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La CGT ne travaille pas assez ses dossiers (Bernard Vivier)

La CGT ne travaille pas assez ses dossiers (Bernard Vivier)

 

Pour Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, la radicalisation gauchisante de la CGT s’explique en grande partie par le flou actuel de la ligne entretenue par les rivalités internes et un manque de travail sur les dossiers. (interview Challenges)

Comment comprendre le virage à gauche de Philippe Martinez?

Il a un objectif: ressouder les rangs pour faire bloc autour de lui. Pour y parvenir, il est plus facile de fédérer ses troupes autour d’un  »ennemi » externe que de s’engager dans un débat sur l’identité du syndicat. Cette démarche raviverait les conflits entre les différents courants de la CGT. Ce que Philippe Martinez veut absolument éviter.

Sur le plan doctrinal n’est-elle pas à contre-courant?

La CGT n’a surtout pas assez travaillé ses dossiers. Par exemple, sur les 32 heures, la centrale n’a pas fait d’analyse économique approfondie. Même logique pour la campagne sur le coût du capital relancée par Martinez pour expliquer les problèmes économiques de la France. Les slogans claquent mais le fond n’est pas au rendez-vous comme cela pouvait être le cas dans les années 70/80.

Il s’est aussi attaqué à la CFDT. Pourquoi?

Oui, il a eu des mots assez durs concernant Laurent Berger lors de son discours d’ouverture du congrès. Idem, pour rassembler, mieux vaut trouver des menaces extérieures. D’ailleurs, cette séquence a été très bien menée: la semaine dernière, il a lancé une petite bombe en déclarant que la CGT ne serait peut-être plus le premier syndicat de France en 2017, date à laquelle une nouvelle mesure de la représentativité doit avoir lieu. Plusieurs jours après, il égratigne la CDFT, ce qui lui permet de remobiliser sa base.

La CGT est-elle menacée par le déclinisme?

Ces dernières années, la centrale de Montreuil s’est contentée de protéger ses forteresses dans la fonction publique. Conséquence: la CGT est absente dans certaines grandes entreprises. Elle est ainsi aujourd’hui talonnée par la CFDT. Mais l’organisation a encore les reins très solides. Sa capacité à recruter et former des militants est intacte. Et elle bénéficie encore d’un maillage territorial très dense. En revanche, le travail de clarification pour trancher entre un syndicalisme de contestation et un syndicalisme de compromis n’a pas été entamé. Ce qui peut évidemment être un facteur de stagnation. En clair, qui n’avance pas est condamné à reculer.

 

Loi Travail : deux cultures syndicales qui s’affrontent (Bernard Vivier)

Loi Travail : deux cultures syndicales qui s’affrontent (Bernard Vivier)

 

Explications avec Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail. (Interview le Figaro)

 

LE FIGARO – Pourquoi les syndicats peinent à s’unir face au gouvernement?

Bernard Vivier - Parce que le clivage grandit entre deux cultures syndicales: celle de la réforme et celle de la rupture. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et l’UNSA acceptent la réforme gouvernementale. Elles souhaitent renforcer le volet «sécurité» par rapport au volet «flexibilité». Pour la CGT, FO, SUD et la FSU, c’est un rejet total du texte. Ce clivage est exacerbé par d’autres raisons. La CGT, à quelques semaines de son congrès (18 au 22 avril), amplifie une ligne dure contre le gouvernement. En outre, à un an des résultats de la représentativité syndicale, la CGT s’inquiète du risque de voir la CFDT lui passer devant. Et FO critique la CFDT qui selon elle se compromet trop avec le gouvernement. Tout est donc bon pour des crocs-en-jambes entre syndicats.

 

Quel genre de «croc-en-jambe»?

Le matin de la première réunion intersyndicale (23 février), FO estimait que le projet de loi sur la réforme du marché du travail méritait une grève. Et pourtant, elle a refusé de signer le communiqué commun qu’elle ne jugeait pas assez vif et assez solide. FO a pris là une position très tactique, préférant en effet jouer sa carte personnelle plutôt qu’être associée à un énième projet mené soit par la CFDT ou soit par la CGT.

 

La CFDT est donc en position de force face aux autres syndicats?

Encore faut-il que la CFDT arrive à faire accepter en interne sa position pro-gouvernementale. Comme en 1995 ou 2003, la CFDT court le risque, en soutenant la réforme, de ne pas suffisamment apparaitre comme un syndicat qui défend les salariés. Des inquiétudes peuvent naître de voir des adhérents quitter l’organisation. C’est pourquoi la CFDT veut imposer au gouvernement plusieurs de ses «lignes rouges» qui sont non négociables comme le compte personnel d’activité, quitte à lâcher du lest sur d’autres mesures. La CFDT est obligée de jouer les équilibristes. Elle est assez agile pour le faire et occupe une position centrale sur l’échiquier syndical. Mais elle doit faire attention à ses fragilités internes, et ne pas tenir ses alliés (CFTC, UNSA, CFE-CGC) comme de simples forces d’appoint.

 

Que pensez-vous du succès de la pétition lancée par Caroline de Haas?

Les syndicats vont devoir tenir compte de cette nouvelle méthode d’action collective. Les défilés du 1er mai et les manifestations de rue prennent chaque année des rides supplémentaires. Moins coûteuses en temps et en argent, les pétitions en ligne prennent le relais. Les syndicats risquent cependant de ne plus contrôler ces mouvements de protestation collective dont l’inspiration peut être plus politique que professionnelle. C’est le cas de la pétition de Caroline de Haas.




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