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Il faut élire le Premier ministre

Il faut élire le Premier ministre


Dans une tribune au « Monde », l’essayiste Miguel Castano estime que l’actuel blocage politique français tient à une curieuse singularité : le mode de désignation du premier ministre, qui est imposé par l’Elysée quand l’Assemblée peut seulement le censurer, à défaut de l’élire, comme c’est le cas chez nos voisins.

Le 7 juillet 2024, à l’issue du second tour des élections législatives consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, la France s’est retrouvée brusquement plongée dans le grand bain du parlementarisme sans vraiment savoir nager. Elle ne connaissait que la bouée du « majoritarisme ». Mais celle-ci ne fonctionne plus de manière automatique, ce qui nous laisse désorientés quand l’Hémicycle est morcelé.

Nous étions en effet habitués, depuis les débuts de la Ve République, ou en tout cas depuis 1962, à des majorités absolues ou s’en approchant. Cohabitation ou pas. Le fonctionnement institutionnel était donc simple, voire simpliste. La procédure législative est, pour l’essentiel, dirigée et contrôlée par le gouvernement.

Tel est le parlementarisme rationalisé, caractéristique principale de la Ve, qui donne de très grands pouvoirs au premier ministre. Et, en toute logique, les députés de la majorité suivent le chef d’orchestre, car il a les armes institutionnelles pour les obliger à rester groupés. La plus puissante d’entre elles, l’article 49.3, est désormais connue et comprise par tous nos concitoyens. Elle se résume à « Obéis-moi ou tue-moi ». Mais en majorité très relative, elle se retourne contre le gouvernement. Michel Barnier en a été victime fin 2024.

Incapacité regrettable

En quelques décennies de gouvernance « facile », nous avions oublié un acquis démocratique majeur des IIIe et IVe Républiques, à savoir la conscience de la difficulté à gouverner. En cas d’absence chronique de majorité stable au Palais-Bourbon, comme c’est le cas actuellement, il est impossible de faire des compromis si chacun attend pour agir la prochaine période majoritaire en sa faveur, laquelle ne reviendra peut-être pas avant longtemps.

La plupart de nos concitoyens semblent regretter l’incapacité des formations politiques à s’entendre intelligemment, à l’instar de nos voisins européens, en faisant des concessions réciproques pour avancer sur l’essentiel. Et ils leur reprochent sans doute aussi leur tendance à générer des blocages sur des différences minimes.

Sarkozy-Hollande, deux candidatures pour faire élire Marine Le Pen en 2017

Sarkozy-Hollande, deux candidatures  pour faire élire Marine Le Pen en 2017

Les partis classiques de la droite comme de la gauche ne s’y prendraient pas autrement s’ils souhaitaient l’élection de Marine Le Pen en 2017. En effet,  du côté de la droite il est vraisemblable qu’on va se résoudre à choisir Sarkozy comme candidat,  à regret peut-être mais contraint par les manœuvres d’appareil. Du côté de la gauche, c’est un peu la même problématique, c’est sans doute par dépit qu’il conviendra d’accepter la candidature de Hollande. D’un certain point de vue,  le processus de désignation du candidat de la gauche sera encore moins démocratique que celui de la droite puisqu’ on risque de s’affranchir de tout primaire. Or ce qui caractérise Hollande comme Sarkozy c’est le profond rejet de l’opinion à leur  égard. Au second tour de l’élection, nombre d’électeurs de droite comme de gauche rechigneront  à voter pour des anciens présidents de la république qui ont échoué à peu près dans tous les domaines et dont les discours sont complètement inaudibles. Comme souvent lors  des sélections présidentielles le résultat ne sera pas marqué par un vote d’adhésion mais par un vote de rejet de ceux  qu’on ne veut plus voir au pouvoir. Du coup c’est attitude -habituelle  en France- pourrait permettre l’élection de Marine Le Pen. Le pire serait sans doute que Hollande parvienne à se qualifier au second tour. On sait  que le réflexe républicain est beaucoup moins important à droite, presque la moitié des électeurs se sent plus près des thèses du FN que de celle de la gauche. De ce fait le report des voix de la droite sur Hollande serait très affecté par ce phénomène. En cas de qualification de Sarkozy au second tour, de nombreux électeurs de gauche refuseront sans doute un vote républicain en faveur de Sarkozy. Deux raisons à cela d’abord le bilan largement catastrophique de Sarkozy lorsqu’il était président la république ensuite les positions droitières et même extrémistes prises par ce dernier depuis son retour ; dans cette hypothèse il est probable que beaucoup  d’électeurs de gauche s’abstiendront. Paradoxalement aucun des trois candidats n’a la faveur des électeurs mais c’est part défaut que Marine Le Pen  pourrait l’emporter compte tenu de la nullité des deux autres candidats largement rejetés l’opinion qui ne supporte plus leurs discours. Pour enlever toute chance à Marine Le Pen,  il conviendrait de présenter d’autres candidats que Sarkozy et Hollande politiquement complètement usés ;  pas sûr cependant que la logique démocratique puisse s’imposer face à la logique d’appareil, ce qui d’ailleurs remet en cause l’esprit même de la Ve République.




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