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G 20 : critiques vis-à-vis de la FED

G 20 : critiques vis-à-vis de la FED

 

Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a déclenché la panique des marchés émergents et un afflux de fonds vers le dollar quand il a suggéré en mai la possibilité d’un changement de programme de la banque centrale américaine qui, depuis la crise, achète massivement de la dette pour soutenir l’activité et la liquidité des marchés. Un responsable de la délégation japonaise a expliqué que lors d’une discussion des ministres des Finances au moment du dîner jeudi soir, l’attitude de la Réserve fédérale américaine avait été abordée longuement mais qu’aucun pays n’avait explicitement critiqué la banque centrale américaine. « Notre tâche principale est de remettre l’économie mondiale sur le chemin d’une croissance régulière et équilibrée. Cette tâche n’a malheureusement pas été résolue », a déclaré Vladimir Poutine hôte du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. « Les risques systémiques, les conditions pour une rechute en crise aiguë persistent », a ajouté le président russe. S’éloignant de son discours préparé, Vladimir Poutine a évité d’évoquer explicitement les risques relatifs à la politique monétaire américaine. En revanche, le message des grands pays émergents du sous-groupe des Brics, qui s’étaient réunis auparavant, visait sans erreur Washington. « La normalisation à venir des politiques monétaires a besoin d’être calibrée de façon efficace et soigneuse et doit être énoncée de façon claire », ont déclaré les pays du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dans un communiqué commun. Ces propos sont dans la ligne du texte décidé par les ministres des Finances du G20 en juillet à Moscou. Les Brics ont annoncé qu’ils allaient contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars (76 milliards d’euros) à un fonds destiné à stabiliser le marché des changes. Il reste maintenant à mettre en place ce mécanisme. Le communiqué final du Groupe des 20 s’en tiendra aux termes convenus entre les ministres des Finances au mois de juillet, a déclaré le vice-ministre russe des Finances, Sergueï Storchak. Les ministres avaient alors promis d’être « vigilants face aux risques et aux effets collatéraux négatifs des périodes prolongées d’assouplissement quantitatif » et que les changements de politique monétaire seraient « calibrés avec soin et communiqués avec clarté ». Les pays émergents n’ont pas non plus été tendres entre eux. La Chine et la Russie ont estimé que les pays vulnérables comme l’Inde, allaient devoir prendre des mesures pour rééquilibrer leurs économies et ont exclu que les pays en difficultés fassent l’objet de plans de sauvetage. Washington, tout en insistant sur sa contribution à la croissance mondiale, a estimé que les pays émergents devaient aussi agir. « De plus en plus, les pays émergents vont devoir regarder à l’intérieur de leurs frontières pour ce qui concerne la demande », a déclaré le conseiller adjoint à la Sécurité nationale, Ben Rhodes. La Chine a demandé au gouvernement américain d’être attentif aux répercussions de sa politique et de « contribuer à la stabilité des marchés financiers mondiaux et au redressement régulier de l’économie mondiale. » Le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao a demandé à l’Europe de faire plus pour relancer la croissance économique. « Les problèmes structurels sont loin d’être résolus », a déclaré Zhu à la presse. La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que les politiques monétaires relativement accommodantes devaient être ajustées progressivement pour ne pas entraîner de perturbations économiques. « La nécessité de trouver une équilibre optimal entre l’assainissement budgétaire et le soutien à la croissance est ressorti dans des discussions animées », a déclaré Vladimir Poutine, suggérant des affrontements en coulisse.

 

PME : critiques vis-à-vis du gouvernement ; 89% inquiets

PME : critiques vis-à-vis du gouvernement ; 89% inquiets

 

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a salué lors du salon Planète PME certaines mesures prises depuis l’élection de François Hollande à l’Elysée, dont le crédit d’impôt compétitivité (CICE) et la création de la Banque publique d’investissement (BPI). « Mais ces mesures, si utiles soient-elles, ne suffiront pas », a dit le responsable patronal en s’adressant au Premier ministre. « Nous n’échapperons pas à une véritable réforme du financement de la protection sociale pour amorcer une baisse structurelle du coût du travail », un sujet qui n’est pas à l’agenda rapproché du gouvernement, a-t-il ajouté. « Charger la barque de nos entreprises n’est plus possible », a poursuivi Jean-François Roubaud. « Les marges des entreprises sont au plus bas depuis 25 ans et, dans le même temps, la situation des finances publiques pèse sur le moral des chefs d’entreprise qui se voient chaque jour mis à contribution. » Comme la présidente du Medef, Laurence Parisot, plus tôt mardi, il a critiqué les orientations prises pour la réforme des retraites annoncée pour l’automne. Il a jugé que les différences de calcul des pensions entre fonctionnaires et salariés du privé n’étaient plus acceptables, et il a plus largement jugé « incompréhensible » l’augmentation des effectifs de la fonction publique, déclenchant sur ces deux points les applaudissements du parterre de chefs d’entreprise. Jean-Marc Ayrault lui a répondu en citant les réformes entreprises : le CICE et la BPI mais aussi la suppression « d’ici septembre » de l’indicateur 040 stigmatisant les entrepreneurs ayant fait faillite ou plusieurs mesures de simplification. Il a invité les entreprises à utiliser les contrats aidés mis en place par son gouvernement : les « emplois d’avenir » et les « contrats de génération », et a cité la réforme du marché du travail permise par l’accord trouvé en janvier par les partenaires sociaux. « On ne réussira rien et on ne réussira pas à redresser la situation de l’emploi sans les entreprises », a ensuite déclaré le Premier ministre à des journalistes. Interrogé sur l’inquiétude des dirigeants de PME sur la fiscalité, notamment sur une possible hausse des cotisations de retraite, il a répondu : « Il ne faut pas avoir peur avant que les décisions soient prises. » « Ce qui est important, c’est de veiller en permanence à un équilibre dans les décisions et je sais parfaitement qu’il faut veiller à la compétitivité de nos entreprises », a-t-il ajouté, en soulignant que le dialogue sur les retraites commencerait ces jeudi et vendredi à la conférence sociale. Selon le baromètre CGPME-KPMG publié lundi, 89% des chefs de PME françaises se disent inquiets pour l’économie du pays, dont 32% « tout à fait inquiet » contre 23% trois mois plus tôt. Plus d’un sur deux (57%) disent faire face à une baisse de leur chiffre d’affaires, un niveau au plus haut depuis juin 2010, et 57% se disent inquiets pour leur propre activité contre 53% en mars.

 

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