer depuis l’annonce en 2010 d’une série d’appels d’offres pour dix barrages représentant 20% de la puissance hydroélectrique du pays, conformément à des directives européennes, qui ne s’est jamais concrétisée.

Commissariat au Plan : pou voir plus loin que le bout de son nez

Commissariat au Plan : pou voir plus loin que le bout de son nez

 

Le nouveau haut-commissaire au plan, François Bayrou, a rappelé qu’il convenait de lutter contre la dictature de l’immédiat et le laisser-faire. Il s’agit non seulement d’éclairer les scénarios d’avenir pour notamment l’économie mais tout autant d’associer les acteurs à la réflexion pour obtenir un meilleur consensus aux évolutions structurelles.

 Les médias ultra libéraux ont fortement critiqué cette résurgence du concept de plan en la caricaturant et en considérant qu’il s’agissait d’un projet visant à étatiser l’économie . La première observation qu’il convient de faire ce que le plan n’a jamais été en France un instrument orientant la totalité de l’économie. Le plan s’est toujours contenté de définir des hypothèses d’évolution et quelques priorités stratégiques sur un champ qui ne dépassait pas 10 % de l’ensemble de l’économie (4% du PIB pour le 11ème plan) .

D’autres reproches sont adressées au plan du fait de son manque de moyens. Pourtant plan n’a pourtant jamais constitué une administration très lourde. On peut même dire que les effectifs étaient assez légers mais il y avait possibilité de recourir aux compétences d’experts, d’universitaires et autres responsables de l’administration.

Pour  François Bayrou il s’agit surtout de : « Réunir, fédérer sur des lignes directrices, faire apparaître, aux yeux de tous, des points de consensus sur l’intérêt général et accepter les points qui font débat, les options différentes, voire antagonistes ». Il s’agit, , « d’établir ensemble des faits incontournables et des nécessités incontournables », qui « échappent à l’idéologie […] à la subjectivité ».

 

Le chef de l’État a évoqué trois grands thèmes de travail: la « vitalité de la France » -écologie, démographie, identité, francophonie, recherche et innovation etc.), « l’indépendance » (relocalisations, productions vitales, souveraineté agricole, dette…) et la « justice » (inégalités, éducation, santé, aménagement du territoire, aide au développement…).

 

 

Traitement Covid 19 : le remdesivir pas plus efficace que l’hydochloroquine

Traitement Covid 19  : le remdesivir pas plus efficace que l’hydochloroquine

 

Alors que  nombre de sommités médicales prétendaient que l’antiviral du laboratoire américain Gilead, le remdesivir,  était notoirement plus efficace que l’Hydrochloroquine, les évaluations n’ont pas montré d’avantage particulier du traitement américain. Pourtant,  le remdesivir  a été autorisé en France et en Europe Pas étonnant nombre des sommités médicales entretiennent des liens d’intérêt évidents avec ce laboratoire.  Finalement,  la sécurité sociale a décidé de ne pas le rembourser et le laboratoire renoncera même à ce remboursement.

« La HAS prend acte du retrait du laboratoire, avant même son audition et en dépit d’un avis favorable à l’inscription au remboursement dans certaines indications », écrit la Haute Autorité dans un communiqué. Gilead a apparemment décidé de faire marche arrière après avoir pris connaissance du projet d’avis de la commission de la transparence de la HAS, qui a évalué le médicament cet été. Le traitement est facturé 2.081 euros dans les pays développés, un prix assez élevé. À noter que l’Hydro chloroquine ne coûte que quelques euros !

 « Il est à noter que, bien que le remdesivir soit éligible à une évaluation économique, la commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP) a été dans l’incapacité d’évaluer son efficience dans l’indication revendiquée car le laboratoire n’a pas fourni de données », ajoute la HAS. La question du rapport coût/bénéfice n’aura donc pas de réponse dans l’immédiat.

 

 

TESTS : Olivier Véran constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

TESTS : Olivier Véran  constate que ça ne fonctionne plus mais ne propose rien

 

Il y a quelque chose de surréaliste dans les propos du ministre de la santé qui constate un dysfonctionnement total du système de test mais qui renvoie la responsabilité de l’organisation aux laboratoires. Demain ça ira mieux a-t-il déclaré. Pourtant les solutions sont possibles comme par exemple les tests groupés et le filtrage des candidats aux tests selon des critères médicaux précis.

Le problème c’est qu’on manque cruellement de machines d’analyse, de produits et même de personnel pour faire les tests. Comme pour les masques la pagaille et l’improvisation font office de politique La « priorisation » des tests de dépistage du coronavirus « ne fonctionne plus » face à l’augmentation de la « pression sanitaire », car les patients symptomatiques et les cas contacts représentent désormais à eux seuls « un nombre conséquent » de tests à réaliser, a reconnu jeudi le ministre de la Santé au Sénat.

Le ministre de la santé reconnaît les carences mais n’indique aucune stratégie. Notons que la prescription médicale obligatoire avait été supprimée mi-juillet.

Coronavirus : le remdesivir pas plus efficace que l’hydrochloroquine

Coronavirus : le remdesivir pas plus efficace que l’hydrochloroquine

 

Alors que  nombre de sommités médicales prétendaient que l’antiviral du laboratoire américain Gilead, le remdesivir,  était notoirement plus efficace que l’Hydro chloroquine, les évaluations n’ont pas montré d’avantage particulier du traitement américain. Pas étonnant nombre de ses sommités entretiennent des liens d’intérêt évidents avec ce laboratoire.  Finalement la sécurité sociale a décidé de ne pas le rembourser et le laboratoire renoncera même à ce remboursement.

« La HAS prend acte du retrait du laboratoire, avant même son audition et en dépit d’un avis favorable à l’inscription au remboursement dans certaines indications », écrit la Haute Autorité dans un communiqué. Gilead a apparemment décidé de faire marche arrière après avoir pris connaissance du projet d’avis de la commission de la transparence de la HAS, qui a évalué le médicament cet été. Le traitement est facturé 2.081 euros dans les pays développés, un prix assez élevé. À noter que l’Hydro chloroquine ne coûte que quelques euros !

 « Il est à noter que, bien que le remdesivir soit éligible à une évaluation économique, la commission d’évaluation économique et de santé publique (CEESP) a été dans l’incapacité d’évaluer son efficience dans l’indication revendiquée car le laboratoire n’a pas fourni de données », ajoute la HAS. La question du rapport coût/bénéfice n’aura donc pas de réponse dans l’immédiat.

«Des écolos qui considère que nous devons faire pénitence»

 «Des écolos qui considère que nous devons faire pénitence»

Jérôme Fourquet est le directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop, et l’auteur de L’Archipel françaisNaissance d’une nation multiple et divisée (Seuil), prix du livre politique 2019. Il revient sur la polémique des verres vis-à-vis du tour de France et des sapins de Noël.

Sur le Tour de France, la cérémonie du Vœu des échevins ou encore les sapins de Noël, les propos de certains maires écologistes ont fait récemment le buzz. Est-ce une stratégie politique?

Jérôme FOURQUET. - Il s’agit de marquer les esprits et de montrer qu’une ère nouvelle est en train de s’ouvrir dans une partie des municipalités du pays: les villes conquises ont vocation à être des vitrines de ce qu’est une gestion locale écologiste. Avec en ligne de mire les futures échéances locales puis nationales: les Verts espèrent sans doute remporter quelques régions, qui gèrent d’importants budgets et leur permettraient de changer d’échelle politique.

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

Novartis et Roche : un traitement oculaire à plus de 1000 euros l’injection qui ne vaut que 30 euros !

L’Autorité de la concurrence française a prononcé mercredi, une sanction de 444 millions d’euros, l’une des plus importantes de son histoire, contre les laboratoires Novartis, Roche et Genentech.

Les médicaments en cause permettent de lutter contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la maladie oculaire la plus répandue chez les plus de 50 ans, et la plus grave maladie oculaire dans les pays occidentaux. Elle peut mener à la cécité. Longtemps, un seul médicament a permis de la traiter : le Lucentis, fabriqué par le laboratoire américain Genentech, exploité et vendu par Novartis à 1 161 euros l’injection au moment des faits (aujourd’hui la Sécurité sociale a réussi à faire baisser le prix à 890 euros.

Puis, des médecins se sont rendu compte qu’un autre médicament, l’Avastin, permettait aussi de traiter la DMLA. Ce médicament fabriqué aussi par Genentech, et exploité par Roche, visait originellement à combattre le cancer. Et il coûte 30 fois moins cher : 30 à 40 euros l’injection. Les autorités publiques de nombreux pays ont donc lancé des projets de recherche pour tester l’efficacité de l’Avastin contre la DMLA, afin d’encadrer et développer cette utilisation.

Les trois laboratoires ont alors lancé une vaste campagne de communication et de dénigrement de l’Avastin qui a duré plusieurs années et qui a tué la vente de l’Avastin.

 

 

Économie et Coronavirus : « Ce que nous ne savons tout simplement pas ! »

Économie et Coronavirus : « Ce que nous  ne savons tout simplement pas ! »

Dans une tribune au « Monde », Annie Cot, historienne de la pensée économique rappelle que la prétention à prévoir ce que sera notre avenir collectif fait, depuis trois siècles, l’objet de débats épistémologiques.

Tribune.

 

 La pandémie bouscule les économistes. Sauront-ils nous aider à appréhender l’incertitude de notre avenir collectif ? La question plonge ses racines dans des débats anciens sur la possibilité même de penser un futur incertain.

Le hasard, le risque et l’aléa deviennent des objets de la pensée économique européenne à partir du XVIIe siècle. Les calculs mathématiques de probabilités proposés par Blaise Pascal (1623-1662) et Pierre de Fermat (1601-1665) sont rapidement appliqués à des questions très concrètes : prévisions démographiques, jeux de hasard, taux des rentes viagères…

Mais ce recours aux probabilités suscite des interrogations philosophiques. En 1739, le philosophe et économiste écossais David Hume (1711-1776) défend qu’il est logiquement impossible de passer d’une accumulation de séries statistiques – photographie du passé – à l’énoncé d’une loi universelle propre à prédire le futur. Ce « problème de l’induction » concerne directement les calculs de probabilités : toute prédiction de l’avenir inférée d’une répétition d’événements passés relèverait d’une pensée coutumière et paresseuse – d’un « pari imprudent » –, et non d’une démarche logique rigoureuse.

A quelques exceptions près – Richard Cantillon (1680-1734), Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui font du risque le ressort du profit de l’entrepreneur –, les économistes du XVIIIe siècle ne se saisissent pas de la question du risque. Depuis ses origines, la théorie économique définit son horizon épistémologique à partir de la physique, non des mathématiques ou de la philosophie. C’est donc la mécanique du XIXe siècle qui conduit les économistes à fonder leurs modèles sur une conception déterministe et causale de l’équilibre, qui ne prend en compte ni les anticipations ni le risque.

Le début du XXe siècle modifie cette perspective : les théories de la relativité et des quanta suscitent l’intérêt des économistes pour l’incertitude et la prévision d’un avenir risqué. Il y a exactement un siècle, en 1921, l’économiste américain Frank Knight (1885-1972) pose les fondements analytiques des théories économiques contemporaines de l’incertitude en opposant le risque, que l’on peut mesurer en termes de probabilités, à l’incertitude radicale, qui se caractérise par l’impossibilité de la prévoir ou de la mesurer.

 

Plan de relance: repoussé parce que trop flou

Plan de relance: repoussé parce que trop flou

 

 

Inutile de tourner autour du pot, le plan de relance du gouvernement n’est pas au point et il a dû être repoussé d’au moins une semaine. En cause,  le fait qu’il n’est pas suffisamment ciblé et pas à la hauteur des enjeux. Preuve d’ailleurs,  la multiplication des interventions du Premier ministre « sur le terrain » commence à lasser sérieusement de même que l’activisme médiatique des autres ministres. D’autant que Castex n’apporte rien sur le fond et surtout pas de vision pour éviter la crise socio-économique voire même sanitaire.

Officiellement, le plan du gouvernement prévoit 100 milliards de soutiens dont 30 milliards à la transition écologique, trois milliards devant également favoriser l’investissement des entreprises. Quelque 30 milliards d’euros doivent permettre de financer cette année le dispositif d’activité partielle et huit milliards l’année prochaine. En faite 100 milliards qui seront mis un peu à toutes les sauces.

Ces 30 milliards à la transition écologique n’ont aucun sens car la problématique environnementale doit être intégrée dans l’ensemble de la politique économique et il est complètement impossible d’identifier clairement ce qui est de nature environnementale ou pas. En outre, l’action environnementale ne peut se limiter à la question de l’enveloppe financière, elle doit utiliser l’outil de la régulation et la mobilisation des consommateurs.

La vérité c’est que le gouvernement est dans le flou, qu’il n’a pas réellement identifié les enjeux sociaux économiques qui vont conduire notamment à 1 million environ de chômeurs supplémentaires. De ce point de vue, les résultats économiques de la France sont particulièrement catastrophiques avec une baisse du PIB de près de 14 % au second trimestre. Une baisse supérieure à la plupart des autres Etats européens.

La question sanitaire ne saurait expliquer les hésitations du gouvernement même cette problématique doit être sérieusement prise en compte avec la remontée des contaminations. Mais là aussi, on sent nettement la peur du gouvernement pour imposer des mesures d’hygiène qui pourraient contrarier les électeurs.

Dans un communiqué, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, justifie cette décision par le souhait du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et du Premier ministre, Jean Castex, que le gouvernement se concentre pleinement d’ici là sur les questions sanitaires liées notamment à la rentrée des classes et au port du masque obligatoire dans les entreprises.

“Le plan de relance est prêt, le calendrier prévu pour sa mise en œuvre est évidemment maintenu. La mobilisation du gouvernement est totale pour mener de front la protection des Français face à l’épidémie et la relance nécessaire de notre économie face à la crise”, a précisé Gabriel Attal.

Un conseil de défense et de sécurité nationale consacré a l’épidémie de coronavirus, qui progresse de nouveau fortement en France, se tiendra mardi matin à l’Elysée.

“Alors qu’entrera en vigueur dans 10 jours l’obligation du port du masque en entreprise et pour les élèves des collèges et lycées, le gouvernement est pleinement mobilisé pour préparer cette échéance sanitaire”, souligne-t-il.

L’économie française a connu un plongeon record au cours du deuxième trimestre marqué par un mois et demi de quasi-paralysie de l’activité sous l’effet du confinement.

Ouragans : pires que prévus en 2020

Ouragans : pires que prévus en 2020

L’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). La NOAA  avait déjà averti en mai que l’Atlantique connaîtrait une saison 2020 probablement «au-dessus de la normale», a ainsi revu ses prévisions à la hausse.

L’institution, qui prévoyait entre 13 et 19 tempêtes, s’attend désormais à la formation d’entre 19 et 25 dépressions tropicales, dont 7 à 11 pourraient se transformer en ouragans. Entre trois à six d’entre eux pourraient atteindre la catégorie 3 ou plus, charriant des vents d’au moins 178 km/h. «C’est l’une des prévisions saisonnières les plus actives que NOAA ait émise en 22 ans d’existence», a précisé le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross. La saison dure officiellement du 1er juin au 30 novembre, avec un pic en août et septembre. La moyenne annuelle est de six ouragans, dont trois majeurs.

Elle a d’ailleurs déjà débuté, avec neuf tempêtes, dont deux ouragans, qui ont frappé le sud des Etats-Unis et les Caraïbes. La tempête tropicale Isaias a ainsi balayé il y a quelques jours la République dominicaine, Haïti, les Bahamas avant de remonter la côte est des Etats-Unis, faisant au moins 9 morts sur son passage, et privant des centaines de milliers de personnes d’électricité.

Contagion : Les asymptomatiques aussi dangereux que les symptomatiques ?

Contagion : Les asymptomatiques aussi dangereux que les symptomatiques ?

Une étude détaillée portant sur 303 personnes en Corée du Sud montre que 29% des personnes contaminées par le coronavirus n’ont jamais développé de symptômes, mais qu’elles portaient en elles autant de virus que les personnes symptomatiques. Il ne semble toutefois pas prouvé que les asymptomatiques soient des vecteurs de transmission autant que contaminées malade.

L’étude, dirigée par Seungjae Lee de l’université de Soonchunhyang et publiée jeudi dans la revue américaine Jama Internal Medicine, a porté sur un foyer de contaminations dans un groupe religieux sud-coréen à Daegu, en février. Les autorités avaient décidé de placer à l’isolement les cas positifs avec peu ou pas de symptômes, dans un bâtiment de dortoirs du gouvernement où des médecins et infirmières ont méticuleusement surveillé l’évolution de leurs symptômes, et testé leur charge virale régulièrement. Le groupe était jeune, 25 ans en moyenne.

L’enseignement principal est que les concentrations de virus chez les asymptomatiques étaient «similaires à celles des patients symptomatiques», rapportent les auteurs. Mais trouver des particules virales résiduelles dans le nez, la gorge ou les poumons ne signifie pas forcément que ces gens étaient contagieux. C’est l’une des grandes questions de la pandémie: à quel point les nombreux cas asymptomatiques sont-ils des vecteurs du virus? D’une part ils ne toussent pas, mais d’autre part ils ne se placent pas à l’isolement et sont donc en contact avec d’autres personnes. «Il est important de souligner que la détection d’ARN viral n’est pas synonyme de présence d’un virus infectieux et transmissible», avertissent les auteurs de l’étude. De grandes études épidémiologiques et expérimentales sont nécessaires pour le comprendre.

 

Economie Europe: baisse de croissance pire que prévue

Economie  Europe: baisse de croissance  pire que prévue

 

Résultat pire que prévu au second trimestre de sorte qu’il faut revoir le scénario pour l’ensemble de l’année 2020. Les prévisionnistes escomptés une régression du PIB de 7,5 % sur l’ensemble de l’année en cours mais avec le recul historique (12,1 %) du deuxième trimestre on sera plus proche de 10 %..Deux éléments fragilisent l’union, d’une part la chute moyenne globale qui dépasse toutes les prévisions, d’autre part l’écart inquiétant des taux d’activité dans les différents pays. Constate en effet une baisse de croissance de 10 % en Allemagne  mais 18,5 % en Espagne. La France, elle, est en dessous de la moyenne européenne avec une baisse du PIB de 13,8 %. Pourtant nombre  d’économistes et de politiques ont uni leurs efforts pour tenter de répandre un vent d’optimisme sur l’économie considérant même il y a encore quelques jours que la situation n’était pas aussi grave pouvait le penser.

Pour preuve, la veille de la publication de ces chiffres catastrophiques pour la France, le gouverneur de la Banque de France estimait que la chute de croissance ne serait pas aussi importante que prévu et même qu’à la fin de 2021, on  retrouverait le niveau de fin 2019. Un espoir complètement illusoire dans la mesure où il faudra attendre plutôt 2023 ou 2024., Bref plusieurs années avant de remonter la pente complètement sous réserve que de nouvelles crises ne se produisent pas:  crise financière, crise sanitaire ou encore crise géopolitique.

La conséquence dramatique de cet écroulement économique se traduira par une vague énorme de licenciement avec des effets effectifs importants dès la rentrée. En France,  il faudra compter au moins 1,5 millions de chômeurs en plus début 2021. Ailleurs en Europe la situation n’est guère brillante. Pour l’ensemble de l’Union européenne, le PIB recule de 11,9% au deuxième trimestre. Les chiffres de croissance désastreux s’accumulent ces derniers jours au niveau national: -12,4% en Italie, -13,8% en France, -14,1% au Portugal -18,5% en Espagne vendredi matin, -10,1% en Allemagne, -10,7% en Autriche, -12,2% en Belgique jeudi.

Bruxelles avait prévenu début juillet que les effets économiques de la pandémie de coronavirus seraient «dévastateurs» pour la zone euro. La Commission anticipe une récession sans précédent et pire qu’attendue en 2020 pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique: -8,7% en 2020, avant un rebond en 2021 (+6,1%).

 

Le taux d’inflation dans la zone euro a par ailleurs très légèrement progressé en juillet, selon une première estimation également publiée vendredi par Eurostat. Le taux s’affiche à 0,4%, contre 0,3% en juin. Il reste cependant très éloigné de l’objectif de la BCE qui est d’une inflation «proche mais inférieure à 2%». En mai, l’inflation avait atteint 0,1%. Ce n’était toutefois pas le pire taux enregistré dans la zone euro: en janvier 2015 et juillet 2009, il s’était établi à -0,6%, a indiqué une porte-parole d’Eurostat à l’AFP.

L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac – qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a par ailleurs progressé en juillet, à 1,2%, contre 0,8% en juin.

« Déficiences environnementales ailleurs que dans les accords commerciaux »

« Déficiences environnementales ailleurs que dans les accords commerciaux »

Sur les enjeux du commerce et du climat, les deux politistes du Canada Noémie Laurens et Jean-Frédéric Morin invitent, dans une tribune au « Monde », à mieux choisir ses batailles, par exemple, à s’attaquer aux subventions octroyées aux énergies fossiles, plutôt qu’à remettre en cause le CETA.

Tribune.

 

 

 

La convention citoyenne pour le climat résulte d’une expérience participative inédite en France. Un panel de 150 citoyens tirés au sort a reçu la mission de formuler des propositions visant à réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Certaines de ces propositions invitent le gouvernement à réfléchir à un nouveau modèle de politique commerciale. Tantôt trop modestes, tantôt trop ambitieuses, ces propositions manquent quelque peu leur cible.

 

La première proposition commerciale de la convention citoyenne est de renégocier l’accord de libre-échange conclu avec le Canada, le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) [en français, l’accord économique et commercial global (AECG)]. Or, lorsque l’on compare le CETA à ses homologues, il est loin de faire mauvaise figure. Il inclut un chapitre entièrement consacré à la coopération environnementale, prévoyant des obligations précises sur une série d’enjeux, dont la surpêche, les forêts et les espèces menacées. Les dispositions environnementales du CETA sont parmi les plus avant-gardistes, en comparaison aux centaines d’accords commerciaux en vigueur à travers le monde.

Les dispositions du CETA relatives aux changements climatiques peuvent, à juste titre, sembler insuffisantes. Elles n’en sont pas moins rares et exemplaires dans l’histoire des accords commerciaux

Les dispositions du CETA relatives aux changements climatiques peuvent, à juste titre, sembler insuffisantes. Elles n’en sont pas moins rares et exemplaires dans l’histoire des accords commerciaux. Parmi elles, notons l’engagement d’éliminer les obstacles au commerce de biens et services favorisant l’atténuation des changements climatiques. Bien qu’imparfait, le CETA va donc dans la bonne direction. Cet argument est renforcé par de récentes études qui établissent un lien entre les clauses environnementales des accords commerciaux et des améliorations notables sur le plan environnemental. Ainsi, abandonner le CETA constituerait un recul dans la coopération environnementale.

Un frein aux politiques climatiques

La convention citoyenne propose également de ne pas introduire de mécanisme de règlement des différends investisseurs-Etats (RDIE) dans les futurs accords commerciaux européens. Ces mécanismes permettent aux investisseurs étrangers de réclamer des indemnisations si un Etat adopte des mesures contraires aux règles prévues par l’accord.

L’existence même d’un RDIE peut conduire les Etats à renoncer à des politiques environnementales ambitieuses par crainte, justifiée ou non, de devoir verser des indemnisations élevées

 

« Un écroulement économique plus mortifère que la dette »

« Un écroulement économique plus mortifère que la dette »

Dans un entretien avec « Le Monde », Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique, détaille les propositions pour la relance économique qu’il a élaborées avec les économistes Jean Pisani-Ferry et Xavier Ragot.

Président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), un think tank rattaché à Matignon, Philippe Martin – qui participa à l’élaboration du programme du candidat Macron en 2017 – devait publier vendredi 10 juillet, avec Jean Pisani-Ferry (professeur à Sciences Po et également pilier de la campagne) et Xavier Ragot (président de l’OFCE), une note intitulée « Une stratégie économique face à la crise », remise à l’Elysée et à Bercy.

Les trois économistes y dressent un premier bilan post-confinement et proposent des mesures de relance à court et moyen termes, pour un total de près de 50 milliards d’euros.

Où en est l’économie française ?

Face à un choc inédit, les mesures mises en place par le gouvernement ont permis une protection forte et efficace des ménages. Grâce au chômage partiel, ils n’ont perdu en moyenne que 5 % de leurs revenus pendant les huit semaines de confinement, alors que le PIB baissait de 30 %.

La grande majorité des actifs (22 millions sur 30 millions) n’a pas connu de dégradation sensible de son revenu, même si 1,6 million de non-salariés, contrats courts et intérimaires a subi le choc de plein fouet. La consommation a rebondi plus fortement qu’espéré entre mi-mai et mi-juin pour revenir à une situation quasi-normale (2 % en dessous des niveaux habituels). Par contre il n’y a pas d’effet de rattrapage post-confinement.

Côté entreprises, on ne voit pas encore de vague de faillites car les prêts garantis par l’Etat ont permis de repousser le problème. Mais les questions de solvabilité sont à venir. Le PIB pourrait finalement reculer de 9 %, selon l’Insee, en 2020, et non pas de 11 % comme le prévoyait Bercy. Ce sont tout de même 50 milliards d’euros de mieux qu’espéré, même s’il reste encore de nombreuses incertitudes, notamment sanitaires.

Quelle est désormais la priorité ?

Les ménages ont beaucoup épargné pendant le confinement. Tout l’enjeu est que cette épargne contrainte accumulée (environ 80 milliards d’euros) ne se transforme pas en épargne de précaution et soit dépensée. Mais il existe des disparités de situation. Pendant le confinement, les ménages les plus modestes ont moins baissé leur consommation que les ménages aisés [car ils ont plus de dépenses contraintes]. Ils ont donc moins d’épargne, et ils sont aussi plus exposés au chômage.

Si l’on met de côté le sujet sanitaire, la période cruciale en termes de risque économique et social sera l’automne-hiver. Tout l’enjeu du plan de relance est d’éviter un cercle vicieux dans lequel la hausse du chômage et la perte de confiance des ménages et des entreprises plomberaient l’économie et provoqueraient un nouveau choc sur l’emploi. »

La science économique: une grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf

La science économique: une grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf

 

 

Il est indéniable que la science économique est indispensable à la compréhension puis à l’évolution de nos sociétés. Ceci étant  vouloir en faire une discipline quasi universelle qui couvre pratiquement toutes les autres relève d’une prétention un peu ridicule et d’une approche assez corporatiste. Témoin cette tribune -intéressante mais très corpo dans l’Opinion de Bertrand Jacquillat , vice-président du Cercle des économistes. Il est sans doute un peu prétentieux de considérer que la formation économique d’aujourd’hui est susceptible d’embrasser les dimensions non seulement économiques bien sûr mais notamment aussi sociales, environnementales, sociétales voire politiques. Et c’est bien de drame et les limites de l’analyse de trop d’études économiques. Une défense un peu corporatiste de l’expertise économique ne confère aucune légitimité et pertinence à cette discipline nécessaire mais souvent trop réductrice ( que l’approche soit théorique ou empirique). Ce qui est e cause, c’est sans doute la formation ( et l’expérience) des économistes.

 

  »…… Cette discipline ( économie)  est la seule à avoir fait le lien entre les sciences dites « dures » et les sciences sociales. L’approche que constituent l’expérimentation, l’analyse d’expériences, l’étude en laboratoire, la modélisation relève des sciences physiques, mais le but ultime de l’économie est de mieux comprendre les interactions sociales. D’aucuns disent d’elle que sa grille de lecture est trop simpliste ou trop réductrice. Mais c’est la réduire à la seule macroéconomie et aux quelques variables macroéconomiques connues du grand public.

Elle couvre en réalité bien des sujets et renoue avec la sociologie, la psychologie, la géographie ou l’histoire dans la lignée d’un Gary Becker ou d’un Daniel Kahneman, auxquels fut décerné le prix Nobel pour leurs travaux qui débordaient le champ de l’économie stricto sensu. Ce qui fait dire à l’un des auteurs, en conclusion de sa contribution, que l’avenir de l’économie se situait en dehors de l’économie… Une évolution salutaire qui lui permet de dépasser le simple Homo economicus abstrait de la théorie traditionnelle.

Loin de se montrer impérialiste, l’économie témoigne d’une certaine humilité en étant aujourd’hui au plus près des faits et des individus, avec une dimension empirique croissante. Sur la quantité de recherches publiées il y a une trentaine d’années, le ratio entre la théorie et l’empirique était de 50/50. Il est devenu aujourd’hui de 20/80. Une fois le cadre théorique défini, l’abondance toujours plus grande de données très granulaires, aussi fines que désagrégées et souvent à haute fréquence, permet d’observer, comme le ferait un biologiste avec son microscope, le comportement des individus et des organisations, en matière de production, d’achat, etc.

« Certains chercheurs s’attellent à refonder la macroéconomie à partir de la microéconomie, ce dont ont rêvé les générations d’économistes qui les ont précédées sans même tenter de s’y coller, tant la tâche leur semblait impossible »

Facilitateurs « d’honnêteté ». Cela ne veut pas dire pour autant que toute formalisation mathématique est abandonnée. Car comme le rappelle l’un des contributeurs, si la mathématisation et l’analyse statistique rigoureuse sont parfois perçues de l’extérieur comme artificielles, comme une manière de se retrouver entre experts, elles sont avant tout des facilitateurs « d’honnêteté » selon sa jolie formule. Elles obligent le chercheur à s’exposer à la contradiction, à aller au-delà de la simple intuition, à ne pas tomber dans les sophismes ou les incantations, nombreux sur les questions de société.

Même s’ils font preuve d’humilité, ces chercheurs n’en sont pas moins ambitieux. Certains d’entre eux s’attellent à refonder la macroéconomie à partir de la microéconomie, ce dont ont rêvé les générations d’économistes qui les ont précédées sans même tenter de s’y coller, tant la tâche leur semblait impossible. C’est devenu aujourd’hui envisageable pour la raison évoquée plus haut, le cloud ; les données microéconomiques qui faisaient cruellement défaut pour effectuer en pratique cette grande agrégation sont désormais disponibles.

L’un de ses promoteurs illustre comment la microéconomie peut « informer » la macroéconomie. Au cours des dernières années on observe, surtout aux Etats-Unis, une concentration accrue dans tous les secteurs qui s’accompagne d’une augmentation des profits agrégés, ce qui fait craindre l’émergence de nouveaux monopoles. Mais cette augmentation des profits agrégés ne résulte pas de la hausse des profits des entreprises individuelles, mais de l’augmentation de la taille des entreprises les plus rentables. Il s’agit d’un simple effet de pondération, qui conduirait à la mise en œuvre d’une politique industrielle et de la concurrence autre que celle qui serait entreprise sur la base de l’observation des seules données macroéconomiques.

Par la diversité des thèmes qu’ils abordent, le pragmatisme et la diversité de leurs approches, sans pour autant sacrifier à la rigueur, ces économistes français, devenus par ailleurs très influents dans leur milieu naturel universitaire, ouvrent la voie au retour de l’expertise économique dans le débat public. »

Bertrand Jacquillat est vice-président du Cercle des économistes et senior advisor de J. de Demandolx Gestion.

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

Très récemment la banque fédérale américaine (FED) a déclaré qu’elle conduirait une politique aussi accommodante que possible pour soutenir l’économie. Il a même été précisé que toutes les liquidités seraient accordées et que par exemple il n’y aurait aucune limitation au rachat d’obligations. En clair que la banque fédérale ferait tourner autant que nécessaire la planche à billets. En réponse la banque centrale européenne par la voie François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution reprend à peu près le même discours en affirmant que la politique de la banque centrale européenne serait tout aussi accommodante et même qu’elle est prête à innover davantage avec ses outils de politique monétaire si nécessaire, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution. D’une certaine manière c’est un peu une compétition qui s’installe entre les grandes banques centrales en matière de gestion très accommodant des liquidités. Il est clair cependant que le moment venu des ajustements ce produiront via les parités, l’inflation via  l’éclatement de bulles ( exemple soutien à certains secteurs structurellement défaillants qui ne pourront jamais rembourser leurs dettes )

Emploi États-Unis : croissance des emplois en même temps que le Coronavirus

Emploi États-Unis : croissance des emplois en même temps que le Coronavirus 

 

 

C ‘est sans doute la principale contradiction à savoir la montée en puissance des créations d’emplois au mois de juin ( près de 5 millions au lieu de 3 millions attendus) alors que parallèlement le Coronavirus affecte de plus en plus de personnes au rythme actuel de 50 000 par jour. Sans doute d’ailleurs un effet mécanique. L’ l’insuffisance des mesures sanitaires favorise le développement du virus avec la progression des activités économiques.

Le département du Travail a fait état de 4,8 millions de créations d’emplois non-agricoles le mois dernier, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 3,0 millions.

Ce chiffre est le plus élevé jamais enregistré sur un mois depuis le début du suivi des chiffres de l’emploi par Washington en 1939.

Les créations de postes de mai ont en outre été revues en hausse à 2,699 millions contre 2,509 millions annoncé initialement.

Le rebond des deux derniers mois est toutefois loin de compenser l’explosion du chômage subie en avril avec 20,787 millions d’emplois détruits.

Les bons chiffres de juin s’ajoutent à une série d’indicateurs, sur la consommation des ménages entre autres, qui reflètent un rebond net de l’activité économique. Cette embellie qui pourrait toutefois être remise en question par la remontée des chiffres de l’épidémie ces derniers jours dans de nombreux Etats, dont la Californie, le Texas et la Floride, les plus peuplés du pays.

Les économistes expliquent aussi la vitesse et l’ampleur du rebond de l’emploi par l’impact du “Paychek Protection Program”, un dispositif mis en place par l’Etat fédéral pour prêter aux entreprises des sommes qu’elles ne remboursent que partiellement si elles les utilisent pour continuer de payer leurs salariés.

Mais les crédits alloués à ce “PPP” sont pratiquement épuisés, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle vague de licenciements.

Les inscriptions au chômage tendent pour l’instant à se stabiliser: elles sont revenues à 1,427 million la semaine dernière après 1,482 million la semaine précédente.

En même temps que ce rebond de l’emploi, la croissance du nombre d’infections du Corona =virus ne ralentit pas. En effet, au moins 53.069 nouvelles infections au coronavirus ont été recensées aux Etats-Unis en 24 heures, selon le comptage jeudi à 20 heures 30 locales de l’université Johns Hopkins, un niveau record depuis le début de la pandémie, à la veille du long week-end de la fête nationale. Cela porte à plus de 2,7 millions le nombre total de cas détectés dans le pays. 649 personnes sont décédées du Covid-19 sur le sol américain lors dès dernières 24 heures, 128.677 depuis le début de la crise sanitaire mondiale.

Le niveau des cas nouvellement détectés aux Etats-Unis est plus élevé qu’à aucun moment depuis l’apparition du Sars-Cov-2, et les hospitalisations augmentent dans plusieurs foyers comme Houston (Texas) et Phoenix (Arizona).

Au Texas, près de 8.000 nouveaux cas ont été recensés depuis mercredi, forçant le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics de son grand Etat du Sud américain, à la veille des festivités du 4 juillet. Celles-ci sont traditionnellement marquées par des réunions familiales ou de grands rassemblements pour assister aux feux d’artifices. Les autorités craignent alors une propagation du virus, qu’elles admettent ne pas contrôler totalement.

Pour fêter l’indépendance des Etats-Unis, le président Donald Trump prévoit d’assister vendredi avec sa femme Melania Trump à des feux d’artifice au Mont Rushmore, haut lieu touristique du Dakota du Sud, où les têtes d’anciens présidents ont été taillées dans le granite.

Crise économie française plus profonde et plus rapide que prévue

Crise économie française plus profonde et  plus rapide que prévue

Plusieurs facteurs explicatifs permettent de comprendre le rythme et l’ampleur de la crise. D’abord plus de la moitié des salariés du privé ont été couverts par le chômage partiel ce qui a complètement masqué la réalité sous-emploi. Pendant presque deux mois l’économie a tourné à moins de 60 % de ses capacités. Certes la reprise s’amorce mais il y a encore de nombreuses difficultés d’approvisionnement tant dans l’industrie que dans les commerces. Une conséquence de la crise de l’offre qui a paralysé en grande partie la production. Maintenant c’est fort logiquement que la crise du chômage s’envole car l’heure n’est pas évidemment aux embauches sauf dans quelques secteurs très tendus mais plutôt au plan d’ajustement des effectifs ne serait-ce que pour amortir des coûts fixes alors que les recettes étaient très affaiblies voire nulles. Le pire des défaillances devrait être connu au cours du dernier trimestre 2020

Pour résumer , on pourrait connaître du deuxième trimestre une récession de 20 % et au total sur d’année une baisse de près de 10 % du PIB. Pendant presque deux mois l’économie a été en grande partie paralysée tout cas fonctionnait en mode réduit. La reprise aura forcément lieu mais elle sera sans doute plus progressive qu’on ne l’espérait. Comme indiqué un certain nombre d’experts notamment des États-Unis,  il faudra attendre au-delà de 2021 pour retrouver les niveaux de 2019.

 

Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait aussi affirmé que la période de déconfinement coûterait au moins trois points de PIB cette année.  »J’ai toujours indiqué que les 8% de chute de croissance étaient un chiffre provisoire (…) Il faut nous attendre à des chiffres de récession très dégradés pour 2020 en France », a commenté mercredi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur Radio Classique.

 

« Il y a évidemment des secteurs qui sont particulièrement touchés puisque pratiquement interdit d’activité par exemple tout ce qui touche au tourisme, à l’hôtellerie, à la restauration , événementiel, voir un certains secteurs du transport. Dans les entreprises ,  stocks sont à reconstituer , encore que la production des fournisseurs reprenne. Certains achats ont pu être reportés, donc décalés dans le temps mais d’autres seront purement et simplement annulées entre parenthèses ( tourisme, restauration, événementiel) ou encore certains investissements aussi bien des entreprises que des particuliers. La crise sanitaire à évidemment provoqué une paralysie de l’offre une grande partie.

 

 La crainte c’est que maintenant excède une crise de la demande, en tout cas une réduction du fait des incertitudes qui tournent autour de l’avenir quant à la bague de défaillance d’entreprise et au licenciement qui vont l’accompagner. Les Français sont aussi inquiets de la détérioration de la situation financière globale dont il perçoit mal encore et pour cause les modalités d’amortissement mais qui pourrait d’une manière ou d’une autre se traduire par une diminution du pouvoir d’achat immédiat et où de l’épargne. D’où des records sur le livret A

( ou équivalent) de 500 milliards et autant sur les comptes courants. Les mesures d’encouragement du gouvernement à la consommation pourraient débloquer en partie la situation mais peut-être pas suffisamment créer une dynamique suffisante de la reprise. Il ne faut pas s’attendre à ce que les investissements prennent le relais.

 

. La formation brute de capitale fixe (FCBF/investissements) a plongé de 10,5% entre janvier et mars après +0,1% au dernier trimestre 2019. Les administrations publiques et les entreprises ont mis un coup d’arrêt à leurs investissements pendant cette première période de confinement, sachant que les dépenses des collectivités locales avaient déjà marqué le pas à l’approche des élections municipales.

Chez les ménages, la consommation, moteur très important de l’économie hexagonale, a également lourdement baissé (-5,3%) au cours du premier trimestre contre +0,3% au trimestre précédent. La baisse d’achats…

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