Archive pour le Tag 'Dissolution'

Dissolution: Macron toujours hors sol

Dissolution: Macron toujours hors sol

Macron toujours hors sol concernant la dissolution de l’Assemblée nationale ; en effet à propos de sa décision du 9 juin 2024, le chef de l’État a reconnu à nouveau qu’elle n’avait pas été «comprise» par les Français et qu’elle n’avait pas «permis de clarifier les choses». Le pire évidemment, c’est que Macon n’a pas formellement écarté une nouvelle dissolution de cette assemblée. Le problème c’est que cela risque de déboucher sur une division encore plus importante du pays mais cette fois la question du maintien au pouvoir de Macron serait posée. Une crise politique encore plus importante serait alors susceptible de paralyser complètement le pays.

D’ores et déjà Macron re retrouve sans pouvoir et tente d’exister en vain en dépit de paroles « rassurantes » «Je vous rassure, je continue d’agir dans mes prérogatives et là où je suis, et vous le voyez aujourd’hui, je ne lâche aucun combat et je n’en lâcherai aucun», a insisté Emmanuel Macron en référence à son action pour les océans au niveau international.

Syrie: Dissolution des groupes armés ?

Syrie:  Dissolution des groupes armés ?

 

 

Les nouvelles autorités syriennes, menées par Hayat Tahrir al-Cham (HTC), ont annoncé mardi un accord avec «tous les groupes armés» pour leur dissolution, précisant qu’ils allaient être intégrés au ministère de la Défense.
«Une réunion des chefs des groupes» armés avec le nouveau dirigeant de la Syrie Ahmad al-Chareh «a abouti à un accord sur la dissolution de tous les groupes et leur intégration sous la tutelle du ministère de la Défense», ont indiqué l’agence officielle Sana et les nouvelles autorités sur leur compte Telegram.

 

Ahmad al-Chareh a affirmé dimanche qu’il ne «permettrait absolument pas que des armes échappent au contrôle de l’État». Il avait ajouté lors d’une conférence de presse que cette décision s’appliquerait également aux «factions présentes dans la zone des Forces démocratiques syriennes» (FDS, dominées par les Kurdes, NDLR).La question est de savoir si les Kurdes en prise aussi  avec le pouvoir turc accepteront d’être facilement désarmés;  Sans parler des autres groupes islamistes très radicaux.

Au Moyen-Orient mais aussi un Occident souhaite désormais que soit  étudiée la levée des sanctions qui frappaient l’ancien régime.

Dissolution de l’Assemblée nationale ?

Dissolution de l’Assemblée nationale ?

En l’état de la constitution, il faudra attendre l’été pour permettre d’organiser de nouvelles élections de l’Assemblée nationale. En attendant, l’assemblée risque d’être paralysée par les trois groupes qui s’y opposent. D’où cette idée d«autodissolution» de l’Assemblée nationale proposée par le député Stéphane Vojetta . Stéphane Vojetta, député des Français de l’étranger (apparenté au groupe macroniste), propose un nouveau concept : «l’autodissolution, ou la démission collective des 577 députés qui forment l’Assemblée nationale».

Emmanuel Macron étant obligé d’attendre le mois de juin 2025 pour redissoudre l’Assemblée, la situation de blocage dans l’hémicycle pose des difficultés au chef de l’État qui doit trouver la personnalité idoine au poste de premier ministre sans risque de censure. Si la piste d’un gouvernement technique, déjà évoquée cet été après les élections législatives, est toujours d’actualité, Stéphane Vojetta demande aux députés de «démissionner simultanément le 1er janvier pour permettre l’émergence d’une majorité claire.

Compte tenu des blocages cette idée est loin d’être saugrenue mais on voit mal beaucoup de députés couper la branche sur laquelle sont ainsi provisoirement pour beaucoup

Une nouvelle dissolution de l’assemblée probable ?

Une nouvelle dissolution de l’assemblée probable ?

Compte tenu de la paralysie de la situation politique, certains comme le Rassemblement  national envisagent une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale dans l’objectif évidemment de redonner la parole aux électeurs et l’espérance de voir se constituer  une majorité possible. C’est d’ores et déjà ce que pense notamment le Rassemblement national. ( Notons que cette dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la république ne peut intervenir avant un délai d’un an c’est-à-dire au cours de l’été 2025.)

Une «nouvelle dissolution » de l’Assemblée est «la seule issue politique possible» pour sortir la France de «l’état de paralysie» auquel conduit le résultat des élections législatives, a affirmé mardi la députée RN Edwige Diaz. «Nous sommes d’ores et déjà en train de préparer ces nouvelles élections», a indiqué sur Franceinfo la vice-présidente du parti d’extrême droite, troisième bloc à l’Assemblée derrière la gauche et les macronistes

Mais rien ne dit par avance que de nouvelles élections pourraient faire émerger cette nouvelle majorité. Dans ce   cas, on serait sans doute affronter à une crise institutionnelle que n’a pas connue le pays depuis très longtemps

 

Politique: après la dissolution, la procrastination ?

Politique: après  la dissolution, la procrastination ? 

 

Dans une tribune au « Monde », le sénateur Les Républicains  Philippe Bas juge qu’Emmanuel Macron doit nommer sans tarder une personnalité indépendante et expérimentée à Matignon. La France réclame un premier ministre qui ne soit plus le subordonné du président, mais le chef d’un gouvernement autonome sachant écouter le Parlement.

 

Un poison toxique parasite notre démocratie depuis les législatives, celui d’une triple mystification. Il est temps d’administrer l’antidote de vérité.Première mystification : le président de la République doit attendre que les partis politiques s’entendent pour nommer le premier ministre. C’est la théorie d’Emmanuel Macron. Elle est contraire à l’esprit de la Constitution. Dans la Constitution, le chef de l’Etat nomme un premier ministre (article 8) ; l’Assemblée nationale lui accorde sa confiance ou le censure (articles 49 et suivants). Autrement dit : le président propose ; l’Assemblée dispose. Rien ne saurait dispenser le chef de l’Etat de remplir cette mission ; rien ne l’autorise à la renvoyer à d’autres. Cela revêt une grande importance dans la confusion actuelle.

Chacun sait qu’il n’y a plus de majorité à l’Assemblée pour soutenir un gouvernement. La seule chose que l’on puisse espérer, c’est qu’il n’y en ait pas non plus pour le renverser, du moins dans un premier temps. Alors, à quoi bon attendre ? Les échéances constitutionnelles pour le budget de la France approchent à grands pas. Retarder la formation d’un gouvernement n’augmente pas les chances de trouver une majorité. Le président ne doit pas ajouter la procrastination à la dissolution.

La situation est certes inédite sous la Ve République. Mais elle était courante avant, sous les IIIe et IVe Républiques. Le rôle du président fut toujours de faire émerger une combinaison gouvernementale pour qu’un budget et des réformes soient votés. Ce rôle n’a pas disparu. Il a été accru par notre Constitution. Elle a doté le président (et le gouvernement) de puissants moyens d’action pour faire face aux divisions des Français.

Christian Estrosi demande la dissolution des « Insoumis »

Christian Estrosi demande la dissolution des « Insoumis » 

Après les propos de Thomas Portes qui ne souhaite pas que des Israéliens participent aux Jeux olympiques, le maire de Nice demande la dissolution de la France insoumise. « Je demande qu’une procédure de dissolution soit engagée à l’encontre de LFI et, dans l’attente, la suppression de toute aide publique contre ce parti et ses membres qui se sont définitivement mis au ban de la nation », a-t-il écrit ce dimanche 21 juillet sur son compte X

L’insoumis avait déclaré : « Nous sommes à quelques jours d’une échéance internationale qui va se tenir à Paris, qui sont les Jeux olympiques. Et moi, je suis ici pour dire que non, la délégation israélienne n’est pas la bienvenue à Paris », lors d’un rassemblement pro-palestinien samedi 20 juillet. Selon l’élu de Seine-Saint-Denis, « les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques à Paris. Il faut utiliser cette échéance, tous les leviers que nous avons pour créer des mobilisations ».

 Avec de tels propos, Thomas Portes a suscité l’indignation notamment du président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi. « Depuis le 7 octobre, Thomas Portes légitime le Hamas. Il met maintenant une cible dans le dos des athlètes israéliens, déjà les plus menacés des Jeux olympiques », a-t-il réagi.

 

Politique- « dissolution boomerang pour Macron »

Politique- – »dissolution boomerang pour Macron »

Bernard Sananè, président de l’institut Elabe, analyse dans la Tribune les ressorts du vote massif en faveur du Rassemblement national au premier tour des élections législatives.

Quel est selon vous l’élément marquant de ce premier tour de scrutin ?

BERNARD SANANÈS – La poussée RN a été très forte. Elle se lisait déjà dans le résultat des élections européennes du 9 juin. On a vu tout à coup l’homogénéisation du vote Rassemblement national, que ce soit de manière territoriale ou sociologique. La traduction de cette homogénéisation au scrutin majoritaire, c’est le fait que le RN se qualifie dans un peu plus de 440 circonscriptions pour le second tour des législatives. Cette progression est extrêmement forte en voix. Le RN et ses alliés ont obtenu 10,7 millions de suffrages, contre un peu moins de 8 millions aux Européennes et 4,2 millions au premier tour des législatives de 2022.

 

Cette progression en voix montre l’élargissement du parti, qui a réussi petit à petit, non pas à faire exploser, mais en tout cas à fissurer ses plafonds de verre. On le voit dans l’analyse sociologique des votes notamment, une fois de plus, chez les retraités. Chez eux, le match Ensemble-RN se termine quasiment à égalité. On observe aussi une progression chez les cadres. C’est également intéressant de noter que le RN qui s’était construit sur des bastions, se déploie de manière assez homogène sur le territoire.

 

Les motivations du vote RN aux législatives sont-elles les mêmes qu’aux Européennes ?

Le 9 juin, les questions européennes prenaient quand même une part importante dans les motivations du vote. Mais déjà le rejet d’Emmanuel Macron était fort. Il s’est exprimé dimanche encore plus fortement auprès d’électeurs qui ont vu dans ce rendez-vous démocratique qui n’était pas prévu, une occasion de pouvoir affaiblir le président de la République. On a mesuré par ailleurs l’évolution de l’importance de certains thèmes pour les électeurs. L’immigration pointait déjà haut, mais le thème s’est consolidé entre les deux scrutins. A présent, l’immigration et la sécurité sont quasiment au même niveau que le pouvoir d’achat. Trois thèmes qui sont au cœur du discours de Marine Le Pen.

Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme

Peut-on déjà comprendre clairement à qui a profité la très forte mobilisation ?

Pour l’instant, il n’y a pas d’indications qui laissent à penser que la mobilisation de dimanche aurait été fortement différenciée. Elle semble avoir profité à tous les camps, avec un léger avantage à la gauche. Les quelques couacs ainsi que les inquiétudes suscitées par le sujet des binationaux n’ont pas détourné de leur vote ceux qui avaient fait le choix du RN.

Le score obtenu par Roger Chudeau (candidat RN qui a suscité la polémique en expliquant que les postes ministériels devaient être occupés par des « Franco-Français », NDLR) le prouve. Il a réuni quasiment 50% des électeurs dans sa circonscription du Loir-et-Cher. Mais cela a pu en mobiliser d’autres se disant qu’il n’était pas possible de ne pas aller voter contre le RN.

Emmanuel Macron a raté son pari de la dissolution…

Rien n’a fonctionné, comme rien ne fonctionne depuis le début du second mandat. Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme, même si cet effet est un peu limité par rapport aux élections européennes. Le score d’hier traduit l’incapacité de ce second quinquennat à trouver sa dynamique propre. Cela a commencé au soir du second tour des législatives 2022, avec les tergiversations autour du premier Premier ministre du second quinquennat.

Et ce second quinquennat n’a jamais donné l’impression d’avoir une feuille de route extrêmement claire. Ce que le score de dimanche révèle, c’est l’impossible dynamique de ce second mandat. Et finalement, comme en 1997, Emmanuel Macron affronte une « dissolution boomerang » qui se retourne contre lui. En 2022, 250 députés de la majorité présidentielle et 89 du Rassemblement national avaient été élus. La symbolique serait assez forte si, à l’issue du second tour, on aboutissait à un scénario mathématique inversé avec autour de 250 députés RN et autour d’une centaine de l’ancienne majorité. C’est l’une des hypothèses plausibles. Autre élément à souligner, la promesse d’Emmanuel Macron en 2017, était de casser le duel droite-gauche. Aujourd’hui, on se retrouve avec un duel entre droite radicale et gauche radicale.

Les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN

Toujours en miroir d’Emmanuel Macron en 2022, le RN pourrait-il être privé d’une majorité absolue ? Que disent vos projections ?

Nos chiffres, comme ceux de mes confrères, disent que l’hypothèse la plus réaliste aujourd’hui, sur la base des premiers désistements intervenus dimanche soir, est que le RN obtienne une majorité relative, solide, mais une majorité relative seulement. Pour obtenir une majorité absolue, il faudrait que le parti de Marine Le Pen bénéficie d’une amplification du vote du premier tour.

Vous laissez de côté l’hypothèse d’une alliance avec certains députés LR canal historique ?

D’abord, même si on peut considérer que dans la perspective du second tour, le RN a quasiment fait le plein en termes d’électeurs mobilisés pour lui, il peut bénéficier des reports de voix d’une partie des électeurs qui ont voté pour le candidat LR, même si ce n’était pas des LR ciottistes. Ça, c’est très important. Donc le RN peut avoir des réserves de ce côté-là.

Il faudrait que cette percée soit forte pour que le RN puisse prétendre à la majorité absolue. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Parce que les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN. Je dis bien mathématiquement, parce qu’il faut rappeler quand même qu’en 2022, le RN l’a emporté dans 82 cas sur 89 dans des duels.

Quelle est votre analyse des résultats des candidats de l’alliance de gauche ?

La gauche n’a pas trouvé de nouvelle dynamique. Le NFP n’a pas mobilisé plus que la Nupes. Les zones de force sont toujours les mêmes : les grandes villes, les banlieues, mais la concentration des votes en faveur de la gauche dans ces zones-là ne lui permet pas en fait d’espérer jouer le match de la majorité, même relative. Les zones de force, ça ne fait pas gagner beaucoup de sièges supplémentaires. Il y a deux exemples frappants : Fabien Roussel qui perd dans le Nord mais surtout les difficultés de François Ruffin, dans la Somme. Hors des grandes villes ou des banlieues, c’est difficile de résister à la vague RN.

Est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Peut-on déjà, à l’issue de ce premier tour, voir un nouveau rapport de forces se mettre en place entre les formations qui composent le Nouveau Front populaire ?

C’est encore un peu tôt, mais on peut déjà dire que le rapport de force au sein du Nouveau Front populaire pourrait être un peu moins hégémonique pour la France Insoumise. Mais elle aurait évidemment la part la plus importante de sièges à gauche.

A l’aune de ce nouveau jour de vote, peut-on dire que la tripartition du paysage politique est durablement installée ?

Elle est actée dans le vote d’hier. Mais la question principale qui se posera dimanche prochain est finalement : est-ce que ces trois France sont irréconciliables ou est-ce qu’elles se réconcilient partiellement dans des « fronts », dans un sens ou dans un autre ? Est-ce que ces trois forces, finalement, arrivent à faire barrage à une autre ? Pour moi, c’est l’un des sujets de fond de ce second tour.

Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, que l’on ne surestime pas un peu les dynamiques de front républicain. Bien sûr, il peut y avoir des retraits, des désistements. Bien sûr, il va y avoir des électeurs qui choisiront de faire barrage. Maintenant, est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Justement, les électeurs entendent des consignes de vote depuis dimanche soir. Cela peut-il fonctionner ?

Nous avions publié la semaine dernière une étude qui montrait que les trois-quarts des électeurs ne suivraient pas les consignes de vote. Mais il faut signaler, pour être précis, qu’à gauche, ce chiffre était de un sur deux. Les consignes sont plus une habitude suivie encore par la gauche. A côté du RN, les deux électorats qui ne suivent pas les consignes de vote, c’est l’électorat de droite qui peut être tenté soit par un vote Ensemble, soit un vote RN. Mais aussi l’électorat du centre.

Le virage qui a été pris dimanche soir par Gabriel Attal peut étonner. Jusqu’à présent, le message était de mettre au même niveau le refus de LFI et le refus du RN. D’autre part, quand on interroge les Français et qu’on leur demande de positionner la politique d’Emmanuel Macron, ils considèrent que cette politique est majoritairement de droite. Donc quand ces électeurs ont entendu ça depuis quelques mois et qu’on va leur demander d’aller voter pour un candidat de gauche… Je ne sais pas dire aujourd’hui dans quelle proportion ce report se fera.

Il y a quelques cas emblématiques, comme par exemple le retrait d’une candidature de gauche pour laisser ses chances à Elisabeth Borne ou le retrait d’une candidature Ensemble en faveur de François Ruffin. Les électeurs vont-ils s’y retrouver ?

On va voir si le vote antisystème réapparaît. Le vote anti-RN va mobiliser une partie de l’électorat, tout comme le vote pour le front républicain. Mais le vote antisystème peut aussi reprendre de la force au regard des soirées électorales et des premières déclarations. Quand en 2022, il y avait eu la surprise des 80 députés RN, on avait réussi à déterminer qu’une partie, certes minoritaire, des électeurs de gauche avait voté RN parce qu’ils voulaient surtout s’opposer à la réforme des retraites.

Ils pensaient que si Emmanuel Macron n’avait pas la majorité absolue, cela stopperait la réforme. Donc, c’est vrai, cette circonscription d’Elisabeth Borne sera un test dimanche. On y mesurera la difficulté ou non pour l’électorat de gauche de se reporter sur le candidat de la majorité sortante.

Politique- Législatives– »dissolution boomerang pour Macron »

Politique- Législatives– »dissolution boomerang pour Macron »

Bernard Sananè, président de l’institut Elabe, analyse dans la Tribune  les ressorts du vote massif en faveur du Rassemblement national au premier tour des élections législatives.

 Quel est selon vous l’élément marquant de ce premier tour de scrutin ?

BERNARD SANANÈS – La poussée RN a été très forte. Elle se lisait déjà dans le résultat des élections européennes du 9 juin. On a vu tout à coup l’homogénéisation du vote Rassemblement national, que ce soit de manière territoriale ou sociologique. La traduction de cette homogénéisation au scrutin majoritaire, c’est le fait que le RN se qualifie dans un peu plus de 440 circonscriptions pour le second tour des législatives. Cette progression est extrêmement forte en voix. Le RN et ses alliés ont obtenu 10,7 millions de suffrages, contre un peu moins de 8 millions aux Européennes et 4,2 millions au premier tour des législatives de 2022.

 

Cette progression en voix montre l’élargissement du parti, qui a réussi petit à petit, non pas à faire exploser, mais en tout cas à fissurer ses plafonds de verre. On le voit dans l’analyse sociologique des votes notamment, une fois de plus, chez les retraités. Chez eux, le match Ensemble-RN se termine quasiment à égalité. On observe aussi une progression chez les cadres. C’est également intéressant de noter que le RN qui s’était construit sur des bastions, se déploie de manière assez homogène sur le territoire.

 

Les motivations du vote RN aux législatives sont-elles les mêmes qu’aux Européennes ?

Le 9 juin, les questions européennes prenaient quand même une part importante dans les motivations du vote. Mais déjà le rejet d’Emmanuel Macron était fort. Il s’est exprimé dimanche encore plus fortement auprès d’électeurs qui ont vu dans ce rendez-vous démocratique qui n’était pas prévu, une occasion de pouvoir affaiblir le président de la République. On a mesuré par ailleurs l’évolution de l’importance de certains thèmes pour les électeurs. L’immigration pointait déjà haut, mais le thème s’est consolidé entre les deux scrutins. A présent, l’immigration et la sécurité sont quasiment au même niveau que le pouvoir d’achat. Trois thèmes qui sont au cœur du discours de Marine Le Pen.

Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme

Peut-on déjà comprendre clairement à qui a profité la très forte mobilisation ?

Pour l’instant, il n’y a pas d’indications qui laissent à penser que la mobilisation de dimanche aurait été fortement différenciée. Elle semble avoir profité à tous les camps, avec un léger avantage à la gauche. Les quelques couacs ainsi que les inquiétudes suscitées par le sujet des binationaux n’ont pas détourné de leur vote ceux qui avaient fait le choix du RN.

Le score obtenu par Roger Chudeau (candidat RN qui a suscité la polémique en expliquant que les postes ministériels devaient être occupés par des « Franco-Français », NDLR) le prouve. Il a réuni quasiment 50% des électeurs dans sa circonscription du Loir-et-Cher. Mais cela a pu en mobiliser d’autres se disant qu’il n’était pas possible de ne pas aller voter contre le RN.

Emmanuel Macron a raté son pari de la dissolution…

Rien n’a fonctionné, comme rien ne fonctionne depuis le début du second mandat. Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme, même si cet effet est un peu limité par rapport aux élections européennes. Le score d’hier traduit l’incapacité de ce second quinquennat à trouver sa dynamique propre. Cela a commencé au soir du second tour des législatives 2022, avec les tergiversations autour du premier Premier ministre du second quinquennat.

Et ce second quinquennat n’a jamais donné l’impression d’avoir une feuille de route extrêmement claire. Ce que le score de dimanche révèle, c’est l’impossible dynamique de ce second mandat. Et finalement, comme en 1997, Emmanuel Macron affronte une « dissolution boomerang » qui se retourne contre lui. En 2022, 250 députés de la majorité présidentielle et 89 du Rassemblement national avaient été élus. La symbolique serait assez forte si, à l’issue du second tour, on aboutissait à un scénario mathématique inversé avec autour de 250 députés RN et autour d’une centaine de l’ancienne majorité. C’est l’une des hypothèses plausibles. Autre élément à souligner, la promesse d’Emmanuel Macron en 2017, était de casser le duel droite-gauche. Aujourd’hui, on se retrouve avec un duel entre droite radicale et gauche radicale.

Les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN

Toujours en miroir d’Emmanuel Macron en 2022, le RN pourrait-il être privé d’une majorité absolue ? Que disent vos projections ?

Nos chiffres, comme ceux de mes confrères, disent que l’hypothèse la plus réaliste aujourd’hui, sur la base des premiers désistements intervenus dimanche soir, est que le RN obtienne une majorité relative, solide, mais une majorité relative seulement. Pour obtenir une majorité absolue, il faudrait que le parti de Marine Le Pen bénéficie d’une amplification du vote du premier tour.

Vous laissez de côté l’hypothèse d’une alliance avec certains députés LR canal historique ?

D’abord, même si on peut considérer que dans la perspective du second tour, le RN a quasiment fait le plein en termes d’électeurs mobilisés pour lui, il peut bénéficier des reports de voix d’une partie des électeurs qui ont voté pour le candidat LR, même si ce n’était pas des LR ciottistes. Ça, c’est très important. Donc le RN peut avoir des réserves de ce côté-là.

Il faudrait que cette percée soit forte pour que le RN puisse prétendre à la majorité absolue. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Parce que les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN. Je dis bien mathématiquement, parce qu’il faut rappeler quand même qu’en 2022, le RN l’a emporté dans 82 cas sur 89 dans des duels.

Quelle est votre analyse des résultats des candidats de l’alliance de gauche ?

La gauche n’a pas trouvé de nouvelle dynamique. Le NFP n’a pas mobilisé plus que la Nupes. Les zones de force sont toujours les mêmes : les grandes villes, les banlieues, mais la concentration des votes en faveur de la gauche dans ces zones-là ne lui permet pas en fait d’espérer jouer le match de la majorité, même relative. Les zones de force, ça ne fait pas gagner beaucoup de sièges supplémentaires. Il y a deux exemples frappants : Fabien Roussel qui perd dans le Nord mais surtout les difficultés de François Ruffin, dans la Somme. Hors des grandes villes ou des banlieues, c’est difficile de résister à la vague RN.

Est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Peut-on déjà, à l’issue de ce premier tour, voir un nouveau rapport de forces se mettre en place entre les formations qui composent le Nouveau Front populaire ?

C’est encore un peu tôt, mais on peut déjà dire que le rapport de force au sein du Nouveau Front populaire pourrait être un peu moins hégémonique pour la France Insoumise. Mais elle aurait évidemment la part la plus importante de sièges à gauche.

A l’aune de ce nouveau jour de vote, peut-on dire que la tripartition du paysage politique est durablement installée ?

Elle est actée dans le vote d’hier. Mais la question principale qui se posera dimanche prochain est finalement : est-ce que ces trois France sont irréconciliables ou est-ce qu’elles se réconcilient partiellement dans des « fronts », dans un sens ou dans un autre ? Est-ce que ces trois forces, finalement, arrivent à faire barrage à une autre ? Pour moi, c’est l’un des sujets de fond de ce second tour.

Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, que l’on ne surestime pas un peu les dynamiques de front républicain. Bien sûr, il peut y avoir des retraits, des désistements. Bien sûr, il va y avoir des électeurs qui choisiront de faire barrage. Maintenant, est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Justement, les électeurs entendent des consignes de vote depuis dimanche soir. Cela peut-il fonctionner ?

Nous avions publié la semaine dernière une étude qui montrait que les trois-quarts des électeurs ne suivraient pas les consignes de vote. Mais il faut signaler, pour être précis, qu’à gauche, ce chiffre était de un sur deux. Les consignes sont plus une habitude suivie encore par la gauche. A côté du RN, les deux électorats qui ne suivent pas les consignes de vote, c’est l’électorat de droite qui peut être tenté soit par un vote Ensemble, soit un vote RN. Mais aussi l’électorat du centre.

Le virage qui a été pris dimanche soir par Gabriel Attal peut étonner. Jusqu’à présent, le message était de mettre au même niveau le refus de LFI et le refus du RN. D’autre part, quand on interroge les Français et qu’on leur demande de positionner la politique d’Emmanuel Macron, ils considèrent que cette politique est majoritairement de droite. Donc quand ces électeurs ont entendu ça depuis quelques mois et qu’on va leur demander d’aller voter pour un candidat de gauche… Je ne sais pas dire aujourd’hui dans quelle proportion ce report se fera.

Il y a quelques cas emblématiques, comme par exemple le retrait d’une candidature de gauche pour laisser ses chances à Elisabeth Borne ou le retrait d’une candidature Ensemble en faveur de François Ruffin. Les électeurs vont-ils s’y retrouver ?

On va voir si le vote antisystème réapparaît. Le vote anti-RN va mobiliser une partie de l’électorat, tout comme le vote pour le front républicain. Mais le vote antisystème peut aussi reprendre de la force au regard des soirées électorales et des premières déclarations. Quand en 2022, il y avait eu la surprise des 80 députés RN, on avait réussi à déterminer qu’une partie, certes minoritaire, des électeurs de gauche avait voté RN parce qu’ils voulaient surtout s’opposer à la réforme des retraites.

Ils pensaient que si Emmanuel Macron n’avait pas la majorité absolue, cela stopperait la réforme. Donc, c’est vrai, cette circonscription d’Elisabeth Borne sera un test dimanche. On y mesurera la difficulté ou non pour l’électorat de gauche de se reporter sur le candidat de la majorité sortante.

Législatives– »dissolution boomerang pour Macron »

Législatives– »dissolution boomerang pour Macron »

Bernard Sananè, président de l’institut Elabe, analyse dans la Tribune  les ressorts du vote massif en faveur du Rassemblement national au premier tour des élections législatives.

 Quel est selon vous l’élément marquant de ce premier tour de scrutin ?

BERNARD SANANÈS – La poussée RN a été très forte. Elle se lisait déjà dans le résultat des élections européennes du 9 juin. On a vu tout à coup l’homogénéisation du vote Rassemblement national, que ce soit de manière territoriale ou sociologique. La traduction de cette homogénéisation au scrutin majoritaire, c’est le fait que le RN se qualifie dans un peu plus de 440 circonscriptions pour le second tour des législatives. Cette progression est extrêmement forte en voix. Le RN et ses alliés ont obtenu 10,7 millions de suffrages, contre un peu moins de 8 millions aux Européennes et 4,2 millions au premier tour des législatives de 2022.

 

Cette progression en voix montre l’élargissement du parti, qui a réussi petit à petit, non pas à faire exploser, mais en tout cas à fissurer ses plafonds de verre. On le voit dans l’analyse sociologique des votes notamment, une fois de plus, chez les retraités. Chez eux, le match Ensemble-RN se termine quasiment à égalité. On observe aussi une progression chez les cadres. C’est également intéressant de noter que le RN qui s’était construit sur des bastions, se déploie de manière assez homogène sur le territoire.

 

Les motivations du vote RN aux législatives sont-elles les mêmes qu’aux Européennes ?

Le 9 juin, les questions européennes prenaient quand même une part importante dans les motivations du vote. Mais déjà le rejet d’Emmanuel Macron était fort. Il s’est exprimé dimanche encore plus fortement auprès d’électeurs qui ont vu dans ce rendez-vous démocratique qui n’était pas prévu, une occasion de pouvoir affaiblir le président de la République. On a mesuré par ailleurs l’évolution de l’importance de certains thèmes pour les électeurs. L’immigration pointait déjà haut, mais le thème s’est consolidé entre les deux scrutins. A présent, l’immigration et la sécurité sont quasiment au même niveau que le pouvoir d’achat. Trois thèmes qui sont au cœur du discours de Marine Le Pen.

Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme

Peut-on déjà comprendre clairement à qui a profité la très forte mobilisation ?

Pour l’instant, il n’y a pas d’indications qui laissent à penser que la mobilisation de dimanche aurait été fortement différenciée. Elle semble avoir profité à tous les camps, avec un léger avantage à la gauche. Les quelques couacs ainsi que les inquiétudes suscitées par le sujet des binationaux n’ont pas détourné de leur vote ceux qui avaient fait le choix du RN.

Le score obtenu par Roger Chudeau (candidat RN qui a suscité la polémique en expliquant que les postes ministériels devaient être occupés par des « Franco-Français », NDLR) le prouve. Il a réuni quasiment 50% des électeurs dans sa circonscription du Loir-et-Cher. Mais cela a pu en mobiliser d’autres se disant qu’il n’était pas possible de ne pas aller voter contre le RN.

Emmanuel Macron a raté son pari de la dissolution…

Rien n’a fonctionné, comme rien ne fonctionne depuis le début du second mandat. Cette élection signe l’effondrement et le retrait du macronisme, même si cet effet est un peu limité par rapport aux élections européennes. Le score d’hier traduit l’incapacité de ce second quinquennat à trouver sa dynamique propre. Cela a commencé au soir du second tour des législatives 2022, avec les tergiversations autour du premier Premier ministre du second quinquennat.

Et ce second quinquennat n’a jamais donné l’impression d’avoir une feuille de route extrêmement claire. Ce que le score de dimanche révèle, c’est l’impossible dynamique de ce second mandat. Et finalement, comme en 1997, Emmanuel Macron affronte une « dissolution boomerang » qui se retourne contre lui. En 2022, 250 députés de la majorité présidentielle et 89 du Rassemblement national avaient été élus. La symbolique serait assez forte si, à l’issue du second tour, on aboutissait à un scénario mathématique inversé avec autour de 250 députés RN et autour d’une centaine de l’ancienne majorité. C’est l’une des hypothèses plausibles. Autre élément à souligner, la promesse d’Emmanuel Macron en 2017, était de casser le duel droite-gauche. Aujourd’hui, on se retrouve avec un duel entre droite radicale et gauche radicale.

Les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN

Toujours en miroir d’Emmanuel Macron en 2022, le RN pourrait-il être privé d’une majorité absolue ? Que disent vos projections ?

Nos chiffres, comme ceux de mes confrères, disent que l’hypothèse la plus réaliste aujourd’hui, sur la base des premiers désistements intervenus dimanche soir, est que le RN obtienne une majorité relative, solide, mais une majorité relative seulement. Pour obtenir une majorité absolue, il faudrait que le parti de Marine Le Pen bénéficie d’une amplification du vote du premier tour.

Vous laissez de côté l’hypothèse d’une alliance avec certains députés LR canal historique ?

D’abord, même si on peut considérer que dans la perspective du second tour, le RN a quasiment fait le plein en termes d’électeurs mobilisés pour lui, il peut bénéficier des reports de voix d’une partie des électeurs qui ont voté pour le candidat LR, même si ce n’était pas des LR ciottistes. Ça, c’est très important. Donc le RN peut avoir des réserves de ce côté-là.

Il faudrait que cette percée soit forte pour que le RN puisse prétendre à la majorité absolue. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Parce que les triangulaires, quand elles deviennent duels, peuvent coûter mathématiquement quelques sièges au RN. Je dis bien mathématiquement, parce qu’il faut rappeler quand même qu’en 2022, le RN l’a emporté dans 82 cas sur 89 dans des duels.

Quelle est votre analyse des résultats des candidats de l’alliance de gauche ?

La gauche n’a pas trouvé de nouvelle dynamique. Le NFP n’a pas mobilisé plus que la Nupes. Les zones de force sont toujours les mêmes : les grandes villes, les banlieues, mais la concentration des votes en faveur de la gauche dans ces zones-là ne lui permet pas en fait d’espérer jouer le match de la majorité, même relative. Les zones de force, ça ne fait pas gagner beaucoup de sièges supplémentaires. Il y a deux exemples frappants : Fabien Roussel qui perd dans le Nord mais surtout les difficultés de François Ruffin, dans la Somme. Hors des grandes villes ou des banlieues, c’est difficile de résister à la vague RN.

Est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Peut-on déjà, à l’issue de ce premier tour, voir un nouveau rapport de forces se mettre en place entre les formations qui composent le Nouveau Front populaire ?

C’est encore un peu tôt, mais on peut déjà dire que le rapport de force au sein du Nouveau Front populaire pourrait être un peu moins hégémonique pour la France Insoumise. Mais elle aurait évidemment la part la plus importante de sièges à gauche.

A l’aune de ce nouveau jour de vote, peut-on dire que la tripartition du paysage politique est durablement installée ?

Elle est actée dans le vote d’hier. Mais la question principale qui se posera dimanche prochain est finalement : est-ce que ces trois France sont irréconciliables ou est-ce qu’elles se réconcilient partiellement dans des « fronts », dans un sens ou dans un autre ? Est-ce que ces trois forces, finalement, arrivent à faire barrage à une autre ? Pour moi, c’est l’un des sujets de fond de ce second tour.

Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, que l’on ne surestime pas un peu les dynamiques de front républicain. Bien sûr, il peut y avoir des retraits, des désistements. Bien sûr, il va y avoir des électeurs qui choisiront de faire barrage. Maintenant, est-ce qu’on va reconstituer des fronts républicains tels qu’on les a connus en 2002 ? Certainement pas.

Justement, les électeurs entendent des consignes de vote depuis dimanche soir. Cela peut-il fonctionner ?

Nous avions publié la semaine dernière une étude qui montrait que les trois-quarts des électeurs ne suivraient pas les consignes de vote. Mais il faut signaler, pour être précis, qu’à gauche, ce chiffre était de un sur deux. Les consignes sont plus une habitude suivie encore par la gauche. A côté du RN, les deux électorats qui ne suivent pas les consignes de vote, c’est l’électorat de droite qui peut être tenté soit par un vote Ensemble, soit un vote RN. Mais aussi l’électorat du centre.

Le virage qui a été pris dimanche soir par Gabriel Attal peut étonner. Jusqu’à présent, le message était de mettre au même niveau le refus de LFI et le refus du RN. D’autre part, quand on interroge les Français et qu’on leur demande de positionner la politique d’Emmanuel Macron, ils considèrent que cette politique est majoritairement de droite. Donc quand ces électeurs ont entendu ça depuis quelques mois et qu’on va leur demander d’aller voter pour un candidat de gauche… Je ne sais pas dire aujourd’hui dans quelle proportion ce report se fera.

Il y a quelques cas emblématiques, comme par exemple le retrait d’une candidature de gauche pour laisser ses chances à Elisabeth Borne ou le retrait d’une candidature Ensemble en faveur de François Ruffin. Les électeurs vont-ils s’y retrouver ?

On va voir si le vote antisystème réapparaît. Le vote anti-RN va mobiliser une partie de l’électorat, tout comme le vote pour le front républicain. Mais le vote antisystème peut aussi reprendre de la force au regard des soirées électorales et des premières déclarations. Quand en 2022, il y avait eu la surprise des 80 députés RN, on avait réussi à déterminer qu’une partie, certes minoritaire, des électeurs de gauche avait voté RN parce qu’ils voulaient surtout s’opposer à la réforme des retraites.

Ils pensaient que si Emmanuel Macron n’avait pas la majorité absolue, cela stopperait la réforme. Donc, c’est vrai, cette circonscription d’Elisabeth Borne sera un test dimanche. On y mesurera la difficulté ou non pour l’électorat de gauche de se reporter sur le candidat de la majorité sortante.

Economie- Le retour de l’inflation après la dissolution ?

Economie- Le retour de l’inflation après la dissolution ?

 

Une vague d’inflation a submergé l’économie mondiale depuis 2022. Largement due aux crises énergétiques et à la guerre en Ukraine, ce mouvement de hausse des prix était sans précédent depuis les répliques du deuxième choc pétrolier au tournant des années 70 et 80. Alors que le pire semble derrière nous en France, l’incertitude récente concernant la situation politique intérieure sème le doute quant à l’impact des mesures sur le pouvoir d’achat, qui ont pourtant contribué à contenir la hausse des prix. Quelles conséquences pourraient avoir les boucliers tarifaires ou les hausses de salaire promises par les uns et les autres, étant donné la trajectoire de la dette publique ? À moyen et long terme, de quelle façon ces mesures pourraient-elles atteindre la croissance et l’évolution des prix ?

 

par 

Associate Professor of Finance, International University of Monaco dans The Conversation 

Mais revenons à la période récente. En mai 2024, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti stable sur un mois, affichant une hausse de 2,3 % sur un an. L’inflation française se situe ainsi dans la moyenne de la zone euro après avoir été en dessous de nombreux pays européens au plus haut de la crise inflationniste. Ces bons résultats relatifs durant l’épisode inflationniste aigu de 2022 s’expliquent par le choix fort du gouvernement français de contenir la hausse des prix de l’énergie (gaz et électricité). L’instauration d’un bouclier tarifaire a limité l’impact de la hausse pour les ménages, comme l’a montré, après coup, la Cour des comptes. Toutefois, ce résultat a eu un coût budgétaire important : le gouvernement estime la mesure à 11 milliards d’euros pour le prix du gaz et, pour l’électricité, à 44 milliards d’euros nets en 2024.

Sans le bouclier tarifaire, les prix du gaz auraient augmenté de +78,3 % au 1er mai 2022 par rapport au 1er octobre 2021. L’Institut national de la statistique (Insee) estime que le bouclier tarifaire a contribué à diviser par deux le niveau d’inflation sur la période, ce qui correspond en effet à l’écart observé avec nos voisins européens. Dans les faits, la hausse des tarifs a été limitée à 15 % TTC en moyenne, et empiriquement l’objectif a été atteint.

Toutefois, la hausse reste forte, sur l’électricité notamment, avec des variations annuelles de près de 20 %, alors que le gaz voit ses tarifs diminuer fortement début 2024. Grâce aux mesures et à la baisse de consommation, le poids de la facture énergétique dans le budget des ménages a finalement assez peu augmenté, en deçà des 10 %.

Avant la dissolution, il était prévu que le dispositif serait prolongé jusqu’au début de 2025 pour l’électricité mais devait s’assouplir pour être recentré sur les contrats signés avec des prix élevés. Seuls sont maintenant éligibles les contrats qui ont été signés avant le 30 juin 2023. La baisse des prix de l’énergie se confirme dans tous les pays de la zone euro sur les trois derniers mois, du fait aussi du repli des prix des produits pétroliers de 2,4 %. Les prix de l’énergie en France ont été inférieurs à ceux de la zone euro, mais la variation sur un an affiche quand même encore 5,7 % dans l’hexagone. Et les augmentations ne sont pas terminées

Pour juger de la future trajectoire des prix, la question qui se pose aujourd’hui plus que jamais est celle de la boucle prix-salaires. Cette dernière faisait craindre, au début de la crise, l’enclenchement d’un cercle vicieux : la hausse des prix entraîne une hausse des salaires, qui, à son tour, provoque une hausse des prix… soit le retour de l’inflation persistante.

Après avoir atteint un pic à 5,3 % au quatrième trimestre de 2022, les salaires ralentissent graduellement dans ce contexte de reflux de la hausse des prix. Les rémunérations ont progressé de 2,9 % au premier trimestre de 2024, après une croissance de 3,2 % au trimestre précédent.

Quelles conséquences entraîneraient un changement de majorité au Parlement français et une nouvelle politique économique sur le pouvoir d’achat ? L’indexation des salaires fréquemment citée dans les programmes de deux des coalitions conduirait à des anticipations d’inflation moins bien ancrées d’après une étude de la Banque de France.

Cela pourrait ainsi engendrer une plus forte volatilité de l’inflation, ce qui est généralement observé dans les pays ayant choisi l’indexation, même partielle comme la Belgique. En effet, les chocs, même temporaires, d’inflation, dans un pays incluant une fraction plus élevée d’indexation automatique des salaires nominaux sur l’inflation, amorcent la boucle prix-salaires, ce qui a un impact sur le comportement des agents économiques qui modifient alors leurs anticipations de hausse des prix à moyen et long terme. Or, toutes les études économiques montrent qu’un surplus d’incertitude sur les prix ralentit l’activité économique, notamment parce qu’elle dissuade les agents économiques d’investir.

Enfin, la mauvaise tenue des comptes publics est, à moyen long terme, une autre source d’instabilité pour la performance économique, et pour l’inflation en particulier. La situation des comptes nationaux français s’est encore dégradée en 2023. La France a affiché un déficit de -5,5 % du PIB avec une dette dépassant maintenant les trois mille milliards d’euros. Certes, beaucoup d’autres États membres de l’Union européenne affichent un déficit (les seules exceptions sont Chypre et le Danemark (+3,1 % chacun), l’Irlande (+1,7 %) et le Portugal (+1,2 %)), et nos voisins italiens enregistrent toujours les déficits les plus élevés (-7,4 %). Mais les marchés obligataires se tournent de plus en plus vers la France.

Si des mesures coûteuses sont prises par le nouveau gouvernement français, et si le taux d’intérêt de la dette devient supérieur au taux de croissance du PIB en valeur, le déficit primaire et la dette seront plus élevés. Une telle situation aurait à n’en pas douter des répercussions importantes sur les primes de risque payées par la France (on appelle ainsi la part du taux d’intérêt qui correspond au risque particulier estimé par les prêteurs) sur les marchés obligataires, et notre capacité à se financer.

Une combinaison de stagflation, c’est-à-dire la conjonction de la hausse des prix et du recul de l’activité, façon années 70, et une crise de la dette souveraine comme en 2012 deviennent de plus en plus un scénario envisageable, selon de nombreux économistes. Alors qu’on attendait la rigueur en 2024, la France craint désormais le chaos. Pourra-t-on compter sur la banque centrale européenne pour mettre de l’ordre et rassurer les marchés encore une fois ?

Economie- Le retour de l’inflation après la dissolution ?

Economie- Le retour de l’inflation après la dissolution ?

 

Une vague d’inflation a submergé l’économie mondiale depuis 2022. Largement due aux crises énergétiques et à la guerre en Ukraine, ce mouvement de hausse des prix était sans précédent depuis les répliques du deuxième choc pétrolier au tournant des années 70 et 80. Alors que le pire semble derrière nous en France, l’incertitude récente concernant la situation politique intérieure sème le doute quant à l’impact des mesures sur le pouvoir d’achat, qui ont pourtant contribué à contenir la hausse des prix. Quelles conséquences pourraient avoir les boucliers tarifaires ou les hausses de salaire promises par les uns et les autres, étant donné la trajectoire de la dette publique ? À moyen et long terme, de quelle façon ces mesures pourraient-elles atteindre la croissance et l’évolution des prix ?

 

par 

Associate Professor of Finance, International University of Monaco dans The Conversation 

Mais revenons à la période récente. En mai 2024, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti stable sur un mois, affichant une hausse de 2,3 % sur un an. L’inflation française se situe ainsi dans la moyenne de la zone euro après avoir été en dessous de nombreux pays européens au plus haut de la crise inflationniste. Ces bons résultats relatifs durant l’épisode inflationniste aigu de 2022 s’expliquent par le choix fort du gouvernement français de contenir la hausse des prix de l’énergie (gaz et électricité). L’instauration d’un bouclier tarifaire a limité l’impact de la hausse pour les ménages, comme l’a montré, après coup, la Cour des comptes. Toutefois, ce résultat a eu un coût budgétaire important : le gouvernement estime la mesure à 11 milliards d’euros pour le prix du gaz et, pour l’électricité, à 44 milliards d’euros nets en 2024.

Sans le bouclier tarifaire, les prix du gaz auraient augmenté de +78,3 % au 1er mai 2022 par rapport au 1er octobre 2021. L’Institut national de la statistique (Insee) estime que le bouclier tarifaire a contribué à diviser par deux le niveau d’inflation sur la période, ce qui correspond en effet à l’écart observé avec nos voisins européens. Dans les faits, la hausse des tarifs a été limitée à 15 % TTC en moyenne, et empiriquement l’objectif a été atteint.

Toutefois, la hausse reste forte, sur l’électricité notamment, avec des variations annuelles de près de 20 %, alors que le gaz voit ses tarifs diminuer fortement début 2024. Grâce aux mesures et à la baisse de consommation, le poids de la facture énergétique dans le budget des ménages a finalement assez peu augmenté, en deçà des 10 %.

Avant la dissolution, il était prévu que le dispositif serait prolongé jusqu’au début de 2025 pour l’électricité mais devait s’assouplir pour être recentré sur les contrats signés avec des prix élevés. Seuls sont maintenant éligibles les contrats qui ont été signés avant le 30 juin 2023. La baisse des prix de l’énergie se confirme dans tous les pays de la zone euro sur les trois derniers mois, du fait aussi du repli des prix des produits pétroliers de 2,4 %. Les prix de l’énergie en France ont été inférieurs à ceux de la zone euro, mais la variation sur un an affiche quand même encore 5,7 % dans l’hexagone. Et les augmentations ne sont pas terminées

Pour juger de la future trajectoire des prix, la question qui se pose aujourd’hui plus que jamais est celle de la boucle prix-salaires. Cette dernière faisait craindre, au début de la crise, l’enclenchement d’un cercle vicieux : la hausse des prix entraîne une hausse des salaires, qui, à son tour, provoque une hausse des prix… soit le retour de l’inflation persistante.

Après avoir atteint un pic à 5,3 % au quatrième trimestre de 2022, les salaires ralentissent graduellement dans ce contexte de reflux de la hausse des prix. Les rémunérations ont progressé de 2,9 % au premier trimestre de 2024, après une croissance de 3,2 % au trimestre précédent.

Quelles conséquences entraîneraient un changement de majorité au Parlement français et une nouvelle politique économique sur le pouvoir d’achat ? L’indexation des salaires fréquemment citée dans les programmes de deux des coalitions conduirait à des anticipations d’inflation moins bien ancrées d’après une étude de la Banque de France.

Cela pourrait ainsi engendrer une plus forte volatilité de l’inflation, ce qui est généralement observé dans les pays ayant choisi l’indexation, même partielle comme la Belgique. En effet, les chocs, même temporaires, d’inflation, dans un pays incluant une fraction plus élevée d’indexation automatique des salaires nominaux sur l’inflation, amorcent la boucle prix-salaires, ce qui a un impact sur le comportement des agents économiques qui modifient alors leurs anticipations de hausse des prix à moyen et long terme. Or, toutes les études économiques montrent qu’un surplus d’incertitude sur les prix ralentit l’activité économique, notamment parce qu’elle dissuade les agents économiques d’investir.

Enfin, la mauvaise tenue des comptes publics est, à moyen long terme, une autre source d’instabilité pour la performance économique, et pour l’inflation en particulier. La situation des comptes nationaux français s’est encore dégradée en 2023. La France a affiché un déficit de -5,5 % du PIB avec une dette dépassant maintenant les trois mille milliards d’euros. Certes, beaucoup d’autres États membres de l’Union européenne affichent un déficit (les seules exceptions sont Chypre et le Danemark (+3,1 % chacun), l’Irlande (+1,7 %) et le Portugal (+1,2 %)), et nos voisins italiens enregistrent toujours les déficits les plus élevés (-7,4 %). Mais les marchés obligataires se tournent de plus en plus vers la France.

Si des mesures coûteuses sont prises par le nouveau gouvernement français, et si le taux d’intérêt de la dette devient supérieur au taux de croissance du PIB en valeur, le déficit primaire et la dette seront plus élevés. Une telle situation aurait à n’en pas douter des répercussions importantes sur les primes de risque payées par la France (on appelle ainsi la part du taux d’intérêt qui correspond au risque particulier estimé par les prêteurs) sur les marchés obligataires, et notre capacité à se financer.

Une combinaison de stagflation, c’est-à-dire la conjonction de la hausse des prix et du recul de l’activité, façon années 70, et une crise de la dette souveraine comme en 2012 deviennent de plus en plus un scénario envisageable, selon de nombreux économistes. Alors qu’on attendait la rigueur en 2024, la France craint désormais le chaos. Pourra-t-on compter sur la banque centrale européenne pour mettre de l’ordre et rassurer les marchés encore une fois ?

Le retour de l’inflation après la dissolution ?

Le retour de l’inflation après la dissolution ?

 

Une vague d’inflation a submergé l’économie mondiale depuis 2022. Largement due aux crises énergétiques et à la guerre en Ukraine, ce mouvement de hausse des prix était sans précédent depuis les répliques du deuxième choc pétrolier au tournant des années 70 et 80. Alors que le pire semble derrière nous en France, l’incertitude récente concernant la situation politique intérieure sème le doute quant à l’impact des mesures sur le pouvoir d’achat, qui ont pourtant contribué à contenir la hausse des prix. Quelles conséquences pourraient avoir les boucliers tarifaires ou les hausses de salaire promises par les uns et les autres, étant donné la trajectoire de la dette publique ? À moyen et long terme, de quelle façon ces mesures pourraient-elles atteindre la croissance et l’évolution des prix ?

 

par 

Associate Professor of Finance, International University of Monaco dans The Conversation 

Mais revenons à la période récente. En mai 2024, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti stable sur un mois, affichant une hausse de 2,3 % sur un an. L’inflation française se situe ainsi dans la moyenne de la zone euro après avoir été en dessous de nombreux pays européens au plus haut de la crise inflationniste. Ces bons résultats relatifs durant l’épisode inflationniste aigu de 2022 s’expliquent par le choix fort du gouvernement français de contenir la hausse des prix de l’énergie (gaz et électricité). L’instauration d’un bouclier tarifaire a limité l’impact de la hausse pour les ménages, comme l’a montré, après coup, la Cour des comptes. Toutefois, ce résultat a eu un coût budgétaire important : le gouvernement estime la mesure à 11 milliards d’euros pour le prix du gaz et, pour l’électricité, à 44 milliards d’euros nets en 2024.

Sans le bouclier tarifaire, les prix du gaz auraient augmenté de +78,3 % au 1er mai 2022 par rapport au 1er octobre 2021. L’Institut national de la statistique (Insee) estime que le bouclier tarifaire a contribué à diviser par deux le niveau d’inflation sur la période, ce qui correspond en effet à l’écart observé avec nos voisins européens. Dans les faits, la hausse des tarifs a été limitée à 15 % TTC en moyenne, et empiriquement l’objectif a été atteint.

Toutefois, la hausse reste forte, sur l’électricité notamment, avec des variations annuelles de près de 20 %, alors que le gaz voit ses tarifs diminuer fortement début 2024. Grâce aux mesures et à la baisse de consommation, le poids de la facture énergétique dans le budget des ménages a finalement assez peu augmenté, en deçà des 10 %.

Avant la dissolution, il était prévu que le dispositif serait prolongé jusqu’au début de 2025 pour l’électricité mais devait s’assouplir pour être recentré sur les contrats signés avec des prix élevés. Seuls sont maintenant éligibles les contrats qui ont été signés avant le 30 juin 2023. La baisse des prix de l’énergie se confirme dans tous les pays de la zone euro sur les trois derniers mois, du fait aussi du repli des prix des produits pétroliers de 2,4 %. Les prix de l’énergie en France ont été inférieurs à ceux de la zone euro, mais la variation sur un an affiche quand même encore 5,7 % dans l’hexagone. Et les augmentations ne sont pas terminées

Pour juger de la future trajectoire des prix, la question qui se pose aujourd’hui plus que jamais est celle de la boucle prix-salaires. Cette dernière faisait craindre, au début de la crise, l’enclenchement d’un cercle vicieux : la hausse des prix entraîne une hausse des salaires, qui, à son tour, provoque une hausse des prix… soit le retour de l’inflation persistante.

Après avoir atteint un pic à 5,3 % au quatrième trimestre de 2022, les salaires ralentissent graduellement dans ce contexte de reflux de la hausse des prix. Les rémunérations ont progressé de 2,9 % au premier trimestre de 2024, après une croissance de 3,2 % au trimestre précédent.

Quelles conséquences entraîneraient un changement de majorité au Parlement français et une nouvelle politique économique sur le pouvoir d’achat ? L’indexation des salaires fréquemment citée dans les programmes de deux des coalitions conduirait à des anticipations d’inflation moins bien ancrées d’après une étude de la Banque de France.

Cela pourrait ainsi engendrer une plus forte volatilité de l’inflation, ce qui est généralement observé dans les pays ayant choisi l’indexation, même partielle comme la Belgique. En effet, les chocs, même temporaires, d’inflation, dans un pays incluant une fraction plus élevée d’indexation automatique des salaires nominaux sur l’inflation, amorcent la boucle prix-salaires, ce qui a un impact sur le comportement des agents économiques qui modifient alors leurs anticipations de hausse des prix à moyen et long terme. Or, toutes les études économiques montrent qu’un surplus d’incertitude sur les prix ralentit l’activité économique, notamment parce qu’elle dissuade les agents économiques d’investir.

Enfin, la mauvaise tenue des comptes publics est, à moyen long terme, une autre source d’instabilité pour la performance économique, et pour l’inflation en particulier. La situation des comptes nationaux français s’est encore dégradée en 2023. La France a affiché un déficit de -5,5 % du PIB avec une dette dépassant maintenant les trois mille milliards d’euros. Certes, beaucoup d’autres États membres de l’Union européenne affichent un déficit (les seules exceptions sont Chypre et le Danemark (+3,1 % chacun), l’Irlande (+1,7 %) et le Portugal (+1,2 %)), et nos voisins italiens enregistrent toujours les déficits les plus élevés (-7,4 %). Mais les marchés obligataires se tournent de plus en plus vers la France.

Si des mesures coûteuses sont prises par le nouveau gouvernement français, et si le taux d’intérêt de la dette devient supérieur au taux de croissance du PIB en valeur, le déficit primaire et la dette seront plus élevés. Une telle situation aurait à n’en pas douter des répercussions importantes sur les primes de risque payées par la France (on appelle ainsi la part du taux d’intérêt qui correspond au risque particulier estimé par les prêteurs) sur les marchés obligataires, et notre capacité à se financer.

Une combinaison de stagflation, c’est-à-dire la conjonction de la hausse des prix et du recul de l’activité, façon années 70, et une crise de la dette souveraine comme en 2012 deviennent de plus en plus un scénario envisageable, selon de nombreux économistes. Alors qu’on attendait la rigueur en 2024, la France craint désormais le chaos. Pourra-t-on compter sur la banque centrale européenne pour mettre de l’ordre et rassurer les marchés encore une fois ?

Une crise supplémentaire avec la dissolution

Une crise supplémentaire avec la dissolution

La dissolution ne va pas régler la crise mais en créer une supplémentaire. Le sénateur (Les Républicains), Philippe Bas, craint, dans une tribune au « Monde », que la décision du président de la République n’entraîne une cohabitation subie et dangereuse avec le Rassemblement national, qui pourrait provoquer une succession de chocs politiques.

 

La dissolution prononcée par le président de la République, dimanche 9 juin, rend peu probable la formation d’une majorité entre forces de gouvernement. Pourquoi les électeurs du 7 juillet, date du second tour des élections législatives, désavoueraient-ils ceux du 9 juin ? Il faut donc réfléchir à ce que serait une cohabitation d’Emmanuel Macron avec l’extrême droite.
La France a l’expérience de trois cohabitations. Le gouvernement n’a pas les pleins pouvoirs. L’action gouvernementale bute sur les pouvoirs propres du président. Le premier ministre ne peut faire de référendum ou décider une dissolution, ni commander les armées, ni signer de traité, ni déclencher les pleins pouvoirs de l’article 16 de la Constitution [qui peut être activé en cas de menace grave et immédiate contre les institutions de la République], ni se substituer au président au Conseil européen. Il ne peut promulguer les lois, ni demander une seconde délibération, ni nommer seul les dirigeants de l’administration et de l’armée. Le président reste maître de l’ordre du jour du conseil des ministres.
Pour que les institutions fonctionnent, les deux têtes de l’exécutif ont instauré un rapport de force responsable entre partis de l’alternance démocratique. En 1997, Jacques Chirac président a ainsi obtenu de Lionel Jospin premier ministre ce que Mitterrand président avait imposé à Chirac premier ministre (1986). Un tiers des nominations dans les grands corps ont été réservées au chef de l’Etat. Les Français ont attendu d’eux qu’ils se respectent, respectent les institutions, s’entendent sur la politique étrangère et européenne et sur la défense nationale.

Une crise supplémentaire avec la dissolution

Une crise supplémentaire avec la dissolution

La dissolution ne va pas régler la crise mais en créer une supplémentaire. Le sénateur (Les Républicains), Philippe Bas, craint, dans une tribune au « Monde », que la décision du président de la République n’entraîne une cohabitation subie et dangereuse avec le Rassemblement national, qui pourrait provoquer une succession de chocs politiques.

 

La dissolution prononcée par le président de la République, dimanche 9 juin, rend peu probable la formation d’une majorité entre forces de gouvernement. Pourquoi les électeurs du 7 juillet, date du second tour des élections législatives, désavoueraient-ils ceux du 9 juin ? Il faut donc réfléchir à ce que serait une cohabitation d’Emmanuel Macron avec l’extrême droite.
La France a l’expérience de trois cohabitations. Le gouvernement n’a pas les pleins pouvoirs. L’action gouvernementale bute sur les pouvoirs propres du président. Le premier ministre ne peut faire de référendum ou décider une dissolution, ni commander les armées, ni signer de traité, ni déclencher les pleins pouvoirs de l’article 16 de la Constitution [qui peut être activé en cas de menace grave et immédiate contre les institutions de la République], ni se substituer au président au Conseil européen. Il ne peut promulguer les lois, ni demander une seconde délibération, ni nommer seul les dirigeants de l’administration et de l’armée. Le président reste maître de l’ordre du jour du conseil des ministres.
Pour que les institutions fonctionnent, les deux têtes de l’exécutif ont instauré un rapport de force responsable entre partis de l’alternance démocratique. En 1997, Jacques Chirac président a ainsi obtenu de Lionel Jospin premier ministre ce que Mitterrand président avait imposé à Chirac premier ministre (1986). Un tiers des nominations dans les grands corps ont été réservées au chef de l’Etat. Les Français ont attendu d’eux qu’ils se respectent, respectent les institutions, s’entendent sur la politique étrangère et européenne et sur la défense nationale.

La dissolution ne va pas régler la crise mais en créer une supplémentaire

La dissolution ne va pas régler la crise mais en créer une supplémentaire

Le sénateur (Les Républicains), Philippe Bas, craint, dans une tribune au « Monde », que la décision du président de la République n’entraîne une cohabitation subie et dangereuse avec le Rassemblement national, qui pourrait provoquer une succession de chocs politiques.

 

La dissolution prononcée par le président de la République, dimanche 9 juin, rend peu probable la formation d’une majorité entre forces de gouvernement. Pourquoi les électeurs du 7 juillet, date du second tour des élections législatives, désavoueraient-ils ceux du 9 juin ? Il faut donc réfléchir à ce que serait une cohabitation d’Emmanuel Macron avec l’extrême droite.

La France a l’expérience de trois cohabitations. Le gouvernement n’a pas les pleins pouvoirs. L’action gouvernementale bute sur les pouvoirs propres du président. Le premier ministre ne peut faire de référendum ou décider une dissolution, ni commander les armées, ni signer de traité, ni déclencher les pleins pouvoirs de l’article 16 de la Constitution [qui peut être activé en cas de menace grave et immédiate contre les institutions de la République], ni se substituer au président au Conseil européen. Il ne peut promulguer les lois, ni demander une seconde délibération, ni nommer seul les dirigeants de l’administration et de l’armée. Le président reste maître de l’ordre du jour du conseil des ministres.

Pour que les institutions fonctionnent, les deux têtes de l’exécutif ont instauré un rapport de force responsable entre partis de l’alternance démocratique. En 1997, Jacques Chirac président a ainsi obtenu de Lionel Jospin premier ministre ce que Mitterrand président avait imposé à Chirac premier ministre (1986). Un tiers des nominations dans les grands corps ont été réservées au chef de l’Etat. Les Français ont attendu d’eux qu’ils se respectent, respectent les institutions, s’entendent sur la politique étrangère et européenne et sur la défense nationale.

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