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Dissolution de l’assemblée : vraiment conforme à la constitution ?

Dissolution de l’assemblée : vraiment conforme à la constitution ?

 

« Coup de poker »« pari présidentiel »« roulette russe ». Les commentaires n’ont pas manqué pour souligner que la dissolution du 9 juin 2024 répondait à la seule appréciation du président de la République. Est-ce conforme à la Constitution ? Avant d’étudier l’article 12 de la Constitution qui encadre la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République sous la Ve République, il convient de rappeler ce qu’est la dissolution.Paradoxe face au chaos politique actuel, la dissolution est un mécanisme d’équilibre censé éviter une confusion des pouvoirs. Elle trouve sa place dans un régime parlementaire, marqué par des relations juridiques constantes entre le Gouvernement et le Parlement.

par

Enseignant chercheur, membre du CERAPS, Université de Lille,, Sciences Po Lille dans The Conversation 

Dans un tel régime, le Gouvernement est l’émanation de la majorité à la chambre issue du suffrage populaire. Il est créé pour la guider vers la satisfaction de l’intérêt général qui a justifié son élection. Gouvernement et majorité parlementaire sont ainsi unis par une relation de confiance. Mais l’Assemblée doit pouvoir retirer sa confiance en cours de mandat : soit parce qu’elle conteste l’efficacité de l’action du Gouvernement, soit parce que suite à un mouvement en son sein, la majorité n’a plus les mêmes contours. Le Gouvernement est en effet politiquement et collégialement responsable devant l’Assemblée qui peut par exemple voter une motion de censure.

Certaines Constitutions, comme en Espagne ou en Allemagne, exigent que cette motion soit constructive, au sens où l’Assemblée ne peut renverser le Gouvernement qu’à la condition d’être capable de soutenir une nouvelle équipe et une nouvelle politique. Cette disposition rend plus difficile la mise en cause de la responsabilité politique du Gouvernement et n’a fonctionné qu’une seule fois en Espagne et jamais en Allemagne.

La dissolution apparaît comme un moyen d’équilibrer cette relation de confiance et d’éviter que l’Assemblée n’abuse de son pouvoir de renverser les Gouvernements.

Certaines Constitutions ne permettent ainsi la dissolution de la chambre basse que lorsqu’elle se révèle impuissante à constituer un nouveau gouvernement. C’est le cas en Allemagne où le pouvoir de dissolution du président est strictement encadré par les articles 63 et 68 de la Loi fondamentale.

La dissolution n’y est donc possible que si le Bundestag nouvellement élu est trop divisé pour élire un chancelier, même à la majorité relative ou si à la suite du rejet d’une question de confiance elle ne parvient pas à élire un successeur au chancelier sanctionné.

Situation qualifiée de « pat parlementaire » et qui traduit l’impossibilité de gouverner du fait d’une Assemblée divisée qui ne parvient à se mettre d’accord ni sur les individus ni sur la politique à mener. Situation de blocage à laquelle la dissolution apporte une solution. C’est dans ce même esprit que la Constitution française de 1946 avait consacré la dissolution dans son article 51.

Elle n’était possible que si sur une période de 18 mois deux gouvernements étaient renversés soit par l’adoption d’une motion de censure à la majorité absolue, soit par le rejet d’une question de confiance à la majorité absolue (50 % +1 des membres de l’Assemblée). Là encore, le président de la République ne pouvait dissoudre que si l’Assemblée faisait la preuve de son inaptitude à constituer en son sein des majorités de gouvernement.

La dissolution implique donc habituellement trois acteurs : le chef de l’État qui prononce la dissolution, l’Assemblée qui est dissoute et le Gouvernement qui est toujours impacté par la fin de mandat de l’Assemblée dont il est l’émanation – et qui voit son pouvoir se réduire à l’expédition des affaires courantes. Trois acteurs au moins dont les pouvoirs sont encadrés par la Constitution afin d’éviter que l’un d’entre eux abuse de cette faculté.

Comment la Constitution de 1958 encadre-t-elle le pouvoir du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale ? Très lâchement, l’esprit de la Constitution étant de lutter contre l’instabilité ministérielle.

Celle-ci fut causée notamment par le discrédit qui a entaché le droit de dissolution, avant que son abandon (on parle de « désuétude » pour désigner un droit qui est toujours inscrit dans les textes mais dont l’usage est abandonné) soit acté par l’exécutif sous la IIIe République. On retrouve cette instabilité sous la IVe, les calculs politiques ayant paralysé le recours à la dissolution.

Soucieux de rétablir l’équilibre des pouvoirs, les constituants de 1958 ont libéralisé le droit de dissolution. Il n’est pas encadré de conditions, mais seulement de formalités. Ainsi, si le président de la République doit avant de prononcer la dissolution recueillir l’avis du Premier ministre et des présidents des assemblées, ces avis ne sont que consultatifs. Ils peuvent donc bien être tous hostiles à la dissolution, le président dispose seul du pouvoir de décision qui n’est pas, par ailleurs, soumis au contreseing ministériel. Disposition qui fait de notre régime une exception au sein des régimes parlementaires européens. Dans ceux-ci, le chef de l’État est politiquement irresponsable et ne dispose que de pouvoirs nominaux, c’est-à-dire de pouvoirs dont l’initiative lui échappe au profit du Gouvernement et de son chef, qui sont eux politiquement responsables devant l’Assemblée.En France le président est le garant de la stabilité des institutions, y compris face à une Assemblée divisée qui ne souhaiterait pas sa dissolution. La IVe République a montré qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’école. Plus proches de nous, les difficultés de Boris Johnson à obtenir l’autodissolution de la Chambre des Communes lors des négociations relatives au Brexit ont montré que l’Assemblée peut bloquer la mise en œuvre d’une politique souhaitée par le Gouvernement qu’elle a mis en place et paralyser toute alternative politique en refusant sa dissolution.

Sous la Ve donc, le président de la République décide la dissolution et la seule limite qui s’impose à lui est temporelle, puisqu’aucune dissolution n’est possible dans l’année qui suit les élections consécutives à une dissolution – consécration constitutionnelle de l’adage selon lequel « dissolution sur dissolution ne vaut ». Le président dispose donc d’une totale liberté d’appréciation puisqu’aucune condition juridique ne s’impose à lui, la dissolution étant perçue comme un mécanisme d’équilibre, voire comme une arme contre le législatif.

Le droit a donc été respecté en ce 9 juin 2024, l’esprit des institutions également. La dissolution apparaît en effet comme une dissolution parlementariste ou d’anticipation : le chef d’État conscient que l’Assemblée pourrait prochainement se retourner contre le Gouvernement choisit de dissoudre pour élargir son assise parlementaire. Cette vision est celle de François Mitterrand en 1981 et 1988. Celui-ci n’a pas attendu que la majorité à l’Assemblée renverse son gouvernement ou refuse de voter ses textes pour prononcer sa dissolution.

Même si la dimension tactique d’une telle décision ne doit pas être oubliée, la situation est donc différente de celle qui a amené à la dissolution de 1997 par Jacques Chirac. Celle-ci appartient à la catégorie des dissolutions opportunistes dans lesquelles l’exécutif est libre de prononcer la dissolution et de choisir le moment le plus opportun pour sa majorité. Elle n’était en effet dictée que par des considérations politiques. Le président choisissant, en dehors de tout conflit présent ou à venir avec l’Assemblée, de dissoudre pour prendre les oppositions de court et renouveler sa majorité.

Difficile de conclure pour autant que l’esprit des institutions ait été totalement respecté. D’une part, dissoudre l’Assemblée au soir des élections européennes transforme l’enjeu de la consultation. Elle la relègue au second plan alors que les discussions sur la composition de la Commission vont débuter. Quel sera le poids de la France ? D’autre part, dissoudre l’assemblée quand un parti extrême vient de remporter une élection met en danger les institutions, alors que la dissolution et son encadrement par l’article 12 avaient pour ambition de les protéger.

Ecolo: vraiment ?

Ecolo: vraiment ?

Nous sommes nombreux à en avoir conscience : adopter des modes de vie plus écologiques est devenu une nécessité. Pour autant, nous n’agissons pas de manière écologiquement vertueuse en toutes circonstances (loin de là), et, surtout, nous nous accordons, parfois inconsciemment, des « écarts » après avoir fourni une bonne action sur le plan environnemental.  ( dans The Conversation)

 

par ,Directrice de recherche en économie comportementale et environnementale, CEE-M, Inrae;  Professor, ESSCA School of Management;  Doctorant en économie de l’environnement et en économie comportementale, CEE-M, Inrae;   Professeure, University of Reading


Tant pis pour votre empreinte carbone, vous décidez finalement d’acheter ces délicieux avocats acheminés de l’autre bout du monde, ou, pire, de prendre l’avion vers cette destination tant rêvée, vous disant que c’est bien mérité, après tous les efforts que vous avez fournis pour l’environnement pendant l’année – achats durables, vélo pour vous rendre au travail, tri de vos déchets…

Hypocrisie environnementale ? Pas nécessairement. On appelle cela la compensation morale. D’abord observé en psychologie, ce biais comportemental désigne le fait qu’une précédente « bonne action » peut vous déculpabiliser et vous inciter à en réaliser une « mauvaise ».

La compensation morale, souvent inconsciente, est un arbitrage interne qu’opère l’individu. Pour le comprendre, aidons-nous d’une métaphore bancaire : imaginons que nous possédons une sorte de « compte moral » sur lequel nous recensons les bonnes et les mauvaises actions comme des crédits et des débits, le principe de base étant de maintenir le compte dans le positif, ou tout du moins à l’équilibre.

Acheter des yaourts 0 %, mais se laisser aller avec des goûters hyper-sucrés, craquer pour un soda glacé après une séance de sport, prendre l’ascenseur après être venu en vélo au travail… Cette compensation se retrouve dans des enchaînements d’efforts et de petites récompenses que nous nous attribuons sans nécessairement nous en rendre compte mais qui peuvent au final menacer l’atteinte de notre objectif initial.

Il existe de multiples études documentant ce biais dans le domaine de l’environnement.

Ainsi, des chercheurs de l’université de Nankin en Chine, ont mené une expérience auprès de 80 individus qui ont réparti aléatoirement leurs achats entre un magasin en ligne de produits conventionnels et une boutique de produits biologiques.

Ils ont observé que les participants ayant acquis des produits biologiques ont consommé plus d’eau dans une tâche expérimentale ultérieure par rapport à ceux ayant acheté des produits conventionnels. De plus, ces mêmes personnes ont également reporté une intention plus faible de s’engager dans des actions en faveur de l’environnement.

Parfois, il suffit qu’un proche, parent ou ami, réalise une action vertueuse, comme un don à une association environnementale ou l’achat d’un véhicule écologique, pour que l’individu se sente autorisé à relâcher ses efforts en termes d’achats de produits écologiques ou d’utilisation des transports en commun, ce qui rend incertains les bénéfices globaux de l’action vertueuse.

Exemple avec cette étude menée en 2019, qui met les participants dans une situation où ils imaginent qu’un proche fait le choix d’un réfrigérateur. Une partie des participants apprend que ce dernier a opté pour un réfrigérateur économe en énergie par souci environnemental, alors que l’autre partie est informée que ce proche s’est orienté vers un réfrigérateur conventionnel. Ceux dont le proche avait sélectionné un équipement économe en énergie ont exprimé des intentions comportementales pro-environnementales plus faibles.

Dans d’autres cas, le simple engagement mental à faire mieux ou plus dans le futur (« à partir du mois prochain, je recycle tous mes déchets ») permettrait à l’individu de se sentir libre d’en faire moins dans l’immédiat (« je ne trie rien aujourd’hui »). On fait ainsi face à une sorte de « procrastination écologique » : repousser à plus tard ma bonne action m’autorise dès maintenant à adopter un comportement peu souhaitable.

Le contexte social joue aussi sur les efforts en faveur de l’environnement. Ainsi, l’individu se prête plus volontiers à des actions vertueuses si une forme de contrôle social est exercée, par exemple par des collègues soucieux de l’environnement (et vérifiant que le chauffage du bureau n’est pas trop élevé et le papier de l’imprimante recyclé). S’il échappe à ce contrôle, l’individu peut se permettre quelques libertés (chauffer sa chambre d’hôtel de manière excessive en déplacement).

Les travaux sur la compensation morale sont relativement récents. La première étude en psychologie date de 2001 et il faut attendre le début des années 2010 pour voir apparaître les premières recherches dans le domaine de l’environnement. D’abord en 2010, les produits « vert » font-ils de nous de meilleurs consommateurs puis en 2012 avec une étude portant sur le rapport à la consommation d’électricité ainsi que nos propres travaux sur l’hypocrisie morale (2013) ou ceux de collègues la même année portant sur la consommation d’eau et d’électricité.

En conséquence, l’effet global sur l’environnement de la compensation morale est encore difficile à déterminer.

On sait cependant que la compensation morale peut complètement fausser l’évaluation qu’on peut faire d’une politique publique. Par le biais d’une expérience de terrain auprès de 154 ménages américains en 2011, dans la ville de Lynnfield (Massachusetts), près de Boston, des chercheurs ont dressé le bilan énergétique d’une politique de communication testée pour réduire la consommation d’eau domestique.

Il s’agissait d’un simple prospectus qui était distribué aux ménages, leur indiquant leur volume de consommation d’eau et celui de leurs voisins les plus économes. Ce prospectus est un « nudge » qui s’appuie sur une norme sociale (ici le niveau de consommation des voisins les plus efficaces) pour inciter les ménages à réduire leur consommation d’eau en se conformant à cette norme.

Si cette politique a bien eu l’effet escompté en réduisant la consommation d’eau de 6 %, elle a également eu pour conséquence indésirable d’augmenter la consommation d’électricité de ces mêmes ménages de 5,6 %. Ainsi, en faisant les comptes entre l’électricité économisée à ne pas chauffer l’eau (estimée à 0,5kWh/personne/jour) et l’électricité consommée en plus (0.89kWh/personne/jour) à cause de la compensation morale, le bilan de la politique est négatif et affiche une augmentation de la consommation globale d’électricité des ménages.

Comment habiter ce monde en crise, comment s’y définir, s’y engager, y faire famille ou société ? Notre nouvelle série « Nos vies mode d’emploi » explore nos rapports intimes au monde induits par les nouvelles réflexions technologiques, écologiques ou encore liées au genre survenues au tournant du XXIe siècle.

D’autres études de terrain ont montré que la souscription à une offre d’électricité verte ou la possibilité d’acheter des crédits carbones pouvait entraînerune augmentation de la consommation d’électricité.

Nous pouvons tous être sujets à la compensation morale, dans le sens où chacun peut être susceptible de rationaliser ou de justifier un comportement moins vertueux en se livrant à des actions jugées méritantes pour compenser, même si ces actions ne sont que symboliques ou superficielles.

Cependant, l’ampleur et la fréquence de ce phénomène peuvent varier d’une personne à l’autre en fonction de ses valeurs personnelles et des raisons pour lesquelles la bonne action est accomplie.

Par exemple, ceux qui attachent une grande importance à la protection de l’environnement semblent avoir plus tendance à compenser une action vertueuse par une action moins vertueuse. Une explication à cela serait que plus on accorde de l’importance à l’environnement, plus l’action vertueuse réduirait notre culpabilité à réaliser ensuite une action moins vertueuse.

Ainsi, si les femmes ont généralement plus tendance à adopter des comportements respectueux de l’environnement que les hommes, elles sont du coup plus susceptibles de se livrer à de la compensation morale.

Enfin, une bonne action ne génère pas le même effet de compensation morale suivant si elle a été réalisée de manière volontaire ou obligatoire ou suivant si l’individu a été rémunéré pour la faire ou l’a réalisée gratuitement. Une étude montre que lorsque les individus sont payés pour réaliser une bonne action, cela ne génère pas ensuite de compensation morale. On peut penser que le fait d’être payé atténue l’aspect moral et gratifiant du fait d’avoir réalisé un geste vertueux.

Toutes les politiques publiques qui visent à inciter les individus à adopter des comportements plus souhaitables collectivement peuvent engendrer cette compensation, ce qui remet en cause leur efficacité. Alors, existe-t-il des moyens pour l’atténuer ?

Une première piste de réponse serait de rappeler les raisons qui ont poussé à accomplir la bonne action initiale.

Si par exemple un individu investit dans une voiture électrique, il faudrait pour éviter qu’il compense cette bonne action en conduisant davantage, lui rappeler les raisons environnementales pour lesquelles il a choisi cet achat.

Cela pourrait prendre la forme d’un simple mail, ou d’un message au moment où il démarre la voiture.

Une autre approche pourrait être d’informer, au moment opportun, les individus sur le risque de l’effet de compensation et de les encourager à ne pas adopter une approche comptable de leurs bonnes actions. Cela revient à prendre conscience que certaines de nos actions (laisser les lumières allumées) peuvent annuler l’effet d’un effort préalable (prendre des douches plus courtes). Naturellement, une fois éclairés sur cet effet, nous pourrions nous trouver plus enclins à ajuster nos comportements et réduire la compensation afin d’éviter le sentiment du « tout ça… pour ça ! »

Enfin, s’efforcer d’orienter le discours sur le but final (je réduis mon empreinte carbone) plutôt que sur des actes isolés (je me déplace de plus en plus à vélo), en adoptant une vision plus globale pour faire en sorte que nos efforts pourrait également amener à une prise de conscience.

Nous espérons que la lecture de ce texte vous aidera à empêcher la compensation de votre prochaine BA pour l’environnement.

« Économie de guerre »: vraiment ?

« Économie de guerre »:  vraiment ?

 

 

Depuis le début du conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine, on relève une forte propension du président de la République française – et du gouvernement – à employer le terme « guerre ». En juin 2022 à un salon d’armement terrestre, le président français annonçait que la France devait entrer en « économie de guerre » . Aujourd’hui quelle réalité derrière cette notion d’« économie de guerre » ? Nous questionnons ce concept à la lumière de l’histoire et des récentes tendances budgétaires et industrielles.

 

 

par ,Chercheur associé au GREThA (UMR 5113), Université de Bordeaux et  Chercheur associé au GREThA (UMR 5113), Université de Bordeaux dans The Conversation 

L’économie de guerre désigne la réallocation massive et très rapide de la production et des financements vers les besoins de la défense. Il s’agit d’un ensemble de pratiques économiques exceptionnelles mises en œuvre lors de périodes historiques spécifiques liées à l’existence de conflits armés. Outre la satisfaction des besoins de la défense (armes, munitions, soldats), en économie de guerre, on assiste au maintien des activités économiques indispensables et à la garantie de la production et de l’approvisionnement de certains produits de base (alimentation, énergie, médicaments). Le rôle de l’État est donc fondamental, à la fois pour gérer la production d’armement mais aussi pour organiser les marchés « civils », dans un contexte général de pénurie de ressources (économiques, naturelles, humaines). L’économie de guerre s’accompagne généralement d’une baisse de la croissance du PIB, d’une réduction de la consommation des ménages et de l’investissement privé, d’une forte inflation et d’un contrôle de l’économie par l’État (ex. nationalisation de certains moyens de production). On y observe aussi la mobilisation de ressources financières exceptionnelles pour financer les dépenses de défense (création monétaire massive, augmentation des impôts, bons de guerre, emprunts de guerre, etc.). Les deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945) sont deux exemples de périodes d’économie de guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les moyens budgétaires déployés et l’effort industriel furent énormes. Aux États-Unis, en 1944, au plus fort de l’effort de guerre, le pays produisait plus d’un bateau Liberty ship par jour et les usines de Ford produisaient un bombardier Liberator B-24 par heure. Au total, les États-Unis ont produit plus de 2 700 Liberty Ships et près de 1 250 navires de combat, dont 148 porte-avions, entre 1941 et 1945.   Sur la base de cette perspective historique, le seul pays aujourd’hui représentatif du concept d’économie de guerre est l’Ukraine, qui consacre plus d’un tiers de son PIB à la défense en 2022. La Russie, bien qu’ayant actuellement adapté son outil industriel de défense, reste à un niveau plus faibleestimé à 6 %. En France, le poids des dépenses de défense atteindra 2 % en 2024, conformément aux dispositions de la loi de programmation militaire (LPM) qui couvre la période 2024-2030. Emmanuel Macron l’a lui-même souligné lors d’une visite d’État en Suède fin janvier 2024 : « Soyons clairs, même si nous produisons beaucoup plus rapidement, si nous comparons nos efforts de guerre à ceux de la Russie aujourd’hui, ce n’est pas la même échelle. Ils ont réussi à complètement adapter leur système à une économie de guerre. » Dans le détail, la LPM 2024-2030 dispose d’une enveloppe globale de 400 milliards d’euros sur sept ans. Le budget annuel de la mission Défense devrait s’accroître progressivement pour atteindre 67 milliards d’euros en 2030. Les armées disposent de 44 milliards en 2023, contre 36 milliards alloués en 2019. Cet effort, démarré en 2015 dans un mouvement global de réarmement de l’Europe et du monde, est inédit depuis la fin de la guerre froide. Toutefois, il s’agit de budgets en euros courants. Or le pouvoir d’achat des armées subit notamment l’impact de l’inflation. A cela il faut rajouter l’augmentation structurelle des coûts, spécifique aux matériels de défense. La LPM 2024-2030 s’inscrit plutôt dans une logique de remise à niveau de l’outil de défense. La montée en puissance reste difficilement perceptible et il ne s’agit pas d’un réarmement de même ampleur que ce qui a été observé pour un certain nombre de pays européens à la fin des années 1930. Le contexte de la LPM conduit également à financer le développement de grands programmes (porte-avions de nouvelle génération, successeur du Rafale, sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de 3e génération, etc.) dont la concrétisation n’interviendra, au mieux, qu’à la fin des années 2030. Les budgets de défense sont en hausse. L’industrie de défense a été sollicitée pour augmenter les cadences de production car les besoins sont relativement urgents, tant en matière de soutien à l’Ukraine qu’en ce qui concerne la modernisation et la densification du parc d’équipements et de munitions. Au niveau national, outre l’augmentation des budgets, les exercices militaires (par exemple dans le cadre de l’OTAN) et l’augmentation des cadences, on observe des changements marquants. La réquisition de moyens civils est l’un d’entre eux. En mars 2024, le ministre des Armées envisage d’imposer aux industriels des niveaux minimaux de stocks de matières premières ou de composants (et donc d’immobiliser de la trésorerie) ou d’exiger qu’ils accordent la priorité à la commande militaire face aux besoins civils. L’idée est de forcer les entreprises à quitter une logique de flux tendus qui s’est progressivement installée depuis la fin des années 1990 et les restructurations successives du secteur. Le volume des commandes est certes plus élevé, mais probablement pas assez au regard des ambitions de montée en puissance. Il faut notamment des garanties financières pour les industriels sur le moyen et long terme (financement des innovations, en particulier des innovations de rupture – plus incertaines et générant des dépenses plus élevées). Ainsi, penser l’augmentation des cadences de production nécessite de penser les moyens nécessaires pour y parvenir : identifier les difficultés sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, caractériser les besoins nécessaires en main-d’œuvre et anticiper le niveau de demande sur le long terme afin de calibrer les investissements nécessaires. L’industrie de défense s’inscrit sur le temps long et s’accommode mal de changements brusques compte tenu de la structure de coûts, des cycles de développement et de production et de la structure de marché de type monopsone (un seul client, l’État). Dans un contexte global où le monde se réarme, il y a une hausse de la demande pour le même type de matériels, de matières premières, de composants et de personnels. On observe alors des blocages des chaînes de production du fait d’un surplus de demandes non anticipé. Ces goulets d’étranglement sont multiples (poudres, matières premières, composants électroniques, main-d’œuvre, certaines machines-outils très spécifiques, etc.). On les trouve au sein des grands groupes mais aussi dans l’ensemble de la chaîne de sous-traitance (PME/ETI). L’urgence de la situation internationale et l’inélasticité de la production d’armement en Europe a conduit de nombreux pays à privilégier l’achat de matériels non européens (États-Unis, Israël, Corée du Sud) « off-the-shelf » (l’expression « sur étagère » indique l’achat d’un matériel directement « prêt à l’emploi » sans adaptation aux besoins spécifiques d’un pays, au prix d’une forme de dépendance. Cela s’oppose à une stratégie visant à renforcer sa souveraineté en développant, produisant et entretenant son propre matériel). La situation actuelle confirme l’hypothèse d’un choc de demande en matière d’armement dans un contexte de relative inélasticité de l’offre. Pour que l’offre s’adapte à la demande, cette dernière doit être permanente pour éviter que l’industrie de défense soit en situation d’excès de capacité. Or, en l’état actuel des contraintes budgétaires, le poids de la dette et le respect des critères de Maastricht vont devenir un sujet préoccupant pour soutenir l’effort de défense à long terme. Les défis posés par l’adaptation de l’outil industriel ne sont que partiellement résolus par la LPM : les budgets sont certes orientés à la hausse mais il y a finalement peu de nouvelles commandes, en dehors du cas spécifique des munitions et des missiles. Les besoins sont ici calculés sur une logique d’attrition des moyens (une guerre d’attrition, ou encore « guerre d’usure » est une stratégie militaire consistant à chercher la reddition de l’adversaire en l’épuisant par des pertes continues en personnel et matériel). Le financement de la haute intensité conduit alors à se demander qui supporte le coût de l’augmentation des cadences, entre l’unique client étatique et les industries de défense. La période de la guerre froide, où la France se préparait essentiellement à répondre à une menace qui viendrait du pacte de Varsovie, peut servir de point de comparaison : sur la décennie des années 1980, le budget de défense représentait en moyenne 3,1 % du PIB. Il y a donc aujourd’hui une équation complexe à résoudre entre aider l’Ukraine (armes, munitions, financements), réarmer la France afin de préparer une éventuelle guerre de haute intensité, honorer les engagements européens de bonne gestion budgétaire (critères de Maastricht) et faire face aux dépenses « civiles » de l’avenir (ex. transition énergétique, éducation, financer les retraites). Autrement dit, le cadre européen et l’urgence du conflit en Ukraine viennent fortement perturber le traditionnel dilemme « beurre-canons ». Si certains objectifs ne sont pas incompatibles entre eux (par exemple aider l’Ukraine sur le plan militaire accélère certainement la remontée en puissance de la défense en France), l’argent reste le nerf de la guerre. Plus qu’une « économie de guerre » nous sommes en réalité dans une situation de « préparation à une potentielle guerre de haute intensité dans un cadre interallié et sous contrainte budgétaire forte ». L’expression a certes une portée médiatique moins marquante, mais elle demeure malheureusement plus conforme à la réalité du constat actuel en France. Plus que jamais la France est à l’heure des choix et doit rechercher l’adéquation entre ses ambitions et les moyens qu’elle veut bien y allouer. La coopération et la coordination avec les pays alliés, notamment européens, sont cruciales pour gagner en efficacité opérationnelle et pour éviter les duplications industrielles inutiles.

Une économie de guerre: vraiment ?

Une économie de guerre: vraiment ?

 

Les gouvernements et les populations européennes avaient entériné avec la fin de la guerre froide, puis l’effondrement du mur de Berlin, une vision pacifiée de leur continent, tout au moins en termes de conflits armés se déroulant ou affectant leurs territoires. Depuis les années 2000, les conflits s’intensifient – mais ils sont généralement considérés comme étant « ailleurs » sur la planète. Le terrorisme s’incruste, mais il ne s’agit pas d’une déclaration de guerre frontale d’État à État. Ce n’est pas une guerre conventionnelle. À l’inverse des États-Unis ou de la Chine, les pays européens ont réduit leur budget militaire,de manière d’ailleurs drastique depuis la fin des années 1990, et/ou fait évoluer leurs armées vers des armées de réserve. La population n’est plus formée, car ce type de dépense est considérée comme stérile, inutile. Le conflit russo-ukrainien a mis à mal ces certitudes. Puis, avec l’accentuation des tensions entre la Russie et l’OTAN, Emmanuel Macron, le président français, notamment, a clairement décrété que nous étions en économie de guerre. L’expression a été très reprise et médiatisée. Mais que recouvre-t-elle précisément ?

 

par , Professeur associé, Grenoble École de Management (GEM) et  Associate professor en économie – Grenoble Ecole de Management, F-38000 Grenoble, France  (GEM)( the conversation)

 

L’économie de guerre peut être abordée sous un angle restrictif. Dans ce cas, l’expression désigne la capacité à accroître la production, d’armes notamment. C’est cette conception qui est aujourd’hui promue en France puisqu’il s’agit de : « remettre la capacité à produire au cœur de nos préoccupations » : face au conflit lancé par la Russie en Ukraine, l’industrie de défense française est entrée depuis plusieurs mois en « économie de guerre ». L’objectif : être capable d’assurer un effort dans la durée en cas de nécessité pour nos armées ou au profit d’un partenaire », écrit le ministère de la Défense sur son site Internet.

Cette annonce française est à mettre en perspective. L’effort à consentir aujourd’hui est d’autant plus important que les dépenses de l’État sur ce poste ont été réduites depuis les années 60. Sur la période 2013-2022, la France a ainsi augmenté de 15 % ses dépenses militaires, ce qui est équivalent à l’augmentation russe (mais le point de départ n’est pas le même). En sus, cette hausse des dépenses est à relativiser quand on observe que sur la même période l’Ukraine a connu une augmentation de 1,661 %.

L’expression « économie de guerre » peut aussi être entendue avec un sens extensif. Si, dans ce cas, elle est davantage protéiforme, elle présente quelques caractéristiques clés dont l’ampleur réelle varie selon l’implication directe du pays dans la guerre, selon la phase de préparation ou d’engagement dans le conflit et selon une position cantonnée à un soutien plus ou moins large. Elle ne se restreint pas forcément à un unique effort circonscrit au complexe militaro-industriel, qui comprend, outre le secteur public de l’armée, le secteur privé industriel (fournisseurs des matériel et services nécessaires).

Dans ce cas, l’économie de guerre peut totalement structurer et redessiner les caractéristiques conjoncturelles d’une économie. Si l’implication dans le conflit est forte et touche directement le territoire, la croissance économique fléchit. Les dépenses publiques au titre de l’effort de guerre s’intensifient, captent les recettes fiscales, déjà amoindries sous l’effet de la baisse de la croissance. La dette publique augmente.

Cette réallocation de la production vers l’économie de guerre déstabilise le tissu productif et le segmente : celui considéré comme utile versus celui qui est jugé comme non essentiel à l’objectif poursuivi. Le repositionnement de la demande sur certains secteurs amène des réorientations stratégiques des entreprises. L’emploi s’en trouve à son tour affecté. Le volume total se réduit et sa composition entre les différents secteurs est revue. En ce qui concerne les prix, l’inflation s’affirme sous l’effet d’une réduction du spectre proposé des biens de consommation du quotidien.

Les échanges avec l’étranger peuvent pour leur part évoluer de manière disparate selon l’engagement du pays, les besoins de ressources extérieures, la généralisation du conflit et la pratique d’embargos. Pour autant, la capacité à exporter des biens étant restreinte, le solde commercial s’érode. À l’image de cette situation dégradée de création de richesse, présente et future, du poids de l’endettement, des destructions matérielles, et de la dissémination de populations et spécifiquement des jeunes adultes plombant les futures compétences à disposition, le taux de change de la monnaie, en général, se déprécie, et les taux d’intérêt augmentent, révélateurs du niveau d’incertitudes. En même temps que se développe une économie de subsistance émerge une économie informelle.

Dans ce contexte, l’État – la force publique – renforce ses prérogatives et endosse un rôle de chef d’orchestre aux périmètres élargis. Deux raisons expliquent ce mouvement : la nécessité de relayer l’initiative privée mise en sommeil plus ou moins grand, et la volonté de sauvegarder la Nation.

L’État détermine alors les priorités, arbitre, ordonne et planifie l’organisation des productions cibles. Il réoriente les politiques budgétaire et monétaire de manière à supporter cet effort de guerre. Sont ainsi sanctuarisés ce qui est jugé essentiel : les postes de la défense, les aides (souvent liées à des commandes/exigences de l’État) vers le secteur privé militaro-industriel, le secteur de l’énergie, celui des moyens de communication, comme celui des structures médicales d’urgence.

Pour assurer l’alimentation de la population et des armées, l’agriculture est aussi considérée comme prioritaire. Les ressources fiscales et de financement étant limitées, elles sont orientées vers les prérogatives fixées par l’État. La politique monétaire vise à soutenir le financement de l’effort de guerre : les sorties de capitaux sont restreintes, l’activité des institutions bancaires et financières est encadrée pour orienter les financements vers les secteurs identifiés comme étant stratégiques, la banque centrale est mobilisée pour acheter des titres de dette de l’État.

Au regard de ces critères, la France n’est pas aujourd’hui dans une économie de guerre dans un sens extensif. Cela ne signifie pas que la réorganisation de l’économie ne soit pas d’actualité. Il faudrait en effet être en mesure de mobiliser certains des leviers attribués à l’« économie de la guerre » pour répondre non pas à un conflit armé, mais aux défis colossaux que représente la crise socio-environnementale.

Avons-nous le temps d’engager des transitions sur des temps longs ? L’urgence ne nécessite-t-elle pas un chef d’orchestre qui décide, planifie, encadre lorsque les enjeux sont vitaux ? Dès lors, comment est aujourd’hui organisé et structuré l’appareil étatique pour prendre en charge cette fonction ? Les idéaux libéraux qui ont tant dominé les économies occidentales et qui se sont même répandus au-delà, couplés à la démilitarisation de certaines nations, n’ont-ils pas en même temps dépouillé l’appareil d’État de ces instruments et de ces capacités d’actions dans un contexte d’urgence ?

Le Commissariat au plan, apparu en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, a disparu. Les liens étroits entre l’acteur public et le secteur privé se sont distendus, qu’il s’agisse des plans ou des projets phares de long terme, industriels ou d’équipement du territoire. Pourtant, ils ont pu être clés pour faire face à certains défis comme la reconstruction en France. Ou, par exemple aux États-Unis (nation qui – elle – a préservé ses dépenses de défense), les liens public-privé au travers du complexe militaro-industriel ont constitué des piliers essentiels de la politique industrielle des années 1980 intégrée à « la guerre des étoiles ». La démarche était jugée alors nécessaire pour restaurer la toute-puissance des États-Unis qui avait été mise à mal suite à la révolution iranienne et la prise d’otage à l’ambassade des États-Unis à Téhéran.

Dès lors, au-delà du discours sur l’engagement de l’État, quels sont les moyens et les structures dont celui-ci dispose pour endosser un rôle de chef d’orchestre et soutenir la société dans sa capacité à faire face aux chocs ? Chocs qui vont se multiplier avec les tensions géopolitiques et la crise socio-environnementale.

Ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ?

Ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ?


En ces temps de crise de la biodiversité et de questionnements sur le vivant, la vieille question de la dualité homme-animal est, semble-t-il, toujours d’actualité. Même si le « vraiment » de la question laisse entendre qu’au fond la séparation n’est pas si profonde. Sur le plan de la biologie, de la zoologie même devrait-on préciser, le paradoxe a été levé depuis longtemps. L’homme est un animal. Il ne peut donc se séparer de lui-même. La question n’est donc plus de nature scientifique, mais philosophique et sociologique. Il reste que pour la plupart d’entre nous la réponse scientifique importe peu tant les termes sont connotés. Affirmer que l’homme est un animal a peu de poids. L’affirmation serait-elle admise que la question deviendrait : qu’est-ce qui distingue l’humain des autres animaux ?

par Pascal Tassy
Professeur, paléontologue, paléomammalogie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) dans The Conversation

Depuis des siècles les caractéristiques biologiques de l’humanité ont toutes été intégrées dans le panorama des traits des êtres vivants en général et des animaux en particulier. Et pourtant l’homme s’est quasiment toujours singularisé par rapport au reste du monde vivant. Toute une tradition de réflexion philosophique et spirituelle s’oppose à la vision unitaire de la science biologique.

C’est là le grand problème que Linné au 1VIIIe siècle a cru résoudre définitivement. Dans son Systema Naturae dont la 10e édition datant de 1758 est considérée comme le point de départ de la nomenclature zoologique moderne, l’homme, genre Homo, est classé, parmi les animaux, dans l’ordre des Primates – les « premiers », noblesse oblige –, mais en compagnie de trois autres genres : Simia (les singes), Lemur (les lémuriens incluant, pour Linné, le galéopithèque, un petit mammifère arboricole planeur d’Indonésie) et Vespertilio (les chauves-souris).

Ce choix est significatif et fait de Linné un pionnier qui, d’une certaine manière, dépassa les concepts de la majorité de ses successeurs du 1IXe siècle. De fait en 1910, une fois la biologie devenue évolutionniste, l’anatomiste William K. Gregory nomma Archonta un groupe réunissant les primates (singes, lémuriens, homme), les chauves-souris (ordre des chiroptères), le galéopithèque (ordre des dermoptères) à quoi s’ajoutent des mammifères insectivores inconnus de Linné, les toupayes (mammifères arboricoles d’Asie).

L’homme était non seulement un membre des Primates, mais aussi un membre des Mammalia (tous ces termes sont dus à Carl Von Linné). On peut remonter la hiérarchie classificatoire est inclure l’homme dans les amniotes, dans les vertébrés, dans les animaux. Les animaux c’est-à-dire dans les classifications le règne des Animalia, aujourd’hui appelé Metazoa (mot qui signifie la totalité des animaux) – les deux termes sont synonymes.

Le terme de Metazoa à la sonorité incontestablement scientifique ne heurte aucune oreille. Dire que l’homme est un métazoaire ne choque personne. Dire qu’il est un métazoaire parce qu’il est pluricellulaire et possède une protéine qui structure le lien entre les cellules – le collagène – est affaire de spécialistes et empêche invariablement toute percée philosophique. Aucune sensibilité là-dedans. Un animal, c’est autre chose, n’est-ce pas ?

Les successeurs de Linné ont voulu placer l’humain hors du règne animal
Linné à sa manière a été un révolutionnaire. Ses successeurs se sont attachés à défaire le regroupement des Primates. Le naturaliste français Armand de Quatrefages classa en 1861 l’homme seul dans le « règne humain », caractérisé par « l’âme humaine » reprenant une suggestion émise plus de quarante ans auparavant par l’agronome lamarckien Charles-Hélion de Barbançois : classer l’homme dans un règne à part, le « règne moral ».

Quatrefages s’attacha autant à réfléchir à l’unité de l’espèce humaine qu’à analyser la singularité de ses composantes. Pour Quatrefage, en savant positiviste, c’est-à-dire qui s’en tient aux faits, la notion de Règne (la plus haute des catégories de la classification) s’impose à l’esprit humain : les caractères qui définissent l’homme sont évidents et ne sont liés à aucune hypothèse ou théorie.

L’âme humaine, différente de l’âme animale serait un pur fait d’observation. Auparavant, l’anatomiste allemand Johann Friedrich Blumenbach et l’anatomiste français Georges Cuvier opposèrent l’homme seul (ordre des Bimana) aux autres primates (ordre des Quadrumana). Le naturaliste allemand J. C. Illiger avait classé l’homme seul (seul à être debout) dans les Erecta, tandis que l’anatomiste britannique Richard Owen, adversaire résolu du darwinisme, en fit le seul représentant des Archencephala, introduction notable du cerveau comme spécificité humaine.

On peut remarquer toutefois qu’à l’exception de Quatrefages, tous les autres auteurs cités subordonnent l’espèce humaine au règne animal et à la classe des mammifères. On saisit bien la difficulté de ces anatomistes distingués qui, bien conscients des caractères morphologiques et physiologiques qui tout en intégrant parfaitement l’homme dans les mammifères, étaient tentés irrépressiblement, aussi en tant que croyants, de l’opposer au reste de la création.

L’anatomiste, celui qui décide, c’est bien l’homme, Homo sapiens (« l’homme sage » que Linné n’a pas nommé comme tel par hasard). On aura donc compris que ces affirmations taxinomiques ont pour objet de placer l’Homo sapiens à part, en fonction de traits qui lui sont propres, du psychisme à la bipédie, et non d’identifier une séquence de caractères partagés par l’homme et différents animaux.

Que l’homme soit opposé au reste du règne animal ou bien à son plus proche parent animal revient au même. Un évolutionniste tel que Julian Huxley prit en 1957 l’exemple de la classification de l’homme pour illustrer sa conception du « grade évolutif ». L’activité intellectuelle de l’homme est telle qu’elle lui suffit pour concevoir une niche écologique sans précédent. Le cerveau humain situerait l’homme, seul, au niveau de la plus haute des catégories, le règne : le règne des Psychozoa.

On le sait, le plus proche parent vivant de l’homme (Homo) est le chimpanzé (Pan). Dans les années 1960, les premières classifications incluant les deux genres dans la famille des Hominidae firent scandale. Le tableau de famille était dégradé, gâché, détruit.

La biologie moléculaire nous dit que l’homme et les chimpanzés sont presque identiques génétiquement parlant. Mais c’est en pure perte : on reconnaît aisément un homme d’un chimpanzé. On devrait dire : on reconnaît aisément les deux animaux. La baleine bleue et la musaraigne aussi sont des animaux, et même des mammifères, certes bien distincts. Leurs différences sont infiniment plus grandes que celles qui séparent l’homme et le chimpanzé, mais elles ne sont pas importantes à nos yeux d’hommes sages. Philosophiquement parlant, ce ne sont pas elles qui nous concernent. L’anthropocentrisme est patent. En fait, après des centaines de millions d’années d’évolution animale, la lignée humaine est celle des chimpanzés se sont séparées il y a 7 millions d’années environ.

Sept millions d’années d’évolution : voilà qui est responsable de l’existence des humains et des chimpanzés à la surface de la planète. Et rien d’autre.

L’homme est pétri de caractères animaux depuis le liquide amniotique dans lequel baigne l’embryon rappelant les origines aquatiques des animaux jusqu’à l’éminence mentonnière qui fait saillie à l’avant de la mâchoire inférieure (la grande invention ostéologique des humains !) en passant par tous les traits de vertébrés, de tétrapodes, de mammifères et de primates. L’homme n’est qu’un animal comme les autres et différent de tous les autres comme le sont toutes les espèces animales les unes des autres.

Peut-on se contenter d’une telle affirmation ? Les mots du quotidien sont lourds de sens et de contresens. Le verbe persiste, tenace. Malgré l’idéologie et la perte des repères scientifiques, on n’aura pas la mauvaise grâce de s’en plaindre puisque le verbe, après tout, est l’une des caractéristiques d’Homo sapiens, au moins dans la nature actuelle.

Voiture électrique: vraiment pour tous ?

Voiture électrique: vraiment pour tous ?

Ces dernières années, on assiste à une évidente électrification de l’industrie automobile : en septembre 2023, les ventes de voitures électriques représentaient 19 % des ventes totales de voitures particulières, en augmentation de 3 points sur un an. Il faut dire que cette augmentation des ventes s’inscrit dans un double contexte : une sensibilité accrue des consommateurs à l’impact environnemental de leurs achats et une législation européenne fortement incitative. Pourtant, la voiture électrique se situe aujourd’hui à la croisée de plusieurs paradoxes. Si la sensibilité accrue à l’impact environnemental est un facteur essentiel dans la décision d’acheter une voiture électrique, le prix joue évidemment un rôle central dans le choix final du véhicule. Autrement dit, l’intention de mieux consommer se heurte régulièrement à la réalité financière des acheteurs, qui n’ont pas forcément les moyens d’acquérir une Tesla, dont le Model 3 est vendu à 42 990 euros.

Céline Flipo
Assistant Professor, Human Resources Management, IÉSEG School of Management

Benjamin Boeuf
Professeur associé en marketing, IESEG School of Management et LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management
dans The Conversation

De la même façon, le dispositif européen pour mettre fin à la vente des voitures thermiques d’ici 2035 engendre des conséquences potentiellement négatives pour l’Union européenne, en profitant notamment aux constructeurs non européens, chinois en tête. Et les aides à l’achat offertes par la France pourraient conduire au même paradoxe, comme le rappelait en octobre 2023 récemment Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances :

« L’argent des contribuables français n’a pas vocation à financer des véhicules provenant à 70 % de Chine. »

En 2022, la Chine est devenue le premier exportateur mondial de voitures électriques, avec un poids significatif en Europe, où un véhicule vendu sur cinq est fabriqué en Chine. Une étude approfondie sur quatre constructeurs automobiles chinois met en lumière une complémentarité institutionnelle, combinant politiques gouvernementales, conditions de marché et capacités technologiques, comme fondement du succès chinois.

Cette complémentarité institutionnelle se traduit notamment par une politique forte de subventions publiques ainsi que d’une aide de l’État chinois pour sécuriser l’accès au lithium, au nickel et aux terres rares indispensables à la fabrication des batteries.

Tesla s’est positionnée sur le segment haut de gamme.
La Chine compte ainsi une cinquantaine de constructeurs automobiles produisant des voitures électriques. Et certains d’entre eux sont en train de devenir des géants mondiaux du secteur, notamment BYD, SAIC et GAC. Grâce à cette complémentarité institutionnelle, le leader chinois, BYD, profite de capacités technologiques exceptionnelles : le groupe possède en effet un contrôle complet de sa chaîne de production de batteries, source majeure de réduction des coûts, et compte s’appuyer sur l’attractivité du prix de ses modèles, notamment la Dolphin et la Seal, pour conquérir le marché européen.

Dans le contexte de cette avancée chinoise, les constructeurs européens s’interrogent sur leurs marges de manœuvre pour prendre la tête dans la démocratisation des voitures électriques sur le Vieux Continent. Selon une étude de la banque d’investissement UBS, d’ici 2030, 20 % des voitures électriques en Europe pourraient être chinoises, et 10 % seraient des Tesla. Il resterait donc 70 % du marché à conquérir. Quelles sont dès lors les marges de manœuvre des constructeurs européens pour capter ces 70 % ?

Le constructeur chinois BYD s’appuie sur le prix pour conquérir le marché français. Mariordo/Wikimedia, CC BY-SA
Une complémentarité institutionnelle, partiellement inspirée du modèle chinois, est à l’étude et fait notamment l’objet de vives discussions au Parlement européen. En France, Bruno Le Maire et le président de la République Emmanuel Macron estiment que l’Union européenne ne pourra pas relever ce défi sans un « Buy European Act », une forme de protectionnisme européen servant de rempart aux voitures chinoises, fortement subventionnées par des aides d’État et des tarifs douaniers favorables à l’importation en Europe.

Dans ce contexte, les règles du bonus écologique français ont déjà été adaptées pour favoriser les voitures électriques produites en Europe. Une étude menée dans 50 États américains a d’ailleurs démontré l’efficacité de ces incitations sur l’adoption des voitures électriques : une augmentation de 1 000 dollars de la valeur de ces aides entraîne une hausse de 5 à 11 % des nouvelles immatriculations de voitures électriques.

La France veut désormais aller plus loin avec l’annonce fin septembre dernier du chef de l’État d’un dispositif de location de voitures électriques à 100 euros par mois pour les modèles produits en Europe et pour les ménages dont le revenu fiscal est inférieur ou égal à 14 089 euros.

La complémentarité institutionnelle exige néanmoins un travail de la part des constructeurs européens sur leur modèle économique. En se fondant sur les récentes avancées de la recherche académique, examinons ici les marges de manœuvre actuelles des constructeurs européens :

En premier lieu, l’importance des innovations technologiques, en terme notamment de batteries, n’est plus à démontrer et les partenariats semblent incontournables pour les constructeurs dans cette course à l’innovation. Le constructeur japonais Toyota a d’ailleurs fait l’objet d’une étude pour ses liens forts avec ses fournisseurs, à l’origine de transferts de connaissances majeurs. En Europe, la gigafactory récemment inaugurée près de Lens (Pas-de-Calais), visant à stimuler la production française de batteries, est le fruit de la collaboration entre Stellantis, TotalEnergies et Mercedes Benz. D’autres projets similaires devraient voir le jour.

Ensuite, de nouvelles propositions de valeur doivent être introduites. La recherche montre que les intentions d’achat et l’adoption ultérieure de véhicules électriques sont fortement influencées par les perceptions et la confiance des consommateurs à l’égard de différentes variables, tels que la technologie, le prix, la disponibilité et leur connaissance de l’utilisation des véhicules électriques.

Les constructeurs doivent donc comprendre ces motivations pour capitaliser sur les sources de valeur. Par exemple, les actifs de plus de 40 ans choisissent moins fréquemment des véhicules électriques que leurs homologues plus jeunes. Il apparaît ainsi essentiel pour les constructeurs d’en identifier les raisons, car cette tranche d’âge est plus encline à accepter le prix élevé des véhicules électriques tout en privilégiant la qualité comme critère principal d’achat. Cela pourrait se traduire par la vente de modèles plus chers, générant ainsi des marges plus importantes pour les constructeurs.

Une production 59 % plus chère

Autre marge de manœuvre dans une perspective similaire : les modèles économiques des constructeurs européens doivent intégrer l’infrastructure de recharge. Cela peut être aussi une opportunité pour les acteurs de la chaîne de valeur des véhicules électriques de tirer parti de la numérisation et trouver de nouvelles sources de création de valeur pour le client. Par exemple, l’utilisation des stations de recharge pour offrir des services numériques de tiers, notamment à des fins publicitaires, peut générer une valeur ajoutée supplémentaire.

En outre, le prix des véhicules électriques doit aussi être revu à la baisse, notamment grâce aux marges de manœuvre que nous venons de citer. Leur prix reste le frein majeur à leur démocratisation. Certes, deux constructeurs automobiles français, Renault et Citroën, ont récemment annoncé le lancement de leurs premières voitures électriques à moins de 25 000 euros : la Twingo Legend et la Citroën ë-C3, respectivement. Néanmoins, les coûts de production d’un véhicule électrique restent actuellement 59 % plus élevés que ceux d’un véhicule thermique.

Comment résoudre ce dilemme ? Une solution avancée dans la recherche est de transférer une partie du prix d’achat vers les coûts d’exploitation du véhicule. Ainsi, une partie des coûts (et notamment ceux liés à la création d’infrastructure de recharge mentionnée ci-dessus) pourrait être intégrée aux frais payés par les clients lorsqu’ils optent pour des modèles de location. Ceci semble d’autant plus pertinent que la location reste le mode préféré d’acquisition pour les véhicules électriques tandis que l’achat reste la préférence pour les véhicules thermiques.

En conclusion, selon une étude récente, les véhicules électriques peuvent devenir pleinement compétitifs d’ici 2035. Les marges de manœuvre côté européen, dans un contexte concurrentiel mondialisé, semblent se profiler autour d’une complémentarité institutionnelle entre décideurs publics, partenariats privés et innovations technologiques. Cette complémentarité reste l’enjeu principal pour permettre aux constructeurs européens de se faire une place importante sur le marché mondial.

Les objets connectés sont -ils vraiment tous utiles ?

Les objets connectés sont -ils vraiment tous utiles ?

Les objets connectés ont rapidement envahi notre quotidien ces dernières années. Assistants vocaux, réfrigérateurs intelligents, système d’éclairage connecté, balances de santé, enceintes connectées, montres intelligentes, verrous connectés… la liste semble extensible à l’infini. Selon les prévisions de Statista et de Fortune Business Insights, le nombre d’objets connectés dans le monde devrait dépasser les 29 milliards d’ici 2030 et le marché mondial de l’Internet des objets devrait passer d’environ 662 milliards de dollars en 2023 à 3 353 milliards de dollars en 2030. Cet essor rapide des objets connectés a créé une abondance de choix pour les consommateurs. Cependant, la profusion d’objets connectés peut paradoxalement engendrer un sentiment de confusion. En effet, il devient difficile de s’y retrouver parmi de plus en plus d’options disponibles sur le marché. Nous nous sentons parfois comme un enfant dans un magasin de jouets géant, submergé par la multitude de choix qui nous sont offerts.


par
Zeling Zhong
Enseignante-Chercheuse en Innovation Digitale & Marketing, EDC Paris Business School dans The Conversation

Quel objet connecté choisir parmi cette multitude de possibilités ? Lequel correspond réellement à nos besoins et à nos valeurs ? Lequel apporte une véritable valeur ajoutée et lequel relève du « gadget » ? Face à cette surabondance de l’offre, le phénomène de désengagement du consommateur se fait sentir, comme nous le relevons dans un travail de recherche récent.

Notre étude propose ainsi une taxonomie pour catégoriser les objets connectés en fonction de l’amélioration de l’expérience utilisateur et de leur pertinence pour des usages effectifs. Cette taxonomie peut guider les consommateurs vers des choix appropriés et à aider les entreprises à naviguer dans ce paysage en constante évolution.

Trois catégories distinctes des objets connectés grand public émergent de nos analyses :

1. « Objets connectés tels que conçus »

Dans cette catégorie, les objets connectés sont utilisés conformément à leur conception initiale. Bien que ces objets offrent des fonctionnalités technologiques plus ou moins avancées, leur potentiel d’appropriation par les consommateurs reste néanmoins limité. Ces derniers tendent à reproduire les usages qu’ils maîtrisent déjà sur leurs autres appareils mobiles et à personnaliser ces objets selon les intentions des concepteurs.

Les thermostats intelligents constituent des exemples pertinents de cette catégorie. Ils sont conçus pour réguler automatiquement la température d’une maison en fonction des habitudes de vie de l’utilisateur. Bien que ces thermostats connectés offrent des fonctionnalités avancées d’optimisation énergétique, la plupart des utilisateurs les utilisent pour régler simplement la température. Autre exemple : les ampoules intelligentes qui permettent de régler l’éclairage en fonction de l’ambiance recherchée mais dont les fonctionnalités ne sont pas toujours exploitées par les usagers.

Un thermostat intelligent
Les thermostats intelligents, un exemple d’objet connecté « tel que conçu ». Pxhere
Pour cette catégorie d’objets connectés, il est recommandé aux professionnels de laisser une marge de manœuvre permettant aux clients potentiels de disposer de davantage d’options pour intégrer l’objet connecté à leur quotidien. Proposer des objets connectés ajoutant de nouvelles fonctionnalités à des objets familiers facilite en effet une utilisation pérenne.

2. « Objets connectés tels que co-créés »

Dans cette catégorie, les usages résultent d’une cocréation entre concepteurs et utilisateurs. Leur fonctionnalité offre une gamme de solutions technologiques permettant une participation active des utilisateurs à la création d’expériences. Le potentiel d’appropriation par les consommateurs est élevé, grâce à des expériences enrichies par la haute technologie et habilitées par des fonctionnalités sophistiquées.

Les solutions de domotique modulaires constituent des exemples emblématiques de cette catégorie. Elles permettent aux utilisateurs de configurer et d’automatiser leur environnement domestique en fonction de leurs préférences et besoins individuels. Les objets connectés basés sur des plates-formes de développement d’Internet des objets comme Arduino ou ESP32 offrent par exemple une grande flexibilité aux utilisateurs en offrant une expérience utilisateur hautement personnalisée et technologiquement avancée.

Cette catégorie est cruciale pour les professionnels du marché des objets connectés destinés au grand public. Ils doivent considérer ces objets comme des composants informatiques ouverts nécessitant des mises à jour régulières pour optimiser les services. Avec l’ajout d’une connexion réseau, ces objets du quotidien deviennent des mini-ordinateurs, transformant les stratégies de développement de produits sur la base des usages les plus répandus chez les clients. Les fabricants doivent ainsi travailler sur un cycle d’évolution court et élargir régulièrement les possibilités de leurs produits pour favoriser la création de valeur grâce à la participation active des utilisateurs dans la co-création d’expériences.

3. « Objets connectés créés par soi-même »

Dans cette catégorie, les objets connectés sont utilisés tels que créés par les utilisateurs. Leur potentiel d’appropriation est élevé, bien que les expériences soient assistées par des capacités technologiques moins avancées. Cette catégorie inclut les objets connectés les plus simples fournissant des informations de base.

Par exemple, les kits de capteurs de l’air ambiant offrent la possibilité de mesurer des paramètres tels que la qualité de l’air, la température ou l’humidité. Les utilisateurs peuvent ensuite exploiter ces données pour surveiller leur environnement domestique ou professionnel de manière personnalisée.

Les managers des points de vente sont ici encouragés à présenter des vidéos ou des messages publicitaires illustrant les diverses applications de ces objets dans différents contextes d’usage. Cela permet aux clients potentiels de créer des usages personnalisés dans leur quotidien.

En cette ère des objets connectés, il faut dépasser la surabondance d’options en adoptant une approche réfléchie et responsable de l’innovation, d’autant plus que leur fabrication et leur usage génèrent un impact environnemental important. La création des objets connectés centrés sur l’utilisateur, respectueux de l’environnement et sécurisés repose sur la collaboration entre les parties prenantes dans les secteurs concernés et la transparence avec les consommateurs.

Les entreprises doivent donc jouer un rôle proactif en proposant des produits connectés durables et en s’assurant que leurs objets connectés respectent la vie privée des utilisateurs et minimisent leur empreinte environnementale en utilisant des matériaux recyclables, en favorisant la réparation plutôt que le remplacement.

En adoptant une approche centrée sur l’utilisateur et intégrant les principes d’éthique et de durabilité dans leurs stratégies d’innovation, les entreprises peuvent s’assurer que leurs produits connectés répondent aux besoins réels des consommateurs, ce qui favorise leur appropriation et leur utilisation à long terme en créant un écosystème durable.

Fiscalité–Révision en baisse de l’impôt sur le revenu, vraiment ?

Fiscalité–Révision en baisse de l’impôt sur le revenu, vraiment ?

Les impôts seront déflatés, c’est-à-dire qu’ils tiendront compte de l’inflation. Le problème est que cette inflation sera autour de 5 % en 2023 officiellement mais que l’inflation réelle, elle, sera plus proche de 10 %.De plus, il n’est même pas certain que le gouvernement retienne la hausse officielle de 5 %. Du coup mécaniquement, il y aura davantage de ménages imposables. Pourtant l’inflation pèse d’autant plus que les revenus sont moins élevés compte tenu de la structure de consommation des ménages. Conséquence, en réalité les impôts vont augmenter et surtout si l’on intègre la fiscalité autre que sur les revenus comme par exemple l’impôt foncier.

Finalement Bruno Lemaire emploie les grosses ficelles habituelles : augmentation discrète de l’impôt, mais pas d’incitation à la hausse des salaires ni au freinage des prix.

Selon les informations des Échos , confirmées au Figaro, Bercy, en pleine préparation du projet de loi de finances 2024, a décidé d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’évolution de la hausse des prix. En d’autres termes, les tranches seront revalorisées pour prendre en compte l’inflation.

Le problème c’est qu’avec l’inflation nombre de ménages qui n’étaient pas imposables sur le revenu le seront désormais de façon mécanique.

Pour l’exécutif, l’indexation permettra en théorie à bon nombre de Français, non-contribuables, de ne pas devenir imposables. Et empêchera les actuels assujettis fiscaux de voir leurs impôts augmenter.

Barème de l’impôt revu en baisse, vraiment ?

Barème de l’impôt revu en baisse, vraiment ?

Les impôts seront déflatés, c’est-à-dire qu’ils tiendront compte de l’inflation. Le problème est que cette inflation sera autour de 5 % en 2023 officiellement mais que l’inflation réelle, elle, sera plus proche de 10 %.De plus, il n’est même pas certain que le gouvernement retienne la hausse officielle de 5 %. Du coup mécaniquement, il y aura davantage de ménages imposables. Pourtant l’inflation pèse d’autant plus que les revenus sont moins élevés compte tenu de la structure de consommation des ménages. Conséquence, en réalité les impôts vont c augmenter.

Finalement Bruno Lemaire emploie les grosses ficelles habituelles : augmentation discrète de l’impôt, mais pas d’incitation à la hausse des salaires ni au freinage des prix.

Selon les informations des Échos , confirmées au Figaro, Bercy, en pleine préparation du projet de loi de finances 2024, a décidé d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’évolution de la hausse des prix. En d’autres termes, les tranches seront revalorisées pour prendre en compte l’inflation.

Le problème c’est qu’avec l’inflation nombre de ménages qui n’étaient pas imposables sur le revenu le seront désormais de façon mécanique.

Pour l’exécutif, l’indexation permettra en théorie à bon nombre de Français, non-contribuables, de ne pas devenir imposables. Et empêchera les actuels assujettis fiscaux de voir leurs impôts augmenter.

Inflation – Barème de l’impôt déflaté , vraiment ?

Inflation – Barème de l’impôt déflaté , vraiment ?

Les impôts seront déflatés, c’est-à-dire qu’ils tiendront compte de l’inflation. Le problème est que cette inflation sera autour de 5 % en 2023 officiellement mais que l’inflation réelle, elle, sera plus proche de 10 %.De plus Il n’est même pas certain que le gouvernement retienne la hausse officielle de 5 %. Du coup mécaniquement, il y aura davantage de ménages imposables. Pourtant l’inflation pèse d’autant plus que les revenus sont moins élevés compte tenu de la structure de consommation des ménages. Conséquence en réalité les impôts vont c augmenter.

Finalement Bruno Lemaire emploie les grosses ficelles habituelles : augmentation discrète de l’impôt, mais pas d’incitation à la hausse des salaires ni au freinage des prix.

Selon les informations des Échos , confirmées au Figaro, Bercy, en pleine préparation du projet de loi de finances 2024, a décidé d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’évolution de la hausse des prix. En d’autres termes, les tranches seront revalorisées pour prendre en compte l’inflation.

Le problème c’est qu’avec l’inflation nombre de ménages qui n’étaient pas imposables sur le revenu le seront désormais de façon mécanique.

Pour l’exécutif, l’indexation permettra en théorie à bon nombre de Français, non-contribuables, de ne pas devenir imposables. Et empêchera les actuels assujettis fiscaux de voir leurs impôts augmenter.

Conjoncture Entreprises: moral vraiment en hausse ?

Conjoncture Entreprises: moral vraiment en hausse ?


selon la 83ème vague du baromètre CCI France, La Tribune et LCI. Une vaste majorité d’entreprises (77%) seraient confiantes sur leur trésorerie pour la fin de l’année. Une évolution contredite par une enquête de l’INSEE !

Les entreprises auraient retrouvé le moral cet été. Selon la Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCIFrance, La Tribune et LCI, l’indice qui mesure l’optimisme des patrons est à 84 contre 85 en juin. L’optimisme des entreprises se stabilise à un niveau inédit depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine en février 2022. « La confiance dans les perspectives de leur entreprise s’améliore encore (72%, +3 pts depuis juin) et atteint le niveau affiché avant le début de la guerre en Ukraine », souligne l’institut de sondages.

Une analyse surprenante qui contredit complètement une récente enquête de l’INSEE sur le climat des affaires.

D’après l’INSEE , le climat des affaires se dégrade en août, atteignant un plus bas depuis avril 2021, en raison d’une détérioration de la situation conjoncturelle dans l’industrie manufacturière et les services, a annoncé jeudi l’Insee. Cet indicateur, qui synthétise l’opinion des chefs d’entreprise des principaux secteurs, s’est établi à 99, passant ainsi sous sa moyenne de longue période (100).

L’enquête de l’INSEE confirme l’indice PMI concernant la dépression économique au cours de l’été. L’indice Flash composite, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est établi à 46,6 en août, au même niveau qu’en juillet. Il marque ainsi une nouvelle contraction de l’activité économique en France, tant dans les services que dans le secteur manufacturier

Dans l’enquête de l’INSEE, le climat «se dégrade nettement» dans l’industrie, où l’indicateur perd cinq points en un mois à 96, entraîné par une dégradation de l’opinion des chefs d’entreprises «sur les carnets de commandes et la production passée», observe l’Insee.

Dans les services, l’indicateur perd deux points et rejoint sa moyenne de longue période (100). Dans le commerce de détail, il reste quasi stable à 105 (contre 106).

Contrairement aux prévisions de la banque de France et de l’INSEE, la France est touchée par une dépression économique au cours de l’été. L’indice PMIn Flash composite, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est établi à 46,6 en août, au même niveau qu’en juillet. Il marque ainsi une nouvelle contraction de l’activité économique en France, tant dans les services que dans le secteur manufacturier.

L’activité dans le secteur des services, secteur dominant de l’économie française, a diminué pour le troisième mois consécutif. Elle atteint même un plus bas depuis trente mois à 46,7 (contre 47,1 en juillet). La baisse de la production manufacturière, qui avait commencé l’été dernier, s’est poursuivie, avec un indice PMI provisoire à 45,8. Dans ce secteur cependant, la contraction est moindre qu’en juillet (44, révisé en légère hausse), et il s’agit d’un plus haut depuis cinq mois.

Contre toute attente, et malgré les espoirs d’amélioration de la conjoncture, les derniers résultats de l’enquête suggèrent ainsi une possible contraction du PIB au troisième trimestre », selon lui. La confiance des entreprises quant à une progression de leur activité au cours des douze prochains mois a également faibli en août, tout en se maintenant au-dessus du plus bas de 32 mois enregistré en juin.

Une analyse de l’INSEE qui contredit donc cet enquête d’opinion Way qui sans doute fait un peu trop dans le volontarisme économique.

Entreprises: moral vraiment en hausse ?

Entreprises: moral vraiment en hausse ?


selon la 83ème vague du baromètre CCI France, La Tribune et LCI. Une vaste majorité d’entreprises (77%) seraient confiantes sur leur trésorerie pour la fin de l’année. Une évolution contredite par une enquête de l’INSEE !

Les entreprises auraient retrouvé le moral cet été. Selon la Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCIFrance, La Tribune et LCI, l’indice qui mesure l’optimisme des patrons est à 84 contre 85 en juin. L’optimisme des entreprises se stabilise à un niveau inédit depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine en février 2022. « La confiance dans les perspectives de leur entreprise s’améliore encore (72%, +3 pts depuis juin) et atteint le niveau affiché avant le début de la guerre en Ukraine », souligne l’institut de sondages.

Une analyse surprenante qui contredit complètement une récente enquête de l’INSEE sur le climat des affaires.

D’après l’INSEE , le climat des affaires se dégrade en août, atteignant un plus bas depuis avril 2021, en raison d’une détérioration de la situation conjoncturelle dans l’industrie manufacturière et les services, a annoncé jeudi l’Insee. Cet indicateur, qui synthétise l’opinion des chefs d’entreprise des principaux secteurs, s’est établi à 99, passant ainsi sous sa moyenne de longue période (100).

L’enquête de l’INSEE confirme l’indice PMI concernant la dépression économique au cours de l’été. L’indice Flash composite, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est établi à 46,6 en août, au même niveau qu’en juillet. Il marque ainsi une nouvelle contraction de l’activité économique en France, tant dans les services que dans le secteur manufacturier

Dans l’enquête de l’INSEE, le climat «se dégrade nettement» dans l’industrie, où l’indicateur perd cinq points en un mois à 96, entraîné par une dégradation de l’opinion des chefs d’entreprises «sur les carnets de commandes et la production passée», observe l’Insee.

Dans les services, l’indicateur perd deux points et rejoint sa moyenne de longue période (100). Dans le commerce de détail, il reste quasi stable à 105 (contre 106).

Contrairement aux prévisions de la banque de France et de l’INSEE, la France est touchée par une dépression économique au cours de l’été. L’indice PMIn Flash composite, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est établi à 46,6 en août, au même niveau qu’en juillet. Il marque ainsi une nouvelle contraction de l’activité économique en France, tant dans les services que dans le secteur manufacturier.

L’activité dans le secteur des services, secteur dominant de l’économie française, a diminué pour le troisième mois consécutif. Elle atteint même un plus bas depuis trente mois à 46,7 (contre 47,1 en juillet). La baisse de la production manufacturière, qui avait commencé l’été dernier, s’est poursuivie, avec un indice PMI provisoire à 45,8. Dans ce secteur cependant, la contraction est moindre qu’en juillet (44, révisé en légère hausse), et il s’agit d’un plus haut depuis cinq mois.

Contre toute attente, et malgré les espoirs d’amélioration de la conjoncture, les derniers résultats de l’enquête suggèrent ainsi une possible contraction du PIB au troisième trimestre », selon lui. La confiance des entreprises quant à une progression de leur activité au cours des douze prochains mois a également faibli en août, tout en se maintenant au-dessus du plus bas de 32 mois enregistré en juin.

Une analyse de l’INSEE qui contredit donc cet enquête d’opinion Way qui sans doute fait un peu trop dans le volontarisme économique.

Pour un statut vraiment indépendant de la presse

Pour un statut vraiment indépendant de la presse

Avec la loi Pacte de 2019, on peut envisager que toute entreprise de presse soit nécessairement une « société à mission », dont les missions comportent impérativement, par exemple, le respect des décisions éditoriales qui doivent recevoir l’agrément de la société des journalistes explique, dans sa chronique au « Monde » le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel.

Entreprises. La longue grève des journalistes du Journal du dimanche n’a pas fait plier la direction de l’entreprise. Pourtant, de nombreux observateurs et acteurs publics avaient soutenu leur lutte contre la nomination d’un directeur de la rédaction dont ils rejettent les valeurs. Cette décision heurtait aussi la conception du journaliste comme un professionnel attaché à la liberté d’investigation et au traitement rigoureux de l’information, qualités dont l’absence dans les réseaux sociaux est si dénoncée.

Reste que du point de vue du droit – et au-delà des couleurs politiques des protagonistes –, rien n’empêche une telle décision ! D’où le retour d’un projet ancien : celui d’une entreprise de presse plus respectueuse de ses journalistes. Sauf qu’aujourd’hui la réforme du droit de l’entreprise lui offre de nouvelles pistes.

Le droit de la presse a été avant tout fondé sur la liberté. Liberté de l’entrepreneur qui peut créer une société de presse à sa guise. Liberté pour chacun d’exercer une activité de journaliste comme pigiste ou salarié de ces sociétés. Les législations qui ont suivi n’ont pas dérogé à ce principe. Elles ont voulu protéger le public en garantissant la transparence des actionnaires et des responsables de la publication ; en limitant l’emprise d’un seul financier ou celle des étrangers.

Le métier de journaliste n’exige ni diplôme ni carte de presse. Et malgré son utilité (accréditations, protections…), celle-ci n’est détenue que par une minorité de journalistes. Certes, une instance nationale valide le statut d’entreprise de presse ou celui de journaliste professionnel et des chartes déontologiques internationales encadrent les droits et les devoirs de la presse. Mais le code du travail ne modifie que marginalement le statut salarial du journaliste et ne lui donne aucun droit de regard sur la direction de l’entreprise de presse (Journalistes, des salariés comme les autres ? Représenter, participer, mobiliser, de Camille Dupuy, Presses universitaires de Rennes, 2016).

Cette situation a suscité la multiplication des sociétés de journalistes qui portent la voix de la rédaction, mais sans légitimité institutionnelle. Ou le recours à des montages juridiques, à l’instar des quotidiens Libération et Le Monde, où les journalistes détiennent une part de la société détentrice du média. Le droit a aussi instauré une « société solidaire de presse d’information », qui ne peut être détenue que par ses collaborateurs.

Russie-mort de Prigojine : pas vraiment une surprise et avertissement

Russie-mort de Prigojine : pas vraiment une surprise et avertissement

Comme souvent en Russie, les problèmes sont résolus avec des solutions criminelles. C’est sans doute le cas avec la mort de celui qui avait été à la tête d’une tentative de putsch contre Poutine. C’est ce que pense en tout cas le président Biden. Le président américain a réagi ce mercredi au crash d’un avion en Russie dans lequel le patron de Wagner pourrait avoir trouvé la mort. Prigojine se trouvait sur la liste des passagers. Joe Biden s’est dit «pas surpris» de sa possible mort.

«Je ne sais pas encore tout à fait ce qu’il s’est passé, mais je ne suis pas surpris», a-t-il déclaré à des journalistes. «Peu de choses ne se passent en Russie sans que Poutine n’y soit pour quelque chose», a ajouté le président américain

En même temps cet accident mortel constitue un nouvelle avertissement à toutes les élites russes qui contestent Poutine
Le crash mortel d’un avion en Russie, avec le patron de Wagner Evgueni Prigojine figurant sur la liste des passagers, est un «signal» envoyé par Vladimir Poutine aux élites russes, a déclaré en effet mercredi un conseiller de la présidence ukrainienne.

«L’élimination spectaculaire de Prigojine et du commandement de Wagner deux mois après (leur) tentative de coup d’État est un signal de Poutine aux élites russes avant les élections de 2024», a affirmé sur X Mykhaïlo Podoliak, estimant que «Poutine ne pardonne à personne».

santé- Covid: vraiment la fin de l’épidémie ?

santé- Covid: vraiment la fin de l’épidémie?

Dans une tribune adressée au « Monde », des médecins spécialistes de santé publique rappellent que, si l’état d’urgence sanitaire est passé, le Covid-19 continue d’ôter la vie aux personnes les plus fragiles. Ils plaident pour renforcer notre système de soins et poursuivre les investissements dans l’innovation. Le Covid-19 aura montré combien notre monde reste vulnérable et fragile. Pour éviter une catastrophe sanitaire et économique mondiale, liée à l’irruption d’un agent infectieux, des négociations portant sur de nouveaux instruments juridiques internationaux ont pris place, fin mai, au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève, en marge de l’Assemblée mondiale de la santé.

Le SARS-CoV-2 a émergé en Chine, fin 2019, et aura infecté en quelques mois presque toute la population de la planète, parfois à plusieurs reprises, et causé directement ou indirectement plus de 20 millions de décès en trois ans. Le monde a été à l’arrêt pendant plusieurs semaines au printemps 2020, mais, en moins d’un an, une douzaine de vaccins développés par la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont permis de changer le visage de la pandémie.

Ces vaccins se sont montrés d’une très grande efficacité pour réduire les formes graves de la maladie, la mortalité, tout en évitant de nouvelles saturations des systèmes de santé. Et pourtant, ces vaccins n’ont pas arrêté la circulation du virus qui ne cesse de se modifier, contournant l’immunité conférée par le vaccin et les infections antérieures, à l’origine de nouvelles vagues de réinfection. Durant la seule année 2022, l’Europe a enregistré plus de 450 000 décès, dont près de 40 000 rapportés en France, qui totalisait, fin mai 2023, plus de 160 000 décès associés au Covid-19 depuis le début de la pandémie.

La phase d’urgence étant passée, plus aucun pays au monde ne connaît de confinements, de quarantaines ou de passe sanitaires, et les derniers pays lèvent désormais leurs contrôles aux frontières. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les personnes très âgées et les personnes immunodéprimées qui développent des complications en lien avec le Covid-19, et l’on ignore encore le rythme nécessaire des injections de rappel dans la population pour qu’elle reste protégée contre ses formes graves. Par ailleurs, le SARS-CoV-2, qui a la particularité de circuler tout au long de l’année, peut également entraîner, dans environ 10 % des cas, des Covid longs, ces formes prolongées parfois handicapantes et contre lesquelles la médecine reste très démunie.

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