Archive pour le Tag 'PME'

Salaires dans les PME : des hausses très insuffisantes par rapport à l’inflation

Salaires dans les PME : des hausses très insuffisantes par rapport à l’inflation

Alors que l’inflation aura atteint de l’ordre de 6 % au moins en 2022, les augmentations de salaires ne permettront pas globalement de rattraper la hausse des prix. Dans les grandes entreprises et les secteurs très tendus les augmentation moyenne sont de l’ordre de 4 à 5 %. Par contre dans les PME, le rattrapage des salaires doit se contenter d’environ 3 %. Soit une perte sèche de salaires de 3 % au moins.

Il faudrait d’ailleurs relativiser ces rattrapages compte tenu du caractère un peu obsolète de l’indicateur de l’INSEE qui sous-estime l’augmentation des prix de la consommation en raison notamment de l’évolution structurelle de la consommation des ménages.( Par exemple les dépenses contraintes prennent une place de plus en plus importante dans les dépenses des ménages.

D’après le pool d’experts-comptables le Cercle Perspectives, qui a épluché les bulletins de paie de ses clients, les entreprises de moins de 50 salariés ont certes augmenté les salaires au premier semestre 2022, mais pas au point de compenser l’inflation.

Les dix-sept cabinets d’expertise comptable ont épluché plus de 433.000 fiches de paie de leurs clients pour analyser leurs pratiques salariales.

Une enquête du Cercle Perspectives, qui regroupe dix-sept cabinets d’expertise comptable parmi les plus gros (In Extenso, Cogep, Orcom…), et que « Les Echos » dévoilent en exclusivité révèle que les dirigeants de TPE-PME ont accordé une hausse de salaire moyenne de +3,10 % sur le premier semestre 2022.

Pour aboutir à cette donnée, ces professionnels du chiffre, totalisant 350.000 clients, ont passé au peigne fin 433.684 fiches de paie de salariés en faisant un comparatif entre décembre 2021 et juin 2022, avant que les données soient compilées par l’Institut d’études Init.

Le rôle central des PME pour le développement en France

Le rôle central des PME pour le développement en France

Au cours de ces dernières années on a surtout vanté les mérites des grandes sociétés multinationales françaises. Des entreprises effectivement qui jouent un rôle important notamment en termes d’exportation. Le problème c’est que nombre de ces grandes sociétés ont aussi délocalisé nombre d’activités. D’où la nécessité de s’appuyer davantage sur les PME qui peuvent redonner du souffle  à l’aménagement du territoire dans une vision de développement durable .

 

. Les 3 millions de TPE/PME qui constituent 95 % du tissu économique de notre pays peuvent largement contribuer à défendre le pouvoir d’achat, préserver la croissance et accélérer la décarbonation de l’économie, à condition de prendre certaines mesures. Par Lionel Canesi, Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des experts-comptables.

 

tribune

 

« Aller vers l’idéal en passant par le réel »… Une fois de plus, face à des enjeux économiques, sociaux et sociétaux majeurs, dans un environnement inflationniste où les crises succèdent aux crises, la méthode prônée par Jean Jaurès démontre toute son actualité et, plus encore, sa pertinence.

Pour les cinq ans à venir, l’idéal tient dans les termes d’une équation aussi simple à poser que difficile à résoudre : défendre le pouvoir d’achat des Français en préservant la croissance et, parallèlement, accélérer la décarbonation de notre économie.

Quelles sont donc les voies du réel qu’il s’agirait d’emprunter pour rendre possible ce double objectif ? Les experts-comptables de France, premiers conseillers des TPE/PME, en sont plus que jamais convaincus : il est urgent de convoquer le bon sens, la simplicité, et le pragmatisme. Il est indispensable de s’appuyer sur les 3 millions de TPE/PME qui constituent 95 % du tissu économique de notre pays.

L’armée silencieuse des indépendants, des TPE et des PME créée des emplois non délocalisables, fabrique du lien social dans nos quartiers, anime nos centres-villes et nos villages. La loi entrepreneur votée dans les dernières semaines du quinquennat marque un progrès certain. Mais il faut aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. L’enjeu est d’abord de faciliter le quotidien de l’entrepreneur, de libérer sa capacité créative, simplifier ses relations avec l’administration pour lui permettre de fabriquer de la croissance et par ricochet, d’être en capacité de mieux rémunérer le travail de ses collaborateurs. Pour cela, la liberté de choix de son statut social par l’entrepreneur, des mesures de renforcement des fonds propres et une facilitation de la transmission des entreprises sont des voies à prendre.

Quelques pistes concrètes

Sur la défense ou l’amélioration du pouvoir d’achat, quelques pistes concrètes :

La suppression de tout ou partie des cotisations sociales sur les salaires libèrerait au moins 15% de pouvoir d’achat immédiatement. Notre modèle social (hors retraite) serait dès lors financé par des prélèvements sur la consommation et les mouvements financiers. Une telle décision offrirait une bouffée d’oxygène aux salariés sans peser sur les marges des TPE/PME et contribuerait à renforcer la compétitivité des entreprises françaises à l’international.

Le Président de la République annonce l’augmentation de la prime PEPA. Le dispositif est efficace sur le court terme, il est plébiscité par les chefs d’entreprise. Il pourrait être pérennisé pour devenir une sorte « d’intéressement simplifié », parfaitement adapté à la réalité et aux attentes des TPE.

Sur les enjeux climatiques, que seuls quelques esprits obtus persistent à nier ou à minimiser, le bon sens invite à considérer les 3 millions de TPE/PME françaises comme un levier d’action essentiel. A ce jour, les textes règlementaires, les normes européennes ou nationales visant à orienter l’activité économique vers des pratiques plus vertueuses ne concernent en réalité que les ETI et les grands groupes. Les grandes structures disposent des organisations et des moyens financiers pour s’engager dans la démarche. Penser que leurs pratiques ou que les injonctions lancées par un arsenal de règles administratives complexes vont tranquillement s’imposer à l’univers des TPE/PME est illusoire. Ce raisonnement traduit une méconnaissance absolue de la réalité des entreprises à taille humaine. Les experts-comptables de France le constatent chaque jour au contact de leur client. L’idéal environnemental vient percuter le réel des petites structures moins sensibilisées, moins équipées, moins structurées et dans l’incapacité de financer les investissements souvent nécessaires à la transition écologique de leur activité.

La stratégie du colibri

Le réel, pour que ces entreprises s’engagent dans la transition environnementale nécessaire, c’est la stratégie du colibri. Nous proposons de créer une annexe fiscale simplifiée où seraient recensées 10 données extra-financières (nombre de m3 d’eau consommés, nombre de kilowatt heure, litres de carburants consommées, niveau des salaires hommes/femmes, surface au sol « consommée » par les locaux professionnels…). L’objectif est d’embarquer les TPE PME dans la connaissance de leur impact environnemental. Sensibiliser, diagnostiquer et ainsi créer les conditions d’une action possible, réaliste, concrète.

Au nom du pragmatisme et de l’efficacité, les cinq années qui viennent pourraient enfin replacer les TPE/PME au cœur des politiques publiques tout simplement parce qu’elles sont au cœur de l’économie et de la société.

Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

 

Le vaste réseau de PME allemandes est un concept entrepreneurial spécifique, inséré dans le modèle économique et sociétal de l’Allemagne. S’en inspirer dans le but d’égaler ses performances économiques semble illusoire, estime l’économiste Petra Bleuel dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Dans un contexte de crise et de difficultés économiques, la tentation est grande de vouloir imiter les modèles des pays les plus compétitifs. L’Allemagne paraît s’en sortir mieux que la France en termes de produit intérieur brut, de déficit public, de taux de chômage et de performances à l’exportation. En effet, la colonne vertébrale de l’industrie allemande est formée par les grandes entreprises et un réseau très vaste de petites et moyennes entreprises, le Mittelstand, régulièrement présenté comme la force et la spécificité de l’économie allemande. Ainsi, selon les préconisations récurrentes de certains commentateurs économiques, il suffirait de s’inspirer du modèle allemand et du Mittelstand pour créer un tissu d’entreprises comparable à celui des entreprises allemandes et afficher les mêmes performances économiques qu’outre-Rhin. Si la solution proposée paraît simple de prime abord, sa mise en œuvre semble beaucoup plus compliquée, voire irréalisable.

Un acteur majeur du marché mondial

Le Mittelstand est majoritairement composé d’entreprises de moins de 500 salariés. On lui confère un rôle important dans le processus d’innovation, dans la création et la stabilité de l’emploi, mais il est également vu comme un acteur majeur sur le marché mondial. A titre de comparaison, en 2019, on répertorie en Allemagne 479 596 entreprises moyennes (de 50 à 249 employés) et 19 360 « grandes » entreprises (plus de 249 employés), contre respectivement 148 078 et 6 003 en France. Au total, les entreprises allemandes affichent un chiffre d’affaires plus important, emploient plus de salariés et ont de meilleurs résultats à l’export que les entreprises françaises.


Forte est alors la tentation de vouloir créer un Mittelstand français, qui serait composé de PME plus grandes et plus internationales. L’ennui est que le Mittelstand est un concept entrepreneurial spécifiquement allemand, inséré dans le modèle économique et sociétal de la société allemande, et pas seulement une catégorie d’entreprises statistiquement identifiable. La direction de l’entreprise, l’indépendance économique, la propriété détenue par la famille, un fort attachement au territoire ainsi qu’une culture entrepreneuriale forgée historiquement par la société allemande en sont les caractéristiques essentielles.

Soutien du gouvernement et des Länder

Ces entreprises placent l’individu au cœur de leurs préoccupations. Les décisions sont toujours collectives, les hiérarchies plates accordant une large place au partage des responsabilités. La responsabilité sociale des entreprises est une réalité appliquée et non un produit marketing. Elles mettent en place des stratégies de long terme, puisque les lois allemandes facilitent la transmission aux générations suivantes ; elles ont l’international et la coopération interentreprises dans le « sang ». C’est pour cela qu’on trouve dans le contingent du Mittelstand des PME, mais également des sociétés comme Kärcher – bien connue du consommateur français – ou Stihl.

Ne pas confondre PME et start-up internationale !

Ne pas confondre PME et start-up internationale !

 

L’économiste Vincent Frigant dénonce, dans une tribune au « Monde », la myopie des politiques de soutien aux entreprises, qui oscillent entre deux fantasmes : celui de la start-up disruptive et celui de la multinationale aux couleurs nationales.

 

Dans bien des imaginaires, et singulièrement celui de nos dirigeants actuels, deux figures de ce qu’est une entreprise performante et socialement utile dominent.

La start-up, pépite technologique ou inventrice de modèles d’affaires « disruptifs », symbolise la modernité et le bouillonnement créatif apte à bouleverser marchés, méthodes de production, voire manières de vivre. Si l’immense majorité fera faillite et que très peu disrupteront quoi que ce soit, la « start-up nation » les soutient massivement, espérant dans la masse enfanter un géant de demain (à l’instar d’un membre des GAFA – Google, Apple, Facebook, Amazon) et/ou découvrir la technologie du futur, salvatrice du rang de l’économie française, de son autonomie stratégique, de ses engagements environnementaux.

L’antienne du champion national

A l’autre extrême se situe la grande entreprise. Historique paquebot résistant aux tempêtes, elle est capable de se projeter à l’international par ses exportations et ses implantations, rapportant des devises et créant des emplois ; elle réalise des économies d’échelle permettant de démocratiser le produit et/ou de résister à la concurrence étrangère ; elle développe des produits complexes requérant d’importantes immobilisations financières (avion, automobile…), ce qui participe également de la puissance militaire et de l’indépendance géostratégique, du développement des technologies du futur (nécessairement salvatrices), de l’image de la France et de son soft power – que l’on pense aux KHOL – Kering, Hermès, L’Oréal, LVMH –, pendants des GAFA (encore eux !).

Si, aujourd’hui, l’Etat se donne pour mission de soutenir « en même temps » les start-up et les grandes entreprises, ces dernières furent longtemps l’objet principal de sa politique. Toutefois, l’objectif reste identique : faire émerger l’entreprise qui sera capable d’enchaîner les conquêtes économiques et de s’imposer sur le marché national, européen puis mondial. Cette antienne du champion national demeure l’horizon de nos gouvernants.

La course systématique à la taille

Pourtant, les sciences sociales ont déjà montré comment une telle politique avait détruit des systèmes productifs localisés organisés autour de petites et moyennes entreprises (PME), dont on regrettait d’ailleurs la disparition dans les années 1990. Pourtant, on nous explique que l’Allemagne industrielle tire sa puissance de son tissu d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), dont manquerait cruellement la France. Certes, depuis une décennie l’Etat prête, enfin, attention à ces ETI. Mais toujours avec le même défaut d’analyse : les envisager dans un stade intermédiaire – leur nom même n’est-il pas significatif ? – vers la grande taille. De même, il conviendrait de transformer les PME en ETI…

Cloud : le mépris pour les PME européennes

Cloud : le mépris pour les PME européennes

Euclidia, association qui fédère 26 acteurs du cloud européen, dont de nombreux Français (Clever Cloud, Jamespot, Scaleway…) demande à l’Union européenne de revoir sa stratégie sur le cloud pour donner moins de place aux acteurs étrangers Pour JEAN-PAUL SMETS  , membre d’Euclidia, « il n’est pas trop tard pour bien faire les choses ».( la Tribune)

Pourquoi cette initiative ? Pourquoi faut-il selon vous un moratoire sur les stratégies cloud des pays européens ?

JEAN-PAUL SMETS - Depuis le 17 mai et le lancement de la stratégie cloud de confiance en France, il se passe un phénomène étrange. A la place de constater une accélération des ventes des solutions cloud basées sur des technologies européennes, ce qui serait logique pour développer un cloud souverain, on constate à l’inverse une accélération des ventes des solutions cloud basées sur les technologies des Gafam, notamment de Microsoft et de Google. La raison est simple : le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, et le secrétaire d’Etat à la Transition numérique, Cédric O, ont publiquement présenté les solutions de Google et de Microsoft comme des solutions « de confiance » plus simple à mettre en place, ce qui a poussé le marché et les administrations à recourir à leurs services les yeux fermés. L’ironie de l’histoire est que les projets censés apporter ce cloud de confiance -la coentreprise Bleu entre Microsoft et Orange/Capgemini et la coentreprise entre Google et Thales, Ndlr- n’existent même pas encore alors que le but de la stratégie était de combler rapidement un retard.

Parallèlement, l’Italie est en train de mettre en œuvre une politique nationale de cloud qui pourrait aussi aboutir à favoriser les acteurs dominants américains. L’Allemagne a une stratégie fédérale qui veut faire du cloud souverain sur la base de logiciels libres, ce qui est une bonne chose, mais dans les faits Berlin met également en avant du logiciel libre américain. Souvenons-nous aussi que la France a choisi Microsoft pour héberger nos données de santé dans le Health Data Hub et avait déclaré, à tort, qu’il n’existait pas d’autre solution. La Belgique s’est également alliée avec Amazon Web Services dans la santé.

Dans le contexte où la France va prendre la présidence tournante de l’Union Européenne au premier semestre 2022, nous pensons qu’il faut d’urgence tirer le frein à main. C’est le moment de réunir les industriels européens, les gouvernements nationaux et l’UE autour d’une table, pour mettre en place une vraie stratégie européenne du cloud, coordonnée entre tous les acteurs. Ce qui se passe actuellement dans divers pays européens ou par exemple au sein de Gaia-X, où les acteurs américains et chinois ont pris le pouvoir dans un projet qui devait à la base être souverain, nous fragilise au lieu de nous renforcer. L’Europe doit mieux prendre en compte qu’il existe déjà un écosystème européen du cloud, composé essentiellement de PME qui proposent des solutions efficaces et souveraines, et qui ne doivent pas être ignorées.

Vous appelez à une stratégie cloud européenne coordonnée avec la filière, mais n’est-il pas un peu tard ? En plus du projet Gaia-X déjà lancé, l’UE prépare un plan cloud européen pour 2022, qui pourrait être doté entre 10 et 20 milliards d’euros, avec l’objectif de créer une infrastructure cloud européenne souveraine…

La filière cloud européenne, composée essentiellement de PME probablement invisibles aux yeux des gouvernements nationaux et de Bruxelles, n’a pas été prise en compte dans ce plan. Concrètement, l’UE va injecter au moins 10 milliards d’euros pour essayer de construire avec des grands groupes [parmi les futurs bénéficiaires de l'enveloppe française figurent notamment Atos, Capgemini, Orange et OVHcloud, Ndlr], ce que des petites entreprises proposent déjà à leurs milliers de clients. La plupart des projets qui demandent des subventions veulent faire ce qui existe déjà, ce qui est au passage contraire aux principes du libre marché. Cela revient à saboter l’industrie cloud européenne avec de l’argent public.

Je ne pense pas que l’argent soit la solution miracle. Les politiques pensent qu’il faut des milliards d’euros pour construire un cloud européen, alors qu’en réalité il faut seulement des millions et une bonne politique d’achats publics. Celle-ci fait cruellement défaut aujourd’hui, mais si les Etats achetaient davantage de solutions cloud aux acteurs européens, cela améliorerait notre souveraineté technologique. Notre problème, c’est que les PME européennes du cloud ne sont pas bien connues. Beaucoup de personnes dans les gouvernements, y compris en France, souhaiteraient aider les entreprises européennes, mais le lobbying des Gafam, des cabinets de conseil, et notre discrétion jusqu’à présent leur ont fait croire que l’Europe n’a pas les outils pour être vraiment souverain dans le cloud.

Cette perception est tout simplement fausse. Une centaine de PME en Europe propose des technologies cloud. Chez Euclidia, qui a pour but de les fédérer pour nous rendre collectivement plus forts, nous les encourageons à travailler ensemble pour proposer des solutions intégrées 100% souveraines capables de répondre à tous les besoins des entreprises et des administrations. Il existe déjà 10 solutions basées sur des alliances infrastructure (IaaS) / plateforme (PaaS) / logiciels (SaaS), disponibles dès maintenant. Par exemple la solution « Scaleway J » propose l’IaaS et le PaaS de Scaleway avec la solution logicielle de Jamespot comprenant tous les outils collaboratifs de bureau. Il y en a neuf autres comme ça. L’offre est déjà là et aurait besoin d’aide pour passer à une plus grande échelle.

Dans votre texte, vous regrettez que les stratégies nationales ne demandent pas toutes une évaluation des risques sur les logiciels non-européens utilisés sous licence. Vous demandez aussi un accès à leur code source. Vous ciblez particulièrement, sans la nommer, la stratégie française ?

Oui, car il ne suffit pas de prendre des technologies de Microsoft et de Google sous licence et de les héberger en Europe par des entreprises européennes avec un bon niveau de cybersécurité, pour en faire des solutions « de confiance ». Cette conception de la confiance est très problématique. Sans accès au code source, impossible de savoir si la NSA par exemple a injecté une « backdoor » [porte d'entrée cachée dans le logiciel à des fins d'espionnage, Ndlr], ce qui est tout de même incroyable pour des solutions promises à des administrations, à des opérateurs d’importance vitale (OIV) et de services essentiels (OSE).

De plus, les licences sont-elles révocables ? A partir du moment où la propriété intellectuelle appartient à une entreprise américaine, celle-ci ne peut pas se soustraire à une obligation de son pays. Quant à l’argument que l’hébergement en France dans une entreprise de droit français suffit à protéger des lois extraterritoriales américaines, c’est peut-être vrai pour le Cloud Act, mais pas pour la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act). Celle-ci s’applique aussi aux logiciels américains et ne se préoccupe pas de la nationalité de l’entreprise qui l’utilise.

 

A qui adressez-vous cette demande de moratoire ?

Notre message est qu’il n’est pas trop tard pour bien faire les choses. Ce moratoire demande aux gouvernements nationaux comme la France, qui ont déjà lancé une stratégie qui s’appuie sur des Américains, d’appuyer sur pause. Il met en garde ceux qui s’apprêtent à le faire et leur demande d’écouter la filière européenne. Il demande aussi à la Commission européenne de faire attention aux effets délétères très forts de certaines stratégies nationales et de certaines initiatives comme Gaia-X. Euclidia a rendez-vous avec la Commission européenne le 21 décembre pour discuter de ces sujets.

Pensez-vous que vous pouvez vraiment infléchir sur des choix politiques déjà largement actés ?

Je ne suis pas pessimiste car je pense que nous souffrons surtout d’un manque de notoriété. Je ne pense pas qu’il y ait eu à la base, en France comme en Europe, la volonté d’écarter les acteurs européens du cloud. Il y avait juste la croyance erronée que nous ne sommes pas au niveau. Il est temps d’écouter un peu moins les grands groupes et les Gafam et de réaliser que nos petites entreprises proposent déjà ce qu’on veut créer. La preuve, elles le vendent déjà à leurs milliers de clients en Europe et dans le monde !

Moral des PME : en hausse

Moral des PME : en hausse

D’après une étude de la CPME, près de deux entrepreneurs sur trois (62%) considèrent que leur situation financière est identique (40%) ou meilleure (22%) depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ces données positives, qui semblent souligner l’efficacité des mesures d’aides du fameux « quoi qu’il en coûte », devraient se poursuivre lors du deuxième semestre, estime la majorité des chefs d’entreprise sondés.

Cyberattaques : les PME exposées

Cyberattaques : les PME exposées

Les cyberattaques se développent de manière exponentielle et les entreprises ne maîtrisent pas forcément assez ce risque surtout les PME Selon une étude inédite de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’ entreprise (l’Amrae) sur le marché de l’assurance cyber en France, les grandes entreprises sont largement assurées. Mais elles le sont avec des couvertures qui restent insuffisantes compte tenu de la hausse de l’intensité des sinistres. En revanche, les ETI et les PME sont peu couvertes contre la montée des menaces. Ce qui pose la question de la vulnérabilité du tissu économique et freine la capacité des assureurs à mieux mutualiser les risques cyber.

Entre 2019 et 2020, le coût des sinistres a été multiplié par trois pour atteindre 217 millions d’euros alors que les primes n’ont augmenté que de 50 % (à 130 millions) sur la période. Résultat, le ratio combiné (sinistres sur primes) s’est fortement dégradé sur ce marché naissant d’une année sur l’autre, de 84 % en 2019 à 167 % en 2020.

Cybersécurité : un manque d’investissement dans les PME

Cybersécurité : un manque d’investissement dans les PME

C’est la conclusion d’une étude menée par l’Ifop pour la société de conseil en cybersécurité F-Secure*, et qu’Europe 1 révèle en exclusivité. Concrètement, neuf entreprises sur dix estiment qu’il est essentiel de se prémunir contre les attaques informatiques. Sauf qu’il y a un décalage, notamment chez les TPE-PME, entre la réflexion et le passage à l’acte : une entreprise sur deux ne sécurise pas ses postes de travail et une sur trois n’utilise même pas d’antivirus.

 

Cette insuffisance résulte d’abord d’un choix financier. Selon cette étude, pour 60% des PME, le budget pour la protection de leur système informatique ne doit pas dépasser 1.000 euros par an. « Avec cette somme, on est capable de protéger une petite infrastructure, une TPE de moins de dix salariés. Un antivirus c’est environ 50 euros par an et un pare-feu pour une petite entreprise c’est 300 euros par an. Si on ajoute les interventions du prestataire de service informatiques, on arrive à 1.000 euros », détaille Guillaume Gamelin, vice-président de F-Secure France. 

Problème : c’est une somme insuffisante pour des PME de 20 ou 50 salariés. Or, « plus l’entreprise est grosse et plus elle est numérisée, plus elle est concernée par les cyberattaques », rappelle Guillaume Gamelin. Et les temps ont changé. « Hier, il suffisait d’un logiciel antivirus qu’on activait sur demande. Aujourd’hui, avec la complexité des nouvelles attaques, ce n’est plus suffisant. Il faut investir dans des ressources humaines pour vérifier et entretenir les systèmes informatiques au quotidien », souligne ce spécialiste de la cybersécurité.

Une prise de conscience pendant la crise du Covid

L’étude menée pour F-Secure met en évidence un décalage entre la perception, par les entreprises, des risques liés aux cyberattaques et les actions menées pour s’en protéger. « On observe une prise de conscience liée à la cybersécurité, grâce ou à cause de l’actualité et de la médiatisation des attaques visant des hôpitaux et des mairies« , assure Guillaume Gamelin. « Il y a eu une bascule lors de la crise du Covid-19. Les patrons sont aujourd’hui mieux informés des risques. L’inquiétude est partagée autant par les PME que par les grands groupes. Tout le monde réalise qu’une attaque informatique peut avoir des effets très concrets et très néfastes. »

Malgré l’inquiétude, deux tiers des dirigeants interrogés estiment que leurs salariés sont suffisamment protégés. Ce qui, au vu des montants investis, est loin d’être toujours le cas. « Il y a parfois un décalage entre le sentiment de sécurité des entreprises et leur niveau réel de protection, qu’il soit géré en interne ou par un prestataire de services », prévient le vice-président de F-Secure France. D’autant que le risque augmente. « Il y a une professionnalisation des hackers qui sont aujourd’hui regroupés comme des organisations criminelles. »

*Étude quantitative réalisée en ligne auprès d’un échantillon national représentatif de 500 « professionnels » âgés de 18 ans et plus, entre le 31 mars et le 2 avril 2021. 75% des entreprises interrogées ont moins de 10 salariés.

Afrique : aider les PME

Afrique : aider les PME

 

Ancien administrateur au FMI pour les pays africains francophones, membre associé du club de réflexion Center for Global,  Development Daouda Sembene expose, dans une tribune au « Monde », quelques mesures concrètes pour subvenir aux besoins du secteur privé sur le continent africain.

 

Tribune

 

 Paris abritera le 18 mai un sommet de haut niveau sur le financement des économies africaines. Cet événement, qui réunira plusieurs chefs d’Etat et d’institutions internationales, se tiendra dans un contexte où la pandémie de Covid-19 continue d’asphyxier ces économies, en dépit des stratégies de relance mises en place par les gouvernements avec le soutien de leurs partenaires locaux et internationaux.

Le succès du sommet se mesurera aux solutions concrètes qui y seront proposées face aux besoins de financement importants auxquels le continent fait face pour atténuer l’impact économique et social de la crise sanitaire et renforcer les perspectives d’une relance forte, inclusive et résiliente.


Bien qu’à terme, cette relance doive être portée par le secteur privé, notamment l’écosystème des PME qui constitue la charpente des économies africaines, elle requiert dans l’immédiat un engagement fort des décideurs africains et des partenaires au développement à sortir des sentiers battus afin de mobiliser les niveaux adéquats de ressources internes et de financements extérieurs.

Une étape importante a déjà été franchie grâce au consensus obtenu récemment quant à la nécessité d’une allocation des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI à hauteur de 650 milliards de dollars (536 milliards d’euros) . Si cette allocation est approuvée comme prévu par le Conseil d’administration du FMI d’ici à juin, elle devrait permettre à l’Afrique d’obtenir d’ici à la fin de l’année environ 33 milliards de dollars de liquidités supplémentaires dont 70 % reviendraient aux pays situés au sud du Sahara.

Cependant l’allocation de DTS aura encore plus d’impact si elle est complétée par une initiative multilatérale de réallocation des DTS en faveur des pays à faible revenu. L’intention récemment exprimée par le G20 d’œuvrer dans ce sens est à saluer et à concrétiser dans les meilleurs délais. Avec cette émission de DTS, les pays membres de ce forum pourraient à eux seuls mobiliser 100 milliards de dollars en réallouant juste un peu moins du quart de leurs allocations cumulées sous forme de prêts ou de dons.


Une partie des ressources ainsi collectées pourrait permettre notamment d’augmenter la capacité du FMI à offrir des prêts bonifiés afin de mieux accompagner la mise en œuvre des stratégies de résilience et de relance post-pandémique des économies africaines.

Renforcer la solvabilité des PME et ETI

Renforcer la solvabilité des PME et ETI

La tribune d’Alberto Sánchez Navalpotro, directeur général de la société Inbonis Rating, agence de notation de crédit spécialisée pour PME et ETI dans l’Opinion.

La France vient d’obtenir le feu vert de la Commission européenne sur le programme des prêts participatifs Relance et des obligations subordonnées Relance. Ce sont 20 milliards d’euros à destination de quelque 10 000 PME et ETI dans le but de leur permettre de réaliser des investissements productifs de nature à améliorer leur productivité et leur compétitivité. Selon Bruno Le Maire, le « maître mot de l’année 2020 a été la protection », et le « maître mot de l’année 2021 doit être l’investissement ».

Les prêts participatifs Relance vont permettre aux PME et ETI d’investir. Inspirés des « subordinated loans » anglo-saxons, et déjà utilisés par l’Etat français à plusieurs reprises en temps de crise – en 1978 en soutien au secteur sidérurgique puis en 2008 en soutien au secteur automobile – les prêts participatifs, à mi-chemin entre le financement en fonds propres et les prêts à long terme, représentent une nouvelle source de financement à long terme des investissements pour les entreprises.

Par ailleurs, les prêts participatifs Relance sont de nature à améliorer la notation de crédit des entreprises auprès des agences de notation et de la Banque de France. En effet, l’article L.313-14 du Code monétaire et financier prévoit que « les prêts participatifs sont, au regard de l’appréciation de la situation financière des entreprises qui en bénéficient, assimilés à des fonds propres ».

La France en tête de l’innovation financière en Europe. Le programme des prêts participatifs et des obligations Relance est sans précèdent en Europe par son ampleur. Il est aussi inédit par la coopération entre les banques et sociétés de gestion, au contact des PME/ETI, et les compagnies d’assurances, gestionnaires d’une épargne que Bercy souhaite flécher vers l’économie réelle, dans l’intérêt de notre tissu économique et de notre modèle de société.

En effet, l’Etat joue pleinement son rôle en apportant une garantie de 30 % qui permet d’offrir aux PME et ETI un financement plus risqué et à moindre coût par rapport à de la dette privée, et qui de surcroit permet de restaurer la solvabilité des entreprises, donner du temps et de la confiance aux PME et ETI.

La sélectivité comme enjeu majeur de la relance. Ces PME et ETI devront avoir une qualité de crédit minimum de BB ou 5+ selon un Organisme externe d’évaluation de crédit (exclusivement les agences de notation de crédit agréées par l’Autorité européenne des marchés financiers, ESMA, et la Banque de France) et présenter un plan d’affaires ou d’investissement permettant de démontrer qu’il s’agit bien d’entreprises qui cherchent à investir et croître pour se relancer.

La notation de crédit, un outil de transparence. Ainsi, il existe plus que jamais une nécessité de transparence et de sélectivité dans la stratégie de financement public et toutes les actions publiques. La notation de crédit fournit une opinion qualitative sous forme d’un rapport transparent et détaillé du modèle économique, stratégique et de gouvernance d’une entreprise. Les agences de notation agréées par l’Autorité européenne des marchés financiers ont une méthodologie éprouvée qui garantit l’indépendance de leur activité.

En assurant sélectivité et transparence, les valeurs que promeuvent les agences de notation de crédit s’inscrivent bel et bien dans la volonté générale d’une orientation vertueuse de la relance, car sans investissement, il n’y a pas d’avenir.

Alberto Sánchez Navalpotro est directeur général de la société Inbonis Rating, agence de notation de crédit spécialisée pour PME et ETI.

PME : 20 milliards pour les fonds propres des PME

PME : 20 milliards  pour les fonds propres des PME

Ce nouveau mécanisme de soutien aux entreprises, PME et ETI, est constitué de prêts participatifs ayant le soutien de l’État (PPSE). Une enveloppe de 20 milliards est prévue pour cet objectif. Reste évidemment qu’il s’agit de prêts à rembourser. Ce dispositif supplémentaire complète les prêts garantis par l’Etat (PGE), qui avaient été lancés il y a un an, pour assurer la trésorerie face à l’arrêt brutal de l’activité économique. « Le maître mot de 2020 était la protection, celui de 2021 doit être l’investissement », a lancé Bruno Le Maire, lors de la conférence de présentation à Bercy. Car, c’est bien l’objectif, il s’agit de renforcer les quasi-fonds propres des PME et des ETI pour leur permettre, par effet de levier, d’investir pour nourrir la reprise qui se profile à l’horizon, et « retrouver un esprit de conquête ! ».

Le montant doit être à la hauteur de ces ambitions : 20 milliards d’euros seraient mobilisés d’ici au 30 juin 2022. « Le principe qui nous guide est la simplicité et nous avons un atout, le soutien de l’Etat qui apporte sa garantie », explique le ministre.

La dette plombe surtout l’avenir des PME

La dette plombe surtout l’avenir des PME

Les deux économistes Joseph Baines et Sandy Brian Hager montrent dans une tribune au « Monde » que les exigences des investisseurs mettent en péril les petites entreprises et favorisent les plus grandes

Tribune.

 

Bien avant que le Covid-19 ne secoue le monde, les grandes économies s’inquiétaient de l’augmentation de la dette des entreprises. Lorsque la pandémie a frappé pour la première fois, il semblait que le jour du jugement dernier des firmes surendettées était enfin arrivé. La dévastation causée par le Covid-19 n’allait-elle pas déclencher une vague de faillites et faire courir au système financier mondial le risque d’un nouvel effondrement majeur ?

Cet effondrement du marché de la dette des entreprises, attendu de longue date, ne s’est pourtant pas produit, du moins pas encore. Bien que les taux de défaillances d’entreprises aient augmenté dans le monde entier en 2020, les mesures sans précédent prises par les banques centrales pour soutenir les marchés du crédit par l’achat direct d’obligations d’entreprises ont jusqu’à présent permis d’éviter la catastrophe.

Mais elles ont eu un coût important. En 2020, les émissions de titres de créance des entreprises ont atteint des niveaux record, ce qui alimente les craintes que les banques centrales n’aient fait que retarder l’inévitable. Ces mesures semblent également alimenter une reprise « en forme de K », car les fortunes des entreprises divergent beaucoup. Les achats des banques centrales ont été fortement orientés vers des titres de créance de bonne qualité émis par de grandes entreprises aux bilans plus solides.

Ainsi, alors que les géants de l’économie empruntent des sommes considérables à des taux d’intérêt historiquement bas, les petites entreprises ont du mal à lever des fonds qui leur permettraient de traverser la pandémie. En fait, l’idée même d’une reprise « en forme de K » est trompeuse, ne serait-ce que parce qu’elle occulte le fait que l’économie est « en forme de K » depuis des décennies.

Comme le montrent nos recherches sur les Etats-Unis, la situation financière des grandes entreprises s’est constamment améliorée depuis le début des années 1980, pendant que les petites entreprises tombaient dans une situation de détresse financière de plus en plus aiguë (« The Great Debt Divergence and its Implications for the Covid-19 Crisis : Mapping Corporate Leverage as Power », Joseph Baines et Sandy Brian Hager, New Political Economy, 6 janvier 2021). La pandémie n’est donc que le dernier épisode d’une polarisation de longue date des revenus des sociétés aux Etats-Unis.

L’examen des données financières à long terme des sociétés non financières américaines révèle une étonnante divergence dans les fortunes des sociétés selon leur taille. L’endettement des 10 % des entreprises les plus grandes (en chiffre d’affaires) a augmenté depuis le milieu des années 1980, tandis que la part du service de cette dette (intérêts versés) dans leur chiffre d’affaires a diminué. En raison de ces conditions d’emprunt favorables, les marges bénéficiaires des grandes entreprises sont ainsi passées d’une moyenne de 4,9 % dans les années 1980 à 7,1 % dans les années 2010.

 

Crise économique : des aides ciblées pour les PME

Crise économique : des aides ciblées pour les PME

 

Alain Griset, ministre des TPE et PME a annoncé ce jeudi un élargissement de la liste des secteurs pouvant prétendre à une prise en charge des frais fixes jusqu’à 70% dans le cadre du fonds de solidarité. Dans les colonnes du Parisien , il cite l’exemple de certaines salles de sport et salles indoor «qui accueillent bowlings, laser game, murs d’escalade».

«Dans certains cas, où il y a des grandes superficies, 20% (de prise en charge) ne suffisent pas. On aura un décret qui permettra d’avoir une prise en charge des frais fixes au-delà de ces 20%», a-t-il précisé sur Sud Radio. Le ministre a ajouté que ces entreprises pourront désormais voir leurs charges fixes prises en charge à hauteur de 70 % «pour la période de janvier à juin 2021 dans la limite de 3 millions d’euros par groupe».

 Le ministre confirme par ailleurs qu’une négociation est en cours avec la Commission européenne pour obtenir un allongement de la durée du prêt garanti par l’État (PGE). Ce dernier pourrait passer de six à huit ans.

Dans les mois qui viennent, d’autres dispositifs de soutien aux entreprises devraient voir le jour. C’est le cas notamment des prêts participatifs garantis par l’État jusqu’à 35%.

Enfin, Bercy planche sur la possibilité de transformer certains PGE en subventions. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, va soumettre l’idée à Bruxelles. Mais il a déjà fait savoir qu’en cas de feu vert de la Commission européenne, cette solution serait très limitée. Elle ne s’appliquerait qu’«au cas par cas», pour les entreprises les plus en difficulté.

 

Quel mode de financement pour les PME

Quel mode de financement pour les PME

Par Hélène Stefaniutyn de Brébisson, IÉSEG School of Management; Aurore Burietz, IÉSEG School of Management et Jérémie Bertrand, IÉSEG School of Management (*), a bord de la problématique du financement des petites structures économiques dans le journal la Tribune.

 

 

 

Vous êtes une entreprise non cotée, jeune, petite, vous détenez peu d’actifs tangibles ? Un peu tout cela à la fois ? Il est parfois difficile, dans ces conditions, d’obtenir un financement. Pour ces entreprises considérées comme plus opaques, l’accès à la dette reste d’autant plus compliqué que les banques font moins confiance à l’information qui leur est fournie.

Une solution peut être de publier ses comptes en normes IFRS (International Financial Reporting Standards). C’est ce que montre notre étude portant sur des groupes non cotés européens.

Le référentiel IFRS, adopté dans plus de 130 pays, vise à faciliter les relations entre les entreprises et leurs investisseurs et créanciers. Il permet en effet de produire une information financière harmonisée. Son application, lorsqu’elle est obligatoire, a des impacts positifs pour les sociétés tels que la réduction du coût du capital, un meilleur accès à la dette, et une augmentation des investissements transfrontaliers.

Un accès facilité au crédit

Une des explications à ces résultats est que l’utilisation des IFRS augmente la qualité de l’information financière. En Europe, les normes IFRS sont obligatoires pour les comptes consolidés des sociétés cotées depuis 2005. Elles sont également optionnelles pour les groupes non cotés, bien que seuls 5 % d’entre eux les choisissent.

Notre étude cherche donc à comprendre ce que les IFRS peuvent apporter aux groupes privés. Nous montrons que l’adoption de ces normes internationales leur facilite l’accès au crédit bancaire : les groupes publiant en IFRS présentent une dette relativement plus élevée que les autres, dans tous les pays observés. En effet, la mise en place de ces normes permet de standardiser l’information financière communiquée par les entreprises.

Dans le cadre des petites et moyennes entreprises (PME), ce choix de normes apparaît comme une opportunité de réduire leur opacité auprès de potentiels créanciers. La lecture et l’analyse des bilans étant plus transparentes, les banques ont une meilleure connaissance de la situation financière de ces entreprises, leur facilitant ainsi l’accès au crédit bancaire.

Opter pour les IFRS constitue donc une stratégie à envisager par les entreprises à la recherche de nouveaux partenaires bancaires pour des besoins de financement importants, que ce soit dans le cadre de prêts syndiqués, c’est-à-dire fournis par un ensemble d’établissements financiers, ou internationaux.

Mais est-ce que toutes les entreprises privées ont intérêt à adopter les IFRS ? Qu’en est-il des entreprises naturellement moins opaques ou opérant dans un environnement économique favorisant l’accès au crédit ? Nous démontrons que l’effet bénéfique de l’adoption des IFRS varie en fonction des caractéristiques des entreprises, mais aussi des spécificités des pays dans lesquels elles se situent.

Cet effet positif sur l’accès à la dette est amplifié pour les sociétés dites plus opaques, à savoir les petites entreprises, celles considérées comme plus risquées ou disposant de peu d’actifs tangibles.

Compenser l’asymétrie d’information

 

Par ailleurs, nous observons que le choix des IFRS est particulièrement efficace dans les pays où les asymétries d’information sont importantes, c’est-à-dire là où les banques ont très peu d’information sur les entreprises, au travers des registres de crédit publics notamment.

Autre exemple : dans les pays où l’économie est plutôt fondée sur un marché financier (comme au Royaume-Uni), le poids de la dette reste globalement plus faible dans le bilan des entreprises. La dette y est probablement plus difficile à obtenir, sauf justement pour les entreprises optant pour les IFRS. Ainsi, ces normes semblent compenser les problèmes d’asymétrie d’information liés à l’environnement bancaire : lorsque les banques disposent de peu d’information, ou lorsque le marché bancaire est moins développé.

Bien entendu, opter pour un référentiel comptable n’est pas anodin, surtout lorsqu’il s’agit d’abandonner le référentiel local, naturellement mieux maîtrisé. Un premier frein réside dans les problèmes de compréhension linguistique, et ce malgré les traductions officielles européennes. Les IFRS ont aussi été critiquées pour leur complexité et pour la quantité d’informations à produire.

Les référentiels locaux présentent encore des différences avec ces normes, notamment dans les pays de droit civil comme en France. Ce choix suppose donc d’avoir une équipe comptable et financière étoffée et compétente, capable de suivre l’évolution constante de cette normalisation – en plus des autres. Néanmoins, en investissant dans l’information financière, les entreprises – en particulier les plus opaques – peuvent envoyer un signal de qualité auprès des banques.

(*) Par Hélène Stefaniutyn de Brébisson, Professeur, IÉSEG School of Management ; Aurore Burietz, Professeur de Finance, LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management et Jérémie Bertrand, Professeur de finance, IÉSEG School of Management.

 

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Sondage PME : 50 % se sentent menacées

Selon une étude dont rend compte l’AFP,  une entreprise sur deux se sent menacée dans son existence.. Le chiffre exact est de 54 % sur l’enquête de janvier tandis que le chiffre n’atteignait en quelque sorte que 47 % dans l’enquête de septembre. Une évolution négative assez significative et qui rend compte de la dégradation de la situation économique.

 

En septembre bien entendu les opérateurs économiques étaient conscients de la baisse d’activité qui avait concerné l’ensemble l’activité en général et de certains secteurs en particulier. En moyenne donc l’activité économique  a accusé une baisse de l’ordre deux 10 % en 2020 mais pour certains secteurs la diminution peut atteindre 20 %, 50 % et même 80 % notamment dans l’hôtellerie restauration et le tourisme.

Le pessimisme est alimenté maintenant par la hausse presse exponentielle de la pandémie sous l’effet en particulier de la progression des variants du virus. Mais ce pessimisme se nourrit aussi de l’attentisme encore grandement renouvelé chez les investisseurs et les épargnants qui ne voient pas le bout du tunnel. Le plus inquiétant c’est que 30 % des entreprises envisagent des réductions de personnel conséquence mécanique de la baisse d’activité.

Un chef d’entreprise sur deux (49%) estime « ne pas être en capacité de supporter un troisième confinement », selon une enquête réalisée par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) auprès de ses adhérents et publiée mardi.

Sur 2.400 dirigeants de PME et de très petites entreprises (TPE) qui ont répondu du 7 au 20 janvier à un questionnaire de leur organisation, 54% se déclarent en outre « inquiets sur la pérennité de leur entreprise », contre 47% lors d’une précédente enquête en septembre.

A 53%, ils considèrent que la mise en place du couvre-feu freine leur activité, et un tiers (33%) « ont le sentiment que leur entreprise est sous perfusion de l’Etat ». Interrogés sur l’évolution de leur chiffre d’affaires en novembre et décembre 2020 par rapport à la même période de 2019, les deux tiers (65%) disent qu’il a baissé, un sur cinq qu’il est stable et 15% font état d’une hausse.

Concernant leurs effectifs, ils sont en baisse dans 30% des cas, stables dans 61% des entreprises et en hausse dans 9%.« Pour 2021, les perspectives sont mitigées, mais pas catastrophiques. Si 52% des répondants prévoient une baisse de chiffre d’affaires dans les prochains mois, 48% anticipent un maintien ou même une hausse », relève l’organisation patronale dans un communiqué.

 

« De même, si 25% envisagent de réduire leurs effectifs, 66% pensent le maintenir et 9% prévoient de recruter », poursuit la CPME.

Autre signe d’inquiétude, les chefs des petites et moyennes entreprises sont de plus en plus nombreux à douter de leur capacité à rembourser leurs dettes ou à payer leurs charges.

Une entreprise sur deux a bénéficié de reports de cotisations fiscales ou sociales, et parmi celles-ci, plus d’une sur trois (36%) pense ne pas être en capacité de les rembourser, contre 28% en septembre.

Quant au prêt garanti par l’État (PGE), auquel 58% des PME et TPE répondantes disent avoir eu recours, près d’une sur deux (45%) parmi ces bénéficiaires pense ne pas pouvoir le rembourser, contre une sur trois (34%) il y a quatre mois.

Enfin, seul un quart (26%) des dirigeants de PME/TPE se sentent concernés par le plan de relance du gouvernement, et uniquement un sur dix dit en connaître les modalités.

Les réponses ont fait l’objet d’un redressement pour tenir compte d’une surreprésentation de l’hébergement-restauration et des salles de sport et d’une sous-représentation du bâtiment, précise la CPME.

« Mutualiser les livraisons des PME » !

« Mutualiser les livraisons des PME » !

Le chercheur en management Ridha Derrouiche suggère, dans une tribune au « Monde », d’organiser des plates-formes d’application Web permettant aux entreprises petites ou moyennes de partager un même transport pour une même destination. A priori, une idée intéressante mais qui existe depuis des dizaines et des dizaines d’années d’une part avec des bourses de fret, avec le rôle des commissionnaires de transport notamment des messagers et avec le rôle des groupes d’entreprises.Notons aussi Il est interdit de faire côtoyer certaines marchandises dans le même véhicule ( denrées périssables, marchandises dangereuses, marchandises sous température dirigée notamment)

Bref on redécouvre un peu la lune. Certes il est intéressant que des chercheurs généralistes s’intéressent de plus en plus à la problématique logistique. Mais cette question est traitée depuis longtemps par les instituts de recherche spécialisés.

 

Il y a longtemps qu’on mutualise les moyens de transport. Et il n’y a pas 99 % d’entreprises qui livrent directement leurs clients. Depuis des dizaines d’années existe d’ailleurs une bourse de fret où les clients proposent des marchandises à transporter au transporteur. Par ailleurs ces bourses de fret se sont multipliées. En outre, le métier de messager spécialisé sur le transport de colis est précisément de grouper les envois pour tirer la meilleure compétitivité des moyens de transport. Enfin existent désormais nombre de groupes d’entreprises de transport qui mutualisent  leurs moyens toujours pour des questions de rentabilité. Enfin les chiffres évoqués concernant le rapport transport à l’environnement paraissent assez douteux.

 

Tribune.

 

Livrer toujours plus fréquemment, toujours plus vite, des quantités toujours plus petites, en minimisant les coûts, les émissions polluantes et la congestion des routes, tel est le défi auquel se confrontent les professionnels de la logistique, dont l’activité a bondi de 20 % par rapport à 2019, boom de l’e-commerce et pandémie obligent.

Pour moderniser et décarboner cette filière, qui produit près de 40 % des gaz à effet de serre du secteur du transport, le gouvernement vient d’annoncer un plan d’investissement de 1,7 milliard d’euros. Les modes les plus « vertueux » seront soutenus : le fret ferroviaire, le transport fluvial, les véhicules électriques ou à hydrogène,

Mais un point – à notre avis crucial – reste traité de manière embryonnaire. Les PME et TPE, qui constituent 99 % des entreprises françaises, livrent chacune de leur côté les restaurants, les magasins ou les particuliers. Chacune avec sa camionnette. Or, avec un coup de pouce des pouvoirs publics, financier et surtout organisationnel, elles pourraient mutualiser ces livraisons avec des conséquences positives non négligeables, tant sur le plan économique qu’écologique et sanitaire.

Nos recherches montrent qu’une telle mutualisation pourrait réduire de plus de 30 % les émissions de C02 induites, de plus de 20 % et jusqu’à 45 % les coûts de ces livraisons, avec également une diminution de 15 % des accidents (« Towards a collaborative and integrated optimization approach in sustainable freight transportation », A. Aloui, N. Mrabti, N. Hamani, R. Derrouiche, L. Delahoche, 17th IFAC Symposium on Information Control Problems in Manufacturing – à paraître en 2021).

De quoi parlons-nous précisément ? Une plate-forme comme Blablacar permet aux conducteurs de voitures particulières de prendre à bord des passagers en leur faisant partager les frais. Ainsi, il s’agirait de mettre en relation des PME et/ou TPE, via des plates-formes analogues, pour qu’elles embarquent au quotidien des produits de leurs partenaires avec les leurs.

Plusieurs expériences montrent le potentiel de la coopération dans ce domaine du transport de marchandises. Pour les livraisons du « dernier kilomètre » jusqu’au domicile des particuliers, des systèmes de transport collaboratifs commencent ainsi à se développer dans les territoires où la densité de population est trop faible pour recourir à des coursiers.

États-Unis : les PME fragilisées (Fed)

États-Unis : les PME fragilisées (Fed)

“Ces PME ne peuvent pas attendre deux ou trois mois”, a déclaré Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor,  lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat, exhortant les législateurs à réaffecter les fonds non utilisés de plusieurs programmes d’urgence de la Fed.

Le secrétaire au Trésor a réclamé le mois dernier la restitution de 455 milliards de dollars alloués au Trésor dans le cadre de sa décision de mettre un terme à la fin de l’année à différents programmes de crédit.

La décision de Steven Mnuchin a fait l’objet de querelles partisanes lors de cette audition, les républicains affirmant que d’autres solutions étaient plus appropriées maintenant qu’un vaccin anti-COVID-19 était en vue tandis que les démocrates ont soutenu que les programmes de la Fed devraient être maintenus jusqu’à la reprise totale de l’activité économique.

Jerome Powell, s’exprimant également au Sénat, a convenu que des subventions seraient à ce stade plus appropriées pour venir en aide aux entreprises et aux ménages les plus à risque.

“Ceux qui occupent des emplois dans le secteur public, dans des industries en contact avec le public, pourraient voir la lumière au bout du tunnel en milieu d’année prochaine (…) Ils pourraient avoir besoin de plus d’aide pour y arriver”, a déclaré le patron de la Fed en faisant référence aux restaurants, aux hôtels et aux lieux de divertissement.

“Certaines de ces entreprises – ce dont elles ont besoin c’est d’un soutien budgétaire, de subventions, pour traverser cette phase de la pandémie plutôt que d’emprunter davantage”, a-t-il ajouté.

A moyen terme avec un vaccin à l’horizon, il y a un “risque à la hausse” (“upside risk”) mais en attendant, une forte incertitude demeure et la banque centrale “reste déterminée à utiliser tous les outils pour nous aider à traverser cette période”, a déclaré Jerome Powell.

Après des semaines d’impasse, un groupe de parlementaires républicains et démocrates des deux chambres du Congrès a présenté un plan de soutien à l’économie de 908 milliards de dollars (754 milliards d’euros) face à la crise du coronavirus.

Ce dernier devra cependant encore être approuvé par l’administration sortante de Donald Trump, par l’équipe de transition de Joe Biden ou par les dirigeants du Sénat ou de la Chambre des représentants pour voir le jour.

Faillites PME : une vague prévisible

Faillites PME : une vague prévisible

 

Dans un sondage réalisé en août et publié ce jeudi 22 octobre par la société de conseil McKinsey, 13% des petites et moyennes entreprises (PME) françaises interrogées s’attendent à faire faillite dans les six prochains mois. Et pour cause : dans l’échantillon de 502 PME sollicitées, 17% s’inquiètent de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts, alors que de nombreuses sociétés ont emprunté pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19. Deux tiers de ces sociétés ont ainsi vu leur chiffre d’affaires emputé par la pandémie, dont 27% rapportent une « considérable baisse » de leurs revenus auprès de McKinsey.

Parmi celles interrogées par la société de conseil, 80% qualifient d’ailleurs de « faible » l’état actuel de l’économie française, qui serait même « très ou extrêmement faible » pour un tiers des répondants. Et pour pallier aux difficultés des prochains mois, ces PME comptent largement sur l’aide de l’Etat : 38% indiquent vouloir profiter des mesures prévues par le gouvernement à l’avenir, alors que 21% disent y avoir déjà eu accès.

Les inquiétudes des PME françaises coïncident avec celles observées chez nos voisins européens, où McKinsey a également interrogé un échantillon de sociétés. Le nombre de répondants à craindre pour leur survie dans les six prochains mois est légèrement inférieur dans les autres pays, allant de 9% au Royaune-Uni à 11% en Espagne, en passant par 10% en Italie et en Allemagne.

. Parmi les 2.200 sociétés européennes interrogées, 55% craignent de devoir mettre la clé sous la porte d’ici septembre 2021 si « les revenus devaient rester stables« . Et même en imaginant un rebond économique, la proportion de pessimistes reste élevée : 39% anticipent devoir se retirer à cette échéance même si les ventes augmentaient « de 10% à 30%« .

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

TPE-PME : 50 % craignent la faillite

On pourrait assister à une véritable hécatombe des petites entreprises qui certes ont pu bénéficier de prêts aidés mais qui ne pourront renouveler l’opération comme le fait l’État d’autant que les banques auront plus que des réticences à porter à bout de bras des entreprises financièrement condamnées. 47% des petites et moyennes entreprises se sentent menacées, selon une enquête de la CPME. Plus du tiers estiment même qu’elles auront des difficultés à rembourser leur PGE une fois arrivées à l’échéance. Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration particulièrement éprouvé par la crise, près de la moitié prévoit même de diminuer ses effectifs, et ce malgré l’approche des fêtes de Noël.

 

Les prévisions des dirigeants de TPE-PME pour la fin de cette année doivent « nous alerter », prévient la CPME. C’est la mise en garde de l’organisation patronale qui a cherché à mesurer l’impact de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus ainsi que la confiance des entreprises dans l’avenir, dans une enquête réalisée auprès de 1950 d’entre elles, entre le 9 au 21 septembre 2020. Les résultats sont catastrophiques depuis la crise sanitaire et les prévisions d’activité ne sont guère réjouissantes.

Relance: un soutien insuffisant aux PME et commerces

Relance: un soutien insuffisant aux PME et commerces

 

Le plan de relance a été décalé en raison notamment de son inadaptation aux enjeux économiques notamment vis-à-vis des PME. Ce plan d’un montant de 100 milliards réservait en effet 3 milliards pour les PME. Une somme dérisoire évidemment quand on sait que ces entreprises constituent la base même de l’emploi en France et de la consistance économique de nombre de territoires.

Du coup, le ministre de l’économie promet de prolonger la durée des emprunts au-delà d’un an et tente d’obtenir des taux d’intérêt relativement bas. Le gouvernement envisage aussi comme pour les grandes entreprises des prêts à caractère participatif garanti semble-t-il par la même enveloppe de 3 milliards mise un peu à toutes les sauces.

Les PME bénéficieront donc  d’un soutien durable de l’Etat, non seulement par une extension des délais de remboursement des actuels prêts garantis, mais aussi par un nouveau système d’emprunts à très long terme, a annoncé Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.

La première mesure du ministère de l’économie concerne les prêts garantis par l’Etat (PGE). Souscrits par de nombreuses entreprises, en particulier des PME, auprès des banques, mais avec le soutien de l’Etat, ces emprunts de secours courent normalement sur un an. Mais «beaucoup (de ces entreprises) ne seront pas en mesure de rembourser leur PGE au bout d’un an (…) et demanderont donc à étendre la durée de remboursement», a reconnu le ministre. Selon lui, les banques accepteront de prolonger ces prêts aux PME au-delà de la première année, avec des taux d’intérêt relativement cléments, puisque compris entre 1% et 3%. «Depuis plusieurs semaines, je négocie avec les banques un taux le plus attractif possible au-delà de la première année», a-t-il assuré.

L’autre annonce concerne la mise en place de prêts de très long terme et dits «participatifs». Ce système, qui existe déjà, est à mi-chemin entre les emprunts classiques et l’investissement direct dans les fonds propres des entreprises. Les nouveaux prêts dureront au moins sept ans et sont donc censés aider au développement pérenne des entreprises. Ils seront octroyés par le secteur financier mais, là encore, avec une garantie de l’Etat. «L’Etat apportera sa garantie jusqu’à 3 milliards d’euros, ce qui permettra aux entreprises de lever de 10 à 15 milliards d’euros de prêts à long terme», a promis Bruno Le Maire.

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