Archive pour le Tag 'Wagner'

Rébellion de Wagner : Google actualités fermé en Russie

Rébellion de Wagner : Google actualités fermé en Russie

Google Actualités est désormais inaccessible en Russie .

Une telle initiative n’est pas une première dans le pays. Au lendemain de l’invasion russe de l’Ukraine, Google Actualités avait déjà été bloqué dans le pays. Une opération menée par le régulateur russe des médias, qui avait alors publié un communiqué de presse évoquant le risque de “fausses informations” venant de l’Occident sur la situation ukrainienne.

Comme la Chine, la Russie dispose de nombreux équivalents locaux des grandes plateformes américaines. Ces dernières étaient malgré tout autorisées dans le pays avant la guerre en Ukraine – et le blocage, entre autres, de Facebook et Instagram.

Depuis plus d’un an, les internautes russes sont ainsi redirigés vers les outils locaux, davantage contrôlés par le pouvoir local, comme VKontakte (équivalent de Facebook) ou Yandex, le “Google russe”.

Poutine secoué par Wagner

Poutine secoué par Wagner

Même dans une guerre qui évolue aussi rapidement, certains événements ont la capacité de surprendre. La décision du chef du groupe Wagner, Evgueni Prigojine, d’ordonner samedi matin à ses troupes de remonter vers la Russie, où il a occupé le QG militaire de Rostov, semble avoir laissé le Kremlin perplexe. Puis, alors que ses mercenaires n’étaient qu’à quelques 300 kilomètres de Moscou, Prigojine leur a demandé de faire demi-tour pour éviter « un bain de sang ». Un accord venait apparemment d’être conclu avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko, selon lequel Prigojine pourrait se rendre en Biélorussie sans craindre de représailles. Même impunité pour ses troupes. Mais l’épisode a clairement secoué le président russe, Vladimir Poutine, qui avait qualifié l’action de Prigojine d’« équivalente à une mutinerie armée » et de « tentative de subversion de l’intérieur ». Dans une allocution télévisée d’urgence, il avait qualifié la rébellion de trahison et s’est engagé à punir toute personne ayant pris les armes contre l’armée russe.

par Tracey German
Professor of Conflict and Security, King’s College London dans the Conversation

Prigojine aurait jusqu’à 50 000 combattants entraînés sous son commandement. Le groupe de mercenaires Wagner a été le plus touché par les combats les plus violents, notamment lors de la sanglante bataille de Bakhmut.

Les raisons de l’apparente mutinerie de Prigojine ne sont pas encore claires. Mais les déclarations de Prigojine étaient explicitement dirigées contre les dirigeants militaires russes et le ministère de la Défense. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre, le patron du groupe Wagner a affirmé que le Conseil des commandants Wagner avait pris la décision de mettre fin « au mal causé par les dirigeants militaires » qui ont négligé et détruit la vie de dizaines de milliers de soldats russes. Cela semble être une référence directe à la controverse qui avait éclaté pendant la campagne de Bakhmut et selon laquelle les unités Wagner avaient été délibérément privées de munitions.

Au cours des dernières semaines, le ministère de la Défense – apparemment avec le soutien de Poutine – a annoncé qu’il placerait le groupe Wagner et d’autres forces irrégulières et milices sous son contrôle direct. Cette initiative a été perçue comme une indication du besoin désespéré de la Russie pour de nouvelles troupes et de la volonté du Kremlin d’éviter une mobilisation à grande échelle de la population.

Mais l’annonce a également été considérée comme une preuve de l’animosité croissante entre Prigojine et le ministre de la Défense, Sergei Shoigu. Prigojine a catégoriquement refusé de signer le contrat avec l’armée, alors que le groupe Akhmat des forces tchétchènes a été l’un des premiers se rallier.

L’annonce du ministère de la Défense est d’autant plus importante que ce n’est qu’en novembre 2022, lorsque Poutine a signé les modifications du règlement de défense, que l’inclusion des « formations de volontaires » dans les opérations armées a été légalisée pour la première fois.

Auparavant, l’article 13 de la constitution de la Fédération de Russie interdisait explicitement « la création et les activités d’associations publiques dont les objectifs et les actions visent à créer des formations armées ».

L’article 71 de la constitution stipule également que les questions de défense et de sécurité, de guerre et de paix, de politique étrangère et de relations internationales sont la prérogative de l’État et que les entreprises privées ne peuvent donc pas être impliquées.

Le code pénal considère de fait l’activité mercenaire comme un crime, y compris le « recrutement, le financement ou tout autre soutien matériel d’un mercenaire » ainsi que l’utilisation ou la participation de mercenaires dans un conflit armé.

Les modifications apportées par Poutine à la loi sur la défense ont donc changé la donne. Les amendements ont été mis en œuvre par l’ordonnance du 15 février 2023, qui définit la procédure de fourniture d’armes, d’équipements militaires et de logistique aux formations volontaires, ainsi que les conditions de service.

Des signes montrent que les forces privées sont de plus en plus importantes et acceptées en Russie. En avril 2023, le gouverneur adjoint de Novossibirsk a annoncé que les employés des sociétés militaires privées pourraient utiliser le certificat de réhabilitation délivré aux vétérans de l’armée d’État de la guerre d’Ukraine pour accéder à une série de bénéfices et de privilèges.

Les médias russes ont également rapporté l’ouverture de centres de recrutement Wagner dans 42 villes du pays (le groupe Wagner a notoirement recruté massivement dans les prisons russes.

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Toute une série de forces irrégulières opèrent en Ukraine, notamment les forces tchétchènes de Ramzan Kadyrov, les Kadyrovtsy, qui sont officiellement placées sous le commandement de la Garde nationale russe (Rosgvardiya), ainsi que des forces privées telles que Wagner, Redut, Patriot et Potok.

Ces formations de volontaires offrent une force plus flexible que les forces militaires conventionnelles qui opèrent sous une chaîne de commandement notoirement rigide.

Elles constituent également une échappatoire commode pour l’État russe : des groupes privés et des particuliers supportent les coûts humains, financiers et politiques qui, autrement, seraient pris en charge par le gouvernement. Et le Kremlin peut falsifier la liste officielle des victimes militaires, qui est par ailleurs une source d’anxiété publique considérable à l’égard du gouvernement et de son chef.

Mais la visibilité croissante de ces groupes en Ukraine et les querelles publiques entre le ministère de la Défense et les dirigeants des milices rappellent le système de patronage et de loyauté qui caractérise la culture politique de la Russie d’aujourd’hui.

Les guerres intestines sont monnaie courante, les rivaux se disputant les ressources, l’influence et, bien sûr, l’oreille de Vladimir Poutine lui-même. Il suffit de voir les insultes échangées par Prigojine et Shoigu.

Prigojine a critiqué ouvertement le ministre de la défense et les généraux russes chargés de la conduite de la guerre, les accusant fréquemment d’incompétence et de corruption. L’acrimonie qui règne depuis longtemps entre les deux hommes serait due au fait que Shoigu a coupé l’accès de Prigojine à de nombreux contrats.

Cette rivalité servait jusque-là les intérêts de Poutine. Tant que ces adversaires potentiels étaient occupés à se battre entre eux, ils ne représentaient qu’une faible menace pour lui-même. Mais les choses semblent avoir changé et se pose aujourd’hui la question l’efficacité de la Russie dans la guerre en Ukraine face à une fragmentation des forces armées.

La décision du ministère russe de la Défense de placer les « formations de volontaires » sous son contrôle doit être comprise dans ce contexte de fragmentation et de luttes intestines, ainsi que dans le cadre de la conscription en cours. La période de conscription actuelle, qui a débuté le 1ᵉʳ avril et se termine le 15 juillet, a pour objectif déclaré de recruter 147 000 soldats.

La révolte de Prigojine contre le commandement militaire russe et son apparente défiance à l’égard de son ancien proche allié Vladimir Poutine auront également des conséquences importantes sur la capacité de la Russie à réagir à la contre-offensive de l’Ukraine, qui apparaîtra plus clairement dans les jours et les semaines à venir.

Ukraine: La Russie minimise ses pertes d’après Prigojine (Wagner)

Ukraine: La Russie minimise ses pertes d’après Prigojine (Wagner)

Alors que Poutine ne cesse de rassurer sa population en affirmant qu’en dépit de la contre-attaque ukrainienne l’armée tient solidement ses positions, le patron de Wagner lui dément le Kremlin en constatant les lourdes pertes russes. « L’ennemi occupe Piatykhaty, le nord de Robotyné, et Urojaïné, ce qui veut dire que de grands pans de territoire ont été perdus (au profit de) l’ennemi », a déploré Evgueni Prigojine dans un enregistrement audio publié sur Telegram. Après quelques semaines de contre-offensive des troupes de Kiev, « (celle-ci) engendre de notre côté de sérieuses pertes et des problèmes qui sont étouffés, que les Russes ne savent pas », a-t-il dénoncé, pointant du doigt la hiérarchie militaire avec qui il est en conflit ouvert depuis plusieurs mois.

« Tout cela est complètement caché à tout le monde. Un jour la Russie se réveillera et s’apercevra que la Crimée est ukrainienne. C’est une trahison directe des intérêts de la Fédération de Russie », a cinglé Evgueni Prigojine.

« Tout ce que fait le commandement de l »opération militaire spéciale’ aujourd’hui, c’est cacher les faits pour rendre à Moscou des beaux rapports » et « tromper le peuple russe », a encore raillé l’homme d’affaires dont les hommes de Wagner combattent en première ligne, notamment dans l’Est ukrainien, au prix de lourdes pertes.

Dans la zone de Sadové, juste au nord de Tokmak dans la région de Zaporijia (sud), « il n’y a pas de commandement, pas d’armes, pas de munitions », a-t-il appuyé dans cette nouvelle critique violente.
Kiev a fait état à ce stade de huit localités reprises aux mains des Russes, tandis que Moscou se borne à dire que son armée repousse inlassablement toutes les attaques ukrainiennes.

« Si l’ennemi atteint Molotchniï Lyman, alors tous les territoires pris pendant l »opération militaire spéciale’ retourneront à l’ennemi », a enfin averti Evgueni Prigojine, évoquant là un scénario catastrophe pour la Russie dont l’objectif affiché reste de conquérir l’ensemble du Donbass et de consolider ses territoires conquis dans le Sud.

Armée Russe: la guerre ouverte avec Wagner

Armée Russe: la guerre ouverte avec Wagner

Prigojine, Le patron de Wagner, accuse l’armée russe d’avoir éliminé physiquement des membres de son groupe. En réponse le SB (ancien KGB) a décidé d’ouvrir une enquête pour appel à la mutinerie armée par Prigogine. Des oppositions qui caractérisent les tensions au sein même du régime de Poutine et qui pourraient menacer le chef du Kremlin.

Les services de sécurité russes (FSB) ont ouvert vendredi une enquête pour « appel à la mutinerie armée » après l’appel du chef du groupe Wagner à se soulever contre le commandement militaire, qu’il accuse d’avoir bombardé ses hommes.

« Les allégations diffusées au nom d’Evguéni Prigojine n’ont aucun fondement. En lien avec celles-ci, le FSB a ouvert une enquête pour appel à la mutinerie armée », a indiqué le Comité national antiterroriste de Russie, dans un communiqué cité par les agences de presse russes.

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Le patron du groupe paramilitaire Wagner s’est défendu vendredi de tout « coup d’État militaire » et affirmé vouloir mener une « marche pour la justice », après avoir appelé au soulèvement contre l’état-major russe qu’il accuse d’avoir frappé ses hommes.

La Russie minimise ses pertes d’après Prigojine (Wagner)

La Russie minimise ses pertes d’après Prigojine (Wagner)

Alors que Poutine ne cesse de rassurer sa population en affirmant qu’en dépit de la contre-attaque ukrainienne l’armée tient solidement ses positions, le patron de Wagner lui dément le Kremlin en constatant les lourdes pertes russes. « L’ennemi occupe Piatykhaty, le nord de Robotyné, et Urojaïné, ce qui veut dire que de grands pans de territoire ont été perdus (au profit de) l’ennemi », a déploré Evgueni Prigojine dans un enregistrement audio publié sur Telegram. Après quelques semaines de contre-offensive des troupes de Kiev, « (celle-ci) engendre de notre côté de sérieuses pertes et des problèmes qui sont étouffés, que les Russes ne savent pas », a-t-il dénoncé, pointant du doigt la hiérarchie militaire avec qui il est en conflit ouvert depuis plusieurs mois.

« Tout cela est complètement caché à tout le monde. Un jour la Russie se réveillera et s’apercevra que la Crimée est ukrainienne. C’est une trahison directe des intérêts de la Fédération de Russie », a cinglé Evgueni Prigojine.

« Tout ce que fait le commandement de l »opération militaire spéciale’ aujourd’hui, c’est cacher les faits pour rendre à Moscou des beaux rapports » et « tromper le peuple russe », a encore raillé l’homme d’affaires dont les hommes de Wagner combattent en première ligne, notamment dans l’Est ukrainien, au prix de lourdes pertes.

Dans la zone de Sadové, juste au nord de Tokmak dans la région de Zaporijia (sud), « il n’y a pas de commandement, pas d’armes, pas de munitions », a-t-il appuyé dans cette nouvelle critique violente.
Kiev a fait état à ce stade de huit localités reprises aux mains des Russes, tandis que Moscou se borne à dire que son armée repousse inlassablement toutes les attaques ukrainiennes.

« Si l’ennemi atteint Molotchniï Lyman, alors tous les territoires pris pendant l »opération militaire spéciale’ retourneront à l’ennemi », a enfin averti Evgueni Prigojine, évoquant là un scénario catastrophe pour la Russie dont l’objectif affiché reste de conquérir l’ensemble du Donbass et de consolider ses territoires conquis dans le Sud.

Bakhmout : la manoeuvre de Wagner pour faire porter le chapeau de la défaite à l’armée russe

Bakhmout : la manoeuvre de Wagner pour faire porter le chapeau de la défaite à l’armée russe

Evguéni Prigojine, le richissime patron de Wagner affirme avoir conquis `dans sa totalité. Kiev dément cette information. Il pourrait bien s’agir d’une nouvelle manœuvre dilatoire du patron de Wagner qui affirme qu’il va maintenant se retirer de la ville à partir du 25 mai et « transférer » la victoire à l’armée russe régulière.

Wagner pourrait donc se retirer en prétextant une victoire qui en fait pourrait être une défaite. Ainsi il ferait porter le chapeau à l’armée russe officielle.

« Le 20 mai 2023, aujourd’hui, à midi, Bakhmout a été prise dans sa totalité », a affirmé Evguéni Prigojine dans une vidéo diffusée par son service de presse sur Telegram, où il se tient aux côtés d’hommes armés devant des bâtiments en ruines.
« L’opération pour la prise de Bakhmout a durée 224 jours (…) Il n’y avait que Wagner ici », a ajouté Evguéni Prigojine, qui est en conflit ouvert avec la hiérarchie militaire russe.

« La situation est critique. Dans le même temps (…) nos défenseurs contrôlent certaines installations industrielles et infrastructures de la zone ainsi que dans le secteur privé », a indiqué sur Telegram la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

L’Ukraine a revendiqué cette semaine avoir repris plus de vingt kilomètres carrés aux forces russes au nord et au sud de la ville, tout en reconnaissant une progression des combattants de Wagner au sein de la ville même, où ne demeurait plus qu’un petite poche de résistance ukrainienne à l’Ouest.

Les flancs où les Ukrainiens disent avoir progressé près de Bakhmout sont tenus par des troupes régulières de l’armée russe et Evguéni Prigojine a multiplié les critiques envers elles, les accusant de fuir leurs positions ou encore l’état-major de ne pas livrer suffisamment de munitions à ses hommes.

Ukraine-Wagner sur la liste terroriste

Ukraine-Wagner sur la liste terroriste

Il aura fallu beaucoup de temps pour que les autorités commence à considérer officiellement l’organisation de mercenaires de Wagner comme un groupe terroriste. C’est ce que va faire en France l’Assemblée nationale en inscrivant ce groupe criminel sur la liste des terroristes. Ce vote pourrait avoir des conséquences vis-à-vis de l’influence de Wagner en Ukraine mais aussi en Afrique où les mercenaires ont fait dans nombre de pays des actes de déstabilisation politique, des appropriations de richesses et effectué des crimes.

* Le texte a été co-signé par des députés des différents groupes de la majorité, mais aussi par des élus issus des rangs socialistes, écologistes et de LR, présage d’un vote favorable dans l’hémicycle.

«Message politique, symbolique»
«Il s’agit d’envoyer un message politique, symbolique, un signal de dénonciation de Wagner et de ses activités – qui ciblent délibérément des civils pour avoir un gain politique – comme du terrorisme», avait fait valoir Benjamin Haddad. Le texte cite notamment les services de renseignement allemands, selon lesquels Wagner a «pris part aux exécutions sommaires, aux mutilations et aux actes de tortures commis envers les civils de la localité ukrainienne de Boutcha».

La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, a salué dans l’hémicycle la résolution des députés, après avoir énuméré les nombreuses exactions attribuées au groupe Wagner et cité les sanctions déjà prises par l’UE. «D’un point de vue strictement juridique», la qualification terroriste du groupe par l’UE n’aurait «pas d’effet supplémentaire direct», a-t-elle dit. Mais «nous ne devons pas sous-estimer l’importance symbolique d’une telle désignation, ni le caractère dissuasif qu’elle pourrait avoir vis-à-vis des Etats qui seraient tentés par un recours» à Wagner, a-t-elle estimé.

Une autre résolution relative au conflit en Ukraine pourrait prochainement être examinée en séance. Portée par le député Renaissance Pieyre-Alexandre Anglade, elle vise à dénoncer les déportations d’enfants ukrainiens par la Russie, dans une «stratégie délibérée de destruction de l’identité nationale et de la société ukrainiennes».

Russie- Groupe Wagner : guerre, business et crimes

Russie- Groupe Wagner : guerre, business et crimes

Par Thierry Vircoulon
Coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité- dans The conversation

Créée après la révolution du Maïdan, en Ukraine (hiver 2013-2014), pour appuyer les séparatistes pro-russes dans le Donbass, cette organisation, largement impliquée en ce moment dans les combats autour de la ville de Bakhmout, joue actuellement un rôle de premier plan dans le conflit qui l’a vue naître. Mais entre 2014 et 2022, elle s’est fait un nom en étendant son champ d’opérations au Moyen-Orient et, surtout, à l’Afrique.

Le groupe doit sa visibilité médiatique d’abord à la Syrie, où il a combattu aux côtés des troupes gouvernementales et a été confronté aux forces américaines, puis à l’Afrique, où il s’étend de manière agressive depuis 2017. Initialement, il est apparu comme un fournisseur d’instructeurs et de combattants russes en Syrie, en Libye et sur divers théâtres d’opérations africains. Il est désormais bien plus que cela.

De récentes recherches montrent que le groupe Wagner a une double dimension : l’une visible (la fourniture de combattants/instructeurs), l’autre invisible. Comme souvent, l’aspect visible n’est que le sommet de l’iceberg.

Si Wagner a déployé à ce jour des forces dans cinq pays africains (Libye, Soudan, Centrafrique, Mali et brièvement Mozambique), des éléments liés à son dirigeant Evguéni Prigojine ont été identifiés dans plus d’une douzaine de pays africains pour des missions variées (militaire, économique ou politique).

Pays où le groupe Wagner est engagé militairement, économiquement et politiquement. Carte issue du rapport « La Zone grise. L’engagement militaire, mercenaire et criminel de la Russie en Afrique », de Julia Stanyard, Thierry Vircoulon et Julian Rademeyer, Global Initiative Against Transnational Organized Crime, février 2022. Cliquer pour, Fourni par l’auteur
Wagner fonctionne comme une holding multisectorielle qui opère à l’étranger dans trois domaines stratégiques par le biais d’entités militaires, économiques et politiques interconnectées qui, toutes ensemble, forment le groupe – ou, plutôt, la nébuleuse.

En effet, ces sociétés sont caractérisées par leur opacité. Certaines d’entre elles fournissent des services militaires à des gouvernements autocratiques affaiblis (formation, équipements, combattants), n’hésitant pas à violer les embargos de l’ONU comme en Centrafrique et en Libye. D’autres fournissent des services de conseil politique et d’influence (missions d’observation électorale biaisées, campagnes de propagande et de désinformation numérique, etc.). Certaines exploitent des ressources naturelles en contrepartie de services politiques ou militaires, tandis que d’autres encore fournissent des services logistiques (transport).

Bien qu’elles soient dispersées de par le monde, elles ont toutes en commun d’être liées à des entreprises basées en Russie et contrôlées par Evguéni Prigojine et son entourage. Cette holding multisectorielle montre que le groupe Wagner n’est pas seulement une société militaire, mais aussi un prestataire d’opérations d’influence politique et un réseau d’entreprises avec des filiales locales.

De ce fait, la présence de la holding varie selon les pays. Si certains de ses engagements sont purement militaires (Libye), d’autres se limitent à des rôles politiques, commerciaux ou encore logistiques (Cameroun, Kenya). Et dans certains pays (Centrafrique, Soudan), le Groupe Wagner déploie la totalité de sa gamme d’activités.

Cette holding russe n’est pas seulement ancrée dans le vaste univers de la corruption internationale (paradis fiscaux, sociétés écrans, commerce illicite, etc.), elle s’inscrit aussi et surtout dans l’histoire contemporaine de la Russie.

Elle est, en effet, le symbole de l’évolution des relations entre le crime organisé et le pouvoir en Russie. La mafia a connu un véritable essor en Russie après la chute de l’Union soviétique. Avec la privatisation des entreprises publiques et la faiblesse d’un État russe ne disposant pas des ressources nécessaires pour maintenir l’ordre, la criminalité a explosé et certaines privatisations ont donné lieu à de véritables guerres économiques (par exemple, la fameuse guerre de l’aluminium). Bon nombre des oligarques d’aujourd’hui ont fait fortune pendant cette période violente.

Toutefois, depuis l’avènement de Poutine, la relation entre le crime organisé, les oligarques et le pouvoir a changé. Les groupes criminels organisés sont devenus plus subordonnés et contrôlés par le Kremlin. Dans le même temps, le modèle dominant dans la criminalité organisée russe a évolué : les « entrepreneurs de violence » contrôlant des marchés criminels ont été remplacés par des « entrepreneurs criminels », beaucoup plus ancrés dans l’économie légale.

De criminel à chef d’entreprise, la trajectoire d’Evguéni Prigojine reflète parfaitement cette évolution. Sous le règne de Poutine, les hommes d’affaires politiquement connectés sont devenus plus dépendants du Kremlin pour maintenir leur pouvoir et leur richesse. Le groupe Wagner repose sur cette relation symbiotique entre le pouvoir, le monde des affaires et celui de la criminalité. De ce fait, en quelques années, cette nébuleuse d’entreprises privées est devenue un des outils de la diplomatie secrète russe.

Le mode d’intervention de Wagner à l’étranger révèle son étroite imbrication avec le pouvoir russe. Le déploiement de personnel est toujours précédé d’un contact à haut niveau dans l’appareil d’État russe, d’une campagne d’influence sur les réseaux sociaux et de création de filiales locales du groupe. Le partenariat est ainsi agréé au plus haut niveau des deux pays et repose sur un montage financier généralement basé sur l’exploitation de ressources naturelles du pays de déploiement (pétrole en Syrie et or en Afrique).

Avec les sanctions contre la Russie, l’intérêt stratégique que représente la holding Wagner s’est encore accentué. Non seulement ses services politiques et militaires servent à accroître l’influence du Kremlin à l’étranger (en particulier en Afrique francophone) mais ses activités dans les économies illicites peuvent permettre de contourner les sanctions occidentales et de développer des ressources économiques alternatives.

Si sa participation aux combats sur le front russo-ukrainien provoque des frictions entre Prigojine et la hiérarchie militaire, en revanche son rôle d’agent d’influence à l’étranger risque d’être de plus en plus utile pour la diplomatie secrète et l’économie de guerre du Kremlin, comme l’atteste la récente visite à Bamako du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

Cet article est le résumé du rapport « La zone grise : l’engagement militaire, mercenaire et criminel de la Russie en Afrique » de Julia Stanyard, Julian Rademeyer et Thierry Vircoulon publié par Global Initiative against Transnational Organized Crime.

Groupe Wagner : guerre, business et crimes

Groupe Wagner : guerre, business et crimes

Par Thierry Vircoulon
Coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité- dans The conversation

Créée après la révolution du Maïdan, en Ukraine (hiver 2013-2014), pour appuyer les séparatistes pro-russes dans le Donbass, cette organisation, largement impliquée en ce moment dans les combats autour de la ville de Bakhmout, joue actuellement un rôle de premier plan dans le conflit qui l’a vue naître. Mais entre 2014 et 2022, elle s’est fait un nom en étendant son champ d’opérations au Moyen-Orient et, surtout, à l’Afrique.

Le groupe doit sa visibilité médiatique d’abord à la Syrie, où il a combattu aux côtés des troupes gouvernementales et a été confronté aux forces américaines, puis à l’Afrique, où il s’étend de manière agressive depuis 2017. Initialement, il est apparu comme un fournisseur d’instructeurs et de combattants russes en Syrie, en Libye et sur divers théâtres d’opérations africains. Il est désormais bien plus que cela.

De récentes recherches montrent que le groupe Wagner a une double dimension : l’une visible (la fourniture de combattants/instructeurs), l’autre invisible. Comme souvent, l’aspect visible n’est que le sommet de l’iceberg.

Si Wagner a déployé à ce jour des forces dans cinq pays africains (Libye, Soudan, Centrafrique, Mali et brièvement Mozambique), des éléments liés à son dirigeant Evguéni Prigojine ont été identifiés dans plus d’une douzaine de pays africains pour des missions variées (militaire, économique ou politique).

Pays où le groupe Wagner est engagé militairement, économiquement et politiquement. Carte issue du rapport « La Zone grise. L’engagement militaire, mercenaire et criminel de la Russie en Afrique », de Julia Stanyard, Thierry Vircoulon et Julian Rademeyer, Global Initiative Against Transnational Organized Crime, février 2022. Cliquer pour, Fourni par l’auteur
Wagner fonctionne comme une holding multisectorielle qui opère à l’étranger dans trois domaines stratégiques par le biais d’entités militaires, économiques et politiques interconnectées qui, toutes ensemble, forment le groupe – ou, plutôt, la nébuleuse.

En effet, ces sociétés sont caractérisées par leur opacité. Certaines d’entre elles fournissent des services militaires à des gouvernements autocratiques affaiblis (formation, équipements, combattants), n’hésitant pas à violer les embargos de l’ONU comme en Centrafrique et en Libye. D’autres fournissent des services de conseil politique et d’influence (missions d’observation électorale biaisées, campagnes de propagande et de désinformation numérique, etc.). Certaines exploitent des ressources naturelles en contrepartie de services politiques ou militaires, tandis que d’autres encore fournissent des services logistiques (transport).

Bien qu’elles soient dispersées de par le monde, elles ont toutes en commun d’être liées à des entreprises basées en Russie et contrôlées par Evguéni Prigojine et son entourage. Cette holding multisectorielle montre que le groupe Wagner n’est pas seulement une société militaire, mais aussi un prestataire d’opérations d’influence politique et un réseau d’entreprises avec des filiales locales.

De ce fait, la présence de la holding varie selon les pays. Si certains de ses engagements sont purement militaires (Libye), d’autres se limitent à des rôles politiques, commerciaux ou encore logistiques (Cameroun, Kenya). Et dans certains pays (Centrafrique, Soudan), le Groupe Wagner déploie la totalité de sa gamme d’activités.

Cette holding russe n’est pas seulement ancrée dans le vaste univers de la corruption internationale (paradis fiscaux, sociétés écrans, commerce illicite, etc.), elle s’inscrit aussi et surtout dans l’histoire contemporaine de la Russie.

Elle est, en effet, le symbole de l’évolution des relations entre le crime organisé et le pouvoir en Russie. La mafia a connu un véritable essor en Russie après la chute de l’Union soviétique. Avec la privatisation des entreprises publiques et la faiblesse d’un État russe ne disposant pas des ressources nécessaires pour maintenir l’ordre, la criminalité a explosé et certaines privatisations ont donné lieu à de véritables guerres économiques (par exemple, la fameuse guerre de l’aluminium). Bon nombre des oligarques d’aujourd’hui ont fait fortune pendant cette période violente.

Toutefois, depuis l’avènement de Poutine, la relation entre le crime organisé, les oligarques et le pouvoir a changé. Les groupes criminels organisés sont devenus plus subordonnés et contrôlés par le Kremlin. Dans le même temps, le modèle dominant dans la criminalité organisée russe a évolué : les « entrepreneurs de violence » contrôlant des marchés criminels ont été remplacés par des « entrepreneurs criminels », beaucoup plus ancrés dans l’économie légale.

De criminel à chef d’entreprise, la trajectoire d’Evguéni Prigojine reflète parfaitement cette évolution. Sous le règne de Poutine, les hommes d’affaires politiquement connectés sont devenus plus dépendants du Kremlin pour maintenir leur pouvoir et leur richesse. Le groupe Wagner repose sur cette relation symbiotique entre le pouvoir, le monde des affaires et celui de la criminalité. De ce fait, en quelques années, cette nébuleuse d’entreprises privées est devenue un des outils de la diplomatie secrète russe.

Le mode d’intervention de Wagner à l’étranger révèle son étroite imbrication avec le pouvoir russe. Le déploiement de personnel est toujours précédé d’un contact à haut niveau dans l’appareil d’État russe, d’une campagne d’influence sur les réseaux sociaux et de création de filiales locales du groupe. Le partenariat est ainsi agréé au plus haut niveau des deux pays et repose sur un montage financier généralement basé sur l’exploitation de ressources naturelles du pays de déploiement (pétrole en Syrie et or en Afrique).

Avec les sanctions contre la Russie, l’intérêt stratégique que représente la holding Wagner s’est encore accentué. Non seulement ses services politiques et militaires servent à accroître l’influence du Kremlin à l’étranger (en particulier en Afrique francophone) mais ses activités dans les économies illicites peuvent permettre de contourner les sanctions occidentales et de développer des ressources économiques alternatives.

Si sa participation aux combats sur le front russo-ukrainien provoque des frictions entre Prigojine et la hiérarchie militaire, en revanche son rôle d’agent d’influence à l’étranger risque d’être de plus en plus utile pour la diplomatie secrète et l’économie de guerre du Kremlin, comme l’atteste la récente visite à Bamako du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

Cet article est le résumé du rapport « La zone grise : l’engagement militaire, mercenaire et criminel de la Russie en Afrique » de Julia Stanyard, Julian Rademeyer et Thierry Vircoulon publié par Global Initiative against Transnational Organized Crime.

Le groupe criminel russe Wagner enfin dénoncé en Afrique

Le groupe criminel russe Wagner enfin dénoncé en Afrique

Il est clair que le groupe Wagner constitue une organisation militaire de mercenaires destinés aussi à déstabiliser les pays pauvres pour s’approprier les richesses locales et conforter les régimes dictatoriaux.

Le groupe Wagner sert en fait de garde nationale pour protéger la clique des dictateurs et leur entourage de toute menace démocratique afin de continuer en toute tranquillité leur activité principale de corruption. En échange le groupe Wagner peut exploiter comme il l’entend les ressources locales.

Les différentes enquêtes ont démontré exactement le rôle de Wagner. Une organisation économique internationale, une institution paramilitaire au service de Poutine et une extraordinaire entreprise d’intoxication dans le monde entier pour discréditer les pays occidentaux.

L’Union européenne a donc annoncé samedi de nouvelles sanctions contre le groupe paramilitaire russe Wagner pour ses « violations des droits humains » en Afrique, visant notamment son chef au Mali et plusieurs de ses hauts responsables en Centrafrique. Onze personnes – 9 en Afrique et 2 en Ukraine – et sept entités liées au groupe ont été ajoutées à la liste du bloc européen imposant des gels d’avoirs et des interdictions de voyager. Le groupe Wagner lui-même – qui combat activement avec l’armée russe en Ukraine – avait déjà été sanctionné en 2021 par l’UE.
Ces nouvelles sanctions ont été décidées « au vu de la dimension internationale et de la gravité des activités du groupe, ainsi que de son impact déstabilisateur sur les pays où il est actif », a écrit le Conseil européen dans un communiqué.

Wagner, groupe paramilitaire fondé en 2014, est considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste internationale. Les Etats-Unis qui essayent depuis plusieurs années de contrecarrer l’influence russe en Afrique accusent le groupe Wagner de « commettre des violations des droits humains et d’extorquer les ressources naturelles en Afrique ».
Le groupe s’est imposé comme un acteur majeur du conflit en Ukraine et ses mercenaires ont également été aperçus en Syrie ou en Libye. Lors d’une mise à jour samedi, deux nouveaux membres de Wagner ont été inscrits sous le régime de sanctions de l’UE punissant la Russie pour sa guerre en Ukraine. Ces deux paramilitaires sont des commandants de Wagner qui seraient impliqués dans la conquête russe en janvier de la ville ukrainienne de Soledar.

Wagner désigné comme organisation terroriste

Wagner désigné comme organisation terroriste

Le groupe Wagner qui sert de bras armé à la Russie pour semer en de nombreux endroits le désordre et la guerre, en Ukraine bien sûr mais par exemple encore au Mali et au Burkina Faso, sera donc considéré comme groupe paramilitaire terroriste par les États-Unis. De ce point de vue il serait temps que d’autres pays notamment la France se réveille aussi pour condamner l’organisation criminelle composée essentiellement de mafieux, de voyous et d’assassins.

Les Etats-Unis vont donc désigner le groupe paramilitaire russe Wagner comme une organisation criminelle transnationale, ce qui l’exposera, ainsi que ses soutiens, à des sanctions financières, a annoncé la Maison Blanche, vendredi 20 janvier. La conséquence de cette désignation, prévue par le décret 13581, est le gel des avoirs du groupe Wagner aux Etats-Unis et l’interdiction faite aux ressortissants américains de fournir des fonds, des biens ou des services à cette organisation.

« Notre message à toute entreprise qui envisage de fournir de l’aide à Wagner est le suivant : Wagner est une organisation criminelle qui commet de vastes atrocités et violations des droits de l’Homme et nous travaillerons sans relâche à identifier, exposer et cibler ceux qui assistent Wagner », a ajouté John Kirby, porte-parole du conseil de sécurité nationale, lors du point de presse quotidien de la Maison Blanche.

La Maison Blanche a accusé le mois dernier le groupe Wagner d’avoir reçu une livraison d’armes provenant de Corée du Nord pour ses opérations en Ukraine. Pyongyang a démenti des informations sans fondement et l’oligarque Evguéni Prigojine, patron de Wagner.
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John Kirby a déclaré que le président russe s’appuyait de plus en plus sur le groupe Wagner, ce qui provoque selon lui des tensions au sein du ministère russe de la Défense. « Wagner devient un centre de pouvoir rival de l’armée et d’autres ministères russes », a-t-il indiqué. Les Etats-Unis estiment que le groupe Wagner a quelque 50 000 hommes déployés en Ukraine, dont 10 000 mercenaires et 40 000 détenus.

Le groupe Wagner pour assassiner le président ukrainien

  Le  groupe Wagner  pour assassiner le président ukrainien

 

  Selon  le journal britannique The Times , 400 miliciens appartiennent au groupe Wagner, proche du Kremlin, financé par l’oligarque russe Evgueni Prigojine aurait notamment pour mission d’assassiner le président ukrainien. En 2021, la BBC estimait à 10.000 le nombre de mercenaires à avoir combattu sous la bannière du groupe de Wagner au cours des sept dernières années. La même année, l’Union européenne a condamné leurs actions, les accusant «d’alimenter la violence, de piller les ressources naturelles et d’intimider les civils en violation du droit international».

Le Groupe Wagner (russe : Группа Вагнера), également connu comme PMC WagnerChVK Wagner, ou CHVK Vagner, est une société militaire privée russe ayant recours au mercenariat, active notamment lors de la guerre du Donbass et la guerre civile syrienne mais aussi dans d’autres zones de conflits à travers le monde. Cette organisation paramilitaire n’est pas liée officiellement au gouvernement russe mais proche du Kremlin5,6. Le groupe œuvre dans le but d’assurer la défense des intérêts extérieurs de la Russie. Le groupe est sanctionné par l’Union européenne en 2021.

Le groupe Wagner d’après Wikipédia

Le Groupe Wagner est fondé en 2014. Il est financé par (ou est la propriété de) l’oligarque russe Evgueni Prigojine, proche du pouvoir russe et à la tête de l’Internet Research Agency (IRA), une usine à propagande et à désinformation sur internet3,8. Le Groupe Wagner et l’IRA sont deux organisations sœurs qui sont synchronisées l’une à l’autre. Le Groupe Wagner met en œuvre des opérations militaires, tandis que l’IRA mène une guerre informationnelle sur internet et planifie des opérations psychologiques .

Le siège social officiel du Groupe Wagner est en Argentine12. Le fondateur et commandant militaire du groupe est Dimitri Outkine, lieutenant-colonel au sein des Spetsnaz jusqu’en 2013 et ancien membre du Corps slave .

Outkine est un néonazi admirateur du Troisième Reich13,14. Il aurait adopté le surnom de Wagner en hommage au compositeur allemand Richard Wagner et aurait baptisé son entreprise de mercenariat du même nom . Le Groupe Wagner pourrait également se référer à Robert Wagner qui dirigea le SAIMR pendant la Guerre froide.

En novembre 2017, Outkine devient le directeur général de l’entreprise Concord Management and Consulting (en), qui appartient à l’homme d’affaires Evgueni Prigojine.

Nota : le groupe pourrait comprendre jusqu’à 10 000 et à des intérêts dans les matières premières et le pétrole

 

Wagner au Mali: Le retour des mercenaires du Moyen Âge

Wagner au Mali:  Le retour des mercenaires du Moyen Âge

 

Alors que les Etats se comportent comme des bandes et les bandes comme des Etats, il faut croire que Bamako a perdu de son jugement pour penser que 1 000 mercenaires pourront rétablir la sécurité, là où 30 000 soldats piétinent, estime, dans une tribune au « Monde », le général Didier Castres.

 

Tribune.

 

L’irruption de la société militaire privée russe Wagner dans des pays en crise, comme au Mali, n’est qu’un des avatars d’un mouvement plus général. En réalité, nous assistons à l’apparition d’une espèce de Far West des relations internationales sous l’effet conjugué de deux facteurs. Le premier est l’affaiblissement du droit, sa contestation, ou l’incapacité des Etats qui sont chargés de sa mise en œuvre à le faire respecter. Le second est l’émergence de nouveaux espaces de conflictualité : aux dimensions classiques du champ de bataille « Terre-Air-Mer » viennent s’ajouter l’espace, le cyberespace et, bien sûr, le champ informationnel.

La conjonction de ces deux tendances crée une nouvelle « aire de jeu » stratégique : des zones grises dans lesquelles certains de nos compétiteurs mettent en œuvre une nouvelle grammaire de l’hégémonie à travers des stratégies hybrides. Ces stratégies sont fondées sur quelques principes simples et désormais observés : l’irrevendicabilité (« plausible deniability », « déni plausible ») ou le fait de nier la responsabilité d’une action, la réversibilité des actions, la désinhibition dans l’emploi de la force, la mise en œuvre de stratégies qui combinent tous les leviers de la puissance et un engagement qui reste sous le seuil estimé de réaction des concurrents potentiels. En fait, dans ce nouveau Far West, nous observons des Etats qui se comportent comme des bandes en faisant agir pour leur compte des intermédiaires, et des bandes qui se comportent comme des Etats ; le cas de Daech est bien sûr le plus significatif.

Dans ces zones grises et pour ce qui concerne les pays occidentaux, l’action affichée et revendiquée des Etats est parfois disproportionnée en matière de coûts, de réputation, d’impacts diplomatique et financier, tandis que les stratégies dites « indirectes » sont insuffisamment signifiantes. Du coup, ne disposant pas des capacités « intermédiaires » pour investir ces zones, nous sommes souvent dans une logique binaire du « tout ou rien », et, souvent, c’est le rien qui l’emporte et laisse le champ libre à nos compétiteurs. Il nous faut surmonter le paradoxe entre la performance sans éthique reprochée à Wagner et l’éthique sans performance dans laquelle nous nous drapons.

C’est dans ce contexte qu’il faut évoquer la question de Wagner. En fait, Wagner ressemble à s’y méprendre aux Grandes Compagnies de la fin du Moyen Age : des mercenaires aux ordres du plus offrant – là, visiblement, il s’agit de Moscou – et vivant par le pillage des populations ou des pays traversés. D’ailleurs, sans que l’on puisse en imputer la responsabilité formelle à Wagner, les horreurs et les exactions que l’on découvre dans le sillage de cette bande en Centrafrique n’ont rien à envier à celles pratiquées par les Ecorcheurs du temps passé : 20 civils assassinés dans l’enceinte de la mosquée de Bambari en février 2021, un corps démembré et brûlé à Kaga-Bandoro en mai et l’arrestation de 9 civils torturés et tués à coups de baïonnette en septembre. J’arrête là cette macabre litanie, mais ce ne sont pas moins de 200 exactions qui ont été recensées depuis décembre 2020. D’ailleurs les Nations unies ont manifesté leur inquiétude concernant les agissements de Wagner, tandis que l’ONG The Sentry l’a accusée de crimes de guerre.

 




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