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Présidentielle-2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

Présidentielle-2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

 

 

Le politiste  Jerôme Sainte-Marie estime que jusque-là le rejet de Marine peine était suffisamment fort pour exclure toute perspective de victoire du front national. Cependant on ne peut plus exclure une hypothèse de victoire de l’intéressé en 2022. (Interview Le Figaro)

 

 

Il n’est donc pas évident de dessiner ce que pourrait être un «front républicain» dans l’hypothèse d’un second tour Macron – Le Pen. Il semblerait qu’un tiers des électeurs de François Fillon, très sensibles aux thématiques de la sécurité et l’identité culturelle, choisissent désormais Marine Le Pen au second tour. Ce thème si souvent entonné risque d’être frappé d’obsolescence pour de nombreux électeurs.

La présidente du RN serait-t-elle désormais en mesure de l’emporter en 2022?

Cela fait assez longtemps, depuis au moins l’automne 2018, qu’il m’apparaît que si Marine Le Pen avait lors de la dernière élection présidentielle très peu de chances de l’emporter, désormais cette éventualité existe. Non seulement le chef de l’État pâtit de l’inévitable usure du pouvoir, mais en outre il a suscité par certains de ses propos et de ses réformes une détestation sociale immense, que cela soit justifié ou non.

C’est pourquoi, et sans même évoquer les effets incertains de la crise sanitaire, le scrutin de 2022 sera atypique, car même si le duel de second tour opposait les deux concurrents de 2017, ses conditions seraient bien différentes. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen dispose chacun d’une base sociale importante, aux propriétés symétriquement opposées, consolidée au fil des ans.

Le chef de l’Etat bénéficie d’une position en tous points dominante mais les aléas de l’abstention, surtout du côté de la gauche, et des transferts de voix, plutôt du côté de la droite, crée, en gardant toujours à l’esprit que nous sommes encore à plus d’un an du scrutin, une réelle incertitude sur l’issue de l’élection présidentielle.

 


FIGAROVOX.-Une enquête Harris interactive attribue une intention de vote record à la présidente du RN, 48% contre 52% à l’actuel président au second tour de la présidentielle 2022. Le match Macron-Le Pen est-il inéluctable ou un autre candidat peut-il encore tirer son épingle du jeu?

Jerôme SAINTE-MARIE.- L’ensemble des sondages d’intentions de vote réalisés depuis deux ans indiquent un second tour opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourtant, on a beaucoup glosé sur un chiffre publié en septembre dernier par l’IFOP, indiquant que seuls 32% des Français souhaitaient une telle perspective. A y regarder de près, ce pourcentage ne signifiait pas ce que d’aucun souhaitait lui faire dire.

Tout d’abord, très logiquement, tous les sympathisants des courants politiques autres que le RN ou LREM préfèreraient une autre issue. Cela fait déjà près de la moitié des électeurs de premier tour. Ensuite, Marine Le Pen incarnant tout ce que détestent les partisans d’Emmanuel Macron, la majorité d’entre eux ne souhaient pas qu’elle soit présente au second tour. Enfin, l’essentiel est qu’au même moment où 68% des Français déclaraient ne pas vouloir un duel Macron-Le Pen, leur choix de premier tour empêchait que soit publiée une autre hypothèse.

2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

 

 

Le politiste  Jerôme Sainte-Marie estime que jusque-là le rejet de Marine peine était suffisamment fort pour exclure toute perspective de victoire du front national. Cependant on ne peut plus exclure une hypothèse de victoire de l’intéressé en 2022. (Interview Le Figaro)

 

 

Il n’est donc pas évident de dessiner ce que pourrait être un «front républicain» dans l’hypothèse d’un second tour Macron – Le Pen. Il semblerait qu’un tiers des électeurs de François Fillon, très sensibles aux thématiques de la sécurité et l’identité culturelle, choisissent désormais Marine Le Pen au second tour. Ce thème si souvent entonné risque d’être frappé d’obsolescence pour de nombreux électeurs.

La présidente du RN serait-t-elle désormais en mesure de l’emporter en 2022?

Cela fait assez longtemps, depuis au moins l’automne 2018, qu’il m’apparaît que si Marine Le Pen avait lors de la dernière élection présidentielle très peu de chances de l’emporter, désormais cette éventualité existe. Non seulement le chef de l’État pâtit de l’inévitable usure du pouvoir, mais en outre il a suscité par certains de ses propos et de ses réformes une détestation sociale immense, que cela soit justifié ou non.

C’est pourquoi, et sans même évoquer les effets incertains de la crise sanitaire, le scrutin de 2022 sera atypique, car même si le duel de second tour opposait les deux concurrents de 2017, ses conditions seraient bien différentes. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen dispose chacun d’une base sociale importante, aux propriétés symétriquement opposées, consolidée au fil des ans.

Le chef de l’Etat bénéficie d’une position en tous points dominante mais les aléas de l’abstention, surtout du côté de la gauche, et des transferts de voix, plutôt du côté de la droite, crée, en gardant toujours à l’esprit que nous sommes encore à plus d’un an du scrutin, une réelle incertitude sur l’issue de l’élection présidentielle.

 


FIGAROVOX.-Une enquête Harris interactive attribue une intention de vote record à la présidente du RN, 48% contre 52% à l’actuel président au second tour de la présidentielle 2022. Le match Macron-Le Pen est-il inéluctable ou un autre candidat peut-il encore tirer son épingle du jeu?

Jerôme SAINTE-MARIE.- L’ensemble des sondages d’intentions de vote réalisés depuis deux ans indiquent un second tour opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourtant, on a beaucoup glosé sur un chiffre publié en septembre dernier par l’IFOP, indiquant que seuls 32% des Français souhaitaient une telle perspective. A y regarder de près, ce pourcentage ne signifiait pas ce que d’aucun souhaitait lui faire dire.

Tout d’abord, très logiquement, tous les sympathisants des courants politiques autres que le RN ou LREM préfèreraient une autre issue. Cela fait déjà près de la moitié des électeurs de premier tour. Ensuite, Marine Le Pen incarnant tout ce que détestent les partisans d’Emmanuel Macron, la majorité d’entre eux ne souhaient pas qu’elle soit présente au second tour. Enfin, l’essentiel est qu’au même moment où 68% des Français déclaraient ne pas vouloir un duel Macron-Le Pen, leur choix de premier tour empêchait que soit publiée une autre hypothèse.

Retraites : « une pratique de négociation de l’ancien régime  » (Jean-Marie Pernot, politiste)

Retraites : « une pratique de négociation de l’ancien régime  » (Jean-Marie Pernot, politiste)

Jean-Marie Pernot, politiste, chercheur associé à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales)  analyse, dans une tribune au « Monde », le conflit actuel sur les retraites qui, selon lui, s’inscrit dans la continuité d’un refus de négocier un compromis qui caractérise les pratiques de l’Etat français depuis l’Ancien Régime.

 

 

«  La France vit ces temps-ci une séquence bien connue, facile à anticiper et dont on est surpris que quelqu’un puisse en être surpris. Toute annonce brutale de changement des régimes spéciaux de retraites – et plus encore l’annonce de leur suppression – provoque des grèves plus ou moins importantes et durables dans le secteur public, et un immanquable blocage des transports. Les années 1995 et 2003 sont encore dans les mémoires, et personne parmi les initiateurs de la réforme ne peut prétendre ignorer cette quasi-loi de physique sociale.

La répétition du même incite à chercher les causes de telles récurrences. Il y a certes le côté chiffon rouge de toute annonce de réforme perçue comme autant de réductions des droits ; il est commode également d’évoquer nos institutions, la Ve République, l’avilissement progressif du Parlement et l’état de mort clinique des arènes de discussion extérieures au périmètre de l’Elysée. On peut également souligner l’arrogance des « certitudes technocratiques » (Pierre Bourdieu) en rapport avec la sociologie des élites au pouvoir, laquelle se caractérise par l’entre-soi et une coupure assez générale avec la vie de la grande majorité des citoyens.

Il y a enfin des interrogations autour de la « culture » syndicale de la négociation, mais cette question-là en appelle d’autres. Les syndicats ne vivent pas dans l’éther mais dans la société, les conduites et les représentations qu’ils véhiculent se sont construites dans l’interaction avec les autres acteurs des relations sociales, le patronat et l’Etat. Et il serait hasardeux de prétendre sans autre examen que ces acteurs-là auraient par définition la culture de la négociation et du compromis.

Pour éclairer quelque peu ces questions, il importe de prendre en compte la longue durée. La grève d’août 1953 contre un projet de réforme des régimes spéciaux nous renvoie à des temps antérieurs à la VRépublique et au rôle de l’énarchie. Le président du Conseil, Joseph Laniel, annonçait une réforme, début août, sans autre détail sinon un rallongement conséquent de la durée d’activité des agents publics.

Deux semaines plus tard, le pays comptait 4 millions de grévistes, soutenus par l’opinion publique. Le pouvoir dut reculer, mais sans négocier. Des tractations eurent lieu à l’Elysée, occupé alors par le socialiste Vincent Auriol, où se mêlaient diverses influences mais sans présence syndicale. »

 




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