Archive pour le Tag 'critiques'

Macron : les socio-libéraux très critiques

Macron : les socio-libéraux très critiques

Les  Gracques, think tank social-libéralLivre une analyse très critique de Macon dans Le manifeste de la dernière chance (Albin Michel).

C’est peu dire que les Gracques sont déçus. Le « groupe de réflexion et de pression » de la gauche social-libérale, qui se prévaut, si ce n’est d’avoir fait élire Emmanuel Macron en 2017, du moins d’avoir permis aux idées social-libérales de s’imposer, a entrepris de dresser un bilan « honnête et objectif » du quinquennat, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Pour ce groupe de hauts fonctionnaires, universitaires, étudiants, entrepreneurs, avocats etc., emmenés par Bernard Spitz, l’ex-patron de la Fédération française de l’assurance, le quinquennat Macron aura surtout rappelé « la puissance du “triptyque de la réforme” qui s’impose à tout élu » : 1) ce qui ne se fait pas au début de la mandature ne se fait plus ; 2) pour que la réforme prospère, elle doit avoir été parfaitement préparée avant ; 3) la légitimité et la préparation ne sont rien sans une bonne exécution… L’échec de la réforme des retraites est à cet égard emblématique, aux yeux des Gracques, d’un gros défaut sur le deuxième pilier du triptyque : « pas du tout préparée » selon Bernard Spitz, elle a abouti à un « projet de loi mal ficelé » qui a dû être abandonné en rase campagne.

Sans surprise, les Gracques déplorent aussi le « virage à droite » du quinquennat. « Si les promesses faites aux plus fortunés ont été tenues, certains progrès promis aux plus fragiles ont tardé ou se sont révélés moins consistants à l’épreuve du pouvoir », notent-ils. Ainsi, « l’ouverture de l’indemnisation de l’assurance-chômage aux non-salariés est un exemple caricatural de la “dévitalisation” des promesses de gauche de la campagne », estiment-ils. L’intuition était juste, mais l’application n’a concerné que 911 personnes entre novembre 2019 et février 2021

Les Britanniques de plus en plus critiques sur le brexit

Les Britanniques de plus en plus critiques sur le brexit

 Selon un sondage Ipsos Mori, présenté dans le cadre du EU/UK forum.Les Britanniques sontb 29 % à juger que la situation de leur pays s’est dégradée de ce fait, soit 2 points de plus qu’il y a trois mois. Le taux est de 48 % chez les « remainers », ceux qui voulaient que le Royaume-Uni demeure au sein de l’UE.

Si un nouvel accord de libre-échange en matière de biens et services est jugé prioritaire par 44 % d, les avis diffèrent pour la suite selon les sensibilités. Les « leavers » placent la coopération en matière de lutte contre l’immigration (43 %) et le terrorisme (39 %) au deuxième et troisième rang quand les « remainers » privilégient la protection de l’environnement et du climat (34 %), la défense des consommateurs (33 %) et des travailleurs (31 %).

Tous sont en tout cas d’accord pour juger « important, voire très important » que le Royaume-Uni entretienne de « bonnes relations » avec l’Union européenne qu’ils soient « remainers » (96%) ou « leavers » (84%).

Cela n’en prend pas le chemin. En effet le gouvernement britannique réclame maintenant la négociation d’un nouvel accord et dénonce l’approche théologique des Européens. Compte tenu de la complexité technique et politique d’une éventuelle nouvelle négociation, les relations entre l’Europe et le Royaume-Uni pourraient devenir de plus en plus difficiles. Il y a assez peu d’espoir qu’elles s’améliorent dans les prochaines années. Au moins tant que Johnson restera au pouvoir.

 

Covid France : baisse du nombre d’hospitalisés en soins critiques en Île-de-France

Covid France : baisse du nombre d’hospitalisés en soins critiques en Île-de-France

 

L’ARS dénombrait très exactement 979 patients atteints du Covid-19 dans les services de réanimation, de soins intensifs et de soins continus, selon un bilan quotidien arrêté à 11 heures, contre 1 009 la veille.

Le seuil symbolique du millier de patients avait été franchi le 9 mars, au début de la troisième vague, qui avait culminé dans la région le 20 avril, avec 1 792 malades en « soins critiques ». Le niveau d’occupation de ces services reste toutefois bien au-delà du dernier point bas (542) atteint le 8 janvier. En ajoutant les malades admis dans d’autres secteurs (infectiologie, pneumologie, rééducation…), le nombre total de « patients Covid hospitalisés » en Ile-de-France (4 700) est en revanche redescendu au plancher du début. En province aussi la baisse est  continue.

Covid- France : encore 5581 en soins critiques

Covid- France : encore 5581 en soins critiques

 

 

La situation s’améliore un peu mais très lentement. Les services de soins critiques (qui rassemblent réanimation, soins intensifs et surveillance continue) comptaient samedi 5581 patients, dont 310 admis ces dernières 24 heures, contre 5675 la veille. Il y a sept jours, les services de réa comptaient 5958 patients Covid-19.

Depuis la mi-avril, le nombre de malades Covid-19 hospitalisés dans ces services a oscillé autour des 6000 patients. Un chiffre en-deçà du pic de la première vague en avril 2020 (autour de 7000) mais supérieur à celui de la deuxième vague à l’automne (4900).

Le total des patients Covid à l’hôpital a lui aussi continué à reculer, à 28.603 contre 28.930 la veille, avec 1246 nouvelles hospitalisations dans les dernières 24 heures contre 1433 le jour précédent. Samedi 24 avril, les hôpitaux accueillaient 30.100 malades.

195 malades du Covid sont morts à l’hôpital ces dernières 24 heures contre 271 la veille, portant le nombre total de décès à plus de 104.700 depuis le début de l’épidémie au printemps 2020.

Covid France : encore 5675 patients en soins critiques

Covid France : encore 5675 patients en soins critiques

5675 patients étaient en soins critiques vendredi, soit plus de 300 de moins qu’en début de semaine. 271 morts à l’hôpital sont toujours à déplorer. 28.930 malades sont actuellement hospitalisés, dont 1433 arrivés en 24 heures. 24.299 cas ont été détectés depuis la veille.

Plus de 150 millions de cas de Covid-19 ont été recensés dans le monde et  3.168.333 morts selon un bilan établi par l’AFP. Les États-Unis sont le pays le plus touché en nombre de morts avec 575.194 décès, suivis par le Brésil (401.186), le Mexique (216.447), l’Inde (208.330), et le Royaume-Uni (127.502). La France compte environ 100 000 morts.

«Etats généraux de la laïcité» trop tardifs et très critiqués

«Etats généraux de la laïcité» trop tardifs et très critiqués

 

Nombreux sont ceux qui considèrent que les Etats généraux de la laïcité sont trop tardifs et trop marqués électoralement. Trop tardifs car ils viennent après la loi sur le séparatisme. Le débat la nature, les principes et la mise en œuvre de la laïcité aurait dû évidemment précéder le vote de cette loi et non l’inverse.

 

Certains considèrent que le lancement de cette discussion ressemble surtout à une opération de communication. Pour preuve des débats de responsables et d’organisation surtout nationale.

 

A  peine annoncés, ces états généraux étaient déjà sous le feu des critiques. «On ne fait pas un débat après une loi», a ainsi dénoncé lundi sur France Info l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, en référence au projet de loi luttant contre le «séparatisme», adopté en première lecture la semaine dernière par le Sénat et voulu comme un marqueur du quinquennat Macron. Alors que Marlène Schiappa a annoncé vouloir «sortir de la tenaille entre d’un côté les identitaires d’extrême droite et de l’autre les indigénistes et Europe Écologie-Les Verts», l’élu écologiste a demandé sur twitter que cessent «les insultes» de la ministre.

 

. La CFDT a demandé d’«arrêter de faire de la laïcité un objet d’agitation médiatique permanent». Le syndicat de Laurent Berger, invité par la ministre, lui a fait savoir que «ce genre d’initiative était mal choisie alors que la loi» contre le séparatisme «est encore dans les tuyaux (et pose bien des problèmes)».

 

«On prépare le terrain pour remplacer l’Observatoire de la laïcité, qui faisait un excellent travail (…) par un nouvel organe à la solde du gouvernement», a jugé Aurélien Taché, député ex-LREM, présentant ces États généraux comme «une opération de communication grotesque». Interrogé par l’AFP, le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui y participera, s’est placé, lui, sur le terrain de l’apaisement.

 

 «Si le débat se déplace de ce déversoir de haine, d’invectives que sont les réseaux sociaux, vers un travail approfondi mettant côte à côte différentes approches de la laïcité» et permettant de «sortir avec des propositions concrètes dans le respect de la loi 1905, si c’est cela les États généraux, je n’y vois que des avantages», a dit M. Stasi.

Coronavirus France : 20.064 nouveaux cas et situations critiques dans plusieurs régions

Coronavirus France : 20.064 nouveaux cas et situations critiques dans plusieurs régions

 

En moyenne constate une certaine stabilité concernant les nouveaux cas. La situation est cependant très tendue dans les hôpitaux et particulièrement dans les services de réanimation. En outre certaines régions connaissent des situations particulièrement critiques comme dans la région de Nice, l’Est de la France ou la région parisienne.

 

20.064 nouvelles contaminations ont été détectées en France en 24 heures, selon les chiffres publiés ce mardi, contre 4646 la veille et 19.590 mardi dernier. La France compte désormais 3.629.891 cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie. 314 personnes sont mortes depuis la veille à l’hôpital, portant le total à 85.070 morts du coronavirus.

Au total, 25.660 personnes sont hospitalisées (-171) et 1780 nouveaux patients atteints du Covid-19 ont été admis en 24 heures, soit 251 de plus que la veille. 3435 patients se trouvent actuellement dans les services de réanimation ce mardi, parmi eux, 345 ont été accueillis en 24 heures (+71). Le taux de positivité des tests s’élève désormais à 6,5%.

Sondage politique sanitaire : 60 % des Français critiques

Sondage politique sanitaire : 60 % des Français critiques

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et France Info une nette majorité de Français (60%) ne fait pas confiance au pouvoir exécutif pour gérer la situation due à l’épidémie de Covid-19, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et France Info.

 

Ce scepticisme n’a que peu diminué (-4 points) depuis octobre dernier. Il touche majoritairement toutes les catégories de la population, à l’exception des sympathisants de La République en Marche (seulement 11% de défiance), et les catégories sociales supérieures (49%). Les plus critiques sont les catégories populaires (68%), les habitants des campagnes (64%) et les sympathisants du Rassemblement national (86%).

Les Français ont exprimé leurs doutes d’un sondage à l’autre, à chacune des trois grandes étapes de la lutte contre la pandémie – protection, dépistage, vaccination. Le «péché originel» de la pénurie de masques au printemps dernier, les longs délais de résultats des tests à l’automne, puis les lenteurs des débuts de la vaccination, forment «une succession de “bugs” perçus», à l’origine d’un «sentiment d’inefficacité dans la durée», explique le président de l’institut Odoxa, Gaël Sliman.

 

Manque de clarté, de perspective et de sincérité : l’opinion détaillée de la population est particulièrement rude pour l’exécutif. Plus de sept Français sur dix (71%) estiment qu’il «n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment» et qu’il ne «leur dit pas la vérité» (73%), quand une proportion plus forte encore juge qu’il n’est pas «clair» (78%), ni qu’il «sait où il va» (81%).

Par ailleurs 69 % des Français pronostiquent un confinement dont l’intérêt est aujourd’hui contesté par les pouvoirs publics «Si l’objectif d’Emmanuel Macron était – en partie – de redonner un peu de confiance aux acteurs économiques, il ne sera probablement pas atteint», avance Gaël Sliman.

«Loi Séparatisme: les protestants critiques»

«Loi Séparatisme: les protestants critiques»

 

Le pasteur François Clavairoly et Jean-Daniel Roque s’élèvent dans l’Opinion , au nom de la Fédération protestante de France, contre un texte « modifiant profondément la loi de 1905 dont le protestantisme a été un des plus fidèles soutiens »

 

Tribune

 

Le protestantisme français critique le projet de loi présenté en Conseil des ministres ce 9 décembre et « renforçant les principes républicains » : une loi peu attractive pour l’islam, limitante et intrusive pour le protestantisme, l’un des principaux cultes concernés par le nombre des associations cultuelles.

Très concerné par ce projet de loi modifiant profondément une loi dont il a été un des plus fidèles soutiens, le protestantisme français constitue environ les deux tiers des associations cultuelles 1905. Alors que le projet de loi voudrait rendre attractive la loi 1905 pour enfin donner un cadre législatif à l’islam français, qui ne demande que cela depuis tant d’années, il ne satisfait personne. La lutte contre les séparatismes et la réponse apportée à la menace d’un islam radical, qui motivaient ce projet, ne peuvent se réduire à ce seul texte.

«Les lois de 1901 et 1905 étaient caractérisées par leur libéralisme (…): elles reposent sur la responsabilisation des instances des associations»

Voici pourquoi le protestantisme français ne se reconnaît pas dans un texte limitant la liberté de culte et principalement la sienne, et qui ne répond pas aux objectifs visés. Les lois de 1901 et 1905 étaient caractérisées par leur libéralisme, auquel tenaient beaucoup leurs auteurs respectifs : elles reposent sur la responsabilisation des instances des associations. Le projet de loi revient fortement sur une telle orientation, en développant le contrôle de l’Etat sur la vie associative.

Cette accentuation porte sur certains points, seulement pour les associations 1901, sans lien avec les cultes, mais est très forte pour les associations à objet cultuel. Quelle est la motivation d’une telle distinction, quand on sait que la plupart des associations à objet cultuel, d’une part, ne sont au bénéfice d’aucune aide publique, directe ou indirecte, et d’autre part, ne participent ni ne contribuent aux actions terroristes, réprimées à juste titre ? Augmenter les contraintes et charges administratives des associations ne peut que rendre plus difficile leur fonctionnement.

Le projet de loi accroît la politique de surveillance et de contrainte et prévoit notamment de revenir en arrière, à un contrôle par le préfet de la qualité d’association cultuelle, semblable à celui déjà mis en œuvre entre 1988 et 2007. L’expérience a montré alors que soit les lourds dossiers établis par les associations cultuelles ne pouvaient pas être examinés par les préfectures, faute de personnel suffisant, soit l’examen de ces dernières pouvait s’arrêter à des détails insignifiants (telle la remise en cause de la qualité cultuelle sous le prétexte de l’existence de repas paroissiaux !). Or, depuis cette précédente expérience, elles n’ont pas bénéficié d’augmentation du nombre des fonctionnaires, bien au contraire. Pourquoi revenir à une expérience qui a montré dans la plupart des cas soit son inutilité soit son inadaptation ?

«Cette loi 1905, brandie comme un étendard par les tenants d’une laïcité restrictive de la liberté de culte, est en réalité une loi de liberté qui établit les termes du culte public»

On peut aussi se demander pourquoi est créée une procédure de déclaration et de contrôle relative aux fonds provenant, directement ou indirectement, de l’étranger, mais pour les seules associations à objet cultuel : de tels flux n’existent-ils pas aussi, et pour des montants bien plus élevés, pour d’autres domaines ?

Le projet de loi veut introduire dans tous les statuts des associations cultuelles des dispositions sur certaines règles de fonctionnement, notamment relatives aux ministres du culte. Mais pour un grand nombre d’associations cultuelles, certaines règles régissant chacune d’elles ne relèvent pas de ses statuts : ces associations peuvent aussi reconnaître l’importance d’autres textes de référence, qui relèvent de leur union nationale, voire d’une autre autorité. Et l’article 4 de la loi de 1905 les oblige (à juste titre) à se conformer aux règles d’organisation générale de leur culte. Ainsi une telle demande – tout à fait nouvelle – méconnaîtrait l’autonomie interne des cultes, pour autant régulièrement affirmée par la Cour européenne des droits de l’homme.

Par cette tribune, le protestantisme français demande qu’avant la publication des décrets une réelle et constructive concertation ait lieu, car c’est dans le détail de leurs énoncés que se vérifieront le pragmatisme et l’équité de la loi.

Nous devons rappeler que cette loi 1905, brandie comme un étendard par les tenants d’une laïcité restrictive de la liberté de culte, est en réalité une loi de liberté qui établit les termes du culte public. S’il n’avait été question en 1905 que du culte assigné à la sphère privée comme on le comprend trop souvent encore aujourd’hui, 115 ans après, point n’eut été besoin d’une telle loi. Cette loi rappelle en effet que si la République est laïque, la société elle-même dans son organisation ne l’est pas et doit être le lieu de la libre expression de tous les cultes. Les cultes signent par leur présence dans la société les deux dimensions qui se conjuguent : celle, horizontale, de la fraternité et celle, verticale, de la spiritualité.

Le pasteur François Clavairoly est président de la Fédération protestante de France et Jean-Daniel Roque président de sa commission Droit et liberté religieuse.

 

Confinement, loi séparatisme: « les critiques de l’évêque de Nanterre

Confinement, loi séparatisme: « les critiques de l’évêque de Nanterre

 

 

L’évêque de notaire exprime ses interrogations et même ses critiques par rapport au caractère autoritaire de certaines décisions concernant le confinement et la loi sur le séparatisme. (Tribune dans l’Opinion)

 

Comment oublier, en ce cinquantenaire de la mort du général de Gaulle, la musique de Paris, brûle-t-il ?, le célèbre film franco-américain de René Clément sur la Libération, à la distribution particulièrement prestigieuse : Jean-Paul Belmondo, Bruno Cremer, Kirk Douglas, Claude Rich, Orson Wells, Simone Signoret, Yves Montand, Jean-Louis Trintignant et bien d’autres ? « Que l’on touche à la liberté et Paris se met en colère… », chantait la toute jeune Mireille Mathieu. Voici qu’en notre temps, dans un contexte évidemment totalement différent, la liberté, si chère à notre capitale et à notre pays, si essentielle à notre démocratie, est discutée comme rarement.

Pensons à l’articulation difficile entre mesures de protection sanitaire et libertés fondamentales (la liberté de culte en particulier), à la violence suscitée par la liberté de caricaturer, à la volonté politique de « conforter les principes républicains » fût-ce au prix de certaines libertés. Une fois de plus, semble se vérifier que notre société verbalement éprise de liberté, que l’on pourrait sans difficulté qualifier de libertaire, manque en fait de véritable amour de la liberté.

Il ne s’agit évidemment pas ici de contester la légitimité de certaines restrictions ponctuelles, cohérentes, proportionnées, votées et contrôlées par le Parlement pour lutter contre la pandémie de Covid-19. On voit bien qu’une part de leur remise en cause procède de la difficulté d’accepter pour soi les efforts demandés à tous.

Relecture idéologique. Cela dit, le ton de leur mise en œuvre semble parfois chercher moins à entraîner les libertés qu’à les juguler voire les menacer. Pierre Manent, ultime disciple de Raymond Aron, le maître de la pensée libérale, l’a noté vigoureusement dès le début de la crise du coronavirus : « La rapidité, la complétude, l’allégresse même avec lesquelles l’appareil répressif s’est mis en branle font un pénible contraste avec la lenteur, l’impréparation, l’indécision de la politique sanitaire, qu’il s’agisse des masques, des tests ou des traitements éventuels. Des amendes exorbitantes frappent des écarts innocents ou bénins. Il est interdit de sortir de chez soi sans passeport. »

«Même si je ne crois pas que certaines caricatures constituent la quintessence du bon goût et de la liberté d’expression, je reste persuadé, en tant que citoyen et en tant que chrétien, que la liberté de caricaturer les croyants comme les incroyants fait partie du socle fondateur de notre démocratie»

Nadine, Simone et Vincent, si sauvagement assassinés à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice, ont parfois été présentés comme des « martyrs de la laïcité ». Cette relecture idéologique me semble passer à côté de la réalité : c’est pour leur foi chrétienne qu’ils ont été martyrisés et pour la profondeur de liberté qu’elle appelle et suscite. En se rendant successivement sur place, le président de la République puis le Premier Ministre y ont d’ailleurs à juste titre exalté « la liberté de culte », avec une éloquence qui contraste avec leurs décisions ultérieures.

Quelques jours plus tôt, l’assassinat de Samuel Paty avait déjà posé dramatiquement la question de la liberté et de la manière d’y éduquer adéquatement. Même si je ne crois pas que certaines caricatures délibérément abrasives constituent la quintessence du bon goût et de la liberté d’expression, même si je crois surtout aux vertus de la formation au vrai, au bon, au beau, et de la bienveillance pour construire une société paisible, je reste persuadé, en tant que citoyen et en tant que chrétien, que la liberté de caricaturer les croyants, comme les incroyants d’ailleurs, en paroles ou en dessins, fait bel et bien partie du socle fondateur de notre démocratie.

C’est dans ce contexte que le gouvernement présente un projet de loi « confortant les principes républicains ». Il va de soi que la volonté de lutter contre la violence et la radicalisation est non seulement légitime mais nécessaire et urgente. Il est certain qu’une telle tâche est loin d’être facile. On peut s’interroger cependant sur le ton singulièrement autoritaire de ce texte. En matière de liberté d’association, d’éducation et d’expression, le projet multiplie les restrictions et durcit les menaces de sanctions.

Logique concordataire. Tout en introduisant subrepticement des dispositions de la loi de 1905 dans les régimes particuliers d’Alsace-Moselle et des communautés d’outre-mer, le texte s’inscrit à certains égards dans une logique concordataire de contrôle sévère des cultes qui n’est pas celle de la loi de 1905. Il faut toujours se rappeler qu’au début du XXe siècle, les plus anticléricaux n’étaient pas en faveur de la suppression du concordat napoléonien mais de son renforcement. La loi de « séparation » finalement votée est une loi de neutralité qui n’impose pas d’autres obligations aux cultes que celles de l’ordre public qui concernent tous les citoyens.

Ne serait-il pas contradictoire et à terme contre-productif, pour lutter contre ce qui abîme notre modèle démocratique, de sacrifier une part de ce qui fait sa richesse ? Ce que nous avons à défendre, ce à quoi nous avons à faire adhérer tous les citoyens de notre pays, c’est la liberté. Les chrétiens en sont particulièrement convaincus, eux qui se savent appelés pour l’éternité, comme l’écrit saint Paul, à « la glorieuse liberté des enfants de Dieu ». Il va de soi que la liberté ne peut être effectivement exercée que dans un cadre juridique qui la protège et que les circonstances sociales peuvent conduire à faire évoluer.

Mais la condition de justesse de ces évolutions est d’agir toujours en cohérence avec le principe de liberté. Il est d’ailleurs probable et heureux que notre cadre juridique fondamental, notamment constitutionnel, conduise par lui-même à des ajustements sensibles du projet de loi récemment présenté.

Dans l’espace démocratique, la liberté n’est jamais d’abord un problème mais toujours une partie, significative, de la solution. Il faut évidemment veiller fermement, par exemple, à ce que « l’école à la maison » ne soit pas le cheval de Troie de la radicalisation dès l’enfance mais pourquoi se priver, par ailleurs, alors que notre système éducatif peine à sortir de sa maladie chronique, des innovations pédagogiques créatives de nouvelles formes d’écoles, voire du homeschooling ?

« On veut être libre à n’importe quel prix », dit la chanson. Le « quoi qu’il en coûte » par excellence de la santé de notre société ne doit-il pas être celui de la liberté ?

Mgr Matthieu Rougé est évêque de Nanterre. Il vient de publier Un sursaut d’espérance (Editions de l’Observatoire).

Déconfinement Macron: critiques de l’opposition

Déconfinement Macron: critiques de l’opposition

 

Il va sans doute falloir quelques jours pour digérer le calendrier complexe de Macron. Mélange de prudence et de contradictions qui autorisent ici les rassemblements, les interdit ailleurs, qui permet l’ouverture de certains commerces et activités mais pas d’autres. Bref une sorte de patchwork qui tente d’allier un déconfinement soft avec les protestations des secteurs considérés. Le principal reproche fait à Macron une nouvelle fois , c’est évidemment sa gestion très monarchique de la crise sanitaire en plus de ses contradictions. La très longue intervention d’Emmanuel Macron n’a pas convaincu.. «Fatigué de ces longs bavardages d’autosatisfaction! Quant aux mots – horodatage, isolement, comité scientifique -, ils révèlent la mainmise des bureaucrates sur notre vie. C’était donc Macron au pays des Soviets et des technos. Préparons la révolution du bon sens», a-t-on indiqué côté républicain.

 

L’opposition s’est aussi vivement inquiétée des décisions prises, selon eux, sans concertation. «Je ne suis pas surpris des mesures, on pouvait les deviner. Les collectivités locales et territoriales vont encore être sollicitées, sur le dossier des tests en particulier, sans que nous n’ayons jamais été associés à la stratégie mise en place», a regretté Stéphane Le Foll, maire PS du Mans et ancien ministre. «26 minutes sans jamais citer le Parlement et pourtant la démocratie est un atout dans une crise sanitaire économique et sociale!», s’est indignée Cécile Cukierman, sénatrice et porte-parole du PCF. Un constat partagé par les écologistes. «Merci aux Français qui par leurs efforts pallient le défaut d’anticipation du gouvernement. Et toujours merci aux soignants. Le soutien à l’hôpital doit être encore accru…», a réagi Julien Bayou, le secrétaire national de EELV. «Pour le reste, le président ne peut continuer à tout décider seul éternellement», s’est agacé l’écologiste s’offusquant qu’il n’y ait «toujours rien pour les plus précaires, sur les loyers ou les moins de 25 ans. Une crise monte, (Emmanuel Macron) ne peut rester les bras ballants»«Donc si j’ai bien compris, toutes les décisions sont basées sur le nombre de lits de réanimation occupés, s’est offusqué le député européen du RN Jean-Lin Lacapelle. Alors Emmanuel Macron peut-il nous expliquer pourquoi nous n’avons que 5700 lits de disponibles quand l’Allemagne en a 28.000! Pas un seul de créé depuis mai dernier. Honte!»

Pékin: oui à l’accord commercial numéro un, non aux critiques démocratiques

Pékin: oui à l’accord commercial numéro un, non aux critiques démocratiques  

 

La Chine s’engage à respecter l’accord commercial numéro un passé avec les États-Unis  ( pour l’accord numéro 2 pour l’instant Trump  a bloqué toute perspective de négociation). En fait,  les Chinois acceptent les contraintes réciproques relatives au commerce entre les deux zones sans doute parce qu’il y va aussi de l’avenir de sa croissance aujourd’hui assez menacée même s’il semble se dessiner un redressement au second trimestre. Au-delà des aspects commerciaux ,  la Chine ne veut tristement rien entendre des mises en garde contre les atteintes à la démocratie dénoncée par les États-Unis ou d’autres. Bref du business même contraint avec les États-Unis ( et autres pays ) oui mais surtout sans la moindre allusion au caractère de dictature du régime chinois. La ligne dure ainsi réaffirmée. On aura encore l’occasion de le vérifier avec cette hypothèse envisagée par les États-Unis de bannir l’entrée du pays à tout membre du parti communiste chinois.

 

La relation entre Pékin et Washington n’a été aussi mauvaise depuis des décennies alors que les deux pays s’opposent sur plusieurs fronts: la gestion de l’épidémie du coronavirus par la Chine, la nouvelle loi de sécurité nationale à Hong Kong, le commerce et les accusations de crimes contre les droits de l’homme à Xinjiang.

En réponse aux questions à propos de l’impact que les sanctions imposées par Washington auraient sur l’accord commercial, Hua a dit aux journalistes lors d’une conférence de presse quotidienne qu’elle espère que l’accord pourra être mis en oeuvre.

“Nous respectons toujours nos engagements, mais nous savons que certains aux Etats-Unis sont en train d’opprimer et de harceler la Chine” a-t-elle dit. “En tant qu’Etat souverain indépendant, la Chine doit répondre aux pratiques de harcèlement menées du côté des Etats-Unis; on doit dire non, on doit donner des réponses et agir en réaction contre ces pratiques”.

“Si les Etats-Unis voient une menace dans tout ce que la Chine fait, alors cela deviendra une prophétie autoréalisatrice”.

Hua a aussi qualifié les accusations portées par Washington de crimes contre les droits de l’homme à l’encontre de la minorité ouïghoure du “plus grand mensonge du siècle”.

Sondage Coronavirus Europe : les Français les plus critiques

Sondage Coronavirus Europe : les Français les plus critiques

 

 

selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info une  majorité d’Européens estime que leur gouvernement a été «à la hauteur» mais en France  34% d’entre eux ont une opinion favorable de l’action de l’exécutif.

C’est pire que les Britanniques, qui au contraire plébiscitent à 63% leur premier ministre Boris Johnson – pourtant versatile dans sa gestion de l’épidémie - et pire que l’Italie, pays pendant longtemps le plus touché du monde. La défiance des Français se situe au niveau de celle des Espagnols, état plus impacté que la France en nombre de cas et de morts et où le confinement s’est fait plus dur encore.

À leurs yeux, seuls les maires sont plébiscités par 75% d’entre eux. Un motif de satisfecit pour les nombreux édiles en première ligne, souvent proactifs et à l’initiative dans la gestion de la crise, notamment pour les commandes de masques et de tests. Les entreprises sont également saluées par 69% des Français, soit quatre points au-dessus de la moyenne européenne.

Aux rayons des critiques adressées à leurs dirigeants, les Français sont systématiquement deux fois plus sévères que leurs voisins européens. Entre impéritie de l’exécutif et manque de clarté, 75% d’entre eux estiment que le gouvernement ne leur a «pas dit la vérité», 74% pensent qu’il n’a «pas pris les bonnes décisions au bon moment», et trois-quarts regrettent encore qu’il «n’ait pas fait ce qu’il fallait pour aider les hôpitaux et les soignants».

Au moment où des plaintes contre des membres du gouvernement se multiplient, entre autres pour faire la lumière sur la gestion des masques, une majorité de Français jugent que leurs dirigeants «n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation», quand les Européens sont seulement 37% à le penser.

dans  un sondage Ifop pour le JDD et Sud Radio publié dimanche, près de 50% de Français indique la lutte contre le chômage et la lutte contre la précarité comme «tout à fait prioritaires». Signe donc qu’après la santé, la situation économique fait figure de préoccupation première. D’autant qu’en France, la hausse du chômage couplée à un niveau de défiance record laisse présager d’une nouvelle crise sociale

Sondage Coronavirus et Macron : les Français toujours critiques

Sondage Coronavirus et Macron : les Français toujours critiques

Selon un sondage Le Figaro et Franceinfo, les Français se sont opposés face à la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai. Une majorité d’entre eux (54%) la rejettent, en particulier les parents de jeunes enfants (60% des 25-34 ans), malgré la justification d’un chef de l’État convaincu que «la situation actuelle crée des inégalités»«Cette explication ne passe pas. Elle ne peut faire le poids face à l’enjeu sanitaire», selon Céline Bracq.

Favorable à des mesures plus ambitieuses, l’opinion regrette en majorité que les tests de dépistage soient réservés, à partir du 11 mai, aux personnes présentant des symptômes du virus (62% de rejet), et que le port du masque ne soit pas rendu obligatoire (65%) – seule sa mise à disposition de «chaque Français», à la levée du confinement, a été annoncée.

La crise de confiance, superposée aux crises sanitaire et économique, pourrait devenir un autre défi de l’«après-crise» pour le chef de l’État. La plupart des Français (56%) estiment que l’exécutif «n’en fait pas assez» face à l’épidémie et se montrent sceptiques devant le «cap social» esquissé par Emmanuel Macron d’une allocution à l’autre. Pour Céline Bracq, «la pénurie de matériel et les messages contradictoires sur les masques ont laissé des traces et le “chef de guerre” n’a pas fait disparaître “le président des riches”».

Finances publiques : critiques sur le déficit et la dette ( Cour des Comptes)

Finances publiques : critiques sur le déficit et la dette ( Cour des Comptes)

 

Globalement la Cour des Comptes attribue une très mauvaise note à la gestion budgétaire de la France alors que le contexte était favorable à un redressement ( croissance, taux d’intérêt notamment). Pire pour 2020, la France s’apprête à ne pas respecter le critère européen en dépassant en matière de déficit budgétaire les fatidiques 3 %.

 

“Au total, alors que les dernières années ont été assez favorables sur le plan conjoncturel, la France s’est engagée dans une politique de baisse soutenue des prélèvements sans avoir clairement renforcé au préalable (l)es marges de manoeuvre budgétaires” qui lui permettraient de faire face à une éventuelle récession ou à un potentiel choc majeur financier ou social.

Côté déficit public, la Cour note une “résorption très lente”. Pour 2019, il devrait rebondir à 3,1% du PIB (contre 2,5% en 2018), mais en excluant l’impact ponctuel de la transformation du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) en baisse de charges pérenne, il se situerait à 2,2% du PIB.

Attendu à 2,2% de la richesse nationale en 2020, le déficit public, hors contrecoup technique de cette mesure, serait donc stable, même s’il s’agit de son niveau le plus faible depuis 2001.

En ce qui concerne la dette, dont le niveau reste proche de 100% de la richesse nationale alors que l’objectif initial du gouvernement était une réduction de cinq points au cours du quinquennat, le reflux “ne se serait pas produit en 2019 et resterait très incertain en 2020”, souligne la Cour, qui pointe un “contraste (…) saisissant” entre la situation de la France et celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro.

“Cette situation résulte d’une succession de choix” et reflète principalement “une politique budgétaire moins stricte qu’il n’était programmé” sans impact significatif des écarts liés aux hypothèses économiques. L’ambition déjà “modeste” de redressement des finances publiques actée dans la loi de programmation pluriannuelle couvrant la période 2018-2022 a été affaiblie par les décisions d’accentuer les baisses d’impôts prises fin 2018 et début 2019 à la suite du mouvement des Gilets jaunes, qui n’ont été compensées que “très partiellement par des mesures d’économies.”

Parallèlement, la modération des dépenses sur les années 2018 à 2020, “quoique réelle” s’avère “bien moindre” que prévu initialement.

Les remarques de la Cour des comptes font écho au constat dressé par l’agence de notation Moody’s, qui a abaissé vendredi la perspective attachée à la note à long terme de la dette souveraine de la France de positive à stable.

 

Critiques des cryptomonnaies (Trump après la FED)

 

Critiques des  cryptomonnaies (Trump après la FED)

«Si Facebook et les autres entreprises veulent devenir des banques, elles doivent demander une nouvelle charte bancaire et être soumises à toutes les réglementations bancaires, tout comme les autres banques, nationales et internationales», ajoute-t-il. Les déclarations de Trump interviennent au lendemain de celles du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, qui a indiqué devant la commission des Services financiers de la Chambre des représentants que Facebook ne pourrait faire avancer son projet de monnaie virtuelle tant qu’il n’aurait pas répondu aux vives inquiétudes qu’il soulève.Il a indiqué que la Fed avait mis en place un groupe de travail pour suivre le projet et qu’elle coordonnait ses activités avec d’autres banques centrales à travers le monde. Il s’attend à ce que le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC) aux Etats-Unis examine aussi le projet. Libra, dont le lancement est prévu l’an prochain, doit permettre au premier réseau social de s’imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier grâce à ses milliards d’utilisateurs

Budget 2019: la France sourde aux critiques

Budget 2019: la France sourde aux critiques

Échanges diplomatiques polis entre la commission européenne et la France à propos du budget 2019. La commission européenne note une dérive de l’équilibre en limitant ses critiques à l’insuffisance de réduction du déficit structurel (comme s’il était simple méthodologiquement de distinguer ce qui relève structurel et du conjoncturel). Cela permet toutefois de relativiser les critiques européennes qui ne peuvent en même temps attaquer durement l’Italie pour les mêmes raisons.   En réalité il n’est pas  sûr du tout que la France soit encore sous les 3 % de déficit par rapport au PIB  en 2019. Cette année déjà il y aura en effet un net  décalage entre les prévisions et la réalisation. Le déficit budgétaire était en effet annoncé à 2,3 % il devrait tourner de 2,6 à 2,8 du PIB. En cause, le reclassement de la dette de la SNCF comme administration publique mais surtout en raison du net tassement de la croissance. Une croissance qui était attendue à 2,3 % par les experts et qui en faites tournera autour de 1,5 %. La conséquence directe sera un affaiblissement des rentrées fiscales qui viendra creuser le déficit public. Le ministre des finances, Bruno Lemaire s’avance beaucoup en déclarant : “Nous tiendrons notre objectif d’être sous les 3% en 2019. Le rétablissement des comptes publics n’est pas négociable”, a dit Bruno Le Maire en marge d’une réunion avec ses homologues de l’Union européenne, à Vienne. Or la croissance en 2019 ne sera pas supérieure à celle de 2018 et par ailleurs il n’est pas prévu de réduction significative des dépenses de l’État dans le projet de budget de l’année prochaine. On a même enterré le rapport dit CAP 22 qui proposé de réformer de manière substantielle le rôle et le fonctionnement de l’État. La vérité, c’est que la France pourrait à nouveau flirter avec la barre symbolique d’un déficit à 3 % en 2019. Ces nouvelles perspectives ont valu à Paris une mise en garde du commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Il a souligné dans une interview publiée vendredi par L’Opinion l’”effet symbolique et politique indéniable” d’un éventuel retour au-dessus des 3%.

Critiques nauséabondes sur les origines africaines des Bleus

Critiques nauséabondes sur les origines africaines des Bleus

 

La victoire de l’équipe de France est un peu entachée par un débat particulièrement nauséabond concernant l’origine des bleus. Certes l’équipe de foot comprend des français d’origine étrangère mais ce n’est pas nouveau et cela dans tous les sports. Mais deux types de critiques sont apparus à  cet égard.  D’abord les mauvais perdants qui ont considérer qu’ils avaient été battu plus par une  équipe d’Afrique que par uen équipe française, d’autres se sont limités à de observations bien peu flatteuses sur la qualité du jeu français ; Un manque évident de sportivité quand même moins grave que des propos racistes très affirmés. Notamment de ceux  qui ont très clairement mis en cause la nationalité des français en insistant lourdement sur les origines. Certes les pays d’origine sont fiers, toute l’Afrique même, mais pour autant c’est la victoire de Français. D’autant qu’ils presque tous (sauf) un nés en France. Ils ont tous été élevés au lait républicain qui leur a permis cette ascension sportive et sociale. Curieux qu’on ne dise pas que c’est la victoire de l’Afrique quand on regarde les matches de basket aux Etats-Unis ou souvent 10 joueurs noirs sont sur le parquet. Curieux qu’on ne dise pas que c’est la victoire de l’Europe quand les Alls blacks gagnent toutes les compétitions de rugby. En fait c’est l’occasion pour certains racistes de développer les thèses nauséabondes. En Belgique, en Italie, au Venezuela mais aussi en Croatie la bête immonde est ressortie de son trou témoin cette déclaration en Croatie.

 

Quelques jours plus tôt en effet, c’est un ancien joueur croate, Igor Stinac, qui avait déclaré que son pays allait affronter «la République de France et le continent africain». Didier Deschamps, questionné au sujet de la diversité de son groupe avait alors répondu que cette mixité avait «toujours été une richesse pour le football, pour tous les sports français. Ils sont tous français et tous fiers d’être français», tout en précisant «évidemment un attachement pour les pays d’origine». Des propos ahurissants qui ont fait bondir le politicien Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI. «Ce qu’est la France ce n’est pas le fait de regarder ce qu’est votre origine. Ce qu’est la France c’est quand tu arrives ici, que tu veux être français, et que tu partages nos valeurs, tu es français. On se fout de ta couleur de peau, de ta religion, de tes ancêtres» a répliqué sur France Inter le député de Seine-Saint-Denis, territoire à forte mixité sociale. À l’occasion d’un discours à Johannesburg, dans un cadre hautement symbolique -le centenaire de la naissance de Nelson Mandela- Barack Obama s’est lui aussi exprimé sur le sujet. «Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois. Mais ils sont Français, ils sont Français!», a lancé lundi l’ancien président américain devant 15 000 personnes enthousiastes, célébrant ainsi la diversité de l’équipe de France.

 

Baisse aides sociales: critiques pour maladresse et injustice

Baisse aides sociales: critiques pour maladresse et injustice

 

 

Il fallait s’y attendre Bruno Lemaire a suscité de nombreuses critiques après sa sortie concernant la réduction des aides sociales relatives à l’emploi. Cela tombe d’autant plus mal que le chômage remonte au premier trimestre et qu’il ne va guère s’améliorer au second en raison des jours fériés et des grèves. Du coup, les ministres sont mobilisés pour réparer la boulette du ministre des finances qui décidément n’a pas inventé l’eau chaude.  La déclaration de Lemaire est mal venue car la perspective d’une  réduction du chômage n’est pas assurée pour l’avenir en raison du tassement de la croissance que reconnait même la BCE. Une prise de position de Lemaire injuste car les chômeurs exclus de la reprise n’ont pas à payer en plus d’humiliation qu’ils subissent déjà. – Le gouvernement a donc tenté mercredi d’apaiser les inquiétudes croissantes sur la perspective d’une baisse des prestations sociales, dans le sillage d’un rapport de la direction du Budget et de déclarations de Bruno Le Maire sur les aides à l’emploi.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a expliqué : “rentrer sur la question des prestations sociales par un angle strictement budgétaire n’est pas la bonne manière de procéder” et il faut mener “une réinterrogation complète de notre modèle social (que le gouvernement a) déjà engagée”. Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait précisé : “, on ne touchera pas les prestations sociales des gens”, en revendiquant une “sensibilité différente” de celle du ministre de l’Economie et des Finances. “Je pense qu’il faut faire des réformes importantes dans le domaine social, il y a évidemment des économies à faire (…) mais il ne faut pas toucher aux prestations sociales Gérald Darmanin a donc mis l’accent sur la baisse des aides publiques aux entreprises envisagée par le gouvernement, évoquant un montant qui pourrait atteindre environ cinq milliards d’euros. Cette réduction du soutien public aux entreprises se justifie “surtout” du fait de la reprise économique a-t-il souligné.

Intelligence artificielle : critiques et limites du rapport Villani

Intelligence artificielle : critiques et limites du rapport Villani

 

Olivier Ezratty, consultant et auteur, notamment de l’ebook « Les usages de l’intelligence artificielle »
évoque dans la Tribune les limites du rapport Villani notamment concernant l’aspect industriel et le vison trop franco-français. 

« L’introduction est admirablement bien écrite. Elle témoigne d’une passion non feinte de son auteur pour le sujet. Baptisé Donner un sens à l’intelligence artificielle – pour une stratégie nationale et européenne, le Rapport Villani recense 135 propositions. Il abonde de marronniers traditionnels sur l’organisation de la recherche, sur la valorisation industrielle de ses travaux et sur le rôle de la puissance publique comme acheteuse de technologies. Pourtant, cette dimension industrielle faisait partie des objectifs de la Mission Villani. Le point intermédiaire de décembre 2017 y faisait même abondamment référence. La première piste de réflexion était même de « mener une politique industrielle et économique innovante et ambitieuse ». Mais y confond toujours recherche et innovation. La principale ligne de force de ce rapport est de mettre en avant une vision d’une IA éthique et responsable, soucieuse des utilisateurs. C’est de bon aloi et le plan est très bien documenté de ce point de vue là. Mounir Mahjoubi défend cette approche en mettant en avant la dimension sociale de l’IA : elle doit être mise au service du bien de la société et ne pas être qu’un enjeu économique.

Cette volonté affichée de faire de la France un leader mondial d’une vision éthique de l’IA, de son impact sociétal et aussi de sa régulation se retrouve dans la marque du site présentant le Rapport Villani : AIFor Humanity ! On la retrouve dans les liens entre l’IA et la responsabilité environnementale ou encore dans le besoin d’améliorer la diversité des profils dans les métiers du numérique et de l’IA en particulier, et notamment celui d’attirer plus de jeunes filles dans ces filières.

Il serait évidemment préférable d’avoir à la fois une IA éthique et un leadership économique mondial dans l’IA. Nous risquons au bout du compte de n’avoir ni l’un ni l’autre. Sans leadership industriel, nos vies numériques continueront d’être envahies par les solutions d’acteurs internationaux qui valorisent plus leurs modèles économiques et marchés bifaces.

L’absence de vision industrielle se traduit par un Rapport qui est bien trop franco-français dans ses recettes. 113 de ses 135 propositions relèvent des usages et du marché de l’IA en France, et pas dans le monde. Nous sommes engoncés dans une vision locale du marché de l’IA, entretenant l’illusion que le marché français est un piédestal suffisant pour obtenir un leadership moral et un leadership industriel qui nous seraient dus dans l’IA. On veut jouer dans la cour des grands en se contentant de notre bien petit pré-carré.

Cela se manifeste aussi dans la propension à privilégier les sujets « à systèmes complexes » plus qu’à « produits génériques » comme les systèmes de transports intelligents ou de santé. Les solutions et approches de déploiement de ces systèmes dépendent étroitement des systèmes et acteurs locaux. C’est une vision d’intégration plus qu’une vision industrielle de solutions en volume.

La commission Villani et le gouvernement sont très hardis sur la question des données, prévoyant d’imposer « au cas par cas » l’ouverture des données provenant d’acteurs privés, y compris étrangers. Ces données seront malgré tout liées à des usages en France et renforceront donc le tropisme franco-français de l’entrepreneuriat local.

Pour faire bonne figure, le rapport affiche quelques ambitions européennes, notamment franco-allemandes. L’équivalent Villanesque de feu le projet de moteur de recherche franco-allemand Quaero est un projet franco-allemand d’industrie de la robotique. Il fait juste référence à un projet collaboratif de recherche européen qui, côté France, n’associe que le laboratoire de recherche LAAS du CNRS à Toulouse. Un peu léger pour créer un Airbus des robots !

Le rapport Villani abonde de propositions relatives aux chercheurs. Nombre d’entre elles ne sont pas spécifiques à l’IA, notamment pour rendre les carrières de chercheurs plus attractives. L’intention louable est de mieux rémunérer les chercheurs et limiter la fuite des cerveaux actuelle, qui est d’ailleurs mal chiffrée.

Il propose surtout la création de quatre à six Instituts 3IA (Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle) organisés dans un réseau national RN3IA. Ils seront voisins, dans leur principe, des IRT (Institut de Recherche Technologiques) qui avaient été lancés dans le cadre des Programmes d’Investissement d’Avenir à partir de 2009. Ils visent à améliorer le lien entre la recherche fondamentale publique et les entreprises. Ils serviront aussi à faire perfuser l’IA dans l’ensemble des disciplines scientifiques qui y feront appel.

Les 3IA s’ajouteront à des dispositifs existants tels que les contrats CIFRE qui permettent aux entreprises d’employer des doctorants, aux Pôles de Compétitivitéqui associent déjà entreprises et laboratoires de recherche, au réseau des Instituts Carnot, un label attribué aux laboratoires publics encourageant la recherche partenariale et au réseau RETIS qui regroupe notamment les incubateurs publics. Bref, la proposition des 3IA ne va pas simplifier la cartographie de la recherche française qui ressemble déjà à ça…

Une proposition originale est faite et qui provient visiblement de chercheurs en mal de reconnaissance : en nommer dans les conseils d’administration d’entreprises dont l’État est actionnaire. Pourquoi pas. Mais ils risquent de bien s’y ennuyer ! Ce n’est pas là que la stratégie des entreprises est établie. Ce sont le plus souvent des chambres d’enregistrement.

Comment quantifier ou qualifier le leadership mondial ? On sait qu’il est quasiment impossible de créer un leader mondial du numérique sans avoir une assise de marché large et homogène comme en bénéficient les acteurs des USA et de Chine. La France est trop petite et l’Europe trop fragmentée pour ce faire. Comment donc conquérir les marchés mondiaux ? Tout juste avons-nous des velléités d’influencer les politiques d’ouverture de données à l’échelle internationale.

Le rapport propose surtout des mesurettes, encore liées au marché intérieur français comme la création de labels IA associés à celui de la French Tech pour augmenter la visibilité de l’offre domestique en IA. Le guichet unique de l’IA prendrait la forme d’un annuaire des solutions logicielles prêtes à l’emploi pour créer des solutions à base d’IA, notamment pour conseiller les entreprises utilisatrices, dont les TPE/PME. C’est le rôle du privé !

S’en suit une litanie de propositions pour développer le rôle d’acheteur d’IA de l’État.  ll doit certainement tirer parti des technologies pour se moderniser. Mais c’est piège le plus dangereux qui soit pour les startups françaises ! Il n’est déjà pas simple de travailler avec un grand compte français, alors, avec l’État !

La proposition de création d’une DARPA française ou européenne présente du sens. Elle est issue de l’initiative Joint European Disruptive Initiative (JEDI) lancée par le Français André Loesekrug Pietri, en collaboration avec des Allemands et des Italiens. Le diable de ce genre d’objet est dans les détails de sa mise en œuvre.

Enfin, nous avons quatre secteurs d’activité cibles considérés comme relevant d’opportunités de leadership : santé, agriculture, transports, défense et sécurité avec quelques concepts génériques intéressants autour de l’expérimentation, l’accès à des données d’expérimentation – toujours locales – ainsi que les bacs à sable d’innovation.

Côté transports, ça parle de code de la route et d’expérimentations, mais pas d’industries. Qui sont les acteurs ? Où sont les économies d’échelle ? Où sont nos opportunités de création de valeurs ? Quid d’expérimentations dans des villes avec 100% de véhicules autonomes (level 4 ou 5) ? Voilà qui marquerait les esprits et ferait avancer l’état de l’art !

Dans la santé, le Rapport évoque surtout la manière d’exploiter les données de parcours de santé de la CNAM au lieu de se poser la question du marché mondial de la santé. En attendant, les startups françaises d’imagerie médicale alimentent leur IA avec des bases d’origine américaine.

Pour l’agriculture, les propositions relèvent beaucoup plus des usages en France que du développement de technologies agricoles à base d’IA que la France pourrait exporter. C’est presque plus un vœu d’autosuffisance alors que l’on importe presque tous nos engins agricoles !

Enfin, l’IA dans la défense et la sécurité est plus régalienne qu’industrielle. Le point de vue affiché est celui d’un État acheteur de technologies, même si nous sommes aussi un grand exportateur d’armes devant l’éternel.

Dans leur forme actuelle, ces cinq plans thématiques ressemblent plus à des plans de rattrapage ou de déploiements qu’à des plans industriels dignes de ce nom.

Le Rapport Villani propose d’ »innover dans l’industrie du composant adapté à l’IA« . Après un exposé clair des enjeux dans les processeurs neuromorphiques, la proposition faite consiste à créer un supercalculateur, une propension habituelle à s’éloigner dangereusement des marchés de volume ! Peut-être une influence d’ATOS-Bull qui est le fournisseur national de ce genre d’engins ou celle des chercheurs qui voudraient disposer de leur propre puissance de calcul pour entrainer leurs modèles de réseaux de neurones sans passer par le cloud des GAFAMI. Ca frise le hors sujet, car cela passe d’un enjeu industriel mondial à celui de l’équipement local de nos chercheurs.

Rien n’est dit de la filière française et européenne des composants ou des architectures d’IA distribuées et réparties dans les objets connectés, qui présentent un bénéfice directement lié à des préoccupations écologiques et de protection de la vie privée évoquées par ailleurs dans le Rapport ?

Ne parlons pas de se poser la question cruciale de l’informatique quantique, dont certaines applications auront un lien avec l’IA, mais qui attendra probablement un « plan calcul quantique » gouvernemental entre 2025 et 2030, quand il sera bien trop tard. Le mot quantique n’apparait pas dans le Rapport Villani. Comment arrive-t-on à un tel résultat ? Les raisons sont toujours les mêmes et liées à la méthode et au casting. Les chercheurs défendent la recherche. Les trublions de l’État veulent le moderniser. Les chercheurs en éthique défendent l’éthique. Les investisseurs veulent investir. Les avocats veulent faire évoluer le droit. Certains entrepreneurs recherchent du financement ou un assouplissement règlementaire. D’autres se plaignent du manque de compétences et de personnes formées. L’open source promeut l’open source. Mais peu affichent une vision globale. Les  demandes des chercheurs ont été visiblement mieux prises en compte. Pas étonnant ! La mission Villani comprenait deux chercheurs (Cédric Villani et Marc Schoenauer), un ingénieur de l’armement de la DGA et pas moins de cinq permanents du CNNum. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le Rapport Villani se soit intéressé plus à l’amont de l’innovation, à savoir la recherche, qu’à sa valorisation industrielle qui est un sujet complexe où l’Etat doit jouer un rôle de facilitateur plus que de stratège. Bref, on attend un peu la suite ! »

L’intégrale de l’analyse du rapport Villani sur www.oezratty.net

 

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