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Trump. Dernière journée et une série de grâces y compris pour lui

Trump. Dernière journée et une série de grâces y compris pour lui

D’une certaine façon , Trump  imite Poutine en s’auto-admistiant , lui et ses amis. Poutine qui a modifié la constitution pour prolonger encore ses mandats d’une vingtaine d’années (après une vingtaine d’années d’exercice passées ) a passé un coup d’éponge constitutionnelle sur les délits et crimes commis par les anciens présidents russes, y compris lui-même évidemment.

Ce que précisément envisage Trump:  Profiter d’une énorme vague d’amnistie comprenant des personnalités diverses pour y glisser la bienveillance présidentielle concernant des délits visant ses amis et lui-même.

 

Ces derniers mois, Donald Trump a déjà exonéré des collaborateurs et des proches, certains ayant été condamnés dans le cadre de l’enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016. Le milliardaire pourrait aussi décider de se gracier lui-même, des membres de sa famille ou certains des assaillants contre le Capitole le 6 janvier, quand des centaines de ses partisans avaient envahi le siège du Congrès pour tenter d’invalider la victoire de Joe Biden.

 

Cinq personnes sont mortes dans ces violences. Le président sortant, qui avait appelé ses supporteurs à marcher sur le Congrès, a été mis en accusation («impeached») pour «incitation à l’insurrection» et son procès en destitution pourrait s’ouvrir au Sénat peu après l’investiture de son successeur.

Un rejet du rachat de Carrefour: qui prend à revers les libéraux…. y compris Lemaire ?

Un rejet du rachat de Carrefour: qui prend à revers les libéraux…. y compris Lemaire ?

 

 

Laurent Izard évoque longuement dans le Figaro la problématique du rachat de Carrefour par une société canadienne. Un rachat refusé par le gouvernement qui surprend sans doute les plus libéraux y compris peut-être Lemaire  lui-même qui a milité pour ce refus!

 

 

Laurent Izard  sst normalien et agrégé de l’Université en économie et gestion. Diplômé en droit de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur de chaire supérieure, il est l’auteur de nombreux manuels d’enseignement supérieur en économie et gestion. Il est l’auteur deLa France vendue à la découpe (L’Artilleur, janvier 2019). Au mois de mars il publiera l’ouvrage À la sueur de ton front (Éditions de l’Artilleur), qui analyse les conséquences de la mondialisation sur l’emploi et la souffrance au travail.


Le géant français de la distribution Carrefour a été sollicité par le groupe d’alimentation canadien Couche-Tard pour un «rapprochement », ont indiqué mardi dernier les deux sociétés dans des communiqués distincts. Qu’en est-il plus précisément?

 

 

Laurent IZARD. - Pour le moment, on ignore les modalités exactes de l’offre proposée par le groupe canadien qui évoque une «lettre d’intention non-engageante en vue d’un rapprochement amical». En réalité, tout porte à croire qu’il s’agit purement et simplement d’une offre publique d’achat, pas nécessairement amicale. Celle-ci, sur la base d’un prix départ de 20 euros par action, valoriserait le groupe Carrefour à environ 16 milliards d’euros hors dettes.

Ce projet de grande ampleur comporte des enjeux de pouvoir et de souveraineté évidents. Précisons tout d’abord que cette offre s’inscrit dans un contexte géopolitique et économique particulier: la douloureuse ratification du CETA tout d’abord, un accord de libre-échange avec le Canada, contesté aussi bien pour des raisons écologiques qu’économiques et même de santé publique.

L’incertitude économique qui pèse sur la grande distribution ensuite: la montée en puissance des géants de l’e-commerce et la crise sanitaire ont déstabilisé de nombreux groupes et Carrefour est de surcroit financièrement fragilisé par les conséquences d’une stratégie d’expansion internationale aventureuse qui a contraint la nouvelle équipe dirigeante à se désengager de plusieurs pays dont la Chine en 2019.

On ne peut s’empêcher de voir dans l’offre de Couche-Tard une stratégie opportuniste

Sous la présidence d’Alexandre Bompard, le groupe Carrefour est parvenu à réduire son endettement mais sa valorisation boursière reste faible et l’un de ses principaux actionnaires, le Groupe Arnault, a clairement annoncé en septembre 2020, son intention de céder la majorité des actions Carrefour qu’il détient, ouvrant ainsi la voie à l’arrivée de nouveaux investisseurs.

Dans ce contexte, on ne peut s’empêcher de voir dans l’offre de Couche-Tard une stratégie opportuniste, d’où une première réaction prudente de la direction de Carrefour qui précise dans une note interne qu’elle va «examiner le projet qui lui est soumis par Alimentation Couche-Tard», afin de «déterminer si un projet peut être conçu dans l’intérêt» du groupe…

 

«Carrefour est un chaînon essentiel de la souveraineté et la sécurité alimentaire des Français, qui est en jeu dans cette opération» a souligné Bruno Le Maire sur France 5. Le ministre de l’Économie n’est «a priori pas favorable à l’idée que carrefour se fasse racheter par un groupe étranger.» Doit-on s’attendre à ce que Carrefour reste français ou est-ce simplement une opération de communication?

Le ministre de l’Économie et des Finances a effectivement immédiatement réagi après l’annonce de l’offre de Couche-Tard et a adopté un ton particulièrement offensif: il s’oppose à titre personnel à ce rapprochement, en évoquant les risques que cette opération représente pour la sécurité et la souveraineté alimentaires des Français. Une attitude qui contraste avec l’enthousiasme de ce même ministre à l’égard du traité CETA et interroge sur la cohérence de la politique du gouvernement…

D’autre part, Bruno Le Maire affirme que Bercy dispose des outils juridiques pour bloquer ce projet dans le cadre des dispositifs de contrôle des investissements étrangers visant nos entreprises stratégiques. C’est tout à fait exact: depuis un décret du 31 décembre 2019, la liste des secteurs soumis à la procédure d’autorisation préalable inclut la «sécurité alimentaire», un terme certes imprécis, mais qui ne saurait exclure la question de la logistique et de la distribution.

Il est toutefois difficile de savoir si la déclaration spontanée de Bruno Le Maire traduit réellement sa pensée ou s’il s’agit d’une simple posture destinée à se positionner favorablement en vue de futures négociations sur les modalités du rapprochement. Car les enjeux sont multiples: Carrefour, ce sont plus de 1200 magasins et 320 000 salariés à travers le monde, dont 100 000 en France.

Par le passé, la plupart des fusions ont donné lieu à d’importantes compressions d’effectifs. C’est d’ailleurs l’une de leurs finalités: les fusions ne visent pas qu’à atteindre des objectifs de dimension ou de complémentarité industrielle ou commerciale: il s’agit aussi, dans le cadre d’une démarche stratégique, de rationnaliser l’activité, ce qui se traduit notamment par la fermeture ou le repositionnement des sites non rentables et une inévitable chasse aux «doublons» même si, dans le cas présent, l’absence de recoupement territorial limite les risques. On comprend dès lors l’inquiétude d’Élisabeth Borne, la ministre du Travail, qui a elle aussi immédiatement exprimé son opposition à ce projet en mentionnant les risques d’une évolution de l’actionnariat de Carrefour, notamment pour l’emploi des jeunes…

Notre pays (…) risque très prochainement de ne plus être, pour la première fois de son Histoire, en situation d’autosuffisance alimentaire

Et on peut d’autre part légitimement s’interroger sur la capacité financière de Couche-Tard à accompagner le développement du groupe Carrefour en tenant compte des intérêts des différentes parties-prenantes. Quant à la question de la souveraineté alimentaire, elle reste au cœur du débat: notre pays, souvent qualifié de «grenier de l’Europe» risque très prochainement de ne plus être, pour la première fois de son Histoire, en situation d’autosuffisance alimentaire, les spécialistes affirmant qu’à partir de 2023, nos importations alimentaires dépasseront nos exportations.

Enfin, faut-il rappeler que notre indépendance politique repose sur notre indépendance économique? Plus les centres de décisions économiques s’éloignent de notre pays, plus les marges de manœuvre de nos dirigeants se réduisent.

Carrefour est le premier employeur privé du pays. Si même un gros poisson comme Carrefour est susceptible de se faire racheter, qu’est-ce que cela veut dire pour nos autres fleurons? Sommes-nous capables de freiner ce mouvement?

Il convient d’abord de rappeler qu’en quelques décennies, nous avons perdu le contrôle de nos principaux fleurons industriels: Péchiney, Arcelor, Rhône-Poulenc, Alstom Power, Lafarge, Alcatel, Technip… et que, ces opérations ont parfois conduit au démantèlement ou à la disparition pure et simple du groupe racheté. L’appétit des investisseurs internationaux est sans limite et concerne tous les secteurs de notre économie. Le capital des entreprises du CAC 40 est d’autre part contrôlé à 50 % par des investisseurs étrangers.

Et ceux-ci s’intéressent également à nos ETI et PME/PMI, particulièrement lorsqu’il s’agit de s’approprier nos innovations dans le domaine de la haute technologie ce qui explique, entre autres, les acquisitions d’Altis (semi-conducteurs), d’Aldebaran Robotics (robots pédagogiques), de Savoye (solutions logicielles, conception de systèmes automatisés), de Latécoère (pionnière de la technologie Lifi), de Souriau (spécialiste de l’interconnexion pour la défense), de HGH (expert des technologies infrarouges civiles et militaires), de Tronics (microsystèmes électromécaniques utilisés dans l’aéronautique, la défense ou le médical), de SCPS (spécialiste des batteries électriques) ou encore de Linxens (leader mondial de la fabrication de circuits gravés flexibles et spécialiste des paiements sans contact), absorbée par l’entreprise d’État chinoise Tsinghua Unigroup avec l’approbation de Bercy…

Pour freiner ce mouvement, il faut en premier lieu une volonté politique. Car au niveau micro-économique, chaque opération d’absorption peut se justifier, par une stratégie de croissance commune, une logique de filière ou encore la préservation de l’emploi voire le sauvetage d’une entreprise menacée.

Or, jusqu’à présent, ce processus s’inscrit dans un contexte mondial de libre circulation des capitaux, avec une volonté politique assumée d’intégrer davantage la France dans le processus de mondialisation, ce qui nous interdit par principe de contrôler les prises de participation étrangères ou les fusions-acquisitions.

Pour freiner la perte de contrôle de notre patrimoine économique, il faut trouver de nouvelles sources de financement pour nos entreprises

Au contraire, nous déployons des efforts considérables pour attirer les investisseurs étrangers sans opérer de distinction entre ceux qui contribuent réellement à la croissance de notre pays et ceux qui adoptent des comportements de prédateurs. C’est pourquoi le dispositif juridique de contrôle des investissements internationaux en France s’est jusqu’à présent révélé peu efficace: il n’a pas abouti au blocage d’appropriations de nos entreprises, même stratégiques, par des investisseurs étrangers, et a davantage servi à imposer aux repreneurs des engagements qu’ils n’ont, en pratique, que rarement respectés.

Mais le vrai problème n’est pas là: pour freiner la perte de contrôle de notre patrimoine économique, il faut trouver de nouvelles sources de financement pour nos entreprises et proposer des garanties permettant de surmonter la frilosité des investisseurs français. Car sinon, il sera difficile de résister à la pression des investisseurs internationaux.

Lors de ses allocutions présidentielles pendant les divers confinements, le Président de la République s’est soudainement mis à insister sur la notion de «souveraineté», thème que reprend depuis son ministre de l’Économie. Pensez-vous que nous assistons à un changement d’ère sur cette question ou alors à une simple mode éphémère?

Il me semble que les Français sont de plus en plus sensibles à la question de notre souveraineté économique et politique. Il est vrai que la crise sanitaire, qui était tout a fait prévisible, a révélé notre incapacité à disposer des équipements de base indispensables comme les respirateurs, les blouses, les gants, le gel hydro-alcoolique ou même les masques, sans parler des vaccins. Cette crise a mis en lumière notre déclassement économique et génère une prise de conscience de notre dépendance à l’égard de puissances étrangères potentiellement hostiles.

Dans un tel contexte, on voit bien qu’il est particulièrement hasardeux de dépendre d’importations étrangères: les contraintes logistiques sont fortes, les règles du jeu économiques bouleversées, et la logique du chacun pour soi peut primer sur les intérêts commerciaux ou diplomatiques. Le principe de précaution implique donc de pouvoir fabriquer en France les produits vitaux pour notre économie et en particulier ceux nécessaires à la lutte contre les risques épidémiques. Il est même de notre devoir de pouvoir aider les pays dont l’économie ne permet pas de réaliser de tels investissements.

Mais plus généralement, il s’agit de tirer les conséquences de la fragilité des chaînes de valeur mondiales et de notre dépendance à l’égard de la Chine et des USA. Le Président de la République et les membres du gouvernement, tout en s’inscrivant dans une logique mondialiste libérale, évoquent de plus en plus l’impératif de souveraineté économique et ont envoyé certains signaux forts en ce sens: on peut par exemple citer le renforcement de notre arsenal juridique sur le contrôle des investissements étrangers en France, les nouvelles ambitions de Bpifrance, la nationalisation provisoire des Chantiers de l’Atlantique, ou le blocage, après de multiples rebondissements, du rachat de Photonis, notre spécialiste des systèmes de vision nocturne, par l’américain Teledyne.

S’agit-il d’un virage politique? Il faudrait davantage de cohérence stratégique et de décisions courageuses de cet ordre pour en être vraiment convaincus.

La pieuvre chinoise va continuer de se déployer y compris en Europe

 

La chercheuse Ni Gao observe, dans une tribune au « Monde », que les investissements chinois à l’étranger, contrariés par la pandémie et les tensions internationales, pourraient se redéployer dans les pays plus proches de la Chine. Mais un déploiement qui pourrait affecter aussi l’Europe surtout depuis qu’un accord de principe a été conclu entre la Chine et l’union européenne sur les investissements réciproques

Tribune.

 

 La Chine est devenue, au cours des dix dernières années, un acteur important des investissements directs étrangers (IDE), c’est-à-dire des investissements destinés à créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger, ou encore à prendre une part significative, voire le contrôle, d’une entreprise étrangère. Fin 2019, plus de 27 500 entreprises chinoises avaient investi dans 188 pays du monde. L’Asie, l’Europe et l’Amérique latine sont les destinations principales de ces investissements. Les secteurs comme la finance, l’industrie manufacturière, la vente en gros et au détail et les services aux entreprises représentaient plus de 70 % de l’ensemble de ces investissements, avec la création de 44 000 entreprises à l’étranger.

La recherche de ressources, de marchés et de gains de productivité sont les trois motivations principales des IDE des pays développés dans les pays en développement. Les entreprises occidentales ont généralement des avantages monopolistiques ou spécifiques qui leur permettent de maintenir leur compétitivité sur le marché international. En revanche, les entreprises des pays émergents comme la Chine ne possèdent pas, pour la plupart d’entre elles, ces types d’avantages lorsqu’elles souhaitent se développer à l’étranger. Elles utilisent donc l’expansion internationale comme un moyen d’accéder à des ressources qui seraient inaccessibles autrement.

Elles cherchent en particulier une mise à niveau de leur technologie à travers le processus d’internationalisation. Un nombre important d’IDE chinois en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord est réalisé dans ce but. L’amélioration des compétences est leur objectif sur le long terme, et la fusion-acquisition est le mode d’entrée privilégié des entreprises chinoises. Cela leur permet d’accéder rapidement au marché local et d’élargir leurs parts de marché à l’international, tout en utilisant une multitude de ressources existantes dans l’entreprise cible, telles que leurs réseaux de vente, les brevets, les technologies ou encore les marques.

Nouvel ordre économique

La recherche de nouveaux marchés est également une motivation importante pour les entreprises chinoises. Elles ont adopté une stratégie de proximité, en privilégiant les manageurs locaux dans des pays de culture différente, afin de s’adapter aux besoins des consommateurs. En 2019, les entreprises chinoises travaillaient avec plus de 2,266 millions d’employés non chinois à l’international, soit 60,5 % du nombre total d’employés des entreprises chinoises à l’international.

 

 

Bureau de tabac : reconversion vers des activités multiservices y compris publiques ?

Bureau de tabac : reconversion vers des activités multiservices y compris publiques ?

 

C’est le paradoxe apparent alors que les services publics tendent de plus en plus à se réduire surtout dans les zones peu denses (comme les bureaux de poste ou les banques par exemple). À l’inverse les bureaux de poste offrent de plus en plus de prestations y compris de services publics. On peut maintenant évidemment ouvrir un compte bancaire, des prestations pour les services téléphoniques, des prestations de transport etc. en plus évidemment des anciennes activités.

S’y ajouteront désormais la possibilité de payer des factures de la vie quotidienne relevant de la fiscalité, du paiement de la cantine, de la crèche etc. Bref un ensemble croissant de prestations qui transforment le bureau de poste de plus en plus en lieu de services mixtes. Une aubaine évidemment pour les bureaux de tabac dans la vente de cigarettes ne cesse de diminuer.

En même temps l’occasion pour certains services publics de l’État d’accélérer la raréfaction. Pour les usagers, c’est l’assurance de trouver sur place les services minimums indispensables sans être obligé de faire parfois des dizaines de kilomètres.. En effet, dès ce mardi 28 juillet, les Français peuvent payer un certain nombre de services publics et certains de leurs impôts en se rendant chez un buraliste à côté de chez eux. Un nouvel usage rendu possible grâce à la généralisation du dispositif de « paiement de proximité », testé dans un premier temps dans une dizaine de départements en France.

«Pour le dialogue social y compris dans un intérêt économique »

«Pour le dialogue social y compris dans un intérêt économique » – ( Jacques Barthelemy et Gilbert Cette)

Il faut renforcer le dialogue par souci d’efficacité mais aussi parce que cela contribue à favoriser une vie plus démocratique, estime dans une chronique à l’Opinion Jacques Barthelemy et Gilbert Cette*

Le rebond économique en cours pourrait être renforcé par un rôle plus grand conféré au dialogue social dans l’élaboration, via les accords de performances collectives (APC), des compromis transitoires visant à concilier la protection du travailleur et l’intérêt (voire la survie) de l’entreprise. Ces compromis pourraient s’inscrire dans une supplétivité accrue, y compris dans le domaine salarial, des normes conventionnelles de branches vis-à-vis de celles élaborées au niveau de l’entreprise.

Par souci d’efficacité mais aussi parce que cela contribue à favoriser une vie plus démocratique, le rôle du dialogue social doit être renforcé pour apporter une contribution décisive au rebond économique en cours après la période de confinement ayant entraîné un arrêt des activités. Durant cette période, a été renforcé un dispositif d’activité partielle (autrefois nommé « chômage partiel ») afin de protéger d’un côté les entreprises du risque de défaillance et les travailleurs du risque de licenciements collectifs. Ce dispositif a logiquement été rendu moins généreux à partir de la sortie du confinement dans une double perspective de maîtriser les finances publiques et d’inciter à la reprise d’activité. Le système français demeure, malgré cette réduction, le plus généreux parmi ceux en vigueur dans les pays comparables.

Responsabilisation. Le dispositif parallèle d’activité partielle de longue durée (APLD) subit aussi une réforme en profondeur. Il reste plus favorable que celui reconfiguré d’activité partielle mais il doit résulter d’un accord collectif, de branche ou d’entreprise. Cela atteste d’une volonté de l’Etat de responsabilisation des partenaires sociaux par l’édification de compromis entre rémunérations et garanties d’emploi. Pour autant, l’APLD et le dispositif de droit commun d’activité partielle sont à la fois complexes et très onéreux pour les finances publiques ainsi que contraignants sur le terrain des rémunérations. Il serait, au nom de l’intérêt général, souhaitable que les deux constructions soient progressivement rendues moins attractives et que soient rendus plus attractifs les accords de performance collective (APC) grâce, notamment, à une aide publique qui aurait un caractère incitatif.

Les minima salariaux conventionnels de branche attachés à une qualification relèvent-ils (ou non) de « l’ordre public professionnel », auquel il est impossible de déroger ?

Au nom de l’intérêt de l’entreprise – qui ne se résume pas à celui des détenteurs du capital – l’accord organisant l’APC peut prévoir de nombreux aménagements dans la relation contractuelle individuelle au nom de l’avantage créé pour la collectivité de travail. Si ces aménagements affectent un élément substantiel du contrat de travail, l’existence d’une norme créée au nom de l’intérêt de la collectivité peut, en cas de refus du salarié, conférer une cause réelle et sérieuse de licenciement éventuel. L’accord créant l’APC peut organiser pour des périodes transitoires des baisses de salaires contreparties de garanties d’emploi, bien sûr dans le respect à la fois de dispositions impératives, d’ordre public comme le smic ou relevant de la qualification d’élément substantiel absolu du contrat de travail. Le rôle de l’accord créant l’APC pourrait encore être amplifié.

Les normes, en matière de rémunération, résultant de la convention collective de branche, pourraient être transitoirement écartées par cet accord. La concrétisation, de fait, de l’objectif emploi, de l’intérêt de la collectivité rend plus aisément acceptable la réduction d’avantages individuels, d’autant qu’elle est temporaire. D’où du reste une question essentielle : les minima salariaux conventionnels de branche attachés à une qualification relèvent-ils (ou non) de « l’ordre public professionnel », auquel il est impossible de déroger ? Cette question souligne l’importance d’une réflexion sur la primauté de l’intérêt de la collectivité, spécialement au nom de l’emploi, et donc du rôle fondamental de l’accord collectif.

Tissu conventionnel. On voit dans ce qui précède l’importance de privilégier le tissu conventionnel dans la construction du droit (pratique) du travail. La responsabilité de la loi, du règlement devrait s’exprimer de façon impérative exclusivement sur ce qui ressort des droits fondamentaux. Dans cette perspective, la négociation de branche doit voir son rôle fortement dynamisé, dans le contexte actuel de restructuration des branches professionnelles qui en réduit massivement le nombre. Cette dynamisation s’inscrirait dans la logique de supplétivité des ordonnances travail, supplétivité des normes légales vis-à-vis des normes conventionnelles de branche et d’entreprise, et supplétivité des normes conventionnelles de branche vis-à-vis de celles élaborées au niveau de l’entreprise.

Adopter une stratégie ambitieuse fondée sur un rôle accru du dialogue social favoriserait l’épanouissement d’un droit social – et pas seulement du travail – conférant une place prépondérante au droit conventionnel et donc à la négociation collective et au dialogue social

Ce dernier aspect est important dans la mesure où l’entreprise est le lieu le plus approprié pour l’élaboration des normes transitoires. Mais par la négociation collective car c’est le seul moyen, au nom de l’intérêt général, de concilier protection du travailleur, de sa santé et de son emploi, avec la performance économique de l’entreprise, et même dans de nombreux cas sa survie. L’accord sur l’APC pourrait ainsi devenir le véhicule le plus à même de répondre à des situations d’urgence. Cela rend indispensable, parce qu’on est alors sur le terrain de l’intérêt général, une stimulation des volontés par un accompagnement budgétaire mais moins généreux que les dispositifs destinés actuellement à l’activité réduite, dont l’APLD.

Adopter une stratégie ambitieuse fondée sur un rôle accru du dialogue social favoriserait l’épanouissement d’un droit social – et pas seulement du travail – conférant une place prépondérante au droit conventionnel et donc à la négociation collective et au dialogue social. Cela exige une grande qualité du dialogue social, rendue possible par l’accord de méthode ayant pour finalité équilibre des pouvoirs entre les parties, comportement loyal des négociateurs et exécution de bonne foi des textes signés.

*Jacques Barthelemy est avocat-conseil en droit social (honoraire). Gilbert Cette est professeur associé à l’Université d’Aix-Marseille. Ils sont co-auteurs de Travailler au XXIe siècle – L’uberisation de l’économie ?, Editions Odile Jacob, 2017.

 

Des projets de mini centrales nucléaires y compris portables

Des projets de mini centrales nucléaires y compris portables

Le projet américain de fabriquer des mini centrales nucléaires d’une capacité de 1 à 5 mégawatts et pesant moins de 40 tonnes, transportables à bord d’un camion, d’un train, d’un bateau ou d’un avion, et qui soient aisément mises en service ou fermées.

« Un réacteur sûr, petit et mobile accorderait aux unités d’emporter une source d’énergie quasiment illimitée et propre, qui leur permettrait d’étendre ou de consolider des opérations pendant des périodes prolongées partout sur la planète », note le communiqué.

Le risque est cependant que le camion contenant la centrale portable soit bombardé et que les militaires autour de lui soient contaminés par la radioactivité, selon Edwin Lyman, un expert du risque nucléaire pour le « Bulletin of the atomic scientists ». Ou alors, l’ennemi pourrait s’en emparer et même s’il n’utilisait pas l’énergie pour ses propres troupes, il pourrait fabriquer avec le combustible des « bombes sales », ces armes qui utilisent un explosif conventionnel pour disséminer des substances radioactives avec l’effet de souffle, ajoute-t-il.

Le Pentagone travaille par ailleurs sur un autre projet de « micro réacteur nucléaire » destiné aux installations militaires sur le sol américain. Ce projet de « très petits réacteurs modulaires (vSMR) », d’une puissance de 2 à 10 mégawatts, est destiné à permettre aux bases militaires américaines de continuer à fonctionner si les réseaux électriques étaient désactivés, par une cyberattaque par exemple.

Ce projet, financé depuis 2019 par le Pentagone, pourrait être testé dès 2023 sur un site du ministère américain de l’Energie, selon un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews.

Santé- Le changement climatique développe les maladies, en France y compris

Santé- Le changement climatique développe les maladies, en France y compris 

 

Le changement climatique impacte la santé dans la plupart des régions du monde  avec des effets catastrophiques dans certaines zones mais de toute manière des conséquences non négligeables un peu partout. Ce que rapporte notamment le site global change.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé qu’il existait des preuves écrasantes que l’activité humaine agissait sur le climat de la planète et a souligné que cela avait de multiples incidences sur la santé humaine. La variabilité et la modification du climat sont cause de décès et de maladies à travers les catastrophes naturelles qu’elles entraînent – telles que les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses.

En outre, de nombreuses maladies importantes sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemple des maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme et la dengue ainsi que d’autres grandes tueuses comme la malnutrition et les maladies diarrhéiques. Le changement climatique contribue déjà à alourdir la charge mondiale de morbidité et ce phénomène devrait s’accentuer à l’avenir.

Les effets du climat sur la santé humaine ne seront pas également ressentis sur toute la planète. Les populations des pays en développement, notamment celles des petits états insulaires, des zones arides ou de haute montagne, et des zones côtières densément peuplées sont considérées comme particulièrement vulnérables.

Selon  le Groupe régional d’experts sur le climat (Grec) le changement climatique des pays comme la France sont aussi affectés. Selon les prévisions de ces experts, la sécheresse et la chaleur estivale augmenteront en durée et en intensité, les eaux souterraines et de surface diminueront de 20%, et les épisodes de pluies intenses se multiplieront dans les années à venir.

Ces épisodes « méditerranéens », caractérisés par des précipitations extrêmes, s’accompagnent de pertes humaines. A l’automne 2019, ces pluies torrentielles causant souvent des inondations ont causé la mort de 13 personnes lors de deux épisodes distincts en deux semaines dans le sud-est de la France.

Les experts redoutent que ces catastrophes à répétition ne provoquent « un stress post-traumatique » chez les Méridionaux. Ce trouble apparaît chez la moitié des personnes exposées à des désastres naturels, et peuvent durer dans le temps: des symptômes de ce stress ont été observés chez des habitants de Vaison-la-Romaine (Vaucluse) plusieurs années après l’inondation qui avait fait 37 morts en 1992. La survenue de graves intempéries peut aussi activer ou réactiver d’autres maladies: troubles anxieux, dépressifs, ou addictifs.

Autre conséquence inattendue du changement climatique: l’augmentation des allergies. Car les pollens, auxquels 20% des adultes sont allergiques (presque deux fois plus qu’il y a vingt ans), profiteront aussi du réchauffement: la durée de la saison pollinique des graminées progresse déjà de 4,5% par an à Nice depuis 1989.

Les urticacées aussi voient leur saison pollinique s’éterniser, à tel point, prédisent les experts, que l’allergie à la pariétaire, une plante vivace souvent accrochée à des rochers ou à de vieux murs, pourrait sévir toute l’année.

Les allergies aux acariens devraient elles aussi gagner du terrain: avec l’augmentation des températures, les moisissures proliféreront à l’extérieur comme à l’intérieur des logements. Des études ont montré une densité des acariens et allergènes acariens plus forte dans les villes où la température moyenne est la plus élevée.

La chaleur pourrait aussi provoquer, prédit le Grec, la prolifération de bactéries dans les canalisations avant la distribution de l’eau au robinet. D’autres bactéries envahiront la mer, comme E.Coli, qui provoque des gastro-entérites et autres infections, en raison de l’augmentation de la température de l’eau.

Enfin, le réchauffement permet le développement d’ »agents pathogènes », comme le moustique tigre, qui colonise déjà toute la région Paca à l’exception des zones montagneuses, et pourrait augmenter sa période d’activité au cours de l’année. En 2019, pour la première fois en France, un foyer du virus tropical Zika, transmis par ce moustique, a été confirmé dans le Var, avec 3 cas de maladie « autochtones ».

En région Paca, 80% de la population vit en ville, où la température est plus élevée qu’à la campagne, et l’air plus pollué, des facteurs aggravants pour la santé, note le Grec. Les experts redoutent une surmortalité mais aussi une augmentation des maladies cardiovasculaires, respiratoires et même des troubles mentaux liés à ces fortes chaleurs.

Le changement climatique développe les maladies, en France y compris

Le changement climatique développe les maladies, en France y compris 

 

Le changement climatique impacte la santé dans la plupart des régions du monde  avec des effets catastrophiques dans certaines zones mais de toute manière des conséquences non négligeables un peu partout. Ce que rapporte notamment le site global change.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé qu’il existait des preuves écrasantes que l’activité humaine agissait sur le climat de la planète et a souligné que cela avait de multiples incidences sur la santé humaine. La variabilité et la modification du climat sont cause de décès et de maladies à travers les catastrophes naturelles qu’elles entraînent – telles que les vagues de chaleur, les inondations et les sécheresses.

En outre, de nombreuses maladies importantes sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemple des maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme et la dengue ainsi que d’autres grandes tueuses comme la malnutrition et les maladies diarrhéiques. Le changement climatique contribue déjà à alourdir la charge mondiale de morbidité et ce phénomène devrait s’accentuer à l’avenir.

Les effets du climat sur la santé humaine ne seront pas également ressentis sur toute la planète. Les populations des pays en développement, notamment celles des petits états insulaires, des zones arides ou de haute montagne, et des zones côtières densément peuplées sont considérées comme particulièrement vulnérables.

Selon  le Groupe régional d’experts sur le climat (Grec) le changement climatique des pays comme la France sont aussi affectés. Selon les prévisions de ces experts, la sécheresse et la chaleur estivale augmenteront en durée et en intensité, les eaux souterraines et de surface diminueront de 20%, et les épisodes de pluies intenses se multiplieront dans les années à venir.

Ces épisodes « méditerranéens », caractérisés par des précipitations extrêmes, s’accompagnent de pertes humaines. A l’automne 2019, ces pluies torrentielles causant souvent des inondations ont causé la mort de 13 personnes lors de deux épisodes distincts en deux semaines dans le sud-est de la France.

Les experts redoutent que ces catastrophes à répétition ne provoquent « un stress post-traumatique » chez les Méridionaux. Ce trouble apparaît chez la moitié des personnes exposées à des désastres naturels, et peuvent durer dans le temps: des symptômes de ce stress ont été observés chez des habitants de Vaison-la-Romaine (Vaucluse) plusieurs années après l’inondation qui avait fait 37 morts en 1992. La survenue de graves intempéries peut aussi activer ou réactiver d’autres maladies: troubles anxieux, dépressifs, ou addictifs.

Autre conséquence inattendue du changement climatique: l’augmentation des allergies. Car les pollens, auxquels 20% des adultes sont allergiques (presque deux fois plus qu’il y a vingt ans), profiteront aussi du réchauffement: la durée de la saison pollinique des graminées progresse déjà de 4,5% par an à Nice depuis 1989.

Les urticacées aussi voient leur saison pollinique s’éterniser, à tel point, prédisent les experts, que l’allergie à la pariétaire, une plante vivace souvent accrochée à des rochers ou à de vieux murs, pourrait sévir toute l’année.

Les allergies aux acariens devraient elles aussi gagner du terrain: avec l’augmentation des températures, les moisissures proliféreront à l’extérieur comme à l’intérieur des logements. Des études ont montré une densité des acariens et allergènes acariens plus forte dans les villes où la température moyenne est la plus élevée.

La chaleur pourrait aussi provoquer, prédit le Grec, la prolifération de bactéries dans les canalisations avant la distribution de l’eau au robinet. D’autres bactéries envahiront la mer, comme E.Coli, qui provoque des gastro-entérites et autres infections, en raison de l’augmentation de la température de l’eau.

Enfin, le réchauffement permet le développement d’ »agents pathogènes », comme le moustique tigre, qui colonise déjà toute la région Paca à l’exception des zones montagneuses, et pourrait augmenter sa période d’activité au cours de l’année. En 2019, pour la première fois en France, un foyer du virus tropical Zika, transmis par ce moustique, a été confirmé dans le Var, avec 3 cas de maladie « autochtones ».

En région Paca, 80% de la population vit en ville, où la température est plus élevée qu’à la campagne, et l’air plus pollué, des facteurs aggravants pour la santé, note le Grec. Les experts redoutent une surmortalité mais aussi une augmentation des maladies cardiovasculaires, respiratoires et même des troubles mentaux liés à ces fortes chaleurs.

Guerre économique mondiale: la France et l’UE n’ont rien compris

Pendant que la France et l’UE  s’acharne à favoriser la concurrence interne, les Etats Unis se servent, eux, du droit commercial comme dune arme de guerre économique vis à vis des entreprises étrangères. Ce qu’explique  Ali Laïdi, docteur en sciences politiques  dans le Figaro.

 

Votre récit liste de nombreuses entreprises françaises et européennes ayant subi des attaques en règle du Department of Justice américain ou des administrations habilitées. Certaines sociétés ont payé de lourdes amendes, d’autres ont carrément été démantelées. Nous n’avons rien vu venir?

 

Ali Laïdi. - Nous sommes totalement démunis d’un point de vue stratégique. Bruxelles renvoie aux États membres la solution, et ces derniers ne savent pas plus comment s’y prendre. Lorsque vous présentez ce sujet devant des responsables de l’Union européenne, ceux-ci vous regardent avec de grands yeux, se demandant ce qu’ils peuvent bien y faire. Un léger réveil a néanmoins lieu depuis 2016: il a fallu le Brexit et l’élection de Donald Trump pour commencer à envisager de s’occuper de notre sécurité économique. Les responsables pensaient que tout cela était inclus dans la protection militaire des États-Unis, or ces derniers ont toujours dit qu’ils ne s’occuperaient jamais de ça. La prise de conscience est très lente: dans les rapports officiels récents sur les menaces qui concernent l’Europe, il n’y a toujours aucune mention des aspects de sécurité économique. Il faudra repartir de zéro. Et trouver une vraie solution politique: l’Instex, l’instrument récemment créé pour contourner les sanctions américaines en Iran est par exemple un gadget qui ne résout rien.

Pourquoi est-ce que l’UE et les gouvernements européens restent-ils depuis si longtemps sans rien faire?

D’abord, l’Europe se concentre toujours sur l’idée de paix. Depuis quarante ans elle refuse de voir le champ économique comme un champ d’affrontement, comme un champ de violence. Elle pense que promouvoir les idées de liberté et de démocratie peut suffire dans ce domaine. De plus, nous sommes restés à la définition du marché de l’école classique d’Adam Smith: un lieu où l’acheteur rencontre le vendeur, et où les deux possèdent le même niveau d’information. Or les Américains, à partir de l’école néoclassique, conçoivent le marché comme un lieu où se rencontrent des gens qui n’ont pas le même niveau d’information, un lieu de concurrence. Cela, nous Européens, nous ne l’avons toujours pas compris. On s’est contenté d’une analyse du marché qui a trois siècles.

Ensuite, les Européens n’ont pas de cadre et de profondeur stratégique. Ils n’ont pas compris les premiers signaux, qui datent de 1982, lorsque Reagan avait essayé d’interdire aux filiales européennes des sociétés américaines de participer à la construction du gazoduc soviétique vers l’Europe. L’épisode s’était bien terminé grâce à Margaret Thatcher, qui avait tapé du poing sur la table et dit aux Américains: «hors de question que vous exportiez votre droit comme cela». Ils n’ont ensuite pas compris la portée des lois successives américaines sur le sujet. Dans les années 1990, l’UE a bien pris un règlement qui interdisait à ses entreprises de se soumettre aux lois étrangères. Mais tout le monde à Bruxelles sait pertinemment que ce dernier n’a jamais pu être appliqué. L’immense erreur est enfin d’avoir retiré la plainte à l’OMC en 1996, alors que celle-ci apportait une vraie marge de manœuvre, les États-Unis ne pouvant décemment pas être le premier pays condamné par l’organisation qu’ils avaient créée.

Est-ce que l’exercice du pouvoir de Donald Trump, aussi isolationniste que redoutable dans ses négociations commerciales, marque un changement sur l’utilisation de l’extraterritorialité du droit américain?

Nous allons avoir une réponse importante très prochainement, avec les affaires Huawei et ZTE. Le président américain ne se cache pas et a annoncé qu’il interviendrait personnellement dans ces dossiers. Il pourrait lui-même autoriser ZTE à continuer ses activités commerciales, à condition qu’un accord soit passé avec les Chinois. Le droit est donc bien utilisé en tant qu’outil et comme moyen de pression. Cela n’a pas toujours été aussi manifeste: souvenons-nous de la position américaine lors de l’Affaire BNP. Lorsque François Hollande avait interpellé Barack Obama, ce dernier avait répondu qu’il ne pouvait agir sur la justice américaine, en vertu de la séparation des pouvoirs…

Il faudra observer jusqu’où les États-Unis vont avec la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, pour l’instant au Canada. Vont-ils, comme ils l’ont fait par le passé, utiliser un certain nombre de personnes pour faire pression sur les pays? Le Français Frédéric Pierucci avait clairement été incarcéré pour faire pression sur Alstom, comme il l’a récemment raconté. Pour la France, des craintes existent à l’heure actuelle sur plusieurs entreprises. Et dans l’état actuel des choses, rien ne changera: Il est clair que les entreprises ne s’opposeront pas aux sanctions américaines si elles n’ont pas la certitude que la question est prise au plus haut niveau politique, c’est-à-dire pour nous à l’Élysée et à Bruxelles. Sinon, elles se référeront toujours au droit américain, pour l’instant le droit du plus fort.

 

Ali Laïdi est docteur en sciences politiques, chercheur associé à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), auteur de plusieurs ouvrages

 

Municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

Municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

 

La problématique des listes communes communautaires pose un redoutable questionnement sur sa définition. Bien entendu ce que visent certains, c’est le communautarisme musulman. Mais les éventuels promoteurs de listes communautariste musulmanes éviteront d’afficher leur valeur religieuse et encore moins leurs dérives anti républicaines. Dès lors que le contenu des programmes ne sera pas connu, on voit mal comment on pourrait interdire cette forme de communautarisme sur le plan juridique. Il conviendrait sans doute de revoir les conditions d’acceptation de la totalité des sensibilités politiques, associatives et communautaires. Aujourd’hui en effet,  lors des élections dont l’objectif est naturellement de gérer l’intérêt général on accepte à peu près n’importe quelle liste. Pour preuve depuis  très longtemps la communauté des chasseurs participe aux élections y compris aux présidentielles sans parler d’autres hurluberlus qui défendent des causes très partielles qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’intérêt général voire qui profitent des élections pour se faire connaître. Pour les listes communautaires musulmanes c’est évidemment l’islamisme politique qui est en cause. À cinq mois des élections municipales de mars, les responsables de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF), et ses quelque 800 adhérents, s’activent pour présenter des listes dans «une cinquantaine» de communes.

Quatre ans après une controverse autour des velléités électorales de ce parti aux départementales, des responsables politiques, de La République en marche (LREM) au Rassemblement national (RN), s’inquiètent du développement de listes «communautaires» ou «communautaristes». Un symptôme, selon eux, d’une montée de l’«islam politique». «Dans certaines villes, le score de ces listes sera la surprise des municipales», met en garde le député (Libertés et Territoires) François Pupponi, ancien maire de Sarcelles (Val-d’Oise).

À l’échelle nationale, le très faible résultat (0,13 % des voix exprimées, soit 28 400 bulletins) réalisé par la liste UDMF aux dernières européennes n’a pas trop inquiété mais cette fois le score pourrait bien prendre. La difficulté c’est évidemment d’éviter que des filtres juridiques organisent une censure injustifiée des listes. Pour autant, il serait temps de faire le ménage dans  les  listes de candidatures qui font émerger des candidats immatures et/ou  ligotées par des intérêts trop parcellaires pour prétendre gérer l’intérêt général

Elections municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

Elections municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

 

La problématique des listes communes communautaires pose un redoutable questionnement sur sa définition. Bien entendu ce que visent certains, c’est le communautarisme musulman. Mais les éventuels promoteurs de listes communautariste musulmanes éviteront d’afficher leur valeur religieuse et encore moins leurs dérives anti républicaines. Dès lors que le contenu des programmes ne sera pas connu, on voit mal comment on pourrait interdire cette forme de communautarisme sur le plan juridique. Il conviendrait sans doute de revoir les conditions d’acceptation de la totalité des sensibilités politiques, associatives et communautaires. Aujourd’hui en effet,  lors des élections dont l’objectif est naturellement de gérer l’intérêt général on accepte à peu près n’importe quelle liste. Pour preuve depuis  très longtemps la communauté des chasseurs participe aux élections y compris aux présidentielles sans parler d’autres hurluberlus qui défendent des causes très partielles qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’intérêt général voire qui profitent des élections pour se faire connaître. Pour les listes communautaires musulmanes c’est évidemment l’islamisme politique qui est en cause. À cinq mois des élections municipales de mars, les responsables de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF), et ses quelque 800 adhérents, s’activent pour présenter des listes dans «une cinquantaine» de communes.

Quatre ans après une controverse autour des velléités électorales de ce parti aux départementales, des responsables politiques, de La République en marche (LREM) au Rassemblement national (RN), s’inquiètent du développement de listes «communautaires» ou «communautaristes». Un symptôme, selon eux, d’une montée de l’«islam politique». «Dans certaines villes, le score de ces listes sera la surprise des municipales», met en garde le député (Libertés et Territoires) François Pupponi, ancien maire de Sarcelles (Val-d’Oise).

À l’échelle nationale, le très faible résultat (0,13 % des voix exprimées, soit 28 400 bulletins) réalisé par la liste UDMF aux dernières européennes n’a pas trop inquiété mais cette fois le score pourrait bien prendre. La difficulté c’est évidemment d’éviter que des filtres juridiques organisent une censure injustifiée des listes. Pour autant, il serait temps de faire le ménage dans  les  listes de candidatures qui font émerger des candidats immatures et/ou  ligotées par des intérêts trop parcellaires pour prétendre gérer l’intérêt général

Municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

Municipales: des listes communautaires interdites y compris pour les chasseurs ?

 

La problématique des listes communes communautaires pose un redoutable questionnement sur sa définition. Bien entendu ce que visent certains, c’est le communautarisme musulman. Mais les éventuels promoteurs de listes communautariste musulmanes éviteront d’afficher leur valeur religieuse et encore moins leurs dérives anti républicaines. Dès lors que le contenu des programmes ne sera pas connu, on voit mal comment on pourrait interdire cette forme de communautarisme sur le plan juridique. Il conviendrait sans doute de revoir les conditions d’acceptation de la totalité des sensibilités politiques, associatives et communautaires. Aujourd’hui en effet,  lors des élections dont l’objectif est naturellement de gérer l’intérêt général on accepte à peu près n’importe quelle liste. Pour preuve depuis  très longtemps la communauté des chasseurs participe aux élections y compris aux présidentielles sans parler d’autres hurluberlus qui défendent des causes très partielles qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’intérêt général voire qui profitent des élections pour se faire connaître. Pour les listes communautaires musulmanes c’est évidemment l’islamisme politique qui est en cause. À cinq mois des élections municipales de mars, les responsables de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF), et ses quelque 800 adhérents, s’activent pour présenter des listes dans «une cinquantaine» de communes.

Quatre ans après une controverse autour des velléités électorales de ce parti aux départementales, des responsables politiques, de La République en marche (LREM) au Rassemblement national (RN), s’inquiètent du développement de listes «communautaires» ou «communautaristes». Un symptôme, selon eux, d’une montée de l’«islam politique». «Dans certaines villes, le score de ces listes sera la surprise des municipales», met en garde le député (Libertés et Territoires) François Pupponi, ancien maire de Sarcelles (Val-d’Oise).

À l’échelle nationale, le très faible résultat (0,13 % des voix exprimées, soit 28 400 bulletins) réalisé par la liste UDMF aux dernières européennes n’a pas trop inquiété mais cette fois le score pourrait bien prendre. La difficulté c’est évidemment d’éviter que des filtres juridiques organisent une censure injustifiée des listes. Pour autant, il serait temps de faire le ménage dans  les  listes de candidatures qui font émerger des candidats immatures et/ou  ligotées par des intérêts trop parcellaires pour prétendre gérer l’intérêt général

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien compris

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien  compris

 

La popularité d’Emmanuel Macron semble se redresser mais   61 % des Français ont toujours une mauvaise opinion du président. En outre, 65% estiment qu’il « ne semble toujours pas comprendre la gravité de la crise politique et sociale », selon un sondage Viavoice diffusé ce lundi *. Le Premier ministre Edouard Philippe gagne pour sa part 3 points au cours de la même période, avec 28% de bonnes opinions également et 61% (-5) d’avis négatifs, selon cette enquête pour Libération. Dans le même temps, le soutien au mouvement des gilets jaunes a nettement reculé, avec 36% (-17 depuis décembre) des Français qui le soutiennent, 35% (+4) qui le comprennent « sans le soutenir » et 20% (+10) qui y sont globalement opposés. Pour 63%, le mouvement doit « arrêter les manifestations et trouver d’autres modes d’action », contre 30% d’un avis contraire. Seuls 28% pensent qu’Emmanuel Macron a compris la gravité de la crise actuelle et 38% (contre 46%) estiment que sa décision de convoquer un « grand débat national » était « la bonne réponse à apporter ».

* Enquête réalisée en ligne les 19 et 20 février auprès de 1.004 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

« Macron n’a rien compris » de Villiers

« Macron n’a rien compris » de Villiers

Philippe de Villiers , qui se vantait d’être le conseiller et l’ami de Macron a clairement fusillé le président de la république sur BFM en attaquant particulièrement le comportement du chef de l’État. Philippe de Villiers considère que Macron n’a rien compris le rôle d’un président de la république.   »Au début, il reçoit Poutine et Trump, se comporte comme un chef d’Etat un peu gaullien en disant ‘je ne m’occupe pas des régimes je m’occupe des Etats’. Et puis patatras, la Fête de la musique, le doigt d’honneur… » a énuméré Philippe de Villiers, dans des allusions à la venue du DJ Kiddy Smile lors de la Fête de la musique à l’Elysée, puis à la photo du chef de l’Etat avec un ancien braqueur à Saint-Martin, sur laquelle un jeune homme fait un doigt d’honneur. « J’avais l’espoir naïf, comme tant d’autres, qu’Emmanuel Macron aurait compris cette mission métapolitique », juge le patron du Puy du Fou assurant que le « président de la République a une mission vitale : sauver la civilisation française ». Et de préciser : « Or, quand j’ai vu la fête de la Musique à l’Élysée, avec les transexuels en résille, et le doigt d’honneur des Antilles, j’ai compris qu’il n’avait pas compris » Et même si la politique, pour Philippe de Villiers, est terminée, ce dernier ne peut s’empêcher d’analyser : « Je pense aujourd’hui qu’il est peut-être le phénomène ultime de l’accomplissement de cette hybridation, unique dans l’histoire, de l’extrême-centre, caractérisé par le rejet de la politique, et du marketing, qui est son effacement au profit de l’image ». Conclusion, Emmanuel Macron s’est « sarkoïzé à vitesse grand V ». « Il ne fait pas du tout ce qui est conforme à ce qu’il avait dit au cours de ces deux soirées (au cours desquelles les deux hommes avaient échangé, NDLR), c’est-à-dire la fonction symbolique et l’urgence de régler le problème identitaire », estime Philippe de Villiers.  »S‘il ne veut pas s’occuper de la question identitaire, il sera balayé. « , poursuit-il.

Congrès : encore des boycotts y compris de LREM

Congrès : encore des boycotts y compris de LREM

 

 Les insoumis seront absents, Hamon aussi,  les élus LR seront présents dans leur majorité à Versailles. Pour autant, l’opposition n’entend pas applaudir des deux mains l’organisation de ce rendez-vous déplorant «la déconsidération d’Emmanuel Macron pour le Parlement». Si le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, et le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, seront aussi présents tous les deux pour répondre à Emmanuel Macron dans la foulée du discours, ils ne participeront pas au déjeuner organisé par le chef de l’État avant son discours à Versailles. Outre les deux présidents de groupe LR, les membres LR du bureau de l’Assemblée nationale, les députés Éric Ciotti (questeur), Annie Genevard (vice-président) et Marc Le Fur (vice-président) ne viendront pas non plus au déjeuner. Les élus LR «ne souhaitent pas servir de faire valoir à un Président de la République qui n’a jamais manifesté la moindre considération pour l’opposition parlementaire», explique Christian Jacob au Figaro. A noter aussi l’absence dans les rangs de LREM dont un député s’interroge aussi »

«  Je m’interroge un peu sur cette façon de communiquer. D’autant plus que cela coûte extrêmement cher. On parle toute de même de 400 000 euros…. Le Président s’exprime régulièrement, on l’entend régulièrement, il fait passer des messages régulièrement. Je ne comprends pas trop l’utilité de ce Congrès. Sur un certain nombre de points, je ne suis pas d’accord avec le Président – par exemple sur certains points de la réforme constitutionnelle. Ce n’est pas nouveau. Je ne l’étais pas non plus tout le temps avec François Hollande. Un parlementaire est un homme libre. Mais ce n’est pas par désaccord politique que je n’y vais pas, c’est simplement que je pense que ce n’est pas utile. Si j’avais été à Paris, j’y serais allé. Mais comme je n’y suis pas, je ne vois pas l’intérêt d’y aller exprès.

 

Une centaine de Molenbeek : « beaucoup de responsables n’ont pas compris ce qui se passe dans les quartiers » (maire de Sarcelles)

Une centaine de Molenbeek : « beaucoup de responsables n’ont pas compris ce qui se passe dans les quartiers » (maire de Sarcelles)

 

 

 

Interview dans challenges du Député socialiste, maire de Sarcelles et président de l’Agence Nationale pour la rénovation Urbaine,

Patrick Kanner, le ministre de la ville, a déclaré qu’une centaine de quartiers présentaient des similitudes avec Molenbeek. A-t-il raison?

Oui, surtout quand je vois les réactions que cela suscite. Beaucoup de responsables politiques n’ont pas compris ce qui se passe dans ces quartiers. Ils sont incapables de conceptualiser la ghettoïsation. Dans ces cités déstructurées, il y des individus qui peuvent basculer de la délinquance au terrorisme. C’est ce qui s’est passé pour la quasi-totalité des terroristes en France.

En tant que maire de Sarcelles, comment vivez-vous cette radicalisation. Et comment réagir?

Notre plus grande difficulté, c’est que les islamistes ont identifié nos quartiers difficiles comme un terreau pour y recruter de potentiels terroristes. Nous sommes confrontés à une véritable entreprise de déstabilisation. L’Etat doit réagir mais il ne doit pas le faire seul. Il faut créer une task force associant les administrations centrales et les élus locaux afin d’échanger les informations de façon systématique. Par exemple, à Sarcelles, deux écoles coraniques viennent d’ouvrir, en toute légalité. Il faut que toutes les informations sur ces écoles, que certains soupçonnent d’abriter des réseaux salafistes, soient partagées. Les échanges existent mais ils sont liés aux relations amicales entre élus et responsables d’administrations. Il faut les systématiser.

Manuel Valls avait dénoncé l’apartheid « territorial, social et ethnique », il y a plus d’un an. Depuis, qu’est ce qui a changé?

Le premier ministre a défini une stratégie très offensive pour lutter contre les cités ghettos. Mais elle tarde à se mettre en place. Le Premier ministre a bien compris qu’il faut arrêter de concentrer les ménages les plus pauvres dans les villes en difficulté. Mais les préfets appliquent encore le Dalo, le droit au logement, et ils affectent les ménages les plus modestes dans les cités qui ont le plus de logements sociaux. La politique de peuplement, qui visait à casser les ghettos, n’est pas encore visible. On ne change pas des habitudes prises pendant 30 à 40 ans aussi vite.

Manuel Valls voulait aussi obliger les communes riches à construire des logements sociaux…

Oui, la pression est montée. Les préfets ont même réquisitionnés 70 terrains dans les communes qui refusaient d’appliquer la loi qui leur impose 25% de logements sociaux. Mais il faut faire très attention au type de logement social que vont construire les communes riches. Si ce sont des logements pour classes moyennes, cela risque de siphonner ces populations qui restent encore dans nos banlieues difficiles. Il faut imposer aux villes riches d’accueillir les ménages les plus en difficulté.

Amendes Transporteurs de colis : l’Autorité de la concurrence n’a rien compris

Amendes  Transporteurs  de colis : l’Autorité de la concurrence n’a rien compris

 

De toute évidence l’autorité de la concurrence ne comprend pas grand-chose à l’économie du transport. En infligeant une très lourde amende aux transporteurs de colis,  l’autorité de la concurrence a démontré s’il en était  besoin que le fonctionnement de l’économie des transports est ignoré par nombre d’experts et par les régulateurs. Ce n’est pas la première fois que le secteur doit supporter une sanction de la part des autorités en charge de la concurrence. Lors de la précédente sanction le secteur était florissant et nombre d’entreprises françaises dominaient  le marché. Depuis, leur environnement a beaucoup changé puisque la plupart des grands opérateurs français ont disparu ou ont été absorbés par des grands groupes étrangers. En cause, une concurrence exacerbée qui a fait chuter de manière dramatique le taux de rentabilité. Pour preuve des les entreprises comme le Sernam, Mory, d’autres  qui ont disparu du paysage. Environ 20 000 emplois se sont volatilisés dans la messagerie express. Rares sont les secteurs économiques qui présentent un aussi faible taux de rentabilité. De ce point de vue la comparaison avec par exemple le secteur des télécoms est complètement ridicule. Le secteur des télécoms conjugue à la fois croissance des activités et un taux de rentabilité financière à deux chiffres tandis que le secteur du transport des colis dégage une rentabilité financière entre 1 et 3 %. Du coup les grands opérateurs du transport de colis non d’autres solutions que de sous-traiter la partie terminale à des artisans le plus souvent sous-payés. D’une certaine manière on peut dire que la concurrence exacerbée dans le secteur du transport visé où opère des milliers d’intervenants (aujourd’hui tout le monde fait de la messagerie et de l’express y compris les transporteurs classiques)  à tué bon nombre d’entreprises françaises. Leur infliger une amende dans ces conditions relève de l’irresponsabilité totale de la part de régulateurs sans doute plus apte à comprendre le fonctionnement juridique d’un État qu’a appréhender les  conditions d’exercice d’une profession économique largement fragilisée par la baisse des prix des prestations. L’Aurorité de la concurrence a donc  annoncé mardi 15 décembre avoir infligé deux amendes pour entente sur les prix, d’une valeur totale de 672,3 millions d’euros, à 20 entreprises du secteur du transport de colis ainsi qu’au syndicat professionnel TLF. Il s’agit de la deuxième sanction la plus importante infligée par le gendarme de la concurrence depuis l’an 2000. Ces organisations du secteur de la messagerie ont été condamnées d’une part à 670,9 millions d’euros pour des « concertations répétées entre concurrents sur des hausses tarifaires annuelles » entre 2004 et 2010. Parmi les entreprises concernées figurent Geodis, la plus lourdement sanctionnée avec 196 millions d’euros d’amende, Chronopost (filiale de La Poste) avec 99 millions, DHL Express France (81 millions), TNT Express France (58 millions), et GLS (55 millions d’euros). Le syndicat professionnel TLF a pour sa part été condamné à 30.000 euros d’amende notamment pour avoir « participé activement tant à l’organisation des échanges illicites qu’à la protection de leur confidentialité ».   »Longtemps, les grandes entreprises ont pensé qu’elles étaient intouchables. Et le profit lié à une entente sur les prix était supérieur aux amendes, décrypte Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la Concurrence. La lourde condamnation du cartel des mobiles en 2005 [Orange, SFR et Bouygues pour 534 millions d’euros] et la plus grande sévérité des sanctions ont modifié les comportements.




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