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Renforcer la solvabilité des PME et ETI

Renforcer la solvabilité des PME et ETI

La tribune d’Alberto Sánchez Navalpotro, directeur général de la société Inbonis Rating, agence de notation de crédit spécialisée pour PME et ETI dans l’Opinion.

La France vient d’obtenir le feu vert de la Commission européenne sur le programme des prêts participatifs Relance et des obligations subordonnées Relance. Ce sont 20 milliards d’euros à destination de quelque 10 000 PME et ETI dans le but de leur permettre de réaliser des investissements productifs de nature à améliorer leur productivité et leur compétitivité. Selon Bruno Le Maire, le « maître mot de l’année 2020 a été la protection », et le « maître mot de l’année 2021 doit être l’investissement ».

Les prêts participatifs Relance vont permettre aux PME et ETI d’investir. Inspirés des « subordinated loans » anglo-saxons, et déjà utilisés par l’Etat français à plusieurs reprises en temps de crise – en 1978 en soutien au secteur sidérurgique puis en 2008 en soutien au secteur automobile – les prêts participatifs, à mi-chemin entre le financement en fonds propres et les prêts à long terme, représentent une nouvelle source de financement à long terme des investissements pour les entreprises.

Par ailleurs, les prêts participatifs Relance sont de nature à améliorer la notation de crédit des entreprises auprès des agences de notation et de la Banque de France. En effet, l’article L.313-14 du Code monétaire et financier prévoit que « les prêts participatifs sont, au regard de l’appréciation de la situation financière des entreprises qui en bénéficient, assimilés à des fonds propres ».

La France en tête de l’innovation financière en Europe. Le programme des prêts participatifs et des obligations Relance est sans précèdent en Europe par son ampleur. Il est aussi inédit par la coopération entre les banques et sociétés de gestion, au contact des PME/ETI, et les compagnies d’assurances, gestionnaires d’une épargne que Bercy souhaite flécher vers l’économie réelle, dans l’intérêt de notre tissu économique et de notre modèle de société.

En effet, l’Etat joue pleinement son rôle en apportant une garantie de 30 % qui permet d’offrir aux PME et ETI un financement plus risqué et à moindre coût par rapport à de la dette privée, et qui de surcroit permet de restaurer la solvabilité des entreprises, donner du temps et de la confiance aux PME et ETI.

La sélectivité comme enjeu majeur de la relance. Ces PME et ETI devront avoir une qualité de crédit minimum de BB ou 5+ selon un Organisme externe d’évaluation de crédit (exclusivement les agences de notation de crédit agréées par l’Autorité européenne des marchés financiers, ESMA, et la Banque de France) et présenter un plan d’affaires ou d’investissement permettant de démontrer qu’il s’agit bien d’entreprises qui cherchent à investir et croître pour se relancer.

La notation de crédit, un outil de transparence. Ainsi, il existe plus que jamais une nécessité de transparence et de sélectivité dans la stratégie de financement public et toutes les actions publiques. La notation de crédit fournit une opinion qualitative sous forme d’un rapport transparent et détaillé du modèle économique, stratégique et de gouvernance d’une entreprise. Les agences de notation agréées par l’Autorité européenne des marchés financiers ont une méthodologie éprouvée qui garantit l’indépendance de leur activité.

En assurant sélectivité et transparence, les valeurs que promeuvent les agences de notation de crédit s’inscrivent bel et bien dans la volonté générale d’une orientation vertueuse de la relance, car sans investissement, il n’y a pas d’avenir.

Alberto Sánchez Navalpotro est directeur général de la société Inbonis Rating, agence de notation de crédit spécialisée pour PME et ETI.

PME : 20 milliards pour les fonds propres des PME

PME : 20 milliards  pour les fonds propres des PME

Ce nouveau mécanisme de soutien aux entreprises, PME et ETI, est constitué de prêts participatifs ayant le soutien de l’État (PPSE). Une enveloppe de 20 milliards est prévue pour cet objectif. Reste évidemment qu’il s’agit de prêts à rembourser. Ce dispositif supplémentaire complète les prêts garantis par l’Etat (PGE), qui avaient été lancés il y a un an, pour assurer la trésorerie face à l’arrêt brutal de l’activité économique. « Le maître mot de 2020 était la protection, celui de 2021 doit être l’investissement », a lancé Bruno Le Maire, lors de la conférence de présentation à Bercy. Car, c’est bien l’objectif, il s’agit de renforcer les quasi-fonds propres des PME et des ETI pour leur permettre, par effet de levier, d’investir pour nourrir la reprise qui se profile à l’horizon, et « retrouver un esprit de conquête ! ».

Le montant doit être à la hauteur de ces ambitions : 20 milliards d’euros seraient mobilisés d’ici au 30 juin 2022. « Le principe qui nous guide est la simplicité et nous avons un atout, le soutien de l’Etat qui apporte sa garantie », explique le ministre.

La dette plombe surtout l’avenir des PME

La dette plombe surtout l’avenir des PME

Les deux économistes Joseph Baines et Sandy Brian Hager montrent dans une tribune au « Monde » que les exigences des investisseurs mettent en péril les petites entreprises et favorisent les plus grandes

Tribune.

 

Bien avant que le Covid-19 ne secoue le monde, les grandes économies s’inquiétaient de l’augmentation de la dette des entreprises. Lorsque la pandémie a frappé pour la première fois, il semblait que le jour du jugement dernier des firmes surendettées était enfin arrivé. La dévastation causée par le Covid-19 n’allait-elle pas déclencher une vague de faillites et faire courir au système financier mondial le risque d’un nouvel effondrement majeur ?

Cet effondrement du marché de la dette des entreprises, attendu de longue date, ne s’est pourtant pas produit, du moins pas encore. Bien que les taux de défaillances d’entreprises aient augmenté dans le monde entier en 2020, les mesures sans précédent prises par les banques centrales pour soutenir les marchés du crédit par l’achat direct d’obligations d’entreprises ont jusqu’à présent permis d’éviter la catastrophe.

Mais elles ont eu un coût important. En 2020, les émissions de titres de créance des entreprises ont atteint des niveaux record, ce qui alimente les craintes que les banques centrales n’aient fait que retarder l’inévitable. Ces mesures semblent également alimenter une reprise « en forme de K », car les fortunes des entreprises divergent beaucoup. Les achats des banques centrales ont été fortement orientés vers des titres de créance de bonne qualité émis par de grandes entreprises aux bilans plus solides.

Ainsi, alors que les géants de l’économie empruntent des sommes considérables à des taux d’intérêt historiquement bas, les petites entreprises ont du mal à lever des fonds qui leur permettraient de traverser la pandémie. En fait, l’idée même d’une reprise « en forme de K » est trompeuse, ne serait-ce que parce qu’elle occulte le fait que l’économie est « en forme de K » depuis des décennies.

Comme le montrent nos recherches sur les Etats-Unis, la situation financière des grandes entreprises s’est constamment améliorée depuis le début des années 1980, pendant que les petites entreprises tombaient dans une situation de détresse financière de plus en plus aiguë (« The Great Debt Divergence and its Implications for the Covid-19 Crisis : Mapping Corporate Leverage as Power », Joseph Baines et Sandy Brian Hager, New Political Economy, 6 janvier 2021). La pandémie n’est donc que le dernier épisode d’une polarisation de longue date des revenus des sociétés aux Etats-Unis.

L’examen des données financières à long terme des sociétés non financières américaines révèle une étonnante divergence dans les fortunes des sociétés selon leur taille. L’endettement des 10 % des entreprises les plus grandes (en chiffre d’affaires) a augmenté depuis le milieu des années 1980, tandis que la part du service de cette dette (intérêts versés) dans leur chiffre d’affaires a diminué. En raison de ces conditions d’emprunt favorables, les marges bénéficiaires des grandes entreprises sont ainsi passées d’une moyenne de 4,9 % dans les années 1980 à 7,1 % dans les années 2010.

 

Crise économique : des aides ciblées pour les PME

Crise économique : des aides ciblées pour les PME

 

Alain Griset, ministre des TPE et PME a annoncé ce jeudi un élargissement de la liste des secteurs pouvant prétendre à une prise en charge des frais fixes jusqu’à 70% dans le cadre du fonds de solidarité. Dans les colonnes du Parisien , il cite l’exemple de certaines salles de sport et salles indoor «qui accueillent bowlings, laser game, murs d’escalade».

«Dans certains cas, où il y a des grandes superficies, 20% (de prise en charge) ne suffisent pas. On aura un décret qui permettra d’avoir une prise en charge des frais fixes au-delà de ces 20%», a-t-il précisé sur Sud Radio. Le ministre a ajouté que ces entreprises pourront désormais voir leurs charges fixes prises en charge à hauteur de 70 % «pour la période de janvier à juin 2021 dans la limite de 3 millions d’euros par groupe».

 Le ministre confirme par ailleurs qu’une négociation est en cours avec la Commission européenne pour obtenir un allongement de la durée du prêt garanti par l’État (PGE). Ce dernier pourrait passer de six à huit ans.

Dans les mois qui viennent, d’autres dispositifs de soutien aux entreprises devraient voir le jour. C’est le cas notamment des prêts participatifs garantis par l’État jusqu’à 35%.

Enfin, Bercy planche sur la possibilité de transformer certains PGE en subventions. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, va soumettre l’idée à Bruxelles. Mais il a déjà fait savoir qu’en cas de feu vert de la Commission européenne, cette solution serait très limitée. Elle ne s’appliquerait qu’«au cas par cas», pour les entreprises les plus en difficulté.

 

Quel mode de financement pour les PME

Quel mode de financement pour les PME

Par Hélène Stefaniutyn de Brébisson, IÉSEG School of Management; Aurore Burietz, IÉSEG School of Management et Jérémie Bertrand, IÉSEG School of Management (*), a bord de la problématique du financement des petites structures économiques dans le journal la Tribune.

 

 

 

Vous êtes une entreprise non cotée, jeune, petite, vous détenez peu d’actifs tangibles ? Un peu tout cela à la fois ? Il est parfois difficile, dans ces conditions, d’obtenir un financement. Pour ces entreprises considérées comme plus opaques, l’accès à la dette reste d’autant plus compliqué que les banques font moins confiance à l’information qui leur est fournie.

Une solution peut être de publier ses comptes en normes IFRS (International Financial Reporting Standards). C’est ce que montre notre étude portant sur des groupes non cotés européens.

Le référentiel IFRS, adopté dans plus de 130 pays, vise à faciliter les relations entre les entreprises et leurs investisseurs et créanciers. Il permet en effet de produire une information financière harmonisée. Son application, lorsqu’elle est obligatoire, a des impacts positifs pour les sociétés tels que la réduction du coût du capital, un meilleur accès à la dette, et une augmentation des investissements transfrontaliers.

Un accès facilité au crédit

Une des explications à ces résultats est que l’utilisation des IFRS augmente la qualité de l’information financière. En Europe, les normes IFRS sont obligatoires pour les comptes consolidés des sociétés cotées depuis 2005. Elles sont également optionnelles pour les groupes non cotés, bien que seuls 5 % d’entre eux les choisissent.

Notre étude cherche donc à comprendre ce que les IFRS peuvent apporter aux groupes privés. Nous montrons que l’adoption de ces normes internationales leur facilite l’accès au crédit bancaire : les groupes publiant en IFRS présentent une dette relativement plus élevée que les autres, dans tous les pays observés. En effet, la mise en place de ces normes permet de standardiser l’information financière communiquée par les entreprises.

Dans le cadre des petites et moyennes entreprises (PME), ce choix de normes apparaît comme une opportunité de réduire leur opacité auprès de potentiels créanciers. La lecture et l’analyse des bilans étant plus transparentes, les banques ont une meilleure connaissance de la situation financière de ces entreprises, leur facilitant ainsi l’accès au crédit bancaire.

Opter pour les IFRS constitue donc une stratégie à envisager par les entreprises à la recherche de nouveaux partenaires bancaires pour des besoins de financement importants, que ce soit dans le cadre de prêts syndiqués, c’est-à-dire fournis par un ensemble d’établissements financiers, ou internationaux.

Mais est-ce que toutes les entreprises privées ont intérêt à adopter les IFRS ? Qu’en est-il des entreprises naturellement moins opaques ou opérant dans un environnement économique favorisant l’accès au crédit ? Nous démontrons que l’effet bénéfique de l’adoption des IFRS varie en fonction des caractéristiques des entreprises, mais aussi des spécificités des pays dans lesquels elles se situent.

Cet effet positif sur l’accès à la dette est amplifié pour les sociétés dites plus opaques, à savoir les petites entreprises, celles considérées comme plus risquées ou disposant de peu d’actifs tangibles.

Compenser l’asymétrie d’information

 

Par ailleurs, nous observons que le choix des IFRS est particulièrement efficace dans les pays où les asymétries d’information sont importantes, c’est-à-dire là où les banques ont très peu d’information sur les entreprises, au travers des registres de crédit publics notamment.

Autre exemple : dans les pays où l’économie est plutôt fondée sur un marché financier (comme au Royaume-Uni), le poids de la dette reste globalement plus faible dans le bilan des entreprises. La dette y est probablement plus difficile à obtenir, sauf justement pour les entreprises optant pour les IFRS. Ainsi, ces normes semblent compenser les problèmes d’asymétrie d’information liés à l’environnement bancaire : lorsque les banques disposent de peu d’information, ou lorsque le marché bancaire est moins développé.

Bien entendu, opter pour un référentiel comptable n’est pas anodin, surtout lorsqu’il s’agit d’abandonner le référentiel local, naturellement mieux maîtrisé. Un premier frein réside dans les problèmes de compréhension linguistique, et ce malgré les traductions officielles européennes. Les IFRS ont aussi été critiquées pour leur complexité et pour la quantité d’informations à produire.

Les référentiels locaux présentent encore des différences avec ces normes, notamment dans les pays de droit civil comme en France. Ce choix suppose donc d’avoir une équipe comptable et financière étoffée et compétente, capable de suivre l’évolution constante de cette normalisation – en plus des autres. Néanmoins, en investissant dans l’information financière, les entreprises – en particulier les plus opaques – peuvent envoyer un signal de qualité auprès des banques.

(*) Par Hélène Stefaniutyn de Brébisson, Professeur, IÉSEG School of Management ; Aurore Burietz, Professeur de Finance, LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management et Jérémie Bertrand, Professeur de finance, IÉSEG School of Management.

 

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Selon une étude dont rend compte l’AFP,  une entreprise sur deux se sent menacée dans son existence.. Le chiffre exact est de 54 % sur l’enquête de janvier tandis que le chiffre n’atteignait en quelque sorte que 47 % dans l’enquête de septembre. Une évolution négative assez significative et qui rend compte de la dégradation de la situation économique.

 

En septembre bien entendu les opérateurs économiques étaient conscients de la baisse d’activité qui avait concerné l’ensemble l’activité en général et de certains secteurs en particulier. En moyenne donc l’activité économique  a accusé une baisse de l’ordre deux 10 % en 2020 mais pour certains secteurs la diminution peut atteindre 20 %, 50 % et même 80 % notamment dans l’hôtellerie restauration et le tourisme.

Le pessimisme est alimenté maintenant par la hausse presse exponentielle de la pandémie sous l’effet en particulier de la progression des variants du virus. Mais ce pessimisme se nourrit aussi de l’attentisme encore grandement renouvelé chez les investisseurs et les épargnants qui ne voient pas le bout du tunnel. Le plus inquiétant c’est que 30 % des entreprises envisagent des réductions de personnel conséquence mécanique de la baisse d’activité.

Un chef d’entreprise sur deux (49%) estime « ne pas être en capacité de supporter un troisième confinement », selon une enquête réalisée par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) auprès de ses adhérents et publiée mardi.

Sur 2.400 dirigeants de PME et de très petites entreprises (TPE) qui ont répondu du 7 au 20 janvier à un questionnaire de leur organisation, 54% se déclarent en outre « inquiets sur la pérennité de leur entreprise », contre 47% lors d’une précédente enquête en septembre.

A 53%, ils considèrent que la mise en place du couvre-feu freine leur activité, et un tiers (33%) « ont le sentiment que leur entreprise est sous perfusion de l’Etat ». Interrogés sur l’évolution de leur chiffre d’affaires en novembre et décembre 2020 par rapport à la même période de 2019, les deux tiers (65%) disent qu’il a baissé, un sur cinq qu’il est stable et 15% font état d’une hausse.

Concernant leurs effectifs, ils sont en baisse dans 30% des cas, stables dans 61% des entreprises et en hausse dans 9%.« Pour 2021, les perspectives sont mitigées, mais pas catastrophiques. Si 52% des répondants prévoient une baisse de chiffre d’affaires dans les prochains mois, 48% anticipent un maintien ou même une hausse », relève l’organisation patronale dans un communiqué.

 

« De même, si 25% envisagent de réduire leurs effectifs, 66% pensent le maintenir et 9% prévoient de recruter », poursuit la CPME.

Autre signe d’inquiétude, les chefs des petites et moyennes entreprises sont de plus en plus nombreux à douter de leur capacité à rembourser leurs dettes ou à payer leurs charges.

Une entreprise sur deux a bénéficié de reports de cotisations fiscales ou sociales, et parmi celles-ci, plus d’une sur trois (36%) pense ne pas être en capacité de les rembourser, contre 28% en septembre.

Quant au prêt garanti par l’État (PGE), auquel 58% des PME et TPE répondantes disent avoir eu recours, près d’une sur deux (45%) parmi ces bénéficiaires pense ne pas pouvoir le rembourser, contre une sur trois (34%) il y a quatre mois.

Enfin, seul un quart (26%) des dirigeants de PME/TPE se sentent concernés par le plan de relance du gouvernement, et uniquement un sur dix dit en connaître les modalités.

Les réponses ont fait l’objet d’un redressement pour tenir compte d’une surreprésentation de l’hébergement-restauration et des salles de sport et d’une sous-représentation du bâtiment, précise la CPME.

« Mutualiser les livraisons des PME » !

« Mutualiser les livraisons des PME » !

Le chercheur en management Ridha Derrouiche suggère, dans une tribune au « Monde », d’organiser des plates-formes d’application Web permettant aux entreprises petites ou moyennes de partager un même transport pour une même destination. A priori, une idée intéressante mais qui existe depuis des dizaines et des dizaines d’années d’une part avec des bourses de fret, avec le rôle des commissionnaires de transport notamment des messagers et avec le rôle des groupes d’entreprises.Notons aussi Il est interdit de faire côtoyer certaines marchandises dans le même véhicule ( denrées périssables, marchandises dangereuses, marchandises sous température dirigée notamment)

Bref on redécouvre un peu la lune. Certes il est intéressant que des chercheurs généralistes s’intéressent de plus en plus à la problématique logistique. Mais cette question est traitée depuis longtemps par les instituts de recherche spécialisés.

 

Il y a longtemps qu’on mutualise les moyens de transport. Et il n’y a pas 99 % d’entreprises qui livrent directement leurs clients. Depuis des dizaines d’années existe d’ailleurs une bourse de fret où les clients proposent des marchandises à transporter au transporteur. Par ailleurs ces bourses de fret se sont multipliées. En outre, le métier de messager spécialisé sur le transport de colis est précisément de grouper les envois pour tirer la meilleure compétitivité des moyens de transport. Enfin existent désormais nombre de groupes d’entreprises de transport qui mutualisent  leurs moyens toujours pour des questions de rentabilité. Enfin les chiffres évoqués concernant le rapport transport à l’environnement paraissent assez douteux.

 

Tribune.

 

Livrer toujours plus fréquemment, toujours plus vite, des quantités toujours plus petites, en minimisant les coûts, les émissions polluantes et la congestion des routes, tel est le défi auquel se confrontent les professionnels de la logistique, dont l’activité a bondi de 20 % par rapport à 2019, boom de l’e-commerce et pandémie obligent.

Pour moderniser et décarboner cette filière, qui produit près de 40 % des gaz à effet de serre du secteur du transport, le gouvernement vient d’annoncer un plan d’investissement de 1,7 milliard d’euros. Les modes les plus « vertueux » seront soutenus : le fret ferroviaire, le transport fluvial, les véhicules électriques ou à hydrogène,

Mais un point – à notre avis crucial – reste traité de manière embryonnaire. Les PME et TPE, qui constituent 99 % des entreprises françaises, livrent chacune de leur côté les restaurants, les magasins ou les particuliers. Chacune avec sa camionnette. Or, avec un coup de pouce des pouvoirs publics, financier et surtout organisationnel, elles pourraient mutualiser ces livraisons avec des conséquences positives non négligeables, tant sur le plan économique qu’écologique et sanitaire.

Nos recherches montrent qu’une telle mutualisation pourrait réduire de plus de 30 % les émissions de C02 induites, de plus de 20 % et jusqu’à 45 % les coûts de ces livraisons, avec également une diminution de 15 % des accidents (« Towards a collaborative and integrated optimization approach in sustainable freight transportation », A. Aloui, N. Mrabti, N. Hamani, R. Derrouiche, L. Delahoche, 17th IFAC Symposium on Information Control Problems in Manufacturing – à paraître en 2021).

De quoi parlons-nous précisément ? Une plate-forme comme Blablacar permet aux conducteurs de voitures particulières de prendre à bord des passagers en leur faisant partager les frais. Ainsi, il s’agirait de mettre en relation des PME et/ou TPE, via des plates-formes analogues, pour qu’elles embarquent au quotidien des produits de leurs partenaires avec les leurs.

Plusieurs expériences montrent le potentiel de la coopération dans ce domaine du transport de marchandises. Pour les livraisons du « dernier kilomètre » jusqu’au domicile des particuliers, des systèmes de transport collaboratifs commencent ainsi à se développer dans les territoires où la densité de population est trop faible pour recourir à des coursiers.

États-Unis : les PME fragilisées (Fed)

États-Unis : les PME fragilisées (Fed)

“Ces PME ne peuvent pas attendre deux ou trois mois”, a déclaré Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor,  lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat, exhortant les législateurs à réaffecter les fonds non utilisés de plusieurs programmes d’urgence de la Fed.

Le secrétaire au Trésor a réclamé le mois dernier la restitution de 455 milliards de dollars alloués au Trésor dans le cadre de sa décision de mettre un terme à la fin de l’année à différents programmes de crédit.

La décision de Steven Mnuchin a fait l’objet de querelles partisanes lors de cette audition, les républicains affirmant que d’autres solutions étaient plus appropriées maintenant qu’un vaccin anti-COVID-19 était en vue tandis que les démocrates ont soutenu que les programmes de la Fed devraient être maintenus jusqu’à la reprise totale de l’activité économique.

Jerome Powell, s’exprimant également au Sénat, a convenu que des subventions seraient à ce stade plus appropriées pour venir en aide aux entreprises et aux ménages les plus à risque.

“Ceux qui occupent des emplois dans le secteur public, dans des industries en contact avec le public, pourraient voir la lumière au bout du tunnel en milieu d’année prochaine (…) Ils pourraient avoir besoin de plus d’aide pour y arriver”, a déclaré le patron de la Fed en faisant référence aux restaurants, aux hôtels et aux lieux de divertissement.

“Certaines de ces entreprises – ce dont elles ont besoin c’est d’un soutien budgétaire, de subventions, pour traverser cette phase de la pandémie plutôt que d’emprunter davantage”, a-t-il ajouté.

A moyen terme avec un vaccin à l’horizon, il y a un “risque à la hausse” (“upside risk”) mais en attendant, une forte incertitude demeure et la banque centrale “reste déterminée à utiliser tous les outils pour nous aider à traverser cette période”, a déclaré Jerome Powell.

Après des semaines d’impasse, un groupe de parlementaires républicains et démocrates des deux chambres du Congrès a présenté un plan de soutien à l’économie de 908 milliards de dollars (754 milliards d’euros) face à la crise du coronavirus.

Ce dernier devra cependant encore être approuvé par l’administration sortante de Donald Trump, par l’équipe de transition de Joe Biden ou par les dirigeants du Sénat ou de la Chambre des représentants pour voir le jour.

Faillites PME : une vague prévisible

Faillites PME : une vague prévisible

 

Dans un sondage réalisé en août et publié ce jeudi 22 octobre par la société de conseil McKinsey, 13% des petites et moyennes entreprises (PME) françaises interrogées s’attendent à faire faillite dans les six prochains mois. Et pour cause : dans l’échantillon de 502 PME sollicitées, 17% s’inquiètent de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts, alors que de nombreuses sociétés ont emprunté pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19. Deux tiers de ces sociétés ont ainsi vu leur chiffre d’affaires emputé par la pandémie, dont 27% rapportent une « considérable baisse » de leurs revenus auprès de McKinsey.

Parmi celles interrogées par la société de conseil, 80% qualifient d’ailleurs de « faible » l’état actuel de l’économie française, qui serait même « très ou extrêmement faible » pour un tiers des répondants. Et pour pallier aux difficultés des prochains mois, ces PME comptent largement sur l’aide de l’Etat : 38% indiquent vouloir profiter des mesures prévues par le gouvernement à l’avenir, alors que 21% disent y avoir déjà eu accès.

Les inquiétudes des PME françaises coïncident avec celles observées chez nos voisins européens, où McKinsey a également interrogé un échantillon de sociétés. Le nombre de répondants à craindre pour leur survie dans les six prochains mois est légèrement inférieur dans les autres pays, allant de 9% au Royaune-Uni à 11% en Espagne, en passant par 10% en Italie et en Allemagne.

. Parmi les 2.200 sociétés européennes interrogées, 55% craignent de devoir mettre la clé sous la porte d’ici septembre 2021 si « les revenus devaient rester stables« . Et même en imaginant un rebond économique, la proportion de pessimistes reste élevée : 39% anticipent devoir se retirer à cette échéance même si les ventes augmentaient « de 10% à 30%« .

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

On pourrait assister à une véritable hécatombe des petites entreprises qui certes ont pu bénéficier de prêts aidés mais qui ne pourront renouveler l’opération comme le fait l’État d’autant que les banques auront plus que des réticences à porter à bout de bras des entreprises financièrement condamnées. 47% des petites et moyennes entreprises se sentent menacées, selon une enquête de la CPME. Plus du tiers estiment même qu’elles auront des difficultés à rembourser leur PGE une fois arrivées à l’échéance. Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration particulièrement éprouvé par la crise, près de la moitié prévoit même de diminuer ses effectifs, et ce malgré l’approche des fêtes de Noël.

 

Les prévisions des dirigeants de TPE-PME pour la fin de cette année doivent « nous alerter », prévient la CPME. C’est la mise en garde de l’organisation patronale qui a cherché à mesurer l’impact de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus ainsi que la confiance des entreprises dans l’avenir, dans une enquête réalisée auprès de 1950 d’entre elles, entre le 9 au 21 septembre 2020. Les résultats sont catastrophiques depuis la crise sanitaire et les prévisions d’activité ne sont guère réjouissantes.

Relance: un soutien insuffisant aux PME et commerces

Relance: un soutien insuffisant aux PME et commerces

 

Le plan de relance a été décalé en raison notamment de son inadaptation aux enjeux économiques notamment vis-à-vis des PME. Ce plan d’un montant de 100 milliards réservait en effet 3 milliards pour les PME. Une somme dérisoire évidemment quand on sait que ces entreprises constituent la base même de l’emploi en France et de la consistance économique de nombre de territoires.

Du coup, le ministre de l’économie promet de prolonger la durée des emprunts au-delà d’un an et tente d’obtenir des taux d’intérêt relativement bas. Le gouvernement envisage aussi comme pour les grandes entreprises des prêts à caractère participatif garanti semble-t-il par la même enveloppe de 3 milliards mise un peu à toutes les sauces.

Les PME bénéficieront donc  d’un soutien durable de l’Etat, non seulement par une extension des délais de remboursement des actuels prêts garantis, mais aussi par un nouveau système d’emprunts à très long terme, a annoncé Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.

La première mesure du ministère de l’économie concerne les prêts garantis par l’Etat (PGE). Souscrits par de nombreuses entreprises, en particulier des PME, auprès des banques, mais avec le soutien de l’Etat, ces emprunts de secours courent normalement sur un an. Mais «beaucoup (de ces entreprises) ne seront pas en mesure de rembourser leur PGE au bout d’un an (…) et demanderont donc à étendre la durée de remboursement», a reconnu le ministre. Selon lui, les banques accepteront de prolonger ces prêts aux PME au-delà de la première année, avec des taux d’intérêt relativement cléments, puisque compris entre 1% et 3%. «Depuis plusieurs semaines, je négocie avec les banques un taux le plus attractif possible au-delà de la première année», a-t-il assuré.

L’autre annonce concerne la mise en place de prêts de très long terme et dits «participatifs». Ce système, qui existe déjà, est à mi-chemin entre les emprunts classiques et l’investissement direct dans les fonds propres des entreprises. Les nouveaux prêts dureront au moins sept ans et sont donc censés aider au développement pérenne des entreprises. Ils seront octroyés par le secteur financier mais, là encore, avec une garantie de l’Etat. «L’Etat apportera sa garantie jusqu’à 3 milliards d’euros, ce qui permettra aux entreprises de lever de 10 à 15 milliards d’euros de prêts à long terme», a promis Bruno Le Maire.

Aider les PME françaises à s’implanter en Afrique

Aider les PME françaises à s’implanter en Afrique

Olivier de Maison Rouge*, avocat d’affaires, spécialiste du droit de l’intelligence économique, docteur en droit, explique qu’il faut aider les PME françaises à s’implanter en Afrique ou se préparer à être marginal sur ce continent. (Chronique dans la tribune)

 

 

Dans l’imaginaire collectif, l’Afrique a longtemps été le pré carré des entreprises françaises. La « Françafrique » a malheureusement véhiculé cette image ternie à tort. Mais comme toutes les idées stéréotypées, celle-ci a pu un temps contenir une part de vérité ; il convient désormais de la nuancer. Si les entreprises françaises n’ont, en valeur absolue, jamais été aussi présentes sur le continent africain, elles sont en net recul relatif sur un marché en pleine croissance : depuis vingt ans, les exportations françaises vers le continent africain ont certes doublé (de 13 à 28 milliards de dollars entre 2000 et 2017), mais dans un marché dont la taille a quadruplé… D’où une division par deux des parts de marché tricolores en Afrique. Sur le plan géographique, le recul est particulièrement important en Afrique francophone. Certes, 50 % du commerce total de la France avec le continent africain s’effectue avec le trio Algérie-Maroc-Tunisie, mais ce trio est suivi de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de l’Égypte, tous trois anglophones. La situation des entreprises françaises est également une question de taille : les grands groupes profitent largement des restes de la « Françafrique », les PME sont quant à elle à la peine.

L’importante présence des grandes entreprises francophones a (trop) souvent été le résultat d’activités réalisées « dans l’ombre » et aux marges de la légalité. Les exemples, encore de nos jours, ne sont malheureusement pas rares. La filiale nigérienne de la multinationale des télécoms Orange - qui compte 2,5 millions de clients et a réalisé 86 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 - quittera bientôt le pays à la suite d’un contentieux l’opposant aux autorités fiscales, qui ont mis ses locaux sous scellés pendant un mois et lui réclament 33 millions d’euros.

 Un environnement économique sulfureux

Le groupe Bolloré, qui gère 16 terminaux à conteneurs sur le continent africain, a vu son PDG et plusieurs autres de ses cadres être mis en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 des terminaux de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée. Le groupe est soupçonné d’avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées, dans le but d’obtenir de lucratives concessions portuaires. Le géant du nucléaire Areva (devenu Orano) a quant à lui été accusé de n’avoir pas respecté ses obligations en matière de santé et de sécurité (manipulations à mains nues et sans protections, absence de dosimètres individuels…) dans le gisement d’uranium – aujourd’hui totalement abandonné – de Bakouma en Centrafrique. Un site minier qui appartenait à la société canadienne Uramin, dont le rachat en 2007 par Areva lui avait valu une enquête judiciaire pour escroquerie.

Cet environnement économique sulfureux dont ont su profiter les grandes entreprises françaises s’est développé par l’entremise de « Messieurs Afrique », le premier et le plus célèbre étant Jacques Foccart. À la tête du Secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, cet ancien résistant a mis en place un circuit diplomatique parallèle, permettant aux relations avec les États africains fraîchement décolonisés d’être gérées directement au niveau de la présidence française. Parallèlement à ses collaborateurs officiels, Jacques Foccart s’appuyait sur un réseau plus secret, en marge de la légalité républicaine, qu’il appelait lui-même ses « circuits courts ». Depuis son départ, l’Afrique continue à occuper une place à part et les grands principes de la politique foccartienne sont maintenus, tels que la « paix française ».

Un marché aux nombreuses spécificités

Si les grands groupes français ont su tirer profit de cette « zone grise » entretenue depuis soixante ans, la situation des PME est, elle, bien différente. Alors qu’elles sont au cœur du tissu économique de l’Afrique subsaharienne (elles représentent 90 % du tissu entrepreneurial et 60 % des emplois à l’échelle du continent), les très petites, petites et moyennes entreprises font souvent face à d’importants obstacles. Selon un rapport de l’Agence française de développement (AFD) de 2019, les TPE/PME d’Afrique rencontrent, au-delà des problèmes « classiques » partagés par bon nombre d’entreprises partout dans le monde (problèmes liés aux fournisseurs ou sous-traitants, modification des caractéristiques du marché en cours de projet…), des obstacles spécifiques tels que l’état des infrastructures locales, un environnement politique et social instable ou un environnement financier handicapant. Ces problématiques s’incarnent concrètement dans des retards de paiements par les clients (État inclus), ou dans un déficit d’offres de lignes de crédit adaptées aux besoins des PME par les banques africaines.

 

Cette situation concerne bien entendu toutes les entreprises en activité en Afrique, PME françaises comprises. Mais contrairement aux grands groupes qui peuvent se prévaloir d’une présence ancienne sur le continent, d’une importante force de frappe financière et d’un soutien de l’État français, les PME doivent faire face seules aux spécificités d’un marché africain qui est en réalité la somme de dizaines de marchés ayant chacun leurs spécificités (nécessité ou non d’installer des expatriés, gestion du risque de change, protection contre l’instabilité politique…). Une situation difficile pour les PME tricolores, la situation du leader historique de fournitures militaires MagForce International en est un exemple regrettable. Le président de cette entreprise s’est notamment fait connaître pour son efficacité et sa discrétion dans les affaires militaires. Après avoir pris la tête de l’entreprise, créée en 1998, Robert Franchiti a bâti sa réputation sur sa longue tradition de travail avec les pays africains. Une collaboration de plus de vingt ans qui n’aura pourtant pas protégé la PME, cette dernière ayant été victime de concussion.

C’est sur ces PME que l’État français devrait porter son attention en leur assurant un soutien maximal, dans une logique gagnant-gagnant avec les États et les populations d’Afrique. En effet, alors que la croissance économique fulgurante que connaissent de nombreux pays d’Afrique subsaharienne depuis une décennie ne s’est globalement pas accompagnée d’une création d’emplois ni d’une répartition plus équitable des richesses, les entreprises françaises ont créé au bas mot 620.000 emplois formels et non subalternes sur le continent, offrant d’importantes opportunités de mobilité sociale aux jeunes Africains, nos entreprises n’hésitant pas à confier la direction de leurs filiales africaines à des salariés ayant grandi sur le sol africain.

Couvertures santé et formations à la clé

Ces emplois s’effectuent par ailleurs dans de meilleures conditions que dans les entreprises concurrentes, en particulier en matière d’accès à des dispositifs de couverture santé pour les salariés et leur famille. Cet impact qualitatif s’incarne également dans les actions de formation et d’inclusion menées par les entreprises françaises, contribuant ainsi à structurer les écosystèmes locaux. Il est également important de rappeler que les contributions des entreprises françaises aux budgets locaux en impôts dépassent le montant de l’aide publique française au développement : au Tchad par exemple, la vingtaine d’entreprises françaises implantées représentent 9% des recettes fiscales du pays.

La France jouit encore indéniablement d’une relation privilégiée avec de nombreux pays d’Afrique francophone, mais pour combien de temps ? Avant que l’érosion de ce lien historique et culturel au profit des pays émergents - Chine en tête - ne relègue irrémédiablement l’Hexagone au statut de partenaire de second rang, les autorités françaises doivent redéfinir leur politique africaine en misant beaucoup plus sur les PME, plus réactives, et plus à même de s’adapter aux réalités d’un continent africain en pleine mutation.

* Auteur de Droit de l’intelligence économique. Patrimoine informationnel et secrets d’affaires (Lamy, 2012) et de Droit du renseignement. Renseignement d’État, renseignement économique (LexisNexis, 2016).

Plan de relance :  » 3 milliards d’euros pour les PME-TPE », c’est un peu court !

Plan de relance :  » 3 milliards d’euros pour les PME-TPE », c’est un peu court !

 

Dans une interview à Sud Ouest, de l’économie déclarait son attention de soutenir fortement le financement des entreprises dont celui des PME. vouloir soutenir le «financement des entreprises, pour leur permettre de se développer». Une déclaration qui a suscité des interrogations compte tenu de sa faiblesse. Du coup le sou ministre M. Griset, au micro de CNews a tenté de rectifier le tir. « Naturellement, il y aura beaucoup plus pour les TPE-PME qui représentent 95% de l’économie française ». Le ministre reconnaît toutefois être encore dans l’incapacité de « totalement chiffrer » le montant de l’enveloppe dévolue aux acteurs du tissu économique national.

 

Les PME, pour avoir les fonds propres nécessaires, bénéficieront de divers instruments: «soit des obligations convertibles, soit des prêts participatifs», avec indiqué Bruno Le Maire. «Dans le plan de relance, nous mettrons trois milliards d’euros sur le soutien au financement des entreprises, pour leur permettre de se développer», indique-t-il. Alors le plan global atteint 100 milliards pour l’ensemble de l’économie.

Ce plan doit être présenté le 25 août. Le Premier ministre Jean Castex en a déjà présenté quelques grandes lignes, avec 30 milliards fléchés sur la transition écologique, dont une partie se recoupe avec 40 milliards d’euros consacrés à l’industrie.

Ce plan, qui sera adossé au budget de l’État pour 2021, comprend aussi un volet «compétences» et un volet «solidarité», pour 20 milliards chacun. Environ 40 milliards d’euros sur les 100 milliards devraient venir des 390 milliards d’euros de subventions du plan de relance européen. Un chiffrage quand même un peu confus quant aux affectations respectives.

« Aux côtés de Bruno Le Maire, on va tout faire pour que chaque entreprise puissent bénéficier de ces outils », assure maintenant M. Griset

PME : 3 milliards d’aides

PME : 3 milliards d’aides

Dans une interview à Sud Ouest, de l’économie déclare son attention de soutenir fortement le financement des entreprises dont celui des PME. vouloir soutenir le «financement des entreprises, pour leur permettre de se développer».

Vous  présenterez le plan de relance de la France pour surmonter la crise du Covid. À qui bénéficieront ces 100 milliards d’euros sur deux ans ?

 

Bruno Le Maire. À tous les Français ! Et en particulier ceux qui cherchent un emploi. La transition écologique en sera le fer de lance. Ce qui suppose des investissements dans la rénovation thermique des bâtiments, dans la décarbonation de l’industrie, dans les nouvelles technologies. Je ne vois aucune opposition entre croissance et écologie.

Notre objectif est clair : retrouver d’ici deux ans le niveau d’activité économique que nous avions avant la crise. Mais la relance ne commence pas en septembre. Elle est déjà en marche depuis le début de cette crise avec des mesures qui ont prouvé leur efficacité : chômage partiel, fonds de solidarité, report ou exonération de charges.

 

Croissance PME : une chute de 15 %

Croissance PME : une chute de 15 %

 

Selon une ­étude publiée récemment par Bpifrance, les PME françaises anticipent une chute de 15 % en moyenne de leur chiffre d’affaires en 2020.

La dernière vague du Baromètre des décideurs réalisée par Viavoice pour HEC Paris, Le Figaro et BFM Business montrait, fin juillet, que 84 % des dirigeants s’attendent en effet à une rentrée sociale agitée.

 

Au-delà de la hausse du chômage inévitable au regard de la litanie de plans sociaux annoncés, les entrepreneurs s’inquiètent aussi de leur situation financière. Selon une étude publiée récemment par Bpifrance, les PME françaises anticipent ainsi une chute de 15 % en moyenne de leur chiffre d’affaires en 2020, directement liée à la crise du coronavirus. Une baisse d’activité essentiellement due à «la fermeture réglementaire des établissements», 29 % des répondants citant en outre les difficultés «à produire avec la même efficacité» du fait de l’application des mesures sanitaires et 20 % le «manque de débouchés».

 

«Les plans sociaux des PME seront dramatiques »

 «Les plans sociaux des PME seront dramatiques »

Michel Ghetti est président-fondateur de France Ingénierie Emploi, aujourd’hui intégré au groupe Siaci Saint Honoré. Expert des restructurations d’entreprises, il a notamment conduit les dossiers ABB, Teleperformance, Fiat et Colgate Palmolive.( intreviewinion)

L’impression que les plans sociaux et les restructurations vont se multiplier dans les prochains mois est-elle justifiée ?

Oui. On sent monter un grand mouvement de restructuration dans les entreprises françaises. Dans l’automobile, la presse, l’agroalimentaire, l’aéronautique… La crise que nous venons de traverser n’en est cependant pas la cause essentielle, mais le prétexte. La plupart de ces plans étaient dans les tiroirs auparavant. Il y a un effet d’aubaine. Ce qui se fera d’ici la fin de l’année sera provisionné dans les comptes. Les entreprises ont intérêt à faire attention : les plans sociaux qui répondent à des logiques de court terme et de diminution des charges risquent de peser sur les stratégies de long terme et de les pénaliser bien plus qu’elles ne le pensent.

Ces plans sociaux ne sont-ils pas antinomiques avec les réflexions sur la souveraineté soulevée par la crise du coronavirus ?

Je note effectivement des contradictions de fonds. Quand Renault – qui a l’Etat à son capital – envisage d’externaliser la fonderie de Bretagne, que les laboratoires pharmaceutiques – financé pour la recherche par des dispositifs publics et dont les médicaments sont remboursés – réduisent leurs effectifs… cela pose des questions. A-t-on compris les enjeux de la relocalisation et de la sécurisation des secteurs-clés ? On se prépare à refaire massivement les mêmes erreurs qu’il y a dix ans, avec un mouvement massif de recours à des sociétés-tampons pour l’activité. Christian Estrosi, lorsqu’il était ministre de l’Industrie avait pris de bonnes dispositions en la matière, qui ont malheureusement fait long feu. Les autorités doivent être attentives aux effets collatéraux des plans de restructurations des grandes entreprises. Les plus petits qui en découleront seront infiniment plus destructeurs. J’alerte sur la situation de l’aéronautique. Il y a dix ans, le secteur a recomposé sa filière de façon pyramidale, avec des sous-traitants de rang un, deux ou trois… Cela a créé une dilution des marges et de la visibilité pour un grand nombre d’entreprises. Les effets des restructurations sur la filière vont être très durs.

Vous attirez l’attention sur le fait que les études d’impact des restructurations des grands groupes doivent être plus poussées…

Ce n’est que comme cela, et avec beaucoup de dialogue social, qu’on peut évaluer correctement les effets sur les emplois indirects et concevoir les programmes de revitalisation. Il faut responsabiliser les entreprises qui restructurent. Elles ne doivent pas abonder des fonds locaux ou régionaux pour se débarrasser du problème mais prendre leurs responsabilités et leur part dans la mise en œuvre de la relocalisation et la redynamisation de l’économie, par d’autres acteurs.

Prêts PME : trois mois de chiffre d’affaires

Prêts PME : trois mois de chiffre d’affaires

. ès mercredi, et les banques proposeront des prêts supplémentaires. Le montant de ces prêts pourra représenter au maximum trois mois de chiffre d’affaires, a indiqué lundi la Fédération bancaire française (FBF).

Ces crédits, très majoritairement garantis par l’État, bénéficieront de conditions très avantageuses: un taux de 0,25 %. La semaine dernière, Emmanuel Macron, le président de la République, a annoncé que l’État garantirait 300 milliards d’euros d’emprunts accordés par les banques aux entreprises touchées par le coronavirus.

L’État et la Banque centrale européenne (BCE) ont par ailleurs multiplié les mesures ces dernières semaines afin de permettre aux banques de soutenir les entreprises et d’éviter qu’elles fassent
faillite.

 «Grâce à un dispositif exceptionnel de garanties de l’État, nous allons proposer des prêts bancaires supplémentaires pour toutes les entreprises», a expliqué Frédéric Oudéa, patron du groupe Société générale et président de la Fédération bancaire française, dans un entretien diffusé lundi par Le Parisien«Nous allons diffuser l’information et former nos réseaux dans les deux prochains jours, et il sera opérationnel dès mercredi», ajoute le banquier.

Autre coup de pouce, le patron d’une entreprise en difficulté à cause de la pandémie, au point de le contraindre à tirer le rideau, n’aura rien à rembourser avant un an s’il décide d’emprunter dans le cadre de ce programme. «Au bout de ces douze mois, il aura à décider: soit le remboursement immédiat, soit progressivement en prolongeant son prêt jusqu’à cinq ans de plus», explique Frédéric Oudéa.

 

Coronavirus : un plan pour éviter des faillites des PME

Coronavirus : un plan pour éviter des faillites des PME

 

 

 

Le président de la république dans son allocution de lundi soir a annoncé un plan très ambitieux de soutien pour éviter toutes les faillites des PME. Il a notamment indiqué qu’il y aurait un décalage des cotisations fiscales et sociales, que les loyers et autres charges comme par exemple les factures d’électricité seront suspendues. Reste à savoir quelles seront les conditions de ce plan. Cela signifie-t-il que les PME auront guichet ouvert pour emprunter ou bien que les créanciers ne  pourront réclamer leur dû. Si ce plan vise un objectif aussi large le coût risque d’être considérable.

Bruno Le Maire, le ministre français de l’Économie et des Finances a chiffré dimanche à « plusieurs dizaines de milliards d’euros » le coût de l’aide de l’Etat aux acteurs économiques affectés par l’épidémie de coronavirus.

« L’Etat sera totalement derrière les acteurs économiques qui aujourd’hui sont dans une situation de détresse totale », a-t-il déclaré sur France 2 en ajoutant : « L’Etat fera le nécessaire pour s’assurer que les banques prêtent aux entreprises ce dont elles ont besoin en termes de trésorerie. Demain matin, nous annoncerons une série de mesures supplémentaires ».

Selon Les Échos, le gouvernement préparerait un plan de sauvetage économique qui pourrait se chiffrer entre 30 et 40 milliards d’euros. Avec pour conséquence, un déficit public qui devrait franchir la barre des 3 % du PIB cette année.

La semaine dernière, les premières estimations sur les mesures de soutien étaient estimées entre 15 et 30 milliards d’euros. Mais avec l’aggravation de la situation, la facture, selon les Échos, s’élève désormais entre 30 et 40 milliards d’euros.

 Cela comprend les avances de trésorerie, les garanties publiques apportées aux prêts pour les PME représentent un impact théorique de 3 milliards d’euros mais aussi les reports de charges fiscales et sociales en mars, qui devraient représenter un effort en trésorerie pour l’Etat d’un montant compris entre 15 et 20 milliards d’euros. Mais avec les nouvelles déclarations du président de la république, la facture pourrait bien doubler si effectivement on prend en charge toute les cotisations, et autres factures des PME. Vraisemblablement le plan risque de cibler uniquement les petites et moyennes entreprises dont l’analyse financière révèle une fragilité et qui pourraient être menacées de faillite.

 Le dispositif de couverture intégrale du chômage partiel dans les entreprises est lui aussi très coûteux. La somme de 10 à 15 milliards d’euros est évoquée si cette mesure est appliquée pendant plus de deux mois.

Moral les ETI et PME : en hausse

Moral  les ETI et PME : en hausse

 

D’après le  Baromètre EY de la croissance, les dirigeants de PME et ETI tricolores affichent un réel optimisme et revoient leurs objectifs à la hausse. Ainsi, 93% des sondés s’attendent à voir leur chiffre d’affaires augmenter de plus de 6% au cours des 12 prochains mois. Ils sont mêmes près d’un tiers (31%) à anticiper un bond d’au moins 11% de leur activité d’ici un an. Nombreux sont ceux qui ambitionnent aussi une expansion à l’international, 33% estimant l’entrée sur un marché étranger comme une priorité stratégique.

Les nouvelles technologies commencent à être perçues comme un autre facteur de développement. Une source de préoccupation toutefois, la faiblesse de la croissance mondiale qui arrive en tête des menaces extérieures pour la croissance des entreprises, et est citée par 32% des dirigeants. Là aussi ce pourcentage est en hausse de 22 points comparé à 2017. La difficulté à recruter est un autre problème pour les chefs d’entreprise.

 

PME : difficultés d’embauche

PME : difficultés d’embauche  

Selon le dernier baromètre trimestriel réalisé par BPIfrance Le Lab et Rexecode (*), 52% des entreprises interrogées signalent des problèmes d’embauche.  L’enquête annuelle « Besoins en main d’oeuvre » de Pôle emploi publiée début avril indiquait des perspectives d’embauche en forte augmentation (+18,7%) pour l’année 2018, notamment dans le secteur de la construction et de l’industrie.  Ces résultats interviennent alors que l’emploi salarié privé ralentit légèrement au cours du premier trimestre. 57.900 emplois ont été crées (+0,3%) contre 81.500 lors du quatrième trimestre 2017 (0,4%). Sur un an, les créations augmentent de 1,4% (soit 270.200) selon les chiffres publiés par l’Insee ce mardi 15 mai. Au dernier trimestre de l’année 2017 – année qui avait enregistré un record de création de postes (234.500), la hausse était de 0,4%. Sur l’ensemble des facteurs évoqués dans l’enquête de BPI et Rexecode, les difficultés de recrutement demeurent le principal frein à la croissance.  La concurrence est le second facteur le plus mentionné par les répondants. Elle est citée par 47% des entreprises après 48% au dernier trimestre. Arrivent ensuite l’insuffisance de fonds propres (24%), en augmentation, et la réglementation spécifique à leur activité (21%), moins pesante. En revanche, le manque de débouchés et la dégradation des perspectives de demande n’apparaissent plus comme un frein majeur. Enfin, contrairement aux idées reçues, les coûts et prix trop élevés sont signalés par seulement 17% des chefs d’entreprise interrogés.

___

(*) Ce sondage vise à recueillir chaque trimestre le sentiment des dirigeants de PME/TPE sur la situation et l’évolution de la trésorerie de leur entreprise, les délais de paiement tant clients que fournisseurs, leur accès aux financements et leurs projets d’investissements. Il analyse également les freins au développement de leur activité (manque de débouchés, difficultés de recrutement, fonds propres insuffisants, réglementation, concurrence, …).

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